Kaolack : Deux frères retrouvés noyés dans un bassin d’eau stagnante, la population sous le choc

Un drame d’une rare tristesse a endeuillé la ville de Kaolack. Deux jeunes frères, Moussa et Cheikh Ndiaye, âgés respectivement de 8 et 12 ans, ont perdu la vie après s’être noyés dans un bassin d’eau stagnante situé à l’entrée des Parcelles Assainies, dans le centre du pays.

Les deux enfants étaient portés disparus depuis vendredi dernier. Leurs familles, inquiètes de ne pas les voir rentrer, avaient aussitôt alerté les voisins et entamé des recherches intenses dans tout le quartier. Ce n’est qu’à l’aube du lundi que leurs corps sans vie ont été découverts par des riverains mobilisés, flottant dans un bassin de rétention destiné à drainer les eaux de pluie.

Selon les témoins, le bassin en question représente depuis longtemps une menace pour les habitants, notamment pour les enfants qui y jouent souvent par curiosité ou par insouciance. Aucun dispositif de sécurité n’y est installé : ni clôture, ni signalisation, ni surveillance. Plusieurs habitants affirment avoir à maintes reprises alerté les autorités municipales sur le danger que constitue cette infrastructure laissée à l’abandon.

Profondément émus, les riverains ont exprimé leur colère et leur sentiment d’abandon. « Ce bassin est une véritable bombe à retardement. On ne compte plus les alertes restées sans suite. Il faut attendre qu’un drame se produise pour réagir », s’est indigné un habitant du quartier.

Face à cette tragédie, Abdou Samad Diouf, coordonnateur de la plateforme des acteurs communautaires de lutte contre les inondations, a réitéré son appel pressant aux autorités locales. Il demande à la mairie de Kaolack de « sécuriser tous les bassins de rétention afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent ». Selon lui, ces ouvrages, censés protéger la population contre les inondations, se transforment trop souvent en pièges mortels en l’absence de mesures de prévention.

Les corps des deux frères ont été transportés à Dakar, où une autopsie sera pratiquée ce mardi pour déterminer les circonstances exactes de leur décès. En attendant, le quartier tout entier est plongé dans la douleur et l’incompréhension. Ce drame relance une fois de plus le débat sur la sécurité des ouvrages hydrauliques et la responsabilité des autorités locales face à la protection des populations, en particulier des enfants.

Loi 2006-39 du 21 novembre : 20 ans d’existence – Mme Fatima Mbengue, DG de l’Office national des Pupilles de la Nation, expose les difficultés et appelle à une réforme

Un comité de réflexion sur les conditions d’amélioration du cadre juridique de l’Office national des Pupilles de la Nation (ONPN) s’est tenu ce mardi 4 novembre 2025 au ministère de la Famille, de l’Action sociale et de la Solidarité. La rencontre, présidée par le directeur de cabinet du ministre, a réuni plusieurs acteurs du secteur.

À cette occasion, la directrice générale de l’Office, Mme Fatima Mbengue, est revenue sur le contexte de création de la loi avant d’en lister les principales difficultés. Elle a rappelé que l’Office compte actuellement 1 103 pupilles de la Nation, dont 256 mineurs, répartis sur l’ensemble du territoire national.

« L’Office national des Pupilles de la Nation a été mis en place suite au naufrage du bateau Le Joola. La loi 2006-39 du 21 novembre, adoptée dans ce contexte de douleur et d’émotion, aura bientôt 20 ans d’existence en 2026. Deux décennies durant lesquelles nous avons accompagné les pupilles de la Nation », a rappelé Mme Mbengue.

Vingt ans après, la directrice estime qu’il est temps de réviser cette loi pour l’adapter aux réalités actuelles :

« Cette loi a été rédigée dans un contexte d’urgence émotionnelle. Aujourd’hui, nous faisons face à de nombreuses difficultés pour sa mise en œuvre. Il est donc nécessaire de la revoir afin qu’elle réponde mieux aux défis du moment et aux besoins réels des bénéficiaires. »

Parmi les difficultés soulevées figure notamment la limite d’âge fixée à 18 ans pour la prise en charge des pupilles.

« Le décret prévoit qu’à partir de 18 ans, l’État arrête la subvention. Or, à cet âge, beaucoup de jeunes sont encore au lycée ou n’ont pas obtenu le baccalauréat. Il faut tenir compte de la réalité sociale et prolonger la prise en charge pour leur donner toutes les chances de réussir. »

Mme Mbengue a également évoqué le cas des enfants en situation de handicap :

« Nous recevons souvent des demandes de parents d’enfants handicapés. Malheureusement, la loi actuelle ne nous permet pas de les prendre en charge. Il existe des ambiguïtés dans le décret, notamment sur les bénéficiaires potentiels. Par exemple, les militaires invalides devraient en principe être concernés, mais la loi ne précise pas les modalités de leur inclusion. »

Le directeur de cabinet du ministre de la Famille, représentant du ministre, a salué le travail accompli par la direction et rassuré quant à la volonté de l’État d’accompagner cette réforme :

« Nous avons entamé une discussion générale pour voir s’il faut élargir les critères d’éligibilité au statut de pupille de la Nation et adapter la loi au nouveau référentiel axé sur le capital humain. Le comité de réflexion vient à peine de démarrer ses travaux. Il aura la responsabilité de formuler, d’ici fin 2025, des propositions concrètes qui seront soumises à l’Assemblée nationale. »

Pour conclure, Mme Mbengue a souligné l’importance de s’inspirer des bonnes pratiques internationales :

« Nous avons effectué plusieurs missions à l’étranger afin d’étudier les dispositifs mis en place ailleurs pour la protection des pupilles de la Nation. Cela nous permettra d’adapter notre cadre juridique et d’améliorer la prise en charge au Sénégal. »

Émigration irrégulière : 60 migrants interceptés sur la plage du Club Med après l’échouage d’une pirogue partie de Gambie

La lutte contre l’émigration clandestine s’intensifie au Sénégal. Ce samedi 1er novembre 2025, les forces de l’ordre ont déjoué une nouvelle tentative de migration irrégulière sur les côtes dakaroises. La brigade de proximité de Ngor, appuyée par un escadron de la Légion de Gendarmerie d’Intervention (LGI), a interpellé soixante migrants, dont cinquante-deux garçons et huit filles, sur la plage du Club Med, selon un communiqué de la Gendarmerie nationale.

C’est un dispositif de veille, mis en place dans le cadre des opérations de surveillance côtière, qui a permis de repérer la présence d’une embarcation suspecte approchant la côte. Alertées, les unités de la gendarmerie sont immédiatement intervenues pour empêcher toute tentative de fuite et sécuriser les lieux.

Les premiers éléments de l’enquête indiquent que la pirogue en question aurait quitté les côtes gambiennes dans la nuit du dimanche 26 octobre 2025, à destination des îles Canaries, en Espagne. À son départ, l’embarcation transportait environ cent cinquante-quatre passagers, selon les témoignages recueillis auprès des migrants interpellés. Mais après plusieurs jours d’errance en mer, confrontée à des conditions météorologiques difficiles et à une panne de moteur, la pirogue aurait fini par s’échouer sur la plage du Club Med, à Dakar.

Lors de l’intervention, les forces de sécurité ont saisi un moteur hors-bord de 40 chevaux, plusieurs bidons de carburant ainsi que deux pirogues utilisées pour la traversée. Ces saisies devraient permettre d’étayer l’enquête en cours, qui cherche à identifier les organisateurs de cette traversée clandestine.

Selon les informations disponibles, les migrants interceptés ont été conduits dans les locaux de la gendarmerie pour vérification d’identité et auditions. Des procédures administratives sont également en cours pour leur prise en charge, conformément aux dispositions en vigueur.

Cette nouvelle opération illustre la persistance du phénomène de l’émigration irrégulière malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées par les autorités et les organisations humanitaires. Les jeunes, souvent en quête d’un avenir meilleur, continuent de prendre des risques énormes pour tenter de rejoindre l’Europe par la mer.

La Gendarmerie nationale a réaffirmé, dans son communiqué, sa détermination à renforcer les dispositifs de surveillance sur le littoral sénégalais afin de freiner ce fléau qui coûte chaque année la vie à de nombreux candidats à l’exil. L’enquête se poursuit pour déterminer l’origine exacte du voyage, les réseaux impliqués dans l’organisation de la traversée et les circonstances précises ayant conduit à l’échouage de la pirogue sur la plage du Club Med.

Ziguinchor : une prostituée nigériane arrêtée pour suspicion de propagation volontaire du VIH

Une affaire à la fois troublante et sensible agite la ville de Ziguinchor depuis quelques jours. Une jeune prostituée d’origine nigériane, porteuse du VIH, a été arrêtée par les éléments du Commissariat central après des accusations selon lesquelles elle aurait exprimé son intention de propager volontairement le virus à ses clients. Les faits, rapportés par le journal Libération, ont suscité une vive inquiétude au sein de la population locale, notamment en raison de la gravité des soupçons portés contre la mise en cause.

Selon les informations disponibles, tout est parti d’une dénonciation anonyme parvenue à la police le 30 octobre dernier. Le plaignant aurait remis aux enquêteurs des captures d’écran de conversations WhatsApp dans lesquelles la jeune femme, identifiée sous le nom de B.D. Elohor, alias Nelly, aurait tenu des propos inquiétants, affirmant vouloir « contaminer le maximum de Sénégalais ». Des déclarations d’une extrême gravité, qui ont immédiatement poussé les forces de l’ordre à ouvrir une enquête.

Sur la base de ces éléments, les policiers se sont rendus au bar “Alternative”, un lieu bien connu du centre-ville de Ziguinchor et régulièrement fréquenté par la mise en cause. Âgée de 23 ans, Nelly a été interpellée sur place et conduite dans les locaux du commissariat pour être entendue.

Lors de son audition, la jeune femme a reconnu être séropositive et exercer la prostitution, tout en rejetant fermement les accusations de propagation volontaire du virus. Selon ses déclarations, elle vivrait avec le VIH depuis sa naissance et suivrait un traitement médical régulier. Pour prouver sa bonne foi, elle a présenté aux enquêteurs sa carte consulaire, sa carte d’identité ainsi qu’un carnet de santé à jour, attestant de son suivi au Centre de référence des infections sexuellement transmissibles (IST) de Ziguinchor.

B.D. Elohor a affirmé qu’elle exige systématiquement le port du préservatif avec tous ses clients afin de ne pas les exposer à la contamination. Elle a également précisé qu’elle n’avait pas pu honorer son dernier rendez-vous médical prévu le 26 octobre à cause de ses menstrues, assurant qu’elle n’a jamais manqué volontairement une visite de contrôle.

Les autorités médicales de Ziguinchor ont confirmé que la jeune femme figure bien sur la liste des patients suivis et traités pour le VIH dans la région. Toutefois, les enquêteurs souhaitent vérifier la véracité des échanges électroniques transmis par le dénonciateur afin de déterminer s’ils sont authentiques ou s’il s’agit d’une manipulation.

L’affaire, encore à l’instruction, pose de nombreuses questions éthiques, sociales et sanitaires. D’un côté, les habitants de Ziguinchor expriment leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme une menace pour la santé publique. De l’autre, certains acteurs de la société civile appellent à la prudence et à la préservation de la présomption d’innocence, soulignant qu’il serait injuste de condamner la jeune femme avant la fin de l’enquête.

Cette affaire met une fois de plus en lumière la fragilité du suivi sanitaire des travailleuses du sexe, en particulier celles venues de l’étranger, mais aussi les risques de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH. Elle interpelle les autorités sanitaires et judiciaires sur la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention, de contrôle et d’accompagnement, tout en garantissant le respect des droits humains fondamentaux.

Pour l’heure, B.D. Elohor reste sous enquête, et les résultats des expertises informatiques et médicales permettront de déterminer si les accusations portées contre elle sont fondées ou non. En attendant, la population de Ziguinchor reste suspendue à l’évolution de ce dossier sensible, où se mêlent santé publique, justice et éthique.

Recrutement exceptionnel de 500 enseignants-chercheurs : le MERSI lance un vaste appel à candidatures

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MERSI) a annoncé, ce lundi 3 novembre 2025, le lancement d’un appel à candidatures pour le recrutement exceptionnel de 500 enseignants-chercheurs, chercheurs et formateurs. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan de renforcement des capacités humaines dans les établissements publics d’enseignement supérieur (EPES) du Sénégal.

Selon le communiqué rendu public par le ministre Daouda Ngom, cette initiative fait suite à l’autorisation expresse du Premier ministre, Ousmane Sonko. Le chef du gouvernement a en effet donné son accord pour l’ouverture de ces postes afin de répondre à la forte demande en ressources pédagogiques et scientifiques dans les universités et instituts du pays.

Dans sa note adressée aux recteurs et directeurs d’établissements, le ministre Ngom précise que l’objectif principal est de pourvoir les postes vacants au sein des EPES, tout en tenant compte des besoins spécifiques de chaque structure. « Après la répartition des quotas par établissement et la détermination des filières et profils de poste à recruter, je vous demande de prendre les dispositions nécessaires pour procéder au lancement des appels à candidatures, afin de permettre aux futurs recrutés d’entrer en fonction à partir de janvier 2026 », a-t-il indiqué.

Le communiqué du ministère mentionne également que cette opération inclut les « postes dormants », c’est-à-dire ceux devenus vacants à la suite de départs à la retraite, de décès ou de démissions enregistrés dans les différentes universités publiques. Cette décision vise à combler durablement les déficits notés dans certaines disciplines et à assurer une continuité dans la qualité de l’enseignement et de la recherche.

Le MERSI souligne, par ailleurs, que le processus de recrutement sera placé sous le signe de la transparence, du mérite et de la compétence, conformément aux orientations du Premier ministre. Les critères de sélection devraient ainsi garantir une évaluation objective des candidats, dans le respect des normes académiques et administratives en vigueur.

Ce recrutement massif marque une étape importante dans la mise en œuvre de la politique de redynamisation du système d’enseignement supérieur sénégalais. Il devrait non seulement renforcer le personnel académique, mais aussi contribuer à améliorer la qualité de la formation et de la recherche, dans un contexte où la demande d’accès à l’université ne cesse de croître.

Avec cette initiative, le gouvernement réaffirme sa volonté d’investir dans le capital humain et de consolider la place du Sénégal comme pôle régional de savoir et d’innovation.

Interdiction pour les enseignants de diriger les Associations de Parents d’Élèves : le ministre Guirassy tranche

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a pris une décision qui marque un tournant important dans la gestion des relations entre les établissements scolaires et leurs communautés éducatives. Par une circulaire datée du 28 octobre 2025, il a interdit formellement aux enseignants d’occuper des postes de Président ou de Trésorier au sein de l’Association des Parents d’Élèves (APE) de l’établissement où ils exercent.

Dans ce document, le ministre souligne avoir constaté, dans plusieurs établissements d’enseignement moyen et secondaire, la présence d’enseignants à des postes clés au sein des bureaux des APE. Une situation qu’il juge inappropriée, car elle “crée des risques de conflits d’intérêts ou de collusion dans la mesure où le chef d’établissement exerce un pouvoir hiérarchique sur ces agents”. Pour Moustapha Mamba Guirassy, les Associations de Parents d’Élèves doivent collaborer avec l’administration scolaire dans un esprit de neutralité, d’indépendance et de transparence, des principes qu’une telle situation pourrait compromettre.

Le ministre estime également que la mainmise des enseignants sur les postes stratégiques des APE, souvent justifiée par le fait qu’ils ont leurs enfants inscrits dans le même établissement, va à l’encontre de la vocation première de ces associations. “L’accaparement de ces postes stratégiques par les enseignants de l’établissement peut compromettre la volonté d’ouvrir l’école à la communauté”, avertit-il, soulignant l’importance d’une participation effective et autonome des parents dans la vie scolaire.

Ainsi, la circulaire ministérielle précise qu’il est désormais interdit à tout enseignant d’exercer les fonctions de Président ou de Trésorier dans les APE de leur propre établissement, ou encore de représenter ces associations au sein du Conseil de Gestion de l’Établissement (CGE).

Pour assurer une application rigoureuse de cette mesure, le ministre a instruit les Inspecteurs d’Académie à faire preuve de vigilance. Ces derniers devront veiller à ce que tous les enseignants actuellement en fonction à ces postes démissionnent sans délai. Ils sont également tenus de rappeler systématiquement cette interdiction lors des procédures de renouvellement ou de mise en place des bureaux des APE et des CGE.

PROMOGED et SONAGED désormais sous la tutelle du ministère de l’Environnement

Un important réaménagement institutionnel vient d’être opéré dans le secteur de la gestion des déchets au Sénégal. Le Projet de promotion de la gestion intégrée et de l’économie des déchets solides (PROMOGED) et la Société nationale de gestion intégrée des déchets (SONAGED), jusqu’ici rattachés au ministère des Collectivités territoriales, passent désormais sous la tutelle du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique.

L’annonce a été faite ce lundi 3 novembre 2025 par le ministre de l’Environnement, Abdourahmane Diouf, lors de la cérémonie de passation de services avec son prédécesseur du ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Balla Fofana.

S’appuyant sur le décret n°2025-1431, le ministre Abdourahmane Diouf a justifié ce transfert par un souci de cohérence dans la mise en œuvre des politiques publiques en matière de développement durable. Selon lui, cette décision traduit la volonté du gouvernement de rationaliser les interventions en matière de protection du cadre de vie, de gestion des déchets et de transition écologique.

« Les structures concernées, telles que la Direction du Cadre de vie, le PROMOGED et la SONAGED, sont désormais placées sous la tutelle exclusive du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, facilitant ainsi une gestion unifiée des questions liées au cadre de vie et à la gestion des déchets », a-t-il précisé.

Cette réorganisation, a-t-il ajouté, permettra de mieux coordonner les politiques nationales de réduction, de recyclage et de valorisation des déchets solides. Elle vise également à renforcer la gouvernance environnementale, en intégrant davantage les objectifs du développement durable dans la planification territoriale et les stratégies locales.

La cérémonie de passation a été l’occasion pour les deux ministres d’échanger sur les dossiers en cours et les projets à poursuivre dans le cadre de cette nouvelle configuration institutionnelle. Abdourahmane Diouf a salué le travail accompli par son prédécesseur et réaffirmé l’engagement du gouvernement à faire du secteur de l’environnement un levier majeur du développement économique et social du pays.

Cheikh Oumar Diagne engage une action en justice contre le militant de Pastef Azoura Fall

Dakar, 3 novembre 2025 – L’ancien directeur des Moyens généraux de la présidence de la République et secrétaire général du Rassemblement pour la vérité/And ci Dëgg, Cheikh Oumar Diagne, a décidé de recourir à la justice pour faire face à des propos qu’il juge diffamatoires. Selon les informations de Seneweb, il a déposé une plainte auprès du procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar à l’encontre d’Assane Guèye, plus connu sous le nom de militant Azoura Fall, membre du parti Pastef.

La plainte de Cheikh Oumar Diagne porte sur des déclarations qu’il considère injurieuses et attentatoires à son honneur. La juridiction a immédiatement pris en charge le dossier et a confié son suivi aux gendarmes de la brigade de recherches (BR) de Faidherbe. Ces derniers sont désormais chargés de conduire l’instruction de l’affaire afin de déterminer les circonstances exactes des faits et d’entendre toutes les parties concernées.

Dans ce cadre, Cheikh Oumar Diagne a été convoqué par la brigade de recherches pour une audition prévue ce mardi 4 novembre 2025 à 10 heures. Cette démarche judiciaire marque une nouvelle étape dans un contexte politique souvent marqué par des tensions entre responsables et militants de différents bords. L’évolution de cette affaire sera suivie de près, tant par les observateurs politiques que par l’opinion publique, qui reste attentive aux implications de ces confrontations verbales sur la scène nationale.

À la découverte de “Ligguey-Sinaa” : quand la technologie sénégalaise met fin à l’absentéisme

Depuis plusieurs années, la performance de l’administration sénégalaise est au centre des débats. C’est dans ce contexte qu’a été développé un système innovant baptisé “Ligguey-Sinaa”, expression wolof signifiant « je suis venu travailler ». Conçu pour la gestion de la présence des agents, aussi bien dans le secteur public que privé, ce dispositif repose sur la technologie de reconnaissance faciale. Son inventeur, Babacar Kane, en explique les contours et les ambitions.

“Ligguey-Sinaa est une application de gestion des présences des agents reposant sur la reconnaissance faciale. Son objectif principal est de lutter contre les pertes financières : le Sénégal perdrait des milliards de FCFA chaque année à cause des absences et des retards non contrôlés dans la fonction publique. Notre solution offre un moyen fiable et infalsifiable de suivre les présences, permettant ainsi à l’État de réaliser d’importantes économies et d’optimiser l’allocation de ses ressources”, explique Babacar Kane, fondateur de la solution qu’il présente également comme un outil d’équité et de transparence.

Au-delà des aspects financiers, M. Kane souligne la dimension humaine et éthique du projet :

“De nombreux agents subissent des injustices et des traitements inéquitables liés à des divergences d’opinion ou à un manque de soutien à une autorité. Ligguey-Sinaa introduit une objectivité totale. Les données sont enregistrées de manière neutre, protégeant ainsi les droits des agents et mettant fin aux subjectivités dans le contrôle des présences.”

Selon lui, “Ligguey-Sinaa” n’est pas seulement un outil technologique, mais un véritable levier pour une administration plus efficiente, juste et transparente. Une vidéo explicative accompagne d’ailleurs la présentation du produit, détaillant ses fonctionnalités, ses avantages et sa manière de se démarquer de la concurrence.

Malgré le potentiel de la solution, Babacar Kane confie éprouver des difficultés à capter l’attention des autorités publiques :

“J’ai tout fait pour rencontrer les autorités étatiques, notamment des ministres et directeurs généraux, afin de leur présenter les tenants et aboutissants de ce projet, sans succès. Même pas une petite réponse indiquant que mes correspondances ont été reçues,” regrette-t-il.

Néanmoins, le jeune entrepreneur garde espoir et reste convaincu que “Ligguey-Sinaa” constitue une solution innovante et adaptée pour la gestion moderne de la présence des agents dans l’administration publique sénégalaise.

Aly Saleh

Dakar accueille la 19e Assemblée générale de l’AUF : Bassirou Diomaye Faye appelle à une révolution scientifique et numérique en Afrique

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce lundi à Dakar la cérémonie d’ouverture de la 19e Assemblée générale de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), couplée à la 5e Semaine mondiale de la Francophonie scientifique (SMFS). Cet événement d’envergure internationale réunit plus de 800 décideurs académiques, 30 ministres de pays francophones et des milliers de participants connectés en ligne. Une rencontre qui fait de Dakar, le temps d’une semaine, la capitale mondiale de la Francophonie scientifique.

Dans un discours solennel et ambitieux, le chef de l’État a dressé un plaidoyer fort en faveur d’un investissement massif de l’Afrique dans la science, la technologie et l’autonomisation des savoirs. Pour lui, le développement du continent passera inévitablement par une maîtrise et une appropriation de la connaissance à tous les niveaux du système éducatif.

« Il est fondamental que le continent africain investisse massivement dans la science et la technologie et en particulier dans l’autonomisation des savoirs. Cette autonomie doit commencer par l’enseignement à tous les niveaux, y compris dans l’enseignement supérieur et la recherche », a déclaré Bassirou Diomaye Faye sous les applaudissements de l’assistance.

Le président sénégalais a par ailleurs appelé à une intégration scientifique et académique du continent africain, estimant que celle-ci doit compléter les dynamiques politiques et économiques déjà engagées. Il a rappelé que cette intégration intellectuelle n’était pas une utopie, mais une réalité historique, notamment en Afrique de l’Ouest, où la circulation des porteurs de savoirs a longtemps constitué une richesse et un facteur de cohésion.

Bassirou Diomaye Faye a ensuite dévoilé les grandes lignes des réformes à venir dans le cadre de la vision Sénégal 2050, un projet stratégique qui entend transformer en profondeur le système éducatif et scientifique national. Ces réformes viseront notamment à repenser les contenus pédagogiques, renforcer la place des sciences et des techniques, et orienter davantage l’enseignement supérieur et la recherche vers les besoins économiques et sociaux du pays.

Le président a également exprimé sa volonté de lutter contre la désaffection croissante des jeunes envers les filières scientifiques. Il a exhorté les acteurs du monde académique à faire preuve d’innovation et de créativité pour redonner à la jeunesse « le goût des mathématiques, de la science et de la technologie ».

Dans le même élan, le chef de l’État a insisté sur l’importance cruciale de la révolution numérique, estimant que le Sénégal ne doit pas manquer cette opportunité historique, comme ce fut le cas pour la révolution industrielle. À ce titre, il a annoncé le lancement imminent du premier satellite sénégalais, symbole fort d’un pays tourné vers la modernité et la souveraineté technologique.

« Le lancement par le Sénégal de son premier satellite s’inscrit dans ces options. C’est cette trajectoire que notre pays a décidé d’explorer dans le cadre du New Deal Technology, qui s’emploie à faire du numérique un vecteur de développement apte à transformer tous les secteurs pour porter notre ambition de souveraineté », a-t-il expliqué. Ce programme national a pour objectif d’assurer la souveraineté numérique du pays, de généraliser la digitalisation des services publics et de positionner le Sénégal comme un leader africain du numérique.

Abordant la dimension culturelle et linguistique de la Francophonie, le président Faye a invité l’AUF à promouvoir davantage les langues nationales africaines dans ses programmes de recherche et d’innovation, aux côtés du français. Une orientation qui, selon lui, contribuerait à valoriser le patrimoine culturel et à renforcer l’identité des peuples francophones.

Le chef de l’État a salué l’engagement constant de l’AUF en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, ainsi que de l’insertion professionnelle. Il a cité en exemple les programmes Entreprendre, Mobilité Urbaine Durable et Emploi, qui contribuent à renforcer la formation et l’autonomie des jeunes dans l’espace francophone.

En conclusion, Bassirou Diomaye Faye a rappelé l’enjeu fondamental de toutes ces initiatives : répondre aux aspirations de la jeunesse, qui représente aujourd’hui 60 % de la population de la communauté francophone.

« Toutes nos actions doivent tendre en dernier ressort à apporter des solutions aux problèmes des jeunes en matière d’éducation, de formation et d’emploi », a-t-il martelé.

Dakar accueille la 19e Assemblée générale de l’AUF sous la présidence du Président Bassirou Diomaye Faye

La 19e Assemblée générale de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) s’est ouverte ce lundi à Dakar, marquant un moment fort pour la coopération académique et scientifique dans l’espace francophone. La cérémonie d’ouverture, présidée par le Chef de l’État sénégalais, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a réuni un parterre de responsables d’universités, de chercheurs, d’experts et de décideurs politiques venus de plusieurs pays membres de la Francophonie.

Cette grande rencontre internationale, placée sous le signe du partage du savoir et de la mutualisation des compétences, vise à faire de la science et de la connaissance des moteurs de développement durable et d’intégration régionale. L’AUF, qui regroupe plus de 1 000 établissements d’enseignement supérieur et de recherche répartis dans près de 120 pays, joue un rôle clé dans la promotion d’une francophonie scientifique dynamique et solidaire.

Dans son allocution, le Président Bassirou Diomaye Faye a souligné le caractère stratégique de la science et de la culture dans la construction de la souveraineté des nations. « La science et la culture sont indissociables. Elles constituent les fondements mêmes de la liberté et de la prospérité des peuples », a-t-il déclaré, invitant les États membres à investir davantage dans la recherche, l’innovation et la valorisation des savoirs endogènes.

Le Chef de l’État a également insisté sur la nécessité de bâtir une Afrique intellectuellement et technologiquement autonome, capable de produire ses propres réponses aux défis économiques, environnementaux et sociétaux. Pour lui, le développement du continent passe par une appropriation des outils scientifiques et une meilleure intégration des systèmes éducatifs francophones.

Le choix de Dakar pour abriter cette 19e Assemblée générale n’est pas fortuit. Le Sénégal, connu pour son ouverture et sa tradition d’excellence académique, se positionne comme un acteur majeur dans la promotion de la francophonie scientifique. En accueillant cette rencontre, le pays réaffirme son engagement à favoriser une coopération universitaire inclusive, tournée vers l’innovation et le partage des savoirs.

