ONU : le Chili retire son soutien à Michelle Bachelet dans la course au secrétariat général

Le Chili a annoncé ce mardi le retrait de son soutien à la candidature de Michelle Bachelet au poste de secrétaire général des Nations unies, à l’approche d’un processus électoral décisif pour désigner le futur dirigeant de l’organisation à partir de 2027. Cette décision, révélée par Reuters, marque un tournant significatif dans la position diplomatique de Santiago.

Ce revirement intervient dans un contexte politique profondément transformé, quelques semaines seulement après l’investiture du président José Antonio Kast. L’arrivée au pouvoir de ce dirigeant conservateur consacre un basculement à droite inédit au Chili depuis plusieurs décennies, avec des répercussions immédiates sur les orientations internationales du pays.

Le nouveau chef de l’État n’a jamais caché ses critiques à l’égard de Michelle Bachelet, qu’il a déjà opposée à sa propre vision politique. Il a notamment estimé que son prédécesseur, Gabriel Boris, avait commis une erreur en soutenant la candidature de l’ancienne présidente chilienne, aux côtés de plusieurs pays d’Amérique latine comme le Brésil et le Mexique.

Figure majeure de la politique chilienne et internationale, Michelle Bachelet a marqué l’histoire en devenant la première femme élue à la tête du Chili, un poste qu’elle a occupé à deux reprises. Elle a ensuite poursuivi une carrière diplomatique de premier plan, notamment comme Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme entre 2018 et 2022, après avoir dirigé ONU Femmes de 2010 à 2013.

Dans un communiqué officiel, le ministère chilien des Affaires étrangères a justifié ce retrait par des considérations stratégiques. Selon la diplomatie chilienne, la multiplication des candidatures en provenance d’Amérique latine, combinée à des divergences avec certains acteurs clés du processus, rend désormais cette candidature difficilement viable. Le gouvernement a ainsi conclu que les chances de succès de Michelle Bachelet étaient fortement compromises.

Santiago a par ailleurs indiqué qu’il adopterait désormais une position de neutralité, en s’abstenant de soutenir tout candidat durant le reste du processus électoral. Une posture qui reflète la volonté du nouveau pouvoir de redéfinir les priorités diplomatiques du pays.

La désignation du prochain secrétaire général de l’Organisation des Nations unies s’annonce particulièrement complexe. Le processus s’étalera sur plusieurs mois et comprendra des auditions publiques ainsi que des votes indicatifs à huis clos au sein du Conseil de sécurité. L’étape finale dépendra de l’accord entre les cinq membres permanents disposant d’un droit de veto : les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France.

Dans cette course très disputée, plusieurs figures internationales se positionnent déjà comme prétendants sérieux. Parmi elles figurent Rafael Grossi, candidat de l’Argentine et actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rebeca Grynspan pour le Costa Rica, Virginia Gamba pour les Maldives, ainsi que Macky Sall, dont la candidature est soutenue par l’Union africaine.

New Deal technologique : Ousmane Sonko lance une nouvelle ère de digitalisation de l’État sénégalais

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce mardi 24 mars 2026, le lancement officiel des projets structurants du « New Deal technologique », une initiative ambitieuse destinée à accélérer la transformation numérique de l’administration sénégalaise. À travers ce programme, le gouvernement entend moderniser en profondeur les services publics et améliorer significativement l’accès des citoyens aux prestations administratives.

Au cœur de cette stratégie figure un renforcement massif des infrastructures numériques nationales. L’exécutif a ainsi annoncé une augmentation spectaculaire de la capacité du réseau, avec une bande passante qui passera de 600 mégabits à 20 gigabits. Cette évolution vise à soutenir la montée en puissance des services digitaux et à garantir une meilleure fluidité dans les échanges de données à l’échelle nationale.

Dans le même élan, les autorités ont dévoilé un projet de connectivité universelle qui ambitionne de fournir un accès gratuit à internet à plus d’un million de Sénégalais. Cette initiative cible en priorité les zones enclavées, souvent marginalisées en matière d’accès au numérique, avec pour objectif de réduire la fracture digitale et de favoriser une inclusion technologique plus équitable.

Lors de son allocution, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour assurer la réussite de cette transformation. Selon lui, le virage numérique ne peut se limiter à une volonté politique, mais doit s’appuyer sur une coordination efficace entre les différentes administrations publiques. Il a notamment mis en avant l’importance de l’interopérabilité des systèmes, présentée comme une exigence incontournable pour mettre fin à la fragmentation actuelle, source de coûts supplémentaires et de lenteurs administratives.

La réforme s’articule autour d’un outil central : le Guichet Unique du Citoyen. Cette plateforme numérique vise à regrouper l’ensemble des services administratifs en un point d’accès unique, accessible depuis un téléphone mobile. À terme, les usagers pourront y effectuer l’intégralité de leurs démarches, notamment l’obtention de documents officiels comme le casier judiciaire, sans avoir à se déplacer.

Le dispositif inclut également une extension des services à destination de la diaspora, notamment à travers la plateforme e-Consulat, qui permettra aux Sénégalais de l’étranger d’accéder plus facilement aux services consulaires. Dans cette dynamique, le Premier ministre a souligné l’importance de garantir la souveraineté numérique du pays, en insistant sur l’hébergement des données sensibles sur le territoire national. À cet effet, le développement du cloud s’appuiera sur les infrastructures de données situées à Diamniadio et à Orana.

Par ailleurs, le programme prévoit un accompagnement renforcé de l’écosystème numérique local. Le gouvernement entend soutenir les jeunes entreprises innovantes à travers le Start-up Act, tout en déployant une stratégie nationale de cybersécurité conforme aux standards internationaux, afin de sécuriser les infrastructures et les données.

Polémique sur des emprunts « occultes » : le FDR accuse le gouvernement de mettre en péril la souveraineté financière du Sénégal

Le Front pour la défense de la République (FDR) est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’emprunts « occultes et particulièrement toxiques » contractés par l’État du Sénégal. Dans un communiqué signé par sa conférence des leaders, l’opposition affirme que l’exécutif aurait mobilisé près d’un milliard de dollars à travers des mécanismes financiers jugés opaques, sans en informer ni les citoyens ni le Fonds monétaire international. Cette révélation, largement relayée par le Financial Times, a provoqué une onde de choc dans le paysage politique national, ravivant les inquiétudes sur la transparence dans la gestion des finances publiques.

Selon le FDR, le gouvernement aurait eu recours à des instruments financiers complexes appelés Total Return Swaps, souvent utilisés dans les marchés internationaux mais réputés pour leur opacité et leurs risques. Ces contrats, que l’investisseur Warren Buffett avait un jour qualifiés « d’armes financières de destruction massive », permettent de générer des liquidités en échange d’engagements futurs, parfois adossés à des actifs stratégiques. Pour l’opposition, ce type de montage expose dangereusement l’économie nationale, en contournant les mécanismes classiques de contrôle et de transparence.

Le Front soutient que ces opérations auraient été conclues dans la plus grande discrétion avec des institutions financières telles que Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Il estime que ces accords pourraient impliquer la mise en garantie d’actifs publics sans que ni le Parlement ni l’opinion publique n’en soient informés. Une situation que le FDR considère comme une atteinte grave aux principes de bonne gouvernance et à la souveraineté économique du pays.

Dans son communiqué, le mouvement dénonce également ce qu’il présente comme un double discours de la part des autorités. D’un côté, le gouvernement affirme que les partenaires internationaux étaient informés de ces opérations, une version que conteste le FDR en affirmant que certaines institutions auraient démenti toute connaissance de ces transactions. De l’autre, l’exécutif aurait tenté de justifier ces pratiques en les rattachant aux autorisations d’endettement votées en 2025, un argument que l’opposition juge hors sujet.

La réaction officielle, portée par le ministère des Finances et du Budget, a rejeté les accusations. Toutefois, pour le FDR, cette réponse ne traite pas le fond du problème, à savoir le recours présumé à des mécanismes financiers dissimulés et potentiellement dangereux. L’opposition y voit plutôt une tentative de masquer une détérioration de la situation financière du pays, déjà mise en évidence par les récentes dégradations de la note souveraine du Sénégal par les agences Moody’s et Standard & Poor’s.

Face à cette situation, le Front pour la défense de la République formule plusieurs exigences. Il appelle à la publication intégrale des contrats de swaps afin de faire toute la lumière sur leur contenu et leurs implications. Il demande également que soient précisés les actifs éventuellement engagés, les coûts financiers annuels ainsi que les commissions versées dans le cadre de ces opérations. Enfin, il exhorte l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire pour établir les responsabilités et garantir la transparence.

Dette présumée cachée : Abdou Mbow interpelle le gouvernement et exige des explications

Le député Abdou Mbow est monté au créneau à la suite des révélations du Financial Times évoquant l’existence d’une supposée « dette cachée » du Sénégal estimée à environ 650 millions d’euros, soit plus de 432 milliards de francs CFA. Une information qui alimente déjà de vives tensions sur la scène politique nationale.

Dans une déclaration rendue publique, l’opposant n’a pas mâché ses mots, accusant le pouvoir en place d’« incompétence et de manipulation ». Selon lui, ces révélations viennent confirmer ses craintes quant à une gestion opaque des finances publiques. Il estime que le gouvernement aurait volontairement dissimulé l’ampleur réelle de la dette du pays, parlant même d’un « nouveau gisement de dette dissimulée ».

Pour Abdou Mbow, cette affaire dépasse le simple cadre d’une polémique médiatique. Elle soulève, selon lui, des enjeux majeurs de transparence, de gouvernance et de crédibilité de l’État sénégalais vis-à-vis de ses partenaires financiers. Il insiste sur la nécessité d’apporter des éclaircissements rapides afin de rassurer l’opinion publique nationale et les institutions internationales.

Dans ce contexte, le parlementaire appelle à une réaction officielle du gouvernement. Il exige que le Premier ministre Ousmane Sonko ainsi que le ministre des Finances et du Budget viennent s’expliquer devant l’Assemblée nationale sur ces allégations. Une démarche qu’il juge indispensable pour faire toute la lumière sur cette affaire et situer les responsabilités.

Dans la foulée, le responsable de l’Alliance Pour la République annonce son intention de saisir formellement le ministre des Finances à travers une question écrite dans un délai de 24 heures. Une initiative parlementaire qui vise à obtenir des réponses précises et documentées sur la nature exacte de cette dette, son origine et les conditions dans lesquelles elle aurait été contractée.

Journée mondiale de l’eau : l’Afrique mise sur une vision 2063 axée sur l’inclusion et le développement durable

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée cette année sous le thème « L’eau et le genre », le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a mis en avant une nouvelle orientation stratégique majeure pour le continent africain : la Vision africaine de l’eau 2063. Dans son discours, il a salué une initiative structurante qui ambitionne de repositionner la gestion de l’eau au cœur des politiques de développement.

Adoptée lors de la 39ᵉ session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine à Addis-Abeba, cette vision se présente comme un cadre continental de référence destiné à accompagner la mise en œuvre de l’Agenda 2063. Elle vise à faire de l’eau un levier essentiel de transformation économique et sociale en Afrique, en contribuant à l’éradication de la pauvreté, au renforcement de la sécurité alimentaire, à l’industrialisation et à la résilience face aux effets du changement climatique.

Selon Cheikh Tidiane Dièye, également président du Conseil des ministres africains chargés de l’eau, cette vision accorde une place centrale à l’égalité des sexes et à l’inclusion sociale. Elle insiste sur la nécessité de traduire ces engagements en actions concrètes, notamment à travers une meilleure intégration de l’équité dans la gouvernance de l’eau et dans l’accès aux services de base.

Dans cette dynamique, les États africains sont appelés à favoriser une participation active des femmes, des jeunes et des groupes vulnérables. L’objectif est de garantir un accès équitable aux ressources hydriques, mais aussi une répartition plus juste des bénéfices issus de leur exploitation. Cette approche vise à impulser un changement systémique fondé sur des politiques inclusives et des mécanismes de gestion participative, tant au niveau national que dans le cadre des accords transfrontaliers liés aux bassins hydrographiques.

Élaborée sous l’égide de la Commission de l’Union africaine et du Conseil des ministres africains chargés de l’eau, la Vision africaine de l’eau 2063 dépasse largement le cadre sectoriel. Elle s’impose comme une stratégie globale de développement durable articulée autour de huit objectifs majeurs, parmi lesquels l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, la gestion durable des ressources hydriques, la promotion de la bonne gouvernance, le renforcement de la résilience climatique, le développement de l’économie bleue et le renforcement des capacités humaines.

Dans le cadre de son plan de mise en œuvre couvrant la période 2026-2033, un appel fort est lancé pour accroître l’implication des femmes et des jeunes dans les programmes structurants. Cela concerne notamment les initiatives liées à la gestion intégrée des ressources en eau ainsi que les projets d’infrastructures hydrauliques.

Cette vision offre également une opportunité stratégique pour renforcer la position de l’Afrique sur la scène internationale. À ce titre, le Sénégal, en sa qualité de président en exercice de l’AMCOW et coprésident de la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2026, entend porter une voix africaine unifiée afin d’accélérer l’atteinte de l’Objectif de développement durable numéro 6, relatif à l’accès à l’eau et à l’assainissement.

Guy Marius Sagna fustige Cécile Neven et dénonce une « leçon inacceptable » sur les droits humains

La réaction du député sénégalais Guy Marius Sagna ne s’est pas fait attendre après l’annonce de la ministre wallonne de l’Énergie, Cécile Neven, de bloquer des financements climat destinés au Sénégal. Dans une déclaration virulente, le parlementaire a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une posture moralisatrice et déplacée à l’égard d’un État souverain.

Dans son message, Guy Marius Sagna s’en prend directement à la Wallonie, accusée de ne pas être légitime pour donner des leçons en matière de droits humains. Il évoque notamment le passé colonial en Afrique centrale, rappelant les violences historiques commises au Congo. Selon lui, ces événements constituent une tache indélébile qui disqualifie toute tentative de mise en cause du Sénégal sur ce terrain.

Le député souligne que les populations congolaises ont été privées de droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, à l’autodétermination, à l’exploitation de leurs richesses et à la préservation de leurs langues et cultures. Il dénonce des actes de pillage et de violences qu’il juge incompatibles avec les valeurs aujourd’hui défendues par certaines autorités européennes.

Dans un ton particulièrement incisif, Guy Marius Sagna a également fait référence à Tintin au Congo, œuvre souvent critiquée pour sa représentation coloniale de l’Afrique. À travers cette comparaison, il entend dénoncer une vision qu’il estime dépassée et condescendante. « Tintin au Sénégal, c’est fini », a-t-il lancé, avant d’insister sur le fait que le Sénégal est un État souverain qui ne saurait accepter ce type de discours.

Cette sortie intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de certaines décisions politiques et diplomatiques impliquant le Sénégal et ses partenaires internationaux. Elle illustre également une volonté affirmée de certains responsables politiques sénégalais de défendre la souveraineté nationale face aux pressions extérieures, notamment lorsqu’elles sont perçues comme injustes ou sélectives.

Aly Ngouille Ndiaye rejette les accusations de surfacturation et défend la transparence du contrat agricole

L’ancien ministre de l’Agriculture, Aly Ngouille Ndiaye, est monté au créneau pour répondre aux récentes déclarations de son successeur, Mabouba Diagne, qui évoquait de possibles cas de surfacturation dans un contrat portant sur du matériel agricole. Invité de l’émission Grand Jury de la RFM ce dimanche 22 mars 2026, il a fermement contesté ces accusations, qu’il juge infondées et inappropriées dans leur formulation.

Dès l’entame de son intervention, Aly Ngouille Ndiaye a qualifié les propos du ministre actuel de « maladroits », estimant qu’ils ne reposent pas sur une analyse rigoureuse des faits. Il a tenu à préciser que le contrat incriminé n’avait pas été initié sous son magistère, mais bien avant son arrivée à la tête du département de l’Agriculture. Toutefois, il reconnaît que des ajustements ont été opérés par la suite, dans un cadre qu’il décrit comme strictement encadré par des experts techniques et des procédures administratives conformes aux normes en vigueur.

Selon lui, la question des coûts ne saurait être réduite à une lecture superficielle. Il explique que les prix du matériel ont été déterminés à partir de critères techniques précis, prenant en compte la qualité des équipements, leur durabilité ainsi que leur adéquation aux besoins spécifiques du monde rural sénégalais. Ces évaluations, insiste-t-il, ont été validées par des spécialistes et alignées sur les standards du marché international, excluant toute idée de surfacturation arbitraire.

L’ancien ministre a également mis en avant son implication personnelle dans le suivi du dossier. Il affirme avoir accordé une attention particulière à la qualité du matériel acquis, allant jusqu’à se déplacer à l’étranger pour vérifier les conditions de fabrication. Cette démarche, selon lui, visait à garantir que les équipements livrés répondent aux exigences techniques et contribuent efficacement à l’amélioration de la productivité agricole.

Au-delà de la polémique, Aly Ngouille Ndiaye appelle à recentrer le débat sur les enjeux fondamentaux du secteur agricole. Il met en garde contre les conséquences de ce qu’il considère comme des accusations hâtives, susceptibles de fragiliser un programme qu’il juge essentiel pour le développement du monde rural. Pour lui, le Sénégal doit prioritairement renforcer ses capacités de production, moderniser ses équipements et soutenir durablement les acteurs agricoles.

Souveraineté nationale : Babacar Ba dénonce les pressions extérieures sur le Sénégal

Le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, a vivement réagi ce dimanche aux déclarations de Cécile Neven concernant une éventuelle suspension des financements destinés au Senegal. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions diplomatiques liées à l’adoption récente d’une loi durcissant les sanctions contre l’homosexualité dans le pays.

Dans un communiqué rendu public à Thiés, Babacar Ba a dénoncé ce qu’il considère comme une atteinte grave à la souveraineté nationale. Selon lui, les menaces de conditionner ou de suspendre des aides financières en raison de choix législatifs internes constituent une forme de pression inacceptable sur un État indépendant. Il a insisté sur le fait que le Sénégal dispose pleinement du droit de définir son cadre juridique en accord avec ses réalités socioculturelles et ses valeurs propres.

Le président du Forum du Justiciable a également rejeté toute forme de conditionnalité des financements publics qui serait liée à l’orientation sociale ou aux politiques internes du pays. À ses yeux, l’aide internationale ne saurait être utilisée comme un levier pour influencer des décisions souveraines, encore moins lorsqu’elles touchent à des questions sensibles relevant de l’identité nationale.

Dans la même dynamique, Babacar Ba a salué la posture adoptée par les autorités sénégalaises, qui ont exprimé leur refus d’accepter des financements assortis de conditions jugées contraires aux principes fondamentaux de la nation. Il a estimé que cette position traduit une volonté claire de préserver l’indépendance du pays face aux pressions extérieures.

Suspension des financements climatiques : Guy Marius Sagna dénonce une ingérence et défend la souveraineté du Sénégal

La décision de la ministre wallonne de l’Énergie et du Climat, Cécile Neven, de suspendre certains financements climatiques destinés au Senegal continue de susciter de vives réactions dans le pays. À Dakar, cette mesure, justifiée par des préoccupations liées aux droits des homosexuels, alimente un débat intense sur les relations internationales, la souveraineté nationale et les conditionnalités de l’aide publique au développement.

Parmi les figures politiques qui se sont le plus fermement opposées à cette décision, le député Guy Marius Sagna s’est distingué par une prise de position particulièrement tranchée. Dans une déclaration au ton ferme, le parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative d’ingérence étrangère dans les affaires internes du Sénégal.

Selon lui, conditionner une coopération financière à des questions sociétales relève d’une démarche inacceptable. Il a insisté sur le fait que le Sénégal est un État souverain, libre de définir ses propres orientations politiques, sociales et culturelles, sans subir de pressions extérieures. Pour Guy Marius Sagna, cette décision de la Wallonie traduit une volonté de certains partenaires internationaux d’imposer leurs valeurs, au détriment des réalités locales et des choix démocratiques des peuples africains.

Le député n’a pas manqué de remettre en question la légitimité de la Wallonie à se poser en donneuse de leçons en matière de droits humains. Évoquant le passé colonial européen en Afrique, il a estimé que certaines puissances occidentales gagneraient à faire preuve de retenue et d’humilité dans leurs relations avec les pays du Sud. Cette référence historique vise, selon lui, à rappeler que les rapports entre l’Europe et l’Afrique restent marqués par des déséquilibres et des incompréhensions persistantes.

Au-delà de la polémique immédiate, cette affaire met en lumière une tension plus profonde entre deux visions de la coopération internationale. D’un côté, des partenaires occidentaux qui intègrent de plus en plus des critères liés aux droits humains dans leurs politiques d’aide. De l’autre, des États africains qui revendiquent le respect de leur souveraineté et refusent toute forme de conditionnalité jugée intrusive.

En conclusion, Guy Marius Sagna a réaffirmé avec force que ce type de posture ne saurait prospérer face à un pays attaché à sa dignité et à son indépendance. Pour lui, le Sénégal doit rester maître de ses choix, même au prix de tensions diplomatiques avec certains partenaires. Cette prise de position, largement relayée dans l’opinion publique, témoigne de la sensibilité du sujet et de l’importance des enjeux qu’il soulève pour l’avenir des relations entre l’Afrique et ses partenaires internationaux.

Coopération climatique sous tension : la Wallonie suspend ses financements au Sénégal après une loi controversée

La décision de la ministre wallonne de l’Énergie et du Climat, Cécile Neven, de renoncer à son déplacement prévu à Dakar marque un tournant dans les relations de coopération entre la Wallonie et le Sénégal. Annoncée à la fin du mois de mars, cette mesure s’accompagne d’une révision immédiate de l’ensemble des financements wallons destinés au pays dans le cadre des programmes de coopération climatique internationale.

À l’origine de cette décision, l’adoption récente par les autorités sénégalaises d’une loi réprimant les relations homosexuelles, avec des peines pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Une législation que la ministre qualifie sans détour de « terrible ». Dans une déclaration ferme, elle a justifié sa position en invoquant des principes fondamentaux, affirmant qu’il est impossible de « détourner le regard » face à une telle situation. Selon elle, ce texte contribue à « stigmatiser, criminaliser et mettre des vies en danger », en ciblant une partie de la population déjà vulnérable.

Cette réaction s’inscrit dans une vision plus large de la coopération internationale défendue par la responsable politique. Si elle reconnaît le rôle crucial de ces partenariats, notamment dans la lutte contre les effets du changement climatique, elle insiste sur le fait que ces engagements ne peuvent être déconnectés des valeurs portées par les institutions qui les financent. « Chaque euro public doit être cohérent avec nos valeurs », a-t-elle souligné, plaidant pour une approche plus exigeante et conditionnée des aides internationales.

La décision de suspendre et de réévaluer les financements ne constitue toutefois pas une rupture définitive. La ministre entend soumettre ses conclusions au gouvernement wallon dans les plus brefs délais, ouvrant ainsi un débat politique sur la poursuite ou non de cette coopération avec le Sénégal. Elle appelle à aborder cette question « sans tabou », laissant entendre que toutes les options restent sur la table.

Cette prise de position pourrait avoir des répercussions au-delà du seul cadre wallon, dans un contexte où les questions de droits humains prennent une place croissante dans les politiques de coopération internationale. Elle met également en lumière les tensions possibles entre les impératifs de solidarité internationale, notamment en matière climatique, et les exigences éthiques et politiques des pays donateurs.

Korité : Ousmane Sonko appelle à l’unité et à un engagement durable pour la souveraineté du Sénégal

À l’occasion de la prière de la Korité, célébrant la fin du mois béni de Ramadan, Ousmane Sonko a délivré un message fort axé sur la souveraineté nationale et la responsabilité collective des citoyens dans la construction du pays. Depuis Ziguinchor , le chef du gouvernement a invité les Sénégalais à s’impliquer pleinement dans ce qu’il considère comme un combat essentiel pour l’avenir de la nation.

Dans son allocution prononcée à l’issue de la prière de l’Aïd El-Fitr, il a insisté sur le fait que le développement du Sénégal repose avant tout sur le travail, la discipline et l’engagement de tous. Pour lui, la souveraineté ne peut être effective sans une prise de conscience collective et une participation active des citoyens à tous les niveaux de la vie nationale.

Le Premier ministre a également mis l’accent sur la nécessité de dépasser les divisions et les conflits qui, selon lui, freinent considérablement la marche du pays vers le progrès. Il a appelé à un sursaut d’unité, estimant que seule une cohésion nationale forte permettra de relever les défis économiques, sociaux et politiques auxquels le Sénégal est confronté.

Dans une perspective de long terme, Ousmane Sonko a tenu à tempérer les attentes en rappelant que les transformations profondes d’un pays ne peuvent s’opérer dans la précipitation. Il a souligné que les changements structurels exigent du temps, de la constance et une vision claire. « Ce qui change un pays en profondeur ne se fait ni en trois mois, ni en trois ans », a-t-il déclaré, invitant ainsi les citoyens à adopter une approche patiente et stratégique.

Le chef du gouvernement a ainsi plaidé pour l’élaboration et la poursuite d’objectifs à moyen et long terme, notamment sur des horizons de cinq à dix ans. Selon lui, cette vision est indispensable pour bâtir un Sénégal souverain, stable et prospère, capable de répondre aux aspirations de sa population.

À Nema, le plaidoyer ferme de Ousmane Sonko pour une justice équitable

À l’occasion de la prière de l’Aïd El-Fitr célébrée à Nema, dans la capitale du Sud, le Premier ministre Ousmane Sonko a délivré un message à forte portée politique, en mettant au cœur de son intervention la question sensible de l’équité devant la justice au Sénégal. Dans une atmosphère marquée par la ferveur religieuse et le rassemblement des fidèles venus célébrer la fin du mois de Ramadan, le chef du gouvernement a choisi de porter un discours sans détour, axé sur les principes de responsabilité et d’égalité.

Prenant la parole après la prière, il a rappelé ce qu’il considère comme un fondement essentiel de l’État de droit : l’impartialité de la justice. Selon lui, aucune société ne peut prétendre à la stabilité ni à la crédibilité institutionnelle si elle tolère des disparités dans le traitement judiciaire de ses citoyens. « Dans un pays où règne la justice, il ne doit pas y avoir une justice deux poids deux mesures », a-t-il affirmé, posant ainsi les bases d’un message qui dépasse le simple cadre moral pour toucher aux exigences institutionnelles.

Dans son intervention, le Premier ministre a dénoncé ce qu’il perçoit comme une incohérence majeure dans le fonctionnement du système judiciaire. Il a évoqué le cas de certaines personnes accusées d’avoir détourné ou dilapidé les ressources publiques, qui bénéficieraient, selon lui, de mesures de liberté provisoire leur permettant de regagner leurs domiciles. À l’inverse, d’autres citoyens, poursuivis pour des faits qu’il juge moins graves, resteraient en détention prolongée. Cette situation, qu’il qualifie d’anomalie, alimente selon lui un sentiment d’injustice et fragilise la confiance des populations envers les institutions.

Sans citer explicitement de noms, Ousmane Sonko a laissé entendre que ses critiques visaient en partie des figures associées à l’ancien régime. Toutefois, au-delà de cette dimension, son discours a également pris une tournure interne, semblant adresser un message clair à certains acteurs de la majorité actuelle. Il a mis en garde contre toute tentative de protection ou de complaisance à l’égard de personnes mises en cause, même lorsque des considérations politiques pourraient inciter à la prudence.

« Ces personnes qui doivent rendre compte ne doivent pas être protégées, même pour une simple stratégie politique », a-t-il martelé, dans une déclaration qui résonne comme un appel à la rigueur et à la cohérence au sein même de l’appareil d’État. Par cette prise de position, le Premier ministre entend visiblement affirmer une ligne de conduite fondée sur la transparence et la reddition des comptes, dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de gouvernance restent élevées.

Korité à Dakar : Bassirou Diomaye Faye appelle à prolonger l’esprit de solidarité et d’unité nationale

À l’occasion de la prière de la Korité célébrée à la Grande Mosquée de Dakar, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a délivré un message fort centré sur la cohésion sociale, la solidarité et la ضرورة de prolonger les enseignements du mois sacré de Ramadan dans la vie quotidienne des Sénégalais.

Devant une foule nombreuse de fidèles venus accomplir la prière de l’Aïd el-Fitr, le chef de l’État a salué l’atmosphère de recueillement, de partage et de fraternité qui a marqué les trente jours de jeûne. Il a mis en avant ce qu’il a qualifié de « force de la nation », illustrée par l’unité et la résilience du peuple sénégalais. Dans un contexte où les appels à l’unité se multiplient, il a insisté sur l’image d’une société soudée, profondément attachée à ses valeurs de solidarité, de respect mutuel et de fraternité.

Dans son allocution, le président a particulièrement insisté sur la nécessité de ne pas limiter ces valeurs au seul cadre du Ramadan. Selon lui, l’enjeu majeur réside dans la capacité collective à faire perdurer cet esprit au-delà de cette période spirituelle. Il a ainsi invité les citoyens à cultiver le sens des responsabilités, à renforcer leur engagement civique et à œuvrer ensemble pour le développement économique et social du pays. Ce message s’inscrit dans une volonté de consolidation du vivre-ensemble, considéré comme un pilier essentiel de la stabilité nationale.

Le chef de l’État a également tenu à adresser un message de fraternité à l’ensemble des Sénégalais, sans distinction de confession religieuse. Il a souligné que les valeurs de foi, de paix et de solidarité constituent un socle commun qui transcende les différences et renforce l’unité nationale. Cette ouverture a été perçue comme un appel à préserver l’harmonie interreligieuse, caractéristique majeure de la société sénégalaise.

Profitant de cette tribune solennelle, le président de la République a exprimé ses condoléances à la suite des pertes enregistrées au sein des forces de défense et de sécurité. Il a rendu un hommage appuyé aux soldats récemment tombés dans le nord de Sindian, en Casamance, saluant leur engagement et leur sacrifice pour la nation. Dans un ton empreint d’émotion, il a présenté ses condoléances aux familles endeuillées ainsi qu’à l’ensemble du peuple sénégalais, tout en formulant des vœux de prompt rétablissement aux blessés.

ONU : la Fayda Tidjania plaide pour une candidature africaine portée par Macky Sall

Le soutien affiché par la Fayda Tidjania à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies dépasse le simple registre religieux pour s’inscrire dans une dynamique géopolitique plus large.

À travers cette déclaration, le Khalife général et les disciples de la confrérie mettent en avant la nécessité d’un leadership africain à la tête de l’institution onusienne. Dans un contexte international marqué par des recompositions et des tensions multiformes, ils estiment que le moment est opportun pour le continent de faire entendre sa voix au plus haut niveau.

Ce positionnement traduit également le rôle croissant des autorités religieuses dans les débats d’intérêt national et international. En apportant leur appui à Macky Sall, elles participent à la construction d’un consensus autour d’une candidature présentée comme crédible sur la scène diplomatique.

L’argumentaire développé insiste sur l’expérience de l’ancien chef de l’État, notamment dans la gestion des affaires publiques et son implication dans plusieurs initiatives africaines. Mais au-delà du profil individuel, c’est surtout la question de la représentativité qui est posée : celle d’un continent encore sous-représenté dans les sphères décisionnelles mondiales.

En filigrane, la déclaration de la Fayda Tidjania met en lumière les attentes africaines vis-à-vis de l’Organisation des nations unies , notamment en matière de réforme de la gouvernance globale, d’équité dans les relations internationales et de prise en compte des priorités du Sud.

Enfin, cet appel à la mobilisation des États africains souligne un défi majeur : celui de l’unité diplomatique du continent. Car si la candidature de Macky Sall suscite des soutiens, sa concrétisation dépendra largement de la capacité des pays africains à parler d’une seule voix dans les instances internationales.

Ainsi, plus qu’un simple soutien religieux, cette prise de position apparaît comme une interpellation politique et stratégique, invitant l’Afrique à peser davantage dans la redéfinition de l’ordre mondial.

Accès à l’eau potable au Sénégal : Bassirou Diomaye Faye accélère les réformes et les projets hydrauliques

Lors du Conseil des ministres tenu le mercredi 18 mars, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a placé la question de l’accès à l’eau potable au cœur des priorités gouvernementales. Dans un contexte marqué par des besoins croissants en infrastructures hydrauliques, tant en milieu urbain que rural, le chef de l’État a insisté sur l’urgence d’accélérer la mise en œuvre des projets et programmes en cours à travers tout le territoire national.

Rappelant que l’eau constitue un levier fondamental du développement économique et social, il a exhorté le Premier ministre Ousmane Sonko ainsi que le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement à veiller à une exécution plus rapide, mais surtout plus efficace des chantiers engagés. L’objectif affiché est de réduire significativement les disparités d’accès à l’eau potable, encore perceptibles dans plusieurs localités du pays.

Dans cette dynamique, le président de la République a également appelé à l’élaboration d’un nouveau schéma directeur hydraulique. Ce document stratégique devra permettre d’assurer une meilleure articulation entre les différents projets existants et à venir, tout en garantissant un maillage cohérent et optimal du territoire en infrastructures hydrauliques fonctionnelles. Une telle approche vise à éviter les duplications, à maximiser les investissements et à répondre de manière durable aux besoins des populations.

Le chef de l’État a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance du secteur. À ce titre, il a demandé au ministre en charge de l’Hydraulique d’intensifier l’évaluation et la révision des délégations de service public de l’eau potable. L’accent a été mis sur l’importance d’une meilleure coordination entre les acteurs clés du secteur, notamment SONES et OFOR, ainsi que les différents concessionnaires. Cette synergie devra se traduire par la mise en place de contrats de performance plus rigoureux, assortis d’objectifs clairs et de mécanismes de suivi renforcés.

Dans le même sillage, le président a évoqué la nécessité d’adapter les règles d’organisation et de fonctionnement du sous-secteur de l’hydraulique urbaine. Cette réforme apparaît d’autant plus cruciale dans la perspective de la mise en service prochaine d’unités de dessalement, qui devraient contribuer à diversifier les sources d’approvisionnement en eau, notamment dans les zones confrontées à un stress hydrique accru.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a fixé un cap précis en demandant la finalisation, d’ici fin 2026, des études relatives au Projet des Autoroutes de l’Eau. Ce projet structurant ambitionne de renforcer la distribution et le transfert des ressources hydriques à l’échelle nationale. Parallèlement, il a appelé à une révision du cadre juridique du secteur de l’eau et de sa régulation, afin de mieux l’adapter aux enjeux actuels et futurs.

Nominations en Conseil des ministres : plusieurs changements dans l’administration publique

Le gouvernement a procédé à une série de nominations importantes au sein de plusieurs ministères, marquant un renouvellement notable dans l’administration publique sénégalaise. Ces décisions concernent notamment les secteurs de l’Intérieur, de l’Enseignement supérieur, de l’Éducation nationale, de la Santé ainsi que de la Culture.

Au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Cyprien Diene, instituteur de formation, quitte ses fonctions d’adjoint au sous-préfet de l’arrondissement de Sesséne, dans le département de Mbour. Il est désormais nommé adjoint au sous-préfet de l’arrondissement de Jaxaay, dans le département de Keur Massar. Il remplace à ce poste Kany Balla Doumbia, appelé à d’autres responsabilités.

Dans le secteur de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Insa Seck, enseignant-chercheur, est nommé directeur de l’Institut supérieur d’Enseignement professionnel de Mbacké. Cette nomination s’inscrit dans une dynamique de renforcement de l’encadrement académique et professionnel dans les établissements de formation.

Du côté du ministère de l’Éducation nationale, deux nominations majeures ont été enregistrées. Maïmouna Soude Souare, inspectrice de l’enseignement élémentaire, devient secrétaire général de la Commission nationale pour l’Unesco. Elle succède à Aliou Ly, admis à faire valoir ses droits à la retraite. Par ailleurs, Mansor Fall, précédemment proviseur du lycée de Dahra, est nommé directeur des Équipements scolaires, en remplacement d’Abdoulaye Sy.

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique concentre la majorité des changements avec plusieurs nominations stratégiques. Bineta Diabel Bâ Mbacké est désignée directrice du Centre hospitalier national Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba, en remplacement de Mouhamadou Moustapha Sourang, admis à la retraite. Elle cède son poste de directrice de l’hôpital Ndamatou de Touba à Ibrahima Tito Tamba.

Dans la même dynamique, Moustapha Diedhiou est nommé directeur du Service d’Assistance Médicale d’Urgence, succédant à Abdallah Wade, également admis à la retraite. Fallou Niang accède au poste de directeur général des Établissements de santé, remplaçant Fatou Mbaye Sylla, tandis que Makha Danfakha prend la direction du Centre hospitalier régional de Kolda, en remplacement de Fallou Niang.

Toujours dans le secteur sanitaire, Abdou Sarr est nommé directeur du Centre hospitalier national d’Enfants Albert Royer de Dakar. Alassane Tall devient directeur de l’Institut d’Hygiène sociale ex-Polyclinique. Aissatou Sougou est promue directrice générale de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique, en remplacement d’Alioune Ibnou Abou Talib Diouf.

Par ailleurs, Fatou Bara Ndione est nommée directrice des Équipements et de la Maintenance au ministère de la Santé, un poste jusque-là vacant. Henriette Cécile Diop et El Hadji Magatte Seck sont, quant à eux, nommés inspecteurs techniques de la Santé.

