Mamadou Diop Decroix appelle à l’unité nationale pour préserver la transformation du Sénégal

Dans un contexte politique tendu, l’ancien ministre exhorte les forces progressistes à s’unir pour garantir la stabilité et réussir le projet de rupture validé par le peuple lors de l’élection présidentielle de mars 2024.

Alors que le climat politique au Sénégal reste marqué par des tensions persistantes et une recomposition profonde du paysage institutionnel, Mamadou Diop Decroix, ancien ministre et secrétaire général du parti And-Jëf/PADS, prend la parole pour lancer un vibrant appel à l’unité nationale. Dans une analyse à la fois lucide et stratégique, il alerte sur les risques d’éclatement et de stagnation si les forces du changement ne parviennent pas à faire bloc autour d’un projet commun.

Pour Decroix, le Sénégal traverse une période charnière où s’affrontent deux dynamiques antagonistes. D’un côté, les forces progressistes issues du peuple, qui ont porté au pouvoir un projet de rupture lors des élections du 24 mars 2024. De l’autre, des groupes conservateurs déterminés à défendre des privilèges hérités d’un ancien ordre, aujourd’hui largement remis en cause. Cette confrontation, bien plus qu’un simple bras de fer politique, traduit selon lui un choc économique, social et culturel profond, susceptible de redéfinir le destin national.

Au cœur de cette dynamique de rupture se trouve le parti Pastef, désormais force centrale du changement. Mamadou Diop Decroix estime cependant que pour jouer pleinement ce rôle historique, Pastef doit impérativement se réinventer. Il doit devenir une organisation politique structurée, unie, disciplinée et résolument tournée vers l’avenir. Cela suppose non seulement une rigueur idéologique, mais aussi une capacité à gérer les résistances internes comme les pressions extérieures, sans céder aux divisions ni aux surenchères.

L’ancien ministre rappelle que la réussite du projet de rupture — notamment la mise en œuvre de l’agenda 2050, la lutte contre la corruption et la reddition des comptes — ne pourra se faire que dans le cadre d’une unité nationale forte, ancrée dans des luttes concrètes pour la justice sociale, l’équité et la souveraineté économique. Il insiste sur la nécessité de bâtir une force politique capable de mobiliser durablement les énergies autour de ces objectifs.

Fidèle à sa culture politique marxiste, Decroix s’appuie sur la pensée de Mao Zedong pour proposer une lecture dialectique de la situation actuelle. Il distingue les contradictions entre le peuple et ses ennemis — qui nécessitent une fermeté politique — et celles internes au peuple, qui doivent, selon lui, être réglées pacifiquement par la critique, l’autocritique et le débat démocratique. Une méthode qui permettrait de prévenir l’escalade des tensions et d’approfondir la cohésion nationale.

Sur le plan géopolitique, Mamadou Diop Decroix souligne que le Sénégal est à un tournant historique. Grâce à ses ressources naturelles (gaz, pétrole, minerais) et à de nouveaux partenariats internationaux — notamment avec la Chine et les États-Unis —, le pays dispose d’un levier inédit pour accélérer son développement. Mais cette opportunité, insiste-t-il, ne pourra être concrétisée que si elle s’appuie sur une gouvernance exemplaire, une lutte effective contre la corruption, et surtout une stabilité politique durable.

Pour conclure, Decroix met en garde contre les risques de fragmentation et de sabotage, venus tant de l’intérieur que de l’extérieur. Il appelle toutes les forces patriotiques à faire preuve de vigilance, à surmonter les divisions, et à privilégier l’intérêt supérieur de la nation. « Ci nun la des » — c’est notre affaire à nous tous — rappelle-t-il, en invoquant une responsabilité collective face aux enjeux de l’heure.

Réformes politiques : Diomaye Faye prêt à mettre en œuvre 24 des 38 recommandations du dialogue national

Un comité ad hoc sera mis en place cette semaine pour traduire les accords en projets de loi, en vue des prochaines échéances électorales.

Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement reçu, ce lundi, le rapport final du dialogue national des mains du facilitateur général, Dr Cheikh Guèye. À cette occasion, le chef de l’État s’est engagé à mettre en œuvre 24 des 38 recommandations consensuelles issues des discussions entre majorité et opposition.

C’est ce qu’a révélé Dr Guèye dans un entretien accordé à L’Observateur, soulignant la volonté présidentielle de « faire avancer rapidement les réformes », notamment en perspective des prochaines élections. Un comité ad hoc sera constitué « dès cette semaine », avec pour mission de transformer les recommandations en projets de loi, certains nécessitant des révisions de la Constitution et du Code électoral.

« L’objectif est d’adopter ces textes dans les meilleurs délais pour renforcer la démocratie, sécuriser le processus électoral et apaiser les tensions politiques », a précisé Dr Cheikh Guèye.

Le processus législatif s’annonce inclusif et rigoureux, avec la participation d’experts de haut niveau et de représentants des principales forces politiques du pays. Cette approche vise à garantir une large adhésion autour des textes qui seront soumis au Parlement.

Parmi les points ayant fait l’objet d’un consensus figurent des réformes du fichier électoral, des procédures de parrainage, du calendrier électoral et de la gouvernance politique. Ces changements sont jugés cruciaux pour consolider les acquis démocratiques et restaurer la confiance dans les institutions.

Toutefois, certains sujets majeurs restent en suspens, faute d’accord entre les protagonistes du dialogue. Il s’agit notamment :

Du mode de scrutin des législatives (proportionnelle intégrale ou maintien du système mixte), Du statut du chef de l’opposition, Et de la révision de certains articles du Code pénal, dont l’article 80, souvent critiqué pour son utilisation contre des opposants, en lien avec la « sécurité de l’État ».

Ces dossiers ont été transmis au président pour arbitrage, et pourraient être tranchés en synergie avec les conclusions attendues des Assises de la Justice, ouvertes en juin dernier.

Cette phase post-dialogue est perçue comme un test de sincérité pour le nouveau pouvoir, qui a placé la réforme des institutions au cœur de son projet. En choisissant de donner suite à une majorité des recommandations, Bassirou Diomaye Faye tente de poser les bases d’un nouveau pacte démocratique, dans un contexte encore marqué par les séquelles de la crise électorale de 2024.

Note souveraine abaissée : l’État sénégalais réaffirme sa résilience économique et sa volonté de réformes

Après la dégradation de sa note de crédit par S&P, le ministère des Finances insiste sur sa trajectoire de consolidation budgétaire, la transparence des données et la solidité de son plan de financement.

Malgré la décision de l’agence de notation S&P Global Ratings d’abaisser la note souveraine du Sénégal de « B » à « B- » avec perspective négative, le gouvernement sénégalais ne cède ni à la panique ni à la résignation. Dans un communiqué transmis à la presse, le ministère des Finances et du Budget, dirigé par Cheikh Diba, affirme avoir pris acte de cette décision tout en réitérant son engagement ferme en faveur d’une gestion rigoureuse et transparente des finances publiques.

L’abaissement de la note, survenu le 14 juillet 2025, s’explique selon S&P par la forte hausse de la dette publique, estimée à 118 % du PIB en 2024, et par la persistance de déficits budgétaires élevés. Ces chiffres placeraient le Sénégal parmi les pays les plus endettés du continent africain, selon l’agence américaine.

Cependant, le ministère sénégalais relativise cette appréciation en soulignant que ces chiffres reposent sur des données provisoires, publiées dans un souci de transparence accrue. Ces données ont été consolidées avec l’appui d’un cabinet international indépendant, dans le cadre d’un vaste exercice de fiabilisation de la dette publique.

Parmi les éléments de contexte fournis par les autorités, figure l’annonce prochaine d’un exercice de rebasage du PIB, en préparation depuis plusieurs mois. Celui-ci permettra, selon le ministère, de mieux refléter la taille réelle de l’économie sénégalaise. Ce recalibrage statistique pourrait mécaniquement améliorer le ratio dette/PIB, aujourd’hui jugé préoccupant par les agences de notation.

Par ailleurs, le ministère assure que les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) se poursuivent dans un esprit de « coopération proactive ». L’enjeu principal reste la clarification du dossier de « misreporting » (fausse déclaration de données), avec pour objectif une réunion prochaine du Conseil d’administration du FMI.

Toutes les données issues de l’exercice de réconciliation budgétaire ont été partagées avec le FMI, preuve selon le gouvernement de sa volonté de travailler en toute transparence avec les partenaires techniques et financiers.

Malgré les turbulences, le Sénégal continue de mobiliser des ressources financières pour soutenir ses priorités économiques. Depuis le début de l’année, le ministère des Finances a levé des fonds substantiels, à la fois sur le marché régional et auprès d’investisseurs étrangers. Deux appels publics à l’épargne ont également été couronnés de succès, signe d’un maintien de la confiance des marchés dans la signature sénégalaise.

Le gouvernement prépare déjà sa stratégie budgétaire pour l’année 2026. Celle-ci s’inscrit dans une logique de prévision à moyen terme et repose sur trois principes majeurs : la responsabilité, la rigueur et la transparence. L’ensemble de cette stratégie est supervisé au plus haut niveau de l’État, selon le ministère.

Dans un contexte international incertain, exacerbé par des tensions géopolitiques et des hausses de taux d’intérêt mondiaux, l’État sénégalais reste mobilisé pour garantir la stabilité macroéconomique et sociale du pays. Le ministère conclut son communiqué en renouvelant son engagement à dialoguer avec tous les partenaires, nationaux comme internationaux, et à poursuivre les réformes structurelles indispensables à une croissance inclusive et durable.

Procès de Bachir Fofana et Moustapha Diakhaté : le verdict repoussé au 23 juillet, les débats sur la liberté d’expression relancés

Alors que le délibéré était attendu ce mercredi, le tribunal a renvoyé sa décision d’une semaine, prolongeant la détention provisoire des deux prévenus dans une affaire aux forts relents politiques.

Le tribunal de Dakar a une nouvelle fois différé son verdict dans le procès très médiatisé opposant le journaliste Bachir Fofana et l’ancien député Moustapha Diakhaté au ministère public. Prévu ce mercredi 16 juillet 2025, le prononcé du jugement a été reporté au 23 juillet prochain. Une décision qui prolonge l’incarcération provisoire des deux hommes et ravive les inquiétudes sur l’état de la liberté d’expression au Sénégal.

Bachir Fofana, figure bien connue du paysage médiatique sénégalais pour ses prises de position critiques, est poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles ». Il est accusé d’avoir affirmé que le marché public relatif à l’acquisition de véhicules pour l’Assemblée nationale aurait été attribué à Cheikh Guèye, une personne citée dans une affaire de corruption supposée impliquant l’ex-ministre Ismaïla Madior Fall.

Le parquet a requis six mois de prison dont trois ferme, assortis d’une amende de 200 000 francs CFA. La demande de mise en liberté provisoire déposée par ses avocats a été rejetée. Lors de l’audience du 2 juillet, la défense a plaidé la relaxe, insistant sur l’absence d’intention diffamatoire, soulignant que le journaliste s’était exprimé dans le cadre d’un débat public légitime.

De son côté, Moustapha Diakhaté, ancien président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle Benno Bokk Yakaar, est poursuivi pour « offense au chef de l’État » et à une autorité présidentielle. Ce dernier a notamment qualifié certaines hautes autorités de « gougnafiers », un terme que le ministère public a jugé particulièrement injurieux. Interpellé le 10 juin et jugé huit jours plus tard, il encourt la même peine que Bachir Fofana : six mois de prison dont trois ferme et une amende de 200 000 francs CFA.

Ce double procès suscite de vifs débats au sein de la société civile et des milieux juridiques. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme un recul inquiétant de la liberté d’expression au Sénégal, alors que le pays a longtemps été perçu comme un bastion du pluralisme en Afrique de l’Ouest.

Des organisations de défense des droits humains et des associations de journalistes dénoncent des poursuites à caractère politique. Elles pointent une tendance croissante à la judiciarisation de la parole critique, notamment sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Le report du délibéré, sans explication officielle fournie par le tribunal, suscite des interrogations. Certains observateurs y voient une manœuvre dilatoire ou un signe de pressions externes sur une affaire devenue sensible au plus haut sommet de l’État.

Note souveraine en chute libre : Moubarack Lo alerte sur le risque d’une double sanction pour le Sénégal

Face à la troisième dégradation de la note souveraine en sept mois, l’économiste appelle à l’intelligence collective, à la stabilité institutionnelle et à un sursaut national pour restaurer la confiance des investisseurs.

Le Sénégal traverse une passe difficile sur le front financier. En l’espace de sept mois, le pays a essuyé trois dégradations successives de sa note souveraine par les agences de notation internationales. Un signal d’alarme que l’économiste Moubarack Lo, ancien conseiller spécial et économiste en chef de la Primature, prend très au sérieux. Dans un entretien accordé au journal L’Observateur, il dresse un diagnostic préoccupant, tout en appelant à un sursaut national pour éviter une crise plus profonde.

Pour Moubarack Lo, les agences de notation n’évaluent pas uniquement les performances économiques actuelles, mais s’appuient surtout sur « des anticipations ». « C’est l’incertitude sur la trajectoire du pays, et notamment sur sa stabilité institutionnelle, qui inquiète aujourd’hui les marchés », explique-t-il. Selon lui, les discours politiques, les orientations budgétaires et les signaux émis par les plus hautes autorités comptent autant que les chiffres.

Cette défiance se traduit par une baisse de la valeur des titres sénégalais sur les marchés financiers, une hausse du coût des emprunts et une frilosité croissante des investisseurs, notamment dans les secteurs productifs. « Les financements multilatéraux sont moins affectés, mais pour le secteur privé, c’est un vrai coup dur », prévient-il.

Ce qui inquiète particulièrement l’économiste, c’est le climat politique tendu entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Si cette cohabitation conflictuelle devait s’installer durablement, le Sénégal risquerait de subir ce qu’il appelle une « double peine » : d’un côté, les déséquilibres financiers hérités ; de l’autre, une instabilité institutionnelle pénalisante. « Le peuple ne mérite pas de payer le prix d’un blocage politique », insiste-t-il.

Moubarack Lo plaide pour un retour à l’apaisement, notamment par la libération des détenus d’opinion et la fin des invectives publiques. Il souligne que la stabilité politique est une condition essentielle pour attirer des investissements durables, au-delà des seuls secteurs extractifs (pétrole, gaz).

Face à la fragilité actuelle de l’attelage gouvernemental, l’économiste propose trois options :

Renforcer les pouvoirs du Premier ministre, pour lui permettre d’assurer une meilleure coordination de l’action gouvernementale. Redistribuer les rôles au sommet de l’État, en envisageant par exemple qu’Ousmane Sonko prenne la tête de l’Assemblée nationale. Maintenir le statu quo, mais à la condition impérative d’un pacte de confiance et de collaboration sincère entre le Président et son Premier ministre.

Dans tous les cas, avertit-il, « le Chef de l’État doit permettre à son Premier ministre de jouer pleinement son rôle de chef de gouvernement ».

Pour sortir de l’ornière, Moubarack Lo appelle à une mobilisation collective autour de trois priorités : le redressement des finances publiques, la publication de données budgétaires transparentes, et le rétablissement de la confiance des partenaires techniques et financiers.

Il juge qu’un nouveau partenariat avec le Fonds monétaire international (FMI) pourrait être un levier utile pour restaurer la crédibilité du pays. « La crise financière avance lentement, mais une crise institutionnelle peut tout précipiter », prévient-il.

Tensions au sein de la coalition « Diomaye Président » : Bougar Diouf exclu pour avoir critiqué Ousmane Sonko

Après avoir dénoncé les propos jugés virulents du Premier ministre à l’encontre du président Diomaye Faye et de ses alliés, Bougar Diouf a été écarté du groupe WhatsApp interne de la coalition.

La tension monte dans les rangs de la coalition « Diomaye Président ». Selon des informations révélées par le journal Les Échos dans son édition de ce mercredi 16 juillet, Bougar Diouf, membre actif de ladite coalition, a été exclu du groupe WhatsApp interne après avoir publiquement critiqué le Premier ministre Ousmane Sonko.

Tout serait parti de la dernière sortie médiatique d’Ousmane Sonko, jugée par certains comme trop virulente à l’endroit du président de la République Bassirou Diomaye Faye, de certains alliés politiques ainsi que de la société civile. Bougar Diouf, ne cachant pas son désaccord, aurait exprimé dans le groupe WhatsApp de la coalition son indignation, qualifiant les propos du chef du gouvernement d’« inélégants ».

Mais loin de se limiter à une discussion interne, Diouf a réitéré sa position publiquement lors de l’émission RFM Matin, où il a même appelé le président Diomaye Faye à « refuser les diktats internes » et à préserver l’unité de sa majorité face à ce qu’il considère comme des « dérives autoritaires ».

Cette prise de parole, perçue comme une provocation par plusieurs figures de la coalition, a provoqué une réaction immédiate. Aïda Mbodj, personnalité influente de l’alliance, aurait aussitôt décidé de l’exclure du groupe de discussion, tout en lançant un avertissement clair : « Tout membre qui tenterait de semer la discorde ou de fragiliser l’unité de la coalition subira le même sort. »

Cet incident met en lumière les tensions croissantes qui semblent agiter la majorité présidentielle depuis quelques semaines, entre volonté d’ouverture du président Diomaye Faye et fermeté revendiquée par son Premier ministre. L’affaire Bougar Diouf pourrait bien marquer un tournant dans la gestion des divergences internes au sein de la coalition, à l’heure où la cohésion politique reste cruciale pour la réussite du projet présidentiel.

Affaire Badara Gadiaga : Pape Djibril Fall rend visite à Alioune Tine et dénonce les atteintes aux libertés publiques

Le député et leader politique Pape Djibril Fall a été reçu ce mardi 15 juillet 2025 par Alioune Tine, président fondateur d’Africajom Center, figure respectée de la société civile sénégalaise. Cette rencontre s’est déroulée dans un contexte national marqué par des tensions politiques croissantes et une multiplication des arrestations d’acteurs médiatiques et d’opinion.

À l’issue de l’audience, Pape Djibril Fall a tenu à partager les grandes lignes des échanges. Il a notamment évoqué la situation générale du pays, qu’il qualifie de préoccupante, en raison de ce qu’il considère comme des atteintes graves aux libertés publiques. Selon lui, la répression vise en priorité les journalistes, les chroniqueurs et les leaders d’opinion qui expriment des positions critiques à l’égard du pouvoir exécutif.

Parmi les cas les plus emblématiques figure celui de Badara Gadiaga, chroniqueur actuellement incarcéré. Pour Pape Djibril Fall, l’arrestation de ce dernier illustre « la volonté manifeste du régime Sonko-Diomaye de faire taire toutes les voix discordantes ». Il estime que Badara Gadiaga est devenu un véritable otage politique, détenu pour ses opinions et non pour des actes répréhensibles.

La rencontre a également été l’occasion de réaffirmer le respect et la considération dus à Alioune Tine, dont l’engagement en faveur des droits humains et de la démocratie au Sénégal est unanimement salué. Pape Djibril Fall a formulé à son endroit des vœux de paix et de prospérité, tout en appelant les autorités à un retour au dialogue et à l’apaisement.

En conclusion, le député a lancé un appel solennel à la libération immédiate des personnes qu’il qualifie d’otages politiques, au premier rang desquelles Badara Gadiaga. Il estime qu’aucune démocratie ne peut prospérer dans un climat d’intimidation et de privation des libertés fondamentales.

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR AU SÉNÉGAL : L’État investit 45 milliards Fcfa par ans dans la restauration des étudiants

Le ministre Abdourahmane Diouf dévoile les chiffres clés et les ambitions de l’État pour les 25 prochaines années

Lors d’un déjeuner de presse organisé ce mardi 15 juillet 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Abdourahmane Diouf, a révélé que l’État du Sénégal consacre chaque année 45 milliards de FCFA à la restauration des étudiants. Cette enveloppe permet de servir 30 millions de repas par an dans les 31 restaurants universitaires répartis dans les Centres régionaux des œuvres universitaires (Crous), dotés d’une capacité d’accueil de 19 477 places.

Cette révélation s’inscrit dans une volonté de transparence et de bilan, à l’aube de transformations majeures que le gouvernement souhaite initier dans le secteur de l’enseignement supérieur. En effet, selon le ministre Diouf, le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko nourrissent une ambition forte de refonder l’université sénégalaise sur les 25 prochaines années.

« Cette refondation passera par des réformes profondes, le développement des infrastructures, le recrutement massif de personnel enseignant et une intégration sérieuse du numérique dans les pédagogies », a souligné Abdourahmane Diouf.

Avant d’enclencher cette dynamique de changement, le ministère a engagé un état des lieux complet du système universitaire sénégalais. À ce jour, le pays compte 286 169 étudiants inscrits dans les établissements publics et privés, encadrés par 2 495 enseignants-chercheurs.

Le réseau universitaire public comprend 9 universités, regroupant 73 facultés, 223 départements, ainsi que deux grandes écoles : l’École polytechnique de Thiès et l’École nationale supérieure d’agriculture (ENSA).

Le Sénégal dispose également de 6 Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP), 62 filières professionnelles, 298 établissements d’enseignement supérieur, 6 bibliothèques universitaires pour un total de 2 804 places, 15 écoles doctorales et 7 Crous, offrant 26 567 lits aux étudiants.

Malgré ces efforts, les besoins demeurent criants, notamment dans les domaines scientifiques et technologiques. Le pays ne forme actuellement que 800 ingénieurs par an, un chiffre que le ministre juge largement insuffisant au regard des ambitions industrielles et technologiques du Sénégal.

Cette ambition de transformation universitaire vise à moderniser la gouvernance, élever le niveau de l’enseignement, et adapter les formations aux exigences économiques du pays, en particulier dans les secteurs prioritaires comme l’agriculture, l’énergie, les technologies numériques et les infrastructures.

« Pour bâtir un Sénégal émergent, nous avons besoin d’un enseignement supérieur fort, inclusif, connecté aux réalités du monde et aux besoins du marché », a conclu le ministre Diouf.

Kaolack : L’association BËT-SET et ses partenaires en croisade contre le chômage des jeunes à travers le projet Diapal Te Jëf

Face au défi persistant du chômage des jeunes, un atelier stratégique s’est tenu ce lundi au Centre de Formation Professionnelle de Kaolack. Initié par l’association BËT-SET/L’Aurore avec l’appui de l’ONG Eclosio, cet événement marque une étape décisive dans la mise en œuvre du projet Diapal Te Jëf, dédié à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes dans la région.

Dans les départements de Kaolack, Guinguinéo et Nioro, de nombreux jeunes diplômés – issus des centres de formation professionnelle, des universités et des Daaras – peinent à s’insérer sur le marché du travail. Le manque d’expérience, l’insuffisance de réseaux professionnels et l’absence de mécanismes d’accompagnement après la formation constituent des obstacles majeurs.

« Le projet Diapal Te Jëf répond à cette urgence en proposant un parcours structuré alliant formation, accompagnement entrepreneurial et mise en relation avec les acteurs économiques locaux », a expliqué Bouna Mané, président de l’association BËT-SET/L’Aurore. Au total, 90 jeunes seront sélectionnés dans les trois départements concernés : Nioro du Rip, Guinguinéo et Kaolack. Ils bénéficieront de modules sur l’entrepreneuriat, le réseautage, le mentorat et l’incubation.

Prenant la parole lors de l’atelier, Atanas Sagne, chef de projet de l’Initiative FIT Sénégal pour le compte de l’ONG Eclosio, a rappelé le contexte de cette initiative. « FIT Sénégal est née dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2026, une première en Afrique. Le ministère de la Formation professionnelle, en partenariat avec des acteurs européens, en a profité pour renforcer l’offre de formation professionnelle et favoriser l’insertion des jeunes », a-t-il expliqué.

Promouvoir et accroître la visibilité de la formation professionnelle ; Utiliser le sport comme levier de développement ; Accompagner efficacement les jeunes vers l’insertion professionnelle.

« Aujourd’hui, nous sommes réunis pour cadrer le parcours Diapal Te Jëf, porté par une organisation de la société civile, BËT-SET, engagée dans l’accompagnement des jeunes à l’insertion. Ce parcours s’étendra sur une durée de six mois », a poursuivi M. Sagne.

Il a également souligné l’importance d’impliquer tous les acteurs de l’écosystème : entreprises, structures de financement, chefs de projet, etc. « On ne peut pas accompagner les jeunes sans impliquer ceux qui détiennent les ressources. Plusieurs de ces acteurs se sont déjà engagés à soutenir ce parcours », a-t-il affirmé.

Selon lui, Eclosio met davantage l’accent sur l’accompagnement technique. « Avec BËT-SET, nous avons pris le temps de co-construire ce projet, en consolidant une note conceptuelle jusqu’à aboutir à un véritable parcours d’insertion. Cette proposition a été soumise aux partenaires qui y ont apporté leurs suggestions », a-t-il expliqué.

À l’issue de l’atelier, les partenaires seront invités à confirmer et formaliser leurs engagements à travers la signature d’une charte. « Cette charte sera enrichie et officialisée dans les prochains jours. Elle constituera le socle de notre engagement commun pour l’insertion des jeunes », a conclu Atanas Sagne.

Kaolack : L’association BËT-SET et ses partenaires en croisade contre le chômage des jeunes à travers le projet Diapal Te Jëf

Face au défi persistant du chômage des jeunes, un atelier stratégique s’est tenu ce lundi au Centre de Formation Professionnelle de Kaolack. Initié par l’association BËT-SET/L’Aurore avec l’appui de l’ONG Eclosio, cet événement marque une étape décisive dans la mise en œuvre du projet Diapal Te Jëf, dédié à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes dans la région.

Dans les départements de Kaolack, Guinguinéo et Nioro, de nombreux jeunes diplômés – issus des centres de formation professionnelle, des universités et des Daaras – peinent à s’insérer sur le marché du travail. Le manque d’expérience, l’insuffisance de réseaux professionnels et l’absence de mécanismes d’accompagnement après la formation constituent des obstacles majeurs.

« Le projet Diapal Te Jëf répond à cette urgence en proposant un parcours structuré alliant formation, accompagnement entrepreneurial et mise en relation avec les acteurs économiques locaux », a expliqué Bouna Mané, président de l’association BËT-SET/L’Aurore. Au total, 90 jeunes seront sélectionnés dans les trois départements concernés : Nioro du Rip, Guinguinéo et Kaolack. Ils bénéficieront de modules sur l’entrepreneuriat, le réseautage, le mentorat et l’incubation.

Prenant la parole lors de l’atelier, Atanas Sagne, chef de projet de l’Initiative FIT Sénégal pour le compte de l’ONG Eclosio, a rappelé le contexte de cette initiative. « FIT Sénégal est née dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2026, une première en Afrique. Le ministère de la Formation professionnelle, en partenariat avec des acteurs européens, en a profité pour renforcer l’offre de formation professionnelle et favoriser l’insertion des jeunes », a-t-il expliqué.

Promouvoir et accroître la visibilité de la formation professionnelle ; Utiliser le sport comme levier de développement ; Accompagner efficacement les jeunes vers l’insertion professionnelle.

« Aujourd’hui, nous sommes réunis pour cadrer le parcours Diapal Te Jëf, porté par une organisation de la société civile, BËT-SET, engagée dans l’accompagnement des jeunes à l’insertion. Ce parcours s’étendra sur une durée de six mois », a poursuivi M. Sagne.

Il a également souligné l’importance d’impliquer tous les acteurs de l’écosystème : entreprises, structures de financement, chefs de projet, etc. « On ne peut pas accompagner les jeunes sans impliquer ceux qui détiennent les ressources. Plusieurs de ces acteurs se sont déjà engagés à soutenir ce parcours », a-t-il affirmé.

Selon lui, Eclosio met davantage l’accent sur l’accompagnement technique. « Avec BËT-SET, nous avons pris le temps de co-construire ce projet, en consolidant une note conceptuelle jusqu’à aboutir à un véritable parcours d’insertion. Cette proposition a été soumise aux partenaires qui y ont apporté leurs suggestions », a-t-il expliqué.

À l’issue de l’atelier, les partenaires seront invités à confirmer et formaliser leurs engagements à travers la signature d’une charte. « Cette charte sera enrichie et officialisée dans les prochains jours. Elle constituera le socle de notre engagement commun pour l’insertion des jeunes », a conclu Atanas Sagne.

Révolution ou dérive ? Mamoudou Ibra Kane objecte à Me Ciré Clédor Ly

Dans une tribune musclée, le journaliste Mamoudou Ibra Kane répond à Me Ciré Clédor Ly, dénonçant une vision radicale de la rupture et une dérive autoritaire masquée sous les habits de la révolution.

Dans un style direct, nourri d’érudition politique et de références historiques, Mamoudou Ibra Kane a signé une tribune choc en réponse aux propos de Me Ciré Clédor Ly, éminent avocat, qui appelait récemment à la « destruction de l’ancien régime » et au « nettoiement de ses vestiges » pour asseoir la révolution sénégalaise issue de l’alternance de mars 2024.

Sous le titre « Objection, Maître ! », le journaliste et citoyen s’adresse avec respect, mais sans détour, à son aîné, qu’il accuse de céder à un discours dangereux, aux accents totalitaires. Mamoudou Ibra Kane s’élève contre l’idée d’une purge systémique dans l’administration, la sécurité ou encore la justice, assimilant ce type d’approche à un maccarthysme ou à des pratiques staliniennes incompatibles avec les principes démocratiques.

Refusant d’être catalogué dans un quelconque camp, Kane se présente comme un citoyen lucide, ni du passé ni du nouveau régime, mais « du présent, du passé et du futur du pays ». À ses yeux, la dichotomie entre « bons » et « mauvais » — selon qu’on soit du nouveau ou de l’ancien pouvoir — est aussi stérile que dangereuse. Il y voit un symptôme d’un pouvoir qui peine à naître pleinement, tout en étant incapable d’assumer ses propres contradictions.

Plus qu’une simple réplique à Me Clédor Ly, le texte de Mamoudou Ibra Kane est un réquisitoire contre ce qu’il considère comme des dérives du nouveau régime : intimidations, détentions arbitraires, gestion opaque de certains dossiers, silence sur les tensions institutionnelles entre le président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.

Il s’étonne du mutisme de l’avocat sur les déclarations du chef du gouvernement à l’encontre du président de la République, rappelant que dans une démocratie fonctionnelle, la primauté de l’État doit prévaloir sur tout agenda partisan. Il évoque même la crise de décembre 1962 entre Senghor et Mamadou Dia pour alerter sur le risque de fracture institutionnelle.

L’un des passages les plus saillants de la tribune est sans doute celui où le journaliste accuse ouvertement les tenants du nouveau pouvoir de chercher à instaurer un « État-Pastef », dans une logique de mainmise totale sur les institutions. Selon lui, cette orientation contredit l’idéal de rupture et de souveraineté tant chanté durant la campagne électorale.

Il interpelle Me Clédor Ly sur le silence entourant les promesses non tenues : l’abrogation de la loi d’amnistie, l’amélioration des conditions économiques, la moralisation de la vie publique. En filigrane, c’est l’image d’un peuple trahi, notamment une jeunesse désillusionnée, qui se dessine. « Le Projet », écrit-il, est devenu une chimère, et la révolution semble avoir dévoré ses enfants, pour reprendre la formule de Vergniaud, citée en conclusion.

Pour autant, Mamoudou Ibra Kane ne se positionne ni en nihiliste ni en détracteur systématique. Il rappelle son attachement au débat démocratique, à la justice pour les victimes, et à l’exigence d’un État de droit respectueux des libertés individuelles. Il invite à rendre justice, mais pas à organiser une justice des vainqueurs. Il appelle à la lucidité collective et au refus de tout fanatisme politique.

Avec cette tribune, Mamoudou Ibra Kane s’impose comme une voix critique majeure dans un paysage politique sénégalais en mutation, où l’euphorie de la rupture semble déjà céder le pas aux désillusions. Son message est clair : la révolution ne peut pas être une excuse pour piétiner la République.

Madiambal Diagne salue un tournant : « Le Président Bassirou Diomaye Faye a enfin enfilé le costume de président de la République »

Le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication voit dans le dernier discours du chef de l’État un signe de maturité politique et de prise de responsabilité salvatrice pour le Sénégal.

Dans une publication remarquée sur le réseau social X (anciennement Twitter), le journaliste Madiambal Diagne n’a pas mâché ses mots en commentant la récente sortie du président Bassirou Diomaye Faye. À l’occasion du discours tenu ce lundi 14 juillet 2025 devant les participants du dialogue national, le chef de l’État semble, aux yeux de Diagne, avoir franchi un cap déterminant dans son rôle à la tête du pays.

« J’ai écouté et réécouté le Président Bassirou Diomaye Faye. Il a enfin enfilé le costume de Président de la République du Sénégal. Tant mieux pour ce pays qui risque d’aller à vau l’eau », a-t-il écrit. Un message à la fois critique et encourageant, qui traduit une attente forte de la part d’une frange de l’élite sénégalaise quant à la posture institutionnelle du président.

Madiambal Diagne, connu pour ses prises de position tranchées, semblait jusqu’ici sceptique quant à la capacité du président Faye à incarner pleinement les attributs et responsabilités de la magistrature suprême. Son post marque donc un changement de ton, saluant ce qu’il considère comme une prise de hauteur et une posture désormais plus affirmée du chef de l’État.

Ce revirement intervient dans un contexte politique sensible, où les attentes autour du dialogue national sont grandes, notamment en ce qui concerne la réforme des institutions, la pacification de l’espace politique et les réponses aux urgences économiques et sociales.

Le discours de Diomaye Faye, jugé rassembleur, républicain et résolument tourné vers l’avenir, semble donc avoir convaincu certains observateurs jusque-là réservés. Il reste cependant à voir si cette « prise de costume » saluée par Madiambal Diagne se traduira par des actes concrets et un leadership affirmé dans la durée.

Bassirou Diomaye Faye réaffirme ses priorités : stabilité, justice, souveraineté et réconciliation nationale

Lors de sa dernière sortie médiatique, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est exprimé avec franchise sur plusieurs sujets majeurs touchant à la gouvernance, à la stabilité politique, à la justice et à la situation économique du pays. Un discours lucide, marqué par un appel à l’unité, à la paix et à la responsabilité.

Dès l’entame de son intervention, le président a tenu à rappeler que le Sénégal reste un pays stable, sans complexe face aux autres nations. Toutefois, il a souligné que la stabilité politique ne saurait être effective sans un climat politique serein, propice à l’investissement et à la confiance.

« Je compte continuer à m’atteler à tout ce qui pourrait apporter la paix dans ce pays et je tends la main à tous ceux qui travaillent en ce sens », a-t-il affirmé, rappelant le passé récent tumultueux que le pays a traversé.

Il insiste : tout écart vis-à-vis de ce cap de stabilité et de cohésion nationale risquerait d’aliéner le soutien des citoyens.

Revenant sur le climat social et politique à son arrivée au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye a évoqué un pays en proie à une division profonde, jusque dans les foyers.

« On a dit que pour le prochain président, son premier chantier, c’est de réconcilier les Sénégalais », a-t-il rappelé.

Dans cette logique, le président a tenu à maintenir le calendrier des Assises nationales dès le 28 mai, moins de deux mois après sa prestation de serment, avec comme première thématique : la justice. Pour lui, cette institution doit être réformée pour restaurer la confiance des citoyens, mais pas affranchie de tout contrôle.

« Libérer la justice ne signifie pas laisser les juges faire tout ce que bon leur semble », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité de corriger les dysfonctionnements passés sans pour autant tomber dans l’impunité.

Il a également rappelé les 11 mois qu’il a passés en prison, affirmant qu’il ne saurait aujourd’hui cautionner les dérives qu’il a lui-même dénoncées à l’époque.

Le chef de l’État a aussi fait le point sur son récent déplacement aux États-Unis, où il a rencontré des acteurs majeurs de l’économie, notamment la Chambre de commerce américaine. L’objectif : encourager les investissements au Sénégal, créer de l’emploi et trouver des solutions concrètes aux défis économiques.

« Il faut attirer des investisseurs pour régler des problèmes et créer des emplois », a-t-il martelé, soulignant l’importance du partenariat international dans un cadre souverain.

Abordant la polémique née des récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, le président a tenu à apaiser les inquiétudes en affirmant clairement qu’il n’y a « aucun conflit » entre les deux hommes.

« Le Premier ministre est mon ami. Je vais continuer à me concentrer sur les attentes des Sénégalais. Le seul combat qui vaille, c’est celui contre les difficultés qu’ils endurent », a-t-il insisté.

Le président rappelle que son gouvernement a hérité d’une situation économique complexe, ce qui appelle à un engagement collectif fort autour des principes qui fondent le projet Jub, Jubbal, Jubanti : vérité, réparation, transformation.

En conclusion, Bassirou Diomaye Faye appelle l’ensemble de la classe politique, de l’administration et de la société civile à s’inscrire dans une dynamique de gestion transparente, de renforcement de la souveraineté, de défense des libertés et de préservation des valeurs démocratiques.

« C’est là où les Sénégalais nous attendent », a-t-il dit avec conviction, se plaçant en gardien des intérêts de l’État, mais surtout en président déterminé à incarner une nouvelle ère de rupture et de responsabilité.

Sénégal – Kaolack / Sport – Coupe du Sénégal U17 : L’académie YES entre dans la légende du football sénégalais

L’académie Yewou Études et Sports (YES) de Kaolack (centre) a marqué un tournant dans l’histoire du football jeune au Sénégal. Ce samedi 13 juillet 2025, sur la pelouse du stade Alassane Djigo de Dakar, les jeunes de YES ont remporté la Coupe du Sénégal U17, au terme d’une finale haletante face à Guélawar de Fatick. La rencontre s’est soldée par une victoire aux tirs au but (5-4). Une performance historique, saluée comme un véritable exploit par la communauté sportive nationale.

Le président fondateur de l’académie, Alpha Dabo, également président de la Coordination nationale des écoles de football du Sénégal (CONEFS), a appelé à un accueil triomphal pour cette brillante génération.

« Nous demandons à toutes les autorités administratives, territoriales et à la population de Kaolack de rendre un hommage vibrant à ces jeunes qui ont porté haut les couleurs de notre région », a-t-il déclaré avec émotion.

YES est bien plus qu’une simple école de football. Fondée en 1998, érigée en académie en 2008, puis affiliée à la Fédération sénégalaise de football en 2020, elle accueille aujourd’hui des jeunes dans les catégories U13, U15, U17 et U20. Son modèle repose sur une approche intégrée qui allie rigueur sportive et excellence académique.

« Depuis notre première Coupe du Sénégal en 1998, il a fallu 27 ans pour revenir sur le toit du football jeune. C’est une immense fierté pour tout Kaolack », a souligné Alpha Dabo.

Et de rappeler : « Notre vision repose sur la formation, la discipline et les études. Nous voulons former des citoyens avant de former des footballeurs. »

Face à une équipe solide de Guélawar de Fatick, soutenue par un public venu en masse, YES a su faire preuve de résilience et de discipline tactique.

« Le match était très disputé, mais nous savions que nous avions les moyens de créer la surprise », a confié l’entraîneur Bassirou Biaye, visiblement ému après le coup de sifflet final.

Pour lui, ce sacre vient récompenser le travail acharné de toute une saison.

« Participer à une Coupe nationale est déjà une opportunité. La gagner, c’est prouver que Kaolack a toute sa place dans l’élite du football de formation. »

Au-delà du trophée, cette victoire est une source d’inspiration pour toute une génération.

« Ce succès symbolise l’espoir et la possibilité de rêver grand. Il montre qu’avec du travail et de la passion, tout est possible », conclut Alpha Dabo.

Aujourd’hui, YES attire l’attention des observateurs et s’impose comme un vivier prometteur du football sénégalais. Un avenir à suivre de près.

Bassirou Diomaye Faye reçoit le PDG de Vista Bank pour renforcer les partenariats économiques

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu en audience ce lundi au Palais présidentiel M. Simon Tiemtoré, Président-Directeur général du groupe Vista Bank. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de promotion des partenariats stratégiques entre l’État du Sénégal et les acteurs majeurs du secteur financier, en vue de soutenir la mise en œuvre de la vision « Sénégal 2050 ».

Selon un communiqué officiel de la présidence, les échanges ont porté sur les opportunités de collaboration entre le gouvernement et le groupe bancaire, ainsi que sur les axes d’investissement susceptibles d’accompagner les grands chantiers économiques et sociaux engagés par l’État. À travers cette initiative, le chef de l’État réaffirme sa volonté de mobiliser le secteur privé, notamment les institutions financières, pour accélérer le développement du pays.

Le groupe Vista Bank, qui s’impose comme un acteur de poids dans le paysage bancaire sénégalais et ouest-africain, a exprimé sa disponibilité à s’engager davantage aux côtés des pouvoirs publics. M. Simon Tiemtoré a souligné l’intérêt de Vista Bank pour les projets structurants portés par le gouvernement, dans les domaines des infrastructures, de l’innovation, du numérique, de l’inclusion financière ou encore de l’entrepreneuriat.

Sénégal : Le président Diomaye Faye et Ousmane Sonko affichent leur unité lors d’une visite au Bénin

Alors que les rumeurs de tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko alimentaient les débats ces derniers jours, une démonstration d’unité a été faite ce mardi 15 juillet 2025. À l’occasion d’un voyage officiel à Cotonou, au Bénin, le chef de l’État sénégalais était accompagné de son chef de gouvernement, affichant une entente visible et assumée.

Dans une vidéo largement partagée par la présidence sénégalaise, les deux hommes apparaissent côte à côte, sereins et souriants, dans une ambiance qui tranche avec les rumeurs persistantes d’un malaise au sommet de l’exécutif. Au-delà des images, c’est le choix musical qui a retenu l’attention : le fond sonore de la vidéo officielle est une interprétation de la chanson « Plus Fort » de Youssou Ndour, assurée par le Bataillon de la Musique des Forces armées sénégalaises.

Ce morceau, extrait de l’album Coono du reer, est une ode à l’unité, à l’écoute mutuelle et à la paix. À travers les paroles emblématiques — « Aimons-nous et échangeons afin d’avoir une paix éternelle » — le message est clair : au-delà des divergences supposées, c’est la cohésion, la solidarité et la volonté de travailler ensemble qui priment.

Dans un contexte national marqué par des défis économiques, sociaux et institutionnels, ce geste revêt une forte portée symbolique. Il envoie un signal d’apaisement et de stabilité à l’opinion publique sénégalaise, mais aussi aux partenaires internationaux du pays.

Le président Diomaye Faye, dans ses récentes prises de parole, n’a pas manqué de souligner la complexité de la situation héritée. Mais c’est justement dans cette complexité que semble s’ancrer une volonté ferme de gouverner dans l’unité et la complémentarité avec son Premier ministre.

Bassirou Diomaye Faye attendu ce mardi à Cotonou pour une visite de travail

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, effectuera ce mardi une visite de travail à Cotonou, la capitale économique du Bénin. Cette mission officielle, annoncée dans un communiqué de la présidence sénégalaise et consultée par Le Soleil, s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations d’amitié et de coopération entre les deux pays.

Ce déplacement marque une étape importante dans la politique étrangère du chef de l’État sénégalais, qui accorde une attention particulière à la consolidation des liens entre le Sénégal et ses partenaires africains. Le choix du Bénin, pays ami et acteur engagé dans l’intégration régionale, traduit cette volonté de dynamiser les échanges bilatéraux dans des secteurs stratégiques.

Au menu de cette visite figurent des entretiens avec son homologue béninois, le président Patrice Talon, ainsi que des échanges entre les délégations des deux pays. Les discussions devraient porter sur des questions économiques, sécuritaires et diplomatiques, mais aussi sur la coopération dans les domaines de l’éducation, des infrastructures, du commerce et de la libre circulation dans l’espace ouest-africain.

Cette rencontre pourrait également déboucher sur la signature de nouveaux accords de partenariat ou la relance de projets communs, dans un contexte régional marqué par de nombreux défis, notamment en matière de sécurité et d’intégration économique.

Kaolack – Mboudaye Sérère : Un village coupé du monde, des populations contraintes de traverser un bras de mer à pied

Situé à moins de trois kilomètres à l’est de Ndiédieng, chef-lieu de commune, le village de Mboudaye Sérère vit un véritable calvaire quotidien. Pour ses habitants, se rendre dans les localités voisines telles que Daga Biram, Ndiourbel Thiourom, Daga Ndoup, Daga Diéry, Passy ou encore Sokone relève de l’exploit.

En l’absence de route directe ou de pont, la seule option reste un long détour, incluant la traversée à pied d’un bras de mer, souvent au péril de leur vie. Cette traversée, déjà difficile en temps normal, devient extrêmement dangereuse en saison des pluies, lorsque les eaux sont agitées et imprévisibles.

« On est obligé de contourner. Il n’y a ni pont, ni route directe. Quand on tombe malade, c’est un vrai calvaire pour se rendre à l’hôpital. Les femmes et les enfants en souffrent particulièrement. Transporter une femme enceinte ou un malade est une source de panique. On a toujours peur d’un accident sur l’eau », alerte Babacar Dione, responsable des jeunes du village.

Outre le danger permanent, ce trajet rallongé a également un coût financier non négligeable et fait perdre un temps précieux. Résultat : certains habitants renoncent à se rendre à Passy, se privant ainsi de soins médicaux ou de services administratifs pourtant essentiels.

Malgré les multiples alertes adressées aux autorités locales et étatiques, rien n’a changé. Les populations réclament avec insistance la construction d’un pont pour désenclaver leur localité et améliorer leur quotidien.

En attendant, ce bras de mer reste le seul lien, fragile et dangereux, entre Mboudaye Sérère et le reste de la commune — une traversée qui symbolise à elle seule l’isolement, mais aussi la résilience d’une population oubliée.

Kaolack / Environnement : La Mairie redonne vie à la baie de Koundam

Située à l’extrémité ouest de la commune de Kaolack, la baie de Koundam, autrefois laissée à l’abandon, connaît aujourd’hui une véritable métamorphose grâce à un ambitieux projet d’aménagement lancé par la municipalité.

Sous la houlette du maire, M. Serigne Mboup, cette initiative vise à transformer cette zone côtière en un pôle d’attraction touristique et un espace de vie pour les habitants, tout en respectant les principes du développement durable.

« Nous voulons redonner vie à la baie de Koundam tout en préservant son écosystème. Ce projet n’est pas seulement un embellissement ; c’est aussi une réponse aux besoins économiques et sociaux de notre population, » a déclaré le maire de la ville de Mbossé Coumba Djiguène.

la création d’espaces verts, l’installation d’aires de jeux pour enfants, des allées piétonnes, des poubelles écologiques, des bancs publics modernisés.

Ces équipements visent non seulement à améliorer le cadre de vie, mais aussi à encourager les activités économiques, notamment le petit commerce local.

Dans de nombreuses communes, les plages ne sont plus de simples lieux de détente, mais de véritables moteurs économiques.

« La baie de Koundam pourrait générer d’importantes retombées économiques. Chaque année, des milliers de visiteurs pourraient venir profiter du sable fin et des eaux calmes, ce qui dynamisera plusieurs secteurs », explique M. Mboup.

Le commerce local : vendeurs ambulants, marchés artisanaux, restaurants et buvettes verront leur chiffre d’affaires croître, notamment en haute saison touristique. Les activités nautiques et sportives : location de jet-skis, balades en pirogue, cours de surf, etc., contribueront également à renforcer l’économie locale.

« Les habitants s’y retrouvent pour se détendre, organiser des pique-niques ou pratiquer des sports collectifs. C’est un lieu de rencontre intergénérationnel », soutient le maire.

L’espace réhabilité pourra aussi accueillir régulièrement des festivals et manifestations artistiques, mettant en lumière les traditions locales, les danses et les musiques du terroir.

« La plage renforcera le vivre-ensemble et encouragera le sentiment d’appartenance communautaire », affirme Serigne Mboup.

La mairie entend faire de la baie de Koundam l’un des principaux attraits touristiques de la région :

« La baie de Koundam restera, inchallah, l’un des atouts majeurs pour attirer les visiteurs étrangers et nationaux », a-t-il conclu.

« Avant, on avait du mal à attirer les clients. Maintenant, les gens viennent se promener, et ça nous aide beaucoup », témoigne un commerçant du quartier.

Des jeunes sportifs utilisent déjà le nouvel espace pour s’entraîner, tandis que les familles affluent chaque week-end pour profiter du cadre enchanteur.

L’aspect environnemental n’a pas été négligé. Des campagnes de sensibilisation à la propreté seront menées auprès des populations, avec l’installation de poubelles et de points de collecte sélective pour limiter la pollution.

Dans une seconde phase, la mairie prévoit la mise en place de petites structures d’accueil pour les visiteurs, consolidant ainsi l’ouverture touristique de la zone.

Ce vaste chantier lancé par la municipalité incarne une nouvelle ère pour la baie de Koundam. Plus qu’un simple projet d’aménagement, il s’agit d’un véritable levier de dynamisme communautaire, économique, social et culturel, qui transforme durablement le paysage urbain de Kaolack.

Alioune Tine répond à Ousmane Sonko : « Une société civile libre ne fait pas allégeance au pouvoir »

Dans un contexte politique de plus en plus tendu entre le pouvoir et certaines voix indépendantes, le fondateur de Africa Jom Center, Alioune Tine, a réagi vigoureusement aux récentes critiques émises par le président du parti Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko. Lors d’une sortie médiatique, ce dernier s’en est pris à la société civile et à d’autres acteurs qu’il accuse d’adopter des postures critiques envers le régime.

Invité sur Radio Sénégal, Alioune Tine n’a pas mâché ses mots. Pour lui, les attaques contre la société civile traduisent une dérive inquiétante vers un modèle de Parti-État incompatible avec les principes démocratiques. « Cette perspective de Parti État ne colle pas avec la présence d’une société civile libre, qui reste une sentinelle face à un pouvoir », a-t-il martelé.

Le défenseur des droits humains a tenu à rappeler que la société civile, par essence, n’est pas un appareil d’adhésion ni d’opposition systématique, mais un levier d’équilibre démocratique. « La société civile n’a ni vocation de faire acte d’allégeance ni de soutien à un quelconque pouvoir. Elle a un rôle d’alerte et de veille devant toute injustice ou manque de transparence dans la gestion de l’État », a-t-il souligné.

Revenant sur l’histoire récente du Sénégal, Alioune Tine a insisté sur l’importance de la société civile dans les grandes transformations politiques du pays. Il a notamment évoqué son rôle décisif dans la 3e alternance démocratique qui a conduit à l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Un engagement qu’il compare à celui mené en 2011-2012 contre la tentative de modification constitutionnelle, avec le slogan resté célèbre : « Touche pas à ma Constitution ! »

Quant à la question sensible du financement de la société civile, soulevée par Sonko lors de sa dernière déclaration, Alioune Tine n’a pas esquivé. Tout en réaffirmant sa position de longue date, il plaide pour une autonomie financière des acteurs civiques : « Que les Africains financent eux-mêmes leur société civile mais en les soutenant dans la perspective d’indépendance pour mener convenablement leur mission. » Et de conclure, non sans insister : « Quand on prône la souveraineté, il faut alors financer sa société civile. »

Bonne nouvelle pour l’arène : le combat Balla Gaye 2 vs Siteu officiellement confirmé pour le 20 juillet

Le monde de la lutte sénégalaise peut pousser un grand soupir de soulagement. Le très attendu duel entre Balla Gaye 2 et Siteu aura bel et bien lieu le 20 juillet prochain, après des semaines d’incertitude et de spéculations.

Le Tribunal arbitral du sport (TAS), saisi par les avocats de Siteu, a finalement validé la requête introduite dans le cadre de ce litige, levant ainsi le dernier obstacle juridique qui pesait sur la tenue du combat. Bien que la procédure judiciaire soit encore en cours, cette décision permet la confirmation officielle du combat, tant réclamé par les amateurs de lutte.

Cette annonce marque un tournant décisif pour la saison de lutte avec frappe, en relançant une affiche qui suscite passion et ferveur depuis son officialisation initiale. Entre l’expérience redoutable de Balla Gaye 2, ancien Roi des arènes, et la fougue spectaculaire de Siteu, véritable chouchou des jeunes supporters, les pronostics sont ouverts et l’excitation est à son comble.

Les promoteurs peuvent donc souffler. L’organisation se poursuit désormais sans contraintes majeures, avec un engouement populaire qui ne cesse de monter à l’approche du grand jour.

Rendez-vous donc le 20 juillet pour ce choc des titans, qui promet d’embraser l’arène et d’écrire une nouvelle page mémorable dans l’histoire de la lutte sénégalaise.

“Le Sénégal attend des solutions, pas des querelles de pouvoir”

Je ne sais pas ce que M. Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye ont convenu dans le cadre de leur pacte politique, mais cela ne saurait en aucun cas engager les institutions de la République. La Constitution est claire : le Président de la République, élu au suffrage universel direct, est le seul dépositaire de la souveraineté populaire jusqu’en 2029. Il a prêté serment pour incarner et exercer pleinement la charge de Chef de l’État. Il doit, en conséquence, respecter scrupuleusement cet engagement, habiter la fonction et exécuter ses missions dans l’intérêt supérieur de la Nation.

Non, M. Sonko, si le Président de la République ne souhaite plus exercer ses prérogatives, il ne vous les délègue pas. Il démissionne et rend le pouvoir au peuple, seul habilité à désigner un nouveau dirigeant à travers les urnes.

Par ailleurs, le débat lancé par M. Sonko sur la répartition des pouvoirs, sur l’autorité de l’État, sur ses propres déboires judiciaires et sur les conséquences que cela pourrait avoir sur sa prochaine candidature après seulement seize mois de gouvernance est non seulement prématuré, mais indécent. Il révèle surtout une forme d’insouciance politique face aux urgences du pays.

Pendant ce temps, l’inflation galopante continue de ruiner les ménages. Des milliers de Sénégalais ont perdu leur emploi, et chaque jour, des entreprises ferment leurs portes. Les paysans se plaignent de la qualité des semences distribuées par l’État. Les bourses familiales destinées à plus de 300 000 ménages vulnérables sont suspendues. Quant à notre endettement, il devient de plus en plus dangereux, plombant tous nos efforts économiques en raison des taux d’intérêt exorbitants et d’un recours à l’emprunt qui ne privilégie pas l’investissement productif.

Les discours dits “de transparence” du Premier ministre sur la dette et sur la situation économique éloignent davantage les investisseurs et contribuent à classer le Sénégal parmi les pays à risque.

Enfin, à l’approche d’un hivernage annoncé comme particulièrement pluvieux, aucun chantier d’envergure n’a été initié pour lutter efficacement contre les inondations, malgré les drames vécus chaque année par nos concitoyens.

Et c’est dans ce contexte que notre Premier ministre semble plus préoccupé par son image que par les priorités nationales. Il va jusqu’à demander, avec une outrecuidance certaine, au Président de la République de faire taire ses détracteurs.

M. le Président,

M. le Premier ministre,

Cessez ce jeu dangereux qui risque de précipiter notre pays dans l’instabilité, alors même que la menace terroriste rôde à nos frontières. Ce que le peuple attend de vous, ce ne sont pas des discours, mais des actes. Respectez vos engagements ! Mettez-vous au travail !

Libérez les détenus politiques et les chroniqueurs !

Cessez de vous en prendre à la presse et aux journalistes !

Celui qui ne supporte pas la critique n’a rien à faire à la tête d’un État.

Hâtez le pas, votre état de grâce est bel et bien terminé. Le temps presse.

Mohamed Moustapha Diagne

Coordonnateur national de la coalition DJONE

Tensions au sommet de l’État : Des médiations discrètes entre Diomaye et Sonko pour préserver l’unité gouvernementale

Des signaux discrets mais préoccupants d’un malaise entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko agitent les cercles du pouvoir à Dakar. Selon le quotidien Les Échos, un ballet de réunions confidentielles s’est tenu ce week-end dans les plus hautes sphères de l’État, notamment au Palais présidentiel, au Cabinet du Premier ministre, et au Petit Palais, la résidence officielle d’Ousmane Sonko.

Ces rencontres, menées à huis clos, auraient mobilisé d’importants médiateurs du régime, soucieux de préserver la stabilité de la gouvernance à peine quatre mois après l’installation du nouveau pouvoir. Les divergences entre les deux piliers de l’exécutif restent pour l’instant non dévoilées, mais les tractations nocturnes laissent entrevoir l’ampleur des efforts déployés pour éviter une rupture.

Parmi les acteurs clés de cette médiation figure le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Selon des sources concordantes, ce dernier a écourté une mission politique en France, annulant au passage une rencontre avec les partisans du PASTEF à Paris, pour regagner Dakar dimanche. Une décision qui témoigne de l’urgence de la situation et de son implication personnelle dans la recherche d’un terrain d’entente.

Malgré l’absence de toute communication officielle, le calme apparent dans la sphère publique contraste avec l’intensité des discussions qui, selon des indiscrétions, se sont poursuivies tard dans la nuit. Le silence des deux camps alimente les spéculations, tout en révélant une volonté partagée d’éviter toute escalade visible.

Ce climat de tensions intervient dans un contexte politique où les attentes populaires restent fortes envers le duo Diomaye-Sonko, qui a incarné l’espoir d’un renouveau démocratique après les turbulences du régime précédent. Mais la cohabitation entre deux figures au charisme affirmé, chacune portée par une légitimité propre, semble désormais mise à l’épreuve par les réalités du pouvoir.

En coulisses, l’enjeu est de taille : maintenir la cohésion au sommet pour préserver l’élan du changement, rassurer les partenaires et éviter que les divisions internes ne fragilisent une gouvernance encore jeune.

