L’enquête sur le vaste scandale de détournement de fonds à l’agence CBAO de Bakel poursuit son cours et vient de connaître un tournant majeur. La Direction spéciale de cybersécurité (DSC) a procédé à l’arrestation de A. Sow à Dakar, un ancien superviseur de l’agence, cité dans l’affaire aux côtés de son ex-collègue A. Diébakhaté, déjà incarcéré à Tambacounda. Les deux employés sont désormais au cœur d’un dossier qui secoue l’établissement bancaire et suscite de nombreuses interrogations sur les failles internes.
Déféré au parquet, A. Sow fait face à une série de chefs d’accusation particulièrement lourds : association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture privée de banque, accès frauduleux à un système informatique et détournement de fonds. L’homme, qui avait travaillé comme superviseur avant d’être muté, rejoint ainsi son ancien collègue A. Diébakhaté, chargé de compte au moment des faits, dont l’arrestation avait marqué le premier acte de ce dossier sensible.
L’affaire avait éclaté le 20 novembre dernier lorsque les premiers éléments de l’enquête ont révélé que Diébakhaté avait détourné environ 130,9 millions de francs CFA. Des investigations approfondies menées par les services compétents ont ensuite permis d’identifier d’autres opérations frauduleuses portant sur 28,8 millions de francs CFA supplémentaires. Ces montants colossaux ont immédiatement attiré l’attention des enquêteurs, qui ont élargi leurs investigations pour déterminer l’ampleur réelle du réseau et l’implication éventuelle d’autres agents.
Selon les informations rapportées par Libération, les enquêteurs estiment que A. Sow aurait utilisé son code d’accès professionnel pour effectuer des retraits sur le compte d’une cliente décédée. Cette hypothèse, considérée comme sérieuse par les enquêteurs, repose sur plusieurs traces informatiques et opérations suspectes. Toutefois, face aux accusations, Sow conteste fermement toute implication. Il affirme que son code aurait été piraté par Diébakhaté, qu’il présente comme l’unique responsable des détournements. Malgré ses dénégations, il aurait proposé un moratoire pour rembourser la banque, une démarche interprétée par certains comme une tentative d’atténuer la responsabilité présumée.