Enfin, au ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Ousmane Sane est désigné président du Conseil d’administration du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose. Il remplace Landing Mbessane Seck.

CAN 2025 : le Sénégal conteste la décision de la CAF, Bassirou Diomaye Faye pose un acte symbolique fort

La décision de Confe de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 pour l’attribuer au Maroc continue de provoquer une onde de choc à l’échelle nationale et internationale. Depuis l’annonce de cette mesure controversée, les réactions se multiplient, traduisant une vive incompréhension et une indignation largement partagée au sein de l’opinion publique sénégalaise et au-delà.

Au sommet de l’État, Bassirou Diomaye Faye est sorti de sa réserve pour exprimer sa position. Le chef de l’État a opté pour un geste hautement symbolique en modifiant la photo de profil de sa page Facebook officielle. L’image publiée montre le trophée de la Coupe d’Afrique des nations soigneusement conservé dans l’armoire de son bureau présidentiel. À travers cet acte, le président envoie un message clair : pour lui, cette coupe reste et demeurera au Sénégal, en dépit de la décision de l’instance dirigeante du football africain.

Cette posture s’inscrit dans la ligne défendue par les autorités sénégalaises. Dans un communiqué rendu public mercredi, le gouvernement a fermement rejeté la décision de la CAF, qu’il qualifie de « tentative de dépossession injustifiée ». Les autorités dénoncent une mesure qu’elles jugent non seulement inéquitable, mais également entachée de zones d’ombre. Dans ce contexte, elles ont officiellement appelé à l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, évoquant des soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes du football continental.

Sur le plan sportif et juridique, la riposte s’organise également. La Fédération Sénégalaise de football a annoncé son intention de contester cette décision devant le Tribunal arbitral du sport . Cette démarche vise à faire annuler la sanction et à rétablir le Sénégal dans ses droits, dans une affaire qui pourrait désormais se jouer sur le terrain du droit sportif international.

COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 MARS 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 18 mars 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Célébration de la fête de Korité

Le Président de la République, débutant sa communication par l’évocation du mois béni de Ramadan qui tire à sa fin, adresse ses félicitations et vœux à la Oumah islamique, à l’occasion de la célébration de la fête de Korité, prévue au cours de la présente semaine. Après avoir prié, avec l’ensemble de la Nation, pour un Sénégal prospère et solidaire dans un monde de paix, il demande au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller au déroulement adéquat des cérémonies de prières de l’Aïd El Fitr sur l’étendue du territoire national. 

En outre, il demande au Gouvernement d’améliorer la fluidité de la circulation et de renforcer la sécurité des transports sur les différents axes routiers et autoroutiers.

Dans ce sillage, il présente ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes de l’accident survenu le lundi passé sur la route nationale N° 06 entre Tambacounda et Gouloumbou, avant de souhaiter prompt rétablissement aux blessés.

Il réitère également ses directives relatives aux mesures préventives, en vue d’assurer l’approvisionnement correct du pays en hydrocarbures, denrées et produits de consommation courante, tout en maintenant la stabilité des prix.

Accélération de la mise en œuvre de projets et programmes hydrauliques

Rappelant le caractère prioritaire de l’approvisionnement en eau potable des populations, le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre et au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de veiller à l’accélération de la mise en œuvre de l’ensemble des projets et programmes hydrauliques dans les centres urbains et en milieu rural. Il indique l’importance d’élaborer et de déployer un nouveau schéma directeur hydraulique, assurant à la fois une complémentarité des projets et un maillage optimal du territoire national en réseaux, ouvrages et infrastructures hydrauliques fonctionnels.

Le Président de la République engage le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement à intensifier le processus d’évaluation et de révision des délégations de service public de l’eau potable, en veillant à la synergie des actions entre la SONES, l’OFOR et les concessionnaires, soutenue par des contrats de performance rénovés et exigeants. En outre, il souligne l’urgence de travailler à l’adaptation des règles d’organisation et de fonctionnement du sous-secteur de l’hydraulique urbaine, notamment avec la mise en service prochaine et le lancement des unités de dessalement. 

Enfin, le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre et au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de finaliser les études nécessaires à l’amorçage de l’exécution, avant la fin de l’année 2026, du Projet des Autoroutes de l’Eau et la révision du cadre juridique relatif au secteur de l’Eau et à sa régulation.

Préservation durable du patrimoine forestier national et revitalisation de la politique forestière

Le Président de la République fait observer que les forêts, représentant une composante essentielle de la biodiversité, constituent un patrimoine national inestimable, dont la préservation appelle l’exécution d’une politique d’encadrement et de valorisation.  A cet effet, il demande d’intensifier la lutte contre les trafics de bois ainsi que les efforts de reboisement, de reforestation et de classement de nouvelles forêts dans toutes les zones éco-géographiques. Dans cette dynamique, il donne instruction au Gouvernement d’élargir le spectre d’intervention, de relever le niveau des objectifs de reboisement assignés à l’Agence sénégalaise de la Reforestation et de la Grande Muraille verte et de renforcer les ressources humaines et les moyens logistiques affectés aux directions nationales chargées des Eaux et Forêts et des Parcs nationaux. 

Le Président de la République souligne l’urgence de réorganiser l’exploitation forestière, dans une perspective de renforcement de la stratégie nationale et des plans d’actions pour la conservation de la biodiversité et de définir une nouvelle politique de gouvernance des parcs nationaux visant l’entretien professionnel des espaces, la préservation de la faune et de la flore ainsi que l’amélioration de l’attrait touristique.

Pour finir, il prescrit au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de prendre les dispositions en vue d’accélérer l’exécution du Plan spécial de Sauvegarde et de Valorisation de la Forêt classée de Mbao.

Préparatifs de la fête nationale

Le Président de la République estime que la fête nationale est un moment de communion et d’exaltation de notre vivre ensemble dans la paix et la solidarité. Il rappelle que le projet collectif pour un Sénégal souverain, juste et prospère, appelle en permanence au sursaut national, à la consolidation de la cohésion sociale et de l’Etat de droit ainsi qu’au renforcement d’une citoyenneté active et constructive pour le développement, avec la mobilisation de la jeunesse et des forces de défense et de sécurité.

C’est dans cet esprit d’engagement patriotique, selon le Chef de l’Etat, que le Sénégal va célébrer, le 04 avril 2026, le 66ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale, dont il présidera le Grand défilé civil et militaire à Thiès, en présence de l’ensemble des corps constitués. Ainsi, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement de veiller au bon déroulement des festivités, défilés et célébrations, à Thiès et dans les autres régions du Sénégal, avec la participation des populations, des élèves et de toutes les forces vives de la Nation.

Suivi de la décision du Jury d’Appel de la CAF concernant le titre de Champion d’Afrique du Sénégal

Le Président de la République affirme que le Sénégal constate avec regret et indignation la décision du Jury d’Appel de la CAF retirant le titre de Champion d’Afrique 2025 à l’équipe nationale de Football. Face à cette décision inédite, il demande au Gouvernement, notamment au Ministre chargé des Sports, de prendre toutes les dispositions rapides et indiquées, avec la Fédération sénégalaise de Football, afin de déposer les recours appropriés devant le Tribunal arbitral du Sport.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il effectuera une visite officielle au Royaume d’Espagne, à l’invitation du Roi Felipe VI, du 24 au 26 mars 2026.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants : 

Gestion durable du secteur de l’Emploi

Pour le Premier Ministre, la gestion durable de l’emploi est essentielle dans la vie économique et sociale de la Nation, afin de garantir à chaque Sénégalais la possibilité d’accéder à un emploi décent et durable. Il a fait remarquer que le secteur de l’Emploi est confronté à des crises cycliques générées principalement par le problème d’insertion des demandeurs d’emplois. Il a mis en exergue le faible niveau de qualification des ressources humaines, découlant de l’insuffisance de l’offre du fait de la faiblesse des activités des entreprises et de la valorisation insuffisante de secteurs à fort potentiel, pourvoyeurs d’emploi.

Le Premier Ministre a également noté l’inadéquation entre la formation et l’emploi, la faible employabilité, l’inefficacité du dispositif de financement, d’encadrement et d’accompagnement et les contraintes liées au Code du Travail. 

Il évoque les mesures prises par le Gouvernement, en initiant un processus inclusif d’élaboration d’une Politique nationale de l’Emploi, qui prendra en compte la rationalisation des structures de gouvernance, et en renforçant la Convention nationale État-Employeurs ainsi que les dispositions sur l’apprentissage et la formation duale. 

Au demeurant, le Gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre le Pacte de Stabilité sociale, outre la signature du décret portant Statut général des fonctionnaires des Collectivités territoriales ainsi que celui fixant le montant de l’indemnité forfaitaire accordée aux agents non-fonctionnaires des collectivités territoriales. A cela s’ajoute la généralisation de l’indemnité de logement. 

Le Premier Ministre a estimé que le renouveau de l’emploi sera porté par le développement des filières stratégiques, la relance des travaux de réalisation d’infrastructures, la mise en place des agropoles et le développement du tissu industriel.  Dans ce cadre, le Gouvernement s’emploiera, notamment, à la finalisation et à l’adoption de la loi d’orientation sur l’emploi, à la réforme du Code du Travail et de la Sécurité sociale, à l’évaluation et au renforcement organisationnel et financier de la Convention nationale État-Employeurs et à la rationalisation des structures en charge de la promotion de l’emploi. 

Le Premier Ministre a aussi annoncé le renforcement du lien emploi et formation, la mutualisation et l’optimisation des structures, interventions et ressources, la mise en place d’une grande coalition pour l’emploi, le développement de l’emploi local dans les pôles territoires, la mise en place de projets de travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO).

Il a, enfin, indiqué le renforcement des Pôles Emploi et la mise en place des Centres d’Initiatives pour l’Emploi local (CIEL) au niveau de chaque département, ainsi que des Missions locales pour l’Emploi et l’Entrepreneuriat au niveau de chaque commune.

Redressement de la Compagnie Air Sénégal

Le Premier Ministre a rappelé des décisions arrêtées lors du Conseil interministériel du O3 avril 2025, sur la base desquelles a été élaboré le plan d’urgence de redressement global comprenant la reconstitution des fonds propres, la recapitalisation, le refinancement et la réalisation d’un audit financier et organisationnel complet.

Suite à la réunion qu’il a présidée le lundi 16 mars 2026, en présence des ministres concernés, il a annoncé les décisions qu’il a prises avant de réaffirmer la ferme volonté du Gouvernement de soutenir Air Sénégal SA et AIBD SA, dans leur redressement et leur repositionnement durable au cœur de la stratégie nationale du transport aérien.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la réforme de troisième génération du service public de l’eau. 

Le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a fait une communication sur l’organisation du 6ème Congrès mondial des Aires marines protégées. 

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait une communication sur la situation du marché et la commercialisation de l’arachide. 

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur la préparation de la Semaine nationale de la Jeunesse, édition 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret fixant les modalités relatives au découpage et à la nomenclature des blocs du bassin sédimentaire du Sénégal.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique

  • Monsieur Cyprien DIENE, Instituteur, matricule de solde n° 519 112/K, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Sesséne, Département de Mbour, est nommé Adjoint au Sous-Préfet de l’Arrondissement de Jaxaay, Département de Keur Massar, en remplacement de Monsieur Kany Balla DOUMBIA, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation :

  • Monsieur Insa SECK, Enseignant-Chercheur, matricule de solde n° 107 487/E, est nommé Directeur de l’Institut supérieur d’Enseignement professionnel (ISEP) de Mbacké.

Au titre du Ministère de l’Éducation nationale :

  • Madame Maïmouna Soude SOUARE, Inspectrice de l’Enseignement élémentaire, matricule de solde n° 631 504/E, est nommée Secrétaire général de la Commission nationale pour l’Unesco, en remplacement de Monsieur Aliou LY, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
  • Monsieur Mansor FALL, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n° 637 272/M, précédemment Proviseur du Lycée de Dahra, est nommé Directeur des Equipements scolaires, en remplacement de Monsieur Abdoulaye SY.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique

  • Madame Bineta Diabel Bâ MBACKE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Administration des Services de Santé, précédemment Directeur de l’Hôpital Ndamatou de Touba, est nommée Directeur du Centre Hospitalier National Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba, en remplacement de Monsieur Mouhamadou Moustapha SOURANG, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
  • Monsieur Ibrahima Tito TAMBA, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Administration des Services de Santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Ndamatou de Touba, en remplacement de Madame Bineta Diabel Bâ MBACKE, appelée à d’autres fonctions ;
  • Monsieur Moustapha DIEDHIOU, Médecin Anesthésiste Réanimateur, Maître de Conférences Agrégé, est nommé Directeur du Service d’Assistance Médicale d’Urgence (SAMU), en remplacement de Monsieur Abdallah WADE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
  • Monsieur Fallou NIANG, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Administration des Services de Santé, précédemment Directeur du Centre Hospitalier Régional de Kolda, est nommé Directeur général des Établissements de Santé, en remplacement de Madame Fatou Mbaye SYLLA ;
  • Monsieur Makha DANFAKHA, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé Publique, est nommé Directeur du Centre Hospitalier Régional de Kolda, en remplacement de Monsieur Fallou NIANG, appelé à d’autres fonctions ; 
  • Monsieur Abdou SARR, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Économie de la santé, est nommée Directeur du Centre Hospitalier National d’Enfants Albert Royer de Dakar, en remplacement de Madame Issa Tall DIOP ;
  • Monsieur Alassane TALL, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un diplôme en Santé Publique, est nommé Directeur de l’Institut d’Hygiène sociale ex-Polyclinique, en remplacement de Monsieur Abdoulaye KANE ;
  • Madame Aissatou SOUGOU, titulaire d’un diplôme de Doctorat en Pharmacie et d’un Master en Économie de la Santé et en Santé publique, est nommée Directeur Général de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), en remplacement de Monsieur Alioune Ibnou Abou Talib DIOUF ; 
  • Madame Fatou Bara NDIONE, Ingénieure biomédicale, matricule de solde n° 613 850/E, est nommée Directeur des Équipements et de la Maintenance au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, poste vacant ;
  • Madame Henriette Cécile DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine, Spécialiste en Santé publique, matricule de solde 713 134/G, est nommée Inspecteur technique de la Santé au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique ;
  • Monsieur El Hadji Magatte SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine, Gestionnaire des Services de Santé, matricule de solde n° 609 547/G, est nommé Inspecteur technique de la Santé au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Au titre du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme

  • Monsieur Ousmane SANE, Diplômé en Informatique de Gestion, est nommé Président du Conseil d’Administration du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, en remplacement de Monsieur Landing Mbessane SECK. 

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Grand Théâtre national : Kilifeu écarté de la présidence du Conseil d’administration, Ousmane Sané nommé

Le paysage institutionnel culturel sénégalais connaît un nouveau réaménagement. Landing Mbessane Seck, plus connu du grand public sous le nom de Kilifeu, n’est plus Président du Conseil d’Administration du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose. La décision a été entérinée lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 18 mars 2026.

Selon le communiqué officiel, il est remplacé à ce poste stratégique par Ousmane Sané, présenté comme diplômé en Informatique de Gestion. « Monsieur Ousmane SANE, Diplômé en Informatique de Gestion, est nommé Président du Conseil d’Administration du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, en remplacement de Monsieur Landing Mbessane SECK », précise le document.

Cette nomination marque un tournant dans la gouvernance de cette institution culturelle majeure du Sénégal, dédiée à la promotion des arts et du patrimoine. Le Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, du nom du célèbre maître tambour-major sénégalais, joue un rôle central dans la valorisation de la création artistique nationale et africaine.

Figure connue du mouvement Y’en a marre et du paysage artistique sénégalais, Kilifeu avait été porté à la tête du Conseil d’administration dans un contexte de renouvellement des élites culturelles. Son départ intervient dans une période où plusieurs ajustements sont observés au sein des structures publiques, traduisant une volonté des autorités de redynamiser certains secteurs clés.

L’arrivée d’Ousmane Sané ouvre ainsi une nouvelle phase pour l’institution. Son profil, axé sur la gestion et les outils informatiques, pourrait s’inscrire dans une dynamique de modernisation de la gouvernance et d’optimisation des performances administratives du Grand Théâtre.

Transport routier : l’État déploie des solutions concrètes pour apaiser les tensions et renforcer la sécurité

Le Ministère des Transports terrestres et aériens a franchi une nouvelle étape dans sa volonté de répondre aux préoccupations persistantes des acteurs du transport routier. À l’issue de concertations engagées avec les organisations syndicales et les services techniques concernés, les autorités ont annoncé, dans un communiqué daté du 17 mars 2026, une série de mesures destinées à améliorer à la fois les conditions d’exploitation du secteur et la sécurité sur les routes.

Au cœur de ces annonces figure le déploiement imminent d’un banc mobile pour la visite technique des véhicules. Ce dispositif innovant, qui sera opérationnel à partir de la deuxième quinzaine du mois d’avril 2026, marque une avancée significative dans la décentralisation des services techniques. Il sera progressivement mis en place dans plusieurs régions éloignées de Dakar, notamment Kédougou, Tambacounda, Ziguinchor, Kolda, Sédhiou, Matam, Saint-Louis, Louga, Kaffrine et Kaolack.

L’objectif est clair : rapprocher l’administration des usagers et réduire les contraintes logistiques pesant sur les transporteurs. Grâce à ce mécanisme, les contrôles techniques pourront être effectués directement sur place, dans les zones concernées. Cette mesure s’inscrit particulièrement dans le cadre de l’opération de rappel des minibus de 12 à 19 places, qui se poursuivra jusqu’au mois de mai 2026. Elle permettra ainsi d’éviter aux professionnels de longs déplacements vers la capitale, souvent coûteux et chronophages.

Les autorités soulignent que cette initiative vise à concilier deux impératifs majeurs : garantir un haut niveau de sécurité routière tout en tenant compte des réalités opérationnelles du secteur du transport. Elle traduit également une volonté de modernisation et d’adaptation des services publics aux besoins des citoyens.

Par ailleurs, le ministère a annoncé la création d’un comité ad hoc chargé d’examiner en profondeur les préoccupations exprimées par les acteurs du secteur. Ce cadre de concertation réunira les services techniques de l’État, les organisations syndicales ainsi que les représentants des transporteurs et des professionnels de la route.

Ce comité aura pour mission d’analyser plusieurs points sensibles qui suscitent des tensions, notamment les contrôles routiers jugés parfois excessifs, l’interdiction de circulation nocturne des transports publics entre minuit et cinq heures du matin, ainsi que les problématiques liées à la concurrence dans le secteur. Cette dernière inclut les relations entre taxis traditionnels, services de VTC et transports informels, dans un contexte de mutation rapide des modes de mobilité.

À travers ce dispositif, les autorités entendent privilégier une approche inclusive et participative. L’objectif est de parvenir à des solutions consensuelles, équilibrées et applicables, fondées sur une évaluation rigoureuse des mesures existantes et des réalités du terrain.

Pacte national de stabilité sociale : Ousmane Sonko relance le dialogue entre État, syndicats et patronat

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce mardi une réunion stratégique du comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, marquant ainsi une nouvelle étape dans la volonté des autorités de consolider le dialogue social au Sénégal.

Cette rencontre d’envergure a réuni autour de la même table des acteurs clés du monde du travail et de l’économie, notamment des représentants du gouvernement, des centrales syndicales et des organisations patronales. L’objectif affiché est clair : instaurer un climat social apaisé et durable, indispensable à la stabilité économique et au développement du pays.

Aux côtés du chef du gouvernement figuraient plusieurs membres influents de l’exécutif, dont les ministres en charge des Finances, du Travail et de la Fonction publique. La présidente du Haut Conseil du Dialogue Social a également pris part aux échanges, témoignant du rôle central de cette institution dans la régulation des relations professionnelles et la prévention des conflits sociaux.

Au cœur des discussions, la nécessité de rendre opérationnel l’un des principaux organes de suivi et d’évaluation du pacte. Ce comité de pilotage, désormais activé, se veut un cadre permanent de concertation où les préoccupations des travailleurs pourront être examinées en parallèle des exigences liées à la compétitivité économique. Il s’agit d’un mécanisme de régulation qui vise à anticiper les tensions sociales tout en favorisant des compromis équilibrés.

Les centrales syndicales et les organisations d’employeurs les plus représentatives, membres de cette instance, ont ainsi été invitées à exprimer leurs priorités et leurs attentes. Les revendications liées aux conditions de travail, au pouvoir d’achat ou encore à la protection sociale ont été évoquées, dans un contexte où les défis économiques exigent des réponses concertées et pragmatiques.

Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la simple gestion des revendications sociales. Il s’agit de bâtir un modèle de gouvernance fondé sur le dialogue, la confiance et la responsabilité partagée. En conciliant les aspirations légitimes des travailleurs avec les impératifs de croissance et de création de richesses, les autorités entendent poser les bases d’un développement inclusif et durable.

République du Congo : Denis Sassou-Nguesso réélu avec 94,82 % des voix pour un cinquième mandat

Le président sortant Denis Sassou-Nguesso a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle organisée le dimanche 15 mars 2026 en République du Congo. Les résultats officiels, rendus publics ce mardi 17 mars par le ministre de l’Intérieur Raymond Mboulou, créditent le chef de l’État de 94,82 % des suffrages exprimés, avec un taux de participation annoncé à 84,65 %.

Ce score très largement majoritaire permet à Denis Sassou-Nguesso d’entamer un cinquième mandat consécutif à la tête du pays. Le scrutin, qui concernait environ 2,6 millions d’électeurs, s’est déroulé sur l’ensemble du territoire, notamment dans la capitale Brazzaville ainsi que dans les principales villes et localités du pays.

Face au président sortant, plusieurs candidats étaient en lice, mais aucun n’est parvenu à rivaliser de manière significative. Son principal adversaire, Mabio Mavoungou Zinga, ancien député et inspecteur des douanes à la retraite, n’a recueilli qu’environ 1,48 % des voix, illustrant l’ampleur de l’écart avec le candidat sortant.

La proclamation des résultats est intervenue à l’issue du dépouillement des procès-verbaux transmis par les différents bureaux de vote. Conformément au cadre légal en vigueur, les candidats disposent d’un délai pour introduire d’éventuels recours. La validation définitive revient à la Cour constitutionnelle, qui devra examiner les contestations avant de publier les résultats officiels finaux.

À 82 ans, Denis Sassou-Nguesso demeure l’une des figures politiques les plus anciennes du continent africain. Il dirige le pays depuis 1997, après un premier passage au pouvoir entre 1979 et 1992. Son long parcours à la tête de l’État totalise ainsi plus de quatre décennies, marquées par une influence politique durable dans le paysage congolais.

Sa candidature à cette nouvelle élection a été rendue possible par la révision constitutionnelle adoptée en 2015. Cette réforme a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels ainsi que la limite d’âge pour les candidats à la magistrature suprême, ouvrant la voie à sa participation aux scrutins successifs.

La campagne électorale, qui s’est tenue entre la fin février et la mi-mars 2026, a vu la participation de plusieurs candidats indépendants et de formations politiques. Toutefois, une partie de l’opposition a choisi de boycotter le processus électoral, estimant que les conditions d’une compétition équitable n’étaient pas réunies.

Le jour du vote, certaines organisations de la société civile et des observateurs ont signalé des difficultés logistiques dans plusieurs bureaux ainsi qu’une coupure d’internet à l’échelle nationale. Malgré ces signalements, les autorités ont affirmé que le scrutin s’était déroulé globalement dans le calme et dans le respect des procédures électorales.

Affaire Farba Ngom : la Cour suprême au cœur d’un bras de fer judiciaire décisif

Le contentieux judiciaire impliquant Farba Ngom franchit une étape déterminante, avec l’entrée en scène de la Cour suprême du Senegal appelée à trancher un différend aux implications à la fois juridiques et politiques. Selon les informations rapportées par le quotidien Les Échos, le dossier est désormais en état d’être jugé, après l’achèvement des échanges écrits entre les différentes parties.

À l’origine de cette nouvelle séquence judiciaire, le pourvoi en cassation introduit par le Parquet général financier contre la décision ayant placé le maire d’Agnam sous contrôle judiciaire. Une initiative qui traduit la ferme volonté du ministère public de remettre en cause une décision jugée contestable au regard des dispositions légales en vigueur. Face à cette offensive, les avocats de Farba Ngom ont rapidement réagi en déposant leur mémoire en réponse, réfutant méthodiquement les arguments avancés par le parquet.

La procédure a ainsi atteint un point charnière. Tous les éléments étant désormais versés au dossier, il appartient à la Chambre pénale de la Cour suprême de fixer une date d’audience afin d’examiner le recours. Cette audience s’annonce particulièrement attendue, tant elle pourrait redéfinir les contours de l’interprétation du droit dans les affaires financières sensibles.

Au cœur du litige se trouve une décision antérieure de la Chambre d’accusation financière , qui avait ordonné le placement sous contrôle judiciaire de Farba Ngom tout en relevant des éléments jugés favorables à sa défense, allant jusqu’à un blanchiment partiel. Une position que le parquet conteste avec vigueur, estimant qu’elle ne repose pas sur une application rigoureuse des textes.

Le recours en cassation s’articule autour d’un point juridique central : la violation alléguée de l’article 140 du Code de procédure pénale. Ce texte encadre strictement les conditions dans lesquelles une liberté provisoire peut être accordée. Il évoque notamment la nécessité d’un remboursement préalable des fonds en cause, d’une consignation, de l’existence de contestations sérieuses ou encore de considérations médicales incompatibles avec la détention.

Pour le ministère public, aucune de ces conditions ne serait véritablement remplie dans le cas du député-maire d’Agnam, ce qui justifierait, selon lui, une remise en cause de la décision attaquée. Une analyse que rejette fermement la défense, qui soutient que la juridiction précédente a agi dans le strict respect des exigences légales, en tenant compte des éléments du dossier.

Kaffrine face à une crise rurale multidimensionnelle : Abdoulaye Wilane alerte sur l’urgence économique et alimentaire

Le président du Conseil départemental de Kaffrine, Abdoulaye Wilane , a dressé un constat alarmant de la situation socio-économique dans cette région du centre du Sénégal. À l’occasion de la validation du plan annuel d’investissement, l’élu local a mis en lumière les difficultés croissantes auxquelles font face les populations rurales, entre crise agricole, menaces sur l’élevage et préoccupations sécuritaires.

Au cœur de son intervention, la campagne de commercialisation de l’arachide apparaît comme l’un des principaux sujets d’inquiétude. Dans plusieurs zones de la région de Kaffrine, les producteurs peinent à écouler leurs récoltes dans des conditions satisfaisantes. Faute d’acheteurs proposant des prix rémunérateurs, les stocks s’accumulent dans les champs, exposés aux aléas climatiques et aux risques de vol. Cette situation pousse certains agriculteurs à veiller jour et nuit sur leur production, dans l’espoir de préserver le fruit de leur travail.

Confrontés à des besoins financiers urgents, de nombreux paysans se résignent à céder leurs récoltes à des prix largement en dessous des coûts de production. Une vente à perte qui fragilise davantage des exploitations déjà vulnérables et compromet la prochaine saison agricole. Cette crise de la filière arachidière, pilier de l’économie locale, illustre les limites structurelles du système de commercialisation et la dépendance persistante des producteurs à des circuits peu régulés.

Parallèlement, une autre menace se profile à l’horizon : celle d’une crise fourragère. Selon Abdoulaye Vilane, la vente massive de foin observée ces dernières semaines constitue un signal préoccupant. Pour faire face aux difficultés économiques, de nombreux éleveurs et charretiers écoulent leurs réserves de fourrage sur les marchés, réduisant ainsi les capacités d’alimentation du bétail pour les mois à venir. Ce phénomène, aggravé par la recrudescence des feux de brousse, pourrait entraîner une période de soudure précoce, mettant en péril le cheptel et les moyens de subsistance des éleveurs.

Sur le plan sécuritaire, le président du Conseil départemental a également évoqué la montée du trafic de drogue, notamment de chanvre indien. La position géographique de Kaffrine, proche de zones sensibles comme la Gambie et la Casamance, en fait un point de passage stratégique pour certains réseaux. Cette situation suscite des inquiétudes quant aux répercussions possibles sur la stabilité locale, notamment en termes de violences et de criminalité. L’élu a toutefois salué l’engagement des forces de défense et de sécurité, appelant à renforcer la vigilance collective.

Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques influant sur les coûts du transport et des importations, Abdoulaye Vilane a insisté sur la nécessité pour le Sénégal de renforcer sa souveraineté alimentaire. Il a appelé à une mobilisation accrue autour de la production céréalière, estimant que le pays doit réduire sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur pour garantir sa sécurité alimentaire.

Gestion des ressources naturelles : Oumar Youm défie Ousmane Sonko et critique la communication gouvernementale

Invité de l’émission Quartier Général, Me Oumar Youm a livré une analyse sans concession de la gestion des ressources naturelles au Sénégal, en mettant particulièrement l’accent sur les secteurs pétrolier et minier. L’ancien ministre des Forces armées sous le régime de Macky Sall s’est montré très critique à l’égard de la communication actuelle des autorités, qu’il juge inadaptée et potentiellement dangereuse pour l’image du pays.

Dès l’entame de son intervention, il a tenu à rappeler que la question du pétrole au Sénégal ne date pas d’aujourd’hui. Selon lui, les premières grandes annonces autour de la découverte et de l’exploitation des hydrocarbures remontent à 2016, une période durant laquelle l’État sénégalais avait déjà engagé des réformes importantes pour encadrer le secteur. Il insiste sur le fait que des mécanismes de transparence et de sécurisation des investissements avaient été mis en place afin de rassurer les partenaires internationaux.

Abordant la question sensible des contrats pétroliers, Oumar Youm a voulu rétablir ce qu’il considère comme une vérité historique souvent déformée dans le débat public. Il a affirmé que les accords conclus avec Woodside Énergie remontent à 2004, sous la présidence de Abdoulaye Wade, et non à l’ère de Macky Sall. À ses yeux, cette précision est essentielle pour éviter toute confusion ou instrumentalisation politique autour de ces contrats stratégiques.

L’ancien ministre a également rejeté l’idée selon laquelle les contrats pétroliers pourraient être manipulés ou modifiés de manière arbitraire. Il a expliqué que ce type d’accord est strictement encadré par le code pétrolier, qui définit des règles claires ainsi que des dispositifs incitatifs destinés à attirer les investisseurs étrangers. Dans ce cadre, il estime que toute affirmation évoquant une possible “manipulation” traduit une méconnaissance du fonctionnement du secteur.

C’est surtout la communication des autorités actuelles qui suscite son inquiétude. Oumar Youm s’est alarmé du ton adopté par certains responsables politiques lorsqu’ils évoquent la possibilité de renégocier les contrats pétroliers. Il rappelle que toute déclaration officielle est scrutée de près par les bailleurs de fonds, les investisseurs et les partenaires internationaux. À ce titre, il souligne l’existence de clauses de stabilité prévues par la législation, notamment dans le code pétrolier, qui visent à protéger les investissements contre des changements brusques ou unilatéraux.

Selon lui, évoquer publiquement une renégociation forcée pourrait envoyer un signal négatif et fragiliser la confiance des investisseurs. Il n’a pas hésité à mettre en doute la maîtrise de ces sujets par certains membres du gouvernement, évoquant soit un manque de compréhension, soit des arrière-pensées politiques. Pour Oumar Youm, il est juridiquement impossible d’imposer une renégociation par la contrainte dans un cadre international, où les engagements contractuels sont protégés.

Dans la même dynamique, il a défendu le rôle du secteur privé dans le développement économique. Il a insisté sur le fait qu’un État ne doit pas entraver la capacité des entreprises à générer des profits, mais plutôt créer un environnement favorable à leur croissance. À ses yeux, une pression excessive sur les opérateurs économiques pourrait nuire à l’attractivité du Sénégal et ternir son image sur la scène internationale.

Le point culminant de son intervention reste toutefois son adresse directe au Premier ministre Ousmane Sonko. Oumar Youm l’a publiquement défié à un débat sur la question pétrolière, l’invitant à expliquer concrètement ce que le Sénégal a pu obtenir dans les négociations grâce au cadre légal en vigueur. Il s’est dit prêt à confronter ses arguments devant les journalistes, dans un échange qu’il souhaite transparent et basé sur les faits.

Rupture avec Pastef : Cheikh Omar Diagne dénonce une dérive idéologique et accuse le pouvoir de privilégier le parti à la patrie

Le secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité And Ci Degg (RV/ACD), Cheikh Oumar Diagne, a officialisé ce matin une rupture nette avec le Parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Ethique et la Fraternité (Pastef), lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a tenu à clarifier sa position politique et celle de ses partisans.

Face aux critiques de certains observateurs qui lui reprochent d’avoir soutenu le parti aujourd’hui au pouvoir, le leader du RV/ACD a assumé pleinement son engagement passé. Selon lui, son soutien à Pastef s’inscrivait avant tout dans une logique de principes et de convictions, et non dans une quelconque stratégie opportuniste. « Je ne regrette pas d’avoir soutenu le Pastef, car je l’ai fait pour mes principes », a-t-il déclaré, estimant que son combat d’alors était motivé par une vision politique fondée sur la souveraineté nationale et la défense des intérêts du Sénégal.

Toutefois, Cheikh Omar Diagne considère aujourd’hui que le mouvement qu’il avait accompagné a profondément changé d’orientation. Il évoque une déviation idéologique qui, selon lui, s’est progressivement installée depuis l’accession du parti au pouvoir. À ses yeux, Pastef aurait abandonné le combat pour la souveraineté, qui constituait pourtant le socle de son projet politique initial et la principale raison de l’engagement de nombreux militants.

Le leader du RV/ACD estime que cette transformation s’exprime désormais par une logique partisane qu’il résume dans une formule particulièrement critique : « le Parti avant la Patrie ». Une orientation qu’il rejette catégoriquement. Pour lui, la nation doit toujours primer sur les intérêts d’une formation politique, quelle qu’elle soit. Il insiste sur le fait que la patrie doit demeurer la référence suprême dans toute action publique.

Dans la même dynamique, Cheikh Omar Diagne a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de dérive vers un « Parti-État ». Selon lui, ce modèle constitue une trahison des aspirations populaires qui avaient porté le mouvement au pouvoir. Il considère que la confusion entre l’appareil d’État et les intérêts d’un parti politique affaiblit la démocratie et remet en cause les principes de gouvernance que le Pastef défendait lorsqu’il était dans l’opposition.

Le responsable politique a également pointé ce qu’il perçoit comme une contradiction majeure entre les discours tenus par les dirigeants actuels avant leur accession au pouvoir et leurs pratiques actuelles. Il a dénoncé un écart qu’il juge « béant » entre les promesses faites aux Sénégalais et la gestion du pouvoir aujourd’hui.

Pour Cheikh Omar Diagne, cette incohérence fragilise la crédibilité des dirigeants et alimente le désenchantement d’une partie de l’opinion publique. Il estime que le peuple sénégalais mérite une gouvernance fidèle aux engagements pris et respectueuse des principes qui avaient suscité l’espoir d’un changement profond.

ASER : Thierno Alassane Sall réclame la lumière sur le présumé scandale des 37 milliards FCFA

Le président du parti La République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a de nouveau interpellé les autorités sénégalaises sur le dossier lié à l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), évoquant un présumé scandale financier portant sur un montant de 37 milliards de FCFA. L’ancien ministre appelle le gouvernement à apporter des explications claires sur cette affaire qu’il juge insuffisamment abordée dans les communications officielles.

Prenant la parole publiquement, le député a critiqué ce qu’il considère comme un manque d’avancées concrètes dans la mise en œuvre du projet d’électrification rurale concerné, malgré les annonces faites par les autorités. Selon lui, les explications fournies jusqu’à présent ne permettent pas de répondre aux nombreuses interrogations qui persistent dans l’opinion publique.

Dans son intervention, Thierno Alassane Sall a notamment réagi aux propos du Premier ministre, Ousmane Sonko, qui avait évoqué lors d’une conférence de presse une renégociation du projet par l’ASER afin d’y intégrer 500 villages supplémentaires. Pour le leader de La République des Valeurs, cet argument ne répond pas au problème de fond. Il estime que l’essentiel reste le démarrage effectif des travaux sur le terrain.

« Dans la conférence de presse, Ousmane Sonko a semblé dire que l’ASER a renégocié pour avoir dans les projets 500 villages de plus. Mais qu’ils aient 1000 villages de plus, 2000 villages de plus, peu importe, il faut que le travail démarre », a-t-il déclaré, soulignant que les populations attendent des résultats concrets plutôt que des annonces.

Pour illustrer sa critique, Thierno Alassane Sall a utilisé une métaphore comparant la situation à celle d’un entrepreneur chargé de construire un immeuble de vingt étages, payé à l’avance mais qui, près de deux ans plus tard, n’aurait toujours rien réalisé. Selon lui, cette image reflète l’incompréhension face à un projet financé mais qui n’a pas encore produit de résultats visibles.

Il a ainsi expliqué que dans un tel cas, le propriétaire du projet se retrouverait avec un terrain toujours vide dix-neuf mois après avoir versé l’argent à l’entrepreneur. « C’est comme si l’entrepreneur qui devait vous faire un bâtiment de 20 étages, vous lui avez remis votre argent. Dix-neuf mois après, vous n’avez rien trouvé qu’un terrain nu. Vous l’avez au téléphone parce que l’entrepreneur n’est pas ici. Vous n’arrivez même pas à le voir, il est ailleurs. Et vous lui dites, ne vous en faites pas, vous serez contents quand j’aurai terminé. On avait négocié 20 étages, mais je vais vous faire 22 étages, avec une piscine au toit. Mais qu’il commence d’abord, qu’il creuse, qu’il amène les matériaux… L’argent a disparu », a-t-il affirmé.