Au terme de cette assemblée, plusieurs orientations stratégiques devraient être adoptées pour renforcer la place de la science dans le développement durable des pays francophones et pour consolider le rôle de l’AUF comme vecteur de solidarité, de rayonnement linguistique et de transformation sociétale.

Air Sénégal lance officiellement la ligne Dakar-Bruxelles à partir du 9 décembre 2025

La compagnie nationale Air Sénégal poursuit son expansion sur le marché intercontinental avec l’annonce officielle du lancement de la ligne Dakar-Bruxelles, prévu pour le 9 décembre 2025. Cette nouvelle desserte s’inscrit dans la stratégie de développement de son réseau international et vise à renforcer la connectivité entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, deux zones où la demande en mobilité ne cesse de croître.

Dans un communiqué transmis à la rédaction de Dakaractu, la compagnie précise que cette nouvelle liaison sera opérée trois fois par semaine, chaque mardi, jeudi et samedi. Air Sénégal entend ainsi offrir davantage de flexibilité à ses passagers, tout en garantissant des conditions tarifaires compétitives. Le billet aller-retour sera proposé à partir de 354 000 FCFA TTC, soit environ 540 euros, avec une franchise bagage de 23 kilogrammes incluse.

Avec cette ouverture, Bruxelles devient la deuxième destination européenne desservie par Air Sénégal après Paris Charles de Gaulle, consolidant la position du transporteur national sur le marché européen. Cette expansion répond également à une demande croissante des voyageurs sénégalais, ouest-africains et européens, désireux de bénéficier de liaisons directes et régulières entre les deux continents.

Selon la compagnie, la ligne Dakar-Bruxelles contribuera non seulement à dynamiser le secteur du tourisme, mais aussi à renforcer les échanges culturels et commerciaux entre le Sénégal et la Belgique. Elle devrait également favoriser la mobilité de la diaspora sénégalaise installée en Europe, tout en soutenant les relations économiques entre les deux pays.

« Cette ligne illustre notre volonté d’offrir de nouveaux choix de mobilité aux voyageurs tout en consolidant notre hub de Diass. Nous sommes fiers de pouvoir connecter la capitale de l’Europe à l’Afrique de l’Ouest », a déclaré Tidiane Ndiaye, Directeur Général d’Air Sénégal.

Grâce à son hub stratégique à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD), Air Sénégal permettra également aux passagers en provenance de Banjul, Nouakchott, Conakry ou Bamako de rejoindre Bruxelles avec un temps de transit réduit. Cette interconnexion régionale constitue un atout majeur pour la compagnie, qui ambitionne de faire de Dakar un point de passage incontournable pour le trafic aérien ouest-africain vers l’Europe.

Un vaste réseau de falsification de documents démantelé à Saint-Louis

Une importante affaire de fraude administrative vient d’être mise au jour à Saint-Louis. Deux individus, Mamadou Misbahou Bah, alias Mamadou Diallo, et Mouhamadou Alpha Diallo, ont été arrêtés par la Division nationale de lutte contre le trafic (DNLT) avant d’être déférés au parquet de Saint-Louis. Selon le journal Libération, ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux dans un document administratif, faux en écritures privées et obtention indue de documents administratifs sénégalais.

L’enquête menée par les forces de l’ordre a révélé l’existence d’un véritable arsenal de faux documents en possession des mis en cause. Les enquêteurs ont découvert deux certificats de vie individuelle vierges portant l’en-tête de l’état civil de Kaolack, cinq certificats de non-inscription de naissance du centre principal de la même localité, quatre extraits de mariage vierges, neuf certificats de divorce vierges, ainsi qu’un certificat de non-remariage et de non-divorce vierge. À cela s’ajoutent quatorze jugements d’autorisation d’inscription de naissance du Tribunal d’instance de Kaolack, trente certificats de résidence vierges et pas moins de cent six extraits de naissance provenant de plusieurs communes du pays.

Les enquêteurs ont également mis la main sur deux faux avis de recherche, un diplôme du BFEM vierge et deux faux diplômes établis pour des tiers. D’après les premières estimations, chaque transaction liée à ces documents frauduleux s’élevait à environ 150 000 francs CFA, un tarif qui permettait au réseau de tirer des bénéfices substantiels.

Mamadou Misbahou Bah, ressortissant guinéen né à Labé, a reconnu lors de son audition avoir usé de fausses identités et de faux papiers pour se faire passer pour un certain Mamadou Diallo, né à Mbacké. Son complice, Mouhamadou Alpha Diallo, qui se présentait comme un officier à la retraite, jouait un rôle clé dans le dispositif. Il aurait utilisé ses relations avec des agents de l’état civil dans plusieurs localités sénégalaises pour faciliter la fabrication et l’obtention de ces documents.

La fouille des effets personnels des deux hommes a permis de découvrir d’autres pièces compromettantes : soixante-dix autorisations parentales vierges, cinq certificats de célibat vierges, ainsi qu’une importante quantité d’actes d’état civil destinés à tromper les administrations et des particuliers.

Rufisque : Arrestation d’un trafiquant de chanvre indien avec 10 kg de drogue

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Rufisque a réalisé, dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 novembre 2025, une importante opération ayant conduit à l’interpellation d’un individu impliqué dans le trafic de chanvre indien. L’opération, minutieusement préparée, fait suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel précis signalant qu’une pirogue en provenance de Kafountine devait accoster au quai de pêche de Rufisque avec une cargaison de drogue.

Informés de ce convoi suspect, les éléments de la Brigade de Recherche ont immédiatement mis en place un dispositif de surveillance autour du quai, afin de prendre en flagrant délit les trafiquants présumés. L’opération a été menée sous une discrétion totale, les agents se postant dans l’obscurité des environs du quai pour guetter l’arrivée de la pirogue annoncée.

Vers 4 h 10 du matin, un jeune homme, porteur d’un sac de couleur blanche, a été aperçu à proximité de la porte de sortie du quai de pêche. Sa démarche suspecte a attiré l’attention des policiers qui ont décidé d’intervenir. À la vue des agents, l’individu a tenté de s’enfuir, déclenchant une brève mais intense course-poursuite dans les ruelles du port.

Rapidement maîtrisé, le suspect a été interpellé et conduit sur les lieux pour vérification du contenu de son sac. Les agents y ont découvert dix sachets soigneusement emballés, contenant chacun un kilogramme de chanvre indien, soit un total de 10 kilogrammes de drogue. Le produit a été immédiatement saisi et consigné au poste de police pour les besoins de l’enquête.

Le mis en cause, dont l’identité n’a pas été révélée, a été placé en garde à vue dans les locaux de la Sûreté urbaine. Selon une source proche de l’enquête, les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuels complices et de remonter la filière d’approvisionnement, notamment du côté de Kafountine, souvent cité comme point de départ de convois de stupéfiants à destination de la région de Dakar.

Un chauffeur Yango arrêté à Guédiawaye : le parcours glaçant d’un faux gendarme et vrai prédateur

C’est une affaire qui glace le sang. Le quotidien Libération a révélé les détails d’un dossier qui secoue la banlieue dakaroise, impliquant un chauffeur de la plateforme Yango, arrêté après une série de faits aussi troublants qu’inquiétants. L’homme, Mouhamadou Diop, âgé de 30 ans et domicilié à Keur Massar, est accusé de mise en danger de la vie d’autrui et de complicité de vol avec usage d’arme blanche. Derrière le visage d’un simple conducteur se cachait, selon les enquêteurs, un individu instable, manipulateur et potentiellement dangereux.

Tout commence le 18 octobre 2025, vers 20 heures. Ce soir-là, une étudiante de 23 ans, K. Talla, commande un taxi via l’application Yango à Petit-Mbao, après avoir rendu visite à une amie. Rapidement, le chauffeur arrive à bord d’une Ford Fusion. Il s’agit de Mouhamadou Diop. Le trajet, censé la ramener paisiblement à Keur Massar, va pourtant virer à l’horreur.

Alors qu’elle lui demande de passer par le péage, le conducteur change soudainement d’itinéraire et s’engage dans une ruelle sablonneuse et déserte, au cœur de la forêt de Keur Massar. La jeune femme, prise d’inquiétude, lui demande des explications. C’est alors que le chauffeur verrouille les portières, remonte les vitres et lui lance froidement : « Je suis un bandit. » Quelques secondes plus tard, un homme armé d’une machette surgit des buissons. Sous la menace, il dépouille K. Talla de son iPhone 13 avant de disparaître dans la nuit.

Mais le plus terrifiant, c’est l’attitude du chauffeur. Loin de lui venir en aide, il reprend la route, imperturbable. Pire encore, il brandit une paire de menottes, se présentant comme un gendarme et affirmant qu’il a sa tenue de service « dans la malle du véhicule ». Tétanisée, la jeune femme garde le silence jusqu’à son arrivée à domicile, où elle trouve la force de déposer plainte.

Cependant, le cauchemar ne s’arrête pas là. Dans les jours qui suivent, K. Talla commence à recevoir des appels étranges. À chaque fois, le même homme, mais sous des identités différentes : tantôt un certain Fallou, tantôt un prétendu bienfaiteur, puis, de manière plus inquiétante, un amoureux transi. À travers ces échanges, il tente de la manipuler et finit par l’appeler avec son propre numéro, lui demandant de lui communiquer les informations de son compte iCloud et le numéro de série de son téléphone, sous prétexte de “retrouver l’appareil volé”.

La Sûreté urbaine de Guédiawaye, saisie de l’enquête, adresse une réquisition à la société Yango pour identifier le chauffeur en question. Les résultats sont sans équivoque : il s’agit bien de Mouhamadou Diop. Interpellé, le trentenaire nie partiellement les faits. Il admet avoir emprunté la route de la forêt et verrouillé les portières, mais soutient qu’il “voulait plaisanter” lorsqu’il a déclaré être un bandit et un gendarme.

Une perquisition de son véhicule va toutefois venir contredire ses déclarations. Les enquêteurs y découvrent une paire de menottes et une veste militaire camouflée, des éléments qui renforcent les soupçons à son encontre et la thèse d’un individu se livrant à des pratiques inquiétantes.

Mais l’affaire ne s’arrête pas à cette seule victime. Une autre femme, C. Ndecky, a également saisi la Sûreté urbaine pour des faits similaires impliquant le même homme. Elle raconte avoir attendu une livraison de “cheveux naturels” commandée via Yango, livraison qui n’a jamais eu lieu.

Les enquêteurs soupçonnent désormais Mouhamadou Diop d’être un prédateur récidiviste, utilisant son statut de chauffeur et la confiance liée à la plateforme pour attirer et piéger ses victimes. Les investigations se poursuivent afin de déterminer s’il existe d’autres victimes passées sous silence.

Ziguinchor : une Nigériane soupçonnée d’avoir voulu contaminer des Sénégalais au VIH

Une affaire pour le moins troublante secoue la ville de Ziguinchor. Une jeune femme nigériane de 23 ans, répondant au nom de B. D. Elohr, plus connue sous le surnom de « Nelly », a été arrêtée par la police pour des faits graves : elle est accusée d’avoir cherché à contaminer volontairement plusieurs hommes sénégalais au VIH/Sida, en ayant avec eux des rapports sexuels non protégés.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération dans son édition de ce lundi, la jeune femme, prostituée de profession, serait installée à Ziguinchor depuis le mois de février ou mars dernier. Avant de venir au Sénégal, elle aurait exercé le même métier en Gambie pendant deux ans.

C’est à la suite d’une dénonciation reçue par la police que l’affaire a éclaté. Une source aurait fourni aux enquêteurs des captures d’écran de conversations WhatsApp qui, selon elle, prouvent les intentions malveillantes de la jeune femme. Sur ces messages, « Nelly » aurait déclaré vouloir infecter le plus grand nombre possible d’hommes sénégalais.

Interpellée dans un bar de Ziguinchor dénommé “Alternatives”, la jeune femme a été conduite dans les locaux de la police pour être entendue. Durant son interrogatoire, elle a reconnu être séropositive, confirmant ainsi être porteuse du virus du Sida. Elle a cependant nié avec force les accusations d’intention de contamination volontaire. D’après Libération, « Nelly » a expliqué qu’elle veille toujours à se protéger lors de ses rapports sexuels afin de ne pas mettre en danger la santé de ses clients.

Elle a également déclaré être suivie médicalement au Centre de référence des IST de l’hôpital de Ziguinchor, où elle bénéficie d’un traitement antirétroviral régulier. L’établissement hospitalier, sollicité par la police dans le cadre d’une réquisition, a confirmé officiellement qu’elle figure bien parmi leurs patientes et qu’elle suit effectivement un traitement. La jeune femme a précisé qu’elle n’a manqué qu’un seul de ses rendez-vous médicaux, le 26 octobre dernier, en raison de sa période menstruelle.

Malgré ces explications, les enquêteurs restent prudents. Les captures d’écran fournies par la source à l’origine de la dénonciation sont examinées minutieusement, et les autorités cherchent à déterminer si elles sont authentiques et si la suspecte a effectivement eu des comportements mettant en danger la santé d’autrui.

En attendant les résultats de l’enquête, « Nelly » reste sous le coup de graves accusations. Si les faits étaient avérés, ils pourraient être qualifiés de tentative de propagation volontaire d’une maladie transmissible, un crime lourdement sanctionné par la loi sénégalaise.

Attaque à Birkilane : le commandant Ndiaye échappe de justesse à la mort lors d’une embuscade tendue par des bergers

Le commandant Ndiaye, chef de la Brigade de gendarmerie de Birkilane, a frôlé la mort dans des circonstances d’une rare violence. Selon les informations rapportées par L’Observateur, l’officier a été pris pour cible par un groupe de bergers déterminés à libérer l’un des leurs, arrêté pour meurtre. L’attaque, minutieusement planifiée, s’est produite le jeudi 30 novembre, alors que le suspect était en cours de transfert vers la Brigade.

Les faits prennent racine dans un drame survenu quelques heures plus tôt au village de Fass Sy. Ce jour-là, une violente altercation éclate entre un cultivateur, M. Dramé, et un berger du nom de A. Bâ, dont le troupeau s’était introduit dans le champ du paysan. La dispute tourne rapidement au drame : A. Bâ égorge le cultivateur sur place, selon le récit du quotidien du Groupe Futurs Médias. Alertés par les cris, des villageois accourent et parviennent à maîtriser le meurtrier présumé avant de prévenir la gendarmerie.

Informé de la situation, le commandant Ndiaye se rend aussitôt sur les lieux avec ses hommes. Après avoir constaté l’horreur du crime, il procède à l’arrestation du berger et entame le transfert du suspect vers la Brigade. C’est à ce moment que les choses prennent une tournure dramatique. Surgissant des buissons, plusieurs bergers armés de machettes se jettent sur le convoi. « Ils sont sortis des buissons comme des diables. Ils en voulaient particulièrement au commandant ; ils voulaient le tuer pour récupérer leur camarade », témoigne un habitant, cité par L’Observateur.

Pris de court, le commandant Ndiaye reçoit plusieurs coups de machette, dont un très violent à la mâchoire. Ses hommes, réagissant avec sang-froid, parviennent à riposter et à extraire leur supérieur du guet-apens. Neuf des assaillants sont immédiatement neutralisés et interpellés, tandis que le reste du groupe parvient à s’enfuir dans la nature. Grièvement blessé, le commandant Ndiaye est évacué en urgence vers le centre de santé de Birkilane, où il a été admis aux soins intensifs.

Contacté par téléphone, l’officier blessé a confirmé que les neuf individus arrêtés ont été placés en garde à vue, en attendant leur déferrement au parquet. Ils devraient répondre de lourdes accusations, notamment de tentative d’assassinat sur une personne dépositaire de l’autorité publique, en plus d’autres charges connexes. Quant à A. Bâ, l’auteur présumé du meurtre du cultivateur, il demeure au cœur de cette affaire sanglante qui a bouleversé toute la communauté de Fass Sy.

Selon L’Observateur, le commandant Ndiaye, dont le pronostic vital n’est plus engagé, amorce une longue période de convalescence. L’attaque, d’une extrême gravité, a provoqué une vive émotion au sein de la gendarmerie nationale et relance le débat sur les conditions de sécurité des forces de l’ordre dans les zones rurales.

Caisse des Dépôts et Consignations : un rapport explosif révèle des pratiques opaques dans la gestion des marchés publics

Pendant longtemps, la Caisse des Dépôts et Consignations (Cdc) a cultivé l’image d’une institution publique financière solide, respectable et rigoureusement gérée. Mais cette réputation vient d’être sévèrement ébranlée. Selon le journal Les Échos, un rapport commandité par l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (Arcop) et réalisé par le cabinet Business System Consulting Group (BSC) met en lumière de graves irrégularités dans la gestion des marchés publics au sein de l’institution. Dirigée par le chef de file Ibra Guèye, l’équipe d’audit a passé au crible la conformité des procédures de passation des marchés pour l’exercice 2023 et a découvert un système qui, au fil du temps, s’est progressivement affranchi du droit commun pour imposer ses propres règles.

Tout commence par une anomalie en apparence anodine : la Cdc ne se réfère pas au Code des marchés publics, pourtant obligatoire au niveau national et communautaire. À la place, elle applique un manuel interne, officiellement adopté en novembre 2017. Mais lorsque les auditeurs demandent à consulter ce document, ils découvrent deux versions différentes portant la même date et le même intitulé, mais contenant des règles divergentes. Pire, certaines pages comportent des corrections manuscrites et des ajouts non datés, suggérant que le manuel a pu être modifié au gré des besoins. Ainsi, pendant plusieurs années, la Cdc aurait géré des dizaines de milliards de francs CFA sur la base d’un texte malléable, dont le contenu pouvait être ajusté discrètement.

Le projet des Mamelles illustre parfaitement les dérives dénoncées. Il s’agit d’un gigantesque complexe immobilier combinant bureaux et logements, avec 40 000 m² de bureaux et 230 000 m² de résidences. Le contrat, confié à la société Sertem, s’élève à 103,8 milliards F CFA TTC. Mais avant même la signature officielle du marché, une lettre de commande d’un montant de 29,8 milliards F CFA est délivrée à l’entreprise, en date du 7 août 2018. Autrement dit, la Cdc engage des paiements avant toute formalisation légale du contrat.

Les avenants successifs au contrat révèlent une dérive inquiétante. Le premier avenant ajoute plus de 6,3 milliards F CFA pour « ajuster les fouilles et les bétons », alors que ces travaux sont censés être inclus dans un marché clé en main. Le deuxième avenant porte sur près de 4 milliards F CFA supplémentaires, et le troisième, de plus de 214 millions F CFA, concerne un plan de gestion environnementale et sociale déjà prévu dans l’offre initiale. Le quatrième avenant marque un tournant encore plus préoccupant : la Banque Of Africa, partenaire financier du projet, suspend ses décaissements en raison d’un détournement de recettes, contraignant la Cdc à payer directement certains sous-traitants dont la liste officielle manque dans le dossier. Enfin, l’avenant n°5, signé en 2023, introduit une révision rétroactive de prix de 1,9 milliard F CFA, en contradiction avec le caractère forfaitaire et non révisable du contrat initial. En somme, un projet censé être strictement encadré s’est transformé en une succession d’ajustements opaques et coûteux.

Les anomalies ne s’arrêtent pas là. Le contrôle technique du même projet, confié à Archi Art Concept pour un montant initial de 502,9 millions F CFA, offre un autre exemple de gestion irrégulière. Le contrat, arrivé à échéance en juillet 2022, a pourtant fait l’objet d’un avenant en décembre 2023 d’un montant de 301 millions F CFA, soit plus d’un an après son expiration. Cet avenant, signé hors délai et sans fondement juridique, illustre le manque de rigueur contractuelle. Les auditeurs soulignent également un conflit d’intérêts flagrant : la filiale de la Cdc, la Compagnie d’Aménagement et de Construction, assure à la fois la maîtrise d’œuvre et l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, deux fonctions qui devraient être strictement séparées.

Plusieurs marchés de moindre envergure confirment ce dysfonctionnement généralisé. Pour le marché de 30 millions F CFA attribué à HLB Sénégal pour la remise à plat de la comptabilité, il a été constaté que l’entreprise elle-même a proposé la liste des concurrents à consulter lors de la relance. Une pratique qui remet en cause le principe fondamental de la concurrence libre et équitable. Le même schéma se reproduit pour un autre marché de 59 millions F CFA relatif à l’élaboration du plan stratégique, où les écarts entre les notes attribuées et les évaluations demeurent injustifiés. Certains dossiers sont incomplets, d’autres comportent des attestations douteuses, mais les procédures se déroulent sans obstacle, comme si les décisions étaient déjà arrêtées à l’avance.

Les auditeurs mettent également en évidence un enchevêtrement de collusions dans plusieurs autres marchés : formations du conseil d’administration, capsules vidéo, aménagements de parkings, tenues de travail, fournitures de stores ou de téléphones. Dans chacun de ces cas, des sociétés différentes en apparence s’avèrent liées par les mêmes gérants, actionnaires, adresses ou numéros de téléphone, simulant ainsi une concurrence fictive.

Même la rénovation du siège de la Cdc n’échappe pas aux irrégularités. Le projet initial, évalué à 109 millions F CFA, a été successivement réévalué à 323 millions, puis à 577 millions F CFA TTC après plusieurs avenants. Les auditeurs notent des doublons, des lignes identiques répétées d’un devis à l’autre, et une structure administrative qui, sous des apparences d’organisation, laisse place à de nombreuses zones d’ombre.

Enfin, la procédure d’assurance maladie d’un montant de 98,5 millions F CFA présente, elle aussi, des incohérences administratives : dates de signature incompatibles avec les lettres de notification, documents non déchargés et retards inexpliqués. Si le montant reste modeste, c’est l’absence de rigueur procédurale qui interpelle, démontrant que les failles de gouvernance affectent autant les grands projets que les opérations courantes.

Opération de déguerpissement à Dakar : la gendarmerie assainit les zones de BOA et Recasement

Le dimanche 2 novembre 2025, une vaste opération d’assainissement et de déguerpissement a été menée par la compagnie de gendarmerie de Dakar. Cette intervention, qui s’est déroulée de 8 heures à 14 heures, visait les zones de BOA et de Recasement. Elle s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre l’occupation anarchique du territoire, un phénomène qui continue de poser d’importants défis urbains dans la capitale sénégalaise.

Sous la supervision du colonel Ibrahima Ndiaye, un dispositif sécuritaire conséquent a été mobilisé. Deux escadrons de la Légion de gendarmerie d’intervention (LGI) ont été déployés sur le terrain afin d’assurer le bon déroulement des opérations. En appui, quatre équipes cynophiles ont participé à la mission, aux côtés d’une équipe de drones chargée de la surveillance aérienne. L’usage de ces technologies modernes a permis de renforcer la sécurité et la coordination des troupes tout au long de l’intervention.

La gendarmerie a également travaillé en étroite collaboration avec la Société nationale de gestion des déchets (SONAGED) et les agents du Cadre de vie. Cette synergie entre forces de sécurité et services techniques a favorisé une exécution rapide et efficace de l’opération.

Au total, 11 sites composés de baraquements et de taudis installés de manière illégale ont été démolis. Les équipes de la SONAGED ont aussitôt procédé à l’évacuation d’une grande partie des décombres, contribuant à restaurer la salubrité des zones concernées.

Durant les six heures qu’a duré l’intervention, la présence massive des gendarmes a permis d’éviter tout débordement. Grâce à la rigueur du dispositif sécuritaire et à la planification logistique, l’opération s’est déroulée dans le calme et sans incident majeur.

Saint-Louis : plus de 700 détenus à la Maison d’arrêt, la ministre de la Justice alerte sur la surpopulation carcérale

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a effectué ce vendredi une visite de travail à Saint-Louis, dans le cadre d’une tournée d’inspection des infrastructures judiciaires et pénitentiaires. Cette visite, marquée par plusieurs rencontres avec les autorités locales et le personnel judiciaire, a surtout permis de mettre en lumière la situation préoccupante de la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Saint-Louis, qui compte aujourd’hui plus de 700 détenus, faisant d’elle la prison la plus peuplée du pays après celle de Rebeuss, à Dakar.

« Nous sommes venus ici pour nous enquérir des conditions de détention mais aussi écouter les personnes en détention », a déclaré la ministre, avant de souligner que la prison de Saint-Louis « est celle qui a le plus de détenus après Rebeuss, avec plus de 700 personnes ». Cette révélation illustre la pression croissante sur le système carcéral sénégalais, déjà confronté à un phénomène de surpopulation chronique.

Accueillie au Palais de justice par le gouverneur de la région, Al Hassan Sall, ainsi que par les autorités judiciaires locales, Yassine Fall a entamé sa mission par une série de réunions de travail avec les magistrats et le personnel judiciaire. « Nous avons visité le tribunal de grande instance où nous avons tenu plusieurs réunions avec le parquet et les juges, sous la direction du président de la Cour d’appel de Saint-Louis », a-t-elle précisé.

La Garde des Sceaux s’est ensuite rendue à la Maison d’arrêt et de correction de Saint-Louis pour constater de visu les conditions de détention. Elle y a rencontré des détenus, des responsables pénitentiaires et des agents de surveillance, afin d’échanger sur les réalités quotidiennes du milieu carcéral. La ministre a exprimé son émotion face à la présence de nombreux jeunes parmi les prisonniers.

« Nous avons rencontré beaucoup de jeunes dans les liens de la détention, ainsi que des personnes âgées. Mais ce qui nous fend le cœur, c’est de voir des mineurs en détention », a-t-elle confié, non sans émotion, selon des propos relayés par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

Malgré ce constat préoccupant, Yassine Fall a tenu à saluer le dévouement du personnel pénitentiaire, qu’elle a remercié pour son engagement dans un contexte de travail difficile. « Je remercie toute l’équipe pénitentiaire qui s’occupe des personnes en détention et qui essaie, malgré les contraintes, d’assurer leur sécurité et leur bien-être », a-t-elle ajouté.

Cette visite s’inscrit dans la volonté du ministère de la Justice de renforcer la politique de modernisation et d’humanisation du système carcéral sénégalais. La question de la surpopulation des prisons reste l’un des défis majeurs à relever, avec des infrastructures souvent vétustes et un manque criant de moyens.

Pour rappel, la Maison d’arrêt et de correction de Saint-Louis, construite en 1863, est l’une des plus anciennes du pays. Située dans la partie nord de l’île, elle devait initialement accueillir un nombre restreint de détenus. Aujourd’hui, avec plus de 700 personnes incarcérées, elle illustre à elle seule les limites structurelles du système pénitentiaire sénégalais et la nécessité urgente de réformes profondes.

Sénégal : L’ARP et la Police nationale démantèlent un réseau de distribution illégale de médicaments à Pikine-Saint-Louis

L’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), à travers sa Direction de l’Inspection Pharmaceutique, de la Surveillance du Marché et des Vigilances, a mené, en collaboration avec la Brigade nationale de lutte contre la piraterie et la contrefaçon (BNLPC) de la Police nationale, une opération d’envergure ayant abouti au démantèlement d’un réseau de distribution illégale de produits médicaux. Cette action, menée le 30 octobre 2025, visait un dépôt appartenant à la société HAOQI, implantée à Pikine-Saint-Louis, dans le nord du Sénégal.

Selon un communiqué publié le 31 octobre par la cellule de communication de l’ARP, cette opération s’inscrit dans le cadre des activités du pôle Nord, qui regroupe les régions de Saint-Louis, Louga et Matam. Ce dispositif a pour objectif de renforcer la surveillance du marché pharmaceutique local, de freiner le trafic transfrontalier de médicaments non autorisés et de protéger les populations contre les dangers liés à la contrefaçon et à la vente illicite de produits médicinaux.

Les équipes de l’ARP et de la Police nationale ont découvert sur place 27 types de produits différents, parmi lesquels figuraient des thés, des gélules, des comprimés et des poudres présentés comme des remèdes thérapeutiques. La valeur totale de la marchandise saisie est estimée à 3 millions de francs CFA. D’après le communiqué, ces produits, distribués à grande échelle, ne disposaient ni d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) ni d’une autorisation de commercialisation délivrée par les autorités sanitaires sénégalaises.

