Le communiqué du Conseil des ministres de ce 26 novembre 2025

Le Conseil des ministres s’est réuni le mercredi 26 novembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République.

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Renforcement du patriotisme économique et lancement effectif de l’initiative « Sunu Champion »

Abordant sa communication, Monsieur le Président de la République rappelle au Gouvernement la place primordiale qu’il accorde au développement du secteur privé national dans la mise en œuvre de la Vision « Sénégal 2050 ». Dans ce cadre, il demande au Premier Ministre de replacer davantage les acteurs du secteur privé national et les entreprises locales au cœur de la mise en œuvre des programmes et projets publics et d’accélérer la rénovation opérationnelle du cadre de pilotage et de suivi-évaluation des investissements privés au Sénégal.
Il annonce aussi qu’il présidera la première réunion du Conseil présidentiel de l’Investissement rénové, dans la deuxième quinzaine du mois de mars 2026 et demande au Premier Ministre de préparer, avec l’ensemble des acteurs impliqués, cette importante réunion qui entre dans le cadre du redressement et de la relance de l’économie nationale.

En outre, le Président de la République invite à veiller à l’exécution optimale des plans d’actions issus de la Stratégie nationale de Promotion de l’Investissement et de Développement du Secteur privé.
Il informe le Conseil de l’initiative présidentielle dénommée « Sunu Champion », qui sera effectivement déployée à partir du mois de décembre 2025, pour promouvoir l’émergence de champions nationaux, en vue de renforcer le rôle primordial des acteurs économiques nationaux et des entreprises locales dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.

Redynamisation du secteur des pêches et de l’aquaculture

Soulignant la place fondamentale du secteur des Pêches, dans l’activité économique et la stabilité sociale, le Chef de l’Etat rappelle que la préservation et la gestion durable de nos ressources halieutiques constituent deux principes directeurs majeurs pour la relance du secteur des pêches.

En conséquence, il instruit le Ministre des Pêches et de l’Economie maritime d’assurer le renforcement de la lutte contre la pêche illicite, la systématisation du repos biologique, ainsi que la surveillance et le contrôle accrus des activités et zones de pêche. Le Président de la République demande également de procéder à l’évaluation de l’impact des audits et mesures de gel des accords et de régulation des licences de pêche sur notre zone économique exclusive (ZEE).

Indiquant au Gouvernement l’urgence d’accélérer la mise en œuvre d’une nouvelle politique des pêches, le Chef de l’Etat insiste sur l’exploitation durable et optimale des ressources, l’adaptation de la pêche artisanale, l’approvisionnement correct du marché local en produits halieutiques accessibles, l’actualisation inclusive du Code des Pêches et l’application soutenue du Code de l’Aquaculture.
Il exhorte le Gouvernement à accroitre les aménagements, équipements et lignes de financement du sous-secteur de l’Aquaculture, à accélérer la matérialisation des actions de modernisation des quais, pirogues et équipements de pêche, à initier un Plan de rénovation du Marché national au Poisson de Pikine et à bâtir un nouveau modèle de gouvernance du secteur des pêches plus inclusif et plus transparent.

Accélération du développement du transport aérien

Après avoir félicité le Ministre des Transports terrestres et aériens pour le bon déroulement, à Dakar, du Comité des Ministres de l’ASECNA, le Chef de l’Etat rappelle au Gouvernement l’importance du développement du secteur aérien dans la Vision « Sénégal 2050 » et demande d’accentuer la revue prospective de la stratégie « Hub aérien » dans toutes ses composantes et financements.

Il instruit également d’accélérer la finalisation et la sécurisation des travaux de construction et de modernisation des aéroports régionaux et d’engager la modernisation soutenue des services et l’extension des infrastructures de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD).
Soulignant la nécessité d’une maitrise stratégique de la flotte, des investissements, de l’exploitation, de la qualité des services et du Plan de transformation de la Compagnie nationale Air Sénégal SA, le Président de la République engage le Premier Ministre à assurer une veille stratégique sur cette compagnie et à mettre en œuvre un Programme spécial de modernisation de l’Aéroport militaire « Léopold Sédar SENGHOR ».

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il a pris part au septième (7ème) sommet Union Africaine/Union Européenne, tenu du 23 au 25 novembre 2025, à Luanda en Angola, sur le thème « Promouvoir la paix et la prospérité à travers un multilatéralisme efficace ». Il a souligné sa participation à la plénière sur le thème « une coopération renouvelée et renforcée pour la paix et la sécurité et un engagement envers le multilatéralisme », au cours duquel il a mis l’accent sur l’environnement géopolitique mondial préoccupant et formulé des propositions pour promouvoir la paix et la sécurité en Afrique.

En marge des travaux, il a tenu des rencontres bilatérales avec le Président de la République Démocratique du Congo, le Président de la République gabonaise, le Chancelier allemand, le Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Présidente de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD).

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a débuté sa communication sur les orientations du Gouvernement en matière de sécurité alimentaire, nutritionnelle et sanitaire. Il a fait observer que le Sénégal, à l’instar des autres pays du monde, est confronté à des crises sanitaires multisectorielles et à divers chocs. Ces fléaux interpellent l’État sur le dispositif mis en place pour protéger les populations contre les aléas de la vie, assurer la stabilité sociale, la paix et la santé publique, qui constituent une préoccupation constante du Gouvernement.

Le Premier Ministre a ainsi fixé des orientations précises pour l’action gouvernementale dans ce domaine, dans le cadre d’une stratégie globale et intégrée de prise en charge des missions et d’une rigoureuse harmonisation des interventions sectorielles, notamment à travers un système d’alerte précoce, une vigilance renforcée et des interventions appropriées et bien coordonnées.

Dans ce sens, il a abordé la réactualisation de la Stratégie nationale de Sécurité alimentaire et de Résilience (SNSAR) pour l’arrimer aux orientations de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. Cette stratégie révisée sera opérationnalisée par le Programme d’Appui à la Sécurité alimentaire et à la Résilience (PNASAR), permettant de renforcer l’efficacité des réponses aux crises alimentaires et de refonder les approches de prévention et de gestion des crises de manière structurelle.

Le Premier Ministre a rappelé que l’ancrage institutionnel, au niveau de la Primature, de programmes et de structures de coordination vise à créer de véritables synergies pour renforcer l’impact global des politiques publiques et prévenir les chevauchements, compte tenu du caractère multidisciplinaire et multisectoriel des interventions.

Il a souligné, également, qu’au regard de la multiplicité des acteurs et de la nécessité de veiller à l’harmonisation des interventions, il convient de mettre en avant l’approche territoriale coordonnée par les autorités décentralisées et déconcentrées.
A cet effet, le Premier Ministre a adressé des instructions au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en relation avec les ministères sectoriels, pour assurer une mise en cohérence effective des politiques sectorielles avec la stratégie du Secrétariat technique du Conseil national de Sécurité alimentaire (CNSA).

Il a clos sa communication sur trois projets : la sécurisation de la liaison maritime Dakar–Gorée, l’autoroute Dakar–Tivaouane–Saint-Louis et l’Agropole Sud. Il a présenté leur état d’avancement et les contraintes constatées, avant de donner des instructions pour diligenter leur accélération. Ces projets illustrent, selon lui, la nécessité impérieuse d’aligner les procédures administratives sur le rythme et l’ambition du Plan de Redressement économique et social et de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines a fait une communication sur l’élaboration de la Stratégie d’Achèvement de l’Accès universel à l’Electricité à l’horizon 2029 et l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.

Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a présenté une communication sur la préparation de la campagne de commercialisation 2025/2026.

Le Ministre de la Microfinance, de l’Economie sociale et solidaire a fait une communication sur la Stratégie d’Accès des Organisations de l’Economie sociale et solidaire à la Commande publique.

Le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a fait une communication sur l’organisation de la première (1ère) édition du Festival Ouest africain des Arts et de la Culture (ECOFEST).

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET RÉGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :
– le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention relative à l’extradition entre la République du Sénégal et la République de Gambie, signée à Dakar, le 12 mars 2020 ;
– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Commission des Achats de l’Etat.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
• Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines
Monsieur Alioune SECK, Ingénieur Géologue, est nommé Directeur général de PETROSEN Exploitation et Production, en remplacement de Monsieur Talla GUEYE.
• Au titre du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités
Monsieur Souleymane DIALLO, Inspecteur de l’Enseignement élémentaire, est nommé Secrétaire général de l’Office national des Pupilles de la Nation (ONPN), poste vacant.
• Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce
Monsieur Cheikh Moussa KANE, Titulaire d’un diplôme d’Ingénieur en Statistique Informatique appliquée et d’un Master en Suivi-Evaluation des Projets, est nommé Président du Conseil d’Administration du Laboratoire national d’Analyse et Contrôle (LANAC), en remplacement de Monsieur Abdoul SY, appelé à d’autres fonctions.

DIFFÉREND SONKO/DIOMAYE

Le Message poignant du Khalife de Bambilor: « Le Sénégal n’a pas besoin de vainqueurs, mais d’hommes d’État »

Au nom de Dieu, le TOUT-MISÉRICORDIEUX, le TRÈS-MISÉRICORDIEUX.

En ces jours où notre nation traverse des incertitudes, j’observe attentivement les mouvements du pays, les inquiétudes qui montent, les paroles qui s’entrechoquent, les esprits qui s’interrogent. Les débats s’enflamment, les analyses se multiplient, et la tension se ressent jusque dans les foyers.

Le Sénégal, notre bien commun, vit un moment délicat, et c’est avec un cœur rempli de prière et de responsabilité que je prends la parole.

Je m’adresse aujourd’hui à chaque fille et à chaque fils de ce pays, sans distinction d’appartenance politique, sociale ou religieuse.
Mon intention n’est ni de juger ni de condamner, mais d’appeler avec douceur et vérité à un sursaut de conscience et de fraternité.

En observant la situation actuelle, j’ai pris mon bâton de pèlerin.
Le tandem Diomaye – Sonko, qui a porté tant d’espérance, traverse aujourd’hui l’épreuve des interrogations publiques et des inquiétudes croissantes. Je ne suis ni arbitre ni juge de ces dynamiques, mais je suis témoin d’un climat où les cœurs risquent de se durcir et les esprits de se diviser.

À ce moment précis, je rappelle ceci : l’essentiel n’est pas la victoire d’un camp sur un autre. L’essentiel, c’est le Sénégal.

ALLAH dit :
« Et attachez-vous tous ensemble au câble d’Allah, et ne vous divisez pas. »
Et encore :
« Certes, Allah aime ceux qui agissent avec équité. »

Je demande donc à chacun dirigeants, opposants, citoyens, guides religieux de revenir à la noblesse des intentions.
Les calculs politiques, les rancœurs, les ambitions personnelles n’ont jamais bâti une société stable.

Je m’adresse à l’opposition: votre rôle est nécessaire. Mais que votre critique soit une lumière, pas un incendie.
Je m’adresse aux responsables en exercice : l’épreuve est aussi une invitation à la sincérité. Que l’unité qui vous a portés ne se perde pas dans les influences et les doutes.
Je m’adresse aux citoyens: gardez votre vigilance, mais préservez votre cœur. Refusez la haine, refusez les divisions.
Je m’adresse aux guides religieux : notre responsabilité est immense. Nous devons être des ponts, jamais des murs.

J’en appelle enfin à la responsabilité collective face au rôle des réseaux sociaux.
Une parole mal intentionnée, un montage, une rumeur ou une colère publique peuvent désormais embraser un pays en quelques heures. La liberté d’expression ne doit jamais devenir un carburant pour la discorde.

Demain, nous rendrons tous compte
Non sur nos appartenances, mais sur nos intentions, notre droiture et notre contribution à la paix.

Mais que cette parole soit aussi une parole d’espérance.
Le Sénégal a toujours trouvé la lumière au bout du tunnel. Notre histoire le prouve, notre foi le confirme, et notre unité peut encore l’écrire.

Conclusion

En refermant cette réflexion, je veux adresser un message du cœur.

À vous, Président Bassirou Diomaye Faye,
À vous, Premier ministre Ousmane Sonko,
À vous, responsables politiques de tous bords,
À vous, guides religieux et citoyens…

Je vous parle en frère, avec respect, et avec gravité.

Le destin du Sénégal n’appartient à aucun homme, à aucun duo, à aucun camp.
Il appartient à un peuple qui espère, qui travaille, qui doute parfois, mais qui ne renonce jamais.

Et aujourd’hui, ce peuple vous regarde.
Il n’attend pas la perfection : il attend la hauteur.

L’histoire retiendra non pas vos divergences, mais votre capacité à les dépasser.
Le Sénégal n’a pas besoin de bras qui se crispent, mais de mains qui se tendent.
Il n’a pas besoin de voix qui s’élèvent les unes contre les autres, mais d’esprits qui s’accordent sur l’essentiel.

Je vous demande, avec humilité mais fermeté :
revoyez vos positions.
Réécoutez vos cœurs.
Regardez ce pays qui vous a tout donné.
Et faites ce geste même le plus petit qui peut ramener la sérénité.

Un pays ne tombe jamais d’un seul coup.
Il tombe lorsque ceux qui peuvent l’apaiser choisissent de se taire.

Aujourd’hui, vous avez le pouvoir rare d’éviter les blessures de demain.

Que Dieu adoucisse les cœurs, éclaire nos pas, et fasse de chaque leader un artisan de paix.

Le Sénégal vous regarde.
Le Sénégal compte sur vous.

Thierno Amadou BA
Khalife Général de Bambilor

Proposition de loi : Le député Tahirou Sarr agite l’idée d’une carte de séjour obligatoire pour les migrants, à l’exception des Gambiens

Le leader du parti “Jël liñu moom / Les Nationalistes”, le député Tahirou Sarr, a déposé ce mardi à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à réformer en profondeur le régime de séjour des étrangers au Sénégal.

Face à la presse ce mercredi, le parlementaire a apporté des éclaircissements sur cette proposition, notamment sur l’introduction de cartes de séjour obligatoires pour les étrangers vivant au Sénégal.

PROPOSITION DE LOI PORTANT CARTE DE SÉJOUR POUR LES ÉTRANGERS AU SÉNÉGAL

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Chers compatriotes,

Je suis devant vous aujourd’hui pour présenter officiellement une proposition de loi portant réforme en profondeur du régime de séjour des étrangers au Sénégal.

Il ne s’agit pas d’un discours contre qui que ce soit.

Il s’agit d’un discours pour le Sénégal, pour notre souveraineté, pour la protection de notre économie, de notre sécurité et de notre cohésion nationale.

La dernière loi relative au séjour des étrangers date de 1971. Cinquante-quatre ans se sont écoulés.

Depuis, le monde a changé, l’Afrique a changé, la sous-région a changé, et le Sénégal également.

La loi actuelle avait été pensée pour un pays de 4 millions d’habitants.

Aujourd’hui, nous sommes 18 millions, avec des flux migratoires massifs, rapides et difficiles à contrôler.

Mon ambition n’est ni d’opposer notre pays à d’autres, ni d’opposer notre peuple à qui que ce soit.

Mon ambition est de garantir l’ordre, la justice et la souveraineté nationale.

II – LA LÉGISLATION ACTUELLE : LOI 71-10 & DÉCRET 71-860

Pour permettre à tous les Sénégalais de comprendre la démarche, voici un résumé de ce que prévoient actuellement la loi et son décret d’application.

1. La loi 71-10 du 25 janvier 1971

Cette loi :

ne crée pas de carte de séjour, n’organise pas de fichier moderne des étrangers, ne prévoit pas de mécanisme de suivi individuel, n’établit pas de responsabilité financière, n’encadre pas les activités lucratives des étrangers, reconnaît elle-même qu’elle n’a pas d’objectif financier.

Elle ne prévoit qu’un livret spécial ou une carte d’identité d’étranger, des dispositifs obsolètes face aux réalités actuelles.

Conclusion : une loi ancienne, faible, non protectrice, et inadaptée au contexte actuel.

2. Le décret 71-860 du 28 juillet 1971

Le décret :

définit trois statuts (transit, séjour, établissement), impose l’obligation de visa, fixe les conditions d’entrée et d’autorisation d’établissement, prévoit quelques sanctions.

Mais il demeure extrêmement limité sur :

le contrôle des étrangers, la traçabilité, les activités économiques, la lutte contre la mendicité organisée, les obligations financières, la fiscalité des étrangers, les données biométriques, l’expulsion, les obligations de déclaration.

Conclusion : un texte largement dépassé.

III – POURQUOI UNE RÉFORME ?

Voici les constats que font aujourd’hui la plupart des Sénégalais :

a. Une immigration massive et non maîtrisée

Des milliers d’étrangers arrivent, s’installent, travaillent ou mendient sans aucune traçabilité.

b. Absence de carte de séjour moderne

Le Sénégal est l’un des rares pays où un étranger peut vivre des années sans carte de séjour, sans enregistrement et sans contribution.

c. Impact sur la sécurité

Sans identification, il devient difficile de lutter contre les trafics, les réseaux criminels ou la criminalité transfrontalière.

d. Impact économique et social

Certains étrangers occupent des secteurs entiers — commerce, mendicité, santé, transport artisanal, informel — souvent sans contrôle ni fiscalité.

e. Réciprocité internationale

Partout dans le monde, les Sénégalais doivent présenter des documents.

Pourquoi notre pays ne demanderait-il pas la même chose ?

IV – CE QUE CHANGE LA PROPOSITION DE LOI

1. Introduction officielle de la carte de séjour obligatoire

C’est la principale innovation.

Tout étranger résidant au Sénégal devra disposer d’une carte de séjour. Les Gambiens seront exemptés, dans le cadre d’un traité bilatéral.

2. Deux catégories de carte de séjour

Non-immigrants : séjour de 0 à 3 mois (tourisme, transit). Immigrants : toute personne souhaitant résider ou travailler.

3. Conditions strictes pour résider au Sénégal

L’étranger devra fournir :

un casier judiciaire récent, un passeport valide, des preuves de ressources, un justificatif de domicile, un contrôle administratif complet, l’absence de liens avec la prostitution, la mendicité organisée ou le charlatanisme, une caution équivalente au prix du billet d’avion de retour pour les immigrants.

4. Tarification de la carte de séjour

Pour la première fois, un tarif est fixé :

entre 300 000 et 500 000 FCFA par an, selon le pays d’origine, sur le principe de réciprocité internationale.

Contrairement à la loi de 1971, la dimension financière est assumée.

5. Permis de travail obligatoire et distinct

La carte de séjour ne donne pas automatiquement le droit de travailler.

Le permis de travail, délivré par l’Inspection du Travail, devient obligatoire.

6. Secteurs interdits aux étrangers

Certaines professions pourront être réservées aux nationaux, comme c’est le cas dans de nombreux pays.

7. Création d’un Fichier National des Étrangers

Un outil moderne comprenant :

biométrie, adresse exacte, activité exercée, renouvellement périodique, contrôle et traçabilité.

8. Sanctions renforcées

En cas de séjour irrégulier, fausses déclarations ou infractions graves :

amendes + expulsion.

9. Caution de rapatriement obligatoire

Chaque demandeur devra verser une caution équivalente au prix d’un billet d’avion pour son pays d’origine.

Objectifs :

faciliter un éventuel rapatriement, prévenir les situations de détresse financière, responsabiliser l’arrivée d’étrangers.

Thierno Bocoum démonte l’annonce gouvernementale sur les 633 milliards du PRES : “Un storytelling qui masque les errances du Premier ministre”

Le débat autour du financement du Plan de redressement économique et social (PRES) connaît un nouveau rebondissement. Alors que le gouvernement a annoncé 44 projets censés être financés à hauteur de 633 milliards FCFA dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026, Thierno Bocoum dénonce une communication trompeuse reposant, selon lui, davantage sur la mise en scène que sur la réalité budgétaire.

Pour l’ancien député, cette annonce relève d’une « propagande des chiffres » destinée à masquer, dit-il, les insuffisances et les « errances d’un Premier ministre plus enclin aux rassemblements politiques qu’à la gestion quotidienne de l’État ». Derrière cette critique frontale, Thierno Bocoum pointe des incohérences profondes dans la présentation gouvernementale.

Selon lui, « l’annonce s’effondre dès qu’on confronte les mots aux mécanismes réels du budget ». Il rappelle que dans un système régi par l’unité de caisse, les projets publics ne sont pas financés par un programme en particulier, mais par les recettes fiscales, la dette et la trésorerie. De ce fait, présenter les 633 milliards comme provenant directement du PRES relèverait, à ses yeux, du « storytelling politique plutôt que de la rigueur budgétaire ».

Thierno Bocoum affirme également que les montants annoncés ne constituent pas des fonds disponibles. Il explique que les 633 milliards invoqués sont en réalité des Autorisations d’Engagement (AE), c’est-à-dire des intentions de dépenses. Les ressources effectivement mobilisables, appelées Crédits de Paiement (CP), ne s’élèveraient qu’à 499 milliards FCFA. « Le reste, soit 134 milliards, ne figure nulle part », soutient-il. Et même ces 499 milliards, ajoute-t-il, ne sont pas garantis : « Depuis des années, l’investissement public est la variable d’ajustement de la trésorerie. Retards administratifs, arbitrages internes, tensions de liquidité et dépendance aux bailleurs engloutissent les promesses avant qu’elles ne deviennent réelles. »

Pour l’ancien parlementaire, la LFI ne reflète jamais ce qui est réalisé, mais ce que le gouvernement prévoit de faire. « Les résultats véritables se trouvent dans les rapports d’exécution budgétaire et les lois de règlement », rappelle-t-il, estimant que ces documents « implacables et froids » mettent constamment en évidence un « écart abyssal » entre les annonces publiques et les réalisations concrètes. « Ce qui scintille dans les communiqués disparaît ensuite dans les comptes », affirme-t-il.

Thierno Bocoum établit par ailleurs un parallèle entre cette situation et celle du FII Sénégal. En octobre 2025, le gouvernement avait annoncé 13 211 milliards FCFA d’engagements et 51 projets signés lors de cet événement. Mais depuis, constate-t-il, « silence total ». Aucun tableau officiel, aucun bailleur identifié publiquement, aucun calendrier ni modèle de financement n’a été présenté. Pour lui, ces milliards se sont transformés « en souvenir de conférence » au lieu de devenir des leviers d’investissement.

Au-delà des chiffres, l’ancien député met également en cause le comportement du chef du gouvernement. Il accuse le Premier ministre d’être davantage préoccupé par des « meetings en pleine crise » et des « escapades au moment des urgences », et de délaisser les sessions du Conseil des ministres. « Le pays n’a pas un problème de chiffres, il a un problème de présence », insiste-t-il, estimant que le leadership se mesure à la capacité à être là où se prennent les décisions importantes, et non au nombre de kilomètres parcourus dans des rassemblements politiques.

Dans un contexte de progression de la dette publique, de tensions sur la trésorerie et de réduction des marges budgétaires, Thierno Bocoum juge « irresponsable » la multiplication d’annonces spectaculaires sans fondement réel. « Annoncer 633 milliards au PRES ou 13 211 milliards au FII ne coûte rien. Exécuter ces montants exige des ressources, une méthode, une direction et un leadership », dit-il, des éléments qui, selon lui, « font défaut au sommet de l’État ».

Il conclut en appelant à un retour aux pratiques fondamentales de la gouvernance publique : « dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit et apparaître là où la République se décide réellement ». Pour Thierno Bocoum, tant que la communication primera sur l’action, « les annonces remplaceront l’exécution, les estrades remplaceront l’État et le Sénégal restera prisonnier de promesses ».

Elhadji Malick Diallo, coordonnateur de MIMI2024 à Kaolack

Les propos tenus récemment par Waly Diouf Bodian sur son mur de lamentation pour ne pas dire sa page Facebook l’encontre de Madame Aminata Touré, Présidente de la coalition Diomaye Président, sont non seulement regrettables, mais profondément inacceptables. L’usage répétitif d’un vocabulaire mortuaire, évoquant des “tombes politiques” et des “enterrements”, n’a pas sa place dans un débat public responsable. Une telle dérive sape la dignité qui doit caractériser toute prise de parole politique, surtout lorsqu’elle vise une personnalité investie d’une mission centrale dans l’architecture politique actuelle.

Il est important de rappeler que Madame Aminata Touré bénéficie de la confiance pleine et entière du Président Bassirou Diomaye Faye, qui lui a confié la responsabilité stratégique de conduire la nouvelle coalition présidentielle restructurée et élargie à tous les citoyens désireux de l’intégrer. À ce titre, toute tentative de la fragiliser publiquement constitue, de fait, une mise en cause de l’autorité du Chef de l’État, son excellence Bassirou Diomaye Diakhar. Il serait donc souhaitable que M. Bodian mesure la portée de ses déclarations et la ligne institutionnelle qu’il franchit lorsqu’il s’attaque à elle avec autant de légèreté.

Par ailleurs, au-delà de la personne ciblée, ce sont les méthodes employées qui interpellent. Privilégier l’invective, l’attaque personnelle et les métaphores funèbres au détriment de l’argumentation démontre une absence de hauteur et un manque de respect pour les citoyens qui attendent un débat politique fondé sur les idées. De telles outrances ne peuvent prospérer dans un espace public qui aspire à plus de sérénité, de maturité et de sens des responsabilités.

En toutes circonstances, Madame Aminata Touré demeure engagée, déterminée et fidèle à la mission que lui a confiée le Président de la République. Aucune menace verbale, aucune insinuation et aucune dérive langagière ne saurait altérer ni sa crédibilité, ni son rôle, ni la confiance placée en elle. Ceux qui s’emploient à la dénigrer par des excès de langage se discréditent eux-mêmes, bien avant d’espérer fragiliser la coalition ou son leadership.

Elhadji Malick Diallo, coordonnateur de MIMI2024 à Kaolack.

Questions d’actualité : Ousmane Sonko et son gouvernement attendus à l’Assemblée nationale ce vendredi

Le Premier ministre Ousmane Sonko et l’ensemble des membres du gouvernement seront face aux députés après-demain, vendredi 28 novembre, dans le cadre de la traditionnelle séance de « Questions d’actualité ». Ce rendez-vous parlementaire, très attendu, constitue l’un des moments forts du contrôle de l’action gouvernementale et offre aux représentants du peuple l’occasion d’interroger directement l’exécutif sur les sujets qui dominent l’actualité nationale.

Selon le journal Les Échos, quatorze questions seront adressées au Premier ministre et aux ministres présents. La répartition du temps de parole, fixée selon le poids de chaque groupe au sein de l’hémicycle, accorde une large place au groupe parlementaire Pastef, majoritaire à l’Assemblée. Ses députés auront ainsi la possibilité de poser dix questions. Le groupe Takku-Wallu, quant à lui, pourra en poser deux, tout comme les députés non-inscrits.

Ce format mettra en lumière les préoccupations politiques, sociales et économiques actuelles, ainsi que les positions de chaque camp parlementaire. Pour l’exécutif, il s’agira d’une nouvelle occasion d’expliquer ses orientations et de répondre aux critiques formulées par l’opposition et les indépendants. Pour les députés, cette séance représente un espace d’expression privilégié, souvent marqué par des échanges vifs et par des interpellations directes sur la gestion gouvernementale.

Retour de Diomaye Faye : l’absence totale du gouvernement sur le tarmac ravive les spéculations au sommet de l’État

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a regagné Dakar hier, mardi, après un déplacement officiel à Luanda, en Angola. À son atterrissage à l’aéroport Léopold Sédar Senghor, le chef de l’État a bénéficié du cérémonial militaire habituel réservé aux retours officiels, notamment l’accueil assuré par le protocole militaire. Toutefois, un détail a particulièrement frappé les observateurs et n’a pas manqué de susciter commentaires et interrogations.

En effet, aucun membre du gouvernement n’était présent sur le tarmac pour accueillir le Président. Ni le Premier ministre, Ousmane Sonko, pourtant numéro deux de l’exécutif, ni le Directeur de cabinet du chef de l’État, Mary Teuw Niane, n’ont fait le déplacement, selon les informations rapportées par le journal Les Échos. Une absence collective qui tranche fortement avec les usages protocolaires auxquels le public sénégalais est habitué, surtout lors des retours d’un déplacement international du chef de l’État.

Cette scène inhabituelle intervient dans un contexte où les relations au sommet de l’État font l’objet de nombreuses spéculations. Depuis plusieurs semaines, la presse comme l’opinion s’interrogent sur l’état de la cohésion entre Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, notamment après une série d’épisodes politiques qui ont alimenté la perception d’un malaise au sein de l’exécutif. L’absence remarquée des principales figures gouvernementales renforce ainsi les interrogations sur la solidité du tandem exécutif, pourtant présenté comme l’un des piliers du projet politique issu des dernières élections.

Même si aucune explication officielle n’a pour l’instant été donnée, cet épisode pourrait nourrir davantage les commentaires sur la dynamique interne du pouvoir. Les conséquences politiques de cette situation restent pour l’instant incertaines, mais elle illustre le climat d’observation attentive qui entoure chaque geste, chaque apparition et chaque absence au sommet de l’État. Dans l’attente d’éclaircissements, cette arrivée présidentielle sans représentation gouvernementale demeure un signal symboliquement lourd dans un contexte déjà marqué par une forte sensibilité politique.

Les avocats de Cellou Dalein Diallo saisissent la Cour de justice de la CEDEAO pour spoliation et poursuites jugées abusives

Les avocats de l’ancien Premier ministre guinéen, Cellou Dalein Diallo, ont annoncé, ce mardi 25 novembre, avoir déposé une requête devant la Cour de justice de la CEDEAO. Cette démarche, présentée comme l’aboutissement de plusieurs années de réflexion, s’articule autour de deux volets majeurs : la contestation de la destruction du domicile de leur client à Dixinn et la dénonciation du caractère jugé abusif des poursuites judiciaires engagées contre lui dans l’affaire dite « Air Guinée ».

Dans leur communiqué transmis à la presse, les conseils du leader politique — Me Amadou Diallo, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth — expliquent qu’ils demandent à la juridiction régionale de constater la spoliation d’un bien immobilier appartenant à M. Diallo. Son domicile avait en effet été rasé en 2022, une décision prise par les autorités militaires au pouvoir en Guinée, et que la défense qualifie de violation flagrante du droit de propriété.

Le second volet de la requête concerne les poursuites menées par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) dans le dossier « Air Guinée ». Les avocats affirment que ces procédures sont dépourvues de fondement juridique et s’inscrivent selon eux dans une logique de « harcèlement politico-judiciaire ». Ils soutiennent que les décisions prises jusqu’ici à l’encontre de leur client témoignent d’un « mal jugé manifeste », assimilable à un véritable déni de justice.

Pour justifier leur recours à la CEDEAO, les avocats évoquent l’absence de garanties juridictionnelles en Guinée. Selon eux, les voies internes de recours sont vouées à l’échec en raison du contexte politique et judiciaire actuel. Ils soulignent que M. Diallo, après avoir longtemps espéré un changement d’attitude des autorités, a été contraint de se tourner vers une instance régionale afin de faire valoir ses droits.

Les défenseurs de l’ancien Premier ministre l’accusent ainsi d’avoir été privé de plusieurs droits fondamentaux, protégés à la fois par la législation guinéenne et par les instruments internationaux auxquels le pays est partie. Ils exhortent désormais la Cour de justice de la CEDEAO à reconnaître l’ensemble des violations qu’ils imputent à l’État guinéen et à en tirer toutes les conséquences juridiques.

Gueum Sa Bopp charge la gouvernance : entre accusations de dérives, soupçons de manœuvres politiques et appel à une mobilisation nationale

Le mouvement Gueum Sa Bopp, par la voix de ses cadres réunis au sein de la plateforme « Les Jambaars », a livré ce 25 novembre 2025 une déclaration liminaire particulièrement offensive, dressant un réquisitoire sévère contre le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Entre critiques institutionnelles, interrogations sur la transparence publique, dénonciation d’un agenda politique dissimulé et propositions économiques, la sortie du mouvement a marqué un tournant dans le débat politique national à la veille du face-à-face entre le Premier ministre et les députés prévu ce vendredi 28 novembre à l’Assemblée nationale.

Dès l’entame de la déclaration, les responsables de Gueum Sa Bopp expriment leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de « rupture totale entre les engagements pris devant le peuple et la réalité de la gestion actuelle du pays ». Pour eux, moins de deux années après l’arrivée au pouvoir de l’actuel gouvernement, les signes d’un affaiblissement institutionnel, d’une récession économique et d’un chômage en hausse seraient aujourd’hui visibles et alarmants. Le mouvement accuse l’exécutif d’avoir substitué au programme initial des priorités politiques et électoralistes, décrivant une gouvernance bâtie sur « l’incompétence, l’inexpertise et l’irresponsabilité ».

Dans leur diagnostic, les cadres du mouvement pointent particulièrement les choix de nomination qu’ils jugent hasardeux. Selon eux, les nominations au sein des administrations, des directions nationales ou des conseils d’administration ne répondent plus aux critères de compétence ou d’expérience. Ils évoquent l’arrivée de directeurs « inexpérimentés, parfois anciens stagiaires », de présidents de conseil d’administration « sans qualification reconnue » et de députés « incapables de légiférer ». Pour Gueum Sa Bopp, cette situation a contribué à une bureaucratie coûteuse et inefficace, absorbant une grande partie des finances publiques sans produire de résultats tangibles.

Ce manque d’efficacité serait aggravé, selon eux, par l’absence de transparence. Le mouvement accuse le pouvoir de dissimuler des informations essentielles au public et d’étouffer les demandes légitimes de reddition des comptes. L’affaire liée à la « note de renseignement concernant Madiambal » est citée comme exemple emblématique. Gueum Sa Bopp reproche au gouvernement de ne pas rendre publique cette note évoquée dans le débat national, estimant que « l’information appartient au peuple » et que rien ne justifie une telle opacité dans une démocratie.

Les questions posées par le mouvement touchent plusieurs domaines jugés stratégiques. Sur les ressources naturelles, ils affirment que les Sénégalais ne disposent toujours pas d’informations détaillées et régulières sur les recettes issues du pétrole et du gaz. Sur le train de vie de l’État, ils exigent la publication des dépenses liées à l’usage du jet privé pour les déplacements du Premier ministre, ainsi que la mise à disposition des factures, des missions et des dépenses ministérielles financées par le contribuable.

