Politique : Mbaye Dione en tournée régionale et message fort aux acteurs nationaux

Kaolack, Sénégal – Le secrétaire général national de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a entamé, ce lundi 5 janvier 2026, une tournée politique dans la région de Kaolack. Cette initiative est marquée par une série de rencontres avec des autorités religieuses et des prises de position fermes sur les enjeux économiques et sociaux auxquels le pays est confronté.

À la tête d’une importante délégation, M. Dione, également député et maire de Ngoundiane, a été successivement reçu par les Khalifes généraux de Médina Baye et de Léona Niassène. À cette occasion, il a sollicité leurs prières pour la réussite de cette tournée régionale, qui vise à renforcer l’implantation de l’AFP sur le terrain et à préparer les prochaines échéances électorales locales.

S’adressant aux notables et aux militants, le leader progressiste a insisté sur la nécessité de sillonner l’ensemble des communes de la région afin de renouer le contact avec les populations. Il a mis en avant les valeurs de proximité et de solidarité qui fondent, selon lui, l’action politique de son parti. Cette démarche s’inscrit, a-t-il expliqué, dans une dynamique de massification de l’AFP et de renforcement de la politique de terrain à l’approche des prochaines joutes électorales.

Au-delà de ses échanges avec les responsables religieux, Mbaye Dione a profité de la tribune pour tirer la sonnette d’alarme sur la situation économique nationale, notamment en ce qui concerne la campagne arachidière dans le bassin du Saloum. Il s’est montré particulièrement critique à l’égard de la gestion actuelle du secteur, dénonçant des lenteurs et des dysfonctionnements dans la mobilisation des financements annoncés pour soutenir les paysans, malgré le budget conséquent communiqué par l’État.

« Comment peut-on instruire l’achat de 450 000 tonnes d’arachides par la SONACOS alors que l’on peine à mobiliser 70 milliards de FCFA de financement ? », s’est-il interrogé. Mbaye Dione a fustigé ce qu’il qualifie de « paroles en l’air » et pointé une incompétence notoire dans la conduite de la politique agricole nationale, visant notamment les récentes annonces du Premier ministre Ousmane Sonko relatives à la campagne arachidière.

Le secrétaire général de l’AFP a conclu son intervention en mettant en garde contre les risques d’une année 2026 difficile pour les Sénégalais, en particulier pour les producteurs agricoles, si la situation financière et organisationnelle du secteur ne connaît pas d’amélioration rapide.

Accompagné de plusieurs responsables régionaux de son parti, Mbaye Dione poursuivra, dans les prochains jours, sa tournée à travers les différentes communes de la région de Kaolack, avec pour objectif de renforcer l’ancrage local de l’AFP et de recueillir les préoccupations des citoyens.

Assemblée nationale : El Malick Ndiaye sous le feu des critiques, entre polémiques publiques et tensions internes

Depuis plusieurs semaines, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, traverse une période de fortes turbulences politiques. Les critiques pleuvent de toutes parts, donnant l’image d’un président du Parlement assiégé, contesté aussi bien par l’opposition que par certains responsables de son propre camp. Cette fronde transversale, qui dépasse le clivage classique majorité-opposition, met en lumière un malaise profond autour de sa gestion et de son positionnement politique.

Selon L’Observateur, la pression exercée sur El Malick Ndiaye est telle qu’il a été quasiment contraint de sortir de son silence pour tenter d’enrayer ce qu’il perçoit comme une véritable « hémorragie ». C’est à l’occasion de la cérémonie officielle de présentation des vœux aux députés et au personnel de l’administration parlementaire qu’il a choisi de s’exprimer publiquement. Au cœur de son intervention figurait la polémique liée à l’acquisition de véhicules destinés aux députés de la 15ᵉ législature, un dossier qui cristallise depuis plusieurs semaines les critiques et les soupçons.

Face aux accusations d’irrégularités et d’opacité, le président de l’Assemblée nationale s’est voulu catégorique. Il a affirmé que la procédure avait été menée dans le strict respect des règles en vigueur, précisant que le dossier avait suivi toutes les voies légales et avait été soumis à la Direction centrale des marchés publics. Tous les actes, a-t-il insisté, ont été dûment datés et conformes à la réglementation. Cette mise au point visait clairement à répondre aux attaques du député Thierno Alassane Sall, leader de la République des Valeurs, qui avait dénoncé sur les réseaux sociaux le silence supposé d’El Malick Ndiaye et l’absence d’information préalable autour de cette acquisition.

Toujours selon L’Observateur, El Malick Ndiaye a rejeté toute accusation d’opacité et confirmé l’achat d’un premier lot de 76 véhicules. Il a assumé pleinement ce choix, estimant qu’il s’agissait de doter les députés de moyens de locomotion adéquats afin de leur permettre d’exercer efficacement leur mission. Dans le même temps, il a invité Thierno Alassane Sall à privilégier les canaux institutionnels pour s’informer sur des dossiers qu’il juge sensibles, avant toute prise de parole publique.

Cependant, au-delà de cette controverse autour des véhicules, la situation semble bien plus complexe. La pression ne vient pas uniquement de l’opposition, mais s’intensifie également au sein même de la majorité parlementaire. L’Observateur rapporte qu’El Malick Ndiaye fait face à de vives critiques émanant de son propre parti, Pastef. La sortie virulente du député Mouramani Kaba Diakité, membre du directoire du parti, en est l’illustration la plus frappante. Dans un message diffusé au sein d’un panel WhatsApp et largement relayé, ce dernier accuse le président de l’Assemblée nationale de népotisme, de gabegie et de gestion clanique. Il va même jusqu’à réclamer un audit de sa gestion ainsi qu’une révision du Règlement intérieur de l’Assemblée afin de réduire la durée du mandat du président, actuellement fixée à cinq ans.

Pour L’Observateur, cette attaque frontale révèle un malaise plus profond qui commence à prendre forme au sein de l’institution parlementaire. Le professeur Demba Guèye, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, y voit une tension en partie alimentée par la posture même du président de l’Assemblée nationale. Selon lui, El Malick Ndiaye aurait pu différer certaines décisions controversées dans un contexte économique difficile. Il estime également que la manière dont ces décisions ont été assumées, notamment à travers un discours perçu comme arrogant, a contribué à exacerber les frustrations. « Dire “je l’assume” irrite et révolte une partie des Sénégalais », analyse-t-il.

Le professeur Guèye propose par ailleurs une lecture politique plus large de cette séquence agitée. À ses yeux, les attaques contre El Malick Ndiaye pourraient s’inscrire dans une ramification du conflit latent entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le leader de Pastef, Ousmane Sonko. Il rappelle que Mouramani Kaba Diakité est réputé proche de ce dernier. Dans ce contexte, El Malick Ndiaye est accusé d’adopter une position ambiguë, donnant l’impression de jouer un double jeu. « On ne sait pas clairement où le situer entre Diomaye et Sonko », souligne l’enseignant-chercheur, laissant entendre que cette défiance pourrait viser à l’affaiblir politiquement.

Toujours selon L’Observateur, la présidence même de l’Assemblée nationale pourrait être menacée. Le professeur Guèye évoque l’hypothèse d’une stratégie visant à écourter le mandat d’El Malick Ndiaye, à l’image de la jurisprudence Macky Sall, dont le mandat parlementaire avait été abrégé par la fameuse loi dite « Sada Ndiaye ». Il s’interroge sur une possible manœuvre politique destinée à préparer le retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, suggérant que le député Mouramani Kaba Diakité pourrait jouer le rôle d’éclaireur chargé de baliser le terrain.

Face à cette tempête politique, le camp d’El Malick Ndiaye affiche toutefois une certaine sérénité. Des membres de son Cabinet, cités par L’Observateur, minimisent ce qu’ils qualifient de « prétendues pressions » et dénoncent des attaques qu’ils jugent dénuées de tout fondement. Selon eux, ces critiques relèvent davantage de la calomnie et de la diffamation que de faits avérés. Ils assurent que le président de l’Assemblée nationale reste concentré sur ses missions et pleinement engagé dans des réformes profondes visant à instaurer une véritable culture de transparence et de rationalisation au sein de l’institution.

Pour ses proches, El Malick Ndiaye serait avant tout victime de son « excès de modernisation ». Ils estiment que les changements qu’il impulse bousculent des pratiques anciennes et dérangent des intérêts solidement ancrés. Convaincus que le temps finira par faire la part des choses, ils se disent confiants quant à l’issue de cette séquence politique agitée, persuadés que les réformes engagées finiront par s’imposer.

Recours de Barthélemy Dias : la Cour suprême appelée à se prononcer sur son éviction de la mairie de Dakar

La Chambre administrative de la Cour suprême est attendue après-demain pour examiner le recours introduit par Barthélemy Dias, ancien maire de Dakar, contestant son éviction de ses fonctions municipales. Cette audience, très suivie dans les milieux politiques et juridiques, marque une étape décisive dans une procédure judiciaire longue et complexe qui soulève des enjeux majeurs liés à la gouvernance locale et au respect des règles de droit administratif.

À l’origine de cette affaire se trouve un arrêté préfectoral ayant constaté la démission d’office de Barthélemy Dias de son poste de conseiller municipal de la ville de Dakar. Cet acte administratif, pris par l’autorité de l’État, s’appuie sur les dispositions du Code général des collectivités territoriales, lesquelles prévoient la perte automatique du mandat électif en cas de condamnation définitive incompatible avec l’exercice d’une fonction élective. En conséquence, la perte du statut de conseiller municipal a entraîné mécaniquement celle de maire, fonction pour laquelle il avait été élu par ses pairs au sein du Conseil municipal.

Barthélemy Dias, par le biais de ses avocats, conteste vigoureusement la légalité de cet arrêté. La défense soutient notamment que l’administration a fait une interprétation erronée ou abusive des textes en vigueur, en procédant à une démission d’office qu’elle juge prématurée et entachée d’irrégularités. Le recours introduit devant la Chambre administrative vise ainsi à obtenir l’annulation de l’arrêté préfectoral, au motif qu’il violerait tant les droits de l’élu que les principes fondamentaux du droit administratif, notamment ceux relatifs à la sécurité juridique et au respect du contradictoire.

Au fil des mois, la procédure a connu plusieurs rebondissements, nourrissant un débat intense au sein de l’opinion publique. Pour les partisans de l’ancien maire, cette éviction s’inscrirait dans un contexte politique tendu et relèverait d’une volonté de l’écarter durablement de la scène politique locale. À l’inverse, ses détracteurs estiment que l’administration n’a fait qu’appliquer strictement la loi, sans considération politique, et que le respect de l’État de droit impose l’exécution des décisions prévues par les textes.

L’audience prévue après-demain revêt donc une importance capitale. Elle permettra à la Cour suprême d’examiner, sur le fond, la régularité de l’arrêté préfectoral et, plus largement, de clarifier les conditions dans lesquelles une démission d’office peut être légalement prononcée à l’encontre d’un élu local. La décision attendue pourrait faire jurisprudence et influencer durablement les rapports entre l’administration territoriale et les collectivités locales.

En attendant le verdict, l’incertitude demeure quant à l’issue de ce bras de fer judiciaire. Quelle que soit la décision de la Chambre administrative, elle aura des répercussions politiques et institutionnelles notables, tant pour l’avenir personnel de Barthélemy Dias que pour la gestion de la ville de Dakar et la pratique du droit des collectivités territoriales au Sénégal.

Guy Marius Sagna dénonce l’opacité dans l’acquisition des véhicules des députés : « Plus jamais ça ! »

Le député Guy Marius Sagna a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « défaillances graves » dans le processus d’acquisition de véhicules destinés aux parlementaires sénégalais, dénonçant une gestion opaque et contraire aux principes de transparence et de démocratie interne à l’Assemblée nationale.

Interpellé par une journaliste sur le prix et la marque des véhicules que l’institution parlementaire s’apprête à fournir à ses membres, le député de PASTEF a déclaré ne disposer d’aucune information officielle à ce sujet. « Je ne connais ni la marque ni le prix de la voiture que l’Assemblée nationale s’apprête à mettre à ma disposition », a-t-il affirmé, rappelant qu’il avait déjà alerté sur cette situation dès le mois de juin 2025 à travers plusieurs publications.

À l’époque, Guy Marius Sagna avait pointé du doigt des insuffisances structurelles dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale, notamment l’absence de consultation des députés et le déficit de processus démocratique dans la prise de décisions majeures, y compris celles liées à l’attribution de véhicules. Selon lui, ces alertes avaient été accueillies par des critiques et des remises en cause, tant au sein de l’hémicycle que dans l’opinion publique, certains allant jusqu’à douter de la véracité de ses propos.

Sept mois plus tard, estime le parlementaire, les faits lui donnent raison. Il affirme qu’aucun député n’a été consulté et qu’aucune information officielle n’a été communiquée sur les modalités de l’achat des véhicules. Une situation qu’il juge révélatrice d’un dysfonctionnement profond de l’institution.

Dans sa dénonciation, Guy Marius Sagna met particulièrement en cause le Bureau de l’Assemblée nationale, composé de 17 membres auxquels s’ajoutent trois représentants des groupes parlementaires. Selon lui, cet organe n’a « pas joué son rôle » et a failli à sa mission de représentation des autres députés et, au-delà, du peuple sénégalais. Il appelle ainsi les membres de cette majorité à rendre des comptes et à présenter des excuses pour ce qu’il considère comme un manquement grave à leurs responsabilités.

Le député ne limite toutefois pas ses critiques au seul Bureau. Il fustige également le silence et l’absence de nombreux parlementaires aux réunions, qu’il qualifie de « complicité passive » dans cette affaire. En revanche, il salue l’attitude des membres minoritaires du Bureau qui, selon lui, continuent de résister malgré les pressions exercées par la majorité.

Pour Guy Marius Sagna, cette controverse autour des véhicules des députés est symptomatique d’un échec dans la rationalisation des dépenses publiques et la réduction du train de vie de l’État, pourtant érigées en priorités dans le discours politique. « Sur cette question des véhicules, l’Assemblée nationale a été un mauvais exemple qu’il faut critiquer et ne pas imiter. Plus jamais ça ! », martèle-t-il.

En conclusion, le député appelle à une vigilance citoyenne accrue et à l’adoption d’une posture politique responsable, véritablement tournée vers l’intérêt général plutôt que vers des considérations personnelles. Pour illustrer son propos, il cite l’historien et militant Walter Rodney : « Au lieu d’être au service du pays, ils étaient au service de leur égoïsme. Tout ce qui leur importait, c’était de garder leurs postes et de jouir du butin qu’ils en retiraient ». Une citation qui, selon lui, résonne tristement avec certaines pratiques encore observées au sommet de l’État.

Scandale présumé de 37 milliards à l’ASER : Thierno Alassane Sall dénonce une électrification rurale fantôme

Le député Thierno Alassane Sall est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « grave scandale financier » de 37 milliards de francs CFA impliquant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) et l’entreprise espagnole AEE Power EPC. Pour étayer ses accusations, le parlementaire a effectué une tournée de terrain dans la région de Kaffrine, précisément dans les villages de Yalale Diacké, Sombe Diacké et Beussal Wolof, situés dans le département de Birkilane, afin de constater de visu l’état réel des projets d’électrification rurale annoncés par les autorités.

Accompagné du député Adama Diallo et du chroniqueur Abdou Nguer, Thierno Alassane Sall affirme avoir observé une réalité en total décalage avec les annonces officielles. Selon lui, plusieurs localités du département de Birkilane demeurent toujours plongées dans l’obscurité, malgré les importants financements mobilisés dans le cadre de ce programme. Il soutient que les 37 milliards de francs CFA décaissés, notamment à travers un financement de la banque Santander, n’ont produit aucun impact visible sur le terrain. Pour le député, cette situation est d’autant plus préoccupante qu’il s’agit, selon ses termes, de ressources publiques destinées à améliorer les conditions de vie des populations rurales.

Face aux habitants rencontrés lors de cette tournée, Thierno Alassane Sall a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice flagrante. Il estime qu’il est inacceptable que des populations entières soient privées d’un droit fondamental tel que l’accès à l’électricité, alors que des sommes aussi importantes ont été engagées au nom de leur développement. À ses yeux, cette situation pose un sérieux problème de gouvernance et de gestion des finances publiques.

Le parlementaire a également exprimé sa déception face à l’absence des députés de la majorité parlementaire qu’il avait invités à participer à cette mission de terrain. Il voit dans ce refus une preuve, selon lui, d’un manque d’intérêt pour la transparence et la reddition des comptes. Thierno Alassane Sall accuse par ailleurs les autorités en place de chercher à minimiser, voire à étouffer cette affaire afin d’éviter un débat public approfondi sur l’utilisation des fonds alloués à l’électrification rurale.

Dans ce contexte, il a directement interpellé le Directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène, lui demandant de s’expliquer clairement sur l’utilisation des fonds destinés à ce programme. Le député exige des réponses précises et appelle l’État à situer toutes les responsabilités. Il réclame également que des sanctions exemplaires soient prises si des faits de détournement ou de mauvaise gestion venaient à être établis, estimant que l’enjeu dépasse les considérations politiques pour toucher à l’intérêt général.

Pour rappel, le programme d’électrification rurale concerné couvre plusieurs régions du pays, notamment Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis et Tambacounda. Il devait permettre l’électrification de 1 740 villages à travers le Sénégal. Un objectif qui, selon Thierno Alassane Sall, est très loin d’être atteint au regard des constats faits sur le terrain.

Déterminé à aller jusqu’au bout de cette affaire, le député a promis de poursuivre ses dénonciations et ses actions jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur ce dossier. Convaincu de la gravité des faits qu’il dénonce, il n’a pas hésité à qualifier cette affaire de « scandale des scandales », appelant l’opinion publique et les institutions compétentes à se saisir pleinement de ce qu’il considère comme l’un des plus grands scandales financiers récents liés à l’électrification rurale au Sénégal.

Affaire Farba Ngom : la Cour suprême face au dilemme de la détention pour raisons médicales

Le sort judiciaire de Farba Ngom sera fixé le 12 janvier prochain. À cette date, la Chambre pénale de la Cour suprême devra se prononcer sur une question à la fois juridique et humaine : le maintien en détention du député-maire des Agnam est-il compatible avec son état de santé, ou faut-il envisager soit son transfert dans une structure hospitalière adaptée, soit la levée pure et simple de son mandat de dépôt pour raisons médicales ?

Selon Les Échos, qui revient largement sur ce dossier sensible, la défense de l’ancien responsable de l’Alliance pour la République (APR) fonde l’essentiel de son argumentaire sur la dégradation jugée préoccupante de la santé de leur client. Quatre médecins spécialistes, dont un cardiologue et un urologue, ont été sollicités pour évaluer son état. Leurs conclusions sont sans équivoque : Farba Ngom souffrirait de pathologies incompatibles avec les conditions de détention actuelles, notamment en raison de l’absence d’un plateau technique approprié en milieu carcéral, capable de lui assurer un suivi médical conforme aux standards requis.

S’appuyant sur ces expertises médicales, les avocats invoquent l’article 140 du Code de procédure pénale. Cette disposition prévoit explicitement que la mainlevée du mandat de dépôt doit être ordonnée lorsque l’état de santé du prévenu est de nature à mettre en danger sa vie ou son intégrité physique. Pour la défense, le maintien en détention de Farba Ngom, en dépit des avis médicaux concordants, constituerait une violation manifeste de cette règle légale et un manquement grave aux droits fondamentaux du détenu.

Jusqu’à présent, rappelle le journal, le magistrat instructeur avait opté pour une solution intermédiaire en orientant Farba Ngom vers le pavillon spécial. Une décision que ses conseils ont jugée largement insuffisante au regard de la gravité des pathologies diagnostiquées. Par la suite, la Chambre d’accusation a ordonné son transfert dans un établissement hospitalier adapté, tout en maintenant le mandat de dépôt. Cette mesure, perçue comme une demi-mesure par la défense, n’aurait selon elle ni satisfait pleinement aux exigences médicales formulées par les spécialistes, ni respecté l’esprit de l’article 140 du Code de procédure pénale.

C’est dans ce contexte que la Cour suprême a été saisie. Les avocats de Farba Ngom soutiennent que leur client a déjà été entendu sur le fond de l’affaire et qu’il ne présente plus aucun risque pour le bon déroulement de l’instruction. Ils estiment, dès lors, qu’aucune justification objective ne subsiste pour un maintien en détention, surtout si celui-ci compromet gravement sa santé. Leur plaidoirie vise ainsi à obtenir la possibilité pour le responsable politique de bénéficier de soins appropriés en toute liberté, condition qu’ils jugent indispensable à la préservation de sa vie et de son intégrité physique.

Politique – Gouvernance : Serigne Momar Sokhna prône l’élargissement de la majorité face aux urgences économiques

Dans un contexte économique marqué par de fortes attentes sociales, Serigne Momar Sokhna, président du Grand Mouvement pour le Développement du Sénégal (GMDS), estime que le moment est venu pour le pouvoir en place d’élargir son assise politique. Sortant de sa réserve, ce membre de la coalition Diomaye Président met en avant la nécessité d’une gouvernance ouverte, capable de mobiliser les énergies au-delà des clivages partisans.

Selon lui, les premières orientations du président Bassirou Diomaye Faye traduisent une volonté de rupture méthodique avec les pratiques du passé, tout en cherchant à stabiliser les institutions dans une phase de transition jugée délicate. Toutefois, souligne-t-il, les réformes engagées ne pourront produire des résultats durables sans une mobilisation élargie des compétences nationales.

Abordant la dynamique interne de l’exécutif, Serigne Momar Sokhna balaie les spéculations relatives à d’éventuelles tensions au sommet de l’État. Il présente le tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko comme un leadership complémentaire, structuré autour d’une vision commune, où les divergences relèvent davantage de débats stratégiques que de fractures politiques.

L’ancien cadre politique plaide ainsi pour une approche pragmatique du redressement économique, appelant à associer des profils expérimentés, y compris issus de l’opposition ou d’anciens régimes. À ce titre, il cite l’expertise économique de l’ex-Premier ministre Amadou Ba comme un atout potentiel dans une logique de dépassement des lignes partisanes.

Sur le plan institutionnel et judiciaire, le président du GMDS invite à la retenue et au respect strict des principes républicains. Il estime que la crédibilité de l’action publique repose sur une justice indépendante et sur l’instauration d’un climat politique apaisé.

À travers cette prise de position, Serigne Momar Sokhna adresse un message clair : face aux urgences économiques et sociales, la réussite du nouveau pouvoir dépendra autant de la cohésion politique que de sa capacité à s’ouvrir à toutes les forces vives et utiles de la nation.

Assemblée nationale du Sénégal : une première vague de 76 véhicules de service déjà répartie

La distribution des véhicules de service destinés aux députés de la 15ᵉ législature a officiellement démarré à l’Assemblée nationale du Sénégal. Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, une première vague de soixante-seize véhicules de type 4×4 Toyota Land Cruiser Prado a déjà été attribuée à plusieurs parlementaires, marquant ainsi le début d’un processus qui concerne au total les 165 députés.

Cette première répartition a été effectuée selon des critères présentés comme organisationnels et fonctionnels. Cinq véhicules ont été attribués à des députés en situation de handicap, afin de faciliter leur mobilité dans l’exercice de leur mandat. Sept véhicules ont été remis aux députés du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, principale coalition de l’opposition. Sept autres ont été alloués aux députés non-inscrits, tandis que cinquante-six véhicules ont été réservés aux députés du parti Pastef, formation politique majoritaire et actuellement au pouvoir. Le dernier véhicule de ce premier lot est destiné au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye.

D’après les mêmes sources, les véhicules sont actuellement stationnés au site de Batrain, à Dakar. Certains députés devraient entrer en possession de leurs véhicules dès les prochains jours, tandis que le reste du parc automobile attendu est annoncé pour la semaine suivante. Cette livraison progressive vise à équiper l’ensemble des parlementaires, conformément aux engagements pris par l’institution.

Cependant, cette opération continue de susciter une vive controverse dans l’opinion publique et au sein de la classe politique. Le débat sur l’opportunité et les conditions d’acquisition de ces véhicules a été relancé par le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs (RV), membre de l’opposition. C’est lui qui a révélé l’information relative à la remise du premier lot, tout en exprimant de sérieuses réserves sur la démarche.

L’ancien ministre de l’Énergie avait déjà dénoncé le coût unitaire des véhicules, estimé à 54 millions de francs CFA. Selon lui, le contexte économique actuel, marqué par une dette publique élevée et des besoins sociaux pressants, ne justifie pas l’utilisation de ressources financières issues de l’endettement pour financer l’achat de véhicules de luxe destinés aux députés. « La situation actuelle ne prédispose pas à prendre de l’argent de la dette pour financer des véhicules », avait-il déclaré, appelant à une gestion plus rigoureuse et plus responsable des finances publiques.

Au-delà de la question du coût, Thierno Alassane Sall pointe également un manque de transparence dans la procédure d’achat et de répartition des véhicules. Il estime que les Sénégalais n’ont pas été suffisamment informés des modalités de financement, des critères d’attribution et des justifications officielles ayant conduit à ce choix budgétaire. Une position qui trouve un certain écho dans une partie de l’opinion, déjà sensible aux questions de gouvernance, de rationalisation des dépenses publiques et d’exemplarité des institutions.

De son côté, l’Assemblée nationale n’a pas encore communiqué de manière détaillée sur l’ensemble du processus, laissant ainsi le débat se poursuivre. En attendant l’arrivée du reste des véhicules et la finalisation de leur distribution, cette affaire continue d’alimenter les discussions politiques, révélant les tensions persistantes entre exigences de fonctionnement institutionnel et attentes citoyennes en matière de sobriété et de transparence dans la gestion des ressources publiques.

Critiques d’Amadou Mame Diop : Abass Fall dénonce une « hypocrisie » et une « haine immense » contre Ousmane Sonko

La sortie médiatique d’Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale, continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Ce lundi 5 janvier, le maire de Dakar et responsable de Pastef, Abass Fall, est monté au créneau pour répondre avec fermeté aux critiques formulées par l’ancien dignitaire du régime de Macky Sall à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.

Dans une publication sur sa page Facebook, Abass Fall a dénoncé ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » et de « haine immense » dirigées contre Ousmane Sonko. Selon lui, les propos d’Amadou Mame Diop s’inscrivent dans une logique de dénigrement systématique, déconnectée des réalités actuelles de l’action gouvernementale. L’ancien président de l’Assemblée nationale avait notamment affirmé que les déclarations du Premier ministre étaient « empreintes de vulgarité et d’accusations fallacieuses » et avait pointé une gouvernance qu’il juge « inefficace et incohérente » depuis deux ans.

Pour Abass Fall, ces accusations manquent de crédibilité, compte tenu du passé politique de leur auteur. Il n’a pas hésité à rappeler le rôle joué par Amadou Mame Diop sous le régime de Macky Sall, qu’il tient pour responsable de nombreuses dérives ayant, selon lui, profondément fragilisé le pays. « Acteur actif de la destruction massive de notre pays et piètre ex-président de l’Assemblée nationale », a-t-il écrit, accusant son adversaire politique de faire abstraction des efforts consentis par le gouvernement actuel.

Le maire de Dakar a notamment cité les mesures prises par les nouvelles autorités, telles que la baisse de certaines denrées de première nécessité et la réduction du coût de l’électricité, pour illustrer ce qu’il considère comme des avancées concrètes au bénéfice des populations. À ses yeux, ignorer ces actions relève d’une mauvaise foi manifeste et d’une volonté assumée de s’attaquer à Ousmane Sonko, devenu, selon lui, la cible privilégiée de ses détracteurs.

Abass Fall estime par ailleurs que cette hostilité traduit une frustration politique profonde. Il affirme qu’Amadou Mame Diop et ses alliés « continueront à souffrir » en voyant Ousmane Sonko occuper une place centrale au cœur de l’État et bénéficier du soutien d’une large frange des Sénégalais. Il soutient que les critiques actuelles ne sont qu’une tentative maladroite de préparer un retour au pouvoir, en perspective de l’échéance présidentielle de 2029.

Dans un ton ironique, le maire de Dakar a enfin mis en garde l’opposition contre toute illusion électorale. Selon lui, les Sénégalais gardent une mémoire vive des « moments les plus sombres » vécus sous l’ancien régime et ne se laisseront pas convaincre par des discours qu’il juge déconnectés des aspirations populaires. Une réponse musclée qui illustre la tension persistante entre les tenants du pouvoir actuel et les figures de l’ancien régime, sur fond de recomposition durable du paysage politique sénégalais.

Amadou Mame Diop critique Ousmane Sonko et évoque une crise de leadership au sommet de l’État

Après plusieurs mois de silence médiatique, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est sorti de sa réserve. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur et publiée ce lundi 5 janvier 2025, l’ex-responsable de l’Alliance pour la République (APR) a livré une analyse sévère du climat politique actuel, s’attaquant frontalement au Premier ministre Ousmane Sonko et pointant ce qu’il considère comme une crise de leadership au sommet de l’exécutif sénégalais.

Sans détour, Amadou Mame Diop a qualifié les sorties publiques du chef du gouvernement de propos « toujours empreints de la même vulgarité et d’accusations fallacieuses ». Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, le discours d’Ousmane Sonko n’a pas évolué malgré son accession aux plus hautes responsabilités de l’État. Il estime que le Premier ministre conserve une posture de confrontation permanente, peu compatible, selon lui, avec les exigences de la fonction gouvernementale et le devoir de retenue qui s’impose à un chef de l’exécutif.

Au-delà de la critique personnelle, Amadou Mame Diop s’est également exprimé sur ce qu’il qualifie de « crise » entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre. À ses yeux, cette situation est largement exagérée et relève davantage d’une rivalité de pouvoir que d’un véritable désaccord politique ou institutionnel. Il parle ainsi d’« une tempête dans un verre d’eau », alimentée par une logique qu’il juge exclusivement « pouvoiriste ».

L’ancien proche de Macky Sall avance que le président Diomaye Faye chercherait avant tout à conserver l’autorité et le contrôle du pouvoir exécutif, tandis que son Premier ministre tenterait, selon lui, de s’imposer comme le véritable centre de décision. Il va plus loin en affirmant qu’Ousmane Sonko bénéficierait du soutien de certains responsables influents du Pastef, le parti au pouvoir, dans cette bataille d’influence qu’il estime nuisible à la stabilité institutionnelle.

Pour Amadou Mame Diop, cette situation traduit une confusion profonde des rôles au sommet de l’État. Il estime que la dualité observée à la tête de l’exécutif nuit gravement à la lisibilité de l’action publique et affaiblit son efficacité. Selon lui, l’absence de clarification dans la répartition des responsabilités entre le président de la République et son Premier ministre risque de paralyser les décisions stratégiques et d’entretenir un climat d’incertitude au sein de l’administration comme auprès des partenaires du Sénégal.

À travers cette sortie médiatique, Amadou Mame Diop se positionne comme l’une des voix critiques de l’ancien régime face au nouveau pouvoir. Son intervention relance le débat sur l’équilibre institutionnel, la cohabitation au sommet de l’État et la nécessité, selon ses termes, d’un leadership clair et cohérent pour garantir la stabilité politique et l’efficacité de l’action gouvernementale.

Assemblée nationale : les premières fissures de la majorité autour de la gouvernance d’El Malick Ndiaye

Alors que la Présidence de l’Assemblée nationale boucle sa première année, un débat inattendu mais explosif s’invite au cœur même de la majorité parlementaire. Les critiques les plus virulentes ne viennent plus de l’opposition, mais de l’intérieur de Pastef. Le député Mouramani Kaba Diakité, numéro trois du parti, a provoqué une véritable onde de choc en accusant publiquement le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, de népotisme, de gabegie et de gestion clanique, selon des propos rapportés par L’AS.

La sortie, particulièrement musclée, a été faite lors d’échanges sur un panel WhatsApp avant d’être largement relayée sur les réseaux sociaux. Originaire de Tambacounda, le parlementaire n’a pas mâché ses mots, dressant un réquisitoire sans concession contre la gouvernance interne de l’institution parlementaire. Une démarche qui peut s’apparenter à un tir contre son propre camp, mais que Mouramani Kaba Diakité assume pleinement, invoquant la nécessité de cohérence et de bonne gouvernance.

Selon lui, El Malick Ndiaye aurait progressivement mis en place un système centré sur ses intérêts personnels et ceux d’un cercle restreint de proches. Il affirme que, à l’image du Président de la République ou du Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale se serait doté d’un cabinet pléthorique, composé en grande partie de personnes issues de son fief et de relations personnelles. Une pratique qui, aux yeux du député, trahirait l’esprit de rupture prôné par le nouveau régime.

Allant plus loin, Mouramani Kaba Diakité prête à El Malick Ndiaye des ambitions politiques futures qu’il jugerait prématurées et déplacées dans le contexte actuel. « On dirait qu’il est en stage pour demain être à la place de Diomaye », aurait-il lancé, avant de l’exhorter à ne pas se comporter « en loup dans une peau de biche ». Des propos lourds de sous-entendus, qui témoignent d’un malaise profond au sein de la majorité.

Au-delà des attaques personnelles et politiques, le député appelle à des mesures concrètes. Il annonce son intention de proposer un audit de la gestion du président de l’Assemblée nationale, ainsi qu’une révision du règlement intérieur. L’une de ses principales propositions consiste à limiter le mandat du président de l’institution à une durée d’un an renouvelable, alignée sur celle du mandat parlementaire. Une réforme qui, si elle venait à être adoptée, pourrait profondément modifier l’équilibre des pouvoirs et le fonctionnement interne de l’hémicycle.

Mouramani Kaba Diakité dénonce également des recrutements qu’il qualifie de fictifs. Il évoque notamment des agents affectés à Linguère qui, selon lui, ne se présenteraient jamais à l’Assemblée nationale tout en continuant à percevoir leurs salaires. Pour le député, ces pratiques rappellent des dérives du passé que Pastef a toujours combattues. Il insiste sur le fait que le slogan « Jub, Jubal, Jubanti » ne doit pas rester un simple mot d’ordre, mais se traduire par des actes concrets et visibles.

La taille du cabinet du président de l’Assemblée figure aussi parmi les principaux griefs. Toujours selon L’AS, Mouramani Kaba Diakité affirme qu’El Malick Ndiaye disposerait de 67 agents, contre 47 pour son prédécesseur. À cela s’ajouterait une dotation mensuelle de 5 000 litres de carburant. Plus choquant encore, selon le député, l’Assemblée nationale prendrait en charge un cuisinier personnel du président, rémunéré à hauteur d’un million de francs CFA par mois. Un symbole, à ses yeux, de l’absence de rationalisation pourtant promise aux Sénégalais.

Enfin, le parlementaire soulève la question sensible de la gestion des dettes héritées de la 14e législature. Il affirme que les dettes contractées par les députés de Benno Bokk Yaakaar auraient été réglées, contrairement à celles des députés de Pastef. À cela s’ajoute, selon lui, une opacité persistante autour du marché d’acquisition de véhicules pour les députés. Il dénonce le fait que des retenues soient opérées depuis plusieurs mois sur leurs indemnités, sans que les véhicules promis ne soient livrés ni que des explications claires ne soient fournies. Plus grave encore, aucun député n’aurait voté ce marché, affirme-t-il.

