Dakar : mobilisation de l’opposition pour exiger la libération de Farba Ngom

Après la marche organisée à Agnam, les partisans de Mouhamadou Farba Ngom ont remis ça, ce samedi, à Dakar. Camarades de parti, militants et sympathisants se sont retrouvés dans les rues de la capitale pour tenir une méga marche pacifique en vue d’exiger la libération de l’ancien député-maire d’Agnam, placé en détention préventive depuis plusieurs mois.

La mobilisation, marquée par une forte affluence, a été ponctuée de discours virulents contre le régime en place. Le député Abdou Mbow, figure de proue du Parti démocratique sénégalais (PDS) et proche de Farba Ngom, n’a pas mâché ses mots. « Notre camarade est un otage politique et c’est seulement par la politique qu’ils parviendront à le faire libérer », a-t-il déclaré devant la foule. Selon lui, la détention prolongée de Farba Ngom relève d’une manœuvre politique visant à museler l’opposition et à intimider les anciens proches du pouvoir de Macky Sall.

Le parlementaire a également dressé un réquisitoire sévère contre les autorités actuelles. « Depuis le départ de Macky Sall, le Sénégal est dirigé par des incompétents qui ne cherchent qu’à restreindre les libertés des citoyens, surtout celles des opposants », a-t-il martelé, avant de poursuivre : « Ce gouvernement est une succession d’agrégés en incompétence. J’invite les populations à faire face. »

Dans son intervention, Abdou Mbow a par ailleurs rappelé une prédiction d’Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre. « Lors de sa campagne à Agnam, Sonko avait annoncé l’emprisonnement de Farba. Ils ont tout fait pour l’incarcérer, mais ils feront encore plus pour le libérer », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris de la foule.

Pour rappel, Mouhamadou Farba Ngom est poursuivi pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et escroquerie portant sur des deniers publics. Son dossier, en instruction depuis plusieurs mois, suscite de vives polémiques au sein de la classe politique. Ses soutiens dénoncent une détention arbitraire et évoquent un état de santé « jugé incompatible avec la prison par des spécialistes ».

Marche pacifique du 18 octobre : Pape Malick Ndour dénonce une « détention politique » et appelle à un gouvernement de transition dirigé par Macky Sall

Prenant part à la marche pacifique organisée ce samedi 18 octobre 2025, Pape Malick Ndour, Coordonnateur national de la Convergence des Cadres Républicains (CCR), a vivement dénoncé la détention de Farba Ngom, maire d’Agnam et figure influente de l’Alliance pour la République (APR). Selon lui, l’incarcération de ce dernier relève d’une « manœuvre politique » visant à museler l’opposition.

« Farba Ngom est un prisonnier politique. Il doit être libéré car il est innocent », a déclaré l’ancien ministre, devant une foule de partisans rassemblés pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des atteintes aux libertés publiques et aux droits des opposants.

Dans son intervention, Pape Malick Ndour a tenu à saluer la mobilisation des militants venus de divers horizons, tout en soulignant la nécessité d’une unité d’action face à la situation politique actuelle. Il a appelé les forces vives de la Nation — syndicats, partis politiques, mouvements citoyens et société civile — à se joindre à cette lutte pour, selon ses termes, « arrêter la souffrance des Sénégalais ».

« Nous lançons un appel à l’ensemble des forces sociales et politiques pour qu’ensemble, nous puissions dégager ceux qui sont au pouvoir et installer un gouvernement de transition dirigé par Macky Sall afin de terminer le mandat et aller vers des élections », a-t-il ajouté dans une déclaration aux accents politiques forts.

Ce propos marque une nouvelle étape dans le positionnement du CCR et de l’APR, qui semblent vouloir durcir le ton face à l’actuel régime. L’idée d’un gouvernement de transition, dirigé par l’ancien président Macky Sall, constitue une proposition politique majeure, susceptible de raviver le débat sur la légitimité du pouvoir en place et sur l’avenir institutionnel du pays.

La marche, autorisée par les autorités locales, s’est déroulée dans un climat globalement pacifique malgré une forte présence policière. Plusieurs figures de l’opposition et d’anciens responsables de la coalition Benno Bokk Yakaar y ont pris part, réaffirmant leur engagement pour, disent-ils, « le retour à un État de droit et à la justice équitable ».

Pour Pape Malick Ndour, cette mobilisation n’est qu’un début. Il a annoncé que d’autres actions de protestation seront organisées dans les prochaines semaines pour maintenir la pression sur le gouvernement et exiger la libération de tous les détenus politiques.

Hamidou Anne dénonce une « manipulation politique » autour de la dette et défend l’héritage de Macky Sall

Le coordinateur national de la Cellule analyses et prospective de l’Alliance pour la République (APR), Hamidou Anne, est sorti de sa réserve pour réagir aux accusations de plus en plus insistantes sur l’existence supposée d’une « dette cachée » laissée par l’ancien régime. Alors que certains évoquent la possibilité d’une mise en accusation de l’ex-président Macky Sall pour haute trahison, le responsable apériste dénonce une « vaste campagne de manipulation politique » et interpelle les institutions de la République sur leur devoir de clarté.

« L’APR n’entrera pas dans une polémique avec le Fonds monétaire international (FMI) qui demeure un partenaire privilégié du Sénégal », a tenu à préciser Hamidou Anne dès l’entame de sa déclaration. Selon lui, les allégations selon lesquelles le FMI aurait confirmé l’existence d’une dette dissimulée sont infondées. « Contrairement à la vaste entreprise de manipulation actuelle, le Fonds ne peut ni confirmer ni infirmer des informations que les autorités souveraines d’un pays lui fournissent », souligne-t-il.

Hamidou Anne affirme qu’un « contre-rapport exhaustif et chiffré » a été produit pour réfuter les accusations de maquillage des comptes publics. Il remet en cause la logique même de ces accusations : « Nous demandons à savoir comment cacher une dette alors que les créanciers existent et que le Sénégal n’a jamais été en défaut de paiement. » Pour lui, il s’agit d’une tentative politique visant à ternir le bilan économique de l’ancien chef de l’État, alors que le pays, dit-il, a toujours honoré ses engagements financiers auprès de ses partenaires.

Le responsable apériste déplore surtout l’attitude des autorités actuelles, qu’il accuse de cultiver le silence au lieu d’apporter des éclaircissements. « Aucune réponse n’a été donnée aux deux correspondances adressées par le président Macky Sall au ministre des Finances et au Premier président de la Cour des comptes. C’est regrettable », dénonce-t-il. Hamidou Anne estime que la transparence doit être totale dans la gestion de cette polémique : « La Cour des comptes a certifié tous les comptes de l’État entre 2012 et 2023. Elle doit être en mesure de communiquer les informations pour clarifier la situation. »

Abordant la perspective d’une éventuelle mise en accusation de Macky Sall pour haute trahison, Hamidou Anne se montre catégorique : « C’est une voie sans issue, une perte de temps, une farce de mauvais goût et une faute morale. » Il considère cette démarche comme une manœuvre politique destinée à détourner l’attention d’un gouvernement « sans cap et sans résultats ».

Enfin, le coordinateur de la Cellule analyses et prospective de l’APR a vivement dénoncé la série d’arrestations d’opposants et de militants observée ces dernières semaines. « Ces pratiques d’un régime autoritaire sont indignes de notre démocratie », s’insurge-t-il, avant d’ajouter : « Les Sénégalais sont jaloux de leur liberté et la défendront dans la légalité. »

Le Premier ministre Ousmane Sonko met fin au cumul d’avantages liés aux véhicules administratifs

Le Premier ministre Ousmane Sonko a pris une mesure forte dans le cadre de la rationalisation des dépenses publiques. Dans une circulaire datée du 25 septembre 2025, adressée à l’ensemble des membres du gouvernement, il met un terme au cumul d’avantages dont bénéficient certains agents de l’État en matière de gestion des véhicules administratifs.

Selon le document signé par le chef du gouvernement, plusieurs départements ministériels continuent d’enfreindre les règles de gestion établies en maintenant des pratiques jugées irrégulières. Il s’agit notamment du cumul entre la dotation en carburant et l’indemnité forfaitaire globale, deux avantages que certains fonctionnaires perçoivent simultanément, en violation du décret n°2021-03 du 6 janvier 2021 relatif à la gestion et à l’utilisation des véhicules administratifs.

Cette situation, qualifiée d’« incompatible » par le Premier ministre, va à l’encontre des principes de bonne gouvernance et de transparence budgétaire prônés par les plus hautes autorités de l’État. La circulaire rappelle que cette irrégularité avait déjà été pointée du doigt dans le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) daté du 19 avril 2024. À la suite de ce rapport, le président de la République avait pris la directive présidentielle n°3, exigeant la cessation immédiate de tout cumul d’avantages dans la fonction publique.

Dans son message, Ousmane Sonko insiste sur la nécessité d’appliquer scrupuleusement cette directive et exhorte les ministres et secrétaires d’État à « prendre les mesures nécessaires » pour faire respecter cette instruction « sans délai ». Il souligne également que le respect des règles de gestion publique est une exigence de rigueur et de responsabilité, essentielle pour restaurer la confiance des citoyens dans l’administration.

Affaire ASER – Thierno Alassane Sall : le différend vire à la bataille judiciaire

Le bras de fer entre l’ancien ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall, et l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) prend une tournure judiciaire de plus en plus tendue. Ce conflit, initialement politique et administratif, s’est désormais déplacé sur le terrain des tribunaux, avec des accusations croisées autour d’un vaste programme d’électrification rurale évalué à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Tout est parti de la plainte déposée par Thierno Alassane Sall devant le pool judiciaire financier. Le leader du parti La République des Valeurs accuse la direction actuelle de l’ASER, dirigée par Jean Michel Sène, de mauvaise gestion et d’irrégularités dans l’exécution de certains projets publics. Mais la riposte n’a pas tardé. Invité ce vendredi sur le plateau de Walftv, Ousmane Noreyni Gueye, responsable de la communication numérique de l’agence, a annoncé que l’ASER allait à son tour déposer une plainte contre l’ancien ministre.

Selon les déclarations de M. Gueye, le dossier visé concerne un projet d’électrification rurale d’un montant global de 60 milliards de francs CFA, signé en 2016, à l’époque où Thierno Alassane Sall occupait le portefeuille de l’Énergie. Ce programme avait été confié à la société Minan Distribution et devait permettre le raccordement de 1 144 villages à travers le pays. Or, près de neuf ans plus tard, les résultats seraient loin des attentes initiales.

La direction actuelle de l’ASER affirme que seulement 368 villages ont été effectivement électrifiés, alors que 45 milliards de francs CFA ont déjà été décaissés. Pour le directeur général Jean Michel Sène, ces chiffres traduisent de « graves anomalies » dans la mise en œuvre et le suivi du projet. Il estime que l’ancien ministre doit désormais rendre des comptes sur la gestion des fonds mobilisés, les procédures d’attribution du marché, ainsi que le contrôle exercé sur l’entreprise exécutante.

L’affaire pourrait ainsi devenir un nouveau test pour la justice financière sénégalaise, dans un contexte marqué par une intensification des enquêtes sur la transparence et la reddition des comptes dans la gestion des ressources publiques. D’un côté, Thierno Alassane Sall, connu pour son discours en faveur de l’éthique et de la bonne gouvernance, entend faire la lumière sur ce qu’il considère comme des dérives au sein de l’administration. De l’autre, la direction de l’ASER affirme vouloir défendre son honneur et clarifier les responsabilités autour d’un projet qui, selon elle, a connu ses premières irrégularités sous le mandat de son accusateur.

Suppression du cumul de certains avantages pour les agents de l’État : le Premier ministre Ousmane Sonko prend des mesures

Dans une note rendue publique ce vendredi soir, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé la suppression du cumul de certains avantages accordés aux agents de l’État. Cette décision intervient dans le cadre des mesures visant à renforcer la transparence et la rigueur dans la gestion des ressources publiques.

Selon la circulaire officielle adressée ce jour aux ministres et secrétaires d’État, le Premier ministre souligne que certains agents continuent de bénéficier simultanément d’avantages liés à la détention de véhicules administratifs, notamment la dotation en carburant, ainsi que de l’indemnité forfaitaire globale prévue pour certains fonctionnaires par le décret n°2021-03 du 6 janvier 2021. Cette situation est jugée incompatible avec la réglementation en vigueur et constitue une source d’iniquité au sein de l’administration publique.

La circulaire s’appuie sur les conclusions du rapport de l’Inspection générale d’État n°37/2024, daté du 19 avril 2024, qui avait déjà relevé ces pratiques. Dans le cadre de la directive présidentielle, le Président de la République ordonne la fin immédiate de ce cumul d’avantages. Cette mesure vise à harmoniser l’application des règles relatives aux indemnités et avantages des fonctionnaires et à garantir une gestion plus équitable des ressources de l’État.

Les nouvelles mesures du gouvernement devraient générer 7 662,6 milliards de francs CFA de recettes

Le gouvernement sénégalais table sur une hausse significative de ses recettes budgétaires dans le cadre du Programme de Réformes de l’État (PRES), grâce à une série de mesures fiscales et économiques ambitieuses. Selon les projections officielles, les recettes globales devraient atteindre 7 662,6 milliards de francs CFA, dont 762,6 milliards issus de nouvelles dispositions destinées à renforcer la mobilisation des ressources internes.

Ces recettes additionnelles proviendront de plusieurs réformes ciblant aussi bien les secteurs formels que ceux jusqu’ici partiellement encadrés. En tête de ces mesures figure la taxation des jeux de hasard, dont le rendement est estimé à 300 milliards de francs CFA. Cette mesure, longtemps attendue, vise à réguler un secteur en forte croissance, mais peu contributif au budget national.

Vient ensuite la taxation des services de paiement mobile, dits mobile money, qui s’imposent aujourd’hui comme un pilier des transactions financières au Sénégal. Leur contribution aux caisses de l’État est estimée à plus de 76,5 milliards de francs CFA.

Le gouvernement entend également revoir le mode de calcul des droits de douane en supprimant les valeurs de correction au profit des valeurs transactionnelles sur certains produits stratégiques, notamment le riz et l’huile. Cette réforme, qui permettra de mieux aligner les prix déclarés sur les prix réels, devrait rapporter 29 milliards de francs CFA.

D’autres mesures fiscales concernent la réactivation des droits de sortie sur les exportations d’arachide, évaluée à 9 milliards, et le relèvement de la taxation sur le tabac, dont le taux passerait de 70 % à 100 %, pour un gain attendu de 8,2 milliards. Le gouvernement compte également rationaliser les dépenses fiscales — c’est-à-dire réduire les exonérations et niches jugées non prioritaires — afin de dégager près de 100 milliards de francs CFA supplémentaires.

Dans la même logique, la réactivation des droits à l’importation sur les téléphones portables devrait générer 18,8 milliards, tandis qu’une taxe à l’importation sur les noix de cajou pourrait rapporter 5 milliards. L’État prévoit aussi d’instaurer une taxe sur l’exportation d’or, estimée à 26,3 milliards, et de relever la fiscalité sur les importations de véhicules, pour un rendement attendu de 28,5 milliards.

La taxation de l’alcool et des boissons alcoolisées connaîtra également une hausse : les produits importés seront taxés à hauteur de 65 %, contre 40 % pour ceux fabriqués localement. Cette mesure, qui poursuit un double objectif de santé publique et de rendement budgétaire, devrait générer environ 2,6 milliards de francs CFA.

Par ailleurs, le gouvernement compte tirer profit de la rentabilité accrue du secteur minier à travers les dividendes issus des surplus imputables aux sociétés minières, évalués à 9 milliards de francs CFA. Une nouvelle taxe topographique devrait également voir le jour, avec un rendement estimé à près d’un milliard.

Les recettes non fiscales ne sont pas en reste. Deux initiatives majeures viendront les renforcer : d’une part, une vaste opération de régularisation foncière, estimée à 100 milliards, et d’autre part, la régularisation ou le renouvellement des conventions de concession accordées aux opérateurs téléphoniques, qui devraient rapporter 50 milliards.

À travers cet ensemble cohérent de réformes, l’exécutif ambitionne de renforcer l’autonomie financière de l’État et de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de consolidation budgétaire, visant à accroître les recettes intérieures tout en améliorant la transparence et l’équité du système fiscal sénégalais.

Baïdy Agne alerte sur les défis économiques du Sénégal et appelle à un nouveau pacte entre l’État et les entreprises

Le président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, a dressé, hier jeudi, un diagnostic lucide de la situation économique du Sénégal et du continent africain, lors de la cérémonie d’ouverture des Assises de l’entreprise, organisées autour du thème : « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables ». L’événement, présidé par le ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, a réuni plusieurs membres du gouvernement, dont Déthié Fall, ministre des Infrastructures, Olivier Boucal, ministre de la Fonction publique, et Amadou Ndieck Sarré, ministre de la Formation professionnelle, ainsi qu’une large représentation du patronat sénégalais.

Dans son allocution d’ouverture, Baïdy Agne a d’abord mis en lumière les grands défis du continent africain, en particulier ceux liés à la mobilisation des ressources internes. Selon lui, ces ressources restent sous-exploitées, alors qu’elles pourraient constituer un levier essentiel pour impulser une croissance endogène et durable. Il a appelé à « rectifier le tir » afin de transformer ces défis en opportunités, estimant que l’Afrique, et le Sénégal en particulier, disposent des moyens nécessaires pour renforcer leur compétitivité économique.

Le président du CNP a ensuite exprimé les préoccupations majeures des entreprises sénégalaises, notamment face à la multiplication des contentieux bancaires et au désengorgement urgent du Tribunal de commerce de Dakar. Il a révélé que les créances bancaires en contentieux judiciaire s’élèvent à plus de 750 milliards de francs CFA, un montant qui freine, selon lui, la capacité du système financier à soutenir l’économie nationale. « Pour qu’il y ait plus de concours bancaires à l’économie dans les mois à venir, il est impératif de trouver des solutions à ces litiges », a-t-il plaidé.

Abordant le volet fiscal et douanier, Baïdy Agne a fait part des inquiétudes du secteur privé face à l’absence de concertation dans l’élaboration du Code général des Impôts et du Code général des Douanes. Il a rappelé qu’il existait par le passé une tradition de dialogue technique entre le patronat, la Direction générale des Impôts et Domaines (DGID) et la Direction générale des Douanes (DGD), aujourd’hui rompue. « Rien ne filtre du huis clos des deux Directions générales », a-t-il regretté, appelant à un retour au dialogue pour plus de transparence, d’équité et de civisme fiscal.

Le patronat, tout en réaffirmant son engagement pour le civisme fiscal, estime que la pression fiscale demeure trop concentrée sur les mêmes entreprises. M. Agne a ainsi plaidé pour une meilleure répartition de la charge fiscale et une concertation ouverte avec l’État autour de la future Loi sur la souveraineté économique. Selon lui, cette collaboration permettra de bâtir « un écosystème inclusif, dynamique et durable » où l’entreprise sénégalaise pourra jouer pleinement son rôle de moteur de la croissance.

Concernant la dette intérieure, Baïdy Agne a appelé à un apurement progressif des créances dues aux entreprises, insistant sur la nécessité de raccourcir les délais de paiement, surtout pour les secteurs en difficulté. Il a rappelé que la santé financière des entreprises dépend largement du respect de ces engagements, qui conditionnent leur capacité à investir et à créer des emplois durables.

Dans la perspective du thème des Assises, « Croissance Plus », le président du CNP a souligné que la croissance ne saurait être décrétée, mais qu’elle doit être générée par l’investissement, la productivité et la confiance entre acteurs économiques. Il a aussi mis en avant le potentiel du Sénégal dans le domaine des assurances, qui représente plus de 631 milliards de francs CFA d’investissements et de placements dans l’économie nationale, dont 25 % en obligations et valeurs d’État.

Enfin, Baïdy Agne a invité les autorités à accélérer la mise en place d’un cadre réglementaire facilitant la création de marchés secondaires, afin de rendre les actifs plus liquides et de stimuler la croissance. Il a également plaidé pour que Dakar devienne un véritable hub financier de l’UEMOA, grâce à la qualité de son écosystème bancaire, numérique, énergétique, minier et agro-industriel.

En conclusion, le président du patronat a insisté sur la nécessité d’un nouveau pacte de confiance entre l’État et le secteur privé, basé sur la concertation, la transparence et la co-construction des politiques économiques. « La santé de l’entreprise est de plus en plus fragile dans certains secteurs, mais nous restons des entrepreneurs optimistes », a-t-il affirmé, rappelant que la croissance durable du Sénégal passera inévitablement par la vitalité de son tissu entrepreneurial.

Projet de mise en accusation de Macky Sall : un geste politique à forte portée symbolique mais juridiquement incertain

Un tournant inédit s’esquisse dans la vie politique sénégalaise. Le président du groupe parlementaire de Pastef, Ayib Daffé, a annoncé le dépôt d’un projet de résolution visant à traduire l’ancien président de la République, Macky Sall, devant la Haute Cour de justice. Cette initiative, portée par la majorité parlementaire issue du parti au pouvoir, ambitionne de rendre l’ancien chef de l’État comptable de sa gestion et de certains actes posés durant son magistère. Cependant, derrière la portée politique d’un tel geste, se profilent d’importantes zones d’ombre juridiques et pratiques qui pourraient compromettre la procédure.

Le projet de mise en accusation a été officiellement transmis au bureau de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une démarche exceptionnelle dans l’histoire institutionnelle du pays, puisque la Haute Cour de justice, prévue par la Constitution, n’a jamais été réellement mise en œuvre. Elle est compétente pour juger le président de la République et les membres du gouvernement pour des faits qualifiés de haute trahison ou commis dans l’exercice de leurs fonctions. Mais dans le cas de Macky Sall, plusieurs obstacles majeurs se dressent sur la route d’un éventuel procès.

Le premier blocage est d’ordre pratique : l’ancien président réside actuellement à l’étranger, au Maroc, depuis la fin de son mandat en avril 2024. Il n’a plus remis les pieds sur le sol sénégalais, rendant de fait impossible toute comparution devant la justice nationale. Sans sa présence sur le territoire, l’exécution d’une quelconque décision judiciaire demeure illusoire.

Le second obstacle, et non des moindres, tient à la nature même des accusations. La procédure repose sur la notion de « haute trahison », qui constitue le socle juridique de la compétence de la Haute Cour de justice. Or, cette notion reste juridiquement floue. Ni la Constitution sénégalaise ni la loi organique encadrant la Haute Cour n’en donnent une définition précise. Cette absence de clarté juridique crée une incertitude majeure : sur quels faits concrets pourrait-on qualifier Macky Sall de coupable de haute trahison ? Les juristes soulignent que cette imprécision pourrait faire échouer toute tentative de mise en accusation dès les premières étapes de la procédure.

Malgré ces contraintes, la démarche de Pastef s’inscrit dans une volonté politique claire : marquer une rupture avec l’ancien régime et affirmer un engagement fort en faveur de la reddition des comptes. Pour les partisans du pouvoir actuel, il s’agit d’envoyer un message fort à l’opinion publique, en montrant que nul, pas même un ancien président, n’est au-dessus de la loi. Cependant, pour de nombreux observateurs, cette initiative tient davantage du symbole que d’une réelle perspective judiciaire.

Dette dite cachée : l’Alliance Pour la République exige des preuves et la publication des rapports financiers

L’Alliance Pour la République (APR) est une nouvelle fois sortie de son silence pour se prononcer sur la controverse autour de la « dette cachée » du Sénégal. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, l’ancien parti au pouvoir a fermement contesté les accusations du gouvernement, estimant qu’aucun élément tangible n’a encore été présenté pour étayer cette thèse.

Selon l’APR, depuis les déclarations du Premier ministre en septembre 2024 sur l’existence présumée d’une dette non comptabilisée, « aucun acte précis et concret n’a été posé par le gouvernement dans le sens d’apporter une quelconque preuve à l’accusation fallacieuse de dette cachée ». Le parti dénonce une manipulation politique visant à ternir la gestion financière du régime précédent et rappelle que toutes les opérations de l’État ont toujours été soumises à un contrôle rigoureux.

L’ancien parti présidentiel affirme que les comptes publics ont été régulièrement certifiés par la Cour des Comptes entre 2012 et 2023. Ces certifications, soutient-il, attestent de la transparence et de la régularité de la gestion budgétaire durant ses mandats. L’APR souligne également que le Sénégal a entretenu, tout au long de cette période, une coopération exemplaire avec le Fonds monétaire international (FMI), laquelle s’est traduite à plusieurs reprises par des résultats économiques jugés satisfaisants par l’institution.

Sur le plan technique, l’APR dit avoir toujours établi une distinction claire entre la dette principale de l’État et la dette contingente liée au secteur parapublic. Selon le parti, toute tentative d’inclure la dette des entreprises publiques dans celle de l’État, sur la base d’un simple changement de méthode de calcul, relèverait d’une confusion méthodologique. Il rappelle à ce titre que cette distinction a toujours été reconnue par la Cour des Comptes, laquelle n’a jamais remis en cause cette approche lors de la certification des comptes nationaux.

Pour le parti fondé par Macky Sall, la question de la dette cachée ne peut donc être prise au sérieux qu’à la lumière de faits vérifiables. « Comment peut-on parler de dette dissimulée alors que les créanciers sont identifiables et que le Sénégal n’a jamais été en défaut de paiement ? », interroge le communiqué.

L’APR exige ainsi des réponses précises de la part des autorités actuelles. Le parti appelle notamment à la publication du rapport complet sur la situation des finances publiques couvrant la période 2019-2024, du rapport provisoire de la Chambre des Affaires Budgétaires et Financières de la Cour des Comptes, ainsi que du rapport du cabinet d’audit Forvis-Mazars, censé éclairer l’opinion sur la réalité des chiffres.

Première note de lecture du projet de loi de finances 2026 – Par Pape Malick Ndour

Le projet de loi de finances pour l’année 2026 suscite déjà de vifs débats, tant les choix budgétaires qu’il propose interpellent sur la cohérence de l’action publique et la transparence de la gestion des ressources nationales. Parmi les points saillants de cette première analyse, deux aspects retiennent particulièrement l’attention : la question du Fonds intergénérationnel et la spectaculaire augmentation du budget de la Présidence de la République.

Le premier sujet de préoccupation concerne le Fonds intergénérationnel, mécanisme censé garantir aux générations futures une part durable des richesses issues notamment des ressources naturelles du pays. En 2025, une dotation de 7,5 milliards de F CFA y avait été inscrite dans la loi de finances initiale, avant d’être finalement annulée par la loi de finances rectificative (LFR). Cette suppression soulevait déjà de nombreuses interrogations restées sans réponses. Que sont devenus ces 7,5 milliards ? Pour quelles raisons précises ont-ils été annulés ? Et surtout, à quelles destinations réelles ces fonds ont-ils été réaffectés ?

Pour 2026, le gouvernement propose de reconduire le même montant, soit 7,5 milliards de F CFA. Toutefois, cette réinscription ne suffit pas à dissiper les doutes. Les Sénégalais sont en droit de se demander si ces ressources seront effectivement mobilisées et investies comme prévu. Si tel est le cas, dans quels secteurs le seront-elles, et quelle rentabilité peut-on en attendre pour les générations futures ? En revanche, si elles subissent à nouveau le même sort qu’en 2025, cela traduirait une absence de vision et une fragilité dans la planification financière à long terme.

Ce flou autour du Fonds intergénérationnel met en lumière un enjeu central : la transparence et la redevabilité dans la gestion des ressources publiques. La clarté sur ce dossier n’est pas une option politique, mais une exigence de bonne gouvernance et un devoir moral envers la postérité. Sans un cadre précis et des informations publiques sur la destination et l’usage effectif de ces fonds, le concept même de Fonds intergénérationnel risque de demeurer une promesse creuse, dépourvue de portée réelle.

Le second point majeur de cette note de lecture est la hausse spectaculaire du budget de la Présidence de la République, qui passe de 72 milliards de F CFA en 2025 à 204 milliards en 2026. Une progression de plus de 180 %, inédite dans l’histoire récente des finances publiques sénégalaises, et d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte de tensions budgétaires et de contraintes économiques fortes.

Selon les documents du projet de loi de finances initiale (LFI) 2026, cette explosion des crédits s’explique essentiellement par l’augmentation du budget de fonctionnement des structures rattachées à la Présidence, évalué à 134 milliards de F CFA, soit près de 100 milliards de plus que l’année précédente. Ce seul montant dépasse largement le budget alloué à plusieurs ministères stratégiques, tels que ceux de la Culture, de la Jeunesse ou encore de l’Environnement.

Cependant, à la lecture des deux derniers décrets de répartition des services de l’État, aucune création récente de méga-structure ou de nouvelle entité administrative majeure rattachée à la Présidence ne semble pouvoir justifier une telle progression. Aucun changement organisationnel d’envergure n’a été signalé. Dès lors, cette hausse interpelle directement le pouvoir exécutif, qui se doit d’en expliquer les fondements réels.