L’ARP met en garde contre la consommation de ces substances, soulignant qu’elles peuvent entraîner de graves conséquences sanitaires. « Leur utilisation expose la population à des risques majeurs, notamment des insuffisances rénales, des hépatites et d’autres pathologies chroniques », alerte l’Agence. De tels produits, souvent fabriqués dans des conditions non conformes aux normes pharmaceutiques, constituent une véritable menace pour la santé publique et fragilisent les efforts nationaux en matière de sécurité sanitaire.

Le choix de mener cette opération dans le pôle Nord traduit la volonté du gouvernement de territorialiser les politiques pharmaceutiques et de lutter efficacement contre les réseaux parallèles qui alimentent le marché noir du médicament. Cette approche s’inscrit dans les orientations arrêtées lors du 13e Conseil des ministres, qui avait fait de la lutte contre le trafic de médicaments une priorité nationale.

En conclusion, l’ARP a réaffirmé son engagement total aux côtés de la Police nationale pour endiguer la prolifération des circuits illégaux de distribution pharmaceutique. L’agence appelle les populations à redoubler de vigilance et à s’approvisionner exclusivement dans les officines agréées, les seuls points de vente autorisés et sécurisés. Par cette action, les autorités envoient un signal fort aux trafiquants et réaffirment leur détermination à protéger la santé publique contre toute forme de commerce illicite de produits médicaux.

Kaolack : Sérigne Mboup au chevet des enfants des conseillers et agents municipaux — 441 kits scolaires distribués

Dans une démarche visant à accompagner les familles en ce début d’année scolaire, le maire de la commune de Kaolack, Sérigne Mboup, a procédé ce samedi 1er novembre 2025 à la distribution de fournitures scolaires destinées aux enfants des conseillers municipaux et des agents de la mairie.

La cérémonie, tenue dans l’enceinte de l’hôtel de ville, a réuni plusieurs élus locaux, le personnel municipal, des représentants syndicaux ainsi que des parents venus récupérer les kits scolaires composés de cahiers, stylos, crayons, couvertures et autres matériels indispensables pour la rentrée.

Prenant la parole, le maire Sérigne Mboup a rappelé l’importance de soutenir les familles des travailleurs municipaux qui, selon lui, « contribuent quotidiennement au bon fonctionnement de la commune ». Il a souligné que cet appui vise à alléger les charges des parents et à encourager les élèves à mieux réussir leur année académique.

Au total, 441 enfants ont bénéficié de ces dons, répartis comme suit : 80 issus de familles de conseillers, 319 d’agents permanents, 32 de contractuels et 10 de bénévoles.

Les bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction et salué une initiative de solidarité et de reconnaissance envers les agents publics. Le maire a par ailleurs annoncé que ce programme sera pérennisé et élargi afin de toucher davantage de familles dans la commune.

Sérigne Mboup a également salué la collaboration exemplaire entre la mairie et les organisations syndicales :

« Nous avons traversé des moments difficiles, mais grâce à un dialogue permanent et au sens des responsabilités de nos partenaires syndicaux, nous avons pu trouver des solutions consensuelles », a-t-il déclaré.

Dans la même journée, le maire de Kaolack a pris part à une journée de sensibilisation sur la Fièvre de la Vallée du Rift au poste de santé de Ndorong. Après la présentation de la maladie par les agents de santé — évoquant les signes chez l’humain (fièvre, fatigue intense, douleurs) et les symptômes chez les animaux (avortements, mortalités chez les jeunes) —, il a souligné que la prévention reste notre meilleure arme face à cette maladie.

Saint-Louis : la ministre de la Justice Yassine Fall s’alarme des conditions de détention et promet des réformes pour la réinsertion

La ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yassine Fall, a effectué ce vendredi une visite de travail à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Saint-Louis. Cette descente s’inscrit dans le cadre de sa tournée d’inspection des établissements pénitentiaires du pays, visant à évaluer les conditions de détention et les dispositifs existants pour la réinsertion des détenus.

Au terme de la visite, la ministre s’est dite profondément préoccupée par la situation qu’elle a constatée sur le terrain. Elle a particulièrement exprimé sa compassion envers les détenus mineurs et les femmes incarcérées, dont les conditions de vie restent difficiles.

« Nous avons rencontré beaucoup de jeunes qui sont dans les liens de la détention et des personnes âgées. Mais ce qui nous fend le cœur, c’est de voir des mineurs en détention et aussi la population féminine », a déclaré Yassine Fall, visiblement émue par la réalité de la prison de Saint-Louis.

La garde des Sceaux a insisté sur la nécessité de repenser la politique carcérale pour la rendre plus humaine et orientée vers la réinsertion. Selon elle, l’objectif du système pénitentiaire ne doit pas seulement être la sanction, mais aussi la préparation à un retour digne et productif dans la société.

« Nous avons discuté et échangé avec eux. Nous pensons que c’est une préoccupation qu’il va falloir prendre en compte par rapport à la réinsertion. On a beaucoup d’effort à faire par rapport à la réinsertion, et nous allons nous y atteler », a-t-elle promis.

Yassine Fall a également rappelé que son département ministériel travaille à renforcer les programmes de formation professionnelle et d’accompagnement social au sein des prisons. Ces dispositifs, selon elle, doivent permettre aux détenus d’acquérir des compétences utiles et de retrouver une place active dans la communauté après leur libération.

Cette visite a été l’occasion pour la ministre d’échanger avec l’administration pénitentiaire, les surveillants ainsi que les détenus eux-mêmes. Elle a pris note de plusieurs doléances, notamment le surpeuplement, le manque d’infrastructures adaptées aux femmes et aux mineurs, ainsi que les difficultés d’accès aux soins et à l’éducation.

En quittant la prison de Saint-Louis, Yassine Fall a réaffirmé la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions de détention à travers une politique de justice plus inclusive et respectueuse des droits humains. Elle a souligné que la réinsertion des détenus constitue un enjeu majeur pour la stabilité sociale et la cohésion nationale.

Fête de la Toussaint : le Président Bassirou Diomaye Faye adresse un message de paix et de solidarité aux catholiques

À l’occasion de la fête de la Toussaint célébrée ce vendredi 1er novembre, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à adresser un message empreint de fraternité et de compassion à l’endroit de la communauté catholique du Sénégal.

Dans une publication partagée sur sa page Facebook, le chef de l’État a exprimé ses pensées à l’ensemble des fidèles catholiques en ces termes : « En ce jour de Toussaint, j’adresse mes pensées fraternelles à nos compatriotes catholiques. » Une déclaration simple mais symbolique, qui témoigne de l’attachement du président aux valeurs de cohésion nationale et de respect du pluralisme religieux, piliers du vivre-ensemble sénégalais.

Poursuivant son message, Bassirou Diomaye Faye a ajouté : « Que ce temps de recueillement soit pour tous un moment de paix, de souvenir et de solidarité autour de ceux qui nous ont quittés. » Par ces mots, il a rappelé la portée spirituelle de cette journée dédiée à la mémoire de tous les saints et à la prière pour les âmes des défunts, invitant les Sénégalais à se rassembler dans la sérénité et la fraternité.

La fête de la Toussaint, célébrée chaque 1er novembre, est un moment fort du calendrier liturgique chrétien. Elle offre l’occasion aux croyants de rendre hommage à tous les saints, connus ou anonymes, et de méditer sur les valeurs de foi, d’espérance et de charité.

DAKARNAVE : les travailleurs dénoncent un manque de transparence dans le processus de concession et annoncent un sit-in

Le climat social s’alourdit au sein de la société DAKARNAVE. Dans un communiqué rendu public ce samedi, le collège des délégués du personnel a tiré la sonnette d’alarme sur la gestion du contrat de concession du chantier de réparation navale, estimant que le processus actuel se déroule dans des conditions opaques, loin des principes de transparence et de bonne gouvernance prônés par les autorités.

Les travailleurs rappellent à cet égard la réunion du Conseil des ministres du 29 octobre 2025, au cours de laquelle le président de la République avait attiré l’attention sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et exemplaire des marchés publics. Il avait, à cette occasion, instruit le gouvernement de veiller à ce que l’exécution des plans de passation se fasse dans le strict respect des dispositions du Code des marchés publics.

Or, selon le collège des délégués de DAKARNAVE, cette exigence de transparence ne semble pas être respectée dans le cadre du contrat de concession du chantier naval. Les décisions prises jusque-là, soulignent-ils, ont été arrêtées sans réelle concertation avec le personnel, notamment sur le volet social du cahier des charges. « Le processus actuel ne garantit aucune transparence, et plusieurs zones d’ombre persistent », dénoncent-ils, regrettant que la Société d’Infrastructures, de Réparation Navale (SIRN) n’ait toujours pas accepté de rencontrer la représentation du personnel depuis la présentation du projet de cahier des charges.

Les délégués de DAKARNAVE estiment que cette absence de dialogue social fait planer de graves incertitudes sur l’avenir des travailleurs. « Aucune garantie n’a été donnée quant à la préservation des emplois, des contrats en cours et des acquis sociaux », affirment-ils, tout en exprimant leurs inquiétudes quant à la manière dont la procédure est conduite.

Le collège des délégués va plus loin en évoquant des similitudes troublantes entre la procédure actuelle et celle qui avait conduit à l’attribution du marché au consortium turc OZATA. Ils s’interrogent notamment sur plusieurs points essentiels, notamment la réalité du désistement des sociétés DAMEN SHIPYARDS, MATÉRIEL TERRESTRE OFFSHORE AFRICA SAS (MTO AFRICA) et JOBSON ITALIA Srl, la décision de l’ARCOP déclarant irrecevable le recours introduit par HAT-SAN SHIPYARD, ainsi que les éventuels liens entre cette dernière et OZATA.

Ces zones d’ombre nourrissent un climat de méfiance et d’inquiétude au sein du chantier naval de Dakar. Les travailleurs craignent que la précipitation et l’opacité du processus ne compromettent non seulement leurs emplois, mais aussi la pérennité des activités de DAKARNAVE, acteur stratégique du secteur maritime sénégalais.

Kaolack – Renforcement de capacités : un mois d’accompagnement pour les enfants porteurs de trisomie 21

Une initiative innovante et porteuse d’espoir vient de s’achever au bénéfice des enfants porteurs de trisomie 21, membres de l’ONG Enfant Soleil. Pendant un mois, ces enfants ont participé à un programme intensif de renforcement de capacités, encadré par une équipe de psychomotriciennes françaises, partenaires de ladite ONG. L’objectif : stimuler leur développement moteur, cognitif et socio-émotionnel.

Les psychomotriciennes ont alterné jeux éducatifs, ateliers de motricité fine, exercices d’équilibre, séances de coordination, ainsi que des activités favorisant l’autonomie et la confiance en soi.

« Ce mois de renforcement a permis d’observer des progrès significatifs chez les enfants, notamment au niveau de la concentration, de la posture et de l’expression corporelle », a souligné l’une des formatrices.

Elle a également insisté sur l’importance de l’implication des familles, un élément essentiel du succès de cette initiative. Les parents, eux aussi, se sont dits satisfaits.

« Nous avons constaté une réelle évolution chez nos enfants. Ils sont plus confiants, plus actifs et interagissent davantage », témoigne Madame Maguette Mbodji Diallo, présidente de l’antenne de Kaolack de l’ONG Enfant Soleil.

Au-delà du développement individuel, cette activité vise également à favoriser une meilleure intégration sociale des enfants porteurs de trisomie 21, en renforçant leur autonomie et leurs compétences relationnelles, a-t-elle rappelé.

Après un mois de séances au profit de cette couche vulnérable, l’ONG Enfant Soleil a organisé, ce samedi 1ᵉʳ novembre 2025, une journée d’hommage exceptionnelle en l’honneur de ses partenaires européens. L’événement, marqué par des moments de partage, de témoignages et de reconnaissance, a réuni des responsables institutionnels, des représentants d’organisations humanitaires, des acteurs locaux ainsi que les bénéficiaires des programmes appuyés par l’ONG.

Au cours de la cérémonie, la présidente Maguette Mbodji Diallo a salué l’engagement constant de ses partenaires européens, soulignant l’importance de leur soutien dans la mise en œuvre de projets essentiels touchant à l’éducation, la santé, la protection de l’enfance et l’autonomisation des familles. Selon les organisateurs, ces contributions ont permis d’améliorer durablement les conditions de vie de milliers d’enfants.

Madame Clémence Gougeuil et Madame Justine Santos, au nom des partenaires, ont exprimé leur satisfaction de collaborer avec Enfant Soleil, une organisation reconnue pour son sérieux, sa transparence et son enracinement au sein des communautés locales.

Alioune Tine plaide pour la libération d’Ahmet Ndoye et dénonce une dérive démocratique

Le fondateur du Think-Thank Afrikajom Center, Alioune Tine, a lancé un appel fort aux autorités sénégalaises, les invitant à faire preuve d’ouverture et de clémence dans l’affaire du chroniqueur Ahmet Ndoye, actuellement sous le coup d’une procédure judiciaire. Dans un message publié jeudi sur X (ex-Twitter), le défenseur des droits de l’homme a exhorté le gouvernement à privilégier le dialogue et la tolérance plutôt que la répression.

« J’invite les autorités sénégalaises à faire preuve d’ouverture, de clémence et de libérer Ahmet Ndoye. On ne doit pas mettre en prison quelqu’un pour ses propos », a-t-il déclaré. Par ces mots, Alioune Tine met en avant l’importance du respect des libertés d’expression et d’opinion, piliers essentiels de toute démocratie.

L’ancien président de la Raddho (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme) déplore une tendance persistante dans la gestion des affaires politiques et judiciaires au Sénégal. « Au Sénégal, on a tendance depuis plus de dix ans à mettre facilement les opposants en prison. C’est une nouvelle pathologie de notre démocratie », a-t-il dénoncé, fustigeant une culture de la répression qui, selon lui, s’est progressivement installée dans le paysage politique.

Alioune Tine estime qu’il est temps d’engager une véritable refondation institutionnelle à travers l’adoption des fortes recommandations issues des Assises de la justice, notamment celles relatives au renforcement des libertés et des droits humains. Ces réformes, selon lui, doivent être examinées et validées par l’Assemblée nationale pour marquer une rupture claire avec les pratiques du passé.

« C’est la voie de discontinuité par rapport au passé. La voie de la rupture systémique », a-t-il conclu, appelant le régime actuel à démontrer sa volonté de changement par des actes concrets.

Le Forum du Justiciable alerte sur une dérive de la justice après la prolongation de la garde à vue d’Ahmed Ndoye

Le Forum du Justiciable, à travers son président Babacar Ba, a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « tendance préoccupante à judiciariser la justice elle-même ». Cette réaction fait suite à la prolongation de la garde à vue du chroniqueur de Sen TV, Ahmed Ndoye, interpellé pour des propos jugés offensants à l’égard du Premier ministre Ousmane Sonko.

Dans une déclaration rendue publique, Babacar Ba estime que « la mise en garde à vue de Monsieur Ahmed Ndoye illustre une tendance préoccupante à judiciariser la justice elle-même ». Il met en garde contre ce qu’il considère comme un « glissement dangereux » susceptible de transformer l’institution judiciaire en « outil de contrôle », au lieu d’être un rempart pour la protection des libertés et des droits fondamentaux.

Le juriste s’inquiète d’une dérive plus profonde, marquée par une judiciarisation excessive de la parole publique. « Cette judiciarisation de la parole publique constitue une dérive grave. Elle affaiblit les principes fondamentaux de l’État de droit, étouffe le débat démocratique et installe un climat de peur et d’autocensure », a-t-il affirmé.

Babacar Ba plaide ainsi pour un retour à l’esprit de la justice, qu’il décrit comme une institution devant être indépendante de toute influence politique ou émotionnelle. « Dame Justice ne doit pas devenir un instrument de répression contre les voix critiques », a-t-il martelé.

En conclusion, le président du Forum du Justiciable a lancé un appel à la libération immédiate du chroniqueur Ahmed Ndoye, estimant que le respect de la liberté d’expression et la garantie du pluralisme des opinions sont essentiels à la vitalité démocratique du pays.

Sécurité aérienne : le Sénégal consolide son leadership régional avec un score record de l’OACI

Le Sénégal vient de franchir une nouvelle étape dans le renforcement de sa position de leader régional en matière de sécurité aérienne. L’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI) a achevé, ce vendredi, sa mission de validation coordonnée (ICVM) menée auprès de l’Autorité nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM). Les résultats de cette évaluation sont particulièrement éloquents et témoignent d’une avancée remarquable du pays dans le domaine de la supervision de la sécurité aérienne.

Selon les conclusions de l’audit, le Sénégal a obtenu un score exceptionnel de 94,34 % dans le domaine des services de navigation aérienne (ANS). Ce résultat représente une progression spectaculaire par rapport à l’audit précédent de 2019, au cours duquel le pays avait obtenu 77 % dans le même domaine. Cette performance traduit les efforts soutenus de l’ANACIM pour hisser les standards du pays au niveau des meilleures pratiques internationales en matière de gestion de la sécurité des vols.

Au-delà de ce score record, l’évaluation de l’OACI met également en lumière une amélioration globale du système de supervision de la sécurité aérienne au Sénégal. En effet, le taux global de supervision de la sécurité de l’aviation civile sénégalaise s’établit désormais à 88,35 % en 2025, contre 85,26 % en 2024. Cette progression constante confirme la solidité du dispositif réglementaire et opérationnel mis en place par l’ANACIM, ainsi que la pertinence des réformes entreprises par les autorités sénégalaises dans le secteur de l’aviation civile.

Les résultats obtenus renforcent la crédibilité du Sénégal sur la scène régionale et internationale, consolidant sa réputation de modèle en matière de conformité aux normes de sécurité de l’OACI. Ils illustrent également la volonté du pays de garantir un environnement aérien sûr, fiable et performant, condition essentielle pour soutenir le développement du transport aérien, du tourisme et des échanges économiques dans la sous-région.

Forum Galien Afrique 2025 : le Président Bassirou Diomaye Faye plaide pour une souveraineté sanitaire fondée sur la science et l’innovation

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé, ce vendredi à Dakar, la cérémonie de clôture de la 8ᵉ édition du Forum Galien Afrique. Placé sous le thème « La souveraineté sanitaire, un impératif pour l’Afrique », l’événement a réuni chercheurs, experts et responsables politiques venus de tout le continent pour réfléchir aux voies et moyens de renforcer l’autonomie sanitaire de l’Afrique.

Dans son discours, le Chef de l’État a salué « la dynamique scientifique et la solidarité africaine » qui ont marqué les échanges tout au long du forum. Il a rappelé avec force que « la santé est au cœur de la liberté et de la dignité des peuples », insistant sur l’urgence pour l’Afrique de rompre avec le cycle de la dépendance sanitaire. Selon lui, cette indépendance passe nécessairement par l’investissement dans la recherche scientifique, la production locale de médicaments et de vaccins, ainsi que la valorisation des compétences africaines.

Le Président Faye a souligné la nécessité d’« investir dans la connaissance, dans nos jeunes, nos femmes, nos chercheurs et notre diaspora pour bâtir une souveraineté sanitaire durable ». À ce titre, il a cité le projet MADIBA de l’Institut Pasteur de Dakar comme un exemple concret de l’ambition nationale en matière d’innovation et de production biotechnologique.

Le Chef de l’État a également rappelé que cette orientation s’inscrit pleinement dans la Vision Sénégal 2050, qui place la santé et la souveraineté industrielle au centre de la transformation économique du pays. Cette stratégie, selon lui, vise à doter le Sénégal et, plus largement, l’Afrique, des moyens nécessaires pour répondre de manière autonome aux défis sanitaires actuels et futurs.

Lors de la cérémonie, le président Bassirou Diomaye Faye a félicité les lauréats du Prix Galien Afrique 2025, qu’il a qualifiés de « symbole d’une science africaine exigeante, rigoureuse et tournée vers l’avenir ». Il a encouragé la communauté scientifique africaine à poursuivre dans cette voie d’excellence et d’innovation au service du développement du continent.

En conclusion, le Chef de l’État a lancé un appel fort à l’unité et à la responsabilité collective. « L’Afrique doit bâtir un Pacte pour sa souveraineté sanitaire, fondé sur la solidarité, le financement domestique et l’innovation », a-t-il déclaré, invitant les gouvernements, les chercheurs et les partenaires à œuvrer ensemble pour construire une Afrique capable de prendre en main son destin sanitaire.

Crise rizicole dans le Walo : 350 000 tonnes invendues, les producteurs lancent un cri de détresse

La situation est alarmante dans la vallée du fleuve Sénégal, notamment dans le Walo, où les producteurs de riz font face à une crise sans précédent. En effet, près de 350 000 tonnes de riz restent invendues, menaçant la survie d’une filière considérée comme stratégique pour la souveraineté alimentaire du pays.

Réunis au lac de Guiers, les membres du Comité interprofessionnel du riz du Sénégal (CIRIZ) ont dressé un tableau particulièrement sombre de la situation. Lors d’un point de presse organisé à Ross Béthio, le porte-parole des producteurs, Aldiouma Boh, a tiré la sonnette d’alarme. « Le riz est en souffrance dans les magasins. C’est préoccupant et catastrophique. Nous sommes angoissés », a-t-il déclaré, déplorant l’absence de débouchés pour écouler les stocks.

Selon les estimations des producteurs, plus de 60 000 tonnes de riz blanc et 300 000 tonnes de riz paddy sont actuellement entreposées dans les magasins sans perspective de vente. Une situation qui, selon M. Boh, met en péril la continuité des activités de production et de transformation. « Depuis plusieurs mois, nous peinons à écouler nos stocks. Cette crise compromet les prochaines campagnes agricoles et menace la survie même de notre filière », a-t-il averti.

La mévente du riz local a des conséquences économiques et sociales désastreuses. Les producteurs, déjà fragilisés par les coûts élevés de production, se retrouvent aujourd’hui dans l’impossibilité de préparer la campagne de saison sèche 2026, considérée comme une étape essentielle dans la mise en œuvre du contrat-programme de 1 000 milliards de F CFA signé avec l’État. Ce programme vise à porter le Sénégal à 75 % d’autosuffisance en riz dans les années à venir.

Face à cette impasse, les acteurs de la filière appellent à une intervention urgente de l’État. « Le problème, c’est la mévente totale du riz. On ne peut pas produire sans commercialiser ni transformer. Aujourd’hui, à travers toute la vallée, le riz est là, en train de souffrir. Seule une action rapide du gouvernement peut désamorcer cette crise », a plaidé M. Boh.

Dans un appel solennel, il a interpellé directement le Président de la République et le Premier ministre Ousmane Sonko. « Le Président a visité les périmètres rizicoles il y a quelques mois. Aujourd’hui, nous faisons face à de graves difficultés de commercialisation. Nous lui demandons d’intervenir rapidement pour sauver la riziculture nationale », a-t-il insisté.

Les producteurs du Walo estiment que la baisse du prix du riz sur le marché est l’une des principales causes de cette mévente. Le riz importé, vendu à un prix plus compétitif, concurrence directement la production locale, rendant difficile son écoulement sur le marché national. « Nous vendons notre riz à un coût supérieur à celui des importateurs, ce qui décourage les acheteurs », expliquent-ils.

Si aucune solution n’est trouvée dans les plus brefs délais, la crise actuelle pourrait anéantir les efforts consentis ces dernières années pour développer la filière rizicole et menacer des milliers d’emplois dans la vallée. Au-delà de la détresse des producteurs, c’est tout le projet d’autosuffisance alimentaire du Sénégal qui se retrouve compromis.

Kaolack : Le Mouvement pour une Citoyenneté Engagée (MCE – Jeriñ sa Askan) apporte un soutien majeur aux écoles de la commune

Le Mouvement pour une Citoyenneté Engagée (MCE – Jeriñ sa Askan), fidèle à sa vision d’une société solidaire et participative, a posé un geste fort en faveur de l’éducation locale à Kaolack. Sous la direction de Mamadou Lamine Dianté, le mouvement a apporté un soutien concret aux écoles de la commune, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions d’enseignement dans plusieurs établissements publics.

Lors d’une cérémonie sobre mais significative, le coordonnateur du mouvement, Déthié Ndao, a remis du matériel scolaire, des fournitures pédagogiques ainsi que du matériel d’hygiène aux établissements bénéficiaires. Ce don vise à favoriser un cadre d’apprentissage plus sain et plus propice à la réussite.

Selon M. Ndao, cette action s’inscrit dans une démarche citoyenne visant à encourager l’excellence scolaire, à réduire les inégalités et à soutenir les comités de gestion des écoles, souvent confrontés à d’importantes charges financières en début d’année.

« L’éducation est la base de tout développement. En apportant notre modeste contribution, nous voulons dire aux élèves, aux enseignants et aux parents que nous sommes à leurs côtés », a-t-il déclaré, rappelant que le mouvement a pour vocation de promouvoir la participation citoyenne et l’engagement communautaire.

Au-delà de cette action, le MCE – Jeriñ sa Askan annonce vouloir poursuivre ses interventions dans les domaines de la santé, de l’environnement et de la formation des jeunes, confirmant ainsi son ambition de devenir un acteur majeur du développement communautaire dans la région de Kaolack et au-delà.

Par ce geste, le mouvement marque une nouvelle étape dans son engagement pour une citoyenneté active et une solidarité durable, au service du bien-être collectif.

Babacar Bâ du Forum du Justiciable interpelle le régime Diomaye-Sonko : « On ne dirige pas un pays par le verbe, la rhétorique ou les slogans »

Le président du Forum du Justiciable, Babacar Bâ, a lancé un message percutant à l’endroit des autorités du régime en place, appelant à une gouvernance axée sur les résultats concrets plutôt que sur les discours. Dans une déclaration qui résonne comme un rappel à l’ordre, l’activiste et juriste a invité le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko à prêter une oreille attentive aux réalités vécues par les populations, notamment les travailleurs et les couches les plus vulnérables.

« On ne dirige pas un pays par le verbe, la rhétorique, les slogans ou les effets d’annonce sans résultats tangibles pour la population », a-t-il déclaré, estimant que l’heure n’est plus aux promesses, mais à l’action. Babacar Bâ a souligné la nécessité pour le gouvernement de démontrer, sur le terrain, la portée de son projet politique, fondé sur la rupture, la transparence et la justice sociale.

Selon lui, les attentes des Sénégalais sont immenses après des années de revendications portées par le discours du changement. Les citoyens, a-t-il rappelé, espèrent une amélioration réelle de leurs conditions de vie, une meilleure gouvernance des ressources publiques et un traitement équitable de toutes les catégories sociales. Le juriste a insisté sur la situation difficile de la classe ouvrière, souvent confrontée à la précarité, à la cherté de la vie et au manque de perspectives d’emploi stable.

« Ayez de l’empathie pour la classe ouvrière », a exhorté Babacar Bâ, invitant le régime à replacer la justice sociale et la solidarité au cœur de l’action publique. Il a par ailleurs mis en garde contre le risque de désillusion si les réformes annoncées tardent à produire des effets concrets dans le quotidien des Sénégalais.

Cette sortie du président du Forum du Justiciable intervient dans un contexte où plusieurs secteurs socio-économiques expriment leur impatience face à la lenteur des mesures promises par le nouveau pouvoir. En dressant ce constat, Babacar Bâ rappelle que la crédibilité d’un gouvernement ne se construit pas dans les discours, mais dans les actes.

Dakar : Deux individus arrêtés pour trafic de chanvre indien à Pikine Guinaw Rails et Ngekhokh

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar a frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Deux individus ont été interpellés pour détention, trafic de chanvre indien et association de malfaiteurs, à la suite d’une opération minutieusement préparée sur la base d’un renseignement exploitable.

Tout est parti d’une information faisant état d’un trafic intense de chanvre indien entretenu par un réseau actif dans la zone de Pikine Guinaw Rails. Alertée, la Sûreté urbaine a aussitôt mis en place une équipe d’intervention pour vérifier la véracité du renseignement et procéder aux interpellations nécessaires. L’opération, menée avec efficacité, a permis d’arrêter un premier individu pris en flagrant délit, en possession de cinq kilogrammes de chanvre indien.