Dyarchie au sommet de l’État : les mises en garde du Dr Malaw Kanté après la sortie de Ousmane Sonko

La sortie médiatique du Premier ministre Ousmane Sonko, le 1er janvier, au lendemain du message de nouvel an du Président de la République Bassirou Diomaye Faye, continue de susciter de nombreuses réactions dans le paysage politique sénégalais. Parmi les analyses les plus critiques figure celle du politologue Dr Malaw Kanté, qui évoque une situation préoccupante de « cacophonie au sommet de l’État », susceptible, selon lui, d’avoir des répercussions durables sur l’image et la stabilité du pays.

Dans un entretien accordé à L’Observateur, le spécialiste des questions politiques souligne le caractère inédit de la posture adoptée par le chef du gouvernement. Ousmane Sonko a publiquement affirmé que ses fonctions de Premier ministre ne « brident pas sa liberté », une déclaration que Dr Kanté considère comme un précédent dans l’histoire politique récente du Sénégal. À ses yeux, cette liberté de ton tranche avec la tradition institutionnelle, marquée jusque-là par une hiérarchie exécutive clairement assumée et un alignement public entre le Président et son Premier ministre.

Pour le politologue, cette configuration singulière trouve son origine dans un rapport de force inversé. Il rappelle que le Président Bassirou Diomaye Faye a été porté au pouvoir dans un contexte politique où Ousmane Sonko occupait une place centrale et déterminante. De ce fait, estime-t-il, le Premier ministre apparaît aujourd’hui comme un acteur politiquement difficile à écarter, sans risquer de provoquer un choc majeur au sein de la coalition au pouvoir et, plus largement, sur la scène nationale.

Dans le même temps, Dr Kanté observe que le chef du gouvernement poursuit une offensive verbale contre ce qu’il qualifie de « système », y compris à l’intérieur même de l’appareil d’État. Les annonces répétées de possibles révélations et de « déballages » à venir contribuent, selon lui, à installer un climat d’incertitude et placent parfois le Président de la République dans une position inconfortable, pris entre la nécessité d’incarner l’unité de l’État et les prises de position tranchées de son Premier ministre.

Le politologue estime que le Sénégal semble ainsi s’éloigner du schéma classique d’un couple exécutif cohérent et solidaire, pour glisser vers ce qu’il qualifie de « dyarchie », voire de bicéphalisme conflictuel. Dans cette configuration, le centre réel du pouvoir devient difficile à identifier, brouillant la lecture de l’action publique et laissant planer le doute sur l’autorité qui fixe réellement le cap et le tempo de la gouvernance. Cette situation alimente même, selon lui, l’idée que le Premier ministre pourrait suivre un agenda politique distinct de celui de la Présidence.

Pour Dr Malaw Kanté, les conséquences de cette dissonance ne sont pas anodines. Elle nourrit une confusion générale au sein de l’opinion publique, exacerbe les tensions internes dans la coalition au pouvoir et fragilise, à terme, l’autorité de l’État. Sur le plan international également, cette dynamique est scrutée avec attention et prudence. Certains observateurs y voient déjà les prémices d’une forme de « guerre froide » entre les deux têtes de l’exécutif sénégalais.

Ousmane Sonko révèle l’ampleur de la dette publique et appelle à un combat permanent contre le système

En marge de la cérémonie de clôture des 72 heures culturelles et sportives de la commune de Passi, tenue ce jeudi, le Premier ministre Ousmane Sonko est longuement revenu sur l’affaire dite de la « dette cachée », un dossier qu’il juge emblématique de la situation financière réelle héritée par les nouvelles autorités. Devant les populations, le chef du gouvernement a tenu à expliquer les motivations qui ont conduit l’État à lancer, dès sa prise de fonction, un audit approfondi du stock de la dette publique.

Selon Ousmane Sonko, les chiffres officiels communiqués par l’ancien régime étaient loin de refléter la réalité. Il rappelle qu’au moment de quitter le pouvoir, les précédentes autorités avaient annoncé un niveau d’endettement équivalent à 74 % du produit intérieur brut. Or, l’audit engagé par le nouveau gouvernement a révélé une situation bien plus alarmante, avec une dette atteignant désormais 119 % du PIB. Pour le Premier ministre, ce niveau signifie clairement que la dette publique dépasse l’ensemble de la richesse produite par le pays, une situation qu’il qualifie de particulièrement préoccupante pour l’avenir économique du Sénégal.

Face à cette réalité, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité absolue de transparence. Il estime que cet exercice d’évaluation n’avait pas pour but de polémiquer, mais plutôt d’informer les citoyens sur l’état réel du pays au moment de l’alternance. Selon lui, les Sénégalais ont le droit de savoir dans quelles conditions les nouvelles autorités ont hérité de la gestion de l’État. Il soutient également que l’absence d’un tel audit aurait exposé le gouvernement à de lourdes critiques, certains n’hésitant pas, selon ses propos, à accuser l’exécutif d’incompétence face aux difficultés économiques.

Au-delà de la question strictement financière, le Premier ministre a élargi son intervention à une critique plus globale du fonctionnement de l’État. Il a évoqué l’existence d’un système profondément enraciné, qui, selon lui, continue de freiner les réformes engagées. Ousmane Sonko affirme que ce système est encore présent dans plusieurs sphères clés, notamment au sein de l’administration, de la justice, mais aussi à la Primature et à la Présidence. Pour lui, ce réseau de résistances n’a pas encore renoncé et constitue un obstacle majeur à la transformation souhaitée par les nouvelles autorités.

Cheikh Yérim Seck : « Une rupture entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko serait politiquement contre-productive »

L’analyste politique et journaliste Cheikh Yérim Seck estime que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, ont un intérêt stratégique commun à maintenir leur collaboration au sommet de l’État. S’exprimant sur le plateau de 7TV, il a soutenu que toute rupture entre les deux hommes serait non seulement préjudiciable, mais également politiquement contre-productive pour chacun d’eux.

Selon Cheikh Yérim Seck, l’équilibre actuel du pouvoir repose sur une forme de complémentarité entre le chef de l’État et son Premier ministre, dans un contexte politique sénégalais encore marqué par une phase de recomposition. « C’est dans leur intérêt », a-t-il affirmé sans détour, avant d’ajouter qu’« une rupture n’arrange ni Sonko ni Diomaye ». Pour l’analyste, la stabilité de l’exécutif dépend largement de cette entente, qui permet à la fois de consolider l’autorité présidentielle et de préserver la cohésion de la majorité issue de la dynamique politique récente.

Abordant la question de la coalition DiomayePrésident, Cheikh Yérim Seck a toutefois exprimé des réserves quant à la capacité du président Bassirou Diomaye Faye à gouverner durablement sans s’appuyer sur un appareil politique solide et structuré. À ses yeux, cette faiblesse organisationnelle constitue un véritable défi pour le chef de l’État. « Ce sera très difficile pour le président Bassirou Diomaye Faye de gouverner sans appareil politique. Il n’a plus d’espace au sein de Pastef », a-t-il déclaré, soulignant ainsi les contraintes partisanes et institutionnelles auxquelles le président pourrait être confronté à moyen et long terme.

L’analyste s’est également penché sur le rôle confié à Aminata Touré au sein de la coalition présidentielle. Contrairement à certaines perceptions, il estime que l’ancienne Première ministre n’a pas été investie de la direction politique pleine et entière de la coalition. « La coalition n’est pas confiée à Aminata Touré. Elle est désignée superviseur en attendant que l’appareil prenne forme », a précisé Cheikh Yérim Seck, laissant entendre que cette fonction demeure transitoire et limitée dans son champ d’action.

Enfin, évoquant l’hypothèse d’un élargissement de la majorité présidentielle à d’autres formations politiques telles que le Parti démocratique sénégalais (PDS) ou l’Alliance pour la République (APR), Cheikh Yérim Seck a émis des doutes sur la capacité d’Aminata Touré à mener une telle ouverture. Selon lui, si le président Bassirou Diomaye Faye souhaite réellement engager une stratégie de rassemblement avec ces forces politiques traditionnelles, il devra s’appuyer sur une autre personnalité. « Parce que si le chef de l’État veut vraiment s’ouvrir à des forces politiques comme le PDS ou l’APR, ce n’est pas Aminata Touré qui pourra réussir cette mission », a-t-il conclu, soulignant les enjeux délicats d’un éventuel élargissement de la majorité présidentielle.

Projets législatifs en 2026 : Diomaye Faye annonce une révision constitutionnelle et des réformes majeures des institutions

À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, prononcé ce mercredi soir, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a dévoilé les grandes orientations législatives qui marqueront l’année 2026. Le chef de l’État a annoncé qu’une série de projets de loi d’envergure sera transmise à l’Assemblée nationale dès le premier trimestre de l’année prochaine, traduisant sa volonté d’engager des réformes institutionnelles profondes dès le début de son mandat.

Selon Diomaye Faye, ces textes porteront notamment sur une révision de la Constitution, mais aussi sur la mise en place ou la réforme d’institutions clés de la République. Sont concernés la Cour constitutionnelle, appelée à remplacer le Conseil constitutionnel, le Conseil supérieur de la magistrature, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi que le Code électoral. Autant de chantiers jugés structurants pour refonder l’État, renforcer l’État de droit et consolider la démocratie sénégalaise.

Le président a précisé que ces réformes s’inscriront dans une démarche progressive et cohérente, affirmant que « les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption aligné sur la durée du mandat et le rythme de la nation ». Une déclaration qui suggère une volonté d’éviter toute précipitation, tout en maintenant le cap des engagements pris devant les Sénégalais.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité des promesses de campagne de Bassirou Diomaye Faye. Durant la présidentielle, il avait notamment plaidé pour une profonde refonte de l’architecture institutionnelle du pays. Parmi les mesures phares figurait la sortie du président de la République du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une justice plus indépendante, ainsi que l’instauration d’une Vice-présidence de la République, présentée comme un mécanisme de stabilité institutionnelle et de continuité de l’action de l’État.

La réforme du système électoral et la refonte des organes chargés de son pilotage constituent également un axe central de cette nouvelle séquence politique. En annonçant une réforme de la CENI et du Code électoral, le chef de l’État entend répondre aux nombreuses critiques formulées ces dernières années sur l’organisation des scrutins et la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

Avec ces annonces, Diomaye Faye donne le ton de l’année 2026, qu’il veut placée sous le signe des réformes institutionnelles et de la transformation de l’État. Reste désormais à voir comment ces projets seront accueillis et débattus à l’Assemblée nationale, dans un contexte politique marqué par de fortes attentes sociales et démocratiques.

Guy Marius Sagna rejette les distinctions d’« homme de l’année » et réaffirme son engagement au service des populations

Le député Guy Marius Sagna a réagi publiquement aux mentions répétées de son nom dans divers classements ou distinctions le présentant comme « homme de l’année ». Dans un message publié à l’occasion du passage à la nouvelle année, le parlementaire a clairement demandé à ne plus être associé à ce type de reconnaissance, qu’il juge contraire à sa conception de l’engagement politique et citoyen.

Dans son message, Guy Marius Sagna insiste sur le fait qu’il ne recherche aucune distinction personnelle. Il affirme ne nourrir aucune ambition liée à des honneurs individuels ou à des comparaisons avec d’autres personnalités publiques. À l’inverse, il explique vouloir se consacrer exclusivement au service des populations, qu’il place au cœur de son action politique. Se définissant lui-même comme un « serviteur » et un « domestique » des peuples, le député revendique une posture d’humilité et de dévouement, loin de toute quête de reconnaissance symbolique.

Le parlementaire souligne également que son engagement ne se mesure pas à travers des trophées ou des classements, mais à l’aune du travail accompli auprès des citoyens. Il indique aspirer, chaque année, à être plus engagé et plus utile aux populations qu’il ne l’a été l’année précédente. Pour lui, l’essentiel réside dans la constance des luttes menées et dans l’impact concret des actions entreprises en faveur des droits, de la justice sociale et de la souveraineté des peuples.

En conclusion de son message, Guy Marius Sagna a adressé ses vœux pour l’année 2026. Il a exprimé le souhait que cette nouvelle année soit marquée par des « luttes et des victoires », au service de pays qu’il décrit comme souverains, justes, démocratiques et prospères. Un message qui s’inscrit dans la continuité de son discours politique, axé sur l’engagement collectif plutôt que sur la valorisation individuelle.

Emploi, formation et gouvernance locale : le modèle Sarata Sonko à l’épreuve de Kaolack

Kaolack s’apprête à franchir un cap important dans la promotion de l’emploi des jeunes. Sarata Sonko, candidate déclarée à l’investiture du parti PASTEF pour la mairie de Kaolack, a annoncé avoir sécurisé des partenariats européens en vue du lancement, dès le mois de janvier prochain, d’un ambitieux programme de formation qualifiante destiné à la jeunesse locale.

Selon la candidate, ces formations porteront sur des métiers d’avenir à forte employabilité, notamment la maçonnerie moderne, l’électricité bâtiment et la plomberie, entre autres filières techniques. L’objectif est de doter les jeunes de compétences pratiques et immédiatement valorisables sur le marché du travail, tant au niveau local qu’international.

Pour Sarata Sonko, cette initiative s’inscrit dans une vision claire et structurée du développement local.

« La formation professionnelle constitue un levier essentiel pour lutter contre le chômage et l’émigration irrégulière. Nous voulons offrir aux jeunes de Kaolack des compétences concrètes qui leur permettront de s’insérer durablement dans le monde du travail », a-t-elle déclaré.

À l’issue des formations, des attestations reconnues par les partenaires européens seront délivrées aux bénéficiaires, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités d’emploi.

Cette annonce a été faite lors d’une rencontre tenue ce mardi 30 décembre 2025, en présence d’acteurs communautaires, de jeunes et de femmes de la commune. À cette occasion, Sarata Sonko a exposé sa vision d’une gouvernance territoriale plus inclusive, transparente et orientée vers le développement durable. Elle a notamment insisté sur la nécessité de réformer la gestion des collectivités territoriales, confrontées, selon elle, à de nombreux défis structurels.

« Kaolack regorge d’énormes potentialités humaines, économiques et culturelles, mais celles-ci restent insuffisamment exploitées faute d’une gouvernance de proximité efficace », a-t-elle souligné.

Figure montante de la scène politique locale, Sarata Sonko s’est récemment illustrée sur le plan académique en terminant major de sa promotion lors d’une formation en gestion des collectivités territoriales à Paris. Une performance saluée par ses proches et plusieurs observateurs, qui y voient la confirmation de son sérieux, de sa rigueur et de sa parfaite maîtrise des enjeux de la décentralisation.

À travers ce programme de formation et son engagement en faveur de l’emploi des jeunes, Sarata Sonko entend poser les bases d’un nouveau modèle de gouvernance municipale, axé sur l’autonomisation des populations, le développement durable et la valorisation du capital humain local.

Adoption sous tension de la deuxième loi de finances rectificative 2025 : l’Assemblée nationale divisée sur la gouvernance budgétaire

Examinée dans l’urgence, la deuxième loi de finances rectificative (LFR) de l’année 2025 a été adoptée hier par l’Assemblée nationale, au terme de débats particulièrement houleux. Le vote s’est déroulé dans un climat de fortes tensions, marqué par les critiques virulentes de l’opposition sur les conditions d’examen du texte et sur la lecture que le gouvernement fait de la situation économique et financière du pays.

La présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu, Aïssata Tall Sall, a ouvert le front des critiques en dénonçant ce qu’elle considère comme un passage en force. Selon elle, les délais impartis aux députés étaient incompatibles avec un travail parlementaire sérieux. Elle a rappelé que le projet de loi, composé de 86 pages, a été transmis aux élus avant-hier à 13h04, alors même que la réunion de la commission était prévue à 15 heures. Pour l’ancienne ministre, il était matériellement impossible d’analyser un document d’une telle importance en moins de deux heures, ce qui, à ses yeux, porte atteinte à la mission constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale dévolue aux parlementaires.

Au-delà de la forme, Aïssata Tall Sall s’est longuement attardée sur le fond du texte. Adoptée en Conseil des ministres le vendredi 26 décembre 2025, cette loi de finances rectificative ne comporterait, selon elle, aucune recette exceptionnelle, contrairement aux attentes suscitées après le récent déplacement du Premier ministre à Abou Dhabi. Elle a ainsi dénoncé ce qu’elle qualifie de contre-performances budgétaires, évoquant notamment un recul des recettes fiscales, un manque à gagner sur les recettes non fiscales, ainsi qu’une baisse significative des dons, aussi bien en capital que budgétaires.

Pour la députée de l’opposition, cette diminution des dons internationaux n’est pas anodine. Elle traduirait, selon elle, une perte de crédibilité et une perception négative du pays auprès de ses partenaires. Elle a estimé que les déclarations répétées du gouvernement sur l’existence de dettes cachées auraient contribué à fragiliser la confiance des bailleurs. Pour illustrer son propos, elle a eu recours à l’image de la « gribouille », cette enfant qui, pour échapper à la pluie, se jette dans le fleuve, afin de dénoncer une communication gouvernementale qu’elle juge maladroite et contre-productive.

Autre point de crispation soulevé par la présidente du groupe Takku-Wallu, le recours fréquent aux décrets. Elle a indiqué que cinq textes auraient été adoptés en seulement trois mois, un rythme qu’elle estime excessif et qui, selon elle, appelle une interpellation collective sur le respect de l’esprit du débat démocratique et du rôle du Parlement.

Face à ces attaques, la majorité parlementaire a fermement défendu la démarche du gouvernement. Le député Ayib Selim Daffé a rappelé que l’article 47 de la loi organique relative aux lois de finances prévoit explicitement le dépôt d’une loi de finances rectificative lorsque les équilibres budgétaires initiaux sont bouleversés. Il a souligné que la LFR traduit une hausse globale des recettes de 12,5 %, soit 484 milliards de francs CFA supplémentaires par rapport à 2024. Selon lui, le gouvernement a fait le choix de la transparence, de la sincérité budgétaire et de la rigueur, une approche qu’il a opposée aux pratiques passées, évoquant des emprunts contractés sans autorisation parlementaire.

Dans le camp de la majorité, la députée Béatrice Germaine Tening Faye a, pour sa part, insisté sur l’importance de renforcer l’évaluation des politiques publiques afin de mieux mesurer l’impact réel des dépenses de l’État. Une autre élue du parti Pasteef a formulé plusieurs recommandations axées sur la transparence budgétaire, la priorisation des investissements dans les secteurs clés comme les infrastructures, l’éducation et la santé, l’optimisation de la fiscalité, une gestion prudente de la dette et une implication accrue des acteurs locaux dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Des interrogations techniques ont également émergé au cours des débats. Le député Tafsir Thioye a attiré l’attention sur l’évolution du principal des emplois intérieurs, passé de 151 milliards de francs CFA dans la loi de finances initiale à 850 milliards dans la LFR. Il s’est interrogé sur la nature de ces montants et sur leur éventuelle intégration dans la dette bancaire, appelant à des clarifications afin de permettre aux citoyens de mieux comprendre la gestion des finances publiques.

Enfin, plusieurs députés, dont Thierno Alassane Sall, ont profité des discussions pour rappeler l’attente persistante de près de 16 000 fonctionnaires concernant le paiement de l’indemnité de logement. Ils ont souligné qu’il s’agit d’un engagement de l’État qui tarde à se concrétiser et qui continue de susciter frustration et incompréhension au sein de la fonction publique.

Affaire Prodac : Pape Malick Ndour contre-attaque et prépare une demande de liberté provisoire

Entendu longuement, hier, par le Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF), Pape Malick Ndour a opté pour une stratégie de contre-offensive judiciaire. Selon L’Observateur, l’ancien coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) a versé au dossier une série de justificatifs et d’éléments de preuve destinés, selon sa défense, à déconstruire méthodiquement les accusations portées contre lui. Cette audition au fond, qualifiée de décisive par ses conseils, ouvre désormais la voie au dépôt imminent d’une demande de liberté provisoire.

Inculpé depuis le 7 novembre 2025 pour association de malfaiteurs, complicité de détournement de deniers publics portant sur plus de 2,7 milliards de francs CFA et blanchiment de capitaux, l’ex-ministre de la Jeunesse a été interrogé pendant près de quatre heures, de 10 heures à presque 14 heures. Une audition marathon au cours de laquelle, d’après ses avocats, il a répondu point par point aux questions du Collège des juges d’instruction du PJF.

Cité par L’Observateur, Me Oumar Youm, membre du pool d’avocats de Pape Malick Ndour, affirme que son client s’est expliqué « avec précision, objectivité, pertinence et clarté ». L’un des points centraux des échanges a porté sur une lettre que l’accusation assimile à une instruction de mainlevée d’une garantie de cautionnement. Une interprétation que la défense conteste vigoureusement. Pour Me Youm, il ne s’agissait nullement d’un ordre, mais d’« une simple demande d’explication et de clarification », inscrite dans une démarche de transparence administrative.

Toujours selon le quotidien, Pape Malick Ndour a également produit des pièces justificatives relatives aux acquisitions de matériels et aux paiements effectués dans le cadre du Prodac. La défense soutient que l’ensemble des opérations a été conduit dans le strict respect des règles en vigueur. Elle insiste par ailleurs sur le fait qu’aucune des parties impliquées dans le projet — ni Green 2000, l’entreprise israélienne chargée des travaux, ni Locafrique, la structure en charge des paiements — n’a, à ce jour, formulé de plainte pour malversation ou irrégularité financière.

S’agissant du montant au cœur du dossier, estimé à 2,7 milliards de francs CFA, Me Oumar Youm est catégorique : « Le paiement n’a pas été effectué par Pape Malick Ndour, mais par Locafrique, un organisme privé mandaté par l’État du Sénégal ». Selon l’avocat, le rôle de son client s’est limité à la transmission de documents commerciaux attestant de la régularité des prestations fournies par Green 2000, des éléments qui auraient été intégralement mis à la disposition de la Justice.

Interrogé par le président du Collège des juges d’instruction, Idrissa Diarra, ainsi que par un substitut du parquet financier, sur un paiement de 40 millions de francs CFA, l’ancien ministre a nié avoir donné le moindre ordre de paiement. Il affirme avoir simplement sollicité des documents relatifs à une opération antérieure à sa prise de fonction à la tête du Prodac. Concernant les 2,7 milliards de francs CFA, il a soutenu que toutes les pièces justificatives ont été produites, allant jusqu’à recommander aux magistrats de vérifier la traçabilité du matériel auprès du Port autonome de Dakar et des services des Douanes, rappelant que le Prodac bénéficiait d’une exonération douanière.

Clôture des travaux parlementaires : El Malick Ndiaye appelle à la responsabilité et à l’unité nationale

À l’occasion de la clôture des travaux parlementaires de fin d’année, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a adressé un message solennel à la Nation, aux députés ainsi qu’aux membres du gouvernement. Cette allocution, prononcée dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et institutionnelles, a été empreinte de gravité, de responsabilité et d’un profond esprit de rassemblement.

S’adressant d’abord au peuple sénégalais dans son ensemble, le président de l’institution parlementaire a formulé des vœux de paix, de santé, de stabilité et de prospérité partagée. Il a exprimé l’espoir que l’année 2026 s’ouvre sous le signe de l’espérance, de la cohésion nationale et du progrès collectif. Pour El Malick Ndiaye, les défis auxquels le pays est confronté appellent à une mobilisation accrue de toutes les forces vives de la Nation, dans un climat apaisé et constructif.

Dans son message, le président de l’Assemblée nationale a également interpellé les députés et les membres du gouvernement sur la portée de leur mission. Il a insisté sur la nécessité, pour les représentants du peuple et les responsables de l’exécutif, de rester fidèles à leur engagement fondamental : servir le Sénégal et les Sénégalais avec dignité, responsabilité et un sens élevé du devoir. Selon lui, l’action publique doit continuer de s’appuyer sur des valeurs fortes, notamment l’intégrité, le patriotisme et le respect des principes républicains.

El Malick Ndiaye a rappelé que l’engagement au service de la Nation ne saurait se concevoir en dehors d’un esprit de dialogue et de respect mutuel. Il a souligné l’importance de privilégier l’intérêt général dans toutes les décisions, estimant que la confiance des citoyens envers les institutions dépend largement de la capacité des acteurs publics à travailler ensemble, dans la transparence et la solidarité. À ses yeux, le Parlement demeure un espace central de débat démocratique et de construction du consensus national.

« Que 2026 soit portée par notre volonté commune de servir le Sénégal avec responsabilité », a-t-il déclaré, lançant un appel clair à l’action collective. Il a invité l’ensemble des acteurs politiques et institutionnels à renforcer la solidarité nationale et à consolider la confiance dans les institutions, afin de répondre efficacement aux aspirations légitimes des populations.

Au terme de son allocution, le président de l’Assemblée nationale a proposé la levée de la séance, marquant ainsi la fin des travaux parlementaires de l’année. Cette clôture s’est faite sur une note d’unité et de projection vers l’avenir, avec l’ambition affirmée de bâtir, ensemble, un Sénégal plus juste, plus stable et résolument tourné vers le progrès.

Cheikh Diba défend la transparence budgétaire et justifie une seconde loi de finances rectificative

Devant les députés, ce matin, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des clarifications détaillées sur la situation budgétaire du Sénégal et les motivations ayant conduit le gouvernement à présenter une seconde loi de finances rectificative. Une intervention marquée par la volonté d’écarter toute interprétation alarmiste et de réaffirmer l’option de la transparence dans la gestion des finances publiques.

S’agissant des recettes fiscales, évaluées à 137 milliards de francs CFA, le ministre a formellement rejeté l’idée d’une contre-performance. Il a insisté sur la dynamique positive des recouvrements, soulignant qu’en glissement annuel, les recettes enregistrent une progression de plus de 11 % par rapport à 2024. Pour Cheikh Diba, ces chiffres traduisent non seulement la résilience de l’économie nationale, mais aussi l’efficacité des dispositifs de mobilisation des ressources internes mis en place par l’administration fiscale.

Le ministre a également tenu à défendre l’image du Sénégal sur la scène internationale, mise en débat ces dernières semaines. Selon lui, « l’image du Sénégal n’est pas écornée », bien au contraire. Il a rappelé que la relance de la coopération avec le Fonds monétaire international (FMI) découle d’un « travail inédit de transparence » engagé par les autorités. Cette démarche, a-t-il expliqué, vise à asseoir la crédibilité du pays auprès de ses partenaires techniques et financiers en fournissant une information claire et exhaustive sur l’état réel des finances publiques.

Cheikh Diba est aussi revenu sur les conséquences budgétaires du remaniement ministériel intervenu en septembre. Ce réaménagement de l’équipe gouvernementale a entraîné, selon lui, d’importantes réorganisations au niveau institutionnel. Des changements de périmètres ministériels ont été opérés et des décrets de transfert sont intervenus pour tenir compte des nouvelles attributions. Ces ajustements ont nécessité une redistribution des crédits et des programmes entre plusieurs ministères afin d’assurer la cohérence de l’action publique et l’alignement des ressources sur les nouvelles priorités gouvernementales.

Dans le même esprit, le ministre a souligné le travail conséquent réalisé dans le cadre des décrets d’avances. Il a indiqué que des réajustements ont été effectués pour répondre à certaines urgences, tout en veillant scrupuleusement à la préservation de l’équilibre budgétaire. Cette gestion, a-t-il précisé, s’est faite dans le respect des principes de prudence et de soutenabilité des finances publiques.

Sur le plan juridique, Cheikh Diba a tenu à lever toute ambiguïté. Le gouvernement, a-t-il affirmé, n’était pas légalement tenu de présenter une loi de finances rectificative. Le choix de le faire relève avant tout d’une démarche volontaire. « Nous avons voulu faire ce travail pour renforcer la crédibilité avec le parlement », a-t-il expliqué, insistant sur le caractère opportun et responsable de cette initiative. Pour le ministre, il s’agit d’un acte de respect à l’égard de l’institution parlementaire et d’un signal fort en faveur de la bonne gouvernance.

Au final, cette seconde loi de finances rectificative s’inscrit, selon Cheikh Diba, dans une logique de dialogue constructif avec les députés et de consolidation de la confiance entre l’exécutif et le législatif. Une démarche qui, au-delà des chiffres, vise à ancrer durablement la transparence et la redevabilité au cœur de la gestion des finances publiques du Sénégal.

Affaire Prodac : Pape Malick Ndour de nouveau auditionné au PJF, maintenu sous contrôle judiciaire

Convoqué ce jour au Pool judiciaire financier (PJF), l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a été une nouvelle fois auditionné par les enquêteurs dans le cadre de l’instruction en cours. À l’issue de cette comparution, il a regagné son domicile en homme libre, tout en demeurant soumis au contrôle judiciaire assorti du port d’un bracelet électronique.

Au cœur de ce dossier figure un rapport d’expertise établi par le cabinet ADR, à la demande du PJF, en janvier 2025. Ce document met en lumière des irrégularités financières estimées entre 2,2 et 2,7 milliards de francs CFA. Les experts y relèvent notamment des paiements jugés non justifiés ainsi que des retenues de garantie évaluées à environ 40 millions de francs CFA, éléments qui alimentent les soupçons de mauvaise gestion de fonds publics.

Ce n’est pas la première fois que Pape Malick Ndour est entendu par la justice dans cette affaire. Déjà auditionné le 7 novembre dernier, l’ancien coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac) avait été inculpé pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux. À la suite de cette inculpation, il avait été placé sous contrôle judiciaire, avec l’obligation de porter un bracelet électronique.

Malgré la gravité des accusations, Pape Malick Ndour continue de contester fermement l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. L’ancien ministre, qui a servi sous le régime de Macky Sall, clame son innocence et affirme sa volonté de coopérer pleinement avec la justice afin, dit-il, de faire toute la lumière sur cette affaire.

L’instruction se poursuit au niveau du Pool judiciaire financier, où les magistrats s’appuient sur les résultats de l’expertise et les auditions successives pour établir les responsabilités éventuelles. En attendant l’issue de la procédure, Pape Malick Ndour reste soumis aux mesures restrictives décidées par la justice, dans un dossier suivi de près par l’opinion publique en raison des montants en jeu et de la qualité des personnes mises en cause.

Passy : Moussa Balla annonce une mobilisation pour l’accueil du Premier ministre

Passy — Moussa Balla, président du Groupement d’intérêt économique (GIE) Doolel Chauffeurs Xar Katou Mat du département de Foundiougne, a annoncé une forte mobilisation en vue de réserver un accueil chaleureux au Premier ministre, Ousmane Sonko, attendu ce jeudi à Passy à l’occasion des Journées culturelles de la localité.

Chauffeur de profession et militant engagé de la première heure, Moussa Balla a exprimé sa volonté de contribuer activement à la réussite de cette visite officielle, qu’il qualifie d’historique pour la commune.

Dans ce cadre, il prévoit la mise à disposition d’une vingtaine de cars afin d’assurer le transport et l’accompagnement des différentes activités inscrites au programme de l’événement.

Se présentant comme un fidèle soutien du chef du gouvernement, le président du GIE réaffirme ainsi son engagement politique et sa disponibilité à œuvrer pour le plein succès de la visite du Premier ministre à Passy.

LFR2 2025 : un budget de fin d’exercice sous tension, entre ajustements prudents et interrogations de gouvernance

Examinée et adoptée à la majorité par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire le 29 décembre 2025, la seconde loi de finances rectificative (LFR2) pour l’année 2025 est désormais soumise à l’examen de la plénière de l’Assemblée nationale. Loin d’un simple exercice technique de fin d’année, ce texte s’impose comme un révélateur des fragilités structurelles des finances publiques sénégalaises, dans un contexte marqué par un ralentissement économique, une contraction des recettes et des mutations institutionnelles importantes. Il cristallise ainsi des enjeux majeurs liés à la sincérité budgétaire, à la qualité de la planification et à la crédibilité de la trajectoire financière de l’État.

L’environnement macroéconomique dans lequel s’inscrit cette LFR2 demeure contrasté. Sur le plan international, les perspectives restent empreintes d’incertitudes. Le Fonds monétaire international table sur une croissance mondiale de 3,2 % en 2025, mais cette dynamique reste fragile, exposée aux tensions commerciales persistantes, au durcissement des politiques monétaires dans les grandes économies et aux effets de plus en plus visibles des risques climatiques. En Afrique subsaharienne, la croissance apparaît plus résiliente, estimée à 4,1 %, tandis que l’espace UEMOA affiche un dynamisme supérieur, avec un taux de croissance du PIB réel évalué à 5,9 %, selon les données avancées dans l’exposé des motifs.

Au niveau national, ces tendances se traduisent par une révision à la baisse de la croissance économique. Le taux de croissance du PIB sénégalais pour 2025 est désormais fixé à 7,8 %, contre 8,8 % initialement projeté. Cette correction est principalement imputable à un ajustement dans le secteur des hydrocarbures, dont les performances ont été revues à la baisse. Hors hydrocarbures, la croissance est estimée à 3,8 %, un niveau modeste au regard des besoins de transformation structurelle de l’économie. Cette révision n’est pas sans conséquences sur les équilibres budgétaires, en particulier sur la mobilisation des recettes.

La baisse des recettes constitue d’ailleurs le premier enjeu central de cette seconde loi de finances rectificative. Les recettes budgétaires sont revues à la baisse de 137,8 milliards de FCFA, affectant aussi bien les ressources internes que les financements extérieurs. Face à cette contraction, le Gouvernement a procédé à un ajustement à la baisse des dépenses afin de préserver l’équilibre global du budget. Les recettes du budget général sont désormais arrêtées à 4 531,1 milliards de FCFA, tandis que les dépenses atteignent 6 227 milliards de FCFA. Les comptes spéciaux du Trésor, quant à eux, demeurent stables, avec 215,4 milliards de FCFA aussi bien en recettes qu’en dépenses. Si l’exécutif met en avant une gestion prudente et responsable, cette situation met en lumière la forte sensibilité des finances publiques aux chocs exogènes et aux hypothèses de croissance parfois jugées optimistes par certains observateurs.

Les débats autour de la LFR2 ont également été marqués par la question sensible du recours aux décrets d’avance. Le texte prévoit la ratification de cinq décrets d’avance, pour un montant cumulé de 213,4 milliards de FCFA, pris afin de faire face à des situations qualifiées d’urgentes ou d’intérêt national. Ces mesures ont notamment concerné le fonds de calamités et imprévus, l’achèvement de la polyclinique de l’Hôpital principal de Dakar, des programmes d’équipement des forces de défense et de sécurité, ainsi que des projets structurants dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Si le Gouvernement justifie ce recours par l’urgence et la nécessité de continuité de l’action publique, plusieurs commissaires ont exprimé leurs réserves, estimant qu’un usage répété de cet instrument exceptionnel pourrait fragiliser le principe de sincérité budgétaire et révéler des insuffisances dans la planification initiale des dépenses.

La LFR2 intègre par ailleurs des dépenses supplémentaires évaluées à 56,8 milliards de FCFA, présentées comme incompressibles. Ces charges concernent notamment le paiement des salaires de la SONAGED et les prestations de nettoiement, le complément des bourses des étudiants, le règlement de dettes liées aux universités, la construction de résidences universitaires dans le cadre des Jeux olympiques de la jeunesse de 2026, la prise de participation de l’État dans l’Africa Finance Corporation, ainsi que le renforcement de l’alimentation des forces de défense et de sécurité. Ces arbitrages illustrent la pression croissante des charges sociales, éducatives et sécuritaires sur un budget déjà fortement contraint, limitant les marges de manœuvre de l’État.

Sur le plan institutionnel, la loi de finances rectificative vise également à aligner le budget sur la nouvelle architecture gouvernementale issue du remaniement du 6 septembre 2025. La fusion de certains ministères, la création de nouveaux départements et la réaffectation de plusieurs structures administratives ont rendu nécessaires des transferts de crédits afin de garantir la cohérence et la continuité de l’action publique. Cet ajustement, bien que technique en apparence, reflète les impacts budgétaires directs des choix politiques et organisationnels opérés au sommet de l’État.

