Kaolack : 4,3 tonnes de chanvre indien incinérées par les autorités

Les autorités administratives et sécuritaires de Kaolack ont procédé ce jeudi à l’incinération de 4,3 tonnes de chanvre indien, saisies au cours des opérations menées par les forces de défense et de sécurité. Cette destruction symbolique et dissuasive est intervenue à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, célébrée chaque 26 juin sous l’égide des Nations unies.

La cérémonie s’est déroulée sous la supervision du gouverneur de la région, Mouhamadou Moctar Watt, qui a salué l’engagement constant des forces de l’ordre dans cette lutte. « Cette forte quantité de drogue montre le niveau d’implication des forces de défense et de sécurité dans la lutte contre les drogues », a-t-il déclaré, rappelant que Kaolack demeure un point névralgique du trafic en raison de sa position géographique stratégique reliant plusieurs axes commerciaux.

Malgré les moyens parfois limités dont elles disposent, les forces de sécurité s’emploient à démanteler les filières et à enrayer un trafic dont les conséquences sont particulièrement destructrices pour les familles et l’économie nationale. « Malgré leurs moyens limités, nos forces de défense et de sécurité s’échinent à enrayer ce trafic, dont nul n’ignore les conséquences désastreuses sur les familles et l’économie sénégalaise », a insisté le gouverneur.

Il a par ailleurs mis en garde contre l’inventivité constante des trafiquants, qui multiplient les stratagèmes pour contourner les dispositifs de surveillance et d’interception.

Mouhamadou Moctar Watt a également insisté sur l’importance d’agir sur le terrain de la prévention et de l’éducation. « La sensibilisation doit être faite jusqu’au sein de nos familles. Toute la société doit s’impliquer dans la lutte contre le trafic de drogues », a-t-il plaidé, appelant à une mobilisation collective et permanente face à ce fléau.

Kaolack / Coup d’œil : Thioffack, berceau historique fondé en 1445

Dans la région de Kaolack, au cœur du Saloum, se dresse un village au riche passé historique : Thioffack. Selon la tradition orale transmise de génération en génération, ce village aurait été fondé en 1445, à une époque où les royaumes traditionnels du Sénégal battaient leur plein. Aujourd’hui, Thioffack est devenu l’un des quartiers périphériques de la commune de Kaolack.

Thioffack est situé à proximité de Médina Baye, grande cité religieuse de renommée internationale. Kaolack, pour sa part, est une ancienne ville coloniale qui s’est imposée comme un centre stratégique, notamment grâce au commerce de l’arachide et du sel.

Cependant, le développement urbain rapide et souvent mal planifié de certains quartiers, comme Thioffack, a entraîné de graves problèmes d’infrastructures.

En 2022, les habitants dépendaient d’un unique robinet public, ou de puits à l’eau salée, les forages existants étant devenus inexploitables.

En 2024, la situation s’est aggravée : coupures fréquentes, files d’attente dès 3 h du matin pour recueillir quelques litres d’eau. Beaucoup de familles se tournent vers les charretiers privés, à environ 5 000 FCFA le baril de 20 litres, un coût insoutenable pour les plus démunis.

En mars 2025, des manifestations de colère ont éclaté à Thioffack et Darou Rahmaty. Les habitants, bidons en main, ont dénoncé le rationnement, l’irrégularité de la distribution et les factures excessives malgré une fourniture d’eau quasi inexistante.

Chaque hivernage, le quartier est victime d’inondations récurrentes. Les eaux stagnantes rendent de nombreuses habitations impraticables, en particulier à l’approche du Gamou, période de grande affluence.

En août 2019, Thioffack était entièrement submergé par les eaux, comme en témoignent plusieurs reportages et photos diffusés à l’époque.

La case de santé du quartier est dans un état alarmant : manque d’entretien, hygiène déplorable, patients couchés à même le sol, sanitaires hors d’usage. Pourtant, elle accueille près de 1 000 patients chaque mois, soulignant un besoin urgent de réhabilitation.

En décembre 2024, face à ces défis, les habitants ont lancé le Mouvement pour le Développement de Thioffack (MDT), dirigé par Tamsir Ndiaye. Ce mouvement citoyen vise à :

Promouvoir le civisme et la bonne gouvernance locale Trouver des solutions pérennes au problème de l’eau Construire un lycée et un marché moderne Former les jeunes et soutenir l’autonomisation des femmes

En avril 2025, le MDT a mené plusieurs campagnes de sensibilisation sur le civisme, l’environnement et le changement climatique, renforçant ainsi la cohésion sociale dans le quartier.

Depuis février 2024, la mairie de Kaolack, à travers le programme « Cœurs de quartier », a prévu la réhabilitation de marchés locaux à Thioffack. À noter que les terrains concernés avaient été acquis dès 1997, sans suite concrète jusqu’à présent.

Comme chaque année, le quartier a vibré au rythme des « 24 heures de Thioffack », une initiative à la fois citoyenne et spirituelle. Durant toute une journée et une nuit, les habitants ont uni leurs efforts autour de deux axes majeurs : l’assainissement du quartier et des prières dédiées aux défunts.

Munis de pelles, balais et brouettes, jeunes et moins jeunes se sont engagés dans une vaste opération de nettoyage autour du poste de santé.

« C’est notre quartier, c’est notre responsabilité. L’assainissement est une forme de foi et de respect pour ceux qui vivent ici. Cette opération visait à prévenir les maladies liées aux eaux stagnantes et à renforcer la solidarité autour d’un objectif commun : un environnement sain et vivable », a expliqué Tamsir Ndiaye, président du MDT.

L’assainissement est un pilier de la santé publique, de la dignité humaine et du développement durable. Selon les experts, il permettrait de réduire jusqu’à 40 % les maladies diarrhéiques, qui restent une des principales causes de mortalité infantile au Sénégal.

Thioffack, riche de son héritage historique, se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Entre urgences sociales et mobilisation citoyenne, le quartier montre une résilience admirable, portée par ses habitants. Leur engagement quotidien, soutenu par des initiatives locales comme le MDT et les projets municipaux, redonne espoir à une population en quête de mieux-être, de dignité et de justice sociale.

Sénégal – Fiscalité : Les propriétaires risquent de perdre jusqu’à 30% de leurs revenus locatifs à cause de la nouvelle imposition

La Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) du Sénégal vient de mettre en place une plateforme en ligne dédiée aux déclarations des revenus locatifs. Ce nouvel outil numérique vise à faciliter les démarches des contribuables, leur permettant de calculer de manière automatique le montant imposable sur les revenus générés par la location de leurs biens immobiliers.

Selon une enquête menée par la revue spécialisée « ConfidentielDakar », plusieurs propriétaires ayant utilisé cette plateforme ont constaté que l’imposition appliquée sur leurs revenus locatifs avoisine les 30%. Le système calcule un montant minimum imposable et indique clairement la somme que chaque contribuable doit s’acquitter.

Il est important de souligner que cette imposition sur les revenus locatifs est distincte de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Or, si ces deux prélèvements s’appliquent simultanément, un propriétaire pourrait perdre jusqu’à 37% de ses revenus générés par la location. En effet, la taxe sur le foncier bâti représente généralement entre 5% et 7% des revenus locatifs.

Cette nouvelle mesure fiscale pourrait donc affecter significativement la rentabilité des biens immobiliers mis en location, soulevant des inquiétudes parmi les propriétaires quant à l’impact de ces charges sur leurs revenus nets. La DGID, à travers cette plateforme, entend renforcer la transparence et la régularité dans la déclaration et le recouvrement des impôts liés au secteur locatif.

Arrestations de journalistes et de chroniqueurs : le FDR dénonce une « instrumentalisation » de la justice et des libertés publiques « bâillonnées »

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau ce mercredi pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive préoccupante des institutions judiciaires et une atteinte grave aux libertés fondamentales. Dans une déclaration ferme, l’opposition réunie sous la bannière du FDR a exprimé ses vives inquiétudes face à ce qu’elle qualifie d’« instrumentalisation flagrante de la justice », au détriment des principes de l’État de droit.

Selon le FDR, la justice sénégalaise est aujourd’hui utilisée à des fins politiques. Le Front affirme que celle-ci s’est éloignée de sa mission d’impartialité pour devenir un outil de règlement de comptes contre des opposants, des chroniqueurs et des journalistes. Il évoque des procédures ciblées, des jugements expéditifs et des décisions judiciaires qui suscitent de plus en plus d’incompréhension et de méfiance chez les citoyens. Pour le Front, cette situation érode dangereusement la confiance dans les institutions républicaines et menace l’équilibre démocratique du Sénégal.

Le FDR s’alarme également d’un climat d’étouffement des libertés publiques. Bien que les manifestations pacifiques ne soient pas formellement interdites, elles font systématiquement l’objet d’une répression, selon le communiqué du Front. L’organisation pointe aussi une pression fiscale jugée « étouffante » sur les organes de presse, ainsi qu’un harcèlement constant contre les chroniqueurs et activistes. Ce climat général, estime le FDR, engendre une citoyenneté bâillonnée, où la peur et la répression prennent le pas sur le débat démocratique et la liberté d’expression.

Pour conclure, le FDR appelle à un sursaut national face à ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir. Il enjoint les forces vives du pays à défendre les droits fondamentaux, la justice indépendante et la liberté d’informer, socles essentiels de toute démocratie véritable.

Présumé virement frauduleux à Orabank : le Nigérian Usman Danmudi Auwal arrêté à l’AIBD

L’affaire du présumé virement frauduleux à Orabank connaît un nouveau rebondissement majeur. Usman Danmudi Auwal, ressortissant nigérian et présenté comme un chef d’entreprise, a été interpellé par les éléments de la Division des investigations criminelles (DIC) alors qu’il tentait de quitter le Sénégal par l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). L’homme était activement recherché depuis le déclenchement de cette affaire qui secoue le secteur bancaire national.

Selon des sources judiciaires, Usman Danmudi Auwal a été déféré mercredi devant le parquet de Dakar. Il est poursuivi pour une série de délits graves, dont l’association de malfaiteurs, le faux et usage de faux en écritures privées de banque, l’escroquerie, la manipulation frauduleuse de données d’identification de compte bancaire, ainsi que le blanchiment de capitaux. Autant de charges qui soulignent la complexité du dossier et la dimension transnationale des faits reprochés.

Les enquêteurs de la DIC ont identifié un lien direct entre l’accusé et les transferts suspects : le compte bancaire d’Usman Danmudi Auwal faisait partie des bénéficiaires du virement frauduleux incriminé. Cette révélation a été déterminante dans l’enquête, accélérant les recherches et débouchant sur son arrestation.

Cette nouvelle interpellation intervient après celle de Papa Oumar Sambe, autre suspect clé dans ce dossier. Ce dernier, ancien chargé de protocole à la Commission électorale nationale autonome (CENA) et par ailleurs gérant de la société Post Trading, avait été placé en garde à vue avant que les investigations ne s’élargissent au niveau international.

Les autorités judiciaires poursuivent leurs investigations pour démanteler l’ensemble du réseau impliqué dans cette opération financière frauduleuse qui, selon les premières estimations, pourrait avoir causé d’importants préjudices.

Tiaroye 1944: Une blessure encore vive au Sénégal; vers la reconnaissance et les réparations d’un crime colonial oublié

Le 1er décembre 1944, des dizaines, voire des centaines de tirailleurs africains sont massacrés à Tiaroye, dans la banlieue de Dakar, par l’armée coloniale française. Huit décennies plus tard, cet épisode tragique continue de hanter les mémoires. Une nouvelle dynamique, lancée par le Premier ministre Ousmane Sonko, entend briser le silence historique autour de cette tuerie coloniale restée impunie.

Le 19 février 2025, Sonko a officiellement lancé une campagne d’excavations archéologiques sur le site du massacre. L’objectif est triple : faire toute la lumière sur les circonstances du drame, identifier le nombre exact de victimes et initier une démarche de justice historique et symbolique.

Dans un micro-trottoir diffusé récemment sur les réseaux sociaux, plusieurs habitants de Dakar se sont exprimés sur l’importance de cette initiative. Pour eux, la vérité historique est indispensable à toute démarche de réparation. Comme le souligne un intervenant : « Une injustice, qu’elle dure 100 ans ou 100 heures, reste une injustice. Elle doit être réparée à tout moment ».

La demande de réparations prend ici plusieurs formes. Pour certains, elle devrait être financière, pour d’autres, elle passe aussi par une reconnaissance symbolique des faits et la transmission de la mémoire. « La réparation est multiforme, elle peut être pécuniaire ou d’autres formes… même un pardon symbolique peut être un début », déclare un citoyen interrogé dans la vidéo.

La quête de vérité avance : « Ces fouilles-là permettraient quand même de faire de grandes avancées pour découvrir la vérité dans cette histoire », estime un autre intervenant. Les doutes autour de la version officielle, en particulier celle fournie par les autorités françaises, renforcent la nécessité d’un travail indépendant. « Si c’est la France qui donne les chiffres, là ça peut avoir des problèmes », prévient un jeune Dakarois.

Le sentiment d’injustice traverse toutes les prises de parole. La responsabilité française est pointée du doigt, et le crime colonial ne doit pas rester sans suite : « La France, elle est responsable… un crime de guerre, on peut discuter, mais il faut que ce soit très clair », affirme l’un des témoins.

L’émotion populaire s’exprime aussi dans l’art. Le musicien guinéen Elie Kamano a récemment sorti un clip poignant sur le massacre de Tiaroye, appelant à la mémoire et à la justice pour les descendants de ces soldats oubliés.

Ce réveil mémoriel s’inscrit dans une volonté plus large de rupture avec l’impunité historique dont jouit encore la France en Afrique. Pour les autorités sénégalaises, il ne s’agit pas seulement de faire œuvre de mémoire, mais d’exiger des réparations à la hauteur de la tragédie. Le massacre de Tiaroye est devenu un symbole : celui d’une époque d’arrogance coloniale qui doit impérativement prendre fin. Le temps est venu de rendre justice aux victimes et de clore ce chapitre sombre par un acte de reconnaissance et de réparation.

Par AWA DEMBELE

Lutte contre le chanvre indien : le ministre de l’Intérieur salue une opération d’envergure dans les îles Carone (4 tonnes saisies)

En prélude au comité territorial et régional de développement prévu ce jeudi 26 juin et couvrant les régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, le ministre de l’Intérieur, le Général Jean Baptiste Tine, s’est rendu ce mercredi à la subdivision régionale des Douanes de Ziguinchor, où sont entreposées d’importantes saisies de chanvre indien en provenance des îles Carone. Ces saisies sont le fruit d’une vaste opération conjointe menée par les Douanes, l’Armée et la Gendarmerie.

Cette opération, conduite en deux phases au cours de l’année, a permis la destruction d’environ 400 hectares de plantations de chanvre indien et la saisie de 4 tonnes de cette drogue, pour une valeur marchande estimée à 376 millions de francs CFA.

« C’est un résultat exceptionnel qu’il faut saluer », a déclaré le ministre, qui a chaleureusement félicité les forces de sécurité pour ce qu’il qualifie de « coup décisif porté à un fléau qui gangrène la société sénégalaise ».

Le Général Tine a insisté sur les effets dévastateurs de cette drogue :

« Le chanvre indien détruit notre jeunesse, il mine notre économie et alimente une économie de guerre propice à la criminalité organisée. »

Tout en saluant la réussite de l’opération, le ministre a tenu à rappeler que la lutte contre le chanvre indien ne saurait se limiter à des actions répressives. Il a plaidé pour une approche globale et inclusive, fondée sur le désenclavement des îles Carone et le développement d’alternatives économiques viables, en particulier l’agriculture vivrière.

« Il faudra, en concertation avec les populations, trouver les voies et moyens de remplacer cette culture illicite, afin de contribuer à l’atteinte de notre souveraineté alimentaire », a-t-il ajouté.

S’adressant à la presse, le ministre a enfin lancé un appel à renforcer la sensibilisation, en particulier auprès des jeunes, sur les méfaits de la drogue :

« Faites davantage pour montrer que la drogue détruit notre jeunesse, notre pays, et ouvre la voie à la criminalité organisée, voire au terrorisme. Et personne ne veut cela pour le Sénégal. »

Kaolack : 4 tonnes 311 kg de chanvre indien incinérées par les autorités

Une importante cérémonie d’incinération de drogue s’est tenue ce jeudi 26 juin 2025 à la sortie de la ville de Kaolack, en présence des autorités administratives, judiciaires et sécuritaires. Cette opération marque une nouvelle étape dans la lutte contre le trafic de stupéfiants au Sénégal.

« Il faut dire que nous célébrons aujourd’hui la Journée internationale de lutte contre la drogue. Nous avons tenu à marquer l’événement dans la région de Kaolack à travers l’incinération d’importantes quantités de drogues saisies par les différentes forces de l’ordre et de sécurité », a déclaré Mouhamed Moctar Watt, gouverneur de la région de Kaolack.

La quantité incinérée s’élève à 4 tonnes 311 kilogrammes de chanvre indien. Cette saisie témoigne de l’engagement fort des forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le trafic de drogue.

À ce titre, plusieurs entités se sont distinguées, notamment la Brigade régionale des stupéfiants, la gendarmerie, le commissariat central ainsi que l’administration douanière. Le gouverneur a souligné que la région de Kaolack, en raison de sa position de carrefour, constitue un point stratégique du trafic de drogue, recevant des cargaisons provenant principalement du sud du pays et d’autres régions.

« Malgré des moyens limités, nos forces de l’ordre s’emploient quotidiennement, avec courage et détermination, à enrayer ce trafic. Car nul n’ignore les conséquences désastreuses de la drogue au sein des familles : tensions, conflits, violences physiques ou verbales, traumatismes, perte de repères, échec scolaire, délinquance, perte d’emploi, dettes, vols dans le foyer, dépression, anxiété et sentiment d’impuissance chez les proches. Sans oublier les répercussions négatives sur l’économie nationale », a rappelé le chef de l’exécutif régional.

Le gouverneur a également déploré la forte implication des jeunes dans la consommation de drogues. « Or, les jeunes constituent l’avenir du pays. Lorsqu’ils sont gangrenés par ce fléau, c’est l’avenir même de la nation qui est compromis », a-t-il averti.

Enfin, il a souligné que la lutte contre la drogue ne saurait se limiter à la seule répression. « La sensibilisation et la dénonciation sont deux piliers essentiels pour prévenir, protéger et réhabiliter. Il est impératif que tous les acteurs – familles, autorités, communautés et les jeunes eux-mêmes – s’unissent pour faire front contre ce fléau qui détruit des vies en silence », a-t-il plaidé.

Pour rappel, cette cérémonie d’incinération s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, célébrée chaque 26 juin.

Farba Ngom refuse à nouveau les visites : ses proches inquiets de son état de santé

Pour la troisième journée consécutive, Farba Ngom, député et maire des Agnam, a décliné toute visite à la prison de Rebeuss, où il est détenu depuis février dernier dans le cadre d’une affaire de transactions financières jugées douteuses. Une décision qui suscite l’inquiétude de ses proches, venus en nombre ces derniers jours pour lui témoigner leur solidarité.

Dans une note relayée par le quotidien Les Échos, la cellule de communication de l’élu informe que « toutes les visites prévues ce jeudi 26 juin sont reportées à une date ultérieure », invoquant des raisons de santé. « En raison de son état de santé, l’honorable député Farba Ngom informe que toutes les visites prévues ce jeudi 26 juin sont reportées […] Merci pour votre compréhension et votre solidarité », peut-on lire dans le communiqué.

Arrêté dans le cadre de l’enquête sur un scandale financier impliquant plus de 125 milliards de francs CFA, révélé par un rapport de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), Farba Ngom est depuis placé sous mandat de dépôt. Les charges pesant contre lui portent notamment sur des flux financiers suspects et des montages financiers opaques.

Face à la dégradation présumée de son état de santé, les avocats de Farba Ngom ont introduit une nouvelle demande de liberté provisoire. Cette requête s’appuie sur un rapport médical établi par un médecin mandaté par le juge d’instruction, concluant à une incompatibilité entre son état physique et la détention en milieu carcéral.

Au sein de l’Alliance pour la République (APR), parti au pouvoir jusqu’à récemment, certains cadres dénoncent un « acharnement judiciaire » contre un homme qu’ils présentent comme affaibli et vulnérable. « Il faut que le droit soit dit, mais dans des conditions humaines et médicales acceptables », a déclaré un responsable du parti sous couvert d’anonymat.

Ziguinchor : Un vaste scandale financier éclabousse la mairie

La mairie de Ziguinchor est au cœur d’un scandale financier retentissant. Selon des révélations du quotidien L’Observateur, un détournement de fonds publics estimé à plus de 27 millions de francs CFA a été mis à nu, mettant en cause un haut responsable municipal.

Le principal suspect, Yaya Mansaly, régisseur en poste à l’état civil depuis 2018, a été arrêté par les éléments de la Section de Recherches de la gendarmerie. Il est accusé d’avoir orchestré un détournement massif, au cœur même du système administratif de la commune. L’affaire, longtemps étouffée dans les couloirs de la mairie, a finalement éclaté grâce à la vigilance du mouvement citoyen Frapp Ziguinchor. Ce dernier a tiré la sonnette d’alarme en dénonçant de graves irrégularités dans la gestion des finances municipales, mettant en cause la transparence de l’administration actuelle dirigée par le maire Djibril Sonko.

Les premières investigations confirment l’existence de flux financiers suspects et d’opérations irrégulières sur plusieurs exercices. Mais l’affaire pourrait aller bien au-delà de ce premier chiffre. Selon nos sources, les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour retracer le circuit complet de l’argent disparu, identifier les complices et établir les responsabilités à tous les niveaux.

« L’objectif est de faire tomber tout le réseau impliqué, aussi bien les exécutants que les éventuels donneurs d’ordre », confie une source proche de l’enquête. D’autres agents municipaux sont d’ores et déjà dans le viseur des autorités, et des convocations devraient tomber dans les prochains jours.

Ce scandale, qui survient dans un contexte de forte exigence citoyenne en matière de reddition des comptes, pourrait fragiliser durablement la crédibilité de la gestion municipale à Ziguinchor. Il remet également sur la table les questions de transparence, de contrôle interne et d’éthique dans les collectivités territoriales du pays.

Drame à Casablanca : Makaty Camara, jeune Sénégalais de 33 ans, retrouvé mort dans des circonstances troublantes

Disparu depuis dimanche dernier à Casablanca, au Maroc, Makaty Camara, un jeune Sénégalais de 33 ans, a été retrouvé sans vie sur une plage de la ville. Les circonstances entourant sa mort, jugées floues et suspectes par ses proches, soulèvent de nombreuses interrogations.

Originaire de Rufisque, Makaty Camara était installé au Maroc depuis près de sept ans. Il y travaillait dans la location d’appartements, en partenariat avec des ressortissants marocains. Responsable, travailleur et profondément attaché à sa famille restée au Sénégal, il incarnait un véritable pilier pour ses proches. « C’était mon deuxième fils, mais l’unique enfant de sa mère. Il était tout pour nous », témoigne son père, Omar Guèye Camara, bouleversé par la tragédie.

Le dimanche du drame, Makaty s’était rendu sur une plage privée avec son épouse marocaine. Après une baignade dans la piscine, il avait informé sa femme qu’il se rendait dans la mer, située à quelques mètres. Il ne reviendra jamais. Alertée par sa disparition, son épouse s’était rendue avec son cousin au poste de police pour signaler l’incident, avant de retourner sur les lieux dans l’espoir d’obtenir des réponses.

Les premières démarches pour visionner les images de vidéosurveillance sur la plage ont été freinées par le personnel qui affirmait que les caméras étaient « hors service ». Ce refus initial, perçu comme suspect, a attisé l’inquiétude de la famille. Ce n’est que le lendemain, avec l’intervention du consulat du Sénégal, que les vidéos ont pu être consultées.

Les images, selon des sources proches de la famille et relayées par L’Observateur, montrent Makaty assis seul au bord de la mer. Puis, plus rien. Il disparaît mystérieusement quelques minutes plus tard. Aucun signe de panique, aucun témoin d’une noyade.

Pendant plusieurs jours, des recherches intenses ont été menées. Mais l’espoir de le retrouver vivant s’est effondré hier, lorsque son corps sans vie a été découvert sur la même plage.

Le père de la victime, profondément ému, refuse de croire à la thèse d’une simple noyade. « Mon fils avait des blessures à la tête, aux lèvres, et le visage complètement tuméfié. Rien de cela ne correspond à une noyade accidentelle. C’est pourquoi je parle de crime. »

Déterminé à obtenir justice, Omar Guèye Camara a adressé une lettre officielle au ministère sénégalais des Affaires étrangères pour exiger une réaction ferme de l’État. Il appelle à une enquête indépendante et approfondie, avec l’implication des autorités sénégalaises et marocaines.

« Mon fils n’a pas été emporté par la mer. Quelque chose lui est arrivé. Je refuse qu’il soit enterré sans que la vérité éclate », martèle-t-il. Au-delà de sa douleur personnelle, le père de Makaty alerte sur les conditions souvent précaires dans lesquelles vivent de nombreux jeunes Sénégalais à l’étranger. « Ils sont parfois seuls, vulnérables, et sans réelle protection. Il faut que ça cesse. »

Aujourd’hui, la famille Camara attend des réponses. Elle demande que toutes les zones d’ombre soient éclaircies, que les responsabilités soient situées, et que justice soit rendue.

Coup de filet historique à Ziguinchor : 4.000 tonnes de chanvre indien saisies par les forces de sécurité

Ziguinchor, région sud du Sénégal, a été le théâtre d’une opération antidrogue d’une ampleur inédite. Les forces de défense et de sécurité ont frappé un grand coup contre le trafic de drogue, en mettant la main sur pas moins de 4.000 tonnes de chanvre indien, dans le cadre d’une vaste opération conjointe menée par l’Armée, la Gendarmerie et les Douanes.

Sur place, le ministre de l’Intérieur, le Général Jean Baptiste Tine, s’est félicité du professionnalisme et de la parfaite coordination entre les différentes forces engagées. Il a salué “une coopération exemplaire” et a adressé ses félicitations aux soldats de l’économie pour cette saisie qualifiée de “colossale”.

Selon les autorités douanières, la marchandise saisie représente une valeur marchande estimée à 376 millions de francs CFA, et provient de plantations s’étendant sur plus de 400 hectares. Les stupéfiants ont été entreposés dans les locaux de la subdivision des Douanes de Ziguinchor, en attendant leur destruction par incinération dans les règles prévues par la législation.

Le Général Tine n’a pas manqué d’alerter sur les dangers liés à la culture du chanvre indien :

« La culture du chanvre indien détruit la jeunesse et gangrène notre économie », a-t-il dénoncé avec fermeté.

Il a appelé à une intensification des efforts de lutte contre ce trafic, tout en insistant sur l’importance de la prévention et la sensibilisation, notamment dans les zones rurales où la culture du cannabis s’est développée comme activité de subsistance.

Conscient des enjeux socio-économiques qui sous-tendent la persistance de cette culture illicite, le ministre a plaidé pour la mise en place de solutions économiques alternatives. Objectif : offrir aux populations locales des moyens de subsistance licites et durables, à travers le développement de l’agriculture, de la formation professionnelle et des projets de résilience économique.

Cette saisie spectaculaire vient rappeler l’urgence de renforcer la surveillance des zones sensibles et de mobiliser tous les acteurs de la chaîne sécuritaire et communautaire pour éradiquer un phénomène aux conséquences multiples : sociales, économiques et sécuritaires.

SCANDALE PRÉSUMÉ DE L’« ASER-GATE » : Un document à trois signatures refait surface

Signé à Dakar le 25 novembre 2023 par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), la société espagnole AEE POWER EPC et l’entreprise sénégalaise AEE POWER SÉNÉGAL S.A., un document portant sur le remplacement de poteaux métalliques par des poteaux en béton armé fabriqués localement dans le cadre du projet d’électrification de 928 localités rurales soulève de sérieuses interrogations sur sa nature et sa valeur juridique.
Sur le fond, la décision semble s’aligner sur les exigences de la commande publique au Sénégal, qui imposent qu’au moins 50 % de la valeur des marchés soient réalisés par des entreprises locales. En favorisant la production de poteaux en béton sur place, les signataires paraissent promouvoir l’expertise nationale. Mais en l’absence de références à un contrat notifié, à un avenant validé, ou à une décision officielle de l’organe de régulation, ce document à trois voix semble évoluer dans une zone grise.
Les rôles respectifs des signataires alimentent le flou : ASER, autorité contractante ; AEE POWER EPC, bénéficiaire d’une offre spontanée et titulaire du marché ; AEE POWER SÉNÉGAL, désigné comme mandataire prestataire, sans que l’on sache s’il s’agit d’une délégation formelle ou d’un simple acte de coopération. L’absence d’un cadre juridique clair interroge : est-ce un avenant implicite au contrat principal ? Un protocole technique sans force obligatoire ? Ou un simple engagement d’intention, sans portée contraignante ?
Par ailleurs, cette situation se complexifie avec la mise à l’écart ultérieure de AEE POWER SÉNÉGAL, alors même que cette entreprise avait été mobilisée pour incarner la préférence locale à travers la fabrication des poteaux. Le paradoxe est d’autant plus saisissant que cette décision survient après le versement par l’ASER d’une avance de démarrage de 2,425 milliards de francs CFA à AEE POWER EPC, sans que les travaux aient démarré.
Depuis, la presse sénégalaise, notamment Le Quotidien, a révélé l’ouverture d’une enquête par la police espagnole sur des mouvements de fonds suspects. Des transferts financiers liés à cette avance auraient transité par plusieurs pays, dont Chypre, l’Égypte et le Sénégal. De quoi raviver les soupçons de malversations dans un projet censé améliorer l’accès à l’électricité de plus de 600 000 Sénégalais.
L’affaire avait déjà connu un premier coup de tonnerre en octobre 2024, lorsque l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) avait suspendu le contrat, pointant de graves manquements dans la transparence du processus d’attribution. Le financement global du projet, estimé à 37 milliards de francs CFA, reposait sur une offre spontanée, elle-même objet de critiques.
Les bailleurs de fonds n’ont pas tardé à réagir. La banque Santander, partenaire financier, et l’agence espagnole Cesce, chargée de la garantie du crédit à l’export, ont exprimé leurs inquiétudes. Cesce a suspendu son appui, invoquant un manque de traçabilité sur l’utilisation des fonds.
Les représentants de AEE POWER SÉNÉGAL ont, de leur côté, dénoncé des irrégularités dans la gestion de l’avance, évoquant des flux financiers non justifiés depuis un compte logé chez Santander.
En février 2025, la Cour suprême du Sénégal a surpris en annulant la décision de suspension de l’ARCOP, permettant ainsi la reprise du projet. Mais cette relance n’a pas dissipé les doutes. Où est passé l’argent ? Quelles sont les véritables relations contractuelles entre les différents acteurs ? Et surtout, quelle est la valeur réelle d’un document qui engage sans clarifier ?
Alors que l’enquête espagnole se poursuit, ce projet d’électrification, censé sortir des villages de l’obscurité, soulève désormais encore des interrogations sur la transparence des mécanismes publics et la réalité de la préférence locale dans les grands marchés d’infrastructure.