Les enquêteurs, poursuivant leurs investigations, ont rapidement remonté la piste jusqu’au fournisseur présumé. Ce dernier a été localisé et arrêté au campement de Ngekhokh, où il détenait vingt-cinq kilogrammes de chanvre indien soigneusement dissimulés. Cette seconde interpellation a permis de confirmer l’existence d’un réseau structuré, approvisionnant plusieurs zones de la région.

Les deux suspects ont été placés en garde à vue, le temps pour les enquêteurs de boucler le dossier et de déterminer l’étendue réelle de leurs activités criminelles. Les investigations se poursuivent pour identifier d’éventuels complices et démanteler l’ensemble du réseau.

La Police nationale, à travers la Sûreté urbaine, réaffirme sa détermination à combattre sans relâche le trafic de drogue et à garantir la sécurité des populations. Elle invite par ailleurs les citoyens à collaborer activement en signalant tout fait suspect via le numéro vert 800 00 17 00, disponible gratuitement.

Dakar au cœur de la réflexion sur la souveraineté sanitaire africaine : le Forum Galien Afrique 2025 met en lumière le leadership féminin

La capitale sénégalaise est, depuis lundi dernier, le théâtre d’une importante rencontre continentale : la 8ᵉ édition du Forum Galien Afrique, organisée sous le thème « Souveraineté sanitaire : un impératif pour l’Afrique ». Chercheurs, décideurs politiques, professionnels de santé et acteurs du développement s’y réunissent pour quatre jours d’échanges autour d’une même ambition : bâtir un système de santé africain indépendant, résilient et innovant.

Au cœur des discussions figurent des enjeux majeurs tels que la production locale de médicaments, le développement de la recherche biomédicale, la formation des ressources humaines et la mobilisation d’un financement endogène pour les politiques de santé. Cette édition 2025 du Forum Galien Afrique, qui s’impose désormais comme une plateforme stratégique d’influence et de réflexion, se veut un espace où s’articulent savoirs scientifiques, volonté politique et engagement citoyen au service de la souveraineté sanitaire du continent.

En marge des travaux principaux, le Forum des femmes a été ouvert hier, jeudi, dans une atmosphère empreinte d’engagement et d’émotion. La Première dame du Sénégal, Absa Faye, a pris la parole pour rappeler le rôle essentiel mais souvent sous-valorisé des femmes dans les systèmes de santé. Selon elle, « le leadership féminin est une exigence vitale pour construire des systèmes de santé plus résilients, plus humains, plus justes ». Elle a insisté sur la nécessité d’une gouvernance partagée, estimant que les femmes, très présentes sur le terrain sanitaire, demeurent encore trop absentes des espaces décisionnels. Dans un plaidoyer vibrant, la Première dame a déclaré : « Lorsqu’une société choisit de protéger la santé, elle choisit l’avenir. Et lorsque les femmes en sont les actrices et les décideuses, c’est toute l’Afrique qui avance. »

La présidente du Forum, Pr Awa Marie Coll Seck, a abondé dans le même sens, soulignant la place centrale des femmes dans la résilience des systèmes de santé africains. Elle a rappelé que, face aux crises sanitaires, les femmes sont souvent les premières à intervenir, à innover et à mobiliser les communautés. Évoquant les leçons de la pandémie de Covid-19, elle a mis en évidence à la fois la vulnérabilité du continent et la richesse de son potentiel scientifique et humain. « La souveraineté sanitaire n’est pas un slogan, c’est une nécessité vécue au quotidien », a-t-elle martelé, insistant sur la création d’infrastructures adaptées, la valorisation du capital humain, la production locale et la mise en place de mécanismes de financement durables.

Kaffrine : Les gagnants du concours régional des métiers “Teranga Skills” dévoilés

Le stade municipal de Kaffrine a vibré jeudi au rythme de la créativité et du savoir-faire des jeunes artisans de la région, à l’occasion de la phase régionale du Concours national des métiers, baptisé “Teranga Skills”.

Cette compétition, qui met en lumière les talents issus de la formation professionnelle, a réuni plusieurs jeunes venus des quatre départements de la région. Les principales disciplines en lice étaient : menuiserie bois, électricité, couture, restauration et menuiserie métallique.

Sous un soleil ardent, mais dans une ambiance enthousiaste, le public est venu nombreux pour encourager les candidats, transformant le stade en un véritable espace d’émulation et de partage. Les cris d’encouragement, les applaudissements et les démonstrations de savoir-faire ont ponctué la journée.

« Ces jeunes ont prouvé que la formation professionnelle peut être un tremplin vers la réussite et l’autonomie », s’est félicité Athanasse Sagne, chef de projet de l’initiative FIT Sénégal, mise en œuvre par l’ONG Eclosio.

Selon lui, l’objectif de “Teranga Skills” est de valoriser les métiers manuels et de changer le regard sur la formation professionnelle :

« Nous voulons que les jeunes comprennent que ce n’est pas une école de seconde chance, mais bien une école de premier choix, un véritable levier de développement », a-t-il souligné.

Les phases régionales se déroulent actuellement dans tout le pays et permettront de sélectionner les meilleurs candidats, qui représenteront leur région lors de la phase nationale à Dakar.

À Kaffrine, la compétition a été marquée par une excellente organisation et un fort engagement des candidats, qui ont rivalisé d’ingéniosité. Les différentes œuvres exposées – meubles en bois, tenues cousues, plats préparés ou circuits électriques montés sur place – ont émerveillé le public et les membres du jury.

Au terme des épreuves, les lauréats ont été récompensés :

le premier a reçu un kit professionnel d’une valeur de 150 000 FCFA, adapté à ses besoins dans son domaine ; le deuxième a obtenu 100 000 FCFA ; le troisième, 50 000 FCFA ; et les deux autres finalistes sont repartis chacun avec une enveloppe de 25 000 FCFA en guise d’encouragement.

« Gagner, c’est bien, mais participer à un tel concours nous permet de nous faire connaître, de progresser et de croire davantage en nos capacités », a témoigné Aminata Ndiaye, candidate en couture, visiblement émue après la remise des prix.

Les lauréats représenteront fièrement la région de Kaffrine à la finale nationale, où ils retrouveront les champions des autres régions du Sénégal pour tenter de décrocher le titre de meilleur jeune artisan du pays.

L’événement, à la fois festif et éducatif, a une fois de plus démontré que la jeunesse de Kaffrine regorge de talents et d’ambitions, prête à relever le défi du développement à travers la formation et le travail bien fait.

Dakar 2026 : AYO, la mascotte des JOJ, symbole de la jeunesse et de l’unité africaine

Le Grand Théâtre national de Dakar a été le théâtre, ce jeudi, d’un moment historique et symbolique pour le Sénégal et l’Afrique toute entière : le dévoilement d’AYO, la mascotte officielle des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Cet événement, salué avec émotion par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, marque une étape majeure dans la préparation de la première compétition olympique organisée sur le sol africain.

AYO, un lion majestueux coiffé d’un bonnet traditionnel, dépasse le simple rôle d’emblème sportif. Pour le chef de l’État, il incarne l’âme du Sénégal et de l’Afrique, reflétant la créativité, la vitalité et la joie de vivre de leur jeunesse. « Le Sénégal et l’Afrique ont désormais un symbole pour les JOJDakar2026 : AYO, le lion qui rugit de joie ! Né de la terre de la Teranga, AYO, sorti de l’imagination de nos jeunes écoliers, incarne la créativité, la fierté et l’énergie contagieuse de notre jeunesse », a déclaré le président sur sa page Facebook, partageant sa fierté et son émotion devant la créativité de la jeunesse sénégalaise.

Le nom de la mascotte, “Ayo”, emprunté à la langue yoruba et signifiant « joie », n’a pas été choisi au hasard. Il symbolise la vie, le partage et l’unité africaine, des valeurs que le Sénégal souhaite mettre en avant à travers l’organisation de ces Jeux. Pour le président Faye, cette mascotte est bien plus qu’un simple symbole national : elle reflète un projet continental et un message fort adressé au monde entier, affirmant que l’Afrique avance avec confiance et solidarité. « Par ce choix, nous avons voulu que cela ne soit pas seulement le Sénégal, mais toute l’Afrique qui salue le monde, avec confiance et espoir », a-t-il souligné.

Sous le slogan « L’Afrique accueille, Dakar célèbre », le Sénégal se prépare ainsi à écrire une nouvelle page de son histoire sportive et culturelle. Du 31 octobre au 13 novembre 2026, la capitale sénégalaise accueillera la jeunesse du monde entier, dans un événement qui promet d’être autant un festival de sport qu’une célébration des valeurs de fraternité, de créativité et de joie partagée, incarnées par AYO.

Drame à Bargny : une partie de Ludo tourne au meurtre entre deux ressortissants guinéens

Un jeu de Ludo entre deux ressortissants guinéens domiciliés à Bargny a pris une tournure tragique, entraînant la mort d’un jeune homme de 23 ans. L’incident, dont la mise en jeu était de 1 000 F CFA par joueur, s’est soldé par la disparition d’Hamidou Diallo, conducteur de moto-taxi, après une altercation avec son compatriote Mohamed Fadia Diallo, également conducteur de moto-taxi.

Selon les informations recueillies par SourceA, la dispute a éclaté après une partie qui s’est tenue devant leur domicile dans la soirée. Après sa victoire, Mohamed Fadia Diallo aurait saisi le téléphone de Hamidou Diallo, provoquant la réaction de ce dernier. Ce dernier l’aurait suivi sur la terrasse pour récupérer son appareil, entraînant une confrontation physique entre les deux hommes. C’est au cours de cette rixe qu’ils seraient tombés de la terrasse. Transporté d’urgence au Centre de santé de Bargny par les voisins, Hamidou Diallo n’a malheureusement pas survécu à ses blessures.

Un témoin, Mamadou Alpha Kanté, originaire de Lélouma en République de Guinée et né le 1er janvier 1975, s’est présenté spontanément à la police avec une réquisition émise par le Dr Ibrahima Wade, du Centre de santé de Bargny, afin de procéder à l’autopsie du corps. L’examen a révélé des lésions au niveau du coude gauche et de la cheville, motivant l’intervention d’un médecin-légiste pour établir les causes exactes du décès.

Le procureur de la République a été informé de l’incident et une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances précises de ce drame. Mohamed Fadia Diallo reste en garde à vue pour homicide involontaire, tandis que les autorités poursuivent leurs investigations afin de clarifier les responsabilités et établir si d’autres facteurs ont contribué à l’accident.

Ziguinchor : Un guérisseur traditionnel arrêté pour viols et grossesses sur plusieurs jeunes femmes

La Section de recherches de la Gendarmerie de Ziguinchor a procédé cette semaine à l’arrestation d’A.R. Diatta, un guérisseur traditionnel itinérant, impliqué dans une série de viols ayant conduit à huit grossesses. Selon les informations relayées par le journal L’Observateur, cette affaire, qui secoue la région, met en lumière l’ampleur des agissements criminels de ce prédateur sexuel, actif depuis 2022 dans plusieurs localités, dont Cap, Edioungou, Djivente, Kaguit, Goudomp et Sokone.

Le suspect exploitait son statut de féticheur pour exercer des pratiques thérapeutiques traditionnelles, sous couvert de soins mystiques. Il imposait à ses patientes des « bains mystiques » censés les guérir de divers maux. C’est au cours de ces rituels qu’il abusait sexuellement de jeunes filles âgées de 16 à 21 ans. L’enquête révèle que pour obtenir leur soumission, A.R. Diatta n’hésitait pas à brandir des menaces mystiques, effrayant ses victimes avec la promesse de terribles malédictions en cas de refus.

Le drame a pris une dimension particulièrement tragique avec la découverte de huit grossesses successives survenues entre 2024 et 2025. Parmi les victimes identifiées, quatre étaient mineures au moment des faits. L’enquête a également révélé que le prédateur s’en était pris à plusieurs membres d’une même famille, abusant de deux sœurs et de deux cousines.

L’arrestation d’A.R. Diatta fait suite au dépôt d’une plainte par une première victime, qui a permis aux gendarmes de reconstituer la chaîne des viols. Confronté aux preuves accumulées par les enquêteurs, le suspect a reconnu l’ensemble des faits, admettant être le père des huit enfants nés de ses agressions.

Démantèlement d’un réseau de voleurs de téléphones à Dakar : “Zarco” et ses complices arrêtés

La traque du gang du “Réseau”, actif depuis plusieurs semaines entre Grand-Yoff, Ben Tally et les Parcelles Assainies, a connu un tournant décisif. Selon le quotidien Libération, les enquêteurs du commissariat de Grand-Yoff ont mis fin aux activités d’un groupe de malfaiteurs spécialisés dans le vol, le décodage et le recel de téléphones portables.

Le cerveau présumé du réseau, un jeune commerçant bien connu du marché noir de la Patte d’Oie et surnommé “Zarco”, a été arrêté avec deux complices. Ces derniers temps, plusieurs victimes avaient signalé le vol de leurs téléphones portables, souvent suivis à la trace jusqu’au marché informel de la Patte d’Oie, surnommé par les habitants “le Réseau”. Mais une fois sur place, les appareils perdaient mystérieusement tout signal, rendant toute tentative de récupération quasiment impossible.

Alertés par ces plaintes en série, les policiers du commissariat de Grand-Yoff ont lancé une vaste opération d’infiltration et de surveillance. C’est ainsi qu’un agent infiltré a repéré hier matin, vers 10 heures, “Zarco” en pleine transaction : il s’apprêtait à revendre plusieurs téléphones volés lors d’un cambriolage survenu la veille à Usine Ben Tally.

La filature a rapidement débouché sur une interpellation musclée. Trois individus ont été arrêtés sur le vif : Papa Thiaw, alias “Zarco”, âgé de 27 ans et domicilié à Grand-Yoff, Ansoumana Manga, 36 ans, également commerçant dans le même quartier, et Dame Cissé, 37 ans, résidant à proximité. Une fouille menée sur place a permis de saisir sept téléphones portables de marques diverses, dont un iPhone 13 reconnu par S. M. M. Dione, victime d’un vol commis dans sa propre chambre à Usine Ben Tally.

Les mis en cause, incapables de justifier la provenance des appareils ou de fournir leurs codes de déverrouillage, ont été placés en garde à vue pour association de malfaiteurs, vols multiples commis la nuit et recel de biens volés. Selon les enquêteurs cités par Libération, le mode opératoire du groupe était simple mais efficace : le vol nocturne suivi d’une revente rapide, avec un décodage immédiat des téléphones pour brouiller toute traçabilité. Le réseau aurait par ailleurs des ramifications dans d’autres marchés informels de Dakar, rendant la traque encore plus complexe.

Keur Massar : démantèlement d’un réseau d’escroquerie lié à « Qnet Infinity Millenials »

La Brigade de recherches de Keur Massar a réalisé une importante opération qui a conduit au démantèlement d’un réseau d’escrocs opérant sous le nom de « Qnet Infinity Millenials ». Quatre individus, dont trois hommes et une femme, ont été interpellés le 28 octobre dernier. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, escroquerie faisant appel à l’épargne publique et ouverture d’un établissement sans autorisation administrative.

Selon les informations rapportées par le journal Libération dans son édition de ce vendredi, tout est parti d’un renseignement exploité par les gendarmes. Ces derniers ont réussi à mettre fin aux agissements d’un groupe particulièrement bien organisé qui opérait depuis plusieurs semaines dans la banlieue dakaroise. Les mis en cause sont identifiés comme étant M. G., né en 1990 à Pikine, S. W., née en 1994 à Dakar et résidant à Yarakh, C. D., née en 1997 à Dakar et demeurant à Keur Massar, et M. T., né en 1992 à Thiaroye et habitant à Keur Massar. Tous se présentaient comme commerçants.

Leur mode opératoire consistait à attirer des victimes, souvent étrangères, par le biais d’une plateforme numérique. Ils leur proposaient de prétendues offres d’emploi assorties de promesses d’une vie meilleure et d’opportunités professionnelles « au-delà de celles offertes par les États ou le secteur privé ». Pour accéder à ces opportunités illusoires, les postulants devaient verser une somme comprise entre 600 000 et 900 000 francs CFA. En contrepartie, les recruteurs leur faisaient miroiter une formation au sein d’un établissement censé les insérer dans un réseau international prospère.

Mais derrière ce discours séduisant, se cachait une vaste entreprise d’escroquerie. Les victimes étaient invitées à acheter des produits tels que le café « Olé » ou le « bio disque », censés constituer des supports de formation ou des outils de développement personnel. L’enquête a toutefois révélé qu’il ne s’agissait que d’un stratagème pour leur soutirer de l’argent.

Le transport effectué sur les lieux par les gendarmes a permis de découvrir la véritable nature de l’établissement. Ce prétendu centre de formation n’était en réalité qu’une simple maison transformée en dortoir et en salle de cours. À leur arrivée, les enquêteurs ont trouvé sur place les quatre instigateurs en train de dispenser des enseignements à vingt-deux jeunes, dont neuf garçons et treize filles, tous de nationalité sénégalaise.

Une perquisition menée dans les locaux a permis la saisie d’un important lot de matériel bureautique, de nombreux documents administratifs et de produits liés à cette activité illégale. Les enquêteurs ont également constaté que les responsables de cette structure ne disposaient d’aucune autorisation administrative pour exercer et n’avaient versé aucune redevance au Trésor public.

Le préfet de Dakar autorise la marche du FDR mais modifie l’itinéraire initial

Le préfet de Dakar a donné son feu vert à la marche projetée par les organisations de l’opposition regroupées au sein du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR). Cependant, cette autorisation s’accompagne d’une modification importante de l’itinéraire initialement proposé par les organisateurs.

Selon les précisions de l’autorité administrative, la marche ne pourra pas suivre le trajet initial qui devait relier l’avenue Khalifa Ababacar Sy au terminus de Liberté 5. Le préfet a jugé nécessaire d’ajuster le parcours pour, selon ses services, « préserver l’ordre public et assurer la fluidité de la circulation ». Ainsi, le nouveau tracé autorisé impose aux manifestants de se regrouper à Score Liberté 1, point de départ fixé à 15 heures. La procession devra se diriger ensuite vers le Rond-point Jet d’Eau, où la manifestation prendra fin à 18 heures précises.

Cette décision du préfet de Dakar traduit un compromis entre la liberté de manifester, garantie par la Constitution, et les impératifs de sécurité publique que l’administration met en avant à chaque mouvement d’ampleur. Les responsables du FDR, qui avaient soumis leur demande de marche dans les délais légaux, ont pris acte de cette modification, tout en réaffirmant leur détermination à faire entendre la voix de l’opposition.

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République regroupe plusieurs formations politiques et mouvements citoyens opposés aux politiques actuelles du gouvernement. À travers cette manifestation, ses membres entendent dénoncer, selon leurs termes, « les dérives autoritaires du pouvoir et la restriction des libertés démocratiques ».

La marche, qui s’annonce très suivie, sera placée sous haute surveillance sécuritaire. Les forces de l’ordre devraient être déployées tout au long du parcours afin d’éviter tout débordement et de garantir le bon déroulement de la manifestation. Le préfet a rappelé que tout manquement aux conditions fixées dans l’arrêté d’autorisation pourrait entraîner des sanctions conformément à la loi.

Maïmouna Ndour Faye raconte les coulisses de sa garde à vue : « Ce n’était pas une situation traumatisante pour moi »

Après la libération du journaliste Babacar Fall, c’est au tour de Maïmouna Ndour Faye de recouvrer la liberté. La patronne de la 7TV, arrêtée à la suite de la diffusion d’une interview accordée à Madiambal Diagne, est revenue sur ses 48 heures passées en garde à vue. Dans un entretien exclusif accordé au journal L’Observateur, la journaliste a détaillé les circonstances de son interpellation et les conditions dans lesquelles elle a été conduite à la gendarmerie.

Tout a commencé peu après la diffusion de l’émission incriminée. « J’avais terminé l’enregistrement et lancé l’affiche pour la diffusion, puis j’ai quitté la télévision. C’est alors que mes agents m’ont informée que la gendarmerie avait investi les lieux et demandé l’interruption du programme », raconte Maïmouna Ndour Faye. Alertée par son équipe, elle décide de revenir sur place, sans se douter de l’ampleur de l’opération en cours.

À son arrivée, la journaliste dit avoir été surprise par la manière dont les gendarmes ont procédé. « Ils ont voulu me forcer à monter dans leur véhicule alors que je leur demandais simplement le temps de me changer, car j’étais en tailleur et en chaussures à talons », confie-t-elle. Devant son refus, les agents ont d’abord insisté avant de finalement accepter qu’elle se change avant de les suivre.

Maïmouna Ndour Faye dénonce la disproportion des moyens déployés pour son interpellation. « Ils étaient venus en nombre, bien équipés, comme pour arrêter un cartel. C’était indigne d’une démocratie. Ça m’a mise hors de moi », déplore-t-elle. Selon elle, la méthode employée ne se justifiait en rien, d’autant plus qu’elle n’avait jamais manifesté la moindre volonté de se soustraire à la justice.

Son audition a débuté à deux heures du matin, en présence de ses avocats, et s’est achevée vers quatre heures. Elle révèle qu’un changement de ton s’est produit en pleine nuit : « La convocation était pratiquement déjà prête. Mais, une trentaine de minutes plus tard, ils m’ont notifié une garde à vue de 48 heures. »

Malgré la brutalité de cette décision, la directrice de 7TV affirme avoir gardé son sang-froid. « Bizarrement, j’étais psychologiquement préparée. C’est une situation qui ne m’a pas ébranlée, ni surprise. Ce n’est pas une situation traumatisante pour moi », déclare-t-elle avec assurance.

Les marchés publics sénégalais en 2023 : une dynamique record de près de 3 000 milliards FCFA et une ouverture accrue à l’international

Le rapport 2023 de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) met en lumière une évolution remarquable du paysage économique sénégalais, marquée par une forte vitalité de la commande publique et une ouverture croissante aux acteurs étrangers. L’année écoulée a été celle d’une intensification des investissements publics, témoignant d’une volonté claire de l’État de soutenir la relance économique et de consolider les partenariats stratégiques.

Selon les chiffres rendus publics, le montant total des marchés immatriculés au Sénégal en 2023, hors ceux classés secret/défense et les achats de combustibles destinés à la SAR et à la SENELEC, s’élève à 2 864 milliards de francs CFA. Ce volume impressionnant illustre l’ampleur des projets engagés dans les secteurs clés de l’économie nationale, notamment les infrastructures, l’énergie, l’éducation et la santé.

Les entreprises sénégalaises conservent une place centrale dans la commande publique, s’adjugeant 50 % de la valeur totale des marchés attribués. Cette performance démontre la montée en puissance des acteurs locaux, capables de rivaliser sur des projets d’envergure. Toutefois, la dynamique d’ouverture vers l’extérieur est manifeste : la part des entreprises étrangères a connu une progression notable, passant de 35 % en 2022 à 41 % en 2023. Cette évolution traduit l’attractivité grandissante du marché sénégalais et la confiance des partenaires internationaux dans la stabilité économique du pays.

L’analyse par zones géographiques révèle que les entreprises de la communauté régionale (UEMOA/CEDEAO) captent 59 % de la valeur des marchés, confirmant l’importance de l’intégration économique sous-régionale. Mais ce sont surtout les acteurs chinois et français qui dominent la scène internationale. Les entreprises chinoises se positionnent comme le deuxième plus grand attributaire étranger avec un montant estimé à 371 milliards FCFA, soit 12,95 % du total des marchés. Les entreprises françaises suivent de très près avec 365 milliards FCFA, représentant 12,74 %. Ce duo sino-français continue ainsi d’imprimer sa marque sur les grands chantiers publics sénégalais.

Fait marquant de ce rapport, le Mali s’impose comme la surprise régionale. Le pays voisin enregistre une part de 9,04 %, correspondant à 259 milliards FCFA. Cette performance inattendue s’explique par l’obtention de plusieurs marchés importants dans le secteur de l’enseignement, notamment pour la construction des universités de Matam et de Tambacounda, ainsi que l’acquisition de matériels pédagogiques. Ces contrats ont principalement été attribués par appel d’offres restreint ou par entente directe, témoignant d’une coopération bilatérale soutenue entre les deux pays.

L’Espagne figure également parmi les nations bénéficiaires les plus actives, avec 222 milliards FCFA, soit 7,75 % du total. Les autres nationalités regroupées, quant à elles, cumulent une part de 7,64 %, représentant 219 milliards FCFA.

Les étudiants ressortissants de Mbadakhoune menacés d’expulsion faute de versement de leur subvention

Les étudiants originaires de la commune de Mbadakhoune, dans le département de Guinguinéo (région de Kaolack), vivent une situation de détresse qui pourrait compromettre leur avenir académique. Membres de l’Amicale des Élèves et Étudiants Ressortissants de la Commune de Mbadakhoune (AEERCOM), ils ont exprimé ce jeudi 30 octobre 2025 leur colère et leur profonde inquiétude face au retard prolongé dans le paiement de leur subvention communale. Cette aide financière, d’un montant global annuel de 3,6 millions de francs CFA, est pourtant essentielle pour assurer leurs besoins en logement, transport et matériel pédagogique.

Selon les représentants de l’amicale, toutes les démarches administratives ont été effectuées dans les règles et dans les délais impartis. Les dossiers ont été dûment déposés et validés par les autorités municipales de Mbadakhoune, avant d’être transmis à la trésorerie régionale de Kaolack. Cependant, le processus semble bloqué à ce niveau, sans qu’aucune explication officielle ne soit donnée. Une lenteur administrative que les étudiants jugent « incompréhensible » et « préjudiciable », d’autant plus qu’elle se répète chaque année.

« C’est un contrat annuel de 3 millions 600 mille francs CFA. Nous en avons assez d’attendre. Chaque fois, on nous dit que le traitement est en cours, mais rien ne se concrétise. Nous dépendons de cette subvention pour poursuivre sereinement nos études », a déclaré Sérigne Fallou Diène Faye, président de l’AEERCOM.

Pour beaucoup de ces jeunes, la situation a atteint un point critique. Certains sont menacés d’expulsion de leurs logements étudiants à Dakar, faute de pouvoir honorer leurs loyers. « Nous tardons à recevoir notre subvention, et si nous ne parvenons pas à payer notre loyer aujourd’hui, nous serons obligés de quitter les locaux de notre appartement dès demain », alerte le président de l’amicale. Il ajoute : « Nous lançons un appel urgent aux autorités compétentes afin qu’elles prennent cette situation au sérieux. C’est l’avenir d’une cinquantaine d’étudiants, actuellement en pleine période d’examens, qui est en danger. »

Face à ce désarroi, les étudiants demandent un déblocage immédiat des fonds promis par la commune, afin d’éviter une interruption de leurs études et des conséquences sociales irréversibles.

Du côté de la trésorerie régionale de Kaolack, aucune communication officielle n’a, pour l’instant, été faite pour expliquer les raisons de ce retard. En attendant, les étudiants de Mbadakhoune continuent de vivre dans la précarité, dans l’espoir que leur cri d’alarme soit entendu et que leurs droits à une aide publique déjà votée soient enfin respectés.

Keur Massar : Démantèlement d’un réseau d’escroquerie lié à « Qnet Infinity Millenials »

La Brigade de Recherches de Keur Massar a mené, ce mardi 28 octobre 2025, une opération qui a permis de mettre hors d’état de nuire un réseau d’escrocs se présentant comme membres de la structure dénommée « Qnet Infinity Millenials », implantée dans la commune de Keur Massar. Cette intervention intervient après plusieurs mois d’enquête visant à démêler les agissements frauduleux de ce groupe.

Selon les premiers éléments révélés par les enquêteurs, les responsables de ce réseau utilisaient une plateforme en ligne pour séduire leurs victimes, principalement des étrangers. Ils proposaient de fausses opportunités professionnelles au sein d’entreprises fictives, exigeant des candidats le versement initial de sommes comprises entre 600 000 et 900 000 francs CFA pour pouvoir intégrer ces prétendus programmes.

Une fois admis, les nouveaux adhérents étaient soumis à des dépenses supplémentaires sous différents prétextes. Les fraudeurs les obligeaient notamment à acheter des produits présentés comme indispensables pour la participation au programme, tels que le Sipandant, le Café Olé ou le Bio Disque. Ces pratiques s’inscrivent dans un schéma classique d’escroquerie par abonnement et par vente forcée de produits inutiles, trompant ainsi des individus en quête d’opportunités légitimes.