Infrastructures routières dans le nord : Abdou Karim Sall interpelle le ministre Cheikh Diba sur l’avenir des projets du Dandé Mayo

Lors de l’examen de la seconde loi de finances rectificative à l’Assemblée nationale, le député Abdou Karim Sall a vivement interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur l’état d’avancement des travaux d’infrastructures routières dans le Dandé Mayo et, plus largement, dans la zone nord du Sénégal. Une intervention marquée par des préoccupations fortes sur le sort des projets annoncés sous le régime précédent et sur la dégradation avancée de certaines routes.

Prenant la parole devant l’hémicycle, le parlementaire a d’abord rappelé les engagements publics pris lors de l’inauguration de l’autopont par l’ancien ministre des Infrastructures, Mansour Faye. À cette occasion, avait-il souligné, il avait été clairement annoncé que les travaux de construction de routes ainsi que de trois ponts dans la zone devaient démarrer de manière imminente. Or, plusieurs mois après ces annonces, les populations du Dandé Mayo attendent toujours de voir ces promesses se concrétiser sur le terrain.

Abdou Karim Sall a ensuite élargi son propos en revenant sur les engagements pris en 2021 par l’ancien président de la République, Macky Sall, dans le cadre du désenclavement du Dandé Mayo. Ce programme prévoyait notamment la construction de 240 kilomètres de routes et de 55 kilomètres de pistes, un chantier d’envergure censé améliorer la mobilité des populations, stimuler les activités économiques locales et renforcer l’intégration territoriale de cette partie du pays. « Monsieur le ministre, où en êtes-vous avec ces projets ? », a-t-il lancé, cherchant à savoir si ces initiatives figurent toujours parmi les priorités du nouveau pouvoir dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye.

Le député n’a pas dissimulé son inquiétude face à ce qu’il perçoit comme un possible ralentissement, voire un abandon, de certains projets hérités du régime précédent. Il a particulièrement insisté sur l’état préoccupant de plusieurs axes routiers dans le nord du pays. « Certaines routes dans le nord sont catastrophiques. Elles méritent d’être reconstruites le plus rapidement possible », a-t-il martelé, estimant que la situation actuelle pénalise lourdement les populations et entrave le développement économique de la zone.

Pour clore son intervention, Abdou Karim Sall a attiré l’attention du ministre Cheikh Diba sur une autre préoccupation majeure des populations locales : l’accès à l’eau potable. Il a souligné que, dans certaines localités du nord, cette question demeure un défi quotidien, appelant l’État à apporter des réponses urgentes et durables.

Moustapha Ka prend les rênes de l’OFNAC sous le signe de l’intérêt général et de la responsabilité républicaine

Nommé président de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), Moustapha Ka a officiellement pris fonction en affichant une ligne de conduite claire : servir l’intérêt général et assumer pleinement la responsabilité républicaine qui s’attache à la mission de l’institution. Dans un discours à la fois sobre et solennel, le nouveau président a tenu à mesurer la portée de la confiance placée en lui par le président de la République, tout en rappelant la singularité de l’OFNAC, une structure née d’une exigence citoyenne profonde de justice, d’équité et de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Dès l’entame de son propos, Moustapha Ka a rendu un hommage appuyé à son prédécesseur, Serigne Bassirou Gueye, qu’il a présenté comme un collègue respecté et un compagnon de parcours. Il a salué le travail accompli sous son magistère, soulignant que l’OFNAC a, au fil des années, consolidé ses bases institutionnelles, renforcé sa crédibilité auprès des citoyens et obtenu des résultats significatifs dans la prévention et la détection des pratiques de corruption. Un bilan d’autant plus méritoire, a-t-il reconnu, que ces actions ont souvent été menées dans un contexte exigeant, parfois marqué par des attentes fortes et des pressions diverses. Ce succès, Moustapha Ka l’a attribué à un effort collectif, mettant en avant l’engagement des membres sortants, des cadres et de l’ensemble du personnel de l’Office, qu’il a qualifiés de « gardiens silencieux de l’intégrité ».

Fort d’une longue carrière dans la magistrature et d’une implication dès la création de l’OFNAC en 2012, le nouveau président a insisté sur sa connaissance approfondie de l’institution, de son fonctionnement et de ses défis. Cette familiarité, a-t-il expliqué, lui impose une approche lucide et mesurée. Refusant toute tentation de précipitation, Moustapha Ka a affirmé que la lutte contre la corruption ne saurait se réduire à des actions spectaculaires ou ponctuelles, mais qu’elle se construit dans la durée, à travers la méthode, l’exemplarité et l’intelligence collective. Pour lui, l’efficacité repose autant sur la rigueur des procédures que sur la cohérence de l’action institutionnelle.

Au cœur de sa vision figure la prévention, qu’il considère comme le levier le plus durable et le plus efficace dans la lutte contre la corruption publique. Il a particulièrement insisté sur l’importance de l’éducation citoyenne, appelant à un investissement accru dans les universités, les écoles et les centres de formation afin d’ancrer, dès le plus jeune âge, une culture de l’intégrité et de la responsabilité. Selon lui, la sensibilisation et la formation constituent des remparts essentiels contre les dérives, en contribuant à façonner des comportements éthiques et à renforcer la vigilance collective.

Rapport ITIE 2024 : Gueum Sa Bopp saisit le Pôle Judiciaire Financier pour des manquements graves dans la gestion des ressources extractives

Le mouvement « Les Jambaars » dénonce des écarts financiers, une opacité autour de Sangomar et des pratiques comptables contraires à la sincérité budgétaire, engageant la responsabilité de hauts responsables de l’État

Gueum Sa Bopp, « Les Jambaars », informe l’opinion nationale et internationale de sa décision de saisir le Pôle Judiciaire Financier (PJF), ce mardi à 11 heures, sur la base des constats graves, précis et officiellement validés contenus dans le Rapport ITIE 2024, document public endossé par l’État du Sénégal.

Ce rapport, censé garantir la transparence dans la gestion des ressources extractives, met en lumière des manquements systémiques qui engagent directement la responsabilité politique, administrative et institutionnelle de l’État, au plus haut niveau de l’exécutif.

La plainte annoncée vise, au regard de leurs attributions respectives, la responsabilité de :

Monsieur Ousmane Sonko, Premier ministre, chef du Gouvernement, garant de la cohérence et de la sincérité de l’action gouvernementale ;

Monsieur Biram Souley Diop, Ministre des Mines et de l’Énergie, autorité de tutelle directe du secteur extractif ;

Monsieur Talla Guèye, Directeur général de PETROSEN, bras opérationnel de l’État dans la gestion pétrolière et gazière.

Il ne s’agit ni de procès politique, ni d’acharnement personnel, mais de l’exercice d’un droit citoyen face à des faits documentés, que seule la justice est habilitée à qualifier.

UNE TRANSPARENCE PARTIELLE QUI ENGAGE LA RESPONSABILITÉ DE L’ÉTAT

Le Rapport ITIE 2024 reconnaît que le rapprochement des revenus extractifs pour l’année 2024 n’a couvert que 91,89 % des flux, laissant subsister un écart non réconcilié de 2,48 milliards FCFA (section 1.3, pp. 24–25).

Si cet écart est qualifié de « non significatif » au sens technique de la Norme ITIE, il est politiquement, financièrement et juridiquement significatif.
Aucun État sérieux ne peut banaliser la disparition comptable de plusieurs milliards de francs CFA dans un secteur aussi stratégique.

Plus grave encore, 7 % des paiements déclarés proviennent de formulaires non certifiés, en violation flagrante des exigences minimales de fiabilité.
Cette tolérance institutionnelle pose une question centrale : qui garantit la rigueur lorsque l’État lui-même l’abandonne ?

SANGOMAR : UNE DÉFAILLANCE MAJEURE DE GOUVERNANCE PÉTROLIÈRE

Le champ pétrolier de Sangomar incarne l’un des manquements les plus graves révélés par le Rapport ITIE 2024.

Alors que la production pétrolière a officiellement démarré en juin 2024, le rapport établit que la part de production revenant à l’État sénégalais n’a été retracée dans aucune déclaration pour l’année 2024 (section 1.2.2, pp. 19–20).

Les incohérences entre les données fournies par PETROSEN et Woodside Energy, notamment sur les volumes de Profit Oil, renforcent cette opacité.

Plus troublant encore, les recettes issues de cette production n’apparaissent qu’en 2025, alors même que la commercialisation est intervenue en 2024.
Comment un État producteur de pétrole peut-il être incapable de retracer sa propre part de production l’année même de son extraction ?

Ce silence comptable constitue une faille grave de gouvernance, susceptible de qualification pénale.

DES PRATIQUES COMPTABLES CONTRAIRES À LA SINCÉRITÉ BUDGÉTAIRE

Le Rapport ITIE 2024 confirme une pratique déjà dénoncée par la Cour des Comptes :
des paiements effectués par Woodside en 2024 ont été encaissés en 2024, mais comptabilisés en 2023 (section 1.2.1, p. 17).

Cette manipulation des exercices budgétaires porte atteinte au principe fondamental de sincérité des comptes publics et alimente légitimement le soupçon d’une gestion opportuniste des chiffres de l’État.

CADASTRE MINIER : UNE OPACITÉ LOURDE DE CONSÉQUENCES

Le cadastre minier arrêté au 31 décembre 2024 est jugé incomplet, incapable d’identifier clairement l’ensemble des titres, renouvellements et transferts (section 1.4, p. 26).

Cette opacité fragilise la sécurité juridique, nourrit les conflits fonciers et ouvre la voie à des pratiques contraires à l’intérêt général.
Dans un pays où le foncier est un sujet explosif, ce n’est plus une faiblesse administrative, mais un manquement grave à l’obligation de transparence.

BÉNÉFICIAIRES EFFECTIFS : UNE TRANSPARENCE INACHEVÉE

Malgré l’existence formelle d’un registre des bénéficiaires effectifs, le Rapport ITIE 2024 souligne l’absence d’informations essentielles : pourcentages de détention, modalités de contrôle, identification des personnes politiquement exposées (Exigence 2.5).

Cette carence affaiblit directement la lutte contre les conflits d’intérêts et la corruption dans le secteur extractif.

DES RECOMMANDATIONS RÉPÉTÉES, UNE INACTION PERSISTANTE

Année après année, les mêmes recommandations reviennent (chapitre 8) :

fiabilisation des déclarations,

traçabilité des revenus pétroliers,

complétude du cadastre,

transparence sur les bénéficiaires effectifs.

Tout est connu. Tout est documenté.
Mais rien n’est structurellement corrigé.

À ce stade, il ne s’agit plus d’un déficit de capacité, mais d’un déficit manifeste de volonté politique.

SAISINE DU PÔLE JUDICIAIRE FINANCIER

Face à la gravité, à la répétition et au caractère officiel de ces manquements,
Gueum Sa Bopp « Les Jambaars » annonce le dépôt d’une plainte devant le Pôle Judiciaire Financier, le Rapport ITIE 2024 étant produit comme pièce centrale.

La transparence ne se proclame pas.
Elle se démontre, chiffres à l’appui et comptes à l’équilibre.

Aujourd’hui, le propre rapport de l’État démontre que des corrections urgentes s’imposent, sous le contrôle de la justice.

Mouvement Gueum Sa Bopp « Les Jambaars »
Fait à Dakar, le 29 décembre 2025

Assemblée nationale : une plénière exceptionnelle convoquée pour examiner la seconde loi de finances rectificative 2025

Les députés de la 15e législature sont convoqués à une séance plénière exceptionnelle ce mardi 30 décembre 2025 à partir de 10 heures, à l’Assemblée nationale. Cette rencontre parlementaire de fin d’année sera exclusivement consacrée à l’examen du Projet de loi n°25/2025 portant seconde loi de finances rectificative pour l’année 2025, un texte stratégique qui vise à ajuster le budget de l’État à la lumière de l’exécution budgétaire en cours.

Cette initiative gouvernementale intervient dans un contexte de clôture de l’exercice budgétaire, période durant laquelle l’État procède traditionnellement à des réajustements afin de tenir compte des réalités économiques, financières et sociales constatées au fil de l’année. La seconde loi de finances rectificative a pour objectif principal d’actualiser certaines prévisions, de réorienter des crédits et d’intégrer de nouvelles priorités apparues en cours d’exercice.

Le projet de loi sera défendu en séance par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, qui présentera aux députés les motivations, les grandes lignes et les implications financières de ces ajustements. Il devra notamment expliquer les choix opérés par le gouvernement, tant en matière de recettes que de dépenses, ainsi que les mesures envisagées pour assurer l’équilibre budgétaire et la soutenabilité des finances publiques.

Selon les usages parlementaires, cette séance donnera lieu à un débat entre la majorité et l’opposition, chaque camp étant appelé à apprécier la pertinence des réaménagements proposés. Les échanges devraient porter sur la gestion des ressources publiques, le financement des secteurs prioritaires, l’impact des ajustements sur les politiques sociales et économiques, ainsi que sur la trajectoire globale des finances de l’État.

Awalé lance la campagne nationale “Cap sur 1 000 Jambaar” pour renforcer son ancrage territorial et sa base militante

Le Parti Awalé, dirigé par le ministre Abdourahmane Diouf, a officiellement donné le coup d’envoi de sa campagne nationale de mobilisation baptisée « Cap sur 1 000 Jambaar ». Cette initiative ambitieuse vise la vente de 1 000 cartes de membre dans chacune des communes du Sénégal ainsi qu’au sein de la diaspora, en perspective du congrès du parti prévu au premier semestre de l’année 2026.

Lancée ce dimanche 28 décembre 2025, la campagne marque une étape stratégique majeure dans le processus de structuration et de consolidation organisationnelle du parti. Sous l’impulsion de son leader, Abdourahmane Diouf, Awalé entend renforcer durablement son implantation sur l’ensemble du territoire national, tout en accroissant sa capacité d’action politique au service du projet porté par la coalition DiomayePrésident.

Selon les responsables du parti, la vente massive de cartes de membre constitue le socle fondamental de l’édification d’Awalé. Elle ne se limite pas à un simple acte administratif, mais s’inscrit dans une dynamique d’engagement politique formel des militants. L’objectif est à la fois d’élargir la base militante, de structurer les forces du parti à la base et de mieux répondre aux attentes des populations, aussi bien au niveau local que national.

Dans cette optique, toutes les structures du parti sont appelées à se mobiliser pleinement. Les délégations territoriales, départementales et communales sont invitées à s’engager activement pour l’atteinte des objectifs fixés. L’opération est conduite conformément aux orientations du président du parti, sous la supervision du délégué général, avec l’appui des délégués nationaux en charge de la structuration, des élections, des femmes et de la jeunesse, afin d’assurer une mobilisation inclusive et efficace.

Des quotas de cartes ont été établis sur la base du poids électoral de chaque département. La responsabilité revient aux coordonnateurs départementaux de veiller à une répartition équitable entre les différentes communes, dans une logique de cohérence organisationnelle et de structuration durable, tant au niveau national que dans la diaspora, considérée comme un levier stratégique de mobilisation et d’influence politique.

Afin de garantir le suivi rigoureux et l’efficacité de cette vaste opération, un comité mixte de suivi a été mis en place. Sa mission consiste à coordonner les modalités pratiques de la campagne, à accompagner les structures locales et à évaluer régulièrement l’état d’avancement des objectifs sur le terrain, en vue d’apporter, si nécessaire, des ajustements stratégiques.

PRP : Ibrahima Ndiaye brise le silence après son limogeage et annonce une prochaine prise de parole

Ibrahima Ndiaye a réagi pour la première fois après son limogeage du Parti républicain populaire (PRP). Joint par L’Observateur, l’ancien secrétaire national chargé des finances et de la logistique s’est montré mesuré et réservé, refusant d’entrer dans la polémique dans l’immédiat. « Je prends acte par rapport à leur décision. Pour le moment, pas de commentaire. J’ai déjà dit ce que j’avais à dire. Je donne rendez-vous pour très prochainement », a-t-il déclaré, laissant entendre qu’il s’exprimera plus longuement dans les jours à venir.

Le limogeage d’Ibrahima Ndiaye a été officialisé par le secrétaire général du PRP, Déthié Fall, à travers un communiqué rendu public. Dans ce document, la direction du parti explique sa décision par des prises de position publiques jugées contraires à la ligne politique de la formation. En cause, des propos critiques à l’endroit du régime en place, tenus par l’intéressé le dimanche dernier sur le plateau de l’émission Le Grand Jury diffusée sur la RFM.

Selon le communiqué du PRP, ces déclarations sont considérées comme incompatibles avec les orientations et la discipline interne du parti. La direction estime que de telles sorties médiatiques ne peuvent être tolérées de la part d’un responsable occupant des fonctions stratégiques, notamment en charge des finances et de la logistique, des postes sensibles au sein de l’appareil politique.

Ce limogeage intervient dans un contexte politique marqué par des repositionnements et des débats internes au sein des partis de l’opposition, à l’approche d’échéances importantes. Le silence observé pour l’instant par Ibrahima Ndiaye, assorti de l’annonce d’une future prise de parole, alimente déjà les spéculations sur la suite de son engagement politique et sur d’éventuelles révélations à venir.

Contrôle parlementaire : Guy Marius Sagna interpelle le gouvernement sur l’éducation, la gouvernance et la protection de l’enfance

Dans l’exercice de sa mission constitutionnelle de contrôle de l’action publique, le député Guy Marius Sagna a annoncé avoir adressé huit questions écrites au gouvernement. Ces interpellations couvrent des domaines aussi stratégiques que l’éducation, la fonction publique, la gouvernance des institutions, la valorisation du patrimoine intellectuel national, la protection de la petite enfance ainsi que la défense et la jeunesse. À travers ces démarches, le parlementaire entend attirer l’attention des autorités sur des dysfonctionnements persistants et des préoccupations citoyennes majeures.

Sur le plan de l’éducation et de la formation, Guy Marius Sagna dénonce la non-publication des arrêtés d’admission au Certificat d’aptitude pédagogique (CAP) des maîtres contractuels. Cette situation, selon lui, bloque l’évolution professionnelle de nombreux enseignants qui remplissent pourtant les conditions requises. Il estime que ce retard administratif porte atteinte à leurs droits et affecte, par ricochet, la qualité du système éducatif. Le député interpelle également le ministre de l’Éducation nationale sur l’absence de professeur d’allemand au Collège d’enseignement moyen (CEM) et au lycée de Coubanao. Depuis la rentrée scolaire, cette carence prive les élèves d’un enseignement essentiel, compromettant ainsi l’égalité des chances entre établissements.

La question des salaires et de la fonction publique figure aussi parmi ses préoccupations. Le parlementaire attire l’attention du gouvernement sur la situation de la promotion 2021 des agents d’appui des eaux et forêts, recrutés dans le cadre du programme emploi des jeunes. Ces agents cumuleraient entre un et neuf mois d’arriérés de salaire, une situation qu’il juge inacceptable pour des travailleurs engagés au service de l’État. Il demande des explications claires sur l’origine de ces retards et des garanties fermes quant au paiement intégral des sommes dues.

En matière de gouvernance et de transparence, Guy Marius Sagna s’intéresse particulièrement à la gestion de l’Autorité de régulation des télécommunications et des Postes (ARTP). Il interroge le gouvernement sur plusieurs points sensibles, notamment la transparence autour de la prime spéciale accordée, l’acquisition d’un véhicule pour le directeur général, les modalités de recrutement du personnel, l’absence de délégués du personnel et l’utilisation d’un montant de 2,7 milliards de francs CFA. Pour le député, ces zones d’ombre méritent des éclaircissements afin de garantir une gestion conforme aux principes de bonne gouvernance et de reddition des comptes.

La valorisation du patrimoine intellectuel national occupe également une place importante dans ses interpellations. À l’occasion de la commémoration de la naissance de Cheikh Anta Diop, Guy Marius Sagna relaie les inquiétudes de nombreux citoyens concernant la diffusion, l’accessibilité et la mise en valeur des œuvres du célèbre historien et penseur sénégalais. Il appelle le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour renforcer le rayonnement de cet héritage intellectuel, aussi bien au niveau national qu’international.

La protection de la petite enfance constitue un autre axe majeur de ses questions écrites. Le député s’est penché sur la professionnalisation du métier de nounou et sur la régulation des crèches. La mort tragique d’un bébé de huit mois dans une crèche à Thiès a servi de déclencheur à cette interpellation. Il demande au gouvernement de faire le point sur le nombre de crèches existantes, leur conformité aux normes en vigueur, le niveau de formation du personnel et la régularité des contrôles effectués par les services compétents, afin d’éviter de tels drames à l’avenir.

Enfin, Guy Marius Sagna s’interroge sur le sort des élèves sénégalais inscrits dans les Prytanées militaires d’Afrique. Cette question touche à la fois aux enjeux de l’éducation et de la défense nationale, notamment en ce qui concerne le suivi de ces élèves, leurs conditions de formation et leur avenir au sein des forces armées ou dans la vie civile.

Affaire Prodac : l’étau judiciaire se resserre autour de l’ancien ministre Pape Malick Ndour

L’ancien ministre et ex-coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, est plus que jamais au cœur d’une procédure judiciaire aux ramifications lourdes. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, il est convoqué ce mardi à 10 heures devant le magistrat du premier cabinet d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF) pour sa première audition au fond, dans un dossier marqué par de présumées irrégularités financières d’une ampleur considérable.

Cette nouvelle étape judiciaire s’inscrit dans le prolongement d’une expertise comptable ordonnée en janvier 2025 par le président du Collège des juges du PJF, Idrissa Diarra. Confiée à Abdoulaye Dramé, du cabinet d’audit Adr, l’expertise a donné lieu à un rapport désormais central dans l’instruction. D’après L’Observateur, ce document met en évidence des irrégularités financières estimées entre 2,2 et 2,7 milliards de francs CFA. Parmi les anomalies relevées figurent notamment des paiements effectués sans pièces justificatives probantes, ainsi que des retenues de garantie évaluées à près de 40 millions de francs CFA, dont la traçabilité pose question.

Pape Malick Ndour n’en est pas à sa première comparution dans cette affaire. Entendu une première fois le 7 novembre dernier, il a été inculpé pour association de malfaiteurs, escroquerie sur des deniers publics et blanchiment de capitaux. À l’issue de cette audition, l’ancien ministre a été placé sous contrôle judiciaire, assorti du port d’un bracelet électronique. Malgré la gravité des charges retenues contre lui, il continue de contester fermement l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, selon le même journal.

L’affaire Prodac dépasse toutefois le seul cadre de l’expertise comptable. En amont, un rapport accablant de l’Inspection générale des finances (IGF) avait déjà mis en lumière de sérieuses défaillances dans la gestion du programme. Les inspecteurs avaient formulé neuf recommandations majeures à l’attention du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, allant jusqu’à demander la traduction de Jean-Pierre Senghor devant la Cour des comptes. L’IGF reproche notamment la validation de paiements d’avances de démarrage avant même la notification et l’enregistrement formels des contrats, ainsi que l’acceptation de demandes de paiement sans contrôle préalable. Ces pratiques auraient porté sur des montants cumulés de plusieurs milliards de francs CFA.

Le rapport de l’IGF met également en cause Mamina Daffé, ancien coordonnateur du Prodac. Il lui est reproché d’avoir validé une quatrième tranche d’avance de démarrage sans l’exigence de la caution réglementaire, d’avoir autorisé des paiements sans contrôle pour un montant estimé à 6,8 milliards de francs CFA, et d’avoir engagé une dépense de communication d’environ 64 millions de francs CFA en violation des règles de la commande publique.

Un autre nom apparaît dans les conclusions des inspecteurs : celui d’Ibrahima Cissé, gérant de la société Tida. L’IGF recommande sa traduction devant les juridictions pénales pour des faits présumés de faux et usage de faux ainsi que d’escroquerie sur des deniers publics. Le préjudice imputé à ces agissements est évalué à plus de 517 millions de francs CFA au détriment de l’État du Sénégal.

Abdoulaye Diouf Sarr rompt le silence et revient sur le drame de Tivaouane

Après plus d’une année de retrait de la scène publique, Abdoulaye Diouf Sarr, ancien maire de Yoff et ex-ministre de la Santé et de l’Action sociale, signe son retour à travers la publication d’un ouvrage intitulé Sans bruit. Ce livre, qu’il présente comme un témoignage écrit avec profondeur et sincérité, marque sa réapparition dans l’espace politico-médiatique et ouvre une séquence de prise de parole longtemps attendue.

Invité de l’émission « Objection », diffusée ce dimanche sur Sud FM, Abdoulaye Diouf Sarr a dévoilé les grandes lignes de cette œuvre qui retrace un parcours façonné par l’engagement public, la loyauté envers l’État et le sens du devoir. L’entretien a surtout été l’occasion pour l’ancien ministre de revenir sur l’un des épisodes les plus tragiques de sa carrière politique : l’incendie survenu dans le service néonatal de l’hôpital Mame Abdoul Aziz Sy de Tivaouane, dans la soirée du mercredi 25 mai 2022.

Ce drame, qui avait coûté la vie à 11 nouveau-nés, avait profondément bouleversé l’opinion publique et conduit, quelques jours plus tard, à la sortie de Diouf Sarr du gouvernement. Trois ans après les faits, la douleur demeure intacte chez l’ancien ministre. Il confie porter encore le poids de cette tragédie, avant tout par solidarité avec les familles endeuillées. Selon lui, il n’existe pas plusieurs vérités autour de ce dossier, mais une seule, contenue dans les conclusions de l’enquête diligentée après les faits. Il regrette toutefois que, dans de telles affaires, l’attention se focalise souvent sur l’émotion et les réactions immédiates, au détriment des résultats des investigations officielles.

Revenant sur les circonstances de l’incendie, Abdoulaye Diouf Sarr rappelle que les 11 bébés ont péri dans un service néonatal ravagé par le feu, dans des conditions dramatiques. La thèse la plus plausible, selon lui, demeure celle d’un court-circuit électrique. Il précise qu’au moment du drame, il se trouvait à Genève et qu’il est rentré par la suite au Sénégal pour suivre l’évolution du dossier. Les événements qui ont suivi, ajoute-t-il, ont conduit à son départ du ministère de la Santé, dans un contexte qu’il estime largement connu de l’opinion.

Sur le plan personnel, l’ancien ministre reconnaît avoir vécu cette épreuve avec une souffrance profonde, rappelant que les responsables publics restent avant tout des êtres humains. Il affirme toutefois avoir affronté cette situation avec dignité, tout en admettant qu’il est extrêmement difficile, dans un tel climat, de ne pas ressentir certaines déclarations publiques comme injustes ou excessives.

Interrogé sur sa responsabilité dans cette affaire, Abdoulaye Diouf Sarr se montre catégorique. Il soutient n’avoir aucune responsabilité directe dans la survenue du drame, hormis ce qu’il qualifie de responsabilité politique et morale. À ce titre, il explique que son départ du gouvernement ne relevait pas d’une sanction, mais d’un choix assumé dans un contexte de crise. Il estime qu’il fallait accepter de jouer le rôle de « fusible » afin d’absorber l’onde de choc et d’éviter que la situation ne fragilise davantage l’ensemble du système.

Enfin, Abdoulaye Diouf Sarr est revenu sur ses échanges avec l’ancien président Macky Sall, la veille de son limogeage. Il révèle que le chef de l’État l’avait appelé pour discuter de la situation avec responsabilité et que les deux hommes avaient convenu que la meilleure solution était son départ du gouvernement. Selon lui, Macky Sall avait tenu à préciser que cette décision ne devait pas être perçue comme une sanction, allant jusqu’à nommer une personne issue de son équipe, Marie Khemesse Ngom Ndiaye, alors directrice générale de la Santé publique, pour lui succéder à la tête du ministère.

Collectivités territoriales : l’intersyndical dénonce le non-respect du protocole d’accord et brandit la menace d’une grève

L’intersyndical des travailleurs des collectivités territoriales du Sénégal a tenu, ce samedi, un point de presse pour dénoncer ce qu’elle qualifie de manquements graves du ministère de tutelle dans l’application des engagements pris envers les agents. Au cœur de la contestation figure le protocole d’accord historique signé le 15 juillet 2025, dont l’exécution reste, selon les syndicats, largement insatisfaisante.

S’exprimant devant la presse, Moussa Cissokho, chargé de l’administration et de la communication de l’intersyndical, a fait part de la profonde déception des travailleurs. Il a affirmé que les dispositions contenues dans le protocole n’ont pas été respectées et n’ont produit aucun des résultats attendus, plongeant les agents des collectivités territoriales dans un sentiment d’abandon et d’injustice.

Pour étayer ses propos, l’intersyndical a présenté des chiffres qu’elle juge alarmants. Sur les 601 collectivités territoriales que compte le Sénégal, moins de 100 seulement auraient procédé au paiement effectif des réévaluations salariales promises. Une situation qui, selon les responsables syndicaux, révèle de sérieuses difficultés dans la mise en œuvre des accords signés avec l’État et accentue les disparités entre agents exerçant pourtant sous un même statut.

Face à ce qu’elle considère comme une impasse, l’intersyndical a formulé plusieurs revendications majeures. Elle réclame d’abord l’alignement immédiat des primes de santé des agents des collectivités territoriales sur celles des agents de l’État, conformément aux orientations du ministère de la Fonction publique. Une mesure jugée essentielle pour garantir l’équité et améliorer les conditions sociales des travailleurs.

L’organisation syndicale exige également la modification urgente des décrets 2025-16-18 et 2025-16-19, qu’elle accuse de fragiliser le statut de la fonction publique locale. Dans cette dynamique, elle demande la convocation sans délai du Conseil supérieur de la fonction publique locale, seule instance habilitée à se prononcer sur ces questions, comme le prévoit l’article 18 de la loi 2011-08.

Par ailleurs, l’intersyndical interpelle directement le ministre des Collectivités territoriales sur la nécessité de mettre à disposition une enveloppe de 600 millions de francs CFA afin d’accompagner les collectivités dans le paiement effectif de la revalorisation salariale. Elle appelle aussi les exécutifs locaux à respecter scrupuleusement les dispositions de l’article 29 du statut général des fonctionnaires des collectivités territoriales.

Enfin, les syndicats demandent au Centre national de la fonction publique locale et de la formation d’accélérer et de finaliser plusieurs chantiers jugés prioritaires, notamment la certification des 18 000 agents, le renouvellement et la mise à jour dans le logiciel de paie, la création des nouveaux corps ainsi que l’audit physique des travailleurs des collectivités territoriales.

Abdoulaye Diouf Sarr analyse la défaite de 2024 et critique le report de la présidentielle

Invité ce dimanche 28 septembre sur les ondes de Sud FM, dans l’émission « Objection », Abdoulaye Diouf Sarr, ancien ministre de la Santé et de l’Action sociale sous le président Macky Sall, est revenu sans détour sur l’élection présidentielle de 2024 et la défaite du camp d’Amadou Ba, candidat de l’ancienne coalition au pouvoir pour lequel il avait activement battu campagne.

Avec le recul, Abdoulaye Diouf Sarr estime que cette défaite n’a rien d’une surprise. Selon lui, elle trouve son origine principale dans une préparation insuffisante du candidat et dans un déficit de solidarité au sein du dispositif politique qui devait le porter. « Il y avait effectivement de la non-préparation. Il y avait un groupe qui n’était pas soudé », a-t-il déclaré, rappelant qu’il avait déjà développé cette analyse dans son ouvrage Sans bruit. Pour l’ancien ministre, les divisions internes et le manque de cohésion ont lourdement pesé sur la campagne, au point de rendre l’échec presque inévitable. « C’était donc une défaite quasi programmée », a-t-il affirmé, soulignant qu’Amadou Ba n’avait pas bénéficié d’un soutien total et sincère de l’ensemble de la coalition.

Abdoulaye Diouf Sarr est également revenu sur l’épisode très controversé du projet de report de l’élection présidentielle de 2024, porté par le président Macky Sall. Sur ce point, il se montre clairement critique, estimant que cette option stratégique n’était pas la meilleure. À ses yeux, l’opinion publique avait déjà commencé à exprimer de fortes inquiétudes et à se mobiliser contre une telle perspective. « L’opinion avait commencé à s’interroger et à se dire que nous devons nous radicaliser pour empêcher ça », a-t-il expliqué. Mais au-delà de la rue, l’ancien ministre souligne aussi le rôle du pouvoir judiciaire, qu’il estime également entré dans une forme de résistance face à ce projet. « On a le système judiciaire aussi qui s’était radicalisé », a-t-il ajouté, concluant qu’au plan strictement stratégique, le report de la présidentielle « n’était pas une bonne chose ».

Enfin, évoquant le climat socio-politique actuel, Abdoulaye Diouf Sarr a exprimé une certaine inquiétude face à ce qu’il perçoit comme un éloignement des priorités essentielles du pays. Selon lui, les débats politiques et les tensions institutionnelles ont parfois pris le pas sur les véritables urgences économiques et sociales. Il a ainsi lancé un appel aux autorités en place, les invitant à se remettre résolument au travail afin de répondre aux attentes des Sénégalais. Pour l’ancien ministre, l’enjeu est clair : il s’agit de restaurer la stabilité, de se concentrer sur l’essentiel et de permettre au Sénégal de « regagner sa place dans le concert des nations ».

Touba : un ambitieux projet de drainage des eaux pluviales de 65 milliards FCFA lancé par l’État

Le ministre de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a annoncé ce week-end le démarrage imminent d’un vaste programme de drainage des eaux pluviales dans la ville sainte de Touba, une initiative majeure destinée à apporter une réponse durable aux inondations récurrentes qui affectent la cité religieuse à chaque hivernage. D’un coût global estimé à 65 milliards de francs CFA, le projet s’étalera sur une période de trois à quatre ans, avec une première phase évaluée à 15 milliards FCFA.

Selon les explications du ministre, le dispositif technique retenu repose sur un système de canalisation des eaux de pluie à travers plusieurs quartiers stratégiques de Touba, notamment Guédé, Daoriu Khoudoss, Darou Miname, Keur Niang et Nguélémou. Les eaux collectées seront acheminées vers un bassin de rétention à construire à Nguiranène, avant d’être évacuées par voie gravitaire vers la vallée du Sine. Ce schéma permettra également de drainer des zones périphériques telles que Féto, Kawsara et d’autres localités voisines, souvent exposées à des stagnations prolongées d’eau pendant la saison des pluies.

L’exécution des travaux a été confiée à l’entreprise Henan Chine, une société déjà bien connue dans la zone pour avoir réalisé des ouvrages du réseau local. Afin de garantir la qualité des travaux et le respect strict des normes techniques, un bureau de contrôle permanent sera installé à Touba. Cheikh Tidiane Dièye a par ailleurs pris l’engagement d’effectuer des visites régulières sur le terrain, en coordination avec un corps de contrôle dédié, pour veiller au respect des délais, à la maîtrise des coûts et à la conformité des réalisations.

Au-delà du drainage des eaux pluviales, le ministre a également annoncé qu’un autre chantier structurant verra le jour à partir de 2026. Il s’agit des travaux de drainage de l’eau du Lac de Guiers, destinés à renforcer l’approvisionnement en eau potable. Ce projet complémentaire s’inscrit dans une vision globale d’amélioration durable de l’assainissement et de l’accès à l’eau, tant pour Touba que pour d’autres zones du pays.