Litige avec Carlyle : Air Sénégal contre-attaque et fustige la posture « illégale » de l’IATA

Air Sénégal élève la voix face à ce qu’elle désigne comme une déviation inacceptable de l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA). Ce contexte souligne un différend persistant avec le bailleur Carlyle Aviation, qui a finalement entraîné l’implication de l’IATA dans des proportions que la compagnie sénégalaise considère comme injustes et juridiquement infondées.

Dans une réponse communiquée à la presse, la direction d’Air Sénégal a vivement critiqué ce qu’elle voit comme une rétention intentionnelle et abusive de ses fonds par l’IATA, via le système BSP (Billing and Settlement Plan). Selon la compagnie, cette action revient à une saisie de ses ressources financières, en flagrante contradiction avec le droit communautaire africain, notamment les lois de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires).

À cet effet, Air Sénégal se réfère à plusieurs articles de l’Acte uniforme sur l’organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution (AUPSRVE), en particulier les articles 57, 74, 156, 161 et 167. Ces dispositions encadrent strictement les conditions d’application de mesures conservatoires ou d’exécution. La compagnie soutient qu’en tant qu’organisation internationale, l’IATA ne peut ignorer ces règles ni agir en dehors de tout cadre judiciaire ou décision de justice appropriée.

La direction d’Air Sénégal déplore également le rôle qu’elle considère biaisé de l’IATA dans cette situation. Elle souligne que l’organisation, censée être un intermédiaire neutre dans les transactions entre compagnies aériennes et agences de voyages, s’est impliquée de manière proactive et discutable dans un différend essentiellement commercial. Cette attitude, selon elle, remet en cause la neutralité et la crédibilité de l’IATA dans ses fonctions.

La compagnie sénégalaise affirme sa détermination à faire valoir ses droits par toutes les voies légales, réclamant la libération immédiate de ses fonds injustement bloqués. Elle estime que cette situation nuit gravement à ses opérations et compromet sa stabilité financière dans un contexte déjà difficile pour le secteur aérien africain.

Ce bras de fer entre Air Sénégal et l’IATA, sur fond de désaccord avec Carlyle Aviation, pourrait créer un précédent juridique. Il soulève la question de l’équilibre des pouvoirs dans l’industrie aérienne mondiale et éclaire les vulnérabilités auxquelles se heurtent les compagnies africaines face aux grandes institutions internationales. Par cette riposte, Air Sénégal entend défendre sa souveraineté économique et la légitimité de ses droits dans une bataille qui pourrait avoir des conséquences au-delà de ses frontières.

Soutien syndical : l’UDEN se range aux côtés du SAES et des travailleurs de la Justice en grève

Dans un climat social tendu, marqué par des grèves dans divers secteurs clés, l’Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (UDEN) exprime sa solidarité totale avec les travailleurs en mouvement. Par le biais d’un communiqué, son Bureau exécutif a affirmé son soutien « entier, inébranlable et fraternel » au Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES), ainsi qu’aux personnels de la Justice regroupés au sein du SYTJUST et de l’UNTJ.

L’UDEN souligne que le droit de grève est un acquis démocratique garanti par la Constitution, et que, par conséquent, « aucun accord de stabilité ne peut suspendre ou supprimer ce droit fondamental des travailleurs ». Cette déclaration semble directement répondre aux remarques récentes du ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, qui avait comparé les grèves à une forme de « chantage », ce qui a provoqué l’indignation de plusieurs groupes syndicaux.

Dans ce contexte, l’UDEN appelle à une mobilisation générale du mouvement syndical, en faveur de l’unité, de la dignité et de la justice. Elle encourage tous les syndicats à s’unir pour défendre leurs droits, tout en soulignant l’importance de maintenir une stratégie d’action cohérente et solidaire.

La prise de position claire de l’UDEN vient renforcer le front syndical à un moment où les revendications sociales se multiplient, soulevant la question du dialogue social et de la capacité du gouvernement à répondre efficacement et calmement aux attentes des travailleurs.

Inondations : le ministre Jean-Baptiste Tine plaide pour une réponse harmonisée à tous les niveaux

Alors que la saison des pluies prend lentement place, le gouvernement sénégalais veut agir avec anticipation face aux risques d’inondations. En visite ce mardi 24 juin 2025 à Tambacounda, à l’est du pays, le ministre de l’Intérieur, Jean-Baptiste Tine, a dirigé une rencontre spéciale du Comité régional de développement (CRD) dédiée uniquement à cette question. Cet échange, étendu aux préfets, maires, experts techniques et services de secours, a permis de revisiter les mesures actuelles et de réfléchir à des adaptations pour optimiser la prévention et la réponse.

Face aux médias locaux, le ministre a tenu à clarifier la nature imprévisible de ces événements, insistant sur le fait qu’ils sont inévitables : « Les inondations et les crues ne sont la faute de personne, ce sont des événements naturels ». Il a souligné que, malgré les récurrentes pluies abondantes, le Sénégal a été relativement épargné par rapport à d’autres nations qui ont subi de lourdes pertes humaines. « Vous avez pu noter que, par exemple, l’an passé, dans certains pays d’Afrique, voire d’Asie, de nombreux décès et blessés ont été déplorés à cause de ces catastrophes naturelles. Heureusement, ici au Sénégal, nous n’avons pas eu à déplorer de telles pertes », a-t-il ajouté.

Cependant, le ministre a rappelé qu’il faut rester vigilant. Pour lui, la réussite de la réponse repose avant tout sur une coordination efficace à tous les niveaux : régional, départemental et communal. « Nous avons demandé à nos autorités administratives de se préparer à cette réponse, en mettant en place un comité de veille et de suivi au niveau régional, départemental et local pour détecter les signes d’alerte », a détaillé le Général Tine.

Ce réseau sur le terrain vise à prévoir les risques et à permettre une intervention rapide des centres de commandement régionaux en cas d’alerte. Cette méthode intégrée s’appuie sur la décentralisation des actions publiques, tout en tenant compte des spécificités de chaque région.

Avec cette réunion stratégique, le gouvernement cherche à promouvoir une culture de prévention et une gestion efficace des catastrophes naturelles, dans une démarche de résilience collective. L’objectif est clair : éviter que les inondations ne deviennent, une fois de plus, un fléau pour les communautés, surtout dans les zones les plus vulnérables.

Tragédie à Sinthiang Mamadou Hayé : une jeune fille de 15 ans s’est suicidée après l’annonce d’un mariage forcé

Un sentiment de tristesse et de colère envahit la commune de Koulinto, située dans le département de Médina Yoro Foulah, après le décès tragique d’Ousseye Baldé, une adolescente de 15 ans retrouvée pendue ce lundi dans son village d’origine, Sinthiang Mamadou Hayé.

Les événements ont eu lieu en fin de matinée. La jeune fille a été retrouvée morte, accrochée à un arbre près de chez elle, avec un foulard qui lui appartenait. Cette scène dramatique a plongé la communauté dans une grande stupeur, surtout qu’aucun signe extérieur ne laissait présager un acte si tragique. Alertées rapidement, les autorités ont envoyé une équipe de gendarmes sur place avant de transférer le corps à la morgue de l’hôpital régional de Kolda. Une autopsie a été demandée pour déterminer les circonstances précises du décès.

Tragédie à Touba : trois décès suite à l’effondrement d’un immeuble de quatre étages

Un événement tragique a eu lieu tôt ce mercredi matin dans le quartier de Darou Miname à Touba, où un immeuble en cours de construction s’est effondré vers 4 heures. Selon les détails fournis par le gouverneur de la région de Diourbel, Ibrahima Fall, il s’agissait d’un bâtiment de quatre étages, et non de trois comme suggéré initialement après le drame.

Les équipes de secours des sapeurs-pompiers ont œuvré pour dégager les débris et ont achevé les opérations de recherche au cours de la journée. Le bilan humain est lourd : trois personnes ont perdu la vie et deux autres blessées ont été transportées à l’hôpital Matlaboul Fawzaini pour recevoir des soins.

Le gouverneur Fall, présent sur les lieux, a précisé que l’immeuble effondré n’était pas encore occupé, mais sa chute a gravement endommagé une maison voisine, causant les pertes humaines enregistrées. Il a mis en avant l’urgence de renforcer la surveillance des chantiers, déclarant : « Il est impératif d’interrompre toutes les constructions n’ayant pas respecté la procédure normale. Il faut en discuter avec le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, pour envisager des inspections dans la ville et s’assurer du respect des normes. »

De son côté, le maire de Touba, Abdou Lahad Ka, a livré un bilan inquiétant. Selon lui, il s’agit du cinquième effondrement d’un bâtiment en construction à Touba en moins de deux ans. Une série préoccupante qui soulève des questions sur la qualité des bâtiments, mais aussi sur l’application des règles d’urbanisme dans une ville en pleine croissance.

L’élu local a critiqué la multiplication des constructions en hauteur, de type R+3 à R+5, souvent réalisées sans supervision technique adéquate. Il appelle à des mesures urgentes et déterminées pour faire respecter les normes de construction, particulièrement dans une cité religieuse qui attire chaque année des millions de visiteurs.

Drame à Touba : L’effondrement d’un immeuble fait trois morts et plusieurs blessés à Darou Miname

Un grave accident s’est produit ce mercredi à l’aube dans la cité religieuse de Touba. Un immeuble en construction de type R+3 s’est partiellement effondré dans le quartier de Darou Miname 28, causant la mort de trois personnes et faisant plusieurs blessés, selon les premières informations recueillies sur place.

Le drame est survenu aux environs de 4 heures du matin. Selon des témoins, la structure s’est effondrée brutalement, sans aucun signe avant-coureur. Le bâtiment, encore en chantier, s’est écroulé en partie sur une maison voisine habitée, où logeait une famille de cinq personnes. Les cris de détresse ont alerté les riverains qui, dans un élan de solidarité, ont tenté de dégager les victimes avant l’arrivée des secours.

Les premières constatations font état de trois décès survenus sur le coup. Deux autres victimes, grièvement blessées, ont été évacuées en urgence vers l’hôpital Matlaboul Fawzeyni. Parmi les occupants de la maison sinistrée figurent une femme âgée et deux enfants de 8 et 10 ans. Leur état de santé reste pour le moment inconnu.

Les opérations de secours, toujours en cours, sont menées par la brigade des sapeurs-pompiers de Touba, appuyée par des volontaires de la Croix-Rouge sénégalaise. Les secouristes affrontent d’importantes difficultés en raison de la densité des décombres et du danger que représente le terrain. Le rez-de-chaussée de l’immeuble effondré abritait en effet une quincaillerie, compliquant les fouilles à cause de la présence de matériaux lourds et de substances potentiellement inflammables.

L’origine de l’effondrement n’a pas encore été déterminée. Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les causes de ce drame. Des experts en génie civil sont attendus sur les lieux pour évaluer la structure du bâtiment et identifier d’éventuelles négligences ou malfaçons.

Ce tragique incident relance une fois de plus la question du contrôle des chantiers et du respect des normes de construction dans les zones urbaines en pleine expansion comme Touba. Les autorités locales appellent à la vigilance et promettent de situer les responsabilités dans les plus brefs délais.

À suivre…

Kaolack : Une Synthèse Pédagogique pour les Élèves Candidats aux Examens – Une Initiative du Mouvement des Enseignants Patriotes

À quelques semaines des examens du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM) et du Baccalauréat de l’année scolaire 2024-2025, le Mouvement des Enseignants Patriotes a organisé, ce samedi 28 juin 2025 à Kaolack, une grande séance de synthèse pédagogique à l’intention des élèves de troisième et de terminale.

Les élèves de troisième ont pu bénéficier de révisions intensives dans les disciplines clés : mathématiques, français et anglais, tandis que ceux de terminale ont été accompagnés en philosophie, une matière cruciale pour l’examen du baccalauréat.

L’objectif de cette initiative est clair : renforcer les acquis, combler les lacunes identifiées durant l’année scolaire et redonner confiance aux élèves avant les épreuves finales.

« Nous avons voulu accompagner les jeunes à notre manière, avec notre expertise et notre engagement patriotique », a déclaré M. Prospère Coly, coordonnateur communal du Mouvement des Enseignants Patriotes du Sénégal.

Le Mouvement des Enseignants Patriotes, composé d’enseignants bénévoles engagés pour une école publique de qualité, s’inscrit dans une démarche citoyenne et solidaire. Ses membres entendent pérenniser cette initiative chaque année, voire l’élargir à d’autres classes et localités.

« C’est notre devoir de contribuer à la réussite de nos enfants, surtout dans les zones où les moyens sont limités », a souligné un membre du mouvement.

Cette journée de synthèse a été largement saluée par les élèves, leurs parents et les autorités éducatives locales. Elle démontre que l’engagement citoyen, lorsqu’il est bien structuré, peut avoir un impact concret et positif sur la réussite scolaire.

Kaolack / Thiaré : Une route en ruine, des vies en détresse

À Thiaré, village niché dans le département de Kaolack, la route principale est devenue un véritable calvaire pour les habitants. Nids-de-poule, boue, poussière… les populations dénoncent une situation qui perdure depuis des années et qui affecte profondément leur quotidien.

« Regardez dans quel état est cette route ! Quand il pleut, c’est l’enfer. Nos enfants ne peuvent même pas aller à l’école. Les voitures refusent de venir ici. Nous nous sentons abandonnés », témoigne Mamadou Traoré, enseignant.

La route de Thiaré est un axe vital qui relie plusieurs localités. Pourtant, sa dégradation avancée entrave gravement la circulation et freine l’activité économique locale, comme le rappelle M. Traoré.

Face à cette situation, les populations multiplient les appels à l’État pour une réhabilitation rapide de l’axe.

« On a écrit, on a manifesté, mais toujours rien. Nous demandons que les autorités viennent constater elles-mêmes la situation. Ce n’est plus vivable », lance Abdou Salam Dieng, un habitant de la localité.

La route de Thiaré est aujourd’hui le symbole d’un abandon que les habitants ressentent profondément. Ils interpellent les autorités compétentes pour qu’une solution durable soit enfin apportée, afin que cette route cesse d’être un frein à leur développement.

DEMANDE D’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PARLEMENTAIRE PAR PAPE DJIBRIL FALL : « ASER-GATE » – des ténèbres à la lumière ?

Le député non-inscrit Papa Djibril Fall a saisi officiellement le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, ce mardi 24 juin 2025, pour exiger l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le marché d’électrification rurale attribué à la société AEE POWER par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER). Dans une lettre argumentée et estampillée du sceau du Parlement, le parlementaire invoque les articles 85 alinéa 4 de la Constitution et 48 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour appuyer sa requête.

Dans ce document transmis au bureau de l’Assemblée et dûment enregistré, Papa Djibril Fall justifie sa demande par la gravité des soupçons qui entourent l’attribution de ce marché, devenu en quelques mois un véritable feuilleton politico-économique. Il évoque de « vives polémiques », des « interrogations persistantes », des « accusations et contre-accusations » qui, selon lui, justifient une réponse institutionnelle forte de la part de la représentation nationale.
« Cette commission d’enquête a pour objet de mettre toute la lumière sur ce marché », écrit-il, soulignant la nécessité pour le Parlement de s’emparer de ce dossier hautement sensible, où s’entremêlent enjeux de transparence, d’éthique, de bonne gouvernance et d’intérêt public.
À travers cette initiative, le député vise à recueillir l’ensemble des éléments d’information nécessaires à la compréhension du processus ayant conduit à l’attribution du marché à AEE POWER, et à produire un rapport détaillé, impartial, et affranchi de toute forme de complaisance. Une volonté clairement affichée de lever le voile sur ce que certains appellent déjà « l’ASER-Gate », en référence aux pratiques opaques dénoncées autour du dossier.
Ce geste de Papa Djibril Fall intervient dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de reddition de comptes sont particulièrement élevées. Le marché d’électrification en question, qui devait incarner une avancée majeure pour les zones rurales du pays, est désormais perçu par une partie de l’opinion comme un symbole d’opacité dans la gestion des marchés publics.
Le président de l’Assemblée nationale est désormais interpellé pour donner suite à cette demande qui, si elle est acceptée, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de responsabilité parlementaire. L’éclairage tant attendu sur ce dossier pourrait bien commencer dans l’hémicycle, sous l’impulsion d’un député déterminé à sortir les pratiques douteuses de l’ombre. Reste à savoir si cette initiative trouvera un écho favorable auprès des autres groupes parlementaires.


Lotissement à Sangalkam : une opération foncière sous le feu des critiques de la jeunesse

À Sangalkam, une opération de lotissement baptisée « P. M. » alimente les débats et ravive les inquiétudes. Selon des sources locales concordantes, ce projet d’aménagement couvre une superficie d’un hectare, 86 ares et 56 centiares, pour un total de 79 parcelles inscrites sur un plan officiel déjà validé. Mais si l’avancée du projet semble concrète, sa légitimité soulève de sérieuses interrogations au sein de la population, notamment de la jeunesse.

Au cœur de la polémique : l’implication du maire actuel, Alpha Bokar Khouma, aux côtés d’un ancien adjoint du maire Omar Guèye, figure de l’ancienne équipe municipale. Une alliance jugée contre-nature par plusieurs habitants, qui y voient une forme de continuité avec des pratiques de gestion foncière autrefois dénoncées pour leur opacité.

Pour nombre de jeunes, cette collaboration illustre un reniement des engagements de rupture, de justice foncière et de transparence brandis lors des dernières élections locales. Le retour des « vieilles méthodes », dénoncent-ils, compromet les espoirs placés dans un nouveau souffle municipal, attendu pour donner la priorité aux besoins réels des citoyens.

Le protocole d’accord dévoilé dans le cadre de ce lotissement prévoit une répartition des parcelles à hauteur de 60 % pour le propriétaire du terrain, les 40 % restants étant partagés entre la municipalité et le promoteur. Une formule que plusieurs acteurs locaux jugent déséquilibrée, voire injuste, estimant que les jeunes — souvent marginalisés dans les politiques foncières — risquent encore d’en être les grands oubliés.

Dans ce climat de suspicion, des voix s’élèvent pour exiger la transparence. Des habitants demandent l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les conditions d’attribution des parcelles. D’autres appellent à une suspension immédiate de toute initiative foncière en l’absence de garanties claires sur l’équité et l’inclusion.

Pour une frange croissante de la jeunesse, il est impensable de laisser la commune redevenir le théâtre d’arrangements politiques entre anciens et nouveaux élus, à la veille d’échéances électorales décisives. Leur slogan, désormais repris dans les quartiers et sur les réseaux sociaux, est sans ambiguïté : « Non à la continuité d’une mafia foncière à Sangalkam ! Oui à une gestion transparente et participative des terres ! »

Dans ce contexte de tension, le nom de Cheikh Sow commence à émerger comme figure de proue de la contestation. Porte-voix de cette jeunesse en quête de justice foncière, il affirme incarner une génération décidée à veiller, coûte que coûte, à ce que leur avenir ne se décide plus sans eux.

Projet de dépollution de la Baie de Hann : l’ONAS déplore les manifestations à Thiaroye et précise les contours de son action

L’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) a exprimé sa surprise et son regret suite aux violentes manifestations survenues à Thiaroye-sur-Mer le lundi 23 juin 2025. Des jeunes ont érigé des barricades et incendié des pneus pour protester contre ce qu’ils considèrent comme l’absence de garanties de restructuration urbaine dans le cadre du Projet de dépollution de la Baie de Hann. L’ONAS juge cette revendication « incompréhensible » au regard des précisions déjà apportées sur la nature du projet.

Dans un communiqué rendu public ce mardi, l’ONAS rappelle que la restructuration des quartiers ne fait pas partie des composantes du projet de dépollution de la baie de Hann. L’institution indique avoir pourtant organisé plusieurs rencontres explicatives avec les différentes parties prenantes, notamment les autorités administratives, les élus locaux, les délégués de quartiers et les jeunes de Thiaroye-sur-Mer. Selon l’Office, ces échanges ont permis de lever les équivoques dès les premières phases du projet, et un consensus avait été trouvé à ce sujet.

L’ONAS insiste sur le fait que la conduite du projet de dépollution a suivi une approche participative et inclusive. « Tout a été fait avec les principaux bénéficiaires. Tout se fera avec eux jusqu’à bon port », lit-on dans le communiqué, qui précise que cette démarche est une première du genre en Afrique de l’Ouest.

Le communiqué apporte également une clarification importante en rappelant qu’un autre projet, distinct de celui actuellement contesté, avait déjà été mis en œuvre dans la zone. Il s’agit du « Projet d’assainissement et de restructuration urbaine de Hann et de Petit Mbao », financé par l’Union Européenne et exécuté entre mai 2017 et mai 2021 par le ministère de l’Urbanisme en partenariat avec la Fondation Droit à la Ville (FDV). Ce projet, d’un coût global de 12,8 milliards de FCFA, a permis de restructurer 90 hectares à Hann Bel-Air et 30 hectares à Petit Mbao. Les quartiers de Hann-Capa, Hann-Montagne, Hann-Marigot, Hann-Village, Hann-Pêcheur ou encore Hann-Yenne ont déjà bénéficié de cette restructuration.

Quant à Thiaroye-sur-Mer, l’ONAS précise qu’un projet spécifique de restructuration y est en cours d’étude. Le recensement de la population et l’évaluation des impenses ont déjà été effectués, à la suite de la signature du décret de cessibilité. L’unique obstacle restant est la mobilisation des financements nécessaires à la mise en œuvre du projet.

En conclusion, l’ONAS appelle à l’apaisement et réitère son engagement à poursuivre le dialogue avec toutes les parties prenantes, dans le respect strict du cahier des charges du projet de dépollution ainsi que des textes réglementaires en vigueur.

Thiès : un Américain d’origine sénégalaise arrêté dans un vaste réseau de trafic international de Skunk

Un important réseau de trafic international de drogue vient d’être démantelé à Thiès par la Division opérationnelle de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS). Cette opération de grande envergure a conduit à l’arrestation d’un citoyen américain d’origine sénégalaise, identifié sous le nom de A. Ndoye, ainsi que de son épouse, tous deux au cœur d’une organisation criminelle spécialisée dans l’importation de Skunk depuis les États-Unis.

Selon les informations obtenues par le journal L’Observateur, A. Ndoye est établi depuis plus de vingt ans en Californie, un État où la culture et la distribution de certaines drogues, comme le Skunk, sont bien connues pour être associées à des réseaux criminels structurés. Profitant de ses multiples allers-retours entre la Californie et le Sénégal, il a, à plusieurs reprises, convoyé des cargaisons de Skunk, une variété de cannabis très concentrée, vers le territoire sénégalais. Sa méthode consistait à utiliser des techniques d’emballage sophistiquées afin de déjouer les contrôles aux rayons X dans les aéroports.

La dernière cargaison, qui a précipité sa chute, a été saisie à la suite d’une perquisition menée dans sa résidence de Thiès dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 juin 2025. Les enquêteurs de l’OCRTIS ont ainsi mis la main sur une quantité importante de Skunk soigneusement dissimulée. Outre la drogue, une vingtaine de biens ont été saisis, dont plusieurs titres de propriété. Ces derniers sont suspectés d’avoir été acquis grâce à un système de blanchiment d’argent alimenté par les profits générés par le trafic de drogue.

Placée en garde à vue, la tête présumée du réseau devra répondre des chefs d’accusation de trafic international de drogue dure et de blanchiment de capitaux. Son épouse, également interpellée, est poursuivie pour complicité dans les infractions qui pèsent contre son mari.

Cette affaire relance une fois de plus la question de la porosité des frontières et des dispositifs de contrôle, mais aussi celle de l’infiltration de réseaux criminels internationaux sur le territoire sénégalais. Les autorités judiciaires devraient rapidement saisir la justice pour l’ouverture d’une information judiciaire visant à élucider les ramifications locales et internationales de ce réseau, alors que l’enquête se poursuit pour remonter à d’éventuels complices encore en cavale.

Rapports d’exécution budgétaire 2024-2025 : Pape Malick Ndour critique une gestion budgétaire « incohérente » et « peu sincère »

L’économiste Pape Malick Ndour s’est exprimé sur les rapports d’exécution budgétaire du premier trimestre 2025 et du quatrième trimestre 2024. À ses yeux, les résultats révèlent des incohérences notables. En comparant les prévisions et les recettes effectivement collectées au premier trimestre 2025, il note un manque à gagner de près de 40 milliards de francs CFA. Pour l’ancien ministre, cela démontre que « ce budget est un budget de confort, non de rupture ».

Concernant le quatrième trimestre de l’année 2024, Pape Malick Ndour soulève des interrogations sur un écart de 43 milliards de francs CFA entre les recettes attendues selon la Loi de finances rectificative (LFR) et celles effectivement perçues. Ce décalage, affirme-t-il, remet en cause la « sincérité de la LFR 2024 ».

Ledakarois.sn vous livre l’intégralité de sa publication.

1.  Moins-value budgétaire : Où sont passés nos 40 milliards ? (Rapport 2025)
 
Le gouvernement nous doit des explications à ce sujet. En effet, en comparant l’objectif et les réalisations au premier trimestre, près de 40 milliards de francs CFA de recettes manquent à l’appel au cours des trois premiers mois de l’année (Tableau 1 page 5). Et pourtant, il nous avait assuré que le budget était sincère et que les prévisions collaient à la réalité économique.
 
Ce décalage soulève une question simple : les prévisions budgétaires étaient-elles fiables ? Si oui, où sont passés nos 40 milliards?
 
2. L’État s’entretient, mais n’investit plus (Rapport 2025)
 
Alors que les investissements exécutés par l’État plafonnent à 2,64 milliards FCFA au premier trimestre 2025 (dernier paragraphe page 15) et que les transferts en capital chutent de 42,2 milliards en glissement annuel, les dépenses de fonctionnement explosent : 84,65 milliards pour l’achat de biens et services et 463,93 milliards pour les transferts courants.
 
Le prétexte des lenteurs dans les passations de marchés, brandi à la page 15 du rapport de 2025 pour justifier la faiblesse des investissements exécutés par l’État, ne tient pas. Car lorsqu’il s’agit de payer, acheter ou entretenir l’appareil bureaucratique, les procédures ne semblent pas bloquées. Mais dès qu’il s’agit d’investir pour le bien-être des populations il faut l’approbation préalable de la Primature, comme annoncé en Conseil des ministres.
 
Ce budget est un budget de confort, pas de rupture. On entretient le quotidien des nouveaux élus en oubliant de s’occuper de la précarité et des urgences des populations. En d’autres termes, toujours nourrir le système et oublier la nation. Pas de transformation systèmique, le train de vie de l’Etat explose au détriment des investissements structurants qui sont sensés tirés la croissance. Un exemple frappant : les véhicules achetés par l’Assemblée nationale pour les 165 députés de l’assemblée nationale à environ 8 milliards sont près de 4 fois supérieure à l’ensemble des investissements exécuté par l’Etat au premier trimestre 2025.
 
Résultat : une croissance asphyxiée, une jeunesse oubliée, et un pays qui tourne à vide.
 
 3.  131 milliards rattachés, 43 milliards évaporés ? (Rapport 2024)
 
Dans son rapport, la Cour des comptes évoque un montant de 131 milliards de recette recouvrés en 2024 mais comptabilisés dans l’exercice 2023 (Voir premier tableau page 11 du rapport de la Cour des comptes). Le gouvernement avait expliqué que le retard dans la publication du rapport venait justement de l’impérieuse nécessité d’intégrer ces montants.
 
Logiquement, on aurait dû voir une hausse équivalente dans les recettes. Mais ce n’est pas le cas. Seuls 87,9 milliards supplémentaires apparaissent par rapport aux prévisions de la LFR. Alors, qu’en est-il réellement ? Le gouvernement a-t-il intégré les 131 milliards en totalité ?
 
Si oui, cela signifie qu’il y’a un gap de 43,1 milliards par rapport aux recettes prévues par la LFR, ce qui rend la LFR 2024 peu sincère. Si non, celà suppose que les chiffres de la Cour ont été modifiés ou revus à la baisse.
 
Dans les deux cas, le gouvernement nous doit des explications
 
 4. Un Noël budgétaire à 90 milliards ? Explications attendues… (Rapport 2024) ?
 
La Loi de finances rectificative, votée le 24 décembre 2024, prévoyait 65,2 milliards de dons. Une semaine plus tard, c’est a dire au 31 decembre fin de l’exercice, on découvre que 155,3 milliards ont été reçus. C’est un écart de 90 milliards en quelques jours.
 
Sachant combien les procédures de mise à disposition des dons sont longues et complexes, il est difficile de croire que cet argent soit arrivé par surprise en toute fin d’année.
 
Trois scénarios sont possibles :
 
A. L’État était informé de ce versement, mais a choisi de ne pas l’inclure dans la LFR. Ce serait grave en matière de transparence.
 
B. Ou bien il s’agit d’un versement exceptionnel de dernière minute, qu’il faut alors justifier clairement.
 
C. Ou enfin, s’agit il de dons cachés par l’ancien régime et non revelés par la Cour des comptes?
 
Dans tous les cas, le gouvernement est interpellé…
 
Bon Mardi..
 
Pape Malick Ndour
Ancien ministre 

Situation budgétaire du 1er trimestre 2025 : Une dette en hausse, des investissements en baisse et plus de 1 400 milliards de dépenses

Le ministère des Finances et du Budget a publié le rapport d’exécution budgétaire du premier trimestre de l’année 2025. Ce document offre une vue d’ensemble de la situation financière du pays sur les trois premiers mois de l’année, marquée par une mobilisation importante des recettes, une hausse préoccupante de la dette publique et un recul des investissements.