Dans la suite de son intervention, le député a directement interpellé le Premier ministre et le gouvernement sur la gestion de ce dossier. Il s’est interrogé sur l’absence, selon lui, d’explications précises concernant la destination des fonds engagés dans ce projet d’électrification rurale.

« Pourquoi le Premier ministre ne dit pas que l’argent a disparu ? Pourquoi ne dit-il pas quelles sont les mesures qu’ils ont entreprises ? », a-t-il lancé, appelant les autorités à clarifier la situation.

Thierno Alassane Sall affirme par ailleurs que la disparition des fonds serait déjà documentée par plusieurs éléments. Il évoque notamment une mention de la banque espagnole Banco Santander ainsi qu’une ordonnance rendue par la Cour Suprême du Senegal , qu’il considère comme des indices renforçant les soupçons autour de ce dossier.

Face à cette situation, le président de La République des Valeurs estime que l’État devrait adopter une position plus ferme. Il appelle notamment les autorités à mettre l’entreprise concernée en demeure de s’expliquer sur la destination des fonds et, si nécessaire, à engager des procédures judiciaires pour établir les responsabilités.

Enfin, Thierno Alassane Sall a averti que son parti n’excluait pas de porter l’affaire au niveau international si aucune réponse satisfaisante n’était obtenue au Sénégal. Selon lui, cette option pourrait être envisagée notamment en Espagne, pays où certains éléments du dossier seraient liés.

Congrès électif de Pastef : le parti au pouvoir fixe le cap du 6 juin 2026 à Dakar

Le Parti Patriote africain du Sénégal pour le travail, l’égalité et la fraternité (Pastef), actuellement au pouvoir, franchit une nouvelle étape dans sa structuration politique. Dans un communiqué rendu public tard dans la soirée du dimanche 15 mars, la formation dirigée par Ousmane Sonko a annoncé l’organisation de son tout premier congrès électif le 6 juin 2026 à Dakar.

Cette décision a été prise à l’issue d’une session ordinaire convoquée par le leader du parti. Cette rencontre interne a permis aux responsables de Pastef d’engager les préparatifs d’un rendez-vous politique majeur, appelé à marquer une étape importante dans la consolidation de l’appareil du parti depuis son accession au pouvoir.

Selon le communiqué, ce congrès aura pour missions principales l’élection du président du parti ainsi que l’adoption de grandes orientations politiques qui devront guider l’action de la formation pour les six prochaines années. Le document précise que ces orientations viseront notamment à accompagner et soutenir le processus de transformation systémique du Sénégal, une ambition régulièrement mise en avant par les dirigeants du parti.

L’organisation de ce congrès électif intervient dans un contexte politique marqué par la recomposition des forces autour du pouvoir. Parallèlement aux initiatives internes de Pastef, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, multiplie en effet les consultations et les rencontres avec différents acteurs politiques et sociaux dans le cadre de la dynamique de la coalition Diomaye Président.

Cette coalition, qui avait porté la candidature de Bassirou Diomaye Faye lors de l’élection présidentielle, est progressivement réactivée et structurée dans la perspective des prochaines échéances électorales. Les discussions en cours visent notamment à préparer les élections législatives prévues en 2027 ainsi que la présidentielle de 2029.

Dans ce contexte, le congrès annoncé par Pastef pourrait jouer un rôle stratégique. Il devrait permettre au parti de clarifier sa ligne politique, de consolider son organisation interne et de définir les priorités qui encadreront son action politique durant les années à venir.

Au-delà de l’élection du président du parti, ce rendez-vous est également attendu comme un moment de mobilisation des militants et de réaffirmation du projet politique porté par Pastef depuis sa création. Pour de nombreux observateurs, il pourrait aussi servir de plateforme pour affiner la stratégie du parti au pouvoir dans la perspective des prochaines batailles électorales.

Pastef : des retards constatés dans le versement des 10 % de cotisations des responsables du parti dirigé par Ousmane Sonko

Au sein du parti Pastef, une règle interne impose à tous les responsables nommés ou élus sous sa bannière de reverser chaque mois 10 % de leurs revenus au parti. Cette disposition concerne notamment les ministres, députés, directeurs généraux, présidents de conseils d’administration, maires et autres responsables patriotes occupant des fonctions dans les institutions de l’État.

Cette contribution financière est considérée comme un mécanisme de solidarité et de fonctionnement interne destiné à soutenir les activités politiques du parti dirigé par Ousmane Sonko. Toutefois, selon des informations rapportées par le journal Les Échos , les versements ne seraient pas effectués avec la régularité attendue par la direction du parti.

La question des cotisations a d’ailleurs été abordée lors de récentes rencontres entre le leader de Pastef et plusieurs cadres de la formation politique durant le week-end. Au cours de ces échanges, la direction aurait insisté sur la nécessité pour les responsables concernés de respecter leurs engagements financiers envers le parti.

Toujours selon la même source, un rappel ferme aurait été adressé aux responsables accusant des retards. Il leur aurait été demandé de régulariser leur situation dans les meilleurs délais afin de se conformer à la règle interne qui lie les membres exerçant des fonctions publiques au parti.

Ndogou politique : Ousmane Sonko réaffirme son maintien à la Primature et prépare les échéances de 2027 et 2029

Réunis autour d’un ndogou organisé ce samedi par l’Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique (APTE), les alliés d’Ousmane Sonko ont assisté à une prise de parole très attendue du Premier ministre. Loin d’être une simple rencontre conviviale du mois de Ramadan, l’événement s’est transformé en véritable moment de clarification politique, durant lequel le leader de Pastef a tracé les grandes lignes de sa stratégie pour les années à venir.

La rencontre s’est ouverte par une intervention d’Aïda Mbodj, figure politique et membre influente de cette dynamique d’alliance. Après cette introduction, Ousmane Sonko a pris la parole devant ses partenaires politiques pour livrer un discours structuré autour de plusieurs axes majeurs qui traduisent clairement sa volonté de consolider son espace politique tout en préparant les échéances électorales futures.

Le Premier ministre a d’abord tenu à répondre aux spéculations qui agitent depuis plusieurs semaines les cercles politiques concernant son éventuel départ du gouvernement. Sur cette question, il s’est montré catégorique. Ousmane Sonko a affirmé qu’il ne démissionnera pas de ses fonctions de chef du gouvernement. Selon lui, seul le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dispose du pouvoir constitutionnel de mettre fin à ses fonctions de Premier ministre. Par cette déclaration, il semble vouloir mettre un terme aux appels, parfois venus de l’intérieur même de la majorité présidentielle, qui évoquent la nécessité d’un remaniement ou d’un retrait volontaire.

Cette position traduit également la volonté du président de Pastef de conserver une pleine marge de manœuvre politique. Ousmane Sonko entend en effet poursuivre l’organisation et la structuration de ses alliances politiques dans la perspective de la présidentielle de 2029. À cet égard, l’Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique apparaît de plus en plus comme un cadre stratégique destiné à fédérer ses soutiens et à préparer l’avenir.

Le Premier ministre a d’ailleurs replacé cette démarche dans la continuité de la stratégie d’alliances qui a toujours caractérisé son parcours politique. Il a rappelé qu’en 2017, son mouvement avait participé à la coalition Ndaw Askan Wi. Deux ans plus tard, lors de l’élection présidentielle de 2019, Pastef avait noué des alliances notamment avec le MRDS et plusieurs autres formations politiques. En 2022, le parti avait rejoint la coalition Yewwi Askan Wi, avant de participer en 2024 à la coalition Diomaye Président qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême.

Seules les élections législatives de 2024 avaient constitué une exception dans cette logique d’alliance, Pastef ayant alors choisi de se présenter seul afin de sécuriser une majorité parlementaire solide à l’Assemblée nationale.

Au-delà des échéances nationales, Ousmane Sonko a également fixé un objectif politique immédiat pour les prochaines élections locales prévues en 2027. Le Premier ministre ambitionne, avec ses alliés, de remporter l’ensemble des mairies du pays. Cette stratégie territoriale vise à renforcer l’implantation locale de son camp politique et à consolider les bases électorales avant toute nouvelle confrontation nationale.

Enfin, le chef du gouvernement a abordé la question sensible d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale, un sujet qui alimente régulièrement le débat politique. Sans s’opposer frontalement à cette hypothèse, Ousmane Sonko a néanmoins tenu à rappeler qu’il dispose lui aussi d’une coalition structurée. Ce rappel a été interprété comme un avertissement politique à peine voilé, laissant entendre que toute décision de dissolution pourrait modifier l’équilibre interne de la majorité et ouvrir un nouveau rapport de force politique.

L’APR Défend la Candidature de son Président au Poste de Secrétaire Général des Nations Unies

Alors que la candidature de l’ancien président sénégalais au poste de Secrétaire général des Nations Unies continue de provoquer des réactions contrastées, l’Alliance Pour la République a organisé une conférence de presse ce samedi afin de clarifier le cadre de cette démarche et de rappeler le bilan de son président.

Lors de cette rencontre avec la presse, les responsables du parti ont réaffirmé leur soutien total à la candidature, soulignant qu’elle bénéficie de l’appui de l’Union africaine et de soutiens politiques et civiques significatifs tant au Sénégal que sur le continent. Ils ont tenu à replacer cette initiative dans son contexte diplomatique, alors que le gouvernement actuel a officiellement pris ses distances vis-à-vis de cette démarche.

Pour les représentants du parti, cette prise de distance du pouvoir traduit surtout une posture politique interne plutôt qu’une appréciation objective des enjeux internationaux. Ils rappellent que la candidature de l’ancien président s’inscrit dans une trajectoire de leadership africain construite au fil de douze années à la tête du pays, période marquée par une forte présence sur la scène internationale, notamment à la tête de l’Union africaine et du G20. Selon eux, la crédibilité d’un État repose sur la constance de ses engagements, faisant implicitement le lien entre la stabilité institutionnelle héritée du régime sortant et la légitimité internationale de son président.

Scandale de l’électrification rurale : une procédure judiciaire internationale ouverte contre AEE Power EPC

Lors d’une conférence de presse tenue dimanche, le député Thierno Alassane Sall a révélé l’ouverture d’une procédure judiciaire à Madrid contre la société espagnole AEE Power EPC et contre X, dans le cadre du scandale présumé lié au contrat d’électrification rurale de l’ASER. Lors de son intervention, il a vivement critiqué l’inaction persistante du gouvernement sénégalais et dressé un réquisitoire sévère contre la gestion des affaires publiques et l’opacité entourant plusieurs dossiers stratégiques.

Le député a précisé que la plainte déposée en Espagne a conduit, le 24 février 2026, à l’ouverture d’une procédure intitulée « Diligencias Previas 140/2026 ». Les juridictions espagnoles ont déjà pris des mesures concrètes : un courrier officiel a été adressé à AEE Power EPC pour qu’elle justifie, dans un délai de dix jours, l’utilisation des fonds reçus dans le cadre du contrat, tandis qu’un second courrier a été envoyé à la Banco Santander S.A., banque ayant financé l’opération, afin de transmettre au tribunal les informations dont elle dispose sur la destination de ces fonds. Cette démarche internationale intervient après qu’une plainte ait été déposée dès le 16 octobre 2025 auprès du Pool judiciaire financier au Sénégal, dont les investigations avaient été confiées à la Section de recherches de la Gendarmerie. Six mois plus tard, aucune information officielle n’avait été communiquée aux plaignants sur l’état des diligences entreprises.

Le cœur de l’affaire concerne un contrat d’un montant de plus de 91 milliards de francs CFA, soit environ 140 millions d’euros, liant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale à la société espagnole AEE Power EPC pour un vaste projet d’électrification rurale. Selon le député, près de 40 % du montant total ont déjà été décaissés et plus de la moitié du délai contractuel est écoulée, tandis que moins de 1,5 % des travaux ont été réalisés sur le terrain. Des ressources publiques considérables ont donc été engagées sans contrepartie visible. Thierno Alassane Sall a également souligné que la banque financeuse avait exprimé dès septembre 2024 ses inquiétudes, préoccupations rappelées dans une ordonnance de la Cour suprême, mais que malgré ces alertes répétées, aucune action concrète n’a été prise par le gouvernement pour sanctionner l’entreprise défaillante. Ni mise en demeure, ni poursuites, ni activation de la garantie de la SONAC n’ont été initiées.

Le député a dénoncé l’attitude du gouvernement qu’il qualifie de déni et de diversion. Selon lui, il a fallu attendre le communiqué du Conseil des ministres du 11 mars 2026 pour voir apparaître ce qu’il considère comme la première allusion officielle au dossier, formulée de manière imprécise. Le Premier ministre, lors d’une déclaration le 12 mars, a évoqué des « éventuels progrès » dans le dossier sans jamais préciser le sort des 37 milliards de francs CFA déjà décaissés ni établir clairement les responsabilités. Pour Thierno Alassane Sall, le gouvernement, qui se réclame de la rupture et de la transparence, a choisi de masquer l’absence de démarrage des travaux, cherchant plutôt à rejeter la responsabilité sur le ministère des Finances et l’administration des Douanes.

Renégociation des contrats pétroliers : l’expert Ibrahima Bachir Dramé met en garde contre une communication sensible

La récente communication du Premier ministre Ousmane Sonko sur la renégociation des contrats pétroliers continue de susciter de nombreuses réactions dans le secteur énergétique au Sénégal. Si la volonté de transparence affichée par les autorités est saluée par certains observateurs, elle soulève également des interrogations chez plusieurs spécialistes du domaine. Invité de l’émission « LR du Temps », l’expert pétrolier Ibrahima Bachir Drame a estimé que cette question constitue un exercice particulièrement délicat pour l’État.

Selon lui, la démarche visant à informer les citoyens sur les enjeux liés aux ressources naturelles est compréhensible dans un contexte où les attentes de la population sont fortes. Toutefois, il rappelle que l’industrie pétrolière obéit à des règles spécifiques, notamment en matière de confidentialité des négociations. Dans ce secteur hautement stratégique, les discussions contractuelles entre États et compagnies pétrolières sont généralement entourées d’une grande discrétion afin de préserver les intérêts économiques et diplomatiques des parties concernées.

Pour l’expert, évoquer publiquement la renégociation de contrats déjà signés comporte des risques importants pour la perception du pays sur la scène internationale. Il estime que ce type de communication peut être interprété par certains investisseurs comme un signal d’incertitude ou d’instabilité dans le cadre réglementaire. Or, dans l’industrie pétrolière, la confiance et la prévisibilité des politiques publiques constituent des éléments essentiels pour attirer et sécuriser les investissements.

Dans son analyse, il explique que les grandes compagnies pétrolières mènent toujours des études approfondies avant de s’engager dans un projet d’exploration ou de production. Ces entreprises examinent notamment la stabilité politique, la solidité des institutions, la fiabilité du cadre juridique ainsi que l’environnement global des affaires dans le pays concerné. Elles suivent également de près l’actualité nationale, les débats publics et les réactions des populations face aux politiques énergétiques.

Dans ce contexte, toute déclaration officielle relative à une éventuelle renégociation des contrats peut influencer les analyses stratégiques des investisseurs. Selon Ibrahima Bachir Drame, ces éléments d’information sont intégrés dans les évaluations de risques réalisées par les entreprises avant de mobiliser des capitaux importants dans un projet pétrolier ou gazier.

L’expert estime ainsi que la communication autour d’un dossier aussi sensible aurait pu être conduite de manière différente. À ses yeux, une approche plus technique et institutionnelle aurait permis de mieux encadrer le message adressé au public et aux partenaires internationaux. Il suggère notamment que des structures spécialisées du secteur énergétique puissent jouer un rôle central dans ce type de prise de parole.

Dans cette perspective, il évoque le rôle stratégique que pourraient assumer des institutions comme Petrosen ou encore COS-PETROGAZ. Ces organismes disposent, selon lui, de l’expertise technique nécessaire pour expliquer les enjeux liés aux contrats pétroliers tout en respectant les impératifs de confidentialité propres à l’industrie. Une communication portée par ces structures aurait pu, d’après lui, adopter un ton plus mesuré et rassurant pour les marchés.

Le débat intervient alors que le Sénégal entre progressivement dans une nouvelle phase de son développement économique avec le démarrage de la production pétrolière et gazière. Les ressources énergétiques découvertes ces dernières années suscitent de grands espoirs en matière de croissance, de création d’emplois et d’amélioration des finances publiques. Toutefois, leur gestion exige une gouvernance rigoureuse et une communication maîtrisée afin de concilier transparence démocratique et attractivité pour les investisseurs.

Khalifa Ababacar Sall annonce son retour dans le débat politique et appelle à la construction d’une alternative crédible

Après deux années de retrait volontaire de la scène publique, le leader de Taxawu Sénégal, Khalifa Ababacar Sall, a annoncé son intention de reprendre pleinement sa place dans le débat politique national. L’ancien maire de Dakar a lancé ce signal lors de la cérémonie de clôture d’un cycle d’activités organisé par la jeunesse de son mouvement, une initiative qui a permis à de jeunes militants de parcourir Dakar ainsi que plusieurs régions du pays afin d’aller à la rencontre des populations.

Ces rencontres de terrain ont, selon lui, permis de mesurer l’état d’esprit des citoyens et de recueillir leurs préoccupations quotidiennes. Khalifa Ababacar Sall affirme partager le constat dressé par les jeunes militants de Taxawu Sénégal à l’issue de cette tournée. D’après lui, les Sénégalais traversent actuellement une période particulièrement difficile. Il estime que les témoignages recueillis sur le terrain reflètent une réalité sociale marquée par des difficultés économiques et des frustrations grandissantes. Pour l’ancien maire de Dakar, cette démarche a permis de mettre en lumière des préoccupations souvent absentes des discours officiels et des cercles décisionnels.

La rencontre a également été l’occasion d’un débat approfondi autour des modèles politiques qui structurent l’histoire et l’avenir du Sénégal. Les échanges ont notamment porté sur l’opposition entre populisme et socialisme démocratique. Plusieurs intervenants ont participé à cette réflexion, notamment le docteur Moussa Taye et l’essayiste Hamidou Anne. Leurs analyses ont retenu l’attention de Khalifa Ababacar Sall, qui a salué la pertinence des contributions apportées au débat.

Les deux panélistes ont rappelé que le socialisme démocratique a joué un rôle central dans la construction de l’État sénégalais depuis l’indépendance. Ils ont évoqué l’héritage politique des présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, dont les politiques ont largement façonné les institutions et les orientations économiques du pays. Khalifa Ababacar Sall a reconnu que les régimes libéraux qui leur ont succédé ont également participé à la consolidation de ces acquis institutionnels et démocratiques. Toutefois, les intervenants ont également établi un parallèle critique avec ce qu’ils qualifient de populisme pour analyser la gestion actuelle du pouvoir.

Au-delà des considérations doctrinales, Khalifa Ababacar Sall est également revenu sur son propre parcours politique et sur les alliances qu’il a nouées avec d’autres forces de l’opposition entre 2021 et 2023. Il a rappelé que l’histoire politique du Sénégal montre que les alternances au pouvoir n’ont jamais été possibles sans une union des forces opposées au régime en place. Pour lui, cette réalité constitue un principe fondamental de la vie politique nationale.

Dans cette perspective, le président de Taxawu Sénégal appelle désormais à la reconstruction d’une opposition solide, cohérente et capable de proposer une alternative crédible au pouvoir en place. Selon lui, après plusieurs alternances politiques, il devient indispensable de dépasser les simples logiques de contestation pour construire un véritable projet politique alternatif.

Khalifa Ababacar Sall a également tenu à expliquer les raisons de son absence prolongée du débat public depuis l’installation des nouvelles autorités à la tête du pays. Il affirme que ce retrait résultait d’un choix volontaire et réfléchi. L’ancien maire de Dakar explique avoir voulu laisser au nouveau régime le temps nécessaire pour s’installer et s’approprier les rouages de l’État, estimant que les nouvelles autorités avaient besoin d’une période d’apprentissage et d’adaptation pour faire face aux responsabilités de la gestion publique.

Il précise ainsi s’être imposé un silence politique de vingt-quatre mois afin de ne pas interférer dans cette phase de transition. Selon lui, ce délai devait permettre au pouvoir en place de démontrer sa capacité à gouverner avant d’être soumis à une évaluation politique plus poussée.

Aujourd’hui, cette période étant arrivée à son terme, Khalifa Ababacar Sall estime que le moment est venu pour lui de reprendre la parole et de participer activement aux discussions sur l’avenir du Sénégal. Il annonce son intention d’évaluer l’action du gouvernement et de contribuer à la réflexion nationale sur les perspectives politiques, économiques et sociales du pays.

Independance à Thiès : Au-delà du faste du défilé, le collectif «Assises Citoyennes» réclame des chantiers structurels

Le collectif a tenu à saluer la décision du Président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko de choisir Thiès pour le défilé national .

À moins d’un mois de la célébration de l’indépendance, les forces vives de la capitale du Rail se mobilisent. Si la décentralisation de l’événement est saluée, l’exigence de retombées concrètes pour la région est au cœur des débats.

THIÈS – La capitale du Rail bouillonne d’attentes. Ce samedi, le collectif « Assises Citoyennes pour l’Indépendance 2026 » a réuni politiciens, activistes et acteurs de la société civile pour un forum crucial. L’objectif est clair : faire du 4 avril 2026 un levier de développement et non une simple parenthèse festive.
Une décentralisation saluée, mais sous conditions

Un choix perçu comme une reconnaissance de la position stratégique de la région. Cependant, l’enthousiasme laisse place à une vigilance rigoureuse.

« Nous ne voulons pas d’un 4 avril qui se limite à du folklore », ont martelé les participants.

L’urgence d’investissements concrets
Pour les membres du collectif, la fête de l’Indépendance doit rimer avec émergence locale. Ils rappellent que les précédentes éditions décentralisées avaient transformé le visage de la ville. Pour 2026, la barre est placée haut :

Infrastructures : Réhabilitation urgente du réseau routier et des établissements scolaires.

Santé : Construction d’un hôpital de niveau 3 ou 4 pour combler le déficit sanitaire de la zone.

Économie : Mise en place de projets structurants générateurs d’emplois pour la jeunesse thièssoise.

Un appel à l’engagement de l’État
Face à l’absence actuelle d’annonces budgétaires spécifiques, l’inquiétude grandit. Le collectif attend désormais des signaux forts de l’exécutif pour répondre aux défis sociaux et économiques de la ville.

« Nous espérons que cette célébration sera l’occasion d’annoncer des projets capables de transformer durablement le quotidien des Thièssois », a conclu le collectif. Le compte à rebours est lancé, et tous les regards sont désormais tournés vers le Palais.

Cherif Beug Fallou CBF

Mobilisation religieuse à Ndioum : 124 « kamils » du Coran récités pour la libération de Farba Ngom

La mobilisation en faveur de Farba Ngom continue de prendre de l’ampleur dans le Fouta. Ce vendredi, une importante journée de récital du Saint Coran a été organisée dans la ville de Ndioum pour prier en faveur du maire des Agnam, incarcéré depuis près d’un an. L’initiative, portée par Cheikh Oumar Anne, a réuni plusieurs autorités religieuses, des notables ainsi que de nombreux fidèles venus de différentes localités de la vallée du fleuve Sénégal.

La rencontre spirituelle s’est déroulée dans un climat de recueillement et de solidarité. De nombreuses figures religieuses ont répondu à l’appel des organisateurs. Parmi elles figurait notamment Thierno Mountaga Tall, venu représenter la famille de El Hadj Omar Tall au niveau du département de Podor. Étaient également présents Thierno Madani Hassirou Tall et plusieurs autres guides et érudits religieux issus de différentes localités du Fouta. Parents, amis et sympathisants ont également effectué le déplacement depuis plusieurs communes pour participer à cette journée de prières.

Au cours de la cérémonie, les participants ont procédé à la récitation collective de 124 « kamils » du Saint Coran. Dans la tradition musulmane, un kamil correspond à la récitation complète du Coran. Ce moment spirituel s’est voulu une grande invocation collective afin de demander à Dieu la libération de Farba Ngom. Pour les organisateurs, cette mobilisation traduit la reconnaissance et la solidarité d’une partie des populations du Fouta envers celui qu’elles considèrent comme un bienfaiteur de la communauté et un soutien actif aux initiatives religieuses et sociales dans la région.

S’adressant à la presse à l’issue de la cérémonie, Cheikh Oumar Anne s’est félicité de la forte mobilisation enregistrée lors de cette journée. Il a particulièrement salué la présence de représentants de familles religieuses venues de plusieurs zones du nord du pays, notamment des départements de Podor, Dagana, Linguère ainsi que de la région de Matam. Selon lui, la date choisie pour organiser cette rencontre spirituelle n’était pas le fruit du hasard.

Il a expliqué que la journée s’est tenue un vendredi 13, une date à laquelle il attribue une signification particulière dans la symbolique islamique. Selon lui, le nombre 13 renvoie au mot « Ahad », qui signifie « l’Unique », en référence à Dieu. Il a également rappelé que le vendredi occupe une place centrale dans la tradition musulmane en tant que jour béni et privilégié pour les prières et les invocations. C’est donc dans cet esprit que les participants ont choisi de s’adresser à Dieu afin de solliciter son intervention dans la situation de Farba Ngom.

Au-delà de la dimension religieuse de la rencontre, Cheikh Oumar Anne a également livré une lecture politique de l’affaire. Tout en réaffirmant sa confiance dans les institutions judiciaires, il a estimé que le dossier de Farba Ngom dépasse le cadre strictement judiciaire.

Selon lui, la justice n’est pas encore intervenue dans le fond de cette affaire. Il considère que la situation relève davantage d’une décision politique que d’une procédure judiciaire ordinaire. Dans ses déclarations, il a directement mis en cause les autorités actuellement au pouvoir, citant notamment le Premier ministre Ousmane Sonko et le président de la République Bassirou Diomaye Faye ainsi que leur gouvernement.

L’ancien ministre a affirmé que, selon lui, le combat politique contre Farba Ngom serait porté par le Premier ministre et soutenu par les autorités actuelles. Dans le même temps, il a invité les députés à faire preuve de prudence concernant les questions liées à la levée de l’immunité parlementaire. Il estime que les décisions prises aujourd’hui dans ce domaine pourraient avoir des conséquences politiques importantes à l’avenir.

Malgré ces critiques à l’égard du pouvoir, Cheikh Oumar Anne a insisté sur le choix des populations du Fouta de privilégier une démarche spirituelle. Pour lui, la prière demeure la principale voie pour espérer une issue favorable dans cette affaire. Il a ainsi souligné que le rôle des croyants reste d’implorer Dieu afin que Farba Ngom retrouve la liberté.

Politique – « Entre tradition et pouvoir : la symbolique du “LEUL” dans le discours de Bassirou Diomaye Faye » ( Dr Oumar Mboup)

Le Président de la République Bassirou Diomaye Faye a profité de l’AG de la coalition Diomaye Président pour nous parler. Nous a-t-il parlé d’ailleurs? Informe-t-il? Avertit-il ? Menace-t-il? Se révèle-t-il?Que traduit, en réalité, sa déclaration bruissante de 1993? En résumé, il a dit ceci : C’est en 1993 que j’ai fait le bois sacré.
Déclaration ou declamation?Alors faisons attention pour ne pas confondre la question initiale de la question essentielle.

Parfois, j’ai compris pourquoi on insulte certains continents,certains gens, certains humains, certaines races, certaines couleurs?
Le Président BDF a parlé de « LEUL ». C’est du Bachir de langue à langue. Loin de nous inviter autour des sens de la traduction ou de la fumisterie des mots, il serait difficile de traduire le sérère en wolof, en français. Il serait aussi difficile de transposer le sens des mots de Jerusalem à Ndiaganiao. Il se serait, au fond, insensé qu’un Président de la République parle de son peuple, si gratuitement si insensément de circoncision.Se serait bête d’y croire!

L’autre Président des autres n’avait aucune considération enverd son peuple qu’il traita de veau.Mais l’insondable politesse éducative du Président BDF ne peut tomber jamais si bas. Évidemment, il ne parle pas de circoncision( le mot est en français). Il ne parle pas non plus de xaraf( le mot est en wolof).Il ne parle pas, enfin, d’ablation qui est le sens général et insensé qu’on veut transférer au propos profond de notre Président.BDF n’est pas un juif. Il faut le dire en passant.La circoncision ou l’ablation n’est pas d’origine islamique,mais juive. Le LEUL de BDF est par delà des faits historiques. Il ne se raconte pas, il se symbolise.

Son 1993 n’est pas n’importe quel bois sacré. Loin des yeux de la femme. Loin des danses exhibitionnistes. Loin de la fumisterie des temps modernes. Son 1993 c’est le 1993 des Selbés, des Koumaahs, des kalemaas, de Roog, c’est aride. Au-delà de toutes les expériences et des expérimentations qui font d’un homme la traduction de toute sa virilité, son 1993, s’il tient à nous le rappeler, il ne nous raconte pas une histoire. Il se pose et s’impose en guerrier. C’est vrai, même pour une érections, il faut se préparer. Son 1993 est une défiance en rapport avec son statut ou sa posture actuelle de Président de la République du Sénégal.1993 lui a permis de savoir son hier, son aujourd’hui et son demain. Il est parfaitement dans la prédestination.Qui veut le connaître n’a qu’à demander 1993 qui garde le secret de toute sa vie? Mais, puisqu’il en a parlé avec assurance, alors, il est sûr de son mandat de Président de la République. Méfiez-vous pour la suite. Il ne le dit pas. Ce sont les koumahs et les saltigués qui le disent. Il nous invite à aller chez lui pour en savoir davantage sur lui. Il est un béni de 1993. Sans 1993, son devenir n’existe pas.Totalement, il a raison de dire qu’il est le gardien des valeurs.

Le Sénégal est un Sénégal de valeurs. Un pays de croyances.La croyances socratique, la croyance païenne et peut-être la croyance de tous ces Gaarabous-Garabous qui ternissent et souillent l’image de notre République. Finalement, Le Président de la République BDF nous dit simplement ceci: restons humain et restons homme tout court.

Loi anti-homosexualité au Sénégal : l’ONU critique, Nathalie Yamb riposte violemment

Le débat autour des droits des personnes LGBTQ+ au Sénégal connaît une nouvelle montée de tension après l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi visant à durcir les sanctions contre les relations homosexuelles. Ce texte, qui renforce les dispositions déjà prévues par le Code pénal, a immédiatement suscité des réactions au niveau international, notamment de la part des Nations Unies, mais aussi une vive riposte de certains acteurs panafricanistes.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé une profonde inquiétude face à cette nouvelle législation adoptée par les députés sénégalais. Dans une déclaration publique, il a appelé les autorités du pays, en particulier le président Bassirou Diomaye Faye et les parlementaires, à reconsidérer ou à retirer le texte. Selon lui, la loi risque d’aller à l’encontre des engagements internationaux du Sénégal en matière de protection des droits humains et pourrait renforcer la discrimination contre certaines catégories de citoyens.

Pour les Nations Unies, les États doivent veiller à ce que leurs lois respectent les normes internationales relatives aux libertés fondamentales et à la dignité humaine. Le Haut-Commissariat rappelle régulièrement que la criminalisation des relations entre personnes du même sexe peut entraîner des violations graves des droits fondamentaux, notamment la stigmatisation, les violences ou encore l’exclusion sociale.

Cependant, cette prise de position a provoqué de fortes réactions dans certains milieux militants et souverainistes africains. Parmi les voix les plus virulentes figure celle de l’activiste Nathalie Yamb. Connue pour ses positions panafricanistes et ses critiques récurrentes envers les institutions occidentales et internationales, elle a vivement dénoncé ce qu’elle considère comme une forme de double standard dans les interventions des organisations internationales.

Dans un message publié sur le réseau social X, Nathalie Yamb a accusé les Nations Unies de se focaliser de manière disproportionnée sur la législation sénégalaise tout en restant silencieuses, selon elle, face à d’autres crises internationales beaucoup plus meurtrières. Elle a notamment évoqué les actions militaires menées par les États-Unis et Israël en Iran, affirmant que ces opérations provoqueraient la mort de civils, y compris des écolières, ainsi que la destruction d’infrastructures éducatives et politiques.

Dans son message, l’activiste met directement en cause plusieurs dirigeants internationaux. Elle cite notamment Donald Trump et Benjamin Netanyahu, qu’elle désigne par son nom complet Benjamin Mileikowsky, tout en reprochant aux Nations Unies de ne pas condamner avec la même vigueur les actions militaires qu’elle leur attribue.

La publication de Nathalie Yamb se distingue également par son ton particulièrement virulent à l’égard du Haut-Commissaire aux droits de l’homme. Dans son message adressé directement à Volker Türk, elle critique ce qu’elle décrit comme une attitude moralisatrice vis-à-vis du Sénégal et conclut par une injonction insultante lui demandant de « aller se faire foutre ».

Cette sortie illustre la polarisation croissante du débat autour des questions liées aux droits LGBTQ+ dans plusieurs pays africains, où ces sujets sont souvent abordés sous l’angle de la souveraineté culturelle et politique. Au Sénégal, où une large partie de la population se montre hostile à la reconnaissance des droits liés à l’homosexualité, toute prise de position extérieure sur la question est régulièrement perçue par certains acteurs comme une tentative d’ingérence.

La controverse intervient dans un contexte politique particulier marqué par l’arrivée au pouvoir du nouveau régime dirigé par Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Tous deux ont, à plusieurs reprises, affirmé leur attachement aux valeurs sociétales majoritaires du pays tout en revendiquant la défense de la souveraineté nationale face aux pressions extérieures.

Madiambal Diagne charge la gouvernance de Sonko et dénonce une confusion au sommet de l’État

Le journaliste et éditorialiste Madiambal Diagne a vivement critiqué la gestion économique et le positionnement institutionnel du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une série de publications diffusées sur le réseau social X, le directeur de publication du journal Le Quotidien a dressé un réquisitoire sévère contre l’action gouvernementale depuis l’arrivée au pouvoir du tandem formé par le président Bassirou Diomaye Faye et son chef de gouvernement.

Dans ses interventions, Madiambal Diagne s’attaque d’abord à la gestion du dossier de la dette publique par les nouvelles autorités. Selon lui, le débat ouvert en début de mandat sur la situation réelle de l’endettement du Sénégal a produit plus d’effets négatifs que d’avantages pour le pays. Le journaliste estime que la médiatisation de cette controverse a contribué à fragiliser la crédibilité financière du Sénégal sur les marchés internationaux. Il affirme que cette séquence a notamment conduit certaines agences de notation à revoir à la baisse l’appréciation du risque souverain du pays, ce qui a eu pour conséquence directe de renchérir le coût des emprunts pour l’État sénégalais.

Pour Madiambal Diagne, cette stratégie de communication autour de la dette n’a donc apporté aucun bénéfice concret. Il considère au contraire qu’elle a réduit les marges de manœuvre financières du Sénégal, notamment pour financer les projets d’infrastructures et les investissements publics nécessaires au développement économique. Dans l’une de ses publications, il résume sa critique en estimant que le pays n’a rien gagné dans cette polémique, si ce n’est des complications supplémentaires sur le plan financier.

Au-delà de la question de la dette, l’éditorialiste pointe également une dégradation du climat des affaires. Il cite notamment les décisions prises par les autorités concernant certaines concessions minières, qu’il interprète comme un signal d’incertitude envoyé aux investisseurs. Selon lui, la multiplication de procédures judiciaires et les révisions de certains contrats économiques participent à créer un environnement jugé moins stable pour les opérateurs privés, qu’ils soient nationaux ou étrangers.

Pour le directeur d’Avenir communication, cette situation apparaît en contradiction avec les ambitions affichées par le gouvernement en matière de transformation économique et d’attractivité du pays. Il estime que les orientations actuelles pourraient fragiliser la confiance des partenaires financiers et des investisseurs, alors même que le Sénégal a besoin de capitaux importants pour soutenir sa croissance.

Mais la critique de Madiambal Diagne ne se limite pas aux questions économiques. Il met également en cause ce qu’il considère comme une confusion des rôles au sommet de l’État. Selon lui, le Premier ministre Ousmane Sonko entretiendrait une ambiguïté entre ses responsabilités gouvernementales et ses ambitions politiques personnelles.

Dans ses commentaires, le journaliste va jusqu’à suggérer que certaines attitudes du chef du gouvernement pourraient fragiliser le mandat du président Bassirou Diomaye Faye. Il évoque l’idée d’une stratégie politique visant à préserver certains équilibres institutionnels, notamment dans la perspective d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale.

Ces prises de position interviennent dans un contexte où les relations entre les deux têtes de l’exécutif continuent d’être observées de près par les acteurs politiques et les analystes. Depuis l’installation du nouveau pouvoir, la répartition des rôles entre le président de la République et son Premier ministre fait régulièrement l’objet de débats dans l’espace public.

