À l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations ayant opposé le Maroc au Sénégal, le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) a lancé un appel solennel à l’endroit des journalistes et techniciens des médias. Dans un communiqué daté du 21 janvier, l’organe d’autorégulation insiste sur la nécessité d’un traitement responsable et rigoureux de l’information dans un contexte marqué par une forte charge émotionnelle et une intense activité sur les réseaux sociaux.
Le CORED dit avoir constaté une circulation virale de fausses informations, de photos et de vidéos de toutes sortes, largement partagées au lendemain de la rencontre. Selon le Conseil, certains de ces contenus, souvent sortis de leur contexte ou totalement fabriqués, présentent un risque réel d’amplification des tensions entre le Sénégal et le Maroc. Une situation qui pourrait, avertit-il, mettre en danger des ressortissants des deux pays si elle venait à être relayée sans discernement par les médias traditionnels.
Face à ce constat, le CORED exhorte les professionnels de l’information à ne pas se faire l’écho de rumeurs ou de contenus non vérifiés. Il rappelle avec insistance que la diffusion d’une information n’est jamais neutre et qu’elle engage la responsabilité sociale du journaliste. Dans ce sens, le Conseil appelle à un traitement strictement professionnel des faits, fondé sur la vérification, le recoupement des sources et la mise en perspective des informations avant toute publication ou diffusion.
Le communiqué met également en lumière un défi contemporain majeur pour les médias : la prolifération de contenus générés ou manipulés à l’aide de l’intelligence artificielle. Ces productions, souvent très réalistes, circulent massivement sur les plateformes numériques et peuvent facilement induire le public en erreur. Pour le CORED, cette nouvelle donne renforce davantage l’obligation de vigilance et de rigueur qui incombe aux journalistes, plus que jamais garants de la crédibilité de l’information.
En rappelant les fondements déontologiques du métier, le Conseil invite les professionnels à garder constamment à l’esprit l’Article 1 de la Charte des journalistes du Sénégal, qui consacre le droit du public à une information juste, équilibrée et vérifiée. Il cite également l’Article 13 du Code de la presse, lequel stipule clairement que le journaliste et le technicien des médias ne doivent pas publier des informations, des documents, des images ou des sons dont l’origine ne leur est pas connue.