Madiambal Diagne réagit à l’arrestation de Badara Gadiaga : « Ce n’est pas en emprisonnant qu’on résout les problèmes du Sénégal »

Le patron du Quotidien met en garde contre l’instrumentalisation de la justice et appelle à recentrer le débat sur les vraies priorités nationales.

L’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga, placé sous mandat de dépôt ce lundi 14 juillet 2025, continue de susciter une vive polémique au Sénégal. Parmi les voix les plus critiques, celle du journaliste Madiambal Diagne s’est fait entendre. Le patron du journal Le Quotidien a publié un message tranchant sur le réseau social X (ex-Twitter), où il exprime son désaccord avec la tournure judiciaire prise par cette affaire.

« Dommage ! Si Sonko croit que l’emprisonnement de Badara Gadiaga sera l’antidote aux problèmes économiques et sociaux du Sénégal, il se trompe lourdement. Badara en prison ne capacitera pas le PM à trouver des solutions aux problèmes de ce pays. Mais tant va la cruche à l’eau… », a-t-il écrit.

Par ces mots, Madiambal Diagne dénonce ce qu’il perçoit comme une dérive autoritaire ou, à tout le moins, une stratégie de diversion qui détournerait l’attention de la population des véritables défis auxquels le pays est confronté : chômage endémique, vie chère, accès aux soins, et dégradation du pouvoir d’achat.

Ce message ne s’adresse pas seulement aux autorités actuelles, mais aussi à l’opinion publique. En évoquant la métaphore bien connue de la « cruche qui va souvent à l’eau », le journaliste laisse entendre qu’une telle logique répressive pourrait un jour se retourner contre ses auteurs. Il met en garde contre une utilisation politique de la justice, dans un contexte déjà marqué par des tensions entre libertés individuelles et maintien de l’ordre.

Badara Gadiaga, connu pour ses prises de position critiques dans l’émission Jakaarlo sur TFM, est accusé de « réception et sollicitation de dons, de moyens, dans le dessein de troubler l’ordre public et d’attenter à la sécurité de l’État ». Des accusations lourdes qui ont choqué une partie de la société civile et des défenseurs de la liberté d’expression.

Pour ses soutiens, dont Madiambal Diagne, cette arrestation symbolise un climat de plus en plus préoccupant pour les libertés démocratiques au Sénégal. « Emprisonner un journaliste ou un chroniqueur ne fait pas avancer la gouvernance, ni ne résout les urgences sociales », a rappelé un autre confrère, sous couvert d’anonymat.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, la gestion des voix critiques suscite débat. Si beaucoup saluent la volonté de rupture affichée par le nouveau régime, d’autres s’inquiètent de certaines décisions perçues comme des atteintes à l’État de droit.

Crise de confiance : le Forum du Justiciable rappelle les magistrats sénégalais à leur devoir

Le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, a tenu à rappeler aux magistrats du Sénégal le rôle fondamental qu’ils doivent jouer dans l’équilibre de l’État de droit. Un rappel qui intervient dans un contexte où la justice sénégalaise fait l’objet de critiques récurrentes, tant de la part de l’opposition que d’une frange de la société civile.

« Les Magistrats du Sénégal ne doivent jamais oublier que le pouvoir judiciaire est le gardien des droits et libertés et qu’ils ne sont soumis qu’à l’autorité de la loi dans l’exercice de leurs fonctions », a écrit Babacar Ba.

Ce message intervient au lendemain d’une vive polémique liée à l’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga, placé sous mandat de dépôt ce lundi 14 juillet. Ce dossier, parmi d’autres, illustre selon plusieurs observateurs le malaise grandissant autour de l’indépendance de la justice au Sénégal.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a d’ailleurs jeté un pavé dans la mare lors de sa récente sortie, en remettant frontalement en question la neutralité et la crédibilité de certaines décisions de justice. Une déclaration qui a suscité un large écho et relancé le débat sur la réforme de l’institution judiciaire.

Dans un climat où les soupçons de « justice instrumentalisée » refont surface à intervalles réguliers, le rappel de Babacar Ba apparaît comme une tentative de réancrer la magistrature dans sa mission première : celle de défendre les libertés, sans pression ni influence politique.

Affaire Badara Gadiaga : l’opposition dénonce un « abus de pouvoir » et un recul démocratique

Le député Abdou Mbow du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal fustige l’arrestation du chroniqueur et parle de « prise d’otage politique » orchestrée par le régime en place.

L’arrestation de Badara Gadiaga, ce lundi 14 juillet, continue de faire réagir dans la classe politique. Alors que le chroniqueur est désormais placé sous mandat de dépôt pour des accusations lourdes, le député Abdou Mbow, membre du groupe parlementaire d’opposition Takku Wallu Sénégal, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer une dérive autoritaire.

Selon le parlementaire, il ne s’agit « ni plus ni moins que d’un abus de pouvoir » de la part des autorités actuelles. Il considère cette incarcération comme une nouvelle illustration de l’effritement de l’État de droit au Sénégal. « Ce placement sous mandat de dépôt est regrettable. C’est une preuve supplémentaire que le régime veut définitivement enterrer ce qui reste de notre démocratie », a-t-il déclaré avec fermeté.

Pour Abdou Mbow, Badara Gadiaga rejoint « la longue liste des otages politiques du régime », qu’il accuse d’avoir perdu toute légitimité aux yeux des Sénégalais comme de la communauté internationale. « Cette arrestation n’est rien d’autre qu’une prise d’otage organisée pour approfondir la tentative de musèlement de l’opinion. Une manière de faire qui doit être bannie de la République », a-t-il martelé.

Dans son intervention, le député a appelé à une mobilisation urgente des forces politiques, sociales et citoyennes pour faire face à ce qu’il qualifie de « basses manœuvres dignes d’une République bananière ». Une prise de position qui s’inscrit dans un contexte déjà tendu, marqué par une série d’interpellations et de critiques récurrentes contre la gestion des libertés publiques par le pouvoir en place.

Badara Gadiaga placé sous mandat de dépôt : une inculpation lourde aux allures de tournant politique

Le chroniqueur vedette de l’émission Jakaarlo, Badara Gadiaga, a été placé ce lundi 14 juillet sous mandat de dépôt après sa présentation au parquet. Mais ce que beaucoup pensaient n’être qu’un énième épisode de tension entre presse et pouvoir a pris une tournure nettement plus grave. Selon Me Oumar Youm, l’un de ses avocats, Gadiaga est désormais inculpé pour « réception et sollicitation de dons, de moyens, dans le dessein de troubler l’ordre public et d’attenter à la sécurité de l’État », une accusation d’une extrême gravité dans le droit pénal sénégalais.

L’inculpation évoquée fait référence à des dispositions du Code pénal qui visent spécifiquement la sécurité intérieure de l’État. Elle va bien au-delà des charges initiales — diffusion de fausses nouvelles, offense à une autorité publique ou atteinte aux bonnes mœurs — que la presse évoquait jusque-là. Cette requalification place le dossier de Badara Gadiaga dans une toute autre dimension juridique : celle des affaires considérées comme sensibles pour la stabilité nationale.

« Cette accusation suppose une volonté de déstabilisation politique, ce que rien dans le dossier ne démontre à ce stade », a réagi Me Oumar Youm lors d’un point de presse tenu devant le Palais de justice de Dakar. « Nous sommes clairement face à une tentative de criminalisation du discours public et de la liberté d’expression. »

En l’état, l’inculpation rend difficile tout espoir de liberté provisoire à court terme. En effet, contrairement aux délits de presse qui peuvent bénéficier de mesures alternatives à la détention, l’infraction reprochée à Gadiaga est classée parmi celles considérées comme des crimes contre la sûreté de l’État. Elle est passible de lourdes peines pouvant aller jusqu’à dix ans de réclusion. La défense craint ainsi une longue détention préventive sans jugement, scénario de plus en plus fréquent dans les affaires à caractère politique.

« Il y a un climat de durcissement judiciaire qui inquiète. On fait de la prévention pénale contre des voix critiques », a poursuivi Me Youm, accusant implicitement les autorités d’instrumentaliser la justice pour museler certains profils médiatiques devenus dérangeants.

La personnalité de Badara Gadiaga, son franc-parler, et sa réputation de critique acerbe de la classe politique — en particulier de la coalition au pouvoir — ont rapidement donné à cette affaire une dimension politique. Sur les réseaux sociaux, les appels à sa libération se multiplient. Une mobilisation citoyenne est en cours pour dénoncer ce que certains qualifient déjà de « procès politique déguisé ».

Des figures de la société civile et des membres de l’opposition ont exprimé leur indignation. Pour eux, cette inculpation est une menace directe à la liberté d’expression dans un pays qui se targue pourtant d’une tradition démocratique.

La suite de la procédure dépendra de l’enquête en cours et des éléments matériels que le parquet compte verser au dossier pour étayer une telle accusation. Mais une chose est certaine : en inculpant Badara Gadiaga pour atteinte à la sécurité de l’État, les autorités judiciaires placent cette affaire au cœur d’un débat national sur les libertés publiques et les limites de la parole critique dans l’espace médiatique sénégalais.

Retour à l’Assemblée nationale : Ousmane Sonko face à un imbroglio juridique

En évoquant la possibilité de réintégrer l’Assemblée nationale en cas de limogeage de la Primature, le Premier ministre Ousmane Sonko a relancé un débat épineux mêlant droit parlementaire, chronologie politique et situation pénale personnelle. Une déclaration faite ce week-end, lors de l’installation du Conseil national de son parti, Pastef, dans laquelle il affirme pouvoir “reprendre son siège de député” suspendu à son entrée au gouvernement.

Mais cette perspective, en apparence simple, soulève plusieurs interrogations juridiques de fond.

Adopté récemment, le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit en son article 124 que la suspension du mandat de député en cas d’entrée au gouvernement peut être levée automatiquement à la fin des fonctions ministérielles, sauf renonciation écrite irrévocable. En clair, un député devenu ministre retrouve son siège dans un délai d’un mois après avoir quitté le gouvernement.

Cependant, ce mécanisme, bien que clair dans son principe, se heurte dans le cas d’Ousmane Sonko à trois obstacles majeurs.

Le premier frein réside dans le principe juridique fondamental de non-rétroactivité de la loi. Or, Ousmane Sonko a été nommé Premier ministre avant la révision du règlement intérieur. Dès lors, son cas ne relèverait pas de cette nouvelle disposition, qui ne peut s’appliquer qu’à des situations survenues après son adoption.

Deuxième point de tension : la séquence des événements. Ousmane Sonko a été désigné Premier ministre avant son élection à l’Assemblée nationale. Il n’a donc jamais siégé en tant que député dans cette législature, ni suspendu un mandat effectivement exercé. Le texte parle pourtant de députés élus puis nommés, ce qui ne correspond pas à sa trajectoire.

Enfin, le dossier est encore plus complexe du fait de sa condamnation judiciaire pour diffamation, récemment confirmée dans l’affaire l’opposant à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. Si cette condamnation devient définitive après le rejet du rabat d’arrêt, elle pourrait entraîner l’invalidation de son mandat parlementaire, sur la base de l’article 61 de la Constitution. Cette disposition prévoit la perte automatique du mandat pour tout député condamné à une peine privative de liberté, une mesure qui ne peut être enclenchée qu’à la demande du ministre de la Justice.

Certains partisans de Sonko évoquent la loi d’amnistie adoptée début 2024 comme une solution pour neutraliser les effets de cette condamnation. Mais selon plusieurs juristes, la Constitution prime sur une loi ordinaire. Ainsi, même amnistié, l’effet juridique de l’article 61 pourrait s’appliquer si le Parlement en est officiellement saisi par le garde des Sceaux.

Face à ce faisceau de contraintes, les interprétations divergent. Des juristes proches du pouvoir estiment que Sonko ne peut en aucun cas retrouver son siège, en raison de la combinaison des trois verrous : chronologie, réglementation non applicable rétroactivement et condamnation judiciaire.

D’autres, plus favorables à l’opposition, défendent une lecture souple du règlement intérieur. Selon eux, la simple suspension du mandat parlementaire, même sans prise de fonction à l’Assemblée, suffirait à permettre un retour, si la fonction gouvernementale prend fin.

Au-delà de la seule personne d’Ousmane Sonko, cette affaire teste la solidité des institutions sénégalaises face à un cas juridique inédit. Elle pose également la question de l’interprétation des textes dans un contexte fortement politisé, où chaque mot du règlement intérieur ou de la Constitution peut devenir l’enjeu d’un bras de fer entre pouvoir exécutif, opposition et Parlement.

Tensions autour de la succession à la tête de Sonatel : le syndicat alerte Diomaye Faye contre une “dilution” dans Orange

Un changement majeur se profile à la tête de Sonatel. Selon des informations révélées par L’AS, le directeur général Sékou Dramé s’apprête à passer le témoin, après plusieurs années à la tête du premier opérateur de télécommunications du Sénégal. Son successeur devrait être désigné le 24 juillet prochain, à l’issue d’une réunion du Conseil d’administration du groupe Orange, actionnaire principal de Sonatel avec 42,3 % du capital. L’État du Sénégal détient pour sa part 27,2 %, les salariés 7,3 %, et le public (institutionnels et petits porteurs) 23,2 %.

Mais derrière ce changement annoncé, des crispations émergent. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, le secrétaire général du Syndicat des travailleurs de Sonatel (SYTS), Mouhamadou Lamine Badji, dénonce une manœuvre unilatérale du groupe Orange visant à imposer un successeur “formaté pour défendre les intérêts français”.

Le nom qui circule pour succéder à Sékou Dramé est Brelotte Bâ, actuellement directeur général adjoint d’Orange Afrique et Moyen Orient. Ce haut cadre sénégalais, polytechnicien formé en France (École des Ponts et Chaussées), travaille dans le groupe Orange depuis 2001. Il a dirigé les filiales du Mali, du Niger, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, avant d’intégrer la direction Afrique du groupe à Paris.

Bien que son origine sénégalaise semble respecter la règle tacite selon laquelle la direction de Sonatel doit revenir à un ressortissant du pays, le SYTS estime que sa nomination servirait davantage les intérêts du groupe Orange que ceux du Sénégal. « Le profil proposé est avant tout un cadre d’Orange, pas un défenseur des intérêts nationaux », fulmine le syndicaliste.

Dans sa missive, Mouhamadou Lamine Badji interpelle directement le président Bassirou Diomaye Faye, qu’il exhorte à agir pour éviter ce qu’il considère comme une dérive. « Accepter cela, c’est offrir indûment un gâteau à Orange. C’est un renoncement à défendre l’intérêt du Sénégal et de l’Afrique », écrit-il, non sans rappeler que « le peuple vous regarde, je dirais même qu’on vous scrute. »

Le ton est grave. Le syndicaliste évoque un risque de dilution de Sonatel dans le groupe Orange, qu’il qualifie de « simple partenaire stratégique ». Il redoute une perte de contrôle progressive du Sénégal sur un fleuron national des télécommunications, véritable moteur économique et technologique du pays.

Autre point de discorde : la tenue du Conseil d’administration à Paris. Badji plaide pour que cette réunion stratégique ait lieu dans une capitale africaine, dans l’un des pays d’implantation de Sonatel : Dakar, Bamako, Conakry, Bissau ou Freetown. « Au nom de la dignité des Africains », clame-t-il, avant de dénoncer un climat persistant de néocolonialisme : « On en a assez ! »

Alors que la date du 24 juillet approche, les regards sont tournés vers le gouvernement sénégalais et le président du Conseil d’administration de Sonatel. La manière dont sera conduite cette transition à la tête du géant des télécoms pourrait devenir un test symbolique du nouveau rapport de force entre l’État sénégalais et les multinationales, dans un contexte où les exigences de souveraineté économique sont de plus en plus revendiquées par l’opinion publique.

Barthélemy Dias en tournée en France : soutien à Diomaye, mise en garde contre Sonko

En déplacement politique en France, Barthélemy Dias a profité de sa tournée pour tenir une série de rencontres avec la diaspora sénégalaise, marquant clairement ses positions dans le paysage politique sénégalais. Entre soutien au président Bassirou Diomaye Faye et mise en garde contre un éventuel retour d’Ousmane Sonko sur la scène parlementaire, le maire de Dakar a livré un discours sans détour, confirmant les tensions croissantes au sein de l’opposition.

De Paris à Bagnolet, en passant par Mantes-la-Jolie et Beauvais, le leader du mouvement Sénégal Bi Nu Bokk a multiplié les appels à la mobilisation politique de la diaspora. Il a invité ses compatriotes de l’extérieur à s’organiser autour d’un projet d’« alternance anticipée », estimant que l’échéance de 2029, théoriquement celle de la prochaine présidentielle, pourrait être bousculée. « Beaucoup de choses vont se passer bien avant », a-t-il prévenu, laissant entendre que l’instabilité actuelle pourrait précipiter des changements majeurs.

Mais c’est surtout sa prise de position sur le président Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko qui a retenu l’attention. Selon des propos rapportés par Les Échos, Barthélemy Dias a réitéré son soutien au chef de l’État, qu’il présente comme « l’incarnation d’un espoir républicain ». Il a toutefois lancé un avertissement à peine voilé : « Le président actuel doit être protégé des contradictions internes de son entourage. » Une critique claire, bien que non nommée, à l’endroit d’Ousmane Sonko, actuel Premier ministre, qu’il accuse de semer le trouble au sommet de l’État.

Le point d’orgue de ses déclarations a été atteint lorsque Dias s’est exprimé sur la possibilité d’un retour de Sonko à l’Assemblée nationale, une hypothèse évoquée de manière récurrente dans le débat public. Sa réaction a été aussi directe que tranchée : « S’il revient à l’Assemblée, on ira le chercher pour l’en sortir. » Cette déclaration radicale pose une ligne rouge et révèle la profondeur des fractures au sein même du camp des anciens alliés de l’opposition.

Cette sortie médiatique de Barthélemy Dias, qui contraste avec la retenue habituelle de certains responsables politiques, confirme l’émergence d’un nouveau rapport de force. Si son discours s’inscrit dans une volonté d’éviter, selon lui, les dérives populistes, il risque également d’envenimer davantage les tensions déjà palpables entre les différentes factions qui ont soutenu l’alternance de mars 2024.

Réouverture du corridor Dakar–Nouakchott : le Sénégal et la Mauritanie relancent leur coopération dans le transport routier

Après plus de quinze années de blocage, le Sénégal et la Mauritanie ont franchi une étape décisive dans le renforcement de leurs relations bilatérales en levant le gel de l’accord sur le transport routier de personnes et de marchandises. Cette relance historique permet la réouverture officielle du corridor Dakar–Nouakchott, un axe stratégique pour les échanges commerciaux sous-régionaux.

Ce vendredi, dans les locaux de la Société des Bacs de Mauritanie, une cérémonie officielle a marqué l’entrée en vigueur de cet accord tant attendu. Étaient présents le ministre mauritanien de l’Équipement et des Transports, Ely Ould El Veirik, et son homologue sénégalais, Yankhoba Diémé, qui ont procédé à la signature d’une déclaration conjointe entérinant l’opérationnalisation de cet accord bilatéral.

Depuis plus de quinze ans, les transporteurs sénégalais étaient contraints de décharger leurs marchandises à la frontière mauritanienne. Ces dernières étaient ensuite reprises par des opérateurs locaux, créant ainsi un goulet d’étranglement logistique, ralentissant les échanges et pénalisant les acteurs économiques des deux pays. La levée de cette contrainte, à travers la suppression du principe de déchargement à la frontière, marque un tournant crucial vers la fluidification des flux commerciaux.

« La mise en œuvre de cet accord, ainsi que les facilités pratiques de transit qu’il prévoit, sont susceptibles de lancer une nouvelle dynamique pour améliorer le climat des affaires, encourager les transactions commerciales et élargir le cercle des interactions humaines », a souligné le ministre mauritanien, M. Ely Ould El Veirik.

Cette relance s’inscrit dans un contexte de coopération bilatérale intensifiée, notamment autour du projet gazier GTA (Grand Tortue Ahmeyim), exploité conjointement par les deux pays. Elle est également le fruit d’un climat politique favorable, marqué par la convergence de vues entre le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye.

Pour le ministre sénégalais Yankhoba Diémé, cet accord est à la fois un symbole de rapprochement historique et un outil de gestion moderne des relations transfrontalières. « La mobilité n’a jamais été une exception dans notre région, mais une caractéristique essentielle des sociétés ouest-africaines. Elle constitue un facteur de résilience sociale, de transmission culturelle et d’intégration régionale », a-t-il affirmé.

Il a également salué l’esprit de concertation qui anime cette coopération, évoquant notamment la récente visite du Premier ministre Ousmane Sonko en Mauritanie comme « un moment stratégique majeur », qui a permis de consolider les bases d’un partenariat multidimensionnel.

Au-delà des considérations politiques, l’accord prend en compte les préoccupations concrètes des professionnels du transport. Un comité technique mixte a été mis en place pour étudier les tarifs de transport de personnes et de marchandises et veiller à l’équité dans la mise en œuvre du dispositif.

Pour Mohamedou Ould Sidi, président de la Fédération nationale des transports mauritaniens, cet accord « offre de nombreuses opportunités aux transporteurs » tout en instaurant un cadre plus juste, transparent et bénéfique aux deux parties.

La réouverture du corridor intervient en attendant l’achèvement du pont de Rosso, infrastructure majeure en construction qui viendra renforcer davantage la connectivité entre les deux pays. En attendant, les échanges commerciaux devraient connaître une reprise progressive, à la faveur de cette levée de restrictions logistiques.

Badara Gadiaga déféré ce lundi : tensions et mobilisation autour du chroniqueur de TFM

Après plusieurs jours d’attente ponctués de retours de parquet, le chroniqueur Badara Gadiaga sera finalement déféré ce lundi 14 juillet devant le procureur. L’animateur de l’émission Jakaarlo, diffusée sur la TFM, est poursuivi pour discours contraire aux bonnes mœurs, diffusion de fausses nouvelles et offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, en l’occurrence le Premier ministre Ousmane Sonko.

Selon les informations du quotidien Les Échos, l’affaire, qui secoue le paysage médiatique et politique, pourrait donner lieu à une forte mobilisation populaire. En effet, plusieurs appels au soutien de Badara Gadiaga ont fleuri sur les réseaux sociaux. Amis, sympathisants et défenseurs de la liberté d’expression appellent à se rassembler pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une tentative d’intimidation.

Le journaliste a été arrêté mercredi dernier par la Division spéciale de cybersécurité (DSC) de la police nationale. À l’origine de son interpellation, une vive altercation sur le plateau de Jakaarlo avec le député de Pastef, Amadou Bâ. Durant l’émission, Gadiaga aurait tenu des propos jugés injurieux à l’encontre du chef du gouvernement. Dans le cadre de la même affaire, le député Amadou Bâ a également été convoqué et entendu par les enquêteurs, avant d’être relâché sans poursuite.

L’affaire soulève des questions sur les limites de la liberté d’expression dans l’espace médiatique, surtout à l’ère des tensions politiques post-électorales. D’un côté, les partisans de Badara Gadiaga dénoncent une chasse aux sorcières ciblant les voix critiques du nouveau régime. De l’autre, certains observateurs pointent du doigt le manque de retenue et la virulence des débats dans certains médias.

Sport / Coupe du Sénégal Cadets : Yess de Kaolack bat Guélawar de Fatick 5 tirs à 4

Le stade Alassane Djigo de Pikine a vibré ce samedi lors de la grande finale de la Coupe du Sénégal, catégorie cadette. Dans un match âprement disputé, Yess de Kaolack s’est imposé face à Guélawar de Fatick aux tirs au but (5-4), après un score nul et vierge à l’issue du temps réglementaire.

Dès le coup d’envoi, les deux équipes ont affiché un engagement total, se rendant coup pour coup. Guélawar a tenté de prendre le contrôle du jeu grâce à sa maîtrise technique, tandis que Yess a misé sur sa solidité défensive et des contres rapides.

Malgré plusieurs occasions de part et d’autre, aucun but n’a été inscrit. La défense de Yess s’est montrée intraitable, et son gardien s’est illustré à plusieurs reprises par des arrêts décisifs.

La tension est montée d’un cran lors de la fatidique séance des tirs au but. Yess a fait preuve de plus de sang-froid, réussissant cinq tentatives contre quatre pour Guélawar.

Les jeunes joueurs de Yess ont laissé éclater leur joie après le tir victorieux, célébrant un premier sacre historique qui vient récompenser une génération prometteuse. De son côté, Guélawar, malgré la déception, peut être fier de son parcours remarquable tout au long de la compétition.

Ce triomphe offre à Yess une visibilité nouvelle et confirme le dynamisme de la formation des jeunes talents au Sénégal.

Soutien massif à Badara Gadiaga : une mobilisation citoyenne attendue ce lundi au Tribunal de Dakar

Un large élan de solidarité s’organise autour de Badara Gadiaga, chroniqueur à la TFM, convoqué au Tribunal de Dakar ce lundi 14 juillet à 10h. Depuis l’annonce de cette comparution, les réseaux sociaux vibrent au rythme des messages de soutien et des appels à la mobilisation.

Une affiche virale, relayée massivement, appelle les citoyens à se rassembler devant le tribunal pour dénoncer ce que les partisans de Gadiaga qualifient de « liquidation judiciaire » et de « tentative d’intimidation » orchestrée contre un journaliste connu pour ses prises de position critiques.

Cette convocation, émise par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), fait suite à des propos tenus par Gadiaga dans l’exercice de ses fonctions de chroniqueur. Si les autorités n’ont pas officiellement communiqué sur les motifs précis de la convocation, plusieurs observateurs estiment qu’il s’agirait de ses récents commentaires jugés dérangeants pour le pouvoir en place.

Depuis plusieurs jours, politiques, activistes, journalistes et simples citoyens expriment leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme un acharnement ciblé. Pour beaucoup, la démarche vise à museler une voix indépendante dans un contexte où la liberté de la presse et d’expression est de plus en plus scrutée.

« C’est un signal inquiétant. Nous ne pouvons pas accepter que les journalistes soient traqués pour avoir fait leur travail », a déclaré un membre du collectif de soutien joint ce dimanche.

Cette convocation, jugée injuste par ses soutiens, pourrait donner lieu à un rassemblement significatif ce lundi matin devant le tribunal, dans une ambiance de tension mais aussi de détermination citoyenne.

Le cas de Badara Gadiaga s’inscrit dans une séquence plus large de relations tendues entre le pouvoir et certains acteurs médiatiques. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont appelé à la vigilance et au respect des libertés fondamentales, dénonçant une tendance à criminaliser la parole publique critique.

Alors que le pays traverse une période politiquement sensible, l’issue de cette affaire pourrait peser lourd dans l’appréciation de l’état de droit au Sénégal. Badara Gadiaga bénéficie pour l’instant d’un fort soutien populaire, mais ses avocats, eux, dénoncent déjà des atteintes à ses droits élémentaires.

Le rendez-vous est donc pris pour ce 14 juillet à 10h, devant le Palais de justice de Dakar, où la foule annoncée entend faire entendre une voix : celle d’une opinion qui refuse la peur et qui réclame justice.

Tensions dans la société civile : échange musclé entre Me Ciré Clédor Ly et Seydi Gassama

La société civile sénégalaise traverse une zone de turbulence. Un échange virulent oppose Me Ciré Clédor Ly, avocat engagé et figure médiatique des luttes démocratiques, à Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal. Au cœur de la polémique : une sortie au vitriol de Me Ly contre certaines organisations de la société civile qu’il accuse de masquer des « réseaux d’influence défendant des intérêts occultes ».

Dans un texte rendu public récemment, Me Ciré Clédor Ly s’en est pris à une partie de la société civile, qu’il estime être en décalage avec les aspirations populaires. Selon lui, certaines structures se sont transformées en « instruments d’influence » au service d’agendas étrangers ou partisans. Il dénonce « une instrumentalisation des droits humains » et pointe un double discours de la part de ces organisations lorsqu’il s’agit de dénoncer les violations, notamment pendant les périodes de répression politique.

Face à ces propos, la réaction de Seydi Gassama ne s’est pas fait attendre. Le responsable d’Amnesty International Sénégal a vigoureusement défendu l’honneur des organisations de défense des droits humains, qualifiant les accusations de Me Ly d’« injustes » et révélatrices d’une « mauvaise foi manifeste » ou, à défaut, d’une « mémoire courte ».

« Me Ciré Clédor Ly, vos propos à l’endroit des organisations des droits humains sont injustes », a-t-il écrit, rappelant l’historique de l’engagement sans faille de ces structures, y compris dans les périodes les plus sombres du régime de Macky Sall. « Il faut être de mauvaise foi ou avoir la mémoire courte pour les tenir », a-t-il insisté.