Selon le rapport, les ressources mobilisées au titre du budget général s’élèvent à 1 027,82 milliards de francs CFA, ce qui représente 21,44 % de l’objectif annuel fixé à 4 794,60 milliards dans la Loi de Finances Initiale 2025. Par rapport à la même période de l’année 2024, ces recettes sont en hausse de 91,06 milliards, soit une croissance relative de 9,72 %, traduisant une performance notable en matière de mobilisation des ressources.

Du côté des dépenses, le rapport indique que le montant ordonnancé atteint 1 419,45 milliards de francs CFA, ce qui équivaut à 99,97 % des crédits liquidés. Ces dépenses sont principalement constituées de dépenses ordinaires, chiffrées à 1 130,89 milliards sur une base de 1 131,37 milliards liquidés, soit un taux d’exécution de 99,96 %. Les dépenses en capital, quant à elles, s’élèvent à 288,57 milliards, exécutées intégralement à 100 %.

Cependant, ce tableau cache une pression croissante liée au service de la dette. Les charges financières associées à la dette publique ont atteint 225,24 milliards de francs CFA sur la période, soit 24,16 % des prévisions annuelles. En comparaison avec le premier trimestre 2024, ces charges ont bondi de 43,57 milliards, traduisant une hausse significative de 23,98 %. Cette progression est portée aussi bien par la dette intérieure, dont les charges ont augmenté de 25,44 milliards, que par la dette extérieure, en hausse de 18,13 milliards.

En ce qui concerne les recettes internes, elles ont été recouvrées à hauteur de 1 019,82 milliards, représentant 96,15 % de l’objectif trimestriel fixé à 1 060,70 milliards. Ces recettes se répartissent entre 960,26 milliards de recettes fiscales et 59,56 milliards de recettes non fiscales. Comparées à l’année précédente, les recettes fiscales affichent une augmentation de 99,44 milliards, soit +11,6 %, tandis que les recettes non fiscales progressent de 11,68 milliards, soit +24,4 %. Globalement, le recouvrement des ressources internes enregistre une hausse de 111,12 milliards en valeur absolue, soit une croissance globale de 12,23 % en glissement annuel.

En dépit de ces performances encourageantes sur le plan des recettes, la forte progression de la dette et la stagnation relative des investissements interrogent sur la soutenabilité à moyen terme de la politique budgétaire, dans un contexte où les pressions sociales et les besoins en infrastructures restent importants. Le gouvernement est désormais attendu sur les arbitrages à opérer pour équilibrer rigueur budgétaire, relance économique et soutenabilité financière.

Piratage numérique, crypto et cocaïne : SUNU au cœur d’un scandale de cybercriminalité internationale

L’affaire fait l’effet d’une onde de choc dans le paysage bancaire sénégalais. À peine lancée, l’application « My Sunu Corporation », nouveau fleuron digital du groupe SUNU à travers la BICIS fraîchement acquise, est au cœur d’un scandale de piratage informatique d’ampleur inédite. Ce qui devait marquer une révolution technologique dans la gestion bancaire s’est transformé en cauchemar numérique : au moins 211 millions de FCFA ont été siphonnés des comptes de clients, parmi lesquels des pharmacies, des cabinets de notaires et d’autres structures privées respectées.

D’après les révélations du journal Libération, le point de départ de cette affaire est la phase de migration informatique entamée le 7 avril 2025, lors du basculement de l’ancien système Connexis vers la nouvelle interface digitale. C’est à ce moment critique qu’un groupe de cybercriminels a profité d’une faille de sécurité pour infiltrer le réseau de la BICIS et détourner les fonds de manière méthodique.

Les premiers éléments de l’enquête ont mis au jour une opération digne d’un thriller financier. À la tête du réseau, un Nigérian du nom de Sunday Akamibé, activement recherché, est identifié comme le cerveau de l’opération. Deux complices présumés ont d’ores et déjà été interpellés par la Section de recherches de Dakar : Khadim Khouma, gérant de la société Bamba Global Industrie Suarl, opérant dans la vente d’unités Wave et de monnaie électronique, et son agent de recouvrement, Modou Diom.

Le scénario était rodé : les fonds détournés étaient redirigés vers des comptes de prête-noms, puis rapidement convertis en cryptomonnaie USDT, plus difficile à tracer. Modou Diom a reconnu devant les enquêteurs avoir été chargé de fournir des numéros de comptes destinés à réceptionner les fonds frauduleux. Il a cité notamment celui de D. Gaye, venu spontanément coopérer avec les autorités, ainsi que deux comptes appartenant à son propre employeur, Khadim Khouma. À chaque transaction, Diom aurait perçu une commission de 300 000 FCFA, rémunération pour le service rendu et la conversion des fonds.

Interrogé à son tour, Khadim Khouma s’est défendu en expliquant qu’il croyait participer à une opération de change tout à fait classique. Il admet avoir reçu deux virements totalisant 35 millions de FCFA, convertis ensuite en cryptomonnaie, mais nie avoir connaissance du caractère frauduleux de ces opérations ou toute connexion avec Sunday Akamibé. Toutefois, un point trouble son témoignage : il ne dispose d’aucun agrément pour mener ce type d’activité, ce qui le place déjà en infraction sur le plan fiscal et réglementaire.

L’enquête a pris un tournant encore plus sombre lors de la perquisition d’un bureau identifié comme étant celui du Nigérian Sunday Akamibé. En plus d’importantes sommes en liquide, les enquêteurs ont découvert 36 boulettes de cocaïne, confirmant l’implication du réseau dans des activités de trafic de drogue. Le lien entre piratage informatique, blanchiment via cryptomonnaie et narcotrafic devient alors évident, inscrivant cette affaire dans une dimension transnationale particulièrement complexe.

Selon les autorités judiciaires, pas moins de 11 autres individus ayant bénéficié de virements frauduleux sont actuellement dans le viseur des enquêteurs. Certains sont présentés comme des commerçants, d’autres comme des gérants de points de transfert d’argent, des profils variés mais tous liés par la chaîne des flux financiers suspects.

Le parquet financier n’a pas tardé à réagir en instruisant une information judiciaire, désormais confiée au juge du troisième cabinet. Les charges sont lourdes : association de malfaiteurs, complicité de vol par introduction frauduleuse dans un système informatique, recel, blanchiment de capitaux, violation des règles de change et trafic de stupéfiants. Une tempête judiciaire est en préparation, et les protagonistes risquent de longues années de détention s’ils sont reconnus coupables.

Alors que l’étau se resserre sur les complices locaux et que les techniciens de la cybersécurité poursuivent leurs investigations sur la faille exploitée, la traque de Sunday Akamibé se poursuit. Le scandale SUNU/BICIS est désormais bien plus qu’un simple piratage : il met en lumière la porosité entre technologie financière, crime organisé et défaillances de contrôle dans le système bancaire ouest-africain.

Kaolack / Baccalauréat technique 2025 : 83 admis d’office, 155 admissibles au second tour

Les résultats du premier tour du Baccalauréat technique à Kaolack sont tombés, révélant un taux d’admission partielle encourageant. Sur les 313 candidats inscrits pour cette session, 307 ont effectivement composé les épreuves, témoignant d’un taux de participation élevé.

À l’issue des délibérations, 83 élèves ont été déclarés admis d’office. Ce groupe d’élèves s’est particulièrement illustré, avec une mention Bien décernée à un candidat et douze mentions Assez Bien, reflétant une performance honorable dans l’ensemble.

Par ailleurs, 155 candidats ont été déclarés admissibles au second tour. Ces élèves devront se confronter à une ultime étape, qui décidera de leur admission définitive. La date des épreuves du second tour n’a pas encore été communiquée par les autorités académiques.

Avec ces résultats, Kaolack confirme sa dynamique dans l’enseignement technique, en dépit des nombreux défis liés aux infrastructures, à l’encadrement et aux ressources pédagogiques. Les regards sont désormais tournés vers la prochaine phase du processus, décisive pour les nombreux élèves encore en lice.

Aminata Touré au 23 Juin : « La démocratie ne peut se construire sur l’impunité »

À l’occasion de la commémoration du 23 juin 2011, date emblématique de la résistance citoyenne contre le projet de dévolution monarchique du pouvoir sous Abdoulaye Wade, l’ancienne Première ministre Aminata Touré a livré un discours empreint de fermeté, de mémoire et de mise en garde contre les dérives répétitives du pouvoir politique au Sénégal.

Pour Aminata Touré, le 23 juin ne représente pas une simple rupture dans l’histoire politique du Sénégal, mais plutôt une continuité. « Cette date prolonge les combats historiques menés par les partis d’opposition, les mouvements citoyens et la société civile pour défendre la démocratie et contrer les dérives autoritaires », a-t-elle déclaré. Elle souligne ainsi l’importance de la mobilisation populaire comme levier de sauvegarde des acquis démocratiques. « Les soldats de la démocratie sont toujours en alerte », dit-elle, rappelant que le peuple sénégalais a appris à se dresser face à l’arbitraire.

Au cœur de son intervention, Aminata Touré a plaidé pour la justice en faveur des jeunes morts lors des manifestations politiques de ces dernières années. Elle insiste : « Sans justice, la démocratie ne pourra ni guérir ses blessures, ni avancer durablement. » Selon elle, les victimes des répressions politiques incarnent un sacrifice dont l’État doit rendre compte. Elle a ainsi critiqué la loi d’amnistie récemment proposée, saluant la décision du Conseil constitutionnel d’en exclure les crimes de sang. « Rien que pour eux, la loi interprétative de la loi d’amnistie devait passer par le Conseil constitutionnel », martèle-t-elle. À ses yeux, « l’impunité ne peut fonder une démocratie durable ».

Revenant sur le régime de Macky Sall, Aminata Touré n’a pas mâché ses mots. Elle dénonce ce qu’elle considère comme des dérives comparables à celles contre lesquelles les Sénégalais se sont battus en 2011 : « tentation du troisième mandat, emprisonnement d’opposants, manipulation des institutions ». Celle qui avait soutenu Macky Sall en 2012 se dit aujourd’hui déçue : « Il a trahi l’espoir démocratique né de l’alternance. »

Pour Aminata Touré, la consolidation de la démocratie passe par plusieurs leviers : une éducation citoyenne renforcée, une gouvernance par l’exemple, la réduction des inégalités sociales, et l’évaluation régulière des politiques publiques par une Assemblée nationale plus active. Elle insiste également sur la responsabilité des médias : « Une presse peut être partisane, mais elle doit respecter les faits et élever le débat. »

La commémoration du 23 juin est pour l’ancienne cheffe du gouvernement l’occasion de rappeler que la démocratie sénégalaise reste fragile, tant que les blessures du passé ne sont pas reconnues et soignées par la vérité et la justice. Elle appelle à inscrire le devoir de mémoire au cœur du pacte démocratique national, afin de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.

« Ces jeunes sont morts, leurs parents attendent toujours que justice leur soit rendue », conclut-elle, dans un appel vibrant à ne pas tourner la page trop vite au nom d’une réconciliation politique bâclée. Pour Aminata Touré, seule une justice lucide et courageuse peut garantir la stabilité d’un Sénégal véritablement démocratique.

Achat de véhicules pour les députés : la polémique enfle autour de l’attribution du marché

La controverse ne faiblit pas autour de l’achat de véhicules destinés aux députés de la 15e Législature du Sénégal. Loin de s’estomper, elle gagne en intensité, notamment à cause du flou qui entoure l’attribution du marché. Des voix s’élèvent, y compris dans l’hémicycle, pour dénoncer un manque total de transparence dans cette opération que d’aucuns jugent inopportune dans le contexte économique actuel.

Parmi les détracteurs les plus virulents, le député Abdou Mbow, membre du groupe d’opposition Takku Wallu Sénégal, n’a pas mâché ses mots. Dans les colonnes de L’Observateur, il parle sans détour de « nébuleuse totale » concernant la procédure d’attribution du marché. « On n’est au courant d’aucune forme de procédure. Ce sont des gens qui ne sont pas dans la droiture », a-t-il déclaré, visiblement outré par ce qu’il considère comme une opacité injustifiable.

L’élu annonce même la couleur : l’heure des comptes viendra. « Ils ont un moment pour gérer, mais il y aura un moment pour faire l’audit des finances publiques, pour voir la responsabilité des uns et des autres », avertit-il, dans un ton de mise en garde à peine voilé.

Abdou Mbow, par ailleurs cadre de l’Alliance pour la République (APR), s’en prend directement aux responsables de Pastef, aujourd’hui aux commandes du pouvoir exécutif. Il leur reproche un changement de discours flagrant. « Ils cherchent à déplacer le débat en avançant qu’un député a besoin d’un véhicule. Mais la question ne se trouve pas à ce niveau », estime-t-il.

Selon lui, il ne s’agit pas de remettre en question la nécessité d’un véhicule pour un parlementaire, mais de souligner la contradiction entre les positions tenues par les leaders de Pastef lorsqu’ils étaient dans l’opposition et leurs pratiques actuelles. « Ils affirmaient que l’achat de véhicules pour les députés n’était pas une priorité nationale. »

La critique d’Abdou Mbow se fait encore plus sévère lorsqu’il évoque les premières déclarations du nouveau régime, qui avait décrit une situation économique catastrophique à son arrivée au pouvoir. « Ils ont déclaré que le pays était à l’arrêt, que les ressources avaient été dilapidées, que les chiffres avaient été falsifiés, qu’on s’était endetté. Et c’est à ce moment précis qu’ils trouvent le plaisir d’acheter des véhicules pour des députés ! », s’indigne-t-il.

Pour le parlementaire, cet acte est le symbole d’une gestion aux antipodes des engagements de sobriété et de rupture prônés par le nouveau pouvoir. Il conclut en accusant les nouveaux dirigeants de vouloir « se donner des privilèges tout en appauvrissant davantage les Sénégalais. »

Au-delà de la question logistique de dotation en véhicules, la polémique soulève des interrogations plus profondes sur la gouvernance, la cohérence des engagements politiques et l’usage des deniers publics dans un contexte où la population fait face à une pression économique croissante.

Thiaroye-sur-Mer en colère : violentes manifestations contre un projet imposé sans garanties foncières

La matinée du lundi 23 juin 2025 a été marquée par une vive agitation à Thiaroye-sur-Mer, où les populations locales ont exprimé leur colère face au projet de dépollution de la baie de Hann, qu’elles jugent imposé sans concertation ni garanties sur leurs droits fonciers. Des scènes de protestation ont paralysé la Route Nationale 1, provoquant des embouteillages massifs et une interruption quasi totale de la circulation.

Le point de tension s’est cristallisé aux abords du cinéma Thiaroye, où des jeunes manifestants ont érigé des barricades et mis le feu à des pneus, bloquant les deux voies de l’axe stratégique. La situation a rapidement dégénéré, transformant ce quartier de la banlieue dakaroise en un foyer incandescent de contestation. Plusieurs automobilistes ont été contraints de rebrousser chemin, pris au piège d’un chaos routier nourri par une vive exaspération populaire.

À l’origine de cette mobilisation : l’annonce de travaux liés à l’aménagement du quai de Thiaroye, dans le cadre du programme national de dépollution de la baie de Hann, soutenu par des bailleurs internationaux. Si le projet vise à améliorer l’environnement côtier, les habitants dénoncent une opération menée sans dialogue réel avec les communautés concernées.

« On ne peut pas nous imposer un projet alors que notre problème prioritaire, ce sont nos terres. On attend toujours les titres de propriété, et personne ne nous dit ce qu’il va advenir de nos maisons », déclare un jeune manifestant, visiblement frustré. La colère exprimée traduit une peur diffuse : celle d’une éviction ou d’une restructuration urbaine non maîtrisée, sans compensation équitable ni accompagnement social.

Les protestataires exigent des engagements clairs de la part des autorités, avant toute avancée du projet. Parmi leurs revendications figurent la régularisation foncière des parcelles occupées, un plan de restructuration urbaine inclusif et transparent, ainsi que l’implication formelle des populations dans chaque étape du projet. « On ne veut pas vivre un remake de ce qui s’est passé ailleurs, où des projets dits de modernisation ont fini par déloger les habitants », avertit un responsable de quartier.

Alors que la tension persiste, les autorités locales n’ont pas encore officiellement réagi aux événements. Toutefois, la nature et l’ampleur des manifestations de ce 23 juin interpellent sur la nécessité de repenser les modes de concertation entre l’État et les communautés locales, notamment dans les zones à forte pression foncière comme la banlieue dakaroise.

À Thiaroye-sur-Mer, la contestation populaire met en lumière un malaise profond : celui d’une population qui se sent ignorée dans les décisions qui affectent directement son avenir et son territoire. Le projet de dépollution, pourtant crucial pour la santé environnementale de la baie de Hann, pourrait ainsi être compromis si les préoccupations des habitants ne sont pas prises en compte avec sérieux et respect.

Lutte contre l’émigration irrégulière : 60 candidats interceptés à Popenguine

Un nouveau coup de filet dans la lutte contre l’émigration irrégulière a été réalisé ce week-end à Popenguine. Dans une opération coordonnée par la brigade territoriale de la gendarmerie nationale, soixante individus ont été interpellés alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer clandestinement à bord d’une pirogue. L’opération, rendue possible grâce à des renseignements fiables et précis, témoigne de la vigilance accrue des forces de sécurité sur les zones côtières.

Les personnes arrêtées sont de nationalités diverses, illustrant le caractère régional de ce fléau migratoire. Parmi les candidats figuraient 29 Gambiens, dont deux femmes, ainsi qu’un Sierra-Léonais, un Bissau-Guinéen, un Guinéen et 28 Sénégalais. Cette diversité montre que les côtes sénégalaises restent un point névralgique dans les réseaux de migration irrégulière qui couvrent l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les forces de l’ordre soupçonnent l’existence d’un vaste réseau transfrontalier, structuré et actif dans plusieurs pays de la sous-région. Des enquêtes ont été ouvertes afin de démanteler les circuits d’organisation, d’identifier les passeurs impliqués et de saisir d’éventuels moyens logistiques utilisés pour ces tentatives de départ.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre des instructions opérationnelles données par le Haut commandement de la gendarmerie nationale, qui a ordonné un renforcement du dispositif de surveillance et de dissuasion tout au long des côtes sénégalaises. L’objectif affiché est clair : couper les réseaux à la racine et prévenir les départs souvent mortels de jeunes désespérés.

Ce coup de filet à Popenguine vient rappeler l’ampleur du défi migratoire auquel fait face le Sénégal. Malgré les risques et les multiples campagnes de sensibilisation, de nombreux jeunes continuent de braver la mer, poussés par le désespoir économique, l’illusion de meilleures perspectives ailleurs, ou tout simplement par la pression sociale. Les autorités, elles, semblent déterminées à intensifier la réponse sécuritaire, tout en poursuivant les efforts diplomatiques et sociaux visant à offrir des alternatives viables aux candidats à l’exil.

Mbaye Dione critique le régime Diomaye-Sonko : « Ils doivent être aidés, car ils ne savent pas où conduire ce pays »

À l’occasion de la célébration du 26e anniversaire de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), organisée ce samedi 21 juin 2025, le nouveau secrétaire général du parti, Mbaye Dione, a livré une lecture critique de la situation économique et politique du pays sous le régime du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Pour celui qui succède à Moustapha Niasse à la tête de l’AFP, le pays traverse une phase de turbulences multiformes, et le pouvoir en place semble désorienté.

Dans son allocution, Mbaye Dione n’a pas manqué de rappeler l’actualité brûlante des enseignements de Moustapha Niasse, en particulier ceux contenus dans son message du 16 juin 1998. À ses yeux, ce message reste d’une pertinence intacte face aux « signes de difficultés dans tous les secteurs » que traverse aujourd’hui le Sénégal. Le chef de l’AFP a dressé un diagnostic alarmant de la gouvernance actuelle : « Tous les secteurs sont à l’arrêt, la situation du pays est préoccupante, ces gens ont besoin d’être aidés », a-t-il affirmé, soulignant une fragilité économique et institutionnelle généralisée.

Mbaye Dione a notamment pointé du doigt les tensions économiques marquées par un tarissement des financements extérieurs. Selon lui, le débat sur la dette a dissuadé de nombreux bailleurs, dont le FMI, de poursuivre leurs engagements, ce qui a contraint l’État à recourir à des financements à court terme simplement pour couvrir ses dépenses. Ce recul budgétaire, estime-t-il, freine l’investissement public et aggrave la détresse sociale.

Dans sa critique, l’ancien maire de Ngoundiane a élargi le propos à d’autres sphères de la gouvernance. Il a évoqué une diplomatie qu’il juge affaiblie, citant les échecs répétés de candidatures sénégalaises à des postes stratégiques à l’international. Il a également soulevé ce qu’il qualifie de « confusion des rôles » entre le président de la République, chef de la diplomatie, et le Premier ministre, qu’il accuse de s’arroger certaines prérogatives.

Sur le plan économique, il a déploré l’absence de projets structurants et la paralysie de plusieurs secteurs, en particulier les BTP. Il a aussi évoqué une vague de licenciements touchant aussi bien le secteur public que le privé, signe selon lui d’un ralentissement préoccupant de l’activité.

Abordant les questions de démocratie et d’État de droit, Mbaye Dione s’est montré particulièrement inquiet. Il a dénoncé une série d’arrestations qu’il qualifie d’arbitraires, tout en condamnant ce qu’il perçoit comme une « chasse aux sorcières » contre les figures de l’ancien régime. Pour lui, ces pratiques marquent un recul démocratique et une remise en cause des libertés individuelles et collectives. Il appelle ainsi au respect des principes chers à Moustapha Niasse, notamment la justice équitable et l’indépendance des institutions.

Concluant sur une note à la fois critique et ouverte, Mbaye Dione a estimé que le régime actuel mérite d’être aidé, non par adhésion, mais parce qu’il donne des signes d’égarement : « Les nouveaux gouvernants méritent d’être aidés parce qu’ils ne savent pas où conduire ce pays. Depuis son installation, le gouvernement emprunte un rythme effréné sur le marché de l’UEMOA. L’absence aussi d’une économie cohérente aggrave la situation », a-t-il déclaré, appelant à une prise de conscience nationale au-delà des clivages politiques.

Combat de lutte Zarco/Sa Thiès : 17 interpellations et du chanvre saisi à Grand Yoff

Le face-à-face très attendu entre Zarco et Sa Thiès, organisé ce week-end, n’a pas seulement mobilisé les amateurs de lutte. Il a également donné lieu à un important déploiement des forces de sécurité, notamment à Grand Yoff, bastion de plusieurs acteurs de l’arène, où les autorités ont procédé à des interpellations et à des saisies.

Dans un communiqué publié ce dimanche, la Police nationale a confirmé que dix-sept personnes ont été interpellées dans le cadre du dispositif de sécurisation mis en place autour de l’événement. Selon le texte, ces arrestations ont été réalisées pour des infractions allant du trafic de drogue à la tentative de vol, en passant par des rixes et des vérifications d’identité.

Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff, chargé de la couverture sécuritaire de cette zone sensible, a saisi 250 grammes de chanvre indien ainsi que cinq motos non immatriculées ou circulant sans les documents requis. Ces opérations ont été menées en marge du combat de lutte qui a rassemblé une foule importante, et qui a vu la victoire de Sa Thiès sur Zarco dans un duel très attendu par les amateurs du sport national.

D’après la Police nationale, le dispositif sécuritaire mis en œuvre comprenait à la fois des mesures d’anticipation, de prévention et d’intervention, justifiées par la forte affluence attendue et la présence de supporters originaires de Grand Yoff, lieu d’attache de plusieurs lutteurs populaires. La situation a nécessité une vigilance accrue pour prévenir tout débordement.

Les personnes arrêtées ont été placées en garde à vue, tandis que les enquêtes se poursuivent pour établir toutes les responsabilités et rechercher d’éventuels complices. L’objectif, selon les autorités, est de garantir la sécurité publique et d’envoyer un signal fort contre toute forme de trouble à l’ordre durant les manifestations sportives.

Le combat de lutte, bien que très suivi et célébré, s’est donc déroulé dans un climat où la vigilance sécuritaire n’a pas été relâchée. L’État entend ainsi encadrer fermement ces événements populaires, tout en assurant leur bon déroulement pour les amateurs comme pour les professionnels.

Célébration du 23 juin : FRAPP réclame l’abrogation immédiate de l’arrêté Ousmane Ngom

Quatorze ans après le soulèvement populaire du 23 juin 2011, qui avait marqué un tournant décisif dans la défense de la démocratie sénégalaise, le mouvement FRAPP (Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine) remet au goût du jour l’un de ses combats symboliques : la suppression de l’arrêté Ousmane Ngom.

À la veille de cette commémoration historique, le Secrétariat Exécutif National du mouvement a exigé, dans un communiqué publié le 22 juin 2025, l’abrogation sans délai de l’arrêté ministériel n°00758 du 20 juillet 2011. Ce texte, signé par l’ancien ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom, interdit toujours toute manifestation politique dans une large zone du centre-ville de Dakar, transformant des lieux stratégiques en espaces interdits à l’expression populaire.

Pour le FRAPP, cette disposition réglementaire est en contradiction flagrante avec l’esprit même du 23 juin. Le mouvement considère qu’il est incohérent de commémorer cette journée de résistance citoyenne tout en maintenant en vigueur l’un des instruments de répression contre lequel le peuple s’était insurgé. « On ne peut pas célébrer le 23 juin tout en conservant les chaînes contre lesquelles le peuple s’est battu. On ne peut pas prétendre gouverner au nom du peuple tout en réduisant ses espaces d’expression », déclare le FRAPP, dans un ton ferme et accusateur.

En revenant sur les faits, le mouvement rappelle que la journée du 23 juin 2011 fut le théâtre d’une mobilisation populaire sans précédent, une insurrection pacifique qui avait contraint le pouvoir en place à renoncer à un projet de loi controversé visant à instaurer un ticket présidentiel. Ce sursaut civique avait ouvert la voie à l’alternance politique de 2012, puis à celle de 2024. Pour le FRAPP, cette date n’est pas qu’un repère historique : elle incarne une mémoire collective, une lutte pour la souveraineté populaire, la dignité et la justice.

Au-delà de la charge symbolique, les arguments juridiques avancés sont tout aussi tranchés. Le FRAPP souligne que l’arrêté Ousmane Ngom viole de manière manifeste les libertés fondamentales garanties par la Constitution sénégalaise, ainsi que par plusieurs traités internationaux ratifiés par le Sénégal. Le mouvement dénonce une « discrimination territoriale injustifiable », qui transforme Dakar en « ville à deux vitesses », avec des quartiers réservés à l’expression politique, et d’autres où la parole publique est interdite.

Le mouvement rappelle en outre que la Cour de Justice de la CEDEAO elle-même a condamné cet arrêté, exigeant son abrogation immédiate en raison de son caractère arbitraire et liberticide. Maintenir cet arrêté, malgré une telle décision de justice régionale, est perçu par le FRAPP comme une atteinte à la souveraineté juridique du Sénégal et à la crédibilité de son engagement démocratique.

Enfin, le FRAPP interpelle directement le gouvernement en place. En conservant un dispositif conçu pour bâillonner la rue sous le régime précédent, le pouvoir actuel « tourne le dos à l’héritage du 23 juin » et trahit, selon le mouvement, les espoirs d’un changement profond exprimés à travers les dernières alternances démocratiques.

Pour mémoire, l’arrêté incriminé interdit toute manifestation entre l’avenue El Hadji Malik Sy et le Cap Manuel, incluant des lieux emblématiques comme les abords du Monument de la Renaissance, les palais de justice, les hôpitaux et plusieurs espaces publics stratégiques de la capitale.

Alors que le pays s’apprête à célébrer une journée érigée en symbole de liberté, la revendication du FRAPP relance le débat sur les réformes à mener pour que le 23 juin reste vivant dans les actes, et pas seulement dans les discours.

Marché national : Le gouvernement dément toute pénurie de sucre

Face à la circulation persistante d’informations alarmantes sur une prétendue rupture de stock de sucre dans certaines localités, le Ministère de l’Industrie et du Commerce a tenu à apporter un démenti formel. Dans un communiqué officiel signé par le ministre Dr Serigne Gueye Diop, les autorités assurent qu’aucune pénurie n’est enregistrée à ce jour sur l’ensemble du territoire.

Selon le document, les approvisionnements en sucre sont assurés de manière régulière, en étroite coordination avec les opérateurs économiques du secteur ainsi qu’avec la Compagnie sucrière sénégalaise. La disponibilité actuelle dépasse les 35 000 tonnes, un stock jugé suffisant pour couvrir les besoins du marché national jusqu’à la fin du mois de juillet.

Le ministère estime que les rumeurs faisant état de pénurie sont infondées et ne reposent sur aucun fait objectif. Il rappelle que des mécanismes de contrôle sont déjà déployés sur le terrain afin de surveiller les circuits de distribution et prévenir toute spéculation abusive sur les prix.

Dans ce cadre, les commerçants sont fermement appelés à respecter la réglementation en vigueur. Toute tentative de hausse illicite ou de stockage frauduleux du sucre sera sanctionnée, a prévenu le ministère, qui entend faire respecter les prix fixés de manière stricte.

Par ailleurs, les consommateurs sont invités à jouer un rôle de veille citoyenne en signalant tout abus ou dysfonctionnement constaté sur le terrain. Un numéro vert, le 800 00 77 77, est mis à leur disposition pour faciliter les remontées d’informations.

Le Ministère de l’Industrie et du Commerce a réitéré, à travers ce communiqué, son engagement à garantir un marché équitable, transparent et accessible, tout en veillant à la protection des droits des consommateurs sur l’ensemble du territoire national.

Alerte : Enfants sur les plages — Un danger quotidien qui inquiète

En cette période où les salles de classe devraient être remplies d’élèves, c’est pourtant sur les plages de Kahone et de Koundam que l’on retrouve chaque jour des dizaines d’enfants. Parmi eux, certains sont pourtant candidats aux examens du Baccalauréat ou du BFEM. Un phénomène préoccupant qui inquiète parents, enseignants et autorités territoriales.

Sur ces plages, l’ambiance est animée quotidiennement par des enfants âgés de 8 à 15 ans, qui s’adonnent à des jeux et à la baignade. Certains d’entre eux ne vont plus à l’école, alors même que nous sommes en pleine période d’examens. Une situation qui illustre une réalité complexe.

Le manque de suivi parental, et parfois une négligence consciente ou involontaire, exposent ces enfants à un risque de décrochage scolaire. « C’est une véritable hémorragie scolaire que nous vivons. Certains parents minimisent l’importance de l’école, d’autres sont tout simplement dépassés », déplore un enseignant de la zone.