L’opération de ce mardi a permis l’interpellation de quatre individus, identifiés comme les présumés meneurs de cette organisation frauduleuse. Ils sont actuellement entendus par les autorités compétentes dans le cadre de cette enquête.

La Gendarmerie nationale, tout en saluant la collaboration des populations, invite la vigilance et encourage toute personne disposant d’informations sur des activités suspectes à contacter gratuitement son centre d’appel via les numéros 800 00 20 20 ou 123. Elle rappelle que la prudence reste de mise face à des offres d’emploi trop alléchantes et insiste sur la nécessité de vérifier systématiquement la légitimité des structures et programmes avant tout engagement financier.

Tragédie à l’UCAD : décès d’un étudiant du département d’arabe, le collectif des amicales promet de situer toutes les responsabilités

Un drame a frappé l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ce jeudi matin avec le décès d’El Hadji Mouhamed Niang, étudiant en licence 3 au département d’arabe de la Faculté des Lettres et Sciences humaines. L’incident, survenu vers 5h45, s’est produit au campus social, plus précisément au pavillon A, et a plongé la communauté universitaire dans une profonde tristesse.

Dans un communiqué rendu public, le collectif des amicales de l’UCAD a exprimé sa « profonde tristesse et indignation » face à la perte de leur camarade. Le collectif a présenté ses « sincères condoléances à la famille du défunt, à la Faculté des Lettres ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire », soulignant l’impact douloureux de cet événement sur l’ensemble des étudiants.

Le communiqué rappelle que le collectif des amicales est « la seule structure en charge de la défense des intérêts des étudiants » et assure que cette tragédie « ne restera pas impunie ». Les responsables du collectif promettent de prendre toutes les mesures nécessaires pour que « la lumière soit faite sur les circonstances exactes du décès d’El Hadji Mouhamed Niang » et que les responsabilités soient situées « dans les plus brefs délais ».

Dakar : le sit-in prévu devant 7TV finalement déplacé à l’intérieur des locaux

Le Préfet de Dakar a récemment informé les organisateurs du sit-in initialement prévu devant les locaux de la chaîne 7TV que celui-ci ne pourra pas se tenir sur la voie publique en raison de l’absence d’autorisation préalable. Cette décision, visant à encadrer les rassemblements dans la capitale, a conduit les organisateurs à revoir la forme de leur manifestation.

Ainsi, le sit-in se déroulera désormais à l’intérieur des locaux de la chaîne. Un plateau spécial a été aménagé pour accueillir les participants, et plusieurs intervenants prendront la parole lors de l’événement. Les organisateurs ont également lancé un appel à leurs soutiens pour éviter tout rassemblement à l’extérieur des locaux, afin de se conformer strictement aux directives des autorités.

USSEIN : La colère monte, les étudiants menacent une grève générale pour le paiement de leurs bourses

La grogne estudiantine à l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN) a atteint un point critique. Ce jeudi, les étudiants de l’UFR Sciences Agronomiques, Élevage, Pêche-Aquaculture et Nutrition (SAEPAN) ont lancé un ultimatum aux plus hautes autorités du pays : le paiement immédiat de leurs bourses, impayées depuis plusieurs mois, sous peine de paralysie totale des cours.

Lors d’un point de presse tenu dans une ambiance électrique, les représentants des campus de Kaolack, Fatick et Kaffrine ont exprimé leur exaspération face à ce qu’ils qualifient « d’abandon total ».

« Nous sommes très en colère. Les bourses dépassent 500 000 francs, sans tickets de restauration ni prise en charge médicale », a dénoncé Aïssatou Diallo, étudiante en Licence 2 et porte-parole du mouvement.

Les étudiants ont interpellé directement le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre, Ousmane Sonko, ainsi que le ministre en charge des Bourses, Daouda Ngom. Ils accusent la Direction des bourses, le Rectorat et le CROUS de négligence et d’indifférence, malgré des promesses répétées de règlement non tenues.

Les conséquences de cette situation se font durement sentir au quotidien.

« Sans bourse, pas de ticket de restauration, pas de soins médicaux, pas de transport. La situation dans les campus est déplorable », a insisté Aïssatou Diallo, appuyée par Ousmane Niang, membre de l’Amicale des étudiants.

Face au silence des autorités, la menace est désormais claire. Les étudiants exigent le paiement intégral des bourses et des rappels, ainsi qu’une dotation en matériel pour ceux en phase de mémoire. Leur mot d’ordre est sans équivoque : « Pas de bourses, pas de cours ! »

Ils annoncent être prêts à déclencher une cessation totale et renouvelable des activités pédagogiques, incluant les Journées Scientifiques et Techniques, pour une durée initiale de 24 heures.

Cet avertissement sonne comme un appel pressant au gouvernement pour une solution urgente, afin d’éviter une crise majeure et de préserver la paix sociale au sein de l’USSEIN.

La balle est désormais dans le camp des autorités.

Explosion de moto électrique à l’UCAD : un étudiant perd la vie, deux autres blessés

Un drame d’une rare intensité a secoué l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) dans la matinée de ce jeudi. Une explosion de moto électrique, survenue au pavillon A du campus social, a provoqué une scène de panique généralisée parmi les étudiants. Le bilan est lourd : un mort et deux blessés.

Selon des informations rapportées par Seneweb, tout a commencé aux environs de 9 heures lorsqu’une forte détonation a retenti dans le hall du pavillon A, situé juste en face de l’entrée du restaurant central. L’explosion provenait d’une moto électrique en charge. Le vacarme a semé la panique parmi les pensionnaires du bâtiment, qui ont cru à un incendie ou à un effondrement imminent.

Dans la confusion, E. M. Niang, âgé de 22 ans et étudiant en troisième année au département d’Arabe de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH), a tenté de fuir précipitamment les lieux. Pris de panique, il a perdu l’équilibre en descendant les escaliers et a chuté du deuxième étage. Grièvement blessé, le jeune homme a été rapidement évacué vers l’hôpital Principal de Dakar, où il aurait succombé à ses blessures peu après son arrivée.

La peur d’un effondrement du bâtiment a également poussé deux autres étudiants à sauter du premier étage pour tenter d’échapper au danger. Ils ont été blessés lors de leur chute mais leurs jours ne seraient pas en danger. Les deux victimes sont actuellement prises en charge au centre médical de l’UCAD.

Alertés, les éléments du commissariat d’arrondissement du Point E, sous la direction du commissaire Sow, se sont rendus sur les lieux en compagnie d’une équipe de la Direction de la Police Technique et Scientifique (DPTS). Les enquêteurs ont constaté la présence de deux motos électriques complètement calcinées dans le hall. Ces engins appartenaient respectivement à E. P. Sène, étudiant en deuxième année à la Faculté des Sciences, et à A. Sow, étudiant en Master 1 d’Anglais. Les deux étudiants ont expliqué aux enquêteurs qu’ils avaient l’habitude de recharger leurs motos à cet endroit, faute d’espace dédié dans le campus.

Les premiers constats techniques réalisés par la DPTS ont révélé que la prise électrique utilisée ne pouvait pas supporter la charge simultanée des deux motos. L’absence de régulateur de tension aurait provoqué une surcharge, entraînant un court-circuit puis une explosion.

Du côté de la sécurité du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), on affirme avoir déjà mis en garde à plusieurs reprises les étudiants contre ce type de branchements dangereux. Selon un agent du COUD, certaines motos avaient même été consignées par le passé pour éviter ce genre d’incidents, mais les pratiques ont persisté malgré les avertissements.

Les constatations policières se sont achevées avant 11 heures sans autre incident. Le procureur de la République a été informé des faits, et une réquisition pour autopsie a été établie concernant le corps d’E. M. Niang.

Babacar Fall revient sur son arrestation : « Je n’ai ressenti aucune intimidation »

Le directeur de la rédaction de Radio Futur Média (RFM), Babacar Fall, a été arrêté dans la matinée du mercredi, avant d’être relâché après plusieurs heures d’audition au Commissariat central de Dakar. Dans un entretien exclusif accordé à L’Observateur, le journaliste est revenu sur cette journée mouvementée, marquée selon lui par un traitement respectueux de la part des enquêteurs.

« J’ai été appréhendé en compagnie de mes collègues Cheikh Tidiane Diagne et Abdou Thiam. Ils ont été libérés par la suite, ce qui m’a beaucoup soulagé », a d’abord expliqué Babacar Fall, qui dit avoir vécu la situation avec sérénité. Dès son arrivée au commissariat, il raconte avoir été conduit dans un bureau après qu’on lui eut retiré les menottes. « Très sincèrement, on a pris soin de m’installer convenablement. Tout au long de l’audition, j’ai été traité avec considération. On m’a posé beaucoup de questions auxquelles j’ai répondu autant que possible », a-t-il détaillé.

Le journaliste a également tenu à saluer le comportement professionnel des policiers. « Ils m’ont traité avec beaucoup de respect. Ils ont fait correctement leur travail et m’ont interrogé sur procès-verbal », a-t-il confié, insistant sur le fait qu’il ne s’est jamais senti menacé ou intimidé.

« Il est possible que celui qui a ordonné mon interpellation ait voulu m’intimider. Mais j’étais presque certain que cette affaire ne susciterait aucune complication. Je n’ai éprouvé aucune inquiétude, convaincu de n’avoir commis aucune faute », a-t-il poursuivi.

Interrogé sur la polémique autour de la diffusion de l’interview de Madiambal Diagne, qui serait à l’origine de sa convocation, Babacar Fall a été catégorique : « Je n’éprouve aucun regret, et mes collègues de la RFM n’en éprouvent aucun non plus. »

Enfin, le directeur de la rédaction de la RFM a tenu à dissiper toute rumeur concernant un éventuel placement en garde à vue ou des problèmes de santé. « Je n’ai pas été placé en garde à vue et je n’ai subi aucune crise. Je n’éprouve aucun problème de santé et mon audition s’est déroulée dans d’excellentes conditions », a-t-il conclu, visiblement apaisé par la tournure des événements.

Santé de Mabintou Diaby : l’état critique de l’épouse du journaliste Madiambal Diagne inquiète ses avocats

La situation de Mme Mabintou Diaby, épouse du journaliste Madiambal Diagne, suscite une vive inquiétude au sein de l’opinion publique et du milieu judiciaire. Placée sous mandat de dépôt depuis le 29 septembre 2025 par le président du Collège des Juges d’Instruction du Pool Judiciaire Financier du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar, la santé de Mme Diaby se serait dangereusement dégradée au cours de sa détention.

Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, le collectif de ses avocats tire la sonnette d’alarme et dénonce une situation « humainement insoutenable ». Selon eux, la détention en milieu carcéral aurait aggravé « des affections organiques préexistantes », entraînant une détérioration alarmante de son état général. Face à l’urgence de la situation, l’administration pénitentiaire aurait été contrainte, le 23 octobre dernier, de transférer la détenue à l’Hôpital Principal de Dakar, avant de la diriger, dès le lendemain, vers le pavillon spécial.

Les avocats précisent que, sur place, les autorités médicales ont bien administré un traitement particulier, mais qu’aucune mesure d’urgence n’aurait été prise pour garantir un véritable suivi adapté à la gravité du cas. « Cette situation compromet dangereusement l’intégrité physique de notre cliente », alertent-ils, redoutant le pire en l’absence d’une réaction rapide des autorités judiciaires et pénitentiaires.

Malgré les signaux inquiétants, les défenseurs de Mme Diaby affirment n’avoir constaté aucune amélioration de ses conditions de détention. Ils rappellent avoir introduit, dès le 21 octobre 2025, une requête pour une expertise médicale auprès du juge d’instruction chargé du dossier. À ce jour, regrettent-ils, cette demande n’a reçu aucune suite favorable.

Estimant que la vie de leur cliente est désormais en danger, les avocats exigent la mise en œuvre immédiate de mesures humanitaires et médicales urgentes. « Nous tenons pour entièrement responsable l’État du Sénégal de tout ce qui pourrait arriver à Mme Mabintou Diaby, y compris toute atteinte à sa vie », ont-ils déclaré dans leur communiqué.

Libération du journaliste Babacar Fall après son arrestation

Le journaliste Babacar Fall a été libéré ce mercredi après avoir passé plusieurs heures en audition. Son arrestation avait eu lieu dans la matinée, suite à la diffusion d’une interview accordée à Madiambal Diagne, actuellement en fuite.

La nouvelle de sa libération a été accueillie avec soulagement dans le milieu médiatique et par les défenseurs de la liberté de la presse. Les circonstances exactes de son arrestation restent entourées de mystère, mais cette affaire avait rapidement suscité de vives réactions au sein de la société civile et des organisations professionnelles du journalisme.

Babacar Fall, directeur de la rédaction de RFM, a retrouvé sa liberté après plus de huit heures de garde à vue. Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les tensions entre certaines autorités et les médias au Sénégal, notamment lorsqu’il s’agit de sujets sensibles ou de personnalités politiques en exil.

VATICAN — Rencontre historique entre le Khalife de Bambilor et le Pape Léon

Le Khalife général de Bambilor, Thierno Amadou Ba, a pris part à la cérémonie inaugurale de commémoration du 60ᵉ anniversaire de la déclaration Nostra Aetate, organisée au Vatican dans la salle Paul VI.

Cet événement majeur a réuni les plus hautes autorités religieuses du monde, invitées par le Saint-Siège pour célébrer six décennies de dialogue interreligieux, de respect mutuel et de fraternité humaine.

Parmi les quatre-vingt personnalités conviées à saluer le Pape Léon, le Khalife de Bambilor a eu un échange empreint de respect et de fraternité avec le souverain pontife. À cette occasion, il lui a offert un Tengaadé, chapeau peulh traditionnel, symbole de la culture africaine et du profond attachement du Sénégal aux valeurs de paix et de coexistence harmonieuse.

Le Khalife prendra également part, ce mercredi, à l’Audience générale présidée par le Saint-Père, consacrée au dialogue interreligieux, une thématique chère à son engagement pour la paix, la tolérance et la cohésion entre les peuples et les croyances.

Idrissa Seck dénonce les arrestations de journalistes et les restrictions imposées à 7TV et RFM

La scène politique sénégalaise connaît une nouvelle secousse après les récentes arrestations de Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, et de Babacar Fall, directeur de la rédaction de la RFM. Ces interpellations, survenues en lien avec l’affaire Madiambal Diagne, ont provoqué un tollé dans les milieux médiatiques et politiques. Dans la foulée, les programmes des deux médias concernés ont été temporairement interrompus, une décision qui alimente encore davantage la controverse.

Face à cette situation, l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, jusque-là resté silencieux sur le dossier, a décidé de rompre le mutisme. À travers un communiqué officiel publié par son parti, RÉEW MI, et signé par son Secrétaire général, Matar Seye, il exprime la « désolation » du parti face à ce qu’il qualifie d’atteinte grave à la liberté de la presse.

Le document affirme que ces arrestations constituent « une entrave dans la diffusion des émissions de 7TV et RFM », et traduisent une dérive inquiétante dans la gestion des libertés publiques. RÉEW MI y dénonce fermement les mesures prises contre les deux journalistes, rappelant que la liberté d’expression et le libre exercice du métier de journaliste sont des piliers essentiels de toute démocratie.

Idrissa Seck et son parti réaffirment, dans ce communiqué, leur attachement au pluralisme médiatique et au respect du droit à l’information. Ils soulignent que les médias jouent un rôle fondamental dans l’équilibre du débat démocratique et doivent pouvoir exercer leurs activités sans pressions ni contraintes arbitraires.

Le parti exige ainsi la libération immédiate de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall, tout en appelant à la levée des mesures de restriction imposées à 7TV et RFM. Pour RÉEW MI, ces actes de répression ne font qu’aggraver la méfiance entre les citoyens et les institutions, à un moment où le pays a besoin d’apaisement et de dialogue.

Tragique accident à Richard-Toll : un jeune homme fauché par un camion de vidange

Un drame s’est produit ce mercredi 29 octobre 2025 aux environs de 17h30 à hauteur de la brigade de la gendarmerie de Richard-Toll. Alassane Dabo, un homme âgé d’une trentaine d’années et domicilié dans la même localité, a perdu la vie dans un violent accident de la circulation.

Selon les premières informations rapportées par le quotidien Le Soleil, la victime circulait sur la voie lorsqu’un camion de vidange, lancé à vive allure selon des témoins, l’a violemment percuté. Le choc, d’une extrême brutalité, ne lui a laissé aucune chance. Alassane Dabo est décédé sur le coup, avant même l’arrivée des secours.

Alertés, les sapeurs-pompiers se sont rapidement rendus sur les lieux du drame. Après constatation du décès, ils ont procédé à l’évacuation du corps sans vie vers la morgue de l’hôpital de Richard-Toll. Les éléments de la police, également dépêchés sur place, ont sécurisé la zone et entamé les premières investigations pour faire la lumière sur les circonstances exactes de l’accident.

Une enquête a été ouverte afin de déterminer les causes précises de cette tragédie, notamment les conditions de conduite du chauffeur du camion de vidange. Cet énième drame relance le débat sur la sécurité routière dans la ville de Richard-Toll, souvent pointée du doigt pour la dangerosité de certaines zones de circulation.

Lac Rose/Casa Orascom: Les populations font bloc contre ce projet…

Ce mardi 28 Octobre les populations de Niague ont organisées une marche pacifique pour protester contre le projet de Casa Orascom.

216 Hectares octroyer a ce géant pour des constructions autour du site touristique de lac rose sans nule doute qui va anéantir l’activité économique des jeunes.

En outre le lac rose prisé de par son environnement attractif (dune de sable,  verdure,bande de filao ) va certainement être menacée.

Lac Rose/Casa Orascom: Les populations font bloc contre ce projet...

Bougane Guèye Dany dénonce « une atteinte à la liberté de la presse » après les interpellations de Maimouna Ndour Faye et Babacar Fall

L’interpellation des journalistes Maimouna Ndour Faye (7TV) et Babacar Fall (RFM), dans le contexte de leur récente interview avec Madiambal Diagne, continue de susciter de vives réactions dans le paysage politique et médiatique sénégalais. Parmi les voix les plus critiques, celle de Bougane Guèye Dany, leader du mouvement Gueum Sa Bopp, qui a dénoncé ce qu’il qualifie de « menace directe contre la liberté d’expression ».

Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, Bougane estime que ces interpellations s’inscrivent dans une démarche visant à « faire taire la presse ». Selon lui, le régime dirigé par Bassirou Diomaye Faye, avec Ousmane Sonko comme Premier ministre, chercherait à « imposer un récit politique en marginalisant toute voix critique ».

« Le régime de Diomaye–Sonko cherche à faire taire la presse pour mieux imposer la manipulation et le mensonge », affirme-t-il dans son communiqué.

Pour Bougane, la liberté de la presse constitue un pilier essentiel du débat démocratique. Il soutient que toute tentative de restreindre l’expression journalistique porte atteinte à la démocratie elle-même. « La démocratie ne se construit pas dans le silence imposé, mais dans le débat libre et contradictoire », insiste-t-il.

Dans la même déclaration, le leader politique appelle l’opposition ainsi que les organisations de la société civile à se mobiliser. Il donne rendez-vous le 8 novembre prochain au Niaqhtou National, une rencontre qu’il présente comme un espace de regroupement des « forces vives » du pays.

Intrusion des gendarmes à 7TV : une grave atteinte à la liberté de la presse

Thierno Bocoum dénonce l’arrestation de Maimouna Ndour Faye et alerte sur un précédent dangereux pour la démocratie et le droit à l’information.

L’irruption de gendarmes dans les locaux de la 7TV, sous prétexte qu’une émission devait accueillir Madiambal Diagne, suivie de l’arrestation du journaliste Maimouna Ndour Faye est une atteinte directe à la liberté de la presse et au droit du public à être informé.

Des journalistes ont interviewé des individus faisant l’objet de poursuites ou de mandats internationaux. Joseph Kony a été interrogé en 2006 alors qu’il était visé par un mandat de la Cour pénale internationale. Julian Assange a accordé une interview en 2011 alors qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par la Suède…

Aucun État n’a jamais envoyé des forces armées dans un studio pour empêcher ces interviews parce que le rôle du journaliste n’est pas d’exécuter des mandats mais d’éclairer la société, de questionner le réel même dans sa part la plus dérangeante.

Ce précédent est dangereux.

Quand les gendarmes entrent dans les studios, c’est la République elle-même qui sort par la fenêtre.

Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de Maimouna Ndour Faye.

Thierno Bocoum
Président AGIR- Les Leaders

Sédhiou : un cultivateur amputé après avoir sauté sur une mine antipersonnel à Niaga

Un grave accident a bouleversé la quiétude du village de Niaga, dans la région de Sédhiou, dimanche soir. Un cultivateur âgé de 35 ans a été grièvement blessé après avoir marché sur une mine antipersonnel, alors qu’il revenait de son champ d’arachide. Ce drame, survenu dans une zone encore marquée par les séquelles du conflit en Casamance, ravive les inquiétudes autour de la présence persistante d’engins explosifs dans certaines zones rurales du sud du Sénégal.

Selon des informations rapportées par la Radio Futurs Médias (Rfm), l’accident s’est produit dans un secteur forestier que l’homme avait emprunté pour cueillir des fruits sauvages. Sans le savoir, il aurait mis le pied sur un engin explosif enfoui depuis plusieurs années. L’explosion a été d’une violence telle qu’elle a provoqué de graves blessures au niveau des jambes et du bassin, provoquant une panique immédiate parmi les habitants alertés par la détonation.

Rapidement secouru par des villageois, la victime a été évacuée d’urgence vers l’hôpital régional de Kolda, où il a reçu les premiers soins. Toutefois, les médecins, face à la gravité des lésions, ont dû procéder à une amputation de la jambe pour lui sauver la vie. Son pronostic vital serait désormais stabilisé, mais son état demeure préoccupant selon une source hospitalière.

Cet incident tragique met une fois de plus en lumière la dangerosité persistante des mines antipersonnel dans certaines zones frontalières du sud du Sénégal, notamment entre les régions de Sédhiou et de Ziguinchor. Bien que la paix soit officiellement revenue en Casamance depuis plusieurs années, les résidus d’explosifs laissés par le conflit continuent de menacer la sécurité des populations rurales, en particulier les agriculteurs, les éleveurs et les enfants.

Des organisations humanitaires et des structures spécialisées, comme le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS), poursuivent depuis des années des opérations de déminage dans la région. Cependant, certaines zones boisées et reculées restent encore difficiles d’accès, rendant les opérations plus complexes et laissant planer un danger permanent.

Les autorités locales, informées du drame, ont réitéré leurs appels à la prudence, invitant les habitants à éviter les zones non sécurisées et à signaler tout objet suspect aux forces de défense et de sécurité. Plusieurs voix s’élèvent par ailleurs pour demander l’accélération des programmes de déminage et un renforcement de la sensibilisation dans les villages frontaliers, où la pauvreté pousse souvent les populations à s’aventurer dans des zones à risque.

Ce nouveau drame à Niaga rappelle, s’il en était besoin, que la menace des mines antipersonnel demeure une réalité tangible pour les communautés rurales du sud du Sénégal, malgré les efforts constants des autorités et des partenaires internationaux pour éradiquer définitivement ce fléau silencieux.

Désencombrement à Dakar : le gouverneur Ousmane Kane fixe un ultimatum aux propriétaires d’épaves et d’engins abandonnés

Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a annoncé le lancement d’une vaste opération de désencombrement visant à libérer les artères principales et les espaces publics de la capitale des épaves, des véhicules abandonnés et des engins laissés à l’abandon. Cette mesure, présentée comme une nécessité pour rétablir la fluidité de la circulation et préserver l’ordre public, marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace urbain dakarois.

Dans un communiqué officiel publié ce lundi, le gouverneur a exprimé son inquiétude face à la prolifération des véhicules en stationnement prolongé sur les trottoirs, les accotements et même parfois les voies principales, transformées en parkings sauvages ou en dépotoirs mécaniques. Ces épaves, souvent laissées à l’abandon depuis plusieurs mois, constituent selon lui une menace pour la sécurité routière, la salubrité et la mobilité urbaine.

« Ces obstructions anarchiques perturbent gravement la circulation, créent des embouteillages chroniques et dégradent le cadre de vie. Elles présentent également des risques sanitaires et sécuritaires importants », a averti M. Kane, appelant à une réaction rapide et concertée.

Face à cette situation devenue intenable, un ultimatum a été fixé : tous les propriétaires de véhicules ou d’engins abandonnés dans l’espace public disposent jusqu’au mardi 11 novembre 2025 pour procéder à leur enlèvement. Passé ce délai, les autorités procéderont à des opérations de déguerpissement forcé, sans autre préavis.

Le communiqué précise que ces mesures ne se limitent pas aux seuls centres urbains de Dakar, mais concernent également les banlieues et les zones périurbaines, où la présence d’épaves et de véhicules en panne entrave souvent l’accès aux marchés, aux écoles et aux services publics.

Le gouverneur Ousmane Kane justifie cette décision par la « croissance préoccupante de l’entrave à la libre circulation des biens et des personnes », aggravée par une mauvaise gestion de l’espace public et une absence de discipline citoyenne. Il évoque aussi les conséquences directes sur « la salubrité publique, la sécurité collective et l’image de la capitale », insistant sur la nécessité d’une action ferme et durable.

Dans cette perspective, le gouverneur a appelé à une mobilisation générale des différentes parties prenantes : les autorités municipales, les préfets, les sous-préfets, les services de sécurité et les forces de l’ordre sont invités à veiller à la stricte application de cette mesure. Les communes devront, selon lui, identifier les zones les plus touchées et participer activement à la mise en œuvre du plan de désencombrement.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts entrepris par l’État pour restaurer l’ordre et la propreté dans l’espace public de la région de Dakar, confrontée depuis plusieurs années à un désordre urbain grandissant. Le gouverneur a tenu à rappeler que cette opération n’est pas une sanction, mais un acte de responsabilité et de civisme, visant à garantir la sécurité, la fluidité et la qualité de vie des Dakarois.

« Il est temps que chacun prenne conscience de sa part de responsabilité. L’espace public appartient à tous, et sa préservation relève du devoir collectif », a conclu Ousmane Kane, avant de réaffirmer la détermination de l’administration à faire appliquer cette mesure « sans complaisance ni discrimination ».

Rejet de la requête de Guy Marius Sagna : Assane Samb pointe un manque de soutien interne et évoque un calcul politique du Pastef

Le Bureau de l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de résolution déposée par le député Guy Marius Sagna, qui visait la mise en accusation de l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de Justice. Motif avancé : le non-respect du Règlement intérieur de l’institution, notamment de son article 103, qui encadre strictement les conditions de recevabilité de ce type d’initiatives parlementaires.

Cette décision, tombée à l’issue d’une réunion du Bureau, suscite déjà de nombreuses réactions dans l’espace politique et médiatique. Parmi elles, celle de l’analyste politique Assane Samb, qui estime que le mode d’action de Guy Marius Sagna révèle un isolement politique au sein même de son camp. Selon lui, le fait que le député ait agi seul, sans le soutien formel de son groupe parlementaire Pastef, traduit un manque d’adhésion collective à cette démarche.

« Le mode de saisine solitaire de Guy Marius Sagna pose question. Est-ce à dire que ses camarades ne partagent pas la même idée, ou bien considèrent-ils que la procédure est vouée à l’échec ? », s’est interrogé Assane Samb, estimant que cette attitude trahit une certaine prudence, voire une réserve politique au sein de la majorité parlementaire.

L’analyste explique que, même si cette proposition a peu de chances d’aboutir sur le plan juridique — en raison notamment de l’immunité présidentielle dont bénéficie Macky Sall pour les actes posés durant son mandat —, elle demeure une arme politique stratégique pour le pouvoir en place.

« Cette volonté de mise en accusation n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une logique politique. Pour le Pastef, elle pourrait servir à dissuader Macky Sall de revenir au Sénégal et à fragiliser son parti. Car, qu’on le veuille ou non, Macky Sall reste un adversaire redoutable pour la majorité actuelle », analyse Assane Samb.

