Politique
Infrastructures fantômes : Ousmane Sonko traque 279 milliards FCFA immobilisés dans des projets jamais exploités
-
-
par
Diack
Le gouvernement sénégalais veut mettre un terme au gaspillage des ressources publiques causé par des infrastructures achevées mais restées inexploitées pendant plusieurs années. Réuni en Conseil interministériel ce jeudi 21 mai 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko a révélé l’existence de 30 infrastructures entièrement réalisées à travers le pays, mais jamais mises en service, représentant un investissement colossal estimé à 279 milliards de francs CFA.
Cette situation, qualifiée de préoccupante par le chef du gouvernement, illustre selon lui les nombreuses défaillances administratives et les insuffisances de pilotage qui ont marqué la gestion de plusieurs projets publics. Sur les 30 infrastructures recensées, 25 seraient aujourd’hui totalement bloquées pour diverses raisons. Les autorités évoquent notamment des problèmes de coordination entre administrations, des retards liés aux procédures de réception définitive, mais aussi des projets conçus sans réelle adéquation avec les besoins des populations bénéficiaires.
Face à ce constat, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’une réaction rapide afin de rentabiliser ces investissements financés par les deniers publics. Quinze infrastructures ont ainsi été classées en « haute priorité » par l’exécutif en raison de leur importance stratégique et de leur potentiel d’impact immédiat sur les conditions de vie des citoyens.
Selon les conclusions du Conseil interministériel, plusieurs de ces infrastructures pourraient contribuer à améliorer l’accès aux services sociaux de base, soutenir l’activité économique locale et renforcer les capacités de certains secteurs essentiels, à condition qu’elles soient rapidement opérationnalisées.
Pour accélérer le processus, le gouvernement a décidé de mettre en place une task force chargée d’assurer un suivi hebdomadaire de chaque dossier. Placée sous la supervision du Secrétariat général du Gouvernement, cette cellule aura pour mission d’identifier les obstacles juridiques, administratifs et techniques qui empêchent l’ouverture effective des infrastructures concernées.
Le comité dispose d’un délai fixé au 30 juin 2026 pour proposer une feuille de route opérationnelle destinée à débloquer la situation et permettre la mise en exploitation progressive des ouvrages.
Dans cette dynamique, les autorités entendent également miser sur des partenariats public-privé afin d’assurer une gestion durable de certains actifs. L’objectif affiché est d’éviter que ces infrastructures ne deviennent des « éléphants blancs » coûteux pour l’État, tout en garantissant des modèles économiques capables d’assurer leur viabilité sur le long terme.
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.