Dakar – La mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a plongé les universités sénégalaises dans une crise sans précédent, mobilisant non seulement la communauté académique mais aussi les partis politiques. Ce mercredi 11 février 2026, la Cellule Analyses et Prospective (CAP) de l’Alliance Pour la République (APR) a publié une déclaration ferme, exigeant la démission du ministre de l’Intérieur et appelant à un dialogue immédiat et constructif pour restaurer la paix et la sérénité sur les campus.
Dans son communiqué, la CAP s’incline d’abord devant la mémoire d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie, rappelant la brutalité des violences qui ont conduit à son décès, telles que révélées par l’autopsie relayée par la presse. La cellule a exprimé ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses camarades et à l’ensemble de la communauté universitaire, soulignant que la tragédie touche non seulement les proches mais aussi l’ensemble de la jeunesse et du corps estudiantin du pays.
La CAP a vivement condamné la répression exercée par les forces de sécurité sur le campus de l’UCAD, qu’elle considère comme une violation manifeste de la Loi n°94-79 du 24 novembre 1994 relative aux franchises universitaires. La cellule estime que le ministre de l’Intérieur, en sa qualité de premier responsable de la sécurité intérieure, doit répondre de la gestion de cette crise et en tirer toutes les conséquences, allant jusqu’à exiger sa démission immédiate pour manquement à ses responsabilités. La CAP demande par ailleurs que les enquêtes sur le décès d’Abdoulaye Ba soient menées avec toute la diligence, la transparence et l’impartialité nécessaires, sans protection ni complaisance, afin que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies et sanctionnées conformément à la loi.
La CAP critique également la communication gouvernementale, jugée inadaptée à la gravité des faits et déconnectée du drame humain. Selon la cellule, cette communication manque de compassion envers les familles des victimes et ne contribue pas à apaiser le climat de tension qui règne sur les campus. La CAP déplore que, deux ans après l’arrivée au pouvoir du régime PASTEF, aucune réponse structurelle n’ait été apportée aux difficultés persistantes de l’enseignement supérieur, et que les revendications légitimes des étudiants, notamment sur les bourses et les conditions de vie, soient traitées par la force plutôt que par le dialogue.
Parallèlement, la CAP réitère son soutien au Collectif des Amicales, qu’elle considère comme le défenseur des intérêts matériels et moraux des étudiants, et condamne la suspension de ces structures par le Conseil académique de l’UCAD. La cellule appelle à privilégier le dialogue et à renoncer à toute forme de violence, rappelant que la répression ne peut être un outil de gestion des conflits dans un État de droit.
Enfin, la CAP interpelle le Collectif des Universitaires pour la Démocratie, regroupant des signataires de pétitions universitaires entre 2021 et 2024, afin qu’il prenne position sur la situation actuelle et contribue au rétablissement de la sérénité et de la paix sur les campus. Selon la cellule, la responsabilité des intellectuels et universitaires est de guider le débat public, de soutenir le peuple et de favoriser un climat de stabilité dans les universités, qui constituent un pilier fondamental de la Nation.
La prise de position de la CAP de l’APR souligne que la crise dépasse désormais le simple cadre universitaire. Elle met en lumière des enjeux nationaux de sécurité, de respect des droits des étudiants et de responsabilité de l’État, et rappelle à tous les acteurs concernés que le dialogue et la transparence sont indispensables pour prévenir l’escalade de la violence et rétablir la confiance entre étudiants, autorités universitaires et gouvernement.