COMMUNIQUÉ DU MOUVEMENT PDSE

Patriotes de la Diaspora pour un Sénégal Émergent
Chers compatriotes, chères sœurs et frères de la diaspora,
Nous, Patriotes de la Diaspora pour un Sénégal Émergent, condamnons avec fermeté l’attitude du député Cheikh Bara Ndiaye envers le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
En démocratie, la critique est normale et même nécessaire. Mais quand les sarcasmes deviennent quotidiens, quand ils se font de plus en plus violents et personnels, cela n’est plus de la liberté d’expression : c’est du harcèlement. Et cela, nous le refusons.
Le Président Bassirou Diomaye Faye n’est pas un homme ordinaire. Il incarne l’institution suprême de notre République. Cette fonction est sacrée. Elle symbolise l’unité du Sénégal, la stabilité du pays et l’espoir de tout un peuple. La respecter, ce n’est pas faire de la flatterie : c’est honorer le Sénégal lui-même. Quand un élu s’attaque sans arrêt au Président par des moqueries blessantes, il ne touche pas seulement une personne, il fragilise l’institution que nous avons tous choisie.
Certains pensent que l’immunité parlementaire permet tout. Grave erreur ! Ce statut noble protège le député pour qu’il puisse défendre librement les intérêts du peuple. Il ne lui donne pas un droit illimité d’insulter ses adversaires politiques à chaque fois qu’il en a l’occasion. L’immunité n’est pas un permis d’insolence.
Un député est un représentant du peuple. Il doit donner le bon exemple. Comment peut-il demander aux jeunes de respecter les institutions s’il les ridiculise lui-même tous les jours ? Comment peut-il parler de paix et d’unité s’il attise la haine par des paroles blessantes ? La dignité, la retenue et le sens des responsabilités doivent commencer par ceux qui ont été élus pour guider la nation.
Nous appelons donc le député Cheikh Bara Ndiaye à plus de mesure et de respect. Le débat politique doit rester élevé, utile et digne pour notre cher Sénégal.
Vive la République !
Vive le Sénégal uni et respectueux de ses institutions !
Le Mouvement PDSE
Patriotes de la Diaspora pour un Sénégal Émergent

RespectInstitutions #DiomayeFaye #UnitéNationale #DignitéRépublicaine

Soutien à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU : la Coalition forcée d’opposition républicaine se prononce

Ce jeudi 12 mars 2026, la coalition forcée d’opposition républicaine a tenu une conférence de presse à Patte d’Oie, à la Maison Rose, pour annoncer son soutien à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

La rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs leaders politiques, dont Djibril Diop, Médoune Diop et l’ancienne ministre Aminata Lô Dieng. Un représentant du parti de l’ancien président était également présent, en l’occurrence l’honorable Abdou Mbow.

Au nom de la coalition, M. Abdoulaye Fall a déclaré que cette candidature honore non seulement le Sénégal, mais aussi l’ensemble du continent africain.

Président de la conférence des leaders de la coalition, M. Fall estime que Macky Sall possède les qualités nécessaires pour assumer une telle responsabilité internationale. Les membres de la coalition rappellent notamment sa capacité reconnue à dialoguer avec les grandes puissances tout en défendant les intérêts des pays du Sud.

« Ce n’est pas la personne de Macky Sall qui compte, mais ce qu’il représente pour le Sénégal et pour l’Afrique », ont-ils affirmé.

Dans leur déclaration, les responsables de la coalition ont également critiqué la gestion actuelle du gouvernement dirigé par PASTEF. Ils accusent le pouvoir en place d’avoir échoué dans la conduite des affaires de l’État.

« On ne gouverne pas avec la haine », ont-ils martelé, dénonçant ce qu’ils qualifient de crise institutionnelle, où, selon eux, le pouvoir législatif serait dans l’attente de l’exécutif. La coalition évoque également une situation économique jugée préoccupante et considère que le projet politique du Pastef est « nul ».

Face à cette situation, elle appelle au départ du Pastef à la tête du pays, estimant qu’une nouvelle orientation politique est nécessaire pour sortir le Sénégal de l’impasse actuelle.

L’ONU appelle le Sénégal à ne pas promulguer la loi renforçant la répression de l’homosexualité

Quelques heures après l’adoption par l’Assemblée nationale du Sénégal d’une loi visant à renforcer la répression de l’homosexualité, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, est monté au créneau pour exprimer sa vive inquiétude et appeler les autorités sénégalaises à ne pas promulguer le texte.

Dans une déclaration rendue publique, le responsable onusien estime que la nouvelle législation constitue une atteinte aux droits fondamentaux et risque d’aggraver la stigmatisation et les discriminations. Le texte adopté par les députés prévoit notamment de durcir considérablement les sanctions pénales contre les relations homosexuelles consenties entre adultes. La peine maximale d’emprisonnement, actuellement fixée à cinq ans par la législation en vigueur, serait portée à dix ans.

La loi introduit également de nouvelles dispositions visant ce qui est qualifié de « promotion, soutien ou financement » de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité. Ces mesures pourraient concerner aussi bien des individus que des organisations ou des acteurs de la société civile accusés de défendre ou de soutenir les droits des personnes concernées.

Pour Volker Türk, cette évolution législative est particulièrement préoccupante. Selon lui, l’adoption de ce texte va à l’encontre de plusieurs droits fondamentaux universellement reconnus, notamment le droit au respect de la dignité humaine, à la vie privée, à l’égalité devant la loi ainsi qu’aux libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Le Haut-Commissaire rappelle que ces droits sont consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que par plusieurs traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels le Sénégal est partie. À ses yeux, l’entrée en vigueur d’une telle loi pourrait avoir des conséquences graves sur la protection des libertés individuelles dans le pays.

Dans sa déclaration, il met également en garde contre les risques d’abus et de violences que pourrait engendrer ce durcissement de la législation. Il estime que la loi pourrait exposer certaines personnes à des crimes de haine, à des arrestations arbitraires, à des situations de chantage et à diverses formes de discrimination, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi ou encore du logement.

Le responsable onusien s’inquiète en outre des effets potentiels du texte sur le travail des défenseurs des droits humains et des médias. Selon lui, les nouvelles dispositions pourraient restreindre le travail légitime des organisations de défense des droits, limiter la liberté d’expression et créer un climat de pression autour des débats publics sur ces questions.

Face à ces préoccupations, Volker Türk a exhorté le président de la République à ne pas promulguer cette loi qu’il qualifie de néfaste. Il a également invité les autorités sénégalaises à aller plus loin en abrogeant la législation actuelle jugée discriminatoire et en veillant au respect des droits humains pour tous, sans aucune forme de discrimination.

Kaffrine : l’APR lance la remobilisation de ses bases et vise la conquête des communes

À Kaffrine, l’Alliance pour la République (APR) a entamé une phase active de remobilisation politique en perspective des prochaines élections territoriales. Réunis autour du ministre Abdoulaye Saydou Sow, les responsables du parti dans la région ont affiché leur ambition de consolider leur ancrage local et de renforcer la présence de la formation présidentielle sur le terrain.

La rencontre, suivie d’un ndogou, a rassemblé quatorze maires, plusieurs élus territoriaux ainsi que des responsables politiques venus des différents départements de la région. Les échanges ont principalement porté sur les stratégies à mettre en place pour maintenir la dynamique politique du parti et préparer les futures échéances électorales.

Dans son intervention, Abdoulaye Saydou Sow a insisté sur la nécessité pour les militants de rester mobilisés et unis afin de préserver les acquis de l’APR dans la région. Selon lui, Kaffrine demeure un bastion important du parti qu’il convient de consolider face aux nouveaux défis politiques.

« Dans cette région, nous sommes la première force politique et nous devons préserver cet avantage », a-t-il affirmé devant les responsables réunis.

L’objectif affiché par les responsables de l’APR est clair : remporter la majorité des collectivités territoriales lors des prochaines élections. Le parti ambitionne notamment de gagner les 33 communes de la région ou, à défaut, d’en contrôler au moins 25.

Au cours de la rencontre, les responsables politiques ont également adopté une motion de soutien à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Selon eux, l’ancien chef de l’État dispose du profil et de l’expérience nécessaires pour porter la voix de l’Afrique sur la scène internationale.

La réunion a aussi été l’occasion pour Abdoulaye Saydou Sow de se prononcer sur les débats autour de l’Acte 4 de la décentralisation. Il a notamment exprimé des réserves concernant certaines propositions, dont celle relative à une éventuelle suppression des communes.

En clôturant la rencontre, le responsable politique a réaffirmé sa fidélité aux populations de Kaffrine et son engagement à poursuivre le travail politique aux côtés des militants de la région.

Renégociation des contrats stratégiques : Ousmane Sonko s’adresse à la presse ce jeudi

Le Premier ministre Ousmane Sonko animera ce jeudi 12 mars 2026 à 17 heures un point de presse consacré à la renégociation des conventions et contrats dans plusieurs secteurs stratégiques de l’économie nationale. La rencontre se tiendra au Building administratif Président Mamadou Dia, plus précisément au 10e étage de cet édifice qui abrite plusieurs services de l’État.

Cette prise de parole intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises ont placé la souveraineté économique au cœur de leur action gouvernementale. La question des contrats signés avec des partenaires privés ou internationaux dans des domaines clés est devenue un sujet central du débat public. Pour le chef du gouvernement, la réévaluation de ces engagements constitue un levier majeur pour permettre à l’État de défendre plus efficacement ses intérêts et d’assurer une meilleure redistribution des richesses issues des secteurs stratégiques.

Les discussions concernent notamment des domaines considérés comme essentiels pour le développement du pays. Il s’agit en particulier de l’énergie, des infrastructures, des télécommunications ainsi que de l’exploitation des ressources naturelles. Ces secteurs jouent un rôle déterminant dans la croissance économique et dans la capacité de l’État à financer ses politiques publiques. Le gouvernement estime ainsi que certains contrats conclus par le passé doivent être réexaminés afin de garantir des conditions plus équilibrées et plus favorables au Sénégal.

À travers cette initiative, l’exécutif souhaite instaurer une gestion plus transparente et plus rigoureuse des conventions liant l’État à ses partenaires. L’objectif affiché est de mieux encadrer les engagements contractuels et de s’assurer que les accords signés permettent réellement de générer des retombées économiques significatives pour le pays et pour les populations. Cette démarche s’inscrit également dans une volonté plus large de renforcer la gouvernance des ressources stratégiques et de consolider la confiance des citoyens dans la gestion des affaires publiques.

Lors de ce point de presse, le Premier ministre devrait présenter l’état d’avancement des discussions engagées avec les différents partenaires concernés. Il devrait également exposer les orientations retenues par le gouvernement pour mener à bien ce processus de renégociation, ainsi que les principes qui guideront l’action de l’État dans ce dossier. Les perspectives envisagées pour une gestion plus équilibrée des conventions stratégiques seront également abordées.

Réforme de l’article 319 : Me Oumar Youm dénonce une loi « plus floue, moins protectrice et juridiquement dangereuse »

Dans une tribune juridique particulièrement critique, Me Oumar Youm, avocat et spécialiste de droit pénal, analyse en profondeur le projet de réforme de l’article 319 du Code pénal sénégalais. Selon lui, loin de renforcer la répression et la clarté juridique comme l’annonce le gouvernement, le nouveau texte introduit des ambiguïtés majeures, affaiblit certaines protections essentielles et risque de produire l’effet inverse de celui recherché.

L’avocat situe d’abord le contexte politique et social de cette réforme. D’après lui, le gouvernement a été contraint d’agir sous la pression d’une opinion publique fortement mobilisée, amplifiée par une communication officielle jugée maladroite sur la question. La majorité parlementaire faisait de cette réforme l’un de ses engagements majeurs depuis 2016. Mais dans la précipitation, estime Me Youm, l’exécutif aurait élaboré un texte juridiquement fragile et mal structuré.

Selon lui, le nouveau projet est même plus obscur que l’ancien dispositif légal. Il affirme que la réforme introduit davantage d’ambiguïtés et d’imprécisions, tout en affaiblissant la cohérence juridique du texte. Cette situation, explique-t-il, compromet la sécurité juridique et rend l’application de la loi beaucoup plus incertaine.

Parmi les critiques les plus sévères figure la disparition d’une infraction importante : l’attentat à la pudeur sur mineur de moins de 13 ans. Dans l’ancienne version du Code pénal, cet acte était clairement incriminé et puni d’une peine de deux à cinq ans d’emprisonnement. La sanction était même aggravée lorsque l’auteur était un ascendant ou une personne exerçant une autorité sur la victime. Pour Me Youm, la suppression de cette incrimination constitue une régression grave dans la protection des enfants. Il rappelle que les mineurs représentent « le maillon le plus faible » de la société et devraient bénéficier d’une protection juridique renforcée, et non affaiblie.

L’avocat critique également la structure même du nouveau texte, qu’il juge juridiquement incohérente. Selon lui, la réforme mélange dans une même disposition plusieurs comportements qui relèvent pourtant de catégories juridiques différentes. L’homosexualité, la zoophilie et la nécrophilie sont désormais évoquées dans un seul ensemble législatif. Or, ces infractions appartiennent à des régimes juridiques distincts. La première relève des infractions liées aux mœurs, la seconde concerne la protection animale, tandis que la troisième touche à l’atteinte aux sépultures et à la dignité des défunts. Pour Me Youm, cette fusion traduit une méconnaissance des règles fondamentales de la légistique, c’est-à-dire l’art de concevoir et de rédiger des lois de manière claire et cohérente.

L’une des inquiétudes majeures soulevées par l’avocat concerne aussi l’introduction de notions particulièrement vagues dans le nouveau texte. Des expressions telles que « acte à caractère sexuel », « promotion de l’homosexualité » ou encore « apologie » apparaissent désormais dans la réforme. Selon Me Youm, ces formulations sont bien plus imprécises que celles de l’ancien Code pénal et posent un problème fondamental au regard du droit pénal moderne.

Il rappelle à ce propos le principe juridique fondamental selon lequel il ne peut y avoir d’infraction sans loi claire et précise. Toute incrimination doit être suffisamment définie pour permettre aux citoyens de prévoir les conséquences de leurs actes. Or, dans le projet actuel, plusieurs éléments constitutifs des infractions demeurent indéterminés. Cette imprécision ouvre la porte à des interprétations variables selon les juridictions et peut conduire à des décisions arbitraires, ce qui menace directement la sécurité juridique des citoyens.

Mais la critique la plus virulente de Me Youm vise la disposition relative à la dénonciation. Le nouveau texte prévoit que la dénonciation pourrait être punie d’une peine de deux à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende comprise entre 500 000 et 2 000 000 de francs CFA. Pour l’avocat, cette sanction est particulièrement sévère, d’autant plus qu’elle dépasse même celle prévue par l’article 362 du Code pénal pour la dénonciation calomnieuse, qui prévoit une peine allant de six mois à cinq ans d’emprisonnement et une amende comprise entre 50 000 et 500 000 francs CFA.

Plus encore, le projet de réforme impose au dénonciateur d’apporter lui-même la preuve des faits qu’il signale, sous peine d’être sanctionné pénalement. Pour Me Youm, cette disposition constitue un renversement inédit de la charge de la preuve. En principe, rappelle-t-il, ce sont les autorités judiciaires – notamment le procureur de la République ou le juge d’instruction – qui ont la responsabilité d’établir les faits et de réunir les preuves. Exiger cela d’un simple citoyen revient, selon lui, à instaurer une contrainte juridique excessive.

L’avocat estime que cette disposition pourrait même décourager les signalements et protéger indirectement les comportements que la loi prétend combattre. À l’heure où la protection des lanceurs d’alerte est devenue un principe reconnu dans de nombreux systèmes juridiques, une telle mesure apparaît, selon lui, en contradiction avec les standards internationaux.

Enfin, Me Oumar Youm met en garde contre ce qu’il considère comme une sévérité purement apparente du texte. Certes, la réforme prévoit des sanctions plus lourdes et limite le pouvoir du juge d’accorder un sursis. Mais cette rigueur affichée pourrait rester théorique si les infractions sont mal définies. Une loi pénale imprécise est difficile à appliquer et offre de nombreuses possibilités de contournement.

“Le Président de la République place le désenclavement et la mobilité au cœur du développement national”

Le Président de la République a placé le désenclavement territorial et la mobilité au cœur de l’action publique en donnant des instructions fermes au gouvernement pour accélérer la réalisation des infrastructures routières sur l’ensemble du territoire national. Cette orientation stratégique s’inscrit dans une volonté de répondre aux attentes pressantes des populations, mais également de soutenir la dynamique économique du pays en améliorant la circulation des personnes et des biens.

Face à une urbanisation rapide et à l’extension progressive des zones d’habitation et d’activités, les autorités entendent adapter le réseau routier national afin qu’il corresponde davantage aux nouvelles réalités du territoire. Dans cette perspective, le Chef de l’État a demandé au gouvernement non seulement d’intensifier l’exécution des projets déjà validés, mais aussi de mettre en place un nouveau Schéma routier national. Ce document stratégique devra servir de cadre de planification pour orienter les investissements dans les infrastructures de transport et garantir une meilleure cohérence entre les besoins des territoires et les projets d’aménagement.

Cette politique vise également à accompagner le développement des pôles économiques régionaux. En effet, la connexion efficace entre les zones de production et les centres de consommation est devenue un enjeu majeur pour la compétitivité de l’économie nationale. L’amélioration du réseau routier doit ainsi faciliter l’acheminement des produits agricoles, industriels et commerciaux, tout en réduisant les coûts logistiques qui pèsent souvent sur les producteurs et les opérateurs économiques.

L’accélération des chantiers concerne l’ensemble des composantes du réseau de transport routier. Les projets autoroutiers occupent une place importante dans cette stratégie, notamment pour fluidifier les échanges rapides entre les grandes villes et renforcer l’intégration économique entre les régions. Parallèlement, le gouvernement entend poursuivre les efforts de réhabilitation et d’entretien du réseau existant afin de préserver le patrimoine routier et d’éviter la dégradation progressive des infrastructures déjà réalisées.

Une attention particulière est également accordée aux pistes de production, considérées comme un maillon essentiel pour le développement du monde rural. Dans plusieurs zones agricoles, l’absence de voies praticables constitue encore un obstacle majeur à la commercialisation des récoltes. En améliorant ces pistes, les autorités souhaitent permettre aux agriculteurs d’acheminer plus facilement leurs produits vers les marchés, tout en renforçant la sécurité et la régularité des transports.

Le programme d’infrastructures prévoit aussi la construction d’ouvrages de franchissement, tels que les ponts et les dalots, afin de supprimer durablement certaines zones d’enclavement. Dans de nombreuses localités, ces infrastructures sont indispensables pour garantir la continuité du trafic, notamment pendant la saison des pluies, lorsque certaines routes deviennent difficilement praticables.

Au-delà de la simple construction de routes, le nouveau schéma routier national se veut une approche globale et intégrée du développement territorial. L’objectif est d’assurer une meilleure articulation entre les infrastructures de transport, les zones de production, les centres urbains et les pôles de services. Cette vision vise à faire de chaque investissement routier un levier direct de développement économique et social.

Réforme de l’article 319 : le ministre de l’Intérieur Bamba Cissé clarifie la portée de la loi et écarte toute rétroactivité

Lors des débats à l’Assemblée nationale consacrés à la modification de l’article 319 du Code pénal, le ministre de l’Intérieur Bamba Cissé a apporté plusieurs précisions sur la portée juridique du texte, notamment sur la question sensible de la rétroactivité de la loi. Face aux interrogations de certains députés et aux nombreuses réactions dans l’opinion publique, le ministre a tenu à rappeler un principe fondamental du droit pénal : une loi ne peut s’appliquer à des faits commis avant son adoption.

Devant les parlementaires, Bamba Cissé a ainsi expliqué que la réforme ne concernera que les actes commis après le vote et la promulgation de la loi. Pour illustrer concrètement cette règle, il a cité l’animateur Pape Cheikh Diallo, dont le nom circule largement dans les discussions publiques autour de cette question. « Cette loi ne s’appliquera pas à Pape Cheikh Diallo et cie. La loi pénale ne rétroagit pas. Ceux qui seront concernés sont ceux qui commettent ces actes après le vote et la promulgation de la loi », a-t-il déclaré, mettant fin aux spéculations sur une éventuelle application rétroactive du texte.

Le ministre a ensuite abordé la question de la qualification juridique de l’infraction, un point qui, selon lui, alimente de nombreuses incompréhensions dans le débat public. Certains observateurs estiment que l’infraction d’« acte contre nature » devrait être érigée en crime plutôt qu’en délit. Mais pour Bamba Cissé, cette perception repose sur une lecture simplifiée du droit pénal.

Selon lui, la distinction entre délit et crime ne repose pas uniquement sur la sévérité de la peine. Il a expliqué que dans certains cas, un délit peut être sanctionné plus lourdement qu’un crime. Pour illustrer cette réalité, il a évoqué l’exemple de certaines affaires judiciaires où une personne reconnue coupable de meurtre peut être condamnée à une peine relativement faible. « Quelqu’un peut commettre un meurtre et être condamné à cinq ans de prison », a-t-il souligné.

Dans le cas spécifique de l’« acte contre nature », le ministre a rappelé que la législation actuelle prévoit déjà des sanctions particulièrement sévères. L’infraction est qualifiée de délit, mais elle est assortie d’une peine allant de cinq à dix ans de prison. Selon lui, cette fourchette crée un verrou juridique important. « Aujourd’hui, l’acte contre nature est un délit, mais la peine est criminelle. On parle de cinq à dix ans. C’est verrouillé : on ne peut pas descendre en dessous de cinq ans, et le juge peut aller jusqu’à dix ans », a-t-il expliqué.

Pour le ministre de l’Intérieur, ce choix n’est pas le fruit du hasard mais relève d’une stratégie juridique réfléchie. Maintenir l’infraction dans la catégorie des délits tout en conservant des peines lourdes permettrait, selon lui, d’assurer une plus grande efficacité dans le traitement des dossiers. Il estime que la criminalisation pure et simple pourrait produire des effets inverses, notamment en ralentissant la justice. « Le débat sur la criminalisation est souvent une incompréhension. C’est une stratégie très intelligente », a-t-il affirmé devant les députés.

Bamba Cissé a également attiré l’attention des parlementaires sur les conséquences pratiques qu’aurait une généralisation des procédures criminelles. Il a rappelé que ces procédures sont plus longues et plus complexes, ce qui contribue déjà à l’engorgement du système judiciaire et au surpeuplement des prisons. Selon lui, la matière criminelle représente aujourd’hui une part importante des dossiers en attente devant les juridictions.

Pour étayer son analyse, le ministre a présenté plusieurs chiffres concernant les infractions sexuelles au Sénégal. Il a indiqué que 506 cas de viol et d’attentat à la pudeur ont été enregistrés en 2021. Deux ans plus tard, en 2023, ce chiffre est passé à 623 cas, montrant une progression malgré la criminalisation de ces infractions. Ces statistiques, selon lui, illustrent les limites d’une réponse exclusivement fondée sur le durcissement de la qualification pénale.

Chantiers prioritaires : le Premier ministre exige la levée immédiate des blocages pour accélérer les projets stratégiques

Le Premier ministre Ousmane Sonko a adressé des directives fermes à l’ensemble du gouvernement afin de lever rapidement les obstacles qui freinent l’exécution de plusieurs projets jugés prioritaires pour le Sénégal. Entre retards de paiement, blocages logistiques et défis de gouvernance, l’objectif affiché est d’accélérer la cadence afin de garantir la livraison de ces infrastructures stratégiques avant les échéances majeures de 2026.

Au cœur de ces préoccupations figure le Programme national de Développement des Agropoles, considéré comme un levier essentiel pour atteindre la souveraineté alimentaire et stimuler la transformation industrielle locale. Malgré son importance stratégique, ce programme fait actuellement face à plusieurs difficultés opérationnelles qui ralentissent sa mise en œuvre. Pour y remédier, le Premier ministre a demandé aux ministres chargés des Finances et de l’Économie de prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’accélérer les décaissements et de régler les situations critiques, notamment les arriérés de salaires signalés dans certaines structures impliquées dans le projet.

Dans la même dynamique, une revue diligente doit être menée avec la Banque Africaine de Développement concernant l’Agropole Nord. Cette démarche vise à stabiliser les orientations stratégiques et à assurer une meilleure efficacité dans la mise en œuvre du projet. Parallèlement, le gouvernement est appelé à finaliser rapidement un cadre opérationnel permettant de sécuriser l’approvisionnement en matières premières agricoles destinées aux futures unités de transformation. L’objectif est d’éviter les ruptures dans la chaîne de production et de garantir la viabilité économique des infrastructures agro-industrielles prévues.

Un autre chantier majeur concerne l’aménagement de la Corniche Ouest de Dakar. Le Premier ministre a exprimé sa préoccupation face à l’arrêt des travaux sur ce projet, conséquence directe de factures impayées. Cette situation est jugée particulièrement préoccupante à l’approche des Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2026, pour lesquels la mise à disposition du site est devenue une priorité nationale.

Dans ce contexte, les services compétents ont reçu l’instruction de procéder immédiatement à la régularisation des décomptes en instance afin de permettre la reprise rapide des travaux. L’enjeu est de garantir une livraison du chantier conforme aux engagements internationaux pris par le Sénégal dans le cadre de l’organisation de cet événement sportif majeur.

Par ailleurs, le gouvernement doit également accélérer la mise en œuvre du programme d’électrification rurale piloté par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale. Ce projet, crucial pour réduire les inégalités territoriales et améliorer les conditions de vie des populations rurales, se heurte actuellement à des difficultés liées au dédouanement des équipements importés.

Ces blocages administratifs entraînent des retards dans l’installation des infrastructures électriques dans plusieurs localités du pays. Afin de corriger cette situation, le Premier ministre a demandé la mise en place d’un dispositif de traitement accéléré en douane pour les équipements destinés à l’électrification rurale. Les ministères de l’Énergie et des Finances devront assurer un suivi rapproché du dossier jusqu’à la levée complète des obstacles logistiques.

Enfin, dans un souci de transparence et de bonne gouvernance, le Premier ministre a annoncé le lancement prochain d’une série de communications publiques portant sur les grands dossiers stratégiques de l’État. La première intervention, prévue dans les prochains jours, sera consacrée à la renégociation des conventions et contrats conclus par l’État dans plusieurs secteurs clés de l’économie.

Investissements : le gouvernement adopte le décret d’application du nouveau Code pour renforcer l’attractivité économique

Le Conseil des ministres a franchi une étape importante dans la mise en œuvre de la nouvelle politique d’attractivité économique du Sénégal en adoptant le projet de décret fixant les modalités d’application de la loi n°2025-16 du 27 septembre 2025 relative au Code des Investissements. Cette décision marque une avancée majeure dans l’opérationnalisation de ce cadre législatif destiné à améliorer l’environnement des affaires et à encourager l’investissement national et étranger.

Avec l’adoption de ce décret, le nouveau Code des Investissements entre véritablement dans sa phase d’exécution. Le texte vient en effet préciser les mécanismes concrets qui encadreront désormais les relations entre l’État et les investisseurs. Il apporte des clarifications sur les critères d’éligibilité aux différents avantages prévus par la loi, notamment en ce qui concerne les secteurs prioritaires et les seuils minimums d’investissement requis pour bénéficier des incitations accordées par l’État.

Le décret détaille également le régime des incitations fiscales et douanières. Il prévoit notamment des réductions d’impôts pour certains projets stratégiques, ainsi que des exonérations sur l’importation d’équipements nécessaires à la réalisation des investissements. Ces mesures visent à réduire le coût d’implantation des entreprises et à encourager la création d’activités productives sur le territoire national.

Dans le même esprit, le gouvernement entend simplifier davantage les procédures administratives liées à l’investissement. Le décret prévoit ainsi un renforcement du rôle de l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux dans l’accompagnement des porteurs de projets. Les délais d’instruction des dossiers devraient être considérablement réduits afin de faciliter l’installation des entreprises et d’améliorer la réactivité de l’administration face aux demandes des investisseurs.

Une attention particulière est également accordée à la territorialisation des politiques publiques. Le nouveau dispositif réglementaire introduit une forme de discrimination positive en faveur des investissements réalisés dans les régions de l’intérieur du pays. Cette orientation vise à encourager la création d’emplois locaux, à stimuler l’activité économique dans les zones éloignées de la capitale et à valoriser les ressources spécifiques de chaque pôle de développement.

À travers cette approche, les autorités ambitionnent de réduire les déséquilibres économiques entre Dakar et les autres régions du Sénégal. L’objectif est de favoriser un développement plus harmonieux du territoire, en attirant des projets structurants capables de dynamiser les économies locales et de renforcer les chaînes de valeur régionales.

Le décret d’application apporte également des garanties supplémentaires aux investisseurs en matière de sécurité juridique. Il précise notamment les dispositions relatives au transfert de capitaux, au respect de la propriété privée et aux mécanismes de règlement des différends. Ces garanties constituent un élément essentiel pour rassurer les partenaires économiques et encourager les investissements de long terme.

L’Assemblée nationale adopte un projet de loi durcissant la répression de l’homosexualité au Sénégal

Les députés sénégalais ont adopté, ce mercredi 11 mars 2026, un projet de loi visant à renforcer la répression de l’homosexualité au Sénégal. Le texte, porté par le Premier ministre Ousmane Sonko, a été examiné et validé au cours d’une séance plénière à l’Assemblée nationale du Senegal.

Au terme du vote, 138 députés ont pris part au scrutin. Parmi eux, 135 ont voté pour l’adoption du projet de loi, aucun parlementaire ne s’y est opposé et trois se sont abstenus. Cette large majorité traduit un soutien massif du Parlement à cette réforme du cadre juridique encadrant les actes qualifiés de « contre nature » dans la législation sénégalaise.

Le texte adopté modifie la loi du 21 juillet 1965 qui régit ces infractions dans le droit pénal sénégalais. L’une des principales évolutions introduites par cette réforme concerne la précision apportée à la définition des actes considérés comme étant « contre-nature ». Les nouvelles dispositions détaillent davantage les comportements visés par la loi, dans le but de clarifier l’interprétation juridique de ces infractions.

Par ailleurs, la réforme supprime la référence aux « actes impudiques », une expression qui figurait dans la législation précédente et qui était souvent jugée trop vague ou sujette à diverses interprétations. En remplaçant cette formulation par une définition plus explicite des faits incriminés, les autorités entendent renforcer la lisibilité et l’application de la loi.

Le projet de loi introduit également un durcissement des sanctions pénales. Désormais, les personnes reconnues coupables des infractions visées par ce texte encourront des peines de prison pouvant aller de cinq à dix ans, selon les circonstances et les dispositions prévues par la nouvelle législation adoptée par les parlementaires.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 11 MARS 2026.

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 11 mars 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Promotion de la production locale et du consommer local

Abordant sa communication, le Président de la République souligne que les performances de la production, dans le secteur agricole, appellent la mise en œuvre d’une vision systémique intégrant à la fois la restructuration des marchés et circuits de distribution des produits agricoles, la transformation des productions, la maitrise et la régulation de la demande ainsi que la promotion de la consommation des produits locaux. A cet effet, il demande au Gouvernement de veiller à l’encadrement et à la régulation de la commercialisation des produits agricoles et horticoles, et d’accélérer le déploiement du Programme national de réalisation d’infrastructures de stockage et de conservation des produits agricoles.

Dans ce sillage, le Chef de l’Etat instruit le Ministre de l’Industrie et du Commerce et le Ministre de l’Agriculture de travailler à la signature de conventions de commercialisation, afin d’assurer l’écoulement des productions agricoles à des prix rémunérateurs. Il insiste sur la nécessité d’accentuer les campagnes d’information et de promotion de la consommation de la production agricole nationale, en développant un label qualité « Sénégal », tout en renforçant les capacités de l’Institut de Technologie alimentaire (ITA), notamment dans ses missions de valorisation des recherches sur les céréales et productions horticoles.

Il souligne, enfin, l’attention particulière à accorder à la réalisation des stocks de sécurité pour les denrées stratégiques et produits de consommation courante et à la stabilité des prix, avant de demander de faire l’évaluation de l’état d’application de la loi sur les prix et la protection des consommateurs.

Développement de l’économie sociale et solidaire dans les territoires

Rappelant que l’année 2026 est dédiée à l’économie sociale et solidaire, le Président de la République indique l’importance et l’urgence de veiller à l’application intégrale des dispositifs et instruments prévus par la loi d’orientation relative à l’Economie sociale et solidaire.   A cet effet, outre l’établissement du Fichier national de l’Economie sociale et solidaire, il demande au Ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire d’accélérer la mise en place des mécanismes de l’Economie sociale et solidaire dans la dynamique de promotion d’un développement durable et participatif.

Pour le Chef de l’Etat, il convient de mobiliser les acteurs publics, le secteur privé, les structures de microfinance, les femmes, les jeunes et toutes les forces vives de la Nation autour d’une doctrine nationale de développement endogène de l’économie solidaire.

A cet égard, au-delà de l’intégration des initiatives des associations sportives et culturelles dans la nouvelle politique en matière d’économie sociale et solidaire, il demande d’améliorer les performances des projets de lutte contre la pauvreté, l’exclusion et les vulnérabilités, à travers la crédibilité du Registre national unique (RNU). En outre, le Président de la République fait observer la nécessité d’intensifier le processus de restructuration des programmes de protection sociale et de solidarité nationale, dans une optique d’asseoir la complémentarité et le soutien optimal de l’Etat aux initiatives de consolidation de l’économie sociale et solidaire.

Enfin, il demande au Ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire de préparer la tenue, d’ici la fin du mois d’octobre 2026, de la première session du Conseil national de l’Economie sociale et solidaire.  

Accélération de la mise en œuvre des programmes routiers

Considérant la construction, la réhabilitation et l’entretien des routes, autoroutes, pistes de production et ouvrages de franchissement comme des préoccupations majeures des populations et des acteurs économiques, le Président de la République demande d’intensifier l’exécution des projets d’infrastructures routières prioritaires validés et de mettre en œuvre un nouveau Schéma routier national optimisé, en cohérence avec l’urbanisation accélérée du territoire et le déploiement des Pôles de développement.

Agenda diplomatique et rayonnement international du Sénégal

Le Président de la République rappelle que le Sénégal reste un pays attaché à la paix, au multilatéralisme et à l’intégration africaine, avant de demander de veiller à la modernisation de notre réseau diplomatique et consulaire, en vue de renforcer l’efficacité de notre politique étrangère. Dans ce cadre, il informe le Conseil avoir convoqué, les 18 et 19 avril 2026, la Conférence des Ambassadeurs, Consuls généraux et Consuls du Sénégal.

Il annonce également que notre pays accueillera, les 20 et 21 avril 2026, la 10ème édition du Forum de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique, qui enregistrera la participation de plusieurs décideurs et acteurs civils et militaires du continent africain.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants :

Place du capital humain dans la stabilité sociale

Le Premier Ministre a rappelé que le capital humain est essentiel dans la vie économique et sociale de la Nation. Dès lors, le Gouvernement accorde une importance de premier ordre à tous les secteurs ayant un lien direct avec le développement humain et, en particulier, à ceux de l’Éducation et de la Santé. Il a fait un diagnostic du secteur de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, en proie à une crise lancinante due essentiellement à un déficit global en personnels, un manque d’infrastructures et d’équipements en nombre et en qualité, la détérioration de l’environnement scolaire, l’inadéquation des curricula d’enseignement et de formation, la faible promotion de filières scientifiques, la question récurrente des bourses des étudiants, le dérèglement du calendrier universitaire ainsi que l’instabilité chronique de l’espace scolaire et universitaire.

Le Premier Ministre a fait noter que pour le secteur de la Santé, les problèmes sont liés, entre autres, à la fragmentation des systèmes d’information de santé, au manque d’infrastructures et d’équipements modernes intégrant des solutions numériques et énergétiques, à l’insuffisance des ressources humaines et financières ainsi qu’au déficit d’entretien et de maintenance. Il s’y ajoute l’obsolescence du cadre institutionnel et juridique, la répartition inégale du personnel et des moyens, la dépendance structurelle aux importations de médicaments, de matériels et autres produits de santé, le sous-investissement dans la prévention ainsi que la faiblesse du plateau médical, rendant plus difficile l’accès à des soins de santé de qualité.

Pour le Premier Ministre, face à ce constat, l’Etat a déployé des efforts exceptionnels, dans un contexte général difficile, pour redresser ces secteurs vitaux. Ainsi, le Gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre le Pacte national de Stabilité sociale pour une Croissance inclusive et durable, signé le 1er mai 2025 entre le Gouvernement, les Syndicats et le Patronat.

Dans le secteur de l’Education et de l’Enseignement supérieur, le Gouvernement déroule son plan quinquennal de recrutement de personnels pour renforcer les effectifs des enseignants afin de couvrir, à terme, les besoins en encadrement pédagogique et garantir la continuité du service public de l’éducation. En outre, selon le Premier Ministre, des avancées significatives ont été notées dans l’intensification de l’accès, dans l’inclusion et l’équité sociale, dans l’amélioration de la gestion des carrières des personnels enseignants, dans la valorisation de la fonction enseignante, ainsi que dans le renforcement des capacités des enseignants par la formation diplômante universelle et la formation continue.

Le Premier Ministre a souligné que, dans le domaine de la Santé, le Gouvernement a engagé une réorganisation des programmes sectoriels, en mettant davantage l’accent sur les actions de prévention et de promotion de la santé. Cette orientation stratégique s’accompagne d’une révision de l’organigramme du ministère au niveau central ainsi que de plusieurs réformes structurantes en cours, notamment la révision du Code de la Santé publique, la réforme du cadre juridique relatif à la santé mentale ainsi que l’actualisation de la carte sanitaire nationale.