Conscientes de la gravité de la situation, les autorités locales tentent de réagir. Madame Sarata Sonko, adjointe au maire de la commune de Kaolack, en charge de l’éducation et de la petite enfance, insiste sur la nécessité d’une mobilisation collective :

« Il faut que les autorités initient des campagnes de sensibilisation tout en renforçant les contrôles. Mais chaque acteur doit jouer son rôle, surtout les parents. L’éducation est une responsabilité collective. Ces lieux ne devraient pas devenir des salles de classe à ciel ouvert », a-t-elle déclaré.

Chaque année, à l’approche des grandes vacances, la plage de Kahone devient un lieu de forte affluence. Les jeunes y sont particulièrement présents, rendant la gestion de la sécurité plus complexe.

« La forte fréquentation de ces plages rend la surveillance difficile, surtout en période d’affluence », a précisé Madame le Maire en marge d’une tournée éducative.

Chaque été, le Sénégal enregistre plusieurs dizaines de cas de noyades, souvent liées à une méconnaissance des dangers marins, à une surveillance insuffisante ou à des comportements imprudents.

En 2024, près de 80 noyades avaient été enregistrées pendant la saison estivale, selon les chiffres de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, a rappelé Mme Sonko.

Les autorités lancent un appel à la vigilance. « Nous invitons les familles à encadrer leurs enfants, à respecter les consignes de sécurité », conclut Madame Sarata Sonko.

Rapatriement des Sénégalais vivant en Iran : Senegal active son dispositif d’urgence face au conflit Iran-Israël

Face à l’escalade de la guerre entre l’Iran et Israël, les autorités sénégalaises ont rapidement pris des mesures pour protéger leurs ressortissants établis en Iran. La ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall Dièye, a confirmé ce dimanche sur les ondes de la RFM que plusieurs Sénégalais ont été rapatriés vers la Turquie, première étape de leur retour au pays.

« Le Sénégal est le deuxième pays africain à avoir mis en place un mécanisme de rapatriement », a déclaré la cheffe de la diplomatie sénégalaise, précisant que les opérations se déroulent dans un contexte de grande tension marqué par des frappes aériennes intenses sur le territoire iranien.

Selon Yassine Fall Dièye, tous les Sénégalais désireux de quitter l’Iran ont été identifiés. Les premiers à être évacués sont les personnels diplomatiques ainsi que les citoyens prêts à partir. Du fait de la fermeture de l’espace aérien iranien, le groupe a été évacué par voie terrestre jusqu’en Turquie. « Hier, un groupe est déjà arrivé en Turquie, pris en charge par notre ambassadeur sur place », a-t-elle expliqué.

Ce rapatriement s’inscrit dans une dynamique de solidarité et de coordination diplomatique. La ministre a d’ailleurs salué l’engagement des représentations sénégalaises à l’étranger : « C’est le lieu de remercier nos ambassadeurs, notamment celui en Turquie, qui travaille de façon collégiale et solidaire pour faire en sorte que tous les compatriotes qui souhaitent rentrer au pays puissent passer par la Turquie. »

Un second groupe de ressortissants attend toujours d’être évacué. Le ministère des Affaires étrangères est en train de finaliser les préparatifs pour organiser leur transport aérien dans les prochains jours.

Cette opération de rapatriement intervient alors que la situation sécuritaire au Moyen-Orient s’est brusquement détériorée. Après des frappes américaines sur des installations nucléaires iraniennes, l’Iran a répliqué en lançant des missiles sur Israël, déclenchant une série d’attaques et de contre-attaques qui menacent la stabilité régionale.

Yeumbeul-Nord – Meurtre de Pape Coulibaly : un indicateur de police avoue le crime, un agent du GMI cité

L’enquête sur l’assassinat de Pape Coulibaly, survenu dans la nuit du 4 février 2025 à Yeumbeul-Nord, a franchi une étape décisive avec l’arrestation et les aveux de Kalidou Thiam, un indicateur de police. Ce dernier a été interpellé le 18 juin à Tambacounda, avant d’être transféré à Dakar, où il a reconnu son implication dans le meurtre du jeune homme.

Selon les informations révélées par L’Observateur, Kalidou Thiam a admis avoir porté les coups mortels à la victime. Il a également mis en cause un complice présumé : l’agent du Groupement mobile d’intervention (GMI), Landing Goudiaby, actuellement en détention préventive. D’après les premiers éléments de l’enquête, le mobile du crime serait un différend personnel, principalement lié à une dette impayée entre les protagonistes.

Le meurtre de Pape Coulibaly avait suscité une vive émotion dans le quartier de Yeumbeul-Nord, où le jeune homme était connu et apprécié. Les circonstances floues de sa mort avaient rapidement alimenté des spéculations, et la lenteur apparente de l’enquête avait renforcé la frustration au sein de la population.

L’arrestation de Kalidou Thiam vient ainsi lever un coin du voile sur ce drame. Les enquêteurs, désormais en possession d’aveux circonstanciés, poursuivent leurs investigations pour déterminer avec précision les rôles respectifs des suspects, et pour vérifier s’il existe d’autres complicités ou ramifications.

Des sources judiciaires indiquent que des confrontations entre Kalidou Thiam et Landing Goudiaby sont prévues dans les prochains jours, en vue de consolider le dossier en perspective d’un renvoi devant la chambre criminelle.

Guy Marius Sagna revient à la charge: « j’ai fait exprès de parler de ça ici…)

‎Cela fait bientôt trois ans qu’à l’interne de la fraction parlementaire de mon parti Pastef je me bats contre certaines pratiques comme le « Sukëru koor ». Notez bien : trois ans. Bientôt trois ans cela veut donc dire depuis le groupe parlementaire Yewwi Askan Wi. J’ai défendu à l’époque l’idée selon laquelle nous ne pouvions pas aller à une élections présidentielle que nous voulions gagner en adoptant certaines des pratiques parasitaires des anciens régimes. Cela ne pourrait pas convaincre les populations que nous allions opérer la rupture car incapables de le faire moins de deux ans de l’élection présidentielle de 2024.

‎J’ai toujours été minorisé sur la question du « Sukëru koor ». « Que celui qui veut prenne et que celui qui ne veut pas ne prenne pas » me répondait-on. J’ai toujours poursuivi la lutte à l’interne contre certaines pratiques comme le « sukëru koor » car j’estimais et continue d’estimer que ce genre de pratiques ont fait que les citoyens ont détesté l’Assemblée nationale et les différentes majorités parlementaires qui se sont succédées au Sénégal.

‎J’ai même demandé l’organisation de discussions internes au groupe parlementaire pour élaborer ensemble la tactique parlementaire ou politique parlementaire de notre groupe parlementaire pour aborder plusieurs points dont celui des avantages et privilèges que je considère comme indus. De fait, tout a été fait pour empêcher des discussions internes sur cela.

‎En mars 2025, une dizaine de jours après le début du mois de Ramadan, l’information tombe dans le groupe parlementaire: « passez récupérer une enveloppe pour un appui ». Ce n’est pas parce que le « sukëru koor » est baptisé pudiquement « appui » que la réalité change. Oui, 100.000 FCFA de « sukëru koor » ont été mis à la disposition des députés de mon groupe parlementaire. Je ne parle ni de dattes, ni d’avance Korité ni d’avance Tabaski mais de « sukëru koor » baptisé pudiquement pour tromper la vigilance « appui ». Qui a pris et qui n’a pas pris n’est pas mon propos ni le plus important.

‎Ce sont des pratiques qui peuvent compromettre nos objectifs de mobilisation du peuple sénégalais autour de la bataille pour la sortie du sous-développement.

‎Le vrai débat est celui-ci : au Sénégal l’entretien d’une clientèle politique est une vieille tradition politique de la classe politique avec comme stratégie la redistribution. Certains d’entre nous pensent et théorisent qu’ils ont besoin de ce « sukëru koor » pour en faire 10 enveloppes de 10.000 FCFA par exemple pour donner à leur clientèle politique. Si je m’y oppose c’est juste que je ne veux pas que cela soit répercuté et donc porté par les deniers publics. certains ont détourné de l’argent ou créé des « sukëru koor » pour cela. Moi je veux que notre parti, notre Projet, notre gouvernement, notre groupe parlementaire…et ceux qui les animent soient et restes crédibles pour que les populations soient mobilisées plus facilement dans la lutte pour la sortie du néocolonialisme, du sous-développement…

‎Quelques bonnes nouvelles.
‎1- Une bataille de gagnée : je suis sûr qu’en 2026 on ne parlera plus de « sukëru koor » ou d’appui.
‎2-je suis heureux d’etre membre de Pastef ce parti qui impose les débats et pousse même l’opposition à chercher à surfer sur la vague.

‎Plus que d’imposer les thématiques en débat au Sénégal, battons-nous ensemble patriotes à imposer les nouveaux types de pratiques politiques au Sénégal.

‎Biensur, j’ai fait exprès de parler ici pour des soucis pédagogiques de « sukëru koor » mais en fait il s’agit ici de toutes ces pratiques rétrogrades budgetivores que nous avons trouvées ici. Certaines ont été enlevées. Il en reste encore d’autres.

‎Ensemble nous allons réussir.

‎GMS,

Saloum : 84 migrants, dont des mineurs, interceptés par la Marine nationale

Une nouvelle tentative de migration irrégulière a été déjouée au large des côtes sénégalaises. Le jeudi 19 juin 2025, aux environs de 17 heures, la Marine nationale a intercepté une embarcation transportant 84 migrants dans les eaux des îles du Saloum, précisément au large de Marlothie. Selon un communiqué officiel, toutes les personnes à bord ont été retrouvées saines et sauves.

Le groupe de migrants, désormais remis à la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), était composé de ressortissants de plusieurs pays ouest-africains. On y dénombre 28 Sénégalais, 17 Gambiens, 14 Maliens, 13 Somaliens, 11 Guinéens et une Nigériane. Parmi ces 84 personnes figuraient 17 femmes ainsi que 3 filles mineures.

D’après les premiers éléments recueillis lors des interrogatoires préliminaires, le groupe aurait quitté la capitale gambienne, Banjul, dans la nuit du 16 juin, avec pour destination finale l’Espagne. Le voyage, comme souvent dans ce type d’expéditions clandestines, s’est organisé en dehors de tout cadre légal, au péril de la vie des candidats à l’émigration.

Le communiqué officiel indique que le principal organisateur de cette opération serait un ressortissant étranger. Le passage était facturé entre 350 000 et 600 000 FCFA par personne, un montant qui illustre le caractère lucratif de ces filières illégales. Dans le cadre de cette opération, six individus soupçonnés de complicité ont été interpellés et placés en garde à vue.

Les services de la DNLT poursuivent actuellement leurs investigations afin de retracer l’ensemble du réseau impliqué, d’identifier les complices et de localiser le passeur principal. L’objectif est de démanteler cette chaîne de trafic humain qui continue d’exploiter la vulnérabilité de jeunes Africains en quête d’un avenir meilleur.

Les autorités sénégalaises réitèrent leur détermination à lutter contre l’immigration irrégulière et appellent à la vigilance citoyenne. Elles exhortent également les populations à ne pas céder aux illusions véhiculées par les réseaux de passeurs, souvent à l’origine de drames humains en mer.

Conflit Iran-Israël : l’ambassadeur sénégalais Papa Mayloute Ndiaye appelle à l’action pour la paix

Dans un contexte de fortes tensions entre l’Iran et Israël, Papa Mayloute Ndiaye, ambassadeur de la paix et des droits humains au Sénégal, s’est exprimé en fervent défenseur de la diplomatie, appelant à des efforts concertés pour désamorcer la crise et instaurer un climat de stabilité durable au Moyen-Orient.

Reconnu pour son engagement constant en faveur de la justice et du dialogue, M. Ndiaye estime que la voie diplomatique demeure le seul moyen efficace d’éviter une escalade militaire aux conséquences potentiellement désastreuses. « La paix ne peut être imposée par la force, mais par le dialogue, la compréhension mutuelle et le respect des droits de chaque peuple », a-t-il affirmé.

L’ambassadeur a également lancé un appel pressant aux acteurs internationaux pour qu’ils assument pleinement leur rôle de médiateurs. « La communauté internationale doit agir rapidement et avec fermeté pour désamorcer cette crise, en évitant toute escalade susceptible d’embraser davantage une région déjà fragilisée. La diplomatie doit primer sur la confrontation », a-t-il plaidé.

Insistant sur la nécessité d’une résolution pacifique des différends, Papa Mayloute Ndiaye propose l’organisation de tables rondes inclusives où toutes les parties concernées pourraient exprimer librement leurs préoccupations, dans un cadre sécurisé et respectueux. Il a par ailleurs rappelé que le Sénégal, à l’instar de nombreuses nations africaines, reste fermement attaché à une solution basée sur le respect mutuel et la souveraineté des États.

En conclusion, M. Ndiaye a exhorté la communauté internationale à faire preuve de responsabilité et d’engagement, afin que la paix, longtemps attendue dans cette région, devienne enfin une réalité tangible. Son appel s’inscrit dans une vision résolument humaniste et diplomatique face aux défis géopolitiques actuels.

Développement : Ousmane Sonko tend la main aux investisseurs chinois — Vers un nouvel élan sino-sénégalais ?

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a adressé une invitation solennelle aux investisseurs chinois pour venir s’implanter durablement au Sénégal. C’était ce dimanche, lors d’un forum économique organisé dans la capitale de la province du Zhejiang, un rendez-vous stratégique qui a réuni décideurs chinois, entrepreneurs sénégalais établis en Chine, ainsi que plusieurs délégations officielles.

S’exprimant devant un parterre d’opérateurs économiques, le chef du gouvernement sénégalais a mis en avant les opportunités qu’offre son pays, tout en insistant sur l’accueil chaleureux réservé aux partenaires étrangers. « Nous vous attendons au Sénégal, vous y serez à l’aise. C’est un pays d’hospitalité », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter : « Nous vous invitons massivement à venir participer à l’œuvre de construction de notre développement, qui sera également celle de la Chine. »

Le forum, organisé conjointement par l’APIX (Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux de l’État) et l’ambassade du Sénégal en Chine, avait pour objectif de renforcer les liens économiques entre les deux pays et d’encourager une coopération mutuellement bénéfique. Plusieurs protocoles d’accord ont été signés, traduisant une volonté commune de concrétiser de nouveaux projets dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’agriculture, l’industrie ou encore l’énergie.

Cette démarche s’inscrit dans une dynamique diplomatique plus large du gouvernement sénégalais, qui souhaite diversifier ses partenariats et attirer des investissements structurants. La Chine, déjà très présente en Afrique, notamment dans les grands travaux, reste un acteur incontournable dans la stratégie de développement du Sénégal, et ce forum pourrait marquer le début d’une nouvelle phase de collaboration plus équilibrée et plus durable.

Reste à voir comment ces engagements se traduiront sur le terrain, alors que les attentes des populations en matière d’emploi, de transfert de technologie et de développement local sont fortes. Le défi pour le Sénégal sera de tirer le meilleur parti de cette coopération tout en défendant ses intérêts stratégiques.

Marché d’armement de 45,3 milliards : les dessous explosifs d’un scandale d’État

Alors qu’il semblait oublié depuis la fin du régime de Macky Sall, le sulfureux marché d’armement de 45,3 milliards de FCFA revient sur le devant de la scène judiciaire sénégalaise. Une enquête approfondie de la Division des investigations criminelles (DIC), sur saisine du Parquet financier, vise désormais à démêler les fils d’une affaire mêlant détournements présumés, blanchiment d’argent et corruption de haut vol.

Au cœur de ce scandale : Lavie Commercial Brokers-SUARL, une société au profil pour le moins étrange. Créée le 16 novembre 2021, elle se voit confier à peine un mois plus tard, en décembre 2021, un marché public colossal de 45,3 milliards de francs CFA par le ministère de l’Environnement. Ce marché portait sur la fourniture d’équipements militaires et logistiques.

Mais très vite, des anomalies surgissent. Le contrat avait été signé par David Benzaquen, ancien employé du controversé marchand d’armes israélien Gaby Peretz, et l’enquête révèle que le numéro de téléphone associé à Lavie appartient en réalité à Aboubacar Hima, alias « Petit Boubé », un courtier nigérien connu dans les milieux de l’armement africain. Une découverte qui jette le doute sur la véritable identité des bénéficiaires du contrat.

La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), alertée par des mouvements financiers suspects, a produit un rapport accablant. Selon ce document, 3,09 milliards de FCFA ont été virés depuis Lavie et Eurocockpit (autre société liée à Petit Boubé) vers Technologie Service International (TSI), également dirigée par ce dernier.

Les fonds ont ensuite été dispatchés dans une série de retraits en espèces, virements et transferts vers l’étranger, sans justification comptable claire. À titre d’exemple, des montants importants — 85 et 150 millions FCFA — ont été mis à disposition de D.A. A Jacques et A. Loum en février 2023, suivis d’un autre retrait de 185 millions FCFA le lendemain.

Plus spectaculaire encore : 565,5 millions FCFA ont été retirés par « Petit Boubé » lui-même sous forme de chèques, dans la foulée de la signature du marché.

Un contrat classé « Secret défense »… pour masquer la fraude ?

Interrogé sur ces opérations, « Petit Boubé » aurait tenté de les justifier par l’exécution d’un contrat classé “Secret défense” et par des frais de dédouanement pour le compte du ministère. Mais ces explications se sont avérées mensongères après vérification, selon les éléments recueillis par Libération.

La CENTIF, dans ses conclusions, n’exclut pas que ces flux financiers aient servi à verser des pots-de-vin, ce qui constituerait une infraction grave de corruption. L’institution évoque explicitement un « système de retraits en espèces non justifiés » et des transferts suspects à l’international qui confortent cette thèse.

Autre élément troublant, le versement d’une avance de 34 milliards FCFA au profit de Lavie Commercial Brokers, soi-disant pour permettre à Petit Boubé de “préfinancer” le marché. Ce montant faramineux, débloqué avant même la livraison effective des équipements, soulève des interrogations sur la complicité potentielle de certaines autorités publiques dans la mise en œuvre du contrat.

Face à l’ampleur des soupçons et à la complexité du montage financier, la DIC a été saisie par le Parquet financier pour faire toute la lumière sur ce dossier explosif. L’enquête devra déterminer les responsabilités exactes, identifier les bénéficiaires des détournements éventuels, et confirmer, ou non, l’existence d’un réseau de corruption organisé.

À l’heure où la nouvelle gouvernance prône la transparence et la reddition des comptes, ce dossier pourrait bien devenir le premier grand test judiciaire pour les autorités actuelles, et une bombe politique si des figures du régime précédent venaient à être mises en cause.

Affaire à suivre de très près.

AFFAIRE ASER / JEAN-MICHEL ZAPPE LA SOMMATION INTERPELLATIVE ET ORGANISE UN LIVE : Qu’est-ce que ça cache ?

Alors que la polémique autour du contrat d’électrification confié à AEE Power Sénégal ne cesse d’enfler, le Directeur général de l’Agence sénégalaise d’Électrification rurale (ASER), Jean Michel Sène, se retrouve au cœur d’une contradiction qui intrigue. D’un côté, il refuse obstinément de répondre à la sommation interpellative envoyée par l’administrateur d’AEE Power, M. Saidou Kane ; de l’autre, il s’exprime abondamment sur les réseaux sociaux, notamment dans un live diffusé sur sa page Facebook, pour répondre à un acteur politique, le député Thierno Alassane Sall. Une posture qui suscite incompréhension et questionnement, tant chez les juristes que chez les observateurs du monde des marchés publics.

Cette affaire, désormais connue sous le nom d’« ASER-GATE », trouve son origine dans des propos tenus le 2 septembre 2024 par Jean Michel Sène lors d’une émission sur la Radio-Télévision Walfadjri. À cette occasion, le DG de l’ASER avait formulé des accusations particulièrement graves à l’encontre de Saidou Kane, l’impliquant dans des faits de falsification dans le cadre de l’exécution d’un marché public. Face à ces déclarations publiques, AEE Power Sénégal a réagi en déposant une sommation interpellative, non seulement contre M. Sène, mais aussi contre le média et la journaliste Khady Sylla, qui avait mené l’interview.
Dans cette sommation, M. Kane, par l’intermédiaire de ses avocats, pose huit questions précises visant à établir la véracité ou non des accusations proférées. Il y est notamment question d’un contrat signé le 23 février 2024 entre l’ASER et AEE Power EPC, d’un satisfecit délivré le même jour, d’un contrat tripartite signé le 25 novembre 2023, ainsi que d’une décision rendue par l’ARCOP le 3 juillet 2024 ordonnant la suspension d’une résiliation de contrat. Les avocats souhaitent également des éclaircissements sur la nature juridique exacte de la relation contractuelle entre l’ASER et AEE Power Sénégal, et sur les implications d’une éventuelle rupture du contrat vis-à-vis de la garantie souveraine de l’État sénégalais.
Pourtant, depuis la réception de cette sommation, Jean Michel Sène n’a apporté aucune réponse concrète aux questions posées. Pire encore, selon des sources proches du dossier, les représentants de l’ASER se sont contentés de réponses vagues, promettant de « transmettre au DG » ou de « faire suivre au service compétent », sans jamais donner suite aux interpellations. Cette attitude est perçue, du côté de AEE Power Sénégal, comme un mépris manifeste pour une procédure légale pourtant claire dans ses attendus et dans son importance.
Ce mutisme devient d’autant plus problématique que, parallèlement, M. Sène a choisi de s’exprimer longuement ce 19 juin 2025 via un direct Facebook. Il y a notamment répondu aux critiques formulées par le député Thierno Alassane Sall sur la gestion du projet d’électrification. Jean Michel Sène a défendu la régularité des procédures, a détaillé les mécanismes de garantie et a vanté les innovations apportées au contrat, comme l’insertion professionnelle de jeunes Sénégalais et la relocalisation d’une partie des bénéfices économiques au Sénégal.
Mais en réaffirmant ses accusations à l’égard de Saidou Kane dans cette intervention, tout en continuant à ignorer la sommation qui lui est légalement adressée, Jean Michel Sène entretient une asymétrie préoccupante. D’un côté, il revendique la transparence et la légalité. De l’autre, il évite soigneusement d’en répondre formellement dans un cadre juridique.
Ce silence, devenu assourdissant, soulève une question cruciale : pourquoi Jean Michel Sène choisit-il de répondre aux critiques politiques sur les réseaux sociaux, tout en se dérobant aux voies légales initiées par ceux qu’il accuse ? Si ses affirmations sont fondées, pourquoi ne pas y répondre clairement, point par point, dans le cadre de la sommation, devant notaire, comme le droit l’exige ?
La situation actuelle place Jean Michel Sène face à ses responsabilités. En ne répondant pas à la sommation interpellative, il entretient le flou et alimente la méfiance autour de l’ASER et de sa gestion. Or, c’est bien la transparence, l’impartialité et le respect des procédures qui devraient guider l’action publique, surtout lorsqu’il s’agit de projets aussi sensibles que l’électrification de milliers de localités sénégalaises.

Société Générale du Sénégal : Oumar Bah, le banquier aux comptes fantômes, accusé d’un détournement de plus de 74 millions FCFA

La Société Générale du Sénégal (ex-SGBS) est une nouvelle fois secouée par un scandale financier retentissant. Moins d’un an après l’arrestation de l’expert bancaire Amadou Dicko, soupçonné d’avoir détourné 3,4 milliards FCFA, c’est au tour d’un autre collaborateur interne de tomber pour des faits similaires. Oumar Bah, conseiller clientèle âgé de 51 ans, a été interpellé par la Division des investigations criminelles (DIC) pour un détournement numérique estimé à 74.058.966 FCFA.

Les faits reprochés à Oumar Bah s’étendent sur une période allant de novembre 2022 à juin 2024. L’enquête révèle un stratagème aussi audacieux qu’alarmant, fondé sur l’exploitation ciblée de comptes clients inactifs ou saisis, identifiés comme des niches silencieuses dans les systèmes de la banque. Le suspect aurait procédé à au moins cinq opérations frauduleuses, réorientant les fonds détournés vers des circuits parallèles soigneusement élaborés.

Le modus operandi de Bah reposait sur l’utilisation d’un compte ouvert au nom d’un proche résident à l’étranger. Une fois les fonds transférés vers ce compte relais, ils étaient ensuite dispatchés vers des comptes personnels du mis en cause, répartis entre trois établissements bancaires : la Société Générale elle-même, la Bank of Africa (BOA) et la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS). Le tout était orchestré via SG Connect, la plateforme de gestion à distance des comptes bancaires, que le mis en cause maîtrisait visiblement parfaitement.

C’est un audit de routine mené par le service de contrôle interne qui a permis de repérer des mouvements anormaux sur plusieurs comptes considérés comme dormants. Alertée, la banque a rapidement remonté la chaîne des opérations jusqu’à identifier Oumar Bah comme la source du détournement. Arrêté dans les locaux mêmes de la Société Générale, situés sur l’avenue Lamine Guèye à Dakar, il a été conduit à la DIC où il a fini par passer aux aveux. Il a invoqué des « difficultés financières et sociales personnelles » pour expliquer ses actes, sans pour autant convaincre les enquêteurs.

Poursuivi pour faux et usage de faux en écritures privées de banque, escroquerie et détournement de fonds par le biais d’un système informatique, Oumar Bah a été déféré devant le parquet ce jeudi. Il encourt de lourdes sanctions au regard de la gravité des charges retenues contre lui, dans un contexte de tolérance zéro face aux atteintes à la crédibilité du système bancaire sénégalais.

Cette affaire, qui survient à peine neuf mois après celle d’Amadou Dicko, soulève des questions pressantes sur la sécurité interne à la Société Générale du Sénégal. La multiplication des cas de détournement impliquant des employés semble révéler des failles systémiques dans le contrôle des opérations, notamment sur les comptes jugés inactifs ou peu suivis. La banque est désormais appelée à renforcer de toute urgence ses dispositifs de surveillance, au risque de voir son image encore plus entachée par une série noire qui semble loin d’être terminée.

Fuites d’épreuves à Thiès : les 30 élèves remis en liberté après 48 heures de garde à vue

L’affaire des présumées fuites d’épreuves qui a secoué plusieurs établissements secondaires de Thiès connaît un nouveau développement. Les 30 élèves interpellés dans le cadre de cette affaire ont été remis en liberté ce vendredi 20 juin 2025, après avoir passé 48 heures en garde à vue au commissariat du 1er arrondissement.

Composée de 11 filles et 19 garçons, la majorité de ces élèves sont inscrits en classe de Seconde et fréquentent les lycées Jules Sagna, Amary Ndack Seck et Fahu. Ils étaient soupçonnés d’avoir participé à la diffusion ou à l’utilisation illicite d’épreuves du troisième trimestre, notamment en histoire-géographie, mathématiques et anglais.

L’enquête avait été ouverte après des signalements portant sur la circulation, via les réseaux sociaux et des applications de messagerie, de sujets d’examen avant leur tenue officielle. Une situation qui a rapidement attiré l’attention des autorités scolaires et des forces de sécurité, déclenchant l’arrestation des élèves suspectés.

Après leur présentation au parquet, le procureur de la République a finalement décidé de les relâcher, dans l’attente de la suite de la procédure. Aucune mise en examen n’a pour l’instant été prononcée à leur encontre, même si les investigations se poursuivent pour établir les responsabilités réelles dans cette affaire.

Ce nouvel épisode relance le débat sur les conditions de sécurité autour des examens scolaires et sur l’utilisation des outils numériques par les élèves. Les syndicats d’enseignants, tout comme les associations de parents d’élèves, appellent à un renforcement des dispositifs de prévention pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent à l’avenir.

Drame à Richard-Toll : un sexagénaire meurt noyé avec son troupeau lors de la traversée du fleuve Sénégal

Un tragique accident s’est produit ce vendredi matin sur le fleuve Sénégal, à hauteur de Richard-Toll, où un homme d’environ soixante ans a perdu la vie dans le chavirement de sa pirogue. L’incident est survenu aux environs de 9 heures, alors que la victime effectuait la traversée du fleuve pour regagner le territoire sénégalais en provenance de la Mauritanie voisine.

Selon les témoignages recueillis sur place, le défunt revenait d’une mission commerciale de routine. Éleveur et acheteur de bétail chevronné, il s’était rendu de l’autre côté de la frontière pour acquérir des bœufs, une activité qu’il exerçait depuis de nombreuses années. Malheureusement, alors qu’il tentait de traverser le fleuve avec son troupeau à bord d’une pirogue, l’embarcation a chaviré au milieu des eaux.

Alertés, les sapeurs-pompiers de la brigade de Richard-Toll sont immédiatement intervenus pour entamer les recherches. Après plusieurs heures d’opérations, le corps sans vie de l’éleveur a été repêché aux alentours de 13 heures, suscitant une vive émotion au sein de la population locale.

Le drame n’a pas seulement coûté la vie à l’homme ; une partie de son troupeau a également été engloutie par les flots. Les circonstances précises du naufrage ne sont pas encore connues, mais les autorités locales évoquent des conditions de navigation difficiles et une probable surcharge de la pirogue.

Ce nouveau drame relance le débat sur la sécurité des traversées fluviales dans cette zone frontalière, où les échanges commerciaux informels entre les deux rives sont fréquents. Faute d’infrastructures adéquates, de nombreux éleveurs et commerçants continuent d’emprunter des pirogues artisanales, souvent au péril de leur vie.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l’accident. En attendant, les proches de la victime pleurent un homme respecté dans la communauté, connu pour son dévouement au travail et son attachement au fleuve, qui aura finalement eu raison de lui.

Touba – Médicaments illicites : cinq grands dépositaires traduits en justice par le Syndicat des pharmaciens

Le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (SPPS) a enclenché une action judiciaire contre cinq importants dépositaires soupçonnés de gérer des dépôts pharmaceutiques illégaux à Touba. Cette décision a été rendue publique lors d’un point de presse organisé jeudi par l’organisation syndicale, en pleine croisade contre l’exercice illicite de la pharmacie dans cette ville connue pour être un épicentre du commerce informel de médicaments.

Selon le président du SPPS, Dr Serigne Ahmadou Bamba Ndour, cette initiative survient après plusieurs tentatives infructueuses de sensibilisation des acteurs concernés. « Nous avons entrepris toutes les démarches nécessaires pour sensibiliser les populations et alerter sur les risques. Malheureusement, face à la persistance du phénomène, nous avons été contraints de traduire ces faussaires devant la justice », a-t-il affirmé.

À Touba, le phénomène des dépôts pharmaceutiques clandestins prend une ampleur inquiétante. Des structures non agréées y écoulent des médicaments en dehors du circuit réglementaire, posant un sérieux problème de santé publique. Le SPPS dénonce ainsi une situation devenue incontrôlable, où les règles sont bafouées au mépris de la vie des citoyens.

Dr Ndour a tenu à rappeler que tout médicament circulant en dehors du schéma d’approvisionnement défini par les autorités sanitaires, notamment l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), est automatiquement considéré comme un faux médicament. Il appelle à l’application stricte des textes régissant l’exercice de la pharmacie, et sollicite un appui ferme des institutions concernées – Ordre des pharmaciens, ARP, ministère de la Santé – pour démanteler ces circuits parallèles.

Le SPPS ne cache plus sa colère face à ce qu’il qualifie de « pratiques criminelles ». Ses membres, largement mobilisés, annoncent leur volonté de livrer une bataille sans compromis contre la circulation de médicaments non contrôlés. Ils estiment qu’il en va non seulement de la survie de la profession pharmaceutique, mais surtout de la santé et de la sécurité des populations, souvent exposées à des traitements inappropriés ou dangereux.

À Touba, où le commerce informel bénéficie parfois d’une certaine tolérance, cette action judiciaire pourrait marquer un tournant décisif dans la régulation du marché pharmaceutique. Le dossier est désormais entre les mains de la justice, qui devra se prononcer sur la légalité des pratiques reprochées aux cinq dépositaires poursuivis.

Affaire Air Sénégal vs Carlyle SA : L’IATA précise sa position sur le gel de 1,8 milliard de F CFA

Dans un contexte tendu opposant la compagnie nationale Air Sénégal à son créancier Carlyle SA, l’Association du transport aérien international (IATA) a tenu à rétablir les faits concernant le gel de 1,8 milliard de F CFA. Dans un communiqué diffusé ce vendredi, l’organisation internationale a répondu aux informations jugées « inexactes » relayées récemment par certains médias, qui l’accusaient à tort de retenir illégalement des fonds appartenant à Air Sénégal.

Selon l’IATA, les fonds en question sont actuellement bloqués en vertu d’une décision judiciaire contraignante, prise en conformité avec le droit sénégalais. Plus précisément, l’organisation évoque une ordonnance émise sur la base de l’article 50 de l’Acte uniforme relatif à l’organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution, qui permet à un tribunal de saisir les actifs d’un débiteur, y compris ceux détenus par des tiers. Ce dispositif est appliqué dans l’espace OHADA auquel le Sénégal appartient.

L’IATA affirme qu’elle n’a aucun pouvoir discrétionnaire sur cette décision : « Nous n’avons pas la possibilité de passer outre ou de renégocier cette décision de justice », peut-on lire dans le communiqué. Elle précise également que les fonds concernés seront automatiquement débloqués dès que l’ordonnance judiciaire sera levée ou exécutée, insistant sur le respect strict du cadre légal applicable.

En sa qualité d’organisation régulatrice des flux financiers entre compagnies aériennes, bailleurs et prestataires, l’IATA rappelle qu’elle est tenue de se conformer aux décisions des tribunaux dans toutes les juridictions où elle intervient. Cette clarification intervient alors qu’Air Sénégal traverse une période financière difficile, marquée par plusieurs litiges avec ses créanciers et partenaires techniques, dont Carlyle SA.

L’affaire continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion, certains observateurs dénonçant une gestion opaque de la compagnie nationale, tandis que d’autres appellent à une réforme structurelle du secteur aérien sénégalais.

Ziguinchor : L’Ofnac enquête sur un présumé détournement de fonds impliquant des agents de la mairie

La ville de Ziguinchor, capitale naturelle de la région sud du Sénégal, est secouée par une affaire de présumé détournement de fonds publics au sein de sa mairie. Ce scandale naissant, qui touche directement la perception municipale, a suscité l’intérêt de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), qui a immédiatement dépêché une mission sur place pour mener l’enquête.

À l’origine de cette alerte : une dénonciation documentée qui a mis en lumière des soupçons persistants sur la gestion des recettes municipales. Si au départ, les faits rapportés semblaient relever de simples irrégularités administratives, les auditions en cours révèlent des indices de plus en plus inquiétants. Contrairement aux spéculations sur un audit global de la gestion municipale, la mission de l’Ofnac s’attache exclusivement à une enquête ciblée, portant sur un groupe d’agents de la perception municipale, en collaboration présumée avec des employés de la mairie.

D’après des informations publiées par le journal L’Observateur, les agents mis en cause sont soupçonnés d’avoir élaboré un système de falsification de documents comptables pour détourner des fonds publics. L’enquête mettrait en lumière des pratiques telles que la perception illégale de recettes municipales, l’usage de fausses écritures, de reçus trafiqués et de documents réécrits, destinés à dissimuler les sommes réellement encaissées.

Depuis l’arrivée de la mission de l’Ofnac à Ziguinchor, plusieurs auditions ont été engagées dans la plus grande discrétion. Les enquêteurs s’emploient à recouper les témoignages, à analyser les pièces comptables saisies et à identifier les flux financiers suspects. S’il n’existe encore aucune mise en cause officielle, des sources proches du dossier évoquent de « sérieuses présomptions de détournement de deniers publics », justifiant la poursuite active des investigations.

Dans un contexte national marqué par une volonté politique affichée de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques, cette affaire pourrait marquer un tournant dans la gouvernance locale à Ziguinchor. En attendant les résultats définitifs de l’enquête, la population et les observateurs restent dans l’expectative, tandis que les autorités locales pourraient être contraintes de réagir rapidement pour préserver la crédibilité de l’institution municipale.

Fermeture du bureau de Save the Children au Sénégal : une transition annoncée pour septembre 2025

Après plusieurs années d’engagement en faveur des droits de l’enfant, l’organisation non gouvernementale Save the Children a annoncé, ce vendredi, la fermeture de son bureau au Sénégal. La décision, qui sera effective à la fin du mois de septembre 2025, s’inscrit dans une réorganisation stratégique à l’échelle régionale.

Dans un communiqué parvenu à la presse, l’ONG précise que cette fermeture s’inscrit dans une dynamique de réajustement global de ses opérations en Afrique de l’Ouest et du Centre. « Cette décision s’inscrit dans une réorganisation stratégique globale visant à optimiser nos ressources et renforcer notre impact à travers l’Afrique de l’Ouest et du Centre », peut-on lire dans le document. L’organisation tient toutefois à rassurer : « Elle ne remet pas en cause notre engagement à long terme envers les enfants, ni notre collaboration avec les partenaires de la société civile et les autorités sénégalaises. »

Depuis le début de ses activités au Sénégal, Save the Children a œuvré pour l’amélioration des conditions de vie des enfants, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la protection et de la participation citoyenne. Le communiqué souligne « les avancées réalisées aux côtés des communautés, des autorités et des partenaires techniques et financiers » et se dit « fier du travail accompli sur le terrain ».

Consciente des enjeux liés à cette fermeture, l’organisation prévoit un accompagnement minutieux de cette phase de transition. Elle promet la mise en place d’un dispositif de communication dédié afin de maintenir l’échange avec les partenaires et les bénéficiaires. « Un point de contact restera accessible pour répondre aux questions ou demandes spécifiques », ajoute le communiqué.

Si la présence physique de l’ONG au Sénégal prend fin, Save the Children réaffirme son attachement aux principes qui ont guidé son action : « L’organisation continuera à contribuer à la protection des droits des enfants à travers ses bureaux régionaux et pays toujours actifs dans la région. »

Cette fermeture, bien qu’émotive pour de nombreux acteurs du développement au Sénégal, s’inscrit dans une logique de redéploiement stratégique visant à maximiser l’impact des interventions de l’organisation à l’échelle régionale.

Vives émotions devant le tribunal de Thiès : des élèves réclament la libération de leurs camarades accusés de fuites d’épreuves

C’est une scène saisissante qui s’est déroulée ce matin devant le tribunal de grande instance de Thiès, où un grand nombre d’élèves se sont massés dès les premières heures de la journée. Leur objectif : apporter un soutien sans faille à leurs camarades récemment arrêtés dans le cadre d’une affaire de fuites d’épreuves de composition.

Les jeunes manifestants, en majorité en tenue scolaire, se sont installés devant le portail du tribunal, sous un soleil de plomb. Assis à même le sol ou adossés aux murs de l’enceinte judiciaire, ils ont réclamé la libération “pure et simple” des élèves mis en cause. Des pancartes improvisées, des slogans scandés et surtout des regards empreints d’inquiétude ont marqué cette mobilisation spontanée.

L’émotion était à son comble. Plusieurs élèves, en particulier des filles, n’ont pu retenir leurs larmes. En sanglots, certaines ont supplié les autorités judiciaires d’accorder leur clémence aux prévenus. « Ce sont nos amis, nos frères. Ils méritent une seconde chance », a lancé une lycéenne visiblement bouleversée.

Selon les informations recueillies sur place, les élèves mis en cause seraient accusés d’avoir participé à la diffusion d’épreuves de composition à travers des réseaux de messagerie. Une affaire qui a rapidement pris une ampleur nationale, posant une fois de plus la question de la sécurité des examens au Sénégal.

En attendant la décision du procureur, les camarades des accusés ont promis de rester mobilisés. « Tant qu’ils ne sont pas libres, nous ne retournerons pas en classe », a déclaré un élève du lycée Malick Sy de Thiès, déterminé.

Suspension des carrières de sable à Dakar : l’État rassure, le BTP s’inquiète

La récente suspension de l’exploitation de plusieurs carrières de sable dans la région de Dakar a semé le trouble dans le secteur du Bâtiment et des Travaux publics (BTP), déjà fragilisé par des difficultés structurelles. Face à l’inquiétude croissante des professionnels, l’État a tenu à clarifier les raisons de cette décision et à rassurer les acteurs économiques.

Dans une interview accordée à L’Observateur, le directeur général des Mines et de la Géologie, Ibrahima Gassama, a apporté des précisions sur cette mesure qu’il qualifie de « temporaire ».

Selon lui, la suspension n’est pas généralisée et ne vise que les entreprises dont les autorisations d’exploitation ont expiré ou ont été obtenues de manière irrégulière. « L’arrêt n’a concerné que les titres expirés sans fondement légal. Cette fermeture est liée à des irrégularités dans certaines entreprises », a-t-il déclaré.

Trois sociétés sont particulièrement visées pour avoir poursuivi leurs activités malgré l’expiration de leurs autorisations. D’autres opérateurs ont choisi de suspendre volontairement leurs activités après l’annonce d’un audit en cours par l’administration minière.

Ibrahima Gassama assure que la situation est sous contrôle. « Nous avons actuellement délivré de nouvelles autorisations dans la région et d’autres sont en cours de traitement », précise-t-il. Plus de trois entreprises ont déjà reçu le feu vert pour reprendre leurs activités, et d’autres devraient suivre dans les prochaines semaines, une fois les vérifications administratives achevées.

Cette suspension, bien que ciblée, n’est pas sans conséquences sur le secteur du BTP, fortement dépendant de l’approvisionnement en sable pour les chantiers de construction. Plusieurs professionnels craignent une hausse des prix et des retards de livraison, surtout dans un contexte économique déjà tendu.

Pour les autorités, cette opération s’inscrit dans une logique de réformes destinées à renforcer la gouvernance du secteur extractif. « L’administration minière travaille dans la restauration de la bonne pratique de la politique minière pour assurer un développement durable », soutient le DG des Mines.

À travers cette démarche, l’État entend assainir le secteur, améliorer la traçabilité des opérations minières et garantir une meilleure exploitation des ressources naturelles au profit de l’économie nationale.

Affaire du marché d’armement de 45 milliards FCFA : une enquête explosive ouverte par la DIC sur fond de soupçons de détournement et blanchiment

Un nouveau scandale d’État secoue le Sénégal. Selon le journal Libération, l’affaire du marché d’armement d’un montant colossal de 45,3 milliards de FCFA, signé sous la présidence de Macky Sall, fait désormais l’objet d’une enquête approfondie confiée à la Division des investigations criminelles (DIC). Le parquet financier, dirigé par le procureur Alioune Abdoulaye Sylla, a ordonné cette enquête afin de faire la lumière sur les nombreuses zones d’ombre entourant ce contrat controversé.

L’origine de ce contrat remonte au 30 décembre 2021, date à laquelle l’État du Sénégal, à travers le ministère de l’Environnement, a conclu un marché de fourniture d’équipements sécuritaires, techniques et logistiques avec une entreprise peu connue : Lavie Commercial Brokers-SUARL. Montant total : 45,3 milliards FCFA TTC. Or, cette société n’avait été immatriculée que quelques semaines plus tôt, le 16 novembre 2021, à Dakar, ce qui soulève de graves interrogations sur les critères de sélection du prestataire.

Le contrat, signé par David Benzaquen, ancien collaborateur du marchand d’armes israélien Gaby Peretz, cacherait en réalité l’implication d’un autre homme : Aboubacar Hima, plus connu sous le nom de « Petit Boubé », courtier nigérien bien introduit dans les milieux du commerce d’armes en Afrique de l’Ouest. Son nom est indirectement apparu dans le dossier de création de Lavie, via un numéro de téléphone lui appartenant.

Selon Libération, le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), transmis au parquet, fait état de nombreuses irrégularités. Outre la qualité douteuse des équipements livrés et des quantités incohérentes, le rapport révèle surtout d’importants mouvements de fonds entre les comptes de Lavie, Eurocockpit et Technologie Service International (TSI), trois structures contrôlées ou liées à Petit Boubé.

Au total, 3,09 milliards de FCFA ont transité entre ces entités avant d’être dispersés à l’étranger à travers des virements, des retraits en espèces et des transferts de devises, sans justificatifs clairs.

Des personnes physiques, identifiées comme D.A.A. Jacques et A. Loum, ont ainsi retiré en espèces plusieurs centaines de millions de FCFA en février 2023 :

85 millions FCFA, 150 millions FCFA, puis 185 millions FCFA le jour suivant pour A. Loum.

Des retraits massifs de chèques ont aussi été effectués par Petit Boubé lui-même, pour un total de 565,5 millions FCFA, toujours selon la Centif. Il aurait justifié ces retraits par des dépenses liées au dédouanement de conteneurs pour le ministère de l’Environnement. Mais après vérifications, ces affirmations se sont révélées fausses.

Plus troublant encore : bien qu’il prétendait « préfinancer le marché », Petit Boubé a en réalité reçu une avance de 34 milliards FCFA. Le reste des opérations suspectes s’est déroulé après ce décaissement, ce qui écarte l’hypothèse d’un investissement personnel dans l’exécution du contrat.

La mention du caractère « secret défense » du marché a jusqu’ici permis de masquer le manque de transparence, mais aujourd’hui, la justice semble bien décidée à remonter toute la chaîne des responsabilités.

L’ouverture de l’enquête par le parquet financier marque un tournant dans la lutte contre la corruption, à un moment où les autorités cherchent à rompre avec les pratiques opaques du passé. Si les faits sont avérés, ils pourraient impliquer plusieurs hauts responsables de l’ancien régime, notamment ceux ayant validé un tel contrat dans des conditions aussi floues.

À ce stade, aucune mise en cause formelle n’a encore été annoncée, mais l’implication de personnalités comme Petit Boubé, déjà cité dans d’autres affaires d’armement en Afrique, augure d’une affaire tentaculaire, à la croisée du politique, du militaire et du financier.

Affaire à suivre de très près.

Nouveau scandale financier à la Société Générale du Sénégal : un conseiller clientèle détourne plus de 74 millions FCFA

Moins d’un an après l’affaire Amadou Dicko, la Société Générale du Sénégal (ex-SGBS) est de nouveau secouée par un scandale financier d’envergure. Cette fois, c’est Oumar Bah, conseiller clientèle de 51 ans, qui est au cœur d’une fraude méthodiquement orchestrée à travers les failles du système bancaire.

Selon des sources concordantes relayées par Libération, Oumar Bah a exploité une faille bien précise : les comptes inactifs ou saisis, souvent laissés sans mouvement et rarement surveillés. Entre novembre 2022 et juin 2024, l’agent bancaire aurait ainsi réalisé cinq opérations frauduleuses, détournant au total 74.058.966 FCFA.

Le stratagème était redoutablement efficace. Après avoir repéré les comptes dormants, il transférait les fonds vers un compte tiers ouvert au nom de son neveu établi à l’étranger. De là, l’argent était redirigé vers ses propres comptes personnels domiciliés à la Société Générale, à la Banque of Africa et à la Banque de l’Habitat du Sénégal, en utilisant l’application SG Connect.

L’affaire met en lumière un problème structurel plus large : la vulnérabilité des systèmes informatisés face à des agents internes maîtrisant parfaitement les rouages techniques. Dans ce cas précis, l’usage avancé de la plateforme SG Connect a permis à Oumar Bah de transférer les fonds en toute discrétion pendant près de deux ans, sans éveiller l’attention des systèmes d’alerte habituels.

C’est finalement le service de contrôle interne de la Société Générale qui a détecté des mouvements suspects sur certains comptes dits “silencieux”, déclenchant une enquête interne qui a rapidement mené à l’interpellation de l’agent incriminé.

Interpellé au siège de la banque situé avenue Lamine Guèye à Dakar, Oumar Bah est passé aux aveux dès son premier interrogatoire. Il a reconnu avoir détourné les fonds, évoquant des « difficultés personnelles et sociales » pour justifier son acte. Des explications qui n’ont pas convaincu les enquêteurs.

Déféré ce jeudi devant le parquet, il est poursuivi pour faux et usage de faux en écritures privées de banque, escroquerie, et détournement de fonds via un système informatique. Des chefs d’accusation graves, passibles de lourdes peines.

Ce scandale survient moins d’un an après celui impliquant Amadou Dicko, un autre employé de la Société Générale, soupçonné d’avoir détourné plus de 3,4 milliards FCFA. Deux affaires, en moins de douze mois, qui interrogent sur la solidité des mécanismes de contrôle interne de la banque, pourtant considérée comme l’un des piliers du secteur bancaire sénégalais.

Face à cette répétition de fraudes internes, des voix s’élèvent pour exiger un audit profond des systèmes de gestion des comptes dormants, ainsi qu’un renforcement de la surveillance des agents ayant accès aux plateformes numériques sensibles.

Au-delà du cas de la SGBS, ce dossier relance le débat sur la sécurité des systèmes bancaires à l’ère du numérique. Les banques sénégalaises, de plus en plus digitalisées, doivent aujourd’hui faire face à une double menace : les cyberattaques externes… et les dérives internes.

Marché d’électrification confié à AEE Power : Jean Michel Sène démonte les accusations de Thierno Alassane Sall

Le Directeur général de l’Agence sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), Jean Michel Sène, a tenu à répondre, ce jeudi 19 juin, aux graves accusations portées contre sa gestion par le député Thierno Alassane Sall. Ce dernier, intervenant depuis l’Afrique du Sud, avait dénoncé ce qu’il estime être des irrégularités notoires dans le cadre d’un contrat d’électrification attribué à l’entreprise espagnole AEE Power. Dans sa réplique, le DG de l’ASER parle de « campagne de désinformation » et insiste sur le fait que « toutes les procédures ont été respectées conformément au Code des marchés publics ».

Au cœur de la polémique figure la question des garanties financières exigées pour le marché concerné. Thierno Alassane Sall soutient que ces garanties ont été émises après le versement de l’avance de démarrage, ce qui contreviendrait aux règles en vigueur. Jean Michel Sène rejette catégoriquement cette version. Il rappelle que trois types de garanties sont prévues dans ce marché : la garantie d’avance (20 %), la garantie de restitution d’avance, et la garantie de bonne exécution (5 % du montant global). Toutes, selon lui, ont été émises dans les délais requis, avec des primes payées comme prévu.

Jean Michel Sène précise que les contrats stipulent clairement que les garanties prennent effet à partir du moment où AEE Power reçoit les 56 millions d’euros — soit environ 3 673 milliards de francs CFA. Il accuse Thierno Alassane Sall de faire une « confusion grossière » entre les notions de souscripteur et de bénéficiaire dans les contrats d’assurance. « Le souscripteur, c’est AEE Power, mais le bénéficiaire, c’est l’ASER, parce que c’est l’agence qui prend le risque en avançant les fonds », explique-t-il.

Pour soutenir sa position, M. Sène s’appuie sur une circulaire de la Commission régionale de contrôle des assurances (CRCA), laquelle permet un délai de 180 jours pour l’émission des garanties, conformément à l’article 7 du Code CIMA, notamment dans les cas impliquant un démembrement de l’État.

Il affirme également que c’est lui-même, à son arrivée à la tête de l’ASER, qui a suspendu les décaissements jugés irréguliers. En effet, une avance de 40 % avait été déjà versée avant même le démarrage effectif des travaux, ce qu’il qualifie de « non conforme ». La nouvelle équipe de direction a donc décidé de conditionner tout décaissement ultérieur à des seuils d’exécution clairement définis.

S’agissant de la renégociation du marché, Jean Michel Sène affirme que le nombre de villages bénéficiaires est passé de 1 540 à 1 740 grâce à une révision des conditions contractuelles. Il souligne également l’attention particulière portée à la répartition des ressources financières : 70 % pour les fournitures (matériaux, accessoires, poteaux), 30 % pour les travaux. L’objectif de la renégociation était aussi de maximiser les retombées économiques locales, avec au moins 50 % du financement devant rester au Sénégal.

Autre point fort du projet, selon le DG : la dimension pédagogique. Un volet alternance a été intégré au contrat, obligeant les entreprises impliquées à recruter de jeunes Sénégalais en formation professionnelle. « À la fin des trois ans de projet, ces jeunes auront acquis une solide expérience qui facilitera leur insertion », se félicite-t-il. Un budget dédié à cette initiative a été inscrit dans l’enveloppe globale de 91 milliards de francs CFA.

Face aux critiques, Jean Michel Sène n’a pas mâché ses mots à l’endroit de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall. « Il ne comprend pas les mécanismes qu’il critique. Il n’y a aucune preuve d’une quelconque violation du Code des marchés publics. Il s’agit simplement d’une tentative désespérée de nuire politiquement », a-t-il conclu.

Trafic de drogue à Dakar : trois arrestations en quatre jours et 95 doses saisies

À Dakar, les services de police continuent de traquer les réseaux de trafic de drogue. Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a mené, en l’espace de quatre jours, deux opérations distinctes qui ont conduit à l’arrestation de trois individus soupçonnés d’appartenir à un réseau actif de distribution de stupéfiants dans la capitale.

La première opération s’est déroulée dans le quartier Arafat, le 14 juin 2025. Alertés par un renseignement jugé fiable, les agents de police se sont déployés discrètement dans une ruelle du quartier. Deux individus y ont été surpris en flagrant délit. La fouille de leurs effets personnels a permis de découvrir 17 cornets de chanvre indien et 22 comprimés d’ecstasy, soigneusement emballés dans un sachet en plastique. Cette saisie a conforté les enquêteurs dans l’idée qu’ils avaient affaire à des revendeurs organisés et bien informés.

Quatre jours plus tard, le 18 juin, les policiers ont mené une autre intervention à Khar Yalla, cette fois dans un contexte plus mouvementé. C’est au moment où un homme refermait la selle de sa moto de marque TMAX que les agents en patrouille sont intervenus. Une fouille rapide du véhicule a permis de mettre la main sur 34 cornets de chanvre indien dissimulés sous la selle. Le suspect, pris sur le fait, a immédiatement été interpellé et conduit au poste.

Les trois individus arrêtés ont été placés en garde à vue. Selon des sources proches du dossier, l’enquête se poursuit pour remonter les filières d’approvisionnement, identifier d’éventuels complices et déterminer l’ampleur du réseau. Les services de sécurité envisagent également d’étendre leurs investigations à d’autres zones de la capitale, soupçonnées d’être des points de transit ou de distribution.

Avec ces nouvelles interpellations, les autorités sénégalaises entendent réaffirmer leur engagement à lutter contre le trafic de stupéfiants, considéré comme une menace majeure pour la jeunesse et la stabilité sociale.

Kaolack s’unit en prière pour la Palestine et l’Iran

Kaolack, 19 juin 2025 – Ville emblématique du centre du Sénégal, Kaolack a vibré ce jeudi au rythme d’un élan de solidarité spirituelle. Des centaines de fidèles musulmans se sont réunis dans une atmosphère empreinte de piété et d’émotion pour accomplir deux rakats (unités de prière) en faveur de la Palestine et de l’Iran, deux peuples durement éprouvés par les conflits et les injustices internationales.

L’événement, initié par Moustapha Ndiaye, technicien en bâtiment, en collaboration avec Dîamahatou Aklou Khouran Wa-Sunnah de Kaolack et plusieurs leaders religieux de la commune, s’est tenu dans l’enceinte de la mosquée de Léona Kanène.

Les deux rakats ont été dédiés à la paix, à la fin des souffrances civiles, et à la victoire des peuples opprimés.

« Nous ne pouvons pas rester insensibles. Ce geste spirituel est notre modeste contribution pour dire que Kaolack est solidaire de la souffrance des peuples frères », a déclaré Oustaz Lamine Fall, président régional des maîtres coraniques de Kaolack.

La cérémonie a connu une mobilisation remarquable : guides religieux, jeunes, femmes, et enfants y ont pris part. Des lectures du Coran — 1189 versets — des douas (invocations) et plusieurs discours ont rythmé ce moment de recueillement.

Les intervenants ont unanimement appelé à une prise de conscience collective, à l’arrêt des violences, et à l’unité de la Oumma islamique.

Ce moment de prière a aussi symbolisé l’universalité du soutien musulman, transcendant les frontières géographiques. Les organisateurs ont exprimé leur souhait de voir cette initiative se reproduire dans d’autres régions du Sénégal.

« Nous avons peu de moyens matériels, mais notre foi est notre arme. Que Dieu apporte la paix en Palestine, en Iran, et partout où des innocents souffrent », a affirmé Sérigne Lamine Sy Kane, frère du khalife général de Léona Kanène, Sérigne Babacar Sy Kane, les larmes aux yeux.

Cet événement démontre que la prière reste une forme puissante de résistance spirituelle et un vecteur de solidarité face aux injustices. Kaolack a donné un exemple éloquent de ce que signifie l’engagement religieux au service de la justice, de la paix et de la fraternité humaine.

Kaolack : Visite des centres d’examen du CFEE – Les autorités saluent le bon déroulement des épreuves

À l’occasion des épreuves du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE) et de l’Entrée en Sixième pour l’année scolaire 2024-2025, les autorités académiques et administratives du département de Kaolack ont effectué, ce jeudi matin, une tournée dans plusieurs centres d’examen. Cette visite visait à s’enquérir du bon déroulement des épreuves et des conditions d’accueil des candidats.

La délégation était conduite par les deux Inspecteurs de l’Éducation et de la Formation (IEF), ceux de Kaolack Commune et de Kaolack Département, accompagnés de l’adjoint au préfet. « Nous venons de terminer la traditionnelle tournée des centres d’examen du CFEE et de l’Entrée en Sixième. Nous étions en compagnie des autorités éducatives, des syndicats d’enseignants, des parents d’élèves et des partenaires de l’école. Dans tous les centres visités, aucun incident n’a été signalé, que ce soit au niveau de l’IEF de Kaolack Commune ou de celui du département », a déclaré Ousseynou Kaba, adjoint au préfet du département de Kaolack.

Pour l’IEF de Kaolack Commune, 4 920 candidats sont inscrits, dont 2 062 garçons et 2 850 filles, répartis dans 37 centres d’examen. Un total de 733 enseignants ont été mobilisés.

Concernant l’IEF de Kaolack Département, 6 519 candidats se présentent, dont 2 884 garçons et 3 635 filles, répartis dans 44 centres, avec 6 881 enseignants mobilisés. Le constat général est que les filles sont majoritaires dans les deux circonscriptions.

L’inspecteur de l’Éducation et de la Formation de Kaolack Commune, Amadou Dia, a salué l’organisation de ces examens :

« Cette visite nous a permis, en tant qu’autorités administratives, éducatives, parents d’élèves et syndicats, de recueillir les premiers éléments pour apprécier le bon déroulement des épreuves. Nous avons visité plusieurs centres et nous avons le sentiment que les examens se tiennent dans les meilleures conditions possibles. Le personnel est présent, les enfants sont venus très tôt, et les dispositifs logistiques sont en place. Il faut également saluer l’accompagnement de la mairie. »

De son côté, l’inspecteur de l’Éducation et de la Formation de Kaolack Département, Dr Malick Sow, a souligné l’importance de l’engagement des collectivités territoriales dans la réussite des examens :

« Ces appuis renforcent l’inclusivité et l’égalité des chances. À l’échelle départementale, le soutien des maires s’inscrit dans une dynamique plus large de partenariat entre les collectivités territoriales et le ministère de l’Éducation nationale, afin de garantir un environnement propice aux apprentissages, notamment en milieu rural. »

Attaques au Moyen-Orient : la Coalition Sénégal-Palestine exige l’arrêt des hostilités et la rupture des relations avec Israël

La tension ne faiblit pas dans la bande de Gaza ni dans la région du Golfe. Et à Dakar, la réaction ne s’est pas fait attendre. La Coalition Sénégal-Palestine a exprimé, dans un communiqué publié le 18 juin 2025, sa profonde indignation face à l’attaque menée par Israël contre l’Iran le 13 juin dernier, laquelle survient dans un contexte déjà explosif marqué par une série de bombardements meurtriers sur Gaza.

Dans cette déclaration, la coalition dénonce ce qu’elle qualifie de comportement « belliciste » d’Israël, qui selon elle, viole ouvertement les principes du droit international. Les membres de cette organisation accusent l’État hébreu de chercher à éradiquer le peuple palestinien à travers une campagne de violence systématique, désormais étendue à d’autres nations comme l’Iran. Ils évoquent un bilan humain alarmant, estimant à plus de 400 le nombre de morts du côté iranien à la suite des frappes israéliennes.

La coalition inscrit cette attaque dans une logique de guerre permanente menée par Israël contre ses voisins, estimant que Tel-Aviv agit « comme si l’État israélien s’arrogeait le droit de décider, selon ses humeurs, de la paix ou de la guerre au Moyen-Orient ». Elle y voit une menace grave à la stabilité de la région, dénonçant une posture qui rappelle selon ses termes « les heures les plus sombres de l’histoire contemporaine ».

Citée dans le communiqué, une déclaration attribuée au colonel américain Nathan McCormack qualifie le régime israélien de « secte de la mort » dirigée par un gouvernement jugé extrémiste, insensible à la vie humaine. Des propos forts qui traduisent la colère de la coalition face à ce qu’elle considère comme un cycle d’impunité et de crimes en série.

Mais la coalition ne veut pas que la situation en Iran occulte la tragédie persistante en Palestine. À Gaza, où les bombardements israéliens se poursuivent, la Coalition Sénégal-Palestine parle d’un « génocide » en cours, sous les yeux du monde, commis contre un peuple dont le seul « crime » serait d’avoir existé avant l’occupation.

Fidèle à ses principes, la coalition ne se contente pas de dénoncer. Elle formule deux revendications majeures à l’endroit des autorités sénégalaises : l’arrêt immédiat des attaques israéliennes contre Gaza et l’Iran, et la rupture des relations diplomatiques entre le Sénégal et l’État d’Israël. Pour ses membres, cette rupture serait un acte de cohérence avec les valeurs de justice, de paix et de respect de la souveraineté des peuples, que le Sénégal a toujours porté dans ses engagements internationaux.

Dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions géopolitiques et des clivages profonds autour du conflit israélo-palestinien, cette sortie de la Coalition Sénégal-Palestine vient raviver le débat sur la position officielle du Sénégal face aux événements au Moyen-Orient.

Saly : Une bande de cambrioleurs démantelée grâce à la géolocalisation d’un iPhone volé

Une opération rondement menée par les forces de l’ordre à Saly a permis le démantèlement d’un réseau de cambrioleurs particulièrement actifs dans la station balnéaire. Cinq individus ont été interpellés dans le cadre d’une enquête ouverte après une plainte déposée par un ressortissant français, victime d’un cambriolage nocturne. Fait marquant : c’est la géolocalisation d’un téléphone volé, un iPhone 16 Pro Max, qui a permis de remonter la piste des malfaiteurs.

L’affaire débute dans la matinée du 13 juin 2025, vers 5 heures, lorsqu’A.J.P. Georges signale au commissariat urbain de Saly le cambriolage de sa villa. Parmi les objets dérobés : plusieurs smartphones haut de gamme, un ordinateur portable, des accessoires électroniques, et notamment deux modèles récents d’iPhone. La plainte est immédiatement prise en charge par les équipes du commissaire Oumar Mbaye.

L’exploitation rapide des fonctions de géolocalisation d’un des iPhones va s’avérer décisive. Grâce à la technologie embarquée, les policiers localisent un signal actif dans la résidence « Aldiana », non loin du lieu du cambriolage. Une descente sur place permet d’arrêter un certain M. Cissé, trouvé en possession d’un des téléphones volés. Interrogé, il reconnaît l’avoir échangé contre de la cocaïne auprès d’un individu nommé O. Gueye, alias « Ngalla ».

L’enquête s’intensifie alors. Une perquisition est menée dans une chambre louée par Cissé et deux autres suspects, C. Gueye et A.H. Sow. La fouille permet de récupérer une partie du butin : trois ordinateurs portables, six téléphones, ainsi que divers sacs contenant d’autres objets d’origine douteuse.

Face aux enquêteurs, M. Cissé passe rapidement aux aveux. Il décrit avec précision sa participation à deux cambriolages dans la nuit du 11 juin, impliquant aussi les nommés C. Gueye et L.H. Diallo. Il reconnaît avoir troqué plusieurs objets volés contre de la drogue et en avoir revendu d’autres à un certain B.A. Ba, présenté comme un receleur.

Au terme de leur garde à vue, l’ensemble des mis en cause a été déféré devant le parquet du tribunal de grande instance de Mbour. Les chefs d’accusation retenus sont lourds : association de malfaiteurs, vols nocturnes et recel.

Cette affaire, qui a mis en lumière l’efficacité des nouvelles technologies comme la géolocalisation dans les enquêtes criminelles, pose également la question de leur généralisation dans les procédures policières. Au vu des résultats obtenus ici, leur usage systématique pourrait offrir aux forces de l’ordre un levier de plus dans la lutte contre la délinquance organisée.

Refus de visas américains : Sonko annule le stage des « Lionnes » et défend la souveraineté du Sénégal

Le Premier ministre Ousmane Sonko a fermement réagi, ce mercredi, au refus de délivrance de visas à plusieurs joueuses de l’équipe nationale féminine de basketball. Par un message publié sur sa page Facebook officielle, il a dénoncé une « humiliation diplomatique » et annoncé des mesures fortes, symbolisant un tournant dans la gestion de la coopération internationale du Sénégal.

Le chef du gouvernement a ainsi ordonné l’annulation pure et simple du stage de préparation de l’équipe nationale prévu aux États-Unis. Ce regroupement, qui devait durer dix jours, s’inscrivait dans la phase de préparation de la sélection nationale féminine. Mais face à ce qu’il considère comme un affront injustifié, Ousmane Sonko a préféré recentrer les efforts sur le sol national. « Ce stage sera désormais organisé à Dakar, dans un cadre souverain et propice à la performance de nos athlètes », a-t-il précisé, affichant une volonté d’affirmation de la souveraineté et de dignité nationale dans le domaine sportif comme ailleurs.

Cette décision intervient dans un contexte de tension feutrée entre les autorités sénégalaises et certaines représentations diplomatiques occidentales. Le Premier ministre ne cache pas son intention de redéfinir les bases de la coopération internationale. Il l’a d’ailleurs réaffirmé dans le même message, en évoquant une nouvelle doctrine diplomatique fondée sur « une coopération libre, équilibrée, fondée sur le respect mutuel et le bénéfice partagé ». Cette ligne, selon lui, s’inscrit dans la vision stratégique du président Bassirou Diomaye Faye, mais aussi dans la philosophie politique de PASTEF, le parti au pouvoir.

En parallèle, Sonko a salué la République populaire de Chine, soulignant son engagement concret en faveur du sport sénégalais, notamment à travers l’octroi de bourses de préparation pour les Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 ». Il a exprimé sa « profonde gratitude » envers Pékin, qu’il considère comme un partenaire fiable et respectueux dans la construction d’un sport de haut niveau au Sénégal.

Ce geste fort du Premier ministre marque un précédent et pourrait influencer les futures orientations diplomatiques du pays, surtout en matière de coopération sportive. En refusant de céder à ce qu’il perçoit comme une humiliation, le gouvernement sénégalais envoie un message clair : l’époque de la diplomatie à sens unique semble révolue.

Crise dans les ISEP : le SUDES-ESR dénonce l’absence de textes réglementaires et menace de passer à l’action

Treize ans après leur création, les Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel (ISEP) évoluent toujours dans un flou juridique que le Syndicat Unitaire et Démocratique des Enseignants du Sénégal (SUDES-ESR) juge intenable. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le syndicat tire la sonnette d’alarme et pointe un dysfonctionnement structurel qui, selon lui, compromet gravement la qualité de l’enseignement et la stabilité du système.

Selon le SUDES-ESR, les ISEP, malgré leur mission cruciale dans l’offre de formation professionnelle au Sénégal, ne disposent d’aucun texte réglementaire clair encadrant leur organisation et leur fonctionnement. « En treize années d’existence, les ISEP ne disposent ni de statuts clairs, ni de textes d’application de la loi qui les régit », déplore le syndicat, qui qualifie cette situation de « carence structurelle » aux conséquences lourdes.

Sur le terrain, cette absence de cadre normatif se traduit par un profond malaise : enseignants démotivés, incertitude sur le statut des personnels, conditions de travail précaires et gouvernance instable. Autant de facteurs qui, selon le SUDES-ESR, altèrent non seulement le rendement pédagogique, mais aussi l’image même des ISEP au sein du système d’enseignement supérieur.

Dans sa déclaration, le syndicat ne cache pas son exaspération face à ce qu’il considère comme une négligence prolongée du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Il accuse directement le ministère, mais aussi les directions des ISEP, d’avoir « failli à leur mission » en n’adoptant toujours pas les décrets d’application nécessaires à la mise en œuvre complète de la loi. Cette inertie, martèle le SUDES, « fragilise profondément le bon fonctionnement des ISEP ».

Face à ce blocage qu’il qualifie « d’injustifiable », le syndicat formule trois revendications prioritaires : l’ouverture immédiate de négociations sincères avec les autorités compétentes, la finalisation sans délai des textes réglementaires en souffrance depuis plus d’une décennie, et la reconnaissance effective du statut des personnels des ISEP.

Le SUDES-ESR prévient qu’en cas de non-réponse rapide, il se réserve le droit de recourir à « tous les moyens légaux de lutte » pour défendre les intérêts de ses membres. « Il est temps que les autorités prennent la mesure de l’urgence », conclut le communiqué, appelant à éviter des perturbations majeures qui pourraient affecter le fonctionnement des ISEP et, par ricochet, porter atteinte aux objectifs de formation professionnelle dans le pays.

Prévention des inondations : le PGIIS couvre plusieurs localités pour une gestion plus intelligente du risque (Cheikh Tidiane Dièye)

Le Sénégal se dote d’un outil structurant dans la lutte contre les inondations. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a procédé ce jeudi à la présentation officielle du Projet de Gestion Intégrée des Inondations au Sénégal (PGIIS), financé par le Fonds Vert pour le Climat et l’Agence Française de Développement à hauteur de 6 096 000 euros, soit près de 4 milliards de francs CFA. Une initiative jugée « extrêmement importante » par le ministre, tant pour sa portée que pour les données stratégiques qu’elle apporte au pays.

Le PGIIS repose sur une approche multisectorielle et structurée autour de plusieurs composantes qui permettent aujourd’hui de disposer d’une connaissance affinée du phénomène des inondations dans plusieurs localités du Sénégal. Le ministre a souligné que les travaux menés sur les sites pilotes ont permis de cartographier les zones à risques et de mieux comprendre la dynamique des crues dans 29 localités réparties sur l’ensemble du territoire. À l’en croire, cette cartographie constitue désormais une base scientifique solide pour la prise de décisions éclairées dans les politiques publiques.

Pour Cheikh Tidiane Dièye, l’essentiel ne se limite pas à la collecte de données. Le projet doit servir d’outil d’aide à la décision afin que les autorités, au-delà du ministère de l’Hydraulique, puissent anticiper les risques et prendre des mesures adaptées à l’échelle nationale. Le PGIIS couvre aujourd’hui plus de 10 000 kilomètres carrés du territoire, avec un niveau de précision inédit, notamment grâce aux images orthophotos produites pour la première fois au Sénégal.

Cette avancée technique permet désormais d’éviter des erreurs majeures d’aménagement. Le ministre a affirmé qu’il est aujourd’hui possible, grâce au PGIIS, de consulter les informations de vulnérabilité avant d’acheter une maison, d’aménager un terrain ou de lotir un site. Une révolution dans la planification urbaine et la sécurisation des investissements.

Cheikh Tidiane Dièye a également mis en avant les innovations numériques introduites dans le cadre du projet. Des outils tels que les logiciels « Moytou Mbeund » et « Fégo Mbeund » ont été développés, notamment à travers un concours lancé auprès de start-up sénégalaises. Cette dynamique vise à encourager les jeunes à s’approprier les données produites et à les transformer en solutions pratiques au service des populations.

La prévision météorologique s’en retrouve également renforcée. Le ministre a annoncé que le radar météorologique installé l’année dernière à Diamniadio sera pleinement opérationnel cette année. Ce radar permettra non seulement de fournir des bulletins d’alerte, mais surtout des bulletins dits d’impact, c’est-à-dire des prévisions très précises sur les quantités de pluie attendues, l’heure de leur arrivée, la vitesse d’écoulement des eaux, le temps de submersion des sites à risque, et même les équipements et populations susceptibles d’être affectés. Une transformation majeure dans la gestion de la protection civile.

Le ministre a insisté sur l’utilisation concertée de ces outils par tous les départements ministériels concernés, notamment l’Intérieur, la Santé et la Solidarité nationale. L’objectif est clair : faire de la prévention un levier d’action concret pour réduire les impacts des inondations.

Concernant la couverture territoriale du PGIIS, Cheikh Tidiane Dièye a précisé que la première phase du projet a ciblé plusieurs régions du pays à travers sept sites pilotes. Il s’agit notamment de Grand Dakar, Tivaouane, Joal, Kaolack, Kaffrine, Tambacounda, Kédougou, Kolda, Matam et Kanel. Dans toutes ces zones, les équipes du projet ont réalisé des travaux de terrain et produit des données géospatiales de grande précision.

À terme, le ministre ambitionne de voir le PGIIS évoluer en un cadre de référence national dans la prévention des risques d’inondations. Selon lui, « l’enjeu est désormais de rendre ces données opérationnelles, de les traduire en actions concrètes pour protéger les populations et les biens ». Une ambition réaliste face à un phénomène qui, chaque année, cause des pertes humaines, matérielles et économiques considérables au Sénégal.

Thiès – Lycée Jules Sagna : Arrestation de 15 élèves, boycott des compositions et paralysie des cours

La situation reste tendue au lycée Jules Sagna de Thiès après l’arrestation de quinze élèves soupçonnés d’être impliqués dans une affaire de fuite lors de l’épreuve d’histoire-géographie. Ce jeudi 19 juin, en signe de protestation, leurs camarades ont massivement boycotté les compositions du second semestre, bloquant ainsi le déroulement normal des évaluations.

Le mouvement, porté notamment par les élèves de seconde, a rapidement pris de l’ampleur. Devant le commissariat du 1er arrondissement de Thiès, des dizaines d’élèves se sont rassemblés pour exiger la libération de leurs camarades. Ils ont été rejoints par des parents d’élèves et des proches venus exprimer leur solidarité et leur inquiétude face à la tournure judiciaire que prend cette affaire.

Selon des témoignages recueillis par la RFM, la contestation ne s’est pas limitée au lycée Jules Sagna. D’autres établissements de la commune ont été ciblés par des manifestants venus y déloger les élèves, forçant l’arrêt des cours dans plusieurs écoles. Cette propagation du mouvement a entraîné une paralysie presque totale du système éducatif local durant la journée.

Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour rétablir le calme et libérer les accès aux établissements scolaires. Des dispositifs de sécurité ont été déployés dans plusieurs points sensibles de la ville afin d’éviter des débordements et de contenir la colère des élèves.

Aucune déclaration officielle n’a encore été faite par les autorités éducatives ou académiques concernant les conditions exactes des arrestations ni sur les mesures envisagées pour désamorcer la crise. Du côté des familles, c’est l’indignation qui domine, certains dénonçant une répression excessive alors que les faits reprochés aux élèves n’ont pas encore été clarifiés.

Cette affaire ravive le débat sur la gestion des fraudes aux examens, la pression scolaire, mais aussi le recours à des procédures pénales dans un contexte éducatif. En attendant un apaisement de la situation, les compositions restent suspendues au lycée Jules Sagna, et la mobilisation pourrait se poursuivre si des réponses concrètes ne sont pas apportées rapidement.

Affaire AEE POWER EPC – SONAC : Thierno Alassane Sall crie au scandale et exige le retrait des marchés

Ce jeudi 19 juin 2025, le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs, a élevé la voix contre ce qu’il qualifie de scandale d’État. Lors d’un point de presse, il a vertement critiqué la gestion du dossier liant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à l’entreprise AEE POWER EPC, tout en pointant du doigt la responsabilité de la compagnie d’assurance SONAC. Pour le parlementaire, l’attitude du ministère des Finances dans cette affaire frôle la complaisance, au mépris de la rigueur qui devrait encadrer les marchés publics.

Thierno Alassane Sall accuse clairement le gouvernement de maquiller des irrégularités flagrantes. Selon lui, les explications du ministère des Finances sur les garanties émises au profit d’AEE POWER EPC, et payées tardivement par SONAC, ne tiennent pas la route. Il évoque une tentative de « dissimuler une opération frauduleuse » derrière un faux vernis administratif, notamment une dérogation qu’il qualifie de fictive et juridiquement non fondée. À ses yeux, le caractère irrégulier des garanties émises par SONAC pour le compte de AEE POWER EPC entache la légalité de l’ensemble de la procédure.

Le député souligne que cette affaire n’est pas un simple dysfonctionnement administratif, mais bien un acte qu’il qualifie de « délictuel grave » affectant la sécurité juridique des marchés publics. En affirmant que les garanties déposées relèvent du faux, Thierno Alassane Sall soutient qu’elles rendent le marché nul et non avenu. Il s’interroge sur les véritables capacités financières d’AEE POWER EPC, suggérant qu’une entreprise réellement solvable n’aurait pas besoin d’un tel traitement de faveur ni de garanties litigieuses.

Face à ce qu’il considère comme une fraude manifeste, l’ancien ministre de l’Énergie appelle à des sanctions immédiates. Il exige que des actions administratives et judiciaires soient enclenchées dans les plus brefs délais par l’acheteur public, en l’occurrence l’ASER. Il réclame également l’inscription d’AEE POWER EPC sur la liste noire des entreprises exclues de tout marché public au Sénégal. Cette radiation, selon lui, devrait être actée par l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), sur la base de garanties jugées nulles et inopposables au regard du droit.

Mais les critiques de Thierno Alassane Sall ne s’arrêtent pas à l’entreprise adjudicataire. Il pointe aussi la SONAC, la compagnie d’assurance impliquée dans l’émission des garanties. Il demande sans détour le retrait immédiat de son agrément par le ministère des Finances. À ses yeux, SONAC a perdu toute crédibilité en participant à ce qu’il assimile à une entreprise de fraude organisée.

Enfin, le député interpelle le tribunal. Il exhorte les autorités contractantes, en particulier l’ASER, à saisir sans délai la justice pour faire toute la lumière sur le comportement de l’assureur et de l’entrepreneur. Il estime que les responsabilités doivent être établies et que des sanctions exemplaires doivent suivre pour préserver l’intégrité du système de passation des marchés au Sénégal.

L’affaire AEE POWER EPC – SONAC devient ainsi un véritable test pour les nouvelles autorités sénégalaises. Elle interroge la capacité des institutions à faire respecter les règles de transparence, à protéger l’argent public et à punir les abus, quels que soient leurs auteurs. Thierno Alassane Sall, en déposant ces accusations graves, place désormais la balle dans le camp du gouvernement et de la justice.

Administrations pénitentiaires : Remise de véhicules aux chefs d’établissements pour renforcer les capacités logistiques

Une cérémonie officielle de remise de clés s’est tenue ce jeudi 19 juin 2025 au Camp pénal de Liberté 6, marquant un tournant significatif pour l’administration pénitentiaire du Sénégal. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ousmane Diagne, a présidé l’événement au cours duquel 4 camions hydro-cureurs, 19 bus cellulaires aménagés, 5 ambulances médicalisées, 46 véhicules pick-up 4×4 et 2 camions-citernes à eau ont été remis aux directeurs des 37 établissements pénitentiaires du pays.

Cette dotation vise à renforcer les capacités opérationnelles des chefs d’établissement pénitentiaire, en leur permettant de mieux remplir leurs missions dans des conditions plus dignes et efficaces. À cette occasion, l’inspecteur Aliou Ciss, Directeur général de l’administration pénitentiaire, a exprimé sa reconnaissance envers le ministre Ousmane Diagne, soulignant que ces équipements arrivent à point nommé.

« Cette dotation marque une avancée majeure. Elle vient renforcer nos capacités et améliorer significativement la mobilité, les conditions de travail et la performance du personnel pénitentiaire », a déclaré l’inspecteur Ciss.

Il a également rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda 2050, le référentiel national de politique publique, qui intègre la modernisation de la justice et l’amélioration des conditions de détention.

Dans son discours, le ministre Ousmane Diagne a tenu à féliciter la Direction générale de l’administration pénitentiaire pour « l’engagement constant et le travail remarquable » accompli au quotidien dans la mission de service public, de sécurité et de réinsertion sociale des détenus.

« Le gouvernement, à travers le référentiel Sénégal 2050, ambitionne de bâtir un pays souverain, juste et prospère. Cela passe notamment par des services publics renforcés, y compris dans le domaine pénitentiaire », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur la nécessité d’un bon usage de ces moyens logistiques, dans le respect des droits des détenus et des exigences de sécurité. La dotation répond, selon lui, à un besoin urgent en matière de mobilité, de sécurité et de gestion humaine des établissements pénitentiaires.

Le ministre a reconnu les difficultés persistantes dans le système carcéral, notamment les infrastructures vétustes, le manque de ressources humaines et financières, ainsi que la surpopulation carcérale. Il a toutefois réaffirmé l’engagement de l’État à travers un vaste programme de réformes axé sur la modernisation de la justice, la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires, et l’amélioration des conditions de travail du personnel.

« La mise en œuvre de ces réformes permettra de renforcer les capacités stratégiques et opérationnelles de l’administration pénitentiaire, désormais érigée en direction générale conformément au décret n°2023-679 du 23 mars 2020 », a précisé le ministre.

En conclusion, le ministre Ousmane Diagne a exhorté les responsables des établissements à veiller à l’entretien et à l’utilisation optimale des véhicules reçus. Il a souligné que, dorénavant, chaque directeur de prison disposera d’un véhicule de service, ce qui constitue un pas important vers une gestion plus moderne, plus humaine et plus sécurisée du système carcéral sénégalais.

Saly : Démantèlement d’un réseau de malfaiteurs grâce à la géolocalisation d’un iPhone volé

Saly, le 19 juin 2025 – Une vaste opération menée par les éléments du commissariat urbain de Saly, sous la direction du commissaire Oumar Mbaye, a permis de neutraliser un réseau criminel impliqué dans des vols nocturnes, du recel et du trafic de drogue.

Tout est parti de la plainte déposée le 13 juin dernier par un ressortissant français, victime d’un cambriolage au cours duquel son iPhone avait été dérobé. Grâce à la géolocalisation de l’appareil, les enquêteurs ont rapidement pu remonter la piste des malfaiteurs.

Les investigations ont conduit à l’arrestation de cinq individus. Parmi eux, un certain M. Cissé, qui a reconnu sa participation à plusieurs vols et dénoncé ses complices. Les perquisitions effectuées dans le cadre de l’enquête ont permis de mettre la main sur plusieurs objets volés, confirmant les aveux du principal suspect.

Les mis en cause ont été déférés ce jeudi devant le parquet de Mbour, où ils devraient être poursuivis pour association de malfaiteurs, vols en réunion, recel et détention de produits stupéfiants.

Vives tensions au lycée Jules Sagna après l’arrestation d’élèves pour fuites d’examen

Une vive tension secoue le lycée Jules Sagna de Thiès depuis ce matin, où des élèves, principalement issus des classes de seconde, ont décidé de boycotter leurs compositions en signe de protestation contre l’arrestation d’une quinzaine de leurs camarades. Ces derniers sont soupçonnés d’être impliqués dans une affaire de fuites portant sur l’épreuve d’histoire-géographie.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’ambiance était électrique dès les premières heures de la journée. Les élèves grévistes ont refusé d’accéder aux salles de composition et ont rapidement élargi leur mouvement en se rendant dans d’autres établissements de la ville pour déloger leurs camarades, perturbant ainsi le déroulement normal des cours à l’échelle de la commune.

La réaction des forces de l’ordre n’a pas tardé. Déployée en urgence, la police a procédé à la dispersion des manifestants, rétablissant progressivement l’accès aux établissements scolaires. Toutefois, la situation reste tendue, et certains élèves continuent de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une injustice.

Les élèves arrêtés ont passé leur première nuit au commissariat du 1er arrondissement de Thiès. Selon des sources proches de l’enquête, ils sont entendus dans le cadre d’une instruction ouverte sur une présumée fuite organisée durant les épreuves en cours. Aucun détail officiel n’a encore été communiqué sur les circonstances exactes de cette tricherie, ni sur les responsabilités établies.

Du côté des parents, l’inquiétude grandit. Plusieurs d’entre eux se sont rendus devant le commissariat pour exiger des explications et demander la libération de leurs enfants. Des voix s’élèvent également dans la société civile et au sein de syndicats d’enseignants pour appeler à l’apaisement, tout en insistant sur la nécessité de faire toute la lumière sur cette affaire.

En attendant, les cours sont suspendus dans plusieurs lycées de la ville et l’administration du lycée Jules Sagna tente de rétablir le calme. Une réunion de crise serait prévue dans les prochaines heures entre autorités académiques, forces de sécurité et représentants des élèves afin de trouver une issue à la crise.

Affaire ASER – AEE POWER EPC : Thierno Alassane Sall promet des révélations explosives ce jeudi

Le député Thierno Alassane Sall relance l’affaire controversée liant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la société AEE POWER EPC. Alors que le ministère des Finances et du Budget a récemment tenté d’apporter des clarifications sur les garanties financières émises dans ce dossier, l’ancien ministre de l’Énergie ne semble nullement convaincu. Il annonce une conférence de presse ce jeudi 19 juin 2025, au cours de laquelle il promet de faire des révélations « majeures » sur ce qu’il considère comme une tentative de dissimulation gouvernementale.

Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), Thierno Alassane Sall a dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvre maladroite » du ministère des Finances. « Je ferai face à la presse ce jeudi 19 juin pour dire ce que le gouvernement tente de dissimuler dans l’affaire ASER-AEE POWER », écrit-il, avant de s’en prendre frontalement aux justifications avancées par les services de Mamadou Moustapha Ba. Pour lui, la communication du ministère constitue « un modèle accompli d’explications calamiteuses qui enfoncent leur auteur ».

Le parlementaire revient notamment sur le paiement tardif des primes d’assurance liées aux garanties émises par la Société nationale d’assurance (SONAC) au profit de AEE POWER. Selon lui, l’État, par le biais du ministère des Finances, tente de masquer des irrégularités manifestes dans le traitement de ce dossier. Il dénonce l’invocation par le ministère d’une prétendue « dérogation » qui n’aurait jamais figuré dans les documents officiels. Pire encore, il déplore que cette justification tente de faire passer AEE POWER pour un démembrement de l’État, ce qui, à ses yeux, relève d’une grave manipulation.

Thierno Alassane Sall semble ainsi déterminé à ne pas laisser l’affaire être étouffée. Il en fait désormais un combat politique et moral, dans un contexte où les pratiques de gouvernance publique sont de plus en plus scrutées à la loupe. Son intervention de ce jeudi pourrait donc jeter une lumière nouvelle sur les mécanismes opaques entourant certaines garanties financières d’État, et relancer le débat sur la transparence dans les marchés publics et les partenariats avec des entreprises étrangères.

L’opinion attend désormais les éléments de preuve ou les informations inédites que le député compte mettre sur la place publique. Dans un pays où les affaires liées à la gouvernance énergétique suscitent régulièrement des polémiques, cette sortie pourrait avoir des répercussions tant sur le plan politique que judiciaire.

CFEE et Concours d’entrée en sixième à Louga : une session 2025 marquée par une forte participation féminine et une hausse des inscrits

L’Académie de Louga s’apprête à lancer, ce mercredi, les épreuves du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE) couplées au concours d’entrée en sixième, dans un climat de préparation maîtrisée. Pour cette session 2025, ce sont 15 168 élèves qui sont attendus dans les différents centres d’examen de la région, marquant une hausse notable de la participation par rapport à l’année précédente.

Cette progression de 428 candidats supplémentaires traduit, selon les autorités académiques, une dynamique encourageante dans la scolarisation et la persévérance scolaire dans la région. Mais au-delà du simple chiffre, ce qui retient l’attention cette année, c’est la nette prédominance des filles parmi les candidats. Elles représentent en effet 9 313 des inscrits, soit 59,29 % de l’effectif total, contre 5 855 garçons, soit 40,71 %. Une tendance que les responsables de l’éducation à Louga jugent « significative et porteuse d’espoir » pour l’avenir de l’égalité des chances dans l’éducation.

Sur le plan logistique, l’Académie a mobilisé 90 centres d’examen pour accueillir les candidats. L’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Louga centralise le plus grand nombre avec 6 984 candidats répartis dans 42 centres. Elle est suivie de celle de Kébémer, qui enregistre 4 504 candidats répartis dans 24 centres. L’IEF de Linguère ferme la marche avec 3 680 candidats dans également 24 centres.

Les autorités éducatives assurent que toutes les dispositions ont été prises pour garantir le bon déroulement des épreuves, tant sur le plan sécuritaire que sanitaire et logistique. Des brigades de surveillance sont mobilisées, et un encadrement renforcé est prévu pour assurer la transparence et la régularité des examens.

La session 2025 du CFEE à Louga, en plus d’être marquée par une croissance du nombre de candidats, apparaît également comme un révélateur des progrès accomplis en matière de parité dans le système éducatif. Une dynamique qui conforte les ambitions nationales de qualité, d’accessibilité et d’équité dans l’éducation.

Sécurité routière au Sénégal : des chiffres alarmants révélés par l’Anaser

Le Sénégal fait face à une crise persistante en matière de sécurité routière. Le Directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser), Atoumanę Sy, a dressé un tableau préoccupant de la situation, révélant que le pays enregistre chaque année en moyenne 5 200 accidents de la circulation, entraînant 745 décès et environ 8 500 blessés graves.

Intervenant à l’émission Salam Sénégal sur Radio Sénégal International (RSI), M. Sy a précisé que ces accidents engendrent un coût économique estimé à 163 milliards de francs CFA par an, soit entre 4 et 5 % du Produit intérieur brut (PIB). Un fardeau qui pèse lourdement sur l’économie nationale et qui reflète l’ampleur des pertes humaines et matérielles liées à l’insécurité routière.

Selon le patron de l’Anaser, 90 % de ces accidents sont causés par des facteurs humains : l’excès de vitesse, les comportements imprudents, la fatigue ou encore la conduite sans permis. Il a relativisé l’impact des facteurs techniques et infrastructurels dans la survenue des drames routiers : seulement 7 % sont dus à des véhicules défectueux et 3 % à l’état des routes.

Le Directeur général a également pointé du doigt les utilisateurs de deux-roues, très exposés aux dangers de la circulation. Ils seraient impliqués dans 38 % des accidents, avec une majorité de conducteurs circulant sans formation adéquate ni permis de conduire. Un constat qui pousse l’Anaser à intensifier ses actions de prévention ciblées, en particulier dans les zones à forte affluence comme les gares routières.

Pour faire face à cette hécatombe, l’Anaser mise sur la sensibilisation de proximité, en multipliant les campagnes d’éducation routière et en insistant sur la responsabilité individuelle des usagers. « La lutte contre l’insécurité routière ne se gagnera pas seulement par des mesures coercitives, mais aussi par un changement profond de comportements », a insisté Atoumanę Sy.

