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Fraude présumée à l’état civil à Wakhinane Nimzatt : un registre « fantôme » au cœur d’un vaste scandale

Une affaire de fraude présumée à l’état civil éclabousse actuellement la commune de Wakhinane Nimzatt, où un système d’établissement d’actes administratifs irréguliers aurait été mis en place autour d’un registre qualifié de « fantôme ». Le dossier, révélé à la suite d’investigations menées par la Direction de l’automatisation du fichier (Daf), a été transmis au parquet de Pikine-Guédiawaye, dirigé par le procureur Saliou Dicko, qui envisage désormais l’ouverture d’une information judiciaire afin d’élucider les contours exacts de cette affaire aux ramifications potentiellement importantes.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les investigations ont permis de mettre au jour un mécanisme présumé de production d’actes d’état civil ne figurant dans aucun registre officiel régulièrement homologué. Les documents concernés auraient été délivrés à partir d’un registre parallèle, non reconnu par l’administration compétente, mais utilisé comme support pour établir divers actes administratifs. Cette découverte a immédiatement suscité de vives inquiétudes au sein des autorités judiciaires et administratives, compte tenu des conséquences qu’une telle fraude pourrait avoir sur la fiabilité du système d’état civil.

Les enquêteurs s’intéressent particulièrement au rôle joué par plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé, directement ou indirectement, à ce réseau. Parmi les individus cités figure notamment Hamady Diallo, également connu sous le surnom de « Nini », présenté comme officier d’état civil. Un intermédiaire identifié sous le nom de Thiam apparaît également dans le dossier. Les enquêteurs cherchent à déterminer l’étendue exacte de leurs responsabilités respectives ainsi que les éventuelles complicités ayant permis le fonctionnement du système.

D’après des sources proches du dossier, plusieurs bénéficiaires d’actes administratifs considérés comme frauduleux ont déjà été identifiés. Leurs noms figureraient dans les documents transmis au parquet. Les autorités judiciaires veulent désormais établir si ces bénéficiaires étaient conscients du caractère irrégulier des actes obtenus ou s’ils ont été induits en erreur par les personnes impliquées dans le réseau présumé.

L’enquête devrait également permettre de déterminer depuis combien de temps ce système fonctionnait et combien d’actes ont pu être produits à partir du registre incriminé. Les autorités redoutent notamment que certains documents aient servi à l’obtention de pièces d’identité, de passeports ou encore à des démarches administratives sensibles, ce qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la sécurité documentaire et la crédibilité des registres d’état civil.

Au niveau du parquet de Pikine-Guédiawaye, l’option d’une information judiciaire est sérieusement envisagée afin de confier le dossier à un juge d’instruction. Cette procédure permettrait d’approfondir les investigations, de procéder à d’éventuelles auditions supplémentaires et de situer toutes les responsabilités dans cette affaire qui suscite déjà une vive émotion au sein de l’opinion publique.

Cette nouvelle affaire relance par ailleurs le débat sur la sécurisation des services d’état civil au Sénégal et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle autour des registres administratifs. Depuis plusieurs années, les autorités tentent de moderniser et numériser les procédures afin de limiter les risques de falsification et de fraude documentaire, un phénomène régulièrement dénoncé par des organisations de la société civile et des acteurs du secteur judiciaire.


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