Pour les cadres du mouvement, le pays se trouve dans une situation économique préoccupante, caractérisée par une dette publique qui compromet la capacité de l’État à investir. Ils affirment que les secteurs clés – agriculture, élevage, pêche – manquent d’intrants, de mécanisation et d’infrastructures, malgré les annonces répétées de réformes. Les réformes administratives présentées par le gouvernement seraient restées, selon eux, au stade du discours, tandis que la masse salariale et les dépenses de fonctionnement explosent au détriment des investissements productifs.

Gueum Sa Bopp accuse également l’exécutif de préparer en coulisses un agenda politique dissimulé visant à restructurer le paysage électoral à son avantage. Ils évoquent une possible dissolution programmée de l’Assemblée nationale en décembre 2026 pour coupler les élections locales de 2027 aux législatives, une stratégie qu’ils qualifient de « conspiration d’État » destinée à verrouiller les échéances électorales de 2027 et 2029. Pour eux, cette approche détournerait le gouvernement de ses responsabilités premières : répondre aux urgences sociales, lutter contre la vie chère, garantir l’emploi et assurer la sécurité nationale.

Face à ce qu’ils décrivent comme un échec de la gouvernance, les responsables du mouvement avancent plusieurs pistes de redressement. Ils estiment que le Sénégal pourrait économiser entre 180 et 240 milliards grâce à une rationalisation administrative réelle, permettant de rediriger ces fonds vers les secteurs productifs. Ils plaident pour une gestion rigoureuse des recettes pétrolières et gazières, un financement renforcé des intrants agricoles, une modernisation de l’élevage et des infrastructures halieutiques, ainsi qu’un soutien massif aux petites entreprises et artisans afin de relancer l’économie.

Le mouvement propose également l’adoption de nouveaux cadres légaux pour renforcer la transparence financière, un contrôle renforcé des marchés publics, une diplomatie économique plus active et la mise en place d’un cadre de suivi public des réformes accompagné d’une commission indépendante d’évaluation de l’action gouvernementale.

Au-delà de la critique, Gueum Sa Bopp appelle ses militants, sympathisants et l’ensemble des forces de l’opposition à se mobiliser. Du 1ᵉʳ décembre 2025 au 30 avril 2026, le mouvement prévoit une vaste campagne nationale, avec la création de « clubs Jambaars » dans les villages, les quartiers et dans la diaspora. Ces structures auront pour rôle d’animer le mouvement, de sensibiliser la population et de diffuser sa ligne politique. Le slogan choisi, « Dello Sénégal ci kaw » (« Relevons le Sénégal »), ambitionne d’incarner cette dynamique.

Le mouvement annonce également qu’après la séance de vendredi à l’Assemblée nationale, au cours de laquelle le Premier ministre sera interpellé par les députés, il présentera aux Sénégalais « la vérité des chiffres, la vérité des manœuvres et la vérité des solutions ». Pour Gueum Sa Bopp, la mobilisation citoyenne est désormais indispensable afin de restaurer la confiance dans les institutions et de remettre le pays sur les rails du progrès économique et social.

La déclaration se conclut par un appel solennel à la responsabilité du Président de la République et du Premier ministre, jugée indispensable dans un contexte où la note souveraine du pays se dégrade et où les investissements étrangers connaissent une baisse sensible. Selon Gueum Sa Bopp, le Sénégal traverse un moment charnière où seule une action corrective rapide et transparente pourrait éviter un basculement vers une crise plus profonde.

Crise au sommet de l’État

Le Khalife de Bambilor : « La stabilité du Sénégal dépend de Sonko et de Diomaye »

La crise entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, continue d’alimenter les débats. Depuis le tera-meeting du 8 novembre 2025 et la nomination d’Aminata Touré à la tête de la coalition Diomaye Président — décision qui a installé un malaise au sein du gouvernement — les réactions se multiplient.

Si certains concitoyens pointent du doigt le Pastef et invitent le chef de l’État à prendre ses responsabilités, d’autres appellent à un sursaut national et exhortent les deux dirigeants à dépasser les querelles partisanes.

C’est dans ce sens que s’est exprimé le Khalife général de Bambilor, appelant les deux responsables à mettre de côté leurs différends et à penser aux populations qui les ont portés au pouvoir.

« Le peuple sénégalais est fatigué et tous les regards sont tournés vers le tandem Sonko–Diomaye, attendu sur les promesses faites hier comme aujourd’hui. Il ne doit y avoir ni tiraillements ni querelles entre eux », a déclaré Thierno Amadou Ba, lors de la cérémonie de signature du jumelage entre les communes de Bambilor et Verdelino, dans la province de Bergame, en Italie.

Poursuivant, le guide religieux a ajouté :

« M. le maire nous a demandé de prier pour les autorités gouvernementales, et nous continuerons de le faire. Le TOUT-PUISSANT a exaucé leurs prières. C’est pourquoi ils n’ont plus droit à l’erreur. Leur priorité doit être de s’occuper des urgences du moment, mais surtout des préoccupations des populations : c’est là que le peuple les attend.

Le message que je leur lance, c’est de garder à l’esprit ce qu’ils disaient au peuple lorsqu’ils étaient dans l’opposition, quand ils sollicitaient les suffrages des Sénégalais et formulaient toutes ces critiques. La stabilité du Sénégal dépend aujourd’hui d’Ousmane Sonko et de Diomaye Faye. Il est donc grand temps pour eux de mettre de côté leurs états d’âme et de préserver le Sénégal. Nous allons continuer à prier pour le pays et pour eux, mais ils doivent aussi y mettre du leur. »

Cette déclaration a été faite ce mardi en marge de la signature de l’accord de jumelage entre le maire de Bambilor, Ndiagne Diop, et le maire de Verdelino, Zanoli Silvano, ainsi qu’entre la commune de Bambilor et l’ONG Fawzi Wa Nadiaty, dirigée par Thierno Amadou Ba. Cette organisation assurera le volet technique du programme de jumelage, axé sur la culture, le tourisme, la formation, la santé et l’emploi des jeunes, entre autres.

Aly Saleh

« Affaire des 125 milliards : Birane Ngom nie toute implication lors de sa première audition »

Birane Ngom, frère de Farba Ngom, a été entendu hier, lundi 23 novembre, dans le cadre de l’affaire dite des « 125 milliards », un dossier qui avait déjà conduit à son inculpation et à son placement sous bracelet électronique. Pour cette première audition sur le fond du dossier, le co-inculpé a adopté une ligne de défense basée sur un déni total. Selon le journal « Les Echos », ses réponses se résumaient à une répétition constante : « Je ne suis au courant de rien ! »

Lors de son audition devant le magistrat du Pool judiciaire financier, Birane Ngom a assuré n’avoir tiré aucun avantage des 10 % de parts qui lui avaient été attribués dans les sociétés familiales et affirmé n’avoir jamais encaissé le moindre centime. Face aux questions du juge concernant le montage des sociétés, la nature de ses actions et les fonds perçus, il n’a fourni aucune réponse concrète. Sur le montage des sociétés, il a soutenu ne pas avoir été associé mais simplement informé. Concernant ses parts, il a affirmé n’en avoir retiré aucun bénéfice personnel. Pour ce qui est des transactions financières, il a de nouveau juré n’avoir jamais été au courant et n’avoir jamais retiré d’argent provenant de ces entités.

Tout au long de l’audience, Birane Ngom a maintenu sa stratégie de défense, ce qui a rendu l’audition relativement courte. À l’issue de celle-ci, il a regagné son domicile en attendant les prochaines étapes de la procédure judiciaire.

Il convient de rappeler que l’implication de Birane Ngom dans cette affaire repose sur un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), qui a mis en lumière des détournements s’élevant à 125 milliards de francs. Si Tahirou Sarr et Farba Ngom sont considérés comme les principaux auteurs, d’autres personnalités sont également visées, notamment les deux frères du maire des Agnam, Ismaïla et Birane Ngom.

Le PPA-CI annonce des mesures disciplinaires suite à des « violations » internes

Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a annoncé plusieurs mesures disciplinaires à la suite de ce qu’il qualifie de « violation manifeste » d’une décision du Comité central datée du 6 novembre 2025. Selon la direction du parti, ces sanctions ont été prises dans le strict respect des statuts internes et visent à garantir la discipline et l’unité au sein de la formation politique.

Le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a ouvert la procédure le 19 novembre en procédant à la révocation de plusieurs cadres qu’il avait lui-même nommés, leur reprochant de ne pas avoir respecté la ligne définie par le parti. Parallèlement, le Conseil de discipline, saisi par le Président-Exécutif, a engagé des poursuites contre des militants, élus ou de base, conformément à l’article 101 des statuts du parti.

À l’issue de ces procédures, dix-neuf personnes ont été suspendues à titre conservatoire. Parmi elles figurent Séri Louma Hortense, présidente de la Ligue des Femmes, plusieurs militants de base ainsi que des membres de bureaux fédéraux et de coordinations régionales. Cette décision entraîne la dissolution automatique du Bureau exécutif de la Ligue des Femmes, conformément aux règles internes du parti.

Le Forum du Justiciable demande la liberté provisoire pour les détenus hospitalisés

Le Forum du Justiciable (FDJ) a pris position ce lundi à travers un communiqué dans lequel il appelle le juge d’instruction financier à accorder une liberté provisoire aux détenus actuellement hospitalisés au Pavillon spécial. Selon l’organisation, la détention dans un centre hospitalier, même lorsqu’elle bénéficie de moyens ponctuels, ne garantit pas la continuité ni la qualité des soins médicaux essentiels à la survie et au rétablissement des personnes malades.

Babacar Bâ et ses collaborateurs estiment que l’état de santé des détenus nécessite un suivi médical constant, un suivi incompatible avec le cadre carcéral. Dans son communiqué, le FDJ souligne que « l’état de santé nécessite un suivi médical constant, incompatible avec la détention. »

Le Forum du Justiciable rappelle également que le droit fondamental à la santé, inscrit dans la Constitution sénégalaise et protégé par diverses conventions internationales, impose que toute personne malade puisse bénéficier de soins appropriés. L’organisation précise que cette exigence n’est pas seulement juridique, mais aussi humanitaire, affirmant que le respect de la dignité humaine doit primer, même dans le cadre de la justice pénale.

Enfin, le FDJ insiste sur le fait que l’exigence de rendre justice peut et doit être conciliée avec le respect des droits fondamentaux. L’organisation souligne que les détenus concernés, à savoir Khadim Ba, Farba Ngom, Maodo Malick Mbaye et Mabintou Diaby, disposent de toutes les garanties de représentation en justice. Dans ce contexte, le Forum du Justiciable estime que leur libération provisoire constituerait une mesure conforme aux principes humanitaires et aux obligations légales en matière de santé.

Dette cachée : les avocats de Macky Sall interpellent le FMI et contestent la méthodologie de la Cour des comptes

L’ancien président Macky Sall poursuit sa riposte judiciaire dans le dossier sensible de la dette publique sénégalaise. Au cœur de cette offensive : une correspondance adressée au Fonds monétaire international (FMI), révélée en exclusivité par RFI, dans laquelle ses avocats réclament des éclaircissements sur la manière dont l’institution a validé l’existence d’une « dette cachée » estimée à 7 milliards de dollars.

Selon les informations obtenues par RFI, le cabinet français FTMS, qui défend l’ancien chef de l’État, questionne directement le FMI sur les bases techniques et méthodologiques ayant conduit à cette estimation. Les avocats demandent notamment si l’institution financière s’est appuyée sur une évaluation interne – un audit de ses propres services – ou si elle a simplement entériné des données communiquées par l’administration sénégalaise.

Cette dette dite « cachée », que la Cour des comptes situe entre 2019 et 2024, est farouchement contestée par Macky Sall. L’ancien président réfute l’existence même d’un tel passif et accuse les organes de contrôle sénégalais d’avoir produit un rapport entaché d’erreurs. Me Pierre-Olivier Sur, l’un de ses conseils, joint par RFI, affirme ainsi que son cabinet a relevé plusieurs « erreurs de méthodologie » dans les conclusions de la Cour des comptes. Selon lui, les magistrats n’auraient procédé à aucune vérification de la véracité des données utilisées, ce qui fragiliserait l’ensemble du calcul.

Dans leur courrier, les avocats de Macky Sall vont plus loin : ils demandent au FMI de détailler précisément la méthodologie employée pour confirmer les chiffres avancés par l’administration sénégalaise, et sollicitent la transmission des documents utilisés pour établir ce montant de 7 milliards de dollars. Ils souhaitent également obtenir une rencontre officielle avec un représentant de l’institution afin d’éclaircir ce dossier devenu hautement politique.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le débat public autour de la dette et de la gestion financière de la dernière décennie reste particulièrement tendu. En contestant la validité des chiffres avancés par la Cour des comptes et en interpellant directement le FMI, Macky Sall et ses avocats cherchent à démontrer que l’accusation de « dette cachée » relève, selon eux, d’une construction approximative ou d’une interprétation erronée.

Affaire Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles juge le dossier sénégalais “très léger”

La Cour d’appel de Versailles a décidé de suspendre provisoirement la procédure d’extradition visant le journaliste sénégalais Madiambal Diagne, marquant ainsi un nouveau tournant dans une affaire suivie de près des deux côtés de la Méditerranée. La Chambre d’instruction a renvoyé l’examen du dossier au 3 février 2026, le temps de recevoir des compléments d’information exigés de l’État du Sénégal. Les autorités sénégalaises doivent transmettre ces éléments avant le 21 janvier, faute de quoi l’examen de la demande d’extradition pourrait être définitivement compromis.

Selon la juridiction française, les documents fournis jusqu’ici par Dakar sont jugés insuffisants. Les magistrats évoquent des dossiers « très légers », ne permettant pas d’établir clairement les faits reprochés au journaliste, ni la base légale sur laquelle repose la demande. Cette décision constitue un relief important pour la défense de Madiambal Diagne, qui soutient depuis le début que les démarches sénégalaises manquent de rigueur et soulèvent des interrogations sur le respect des principes judiciaires fondamentaux.

Peu après l’annonce de ce sursis à statuer, Madiambal Diagne a réagi sur le réseau social X. Dans un message empreint de satisfaction, il affirme que « la Cour d’Appel de Versailles a donné une belle leçon de Justice au Sénégal ». Il précise que les juges français exigent notamment des garanties quant à la tenue d’un procès juste et équitable, une clarification des accusations retenues contre lui, ainsi que la précision de leur fondement juridique et de leur période de commission. Il souligne également que les magistrats souhaitent comprendre le circuit du mandat d’arrêt à l’origine de son interpellation en France. Pour le journaliste, ces demandes renforcent l’idée que ses droits fondamentaux doivent être pleinement respectés dans le cadre d’une éventuelle procédure d’extradition.

Proche de l’ancien président Macky Sall et de l’ex-Premier ministre Amadou Ba, Madiambal Diagne avait été arrêté le 21 octobre 2025 à son domicile du Pecq, dans les Yvelines. Cette interpellation faisait suite à un mandat d’arrêt international émis par Dakar. Après avoir été placé en détention provisoire, il avait finalement bénéficié d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire. Ce régime imposé par la justice française comprend plusieurs obligations strictes, dont le non-respect pourrait entraîner son retour en détention.

Retour discret d’Ousmane Sonko : un voyage à Abu Dhabi qui continue d’alimenter la polémique

Selon des informations recueillies par Les Échos, le Premier ministre Ousmane Sonko est rentré hier soir à Dakar après un déplacement à Abu Dhabi qui a suscité une vive controverse en raison de son caractère particulièrement discret. Son avion privé a atterri à 22 h 29 GMT à l’aéroport Léopold-Sédar-Senghor de Yoff, au terme d’un vol direct de 10 heures et 16 minutes. Le Premier ministre et sa délégation avaient quitté les Émirats arabes unis à 16 h 13 heure locale, soit 12 h 13 GMT, mettant fin à un séjour dont les contours restent encore flous.

Ce voyage, mené dans une quasi-clandestinité, a surpris et alimenté de nombreuses spéculations. Contrairement aux usages protocolaires habituels, aucun communiqué n’avait annoncé le déplacement du chef du gouvernement. Ousmane Sonko avait quitté Dakar depuis l’aéroport militaire, un détail qui a accentué les interrogations. Dans un contexte politique déjà tendu, cette absence de communication officielle a ouvert la voie à des rumeurs allant d’une prétendue « fuite politique » à une mission diplomatique hautement sensible conduite en marge des circuits institutionnels traditionnels.

D’après Les Échos, la délégation qui accompagnait le Premier ministre comprenait notamment le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, ainsi que son garde du corps. Cependant, les sources du quotidien n’ont pas pu confirmer la présence d’autres personnalités à bord du jet privé, un appareil de dernière génération dont l’utilisation elle-même a été l’objet de critiques. L’opacité entourant la composition exacte de la délégation et les objectifs précis du voyage a renforcé l’impression d’un déplacement entouré de zones d’ombre.

Face aux interrogations, certains responsables gouvernementaux ont tenté d’apporter des clarifications, affirmant que le déplacement visait principalement à rechercher des financements et à renforcer la coopération stratégique avec les Émirats arabes unis. Selon eux, la nature sensible des discussions envisagées justifiait la discrétion observée autour du voyage. Ces explications n’ont toutefois pas suffi à apaiser les critiques, d’autant que l’absence totale de communication préalable a été perçue par une partie de l’opinion comme une entorse à la transparence à laquelle s’est engagé le nouveau gouvernement.

Crise politique : Les femmes du MIMI 2024 volent au secours d’Aminata Touré

La Coordination nationale des femmes du Mouvement MIMI 2024 est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle considère comme « des attaques ciblées » contre l’ancienne Première ministre et actuelle Haut Représentante du Président de la République, Madame Aminata Touré, récemment nommée dans le cadre de la restructuration de la Coalition Diomaye Président.

Dans un communiqué rendu public ce lundi, la plateforme féminine du mouvement a exprimé son indignation face aux critiques formulées à l’encontre de Mme Touré. Elles rappellent que cette dernière n’a « ni sollicité ni imposé » sa fonction dans la nouvelle architecture politique. Selon elles, « c’est le Président de la République lui-même qui l’a désignée » pour l’accompagner dans la réorganisation stratégique de sa coalition.

Un engagement “exclusivement au service du pays”

Les femmes du MIMI 2024 soulignent le rôle institutionnel d’Aminata Touré, affirmant qu’elle demeure avant tout engagée au service de la nation et du chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. « Qui connaît Madame Aminata Touré sait qu’elle est exclusivement au service du pays », indique le communiqué, insistant sur sa loyauté envers le Président.

L’organisation met également en lumière le parcours de l’ex-ministre de la Justice, décrite comme « un ténor de l’arène politique » dont l’expertise, forgée après une riche carrière internationale, a toujours été mise au profit du Sénégal. « Elle dispose d’une expérience qui peut être capitalisée par n’importe quel leader », précise la Coordination.

Une mobilisation féminine en guise d’avertissement

En dénonçant les critiques visant Mme Touré, les femmes du MIMI 2024 affirment rester « vigilantes » face à l’évolution de la situation politique nationale. Le communiqué se conclut par un appel à l’unité, rappelant l’enracinement de Mme Touré au sein du mouvement : « Mimi Rewmi mo ko gnor mu nek ci ag Le Président, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye. »

Cette prise de position pourrait annoncer un climat politique de plus en plus tendu, au moment où la coalition au pouvoir traverse une phase de recomposition interne. Reste à savoir si cette mobilisation féminine contribuera à apaiser les tensions ou si elle ouvrira un nouveau chapitre dans les débats autour de l’influence d’Aminata Touré au sein du dispositif gouvernemental.

Ousmane Sonko attendu à l’Assemblée nationale pour une séance de questions d’actualité dans un contexte politique tendu

Le Premier ministre Ousmane Sonko fera son retour à l’Assemblée nationale ce vendredi 28 novembre 2025. L’annonce a été faite ce lundi par l’institution parlementaire, à travers un communiqué de presse confirmant la tenue d’une séance de questions d’actualité consacrée au contrôle de l’action gouvernementale. Conformément aux dispositions de l’article 104 du Règlement intérieur, le chef du Gouvernement sera interpellé en séance publique à partir de 09 heures, en présence de l’ensemble des membres de son cabinet.

Cette apparition intervient dans un moment particulièrement délicat pour l’exécutif. Depuis plusieurs semaines, les relations entre le Premier ministre et le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, traversent une phase de crispation ouverte, alimentée par des divergences sur la conduite de l’action gouvernementale et les orientations à privilégier dans les réformes en cours. Cette tension, largement commentée sur la scène politique, confère à la séance de vendredi une portée particulière, certains observateurs estimant qu’elle pourrait servir de baromètre pour mesurer l’état réel de la cohésion au sommet de l’État.

À l’Assemblée nationale, les députés devraient axer leurs questions sur la gouvernance, l’état d’avancement des réformes prioritaires, ainsi que sur les crises sectorielles qui rythment l’actualité récente. Le passage du Premier ministre sera également scruté pour la manière dont il articulera ses réponses et réaffirmera — ou non — sa ligne politique dans un climat où chaque prise de position est interprétée comme un signal adressé au palais.

Crise au sein de la coalition « Diomaye Président » : Fadilou Keïta appelle à l’apaisement et à la retenue

La coalition « Diomaye Président », qui avait jusqu’ici affiché une unité relative autour du président Bassirou Diomaye Faye, traverse actuellement une crise ouverte opposant ce dernier au Premier ministre Ousmane Sonko. Cette situation fragile a été accentuée par des décisions internes jugées unilatérales, provoquant une série de tensions au sein du mouvement.

Le déclencheur de cette crise est le limogeage d’Aïssatou Mbodj, proche de Ousmane Sonko, de la tête de la coalition. Elle a été remplacée par Aminata Touré, considérée comme une fidèle du président Faye. Ce changement à la tête de la coalition a été vivement contesté par Pastef, qui y voit un « abus de pouvoir ». Le parti dirigé par Sonko a clairement affirmé que le président n’avait pas la compétence pour agir seul dans une décision aussi stratégique, renforçant ainsi la perception d’un bras de fer au sommet de la coalition.

Malgré cette tension, certains acteurs politiques au sein du mouvement tentent de maintenir un dialogue constructif. C’est le cas de Fadilou Keïta, Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui a lancé un message d’apaisement et d’espoir. Dans une déclaration relayée sur Facebook, il a rappelé qu’au cours d’une conversation téléphonique récente, le Premier ministre Ousmane Sonko lui avait exprimé sa volonté de voir la situation évoluer positivement. « Donnons-nous de la marge pour résorber nos divergences », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de retenue et de dialogue pour éviter une rupture qui pourrait profondément redéfinir le paysage politique sénégalais.

Assemblée nationale : une convocation atypique du bureau soulève interrogations

Une réunion inhabituelle du bureau de l’Assemblée nationale a été convoquée ce lundi, suscitant étonnement et curiosité dans les couloirs du Parlement. Selon des informations rapportées par le journal Les Échos, cette rencontre intervient seulement quelques jours après la clôture de l’examen des budgets ministériels, achevé vendredi dernier. Cette temporalité particulière intrigue, car elle ne correspond pas au déroulement traditionnel du calendrier parlementaire.

En règle générale, une fois les travaux budgétaires finalisés, c’est la conférence des présidents qui se charge de la programmation des séances plénières, sans qu’une réunion préalable du bureau ne soit jugée nécessaire. Le fait que les membres du bureau soient exceptionnellement conviés avant même la tenue de cette conférence apparaît donc comme un écart notable par rapport aux usages habituels de l’institution.

À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite pour éclairer les raisons exactes de cette initiative. Ce silence laisse place aux spéculations. Pour certains observateurs, il pourrait tout simplement s’agir de mettre en ordre l’agenda des plénières, dont l’ouverture est prévue pour le 27 novembre. Le bureau jouerait ainsi un rôle d’harmonisation afin de fluidifier les derniers ajustements administratifs ou organisationnels.

D’autres, cependant, estiment que cette réunion pourrait viser à clarifier ou anticiper certains points sensibles de l’ordre du jour, en dehors du circuit protocolaire traditionnel. Dans un contexte politique souvent chargé, une telle démarche pourrait traduire la volonté d’anticiper d’éventuels débats ou de fixer une ligne directrice avant l’entrée en séance publique.

Si ce type de convocation n’est pas totalement inédit, il demeure relativement rare dans la pratique parlementaire régulière. Il s’inscrit donc dans un registre exceptionnel qui attire l’attention, même si rien ne permet, pour l’instant, de confirmer l’existence d’un enjeu particulier caché derrière cette démarche.

Un voyage discret et une communication absente : le déplacement d’Ousmane Sonko à Abu Dhabi interroge

Le déplacement du Premier ministre Ousmane Sonko à Abu Dhabi continue de susciter une vive curiosité, tant la gestion de l’information par la Primature apparaît inhabituelle. Contrairement aux pratiques établies, aucune communication officielle n’a été diffusée pour annoncer ce voyage, ni communiqué, ni images, ni même une brève note aux médias. Cette absence totale de transparence tranche avec la routine institutionnelle, où chaque sortie du chef du gouvernement fait l’objet d’un minimum de couverture médiatique, ne serait-ce que pour informer l’opinion sur l’agenda international du Sénégal.

La situation a pris une tournure encore plus étrange lorsque le premier élément public concernant ce déplacement est venu non pas des autorités sénégalaises, mais d’un tweet publié à Paris par le journaliste Madiambal Diagne. Dans ce message, il détaille l’heure de départ du Premier ministre et mentionne même le type d’appareil utilisé : un jet privé Dassault Falcon 8X, un avion long-courrier de luxe capable de parcourir près de 12 000 kilomètres sans escale. Ces précisions, livrées de manière informelle et extérieure à toute communication d’État, ont immédiatement alimenté le mystère entourant le voyage.

Les informations supplémentaires évoquées par Madiambal Diagne ont renforcé les interrogations. Il fait notamment état d’un déménagement des affaires du Petit Palais vers le domicile du Premier ministre, un détail qui, dans ce contexte déjà trouble, a été interprété par certains comme un signe d’anomalie, voire d’inquiétude. Par ailleurs, l’utilisation d’un jet privé de très haut standing dans une période de restrictions budgétaires soulève de légitimes questions sur l’opportunité du choix logistique et sur la cohérence politique globale. En l’absence d’explications officielles, l’opinion s’interroge sur la nature exacte de la mission : économique, diplomatique, ou autre.

Le quotidien L’As relève que cette discrétion, totalement inhabituelle pour un déplacement de cette importance, a laissé libre cours aux rumeurs, plongeant l’espace public dans une spirale de commentaires et de spéculations. Dans un contexte où chaque visite internationale peut être associée à des enjeux financiers, stratégiques ou diplomatiques majeurs, le silence de la Primature apparaît d’autant plus surprenant. La gestion de la communication institutionnelle semble avoir laissé un vide, désormais comblé par des interprétations diverses, parfois contradictoires.

Face à cette opacité, même les membres de la majorité ont dû improviser des explications pour calmer l’emballement médiatique. El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a tenté de clarifier la situation en déclarant qu’Ousmane Sonko n’avait pas fui, mais qu’il était parti « chercher de l’argent » pour le pays. Cette justification, livrée sur le ton de la défense, n’a toutefois pas suffi à dissiper les doutes, d’autant qu’elle suggère une mission financière importante sans fournir de précision sur ses objectifs ou ses interlocuteurs.

Le MSD clarifie sa position : aucune intégration possible dans la coalition « Diomaye Président » tant qu’Ousmane Sonko demeure Premier ministre

Le Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD) a rompu le silence ce dimanche en publiant un communiqué destiné à clarifier sa position, après plusieurs informations faisant état d’un rapprochement avec la coalition « Diomaye Président ». Par la voix de son coordonnateur général, Ardo Gningue, le MSD reconnaît avoir participé à des discussions préliminaires, mais affirme que toute perspective d’intégration reste impossible tant qu’Ousmane Sonko continue d’occuper le poste de Premier ministre.

Selon le communiqué, une délégation composée de coordonnateurs départementaux et de membres du comité de pilotage avait été officiellement mandatée pour rencontrer Aminata Touré, Haute Autorité représentant le Chef de l’État et superviseure générale de la coalition. Une rencontre était prévue pour le samedi 22 novembre, organisée par le secrétaire administratif de la coalition, Samba Gueye. Toutefois, à la veille de l’audience, un changement de format a été proposé par la coalition, qui a demandé à limiter la réunion au seul coordonnateur général, accompagné de deux membres. Ardo Gningue explique avoir catégoriquement refusé cette exigence, évoquant la nécessité de transparence et le respect dû à toute la délégation désignée pour représenter le mouvement.

Ce désaccord a conduit la coalition « Diomaye Président » à informer le MSD qu’elle poursuivrait son chemin sans l’associer davantage au processus de concertation. Le mouvement dit avoir pris acte de cette décision, tout en affirmant qu’il n’a jamais sollicité une intégration et que sa présence à la rencontre relevait uniquement d’une démarche consultative.

Le communiqué insiste particulièrement sur la position politique du mouvement vis-à-vis de l’architecture actuelle du pouvoir exécutif. Pour le MSD, la présence d’Ousmane Sonko à la Primature constitue un verrou infranchissable. Ardo Gningue décrit le Premier ministre comme « un danger pour la République » et un facteur d’instabilité pour le pays. Il estime que l’éviction ou la démission de M. Sonko demeure un préalable incontournable à toute discussion sérieuse en vue d’un éventuel engagement du MSD aux côtés de la majorité présidentielle.

Tout en rejetant l’idée d’une intégration dans la coalition au pouvoir, le mouvement se dit ouvert au dialogue avec toutes les forces politiques ou sociales qui partagent son ambition de défendre la République et de préserver les intérêts du peuple sénégalais. Le comité de pilotage affirme rester mobilisé et engagé auprès des citoyens, avec l’objectif de contribuer à l’édification d’un Sénégal fondé sur la paix, la justice et la vérité.

Cette mise au point intervient alors que le climat politique national demeure tendu, marqué par une crise ouverte entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Dans ce contexte, la prise de position du MSD vient ajouter un nouveau relief au débat public et conforte l’idée que les tensions internes au pouvoir continuent de susciter des repositionnements stratégiques au sein de la scène politique sénégalaise.

Coalition Diomaye Président : Aminata Touré met fin aux rumeurs et refuse l’intégration du mouvement « Sonko Dégage »

La superviseure générale de la coalition « Diomaye Président », Aminata Touré, a tenu à clarifier publiquement une polémique qui enflait depuis plusieurs jours autour d’un supposé rapprochement entre la coalition présidentielle et le mouvement « Sonko Dégage ». Dans un communiqué transmis ce dimanche 23 novembre 2025, l’ancienne Première ministre a catégoriquement démenti toute intégration de ce groupe connu pour ses prises de position virulentes sur les réseaux sociaux, rappelant que la coalition reste fermement attachée à des comportements républicains et à des prises de parole responsables.

Selon les informations circulant depuis plusieurs jours, le mouvement « Sonko Dégage », dont l’un des responsables les plus visibles est Ardo Gningue, aurait tenté d’intégrer les rangs de la coalition. Ce dernier s’est, à maintes reprises, illustré par des critiques acerbes et des attaques personnelles contre le Premier ministre Ousmane Sonko, contribuant à alimenter un climat de tension au sein de l’espace numérique. Face à ces allégations, Aminata Touré a confirmé qu’une démarche en ce sens avait effectivement été initiée. Cependant, après les vérifications habituelles et une identification claire des acteurs concernés, la coalition a opposé un refus ferme et définitif, estimant que les comportements et propos de certains membres de ce mouvement ne sont pas compatibles avec les valeurs qu’elle entend défendre.

L’ancienne cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité, pour toute formation politique sérieuse, de préserver un cadre de travail fondé sur le respect mutuel, la responsabilité publique et la défense des institutions de la République. Elle a rappelé que la coalition « Diomaye Président » ne saurait en aucun cas s’associer à des acteurs qui ont fait de l’invective et de la confrontation permanente leur principal mode d’expression, d’autant plus dans une période politique marquée par des tensions internes et des attentes fortes de la population.

Aminata Touré a également tenu à rassurer les militants et sympathisants en affirmant que la coalition reste un espace structuré, soucieux de la cohésion interne et de la stabilité politique. Elle a précisé que l’objectif demeure de travailler dans la sérénité, autour d’un projet national porté par le Président Bassirou Diomaye Faye, et non de céder aux pressions ou influences extérieures susceptibles de nuire à l’équilibre de la coalition. En réitérant son refus catégorique de toute collaboration avec des mouvements engagés dans des combats personnels ou des campagnes d’insultes, elle a rappelé que la politique doit se mener dans le respect de l’éthique, des personnes et des institutions.

Cette sortie d’Aminata Touré intervient dans un contexte où les tensions internes au sein de la mouvance présidentielle, notamment entre proches du Président et partisans du Premier ministre, nourrissent spéculations et interprétations. En posant clairement les limites de la coalition et en fermant la porte à toute tentative d’instrumentalisation, elle cherche visiblement à éviter que cette affaire ne vienne ajouter une nouvelle source de confusion ou d’instabilité.

Attaques contre le Président Diomaye : Aliou Tine appelle à un arrêt immédiat des hostilités internes

Le climat politique déjà tendu vient de connaître un nouvel épisode, cette fois-ci marqué par l’intervention appuyée d’Aliou Tine. Le défenseur des droits humains s’est exprimé avec fermeté pour dénoncer les attaques croissantes dirigées contre le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, appelant à une trêve immédiate au sein même de la mouvance présidentielle.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Aliou Tine a exhorté les acteurs politiques proches du pouvoir à cesser les hostilités internes qui, selon lui, affaiblissent non seulement la cohésion au sein de Pastef, mais aussi l’autorité de l’État. Il rappelle que Bassirou Diomaye Faye, aujourd’hui président de tous les Sénégalais, a considérablement contribué à l’ascension et à la structuration du Pastef, notamment par les nominations stratégiques qu’il a accordées au parti depuis son accession au pouvoir. Ministères clés, directions générales et présidences de conseils d’administration : Tine souligne que Diomaye a, en quelque sorte, “tout donné à Pastef”.

Le défenseur des droits humains insiste également sur la nécessité fondamentale de distinguer deux réalités : celle du « Diomaye cadre de Pastef » et celle du « Diomaye Chef d’État ». Une confusion entre ces deux postures, dit-il, entretient des tensions artificielles au sommet de l’État. Dans toute démocratie, rappelle Aliou Tine, le Président doit bénéficier du soutien total de sa mouvance, d’autant plus lorsque celle-ci détient le leadership politique, organisationnel et gouvernemental. Cette mouvance, en l’occurrence, est dirigée par Pastef, avec en première ligne le Premier ministre Ousmane Sonko.