Les questions sont légitimes et nombreuses : quelles nouvelles dépenses la Présidence absorbe-t-elle ? Quelles missions spécifiques ou quels projets exceptionnels exigent de tels moyens ? S’agit-il de programmes d’investissement structurants ou simplement d’un gonflement des charges de fonctionnement ? Et, surtout, quelle est la valeur ajoutée réelle de ces dépenses pour les citoyens, dans un contexte où de nombreux secteurs essentiels — santé, éducation, agriculture, emploi des jeunes — réclament des arbitrages budgétaires plus audacieux et mieux ciblés ?

Sans réponses précises et transparentes, cette hausse du budget présidentiel risque de renforcer le sentiment d’un État dispendieux, coupé des priorités économiques et sociales du moment. Elle alimentera également le scepticisme d’une opinion publique déjà sensible aux questions de gouvernance et de reddition des comptes.

Cheikh Oumar Diagne dénonce le « compagnonnage de circonstance » au sein du gouvernement Diomaye Faye

Invité de l’émission de Maimouna Ndour Faye sur la 7TV, l’ancien directeur des Moyens généraux de la Présidence, Cheikh Oumar Diagne, a livré une analyse sans détour sur la composition actuelle du gouvernement et les alliances politiques qui l’entourent. Dans un ton à la fois critique et lucide, il a fustigé ce qu’il appelle un « compagnonnage de circonstance » entre les dirigeants en place et certaines personnalités politiques qui, selon lui, les combattaient encore récemment.

« Il y a des alliés contextuels. Ils avaient même combattu les gens de ce régime. Ils avaient ouvertement désigné les actuels gouvernants comme des aventuriers. Quand la roue a tourné, ils ont normalisé leur relation avec eux pour avoir leur part du gâteau. Et ce gouvernement les a reçus et leur a donné des responsabilités. C’est une chose que je condamne », a-t-il déclaré. Pour Cheikh Oumar Diagne, ce rapprochement opportuniste mine l’esprit de rupture et de sincérité qui devait guider la nouvelle gouvernance incarnée par le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

L’ancien responsable à la Présidence a également lancé un appel à la vigilance à l’endroit du chef de l’État et de son Premier ministre. Il les a exhortés à se méfier des « opportunistes », ces figures politiques qui, selon lui, « traversent tous les régimes sans jamais quitter le pouvoir ». « Ils accompagnent tous les régimes. J’ai vu des gens qui étaient là depuis Abdou Diouf. Ils passent tous les régimes et accompagnent chaque président », a-t-il déploré, dénonçant un système où certaines élites se maintiennent au cœur du pouvoir, quelle que soit la nature du régime en place.

Cheikh Oumar Diagne a tenu à rappeler, dans le même temps, son engagement personnel et constant auprès de l’actuelle équipe dirigeante. Il a affirmé avoir soutenu Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko par conviction, et non par intérêt. « Je fais partie du premier type d’allié. J’ai accompagné ce gouvernement par principe, avec mes propres moyens, mes relations et mes connaissances. Quel que soit leur agissement envers ma personne, moi, j’ai fait ce que j’avais à faire pour qu’ils arrivent au pouvoir », a-t-il confié. Non sans amertume, il a regretté de voir aujourd’hui des personnes « sans compétence » occuper des postes de responsabilité, pendant que des militants sincères et dévoués restent en marge.

Reconnaissant sans détour l’existence d’un partage du pouvoir, Cheikh Oumar Diagne a admis que certaines nominations relèvent du favoritisme et non du mérite. « C’est clair qu’il y a un partage du gâteau. C’est un fait. Plusieurs personnes ont placé des proches à certains postes », a-t-il affirmé. L’ancien directeur a également évoqué les tensions internes que cette pratique a pu susciter autour de lui. « Pour l’anecdote, il y a beaucoup de gens qui se sont fâchés contre moi parce que je n’ai nommé aucun membre de mon parti. Certains m’ont dit que ma manière de faire n’était pas la bonne, parce qu’ils devaient se nourrir. Je leur ai dit que non, nous devons servir », a-t-il révélé.

Projet de Loi de Finances 2026 : le Sénégal mise sur la consolidation budgétaire et la hausse des recettes internes

Le Projet de Loi de Finances (PLF) 2026 du Sénégal se distingue par son ambition et sa rigueur. Il traduit la volonté du gouvernement d’allier relance économique, maîtrise des dépenses et consolidation budgétaire. Fixé à 7 433,9 milliards de FCFA, le budget national enregistre une progression de 12,4 % par rapport à celui de 2025. Cette hausse s’appuie principalement sur une dynamique soutenue des recettes fiscales et sur une stratégie de financement interne plus volontariste.

Les recettes totales sont projetées à 6 188,8 milliards de FCFA, en hausse de 23,4 % par rapport à l’année précédente. Cette performance repose essentiellement sur la croissance des recettes fiscales, évaluées à 5 384,8 milliards de FCFA, dont 703,6 milliards de FCFA proviennent du Programme de Résilience Économique et Sociale (PRES). Cette évolution traduit l’ambition de l’État d’accroître ses marges de manœuvre internes et de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur. Le taux de pression fiscale est ainsi attendu à 23,2 % contre 19,3 % en 2025, signe d’une amélioration significative de la mobilisation des ressources domestiques.

Sur le plan des dépenses, le gouvernement adopte une approche prudente et sélective. Les dépenses courantes connaissent une baisse de 280,5 milliards de FCFA, pour s’établir à 1 650 milliards de FCFA, conséquence d’une politique de rationalisation des coûts de fonctionnement de l’État. En revanche, les dépenses en capital financées sur ressources internes augmentent sensiblement pour atteindre 1 448,9 milliards de FCFA, soutenues par les recettes générées dans le cadre du PRES. Ce choix illustre la volonté des autorités de privilégier l’investissement productif au détriment des charges récurrentes.

Le déficit budgétaire est prévu à 5,37 % du PIB en 2026, avec un objectif clair de convergence vers 3 % en 2027, conformément aux critères de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette trajectoire traduit une discipline budgétaire renforcée et une vision à moyen terme orientée vers la soutenabilité des finances publiques. Le gouvernement table par ailleurs sur une croissance économique de 5 %, tirée principalement par le secteur primaire (+6,1 %), stimulé par de bonnes performances agricoles, et le secteur tertiaire (+5,4 %), porté par la reprise des services et du commerce.

Cependant, le service de la dette demeure une contrainte majeure pour les finances publiques. Les charges d’intérêts et commissions atteignent 1 190,6 milliards de FCFA, soit une augmentation de 258,5 milliards de FCFA par rapport à 2025. Le déficit budgétaire global s’élève ainsi à 1 245,1 milliards de FCFA, mais le solde budgétaire de base montre une amélioration spectaculaire, passant de -678,5 milliards à -81,6 milliards de FCFA. Cette évolution souligne la progression vers un financement plus autonome des dépenses courantes par les recettes internes, un indicateur positif de la consolidation budgétaire.

Malgré ces avancées, le besoin global de financement pour 2026 reste élevé, à 6 075,2 milliards de FCFA. Sur ce montant, 4 307,4 milliards de FCFA, soit 70,9 %, sont consacrés au remboursement du principal de la dette, traduisant la forte dépendance du pays au refinancement des emprunts passés. Cette situation révèle la complexité de la gestion budgétaire : même avec une hausse notable des recettes, le poids du service de la dette continue de limiter les marges de manœuvre pour de nouveaux investissements.

Sénégal : Le président Bassirou Diomaye Faye réaffirme l’importance de l’accès à un logement décent et abordable

Lors du dernier Conseil des ministres, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réitéré que l’accès à un logement décent et abordable constitue une préoccupation majeure pour les Sénégalais, en particulier pour les ménages. Conscient de l’importance de cette problématique sociale, le chef de l’État a instruit le Premier ministre de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’accélérer la mise en œuvre des programmes de construction de logements à l’échelle nationale.

Le président a insisté sur la nécessité d’une maîtrise préventive de l’accès au foncier, en soulignant le rôle central de la Société d’Aménagement foncier et de Restructuration urbaine (SAFRU) dans ce domaine. Il a également encouragé le développement de nouveaux projets innovants par la Société nationale des Habitations à loyer modéré (SN HLM) et la Société immobilière et de construction pour l’habitat au Sénégal (SICAP SA), afin de diversifier et renforcer l’offre de logements dans le pays.

Dans le même temps, le chef de l’État a appelé le Secrétaire d’État chargé du Logement à assurer un encadrement plus rigoureux des projets d’aménagement et de construction de logements initiés par les coopératives d’habitat. Il a insisté sur le contrôle systématique de la réalisation des voies, des réseaux divers et des équipements collectifs, en veillant à leur cohérence avec les grandes infrastructures publiques. Cette démarche vise à garantir une urbanisation harmonieuse et une meilleure qualité de vie pour les habitants.

Le président Faye a également souligné la nécessité d’évaluer les missions et actions du Fonds de l’Habitat Social (FHS), afin de confirmer sa véritable place comme instrument stratégique et levier de promotion de l’accès au logement pour les populations les plus vulnérables.

Dans la continuité de ces orientations, le chef de l’État a demandé au Secrétaire d’État chargé du Logement, en concertation avec le ministre de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales ainsi que le ministre des Finances et du Budget, d’engager des discussions avec les acteurs publics et privés du secteur financier, notamment la Caisse de Dépôts et de Consignations et la Banque de l’Habitat du Sénégal. L’objectif est de mettre en place un système de financement efficace pour le logement, capable de soutenir durablement la construction et l’acquisition de logements à travers le pays.

Nominations dans l’enseignement supérieur et la recherche : de nouveaux responsables à l’ANRSA et à l’ISBEA

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une série de nominations importantes dans le secteur de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Ces décisions, rendues publiques ce mercredi, interviennent dans un contexte de renforcement des structures académiques et scientifiques du pays.

Au niveau de l’Agence nationale de recherche scientifique appliquée (ANRSA), Monsieur Albinou Ndecky, maître de conférences titulaire, a été nommé secrétaire général de l’agence. Il succède à Monsieur Abdourahmane Tamba, qui a été admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. Cette nomination s’inscrit dans la volonté de dynamiser la recherche scientifique appliquée et de renforcer la coordination des activités de l’agence. Parallèlement, Madame Fatimata Diallo, gestionnaire expérimentée, a été désignée présidente du Conseil de surveillance de l’ANRSA, en remplacement de Monsieur Moustapha Ndir. Ce changement à la tête du conseil de surveillance vise à assurer un meilleur suivi des orientations stratégiques de l’agence et à garantir une gouvernance efficace.

Dans le même esprit, l’Institut sénégalo-britannique de l’enseignement de l’anglais (ISBEA) connaît également un renouvellement à sa direction. Madame Marème Sarr, professeur d’enseignement secondaire, matricule de solde n°609251/Q, a été nommée directrice de l’institut. Elle prend la succession de Monsieur Arfang Dabo, qui a, lui aussi, été admis à faire valoir ses droits à la retraite. Cette nomination intervient dans le cadre du renforcement des capacités pédagogiques de l’ISBEA et de l’amélioration de l’enseignement de l’anglais au Sénégal. Par ailleurs, Monsieur Racine Dia, également professeur d’enseignement secondaire, a été porté à la présidence du Conseil d’administration de l’ISBEA, succédant à Monsieur Boubacar Siguiné Sy. Ce renouvellement à la tête du conseil d’administration vise à consolider la stratégie de développement de l’institut et à renforcer l’efficacité de sa gouvernance.

Le Président Bassirou Diomaye Faye insiste sur le renforcement du dialogue social et la productivité au travail

Lors du dernier Conseil des ministres, le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a mis en lumière l’importance de la signature du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Il a demandé au Premier ministre, en collaboration avec les partenaires sociaux et le Haut Conseil du Dialogue social (HCDS), de procéder à une évaluation semestrielle, département par département ministériel, de l’état d’exécution du plan d’actions issu du Pacte ainsi que des doléances formulées par les centrales syndicales.

Le chef de l’État a réitéré ses directives concernant la généralisation de la mise en place de comités sectoriels et spécialisés de dialogue social, insistant sur la nécessité de consolider une culture du dialogue au sein de l’administration et des entreprises. Il a également souligné l’importance d’une évaluation prospective des actions menées par le HCDS afin de mieux orienter les politiques sociales et économiques.

Dans ce cadre, le Président Faye a instruit le ministre chargé du Travail et le Président du Haut Conseil du Dialogue social de proposer, avant la fin du mois de décembre 2025, un nouveau dispositif définissant les missions, l’organisation et le fonctionnement du HCDS. L’objectif est de rendre l’institution plus efficace et plus réactive aux besoins des acteurs sociaux et économiques.

Enfin, le chef de l’État a rappelé au ministre du Travail la préparation de la prochaine Conférence sociale, qui réunira l’ensemble des acteurs concernés. La thématique retenue pour cette édition portera sur « la productivité au travail », mettant ainsi l’accent sur l’amélioration des performances dans les différents secteurs d’activité et sur l’implication de tous dans la construction d’un environnement socio-économique stable et durable.

Conseil des Ministres du 15 octobre 2025 : priorités nationales, dialogue social et développement économique au cœur des débats

Le Conseil des Ministres s’est réuni ce mercredi 15 octobre 2025 sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République. L’ouverture des travaux a été marquée par un mot du Chef de l’État adressé à l’équipe nationale de football du Sénégal. Au nom de la Nation, il a exprimé ses chaleureuses félicitations aux joueurs, à l’encadrement technique et administratif, ainsi qu’au Ministre chargé des Sports, pour la brillante qualification des Lions à la Coupe du Monde 2026. Le Président de la République a instruit le Gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir une préparation optimale et une participation remarquable à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN) ainsi qu’au Mondial.

Poursuivant sa communication, le Président FAYE a fait un point sur la mise en œuvre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Il a rappelé que la signature de ce Pacte, en cohérence avec le lancement de l’Agenda national de Transformation, constituait un tournant historique dans le renforcement du dialogue social tripartite. Le Chef de l’État a demandé au Premier Ministre, en coordination avec les partenaires sociaux et le Haut Conseil du Dialogue social (HCDS), de procéder à une évaluation semestrielle de l’état d’exécution du plan d’actions issu du Pacte dans chaque département ministériel, tout en tenant compte des doléances des centrales syndicales. Il a également insisté sur la généralisation de la mise en place des comités sectoriels et spécialisés de dialogue social, afin de consolider une véritable culture du dialogue. Le Président de la République a chargé le Ministre du Travail et le Président du HCDS de proposer, avant la fin décembre 2025, un nouveau dispositif relatif aux missions, à l’organisation et au fonctionnement du Haut Conseil. Enfin, il a rappelé l’importance de préparer la prochaine Conférence sociale, dont le thème retenu est « la productivité au travail ».

Sur le volet du logement, le Président a souligné que l’accès à un logement décent et abordable demeure une préoccupation majeure pour les ménages. Il a demandé au Premier Ministre de prendre toutes les mesures nécessaires pour accélérer la mise en œuvre des programmes de construction de logements à l’échelle nationale. Il a insisté sur la maîtrise préventive de l’accès au foncier, notamment à travers les actions de la Société d’Aménagement foncier et de Restructuration urbaine (SAFRU), et a encouragé le développement de nouveaux projets innovants par la Société Nationale des Habitations à Loyer Modéré (SN HLM) et la SICAP SA. Le Chef de l’État a également souligné l’importance de contrôler l’aménagement et la réalisation des projets de logements initiés par les coopératives, en veillant à la cohérence avec les infrastructures publiques. Il a demandé une évaluation des missions et actions du Fonds de l’Habitat Social (FHS) pour renforcer son rôle en tant qu’instrument de promotion de l’accès au logement. Par ailleurs, il a invité le Secrétaire d’État chargé du Logement à engager des concertations avec les acteurs publics et privés du secteur financier afin d’établir un système de financement efficace pour le logement, en mettant un accent particulier sur les programmes régionaux et universitaires. Le Président de la République a également demandé la tenue prochaine d’un Conseil interministériel sur le Logement.

Le Président a ensuite abordé la promotion du livre et de la lecture ainsi que la préservation de la mémoire collective. Il a rappelé que le livre reste un moyen essentiel pour renforcer les connaissances, la culture générale et l’éducation, tout en rendant hommage aux écrivains et acteurs du livre ayant contribué à la valorisation du patrimoine culturel et linguistique du Sénégal. Dans ce cadre, il a initié le premier Forum national du Livre et de la Lecture pour encourager la création littéraire sénégalaise et développer une véritable économie du livre, incluant la valorisation des langues et œuvres nationales. Il a également souligné l’importance de réhabiliter les bibliothèques et centres de lecture à travers le pays, de relancer les Nouvelles Éditions africaines du Sénégal et de poursuivre le projet de réécriture de l’Histoire générale du Sénégal.

En ce qui concerne son agenda, le Chef de l’État a informé le Conseil qu’il présidera le jeudi 16 octobre 2025 la cérémonie d’ouverture du Forum national du Livre et de la Lecture et recevra le Livre blanc sur le Massacre de Thiaroye. Il effectuera ensuite une visite de travail au Rwanda à partir du 17 octobre, suivie d’un déplacement au Kenya du 19 au 21 octobre 2025.

Au titre de la communication du Premier Ministre, celui-ci a également adressé ses félicitations aux Lions et au peuple sénégalais pour la qualification à la Coupe du Monde. Il a ensuite présenté la nouvelle doctrine de financement des politiques publiques pour accélérer la transformation économique du pays. Il a félicité le Ministre des Finances et du Budget pour la réussite de l’Appel public à l’Épargne (APE), qui a mobilisé exceptionnellement 450 milliards de francs CFA, soit 150 milliards de plus que l’objectif initial. Cette performance démontre la confiance restaurée des Sénégalais et des investisseurs de la sous-région dans la vision économique du Gouvernement et confirme la maturité croissante du marché financier national.

Le Premier Ministre a annoncé que certains projets stratégiques et prioritaires seront sécurisés sur ressources internes, en attendant la finalisation des négociations avec les partenaires, afin de protéger les investissements publics contre les aléas liés aux financements extérieurs. Cette approche s’accompagnera d’une exécution budgétaire rigoureuse, de la responsabilisation des ministères et unités de gestion, et d’un renforcement de l’ancrage productif avec la mobilisation massive du secteur privé.

Il a également présenté l’accélération de la stratégie « Gas-to-Power, Gas-to-Industrie et Gas-to-X », visant à assurer l’autonomie énergétique du pays. Un comité dédié à cette stratégie, placé sous la supervision directe de la Primature, sera chargé de garantir la mise en œuvre des décisions structurantes, de veiller aux arbitrages financiers nécessaires et de proposer des solutions optimisées pour la soutenabilité financière et environnementale du modèle énergétique national. Les projets phares concernés incluent le Réseau Gazier du Sénégal (RGS), Yakaar Teranga, Sangomar et le Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Le Premier Ministre a indiqué que certains segments de ces projets et d’autres secteurs stratégiques tels que l’Hydraulique, les agropoles, le portuaire et l’aéroportuaire seront financés souverainement pour garantir dès 2026-2027 une production d’électricité plus propre, moins coûteuse et majoritairement alimentée par des ressources nationales.

Au titre des communications des ministres, le Ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a présenté l’examen de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas du 9 octobre 2025. Le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a, quant à lui, exposé le Plan d’Aménagement Intégré (PAI) de Daga Kholpa, de la Nouvelle Ville de Thiès et de la ZAC de Thiès.

Kaolack : Une alliance stratégique pour porter le projet “Pôle Centre”

Une rencontre politique d’envergure s’est tenue ce dimanche à la Résidence Royale de Médina Baye, marquant une étape décisive dans l’ancrage et la massification du PASTEF dans la région de Kaolack. Cette réunion hautement symbolique a été présidée par le chef religieux Cheikh Baye Mbaye Niass Al Kaolakhi, entouré des principales forces vives patriotiques du territoire.

Une coalition patriotique unie

Aux côtés du coordinateur du MODDAP étaient présents les représentants de toutes les sensibilités du mouvement présidentiel : le Maggi Pastef, les Jeunesses Patriotiques du Sénégal (JPS), le Mouvement Jigenu Pastef (MOJIP) et le Réseau des Femmes Entrepreneures.

Cette large représentation témoigne d’une volonté d’approche inclusive visant à renforcer l’implantation du parti dans le Sine-Saloum.

Le “Pôle Centre”, levier du développement régional

Les échanges avec M. Fadilou Keita, Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), ont confirmé l’engagement de l’État à concrétiser le programme « Pôle Centre ».

Ce projet structurant, cher au Président Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko, est présenté comme un instrument majeur de massification par l’action concrète.

Il ambitionne notamment de renforcer la production agricole, développer les infrastructures et soutenir l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Une synergie d’actions pour le Sine-Saloum

Le chef religieux a insisté sur l’importance de cette union sacrée entre les différentes entités patriotiques, toutes mobilisées pour accompagner la vision gouvernementale.

« La massification n’est pas seulement un objectif politique, c’est une dynamique de développement qui doit embarquer toutes les composantes de notre société », a-t-il affirmé.

La présence conjointe de toutes ces structures patriotiques illustre la maturité politique atteinte à Kaolack et la détermination commune à faire du Pôle Centre un laboratoire de la nouvelle gouvernance prônée par le couple présidentiel.

Cette alliance stratégique ouvre ainsi une nouvelle page du développement du Sine-Saloum, fondée sur la complémentarité des actions et l’unité des forces vives.

Mise en accusation de Macky Sall : Le Pastef passe à l’attaque à l’Assemblée nationale

Le projet de résolution visant la mise en accusation de l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de justice entre dans une nouvelle phase. Le texte, déposé par le député Guy Marius Sagna, figure désormais à l’ordre du jour de la session parlementaire en cours. L’information a été confirmée par Mohamed Ayib Daffé, président du groupe parlementaire de la majorité Pastef, lors d’un entretien accordé à Sud Quotidien.

Selon le responsable parlementaire, le document suit son parcours normal au sein de l’Assemblée nationale. « Ce projet de résolution a été déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale. Normalement, il devra être examiné au cours de cette session », a déclaré Mohamed Ayib Daffé. Il a toutefois tenu à rappeler que le processus comporte plusieurs étapes préalables, conformément au règlement intérieur de l’institution.

En effet, avant toute délibération en plénière, le texte doit d’abord passer par la phase dite de “recevabilité”. Celle-ci est examinée par le bureau de l’Assemblée nationale, instance chargée de déterminer si la résolution remplit les conditions nécessaires pour être soumise à l’appréciation des députés. « Conformément au règlement intérieur, toute résolution doit d’abord franchir l’étape de la recevabilité avant d’être soumise à la plénière. Cette recevabilité est appréciée par le bureau de l’Assemblée, qui devra donc l’examiner durant cette session », a précisé M. Daffé.

Face aux interrogations sur un possible ralentissement de la procédure, le président du groupe parlementaire de la majorité a tenu à dissiper toute inquiétude. « Il n’y a ni lenteur ni crainte. La procédure suit son cours normal. Il ne s’agit pas de se précipiter ou de faire du sensationnalisme, mais de respecter scrupuleusement les textes régissant la Haute Cour de justice », a-t-il insisté.

Mohamed Ayib Daffé a également rappelé que, contrairement à la précédente législature, la Haute Cour de justice est désormais installée sous la quinzième législature, présidée par El Malick Ndiaye. Cette instance, qui a compétence pour juger les membres du gouvernement et le président de la République pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions, constitue un instrument clé dans la lutte contre l’impunité et le renforcement de la gouvernance démocratique.

Pour le député, cette procédure ne doit pas être perçue comme une manœuvre politique, mais comme une exigence de transparence et de redevabilité. Il souligne que la démarche s’inscrit dans une dynamique plus large de réformes institutionnelles engagées par le régime du président Bassirou Diomaye Faye. « La Haute Cour de justice est aujourd’hui un cadre légal et rigoureux, garantissant une gestion juste et responsable des affaires publiques », a-t-il conclu.

Assemblée nationale : une nouvelle session placée sous le signe des réformes et du dialogue démocratique

L’Assemblée nationale du Sénégal a officiellement ouvert, ce mercredi, sa session ordinaire unique pour l’année 2025-2026. Présidant la cérémonie d’ouverture, le président de l’institution, El Malick Ndiaye, a placé cette session sous le sceau de la “consolidation des acquis et de l’approfondissement des réformes institutionnelles”. Dans son discours, il a affirmé que cette nouvelle étape parlementaire sera “celle du dialogue, de l’innovation et de l’espoir démocratique”.

El Malick Ndiaye a présenté un programme ambitieux pour l’année législative, axé sur la modernisation et la transparence de l’institution. Parmi les grandes priorités, figurent le lancement imminent de la chaîne de télévision parlementaire, la validation du plan stratégique 2025-2029 et la mise en place d’un manuel de procédures administratives, financières et comptables. Ces initiatives, selon lui, traduisent la volonté du Parlement d’améliorer sa gouvernance interne et de renforcer sa proximité avec les citoyens.

Le président de l’Assemblée a également annoncé la finalisation du processus de transformation numérique de l’institution. Cette réforme inclut la création d’une plateforme électronique sécurisée visant à fluidifier les échanges entre le Parlement et l’exécutif, ainsi qu’à favoriser un dialogue citoyen plus ouvert et participatif. “Notre ambition est de faire du Parlement une institution moderne, accessible et ancrée dans la réalité numérique de notre temps”, a-t-il déclaré.

Revenant sur le bilan de la précédente session, El Malick Ndiaye a salué le travail accompli par les députés de la 15e législature, installée en décembre 2024. Durant cette période, 21 lois ont été adoptées, 478 questions écrites ont été adressées au gouvernement et deux séances de questions d’actualité ont été tenues. Il a également souligné le sérieux et l’assiduité des élus, avec un taux de présence de 85 % en commission et de 74 % en plénière.

Parmi les réalisations majeures de cette législature, le président du Parlement a mis en lumière les quatre lois votées en août 2025, qualifiées de “tournant décisif dans la gouvernance publique”. Il s’agit de la loi portant création de l’OFNAC, de celle sur la déclaration obligatoire de patrimoine, de la loi relative à la protection des lanceurs d’alerte et de celle sur l’accès à l’information publique. “Ces réformes traduisent notre engagement collectif à renforcer la transparence et à promouvoir une gouvernance éthique et responsable”, a insisté El Malick Ndiaye.

Enfin, le président de l’Assemblée a salué la relance de la diplomatie parlementaire sénégalaise. Il a cité notamment la visite du président de l’Assemblée nationale du Vietnam et la signature d’accords bilatéraux avec plusieurs partenaires internationaux. Pour El Malick Ndiaye, cette dynamique “illustre la place grandissante du Sénégal sur la scène parlementaire mondiale et sa volonté de bâtir des ponts de coopération solides avec les institutions sœurs”.

Cette nouvelle session s’ouvre ainsi sous le signe d’une gouvernance parlementaire renouvelée, portée par l’ambition d’un Parlement plus moderne, plus transparent et plus à l’écoute des citoyens.

Abass Fall renforce la coopération internationale de Dakar à la 105e réunion de l’AIMF à Rabat

Le maire de la Ville de Dakar, Abass Fall, a pris part à la 105e réunion du Bureau de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), qui s’est tenue à Rabat. Cette rencontre de haut niveau, qui réunit les premiers édiles des grandes villes francophones du monde, a permis d’aborder des sujets majeurs relatifs à la coopération décentralisée, au développement urbain durable et à la solidarité entre cités francophones.

Selon une publication de la Mairie de Dakar sur sa page Facebook, cette réunion a offert un cadre privilégié d’échanges entre le maire Abass Fall et ses homologues des villes partenaires avec lesquelles la capitale sénégalaise a déjà signé des conventions de coopération. Les discussions ont porté sur les défis communs auxquels sont confrontées les grandes métropoles, mais aussi sur les opportunités de collaboration à venir, dans des domaines tels que la gestion urbaine, la mobilité, l’environnement et la culture.

En marge des travaux, le maire Abass Fall a eu un entretien avec Mme Anne Hidalgo, maire de Paris et présidente de l’AIMF, en présence de ses équipes. Cette rencontre a été l’occasion d’aborder plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment les préparatifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Les deux responsables ont évoqué les perspectives de coopération entre Paris et Dakar dans le cadre de cet événement mondial, qui constitue une opportunité unique de rayonnement pour la capitale sénégalaise.

Le maire de Dakar a profité de cette tribune internationale pour inviter ses homologues francophones à se rendre à Dakar à l’occasion des JOJ 2026, afin de partager ce moment historique et renforcer les liens de fraternité entre les villes membres de l’AIMF.

