Suivez-nous

Le monde / Afrique

Burkina Faso : les autorités de transition prononcent la dissolution de tous les partis politiques

Le Conseil des ministres du Burkina Faso a acté une décision majeure dans l’histoire politique récente du pays en annonçant la dissolution de l’ensemble des partis et formations politiques. Les autorités justifient cette mesure radicale par la multiplication jugée excessive de ces organisations, considérée comme une source de « dérives » ayant contribué à fragiliser le tissu social et à accentuer les divisions entre citoyens.

Cette décision s’inscrit dans la continuité de la suspension des activités des partis politiques, en vigueur depuis septembre 2022, à la suite de l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré. Celui-ci avait pris la tête de l’État après le coup d’État ayant renversé le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, dans un contexte marqué par une grave crise sécuritaire et institutionnelle.

À l’issue du Conseil des ministres, le ministre de l’Administration du territoire, Émile Zerbo, a présenté le décret officialisant la dissolution des partis. Il a également annoncé qu’un projet de loi sera transmis à l’Assemblée législative de transition afin d’abroger l’ensemble des textes encadrant le fonctionnement et le financement des partis politiques, ainsi que le statut du chef de file de l’opposition. Selon le ministre, la prolifération des partis s’est opérée « en total déphasage avec les aspirations réelles du peuple et les enjeux stratégiques du pays, notamment sur le plan sécuritaire ».

Pour les autorités, cette situation aurait favorisé la division des citoyens, contribué à la fragilisation du tissu social et accentué un développement territorial jugé déséquilibré. Dans un pays confronté à une insécurité persistante et à des défis majeurs de cohésion nationale, le gouvernement de transition estime que le modèle partisan tel qu’il existait ne répondait plus aux priorités nationales.

Émile Zerbo a qualifié cette mesure de « grande et importante décision », l’inscrivant dans le cadre plus large de la refondation de l’État et de la « révolution progressiste populaire » portée par les autorités de transition. Selon lui, l’adoption du décret de dissolution, combinée au projet de loi abrogeant les textes en vigueur, permettra de renforcer la cohérence de l’action gouvernementale avec les idéaux de cette révolution, tout en ouvrant la voie à une réforme en profondeur du mode de gouvernance politique du Burkina Faso.

Le décret prévoit également, dans son article 2, la dévolution à l’État du patrimoine de chaque parti et formation politique dissous. Cette disposition renforce le contrôle de l’État sur les ressources jusque-là détenues par ces entités politiques et marque une étape supplémentaire dans la centralisation de la gestion politique durant la période de transition.


En savoir plus sur LE DAKAROIS

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cliquez pour commenter

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Plus dans Le monde / Afrique

En savoir plus sur LE DAKAROIS

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture