Société
Situation budgétaire du 1er trimestre 2025 : Une dette en hausse, des investissements en baisse et plus de 1 400 milliards de dépenses
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par
Le Dakarois
Le ministère des Finances et du Budget a publié le rapport d’exécution budgétaire du premier trimestre de l’année 2025. Ce document offre une vue d’ensemble de la situation financière du pays sur les trois premiers mois de l’année, marquée par une mobilisation importante des recettes, une hausse préoccupante de la dette publique et un recul des investissements.
Selon le rapport, les ressources mobilisées au titre du budget général s’élèvent à 1 027,82 milliards de francs CFA, ce qui représente 21,44 % de l’objectif annuel fixé à 4 794,60 milliards dans la Loi de Finances Initiale 2025. Par rapport à la même période de l’année 2024, ces recettes sont en hausse de 91,06 milliards, soit une croissance relative de 9,72 %, traduisant une performance notable en matière de mobilisation des ressources.
Du côté des dépenses, le rapport indique que le montant ordonnancé atteint 1 419,45 milliards de francs CFA, ce qui équivaut à 99,97 % des crédits liquidés. Ces dépenses sont principalement constituées de dépenses ordinaires, chiffrées à 1 130,89 milliards sur une base de 1 131,37 milliards liquidés, soit un taux d’exécution de 99,96 %. Les dépenses en capital, quant à elles, s’élèvent à 288,57 milliards, exécutées intégralement à 100 %.
Cependant, ce tableau cache une pression croissante liée au service de la dette. Les charges financières associées à la dette publique ont atteint 225,24 milliards de francs CFA sur la période, soit 24,16 % des prévisions annuelles. En comparaison avec le premier trimestre 2024, ces charges ont bondi de 43,57 milliards, traduisant une hausse significative de 23,98 %. Cette progression est portée aussi bien par la dette intérieure, dont les charges ont augmenté de 25,44 milliards, que par la dette extérieure, en hausse de 18,13 milliards.
En ce qui concerne les recettes internes, elles ont été recouvrées à hauteur de 1 019,82 milliards, représentant 96,15 % de l’objectif trimestriel fixé à 1 060,70 milliards. Ces recettes se répartissent entre 960,26 milliards de recettes fiscales et 59,56 milliards de recettes non fiscales. Comparées à l’année précédente, les recettes fiscales affichent une augmentation de 99,44 milliards, soit +11,6 %, tandis que les recettes non fiscales progressent de 11,68 milliards, soit +24,4 %. Globalement, le recouvrement des ressources internes enregistre une hausse de 111,12 milliards en valeur absolue, soit une croissance globale de 12,23 % en glissement annuel.
En dépit de ces performances encourageantes sur le plan des recettes, la forte progression de la dette et la stagnation relative des investissements interrogent sur la soutenabilité à moyen terme de la politique budgétaire, dans un contexte où les pressions sociales et les besoins en infrastructures restent importants. Le gouvernement est désormais attendu sur les arbitrages à opérer pour équilibrer rigueur budgétaire, relance économique et soutenabilité financière.
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