Aliou Sall et son épouse obtiennent une liberté provisoire après le paiement d’une caution de 240 millions FCFA

Après plusieurs jours de garde à vue à la Division des investigations criminelles (DIC), Aliou Sall, frère de l’ancien président Macky Sall et ex-maire de Guédiawaye, ainsi que son épouse Aïssata Sall, ont recouvré la liberté ce lundi 13 octobre. Le couple a bénéficié d’une liberté provisoire accordée par la justice, après le versement d’une caution solidaire de 240 millions de francs CFA à la Caisse des Dépôts et Consignations.

Leur interpellation, survenue le 10 octobre, s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Celle-ci évoque des transactions financières jugées suspectes liées à l’acquisition d’un terrain situé aux Almadies par leur société civile immobilière (SCI), dont Aliou Sall détient 99 % du capital.

Deux mouvements financiers sont au cœur de l’enquête. Le premier, d’un montant de 170 millions de francs CFA, aurait été versé dans le cadre d’un partenariat conclu avec la société Sertem. Le second, estimé à 70 millions, correspondrait selon les déclarations du couple à un prêt personnel déjà remboursé. Ces opérations ont toutefois éveillé les soupçons de la CENTIF, qui y voit des indices possibles de blanchiment de capitaux.

Les avocats du couple Sall rejettent catégoriquement ces accusations. Ils assurent que toutes les transactions incriminées sont légales, transparentes et dûment justifiées, précisant qu’elles n’ont aucun lien avec d’autres dossiers évoqués dans le passé, notamment l’affaire Petrotim.

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux après sa libération, Aliou Sall a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers tous ceux qui lui ont apporté soutien et réconfort durant cette épreuve. « Nous ne trouvons pas les mots assez forts pour remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour nous soutenir », a-t-il écrit. Il a notamment salué la mobilisation spontanée des populations de Guédiawaye, venues manifester leur solidarité devant les locaux de la DIC et du pool judiciaire financier.

L’ancien maire a également adressé ses remerciements aux grandes familles religieuses du pays, mentionnant particulièrement Tivaouane, Touba, Mbour, Médina Baye, Médina Gounass, Ndiassane, la famille Omarienne, le Fouta et Noubahiya en Mauritanie, pour leurs prières et marques d’affection.

Aliou Sall n’a pas manqué de témoigner sa reconnaissance à ses proches : « Mon frère Aziz surtout, mes enfants et mon épouse Bousso ont été particulièrement engagés à nos côtés », a-t-il déclaré. Il a aussi eu une pensée pour son frère, l’ancien président Macky Sall, qu’il a remercié pour son soutien, ainsi que pour son ami Iba Faye, évoquant avec émotion « ses petits déjeuners fraternels empreints de bienveillance ».

Dakar : Amsatou Sow Sidibé plaide pour une application des lois « dans le respect des droits de l’homme »

La directrice générale de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Amsatou Sow Sidibé, a rappelé lundi à Dakar l’importance du respect des normes relatives aux droits humains dans les interventions des forces de l’ordre. Elle présidait l’ouverture d’un atelier de formation des formateurs de la police sur les droits de l’homme et la protection des enfants, une initiative qui s’inscrit dans la volonté de renforcer les capacités des agents de sécurité sur les principes fondamentaux du respect de la dignité humaine.

Dans son discours, Mme Sidibé a insisté sur la nécessité, pour les forces de sécurité, d’apporter des réponses « à la fois efficaces et respectueuses des droits fondamentaux de la personne humaine ». Elle a souligné que le recours à la force « ne peut se faire que de manière proportionnée et uniquement lorsque cela se justifie », rappelant que toutes les interventions policières doivent être conformes aux normes internationales, régionales et nationales en matière de droits de l’homme.

Pour la directrice de la CNDH, la confiance entre la population et la police constitue un pilier essentiel du maintien de la paix sociale et de la cohésion nationale. Elle a ainsi salué le rôle déterminant des formateurs dans ce processus, estimant qu’ils sont « essentiels pour préparer un personnel de police accompli, alliant compétence professionnelle et respect des droits fondamentaux ».

Mme Sidibé a également précisé que ce programme de formation ne se limite pas à la police : « Nous formons aujourd’hui la police, demain la gendarmerie, ensuite les forces militaires », a-t-elle déclaré. La CNDH, selon elle, assure un suivi rigoureux et une évaluation des compétences acquises à l’issue des formations, et n’hésite pas à formuler des recommandations aux autorités, y compris au président de la République, en cas de manquements observés.

La responsable de la CNDH a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une meilleure protection des enfants, estimant qu’ils « constituent la catégorie de personnes qui souffrent le plus des violations de leurs droits ». Elle a exhorté la police à jouer un rôle central dans la prévention des violences faites aux enfants et dans la lutte contre l’errance des mineurs dans les rues.

Exclusivité: Nouvelle responsabilité: « Nous avons déposé pour avoir notre parti politique » Salam DJIBA.

Dans une interview accordée à ledakarois.sn ,Salam DJIBA nous a fait savoir que « Nouvelle responsabilité » de Amadou BA a déjà deposer depuis le 05 juin pour avoir son parti politique légalement constitué. Suivez l’ intégralité de l’Emission Li Ci Ndakaru ce mardi à 16h.

Exclusivité: Nouvelle responsabilité: "Nous avons déposé pour avoir notre parti politique" Djiba

Santé préoccupante de Farba Ngom : ses avocats alertent sur un risque de « mort subite » et dénoncent l’inaction de la justice

Les avocats chargés de la défense du député Farba Ngom sont montés au créneau ce lundi pour dénoncer la lenteur de la procédure judiciaire et l’état de santé alarmant de leur client. Lors d’un point de presse, Me Baboucar Cissé, membre du collectif de défense, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation du parlementaire, incarcéré depuis le 27 février dernier dans le cadre d’une affaire instruite par le Pôle Judiciaire Financier.

Selon Me Cissé, depuis plus de sept mois, ni Farba Ngom ni son co-accusé, Tahirou Sarr, n’ont été entendus par les juges d’instruction. Une situation qu’il juge « incompréhensible et injustifiable » au regard des principes fondamentaux du droit à un procès équitable. « Depuis leur placement sous mandat de dépôt, aucune audition n’a été tenue. C’est un silence inexplicable de la part des juges », a-t-il déclaré, regrettant ce qu’il considère comme une forme d’abandon judiciaire.

Mais c’est surtout la santé du député de la majorité présidentielle qui suscite la plus grande inquiétude. Me Baboucar Cissé a évoqué un état médical « très préoccupant », confirmé, selon lui, par plusieurs expertises indépendantes. « Ce qui est grave, c’est que Farba, gravement malade, est toujours en détention alors que tous les médecins qui ont été saisis concernant une expertise médicale sur son état de santé ont confirmé la gravité de la situation », a-t-il déploré.

L’avocat parle d’une véritable urgence humanitaire et met en garde contre les conséquences dramatiques d’un maintien en détention. « Farba risque une mort subite », a-t-il averti, soulignant que le Code de procédure pénale prévoit des mesures alternatives à la détention pour les personnes dont l’état de santé est incompatible avec l’incarcération.

« Il faut donner mainlevée du mandat de dépôt. La loi le permet, mais on ferme les yeux. C’est dommage et dangereux », a insisté Me Cissé, qui appelle les autorités judiciaires à agir « avant qu’il ne soit trop tard ».

L’avocat a conclu en invitant les juges d’instruction du Pôle Financier à reprendre le dossier en main, à auditionner les mis en cause et à privilégier une approche humaine et conforme au droit. « La justice ne doit pas être un instrument de souffrance. Elle doit protéger, même lorsqu’elle juge », a-t-il conclu, appelant à une décision urgente en faveur de la santé de Farba Ngom.

Scandale des 8 milliards de Bakel : Gueum Sa Bopp annonce une plainte contre Ousmane Sonko et plusieurs ministres

L’affaire des huit (8) milliards de francs CFA destinés aux sinistrés des inondations à Bakel prend une tournure judiciaire. Le Mouvement Gueum Sa Bopp, dirigé par Bougane Gueye Dany, a annoncé son intention de porter plainte contre plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre Ousmane Sonko. Une initiative qui risque de secouer davantage l’exécutif, déjà confronté à une série de polémiques sur la gestion des fonds publics.

Dans un communiqué rendu public ce lundi, le mouvement politique a indiqué vouloir « que toute la lumière soit faite » sur la gestion de cette enveloppe financière promise par l’État pour venir en aide aux populations sinistrées par les débordements du fleuve Sénégal. Sont notamment cités dans la plainte le Premier ministre Ousmane Sonko, le ministre des Finances, la ministre de la Solidarité nationale ainsi que Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de la Prévention.

Ce dernier avait récemment affirmé que les fonds avaient été transférés par voie électronique aux populations concernées. Mais ces propos ont été contredits par Cheikhna Camara, maire de la commune de Ballou, qui soutient que « ses administrés n’ont rien reçu ». Cette contradiction a mis le feu aux poudres, suscitant l’indignation de nombreux observateurs et acteurs politiques.

Face à ce qu’il qualifie de « confusion entretenue autour d’une question aussi sensible », le mouvement Gueum Sa Bopp compte saisir la justice dès la semaine prochaine afin de déterminer la vérité sur l’utilisation effective des 8 milliards de francs CFA. « Le peuple sénégalais a droit à la vérité », martèle le communiqué signé par les Jambaars du mouvement, qui dénoncent une opacité totale dans la gestion des fonds destinés aux sinistrés.

Pour rappel, le gouvernement sénégalais avait annoncé il y a quelques semaines le décaissement de 8 milliards de francs CFA pour soutenir les populations affectées par les crues du fleuve Sénégal, une promesse réitérée publiquement par Ousmane Sonko sur sa page Facebook officielle. Cependant, sur le terrain, les témoignages recueillis brossent un tout autre tableau.

Dans plusieurs localités de la région, notamment Ballou, Aroundou, Yafera, Golmy et Kounghani, les habitants vivent dans une détresse totale. Des dizaines de maisons ont été englouties par les eaux, et aucune aide gouvernementale n’est encore arrivée, selon les élus locaux. « C’est la solidarité familiale qui nous sauve pour le moment », confie, amer, le maire de Ballou, qui appelle l’État à passer des promesses aux actes.

Alors que de nouveaux lâchers d’eau sont annoncés dans les prochains jours, la situation risque de s’aggraver pour les populations déjà sinistrées. Sur fond de souffrance humaine, la polémique autour des 8 milliards de Bakel enfle, plaçant le gouvernement face à un double défi : apporter une réponse d’urgence aux sinistrés et prouver la transparence dans la gestion des fonds publics.

Verdict attendu pour Aliou Sall et son épouse : le couple joue son avenir judiciaire ce lundi

C’est un jour décisif pour Aliou Sall et son épouse, Aïssata Sall. Après plusieurs jours de garde à vue à la Division des Investigations Criminelles (DIC), le couple saura ce lundi si sa proposition de caution sera acceptée ou non par le Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Poursuivis pour association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux présumé, les deux mis en cause espèrent recouvrer la liberté en versant une caution de 240 millions de francs CFA.

Cette somme correspond au montant total des fonds qui ont éveillé les soupçons de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Selon les éléments de l’enquête, ces transactions sont liées à l’achat d’un terrain de 1000 m² situé aux Almadies, un quartier huppé de Dakar. C’est précisément autour de ces mouvements financiers, jugés suspects par les enquêteurs, que s’articule la procédure judiciaire engagée contre le couple.

Les avocats d’Aliou Sall, dont Me El Hadji Diouf, contestent fermement les faits reprochés à leurs clients. Ils soutiennent que les fonds en question ont une origine licite et que les transactions ont été effectuées en toute transparence, sans intention de dissimulation ni de blanchiment. Toutefois, les autorités judiciaires semblent déterminées à aller au bout de l’enquête pour éclaircir l’origine des sommes et leur utilisation réelle.

Selon des informations rapportées par L’Observateur dans son édition de samedi, Aliou Sall et son épouse pourraient être inculpés et placés sous contrôle judiciaire, avec une interdiction de quitter le territoire national. Cette mesure viserait à garantir leur disponibilité pour la suite de la procédure, tout en évitant une détention prolongée.

Par ailleurs, d’autres personnalités apparaissent dans ce dossier. Les hommes d’affaires Amadou Loum Diagne et Mbaye Faye, cités par les enquêteurs, devraient également être entendus dans les prochains jours. Leurs auditions pourraient permettre de mieux comprendre les circuits financiers mis en place et de déterminer les responsabilités de chacun.

Dette « cachée » : l’APR exige la publication de rapports et fixe un ultimatum d’une semaine aux autorités

Face à la dégradation continue de la situation des finances publiques, marquée par un troisième abaissement de la note souveraine du Sénégal, l’Alliance Pour la République (APR) hausse le ton. Le Secrétariat Exécutif National (SEN) du parti, réuni en session ordinaire, a réagi avec fermeté en exigeant la publication de plusieurs documents officiels relatifs à la gestion de la dette publique, couvrant la période 2019-2023.

Cette réaction fait suite aux correspondances adressées par les avocats de l’ancien président Macky Sall, dans un contexte où le débat public est dominé par la question d’une supposée « dette cachée ». Le SEN estime que la transparence doit prévaloir pour lever toute ambiguïté sur la situation réelle des finances de l’État.

Dans cette optique, l’APR demande la publication intégrale du rapport sur la situation des finances publiques établi par l’Inspection Générale des Finances, couvrant la période de 2019 au 31 mars 2024. Le parti réclame également la mise à disposition du rapport provisoire de la Chambre des Affaires Budgétaires et Financières de la Cour des Comptes, du rapport d’audit de la dette publique réalisé par le cabinet international Forvis-Mazars, ainsi que du dernier bulletin de statistique sur la dette publique, dont la version la plus récente remonte à juin 2024.

Pour l’APR, ces documents constituent la clé d’une compréhension claire et objective de la situation financière du pays. Le SEN fixe ainsi un ultimatum d’une semaine aux autorités compétentes pour les rendre publics. Passé ce délai, le parti promet de passer à l’action.

En effet, l’APR annonce qu’elle engagera, en concertation avec d’autres forces politiques et citoyennes, des actions d’envergure afin d’obtenir la mise à disposition de ces informations au bénéfice du peuple sénégalais. L’objectif affiché est de garantir la transparence totale dans la gestion des deniers publics et de combattre toute tentative de manipulation de l’opinion.

Réaffirmant son attachement indéfectible à la vérité et à la bonne gouvernance, le parti de l’ancien chef de l’État dénonce ce qu’il qualifie de « campagne de désinformation » visant à ternir l’héritage économique de Macky Sall. L’APR prévient qu’elle ira jusqu’au bout pour, selon ses termes, « mettre à nu le mensonge et la manipulation dont le seul objectif est de jeter le discrédit sur le legs glorieux du Président Macky Sall ».

Thierno Lô charge le gouvernement : « Cette conférence de presse n’était pas une initiative du gouvernement »

L’ancien ministre du Tourisme et président de l’Alliance pour la Paix et le Développement (APD), Thierno Lô, n’a pas mâché ses mots à l’encontre du gouvernement. Invité de l’émission Face au jury sur PressAfrikTv ce dimanche 12 octobre, il est longuement revenu sur la conférence de presse tenue par le gouvernement vendredi dernier, qu’il a jugée « défaillante sur la forme comme sur le fond ». Selon lui, l’exercice de communication a davantage illustré une « fuite de responsabilité » qu’une réelle volonté d’informer ou de rendre compte aux Sénégalais.

Dès l’entame de son intervention, Thierno Lô a mis en doute la légitimité même de cette rencontre. « Ce qui s’est passé n’était pas une rencontre du gouvernement », a-t-il tranché. L’ancien ministre a rappelé que l’État sénégalais est régi par une organisation bien définie et que, dans l’absence du Premier ministre, Ousmane Sonko, c’est au Secrétaire général du gouvernement, Boubacar Camara, de prendre la relève pour présider une telle réunion. Pour lui, le non-respect de cette hiérarchie démontre une forme d’improvisation et de désordre institutionnel.

Thierno Lô s’est également étonné de certaines absences qu’il a jugées « inexplicables ». Il a particulièrement ciblé le ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, au centre de vives polémiques après les récents déguerpissements menés dans la capitale. « Comment comprendre son absence dans un moment aussi sensible ? », s’est-il interrogé. Le président de l’APD a aussi pointé du doigt le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, dont la présence aurait été, selon lui, « indispensable », alors que le pays fait face à la propagation de maladies telles que le Mpox et la fièvre de la Vallée du Rift. Thierno Lô a exhorté le Premier ministre à demander des comptes à ces « ministres fuyants », s’il est effectivement à l’origine de cette conférence.

Sur le format, l’ancien ministre a dénoncé un exercice « sans âme ni originalité », qu’il a assimilé à un « copier-coller contre-productif ». Selon lui, le gouvernement semble reproduire des modèles de communication déjà usés, sans innovation ni impact réel. « Nos autorités doivent arrêter de copier ou de faire les mêmes choses. Le pays pédale dans la choucroute. On n’avance pas, parce que les meilleures réponses et la meilleure communication qu’il faut apporter, ce sont des problèmes de mise en œuvre », a-t-il soutenu.

Au-delà de la forme, c’est aussi le contenu des interventions qui a déçu Thierno Lô. À propos du secteur de l’éducation, il a estimé que les promesses et déclarations du ministre concerné manquaient de substance. « Le ministre n’avait pas besoin de venir nous dire ce qu’il compte faire. Les actions sont les plus importantes », a-t-il insisté. Sur la question des inondations, l’ancien ministre s’est montré encore plus sévère. « Qu’est-ce que le ministre peut dire aux Sénégalais au moment où ces derniers pataugent dans les eaux, où dorment sous la belle étoile ? La réponse, c’était de le voir sur le terrain en train de soulager les populations avec des motos-pompes », a-t-il fustigé.

Les dysfonctionnements observés lors de la conférence ont, selon lui, fini de décrédibiliser l’événement. Il a cité en exemple le départ précipité du ministre de l’Hydraulique, Cheikh Tidiane Dièye, à peine dix minutes après son intervention, ainsi que l’absence remarquée de plusieurs membres du gouvernement. « Cette rencontre n’est pas une initiative du gouvernement », a-t-il conclu avec un ton empreint de scepticisme.

Seydi Gassama appelle le Sénégal à rompre avec la dépendance aux institutions financières internationales et à miser sur ses propres forces pour se développer

Le Représentant d’Amnesty International au Sénégal, Seydi Gassama, a livré une réflexion approfondie et critique sur le rôle des institutions financières internationales dans le développement des pays africains. Dans une publication largement commentée sur ses réseaux sociaux, il a remis en question l’efficacité des organismes tels que Moody’s ou le Fonds monétaire international (FMI), estimant qu’ils « n’ont jamais développé un pays ». Selon lui, il est temps pour le Sénégal de rompre avec une dépendance excessive à ces institutions et de s’appuyer sur ses propres forces pour bâtir un développement durable et endogène.

Seydi Gassama appelle à une véritable refondation des politiques économiques nationales, loin du « bricolage » qui, selon lui, a longtemps caractérisé la gestion du pays. Il plaide pour une approche structurée, planifiée et ambitieuse, fondée sur les atouts réels du Sénégal. Parmi ces atouts, il met particulièrement en avant le potentiel agricole des régions du fleuve Sénégal. Cette zone, affirme-t-il, dispose de ressources hydriques et de terres arables capables d’assurer l’autosuffisance alimentaire du pays si elles étaient pleinement valorisées. Cependant, il déplore une sous-exploitation chronique de ces richesses, conséquence d’un manque de vision stratégique et de politiques agricoles cohérentes.

Dans le même esprit, le défenseur des droits humains s’interroge sur la pertinence et l’impact des investissements publics réalisés dans certaines régions du pays. Il cite notamment les barrages de Guidel et d’Affignam, construits en Casamance à grands frais, mais dont les bénéfices concrets pour les populations restent difficiles à percevoir. Pour lui, ces projets symbolisent une gestion économique marquée par le gaspillage et l’absence d’évaluation rigoureuse des retombées sociales et productives des dépenses publiques.

Seydi Gassama évoque également la question cruciale des ressources pétrolières et gazières, que le Sénégal s’apprête à exploiter. Il met en garde contre la tentation de la rente et exhorte les autorités à orienter les revenus issus de ces ressources vers des investissements structurants, en particulier dans le domaine de l’éducation. À ses yeux, le véritable moteur du progrès se trouve dans la formation d’une jeunesse compétente, innovante et techniquement qualifiée. Il estime qu’une partie substantielle des recettes pétrolières devrait être consacrée à la mise en place d’un système éducatif performant, capable de former chaque année des milliers d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens dans les domaines scientifiques et technologiques. C’est, selon lui, le socle sur lequel reposent les grandes nations modernes, à l’image des États-Unis dont les avancées reposent largement sur la maîtrise du savoir et de la science.

Enfin, Seydi Gassama rappelle que tout effort de développement reste vain sans la préservation de la paix et de la stabilité. Il appelle à un engagement ferme contre la corruption et le détournement des fonds publics, qu’il considère comme des fléaux minant la confiance des citoyens et bloquant le progrès social. Pour lui, la bonne gouvernance, la transparence et la justice doivent être les piliers d’un nouveau modèle de développement national.

Dans sa conclusion, il résume sa pensée par une formule forte, empreinte de lucidité et de patriotisme : le Sénégal doit cesser de compter sur des institutions étrangères pour se développer et se mettre enfin au travail, avec rigueur et responsabilité, pour bâtir lui-même son avenir.

Conférence gouvernementale « Kaddu » : un rendez-vous marqué par les absences et les couacs organisationnels

Selon les informations rapportées par L’As, la conférence de presse gouvernementale baptisée « Kaddu » s’est tenue hier au Building administratif dans une atmosphère pour le moins particulière. Prévue comme un moment fort de communication entre le gouvernement et la presse, cette rencontre a finalement été marquée par une série d’imprévus et d’absences notables qui ont suscité de vives interrogations.

Initialement, le dispositif devait rassembler plusieurs membres clés du gouvernement. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, celui de l’Hydraulique et de l’Assainissement, ainsi que le ministre de l’Éducation nationale devaient accompagner la secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement. Cette composition n’était pas anodine : elle répondait à une actualité brûlante dominée par les opérations de déguerpissement en cours à Dakar et dans plusieurs régions, les inondations persistantes dans certaines zones du pays, ainsi que la rentrée scolaire récemment entamée.

Mais, à la grande surprise des journalistes présents, ce dispositif soigneusement annoncé n’a pas été respecté. Le ministre de l’Assainissement, Bamba Cissé, était absent, retenu à Saly où il participait à un atelier consacré à la réforme des pôles-territoires en compagnie de Moussa Bala Fofana. Une absence certes justifiée, mais regrettée, car elle privait la conférence de l’un des principaux acteurs sur la question cruciale des inondations. Plus surprenant encore, le ministre de l’Énergie, Cheikh Tidiane Dièye, a quitté la salle après seulement dix minutes, évoquant un déplacement urgent à l’étranger.

Ces désistements de dernière minute ont donné à la rencontre un air d’improvisation. Pour plusieurs observateurs cités par L’As, ces couacs traduisent un manque de coordination et une organisation encore perfectible. Malgré la volonté affichée du gouvernement de renforcer sa communication publique, cette édition de « Kaddu » laisse l’impression d’un exercice mal préparé, sans véritable cohérence d’ensemble.

La déception était également palpable du côté des journalistes. Nombre d’entre eux ont exprimé leur frustration face à l’absence de réponses concrètes sur les sujets les plus sensibles du moment. Les questions portant sur les opérations de déguerpissement, la situation sécuritaire ou encore la crise sanitaire ont, selon eux, reçu des réponses partielles ou évasives. L’absence du ministre de la Santé a particulièrement été regrettée, alors même que la Fièvre de la Vallée du Rift et le Mpox continuent de se propager dans certaines régions du pays.

Face à ce contexte difficile, la porte-parole du gouvernement a tenté de sauver l’exercice en répondant du mieux possible aux interrogations des journalistes. Toutefois, selon L’As, ses interventions se sont limitées à des éléments de langage soigneusement préparés par ses conseillers, sans véritable ouverture au débat ou à la spontanéité.

Affaire de blanchiment de capitaux : Aliou Sall et son épouse placés en garde à vue

L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, frère cadet de l’ancien président Macky Sall, a été placé en garde à vue ce jeudi, en même temps que son épouse, à l’issue d’une longue audition à la Division des Investigations Criminelles (DIC). Cette décision intervient sur instruction du président du collège des juges d’instruction du Pôle Judiciaire Financier (PJF), dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) pour des faits présumés de blanchiment de capitaux.

Selon des sources proches du dossier, la CENTIF aurait relevé des mouvements financiers suspects liés à une société immobilière appartenant au couple Sall, ce qui a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire. Les enquêteurs de la DIC ont longuement entendu les deux mis en cause avant de décider de leur placement en garde à vue, mesure qui devrait précéder leur présentation devant le juge d’instruction.

Du côté de la défense, la réaction ne s’est pas fait attendre. L’avocat du couple, Me El Hadj Diouf, a vivement dénoncé une démarche qu’il juge « politique » et motivée par un « acharnement » contre la famille de l’ancien chef de l’État. « La loi du plus fort est toujours la meilleure. Faute d’avoir mis la main sur le président Macky Sall, on s’acharne aujourd’hui sur son jeune frère qui n’a rien fait », a-t-il déclaré à la presse, fustigeant une procédure qu’il qualifie de « déplorable » et « contraire à l’esprit de justice ».

L’avocat estime que le placement en garde à vue d’Aliou Sall et de son épouse « fait désordre », d’autant que, selon lui, toutes les preuves justifiant la légalité des opérations financières ont été fournies aux enquêteurs. « Ce pays est une démocratie consacrée et respectée. Mais elle est en train de craqueler », a-t-il ajouté, appelant au respect de la liberté des citoyens et à la fin des pratiques qu’il juge arbitraires.

Concernant les transactions immobilières au cœur du dossier, la défense a tenu à clarifier plusieurs points. Devant les enquêteurs, Aliou Sall a expliqué avoir créé une société immobilière avec son épouse, dans laquelle il détient 99 % du capital contre 1 % pour cette dernière. Il a confié la gérance de la société à sa femme, affirmant ne pas avoir le temps nécessaire pour assurer cette fonction lui-même.

Selon Me El Hadj Diouf, toutes les opérations effectuées dans le cadre de cette société étaient « régulières, normales et légales ». Il a ajouté que les documents comptables et bancaires ont été présentés aux enquêteurs de la DIC pour prouver la transparence des activités du couple.

Gestion des inondations : Cheikh Tidiane Dièye mise sur l’anticipation et la résilience climatique

Ce vendredi, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a présenté les grandes orientations du gouvernement dans la gestion des inondations au Sénégal, lors de la conférence de presse gouvernementale “Káddu” tenue au Building administratif de Dakar. Devant la presse, le ministre a exposé une vision tournée vers la prévention, l’innovation technologique et la durabilité des infrastructures.

D’emblée, Cheikh Tidiane Dièye a insisté sur la nécessité de renforcer le maillage territorial en équipements météorologiques et hydrologiques, notamment à travers l’installation de radars et de stations automatiques. Ces outils, selon lui, permettront une meilleure anticipation des phénomènes pluvieux et une réponse plus rapide sur le terrain. Dans le même esprit, il a annoncé la pérennisation du système d’alerte et de communication basé sur la technologie et la participation citoyenne, un dispositif déjà expérimenté avec succès dans plusieurs localités.

Le ministre a également rassuré sur l’avancement et l’achèvement des grands chantiers structurants engagés dans plusieurs villes, notamment Touba, Tivaouane, Kaolack et Rufisque. Ces projets, a-t-il précisé, constituent des maillons essentiels dans la politique nationale de drainage et de gestion durable des eaux pluviales. En parallèle, un Plan d’entretien permanent des ouvrages de drainage et de pompage sera mis en œuvre afin d’assurer la durabilité des infrastructures et d’éviter les dégradations récurrentes observées après chaque hivernage.

Par ailleurs, Cheikh Tidiane Dièye a annoncé une réforme importante dans le domaine de l’aménagement urbain. Dorénavant, le paramètre d’altitude, désigné sous la lettre « Z », sera intégré dans toutes les opérations de lotissement et d’autorisation de construire. Cette mesure vise à prévenir les constructions dans les zones basses et à réduire considérablement les risques d’inondation dans les nouvelles zones d’habitation.

« Le Sénégal passe d’une logique de réaction à une logique d’anticipation, et la résilience climatique devient un pilier de la politique publique », a-t-il affirmé, soulignant la volonté du gouvernement de rompre avec les réponses d’urgence pour adopter une approche de long terme.