Aliou Tine met en garde contre les risques d’une division interne qui commence, selon lui, à prendre forme sous la dynamique périlleuse d’un « Pastef contre Pastef ». Il qualifie ce scénario de contre-productif, nuisible et potentiellement dévastateur. « Il faut désormais savoir jouer avec le temps. Sinon c’est Pastef contre Pastef, c’est contre-productif. C’est négatif et ça pourrait être catastrophique pour le pays qui vit un déclin sur tous les plans en ce moment », a-t-il averti, soulignant que l’urgence du contexte national exige au contraire une solidarité renforcée.

Cette prise de position survient à un moment où les défis économiques, sociaux et institutionnels sont multiples, et où l’unité gouvernementale apparaît plus que jamais indispensable. Alors que les tensions internes semblent gagner en intensité, l’appel d’Aliou Tine se veut un rappel clair : la stabilité du pays passe d’abord par la stabilité du pouvoir.

Coalition « Diomaye Président » : mise au point ferme sur une prétendue intégration de polémistes

La Coalition « Diomaye Président » a tenu à apporter des clarifications à la suite d’informations circulant sur les réseaux sociaux, laissant entendre que des mouvements ou personnalités réputés pour leurs propos injurieux auraient rejoint ses rangs. Dans un communiqué transmis à la rédaction, la coalition dément catégoriquement cette allégation et parle d’une confusion entretenue autour d’une tentative d’adhésion qui n’a jamais abouti.

Selon les précisions apportées, une demande d’intégration a effectivement été formulée par des acteurs identifiés comme coutumiers d’attaques virulentes en ligne et de discours jugés irrespectueux à l’égard des institutions. Mais après vérification de leur profil et analyse de leur comportement public, la Superviseure générale de la coalition, Aminata Touré, a opposé une fin de non-recevoir. La coalition explique que cette décision a été prise pour préserver la cohérence de son projet politique, fondé sur une communication responsable et une participation citoyenne exemplaire.

Dans son communiqué, la Coalition « Diomaye Président » réitère son attachement à un débat public sain, débarrassé de toute forme d’invectives, de diffamation ou de provocation. Elle souligne que son engagement politique s’inscrit dans le respect strict de toutes les institutions de la République, des personnalités investies de missions publiques ainsi que de tout citoyen, indépendamment de ses convictions ou de son affiliation.

Thierno Lo alerte sur la fragilité démocratique et les dérives institutionnelles au Sénégal

Invité du “Jury du dimanche” sur iRadio, l’ancien ministre Thierno Lo s’est exprimé sur la situation politique et institutionnelle du Sénégal, dressant un constat alarmant sur l’état de la démocratie dans le pays. Selon lui, le Sénégal, longtemps considéré comme un modèle en Afrique de l’Ouest, traverse une période marquée par un malaise institutionnel et des tensions inédites entre les plus hautes autorités de l’État.

Pour Thierno Lo, le pays semble avoir relégué au second plan des valeurs fondamentales qui constituaient le socle de sa cohésion et de sa stabilité. Il exhorte à reconstruire ce socle fondateur, qu’il décrit comme essentiel pour guider les comportements dans la société et au sein des institutions. « Sans cela, nous apporterons les pires habitudes du monde moderne sans préserver les valeurs qui faisaient notre force », prévient-il.

L’ancien ministre ne cache pas sa déception face aux tensions visibles entre le président de la République et le Premier ministre. Il qualifie cette situation de « inédite et regrettable », indigne d’un pays qui se voulait une référence en matière de gouvernance et de stabilité démocratique. Selon lui, cette crise trouve son origine dans « un flou originel dans l’offre politique », marqué par un duo dirigeant qui a semé la confusion et par une incompréhension de ce qu’implique le service de l’État. Pour Thierno Lo, le pouvoir exige discipline, sens de l’État et vision. « L’État n’est ni une société anonyme ni un butin de guerre », martèle-t-il, rappelant qu’il s’agit d’un bien commun qui demande humilité et continuité.

L’ancien ministre refuse toutefois tout fatalisme et insiste sur les conséquences collectives des erreurs de gouvernance : « Ils dirigent la pirogue où nous sommes tous embarqués. S’ils se cognent contre le récif, c’est nous tous qui coulons. » Dans un contexte sous-régional fragilisé par les coups d’État, les transitions prolongées et l’érosion progressive des institutions civiles, Thierno Lo souligne que le Sénégal n’a pas le droit à l’erreur. Même l’argument qui consisterait à « laisser les jeunes au pouvoir faire leurs preuves » ne peut justifier un désordre institutionnel. « On ne joue pas avec les équilibres de la République. Jamais », insiste-t-il.

Pour Thierno Lo, la fragilité de la démocratie réside dans les comportements des acteurs politiques qui confondent droits et devoirs, libertés et responsabilités, pouvoir et privilèges. Il rappelle que le Sénégal a longtemps fait preuve de maturité, grâce à une administration compétente, des élections rigoureusement organisées et une population dotée de discernement.

Sur le plan sous-régional, il analyse la multiplication des putschs comme une conséquence structurelle : « Les armées surgissent quand le fossé entre dirigeants et populations devient insoutenable. » Il se montre toutefois rassurant sur l’armée sénégalaise, qu’il décrit comme profondément républicaine, disciplinée et dépourvue de toute ambition de gouverner.

L’ancien ministre dénonce également les enjeux géopolitiques liés aux ressources minières, où les zones exploitées par les multinationales échappent souvent aux bénéfices pour les populations locales, et où les conflits internes servent fréquemment des intérêts extérieurs.

Enfin, Thierno Lo insiste sur le rôle central du peuple dans la démocratie, estimant que les vrais acteurs démocratiques ne sont ni les partis ni les institutions, mais une population éclairée et éduquée. Il plaide pour la constitution d’une élite responsable et vertueuse, qui serve le pays au lieu de se servir, et qui élève la nation plutôt que de la diviser.

Cheikh Yerim Seck alerte sur une crise politique inédite : “Jamais un chef d’État sénégalais n’a été autant fragilisé”

Dans un entretien accordé à la journaliste Maimouna Ndour Faye, le journaliste et analyste politique Cheikh Yerim Seck a dressé un tableau sombre de la situation politique actuelle du Sénégal. Selon lui, le pays traverse l’un des épisodes les plus délicats de son histoire récente, marqué par une instabilité au sommet de l’État et des tensions qui ne cessent de grandir au sein du pouvoir.

Cheikh Yerim Seck n’a pas mâché ses mots. Il estime que jamais un président sénégalais n’a été autant fragilisé dans l’exercice de ses fonctions que Bassirou Diomaye Diakhar Faye depuis son accession à la magistrature suprême. Cette fragilité, selon lui, résulte d’une combinaison de facteurs politiques, institutionnels et humains qui affaiblissent l’autorité présidentielle et rendent l’action gouvernementale moins lisible.

Au cœur de cette crise se trouve la brouille grandissante entre le chef de l’État et son premier ministre, Ousmane Sonko. Depuis plusieurs semaines, les divergences, autrefois feutrées, s’exposent désormais au grand jour, créant un climat de confusion et d’incertitude. Les deux figures majeures de la coalition au pouvoir, initialement portées par un même élan de rupture et de renouveau, semblent aujourd’hui engagées dans une confrontation silencieuse mais palpable, observée attentivement par l’opinion publique.

Cheikh Yerim Seck souligne que cette situation fragilise non seulement le fonctionnement de l’exécutif, mais aussi l’équilibre institutionnel du pays. Pour lui, l’image d’un pouvoir divisé envoie des signaux négatifs aux partenaires internationaux, aux acteurs économiques et aux citoyens, déjà éprouvés par les turbulences politiques des dernières années. Il rappelle que l’histoire politique du Sénégal, pourtant riche en alternances pacifiques, n’a que rarement connu une telle exposition des dissensions internes au sommet de l’État.

L’analyste voit dans cette crise une période critique où le pays joue une partie essentielle de sa stabilité future. Il appelle les responsables concernés à mesurer pleinement la gravité du moment et à privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Selon lui, seule une clarification institutionnelle et un rétablissement de la confiance au sein de l’exécutif permettront d’éviter que cette tension ne se transforme en crise ouverte.

Aliou Tine met en garde contre les attaques internes visant le Président Diomaye Faye

Le défenseur des droits humains, Aliou Tine, est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur les critiques et attaques dirigées contre le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Dans une déclaration publiée sur la plateforme X (anciennement Twitter), le fondateur d’Afrikajom Center a appelé à un arrêt immédiat des querelles internes qui agitent la mouvance présidentielle.

Aliou Tine rappelle que le Président Faye, aujourd’hui chef de l’État et garant de l’unité nationale, a largement œuvré en faveur de son parti d’origine, Pastef. Selon lui, le chef de l’État a « tout donné à Pastef » en accordant à ses cadres des nominations stratégiques, que ce soit au niveau des ministères, des directions générales ou des présidences de conseils d’administration. Ces choix, insiste-t-il, démontrent que le Président n’a jamais tourné le dos à sa formation politique, malgré les exigences de sa fonction.

L’analyste estime toutefois essentiel de distinguer le « Diomaye cadre de Pastef » du « Diomaye Chef d’État ». Cette nuance, selon lui, est fondamentale dans toute démocratie fonctionnelle. Une fois élu, le Président devient celui de tous les Sénégalais et doit être appuyé sans ambiguïté par sa mouvance, dont le leadership demeure incontestablement entre les mains de Pastef, notamment à travers la forte influence du Premier ministre Ousmane Sonko.

Aliou Tine met en garde contre les risques d’un affrontement interne, qu’il qualifie de véritable scénario de « Pastef contre Pastef ». Une telle situation serait, à ses yeux, non seulement contre-productive, mais également dangereuse pour un pays qui traverse actuellement un contexte difficile. Il avertit qu’en l’absence d’une gestion mesurée et d’une vision à long terme, cette division pourrait être « catastrophique » pour le Sénégal, déjà fragilisé par un déclin sur plusieurs plans.

Coalition « Diomaye Président » : Simakha annonce la riposte face aux attaques politiques

La tension politique monte d’un cran. Pape Simakha, figure influente du combat pour la libération des acteurs du « Projet » et président du mouvement national « Aar Sunu Projet », a tenu des propos sans équivoque lors d’une récente rencontre de la coalition « Diomaye Président ». Il a lancé un avertissement ferme au pouvoir en place, appelant ce dernier à « mettre de l’ordre » dans son administration.

Le coup de gueule de Pape Simakha

Selon Simakha, le Président de la République « doit prendre ses responsabilités » face à l’attitude de certains directeurs généraux qu’il accuse de s’attaquer à lui. Il a notamment pointé du doigt le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Ce dernier, « au lieu de s’occuper de ses charges étatiques, vu la lourdeur et l’importance de sa mission, s’adonne à la politique politicienne à Kaolack », a-t-il dénoncé.

Cette sortie vise directement un haut responsable d’une institution pourtant stratégique dans la gestion de l’épargne publique. L’accusation de se livrer à des activités politiques partisanes — dans un contexte de pré-campagne tacite — soulève des interrogations sur la neutralité attendue de certains cadres de l’État.

« Œil pour œil, dent pour dent » : la coalition muscle son discours

La déclaration la plus marquante reste la nouvelle posture affichée par la coalition « Diomaye Président ». Pape Simakha a affirmé que le groupe, se positionnant comme un « bouclier » derrière sa présidente de la Conférence des leaders, ne resterait plus passif.

« Désormais, c’est œil pour œil, dent pour dent », a-t-il tonné, annonçant ainsi « la fin de la récréation ».

Ce ton offensif traduit un durcissement notable de la communication au sein de la mouvance soutenant le président Bassirou Diomaye Faye. Il marque la volonté de répondre systématiquement à toute attaque politique, dans un climat national déjà fortement polarisé.

Un acteur aguerri du « Projet »

Le poids des propos de Simakha s’explique aussi par son parcours. Considéré comme l’un des combattants du « Projet », il a été emprisonné lors des manifestations de mars 2021. Son vécu dans les tensions politiques sous le régime de Macky Sall renforce son statut de voix crédible et intransigeante au sein de la mouvance.

Cette sortie médiatique intervient à un moment charnière, où chaque déclaration est interprétée comme un signal des confrontations politiques à venir. Elle met le pouvoir en face de ses responsabilités concernant la gestion et la neutralité de ses hauts cadres. Elle annonce surtout une coalition déterminée à ne plus laisser aucune attaque sans réponse.

La trêve politique semble bel et bien terminée.

El Malick Ndiaye défend Ousmane Sonko après les accusations de fuite de Madiambal Diagne

Une nouvelle controverse politique a éclaté ce vendredi après un message publié par le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, sur le réseau social X. Dans sa publication, il affirme que le Premier ministre Ousmane Sonko aurait quitté le territoire sénégalais à bord d’un jet privé, en direction d’Abu Dhabi. « Est-ce une fuite ? », s’est-il interrogé, laissant entendre que le chef du gouvernement se serait soustrait à ses responsabilités.

Cette déclaration a rapidement suscité des réactions au sein de la classe politique. Parmi les voix les plus virulentes figure celle d’El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, qui a profité de son intervention aux “48 heures de la JPS” à Mbacké pour répondre frontalement à Madiambal Diagne. Visiblement agacé par ce qu’il considère comme une manipulation de l’opinion, El Malick Ndiaye n’a pas mâché ses mots. « J’ai vu quelqu’un dire que le Premier ministre Ousmane Sonko a pris l’avion et qu’il a fui. Lui, Madiambal Diagne, a fui laissant derrière lui sa famille », a-t-il déclaré, renvoyant à son interlocuteur les mêmes accusations de fuite.

Poursuivant son propos, le président de l’Assemblée nationale a tenu à rassurer les Sénégalais quant aux raisons du déplacement du Premier ministre, s’exprimant cette fois-ci en wolof pour donner plus de force à son message. « Néna Sonko da daw, dawoul deh, da wouti koppar, té bou sobé Yalla dinako indalé nguir rewmi », a-t-il affirmé. Selon lui, Ousmane Sonko n’a nullement quitté le pays pour fuir, mais pour mener des démarches visant à mobiliser des ressources au bénéfice du Sénégal. El Malick Ndiaye assure même qu’il reviendra avec des acquis importants « s’il plaît à Dieu ».

Me Moussa Bocar Thiam réplique à l’UMS et maintient ses accusations contre le magistrat Idrissa Diarra

L’ancien ministre et maire de Ourossogui, Me Moussa Bocar Thiam, n’a pas attendu 24 heures pour répondre au communiqué publié par l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) dénonçant sa saisine de l’Inspection Générale de l’Administration Judiciaire (IGAJ). Dans sa réaction, Me Thiam reproche à l’UMS de ne l’avoir ni interpellé ni informé l’Ordre des avocats avant de rendre public son communiqué.

Le maire de Ourossogui souligne qu’il « n’appartient pas à l’UMS d’apprécier l’opportunité, la recevabilité ou le bien-fondé d’une dénonciation qui ne lui est pas adressée » et que l’IGAJ est parfaitement compétente pour examiner les plaintes dans le cadre de l’article 3 de la loi 98-23 du 26 mars 1998.

Me Moussa Bocar Thiam maintient fermement ses reproches à l’encontre du magistrat Idrissa Diarra, qui avait été présenté par l’UMS comme irréprochable. Selon l’ancien ministre, ce magistrat « maintient en prison un homme agonisant et même la femme du journaliste Madiambal Diagne en chaise roulante et mourante ». Ces comportements, qualifiés d’intuitu personae, constitueraient « un manquement aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse ou à la dignité de ses fonctions », des manquements relevés par plusieurs organisations de la société civile et même par le Conseil national des droits de l’homme.

Me Thiam précise qu’il compte multiplier les démarches pour dénoncer ces pratiques : il indique qu’il saisira la chambre disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature ainsi que la Cour des droits de l’homme de la CEDEAO afin de dénoncer les traitements inhumains et dégradants infligés abusivement à des personnes présumées innocentes. Il insiste sur le fait que « la seule et unique personne décriée est le magistrat Idrissa Diarra et personne d’autre », ajoutant que « la solidarité de corps est inopérante puisqu’aucun magistrat ne fait siens les agissements de Monsieur Idrissa Diarra ». Dans ce contexte, il interpelle également l’Ordre des médecins, l’Ordre des avocats, les organisations de protection des droits de l’homme et l’International Association of Lawyers (UIA).

Dans sa réponse à l’UMS, Me Thiam précise qu’il ne s’adresse ni au corps des magistrats, ni à l’association, encore moins à l’institution judiciaire, qu’il dit respecter profondément. Il conclut en affirmant qu’il « voue un respect infini à ce corps et s’incline devant certains qui se sentent affectés par [ses] propos ».

L’ancien ministre critique également le silence de l’UMS face aux déclarations du leader politique Ousmane Sonko, le 8 novembre 2025, qui avait accusé les magistrats de « saborder le travail du pool judiciaire et financier » et appelé l’État à « nettoyer la justice dont certains s’opposent à sa personne », portant ainsi atteinte au Conseil Constitutionnel, à la Cour Suprême et à la Cour d’Appel. Selon Me Thiam, les magistrats Maham Diallo et feu Samba Fall avaient été également visés par ces propos injurieux, mais l’UMS était restée « muette, ratant l’occasion de rappeler à l’ordre quelqu’un qui jette un discrédit notoire sur l’institution judiciaire ».

Crise politique et institutionnelle : le FDR accuse PASTEF et appelle à un sursaut national

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a livré une analyse particulièrement inquiétante de la situation actuelle du Sénégal, qu’il considère comme l’une des plus graves de l’histoire politique du pays. Dans un communiqué rendu public, la coalition de l’opposition soutient que le Sénégal traverse « la pire crise de son existence », estimant qu’aucune des grandes secousses qui ont marqué la vie politique nationale — notamment celles de 1962, 1968, 1988 ou encore 2021 — n’aurait atteint le niveau de dégradation institutionnelle et de fragilité économique observé aujourd’hui.

Selon le FDR, cette situation critique trouve sa source principale dans ce qu’il qualifie « d’échec profond et multiforme » de la gouvernance de PASTEF. Pour l’opposition, les autorités actuelles n’ont pas seulement manqué à leurs promesses de transformation structurelle ; elles auraient également compromis certains acquis démocratiques, économiques et institutionnels du pays. Le Front considère que les vingt derniers mois de gestion ont entraîné un affaiblissement préoccupant de l’appareil étatique.

Sur le plan économique, le FDR brosse un tableau particulièrement sombre. Il affirme que le Sénégal se trouve désormais parmi les pays les plus endettés du continent, fragilisé au point d’être exposé aux risques d’intervention des fonds vautours. Selon la coalition, l’État serait « au bord de la faillite », une situation que le Front attribue à des décisions hasardeuses, un manque d’expérience et une gouvernance dominée par « le populisme ». Les difficultés rencontrées par le pays à honorer ses engagements financiers, l’incapacité à payer certaines créances internes et l’impact de nouvelles taxes sur les ménages les plus modestes sont autant d’éléments que le FDR interprète comme des signaux d’alarme.

Le paysage institutionnel n’échappe pas non plus à la critique du Front. Il souligne une série d’événements récents qui, selon lui, témoignent d’un affaiblissement inédit de la stabilité politique. Le communiqué rappelle notamment les accusations publiques du Premier ministre, affirmant être la cible d’un complot impliquant de hauts magistrats, ainsi que les déclarations d’un député de la majorité accusant le président de la République de mener un « coup d’État constitutionnel » contre son propre chef de gouvernement. Pour le FDR, l’absence de réponse formelle des autorités sur ces accusations, qui relèvent potentiellement d’attentats contre la sûreté de l’État, révèle une situation institutionnelle explosive.

Au-delà de ces dysfonctionnements, le FDR estime que ces tensions traduisent une crise interne au sein même du parti au pouvoir. Il considère que les fractures qui émergent au cœur de PASTEF pourraient, si elles ne sont pas contenues, provoquer une implosion politique susceptible d’entraîner le pays dans une instabilité encore plus profonde.

Conscient de la gravité de ce qu’il décrit comme une « catastrophe imminente », le Front lance un appel solennel à un large sursaut national. Il invite les forces vives de la nation, les organisations citoyennes, les travailleurs, les acteurs politiques et l’ensemble de la société sénégalaise à se mobiliser pour empêcher une détérioration supplémentaire de la situation. Le FDR estime qu’un mouvement national coordonné est nécessaire pour « mettre un terme aux dérives » et rétablir les équilibres institutionnels et économiques.

Le Front annonce enfin la poursuite de son plan d’action dans les prochains jours, avec l’objectif de traduire cet appel en initiatives concrètes destinées, selon lui, à « sauvegarder la République » et à préserver la stabilité du Sénégal face aux risques qu’il juge imminents.

Kaolack : La Coordination nationale des jeunes de Mimi 2024 exige la publication des diplômes de Fadilou Keïta

Après la sortie médiatique des cadres de Mimi 2024, c’est au tour de la Coordination nationale des jeunes du mouvement de monter au créneau pour répondre au Directeur général de la Caisse de Dépôt et de Consignation (CDC), Fadilou Keïta.

Selon eux, ce dernier perçoit plusieurs millions de francs CFA comme salaire, un niveau de rémunération qui, à leurs yeux, devrait s’accompagner de performances et de services à la hauteur au sein de la CDC. « Or, ce n’est vraiment pas ce que l’on constate », soutiennent-ils.

La Coordination accuse Fadilou Keïta de se faire davantage remarquer par ses activités politiques que par des résultats probants, particulièrement à Kaolack « où il ne sera jamais maire », affirment-ils. Ils estiment également que ses attaques contre Aminata Touré sont infondées, rappelant que Macky Sall « n’a jamais pu la faire plier » sur la question du troisième mandat ou du report des élections, malgré une inspection de sa gestion au CESE qui « n’a conclu à aucun détournement de deniers publics ».

Les jeunes de Mimi 2024 dénoncent par ailleurs ce qu’ils qualifient de « salaires vertigineux » payés avec l’argent du contribuable à un Directeur général « qui n’a décliné ni vision ni stratégie convaincantes pour la CDC », une institution qui, selon eux, devrait jouer un rôle de levier économique en période de difficultés.

Ils exigent ainsi que Fadilou Keïta publie ses diplômes officiels, hic et nunc.

Ousmane Kane recadre Ousmane Sonko et dénonce une « instrumentalisation politique » de la justice

L’ancien président de la Cour d’appel de Kaolack, Ousmane Kane, est sorti de sa réserve pour répondre aux attaques formulées récemment par le Premier ministre Ousmane Sonko contre la magistrature sénégalaise. Lors d’un meeting tenu le 8 novembre, le chef du gouvernement avait critiqué de manière virulente des magistrats non identifiés, particulièrement ceux de la Cour suprême et de la Cour d’appel de Dakar, qu’il accuse d’avoir été promus sous l’ère Macky Sall et d’avoir contribué, selon lui, à des décisions déloyales et politiquement orientées.

Pour Ousmane Kane, ces déclarations traduisent une profonde méconnaissance du fonctionnement réel de la justice. Il estime que l’intégralité des magistrats occupant les postes les plus sensibles a été remplacée depuis l’arrivée du Président Bassirou Diomaye Faye. « Le Premier ministre s’est trompé. Depuis la première réunion du Conseil supérieur de la magistrature sous l’ère Diomaye Faye, tous les magistrats occupant des postes importants sous l’ancien régime ont été remplacés », affirme-t-il.

Dans un texte très détaillé, il rappelle les changements significatifs opérés. À la Cour suprême, un nouveau Premier président et un nouveau procureur général ont été nommés. Le Premier président, souligne-t-il, a même la prérogative de présider n’importe quelle chambre, même s’il ne l’a jamais exercée. À la Cour d’appel de Dakar, presque l’intégralité de la haute hiérarchie a été renouvelée : Premier président, secrétaire général, présidents de chambre, procureur général, avocats généraux, président et conseillers de la Chambre d’accusation financière, juges d’instruction du pool financier ainsi que le procureur de la République de ce même pool. Au Tribunal de grande instance hors classe, les juges d’instruction, le procureur de la République et ses adjoints ont également été remplacés.

Ces changements, insiste Ousmane Kane, prouvent que les accusations du Premier ministre ne reposent sur aucune base solide. « Aujourd’hui, tous les postes sensibles dans la magistrature sont occupés par des magistrats de son choix », tranche-t-il.

Au-delà du plan institutionnel, l’ancien magistrat évoque aussi sa propre expérience pour illustrer la complexité du fonctionnement judiciaire et les dérives possibles. Il raconte avoir été la cible de comportements qu’il qualifie de « violations grossières des règles fondamentales du droit ». « L’injustice laisse une amertume que seule la calomnie peut égaler. J’en sais quelque chose pour en avoir été victime plus d’une fois », dit-il. Il affirme avoir constaté des pratiques graves, comme des magistrats de haut rang brisant des principes juridiques ou encore un faux constaté par huissier à la Cour suprême. Toutefois, il tient à rappeler que ces cas ne reflètent pas la réalité générale : « L’écrasante majorité des magistrats effectuent un travail titanesque dans des conditions souvent indescriptibles. »

Pour Ousmane Kane, la prise de parole de Sonko relève davantage d’une instrumentalisation politique que d’une critique institutionnelle constructive. « La magistrature n’est pas à l’abri de la critique, mais la position du Premier ministre aurait dû le dissuader de s’attaquer publiquement à un corps qu’il a les moyens politiques de réformer », souligne-t-il. Il ajoute que les injustices que Sonko dit avoir subies ne doivent pas être reproduites, même en faveur de son propre camp.

Il pointe également plusieurs anomalies juridiques dans la gestion des dossiers impliquant l’actuel Premier ministre. Il évoque notamment l’aggravation de la sanction par la Cour suprême et un refus de renvoi qui, selon lui, aurait violé les droits de la défense si Sonko avait comparu. Concernant les infractions de diffamation et d’injure, il rappelle leur particularité : la procédure peut être arrêtée à tout moment par un simple retrait de plainte, contrairement à la plupart des autres délits. Selon lui, seule l’initiative d’appel introduite par Sonko a rendu possible l’aggravation de sa peine en appel. Le fait que la Cour ait statué si rapidement et confirmé une peine plancher rendant Sonko inéligible constitue, selon Kane, une « anomalie ».

L’ancien magistrat ne s’arrête pas là. Il critique aussi la composition du Conseil constitutionnel à la veille de la dernière présidentielle. Les nominations opérées par l’ex-président Macky Sall, remplaçant un professeur d’université et un inspecteur général d’État par deux magistrats, sont pour lui une entorse à l’esprit d’équilibre et de diversité voulu depuis 1992. Une décision qui, selon lui, « ne pouvait qu’engendrer la suspicion » et éroder la confiance du public.

Zahra Iyane Thiam invite Diomaye Faye à se concentrer sur l’action gouvernementale

L’ancienne ministre Zahra Iyane Thiam a livré, ce jeudi, un message clair et sans détour à l’endroit du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une publication diffusée sur X, elle a rappelé l’importance, pour les acteurs politiques, de rester fidèles à la vérité historique tout en plaçant l’intérêt des populations au cœur de leur action.

Selon elle, l’élection présidentielle de 2012 constitue un exemple parlant : « Le véritable artisan de l’élection présidentielle de 2012, c’était le candidat Macky Sall, porté par toute une équipe engagée. Les acteurs politiques doivent à leurs électeurs de raconter l’histoire telle qu’elle s’est réellement déroulée. Cette exigence vaut pour ceux d’hier, mais davantage encore pour ceux d’aujourd’hui », écrit-elle, soulignant ainsi la nécessité de préserver l’intégrité du récit politique.

Poursuivant son propos, Zahra Iyane Thiam insiste sur la nature même de l’exercice du pouvoir, affirmant que la politique ne constitue pas une finalité. À ses yeux, seules les actions concrètes, orientées vers l’amélioration des conditions de vie des populations, donnent leur véritable sens aux responsabilités publiques.

Dans cette logique, elle formule une attente précise à l’endroit du chef de l’État : « Ce que nous attendons du Président de la République, Diomaye Faye, c’est qu’il gouverne, sans se laisser happer par la politique politicienne. » Elle estime en effet que le président doit se focaliser sur son agenda de réformes et résister aux turbulences internes susceptibles de détourner son attention.

Elle avertit par ailleurs que la scène politique pourrait évoluer rapidement, même au sein de la majorité présidentielle : « Au-delà de Sonko, il ne devrait être surpris de voir émerger d’autres candidatures issues même de sa majorité la plus proche. Qui vivra verra. » Une manière de souligner que la stabilité politique dépendra de la capacité du président à gouverner au-dessus des intérêts partisans.

Rewmi recadre sévèrement Fadilou Keïta et défend l’héritage politique d’Idrissa Seck

Les militants du parti Rewmi n’ont pas tardé à réagir aux déclarations du Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Fadilou Keïta. Pour la jeunesse du parti, regroupée autour d’Aly Nguer et des membres du Secrétariat national, les propos du responsable de la CDC traduisent une méconnaissance du passé politique récent et une volonté manifeste de réécrire l’histoire institutionnelle du pays.

D’emblée, les jeunes de Rewmi rappellent que le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) sur la gestion du Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait été officiellement approuvé par l’ancien président Macky Sall. Selon eux, ce document mettait en cause aussi bien Aminata Touré qu’Idrissa Seck. Ils estiment donc infondé le discours de Fadilou Keïta, qui, à leurs yeux, semble ignorer ces conclusions ou choisir volontairement de les minimiser. En soulignant ce point, les militants entendent démontrer que l’actuel DG de la CDC ne tire aucune leçon des épisodes politiques passés.

Les responsables de la jeunesse de Rewmi établissent par ailleurs un parallèle entre la situation actuelle d’Ousmane Sonko et les polémiques liées aux rapports administratifs. Pour eux, les difficultés judiciaires du leader de Pastef trouvent leur origine dans un rapport similaire, preuve que ces documents ont, selon eux, une portée politique déterminante. Ils invitent ainsi Fadilou Keïta à faire preuve de plus de recul et à s’éloigner de ce qu’ils qualifient de « politique faite à l’ombre d’un mentor ».

Sur la question d’un éventuel rapport incriminant Idrissa Seck, les jeunes militants réfutent catégoriquement cette hypothèse. Ils rappellent que le passage du président de Rewmi à la tête du CESE avait été unanimement salué. Ils accusent Fadilou Keïta et ses soutiens de manipuler les faits, arguant qu’aucun document, aujourd’hui comme demain, ne pourrait remettre en cause la gestion d’Idrissa Seck au sein de l’institution. « Vous faites partie de ceux qui, lorsqu’ils ne peuvent pas changer les faits, tentent de changer les mots », lâchent-ils avec fermeté.

Dans leur communiqué, les jeunes du parti n’hésitent pas à évoquer l’historique judiciaire de certaines personnalités politiques pour soutenir leur argumentation. Ils rappellent notamment que l’homme politique Thierno Bocoum, surnommé « Mara », avait affronté l’État et passé sept mois et sept jours en prison avant d’être totalement blanchi. Un parcours qu’ils opposent à celui d’Ousmane Sonko, condamné pour diffamation, puis pour corruption de la jeunesse, des décisions judiciaires qu’ils soulignent pour illustrer, selon eux, la différence de posture entre les deux trajectoires.

Enfin, c’est sur le terrain politique que les militants de Rewmi adressent leur dernière charge à l’endroit de Fadilou Keïta. Ils l’accusent d’être en panne d’inspiration et d’avoir repris, plus de vingt ans après, le concept du « plan Grappes de convergence » imaginé par Idrissa Seck. Pour eux, ce « plagiat » démontre l’avance intellectuelle et stratégique du leader de Rewmi. Ils affirment que si Fadilou Keïta manque encore de repères, il peut toujours se référer au « Pacte » d’Idrissa Seck, rappelant que ce dernier n’est ni son leader, ni celui de Mimi Touré.

Fadilou Keïta attaqué pour ses critiques envers Aminata Touré : les partisans de l’ex-Première ministre répliquent

Les récentes déclarations de Fadilou Keïta, Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), visant Aminata Touré, ancienne Première ministre et présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE), ont suscité une vive réaction de ses partisans. Ces derniers dénoncent des attaques répétées qu’ils jugent infondées et révélatrices d’une méconnaissance profonde des institutions.

« Fadilou, il serait temps que vous cessiez de confondre indignation militante et éructations désordonnées. Vos attaques répétées contre Madame Aminata Touré trahissent moins une volonté d’éclairer le débat public qu’une ignorance abyssale du droit et des mécanismes institutionnels les plus élémentaires », s’insurgent-ils dans un communiqué transmis à la presse.

Le directeur général de la CDC s’était appuyé sur un rapport de l’Inspection générale d’État (IGE), qui aurait épinglé l’ancienne présidente du CESE, pour exiger qu’elle « réponde de ses actes de force ou de gré ». Mais pour Lamine Sène, coordonnateur de Mimi-Thiès et proche d’Aminata Touré, les critiques de M. Keïta reposent sur un malentendu fondamental. Selon lui, le CESE est une institution constitutionnelle relevant directement de l’autorité du président de la République, et l’IGE n’y mène aucun contrôle de sa propre initiative. « L’Inspection générale d’État n’agit que sur ordre explicite du chef de l’État », rappelle M. Sène, ajoutant que c’est Macky Sall en personne qui aurait instruit le contrôle et conféré à ses recommandations une valeur de directives présidentielles. À ses yeux, si un quelconque problème avait réellement existé dans la gestion d’Aminata Touré, l’ancien président ne l’aurait jamais laissé passer.

Les partisans de l’ex-PM dénoncent des insinuations « gratuites et grossières » et accusent M. Keïta de tenter de salir la réputation d’une institution qu’il ne comprend manifestement pas. Ils rappellent également les missions courageuses et difficiles menées par Aminata Touré, notamment les dossiers Hissène Habré et Karim Wade, soulignant qu’elle n’a jamais fui ses responsabilités et qu’elle n’a pas attendu les critiques publiques pour répondre le cas échéant devant la justice.