Le Premier Ministre a également souligné les résultats probants obtenus sur le plan des ressources humaines et des infrastructures sanitaires, avant de lancer un appel à tous les acteurs et partenaires des systèmes d’éducation et de santé à un sursaut dans l’intérêt exclusif de la Nation.

Enfin, il a invité les ministres à mettre un accent particulier sur les politiques publiques tournées vers la promotion du capital humain, à respecter les engagements pris au nom du Gouvernement, à faire preuve d’ouverture pour maintenir et consolider le dialogue pour la stabilité et la paix sociales et à ne ménager aucun effort pour prévenir et trouver des solutions aux difficultés qui surviennent dans les relations entre l’État et les acteurs sociaux.

Amélioration de la mise en œuvre de projets structurants 

Le Premier Ministre a attiré l’attention du Gouvernement sur l’état d’avancement de trois projets structurants inscrits parmi les priorités nationales, à savoir le Programme national de Développement des Agropoles, le Projet d’aménagement de la Corniche Ouest de Dakar et le Projet d’électrification rurale.

S’agissant du Programme national de Développement des Agropoles, le Premier Ministre a rappelé qu’il constitue un levier majeur de notre ambition de souveraineté alimentaire, de transformation industrielle des territoires et de création d’emplois. Il a partagé avec le Conseil certaines difficultés rencontrées, liées au dispositif de gouvernance et à certaines contraintes opérationnelles et financières. Ainsi, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget ainsi qu’au Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, de prendre les mesures requises pour accélérer les décaissements, apurer les situations les plus critiques, notamment les arriérés de salaires et conduire avec la Banque africaine de Développement une revue diligente des options relatives à l’Agropole Nord, en vue d’une décision rapide et soutenable. Il a demandé également au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, en relation avec le Ministre de l’Industrie et du Commerce, de finaliser le cadre opérationnel de sécurisation de la matière première agricole, afin de garantir un approvisionnement régulier, durable et conforme aux besoins des futures unités de transformation.

Concernant le Projet d’aménagement de la Corniche Ouest de Dakar, le Premier Ministre a rappelé son importance stratégique, notamment dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), Dakar 2026. Il a déploré son arrêt du fait de décomptes impayés, alors que l’échéance de mise à disposition du site s’approche. En conséquence, il a demandé aux Ministres des Finances et du Budget ainsi que des Infrastructures, de procéder, en urgence, à la régularisation des décomptes en instance, afin de permettre la reprise immédiate des travaux et d’assurer leur livraison dans les délais prescrits.

Pour le Projet d’électrification rurale porté par l’ASER, le Premier Ministre a rappelé qu’il participe directement à l’objectif d’accès universel à l’électricité et à la réduction des inégalités territoriales. Il a fait observer que les difficultés rencontrées dans l’admission et le dédouanement des équipements importés compromettent le calendrier d’exécution de ce projet et retardent l’amélioration attendue des conditions de vie des populations rurales concernées. Il a, à cet effet,  demandé au Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines, au Ministre des Finances et du Budget ainsi qu’au Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, de prendre toutes les dispositions utiles pour lever les blocages douaniers, mettre en place un dispositif accéléré de traitement des équipements destinés au Projet d’électrification rurale, dans le respect de la réglementation en vigueur et d’assurer un suivi rapproché de l’exécution dudit projet, jusqu’à la résorption complète des difficultés.

Le Premier Ministre a clos sa communication en informant le Conseil que le Gouvernement, sous sa conduite, entamera une série de communications publiques sur de grands dossiers, dont la première aura lieu cette semaine, portant sur le thème de la renégociation des conventions et contrats conclus dans les secteurs stratégiques.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a fait une communication sur la situation au Proche et Moyen-Orient.

Le Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, chargé du Logement a fait une communication sur le Projet national de Logement : Les Cités de la Transformation.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret fixant les modalités d’application de la loi n°2025-16 du 27 septembre 2025 portant Code des Investissements.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

DIOMAYE / SONKO

Deux ans de duel, le pays attend toujours des réponses

(Par Aly Saleh)

Ma plume va aujourd’hui, pour certains, sembler exprimer une profonde frustration face à une perception de blocage institutionnel et de rivalités internes au sein de l’exécutif.

Mais en réalité, elle traduit le sentiment des Sénégalais silencieux, réduits à l’impuissance devant cette situation.

Vous le savez déjà : depuis l’élection du duo Diomaye-Sonko à la tête de l’État sénégalais, c’est le statu quo au pays de Kocc !

Rien ne va plus dans aucun secteur d’activité, tout tourne au ralenti.

Le Sénégal est mal en point et, au plus haut sommet de l’État, l’on semble ignorer le vécu quotidien du concitoyen « gorgorlu » qui ne sait plus où donner de la tête.

Le président et son Premier ministre, censés œuvrer pour le progrès du pays, semblent ne se préoccuper que de leur avenir politique. Chacun avance pour son profit personnel, au détriment des Sénégalais.

Après les événements tragiques survenus entre 2021 et 2024, la barque « Sunugal » ne mérite pas que ses dirigeants se donnent en spectacle pour se maintenir au pouvoir.

Des « gardiens » ont toujours existé depuis l’aube des temps : gardiens de buts, de maison, de temple, de la révolution, de la Constitution ou de je ne sais quoi encore…

Mais quelle importance accorder à ce brouhaha dans lequel le pays s’enlise depuis vingt-quatre lustres déjà ?

Entre les deux gladiateurs, la guerre des mots fait rage, avec des glissements sémantiques que certains observateurs dénoncent : le président Faye semble désormais privilégier une approche moins radicale sur la justice et le souverainisme que celle d’Ousmane Sonko.

On s’interroge cependant sur ce qui a bien pu détourner ce tandem de sa mission première.

Que ce soit les démons de la division ou encore les ambitions personnelles, ce n’est en tout cas pas la mission qui leur était assignée à l’origine.

Vous rendez-vous compte du temps perdu en deux années de duel et de querelles partisanes, souvent sans nom ? Trop, c’est trop. Les Sénégalais sont lassés des arrestations d’opposants sans preuves ni condamnation, et de la prétendue rationalisation des dépenses publiques, qui a fini par provoquer une chute drastique de la liquidité. Une situation qui touche directement le secteur informel et le pouvoir d’achat des ménages.

L’inquiétude est croissante au sein de l’opinion publique sénégalaise. Il existe un décalage entre le temps politique et l’urgence sociale. Ce « blocage » auquel le pays fait face pose la question de la vitesse d’exécution du projet de rupture vendu aux Sénégalais, face à une demande sociale qui, elle, ne peut plus attendre.

Nous le savons tous : le constat, presque général, est cinglant et reflète une impatience qui gagne du terrain. L’impression domine que le duo, devenu duel au sommet de l’État, reste prisonnier d’une logique de conquête ou de préservation du pouvoir, alors que l’urgence sociale commande d’agir.

Dans l’architecture actuelle de la « Barque Sunugal », la répartition des responsabilités est pourtant claire sur le papier. Le président Bassirou Diomaye Faye, en tant que clef de voûte des institutions et garant de l’unité nationale, doit siffler la fin de la récréation. Il lui revient de transformer l’essai électoral en résultats tangibles pour le citoyen sénégalais et de s’assurer que l’agenda de l’État ne soit pas pollué par des querelles ou autres dualités.

Quant au Premier ministre Oismane Sonko, en tant que chef du gouvernement et leader naturel de la mouvance présidentielle, sa responsabilité est de traduire la vision du chef de l’État en actes concrets et de veiller à ce que la machine administrative ne soit pas grippée par des calculs politiques ou des purges sans fin.

Le sentiment de statu quo que je décris plus haut vient souvent de ce tiraillement : lorsque la politique politicienne prend le pas sur les politiques publiques, le pays tangue et navigue dans des eaux troubles. Et cela n’honore pas nos deux dirigeants.

Pour que le vent tourne en faveur des citoyens, le passage de la posture de « combattants » à celle de « bâtisseurs » est impératif.

La mission originelle était la rupture et le « Jub, Jubal, Jubanti » tant vantés.

Si ce duel continue d’étouffer les résultats, le contrat de confiance avec le peuple risque de se briser. Il est donc grand temps qu’ils assument pleinement leurs responsabilités et qu’ils ne trahissent pas la confiance des 54 % qui ont voté pour eux, ainsi que celle des 18 millions de Sénégalais.

À bons entendeurs !

Aly Saleh

Recours de l’opposition contre la loi créant le CNRM : Abdou Mbow et ses collègues saisissent le Conseil constitutionnel

Le bras de fer autour du nouveau cadre de régulation des médias au Sénégal prend une nouvelle tournure. Ce mardi, le député Abdou Mbow a annoncé avoir saisi, avec plusieurs de ses collègues de l’opposition parlementaire, le Conseil constitutionnel d’un recours en inconstitutionnalité visant la loi 07/2026 portant création du Conseil national de régulation des médias (CNRM).

Dans un message publié sur son compte X, le parlementaire a indiqué que la procédure avait été officiellement engagée dans l’après-midi. « Nous avons déposé cet après-midi au Conseil constitutionnel un recours en inconstitutionnalité contre la loi 07/2026 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du CNRM », a-t-il écrit. Le député n’a toutefois pas précisé, dans l’immédiat, les arguments juridiques avancés par les requérants pour contester cette loi.

Cette saisine intervient dans un climat déjà tendu autour de la réforme du système de régulation des médias au Sénégal. Adopté récemment par l’Assemblée nationale, le texte prévoit la mise en place d’un nouvel organe chargé d’encadrer et de superviser le secteur médiatique. Le Conseil national de régulation des médias doit ainsi remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel, avec un champ de compétences élargi et des prérogatives renforcées.

C’est précisément cette extension du périmètre de régulation qui suscite de vives critiques dans le milieu de la presse. Plusieurs organisations professionnelles estiment que certaines dispositions du texte pourraient porter atteinte aux libertés fondamentales, notamment à la liberté de la presse et d’expression. Elles dénoncent en particulier l’intégration des plateformes numériques dans le champ de compétence du nouveau régulateur, une mesure jugée préoccupante par une partie des acteurs du secteur.

Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal ainsi que le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication avaient déjà exprimé publiquement leurs réserves au moment de l’examen du projet de loi. Selon ces organisations, certains pouvoirs accordés au futur organe de régulation pourraient être interprétés comme une forme de contrôle excessif de l’État sur les médias.

Pour ses promoteurs, au contraire, la réforme vise avant tout à adapter le cadre de régulation aux mutations profondes du paysage médiatique, marqué par l’essor des médias en ligne et des plateformes numériques. Les autorités estiment qu’un dispositif plus moderne et plus large est nécessaire pour encadrer efficacement la circulation de l’information dans un environnement médiatique en constante évolution.

Accusations visant Ousmane Sonko : Me Moussa Diop maintient ses propos malgré une convocation jugée irrégulière

L’avocat et homme politique sénégalais Me Moussa Diop s’est retrouvé au cœur d’une controverse judiciaire et politique après avoir été entendu par la Sûreté urbaine de Dakar le lundi 9 mars. Cette audition fait suite à une saisine du Parquet général par le Premier ministre Ousmane Sonko, après des déclarations publiques de l’avocat mettant en cause ses relations avec des personnes appartenant au milieu homosexuel.

Convoqué dans les locaux de la police, Me Moussa Diop a passé une grande partie de la journée à la Sûreté urbaine avant d’être finalement autorisé à repartir libre. Selon ses explications, la procédure n’a pas pu aller plus loin en raison d’un vice de forme dans la convocation. L’avocat affirme que les règles encadrant la poursuite d’un membre du barreau n’ont pas été respectées.

Dans des propos rapportés par le quotidien L’Observateur, la robe noire s’est montrée ferme et sans regret concernant ses déclarations initiales. Il soutient qu’il ne reniera pas ses propos et assure disposer d’éléments pour les étayer. Selon lui, l’affaire n’en est pour l’instant qu’à un stade procédural. Il estime que les autorités se sont limitées à la forme et que le débat de fond n’a pas encore été abordé.

Cette affaire trouve son origine dans le débat politique autour de la législation sur l’homosexualité au Sénégal. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment défendu devant les députés un projet de loi visant à durcir les peines existantes contre les actes homosexuels. Toutefois, ce choix a suscité des critiques dans certains milieux politiques et religieux qui attendaient plutôt une criminalisation explicite de l’homosexualité, conformément à certaines promesses faites durant la campagne ayant porté le parti Pastef au pouvoir.

Pour justifier la position du gouvernement, Ousmane Sonko avait expliqué devant l’Assemblée nationale que le durcissement des peines prévues par la loi produirait les mêmes effets qu’une criminalisation formelle. Cette position a alimenté le débat public et provoqué des réactions contrastées.

C’est dans ce contexte que Me Moussa Diop, invité sur un plateau de télévision, avait affirmé que le Premier ministre refuserait d’aller vers une criminalisation explicite en raison de relations amicales qu’il entretiendrait avec des personnes appartenant au milieu homosexuel. L’avocat a cependant tenu à préciser qu’il n’accusait pas Ousmane Sonko d’avoir commis des actes contre nature.

Selon lui, ses propos ont été mal interprétés. Il soutient avoir simplement évoqué l’existence de relations amicales avec des personnes issues de ce milieu, sans pour autant faire d’allégation concernant la vie privée ou les comportements personnels du chef du gouvernement. Pour illustrer son argument, il affirme que le fait d’avoir des amis appartenant à un secteur donné ne signifie pas que l’on partage leur profession ou leurs pratiques.

Sur le plan juridique, Me Moussa Diop conteste également la régularité de la procédure engagée contre lui. Il rappelle que, conformément aux dispositions encadrant le statut des avocats, toute convocation d’un membre du barreau doit obligatoirement passer par le Parquet général et non directement par le procureur. Selon lui, cette règle n’aurait pas été respectée dans son cas, ce qui expliquerait l’arrêt de la procédure à ce stade.

Pour l’heure, la convocation reste suspendue en attendant une éventuelle régularisation de la procédure. L’affaire pourrait toutefois connaître de nouveaux développements si les autorités judiciaires décident de reprendre la procédure dans le respect des formes prévues par la loi.

Accusations visant Ousmane Sonko : Me Moussa Diop maintient ses propos malgré une convocation jugée irrégulière

L’avocat et homme politique sénégalais Me Moussa Diop s’est retrouvé au cœur d’une controverse judiciaire et politique après avoir été entendu par la Sûreté urbaine de Dakar le lundi 9 mars. Cette audition fait suite à une saisine du Parquet général par le Premier ministre Ousmane Sonko, après des déclarations publiques de l’avocat mettant en cause ses relations avec des personnes appartenant au milieu homosexuel.

Convoqué dans les locaux de la police, Me Moussa Diop a passé une grande partie de la journée à la Sûreté urbaine avant d’être finalement autorisé à repartir libre. Selon ses explications, la procédure n’a pas pu aller plus loin en raison d’un vice de forme dans la convocation. L’avocat affirme que les règles encadrant la poursuite d’un membre du barreau n’ont pas été respectées.

Dans des propos rapportés par le quotidien L’Observateur, la robe noire s’est montrée ferme et sans regret concernant ses déclarations initiales. Il soutient qu’il ne reniera pas ses propos et assure disposer d’éléments pour les étayer. Selon lui, l’affaire n’en est pour l’instant qu’à un stade procédural. Il estime que les autorités se sont limitées à la forme et que le débat de fond n’a pas encore été abordé.

Cette affaire trouve son origine dans le débat politique autour de la législation sur l’homosexualité au Sénégal. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment défendu devant les députés un projet de loi visant à durcir les peines existantes contre les actes homosexuels. Toutefois, ce choix a suscité des critiques dans certains milieux politiques et religieux qui attendaient plutôt une criminalisation explicite de l’homosexualité, conformément à certaines promesses faites durant la campagne ayant porté le parti Pastef au pouvoir.

Pour justifier la position du gouvernement, Ousmane Sonko avait expliqué devant l’Assemblée nationale que le durcissement des peines prévues par la loi produirait les mêmes effets qu’une criminalisation formelle. Cette position a alimenté le débat public et provoqué des réactions contrastées.

C’est dans ce contexte que Me Moussa Diop, invité sur un plateau de télévision, avait affirmé que le Premier ministre refuserait d’aller vers une criminalisation explicite en raison de relations amicales qu’il entretiendrait avec des personnes appartenant au milieu homosexuel. L’avocat a cependant tenu à préciser qu’il n’accusait pas Ousmane Sonko d’avoir commis des actes contre nature.

Selon lui, ses propos ont été mal interprétés. Il soutient avoir simplement évoqué l’existence de relations amicales avec des personnes issues de ce milieu, sans pour autant faire d’allégation concernant la vie privée ou les comportements personnels du chef du gouvernement. Pour illustrer son argument, il affirme que le fait d’avoir des amis appartenant à un secteur donné ne signifie pas que l’on partage leur profession ou leurs pratiques.

Sur le plan juridique, Me Moussa Diop conteste également la régularité de la procédure engagée contre lui. Il rappelle que, conformément aux dispositions encadrant le statut des avocats, toute convocation d’un membre du barreau doit obligatoirement passer par le Parquet général et non directement par le procureur. Selon lui, cette règle n’aurait pas été respectée dans son cas, ce qui expliquerait l’arrêt de la procédure à ce stade.

Pour l’heure, la convocation reste suspendue en attendant une éventuelle régularisation de la procédure. L’affaire pourrait toutefois connaître de nouveaux développements si les autorités judiciaires décident de reprendre la procédure dans le respect des formes prévues par la loi.

ONU : l’AFP apporte son soutien à la candidature de Macky Sall

L’Alliance des Forces de Progrès (AFP) a officiellement exprimé son soutien à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. La position du parti a été rendue publique par son secrétaire général, le député Mbaye Dione, qui s’est exprimé sur la question dans une interview accordée à Dakaractu.

À travers cette déclaration, l’AFP affiche clairement son ambition de peser dans ce dossier à forte portée diplomatique, estimant que la possible accession d’un Sénégalais à la tête de l’Organisation des Nations Unies constitue un enjeu stratégique pour le pays. Pour Mbaye Dione, cette perspective dépasse largement les considérations partisanes et doit être envisagée sous l’angle de l’intérêt national.

Dans son intervention, le secrétaire général du parti a également tenu à associer à cette dynamique le président d’honneur de l’AFP, Moustapha Niass. Ancien secrétaire général de la formation politique et ex-président de l’Assemblée nationale, Niass demeure une figure centrale de la vie politique sénégalaise et une référence historique pour son parti.

La relation politique entre Moustapha Niass et Macky Sall remonte à plusieurs années. Les deux hommes ont longtemps évolué dans des alliances et des dynamiques politiques communes, ce qui confère aujourd’hui à cette prise de position de l’AFP une dimension symbolique importante. Aux yeux de nombreux observateurs, ce soutien s’inscrit dans la continuité d’une proximité politique forgée au fil du temps.

Mbaye Dione a par ailleurs lancé un appel appuyé aux plus hautes autorités de l’État afin qu’elles s’approprient et défendent activement cette candidature. Il a notamment invité le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à soutenir cette initiative sur la scène internationale, estimant que le Sénégal gagnerait à parler d’une seule voix sur une question de cette envergure.

Pour le parlementaire, la perspective de voir un Sénégalais accéder au poste de Secrétaire général de l’ONU représente une opportunité historique pour le pays. Il considère qu’une telle responsabilité renforcerait considérablement le rayonnement diplomatique du Sénégal, tout en valorisant l’expertise et la crédibilité de ses dirigeants sur la scène internationale.

Audience au Palais : les architectes du Sénégal plaident pour une meilleure place dans les politiques d’aménagement

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu ce mardi au Palais de la République une délégation du Conseil de l’Ordre des architectes du Sénégal conduite par son président, Massamba Lamsar Diop. Cette audience a constitué une occasion pour les représentants de la profession d’exposer au chef de l’État leurs préoccupations, mais aussi leurs ambitions pour un meilleur encadrement de l’architecture et de l’aménagement du cadre de vie au Sénégal.

Au cours de la rencontre, les échanges ont principalement porté sur la mission que s’est fixée le Conseil de l’Ordre : redonner toute sa place à la profession d’architecte dans la conception, la planification et l’aménagement des espaces de vie. Les architectes estiment en effet que leur expertise reste insuffisamment mobilisée dans de nombreux projets de construction et d’urbanisme, alors même que ces domaines jouent un rôle déterminant dans la qualité de vie des populations et dans le développement harmonieux des villes.

La délégation a également attiré l’attention du Président de la République sur les défis auxquels fait face l’écosystème de la construction au Sénégal. Parmi les préoccupations évoquées figure notamment la faible présence d’architectes au sein de l’administration publique. Selon le Conseil de l’Ordre, cette situation limite la prise en compte systématique des exigences architecturales et urbanistiques dans les projets publics, alors que la profession compte aujourd’hui 282 membres officiellement inscrits à l’Ordre.

Pour les responsables de l’Ordre, l’intégration plus importante des architectes dans les structures de décision et dans les institutions publiques pourrait contribuer à améliorer la qualité des infrastructures, à renforcer le respect des normes de construction et à promouvoir un urbanisme plus durable. Ils ont ainsi plaidé pour une collaboration plus étroite entre l’État, les collectivités territoriales et les professionnels du secteur.

Pape Diop soutient la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU

L’ancien maire de Dakar et président de la Convergence démocratique Bokk Gis-Gis a choisi de rompre son silence politique pour afficher publiquement son soutien à l’ancien président de la République dans le cadre d’une éventuelle candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Dans un communiqué officiel, il a appelé à percevoir cette initiative comme une cause nationale et continentale, dépassant ainsi les clivages politiques internes.

Longtemps discret sur la scène politique sénégalaise, le leader de Bokk Gis-Gis souligne que la perspective de voir un ancien chef d’État sénégalais briguer la direction de l’ONU représente une opportunité majeure pour le pays et pour le continent africain. Selon lui, cette ambition doit être considérée comme un levier de rayonnement international, capable de renforcer la place du Sénégal dans les instances diplomatiques mondiales.

Dans son message, il rappelle les différentes responsabilités exercées par l’ancien président au sommet de l’État, ainsi que son implication dans des institutions internationales et africaines. Pour Pape Diop, cette expérience constitue un atout indéniable qui pourrait légitimer et renforcer la candidature au secrétariat général de l’ONU.

Le dirigeant politique insiste également sur l’importance symbolique et honorifique de cette démarche, qu’il qualifie de grande fierté pour le Sénégal et pour l’Afrique. Il appelle à un élan de solidarité patriotique et panafricaniste, soulignant que le soutien à cette candidature doit dépasser les divergences politiques pour se concentrer sur l’intérêt national et continental.

La Convergence démocratique Bokk Gis-Gis s’inscrit pleinement dans cette dynamique de soutien. Le parti indique sa volonté de participer activement à la mobilisation autour de la candidature et de contribuer à sa promotion sur la scène diplomatique internationale, mettant en avant l’importance stratégique du poste de secrétaire général de l’ONU dans le système multilatéral mondial.

Idrissa Seck attendu pour le 4 avril après avoir reçu la Médaille de la dignité

La perspective de la célébration de la fête de l’Indépendance, prévue le 4 avril prochain à Thiès, pourrait être marquée par la présence d’une figure politique majeure du pays. Idrissa Seck, ancien Premier ministre et ancien maire de Thiès, est en effet attendu dans la capitale du Rail pour prendre part aux festivités aux côtés des populations locales.

C’est Yankhoba Diattara, ancien ministre des Sports et responsable politique originaire de la région, qui a évoqué cette possibilité. Selon lui, la présence d’Idrissa Seck serait tout à fait naturelle au regard de son attachement à Thiès et de son rôle dans la vie politique nationale. Il a rappelé que l’ancien Premier ministre a toujours répondu présent lors des grands moments de la Nation et de l’État. D’après Yankhoba Diattara, si son agenda le permet, Idrissa Seck pourrait être présent pour accueillir le président de la République et célébrer avec les habitants de Thiès la fête nationale.

Cette déclaration a été faite en marge d’une cérémonie organisée par la mairie de Thiès, au cours de laquelle plusieurs personnalités de la ville ont été honorées. À cette occasion, dix figures marquantes de la Cité du Rail ont reçu la Médaille de la dignité, une distinction destinée à saluer leur contribution au rayonnement de la ville et du pays.

Parmi les récipiendaires figure Idrissa Seck, dont le parcours politique et l’influence dans la région de Thiès restent significatifs. Ancien maire de la ville et ancien Premier ministre du Sénégal, il demeure une personnalité incontournable dans l’histoire politique récente du pays.

D’autres personnalités de renom ont également été distinguées lors de cette cérémonie. L’archevêque de Dakar, monseigneur André Guèye, ancien évêque de Thiès, a été honoré pour son engagement religieux et social. Le guide religieux Serigne Mounirou Ndiéguène figure également parmi les décorés, tout comme l’inspecteur du Trésor à la retraite Mayoro Fall, salué pour sa carrière et sa contribution à l’administration publique.

Tensions au sommet de l’État : la majorité parlementaire de Pastef au cœur d’un possible bras de fer entre Diomaye et Sonko

Les lignes de fracture semblent se préciser au sommet de l’État sénégalais. Alors que des divergences apparaissent de plus en plus ouvertement entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, la question du contrôle politique de la majorité parlementaire s’impose progressivement comme l’un des enjeux majeurs de cette nouvelle séquence politique.

Au sein même de la coalition au pouvoir, certains responsables commencent à afficher des positions qui traduisent les recompositions en cours. Lors de l’Assemblée générale de la coalition DiomayePrésident, le leader du mouvement Awalé et ministre de l’Environnement et de la Transition énergétique, Abdourahmane Diouf, n’a pas ménagé le Premier ministre. Dans une allocution au ton résolument politique, celui que ses partisans surnomment « Dr Ass » a lancé une pique à peine voilée à l’endroit du leader de Pastef.

Selon lui, l’histoire politique récente du Sénégal ne saurait être réécrite. Il a ainsi rappelé que c’est la coalition DiomayePrésident qui a permis l’élection du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye lors de la présidentielle de 2024. À l’en croire, cette victoire a ensuite créé les conditions politiques qui ont permis à Pastef de remporter les élections législatives organisées quelques mois plus tard. Abdourahmane Diouf a insisté sur une constante de la vie politique sénégalaise : le vainqueur de l’élection présidentielle obtient généralement la majorité lors des élections législatives qui suivent.

Cette sortie est interprétée par plusieurs observateurs comme un message politique à destination du Premier ministre, dans un contexte où certains évoquent déjà une possible bataille d’influence autour de l’Assemblée nationale. Pastef dispose en effet aujourd’hui d’une majorité écrasante avec 130 députés sur les 165 que compte l’hémicycle.

Cette configuration est le résultat des élections législatives anticipées du 17 novembre 2024, organisées après la dissolution de la quatorzième législature. À cette occasion, Pastef avait choisi de se présenter seul, sans coalition. Ousmane Sonko, tête de liste du parti, avait parcouru le pays durant la campagne électorale avant d’être récompensé par une victoire écrasante, offrant à sa formation une domination parlementaire rarement égalée dans l’histoire politique récente du Sénégal.

Cette majorité constitue aujourd’hui un atout stratégique majeur pour le parti. Dans l’hypothèse d’une rupture définitive avec le pouvoir exécutif, elle pourrait se transformer en levier politique de premier plan. La question de la cohabitation a d’ailleurs été évoquée publiquement par le Premier ministre lui-même.

Lors de sa récente prise de parole dans le cadre d’un nouveau concept baptisé « Face aux militants », diffusé le week-end dernier sur sa page Facebook, Ousmane Sonko a laissé entendre que le pays pourrait connaître une forme de « cohabitation douce » si le chef de l’État continuait, selon lui, à s’éloigner de la vision politique défendue par Pastef. Le Premier ministre a rappelé que son parti devait rester au cœur de la gouvernance nationale, estimant qu’aucune majorité stable ne pouvait exister sans lui.

Dans ce contexte déjà tendu, le geste posé samedi par Bassirou Diomaye Faye a suscité de nombreuses interprétations. Le chef de l’État a en effet officiellement adoubé la coalition DiomayePrésident lors d’une rencontre politique organisée au King Fahd Palace de Dakar. Pour certains analystes, ce signal pourrait annoncer une recomposition politique plus large, avec le risque d’un repositionnement d’Ousmane Sonko et de Pastef dans une posture d’opposition.

Un tel scénario ouvrirait la voie à une situation institutionnelle délicate. Avec 130 députés, Pastef dispose d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale capable de peser fortement sur l’action gouvernementale. De plus, sur le plan juridique, le président de la République ne peut procéder à une nouvelle dissolution de l’Assemblée avant l’expiration d’un délai de deux ans, ce qui limiterait considérablement ses marges de manœuvre en cas de blocage politique.

Cependant, certains observateurs invitent à relativiser la perspective d’un affrontement frontal. Selon un juriste et haut responsable de Pastef, la réalité des rapports de force internes serait plus nuancée que ne le laissent penser certaines analyses. D’après lui, Ousmane Sonko ne contrôlerait pas nécessairement l’ensemble des députés du groupe parlementaire.

Pour illustrer cette idée, il évoque notamment la récente audience accordée au palais présidentiel aux membres du groupe parlementaire à l’occasion d’un ndogou organisé durant le mois de Ramadan. Sur les 130 députés de Pastef, pas moins de 105 ont répondu présents à l’invitation du chef de l’État, soit plus de quatre-vingts pour cent du groupe. Selon cette source, peu d’entre eux ont clairement affiché leur position durant la rencontre, ce qui témoignerait d’une certaine prudence politique.

Parmi les vingt-cinq absents, moins d’une dizaine ont publiquement exprimé leur soutien à Ousmane Sonko sur les réseaux sociaux. Le député Cheikh Bara Ndiaye apparaît comme l’une des figures les plus visibles de ce camp.

Dans ce climat d’incertitude, la prudence semble également de mise au sein de l’exécutif. Plusieurs ministres et directeurs généraux préfèrent pour l’instant garder le silence face aux dissensions qui traversent le sommet de l’État. À ce stade, seules quelques figures se sont clairement positionnées.

Waly Diouf Bodiang, directeur général du Port autonome de Dakar, ainsi que Bassirou Kébé, ancien directeur général de la SNHLM récemment limogé, ont été parmi les rares responsables à afficher des positions publiques. Du côté des membres du gouvernement, certaines prises de position commencent également à apparaître.

Après les déclarations du président Bassirou Diomaye Faye, la ministre Khady Dène Gaye a réaffirmé son engagement aux côtés d’Ousmane Sonko. À l’inverse, le ministre du Commerce Serigne Guèye Diop s’est clairement aligné sur la ligne défendue par le chef de l’État, tout comme Abdourahmane Diouf.

Selon plusieurs observateurs proches du pouvoir, de nombreux responsables politiques restent dans une logique de calcul stratégique. Le récent limogeage de Bassirou Kébé et la détermination affichée par Bassirou Diomaye Faye lors de la rencontre du samedi au King Fahd Palace auraient renforcé la prudence de certains acteurs politiques, conscients que toute prise de position publique pourrait avoir des conséquences immédiates sur leur maintien en fonction.

Malgré ces tensions apparentes, certains acteurs politiques gardent toutefois l’espoir d’un apaisement. Selon la même source proche du pouvoir, les deux hommes pourraient encore trouver un terrain d’entente. D’après lui, les liens qui unissent Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko dépassent largement le simple cadre de la politique, ce qui pourrait favoriser un rapprochement dans les semaines à venir.

La coalition Diomaye Président célèbre la Journée internationale des droits des femmes sous le signe des valeurs éthiques et morales

Dakar, 8 mars 2026 – À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Mme Coura Niang, présidente des femmes du Mouvement pour le Développement du Sénégal et membre de la coalition Diomaye Président, a pris la parole lors d’une cérémonie organisée dans la capitale.

Dans son intervention, Mme Niang a rappelé l’importance de préserver les valeurs éthiques et morales dans l’éducation des enfants, soulignant que « la société sénégalaise doit rester vigilante face à la dégradation de ses repères ».

La célébration s’est tenue sous le thème : « La société sénégalaise face à la dégradation des valeurs éthiques et morales ». Mme Coura Niang a insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion et la permanence de la coalition, tout en mettant en avant le rôle central des femmes dans la transmission des valeurs au sein de la société.

L’événement a réuni plusieurs militants et sympathisants, qui ont salué l’engagement de la coalition à défendre les droits des femmes tout en promouvant une société fondée sur l’intégrité, la solidarité et le respect des traditions.

8 mars : La Présidence du Sénégal rend hommage aux femmes pour leur rôle essentiel dans la Nation

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée ce 8 mars, la Présidence de la République du Sénégal a adressé un message d’hommage et de reconnaissance à l’ensemble des femmes sénégalaises, saluant leur engagement constant, leur courage et leur contribution déterminante au développement du pays.

Dans une déclaration rendue publique, l’institution présidentielle a tenu à mettre en lumière la place centrale qu’occupent les femmes dans la société sénégalaise. Qu’elles soient actives dans les secteurs économique, social, culturel ou communautaire, les femmes participent chaque jour à la construction et au renforcement des bases d’une nation plus solidaire et plus prospère.

La Présidence souligne que les femmes sénégalaises demeurent des actrices majeures du progrès et de la cohésion sociale. Par leur travail, leur résilience et leur sens des responsabilités, elles contribuent de manière significative à l’essor du pays et au maintien du tissu social. Leur implication dans les différentes sphères de la vie nationale est aujourd’hui reconnue comme un levier essentiel pour bâtir un Sénégal plus juste et plus inclusif.

Dans ce contexte, la Présidence de la République a réaffirmé son engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits des femmes. Elle rappelle également sa volonté de poursuivre les efforts visant à garantir l’égalité des chances et à renforcer la participation féminine dans tous les domaines de la vie publique, qu’il s’agisse de la gouvernance, de l’économie, de l’éducation ou encore du développement communautaire.

À travers ce message, les autorités ont tenu à saluer le rôle déterminant joué par les femmes dans la transformation de la société sénégalaise. Elles ont également renouvelé leur engagement à œuvrer pour un avenir dans lequel chaque femme et chaque fille pourra pleinement exprimer son potentiel et accéder aux opportunités nécessaires à son épanouissement.

Affaire ASER : le député Mbaye Dione appelle la justice à faire la lumière sur les 37 milliards évoqués

Lors de l’émission IFTAR diffusée ce dimanche 8 mars sur la chaîne ITV Sénégal, le député Mbaye Dione s’est exprimé sur le dossier de l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (ASER), appelant la justice sénégalaise à faire toute la lumière sur les accusations entourant ce programme destiné à améliorer l’accès à l’électricité dans les zones rurales.

Le parlementaire, par ailleurs maire de Ngoundiane, a évoqué des incohérences constatées sur le terrain dans certaines localités supposées avoir bénéficié du programme d’électrification rurale. Selon lui, certaines déclarations officielles ne correspondent pas toujours à la réalité observée dans les villages concernés.

À titre d’exemple, Mbaye Dione a cité le cas du village de Bidjioury, situé dans la commune de Darou Salam, dans le département de Nioro du Rip. Il affirme s’y être rendu dans le cadre de ses tournées politiques et dit n’y avoir trouvé aucune trace d’installation électrique. « Le village de Bidjioury n’a pas de courant. Il n’y a même pas de fils ou de traces d’installation électrique », a-t-il déclaré, estimant que ce type de situation mérite des vérifications approfondies.

Le député a également salué l’initiative de son collègue Thierno Alassane Sall qui a saisi le pôle judiciaire et financier afin qu’une enquête soit ouverte sur cette affaire. Pour Mbaye Dione, les éléments évoqués dans le dossier, notamment le montant de 37 milliards de francs CFA, justifient pleinement que la justice examine la question avec rigueur.

Selon lui, il est essentiel que les autorités judiciaires procèdent à des vérifications concrètes sur le terrain afin de déterminer la véracité des informations avancées. Il estime que lorsqu’un village est officiellement présenté comme ayant été électrifié, mais qu’aucune installation n’est visible sur place, cela soulève forcément des interrogations.

« Je pense que l’affaire ASER et les 37 milliards doivent être élucidés. La justice doit se prononcer sur cette question, d’autant plus que Thierno Alassane Sall a déjà déposé une plainte au niveau du pôle judiciaire et financier », a-t-il déclaré. Le député a également ajouté qu’à ses yeux, « il y a une part de vérité » dans les accusations portées par son collègue.

De son côté, le directeur général de l’ASER, Jean-Michel Sène, a toujours rejeté les accusations formulées contre l’agence. À plusieurs reprises, il a invité Thierno Alassane Sall à participer à un débat télévisé afin de confronter les points de vue et d’apporter des éclaircissements publics sur le dossier.

Souveraineté alimentaire : Ousmane Sonko en immersion dans les champs de Mabouba Diagne

Au lendemain de l’assemblée générale de la coalition Diomaye Président, la journée de samedi s’est prolongée pour le Premier ministre Ousmane Sonko dans un cadre bien différent des salles de réunion politiques. Le chef du gouvernement s’est rendu dans des exploitations agricoles appartenant au ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, pour une immersion sur le terrain, au plus près des réalités du monde rural.