Abordant les perspectives économiques et environnementales, le ministre a mis en avant des projets innovants fondés sur des solutions naturelles. « Nous allons transformer les défis en opportunités. Nous avons des projets basés sur la nature. Avec la vallée du Sine, nous pouvons créer des lacs artificiels. Et toujours avec Touba et Tivaouane, il est envisagé des activités de pêche et d’élevage avec les opérations hivernales de drainage », a-t-il expliqué.

Cette conférence de presse s’est tenue en présence de la secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des Relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, Marie Rose Khady Fatou Faye, du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, ainsi que d’autres membres du gouvernement.

Guem Sa Bopp charge le régime Pastef : « Ceux qui promettaient la rupture ont fini par livrer l’improvisation »

Le ton est tombé, sans détour ni détour. Le Mouvement Guem Sa Bopp (GSB), dirigé par Bougane Gueye Dany, a tiré à boulets rouges sur le régime en place. Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 10 octobre 2025, le mouvement a livré une analyse acerbe de la gouvernance actuelle du Pastef, accusé de trahir les espoirs d’un peuple qui attendait la rupture et le changement.

Le communiqué, largement commenté sur les réseaux sociaux, aborde plusieurs secteurs clés de la vie nationale, de l’administration à la justice, en passant par l’économie et la gestion des fonds publics. Bougane Gueye Dany et ses camarades n’ont pas mâché leurs mots : pour eux, « le pays est aujourd’hui gouverné par la peur, la vengeance et le favoritisme », une situation qu’ils jugent incompatible avec les principes de justice et d’équité brandis durant la campagne présidentielle.

Concernant la gestion des 8 milliards de francs CFA destinés à la lutte contre la montée des eaux à Bakel, Guem Sa Bopp dénonce une opacité inquiétante et appelle à un audit complet des fonds alloués. Le mouvement évoque également la persistance des inondations et la multiplication des opérations de déguerpissement, qui selon lui, frappent les couches les plus vulnérables sans solutions alternatives durables.

Sur le plan économique, Bougane Gueye Dany fustige ce qu’il qualifie d’« improvisation » dans la gestion des affaires publiques, soulignant l’absence de vision claire et de plan structuré pour relancer la production nationale, soutenir les entreprises locales et créer des emplois pour les jeunes. « Ceux qui promettaient la rupture ont fini par livrer l’improvisation », martèle-t-il, dénonçant des décisions prises « dans la précipitation et sans concertation ».

Le leader de Guem Sa Bopp estime enfin que la justice reste instrumentalisée, et que la gouvernance actuelle se caractérise davantage par des règlements de comptes politiques que par une volonté réelle de réforme.

En conclusion, le mouvement appelle les Sénégalais à rester vigilants et à ne pas se laisser détourner de l’essentiel : la défense des libertés, la transparence dans la gestion publique et le respect des promesses faites au peuple. Pour Bougane Gueye Dany, il est temps de « remettre le pays sur les rails de la cohérence, de la compétence et du courage politique ».

Condamnation d’Amadou Cissé alias « Gaindé Macky Bou Goor » : six mois de prison avec sursis pour discours contraire aux bonnes mœurs

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict ce vendredi dans l’affaire opposant le ministère public au commerçant Amadou Cissé, plus connu sous le surnom de « Gaindé Macky Bou Goor ». Âgé de 57 ans, le prévenu a été reconnu coupable de discours contraire aux bonnes mœurs et condamné à six mois de prison avec sursis, assortis d’une amende de 100 000 F CFA.

Les faits remontent à la diffusion sur les réseaux sociaux d’un enregistrement sonore dans lequel Amadou Cissé tenait des propos injurieux visant la ville sainte de Touba et l’autoroute Ila Touba. Ces paroles, jugées offensantes et irrespectueuses, avaient suscité une vive indignation dans l’opinion publique et conduit à son arrestation.

Lors de son passage à la barre, le commerçant n’a pas tenté de nier les faits. D’un ton empreint de regret, il a reconnu avoir tenu les propos incriminés et a présenté ses excuses au tribunal ainsi qu’à toutes les personnes et institutions offensées par ses paroles.

Ses avocats, Maîtres Bamba Fall, Ousmane Diagne et Abdoulaye Sène, ont plaidé pour la clémence, soulignant la sincérité des regrets exprimés par leur client et l’absence d’antécédents judiciaires. Selon la défense, Amadou Cissé aurait agi sous le coup de la colère et sans mesurer la portée de ses propos.

De son côté, le représentant du ministère public a insisté sur la gravité des faits. Il a rappelé que les propos de l’accusé visaient des symboles respectés et avaient un potentiel de trouble à l’ordre public. Après avoir fait écouter l’enregistrement à la cour, le procureur a requis six mois de prison ferme et une amende de 500 000 F CFA, estimant que de telles dérives ne devaient pas rester impunies.

À l’issue des débats, le tribunal a finalement opté pour une peine avec sursis, prenant en compte les excuses du prévenu et les arguments de la défense. Amadou Cissé échappe ainsi à la prison ferme, mais devra s’acquitter d’une amende de 100 000 F CFA.

Mandat rouge, riposte bleue : la défense de Madiambal Diagne contre-attaque Interpol

Le feuilleton judiciaire impliquant Madiambal Diagne vient de franchir une nouvelle étape, désormais portée sur le terrain international. Selon des informations publiées par L’Observateur, la défense du journaliste et patron du groupe Avenir Communication a officiellement saisi Interpol pour demander la suspension et l’annulation de la notice rouge émise à la demande de l’État du Sénégal. Cette notice, diffusée le 26 septembre dernier, fait suite au mandat d’arrêt international lancé contre le journaliste, soupçonné d’infractions financières.

L’affaire prend une tournure particulièrement tendue depuis les événements survenus dans la nuit du 23 septembre 2025. Ce soir-là, Madiambal Diagne, sur le point d’embarquer pour Paris à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), a été intercepté par des éléments de la police et empêché de quitter le territoire. Quelques jours plus tard, des sources policières annonçaient que le journaliste avait réussi à quitter le Sénégal de manière irrégulière, avant même que le mandat d’arrêt international ne soit officiellement signé.

Face à cette situation, son équipe de défense a décidé de contre-attaquer sur le plan juridique. Un collectif composé d’avocats sénégalais et français, parmi lesquels Me El Hadji Amadou Sall, Me Baboucar Cissé, Me Dior Diagne, Me Antoine Mbengue, Me Ousmane Thiam, Me Pape Stoe, Me Arona Basse, Me Ramatoulaye Bâ ainsi que le cabinet William Bourdon & Associés, a entrepris une démarche auprès d’Interpol. Dans un communiqué rendu public, ils annoncent avoir saisi l’organisation internationale afin de suspendre la notice rouge et d’en obtenir purement et simplement l’annulation.

Les conseils du journaliste estiment que la procédure engagée par les autorités sénégalaises repose sur des motivations politiques. « Cette notice rouge est le prolongement d’une instrumentalisation de la justice à des fins de persécution politique. Il s’agit d’une manœuvre visant à réduire au silence une voix critique du pouvoir », soutient le collectif dans un ton particulièrement ferme. Selon eux, « le caractère politique de cette affaire saute aux yeux de tous ».

Les avocats contestent notamment les fondements du dossier, qu’ils jugent « juridiquement fragiles et procéduralement viciés ». Ils mettent en cause un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), à l’origine des poursuites, qu’ils qualifient de « document unilatéral, non contradictoire et dénué de valeur probante ». Pour la défense, ce rapport ne saurait justifier une telle procédure pénale, encore moins un mandat d’arrêt international.

L’affaire a pris un tournant encore plus dramatique lorsque, le 29 septembre 2025, le doyen des juges du Pool judiciaire financier a ordonné la mise sous mandat de dépôt de l’épouse de Madiambal Diagne, Mabintou Diaby, ainsi que de leurs deux fils, Serigne Saliou et Mohamed Diagne. Tous trois sont poursuivis dans le même dossier, dans le cadre d’une délégation judiciaire instruite par la Brigade antiterroriste (BAT) de la Division des Investigations Criminelles (DIC). Les avocats dénoncent une procédure « précipitée » et « injustifiée », rappelant que Serigne Saliou Diagne ne figurait même pas dans le réquisitoire initial du parquet.

Pour le collectif, cette série d’arrestations illustre une volonté manifeste de harcèlement judiciaire. Ils y voient une tentative de déstabilisation visant à faire pression sur Madiambal Diagne, dont les positions publiques et éditoriales ont souvent suscité la controverse. « Madiambal Diagne a toujours assumé sa proximité avec l’ancien président Macky Sall. Il n’a jamais caché ses opinions, même lorsqu’elles étaient impopulaires. Son franc-parler dérange. C’est ce qui explique la chasse à l’homme dont il est victime », affirment-ils.

Cette bataille judiciaire à double front — nationale et internationale — ouvre un nouvel épisode d’un bras de fer tendu entre un journaliste influent et l’appareil d’État. Alors que la justice sénégalaise poursuit son instruction, la défense de Madiambal Diagne entend faire de la scène internationale le terrain de sa riposte, espérant qu’Interpol reconnaîtra le caractère politique du dossier et annulera la notice rouge.

Tourisme et patrimoine créatif : levier de développement économique

Le Premier Ministre a affirmé que le tourisme sera érigé en levier stratégique de croissance économique et de création d’emplois. La Zone touristique intégrée (ZTI) de Pointe Sarène constituera une destination balnéaire moderne et durable.

Il a insisté sur la valorisation du patrimoine immatériel et des industries culturelles et créatives, en particulier l’artisanat, et a demandé à ce que les produits locaux soient intégrés dans les achats publics, les événements officiels et l’aménagement des espaces administratifs. Les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 seront également utilisés comme un vecteur de rayonnement international du Sénégal.

Transformation de l’enseignement supérieur et de la recherche : un enjeu national

Le Président a réaffirmé l’importance stratégique de l’enseignement supérieur, moteur de la modernisation et de la transformation du Sénégal. Il a demandé au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de finaliser le Plan d’actions prioritaires 2026-2028 issu des concertations de l’Agenda national de Transformation du Secteur.

Le Premier Ministre est chargé de superviser l’exécution de ces projets prioritaires. Cette initiative vise à mobiliser les ressources nécessaires pour renforcer la compétitivité du secteur et soutenir l’innovation, tout en consolidant les capacités nationales en matière d’enseignement supérieur.

Pilotage optimal des politiques publiques au cœur du Conseil

Le Président de la République a rappelé que l’Agenda national de Transformation se décline à travers les Lettres de Politique Sectorielle de Développement (LPSD), qui doivent être exhaustives et cohérentes dans le cadre du système national de planification.

Il a instruit tous les ministres et secrétaires d’État de prendre les mesures nécessaires, sous la supervision du Premier Ministre, pour signer dans les meilleurs délais les LPSD validées de chaque département ministériel. Cette démarche vise à garantir un pilotage stratégique et une coordination efficace entre les différents ministères, afin d’assurer la mise en œuvre optimale des politiques publiques et la transformation structurelle du pays.

Le Président Faye appelle à un nouveau paradigme pour l’attractivité économique

Le jeudi 9 octobre 2025, le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé un Conseil des Ministres exceptionnel. Lors de sa communication, il est revenu sur la 2ᵉ édition du Forum Invest in Sénégal, tenue les 7 et 8 octobre 2025 sous le thème « Connecter les opportunités, bâtir l’avenir ».

Le Chef de l’État a remercié l’ensemble des participants et partenaires pour leur mobilisation et a félicité le Premier Ministre et les services de l’État, avec une mention spéciale à l’APIX, pour l’organisation de l’événement. Il a demandé la concrétisation rapide des engagements pris lors de la signature des accords d’investissement et de partenariat, afin d’assurer la réalisation effective des projets sectoriels co-validés.

Le Président a également insisté sur l’importance d’accélérer la digitalisation des services publics et de mettre en œuvre toutes les réformes recommandées pour améliorer l’attractivité du Sénégal et faciliter l’investissement direct étranger. Il a souligné la nécessité de mobiliser toutes les administrations publiques et le secteur parapublic pour adopter un nouveau rythme dans l’accompagnement des projets privés et des partenariats public-privé.

Le Mouvement des Sénégalais Démocrates lance une pétition nationale pour réclamer la démission d’Ousmane Sonko

Le climat politique sénégalais continue de se tendre. Le Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD), une plateforme citoyenne d’opposition, a annoncé le lancement officiel d’une vaste campagne nationale et digitale visant à recueillir un million de signatures pour exiger la démission du Premier ministre Ousmane Sonko. Placée sous le mot d’ordre « Sonko dégage », cette initiative se veut, selon ses initiateurs, une riposte citoyenne face à ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire et de crise sans précédent » que traverserait le pays sous la gouvernance actuelle.

Dans un communiqué transmis à PressAfrik, le MSD estime que l’actuel chef du gouvernement a « plongé le pays dans une crise politique, économique, sociale et institutionnelle sans précédent ». Les responsables du mouvement accusent Ousmane Sonko de vouloir instaurer un parti-État, en confisquant les institutions publiques au profit de son camp politique et en « muselant toute voix discordante ». Selon eux, la gouvernance du Premier ministre aurait conduit à une dégradation généralisée du climat social, avec des tensions croissantes dans plusieurs secteurs, notamment celui de l’éducation.

Le mouvement évoque une situation préoccupante marquée par la multiplication des grèves et des blocages syndicaux, menaçant, d’après le communiqué, « une année blanche catastrophique pour l’avenir de la jeunesse sénégalaise ». Sur le plan économique, le MSD dresse un tableau sombre : il dénonce « l’effondrement de l’économie nationale », la raréfaction des investissements, « l’arrêt des chantiers publics » et la perte de milliers d’emplois.

Le mouvement reproche également à Ousmane Sonko ses déclarations récentes sur les supposées « dettes cachées » de l’État, qu’il juge « irresponsables et dommageables pour la crédibilité financière du pays ». Selon le texte, ces propos auraient fragilisé la confiance des investisseurs et alimenté une instabilité économique déjà préoccupante.

Sur le plan institutionnel, le MSD accuse le Premier ministre de politiser l’administration publique, en citant l’exclusion présumée de certaines familles des programmes de bourses de sécurité familiale et des licenciements jugés politiquement motivés. Le mouvement l’accuse également d’instrumentaliser la justice à des fins de règlement de comptes politiques, contribuant à installer un climat de peur et de division dans le pays.

« Le Sénégal, terre de démocratie, de dialogue et de justice, ne peut être dirigé par un homme qui fait de la haine et de la revanche politique son programme de gouvernement », déclare le manifeste du MSD. Dans un ton résolument militant, le texte appelle les citoyens, aussi bien au Sénégal que dans la diaspora, à « se lever pour défendre la République, la démocratie, l’État de droit et les libertés individuelles ».

Le mouvement invite ainsi chaque Sénégalais à signer la pétition pour exiger la démission immédiate d’Ousmane Sonko, dans le but, selon ses initiateurs, de « redonner au peuple sénégalais sa dignité, sa voix et son avenir ». Tout en affirmant le caractère pacifique et citoyen de leur démarche, les responsables du MSD disent vouloir « bâtir un Sénégal de paix, de démocratie et de développement durable ».

Fadilou Keïta promet des poursuites contre Macky Sall pour haute trahison dans l’affaire ArcelorMittal

Le ton est monté d’un cran dans le débat politique autour de la reddition des comptes. Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Fadilou Keïta, a tenu des propos particulièrement virulents à l’encontre de l’ancien président de la République, Macky Sall. Selon le responsable de Pastef, la justice sénégalaise finira par mettre la main sur l’ex-chef de l’État dans le cadre du dossier ArcelorMittal, qu’il qualifie de compromettant.

En marge du procès des militants de son parti, Lamegnou Darou et Boy Dakar, renvoyé au 15 octobre, Fadilou Keïta a affirmé, devant la presse, que l’affaire ArcelorMittal « pourrait bien être le dossier de la haute trahison pour Macky Sall ». Il soutient avoir consulté les documents relatifs à ce contentieux industriel entre l’État du Sénégal et la multinationale, et affirme que la responsabilité personnelle de l’ancien président y est clairement établie. « C’est un dossier qu’on a vu de nos propres yeux ; il y a son engagement, sa signature. Donc, on le poursuivra pour haute trahison et on l’arrêtera », a-t-il déclaré sans détour.

Le patron de la CDC va plus loin en assurant que ce dossier hante encore Macky Sall. « Il a dit à ses partisans que c’est le seul dossier pour lequel on peut le poursuivre pour haute trahison et l’emprisonner », rapporte Fadilou Keïta, qui affirme que l’ancien président vit dans la crainte de voir ce chapitre ressurgir devant les tribunaux.

Réagissant à la récente sortie de Macky Sall sur la « dette cachée », dans laquelle l’ancien chef de l’État déclare assumer pleinement ses actes de gestion, Fadilou Keïta reste sceptique. Pour lui, ces déclarations ne sont qu’une tentative de diversion. « Maintenant, il dit qu’il assume tout ce qui s’est passé. Mais non, il n’assume rien », martèle-t-il, avant de lancer un défi à son adversaire politique : « S’il assume, qu’il revienne au Sénégal. Il a des biens ici, des amis, des parents, mais il n’ose pas venir. »

Ces propos interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques et judiciaires entre l’actuel pouvoir et les figures de l’ancien régime. Le dossier ArcelorMittal, longtemps resté sensible, semble redevenir une arme politique de premier plan, d’autant que les nouvelles autorités ont promis de faire toute la lumière sur la gestion des ressources publiques et les contrats miniers signés sous Macky Sall.

Alors que l’ancien président tente de reprendre la parole dans le débat national à travers des interventions écrites, notamment sur la question de la dette publique, ses détracteurs, au premier rang desquels les responsables de Pastef, multiplient les attaques. Pour Fadilou Keïta, la justice devra aller jusqu’au bout et tirer toutes les conséquences des « fautes graves » qu’il impute à Macky Sall.

Affaire Farba Ngom : la Chambre d’accusation financière confirme le refus de mise en liberté mais ordonne son transfert à l’hôpital

La Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a rendu, ce mercredi 8 octobre 2025, sa décision dans l’affaire opposant Mouhamadou dit Farba Ngom au ministère public, à la suite du refus de mainlevée de son mandat de dépôt. Cette audience, très attendue, faisait suite aux recours introduits par les avocats du maire des Agnam, actuellement placé sous mandat de dépôt dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour des faits présumés de détournement de fonds publics.

En statuant, la Chambre du conseil de la juridiction a d’abord décidé de joindre les deux procédures pendantes, estimant qu’elles concernaient des faits connexes. Les juges ont ensuite déclaré recevables les appels formulés par la défense de l’ex-député et proche collaborateur de l’ancien président Macky Sall.

Sur le fond, la Cour a confirmé les ordonnances attaquées, notamment celles ayant rejeté les demandes de mise en liberté provisoire introduites par les conseils de Farba Ngom. En d’autres termes, la juridiction d’appel a validé la position du juge d’instruction, estimant qu’aucun élément nouveau ne justifiait pour le moment une remise en liberté de l’intéressé.

Toutefois, la Chambre d’accusation n’a pas suivi entièrement le premier juge. Prenant en compte les arguments de la défense relatifs à l’état de santé de l’accusé, elle a décidé de réformer partiellement les décisions antérieures. Ainsi, la Cour a ordonné le transfèrement de Farba Ngom dans un centre hospitalier afin qu’il y reçoive des soins appropriés à sa condition médicale.

Cette décision marque une évolution notable dans le traitement du dossier, même si elle ne change pas la situation juridique de fond de l’accusé, qui demeure détenu. Selon des sources judiciaires, la défense envisage désormais de poursuivre ses démarches en vue d’obtenir, à terme, une liberté provisoire pour raisons médicales.

Rappelons que Farba Ngom, figure politique influente de la région de Matam et ancien député de la majorité présidentielle, est poursuivi dans le cadre d’une enquête menée par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) et la justice financière. Son arrestation avait suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique, notamment parmi ses anciens partisans de l’Alliance pour la République (APR).

Fadilou Keïta charge l’ancien président Macky Sall : « Il sera poursuivi pour haute trahison dans le dossier Arcelor Mittal »

Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Fadilou Keïta, n’a pas mâché ses mots. En marge du procès des militants de Pastef poursuivis pour propos outrageants à l’encontre de l’ancien chef de l’État — audience finalement renvoyée —, le responsable du parti au pouvoir a lancé de graves accusations contre Macky Sall. Selon lui, l’ancien président « sera poursuivi pour haute trahison » dans le cadre du dossier Arcelor Mittal, un scandale financier qui continue de hanter la mémoire économique du Sénégal.

« Macky Sall est mouillé dans cette affaire, sa responsabilité est totalement engagée », a affirmé Fadilou Keïta, avant d’ajouter que si l’ex-chef de l’État « assume vraiment son passif comme il le prétend, il doit revenir au pays pour répondre devant la justice ». Le ton est ferme et sans équivoque : pour le patron de la CDC, la reddition des comptes ne saurait s’arrêter aux seconds rôles de l’ancien régime, mais doit remonter jusqu’à son sommet.

Plus d’une décennie après les faits, le dossier Arcelor Mittal refait surface, alimentant un climat politique déjà tendu. Tout est parti d’un accord conclu entre l’État du Sénégal et la multinationale Arcelor Mittal à la suite de la résiliation d’un contrat d’exploitation du fer de Falémé. L’entreprise devait initialement verser des compensations financières à hauteur de plus de 2 000 milliards de francs CFA pour réparer le préjudice causé au pays. Pourtant, l’État s’est contenté d’un montant d’environ 100 milliards de francs CFA à l’issue d’un compromis qualifié de « secret » et jugé contraire aux intérêts nationaux.

Les révélations autour de ce règlement à l’amiable continuent de susciter la controverse. En 2014, alors ministre délégué au Budget, Birima Mangara aurait pris l’initiative de saisir un tribunal arbitral pour demander le retrait d’une procédure engagée contre la société Arcelor Mittal. Une démarche qui, selon plusieurs observateurs, ne relevait pas de ses prérogatives, mais de celles de l’agent judiciaire de l’État. L’accord aurait donc été signé à l’insu de ce dernier, soulevant des soupçons de collusion et de compromission.

Récemment, deux figures de l’ancien régime — Aly Ngouille Ndiaye et Birima Mangara — ont été entendues dans le cadre de la réouverture du dossier. Cette reprise de l’enquête semble marquer une nouvelle étape dans la volonté affichée du pouvoir actuel de faire toute la lumière sur les scandales de gestion du passé. Et les propos du directeur général de la CDC viennent enfoncer le clou : pour lui, Macky Sall devra répondre personnellement des décisions prises sous son magistère.

Pape Malick Ndour défend la portée stratégique d’un accord avec le FMI après les propos d’Ousmane Sonko

L’ancien ministre Pape Malick Ndour est sorti de sa réserve pour répondre fermement aux récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, lesquelles minimisaient le rôle d’un accord de 1,8 milliard de dollars conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) dans la résolution des difficultés budgétaires du Sénégal. Dans une intervention au ton appuyé, Ndour a tenu à rappeler que la nature d’un partenariat avec l’institution de Bretton Woods dépasse largement la seule dimension financière d’un décaissement.

« Dites à votre Premier ministre qu’un accord avec le FMI, ce n’est pas seulement un décaissement de 1,8 milliard de dollars ni une simple ligne de crédit », a déclaré Pape Malick Ndour. Pour l’ex-ministre, un programme signé avec le FMI constitue avant tout un label de crédibilité internationale et une reconnaissance de la solidité du cadre macroéconomique du pays. Cette validation, a-t-il insisté, joue un rôle déterminant dans la perception des investisseurs et des marchés financiers à l’échelle mondiale.

Ndour a détaillé les effets que, selon lui, engendre la présence du FMI dans le dispositif économique d’un pays : stabilité budgétaire renforcée, confiance accrue des marchés et facilitation de la mobilisation d’autres partenaires internationaux. « Ce que le FMI valide, le monde économique y croit », a-t-il affirmé, soulignant que la signature du Sénégal reste, selon lui, parmi les plus crédibles du continent grâce à de telles validations externes.

Rappelant certaines pratiques du passé, l’ancien ministre a également évoqué des programmes souscrits durant la présidence de Macky Sall qui, même « sans décaissement », avaient une importance capitale. Ces instruments, a-t-il expliqué, servent à renforcer la transparence des comptes publics et à consolider la confiance entre l’État et ses bailleurs, bien au-delà du seul apport de liquidités.

Adoptant un ton plus incisif, Pape Malick Ndour a lancé un avertissement à l’adresse de ceux qui considèrent possible de se passer de la communauté financière internationale : « Si vous estimez pouvoir vous passer de la communauté financière internationale, allons-y sans le FMI… et on verra les conséquences ! » Par cette mise en garde, il invite implicitement à mesurer les risques macroéconomiques et diplomatiques d’un isolement financier.

La sortie de Ndour intervient dans un contexte où le débat sur la meilleure stratégie pour traiter les déficits publics et relancer la croissance nationale reste au cœur des préoccupations politiques et économiques. En mettant l’accent sur la dimension symbolique et structurante des accords internationaux, l’ex-ministre cherche à recentrer la discussion sur les bénéfices non immédiatement quantifiables mais stratégiques d’un soutien extérieur.

Salimata Dieng limogée de la Présidence après un post critique sur la gestion du pouvoir par le PASTEF

Adjointe secrétaire générale nationale de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS) et figure montante du parti au pouvoir, Salimata Dieng a été démise de ses fonctions de chargée de mission à la Présidence de la République. Cette décision, selon plusieurs sources, découle directement d’une publication sur Facebook jugée critique à l’égard du gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko.

Dans son message, largement relayé sur les réseaux sociaux, la jeune responsable n’a pas mâché ses mots. Dénonçant un « laxisme grandissant » et une « accumulation de mauvais choix », elle déplore une perte de dynamisme au sein du parti PASTEF, jadis symbole d’énergie militante et de rigueur politique.

« Depuis l’accession de notre parti au pouvoir, un constat amer s’impose : un laxisme grandissant s’installe au cœur de PASTEF », écrit-elle d’entrée. Salimata Dieng estime que le parti, autrefois « le plus dynamique du Sénégal et de l’Afrique », est en train de perdre ce qui faisait sa force : ses militants, sa jeunesse et ses sympathisants. Selon elle, plusieurs signaux inquiétants témoignent d’une dérive interne : des ex-détenus « mal accompagnés et oubliés », des militants compétents laissés en marge et une jeunesse « cantonnée à des titres honorifiques sans missions réelles ni formation ».

La militante fustige également le manque de rigueur dans la désignation de certains responsables. À ses yeux, il est incohérent de confier des structures censées promouvoir la jeunesse à des cadres âgés, coupés des réalités de cette frange de la population. Elle cite notamment l’exemple de la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER), qu’elle estime devoir être dirigée par une équipe jeune et innovante.

S’appuyant sur une citation de l’économiste américain Joseph Stiglitz, elle avertit que ce ne sont pas les conspirations qui détruisent les nations, mais bien « l’accumulation de mauvais choix et d’injustices petites et grandes ». Dans cette logique, Salimata Dieng appelle à « corriger la trajectoire » et à mettre en œuvre une politique « cohérente et inclusive » pour redresser le pays tout en renforçant la cohésion interne du parti.

La jeune responsable s’en prend ensuite au fonctionnement interne du PASTEF, qu’elle juge défaillant. Elle décrit un « bureau politique aphone » et un parti reposant presque exclusivement sur son président, Ousmane Sonko, « réduit à prendre seul toutes les initiatives ». Selon elle, seule la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS) demeure véritablement active, continuant d’animer le débat malgré des moyens limités.

Salimata Dieng rend hommage aux jeunes militants mobilisés sur le terrain, de Goudiry à Saint-Louis, en passant par Dakar, Thiès et Kaolack, qu’elle considère comme « les véritables porteurs du flambeau patriotique ». Elle estime que d’ici 2027, cette jeunesse sera « plus légitime que bien des ministres ou directeurs généraux actuels, souvent imbus d’eux-mêmes et enclins aux calculs politiciens ».

Elle rappelle que, dès les premiers mois d’exercice du pouvoir, la JPS avait soumis un plan stratégique comprenant quatre programmes et quatorze projets destinés à soutenir la politique gouvernementale. Mais, selon elle, quinze mois plus tard, cette initiative est restée sans suite. « Pendant ce temps, artistes, organisateurs de campagne et influenceurs ont été reçus et valorisés. Nous respectons leur apport, mais qu’en est-il des militants de l’ombre ? », s’interroge-t-elle.

