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Economie

Le Sénégal trace une nouvelle trajectoire pour ramener sa dette à 101 % du PIB d’ici 2028

Face à un endettement estimé à 130 % du produit intérieur brut (PIB), le Sénégal a dévoilé une stratégie ambitieuse de gestion de la dette publique pour la période 2026-2028. Ce plan, présenté par les autorités économiques, vise à ramener le ratio dette/PIB à 101 % d’ici trois ans, tout en préservant la stabilité macroéconomique et la capacité d’investissement du pays.

La stratégie s’inscrit dans un contexte marqué par une vigilance accrue des marchés financiers et des partenaires internationaux, alors que près de 15 % de la dette totale du Sénégal arrive à échéance dans l’année. Ce poids des remboursements, conjugué à la hausse des taux d’intérêt mondiaux, impose au gouvernement de redéfinir sa trajectoire financière pour éviter une pression excessive sur le budget national.

Concrètement, le plan prévoit une réduction progressive du coût de la dette. Les paiements d’intérêts, qui représentaient 4,7 % du PIB en 2024, devraient reculer à 4,5 % à l’horizon 2028. Cette évolution permettra de dégager de nouvelles marges budgétaires, lesquelles seront réorientées vers les investissements publics et les secteurs prioritaires tels que les infrastructures, la santé et l’éducation.

Le document de stratégie détaille plusieurs scénarios de financement, dont un conçu en collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI). Ce partenariat vise à sécuriser des ressources extérieures à des conditions avantageuses et à réduire le risque de refinancement, particulièrement élevé dans un contexte de tensions sur les marchés internationaux. L’un des axes majeurs du plan repose sur la diminution progressive de la part des dettes à taux variable, qui représentent actuellement 20 % du portefeuille global, et des dettes à court terme, estimées à 30,4 %. Ces dernières seront remplacées par des emprunts à maturité plus longue et par des financements concessionnels, moins coûteux et plus soutenables à long terme.

Le Premier ministre Ousmane Sonko, qui a défendu cette nouvelle orientation, a souligné que cette trajectoire n’a pas vocation à freiner la dynamique d’investissement public, mais plutôt à la rendre plus soutenable. Selon lui, « la discipline budgétaire et la viabilité financière doivent aller de pair avec le développement économique et social du pays ». Il a insisté sur la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion de la dette et d’entretenir un dialogue constant avec les créanciers afin de maintenir la confiance des marchés et des partenaires financiers.

La stratégie intègre également des mesures d’optimisation de la dette publique, notamment par une meilleure coordination entre le Trésor, la Banque centrale et les institutions financières nationales et régionales. Le gouvernement entend ainsi améliorer la prévisibilité de ses besoins de financement, diversifier ses sources de ressources et renforcer la communication autour de la politique d’endettement.


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