Seydi Gassama a également recadré Me Ly sur ses allusions à la Cour pénale internationale (CPI). Ce dernier avait laissé entendre que des crimes relevant de la compétence de la CPI seraient restés impunis, insinuant un deux poids deux mesures. Une lecture contestée par Gassama : « En tant qu’avocat associé à cette Cour, vous devez savoir comment elle fonctionne, et surtout quels crimes relèvent de sa compétence, crimes qui sont bien définis dans le statut par l’ensemble des États du monde », a-t-il rappelé.

Cet échange traduit une fracture profonde au sein même du camp des défenseurs des libertés et de la démocratie. Alors que le Sénégal tente de tourner la page d’une longue période de turbulences politiques, les divergences de stratégie, de méthode — et désormais de discours — deviennent de plus en plus visibles. Certains acteurs, comme Me Ciré Clédor Ly, estiment que des compromis inavoués affaiblissent la sincérité du combat citoyen. D’autres, comme Seydi Gassama, refusent les procès d’intention et appellent à plus de cohérence et de reconnaissance du travail accompli.

Combat Balla Gaye 2 vs Siteu : entre incertitude et polémique

À moins d’une semaine du choc tant attendu entre Balla Gaye 2 et Siteu, initialement prévu pour le 20 juillet 2025, une vive polémique secoue le monde de la lutte sénégalaise. Le journal Record a jeté un pavé dans la mare en annonçant l’annulation du combat, évoquant une suspension de deux ans infligée à Siteu pour non-respect des règles antidopage.

Face à cette annonce, le promoteur Aziz Ndiaye a rapidement réagi pour démentir catégoriquement cette information, qu’il qualifie de « prématurée et non fondée ». Dans une story Snapchat, il a tenu à rassurer les amateurs de lutte en déclarant :

« À l’heure actuelle, les arbitres du TAS (Tribunal Arbitral du Sport) n’ont même pas encore statué sur le dossier. Il est toujours en traitement en procédure d’urgence et en très bonne voie, avec une décision attendue dont la date et l’heure sont connues. »

Un message clair qui vise à calmer les esprits et à maintenir l’espoir autour de l’organisation effective de l’affiche. Le promoteur conclut avec un message de patience et de foi :

« Wait and see bro… Inchallah, si cela doit se faire le 20, ce sera avec une décision claire et officielle. »

Pour l’instant, ni le Comité National de Gestion de la Lutte (CNG) ni le TAS n’ont émis de communiqué officiel confirmant ou infirmant l’annulation du combat. Cette absence de clarification officielle alimente le flou autour de l’événement, laissant supporters et observateurs dans l’expectative.

Alors que le combat suscite un engouement populaire inédit, les prochains jours seront déterminants. La décision du TAS, attendue dans le cadre d’une procédure d’urgence, devrait trancher définitivement sur la possibilité pour Siteu de monter dans l’arène face à Balla Gaye 2, ex-roi des arènes.

Congrès de l’Enfant Soleil Monde : les acteurs s’engagent pour le bien-être des enfants vulnérables

La première édition du Congrès de l’Enfant Soleil Monde s’est tenue ce samedi 12 juillet 2025 à Dakar, réunissant plusieurs centaines d’acteurs venus de tout le pays et de l’étranger pour porter un plaidoyer fort en faveur des droits et du bien-être des enfants.

Ce rendez-vous majeur a rassemblé des enfants atteints d’autisme, de trisomie 21 et d’infirmité motrice cérébrale (IMC), ainsi que des experts en protection de l’enfance, des éducateurs, des représentants d’associations, des autorités administratives et religieuses. Tous étaient mobilisés autour d’une cause commune : garantir à chaque enfant un environnement sain, sécurisé et épanouissant.

Dès l’ouverture des travaux, les intervenants ont mis en avant l’urgence d’agir face aux nombreux défis auxquels sont confrontés les enfants vulnérables : accès limité à l’éducation, stigmatisation, exploitation, violences physiques et psychologiques.

« Au-delà des souffrances physiques, ces enfants et jeunes adultes subissent souvent un isolement social profond. Les familles, faute de moyens, se retrouvent seules face à des soins coûteux et à l’absence d’aides publiques suffisantes. Ce ne sont pas les enfants qui sont handicapés, c’est la société qui les handicape en refusant de s’adapter », a déclaré Maguette Mbodji Diallo, présidente de l’association Enfant Soleil Monde – antenne régionale de Kaolack.

Elle a rappelé que « chaque enfant est un soleil qu’il faut protéger et aider à briller, peu importe son origine ou sa situation sociale. »

Dans certains milieux, des croyances archaïques persistent, associant le handicap à un “mauvais sort” ou à une punition divine. Ces perceptions alimentent les préjugés et renforcent la discrimination à l’encontre de ces enfants.

« Privés de contact extérieur, beaucoup d’entre eux souffrent non seulement d’isolement affectif, mais aussi de retards de développement aggravés. Or, le contact social et l’éducation spécialisée sont essentiels pour leur épanouissement », a-t-elle ajouté.

Le congrès s’est conclu par l’adoption d’un manifeste appelant les gouvernements, les institutions et la société civile à renforcer les politiques de protection et d’inclusion en faveur des enfants en situation de handicap. Les participants ont pris l’engagement de poursuivre le plaidoyer à travers des actions concrètes, notamment dans les zones rurales et les quartiers défavorisés.

« Nos enfants sont l’espoir du monde. Nous avons la responsabilité collective de leur offrir les moyens de s’épanouir pleinement », a conclu Madame Diallo, dans un ton plein d’émotion et d’espoir.

Ce congrès, au-delà des discours, aura permis de mettre en lumière des réalités souvent passées sous silence, tout en posant les jalons d’une mobilisation nationale et internationale durable pour un monde plus inclusif et plus juste pour tous les enfants.

Kaolack / BFEM 2025 : Des journées de révisions pour les candidats, une initiative citoyenne du Mouvement national des Enseignants Patriotes

À quelques jours du démarrage des épreuves du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM), la ville de Kaolack vibre au rythme des séances intensives de révisions. Une initiative saluée par tous : celle des enseignants patriotes du département, qui se sont mobilisés pour accompagner les candidats dans la dernière ligne droite.

Ces journées de révisions, organisées par le Mouvement national des enseignants patriotes du département de Kaolack, ont regroupé des élèves issus de différents établissements de la commune. Elles visent à renforcer les acquis, combler les lacunes constatées et redonner confiance à ceux qui en ont le plus besoin.

« Nous avons constaté que beaucoup d’élèves éprouvent des difficultés, notamment dans les matières scientifiques et littéraires. Nous avons donc décidé de mettre nos compétences au service de la réussite de ces jeunes », explique Moussa Traoré, vice-coordonnateur du Mouvement national des enseignants patriotes de Kaolack.

Durant ces sessions, les enseignants volontaires revoient avec les élèves les notions essentielles en anglais, en français, en sciences physiques et en histoire-géographie. L’accent est mis sur les exercices pratiques et la méthodologie, afin d’aider les candidats à mieux affronter les épreuves.

« Ces révisions m’ont beaucoup aidée à revoir mes cours et à corriger mes erreurs. Je me sens maintenant plus prête pour l’examen », confie Bintou Dieng, élève au CEM de Kabatoki (Kaolack commune), candidate au BFEM cette année.

« Cette journée de synthèse vise à aider les candidats au BFEM à mieux se préparer en français, mathématiques et anglais. Personnellement, tout ce qui concerne l’éducation me touche directement. À mon avis, l’éducation doit impliquer chacun d’entre nous pour garantir la réussite des élèves », a expliqué Me Mbossé Sow, coordonnateur départemental et communal du PASTEF à Kaolack.

Le Mouvement des enseignants patriotes de Kaolack est reconnu pour son dynamisme et sa participation active à toutes les initiatives du PASTEF local. Leur engagement citoyen illustre à quel point l’éducation est l’affaire de tous.

« Ces enseignants patriotes montrent la voie. À l’issue de ces journées, nous espérons non seulement un meilleur taux de réussite, mais aussi une prise de conscience collective sur la nécessité d’accompagner les jeunes dans leur parcours scolaire », a ajouté Me Mbossé Sow.

Par ailleurs président du conseil d’administration de l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC), il estime que cette initiative, à la fois pédagogique et solidaire, pourrait bien inspirer d’autres localités du pays et contribuer à renforcer les performances scolaires au Sénégal.

Me Ciré Clédor Ly : « La révolution sénégalaise ne doit pas s’arrêter à une alternance formelle »

Dans une tribune d’une rare intensité, Me Ciré Clédor Ly, avocat et figure de la lutte pour les libertés, revient avec force sur les événements ayant conduit à la rupture politique du 24 mars 2024 au Sénégal. Loin de se satisfaire de l’alternance qui a vu l’arrivée au pouvoir du tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, il alerte sur les signes précoces d’un essoufflement révolutionnaire et appelle à une vigilance absolue pour que le combat du peuple ne soit pas trahi.

Me Ly rappelle que la révolution sénégalaise ne s’est pas opérée dans le confort d’une transition démocratique paisible, mais dans la douleur d’un peuple opprimé, sacrifiant sa jeunesse et affrontant un régime autoritaire qui n’a pas hésité à verser dans la violence. Arrestations arbitraires, tortures, disparitions forcées, instrumentalisation de la justice : autant de pratiques que l’avocat qualifie de crimes systémiques, couverts par une justice soumise et une indifférence internationale notoire.

« Ce sacrifice était à la hauteur des promesses de souveraineté, de justice sociale et de lutte contre la corruption, incarnées par le Projet », souligne-t-il.

Selon Me Ciré Clédor Ly, ce n’est pas une troisième alternance qu’a connue le Sénégal, mais une véritable révolution. Une classe opprimée s’est levée, guidée par une direction claire, imposant la rupture par les urnes là où la violence menaçait. Pourtant, il dénonce le fait que cette victoire historique est aujourd’hui menacée par les manœuvres des anciens réseaux du régime déchu, qui se repositionnent au sein de l’État.

« Le Sénégal semble avoir failli dès le commencement, en maintenant au cœur de l’appareil d’État les bras armés et les esprits du régime déchu », regrette-t-il.

Me Ly alerte sur le désenchantement d’une jeunesse longtemps mobilisée, reléguée à l’arrière-plan au profit de figures compromises du passé. Pour lui, le maintien ou la nomination à des postes stratégiques d’anciens adversaires de la révolution est un contresens historique, contraire à l’esprit de rupture porté par le peuple.

Il appelle à une purge courageuse de l’administration, de la justice, de la sécurité et du renseignement, et à la mise en place de mécanismes rigoureux pour juger les crimes économiques et politiques du passé.

« Du nouveau ne peut éclore dans la puanteur d’une eau usée », martèle-t-il.

L’avocat s’inquiète également de l’instrumentalisation de certaines organisations dites de la société civile, accusées de défendre des intérêts occultes, et de la fragilité des procédures judiciaires en cours contre les anciens dignitaires. Il redoute que ceux-ci finissent par échapper à la justice, voire se retournent contre l’État pour réclamer réparations.

« Il y a lieu de redouter que les vampires de l’économie soient simplement placés sous bracelet électronique ou relaxés pour vices de procédure. »

Face à ces menaces, Me Ciré Clédor Ly en appelle à une mobilisation unie autour du tandem Ousmane Sonko – Bassirou Diomaye Faye, qu’il considère comme l’incarnation fidèle des aspirations du peuple.

« Ce qui unit le tandem est plus fort que ce que l’esprit peut imaginer », affirme-t-il.

Il conclut en appelant les Sénégalais et les panafricanistes à défendre sans relâche les acquis révolutionnaires et à faire front commun pour que la transformation historique du pays ne soit pas détournée.

Trafic de drogue à Yeumbeul : Un ressortissant étranger interpellé avec 174 képas de “Kush”

Le Commissariat d’arrondissement de Yeumbeul a mené une opération fructueuse ce samedi 12 juillet 2025 aux environs de 16h, suite à un renseignement anonyme ayant conduit à l’arrestation d’un individu de nationalité étrangère, surpris en flagrant délit de conditionnement de drogue.

Les faits se sont déroulés à la Route des Rarines, où les éléments de la police ont effectué une descente ciblée dans une habitation suspectée d’abriter des activités illicites. Sur place, les agents ont découvert pas moins de 174 képas de “Kush”, une drogue de synthèse de plus en plus répandue dans certains quartiers de la banlieue dakaroise. Le produit était soigneusement emballé et entreposé dans une chambre servant vraisemblablement de point de stockage et d’ensachage.

Interpellé sur les lieux, le suspect a été immédiatement placé en garde à vue. Au cours de son audition, il a reconnu être le propriétaire de la drogue saisie, avouant également s’adonner à des activités de revente. Il est désormais poursuivi pour offre et cession de produits stupéfiants, des faits passibles de lourdes peines selon le Code pénal sénégalais.

L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de déterminer l’étendue du réseau impliqué dans ce trafic. Cette arrestation illustre, une fois de plus, la vigilance des forces de l’ordre face à la prolifération des drogues dures dans les zones périurbaines, notamment le “Kush”, dont la consommation constitue un fléau grandissant chez les jeunes.

Tensions autour de la détention de Badara Gadiaga : ses avocats dénoncent une violation grave des droits fondamentaux

La situation du chroniqueur Badara Gadiaga, en garde à vue au commissariat central de Dakar, continue de susciter une vive inquiétude. Ce samedi 12 juillet, ses avocats ont dénoncé dans un communiqué une interdiction formelle d’entrer en contact avec leur client, évoquant une « situation alarmante » et une « violation grave des droits fondamentaux ».

Selon le collectif d’avocats constitué pour la défense de M. Gadiaga, des instructions strictes ont été données par les autorités policières afin d’empêcher tout accès au détenu, y compris celui de ses conseils. « Ce comportement rétrograde n’a pas sa place dans un État de droit », ont-ils fermement dénoncé.

Depuis vendredi soir, les avocats affirment être tenus dans une totale ignorance quant à l’état de santé de leur client et aux conditions de sa détention. Ils redoutent le pire et estiment que l’interdiction de visite constitue une triple violation : des droits de la défense, de la dignité humaine et du principe de la présomption d’innocence.

« Cette entrave manifeste à l’exercice de la profession d’avocat est une tentative de museler la défense. Elle ne saurait être tolérée dans une République démocratique », ont martelé les avocats, qui évoquent un précédent inquiétant pour l’indépendance de la justice et les garanties fondamentales.

Le collectif rappelle avec force que la défense est un droit essentiel, garanti à toutes les étapes de la procédure, et se dit déterminé à faire respecter les principes de l’État de droit. « La défense se fera sans concession face à toute tentative d’intimidation ou de marginalisation », préviennent-ils.

Alors que le dossier de Badara Gadiaga est attendu ce lundi devant le doyen des juges, les robes noires concluent leur déclaration par un engagement sans équivoque : « La défense sera toujours debout, pour tous ».

Alioune Tine tourne en dérision les attaques de Sonko et relance le débat sur le financement de la société civile

Dans une ambiance politique de plus en plus tendue, la société civile sénégalaise n’échappe pas aux critiques. Le Premier ministre Ousmane Sonko, connu pour ses prises de position tranchées, a récemment qualifié certains membres de la société civile de “fumiers”, suscitant une vague d’indignation. Parmi les voix qui se sont élevées pour répondre, celle d’Alioune Tine, figure respectée du militantisme des droits humains, se distingue par son ton à la fois ironique et ferme.

Interrogé par L’Observateur, le fondateur du think tank Afrika Jom Center a choisi de répliquer avec humour : « C’est trop grave. Je ne souhaite pas répondre à ses attaques en tant que doyen des fumiers (rires). » Une manière subtile de désamorcer la charge verbale tout en soulignant l’absurdité de l’insulte.

Mais au-delà de la plaisanterie, Alioune Tine n’élude pas le fond du débat. Il appelle le Premier ministre à donner suite à son intention de faire voter une loi interdisant les financements étrangers pour les organisations de la société civile. « Ce serait une bonne chose », estime-t-il, tout en balayant les soupçons d’instrumentalisation par des bailleurs internationaux : « Il pense que c’est l’argent qui nous intéresse, mais il se trompe encore. »

L’ancien président de la Raddho revendique l’indépendance financière de son organisation. « À Afrika Jom Center, on a fonctionné trois ans sans financement, sans sous. Ce n’est pas l’argent qui nous fait exister. Avec ce qu’on gagne dans la consultance, on fonctionne mieux et on est plus efficace. » Une déclaration qui se veut preuve de résilience et de crédibilité dans un contexte où les ONG sont souvent accusées de rouler pour des intérêts extérieurs.

Ce nouvel épisode dans les relations déjà tendues entre le pouvoir et la société civile souligne l’importance d’un dialogue respectueux dans un État démocratique. Si la critique est légitime, elle ne saurait justifier les attaques ad hominem, encore moins les tentatives de discrédit systématique. Alioune Tine, fidèle à son style, oppose à la nervosité politique une posture à la fois apaisée et déterminée — celle d’un militant qui, après des décennies de combat, sait que la dignité vaut bien plus que la polémique.

Tensions entre Pastef et TFM : Bouba Ndour dénonce des menaces et tire la sonnette d’alarme

Le directeur des programmes de TFM, Bouba Ndour, a vivement réagi aux propos d’Ousmane Sonko appelant au boycott de certains médias. Il déplore une escalade verbale dangereuse qui met en péril la sécurité des journalistes.

La sortie du Premier ministre Ousmane Sonko, jeudi dernier, appelant les militants de son parti Pastef à boycotter les chaînes de télévision jugées « hostiles », n’en finit pas de faire réagir. Ce vendredi 11 juillet 2025, Bouba Ndour, directeur des programmes du groupe TFM, a profité de l’émission Jakaarlo Bi pour exprimer publiquement son inquiétude face à ce qu’il considère comme des attaques ciblées contre le groupe de presse fondé par son frère, Youssou Ndour.

« Ces attaques verbales répétées contre le groupe TFM sont injustes et dangereuses », a-t-il déclaré d’un ton grave, avant de souligner que Youssou Ndour, malgré son statut de fondateur, « n’intervient jamais dans le travail éditorial des journalistes ».

Selon Bouba Ndour, cette rhétorique hostile nourrit un climat de méfiance et de tension autour du groupe de presse. Il alerte notamment sur des menaces reçues récemment, qu’il attribue à certains militants radicaux de Pastef.

« Un militant bien identifié a menacé de brûler les locaux du groupe. Moi-même, j’ai reçu des insultes d’inconnus ce vendredi », a-t-il révélé, visiblement affecté.

Le directeur des programmes de TFM appelle à la responsabilité et au respect du travail journalistique, estimant que les divergences politiques ne doivent en aucun cas se traduire par des menaces ou des tentatives d’intimidation.

Lutte sénégalaise : Le combat Balla Gaye 2 vs Siteu officiellement annulé suite à la suspension du lutteur de Diamaguène

Le choc tant attendu entre Balla Gaye 2 et Siteu, initialement programmé pour le 20 juillet 2025, n’aura finalement pas lieu. L’espoir des amateurs de lutte s’est effondré avec l’annonce de l’annulation de l’affiche, une décision motivée par la suspension toujours en cours de Siteu par l’Organisation régionale antidopage (Orad).

À l’origine de cette situation : le refus par Siteu de se soumettre à un contrôle antidopage à l’issue de son combat contre Modou Lô, le 24 novembre 2023. Un refus qui lui a valu une lourde sanction de deux ans, le privant de compétition jusqu’au 23 novembre 2026.

Malgré cette décision claire, aucune procédure de recours n’a été engagée par le camp du lutteur. Résultat : la suspension reste pleinement exécutoire. « Toute sanction antidopage est exécutoire tant qu’elle n’est pas levée par le TAS (Tribunal arbitral du sport) », a rappelé le Dr Mouhamed Diop, président de l’Onads (Organisation nationale antidopage du Sénégal), soulignant l’absence totale de contestation formelle du verdict.

Ce qui interpelle davantage, c’est le flou qui a entouré la communication autour du combat. Alors même que la suspension de Siteu est connue depuis plusieurs mois, le Comité national de gestion (CNG) de la lutte a continué à promouvoir l’événement. Un face-à-face entre les deux lutteurs était même prévu ce samedi 12 juillet, suscitant de vives interrogations sur la rigueur administrative du CNG.

Le journal Record a été le premier à officialiser ce qui semblait inévitable : l’annulation pure et simple du combat. À cette heure, aucune déclaration formelle n’a encore été rendue publique par les autorités de la lutte, mais tout indique que l’affiche ne se tiendra pas.

Ce revirement porte un sérieux coup à l’image du sport roi au Sénégal. Ce combat était très attendu par les amateurs de lutte, notamment en raison de l’affrontement générationnel qu’il promettait entre l’expérimenté Balla Gaye 2 et le populaire Siteu, porte-étendard d’une nouvelle vague.

Avec cette annulation, c’est tout un pan du calendrier de la saison qui vacille. Les promoteurs, les sponsors et les fans se retrouvent une nouvelle fois dans l’incertitude.

À moins d’un recours devant le TAS, peu probable à ce stade, Siteu devra patienter jusqu’en novembre 2026 avant de remonter dans l’arène. Quant à Balla Gaye 2, il pourrait être contraint de revoir ses plans ou d’attendre une nouvelle affiche à la hauteur de sa renommée.

Détention de Badara Gadiaga : Des conditions jugées inhumaines dénoncées par Papa Djibril Fall

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, continue de faire la une de l’actualité après sa convocation puis sa garde à vue. Son dossier, désormais transféré au doyen des juges, reste en instruction. En attendant d’être édifié sur son sort ce lundi, Gadiaga demeure en détention au commissariat central de Dakar-Plateau. Mais les conditions dans lesquelles il est retenu suscitent de vives inquiétudes.

Selon les informations rapportées par Sentv, l’animateur vedette de l’émission Jakaarlo Bi dormirait à même le sol, sur des carreaux froids, et partagerait sa cellule avec des inconnus. Ces faits ont été constatés par le député Papa Djibril Fall, qui s’est rendu sur place pour lui rendre visite. Il a dénoncé une situation « inacceptable » et parle même de « traitement inhumain » infligé au journaliste.

« Ce n’est pas seulement une question de respect de la dignité d’un homme, mais celle de tout citoyen, quelle que soit la gravité des faits qui lui sont reprochés. Ce que vit actuellement Badara Gadiaga s’apparente à de la maltraitance », a déclaré le parlementaire, très remonté après sa visite.

La question se pose désormais : s’agit-il d’une négligence ou d’une volonté délibérée de nuire à Gadiaga ? Certains observateurs n’hésitent pas à évoquer une « stratégie de pression psychologique », voire une « tentative de briser l’homme », avant même que la justice ne statue.

Pour rappel, Badara Gadiaga est poursuivi pour des propos jugés « contraires aux bonnes mœurs », tenus lors d’une récente édition de Jakaarlo Bi. De nouvelles charges, telles que « diffusion de fausses nouvelles » et « offense à une institution », auraient également été ajoutées à son dossier, selon plusieurs sources proches du parquet.

Cette affaire relance le débat sur les conditions de détention dans les commissariats et prisons sénégalais, souvent dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Les prochains jours seront déterminants, notamment après la reprise du dossier par le doyen des juges lundi.

Sénégal – Fonction publique locale : L’État signe un accord historique avec l’Intersyndicale des travailleurs des Collectivités territoriales

Après trois longues années de bras de fer social, marquées par des grèves répétées et une forte mobilisation syndicale, le gouvernement du Sénégal et l’Intersyndicale des travailleurs des Collectivités territoriales ont enfin trouvé un terrain d’entente. Un protocole d’accord décisif a été signé en présence du ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Balla Fofana.

Au cœur de cet accord, figure une mesure phare : la revalorisation salariale intégrale de 1 155 fonctionnaires des Collectivités territoriales, dont les salaires seront désormais alignés sur la grille de la Fonction publique d’État. Cette harmonisation représente un véritable soulagement pour les agents concernés, longtemps victimes d’un traitement inégalitaire. Selon les catégories et les grades, les hausses salariales oscillent entre 80 000 et 300 000 francs CFA, une avancée majeure dans leur quête de reconnaissance professionnelle.

Outre cette augmentation salariale, le gouvernement a également décidé d’instaurer une indemnité transitoire mensuelle de 80 000 francs CFA à l’endroit de 6 458 agents certifiés. Ce soutien financier, qui s’étalera sur trois ans, est pensé comme un mécanisme d’accompagnement vers une intégration définitive au sein de la fonction publique locale. Le ministère qualifie cette indemnité de « pont entre reconnaissance et transition », marquant ainsi la volonté d’inscrire cette réforme dans une logique durable.

Cet accord marque un tournant historique dans la gestion des ressources humaines des collectivités territoriales. Longtemps laissés pour compte, les agents territoriaux obtiennent enfin une reconnaissance statutaire conforme à leur engagement quotidien au service des populations. Le gouvernement, par la voix du ministre Moussa Balla Fofana, a réaffirmé sa volonté de construire une fonction publique locale forte, équitable et professionnelle, à la hauteur des défis de la décentralisation.

La signature de ce protocole d’accord met ainsi un terme à un conflit social parmi les plus longs de l’histoire récente de l’administration territoriale sénégalaise. Il ouvre également la voie à une nouvelle ère de dialogue entre l’État et les partenaires sociaux, dans un contexte où la stabilité du service public local est cruciale pour le développement harmonieux des territoires.

Kaolack : La protection de l’enfant et de son avenir, une priorité pour la commune

Dans chaque coin du monde, des millions d’enfants naissent avec des rêves, des talents et une soif d’avenir. Pourtant, beaucoup d’entre eux sont privés de leurs droits fondamentaux : l’accès à l’éducation, à la santé, à une alimentation suffisante, et surtout, à la sécurité.

« La protection de l’enfant n’est pas seulement une responsabilité familiale. Elle concerne toute la société et détermine l’avenir de nos communautés. »

Tel est le message fort délivré par Ndèye Astou Sarr, adjointe au maire de la commune de Kaolack, chargée de la formation professionnelle, à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain célébrée le 10 juillet 2025.

Le thème de cette année, « Planification et budgétisation des droits de l’enfant : progrès réalisés depuis 2010 », interpelle directement les collectivités territoriales. En effet, comme l’a rappelé Mme Sarr, la protection de l’enfant fait partie des compétences transférées aux collectivités locales dans le cadre de l’Acte III de la décentralisation.

« Nous pensons qu’il ne suffit pas simplement de transférer les compétences. Il faut aussi transférer les moyens. Et nous le savons tous : quelle que soit l’ambition d’une réforme publique, sans un budget adapté, les collectivités territoriales ne peuvent pas faire de grandes choses », a-t-elle souligné.

Elle a insisté sur la nécessité, pour les collectivités territoriales, de voter des budgets sensibles, spécifiquement dédiés à la protection de l’enfant. Car, selon elle, les enfants restent les premières victimes des vulnérabilités sociales.

« La commune de Kaolack ne restera pas en marge dans cette dynamique. Elle entend jouer pleinement son rôle pour garantir de meilleures conditions de vie à nos enfants », a-t-elle affirmé.

Madame Sarr a également salué les efforts réalisés dans le domaine de l’éducation inclusive. Cette année, dans le cadre de la dotation en fournitures scolaires, les classes inclusives ont été prises en compte, intégrant ainsi leurs besoins spécifiques dans les priorités de la municipalité.

La célébration de la Journée de l’Enfant Africain a ainsi été l’occasion de réaffirmer l’engagement de la commune de Kaolack pour un avenir plus juste, plus sûr et plus prometteur pour tous les enfants.

Tribunal de Dakar – Affaire Badara Gadiaga : Les dessous d’un report stratégique d’inculpation

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, s’est retrouvé au cœur d’un imbroglio judiciaire tendu, ce jeudi 10 juillet 2025, au Tribunal de grande instance de Dakar. Inculpé pour des faits jugés graves, il a néanmoins échappé – provisoirement – à un placement sous mandat de dépôt, grâce à une manœuvre stratégique de ses avocats.

Le ministère public a transmis le dossier de Badara Gadiaga au doyen des juges d’instruction, avec une batterie de chefs d’inculpation lourds :

Discours contraires aux bonnes mœurs, Diffusion de fausses nouvelles, Offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, Violation de l’article 80 alinéa 2 du Code pénal, Et également des infractions prévues aux articles 254, 255 et 257 du même code.

Ce dernier article (257), rarement mobilisé dans les affaires de presse, évoque notamment la réception ou l’acceptation de dons à des fins de propagande compromettant la sécurité publique. Une disposition qui confère à ce dossier une coloration politique et sécuritaire non négligeable.

Face à la gravité des faits, les avocats de Badara Gadiaga – Mes Baba Diop, Moustapha Dieng, Alioune Badara Fall, Souleymane Soumaré, Aboubacry Barro, Abou Alassane Diallo et Malick Fall – ont opté pour une posture de fermeté. Estimant que les conditions d’une défense sereine n’étaient pas réunies, ils ont invoqué l’article 101 du Code de procédure pénale, qui permet de solliciter un délai pour organiser une défense efficace.

