Le Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) a rendu public, ce mardi 7 avril 2026, son rapport de gestion annuel, mettant en lumière une mobilisation quasi intégrale des ressources allouées au secteur des médias au Sénégal. À travers cette publication, les autorités entendent illustrer leur engagement à soutenir durablement un écosystème médiatique en mutation, confronté à des défis économiques, technologiques et structurels.
Prenant la parole lors de la présentation, Habibou Dia a rappelé que le FADP constitue un levier stratégique pour accompagner l’ensemble des sous-secteurs de l’information, qu’il s’agisse de la presse écrite, de l’audiovisuel ou des médias communautaires. Il a insisté sur la vocation du fonds à renforcer la viabilité économique des entreprises de presse tout en promouvant le professionnalisme et la qualité de l’information.
Sur une enveloppe budgétaire globale arrêtée à 1 900 000 000 FCFA, le montant effectivement décaissé s’élève à 1 899 990 007 FCFA, soit un taux d’exécution quasi parfait. Le reliquat, estimé à 9 993 FCFA, a été reversé au Trésor public, traduisant, selon les responsables, une gestion rigoureuse des deniers alloués au secteur.
Dans le détail, la répartition des financements révèle une nette priorité accordée au secteur privé. Les entreprises de presse privées ainsi que les radios communautaires ont capté la part la plus importante des ressources, avec un montant global de 1 098 750 000 FCFA, représentant 57,8 % de l’enveloppe totale. Ce choix traduit une volonté manifeste de soutenir les acteurs les plus exposés aux contraintes du marché et aux mutations du paysage médiatique.
Les médias publics n’ont pas été en reste. Des structures comme Agence de Presse Sénégalaise, Radiodiffusion Télévision Sénégalaise et Agence de Distribution de la Presse ont bénéficié d’un financement global de 609 341 031 FCFA, soit 32,1 % du budget. Cette allocation vise à consolider le rôle de service public de ces organes, tout en améliorant leurs capacités opérationnelles.
Un accent particulier a également été mis sur la formation, considérée comme un pilier essentiel pour l’avenir du secteur. À ce titre, le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information a reçu 125 750 000 FCFA, soit 6,6 % des ressources, afin de renforcer les compétences des professionnels des médias et d’adapter leur savoir-faire aux exigences du numérique et de l’information moderne.
Par ailleurs, les organes de régulation et de gouvernance ont bénéficié d’un appui financier non négligeable. Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie et la Commission de la Carte Nationale de Presse se sont vu attribuer un montant cumulé de 86 298 976 FCFA, représentant 4,5 % de l’enveloppe. Cette dotation vise à renforcer les mécanismes de régulation, de contrôle et de professionnalisation du secteur.
Enfin, les dépenses de fonctionnement du FADP ont été contenues à 28 200 000 FCFA, soit 1,5 % du budget global. Une maîtrise saluée par les autorités, qui y voient le signe d’une gestion sobre et orientée vers l’efficacité.