En conclusion, Salimata Dieng réaffirme son attachement à l’idéal patriotique du PASTEF tout en rappelant l’importance de la jeunesse dans la consolidation du projet politique. Citant le penseur Elvis Adjahoungba, elle conclut : « La jeunesse représente le pilier de toute nation. Elle doit voir en chaque opportunité un challenge et une chance de démontrer son potentiel et son engagement. »

Dette cachée ou chasse aux sorcières ? Macky Sall sort l’artillerie juridique pour laver son honneur

L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, refuse de voir son héritage économique écorné par les accusations persistantes de falsification des chiffres de la dette publique. Face à une polémique grandissante qui menace de ternir plus d’une décennie de gouvernance, l’ex-chef de l’État a décidé de prendre les devants. Selon des informations exclusives rapportées par L’Observateur, il a enclenché une riposte juridique d’envergure, déterminé à défendre la transparence de sa gestion et à rétablir la vérité sur la situation des finances publiques à la fin de son mandat.

Le 7 octobre 2025 marque un tournant dans cette affaire. Macky Sall, par le biais de son avocat français Me Pierre-Olivier Sur, a adressé deux courriers officiels à des institutions centrales du dispositif de contrôle financier : le ministère des Finances et du Budget, dirigé par Cheikh Diba, et la Cour des comptes, présidée par Mamadou Faye. Dans ces correspondances, l’ancien président réclame la transmission intégrale du rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), document stratégique remis à la Cour des comptes le 18 septembre 2024. Ce rapport, qui couvre la période allant de 2019 au 31 mars 2024, serait censé fournir une évaluation précise de la situation de la dette publique et des engagements financiers de l’État. Or, selon Macky Sall, il n’a jamais été publié ni communiqué aux anciens responsables concernés, ce qui constitue une entorse grave au principe du contradictoire, fondement de toute procédure équitable.

Cette requête s’inscrit dans une stratégie assumée : faire toute la lumière sur la gestion de la dette sénégalaise et démentir les allégations d’irrégularités véhiculées dans l’espace public. D’après L’Observateur, Macky Sall aurait mobilisé plusieurs cabinets d’avocats, aussi bien au Sénégal qu’à l’international, ainsi que des experts financiers indépendants. Leur mission est de conduire une contre-expertise rigoureuse du rapport de la Cour des comptes et de produire une lecture alternative des chiffres, afin d’établir une vérité fondée sur des faits et des données vérifiables.

Dans le courrier adressé au ministre des Finances, Me Pierre-Olivier Sur souligne le déséquilibre procédural dont son client se dit victime : « Le rapport n’ayant pas été communiqué aux responsables concernés, il n’a pu faire l’objet d’un échange ou d’une confrontation des points de vue. » Cette phrase, d’apparence technique, résume pourtant l’enjeu fondamental de la démarche : restaurer la transparence et le droit à la défense dans une affaire devenue hautement politique.

Plus offensive encore, la lettre envoyée au président de la Cour des comptes prend des allures d’interpellation institutionnelle. Macky Sall y demande à Mamadou Faye de certifier la régularité du processus d’audit ayant conduit au rapport incriminé, et de garantir la fiabilité des méthodes utilisées. L’ancien président rappelle que l’examen des finances publiques pendant son magistère s’est toujours déroulé dans le respect du cadre légal, des règles de contrôle interne et externe, et sous la supervision d’institutions nationales et internationales. Il affirme que toute autre lecture serait une manipulation politique visant à dénaturer son bilan économique.

Au-delà des aspects techniques, cette offensive juridique s’inscrit dans une stratégie globale de communication et de préservation de la postérité. Macky Sall, dont le nom reste associé à d’importants projets d’infrastructures, à la mise en œuvre du Plan Sénégal Émergent (PSE) et à une diplomatie économique proactive, entend éviter que la notion de « dette cachée » ne devienne l’étiquette de son héritage. En choisissant de répondre par le droit et la transparence, il espère retourner à son avantage une polémique que ses adversaires politiques exploitent déjà comme un argument de démolition.

Un proche de l’ancien président confie à L’Observateur que cette initiative marque une volonté claire de défendre un bilan que Macky Sall juge solide et cohérent : « Il ne veut pas que plus de dix ans de réformes et d’investissements structurants soient salis par des chiffres manipulés ou des interprétations biaisées. » Pour lui, il s’agit moins d’une bataille judiciaire que d’un combat pour la vérité historique.

À travers cette contre-offensive, Macky Sall tente donc de reprendre la main sur un débat explosif où se croisent enjeux politiques, institutionnels et symboliques. Si ses adversaires parlent de « dette cachée », lui y voit une « chasse aux sorcières ». Une chose est sûre : la bataille de la dette, désormais portée sur le terrain du droit, pourrait bien redessiner les contours de l’héritage économique et politique de l’ancien président du Sénégal.

Sénégal – La Présidence met fin aux fonctions de Salimata Dieng après un post critique sur la gestion de la jeunesse du Pastef

Selon des informations rapportées par Seneweb, la Présidence de la République du Sénégal a mis fin aux fonctions de Salimata Dieng, chargée de mission et secrétaire générale nationale de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS), à la suite d’une publication jugée critique à l’égard de la gestion des jeunes au sein du parti Pastef et de l’appareil d’État.

Membre active du Pastef et figure montante de la jeunesse militante, Salimata Dieng s’était fait remarquer lors des dernières élections législatives, où elle figurait à la 30ᵉ place sur la liste nationale du parti. Elle faisait partie des jeunes cadres nommés à la Présidence par décret du chef de l’État, selon la même source.

Tout est parti d’un texte qu’elle a publié récemment sur les réseaux sociaux, intitulé « Pastef entre négligence de la jeunesse et oubli de certains militants… ». Dans cette publication, la militante appelait à une plus grande implication de la jeunesse dans la gestion des affaires publiques et dénonçait un manque de considération envers de nombreux jeunes militants. Elle plaidait également pour une meilleure intégration de la relève dans les instances décisionnelles, estimant que certains engagements de départ semblaient avoir été oubliés.

Le message, largement relayé et commenté, a rapidement suscité des remous internes, aussi bien à la Présidence qu’au sein du parti au pouvoir. Face à la polémique, une réunion urgente des chargés de mission aurait été convoquée pour discuter de la situation et de l’attitude à adopter.

D’après Seneweb, ces tensions auraient débouché sur la signature d’un arrêté présidentiel mettant discrètement fin aux fonctions de Salimata Dieng. Bien qu’aucune annonce officielle n’ait encore été faite, la nouvelle de son limogeage circule déjà dans les cercles politiques et alimente un débat interne au sein de la JPS, où la désormais ex-chargée de mission était considérée comme une voix influente et respectée.

La décision n’a pas manqué de provoquer des réactions. Parmi les premières à s’exprimer, celle du militant Ousmane Sow, membre du Pastef, qui s’est dit consterné par la mesure. Selon lui, « Salimata Dieng n’a fait qu’exprimer, avec courage, un appel à la cohérence et à la fidélité aux idéaux du parti ». Il juge inquiétant qu’une militante soit sanctionnée pour avoir exprimé une opinion critique, estimant que cela traduit un glissement dangereux vers le silence et la peur au sein du mouvement.

« Le Pastef a été fondé sur la liberté de penser et le courage de dire la vérité, non sur l’obéissance aveugle », a-t-il rappelé, tout en réaffirmant son soutien total à Salimata Dieng. Pour Ousmane Sow, la loyauté véritable consiste à rester fidèle aux valeurs du parti et à l’esprit de rupture prôné par le président Ousmane Sonko, plutôt qu’à se taire face aux dérives internes.

L’Union des Panafricanistes Sénégalais dénonce le discours “humiliant” du Premier ministre Ousmane Sonko au Salon de l’Investissement

L’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) a exprimé une vive indignation à la suite du discours prononcé mardi 7 octobre 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko lors de la cérémonie officielle du Salon de l’Investissement FII Sénégal 2025, qui s’est tenue au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio. La manifestation a réuni, entre autres, le président de la République Bassirou Diomaye Faye et le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, et a été l’occasion de présenter les ambitions du Sénégal en matière d’investissement et de coopération régionale. Le communiqué de l’UPS, parvenu à Ledakarois, qualifie les propos du Premier ministre de “profondément inopportuns et humiliants”, considérant qu’ils portent atteinte à la dignité des institutions et ternissent l’image du Sénégal sur la scène internationale.

Au cours de son intervention, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité pour les dirigeants ouest-africains de faire preuve de courage politique, particulièrement sur les questions monétaires et économiques régionales. Il a affirmé que les réformes indispensables à la stabilité et à la prospérité de la région étaient connues depuis longtemps, mais qu’elles n’avaient jamais été mises en œuvre faute de volonté. Selon lui, il était urgent que les autorités assument pleinement leurs responsabilités et prennent les mesures nécessaires afin d’engager des transformations effectives. “Sans cela, elles continueront à gouverner sans jamais transformer”, a-t-il déclaré, appelant à une action décisive pour que les politiques adoptées produisent des résultats concrets pour les populations.

Pour l’UPS, ce ton et ces déclarations ont été perçus comme une atteinte à la dignité des chefs d’État présents, constituant une forme d’humiliation publique, d’autant plus qu’elles ont été prononcées devant deux présidents africains et de nombreux partenaires internationaux. Dans son communiqué, le mouvement souligne qu’un Premier ministre, quelle que soit sa popularité ou son influence, ne doit pas adopter un ton qui frôle le mépris envers le président de la République ou envers un chef d’État frère. Selon l’organisation, de tels propos fragilisent l’image diplomatique du Sénégal et portent atteinte aux symboles africains de solidarité, de cohésion et de respect mutuel entre dirigeants.

L’UPS a rappelé que le panafricanisme véritable repose sur le respect mutuel, l’humilité et la responsabilité, et qu’il ne peut s’exprimer par des critiques publiques ou des humiliations à l’égard des institutions et des chefs d’État africains. Le mouvement estime que la parole publique doit rester mesurée, surtout lorsqu’elle émane de représentants de l’État, qui ont la responsabilité de préserver la crédibilité et l’honneur des institutions qu’ils incarnent.

Dans sa déclaration, l’organisation appelle à un sursaut républicain et à un retour à la retenue dans l’expression des membres du gouvernement, en soulignant que la dignité des institutions nationales et africaines doit demeurer inviolable. L’UPS plaide pour un respect strict des codes diplomatiques et des conventions de courtoisie entre dirigeants africains afin de renforcer l’image du Sénégal et de promouvoir l’unité et la coopération panafricaine. Elle conclut en invitant l’État sénégalais à s’assurer que les interventions publiques, en particulier lors de rencontres internationales, respectent les principes de civilité et de responsabilité qui fondent la crédibilité et la réputation du pays sur le plan continental et international.

Affaire Madiambal Diagne : le journaliste persiste et accuse Me Ciré Clédor Ly de « chercher à noyer le poisson »

Le ton continue de monter entre le journaliste Madiambal Diagne et l’avocat Me Ciré Clédor Ly. Après de premières déclarations explosives dans lesquelles il affirmait être la cible d’une « opération de déstabilisation » orchestrée par des proches du pouvoir, Madiambal revient à la charge et met nommément en cause l’avocat.

Dans une nouvelle publication sur X (ancien Twitter), le patron du groupe Avenir Communication a accusé Me Ciré Clédor Ly de jouer un rôle actif dans ce qu’il considère comme une « machination politique ». « La situation n’est pas drôle, autrement je me serais amusé de la réponse de Me Ciré Clédor Ly qui cherche à noyer le poisson. Il ne peut pas nier son rôle », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « La question essentielle est d’assumer que ce dossier est pour déstabiliser et liquider des adversaires de Sonko. »

Ces propos font suite à la réponse de Me Ciré Clédor Ly, qui avait rejeté les accusations du journaliste, dénonçant des affirmations « fantaisistes et sans fondement ». L’avocat, connu pour sa défense de figures politiques comme Ousmane Sonko, avait soutenu que Madiambal cherchait à détourner l’attention de ses propres démêlés judiciaires.

Mais loin de désamorcer la polémique, la sortie de Me Ly semble avoir renforcé la détermination du journaliste. Pour Madiambal Diagne, il ne s’agit plus simplement d’une divergence d’interprétation, mais d’une entreprise visant à « salir et détruire » ses adversaires politiques à travers des canaux judiciaires et médiatiques.

Cette passe d’armes entre le journaliste et l’avocat intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par une série d’affaires judiciaires impliquant des acteurs politiques et médiatiques. En détention depuis mai 2024 pour diffusion de fausses nouvelles, offense au chef de l’État et apologie d’un crime ou délit, Madiambal Diagne se dit victime d’un « complot politique » mené, selon lui, par des soutiens du Premier ministre Ousmane Sonko.

Affaire Madiambal Diagne : le journaliste dénonce un « complot politique » orchestré par Ousmane Sonko et Me Ciré Clédor Ly

L’affaire impliquant le journaliste Madiambal Diagne vient de prendre un tournant retentissant, aux allures de bras de fer politique. Selon des révélations du journal L’Observateur, le patron du Groupe Avenir Communication accuse désormais ouvertement le président Ousmane Sonko et l’avocat Me Ciré Clédor Ly d’être à la manœuvre d’une vaste opération de déstabilisation visant à le « faire tomber ».

Dans un document rendu public et largement relayé par la presse, Madiambal Diagne dénonce ce qu’il qualifie de « chasse à l’homme » dirigée contre lui et sa famille. « Je produirai toutes les preuves attestant de la légalité de notre patrimoine. La chasse à l’homme contre ma famille et mes biens est un complot politique », écrit-il, affirmant être victime d’une cabale montée pour salir son image et briser sa carrière.

Le journaliste, connu pour ses positions tranchées et souvent critiques envers l’actuel régime, estime que cette affaire dépasse le simple cadre judiciaire. D’après lui, il s’agit d’une manœuvre politique savamment orchestrée pour réduire au silence les voix issues de l’ancien pouvoir ou celles considérées comme trop gênantes pour l’administration en place. « Cette offensive judiciaire n’a rien de fortuit. Elle relève d’une stratégie coordonnée pour affaiblir les journalistes critiques », soutient-il.

Madiambal Diagne met notamment en cause Me Ciré Clédor Ly, avocat réputé proche d’Ousmane Sonko, qu’il accuse de jouer un rôle central dans cette « entreprise de déstabilisation ». Selon lui, le fait que Me Ly soit également le conseil de la société Ellipse Projects, au cœur du dossier qui le vise, n’est pas une simple coïncidence. « Il s’agit d’une opération politique, destinée à abattre des journalistes jugés trop gênants », déclare-t-il dans le texte relayé par L’Observateur.

Face aux accusations de malversations et à la saisie de plusieurs de ses biens, Madiambal Diagne se défend fermement. Il rejette toute implication dans une quelconque irrégularité financière et se présente comme un citoyen respectueux des lois et des institutions. « Je n’ai signé aucun document de nature à me permettre d’obtenir une liberté provisoire. J’ai toujours servi mon pays dans la transparence », assure-t-il.

Dans son entourage, la thèse d’une « traque organisée » est également évoquée. Ses proches parlent d’une opération de harcèlement judiciaire et médiatique, mêlant règlements de comptes personnels et vengeance politique. Selon eux, le journaliste paierait aujourd’hui le prix de ses positions passées et de sa proximité avec certains responsables de l’ancien régime.

Mansour Faye signe son retour à la tête de la mairie de Saint-Louis avec une tournée de chantiers

Après quatre mois d’absence, le maire de Saint-Louis, Mansour Faye, a repris officiellement ses fonctions ce lundi, marquant son retour par une visite de terrain sur plusieurs chantiers municipaux en cours. À peine libéré, l’édile n’a pas tardé à renouer avec ses activités, donnant ainsi le ton d’une reprise qu’il veut placée sous le signe de la continuité et de l’efficacité.

Accompagné de ses collaborateurs et de plusieurs responsables techniques, Mansour Faye a parcouru différents sites stratégiques de la ville tricentenaire, réaffirmant sa détermination à poursuivre les projets de développement engagés avant son absence. « C’est une reprise normale après quatre mois d’absence. La commune a continué de fonctionner et plusieurs projets ont bien avancé », a-t-il déclaré, visiblement satisfait de l’état d’avancement des travaux.

La première étape de cette tournée l’a conduit à l’école Fandiéry Koné, récemment reconstruite, ainsi que dans d’autres établissements scolaires réhabilités dans le cadre du Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (Pacasen). Ces investissements, selon le maire, s’inscrivent dans une stratégie globale d’amélioration des infrastructures éducatives afin d’offrir aux élèves un cadre d’apprentissage moderne et adapté.

Le maire de Saint-Louis a ensuite visité le stade Maradouane, un autre chantier emblématique de la commune. Plus de 350 millions de francs CFA y ont été investis pour la réfection complète de la pelouse et la modernisation des installations sportives. Ce projet, a souligné Mansour Faye, vise à redonner au sport saint-louisien toute sa vitalité et à permettre aux jeunes de s’épanouir dans des conditions optimales.

Autre moment fort de la journée, la visite des chantiers de la Place Baya Ndar, de l’avenue Jean Mermoz et du village artisanal. Ces sites font partie d’un vaste programme de développement urbain et touristique financé à hauteur de 2,5 milliards de francs CFA. L’objectif de ces aménagements est clair : renforcer l’attractivité de Saint-Louis, valoriser son patrimoine historique et dynamiser son économie locale à travers le tourisme et l’artisanat.

Mansour Faye a également profité de cette sortie pour interpeller l’État sur l’urgence d’accélérer la mise en œuvre de plusieurs projets structurants, notamment l’assainissement de Pikine, le programme Promoville et la construction de l’hôpital Alioune Badara Cissé. « Ces infrastructures sont essentielles pour améliorer durablement les conditions de vie des habitants », a-t-il martelé, appelant à une synergie entre la municipalité et les autorités nationales pour concrétiser ces ambitions.

En reprenant ainsi les rênes de la mairie avec une activité intense dès son premier jour, Mansour Faye veut manifestement montrer qu’il reste aux commandes et que le développement de Saint-Louis demeure sa priorité. Son retour pourrait marquer une nouvelle phase dans la mise en œuvre des grands projets de la ville, entre continuité administrative et volonté affirmée de rattraper le temps perdu.

Pape Malick Ndour entendu par la Section de recherches dans l’enquête sur les violences politiques de 2021-2023

Convoqué ce lundi à la Section de recherches de Colobane, l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a été entendu dans le cadre de l’enquête portant sur les violences politiques survenues entre 2021 et 2023, lesquelles ont fait près de 80 morts selon les chiffres officiels. L’audition, qui a duré environ une heure, s’inscrit dans le vaste processus judiciaire engagé pour faire la lumière sur ces événements marquants de la vie politique sénégalaise.

Selon des informations rapportées par Seneweb, l’échange entre les enquêteurs et l’ancien ministre a été marqué par un ton calme mais ferme de la part de ce dernier, qui a contesté tout lien direct avec les faits en question.

Dès l’ouverture de l’audition, un enquêteur lui a demandé s’il avait connaissance des dénonciations le visant dans le cadre des événements de 2021 à 2023. Pape Malick Ndour a répondu : « Tout ce que j’en sais, c’est ce que la presse a raconté. » Interrogé ensuite sur d’éventuelles craintes pour sa sécurité personnelle durant cette période de forte tension politique, l’ancien ministre a déclaré n’avoir « jamais eu de crainte ».

Les gendarmes ont également cherché à retracer son parcours scolaire et professionnel, une démarche que l’ancien ministre a jugée sans lien avec le motif de sa convocation. « Cela n’a rien à voir avec l’objet de la convocation », a-t-il sèchement répliqué.

Lorsqu’un enquêteur lui a demandé s’il avait été informé des raisons précises de sa convocation, Pape Malick Ndour a indiqué que le gendarme chargé de lui remettre la convocation lui avait parlé d’une plainte déposée par Pape Abdoulaye Touré. Ce dernier l’accuse d’actes de torture, mais selon Seneweb, ces accusations n’ont pas fait l’objet d’un interrogatoire approfondi lors de cette première audition.

Le commandant de la Section de recherches a précisé que l’interrogatoire s’inscrivait dans le cadre de l’enquête générale sur les violences politiques ayant émaillé les années 2021 à 2023. Ces affrontements, survenus principalement lors des périodes de tension entre le pouvoir et l’opposition, avaient plongé plusieurs localités du pays dans le chaos, provoquant de lourdes pertes humaines et matérielles.

À l’issue de l’audition, Pape Malick Ndour a été autorisé à rentrer librement, aucune mesure coercitive n’ayant été prise à son encontre. Toutefois, il pourrait être de nouveau convoqué, selon l’évolution de l’enquête.

Alioune Tine appelle à un dialogue direct entre Macky Sall et Bassirou Diomaye Faye pour apaiser le climat politique

Le fondateur de l’Afrikajom Center, Alioune Tine, a lancé un appel fort en faveur d’un dialogue direct entre l’ancien président Macky Sall et son successeur, Bassirou Diomaye Faye. Dans une récente déclaration, le défenseur des droits humains a estimé que l’absence de communication entre les deux hommes alimente un climat de méfiance et de suspicion préjudiciable à la stabilité du pays.

Selon lui, ce silence prolongé entre l’ancien et le nouveau chef de l’État crée des incompréhensions qui pourraient être aisément dissipées par une simple discussion. « Il y a un problème de communication entre Macky Sall et l’actuel président. Ce silence engendre des détails et des tensions. Ils doivent pouvoir se parler, ne serait-ce qu’au téléphone », a plaidé M. Tine.

Le militant a rappelé que le Sénégal avait déjà connu une situation similaire lors de la transition entre Abdoulaye Wade et Macky Sall. À l’époque, la médiation du khalife général des mourides avait permis de rétablir le dialogue et de calmer les tensions. « Ils se sont même alliés dans une élection, ce que personne n’aurait imaginé », a-t-il rappelé, en soulignant l’importance du rôle des autorités religieuses dans la pacification de la scène politique nationale.

Alioune Tine estime que le contexte actuel du Sénégal, marqué selon lui par une double crise économique et démocratique, exige des dirigeants un sursaut de responsabilité. Pour lui, seul un échange franc et apaisé entre Macky Sall et Bassirou Diomaye Faye pourrait contribuer à restaurer la confiance et à renforcer la cohésion nationale. « Il faut forcément une discussion, sinon Macky Sall continuera à leur faire de l’ombre sur la scène internationale », a-t-il averti.

Il a également insisté sur la nécessité, pour le gouvernement en place, de s’entourer de figures d’expérience capables de jouer un rôle de passerelle dans cette démarche. Citant des personnalités comme Habib Sy ou Doudou Wade, il a suggéré qu’elles pourraient contribuer à faciliter la communication et la réconciliation politique.

Au-delà de la relation entre anciens et nouveaux dirigeants, Alioune Tine a exhorté le président Bassirou Diomaye Faye à instaurer un cadre de dialogue élargi avec les leaders de l’opposition. Selon lui, la participation de ces acteurs politiques à la gestion des grands enjeux nationaux serait un gage de maturité démocratique. « Leur apport peut être précieux dans la conduite de l’État », a-t-il conclu, invitant à un esprit d’ouverture et de concertation pour préserver la stabilité du Sénégal.

Guy Marius Sagna interpelle le gouvernement sur plusieurs manquements dans la gestion publique

Le député a adressé huit questions écrites au Premier ministre Ousmane Sonko, dénonçant des injustices touchant la police, les jeunes volontaires agricoles, les agents pénitentiaires, le personnel de santé et les collectivités locales.

Le député Guy Marius Sagna a une nouvelle fois exercé son rôle de contrôle de l’action gouvernementale en adressant huit questions écrites au gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko. Ces interpellations, rendues publiques à travers une publication sur sa page Facebook, portent sur plusieurs sujets sensibles touchant à la gouvernance, à la justice sociale et au respect des droits humains.

Dans sa correspondance, le parlementaire a d’abord attiré l’attention du gouvernement sur la nomination d’un commissaire de police accusé de traitements inhumains, dégradants et d’actes de torture. Guy Marius Sagna s’interroge sur les motivations d’une telle décision qui, selon lui, contredit les engagements du Sénégal en matière de respect des droits de l’homme et de lutte contre l’impunité. Il demande au gouvernement d’apporter des éclaircissements sur cette nomination et sur les mesures envisagées pour garantir que de tels faits ne se reproduisent pas au sein de l’administration sécuritaire.

Le député de la coalition Yewwi Askan Wi s’est également penché sur la situation des jeunes volontaires agricoles. D’après lui, ces jeunes, pourtant mobilisés dans le cadre de programmes nationaux de promotion de l’emploi et du développement rural, seraient privés de matériel de travail et d’indemnités. Il demande au gouvernement d’expliquer les raisons de cette situation et d’indiquer les dispositions prévues pour régulariser leur statut et améliorer leurs conditions.

Guy Marius Sagna a ensuite interpellé le gouvernement sur le non-paiement des heures supplémentaires des agents pénitentiaires. Ces derniers, souvent confrontés à une surcharge de travail dans des conditions difficiles, réclament depuis plusieurs mois le versement de leurs indemnités. Le député considère que ce retard constitue une injustice à l’égard d’un corps qui joue un rôle essentiel dans la chaîne pénale et la sécurité publique.

L’approvisionnement en eau dans la localité de Dialang figure également parmi les préoccupations soulevées par le parlementaire. Il évoque une pénurie persistante qui affecte lourdement les populations locales, et exige du gouvernement des explications sur les causes de ce dysfonctionnement, ainsi que sur les mesures urgentes envisagées pour y remédier.

Par ailleurs, Guy Marius Sagna s’est intéressé au sort de 256 agents de santé laissés sans salaire. Selon lui, ces travailleurs, malgré leur contribution à la couverture sanitaire nationale, n’ont perçu aucune rémunération depuis plusieurs mois. Il demande des clarifications sur les raisons administratives et budgétaires de cette situation, tout en appelant à un règlement rapide pour éviter toute rupture dans la continuité du service public de santé.

Enfin, le député a interpellé le gouvernement sur la non-application de la revalorisation salariale dans les collectivités territoriales de Ziguinchor et de Sédhiou. Il estime que les agents territoriaux de ces régions sont victimes d’une inégalité de traitement, alors que la mesure de revalorisation devait être uniforme sur l’ensemble du territoire national.

À travers ces huit questions écrites, Guy Marius Sagna poursuit sa ligne d’action axée sur la transparence, la justice sociale et la défense des travailleurs. Il appelle le gouvernement à répondre dans les délais légaux afin d’éclairer la représentation nationale et l’opinion publique sur ces dossiers jugés prioritaires pour le bien-être des citoyens et le renforcement de la bonne gouvernance.

Yassine Fall dénonce la surpopulation carcérale à Rebeuss et annonce une réforme profonde du système pénitentiaire

La ministre de la Justice, Yassine Fall, a effectué ce lundi une visite à la maison d’arrêt de Rebeuss pour évaluer les conditions de détention des prisonniers. À l’issue de cette tournée, elle a tiré la sonnette d’alarme sur la surpopulation carcérale, qualifiant la situation de « grave atteinte à la dignité humaine » et de « frein majeur à l’efficacité de la politique pénale nationale ».

Conçue pour accueillir environ 800 détenus, la prison de Rebeuss abrite aujourd’hui plus de 3 700 personnes. Une situation intenable qui, selon la ministre, traduit l’échec des politiques publiques menées depuis des décennies dans le secteur pénitentiaire. Yassine Fall a rappelé que cette réalité est régulièrement dénoncée, non seulement par les organes de contrôle nationaux, mais aussi par plusieurs institutions internationales de défense des droits humains.

La garde des Sceaux a, par ailleurs, salué le courage et le dévouement du personnel pénitentiaire, qu’elle considère comme « des agents de l’ombre maintenant la cohésion d’un système à bout de souffle ». Elle a souligné que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, suivent de près la situation préoccupante des établissements carcéraux et ont déjà instruit son département de formuler des propositions urgentes.

Revenant sur les causes profondes de la crise, Yassine Fall a pointé du doigt l’absence de politique de construction de nouvelles prisons depuis l’indépendance du Sénégal, alors que la population carcérale n’a cessé de croître. Elle a évoqué le projet inachevé d’un établissement pénitentiaire de 2 500 places, inscrit dans le cadre du programme de modernisation de la justice, mais jamais finalisé. Selon elle, ce dossier emblématique s’est mué en « scandale de détournement de deniers publics », illustrant les dérives d’une gestion antérieure marquée par le manque de transparence et de planification.

Face à ce constat alarmant, la ministre de la Justice a annoncé une série de mesures destinées à désengorger les prisons et à moderniser le système pénitentiaire. Parmi ces initiatives figurent le recours accru aux alternatives à l’incarcération pour les délits mineurs, notamment la médiation pénale, les travaux d’intérêt général et le port du bracelet électronique. Yassine Fall a également évoqué la mise en place d’un mécanisme d’aménagement des peines pour les détenus malades, âgés ou proches de leur libération.