C’est à l’issue de cette visite que le leader de Pastef a partagé un message sur le réseau social X, évoquant une expérience marquante au contact de la terre. « J’ai passé une excellente journée dans les champs. Il n’y a rien de plus vrai que l’agriculture. Retournons-y tous ! Le pari de la souveraineté est d’abord un pari individuel », a-t-il écrit, soulignant l’importance de l’engagement personnel dans la construction de l’indépendance alimentaire du pays.

Cette sortie du Premier ministre s’inscrit dans un contexte où la question de la souveraineté alimentaire occupe une place centrale dans les priorités du gouvernement. Pour Ousmane Sonko, l’agriculture représente bien plus qu’un simple secteur économique : elle constitue l’un des piliers essentiels de la souveraineté nationale et du développement durable du Sénégal.

Présent lors de cette visite, le ministre de l’Agriculture Mabouba Diagne a tenu à apporter des précisions sur le sens de cette journée passée dans les champs. Selon lui, la venue du Premier ministre dans ses exploitations agricoles a permis de partager un moment privilégié d’échanges et de réflexion autour des défis majeurs auxquels fait face l’agriculture sénégalaise.

« Ce samedi, j’ai eu le plaisir et l’honneur d’accueillir le Premier ministre, Ousmane Sonko, dans mes exploitations agricoles pour une immersion au cœur du travail de la terre. Cette visite dans les champs a été un moment d’échanges francs et inspirants autour des défis et des opportunités de notre agriculture », a déclaré le ministre.

Pour Mabouba Diagne, cette rencontre sur le terrain a surtout été l’occasion de rappeler une conviction forte : la souveraineté alimentaire du Sénégal ne pourra être atteinte sans l’engagement concret de tous les citoyens. Au-delà des politiques publiques et des programmes gouvernementaux, il estime que la mobilisation individuelle et collective demeure indispensable pour transformer durablement le secteur agricole.

Le ministre souligne également que le message publié par le Premier ministre reflète parfaitement l’esprit de la vision qu’ils entendent porter au sommet de l’État. Cette vision consiste à faire de l’agriculture un secteur stratégique capable de soutenir la croissance économique du pays, tout en devenant un véritable projet citoyen tourné vers l’autosuffisance alimentaire.

Dans cette perspective, Mabouba Diagne assure que le ministère de l’Agriculture poursuivra ses initiatives visant à moderniser le secteur et à améliorer la productivité des exploitations agricoles. L’objectif affiché est de bâtir une agriculture performante, innovante et capable de créer des emplois durables, notamment pour la jeunesse sénégalaise.

À travers les efforts conjoints du gouvernement et des producteurs présents dans toutes les régions du pays, les autorités espèrent accélérer la transformation du modèle agricole national. Pour le ministre, il s’agit d’encourager une dynamique où chaque citoyen se sent concerné par l’enjeu de la souveraineté alimentaire.

Coalition Diomaye Président : Bassirou Diomaye Faye appelle ses alliés à l’humilité et à la retenue dans l’exercice du pouvoir

Lors de l’assemblée générale consacrée à la validation des textes fondateurs de la Coalition Diomaye Président, le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye a adressé un message empreint de sobriété et de responsabilité à l’ensemble de ses alliés politiques. Devant les responsables et militants réunis pour l’occasion, le président de la République a insisté sur la nécessité d’adopter une posture empreinte d’humilité dans la gestion du pouvoir, tout en appelant à préserver l’esprit de mesure dans l’action politique.

Rappelant la ligne de conduite qu’il s’est fixée depuis son accession à la magistrature suprême, Bassirou Diomaye Faye a affirmé avoir fait le choix d’une gouvernance fondée sur la modestie et la conscience des responsabilités. « À mon élection, j’ai décidé de gouverner avec humilité », a-t-il déclaré, soulignant que l’exercice du pouvoir ne saurait se départir d’une certaine retenue, surtout dans un contexte politique marqué par de fortes attentes citoyennes.

Le président de la République a également tenu à replacer l’action des dirigeants dans une perspective historique et institutionnelle plus large. Selon lui, les responsables politiques doivent constamment garder à l’esprit le caractère transitoire de leur passage à la tête de l’État. « Il faut garder en tête que le Sénégal n’a pas commencé et ne finira pas avec nous. Il faut transmettre le flambeau toujours en meilleur état », a-t-il affirmé. Par ces propos, le chef de l’État a insisté sur la dimension fiduciaire du pouvoir, estimant que gouverner revient avant tout à administrer un héritage national qui préexiste aux dirigeants et qui leur survivra.

S’adressant directement aux membres de la Coalition Diomaye Président, Bassirou Diomaye Faye a réitéré son engagement à poursuivre cette démarche marquée par l’humilité et la lucidité. « J’entends continuer avec cette humilité et cette lucidité. Nous savons d’où nous venons », a-t-il déclaré. Ce rappel, formulé sur un ton mesuré, apparaît comme un signal adressé à certains acteurs politiques tentés par les excès que peut engendrer la proximité avec le pouvoir.

Le chef de l’État a également évoqué la portée symbolique de son propre parcours, estimant que son accession à la présidence peut constituer une source d’inspiration pour de nombreux citoyens. « Mon destin doit inspirer », a-t-il indiqué, tout en précisant que l’ambition personnelle, bien que légitime dans toute trajectoire politique, doit s’inscrire dans le respect des méthodes et des principes. « Chacun peut avoir son ambition personnelle, mais il faut la manière pour parvenir à ses fins », a-t-il ajouté.

Dans la même veine, Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour davantage de retenue dans l’espace public, appelant les acteurs politiques à privilégier la discrétion et la responsabilité dans leurs prises de parole. Selon lui, le silence peut parfois constituer une forme de sagesse politique. « Le silence a beaucoup de vertus, surtout dans un pays comme le Sénégal », a-t-il affirmé, dans ce qui s’apparente à une mise en garde contre les déclarations intempestives et les rivalités de positionnement qui peuvent fragiliser la cohésion au sein même du camp présidentiel.

Enfin, le président de la République a élargi son propos à la qualité du débat public au Sénégal, estimant que la tonalité actuelle des échanges politiques mérite d’être repensée. Sans nier la légitimité des confrontations d’idées, il a déploré le niveau d’animosité qui caractérise parfois les discussions politiques. « On peut débattre dans une certaine violence… cette animosité dans l’espace politique est à revoir », a-t-il conclu.

Restructuration de la coalition Diomaye Président : Aminata Touré annonce l’adhésion de 278 maires

Le paysage politique sénégalais reste marqué par une forte dynamique au sein de la mouvance présidentielle. Dans le cadre du processus de restructuration de la coalition Diomaye Président, entamé à la fin de l’année 2025, Aminata Touré a annoncé l’adhésion de 278 maires à cette plateforme politique qui soutient l’action du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Cette annonce intervient dans un contexte de recomposition et de consolidation des forces politiques autour du pouvoir, alors que la coalition cherche à se doter d’une organisation plus structurée et durable.

Cette phase de restructuration constitue une étape stratégique dans la vie de la coalition. Née de la dynamique électorale ayant porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République en 2024, la coalition Diomaye Président a d’abord fonctionné comme un rassemblement électoral large, réunissant plusieurs formations politiques, mouvements citoyens et personnalités indépendantes. Après la victoire présidentielle et l’installation des nouvelles autorités, l’enjeu est désormais de transformer cette alliance circonstancielle en une organisation politique stable, capable d’accompagner durablement l’action gouvernementale.

La mission de conduire cette transformation a été confiée à Aminata Touré, ancienne Première ministre et figure politique expérimentée. Désignée pour piloter la restructuration, elle est chargée de mettre en place les nouveaux textes fondateurs, d’organiser les mécanismes de fonctionnement interne et de renforcer la cohésion entre les différentes composantes de la coalition. Son rôle consiste également à élargir la base politique du mouvement en consolidant les soutiens au niveau territorial.

L’annonce du ralliement de 278 maires est ainsi présentée comme un signal fort de l’ancrage local de la coalition. Les collectivités territoriales jouent en effet un rôle essentiel dans la structuration des forces politiques au Sénégal. Les maires, en tant qu’acteurs de proximité disposant d’une légitimité élective, constituent des relais importants pour la diffusion des orientations politiques et la mobilisation des populations. Leur adhésion à la coalition Diomaye Président est interprétée par les responsables de la mouvance présidentielle comme un indicateur de confiance et de consolidation du projet politique porté par le chef de l’État.

Au-delà des chiffres, cette dynamique s’inscrit dans une volonté affichée de sortir la coalition de ce qui a été décrit par certains de ses responsables comme une forme de léthargie organisationnelle. Après l’euphorie de la victoire électorale, plusieurs observateurs avaient souligné l’absence d’une structure clairement définie, susceptible de coordonner les actions et d’assurer une cohérence politique entre les différentes composantes de la majorité. La restructuration en cours vise donc à corriger ces faiblesses et à instaurer une organisation plus disciplinée et plus efficace.

Le processus engagé comprend notamment la validation de nouveaux textes fondateurs, la mise en place d’organes de direction et l’élaboration d’un cadre de concertation entre les différents partenaires politiques. L’objectif est de doter la coalition d’un fonctionnement institutionnalisé qui permette de gérer les divergences internes tout en renforçant la solidarité autour du programme présidentiel.

Dans ce contexte, l’action d’Aminata Touré est observée avec attention par les acteurs politiques et les analystes. La réussite de cette mission pourrait renforcer la stabilité de la majorité présidentielle et faciliter la mise en œuvre des réformes annoncées par le gouvernement. À l’inverse, toute difficulté ou contestation interne pourrait fragiliser la cohésion de la coalition et alimenter les débats politiques à l’approche des prochaines échéances électorales.

Pour l’heure, l’annonce de l’adhésion de plusieurs centaines de maires est présentée par les responsables de la coalition comme une avancée significative dans le processus de consolidation de la mouvance présidentielle. Elle témoigne, selon eux, d’une dynamique d’adhésion autour du projet politique incarné par le président Bassirou Diomaye Faye et d’une volonté de structurer durablement la majorité qui soutient son action.

Coalition Diomaye Président : une assemblée générale stratégique au King Fahd Palace pour valider les textes fondateurs

L’assemblée générale consacrée à la validation des textes fondateurs de la Coalition Diomaye Président se tient actuellement au King Fahd Palace, à Dakar, dans une atmosphère à la fois studieuse et engagée. Cette rencontre d’envergure marque une étape importante dans le processus de structuration et de consolidation du mouvement qui soutient l’action du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

Plusieurs responsables politiques, élus locaux, cadres du mouvement ainsi que de nombreux sympathisants ont répondu présents à cette réunion stratégique. Leur mobilisation traduit la volonté affichée de renforcer l’organisation interne de la coalition et de poser les bases d’un fonctionnement plus structuré autour d’orientations politiques clairement définies.

Prenant la parole devant les participants, Aminata Touré, chargée de superviser la restructuration de la coalition, a rappelé les directives qui lui ont été confiées par le chef de l’État. Elle a expliqué que sa mission consiste notamment à élargir la coalition afin d’y intégrer de nouvelles forces politiques et citoyennes susceptibles d’accompagner durablement le projet porté par le président de la République.

Selon elle, cette dynamique d’ouverture doit toutefois s’accompagner d’une exigence de discipline et de sérénité au sein des rangs du mouvement. « Lors de ma nomination, le président Bassirou Diomaye Faye m’a instruit d’élargir la coalition. Nous voulons des collaborateurs sereins, disciplinés surtout », a-t-elle déclaré devant l’assemblée.

Dans son intervention, l’ancienne Première ministre a également insisté sur la nécessité de privilégier le travail politique de fond plutôt que les confrontations ou les polémiques. Elle a appelé les militants et responsables de la coalition à concentrer leurs efforts sur l’accompagnement des réformes engagées par les autorités et sur la mobilisation autour des objectifs fixés par le président de la République.

Pour Aminata Touré, le contexte actuel exige davantage de cohésion et de sens des responsabilités. Elle estime que la priorité doit être accordée au renforcement de l’unité interne et à la consolidation des bases politiques du mouvement, afin de soutenir efficacement les politiques publiques engagées depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye.

La rencontre a également été marquée par une organisation saluée par de nombreux participants. Plusieurs responsables présents ont souligné la forte implication d’Aminata Touré dans la préparation et la coordination de l’événement. Son sens de l’organisation et sa capacité à fédérer les différentes sensibilités de la coalition ont contribué au bon déroulement de cette assemblée générale.

Les échanges entre les participants ont notamment porté sur les orientations stratégiques du mouvement, les principes contenus dans les textes fondateurs ainsi que les perspectives de renforcement de la coalition dans les différentes régions du pays. L’objectif affiché est de doter la coalition d’une architecture politique solide capable d’accompagner durablement l’action présidentielle.

À l’issue des discussions, plusieurs participants ont salué le leadership et l’efficacité organisationnelle d’Aminata Touré. Pour eux, cette assemblée générale constitue une étape décisive dans la consolidation du mouvement Diomaye Président et dans la mise en place d’un cadre politique structuré autour du chef de l’État.

Coalition Diomaye Président : Aminata Touré supervise la validation des textes fondateurs après quatre mois de restructuration

La coalition Diomaye Président a franchi une nouvelle étape dans sa structuration politique en tenant son assemblée générale consacrée à la validation de ses textes fondateurs. Cette rencontre marque l’aboutissement d’un processus de restructuration entamé il y a quatre mois et conduit sous la supervision de l’ancienne Première ministre Aminata Touré, désignée superviseur général par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

Devant les délégués réunis pour l’occasion, Aminata Touré est revenue sur le mandat qui lui a été confié par le chef de l’État pour mener ce chantier organisationnel. Elle a expliqué avoir reçu la responsabilité de piloter la refondation interne de la coalition afin de doter celle-ci de règles claires de fonctionnement et d’un cadre institutionnel solide. Selon elle, cette mission témoigne de l’importance que le président de la République accorde à l’avenir et à la cohésion de la coalition politique qui a porté sa candidature à l’élection présidentielle.

Dans son intervention, l’ancienne cheffe du gouvernement a indiqué que Bassirou Diomaye Faye a personnellement manifesté son attachement à cette coalition et son souhait de la voir se consolider dans la durée. Elle a rapporté que le chef de l’État lui avait fait part de sa volonté de s’impliquer dans la structuration de cet outil politique, estimant que la coalition doit continuer à jouer un rôle central dans l’accompagnement du projet de gouvernance engagé depuis l’accession au pouvoir.

Aminata Touré a également détaillé les orientations fixées par le président de la République pour guider les travaux de restructuration. Ces orientations reposent notamment sur l’ouverture de la coalition autour de principes jugés fondamentaux pour la construction d’un espace politique crédible et durable. Parmi ces principes figurent en priorité la bonne gouvernance et l’unité, deux valeurs que la superviseure générale a présentées comme essentielles pour assurer la cohérence et la solidité de la coalition.

Elle a insisté sur le fait que ces principes ne doivent pas seulement être des références théoriques, mais constituer le socle d’une pratique politique responsable et exemplaire. Pour Aminata Touré, la restructuration engagée vise précisément à instaurer une culture politique fondée sur l’exigence éthique, la transparence et la solidarité entre les différentes composantes de la coalition.

L’assemblée générale organisée pour la validation des textes fondateurs représente ainsi l’ultime étape d’un processus de concertation interne qui s’est déroulé durant plusieurs mois. Au cours de cette période, les responsables et représentants des différentes entités membres ont travaillé à l’élaboration des documents destinés à régir l’organisation et le fonctionnement de la coalition.

Ces textes, désormais soumis à l’approbation des membres, doivent permettre de formaliser les règles internes, de préciser les mécanismes de gouvernance et de renforcer la coordination entre les différentes forces politiques et citoyennes qui composent la coalition. Ils sont appelés à constituer le socle institutionnel d’une structure qui ambitionne de se consolider et de s’inscrire durablement dans le paysage politique sénégalais.

Au-delà de la simple validation administrative, cette étape est perçue par les responsables de la coalition comme un moment stratégique pour transformer une alliance électorale en une organisation politique structurée. L’objectif affiché est de doter la coalition Diomaye Président d’une architecture stable capable d’accompagner l’action publique du chef de l’État tout en maintenant la dynamique d’unité qui a permis son accession au pouvoir.

Course à la mairie de Kaolack : Moussa Fall défend une politique de proximité

À l’approche des prochaines élections municipales, la scène politique de Kaolack s’anime progressivement avec l’émergence de nouvelles ambitions et propositions de gouvernance locale. Parmi les figures qui cherchent à se positionner dans ce débat, Moussa Fall, président de l’Alliance pour la Promotion du Développement Local (APRODEL), se distingue par un discours axé sur la participation citoyenne, l’autonomisation des femmes et la promotion du développement local.

Dans un contexte où les collectivités territoriales sont de plus en plus appelées à jouer un rôle moteur dans la transformation économique et sociale des territoires, Moussa Fall plaide pour une gouvernance municipale plus proche des populations.

« Dans un contexte où les collectivités territoriales sont appelées à jouer un rôle moteur dans la transformation économique et sociale des territoires, je défends l’idée d’une gouvernance municipale plus proche des populations. La gestion d’une ville comme Kaolack doit s’appuyer sur les ressources locales et sur l’implication active des communautés dans les processus de décision », a déclaré le président de l’APRODEL.

Une approche politique fondée sur la proximité

À travers les activités menées par l’APRODEL et les différentes rencontres organisées avec les populations, le leader politique tente d’installer une démarche de proximité. Son objectif est de renforcer le dialogue entre les autorités locales, les associations communautaires, les jeunes et les groupements féminins afin de mieux prendre en compte les préoccupations quotidiennes des citoyens.

Selon lui, cette stratégie s’inscrit dans une volonté de promouvoir une gouvernance locale participative, où les habitants deviennent de véritables acteurs du développement de leur territoire.

Dans ses interventions, Moussa Fall insiste notamment sur la nécessité de redonner aux citoyens un rôle central dans la gestion des affaires locales.

Les femmes, un levier du développement local

Dans le projet politique de l’APRODEL, la question de l’autonomisation des femmes occupe une place importante. Moussa Fall considère que les groupements féminins constituent un pilier essentiel de l’économie locale et qu’ils doivent bénéficier d’un accompagnement plus structuré.

« Nous comptons mettre en place des mécanismes facilitant l’accès des femmes au financement, aux formations et aux opportunités économiques afin de renforcer leur autonomie financière et leur participation au développement territorial », a-t-il expliqué.

La jeunesse et l’économie locale au cœur des enjeux

Au-delà de l’autonomisation féminine, Moussa Fall met également l’accent sur l’emploi des jeunes et la dynamisation de l’économie locale. Dans une ville comme Kaolack, carrefour commercial historique du centre du Sénégal, il estime que les politiques municipales doivent davantage soutenir l’entrepreneuriat local, les initiatives communautaires et les activités génératrices de revenus.

L’objectif, selon lui, est de faire de la municipalité un véritable levier de développement économique capable de créer des opportunités pour les jeunes tout en renforçant la cohésion sociale.

Une candidature inscrite dans le débat municipal

En se positionnant pour la mairie de Kaolack, Moussa Fall entend proposer une alternative politique centrée sur le développement territorial et la gouvernance inclusive. Son discours s’inscrit dans un contexte de renouvellement des attentes des populations vis-à-vis des collectivités locales, notamment en matière de transparence, d’efficacité administrative et de participation citoyenne.

Affaire SOFTCARE : le député Papa Tahirou Sarr dénonce de graves dysfonctionnements au sein de l’Agence de Réglementation pharmaceutique

Dans une note parlementaire adressée à la population sénégalaise, le député Papa Tahirou Sarr, membre de la Commission Santé de l’Assemblée nationale, a exprimé de vives préoccupations au sujet des dysfonctionnements constatés au sein de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP) dans le cadre de l’affaire SOFTCARE. Entre contradictions institutionnelles, manque de transparence dans les procédures et pressions présumées sur des agents assermentés, l’élu dresse un tableau préoccupant du système national de régulation pharmaceutique.

Selon le député, les premiers éléments de cette affaire reposent sur des constats établis par des pharmaciens inspecteurs assermentés agissant conformément à la loi n°2023-06 du 13 juin 2023. Lors d’une inspection menée sur le site de production de l’entreprise SOFTCARE, en présence de la Gendarmerie nationale, ces agents ont découvert environ 1300 kilogrammes de matières premières périmées. Cette découverte avait conduit à la rédaction de rapports officiels signés et à la prise d’une mesure de suspension initiale de la commercialisation des produits concernés.

Cependant, la situation a pris une tournure controversée lorsque la cellule de communication de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique a publié un communiqué semblant contredire les conclusions de cette inspection. Pour Papa Tahirou Sarr, cette prise de position soulève de nombreuses interrogations, d’autant plus qu’aucune contre-expertise scientifique publique n’a été présentée pour justifier cette remise en cause des constats établis par les inspecteurs.

Le député évoque ainsi plusieurs incohérences dans la gestion du dossier. Il affirme notamment que le comité ad hoc chargé d’évaluer la situation ne comprenait aucun inspecteur pharmaceutique, alors qu’il aurait été constitué uniquement de trois représentants du ministre de la Santé. Cette configuration soulève, selon lui, des doutes quant à l’impartialité et à la rigueur de l’évaluation réalisée.

Plus troublant encore, l’élu indique que le Directeur général de l’ARP aurait lui-même signé la levée des mesures suspensives frappant l’entreprise, alors qu’il avait auparavant contresigné la décision de suspension initiale. Cette décision serait intervenue sans qu’un rapport scientifique complet et accessible au public n’ait été produit entre-temps. Dans le même temps, des fiches de stock attestant de l’utilisation de matières premières après leur date d’expiration auraient été écartées lors de la réévaluation du dossier, ce qui renforce, selon le député, les zones d’ombre entourant cette affaire.

Le ministre de la Santé se retrouve également au cœur des critiques formulées par Papa Tahirou Sarr. Convoqué par la Mission d’information parlementaire mise en place pour faire la lumière sur l’affaire SOFTCARE, le ministre aurait choisi de s’exprimer dans les médias plutôt que de comparaître devant les députés. Pour le parlementaire, cette attitude constitue un manquement au devoir de redevabilité envers la représentation nationale et une atteinte au rôle de contrôle que l’Assemblée nationale est censée exercer sur l’action gouvernementale.

Dans sa note, Papa Tahirou Sarr s’interroge également sur les raisons pour lesquelles le ministre aurait évité de répondre aux questions relatives à d’éventuels faits de corruption dans la gestion de ce dossier sensible. Ces interrogations alimentent, selon lui, un climat de suspicion qui ne peut être dissipé que par une transparence totale sur les procédures et les décisions prises.

Le député remet par ailleurs en cause les analyses que le ministre affirme avoir été réalisées en Allemagne pour justifier la réhabilitation de l’entreprise SOFTCARE. Il déplore qu’aucun rapport officiel de ces analyses n’ait été rendu public et que la traçabilité des échantillons envoyés n’ait pas été clairement établie. Papa Tahirou Sarr souligne en outre que ces tests auraient porté sur des produits finis et non sur les matières premières périmées qui avaient initialement motivé la suspension. Il estime également que l’entreprise concernée ne saurait être considérée comme un acteur impartial dans la conduite ou l’orientation de telles analyses.

S’appuyant sur l’article 225 de la loi du 13 juin 2023, qui sanctionne la simple détention de matières pharmaceutiques périmées même en l’absence d’usage avéré, le député formule plusieurs exigences afin de faire toute la lumière sur cette affaire. Il réclame notamment la comparution immédiate du ministre de la Santé devant la Mission d’information parlementaire, la publication intégrale des rapports techniques ainsi que des analyses réalisées à l’étranger, la réalisation d’un audit indépendant sur la gestion de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique et la protection des inspecteurs dans l’exercice de leurs fonctions.

Candidature de Macky Sall à l’ONU : Thierno Bocoum appelle à un soutien patriotique

Le président d’AGIR-Les Leaders souhaite voir l’ancien chef de l’État devenir le premier Sénégalais à diriger l’ONU et espère que cette ambition inspire les futures générations de dirigeants.

Sur la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU, j’ai formulé deux vœux.

Le premier : qu’il devienne le premier Sénégalais à accéder à cette responsabilité suprême au sein des Organisation des Nations unies. Ce serait une fierté nationale et un signal fort pour notre diplomatie.

Le second : que son éventuelle accession à ce niveau inspire ses successeurs, afin que puisse naître, dans l’imaginaire collectif, l’idée qu’ils pourront prétendre aux plus hautes fonctions mondiales.

Soutenir un compatriote engagé dans une compétition internationale devrait être le réflexe naturel de tout patriote.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

Diplomatie sénégalaise : Yoro Dia alerte sur des « signaux contradictoires » entre Diomaye Faye et Sonko

Le politologue et ancien conseiller Yoro Dia a exprimé ses inquiétudes face aux messages jugés contradictoires envoyés par le Sénégal sur la scène internationale. Dans une analyse publiée sur le réseau social X, il évoque une tension de plus en plus perceptible entre les positions du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et celles du Premier ministre, Ousmane Sonko, en matière de politique étrangère.

Selon lui, cette divergence de ton, qui pouvait jusque-là apparaître comme une simple coexistence institutionnelle à l’intérieur du pays, prend une dimension plus problématique lorsqu’elle se manifeste dans le domaine diplomatique. Yoro Dia estime que les récentes prises de position des deux responsables sénégalais donnent l’impression d’une absence de ligne claire dans la conduite des relations internationales du pays.

Pour illustrer son propos, il s’appuie sur deux faits récents liés à la crise au Moyen-Orient. D’un côté, le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé publiquement sa solidarité avec le peuple iranien. De l’autre, le président Bassirou Diomaye Faye a affiché son soutien à l’Arabie saoudite dans ce même contexte de tensions régionales. Pour le politologue, ces déclarations, bien que relevant chacune d’une sensibilité politique ou diplomatique, peuvent être perçues à l’étranger comme des positions opposées venant d’un même État.

Yoro Dia rappelle que dans les systèmes constitutionnels de type semi-présidentiel, comme celui du Sénégal, la politique étrangère constitue traditionnellement le domaine réservé du chef de l’État. À ce titre, elle doit être portée par une voix unique afin de préserver la cohérence et la crédibilité du pays dans ses relations avec les autres États et les organisations internationales.

Il souligne que la diplomatie exige de la clarté et de l’unité, car toute ambiguïté dans la position d’un État peut être interprétée comme un signe de division interne. Selon lui, l’enjeu dépasse le simple débat politique national et concerne directement l’image et la crédibilité du Sénégal à l’étranger.

Dans son message, Yoro Dia met également en garde contre le risque de voir les divergences politiques internes se transformer en rivalité ouverte entre les deux têtes de l’exécutif. Pour illustrer ce danger, il recourt à une métaphore historique en évoquant les rivalités entre Perses et Arabes, symbole selon lui d’affrontements prolongés et stériles.

À travers cette image, le politologue appelle implicitement à une meilleure coordination au sommet de l’État afin d’éviter que la gestion des affaires internationales ne devienne le terrain d’une compétition politique. Pour lui, la stabilité et l’efficacité de la diplomatie sénégalaise reposent avant tout sur la cohérence des messages envoyés au reste du monde.

Coopération internationale : l’ADA présente ses projets au ministre de l’Intégration africaine

Monsieur Cheikh Niang, ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, a accordé une audience à Monsieur Benoît S. Ngom, président fondateur de l’Académie diplomatique africaine (ADA).

À cette occasion, le président de l’ADA a rappelé que l’organisation, liée au gouvernement du Sénégal par un accord de siège signé en 1999, œuvre au développement d’une diplomatie économique et culturelle au service du Sénégal et de l’Afrique.

Il a présenté au ministre les principales initiatives de l’Académie visant à mobiliser des partenariats internationaux, attirer des investissements et renforcer les échanges culturels, dans la perspective de contribuer au développement durable du Sénégal et du continent africain, ainsi qu’à la consolidation de la paix entre les pays africains.

Le ministre a notamment salué le lancement prochain du « Club diplomatique », destiné à renforcer les espaces de dialogue et de coopération diplomatique. Ce réseau sera progressivement déployé dans plusieurs pays africains ainsi que dans les grands centres d’influence du monde, notamment aux États-Unis et en Chine, où sera basé un Club diplomatique sino-africain des BRICS. En Europe, ses activités s’étendront à la France, à l’Allemagne, au Royaume-Uni et à la Turquie.

En partenariat avec l’Université d’État d’Alabama et l’Eastern Mediterranean University de Chypre, l’ADA met en place cette année deux institutions de recherche sur les relations internationales et stratégiques.

Cette année également, plusieurs projets destinés à l’Afrique seront réalisés en coopération avec de grandes universités chinoises, notamment Tsinghua University, Beijing Normal University et Zhejiang University.

À travers cette présence internationale, l’ADA entend servir de passerelle stratégique entre l’Afrique et les grands centres d’influence mondiaux, afin de promouvoir l’image du continent, soutenir les projets de développement et renforcer les coopérations académiques, économiques et culturelles.

L’Académie a également réaffirmé sa volonté de contribuer à la mise en œuvre de la résolution de l’Union africaine reconnaissant la diaspora comme la sixième région de l’Afrique, notamment à travers des initiatives en préparation concernant Haïti.

Cette audience a permis de réaffirmer la convergence de vues entre l’ADA et les autorités sénégalaises sur la nécessité de renforcer les initiatives diplomatiques, économiques et culturelles capables de valoriser le rôle du Sénégal et de l’Afrique dans la gouvernance du monde contemporain.

ONU : le parti Osez l’Avenir soutient la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général

Le parti Osez l’Avenir a officiellement exprimé, jeudi 5 mars 2026, son soutien à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Dans un communiqué signé par sa présidente, Me Aïssata Tall Sall, la formation politique estime que le contexte international actuel exige un leadership solide, capable de favoriser le dialogue et de répondre aux nombreux défis auxquels le monde est confronté.

Selon le parti, la période actuelle est marquée par une accumulation de crises majeures. Entre les tensions géopolitiques persistantes dans plusieurs régions du monde, l’aggravation des effets du changement climatique et les profondes fractures économiques qui fragilisent de nombreux pays, la communauté internationale aurait besoin d’une personnalité expérimentée pour renforcer le rôle des Nations unies dans la gestion de ces défis globaux.

Dans ce contexte, Osez l’Avenir considère que le profil de Macky Sall répond aux exigences d’un tel poste. Le parti met en avant le parcours de l’ancien chef de l’État sénégalais, qui a dirigé le Sénégal pendant douze années, de 2012 à 2024. Durant cette période, il s’est notamment illustré par son engagement dans plusieurs dossiers internationaux, en particulier sur les questions liées au développement de l’Afrique, à la paix et à la coopération internationale.

La formation politique rappelle également que Macky Sall a occupé la présidence de l’Union africaine, une fonction qui lui a permis de jouer un rôle actif dans la défense des intérêts du continent sur la scène mondiale. À ce titre, il a souvent plaidé pour une réforme de la gouvernance internationale et pour une meilleure prise en compte des préoccupations africaines dans les grandes décisions globales.

Pour Osez l’Avenir, cette expérience diplomatique constitue un atout majeur dans la perspective de diriger l’Organisation des Nations unies. Le parti estime que Macky Sall dispose d’une connaissance approfondie des mécanismes du multilatéralisme et des enjeux liés à la coopération entre États. Il est ainsi présenté comme une voix respectée dans plusieurs cercles diplomatiques internationaux.

Le communiqué souligne également que sa candidature pourrait représenter une opportunité importante pour le continent africain. Alors que l’Afrique demeure sous-représentée dans les plus hautes sphères de la gouvernance mondiale, l’accession d’un ancien dirigeant africain à la tête de l’ONU serait perçue comme un signal fort en faveur d’un système international plus équilibré et plus inclusif.

Dans cette optique, le parti dirigé par Me Aïssata Tall Sall estime que l’expérience politique et diplomatique de Macky Sall, combinée à sa capacité à dialoguer avec différents acteurs internationaux, pourrait contribuer à renforcer la crédibilité et l’efficacité de l’organisation dans un monde en pleine mutation.

Enfin, Osez l’Avenir appelle la communauté internationale à examiner avec attention cette candidature, qu’il présente comme une occasion de consolider le rôle des Nations unies dans la promotion de la paix, du développement et de la coopération entre les peuples. Convaincu que Macky Sall possède la vision et les compétences nécessaires pour assumer cette responsabilité, le parti invite les États membres de l’organisation à se rallier à sa candidature afin d’accompagner l’ONU dans une nouvelle étape de son évolution.

Agriculture et promesses non tenues : Thierno Alassane Sall critique les priorités du pouvoir

Le député Thierno Alassane Sall a exprimé de vives critiques à l’encontre de la gouvernance actuelle, estimant que plusieurs promesses faites au peuple tardent encore à se concrétiser, en particulier dans le secteur agricole. Selon lui, les attentes des populations, notamment celles des petits producteurs, restent largement insatisfaites malgré les engagements pris par les nouvelles autorités.

L’ancien ministre considère que les dirigeants avaient annoncé une véritable rupture en faveur du peuple travailleur. Toutefois, il affirme que la réalité sur le terrain ne reflète pas ces promesses. Pour Thierno Alassane Sall, les difficultés auxquelles sont confrontés les petits producteurs, notamment pour écouler leurs récoltes dans de bonnes conditions, continuent d’être ignorées ou insuffisamment prises en charge par les autorités.

Dans son analyse, le parlementaire insiste sur l’importance stratégique de l’agriculture dans l’économie nationale. Il rappelle que ce secteur constitue la principale source de subsistance pour de nombreuses familles sénégalaises et qu’il devrait, à ce titre, occuper une place centrale dans les priorités gouvernementales. Assurer aux producteurs un accès correct et équitable aux marchés, soutient-il, devrait être un objectif majeur pour l’État afin de garantir des revenus décents aux agriculteurs et de renforcer la sécurité alimentaire.

« Ils avaient promis au peuple laborieux une révolution. Force est de constater que garantir aux petits producteurs une commercialisation correcte de leurs récoltes reste le cadet de leurs soucis », déplore le député, pointant un décalage entre les engagements politiques et les actions concrètes menées sur le terrain.

Au-delà de la question agricole, Thierno Alassane Sall estime que les préoccupations du pouvoir se situent désormais ailleurs. Selon lui, l’attention des dirigeants semble se concentrer davantage sur les prochaines échéances électorales que sur les difficultés quotidiennes des citoyens.

Il affirme que la perspective de l’élection présidentielle de 2029 occupe déjà une place importante dans les stratégies politiques du régime. À ses yeux, cette focalisation sur les calculs électoraux et les rivalités internes au sein du pouvoir détourne l’action publique des véritables urgences sociales et économiques.

Journée des droits des femmes : le Chef de l’État salue l’engagement des femmes de la Présidence

À la veille de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, prévue le 8 mars, le Président de la République a reçu ce vendredi l’Amicale des femmes de la Présidence de la République. Cette rencontre, désormais inscrite dans une tradition institutionnelle, constitue chaque année un moment privilégié d’échanges et de reconnaissance envers les femmes qui travaillent au sein de la plus haute institution de l’État.

Dans une atmosphère empreinte de convivialité et de respect, le Chef de l’État a tenu à saluer l’engagement constant de ces femmes qui participent, chacune à leur niveau, au fonctionnement quotidien de la Présidence. Qu’elles exercent dans les services administratifs, les bureaux techniques, les équipes d’appui ou dans l’organisation logistique, leur travail est considéré comme un maillon essentiel dans la bonne marche de l’institution présidentielle.

Le Président a exprimé sa profonde reconnaissance à l’endroit de ces collaboratrices qui, souvent avec discrétion mais toujours avec professionnalisme, assurent leurs missions avec rigueur et sens du devoir. Il a souligné que leur contribution dépasse largement le cadre administratif et participe, de manière concrète, à la stabilité et à l’efficacité des institutions publiques.

Au cours de cette rencontre, le Chef de l’État a également insisté sur la place centrale qu’occupent les femmes dans la société sénégalaise. Selon lui, leur rôle est déterminant dans plusieurs domaines clés, notamment l’économie, l’éducation, la cohésion sociale et la transmission des valeurs qui fondent l’identité et la solidité de la Nation.

Il a rappelé que le développement du Sénégal ne saurait être envisagé sans la pleine participation des femmes. Leur intelligence, leur créativité, leur engagement et leur capacité d’initiative représentent, selon ses propos, des atouts majeurs pour relever les défis économiques, sociaux et institutionnels auxquels le pays est confronté.

Le Président a ainsi réaffirmé l’importance de promouvoir davantage l’autonomisation des femmes et de créer les conditions favorables à leur épanouissement dans tous les secteurs de la vie nationale. Il a insisté sur la nécessité de valoriser leurs compétences et de renforcer leur présence dans les espaces de décision, afin qu’elles puissent pleinement contribuer à la transformation et au progrès du pays.

En clôturant la rencontre, le Chef de l’État a adressé ses vœux les plus chaleureux à l’ensemble des femmes travaillant à la Présidence de la République. Il a également étendu ses salutations et son message de reconnaissance à toutes les femmes sénégalaises, dont l’engagement quotidien, dans les familles, les entreprises, les administrations et les communautés, contribue à bâtir un Sénégal plus juste, plus fort et plus solidaire.