À l’heure où le gouvernement intensifie les efforts pour moderniser les infrastructures de transport et structurer le secteur des mobilités, l’appel de l’Anaser souligne l’urgence d’impliquer tous les acteurs – conducteurs, piétons, autorités locales et partenaires – dans un combat commun contre la violence routière, devenue l’un des fléaux majeurs du pays.

Mobilité urbaine : la Banque mondiale accorde plus de 56 milliards FCFA pour transformer les transports au Sénégal

La Banque mondiale vient d’approuver un important financement de 100 millions de dollars, soit plus de 56 milliards de francs CFA, en faveur du Sénégal, à travers l’Association internationale de développement (IDA). Cette enveloppe est destinée à soutenir un ambitieux projet de transformation de la mobilité urbaine, en particulier dans l’agglomération de Dakar, mais aussi dans plusieurs villes secondaires du pays.

Intitulé « Projet de mobilité urbaine durable à Dakar », ce programme marque un tournant stratégique dans la politique de transport du Sénégal. Il vise à créer un système intégré de transport moderne, combinant le Train Express Régional (TER), le Bus Rapid Transit (BRT) et des lignes de bus restructurées et hiérarchisées. L’objectif est de décongestionner Dakar, d’améliorer l’accessibilité des quartiers périphériques et d’optimiser les trajets urbains pour près de 3,8 millions de personnes.

L’un des volets majeurs du projet est la professionnalisation des acteurs du transport informel. La majorité des déplacements urbains au Sénégal repose sur un réseau de mini-bus, souvent vétuste et mal organisé. Le projet entend formaliser ce secteur en mettant en place des formations structurées, en soutenant le renouvellement des flottes de véhicules et en favorisant l’intégration des transporteurs informels dans un cadre légal, garantissant à terme une meilleure protection sociale et des parcours professionnels plus durables.

Au-delà de l’aspect social, le projet accorde une place centrale aux enjeux environnementaux. Les nouvelles infrastructures seront conçues selon des normes de résilience climatique, incluant des dispositifs renforcés de drainage pour prévenir les inondations récurrentes à Dakar. Le recours à des autobus à faibles émissions s’inscrit dans la volonté de réduire l’empreinte carbone du transport urbain tout en améliorant la qualité de l’air.

Ce programme de mobilité durable s’inscrit dans la Vision 2050 du Sénégal, qui prévoit un développement harmonieux, durable et équitable du territoire. Il s’appuie également sur des partenariats public-privé jugés essentiels pour accélérer la réalisation d’infrastructures de grande envergure et garantir leur viabilité économique. En plus de l’amélioration immédiate de la circulation à Dakar, le projet prépare déjà le terrain pour une deuxième phase, avec des études prévues pour une seconde ligne BRT et des investissements à venir dans d’autres centres urbains.

Keiko Miwa, directrice de la division Sénégal de la Banque mondiale, a salué cette initiative qu’elle considère comme un catalyseur de transformation. Elle a souligné que ce projet offrira des opportunités économiques à des millions de Sénégalais, tout en apportant une réponse concrète à l’un des défis majeurs des grandes métropoles africaines : la mobilité urbaine.

Ce financement de plus de 56 milliards FCFA marque donc le début d’une nouvelle ère pour les transports urbains au Sénégal. Il vise non seulement à améliorer les conditions de déplacement, mais aussi à moderniser un secteur vital pour l’économie nationale et le bien-être des populations.

Distribution de semences à Mabo : une polémique symptomatique d’un système à bout de souffle

La commune de Mabo, dans la région de Kaffrine, est devenue le théâtre d’un nouvel épisode de la crise silencieuse mais persistante qui gangrène la distribution des semences agricoles au Sénégal. Une vidéo virale montrant des sacs de graines d’arachide suspectées de mauvaise qualité an mis le feu aux poudres et ravivé un vieux débat sur la viabilité du système semencier national.

Dans plusieurs villages de Mabo, des producteurs, très en colère, ont catégoriquement refusé de recevoir les sacs incriminés, jugeant leur contenu impropre à la culture. Pour nombre d’entre eux, il ne s’agit pas d’un incident isolé. « Chaque année, la qualité des graines pose problème. Parfois, on nous les impose même si elles ne sont pas bonnes », déplore Thierno Dieng, président de l’Alliance nationale pour le développement rural (Ande rurale).

La gravité de la situation pousse certains à penser que Mabo n’est qu’un maillon visible d’une chaîne plus vaste de dysfonctionnements. « Ce qui est arrivé à Mabo peut se reproduire ailleurs. Ce sont les mêmes semences qu’on distribue partout au Sénégal », affirme Cheikh Cissé, secrétaire général des agriculteurs du bassin arachidier. Pour lui, les semences ne sont tout simplement plus viables.

Le véritable problème semble plus profond : il réside dans l’absence de reconstitution efficace du capital semencier national. Bien qu’un programme de relance soit officiellement confié à l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), ce dernier fait face à un déficit criant de moyens. Cheikh Cissé révèle que l’Isra dispose de variétés performantes capables de produire jusqu’à 5 tonnes à l’hectare, mais faute de financement, ces semences ne sont pas multipliées. « On continue à perdre 4 300 kg à l’hectare à cause de cette inaction », regrette-t-il.

Les critiques ne s’arrêtent pas à la production : la chaîne de contrôle elle-même est mise en cause. Thierno Dieng évoque des failles structurelles. « Il est facile pour un opérateur malhonnête de tromper la vigilance des commissions en plaçant des semences de mauvaise qualité au fond des sacs », soutient-il. Il plaide pour un renforcement du rôle des coopératives agricoles, seules selon lui capables de garantir une gestion transparente et durable du capital semencier. « Tant qu’on confiera la mission à des opérateurs privés mus par le profit, les dérives persisteront », prévient-il.

Le ministère de l’Agriculture, par la voix de Modou Diarra, chef du service départemental du développement rural de Mbirkilane, tente de calmer le jeu. Il soutient que les villages cités dans la vidéo virale n’avaient même pas encore reçu de semences au moment des faits. « Chaque année, des vidéos surgissent, mais la réalité est souvent tout autre », relativise-t-il.

Modou Fall, président de la Fédération des organismes privés stockeurs et transporteurs, va dans le même sens. Il rappelle que les opérateurs investissent massivement et qu’ils n’ont aucun intérêt à saboter leurs propres livraisons. « En cas d’anomalie, les sacs sont remplacés. Cela ne devrait pas devenir une affaire nationale », affirme-t-il.

À Ndiognick, un exemple de rigueur est avancé : un camion a récemment été refoulé après que du sable a été trouvé dans certains sacs. Un signal, selon le ministère, que les contrôles sont bien réels et que les abus ne sont pas tolérés.

Le débat dépasse largement la seule commune de Mabo. Il touche à la souveraineté agricole du Sénégal, à la sécurité alimentaire et à la survie de milliers de producteurs. À quelques jours du pic de l’hivernage, les perspectives restent préoccupantes : « Les semences sont vieilles, déstructurées. Il est trop tard pour espérer une amélioration cette année », lâche Cheikh Cissé, visiblement amer.

En attendant une réforme structurelle de la filière semencière et une véritable relance du capital de semences, la confiance des producteurs s’effrite, mettant en péril une campagne agricole déjà sous tension.

L’affaire de Mabo n’est pas qu’un simple couac logistique. Elle illustre un mal profond, celui d’un système semencier fragile, soumis à des intérêts divergents et à des failles multiples. Si rien n’est fait, c’est toute l’agriculture sénégalaise qui risque de semer dans le vent.

Affaire AEE Power : la réponse de Jean-Michel Sène à Thierno Alassane Sall

Le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean-Michel Sène, a vivement répondu au député Thierno Alassane Sall, suite à la question écrite que ce dernier a adressée au ministre des Finances concernant la validité des garanties fournies dans le cadre du contrat controversé avec AEE Power.

Dans une sortie musclée publiée ce week-end, M. Sène accuse le parlementaire d’instrumentaliser le dossier à des fins purement politiciennes, et de faire preuve d’une « méconnaissance inquiétante » des mécanismes de garanties dans les marchés publics, en dépit de son passé d’ancien ministre.

« Vous confondez vacarme médiatique et action publique. Le temps est venu de mettre fin au spectacle. Rideau. », lance-t-il en ouverture.

Jean-Michel Sène précise que les garanties en question ont été émises le 20 mars 2024, avant l’élection présidentielle et avant sa propre nomination à la tête de l’ASER en juillet 2024. Selon lui, l’ancien directeur général de l’agence a initié le processus de paiement des avances deux jours seulement avant l’élection, le 22 mars 2024. Une chronologie que M. Sène considère comme décisive pour démonter « la fable » portée par Thierno Alassane Sall.

Il dément également l’accusation selon laquelle la SONAC, chargée d’émettre les garanties, n’aurait pas répondu aux interpellations de l’ARCOP (Autorité de régulation de la commande publique), affirmant que deux réponses écrites ont bien été transmises à l’autorité de régulation.

Au-delà de la défense du dossier AEE Power, Jean-Michel Sène met en avant les résultats de l’ASER sous sa direction :

« À mi-année 2025, plus de 320 localités rurales ont été électrifiées, là où vous peiniez à dépasser la centaine sur une année », déclare-t-il à l’endroit du député.

Il assure que 42 localités ont déjà été électrifiées dans le cadre du projet AEE Power, dépassant l’objectif initial de 40 localités fixé pour fin juin, et promet 360 localités électrifiées d’ici fin décembre 2025.

Dans un ton direct, il lance une invitation à un débat public à Thierno Alassane Sall, en lui promettant la mise à disposition de l’intégralité de la documentation liée au contrat :

« Vous souhaitez connaître la vérité ? Honnêtement ? Je vous ouvre grand les portes. Venez débattre. »

En guise de contre-attaque, le DG de l’ASER exhume l’affaire OS Myna, un contrat de 60 milliards FCFA censé électrifier 1 144 localités en 12 mois, dont seulement 368 auraient été électrifiées en dix ans, avec 45 milliards déjà décaissés.

Jean-Michel Sène pointe la responsabilité directe de Thierno Alassane Sall, à l’époque ministre de tutelle de l’ASER, dans la gestion de ce projet, qualifiant cette affaire de « véritable scandale » aux antipodes du dossier AEE Power.

« Cette responsabilité, vous ne pouvez pas vous en débarrasser. Elle vous suivra comme une ombre. »

Cette passe d’armes marque une nouvelle intensification de la tension entre le gouvernement et une partie de l’opposition sur la gestion des projets d’électrification. Si les accusations de surfacturation, de manipulation politique ou d’opacité demeurent au cœur du débat, le bras de fer entre Jean-Michel Sène et Thierno Alassane Sall illustre surtout le climat électrique — c’est le cas de le dire — autour de la transparence dans les marchés publics.

Affaire des primes d’assurances de la SONAC-SA : TAS persiste et signe après les explications du Directeur national des Assurances

Le bras de fer entre le député Thierno Alassane Sall, président du groupe parlementaire Taxawu Senegaal (TAS), et le ministère des Finances autour du paiement des primes d’assurance dans le cadre du marché d’électrification rurale confié à AEE Power Espagne continue de faire des vagues.

Suite aux déclarations du Directeur national des Assurances (DNA), Mamadou Dème, sur les ondes de la RFM, qui affirmait que la prime d’assurance avait été réglée le 20 juin 2024, soit 92 jours après l’émission des garanties, et que ce délai respectait largement les 180 jours autorisés par la loi, Thierno Alassane Sall a décidé de remettre les pendules à l’heure.

Le député s’interroge publiquement : « Qui le Directeur national des Assurances cherche-t-il à protéger ? ». Pour TAS, les explications du DNA ne résistent pas à un examen approfondi. Il rappelle que l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) a, à trois reprises, demandé à la SONAC la preuve que les primes relatives aux garanties avaient bien été payées dans les délais impartis. Cette démarche s’inscrit dans le respect strict des règles encadrant les marchés publics, où un paiement tardif peut entraîner la nullité irrévocable du marché.

Malgré ces relances répétées, le député souligne que le DNA, qui avait reçu ces courriers, n’a jamais présenté à l’ARCOP la moindre dérogation officielle justifiant le paiement tardif des primes, effectué le 14 juin 2024, soit trois mois après l’émission des garanties. TAS insiste sur un principe fondamental du droit administratif : une dérogation est une exception à la règle qui doit être formalisée par un document écrit, précisant notamment sa date d’entrée en vigueur et sa durée. Or, aucune dérogation de ce type n’a été prévue ou communiquée dans le cadre de ce marché.

Par ailleurs, le député cite un élément contractuel majeur, rappelé dans les factures émises par la SONAC à AEE Power EPC, qui conditionne expressément la prise d’effet du contrat au paiement préalable de la prime d’assurance. Ce point contractuel vient renforcer la position de TAS selon laquelle le paiement tardif remet en cause la validité de la garantie.

Face à ces contradictions, Thierno Alassane Sall promet de poursuivre son combat et d’apporter prochainement de nouvelles révélations sur cette affaire qu’il qualifie de « scandale à multiples rebondissements ».

Cette opposition frontale entre le député et le ministère des Finances, via le Directeur national des Assurances, illustre la tension persistante autour de la transparence et du respect des procédures dans la gestion des marchés publics au Sénégal. La suite de cette controverse est attendue avec attention par l’opinion publique.

Fatick / Journée de l’Excellence : L’Engagement d’un Fils du Terroir

Ce lundi, la cour de l’école de Khondiogne, dans l’arrondissement de Tattaguine, a vibré au rythme de la Journée de l’Excellence, une cérémonie dédiée à la reconnaissance des meilleurs élèves et des acteurs du développement local.

Placée sous le signe de l’engagement citoyen pour une éducation de qualité, cette journée a été marquée par une forte mobilisation des populations, des autorités locales, des enseignants et, surtout, par la présence remarquée d’un fils du terroir : Birama Ndiaye, journaliste à Sud FM, dont l’implication a été unanimement saluée.

Comme chaque année, les meilleurs élèves des écoles primaires ont été honorés pour leurs brillants résultats scolaires. Des remises de diplômes et de fournitures scolaires ont ponctué la cérémonie, dans une ambiance festive animée par des prestations culturelles des jeunes de la localité.

Président d’une association de développement et profondément attaché à sa communauté d’origine, Birama Ndiaye s’est distingué par des actions concrètes en faveur de l’éducation.

« L’école élémentaire de Khondiogne (Tattaguine) m’a décerné ce diplôme de reconnaissance pour services rendus à l’éducation et à l’amélioration des conditions d’enseignement-apprentissage dans la localité. »

C’est devant les parents d’élèves, les élèves, les sympathisants et toute la communauté éducative que M. Ndiaye a reçu cet honneur.

« Je salue cet acte à sa juste valeur. Je remercie l’ensemble du personnel enseignant et le collectif des directeurs d’écoles qui ne ménagent aucun effort pour offrir à nos enfants un cadre adéquat d’apprentissage », a-t-il déclaré.

Profitant de cette tribune, le parrain a lancé un appel fort :

« J’invite tous mes concitoyens à œuvrer pour une meilleure amélioration de l’enseignement-apprentissage dans nos localités respectives. »

S’adressant aux élèves, il a ajouté :

« Donnez le meilleur de vous-mêmes pour que les sacrifices consentis par vos parents ne soient pas vains. Travaillez bien pour réussir les examens du CFEE prévus les 19 et 20 juin prochains. »

Profondément ému par la reconnaissance qui lui a été témoignée, Birama Ndiaye a conclu :

« Aujourd’hui, grâce à cette terre qui m’a vu naître, il est de mon devoir de rendre à cette communauté ce qu’elle m’a donné. L’éducation est la clé du développement, et c’est ensemble que nous devons bâtir l’avenir. »

Cette Journée de l’Excellence n’a pas seulement célébré le mérite scolaire. Elle a aussi mis en lumière un modèle d’engagement citoyen, inspirant pour la jeunesse et porteur d’espoir pour le développement local. Birama Ndiaye en est aujourd’hui un symbole vivant.

Affaire AEE Power EPC : l’État clarifie le rôle de la SONAC dans l’émission des garanties

Au milieu d’une controverse grandissante autour du marché public d’électrification rurale attribué à l’entreprise espagnole AEE Power EPC S.A.U, le ministère des Finances et du Budget a apporté des clarifications sur les garanties d’assurance émises par la SONAC, la Société nationale de Crédit et de Cautionnement. Ce marché, signé le 23 février 2024 avec l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), porte sur un montant global de 91,97 milliards de francs CFA. La polémique s’est cristallisée autour des conditions d’émission et de validité des garanties, mais surtout sur l’ampleur des montants annoncés, estimés à 37 milliards FCFA, que certains ont qualifiés d’irréguliers voire fictifs.

Dans une note explicative publiée par sa cellule de communication, le ministère affirme que la SONAC a bien émis, le 20 mars 2024, trois garanties dans le cadre du contrat : une pour l’avance de démarrage du projet, une seconde pour les dépenses déjà engagées par l’entreprise, et une dernière pour garantir la bonne exécution des travaux. Ces garanties sont prévues contractuellement et encadrées juridiquement. Leur validité, explique le ministère, repose sur le paiement d’une prime d’assurance, conformément à l’article 13 du Code des assurances de la CIMA, la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances. Ce texte prévoit notamment un délai maximal de 180 jours pour régler la prime lorsqu’il s’agit de risques contractés avec l’État ou ses démembrements.

Dans ce cas précis, la prime d’assurance a été payée par virement bancaire le 20 juin 2024, soit exactement 90 jours après l’émission des garanties. Ce délai respecte donc largement les 180 jours autorisés. Le ministère dément ainsi toute irrégularité, en précisant que cette pratique est tout à fait conforme à la législation applicable aux assurances liées aux marchés publics.

La note revient également sur les montants de 37 milliards FCFA souvent évoqués dans les débats publics. Ces chiffres ne renvoient pas au montant de la prime versée à l’assureur, mais à celui des capitaux assurés. Il s’agit de l’enveloppe totale couverte par les trois garanties émises pour sécuriser les engagements de l’entreprise adjudicataire. La prime réelle payée par AEE Power EPC pour bénéficier de cette couverture s’élève à 947 millions de francs CFA par an. Le chiffre de 37 milliards FCFA correspond donc à l’engagement financier maximal de la SONAC dans le cadre du contrat, et non à une somme encaissée ou distribuée.

Le ministère insiste sur le fait que les garanties émises remplissent toutes les conditions de validité juridique. Elles s’inscrivent dans un cadre légal strict, avec des modalités d’engagement bien établies. L’assureur, dans ce type de montage, peut exiger des contreparties financières ou juridiques de la part de l’entreprise, comme des cautions solidaires, des dépôts ou des garanties bancaires. Il peut aussi recourir à la réassurance pour se prémunir contre les risques liés à l’exécution du marché.

Enfin, le document publié par le ministère vise à rassurer l’opinion sur la régularité de la procédure. Il affirme que les garanties délivrées ne sont ni fictives, ni irrégulières, et que leur émission respecte les normes juridiques et techniques en vigueur. Le respect des délais, la transparence sur les montants engagés et la traçabilité des paiements sont mis en avant comme gages de conformité.

En résumé, les autorités cherchent à dissiper les soupçons d’irrégularités autour d’un projet stratégique pour l’électrification rurale au Sénégal. À travers cette mise au point, le ministère des Finances veut réaffirmer le sérieux du dispositif national d’assurance des marchés publics, tout en appelant à une lecture rigoureuse et contextualisée des chiffres avancés dans les débats publics.

Sénégal : les travailleurs de la justice en grève de 48 heures à partir du 18 juin

Le secteur de la Justice va connaître de fortes perturbations. Le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) a annoncé ce mardi le déclenchement d’une grève de 48 heures, prévue les mercredi 18 et jeudi 19 juin 2025. Ce mouvement intervient après plusieurs mois d’attente infructueuse, selon le syndicat, qui fustige l’inaction du gouvernement face à des revendications jugées légitimes.

Dans un communiqué transmis à la presse, le SYTJUST exige l’alignement de tous les greffiers à la hiérarchie A2, conformément aux engagements antérieurs, ainsi que le reclassement automatique des agents des hiérarchies B et C ayant au moins cinq ans d’ancienneté dans le corps des greffiers, sans exigence de formation préalable.

Le syndicat rappelle avoir observé une trêve sociale de 14 mois, depuis le 22 mars 2024, espérant une réponse favorable des nouvelles autorités installées après la dernière alternance politique. Mais cette patience, souligne-t-il, n’a rencontré « aucune avancée notable ».

« Le statu quo est devenu insupportable. L’attitude attentiste des autorités trahit un manque de volonté politique flagrant », déplore le communiqué du SYTJUST, qui ajoute que les agents sont aujourd’hui contraints à la grève « pour obtenir le respect de droits pourtant consacrés par les textes en vigueur ».

Le préavis de grève, déposé depuis le 7 février 2025, incluait déjà ces doléances. Le syndicat regrette qu’aucune négociation sérieuse n’ait été engagée depuis lors, malgré les alertes répétées sur les risques de paralysie du service public de la justice.

Tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue, le SYTJUST prévient : « Nous ne transigerons pas sur la dignité professionnelle et les acquis statutaires des travailleurs de la justice ». Le bras de fer semble désormais engagé.

Polémique sur les primes de la SONAC-SA : le directeur des assurances répond à Thierno Alassane Sall

Le directeur des Assurances du Sénégal, Mamadou Dème, est sorti de son silence pour répondre aux accusations portées par le député Thierno Alassane Sall, président du groupe parlementaire Républicains Dëgg Moo Woor. Ce dernier avait récemment mis en cause la régularité du paiement des primes d’assurance émises par la SONAC-SA dans le cadre du marché d’électrification rurale confié à AEE Power Espagne, un contrat d’envergure estimé à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Invité sur les ondes d’Iradio, Mamadou Dème a formellement démenti toute irrégularité, apportant des précisions techniques sur la nature des garanties en cause, leur montant réel ainsi que sur le respect des délais légaux de paiement. Selon lui, « la prime d’assurance a bel et bien été réglée le 20 juin 2024, soit 92 jours après l’émission de la garantie ». Ce délai, assure-t-il, reste largement conforme aux dispositions du Code CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances), qui autorise un règlement dans un délai de 180 jours après la signature du contrat.

Répondant aux chiffres avancés par le député, M. Dème précise que les « 37 milliards » évoqués ne représentent pas un montant de primes impayées, mais bien les capitaux sous risque garantis par la SONAC. Ces garanties correspondent, selon lui, à deux avances de démarrage accordées à l’entreprise AEE Power : l’une d’un montant de 18,366 milliards FCFA et l’autre de 18,394 milliards FCFA. Soit un total d’environ 37 milliards FCFA couverts par la compagnie nationale d’assurance.

« Il y a une différence entre les capitaux garantis par la SONAC et la prime payée pour bénéficier de cette protection », a-t-il insisté. À ce titre, le montant réel de la prime perçue par l’assureur public s’élève à 247 346 633 FCFA, et non aux dizaines de milliards évoqués à tort dans l’espace public. Toujours selon le directeur, les preuves de ce paiement ont été transmises à l’ARMP (Autorité de Régulation des Marchés Publics), en toute transparence.

Mamadou Dème a également tenu à rappeler le cadre juridique qui encadre ces opérations. Il s’est appuyé sur l’article 13 du Code CIMA pour justifier la temporalité du paiement : « Le principe est que vous devez payer la prime après la conclusion du contrat. Les mises en garanties et les primes ont donc été payées conformément aux règles. »

En conclusion, cette sortie du directeur des Assurances vise non seulement à rassurer sur la régularité de l’opération, mais aussi à lever toute suspicion de fraude ou de mauvaise gestion autour d’un marché très médiatisé. Reste à voir si cette mise au point suffira à apaiser les critiques dans un climat politique où la transparence et la redevabilité sont scrutées de très près.

Crise entre Air Sénégal et Carlyle Aviation : quatre avions rendus, riposte juridique engagée

Air Sénégal traverse une zone de turbulences financières et juridiques. La compagnie nationale sénégalaise a annoncé la restitution de quatre avions à son bailleur Carlyle Aviation Partners, à compter du 19 juin 2025. Cette décision intervient dans un contexte de conflit aigu entre les deux parties, marqué par une saisie conservatoire de 1,8 milliard FCFA opérée par l’Association du transport aérien international (IATA), à la demande du bailleur américain.

À l’origine de cette crise, un différend portant sur la location d’un Airbus A319 dont le contrat aurait expiré en octobre 2024. Carlyle accuse Air Sénégal de ne pas avoir restitué l’appareil dans les délais, en violation d’un accord d’achat antérieur. Le bailleur reproche également à la compagnie sénégalaise de ne pas avoir respecté les conditions contractuelles, tout en augmentant unilatéralement les prix de location et les tarifs d’achat par la suite. En réaction, Carlyle a saisi l’IATA, qui a décidé de geler les recettes d’Air Sénégal générées via son système de règlement intercompagnies.

Face à cette mesure jugée « abusive et sans fondement juridique », le directeur général adjoint d’Air Sénégal, Farba Diouf, a adressé une mise en demeure ferme au Directeur régional de l’IATA, Fabrice Sahiri. Intitulée « Contestation de la saisie conservatoire appliquée par l’IATA sur nos recettes valant mise en demeure préalable avant poursuite », la correspondance dénonce une « violation manifeste du droit OHADA », en insistant sur le caractère illégal d’une saisie sur des recettes futures. La direction d’Air Sénégal exige donc la levée immédiate de cette mesure et la restitution des fonds retenus depuis mars 2025.

Dans sa contre-offensive, la compagnie va jusqu’à accuser l’IATA de s’arroger des prérogatives supérieures à celles d’une banque centrale comme la BCEAO, et demande à l’organisation de produire les textes juridiques internationaux autorisant une telle saisie. Air Sénégal conteste aussi la méthode utilisée par Carlyle, estimant que le contentieux aurait dû être réglé dans un cadre contractuel ou arbitral, plutôt que via un gel unilatéral des avoirs.

En parallèle à la riposte juridique, la compagnie a pris une décision radicale : mettre fin à sa collaboration avec Carlyle Aviation Partners et restituer les quatre avions affrétés, soit deux Airbus A319 et deux Airbus A321. Deux de ces appareils sont déjà immobilisés à Châteauroux, en France, signe d’un désengagement entamé depuis plusieurs semaines.

Consciente des risques de perturbations que pourrait entraîner cette rupture dans sa flotte, la direction d’Air Sénégal a déjà sollicité son Conseil d’administration afin d’autoriser l’affrètement de nouveaux appareils. Selon L’Observateur, les constructeurs Boeing et Airbus ont tous deux soumis des offres de location à court terme, en attendant la validation formelle du Conseil.

Cette affaire met en lumière les difficultés structurelles auxquelles fait face Air Sénégal depuis sa création en 2016, malgré les ambitions de faire émerger une compagnie moderne et compétitive dans le ciel africain. Entre pressions financières, exigences de rentabilité et litiges commerciaux, la compagnie nationale doit désormais naviguer avec prudence pour éviter une crise plus profonde.

Suppression du concours d’entrée en sixième dès 2026 : Moustapha Guirassy justifie une réforme majeure au nom de la loi et de l’équité

Le concours d’entrée en classe de Sixième vivra sa dernière édition en 2025. À partir de 2026, tous les élèves du cycle élémentaire accéderont automatiquement au collège, sans avoir à se soumettre à cette évaluation nationale longtemps considérée comme un rite de passage. C’est l’annonce majeure faite par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, lors d’une conférence de presse organisée ce lundi. Cette mesure, selon le ministre, répond d’abord à une exigence légale mais aussi à une volonté politique d’inclusion et de justice sociale.

Revenant sur les fondements juridiques de cette décision, Moustapha Guirassy a rappelé que la loi d’orientation de l’éducation nationale (loi n°91-22 du 16 février 1991) impose une obligation scolaire gratuite pour tous les enfants de 6 à 16 ans. Dès lors, maintenir un concours d’admission à la fin du cycle primaire, susceptible d’exclure certains enfants du parcours scolaire, constitue selon lui une entorse manifeste à la loi. « Il n’a pas 16 ans, il n’a pas encore fait ses 10 ans de scolarité obligatoire, mais vous l’empêchez de poursuivre son cursus parce qu’il a échoué à un concours… Ce n’est pas juste », a martelé le ministre, ajoutant qu’il s’agit pour le gouvernement de « se conformer strictement à la loi ».

La suppression de ce concours répond aussi à une logique de justice sociale. De nombreux élèves, notamment dans les zones rurales ou défavorisées, échouent non pas par manque de capacités mais en raison d’inégalités d’accès à des conditions d’apprentissage acceptables. « Ce concours détruit beaucoup de carrières », a déploré Guirassy, en référence aux destins brisés de milliers d’enfants dont le parcours éducatif s’arrête prématurément pour une note insuffisante.

En écho à la décision du Premier ministre Ousmane Sonko lors de la réunion interministérielle du 30 mai 2025, cette mesure s’inscrit dans le cadre plus large d’une réforme du cycle fondamental, visant à garantir une scolarisation continue sur 10 ans. Le ministre de l’Éducation a assuré que l’État prendra ses responsabilités pour accompagner les établissements, les enseignants, les parents et les élèves dans cette transition.

« Le gouvernement fera face à ses obligations. Il nous revient de gérer cette phase et de trouver les moyens d’accompagner les enfants durant ces 10 années de scolarité obligatoire. Il faut donc aller naturellement dans le sens de la suppression de ce concours », a conclu le ministre.

La décision soulève déjà de nombreuses réactions, entre soutien enthousiaste et inquiétudes logistiques. Toutefois, pour les autorités, il s’agit moins d’un choix politique que d’un impératif républicain : celui de garantir à tous les enfants sénégalais un droit plein et entier à l’éducation, sans barrière artificielle.

Kaolack : Démantèlement d’un réseau criminel aux Parcelles Assainies « Peugha »

Le Commissariat central de Kaolack a récemment frappé un grand coup dans la lutte contre l’insécurité urbaine et le trafic de drogue, en procédant à l’interpellation de neuf (09) individus impliqués dans une série d’activités criminelles.

L’opération, menée suite à un renseignement de source fiable, visait un groupe de jeunes qui occupait une chambre au quartier Parcelles Assainies « Peugha ». Ces individus étaient soupçonnés de se livrer à diverses activités illicites, notamment le trafic de chanvre indien, des agressions, des vols aggravés et de la prostitution clandestine.