Dans un premier temps, le juge d’instruction a rejeté la demande de renvoi formulée par la défense. Gadiaga a alors pris l’initiative d’écrire lui-même au magistrat instructeur, demandant le report afin d’être assisté convenablement. Mais là encore, le juge s’est montré inflexible.

Face à ce double refus, les avocats ont décidé de quitter la salle, laissant leur client seul face au magistrat. Un geste fort, à la limite du boycott judiciaire, qui a fait hésiter le juge. Ce dernier a ensuite invité Gadiaga à convaincre ses avocats de revenir. Ces derniers, solidaires, ont maintenu leur position.

Finalement, après de longues discussions et au vu du contexte tendu, le juge a cédé : l’audience de première comparution est reportée au lundi 14 juillet 2025, évitant ainsi, temporairement, une possible détention provisoire du chroniqueur.

Parallèlement aux accusations publiques, une dimension financière alimente le volet judiciaire du dossier. Lors de l’enquête préliminaire, les enquêteurs de la Division spéciale de cybercriminalité (DSC) ont mis au jour l’existence d’une plateforme numérique dénommée GSIE, liée à Badara Gadiaga.

Interrogé sur ses activités économiques, le journaliste aurait éludé certaines questions, notamment sur les entités juridiques qu’il contrôle. Mais les enquêteurs ont retracé des flux financiers suspects, laissant penser à des mouvements de fonds via GSIE, notamment du compte bancaire vers un compte Orange Money.

S’il reconnaît avoir utilisé cette plateforme, Gadiaga nie catégoriquement toute origine illicite des fonds, affirmant qu’il s’agissait de simples transferts personnels. Reste que les soupçons persistent, et cette découverte aurait motivé l’invocation de l’article 80 alinéa 2 du Code pénal, souvent utilisé dans les affaires touchant à la sécurité de l’État.

L’affaire Badara Gadiaga dépasse désormais le simple cadre d’une sortie médiatique controversée. Entre liberté d’expression, sécurité publique, financement opaque et tensions politiques sous-jacentes, ce dossier s’annonce comme un véritable test pour l’indépendance de la justice et la solidité de l’État de droit au Sénégal.

Ousmane Sonko, toujours député : la suspension du mandat encadrée par le nouveau Règlement intérieur

Selon l’honorable Amadou Ba, le Premier ministre n’a jamais démissionné de l’Assemblée nationale et pourra retrouver son siège après son départ du gouvernement, malgré les critiques de l’opposition.

Le Premier ministre Ousmane Sonko n’a jamais démissionné de son poste de député. Il a tout simplement « SUSPENDU » son mandat qui est incompatible avec la qualité de membre du Gouvernement.

D’ailleurs, le nouveau Règlement intérieur de l’assemblée nationale (RIAN) règle définitivement la question en précisant et encadrant juridiquement, la procédure de suspension et de réintégration du député nommé membre du Gouvernement ou à une fonction incompatible avec le mandat de député.

Par conséquent, le Premier ministre peut retrouver son mandat de député dès qu’il quittera ses responsabilités de membre du Gouvernement.

Les Opposants qui ont la haine de Ousmane Sonko en bandoulière, iront de déception en désillusion s’ils comptent sur des artifices et artefacts juridiques pour s’opposer au Premier ministre qui a déjoué tous les traquenards politico-juridiques les plus sophistiqués jamais ourdis contre un homme politique au Sénégal depuis l’indépendance.

Honorable député Amadou Ba

Kaolack / Politique : La remobilisation des militants, un défi majeur pour le mouvement Taxawu

Le mouvement Taxawu Sénégal de Khalifa Sall a lancé une vaste opération de remobilisation de ses militants à travers le pays. Objectif : ressouder les rangs à l’approche des prochaines échéances électorales et redonner un nouveau souffle à la machine militante.

À Kaolack, les militants et sympathisants de la section locale étaient face à la presse ce mercredi pour informer l’opinion nationale et internationale des stratégies mises en place en vue de leur participation aux prochaines élections municipales.

À cette occasion, Diokel Gadiaga, responsable régional du mouvement, a annoncé officiellement la candidature de Taxawu Sénégal à la mairie de Kaolack.

Pour atteindre ses objectifs, le mouvement mise sur une série d’actions concrètes : tournées de proximité, recensement des militants, réunions de quartier, visites aux membres de longue date, et surtout, un discours renouvelé, centré sur les valeurs fondatrices du parti.

« Il fallait renouer le contact humain, aller sur le terrain, écouter les frustrations et proposer des solutions concrètes », a déclaré Diokel Gadiaga.

Dans son intervention, le responsable a dressé un tableau sombre de la situation nationale. « Ces dernières années, le Sénégal, longtemps considéré comme un modèle de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, traverse une période difficile », a-t-il souligné. Il a évoqué une crise économique aiguë et des tensions politiques marquées par l’arrestation d’opposants, contribuant à instaurer un climat d’incertitude et de frustration généralisée.

Le mouvement alerte également sur la dégradation continue des conditions de vie. La flambée des prix des denrées de première nécessité — riz, huile, sucre — touche durement les ménages les plus modestes. Le chômage des jeunes demeure préoccupant, accentuant le sentiment d’abandon, aussi bien dans les centres urbains que dans les zones rurales.

« Les femmes, notamment dans les campagnes, peinent à écouler leurs produits agricoles, et de nombreux jeunes n’envisagent d’avenir qu’à travers l’émigration clandestine », a déploré M. Gadiaga.

À travers cette opération de remobilisation, le mouvement Taxawu Sénégal espère reconquérir sa base, élargir son électorat et s’imposer comme une alternative crédible lors des prochaines élections locales. À Kaolack, la dynamique semble enclenchée, mais le défi reste de taille dans un contexte national aussi fragile qu’incertain.

Birahim Seck tacle Ousmane Sonko : « Les Sénégalais méritent plus qu’un chef en colère »

La réaction ne s’est pas fait attendre. Au lendemain du discours musclé d’Ousmane Sonko lors de l’installation du Conseil national de Pastef, la société civile, par la voix de l’un de ses membres les plus en vue, a tenu à répondre avec fermeté. Birahim Seck, coordonnateur du Forum Civil, a sèchement recadré le Premier ministre sur sa page X (anciennement Twitter), dénonçant ses attaques contre la société civile sénégalaise.

Dans un message tranchant, Birahim Seck a accusé Ousmane Sonko de se servir de la société civile comme d’un bouc émissaire pour masquer ses difficultés à gouverner :

« Arrêtez de prendre la Société Civile pour prétexte de votre impuissance aiguë à gouverner. Elle était là avant vos cris de tribune et elle survivra à la PETITE loi que vous proposerez… »

Une déclaration cinglante, en réponse aux propos d’Ousmane Sonko qui, la veille, avait vivement critiqué certaines organisations de la société civile, les accusant d’être silencieuses, voire complices, face à ce qu’il qualifie de “manœuvres hostiles contre le pouvoir légitime”.

Dans sa publication, Birahim Seck ne s’arrête pas là. Il conclut avec une attaque frontale contre le style et la posture politique du chef du gouvernement :

« Les Sénégalais méritent plus qu’un chef en colère, sans profondeur et sans cap. »

Cette sortie traduit le malaise grandissant entre une partie de la société civile et le nouveau pouvoir. Si Ousmane Sonko et ses alliés ont longtemps bénéficié du soutien implicite ou explicite de certains activistes dans leur combat contre le régime précédent, la donne semble aujourd’hui avoir changé. Les critiques se multiplient sur la manière dont le gouvernement gère les affaires publiques depuis son installation.

Dans un contexte où les attentes sont énormes, cette passe d’armes révèle également les tensions autour des réformes institutionnelles annoncées, notamment celle visant à mieux encadrer l’action de la société civile et de certains corps intermédiaires. Pour Birahim Seck, il ne fait aucun doute que le gouvernement cherche à museler les voix critiques sous couvert de réformes.

Affaire Badara Gadiaga : le chroniqueur de la TFM bénéficie d’un retour de parquet

Le journaliste et chroniqueur Badara Gadiaga, figure bien connue de l’émission “Jakaarlo Bi” sur la Télévision Futurs Médias (TFM), a bénéficié ce jeudi 11 juillet d’un retour de parquet après sa présentation devant le procureur. Son dossier a été transféré au doyen des juges en vue d’une ouverture d’information judiciaire, signe que l’affaire prend une tournure judiciaire plus complexe.

Initialement poursuivi pour « propos contraires aux bonnes mœurs », à la suite de ses déclarations polémiques lors d’une récente diffusion de l’émission “Jakaarlo Bi”, Gadiaga a vu les accusations pesant sur lui s’alourdir au fil des heures. Le parquet lui reproche désormais également la « diffusion de fausses nouvelles » ainsi que l’« offense à une personne qui exerce une partie des prérogatives du chef de l’État », en référence au Premier ministre Ousmane Sonko.

Ces nouvelles charges renforcent la gravité de l’affaire, qui dépasse désormais le simple cadre de la liberté d’expression dans un débat télévisé, pour s’inscrire dans une logique de protection de l’ordre public et des institutions, selon l’argumentaire du ministère public.

L’interpellation de Badara Gadiaga, survenue en début de semaine, a immédiatement suscité de vives réactions dans l’opinion publique. Plusieurs acteurs de la société civile, des confrères journalistes ainsi que des leaders politiques – notamment Khalifa Sall, le parti Rewmi et d’autres figures de l’opposition – ont dénoncé une atteinte grave à la liberté d’expression et de presse. Pour eux, l’arrestation du chroniqueur s’apparente à une tentative d’intimidation à l’égard des voix critiques.

Du côté du pouvoir, certains responsables estiment au contraire que les propos de Gadiaga ont franchi les limites acceptables dans un État de droit, notamment en portant atteinte à l’image des institutions républicaines.

Le retour de parquet signifie que le procureur ne s’est pas encore prononcé sur un éventuel mandat de dépôt, préférant transmettre le dossier au juge d’instruction. Ce dernier décidera des suites judiciaires à donner : mise en examen, liberté provisoire ou détention préventive.

Kaolack : Inauguration d’un second centre d’état civil à Touba Ndorong – Un rapprochement concret entre la commune et sa population

La population de la commune de Kaolack a accueilli avec enthousiasme, ce vendredi 11 juillet 2025, l’inauguration officielle d’un second centre d’état civil, situé dans le quartier Touba Ndorong.

Cette initiative, portée par les autorités municipales dans le cadre du programme “NEKKAL – Mon état civil, ma citoyenneté”, marque une étape majeure dans la stratégie de rapprochement des services publics de base aux citoyens.

« Nous avons constaté que de nombreux citoyens éprouvaient des difficultés à se rendre au centre principal. Il était donc primordial de rapprocher ce service de nos administrés », a déclaré le maire de la commune de Kaolack, Sérigne Mboup, lors de la cérémonie d’inauguration.

Ce nouveau centre s’inscrit dans la volonté de la municipalité d’améliorer la qualité de vie des habitants.

« Avec ce second centre d’état civil, la municipalité affirme clairement sa volonté de se rapprocher de sa population, d’écouter ses besoins et de faciliter son quotidien », a ajouté le maire.

Présent à cette cérémonie, Jean-Marc Pisani, ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, a souligné l’importance symbolique et pratique de cette réalisation :

« Cet événement est bien plus qu’une simple cérémonie officielle ; il incarne notre engagement commun en faveur d’une gouvernance de proximité, de l’égalité des droits et de la reconnaissance de la dignité de chaque individu. Depuis 2020, l’Union européenne accompagne le Sénégal dans la mise en œuvre du programme NEKKAL, un programme ambitieux de modernisation de l’état civil. »

Selon lui, ce programme vise à permettre à chaque Sénégalaise et à chaque Sénégalais d’exister officiellement, de faire valoir ses droits, d’accéder aux services essentiels et de participer pleinement à la vie de la Nation. Il a rappelé que l’Union européenne finance entièrement le programme à hauteur de 28 millions d’euros, saluant une coopération exemplaire.

De son côté, Moussa Balla Fofana, ministre des Collectivités territoriales, s’est dit honoré de participer à cette inauguration :

« Ce centre secondaire de l’état civil de Ndorong est une infrastructure moderne et ambitieuse. Il constitue une étape majeure dans notre engagement collectif pour un état civil universel, fiable, inclusif et résolument tourné vers le numérique. »

Le ministre a également rappelé la portée symbolique du lieu :

« Ndorong est un foyer religieux fondé par Sérigne Bassirou Mbacké, une figure emblématique du mouridisme. En choisissant ce site, l’État rend hommage à un lieu de foi. »

Cette infrastructure, selon lui, incarne la transformation digitale du service public, conformément à la vision des plus hautes autorités du pays. Elle est portée par le programme NEKKAL, mis en œuvre par l’Agence nationale de l’état civil, avec l’appui technique de Civipol et Enabel, et le financement de l’Union européenne.

« Le programme NEKKAL est aujourd’hui l’un des chantiers les plus structurants de notre politique publique de modernisation des territoires. Il s’agit de doter les communes d’infrastructures d’état civil adaptées, accessibles et connectées. Kaolack rejoint désormais le réseau national avec une infrastructure de référence, conçue pour servir dignement et efficacement les usagers », a-t-il précisé.

Le ministre a conclu en soulignant la rupture technologique en cours :

« Pendant très longtemps, les registres d’état civil étaient tenus manuellement, avec les risques d’erreurs, de pertes et de lenteurs administratives que cela impliquait. Aujourd’hui, grâce au programme NEKKAL, nous passons à une gestion informatisée, centralisée, sécurisée et interconnectée de l’état civil. »

Le Sénégal s’oppose fermement à une activité de promotion LGBTQI prévue à Dakar

Le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a publié un communiqué officiel ce jeudi, réaffirmant la position du Sénégal à l’égard des initiatives perçues comme promouvant les questions LGBTQI. Cette réaction intervient à la suite d’informations faisant état d’un projet conjoint entre l’Ambassade des Pays-Bas et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, visant à organiser une projection de film et un débat sur ces thématiques à Dakar.

Dans son communiqué, le ministère sénégalais rappelle que toutes les activités organisées sur le territoire national par les représentations diplomatiques, consulaires, ainsi que par les organisations internationales et non gouvernementales, doivent impérativement respecter les lois en vigueur au Sénégal. Le ministère insiste également sur l’obligation de se conformer aux valeurs culturelles, religieuses et sociales qui structurent la société sénégalaise.

Le texte officiel précise que le Sénégal n’accepte aucune forme de propagande ou de promotion du phénomène LGBTQI, une position qui a été, selon les autorités, “clairement exprimée et constamment réitérée par les plus hautes autorités de l’État”.

Le Gouvernement met ainsi en garde contre toute tentative d’organisation ou de participation à ce type d’événement. Il se réserve, selon le communiqué, le droit de prendre toutes les mesures appropriées à l’encontre des organisateurs comme des participants, sans distinction d’origine, de statut ou de rang. Ces mesures, assure-t-on, seront prises dans le strict respect des lois et règlements en vigueur dans le pays.

Cette déclaration officielle reflète une volonté manifeste des autorités sénégalaises de préserver l’ordre social et moral établi, dans un contexte où les débats sur les droits LGBTQI continuent de susciter des réactions vives au sein de l’opinion publique.

Pour rappel, le Sénégal criminalise toujours les actes jugés contre-nature entre personnes de même sexe, une disposition du Code pénal souvent dénoncée par les ONG internationales de défense des droits humains. Toutefois, les autorités sénégalaises ont, à plusieurs reprises, déclaré qu’aucune pression extérieure ne saurait les faire fléchir sur cette question, qu’elles considèrent comme relevant de la souveraineté culturelle et juridique nationale.

Sénégal – Arrestation de Badara Gadiaga : le parti Rewmi dénonce une dérive autoritaire et réclame sa libération immédiate

L’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga continue d’alimenter un vif débat national, tant elle cristallise les tensions autour des questions de liberté d’expression au Sénégal. Depuis sa garde à vue survenue avant-hier, les réactions fusent de toutes parts, notamment dans les milieux politiques, les cercles de la société civile et parmi les défenseurs des droits humains.

Parmi les premières voix à dénoncer cette arrestation, celle du parti Rewmi, dirigé par l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental, Idrissa Seck. Dans un communiqué publié ce jeudi, la formation politique n’a pas mâché ses mots, fustigeant ce qu’elle considère comme une “atteinte grave à la liberté d’expression”.

« Le parti Rewmi constate une récurrence des atteintes aux libertés publiques, dont la dernière en date est la convocation de Badara Gadiaga. Nous condamnons cette attitude des nouvelles autorités et demandons sa libération sans délai », peut-on lire dans le communiqué.

Rewmi s’inquiète d’un climat politique de plus en plus tendu, où les voix critiques feraient l’objet d’un harcèlement judiciaire. Selon le parti, cette dynamique fragilise les fondements d’un débat démocratique sain et pluraliste.

En apportant son soutien total à Badara Gadiaga, le parti étend également sa solidarité à toutes les personnes poursuivies ou détenues pour avoir exprimé des opinions dissidentes. Cette posture traduit, selon Rewmi, une volonté de préserver l’espace civique et de prévenir toute dérive autoritaire, même sous un régime issu d’un changement démocratique récent.

La mise en cause de Badara Gadiaga fait suite à des propos tenus dans l’émission Jakaarlo, diffusée sur la TFM. Bien que les autorités n’aient pas encore officiellement communiqué sur les motifs exacts de sa garde à vue, de nombreux observateurs estiment qu’il s’agit là d’une tentative d’intimidation, destinée à restreindre la parole publique.

Des organisations de la société civile, des journalistes et des acteurs politiques, comme Khalifa Sall et Pape Djibril Fall, ont eux aussi élevé la voix contre cette détention, parlant de “menace contre les droits fondamentaux”.

Dans son communiqué, le parti Rewmi appelle les Sénégalais à “rester vigilants face à toute tentative de remise en cause des acquis démocratiques obtenus de haute lutte”. Il exhorte également le gouvernement à faire preuve de retenue et à respecter scrupuleusement les principes de l’État de droit.

La CDS fustige la posture d’Ousmane Sonko : « L’injure n’est pas un mode de gouvernance »

Dans un communiqué au ton ferme, la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) critique sévèrement l’attitude du Premier ministre, qu’elle accuse de mépriser les institutions et de trahir les exigences de responsabilité républicaine.

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) sort de sa réserve pour dénoncer ce qu’elle qualifie de dérives inquiétantes dans la posture du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une déclaration rendue publique, la coalition de gauche critique vigoureusement la dernière sortie du chef du gouvernement, particulièrement ses attaques à l’endroit du pouvoir judiciaire.

Pour la CDS, les récentes déclarations du Premier ministre à l’égard des magistrats témoignent d’une « légèreté de ton et d’un excès d’apparat » totalement incompatibles avec les responsabilités de sa fonction. « Il trahit ainsi l’exigence de hauteur républicaine que requiert la charge qu’il incarne », déplore le communiqué.

Allant plus loin, la Confédération se dit « profondément choquée par le comportement désinvolte, provocateur et outrageusement méprisant d’un Premier ministre qui, au lieu d’incarner la mesure et la dignité, se complaît dans les menaces à répétition, les invectives permanentes et l’escalade verbale ».

« L’injure n’est pas un mode de gouvernance »

La CDS pointe particulièrement les attaques verbales jugées injurieuses du Premier ministre envers les magistrats, qu’elle considère comme une atteinte à la crédibilité d’une institution fondamentale de l’État. « Ce Premier ministre s’est récemment illustré par des propos insultants à l’égard des magistrats, remettant en cause, avec une légèreté consternante, la crédibilité d’une institution garante de l’équilibre républicain », dénonce le texte.

Au-delà du ton jugé agressif d’Ousmane Sonko, la CDS critique également ce qu’elle qualifie de « frénésie de déplacements en jet privé », soulignant « une opacité totale » sur les modalités de financement de ces voyages. Dans un contexte socio-économique difficile, cette posture est jugée déplacée et provoque « l’indignation légitime » d’une population confrontée aux réalités du quotidien.

« Ce paradoxe est insupportable, surtout lorsque l’on se souvient des promesses faites par les actuelles autorités lorsqu’elles étaient encore dans l’opposition. Les jeunes, notamment, se sentent trahis par ces revirements spectaculaires », souligne la CDS.

Pour la coalition de gauche, ce cumul de « désinvolture verbale, de mépris des institutions, de remise en question de ses propres engagements et d’indécence ostentatoire » traduit une conception préoccupante de l’exercice du pouvoir. Une conception, selon la CDS, totalement éloignée des valeurs d’« éthique, de retenue et de responsabilité » attendues d’un haut responsable gouvernemental.

Dans un contexte politique tendu, cette prise de position marque un nouveau front de contestation contre le style de gouvernance du Premier ministre, dont les méthodes et la communication suscitent de plus en plus d’interrogations, y compris au sein de la classe politique.

Kaolack : la Journée de l’Enfant Africain célébrée, le CDPE porte le plaidoyer

À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain (JEA), le Comité départemental de protection de l’enfant (CDPE) de Kaolack a organisé un forum d’information pour marquer cette date symbolique. L’édition 2025, célébrée sous le thème « Planification et budgétisation des droits de l’enfant : progrès réalisés depuis 2010 », a mis l’accent sur l’engagement des collectivités territoriales dans la protection de l’enfance.

Le Sénégal, à l’instar des autres pays africains, célèbre chaque année cette journée en mémoire des enfants massacrés à Soweto, en Afrique du Sud, en 1976. Cette commémoration est également un moment de réflexion sur les avancées et les défis liés aux droits des enfants sur le continent.

À Kaolack, le CDPE a piloté l’organisation des activités, en s’appuyant sur le thème stratégique de cette année, centré sur la nécessité d’une planification rigoureuse et d’une budgétisation adéquate en faveur des droits de l’enfant, dans le but d’évaluer les progrès accomplis depuis 2010.

Selon M. Birahim Fall, chef du service départemental du développement communautaire et point focal du CDPE, l’intégration des droits de l’enfant dans les budgets des collectivités territoriales est essentielle. « Des compétences telles que l’éducation ou la santé, qui ont un impact direct sur les enfants, sont désormais transférées aux collectivités locales. Malheureusement, leur prise en charge reste souvent dispersée. Il est donc crucial que les mairies prévoient un poste budgétaire spécifiquement dédié à l’enfance », a-t-il plaidé.

M. Fall a également rappelé que, depuis l’adoption de la Convention internationale des droits de l’enfant en 1989, les enfants sont reconnus comme des citoyens à part entière. « Ils ont droit à la parole, à l’association, à la participation. Il est de notre devoir de les protéger, de les encadrer et de les former afin qu’ils deviennent demain des citoyens responsables. »

Cependant, la situation à Kaolack reste préoccupante. Mariages précoces, maltraitance, violences physiques et sexuelles figurent parmi les nombreuses menaces pesant sur les enfants. « Il n’est pas rare de voir de jeunes enfants errer dans les rues à des heures tardives. Si rien n’est fait, ils risquent de sombrer dans la délinquance », a alerté M. Fall.

Pour renforcer le dispositif de protection, des comités de suivi ont été mis en place dans les différents arrondissements, avec le soutien d’ONG telles que Enabel et SOS Villages d’Enfants. Ces structures accompagnent également les activités communautaires, notamment pendant les vacances scolaires.

Rapatriement des migrants : le Sénégal sous pression américaine

Alors que les États-Unis accentuent leurs pressions pour conclure des accords de rapatriement avec plusieurs pays africains, le Sénégal se retrouve confronté à un choix diplomatique délicat. En toile de fond, une politique migratoire américaine toujours plus dure et une situation économique locale déjà fragilisée.

Selon des chiffres relayés par L’As, 1 689 ressortissants sénégalais figurent parmi les près de 30 000 migrants africains ciblés par des mesures d’expulsion sur le sol américain. Cette offensive s’inscrit dans la continuité de la ligne nationaliste défendue par le président Donald Trump, qui multiplie les initiatives pour durcir les politiques migratoires en vue de l’élection présidentielle de novembre.

Sur la liste dressée par les services de l’immigration américaine (ICE), le Sénégal figure parmi les dix pays africains les plus concernés, aux côtés de la Somalie (4 090 migrants), de la Mauritanie (3 822), du Nigeria (3 690), du Ghana (3 228) et de la Guinée (1 897). En tout, 40 pays du continent sont concernés, y compris des États insulaires comme Madagascar ou les Seychelles.

Les profils visés par les expulsions sont variés : demandeurs d’asile déboutés, personnes en situation irrégulière ayant dépassé leur visa, ou encore migrants ayant eu des démêlés judiciaires aux États-Unis. L’agence ICE défend la légalité des expulsions, les présentant comme menées « en conformité avec la législation fédérale ».

Face aux réticences de nombreux États africains à accepter le retour de leurs ressortissants – souvent dans des conditions jugées indignes – Washington propose des accords bilatéraux de rapatriement. Ces accords incluraient des incitations économiques ou diplomatiques. Selon L’As, le Sénégal aurait été approché, mais hésite encore à s’engager officiellement.

Cette prudence s’explique par la complexité du dossier, qui mêle enjeux diplomatiques, pression sociale interne et fragilité économique. Accueillir un retour massif de migrants exigerait des capacités de réinsertion et d’accompagnement social que le pays ne semble pas prêt à garantir dans l’immédiat.

Au Sénégal, l’opinion publique reste très sensible à la question migratoire. Les expulsions sont souvent vécues comme une humiliation, notamment lorsqu’elles concernent des jeunes partis chercher un avenir meilleur au péril de leur vie. Le retour forcé de ces migrants, parfois sans préparation ni soutien, alimente un ressentiment profond au sein de la population.

« L’État sénégalais est pris dans un véritable étau : céder aux pressions américaines ou défendre la dignité et les droits de ses ressortissants », explique un analyste interrogé par L’As. « Il lui faudra une stratégie mesurée, qui prenne en compte à la fois la souveraineté nationale et les impératifs humains. »

Entre relations bilatérales stratégiques avec les États-Unis et impératifs de cohésion sociale interne, le gouvernement sénégalais devra faire preuve de diplomatie et de pragmatisme. Dans un contexte où le chômage des jeunes, les tensions sociales et les défis économiques restent vifs, une mauvaise gestion de ce dossier pourrait avoir des répercussions politiques majeures.

Ousmane Sonko frappe fort au King Fahd Palace : ses proches lui renouvellent un soutien sans faille

C’est un Premier ministre au ton tranchant et résolument offensif qui a présidé, ce mercredi, la cérémonie d’installation du Conseil national de Pastef, tenue au prestigieux King Fahd Palace. Ousmane Sonko, fidèle à son style direct, n’a épargné personne : ni la société civile, ni la presse, ni même son propre gouvernement, encore moins le président de la République.

Dans un discours aux allures de réquisitoire, Sonko a dénoncé avec fermeté ce qu’il considère comme des dérives internes et des complots externes. Sa cible principale : ceux qu’il soupçonne de trahison ou d’abandon des idéaux de rupture et de transformation pour lesquels le peuple a voté. Une sortie qui a provoqué un large écho sur la scène politique et médiatique.

Peu après cette adresse musclée, plusieurs figures de Pastef et du gouvernement ont affiché publiquement leur adhésion au discours du Premier ministre, le présentant comme un acte de vérité et un rappel nécessaire à la discipline et à l’engagement.

Parmi eux, Pape Alé Niang, directeur général de la RTS, a sobrement partagé une citation de Sonko en y ajoutant : « Le devoir de servir, l’obligation de redresser », une manière de rappeler que les responsabilités institutionnelles doivent s’aligner avec les valeurs fondatrices du régime.

Guy Marius Sagna, député connu pour sa radicalité et sa fidélité aux principes de justice sociale, a été encore plus explicite : « Trahison : nous ferons face. Embourgeoisement : nous ferons face. Conspiration : nous ferons face. Soit nous respectons nos engagements, soit nous respectons nos engagements. » Une formule martelée comme un serment de combat.

Du côté des responsables exécutifs, Waly Diouf Bodiang, directeur général du Port autonome de Dakar, a salué « un Premier ministre très fort », accompagné d’un émoji cœur. Il a également relayé un slogan qui prend de l’ampleur dans les cercles sonkistes : « Le redressement en marche. »

Mais c’est sans doute Abass Fall, figure historique du parti, qui a livré le message le plus personnel et le plus enflammé. « Loyauté vis-à-vis de cet homme qui a tout donné à son pays. Tambali thi moom, yam thi moom ! Notre maître à penser ! », a-t-il lancé, avant de prévenir : « Rien ne se fera dans ce pays sans toi ! Les conspirations du système pour t’isoler ne passeront pas. »

À travers cette offensive verbale et le soutien immédiat de ses alliés, Ousmane Sonko semble envoyer un double signal. À ses partisans d’abord, qu’il appelle à la vigilance, à la loyauté et à la rigueur dans l’action. Mais aussi à l’establishment politique et aux relais institutionnels, qu’il accuse de vouloir ralentir, voire saboter, l’élan de transformation engagé depuis l’élection du président Diomaye Faye.

