Politique
Loi de finances 2026 : les Charges Non Réparties en forte hausse pour soutenir les investissements stratégiques de l’État
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par
Diack
Le projet de loi de finances initiale pour l’exercice 2026, récemment adopté à la majorité par les députés, consacre une augmentation significative des crédits alloués aux Charges Non Réparties (CNR), un poste budgétaire stratégique placé sous la gestion du ministère des Finances et du Budget. Conformément aux dispositions de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), ces charges sont considérées comme essentielles au fonctionnement et à l’action globale de l’État.
Les Crédits de Paiement (CP) destinés aux charges communes enregistrent ainsi une progression de 15 953 070 665 FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 3,4 % par rapport à l’exercice 2025. Cette évolution traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer les mécanismes transversaux de financement qui ne peuvent être imputés directement aux budgets sectoriels, mais qui jouent un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques.
Pour l’année 2026, la dotation globale des Charges Non Réparties atteint 902 466 378 554 FCFA en Autorisations d’Engagement (AE) et 487 943 504 598 FCFA en Crédits de Paiement. Ces ressources constituent un budget commun destiné à accompagner l’effort de développement économique et social du pays, en soutenant à la fois le fonctionnement de l’État, les investissements structurants et l’appui aux différents départements ministériels.
Les crédits alloués au fonctionnement des charges non réparties couvrent plusieurs opérations jugées cruciales pour la bonne gouvernance des finances publiques. Il s’agit notamment de la mise en œuvre des réformes budgétaires, du paiement des agences de notation financière, de la préparation et de l’exécution du budget de l’État, ainsi que du suivi des opérations financières et comptables.
La composante investissement des charges non réparties, quant à elle, englobe des domaines à fort impact économique et social. Elle concerne notamment les participations financières de l’État, le financement du Programme Emploi des jeunes, ainsi que la prise en charge des impôts et taxes liés aux marchés publics financés sur ressources extérieures. Cette orientation traduit un choix assumé en faveur de l’investissement public comme moteur de croissance et de création d’emplois.
Le volet support aux départements ministériels constitue un autre pilier important de ces charges communes. Il intègre la réserve de gestion, aussi bien en fonctionnement qu’en investissement, le paiement des dépenses permanentes de l’administration telles que l’eau et l’électricité, ainsi que des provisions destinées à couvrir les risques budgétaires. C’est également à ce niveau que sont inscrits les financements liés à l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ), de même que les provisions pour les garanties et avals accordés par l’État.
L’augmentation de 3,4 % des Crédits de Paiement est exclusivement portée par la catégorie des investissements exécutés par l’État, qui affiche une évolution particulièrement marquée de 251 726 352 544 FCFA. Ces ressources sont principalement destinées à des projets d’envergure nationale, notamment le paiement des impôts et taxes afférents aux marchés financés sur ressources extérieures, ainsi que la réalisation d’infrastructures majeures dans le cadre des Jeux olympiques de la Jeunesse et de la Coupe d’Afrique des Nations de football.
Toutefois, cette hausse a été partiellement compensée par une baisse des dépenses de personnel, rendue possible grâce à une meilleure programmation budgétaire, ainsi que par le non-renouvellement de certains crédits devenus moins pertinents. C’est le cas, par exemple, de certaines lignes dédiées à la modernisation de la gestion des finances publiques, désormais recentrées et mieux ciblées.
Dans un souci de transparence et de lisibilité budgétaire, le gouvernement a engagé un important effort de relocalisation des dépenses. Plusieurs entités, dont la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) et l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), ont ainsi vu leurs crédits transférés vers la Présidence de la République, afin de clarifier les circuits de financement et de renforcer le suivi des ressources publiques.
Face aux préoccupations exprimées par certains députés concernant les critères d’allocation des dépenses communes, le ministre des Finances et du Budget a pris l’engagement de transmettre au Parlement un document détaillé précisant la ventilation et l’utilisation des crédits des Charges Non Réparties. Cette démarche vise à améliorer le contrôle parlementaire et à consolider la transparence budgétaire.
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