Soutien à la candidature de Macky Sall à l’ONU : le PSD Njariñ d’Aly Ngouille Ndiaye appelle l’État à se mobiliser

Le Parti pour la Souveraineté et le Développement (PSD Njariñ) a officiellement exprimé son soutien à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Dans un communiqué publié le mercredi 4 mars 2026, la formation politique dirigée par l’ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye estime que cette ambition internationale constitue une suite logique au parcours de l’ancien chef de l’État sénégalais, dont l’expérience et le rayonnement diplomatique sont mis en avant.

Selon le parti, le leadership de Macky Sall sur la scène africaine et internationale plaide en faveur de sa candidature à la tête de l’Organisation des Nations Unies. Le PSD Njariñ rappelle notamment que l’ancien président du Sénégal a non seulement dirigé le pays pendant douze ans, mais qu’il a également porté la voix du continent africain lorsqu’il était à la tête de l’Union africaine. Cette trajectoire, souligne le communiqué, témoigne d’une solide expérience dans la gestion des affaires publiques et dans la conduite des relations internationales.

Pour la formation politique, le profil de Macky Sall correspond aux exigences d’une fonction aussi stratégique que celle de Secrétaire général de l’ONU. Le texte signé par Aly Ngouille Ndiaye met en avant ses qualités d’homme d’État, sa capacité de dialogue ainsi que son engagement en faveur de la stabilité et du développement. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et de profondes transformations, le PSD Njariñ estime que l’ancien président sénégalais possède la vision et l’expérience nécessaires pour contribuer à une gouvernance mondiale plus équilibrée.

Le parti affirme également que l’éventuelle élection d’un Sénégalais à la tête des Nations Unies constituerait un moment historique pour le pays et pour l’Afrique. Selon lui, une telle perspective représenterait un tournant vers une gouvernance internationale davantage fondée sur le dialogue entre les nations, le respect des droits fondamentaux et la promotion d’un ordre mondial plus juste.

Au-delà de ce soutien politique, le PSD Njariñ appelle les autorités sénégalaises à s’impliquer activement dans la promotion de cette candidature. Le parti invite le gouvernement à mobiliser l’ensemble des leviers diplomatiques dont dispose l’État afin de soutenir efficacement Macky Sall dans cette ambition internationale. Pour Aly Ngouille Ndiaye, cette démarche dépasse les clivages politiques internes et s’inscrit dans une logique d’intérêt national et continental.

Le PSD Njariñ considère en effet que la présence d’un dirigeant africain à la tête de l’ONU renforcerait la voix du continent dans les grandes décisions internationales. Dans son communiqué, la formation politique souligne que cette candidature pourrait contribuer à accroître l’influence diplomatique de l’Afrique et à améliorer sa représentation dans les instances de gouvernance mondiale.

ONU : Thierno Alassane Sall apporte son « soutien total » à la candidature de Macky Sall et interpelle Diomaye Faye

Le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs, a réagi à l’officialisation de la candidature de l’ancien chef de l’État Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Dans une déclaration rendue publique, sa formation politique se félicite du dépôt officiel de cette candidature et lui apporte « son soutien total ».

Selon Thierno Alassane Sall, cette démarche dépasse les clivages politiques nationaux. Il estime qu’il s’agit d’une candidature portée par l’Afrique et, pour la première fois, par un Sénégalais à une fonction internationale d’une telle envergure. À ses yeux, une telle ambition devrait susciter un soutien clair et assumé de l’ensemble des forces vives du pays, quelles que soient leurs appartenances partisanes.

Le parlementaire souligne que le Sénégal aurait été associé aux discussions menées au niveau africain autour de cette désignation. Il considère dès lors que les autorités nationales avaient la possibilité de défendre leur position de manière argumentée dans les instances appropriées. Il exprime toutefois sa préoccupation quant au fait que la candidature a été officiellement déposée par le président du Burundi, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, une situation qui, selon lui, soulève des interrogations sur la posture diplomatique du Sénégal.

Dans sa déclaration, Thierno Alassane Sall en appelle directement au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Il l’invite à adopter une position qu’il juge conforme aux intérêts supérieurs de la Nation. Pour le leader de la République des Valeurs, le chef de l’État doit se situer au-dessus des considérations partisanes et mesurer pleinement les implications diplomatiques d’une telle décision, tant à l’échelle continentale qu’internationale.

Évoquant la devise nationale « Un Peuple – Un But – Une Foi », le député soutient que les enjeux liés à cette candidature dépassent les divergences politiques internes. Il avertit qu’un défaut de soutien explicite du Sénégal pourrait, dans le contexte actuel de compétition internationale, profiter à d’autres candidatures issues d’autres régions du monde, au détriment de l’Afrique.

Diplomatie : Papa Mada Ndour nommé Ambassadeur et Secrétaire exécutif du Secrétariat permanent Sénégalo-Gambien

Moins d’un an après son éviction de la Présidence de la République, Papa Mada Ndour signe un retour remarqué sur la scène diplomatique sénégalaise. Le Chancelier des Affaires étrangères vient d’être nommé Ambassadeur, Secrétaire exécutif du Secrétariat permanent Sénégalo-Gambien par le président Bassirou Diomaye Faye, marquant ainsi un nouveau tournant dans son parcours au sommet de l’État.

Cette nomination consacre le repositionnement d’un haut fonctionnaire expérimenté dans un cadre stratégique pour les relations bilatérales entre le Sénégal et la Gambie. Le Secrétariat permanent Sénégalo-Gambien constitue en effet un mécanisme clé de coopération entre les deux pays voisins, liés par l’histoire, la géographie et de nombreux intérêts communs. Sa mission est de veiller au suivi et à la mise en œuvre des accords conclus entre Dakar et Banjul, notamment dans les domaines du commerce, de la sécurité, de la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que des infrastructures transfrontalières.

Papa Mada Ndour succède à El Hadji Ibou Boye, appelé à faire valoir ses droits à une pension de retraite après plusieurs années de service. Le départ de ce dernier ouvre ainsi une nouvelle séquence pour l’institution, appelée à poursuivre la consolidation des acquis de la coopération sénégalo-gambienne dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et économiques persistants.

Ce retour aux affaires intervient dans un contexte particulier. Il y a quelques mois seulement, Papa Mada Ndour avait été limogé de son poste de Chef de cabinet à la Présidence de la République. Cette éviction avait suscité de nombreuses interrogations dans les milieux politiques et administratifs, certains y voyant un réajustement stratégique interne, d’autres une sanction politique. Depuis lors, l’intéressé était resté discret sur la scène publique.

Sa nomination à ce poste diplomatique de premier plan apparaît donc comme une marque de confiance renouvelée de la part du chef de l’État. Elle pourrait également être interprétée comme une volonté de capitaliser sur son expérience administrative et sa connaissance des rouages institutionnels pour renforcer un axe Dakar-Banjul jugé prioritaire.

COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU 4 MARS 2026.

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 04 mars 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Stabilité du système éducatif national

Le Président de la République débute sa communication en soulignant le caractère impératif du bon fonctionnement de l’Ecole, pilier du pacte républicain. A cet effet, il rappelle au Gouvernement et aux acteurs de la communauté éducative, l’importance de renforcer la culture d’excellence et du mérite, ainsi que la crédibilité du système éducatif. Il engage le Gouvernement et les personnels enseignants à asseoir la stabilité du climat social, afin d’assurer la continuité des activités pédagogiques et le bon déroulement des évaluations, examens et concours, à travers un sursaut républicain et patriotique.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement de veiller à l’amélioration du cadre de vie, dans les établissements scolaires publics, par l’accélération de la mise en œuvre du Programme national de Construction et de Réhabilitation d’écoles, de lycées et collèges, en intégrant les aménagements paysagers adaptés. Enfin, il instruit le Ministre de l’Education nationale et le Ministre de la Formation professionnelle et technique d’intensifier le rythme de révision des curricula pour les adapter davantage aux besoins de l’économie nationale et au renforcement de l’intégration du numérique dans les enseignements et apprentissages. 

Politique d’amélioration de la condition de la femme

Le Président de la République salue l’organisation de la Semaine nationale de la Femme, dans le contexte de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, ce 08 mars 2026, sous le thème « Droits, Justice, Action pour toutes les femmes et les filles ».

Magnifiant les efforts consentis par le Gouvernement et l’ensemble des partenaires pour l’amélioration de la condition féminine, notamment en faveur des femmes résidant en milieu rural, le Chef de l’Etat souligne l’importance qu’il accorde à l’éducation des jeunes filles et à la préservation de l’égalité des genres et des droits des femmes. A cet effet, il indique au Gouvernement la nécessité d’accentuer la sensibilisation et la lutte contre les discriminations et les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, et d’impliquer davantage les organisations féminines dans la mise en œuvre des politiques publiques, à travers le déploiement des projets et programmes de renforcement de l’autonomisation économique des femmes.

Le Président de la République demande, enfin, au Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités d’accélérer les réformes nécessaires à la promotion économique et à la protection sociale des femmes et d’organiser, avant la fin de l’année 2026, des concertations nationales inclusives sur la contribution des femmes à la réalisation de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.

Renforcement du rôle de l’élevage et des productions animales dans la souveraineté alimentaire

Le Président de la République fait observer que le sous-secteur de l’élevage et des productions animales joue un rôle majeur dans l’économie nationale et la souveraineté alimentaire. A cet égard, il demande au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage et au Secrétaire d’Etat chargé des Coopératives et de l’Encadrement paysan d’intensifier, en liaison avec les différentes organisations d’éleveurs, les actions de modernisation de l’Elevage et d’amélioration des productions animales. 

Le Chef de l’Etat indique au Gouvernement l’urgence d’accentuer les efforts de promotion de l’autosuffisance en viande, de mettre en place des coopératives communautaires et de travailler, avec les parties impliquées, à l’opérationnalisation d’un Fonds national de Développement de l’Elevage, instrument public de financement robuste, devant mobiliser des ressources endogènes issues de l’exploitation des filières du secteur. Il demande, également, d’engager les concertations en vue d’une modernisation du système de gestion des abattoirs, foirails, marchés de bétail et infrastructures pastorales. 

Dans ce sillage, le Chef de l’Etat invite le Ministre chargé de l’Elevage et le Secrétaire d’Etat aux Coopératives à faire une évaluation de l’application du Code pastoral, à accentuer la mise en œuvre du plan de transformation du Ranch de Dolly et à renforcer les ressources du Haras national de Kébémer. Il demande aussi de développer les écoles nationales, instituts et centres de formation et de recherche dans les domaines liés à l’élevage et aux productions animales, d’impulser une stratégie avancée de lutte contre le vol de bétail et de préparer la prochaine édition de la Journée nationale de l’Elevage. Il rappelle, enfin, l’urgence de faire adopter, dans les meilleurs délais, le projet de loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique.

Suivi de la réception effective des infrastructures relatives aux JOJ Dakar 2026

Le Président de la République informe le Conseil de sa visite d’inspection de l’état d’avancement des chantiers et infrastructures d’accueil des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, effectuée le 1er mars 2026. Il demande au Ministre des Infrastructures de faire une évaluation du niveau d’exécution des différents travaux et de prise en charge des problématiques urgentes liées à leur réception effective à date.  Enfin, le Chef de l’Etat souligne le prix qu’il attache à l’amélioration du cadre de vie dans les localités d’accueil, notamment l’accélération des aménagements et la réalisation des voiries d’accès aux sites de compétition et d’hébergement, sis dans les communes de Diamniadio et de Saly Portudal, en particulier.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants : 

Rationalisation du secteur parapublic

Le Premier Ministre a rappelé que lors de son passage à l’Assemblée nationale à propos de la séance relative à la question d’actualité le 21 février 2026, il avait dégagé les mesures conservatoires et correctives que le Gouvernement entend prendre pour renforcer la transparence dans la conduite et la gestion des affaires publiques. Parmi celles-ci, figure la rationalisation du secteur parapublic, dans une logique de modernisation de l’Administration, de réduction du train de vie de l’Etat et de rationalisation des dépenses publiques.   Dans ce cadre, un Groupe de travail a été mis en place pour proposer un Plan de rationalisation du secteur parapublic, en mettant en lumière les chevauchements des missions, les meilleures synergies, l’exercice d’attributions similaires par l’Administration ainsi que les repositionnements pertinents. Ce Groupe a procédé à l’analyse de toutes les entités concernées et a proposé, à l’issue des travaux : 

– la suppression de dix-neuf (19) entités, cumulant des dotations budgétaires de 28,051 milliards FCFA en 2025, une masse salariale annuelle estimée à 9,227 milliards FCFA, pour un effectif de 982 agents et une dette globale arrêtée à 2,6 milliards FCFA au 31 décembre 2024 ;

– le repositionnement de dix (10) entités, qui se traduirait notamment par la redéfinition des modèles d’intervention, une meilleure réaffirmation de leurs missions, par la révision ou l’actualisation de leur cadre juridique ainsi que de leur doctrine d’investissement.

Le Premier Ministre a fait noter que ce Groupe a souligné que dans certains secteurs, l’adoption d’une politique viable constitue un préalable à toute opération de rationalisation. Globalement, l’opération se traduirait par une optimisation de l’organisation du secteur parapublic et une économie budgétaire nette cumulée estimée, au moins, à 55 milliards FCFA sur les trois (03) prochaines années. Le Premier Ministre a abordé la dévolution du patrimoine ainsi que les mesures d’accompagnement sur le plan social, notamment le redéploiement des personnels et la gestion des contentieux. Dans cette perspective, il a engagé tous les ministres à se mobiliser pour une bonne mise en œuvre du Plan de rationalisation qui sera piloté par le comité interministériel qu’il mettra en place prochainement. 

Le Premier Ministre a rappelé que ce Plan de rationalisation doit être accompagné par une dynamique d’amélioration de la gouvernance du secteur parapublic, axée en particulier sur la maitrise des salaires et des effectifs, l’harmonisation des grilles de rémunération, l’utilisation optimale des crédits budgétaires, l’actualisation du classement des structures, le respect des normes de création, le renforcement du contrôle et de l’évaluation ainsi que la capacitation des acteurs. 

Dans cet esprit, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget de veiller, en rapport avec le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, au strict respect des attributions de la Commission d’Evaluation des Agences d’exécution et du Comité de Suivi du Secteur parapublic. Il a instruit le Ministre des Finances et du Budget de les doter de ressources budgétaires appropriées, afin d’assurer leur fonctionnement optimal. 

Nécessité de reformulation d’une nouvelle politique agricole et agro-industrielle

Le Premier Ministre a rappelé que les campagnes de production agricole 2024/2025 et 2025/2026 se sont déroulées dans le cadre d’un effort budgétaire renforcé, avec des subventions initiales respectives de 120 milliards et 130 milliards FCFA. Ces campagnes sont marquées par des innovations et réformes majeures dans la gestion des intrants, la digitalisation et la gouvernance des filières, auxquels il convient d’ajouter les conditions agro-climatiques favorables. Ainsi, la production a enregistré des résultats globalement satisfaisants, avec des hausses significatives sur les principales spéculations, malgré la persistance de certaines difficultés.

Le Premier Ministre a annoncé la finalisation d’un document qui, se conformant à la loi d’orientation agrosylvopastorale, constituera le référentiel de la nouvelle Politique agricole, alignée sur l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. Il a également abordé la Note d’orientation sur les mesures et réformes pour accélérer la transformation des systèmes agroalimentaires, initiée par le ministère en charge de l’Agriculture.

Ainsi, il a demandé au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, en rapport avec le Ministre de l’Industrie et du Commerce, le Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, le Ministre des Finances et du Budget et toutes les parties prenantes, de finaliser et de lui soumettre, d’ici le 30 avril 2026, la Nouvelle Politique agricole et agro-industrielle, axée sur la modernisation agricole, le développement durable et la souveraineté alimentaire.

Sécurisation de la souveraineté alimentaire par la résorption des pertes post-agricoles sur les filières oignon et pomme de terre

Le Premier Ministre a attiré l’attention du Gouvernement sur les pertes post-récoltes et les difficultés de commercialisation des produits agricoles liées au manque d’infrastructures adaptées. Il a exprimé son regret face aux pertes post-récoltes élevées, qui oscillent entre 30 et 40 %. Il a exposé les faiblesses de l’écosystème post-récoltes et a instruit le Ministre en charge du Commerce, en relation avec les Ministres en charge de l’Agriculture, des Collectivités territoriales, des Finances et de l’Economie, de lui soumettre, dans les meilleurs délais, une Stratégie d’absorption des besoins de stockages à travers les huit (08) pôles territoires. 

Mesures préventives de protection macroéconomique, énergétique, logistique et sociale

Face à l’escalade militaire constatée sur la scène internationale, le Premier Ministre a exposé les risques de perturbations au niveau du Détroit d’Ormuz qui, au-delà de la fermeture physique, peuvent être combinés à un choc de prix, un renchérissement du fret et de l’assurance, et une tension sur les approvisionnements critiques. 

Face à notre vulnérabilité, la doctrine pour le Sénégal consiste à protéger les flux essentiels, cibler le soutien public, prévenir la spéculation et centraliser les arbitrages. C’est pourquoi, le Premier Ministre a décidé de mettre en place, sous la supervision de la Primature, un dispositif de pilotage de cette crise. Une matrice hiérarchisée de décisions a été élaborée et des situations consolidées seront dressées à l’attention du Chef de l’État. 

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines a fait une communication sur l’harmonisation des prix des bouteilles de gaz butane et la gestion de l’orpaillage.

Le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur l’état d’avancement du New Deal technologique, après un an de mise en œuvre.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier l’accord se rapportant à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Accord BBNJ), adopté le 19 juin 2023 à New York.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur

• Monsieur Papa Mada NDOUR, Chancelier des Affaires étrangères, est nommé Ambassadeur, Secrétaire exécutif du Secrétariat permanent Sénégalo-Gambien, en remplacement de Monsieur El Hadji Ibou BOYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre du Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines

• Monsieur Joseph Sambesene DIATTA, précédemment Président du Conseil d’Administration de la Société des Pétroles du Sénégal (PETROSEN HOLDING), est nommé Président du Conseil d’Administration du Réseau gazier du Sénégal SA (RGS SA), en remplacement de Monsieur Alexandre NGOM ;

• Monsieur Tidjani NIASS, Ingénieur pétrolier, est nommé Président du Conseil d’administration de la Société des Pétroles du Sénégal (PETROSEN HOLDING) en remplacement de Monsieur Joseph Sambesene DIATTA.

Au titre du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique

• Monsieur Emmanuel DIEDHIOU, Administrateur civil principal, matricule de solde n° 611 535/A, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ) au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, poste vacant ;

• Monsieur Cheikhna Saad-Bouh SECK, Instituteur principal de 1er échelon, matricule de solde n° 633 364/E, est nommé Président du Conseil d’Orientation du Programme de Formation Ecole-Entreprise (PF2E) au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Monsieur Mamadou MBATHIE, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère des Infrastructures

• Monsieur Pape Gora CAMARA, titulaire d’un Master en Planification et Gestion de projets, matricule de solde n° 658 273/K, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère des Infrastructures.

Au titre du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme

• Monsieur Ndéné NDAO, Administrateur civil, matricule de solde n° 696 212/Z, est nommé Directeur de la Réglementation touristique, en remplacement de Madame Ndèye Awa BADJI.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique

• Monsieur Amadou Djibril DIALLO, Président du Conseil Départemental de Matam, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier Abdoul Cissé Kane des Agnams, poste vacant ;

• Monsieur Elhadji Mbagnick NGOM, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Management des Établissements de la Santé, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national Aristide Le DANTEC, en remplacement de Monsieur Cheikh Tidiane DIOP ;

• Monsieur Alé Badara BA, titulaire d’un Diplôme d’Infirmier d’Etat, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national de Pikine, en remplacement de Monsieur Falilou DIOP ;

• Monsieur Mohamed Tété DIEDHIOU, titulaire d’un Doctorat en Médecine, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Hôpital général Idrissa POUYE de Grand-Yoff, poste vacant ;

• Monsieur Cheikh Tacko DIOP, Professeur des Universités en Economie de la Santé et Administrateur de services de santé, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national Matlaboul Fawzaïni de Touba, en remplacement de Monsieur Khadim Awa Balla MBACKE ;

• Monsieur Amadou Gallo DIOP, Professeur des Universités en Médecine à la retraite, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national de FANN, en remplacement de Monsieur Mame Abdoulaye GUEYE ;

• Monsieur Joseph Mané, Technicien supérieur en Santé à la retraite, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier d’Enfants Albert ROYER, en remplacement de Monsieur Lamine Cissé SARR ;

• Monsieur Mamadou DIOUF, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Master en Bio-toxicologie appliqué à l’Industrie, à l’Environnement et à la Santé, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national d’Enfants de Diamniadio, en remplacement de Monsieur Madické NDAO ;

• Monsieur Boundia DJIBA, Professeur des Universités en Médecine, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national Dalal Jamm, en remplacement de Monsieur Mamadou NDIAYE ;

• Monsieur Algaye NGOM, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé Publique, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba, poste vacant ;

• Monsieur Arouna DIOP, Technicien Supérieur en Santé, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre national d’Appareillage Orthopédique (CNAO), en remplacement de Monsieur Pape Moussé TOURE ; 

• Monsieur Mamadou BEYE, Professeur des Universités en Médecine, est nommé Président du Conseil d’Administration du Service d’Assistance Médicale d’Urgence (SAMU), en remplacement de Monsieur Jean François DIENE ;

• Monsieur Serigne Abdoul BA, Professeur des Universités en Médecine à la retraite, est nommé Président du Conseil d’Administration du Centre hospitalier national Seydi Elhadji Malick Sy de Tivaoune, poste vacant.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Sénégal : Mise au point officielle sur la candidature de Macky Sall à l’ONU

Le gouvernement sénégalais a officiellement clarifié sa position concernant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Interrogé par Baye Oumar Gueye, Directeur général de Sudfm, le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a affirmé sans ambiguïté que l’État du Sénégal n’a pas été associé à la démarche engagée en vue de cette candidature.

L’information a émergé le lundi 2 mars, lorsque la presse a appris, puis confirmé, la transmission à l’Organisation des Nations Unies d’une lettre émanant de la Mission permanente du Burundi auprès des Nations Unies. Le document, adressé au Secrétaire général de l’ONU, parrainait formellement la candidature de Macky Sall. Le fait marquant de cette initiative réside dans son origine : la proposition n’a pas été introduite par Dakar, mais par Bujumbura.

Face aux interrogations suscitées par cette démarche, Cheikh Niang a tenu à dissiper toute ambiguïté. Selon lui, « le gouvernement du Sénégal n’a pas été associé à cette démarche telle que présentée dans la lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU ». Il a également précisé que la question n’a fait l’objet d’aucune discussion officielle lors du récent sommet de l’Union africaine tenu en février. Aucun consensus ni endossement collectif n’y aurait été exprimé en faveur de cette candidature.

Cette prise de position marque une volonté claire de distinction entre l’initiative personnelle de l’ancien chef de l’État et la position officielle du gouvernement actuel. Toutefois, le chef de la diplomatie sénégalaise a veillé à apporter une nuance importante. Il a rappelé que, conformément aux règles en vigueur au sein des Nations Unies, tout État membre dispose du droit souverain de proposer un candidat aux fonctions internationales. De même, tout ancien chef d’État estimant réunir les compétences et l’expérience requises peut librement faire acte de candidature.

La réserve exprimée par Dakar ne porte donc pas sur la légalité de la procédure, mais sur l’absence de concertation préalable avec les autorités sénégalaises. En filigrane, le message est clair : si la démarche est juridiquement recevable, elle aurait gagné en légitimité politique par une coordination avec l’État dont l’ancien président est issu.

Dans ce contexte, Cheikh Niang a révélé un élément supplémentaire qui éclaire les développements en cours. Une lettre de Macky Sall aurait été adressée directement au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, afin de solliciter son soutien officiel. À ce stade, cette correspondance serait toujours en attente de réponse. Le ministre a précisé que le délai de soumission des candidatures n’étant pas encore arrivé à son terme, la position définitive du Sénégal ne sera connue qu’à l’expiration de cette échéance.

Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique sensible, où les équilibres régionaux et les ambitions africaines sur la scène multilatérale demeurent des enjeux majeurs. La succession à la tête des Nations Unies constitue traditionnellement un processus hautement stratégique, mêlant considérations géopolitiques, équilibres continentaux et rapports de force au sein du Conseil de sécurité.

Ousmane Sonko clarifie la ligne de Pastef et recadre les débats sur l’exercice du pouvoir

Le leader du Pastef, Ousmane Sonko, a tenu à lever toute équivoque sur la nature des relations entre son parti et l’exercice du pouvoir exécutif, dans un contexte marqué par des spéculations et des débats internes. S’adressant aux militants, il a rappelé avec fermeté que le Pastef fonctionne selon des règles précises, avec ses propres chartes et mécanismes de régulation, et que toute divergence doit impérativement être traitée au sein des instances prévues à cet effet.

Dans son intervention, le chef de l’État a opéré une distinction nette entre ses deux casquettes. Il a expliqué qu’au niveau partisan, il demeure l’autorité politique de référence, garant de la ligne et de la cohérence du mouvement. En revanche, dans le cadre institutionnel, il exerce pleinement ses prérogatives de président de la République, conformément à la Constitution et aux exigences de la fonction. Cette clarification, selon lui, vise à éviter toute confusion entre l’appareil d’État et l’organisation partisane, surtout à un moment où le Pastef détient les rênes de l’exécutif.

Ousmane Sonko a tenu à écarter toute idée de confrontation entre le parti et les institutions. Il a plutôt parlé d’un impératif de cohérence et de discipline. Pour lui, il ne s’agit pas d’un bras de fer, mais d’un appel à mettre fin à ce qu’il a qualifié de « double jeu ». Dans son esprit, l’unité et la clarté de la ligne politique constituent des conditions essentielles pour consolider l’action gouvernementale et préserver la crédibilité du projet porté par le Pastef.

Le président de la République a insisté sur la nécessité de renforcer simultanément un parti structuré, discipliné et fidèle à ses principes, et un État fonctionnant dans le strict respect des institutions. Il a invité les militants, parfois décrits comme « frileux » face aux rumeurs et aux polémiques, à faire preuve de sérénité et de confiance. Assurant être informé de tout ce qui se passe en interne comme à l’extérieur, il les a exhortés à se concentrer sur les priorités stratégiques plutôt que sur les spéculations.

Sur le plan politique, Ousmane Sonko a rappelé qu’il n’existe pas de miracle en politique, soulignant que les avancées reposent sur le travail, la cohérence et la constance. Il a conclu sur une note offensive, affirmant que le Pastef est plus que jamais fort, fort de la légitimité acquise lors des élections de 2024 et de la confiance populaire.

Abordant la question sensible des alliances, le leader du Pastef a précisé que son parti n’est nullement opposé aux coalitions. Toutefois, il a insisté sur le respect du poids politique et de la légitimité du Pastef. Selon lui, il est inacceptable qu’un partenaire cherche à s’imposer à la tête du parti ou à en influencer la direction alors même que le Pastef constitue la principale force issue des urnes. Il a dénoncé certaines démarches qu’il juge divisives, estimant que l’objectif de certaines manœuvres ne serait pas de renforcer l’unité, mais de créer des fractures internes afin de mieux peser dans les rapports de force.

Non-lieu total : Ndeye Saly Diop Dieng remercie ses soutiens et réaffirme son engagement républicain

Au lendemain de la décision de non-lieu total rendue par la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice, Ndaye Saly Diop Dieng est sortie de son silence pour exprimer sa gratitude et réaffirmer son attachement aux institutions de la République. Dans une déclaration rendue publique, l’ancienne ministre a salué avec émotion les nombreux soutiens qui l’ont accompagnée tout au long de la procédure judiciaire qu’elle qualifie d’« épreuve ».

Visiblement soulagée par l’issue de la procédure, elle a tenu à remercier celles et ceux qui lui ont manifesté leur solidarité durant cette période délicate. Des témoignages venus des quatre coins du pays, de Dakar au Ndiambour en passant par le Cayor, lui ont, selon ses propres mots, apporté « la force et la sérénité nécessaires pour traverser cette période ». Elle a insisté sur l’importance de cet élan national, qu’elle considère comme un réconfort moral déterminant face aux accusations portées contre elle.

L’ancienne membre du gouvernement de Macky Sall a rappelé qu’elle n’a jamais douté de son innocence depuis l’ouverture de la procédure judiciaire. La décision de non-lieu total vient, à ses yeux, confirmer une position qu’elle affirme avoir toujours défendue avec constance et dignité. « Je n’ai jamais cessé d’affirmer mon innocence », a-t-elle martelé, estimant que la justice a désormais établi la vérité des faits.

Se définissant comme une « républicaine convaincue », Ndeye Saly Diop Dieng a saisi l’occasion pour réitérer son attachement au respect des institutions et à l’indépendance de la justice. Elle a souligné que la solidité d’un État repose sur la confiance dans ses mécanismes institutionnels et sur la capacité des autorités judiciaires à statuer en toute impartialité. Selon elle, cette décision illustre le fonctionnement normal des institutions et renforce la crédibilité de l’État de droit au Sénégal.

Adoptant un ton apaisé, elle a affirmé ne nourrir aucun esprit de revanche. Au contraire, elle a adressé un message particulier aux femmes du Sénégal, à la jeunesse et aux anciens, leur promettant de continuer à les servir « avec dignité, responsabilité et fidélité aux valeurs de la République ». Elle a réaffirmé sa volonté de rester engagée au service du pays, portée par les principes qui ont toujours guidé son action publique.

En conclusion, l’ancienne ministre a exprimé une profonde reconnaissance envers tous ceux qui l’ont soutenue, estimant que cet appui « honore et renforce » son engagement. À travers cette déclaration, Ndeye Saly Diop Dieng entend tourner la page de cette séquence judiciaire et se projeter vers l’avenir, avec la détermination de poursuivre son action au service du Sénégal.

Produits pétroliers : Ousmane Sonko met en place un dispositif d’anticipation face aux tensions internationales

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce mardi 3 mars 2026, une réunion spéciale consacrée à la situation des produits pétroliers au Sénégal, dans un contexte international marqué par la persistance de la guerre au Moyen-Orient et ses répercussions sur les marchés mondiaux de l’énergie. Cette rencontre stratégique a réuni les ministres concernés ainsi que les responsables des structures techniques en charge du secteur énergétique et des finances publiques.

Au cœur des échanges figurait la nécessité d’anticiper les effets d’éventuelles perturbations sur l’approvisionnement national en carburants et en gaz butane. Les tensions géopolitiques actuelles exercent une pression accrue sur les prix du baril et sur les chaînes logistiques internationales, exposant les pays importateurs comme le Sénégal à des risques de hausse des coûts et de rupture d’approvisionnement. Face à cette conjoncture incertaine, le gouvernement entend adopter une posture proactive afin de préserver la stabilité du marché intérieur.

Le Premier ministre a insisté sur l’impératif de sécuriser les stocks stratégiques et de renforcer les mécanismes de veille et d’alerte. Il a également souligné l’importance d’une coordination étroite entre les différents départements ministériels impliqués, notamment ceux en charge de l’Énergie, des Finances, du Commerce et des Transports. L’objectif est d’assurer une gestion rigoureuse des importations, de maîtriser l’impact budgétaire des subventions et d’éviter toute spéculation susceptible de pénaliser les consommateurs.

La protection des ménages vulnérables constitue un axe central des orientations définies lors de cette réunion. Dans un contexte où les produits pétroliers influencent directement le coût du transport, des denrées alimentaires et des services de base, l’Exécutif veut prévenir toute flambée des prix qui pourrait affecter le pouvoir d’achat des populations. Des mesures ciblées sont à l’étude afin d’atténuer les effets d’éventuelles hausses sur les couches sociales les plus exposées.

Pour assurer un suivi régulier et rigoureux de la situation, un comité interministériel a été mis en place. Cette instance sera chargée d’analyser l’évolution des marchés internationaux, d’évaluer les niveaux de stock disponibles et de proposer, en temps réel, les ajustements nécessaires. Elle devra également formuler des recommandations en matière de politique tarifaire et de gestion des subventions, en tenant compte des équilibres macroéconomiques du pays.

Macky Sall officiellement candidat au poste de Secrétaire général de l’ONU

La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies est désormais officielle. Son dossier a été enregistré par l’Assemblee général des Nations unies , marquant une étape formelle et significative dans le processus de sélection du prochain chef de l’institution onusienne.

Présentée par le Burundi dans le cadre du mécanisme de désignation pour l’échéance de 2026, cette candidature figure désormais parmi les prétendants déclarés à la succession de l’actuel Secrétaire général, António Guterres. Ce dernier arrive au terme de son second mandat, ouvrant la voie à une nouvelle phase de consultations diplomatiques intenses entre États membres.

L’enregistrement par l’Assemblée générale ne signifie pas une élection automatique, mais confirme que la candidature remplit les conditions formelles requises. Le processus de sélection du Secrétaire général des Nations unies repose sur une recommandation du Conseil de sécurité, suivie d’une nomination validée par l’Assemblée générale. Traditionnellement, plusieurs cycles de consultations informelles sont organisés afin d’évaluer les profils en lice, leurs visions et leur capacité à rassembler un large consensus international.

La présentation du dossier de Macky Sall par le Burundi s’inscrit dans la logique de rotation géographique non écrite qui guide souvent le choix du Secrétaire général. Après des mandats exercés par des personnalités européennes, asiatiques, africaines et latino-américaines au fil de l’histoire de l’organisation, certains observateurs estiment que l’Afrique pourrait légitimement revendiquer le poste en 2026. Cette dynamique pourrait renforcer les chances d’un candidat issu du continent, à condition qu’il obtienne l’appui des grandes puissances membres du Conseil de sécurité.

Durant ses douze années à la tête du Sénégal, Macky Sall a occupé plusieurs fonctions sur la scène internationale, notamment la présidence de l’Union africaine. Son expérience diplomatique, sa participation aux grands forums multilatéraux et son implication dans les dossiers de sécurité, de développement et de climat constituent des éléments susceptibles d’alimenter son argumentaire face aux autres candidats.

La compétition s’annonce toutefois ouverte et exigeante. Le futur Secrétaire général devra faire face à des défis mondiaux majeurs, notamment les tensions géopolitiques croissantes, les crises sécuritaires, les urgences climatiques et les inégalités de développement. Le profil recherché devra conjuguer capacité de médiation, leadership moral et aptitude à maintenir l’équilibre entre les intérêts parfois divergents des grandes puissances.

Présidentielle 2029 : Marième Diakhaté Mbacké déplore les réponses « floues » de Bassirou Diomaye Faye lors d’un ndogou au Palais

La députée Marième Diakhaté Mbacké dit être restée sur sa faim à l’issue du ndogou organisé vendredi dernier au Palais de la République, à l’initiative du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Conviée à cette rencontre aux côtés d’une centaine de parlementaires et de maires du parti Pastef, l’élue espérait obtenir des clarifications sur les intentions du Président en vue de l’élection présidentielle de 2029. Selon elle, les réponses apportées par leur hôte n’ont pas permis de dissiper les interrogations qui agitent déjà les rangs du camp présidentiel.

Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur et paru ce lundi, Marième Diakhaté Mbacké révèle que deux questions majeures ont été posées au chef de l’État au cours des échanges. La première portait sur une éventuelle candidature de Bassirou Diomaye Faye à sa propre succession en 2029, alors que certaines voix prêtent au Président l’intention de briguer un nouveau mandat. La seconde concernait l’hypothèse d’une candidature d’Ousmane Sonko, figure centrale de Pastef et actuel Premier ministre.

D’après la députée, sur la question relative à Ousmane Sonko, le Président aurait pris ses distances. « Il a signalé que cela ne dépendait pas de lui », rapporte-t-elle, précisant qu’il aurait affirmé ne pas gérer la candidature de Sonko. Pour Marième Diakhaté Mbacké, cette posture équivaut à un désengagement. Elle estime que le chef de l’État a ainsi « dégagé toutes ses responsabilités », laissant entendre que la décision relèverait d’une autre instance ou d’un processus interne au parti.

S’agissant de sa propre éventuelle candidature, la parlementaire évoque une réponse qu’elle juge évasive. Selon elle, Bassirou Diomaye Faye n’a pas clairement indiqué s’il serait candidat ou non en 2029. « Sa réponse m’a semblé floue », confie-t-elle, ajoutant que cette absence de position tranchée a ravivé les interrogations au sein des responsables présents. Pour l’élue, le Président ne les a « vraiment pas édifiés » sur ses intentions.

Marième Diakhaté Mbacké établit même un parallèle avec une séquence politique récente encore vive dans les mémoires. Elle compare l’attitude du chef de l’État à celle de Macky Sall lorsqu’il entretenait le doute autour d’une éventuelle troisième candidature, résumée à l’époque par un « ni oui ni non » resté célèbre. Cette référence illustre, selon elle, le malaise suscité par des réponses jugées ambiguës sur une question aussi sensible.

APR : Macky Sall lance une nouvelle phase de réorganisation interne et fixe l’échéance au 15 mars

Le président de l’Alliance pour la République, Macky Sall, a rendu publique, ce 2 mars 2026 à Dakar, une note circulaire consacrée à la réorganisation interne de son parti. À travers ce document, le leader de l’APR entend accélérer la restructuration des instances et renforcer l’efficacité organisationnelle de la formation politique dans un contexte marqué par d’importants enjeux nationaux.