Selon lui, une telle démarche permettrait au camp au pouvoir d’entretenir un climat d’incertitude autour de l’ancien chef de l’État, de maintenir la pression sur son entourage politique et d’occuper le terrain symbolique de la reddition des comptes.

« Même si Macky Sall n’est jamais inquiété par la justice, le simple fait de brandir la menace d’une procédure constitue déjà un gain politique. Cela envoie un signal fort à l’opinion et affaiblit moralement le camp de l’ancien président », ajoute l’analyste.

Toutefois, Assane Samb invite à la prudence politique, estimant qu’une telle logique pourrait s’avérer dangereuse à long terme. Il met en garde contre « l’esprit de vengeance » qui, selon lui, risquerait d’installer un précédent préjudiciable à la stabilité institutionnelle du pays.

« Si chaque majorité cherche à poursuivre les anciens présidents, le Sénégal perdra de sa crédibilité démocratique. Ce serait une pente glissante, susceptible d’affaiblir l’ensemble des institutions et de ternir l’image du pays à l’international », avertit-il.

Pour rappel, le Bureau de l’Assemblée nationale a examiné huit initiatives parlementaires, dont celle de Guy Marius Sagna. Sept d’entre elles ont été jugées irrecevables, pour des motifs similaires liés à la non-conformité avec les articles 51, 69 et 103 du Règlement intérieur. Ce dernier dispose qu’une résolution ne peut être soumise à l’examen que si elle émane d’une commission parlementaire, d’un groupe constitué, ou d’un nombre de députés non-inscrits représentant au moins un dixième des membres de l’Assemblée.

De son côté, Guy Marius Sagna a pris acte de cette décision, tout en contestant son bien-fondé. Selon les informations rapportées par L’Observateur, le député soutient que sa proposition avait été formulée sous l’ancien Règlement intérieur, et non sous le nouveau cadre utilisé pour justifier son irrecevabilité. Il a également affirmé son intention de corriger et de réintroduire sa proposition, réitérant sa détermination à voir la justice se pencher sur la gestion de l’ancien régime.

Dakar : Arrestation d’un individu avec 25 pierres de cocaïne à Benn Tally

Les éléments de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar ont mis la main sur un individu trouvé en possession de 25 pierres de cocaïne, lors d’une opération menée dans le quartier de Benn Tally.

Selon des sources policières, cette interpellation est le fruit de l’exploitation d’un renseignement faisant état d’un réseau de trafic de stupéfiants actif dans cette zone. Les informations recueillies faisaient notamment état d’un groupe de jeunes qui s’adonnaient à la vente de drogue, perturbant la quiétude des habitants du quartier.

Alertés, les enquêteurs de la Sûreté urbaine ont immédiatement mis en place un dispositif de surveillance et d’intervention. Leur opération a rapidement porté ses fruits, puisqu’ils ont réussi à surprendre le principal suspect en flagrant délit de cession de cocaïne. La fouille effectuée sur lui a permis de découvrir 25 pierres de cette drogue dure, soigneusement dissimulées et prêtes à être écoulées.

Le mis en cause a été interpellé sur les lieux puis conduit dans les locaux de la Sûreté urbaine, où il a été placé en garde à vue. L’enquête ouverte par les autorités compétentes vise à déterminer l’origine de la drogue saisie et à identifier d’éventuels complices impliqués dans ce trafic.

Transparence et gouvernance : le Forum Civil interpelle l’État sur la gestion des affaires publiques

Dans une déclaration rendue publique auprès de notre rédaction, le Forum Civil, section sénégalaise de Transparency International, salue les avancées récentes du Sénégal en matière de transparence, tout en appelant à davantage de clarté dans la gestion des fonds publics, notamment ceux destinés aux sinistrés des inondations.

L’organisation souligne que le gouvernement et la Cour des comptes ont respecté leurs obligations légales en publiant le rapport sur la situation des finances publiques couvrant la période 2019 – 31 mars 2024. Selon le Forum Civil, cette publication constitue une étape importante dans le respect de la réglementation sur la transparence.

Le Forum Civil se félicite également des réformes juridiques récentes, notamment la création de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), la loi sur la déclaration de patrimoine, la loi sur la protection des lanceurs d’alerte et la loi sur l’accès à l’information. Ces textes représentent, selon l’organisation, « des avancées majeures » pour une gouvernance publique durable.

Cependant, le Forum Civil exprime de vives préoccupations quant à l’utilisation des 8 milliards de FCFA annoncés pour venir en aide aux sinistrés de Bakel, Matam et Podor. Des habitants et le maire de Ballou affirment ne constater aucun transfert monétaire, contrairement aux déclarations officielles. L’organisation exige donc que la lumière soit faite sur la destination effective de ces fonds.

Enfin, le Forum Civil s’interroge sur la nouvelle taxe dite « Timbre des quittances », instituée par la loi de finances 2025, dont la population a découvert l’existence sans information préalable. Il appelle à la publication de l’arrêté précisant son champ d’application. Le Forum Civil exhorte le gouvernement à renforcer la transparence, à garantir le droit à l’information et à concilier la mobilisation des ressources internes avec la préservation du pouvoir d’achat des ménages.

Kaolack : Les populations s’engagent à rendre propre l’école élémentaire Abdou Khadre Kébé

À Abdou Khadre Kébé, un vent de citoyenneté souffle sur l’école élémentaire de ce quartier de la commune de Kaolack. Les habitants de Darou Ridwane ont décidé de s’impliquer activement dans l’entretien et la salubrité de l’établissement, conscients que l’environnement scolaire joue un rôle essentiel dans la réussite des enfants.

Ce mardi 28 octobre 2025, l’atmosphère était animée dans la cour de l’école. Munis de balais, de râteaux et de pelles, parents d’élèves, jeunes du quartier et membres des associations locales s’activaient côte à côte. L’initiative, portée par le comité de gestion scolaire en collaboration avec Ismaïla Konaté, alias Mimi Touré, et appuyée par la mairie de Kaolack, vise à instaurer une culture de propreté durable autour de l’école.

« Nous voulons offrir à nos enfants un cadre sain et agréable. Une école propre encourage le respect, le travail et la discipline », explique Ismaïla Konaté, alias Mimi Touré.

Au-delà du nettoyage des salles de classe et de la cour, les populations ont également procédé au désherbage des abords de l’établissement.

« Quand les populations s’impliquent, cela crée un sentiment d’appartenance et renforce le partenariat entre l’école et la communauté. Nous espérons que cette dynamique sera régulière », soulignent les organisateurs.

Au nom de la mairie de Kaolack, Macodou Thiam, responsable des logistiques, a salué l’initiative des habitants et le travail du personnel enseignant. Les habitants de Darou Ridwane, eux, promettent de continuer à veiller sur leur école, convaincus que la réussite éducative commence par un environnement propre et accueillant.

Modernisation des transports : le FDTT opte pour un modèle résilient d’investissement et de gestion optimale

Axée sur le thème : « Financement des transports publics : quelles solutions innovantes et durables pour accompagner la modernisation du secteur ? », la table ronde de haut niveau initiée par le Fonds de Développement des Transports Terrestres (FDTT) s’est tenue ce mardi 28 octobre 2025 à Dakar.

Une rencontre jugée opportune par les acteurs, tant elle s’impose comme une tribune de réflexion, de partage et d’échanges sur les problématiques du secteur, mais également de formulation de recommandations concrètes et opérationnelles.

Selon Bara Sow, administrateur du FDTT, « il s’agit de trouver une solution adéquate et efficiente à un problème prégnant qui a longtemps amoindri les performances du système de transport public au Sénégal ».

Poursuivant, il a souligné qu’aujourd’hui, le financement des systèmes de transport public repose encore sur des mécanismes classiques.

« Mais ces modèles montrent leurs limites : ils peinent à soutenir la modernisation, à garantir la confiance entre les partenaires, à assurer la durabilité et à offrir une mobilité accessible à tous. Il est donc essentiel de réinventer le modèle de financement, en explorant des alternatives capables de relever les défis actuels et futurs du secteur », a-t-il plaidé.

M. Sow a invité l’ensemble des participants à s’approprier le thème et à engager une réflexion approfondie en vue de formuler des recommandations pertinentes.

« Le financement de notre développement national, et particulièrement du secteur des transports publics, constitue sans nul doute l’un des piliers de notre économie. À cet effet, il s’agit d’un vecteur hautement stratégique d’équité territoriale et de cohésion sociale.

C’est la raison pour laquelle le thème de cette table ronde — Financement des transports publics : quelles solutions innovantes et durables pour accompagner la modernisation du secteur ? — revêt une importance capitale. C’est au prix de notre ingéniosité que l’organisation et la modernisation de nos systèmes de transport public prendront corps », a-t-il ajouté.

Présidant la rencontre, le ministre en charge des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a salué l’initiative du FDTT et souligné la pertinence des échanges.

Selon lui, les recommandations issues des travaux devront traduire avec cohérence les enjeux et les attentes soulevés par cette journée de réflexion.

« C’est d’ailleurs tout le sens de l’organisation de cette table ronde, qui concrétise à bien des égards la mise en œuvre des instructions du Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, et du Chef du Gouvernement, Monsieur Ousmane Sonko. Il s’agit principalement d’optimiser les dispositifs et mécanismes de financement existants et d’explorer de nouvelles pistes de financement du secteur », a-t-il indiqué.

Le ministre a enfin exhorté les participants à aller au fond des choses, à poser le problème sous tous ses angles et à échanger en profondeur afin de trouver des solutions durables et adaptées à l’évolution du temps.

« Trouvons ensemble des solutions pérennes à la modernisation de notre système de transport, car c’est à cette condition essentielle que notre développement et la transformation systémique qu’il implique pourront se réaliser au plus vite », a martelé Yankhoba Diémé.

Cette table ronde, qui a réuni des acteurs clés tels que les institutions publiques, les collectivités territoriales, les partenaires financiers, le secteur privé, les associations professionnelles et les acteurs socio-économiques du secteur, a permis d’évaluer sans complaisance les mécanismes existants et d’explorer de nouvelles pistes de financement.

Les conclusions des travaux devraient permettre de mettre en place un modèle résilient d’investissement et de gestion optimale des ressources, afin de répondre, au mieux, aux attentes des pouvoirs publics, des partenaires, des opérateurs et des usagers du secteur.

Aly Saleh

Drame à Touba Toul : le principal du CEM retrouvé mort dans sa chambre

La communauté éducative de Touba Toul, dans la région de Thiès, est plongée dans la consternation après la découverte du corps sans vie du principal du Collège d’Enseignement Moyen (CEM) de la localité, M. Niakasso. L’annonce de sa mort a provoqué une vive émotion parmi les enseignants, les élèves et les habitants, tant l’homme était apprécié pour son engagement et son sens du devoir.

Selon les premières informations relayées par la Radio Futurs Médias (RFM), le principal a été retrouvé mort dans sa chambre dans des circonstances encore non élucidées. C’est l’un de ses proches collaborateurs qui, ne le voyant pas se présenter à l’établissement comme à son habitude, a donné l’alerte. Les éléments des sapeurs-pompiers et de la gendarmerie se sont aussitôt rendus sur les lieux pour procéder aux premières constatations.

La nouvelle s’est rapidement répandue dans la ville, provoquant une grande affluence devant le domicile du défunt. Parents d’élèves, enseignants et habitants du quartier se sont rassemblés, visiblement bouleversés par cette disparition brutale. « C’était un homme dévoué, toujours à l’écoute des élèves et soucieux du bon fonctionnement du collège », témoigne un enseignant encore sous le choc.

Une enquête a été ouverte par la gendarmerie afin de déterminer les causes exactes du décès. Les autorités locales, en lien avec les services compétents, attendent les résultats de l’autopsie pour confirmer s’il s’agit d’une mort naturelle ou si d’autres pistes doivent être envisagées.

Casamance : un paysan amputé après avoir sauté sur une mine antipersonnelle à Saré-Coundia

La région de Casamance, marquée depuis des décennies par la présence de mines antipersonnelles, continue de faire des victimes. Ce dimanche 26 octobre 2025, Alpha Baldé, un paysan âgé de 26 ans et père de trois enfants, a été grièvement blessé après avoir marché sur une mine dans le village de Saré-Coundia, situé dans la commune de Niagua, région de Sédhiou.

Selon des sources proches de la famille, les faits se sont produits vers 18 heures alors que M. Baldé rentrait chez lui après être allé vérifier sa récolte d’arachides. La mine, placée sur le chemin de son retour, a explosé sous ses pieds, entraînant de graves blessures. Immédiatement pris en charge, le jeune homme a été évacué d’urgence au bloc opératoire de l’hôpital régional de Kolda. Les médecins n’ont pas eu d’autre choix que d’amputer sa jambe droite pour sauver sa vie. Son état de santé est désormais stable, a précisé un proche parent sous couvert d’anonymat, relayé par Libération.

Cet accident tragique s’ajoute à la longue liste des victimes des mines antipersonnelles en Casamance, rappelant une fois de plus les dangers persistants qui menacent les populations locales et la nécessité urgente de poursuivre et d’accélérer le processus de déminage dans la région. Les habitants restent exposés à ces engins, vestiges d’un conflit ancien, qui continuent de semer la mort et la mutilation.

Souveraineté numérique : le don d’ordinateurs américains au Pool Judiciaire Financier suscite des inquiétudes

La question de la souveraineté numérique et de la sécurité nationale a été au cœur d’un échange récent entre le député Guy Marius Sagna et la ministre de la Justice, Yassine Fall, concernant un don d’équipements informatiques provenant de l’Ambassade des États-Unis au profit du Pool Judiciaire Financier (PJF).

Dans sa question écrite, le député a exprimé ses préoccupations quant à l’acceptation de ce don, estimant qu’elle pourrait compromettre la souveraineté numérique du pays et représenter une menace pour la sécurité nationale. Il s’agissait notamment de trente ordinateurs portables que le PJF devait recevoir.

Dans sa réponse, la ministre de la Justice a apporté plusieurs précisions sur les circonstances de ce don. Elle a expliqué que le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (Onudc) avait officiellement informé le Garde des Sceaux, par le courrier n°unodc/Ada/Kraj/2088/2025 daté du 24 juin 2025, de l’intention de l’organisation de faire ce don. La ministre a également précisé que l’acquisition de ce matériel avait été rendue possible grâce au soutien du Bureau International de Lutte contre les Stupéfiants et de l’Application de la Loi (INL) du Département d’État des États-Unis.

Afin de garantir la sécurité de ces équipements, les ordinateurs portables ont été minutieusement examinés par la Direction de la Dématérialisation et de l’Automatisation (DDA) du ministère de la Justice. Selon Yassine Fall, aucun élément suspect n’a été détecté lors de cette inspection, ce qui, en théorie, rendait leur utilisation sécurisée.

Malgré ces assurances, des alertes émises par certaines structures étatiques, notamment la Délégation Nationale au Renseignement (DNR), ont conduit les responsables du PJF à faire preuve de prudence. Finalement, ils ont décidé de ne pas utiliser les ordinateurs mis à leur disposition, par crainte de risques potentiels liés à la sécurité nationale.

Dakar : le gouverneur Ousmane Kane lance une vaste opération de déguerpissement des véhicules et épaves abandonnés

Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a annoncé une opération d’envergure visant à désencombrer les principales artères et espaces publics de la capitale. Cette initiative, inscrite dans une logique de restauration de l’ordre et de la fluidité urbaine, cible prioritairement les véhicules en stationnement prolongé, les épaves et les engins abandonnés qui jonchent de nombreuses voies de circulation.

Dans un communiqué rendu public, l’autorité administrative souligne que ces « obstructions » constituent aujourd’hui une menace réelle pour la mobilité, la sécurité et la salubrité publique. Le gouverneur évoque une « croissance inquiétante de l’entrave à la libre circulation des biens et des personnes », ainsi qu’une dégradation visible de l’environnement urbain.

Face à cette situation, Ousmane Kane a lancé un appel « urgent » aux propriétaires concernés afin qu’ils procèdent eux-mêmes à l’enlèvement de leurs biens encombrants. Ces derniers disposent d’un délai allant jusqu’au mardi 11 novembre 2025 pour se conformer à cette injonction. Passé ce délai, l’administration se réserve le droit d’intervenir sans autre préavis pour libérer les voies publiques.

Le communiqué du gouverneur insiste également sur la dimension collective de cette démarche. Il invite les citoyens à faire preuve de civisme et de responsabilité, rappelant que la préservation de l’espace public est un devoir partagé. Ousmane Kane appelle par ailleurs l’ensemble des autorités concernées — administratives, municipales et forces de l’ordre — à veiller à la stricte application de cette mesure qu’il qualifie « d’intérêt public ».

Hommage national au Pr Amadou-Mahtar Mbow : le président Diomaye Faye salue « un symbole d’immortalité intellectuelle et morale »

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé la cérémonie d’hommage national dédiée au professeur Amadou-Mahtar Mbow, une figure majeure de l’histoire intellectuelle et morale du Sénégal. Dans un discours empreint d’émotion et de solennité, le chef de l’État a magnifié la mémoire de celui qu’il a qualifié de « l’un des plus illustres fils du pays ».

Dès l’entame de son allocution, le président Faye a tenu à replacer cette cérémonie dans une dimension dépassant la simple commémoration. « Nous nous réunissons pour accomplir un acte de conscience collective, un devoir de mémoire, un rendez-vous de la Nation avec elle-même », a-t-il déclaré d’une voix grave, soulignant ainsi la portée symbolique de ce moment d’unité et de réflexion.

Le chef de l’État a rappelé la stature exceptionnelle d’Amadou-Mahtar Mbow, homme de savoir, de dignité et de conviction panafricaine, dont l’œuvre et le parcours continuent d’« irradier la conscience nationale ». Selon lui, Mbow incarne cette génération d’intellectuels africains qui ont su « faire dialoguer les cultures et défendre la liberté des peuples », tout en contribuant à bâtir un discours universel fondé sur la reconnaissance mutuelle et le respect des civilisations.

En rendant hommage à cette figure emblématique, le président Bassirou Diomaye Faye a également annoncé la décision de donner à une université sénégalaise le nom du professeur Amadou-Mahtar Mbow. Ce geste, selon lui, marque la consécration d’un « symbole d’immortalité intellectuelle et morale ». « Par cet acte, nous gravons dans le livre prestigieux de l’Université la mémoire d’un homme dont la vie fut un dialogue constant entre civilisations, une quête d’égalité entre les cultures et les peuples », a-t-il ajouté.

Pour le président, honorer Amadou-Mahtar Mbow revient à exalter les valeurs qui fondent la nation sénégalaise : la culture, le savoir et la mémoire. Il a rappelé que célébrer cet éminent intellectuel, c’est aussi célébrer le Sénégal du travail, de la rigueur et de la grandeur d’esprit.

Yeumbeul-Nord : une plaisanterie vire au drame, un maçon tué à coups de sabre

Ce qui devait être une simple plaisanterie entre voisins s’est transformé en une tragédie sanglante à Yeumbeul-Nord. Dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 octobre 2025, un drame d’une rare violence a secoué le quartier Hal Poular, où A. Ba, un maçon connu pour son humour et son tempérament jovial, a perdu la vie après avoir été mortellement agressé à coups de sabre par un voisin, B. Diène. Ce dernier, pris de remords après son acte, s’est finalement livré de lui-même à la police.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, tout aurait commencé par une simple plaisanterie. Ce soir-là, A. Ba, 32 ans, réputé dans le quartier pour ses blagues souvent audacieuses, se rend chez un ami, B. Diène, 41 ans, marié à une femme du même voisinage. Fidèle à son habitude, le maçon entre sans prévenir dans la chambre conjugale du couple et, sur un ton humoristique, lance à l’épouse : « Où est ton fou de mari ? » Une boutade qui, cette fois, ne fait rire personne.

Touché dans son orgueil, B. Diène se redresse brusquement et répond sèchement : « Je ne te permets pas de me traiter de fou ! » La tension monte immédiatement. Les mots deviennent insultes, et la dispute éclate dans la chambre avant de se poursuivre dans la rue. Les deux hommes finissent par en venir aux mains sous le regard impuissant des voisins, qui interviennent pour les séparer. L’incident semble clos, mais la rancune de B. Diène, elle, ne s’éteint pas.

Toujours sous l’emprise de la colère, l’époux offensé se rend peu après chez sa belle-famille. Il y récupère un sabre qu’il dissimule sous ses vêtements avant de quitter les lieux, direction Guédiawaye. Sur le chemin, le destin place de nouveau A. Ba sur sa route. Cette fois, la rencontre vire à l’irréparable. D’après ses propres aveux, B. Diène affirme que la victime était armée d’un couteau. « Je lui ai donné trois coups de sabre : un au poignet pour le désarmer, un autre à la tête et le dernier au ventre », a-t-il confié aux enquêteurs. Les coups, d’une extrême violence, sont fatals. L’un d’eux fend littéralement le crâne du maçon, qui s’effondre dans la rue, baignant dans une mare de sang.

Quelques heures plus tard, accablé par la culpabilité, B. Diène se présente au commissariat de Wakhinane-Nimzatt et avoue son crime sans détour : « Je l’ai tué », aurait-il déclaré aux policiers. Après une première audition, il est placé en garde à vue avant d’être transféré au commissariat de Yeumbeul-Nord, territorialement compétent pour l’enquête.

Pendant ce temps, les habitants du quartier, alertés par les cris de la victime agonisante, accourent sur les lieux. Les sapeurs-pompiers arrivent rapidement et évacuent A. Ba vers l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye. Malgré les efforts des secouristes, le jeune maçon succombe à ses blessures dans la matinée du lundi 27 octobre.

Dans le quartier Hal Poular, l’émotion est vive. Les voisins peinent à croire qu’un simple mot mal interprété ait pu conduire à un tel drame. « Il faisait rire tout le monde, c’était un bon gars, il ne voulait jamais de mal à personne », confie, bouleversé, un habitant cité par L’Observateur. D’autres reconnaissent toutefois que les plaisanteries du défunt pouvaient parfois dépasser les limites de la bienséance.

France : l’audience de Madiambal Diagne reportée au 4 novembre prochain

L’affaire de l’ancien patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a connu ce mardi 28 octobre 2025 un nouveau rebondissement devant la chambre de l’instruction du Tribunal de Versailles. Alors que cette audience devait permettre d’examiner la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises, le sort de l’homme d’affaires n’a finalement pas été tranché.

Les avocats de Madiambal Diagne, Me Philippine Vaganay et Me Vincent Brengarth, ont obtenu un renvoi de l’audience au 4 novembre prochain. Cette décision a été prise afin de leur permettre de disposer de davantage de temps pour affiner leur stratégie juridique, selon les informations rapportées par Libération.

Interpellé en France après avoir quitté le Sénégal via la Gambie et Casablanca, Madiambal Diagne a été placé sous contrôle judiciaire. Il reste libre de ses mouvements dans l’attente de la prochaine audience. Pour la première fois depuis son arrivée en France, l’ancien journaliste s’est exprimé publiquement à la sortie du tribunal.

« Je suis libre de mes mouvements, je peux vaquer à mes occupations jusqu’à l’heure de la prochaine audience pour venir répondre. Nous l’avons tous constaté, c’est un dossier politique. Vous n’êtes pas sans savoir qu’ils me cherchaient matin, midi, soir. Ils m’ont convoqué des fois et des fois. Au regard de comment les choses se sont déroulées, c’est clair que c’est un dossier politique. La vérité sera dite et les Sénégalais seront édifiés », a-t-il déclaré, affirmant vouloir que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Madiambal Diagne a également indiqué avoir demandé, avec ses avocats, la tenue d’une audience publique afin que les débats se déroulent en toute transparence. Cependant, selon lui, le juge a préféré écarter cette option « pour ne pas troubler la quiétude des débats ».

Pour rappel, l’ancien dirigeant du groupe Avenir Communication fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par le doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier à Dakar. Ce mandat s’inscrit dans le cadre d’une enquête de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif).

Dès son arrivée sur le territoire français, Madiambal Diagne a été notifié de sa convocation devant la justice, qui devait se prononcer sur la demande d’extradition. Selon des sources proches du dossier citées par Libération, la défense entend mettre à profit le report de l’audience pour peaufiner un argumentaire détaillé et précis, dans l’objectif de contester la requête des autorités sénégalaises.

Yeumbeul Sud : une mère et sa fille arrêtées après la découverte du corps d’un fœtus

Une scène d’une rare tristesse a secoué le quartier Afia 5 de Yeumbeul Sud, ce samedi 26 octobre, aux environs de 13 heures. Le corps sans vie d’un fœtus non mature de sexe masculin y a été découvert dans une maison, plongeant les habitants du quartier dans la stupeur.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, les enquêteurs dépêchés sur les lieux ont remarqué, non loin du corps, un pagne taché de sang suspendu sur un fil à linge. Ce détail a immédiatement attiré leur attention. Interrogée, une jeune fille de 19 ans, répondant au nom de M. D. Sène, a reconnu être la propriétaire du vêtement.

Les policiers ont alors conduit la jeune femme à un examen gynécologique. Le rapport médical a révélé des signes cliniques laissant penser à un accouchement récent. Face aux éléments qui s’accumulaient contre elle, M. D. Sène a fini par avouer avoir accouché récemment. Elle a également confié avoir bénéficié de l’aide de sa mère, K. Ndour, pour ensevelir le fœtus.

Informées de ces aveux, les autorités ont aussitôt placé la jeune fille et sa mère en garde à vue au poste de police de Yeumbeul Sud. Elles sont toutes deux poursuivies pour suspicion d’infanticide.

Kaolack : visite du ministre de l’Industrie et du Commerce à la SONACOS

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Gueye Diop, accompagné du secrétaire d’État au Développement des PME-PMI, M. Ibrahima Thiam, a effectué ce lundi une visite des usines de la SONACOS à Diourbel et Kaolack.

Sur place, le ministre, en compagnie du directeur général de la société, a dressé un état des lieux et constaté le manque d’investissements ayant freiné les activités de ce fleuron de l’économie nationale.

Il a salué l’engagement du personnel, grâce auquel certaines installations continuent de fonctionner, tout en soulignant la nécessité de leur rénovation complète.

Le Dr Serigne Gueye Diop a également encouragé la direction générale à diversifier les filières afin de ne plus se limiter à la seule transformation de l’arachide en huile.

Le gouvernement, a-t-il réaffirmé, s’engage pleinement à soutenir la relance de la Société nationale des oléagineux du Sénégal (SONACOS), qui a célébré cette année son 50ᵉ anniversaire.

La position stratégique de l’usine de Kaolack, située à proximité du port, ainsi que sa superficie de 450 hectares, constituent des atouts majeurs pour renforcer le potentiel de la SONACOS de Lyndiane.

À Kaolack comme à Diourbel, le ministre a rappelé l’esprit ayant présidé au rattachement de la SONACOS au ministère de l’Industrie et du Commerce :

« Il s’agit, a-t-il souligné, d’aligner l’entreprise sur la nouvelle politique industrielle afin de lui permettre de mieuxf produire, de créer des emplois et de la richesse, et de développer plusieurs types de produits pour favoriser une économie inclusive. »

Sibassor : Alassane Diallo de Pastef au chevet des parents d’élèves

Fidèle à son engagement en faveur de l’éducation, Alassane Diallo, responsable politique de Pastef et DAGE au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a une nouvelle fois tenu sa promesse envers les enfants de sa commune. Ce dimanche, il a procédé à la distribution gratuite de 1 030 kits scolaires aux élèves de Sibassor, marquant ainsi la cinquième édition de cette initiative solidaire.

Ce don important, composé notamment de cahiers, de stylos et de règles, vise à alléger la charge financière des familles en cette période de rentrée scolaire. La cérémonie s’est déroulée en présence des parents d’élèves, du corps enseignant et de nombreux habitants, tous visiblement émus par ce geste de générosité.

Les bénéficiaires et leurs parents n’ont pas caché leur reconnaissance, saluant chaleureusement cette initiative noble et porteuse d’espoir. Dans leurs interventions, ils ont formulé des prières pour la réussite des futurs projets de M. Diallo, témoignant de l’impact positif de son action sur la communauté.