Elle a confirmé la prochaine activation de la procédure de grâce présidentielle, précisant qu’elle sera appliquée avec rigueur et équité, dans le respect des principes de justice. En parallèle, la ministre a annoncé la relance du programme de construction d’un nouvel établissement pénitentiaire moderne, dont la conception sera encadrée par un cahier des charges strict et transparent, afin d’éviter les dérives du passé.

« Il faut sortir d’une logique purement répressive pour entrer dans une nouvelle ère de justice restauratrice et d’insertion. C’est un impératif moral, une exigence juridique et un engagement républicain », a déclaré Yassine Fall, réaffirmant sa volonté de placer l’humain au centre de la réforme de la justice.

Toutefois, la ministre a tenu à préciser que cette politique d’humanisation de la justice ne saurait être confondue avec une quelconque forme de laxisme. Elle a insisté sur le fait qu’aucune indulgence ne sera accordée aux auteurs de crimes de sang ou aux responsables de détournements de fonds publics.

« La justice doit être humaine et réparatrice, mais elle doit aussi rester ferme et sans complaisance face à ceux qui bafouent les valeurs de notre société », a-t-elle martelé, concluant ainsi une visite qui marque le début d’une refondation annoncée du système pénitentiaire sénégalais.

Procès en diffamation : Pape Mahawa Diouf face à l’Aser devant le tribunal des flagrants délits

Le procès opposant Pape Mahawa Diouf à l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) s’est ouvert ce lundi 6 octobre devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. L’ancien directeur de la Communication de la présidence de la République, devenu opposant, est poursuivi pour diffamation à la suite de déclarations publiques jugées attentatoires à la réputation de l’agence.

Face au juge, Pape Mahawa Diouf a tenu à s’expliquer longuement sur les propos qui lui valent aujourd’hui des poursuites judiciaires. Dans une déclaration mesurée mais ferme, il a assumé le contexte politique de ses affirmations, tout en niant toute intention de diffamer l’institution. « C’est un scandale qui mérite qu’on fasse la lumière. C’est sur la place publique depuis un an. J’étais dans un débat politique passionné », a-t-il déclaré. Il a précisé qu’il n’avait accusé personne directement de détournement de fonds, mais qu’il avait simplement « commenté une actualité largement évoquée dans l’espace public ».

Pape Mahawa Diouf a rappelé que d’autres personnalités, dont l’ancien ministre Thierno Alassane Sall, s’étaient déjà exprimées sur le même sujet avant lui. « Si on ne peut pas parler de détournement, alors c’est un montant qui a disparu », a-t-il soutenu, estimant qu’il s’agissait d’un débat d’intérêt général. Tout en affirmant n’avoir « pas fauté », il a toutefois fait preuve d’une certaine ouverture en déclarant : « Si mes propos ont pu heurter, je peux les retirer, mais je ne les regrette pas. »

Le ministère public, pour sa part, a estimé que les propos du prévenu avaient clairement porté atteinte à l’honneur et à la crédibilité de l’Aser. Le procureur de la République a requis à son encontre une peine de six mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme, assortie d’une amende de 100 000 F CFA.

Pape Malick Ndour : « Pourquoi je veux un procès public, devant les caméras »

L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, est sorti de son silence. Lors d’une conférence de presse tenue ce dimanche soir, il a haussé le ton face aux accusations portées contre lui par l’activiste Pape Abdoulaye Touré, qui l’accuse d’enlèvement, de torture et de violences aggravées. Très remonté, l’ex-membre du gouvernement a réclamé un procès public, diffusé devant les caméras, afin que les Sénégalais puissent suivre la confrontation en direct.

« Je veux un procès public, devant les caméras. Que je sois confronté en direct à mon accusateur et à toutes les personnes qu’il dit impliquées », a martelé Pape Malick Ndour, d’un ton ferme, manifestement déterminé à laver son honneur. Selon lui, cette affaire n’a rien de judiciaire, mais relèverait plutôt d’une machination politique soigneusement orchestrée pour détourner l’attention des difficultés que traverse actuellement le pays.

« Ils font ça pour divertir les populations devant leur incapacité. Ils ont échoué dans l’économie. Le FMI les a mis à nu », a-t-il lancé, accusant le régime en place de chercher à l’affaiblir à cause de ses prises de position critiques. L’ancien ministre estime être devenu une cible politique pour avoir, selon ses mots, « mis à nu les contrevérités de l’État sur la dette cachée ». Il soutient que cette nouvelle convocation n’est qu’une riposte du pouvoir à ses sorties publiques.

« Cela fait longtemps qu’ils me veulent. Et vu que je prends la parole pour démonter leurs dires, ils trouvent toujours un moyen de réagir. Mais qu’ils n’oublient pas : ils sont rapides à convoquer pour diffusion de fausses nouvelles, sans jamais oser porter plainte contre moi », a-t-il dénoncé.

Convoqué ce lundi 6 octobre à 15 heures à la Section de Recherches de la Gendarmerie, Pape Malick Ndour a confirmé qu’il répondra à la convocation. Il dit vouloir faire face à la justice et réitère sa confiance en l’institution judiciaire, tout en espérant que la vérité éclatera « au grand jour ».

Section de Recherches : Nouveau rebondissement dans la convocation de Pape Malick Ndour

Un nouveau rebondissement vient marquer l’affaire impliquant l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour. Initialement convoqué ce lundi 6 octobre à 10 heures à la Section de Recherches de la Gendarmerie, l’audition de l’ex-membre du gouvernement a finalement été reprogrammée pour 15 heures. L’information, confirmée par des sources proches du dossier, a été notifiée tard dans la soirée de dimanche à l’intéressé ainsi qu’à ses avocats.

Aucune explication officielle n’a pour l’instant été donnée quant à ce changement d’horaire. Toutefois, plusieurs observateurs évoquent des « impératifs organisationnels » du côté des enquêteurs, qui souhaiteraient « mieux préparer l’audition » d’un dossier jugé particulièrement sensible. Cette décision témoigne, selon certaines sources, de la volonté des autorités de conduire l’enquête avec la plus grande rigueur.

L’audition de Pape Malick Ndour s’inscrit dans le cadre de l’enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par l’activiste Pape Abdoulaye Touré. Ce dernier accuse l’ancien ministre d’enlèvement, de torture et de violences aggravées. Des faits graves qui remonteraient à l’année 2023, à une période marquée par de fortes tensions politiques.

Depuis la révélation de cette affaire, Pape Malick Ndour, également cadre de l’Alliance pour la République (APR), nie catégoriquement les accusations portées contre lui. Dans un récent message publié sur les réseaux sociaux, il avait affirmé être « serein » et prêt à répondre à toute convocation de la justice, tout en dénonçant une « cabale politique » orchestrée pour ternir son image.

« Jël liñu moom / Les Nationalistes » prônent l’autonomisation des femmes

Le mouvement national des femmes du parti « Jël liñu moom / Les Nationalistes », dirigé par le député Tahirou Sarr, a tenu une rencontre ce week-end à la Patte d’Oie.

L’occasion pour Mme Awa Diarra Diallo, présidente nationale des femmes nationalistes, accompagnée de la vice-présidente Kiné Linguère Diop et de la présidente de la Commission des finances Dieumbé Sy Tall, de procéder à l’installation du nouveau bureau de la section des femmes.

La rencontre a également permis de revenir sur les idéologies du parti et d’inviter les femmes à davantage d’autonomie et d’indépendance financière.

« Si les femmes sont autonomes et indépendantes financièrement, la paix régnera forcément dans les foyers. Dans nos maisons, nous subissons des choses que nous n’étalerons jamais sur la place publique. C’est vrai que nos hommes sont extraordinaires, mais ce sont nous, les femmes, qui avons la charge de nous occuper des foyers. Dans notre parti, nous faisons en sorte que les femmes soient autonomes et indépendantes. C’est pourquoi je suis heureuse de cette réunion de prise de contact d’aujourd’hui », a déclaré Awa Diarra Diallo, présidente du mouvement national des femmes de Jël liñu moom / Les Nationalistes.

Cette rencontre a également permis aux femmes nationalistes de la Patte d’Oie d’échanger avec leurs camarades sur les statuts du parti et sur le rôle essentiel qu’elles ont à jouer dans la massification du mouvement.

Elles ont, à cette occasion, exprimé leurs motivations à rejoindre le parti, discuté de la régularisation des étrangers vivant au Sénégal, ainsi que des perspectives futures.

En clôture de la cérémonie, la présidente nationale a offert une somme de 200 000 francs CFA aux femmes, afin de constituer un fonds de caisse destiné à faciliter le démarrage des cotisations mensuelles servant à financer les activités du parti.

Aly Saleh

Khalifa Sall relance l’affaire de l’incendie du siège de Taxawu Sénégal : « Je continuerai à interpeller la justice »

Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi 4 octobre 2025 à Dakar, Khalifa Ababacar Sall est revenu avec insistance sur le dossier de l’incendie volontaire du siège de son mouvement, Taxawu Sénégal. Cet acte, survenu en pleine campagne pour les élections législatives de 2024, demeure selon lui un « symbole du déni de justice » dans le pays. Plus d’un an après les faits, aucune avancée n’a été constatée dans l’enquête, ce qui pousse l’ancien maire de Dakar à hausser le ton.

« Depuis que le siège de Taxawu a été saccagé, il garde un visage balafré et hideux. Nous avons parlé, entrepris des démarches, mais rien n’a bougé », a dénoncé le leader de Taxawu Sénégal, visiblement déterminé à obtenir des réponses. Khalifa Sall dit avoir multiplié les correspondances et les plaintes auprès des autorités compétentes, sans succès. Il estime que le silence de la justice est « incompréhensible et inacceptable » dans un État de droit.

L’ancien député-maire de Dakar a tenu à rappeler la portée symbolique de ce lieu, qualifié de « témoin de tous les combats de l’opposition depuis vingt ans ». Selon lui, le saccage du siège ne représente pas seulement une attaque contre son mouvement, mais également une atteinte à la démocratie et à la mémoire politique du pays. « Je ne renoncerai pas à réclamer justice ni à saisir la presse. Nous vivons dans un État de droit, et nous sommes en droit d’exiger justice pour ce lieu symbolique », a-t-il martelé.

Khalifa Sall s’interroge surtout sur les raisons du blocage du dossier. « Pourquoi les enquêtes se sont-elles arrêtées ? Et pourquoi les auteurs n’ont-ils toujours pas été identifiés ni arrêtés ? », s’est-il indigné devant les journalistes. Il a insisté sur la nécessité d’une transparence totale dans la gestion de cette affaire, exhortant le Parquet et le Procureur de la République à agir sans délai.

Cette sortie marque une nouvelle étape dans la stratégie de communication du leader de Taxawu Sénégal, qui semble vouloir replacer la question de la justice et de la responsabilité politique au cœur du débat public. À travers ce rappel, Khalifa Sall entend non seulement obtenir réparation pour les dégâts matériels subis, mais aussi dénoncer ce qu’il considère comme un « dysfonctionnement profond » du système judiciaire sénégalais.

Kaolack – Cheikh Ibrahim Niass annonce sa candidature et dévoile son programme pour une commune “propre, juste et prospère”

Cheikh Ibrahim Niass, président fondateur du Rassemblement de la Société pour le Sénégal (RSS), a officiellement annoncé sa candidature à la mairie de Kaolack. À travers cette décision, le jeune leader politique souhaite incarner une nouvelle génération d’engagement et porter une vision de renouveau pour la capitale du Saloum comme pour l’ensemble du pays.

Son ambition : transformer durablement Kaolack et redonner espoir à ses habitants grâce à des actions concrètes. Son projet, baptisé “Lér Léral” (la clarté), repose sur la transparence dans la gestion publique, la propreté urbaine et la promotion de la santé et de l’environnement à travers le volet “Set Setal”. Le programme comprend également l’initiative “Dundu Dundal” (“Vivre dignement”), axée sur la création d’emplois pour la jeunesse consciente, hommes et femmes confondus.

Cheikh Ibrahim Niass ambitionne ainsi de faire de Kaolack, la ville de Mbossé Coumba Djiguène, une commune où il fait bon vivre. “Nous sommes à l’écoute des populations pour co-construire un projet politique réaliste, participatif et orienté vers les résultats”, déclare-t-il. Avant d’ajouter : “Le changement est déclenché, le changement est en cours, le changement, c’est maintenant.”

Le président du RSS lance par ailleurs un appel solennel à la jeunesse de Kaolack à le rejoindre pour bâtir ensemble une ville propre, juste et prospère, où chacun trouve sa place et participe à la construction de son avenir.

Rappelons que Cheikh Ibrahim Niass est un leader politique sénégalais, technicien supérieur en supply chain management, ingénieur en sciences politiques, relations internationales et géostratégie, ainsi qu’expert en gestion des organisations. Formé dans les plus grands instituts du Sénégal, il est également doctorant au Centre des Études Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Dakar. Son engagement se veut résolument tourné vers une gouvernance locale inclusive, transparente et centrée sur le bien-être des populations.

Pape Malick Ndour dément toute tentative de fuite et dénonce une “manipulation politique”

L’ancien ministre et cadre de l’Alliance pour la République (APR), Pape Malick Ndour, a tenu à apporter sa version des faits après son interpellation dans la nuit du samedi à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Dans un message publié ce dimanche, il revient en détail sur les circonstances de l’incident, qu’il qualifie de « grave dérive » et de « tentative d’humiliation publique ».

Selon son récit, Pape Malick Ndour devait effectuer un déplacement officiel à Paris dans la nuit du 4 au 5 octobre. Il affirme avoir acheté son billet auprès de la compagnie nationale Air Sénégal et rempli toutes les formalités administratives requises, tout en informant les services compétents de son voyage. « Tout était conforme et transparent. Mon déplacement était connu et parfaitement régulier », a-t-il insisté.

Face aux rumeurs faisant état d’une fuite présumée, l’ancien ministre balaie fermement ces accusations. « Comment quelqu’un qui chercherait à fuir passerait-il par l’aéroport, à visage découvert, au vu et au su de tout le monde ? », s’interroge-t-il, dénonçant une manipulation médiatique visant à ternir son image. Il rappelle, par ailleurs, avoir effectué récemment un voyage à Abidjan, preuve selon lui de sa liberté de mouvement et de la continuité de ses activités officielles.

Pape Malick Ndour dénonce ce qu’il appelle « un enlèvement en règle et une tentative manifeste d’humiliation ». Pour lui, l’incident de l’AIBD s’inscrit dans un contexte plus large de « manipulation politique » destinée à « faire taire les voix dissidentes et intimider les contradicteurs du pouvoir en place ».

Tout en réaffirmant sa sérénité, il se dit prêt à répondre à toute procédure judiciaire. « Je n’ai rien à cacher, et je suis prêt à faire face à la justice si nécessaire », a-t-il déclaré, appelant ses partisans et sympathisants à rester calmes et à prier pour que la vérité éclate au grand jour.

Enfin, l’ancien ministre a annoncé la tenue d’un point de presse dans la soirée, au cours duquel il compte revenir plus en détail sur les circonstances de son interpellation et dénoncer ce qu’il considère comme une « campagne de désinformation orchestrée ».

Khalifa Sall tente de relancer Taxawu en pleine zone de turbulence

Depuis plusieurs mois, le mouvement Taxawu Sénégal traverse une période délicate, marquée par des départs en série et des tensions internes. Son leader, Khalifa Ababacar Sall, a reconnu la situation ce samedi lors d’un point de presse consacré à la réorganisation du parti en vue d’un congrès prévu en janvier prochain.

L’ancien maire de Dakar, fidèle à son ton mesuré, a cherché à relativiser la crise que connaît sa formation politique. « Cette situation que nous traversons n’est pas nouvelle chez nous. Nous l’avons vécue pendant de longues années », a-t-il déclaré d’entrée, avant de rappeler que son engagement politique reste guidé par une seule boussole : le service du peuple.

« Nous ne sommes dans la politique que pour servir. Ceux qui sont partis, je leur souhaite bon vent. Ils ont estimé qu’ils doivent partir faire leur bonhomme de chemin. Donc je ne peux que m’en réjouir », a confié Khalifa Sall, refusant d’adopter un ton de rupture ou de revanche à l’endroit de ses anciens camarades.

Le leader de Taxawu, entouré de ses plus proches collaborateurs, a profité de la rencontre pour annoncer la mise en place d’une structure chargée de piloter les activités du parti jusqu’au prochain congrès. Objectif : redonner du souffle à un mouvement fragilisé par des défections et des divergences de stratégie, notamment depuis la recomposition du paysage politique sénégalais consécutive à l’élection présidentielle.

Khalifa Sall a insisté sur la nécessité de rester serein et tourné vers l’avenir, estimant que les départs récents n’entament ni la cohésion ni la détermination du parti. « Les ex-camarades sont et restent des amis », a-t-il tenu à préciser, avant d’ajouter : « Ce sont des frères et sœurs avec qui nous avons cheminé pendant longtemps. Nous n’avons de problème avec personne. On est heureux et confiants, et nous allons poursuivre notre travail. Des gens sont partis, d’autres viennent rejoindre le parti, et la vie continue. »

Sénégal – Dette cachée : Alioune Tine interpelle le FMI et dénonce les lenteurs du décaissement

Alors que le Sénégal attend un dénouement rapide dans le dossier de la dette dite « cachée », le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) semble temporiser. L’institution de Bretton Woods a différé sa décision sur la question, suscitant incompréhension et agacement à Dakar.

Cette attente prolongée commence à faire réagir au sein de l’opinion publique. Parmi les voix les plus critiques, celle d’Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center et figure majeure de la société civile, qui n’a pas mâché ses mots. Dans une tribune publiée sur ses plateformes numériques, il appelle le FMI à cesser les « manœuvres » qui retardent le processus de décaissement.

« Il faut arrêter maintenant les manœuvres qui retardent le décaissement du FMI », a-t-il martelé.

L’activiste estime que le Sénégal ne peut se permettre de rester dans une zone d’incertitude financière alors que son économie cherche à se stabiliser et à relancer la croissance. Il invite le Conseil d’administration du FMI à agir rapidement, dans l’intérêt du pays et de la région.

« Nous invitons le Conseil d’administration du FMI à décaisser rapidement l’argent nécessaire pour permettre au Sénégal d’accéder dans les meilleures conditions à la voie de l’émergence et de la prospérité », plaide-t-il.

Alioune Tine rappelle par ailleurs que les nouvelles autorités sénégalaises ont affiché leur volonté de transparence et de rupture avec les pratiques du passé. Selon lui, le signal que pourrait envoyer le FMI en différant son appui risquerait de décourager les efforts de réforme engagés par le gouvernement.

« Il faut que le Conseil d’administration du FMI ne décourage pas les sociétés africaines qui tentent difficilement de renouveler le personnel politique et de renforcer les institutions démocratiques », a-t-il insisté.

Pour de nombreux observateurs, le plaidoyer d’Alioune Tine traduit une inquiétude croissante sur les conséquences économiques d’un éventuel retard de décaissement. Dans un contexte de forte attente sociale et de défis budgétaires, le Sénégal espère une décision rapide du FMI pour consolider sa stabilité financière et soutenir les réformes en cours.

Alioune Tine met en garde contre une « République des influenceurs et des chroniqueurs »

Le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine, a exprimé ses inquiétudes face à l’évolution du débat public au Sénégal. Dans une déclaration publiée vendredi, il estime que le pays est en train de « basculer dans une République des influenceurs et des chroniqueurs », dans un contexte de forte polarisation politique.

Selon lui, la vie politique sénégalaise se résume de plus en plus à une opposition frontale entre camps, sans place pour la nuance. « On est pour ou contre, c’est noir ou blanc. Le gris ou les nuances, ça n’existe pas », a-t-il affirmé.

Il souligne que les personnes qui refusent de s’aligner sur une position partisane sont souvent stigmatisées, qualifiées de « nafeq » par les radicaux des deux bords.

Alioune Tine appelle les acteurs politiques à assumer leurs responsabilités pour assainir le climat. Il estime que les leaders, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, doivent éduquer et former leurs militants au respect du débat démocratique.

Il invite également les médias, les plateformes numériques et les organisations professionnelles de journalistes à mettre en place des mécanismes de régulation afin de limiter les dérives verbales et la surenchère médiatique.

Au-delà de la question politique, Alioune Tine lie cette tension à une crise sociale plus large. Selon lui, la jeunesse, confrontée au chômage et à l’absence de perspectives, nourrit une colère susceptible de fragiliser la stabilité du pays.

Il insiste sur la nécessité de promouvoir la justice sociale et de réduire les inégalités pour apaiser les frustrations.

« Mettre un terme à la diabolisation réciproque entre leaders de l’opposition et du pouvoir est un impératif », conclut-il, estimant que la consolidation de la démocratie sénégalaise passe autant par la régulation de l’espace public que par une meilleure réponse aux attentes sociales.

Passation de service entre les ministres de la Santé et des Infrastructures : vers une meilleure gestion des constructions publiques

Une cérémonie officielle de passation de service s’est tenue ce jeudi entre le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, et le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Déthié Fall. Cette rencontre a porté sur le transfert de la Direction des constructions du ministère de la Santé vers le département en charge des Infrastructures.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de la réorganisation des compétences techniques et administratives entre ministères, avec pour objectif d’optimiser la planification, la réalisation et la maintenance des infrastructures publiques. Le gouvernement entend ainsi renforcer la cohérence dans la gestion des chantiers, en confiant aux structures spécialisées la responsabilité des projets de construction.

Dans son allocution, le ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, a salué « une réforme qui permettra au ministère de se concentrer davantage sur ses missions prioritaires : la prévention, la prise en charge médicale et la promotion de la santé publique ».

De son côté, le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a exprimé son engagement à assurer une exécution rigoureuse et transparente des projets transférés, notamment ceux relatifs aux établissements hospitaliers et sanitaires. Il a rappelé que « la mutualisation des expertises est indispensable pour garantir des infrastructures modernes et durables, répondant aux besoins des populations ».

Macky Sall en lice pour l’ONU : Sissoco Embaló en première ligne pour rallier les soutiens

Dimanche dernier, Macky Sall a laissé entrevoir la possibilité d’une candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. L’ancien président sénégalais a toutefois tenu à préciser que sa démarche ne pourrait se concrétiser que si elle reposait sur une « volonté commune des pays membres, en particulier des membres permanents du Conseil de sécurité, des pays africains, du Sénégal et du monde islamique ».

Selon Jeune Afrique, bien que sa candidature ne soit pas encore officielle, Macky Sall a déjà entamé une campagne de sensibilisation auprès des grandes puissances et des partenaires régionaux. Pour ce faire, il peut compter sur un allié de taille : le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló. Ce dernier s’est personnellement engagé à convaincre plusieurs dirigeants, notamment parmi les membres du Conseil de sécurité, du bien-fondé de cette ambition.

« L’ONU a besoin d’un secrétaire général respecté, expérimenté et crédible. Macky Sall coche toutes les cases », a déclaré M. Embaló à Jeune Afrique, assurant que l’ancien chef d’État sénégalais bénéficierait déjà d’un large soutien africain, musulman et asiatique.

Toujours selon le président bissau-guinéen, la Chine, la Russie et la France pourraient également se prononcer en faveur de l’ex-patron de l’Exécutif sénégalais. Une perspective qui, si elle se confirme, renforcerait significativement les chances de Macky Sall dans la course à ce prestigieux poste.

Affaire « Force-Covid-19 » : Ndèye Aminata Loum Ndiaye obtient la liberté provisoire

Placée sous mandat de dépôt depuis avril 2025 dans le cadre de l’affaire dite « Force-Covid-19 », Ndèye Aminata Loum Ndiaye, ancienne Directrice de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) du ministère du Développement industriel et des PME, a finalement obtenu la liberté provisoire. Cette décision a été confirmée par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar, malgré l’opposition du parquet, rapporte L’Observateur.

Les juges ont estimé que les charges retenues contre Mme Ndiaye n’étaient pas suffisamment sérieuses pour justifier sa détention prolongée. Ils ont notamment retenu l’argument de ses avocats, qui ont souligné qu’aucune irrégularité personnelle n’avait été relevée contre leur cliente par la Cour des comptes.

L’affaire porte sur la gestion des 2,5 milliards de francs CFA alloués au ministère pour l’achat de masques au plus fort de la pandémie de Covid-19. Selon le rapport initial de la Cour des comptes, un écart de 2,3 millions de masques a été constaté entre le nombre déclaré acheté et celui effectivement distribué. Cette différence a soulevé de fortes suspicions sur la gestion des fonds et des stocks.

Si Ndèye Aminata Loum Ndiaye retrouve une liberté surveillée, d’autres prévenus dans ce dossier restent derrière les barreaux. Parmi eux figurent le gestionnaire Mamadou Moustapha Diop, le chauffeur Mouhamadou Bamba Amar, ainsi que l’ancien ministre du Développement industriel et des PME, Moustapha Diop, traduit devant la Haute cour de justice. Ces derniers font face à des accusations graves, allant du détournement de fonds à la corruption, en passant par le blanchiment d’argent et l’association de malfaiteurs.

Sénégal : Ousmane Sonko installe officiellement le Conseil National du Numérique

Le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé, ce jeudi 2 octobre 2025, à l’installation officielle du Conseil National du Numérique (CNN), une nouvelle instance appelée à jouer un rôle majeur dans la stratégie de transformation digitale du Sénégal.

Lors de la cérémonie, le Chef du Gouvernement a rappelé la priorité accordée au numérique par le Président Bassirou Diomaye Faye et son inscription au cœur de l’Agenda national de Transformation. Selon lui, ce secteur constitue « un levier incontournable de croissance économique, de création d’emplois et de souveraineté nationale ».

Le CNN regroupe 20 personnalités éminentes issues du secteur public, du secteur privé et de la société civile. Placé sous la coordination stratégique de la Primature, il se veut un organe consultatif devant accompagner l’État dans la définition et la mise en œuvre des grandes orientations numériques.

Des missions clés pour accélérer la transformation digitale

proposer des recommandations stratégiques sur les politiques numériques nationales ; accompagner la réalisation des projets structurants dans le domaine du digital ; encourager l’innovation, la création d’entreprises et le développement d’une économie numérique robuste et inclusive ; assurer la synergie entre les initiatives publiques et privées ; promouvoir l’inclusion numérique, la cybersécurité et la protection des données personnelles.

En installant cet organe, le gouvernement confirme son ambition de faire du Sénégal un hub numérique régional, capable de répondre aux défis de la mondialisation, tout en favorisant la souveraineté technologique et l’inclusion sociale.

« Le numérique n’est pas seulement une opportunité, c’est une nécessité pour le développement de notre pays », a déclaré le Premier ministre Ousmane Sonko, soulignant que le CNN sera un partenaire essentiel dans la concrétisation de cette vision.

Le gouvernement annonce le lancement des grands chantiers de l’agenda national de transformation

Dakar – Le Premier ministre Ousmane Sonko et son gouvernement se préparent à lancer, dans les prochains jours, les grands chantiers inscrits dans l’agenda national de transformation. Ces projets, considérés comme des piliers du mandat du Président de la République, ont été évoqués mercredi dernier lors du Conseil des ministres.

Parmi les initiatives prioritaires, le gouvernement cite le Grand Transfert d’eau, qui vise à améliorer l’approvisionnement en eau potable sur l’ensemble du territoire, ainsi que l’électrification et l’hydraulique rurales, essentielles pour le développement des zones reculées.

Le projet d’identité numérique figure également au programme, dans le but de moderniser l’administration et de faciliter l’accès aux services publics. Sur le plan des infrastructures de transport, la ligne ferroviaire Dakar-Tambacounda (composante standard) sera mise en œuvre, tandis que le renouvellement du parc automobile de transport de marchandises ambitionne d’améliorer la logistique et la compétitivité économique.

Le gouvernement entend également promouvoir le programme des coopératives agricoles, afin de renforcer la production locale et soutenir les agriculteurs dans leurs activités.

« Leur mise en œuvre diligente sera la priorité absolue de l’action gouvernementale », indique le communiqué du Conseil des ministres, soulignant l’importance stratégique de ces projets pour la transformation socio-économique du pays.

Kaolack : Serigne Samba Ndiaye déclare sa candidature à la mairie et dresse le bilan des maux de la commune

Le président du mouvement Kaolack Convention Néneen (K2CN), Serigne Samba Ndiaye, a dressé un tableau sombre de la situation actuelle de la ville de Mbossé Coumba Djiguène. Selon lui, Kaolack est confrontée à de nombreux problèmes qui freinent son développement.

« L’insalubrité chronique et la mauvaise gestion des déchets, la faiblesse des infrastructures de base, l’abandon des jeunes, des femmes et des acteurs économiques, ainsi que le manque de transparence et de vision dans la gestion municipale », a-t-il dénoncé.

Pour autant, Serigne Samba Ndiaye reste convaincu du potentiel de la cité.