La rencontre au cours de laquelle ces annonces ont été faites a réuni plusieurs personnalités religieuses, politiques et administratives de premier plan, dont Serigne Kosso Mbacké, fils aîné du Khalife général des Mourides, le maire de Mbacké ainsi que des leaders politiques. Dans un contexte marqué par de fortes attentes des populations, le ministre a réaffirmé sa détermination à suivre personnellement l’évolution des travaux, convaincu que ce projet constituera un tournant décisif pour la protection de Touba contre les inondations et pour l’amélioration durable du cadre de vie des habitants.

PRP : Ibrahima Ndiaye démis de ses fonctions après une sortie jugée incompatible avec la ligne du parti

Le Parti Républicain Populaire (PRP) a annoncé, ce dimanche 28 décembre 2025, le limogeage immédiat de M. Ibrahima Ndiaye de ses fonctions de Secrétaire national chargé des Finances et de la Logistique. La décision, rendue publique à travers un communiqué officiel, fait suite à une intervention radiophonique de l’intéressé diffusée plus tôt dans la journée sur les ondes de la RFM.

Dans le document signé par le président du parti, Déthié Fall, la direction du PRP indique avoir relevé des « incompatibilités constatées » entre les propos tenus par M. Ndiaye lors de cette sortie médiatique et les positions officiellement défendues par la formation politique. Sans entrer dans le détail du contenu exact de l’intervention incriminée, le parti estime que ces déclarations vont à l’encontre de la ligne, des orientations et des principes arrêtés par ses instances dirigeantes.

Le PRP justifie cette mesure par la nécessité de préserver la discipline interne, la cohérence politique et l’unité du parti. La direction rappelle, à cet effet, que toute prise de position publique engageant le parti doit être conforme aux statuts et au règlement intérieur, lesquels encadrent strictement l’expression des responsables et militants, en particulier ceux occupant des fonctions stratégiques.

Selon le communiqué, la décision de limogeage prend effet immédiatement. Le Secrétaire exécutif national ainsi que le Secrétaire national des Cadres ont été expressément chargés de veiller à l’application rigoureuse de cette mesure et d’en assurer le suivi au sein des structures concernées.

Vote du budget à Agnam : les conseillers municipaux affichent leur unité et leur soutien au maire Farba Ngom

Le conseil municipal de la commune des Agnam a adopté, ce week-end, le budget de l’exercice 2025-2026 dans une atmosphère marquée par la cohésion et l’absence de débats houleux. La séance, tenue dans la salle de délibération de la mairie, s’est déroulée sans controverses entre les conseillers municipaux, issus pourtant de différentes formations politiques. Tous ont voté le budget à l’unanimité, réaffirmant au passage leur solidarité et leur soutien au maire Farba Ngom, actuellement en détention depuis près d’un an.

Malgré l’absence physique de l’édile, les élus locaux ont tenu à souligner sa présence symbolique et son engagement constant pour le développement de la commune. Selon le porte-parole du maire, Farba Ngom a été « l’absent le plus présent », se disant satisfait de la détermination et de la fidélité des conseillers municipaux qui continuent de lui manifester leur appui dans un contexte judiciaire difficile. Les élus ont, de leur côté, salué la résilience de leur maire, qu’ils décrivent comme alité mais combatif, et toujours préoccupé par l’avenir d’Agnam.

Sur le plan financier, le budget adopté marque une progression significative. Il passe de plus de 500 millions de francs CFA pour l’exercice 2024-2025 à plus de 800 millions de francs CFA pour 2025-2026. Cette augmentation substantielle est rendue possible grâce à l’intégration du programme PRDC (Projet de Résilience et de Développement Communautaire) de la Vallée du Fleuve Sénégal, financé par la Banque mondiale à travers l’Association internationale de développement (IDA).

Le PRDC vise à renforcer la résilience socio-économique et climatique des communautés riveraines du fleuve Sénégal, aussi bien au Sénégal qu’en Mauritanie. Il met l’accent sur le soutien aux chaînes de valeur locales, l’amélioration de la gouvernance locale et la participation communautaire, avec pour objectif de lutter durablement contre la pauvreté et les effets du changement climatique. Les zones rurales des régions de Saint-Louis, Matam et Tambacounda figurent parmi les principales bénéficiaires de ce programme, dont Agnam fait partie.

Pour les conseillers municipaux, ce budget ambitieux ouvre de nouvelles perspectives de développement local, notamment en matière d’infrastructures, d’appui aux activités économiques et de renforcement de la cohésion sociale. Ils estiment que l’adoption sans heurts de ce budget envoie un signal fort de stabilité institutionnelle et de continuité de l’action municipale, malgré l’absence du maire.

En réaffirmant leur soutien à Farba Ngom, les élus d’Agnam ont voulu montrer que la gestion de la commune reste guidée par l’intérêt général et la volonté de poursuivre les projets structurants engagés. Un message d’unité et de résilience, à l’image des ambitions affichées pour la commune dans les années à venir.

Interdiction totale de communication pour Mabintou Diaby : une mesure controversée du Pool judiciaire financier

La décision du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF) d’interdire toute communication téléphonique à Mabintou Diaby continue de susciter une vive polémique. Selon les informations rapportées par L’Observateur dans son édition de ce samedi, cette mesure particulièrement stricte intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par de sérieuses préoccupations relatives à l’état de santé de la détenue.

Depuis la semaine dernière, Mabintou Diaby est totalement privée de tout contact avec l’extérieur. Il lui est désormais interdit de communiquer par téléphone, y compris avec son époux, une situation que ses proches et ses avocats jugent inhumaine et juridiquement contestable. Pour la défense, cette interdiction constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux d’une personne placée en détention provisoire.

Face à ce qu’ils qualifient de « violation manifeste des droits de la personne détenue », les avocats de Mabintou Diaby ont annoncé leur intention d’engager une offensive juridique. Ils comptent saisir le juge d’instruction afin d’obtenir la levée rapide de cette mesure, estimant qu’elle n’est ni proportionnée ni justifiée au regard de la situation médicale et personnelle de leur cliente. Le pool d’avocats reste également mobilisé dans l’attente du rapport d’expertise médicale complémentaire ordonné par le collège des juges d’instruction du PJF, un document très attendu dont la remise était annoncée pour le lundi 15 décembre.

Les inquiétudes liées à la santé de Mabintou Diaby sont au cœur de cette affaire. D’après les mêmes sources, elle souffrirait de plusieurs anomalies médicales sérieuses, parmi lesquelles figure une insuffisance cardiaque droite, associée à une baisse importante du taux d’oxygène dans le sang. Des complications qui, sans un suivi médical rigoureux et régulier, pourraient s’avérer potentiellement fatales. L’expertise médicale a été réalisée par un gynécologue, mais le rapport n’a pas encore été officiellement déposé, alimentant davantage les craintes de la défense et de la famille.

Sur le plan judiciaire, Mabintou Diaby est poursuivie pour des faits d’une extrême gravité. Elle est inculpée pour association de malfaiteurs, complicité dans des infractions commises par un groupe criminel organisé, ainsi que complicité de blanchiment de capitaux issus d’activités criminelles organisées. Les enquêteurs lui reprochent également l’utilisation de facilités liées à l’exercice de son activité professionnelle dans la commission de ces faits présumés.

Placée sous mandat de dépôt le 29 novembre 2025, Mabintou Diaby avait déjà connu un épisode médical critique avant même cette décision controversée. Le 23 octobre 2025, l’administration pénitentiaire avait procédé à son transfert d’urgence à l’hôpital Principal de Dakar, avant son admission, le lendemain, au pavillon spécial. Un élément qui renforce, selon ses avocats, la nécessité d’un traitement plus humain et respectueux de ses droits, en particulier en ce qui concerne le maintien du lien avec ses proches.

Interdiction totale de communication pour Mabintou Diaby : une mesure controversée du Pool judiciaire financier

La décision du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF) d’interdire toute communication téléphonique à Mabintou Diaby continue de susciter une vive polémique. Selon les informations rapportées par L’Observateur dans son édition de ce samedi, cette mesure particulièrement stricte intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par de sérieuses préoccupations relatives à l’état de santé de la détenue.

Depuis la semaine dernière, Mabintou Diaby est totalement privée de tout contact avec l’extérieur. Il lui est désormais interdit de communiquer par téléphone, y compris avec son époux, une situation que ses proches et ses avocats jugent inhumaine et juridiquement contestable. Pour la défense, cette interdiction constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux d’une personne placée en détention provisoire.

Face à ce qu’ils qualifient de « violation manifeste des droits de la personne détenue », les avocats de Mabintou Diaby ont annoncé leur intention d’engager une offensive juridique. Ils comptent saisir le juge d’instruction afin d’obtenir la levée rapide de cette mesure, estimant qu’elle n’est ni proportionnée ni justifiée au regard de la situation médicale et personnelle de leur cliente. Le pool d’avocats reste également mobilisé dans l’attente du rapport d’expertise médicale complémentaire ordonné par le collège des juges d’instruction du PJF, un document très attendu dont la remise était annoncée pour le lundi 15 décembre.

Les inquiétudes liées à la santé de Mabintou Diaby sont au cœur de cette affaire. D’après les mêmes sources, elle souffrirait de plusieurs anomalies médicales sérieuses, parmi lesquelles figure une insuffisance cardiaque droite, associée à une baisse importante du taux d’oxygène dans le sang. Des complications qui, sans un suivi médical rigoureux et régulier, pourraient s’avérer potentiellement fatales. L’expertise médicale a été réalisée par un gynécologue, mais le rapport n’a pas encore été officiellement déposé, alimentant davantage les craintes de la défense et de la famille.

Sur le plan judiciaire, Mabintou Diaby est poursuivie pour des faits d’une extrême gravité. Elle est inculpée pour association de malfaiteurs, complicité dans des infractions commises par un groupe criminel organisé, ainsi que complicité de blanchiment de capitaux issus d’activités criminelles organisées. Les enquêteurs lui reprochent également l’utilisation de facilités liées à l’exercice de son activité professionnelle dans la commission de ces faits présumés.

Placée sous mandat de dépôt le 29 novembre 2025, Mabintou Diaby avait déjà connu un épisode médical critique avant même cette décision controversée. Le 23 octobre 2025, l’administration pénitentiaire avait procédé à son transfert d’urgence à l’hôpital Principal de Dakar, avant son admission, le lendemain, au pavillon spécial. Un élément qui renforce, selon ses avocats, la nécessité d’un traitement plus humain et respectueux de ses droits, en particulier en ce qui concerne le maintien du lien avec ses proches.

Enrôlement des femmes voilées : le ministre de l’Intérieur clarifie les règles et apaise les tensions

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, est sorti de sa réserve à la suite des incidents enregistrés dans plusieurs centres d’enrôlement pour l’obtention de la carte nationale d’identité biométrique CEDEAO. Ces incidents, largement relayés sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique, concernent principalement des femmes portant le voile, à qui il aurait été demandé de se découvrir entièrement la tête, suscitant incompréhensions, frustrations et parfois des altercations.

Dans un communiqué officiel rendu public le 26 décembre, le ministre a tenu à apporter des clarifications fermes et sans ambiguïté. Il y indique que des instructions claires ont été données à l’ensemble des opérateurs chargés de l’enrôlement afin de respecter les convictions religieuses et culturelles des citoyennes concernées. Désormais, il est expressément demandé aux agents d’« enrôler les femmes porteuses de voile sans exiger d’elles qu’elles se décoiffent ».

Le communiqué précise également que, dans le cadre de la prise de photo pour la carte biométrique, l’essentiel est que le visage de la personne soit suffisamment dégagé pour permettre une identification fiable. À ce titre, le ministère souligne que « l’enrôlement peut se faire dès que le visage est assez dégagé, sans avoir besoin de découvrir les oreilles ». Cette précision vise à mettre fin aux interprétations abusives de certaines consignes techniques et à harmoniser les pratiques sur l’ensemble du territoire.

Par cette sortie officielle, le ministre de l’Intérieur entend non seulement apaiser les tensions, mais aussi rappeler que le processus d’enrôlement doit se dérouler dans un climat de respect, de dignité et d’inclusion. Il a insisté sur la nécessité, pour les agents déployés dans les centres, de faire preuve de professionnalisme et de discernement, afin d’éviter toute atteinte aux droits fondamentaux des citoyens, notamment à la liberté de religion.

Cette clarification intervient dans un contexte de forte affluence dans les centres d’enrôlement, liée à l’importance de la carte nationale d’identité biométrique CEDEAO, devenue un document clé pour de nombreuses démarches administratives et pour la libre circulation dans l’espace communautaire. Le ministère assure suivre de près la mise en œuvre de ces directives et n’exclut pas des mesures disciplinaires à l’encontre des agents qui s’en écarteraient.

Crise sociale à Sen’Eau : la CSA accuse Suez d’atteintes graves aux libertés syndicales et interpelle l’État

La Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (CSA) a vivement dénoncé, mercredi, ce qu’elle qualifie d’attaques frontales contre les libertés syndicales et le droit du travail au sein de la société Sen’Eau. Face à la presse, le Secrétariat exécutif de la centrale syndicale a pointé du doigt des pratiques qu’il juge illégales et coercitives, qu’il attribue à la direction de l’entreprise, sous l’influence du groupe français Suez, actionnaire de référence.

Selon la CSA, le climat social à Sen’Eau est marqué par une série de violations graves du Code du travail sénégalais. Parmi les faits dénoncés figure notamment le recours à un forcing visant à imposer un vote digital dans un cadre jugé non conforme à la législation en vigueur. La centrale syndicale évoque également le refus persistant de la direction d’organiser la représentation des travailleurs au Conseil d’administration de Sen’Eau. Une situation qui, selon elle, prive les salariés de leur droit fondamental à participer à la gouvernance de leur entreprise, en contradiction avec les principes de dialogue social et de démocratie d’entreprise consacrés par la loi.

Ces tensions ont atteint un point critique avec l’entrée en grève de la faim, depuis le 28 novembre dernier, du Secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de Sen’Eau (SATES), Oumar Ba. Présentée par la CSA comme un acte de résistance ultime, cette action vise à dénoncer ce que le syndicat décrit comme des années de harcèlement, de persécutions et de tentatives d’intimidation à l’encontre de responsables syndicaux par la direction générale de Sen’Eau. Pour la centrale, ce geste extrême traduit le désespoir profond des travailleurs et met en lumière l’échec total du dialogue social dans une entreprise pourtant stratégique pour le pays.

La CSA s’est également montrée très critique à l’égard des autorités publiques, en particulier du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye. Le syndicat estime que le silence observé par ce dernier face aux accusations portées contre Sen’Eau et son partenaire Suez frise l’irresponsabilité politique. À ses yeux, ce mutisme institutionnel constitue une faute grave et un abandon inadmissible des travailleurs sénégalais au profit d’intérêts privés, dans un secteur aussi sensible que celui de l’eau et de l’assainissement.

Dans ce contexte, la CSA appelle le gouvernement à intervenir sans délai afin de faire respecter le droit du travail, de mettre fin aux pratiques qu’elle juge abusives et de rétablir un dialogue social transparent et inclusif au sein de Sen’Eau. Elle insiste sur la nécessité pour l’État, concédant du service public de l’eau, d’assumer pleinement son rôle de garant des droits des travailleurs et de l’État de droit.

Cette mobilisation syndicale a reçu le soutien du député Guy Marius Sagna, qui a dénoncé ce qu’il décrit comme une véritable chasse aux syndicalistes « debout ». Selon le parlementaire, la direction de Sen’Eau et le groupe Suez chercheraient à imposer des syndicats dociles et complaisants, au détriment de représentants indépendants et combatifs. Estimant que le silence face à de telles pratiques revient à se rendre complice de l’injustice, Guy Marius Sagna a interpellé les ministres de l’Hydraulique et du Travail, affirmant que la remise en cause des droits des travailleurs constitue une attaque directe contre l’État de droit. Il a par ailleurs annoncé son intention de saisir officiellement le gouvernement à travers une question écrite sur la situation sociale à Sen’Eau.

Le communiqué du conseil des ministres, ces décisions importantes prises depuis le Palais

La séance exceptionnelle du Conseil des Ministres s’est tenue le vendredi 26 décembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République du Sénégal. Le communiqué intégral du Conseil, N°43, met en lumière les actions du gouvernement et les grandes orientations pour l’année à venir.

Célébration de la fête de Noël

À l’ouverture de la séance, le Chef de l’État a adressé ses félicitations et ses meilleurs vœux à la communauté chrétienne à l’occasion de la fête de Noël. Il a formulé, avec l’ensemble de la Nation, des prières pour un Sénégal de paix, de prospérité et de solidarité.

Développement territorial de la Casamance

Le Président de la République a rappelé sa tournée économique du 20 au 25 décembre 2025 dans les régions de Ziguinchor et de Sédhiou. Il a salué la mobilisation des populations, des autorités administratives déconcentrées, des forces de défense et de sécurité, des élus et des acteurs territoriaux, qui ont contribué au bon déroulement de cette visite.

Ce déplacement a permis d’évaluer l’état d’exécution des projets et le déploiement des actions de l’État, ainsi que d’accélérer, avec les élus locaux, le processus de mise en place du Pôle-territoire Casamance. Soulignant l’importance de valoriser les potentialités de la région pour le développement national, le Président s’est félicité des avancées du Plan Diomaye pour la Casamance et a demandé un suivi permanent du calendrier d’exécution des projets. Il a réitéré son engagement à consolider la paix, renforcer le désenclavement et impulser le développement économique et social, notamment dans les secteurs agricole, industriel et touristique.

Loi de finances 2026

Suite au vote de la loi de finances 2026 par l’Assemblée nationale, le Chef de l’État a félicité les parlementaires pour leur esprit de responsabilité et la qualité des débats. Il a également salué le Premier Ministre et le Gouvernement pour la préparation des dossiers et les réponses sectorielles apportées afin d’informer la Représentation nationale et les citoyens sur les réalisations et projets de l’État.

Le Président a rendu hommage au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération et au Secrétaire d’État chargé des Relations avec les Institutions pour le professionnalisme démontré lors des débats. Il a demandé le démarrage effectif de l’exécution de la loi de finances dans l’ensemble des ministères à compter du 2 janvier 2026, et a rappelé l’impératif d’assainir les finances publiques et de soutenir la relance économique à travers le Programme de Redressement Économique et Social (PRES).

Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026

Le Président de la République a rappelé le Conseil présidentiel du 16 décembre 2025 sur l’état d’avancement de l’organisation des JOJ Dakar 2026. Il a demandé au Gouvernement d’assurer un suivi permanent des directives et mesures adoptées pour la réalisation dans les délais des infrastructures sportives et des commodités nécessaires, ainsi que la mise en place des dispositifs sécuritaires.

Le Chef de l’État a insisté sur la préparation optimale des athlètes sénégalais et la mobilisation des populations pour assurer une appropriation nationale de cette manifestation sportive internationale. Il a demandé au Premier Ministre d’organiser une réunion interministérielle mensuelle de suivi des JOJ.

Première Journée nationale de la Diaspora

Le Président a rappelé avoir présidé le 17 décembre 2025 la première édition de la Journée nationale de la Diaspora, sur le thème : « La Diaspora sénégalaise, levier de la transformation du pays ». Après avoir félicité les organisateurs, il a rendu hommage aux Sénégalais de l’Extérieur pour leur mobilisation et leur engagement dans la construction et la transformation nationales.

Il a demandé au Premier Ministre, au Ministre des Affaires étrangères et au Secrétaire d’État aux Sénégalais de l’Extérieur de prendre en compte les doléances et recommandations des compatriotes vivant à l’étranger, à travers le déploiement diligent du Programme spécial d’Accompagnement de la Diaspora.

Agenda présidentiel

Le Président a informé le Conseil de sa participation, le 14 décembre 2025, à la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, lors de laquelle le Sénégal a été désigné pour assurer la présidence de la Commission de l’Organisation à partir de 2026.

Il a également procédé, le 16 décembre 2025, à l’inauguration d’une usine d’assemblage de véhicules militaires tactiques, dans le cadre de la montée en puissance de l’industrie nationale de défense, remis le 17 décembre 2025 le drapeau national à l’Équipe nationale de football en route pour la CAN 2025 au Maroc et présidé, le 19 décembre 2025, la cérémonie annuelle de réception des dignitaires dans les ordres nationaux.

Communication du Premier Ministre

Après avoir félicité le Président pour sa tournée en Casamance et salué le succès du Gov’athon, le Premier Ministre a axé sa communication sur :

1. Conditions et contexte de réalisation des résultats par le Gouvernement
Il a rappelé la situation politique et économique difficile, le niveau d’endettement public, les pratiques de mauvaise gouvernance et la dégradation de la notation du Sénégal. Face à ces contraintes, le Gouvernement a fait preuve d’ingéniosité et de résilience, opérant des ruptures dans les politiques publiques et formulant des actions dont l’impact sur les populations est perceptible.

Parmi les résultats enregistrés, le Premier Ministre a cité la structuration de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 », la baisse des prix des denrées de première nécessité, le lancement du PRES le 1ᵉʳ août 2025, la conclusion d’un pacte social avec les acteurs sociaux et le succès des Appels Publics à l’Épargne (APE).

2. Principales orientations de l’action gouvernementale pour 2026
Le Premier Ministre a indiqué que 2026 marquera une accélération des grandes réformes, visant à renforcer l’attractivité et la compétitivité de l’économie. Parmi les priorités figurent : l’intensification de la diplomatie économique, l’adoption de nouveaux codes des Impôts, des Douanes, du Travail, minier et gazier, la révision des textes régissant la commande publique, la refonte de l’éducation, la rénovation de la décentralisation et la modernisation de l’Administration.

Un accent particulier sera mis sur le développement du secteur énergétique, la transformation numérique, la maîtrise de l’eau, le capital humain et l’industrialisation durable. La mise en œuvre de ces programmes sera soutenue par le Plan spécial d’Investissement et de Financement (2026-2028) pour accélérer l’Agenda Sénégal 2050.

Le Premier Ministre a annoncé la tenue d’un séminaire gouvernemental axé sur le changement systémique et le leadership transformationnel, ainsi que l’instauration d’un dispositif national de reconnaissance de la performance publique, destiné à valoriser les résultats concrets, l’innovation utile et l’impact réel de l’action administrative sur les citoyens.

Communications des ministres

Le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a présenté une communication sur la diplomatie environnementale sénégalaise.

Textes législatifs et réglementaires

Le Conseil a examiné et adopté :

  • Le projet de loi portant statut des officiers sous contrat ; 
  • Le projet de loi portant seconde loi de finances rectificative de l’année 2025.

Marie Rose Khady Fatou FAYE
Secrétaire d’État auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions,
Porte-parole du Gouvernement

TOURNEE ECONOMIQUE DU PRESIDENT EN CASAMANCE : ENFIN UNE GOUVERNANCE PAR LA PROXIMITE UTILE !

Pendant longtemps, la politique au Sénégal s’est mesurée à l’applaudimètre. Plus la foule était dense, plus le pouvoir se croyait fort. Mais l’histoire nous a appris que les bains de foule ne remplissent pas les assiettes, ne construisent pas, à eux seuls, des routes ou des écoles, et ne garantissent en rien une réélection. En se rendant en Casamance, le chef de l’État a choisi de briser ces codes.

L’enjeu de ce déplacement est clair : il ne s’agit pas d’une opération de communication, mais d’un acte de gestion. La Casamance, région au potentiel immense mais marquée par des fragilités sociales, n’a plus besoin de discours, mais de présence. En allant directement à la rencontre des citoyens pour recueillir leurs doléances et en inspectant l’avancement des chantiers publics, le Président instaure une méthode pragmatique : constater, mesurer et corriger.

Aujourdhui, le citoyen sénégalais est informé et exigeant. Il ne juge plus ses dirigeants sur leur popularité apparente, mais sur les efforts concrets fournis pour améliorer ses conditions de vie : l’accès à l’eau, à l’électricité, à la sécurité et à l’emploi pour les jeunes. La confiance ne s’achète plus avec des slogans ; elle se gagne par la preuve.

Cette démarche de « proximité utile » ne doit pas rester un événement isolé. Elle doit devenir la norme de l’action publique.

La crédibilité politique ne doit plus se construire dans la cohue des rassemblements, mais dans la solidité des résultats obtenus pour le mieux-être de tous.

En somme, ce voyage en Casamance est un signal fort : celui d’un État qui se veut enfin au service du quotidien des populations, loin du spectacle et au plus près des réalités.

Amadou Bassirou NDIAYE
Président de Bokk Defar Senegaal
Membre de la Coalition Diomaye Président

Casamance : le président Bassirou Diomaye Faye sollicite prières et conseils des autorités religieuses et coutumières

En séjour en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a effectué, ce mercredi 24 décembre, une série de visites de courtoisie auprès des autorités religieuses et coutumières de la région. Cette démarche s’inscrit dans la volonté du Chef de l’État de renforcer les liens entre l’institution présidentielle et les gardiens des traditions, tout en plaçant la paix et la cohésion sociale au cœur de son action.

À travers ces rencontres, le président Diomaye Faye a tenu à solliciter les prières des autorités spirituelles et coutumières pour la consolidation d’une paix durable en Casamance, mais également sur l’ensemble du territoire national. Il a également profité de ces échanges pour écouter leurs conseils, recommandations et doléances, dans un esprit d’ouverture et de dialogue inclusif.

Le Chef de l’État s’est ainsi successivement entretenu avec le roi d’Oussouye, Sibiloumbaye Diédhiou, figure emblématique et respectée de la tradition diola, puis avec le roi de Calobone, Koudiossobo Diatta. Ces audiences se sont déroulées dans le strict respect des rites et usages traditionnels, témoignant de l’importance accordée par le président aux valeurs culturelles et à l’histoire de la Casamance. La tournée s’est poursuivie par une rencontre avec l’imam ratib d’Oussouye, illustrant la dimension inclusive de cette démarche qui associe autorités coutumières et religieuses autour d’un même idéal de paix et de vivre-ensemble.

Selon une note de la Présidence de la République, ces visites traduisent l’attachement profond du président Bassirou Diomaye Faye aux autorités traditionnelles et religieuses, reconnues comme des acteurs clés de la stabilité sociale et de la médiation communautaire. Le Chef de l’État a salué leur rôle historique dans la préservation de la cohésion sociale et dans les efforts de pacification de la Casamance, une région marquée par des décennies de quête de paix.

Casamance : le Président de la République lance les travaux d’entretien de la Nationale 6 et du tronçon Oussouye–Mlomp–Elinkine

En déplacement en Casamance dans le cadre du cinquième jour de sa tournée économique, le Président de la République a procédé au lancement officiel des travaux d’entretien de la route nationale 6 reliant Ziguinchor à Diembéring, ainsi que du tronçon stratégique Oussouye–Mlomp–Elinkine. Cette initiative majeure s’inscrit dans la dynamique de renforcement des infrastructures routières, considérées par les autorités comme un levier central du développement territorial et économique de la région sud du pays.

Le projet, d’un montant global de 10 milliards de francs CFA, est financé par l’État du Sénégal avec l’appui de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD). Il concerne principalement les départements de Ziguinchor et d’Oussouye, zones à fort potentiel économique, touristique et agricole, mais longtemps confrontées à la dégradation avancée de leur réseau routier.

À travers ces travaux, les pouvoirs publics entendent améliorer significativement le niveau de service des axes concernés, renforcer la sécurité des usagers et faciliter la mobilité aussi bien urbaine qu’interurbaine. Les interventions prévues porteront sur des opérations d’entretien périodique et courant, ciblant prioritairement les sections les plus dégradées. Il s’agira notamment de corriger les déformations de la chaussée, de traiter les nids-de-poule, d’améliorer le drainage des eaux et d’assurer une meilleure praticabilité des routes en toutes saisons.

Au-delà de l’amélioration immédiate des conditions de circulation, ce chantier vise également à préserver le patrimoine routier existant et à maintenir un niveau de service acceptable dans l’attente d’une réhabilitation complète des infrastructures. Les autorités soulignent que cette approche préventive permet de limiter les coûts futurs liés à une reconstruction totale, tout en répondant aux besoins urgents des populations et des acteurs économiques locaux.

En lançant ces travaux, le Chef de l’État a réaffirmé sa volonté de faire de l’entretien des infrastructures routières un axe prioritaire de sa politique de désenclavement, de sécurité et de développement économique et social de la Casamance. Cette orientation s’inscrit pleinement dans les objectifs de la Vision Sénégal 2050, qui place l’équité territoriale, la modernisation des infrastructures et la croissance inclusive au cœur de l’action publique. Pour les populations locales, ce projet est porteur d’espoir, tant il est attendu pour dynamiser les échanges, faciliter l’accès aux services de base et soutenir la relance économique durable de la région.

Veille de Noël : le Président de la République en visite de courtoisie auprès de l’Archevêque de Ziguinchor

En cette veille de la fête de la Nativité, le Président de la République a effectué une visite de courtoisie à l’Archevêque de Ziguinchor, Monseigneur Jean-Baptiste Valter Manga. Cette rencontre, tenue dans un climat de grande fraternité, revêt une portée à la fois humaine, spirituelle et hautement symbolique, dans un contexte marqué par le séjour du Chef de l’État en Casamance en cette période particulière du mois de décembre.

Accueillant le Président, l’Archevêque de Ziguinchor a salué la présence du Chef de l’État dans la région durant les fêtes chrétiennes, y voyant un signe fort d’attention et de considération à l’endroit de la communauté chrétienne. Il a, par ailleurs, magnifié la tournée présidentielle en cours, soulignant une démarche de proximité fondée sur l’écoute, le respect et une présence effective auprès des populations. Pour le prélat, cette approche traduit une volonté sincère de comprendre les réalités locales et d’y apporter des réponses adaptées.

Monseigneur Jean-Baptiste Valter Manga a également réaffirmé l’engagement constant de l’Église dans le processus de paix en Casamance. Il s’est réjoui des efforts déployés par l’État à travers le Plan Diomaye pour la Casamance, qu’il a présenté comme une opportunité majeure pour consolider la stabilité et relancer le développement de la région. Tout en reconnaissant le chemin déjà parcouru, il a exprimé la disponibilité totale de l’institution ecclésiale à accompagner cette dynamique, aussi bien par des actions concrètes que par la prière, convaincu que la paix durable repose sur l’implication de toutes les forces vives.

Prenant la parole, le Président de la République a rappelé que sa vision de la gouvernance repose avant tout sur le dialogue sincère et permanent avec l’ensemble des forces morales et spirituelles du pays. Il a salué le rôle déterminant de l’Église dans la recherche de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble, soulignant que son apport demeure essentiel dans un contexte marqué par des défis multiples. Le Chef de l’État a affirmé compter sur les conseils avisés de l’Église ainsi que sur ses prières pour la réussite de ce chantier exigeant.

Convaincu de l’énorme potentiel humain, économique et culturel de la Casamance, le Président de la République a insisté sur le fait que la libération des énergies locales passe nécessairement par l’instauration d’une paix durable et partagée. C’est dans cet esprit, a-t-il rappelé, qu’il a engagé dès le début de son mandat le Plan Diomaye pour la Casamance. Il a toutefois reconnu que, malgré les progrès déjà enregistrés, des efforts importants restent à fournir afin de répondre pleinement aux attentes des populations et de consolider les acquis.

Réitérant sa volonté d’accompagner l’Église et l’ensemble des acteurs engagés dans cette quête commune, le Chef de l’État a appelé à une synergie renforcée des actions en faveur de la paix et du développement. Il a souligné que seule une démarche inclusive, fondée sur la confiance et le dialogue, permettra de bâtir une Casamance stable et prospère.

Cohésion sociale : religieux et politiques unissent leurs voix à Mbadakhoun

À Mbadakhoun, une rencontre empreinte de respect et de dialogue s’est tenue entre spiritualité et engagement citoyen. Le guide religieux de Niolanème, Mame Aladji Mountakha Niass, a effectué une visite de courtoisie chez le responsable politique Cheikh Mandour Ndour.

Cette rencontre a constitué un moment fort d’échanges et de concertation autour des enjeux du développement local et du rôle des guides religieux dans la société. Au cours des discussions, les deux personnalités ont abordé plusieurs questions d’intérêt commun, notamment le développement socio-économique des villages de Niolanème et de Mbadakhoun.

Les échanges ont porté sur l’amélioration des conditions de vie des populations, l’accès aux infrastructures de base et la nécessité d’une collaboration étroite entre acteurs religieux et responsables politiques pour promouvoir un développement durable et inclusif.

Le guide religieux a tenu à témoigner de son estime à l’endroit de Cheikh Mandour Ndour. Selon lui, « le nom de ce jeune résonne aujourd’hui comme celui d’un leader engagé, animé par une ambition claire : contribuer activement au développement de son terroir ». Il a salué son engagement auprès des populations, sa proximité avec les réalités locales ainsi que son rôle croissant dans les initiatives de développement à la base.

Mame Aladji Mountakha Niass a rappelé que l’action de Cheikh Mandour Ndour se traduit par des initiatives concrètes axées sur l’amélioration des conditions de vie, la promotion de la jeunesse et le dialogue permanent avec les autorités locales et les guides religieux.

Les échanges ont également porté sur la relation entre le guide religieux et les talibés, considérée comme un pilier essentiel dans la transmission des valeurs spirituelles, morales et citoyennes. Le guide religieux a insisté sur l’importance d’un encadrement fondé sur l’éducation, la solidarité et le respect des principes de l’islam, tout en tenant compte des réalités contemporaines.

De son côté, Cheikh Mandour Ndour a salué le rôle déterminant des guides religieux dans la préservation de la cohésion sociale. Il a réaffirmé sa disponibilité à accompagner toute initiative visant le bien-être des populations de Niolanème, soulignant que le dialogue permanent entre autorités religieuses et responsables politiques constitue un levier essentiel pour la paix sociale et le progrès communautaire.

Dans son message aux talibés, le guide religieux a rappelé l’importance de la sincérité dans l’adoration et de la constance dans la pratique religieuse. « La foi ne se limite pas aux paroles ; elle se manifeste par les actes, le comportement et le respect des autres », a-t-il déclaré, invitant à l’humilité, à la patience et à la tolérance.

Il a également mis l’accent sur la nécessité de préserver l’unité au sein de la communauté, mettant en garde contre les divisions et les conflits inutiles. S’adressant particulièrement aux jeunes, il les a exhortés à la discipline, au respect des aînés et à la persévérance dans l’apprentissage du Coran, rappelant que « le savoir est une lumière qui éclaire le chemin du croyant ».

La rencontre s’est achevée par des prières collectives, dans un climat de ferveur et d’espoir, symbolisant une volonté commune de renforcer le dialogue entre spiritualité et action publique au service du développement local.

Tournée économique en Casamance : le Président Bassirou Diomaye Faye appelle les entreprises à investir dans l’agropole du Sud

En visite en Casamance dans le cadre de la quatrième journée de sa tournée économique, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un appel fort aux entreprises nationales et internationales afin qu’elles saisissent les nombreuses opportunités offertes par les agropoles, en particulier celui du Sud, implanté en Casamance. Le Chef de l’État a annoncé que le budget alloué à cette infrastructure stratégique a été pratiquement doublé, passant à 109 milliards de FCFA, traduisant la volonté des autorités de faire de cette zone un véritable moteur de développement économique et industriel.

