Depuis l’Italie, le Khalife de Bambilor plaide pour une paix mondiale durable
En escale à Lodi, en Italie, dans le cadre de la 18ᵉ édition de sa tournée européenne, l’Ambassadeur de la Paix et président de l’ONG Fawzi Wannejati a livré un plaidoyer en faveur d’une diplomatie fondée sur le dialogue, la foi et la responsabilité collective. Devant les autorités municipales italiennes et plusieurs représentants de la diaspora africaine, le guide religieux sénégalais a défendu l’idée d’une diplomatie spirituelle appelée à compléter l’action des États dans la prévention des conflits.
La rencontre, organisée récemment à la mairie de Lodi, a constitué une tribune consacrée au rôle des leaders religieux dans la promotion de la paix et du vivre-ensemble. Accueilli par le maire de la commune, le président du Conseil municipal ainsi que plusieurs personnalités de la diaspora africaine, le Khalife général de Bambilor a porté la voix d’un Sénégal attaché au dialogue interculturel et à la coexistence pacifique.
Cette étape italienne, rendue possible grâce à l’engagement de Marco Barreto, s’est ainsi transformée en un espace d’échanges autour de la place que peuvent occuper les autorités spirituelles dans la prévention et la résolution des tensions dans un monde marqué par de profondes fractures.
Dans son intervention, le Khalife a d’abord posé un constat sur les paradoxes du monde contemporain, marqué à la fois par une interconnexion croissante des sociétés et par la persistance de nombreuses divisions. Face aux risques liés à l’instrumentalisation du fait religieux à des fins de confrontation, il a rappelé le principe fondamental d’une communauté de destin entre les peuples.
« Avant nos différences de religion, de culture ou d’origine, nous appartenons tous à une même humanité », a-t-il déclaré.
Pour l’Ambassadeur de la Paix, le dialogue ne doit pas conduire à effacer les identités ou les différences. Il doit plutôt permettre de mieux les comprendre et de réduire les préjugés grâce à une connaissance mutuelle plus approfondie. Dans cette perspective, le dialogue interreligieux et interculturel doit s’inscrire dans la durée et ne pas être limité aux périodes de crise.
« Il ne doit pas intervenir uniquement lorsque survient une crise. Il doit être permanent. Il doit être une véritable politique de prévention », a-t-il insisté.
Au-delà du simple dialogue, le Khalife a mis en avant le concept de diplomatie religieuse, fondé sur la capacité des leaders spirituels à mobiliser leur autorité morale et leur proximité avec les populations pour favoriser la médiation et prévenir les conflits.
Cette démarche ne vise pas à se substituer à la diplomatie officielle conduite par les États. Elle entend plutôt la compléter en s’appuyant sur des leviers tels que la confiance, l’écoute, la proximité sociale et les liens communautaires.
L’expérience de Lodi illustre, selon les promoteurs de cette initiative, les possibilités de coopération entre autorités municipales, responsables religieux et communautés issues de différentes cultures. Une approche qui devrait être approfondie à l’occasion du prochain Colloque international sur la diplomatie religieuse.
Le discours prononcé à Lodi s’est également distingué par son ouverture sur plusieurs grands enjeux contemporains. Sur la question des migrations, le Khalife a notamment insisté sur le rôle que peuvent jouer les communautés religieuses dans l’accueil, l’intégration et l’apaisement des tensions entre populations.
L’urgence climatique a également occupé une place importante dans son intervention. Le guide religieux a appelé à promouvoir une éthique de la responsabilité, fondée sur la préservation de l’environnement et la protection des intérêts des générations futures.
L’intelligence artificielle a enfin fait l’objet d’une réflexion particulière. Alors que les nouvelles technologies bouleversent progressivement les sociétés, le Khalife a invité à ne pas dissocier le progrès technique de la question de la dignité humaine.
« L’intelligence artificielle soulève des questions fondamentales. Tout ce qui est techniquement possible est-il nécessairement humainement souhaitable ? », s’est-il interrogé, plaçant ainsi la dimension éthique au centre du débat sur les technologies émergentes.
À travers cette étape italienne, de Lodi à Bambilor, le message porté par le Khalife se veut donc universel : la paix ne saurait être réduite à une simple déclaration de principe. Elle repose sur une responsabilité partagée et sur un travail quotidien de dialogue, de médiation et de rapprochement entre les peuples.
La diplomatie religieuse, telle qu’elle est défendue par le guide sénégalais, se présente ainsi comme un outil supplémentaire au service de la prévention des conflits et de la construction d’un monde davantage fondé sur la compréhension mutuelle, la solidarité et le respect de la dignité humaine.
Aly Saleh



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