« Kaolack dispose d’atouts considérables : sa position géographique stratégique, sa jeunesse dynamique, ses marchés, son port et son patrimoine culturel. Malheureusement, ces richesses ne sont pas valorisées comme elles le devraient », a-t-il ajouté.

C’est dans ce contexte qu’il a annoncé sa candidature aux prochaines élections locales.

« Après mûre réflexion, et avec la confiance du mouvement K2CN, j’ai décidé de présenter ma candidature à la mairie de Kaolack pour les élections municipales de 2027. Je m’engage à travailler avec sérieux, proximité et transparence, aux côtés de toutes les forces vives de notre commune, pour faire de Kaolack une ville où il fait bon vivre, entreprendre et réussir », a conclu le président du K2CN.

Cheikh Oumar Anne étrille deux ans de gouvernance Pastef et dénonce des « arrestations politiques »

Invité de l’émission Sen Show sur SEN TV, le Coordonnateur général de la Nouvelle Responsabilité et maire de Ndioum, Cheikh Oumar Anne, a dressé un bilan sans concession des deux premières années du régime Pastef. L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur sous Macky Sall a accusé l’équipe au pouvoir d’improvisation et d’« acharnement politique ».

Rebondissant sur l’arrestation d’Ibrahima Bâ, fils de l’ancien Premier ministre, Anne s’est montré catégorique : « Ibou est comme un fils pour moi. […] Ibrahima n’a rien fait. » Il a qualifié cette interpellation de « méchanceté », relevant qu’il s’agit, selon lui, d’une manœuvre purement politique, d’autant que l’intéressé « n’a jamais occupé de poste de responsabilité dans l’État ».

Dans des propos repris par Vox Populi, l’édile de Ndioum a estimé que l’agenda du tandem Diomaye Faye – Ousmane Sonko est « purement politique ». Il a dénoncé une vague d’arrestations menées dans la précipitation et motivées, selon lui, par des règlements de comptes.

Cheikh Oumar Anne a cité les cas de Mansour Faye, Farba Ngom et Tahirou Sarr, tout en jugeant « particulièrement inquiétantes » les arrestations de Badara Gadiaga et Abdou Nguer, qu’il considère comme un « grave recul démocratique » et une tentative d’« emprisonner la liberté d’expression ».

Le PDS tire la sonnette d’alarme et dénonce une crise « multidimensionnelle » au Sénégal

Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) est monté au créneau ce mercredi 1er octobre 2025 pour alerter sur ce qu’il qualifie de « crise multidimensionnelle » frappant le pays. Lors d’un point de presse organisé à Dakar, les responsables libéraux ont dressé un tableau sombre de la situation nationale, en insistant sur les difficultés sanitaires, sociales et économiques, tout en formulant des propositions pour redresser la trajectoire du Sénégal.

Au plan sanitaire, le PDS s’est particulièrement attardé sur la question des inondations, citant le cas de Touba où les populations, selon lui, vivent sous la menace permanente des maladies hydriques. Pour les libéraux, cette situation est la conséquence directe d’une gestion insuffisante et mal planifiée. Le parti réclame la création urgente d’un fonds spécial dédié à la lutte contre les inondations, la mise en œuvre d’un programme structuré de prévention et de résilience, ainsi qu’un audit rigoureux des ressources mobilisées depuis 2009 pour combattre ce fléau récurrent.

La vie chère a été un autre axe central de la déclaration. Les dirigeants du PDS ont dénoncé une fiscalité jugée « étouffante », accusant le gouvernement de maintenir une politique fiscale asphyxiante, dépourvue d’équité et sans véritable effet redistributif. Selon eux, cette politique fragilise non seulement les ménages mais aussi le tissu économique national. Ils accusent par ailleurs le pouvoir d’incohérence, en mettant en avant un discours souverainiste d’un côté, tout en s’alignant sur « les logiques de la dette » de l’autre, ce qui aurait pour conséquence de faire peser le fardeau du remboursement sur les couches sociales les plus vulnérables.

Le volet macroéconomique a donné lieu à de vives critiques. Selon le PDS, l’économie nationale est aujourd’hui « à la dérive ». Le parti s’appuie sur les récentes décisions des agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s qui ont dégradé la note souveraine du Sénégal à B- avec une perspective négative, ce qui, pour les libéraux, traduit une perte de crédibilité et de confiance des marchés financiers. Ils estiment que la situation est aggravée par un déficit public qui dépasse 9 % du PIB, un niveau jugé insoutenable en l’absence de plan de relance crédible. Pour illustrer leur propos, les libéraux ont évoqué la période du président Abdoulaye Wade, citant l’exemple de la Redevance de Développement des Infrastructures Aéroportuaires (RDIA) qui avait permis de financer la construction de l’aéroport international Blaise Diagne sans recourir aux ressources du budget national.

Le PDS a aussi tenu à rappeler que l’héritage économique laissé par Abdoulaye Wade en 2012 était loin de correspondre au tableau de « caisses vides » souvent avancé par ses successeurs. Les responsables ont mis en avant les chiffres de la BCEAO qui estimaient les avoirs de l’État à 387 milliards de francs CFA à son départ du pouvoir. Ils ont également salué la vision de Karim Wade, à travers le projet du Port de Ndayane présenté comme un levier stratégique de compétitivité logistique et un modèle réussi de partenariat public-privé, susceptible de transformer durablement l’économie nationale.

Sur le plan politique, les libéraux ont annoncé une réorganisation en profondeur de leur Secrétariat national et l’installation prochaine d’un nouveau Comité directeur. Mais leur discours ne s’est pas limité à la critique économique. Le PDS a insisté sur « l’urgence vitale » de renforcer la cohésion nationale et de refonder la confiance entre les citoyens et les institutions. Le parti a condamné fermement ce qu’il considère comme des « arrestations arbitraires liées aux délits d’opinion » et exigé la libération immédiate des détenus politiques, qu’il présente comme une condition essentielle pour décrisper le climat social et préserver la démocratie.

Ndiaga Sylla répond aux insultes de certains Patriotes après sa sortie sur une éventuelle candidature de Macky Sall à l’ONU

L’expert électoral Ndiaga Sylla a tenu à réagir aux attaques dont il est l’objet sur les réseaux sociaux, après avoir évoqué la possibilité d’une candidature de l’ancien président du Sénégal, Macky Sall, au poste de Secrétaire général des Nations Unies.

Sur sa page Facebook, Ndiaga Sylla s’est dit surpris par les propos injurieux émanant de militants proches du leader de Pastef, Ousmane Sonko.

« Ces minables qui ignorent que c’est moi qui ai préparé le dossier de candidature de O. SONKO à la présidentielle de 2024 ne cessent de m’insulter… », a-t-il écrit, rappelant son rôle dans le processus électoral de l’actuel chef du gouvernement sénégalais.

L’expert électoral, connu pour ses prises de position sur la gouvernance démocratique, avait récemment encouragé l’idée d’une candidature de Macky Sall à la tête des Nations Unies. Pour lui, cette perspective doit être envisagée avec sérénité, dans l’intérêt du pays.

« Il faut l’oubli et la tolérance. Ce serait un honneur qu’un Sénégalais soit à la tête des Nations Unies. La principale force de O. SONKO est qu’il ne cache pas son jeu », a-t-il expliqué.

Réorganisation à la Primature : Sonko muscle le pilotage stratégique de l’État

À la suite du remaniement ministériel du 6 septembre dernier, la Primature connaît une profonde réorganisation marquée par le décret n°2025-1431. Ce texte, signé par le chef de l’État, redéfinit la structuration des services du Premier ministre Ousmane Sonko et introduit de nouvelles instances stratégiques.

Parmi les principales innovations figure la création d’un Conseil national des Transports aériens, désormais logé au sein même du cabinet du Premier ministre. Annoncée pour la première fois le 3 avril lors d’une réunion interministérielle sur l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) et la compagnie Air Sénégal, cette nouvelle structure a pour mission d’assurer la surveillance et l’impulsion de la gouvernance administrative, économique et financière du secteur aérien. Elle rassemblera l’ensemble des acteurs jugés pertinents pour renforcer la compétitivité et la stabilité du domaine.

Autre nouveauté : la mise en place d’un Comité interministériel de suivi de l’agenda Sénégal 2050. Placé également sous l’autorité directe du Premier ministre, il aura pour rôle d’accompagner et d’harmoniser la mise en œuvre de cette stratégie nationale à long terme, considérée comme un des chantiers prioritaires du gouvernement.

Dans le prolongement de ces réformes, la nomination de Marie Rose Khady Fatou Faye comme secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé des relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement a entraîné la création d’un cabinet spécifique à cette fonction. S’y ajoute une direction en relation avec les institutions au sein du Secrétariat général du Gouvernement, destinée à fluidifier le dialogue institutionnel.

Le décret réserve aussi son lot de surprises. L’École nationale d’administration (ENA), qui avait été placée sous la tutelle de la Primature depuis 2022, disparaît de son organigramme. En revanche, la Haute autorité du Waqf, jusqu’ici rattachée au ministère des Finances et du Budget, est désormais logée dans le périmètre du Premier ministre.

Ces mouvements traduisent une volonté affichée de rationaliser les missions des différentes entités, tout en concentrant davantage d’outils stratégiques au niveau du cabinet du chef du gouvernement.

À travers ces réformes, Ousmane Sonko confirme son ambition de transformer la Primature en un véritable centre névralgique de pilotage et de coordination gouvernementale. Le renforcement du contrôle sur les secteurs clés – transport aérien, planification stratégique, relations institutionnelles et gestion du Waqf – illustre une approche qui se veut plus centralisée et mieux structurée.

Madiambal Diagne charge Ousmane Sonko : « On veut m’effacer »

Le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne est sorti de son silence à travers un texte publié dans Le Quotidien, journal du groupe Avenir Communication qu’il a fondé et dirigé pendant deux décennies avant de céder les rênes à son fils, Serigne Saliou Diagne.

Dans cette tribune, Madiambal Diagne accuse frontalement le Premier ministre Ousmane Sonko d’être à l’origine des ennuis judiciaires qui le visent lui et une partie de sa famille. « Ousmane Sonko qui, depuis bien longtemps, a tout tenté pour avoir ma peau, a réussi à placer des hommes et femmes prêts à satisfaire son désir de m’effacer », écrit-il, dénonçant « un dossier judiciaire fallacieux » utilisé comme prétexte pour mener une « traque » contre lui.

Le journaliste affirme que ses proches ont été pris « en otage », citant l’arrestation de son épouse, de ses enfants Serigne Saliou et Mouhamed, ainsi que d’un ami qu’il présente comme son marabout. Ces derniers sont sous mandat de dépôt dans le cadre de l’enquête sur des mouvements financiers jugés suspects par la CENTIF.

Madiambal Diagne revient également sur les conditions de son départ du Sénégal pour la France, malgré une interdiction de sortie du territoire. Il s’en prend vivement au ministre de l’Intérieur Bamba Cissé et déplore le limogeage des responsables de la Division des investigations criminelles (DIC) et du commissariat spécial de l’aéroport.

Il remercie par ailleurs « [ses] compatriotes sénégalais ainsi que tous les amis à travers le monde qui se sont souciés de [sa] sécurité physique, ces derniers jours », avant de rappeler la composition de son pool d’avocats, mobilisé pour assurer sa défense.

L’homme de presse est actuellement visé par un mandat d’arrêt international, décerné après son départ du territoire. Les poursuites portent sur de présumés flux financiers suspects, dans un dossier qui continue de susciter de vifs débats dans l’opinion.

Gestion des fonds Covid : l’ex-DAGE du ministère de la Santé, Ousseynou Ngom, placé sous mandat de dépôt

L’affaire sur la gestion des fonds Covid connaît un nouveau rebondissement. Selon le journal Libération dans son édition de ce mercredi 1er octobre, la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a délivré un mandat de dépôt contre Ousseynou Ngom, ancien Directeur de l’Administration et des Finances (DAGE) du ministère de la Santé.

L’ex-responsable est poursuivi pour un détournement présumé de 353 millions de francs CFA. Dans un premier temps, il avait réussi à éviter la détention provisoire en versant 220 millions de francs CFA en espèces et en proposant une villa comme garantie. Ces éléments avaient conduit à son placement sous contrôle judiciaire.

Mais le parquet a fait appel de cette décision, arguant que la caution devait être intégralement constituée en numéraire, et non en partie sous forme immobilière. Après examen, la Chambre d’accusation a tranché en faveur du parquet, annulant le contrôle judiciaire et ordonnant l’incarcération d’Ousseynou Ngom.

Depuis l’étranger, Me Moussa Bocar Thiam contre-attaque face aux accusations

L’ancien ministre de la Communication, Me Moussa Bocar Thiam, sort de son silence. Dans un texte transmis à L’Observateur et rédigé à la troisième personne, le responsable de l’Alliance pour la République (APR) rejette catégoriquement les accusations de détournement de deniers publics qui pèsent sur lui.

« Je n’ai absolument rien à me reprocher », assure-t-il, dénonçant une campagne de dénigrement orchestrée contre sa personne. Selon lui, ses adversaires politiques tentent de ternir son image et de l’entraîner devant la Haute Cour de Justice sans fondement. « Ceux qui rêvent de me voir comparaître doivent d’abord asseoir une accusation crédible, sérieuse, apolitique, avec des indices graves et concordants », a-t-il écrit sur un ton à la fois provocateur et ironique.

Une affaire à 2,4 milliards de francs CFA

Me Moussa Bocar Thiam est cité dans le marché controversé relatif à l’aménagement du Parc des technologies numériques (PTN), estimé à 2,4 milliards de francs CFA. L’ancien directeur général du projet, M. Bâ, a affirmé avoir procédé au paiement des fonds sur l’insistance du ministre de tutelle de l’époque et après avoir reçu de lui une note écrite de décharge.

Ces révélations ont conduit le Pool judiciaire financier (PJF) à ouvrir une enquête patrimoniale visant l’ex-ministre. Des réquisitions ont été adressées à des notaires et institutions bancaires pour retracer ses avoirs, rapporte L’Observateur dans son édition du mercredi 1er octobre.

« Un acharnement politique »

Face à cette procédure, Me Thiam dénonce une instrumentalisation de la justice et parle d’« acharnement politique ». « Cet acharnement n’a que des soubassements politiques », a-t-il insisté, balayant toute idée d’une éventuelle culpabilité.

Madiambal Diagne confie sa défense au cabinet français William Bourdon & Associés et à un collectif d’avocats sénégalais

Le journaliste Madiambal Diagne, visé par un mandat d’arrêt international et actuellement hors du Sénégal, a annoncé la mise en place de son équipe de défense. Celle-ci sera dirigée par le prestigieux cabinet français William Bourdon & Associés, connu pour son expertise en droit international et sa défense dans plusieurs dossiers sensibles.

Le cabinet interviendra non seulement pour assurer la défense du patron de presse, mais également celle de membres de sa famille, eux aussi poursuivis dans le cadre de la procédure judiciaire ouverte à Dakar.

Aux côtés des avocats français, un collectif d’avocats sénégalais a été constitué. Il est composé de :

Me El. Amadou Sall Me Baboucar Cissé Me Dior Diagne Me Ramatoulaye Ba Me Papa Sène Me Arona Bass Me Ousmane Thiam

Goudomp : le PASTEF secoué par de fortes tensions entre le ministre Olivier Boucal et des cadres locaux

La section communale du PASTEF à Goudomp traverse une période de turbulences qui risque de fragiliser l’unité du parti dans cette zone stratégique du sud du pays. Ce week-end, une conférence publique consacrée à la fiscalité, initiée par la coordination communale, a tourné au fiasco, exposant au grand jour les divisions profondes qui opposent le ministre Olivier Boucal à certains cadres locaux du parti.

L’événement, pensé comme un espace d’échanges citoyens, a rapidement été marqué par une ambiance électrique. Après la prise de parole du ministre, ses partisans auraient quitté la salle en signe de désaccord ou pour marquer leur soutien exclusif à leur leader. Ce départ collectif a exacerbé les tensions et provoqué une escalade qui a culminé en jets de pierres et en usage de gaz irritant. Face à ce désordre, les organisateurs ont été contraints de mettre fin prématurément à la rencontre, laissant un goût amer à ceux qui espéraient un dialogue constructif.

Dans la foulée, Albino Ndecky, membre du MONCAP et représentant du parrain de l’événement, n’a pas mâché ses mots. Il a accusé Olivier Boucal d’avoir volontairement saboté la conférence : « Il a fait plus de 500 km de Dakar à Goudomp pour venir saboter notre activité », a-t-il déploré, exprimant sa frustration et sa déception face à ce qu’il considère comme une manœuvre délibérée.

Olivier Boucal, de son côté, a rejeté toute responsabilité dans la perturbation de la rencontre. Dans sa réplique, le ministre a dénoncé ce qu’il qualifie de tentatives d’exclusion orchestrées par des cadres locaux qui, selon lui, veulent l’écarter des activités du PASTEF dans sa propre base. « Des gens qui se disent militants authentiques s’organisent à m’écarter du parti », a-t-il déclaré, avant de prévenir qu’il mènerait son « gatsa-gatsa » chaque fois qu’il serait visé par ce type de manœuvres. Avec fermeté, il a ajouté : « Le respect ne se quémande pas, il s’arrache. » Pour lui, la situation est incompréhensible : « Je ne peux pas être majoritaire et être malmené par une minorité incapable. »

Cette confrontation illustre, selon plusieurs observateurs politiques, une lutte d’influence en perspective des prochaines élections locales. Dans ce contexte, chaque camp cherche à consolider ses positions, quitte à exposer les fractures internes du parti. La querelle dépasse ainsi le simple cadre d’un événement perturbé pour devenir un révélateur des rivalités de leadership au sein du PASTEF à Goudomp.

L’avenir dira si la direction nationale du parti interviendra pour apaiser les tensions et restaurer l’unité, ou si le bras de fer entre le ministre Olivier Boucal et la coordination communale s’intensifiera. Ce qui est certain, c’est que la cohésion du PASTEF dans cette commune sera déterminante pour son implantation durable et son poids électoral dans la région.

Révision des listes électorales : la DGE annonce l’affichage des mouvements dans les préfectures, sous-préfectures et mairies

La Direction générale des élections (DGE) a publié un communiqué pour informer les citoyens et les acteurs politiques de nouvelles dispositions liées à la révision ordinaire des listes électorales, qui s’est tenue du 1er février au 31 juillet 2025. À partir du 1er octobre, les listes de mouvements — comprenant les inscriptions, les modifications, les changements de statut et les radiations — ainsi que les listes de rejet seront affichées dans les préfectures, sous-préfectures et mairies. Cette mesure s’appuie sur les articles L.40, L.43, R.43 et R.44 du Code électoral.

L’objectif, selon la DGE, est de garantir transparence et accessibilité dans la gestion du fichier électoral. Les citoyens sont ainsi invités à se déplacer dans ces administrations pour vérifier si leurs demandes ont été correctement prises en compte et si leurs informations personnelles sont conformes.

Le communiqué précise également les voies de recours ouvertes à tout électeur. Toute personne omise de la liste électorale ou confrontée à une erreur matérielle sur ses données d’identification, et qui détient son récépissé d’inscription, peut saisir le président du tribunal d’instance compétent dans un délai de vingt jours après la publication des listes. Cette saisine peut se faire directement ou par l’intermédiaire de la Commission électorale nationale autonome (CENA).

Par ailleurs, la DGE rappelle que non seulement les citoyens concernés, mais aussi l’autorité administrative ou tout autre électeur peuvent demander l’inscription d’un électeur omis ou la radiation d’une personne indûment inscrite.

Sénégal : un nouvel organigramme de l’État entre en vigueur avec le décret n°2025-1431

Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a publié le 6 septembre 2025 le décret n°2025-1431 fixant la nouvelle répartition des services de l’État et des pouvoirs de contrôle sur les établissements publics, sociétés nationales et sociétés à participation publique entre la Présidence de la République, la Primature et les ministères. Contresigné par le Premier ministre Ousmane Sonko, ce texte abroge le décret n°2024-940 du 5 avril 2024 et redessine de façon précise la cartographie administrative et les chaînes de responsabilité au sommet de l’exécutif.

Le cœur du dispositif repose sur trois pôles. À la Présidence, sont reconduits et recentrés les leviers dits “régaliens” et de redevabilité : l’Inspection générale d’État et l’OFNAC pour l’audit et la lutte contre la corruption, le COS-PETROGAZ pour l’orientation stratégique des hydrocarbures, ainsi que des cellules de suivi et d’évaluation des politiques publiques. La Présidence conserve aussi les fonctions diplomatiques et protocolaires de très haut niveau, les organes de sécurité nationale, la coordination des conseils supérieurs de la magistrature et de la Cour des comptes, ainsi que le renseignement. Elle chapeaute l’appareil militaire placé au plus près du chef de l’État, y compris les hautes autorités sectorielles de la sûreté maritime et des aéroports, le CHEDS, et l’ensemble des services de soutien et de sécurité dédiés.

La Primature se voit, elle, confirmée dans son rôle de pilote et d’orchestrateur interministériel. Autour du cabinet et du Secrétariat général du gouvernement, le texte rassemble les instruments de planification, de normalisation et de coordination, du Bureau opérationnel de coordination et de suivi des projets aux conseils et comités nationaux thématiques — nutrition, sécurité alimentaire, sécurité sanitaire “One Health”, prévention et sécurité routières, restructuration des entreprises publiques, suivi de l’Agenda Sénégal 2050. La Primature concentre aussi les fonctions de fabrication de la norme, de conservation des archives de l’État, de communication gouvernementale et de gestion des grands ensembles immobiliers administratifs, dans une logique de cohérence d’ensemble.

Chaque ministère dispose d’un périmètre clarifié, avec ses inspections, cellules techniques, directions générales et directions spécialisées. La Justice articule protection judiciaire, administration pénitentiaire, droits humains, dématérialisation et bonne gouvernance. L’Énergie, le Pétrole et les Mines structurent l’électricité, les renouvelables, la transition énergétique, les hydrocarbures et la géologie, avec une direction de contrôle transverse des opérations minières, pétrolières et gazières. L’Intérieur concentre sécurité publique, police judiciaire, frontières, protection civile, traitement des fichiers et organisation des élections. L’Économie et le Plan coordonnent prévision, politiques économiques, coopération et financements extérieurs, tandis que Finances et Budget encadrent Trésor, Douanes, Impôts-Domaines, Budget et secteur financier. L’Enseignement supérieur organise l’offre publique et privée, la recherche et l’innovation, les bourses, les classes préparatoires et la maintenance universitaire. Les Transports intègrent routier, ferroviaire et aérien, avec des directions de planification, QHSE et systèmes d’information. Les ministères de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de l’Élevage, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, de la Santé, de la Famille et de l’Action sociale, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, de l’Environnement et de la Transition écologique, de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, de l’Industrie et du Commerce, des Pêches et de l’Économie maritime, de la Fonction publique, de la Jeunesse et des Sports, de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, des Infrastructures, ainsi que de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, se voient attribuer des organigrammes complets et homogènes, avec des cellules de passation des marchés, d’études, de planification, de suivi-évaluation, d’informatique, de genre et d’équité, signe d’une standardisation des fonctions support.

Au-delà des organes internes, le décret ventile la tutelle et le contrôle de centaines d’entités publiques et parapubliques. Les établissements de santé — du CHU de Fann aux hôpitaux régionaux en passant par les centres spécialisés — sont regroupés sous la Santé et l’Hygiène publique, avec la PNA, les ordres professionnels et le SAMU. Les universités — UCAD, UGB, UADB, UASZ, UAM, USSEIN, UNS, l’Université numérique, les œuvres universitaires et les instituts supérieurs — relèvent de l’Enseignement supérieur. Les grands opérateurs énergétiques — SENELEC, SAR, les filiales de PETROSEN, le Réseau gazier — sont confirmés sous l’Énergie. Les transports publics structurants — Dakar Dem Dikk, TER (SETER et SEN-TER), Grands Trains du Sénégal, Autoroutes du Sénégal, AIBD, Air Sénégal — se rattachent aux Transports terrestres et aériens. Les entreprises de télécoms et de médias d’État — RTS, Le Soleil, APS, Sonatel, La Poste, TDS, Sénégal Numérique — sont assignées au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. L’hydraulique et l’assainissement regroupent la SONES, la Sénégalaise des Eaux et la coordination avec les organisations de bassins. L’agriculture et l’élevage encadrent SODAGRI, SODEFITEX, SAED, l’ANCAR et les programmes structurants. L’Industrie et le Commerce couvrent ICS, SONACOS, le CICES, les domaines industriels et les agropoles. Le Port autonome de Dakar, l’ANAM et les organismes maritimes relèvent des Pêches et de l’Économie maritime. Les finances publiques et le secteur financier listent banques et assureurs à participation publique, du Crédit du Sénégal à la BNDE, en passant par la BHS, la BIS, la CBAO ou la LONASE. La Culture et le Tourisme regroupent les institutions patrimoniales et scéniques majeures — Grand Théâtre, Sorano, Musée des Civilisations Noires, École nationale des Arts — ainsi que les agences de promotion et la gestion des sites touristiques.

La logique d’ensemble est lisible : recentrer la Présidence sur le stratégique, le contrôle et la sécurité, conforter la Primature dans le pilotage et la fabrique de la norme, donner aux ministères des blocs de compétences complets, doter chaque département d’un socle identique de fonctions de gouvernance et de gestion, et aligner clairement les têtes de tutelle des établissements et sociétés publiques. L’ambition affichée est de fluidifier les processus, réduire les zones grises de responsabilité et rendre l’action publique plus traçable, depuis l’initiation d’une politique jusqu’à son exécution et son évaluation.

Cette répartition ne se limite pas à un toilettage administratif. Elle annonce aussi une montée en puissance des dispositifs de contrôle interne, de suivi-évaluation, de statistiques et de digitalisation, omniprésents dans les organigrammes. La transversalité “genre et équité”, désormais systématisée, signale un cadrage normatif que les départements devront décliner dans leurs politiques. La centralisation du pilotage des grands projets à la Primature, conjuguée au renforcement des directions de planification dans les ministères, laisse entrevoir un arbitrage plus resserré des investissements publics, dans un contexte de contraintes budgétaires et d’exigence d’efficience.

Avec l’abrogation du décret de 2024, le nouveau cadre devient immédiatement opposable. Il appartiendra aux secrétariats généraux, inspections et directions de formaliser leurs manuels de procédures et de mettre à jour les chaînes de délégation, tandis que les établissements et sociétés publiques s’aligneront sur leurs ministères de rattachement. La réussite de cette réforme dépendra, au-delà du texte, de la capacité des acteurs à coopérer, à partager l’information et à faire vivre les mécanismes d’évaluation promis au cœur du dispositif.

Sénégal : Polémique autour de la « dette cachée », Macky Sall et Abdourahmane Sarr s’affrontent

Le débat sur la dette publique dite « cachée » au Sénégal, estimée à près de 7 milliards de dollars et réévaluée à 118,8 % du PIB fin 2024, prend une tournure éminemment politique. La récente prise de parole de l’ancien président Macky Sall a déclenché une vague de réactions, notamment du côté du gouvernement actuel.

Dans une interview accordée à ACFrontPage, l’ancien chef de l’État a catégoriquement rejeté les accusations le désignant comme responsable de cette situation. Selon lui, « cela n’a pas de sens » de parler d’une dissimulation de dettes d’une telle ampleur, les mécanismes de contrôle budgétaire rendant une telle opération « impossible ». Macky Sall justifie l’alourdissement de la dette par ses choix d’investissements dans les infrastructures, qu’il estime nécessaires pour moderniser le pays, tout en minimisant l’impact de ces engagements sur les finances publiques.

Face à ces déclarations, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a apporté des précisions. Il reconnaît que certaines opérations financières effectuées sous l’ancien régime – notamment des paiements directs à l’étranger – n’ont pas été retracées à temps dans les comptes transmis par la BCEAO. Ces décalages expliqueraient les écarts apparus dans le cadrage macroéconomique.

« Ces opérations sont bel et bien enregistrées par le Trésor. La dette reste soutenable et le Sénégal conserve sa pleine capacité d’accès aux marchés financiers », a assuré le ministre, balayant les critiques d’opacité. M. Sarr a tenu à marquer la rupture avec la gestion passée, affirmant que « le FMI expliquera à son Conseil d’Administration comment les données restent cohérentes, avant et après la découverte de ces transactions », mettant en avant la transparence du gouvernement de Bassirou Diomaye Faye.

Ce bras de fer illustre les tensions persistantes autour de la gestion budgétaire de l’ancien régime. Alors que le Plan de redressement économique et social (PRES) vise à ramener le déficit public à 3 % du PIB d’ici 2027, la suspension des financements du FMI après ces révélations constitue un défi majeur pour l’exécutif actuel.