Au cours de sa visite de l’agropole d’Adéane, le Président de la République a mis en avant la qualité des infrastructures déjà réalisées. Il a souligné l’existence d’espaces modernes dédiés à la production et à la transformation agroindustrielle, ainsi que la mise en place d’un cadre social complet destiné à accompagner durablement les investisseurs et les travailleurs. Selon lui, toutes les conditions sont désormais réunies pour permettre aux opérateurs économiques de s’installer et de développer leurs activités dans la région.

« Il reste maintenant aux entreprises de saisir cette opportunité et de considérer que les conditions sont remplies », a insisté Bassirou Diomaye Faye, invitant les acteurs du secteur privé à venir s’implanter en Casamance afin de tirer pleinement profit de son fort potentiel agricole, humain et logistique. Le Chef de l’État a rappelé que cette région dispose d’importantes ressources naturelles et d’une position stratégique favorable à la transformation locale des produits agricoles et à la création de valeur ajoutée.

Accompagné du ministre de l’Industrie et du Commerce lors de cette visite guidée, le Président de la République a salué le modèle de développement mis en place au sein de l’agropole d’Adéane. Il a estimé que ce projet illustre de manière concrète la vision gouvernementale en matière d’amélioration du climat des investissements, de promotion de l’industrialisation et de renforcement de la souveraineté économique du pays.

Ziguinchor : le Président Bassirou Diomaye Faye pose la première pierre du Lycée Nation-Armée pour la Qualité et l’Équité

À Sindone, dans la région de Ziguinchor, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé ce matin à la pose de la première pierre du Lycée Nation-Armée pour la Qualité et l’Équité (LYNAQE), marquant ainsi une étape majeure dans le renforcement de l’offre éducative au sud du pays. Implanté sur un site de 10 hectares, ce futur établissement d’excellence symbolise l’engagement des plus hautes autorités à rapprocher une éducation de qualité des populations et à réduire durablement les inégalités territoriales.

Porté par le ministère de l’Éducation nationale, le projet s’inscrit pleinement dans la politique nationale de modernisation et d’équité du système éducatif sénégalais. Le LYNAQE de Ziguinchor ambitionne de former une élite scolaire dans un cadre structuré, alliant rigueur, discipline, exigence académique et égalité des chances. À travers ce modèle éducatif novateur, l’État entend offrir aux élèves, quels que soient leur origine sociale ou leur lieu de résidence, les mêmes opportunités de réussite.

Conçu comme un campus scolaire moderne et intégré, le lycée disposera d’infrastructures complètes répondant aux standards les plus élevés. Il comprendra des blocs pédagogiques en R+1, une administration fonctionnelle, une bibliothèque numérique, des internats distincts pour les filles et les garçons, un réfectoire, une infirmerie et un amphithéâtre destiné aux activités académiques et culturelles. Les élèves bénéficieront également d’installations sportives de haut niveau, avec des terrains multisports, un terrain de football réglementaire et une piste d’athlétisme, favorisant l’épanouissement physique et la cohésion sociale.

Le projet intègre par ailleurs des logements administratifs, des parkings et des infrastructures d’appui essentielles, dont une mini-centrale solaire pour l’autonomie énergétique, un château d’eau pour l’approvisionnement en eau potable et une mini-ferme pédagogique destinée à l’apprentissage pratique et à la sensibilisation à l’agriculture durable.

Entièrement financé par l’État du Sénégal, avec l’appui de ressources extérieures, le coût global du projet, incluant la construction et l’équipement, est estimé à 10,1 milliards de francs CFA. Cet investissement conséquent témoigne de la place stratégique accordée à l’éducation dans les priorités nationales.

À travers la réalisation de ce lycée d’excellence à Ziguinchor, le Chef de l’État réaffirme sa volonté de faire de l’éducation un pilier central de la Vision Sénégal 2050. En misant sur le développement du capital humain, la réduction des disparités régionales et l’amélioration des conditions d’apprentissage, le LYNAQE se veut un levier essentiel pour préparer une jeunesse compétente, disciplinée et engagée, capable de relever les défis et de bâtir le Sénégal de demain.

Procès Sonko–Mame Mbaye Niang : Me Ciré Clédor Ly plaide pour la révision au nom de la vérité et de la justice

La demande de révision du procès ayant opposé en 2023 Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang s’inscrit, selon Me Ciré Clédor Ly, dans l’exercice d’un droit fondamental. « Demander la révision du procès, c’est un droit. Un droit non seulement pour le citoyen Ousmane Sonko, mais aussi pour tous ceux qui sont épris de vérité et de justice », a déclaré l’avocat lors d’une conférence de presse tenue ce lundi.

Face aux journalistes, la robe noire a rappelé que la révision est une procédure exceptionnelle prévue par le droit, mais surtout « le seul moyen offert à une victime d’une erreur judiciaire pour remettre en cause l’autorité de la chose jugée et obtenir l’annulation d’une condamnation devenue définitive ». Pour Me Ly, l’enjeu dépasse largement la personne de l’actuel Premier ministre. « Cette révision vise tout simplement au rétablissement de la vérité sur des accusations et une condamnation injustes », a-t-il insisté.

L’avocat a également tenu à souligner la portée universelle de ce recours. Selon lui, la révision, bien que qualifiée d’extraordinaire, constitue un droit ouvert à tous, y compris à des personnes décédées. « C’est une voie de recours exceptionnelle qui efface la condamnation. Que tout le monde le sache : c’est un droit », a-t-il martelé, réfutant toute tentative de politisation de la démarche.

Au cœur de cette demande figure l’apparition d’un élément nouveau déterminant : le rapport du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC). Contestée lors du procès initial, l’existence de ce document est aujourd’hui avérée et constitue, selon la défense, un fait nouveau majeur susceptible de modifier l’appréciation des juges. Me Ciré Clédor Ly estime que ce rapport, désormais accessible depuis l’accession d’Ousmane Sonko à la primature, justifie pleinement l’ouverture d’un procès en révision.

Très critique à l’égard du déroulement du procès initial, l’avocat n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de graves violations des principes fondamentaux du droit. « Pour une affaire privée de diffamation et d’injure publique, avec un faux réquisitoire pris de sa propre initiative par un procureur de la République dans le seul but d’obtenir une lourde peine, le droit a été bafoué », a-t-il affirmé, rappelant que ce réquisitoire avait finalement été rejeté par les juges.

Me Ly est allé plus loin en évoquant des atteintes sérieuses aux droits de la défense et au droit à un procès équitable. Il a parlé de comparutions forcées, de pressions exercées manu militari, de tentatives d’atteinte à la vie de son client, ainsi que de voies de recours jugées abusives engagées par la partie civile et le ministère public. Il a également rappelé certaines irrégularités procédurales marquantes, notamment la programmation du dossier alors que les délais d’appel n’étaient pas encore expirés, un épisode, selon lui, encore vivace dans la mémoire collective.

Sur le plan politique et institutionnel, Me Ciré Clédor Ly a tenu à rassurer l’opinion nationale et internationale sur la situation juridique d’Ousmane Sonko. « Le citoyen Ousmane Sonko est bien électeur et éligible aujourd’hui, et le sera tant qu’il lui restera un souffle de vie », a-t-il déclaré, estimant que tout débat sur cette question est désormais sans fondement juridique.

La procédure a franchi une étape décisive avec la saisine officielle de la Cour suprême par la garde des Sceaux, Yacine Fall, afin d’examiner la demande de révision. Si cette démarche aboutit, elle constituerait une première dans l’histoire judiciaire du Sénégal. Elle pourrait également conduire à l’effacement définitif de la condamnation qui avait écarté Ousmane Sonko de la présidentielle de 2024.

« Le procès en révision d’Ousmane Sonko contre Mame Mbaye Niang et le ministère public sera initié », a conclu Me Ciré Clédor Ly, ouvrant ainsi la voie à un nouveau chapitre judiciaire dans une affaire qui a profondément marqué la justice et la vie politique sénégalaise.

France : malgré un mandat d’arrêt international, Madiambal Diagne s’exprime devant la diaspora sénégalaise et alerte sur la trajectoire du pays

En séjour en France, le journaliste et patron de presse sénégalais Madiambal Diagne a pris part, le 20 décembre 2025 à Clamart, à un dîner-débats organisé par le Front de Résistance de la Diaspora sénégalaise. L’information a été rendue publique par l’intéressé lui-même sur le réseau social X, où il a salué « une belle soirée, instructive et une mobilisation exemplaire », consacrée à l’examen de la situation politique, économique et sociale du Sénégal.

Cette sortie publique intervient alors que le fondateur du groupe Avenir Communication est sous le coup d’un mandat d’arrêt international délivré par la justice sénégalaise. Cette procédure s’inscrit dans le cadre de l’instruction d’une affaire portant sur des transactions supposées douteuses liées à un marché public exécuté par une entreprise dont il est administrateur. Une situation judiciaire qui n’a manifestement pas empêché le journaliste de poursuivre ses prises de parole politiques depuis l’étranger.

Face aux membres de la diaspora réunis à Clamart, Madiambal Diagne s’est montré particulièrement critique à l’égard de l’évolution récente du Sénégal. Il a exprimé son inquiétude face à ce qu’il qualifie de « trajectoire inquiétante », marquée selon lui par la « méchanceté gratuite » et l’« ostracisme ». D’après ses propos rapportés par Le Quotidien, le journal du groupe de presse qu’il a fondé, il n’y aurait « pas un jour sans un acte de règlement de comptes ou une injustice à tous points de vue », une situation qu’il juge délétère pour la cohésion nationale et le débat démocratique.

Le journaliste a également dénoncé ce qu’il considère comme une obsession récurrente de la classe politique sénégalaise pour les élections, passées ou à venir, au détriment des véritables urgences sociales, économiques et institutionnelles. Selon lui, cette focalisation permanente empêche toute réflexion de fond sur les politiques publiques et sur l’avenir du pays entre deux scrutins majeurs.

Pour étayer son propos, Madiambal Diagne est revenu sur l’épisode de 2019, rappelant que dès le lendemain de la réélection de l’ancien président Macky Sall, le débat public avait été rapidement dominé par la question d’un éventuel troisième mandat. Une période qu’il décrit comme ayant « empoisonné » la vie politique nationale et installé un climat de tension durable.

À ses yeux, un scénario similaire serait en train de se reproduire depuis l’élection présidentielle de 2024. Il estime que le pays s’enferme à nouveau dans des querelles politiciennes prématurées, au lieu de tirer les enseignements du scrutin et de se concentrer sur les défis majeurs auxquels le Sénégal est confronté. « Il faut s’arrêter pour regarder la trajectoire », a-t-il plaidé, appelant à une réflexion collective sur les mécanismes à mettre en place pour préserver l’avenir du pays.

En conclusion de son intervention, Madiambal Diagne a insisté sur la nécessité de rompre avec ce cycle qu’il juge nocif. Il a exhorté les Sénégalais, y compris ceux de la diaspora, à s’interroger sur la manière de garantir que « le destin du pays ne tombe pas entre n’importe quelles mains », invitant à une mobilisation citoyenne dépassant les clivages électoraux traditionnels.

Plan de Désenclavement de la Casamance : le pari du retour gagne du terrain

En moins d’une année, près de 7 000 ménages ont regagné leurs villages d’origine, marquant un tournant historique pour la Casamance, une région longtemps éprouvée par plus de quatre décennies de conflit et de déplacements forcés. Ce retour progressif mais structuré des populations est le fruit d’un investissement massif de l’État à travers le Plan de Désenclavement de la Casamance (PDC), lancé le 8 octobre 2024 par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

Ce dimanche à Dar Es Salam, dans la commune de Nyassia, le chef de l’État a reçu le premier bilan officiel du PDC. Les chiffres présentés par le directeur général de l’Agence nationale pour la reconstruction et l’aménagement de la Casamance (ANRAC), Iba Sané, traduisent une dynamique inédite : 203 villages ont repris vie et 6 781 ménages ont quitté leurs zones de refuge pour retrouver leurs terres, leurs maisons et leurs repères sociaux. Derrière ces statistiques, ce sont des milliers de familles qui renouent avec une vie communautaire longtemps interrompue par l’insécurité.

Entre 2024 et la fin de l’année 2025, 1 126 ménages supplémentaires ont pu réintégrer leurs terroirs, soit une progression de 20 %. La tendance est jugée encourageante par les autorités, d’autant plus que six nouveaux villages ont officiellement effectué leur retour lors de l’évaluation de novembre 2025. Dans le même temps, le nombre de villages en attente de retour est passé de 47 à 41, tandis que les ménages encore en situation d’attente ont diminué, passant de 992 à 941. Pour l’ANRAC, il s’agit d’un « mouvement de fond » inédit, caractérisé pour la première fois par un retour massif, organisé et accompagné par l’État.

Malgré ces avancées, certaines zones restent particulièrement marquées par les séquelles du conflit. La commune de Djibidione, dans le Fogny, concentre à elle seule près du quart des villages encore en attente. Sur ses 59 villages, 19 avaient été abandonnés durant les années de crise, soit près d’un tiers du territoire communal vidé de ses habitants. Cette réalité rappelle que la reconstruction de la Casamance demeure un chantier complexe et inégal selon les localités.

Sur le plan financier, l’État a mobilisé une enveloppe globale de 53,6 milliards de francs CFA pour soutenir le PDC. Plus de la moitié de ce montant, soit 29,1 milliards, a été orientée vers la région de Ziguinchor, épicentre historique du conflit. Kolda a bénéficié de 13 milliards, tandis que Sédhiou a reçu 10 milliards de francs CFA. Les taux d’exécution budgétaire varient selon les régions, avec 46 % pour Ziguinchor, 32 % pour Kolda et 28 % pour Sédhiou. Des chiffres qui, à première vue, peuvent paraître modestes, mais que l’ANRAC invite à relativiser. Une circulaire du ministère des Finances, datée du 29 novembre 2024, avait en effet suspendu les financements jusqu’en janvier 2025, réduisant la période effective de mise en œuvre du programme à moins de dix mois. « Réaliser entre 28 % et 46 % du budget en si peu de temps est une véritable performance », souligne Iba Sané, qui y voit la preuve de la capacité d’absorption rapide des projets et de la volonté d’accélérer la reconstruction.

Sur le terrain, les réalisations sont déjà visibles. En matière de désenclavement, plus de 50 kilomètres de pistes rurales ont été réhabilités, facilitant l’accès aux zones longtemps isolées. Trois axes majeurs ont été ouverts ou réhabilités, reliant notamment Niaguis à Bambadinka, Touba Tranquille à Dimbaya, ainsi que Samine à Yarambalante. Ces infrastructures routières constituent un levier essentiel pour la reprise des activités économiques et la mobilité des populations.

Le volet habitat et équipements de base a également été au cœur du PDC. Au total, 681 kits d’habitat ont été distribués aux ménages retournés, comprenant des matériaux de construction et des équipements essentiels. Chaque famille a en outre bénéficié d’une aide financière de 150 000 francs CFA et d’un appui alimentaire, avec la distribution de 200 tonnes de riz. Ces mesures visent à accompagner les premières étapes de la réinstallation et à sécuriser les conditions de vie des populations de retour.

L’accès à l’eau potable et à l’assainissement a connu des avancées significatives, avec la création de 23 points d’eau, dont 22 mini-forages équipés de systèmes solaires. Deux adductions d’eau potable multivillages ont été réalisées à Djibidione, tandis qu’un projet d’envergure est en cours à Madiana pour desservir seize villages. Parallèlement, 300 toilettes modernes ont été installées afin d’améliorer les conditions sanitaires.

Dans les secteurs de l’éducation et de la santé, le PDC a permis la construction et l’équipement de 17 salles de classe, l’édification de six écoles élémentaires complètes, la mise en service de sept postes de santé et d’une mini-maternité. L’électrification et la connectivité ne sont pas en reste, avec 62 villages désormais raccordés au réseau électrique et l’installation d’antennes de téléphonie mobile dans les zones frontalières avec la Gambie, contribuant à réduire l’isolement numérique.

Au-delà des infrastructures, le programme a également pris en compte les dimensions sociales et économiques de la reconstruction. Plus de 42 800 extraits de naissance ont été délivrés, rétablissant l’état civil de milliers de citoyens, tandis que 556 hectares de terres agricoles ont été aménagés. Des financements ont par ailleurs été accordés à des projets portés par les organisations communautaires de base et les jeunes, afin de favoriser l’autonomisation et la relance des activités productives.

Casamance : à Darsalam, le chef de l’État lance un appel historique au dépôt définitif des armes

Darsalam (Nyassia), département de Ziguinchor, 21 décembre 2025 –

Dans un discours empreint de gravité, d’humanité et d’espoir, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé, ce dimanche, un appel solennel et sans équivoque aux derniers acteurs encore engagés dans la rébellion en Casamance : déposer définitivement les armes et rejoindre, sans délai, le chemin irréversible de la paix.

S’exprimant à Darsalam, un village hautement symbolique de la commune de Nyassia, le chef de l’État a choisi le terrain, au plus près des populations, pour délivrer un message fort, fraternel et résolument tourné vers l’avenir. En visite d’évaluation des réalisations du Plan Diomaye pour la Casamance, il a tendu « une main fraternelle » à ses « frères, sœurs et cousins » encore retranchés dans la rébellion.

« La paix est la seule voie possible pour permettre à la Casamance de retrouver pleinement son dynamisme économique, culturel et social », a martelé le président, au deuxième jour de sa tournée économique dans la région de Ziguinchor.

Une réconciliation déjà en marche, des résultats encourageants

Le chef de l’État a invité les factions encore actives à s’inscrire dans la dynamique de réconciliation déjà engagée avec certaines branches du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), saluant des avancées qu’il a qualifiées d’« encourageantes ».

Il a réaffirmé la détermination de l’État du Sénégal à œuvrer sans relâche pour l’avènement d’une paix définitive, soulignant la nécessité de panser les blessures profondes laissées par plusieurs décennies de conflit : traumatismes humains, fractures sociales et importants dégâts matériels.

Écouter, évaluer, corriger : une gouvernance de proximité

Selon le président Faye, cette visite en Casamance vise avant tout à écouter les populations, à évaluer l’état d’avancement des actions engagées sur instruction présidentielle et à identifier, en concertation avec les acteurs locaux, les obstacles persistants sur le terrain.

Le chef de l’État a également insisté sur l’urgence de combler le retard économique de la Casamance, paradoxal au regard de son potentiel agricole, halieutique, culturel et humain exceptionnel. Il a plaidé pour une intervention renforcée de l’État et de ses partenaires afin d’accompagner durablement l’autonomisation des populations, notamment celles de retour.

Un tournant décisif pour une région au potentiel exceptionnel

« Le moment est venu pour la Casamance de retrouver la paix, la prospérité et la joie de vivre qui font sa réputation », a conclu le président, soulignant que cet enjeu dépasse la région et concerne l’ensemble du Sénégal.

Entamée le 20 décembre, la tournée économique du chef de l’État en Casamance se poursuivra jusqu’au 25 décembre 2025. Elle est axée sur le suivi rigoureux des politiques publiques et l’état d’avancement des projets structurants dans cette partie stratégique du pays.

À Darsalam, le message présidentiel a résonné comme un appel historique, ferme et sincère : celui d’une paix définitive, condition indispensable pour tourner la page du conflit et écrire, enfin, le chapitre d’un avenir partagé.

Alexis SAGNA

« L’extrémisme sans religion et la phobie sans frontières : chronique d’un monde en dérive », par le politiste/juriste KALIDOU BÂ.

Les débats contemporains relatifs à l’extrémisme religieux et à l’islamophobie mettent en lumière une confusion persistante entre foi, violence et identité. Cette confusion, largement amplifiée par les discours médiatiques et politiques, contribue à la fabrication de récits culturels qui essentialisent l’islam et assignent ses fidèles à une identité soupçonnée, voire problématique. Loin d’éclairer les réalités complexes du monde contemporain, ces constructions simplificatrices nourrissent les amalgames et légitiment des représentations biaisées.

L’extrémisme, pourtant, ne saurait être appréhendé comme un phénomène circonscrit à une matrice religieuse spécifique. L’histoire politique mondiale démontre avec constance que la violence idéologique s’est manifestée dans des contextes religieux, nationalistes, ethniques, mais aussi strictement séculiers. Le terrorisme relève avant tout d’un mode d’action, d’une stratégie de coercition et de terreur, et non d’un corpus théologique déterminé. Toute tentative de l’assigner exclusivement à l’islam procède d’une lecture sélective, idéologiquement orientée et scientifiquement infondée.

Dans plusieurs sociétés occidentales, cette réduction a trouvé un terrain fertile dans une crise plus large des repères identitaires. Face aux mutations démographiques, culturelles et géopolitiques, un discours sécuritaire et civilisationnel s’est progressivement imposé, présentant l’islam comme une altérité radicale, incompatible avec la modernité, la démocratie ou les valeurs dites universelles. Cette construction de l’ennemi culturel alimente une islamophobie systémique, qu’il convient de distinguer clairement de la critique rationnelle et légitime des religions en tant que systèmes de croyance.

L’un des points nodaux de cette tension réside dans l’usage différencié de la liberté d’expression. Certaines atteintes symboliques sont tolérées, voire défendues au nom d’un absolutisme libéral, tandis que d’autres demeurent juridiquement, moralement et socialement intouchables. Cette hiérarchisation implicite des tabous génère un profond sentiment d’injustice chez les populations musulmanes et fragilise le pacte civique, en donnant l’impression que la dignité et le sacré ne bénéficient pas d’une protection équitable.

Ce déséquilibre nourrit une spirale de provocation et de réaction. Les offenses répétées aux symboles religieux suscitent des réponses parfois excessives, lesquelles sont ensuite instrumentalisées pour confirmer les préjugés initiaux. Chaque camp exploite les dérives de l’autre afin de consolider son propre récit, reléguant au second plan les voix modérées, rationnelles et conciliatrices. Cette dynamique circulaire contribue à la polarisation des sociétés et à l’enfermement des débats publics dans des logiques antagonistes.

Les conséquences sociopolitiques de ce processus sont considérables. La stigmatisation des minorités, la radicalisation des marges et l’érosion progressive du vivre-ensemble transforment des conflits symboliques en tensions bien réelles, parfois meurtrières. Ce qui relève initialement du discours finit par produire des effets concrets sur la cohésion sociale et la stabilité politique.

In fine, l’extrémisme et l’islamophobie apparaissent moins comme des fatalités culturelles que comme des constructions politiques et sociales, façonnées par des rapports de pouvoir, des peurs collectives et des instrumentalisations idéologiques. Leur dépassement exige une lecture lucide, équitable et dénuée d’amalgames, fondée sur la reconnaissance de la complexité humaine et historique. À défaut de cette lucidité, le monde s’expose à des conflits identitaires durables, dans lesquels le sacré se transforme en champ de bataille symbolique aux conséquences profondément déstabilisatrices.

Mbacké : Amadou Mame Diop affirme que « la reconquête du pouvoir est lancée » et dénonce l’« incapacité » du régime en place

L’Alliance pour la République (APR) a officiellement lancé la remobilisation de ses bases dans le département de Mbacké. À l’occasion d’une assemblée générale tenue à Touba, le parti a procédé à l’installation du secrétariat exécutif départemental de Mbacké, marquant ainsi une nouvelle étape dans sa réorganisation politique après la perte du pouvoir. La rencontre a été présidée par Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale et envoyé spécial de l’ex-chef de l’État Macky Sall.

Devant une assistance composée de responsables locaux, de militants et de sympathisants, Amadou Mame Diop a tenu un discours offensif, appelant les membres du parti à l’unité, à la discipline et à la sérénité. Selon lui, l’APR demeure une force politique majeure et structurée, capable de proposer une alternative crédible à la gouvernance actuelle. Il a affirmé que le Sénégal traverse une période particulièrement difficile depuis près de deux ans, imputant cette situation au régime dirigé par Pastef.

« La reconquête du pouvoir est lancée », a-t-il déclaré, soutenant que le contexte économique et social actuel joue en faveur de son parti. Pour Amadou Mame Diop, les difficultés économiques, la cherté de la vie et l’incertitude ressentie par de larges couches de la population traduisent l’« incapacité » des autorités actuelles à répondre aux attentes des Sénégalais. Il estime que ce climat de désillusion constitue un terreau favorable au retour de l’APR sur l’échiquier politique national.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a également exhorté les militants à éviter toute forme de provocation ou de confrontation inutile, privilégiant plutôt un travail de terrain méthodique et structuré. Il a insisté sur la nécessité de renforcer l’implantation du parti dans les quartiers, les villages et les communes du département de Mbacké, en misant sur la proximité avec les populations et l’écoute de leurs préoccupations quotidiennes.

Amadou Mame Diop a par ailleurs rappelé l’héritage politique et les réalisations de l’ancien régime, qu’il présente comme des acquis sur lesquels l’APR entend s’appuyer pour reconquérir la confiance des électeurs. Il a assuré que le parti reste mobilisé autour de son leader, Macky Sall, et déterminé à reprendre les rênes du pouvoir par des voies démocratiques.

Cette rencontre de Mbacké s’inscrit dans une dynamique plus large de redéploiement de l’APR à l’échelle nationale. À travers la mise en place de nouvelles instances locales et la multiplication des rencontres politiques, le parti de l’ancien président affiche clairement son ambition de se repositionner comme la principale force d’opposition et de préparer activement les prochaines échéances électorales.

Tournée économique en Casamance : le Président de la République à l’écoute des élus locaux de Ziguinchor et de Sédhiou

Dans le cadre de sa tournée économique en Casamance, le Président de la République a accordé, en début de soirée du samedi 21 décembre, une audience aux élus locaux des régions de Ziguinchor et de Sédhiou. Cette rencontre s’est tenue à l’issue de la visite du chantier de l’aéroport de Ziguinchor, un projet structurant inscrit au cœur de la stratégie nationale de désenclavement et de relance économique du Sud du pays.

Autour du chef de l’État, maires, présidents de conseils départementaux et autres responsables territoriaux ont pris part à des échanges approfondis, marqués par un climat d’écoute attentive et de dialogue franc. Les élus ont saisi cette occasion pour exposer au Président les principales préoccupations des collectivités locales, en mettant en avant les attentes pressantes des populations, notamment en matière d’infrastructures, d’accès aux services sociaux de base et de création d’emplois durables.

Les discussions ont largement porté sur les enjeux du développement économique et social de la Casamance, région au potentiel important mais confrontée à des défis structurels persistants. Les élus ont insisté sur la nécessité d’accélérer la réalisation des infrastructures routières, aéroportuaires et fluviales, jugées essentielles pour améliorer la mobilité des personnes et des biens, réduire l’isolement de certaines localités et renforcer l’attractivité économique de la zone.

La question du désenclavement a ainsi occupé une place centrale dans les échanges, les responsables territoriaux soulignant son impact direct sur l’activité économique, le tourisme, l’agriculture et le commerce local. Ils ont également évoqué l’importance de soutenir les initiatives locales, de renforcer les capacités des collectivités territoriales et de promouvoir des projets générateurs de revenus, adaptés aux réalités et aux potentialités de la Casamance.

À l’issue de l’audience, les élus locaux ont salué l’initiative présidentielle de dialogue direct avec les collectivités, qu’ils considèrent comme un signal fort en faveur d’une gouvernance de proximité et d’une meilleure prise en compte des préoccupations locales dans l’action publique. Selon eux, cette rencontre traduit la volonté des plus hautes autorités de l’État de construire, en concertation avec les acteurs territoriaux, des réponses durables et inclusives aux défis du développement.

Aéroport de Ziguinchor : Bassirou Diomaye Faye exige le respect du délai de livraison fixé à avril 2026

En visite de chantier ce samedi à l’aéroport de Ziguinchor, dans le cadre de sa tournée économique dans le sud du pays, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé l’importance stratégique de cette infrastructure pour le développement de la Casamance. Face aux responsables de l’entreprise chargée des travaux et aux autorités locales, le chef de l’État a été catégorique sur un point : le respect du calendrier de livraison fixé à la fin du mois d’avril 2026 constitue une priorité absolue pour le gouvernement.

Insistant sur l’urgence et la portée nationale du projet, le Président a rappelé que l’entreprise s’est engagée sur ce délai et que l’État entend veiller à son strict respect. Pour lui, la mise en service de cet aéroport modernisé est un levier essentiel pour renforcer l’accessibilité de la région et soutenir sa relance économique.

Bassirou Diomaye Faye a également replacé ce chantier dans la vision globale de territorialisation des politiques publiques, engagée depuis l’arrivée de la nouvelle équipe au pouvoir. Selon le chef de l’exécutif, Ziguinchor occupe une place centrale dans cette stratégie de développement équilibré du territoire national, en raison de son potentiel humain, économique et géographique.

Sur le plan financier, le Président de la République a tenu à rassurer sur l’engagement de l’État. Il a ainsi annoncé qu’un premier décaissement de 7 milliards de francs CFA a déjà été effectué pour soutenir l’avancement des travaux. À cela s’ajoute la programmation, dans le budget 2026, d’un second décaissement de 6 milliards de francs CFA, confirmant la volonté des autorités de doter la région d’une infrastructure aéroportuaire moderne et fonctionnelle dans les délais impartis.

Le chef de l’État a par ailleurs mis en avant les atouts de Ziguinchor, soulignant son fort potentiel touristique, culturel et économique. Autant de raisons qui, selon lui, justifient la très haute priorité accordée à ce projet, appelé à jouer un rôle structurant dans l’attractivité et la compétitivité de toute la région sud.

En conclusion, Bassirou Diomaye Faye a rappelé l’objectif fondamental de cette infrastructure : permettre à la Casamance, et particulièrement à Ziguinchor, de retrouver une pleine accessibilité aérienne, à l’instar des autres régions du Sénégal. Cette ambition s’inscrit pleinement dans le programme de desserte aérienne régionale prévu par l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, dont l’aéroport de Ziguinchor est appelé à devenir l’un des piliers majeurs.

Mbour : l’APR lance sa restructuration à la base et affiche sa volonté de reconquête politique

Un grand moment de mobilisation politique a marqué la journée du samedi 20 décembre 2025 dans le département de Mbour, où l’Alliance Pour la République (APR) a officiellement lancé le processus de structuration à la base du parti. Militants et responsables, venus massivement de toutes les communes du département, ont répondu à l’appel pour accueillir la forte délégation mandatée par le Président de l’APR, Macky Sall, dans un contexte politique marqué par la perte du pouvoir le 24 mars 2025.

Conduite par le porte-parole du parti, le ministre Seydou Guèye, la délégation a délivré aux militants le message politique du Président Macky Sall, centré sur la mise en place des Secrétariats Exécutifs Départementaux (SED), conformément à la circulaire présidentielle. Cette opération, prévue du 1er au 21 décembre 2025 dans les 46 départements du Sénégal, s’inscrit dans une dynamique de rassemblement, de remobilisation et de refondation du parti, après son passage dans l’opposition.

Dans son message, le Président de l’APR a rappelé que cette phase de restructuration constitue un moment stratégique pour renforcer la cohésion interne et réaffirmer les valeurs fondatrices du parti. La délégation a ainsi insisté sur la nécessité d’un retour aux fondamentaux, notamment la franche camaraderie militante, la sérénité dans l’action politique, la hauteur de vue et l’esprit de dépassement face aux épreuves. Autant de principes qui, selon Macky Sall, ont permis à l’APR de remporter ses plus grandes victoires électorales.

Le Président du parti a également souligné avec fermeté que l’intérêt de l’APR doit toujours primer sur les ambitions personnelles, aussi légitimes soient-elles. Dans cette logique, la circulaire présidentielle met un accent particulier sur le choix consensuel, démocratique et transparent des responsables départementaux, perçu comme un indicateur fort de la maturité politique des militants et de leur capacité à mener efficacement les batailles politiques présentes et futures.

Macky Sall a par ailleurs tenu à lever toute ambiguïté autour de cette étape organisationnelle, en précisant qu’elle ne saurait être interprétée comme une bataille de leadership local. Il s’agit, selon lui, d’un moment de rassemblement et de consolidation du camp de l’APR, qualifié de « bijou de famille » qu’il convient de préserver, de protéger et de renforcer. Dans le même esprit, le Président a appelé à une mobilisation totale de toutes les forces du parti afin de bâtir un bloc politique solide, capable de faire face à toutes les menaces et de défendre l’APR sur l’ensemble du territoire national.

Les priorités fixées par le Chef du parti portent notamment sur l’extension des bases de l’APR dans toutes les localités, le renforcement de l’unité du parti à l’échelle nationale et la consolidation du partenariat stratégique avec les autres forces de l’opposition et les mouvements citoyens engagés dans la lutte politique.

S’exprimant au micro de Dakaractu Mbour, le coordonnateur départemental de l’APR, Me Omar Youm, a estimé que « ce message très puissant du Président Macky Sall intervient à un moment où le pays traverse une importante crise économique, financière, sociale et institutionnelle ». Selon lui, l’APR demeure « plus que jamais la solution à ces crises multiformes » que connaît le Sénégal.

Me Omar Youm a également souligné le caractère historique de cette rencontre, la première du genre au niveau départemental depuis la perte du pouvoir en mars 2025. Malgré les nombreux départs enregistrés au sein du parti dans le département de Mbour, il a salué la loyauté et l’engagement des principaux responsables qui sont restés fidèles à l’APR et à son Président.

La forte mobilisation a été renforcée par la présence remarquée des maires Aliou Gning de Sandiara, Alpha Samb de Nguéniène et du Dr Téning Sène de Ndiaganiao. Les structures traditionnelles du parti, notamment la COJER, les enseignants, les cadres, les sages et le mouvement des femmes, ont également marqué l’événement par leur engagement constant, avec une implication notable de l’honorable députée Sira Ndiaye.

À l’issue de la rencontre, le coordonnateur départemental a annoncé l’élaboration prochaine d’un plan d’actions concerté, axé sur l’occupation du terrain politique. Ce plan vise à aller au contact des populations, à écouter leurs préoccupations, à débattre, à unir les forces militantes et à proposer des solutions concrètes pour abréger les souffrances des Sénégalais. Selon Me Omar Youm, la réponse à ces difficultés réside notamment dans la reprise et la poursuite de la mise en œuvre du Plan Sénégal Émergent (PSE), à l’origine, selon lui, des performances économiques, sociales et infrastructurelles enregistrées par le pays ces dernières années.

Mimi Touré révèle les coulisses de la réorganisation de la coalition « Diomaye Président »

Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Mimi Touré s’est exprimée sur le rôle central que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lui a confié dans la conduite et la réorganisation de la coalition « Diomaye Président ». Face à de nouveaux adhérents, l’ancienne Première ministre est revenue en détail sur la genèse de cette responsabilité et sur la vision politique qui l’accompagne.

Mimi Touré a d’abord rappelé que sa nomination est intervenue bien avant l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême. Selon ses explications, lorsqu’il mettait en place la coalition, alors qu’il n’était pas encore président, il l’avait désignée superviseure générale de « Diomaye Président ». Une mission qu’elle a continué d’assurer après son élection, alors même que les activités de la coalition se poursuivaient sur le terrain.

C’est dans ce contexte, a-t-elle poursuivi, que le chef de l’État lui a fait part de sa volonté de donner un nouveau souffle à la coalition. L’objectif affiché était clair : réorganiser la structure existante et l’ouvrir à de nouveaux acteurs afin d’élargir la base de soutien du président dans la mise en œuvre de son projet pour le pays. Pour Bassirou Diomaye Faye, cette ouverture devait permettre de renforcer l’ancrage populaire de son action et d’impliquer davantage de forces vives dans la dynamique de changement.

