Le discours du président Bassirou Diomaye Faye, prononcé le 22 septembre devant la 79ᵉ Assemblée générale des Nations unies à New York, a suscité une vive réaction au Sénégal. En appelant la communauté internationale à « préparer un futur plus juste, égalitaire et harmonieux » et en affirmant que « rien ne peut justifier qu’une femme soit violentée ou marginalisée », le chef de l’État a été salué pour un message jugé porteur d’espoir.
Mais dès le lendemain, une quinzaine d’organisations féministes, parmi lesquelles le Réseau des féministes du Sénégal, JGEN Sénégal et le Collectif Dafadoy, ont publié un communiqué pour rappeler que « les paroles, aussi fortes soient-elles, ne doivent pas rester de simples performances ».
« Passer du discours à l’action »
Les signataires estiment que le Sénégal est encore loin d’atteindre l’égalité réelle entre les sexes. Elles pointent notamment la recrudescence des féminicides en 2024 et 2025, l’augmentation des cas de viols dans un contexte d’« impunité persistante », et l’existence de dispositions légales contraires aux engagements internationaux du pays.
l’âge légal du mariage fixé à 16 ans pour les filles ; le pouvoir exclusif du mari de choisir la résidence du ménage ; l’interdiction de la recherche de paternité pour les enfants nés hors mariage ; la criminalisation de l’avortement même en cas de viol ou d’inceste ; l’absence de reconnaissance juridique du féminicide dans le Code pénal.
Les organisations féministes appellent à une réforme juridique ambitieuse et à l’harmonisation des lois nationales avec les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Elles demandent aussi une parité effective dans toutes les instances de décision et une politique de « tolérance zéro » face aux violences sexistes et sexuelles.
« Il est temps de passer du discours à l’action, de la ratification à l’application », insistent-elles, exhortant le président Diomaye Faye à traduire ses déclarations en mesures concrètes.
En conclusion, elles rappellent que « les droits des femmes et des filles méritent plus que des mots : ils exigent des réformes courageuses et une volonté politique inébranlable ».