Selon Lamine Sène et ses camarades, la véritable intégrité ne se limite pas à des slogans ou des accusations, mais suppose une rigueur intellectuelle et une connaissance précise des institutions et de leurs règles. « Ce qui vous ronge le cœur est connu de tous et vos interventions relèvent moins de l’argumentation que du vacarme », poursuivent-ils.

Publication de données personnelles : la plainte d’Ibrahima Cissokho relance les tensions au sein de la coalition “Diomaye Président”

La tension continue de monter au sein de la coalition “Diomaye Président” après la divulgation de messages internes issus d’un groupe WhatsApp. L’affaire prend désormais une tournure judiciaire. Ibrahima Cissokho, leader du mouvement “Mon Pays Mon Avenir” (MPMA), a en effet déposé plainte contre l’ancienne députée Mame Diarra Fam, qu’il accuse d’être à l’origine de la publication litigieuse sur Facebook.

Selon lui, cette diffusion constitue une atteinte directe à ses données personnelles, notamment son numéro de téléphone, rendu public à la suite de ces publications. Cissokho dénonce également des propos que Mame Diarra Fam aurait tenus à son encontre, qu’il considère comme diffamatoires ou attentatoires à son image.

Cette affaire trouve son origine dans les remous internes ayant suivi la décision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de confier la coordination de la coalition à Mimi Touré, en remplacement d’Aïda Mbodji. Ce choix avait provoqué l’indignation d’une partie des militants, entraînant le départ immédiat de plusieurs membres du groupe WhatsApp, notamment des soutiens de Mimi Touré.

Dans ce climat déjà chargé, Mame Diarra Fam avait brièvement publié sur sa page Facebook la liste des membres ayant quitté le groupe, avant de la retirer. C’est cette publication, jugée intrusive et irresponsable, qui a motivé la plainte déposée par Ibrahima Cissokho. Ce dernier estime que la divulgation de ces informations, même de manière éphémère, constitue une violation de sa vie privée et un geste susceptible d’entraîner des conséquences pour sa sécurité et celle de son entourage.

L’affaire s’annonce sensible, car elle intervient dans un contexte politique marqué par des rivalités internes, des repositionnements et une forte exposition médiatique des acteurs impliqués. Elle met également en lumière les dérives possibles liées à la gestion des groupes de communication internes et aux fuites d’informations dans un environnement politique déjà sous tension.

Fadilou Keïta recadre le débat autour du choix d’Aminata Touré pour restructurer la coalition présidentielle

Les explications du président Bassirou Diomaye Faye concernant la désignation d’Aminata Touré à la tête de la restructuration de sa coalition n’ont pas laissé indifférent au sein même de la majorité. En réaction aux propos du chef de l’État, Fadilou Keïta, Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), a tenu à nuancer le récit présidentiel et à rappeler certains éléments qu’il juge essentiels.

Lors de son intervention, le président Faye avait défendu son choix en mettant en avant l’engagement politique sans relâche de l’ancienne Première ministre. Selon lui, Aminata Touré a « mouillé le maillot », une expression qui, dans son discours, légitimait pleinement la décision de lui confier la mission stratégique de restructuration de la coalition, au détriment d’Aïda Mbodji, jusque-là présentée comme favorite pour ce rôle. Le chef de l’État avait également évoqué, de manière plus implicite, le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) sur la gestion du Conseil économique, social et environnemental (CESE), laissant entendre que ce document aurait été influencé ou commandité par l’ancien président Macky Sall. « Mais on verra », avait-il ajouté, ouvrant la porte à d’éventuelles révélations futures.

Ces déclarations ont suscité la réaction ferme de Fadilou Keïta. Le Directeur général de la CDC a tenu à rappeler que le rapport de l’IGE n’épargne ni Aminata Touré ni Idrissa Seck, les deux anciens présidents du CESE. Il estime que la responsabilité de chacun doit être pleinement assumée, sans sélectivité ni déformation. « Le rapport sur la gestion du CESE épingle aussi bien Mimi Touré qu’Idrissa Seck », a-t-il indiqué, soulignant que l’ancienne Première ministre, qui a auparavant piloté les dossiers ABRÉ et Karim Wade, devrait se montrer exemplaire face à la justice et affronter les conclusions du rapport « avec dignité ».

Selon Keïta, l’approbation du rapport par l’ancien président Macky Sall rend son application incontournable. Aujourd’hui, affirme-t-il, il revient au Premier ministre d’en assurer la mise en œuvre, conformément aux exigences de transparence et de reddition des comptes prônées par le nouveau régime. « Elle devra donc faire face à ses responsabilités de force ou de gré », insiste-t-il, soulignant l’importance d’une cohérence entre discours et pratiques au sein du camp présidentiel.

Dans une formule qui en dit long sur l’atmosphère politique actuelle, Fadilou Keïta a conclu que, pour combattre aux côtés des « patriotes », il fallait « avoir les mains propres ». Une manière directe de rappeler que l’exemplarité demeure, à ses yeux, une condition préalable à toute mission de premier plan au sein de la coalition.

Théâtre pastefien : une mise en scène qui étouffe l’État

Par Dr Abdourahmane Ba

Président du Think Tank FOYRE – Expert en Évaluation des Politiques Publiques, Évidence, Management et Stratégie de Développement

Le Sénégal avance dans une zone grise où la politique semble de plus en plus guidée par la mise en scène plutôt que par la prise de décision. Le rapprochement annoncé entre la Présidence et le PASTEF a créé l’illusion d’un apaisement, mais rien, en profondeur, ne témoigne d’une véritable convergence stratégique. L’accord repose sur une surface fragile : un Taff Yeunguel, une avancée incertaine où chaque pas semble posé sur un sol instable.

Une économie qui ne suit plus la narration politique

Pendant que la scène politique se reproduit elle-même, l’économie poursuit sa propre logique, insensible aux effets d’optique. La hausse des recettes publiques s’explique avant tout par la croissance démographique et par l’élargissement de l’assiette fiscale touchant les couches les plus vulnérables, non par l’émergence d’une vision économique cohérente.

Parallèlement, les dépenses obligatoires étouffent l’État, limitant progressivement sa capacité d’action. Le budget fonctionne comme un organisme qui consomme l’essentiel de son énergie à survivre, sans investir dans son avenir. Une croissance qui ne se transforme pas en puissance publique devient une fragilité silencieuse.

Le pastefisme : une dramaturgie devenue doctrine

Dans ce contexte, le pastefisme impose moins un programme qu’un climat politique. Le signe, le geste, l’absence même prennent plus de poids que les décisions. La politique se déporte vers la mise en scène, reléguant la République à l’arrière-plan d’un théâtre où l’image prime sur la méthode. Ce déplacement mine l’action publique : l’État se retrouve prisonnier d’un jeu où l’ambiguïté entretient l’influence et où la tension remplace la profondeur.

L’énergie, symbole d’un système inversé

Les secteurs stratégiques subissent pleinement les conséquences de cette dérive.

L’énergie, poumon potentiel de la stabilité économique, devient un facteur de fragilité. La SENELEC absorbe des ressources colossales qui auraient pu soutenir les infrastructures, l’industrie ou le capital humain. Ses inefficiences, désormais structurelles, contraignent l’État à détourner des fonds essentiels, au point de laisser des étudiants attendre des bourses qui auraient dû financer leur progression.

Le budget devient le miroir d’un pays dont les priorités se sont inversées.

Une gouvernance piégée entre ordre technique et tension politique

La Présidence se retrouve face à une équation presque insoluble : ramener l’État à la rigueur nécessaire tout en ménageant un partenaire politique dont la force repose sur la tension permanente. Chaque tentative de clarification est immédiatement compensée par une nouvelle zone d’ambiguïté. Cette oscillation brouille l’autorité de l’État et érode la confiance institutionnelle.

Les coûts cachés de l’incertitude

Cette confusion n’est pas seulement symbolique : elle a des effets concrets. Les négociations financières se compliquent, les investisseurs ralentissent leurs engagements, et le risque politique agit désormais comme une variable économique autonome. Le coût du capital augmente, les décisions se décalent : l’économie paie une facture invisible mais lourde.

Dans un budget saturé par les charges obligatoires, l’État ne dispose plus de marges de manœuvre. Les arbitrages deviennent défensifs. Chaque hésitation politique se convertit en coût macroéconomique.

Un compromis qui suspend le pays

Le compromis actuel n’est pas un accord : c’est une suspension.

Le PASTEF maintient son influence interne ; la Présidence évite l’affrontement qui permettrait pourtant de clarifier le paysage. Entre les deux, le pays demeure figé, incapable de s’engager dans une trajectoire claire.

La voie d’une sortie : revenir aux fondamentaux républicains

Sortir de cette impasse exige de renouer avec ce que la République a de plus exigeant : clarté, compétence, cohérence.

Il faut rétablir un pilotage technique des politiques publiques, replacer l’économie dans son cadre analytique, reconstruire un État qui ne soit plus tributaire des ambiances politiques. Le Sénégal n’a plus la patience pour les effets de lumière. Il exige une direction.

Le pays dispose des ressources humaines, institutionnelles et intellectuelles pour cette transformation. Ce qui manque, encore, c’est l’acte politique capable de convertir la lucidité en décision. Le théâtre pastefien a dominé trop longtemps. Il a capté la scène tout en vidant la gouvernance de son énergie.

Il est temps d’éteindre les projecteurs, de quitter le décor et de retrouver la route.

Le Sénégal mérite une écriture nouvelle : débarrassée des illusions, tournée vers la construction.

Politique mémorielle, réforme administrative et chantiers stratégiques : les annonces fortes d’Ousmane Sonko en Conseil des ministres

Lors du Conseil des ministres de ce mercredi, le Premier ministre Ousmane Sonko a largement centré sa communication sur la politique mémorielle du Gouvernement, un axe qu’il considère comme essentiel pour préserver l’identité nationale et mieux transmettre l’héritage historique du Sénégal. En retraçant les décisions déjà arrêtées par l’exécutif dans ce domaine, il a mis en avant une série de nouvelles mesures destinées à structurer durablement la gestion et la valorisation du patrimoine historique.

Parmi les projets phares annoncés, figurent la construction de la Maison des Archives, de la Bibliothèque nationale et de bibliothèques régionales, autant d’infrastructures visant à renforcer la conservation et l’accessibilité du patrimoine documentaire. Le Premier ministre a également dévoilé l’érection prochaine d’un Mémorial à Thiaroye dédié aux tirailleurs sénégalais, symbole d’une volonté affirmée de réparer les oublis historiques et de reconnaître les sacrifices consentis par ces soldats.

Toujours dans le cadre de la mise en valeur de cette mémoire, il a annoncé la création d’un Centre de documentation et de recherche sur les tirailleurs, l’introduction de l’enseignement du Massacre de Thiaroye dans les programmes scolaires ainsi que l’institution d’une Journée annuelle du Tirailleur. À ces initiatives s’ajoute la mise en place du Conseil national de la Mémoire et de la Gestion du Patrimoine historique, un organe chargé d’orienter et de coordonner les politiques publiques dans ce domaine.

Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de restituer l’authenticité des faits historiques et de mieux mettre en lumière les grandes figures nationales. Dans cette perspective, il prévoit la création de musées dédiés aux anciennes royautés dans plusieurs sites historiques du pays. Selon lui, ces symboles mémoriels ne doivent pas seulement nourrir l’identité nationale, mais aussi devenir des leviers de rayonnement culturel et touristique.

Abordant ensuite la réforme administrative, le Premier ministre a plaidé pour un programme ambitieux de formation continue au profit des agents de l’État. L’objectif est de faire de l’administration publique un modèle d’excellence, capable de répondre aux défis de modernisation et de performance.

Sur le plan international, il a dévoilé les contours d’une réflexion engagée autour d’une nouvelle plateforme de marque nationale. Sous les dénominations possibles « Sénégal » ou « Teranga Sénégal », cette initiative vise à projeter une image renouvelée du pays, intégrant ses atouts culturels, sportifs, économiques et technologiques. Les Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 devraient, selon lui, servir de puissant catalyseur pour cette stratégie d’influence et de visibilité internationale.

Le Premier ministre a également abordé les questions de sécurité routière, rappelant l’urgence d’appliquer les recommandations issues des États généraux des transports publics. Il a confié le suivi de cette mise en œuvre à un comité multidisciplinaire placé sous l’autorité de la Primature, afin d’assurer une coordination efficace entre les différentes parties prenantes.

Pour clore son intervention, Ousmane Sonko est revenu sur le projet stratégique de la ligne ferroviaire Dakar–Tambacounda. La phase préparatoire du chantier, qui se poursuit, devrait être achevée en 2026. Cette infrastructure est présentée comme un pilier majeur de la mobilité durable, du désenclavement territorial et du développement industriel du Sénégal, en particulier pour les régions de l’Est longtemps restées en marge des grands investissements structurants.

Budget 2026 du ministère de la Justice : une enveloppe en baisse, mais des priorités maintenues

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, élargie à la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, a adopté ce mercredi 19 novembre le budget 2026 du ministère de la Justice. La ministre Yassine Fall s’est présentée devant les députés pour défendre une enveloppe arrêtée à 81 354 555 099 FCFA en autorisations d’engagement et 81 006 199 801 FCFA en crédits de paiement, contre 97 794 361 061 FCFA dans la loi de finances initiale de 2025.

Cette évolution traduit une baisse significative des ressources allouées au secteur de la Justice. Avec une diminution de 16 788 161 260 FCFA, soit 17 % en valeur relative, le ministère doit composer avec un budget resserré. Cette contraction s’explique en grande partie par la disparition, dans l’exercice 2026, des 20 milliards de FCFA de transferts en capital qui avaient été prévus en 2025 pour financer le Programme de modernisation des infrastructures judiciaires. L’effort exceptionnel consenti l’année dernière pour l’immobilier judiciaire n’a donc pas été reconduit, ce qui allège mécaniquement le volume budgétaire de 2026.

Au-delà des chiffres, l’examen budgétaire a permis aux parlementaires de revisiter les défis structurels qui attendent le ministère. La modernisation de la justice, l’amélioration de l’accès aux droits, le renforcement des infrastructures et la qualité du service public judiciaire demeurent au centre des préoccupations. La ministre Yassine Fall a rappelé que, malgré la réduction des crédits, les priorités stratégiques du secteur restent inchangées et continueront de guider l’action gouvernementale.

Les discussions ont également porté sur les besoins persistants en ressources humaines, en équipements et en moyens de fonctionnement pour améliorer l’efficacité des juridictions et réduire les lenteurs judiciaires. La question des infrastructures reste particulièrement sensible, notamment dans les régions où les services judiciaires peinent à répondre à la demande croissante.

COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 19 NOVEMBRE 2025

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 19 novembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

RENFORCEMENT DU DIALOGUE SOCIAL DANS LES SECTEURS DE L’ÉDUCATION ET DE LA SANTÉ ET SUIVI PERMANENT DU PACTE NATIONAL DE STABILITÉ SOCIALE

Monsieur le Président de la République a débuté sa communication en soulignant l’importance de la stabilité sociale dans le secteur de l’éducation et de la formation, facteur de consolidation de l’excellence du système éducatif sénégalais. A cet effet, il demande au Gouvernement, en relation avec les partenaires de la communauté éducative, notamment les organisations syndicales, de renforcer les concertations et le dialogue social, afin de garantir la continuité des enseignements et apprentissages, le respect du calendrier scolaire et d’accomplir les diligences et mesures administratives attendues dans le cadre des engagements souscrits et accords signés.

A cet égard, il engage les Ministres chargés de la Fonction publique et du Travail, de l’Education nationale et des Finances et du Budget, de faire la situation globale et lévaluation générale de l’impact des accords signés avec les syndicats d’enseignants et, chaque ministre, à assurer le suivi régulier du dialogue social dans son département ministériel.

Le Président de la République indique que la même directive concerne le secteur prioritaire de la Santé.

Il demande, enfin, au Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, de faire le point mensuel en Conseil des Ministres sur létat d’exécution des engagements du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable.

PRIORITÉ « EMPLOI DES JEUNES » DANS L’AGENDA NATIONAL DE TRANSFORMATION, SENEGAL 2050

Considérant que l’emploi des jeunes demeure une priorité majeure de l’action du Gouvernement, le Chef de l’Etat rappelle au Premier Ministre l’urgence de prendre toutes les dispositions requises afin d’accélérer la finalisation du nouveau document

portant Politique nationale de l’Emploi, avant la fin du mois de décembre 2025.

Dans ce cadre, il demande d’engager la transformation et l’adaptation des dispositifs de la formation professionnelle et technique, en accélérant :

  • la montée en puissance et le développement de la formation duale ;
  • le renforcement des interventions du Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique ;
  • la réalisation des centres de formation professionnelle et technique dans l’ensemble des départements du Sénégal.

Dans le même sillage, le Président de la République instruit de fédérer toutes les ressources et actions des projets et structures de promotion de l’emploi des jeunes, pour mettre en œuvre un Programme national de Promotion de l’Emploi des Jeunes. Il insiste, également, sur la mise en place du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal et la régularité des réunions du Conseil national pour l’Insertion et l’Emploi des Jeunes.

Enfin, le Chef de l’Etat rappelle que l’année 2026 sera consacrée à la promotion de

l’Emploi et au développement de l’Economie sociale et solidaire.

COMMÉMORATION DU 81ÈME ANNIVERSAIRE DU MASSACRE DE THIAROYE ET ORGANISATION DE LA JOURNÉE DES TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS

Le Président de la République fait observer que la commémoration de l’anniversaire du Massacre de Thiaroye et la célébration de la Journée des Tirailleurs sénégalais, sont des activités phares de l’agenda national. Ainsi, il demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions pratiques, en liaison avec toutes les parties prenantes, pour le bon déroulement des cérémonies de commémoration du Massacre de Thiaroye, de finaliser la mise en place fonctionnelle du Musée relatif aux évènements de Thiaroye et de poursuivre le travail de recherche scientifique entamé, en vue de rétablir la vérité sur cet évènement historique douloureux, gravé dans notre mémoire collective.

MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME « INDEPENDANCE »

DANS LES CHEFS-LIEUX DES RÉGIONS

Le Président de la République, en perspective de la mise en place des Pôles territoires et dans une approche d’équité territoriale, envisage la célébration de la fête nationale dans les chefs-lieux des régions, autres que Dakar, sous sa présidence, en présence des populations et des autorités civiles et militaires concernées. Dès lors, il demande au Premier Ministre, en liaison avec les parties prenantes, de mettre en œuvre, dès l’année 2026, un Programme national de modernisation des infrastructures et équipements des chefs-lieux de région, dénommé « Programme Indépendance », source d’attractivité des territoires et de relance économique.

RELANCE DU TOURISME ET VALORISATION DES POTENTIALITÉS CULTURELLES

Le Président de la République, après avoir souligné que le tourisme constitue un secteur moteur de croissance économique, de création d’emplois et de promotion du développement durable des territoires, demande d’accentuer la mise en œuvre des programmes de promotion de la Destination Sénégal et d’accélérer la modernisation des zones touristiques, la valorisation de nos patrimoines culturels et naturels, ainsi que la réalisation soutenue de réceptifs hôteliers et touristiques de classe mondiale sur le territoire national.

En outre, il fait noter son attachement au développement de nouvelles zones touristiques, au renforcement de la qualité des offres et prestations touristiques pour améliorer la compétitivité de la Destination Sénégal. Il insiste, également, sur la sécurisation des zones et sites touristiques à travers le déploiement de dispositifs spéciaux, l’inventaire exhaustif et la valorisation du Patrimoine national classé sur I’lle de Gorée et la mise en cohérence des politiques culturelle et touristique. Dans cet esprit, il demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue d’assurer le bon déroulement de la première édition du Festival Ouest africain des Arts et de la Culture (ECOFEST), prévue du 30 novembre au 05 décembre 2025 à Dakar.

AGENDA DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il prendra part du 23 au 26 novembre 2025, à Luanda en Angola, au Sommet Union Européenne/ Union Africaine..

AU TITRE DE LA COMMUNICATION

DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a fait une communication sur les orientations du Gouvernement en matière de politique mémorielle. Il a, tout d’abord, fait le rappel des directives et actes posés en matière de politique mémorielle du Gouvernement. Il a, ensuite, abordé la valorisation du patrimoine mémoriel du Sénégal puis la perpétuation des acquis de la politique mémorielle.

Il a particulièrement insisté sur la construction de la Maison des Archives, de la Bibliothèque nationale et de bibliothèques dans les régions, l’érection d’un Mémorial à Thiaroye en l’honneur des tirailleurs sénégalais, la création d’un Centre de documentation et de recherche dédié aux « Tirailleurs sénégalais », l’enseignement de l’histoire du Massacre de Thiaroye dans les écoles sénégalaises, la célébration, chaque année, d’une journée du Tirailleur et la création d’un Conseil national de la Mémoire et de la Gestion du Patrimoine historique (CNMGPH) ainsi que du Centre de Documentation au Cimetière de Thiaroye. Le Premier Ministre a cité, dans la même lancée, Thom-mage solennel rendu au Professeur Amadou Makhtar MBOW le 28 octobre 2025 et la prochaine célébration de la deuxième (2ème) édition du souvenir du Massacre de

Thiaroye.

Pour le Premier Ministre, la valorisation de notre patrimoine mémoriel est une nécessité.

Elle passe par le récit historique et lérection de symboles. En ce qui concerne le récit historique, il convient d’une part de mettre en lumière les figures emblématiques dont regorge notre pays et d’autre part, de rétablir les faits historiques dans leur authenticité et leur objectivité. Quant aux symboles, ils doivent constituer un rappel permanent de notre histoire et jouer un rôle important dans la promotion touristique. Dans ce sillage, le Premier Ministre a abordé la création de musées historiques des royautés traditionnelles, comme celui de Dekheulé, dans des sites historiques comme Pathé Badiane (PaosKoto), Yang Yang, Ndorna (Fouladou) et Nder, l’édification de la Bibliothèque nationale, outil de réappropriation de notre mémoire collective et réceptacle de notre patrimoine documentaire national, ainsi que la Maison des Archives.

Par ailleurs, abordant la réforme de l’administration, il a demandé de mettre en place un Programme gouvernemental de formation continue et d’excellence administrative.

S’agissant de la stratégie globale de rayonnement international du Sénégal, le Premier Ministre a engagé une réflexion nationale sur la création d’une plateforme de marque

« Sénégal » ou « Teranga Sénégal », une nouvelle identité internationale valorisant nos atouts culturels, sportifs, économiques et technologiques, une stratégie de diplomatie culturelle et sportive renforcée et la mobilisation des JOJ Dakar 2026 comme levier majeur de visibilité, d’influence et d’unité nationale.

En matière de sécurité routière, sur la base des recommandations des états généraux des transports publics du mois d’octobre 2025, il a instruit les ministres concernés de soumettre, avant la fin de l’année 2025, un plan d’action opérationnel, chiffré et évaluable,

qui fera l’objet d’un suivi par un comité multidisciplinaire placé sous l’autorité de la Primature.

Le Premier Ministre a clos sa communication avec le projet stratégique de construction de la ligne ferroviaire Dakar-Tambacounda, en relevant que le Gouvernement a engagé les travaux préparatoires de cette ligne ferroviaire à écartement standard. Ce projet structurant, dont la finalisation de la phase préparatoire est prévue en 2026, contribuera à la mobilité durable, à la sécurité routière, au désenclavement territorial et au développement industriel et logistique. Avant sa mise en œuvre, la voie métrique réhabilitée continuera à garantir la continuité du service et la préservation de l’expertise ferroviaire nationale.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS

DES MINISTRES

Monsieur le Ministre de l Urbanisme, des Collectivités territoriales et de Aménagement des territoires a fait une communication sur le processus de déploiement des Pôles-Territoires.

Monsieur le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur lapprovisionnement du marché en denrées alimentaires, la commercialisation du riz local et la situation du financement et de la commercialisation de l’arachide par la SONACOS.

Madame le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur le

Programme des Sports des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS

ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

  • le projet de décret relatif à l’étiquetage énergétique des lampes électriques et des appareils électroménagers neufs ;
  • le projet de décret relatif au contrôle de la qualité des équipements constitutifs d’un système solaire photovoltaïque ;
  • le projet de décret fixant les normes et spécifications techniques du gaz naturel ;
  • le projet de décret modifiant le décret n°2006-392 du 27 avril 2006 complétant le décret n°77-987 du 14 novembre 1977 portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de
  • TEnseignement ;
  • le projet de décret modifiant le décret n°74-347 du 12 avril 1974 fixant le régime spécial applicable aux agents non fonctionnaires de l’Etat ;
  • le projet de décret modifiant le décret n°77-887 du 12 octobre 1977 portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de la Santé publique et de l’Action sociale.

Marie Rose Khady Fatou FAYE

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement

Diomaye Faye sur la candidature de Sonko : « Je ne sais pas si je serais encore vivant en 2029 »

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu hier le bureau politique de Pastef pour une rencontre décrite comme franche et sans détour. Selon les informations rapportées par Libération, le Chef de l’État a tenu à clarifier plusieurs points qui alimentaient les débats internes au parti, notamment sa relation avec Ousmane Sonko, les responsabilités de Mimi Touré et les perspectives politiques en vue de 2029.

D’entrée de jeu, Diomaye Faye a réaffirmé la solidité du lien qui l’unit à Ousmane Sonko, balayant les rumeurs de tensions ou de divergences profondes. « Je ne ferai jamais de Sonko, et je sais qu’il ne me fera jamais de mal. Diomaye moy Sonko té Sonko moy Diomaye », a-t-il lancé, soulignant qu’il demeure bien dans Pastef et que leur collaboration politique reste intacte. Il a ajouté que le contact avec Sonko n’a jamais été rompu et qu’ils veilleraient désormais à communiquer plus régulièrement.

Abordant ensuite la question qui secoue la coalition « Diomaye Président », le Président a confirmé qu’il avait lui-même désigné Aminata Touré, dite Mimi, pour mener la restructuration de la coalition, une décision contestée par certains cadres de Pastef. Il a expliqué ce choix en mettant en avant l’engagement de l’ancienne Première ministre : « Elle a mouillé le maillot avec nous quand il le fallait », a-t-il affirmé, justifiant ainsi la confiance renouvelée qu’il lui accorde. Il n’a toutefois pas souhaité s’étendre davantage sur les contestations internes, préférant appeler à l’apaisement.

La rencontre a également été l’occasion d’aborder le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) mettant en cause Mimi Touré. À ce sujet, Diomaye Faye a révélé que ce document aurait été commandité par l’ancien président Macky Sall. « Mais on verra », a-t-il commenté, laissant entendre que des clarifications seront faites en temps voulu. Quant au dossier d’Abdourahmane Diouf, il a indiqué que des vérifications étaient actuellement en cours, sans fournir davantage de détails.

Interrogé enfin sur une éventuelle candidature en 2029, dans un contexte où la base de Pastef reste largement acquise à Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye a adopté un ton philosophique. « Je ne sais pas si je serais encore vivant en 2029 », a-t-il déclaré, évitant volontairement de s’engager sur un terrain spéculatif et insistant sur la priorité du moment : gouverner et répondre aux attentes des Sénégalais.

Farba Ngom, détenu au Pavillon Spécial : un discours de sérénité, de défi et de détermination politique

Actuellement incarcéré au Pavillon Spécial, Farba Ngom continue de surprendre par le ton résolument confiant qu’il adopte face à sa situation. Selon des révélations de SourceA, le maire des Agnam a tenu des propos particulièrement forts à l’endroit de ses nombreux visiteurs venus le soutenir.

Réuni au milieu de la cour de la prison, entouré de proches, l’édile a tenu à rassurer son entourage sur son état moral. « Je suis bien ici. Je mange bien et je dors très bien. Ne vous inquiétez surtout pas pour moi ! Je me relaxe ici », a-t-il lancé, affichant une sérénité que peu associeraient au cadre carcéral.

Farba Ngom a insisté sur ce qu’il décrit comme sa « liberté intérieure », une liberté que, selon lui, aucune cellule ne peut entraver. « Celui qui pense m’avoir enchaîné ici se trompe. Car je suis libre ici, comme l’air. Je n’ai plus peur de la prison », a-t-il affirmé. Il a expliqué que, traditionnellement, les Halpular ont une crainte prononcée de l’incarcération, mais qu’il est parvenu à « démystifier » ce milieu : « Il m’arrive même d’oublier que je suis en prison, en voyant tous ces gens qui viennent me rendre visite », a-t-il confié, laissant entendre que le soutien constant de ses proches allège le poids de la détention.

Au cours de la rencontre, Farba Ngom a adressé un avertissement direct à Kalidou Wagué, maire de Bokidiawé, qui s’était également déplacé pour lui rendre visite. « Il ne fallait pas venir ici. Car, comme moi, tu es aussi une cible. Laissez-moi seul supporter tout. Continuez de me représenter dehors ! Je vous représente tous ici », aurait-il lancé, selon SourceA. Une manière pour lui de signifier qu’il assume pleinement sa situation et souhaite éviter que d’autres figures politiques de son camp ne s’exposent inutilement.

Malgré son incarcération, le maire des Agnam n’entend pas mettre sa carrière entre parenthèses. Au contraire, il réaffirme plus que jamais son engagement. « J’ai choisi la politique comme métier. C’est un choix assumé. Même ici, je continue de faire de la politique. Une fois dehors, n’en parlons même pas. Je suis mieux déterminé que jamais », a-t-il martelé, laissant entrevoir une ambition intacte et une volonté de rebond politique dès sa sortie.

Pour ses partisans, ces déclarations confirment l’image d’un leader combatif, prêt à faire face à l’adversité tout en maintenant son influence au sein de son camp. Pour ses détracteurs, elles relancent le débat sur la politisation de la détention et la place accordée aux figures publiques incarcérées.

Le Chef de l’État reçoit le Premier Président de la Cour suprême : cap sur la modernisation de la justice

Le Chef de l’État a accordé une audience à M. Mouhamadou Mansour Mbaye, Premier Président de la Cour suprême, une rencontre qui s’inscrit dans un contexte marqué par de fortes attentes autour du fonctionnement de la justice et du renforcement de l’État de droit. Cet entretien a été l’occasion pour les deux autorités d’échanger longuement sur le travail accompli par la haute juridiction, ses missions essentielles et les efforts en cours pour améliorer le service public de la justice.

Au cours des discussions, M. Mouhamadou Mansour Mbaye a présenté un état des lieux détaillé des activités de la Cour suprême, soulignant les avancées enregistrées ainsi que les défis persistants. Il a mis en avant le rôle central de la juridiction dans la régulation du système judiciaire national, notamment à travers sa mission d’harmonisation de la jurisprudence et de garantie de la conformité des décisions des juridictions inférieures. Selon lui, un fonctionnement performant de la Cour suprême est indispensable pour assurer la crédibilité de l’institution judiciaire et renforcer la confiance des citoyens.

Le Chef de l’État a, de son côté, insisté sur l’importance de cette institution dans l’équilibre général des pouvoirs. Il a rappelé que la Cour suprême constitue un pilier fondamental de l’État de droit, en veillant au respect de la loi, à l’indépendance de la justice et à la protection des droits et libertés. Saluant le professionnalisme et l’engagement du Premier Président et de l’ensemble des magistrats, il a réaffirmé sa volonté de soutenir pleinement la modernisation du système judiciaire.

Le Président a également exprimé son ambition de voir la justice se doter de moyens humains, matériels et technologiques à la hauteur des défis contemporains. Il a insisté sur la nécessité d’adapter les institutions aux attentes d’une société en évolution, où les justiciables exigent davantage de célérité, de transparence et d’efficacité. La modernisation des infrastructures, la digitalisation des procédures et le renforcement des capacités des personnels judiciaires figurent parmi les axes prioritaires évoqués.

Souveraineté numérique : Thierno Alassane Sall met en garde contre des pratiques « préoccupantes » au sein de Sénégal Numérique SA

Le député non-aligné Thierno Alassane Sall a interpellé le gouvernement à travers une question écrite, exprimant de vives inquiétudes quant à la gestion des infrastructures numériques nationales par Sénégal Numérique SA (Senum SA). L’ancien Ministre de l’Énergie rappelle d’abord que cette société publique, créée en décembre 2021 en remplacement de l’Agence de l’Informatique de l’État (Adie), porte la responsabilité stratégique de mettre en œuvre la politique d’informatisation de l’État et d’assurer la gestion de l’ensemble des infrastructures numériques du pays, comme le rapporte le journal Libération.

Dans son texte adressé au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Thierno Alassane Sall alerte sur des « risques d’atteinte à la souveraineté numérique du Sénégal » à travers certaines pratiques internes à la Senum SA. Il souligne que, depuis l’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs d’hydrocarbures et sa proximité avec des zones d’activités terroristes, le niveau d’exposition aux cybermenaces s’est considérablement accru. Les risques de cyberespionnage, de cyberattaques et de fuite d’informations sensibles se renforcent, rendant indispensable la sécurisation rigoureuse des infrastructures et des données nationales.

Le député estime que dans ce contexte, aucune structure étrangère ne devrait intervenir dans l’écosystème numérique national sans transparence totale. Il affirme avoir reçu des documents internes laissant apparaître que la Senum SA aurait eu recours à la société française Dig Dash dans des conditions qui sembleraient déroger aux règles de passation des marchés publics. Selon ces informations, l’entreprise étrangère aurait obtenu un accès à certaines zones sensibles de l’infrastructure numérique de l’État, avec le concours de cadres internes impliqués dans la mise en œuvre de la politique informatique nationale.

Pour Thierno Alassane Sall, un tel accès, accordé à une organisation tierce et étrangère, pourrait permettre l’installation de dispositifs de type backdoor, capables d’offrir un accès à distance à des données hautement sensibles. Ces potentielles vulnérabilités pourraient révéler des informations cruciales sur le fonctionnement de l’administration ou sur les données personnelles des citoyens. De telles dérives, selon lui, « n’auraient jamais pu se produire sans des dysfonctionnements avérés » au niveau du Conseil d’administration et de la direction générale de la Senum SA.

Il juge par ailleurs incompréhensible qu’une structure disposant de compétences nationales suffisantes recoure à des expertises étrangères, alors qu’une gestion intégrée et stratégique des ressources humaines aurait permis de mobiliser les spécialistes sénégalais. Le député dénonce également une absence de transparence dans la passation des marchés publics au sein de l’entreprise, qui serait à l’origine de cette situation.

