Les récentes crues enregistrées dans le département de Bakel, consécutives aux lâchers d’eau du barrage de Manantali, ont provoqué d’importants dégâts humains et matériels. Selon les autorités locales, près de 946 hectares de terres agricoles ont été submergés, affectant gravement les populations et les cultures de cette zone située à l’extrême est du pays.
Le préfet de Bakel, Daouda Sène, s’exprimant à l’issue d’une réunion du comité départemental de gestion des inondations et des catastrophes naturelles, a dressé un premier bilan alarmant. Il a indiqué que sept localités du département sont actuellement envahies par les eaux, contraignant de nombreuses familles à quitter leurs habitations. « À ce jour, nous avons recensé 200 familles sinistrées, soit un total de 3 825 personnes affectées par ces inondations », a déclaré le préfet dans un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS).
Face à cette situation d’urgence, le gouvernement a rapidement réagi. Un premier lot de vivres et de matériel d’assistance a été acheminé vers la préfecture, sous la coordination du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Daouda Sène a salué la « promptitude » de la réponse gouvernementale, qui a permis la mise à disposition de denrées et produits de première nécessité au profit des familles touchées.
Selon les précisions du préfet, les secours comprennent notamment 10 tonnes de riz, 2 tonnes de sucre, 2 000 litres d’huile, 1 tonne de lait en poudre, 500 bouteilles d’eau, 200 kilogrammes de savon, 500 litres de javel, 10 motopompes d’une capacité de 50 mètres cubes par heure, 500 matelas, 1 000 litres de carburant et une enveloppe de 250 000 francs CFA destinée à la manutention. Ces vivres et équipements seront acheminés vers les zones inondées dès ce lundi.
« Le comité s’est réuni pour la répartition de ce don en prenant en compte la situation cas par cas. L’impact n’est pas le même d’une localité à une autre, et les membres ont jugé nécessaire de donner la priorité aux personnes déplacées et relogées dans les établissements scolaires », a expliqué le préfet.
Ces inondations, récurrentes dans la vallée du fleuve Sénégal, rappellent la fragilité de certaines zones face aux variations hydrauliques du bassin du fleuve, notamment lors des lâchers d’eau des barrages en amont. Les autorités locales poursuivent les opérations d’assistance et de recensement en attendant une évaluation plus complète des pertes agricoles et matérielles.