Une perquisition effectuée à l’adresse signalée a permis, dans un premier temps, l’arrestation de six (06) personnes, parmi lesquelles figurait une jeune fille. Les éléments de preuve saisis sur les lieux renforcent la gravité des accusations : cinq (05) cornets de chanvre indien, deux (02) motos de type Jakarta, plusieurs bouteilles d’alcool, une sacoche, des cartes bancaires ainsi qu’une carte nationale d’identité.

Poursuivant leur enquête, les forces de sécurité ont appréhendé trois (03) autres individus, dont une autre jeune fille, en lien avec les faits.

L’ensemble des personnes interpellées ont été placées en garde à vue. Une enquête approfondie est en cours, avec pour objectif de retrouver d’éventuels complices et de démanteler complètement ce réseau criminel.

Petite précision sur la dette intérieure du Sénégal : un éclairage de Pape Malick Ndour

Dans une lettre adressée au Professeur Ndiaye, l’ancien ministre Pape Malick Ndour apporte un éclairage crucial sur la situation actuelle de la dette intérieure du Sénégal et sur la capacité du pays à mobiliser son épargne nationale pour financer ses besoins budgétaires.

Il remercie d’abord le Professeur pour sa contribution au débat sur le fonctionnement du marché UEMOA-Titres, mais précise que le vrai problème ne réside pas dans la structuration mutualisée du marché, reconnue par tous, mais plutôt dans l’incapacité spécifique du Sénégal, ces derniers mois, à mobiliser ses ressources nationales.

Pour illustrer ce propos, il cite l’exemple de la Côte d’Ivoire. Le 10 juin dernier, la Côte d’Ivoire a réussi à lever 110 milliards de FCFA, dont 109 milliards ont été souscrits par ses propres banques et investisseurs nationaux. En comparaison, le Sénégal n’a contribué qu’à hauteur de 230 millions FCFA à cette opération. Plus récemment, le 14 juin, la Côte d’Ivoire a levé 33 milliards, avec 28,3 milliards provenant de son épargne locale, sans aucune contribution du Sénégal. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et démontrent une réalité économique difficile pour le Sénégal.

Historiquement, comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal couvrait jusqu’à plus de 50 % de ses besoins de financement grâce à son épargne interne. Cette époque semble révolue. Désormais, le Sénégal dépend largement des souscriptions ivoiriennes pour financer ses émissions sur le marché régional, ce qui traduit une double faiblesse : une économie locale asphyxiée et un système bancaire national sous-liquide et frileux.

Le financement par les banques sénégalaises repose essentiellement sur les ressources longues et les dépôts issus des acteurs économiques locaux, notamment les hommes d’affaires, commerçants, PME, PMI et autres entreprises. Or, ces acteurs traversent une période économique particulièrement difficile. La morosité économique, la pression fiscale accrue, les licenciements, les difficultés administratives et politiques, le manque d’accès aux marchés publics et la raréfaction des opportunités d’affaires minent leur capacité à épargner et investir, ce qui affaiblit mécaniquement la capacité du système bancaire à soutenir l’État.

Dans ce contexte, il est illusoire de croire que les banques et investisseurs locaux peuvent continuer à financer l’État avec la même vigueur. La vitalité économique est la condition sine qua non pour mobiliser l’épargne nationale.

Ainsi, ce n’est pas la structure même du marché régional qui pose problème, mais bien la situation économique interne du Sénégal. Tandis que la Côte d’Ivoire capitalise sur la confiance et la solidité de son tissu économique, le Sénégal peine à mobiliser ses propres investisseurs, se retrouvant en situation de dépendance malgré l’existence d’un marché intégré et mutualisé.

Le véritable enjeu, conclut Pape Malick Ndour, est donc d’adresser cette réalité économique avec lucidité et sans se perdre dans des débats techniques. Ce n’est pas la mutualisation du marché qui est à remettre en cause, mais la capacité du Sénégal à restaurer la confiance de ses acteurs économiques pour relancer la mobilisation de son épargne nationale.

Kolda : le personnel du Forum Civil formé à l’intelligence artificielle pour renforcer son efficacité

À Kolda, le personnel du Forum Civil a récemment bénéficié d’une formation intensive sur l’intelligence artificielle (IA), une avancée significative dans l’adaptation des pratiques de la société civile aux évolutions technologiques. Cette initiative, rendue possible grâce au soutien de la Mairie de Barcelone, vise à renforcer les compétences des acteurs locaux pour mieux exploiter les outils numériques dans leurs missions quotidiennes.

L’objectif principal de cette formation était de familiariser les participants avec l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la collecte, l’analyse et le partage des données. Ces données sont essentielles pour orienter efficacement les interventions auprès des communautés, des autorités locales et des partenaires, et permettent d’améliorer la prise de décision ainsi que la réactivité des organisations citoyennes.

M. Sané, directeur du Centre de Recherche et d’Essai de Kolda et formateur lors de cette session, a insisté sur l’importance de l’intelligence artificielle dans un monde où la rapidité et la qualité de l’information sont des enjeux majeurs. Il a expliqué que ces nouvelles technologies offrent des outils pratiques qui permettent d’optimiser la gestion des données et de rendre le travail citoyen plus performant.

De son côté, Me Seydi, coordinateur de la Maison du Citoyen de Kolda, a salué cette formation en soulignant son impact positif sur l’efficacité du personnel de terrain. Selon lui, cette acquisition de compétences est un atout majeur pour mieux répondre aux attentes des citoyens, améliorer la communication et assurer la qualité des interventions menées par le Forum Civil.

Cette démarche témoigne de la volonté du Forum Civil de Kolda de s’adapter aux mutations technologiques et de moderniser ses méthodes de travail. En intégrant l’intelligence artificielle dans ses processus, l’organisation se positionne comme une société civile innovante, plus connectée et plus réactive face aux défis locaux. Cette formation marque donc un pas important vers une meilleure utilisation des technologies numériques au service du développement et de la gouvernance locale.

Naufrage de Mbour : Cheikh Sall condamné à 7 ans de prison ferme malgré le pardon des familles

Le Tribunal de grande instance de Mbour a rendu ce lundi 16 juin 2025 son verdict dans l’affaire du naufrage survenu au large de la Petite-Côte le 8 septembre 2024, un drame qui avait coûté la vie à quarante candidats à l’émigration clandestine. Le principal accusé, Cheikh Sall, capitaine de la pirogue et frère du maire de Mbour, Cheikh Issa Sall, a été condamné à une peine de sept ans de prison ferme. Une décision qui va au-delà des deux ans requis par le parquet lors du procès tenu en mai dernier.

Son co-accusé, identifié comme étant le fournisseur du carburant ayant servi à alimenter la pirogue, a quant à lui écopé de deux ans d’emprisonnement.

Ce verdict intervient malgré un élément exceptionnel dans ce dossier : le pardon public des familles des victimes. Ces dernières avaient choisi de retirer leur plainte, exprimant leur compassion à l’endroit de l’accusé principal, dont plusieurs enfants ont péri dans le naufrage. Ce geste de clémence n’a toutefois pas été retenu par le juge, qui a estimé que la gravité des faits exigeait une réponse judiciaire ferme.

Le naufrage de septembre 2024 avait ému l’ensemble du pays. La pirogue, manifestement surchargée et mal équipée, transportait des dizaines de jeunes hommes et femmes aspirant à rejoindre clandestinement l’Europe. Elle a chaviré dans des circonstances tragiques peu après avoir quitté les côtes de Mbour. Parmi les victimes figuraient plusieurs enfants, dont ceux du capitaine lui-même, renforçant la dimension tragique de l’affaire.

Le jugement de ce lundi est perçu par certains comme un signal fort des autorités judiciaires face au phénomène récurrent des départs irréguliers par voie maritime. Alors que le Sénégal continue de faire face à une vague persistante d’émigration clandestine, cette condamnation pourrait marquer un tournant dans la répression des filières locales impliquées dans l’organisation de ces traversées périlleuses.

Actes de sabotage sur le TER : la SETER et la SENTER dénoncent les faits et rassurent les usagers

Le Train Express Régional (TER), fleuron du transport ferroviaire au Sénégal, a été la cible d’actes de sabotage les 13 et 14 juin 2025, selon une déclaration conjointe de la Société nationale de Gestion du Patrimoine du TER (SENTER) et de la Société d’Exploitation du TER (SETER). Les deux structures dénoncent avec fermeté des actions délibérées ayant visé des « équipements stratégiques essentiels à la bonne marche de la circulation ferroviaire ».

Ces actes malveillants, précisent-elles, ont occasionné d’importants ralentissements et perturbations sur l’ensemble de la ligne du TER. Le communiqué évoque notamment des retards sur plusieurs dessertes ainsi qu’un « surcoût significatif » dû aux réparations nécessaires et au remplacement des dispositifs endommagés.

Malgré ces incidents, les responsables de la SETER et de la SENTER tiennent à rassurer les usagers. Ils soulignent que la sécurité des installations n’a à aucun moment été compromise. Toutefois, en raison des dégradations, des limitations de vitesse ont été imposées par précaution, ce qui impacte momentanément la fluidité du trafic.

La direction des deux entités assure que toutes les mesures sont prises pour rétablir au plus vite la situation et pour renforcer la surveillance sur le réseau ferroviaire. Une enquête serait en cours pour identifier les auteurs de ces actes jugés « graves et préjudiciables à l’intérêt général ».

Le TER, lancé pour moderniser le système de transport et désengorger la région dakaroise, a déjà transporté des millions de passagers depuis sa mise en service. Ces actes de sabotage constituent ainsi une attaque directe contre un outil de service public et de développement national.

Comportement dangereux d’un chauffeur : Dakar Dem Dikk identifie le conducteur et déclenche une procédure disciplinaire

La société nationale de transport public Dakar Dem Dikk a réagi ce lundi 16 juin 2025, après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Les images montrent l’un de ses conducteurs en situation de conduite jugée « dangereuse et inappropriée », suscitant de vives réactions chez les usagers et l’opinion publique.

Dans un communiqué officiel, la direction générale de Dakar Dem Dikk confirme avoir rapidement identifié l’auteur des faits. Il s’agit du conducteur du bus urbain immatriculé 6163, en service sur l’axe Keur Massar. L’entreprise indique que « dès la réception de la vidéo et après vérification, le salarié a été immédiatement identifié et une procédure disciplinaire a été engagée sans délai ». La société précise que ces mesures sont conformes à son règlement intérieur et à ses engagements en matière de sécurité.

La direction rappelle que la sécurité des passagers et des autres usagers de la route reste une priorité absolue. « Nous ne saurions tolérer aucun manquement qui pourrait compromettre la sécurité des personnes transportées ou celle des citoyens », souligne le texte.

Dans le même communiqué, Dakar Dem Dikk informe avoir récemment mis en place une plateforme de signalement destinée à recueillir les alertes émanant des usagers. Cet outil vise à renforcer la transparence et à améliorer la réactivité de la société face aux comportements inadaptés.

L’entreprise appelle à une vigilance collective et encourage les citoyens à continuer de signaler toute situation suspecte ou dangereuse. « La sécurité routière est l’affaire de tous », conclut la note, en insistant sur l’importance de la collaboration entre la société de transport, ses passagers et l’ensemble des usagers de la route.

Braquage nocturne sur l’axe Kothiary-Bala : un véhicule de transport intercepté, environ un million de francs CFA emporté

Une attaque armée s’est produite dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 juin 2025 sur l’axe routier Kothiary-Bala, dans le département de Goudiry, à l’extrême sud-est du Sénégal. Selon des informations rapportées par la RFM, trois individus encagoulés, lourdement armés, ont tendu une embuscade à un véhicule de transport en commun aux environs du village de Darou Ndioufène.

Le braquage a eu lieu peu avant minuit. D’après une source sécuritaire citée par la radio, les malfaiteurs ont surgi de l’obscurité pour barrer la route au véhicule. Armés et menaçants, ils ont contraint le chauffeur à immobiliser son véhicule. Les passagers ont ensuite été sommés de descendre avant d’être fouillés, tout comme le véhicule. Les assaillants ont ainsi pu s’emparer d’une importante somme d’argent, estimée à environ un million de francs CFA, ainsi que d’autres effets personnels appartenant aux victimes.

Après avoir accompli leur forfait, les trois braqueurs ont pris la fuite dans la nuit, laissant les passagers sous le choc. Informées dans la foulée, les forces de défense et de sécurité se sont rapidement rendues sur les lieux pour procéder aux constatations d’usage et sécuriser la zone.

Une enquête a été immédiatement ouverte pour identifier et retrouver les auteurs de cette attaque. À l’heure actuelle, aucun suspect n’a été arrêté. Les services de sécurité privilégient la piste d’un gang bien organisé opérant dans cette zone frontalière, connue pour ses difficultés d’accès et la porosité de ses axes secondaires.

Cet incident relance le débat sur la sécurité dans les zones rurales et les grands axes de transport, particulièrement dans le Sud-Est du pays où les actes de banditisme sur route sont récurrents. Les autorités locales sont appelées à renforcer la présence sécuritaire sur ces itinéraires sensibles afin de protéger les populations et les usagers de la route.

Migration clandestine : neuf individus interpellés à Jaxaay, la police ouvre une enquête pour trafic de migrants

Une nouvelle tentative de migration clandestine a été déjouée à Jaxaay, dans la banlieue dakaroise. Selon un communiqué officiel transmis à la presse, les éléments du commissariat d’arrondissement de Jaxaay ont procédé à l’interpellation de neuf personnes soupçonnées d’être impliquées dans un projet de traversée illégale vers l’étranger. L’opération a été déclenchée à la suite d’un renseignement signalant la présence de candidats à l’émigration irrégulière dans une maison située à l’unité 19 du quartier.

Parmi les neuf individus arrêtés figurent deux Sénégalais et sept ressortissants étrangers. Ces derniers auraient, d’après leurs déclarations recueillies par les enquêteurs, quitté leur pays d’origine, situé dans la sous-région ouest-africaine, pour rejoindre Dakar la veille de la fête de la Tabaski. Leur objectif : organiser une traversée clandestine en direction d’un pays étranger, dont la destination précise n’a pas été communiquée.

L’intervention policière a permis de localiser les suspects dans la maison signalée et de procéder à leur interpellation sans heurts. À l’issue des premières auditions, la police a décidé de placer les sept étrangers en garde à vue pour nécessité d’enquête. Quant aux deux Sénégalais, ils sont poursuivis pour des faits présumés de trafic de migrants, une infraction grave au regard de la législation sénégalaise.

Les autorités indiquent que les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des membres du réseau impliqué. L’objectif est de remonter la filière, souvent composée de passeurs organisés, de logisticiens et de facilitateurs locaux ou étrangers. La police n’écarte pas l’hypothèse d’un réseau transfrontalier actif dans plusieurs pays de la sous-région.

Cette affaire intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des tentatives de migration irrégulière, notamment en direction des îles Canaries. Les forces de sécurité sénégalaises renforcent leurs actions de prévention et de répression à travers des patrouilles, des opérations de renseignement et des actions ciblées dans les zones identifiées comme points de départ ou de regroupement.

Les autorités rappellent aux populations les dangers liés à l’émigration clandestine et appellent à la collaboration citoyenne pour signaler toute activité suspecte. Elles réitèrent leur détermination à lutter sans relâche contre les réseaux criminels qui exploitent la vulnérabilité de jeunes désespérés en quête d’un avenir meilleur.

Pèlerinage 2025 : la Délégation Générale au Pèlerinage dément tout abandon de pèlerins sénégalais à la Mecque et rassure les familles

La Délégation Générale au Pèlerinage (DGP) est sortie de son silence ce lundi pour répondre aux informations largement relayées sur les réseaux sociaux faisant état de prétendus retards et de difficultés de retour de certains pèlerins sénégalais depuis La Mecque. Face à la montée des inquiétudes au sein des familles et dans l’opinion publique, l’institution a apporté un démenti formel et une série de précisions sur l’état d’avancement du plan de rapatriement.

Dans son communiqué officiel, la DGP affirme qu’aucun pèlerin pris en charge par l’État sénégalais n’est abandonné en Arabie Saoudite. « Aucun pèlerin encadré par la DGP n’est laissé en rade », peut-on lire dans le document rendu public. Cette déclaration vise à apaiser les esprits alors que plusieurs internautes faisaient état de scènes de désarroi à Djeddah, suscitant une vague d’émotion dans le pays.

La DGP assure que les opérations de retour sont non seulement en cours mais qu’elles ont été lancées plus tôt que le calendrier initial ne le prévoyait. Selon l’institution, plus de 17 vols ont déjà quitté l’aéroport de Djeddah en direction de Dakar. Prévu entre le 13 et le 16 juin, le début du retour a pu être avancé au 11 juin, grâce à l’anticipation logistique et à la bonne coordination avec la compagnie Air Sénégal SA.

Néanmoins, deux vols prévus initialement les 15 et 16 juin ont été annulés puis reprogrammés en raison de contraintes techniques. Le vol 4 est désormais prévu pour le 18 juin, tandis que le vol 5 devrait décoller le 19 juin. Ces changements, bien que regrettables, sont présentés par la DGP comme des ajustements ponctuels dans une opération d’envergure impliquant plusieurs milliers de personnes.

Pour accompagner les pèlerins affectés par ces réajustements, la DGP indique qu’une cellule de suivi a été mise en place. Celle-ci est chargée d’assurer un encadrement individualisé des passagers en attente, en collaboration étroite avec les services opérationnels d’Air Sénégal. L’objectif affiché est de garantir à chaque pèlerin un retour dans des conditions optimales de sécurité, de confort et de dignité.

La DGP appelle les populations à la vigilance face aux rumeurs et exhorte les familles à se référer exclusivement aux sources officielles pour toute information relative au déroulement du Hajj. Elle réaffirme son engagement à poursuivre les opérations jusqu’au retour complet et sécurisé de tous les pèlerins sénégalais.

Cette sortie intervient dans un contexte de forte sensibilité où le moindre incident lié à l’organisation du pèlerinage peut provoquer de vives réactions. La communication rassurante de la DGP vise ainsi à contenir la polémique naissante et à rétablir la confiance autour d’un dispositif logistique aussi délicat que stratégique.

Kaolack / Partenariat : La fondation Caritas Osnabrück va nouer un partenariat stratégique avec les écoles de la région

En visite officielle à Kaolack ce lundi, M. Martin Bäumer, co-président de la fondation Caritas Osnabrück (Allemagne), a parcouru plusieurs réalisations de la fondation dans la capitale du Saloum. À cette occasion, il a salué l’accueil chaleureux réservé par l’Association Jokoo Sénégal et les populations locales.

M. Bäumer a exprimé sa volonté de poursuivre les actions entamées par son prédécesseur, feu Helmut Buschmeyer, connu au Sénégal sous le nom de Yoro, décédé le 14 avril 2024. « Nous voulons continuer l’œuvre de Yoro, surtout en faveur du bien-être des enfants en situation de handicap », a-t-il déclaré.

De son côté, Vieux Guédel Mbodji, président de l’Association Jokoo Sénégal/Deutschland, a rappelé l’engagement constant des deux structures partenaires :

« L’Association Jokoo Sénégal/Deutschland et la fondation Caritas Osnabrück mènent depuis plusieurs années des actions humanitaires dans divers secteurs : la santé, le sport, et surtout l’éducation, qui est au cœur de notre mission actuelle. Rien que pour 2024, la fondation a construit six nouvelles salles de classe et attribué plus de 216 bourses scolaires annuelles aux élèves de la région. »

Au cours de leur mission, la délégation a visité l’école élémentaire publique inclusive Sérigne Aliou Cissé de Sam, un établissement qui accueille des enfants en situation de handicap. « Cette visite entre dans le cadre de notre volonté de nouer un partenariat stratégique avec l’école. Nous voulons y faire des investissements importants pour renforcer l’inclusion », a précisé M. Mbodji.

Les responsables de l’établissement ont profité de l’occasion pour exposer les difficultés rencontrées, notamment l’inaccessibilité physique, l’absence de toilettes adaptées, le manque de manuels en braille et de supports audio, ainsi que l’absence de transport scolaire adapté.

Madame Salla Sall, directrice de l’école inclusive, a plaidé pour un appui renforcé de la fondation :

« Les élèves en situation de handicap font face à de nombreux obstacles dans le système éducatif actuel. Le soutien de la fondation serait crucial pour garantir un environnement scolaire digne et adapté. »

La délégation a également visité l’école élémentaire de Kabatoki 1, où la situation est alarmante : des salles de classe vétustes, des toitures trouées, des pièces sans portes ni fenêtres.

Wally Kassé, directeur de l’école, a témoigné :

« Trois salles de classe sont à l’abandon. Les toits menacent de s’effondrer, exposant les élèves aux intempéries. Apprendre ici relève de l’héroïsme. »

La visite s’est poursuivie à Ndiébel, où la fondation a prévu de construire deux nouvelles salles de classe dans les prochains mois, toujours en partenariat avec l’Association Jokoo Sénégal.

Avec cette nouvelle dynamique insufflée par M. Martin Bäumer, la fondation Caritas Osnabrück affiche clairement son ambition : renforcer la coopération et étendre son impact dans la région de Kaolack, en plaçant l’éducation inclusive au centre de ses priorités.

Thiès – Baccalauréat technique 2025 : des dispositions optimales saluées, mais un appel à la mobilisation lancé

Le centre d’examen du lycée technique Monseigneur François-Xavier Ndione de Thiès a reçu ce lundi la visite de l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, Georges Faye, venu constater de visu le bon déroulement du baccalauréat technique. À l’issue de sa tournée dans les salles du centre unique de jury 1109, le constat est clair : « Toutes les dispositions ont été prises pour la bonne tenue de l’examen », s’est-il félicité.

Selon l’autorité administrative, l’organisation est conforme aux standards exigés. Les épreuves ont été acheminées à temps, les examinateurs présents, les surveillants (deux par salle) bien en poste, et le président du jury actif dès les premières heures. Autre mesure importante : l’interdiction stricte de l’usage des téléphones portables. « Toutes les personnes impliquées dans le processus sont prêtes à faire correctement le travail », a souligné Georges Faye, insistant sur le respect rigoureux des consignes.

Sur le plan des effectifs, 192 candidats sont inscrits pour cette session, avec une nette prédominance de filles, ce que l’autorité régionale considère comme « une avancée significative » en matière de genre dans les filières techniques. « Cela montre que les filles empruntent vraiment les couloirs des séries techniques, ce qui nous fait énormément plaisir », a-t-il déclaré.

Toutefois, un bémol vient assombrir ce tableau encourageant : une légère baisse du nombre de candidats par rapport à l’année précédente, qui comptait 210 inscrits. « On enregistre une différence de 18 candidats en moins, ce qui est préoccupant », regrette M. Faye. Cette tendance à la baisse pose, selon lui, la nécessité de redoubler d’efforts dans la sensibilisation autour des formations techniques et scientifiques.

« Il y a un problème, c’est vrai. Mais l’administration sénégalaise, l’État en général, est en train de faire un travail de sensibilisation, un effort réel pour promouvoir les séries techniques et scientifiques », a rassuré l’adjoint au gouverneur.

En conclusion, Georges Faye a lancé un appel appuyé aux familles et aux communautés éducatives : « On ne peut pas se développer sans la science et la technique. Il faut donc encourager nos enfants, filles comme garçons, à s’orienter vers ces filières d’avenir. »

Kolda : Stupeur à Médina Chérif Perlèle après la mort suspecte de l’imam Oumar Diao

Un vent de sidération souffle sur le quartier de Médina Chérif Perlèle, à Kolda, après la découverte macabre du corps sans vie de l’imam Oumar Diao dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 juin 2025. L’homme religieux, figure respectée de la communauté locale, a été retrouvé gisant dans une mare de sang, le corps mutilé, à quelques mètres de son domicile. Un drame qui bouleverse cette paisible localité du sud du Sénégal, et qui soulève de nombreuses interrogations.

Tout commence aux premières heures du samedi matin, lorsqu’un livreur de pain, dans sa tournée habituelle, fait une découverte glaçante : le corps ensanglanté de l’imam est étendu près d’une boutique attenante à son domicile. Ses habits sont déchirés, son corps en piteux état. Reconnaissant immédiatement le défunt, le boutiquier du coin alerte le fils aîné de l’imam ainsi qu’un employé d’une boulangerie voisine.

Dans une tentative désespérée, la famille transporte Oumar Diao dans sa chambre avant de l’évacuer en urgence vers un centre de santé. Hélas, l’imam succombera à ses blessures en chemin. À leur arrivée, les agents de santé ne peuvent que constater son décès, ordonnant le transfert du corps à la morgue en attendant l’inhumation prévue le lendemain.

Alors que la famille s’affaire aux préparatifs funéraires, les laveurs mortuaires découvrent une profonde blessure au bas-ventre du défunt. Un détail qui sème le doute sur la nature de sa mort. Les autorités sont aussitôt alertées. La gendarmerie de Kolda intervient promptement, suspend le rituel de purification islamique et ordonne le transfert du corps à la morgue de l’hôpital régional pour une autopsie.

Les premiers éléments de l’enquête révèlent une scène de crime particulièrement troublante. Deux zones distinctes, situées à moins de 400 mètres du domicile de l’imam, sont retrouvées couvertes de sang : l’une sous des anacardiers, l’autre près de la boutique. Plus inquiétant encore, un couteau ensanglanté est retrouvé à proximité. Ces indices orientent les soupçons vers une mort violente, loin d’un simple accident ou d’un malaise.

La brigade de gendarmerie de Kolda a ouvert une enquête pour homicide. Plusieurs individus ont été placés en garde à vue et font actuellement l’objet d’interrogatoires. L’objectif : reconstituer le déroulé des faits, identifier les éventuels complices, et surtout comprendre les mobiles d’un acte aussi ignoble.

La mort brutale de l’imam Oumar Diao plonge Médina Chérif Perlèle dans le deuil et la consternation. Respecté pour sa piété, sa sagesse et son engagement communautaire, l’imam laisse derrière lui une famille éplorée et des fidèles sous le choc. Les habitants réclament justice, mais aussi la vérité sur ce drame qui brise la tranquillité de tout un quartier.

Affaire AEE Power / Garanties SONAC : TAS remue le couteau dans la plaie

Un nouvel épisode vient secouer la gouvernance des marchés publics au Sénégal. Dans une question écrite adressée au ministre des Finances et du Budget, l’honorable député Thierno Alassane SALL, président du groupe parlementaire Taxawu Senegaal (TAS), soulève de graves irrégularités dans l’émission de garanties d’assurance par la SONAC au profit de l’entreprise espagnole AEE POWER EPC.

Selon le député, la SONAC aurait délivré des garanties d’un montant total de 56 millions d’euros (environ 36,5 milliards FCFA) à AEE POWER EPC dans le cadre du marché de l’électrification rurale, sans que les primes exigées n’aient été payées à la date d’émission des garanties. Une pratique qui, si elle est avérée, viole frontalement les règles du Code des assurances de la CIMA, notamment l’article 13 qui subordonne la validité du contrat à la perception préalable de la prime.

AEE POWER EPC s’était vu attribuer un marché portant sur l’électrification de localités dans plusieurs régions (Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis, Tambacounda). Comme le veut la procédure, les avances de démarrage et de dépenses engagées, ainsi que la garantie de bonne exécution, ont été conditionnées à la présentation de garanties dûment émises. Mais les documents comptables consultés par le député montrent que les primes n’étaient pas encore virées sur le compte de la SONAC à la date de délivrance des garanties, ce qui jette un sérieux doute sur la légalité de la procédure.

Pire encore, la société AEE POWER Sénégal – filiale locale du groupe espagnol – a saisi à plusieurs reprises l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) pour dénoncer la situation, dès août 2024. À son tour, l’ARCOP a saisi officiellement la SONAC en juillet 2024 pour exiger des preuves de paiement des primes dans un délai de 72 heures. À ce jour, selon Thierno Alassane SALL, aucune réponse n’a été fournie par la société d’assurance étatique.

Dans sa correspondance datée du 12 juin 2025, le député demande expressément au ministre des Finances de fournir la chronologie exacte de la délivrance des garanties et du paiement effectif des primes. En tant qu’autorité de tutelle de la SONAC, le ministre est interpellé pour éclairer les députés, mais aussi l’opinion publique, sur les conditions opaques entourant cette opération.

Cette affaire soulève une fois de plus la problématique de la transparence dans les garanties financières d’État, notamment dans les projets stratégiques financés par des partenaires internationaux. Elle met également en lumière les risques systémiques liés à une gestion laxiste des obligations contractuelles dans les marchés publics.

Alors que le gouvernement Diomaye Faye s’est engagé à renforcer la reddition des comptes, cette affaire pourrait devenir un test de crédibilité pour les autorités. Les députés, les organismes de régulation et l’opinion attendent désormais des clarifications urgentes sur cette situation, qui pourrait avoir des implications juridiques, financières et diplomatiques.

Lancement de l’Association Terang’Aby : un signal fort à l’attention des ministères du Sport, de l’Éducation et de l’Action sociale

Le 21 juin prochain, Louga accueillera le lancement officiel de l’Association Terang’Aby, portée par la basketteuse internationale Aby Gaye. Conçu comme une véritable plateforme d’échange et de mobilisation autour de l’avenir des jeunes filles sénégalaises, cet événement s’annonce comme un moment clé pour les politiques publiques en matière d’éducation, de sport et d’action sociale.

À la croisée du sport, du développement personnel et de l’autonomisation, le projet Terang’Aby incarne une approche holistique du développement de la jeunesse féminine. Il s’inscrit pleinement dans les orientations nationales en matière d’égalité des genres, de promotion du leadership féminin, ainsi que d’inclusion par le sport et l’éducation.

Une table ronde sur la confiance en soi et l’estime de soi chez les jeunes filles ; Une seconde table ronde sur l’importance de l’éducation des filles au Sénégal, avec la participation d’experts de l’éducation formelle et non formelle.

À l’heure où le gouvernement sénégalais réaffirme son engagement en faveur de l’inclusion sociale et de l’égalité des chances, la présence attendue de représentants du Ministère des Sports, du Ministère de l’Éducation nationale, et du Ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection des enfants donne une portée institutionnelle forte à cette initiative.

“Terang’Aby repose sur l’idée que le sport peut être un levier de transformation sociale, particulièrement pour les filles issues de zones marginalisées. Parce qu’il renforce la confiance en soi et incite à la persévérance scolaire, ce projet mérite un soutien officiel, institutionnel et durable”, a déclaré Aby Gaye, initiatrice de l’événement.

Et d’ajouter : “Je ne viens pas seule. Je viens avec une vision. Une vision qui croise les champs du sport, de l’éducation et de l’action sociale – des domaines que les ministères de tutelle portent et incarnent au quotidien.”

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