Thierno Alassane Sall rappelle enfin que les solutions technologiques pour lesquelles la Senum SA aurait sollicité Dig Dash sont déjà disponibles dans le cadre du contrat-cadre liant l’État du Sénégal à Microsoft, notamment via les logiciels Power BI et MS Project. Une duplication coûteuse, selon lui, qui soulève davantage de questions sur la gouvernance et les choix stratégiques de la structure publique.

Dans sa question écrite, il demande ainsi au ministre Alioune Sall de clarifier les motivations et conditions ayant conduit à la collaboration avec Dig Dash, ainsi que le périmètre exact d’intervention de cette entreprise française. Il sollicite également des éclaircissements sur les mesures de sécurité mises en place pour protéger la souveraineté numérique nationale et éviter tout risque d’ingérence ou d’espionnage. Enfin, il appelle à des réformes profondes visant à améliorer la transparence et l’efficacité de la gouvernance de la Senum SA, notamment dans l’utilisation des ressources humaines et dans les procédures de passation des marchés publics.

Diomaye Faye et le Bâtonnier Aly Fall en concertation pour une justice plus moderne et accessible

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu en audience, ce mardi 18 novembre 2025, Me Aly Fall, Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal. Cette rencontre, tenue au Palais de la République, s’inscrit dans une dynamique de concertation avec les acteurs clés du système judiciaire, à un moment où d’importantes réformes structurelles sont en cours.

Au centre des échanges, plusieurs enjeux majeurs ont été abordés. Le Bâtonnier Aly Fall a exposé les défis actuels auxquels fait face la profession d’avocat, notamment la nécessité de moderniser les outils de travail, de renforcer les garanties procédurales et d’assurer de meilleures conditions d’exercice pour les auxiliaires de justice. Il a également évoqué les perspectives d’évolution de la profession dans un contexte marqué par une demande croissante de justice, une diversification des contentieux et l’exigence d’un accès équitable au droit pour tous les citoyens.

Le Chef de l’État, pour sa part, a réaffirmé sa volonté de consolider l’État de droit et de donner une impulsion nouvelle à la justice sénégalaise. Bassirou Diomaye Faye a rappelé que les réformes engagées visent à bâtir une justice plus performante, davantage tournée vers le citoyen et alignée sur les standards internationaux en matière d’indépendance, de transparence et de respect des droits fondamentaux. Il a insisté sur l’importance d’un dialogue constant avec les acteurs du secteur, estimant que la modernisation de la justice ne peut se faire sans une pleine implication du Barreau et des autres corps judiciaires.

L’audience a également permis d’aborder les mécanismes d’accompagnement que l’État entend mettre en place pour soutenir les transformations en cours, qu’il s’agisse de la digitalisation des procédures, de la rationalisation des délais de traitement des dossiers, ou encore du renforcement de la formation continue des acteurs du système judiciaire.

En clôturant l’entrevue, le Président de la République a assuré Me Aly Fall de sa disponibilité à poursuivre les échanges et à travailler conjointement avec l’Ordre des avocats pour faire de la justice sénégalaise un pilier solide de la démocratie et un instrument au service de l’équité et du développement national.

La coalition Diomaye Président, de l’ombre à la lumière : renaissance politique ou opportunisme calculé ?

Dans un contexte politique sénégalais marqué par de profondes recompositions, la coalition Diomaye Président traverse une véritable métamorphose. Après plusieurs mois d’atonie et de marginalisation, cette plateforme retrouve aujourd’hui un souffle nouveau, portée par l’appel à l’autodétermination lancé par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Selon L’Observateur, la coalition connaît un regain d’adhésions spectaculaire, au point de susciter interrogations et convoitises dans le paysage politique national.

Lors de l’élection présidentielle de mars 2024, la coalition avait joué un rôle décisif en soutenant la candidature de Bassirou Diomaye Faye. Mais dès son accession au pouvoir, elle avait été éclipsée par le leadership d’Ousmane Sonko et la dynamique de Pastef, reléguant ses membres à un rôle secondaire. Pendant près d’un an, “Diomaye Président” semblait ainsi plongée dans un quasi-coma politique, fragile, peu audible, presque oubliée.

Cette période d’effacement semble aujourd’hui révolue. Sous l’impulsion directe du chef de l’État lui-même, la coalition connaît une résurrection politique inattendue. Des centaines d’acteurs — partis, mouvements citoyens, personnalités indépendantes, organisations de la société civile — se bousculent désormais pour rejoindre cette plateforme en pleine recomposition. À la manœuvre, l’ancienne Première ministre Aminata Mimi Touré, chargée de coordonner et d’encadrer les nouvelles adhésions. Les nouveaux arrivants saluent une initiative présidentielle qui, selon eux, vise à élargir la base de soutien autour d’un projet national renouvelé. Ils disent vouloir « travailler avec détermination » à la réalisation des ambitions portées par Bassirou Diomaye Faye.

Mais derrière cette effervescence se dessine une série de questions fondamentales. Cette vague d’adhésions reflète-t-elle une conviction profonde ou relève-t-elle d’un opportunisme politique bien connu des scènes de pouvoir ? Quelle est la véritable force de cette coalition ressuscitée ? Peut-elle devenir un contrepoids redoutable face à Pastef, qui reste un acteur politique majeur ?

Pour le journaliste et analyste politique Assane Samb, la coalition d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle de 2024. « La première coalition était articulée autour de Pastef. Celle-ci va s’articuler autour de la personne du Président Diomaye », explique-t-il. Selon lui, cette recomposition pourrait donner naissance à une force politique alternative capable de rivaliser avec Pastef, notamment en attirant des responsables frustrés ou marginalisés de l’ancienne plateforme.

Toutefois, la puissance réelle de Diomaye Président dépendra de sa capacité à attirer de grandes formations politiques. Pour l’heure, note Samb, ce sont surtout des petits partis et des mouvements peu structurés qui gravitent autour de la coalition. L’enjeu majeur sera donc de rallier des poids lourds comme le Parti démocratique sénégalais (PDS) ou la Nouvelle Responsabilité d’Amadou Ba. Sans ces alliances stratégiques, la coalition risque de manquer de l’assise nécessaire pour s’imposer durablement dans l’arène politique.

L’analyste souligne également un élément clé : le pouvoir de mobilisation de la coalition repose fortement sur la légitimité présidentielle. « Quand on a le décret, le pouvoir et les moyens, il est très facile de regrouper les gens. C’est là que se trouve l’intérêt politique », affirme-t-il. La capacité de Diomaye Faye à fédérer dépendra donc autant de son leadership personnel que de son pouvoir institutionnel.

Un autre analyste politique, Pape Amadou Fall, met en avant un facteur différenciant : la personnalité même de Bassirou Diomaye Faye. Contrairement à Ousmane Sonko, souvent perçu comme plus tranchant et conflictuel, le Président incarne, selon lui, un style calme, mesuré et respectueux, capable d’attirer autour de lui des acteurs politiques expérimentés. « C’est un homme de mesure qui sait rallier des leaders matures et crédibles », dit-il.

À mesure que s’intensifie cette dynamique de ralliement, la coalition Diomaye Président s’affirme désormais comme un acteur incontournable du jeu politique sénégalais. Elle pourrait bien redistribuer les cartes, renforcer l’assise du chef de l’État, et remodeler en profondeur l’équilibre des forces politiques en vue des prochaines échéances électorales. Reste à savoir si cette ascension sera le fruit d’une conviction durable ou d’un opportunisme circonstanciel. Dans un Sénégal en pleine effervescence politique, l’avenir de la coalition s’annonce comme l’un des dossiers les plus scrutés des mois à venir.

Dame Mbodji sort de son silence et appelle à la retenue au sein de la mouvance présidentielle

Alors que la tension demeure palpable au sein de la coalition « Diomaye Président », plusieurs responsables de la mouvance présidentielle sont critiqués pour leur silence face aux divergences supposées entre le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko. Parmi eux, Dame Mbodji, connu pour sa réactivité dans l’arène politique, était particulièrement attendu. Interpellé par certains militants et observateurs, le directeur général de la SOGIP a finalement pris la parole pour clarifier sa position et répondre aux interrogations sur son mutisme.

Dans sa déclaration, Dame Mbodji rappelle que la polémique actuelle trouve son origine dans deux communiqués officiels : le premier émanant de la Présidence, signé par Bassirou Diomaye Faye, et officialisant la nomination d’Aminata Touré à la tête d’une importante mission politique ; le second, émis par le bureau politique du Pastef, en guise de réaction à cette décision. Selon lui, ce sont ces deux documents qui ont alimenté les spéculations sur une prétendue divergence entre le président de la République et son Premier ministre.

Il souligne toutefois un point essentiel : aucun des principaux concernés n’a réagi publiquement à ces interprétations. « Depuis la sortie de ces deux communiqués, avez-vous entendu le président Bassirou Diomaye Faye réagir ? Avez-vous entendu le président de Pastef, Ousmane Sonko, réagir ? », interroge-t-il. Pour Dame Mbodji, l’absence de réaction de ces figures centrales suffit à relativiser la portée des débats qui enflamment les réseaux sociaux et certaines tribunes politiques.

Le responsable politique poursuit en mettant en question l’insistance de certains militants à exiger une prise de position de la part de cadres qui ne sont pas impliqués directement. Il rappelle que ni Aminata Touré ni Aïda Mbodji, aussi concernées par les soupçons de malaise au sein de la coalition, ne se sont exprimées jusqu’ici. « Pourquoi Dame Mbodji, Birame Souleye Diop et compagnie devraient-ils réagir ? Que diront-ils ? Au titre de quelle responsabilité ? », s’interroge-t-il, estimant que les attentes dirigées vers lui sont non seulement excessives, mais aussi incohérentes.

Pour conclure, Dame Mbodji appelle à davantage de respect et de lucidité dans l’analyse de la situation politique. « Il faut qu’on se respecte, qu’on se dise la vérité », affirme-t-il. Nommé directeur général de la SOGIP par le président Bassirou Diomaye Faye, il assure rester concentré sur ses missions administratives, refusant de se laisser entraîner dans des querelles internes qui, selon lui, ne relèvent pas de sa responsabilité. Par cette prise de parole, il tente de dissiper les malentendus tout en invitant l’opinion à observer une certaine retenue, dans un contexte où la moindre rumeur peut être amplifiée au détriment de la stabilité de la coalition au pouvoir.

Mimi Touré imprime sa marque dans la réorganisation de la coalition « Diomaye Président »

La restructuration de la coalition « Diomaye Président » entre dans une nouvelle phase sous l’impulsion de Mimi Touré, récemment nommée superviseure générale par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. À peine désignée, l’ancienne Première ministre s’active pour remettre de l’ordre dans le fonctionnement interne de la coalition, en instaurant de nouveaux mécanismes d’organisation et en définissant des critères précis d’adhésion.

Selon les informations rapportées par Wal fadjri, Mimi Touré a dans un premier temps quitté le groupe WhatsApp jusque-là administré par la députée Aïda Mbodji, qu’elle remplace désormais dans l’architecture de la coalition. Dans la foulée, elle a mis en place un nouveau groupe destiné à rassembler les leaders politiques et responsables engagés à suivre la nouvelle orientation fixée par le chef de l’État. Ce groupe, qui compte déjà plus d’une centaine de membres, fonctionne sur la base d’un engagement formel demandé à chaque postulant.

Pour intégrer cette plateforme, Mimi Touré exige en effet la signature d’une lettre d’engagement ainsi que l’enregistrement d’une vidéo dans laquelle chaque leader lit ce document. Cette vidéo, destinée à être diffusée sur les réseaux sociaux, constitue selon elle un acte de transparence, de discipline et de mobilisation collective. Dans une note qui aurait fuité sur les réseaux sociaux, l’ancienne cheffe du gouvernement encourage même les responsables politiques à créer leurs propres comptes TikTok et à y publier la lecture de leur lettre d’engagement, en wolof ou dans toute autre langue nationale. Elle insiste sur le rôle stratégique de ces plateformes numériques, considérées comme des outils essentiels de communication politique pour toucher les populations et valoriser les actions de la coalition ainsi que celles du président Bassirou Diomaye Faye. Elle rappelle également qu’en complément, Facebook et X peuvent servir de relais pour porter ce message politique.

La lettre d’engagement, au cœur de cette nouvelle démarche, affirme un soutien explicite à la volonté du président de restructurer la coalition. Les signataires y expriment leur détermination à travailler aux côtés de Mimi Touré afin d’élargir la base d’appui au président Faye et de contribuer à la réalisation de ses ambitions pour le Sénégal. Cet acte symbolique vise à instaurer une ligne claire de travail, à renforcer la cohésion interne et à éviter les ambiguïtés dans les positionnements des différents acteurs politiques.

Crise latente au sommet de l’État : révélations sur la déclaration avortée de Diomaye Faye après le “téra meeting” de Sonko

Selon les informations rapportées par Libération dans son édition de ce lundi, le Président Bassirou Diomaye Faye avait initialement envisagé de prendre la parole publiquement au lendemain du « téra meeting » animé par Ousmane Sonko. Cette intervention, préparée dans l’urgence, devait servir de réponse aux critiques voilées du Premier ministre, qui avait vivement ciblé certains proches du chef de l’État sans jamais les nommer explicitement. L’objectif de Diomaye Faye était, d’après le journal, de rétablir un équilibre discursif et de contenir la montée de tensions internes qui se faisaient de plus en plus visibles au sein de la majorité.

Toutefois, ce projet de déclaration n’a jamais franchi le seuil de la présidence. Certains conseillers du chef de l’État s’y seraient fermement opposés, estimant qu’une réaction publique immédiate risquait d’aggraver une situation déjà fragile. Ils ont préconisé une gestion discrète et interne des divergences, afin d’éviter l’exposition au grand jour de conflits qui, pour l’instant, restaient confinés aux cercles dirigeants. Le président aurait finalement suivi leurs recommandations, renonçant à toute sortie médiatique.

Mais selon Libération, si Diomaye Faye n’a pas répliqué verbalement à Sonko, il a néanmoins posé un acte politique lourd de symboles dès le lendemain. C’est à cette période qu’a été diffusée la fameuse note remettant en selle Aminata Touré, une initiative qui a immédiatement ravivé les tensions jusque-là latentes. Cette décision, jugée sensible et stratégique, a été interprétée par plusieurs observateurs comme une manière indirecte pour le chef de l’État de marquer sa différence et de s’opposer à la ligne défendue par le Premier ministre. Libération souligne d’ailleurs qu’aucune voix dans les cercles officiels n’a osé démentir l’existence de cette crispation.

La source avance que le refroidissement entre les deux têtes de l’exécutif trouve son origine en partie dans une divergence profonde sur la place à accorder aux alliés au sein de la mouvance présidentielle. Ousmane Sonko serait favorable à une stratégie de consolidation interne centrée exclusivement sur Pastef, privilégiant le renforcement du parti et de ses cadres. À l’inverse, Bassirou Diomaye Faye adopterait une posture plus ouverte, misant sur l’élargissement de la coalition et l’inclusion d’acteurs politiques extérieurs pour assurer une stabilité gouvernementale plus large.

PASTEF EN PLEINE OPÉRATION DE MASSIFICATION : Ayib Daffé annonce la reprise de la vente des cartes de Pastef

Le secrétaire général de Pastef, Ayib Daffé, a rappelé, sur sa page Facebook, que l’adhésion au parti est individuelle et n’est validée qu’avec la carte de membre. Les demandes peuvent se faire en ligne, mais seule la carte matérialise l’adhésion. La reprise de la vente des cartes sera annoncée ultérieurement.

Souveraineté numérique : Thierno Alassane Sall alerte sur des risques liés à la gestion de SENUM S.A et interpelle le gouvernement

L’ancien ministre et député à l’Assemblée nationale, Thierno Alassane Sall, a adressé une question écrite au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, portant sur de graves préoccupations liées à la souveraineté numérique du Sénégal. Dans son document daté du 27 octobre 2025, il exprime des inquiétudes concernant les pratiques observées au sein de Sénégal Numérique S.A. (SENUM S.A), structure remplaçante de l’Agence de l’Informatique de l’État (ADIE) depuis décembre 2021.

Selon le parlementaire, cette société, chargée de la mise en œuvre de la politique d’informatisation de l’État et de la gestion des infrastructures numériques nationales, occupe aujourd’hui un rôle stratégique compte tenu de l’évolution géopolitique, sécuritaire et technologique du pays. Thierno Alassane Sall rappelle que le Sénégal, désormais classé parmi les pays producteurs d’hydrocarbures et partageant une partie de ses frontières avec des zones d’instabilité terroriste, est fortement exposé aux risques de cyberattaques, de cyberespionnage et de manipulations numériques. L’intégrité des données nationales, des services étatiques ainsi que la sécurisation des infrastructures numériques devient donc, à ses yeux, une priorité absolue.

Il dénonce dans ce contexte l’intervention de DIG DASH, une entreprise française, qui aurait été sollicitée par SENUM S.A. dans des conditions jugées opaques et contraires aux règles de passation des marchés publics. Selon les éléments qu’il affirme avoir reçus, cette firme aurait potentiellement eu accès à des données sensibles de l’État, ce qu’il considère comme une menace réelle pour la confidentialité des informations stratégiques nationales. Le député soulève également la possibilité d’installation de systèmes suspects, tels que des backdoors, permettant un accès clandestin à distance aux données gouvernementales comme aux données personnelles des citoyens.

Au-delà des risques techniques, Thierno Alassane Sall pointe du doigt des défaillances de gouvernance interne, estimant que cette situation ne serait jamais survenue si le Conseil d’administration et la Direction générale de SENUM S.A. fonctionnaient de manière optimale, transparente et conforme aux standards de sécurité en matière de souveraineté numérique. Il souligne la disponibilité de compétences nationales capables d’assumer les missions confiées à l’entreprise, remettant ainsi en cause la nécessité d’un recours à des expertise externes, notamment étrangères, dans des domaines aussi sensibles.

Le député rappelle également que les solutions logicielles souscrites auprès de DIG DASH sont pourtant déjà couvertes dans le contrat-cadre liant l’État du Sénégal à Microsoft, incluant Power BI et MS Project, ce qui interroge sur une éventuelle duplication ou irrégularité dans les acquisitions.

Face à la gravité des faits évoqués, Thierno Alassane Sall demande au ministre de fournir des clarifications détaillées sur la justification juridique et contractuelle de l’intervention de DIG DASH, les mesures de sécurité prises pour protéger les données gouvernementales ainsi que les initiatives entreprises afin d’améliorer la gouvernance, la transparence et la performance de SENUM S.A.

Pour lui, renforcer l’implication des ressources humaines locales et garantir des processus de passation de marchés stricts et clairs est indispensable pour éviter toute atteinte à l’intégrité numérique nationale.

Affaire à suivre…

Crise institutionnelle : Pastef prépare une médiation directe auprès du président Diomaye Faye

Les tentatives de sortie de crise se multiplient au sommet de l’État, alors que les tensions entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre continuent d’alimenter l’actualité politique. Après diverses initiatives menées par des personnalités influentes du pays, c’est désormais au tour du parti au pouvoir, Pastef, d’entrer en scène pour tenter de désamorcer la situation.

Selon des informations issues du journal Libération, le bureau politique de Pastef, réuni ce samedi sous la présidence d’Ousmane Sonko, a décidé d’adresser une lettre officielle au chef de l’État. L’objectif de cette démarche est de solliciter une audience afin d’engager des discussions franches sur la crise institutionnelle que traverse le pouvoir exécutif.

Au cours de cette réunion, Ousmane Sonko, figure centrale de la majorité et Premier ministre dont les relations avec le président sont décrites comme de plus en plus tendues, aurait exposé sans détour ses analyses et ses inquiétudes. Les sources du journal indiquent que le leader de Pastef a « dit ses vérités » aux membres du bureau politique, mettant en lumière une conjoncture politique fragilisée par des malentendus persistants entre les plus hautes autorités.

Cette initiative du parti intervient dans un contexte où la rupture entre le président Diomaye Faye et son Premier ministre, longtemps reléguée au rang de rumeur, s’est trouvée confirmée par un événement politique majeur : la décision du chef de l’État de remplacer Aïda Mbodji par Aminata Touré à la tête de la coalition « Diomaye Président ». Ce changement, perçu comme un signal fort, a été largement interprété comme la formalisation d’un désaccord profond au sein de l’exécutif.

Face à une crise dont les répercussions pourraient devenir lourdes pour la stabilité institutionnelle, Pastef cherche désormais à jouer un rôle d’arbitre interne. La lettre en préparation devrait constituer une étape importante dans la tentative de rapprochement entre les deux têtes de l’exécutif, au moment où la majorité présidentielle s’efforce de préserver son unité et de rétablir la confiance au sommet de l’État.

Pastef resserre les rangs face à la présidence : une réunion sous haute tension autour de la nomination d’Aminata Touré

Selon les informations rapportées par Libération, le bureau politique du Pastef s’est réuni samedi sous la présidence d’Ousmane Sonko, dans une atmosphère lourde de crispations politiques. Cette session extraordinaire intervient à la suite d’une décision jugée controversée : le président Bassirou Diomaye Faye a remplacé Aïda Mbodj par Aminata Touré à la tête de la coalition « Diomaye Président ». Un choix qui a immédiatement fait émerger des remous internes et provoqué une véritable fronde au sein de l’alliance.

Durant cette rencontre particulièrement attendue, Ousmane Sonko aurait, toujours selon Libération, exprimé sans détour son désaccord profond avec le chef de l’État. L’ancien opposant devenu Premier ministre conteste fermement la légitimité de cette nomination, estimant que le président Faye a outrepassé ses prérogatives. Pour Sonko et plusieurs cadres du parti, le pouvoir de démettre ou de nommer la tête de la coalition ne relève pas de la présidence mais de la Conférence des leaders, qui avait initialement choisi Aïda Mbodj. La décision de Diomaye Faye est ainsi perçue comme un acte unilatéral, voire comme une remise en cause directe du pacte politique qui lie les différentes composantes de la majorité.

Les débats auraient été vifs, traduisant un malaise grandissant au sein du bloc présidentiel. À l’issue de la réunion, le bureau politique a finalement décidé de rédiger une lettre officielle à l’attention du président de la République. Cette missive vise à solliciter une audience afin d’exposer clairement la position du parti sur cette réorganisation interne et de rappeler les règles de fonctionnement convenues au sein de la coalition. Pour le Pastef, il s’agit de réaffirmer son rôle, son poids politique et ses prérogatives, tout en tentant de redresser ce qu’il considère comme un dérapage institutionnel.

Au-delà de la simple question de leadership au sein de la coalition, cette crise met en lumière une fissure grandissante entre la présidence et le Pastef, pourtant piliers de la même majorité. La nomination d’Aminata Touré, ancienne Première ministre et figure politique de premier plan, est analysée par certains responsables du parti comme une manœuvre stratégique visant à redéfinir les équilibres internes en faveur du président. Pour d’autres, elle marque le début d’un recentrage politique qui pourrait marginaliser certaines voix historiques de la coalition.

Crise de confiance au sommet de l’État : l’analyse inquiétante de Madiambal Diagne

Le climat politique sénégalais continue de se tendre, et cette fois, l’alerte vient d’un observateur averti : le journaliste Madiambal Diagne. Invité ce dimanche dans l’émission Baatu Deug, il a livré une analyse particulièrement préoccupante sur l’état des relations entre les plus hautes autorités du pays. Selon lui, les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ne sont plus un secret et se manifestent désormais à travers des actes concrets au sein même des institutions.

Madiambal Diagne révèle notamment un fait inédit : lors du dernier conseil de sécurité, la présence du ministre de l’Intérieur a été contestée. Une situation rare et symbolique qui traduit, selon le journaliste, une rupture profonde de confiance au sommet de l’État. Il ajoute qu’au cours du conseil des ministres suivant, les ministres présents ont été fouillés à l’entrée, une mesure exceptionnelle et révélatrice de la méfiance qui s’installe entre les différentes composantes de l’exécutif.

Pour Madiambal Diagne, ces signaux montrent qu’une crise latente gagne en intensité. Depuis plusieurs mois, les relations entre le président Diomaye Faye et le Premier ministre Sonko se sont complexifiées, notamment en raison de divergences sur l’exercice du pouvoir réel. Les deux hommes, pourtant alliés de la première heure et cofondateurs de la dynamique politique aujourd’hui au pouvoir, se retrouvent désormais au cœur d’un bras de fer institutionnel. Chacun voudrait, selon l’analyse de Diagne, imprimer sa propre vision de la gouvernance, laissant apparaître des désaccords parfois profonds sur des dossiers sensibles.

Cette situation place l’État dans une posture délicate. L’absence de cohésion au sommet fragilise non seulement l’action gouvernementale, mais ouvre également la voie à une instabilité plus large. Madiambal Diagne appelle d’ailleurs le président de la République à assumer pleinement ses responsabilités face à ce qu’il perçoit comme une dérive de son Premier ministre. Selon lui, l’autorité présidentielle se trouve aujourd’hui contestée, et il est impératif de restaurer un fonctionnement harmonieux de l’exécutif afin d’éviter que cette rupture de confiance ne se répercute sur l’ensemble du pays.

Sénégal : La rivalité Diomaye-Sonko, un défi pour la stabilité nationale

La tension entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, ne cesse de croître au sommet de l’État, alimentant inquiétudes et spéculations au sein de l’opinion publique. Selon Alioune Tine, fondateur d’AfricaJom Center, les querelles médiatiques qui entourent la présidence de la coalition DiomayePrésident ne constituent qu’un prétexte. Le véritable enjeu, insiste-t-il, se situe dans la perspective de l’élection présidentielle de 2029 et la rivalité potentielle entre les deux leaders.

Pour Alioune Tine, cette situation reflète un « déficit de culture d’État et de responsabilité d’État » qui touche à la fois le président Diomaye et le Premier ministre Sonko. Le désaccord ne se limite pas aux tensions personnelles ; il s’enracine également dans la nature même du parti au pouvoir et dans la personnalité affirmée du leader de Pastef. Selon l’analyste, « Sonko et le Pastef sont au gouvernement tout en assurant la surveillance de Diomaye », soulignant le paradoxe d’une coalition gouvernante confrontée à une compétition interne. La force politique et la légitimité populaire de Sonko compliquent la relation entre président et Premier ministre, fragilisant ainsi l’équilibre institutionnel.

Dans cette perspective, Alioune Tine préconise de clarifier au plus vite la question de l’éligibilité de Sonko pour 2029. « Le plus grand concurrent de Diomaye, c’est Sonko. Il faut que Ousmane Sonko soit éligible pour 2029, quelle que soit la situation », affirme-t-il. Selon lui, résoudre cette question permettrait non seulement d’apaiser les tensions, mais aussi de sécuriser la gestion du pays dans les prochaines années. Une solution rapide et concertée au sein du parti au pouvoir apparaît donc cruciale pour éviter toute escalade politique.

Alioune Tine avertit qu’une rivalité durable entre le président et le Premier ministre pourrait paralyser le pays, avec des conséquences incalculables sur les plans économique, social et financier. L’histoire politique du Sénégal, de Léopold Sédar Senghor à Abdoulaye Wade, montre que la coexistence entre président et Premier ministre est particulièrement fragile lorsque la légitimité des deux acteurs n’est pas équilibrée. Dans ce contexte, l’analyste invite les deux dirigeants à adopter une posture de responsabilité et de maturité d’État afin de préserver la stabilité nationale et d’assurer la continuité d’une gouvernance efficace.

Kaolack : un technocrate gestionnaire annonce sa candidature pour « remettre la ville sur les rails »

La scène politique locale connaît un nouveau tournant avec l’annonce de la candidature d’Abou Balle Ndiaye à la mairie de Kaolack. Technocrate réputé pour sa rigueur et son expérience en gestion publique, il se présente comme l’alternative d’efficacité face à une population de plus en plus éprouvée par les difficultés économiques, sociales et environnementales.

Dans un entretien téléphonique accordé à notre correspondant dans la capitale du Saloum, Abou Balle Ndiaye a déclaré son intention de briguer la mairie afin de « répondre avec compétence, méthode et transparence aux urgences de la ville ». Il a insisté sur le fait que Kaolack traverse une situation de détresse nécessitant, selon lui, « moins de promesses politiques et davantage de solutions concrètes ».

« Il est temps de gérer Kaolack comme une véritable collectivité moderne et inclusive », a-t-il affirmé. Dans son discours, le candidat a déploré la dégradation persistante de plusieurs secteurs essentiels : la gestion de la voirie, l’assainissement, l’éclairage public, l’insécurité, le chômage des jeunes et les difficultés rencontrées par les femmes actives dans le commerce informel.

Pour y remédier, il propose une approche « fondée sur l’expertise, la planification et le suivi rigoureux des projets », estimant que les habitants de Kaolack méritent mieux qu’une administration improvisée. Se présentant comme un homme hors des logiques partisanes habituelles, il promet une gestion centrée sur les résultats et la participation citoyenne.

« Ma candidature est un acte de responsabilité. Je ne cherche pas un poste, je propose une méthode et un programme axé sur l’efficacité et la transparence », a-t-il ajouté.

Même s’il n’a pas dévoilé l’intégralité de son programme, il a esquissé plusieurs orientations prioritaires :

Réforme de la gestion municipale : audit, transparence, digitalisation et professionnalisation des services. Assainissement et environnement : plan d’urgence contre les inondations et la pollution. Économie locale : soutien structuré aux femmes transformatrices et aux jeunes entrepreneurs. Infrastructures : réhabilitation des routes urbaines, de l’éclairage public, des marchés et des espaces publics. Cohésion sociale : meilleure prise en charge des quartiers défavorisés et dispositifs de sécurité renforcés.

Abou Balle Ndiaye, technocrate de formation, promet de « faire de Kaolack une ville gérée et non subie » et tend la main à tous les fils et filles de la commune pour faire de Kaolack une ville émergente et prospère.

Hamidou Anne alerte sur la fragilisation de la démocratie au Sénégal et dans le monde

Invité au « Jury du dimanche » sur Iradio, Hamidou Anne, essayiste et désormais membre de l’Alliance Pour la République (APR), a livré un constat particulièrement préoccupant sur l’avenir de la démocratie, qu’il estime en pleine régression à l’échelle mondiale. Selon lui, le Sénégal n’échappe pas à cette tendance inquiétante.

Pour Hamidou Anne, la démocratie traverse sa plus grande crise depuis trois décennies. Il rappelle une vérité fondamentale : « La démocratie n’est jamais achevée. Elle est toujours en sursis. » Ce constat l’amène à observer un affaiblissement généralisé des systèmes démocratiques dans le monde. En Europe, la montée du populisme et la tentation d’un discours autoritaire menacent l’équilibre institutionnel. Dans plusieurs régions, le durcissement des régimes et l’affaiblissement du multilatéralisme alimentent cette régression.

En Afrique de l’Ouest, l’essayiste pointe du doigt l’engouement d’une partie de la jeunesse pour les coups d’État militaires, citant notamment les exemples récents au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Mais selon lui, le danger le plus insidieux ne réside pas dans les putschs, mais dans la montée des régimes populistes. Ces derniers, estime-t-il, sont plus dangereux car ils détruisent progressivement les contre-pouvoirs, souvent par des moyens légaux, ce qui peut conduire à une démocratie illibérale sans que les citoyens en prennent conscience.

Interrogé spécifiquement sur le Sénégal, Hamidou Anne évoque des « signaux faibles » de fragilisation démocratique. Il mentionne les appels à l’intervention de l’armée, les violences politiques, les crispations institutionnelles, ainsi que certaines procédures judiciaires controversées. Il attire également l’attention sur la fragilité des libertés individuelles. « Le danger, c’est que les citoyens se réveillent un jour et découvrent qu’ils ne vivent plus en démocratie », avertit-il.

Pour prévenir ce scénario et protéger le pays, Hamidou Anne plaide pour un triple effort. Il insiste d’abord sur le renforcement de l’éducation nationale, qu’il considère comme le socle de tout État moderne. Ensuite, il préconise la modernisation du « logiciel démocratique », encore marqué selon lui par les dérives héritées des régimes précédents. Enfin, il appelle à une défense renforcée des institutions, seules garantes de la stabilité et du respect des principes démocratiques.

Crise politique au Sénégal : l’analyse sans détour de Youssou Diallo sur le bras de fer Faye-Sonko

La récente tension entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko suscite une attention particulière dans le paysage politique sénégalais. Pour Youssou Diallo, président du Club Sénégal Émergent, invité ce dimanche 16 novembre sur l’émission Face au jury sur PressAfrik Tvhd, cette crise dépasse largement le cadre d’une simple divergence personnelle. Elle s’inscrit, selon lui, dans une dynamique historique complexe des relations entre les deux têtes de l’exécutif.

Selon M. Diallo, la résolution de ce différend ne passe pas nécessairement par une médiation externe. Il rappelle que la Constitution sénégalaise établit un principe hiérarchique clair : l’autorité du Président de la République doit primer sans compromis au sein du gouvernement. En cas de blocage, le lieu légitime pour des négociations devient l’Assemblée nationale, où le parti de Sonko, Pastef, détient la majorité. Dans le cadre d’une crise institutionnelle majeure, le chef de l’État dispose par ailleurs de pouvoirs constitutionnels étendus, conformément à l’article 52, qui lui permettent de dissoudre l’Assemblée ou de limoger le Premier ministre, voire le gouvernement, par ordonnance.

L’analyste est resté prudent sur le lien exact entre la récente audience de la présidente du Conseil constitutionnel et cet article, mais il considère que le président Faye a marqué un point décisif en désavouant publiquement et de manière inattendue son Premier ministre. Il interprète les précédentes déclarations de Sonko sur le « Parti-État » comme une attaque voilée contre le président. La réaction immédiate de Diomaye Faye, consistant à nommer Aminata Touré à la tête de sa coalition sans passer par un décret officiel, est analysée par M. Diallo comme une manœuvre politique stratégique, qui a visiblement mis Sonko dans une position délicate, le poussant à un silence surprenant.

L’analyste dénonce également le « congé » auto-déclaré par Sonko pour justifier son absence au Conseil des ministres, qualifiant cet acte d’« abandon de poste », et rappelant que seul le président, en tant qu’autorité hiérarchique, est habilité à accorder un congé. La contradiction entre cette absence officielle et sa participation simultanée à un meeting politique et à une partie de football est perçue comme une provocation directe envers l’exécutif. Pour M. Diallo, le rôle de Premier ministre exige une loyauté sans faille envers le Président, qualité que Sonko ne semble pas posséder. Il juge que Sonko serait davantage à sa place à l’Assemblée nationale qu’à la tête du gouvernement.