Toutefois, Mimi Touré a insisté sur le fait que cette ouverture s’accompagne de principes fermes et non négociables. Le président de la République lui aurait donné des consignes précises quant aux critères d’adhésion à la coalition. Seuls peuvent, selon elle, rejoindre « Diomaye Président » ceux qui ont « les mains propres » et qui bénéficient de l’estime du peuple. Cette exigence concerne aussi bien les partis politiques que les associations ou autres organisations désireuses d’apporter leur soutien au chef de l’État.

Tournée économique en Casamance : Bassirou Diomaye Faye lance cinq jours de suivi des projets structurants depuis Cap Skirring

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a entamé ce samedi une tournée économique de cinq jours en Casamance, avec une première escale à Cap Skirring, dans la région de Ziguinchor. Arrivé à 10 h 43 à l’aéroport de cette station balnéaire du sud du pays, le chef de l’État a été accueilli avec les honneurs, donnant ainsi le coup d’envoi officiel d’un déplacement axé sur le suivi des projets structurants et la relance de la dynamique de développement dans cette partie du Sénégal.

Dès les premières heures de la matinée, Cap Skirring affichait une animation inhabituelle. Sous une fraîcheur matinale accompagnée d’un vent poussiéreux, populations locales, commerçants et simples passants se sont massés le long des principaux axes menant à l’aéroport, dans l’espoir d’apercevoir le cortège présidentiel. Une vingtaine de véhicules a sillonné la ville, attirant les regards d’une foule à la fois curieuse et attentive, témoignant de l’intérêt suscité par cette visite présidentielle.

Sur la plateforme aéroportuaire, un dispositif sécuritaire et protocolaire conséquent avait été mis en place. Agents aéroportuaires et forces de défense et de sécurité s’affairaient aux derniers réglages, tandis qu’un tapis rouge d’une trentaine de mètres était déroulé sur le tarmac. Plusieurs membres du gouvernement avaient déjà rejoint les lieux avant l’atterrissage de l’avion présidentiel, parmi lesquels le ministre des Forces armées, Birame Diop, et le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, arrivés par hélicoptère militaire.

À sa descente d’avion, ponctuée par l’exécution solennelle de l’hymne national par la fanfare, Bassirou Diomaye Faye a été entouré d’une importante délégation ministérielle. Le chef de l’État est notamment accompagné du ministre des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, du ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, du ministre de la Santé, Ibrahima Sy, ainsi que du ministre des Infrastructures, Dethie Fall.

La première étape officielle de cette tournée est consacrée à la ville de Ziguinchor, où le président de la République doit effectuer une visite de chantier à l’aéroport, infrastructure stratégique pour le désenclavement et le développement économique de la région. Dans la soirée, une rencontre avec les élus locaux est également prévue, dans une démarche de concertation et d’écoute des préoccupations territoriales.

Pour la journée du dimanche 21 décembre, l’agenda présidentiel prévoit plusieurs visites de terrain portant sur des infrastructures économiques, sociales et agricoles. Ces déplacements visent à apprécier l’état d’avancement des projets, à identifier les contraintes persistantes et à proposer des solutions adaptées aux réalités locales.

Tournée économique en Casamance : le Président de la République à Cap Skirring pour impulser le développement des régions de Ziguinchor et de Sédhiou

Le Président de la République est arrivé ce jour à l’aéroport de Cap Skirring, marquant le point de départ d’une tournée économique majeure dans les régions de Ziguinchor et de Sédhiou, prévue du 20 au 25 décembre. Cette visite de terrain s’inscrit dans une dynamique de proximité et d’écoute, visant à renforcer l’action publique au plus près des réalités locales.

Dès son arrivée, le Chef de l’État a réaffirmé l’importance stratégique de la Casamance dans la trajectoire de développement national. Cette tournée lui permettra de rencontrer les acteurs économiques des différents secteurs, notamment l’agriculture, la pêche, le tourisme, l’artisanat et les PME locales, afin d’évaluer les potentialités des territoires et d’identifier les leviers capables d’accélérer la croissance régionale. Les échanges prévus avec les autorités administratives et territoriales offriront également l’occasion de faire le point sur la mise en œuvre des politiques publiques et de mieux cerner les contraintes structurelles qui freinent encore l’essor économique de ces régions.

Au cours de cette immersion, le Président de la République accordera une attention particulière aux attentes des populations locales. Les rencontres communautaires et les visites de sites économiques et sociaux permettront de recueillir les préoccupations liées à l’emploi des jeunes, à l’accès aux infrastructures de base, à la valorisation des ressources naturelles et à l’amélioration des conditions de vie. L’objectif affiché est d’engager des réponses concrètes, adaptées aux spécificités de chaque territoire, dans une logique de co-construction avec les acteurs locaux.

À travers cette tournée, le Chef de l’État réaffirme sa volonté de promouvoir un développement territorial équilibré, fondé sur la transformation locale des ressources, la création d’emplois durables et le renforcement de l’économie régionale. Cette approche s’aligne pleinement avec les orientations de la Vision Sénégal 2050, qui place l’équité territoriale, la souveraineté économique et l’inclusion sociale au cœur de l’action gouvernementale.

Tournée économique en Casamance : Bassirou Diomaye Faye attendu à Ziguinchor pour une visite hautement symbolique

Dans le cadre de sa tournée économique en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est attendu à Ziguinchor pour une étape qui s’annonce particulièrement marquante. Selon le journaliste Madiambal Diagne, le chef de l’État prévoit une visite auprès de la mère du leader politique Ousmane Sonko, un geste fort qui devrait retenir l’attention de l’opinion publique nationale.

Cette rencontre, à haute portée symbolique, s’inscrit dans un contexte politique et social où les signaux d’apaisement, de dialogue et de rapprochement occupent une place centrale dans l’action du nouveau pouvoir. En rendant visite à la mère d’Ousmane Sonko, figure emblématique de la scène politique sénégalaise et originaire de la Casamance, le président Diomaye Faye entend poser un acte de considération humaine et politique, au-delà des clivages et des tensions passées.

La tournée économique du chef de l’État en Casamance a pour objectif principal d’évaluer l’état d’avancement des projets structurants, d’identifier les besoins prioritaires des populations et d’apporter des réponses concrètes aux défis de développement local. Agriculture, pêche, infrastructures, emploi des jeunes et autonomisation des femmes figurent parmi les secteurs clés qui seront au cœur des échanges avec les autorités locales, les acteurs économiques et les communautés de base.

À Ziguinchor, cette visite revêt également une dimension particulière en raison du rôle historique et stratégique de la région dans l’équilibre national. Longtemps confrontée à des difficultés économiques et à des enjeux de paix durable, la Casamance demeure une priorité pour les nouvelles autorités, qui affichent leur volonté de bâtir un développement inclusif et équitable.

Cérémonie de décoration au Palais de la République : la Nation sénégalaise honore ses serviteurs les plus méritants

Au Palais de la République, le Président de la République a présidé la cérémonie solennelle de réception des dignitaires décorés au titre de l’année 2025, dans une atmosphère empreinte de solennité et de fierté nationale. Cette rencontre de haut niveau s’est tenue en présence du Président de l’Assemblée nationale, du Premier ministre ainsi que de l’ensemble des membres du Gouvernement, témoignant de l’importance accordée par l’État à la reconnaissance du mérite et de l’engagement au service de la Nation.

À travers l’Ordre national du Lion et l’Ordre du Mérite, la République du Sénégal a distingué des femmes et des hommes issus de divers horizons, dont les parcours professionnels et humains se sont caractérisés par l’exemplarité, la rigueur et le sens élevé du devoir. Ces distinctions honorifiques viennent saluer des années de dévouement, de loyauté envers les institutions de la République, d’intégrité morale et d’engagement constant au service de l’intérêt général.

Dans son allocution, le Chef de l’État a rappelé la portée symbolique et républicaine de ces décorations, soulignant qu’elles ne constituent pas seulement une reconnaissance individuelle, mais également un message fort adressé à l’ensemble de la société. En honorant ces citoyens, la Nation célèbre les valeurs fondamentales qui fondent l’action publique et la cohésion nationale, à savoir le mérite, l’éthique, la responsabilité et l’esprit de service.

Le Président de la République a également insisté sur la nécessité de promouvoir, au sein de l’administration comme dans tous les secteurs de la vie nationale, une culture de l’excellence et de la probité. Selon lui, ces distinctions doivent inspirer les générations présentes et futures à s’engager avec détermination et patriotisme pour le développement du pays et le renforcement de la démocratie.

Nouvelle demande de liberté provisoire pour Farba Ngom : Alioune Tine plaide pour une libération au nom de la justice et de l’humanisme

Les avocats de Farba Ngom ont introduit une nouvelle demande de liberté provisoire, relançant le débat autour de la situation judiciaire et surtout sanitaire de l’homme politique. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes sur l’état de santé du détenu, jugé préoccupant par ses proches et ses conseils.

La requête a trouvé un écho particulier à travers une prise de position publique d’Alioune Tine. Dans une publication sur le réseau social X, le fondateur d’Afrikajom Center a appelé à la libération de Farba Ngom, mais également de Fabintou Diaby, épouse du journaliste Madiambal Diagne, estimant que leurs situations respectives appellent une réponse judiciaire empreinte d’humanité.

Selon Alioune Tine, la dégradation de l’état de santé des deux personnes concernées constitue une circonstance exceptionnelle qui doit primer dans l’appréciation de leurs dossiers. Il soutient que, si la notion de justice conserve tout son sens, la liberté provisoire de Farba Ngom et de Fabintou Diaby devrait s’imposer naturellement, indépendamment des considérations judiciaires ou politiques entourant leurs affaires.

Dans son message, Alioune Tine insiste sur le fait que ce sont précisément ces situations humaines et sanitaires extrêmes qui donnent à la justice sa dimension la plus noble. Pour lui, la prise en compte de l’état de santé des détenus ne relève pas d’un privilège, mais d’un principe fondamental de respect de la dignité humaine, surtout lorsque les conditions de détention risquent d’aggraver leur état.

Cette nouvelle demande de liberté provisoire, appuyée par une voix reconnue de la société civile, intervient alors que l’opinion publique reste divisée sur ces dossiers sensibles. Elle remet néanmoins au centre du débat la question de l’humanisation de la justice et de l’équilibre entre la rigueur judiciaire et la compassion face à des situations médicales jugées critiques.

Budget 2026 de la Ville de Dakar : 88,4 milliards FCFA adoptés à l’unanimité, l’investissement en forte hausse

Les conseillers municipaux de la Ville de Dakar ont adopté à l’unanimité, ce jeudi 18 décembre, le budget de l’exercice 2026, arrêté à 88,4 milliards de francs CFA. La séance s’est tenue en présence du maire de la capitale, Abass Fall, qui a salué un vote consensuel autour d’un budget marqué par une orientation résolument tournée vers l’investissement et l’amélioration du cadre de vie des Dakarois.

L’un des faits majeurs de ce budget 2026 réside dans la part exceptionnelle consacrée aux investissements. Ceux-ci représentent 57,14 % de l’enveloppe globale, contre seulement 22 % lors de l’exercice 2025. Une progression significative qui traduit, selon les autorités municipales, la volonté de la mairie d’accélérer les projets structurants et de renforcer les infrastructures urbaines.

D’après le quotidien Les Échos, cette hausse spectaculaire du taux d’investissement s’explique en grande partie par la proximité des Jeux olympiques de la jeunesse, prévus dans onze mois à Dakar. L’événement international impose à la capitale un rythme soutenu de préparation, notamment en matière d’équipements, de mobilité urbaine, d’assainissement et d’embellissement de la ville.

Toutefois, le journal souligne un défi de taille : près de 72 % des recettes potentielles nécessaires à l’exécution du budget 2026 restent encore à mobiliser. Une situation qui pose la question du financement effectif de ce budget ambitieux, malgré son adoption unanime par le conseil municipal.

Face à cet enjeu, le maire de Dakar s’est voulu rassurant et combatif. Abass Fall a affirmé que la municipalité compte multiplier les démarches auprès des différentes institutions de l’État afin d’obtenir les ressources indispensables. « Nous allons taper à toutes les portes : impôts, Présidence, Primature, pour que la ville de Dakar ait les moyens nécessaires afin d’améliorer le cadre de vie des habitants », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’un accompagnement fort de l’État central.

Le maire a également profité de l’occasion pour annoncer une réforme du système d’attribution des bourses communales. Selon lui, le dispositif actuel manque d’efficacité et d’équité. « Les deux ou trois millions de francs CFA qu’on utilisait pour un seul étudiant peuvent servir à en former une dizaine », a-t-il expliqué, plaidant pour une nouvelle orientation des bourses afin de toucher un plus grand nombre de bénéficiaires. Abass Fall a, par ailleurs, déploré le fait que « beaucoup de milliards sont dépensés sans que l’on puisse mettre la main sur un résultat concret », appelant à une gestion plus rationnelle et plus transparente des ressources publiques.

Pour rappel, le budget de la mairie de Dakar pour l’exercice 2025 s’élevait à 69,8 milliards de francs CFA. Avec 88,4 milliards de francs CFA pour 2026, la capitale enregistre une hausse d’environ 26,65 % par rapport à l’année précédente. Une progression budgétaire qui confirme les ambitions de la nouvelle équipe municipale, mais dont la réussite dépendra largement de la capacité de la ville à mobiliser les ressources annoncées et à traduire ces investissements en résultats tangibles pour les populations.

Affaire Farba Ngom : une nouvelle demande de liberté provisoire déposée au Pool judiciaire financier

Une nouvelle tentative de mise en liberté provisoire a été engagée en faveur du député-maire des Agnams, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. Selon le journal Les Échos dans son édition du vendredi 19 décembre, ses avocats ont officiellement déposé, ce jeudi, une nouvelle demande auprès du doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF).

D’après la même source, la procédure est désormais entre les mains du magistrat instructeur, seul habilité à apprécier l’opportunité d’une éventuelle remise en liberté du responsable politique. Cette nouvelle requête intervient dans un contexte judiciaire et médical particulièrement sensible pour l’édile des Agnams, en détention provisoire depuis le 27 février dernier.

Le 15 décembre, Farba Ngom a été transporté en ambulance au Pool judiciaire financier de Dakar, où il était attendu par les juges chargés de son dossier. Cette comparution marquait une étape importante dans la procédure, puisqu’il s’agissait de sa première audition sur le fond des accusations portées contre lui. L’état de santé du député-maire, jugé préoccupant par plusieurs rapports d’experts médicaux, continue d’alimenter les arguments de la défense en faveur d’une libération provisoire.

Farba Ngom est soupçonné d’infractions financières à la suite de la publication d’un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Ce rapport a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire confiée au Pool judiciaire financier, spécialisé dans le traitement des dossiers économiques et financiers d’envergure. Les charges retenues contre l’élu portent sur des faits présumés de nature financière, dont les contours précis font encore l’objet d’investigations approfondies.

Malgré les précédentes demandes de liberté provisoire introduites par ses avocats, la justice avait jusqu’ici maintenu Farba Ngom en détention, estimant nécessaire sa présence en prison pour les besoins de l’enquête. La nouvelle requête déposée relance toutefois le débat, notamment au regard de l’évolution de son état de santé et de son audition récente sur le fond du dossier.

Fonds Covid : la Cour suprême ordonne la libération provisoire de Mouhamadou Bambar Amar, la détention de l’ancienne DAGE maintenue

La saga judiciaire autour de la gestion des fonds alloués à la lutte contre la pandémie de Covid-19 connaît un nouveau développement majeur. La Cour suprême a ordonné, ce jeudi, la libération provisoire de Mouhamadou Bambar Amar, ancien aide-comptable au ministère du Développement industriel, poursuivi dans le cadre du dossier dit des fonds Covid. Cette décision met fin, à titre provisoire, à son incarcération dans une affaire marquée par de graves soupçons de malversations financières.

Mouhamadou Bambar Amar est poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics portant sur un montant estimé à 930 millions de francs CFA. Il avait été placé sous mandat de dépôt dans le cadre du volet Covid impliquant le ministère du Développement industriel, l’un des départements ministériels épinglés dans les enquêtes relatives à l’utilisation des ressources mobilisées pour faire face à la crise sanitaire.

Au cours de la procédure, le juge d’instruction chargé du dossier avait, dans un premier temps, accordé à l’ancien aide-comptable une liberté provisoire. Cette décision avait ensuite été confirmée par la juridiction d’appel, confortant ainsi la thèse de la défense, qui plaidait notamment pour le respect de la présomption d’innocence et l’absence de risques de fuite ou de pression sur l’enquête.

Cependant, le parquet général avait décidé de contester ces décisions judiciaires. Estimant que la gravité des faits reprochés et les enjeux financiers justifiaient le maintien en détention, il avait introduit un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. Ce recours avait eu pour effet de maintenir Mouhamadou Bambar Amar en prison dans l’attente de l’examen du dossier par la plus haute juridiction du pays.

C’est ce pourvoi que la Cour suprême a finalement tranché ce jeudi, en rejetant la requête du parquet général et en validant la liberté provisoire accordée à l’ancien aide-comptable. Cette décision ouvre ainsi la voie à sa sortie de prison, même si la procédure judiciaire se poursuit sur le fond et que les accusations portées contre lui n’ont pas encore été définitivement tranchées.

Toutefois, cette issue favorable ne concerne pas l’ensemble des personnes mises en cause dans ce dossier sensible. Le même jour, la Cour suprême a rendu une autre décision significative en maintenant en détention Ndèye Aminata Loum Ndiaye, ancienne Directrice de l’administration générale et de l’équipement (DAGE) du ministère du Développement industriel. Sa demande n’a pas connu le même sort, illustrant la volonté de la justice de traiter chaque situation au cas par cas, en fonction du rôle présumé et des éléments du dossier.

Affaire Mabintou Diaby : une expertise médicale complémentaire ordonnée, un tournant décisif dans la procédure

Un nouveau développement de taille est intervenu dans l’affaire Mabintou Diaby, ex-épouse du journaliste Madiambal Diagne, actuellement placée sous mandat de dépôt. Selon des informations rapportées par le quotidien Libération, le président du Collège des juges d’instruction a ordonné la réalisation d’une expertise médicale complémentaire, une décision susceptible d’influencer de manière significative la suite de la procédure judiciaire.

Cette expertise médicale a pour objectif principal de déterminer si l’état de santé de Mabintou Diaby est compatible avec une détention en milieu carcéral. Il s’agit d’une mesure de précaution prise par l’autorité judiciaire dans un contexte marqué par des préoccupations croissantes autour de l’état clinique de la mise en cause. Depuis son incarcération, ses proches et ses conseils n’ont cessé d’alerter sur une dégradation de sa santé, estimant que son maintien en prison pourrait aggraver sa situation médicale.

Mabintou Diaby a été incarcérée dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à la suite d’un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Elle est poursuivie pour des faits dont les détails restent couverts par le secret de l’instruction, conformément aux règles en vigueur. Si le fond du dossier demeure confidentiel, la question de son état de santé s’est progressivement imposée comme un élément central du débat judiciaire et médiatique.

Face à la détérioration de son état, les autorités judiciaires et pénitentiaires ont déjà pris certaines dispositions. Mabintou Diaby a notamment été transférée au Pavillon spécial, une structure pénitentiaire destinée aux détenus nécessitant une prise en charge médicale adaptée. Ce transfert, motivé par des considérations strictement sanitaires, a relancé le débat sur le traitement des personnes vulnérables sur le plan médical en détention et sur les limites du maintien en prison dans de telles conditions.

L’expertise médicale complémentaire ordonnée par le président du Collège des juges d’instruction devra ainsi apporter des éléments objectifs et scientifiques permettant à la justice de statuer en toute connaissance de cause. Les médecins experts auront pour mission d’évaluer précisément l’état clinique de la détenue et de se prononcer sur la compatibilité ou non de cet état avec une incarcération prolongée.

Les conclusions de cette expertise seront déterminantes pour la suite de la procédure. Selon les résultats, plusieurs scénarios restent envisageables, allant du maintien en détention à un aménagement de la mesure privative de liberté, voire à l’adoption d’une alternative à l’incarcération. Dans tous les cas, cette décision médicale pourrait constituer un tournant majeur dans l’affaire Mabintou Diaby, en plaçant la question humanitaire et sanitaire au cœur du processus judiciaire.

ACTIONS KAOLACK et le DG de la CDC, Fadilou Keïta, scellent une alliance stratégique pour le développement de la ville

Une nouvelle page semble s’ouvrir pour le développement de la ville de Kaolack. Une audience de haut niveau a réuni le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et responsable politique de Pastef, M. Fadilou Keïta, et une figure majeure du tissu associatif local, M. Cheikh Diaw, président de l’association ACTIONS KAOLACK, accompagné de Papa Mayloute Ndiaye, également membre du MONCAP.

Cette rencontre, qualifiée de constructive et collaborative, marque un tournant significatif en instaurant un dialogue direct entre la société civile organisée et les décideurs publics, dans l’intérêt exclusif des populations kaolackoises.

Pour mesurer toute la portée de cette audience, il convient de revenir sur le parcours et l’engagement d’ACTIONS KAOLACK. Son président, Cheikh Diaw, en rappelle les fondements :

« Notre association, profondément ancrée dans le tissu communal, n’a jamais été un simple observateur. Notre credo est l’action concrète. Sur le plan social, nous avons multiplié les initiatives de soutien aux couches les plus vulnérables, notamment à travers des dons de vivres, de matériel scolaire et la mise en place de mutuelles de solidarité. »

Il met également en avant la dimension citoyenne de l’organisation :

« Notre engagement civique se traduit par des campagnes de sensibilisation sur les droits et devoirs des citoyens, la participation civique et la médiation communautaire dans les quartiers, contribuant ainsi au renforcement de la cohésion sociale. »

Mais c’est surtout sur le terrain environnemental qu’ACTIONS KAOLACK s’est illustrée au fil des années. Cheikh Diaw précise :

« Nous menons un combat permanent contre l’insalubrité, qui constitue l’un des principaux maux de la ville. À travers l’organisation de grandes opérations Set Setal, des campagnes de reboisement dans les espaces publics et un plaidoyer constant pour une meilleure gestion des déchets, nos membres sont régulièrement en première ligne, balais et plants en main, pour redonner à Kaolack sa dignité environnementale. »

Ce capital d’expertise de terrain et cette légitimité locale ont ainsi été portés au plus haut niveau lors de la rencontre avec le Directeur général de la CDC. Les échanges ont permis d’aborder les enjeux prioritaires de Kaolack et de relayer les préoccupations exprimées dans les quartiers. Plus encore, ils ont ouvert la voie à l’exploration de pistes de coopération durables et structurantes.

Cette collaboration naissante ambitionne de conjuguer la force de proposition, l’ancrage communautaire et l’expérience d’ACTIONS KAOLACK avec les capacités d’exécution, de financement et de coordination institutionnelle de la CDC, sous la direction de M. Fadilou Keïta. L’objectif affiché est clair : passer d’actions ponctuelles à une stratégie concertée et amplifiée, au service du développement durable et inclusif de la ville de Kaolack.

« Justice et humanité » : à Kaolack, un plaidoyer pour Tahirou Sarr

À Kaolack, commerçants, entrepreneurs et soutiens se sont mobilisés pour demander la libération provisoire de l’homme d’affaires Tahirou Sarr, actuellement en détention. Dans un discours solennel rendu public, ils ont adressé un appel respectueux à l’État du Sénégal, aux autorités judiciaires ainsi qu’au peuple sénégalais.

S’exprimant au nom du collectif, Khadim Sao, commerçant au marché central de Kaolack et porte-parole des soutiens, a tenu à préciser que cette démarche ne vise nullement à remettre en cause l’indépendance de la justice, mais plutôt à en solliciter la clémence et la sagesse.

« Nous ne contestons pas la justice, nous en appelons à son humanité et à son sens de l’équilibre », a-t-il déclaré.

Selon les signataires du plaidoyer, Tahirou Sarr demeure un acteur économique majeur, dont l’ancrage national et régional est largement reconnu. Ils mettent notamment en avant les garanties financières importantes proposées par l’homme d’affaires dans le cadre de la procédure judiciaire. Celles-ci, constituées de biens immobiliers et de dépôts en numéraire, auraient été présentées avec l’aval d’un juge d’instruction, traduisant, selon eux, sa volonté de coopérer pleinement avec la justice et l’absence de tout risque de fuite.

Au-delà de l’aspect strictement judiciaire, les commerçants insistent sur les conséquences humaines et économiques de la détention. La situation de la famille de Tahirou Sarr, éprouvée par la privation de liberté de l’un des siens, a été évoquée, tout comme les conditions carcérales difficiles, souvent dénoncées par les organisations de défense des droits humains.

Sur le plan économique, le collectif estime que l’incarcération prolongée de l’homme d’affaires freine plusieurs projets, fragilise des partenariats et impacte indirectement de nombreux emplois, en particulier dans la région de Kaolack, où certaines activités commerciales dépendent de ses initiatives.

Tout en réaffirmant leur attachement à la lutte contre l’impunité et au respect des lois, les soutiens de Tahirou Sarr rappellent le principe fondamental de la présomption d’innocence. Ils estiment qu’une liberté provisoire, assortie de conditions strictes fixées par la justice, permettrait à l’intéressé de préparer sa défense dans des conditions dignes.

« Accorder une liberté provisoire serait un signal fort montrant que la justice sénégalaise sait conjuguer fermeté et humanité », a conclu Khadim Sao, exprimant l’espoir que les autorités prendront en compte les garanties offertes ainsi que l’impact socio-économique du dossier.

Les commerçants et soutiens disent croire en un Sénégal où la justice avance avec sérénité, dans le respect de la dignité humaine et de la concorde nationale, et appellent à ce que la sagesse guide les décisions à venir.

Le FDR fustige la gouvernance actuelle et alerte sur une « crise multisectorielle profonde »

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a tenu, ce jeudi à Keur Massar, une conférence de presse marquée par un ton particulièrement critique à l’endroit du pouvoir en place. Face aux militants et en présence de plusieurs responsables de l’opposition, le coordonnateur national du Front, Samba Sy, a livré un réquisitoire sans concession contre ce qu’il considère comme une gouvernance déconnectée des réalités sociales et économiques du pays.

Dès l’entame de son intervention, Samba Sy a dressé un tableau sombre de la situation nationale, affirmant que « le Sénégal traverse une crise multisectorielle profonde ». Selon lui, cette crise touche aussi bien l’économie que le social, avec des conséquences directes sur le quotidien des populations. Le FDR estime que la situation économique est aujourd’hui « particulièrement préoccupante », allant jusqu’à parler d’une économie « en faillite ». À l’en croire, tous les secteurs d’activité seraient quasiment à l’arrêt, plongeant le pays dans une phase de stagnation qu’il juge dangereuse pour l’avenir national.

Pour le coordonnateur national du FDR, la responsabilité de cette situation incombe directement aux autorités actuelles. « Au lieu de faire progresser notre pays, ils le font reculer, et ils le font reculer dangereusement », a-t-il martelé, dénonçant des choix politiques et économiques qui, selon lui, aggravent la précarité des populations. Il a notamment insisté sur le fossé grandissant entre les discours officiels et la réalité vécue par les Sénégalais, estimant que les décisions prises au sommet de l’État ne tiennent pas suffisamment compte de leurs impacts sociaux.

Au-delà des questions économiques, le FDR a également soulevé ce qu’il qualifie de dérives éthiques au sein de l’appareil d’État. Samba Sy a pointé du doigt l’attitude d’un ministre qui se serait publiquement félicité d’avoir utilisé des ressources publiques au profit de ses partisans, une pratique que le Front juge contraire aux principes de bonne gouvernance et de gestion transparente des deniers publics.

La cohésion de l’équipe gouvernementale a également été remise en question lors de cette conférence de presse. Le FDR accuse le Premier ministre de gouverner avec des collaborateurs qu’il aurait lui-même, par le passé, accusés publiquement de malversations financières. Une situation que le Front considère comme paradoxale et révélatrice, selon lui, d’un manque de cohérence et de crédibilité au sommet de l’État.

Le point culminant de l’intervention de Samba Sy a porté sur le décalage qu’il observe entre les appels répétés des autorités demandant aux populations de « se serrer la ceinture » et le train de vie de l’État. Le leader du FDR a dénoncé ce qu’il décrit comme l’opulence affichée par certains dirigeants, évoquant notamment les voyages en jet privé et un mode de vie qu’il juge en totale contradiction avec la situation de détresse sociale que traverse une grande partie des Sénégalais.

Enfin, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République a fustigé l’utilisation des fonds politiques, autrefois vivement critiqués par les actuels dirigeants lorsqu’ils étaient dans l’opposition. Aujourd’hui au pouvoir, le FDR les accuse d’y recourir pour assurer leur confort personnel, renforçant ainsi, selon le Front, le sentiment d’injustice et de frustration au sein de la population.

Extradition de Doro Gaye : la Cour d’Appel de Paris suspend son délibéré

La procédure d’extradition visant Doro Gaye vers le Sénégal connaît un nouveau rebondissement. Selon le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne, actuellement en exil en France, la Cour d’Appel de Paris a décidé, ce jeudi, de suspendre « jusqu’à nouvel ordre » son délibéré dans ce dossier.

Dans une publication diffusée sur le réseau social X (anciennement Twitter), Madiambal Diagne explique que la juridiction parisienne estime que le dossier transmis par les autorités sénégalaises est « bâclé et mal ficelé ». D’après lui, la Cour considère que, dans son état actuel, le dossier ne permet pas de statuer de manière définitive sur la demande d’extradition formulée par Dakar.

Cette suspension du délibéré signifie concrètement que la justice française demande des éléments complémentaires ou des clarifications avant de pouvoir se prononcer. En l’absence de garanties juridiques suffisantes et de documents jugés complets et conformes, la Cour d’Appel de Paris a donc choisi de surseoir à sa décision, prolongeant ainsi l’incertitude autour du sort judiciaire de Doro Gaye.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de procédures d’extradition impliquant des ressortissants sénégalais établis en France. Madiambal Diagne lui-même est concerné par une démarche similaire. Il est en effet en attente d’une décision de la Cour de justice de Versailles, saisie dans le cadre d’une procédure d’extradition engagée à son encontre par les autorités sénégalaises.

À travers sa prise de parole publique, le patron de presse met en cause la qualité du travail judiciaire et administratif effectué par les services sénégalais dans le montage de ces dossiers. Une critique qui relance le débat sur le respect des standards juridiques internationaux dans les demandes d’extradition et sur la capacité des autorités requérantes à fournir des éléments solides et juridiquement recevables devant les juridictions européennes.

Changement à la tête de l’AGEROUTE : Moustapha Fall nommé Directeur général

Par décret présidentiel, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à un changement à la tête de l’Agence des Travaux et de Gestion des Routes (AGEROUTE Sénégal). Mamadou Ndao, qui occupait jusque-là le poste de Directeur général, a été relevé de ses fonctions et remplacé par Moustapha Fall, ingénieur en génie civil, selon un communiqué officiel annonçant cette mesure individuelle.

Désormais à la tête de l’AGEROUTE, Moustapha Fall hérite de la responsabilité de diriger l’une des principales agences étatiques chargées de la planification, de la réalisation et de la gestion des infrastructures routières sur l’ensemble du territoire national. À ce titre, il aura pour mission de superviser la construction et l’entretien des routes, de veiller à la bonne exécution des projets routiers financés par l’État, ainsi que d’assurer une coordination efficace avec les partenaires techniques et financiers engagés dans le développement des infrastructures.

Cette nomination intervient dans un contexte où la modernisation et l’entretien du réseau routier sénégalais figurent parmi les priorités majeures du gouvernement. Les autorités entendent faire des infrastructures routières un levier essentiel de croissance économique, d’intégration territoriale et de facilitation de la mobilité des populations, aussi bien en milieu urbain que rural.

Ingénieur de formation, Moustapha Fall est présenté comme un profil technique capable de relever les défis liés à la qualité des ouvrages, au respect des normes et à l’optimisation des ressources dans la mise en œuvre des projets routiers. Son expertise en génie civil est perçue comme un atout pour renforcer l’efficacité de l’AGEROUTE, améliorer la gouvernance des projets et garantir des infrastructures durables, adaptées aux besoins du pays.

Affaire Farba Ngom : le député-maire nie tout paiement du Trésor et redemande la liberté provisoire

Le député-maire des Agnams, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, a été entendu mercredi par le juge d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF) dans le cadre de la procédure en cours le concernant. Lors de cette audition, l’élu a fermement contesté toute implication dans des opérations financières avec le Trésor public.

Selon les informations rapportées par Les Échos dans son édition de ce jeudi 18 décembre, Farba Ngom a soutenu n’avoir jamais perçu le moindre paiement provenant du Trésor public. Face au magistrat instructeur, il a insisté sur son absence totale de lien avec cette administration, déclarant ne connaître ni le bureau du directeur général du Trésor ni celui du payeur. Une affirmation destinée à réfuter toute accusation faisant état de flux financiers suspects à son profit.

Dans le même exercice de clarification, le député-maire est également revenu sur ses rapports avec l’homme d’affaires Tahirou Sarr, souvent cité dans ce dossier. Farba Ngom a tenu à préciser que les relations qu’il entretient avec ce dernier se limitent strictement à des échanges d’ordre commercial, écartant toute connivence ou association susceptible de justifier les soupçons portés contre lui.

Parallèlement à ces déclarations devant le juge, la défense de Farba Ngom ne compte pas rester inactive sur le plan procédural. Ses avocats ont annoncé leur intention d’introduire, dès ce jeudi, une nouvelle demande de liberté provisoire. Cette initiative vise à obtenir la remise en liberté de leur client, estimant que les éléments avancés lors de l’audition militent en faveur d’un allègement de sa situation judiciaire.

L’instruction se poursuit au niveau du Pool judiciaire financier, dans un dossier suivi de près par l’opinion publique, au regard du profil politique de l’accusé et des enjeux financiers évoqués.

Affaire des 125 milliards au Pool judiciaire financier : Tahirou Sarr et Farba Ngom opposent une défense coordonnée et réclament la liberté provisoire

Au Pool judiciaire financier, l’affaire dite des 125 milliards de FCFA continue de capter l’attention nationale. Ce dossier, devenu emblématique des grandes enquêtes financières en cours, a connu une nouvelle séquence décisive avec les auditions au fond de Tahirou Sarr, homme d’affaires et patron de Sofico SA, et de Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, député-maire des Agnam. Face au Collège des juges d’instruction, les deux hommes ont opposé une défense ferme, structurée et parfaitement coordonnée aux lourdes accusations de détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux et de trafic d’influence.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, les auditions se sont déroulées dans l’immeuble de huit étages du Pool judiciaire financier, situé à Sacré-Cœur, loin de l’agitation politique mais au cœur d’un climat judiciaire particulièrement tendu. Ce mercredi 17 décembre 2025, le temps semblait suspendu au rythme des interrogatoires. Déjà entendu au fond en début de semaine, Farba Ngom a de nouveau comparu devant les magistrats, dans les mêmes conditions médicalisées. Entre 15 heures et 17 heures, l’élu a maintenu une ligne de défense constante, réfutant toute implication dans un quelconque schéma frauduleux. Les flux financiers mis en cause, a-t-il soutenu, ne seraient que le résultat de transactions immobilières régulières, réalisées dans le strict respect de la légalité.

Cette posture s’inscrit, toujours selon L’Observateur, dans une parfaite cohérence avec la défense développée par Tahirou Sarr. Les versions des deux mis en cause convergent sur l’essentiel et se renforcent mutuellement, au point de constituer, aux yeux de leurs conseils, le socle de leur stratégie judiciaire. À l’issue de l’audition, Me Baboucar Cissé, avocat de Tahirou Sarr, s’est montré catégorique, affirmant que son client avait « éclairé de manière indiscutable la lanterne du juge d’instruction » et qu’il avait, par ses explications, totalement mis hors de cause Farba Ngom.