À travers ce geste concret, Alassane Diallo renforce non seulement son ancrage local, mais réaffirme également la priorité accordée à l’éducation comme levier essentiel du développement. Ce soutien matériel dépasse le simple cadre du don : il s’agit d’un véritable investissement dans l’avenir des jeunes de Sibassor et d’un message fort en faveur de la scolarisation.

Une initiative qui, à n’en point douter, restera gravée dans les mémoires.

Traite de mineure : un Gambien arrêté à Rosso et déféré au parquet de Dakar

Un ressortissant gambien, du nom d’Alhaji Sessay, a été déféré au parquet de Dakar par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et les pratiques assimilées (Dnlt). Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie, traite de personnes et enlèvement de mineure.

Les faits remontent au 21 octobre dernier. Ce jour-là, Sessay a été interpellé à Rosso, une ville située à l’extrême nord du Sénégal, à la frontière avec la Mauritanie. Selon les informations rapportées par le journal Libération, il tentait de franchir la frontière par une voie de contournement non officielle, en compagnie d’une jeune fille âgée de quatorze ans, identifiée sous le nom de F. Conteh. Alerté par cette situation suspecte, le commissaire spécial de Rosso a immédiatement remis le mis en cause à la Dnlt pour enquête approfondie.

Face aux enquêteurs, Alhaji Sessay a d’abord affirmé être le père biologique de la jeune F. Conteh. Il a expliqué que la fillette résidait en Sierra Leone et qu’il avait demandé à son grand frère, I. Conteh, de la confier à un chauffeur pour qu’elle le rejoigne en Mauritanie, après un bref passage à Dakar chez sa prétendue cousine, F. Kamara.

Mais très vite, les incohérences dans son récit sont apparues. Entendue à son tour, la jeune F. Conteh a formellement nié tout lien de parenté avec Sessay. Elle a même déclaré avoir été « purement et simplement volée », rejetant la version d’un voyage encadré par sa famille.

La situation s’est davantage compliquée lorsque F. Kamara, citée par Sessay comme sa cousine, a été interrogée. Elle a nié tout lien de parenté avec le prévenu, affirmant l’avoir seulement connu en Mauritanie, dans le cadre de ses activités commerciales. Elle a aussi confirmé que le suspect n’était pas le père de la jeune fille, soulignant la différence évidente de patronymes entre Conteh et Sessay.

Confronté à ces déclarations, Alhaji Sessay a fini par revenir sur ses propos. Il a reconnu avoir menti durant l’enquête, tout en maintenant une nouvelle version selon laquelle la jeune F. Conteh serait la fille d’un certain B.B. Conteh, alias « Bbc ». D’après lui, ce dernier lui aurait confié sa fille afin qu’elle apprenne le Coran et certaines tâches ménagères en Mauritanie, où il réside depuis 2021. Il a ajouté avoir pris en charge les frais de voyage de la mineure.

Les enquêteurs ont tenté de retrouver le dénommé B.B. Conteh, sans succès. Devant ces propos changeants et contradictoires, les autorités ont décidé de boucler l’enquête et de déférer Alhaji Sessay, le 23 octobre, devant le procureur de la République de Dakar.

Dialogue interreligieux en Italie

Thierno Amadou Ba plaide pour la cohésion sociale et la paix entre les confessions

Le Khalife de Bambilor poursuit sa tournée européenne. Une nouvelle étape, marquée par un fort symbole : une conférence interreligieuse à Gussago, en Italie, placée sous le thème « Religions et stabilité ».

L’événement, qui a réuni de nombreuses personnalités religieuses et civiles — parmi lesquelles le nouvel évêque, le maire de Gussago et le président du Conseil communal de Brescia — a mis en avant la place centrale de la diplomatie religieuse dans la promotion du vivre-ensemble.

Dans son intervention, Thierno Amadou Ba a insisté sur l’importance du dialogue interreligieux comme levier de cohésion sociale et de paix durable.

« Des initiatives comme celle-ci permettent de rassembler des communautés diverses autour d’un objectif commun : la paix et la cohésion sociale », a-t-il déclaré.

« La stabilité d’une société ne se construit pas uniquement par la loi ou la politique, mais aussi par le dialogue, le respect mutuel et la paix entre les communautés religieuses », a-t-il ajouté.

Le guide religieux sénégalais a ensuite développé le concept de diplomatie religieuse, qu’il présente comme un outil concret de paix, complémentaire à la diplomatie traditionnelle.

« Elle ne remplace pas la diplomatie classique, mais l’appuie et la renforce, notamment là où les canaux officiels atteignent leurs limites », a-t-il souligné.

Il a rappelé que, grâce à l’ONG Fawzi Wanadiati, plusieurs actions ont été menées pour prévenir des conflits, accompagner les communautés migrantes dans leur intégration et organiser des rencontres interreligieuses internationales — du Vatican aux synagogues — afin de renforcer la confiance entre les peuples et les cultures.

Cette étape italienne illustre une nouvelle fois l’engagement constant du Khalife en faveur d’un dialogue sincère entre religions et cultures, au service d’un monde plus juste et solidaire.

En retraçant l’histoire, Thierno Amadou Ba a évoqué les exemples inspirants du Prophète Muhammad (PSL) dans la protection des minorités, ainsi que celui de l’Édit de Nantes, symbole européen du compromis et du vivre-ensemble après les guerres de religion.

« La paix se construit avec courage et sagesse, non par la force ni par la domination », a-t-il insisté.

Avant de conclure, le Khalife a salué le nouvel évêque Monseigneur Don Giorgio Gitti, le maire de Gussago Giovanni Coccoli, et le président du Conseil communal de Brescia Roberto Rossini, pour leur hospitalité et leur soutien constant. Il a également exprimé sa gratitude envers les associations Solidarité et Intégration (ASI) et RIEPP, initiatrices de la rencontre.

La conférence s’est achevée dans une atmosphère empreinte de fraternité et de respect mutuel, sur un dernier message porteur d’espoir :

« Imaginez un monde où chaque différence est une richesse, où chaque conflit se résout par le dialogue, et où la foi devient un instrument de fraternité. Que chacun emporte avec lui le feu du respect, de l’empathie et de la paix », a-t-il conclu.

Aly Saleh

Touba : une femme condamnée à six mois de prison ferme pour avoir brûlé son mari par jalousie

Une scène de jalousie d’une rare violence a bouleversé la cité religieuse de Touba. F. Faye, une jeune épouse, a été condamnée à six mois de prison ferme pour avoir infligé de graves brûlures à son mari, M. Dione, chauffeur de profession. Les faits, rapportés par le quotidien L’AS, se sont déroulés après une dispute conjugale née du projet de polygamie du mari.

Tout est parti du moment où F. Faye a appris que son époux envisageait d’épouser une seconde femme. Une nouvelle qu’elle a très mal vécue. Rongée par la colère et la jalousie, la jeune femme a d’abord violemment reproché à son mari sa décision, donnant lieu à une altercation houleuse au sein du couple. Mais le pire était encore à venir.

Profitant du sommeil de son époux, F. Faye aurait, selon le récit de l’audience, fait bouillir une casserole d’eau avant de la lui verser sur le corps. L’homme s’est immédiatement réveillé en hurlant de douleur, avant d’être transporté d’urgence à l’hôpital. Le diagnostic a révélé des brûlures au troisième degré, entraînant une incapacité totale de travail de 22 jours.

Interpellée peu après les faits, la jeune femme a été inculpée de coups et blessures volontaires. Devant la barre, elle n’a pas cherché à nier. F. Faye a reconnu les faits et tenté d’expliquer son geste par un accès de colère incontrôlable. « J’ai agi sous l’influence de Satan », a-t-elle déclaré, exprimant ses profonds regrets et demandant pardon à son mari. Malgré cet acte, les deux époux vivent toujours ensemble.

Le tribunal, après avoir entendu les deux parties, a jugé la prévenue coupable et l’a condamnée à six mois de prison ferme. Le mari, qui s’était constitué partie civile, réclamait 2,5 millions de francs CFA en guise de réparation. Le tribunal lui a finalement accordé 700 000 francs CFA à titre de dommages et intérêts.

Expropriation foncière à Toubab Dialaw : le collectif dénonce un nouveau scandale de 600 hectares attribués à DP World

La quiétude de Toubab Dialaw, ce charmant village de la Petite Côte sénégalaise, est de nouveau menacée par une affaire d’expropriation foncière d’envergure. Trois ans après la polémique autour de la cession de 1 200 hectares pour la construction du Port de Ndayane, le Collectif pour la défense des intérêts de Yène-Dialaw — communément appelé Collectif Dialaw — alerte sur une nouvelle spoliation foncière estimée à 600 hectares supplémentaires, qui auraient été attribués à Dubai Port World (DP World), le géant portuaire en charge du projet. Cette annonce a provoqué un véritable tollé parmi les habitants, qui dénoncent une « injustice foncière » et une « violation flagrante de leurs droits constitutionnels ».

Dans un communiqué de presse publié ce dimanche, le collectif a exprimé sa profonde indignation face à ce qu’il qualifie de « nouvelle tentative d’accaparement illégal » des terres du village. Selon ses membres, ces expropriations sont menées sous la supervision directe de l’APIX, l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux, et s’inscrivent dans le cadre d’un projet désormais présenté comme une Zone Économique Spéciale (ZES). Le collectif estime que cette appellation ne serait qu’un stratagème administratif visant à faire passer une opération foncière aux contours flous et juridiquement contestables.

Les responsables du Collectif Dialaw affirment détenir des informations indiquant que ces 600 hectares additionnels auraient été cédés à DP World dans le cadre d’un arrangement secret conclu sous l’ancien président Macky Sall. Selon eux, cette opération aurait permis à l’État du Sénégal de régler une dette contractée auprès de l’entreprise émiratie, une pratique qui, si elle était avérée, soulèverait de sérieuses questions de légalité et d’éthique dans la gestion du patrimoine foncier national. « Cette décision a été prise sans concertation, sans étude d’impact et sans respect des procédures légales prévues par le Code du domaine de l’État », fustige le communiqué, avant d’ajouter : « Nous assistons à une expropriation illégale, arbitraire et contraire aux intérêts des populations locales. »

Les habitants de Toubab Dialaw et des villages environnants, notamment ceux de Yène, Guéréo et Ndayane, se disent profondément affectés par cette situation. La zone concernée, selon le collectif, n’est pas une réserve vierge, mais un territoire habité, comprenant des habitations, des écoles, des mosquées et des terres agricoles exploitées depuis plusieurs générations. Le collectif dénonce une approche « inhumaine et brutale » de la part des autorités, qui, selon lui, privilégient les intérêts économiques d’une multinationale étrangère au détriment des citoyens sénégalais. « Ce projet est une véritable bombe sociale. Les populations ne seront pas délogées sans réagir. Elles sont prêtes à se battre pour préserver leurs terres, leur histoire et leur dignité », confie un membre du collectif, visiblement ému.

Depuis plus de trois ans, les habitants ont multiplié les démarches administratives pour obtenir des explications et tenter de stopper les procédures d’expropriation. Des lettres ont été adressées aux ministères concernés, notamment ceux des Finances, de l’Urbanisme, et de la Justice, ainsi qu’aux directions générales du Port autonome de Dakar (PAD) et de DP World Sénégal. Le collectif affirme avoir sollicité à plusieurs reprises des audiences officielles, sans succès. « Nous avons rencontré des directeurs, des chefs de service, des conseillers techniques, mais jamais les véritables décideurs. C’est comme si nous parlions à un mur », déplore le communiqué.

Le rôle de l’APIX est particulièrement pointé du doigt. L’agence, censée assurer la transparence et la régularité des grands projets d’investissement, est accusée de fonctionner comme un simple exécutant administratif d’intérêts privés, sans réelle considération pour les populations. « L’APIX s’est transformée en instrument d’exécution opaque, violant les principes d’équité et de transparence qui devraient gouverner la gestion foncière », accuse le collectif, qui réclame un audit complet des opérations foncières menées depuis 2020 sur la zone.

Au-delà de l’impact local, cette affaire a également des répercussions sur la Diaspora sénégalaise. De nombreux ressortissants établis à l’étranger ont investi dans des projets immobiliers à Toubab Dialaw, espérant contribuer au développement local et préparer leur retour au pays. Or, ces expropriations menacent directement leurs biens. Le collectif évoque des cas concrets de Sénégalais de la Diaspora ayant vu leurs terrains détruits ou reclassés sans préavis. « Ces actes sapent la confiance de la Diaspora dans l’État. Comment continuer à appeler les Sénégalais de l’extérieur à investir, si leurs biens peuvent être confisqués du jour au lendemain ? », s’interroge le communiqué.

Tout en réaffirmant son attachement au développement économique du pays, le Collectif Dialaw insiste sur la nécessité de repenser le modèle de croissance du Sénégal. Pour ses membres, le progrès ne peut se construire « ni sur l’injustice ni sur la dépossession des citoyens ». Ils affirment soutenir les initiatives portuaires et industrielles, mais exigent qu’elles soient menées dans le respect du droit, de la transparence et de la dignité humaine. « Nous ne sommes pas contre le développement. Nous sommes contre un développement sans âme, sans justice et sans humanité », martèle un des leaders du mouvement.

Face à l’ampleur de la crise, le collectif en appelle directement au Président de la République Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko, afin qu’ils interviennent pour suspendre immédiatement toute nouvelle procédure d’expropriation, ordonner un audit transparent sur les 1 200 hectares déjà cédés et les 600 hectares visés, et ouvrir un cadre de concertation nationale réunissant l’État, les collectivités locales, les institutions publiques (PAD, APIX), DP World et les représentants des populations.

Dans sa déclaration, le collectif conclut sur un ton grave mais déterminé : « Le développement du Sénégal ne doit pas être synonyme d’injustice. Il ne peut s’enraciner que dans la justice sociale, la transparence et le respect de la dignité humaine. Nous n’accepterons plus que les terres de nos ancêtres soient bradées au profit d’intérêts obscurs. »

Justice sociale : les éducateurs spécialisés annoncent une série de grèves pour dénoncer leurs conditions de travail

Le malaise grandit au sein du secteur de la justice sociale. Le Syndicat National des Travailleurs en Éducation Spécialisée (SYNTES/Justice) a tenu, samedi 25 octobre 2025, une conférence de presse au siège de la CNTS pour alerter sur la dégradation de leurs conditions de travail et le manque de reconnaissance de leur rôle au sein du système judiciaire et social. Les éducateurs spécialisés, qui interviennent auprès des enfants en situation difficile — qu’ils soient en danger, victimes, témoins ou en conflit avec la loi —, dénoncent une marginalisation persistante et une absence d’équité dans le traitement de leur corps professionnel.

Au centre de la discorde, le décret n°2024-792, modifiant l’organisation du ministère de la Justice. Le SYNTES/Justice en exige la révision immédiate, estimant que ce texte a été élaboré sans concertation avec les principaux acteurs du secteur et qu’il crée « beaucoup d’inquiétudes et de frustrations ». L’article 52 du décret, qui réserve la direction de la Délégation générale de la Protection judiciaire et sociale (DGPJS) aux magistrats hors hiérarchie, cristallise particulièrement la colère des éducateurs. Pour eux, cette disposition constitue une rupture d’égalité des chances et un frein à la reconnaissance de leur expertise. Le syndicat propose que ce poste soit ouvert à tous les fonctionnaires de la hiérarchie A, ou, à défaut, réservé aux inspecteurs de l’Éducation surveillée et de la Protection sociale.

Autre point de tension : la disparité des indemnités. Alors que certains agents du ministère de la Justice perçoivent une indemnité de participation à la judicature de 140 000 FCFA, les éducateurs spécialisés n’en reçoivent que 70 000 FCFA. Une inégalité que le syndicat qualifie de « problème d’équité » et pour laquelle il réclame une revalorisation immédiate. Le SYNTES/Justice plaide également pour un rehaussement du niveau de recrutement à la licence, accompagné d’un reclassement des agents actuels à la hiérarchie A2, afin d’harmoniser les statuts et de reconnaître la technicité de leur métier.

Dans le même esprit, le syndicat exige l’intégration des agents de la DGPJS dans la prime de performance de 2,4 milliards de FCFA allouée à l’administration centrale. Selon eux, il est incompréhensible que ceux qui travaillent quotidiennement avec des enfants vulnérables soient exclus de cette enveloppe.

Le manque de reconnaissance administrative aggrave davantage leur frustration. Baba Lyssa Tine, secrétaire générale du syndicat, a dénoncé « l’absence de carte professionnelle pour les nouvelles recrues », une négligence qu’il juge « inacceptable ». Certains agents, selon lui, exercent depuis plus de cinq ans sans carte professionnelle, ce qui complique leur identification sur le terrain et fragilise leur légitimité face aux autorités judiciaires et policières.

Face à ce qu’ils qualifient de mépris institutionnel, les éducateurs spécialisés ont décidé de durcir le ton avec un calendrier de protestations bien défini. Dès le lundi 27 octobre 2025, ils entameront un boycott des audiences pour les AEMO et des activités socioéducatives. Un sit-in est prévu devant la DGPJS le 10 novembre, suivi d’un débrayage les 13 et 14 novembre, avant une grève générale de 72 heures chaque semaine à partir du 19 novembre.

Toutefois, le syndicat ne ferme pas la porte au dialogue. Adji Daffé, secrétaire générale adjointe du SYNTES/Justice, a tenu à préciser que ce plan d’action n’était « pas irréversible ». Elle a indiqué que les éducateurs étaient ouverts à des discussions sincères avec la tutelle, et que les mouvements pourraient être suspendus si des engagements clairs étaient pris pour améliorer leurs conditions de travail.

Meeting du 8 novembre : Bougane Gueye Dany appelle à un « Niakhtou National » contre la vie chère

À quelques jours du grand meeting national annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko et le parti Pastef, Bougane Gueye Dany, leader du mouvement Gueum Sa Bopp, a pris la parole pour lancer un autre appel : celui d’un « Niakhtou National », prévu le samedi 8 novembre 2025 à l’École Normale, terminus Liberté 5. Ce rassemblement, présenté comme une mobilisation citoyenne, vise à dénoncer la vie chère, les inégalités sociales et à réclamer davantage de justice pour les populations sénégalaises.

« J’appelle à un Niakhtou National le samedi 8 novembre 2025 à l’École Normale, terminus Liberté 5. Ensemble, toute l’opposition, les syndicats, les activistes et les forces vives doivent se lever pour dénoncer la vie chère qui étouffe les ménages », a déclaré Bougane Gueye Dany, appelant à une convergence de toutes les forces sociales autour d’une cause commune.

Le leader de Gueum Sa Bopp, connu pour ses prises de position critiques envers le gouvernement, a dénoncé une situation économique « devenue insupportable » pour les familles sénégalaises. Il accuse le pouvoir en place d’avoir multiplié les mesures fiscales et les décisions impopulaires sans tenir compte des réalités du quotidien. Selon lui, le peuple sénégalais traverse une période difficile marquée par l’inflation, la hausse du coût de l’énergie et les difficultés d’accès aux produits de première nécessité.

Dans son intervention, Bougane Gueye Dany a cité plusieurs griefs qu’il compte mettre au cœur de ce Niakhtou National. Il entend d’abord rejeter la taxation abusive de 1 % imposée sur plusieurs services, qu’il considère comme « une ponction injustifiée sur les revenus déjà fragiles des citoyens ». Il a également dénoncé les coupures d’électricité récurrentes, qu’il qualifie de « symbole d’une mauvaise gouvernance énergétique », et les déguerpissements des vendeurs ambulants, perçus comme une mesure antisociale qui prive de nombreuses familles de leur unique source de revenu.

Autre point fort de son appel : la cherté du Woyofal, devenue selon lui insoutenable pour la majorité des ménages, accentuée par l’absence de subventions ciblées. Bougane Gueye Dany a aussi plaidé pour la libération immédiate des détenus politiques et d’opinion, rappelant que « la démocratie ne peut s’épanouir dans un climat de répression ».

Pour le patron de D-Média, ce rassemblement n’est pas un meeting partisan mais un acte de résistance citoyenne. « Ce Niakhtou National est une voix collective contre l’injustice et la précarité. C’est un cri du peuple pour exiger le respect de sa dignité et la défense de ses droits fondamentaux », a-t-il affirmé avec fermeté.

En lançant cet appel, Bougane Gueye Dany cherche à rassembler au-delà des clivages politiques, invitant les partis d’opposition, les syndicats, les mouvements citoyens et toutes les forces sociales à unir leurs voix dans un même élan de protestation.

Ce Niakhtou National du 8 novembre s’annonce donc comme un moment fort de mobilisation, dans un contexte social tendu où la question du coût de la vie reste au cœur des préoccupations des Sénégalais. Reste à savoir si cet appel rencontrera un écho à la hauteur des attentes du leader de Gueum Sa Bopp, déterminé à faire entendre la voix d’un peuple qu’il estime « fatigué, mais toujours debout ».

Me El Hadji Amadou Sall dénonce une « dérive autoritaire » dans l’affaire Pape Malick Ndour

L’ancien Garde des Sceaux, Me El Hadji Amadou Sall, a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il considère comme une « tournure inquiétante » dans la gestion du débat public au Sénégal, particulièrement autour de l’affaire Pape Malick Ndour. Invité du Jury du dimanche sur iRadio, l’ancien ministre de la Justice a vivement critiqué la manière dont les autorités gèrent la parole publique et le traitement réservé aux opposants politiques.

« Nous ne faisons pas un concours de bêtises. Qui est le plus bête ? Si c’est ça le sort que les gouvernements réservent à la démocratie et au peuple, alors cela ne vaudra plus la peine », a lancé Me Sall d’un ton ferme. Pour lui, le climat actuel est symptomatique d’une « manière de gouverner qui foule aux pieds les principes démocratiques ». L’avocat estime que le Sénégal s’engage dangereusement sur la voie d’un autoritarisme masqué, où la liberté d’expression est de plus en plus menacée.

Abordant la récente arrestation de Pape Malick Ndour, l’ancien ministre a dénoncé ce qu’il appelle la « judiciarisation du débat politique ». À ses yeux, l’usage abusif de la justice pour museler la parole des citoyens constitue une atteinte grave aux libertés fondamentales. « Il y a des règles, il y a la loi. Respectons la loi, point. Nous ne pouvons pas accepter que le débat politique se judiciarise, ni qu’une chape de plomb interdise aux citoyens de s’exprimer et d’être irrévérencieux », a-t-il martelé. Revenant sur la libération de l’ancien ministre de la Jeunesse, il a ajouté, non sans ironie : « Ils l’ont libéré, toute honte bue. »

Pour Me Sall, l’irrévérence n’est pas un crime, mais un droit fondamental dans une démocratie. « J’ai le droit d’être irrévérencieux, y compris à l’endroit du Président de la République. Le respect n’exclut pas la critique », a-t-il soutenu. À travers cette déclaration, l’avocat réaffirme le principe selon lequel la liberté d’expression doit inclure le droit à la contestation, voire à la provocation intellectuelle, tant qu’elle reste dans le cadre légal.

L’ancien Garde des Sceaux voit dans la vague d’arrestations et de poursuites contre des opposants ou des voix critiques « l’expression d’une peur du pouvoir ». Selon lui, ces « emprisonnements intempestifs traduisent une crainte, une peur de la vérité », ce qui, dit-il, remet profondément en cause les avancées démocratiques acquises au fil des décennies.

Me El Hadji Amadou Sall met ainsi en garde contre une régression politique et institutionnelle. Pour lui, le Sénégal, longtemps perçu comme un modèle de démocratie en Afrique, risque de compromettre cet héritage en laissant la justice devenir un outil de dissuasion politique. « Si toute personne qui critique se retrouve en prison, c’est qu’on est face à un régime liberticide, un régime qui a peur », a-t-il conclu, dans un appel vibrant à la défense de la liberté d’expression et des principes démocratiques.

Khelcom Biram : Remise de fournitures scolaires, la commune dégage une enveloppe de 9 millions de F CFA

La commune de Khelcom Biram a procédé, ce week-end, à une cérémonie de remise de fournitures scolaires destinées aux différents établissements de la localité.

Placée sous le signe de la solidarité et du soutien à l’éducation, la cérémonie a réuni les autorités locales, les directeurs d’école, les enseignants, ainsi que de nombreux parents d’élèves.

Cette initiative de la municipalité vise à accompagner les établissements scolaires de la commune en leur fournissant le matériel pédagogique nécessaire au bon déroulement de l’année scolaire 2025-2026.

Dans son allocution, le maire Diarra Alassane Ndao a rappelé que « l’éducation reste une priorité pour Khelcom Biram, car elle constitue le socle du développement local ».

Le maire a précisé que l’ensemble des écoles et des Cases des Tout-Petits ont bénéficié de cet appui, pour un montant global de 9 millions de F CFA. Les deux CODEC que compte la commune, ses vingt écoles élémentaires et plus d’une dizaine de cases ont également été dotés en matériel.

M. Ndao a par ailleurs annoncé qu’il ne briguera pas un nouveau mandat lors des prochaines élections locales, remerciant la population pour la confiance accordée tout au long de son parcours à la tête de la commune.

Les bénéficiaires ont salué ce geste hautement symbolique, qui contribuera à alléger les charges des parents et à améliorer les conditions d’apprentissage des élèves. Les représentants des CODEC ont, pour leur part, exprimé leur gratitude et réaffirmé leur engagement à œuvrer pour la réussite scolaire des enfants de Khelcom Biram.

Kaolack – « Gawane Biniou Bok » : un nouveau souffle citoyen pour des routes plus propres

Né il y a à peine trois semaines, le mouvement « Gawane Biniou Bok » s’est déjà distingué par une action citoyenne exemplaire : le désensablement d’une portion de route dans le quartier populaire de Gawane, à Kaolack.

Grâce à la mobilisation des habitants, cette opération d’entretien et de remise en état a permis d’améliorer l’accessibilité, la sécurité et les conditions de vie dans la localité.

« Dans ce quartier déjà fragilisé par un accès routier difficile, la route principale était devenue impraticable : ensablement fréquent, dégradation des abords… Les habitants vivent des difficultés quotidiennes », a expliqué Ahmeth Koulibaly, membre du mouvement.

Selon lui, les charrettes, les motos et autres moyens de transport peinent à circuler. L’évacuation des ordures par les charrettes et les camions de décharge rencontre également de grandes difficultés. Face à cette situation, les habitants de Gawane lancent un appel pressant à une intervention urgente des autorités locales.

Pour apporter une première réponse à ce problème, les populations, munies de pelles, de râteaux et de brouettes, ont organisé une journée d’assainissement afin de débarrasser leur quartier de ces désagréments.

Le mouvement « Gawane Biniou Bok » a profité de cette initiative pour sensibiliser les habitants sur l’importance de préserver la propreté des routes et de ne pas jeter de matériaux ou de déchets sur la voie publique, un comportement qui favorise l’ensablement et la dégradation des infrastructures.

Tragique accident sur la VDN 3 : un motocycliste perd la vie après avoir percuté un bus stationné sans signalisation

Un drame s’est produit dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre 2025 sur la Voie de Dégagement Nord 3 (VDN 3), à hauteur du Palais de Justice de Dakar. Selon des informations relayées par la plateforme Luttons contre l’indiscipline au Sénégal, un motocycliste a violemment percuté un bus qui était stationné sur la chaussée sans aucune signalisation visible.

D’après les témoins présents sur les lieux, le choc a été d’une extrême violence. Le conducteur de la moto, projeté sur plusieurs mètres après l’impact, a été grièvement blessé. Les sapeurs-pompiers, rapidement dépêchés sur place, ont procédé à son évacuation vers un centre hospitalier. Malheureusement, malgré les soins d’urgence qui lui ont été prodigués, le jeune homme a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

Cet accident tragique relance une fois de plus le débat sur le manque de discipline et de civisme sur les routes sénégalaises, notamment en ce qui concerne le stationnement anarchique des véhicules sur les axes très fréquentés. Plusieurs usagers dénoncent l’absence de signalisation adéquate, souvent à l’origine de drames évitables, surtout la nuit lorsque la visibilité est réduite.