Khalifa Sall dénonce la détention de Badara Gadiaga : « Une fracture dans le socle du droit »

Le président du mouvement Taxawu Sénégal, Khalifa Ababacar Sall, est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur la détention prolongée du chroniqueur Badara Gadiaga, interpellé mercredi dernier. Dans une déclaration ferme, l’ancien maire de Dakar a exprimé son soutien sans réserve au journaliste, pointant du doigt une atteinte grave aux libertés fondamentales.

« Quand l’État redoute les mots, c’est qu’il craint la vérité. Et la vérité ne s’enferme pas », a écrit Khalifa Sall dans un texte diffusé ce jeudi.

Pour le leader socialiste, la mise en garde à vue de Badara Gadiaga dépasse le simple cadre judiciaire. Elle révèle, selon lui, une dérive inquiétante du pouvoir en place qui, au lieu de garantir les droits, chercherait à museler les voix dissidentes.

« Ce n’est pas une simple injustice, mais une fracture dans le socle du droit », a-t-il martelé, dénonçant une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Khalifa Sall s’inscrit ainsi dans la lignée de nombreux acteurs politiques, membres de la société civile et journalistes, qui ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire du régime. L’ancien député appelle à un respect strict des droits des personnes arrêtées, y compris ceux qu’il qualifie de prisonniers d’opinion.

« Museler les voix, c’est étouffer la justice. C’est aussi faire de l’État de droit une façade trompeuse », a-t-il ajouté.

En conclusion, Khalifa Sall exige la libération immédiate de Badara Gadiaga ainsi que de toutes les personnes détenues pour leurs opinions. Il appelle à un sursaut démocratique et à la restauration d’un climat de dialogue et de liberté, sans lequel, selon lui, aucune démocratie ne peut survivre.

GFM à Sonko : « Nous opposons notre métier à vos menaces »

Le bras de fer entre Ousmane Sonko et le Groupe Futurs Médias (GFM) prend une nouvelle tournure. Après que le leader de Pastef a, sans le nommer, appelé ses partisans à bouder le groupe médiatique, estimant qu’il mène une campagne contre son parti, la riposte ne s’est pas fait attendre. Dans un éditorial publié ce vendredi, le quotidien du groupe monte au créneau, dénonçant un « appel explicite au boycott » et une tentative de mise au pas de la presse.

L’éditorial ne mâche pas ses mots : « Ce n’était ni un écart d’humeur, ni une parole de trop. C’était un acte politique calculé. » Pour GFM, les attaques du Premier ministre relèvent d’une stratégie assumée visant à discréditer le groupe et à l’exclure du débat public. Une « déclaration de guerre » dont les racines remontent, selon le texte, à plusieurs années de tensions et de soupçons d’hostilité entretenue par Ousmane Sonko à l’égard de la presse privée.

GFM reconnaît ses erreurs passées, notamment dans le traitement de l’affaire Tullow Oil, mais refuse d’en faire un péché éternel. « Cette critique, oui, est légitime. Mais elle ne saurait être érigée en faute originelle », insiste le texte, rejetant l’idée d’une culpabilité permanente.

L’éditorial accuse Sonko de faire dans la stigmatisation, le populisme et la manipulation des perceptions. Il dénonce un procédé visant non pas à améliorer la presse, mais à l’intimider et à l’étiqueter comme ennemie du peuple.

Face aux attaques, GFM réaffirme son attachement au pluralisme politique et à l’indépendance rédactionnelle. « Nous ne boycotterons pas Pastef. Pas plus que nous ne boycotterons l’APR, le FDR, l’opposition ou le pouvoir », peut-on lire. La rédaction se dit prête à couvrir aussi bien les victoires que les dérives, en toute liberté.

L’éditorial évoque également la mémoire d’un ancien collaborateur, feu Ibrahima Diakhaby, qui avait été un soutien de Sonko, comme symbole de la diversité des opinions acceptées au sein du groupe.

La réponse de GFM se termine sur une mise au point sans ambages : la liberté de la presse n’est ni une faveur ni une concession politique. « Ce droit, vous n’avez pas à nous l’octroyer. […] Ce droit est durable, irréversible, constitutionnel. Et nous le tiendrons debout. »

Pape Djibril Fall dénonce la garde à vue de Badara Gadiaga : « Ce n’est pas une démocratie, c’est une dérive autoritaire »

Le député Pape Djibril Fall a, une nouvelle fois, exprimé son soutien indéfectible au chroniqueur Badara Gadiaga, toujours retenu en garde à vue par la Division spéciale de la cybersécurité. Ce jeudi, il s’est rendu devant les locaux de ladite division, renouvelant une présence déjà remarquée la veille. L’élu a vigoureusement dénoncé une arrestation qu’il juge injustifiée et profondément alarmante pour l’état de la démocratie au Sénégal.

« Ce qui se passe aujourd’hui ridiculise l’État du Sénégal. Cela ridiculise Ousmane Sonko, son camp, et son clan », a-t-il lancé devant la presse. Selon lui, le placement en garde à vue de Badara Gadiaga pour avoir interprété une décision de justice en langue nationale est non seulement disproportionné, mais surtout révélateur d’une dérive institutionnelle.

Pour Pape Djibril Fall, l’affaire dépasse de loin le cadre judiciaire. « Ce n’est pas une démocratie, c’est anticonstitutionnel. On n’acceptera pas qu’on fasse du Sénégal une dictature », a-t-il affirmé avec gravité, pointant une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Il accuse notamment le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, d’agir sous les ordres du pouvoir exécutif, évoquant une perte d’indépendance de l’appareil judiciaire : « On lui donne des ordres, il exécute. »

Dans une déclaration forte, le député a également salué la posture de Badara Gadiaga, qu’il décrit comme un homme digne et déterminé : « Il est très serein, c’est un combattant. Sa culture politique, son parcours, ses efforts pour ce pays dépassent largement ceux de Sonko. »

Pape Djibril Fall appelle enfin à un recentrage du débat national sur les vraies urgences du moment : l’emploi, la stabilité économique et le respect des droits fondamentaux. Il déplore que, pendant que des milliers de Sénégalais perdent leur travail, le pouvoir semble plus préoccupé par des règlements de comptes politiques que par la gestion des crises sociales.

Affaire Gadiaga : La Nouvelle Responsabilité dénonce une atteinte à la liberté d’expression

Le mouvement politique s’indigne de la garde à vue du chroniqueur et appelle à la défense des libertés publiques.

Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le mouvement La Nouvelle Responsabilité a vivement réagi à la garde à vue de Badara Gadiaga, chroniqueur à l’émission Jakaarlo, interpellé par la Division spéciale de la cybercriminalité pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs.

« La garde à vue de M. Gadiaga, à la suite de son audition par la Division Spéciale de la cybercriminalité, est une atteinte préoccupante à la liberté d’expression. Badara Gadiaga n’a fait qu’exercer un droit fondamental : celui de s’exprimer », déclare le mouvement dans sa note.

Se joignant à de nombreuses voix au sein de l’opposition, La Nouvelle Responsabilité condamne ce qu’elle qualifie de dérive liberticide et appelle à une mobilisation pour la sauvegarde des droits fondamentaux. « Dans une démocratie, aucune voix ne doit être muselée. Nous refusons la banalisation de l’intimidation contre les esprits libres et restons mobilisés pour défendre les libertés publiques. »

Enfin, le mouvement conclut sa déclaration en exprimant sa solidarité à l’endroit du chroniqueur ainsi que de toutes les personnes détenues pour leurs opinions : « Tout notre soutien à Badara Gadiaga et à tous les autres détenus. La liberté ne se négocie pas. »

Kaolack / Santé : Élection du représentant du personnel – Amadou Diaw Gueye déclare sa candidature et promet de meilleures conditions de travail

Les élections des représentants du personnel à l’hôpital régional El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack s’annoncent déterminantes, avec une campagne déjà âprement disputée entre les différents candidats.

Parmi eux figure Amadou Diaw Gueye, aide-opérateur au service ophtalmologie dudit hôpital, par ailleurs conseiller spécial du président du Conseil départemental de Kaolack et président du mouvement Kaolack Vision Avenir.

Prévue pour le 15 juillet prochain, cette élection permettra aux différents candidats de décliner leurs ambitions au service du personnel hospitalier.

« Je souhaite m’engager pour défendre davantage nos intérêts et améliorer notre cadre de vie au sein de notre établissement », promet-il.

Professionnel de santé fort de 15 années d’expérience, Amadou Diaw Gueye estime qu’un nouveau souffle est nécessaire pour améliorer les conditions de travail au sein de l’hôpital.

« Je fais partie de l’équipe d’ophtalmologie, où j’ai eu l’occasion de me former en optométrie. Cette expérience m’a permis de bien cerner les défis auxquels nous sommes confrontés : la charge de travail, les conditions matérielles, ou encore l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. »

Conscient des attentes du personnel, il plaide pour une écoute active, une prise en charge sérieuse des préoccupations, et un dialogue constant avec la direction.

« Je suis convaincu que chaque voix mérite d’être entendue et que chaque membre du personnel a un rôle à jouer dans la construction d’un environnement de travail sain et collaboratif. Si je suis élu, je m’engage à recueillir les préoccupations et suggestions pour les porter à la direction », affirme-t-il.

Au-delà de la représentation, Amadou Diaw Gueye ambitionne, une fois élu, de promouvoir le bien-être de tout le personnel, notamment à travers :

le renforcement de la sécurité du personnel, la promotion de la communication et de la transparence entre le personnel et la direction, et le développement de la formation continue.

Une candidature qui veut allier expérience, proximité et engagement au service de ses collègues.

Tragédie à Gueule Tapée : une femme tuée par son mari, le quartier sous le choc

Un drame d’une rare violence a secoué le quartier de Gueule Tapée, à Dakar, où une femme a tragiquement perdu la vie, tuée par son mari dans des circonstances encore floues. La nouvelle, largement relayée sur les réseaux sociaux et par Wassaré TV, a bouleversé les habitants, profondément touchés par cet acte incompréhensible.

Les voisins, visiblement choqués, ont livré des témoignages poignants, décrivant une scène d’horreur qui restera longtemps gravée dans les mémoires. Selon plusieurs d’entre eux, rien ne laissait présager un tel dénouement. La victime, décrite comme une femme affable et respectée, ne semblait pas être en conflit ouvert avec son époux, du moins de ce que les proches et les riverains pouvaient percevoir.

« Elle était toujours souriante, toujours polie. On ne les a jamais entendus se disputer violemment », confie une voisine, encore sous le coup de l’émotion. « Ce qui s’est passé est inimaginable. On a entendu des cris, et ensuite, c’était le silence. Puis on a découvert l’horreur… », ajoute un autre témoin.

Ce drame remet cruellement en lumière la question des violences conjugales, souvent silencieuses, parfois invisibles aux yeux même des proches. Il soulève également de nombreuses interrogations sur les mécanismes de prévention, d’écoute et de protection des victimes potentielles dans les foyers sénégalais.

À Gueule Tapée, l’émotion s’est rapidement transformée en colère et en appel à la justice. Les habitants réclament que toute la lumière soit faite sur cette affaire et exigent des mesures concrètes pour prévenir de telles tragédies à l’avenir.

Grève dans le secteur de la Justice : Guy Marius Sagna reçoit une délégation de greffiers pour tenter une médiation

Depuis plusieurs semaines, le secteur judiciaire sénégalais est fortement perturbé par une grève des greffiers, paralysant le fonctionnement des tribunaux et retardant le traitement de nombreux dossiers. Face à cette situation critique, le député et militant engagé Guy Marius Sagna a reçu, ce mardi, quatre greffiers membres du Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et de l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ).

Me Aya Diop, Me Abdoulaye Mboup, Me Tanor Diamé et Me Ameth Touré ont pris part à une rencontre de près de deux heures avec le parlementaire. L’échange a permis d’aborder en profondeur les causes de la grève, les doléances des grévistes et les blocages persistants dans les négociations avec les autorités compétentes.

Guy Marius Sagna a expliqué avoir été interpellé par de nombreux citoyens, ainsi que par des membres du corps des greffiers, sur l’urgence d’une solution. « Face à la paralysie engendrée par cette grève, et conscient des difficultés rencontrées par les justiciables, je ne pouvais rester en marge. J’ai donc saisi l’occasion offerte par la disponibilité de ces quatre greffiers pour écouter leurs doléances et ouvrir un dialogue constructif », a-t-il affirmé.

Les représentants syndicaux ont salué l’ouverture et la disponibilité du député, soulignant son engagement constant en faveur des travailleurs et de la justice sociale. Cette initiative pourrait marquer un tournant dans la résolution de ce conflit, en facilitant un rapprochement entre les grévistes et l’État.

Washington : Le Président Diomaye Faye multiplie les rencontres stratégiques pour le développement du Sénégal

En marge de sa visite officielle à la Maison Blanche, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a mené une série d’audiences de haut niveau à Washington, illustrant sa volonté de renforcer les partenariats stratégiques en faveur du développement économique et technologique du Sénégal.

Parmi les moments forts de ce séjour diplomatique, figure une rencontre décisive avec une délégation dirigeante du géant de l’aéronautique Boeing, conduite par Michael Schnabel, Vice-président exécutif en charge des opérations internationales. Cette audience a permis de discuter du renforcement du partenariat entre Boeing et Air Sénégal. Les échanges ont notamment porté sur l’acquisition d’aéronefs de nouvelle génération, le transfert de compétences, la formation technique, et la création d’emplois qualifiés dans le secteur aéronautique national. Un partenariat jugé stratégique pour l’ambition sénégalaise de devenir un hub régional du transport aérien.

Le Président Faye a également été reçu par les dirigeants du Millennium Challenge Corporation (MCC). Cette rencontre a permis d’explorer les possibilités d’une coopération accrue autour de projets structurants déjà en cours, et d’envisager de nouveaux programmes pour stimuler la croissance inclusive, améliorer les infrastructures et favoriser un développement durable à long terme.

Enfin, le chef de l’État a eu un échange chaleureux et fructueux avec des cadres sénégalais occupant des postes de responsabilité au sein du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale. Les discussions ont porté sur les défis économiques actuels, les politiques de résilience et les leviers d’une croissance soutenue et équitable pour le Sénégal.

Tensions foncières à Sam Notaire : Le Collectif des éleveurs et maraîchers de Guédiawaye au bord de l’implosion

Accusations de gestion opaque, détournements présumés et plaintes sans suite : les membres du CEM dénoncent une trahison interne sur fond de spéculation foncière.

Un climat de suspicion et de frustration secoue le Collectif des éleveurs et maraîchers de Guédiawaye (CEM), implanté sur l’ancienne bande des filaos de Sam Notaire. Ce site, autrefois délaissé et envahi par des occupations irrégulières, avait fait l’objet d’un ambitieux projet d’aménagement soutenu par la mairie et l’État dans le cadre du Plan d’urbanisme de détail (PUD) du littoral.

Historiquement actif sur cette bande, le collectif s’était vu officiellement attribuer 52 parcelles. Mais aujourd’hui, à en croire plusieurs membres cités par le journal L’Observateur, seuls 26 lots auraient été effectivement distribués. Le reste aurait été octroyé de manière discrétionnaire à des membres jugés non représentatifs, voire, selon certaines allégations, à des tiers dans une logique de spéculation.

Au cœur de cette crise, les regards se tournent vers la direction du collectif, en particulier son président et son adjoint, accusés de pratiques opaques, d’exclusions arbitraires et de détournement de lots. “Nous avons été trahis par ceux-là mêmes qui devaient défendre nos intérêts”, confie un membre lésé sous couvert d’anonymat.

Le lieutenant-colonel à la retraite Matar Diène, cofondateur du collectif, est monté au créneau. Il parle d’une “injustice flagrante” et fustige un système de gestion qui, selon lui, s’est écarté des principes fondateurs du collectif. “C’est une dérive gravissime. L’État ne peut pas rester indifférent à cette mascarade”, a-t-il déclaré.

Pour faire la lumière sur la situation, les membres lésés ont porté plainte devant l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), enregistrée sous le numéro 199/2024. Ils ont également saisi la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (DSCOS). Mais selon leurs dires, ces démarches sont restées sans suite à ce jour.

Face à ce qu’il considère comme une inertie inquiétante des autorités, Matar Diène en appelle directement au président de la République et au Premier ministre. Il demande une régularisation équitable, en faveur des véritables acteurs du développement local, souvent laissés pour compte dans les processus de formalisation.

Cette affaire met en lumière les tensions récurrentes autour du foncier urbain dans la banlieue dakaroise, particulièrement dans des zones naguère marginalisées, aujourd’hui convoitées en raison de leur fort potentiel économique et urbain.

Samba Sy met en garde contre les dérives du pouvoir : « Les ressorts essentiels de la Nation sont attaqués »

Dans une sortie remarquée dans L’Observateur, Samba Sy, ancien ministre et secrétaire général du Parti de l’indépendance et du travail (PIT), aujourd’hui coordonnateur du Front pour la défense de la République (FDR), a lancé une sévère mise en garde contre ce qu’il qualifie de dérives préoccupantes du pouvoir en place. Selon lui, le Sénégal fait face à une crise politique et institutionnelle d’autant plus grave qu’elle provient de l’intérieur même de l’appareil d’État.

« Les ressorts essentiels de la Nation sont attaqués », a-t-il déclaré, soulignant que les menaces ne viennent plus d’acteurs extérieurs, mais de ceux qui « détiennent aujourd’hui les leviers de l’État ». L’homme politique estime que l’exercice du pouvoir a eu pour effet de « grossir les traits » de certains dirigeants et de révéler des comportements « inquiétants » qui mettent en péril la stabilité du pays.

L’ancien ministre a notamment dénoncé le climat délétère qui s’installe entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Il a particulièrement critiqué les propos du Premier ministre Ousmane Sonko à l’endroit des magistrats, qualifiés d’« affligeants » et dangereux pour l’équilibre républicain. « Même un citoyen simple ne devrait pas s’exprimer ainsi », a-t-il martelé, estimant que « délégitimer la justice, c’est fragiliser tout l’édifice social ».

Au-delà de l’impact institutionnel, Samba Sy alerte également sur les conséquences économiques d’un tel discours. À ses yeux, les attaques verbales contre l’appareil judiciaire et les remises en cause systématiques de l’ordre établi nuisent à la confiance des investisseurs et à la stabilité économique. « Ce type de discours, porté pour faire ombrage au régime sortant, nous a valu le sort qui est le nôtre aujourd’hui », a-t-il conclu.

Le chroniqueur Badara Gadiaga placé en garde à vue par la Cybercriminalité

La Division Spéciale de la Cybercriminalité (DSC) a procédé, dans la soirée de ce mercredi 10 juillet, à l’interpellation du chroniqueur Badara Gadiaga. Il a été placé en garde à vue, une mesure qui lui a été officiellement notifiée au motif de « discours contraires aux bonnes mœurs », selon des sources proches du dossier.

Bien connu sur les réseaux sociaux et les plateaux de télévision pour ses prises de position tranchées, Gadiaga est accusé d’avoir tenu des propos jugés offensants ou inappropriés au regard de la loi sénégalaise et des normes sociales. Les autorités n’ont pour l’instant pas précisé la nature exacte des contenus incriminés, mais l’affaire relance le débat sur les limites de la liberté d’expression dans l’espace numérique.

Selon nos informations, les enquêteurs de la DSC ont été saisis à la suite de plusieurs signalements, probablement en lien avec des publications récentes de l’intéressé. Après son audition, le chroniqueur pourrait être présenté au procureur dans les prochaines heures, si le parquet décide de donner une suite judiciaire à cette affaire.

Cette arrestation intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités face aux dérives sur Internet, où les influenceurs, activistes et chroniqueurs sont régulièrement rappelés à l’ordre lorsqu’ils franchissent certaines lignes rouges fixées par la législation, notamment en matière de respect des bonnes mœurs, de diffamation ou d’incitation à la haine.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Tandis que certains internautes dénoncent une nouvelle atteinte à la liberté d’opinion, d’autres estiment qu’il est nécessaire de fixer des limites claires dans les discours publics, surtout lorsqu’ils peuvent heurter la sensibilité collective.

Diomaye Faye taquine Donald Trump et l’invite à investir dans le golf au Sénégal

Lors de sa visite officielle à la Maison Blanche, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye n’a pas manqué d’ajouter une touche d’humour à la diplomatie. En s’adressant à son hôte américain, Donald Trump, il l’a chaleureusement félicité pour ses talents… de golfeur, tout en lui glissant une proposition inattendue : investir dans le tourisme au Sénégal en y construisant un complexe hôtelier avec un parcours de golf.

« Ce serait aussi pour vous l’occasion idéale de prouver votre talent sur le green », a plaisanté Diomaye Faye, sourire en coin, devant une assemblée mi-amusée, mi-surprise. Le président sénégalais a saisi cette opportunité pour rappeler les atouts de son pays, vantant notamment la position géographique du Sénégal, « à seulement six heures de vol de New York ou de Miami ».

L’allusion au golf n’était pas fortuite. Elle visait habilement à flatter l’ego sportif de Donald Trump, connu pour sa passion pour ce sport, tout en glissant une proposition économique : celle de faire du Sénégal une nouvelle destination haut de gamme pour les touristes américains et les amateurs de golf.

Cette déclaration, à mi-chemin entre la boutade et la stratégie d’influence, illustre bien la manière décontractée mais efficace avec laquelle Diomaye Faye entend repositionner le Sénégal sur l’échiquier diplomatique et économique. Le ton léger adopté face à un Trump tout sourire a permis de briser le protocole rigide, humanisant l’échange et créant une atmosphère propice à des discussions plus profondes sur les investissements bilatéraux.

Au-delà de l’humour, l’offre est sérieuse. Le Sénégal ambitionne de développer davantage son secteur touristique, notamment dans le haut de gamme et le tourisme sportif. Des régions comme Saly, Cap Skirring ou encore la Petite Côte présentent déjà des infrastructures attractives et un potentiel énorme pour accueillir des projets internationaux.

Kaolack – Développement territorial : le bilan diagnostic et le SDADT du Pôle Centre présentés au public

Kaolack, le 9 juillet 2025 – Une étape cruciale dans le processus de planification territoriale du Sénégal a été franchie ce mercredi à Kaolack. Le gouverneur de la région, Mouhamadou Moctar Watt, a présidé une réunion du Comité régional de développement (CRD) dédiée à la restitution des résultats du bilan diagnostic et à la présentation du Schéma directeur d’aménagement et de développement territorial (SDADT) du Pôle territoire Centre. Une initiative stratégique portée par l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT).

Dans le cadre de la politique nationale de décentralisation et de réorganisation territoriale, le Sénégal a été divisé en huit pôles territoires. Le Pôle Centre regroupe les régions de Fatick, Kaolack et Kaffrine. Cette configuration vise à renforcer la cohérence territoriale et à promouvoir un développement équilibré à l’échelle nationale.

« Il s’agit d’un processus participatif fondé sur une collecte de données rigoureuse réalisée par les services techniques déconcentrés. Après un prétraitement, cette restitution marque une avancée vers la validation finale du SDADT », a expliqué le gouverneur Watt.

Avec plus de trois millions d’habitants, le Pôle Centre couvre 11,9% du territoire national. Il se distingue par une prépondérance du secteur primaire, en particulier l’agriculture. Le gouverneur a notamment souligné que, selon les statistiques présentées, le Pôle Centre arrive en tête pour la production de céréales, à l’exception du riz.

« Le secteur secondaire est encore embryonnaire, mais nous travaillons, avec la Chambre de commerce, à revitaliser le tissu industriel local », a-t-il ajouté. Quant au secteur tertiaire, Kaolack se positionne comme un véritable hub régional, offrant de nombreuses potentialités en matière de services et de logistique.

Le directeur général de l’ANAT, Tidiane Sidibé, a indiqué que le Pôle Centre sera le premier à voir son diagnostic validé et son SDADT finalisé, lors d’ateliers prévus les 14, 15 et 16 juillet prochains. Pour lui, ce pôle incarne un véritable levier de croissance nationale.

« C’est un pôle ouvert, frontalier, agricole, minier et culturel. Avec une bonne planification, nous sommes convaincus qu’il peut jouer un rôle majeur dans le développement du Sénégal », a-t-il affirmé.

Présent à la rencontre, le maire de Latmingué, Dr Macoumba Diouf, s’est dit satisfait du diagnostic, le qualifiant de « conforme à 80% » aux réalités des collectivités territoriales. Il a toutefois signalé quelques oublis, notamment des données transmises par les sous-préfets, qu’il souhaite voir intégrées dans la version finale du document.

Cette initiative marque une avancée significative vers une gouvernance territoriale plus intégrée, fondée sur une meilleure coordination entre les acteurs locaux, régionaux et nationaux. Le SDADT du Pôle Centre devrait, à terme, servir de feuille de route pour le développement économique, social et environnemental de cette zone stratégique du pays.

Avec ce schéma en cours de validation, le Pôle Centre se positionne comme un acteur-clé dans la dynamique de transformation territoriale engagée par les autorités sénégalaises.

Alioune Sall dénonce une campagne de dénigrement contre Ousmane Sonko

Le membre de PASTEF fustige les attaques médiatiques « orchestrées par les anciens tenants du pouvoir » et réaffirme l’engagement du parti pour un Sénégal juste, souverain et transparent.

Chers compatriotes,

Une fois encore, notre Président de parti, Ousmane SONKO, fait l’objet d’attaques ignominieuses, injustifiées et malhonnêtes de la part d’individus sans visage, camouflés en chroniqueurs, mais dont l’unique mission est de semer le trouble et la division au Sénégal.

Ces politiciens encagoulés, serviteurs zélés d’un système moribond, instrumentalisent certains médias irresponsables pour tenter de salir l’honneur d’un homme et d’un mouvement qui incarnent l’espoir d’un Sénégal juste et souverain.

Cette stratégie de provocation permanente, orchestrée par ceux qui ont tenté un coup d’État institutionnel en février 2024, est inacceptable dans une République qui se veut démocratique.

Macky Sall, Amadou Bâ, Sidiki Kaba et leurs troubadours, installés à l’Assemblée nationale entre 2017 et 2024, pour servir leurs desseins inavouables, n’ont visiblement pas renoncé à leurs manœuvres destructrices.

Balayés par une volonté populaire irrépressible entre mars et novembre 2024, ils persistent dans leur obsession du chaos, utilisant des mercenaires médiatiques pour détourner l’attention des Sénégalais des véritables enjeux notamment la reddition des comptes et la fin de l’impunité pour les pillages et les falsifications dont ils se sont rendus coupables.

Mais qu’ils comprennent ceci, Pastef n’est pas dupe.

Aux Patriotes de Pastef, rappelons leur que notre engagement pour la transformation du Sénégal n’a jamais été aussi ferme.

Rappelons à ceux qui croient que le « Gatsa Gatsa » est rangé dans les tiroirs parce que nous assumons désormais les responsabilités gouvernementales qu’ils se trompent lourdement.

Chers Patriotes, disons à ceux qui imaginent que nous les laisserons entraver le Juub Jubaal Jubbanti, cette marche inexorable vers la justice et la transparence, doivent déchanter.

Comme le dit l’adage, « Qui peut le plus, ne saurait ne pas faire le moins ».

Notre projet de société, Inchallah se réalisera avec le peuple sénégalais, comme nous l’avons promis.

Face aux défis du développement, de la création de richesse partagée et de la souveraineté nationale, nous restons déterminés.

Et face aux manigances politiques de ces opposants couards, qui se cachent derrière des hurleurs de plateaux télévisés, notre réponse sera ferme, légale et républicaine.

Le Sénégal avancera, malgré les calculs mesquins de ceux qui refusent de voir émerger une nouvelle ère.

Notre Président de parti, aujourd’hui à la tête de l’exécutif, saura conduire cette bataille avec lucidité et courage, entouré de ses troupes et du peuple qui l’a porté au pouvoir.

À bon entendeur, salut.

Alioune SALL
Membre de PASTEF

Sénégal – Le PDS dénonce une dérive autoritaire et exige la fin des arrestations arbitraires

Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) a exprimé, ce mardi, sa « vive préoccupation » face à ce qu’il qualifie de « multiplication des arrestations et convocations arbitraires » visant des voix dissidentes. Dans une déclaration ferme et sans détour, la formation politique libérale dénonce des pratiques qu’elle assimile à « des dérives d’un pouvoir autoritaire » et appelle le président Bassirou Diomaye Faye à « prendre ses responsabilités ».

Selon le PDS, ces actes traduisent une volonté manifeste d’« instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins de répression », au détriment de la liberté d’opinion et d’expression, piliers jugés essentiels de toute démocratie. « Ce droit inaliénable ne peut être sacrifié au profit d’une volonté de contrôle ou de silence imposé », insiste le communiqué.