Au-delà des enjeux politiques, Youssou Diallo dresse un bilan économique sévère. Selon lui, le duo Faye-Sonko est arrivé au pouvoir sans une maîtrise suffisante de la situation économique nationale. Les déclarations jugées intempestives du Premier ministre, notamment sur une « dette cachée » et sur une baisse imminente des prix du carburant et de l’électricité, auraient, selon l’analyste, saboté les négociations avec le FMI et contribué à la dégradation de la note souveraine du pays. Pour M. Diallo, Ousmane Sonko représente « l’un des plus grands problèmes institutionnels et économiques du Sénégal » et sa démission permettrait, selon lui, une amélioration immédiate de la confiance des marchés. Il alerte également sur l’augmentation « alarmante » du niveau d’imposition, critiquée par le FMI, qui, selon lui, freine la reprise économique du pays.

Sénégal – Politique : Une audience stratégique entre Diomaye Faye et la présidente du Conseil constitutionnel

Le vendredi 14 novembre 2025 s’inscrit désormais comme une date politiquement significative dans le calendrier national. Ce jour-là, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu en audience la présidente du Conseil constitutionnel. Officiellement, il s’agissait d’une rencontre de travail classique, destinée à échanger sur le fonctionnement de l’institution et sur les réformes envisagées pour « consolider l’État de droit ». Pourtant, derrière la sobriété du communiqué présidentiel, le timing et le contexte soulèvent des interrogations sur les véritables motivations du chef de l’exécutif.

Selon la Présidence, l’entretien avait pour objectif de « faire le point sur le fonctionnement de l’institution, d’examiner les défis recensés et d’aborder les réformes envisagées ». Le président Diomaye Faye a réaffirmé son engagement envers une justice constitutionnelle moderne, impartiale et pleinement dédiée à la stabilité démocratique. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes favorisant la transparence institutionnelle et la confiance citoyenne. Ces déclarations, empreintes de bonnes intentions, prennent toutefois une dimension particulière dans un climat politique marqué par des tensions latentes et des luttes d’influence au sein même de la coalition au pouvoir.

Depuis son arrivée à la tête de la coalition « Diomaye Président », le chef de l’État enchaîne les rencontres institutionnelles et les signaux politiques. Son mandat s’ouvre dans un contexte où les équilibres internes sont fragiles, où les rôles au sein de l’exécutif sont encore en redéfinition, et où les attentes de rupture affichées durant la campagne électorale doivent désormais se confronter à la réalité de la gouvernance. Dans ce paysage mouvant, le Conseil constitutionnel occupe une place centrale. Il constitue, plus que jamais, un acteur clé dont les décisions pourraient influencer des choix politiques, orienter des arbitrages institutionnels ou peser sur les futures échéances électorales.

L’audience du 14 novembre va donc bien au-delà d’un simple échange institutionnel. Elle apparaît comme un message adressé à la classe politique et aux observateurs, un moyen pour le président de montrer qu’il entend consolider son rapport avec une institution stratégique. En affichant sa volonté de moderniser la juridiction constitutionnelle, Diomaye Faye cherche à renforcer son image de garant de l’État de droit, tout en posant les bases d’une relation de confiance – voire d’influence – avec le Conseil constitutionnel. La maîtrise des enjeux constitutionnels pourrait, le moment venu, faciliter l’adoption de mesures sensibles ou sécuriser des décisions cruciales pour la majorité présidentielle.

La précision apportée par la Présidence sur la nécessité de doter le Conseil de « visibilité et de moyens » est tout aussi révélatrice. Elle laisse entendre que l’exécutif pourrait accompagner l’institution dans le renforcement de ses capacités, une démarche qui, tout en consolidant son indépendance apparente, pourrait aussi contribuer à resserrer les liens avec le pouvoir politique. Certains observateurs y voient une manière de préparer le terrain à d’éventuelles réformes constitutionnelles, ou du moins à l’édification d’un cadre juridique favorable à la consolidation de la majorité présidentielle dans les années à venir.

Sénégal : Le rêve brisé du tandem Diomaye-Sonko face à la dure réalité

Plus d’un an après une arrivée au pouvoir acclamée, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko naviguent en eaux troubles. Leur tandem, autrefois symbole de rupture générationnelle et de souveraineté retrouvée, se retrouve aujourd’hui sévèrement mis à l’épreuve. Pour de nombreux Sénégalais, le bilan paraît amer : les promesses de campagne s’effritent face à la persistance des difficultés quotidiennes.

Selon M. Ndiaye Abou Ballé Ndiaye, président du Mouvement Bokk Beug Beug (M3B), l’espoir initial a cédé la place à la désillusion. Il décrit un pouvoir traversé par de profondes fractures, où les « jeux d’intérêts politiques personnels – crypto personnels » prendraient désormais le dessus sur les urgences nationales. La forte alliance symbolique des débuts se heurterait aux limites concrètes de l’exercice du pouvoir, marquée par des règlements de comptes, une « virtualisation inquiétante » et une crise de cohérence.

Sur le terrain, notamment dans les régions rurales, le constat est sans appel. Les attentes immenses suscitées par le discours de rupture restent largement insatisfaites. Les promesses de développement, d’infrastructures et de services sociaux demeurent pour beaucoup sans suite. Cette attente trahie a des conséquences directes et douloureuses : l’accès à l’eau potable, à des soins de santé de qualité, à une éducation digne ou à des emplois stables demeure un véritable parcours du combattant. Le fossé continue de se creuser entre les annonces gouvernementales et la réalité vécue par les citoyens.

La « coopération en tension » entre les deux leaders, initialement perçue comme une force, révèle aujourd’hui ses fragilités. Les illusions d’un changement rapide se dissipent face à la complexité des réalités administratives et économiques. Pour leurs détracteurs, la priorité annoncée d’une gouvernance souveraine et centrée sur le peuple semble avoir été sacrifiée au profit de calculs politiques et d’intérêts personnels.

Alors que les Sénégalais sont mis à rude épreuve, la déception est à la hauteur des espoirs qui avaient été suscités. Le discours de rupture peine à se concrétiser par des actions tangibles et perceptibles. Le défi du tandem Diomaye-Sonko est désormais majeur : retrouver une cohérence, replacer les urgences sociales et économiques au cœur de leur action, et surtout, renouer avec la confiance d’un peuple qui attend toujours les preuves de l’« alternance » tant promise. Plus que jamais, l’heure n’est plus aux slogans, mais aux résultats.

Djiby Ndiaye (NFFA) accuse Diomaye Faye et Sonko de “tambouilles politiques” et alerte sur un malaise au sommet de l’État

Le coordonnateur du Nouveau Front Force Alternative (NFFA), Djiby Ndiaye, s’en est vigoureusement pris au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’à son Premier ministre, Ousmane Sonko, qu’il accuse de s’adonner à des “tambouilles politiques” au détriment des véritables préoccupations des Sénégalais.

Face à la presse ce vendredi, le leader du NFFA a estimé que les tensions internes observées depuis plusieurs jours entre les deux principales figures de l’exécutif ne servent ni les intérêts de la nation ni ceux des citoyens. Il a dénoncé ce qu’il considère comme des jeux d’influence éloignés des priorités du peuple, regrettant l’écart croissant entre les discours officiels et les réalités quotidiennes vécues par les Sénégalais.

Au cours de cette conférence de presse, les membres de son mouvement ont également fustigé certaines décisions prises par le pouvoir en place. L’une des plus critiquées demeure la nomination de Samba Ndiaye à la tête du conseil d’administration de la Société nationale des habitations à loyer modéré (SNHLM). Selon eux, cette décision a provoqué un vif mécontentement, y compris au sein des propres soutiens du régime, comme en témoignent les nombreuses réactions de désapprobation sur les réseaux sociaux. Pour le NFFA, cet épisode illustre un malaise grandissant au sein de la majorité et révèle un manque de cohérence dans la gouvernance actuelle.

Djiby Ndiaye a également mis en cause ce qu’il considère comme un non-respect du serment présidentiel. Il a pointé un déficit de vision claire pour conduire le pays vers un développement durable et inclusif. À ses yeux, le président de la République se doit d’être au service exclusif du peuple, et non d’un clan politique dont les intérêts ne reflètent pas toujours ceux de la nation.

Dans cette logique, les responsables du NFFA ont lancé un appel solennel à la vigilance populaire. Ils invitent les citoyens à ne pas adopter une posture passive face à ce qu’ils décrivent comme un détournement de l’intérêt général au profit d’agendas strictement politiques. Le mouvement a par ailleurs salué la mobilisation progressive d’une nouvelle opposition, tout en encourageant les jeunes leaders à s’engager davantage pour proposer une véritable alternative crédible à la population.

Audience présidentielle : le Chef de l’État reçoit M. Cheikh Diop, Secrétaire général de la CNTS/FC

Le Président de la République a accordé une audience à M. Cheikh Diop, Secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Forces du Changement (CNTS/FC). Cette rencontre, tenue au Palais présidentiel, a été l’occasion d’échanger en profondeur sur les principales préoccupations des travailleurs ainsi que sur les enjeux majeurs qui traversent le monde syndical.

Au cours des discussions, M. Cheikh Diop a présenté un état des lieux des défis auxquels sont confrontés les travailleurs sénégalais, notamment en matière de protection sociale, de stabilité professionnelle, de respect des droits et de renforcement du dialogue social. Il a également insisté sur la nécessité d’engager des réformes structurelles pour améliorer durablement les conditions de travail et garantir une justice sociale plus équitable.

Le Président de la République, attentif aux préoccupations soulevées, a réaffirmé son attachement à un partenariat solide et constructif avec l’ensemble des organisations syndicales. Il a souligné que son gouvernement reste déterminé à bâtir une relation fondée sur l’écoute, la transparence et la concertation permanente, afin de trouver des solutions adaptées aux réalités du monde du travail et aux aspirations des travailleurs.

Selon le Chef de l’État, la promotion d’un climat social apaisé et dynamique constitue une priorité majeure pour accompagner les transformations économiques du pays. Il a assuré que les réformes envisagées seront menées dans un esprit de dialogue ouvert, en associant de manière étroite les partenaires sociaux afin de garantir leur efficacité et leur acceptabilité.

Sénégal : la crise politique entre Diomaye et Sonko éclipse les discussions cruciales avec le FMI sur la « dette cachée »

Alors que le Sénégal tente de rassurer ses partenaires financiers après la découverte de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées laissées par l’ancien régime, une crise politique au sommet de l’État vient assombrir les perspectives des discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI). Les tensions, longtemps évoquées en coulisses entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont éclaté au grand jour cette semaine, faisant craindre un affaiblissement de la cohésion gouvernementale à un moment critique.

La rupture est apparue lorsque le parti Pastef, dirigé par Sonko, a rejeté la décision du chef de l’État de prendre la tête de la coalition politique élargie qui avait porté les deux hommes au pouvoir en 2024. Ce refus a mis en évidence une rivalité jusque-là contenue, alimentée par des visions divergentes sur la conduite économique et politique du pays. Pour plusieurs observateurs, l’enjeu immédiat dépasse la simple querelle interne : il s’agit désormais de savoir si l’exécutif possède encore la stabilité suffisante pour mener les réformes complexes exigées par les partenaires financiers.

« La crise de la dette est passée au second plan et c’est la crise politique qui est devenue la priorité », analyse Ousmane Ndiaye, politologue basé à Paris et spécialiste du recul démocratique en Afrique. Cette impasse survient alors que le FMI a suspendu l’année dernière un programme de 1,8 milliard de dollars et que le pays cherche désespérément à rétablir sa crédibilité budgétaire après la révélation du passif caché de l’ancien pouvoir.

L’incertitude a été accentuée par les récentes déclarations d’Ousmane Sonko, qui a publiquement rejeté l’idée d’une restructuration de la dette lors d’un rassemblement à Dakar. Ses propos ont immédiatement pesé sur les marchés : les eurobonds sénégalais ont reculé, avant de se stabiliser légèrement lorsque le FMI a annoncé que les discussions se poursuivraient dans les prochaines semaines et qu’une nouvelle analyse de viabilité de la dette était en cours de finalisation. Les rendements restent toutefois nettement plus élevés qu’avant l’intervention de Sonko, signe d’une nervosité persistante.

Selon plusieurs experts, l’opposition du Premier ministre à une restructuration de la dette traduit la volonté de tenir sa promesse électorale de préserver la « souveraineté économique » du pays. Pour Amaka Anku, directrice Afrique chez Eurasia Group, cette posture s’explique par la crainte que le Sénégal devienne dépendant d’un financement extérieur conditionné par le FMI. Mais cette ligne politique risque de renforcer au sein de l’institution les doutes sur la capacité du gouvernement à adopter les mesures budgétaires nécessaires, notamment la réduction des dépenses publiques.

Eurasia estime désormais à 60 % la probabilité que le Sénégal finisse par accepter un programme du FMI impliquant une restructuration de la dette, soit en raison d’un durcissement des conditions de financement internationaux, soit en cas de départ du Premier ministre, ce qui faciliterait les arbitrages budgétaires que l’exécutif peine actuellement à trancher.

Le discours prononcé par Ousmane Sonko devant des milliers de sympathisants à Dakar a aussi soulevé des interrogations politiques immédiates. Pour Alioune Tine, fondateur du think tank AfrikaJom Center, l’événement ressemblait davantage à un lancement de campagne présidentielle qu’à une simple mobilisation partisane. « C’était presque du style américain. C’était clairement Sonko qui disait : ‘Je suis candidat pour 2029’ », explique-t-il.

Le duo Faye-Sonko, porté par une dynamique insurrectionnelle et populaire, avait renversé l’équilibre politique en 2024 lorsque Faye, jusqu’alors détenu, était devenu l’un des présidents les plus jeunes du continent avec le soutien déterminant de Sonko, écarté de la course en raison d’une condamnation pour diffamation. Mais selon Ousmane Ndiaye, les tensions actuelles trouvent racine dans un déséquilibre de légitimité : Sonko, figure dominante du mouvement, « a toujours considéré qu’il resterait la force directrice derrière Faye », tandis que ce dernier cherche désormais à exercer pleinement les prérogatives de sa fonction.

La situation politique s’est encore complexifiée après que la Cour suprême a confirmé une peine de six mois de prison ferme pour diffamation contre Ousmane Sonko, une décision qui pourrait le rendre inéligible pour la présidentielle de 2029. « Cette incertitude juridique redessine déjà le champ de bataille politique, ouvrant potentiellement la voie à un second mandat pour Faye si Sonko est empêché de concourir », souligne Ndiaye.

Au moment où le Sénégal tente de négocier son avenir économique avec le FMI, l’émergence de cette lutte interne pour le leadership risque de compromettre les marges de manœuvre du pays. Entre la nécessité de rassurer les investisseurs, l’urgence d’assainir les finances publiques et les calculs politiques en vue de 2029, la trajectoire du Sénégal demeure suspendue à la capacité de son exécutif à surmonter ses divisions internes.

Crise ouverte entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko : une fracture désormais assumée

Ce qui n’était jusque-là qu’un murmure au sein des cercles politiques proches du pouvoir est désormais une évidence publique : une crise profonde secoue la relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Malgré les tentatives de médiation de leurs familles et de leurs entourages respectifs, les tensions persistent et semblent marquer un tournant durable dans la dynamique du tandem qui a porté le Pastef au pouvoir.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, l’affaire de la révocation d’Aïda Mbodji de la tête de la coalition « Diomaye-Président », décidée par le chef de l’État au profit de la nomination d’Aminata Touré chargée de piloter le processus de restructuration, n’a été que l’élément déclencheur visible d’un malaise beaucoup plus profond. Ce désaveu public de Pastef et d’Ousmane Sonko à l’encontre de cette décision présidentielle a confirmé l’existence d’une fracture latente au sommet de l’exécutif.

Depuis plusieurs mois, de fortes divergences seraient apparues entre Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre sur la gestion de dossiers stratégiques. L’avant-dernier épisode en date aurait même poussé Ousmane Sonko à déclarer publiquement que le pays « manquait d’autorité », un message qui, sans nommer directement le président, lui était clairement adressé. Avant le déplacement de Bassirou Diomaye Faye pour une visite d’État au Bénin, des efforts de médiation avaient permis une accalmie provisoire lors d’une rencontre regroupant le chef de l’État, Ousmane Sonko et des responsables du Pastef dont El Malick Ndiaye, Abass Fall et Birame Souleye Diop. Mais cette trêve fut de courte durée.

Les tensions ont rapidement ressurgi, notamment à la veille du dernier remaniement gouvernemental. Elles auraient été exacerbées par des soupçons de surveillance visant deux proches du Premier ministre, ce qui a profondément irrité Ousmane Sonko et ses alliés. Dans ce contexte déjà inflammable, le méga-meeting organisé samedi par le leader du Pastef a été perçu comme un avertissement direct adressé au président de la République. À travers cette démonstration de force, Sonko aurait voulu rappeler que l’ascension de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême était, selon lui, l’œuvre du Pastef et de sa seule volonté politique.

En réaction, Bassirou Diomaye Faye a tenu une rencontre privée avec une personnalité influente, identifiée comme « Madame », afin de réaffirmer sa posture institutionnelle et redéfinir les lignes d’autorité. Le chef de l’État aurait également eu un long échange avec un membre du premier cercle du Premier ministre, exprimant sa volonté de rétablir un climat de confiance et de ramener les relations à la normale.

L’ampleur de la crise est telle que les familles des deux dirigeants, habituellement en retrait de la scène politique, sont intervenues pour tenter d’apaiser la situation. Toutefois, contrairement aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, aucune rencontre directe entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko n’a eu lieu récemment. Les discussions sont menées par intermédiaires, signe supplémentaire de la profondeur du malaise.

Si la tension semble, pour l’heure, s’être légèrement atténuée, rien ne garantit la stabilité retrouvée. Une source proche du dossier souligne que « le simple fait qu’il y ait une médiation autour de deux personnes qui se présentaient comme unies en dit long ». Pour cette même source, une chose est certaine : « les choses ne seront plus jamais comme avant ».

Crise au sein de la majorité : la rupture s’accentue autour d’Aminata Touré

La fissure qui fragilise depuis plusieurs jours la majorité présidentielle s’est, jeudi soir, transformée en véritable ligne de fracture. Aux environs de 19 heures, alors que des discussions étaient annoncées entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko pour tenter d’apaiser les tensions internes, un nouvel épisode est venu illustrer l’ampleur du malaise : Aminata Touré a quitté de façon abrupte le groupe WhatsApp de la Conférence des leaders.

Ce départ soudain, intervenu quelques jours seulement après sa désignation par le Chef de l’État comme superviseur général de la coalition « Diomaye Président » en remplacement d’Aïda Mbodj — une décision contestée par plusieurs cadres du Pastef — a été vécu comme un acte lourd de sens. Selon Les Échos, qui rapporte les faits dans son édition du 14 novembre, sept autres membres ont immédiatement suivi l’ancienne Première ministre dans sa sortie, confirmant que son influence au sein de la coalition reste loin d’être négligeable.

La question qui se pose désormais est celle de l’intention réelle derrière ce geste. S’agit-il d’un simple désaccord momentané, d’une réaction d’humeur face aux critiques du Pastef, ou du premier acte d’une recomposition plus profonde au cœur du pouvoir ? Les Échos évoque la possibilité d’une bouderie, mais Libération, citant des indiscrétions de première main, avance une hypothèse bien plus politique : Aminata Touré envisagerait de créer un nouveau groupe WhatsApp destiné à fédérer ses partisans et ses alliés au sein de la majorité.

Ce projet, s’il se confirme, serait le signe évident d’une réorganisation clandestine des rapports de force, à un moment où les relations entre les deux principaux pôles du pouvoir — le président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko — traversent une zone de turbulences. L’initiative de Diomaye Faye de confier à Mimi Touré un rôle central dans la coordination de la coalition a été perçue par certains cadres du Pastef comme une mise à l’écart de figures historiques du mouvement, notamment Aïda Mbodj. Cette décision a aussi ravivé les tensions latentes entre les alliés de la première heure et les nouveaux soutiens du pouvoir.

En quittant la plateforme commune, Aminata Touré envoie un message clair : elle refuse d’être reléguée à un rôle secondaire dans un espace politique qui se recompose rapidement. Sa possible décision de rassembler ses soutiens dans une nouvelle structure interne, même informelle, traduit une volonté de peser davantage dans les arbitrages stratégiques à venir. Elle pourrait également annoncer une tentative de constituer un bloc alternatif au sein même de la coalition au pouvoir, à un moment où la cohésion gouvernementale est déjà mise à rude épreuve.

Alors que les discussions prévues entre le président et son Premier ministre étaient censées ramener le calme, cet épisode ajoute une nouvelle couche de complexité à une crise interne qui ne cesse de s’approfondir. La majorité présidentielle apparaît désormais traversée par des divergences de plus en plus assumées, où les ambitions personnelles, les frustrations accumulées et les rivalités d’influence s’expriment sans filtres.

Crise au sommet : Moussa Bocar Thiam charge le tandem Sonko–Diomaye et pointe du doigt Aïda Mbodj et Mimi Touré

La scène politique sénégalaise est secouée depuis plusieurs jours par une série de tensions internes qui fragilisent la cohésion du régime dirigé par Bassirou Diomaye Faye. Au cœur de cette tourmente : les relations tendues entre Ousmane Sonko et le président de la République, ainsi que le rôle controversé joué par deux figures politiques bien connues, Aïda Mbodj et Aminata « Mimi » Touré.

Dans ses récentes déclarations, Moussa Bocar Thiam, cadre de l’Alliance pour la République (APR) et ancien ministre sous le régime de Macky Sall, n’a pas mâché ses mots. Selon lui, les dissensions actuelles trouvent leur origine dans les rivalités et calculs politiques entourant la nomination de la présidente de la coalition DiomayePrésident. D’abord confiée à Aïda Mbodj, cette responsabilité a finalement été transférée à Mimi Touré, un changement qui aurait exacerbé les divergences au sein de la majorité au pouvoir.

Moussa Bocar Thiam accuse clairement les deux personnalités féminines d’alimenter les tensions entre les camps Sonko et Diomaye. Pour lui, ce glissement d’alliance, loin d’être anodin, a ouvert une brèche dans un gouvernement déjà soumis à des pressions internes. Il estime que l’entourage politique immédiat du duo exécutif manque de cohérence et se laisse guider par des ambitions individuelles plutôt que par l’intérêt collectif ou la stabilité institutionnelle.

L’ancien ministre s’est également illustré par une sortie particulièrement acerbe, teintée de métaphores culinaires. « Les deux légumes se disputent deux vieilles marmites qui ont été dans toutes les sauces. Sauce Senghor, sauce Diouf, sauce Wade, sauce Sall et sauce Diomaye-Sonko », a-t-il déclaré, insinuant que ces actrices politiques ont traversé les différents régimes depuis l’indépendance et s’inscrivent dans une logique de recyclage permanent. Une manière, pour lui, de critiquer l’influence de figures expérimentées dont il juge le rôle néfaste pour un gouvernement qui se veut porteur de rupture.

Cette attaque frontale intervient dans un contexte où l’opinion publique observe avec inquiétude les divergences qui minent la cohésion du pouvoir. Les tensions entre Sonko et Diomaye, initialement perçues comme simples rumeurs, se manifestent désormais à travers des prises de position contradictoires, des luttes de leadership et des restructurations hâtives au sein de la coalition présidentielle.

Si certains voient dans ces frictions une phase normale de recomposition politique, d’autres y lisent les prémices d’une crise plus profonde susceptible de freiner les ambitions réformatrices portées par le nouveau régime. Les propos de Moussa Bocar Thiam, loin d’apaiser la situation, soulignent l’ampleur du malaise et risquent d’alimenter davantage les débats autour de la gouvernance et des relations complexes au sein de la majorité actuelle.

Thierno Alassane Sall : « Diviser le pays entre pro Diomaye et pro Sonko, c’est trahir le Sénégal »

Le député et président du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a vivement réagi à la situation politique et économique actuelle du Sénégal. Dans une déclaration transmise à la presse, l’ancien ministre de l’Énergie a fustigé ce qu’il qualifie de « guerre des chefs » au sommet de l’État, entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, dénonçant une dérive politique dangereuse pour le pays.

Thierno Alassane Sall affirme que, dans un contexte économique déjà fragile, les querelles internes au sein du pouvoir sont une trahison envers le peuple sénégalais. « Évoquer un Président de transition, bouder les conseils des ministres ou diviser le pays entre partisans de Diomaye et de Sonko n’est pas seulement puéril, c’est trahir le Sénégal », a-t-il écrit dans une note au ton particulièrement sévère.

L’ancien ministre explique qu’il avait déjà, lors d’une séance de la commission des finances à l’Assemblée nationale le jeudi 6 novembre, alerté sur la charge écrasante du service de la dette et les conséquences économiques d’une instabilité politique au sommet de l’État. « Je m’adressais au ministre des Finances et à son collègue de l’Économie pour attirer leur attention sur les effets directs de la dette, notamment à travers les intérêts, et sur la capacité du Sénégal à recourir au marché financier en cas de guerre ouverte entre Diomaye et Sonko », a-t-il rappelé.

Selon lui, ces avertissements n’ont pas été pris au sérieux par les députés proches du Pastef, qui auraient tourné ses propos en dérision. « Moins d’une semaine après, le Sénégal s’enfonce aux derniers cercles des enfers financiers, suite aux développements de la guerre au sommet », déplore-t-il.

Thierno Alassane Sall estime que les acteurs de la coalition au pouvoir ont « perdu tout sens de l’éthique et de la responsabilité », au moment où le pays traverse une situation socioéconomique critique. « Le Sénégal fait face à une dette colossale qui rend quasiment impossibles les investissements urgents. La pauvreté et la faim gagnent du terrain, tandis que le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) est à nos frontières », s’inquiète-t-il.

Pour le leader de la République des Valeurs, les responsables politiques devraient concentrer leurs efforts sur la résolution des difficultés économiques et sociales plutôt que sur des luttes de positionnement. Il met en garde contre toute tentative de fragiliser les institutions par des rivalités internes. « La vraie haute trahison serait de laisser cette chienlit prospérer », conclut-il avec gravité.

Cette sortie intervient dans un contexte de rumeurs persistantes autour d’un climat tendu entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, alimentées par certaines divergences au sein de la coalition au pouvoir. Thierno Alassane Sall, connu pour ses prises de position sans détour, appelle ainsi à la responsabilité et à l’unité pour préserver la stabilité du pays.

Absence du Premier ministre au Conseil des ministres : Yoro Dia dénonce une « diversion » et un « changement de cap » du Pastef

Le politologue Yoro Dia s’est exprimé sur la polémique née de l’absence remarquée du Premier ministre lors du dernier Conseil des ministres. Selon lui, cet épisode n’est pas anodin et traduit un malaise plus profond au sein du pouvoir actuel. L’ancien coordonnateur de la communication de la présidence de la République sous Macky Sall estime que cet incident constitue « une diversion visant à reléguer malheureusement les urgences au second plan ».

Pour Yoro Dia, le pays traverse une période où les défis économiques et sociaux exigent une gouvernance rigoureuse et une présence constante des responsables au plus haut niveau de l’État. Dans ce contexte, il juge incompréhensible qu’un Premier ministre puisse, selon ses mots, se comporter en « PM intermittent ». « Face aux urgences, le Sénégal ne peut se payer le luxe d’un Premier ministre intermittent qui réduit l’agenda national à ses humeurs », a-t-il déclaré, avant d’ajouter dans un ton critique : « Il peut aller au Tera-meeting mais pas au Conseil des ministres. On voit où vont ses priorités. »

Le politologue a également élargi sa réflexion à ce qu’il considère comme une dérive idéologique du parti au pouvoir, le Pastef. Selon lui, la formation politique, autrefois perçue comme porteuse d’un idéal de patriotisme et de renouveau, semble désormais s’éloigner de ses principes fondateurs. « Le Pastef passe du don de soi à la patrie au sacrifice de la patrie pour soi », a-t-il ironisé, estimant que cette évolution illustre un glissement des priorités, du service de l’intérêt général vers la défense d’intérêts personnels ou partisans.

Cette sortie de Yoro Dia intervient dans un contexte politique marqué par des interrogations sur la cohésion de l’équipe gouvernementale et la direction que prend la coalition au pouvoir. Pour le politologue, au lieu de se laisser distraire par des querelles de positionnement, le gouvernement devrait se concentrer sur les véritables urgences du pays, notamment la lutte contre le chômage, la vie chère et les réformes économiques promises aux Sénégalais.

Pape Mada Ndour met fin aux rumeurs de brouille entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Alors que des rumeurs persistantes font état d’un supposé froid entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, une voix autorisée au sein du parti Pastef a tenu à clarifier la situation. Pape Mada Ndour, ancien ministre et ex-chef de cabinet du président, a tenu à rassurer l’opinion publique sur la solidité du tandem dirigeant et la stabilité du parti au pouvoir.

Dans ses récentes déclarations, Pape Mada Ndour a affirmé sans ambiguïté qu’« il n’y a pas de problème entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko ». Selon lui, les observateurs extérieurs interprètent souvent à tort les échanges ou divergences entre les deux leaders. « C’est sans doute nouveau pour vous, vous ne connaissez pas leurs personnalités. Nous qui les avons fréquentés pendant plus de dix ans, ayant été témoins de leurs divergences sur des sujets politiques et les ayant revus ensemble après ces divergences, cela ne nous surprend pas. Ils sont deux personnes avec des personnalités fortes », a-t-il expliqué.

L’ancien ministre a tenu à rappeler que cette dynamique de désaccords ponctuels, suivis d’une concertation et d’un retour à l’unité, a toujours caractérisé la relation entre Diomaye Faye et Sonko. Pour lui, ces différences ne traduisent en rien une rupture, mais plutôt une complémentarité entre deux figures au tempérament affirmé, unies par des valeurs communes.

Pape Mada Ndour a également livré un témoignage personnel sur la modestie et la droiture du président Faye. « La dernière fois qu’on a discuté, il y a un mois au plus, il s’est levé pour me dire au revoir et je lui ai dit qu’un président ne se lève pas pour saluer. Il m’a rétorqué qu’il ne veut pas perdre ses habitudes. Le pouvoir ne le changera pas », a-t-il confié, insistant sur la constance et l’humilité du chef de l’État.

Sur le plan politique, Ndour a souligné que le président et son Premier ministre sont guidés avant tout par leurs convictions, et non par l’attrait du pouvoir. « Pour le président, rester à son poste ou le perdre lui sont égaux. Il agit selon ses convictions. Il peut être en désaccord de vision avec le Premier ministre. C’est la même chose pour le Premier ministre, il dit ce en quoi il croit. Ils ne font pas de politique pour survivre », a-t-il expliqué.

Enfin, l’ancien chef de cabinet du président a tenu à dissiper toute inquiétude quant à la cohésion au sein de la coalition et du parti Pastef. Selon lui, les désaccords entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne sont pas des signes de division, mais plutôt le reflet d’un équilibre interne qui a toujours existé. « Ces dissensions entre lui et le Premier ministre leur permettent d’avoir le juste milieu. Cela a toujours été comme ça dans le parti, donc rien ne changera. Ousmane Sonko a été clair sur ce sujet : il n’y aura pas de problème entre eux deux, il y croit. J’ai demandé à tous deux et ils m’ont assuré qu’il n’y a aucun problème entre eux », a conclu Pape Mada Ndour.

Diomaye sort du silence : le message caché derrière la nomination de Mimi Touré secoue le tandem au pouvoir

Lors du dernier Conseil des ministres, le président Bassirou Diomaye Faye a pris la parole pour clarifier sa position et apaiser les remous politiques nés de la nomination de Mimi Touré. Dans une atmosphère empreinte de tension feutrée, le chef de l’État a tenu à replacer les choses dans leur contexte, rappelant le cadre dans lequel s’inscrit cette décision qui a suscité de vifs débats jusque dans les rangs de la majorité.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, Diomaye Faye a adopté un ton calme mais résolu. Il a retracé l’historique de la Coalition Diomaye Président, rappelant qu’il avait, dès le 10 septembre, adressé une lettre à Aïda Mbodj pour lui faire part de la nécessité d’une réorganisation interne. Cette démarche, a-t-il expliqué, visait à rendre la coalition plus efficace et plus opérationnelle dans la conduite de l’action politique et gouvernementale. L’objectif, selon le président, n’était nullement de dissoudre cette structure, encore moins de l’abandonner.

« Je réaffirme mon attachement à cette coalition, à son esprit et à sa mission », aurait déclaré le chef de l’État devant les membres du gouvernement, soulignant ainsi son attachement à l’équilibre et à la continuité de la dynamique politique qui l’a porté au pouvoir. Ces propos, tout en semblant vouloir éteindre les feux de la discorde, n’ont pas manqué de révéler la complexité du moment que traverse le tandem exécutif formé par Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Car derrière cette mise au point, beaucoup voient un message plus profond : celui d’un président soucieux d’affirmer son autorité tout en maintenant une ligne d’équilibre avec son Premier ministre. Diomaye Faye a soigneusement évité de mentionner le nom d’Ousmane Sonko ou de faire allusion directe au communiqué offensif du Pastef, qui avait rejeté la nomination de Mimi Touré au sein de la coalition. Ce silence calculé, interprété comme une marque de prudence politique, témoigne du souci du président de préserver la cohésion du duo au sommet de l’État, sans aggraver les tensions.

Pour certains observateurs, cette intervention marque un tournant dans la gestion du pouvoir. Diomaye Faye, jusque-là perçu comme discret et loyal à la ligne incarnée par Sonko, semble désormais vouloir s’affirmer comme un chef d’État pleinement maître de ses choix et de sa stratégie. La nomination de Mimi Touré, figure controversée mais expérimentée, serait ainsi un signal adressé à la fois à l’intérieur de la coalition et à l’extérieur : celui d’un président qui entend diversifier ses appuis et élargir sa base politique.

Absence remarquée d’Ousmane Sonko au Conseil des ministres : entre surprise, flou administratif et spéculations politiques

L’absence du Premier ministre Ousmane Sonko lors du Conseil des ministres tenu hier, mercredi 12 novembre 2025, a suscité une vague d’interrogations au sein du gouvernement et au-delà. Selon des informations exclusives rapportées par L’Observateur, cette défection inattendue a pris de court plusieurs membres du Conseil, habitués à la présence assidue du chef du gouvernement aux côtés du président Bassirou Diomaye Faye.