Pour la défense, l’ensemble du dossier repose sur des opérations foncières dûment documentées, dont les preuves auraient été versées aux débats. Les avocats martèlent qu’il n’existe ni détournement de deniers publics ni la moindre infraction pénale, insistant sur la transparence des transactions et la traçabilité des flux financiers.

Devant les juges, Tahirou Sarr n’a, pour sa part, montré aucun signe de variation dans son discours. Auditionné durant plusieurs heures, il a fondé sa défense sur la régularité des procédures et la clarté des circuits financiers. Les sommes versées à Farba Ngom, par l’intermédiaire des sociétés civiles professionnelles Tidiania et Doworou, auraient été effectuées par chèques et virements bancaires parfaitement identifiables, pour un montant global dépassant les 11 milliards de FCFA. Ces paiements, a-t-il soutenu, étaient exclusivement liés à des achats de titres fonciers.

« Si je voulais verser des rétro-commissions, je ne l’aurais certainement pas fait par des chèques et des virements traçables. Je n’ai jamais donné de rétro-commissions de ma vie », a-t-il déclaré devant le magistrat instructeur, selon L’Observateur. Il a également rejeté en bloc toute accusation de trafic d’influence, affirmant n’avoir jamais eu recours à un intermédiaire pour obtenir des paiements de l’État.

L’homme d’affaires est longuement revenu sur la nature de ses relations financières avec l’État du Sénégal. Il affirme avoir mobilisé près de 200 milliards de FCFA au profit du Trésor public au fil des années et avoir même perçu un paiement de 15 milliards de FCFA une semaine seulement avant son arrestation. Il soutient par ailleurs n’avoir exécuté qu’un seul marché public en quarante ans d’activité, à savoir une commande exceptionnelle de véhicules de sécurité en 2023, attribuée à la société Futuristic Car pour un montant estimé à environ 3 milliards de FCFA.

Concernant les 91 milliards de FCFA pour lesquels il est poursuivi comme auteur principal, Tahirou Sarr s’est montré interrogatif, voire défiant. Il a posé une question centrale aux magistrats : comment des fonds peuvent-ils être décaissés du Trésor public sans pièces justificatives ? Une interrogation qu’il présente comme une remise en cause directe de l’accusation, tout en assurant disposer de décisions de justice et de documents attestant de l’origine licite de fonds dépassant les 200 milliards de FCFA.

À l’issue de ces auditions, la défense de Farba Ngom se dit confortée dans sa position. Forts des déclarations de Tahirou Sarr et de la cohérence des éléments avancés, les avocats du député-maire des Agnam ont annoncé le dépôt, ce jour même, d’une nouvelle demande de mise en liberté provisoire. Désormais, la balle est dans le camp des magistrats instructeurs, appelés à trancher un dossier dont l’issue est suivie de près par l’opinion publique.

Décès d’Abdoulaye Diop : Papa Tahirou Sarr rejette toute implication de son parti et fait confiance à la justice française

Papa Tahirou Sarr, président du parti JËL LIÑU MOOM/Les Nationalistes, a tenu à clarifier la position de sa formation politique à la suite du décès tragique de Baba Abdoulaye Diop, jeune Sénégalais poignardé à mort le 15 décembre 2025 dans le Val-d’Oise, en France.

Dans un communiqué officiel, le député et homme politique a souligné que l’individu impliqué dans cet incident n’est en aucun cas affilié à son parti. « La personne concernée n’est ni membre de notre parti, ni titulaire d’une carte de militant, et n’est pas connue des instances dirigeantes des Nationalistes », a insisté Papa Tahirou Sarr. Il a également réaffirmé sa confiance totale envers la justice française pour faire la lumière sur cette affaire et établir les responsabilités de manière objective.

Le président du parti a exprimé sa profonde gravité face à ce drame et présenté ses condoléances à la famille de la victime, à ses proches et à toutes les personnes affectées par cet événement tragique. Il a rappelé que « rien, ni opinion, ni origine réelle ou supposée, ne peut justifier qu’un Sénégalais ôte la vie à un autre ».

Le communiqué insiste sur l’engagement éthique et légal de JËL LIÑU MOOM/Les Nationalistes. Le parti affirme qu’il rejette toute forme de violence, d’intimidation ou de règlement de comptes, quels qu’en soient les motifs. « Aucun partisan de JËL LIÑU MOOM/Les Nationalistes ne saurait participer à une discussion, un live ou une campagne de soutien à un meurtrier, ni appeler à la violence, ni célébrer l’effusion de sang. Cela est contraire à nos valeurs et à notre engagement citoyen », précise le communiqué.

Enfin, Papa Tahirou Sarr met en garde contre toute tentative d’amalgame entre ce drame et son parti, son idéologie ou une quelconque cabale contre sa personne. Selon lui, « cela relève d’une confusion préjudiciable au débat public et ne saurait engager notre responsabilité ».

En conclusion, le président des Nationalistes a réaffirmé sa confiance dans les institutions judiciaires françaises pour que justice soit faite, et pour que toute la vérité soit établie sur les circonstances ayant conduit à la mort de Baba Abdoulaye Diop.

Affaire ASER : la Cour suprême met le recours en délibéré, Thierno Alassane Sall dénonce une « deuxième forfaiture »

La Cour suprême a examiné ce jour le volet du recours pour excès de pouvoir introduit par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) le 24 octobre 2024. À l’issue des plaidoiries, la juridiction a décidé de mettre l’affaire en délibéré, avec une décision attendue le 21 janvier 2026. Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions autour de ce dossier sensible, marqué par des soupçons de mauvaise gestion financière et des procédures judiciaires multiples.

Réagissant à cette évolution, le député Thierno Alassane Sall a publiquement attiré l’attention du Président de la République ainsi que du Conseil supérieur de la magistrature sur ce qu’il considère comme de graves dysfonctionnements au sein de la Cour suprême. Selon lui, la gestion de ce dossier s’apparente à une « deuxième forfaiture » de la juridiction suprême, après des décisions antérieures déjà très controversées.

Le parlementaire dénonce d’abord le choix de la juridiction saisie. Il estime anormal que le recours pour excès de pouvoir, qui relève par nature du contentieux administratif, ait été confié à la Deuxième Chambre civile et commerciale de la Cour suprême. À ses yeux, ce type de recours devrait être examiné exclusivement par les Chambres administratives, seules compétentes en la matière. Cette situation soulève, selon lui, un sérieux problème de procédure et de respect des règles de compétence juridictionnelle.

Thierno Alassane Sall souligne également un élément qu’il juge particulièrement préoccupant : le président de la Deuxième Chambre civile et commerciale, à qui l’affaire a été confiée, est le même magistrat qui avait rendu l’ordonnance de rétractation du 21 février 2025. Cette ordonnance avait eu pour effet de neutraliser une décision initiale prise par un conseiller des Chambres administratives, et ce, selon le député, sans la production d’éléments nouveaux suffisamment sérieux pour justifier une telle rétractation. Il y voit une répétition des mêmes pratiques et un affaiblissement de la sécurité juridique.

Sur le fond, le député considère que, quelle que soit l’issue du délibéré annoncé pour janvier 2026, une éventuelle décision de la Cour suprême serait sans effet juridique réel. À son avis, cette décision ne pourrait ni régulariser la situation ni permettre le déblocage du projet concerné. Il rappelle notamment que les bailleurs de fonds espagnols exigent toujours des explications claires et documentées sur l’utilisation de l’avance de 37 milliards de francs CFA accordée dans le cadre du projet. Jusqu’à présent, ces explications n’auraient pas été fournies de manière satisfaisante.

Dans ce contexte, Thierno Alassane Sall estime que l’activation de la Cour suprême sur ce dossier viserait davantage à « brouiller les cartes » qu’à apporter une solution définitive. Selon lui, cette manœuvre interviendrait alors même que la Section de recherches, agissant sur instruction du Pool judiciaire financier, poursuit activement ses investigations. Ces enquêtes ont pour objectif de faire toute la lumière sur la destination réelle des 37 milliards de francs CFA et d’établir d’éventuelles responsabilités pénales.

L’affaire ASER apparaît ainsi comme un dossier emblématique des tensions actuelles entre exigences de transparence, fonctionnement de la justice et gestion des fonds publics. À mesure que les procédures judiciaires avancent, les attentes restent fortes, tant du côté de l’opinion publique que des partenaires financiers, quant à la manifestation de la vérité et au respect strict des règles de droit.

Affaire Farba Ngom : Tahirou Sarr disculpe le député-maire devant le Pool judiciaire financier

Ce mardi, le dossier impliquant Farba Ngom a connu un nouveau développement au Pool judiciaire financier (PJF), où le député-maire a été entendu par le juge d’instruction. Cette audition intervient dans le cadre de l’enquête portant sur des faits présumés d’escroquerie sur les deniers publics, pour lesquels Farba Ngom et Tahirou Sarr ont été placés sous mandat de dépôt.

Selon les déclarations de Me Baboucar Cissé, avocat de la défense, l’audition de Farba Ngom a été précédée de celle de Tahirou Sarr. Ce dernier a été longuement entendu sur les faits qui leur sont reprochés. D’après l’avocat, cette première audition aurait permis d’éclairer le juge d’instruction sur la nature réelle des transactions mises en cause dans ce dossier.

Face au magistrat instructeur, Tahirou Sarr a formellement mis hors de cause Farba Ngom. Me Baboucar Cissé soutient que l’ensemble des faits reprochés repose exclusivement sur des transactions immobilières parfaitement identifiées et documentées. Les preuves de ces opérations auraient été produites par Tahirou Sarr lui-même, démontrant, selon la défense, qu’il ne s’agit nullement d’un détournement de deniers publics.

« Il n’y a pas eu de détournement de deniers publics, il n’y a eu absolument rien du tout », a martelé l’avocat devant la presse, insistant sur l’absence de toute infraction pénale dans les opérations concernées. Il affirme que les éléments versés au dossier établissent clairement la traçabilité et la légalité des transactions incriminées.

Me Baboucar Cissé est également revenu sur les montants évoqués dans cette affaire. Alors que l’accusation ferait état d’un préjudice estimé à 125 milliards de francs CFA, Tahirou Sarr aurait, selon la défense, justifié des opérations portant sur un montant global de 236 milliards de francs CFA. Ces justifications auraient été accompagnées de pièces probantes versées au dossier, renforçant la position de la défense.

Pour l’avocat, ces éléments constituent une démonstration supplémentaire de l’inexistence des faits d’escroquerie allégués et confirment, à ses yeux, l’innocence de Farba Ngom. L’enquête se poursuit néanmoins au niveau du Pool judiciaire financier, où le juge d’instruction devra apprécier l’ensemble des déclarations et des pièces produites avant de tirer les conséquences judiciaires qui s’imposent.

Diomaye : le président n’est là que pour une période… Aujourd’hui c’est moi, demain ce sera peut-être le Premier ministre, Inch’Allah.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé, mardi 16 décembre 2025 au soir, son souhait de voir un jour le Premier ministre, Ousmane Sonko, lui succéder à la tête de l’État. Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre tenue au Palais présidentiel avec les pupilles de la Nation, composés notamment d’enfants de victimes de catastrophes ainsi que de militaires et paramilitaires décédés en mission.

Dans une atmosphère empreinte de solennité et de pédagogie, le chef de l’État a tenu à rappeler aux jeunes visiteurs que le Palais présidentiel n’est pas un lieu réservé à une élite, mais un bien commun appartenant à tous les Sénégalais. « C’est notre palais à nous tous », a-t-il affirmé d’emblée, insistant sur le caractère républicain et accessible des institutions de la République.

Bassirou Diomaye Faye a ensuite souligné la nature temporaire de la fonction présidentielle, évoquant la continuité démocratique qui a marqué l’histoire politique du Sénégal. Il a cité ses prédécesseurs, Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, pour illustrer l’alternance au sommet de l’État. « Le président n’est là que pour une période. Aujourd’hui, je suis là. Demain, ce sera peut-être Ousmane Sonko, je prie pour cela », a-t-il déclaré, en présence du Premier ministre, suscitant une vive attention parmi l’assistance.

Cette prise de parole, relayée à travers une courte vidéo d’environ deux minutes publiée sur la page Facebook de la Présidence de la République, a également été l’occasion pour le chef de l’État d’adresser un message d’encouragement aux enfants. Il les a exhortés à s’investir pleinement dans le travail et les études, qu’il a présentés comme le « secret de la réussite », les invitant à croire en leurs capacités et en leur avenir.

La visite des pupilles de la Nation s’inscrit dans le cadre d’une initiative portée par la Présidence de la République, visant à ouvrir deux fois par semaine les portes du Palais présidentiel aux écoliers. À travers ces rencontres, les autorités entendent instaurer des échanges simples, chaleureux et sincères avec les enfants, dans l’objectif de marquer durablement leur imaginaire, de renforcer leur confiance en l’avenir et de les rapprocher des valeurs républicaines et citoyennes.

Par cette démarche, le président Bassirou Diomaye Faye affirme sa volonté de rendre les institutions plus accessibles et de transmettre aux jeunes générations le sens de l’engagement, du travail et de la responsabilité, tout en inscrivant son action dans une vision de continuité démocratique et de préparation de l’avenir du pays.

Thierno Alassane Sall dresse un réquisitoire sévère contre deux ans de gouvernance de Diomaye

Ce qui devait constituer, aux yeux de nombreux Sénégalais et d’une partie de l’opinion africaine, l’une des plus grandes victoires politiques du siècle s’est finalement mué en une profonde désillusion. C’est le constat sans concession dressé par Thierno Alassane Sall, président de la République des valeurs (RDV), lors d’une déclaration devant la presse consacrée au bilan des deux années de gouvernance du président Bassirou Diomaye Faye.

Selon l’ancien ministre, l’accession au pouvoir du nouveau régime s’était construite autour de promesses fortes et mobilisatrices. Éthique, transparence, fraternité, égalité des droits et don de soi pour la patrie avaient été érigés en piliers d’un nouveau projet de société censé rompre avec les pratiques du passé. Toutefois, estime-t-il, la réalité du pouvoir a très rapidement rattrapé le discours. Ce qui se donne aujourd’hui à voir, affirme Thierno Alassane Sall, n’est pas une gouvernance orientée vers l’intérêt général, mais l’action d’un cercle restreint, incapable de s’entendre sur la conduite des affaires publiques et davantage préoccupé par la conquête et la conservation du pouvoir que par les difficultés quotidiennes des Sénégalais.

Le député de la République des valeurs dénonce également ce qu’il qualifie de situation inédite dans l’histoire politique récente du Sénégal : une guerre ouverte et assumée au sommet de l’État. Pour la première fois, selon lui, une confrontation durable s’est installée entre les deux têtes de l’exécutif. Une rivalité qui, précise-t-il, ne porte ni sur l’avenir du pays, ni sur les attentes pressantes des étudiants, des travailleurs ou des familles en difficulté, mais essentiellement sur une question de pouvoir : qui gouverne réellement et qui sera candidat à l’élection présidentielle de 2029. Cette crise, ajoute-t-il, constitue une rupture grave avec la tradition de stabilité institutionnelle qui a longtemps fait la réputation du Sénégal sur le continent africain.

Thierno Alassane Sall s’inquiète par ailleurs de la centralité croissante des calculs électoralistes au sein de la majorité. Reprenant un adage bien connu selon lequel les hommes d’État pensent aux générations futures tandis que les politiciens se préoccupent de leurs prochaines élections, il estime que cette maxime n’a jamais été aussi actuelle. À l’en croire, au sein du Pastef, le débat dominant ne porte plus sur le projet national ou sur les réformes structurelles, mais sur les prochaines échéances électorales.

Cette instabilité politique permanente aurait, selon lui, des conséquences économiques lourdes. Le pays serait aujourd’hui à l’arrêt, fragilisé par les dégradations de notations, l’incertitude ambiante et la frilosité des investisseurs. Le tourisme, les services et l’investissement privé seraient particulièrement touchés. Dans ce climat délétère, affirme-t-il, l’incertitude est totale et nul ne peut dire de quoi demain sera fait. Au lieu de s’atteler à relancer l’économie et à restaurer la confiance, le pouvoir se replie, selon ses termes, sur des calculs politiciens.

Sur le plan social, le leader de la RDV dénonce une brutalité de l’État à l’égard de ses propres citoyens. Il évoque des centaines, voire des milliers de licenciements intervenus dans des entreprises et agences publiques, souvent sans procédures claires, pour faire place à des proches du régime. Il s’interroge alors sur la réalité des valeurs proclamées au début du mandat, notamment l’éthique, la fraternité et la transparence dans les recrutements, rappelant les promesses d’appels à candidatures ouverts et équitables.

Des exemples précis sont avancés pour étayer ces accusations, notamment des recrutements effectués sans avis de vacance de poste, le retour de militants ou proches du pouvoir établis en France, ainsi que la mise à l’écart de compétences sénégalaises pourtant reconnues. Selon Thierno Alassane Sall, ces pratiques sont parfois assumées, voire revendiquées, au nom de l’amitié militante. Des institutions et structures publiques comme la Caisse des dépôts et consignations, Dakar Dem Dikk, l’Office des lacs du Sénégal ou encore certains programmes de formation professionnelle sont citées comme symboles de ce qu’il qualifie de népotisme institutionnalisé.

Dans un tel contexte, conclut-il, parler d’État de droit relève de l’utopie. Car sans le respect strict du droit et des procédures, le citoyen demeure toujours plus faible face au pouvoir, mettant en péril les fondements mêmes de la démocratie sénégalaise.

Diamniadio : le Sénégal inaugure l’usine ISEVEM, un jalon historique vers une industrie de défense souveraine

Le Président de la République a procédé, ce mardi à Diamniadio, à l’inauguration officielle de l’usine ISEVEM dédiée à l’assemblage de véhicules militaires tactiques. Cet événement marque une étape majeure dans la construction d’une véritable industrie de défense nationale et traduit une volonté politique claire de renforcer la souveraineté industrielle et technologique du Sénégal.

À travers la mise en service de cette infrastructure stratégique, l’État du Sénégal pose les fondations d’une autonomie accrue dans le domaine de la défense. L’objectif affiché est de réduire progressivement la dépendance vis-à-vis des fournisseurs extérieurs, tout en renforçant les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité nationales. Cette démarche s’inscrit dans une vision de long terme visant à doter le pays de moyens industriels capables de soutenir durablement ses ambitions sécuritaires.

Le projet ISEVEM repose sur un partenariat public-privé structuré et rigoureux entre l’État et le groupe industriel ISEVEM. Cette coopération stratégique illustre une approche pragmatique et progressive du développement industriel. Dans un premier temps, l’usine se concentre sur l’assemblage de véhicules militaires tactiques adaptés aux besoins des forces armées sénégalaises. À moyen et long termes, l’ambition est d’élargir les activités vers la maintenance, la modernisation, puis la conception et la production locale d’équipements de défense, en intégrant davantage de valeur ajoutée nationale.

Au-delà de sa dimension strictement sécuritaire, l’usine ISEVEM constitue un puissant levier de développement économique et industriel. Elle contribue à la création d’emplois qualifiés, à la montée en compétences de la main-d’œuvre locale et au transfert de savoir-faire technologiques de haut niveau. Une attention particulière est portée à l’intégration des talents nationaux, notamment des jeunes ingénieurs, techniciens et ouvriers spécialisés, appelés à évoluer dans des filières industrielles à forte valeur ajoutée.

L’implantation de cette unité industrielle à Diamniadio s’inscrit également dans la dynamique de transformation de cette zone en pôle stratégique de développement, combinant innovation, industrie et formation. Elle renforce ainsi l’écosystème industriel national et favorise l’émergence d’un tissu de sous-traitants locaux, appelés à jouer un rôle croissant dans la chaîne de valeur de l’industrie de défense.

En inaugurant la première usine d’assemblage de véhicules militaires tactiques du pays, le Sénégal affirme avec force son engagement en faveur d’une industrie de défense résiliente, innovante et souveraine. Cette initiative traduit une ambition assumée de concilier sécurité nationale, développement économique et cohésion sociale, en faisant de l’industrie un pilier central de la souveraineté et de la prospérité nationales.

Thierno Alassane Sall dénonce irrégularités et précarité dans la gestion publique et interpelle le gouvernement

Le président de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a exprimé de vives critiques à l’encontre de plusieurs secteurs clés de l’administration publique, mettant en lumière des pratiques jugées irrégulières et des conditions de travail préoccupantes pour de nombreux employés. Son point d’attaque principal a porté sur le ministère de l’Assainissement, dirigé par le Dr Cheikh Tidiane Dieye. Selon TAS, des irrégularités systématiques freinent les processus d’attribution des marchés publics et créent un terrain propice au favoritisme. Il a insisté sur la nécessité de procéder à des audits indépendants afin de clarifier les responsabilités et de restaurer la confiance dans la gestion des fonds publics, alors que le secteur fait déjà face à des défis structurels considérables.

Par ailleurs, Thierno Alassane Sall a attiré l’attention sur la situation préoccupante des employés sénégalais à la Société de Gestion du Barrage de Manantali (SOGEM). Il a dénoncé l’exclusion récente de cinq travailleurs pour motif économique, décision prise par le directeur général, et a qualifié cette mesure de discriminatoire. Il a appelé les autorités nationales à intervenir pour défendre les droits de ces employés et à contrer des pratiques jugées offensantes à l’égard de la fraternité africaine.

Le président de la République des Valeurs a également mis en exergue les difficultés rencontrées par les agents du Programme de Formation École Entreprise (PFEE). Il a déploré la précarité de 32 travailleurs soumis à des contrats à durée déterminée successifs, sans aucune perspective professionnelle, et a dénoncé l’abandon du programme par le ministère de tutelle. Selon lui, cette situation traduit un manque d’engagement de l’État envers la jeunesse et le développement professionnel, avec des conséquences négatives sur la cohésion sociale.

Enfin, Thierno Alassane Sall n’a pas hésité à remettre en cause le leadership gouvernemental, accusant le Premier ministre d’ignorance des urgences nationales et d’absence de vision stratégique. Il a imputé à la gouvernance actuelle la dégradation de la situation économique et sociale du pays, appelant à un sursaut des autorités pour adopter une gestion plus éthique, équitable et responsable, susceptible de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

Tournée économique en Casamance : la Coalition Diomaye Président–Kolda appelle à une mobilisation massive pour accueillir Bassirou Diomaye Faye

La Coalition Diomaye Président–Kolda a lancé un appel solennel, républicain et citoyen à l’endroit des populations de la région de Kolda et, plus largement, de toute la Casamance, en perspective de la tournée économique que le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, effectuera dans le sud du pays du 20 au 25 décembre 2025. L’information a été rendue publique à travers un communiqué transmis ce mardi 16 décembre au correspondant de PressAfrik à Kolda.

Dans ce document, la coalition exprime sa « grande fierté républicaine » et son « engagement militant assumé » à l’égard de cette initiative présidentielle, qu’elle qualifie de stratégique et historique. Selon ses responsables, cette tournée s’inscrit pleinement dans une dynamique de rupture responsable, de justice territoriale et de redressement national. Elle traduit, à leurs yeux, la ferme volonté du Chef de l’État de réconcilier durablement la Casamance avec les politiques publiques de développement, après de longues années d’attentes, de frustrations et de marginalisation perçue.

La Coalition Diomaye Président–Kolda souligne que cette visite présidentielle repose sur le Plan Diomaye pour la Casamance, présenté comme un cadre structurant de transformation profonde et durable de la région. Ce plan met un accent particulier sur la souveraineté alimentaire et la relance de l’agriculture, à travers la modernisation et la valorisation des filières stratégiques telles que le riz, les fruits, les produits forestiers et les ressources halieutiques. L’objectif affiché est de renforcer l’autosuffisance alimentaire, de créer de la valeur ajoutée locale et de générer des emplois durables au profit des populations.

Le document insiste également sur la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, considérés comme des acteurs centraux du développement régional. À ce titre, la coalition met en avant la nécessité d’un accès plus équitable au financement, à la formation professionnelle et à l’accompagnement technique, afin de libérer les énergies, stimuler l’innovation et favoriser l’émergence d’un tissu économique local solide et compétitif.

Par ailleurs, le développement d’infrastructures modernes et structurantes figure parmi les priorités majeures annoncées dans le cadre de cette tournée. Il s’agit notamment des routes, des ports, de l’énergie et de la logistique, avec pour ambition de renforcer le désenclavement de la Casamance, d’améliorer sa connectivité et d’accroître son attractivité économique. Pour la coalition, ces investissements constituent des leviers essentiels pour intégrer pleinement la région dans la dynamique nationale de croissance et de compétitivité.

La question de la paix, de la cohésion sociale et de la stabilité occupe également une place centrale dans l’appel lancé par la coalition. Ces éléments sont présentés comme des fondements indispensables à tout développement durable et partagé, dans une région marquée par une histoire particulière et des défis spécifiques. La coalition estime que la démarche du Président de la République participe à la consolidation d’une paix durable, fondée sur l’inclusion, le dialogue et la justice sociale.

Dans ce contexte, la Coalition Diomaye Président–Kolda appelle l’ensemble des populations de la région, les forces vives, les mouvements de jeunesse, les organisations de femmes, les leaders communautaires, religieux et coutumiers, ainsi que la diaspora, à une mobilisation populaire massive, disciplinée et responsable. L’objectif est de réserver au Président Bassirou Diomaye Faye un accueil « digne, chaleureux et fraternel », à la hauteur de l’importance accordée à la Casamance par les nouvelles autorités.

Pour la coalition, cette tournée économique constitue un moment politique et historique majeur. Elle offre l’occasion d’exprimer la reconnaissance des populations de la Casamance pour l’attention et les actes posés en faveur de la région, de réaffirmer l’unité nationale et la cohésion autour du projet de transformation porté par le Chef de l’État, mais aussi de favoriser une appropriation collective du Plan Diomaye Casamance comme un outil de développement, d’espoir et de prospérité partagée.

En conclusion, la Coalition Diomaye Président–Kolda réaffirme sa confiance totale dans la vision, le leadership et l’engagement patriotique du Président Bassirou Diomaye Faye. Elle renouvelle également son attachement profond à la Casamance, présentée comme une terre de résilience, de dignité et de fort potentiel, appelée à jouer un rôle central dans le processus de redressement et de transformation du Sénégal.

Affaire ASER–AEE Power : Réewum Ngor dénonce une « étrange entrée en action » de la Cour suprême

Le parti Réewum Ngor (RV), dirigé par Thierno Alassane Sall, a exprimé de vives inquiétudes face à ce qu’il qualifie de nouveau rebondissement judiciaire troublant dans l’affaire opposant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à la société AEE Power EPC. Dans une déclaration rendue publique, la formation politique dénonce « une étrange entrée en action de la Cour suprême », qu’elle juge préoccupante au regard du contexte judiciaire actuel.

Réewum Ngor rappelle que la Cour suprême est saisie, depuis le 21 octobre 2024, d’un recours pour excès de pouvoir introduit dans ce dossier. Or, le parti s’étonne du « réveil soudain » de la haute juridiction, qui a décidé d’enrôler l’affaire pour une audience prévue ce mercredi 17 décembre. Cette initiative intervient alors même que la Section de recherche, agissant sur instruction du Pool judiciaire financier, mène actuellement des investigations approfondies et s’apprête à convoquer plusieurs autorités administratives impliquées dans le dossier. Pour le RV, l’activation de la Cour suprême dans un tel contexte « ne peut qu’inquiéter » et soulève de sérieuses interrogations quant à ses motivations et à ses conséquences.

L’inquiétude du parti est renforcée, selon lui, par ce qu’il considère comme un non-respect manifeste des règles de compétence au sein de la Cour suprême. Réewum Ngor souligne en effet que le recours pour excès de pouvoir relève clairement de la matière administrative et devrait, à ce titre, être examiné par les chambres administratives de la haute juridiction. Or, le dossier a été confié de manière jugée « étrange » à la Deuxième chambre civile et commerciale, une juridiction qui, selon le parti, ne peut en aucun cas connaître d’un recours en matière administrative.

Le RV relève par ailleurs une coïncidence qu’il estime troublante : le président de cette Deuxième chambre civile et commerciale est le même magistrat qui avait rendu l’ordonnance de rétractation du 21 février 2025. Cette décision avait annulé une précédente ordonnance, datée du 21 novembre 2024, sur la base d’un motif qualifié de « léger » par le parti, à savoir l’argument selon lequel la banque Santander aurait précisé que la suspension concernait uniquement les décaissements et non le financement du projet.

Pour Réewum Ngor, cette nouvelle action de la Cour suprême n’aura, en réalité, aucun effet concret sur l’avenir du projet en question, celui-ci demeurant bloqué du fait du maintien par la banque Santander de la suspension des décaissements. Le parti estime dès lors que le seul impact réel de cette initiative judiciaire serait de « donner l’impression que la procédure engagée devant le Pool judiciaire financier est devenue inutile », ce qu’il juge particulièrement grave dans un contexte de lutte contre les dysfonctionnements et les irrégularités présumées.

Le parti dirigé par Thierno Alassane Sall va plus loin en s’interrogeant ouvertement sur les intentions qui pourraient se cacher derrière cette manœuvre. Il se demande notamment s’il ne faudrait pas comprendre que les conseillers des chambres administratives seraient plus enclins à juger conformément à la première ordonnance rendue dans l’affaire, tandis que la chambre civile et commerciale, déjà à l’origine de la rétractation, serait plus favorable à une « nouvelle doctrine » judiciaire.

Face à ce qu’il considère comme une situation « inacceptable », Réewum Ngor interpelle directement le Président de la République, le Conseil supérieur de la magistrature ainsi que l’Union des magistrats du Sénégal. Le parti exige que le risque d’une intervention de la Cour suprême susceptible d’« impacter les enquêtes en cours à la Section de recherche » soit pris très au sérieux et traité avec la plus grande vigilance.

Pour approfondir sa position et détailler ses préoccupations, le parti a annoncé la tenue d’une conférence de presse ce mardi 16 décembre à partir de 15h30, à la Résidence Abass Sall, au cours de laquelle cette affaire, entre autres sujets, sera largement abordée.

Silence de Diomaye Faye : l’avenir incertain de la coalition « Diomaye Président » alimente le débat politique

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, entretient toujours le flou autour de l’avenir de la coalition « Diomaye Président », une posture qui alimente interrogations et spéculations au sein de la classe politique comme chez les militants. Ce silence contraste avec la dynamique de la coalition, qui continue pourtant d’enregistrer de nouveaux ralliements, sans pour autant afficher une activité politique structurée et visible.

Selon un membre de la coalition, ayant requis l’anonymat, aucune initiative concrète n’a encore été lancée sur le terrain. « Nous ne tenons pas encore d’activités concrètes, mais la coalition ne cesse de recruter de nouveaux alliés », confie-t-il dans les colonnes de Jeune Afrique. Cette situation crée une certaine frustration chez des responsables et militants qui s’étonnent de ne pas avoir entendu le chef de l’État s’exprimer clairement sur une structure pourtant associée à son nom. « Le souci, c’est qu’on ne l’a pas encore entendu s’exprimer sur le sujet. Pourtant, il s’agit de sa coalition », insiste la même source.

Ce mutisme du président nourrit d’autant plus les débats que certains militants soupçonnent Bassirou Diomaye Faye de préparer, à terme, une éventuelle réélection en 2029. Interrogés par Jeune Afrique sur une possible prise de position du chef de l’État, plusieurs responsables politiques s’interrogent sur les conséquences d’une telle sortie. Pour les uns, une clarification pourrait apaiser les tensions internes et donner une orientation claire à la coalition. Pour les autres, elle risquerait au contraire de raviver les querelles et d’ouvrir prématurément le débat sur les échéances électorales futures.

Pour ce chef de parti allié au pouvoir, la polémique actuelle relève davantage de la spéculation que d’un véritable enjeu politique. À ses yeux, le débat est largement prématuré. « C’est faire beaucoup de bruit pour rien, puisqu’on ignore encore s’il sera candidat », estime-t-il, appelant à laisser le président se concentrer sur l’exercice de ses fonctions.

Toutefois, cet allié ne ferme pas la porte à un engagement plus affirmé si le chef de l’État venait à se positionner clairement. Il se dit ainsi prêt à soutenir Bassirou Diomaye Faye si celui-ci décidait de se présenter aux élections locales de 2027 sous la bannière « Diomaye Président ». Une perspective qui reste conditionnée à des intérêts politiques bien compris. « Si Diomaye devait se représenter, on le suivrait, du moment qu’on y trouve notre compte », précise-t-il, illustrant les calculs et attentes qui entourent déjà l’avenir de la coalition présidentielle.

Dans l’attente d’une prise de parole du président, la coalition « Diomaye Président » poursuit donc son élargissement dans une relative discrétion, portée par des ralliements mais freinée par l’absence de ligne claire. Un flou stratégique qui, pour l’heure, laisse planer le doute sur la véritable vocation de cette structure et sur le calendrier politique du chef de l’État.