Kaolack – Agriculture : Les Opérateurs Privés Stockeurs saluent l’accompagnement de l’État au secteur agricole

À l’approche de la campagne agricole, le président des opérateurs de la filière agricole de Kaolack, Elhadji Bou Goumbala, a lancé un appel pressant aux producteurs, les exhortant à ne pas mélanger les arachides avec du sable lors de la vente.

« Nous félicitons le gouvernement du Sénégal pour les engagements pris concernant la campagne agricole 2025-2026, dont l’objectif est d’accompagner le monde rural », a déclaré M. Goumbala.

Selon lui, chaque année, l’État du Sénégal débloque plusieurs milliards de francs CFA pour soutenir le secteur agricole.

« Il y a quelques années, l’enveloppe était de 100 milliards, puis 120 milliards. Aujourd’hui, elle a connu une hausse pour atteindre 130 milliards », a-t-il précisé, avant de souligner que ce budget n’a pas encore été voté et que cela se fera en 2026.

M. Goumbala a rappelé que les 120 milliards exécutés au titre de la campagne 2024-2025 ont commencé à être payés depuis un mois aux ayants droit.

« Le gouvernement sait que nous, opérateurs privés, collaborons avec les institutions financières pour contracter des crédits et jouer pleinement notre rôle. Nous contribuons ainsi à fluidifier la commercialisation et à assurer un écoulement rapide de la production », a-t-il expliqué.

Il a également salué les efforts de l’État dans l’acheminement des semences et engrais jusqu’aux points de distribution, tout en reconnaissant que cet appui ne couvre pas totalement les besoins des producteurs.

« Les semences d’arachide tournent autour de 75 000 tonnes, couvrant environ 500 000 hectares. Pourtant, le Sénégal compte près de 3,4 millions d’hectares de zones de production, dont 2,4 millions seulement sont exploités », a-t-il précisé.

Le président des Opérateurs Privés Stockeurs de Kaolack a par ailleurs félicité le gouvernement pour la subvention des engrais :

« Le 6/20-10 coûtait 8 000 F, mais cette année il est à 6 000 F. L’urée, qui valait 15 000 F, est désormais à 10 000 F. »

Grâce à la bonne répartition des premières pluies et à un meilleur accès aux intrants, M. Goumbala se dit optimiste :

« Nous espérons une récolte abondante cette année. Les champs de mil, de maïs et d’arachide présentent de bonnes perspectives. Cette saison pourrait marquer un nouveau souffle pour la production nationale et renforcer la sécurité alimentaire du pays. »

Alors que la campagne de commercialisation de l’arachide s’annonce, M. Goumbala a tiré la sonnette d’alarme face à certaines pratiques qui nuisent à la qualité du produit :

« Nous invitons les paysans à bien sécher et nettoyer leurs arachides avant de les livrer. Le mélange avec du sable rend le produit moins compétitif et entraîne des pertes importantes au moment du pesage. »

L’année précédente, lors de la campagne de commercialisation, les frontières étaient fermées et seule la SONACOS intervenait, avec 150 500 tonnes d’arachide commercialisées pour une valeur de 52 milliards de francs CFA.

« À l’heure où je vous parle, la SONACOS ne doit plus rien à aucun producteur », a-t-il affirmé.

Les opérateurs avaient alors signalé un taux de perte de 3,5 %, tandis que la SONACOS, après son propre tri, avait enregistré une perte de 9 %, soit environ 14 000 tonnes d’impuretés sur un volume total de 150 000 tonnes.

Babacar Fall critique Ousmane Sonko pour son silence face à la crise sanitaire

Alors que le Premier ministre et leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, a annoncé ce samedi 25 octobre 2025 la tenue d’un grand meeting national prévu le 8 novembre prochain, la réaction du journaliste Babacar Fall, rédacteur en chef à la RFM, ne s’est pas fait attendre. Ce dernier a dénoncé le fait que le chef du gouvernement ait préféré se concentrer sur un événement politique plutôt que de s’exprimer sur la situation sanitaire alarmante que traverse actuellement le Sénégal, frappé par la fièvre de la vallée du Rift, une épidémie ayant déjà causé 28 décès à travers le pays.

Lors de sa déclaration retransmise en direct, Ousmane Sonko a invité les militants et sympathisants de son parti à une vaste mobilisation patriotique. Il a fixé le lieu du rassemblement au parking du stade Léopold Sédar Senghor, symbole historique des grandes manifestations politiques au Sénégal. « Le samedi 8 novembre 2025, un grand meeting pour le Pastef. Du meeting de la Place de l’Obélisque à celui de Keur Massar, celui-ci devrait être un rendez-vous inédit au Sénégal, aussi bien dans l’organisation, la mobilisation que dans le fond des discussions », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a présenté cette initiative comme un moment fort de communion nationale et d’engagement citoyen. Il a insisté sur la portée politique et symbolique de la date choisie, affirmant : « J’appelle tous les Patriotes à se mobiliser massivement. Il y aura un avant 8 novembre, un pendant 8 novembre et un après 8 novembre. » Une manière, selon lui, de signifier que cette journée pourrait constituer un tournant majeur dans la trajectoire politique du pays.

Mais cette sortie du Premier ministre n’a pas fait l’unanimité. Dans son émission d’actualité sur la RFM, Babacar Fall a vivement critiqué la démarche du chef du gouvernement. Pour le journaliste, Ousmane Sonko aurait dû profiter de cette tribune pour rassurer la population sur la gestion de la crise sanitaire en cours. « Ousmane Sonko devait au moins parler d’abord de l’épidémie de la vallée du Rift et des 28 décès déjà enregistrés », a-t-il fustigé à l’antenne, déplorant un manque de sens des priorités dans la communication gouvernementale.

Babacar Fall a rappelé que la fièvre de la vallée du Rift, une zoonose transmise par les moustiques et touchant à la fois les humains et le bétail, inquiète profondément les populations rurales comme urbaines. Il estime que, face à une telle urgence, le devoir de transparence et de pédagogie de la part du gouvernement devrait primer sur les considérations politiques. « Le Premier ministre ne peut pas rester silencieux pendant que des familles pleurent leurs proches et que des éleveurs voient leur cheptel décimé », a-t-il ajouté.

Cette prise de position met en lumière une tension persistante entre la communication politique et la gestion des crises nationales. Alors que le gouvernement s’efforce de maintenir une cohésion autour de ses initiatives politiques, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une parole forte et des actions concrètes face à la progression de l’épidémie.

Thierno Alassane Sall dénonce une “mystification” autour du projet d’électrification rurale AEE Power/ASER

En tournée à Louga dans le cadre de son « Leral Tour », le député Thierno Alassane Sall a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur la gestion du projet d’électrification rurale confié au consortium AEE Power/ASER, estimé à 37 milliards de francs CFA. Selon l’ancien ministre, cette initiative censée améliorer l’accès à l’électricité dans plusieurs zones rurales du pays n’a pas connu de mise en œuvre effective sur le terrain.

Lors de la première étape de sa tournée, à Kébémer, dans la région de Louga, l’ancien ministre de l’Énergie a constaté, sur les dix villages visités, qu’aucun n’avait été électrifié. Il affirme que dans l’arrondissement de Ndande, les populations n’ont vu ni chantier, ni matériel, ni la moindre trace de travaux. « Les enquêtes de terrain confirment d’ailleurs que seuls deux villages, parmi l’ensemble des localités concernées, connaissent un début d’exécution ces tout derniers jours, avec quelques poteaux érigés », a-t-il souligné, estimant qu’il s’agit de « vieilles ficelles, pour ne pas dire vieux fils, destinés à tromper les villageois ».

Pour Thierno Alassane Sall, les constats effectués sur le terrain confirment les doutes exprimés depuis plusieurs mois sur la gestion des 37 milliards de francs CFA alloués à ce programme. « Ce que nous redoutions dans cette affaire des 37 milliards portés disparus s’est vérifié sur le terrain : le projet ne semble pas être mis en œuvre dans les régions concernées, malgré la propagande d’électrification largement relayée », a-t-il dénoncé.

L’ancien ministre estime que cette situation met en lumière une « mystification soigneusement entretenue » à travers une communication officielle qui évite délibérément de confronter la réalité des faits. Il interpelle les autorités sur la nécessité de faire toute la lumière sur ce dossier, en présentant « les matériels, les chantiers, les dossiers comptables, ou encore les 600 villages prétendument électrifiés par ce projet ».

Saly Expo 2025 : le ministre Serigne Guèye Diop salue la créativité du “Made in Sénégal”

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop, a effectué ce vendredi une visite sur le site de Saly Expo 2025, une initiative du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES), organisée en partenariat avec la Société d’aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO) et la Mairie de Saly Portudal. Cette première édition, placée sous le signe de la valorisation du “Made in Sénégal”, se veut un carrefour international dédié à la promotion du tourisme, du commerce et de l’innovation économique nationale.

En parcourant les différents stands, le ministre a pu apprécier la diversité, la richesse et la créativité des entreprises sénégalaises, issues de secteurs aussi variés que l’artisanat d’art, l’agroalimentaire et les technologies du numérique. Il a salué la qualité des produits exposés et l’ingéniosité des entrepreneurs qui, selon lui, incarnent le dynamisme du tissu productif national. Les exposants, de leur côté, ont exprimé leur satisfaction et leur reconnaissance à l’endroit du ministre, estimant que cette visite représente « une source de motivation et d’opportunités pour la valorisation de leur travail ».

Lors de son allocution, Dr Serigne Guèye Diop a insisté sur la nécessité de décentraliser les grands événements économiques afin de mieux impliquer les territoires dans la dynamique de développement national. « Délocaliser ce type d’événements dans les régions participe à la politique d’aménagement du territoire et s’inscrit pleinement dans la vision des huit pôles de développement définis par l’Agenda national de transformation 2050 », a-t-il affirmé.

Le ministre a également rappelé que cette orientation s’aligne sur les directives du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, qui visent à stimuler une croissance inclusive à travers les territoires. Dans le même esprit, il a encouragé les petites et moyennes entreprises (PME) à poursuivre leurs efforts pour faire connaître et valoriser leur savoir-faire. « Les PME doivent continuer de mettre en avant leur créativité afin de conquérir non seulement les marchés locaux, mais aussi les espaces économiques sous-régionaux et internationaux », a-t-il déclaré.

Au nom du gouvernement, Dr Serigne Guèye Diop a réaffirmé l’engagement de l’État à soutenir et à promouvoir ce type de salons, considérés comme des leviers essentiels pour le développement des affaires, la compétitivité de l’économie nationale et l’inclusion sociale.

Élection : Isseu Gaye Darry, nouvelle présidente du Comité des femmes de la FSAPH

Lors de l’Assemblée générale tenue à la mairie de Pikine Nord, Madame Isseu Gaye Darry a été élue présidente du Comité des femmes de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (FSAPH). Cette élection fait suite à l’annulation de la précédente Assemblée générale, tenue au Centre Douta Seck, jugée irrégulière par 14 régions conformément aux textes de la FSAPH.

Mme Gaye a rappelé que la présidence devait revenir à tour de rôle à chaque région, une disposition légale confirmée par la procédure administrative engagée pour introduire un recours en annulation de l’Assemblée générale précédente de Dakar.

Elle a également évoqué l’ancienne présidente, Mme Dièye, qui a dirigé le Comité des Femmes pendant près de trente ans et répétait souvent : « C’est mon bébé, je le donne à qui je veux. » Selon Isseu Gaye Darry, les présidentes régionales et nationales ont unanimement rejeté cette pratique, affirmant qu’une association n’appartient à personne, mais à ses membres et à ses textes. « On n’hérite pas d’une association », a-t-elle martelé.

Mme Gaye a ensuite affirmé son engagement : « Mon combat, c’est de montrer que le handicap ne doit pas être un frein à la participation citoyenne. Nous avons des compétences, des idées, et nous devons être entendus. » Elle a rappelé que les femmes en situation de handicap sont souvent doublement discriminées : en raison de leur handicap et de leur statut de femme. « Il faut briser ce cercle », a-t-elle souligné.

Un message d’espoir et de persévérance

Malgré les obstacles, Isseu Gaye Darry reste convaincue qu’une société inclusive est possible. « L’inclusion n’est pas une faveur, c’est un droit. Nous devons changer les mentalités, surtout dans les zones rurales où la stigmatisation reste forte », a-t-elle insisté. Son message résonne comme un appel à l’action et rappelle que la dignité et la participation de chacun sont essentielles au développement du pays.

Trafic de migrants et escroquerie : un individu arrêté aux Parcelles Assainies après plusieurs plaintes

Le Commissariat d’arrondissement des Parcelles Assainies U15 a mis fin, le 20 octobre 2025, aux agissements d’un présumé trafiquant de migrants, au terme d’une enquête déclenchée à la suite de plusieurs plaintes pour escroquerie. L’homme, dont l’identité n’a pas encore été révélée, est accusé d’avoir soutiré plusieurs millions de francs CFA à des candidats à l’émigration en leur promettant un voyage vers l’Australie avec un transit par l’Espagne.

Selon les informations rapportées par PressAfrik, les victimes affirment que le mis en cause leur avait garanti la réussite du voyage en échange d’importantes sommes d’argent. Deux d’entre elles auraient versé chacune 2,5 millions de francs CFA, tandis que d’autres ont remis jusqu’à 1 million de francs CFA. Convaincues de pouvoir embarquer, les victimes se sont rendues à l’aéroport, où elles ont découvert avec stupeur qu’elles ne disposaient d’aucun visa de transit pour l’Espagne, étape censée précéder leur arrivée en Australie. C’est à ce moment que le suspect aurait pris la fuite, disparaissant sans laisser de trace.

Grâce à la vigilance des enquêteurs, l’homme a finalement été retrouvé et interpellé. Au cours de son audition préliminaire, il a reconnu les faits et livré des aveux troublants. Il a admis avoir organisé le recrutement de treize personnes pour un voyage clandestin par voie maritime, au départ de Yoff, moyennant un montant global de 10 millions de francs CFA. Il a par ailleurs confié que tous les candidats à ce voyage illégal avaient péri en mer, confirmant ainsi la gravité du drame humain caché derrière ses activités.

Une perquisition menée à son domicile a permis de découvrir quinze passeports appartenant à différentes personnes, dont certaines figureraient parmi les victimes du naufrage évoqué. Ces documents, saisis comme pièces à conviction, confirment l’ampleur du réseau dans lequel le suspect évoluait.

Kaolack / Grande Muraille Verte : les agents dans la misère, neuf mois sans salaire

Le programme de la Grande Muraille Verte, bien qu’ambitieux et porteur d’espoir pour la restauration des écosystèmes, traverse une période difficile à Kaolack. Retards de paiement, manque de suivi et résultats peu visibles à grande échelle freinent son bon fonctionnement dans la région. On peut ainsi parler d’un échec partiel ou, à tout le moins, d’un fonctionnement gravement compromis.

Face à cette situation, les travailleurs du programme ont organisé, ce jeudi 23 octobre 2025, un point de presse pour dénoncer le non-paiement de leurs salaires et exiger le règlement de leurs neuf mois d’arriérés.

Selon leur porte-parole du jour, Amadou Ka, la situation est devenue insoutenable :

« Nous sommes ici aujourd’hui pour revendiquer ce qui nous revient de droit : nos salaires. Nous adressons un message au directeur général de la Grande Muraille Verte. Nous sommes des agents sous votre direction, et notre rémunération fait partie de vos obligations. Aujourd’hui, nous totalisons neuf mois sans salaire, de février à maintenant », a-t-il déploré.

Les travailleurs interpellent directement le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, les appelant à intervenir rapidement pour mettre fin à leur calvaire :

« Nous demandons aux autorités de bien vouloir trouver une solution à notre situation. Parmi nous, il y a des pères et des mères de famille qui n’ont pas perçu de salaire depuis neuf mois. Nous avons des enfants à nourrir, des familles à soutenir. Nous souffrons ! », a conclu Amadou Ka, visiblement ému.

Un gendarme condamné pour escroquerie après avoir tenté de soutirer de l’argent à un commerçant guinéen à Dalifort

Le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a rendu son verdict dans une affaire qui a provoqué de vives réactions dans la banlieue dakaroise. M. Fall, un gendarme âgé de 28 ans, a été condamné à deux mois de prison ferme et à une amende de 50 000 FCFA pour des faits d’escroquerie commis au préjudice d’un jeune commerçant guinéen, T. Diallo, âgé de 22 ans.

Les faits remontent au 9 octobre dernier, à Dalifort. Ce jour-là, M. Fall, alors en congé de son unité — le 9e escadron porté — s’est présenté dans la boutique de T. Diallo, vêtu de son uniforme réglementaire et arborant ses insignes. Prétextant un contrôle d’hygiène, il a reproché au jeune commerçant de préparer une omelette dans sa boutique, affirmant qu’il s’agissait d’une pratique interdite passible de lourdes sanctions. Selon la déposition de la victime, le gendarme lui aurait alors demandé 50 000 FCFA pour « étouffer l’affaire ».

Mais l’incident ne s’est pas arrêté là. Le lendemain, le même gendarme est revenu sur les lieux, toujours en tenue. Cette fois, il a accusé le commerçant de lui avoir remis de faux billets et a exigé une somme de 250 000 FCFA pour clore l’affaire. « Quand j’ai compris qu’il voulait m’arnaquer, j’ai alerté mes voisins. La foule s’est rassemblée et a commencé à crier au voleur. Il a pris peur et a tenté de fuir », a raconté T. Diallo lors de son audition.

Alertés par la situation, des gendarmes en patrouille sont rapidement intervenus pour exfiltrer leur collègue, mis en difficulté par une foule en colère. Il a ensuite été conduit à la brigade de recherches de Keur Massar, où il a été placé en garde à vue.

Lors de son interrogatoire, M. Fall a d’abord nié les faits, soutenant que le commerçant lui avait « offert volontairement » 20 000 FCFA. Mais face à la cohérence du témoignage de la victime et aux contradictions relevées dans ses propos, il a fini par admettre avoir accepté de l’argent « pour éviter des histoires ». Les enquêteurs ont par ailleurs établi que l’accusé était bien en congé et n’avait pas l’autorisation de porter son uniforme, qu’il conservait, selon ses dires, pour « voyager gratuitement dans les transports ».

Déféré au parquet, M. Fall a comparu devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. À la barre, il a maintenu sa version des faits, prétendant qu’il n’avait fait qu’une simple remarque sur « l’insalubrité des lieux » et que le commerçant lui avait offert de l’argent de son propre gré. Des explications jugées peu crédibles par le procureur, qui l’a sèchement recadré : « Tu es en congé, mais tu portes l’uniforme pour abuser de ton statut. Tu te balades dans les boutiques pour soutirer de l’argent. Tu fais honte à la gendarmerie. »

Face à l’insistance de la partie civile, le gendarme a proposé de rembourser la somme pour clore l’affaire, une tentative de conciliation rejetée par la victime. L’avocat de la défense, Me Niang, a tenté d’obtenir la relaxe de son client en soulignant l’absence de témoin direct, mais ses arguments n’ont pas convaincu le tribunal.

À l’issue des débats, le juge a écarté le chef d’accusation d’extorsion de fonds, mais a retenu celui d’escroquerie. M. Fall a ainsi été reconnu coupable et condamné à deux mois de prison ferme assortis d’une amende de 50 000 FCFA.

Leral Tour à Louga : Thierno Alassane Sall face au fiasco d’un projet d’électrification rurale de 37 milliards

La réalité du terrain a été brutale pour l’honorable député Thierno Alassane Sall. En lançant la première étape de son « Leral Tour », ou « Tour de la Lumière », dans le département de Louga, le parlementaire ne s’attendait sans doute pas à découvrir une telle désolation. Ce déplacement, entamé à Ndand Fall et présenté comme une tournée de vérification citoyenne, s’est rapidement transformé en un véritable réquisitoire contre la gestion d’un ambitieux projet d’électrification rurale d’un montant de 37 milliards de francs CFA.

De Darou Seye à Kab Gaye, en passant par Fass Ba, Gueti Sakké et Médina Soump, le constat est identique : des poteaux plantés sans fils, des chantiers laissés à l’abandon, et des villages entiers plongés dans une obscurité que seule perce la lueur vacillante des lampes torches. Dans ces localités où l’on avait promis la lumière, les habitants ne cachent plus leur colère. « On nous avait promis la lumière, on n’a reçu que des discours », confie Aminata Sow, habitante de Fass Ba, dont la maison n’est éclairée que par une lampe à piles.

Les populations, livrées à elles-mêmes, peinent à comprendre comment un projet de 37 milliards a pu aboutir à un tel échec. « Nous ne voyons aucune trace de cet argent », s’indigne un notable de Gueti Sakké. Le sentiment d’abandon est partagé partout, renforcé par les signes visibles d’un programme resté au stade des intentions.

La visite de Thierno Alassane Sall a également pris une tournure spirituelle à Ndand Fall, chez le fils de Serigne Abdou Lakhate, connu sous le nom de Serigne Abdou Lakram. Le chef religieux, témoin direct de la situation, n’a pas mâché ses mots : « Ce que nous voyons ici est une tromperie d’État. On a joué avec les espoirs du peuple. »

Sur les routes de Ndiakane Gaye et Diockoul Dieuwrign, la seule lueur qui subsiste provient de quelques lampadaires solaires installés non pas par le programme national, mais par les municipalités locales. Des initiatives modestes, mais qui rappellent l’échec du projet officiel censé apporter un éclairage durable à ces zones rurales.

À Ndiawar Ndiaye, le député a été accueilli par une image saisissante : un unique poteau électrique bricolé par les habitants, muni d’un panneau solaire et servant de point de recharge communautaire. Pour Omar Ndiaye, jeune du village, cette installation artisanale symbolise à elle seule la défaillance du projet : « C’est la preuve que l’État nous a menti, et que ces milliards n’ont jamais servi à notre électrification. »

Face à cette situation, Thierno Alassane Sall s’est montré particulièrement indigné. « L’État veut leurrer les Sénégalais et les bailleurs internationaux. Mais ici, la vérité saute aux yeux : il n’y a ni lumière, ni progrès », a-t-il déclaré, visiblement affecté par ce qu’il venait de constater.

Après avoir traversé les localités de Dakar Demba Codou et Diockoul Ndiaye, le député est finalement arrivé à Louga aux alentours de minuit, épuisé mais déterminé. Il a promis de rendre publique un rapport circonstancié, assorti de preuves concrètes, sur les dysfonctionnements observés lors de cette première étape du « Leral Tour ».

« Ce que j’ai vu dépasse l’indignation. Il faut que le peuple sache où sont passés ses 37 milliards », a martelé Thierno Alassane Sall. Pour lui, cette tournée ne se limitera pas à un simple constat : elle marquera le point de départ d’un combat pour la transparence et la reddition des comptes.

Les jeunes footballeurs sénégalais Bamba et Momo enfin de retour, sains et saufs après leur rétention au Ghana

Les premières images de Bamba et Momo, les deux jeunes joueurs sénégalais précédemment retenus au Ghana, ont apporté un grand soulagement à l’opinion publique. Sur ces clichés rendus publics, on les voit aux côtés de l’honorable Mohamed Souaré, figure engagée dans le suivi de l’affaire, signe rassurant de leur bonne santé et de leur sécurité.

Selon les informations recueillies, les deux jeunes footballeurs se portent bien et sont actuellement en phase de récupération, après les moments d’angoisse et d’incertitude qu’ils ont vécus au Ghana. Leur libération et leur retour au Sénégal ont mis fin à plusieurs jours d’inquiétude pour leurs familles, leurs proches et la communauté sportive nationale.

Ce retour intervient toutefois dans un climat de profonde tristesse. Le pays attend toujours l’arrivée de la dépouille de Cheikh Touré, jeune gardien de but sénégalais, enlevé puis tué au Ghana. Ce drame, qui a bouleversé la nation, a mis en lumière les conditions précaires et les risques auxquels sont exposés de nombreux jeunes footballeurs en quête d’opportunités à l’étranger.

Les autorités sénégalaises ont assuré suivre de près le déroulement de cette affaire. Des démarches diplomatiques et judiciaires sont toujours en cours pour faire toute la lumière sur les circonstances du drame et garantir que justice soit rendue. Le ministère des Affaires étrangères, en coordination avec celui des Sports, a d’ailleurs salué la mobilisation exceptionnelle des citoyens, des acteurs du football et de la diaspora sénégalaise, qui se sont unis pour exiger vérité et protection des jeunes talents.

Le retour de Bamba et Momo, bien qu’il ne puisse effacer la douleur liée à la perte de Cheikh Touré, représente néanmoins une lueur d’espoir et un motif de réconfort. Il rappelle la nécessité pour les autorités et les fédérations sportives de renforcer les mécanismes de suivi et de protection des jeunes sportifs, souvent vulnérables face à des réseaux d’intermédiaires peu scrupuleux.

Face aux inondations, le Sénégal renforce sa stratégie nationale de prévention

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la lutte contre les inondations. Le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a organisé, le 23 octobre 2025, l’atelier final du Projet de Gestion intégrée des inondations au Sénégal (PGIIS), marquant un tournant décisif vers une gouvernance plus cohérente et territorialisée du risque. Cette initiative intervient alors que plusieurs localités, notamment Touba, continuent de subir de plein fouet les effets dévastateurs des pluies saisonnières.

Depuis plusieurs années, les inondations représentent un défi majeur pour le pays, affectant gravement les infrastructures, les habitations et la vie des populations. À Touba, chaque hivernage rime avec débordements, stagnation des eaux et désolation, exposant des milliers de familles à des conditions précaires. Conscient de cette réalité, le gouvernement, avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD) et du Fonds vert pour le climat, a mis en œuvre le PGIIS, une démarche structurante destinée à doter le Sénégal d’outils de planification et de prévention performants.

Le projet a permis de concevoir trois instruments majeurs : le Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI), le Plan de Prévention du Risque d’Inondation (PPRI) et la Stratégie nationale de gestion des risques d’inondation (SNGRI). Ces dispositifs forment désormais l’ossature de la politique nationale de lutte contre les inondations, offrant au pays une vision claire et intégrée de la gestion du risque.

Madické Cissé, directeur général de la Prévention et de la Gestion des Inondations, a salué les résultats obtenus à travers le projet. « Le PGIIS a permis de produire plus de 12 000 cartes désormais consultables et téléchargeables, un diagnostic précis des zones vulnérables et des solutions chiffrées pour protéger les populations », a-t-il déclaré. Ces données permettront, selon lui, d’orienter efficacement les investissements et de prioriser les interventions sur le terrain.

Les chiffres illustrent l’ampleur de l’effort consenti. À Touba, où plus de 3 500 personnes sont directement exposées au risque d’inondation, l’État prévoit des investissements évalués à 93 milliards de francs CFA. À l’échelle nationale, 187 milliards de francs CFA seront mobilisés pour les sites pilotes, dont la zone du Lac Rose (35 milliards), Tambacounda (plus de 14 milliards), Kaolack (23,8 milliards), Kédougou (6,8 milliards) et Kaffrine (14 milliards). Ces projets visent à améliorer le drainage, renforcer les infrastructures d’assainissement et restaurer les voies naturelles d’écoulement des eaux.

Cependant, Madické Cissé a tenu à rappeler que la réussite du programme dépend aussi de la mise en œuvre effective du décret de libération des voies d’eau. « Cette mesure nécessite l’accompagnement et la compréhension des autorités religieuses et locales, sans lesquelles toute action durable resterait compromise », a-t-il souligné.

Pour sa part, Mathilde Digou Sadio, adjointe au gouverneur de Dakar, a mis en avant la portée scientifique et technique du projet. « Ces outils marquent un bond en avant historique dans la connaissance du risque », a-t-elle affirmé. Grâce au modèle numérique de terrain et aux données topographiques de haute précision, « le Sénégal dispose enfin d’une base homogène pour planifier et protéger les populations de manière équitable et durable ».

L’atelier s’est conclu sur un consensus fort : la lutte contre les inondations ne peut être efficace que dans la synergie. La coordination entre l’État, les collectivités territoriales, les services techniques et les partenaires au développement s’impose désormais comme le socle d’une gouvernance territoriale du risque. En consolidant ces efforts, le Sénégal entend bâtir des territoires plus résilients face aux dérèglements climatiques, et transformer l’épreuve récurrente des inondations en une opportunité de modernisation et de planification urbaine durable.

Quitter la version mobile