Fidèle à son histoire de lutte pour les libertés, le parti de Me Abdoulaye Wade réaffirme son attachement à la consolidation démocratique du Sénégal. « Nous n’accepterons jamais que les acquis chèrement obtenus par les générations passées soient remis en cause par des pratiques liberticides », martèle-t-il.

Dans cette logique, le PDS appelle le chef de l’État à mettre un terme immédiat à ce qu’il considère comme des « convocations et arrestations injustifiées », au nom d’un climat de liberté et de sérénité, indispensable selon lui à la cohésion nationale.

La déclaration intervient dans un contexte tendu, marqué par la convocation ce jour du chroniqueur Badara Gadiaga, dont le cas semble avoir été un élément déclencheur de la réaction du parti. Le PDS lui apporte un « plein soutien » et exige « la libération immédiate de tous les prisonniers d’opinion ».

Par ailleurs, le PDS exhorte les autorités à « se recentrer sur les véritables urgences » qui affectent le quotidien des Sénégalais. Il cite notamment « la flambée du coût de la vie, la précarité sociale, le chômage des jeunes, la crise du système éducatif et sanitaire » et souligne « la nécessité urgente d’une relance économique audacieuse ».

Sénégal – Affaire Tahirou Sarr : la justice gèle ses comptes bancaires, ses avocats font appel

Nouveau rebondissement dans le dossier explosif de l’homme d’affaires Seydou Sarr, alias Tahirou. Le juge d’instruction financier a ordonné la saisie des comptes bancaires du mis en cause, domiciliés à NSIA Banque. Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’enquête menée sur un vaste scandale financier estimé à 125 milliards FCFA.

Les avocats de Tahirou Sarr ont immédiatement interjeté appel devant la Chambre d’accusation financière pour contester cette mesure de saisie pénale visant les soldes créditeurs. L’audience, qui devait se tenir ce mardi 9 juillet, a finalement été renvoyée au 23 juillet 2025. Un délai qui pourrait s’avérer décisif dans la stratégie de défense de l’homme d’affaires.

Pour rappel, Tahirou Sarr a été placé sous mandat de dépôt le 28 février dernier, après avoir été épinglé par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) dans le cadre d’opérations jugées suspectes, portant sur un montant total de 125 milliards FCFA. Il est inculpé pour association de malfaiteurs en groupe criminel organisé, escroquerie sur les deniers publics et blanchiment de capitaux, des délits particulièrement graves, portant sur une somme de 91 milliards FCFA.

L’affaire suscite un vif intérêt de l’opinion publique, d’autant plus que Tahirou Sarr est une figure bien connue du monde des affaires sénégalais. Certains y voient le symbole d’une volonté affichée des autorités judiciaires de s’attaquer aux circuits de la corruption financière, tandis que d’autres dénoncent une forme de harcèlement judiciaire.

Sénégal – Talla Sylla : « Le peuple ne suivra que pour des avancées concrètes et palpables »

Dans une déclaration empreinte de gravité et de lucidité, l’ancien maire de Thiès, Talla Sylla, est revenu sur les causes profondes de la rupture entre le régime de Macky Sall et le peuple sénégalais. Pour le président du parti Jëf-Jël, la sanction électorale infligée à l’ancien pouvoir ne s’explique pas uniquement par les politiques économiques ou sociales, mais surtout par un bilan immatériel désastreux, marqué par les atteintes aux libertés et à la justice.

« Le Sénégal : une nation ancrée dans la liberté et la justice. Si le régime de Macky Sall a été sanctionné, c’est principalement en raison de son bilan immatériel », a-t-il affirmé.

Talla Sylla insiste sur la maturité démocratique du peuple sénégalais, qui a démontré à plusieurs reprises qu’il ne se laisse ni dominer, ni intimider durablement.

« Il ne faut jamais confondre un peuple silencieux avec un peuple qui se tait », a-t-il averti, en référence à ceux qui pensent que l’absence de soulèvement équivaut à l’acceptation.

L’homme politique rappelle que le Sénégal est le fruit de combats historiques pour la démocratie, et qu’il n’a pas attendu l’alternance de 2012 ou l’arrivée au pouvoir de Macky Sall en 2014 pour exister politiquement.

« Le Sénégal n’est pas né en 2014. Nous en sommes à la troisième alternance démocratique, fruit du combat et des sacrifices de générations entières face à des adversités bien plus grandes. »

Dans une confession personnelle rare, Talla Sylla est revenu sur son propre parcours, marqué par la persécution politique.

« J’ai été interpellé, arrêté, emprisonné et même victime de tentatives d’assassinat à plusieurs reprises. Mais je suis resté inébranlable aux côtés des authentiques républicains et démocrates. »

Son engagement, dit-il, a toujours reposé sur la défense des principes républicains et la volonté de bâtir un Sénégal juste et équitable.

Talla Sylla se veut également pédagogique, citant une maxime comme une mise en garde contre les dérives autoritaires :

« D’une petite erreur on peut toujours faire une erreur monstrueuse, il suffit d’y insister, de lui trouver des justifications profondes, de la mener à son terme. »

Il appelle ainsi à rompre définitivement avec toute stratégie politique basée sur la domination et la peur :

« Il est grand temps de tourner le dos à une approche vouée à l’échec : celle de soumettre les Sénégalais. »

L’ancien ministre conseiller conclut son intervention par un appel clair à la nouvelle gouvernance, l’invitant à ne pas s’endormir sur le rejet du passé, mais à répondre aux attentes urgentes des citoyens.

« Notre peuple ne suivra que pour des avancées concrètes et palpables. Les Sénégalais aspirent à mieux se nourrir, mieux se soigner, mieux se loger et mieux s’instruire. »

Dakar – Justice : Le procès pour diffamation opposant Ibrahima Barry Gassama à Abdou Nguer et Bougane Gueye renvoyé au 8 octobre

Le procès très attendu opposant le chroniqueur Abdou Nguer et son employeur Bougane Dany Gueye à l’enseignant Ibrahima Barry Gassama a été renvoyé au 8 octobre 2025 par le tribunal correctionnel de Dakar. L’audience, qui devait marquer l’ouverture des débats sur les accusations de diffamation, n’a finalement pas pu se tenir dans les conditions prévues.

Abdou Nguer, actuellement placé en détention préventive dans le cadre d’autres dossiers judiciaires, n’a pas été extrait de sa cellule pour comparaître. Quant à Bougane Gueye, patron du groupe D-Media, il brillait également par son absence, ce qui a conduit le tribunal à repousser l’affaire.

L’enseignant Ibrahima Barry Gassama, partie civile dans ce dossier, poursuit Abdou Nguer pour des propos jugés diffamatoires tenus lors d’une émission diffusée sur SenTV, chaîne appartenant à D-Media. Le chroniqueur y avait mis en doute l’intégrité du professeur Gassama, notamment en s’attaquant à sa nomination au Grand Prix du Chef de l’État, l’accusant publiquement de fraude.

Une accusation grave qui, selon la partie civile, a causé un important tort moral et professionnel à l’enseignant, aujourd’hui déterminé à obtenir réparation devant la justice. La présence de Bougane Gueye dans la procédure, en tant que directeur de la chaîne ayant diffusé les propos incriminés, ajoute un enjeu médiatique à ce contentieux judiciaire.

Kaolack – Sénégal / Société : Le peuple Sérère s’engage pour revaloriser l’éducation et la culture

Longtemps marginalisée et menacée par une modernité galopante, la culture sérère connaît aujourd’hui un véritable mouvement de renaissance. À l’initiative de journalistes, d’enseignants, de jeunes et de femmes engagés, un combat s’est engagé pour sauvegarder cette richesse identitaire.

Le peuple sérère, l’un des plus anciens groupes ethniques du Sénégal, est reconnu pour sa spiritualité, ses traditions agricoles et son profond attachement à la terre. Jadis transmis de génération en génération, les savoirs ancestraux — chants sacrés, récits oraux, rites initiatiques — sont aujourd’hui en péril. L’exode rural et une éducation souvent éloignée de la langue maternelle ont éloigné une partie de la jeunesse de son héritage culturel.

« Nos enfants parlent de moins en moins le sérère. Ils ne connaissent plus les contes, ni les chants traditionnels. Si rien n’est fait, nous risquons de perdre notre identité », alerte Birama, journaliste à Sud FM, initiateur d’une émission radiophonique dédiée intitulée Njoocktorr Ndioffana Pam.

C’est dans ce contexte qu’une conférence publique s’est tenue ce mardi 8 juillet 2025 à Kaolack, autour du thème : « Redynamiser la langue et l’éducation en milieu sérère ». L’événement, organisé dans le Sine-Saloum, avait pour objectif de sensibiliser les populations, notamment celles issues de cette région, sur l’urgence de préserver leur patrimoine culturel.

« Cette rencontre s’inscrit dans un vaste mouvement de remobilisation et de revalorisation de la culture sérère. Il s’agit de réveiller les consciences, surtout chez les jeunes », a déclaré Mamadou Faye, instituteur de formation et membre de l’inspection d’académie de Fatick.

Sur le plan historique, M. Faye a rappelé les origines du peuple sérère, remontant selon certaines traditions à l’Égypte pharaonique. « Le peuple sérère serait passé par le Sahara et le Namadirou avant de s’installer dans les régions actuelles du Sine, du Saloum et du Baol », a-t-il expliqué.

Il a également évoqué les fondements de l’éducation traditionnelle sérère, structurée autour des rôles sociaux genrés.

« L’éducation n’était pas uniforme, car chaque individu avait un rôle à jouer dans la société. Les hommes et les femmes recevaient des enseignements spécifiques, liés à leurs responsabilités respectives. Un garçon héritait souvent du métier de son père. C’est pourquoi l’éducation était à la fois diversifiée et spécialisée », a-t-il précisé.

Fata Ndiaye, ancien directeur d’école, a plaidé pour une approche bilingue de l’enseignement :

« Nous voulons que nos enfants sachent lire et écrire en sérère, pour qu’ils soient fiers de leur culture. L’éducation bilingue est une solution prometteuse. »

Les initiateurs du mouvement insistent : il ne s’agit pas de rejeter le français ni le système éducatif national, mais plutôt de bâtir des passerelles entre les savoirs modernes et les traditions locales.

« Quand un enfant connaît ses origines, il développe confiance et fierté. Revaloriser notre culture n’est pas un choix, c’est une nécessité pour exister demain », a conclu Mamadou Faye.

Madiambal Diagne après son audition : « Peut-être qu’on veut me réduire au silence, mais c’est peine perdue »

Le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, s’est exprimé à l’issue de son audition par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC). Visiblement surpris par sa convocation, il n’a pas caché son incompréhension et a pointé du doigt ce qu’il considère comme un acharnement injustifié.

« Je n’aurais pas dû être convoqué, et Badara Gadiaga non plus », a-t-il déclaré devant la presse, dénonçant une procédure qu’il juge infondée. Pour Madiambal Diagne, le véritable auteur des propos ayant suscité la polémique est le député Amadou Bâ. Il estime que ce dernier, dont les déclarations ont alimenté les débats sur les réseaux sociaux et dans les médias, devrait être celui à répondre aux questions des enquêteurs.

Le journaliste va plus loin en s’interrogeant sur les motivations réelles de cette convocation. « Peut-être pour essayer de me réduire au silence, mais c’est peine perdue », a-t-il lancé, déterminé à ne pas se laisser intimider. Il défend son droit à l’expression et affirme qu’il continuera à exercer son métier sans crainte ni concession.

Par ailleurs, il a exprimé sa solidarité avec Badara Gadiaga, également convoqué dans ce contexte. Ce dernier est lui aussi au centre de plusieurs polémiques médiatiques récentes, ce qui soulève des interrogations sur les critères ayant conduit à ces convocations ciblées.

Le BTP sénégalais au bord du gouffre : entre dettes abyssales, chantiers à l’arrêt et silence d’État

Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) sénégalais est à l’agonie. Étranglé par une dette colossale estimée à plus de 650 milliards FCFA, miné par des chantiers abandonnés, des salaires impayés et une trésorerie exsangue, il se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement. L’aide de 105 milliards FCFA inscrite dans la loi de finances rectificative adoptée le 28 juin 2025, censée servir de bouffée d’oxygène, est perçue par les professionnels du secteur comme un remède dérisoire à une gangrène généralisée.

Le drame se lit dans le paysage urbain : grues figées, chantiers à l’arrêt, machines rouillées, ouvriers renvoyés… À Rufisque, un ingénieur évoque une « hémorragie silencieuse du BTP sénégalais ». La crise n’est plus invisible. Elle est palpable, brutale, et suscite la colère de tout un écosystème. Selon les données de L’Observateur, des dizaines d’entreprises font face à des licenciements massifs, des retards de salaire, et des banques qui, face à l’insolvabilité, ferment leurs guichets.

Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs du BTP, Jaaraf Alassane Ndao, ne mâche pas ses mots. Pour lui, les 105 milliards annoncés ne sont qu’un signal d’abandon :

« Ce montant est insignifiant. Rien que pour sept entreprises, les dettes cumulées dépassent 250 milliards. C’est comme si on jetait un seau d’eau sur un incendie de forêt. »

Il exige un apurement total des dettes, la relance immédiate des chantiers et une politique claire de préférence nationale dans l’attribution des marchés publics. Mais plus encore, il dénonce une lenteur « criminelle » dans le décaissement des fonds.

Même constat du côté de Seydina Kounta, PDG de Bild Construction. Dans les colonnes de L’Observateur, il décrit un secteur littéralement abandonné par son principal moteur :

« Quand l’État arrête, tout s’arrête. Les équipements sont détériorés, les équipes dispersées, les machines rouillées. Redémarrer coûtera encore plus cher. »

Il pointe également les blocus provoqués par les enquêtes sur les surfacturations : si les audits étaient nécessaires, dit-il, ils auraient pu se faire sans paralyser tout le secteur. Résultat : les entreprises n’ont plus de rentrées, mais les banques continuent de réclamer les remboursements. Un cercle vicieux infernal.

Le BTP est un pilier central de l’économie sénégalaise. Il mobilise une main-d’œuvre massive, alimente des dizaines de filières (transport, matériaux, ingénierie, sous-traitance…) et structure l’aménagement du territoire. Sa paralysie représente donc bien plus qu’une crise sectorielle : c’est une menace sur l’ensemble du tissu économique national.

À court terme, ce sont des milliers d’emplois qui risquent de disparaître. À moyen terme, la chaîne de valeur complète du BTP pourrait se désintégrer. Et à long terme, c’est la capacité du Sénégal à mener ses propres projets d’infrastructures qui sera compromise.

Les professionnels du secteur attendent autre chose qu’un pansement budgétaire. Ils appellent à une restructuration profonde :

Apurement total et immédiat des dettes publiques ; Redémarrage des chantiers gelés ; Plan de soutien aux entreprises locales ; Assainissement clair des procédures de passation des marchés ; Et surtout, une relance ambitieuse à long terme appuyée par une stratégie industrielle nationale.

En l’absence de mesures fortes, les acteurs du BTP sénégalais préviennent : le secteur court vers un point de non-retour. L’enveloppe de 105 milliards FCFA, si elle n’est pas rapidement suivie d’actes concrets, risque de n’être qu’un répit éphémère avant l’effondrement total.

Libération sous bracelet électronique d’Aïssatou Sophie Gladima : une décision inattendue qui relance les interrogations

C’est un virage aussi discret que déconcertant dans une affaire emblématique de la gouvernance sous Macky Sall. L’ancienne ministre des Mines, Aïssatou Sophie Gladima, incarcérée depuis le 21 mai pour un présumé détournement de 73 millions FCFA dans le cadre du Fonds Force Covid-19, a été libérée sous contrôle électronique. Cette mesure prise en toute discrétion par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Alors que l’opinion publique s’était habituée à la rigueur de la Haute Cour dans les affaires post-alternance, le cas Gladima vient casser cette logique apparente. Sa libération n’est pas le résultat d’une bataille judiciaire intense ni d’une quelconque transaction en coulisses. « Il s’agit d’une libération d’office », explique son avocat Me Michel Simel Basse, dans les colonnes de L’Observateur du 8 juillet. La Commission d’instruction, pourtant la même qui avait rejeté une demande de liberté provisoire quelques jours auparavant, a cette fois décidé unilatéralement de l’élargir, sous bracelet électronique.

Ce revirement, qualifié de “coup de théâtre” par certains observateurs, illustre une facette méconnue — et potentiellement stratégique — du traitement des dossiers de la reddition des comptes.

Pendant 47 jours de détention au Camp pénal de Dakar, Aïssatou Sophie Gladima s’est illustrée par une posture intransigeante : refuser toute caution, par principe. Elle disait ne pas vouloir « acheter sa liberté », préférant affronter la procédure de manière frontale. Une posture saluée par ses proches, qui y voient un acte de dignité. Pourtant, elle a fini par accepter le port du bracelet électronique, encadrée par l’article 138 du Code de procédure pénale. Cette mesure, qui substitue à l’enfermement une liberté surveillée, est assortie de restrictions géographiques : l’ex-ministre est désormais confinée aux régions de Dakar et de Thiès.

La décision de la Commission semble avoir pris en compte le statut public de Mme Gladima. Elle reste en effet mairesse de la commune de Joal et enseigne à l’université. Selon Me Basse, cette liberté sous contrôle électronique lui permettra de reprendre ses activités municipales et académiques. Mais cette bouffée d’air reste conditionnée : l’enquête suit son cours, les charges ne sont pas levées, et les 73 millions de FCFA présumés détournés restent au cœur du contentieux.

La libération d’Aïssatou Sophie Gladima ouvre une nouvelle séquence dans l’affaire du Fonds Force Covid-19, qui implique plusieurs anciens dignitaires du régime de Macky Sall. Alors que d’autres figures restent derrière les barreaux ou voient leurs demandes de liberté systématiquement rejetées, cette décision pourrait être interprétée comme un tournant — ou du moins, une exception.

Quelles en sont les motivations profondes ? Humanitaires ? Politiques ? Stratégiques ? Le mystère demeure entier. Mais une chose est sûre : la Commission d’instruction, en s’autorisant un tel geste, vient d’introduire une nouvelle dynamique dans une justice scrutée de près par l’opinion.

Cybersécurité : Le journaliste Madiambal Diagne convoqué suite à un tweet controversé

Le journaliste et directeur du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a été convoqué par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’un message publié sur son compte X (ex-Twitter). Cette convocation s’inscrit dans le cadre d’une autosaisine du Parquet, selon des sources proches du dossier.

L’affaire fait suite à la diffusion récente de l’émission Jaakarlo sur la TFM, au cours de laquelle le député Amadou Ba, membre du parti Pastef, aurait tenu des propos jugés sensibles et controversés. Réagissant à cette sortie, Madiambal Diagne a exprimé son indignation sur les réseaux sociaux, dénonçant la gravité des déclarations du parlementaire. C’est ce tweet qui aurait motivé l’ouverture d’une enquête par les services de la cybercriminalité.

Sur son propre compte X, Madiambal Diagne a confirmé avoir reçu une convocation de la DSC. Il a précisé avoir demandé à connaître les motifs exacts de cette audition afin de se préparer, mais n’aurait reçu aucune indication claire. « J’ai demandé, au chargé de l’enquête, le Lieutenant Diallo de la Cybercriminalité, l’objet afin de préparer des documents et preuves au besoin. Il a indiqué ne pas pouvoir me dire davantage », a-t-il écrit.

Cette situation relance le débat sur la liberté d’expression des journalistes et sur les limites de l’usage des réseaux sociaux par les professionnels des médias. Elle intervient également dans un contexte politique tendu, marqué par une forte polarisation entre les acteurs politiques et les figures médiatiques.

Affaire Khadim Bâ : Une détention prolongée malgré une proposition de transaction validée par la Douane

Alors que sa demande de liberté provisoire vient d’être rejetée pour la seconde fois, Khadim Bâ, administrateur de société poursuivi pour une infraction douanière, reste disposé à transiger avec l’État. Une offre concrète, accompagnée de chèques certifiés, a été déposée entre les mains de la Douane, en attente d’un feu vert politique.

Malgré le refus répété du juge du Pool judiciaire financier (PJF) de lui accorder une liberté provisoire, Khadim Bâ ne renonce pas à la voie transactionnelle. Son avocat, Me Djiby Diallo, s’est confié au journal L’Observateur pour dénoncer une situation qu’il juge injuste et politiquement bloquée, alors même qu’un accord semble avoir été trouvé avec l’Administration des Douanes.

« Nous avons formulé une proposition. La Douane nous a fait une contre-proposition que nous avons acceptée. Mieux encore, nous avons émis des chèques certifiés pour deux (2) milliards FCFA, avec possibilité de moratoire », a affirmé Me Diallo, soulignant que la balle est désormais dans le camp des plus hautes autorités.

Selon l’avocat, cette volonté de transiger remonte aux premiers instants de l’enquête. Le pool d’avocats dirigé par Me Seydou Diagne avait proposé un arrangement dès la saisine du parquet, bien avant que le dossier ne soit transmis au juge d’instruction. Mais cette première tentative avait été rejetée sans explication.

Plus récemment, une nouvelle offre transactionnelle aurait trouvé un écho favorable auprès de la Douane. Toutefois, l’administration douanière aurait demandé un délai pour obtenir le feu vert de sa hiérarchie, en raison de la sensibilité politique du dossier.

Pour la défense, la détention de Khadim Bâ est d’autant plus incompréhensible que le rapport d’expertise commandité par le juge lui-même contredit les allégations douanières. Ce rapport, établi par le cabinet indépendant Cecogex, met en doute les fondements de la procédure.

« Il n’existe aucun document prouvant que Khadim Bâ aurait transféré une dette à l’État. En réalité, c’est l’État qui s’est substitué à ses dettes vis-à-vis des banques. Ce rapport affirme en outre que Khadim Bâ n’est pas importateur. Ce sont Total, Touba Oil, SAR… qui ont importé les produits et qui ont déjà payé les droits de douane », martèle Me Diallo.

Pourtant, selon lui, le juge n’a même pas mentionné ledit rapport dans l’ordonnance de rejet de la demande de liberté provisoire.

L’avocat dénonce un traitement inéquitable et évoque un précédent troublant : « Un ressortissant tchèque, poursuivi pour une infraction douanière portant sur 300 milliards de francs CFA, a transigé à seulement 30 millions. Il a été libéré. Pourquoi pas Khadim Bâ, qui a déjà fait une offre concrète et accepté les conditions fixées ? »

La défense pointe également des irrégularités dans la gestion des dettes de Khadim Bâ vis-à-vis des banques BNDE et Coris Bank. Selon Me Diallo, des conventions de substitution ont été signées entre ces établissements et l’État sans que son client n’en soit informé.

« La BNDE a reconnu que l’État avait payé à notre insu, mais Coris Bank a continué à poursuivre Khadim Bâ comme caution, alors que la dette avait déjà été apurée. C’est une escroquerie pure et simple. »

Face à ce qu’il qualifie de manœuvre frauduleuse, l’avocat affirme avoir introduit une citation directe contre Coris Bank et ses responsables pour escroquerie.

Au-delà du droit, Me Djiby Diallo dénonce une forme d’acharnement qui contredit les promesses de justice et d’équité faites par les autorités actuelles : « Lors de la campagne, on nous avait promis un État de droit. Aujourd’hui, Khadim Bâ est victime d’une injustice manifeste. »

Baccalauréat 2025 à Mbacké : résultats contrastés au jury 1219

Les premières délibérations du baccalauréat 2025 ont commencé à livrer leur verdict dans le département de Mbacké, avec des résultats très contrastés selon les séries. Au jury 1219, installé dans les locaux de l’établissement privé Fallou Galass, la tendance générale révèle des disparités notables entre la série L1 et la série L2.

En série L1, les chiffres sont particulièrement préoccupants. Sur les 10 candidats ayant effectivement composé, aucun n’a été admis d’office. Selon le président du jury, Dr Abdou Mbaye, seuls deux d’entre eux ont été autorisés à passer les épreuves du second tour, tandis que les huit autres sont recalés. Fait notable : la majorité des candidats (8 sur 10) se présentaient en tant qu’individuels, contre seulement deux officiels.

À l’inverse, la série L2 affiche des résultats nettement plus encourageants. Sur un total de 420 candidats, 96 ont été admis d’office, dont 19 avec la mention « Assez Bien ». Par ailleurs, 150 candidats auront une seconde chance au rattrapage, ce qui porte à 246 le nombre de candidats toujours en lice après le premier tour.

Ces premiers résultats laissent entrevoir une dynamique contrastée entre les deux séries littéraires. Tandis que la L2 semble maintenir un niveau globalement satisfaisant, la L1 accuse une contre-performance qui interroge sur les conditions de préparation des candidats, en particulier ceux ayant opté pour la formule individuelle.

Kaolack – Baccalauréat 2025 : Un élève handicapé se classe premier parmi les 60 candidats en S2

Une histoire d’excellence et de détermination s’est imposée cette année à Kaolack, lors de la proclamation des résultats du baccalauréat, série S2. Un élève en situation de handicap, Pape Natango Mbaye, s’est classé premier parmi les 60 candidats de sa série au jury 1293, basé au Lycée mixte de Ngane Saër, avec la mention Bien.

L’histoire de Pape Natango Mbaye, qui écrit avec ses pieds en raison de son handicap, est désormais une véritable source d’inspiration au Sénégal. Il a brillamment obtenu son baccalauréat en série S2, se hissant au premier rang de son centre d’examen, au Lycée de Ngane à Kaolack.

Depuis huit (8) ans, Pape Natango est soutenu par l’Association JOKOO Sénégal / Deutschland, dans un parcours scolaire exemplaire, sans jamais descendre sous 17/20 de moyenne. Son succès est aussi celui d’un engagement collectif en faveur de l’inclusion, porté notamment par la Fondation CARITAS OSNABRÜCK, sous la houlette du président M. Vieux Guédel Mbodji et du manager général Alioune Marone.

L’association JOKOO réitère son appel aux autorités pour l’application intégrale de la Loi d’Orientation Sociale, afin de garantir à tous les enfants en situation de handicap un accès équitable à l’éducation. Elle salue également l’engagement de M. Samba Diakhaté, inspecteur d’académie de Kaolack, pour son rôle actif dans la promotion de l’éducation inclusive.

JOKOO adresse ses plus vives félicitations à son filleul et boursier, Pape Natango Mbaye, pour sa ténacité et son excellence, ainsi qu’à tous les acteurs de l’éducation inclusive qui œuvrent chaque jour pour un avenir plus juste et équitable.

Kaolack – Baccalauréat 2025 : Un élève handicapé se classe premier parmi les 60 candidats en S2

Une histoire d’excellence et de détermination s’est imposée cette année à Kaolack, lors de la proclamation des résultats du baccalauréat, série S2. Un élève en situation de handicap, Pape Natango Mbaye, s’est classé premier parmi les 60 candidats de sa série au jury 1293, basé au Lycée mixte de Ngane Saër, avec la mention Bien.

L’histoire de Pape Natango Mbaye, qui écrit avec ses pieds en raison de son handicap, est désormais une véritable source d’inspiration au Sénégal. Il a brillamment obtenu son baccalauréat en série S2, se hissant au premier rang de son centre d’examen, au Lycée de Ngane à Kaolack.

Depuis huit (8) ans, Pape Natango est soutenu par l’Association JOKOO Sénégal / Deutschland, dans un parcours scolaire exemplaire, sans jamais descendre sous 17/20 de moyenne. Son succès est aussi celui d’un engagement collectif en faveur de l’inclusion, porté notamment par la Fondation CARITAS OSNABRÜCK, sous la houlette du président M. Vieux Guédel Mbodji et du manager général Alioune Marone.

L’association JOKOO réitère son appel aux autorités pour l’application intégrale de la Loi d’Orientation Sociale, afin de garantir à tous les enfants en situation de handicap un accès équitable à l’éducation. Elle salue également l’engagement de M. Samba Diakhaté, inspecteur d’académie de Kaolack, pour son rôle actif dans la promotion de l’éducation inclusive.

JOKOO adresse ses plus vives félicitations à son filleul et boursier, Pape Natango Mbaye, pour sa ténacité et son excellence, ainsi qu’à tous les acteurs de l’éducation inclusive qui œuvrent chaque jour pour un avenir plus juste et équitable.

Régulation audiovisuelle : le CNRA met en demeure le Groupe Futurs Médias

Le Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a décidé, ce lundi 7 juillet 2025, de mettre en demeure le Groupe Futurs Médias (GFM), propriétaire de la chaîne TFM, pour des manquements répétés aux règles encadrant la diffusion audiovisuelle.

Dans une décision officielle, le régulateur reproche à l’émission « JAKAARLO » la persistance de propos jugés grossiers, dégradants et injurieux envers des invités. Ces dérives avaient pourtant déjà fait l’objet d’une observation formelle adressée au groupe le 26 mars dernier, après la diffusion du numéro du 21 mars 2025.