Macky Sall, qui avait quitté le pouvoir en 2024 avec une dette officiellement estimée à 74,4 % du PIB, continue de défendre son bilan. Mais les révisions opérées par la Cour des comptes et le cabinet Mazars ont relancé le débat sur la responsabilité de son administration dans l’aggravation de l’endettement.

Talla Sylla reconduit à la tête de Jëf Jël et lance un appel à l’unité de l’opposition

Le Parti Jëf Jël a tenu ce week-end son 10e congrès à Thiès. À l’issue des travaux, les militants ont renouvelé leur confiance à Talla Sylla, reconduit à la tête de la formation politique. Un plébiscite qui confirme la place centrale du leader dans la vie de son parti.

Profitant de cette tribune, Talla Sylla a adressé un message fort à l’opposition sénégalaise. « Il s’agit de s’unir ou de périr », a-t-il lancé, exhortant les forces politiques hostiles au pouvoir en place à transcender leurs divergences pour bâtir une alternative crédible. Selon lui, seule une opposition rassemblée peut constituer « la digue de protection du pays » face aux défis actuels.

Le leader de Jëf Jël a également rappelé que le slogan historique « Jub, Jubal, Jubanti » n’était pas une référence aux anciens régimes, mais bien un avertissement adressé aux autorités actuelles, qu’il accuse de mettre le Sénégal sur « une trajectoire inquiétante ».

Très critique sur la gouvernance en place, Talla Sylla a dénoncé « l’arrogance » de certains dirigeants, estimant qu’elle est incompatible avec un développement durable : « L’arrogance est un défaut majeur, qui conduit fatalement à des réussites mineures, et une réussite mineure est un échec fatal », a-t-il martelé.

Macky Sall rompt le silence sur la polémique de la « dette cachée »

L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, est enfin sorti de sa réserve pour s’exprimer sur la polémique de la « dette cachée » qui alimente les débats depuis plus d’un an. Dans un entretien accordé à Julian Pecquet pour ACFrontPage, consacré aux perspectives économiques et sécuritaires de l’Afrique, le prédécesseur de Bassirou Diomaye Faye a balayé d’un revers de main les accusations, estimant que « c’est un sujet qui n’a pas de sens ».

« Une dette publique ne peut pas être dissimulée »

Pour Macky Sall, l’idée même d’une dette dissimulée est techniquement infondée.

« Une dette publique, on ne peut pas la cacher par définition. Elle suppose un engagement de l’État vis-à-vis du bailleur. C’est un avis de la Cour suprême qui est requis pour chaque convention de dette internationale », a-t-il martelé.

L’ancien chef de l’État a rappelé que toute dette extérieure contractée par le Sénégal, étant libellée en devises, transite nécessairement par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). À cela s’ajoutent les mécanismes institutionnels de suivi et de contrôle. « La surveillance multinationale est aussi faite sans que moi-même, président de la République, je ne sois informé. Sans qu’aussi la Cour des comptes, de l’Assemblée nationale ne soit au courant. Comment cela est possible ? », s’est-il interrogé.

Un choix assumé d’endettement pour le développement

Revenant sur la dynamique d’endettement de son magistère, Macky Sall a justifié ses choix par la volonté d’accélérer le développement du Sénégal.

« Est-ce qu’on peut me reprocher d’avoir multiplié par N l’accélération de l’électrification du Sénégal, le développement des infrastructures ? L’argent a servi à développer le pays. De quoi on nous parle ? », a-t-il défendu.

Sous son mandat, des chantiers d’envergure ont été lancés, allant des autoroutes et pôles urbains aux infrastructures énergétiques et sanitaires. Pour l’ancien président, la dette a donc été un outil assumé de transformation structurelle.

Appel à la transparence

Face aux soupçons persistants, Macky Sall a exigé que toute la lumière soit faite :

« J’attends les termes de référence du rapport d’audit », a-t-il lancé, appelant à la rigueur et à la transparence dans l’examen de ces accusations.

Crise interne au Parti Socialiste : la justice tranche en faveur de la direction actuelle

Le contentieux qui opposait l’Initiative pour la Refondation du Parti Socialiste (IRPS) à la direction actuelle du PS, incarnée par Aminata Mbengue Ndiaye, a connu son épilogue judiciaire ce lundi 29 septembre 2025. Le Tribunal de grande instance de Dakar, saisi en référé, a décidé d’annuler la procédure engagée par les frondeurs, invoquant une irrégularité de fond.

Ce mouvement contestataire, constitué de cadres et de militants critiques de la gestion actuelle du parti, remettait en cause la légitimité de l’équipe dirigeante en place depuis la nomination d’Aminata Mbengue Ndiaye au poste de secrétaire générale par intérim en juillet 2019. Les requérants réclamaient notamment un renouvellement des instances dirigeantes, dénonçant une gestion jugée opaque et contraire aux principes démocratiques du parti.

Cependant, la tentative de remise en cause n’a pas franchi l’obstacle judiciaire. Dans sa décision, le juge des référés a jugé que la procédure présentée par les plaignants souffrait d’un vice de fond suffisant pour entraîner sa nullité. L’ordonnance rendue mentionne explicitement que la procédure est « déclarée nulle pour irrégularité de fond », mettant ainsi un terme à l’initiative des frondeurs.

Avant d’en arriver à cette conclusion, le tribunal avait dans un premier temps écarté l’exception d’incompétence soulevée en défense, la jugeant non fondée. Mais le point crucial reste la question de la recevabilité des plaignants. Selon les éléments rapportés par la Radio Futurs Médias (RFM), l’un des principaux arguments avancés par la défense était l’absence de personnalité morale reconnue pour le collectif des frondeurs. Le juge n’a pas totalement retenu cet argument en tant que tel, préférant requalifier la fin de non-recevoir en une cause de nullité fondée sur une irrégularité de fond, ce qui a, in fine, abouti à l’annulation pure et simple de la procédure.

Cette décision judiciaire renforce de facto la position d’Aminata Mbengue Ndiaye à la tête du Parti Socialiste, à un moment où les tensions internes semblaient vouloir s’intensifier. Pour les frondeurs, cette issue constitue un revers important, même si elle ne met pas nécessairement fin au débat sur la gouvernance du parti. Reste à savoir si l’Initiative pour la Refondation entend contester cette décision en appel ou choisir une autre voie pour faire entendre sa voix au sein du parti historique.

Crise interne au Parti socialiste : le juge des référés annule la procédure pour irrégularité de fond

Le feuilleton judiciaire autour de la direction du Parti socialiste (PS) a connu un nouveau rebondissement. Saisi par un collectif de cadres dissidents du parti, le juge des référés du Tribunal de grande instance de Dakar a rendu sa décision, déclarant « nulle la procédure pour irrégularité de fond ».

Avant d’arriver à cette conclusion, le Tribunal a rejeté l’exception d’incompétence soulevée par la défense, la jugeant « mal-fondée ». Quant à la fin de non-recevoir liée à l’absence de personnalité morale des demandeurs, le juge a estimé qu’elle « s’analyse plutôt en une cause de nullité pour irrégularité de fond », d’où l’annulation de la procédure.

À l’origine de cette assignation, un collectif de cadres socialistes opposés à la gestion d’Aminata Mbengue Ndiaye, secrétaire générale intérimaire depuis le décès d’Ousmane Tanor Dieng en 2019. Selon eux, aucune instance régulière n’a été convoquée depuis cette disparition, laissant le parti dans un état de paralysie institutionnelle.

Les contestataires, évoquant aussi l’état de santé d’Aminata Mbengue Ndiaye, réclamaient la convocation d’un congrès extraordinaire afin d’élire un nouveau secrétaire général.

De son côté, la défense d’Aminata Mbengue Ndiaye a balayé les arguments adverses, soulignant qu’un congrès est déjà programmé pour décembre 2025. Elle estime donc que les critiques visant la direction intérimaire relèvent davantage d’une lutte politique que d’une véritable irrégularité juridique.

Macky Sall dénonce une « vendetta politique » autour de la reddition des comptes dans son nouveau livre

L’ancien président de la République, Macky Sall, est de retour sur la scène publique avec la publication de son second ouvrage intitulé L’Afrique au Cœur, paru en français et en anglais. Dans ce livre, il revient sur plusieurs thématiques liées à la gouvernance, au panafricanisme et aux enjeux mondiaux, mais il n’a pas manqué de s’arrêter sur la politique de reddition des comptes menée par le nouveau régime.

Dans un passage particulièrement incisif, Macky Sall fustige ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. « Je ne peux qu’être indigné lorsque le nouveau pouvoir prend comme prétexte la reddition des comptes et utilise la Haute Cour de justice pour incriminer des ministres et les emprisonner sur la base de l’audit de la Cour des comptes que j’avais moi-même ordonné : on frise la vendetta, alors que nulle part dans ce même rapport aucun des ministres accusés et mis en prison n’est cité », écrit-il.

L’ancien chef de l’État estime ainsi que les procédures judiciaires engagées contre certains de ses anciens collaborateurs s’apparentent davantage à une chasse aux sorcières qu’à une quête de justice impartiale.

Pour mémoire, le Premier président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, avait transmis un référé à Ousmane Diagne, alors ministre de la Justice, dans lequel il recommandait l’ouverture de poursuites pénales après l’audit des finances publiques. Ce document ciblait en particulier les différents ministres des Finances qui s’étaient succédé entre 2019 et 2024, tout en mettant en lumière de possibles responsabilités au sein du Trésor public et d’autres services du ministère.

Depuis cette décision, plusieurs anciens ministres et hauts responsables du régime Sall ont été convoqués par la justice et certains placés sous mandat de dépôt, notamment dans le cadre de la gestion controversée du Fonds Covid-19. Cette vague d’incarcérations a profondément marqué l’opinion publique et divisé la classe politique, entre partisans d’une reddition des comptes ferme et défenseurs d’anciens dignitaires qui dénoncent une opération de liquidation politique.

Avec L’Afrique au Cœur, Macky Sall cherche non seulement à défendre son bilan, mais aussi à alerter sur les dérives possibles d’une justice instrumentalisée. Ses propos risquent de relancer les débats sur la frontière fragile entre lutte contre la corruption et règlements de comptes politiques dans un contexte où le Sénégal traverse une période de recomposition institutionnelle et de fortes attentes citoyennes en matière de transparence et de gouvernance.

Macky Sall répond aux accusations sur la dette publique et critique le système international

L’ancien président Macky Sall est revenu sur les critiques portées à sa gestion économique, notamment en ce qui concerne la dette publique. Dans son nouvel ouvrage « L’Afrique au cœur », il dénonce ce qu’il considère comme des accusations infondées de falsification des chiffres.

« Le nouveau gouvernement a changé les méthodes et bases de calcul pour gonfler artificiellement les chiffres », écrit-il à la page 68. Selon lui, les autorités actuelles auraient ajouté à la dette publique l’ensemble de la dette contingente des sociétés nationales, comme la Senelec ou Air Sénégal, un procédé qu’il juge « inacceptable ».

Pour Macky Sall, « la dette publique représente principalement celle de l’État à travers le Trésor, mais aucunement celle des sociétés nationales qui possèdent un patrimoine, des actifs et un passif ».

Invité de la chaîne H5 Motivation, l’ancien chef de l’État a également élargi son propos au fonctionnement du système international de la dette. Il a dénoncé un mécanisme défavorable aux pays africains, dominé selon lui par les marchés de capitaux sous l’influence des États-Unis.

« Ce n’est pas un hasard si les trois grandes agences de notation — Fitch, Moody’s, S&P — sont américaines », a-t-il déclaré. D’après lui, les notations émises par ces agences déterminent directement les taux d’intérêt auxquels les pays africains empruntent, aggravant leurs charges financières. « Une mauvaise note renchérit mécaniquement le coût de la dette », a-t-il insisté.

Réaménagement à la Police nationale : de nouveaux responsables à la DIC et à l’AIBD

Vendredi dernier, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, a procédé à d’importants changements au sein de la Police nationale. Deux structures considérées comme stratégiques ont ainsi connu un renouvellement de leur direction.

À la Division des investigations criminelles (DIC), le Commissaire principal Mamadou Ndiaye Fall a été nommé nouveau patron. Il succède à ses prédécesseurs dans une institution reconnue pour son rôle crucial dans la lutte contre la criminalité organisée et les enquêtes sensibles.

Dans le même sillage, le Commissaire principal Daouda Bodian prend désormais la tête du commissariat spécial de l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Ce poste, hautement stratégique, revêt une importance particulière en matière de sûreté aéroportuaire et de contrôle des flux de passagers.

Selon des sources proches du ministère, ces nominations s’inscrivent dans une volonté de renforcer l’efficacité opérationnelle et d’adapter les forces de sécurité aux nouveaux défis, notamment face aux menaces transnationales et aux enjeux sécuritaires liés aux infrastructures vitales.

Kaolack – Politique : Une petite-fille de Baye Niasse annonce sa candidature à la mairie

La salle polyvalente de la Maison des Jeunes de Kaolack a accueilli un événement très attendu : la déclaration officielle de candidature de Seyda Rokhaya Niasse, présidente du mouvement Baay Sunu Waar, à la mairie de Kaolack.

Dès les premières heures de l’après-midi, militants et sympathisants se sont massés pour assister à l’annonce. Banderoles, tee-shirts à l’effigie de la candidate et chants de soutien ont donné un ton festif à la rencontre.

Dans son discours, Seyda Rokhaya Niasse a rappelé son attachement à la ville et a décliné les grandes lignes de son programme.

« Kaolack mérite un nouveau souffle, une gouvernance de proximité et des projets concrets pour la jeunesse, les femmes et le développement économique », a-t-elle lancé, sous les applaudissements nourris du public.

La candidate a également insisté sur ses priorités : l’assainissement, la modernisation du marché central, une meilleure gestion des ordures ainsi que la création d’opportunités d’emploi pour les jeunes.

Le mouvement Baay Sunu Waar, qu’elle dirige, se fixe pour mission de recueillir les préoccupations des populations, en particulier des jeunes et des femmes, afin de proposer des solutions concrètes pour un avenir meilleur à Kaolack.

Conférence de presse de Gueum Sa Bopp : inondations, inflation et désillusion, les cadres tirent à boulets rouges sur le régime

Réunis devant la presse, les cadres du mouvement Gueum Sa Bopp ont dressé un tableau sombre de la situation nationale. Dans un texte liminaire au ton offensif, ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme l’échec du gouvernement actuel face aux inondations, à l’inflation et à la gouvernance en général.

Pour eux, chaque hivernage est devenu synonyme d’humiliation pour les Sénégalais. Ils estiment que les inondations ne sont pas de simples catastrophes naturelles, mais la conséquence directe d’un État absent et d’une gouvernance défaillante. « Les inondations ne tombent pas du ciel, elles coulent des canalisations bouchées par la corruption », ont-ils martelé, rappelant les 766 milliards engloutis dans le Plan décennal de lutte contre les inondations, sans résultats tangibles.

Les responsables du mouvement dénoncent également ce qu’ils appellent « le rituel de l’indécence » : la présence médiatisée des ministres dans les quartiers sinistrés, bottes aux pieds, sans solutions durables. Ils affirment que les victimes paient plus l’incompétence des dirigeants que la colère du ciel.

Les critiques se sont aussi élargies au bilan de l’équipe gouvernementale en place depuis près de deux ans. Les cadres de Gueum Sa Bopp parlent d’un « mandat de la désillusion », avec trente et un ministres et secrétaires d’État incapables d’avoir un impact réel sur le quotidien des Sénégalais. Ils fustigent la flambée du chômage, la vie chère, l’asphyxie des entreprises et les nombreux déplacements présidentiels à l’étranger jugés coûteux et stériles.

Au-delà de l’économie, ils dénoncent un système de taxation jugé insupportable, en particulier sur le mobile money, assimilé à un « racket » qui détruit le pouvoir d’achat des ménages. Dans le même registre, ils s’en prennent à la gestion de la mairie de Dakar, qualifiant de scandale la mise à l’écart de Barthélémy Dias au profit d’Abass Fall avant même la décision de la Cour suprême.

Les critiques n’ont pas épargné le président Ousmane Sonko, accusé de privilégier la mise en scène et les ovations à l’étranger, notamment lors de son séjour à Milan, plutôt que de s’occuper des difficultés quotidiennes des Sénégalais. À l’opposé, ils mettent en avant le projet de leur leader Bougane Gueye Dani, notamment la création d’une Banque de la Diaspora pour relier les Sénégalais de l’extérieur aux agriculteurs locaux et financer des projets concrets.

Sur le plan social, Gueum Sa Bopp a insisté sur la gravité de la crise qui frappe les ménages. Ils rappellent que 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, que la jeunesse est piégée dans le chômage et l’informel, tandis que l’éducation, la santé, l’eau et l’électricité restent des privilèges pour beaucoup. Ils soulignent également le rôle central des femmes, véritables piliers de l’économie familiale, mais premières victimes de la précarité.

Pour les cadres du mouvement, « le temps des impostures est révolu ». Ils promettent de poursuivre le combat contre l’injustice, la mauvaise gouvernance et ce qu’ils qualifient de trahison politique. « L’histoire jugera. Le peuple décidera », concluent-ils, se posant en alternative face à un régime qu’ils accusent d’avoir transformé l’espérance en désillusion.

Sénégal : Bougar Diouf libéré après un mois de détention à Rebeuss

Bougar Diouf, président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) et ancien membre de la coalition « Diomaye Président », a retrouvé la liberté ce jeudi 25 septembre 2025, après avoir purgé une peine d’un mois à la prison de Rebeuss.

Condamné le 27 août dernier par le tribunal des flagrants délits de Dakar pour diffusion de fausses nouvelles, l’activiste avait été reconnu coupable à la suite de messages publiés sur les réseaux sociaux concernant la situation en Casamance. Des publications jugées sensibles par les autorités judiciaires.

Lors de son audition, Bougar Diouf avait défendu sa démarche, affirmant qu’il s’était limité à relayer des propos attribués à un membre du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Il avait également insisté sur sa volonté de « défendre l’État de droit et l’unité nationale ».

Diffamation présumée : la procédure annulée dans l’affaire opposant Moussa Bala Fofana à Djidiack Faye

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu, ce mercredi 24 septembre 2025, son verdict dans le procès en diffamation opposant le ministre de l’Urbanisme, Moussa Bala Fofana, au directeur de l’Agence régionale de développement (ARD) de Fatick, Djidiack Faye. Le juge a déclaré la procédure nulle, mettant ainsi un terme aux poursuites engagées par le ministre.

Lors de l’audience du 11 juin dernier, la défense de Djidiack Faye, représentée par Me Abdoulahi Diallo, avait soulevé une exception de nullité. L’avocat estimait que la citation délivrée à son client ne respectait pas les délais légaux prévus par l’article 625 du Code de procédure civile. Le procureur de la République, pour sa part, s’était remis à l’appréciation du tribunal.

Le délibéré, prévu initialement le 25 juin, avait été prorogé au 24 septembre, date à laquelle le tribunal a finalement tranché en faveur de la défense.

De son côté, l’avocat du ministre, Me Alioune Badara Ndiaye, avait plaidé le rejet de l’exception, soutenant que la citation avait bel et bien été effectuée dans les règles, par actes séparés.

Pour rappel, Moussa Bala Fofana poursuivait Djidiack Faye ainsi que Cheikh Seck Ndong, directeur du quotidien En Relief, pour diffamation, diffusion de fausses nouvelles et complicité. À l’origine de l’affaire : une contribution publiée dans le journal par Djidiack Faye, dans laquelle il accusait le ministre d’avoir orchestré un complot autour du processus de recrutement du directeur de l’Agence de développement municipal (ADM).

Bras de fer Serigne Mboup / Fadilou Keita

Pr Elhadj Kane (Farlu Jotna) : « Nous avons atteint le degré zéro du débat politique »

La guerre par presse interposée entre le maire de Kaolack, Serigne Mboup, et le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keita, a suscité la réaction du Pr Elhadj Malick Kane, président de Farlu Jotna et natif de la ville de Mbossé. Dans un communiqué rendu public, il a exprimé son inquiétude face à « une polémique indigne qui se déroule dans (sa) ville natale sur le dos de ses habitants ».

« Alors que durant tout l’été, les éléments naturels se sont déchaînés, provoquant des inondations et laissant des eaux stagnantes nuisibles pour la santé et préjudiciables à l’économie, des prétendants potentiels à la mairie de Kaolack s’échangent des insultes par réseaux sociaux interposés », a déploré Pr Kane. Avant de conclure : « Nous avons atteint le degré zéro du débat politique ».

Selon le leader de Farlu Jotna, certains responsables politiques semblent déjà obnubilés par les échéances électorales prévues pourtant dans deux ans.

« Cette polémique, impliquant un maire en exercice et l’un des plus hauts responsables de l’État, est tout simplement inacceptable. Alors que le maire de Kaolack et le directeur de la CDC devraient travailler main dans la main pour financer et réaliser des ouvrages de génie civil capables de contenir les inondations et de réduire les eaux stagnantes, ils s’enferment dans une querelle d’ego qui n’apporte rien à la communauté et freine l’élaboration de solutions durables. Cette attitude démontre que, trop souvent encore, l’intérêt personnel prime sur l’intérêt général et les invectives sur le débat d’idées », a constaté Pr Kane.

Pour lui, les priorités sont ailleurs, dans une ville qui « manque de tout ».

« La situation de Kaolack, ville insalubre, devrait alerter les élus et les pousser à prendre à bras-le-corps le dossier brûlant de la lutte contre les inondations. Limiter les dégâts en recourant à des pompes ou à du matériel d’excavation ne fait que réduire temporairement les préjudices pour les populations. Ce ne sont que des pansements sur une jambe de bois », a-t-il illustré.

Le Pr Kane estime qu’il est urgent d’adopter une approche structurelle et durable :

« Pour lutter efficacement contre ce fléau, il faut concevoir un plan sur dix ans intégrant une organisation rigoureuse de la gestion des déchets, la construction d’un réseau dense et efficace de canalisations ainsi que la réalisation d’aménagements urbains adaptés ».

A. Saleh

Le Mouvement JAMMI Sénégal interpelle Diomaye Faye après son incident à l’ONU

Le Mouvement JAMMI Sénégal est monté au créneau à la suite de l’incident survenu lors du discours du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies. Dans une lettre ouverte adressée au chef de l’État, le mouvement exprime sa « vive préoccupation » après ce qu’il qualifie de « faute protocolaire notoire » consécutive à « l’oubli manifeste des notes » présidentielles.

Pour Ibrahima Diop, président du Mouvement JAMMI Sénégal, l’incident dépasse la personne du Chef de l’État :

« Un tel événement engage la crédibilité et le sérieux de toute la Nation sénégalaise sur la scène internationale. »

Le mouvement met en cause les services en charge du protocole présidentiel, accusés d’avoir « manqué à leur devoir de rigueur, de préparation et d’anticipation ». Et d’ajouter :

« Notre pays ne peut tolérer des manquements qui ternissent son image et fragilisent sa parole au sein des plus hautes institutions du monde. »

Face à cette situation, JAMMI Sénégal demande une révision en profondeur du dispositif protocolaire autour du Chef de l’État afin de renforcer l’organisation et la vigilance lors des grandes échéances diplomatiques.

Une question d’image internationale

L’incident, largement commenté sur les réseaux sociaux, relance le débat sur la communication et la préparation des autorités sénégalaises lors des rendez-vous internationaux. Si les diplomates sénégalais jouissent d’une réputation de professionnalisme héritée des décennies passées, le Mouvement JAMMI Sénégal estime que cette tradition doit être préservée à tout prix.

Dans sa lettre ouverte, le mouvement appelle ainsi le gouvernement à « tirer toutes les leçons » de ce couac afin de restaurer la dignité, l’efficacité et la fiabilité de la représentation officielle du Sénégal.

Une interpellation qui, au-delà du protocole, pose une question plus large : comment maintenir la réputation d’excellence diplomatique du Sénégal dans un monde où chaque faux pas est scruté et amplifié ?

Sénégal – Réforme fiscale : un nouvel outil de souveraineté et de régulation sociale

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi dernier, la réforme du Code général des impôts, fruit d’un vaste chantier mené par le ministre des Finances, Cheikh Diba. Plus qu’une simple modernisation technique, cette refonte marque un véritable tournant dans la conception de la fiscalité nationale : l’impôt cesse d’être seulement un instrument de collecte pour devenir un levier de régulation économique et sociale.

La réforme s’attaque à plusieurs secteurs longtemps jugés insuffisamment régulés. Les transferts d’argent, les véhicules importés, les jeux de hasard, mais aussi l’alcool et le tabac sont désormais placés au cœur du dispositif. L’objectif est double : capter des flux jusque-là faiblement taxés et encadrer des pratiques considérées comme sensibles pour la société.

En intégrant l’économie numérique et des activités à fort impact social, l’État entend non seulement accroître ses recettes, mais aussi orienter les comportements, rappelant que la fiscalité est une affaire de responsabilité collective.

Cette réforme intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à consolider son indépendance financière. Les ressources nouvelles attendues viendront soutenir le Plan de redressement économique et social, pierre angulaire d’un développement endogène et durable.

Pour Cheikh Diba, cette refonte « traduit la volonté du gouvernement de replacer l’impôt au cœur du projet national », en l’utilisant comme outil de souveraineté, de modernisation et de cohésion sociale.

Au-delà des chiffres et des taux, cette réforme porte une philosophie nouvelle : l’impôt est désormais conçu comme un instrument de projet collectif. Il ne s’agit plus seulement de remplir les caisses publiques, mais de construire une société alignée avec la Vision Sénégal 2050.

À travers cette démarche, l’État affirme que la souveraineté ne se limite pas aux arbitrages budgétaires, mais s’exprime dans la maîtrise des ressources générées par ses citoyens et par les dynamiques économiques locales.

En plaçant l’équité, la régulation et la durabilité au centre de sa stratégie, le Sénégal veut montrer que la fiscalité peut accompagner la transformation sociale. Ce tournant, salué par certains comme une avancée historique, sera scruté de près par les acteurs économiques et la société civile, qui attendent de voir si cette ambition se traduira concrètement dans le quotidien des ménages et des entreprises.

Lansana Gagny Sakho alerte sur les dangers d’une fiscalité unilatérale dans l’espace CEDEAO-UEMOA

Dakar, 22 septembre 2025 – Le Président du Conseil d’administration de l’Agence nationale de promotion des investissements et des grands travaux (APIX), Lansana Gagny Sakho, a mis en garde ce lundi contre les conséquences des politiques fiscales appliquées de manière unilatérale dans l’espace CEDEAO-UEMOA, notamment sur les secteurs du tabac et de l’alcool.

Dans une analyse publiée ce jour, M. Sakho estime que de telles mesures risquent de provoquer une désindustrialisation, d’alimenter la contrebande et d’affaiblir la souveraineté économique des pays concernés. « Dans un espace communautaire fondé sur la libre circulation des biens, toute politique fiscale unilatérale devient un pari risqué », a-t-il déclaré.

Pour illustrer ses propos, le PCA de l’APIX a rappelé l’exemple de la Manufacture des Tabacs de l’Ouest Africain (MTOA). Ce fleuron industriel sénégalais a récemment fermé ses portes à Dakar pour transférer ses activités à Abidjan. En cause, selon lui : « une fiscalité devenue dissuasive, dans un contexte régional où les différentiels de taxation créent des distorsions insoutenables ».

Il a également évoqué la situation de la SOBOA, filiale du groupe Castel dans le secteur de l’alcool, qui se retrouve dans une stratégie « Go No Go », menacée par la fraude et proche de la fermeture. « Une nouvelle taxe pourrait accélérer ce départ », a averti M. Sakho.

Selon lui, l’absence d’harmonisation fiscale dans la région « transforme les frontières invisibles en failles industrielles », favorisant l’entrée massive de produits moins taxés venus des pays voisins. Cette situation fragilise les producteurs locaux, réduit les recettes fiscales, détruit des emplois et expose l’État à une perte de contrôle économique.

Tout en reconnaissant les impératifs de santé publique, il plaide pour une fiscalité stratégique capable de protéger l’industrie nationale, d’encourager la transformation locale et de s’inscrire dans une vision régionale concertée. « Une taxe bien pensée est un outil de développement. Une taxe isolée devient un facteur de fuite », a-t-il insisté.

M. Sakho observe qu’au sein de la CEDEAO-UEMOA, les hausses répétées de taxes sur le tabac et l’alcool n’ont ni réduit la consommation ni accru durablement les recettes fiscales. Elles ont, au contraire, favorisé la contrebande et fragilisé le tissu industriel local.

En conclusion, Lansana Gagny Sakho a lancé un appel pressant à une approche coordonnée au sein de la CEDEAO-UEMOA. « Notre pays ne peut se permettre de perdre ses usines. Il doit penser sa fiscalité comme il pense son avenir : ensemble, stratégiquement et avec ambition », a-t-il plaidé.

Quitter la version mobile