Deux jours auparavant, lors de la célébration de la Journée des Forces armées, le duo exécutif affichait pourtant une parfaite entente et une cohésion apparente. Rien ne laissait donc présager une absence du Premier ministre, d’autant plus que sa communication figurait expressément à l’ordre du jour transmis par le Secrétariat général du gouvernement aux différents ministres. Au moment de la séance, c’est avec étonnement que beaucoup ont constaté le fauteuil vide de M. Sonko, sans explication officielle.

Selon les sources du journal, c’est en pleine réunion que plusieurs ministres ont appris que le Premier ministre avait prolongé ses congés. Cette situation, jugée inhabituelle dans les cercles du pouvoir, a d’autant plus surpris qu’aucune note administrative, ni message protocolaire, n’avait été diffusé pour notifier cette prolongation. En fin de journée, plusieurs médias ont fait état de la désignation de la ministre de la Justice, Yassine Fall, pour assurer l’intérim à la Primature. Mais, après vérification, L’Observateur n’a trouvé aucune trace d’un acte officiel allant dans ce sens.

En effet, ni décret présidentiel ni arrêté administratif ne figurent dans les registres habituels du gouvernement ou dans le communiqué officiel du Conseil des ministres. De plus, aucune mention d’une délégation de pouvoirs — pourtant indispensable dans un tel cas — n’a été enregistrée. Les investigations menées auprès de la Primature, du ministère de la Justice et de la Présidence sont restées sans suite, entretenant le flou sur la réalité administrative de cette supposée mesure d’intérim.

Face à cette opacité, plusieurs hypothèses circulent. Certaines sources proches du gouvernement évoquent un retour du Premier ministre autour du 21 novembre, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait été donnée. Ce silence institutionnel nourrit ainsi les spéculations : s’agit-il d’une simple prolongation de congés décidée à la dernière minute, d’un geste politique réfléchi, ou du signe d’un malaise plus profond au sein de l’exécutif ?

Conscient de la tournure prise par les rumeurs, le président Bassirou Diomaye Faye a tenu, au cours de la réunion du Conseil, à mettre fin aux insinuations faisant état de tensions au sommet de l’État. Selon nos informations, le chef de l’État a fermement démenti toute manœuvre politique visant à créer une fracture entre lui et son Premier ministre, rappelant la solidité du tandem qu’ils forment depuis leur arrivée au pouvoir.

Tensions au sein de la coalition « Diomaye Président » après la nomination de Mimi Touré

La récente décision du président Bassirou Diomaye Faye de nommer l’ancienne Première ministre Aminata Touré, dite « Mimi » Touré, à la tête de la coalition « Diomaye Président » a provoqué de vives remous au sein de la formation politique. Cette nomination, qui remplace Aïda Mbodji à ce poste stratégique, a immédiatement suscité une vague de réactions passionnées, notamment sur le groupe WhatsApp officiel de la coalition, habituellement réservé aux échanges internes entre responsables et alliés.

Tout est parti du message posté par Mimi Touré elle-même, dans lequel elle partageait la lettre officielle annonçant sa désignation. Cette publication, bien que faite sur un ton institutionnel, a déclenché un véritable torrent de réactions. Parmi les premières à monter au créneau, la députée Mame Diarra Fam s’est illustrée par une sortie virulente contre la nouvelle cheffe de la coalition. Connue pour sa proximité avec Ousmane Sonko et Aïda Mbodji, elle n’a pas mâché ses mots, exprimant ouvertement son désaccord et son indignation face à ce qu’elle considère comme une mise à l’écart injustifiée de Mme Mbodji.

Le ton ainsi donné, les échanges se sont rapidement enflammés. Certains membres de la coalition ont félicité Mimi Touré pour sa nomination, saluant l’expérience et la stature politique de l’ancienne cheffe du gouvernement, tandis que d’autres n’ont pas hésité à la critiquer, estimant que ce choix risquait de fragiliser l’unité du mouvement. Entre ces deux camps, un troisième groupe, qualifié de « neutre », a préféré garder le silence, refusant de s’engager dans une polémique qui divisait visiblement la base.

Le journal Libération, qui a révélé l’affaire, précise que contrairement aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, Mimi Touré n’a pas quitté le groupe WhatsApp malgré la virulence des échanges. Elle aurait choisi de garder son calme et de ne pas répondre aux attaques, un choix interprété par certains comme un signe de maturité politique et par d’autres comme une forme de mépris.

Cette querelle interne met en lumière les tensions latentes au sein de la coalition « Diomaye Président », pourtant présentée comme unie autour du chef de l’État et de son Premier ministre Ousmane Sonko. La nomination de Mimi Touré, une figure à la fois respectée et controversée du paysage politique sénégalais, semble raviver d’anciennes rivalités et ouvrir un nouveau chapitre d’incertitudes dans la dynamique interne de l’alliance présidentielle.

Kaolack salue la nomination de Mamadou Lamine Ndiaye à la tête de l’APROSI

La nouvelle a été accueillie avec enthousiasme dans la région de Kaolack. Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à la nomination de Mamadou Lamine Ndiaye, Commissaire aux enquêtes économiques, au poste de Directeur général de l’Agence pour la Promotion des Sites Industriels (APROSI).

Originaire de Kaolack, M. Ndiaye est décrit par ses proches et collaborateurs comme un cadre rigoureux, engagé et profondément attaché au développement local. Sa nomination est perçue comme une reconnaissance du travail accompli au sein de l’administration économique et de son engagement constant pour la promotion de l’industrie nationale.

« C’est une fierté pour Kaolack. Mamadou Lamine Ndiaye a toujours œuvré pour le développement de notre région et pour la jeunesse », a réagi Amadou Thierno Sall, un des responsables du mouvement des jeunes SAM, saluant le choix du président Bassirou Diomaye Faye.

Fort d’un parcours solide dans les enquêtes économiques et la gestion des politiques publiques liées à l’investissement, le nouveau Directeur général de l’APROSI dispose d’une expérience appréciable dans la promotion des zones industrielles et la mise en valeur du potentiel économique du Sénégal.

Au-delà de ses fonctions administratives, Mamadou Lamine Ndiaye s’est distingué par son dynamisme sur le terrain, notamment à travers des actions en faveur de la mobilisation des jeunes, du renforcement de l’entrepreneuriat local et du soutien aux acteurs économiques du centre du pays.

La population de Kaolack, à travers plusieurs organisations locales, a tenu à remercier le président Diomaye Faye pour cette marque de confiance envers l’un de ses fils. Beaucoup y voient une opportunité pour mieux positionner la région dans la politique nationale de développement industriel.

Avec cette nomination, l’APROSI pourrait connaître un nouvel élan, sous la conduite d’un homme réputé pour sa vision pragmatique et sa proximité avec les réalités économiques du terrain.

Conseil des ministres du 12 novembre 2025 : le président Bassirou Diomaye Faye procède à une série de nominations stratégiques pour redynamiser l’administration publique

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce mercredi 12 novembre 2025 un Conseil des ministres marqué par plusieurs nominations au sein de l’administration publique. Ces décisions, prises dans un contexte de réforme et de modernisation de la gouvernance, traduisent la volonté du chef de l’État de renforcer l’efficacité de l’action publique et de consolider la dynamique de redressement économique engagée depuis son arrivée au pouvoir.

Au ministère de l’Industrie et du Commerce, Monsieur Mamadou Lamine Ndiaye, précédemment Commissaire aux enquêtes économiques, a été nommé Directeur général de l’Agence de Promotion des Sites Industriels (APROSI). Il remplace à ce poste Amadou Gueye. Le nouveau directeur général aura pour mission de dynamiser la politique d’industrialisation nationale et de renforcer l’attractivité des zones industrielles, dans un contexte où le gouvernement met l’accent sur la relocalisation productive et la souveraineté économique.

Dans le même département, le président a également nommé Monsieur Moussa Ba, logisticien de formation, au poste de Président du Conseil d’Administration de l’Agence de Régulation des Marchés (ARM), en remplacement d’El Hadji Malick Mboup. Cette nomination s’inscrit dans une logique de modernisation des mécanismes de régulation et de transparence du marché, avec pour objectif de garantir un environnement commercial plus compétitif et mieux encadré.

Le secteur de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme a lui aussi connu un important changement. Madame Aminata Bandel Wane, urbaniste et ancienne directrice de la planification urbaine, a été promue Directrice générale de l’Urbanisme et de l’Architecture, succédant à Abdoulaye Diouf. Forte de son expérience dans la planification et la conception urbaine, elle aura pour tâche de conduire les réformes nécessaires à une meilleure organisation des espaces urbains et à la mise en œuvre d’une politique d’aménagement durable, cohérente avec les objectifs du Plan national d’aménagement du territoire.

Au ministère des Pêches et de l’Économie maritime, c’est Monsieur Cheikh Fall, ingénieur des pêches, qui prend les rênes de la Direction des Pêches maritimes. Il sera chargé de superviser la gestion durable des ressources halieutiques et de renforcer la lutte contre la pêche illicite, un enjeu crucial pour la préservation du patrimoine maritime et la valorisation du secteur des pêches artisanales et industrielles.

Enfin, dans le domaine des infrastructures, Madame Adja Awa Sogue Gueye, économiste-planificatrice, a été désignée Directrice de la Planification, du Suivi-évaluation et de la Prospective au ministère des Infrastructures. Sa mission consistera à améliorer la planification stratégique et le suivi des projets d’infrastructures, afin d’assurer une meilleure cohérence entre les investissements publics et les priorités de développement du pays.

Yassine Fall assure l’intérim du Premier ministre Ousmane Sonko : une première dans le gouvernement Diomaye-Sonko

Par décret présidentiel, la ministre de la Justice et garde des Sceaux, Yassine Fall, a été officiellement désignée pour assurer l’intérim du Premier ministre Ousmane Sonko, actuellement en congé. Cette décision du président Bassirou Diomaye Faye marque une étape inédite dans la jeune histoire du nouveau gouvernement, révélant à la fois la confiance du chef de l’État envers sa ministre et la volonté de garantir la continuité de l’action gouvernementale en l’absence du chef du gouvernement.

Le décret présidentiel, signé en début de semaine, précise que l’intérim de Yassine Fall s’étendra sur une période de deux semaines. Durant cette période, elle sera chargée de coordonner les activités gouvernementales, de présider les réunions du Conseil des ministres et de veiller au suivi des dossiers jugés prioritaires par la Primature. Cette nomination temporaire lui confère ainsi les pleins pouvoirs de coordination exécutive, un rôle stratégique au cœur du dispositif gouvernemental.

L’absence d’Ousmane Sonko avait été annoncée le 6 novembre dernier, lors du Conseil des ministres. Le Premier ministre avait alors indiqué qu’il prendrait « quelques jours de congé » pour des raisons de repos et de réorganisation. Selon des sources proches de la Primature, cette période de pause vise à lui permettre de « prendre du recul, d’évaluer la première phase de mise en œuvre du programme gouvernemental et de préparer la relance de certaines réformes ».

Cette transition temporaire intervient toutefois dans un contexte politique particulièrement sensible. Depuis plusieurs semaines, des rumeurs insistantes font état de tensions internes au sein de la coalition présidentielle. Certains observateurs y voient des divergences de méthode entre la Présidence et la Primature, notamment sur la gestion de certains dossiers économiques et diplomatiques. La désignation de Yassine Fall, personnalité réputée rigoureuse et loyale, pourrait ainsi contribuer à apaiser les esprits tout en assurant la stabilité de l’action gouvernementale.

Juriste de formation et ancienne diplomate, Yassine Fall s’est illustrée par son engagement constant en faveur de la justice sociale, de l’égalité des chances et du respect des principes de bonne gouvernance. Son choix pour assurer l’intérim du Premier ministre apparaît donc comme un signal fort de continuité institutionnelle et de sérénité au sein du gouvernement.

À l’issue de cette période de deux semaines, Ousmane Sonko reprendra ses fonctions à la date prévue par le décret présidentiel. En attendant, l’équipe gouvernementale devra composer avec le style de gestion sobre et méthodique de Yassine Fall, dont l’intérim pourrait être observé de près tant par les acteurs politiques que par l’opinion publique.

Le communiqué du conseil des ministres de ce mercredi 12 novembre 2025

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 12 novembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’État a fait une communication portant sur les points suivants :

CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE DES FORCES ARMÉES

Monsieur le Président de la République a introduit sa communication par un rappel de la tenue, le 10 novembre 2025, sous sa présidence, de la Journée des Forces armées sur le thème : « Les Forces armées, partenaires des JOJ Dakar 2026 ».

À cet égard, il félicite le Ministre des Forces armées, le Chef d’État-Major général des Armées, le Haut Commandant de la Gendarmerie nationale et Directeur de la Justice militaire, les Officiers, Sous-officiers et militaires du rang, pour l’exemplarité de leur engagement et la bonne organisation des célébrations de cette journée.

Après avoir magnifié le travail des forces armées, qui servent l’intérêt national avec courage et professionnalisme, sacralisant le lien Armée-Nation, il réitère son engagement à renforcer l’effort de défense et à améliorer leurs conditions de recrutement, de formation, de préparation et d’équipement. Il les engage, en outre, à accentuer la mise en œuvre cohérente, adaptée et efficiente de leurs plans de modernisation.

Rappelant son attachement au développement de l’industrie militaire nationale, à travers la promotion de l’innovation technologique, il exprime sa satisfaction relative à la distinction des premiers lauréats du Prix du Président de la République pour l’innovation technologique et industrielle à vocation militaire et paramilitaire.

Dans ce sillage, il demande au Ministre des Forces armées d’accélérer le déploiement d’un Plan stratégique de développement de l’industrie militaire et de l’innovation en matière de défense et de sécurité, dans l’optique d’une transformation en profondeur de la politique et des doctrines de défense et de sécurité du Sénégal, avec deux principes directeurs majeurs : la consolidation de notre souveraineté et la protection des intérêts nationaux.

NOUVELLE DOCTRINE DE GOUVERNANCE DES RESSOURCES MINIÈRES

Le Chef de l’État informe le Conseil qu’il a présidé, le 4 novembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la 8ᵉ édition du Salon international des Mines, et félicite le Ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines ainsi que ses équipes pour le succès de l’organisation.

Il demande au Premier Ministre et au Gouvernement de poursuivre la restructuration et la transformation du secteur minier, afin d’asseoir une gouvernance transparente, inclusive et durable. Il les invite à accélérer les travaux de finalisation du nouveau projet de loi portant Code minier, en vue de son adoption avant la fin de l’année 2025.

Exprimant son attachement au développement territorial durable des zones d’exploitation minière, le Président de la République rappelle la nécessité de poursuivre l’activation efficiente du Fonds de Réhabilitation minier et du Fonds de Développement des Collectivités territoriales.

Il souligne l’importance du renforcement de la transformation locale des ressources minières et de la consolidation d’une industrie minière dynamique, fer de lance de la stratégie industrielle du Sénégal.

À cet égard, il rappelle au Premier Ministre l’urgence de programmer le lancement du nouveau Pôle industriel minier de la région de Matam, autour d’une meilleure valorisation des phosphates de Ndendory.

Il instruit également le Ministre en charge des Mines de veiller à l’exploitation optimale des ressources aurifères nationales, avec la mise en place effective d’un Comptoir national de commercialisation de l’or, impératif de souveraineté.

Enfin, il indique au Gouvernement la nécessité de maîtriser stratégiquement l’actionnariat de l’État dans les entreprises minières privées, d’accélérer la restructuration des sociétés publiques telles que la SOMISEN et la MIFERSO, d’actualiser régulièrement la cartographie des ressources minières, et d’assurer une veille permanente sur l’ouverture et la gestion concertée des carrières.

LANCEMENT DE LA CAMPAGNE DE COMMERCIALISATION AGRICOLE ET RÔLE DE L’AGRICULTURE DANS LA RELANCE DE L’ÉCONOMIE NATIONALE

Considérant que la campagne de commercialisation agricole reste un moment fort de la vie économique et sociale nationale, le Chef de l’État rappelle au Gouvernement l’urgence de prendre toutes les dispositions techniques, administratives et financières en vue du lancement, avant la fin du mois de novembre 2025, de la campagne de commercialisation agricole.

Il demande, en outre, d’accélérer la relance de la production industrielle de la SONACOS SA et des autres huiliers privés.

Enfin, il réaffirme l’intérêt qu’il accorde à la préservation du positionnement historique du Sénégal en matière de développement de l’industrie sucrière.

PRISE EN CHARGE OPTIMALE DES PERSONNES VIVANT AVEC UN HANDICAP

Le Président de la République estime que l’inclusion sociale doit être au cœur des politiques publiques. À cet effet, il demande au Gouvernement d’engager les voies et moyens d’améliorer en permanence la situation des personnes vivant avec un handicap, de veiller à leur insertion par l’entrepreneuriat et l’emploi, et de renforcer les dispositifs d’accompagnement, afin de promouvoir leurs initiatives et activités génératrices de revenus.

Il invite également à favoriser leur recrutement selon des modalités spéciales dans la fonction publique et dans les entreprises.

Le Président de la République demande au Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités de mener, avant la fin de l’année 2025, des concertations avec les associations et groupements de personnes vivant avec un handicap, en vue de la mise en œuvre, à partir de 2026, d’une stratégie nationale de consolidation du soutien à ces personnes.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

  • Monsieur le Ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a fait une communication sur le développement de l’énergie nucléaire au Sénégal.
  • Monsieur le Ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire a présenté, pour le compte de Madame la Ministre de la Jeunesse et des Sports, une communication portant sur la stratégie d’inclusion sociale et d’équité territoriale des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LÉGISLATIFS ET RÉGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

  • le projet de loi portant Code de la Publicité ;
  • le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal (CCJS).

Marie Rose Khady Fatou Faye

Secrétaire d’État auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

La publication de Juan Branco relance le débat sur la dynamique au sommet de l’État

Un message publié récemment par l’avocat français Juan Branco sur les réseaux sociaux relance le débat sur les rapports de force au sein de l’exécutif entre le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Dans cette publication largement commentée, Branco écrit : « Peu avant son arrivée au pouvoir, j’ai prévenu un dirigeant politique d’une règle d’airain qui s’est immanquablement vérifiée. Les numéros deux ne supportent pas leur illégitimité, et veillent à massacrer ceux qui les ont consacrés. C’est là la nature de l’exercice du pouvoir. À chacun de le méditer. »

Cette déclaration a été interprétée par de nombreux observateurs comme un avertissement indirect à Ousmane Sonko, à la lumière de la récente décision du chef de l’État de mettre fin aux fonctions d’Aida Mbodj comme coordinatrice de la coalition « Diomaye Président ». Pour beaucoup, le message de Branco souligne les tensions latentes entre le président et son Premier ministre, illustrant une dynamique souvent observée dans les gouvernements où le second, malgré son rôle crucial, reste dépendant de la légitimité conférée par le chef de l’État.

D’un point de vue analytique, le propos de Juan Branco s’inscrit dans une lecture classique des rapports de force au sein des exécutifs. Les numéros deux – qu’il s’agisse de vice-présidents, de premiers ministres ou de ministres influents – occupent une position ambivalente. Ils sont essentiels à la consolidation du pouvoir du chef de l’État, mais leur autorité et leur influence dépendent directement de celui qui les a placés à ces fonctions. Cette ambivalence crée une tension permanente, qui, dans l’histoire politique mondiale, a souvent conduit à des rivalités, des trahisons ou des conflits internes.

Des exemples historiques abondent, allant du Kremlin postrévolutionnaire où les luttes entre dirigeants secondés et dirigeants principaux étaient légion, aux gouvernements africains contemporains, où la fragilité de la position des seconds a parfois engendré des bouleversements politiques majeurs. Dans ce contexte, l’avertissement de Juan Branco apparaît comme un rappel de cette règle implicite mais persistante : le pouvoir est à la fois un instrument de consolidation et un terrain de conflits latents.

Le Sénégal au bord de la faillite financière : une crise de confiance secoue les marchés

Le Sénégal traverse une tourmente financière d’une ampleur inédite. Selon l’agence Bloomberg, le pays rejoint désormais le Gabon et le Mozambique dans le cercle restreint des nations africaines au bord de la faillite. Les obligations sénégalaises ont en effet chuté à des niveaux record, signe d’une détresse financière profonde et d’une défiance grandissante des investisseurs internationaux.

La prime de risque souveraine des obligations sénégalaises par rapport aux bons du Trésor américain s’est envolée à 1 077 points de base. Ce chiffre, au-delà du seuil symbolique des 1 000 points, marque généralement l’exclusion d’un pays des marchés financiers mondiaux. Le Mozambique affiche un écart de 965 points de base, tandis que celui du Gabon a dépassé la même barre en début de mois. Autrement dit, le Sénégal rejoint un trio de pays dont la dette se négocie désormais à des niveaux jugés insoutenables.

Les signes de la crise sont clairs : les rendements des emprunts sénégalais à long terme dépassent les 20 %, un taux qui traduit la perception d’un risque de défaut imminent. Dans le même temps, les cours des titres souverains s’effondrent, les investisseurs cherchant à se débarrasser d’actifs devenus trop risqués. Ce revirement brutal de sentiment tranche avec l’image de stabilité que le Sénégal a longtemps projetée, souvent perçu comme un « refuge » dans une région marquée par les incertitudes politiques et économiques.

Plusieurs éléments expliquent cette chute de confiance. Un audit récent a révélé l’existence de dettes non déclarées sous l’administration précédente, ce qui a fait bondir le ratio dette/PIB à plus de 130 %. Cette découverte a mis en lumière une fragilité budgétaire jusque-là sous-estimée et a jeté un doute sur la transparence des finances publiques. Dans le même temps, le programme d’aide du Fonds monétaire international (FMI), jusque-là perçu comme un filet de sécurité pour l’économie sénégalaise, a été suspendu en raison de l’absence de nouvel accord avec les autorités.

À cela s’ajoute un facteur politique non négligeable : la position du Premier ministre Ousmane Sonko. Ce dernier a rejeté publiquement toute idée de restructuration de la dette, qu’il considère comme une « honte nationale ». Cette posture, saluée par une partie de l’opinion publique pour sa fermeté, a cependant alarmé les marchés financiers. Les investisseurs y voient un refus d’envisager une solution pragmatique à une situation devenue critique, ce qui renforce leur perception du risque de défaut.

Ainsi, le Sénégal se retrouve dans une situation comparable à celle du Gabon et du Mozambique, deux pays dont la dette souveraine s’est également effondrée après avoir franchi le seuil des 1 000 points de base. Dans ces cas, les marchés considèrent que sans restructuration ou rééchelonnement, les États concernés ne peuvent plus emprunter sur les marchés internationaux. Pour Dakar, les conséquences sont déjà palpables : l’accès aux capitaux extérieurs se restreint drastiquement, le coût de l’endettement devient prohibitif et la pression sur les finances publiques s’accroît dangereusement.

À court terme, l’enjeu majeur est de définir une trajectoire crédible de redressement. Le gouvernement affirme miser sur une mobilisation accrue des ressources internes — notamment fiscales — pour compenser la fermeture des marchés extérieurs. Mais cette stratégie exige des résultats rapides et tangibles pour restaurer la confiance des créanciers. Si la situation ne s’améliore pas, le pays pourrait être contraint de se résoudre à une restructuration formelle de sa dette, une option politiquement sensible mais économiquement inévitable.

Abdourahmane Diouf quitte Dakar pour poursuivre sa participation à la COP30 au Brésil

De retour à Dakar lundi soir après un séjour à l’étranger, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Abdourahmane Diouf, n’aura passé que peu de temps dans la capitale sénégalaise. Selon les informations rapportées par L’Observateur dans son édition de ce mercredi, le ministre doit à nouveau s’envoler pour le Brésil dans la journée afin de reprendre part aux travaux de la 30e Conférence des Parties des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30), qui se tient à Belém du 10 au 21 novembre 2025.

Le retour express du ministre s’explique par un impératif institutionnel : la défense du budget 2026 de son département devant la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale. Cette étape cruciale de la procédure budgétaire a eu lieu mardi, en présence des membres de la Commission du développement durable et de la transition écologique. Le projet de budget, estimé à plus de 110 milliards de francs CFA, s’inscrit dans la continuité des politiques publiques environnementales axées sur la transition écologique, la gestion durable des ressources naturelles et la lutte contre les effets du changement climatique.

Avant son nouveau départ, Dr Abdourahmane Diouf participera au Conseil des ministres prévu ce mercredi matin, sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Ce passage au Palais de la République permettra sans doute au ministre de faire le point sur les travaux déjà engagés à Belém et d’obtenir les dernières orientations gouvernementales concernant la position du Sénégal sur les grands dossiers climatiques débattus à la COP30.

La participation du Sénégal à cette rencontre mondiale s’inscrit dans un contexte où les enjeux liés à la résilience climatique, à la transition énergétique et à la préservation des écosystèmes côtiers occupent une place centrale dans les politiques publiques nationales. Dr Abdourahmane Diouf devrait, à ce titre, défendre la vision du gouvernement sénégalais en matière de développement durable, tout en plaidant pour un renforcement du financement climatique destiné aux pays africains, particulièrement vulnérables face aux impacts du réchauffement global.

Affaire Sonko–Diouf : l’ombre d’un marché universitaire de 45 milliards F CFA

L’affaire défraie la chronique et agite la scène politique sénégalaise. Le Premier ministre Ousmane Sonko a publiquement mis en cause l’actuel ministre de l’Environnement, Dr Abdourahmane Diouf, qu’il accuse d’avoir exercé des pressions pour faire passer des marchés publics universitaires surfacturés lorsqu’il était encore à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur. Selon le chef du gouvernement, ces pratiques supposées justifieraient la mutation du ministre vers un autre département. Face à ces accusations, le quotidien L’Observateur a mené l’enquête pour démêler le vrai du faux.

Au cœur de la polémique, un projet colossal estimé à 45,3 milliards de francs CFA, dédié à la construction et à la réhabilitation d’infrastructures universitaires à travers le pays. Ce vaste programme prévoit l’édification de 143 bâtiments neufs et la réfection de 29 autres, répartis sur plusieurs campus : 9,02 milliards pour l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 7,88 milliards pour l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, 18,02 milliards pour les universités Iba Der Thiam de Thiès et Alioune Diop de Bambey, 6,78 milliards pour l’Université Assane Seck de Ziguinchor, et enfin 3,60 milliards pour l’Université virtuelle du Sénégal et l’Université Amadou Mahtar Mbow.

Les investigations du quotidien révèlent que la procédure d’attribution du marché a été conduite par la Direction de la maintenance des constructions et équipements de l’enseignement supérieur (Dincees) et par la commission des marchés compétente. Selon les documents consultés, Abdourahmane Diouf, alors ministre, n’aurait eu qu’un rôle administratif et informatif, sans pouvoir d’intervention directe dans la sélection des entreprises adjudicataires. Sa mission se limitait à la supervision générale du programme, sans implication dans les aspects techniques ou financiers du processus.

Autre fait déterminant relevé par L’Observateur : aucun contrat n’a encore été signé ni par le ministre ni par les entreprises concernées. Le projet n’a été inscrit au budget de l’État qu’au titre de l’exercice 2026, et aucune exécution n’a encore débuté. Cette chronologie rend difficilement soutenable l’hypothèse d’une surfacturation, puisqu’aucune dépense n’a, à ce stade, été engagée.

C’est après la transmission du dossier à la Primature que l’affaire a pris une tournure politique. Le Premier ministre a ordonné une contre-expertise du contrat par une équipe d’évaluateurs mandatés par ses services. Ces experts ont convoqué les entreprises présélectionnées pour revoir certaines conditions techniques et financières. D’après les informations recueillies, ces dernières auraient accepté d’intégrer des prestations supplémentaires non prévues dans l’appel d’offres initial. C’est cette révision des termes du marché qui aurait alimenté les soupçons d’Ousmane Sonko, convaincu qu’un gonflement des coûts aurait été envisagé dès le départ.

Toutefois, L’Observateur souligne qu’à ce stade, aucune preuve matérielle ne vient étayer les accusations de surfacturation portées contre le ministre de l’Environnement. Les acteurs interrogés s’interrogent sur la pertinence même d’une telle accusation en l’absence de contrats formellement signés. « Comment parler de surfacturation sur des marchés qui n’ont pas encore été contractualisés ? », fait valoir une source proche du dossier.

Restructuration de la coalition “Diomaye Président” : Pastef défie l’autorité de Diomaye et crée la coalition « APTE »

Le parti PASTEF – Les Patriotes a réagi à la volonté récemment exprimée par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, de procéder à une restructuration de la coalition « Diomaye Président », dans la perspective de bâtir une alliance plus forte et mieux orientée vers la valorisation de l’action gouvernementale. Tout en saluant cette orientation, le parti dirigé par les Patriotes a tenu à apporter un certain nombre de précisions jugées nécessaires à la bonne compréhension du processus en cours.

PASTEF rappelle d’abord que le projet de restructuration évoqué par le chef de l’État n’est pas nouveau. Dès la fin de l’élection présidentielle de mars 2024, cette tâche avait déjà été confiée à la coalition elle-même et placée sous la supervision de la présidente de la Conférence des leaders, Madame Aïssatou Mbodj. Ce travail avait alors permis d’élaborer un ensemble complet de textes préparatoires, comprenant notamment une charte, un règlement intérieur et une proposition de structuration détaillée.

Selon le communiqué du parti, ce processus s’est déroulé de manière inclusive, impliquant toutes les parties prenantes réunies au sein de la Conférence des leaders. Les documents produits ont d’ailleurs été partagés et mis à la disposition de l’ensemble des acteurs concernés, en attendant leur validation officielle. Dans le cadre de ces travaux, un nouveau nom a même été proposé pour la future coalition : l’Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique (APTE). Ce choix repose sur le constat que la coalition « Diomaye Président » a déjà atteint son principal objectif électoral, à savoir la victoire à la présidentielle.

PASTEF précise en outre que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, n’a pas le pouvoir de démettre Madame Aïssatou Mbodj, qui a été désignée par la Conférence des leaders pour diriger la coalition. Le parti insiste également sur le fait que M. Faye n’a jamais été président de ladite coalition, puisqu’il en était uniquement le candidat lors de l’élection de 2024.

Dans le même communiqué, PASTEF prend ses distances avec toute initiative politique coordonnée par l’ancienne Première ministre Aminata Touré. Le parti affirme ne partager ni les mêmes valeurs ni les mêmes principes que cette dernière et déclare ne se reconnaître dans aucune démarche menée sous sa direction.

Enfin, PASTEF indique poursuivre son propre agenda politique. Celui-ci repose sur deux axes : la fusion progressive avec des organisations alliées afin d’élargir sa base militante, et la finalisation du projet de la nouvelle coalition APTE, placée sous la présidence de Madame Aïssatou Mbodj.

La Commission des Finances adopte le budget 2026 du Ministère de l’Environnement : un bond spectaculaire porté par le Cadre de vie

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, élargie à la Commission du Développement durable et de la Transition écologique, s’est réunie ce mardi 11 novembre pour examiner le projet de budget 2026 du Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE). La séance, présidée par les représentants de l’Assemblée nationale, a permis au ministre Abourahmane Diouf de défendre les grandes orientations financières et stratégiques de son département pour l’exercice à venir.

Le projet de budget soumis à l’approbation des députés s’élève à cent dix-sept milliards cent soixante-dix-huit millions six cent trente-sept mille trois cent vingt et un (117 178 637 321) francs CFA, contre quarante-neuf milliards sept cent cinquante-six millions deux cent soixante-quatre mille quatre cent neuf (49 756 264 409) francs CFA en 2025. Cette enveloppe traduit une hausse spectaculaire de soixante-sept milliards quatre cent vingt-deux millions trois cent soixante-douze mille neuf cent douze (67 422 372 912) francs CFA, soit une progression de 136 % en valeur relative.

Cependant, cette hausse importante du budget global du ministère résulte principalement de l’intégration des crédits alloués à la Direction générale du Cadre de vie, qui s’élèvent à soixante-dix milliards neuf cent vingt-six millions huit cent soixante-trois mille deux cent trois (70 926 863 203) francs CFA. Ce transfert budgétaire, selon les précisions du ministre, traduit une volonté de renforcer la synergie des actions publiques dans la gestion de l’environnement urbain, de la salubrité et de la planification écologique à l’échelle nationale.

En dehors de cette enveloppe spécifique au Cadre de vie, le budget proprement dit du METE pour 2026 s’établit à trente-six milliards sept cent soixante-quinze millions neuf cent vingt-trois mille sept cent vingt-sept (36 775 923 727) francs CFA, contre quarante-neuf milliards sept cent cinquante-six millions deux cent soixante-quatre mille quatre cent neuf (49 756 264 409) francs CFA en 2025. Cette évolution traduit, en réalité, une baisse de douze milliards neuf cent quatre-vingts millions trois cent quarante mille six cent quatre-vingt-deux (12 980 340 682) francs CFA, soit une diminution d’environ 35 % en valeur relative.

Le ministre Abourahmane Diouf a expliqué cette réduction du budget classique par un recentrage des priorités et une réorganisation des lignes de financement, notamment autour de la Direction générale du Cadre de vie qui absorbe désormais une part importante des ressources allouées au secteur. Il a également souligné que cette répartition vise à accroître la cohérence et l’efficacité des politiques publiques en matière de transition écologique, de lutte contre la pollution et d’adaptation aux changements climatiques.

Diomaye relève le défi lancé par Sonko : par la politique !

Enfin, Diomaye s’affirme et valide définitivement la Coalition Diomaye.
En écartant Mme Aïda Mbodji, que Sonko avait encensée lors du Téra Meeting, et en nommant Mme Aminata Touré, pourtant mise en cause par le PM — de manière à peine voilée — en convoquant un rapport de l’IGE, le président Diomaye relève le défi lancé par le leader de Pastef.

Il l’a fait de manière éminemment politique, là où beaucoup attendaient un simple décret allant dans un sens ou dans l’autre.
Ainsi, Diomaye affirme son autorité, montre qu’il est bien le chef de la coalition présidentielle qui l’a porté au pouvoir et prouve, par la même occasion, qu’il est plus politique qu’on ne le croyait.

C’est maintenant à Ousmane Sonko de montrer sa cohérence… en démissionnant de la Primature !

Dakar, le 11 novembre 2025
Youssou Diallo
Président du Club Sénégal Émergent

Les révélations d’Aminata Touré sur les coulisses de l’élection du Président de l’Assemblée nationale en 2022

Les dessous de l’élection du Président de l’Assemblée nationale, organisée après les législatives de 2022, continuent de susciter de vives réactions. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, l’ancienne Première ministre et ex-envoyée spéciale du chef de l’État, Aminata Touré, a livré des confidences inédites sur les tractations internes ayant conduit à la désignation d’Amadou Mame Diop à la tête de l’institution parlementaire.

Selon elle, le choix de ce dernier n’était en réalité qu’une « solution de rechange ». Aminata Touré affirme que le Président Macky Sall avait, dès le départ, une préférence très marquée pour un autre candidat : « Celui que Macky Sall aurait voulu nommer comme président de l’Assemblée nationale, c’est Mansour Faye, son propre beau-frère. » À l’époque, Mansour Faye occupait le poste de ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement. Cependant, ce scénario aurait été compromis par la défaite de Mansour Faye dans sa circonscription de Saint-Louis lors des élections législatives.

Aminata Touré revient également sur les tensions internes au sein du parti présidentiel qui ont précédé son exclusion de l’Assemblée nationale. Elle révèle avoir été la seule députée à refuser de signer une procuration en faveur du député Farba Ngom, au cours de la retraite du parti organisée avant le scrutin, une procuration qui visait à s’assurer que tous les élus voteraient conformément aux consignes du chef de l’État. Ce refus aurait marqué le point de rupture avec Macky Sall.

Le matin du 12 septembre 2022, jour du vote pour la présidence de l’Assemblée, le Président Sall l’aurait personnellement appelée pour l’informer de son choix définitif en faveur d’Amadou Mame Diop. Cette décision aurait pris de court plusieurs députés de la coalition Benno Bokk Yakaar, dont certains pensaient encore que le président pourrait revoir sa position. Ce fut, selon Aminata Touré, la dernière conversation qu’elle eut avec le chef de l’État.

Après avoir boycotté le vote, elle décida de siéger parmi les non-inscrits, marquant ainsi sa rupture politique avec la majorité présidentielle. Elle affirme qu’un émissaire de Macky Sall l’a contactée le soir même pour lui proposer un poste prestigieux : celui de présidente du Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT), en remplacement d’Aminata Mbengue Ndiaye. Une offre qu’elle déclina, estimant qu’elle ne saurait servir de compensation à un désaccord de fond.

Quelques mois plus tard, le 26 janvier 2023, le bureau de l’Assemblée nationale prononça sa radiation, la considérant comme « démissionnaire de fait » de la coalition présidentielle. Aminata Touré réagit aussitôt sur Twitter, dénonçant une « violation de la loi » et réaffirmant sa détermination à poursuivre son combat pour la démocratie, la transparence et contre toute tentative de troisième mandat présidentiel.

Réorganisation majeure à la tête de la Coalition « Diomaye Président » : Aminata Touré succède à Aïda Mbodj

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a officialisé ce mardi 11 novembre 2025 une importante réorganisation au sein de la Coalition « Diomaye Président », marquant la fin de mission de Madame Aïda Mbodj et la nomination de Madame Aminata Touré pour conduire le processus de restructuration du mouvement.

Dans une lettre d’information datée du 11 novembre et adressée aux responsables de la coalition, le chef de l’État rappelle qu’il avait déjà informé Aïda Mbodj, le 10 septembre dernier, de la fin de sa mission à la tête de la coalition. Il lui a exprimé sa profonde gratitude pour son engagement constant et son « dévouement sans commune mesure » qui ont contribué à la victoire historique de mars 2024.

Cependant, le président Faye justifie cette décision par la situation actuelle de la coalition, qu’il juge préoccupante. Deux mois après la notification adressée à Mme Mbodj, le président observe que « la léthargie et les facteurs de division persistent malgré l’intérêt prononcé que suscite la Coalition et les nombreuses demandes d’adhésion ». Une situation qu’il estime incompatible avec la dynamique de gouvernance et la vision d’ouverture qu’il entend promouvoir.

Pour redonner un souffle nouveau à la coalition et renforcer sa cohésion, le président a ainsi décidé de confier la mission de restructuration à Aminata Touré, ancienne Première ministre et superviseur général de la campagne présidentielle de mars 2024. Cette nomination s’inscrit dans une logique de relance et d’efficacité organisationnelle.

La mission confiée à Aminata Touré s’articulera autour de deux axes majeurs : l’ouverture à de nouvelles forces politiques et sociales, et l’amélioration du fonctionnement interne pour rendre la coalition plus efficiente et mieux structurée. Dans sa lettre, le président Faye souligne son entière confiance en celle qu’il décrit comme une personnalité d’expérience et de consensus. « Je ne doute point que son expérience, son engagement et son esprit fédérateur nous seront d’un très grand apport dans la restructuration de notre organisation », écrit-il, avant d’ajouter que cette nouvelle phase devra aboutir à une coalition « plus forte, au service de la vulgarisation positive de l’action du gouvernement, sous la conduite éclairée du Premier ministre Ousmane Sonko ».

Cette réorganisation marque une étape décisive pour la Coalition « Diomaye Président », née de l’élan populaire ayant porté Diomaye Faye au pouvoir. Elle traduit la volonté du chef de l’État d’adapter l’appareil politique de sa majorité à la nouvelle phase de gouvernance, en vue de mieux articuler le soutien politique, la communication institutionnelle et la mobilisation citoyenne autour du projet présidentiel.

Tensions en perspective à l’Assemblée : Abdourahmane Diouf attendu pour une séance sous haute tension

L’atmosphère s’annonce électrique ce mardi à l’Assemblée nationale. Le ministre de l’Environnement, Abdourahmane Diouf, fraîchement rentré de Belém, au Brésil, où il a pris part au sommet des Nations Unies sur le climat (COP30), sera face aux députés pour la défense du budget 2026 de son département. Mais au-delà des questions budgétaires, c’est une véritable confrontation politique qui se prépare dans l’hémicycle.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, plusieurs parlementaires du groupe de la majorité sont particulièrement remontés contre Abdourahmane Diouf. Certains d’entre eux n’hésitent plus à annoncer, en coulisses, leur intention d’en découdre avec le ministre. Les échanges risquent donc d’être vifs, voire houleux, lors du passage du ministre devant la commission.

D’après le quotidien, ces députés estiment que le ministre de l’Environnement, pourtant allié de la coalition Diomaye Président, se montre critique à l’égard du Premier ministre Ousmane Sonko. Ils l’accusent ouvertement de ne pas soutenir la ligne gouvernementale et de multiplier les prises de position qui fragiliseraient l’unité de la majorité.

Cette tension politique s’ajoute à un contexte déjà marqué par des frictions internes au sein de la coalition au pouvoir. Les récentes sorties publiques d’Abdourahmane Diouf, notamment sa réponse mesurée aux accusations de surfacturation formulées par Ousmane Sonko, ont été perçues par certains responsables comme un signe de distance, voire de défiance.

En conséquence, la séance d’examen du budget du ministère de l’Environnement s’annonce comme bien plus qu’un simple exercice technique. Elle risque de se transformer en véritable épreuve politique pour Abdourahmane Diouf, confronté à des élus décidés à « solder leurs comptes ».

Ce face-à-face attendu entre le ministre et une partie de la majorité pourrait, selon plusieurs observateurs, révéler au grand jour les fissures internes qui traversent la coalition présidentielle, à un moment où le gouvernement cherche à afficher unité et cohérence dans l’action.

Affaire de la surfacturation : entre accusations politiques et réalités administratives

La scène politique sénégalaise est en ébullition depuis le samedi 8 novembre. En plein affrontement verbal, le Premier ministre Ousmane Sonko a lancé une accusation explosive contre Abdourahmane Diouf, ancien ministre de l’Enseignement supérieur et actuel ministre de l’Environnement. Selon le chef du gouvernement, ce dernier aurait été éclaboussé par une affaire de surfacturation dans les marchés universitaires, ce qui aurait motivé sa mutation ministérielle.

Mais derrière ce coup de tonnerre politique, L’Observateur révèle une réalité bien plus nuancée. Une enquête fouillée du quotidien montre que les faits évoqués par le Premier ministre relèvent davantage d’un enchevêtrement de malentendus techniques, d’enjeux financiers et de rivalités politiques, que d’un véritable scandale financier avéré.

Une accusation à haute tension

Lors d’une récente sortie publique, Ousmane Sonko a affirmé que des pressions auraient été exercées sur Abdourahmane Diouf pour qu’il valide des marchés publics liés à la construction et à la réhabilitation d’infrastructures universitaires. Selon lui, la résistance du ministre à ces pressions aurait précipité son départ du ministère de l’Enseignement supérieur.

Ces déclarations ont immédiatement enflammé le débat public. D’autant que, quelques jours plus tôt, Abdourahmane Diouf s’était exprimé sur les ondes de RSI pour appeler au retour à un débat politique apaisé. L’ancien ministre, connu pour son ton mesuré et son attachement au dialogue, n’avait certainement pas anticipé un tel déferlement. Désormais, le débat a pris des airs de règlement de comptes à ciel ouvert entre deux figures majeures du régime.

Un projet colossal de 45 milliards FCFA

Au cœur de la polémique se trouve un projet d’envergure nationale d’un montant global de 45,3 milliards de francs CFA, destiné à moderniser les universités publiques du Sénégal. Le programme vise la construction et la réhabilitation de 143 bâtiments universitaires répartis entre Dakar, Saint-Louis, Thiès, Bambey, Ziguinchor, Diamniadio et l’Université virtuelle du Sénégal.

Ce chantier, voulu par le président Bassirou Diomaye Faye et piloté par la Primature, ambitionne de répondre à un problème récurrent : le manque criant d’infrastructures universitaires, souvent à l’origine de grèves et de tensions sociales dans le secteur de l’enseignement supérieur.

La DMCEES, cheville ouvrière du projet

Selon les informations de L’Observateur, la Direction de la Maintenance, des Constructions et des Équipements de l’Enseignement supérieur (DMCEES) a conduit la procédure administrative du projet, sous la supervision stricte de la Direction centrale des marchés publics (DCMP).

Tous les documents — procès-verbaux d’attribution, rapports d’évaluation, notes de validation — ont été signés conformément aux règles, sans intervention directe du ministre. Le rôle d’Abdourahmane Diouf, explique le journal, se limitait à suivre l’évolution du dossier et à parapher les contrats une fois la procédure finalisée. Autrement dit, il ne participait ni à la sélection des entreprises, ni à la fixation des coûts.

Une Primature de plus en plus interventionniste

Depuis l’installation du nouveau gouvernement, la Primature exerce un contrôle accru sur les grands projets publics. Ousmane Sonko a mis sur pied une équipe technique chargée de réévaluer les marchés hérités de l’ancien régime afin de prévenir toute dérive budgétaire.

C’est dans ce cadre que plusieurs entreprises attributaires — notamment Mega Plus, La Falaise, Sarre Technobat et CG2I — ont été convoquées à la Primature pour examiner l’ajout de prestations nouvelles non prévues initialement. Ce sont ces ajustements, selon les sources proches du dossier, qui auraient alimenté les soupçons de surfacturation évoqués par le Premier ministre.

Une affaire plus politique que financière ?

Cependant, les faits recueillis par L’Observateur tendent à démontrer que le projet n’a pas encore franchi le stade contractuel. Aucun document n’a été signé ni par le ministère, ni par les sociétés concernées. Le montant global de 45 milliards FCFA, arrêté depuis novembre 2024, est resté inchangé malgré plusieurs mois d’examen à la Primature.

Le financement, inscrit au budget après présentation à l’Assemblée nationale par l’ancien ministre des Finances Daouda Ngom, a été adopté dans la loi de finances, sans modification. D’où les interrogations du quotidien : « Comment un marché non encore signé peut-il être surfacturé ? Et sur quelle base une enquête peut-elle être ouverte sans engagement financier effectif ? »

Ces questions mettent en lumière le flou qui entoure cette affaire. Entre zèle administratif, contrôle politique et rivalités internes au pouvoir, la polémique semble révéler une bataille d’influence plus qu’un véritable scandale financier.

Abdourahmane Diouf répond avec sérénité aux accusations d’Ousmane Sonko

Le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a réagi pour la première fois aux accusations portées contre lui par le Premier ministre Ousmane Sonko. Lors du « Téra-Meeting », tenu samedi 8 novembre sur l’esplanade du stade Léopold Sédar Senghor, le chef du gouvernement avait ouvertement pointé du doigt certains membres de la majorité, les accusant de manquer de loyauté et de probité. Parmi eux, il avait nommément cité Abdourahmane Diouf, qu’il a accusé de surfacturation lorsqu’il dirigeait le ministère de l’Enseignement supérieur.

« Les faux alliés seront écartés du gouvernement », avait averti Ousmane Sonko, dans un ton de mise en garde adressé à certains partenaires politiques du régime. Ces déclarations avaient immédiatement suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques, certains y voyant le signe d’un début de tension au sein de la coalition au pouvoir.

Jusqu’ici resté silencieux, Abdourahmane Diouf a choisi de répondre avec calme et subtilité. De retour de Belem, au Brésil, où il participait à une rencontre internationale sur le climat, le ministre a publié une vidéo sur ses réseaux sociaux, accompagnée d’un message rappelant ses débuts en politique. Dans ce court extrait, il confie les conseils que lui avait donnés son père avant son entrée dans l’arène politique : « Mon fils, fais de la politique si tu veux, mais garde toujours ta dignité et ton honneur. Ne mens pas, ne vole pas, et ne trahis jamais ta conscience. »

Ce message, empreint d’émotion et de sagesse, a été largement interprété comme une réponse mesurée aux propos du Premier ministre. Sans jamais citer Ousmane Sonko, Abdourahmane Diouf semble avoir choisi la voie de la retenue et de la hauteur, privilégiant la morale et les principes à la polémique frontale.

Cette posture, saluée par plusieurs observateurs, illustre la volonté du ministre de ne pas alimenter la tension politique déjà perceptible au sein de la majorité présidentielle. En optant pour une réponse symbolique plutôt que polémique, Abdourahmane Diouf affiche son attachement à une certaine éthique de l’action publique, tout en laissant entendre qu’il n’a rien à se reprocher.

Lamine Gueye, président du mouvement Xall Yoon : « Ousmane Sonko doit présenter ses excuses au peuple sénégalais »

Le président du mouvement Xall Yoon, Lamine Gueye, a animé ce lundi un point de presse au cours duquel il a livré une analyse sans concession de la situation nationale. Quelques jours après le « Téra Meeting » tenu à Dakar par le Premier ministre Ousmane Sonko, le leader politique a exprimé ses inquiétudes quant à la gouvernance économique, institutionnelle et politique actuelle du Sénégal.

Selon Lamine Gueye, le pays traverse une période critique, marquée par un endettement alarmant et une perte de confiance de la part des partenaires financiers internationaux. « Nous vivons une crise qui se mesure sur plusieurs plans : économique, institutionnel et démocratique. Aujourd’hui, l’endettement dépasse 100 % du PIB et les guichets financiers internationaux se ferment. Rien ne justifie une telle situation dans un pays riche en ressources naturelles », a-t-il dénoncé.

Pour le leader de Xall Yoon, cette dégradation n’est pas le fruit du hasard, mais résulte de choix politiques « irresponsables » et de « discours populistes » qui nuisent à la stabilité économique. Il a directement mis en cause Ousmane Sonko, qu’il accuse de fragiliser les institutions et de ternir l’image du pays sur la scène internationale. « Nous pensons que tout est tard. Ousmane Sonko doit présenter ses excuses au peuple sénégalais », a martelé Lamine Gueye, appelant à plus de retenue et de responsabilité dans la communication gouvernementale.

Évoquant le grand meeting du 8 novembre dernier, Lamine Gueye estime qu’il n’a pas contribué à rassurer les citoyens. Bien au contraire, selon lui, cette mobilisation a accentué les divisions et « décrédibilisé certaines institutions de l’État ». Il cite notamment les réaffectations ministérielles et les conclusions de rapports administratifs récents, qu’il juge « sources de confusion et de perte de repères pour les Sénégalais ».

S’adressant directement au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le leader du mouvement Xall Yoon a tenu à rappeler que les anciens chefs d’État, comme Abdoulaye Wade et Macky Sall, avaient mis en œuvre des plans économiques ambitieux — le NEPAD et le Plan Sénégal Émergent (PSE) — pour soutenir la croissance et moderniser le pays. Il critique à ce titre le plan de redressement économique actuel, qu’il juge peu cohérent et trop dépendant de recettes fiscales issues de « l’alcool, du tabac et des jeux de hasard ».

« Le Sénégal mérite une vision plus ambitieuse. Les régions comme Kaffrine, Diourbel, Kédougou ou Ziguinchor doivent bénéficier d’infrastructures modernes capables d’attirer les investisseurs et de soutenir un véritable développement territorial », a-t-il plaidé, appelant à une réorientation des priorités économiques vers la production et la formation.

Lamine Gueye a tenu à préciser qu’il ne cherche pas à intégrer la coalition au pouvoir, mais qu’il s’exprime « en citoyen préoccupé » par l’avenir du pays. « Nous sommes tous Sénégalais. Nous avons tous droit à un pays stable, organisé et orienté vers l’avenir. Le président Bassirou Diomaye Faye doit prendre ses responsabilités. Il ne peut pas laisser l’image du Sénégal se dégrader davantage », a-t-il lancé.

En conclusion, le président de Xall Yoon a appelé à un sursaut collectif et à la préservation de la cohésion nationale : « Nous devons faire preuve de responsabilité politique, de dépassement et d’unité. C’est le seul moyen de sortir le Sénégal de la crise actuelle et de reconstruire la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants. »

Amadou Mame Diop charge Ousmane Sonko : « Un homme constamment en contradiction avec lui-même »

L’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est monté au créneau ce lundi pour répondre aux dernières déclarations du leader du parti Pastef – Les Patriotes, Ousmane Sonko. Lors d’un point de presse tenu au siège de l’Alliance pour la République (APR), il a livré une réplique ferme et sans détour à l’endroit du Premier ministre.

Selon Amadou Mame Diop, Ousmane Sonko est un homme « qui est tout le temps en contradiction avec lui-même ». Pour le responsable apériste, le discours du chef du gouvernement, souvent empreint de populisme et d’attaques contre ses adversaires, ne repose sur aucune cohérence politique. « Il dit une chose aujourd’hui et son contraire le lendemain. C’est cette instabilité de position qui fait qu’il perd en crédibilité, même auprès de certains de ses partisans », a-t-il martelé.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a également dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie de diversion du Premier ministre. « Chaque fois qu’il est acculé sur la gestion du pays, il essaie de déplacer le débat en s’attaquant à l’ancien régime. Cela ne peut plus tromper personne », a-t-il soutenu, estimant que « les Sénégalais attendent aujourd’hui des résultats, pas des discours ».

Amadou Mame Diop a, par ailleurs, défendu le bilan de Macky Sall et de l’APR, rappelant que « les grandes réalisations du Sénégal, qu’il s’agisse des infrastructures, de l’énergie ou de l’éducation, sont le fruit d’un travail de longue haleine entamé bien avant l’arrivée de Sonko au pouvoir ». Il a invité le Premier ministre à « sortir de la logique de la confrontation permanente » et à « se concentrer sur les défis réels du pays ».

Cette sortie d’Amadou Mame Diop intervient dans un contexte marqué par une série de prises de parole du chef du gouvernement, souvent critiques à l’égard de l’ancien régime. Elle illustre la persistance d’un climat politique tendu entre le camp présidentiel actuel et les figures de l’ancienne majorité.

En conclusion, le responsable apériste a appelé à « un débat politique responsable », tout en avertissant que « l’APR ne laissera plus passer les attaques gratuites contre ses dirigeants ». Ses propos laissent présager une intensification de la confrontation politique à l’approche des grands rendez-vous électoraux à venir.

Le #Terra_Mensonges: la jeunesse Pastefienne trahie !

L’attente fut longue.
L’espérance immense.
Les préparatifs, éprouvants, avaient exigé des sacrifices hors du commun : nuits sans sommeil, dépenses improvisées, déplacements incessants, efforts répétés.
Tout cela pour un seul jour un après-midi d’unité, de fierté, d’espoir partagé.

Cette jeunesse, qui a cru pendant quatorze ans à un idéal de changement, s’est levée, encore une fois, pour accueillir celui qu’elle pensait être le symbole de son combat.
Elle est venue avec son énergie, sa foi, sa soif de justice et de dignité.

Hommes et femmes, jeunes diplômés, chômeurs, artisans, étudiants, tous espéraient entendre enfin un message d’espérance, un mot sur leurs souffrances, une vision sur leur avenir.

Car cette jeunesse, aujourd’hui, est à l’âge de bâtir.
Mais comment bâtir sans ressources ?
Comment fonder un foyer sans emploi ?
Comment planifier une vie quand l’État ne garantit ni formation, ni financement, ni perspective ?

Des milliers de jeunes se battent pour un premier emploi, sans succès.
D’autres, titulaires du baccalauréat, ne peuvent se former faute de moyens.

Des porteurs de projets, pleins d’idées, frappent aux portes closes de la DER, du FONGIP ou du FONSIS.
Tous attendaient, avec dignité, qu’on leur parle non pas avec mépris, mais avec considération.

Mais le Terra Meeting fut tout le contraire.
Ce qui devait être un moment d’unité et de vérité s’est transformé en un théâtre de désillusion.

Pendant près de trois heures, le Premier ministre Ousmane SONKO a préféré s’enfermer dans un monologue de colère et de confusion.
Au lieu de parler de jeunesse, d’emploi, de formation, de solidarité, il a distribué les attaques :
contre la justice,
contre les magistrats,
contre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye,
contre ses opposants,
contre ses alliés,
contre la presse contre tout le monde,
sauf contre la misère.

Aucune idée forte.
Aucun projet concret.
Aucune parole de réconfort pour ceux qui attendent encore que la politique serve enfin le peuple.

Et le plus grave fut cette légèreté de langage lorsqu’il affirma avoir reçu un rapport de l’Inspection générale d’État (IGE), qu’il aurait transmis au président de la République une déclaration absurde, puisque cette institution relève précisément du chef de l’État.
Preuve d’amateurisme, confusion du pouvoir, effacement du sérieux.

Au fond, ce Terra Meeting n’aura été qu’un terrain de trahison.
La trahison d’une jeunesse qu’on a épuisée, manipulée, abandonnée.

Une jeunesse qui, après tant d’efforts, est rentrée chez elle avec les mêmes fardeaux : chômage, pauvreté, délestages, manque d’eau, cherté de la vie, désespoir.
Rien n’a changé.
Rien n’a été dit.
Rien n’a été fait.

Le Terra Meeting n’aura donc été qu’un terrain vide, un terrain de mensonges, un terrain de merde, pour reprendre les mots du peuple parce que ce peuple-là en a assez des illusions et des faux prophètes.

Mais de cette déception naîtra une lucidité.
Car la jeunesse sénégalaise n’est pas dupe : elle saura désormais distinguer les vendeurs de rêves des bâtisseurs de destin.

Et cette jeunesse trouvera, en l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS), une voix claire, courageuse et sincère celle qui croit au travail, à la responsabilité, à la justice sociale et à la dignité nationale.

Président Mr Bougar DIOUF
Union des Panafricanistes Sénégalais UPS

Doudou Ka répond aux accusations de « dette cachée » d’Ousmane Sonko

L’ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Doudou Ka, a réagi avec fermeté aux récentes accusations formulées par le Premier ministre Ousmane Sonko concernant l’existence d’une prétendue « dette cachée ». Ces déclarations avaient été faites lors du Téra-Meeting du PASTEF ce week-end, et avaient suscité un vif émoi dans le débat public sur la gestion des finances publiques.

Selon Doudou Ka, la dette publique du Sénégal ne peut en aucun cas être dissimulée. Dans une mise au point circonstanciée, il a dénoncé ce qu’il considère comme une interprétation erronée des chiffres officiels de l’endettement national. L’ancien ministre a précisé que les nouvelles autorités ont introduit, de manière « souveraine et unilatérale », des éléments qui n’étaient pas auparavant pris en compte dans le calcul de la dette publique. Il cite notamment les opérations de trésorerie réalisées avec les banques locales ainsi que les dettes contingentes des sociétés nationales autonomes.

Pour Doudou Ka, cette réévaluation des comptes ne doit pas être assimilée à une dette dissimulée. Il insiste sur la nécessité de distinguer clairement entre la dette réelle contractée par l’État et les ajustements méthodologiques récemment introduits. L’ancien ministre réfute toute responsabilité de l’ancien régime dans cette nouvelle approche comptable, soulignant que l’évolution de la méthodologie ne peut être imputée aux administrations précédentes.

Cette réaction s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre le gouvernement et l’opposition sur la question de la transparence financière et de la gestion de la dette publique. Lors de son meeting, Ousmane Sonko avait en effet soutenu l’existence d’une « dette cachée » et appelé à des mesures judiciaires contre ceux qui, selon lui, « nient son existence », accentuant ainsi la polarisation du débat politique.

« Ousmane Sonko accuse Macky Sall et dévoile un rapport Prodac, l’APR prépare sa riposte »

Lors d’un rassemblement politique organisé samedi dernier, le Premier ministre Ousmane Sonko a de nouveau enflammé la scène politique sénégalaise en lançant de graves accusations contre l’ancien président Macky Sall. Lors de ce téra-meeting, le leader du Pastef n’a pas caché son ironie en appelant au retour de l’ancien chef de l’État au Sénégal, affirmant qu’« il manque aux Sénégalais », une formule qui n’a pas manqué de susciter réactions et interrogations dans l’opinion publique.

Dans la même intervention, Ousmane Sonko a annoncé avoir retrouvé un document clé du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac), qu’il accuse d’avoir été délibérément « effacé du circuit » par l’ancien régime afin de compliquer sa candidature à la présidentielle de 2024. Selon lui, ce rapport contiendrait des informations cruciales qui démontreraient des irrégularités ou des manquements de l’administration précédente, et dont la divulgation pourrait peser sur le débat politique en cours.

Face à ces déclarations, l’Alliance pour la République (APR), parti de Macky Sall, a annoncé qu’elle ne resterait pas silencieuse. Le parti a fait savoir qu’une conférence de presse se tiendrait ce lundi à 17 heures, afin de répondre officiellement et point par point aux accusations portées par Ousmane Sonko. Cette annonce témoigne d’un climat de tension croissant entre les deux camps, à quelques mois d’échéances électorales cruciales.

Mame Mbaye Niang : « Ousmane Sonko se sait inéligible à la présidentielle de 2029 »

Mame Mbaye Niang est revenu ce lundi sur les ondes de la RFM pour évoquer le rabat d’arrêt rejeté par la Cour suprême et les implications de cette décision sur l’éligibilité d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029. L’ancien ministre du Tourisme, visiblement déterminé à clarifier les faits, a tenu à rappeler que la condamnation pour diffamation infligée à Ousmane Sonko n’est nullement couverte par la loi d’amnistie adoptée plus tôt cette année.

« Lui et ses partisans disent que oui, les faits sont couverts par l’amnistie. Ousmane Sonko cherche une voie. L’amnistie ne couvre pas sa condamnation pour diffamation contre ma personne. Pour preuve, lorsqu’il déposait le rabat d’arrêt, il s’attendait à ce que la Cour suprême le rejette sous motif d’une couverture de l’amnistie. Le procureur l’a requis au tribunal. Ousmane Sonko voulait ainsi brandir ce document de rejet de la Cour suprême sur la base de l’amnistie, mais en vain », a expliqué Mame Mbaye Niang.

L’ancien ministre a également souligné la solidité juridique de la décision rendue par la haute juridiction. Selon lui, « la Chambre réunie de la Cour suprême a statué sur le dossier avec 37 juges restants sur 42, preuve que les faits invoqués ne sont pas couverts par l’amnistie ». À l’en croire, le leader du parti PASTEF a pleinement conscience des conséquences de cette décision : « C’est parce qu’il se sait inéligible à la présidentielle de 2029 qu’il vient nous parler d’éléments nouveaux. »

Pour rappel, cette affaire oppose Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang depuis plusieurs années. Elle trouve son origine dans des accusations formulées par le président de PASTEF, qui avait affirmé qu’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) mettait en cause Mame Mbaye Niang dans la gestion du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (PRODAC). Se disant diffamé, Mame Mbaye Niang avait porté plainte.

À l’issue du procès, Ousmane Sonko avait été reconnu coupable de diffamation et condamné à six mois de prison avec sursis, assortis du paiement de 200 millions de francs CFA de dommages-intérêts à verser à l’ancien ministre. Cette condamnation avait ensuite été confirmée par la Cour d’appel, avant que la Cour suprême ne rejette le 1ᵉʳ juillet 2025 le rabat d’arrêt introduit par la défense, confirmant ainsi définitivement la peine et l’inéligibilité d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2024.

Ce rejet a relancé un vif débat au sein de la classe politique et de la société civile sur la portée réelle de la loi d’amnistie, la transparence du système judiciaire et la crédibilité des institutions sénégalaises dans le traitement des dossiers impliquant des personnalités politiques de premier plan.

Ayib Daffé recadre Abdourahmane Diouf et rappelle la solidarité gouvernementale

Le secrétaire général du Pastef et président du groupe parlementaire de la majorité, Ayib Daffé, est sorti de sa réserve pour apporter des clarifications sur la polémique née des propos du ministre de l’Environnement, Abdourahmane Diouf, autour de la notion de « justice de réconciliation ». Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal, le député a tenu à rappeler la ligne de conduite que tout membre du gouvernement se doit de respecter : la collégialité et la solidarité dans l’action publique.

Selon lui, « un ministre doit agir avec collégialité ». Ayib Daffé estime qu’Abdourahmane Diouf s’est exprimé sur un sujet qui ne relevait pas de son département ministériel, ce qui constitue, à ses yeux, une entorse au principe de solidarité gouvernementale. « S’il n’est plus en phase avec la vision du projet qu’il a rejoint, il doit prendre ses responsabilités avant de demander au président de prendre les siennes », a-t-il lancé, appelant ainsi le ministre à la cohérence et à la clarté politique.

Revenant sur le parcours du leader du parti Awalé, le président du groupe parlementaire a rappelé qu’« Abdourahmane Diouf voulait être candidat » à la dernière présidentielle, avant de rejoindre le projet porté par Bassirou Diomaye Faye. « Il a intégré une équipe déjà structurée autour d’un cap clair. Si ce cap ne lui convient plus, il lui appartient d’en tirer les conclusions », a-t-il poursuivi.

Ayib Daffé a également rejeté la thèse d’une « justice des vainqueurs » évoquée par le ministre de l’Environnement. Pour lui, le Sénégal a son propre modèle politique et institutionnel, distinct de ceux que certains voudraient lui comparer. « Abdourahmane Diouf avait parlé de démocratie de concordance inspirée de la Suisse, mais le contexte sénégalais est différent. Le Sénégal a son histoire, ses institutions et sa culture politique », a-t-il affirmé.

Interrogé sur les soupçons de surfacturation évoqués par le Premier ministre Ousmane Sonko concernant le ministère précédemment dirigé par Abdourahmane Diouf, le parlementaire a tenu à rappeler le principe de la présomption d’innocence. « Le Premier ministre a été clair : il y a des vérifications. On suspecte, on contrôle, puis on décide », a précisé M. Daffé, estimant que la démarche du chef du gouvernement s’inscrit dans un cadre de transparence et de bonne gouvernance.

Enfin, Ayib Daffé a abordé la question de la députée ayant menacé de ne pas voter le budget du ministère de l’Environnement. Sur ce point, il a tenu à rétablir une distinction fondamentale entre la personne du ministre et l’institution qu’il incarne. « Le budget n’appartient pas au ministre, mais à l’État. Le ministère continuera d’exister avec ou sans lui », a-t-il martelé, appelant ainsi à la rigueur institutionnelle et au respect des procédures parlementaires.

Mame Mbaye Niang annonce une plainte contre le cabinet d’expertise du Prodac et conteste les propos du Premier ministre Sonko

L’ancien ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang, est passé à une nouvelle phase dans la gestion du dossier du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac). Invité sur les ondes de la Radio Futurs Médias (RFM), il a déclaré son intention de se constituer partie civile et de déposer une plainte formelle contre le cabinet d’expertise ayant réalisé les travaux d’audit relatifs à ce programme. Cette démarche, a-t-il précisé, sera entreprise en concertation avec l’ancien directeur général du Prodac, Pape Malick Ndour, et leurs avocats respectifs.

Dans ses déclarations, Mame Mbaye Niang a vivement réagi aux propos récents du Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait évoqué la transmission d’un rapport au pôle financier. L’ancien ministre a tenu à démentir catégoriquement l’existence d’un tel document dans les termes avancés par le chef du gouvernement. « Je vais me constituer partie civile et porter plainte contre le cabinet d’expert devant l’Ordre des experts. Le rapport dont parle Sonko n’existe pas dans les termes qu’il évoque », a-t-il affirmé. Selon lui, ces accusations reposent sur des conclusions erronées et ont pour effet de nuire gravement à son honneur et à sa réputation.

Mame Mbaye Niang a rappelé que l’unique audit de référence sur la gestion du Prodac demeure celui réalisé par la Cour des comptes. Il a insisté sur le caractère public de ce document, tout en soulignant qu’il ne contient « aucune mention disant que j’ai pris 29 milliards ». À ses yeux, les extrapolations autour de ce chiffre constituent une manipulation destinée à le discréditer.

L’ancien ministre a également précisé que les procédures judiciaires actuellement en cours concernent des marchés liés à des transferts de conteneurs et n’ont aucun rapport direct avec sa gestion ministérielle. Il estime, par conséquent, être indûment mêlé à une affaire dans laquelle il n’a joué aucun rôle opérationnel.

Enfin, Mame Mbaye Niang a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité des faits : le dossier judiciaire en question met en cause l’ancien directeur général du Prodac, Pape Malick Ndour, et non lui. Il rappelle qu’il n’était ni signataire des dépenses ni ordonnateur des crédits, et qu’il ne saurait être tenu responsable de décisions administratives prises hors de son champ de compétence.

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