Le CNRA rappelle que, lors de cette émission, un chroniqueur s’était montré particulièrement virulent, utilisant des termes susceptibles de porter atteinte à la dignité, à l’honneur et à la réputation de la personne visée. Un communiqué publié le 25 mars invitait d’ailleurs l’ensemble des médias à mettre un terme à ces pratiques jugées contraires à la réglementation et à la moralité publique.

Malgré ces avertissements, le Conseil note qu’aucune mesure corrective n’a été prise, puisque des manquements similaires ont été constatés dans l’édition du 4 juillet 2025 de « JAKAARLO ».

Le CNRA enjoint ainsi le Groupe Futurs Médias à prendre « les mesures appropriées » pour faire cesser définitivement ces dérives et à se conformer strictement à la réglementation. Le régulateur rappelle que le non-respect de cette mise en demeure expose la chaîne TFM à des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension de l’émission incriminée, voire de l’ensemble de ses programmes.

Inflation au Sénégal : Une pression venue de l’extérieur, un défi national

Depuis plusieurs années, le Sénégal fait face à une inflation persistante qui grève le pouvoir d’achat des ménages, en particulier les plus modestes. Si cette flambée des prix est parfois perçue comme le résultat de politiques économiques internes, une analyse plus fine révèle que la hausse du coût de la vie trouve largement son origine hors des frontières nationales. Le pays est confronté à une inflation principalement importée, alimentée par la hausse des prix des denrées alimentaires et des énergies fossiles sur les marchés internationaux.

Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les prix à la consommation ont progressé de 4,5 % en glissement annuel au premier trimestre 2025. Cette dynamique est essentiellement portée par l’augmentation du prix des produits alimentaires (+6,2 %) et de l’énergie. Deux postes de dépense cruciaux pour les ménages sénégalais.

Derrière ces chiffres, plusieurs facteurs exogènes s’entrecroisent : instabilité géopolitique dans les régions exportatrices, tensions sur les chaînes logistiques globales, hausses brutales du prix du pétrole, ou encore perturbations climatiques affectant les récoltes mondiales. Résultat : les produits de première nécessité comme le riz, le blé, l’huile ou le lait, que le Sénégal continue d’importer massivement, deviennent de plus en plus chers. À cela s’ajoute une dépendance structurelle aux carburants fossiles, dont la volatilité des cours alimente l’effet domino sur les autres secteurs économiques.

Face à cette inflation importée, les leviers de politique économique du gouvernement sénégalais apparaissent relativement restreints. Certes, des mesures d’atténuation sont régulièrement mises en œuvre : subventions ciblées sur certains produits, exonérations fiscales ponctuelles, plafonnement temporaire des prix ou encore renforcement des contrôles sur les marchés. Mais ces dispositifs ne permettent souvent que de freiner ponctuellement la hausse des prix, sans en résoudre les causes profondes.

Les autorités doivent donc manœuvrer avec précaution, entre volonté de soulager les ménages et contraintes budgétaires. À moyen terme, l’accumulation de subventions peut devenir insoutenable, surtout dans un contexte de ralentissement économique global.

Pour de nombreux économistes, la seule réponse durable réside dans une transformation structurelle de l’économie sénégalaise. Il s’agit d’abord de réduire la dépendance aux importations, en développant les filières locales de production agricole et agroalimentaire. La relance de la culture du riz, la valorisation de l’élevage local ou encore la transformation industrielle du lait sont autant de pistes évoquées pour renforcer la souveraineté alimentaire.

De même, le développement des énergies renouvelables — solaire, éolien ou encore gaz naturel local — apparaît comme une stratégie incontournable pour limiter la vulnérabilité du pays face aux fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie.

En attendant que ces politiques de résilience produisent leurs effets, les ménages sénégalais, notamment les plus modestes, continuent de subir au quotidien les effets d’une inflation dont les origines leur échappent. Le panier de la ménagère se vide plus vite, les budgets se serrent, et la précarité s’installe dans de nombreux foyers.

Madiambal Diagne convoqué par la Division spéciale de la cybersécurité

Le journaliste et patron du Groupe « Avenir Communication », Madiambal Diagne, a révélé avoir reçu une convocation de la Division spéciale de la cybersécurité (DSC). Sur sa page X, il a fait savoir qu’il doit se présenter ce mardi à 10h, sans avoir été informé des motifs de cette audition.

Cité Touba Renaissance : Mbackiyou Faye et les résidents en pleine guerre judiciaire

Le promoteur immobilier et homme d’affaires Mbackiyou Faye est au cœur d’un bras de fer judiciaire avec l’Association des résidents et propriétaires de la cité Touba Renaissance, une zone résidentielle qu’il a lui-même conçue et commercialisée à Ouakam. Ce différend, vieux de plusieurs années, a connu de nombreux rebondissements tant sur le plan civil que pénal, opposant d’un côté les attentes non satisfaites des résidents, et de l’autre, la contre-attaque procédurale d’un promoteur aujourd’hui sur la défensive.

Selon les informations du journal Les Échos, tout commence avec la création de la cité Touba Renaissance. Mbackiyou Faye, à l’origine du projet, avait élaboré un plan d’aménagement comprenant des terrains à usage d’habitation, mais aussi des aires de jeux, des jardins et autres espaces publics. Ce plan, validé à l’époque par les services compétents de l’urbanisme, a été l’un des principaux arguments de vente auprès des futurs acquéreurs.

Mais après la construction des maisons, les résidents ont constaté que les promesses de départ n’avaient pas été respectées. D’après l’Association, ni la voirie ni les réseaux d’assainissement n’ont été réalisés, alors que ces infrastructures incombaient au promoteur. Plus grave encore, le plan d’aménagement initial aurait été unilatéralement modifié par ce dernier : des espaces verts et lieux publics ont disparu au profit de nouveaux lotissements.

Face à cette situation, les résidents se sont organisés en association pour mener la bataille judiciaire. Une plainte pour faux et usage de faux a été déposée, accusant Mbackiyou Faye d’avoir modifié illégalement les plans initiaux. L’affaire a été confiée à la Section de recherches avant d’être transférée au Doyen des juges. Le dossier reste encore pendant devant le juge d’instruction.

En parallèle, les plaignants ont saisi le juge civil pour contraindre le promoteur à exécuter les travaux de base prévus. Le tribunal leur a donné raison, condamnant Mbackiyou Faye à réaliser les travaux de voirie et d’assainissement sous astreinte. Bien qu’il ait fait appel, la condamnation a été confirmée. Ce n’est qu’après cette décision que les travaux ont enfin été réalisés.

Après avoir été condamné au civil, Mbackiyou Faye a choisi de passer à l’offensive sur le terrain pénal. Il a déposé deux plaintes distinctes contre les responsables de l’association.

D’abord, quatre d’entre eux sont poursuivis pour destruction de biens appartenant à autrui, suite à une manifestation de protestation lors de laquelle des installations déjà construites par le promoteur ont été endommagées. Cette affaire sera examinée par le tribunal correctionnel de Dakar le 25 décembre 2025.

Ensuite, le président de l’association fait l’objet d’une citation directe pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles. Des propos tenus dans la presse seraient à l’origine de cette action. Le jugement, initialement prévu le 19 juin 2025, a été renvoyé au 18 décembre 2025.

Malgré cette tension palpable entre les deux parties, Les Échos rapporte que des discussions sont en cours en vue d’un éventuel règlement à l’amiable. Après des années de procédures, d’accusations croisées et d’incertitude pour les résidents, cette médiation pourrait être le seul moyen d’éviter une guerre d’usure dont personne ne sortirait réellement vainqueur.

L’affaire Touba Renaissance est emblématique des litiges de plus en plus fréquents entre promoteurs immobiliers et résidents dans les grandes zones urbaines sénégalaises. Elle pose la question du respect des engagements contractuels, du contrôle public sur l’urbanisation privée, mais aussi du droit des citoyens à vivre dans un cadre conforme aux normes annoncées.

Dans un contexte où la demande en logements ne cesse de croître, ce genre de contentieux met en lumière les failles du secteur immobilier et l’urgence de réguler davantage les pratiques des promoteurs pour protéger les acquéreurs.

Affaire Sangomar : NHV-WA écartée du marché des hélicoptères, malgré un contrat en bonne et due forme

Un scandale aux relents de favoritisme secoue le dossier du projet pétrolier de Sangomar. L’entreprise Noordzee Helikopters Vlaanderen-West Africa (NHV-WA), attributaire en 2020 du marché relatif à la fourniture de trois hélicoptères pour le transport du personnel et du fret de Woodside Energy, a été « injustement écartée » du projet, selon les révélations du journal Libération dans son édition de ce lundi.

Le marché, obtenu par appel d’offres, avait conduit NHV-WA à investir près de 5 milliards de francs CFA pour honorer ses engagements. Mais contre toute attente, la société a été évincée sans notification de motif valable, au profit de la société concurrente Héliconia, initialement écartée lors de l’évaluation des offres.

Dans une correspondance adressée aux nouvelles autorités sénégalaises, NHV-WA affirme que Woodside aurait évoqué des “pressions” exercées par des autorités de l’ancien régime pour justifier ce brusque revirement. « Les autorités de l’époque n’ont pas hésité à prendre un décret pour nous écarter », dénonce la société, qui va plus loin en accusant l’ancien pouvoir d’avoir souscrit dans le cabinet de la société concurrente Héliconia, en totale contradiction avec les principes de transparence et d’équité qui régissent les marchés publics.

Ce développement relance les débats sur la gouvernance du secteur extractif au Sénégal, notamment dans le contexte sensible de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières. Le projet Sangomar, piloté par Woodside, est l’un des plus stratégiques du pays, avec une mise en production attendue dans les mois à venir.

Face à ce qu’elle qualifie de “situation préoccupante”, NHV-WA a interpellé le gouvernement de la troisième alternance afin que lumière soit faite sur cette affaire. Elle appelle à une enquête indépendante sur les conditions de son exclusion et sur les liens éventuels entre certaines autorités de l’ancien régime et Héliconia.

Madiambal Diagne lance un défi à Pastef : « Que Fadilou Keïta et Waly Diouf Bodian affrontent Badara Gadiaga sur Jakarlo »

Le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a ravivé la tension politique autour de l’émission Jakarlo-bi en lançant un défi inédit aux responsables du parti Pastef. Sur les réseaux sociaux, il a proposé l’organisation d’un débat télévisé entre le chroniqueur Badara Gadiaga et deux figures de la mouvance présidentielle : Fadilou Keïta et Waly Diouf Bodian.

Cette sortie survient dans un contexte de polémique nourrie par une passe d’armes virulente entre Gadiaga et le député Amadou Bâ, membre du Pastef, lors d’une précédente émission. Les propos tenus à cette occasion, notamment ceux liés à l’affaire Adji Sarr – un dossier hautement sensible au Sénégal – ont suscité une vague d’indignation chez les partisans du parti au pouvoir. Plusieurs voix proches de Pastef ont publiquement réclamé que le procureur de la République s’autosaisisse du dossier.

Madiambal Diagne, connu pour ses prises de position tranchées, estime pour sa part que la démarche du parti relève d’une tentative d’intimidation à l’égard du chroniqueur. Dans un ton à la fois sarcastique et provocateur, il déclare :

« Pastef souhaite que le Procureur vole à son secours pour faire taire Badara Gadiaga. Je propose un duo de choc Fadilou Keïta-Waly Diouf Bodian sur le plateau de Jakarlo pour rabattre le caquet à Badara. Le débat démocratique serait sauf et les juges resteraient à leur place. »

Cette proposition relance le débat sur les limites de la liberté d’expression dans les médias et sur la capacité des responsables politiques à affronter leurs contradicteurs sur des plateaux de télévision, dans un esprit de respect du pluralisme et du débat républicain.

Fadilou Keïta, militant actif de Pastef et très présent sur la scène médiatique, tout comme Waly Diouf Bodian, directeur général de l’ARTP et également connu pour ses prises de position tranchées, n’ont pour l’instant pas officiellement réagi à la provocation de Madiambal Diagne.

En attendant une réponse de la part des intéressés, cette invitation au débat, lancée dans un contexte de polarisation extrême, risque d’agiter encore davantage l’opinion publique et d’alimenter les tensions entre presse, justice et acteurs politiques.

Amadou Bâ interpelle Diomaye et Sonko : « L’heure est à l’action »

L’ancien Premier ministre et candidat arrivé en deuxième position lors de la dernière élection présidentielle, Amadou Bâ, sort de sa réserve pour adresser un message direct au tandem au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. À travers un communiqué de son mouvement La Nouvelle Responsabilité (NR), il invite les nouvelles autorités à sortir d’une posture d’observation pour entrer pleinement dans celle de l’action, face aux multiples urgences économiques, sociales et institutionnelles du pays.

Dans un ton ferme mais républicain, Amadou Bâ rappelle que « la démocratie constitue un acquis fondamental pour le peuple sénégalais, fruit de luttes courageuses et de sacrifices considérables ». Un acquis, selon lui, qui fait la fierté du Sénégal sur la scène internationale. Il estime toutefois que cette démocratie reste perfectible et nécessite une vigilance constante, notamment en ce qui concerne l’équilibre institutionnel.

Citant le nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la Nouvelle Responsabilité met en garde contre toute tentative de déséquilibrer la séparation des pouvoirs, socle de l’État de droit. « Le dialogue entre institutions est légitime, mais il doit se faire dans le respect mutuel », soutient le communiqué.

Face à la multiplication des arrestations dans un climat politique encore tendu, Amadou Bâ et son mouvement appellent à la retenue et à la responsabilité. Sans nommer de cas précis, ils dénoncent des pratiques jugées « arbitraires » en matière de privation de liberté et d’atteinte à l’expression citoyenne. Le message est clair : ces méthodes risquent de saper la stabilité et d’éroder la confiance dans les institutions.

Le mouvement en appelle ainsi à « l’engagement de tous — partis politiques, société civile, citoyens — pour défendre les libertés fondamentales et renforcer l’État de droit ».

Sur le terrain économique, le ton est tout aussi alarmiste. Amadou Bâ estime que la situation actuelle est marquée par « des tensions croissantes dans plusieurs secteurs, des difficultés persistantes en matière de pouvoir d’achat, un chômage élevé chez les jeunes et un sous-investissement dans les services sociaux de base ».

Il appelle à une vision claire et partagée du développement, en plaidant pour un dialogue national dédié aux enjeux économiques et sociaux majeurs. L’objectif, selon la Nouvelle Responsabilité, est de construire des réponses durables aux attentes légitimes des populations.

Le mouvement revient également sur les mouvements sociaux récents dans les secteurs clés comme la Santé, l’Enseignement supérieur et la Justice. Il appelle à une prise en charge urgente des revendications, tout en insistant sur une mise en œuvre plus cohérente des politiques sociales.

En cette période d’hivernage, Amadou Bâ exhorte le Gouvernement à agir vite pour soutenir le monde rural : distribution d’intrants de qualité, appui technique, équipements agricoles, mais aussi un plan d’action robuste contre les inondations et pour l’amélioration des infrastructures.

Crise dans le secteur de la Justice : L’Entente SYTJUST-UNTJ appelle au dialogue et à l’arbitrage des plus hautes autorités

Dans un communiqué transmis à Dakaractu, l’Entente SYTJUST-UNTJ a réaffirmé sa pleine disponibilité à renouer le dialogue avec les autorités sénégalaises, dans le but de sortir durablement de la crise qui paralyse actuellement les juridictions du pays. Les deux syndicats, représentant les travailleurs de la justice, ont tenu à rappeler qu’ils n’ont jamais rompu les discussions avec le gouvernement, et qu’ils restent ouverts à toute initiative venant du ministère de la Fonction publique comme de celui de la Justice.

Affichant leur attachement au dialogue républicain et à l’État de droit, les membres de l’Entente appellent à des discussions sincères et constructives, à la hauteur des enjeux de gouvernance et de stabilité institutionnelle.

Cependant, les déclarations du ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, lors d’une émission télévisée ce lundi, ont suscité une vive inquiétude au sein de l’Entente. Les syndicalistes dénoncent une méconnaissance, voire une déformation des faits à l’origine de la crise. Ils fustigent également ce qu’ils perçoivent comme une interprétation “excessivement rigide” des textes réglementaires.

Selon l’Entente, certains blocages actuels résultent de la posture d’une frange de l’administration de la Fonction publique, qui s’oppose à l’application des acquis statutaires des travailleurs de la justice. Cette obstruction se ferait, affirment-ils, au mépris des engagements pris en Conseil des ministres depuis juillet 2018, et s’appuierait sur des lectures technocratiques et restrictives des textes en vigueur.

Face à ce qu’elle considère comme un “blocage persistant”, l’Entente SYTJUST-UNTJ en appelle à une implication directe du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko. Les syndicats estiment qu’un arbitrage au plus haut sommet de l’État est désormais nécessaire pour “faire émerger la vérité” et garantir la continuité du service public de la justice.

Sans une telle médiation, l’Entente avertit que la crise risque de s’approfondir, avec des conséquences graves pour les justiciables et la stabilité institutionnelle du Sénégal.

Libérée sous bracelet électronique : Aïssatou Sophie Gladima obtient une liberté provisoire dans l’affaire du centre gravimétrique de Kédougou

La commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a rendu sa décision ce lundi dans le dossier impliquant l’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima. Inculpée dans le cadre de la gestion des fonds liés à la pandémie de Covid-19, l’ancienne responsable gouvernementale a obtenu une liberté provisoire, mais sous surveillance électronique.

Placée désormais sous contrôle judiciaire avec port de bracelet électronique, Aïssatou Sophie Gladima devra se conformer à plusieurs restrictions, notamment en matière de déplacements. Cette mesure, bien que moins contraignante qu’une détention préventive, souligne que l’affaire reste pendante devant la juridiction compétente.

L’affaire concerne la construction d’un centre gravimétrique à Kédougou destiné aux orpailleurs affectés par la pandémie de Covid-19. Le projet avait été initié dans le cadre des dépenses d’urgence mises en œuvre par l’État à travers le Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19 (Force-Covid).

Selon l’accusation, des irrégularités auraient été constatées dans la passation et l’exécution des marchés liés à ce projet. Toutefois, les avocats de Mme Gladima ont affirmé que leur cliente n’a joué qu’un rôle purement administratif et limité.

Les conseils de l’ex-ministre soutiennent que la Cour des comptes n’a jamais mis en cause Mme Gladima dans ses rapports. À les en croire, elle s’est bornée à approuver les contrats, ce qui relève de ses prérogatives ministérielles, et n’est intervenue ni dans la vérification des services ni dans la procédure de paiement.

Toujours selon la défense, les actes reprochés à leur cliente relèvent des services techniques et financiers du ministère, bien après son aval initial.

Devant la Haute Cour de Justice, Aïssatou Sophie Gladima a toujours nié toute responsabilité dans ce qu’elle considère comme une tentative de l’associer à tort à une gestion irrégulière. Elle a rappelé à plusieurs reprises n’avoir eu aucune implication directe dans la mise en œuvre opérationnelle du projet.

Le « dossier Covid-19 », dans lequel sont cités plusieurs anciens ministres et hauts responsables, continue de secouer la scène politico-judiciaire sénégalaise. Les auditions, confrontations et procédures se poursuivent dans un contexte de forte demande citoyenne de reddition des comptes sur l’utilisation des fonds mobilisés durant la pandémie.

Dérapage verbal sur TFM : le face-à-face tendu entre Amadou Ba et Badara Gadiaga déclenche une tempête politico-médiatique

L’émission Jakarlo-bi, diffusée vendredi soir sur la chaîne TFM, a été le théâtre d’un échange électrique entre le député Amadou Ba, membre du parti Pastef, et le chroniqueur Badara Gadiaga. Ce qui devait être un débat d’idées s’est transformé en affrontement verbal, marqué par des propos jugés offensants et provocateurs, qui ont rapidement fait réagir la sphère politique et médiatique sénégalaise.

Face à un Amadou Ba très engagé, Badara Gadiaga, habitué des débats musclés sur les plateaux de télévision, aurait tenu des propos que plusieurs personnalités qualifient d’injurieux et d’indignes à l’endroit d’un élu du peuple. Le ton est monté au point de susciter une vague de condamnations, notamment de la part de proches du pouvoir.

Waly Diouf Bodian, directeur général du Port autonome de Dakar et figure proche du Premier ministre Ousmane Sonko, a été l’un des premiers à réagir avec fermeté. Sur ses réseaux sociaux, il a interpellé la justice :

« Les propos de Badara Gadiaga méritent une autosaisine du procureur de la République. »

Un appel direct à une réaction judiciaire pour encadrer ce qu’il perçoit comme un dépassement grave des limites de la liberté d’expression.

Mor Talla Guéye, alias Nitt Doff, président du Fonds de Développement des Cultures Urbaines (FDCU), a également sonné l’alarme. Dans une publication percutante, il avertit :

« Si la justice laisse passer tout ça, qu’elle ne s’étonne pas que ça dégénère un jour. »

Ce propos, empreint de gravité, reflète une inquiétude grandissante quant à la banalisation de certaines dérives verbales dans l’espace public.

La députée Mame Bousso Béye n’est pas restée en marge du débat. Sans appeler explicitement à des sanctions, elle a cependant plaidé pour une prise de responsabilité de la justice :

« Je ne demande pas à la justice d’être instrumentalisée, mais plutôt de faire son travail pour protéger les citoyens contre les insultes et les propos déplacés. »

Un positionnement qui vise à défendre les principes de respect et de dignité, tout en soulignant la nécessité d’un cadre réglementaire clair dans le traitement des infractions verbales publiques.

Alors que les critiques fusent contre Badara Gadiaga, certains, comme Fadilou Keita, directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations, ont orienté leurs reproches vers la chaîne TFM elle-même.

« Les dirigeants de la TFM n’auraient pas accepté que la forfaiture Gadiaga perdure si les attaques intempestives étaient destinées à Youssou Ndour », a-t-il dénoncé.

Une pique directe au propriétaire de la chaîne, accusé d’appliquer un traitement à géométrie variable dans la gestion des écarts de ses chroniqueurs.

Cet épisode relance le débat sur les limites de la liberté d’expression dans les médias et la responsabilité des chaînes de télévision dans la modération des propos diffusés. Alors que certains réclament des sanctions judiciaires, d’autres plaident pour un encadrement plus rigoureux des émissions à fort potentiel polémique.

Guinguinéo : la CFCG/AND CI DEEG alerte sur un danger imminent pour les populations

Guinguinéo, l’un des départements ruraux les plus anciens du Sénégal, peine toujours à décoller. Confrontée à une réalité marquée par le sous-développement, l’insécurité et un déficit criant d’infrastructures, la Convergence des Forces Citoyennes de Guinguinéo (CFCG/And Ci Deeg) a organisé une conférence de presse, ce dimanche 6 juillet 2025, pour dénoncer l’inaction des autorités et attirer l’attention sur la situation alarmante que traverse le département.

Entouré de plusieurs mouvements de soutien, dont And Faal Bamba Cissé, le leader du collectif, Bamba Cissé, a dressé un état des lieux préoccupant :

« Guinguinéo fait face à une pauvreté structurelle, à l’absence d’infrastructures de base, à un chômage endémique chez les jeunes et à un accès limité aux soins de santé », a-t-il souligné.

Insistant sur l’importance de l’unité et de la responsabilité politique, il a invité les acteurs locaux à dépasser les clivages partisans :

« La politique consiste à désigner un adversaire, mais l’adversité n’est pas l’animosité. Guinguinéo est une petite commune où tout le monde est parent. Apprenons à nous unir quand l’intérêt collectif l’exige. »

Parmi les préoccupations majeures évoquées figure l’insécurité. Le collectif a rappelé le drame survenu il y a quelques mois avec le décès non élucidé de Coumba Daly Diallo, appelant les autorités à renforcer les dispositifs sécuritaires dans la commune.

À cela s’ajoutent plusieurs revendications structurelles jugées essentielles pour le développement local :

L’installation d’un commissariat de police La création d’un tribunal d’instance L’ouverture d’une perception du Trésor Et l’implantation d’autres services publics indispensables au bon fonctionnement d’un département.

Le district sanitaire de Guinguinéo, avec son plateau médical vétuste et un personnel sous-équipé, incarne, selon le collectif, l’abandon dont souffre la localité. Le manque d’infrastructures sportives, notamment un stade municipal, accentue le sentiment de marginalisation chez les jeunes.

Autre symbole du déclin : l’arrêt du train, qui occupait autrefois une place centrale dans la vie économique du département.

« Le train, c’était notre vie. Il permettait de transporter les marchandises, d’aller vendre au marché de Dakar ou de recevoir des visiteurs. Depuis qu’il ne passe plus, tout est plus difficile et plus cher », a regretté Bamba Cissé.

La reprise du trafic ferroviaire apparaît dès lors comme une priorité, non seulement pour désenclaver Guinguinéo, mais aussi pour relancer son économie locale.

« Face à toutes ces préoccupations, notre devoir en tant que leaders est de rester aux côtés de la population, d’écouter, de rassurer et de continuer à porter leurs voix », a conclu M. Cissé, lançant un appel pressant aux autorités ainsi qu’à la conscience collective.

Réforme fiscale au Sénégal : entre élargissement de l’assiette et relèvement temporaire de la TVA

Le Sénégal est à l’aube d’un tournant important en matière de politique fiscale. Fin mai 2025, le coordonnateur du Forum Civil, Birahim Seck, révélait que les nouvelles autorités, sous l’impulsion du Premier ministre Ousmane Sonko, ont lancé le processus de réforme du Code général des impôts. Une initiative traduisant la volonté affichée de faire passer la pression fiscale de 18% à au moins 20%, conformément au seuil recommandé par l’UEMOA.

Au cœur de cette réforme, l’élargissement de l’assiette fiscale apparaît comme la voie privilégiée par le gouvernement. Il s’agit notamment d’intégrer dans le système fiscal les secteurs jusqu’ici peu ou pas taxés : services numériques, économie informelle, secteurs bénéficiant d’exonérations jugées injustifiées, etc. À cela s’ajoutent des réformes structurelles portant sur la modernisation de l’administration fiscale, la digitalisation, la transparence et la promotion du civisme fiscal.

Mais pour l’économiste et expert fiscal Serigne Mbacké Sougou, cette stratégie ne permettra pas une mobilisation rapide des ressources internes. Dans une contribution publiée dans Le Soleil, il avertit : « La mise en œuvre de ces mesures nécessite du temps, et leurs effets ne seront visibles qu’à moyen ou long terme. » Face à la contrainte immédiate de renflouer les caisses de l’État, il recommande de s’attaquer en priorité à la fiscalité indirecte, en particulier la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Serigne Mbacké Sougou propose une mesure temporaire et ciblée : relever le taux de la TVA de 18% à 20% entre juillet et décembre 2025, mais uniquement sur les biens et services consommés par les catégories sociales à hauts revenus. Ce retour au taux de TVA en vigueur avant l’harmonisation de 1998 au sein de l’UEMOA, selon lui, permettrait une amélioration immédiate de la trésorerie publique sans nuire au pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.

Il met toutefois en garde contre une augmentation indiscriminée des taxes indirectes. Il exclut explicitement les impôts directs comme l’Impôt sur le revenu ou les Contributions économiques, jugés moins efficaces à court terme. Il recommande aussi de ne pas toucher à la Taxe sur les affaires financières ni aux taxes spécifiques, afin de ne pas impacter négativement le coût du crédit et les prix à la consommation.

La réforme fiscale en cours s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires croissantes, avec une forte attente des populations en matière de services publics et de redistribution. Le pari du gouvernement est de trouver un juste équilibre entre urgence de financement, modernisation du système fiscal et équité sociale. L’idée d’une TVA temporairement majorée, mais ciblée, pourrait constituer une réponse pragmatique, à condition d’être accompagnée de garde-fous clairs.

Tentative d’émigration clandestine déjouée à Mbour : 23 personnes interpellées, dont 8 femmes et un bébé

Le Commissariat central de Mbour a mené, ce mercredi 3 juillet 2025, une opération de grande envergure qui a permis d’interpeller 23 candidats à l’émigration clandestine. L’intervention a eu lieu au quartier Médine, à la suite d’un signalement anonyme.

Parmi les personnes interpellées figurent 20 ressortissants guinéens, 2 gambiens et 1 sénégalais. Le groupe comptait également 8 femmes et un bébé. Les premiers éléments de l’enquête révèlent que les candidats au départ s’étaient organisés en petits groupes afin d’échapper à la vigilance des autorités et de faciliter leur embarquement par voie maritime.

Les personnes arrêtées ont déclaré être venues à Mbour dans l’espoir de trouver du travail. Toutefois, elles se sont abstenues de désigner l’organisateur du voyage. À ce stade, le convoyeur présumé reste introuvable, et les recherches se poursuivent activement pour identifier et interpeller les principaux responsables de cette tentative de migration illégale.

Les autorités rappellent que l’émigration clandestine expose les candidats à de graves dangers, notamment des pertes en vies humaines. La Police nationale, plus que jamais mobilisée, réitère son engagement à lutter contre les réseaux de trafic de migrants.

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