Dans la circulaire, il est indiqué que plusieurs étapes significatives ont déjà été franchies dans le processus de réaménagement des structures du parti. Parmi celles-ci figurent la mise en place des Secrétariats exécutifs départementaux (SED) et des Secrétariats exécutifs communaux (SEC) dans certaines localités, ainsi que l’installation du Comité de liaison et de suivi des activités du Secrétariat exécutif national (SEN). Ces dispositifs sont présentés comme des leviers essentiels pour assurer une meilleure coordination entre les différents échelons du parti et garantir une plus grande cohérence dans l’action politique.

Toutefois, la note souligne que l’objectif à ce stade est de rendre pleinement opérationnelles les structures dont les responsables ont déjà été désignés. Il ne s’agit plus seulement de procéder à des nominations, mais d’engager concrètement les équipes dans une dynamique de travail structurée, avec des missions clairement définies et des résultats attendus dans des délais précis.

À cet effet, une échéance ferme a été fixée au 15 mars 2026. Le président de l’APR instruit le Comité de liaison et de suivi du SEN de veiller scrupuleusement à l’application des directives auprès de toutes les entités concernées. Chaque structure devra, au plus tard à cette date, accomplir deux tâches majeures. La première consiste à constituer une équipe de coordination composée de vingt membres au maximum, dont la liste nominative devra être transmise au comité compétent. La seconde obligation porte sur l’élaboration et la soumission d’un plan d’actions général assorti d’un programme d’activités trimestriel, afin d’inscrire l’action du parti dans une perspective organisée et planifiée.

À travers ces mesures, Macky Sall entend consolider la dynamique de remobilisation des militants et des responsables à tous les niveaux. La circulaire fait d’ailleurs référence au contexte politique actuel, qualifié d’exigeant, et appelle à une mobilisation soutenue pour préserver la cohésion interne et renforcer la présence du parti sur le terrain.

La coalition Diomaye Président convoque une Assemblée générale décisive pour valider ses textes fondateurs

La coalition Diomaye Président a annoncé la tenue de son Assemblée générale ce samedi 7 mars à l’Hôtel King Fahd à Dakar, à partir de 10 heures. Cette rencontre est présentée comme une étape déterminante dans la structuration et la consolidation de l’alliance politique, avec à l’ordre du jour la validation officielle de ses textes fondateurs.

Jugée cruciale par les responsables de la coalition, cette Assemblée générale vise à doter la plateforme d’un cadre formel régissant son fonctionnement interne, ses mécanismes de prise de décision ainsi que ses orientations stratégiques. À travers cette démarche, la coalition entend franchir un cap dans son organisation, en passant d’une dynamique de mobilisation à une structuration institutionnelle claire et partagée par l’ensemble de ses composantes.

Dans un communiqué, le superviseur général de la coalition, Aminata Touré, a précisé qu’un représentant par parti ou mouvement membre prendra part à la session. Cette disposition vise à garantir une représentation équilibrée des différentes entités qui composent la coalition, laquelle revendique plus de 400 membres. Les responsables soulignent que cette approche permettra d’assurer la légitimité et la transparence du processus de validation des textes, tout en favorisant l’adhésion collective aux règles qui encadreront désormais le fonctionnement de l’alliance.

L’organisation logistique de l’événement fait également l’objet d’une attention particulière. Les participants sont invités à confirmer leur présence auprès de Samba Gueye, chargé de l’établissement des badges d’accès. Cette mesure, selon la direction, a pour objectif de fluidifier l’entrée dans la salle et d’éviter tout désordre le jour de l’Assemblée générale. La coalition insiste sur la nécessité pour chaque représentant désigné de se conformer à cette procédure afin de faciliter le bon déroulement des travaux.

Des dispositions sécuritaires strictes seront mises en place à l’entrée de la salle. Les organisateurs annoncent un contrôle rigoureux, appelant les membres à faire preuve de patience et de coopération. Ces mesures interviennent dans un contexte où les rassemblements politiques exigent une vigilance accrue, tant pour garantir la sécurité des participants que pour préserver le caractère serein et ordonné des débats.

Macky Sall candidat au poste de secrétaire général de l’ONU : Abdou Mbow confirme un dépôt officiel par l’Union africaine

Le député Abdou Mbow a affirmé que la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations Unies a été officiellement déposée au siège de l’ONU par le président du Burundi, actuel président en exercice de l’Union africaine (UA). Selon lui, cette démarche traduit un soutien institutionnel clair de l’organisation continentale en faveur de l’ancien chef de l’État sénégalais.

D’après le parlementaire, le fait que le président en exercice de l’UA ait procédé au dépôt du dossier signifie que la candidature est portée par l’ensemble de l’Union africaine. Il y voit la reconnaissance d’un leadership africain affirmé, estimant que Macky Sall dispose d’une stature internationale et d’une capacité de dialogue avec différents blocs géopolitiques. « Je le confirme, c’est la réalité », a-t-il déclaré, insistant sur le caractère officiel de l’initiative.

Pour Abdou Mbow, cette candidature représente une opportunité historique, non seulement pour le Sénégal, mais aussi pour l’Afrique francophone et le monde musulman. Il a souligné qu’une éventuelle élection de Macky Sall constituerait une première majeure : celle d’un francophone musulman à la tête de l’Organisation des Nations Unies. À ses yeux, une telle consécration renforcerait considérablement le rayonnement diplomatique du Sénégal et consoliderait la place du continent africain dans la gouvernance mondiale.

Le député a également mis en avant le bilan diplomatique de l’ancien président, affirmant que Macky Sall a contribué à accroître la visibilité internationale du Sénégal et à dynamiser sa diplomatie, notamment sur le plan économique. Il estime que son accession à la tête de l’ONU serait « une aubaine » pour le pays, pour l’Afrique et pour les peuples qui se reconnaissent dans son parcours et son leadership.

Abdou Mbow a par ailleurs interpellé les autorités sénégalaises actuelles sur la nécessité d’apporter un soutien clair à cette candidature. Selon lui, le Sénégal ne saurait rester en retrait face à une initiative portée par l’Union africaine. Il a conseillé aux dirigeants en place de ne pas « être à la traîne », considérant qu’un appui national cohérent serait déterminant pour maximiser les chances de succès d’une candidature qui, affirme-t-il, bénéficie déjà d’un soutien continental.

Sonko rassure les militants : « La Coalition Diomaye Président n’est pas en concurrence avec le Pastef »

Le Premier ministre et président du Ousmane Sonko, également leader du Parti Patriotes Africains Africains du Sénégal pour le travail, l’Ethique et la Fraternité (Pastef), est monté au créneau pour dissiper les inquiétudes exprimées par une partie de sa base militante à propos de la mise en place de la Coalition Diomaye Faye par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye .

C’est dans le cadre de son émission en ligne « Waxtaan ak PROS », un espace d’échanges directs avec ses partisans, que le chef du gouvernement a choisi d’aborder frontalement la question. Face aux interrogations sur un éventuel affaiblissement du Pastef ou une concurrence interne au sein de la majorité, Ousmane Sonko s’est voulu catégorique. Selon lui, la nouvelle coalition n’a pas réussi à attirer des militants de son parti. « La Coalition Diomaye Président n’a pas réussi à prendre des militants de Pastef. C’est inédit de voir une coalition au pouvoir ne pas pouvoir attirer des membres, le Pastef a résisté à cela », a-t-il affirmé.

Pour le leader du Pastef, la coalition présidentielle ne constitue en aucun cas une menace pour sa formation politique. Il estime au contraire qu’elle se positionne dans un autre registre stratégique. « Cette coalition n’est pas en concurrence avec le Pastef mais avec les autres partis d’opposition », a-t-il déclaré. Dans son argumentaire, il a cité explicitement l’Alliance pour la République (APR), soulignant que si la Coalition Diomaye Président cherche à attirer des élus locaux issus de l’opposition, notamment des maires, c’est vers l’APR que se dirige cette compétition politique et non vers le Pastef.

Dans son analyse, Ousmane Sonko est même allé plus loin en qualifiant la situation actuelle d’opportunité pour son parti. « Cette situation, c’est une aubaine pour le Pastef », a-t-il assuré. Il a appelé ses militants à cesser d’alimenter le débat autour de cette coalition, estimant qu’il n’y a pas lieu d’entretenir une polémique au sein de la majorité. « Je ne veux plus que les militants de Pastef parlent de cette coalition. Cette Coalition s’identifie dans la majorité donc pourquoi en parler ? », a-t-il insisté, invitant ainsi à recentrer les énergies sur les priorités politiques du parti.

Le Premier ministre n’a pas manqué d’adopter un ton offensif à l’égard des responsables engagés dans la nouvelle structure. Dans une formule incisive, il a déclaré que « ceux qui sont dans cette coalition ne peuvent gagner une cabine téléphonique », une manière de minimiser leur poids politique et leur capacité de mobilisation.

En guise de conclusion stratégique, Ousmane Sonko a fixé ce qu’il a qualifié « d’ordre de bataille » pour le Pastef. L’objectif, selon lui, est clair : aller à la rencontre des Sénégalais, renforcer la présence sur le terrain et consolider l’ancrage populaire du parti. Pour le chef du gouvernement, l’essentiel demeure la proximité avec les citoyens et la poursuite du projet politique porté par le Pastef, au-delà des recompositions internes à la majorité présidentielle.

Ousmane Sonko : « Je suis le Premier ministre le moins fort, mais j’assume pleinement mon rôle »

Le Premier ministre Ousmane Sonko a profité d’une nouvelle édition de sa plateforme d’échanges en ligne « Waxtaan ak PROS » pour livrer une analyse approfondie de sa position institutionnelle et de ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye. Face à ses partisans, le chef du gouvernement a tenu un discours à la fois lucide sur les limites de ses prérogatives et ferme sur sa détermination à exercer pleinement ses responsabilités.

Dans une déclaration qui a suscité de nombreuses réactions, Ousmane Sonko s’est présenté comme « le Premier ministre le moins fort » en comparaison avec ses prédécesseurs. Il a expliqué que, dans l’architecture institutionnelle actuelle, ses pouvoirs seraient plus restreints que ceux exercés par d’anciens chefs du gouvernement. « Je suis le Premier ministre le moins fort. J’ai le moins de pouvoirs comparé aux précédents Premiers ministres. Dans les textes je suis faible, mais dans ma posture, j’assume mon rôle pleinement », a-t-il affirmé.

Tout en reconnaissant les limites prévues par les textes, le leader du Pastef a tenu à rappeler que ses prérogatives demeurent celles définies par la Constitution. Selon lui, le respect de l’équilibre institutionnel est un principe fondamental. « Je respecte le président mais j’ai autant de pouvoirs comme défini par la Constitution », a-t-il déclaré, soulignant ainsi sa volonté d’inscrire son action dans le strict cadre légal.

Évoquant la répartition des compétences au sommet de l’exécutif, Ousmane Sonko a rappelé que le chef de l’État dispose du pouvoir de nomination et de révocation par décret, ce qui confère au président une position déterminante dans le fonctionnement de l’appareil gouvernemental. Il a toutefois précisé qu’il ne revendique « aucun pouvoir » supplémentaire, estimant que le cadre institutionnel actuel fixe clairement les responsabilités de chacun et qu’il convient de s’y conformer.

Abordant la question d’éventuelles réformes institutionnelles, le Premier ministre a pris soin d’écarter toute lecture personnalisée d’un tel chantier. Selon lui, toute réforme éventuelle ne viserait ni à renforcer sa position personnelle ni à instaurer un déséquilibre au profit de la Primature. « S’il y a réforme aussi, ce n’est pas pour le président qui veut un Premier ministre hyper fort, c’est pour le peuple », a-t-il insisté, plaçant ainsi le débat sur le terrain de l’intérêt général.

Dans son intervention, il a également mis en avant le rôle central du Pastef dans la conduite de l’action publique. Ousmane Sonko a affirmé que le président ne pourrait engager de réformes parlementaires sans l’appui du parti majoritaire. « Le président ne peut faire de réformes parlementaires sans le Pastef. Tant qu’on sera là, la gouvernance sera pleinement assumée par le Pastef », a-t-il soutenu, estimant que les résultats de l’action gouvernementale seront, en définitive, le principal critère d’évaluation.

Le chef du gouvernement a enfin évoqué les équilibres institutionnels et les dynamiques internes au pouvoir. Sans entrer dans les détails, il a révélé que, selon lui, « en deux ans, nous avons bloqué énormément de tentatives », laissant entendre l’existence de résistances ou de pressions au sein du système. Il a conclu par une mise en garde lourde de sens : « Le système ne s’avoue jamais vaincu. »

Sonko clarifie : « Aucune confrontation entre Pastef et la Coalition Diomaye Président »

La coexistence entre le Parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail,l’Ethique et la Fraternité (Pastef) et la Coalition Diomaye Président continue d’alimenter les discussions au sein de la base militante. Depuis plusieurs semaines, des interrogations émergent quant à la place et au rôle de cette coalition dans l’architecture politique du camp dit « patriotique ». Certains militants redoutent que l’existence d’une structure parallèle ne crée une concurrence interne susceptible d’affaiblir le parti sur l’échiquier politique national.

Face à ces préoccupations, Ousmane Sonko a choisi de s’exprimer clairement afin de dissiper toute ambiguïté. Le leader du Pastef a tenu à rassurer ses partisans en affirmant qu’il n’existe « aucune confrontation » entre son parti et la Coalition Diomaye Président. Dans une déclaration empreinte de fermeté, il a invité les militants à « savoir raison garder », estimant que certaines craintes reposent davantage sur des perceptions que sur des réalités politiques concrètes.

Selon lui, la coalition ne saurait être interprétée comme une entité concurrente du Pastef. Il a insisté sur le fait que cette alliance a été conçue non pas pour rivaliser avec le parti, mais pour élargir le socle électoral et faire face aux formations adverses. Dans son argumentaire, Ousmane Sonko a rappelé que la finalité stratégique demeure la conquête et la consolidation du pouvoir au bénéfice du projet politique défendu par le camp présidentiel. La coalition s’inscrit ainsi, à ses yeux, dans une logique d’ouverture et de rassemblement, et non dans une dynamique de fragmentation.

Allant plus loin, le président du Pastef a présenté la coalition comme une opportunité plutôt qu’un risque. Il l’a qualifiée « d’aubaine » pour son parti, estimant que l’élargissement des forces engagées autour du projet présidentiel renforce la capacité d’action et d’influence du mouvement. Cette vision stratégique repose sur l’idée qu’une coalition bien structurée peut servir de levier pour consolider les acquis politiques et accroître la représentativité du camp patriotique.

Dans son intervention, Ousmane Sonko a également cherché à recentrer le débat interne. Il a clairement indiqué qu’il ne souhaite plus entendre des critiques ou des propos négatifs à l’égard de la Coalition Diomaye Président au sein du Pastef. Pour lui, la priorité reste la cohésion et la discipline militante. Il a rappelé que le Pastef demeure avant tout « un parti de défi », construit pour relever de grandes ambitions politiques et porter un projet de transformation en profondeur du Sénégal.

Escalade militaire au Moyen-Orient : la Cédéao appelle à la retenue après des frappes meurtrières entre Israël, les États-Unis et l’Iran

Le Moyen-Orient est entré, depuis la matinée du 28 février 2026, dans une phase d’extrême tension marquée par une série de frappes militaires d’ampleur inédite. L’offensive lancée par Israël , avec le soutien des États Unis , contre des cibles stratégiques en Iran a provoqué un séisme géopolitique dans toute la région. Selon les premières informations relayées par les autorités iraniennes, ces « attaques préventives » auraient entraîné la mort du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamanei , figure centrale du pouvoir iranien depuis plus de trois décennies.

Cette annonce, si elle est confirmée officiellement, constituerait un tournant historique majeur pour la République islamique et pour l’équilibre stratégique régional. La disparition du plus haut responsable politique et religieux iranien pourrait en effet ouvrir une période d’incertitude interne à Téhéran, tout en exacerbant les tensions avec ses adversaires.

En riposte aux frappes israélo-américaines, l’Iran a rapidement engagé des représailles en ciblant plusieurs bases militaires américaines dans la région du Golfe. Des installations situées notamment au Bahreïn et aux Émirats Arabes Unis auraient été visées par des missiles et des drones. Les autorités locales n’ont pas encore publié de bilan détaillé des dégâts matériels ni des pertes humaines éventuelles.

Du côté iranien, le Croissant-Rouges iranien fait état d’au moins 201 morts et 747 blessés, parmi lesquels figureraient des dizaines d’enfants. Ces chiffres, encore provisoires, traduisent l’ampleur des destructions et la gravité de la situation humanitaire qui se dessine.

Face au risque d’un embrasement militaire généralisé au Moyen-Orient, la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest a exprimé sa vive préoccupation. Dans un communiqué officiel, l’organisation sous-régionale appelle toutes les parties à faire preuve d’une retenue maximale et à agir en pleine conformité avec la Charte des Nations unies et le droit international. Elle insiste particulièrement sur le respect des principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et de règlement pacifique des différends.

La Cédéao souligne également que la protection des populations civiles et des infrastructures critiques doit rester une priorité absolue. Selon l’organisation, une extension du conflit pourrait avoir de graves conséquences au-delà de la région, affectant la paix et la sécurité internationales, mais aussi les marchés mondiaux de l’énergie, le commerce et les chaînes d’approvisionnement alimentaire. Dans un contexte déjà marqué par des tensions économiques globales, une déstabilisation durable du Moyen-Orient ferait peser un risque supplémentaire sur les économies vulnérables, notamment en Afrique de l’Ouest.

L’organisation régionale plaide ainsi pour un renouvellement urgent des efforts diplomatiques dans les cadres internationaux et régionaux existants. Elle encourage la reprise du dialogue afin de réduire les tensions et de restaurer la stabilité. Pour la Cédéao, seule une solution politique et négociée permettra d’éviter une spirale incontrôlable de violences susceptibles d’entraîner plusieurs puissances régionales et internationales dans un conflit ouvert.

Ndogou présidentiel : derrière la convivialité, les fractures politiques au sein de Pastef

L’invitation à un « ndogou » adressée aux députés du régime par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, continue de susciter interrogations et commentaires au sein de la classe politique sénégalaise. Présentée comme un moment de partage en ce mois de Ramadan, la rencontre a rapidement pris une dimension éminemment politique, révélant des tensions internes que beaucoup soupçonnaient déjà au sein du parti Pastef.

Interrogé par Dakaractu, l’analyste politique Malaw Kanté estime qu’il n’y avait « pas grande surprise » autour de cette initiative. Selon lui, la tenue de ce ndogou relevait d’une logique attendue, dans un contexte marqué par des crispations perceptibles entre différentes sensibilités du parti. « On s’y attendait vraiment », confie-t-il, considérant que cette rencontre offrait à la fois au chef de l’État et aux parlementaires l’occasion de « régler le contentieux ».

Depuis plusieurs semaines, des signaux de malaise traversent en effet les rangs de Pastef. Des clivages internes seraient apparus, opposant des députés perçus comme « pro-Sonko » à d’autres considérés comme « pro-Diomaye ». Cette fracture, encore feutrée publiquement, traduirait des divergences d’orientation politique et stratégique entre le président de la République et son Premier ministre, Ousmane Sonko, figure centrale du parti et leader historique du mouvement.

Pour Malaw Kanté, le ndogou présidentiel a ainsi dépassé le cadre symbolique d’une rupture du jeûne pour prendre les allures d’un véritable règlement de comptes politique. Certains députés seraient venus avec l’intention de poser des questions directes au chef de l’État ou de soulever des préoccupations jugées pressantes. De son côté, le président aurait profité de l’occasion pour apporter des éclaircissements sur un certain nombre de sujets sensibles et tenter de reprendre l’initiative.

L’analyste n’écarte pas non plus une dimension stratégique dans la démarche du chef de l’État. En recevant d’abord les députés de la majorité pour discuter de questions politiques, Bassirou Diomaye Faye pourrait ouvrir la voie à d’autres consultations avec des entités plus larges, notamment au sein de la coalition qui l’a porté au pouvoir. Cette dynamique pourrait s’inscrire dans une volonté de réorganiser les équilibres internes et de consolider son autorité.

Cependant, selon les échos rapportés, la réunion ne se serait « pas très bien tournée ». Si aucune communication officielle détaillée n’a été publiée par la présidence, certaines prises de parole de députés laissent entendre que les échanges ont été francs, voire tendus. Pour Malaw Kanté, cet épisode a surtout permis aux Sénégalais de constater plus nettement l’existence d’un malaise profond au sommet de l’État.

Il regrette d’ailleurs le déficit de communication autour de cette rencontre. À ses yeux, l’absence de communiqué clair et structuré de la part de la présidence alimente les spéculations et renforce les interrogations sur la nature réelle des discussions. « La présidence ne fait jamais de communiqué ou ne donne jamais d’informations claires et précises lors de ce genre de rencontre », déplore-t-il, soulignant que l’opinion publique doit se contenter de déclarations fragmentaires de certains parlementaires pour tenter de reconstituer le fil des échanges.

Au-delà de l’événement ponctuel, l’analyste estime que « le mal est profond » au sein de Pastef. Si des tentatives de dialogue, de négociation ou de réconciliation sont encore perceptibles, il considère qu’une « ligne rouge » est progressivement en train d’être franchie. À moyen ou long terme, il n’exclut pas l’hypothèse d’un divorce politique entre le président et son Premier ministre.

Présidentielle 2029 : Diomaye temporise sur une éventuelle candidature de Sonko

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye , aurait tenu des propos mesurés sur l’avenir politique de son Premier ministre, Ousmane Sonko, à l’occasion du traditionnel « Ndogou Présidentiel » organisé au Palais de la République. Selon des révélations faites par le député Abdou Lahad Ndiaye lors d’une émission diffusée ce vendredi sur une chaîne privée locale, le chef de l’État ne se serait pas engagé sur une éventuelle candidature du leader de Pastef à l’élection présidentielle de 2029.

D’après le parlementaire, l’échange a eu lieu dans une atmosphère conviviale propre à la rupture collective du jeûne, mais la discussion aurait rapidement pris une tournure politique lorsque la question de l’avenir électoral d’Ousmane Sonko a été évoquée. C’est dans ce contexte que le président aurait déclaré que « la candidature du président de Pastef ne l’engage pas » et que « ce n’est pas le moment d’en parler ». Des propos rapportés indirectement, mais qui traduisent une volonté apparente de temporisation au sommet de l’État.

Cette posture prudente tranche avec l’image d’alignement total souvent affichée au sein de la coalition Diomaye Président depuis l’accession au pouvoir. En refusant de se projeter dès à présent sur l’échéance de 2029, Bassirou Diomaye Faye semble privilégier une lecture institutionnelle de sa fonction, soucieux de ne pas apparaître comme partie prenante d’une dynamique électorale anticipée. À travers cette réserve, le chef de l’État pourrait chercher à préserver la séparation entre l’exercice du pouvoir et les ambitions partisanes, alors même que les spéculations sur l’après-mandat commencent à émerger dans le débat public.

Pour certains observateurs, cette prise de distance ne signifie pas nécessairement une divergence stratégique avec son Premier ministre. Elle pourrait plutôt refléter une gestion maîtrisée du tempo politique, dans un contexte où le gouvernement est encore engagé dans la mise en œuvre de ses réformes économiques et institutionnelles. Mettre en avant dès aujourd’hui la question de 2029 risquerait, selon cette analyse, de détourner l’attention des priorités immédiates et d’alimenter des rivalités prématurées au sein de la majorité.

D’autres, en revanche, y voient les premiers signes d’un repositionnement subtil au sein de la mouvance présidentielle. La perspective d’une candidature d’Ousmane Sonko à la prochaine présidentielle constitue un enjeu majeur pour la recomposition du paysage politique sénégalais. En déclarant que cette éventualité « ne l’engage pas », Bassirou Diomaye Faye enverrait un signal clair : le débat sur la succession ou la continuité ne saurait être tranché à ce stade, et encore moins scellé dans le cadre d’un événement à caractère protocolaire.

Invitation au Palais : des députés boycottent le « Ndogou » du président Diomaye

Une invitation présidentielle qui suscite la controverse. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a convié les députés du parti Pastef Les Patriotes à un « Ndogou » prévu ce vendredi 27 février 2026 au Palais de la République. Présentée comme une rencontre conviviale dans le cadre du mois de Ramadan, l’initiative ne fait cependant pas l’unanimité au sein du groupe parlementaire.

Dès l’annonce de l’événement, plusieurs députés ont publiquement décliné l’invitation, principalement à travers des publications sur les réseaux sociaux. Sur les 130 députés que compte l’Assemblée nationale du Sénégal, près d’une dizaine ont exprimé leur refus de prendre part à la rupture collective du jeûne organisée par le président de la République. Cette prise de position publique, inhabituelle dans ce type de circonstances, a rapidement alimenté les débats au sein de l’opinion.

Le député Cheikh Bara Ndiaye a été l’un des premiers à réagir, publiant sur sa page Facebook un message énigmatique : « Ndogou mystique gaay ame fofou ». Dans son sillage, d’autres parlementaires ont également fait connaître leur décision de ne pas se rendre au Palais. Parmi eux figurent notamment Fatou Cissé Goudiaby, Ramatoulaye Ndom, Cheikh Omar Bamba Diop, Seynabou Yacine Sambe, Mayabé Mbaye, Alla Kane, Ousmane Diop, Awa Sonko, Awa Seck et Fama Bachir Ba. Ces refus, exprimés de manière individuelle, traduisent des sensibilités divergentes au sein même de la majorité parlementaire.

Si aucune déclaration officielle détaillant les motivations de ces boycotts n’a été publiée collectivement, certains observateurs y voient l’expression de désaccords internes ou d’un malaise politique latent. D’autres estiment qu’il pourrait s’agir d’un geste symbolique visant à marquer une prise de distance par rapport à certaines orientations ou pratiques politiques.

Du côté de la direction du groupe parlementaire, le président Ayib Daffé a indiqué que la rencontre avait été validée par le Premier ministre Ousmane Sonko, soulignant ainsi le caractère institutionnel et officiel de l’initiative. Cette précision vise à dissiper toute interprétation d’un événement informel ou partisan, en le replaçant dans le cadre des relations normales entre l’exécutif et sa majorité parlementaire.

Le « Ndogou » présidentiel, traditionnellement perçu comme un moment de communion et de convivialité en période de Ramadan, prend ainsi une dimension politique inattendue. Entre cohésion de la majorité, liberté d’expression des élus et gestion des équilibres internes, cet épisode révèle les dynamiques complexes qui traversent la scène politique sénégalaise, même lors d’événements à vocation symbolique et religieuse.

Affaire Bocar Thiam : Djimo Souaré accuse l’Assemblée nationale de dérive politique

La mise en accusation de Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de justice du Sénégal continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Au lendemain du vote de la résolution par l’Assemblée nationale du Sénégal, le député Djimo Souaré, membre de l’Alliance pour la République (APR, opposition) et vice-président du groupe parlementaire Takku-Wallu, a vivement critiqué la procédure engagée contre l’ancien ministre de la Communication et des Télécommunications.

Selon lui, l’Assemblée nationale se serait « transformée en tribunal politique au service de l’exécutif », remettant en cause l’impartialité de l’institution parlementaire dans ce dossier. Djimo Souaré estime que la démarche adoptée ne repose sur aucune base légale solide et dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la procédure de mise en accusation. À ses yeux, le Parlement aurait outrepassé ses prérogatives en examinant une demande de l’exécutif sans fondement réglementaire clair.

Dans son argumentaire, le député soutient que les dispositions encadrant la procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de justice ne figureraient pas explicitement dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il invoque à cet effet l’article 62 de la Constitution, qu’il interprète comme exigeant que tous les actes pris par l’Assemblée soient strictement circonscrits par son règlement intérieur. Toute initiative parlementaire engagée en dehors de ce cadre serait, selon lui, « nulle et non avenue ». Pour Djimo Souaré, cette lacune juridique entacherait la validité de la résolution adoptée le 27 février 2026.

Le député de l’APR affirme par ailleurs qu’aucun rapport émanant des corps de contrôle de l’État ne mettrait en cause la gestion de Moussa Bocar Thiam. Il cite notamment l’absence de conclusions défavorables provenant de la Cour des Comptes, de la CENTIF ou encore de l’Inspection générale des finances (IGF). En l’absence de tels éléments, il considère que les poursuites enclenchées relèvent davantage d’une décision politique que d’un processus fondé sur des constats techniques ou financiers établis par les organes compétents.

L’affaire trouve son origine dans le dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet structurant lancé sous l’ancien régime de Macky Sall. Ce programme avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Toutefois, les soutiens de l’ancien ministre estiment que sa responsabilité personnelle n’a pas été juridiquement établie à ce stade.

Cette nouvelle sortie de Djimo Souaré illustre la polarisation croissante autour de cette procédure inédite. Entre la volonté affichée de la majorité de faire toute la lumière sur la gestion passée et les accusations d’acharnement politique formulées par l’opposition, le dossier Moussa Bocar Thiam s’impose désormais comme un test majeur pour les institutions sénégalaises et pour l’équilibre entre responsabilité politique et respect des garanties constitutionnelles.

Incursion présumée de soldats mauritaniens : Tahirou interpelle le gouvernement sur la souveraineté nationale

Le député Tahirou Sarr adresse une question écrite au Premier ministre pour exiger des clarifications, des démarches diplomatiques fermes et des garanties concrètes quant à la protection de l’intégrité territoriale et des populations du Nord.

QUESTION ÉCRITE AU GOUVERNEMENT

Adressée à Monsieur le Premier Ministre

Objet : Incursion de soldats mauritaniens sur le territoire sénégalais – Atteinte à la souveraineté nationale et silence préoccupant de l’État

Monsieur le Premier Ministre

Des informations concordantes font état d’une incursion de soldats mauritaniens sur le territoire de la République du Sénégal, dans des zones situées au nord du pays.

Si elles étaient avérées, ces incursions constitueraient un fait d’une extrême gravité. Les frontières du Sénégal ne sont ni symboliques ni négociables : elles sont l’expression concrète de notre souveraineté, du sacrifice de nos anciens et du fondement même de notre État. Leur caractère intangible ne saurait être relativisé par aucune considération circonstancielle.

Ce qui choque davantage encore, au-delà des faits eux-mêmes, c’est la communication tardive, voire aphone, des autorités compétentes. Face à une situation touchant à l’intégrité du territoire national, le silence ou l’ambiguïté de l’État nourrit l’inquiétude et affaiblit le sentiment de protection des citoyens.

Les populations du Nord, en première ligne, expriment aujourd’hui une profonde déception et un sentiment d’impuissance. Elles ont le sentiment que leur sécurité et la sacralité de leur territoire ne sont pas défendues avec la fermeté requise. Cette perception est dangereuse pour la cohésion nationale.

Le peuple sénégalais est attaché à la paix et à la coopération avec ses voisins. Mais la paix véritable ne peut exister sans respect strict des frontières et sans affirmation claire de notre souveraineté.

En conséquence, je vous demande solennellement :

  1. Le Gouvernement confirme-t-il formellement l’incursion de soldats mauritaniens sur le territoire national ?
  2. Si oui, pourquoi la représentation nationale et les populations concernées n’ont-elles pas été immédiatement et clairement informées ?
  3. Quelles protestations officielles ou démarches diplomatiques ont été engagées auprès des autorités mauritaniennes ?
  4. Quelles garanties concrètes pouvez-vous apporter quant au respect strict et durable de l’intégrité territoriale du Sénégal ?
  5. Quelles mesures urgentes le Gouvernement entend-il prendre pour rassurer et protéger les populations du Nord, qui se sentent aujourd’hui plus exposées et délaissées ?
  6. Où devons-nous faire abstraction d’une telle dérive parce que vous ne croyez pas aux frontières ?

La souveraineté d’un État ne se proclame pas seulement dans les discours : elle se défend avec clarté, fermeté et transparence.

Dans l’attente de réponses précises, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma considération républicaine.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération.

Papa Tahirou Sarr
Député de la République
Assemblée nationale du Sénégal
Membre de la Commission Défense et Sécurité

Un an de détention : Farba Ngom entre épreuve judiciaire et consécration symbolique

Depuis un an, Farba Ngom est placé en détention préventive. Une situation qui, loin d’éroder son influence, semble paradoxalement avoir consolidé son aura, notamment dans son fief du Fouta. Celui qui, il y a encore quelques mois, faisait face à des critiques nourries, y compris au sein de son propre bastion, bénéficie aujourd’hui d’un élan de solidarité qui dépasse les cercles politiques traditionnels.

Au fil des mois, la perception publique de son incarcération a évolué. D’objet de controverses répétées, Farba Ngom est progressivement devenu, pour une partie de l’opinion, une figure d’épreuve et de résistance. Cette transformation d’image s’est opérée dans un contexte judiciaire complexe, où son dossier, partagé avec son principal coaccusé, Tahirou Sarr, met en lumière un contraste frappant. Les deux hommes sont poursuivis pour des faits similaires, mais leurs trajectoires judiciaires divergent nettement. Là où Tahirou Sarr demeure en liberté, Farba Ngom continue de faire face à la rigueur de la détention préventive.

Cette différence de traitement, perçue par ses soutiens comme une injustice, a contribué à renforcer la dimension symbolique de son incarcération. Dans l’imaginaire de ses partisans, la prison n’est plus seulement un cadre judiciaire, mais le lieu d’une épreuve qui confère à l’homme politique une stature nouvelle. Influente personnalité, longtemps considérée comme un pilier financier et stratégique de l’Alliance pour la République , Farba Ngom incarne un enjeu politique de premier plan. Son réseau étendu, ses ressources et son poids dans les équilibres internes expliquent en partie la prudence qui entoure toute éventuelle décision relative à sa libération.

Malgré l’accumulation des dossiers et la persistance des poursuites, la mobilisation en sa faveur ne faiblit pas. Elle a toutefois pris une tournure singulière, loin des codes classiques des campagnes de soutien politique. Pas de tee-shirts à son effigie, ni de slogans scandés dans les rues. À la place, une mobilisation religieuse et spirituelle, enracinée dans les traditions du Fouta.

En ce vendredi de Ramadan, des marabouts et fidèles se sont réunis pour organiser un grand récital de Coran en son honneur. Des milliers de versets ont été récités, dans une atmosphère de ferveur et de recueillement, afin d’implorer la clémence divine. Les prières formulées appelaient à l’allègement de son épreuve, à son élévation au-dessus de ses détracteurs et à une issue favorable à son combat judiciaire.

Cette mobilisation religieuse confère à l’affaire une dimension supplémentaire. Elle traduit l’ancrage spirituel de Farba Ngom dans sa région d’origine et souligne le rôle central des guides religieux dans la structuration de l’opinion locale. Plus qu’un simple soutien politique, il s’agit d’un acte de foi et de solidarité communautaire.

Mise en accusation de Me Moussa Bocar Thiam : l’ancien ministre annonce son retour au Sénégal pour « faire face à la justice »

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, ce vendredi 27 février, la résolution portant mise en accusation de Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de justice. Cette décision ouvre officiellement la voie à une procédure judiciaire contre l’ancien ministre de la Communication du régime de Macky Sall, dans le cadre du dossier relatif à l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park ».

Dans la foulée du vote des députés, Me Moussa Bocar Thiam a réagi à travers une publication sur sa page Facebook. S’il dénonce une décision qu’il juge « illégale » et « en violation flagrante de la Constitution », il affirme néanmoins se soumettre à la procédure. « Je prends acte de la décision illégale de l’Assemblée nationale me traduisant devant la Haute Cour de justice en violation flagrante de la Constitution. Néanmoins, en bon républicain, je prends immédiatement des congés professionnels au niveau de notre cabinet dans le Golfe pour venir au Sénégal me mettre à la disposition de la justice », a-t-il déclaré.

L’ancien ministre annonce ainsi son retour imminent au pays, affirmant vouloir se défendre personnellement et publiquement. Dans son message, il va plus loin en dénonçant ce qu’il considère comme une manœuvre politique. Selon lui, cette mise en accusation s’inscrirait dans une stratégie visant à affaiblir l’opposition. Il évoque une « cabale politique » qu’il attribue au Premier ministre Ousmane Sonko, accusé, avec « sa bande », de chercher à « museler l’opposition sénégalaise à travers la diabolisation et le règlement de compte politique pour masquer leur incompétence et leurs limites face à la demande sociale ».

Le dossier au cœur de cette procédure concerne l’aménagement du Parc des technologies numériques, un projet structurant lancé sous le précédent régime et destiné à faire du Sénégal un hub régional dans le domaine du numérique. Rebaptisé « Sénégal Connect Park », le projet avait déjà conduit à l’arrestation et à l’emprisonnement de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Les autorités judiciaires soupçonnent des irrégularités dans la gestion et l’exécution de ce programme d’envergure.

Depuis l’éclatement de l’affaire, Me Moussa Bocar Thiam n’a cessé de contester les accusations portées contre lui. Il a multiplié les démarches pour tenter d’obtenir l’annulation de la procédure. Des recours ont notamment été introduits devant la Cour suprême, le Conseil de l’ordre des avocats ainsi que le Conseil constitutionnel. Toutes ces initiatives sont restées sans suite favorable.

Le vote de l’Assemblée nationale marque donc une nouvelle étape dans cette affaire à forte dimension politique. La saisine de la Haute Cour de justice, juridiction compétente pour juger les anciens membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, place désormais l’ancien ministre face à une procédure exceptionnelle, rarement engagée au Sénégal.

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