PASTEF engage une vaste offensive militante : Ousmane Sonko fixe le cap pour une massification et un ancrage citoyen renforcés

Le président du parti PASTEF-les Patriotes, Ousmane Sonko, a signé ce 15 décembre 2025 une instruction majeure destinée à l’ensemble des structures, responsables et militants du parti. À travers l’Instruction n°01/PASTEF/PR/2025, le leader des Patriotes entend engager le parti dans une nouvelle phase de consolidation organisationnelle, de massification militante et d’ancrage citoyen, dans un contexte marqué par la mise en œuvre du projet de transformation nationale porté par les nouvelles autorités.
Dans son adresse, Ousmane Sonko revient d’abord sur le grand rassemblement du 8 novembre 2025, qu’il qualifie de moment historique. Selon lui, cette mobilisation populaire a confirmé l’attachement profond des Sénégalais au projet politique de PASTEF et rappelle la lourde responsabilité qui incombe désormais au parti. Pour le président de PASTEF, l’heure n’est plus seulement à la conquête du pouvoir, mais à l’exemplarité, à la discipline et à l’enracinement durable au sein des populations.
Dans cette dynamique, le président du parti affirme que PASTEF doit rester le parti politique le plus structuré, le plus vivant et le plus proche des citoyens, fidèle aux idéaux de justice, d’éthique et de transformation qui ont fondé son combat. L’instruction engage ainsi toutes les structures du parti, au Sénégal comme dans la diaspora, à s’inscrire dans une mobilisation politique, sociale et citoyenne permanente.
Parmi les priorités fixées figure la massification du parti. Ousmane Sonko assigne à PASTEF l’objectif ambitieux d’atteindre un million de militants identifiés et actifs d’ici fin 2026. Cette dynamique devra s’appuyer sur une base de données militante fiable et régulièrement mise à jour, ainsi que sur des campagnes d’adhésion organisées dans toutes les communes, les universités, les lieux de travail et les pays de la diaspora. À cet effet, la reprise officielle du placement et de la vente des cartes de membre est annoncée pour janvier 2026, sous la supervision de la Commission nationale compétente.
Le renforcement de la structuration de proximité constitue un autre pilier central de l’instruction. Le président de PASTEF insiste sur le rôle stratégique des cellules, appelées à devenir le cœur battant du parti. L’objectif est de créer ou de redynamiser 10 000 cellules fonctionnelles à travers les 46 départements, les 557 communes et la diaspora. Ces cellules devront être à la fois des espaces d’éducation politique, de participation citoyenne, de solidarité, d’actions sociales et de mobilisation permanente à l’écoute des populations.
Sur le plan interne, Ousmane Sonko met également l’accent sur la redynamisation organique et la cohésion du parti. Il appelle à la tenue régulière des réunions statutaires, à l’élaboration de plans d’action trimestriels et à la production obligatoire de rapports mensuels d’activités. Toutes les coordinations, sections et structures nationales, y compris celles de la diaspora, sont invitées à relancer pleinement leurs activités. Les mouvements nationaux, notamment ceux des jeunes, des femmes, des enseignants, des aînés, des cadres, des artisans, des daaras et des personnes vivant avec un handicap, devront être dynamisés dans le strict respect de leurs règlements intérieurs et de la discipline du parti.
Au-delà de l’organisation politique, le président de PASTEF rappelle que le parti est aussi une force sociale et citoyenne. Dans cet esprit, chaque structure est appelée à mener régulièrement des actions concrètes au service des populations. Il s’agit notamment d’initiatives en faveur de la santé publique, de la solidarité, de la protection de l’environnement, de l’amélioration du cadre de vie, de la promotion de l’éthique publique et de la lutte contre la corruption. La solidarité sociale, l’accompagnement des familles vulnérables, le soutien scolaire bénévole et le mentorat figurent également parmi les axes jugés essentiels pour renforcer l’ancrage populaire du parti.
La sensibilisation politique de proximité occupe une place importante dans cette instruction. Ousmane Sonko invite les militants à intensifier les causeries communautaires, les cercles de dialogue et les panels populaires, mais aussi à instaurer un porte-à-porte hebdomadaire. L’objectif est double : expliquer les réformes engagées dans le cadre de la transformation nationale et recueillir directement les préoccupations des citoyens.
Le président du parti insiste par ailleurs sur la responsabilité particulière des députés, élus locaux, cadres et membres du Conseil national. Ces derniers sont appelés à être présents aux côtés de la base militante, à accompagner les structures locales, à participer activement aux actions citoyennes et à faire preuve de disponibilité, d’humilité et de solidarité. Pour Ousmane Sonko, la cohésion entre dirigeants, élus et militants constitue une condition essentielle de la réussite politique et sociale de PASTEF.
Enfin, l’instruction prévoit un dispositif rigoureux de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation. Les coordinations et sections sont invitées à élaborer sans délai des plans d’action départementaux et communaux, à établir un calendrier d’activités et à transmettre des rapports mensuels. Un mécanisme spécial de suivi-évaluation est mis en place au sein du cabinet du président du parti, tandis que des missions de supervision seront déployées sous la responsabilité du Secrétariat général.
En conclusion, Ousmane Sonko appelle l’ensemble des patriotes à redoubler d’engagement, de discipline et de proximité avec les populations. Pour lui, la transformation nationale ne peut réussir que si le parti reste mobilisé, structuré, solidaire et profondément enraciné dans le vécu quotidien des Sénégalais. Il exhorte chaque structure et chaque militant à s’approprier pleinement cette instruction, qu’il érige désormais en priorité stratégique du parti.

Menace de boycott de la tournée du Président Diomaye : son directeur de cabinet temporise et clarifie les enjeux

Face aux appels au boycott visant la tournée économique que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’apprête à effectuer dans le Sud du pays, le directeur de cabinet du chef de l’État, Ousmane Abdoulaye Barro, est monté au créneau pour apporter des clarifications et désamorcer les tensions. Intervenant sur les ondes de la RFM, il a tenu à réaffirmer la portée essentiellement économique et institutionnelle de cette visite présidentielle, prévue du 20 au 25 décembre 2025 en Casamance.

Selon Ousmane Abdoulaye Barro, cette tournée s’inscrit pleinement dans la dynamique de gouvernance de proximité voulue par le chef de l’État et dans la mise en œuvre progressive de la Vision Sénégal 2050. Le Président Diomaye Faye, a-t-il expliqué, ira à la rencontre des populations et surtout sur le terrain pour constater l’état d’avancement de projets structurants, visiter des chantiers en cours de réalisation et évaluer l’impact d’infrastructures déjà livrées. Pour le directeur de cabinet, il est essentiel de recentrer le débat sur la finalité première de ce déplacement présidentiel. « Le cœur de cette tournée, c’est l’économie », a-t-il insisté, soulignant que l’objectif est avant tout de répondre aux préoccupations concrètes des populations du Sud en matière de développement, d’investissements et d’opportunités économiques.

Abordant la question des tensions et des divergences au sommet de l’État, Ousmane Abdoulaye Barro n’a pas cherché à les minimiser. Il a reconnu l’existence de désaccords entre le président de la République et son Premier ministre, tout en appelant à une lecture apaisée et responsable de la situation. Selon lui, les divergences d’opinions sont inhérentes à toute vie politique et peuvent même, lorsqu’elles sont bien gérées, contribuer à enrichir le débat public et à améliorer la prise en charge des attentes des citoyens, notamment celles des populations du Sud.

Le directeur de cabinet a toutefois admis le caractère délicat, voire prématuré, de ces dissensions. « C’est inquiétant », a-t-il concédé, estimant que ces divergences apparaissent trop tôt, au sein d’une formation politique et d’une coalition qui ont mené un long combat pour accéder au pouvoir. Il a rappelé que le régime actuel n’a pas encore un an d’exercice, jugeant donc nécessaire de préserver la cohésion et la stabilité afin de se concentrer sur les urgences économiques et sociales du pays.

S’adressant plus particulièrement aux militants et sympathisants de Pastef, Ousmane Abdoulaye Barro a tenu à se montrer rassurant. Il a expliqué que la divergence évoquée publiquement par le Premier ministre porte essentiellement sur des questions d’orientation et de gouvernance interne de la coalition « Diomaye Président ». À ce sujet, il a révélé qu’un processus de réflexion et de réorganisation est actuellement en cours afin de clarifier les rôles, de renforcer la cohésion et d’assurer une meilleure articulation entre les différentes composantes de la majorité présidentielle. Se disant confiant, il a affirmé être optimiste quant à l’issue de ce travail, qu’il estime nécessaire pour consolider les bases politiques du pouvoir en place.

En toile de fond, le directeur de cabinet a appelé à ne pas instrumentaliser la tournée présidentielle à des fins politiques. Pour lui, les enjeux de développement de la Casamance, région longtemps confrontée à des défis économiques et sociaux spécifiques, doivent transcender les querelles internes et les considérations partisanes. Il a ainsi invité l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à faire preuve de responsabilité, afin que cette tournée soit un moment d’écoute, de dialogue et d’impulsion économique au bénéfice des populations locales.

Prévue du 20 au 25 décembre 2025, la tournée économique du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance se veut donc, selon la Présidence, un acte fort de gouvernance de proximité et un signal politique en faveur du développement territorial équilibré. Malgré les tensions actuelles, le chef de l’État entend maintenir le cap, convaincu que l’économie et le bien-être des populations doivent rester au-dessus des divergences politiques.

Hamidou Anne dénonce un acharnement contre Pape Malick Ndour et critique le Pastef

Le membre de l’APR et Coordinateur national de la Cellule Analyses et Prospective (CAP), Hamidou Anne, a pris position avec une fermeté notable dans le débat politique actuel, exprimant une vive condamnation de ce qu’il considère comme « un acharnement injustifié de l’État » contre son camarade Pape Malick Ndour. Selon lui, le recours aux moyens étatiques dans ce contexte dépasse le cadre d’une simple gestion judiciaire et s’apparente à une volonté de « blesser, outrager et humilier » une figure politique. Cette situation, estime Hamidou Anne, révèle une dérive autoritaire inquiétante et pose une sérieuse remise en cause des principes républicains et démocratiques.

L’essayiste va plus loin en dénonçant ce qu’il perçoit comme une instrumentalisation du pouvoir en place. Pour lui, l’objectif de cette démarche n’est pas de favoriser le débat public, mais plutôt de museler les opposants, particulièrement sur des sujets sensibles comme les questions économiques, où la diversité d’opinions devrait être non seulement tolérée, mais encouragée. Selon Hamidou Anne, cette attitude fragilise le socle démocratique et accentue les tensions dans l’espace politique national.

Mais sa critique ne se limite pas au gouvernement. Hamidou Anne s’en prend également au Pastef, qu’il accuse de perpétuer une violence morale et verbale dépassant les limites de la décence. Il souligne que ce type de comportement contribue à la polarisation du débat public et à la banalisation des attitudes extrêmes, entravant ainsi la qualité du dialogue politique. Pour lui, certaines postures adoptées par le Pastef relèvent d’un dogmatisme qui nuit à la construction d’une démocratie apaisée et inclusive.

L’analyste politique attire également l’attention sur la judiciarisation de la vie politique, la prise d’otage symbolique de certaines figures publiques et l’injustice ressentie par la société civile, qu’il dénonce avec vigueur. Il regrette en outre le silence de certains acteurs politiques et sociaux, qui, selon lui, devraient incarner la vertu et défendre les principes de justice et d’équité.

Aminata Touré plaide pour l’intervention internationale lors du Forum de l’UNAOC à Riyad

La Haut Représentante du Chef de l’État, Aminata Touré, a pris part au Forum de l’Alliance des Nations Unies pour les Civilisations (UNAOC), qui s’est tenu récemment à Riyad, en Arabie Saoudite. L’événement, ouvert par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a rassemblé plusieurs dirigeants et personnalités internationales autour des enjeux liés au dialogue interculturel et à la prévention des conflits.

Lors de cette rencontre, Aminata Touré a pris position de manière ferme sur une situation qu’elle a qualifiée de préoccupante, sans toutefois préciser la région concernée. Elle a appelé à l’envoi immédiat de médiateurs internationaux afin de mettre un terme aux massacres et atrocités en cours, dénonçant parallèlement ce qu’elle a décrit comme une quasi-indifférence de la communauté internationale face à ces événements tragiques.

Son intervention souligne l’importance que revêt, selon elle, la mobilisation internationale pour la protection des populations et le renforcement du dialogue entre les nations. Elle a insisté sur la nécessité d’une action coordonnée pour prévenir l’escalade des conflits et promouvoir la paix.

Cette initiative s’inscrit pleinement dans le cadre du mandat de l’UNAOC, dont l’objectif est de favoriser la compréhension mutuelle entre les peuples et de créer des mécanismes de prévention des conflits par le dialogue interculturel. La participation d’Aminata Touré à ce forum témoigne de l’engagement du Sénégal sur la scène internationale en faveur de la paix et de la sécurité, tout en mettant en lumière sa volonté d’appeler la communauté mondiale à une action concrète face aux crises humanitaires.

Affaire des 125 milliards : Mbaye Ndiaye au PJF pour soutenir Farba Ngom et dénoncer une « condamnation à mort »

L’ancien ministre Mbaye Ndiaye s’est rendu ce jour devant les locaux du Pool Judiciaire Financier (PJF) pour apporter son soutien à son camarade de parti, le député-maire des Agnam, Farba Ngom, actuellement auditionné par la juridiction financière. Cette audition porte sur le fond du dossier relatif à une affaire présumée de détournement de fonds publics portant sur un montant de 125 milliards de francs CFA.

Membre du Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (APR), Mbaye Ndiaye a tenu à marquer sa solidarité avec Farba Ngom, qu’il décrit comme un homme engagé et loyal envers son parti et son pays. Selon lui, cette procédure judiciaire s’apparente à un acharnement visant à discréditer une figure politique majeure, dans un contexte qu’il juge fortement politisé.

S’exprimant devant la presse, l’ancien ministre a dénoncé ce qu’il qualifie de « condamnation à mort » infligée à Farba Ngom à travers les accusations portées contre lui. Mbaye Ndiaye estime que l’ampleur des montants évoqués et la manière dont le dossier est exposé dans l’espace public portent gravement atteinte à l’honneur et à la réputation du député-maire, avant même que la justice ne se prononce sur le fond.

Tout en réaffirmant sa confiance en l’innocence de Farba Ngom, Mbaye Ndiaye a appelé à un traitement juste et équitable du dossier par les autorités judiciaires. Il a insisté sur le respect de la présomption d’innocence et a plaidé pour que cette première audition débouche sur une décision de libération, estimant que rien ne justifie, selon lui, une privation de liberté prolongée.

CEDEAO : le Sénégal désigné à la présidence de la Commission pour la période 2026-2030

Le Sénégal a été officiellement désigné pour assurer la présidence de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour la période 2026-2030. L’annonce a été faite à l’issue de la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation, tenue le 14 décembre 2025 à Abuja, au Nigeria.

L’information a été rendue publique à travers un communiqué du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur. Selon le document, cette désignation marque une étape historique pour le Sénégal, qui accède pour la première fois à la présidence de la Commission de la CEDEAO depuis la création de l’institution communautaire. Elle est l’aboutissement d’un processus de concertations approfondies mené entre les États membres de l’organisation, dans un esprit de consensus et de coopération régionale.

Les autorités sénégalaises estiment que ce choix traduit la confiance accordée au Sénégal par les pays de l’espace ouest-africain. Il reflète, selon le ministère, la crédibilité diplomatique du pays, ainsi que son engagement constant en faveur de l’intégration régionale, du dialogue politique et de la stabilité institutionnelle au sein de la CEDEAO. Le communiqué met également en exergue l’implication des autorités sénégalaises dans le portage et la défense de la candidature nationale, saluant un travail diplomatique soutenu auprès des partenaires régionaux.

Cette désignation intervient dans un contexte sous-régional particulièrement sensible, marqué par des défis politiques, sécuritaires et économiques majeurs. L’Afrique de l’Ouest fait face à des crises multiformes, notamment en matière de sécurité, de gouvernance et de développement, dans lesquelles la CEDEAO joue un rôle central. L’organisation est appelée à renforcer ses mécanismes de médiation, à consolider l’intégration économique et à coordonner plus efficacement les politiques communes des États membres afin de répondre aux attentes des populations.

Dans ce cadre, la présidence de la Commission de la CEDEAO constitue un poste stratégique. Elle est chargée de la mise en œuvre des décisions prises par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, de la coordination des politiques communautaires, ainsi que du suivi et de l’exécution des programmes régionaux. Le mandat, d’une durée de quatre ans, exige une capacité de leadership, de concertation et de gestion des équilibres régionaux, dans un environnement souvent marqué par des intérêts divergents et des situations complexes.

Budget 2026 du MEPC : 39,28 milliards FCFA adoptés à une large majorité par l’Assemblée nationale

Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération (MEPC), Abdourahmane Sarr, a présenté ce samedi devant la représentation nationale le projet de budget de son département pour l’exercice 2026. Ce budget est arrêté à un montant global de 39 281 075 505 FCFA, aussi bien en autorisations d’engagement (AE) qu’en crédits de paiement (CP), traduisant la volonté du gouvernement de renforcer la planification stratégique, la gouvernance économique et l’appui au développement.

Le projet de budget du MEPC est structuré autour de trois programmes majeurs, chacun répondant à des priorités spécifiques. Le programme le plus important, en termes d’allocation financière, est celui consacré à la Gouvernance économique, à la planification stratégique et à la coordination statistique. Il bénéficie d’une enveloppe de 24 247 678 940 FCFA en AE et en CP. Cette dotation vise principalement à soutenir les transferts courants, qui s’élèvent à 10 986 085 161 FCFA, ainsi que les investissements exécutés par l’État, chiffrés à 9 725 816 433 FCFA. À cela s’ajoutent des transferts en capital d’un montant de 1,5 milliard de FCFA. Les dépenses de personnel pour ce programme sont fixées à 1 016 162 990 FCFA, tandis que les acquisitions de biens et services mobilisent 1 019 614 356 FCFA, illustrant l’importance accordée au renforcement des capacités institutionnelles et techniques.

Le deuxième programme, intitulé Coopération et Développement des partenariats public-privé et Appui au secteur privé, occupe une place stratégique dans ce projet de budget. Il est doté de 13 355 741 748 FCFA en AE et en CP. Ce programme met résolument l’accent sur les transferts en capital, qui absorbent l’essentiel des crédits avec une enveloppe conséquente de 12 000 000 000 FCFA. Cette orientation traduit la volonté des autorités de stimuler l’investissement, de renforcer les partenariats public-privé et de soutenir le secteur privé comme moteur de croissance économique. Les autres dépenses concernent le personnel, à hauteur de 631 075 000 FCFA, les acquisitions de biens et services pour 284 016 748 FCFA, ainsi que les transferts courants évalués à 440 650 000 FCFA.

Le troisième programme, dédié au Pilotage, à la coordination et à la gestion administrative, est doté de 1 677 654 817 FCFA en AE et en CP. Ce programme assure le fonctionnement interne du ministère et la coordination administrative de ses différentes structures. Les dépenses de personnel y représentent la part la plus importante, avec un montant de 815 870 000 FCFA. Les acquisitions de biens et services sont prévues à hauteur de 339 284 817 FCFA, tandis que les transferts courants s’élèvent à 522 500 000 FCFA.

La présentation de ce projet de budget a été l’occasion pour le ministre Abdourahmane Sarr d’apporter des réponses jugées satisfaisantes par les députés aux différentes préoccupations soulevées au cours des débats. À l’issue des échanges, l’Assemblée nationale a donné son aval au projet de budget du Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération pour l’année 2026.

Sur un total de 165 députés inscrits, 121 ont pris part au vote, dont 21 par procuration. Le projet de budget, arrêté à 39 281 075 505 FCFA en AE et en CP, a été adopté à une large majorité, avec 115 voix pour, aucune voix contre et 6 abstentions. Cette adoption marque une étape déterminante dans la mise en œuvre des orientations économiques et stratégiques du ministère pour l’année 2026, avec un accent particulier mis sur les investissements, la coopération et la coordination stratégique au service du développement national.

Loi de finances 2026 : les Charges Non Réparties en forte hausse pour soutenir les investissements stratégiques de l’État

Le projet de loi de finances initiale pour l’exercice 2026, récemment adopté à la majorité par les députés, consacre une augmentation significative des crédits alloués aux Charges Non Réparties (CNR), un poste budgétaire stratégique placé sous la gestion du ministère des Finances et du Budget. Conformément aux dispositions de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), ces charges sont considérées comme essentielles au fonctionnement et à l’action globale de l’État.

Les Crédits de Paiement (CP) destinés aux charges communes enregistrent ainsi une progression de 15 953 070 665 FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 3,4 % par rapport à l’exercice 2025. Cette évolution traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer les mécanismes transversaux de financement qui ne peuvent être imputés directement aux budgets sectoriels, mais qui jouent un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Pour l’année 2026, la dotation globale des Charges Non Réparties atteint 902 466 378 554 FCFA en Autorisations d’Engagement (AE) et 487 943 504 598 FCFA en Crédits de Paiement. Ces ressources constituent un budget commun destiné à accompagner l’effort de développement économique et social du pays, en soutenant à la fois le fonctionnement de l’État, les investissements structurants et l’appui aux différents départements ministériels.

Les crédits alloués au fonctionnement des charges non réparties couvrent plusieurs opérations jugées cruciales pour la bonne gouvernance des finances publiques. Il s’agit notamment de la mise en œuvre des réformes budgétaires, du paiement des agences de notation financière, de la préparation et de l’exécution du budget de l’État, ainsi que du suivi des opérations financières et comptables.

La composante investissement des charges non réparties, quant à elle, englobe des domaines à fort impact économique et social. Elle concerne notamment les participations financières de l’État, le financement du Programme Emploi des jeunes, ainsi que la prise en charge des impôts et taxes liés aux marchés publics financés sur ressources extérieures. Cette orientation traduit un choix assumé en faveur de l’investissement public comme moteur de croissance et de création d’emplois.

Le volet support aux départements ministériels constitue un autre pilier important de ces charges communes. Il intègre la réserve de gestion, aussi bien en fonctionnement qu’en investissement, le paiement des dépenses permanentes de l’administration telles que l’eau et l’électricité, ainsi que des provisions destinées à couvrir les risques budgétaires. C’est également à ce niveau que sont inscrits les financements liés à l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), de même que les provisions pour les garanties et avals accordés par l’État.

L’augmentation de 3,4 % des Crédits de Paiement est exclusivement portée par la catégorie des investissements exécutés par l’État, qui affiche une évolution particulièrement marquée de 251 726 352 544 FCFA. Ces ressources sont principalement destinées à des projets d’envergure nationale, notamment le paiement des impôts et taxes afférents aux marchés financés sur ressources extérieures, ainsi que la réalisation d’infrastructures majeures dans le cadre des Jeux olympiques de la Jeunesse et de la Coupe d’Afrique des Nations de football.

Toutefois, cette hausse a été partiellement compensée par une baisse des dépenses de personnel, rendue possible grâce à une meilleure programmation budgétaire, ainsi que par le non-renouvellement de certains crédits devenus moins pertinents. C’est le cas, par exemple, de certaines lignes dédiées à la modernisation de la gestion des finances publiques, désormais recentrées et mieux ciblées.

Dans un souci de transparence et de lisibilité budgétaire, le gouvernement a engagé un important effort de relocalisation des dépenses. Plusieurs entités, dont la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) et l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), ont ainsi vu leurs crédits transférés vers la Présidence de la République, afin de clarifier les circuits de financement et de renforcer le suivi des ressources publiques.

Face aux préoccupations exprimées par certains députés concernant les critères d’allocation des dépenses communes, le ministre des Finances et du Budget a pris l’engagement de transmettre au Parlement un document détaillé précisant la ventilation et l’utilisation des crédits des Charges Non Réparties. Cette démarche vise à améliorer le contrôle parlementaire et à consolider la transparence budgétaire.

Gestion de la dette publique : Cheikh Diba défend une démarche « transparente et légitime »

Prenant la parole devant les députés à l’occasion du vote du budget, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, est longuement revenu sur la gestion de la dette publique et les conclusions issues des différentes évaluations menées par les organes de contrôle. Face aux interrogations et aux critiques, le ministre a tenu à lever toute ambiguïté en affirmant que « personne ne peut remettre en cause la démarche initiée », soulignant le caractère rigoureux, transparent et institutionnel du processus engagé par l’État.

Cheikh Diba a d’abord rappelé que l’Inspection générale des Finances (IGF) a conduit une mission de vérification approfondie sur une période de 90 jours. Ce travail, a-t-il précisé, a permis d’examiner minutieusement la situation des finances publiques et de documenter l’état réel de la dette. À l’issue de cette mission, le rapport de l’IGF a été transmis à la Cour des comptes, seule institution habilitée à certifier les résultats et à les rendre publics. Pour le ministre, cette chaîne de contrôle démontre clairement que la démarche suivie respecte les normes de gouvernance et de redevabilité financière.

Il a également tenu à préciser que le cabinet Mazars est intervenu par la suite, non pas pour se substituer aux institutions nationales, mais pour compléter et confirmer les conclusions déjà établies. Selon Cheikh Diba, la convergence des résultats entre les différentes évaluations renforce la crédibilité des constats dressés. Ces travaux ont ainsi mis en lumière une situation financière jugée préoccupante, révélant des déséquilibres importants et des dysfonctionnements dans la gestion de la dette publique.

Malgré ce tableau qualifié de catastrophique par certains observateurs, le ministre des Finances a adopté un discours résolument optimiste. Il a assuré que « la situation des finances publiques reste récupérable », estimant que le diagnostic posé, aussi alarmant soit-il, constitue avant tout un point de départ nécessaire pour engager un redressement durable. À cet effet, Cheikh Diba a indiqué que le processus de correction est déjà enclenché, avec l’élaboration d’une matrice de mesures de réformes destinée à corriger les failles identifiées.

Selon lui, les premières étapes vers l’assainissement des finances publiques sont en cours, traduisant la volonté des autorités de rompre avec les pratiques du passé et d’instaurer une gestion plus rigoureuse. Le ministre a insisté sur le fait que le pays est désormais engagé sur la bonne voie, grâce à des actions concrètes et à une meilleure coordination entre les différentes institutions impliquées dans le suivi des finances publiques.

En conclusion, Cheikh Diba a réaffirmé l’engagement de l’État à poursuivre cette dynamique de redressement, fondée sur des réformes structurelles et une gouvernance financière renforcée. Il a assuré que l’amélioration durable des finances publiques demeure une priorité, afin de restaurer la confiance, préserver la soutenabilité de la dette et garantir la stabilité économique du pays.

Le Parti FARLU dénonce un acharnement judiciaire contre Moustapha Diop

Le Parti FARLU a exprimé son profond mécontentement face à l’attitude du Premier président de la Cour d’appel de Dakar et président de la Haute Cour de Justice, Abdoulaye Bâ, qu’il accuse de contribuer au maintien en détention du ministre–maire et député Moustapha Diop pour ce qu’il qualifie de « règlements de comptes politiques ».

Selon le communiqué du parti, la Commission de la Haute Cour de Justice, composée de cinq magistrats et présidée par Abdoulaye Bâ, s’est réunie pour examiner la demande de liberté provisoire de Moustapha Diop. D’après le FARLU, le seul magistrat à s’opposer à la libération aurait été le président Abdoulaye Bâ lui-même, ce qui serait révélateur d’un acharnement personnel. Le parti dénonce également le fonctionnement actuel de cette juridiction, qui agirait selon lui « à la discrétion exclusive du Premier président, sans délai imposé et avec des décisions non susceptibles de recours ni d’appel ».

Le communiqué met en lumière des incohérences dans le dossier, notamment concernant les montants financiers en jeu. Alors que ceux-ci ont été successivement évalués à 2,5 milliards, puis 938 millions, ensuite 12 millions et enfin zéro franc, les deux derniers fournisseurs confrontés à Moustapha Diop, Ibrahima Macodou Fall et Mariatta Basse, ont confirmé avoir été intégralement payés pour leurs prestations. Le FARLU rappelle que tous les fournisseurs concernés ont attesté avoir livré la totalité des masques commandés et avoir reçu leurs paiements, et que Moustapha Diop n’a jamais été épinglé par aucun rapport, ni par la Cour des comptes avant cette affaire.

Le parti appelle Abdoulaye Bâ à faire preuve de responsabilité et à mettre un terme à ce qu’il considère comme un acharnement injustifié, rappelant que des magistrats exemplaires comme Kéba Mbaye doivent demeurer la référence pour la justice sénégalaise.

Par ailleurs, le FARLU souligne que les militants de Moustapha Diop, au Sénégal comme dans la diaspora, ont toujours agi dans le respect des principes républicains. Toutefois, le parti avertit que si l’injustice persiste, il passera à la « vitesse supérieure » pour défendre les droits de Moustapha Diop. Il appelle également les forces vives de la Nation, la société civile et les organisations de défense des droits humains à se mobiliser pour dénoncer cet acharnement et exiger le respect de l’État de droit.

Électrification de 1 600 villages : la Diaspora Europe de la République des Valeurs alerte sur une “nébuleuse” de 37 milliards de FCFA

La section Diaspora Europe de la République des Valeurs (RV), formation politique dirigée par Thierno Alassane Sall, a organisé ce jeudi 11 décembre 2025 un rassemblement à Madrid, devant les locaux de la CESCE — l’Agence Publique Espagnole de Crédit à l’Export — et de la société AEE Power EPC. L’objectif affiché était de dénoncer un manque de transparence supposé autour des fonds destinés au vaste programme d’électrification de 1 600 villages au Sénégal.

Ce mouvement de protestation intervient dans un contexte de tensions diplomatiques et financières croissantes entre Dakar et ses partenaires techniques. Une délégation gouvernementale sénégalaise s’était récemment rendue à Madrid dans l’espoir de résoudre un blocage majeur : la suspension, par la CESCE, des décaissements prévus pour le projet. Cependant, selon la cellule de communication de la RV, malgré leur déplacement, les représentants de l’État sénégalais n’ont finalement pas été reçus, un refus d’audience que la section Diaspora Europe interprète comme un signal fort.

Pour cette dernière, le désaccord trouve son origine dans une exigence de la CESCE. L’agence espagnole réclamerait des justifications détaillées quant à l’utilisation d’une avance de 56 millions d’euros — soit environ 37 milliards de FCFA — déjà encaissée au profit de l’entreprise AEE Power EPC, chargée de piloter la mise en œuvre initiale du programme. Cette somme devait permettre le démarrage effectif des premiers travaux d’électrification, mais, selon la diaspora, aucune preuve tangible n’a été présentée par les autorités sénégalaises quant à l’affectation réelle de ces fonds.

La section de la République des Valeurs affirme que les autorités sont incapables de fournir des éléments concrets sur la destination précise des sommes perçues. Elle parle d’une « nébuleuse » et d’opacité autour d’un projet qui, pourtant, constitue un enjeu majeur pour les zones rurales du pays. Les critiques formulées s’appuient également sur les informations rapportées par le journal Les Échos, selon lesquelles près de la moitié des villages concernés aurait dû être électrifiée dès les 18 premiers mois du programme. Or, sur le terrain, la diaspora affirme qu’il est difficile d’identifier des villages réellement bénéficiaires.

D’après le calendrier initial, environ 600 villages auraient dû être branchés au réseau ou dotés de solutions électriques autonomes. Dix-huit mois après le versement de l’avance, le bilan demeure, selon les contestataires, quasi invisible. C’est cette absence de réalisations palpables qui nourrit la colère de la section Diaspora Europe de la RV, laquelle estime que les populations rurales continuent de vivre dans l’obscurité alors que des ressources financières colossales ont déjà été mobilisées.

Dans son communiqué, la section Diaspora Europe de la République des Valeurs réaffirme sa détermination à défendre les droits des 1 600 villages concernés. Elle dénonce une situation où « 37 milliards de FCFA demeurent dans les ténèbres de l’opacité », alors même que les communautés rurales attendent toujours l’accès à l’électricité, un service essentiel pour le développement économique, social et éducatif.

 marge de la 7ᵉ Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement : le Sénégal réaffirme sa vision intégrée pour un développement résilient et sobre en carbone

En participant à la 7ᵉ Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement, le Sénégal a porté une voix forte et cohérente sur les enjeux climatiques mondiaux. À cette occasion, la délégation sénégalaise a présenté la vision nationale intégrée impulsée par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Bassirou Diomaye Faye, une vision qui place l’écologie, l’économie et le social au cœur d’un modèle de développement résolument tourné vers l’avenir.

Dans son intervention, le représentant du Sénégal a rappelé que la restauration des terres dégradées demeure l’un des défis les plus urgents du pays. Face à l’avancée du désert, à la perte de fertilité des sols et à la pression croissante exercée sur les écosystèmes, le gouvernement s’engage à renforcer les programmes de reboisement, de gestion durable des terres et de protection des ressources naturelles. Ces efforts, inscrits dans une dynamique de longue haleine, visent à redonner vie aux espaces écologiques, assurer la sécurité alimentaire et soutenir les communautés rurales.

La résilience des zones côtières occupe également une place centrale dans la stratégie nationale. Avec plus de 700 kilomètres de littoral soumis à l’érosion, aux inondations et aux impacts du changement climatique, le Sénégal entend consolider les mesures de protection, restaurer les mangroves, renforcer les infrastructures et promouvoir une gestion intégrée du trait de côte. L’enjeu est vital : préserver les habitats naturels, protéger les populations et sauvegarder l’activité économique qui se concentre majoritairement autour des villes côtières.

Parallèlement, la transition énergétique constitue un axe structurant de la politique environnementale du pays. Le Sénégal ambitionne de réduire significativement ses émissions tout en développant les énergies renouvelables, notamment l’éolien, le solaire et l’hydrogène vert. Cette transition doit permettre d’assurer une énergie propre, accessible et durable pour tous, tout en soutenant la croissance économique et en renforçant l’indépendance énergétique.

La lutte contre la pollution plastique, fléau majeur des milieux terrestres et marins, a également été mise en avant. Le pays entend intensifier les efforts déjà initiés, à travers des réglementations plus strictes, le renforcement du recyclage, la promotion d’alternatives durables et la sensibilisation des citoyens. L’objectif est de limiter drastiquement l’impact des déchets plastiques sur les écosystèmes, la santé publique et les activités économiques liées au littoral.

Au-delà des priorités nationales, l’intervention du Sénégal a insisté sur l’urgence de bâtir un cadre international plus juste et réellement efficace. Le représentant sénégalais a souligné que les ambitions des pays du Sud ne pourront se concrétiser que si la solidarité mondiale devient tangible. Il a plaidé pour un financement climatique réellement accessible, dénué de barrières administratives et orienté vers les besoins réels des pays vulnérables. Il a également insisté sur l’importance d’un transfert accéléré de technologies adaptées, permettant d’accompagner les États dans leur transition écologique sans creuser davantage les inégalités.

Enfin, il a appelé à une gouvernance environnementale mondiale capable de transformer les promesses en résultats concrets. Pour le Sénégal, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’action mesurable, coordonnée et inclusive. Les défis environnementaux exigent une mobilisation collective, fondée sur la responsabilité partagée et la volonté réelle de construire un futur durable.

RUFISQUE – Le retour du “Tronc politique” : Souleymane Jules Ndoye s’apprête-t-il à replanter ses racines ?

Longtemps figé dans le paysage politique comme un pilier indéracinable de l’APR, Souleymane Jules Ndoye avait marqué de son empreinte les arènes locales et nationales avant de s’effacer progressivement des radars. Mais à Rufisque, son nom n’a jamais cessé de circuler, tel un souffle lourd annonçant un possible réveil du géant politique.

Aujourd’hui, une question brûle toutes les lèvres :
Souleymane Jules Ndoye se prépare-t-il à signer l’un des retours politiques les plus attendus du département ?

Ancien député de l’Alliance pour la République, ex-président du Conseil départemental de Rufisque et figure influente du parti, Jules Ndoye était considéré comme l’un des architectes discrets, mais redoutablement efficaces, de l’équilibre politique dans le département.
Son passage à l’Assemblée nationale comme au Parlement de la CEDEAO avait renforcé son statut de cadre solide, rompu aux batailles institutionnelles.

Un silence stratégique qui trouble

Depuis quelque temps, l’homme avait choisi la retenue. Pas de sortie tapageuse, peu de prises de position publiques. Pourtant, dans les quartiers, les bases politiques murmurent :
👉 « Ndoye bouge. Ndoye écoute. Ndoye consulte. »
Un silence qui, dans les cercles avertis, vaut souvent préparation de repositionnement.

Rufisque vit actuellement une recomposition violente de son paysage électoral.
Les leaderships s’effritent, les camps se morcellent, les ambitions s’aiguisent.
Et dans ce vide, les regards se tournent instinctivement vers ceux qui ont déjà fait leurs preuves.

Le retour de Jules Ndoye serait-il l’électrochoc que Rufisque attend ?

Un come-back qui pourrait rebattre les cartes

Dans les quartiers comme dans les salons politiques, l’analyse est unanime :
• l’homme possède un capital politique intact,
• un réseau enraciné,
• une lecture fine des rapports de forces,
• et une capacité de mobilisation que peu de leaders peuvent encore revendiquer.

S’il se relance, il pourrait :
✔ remodeler l’échiquier local,
✔ réorganiser les structures APR éparpillées,
✔ recréer une dynamique populaire,
✔ et surtout réveiller une base électorale en quête de repères.

Alors… reviendra, reviendra pas ?

Dans l’atmosphère électrique des prochaines locales, le simple retour de Souleymane Jules Ndoye serait un séisme.
Pour l’heure, l’homme observe, écoute, mesure.
Mais à Rufisque, tout le monde le sait :
le tronc politique n’a jamais été déraciné… il n’attend peut-être que le bon moment pour refleurir.

Teungueth sama yitté

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