De retour à la liberté, Ibrahima Diop, Abdoulaye Diagne et Aziz Wade peinent encore à tourner la page. Dans un témoignage poignant accordé à L’Obs, les trois supporters sénégalais fraîchement libérés au Maroc ont levé le voile sur les conditions éprouvantes de leur détention, marquée par la peur, l’isolement et une profonde incertitude.
Leur récit débute par une anecdote aussi surprenante que révélatrice de leur isolement total. « Imaginez, nous sommes restés un mois après la finale avant de savoir que c’est Pape Gueye qui a marqué le but sénégalais », confient-ils, illustrant ainsi la coupure brutale avec le monde extérieur. Privés d’informations, les trois hommes ont vécu dans une bulle angoissante, loin de leurs proches et de l’actualité.
Arrêtés à Rabat, ils décrivent des conditions de garde à vue particulièrement éprouvantes. Pendant trois jours, ils ont été retenus dans un commissariat de la capitale marocaine, sans repères ni véritable communication. La fatigue, le stress et l’incompréhension se sont rapidement installés, rendant chaque heure plus lourde que la précédente. À cela s’est ajoutée la longue journée de déferrement devant le procureur, vécue comme une épreuve psychologique intense.
Mais c’est surtout leur transfert en prison qui a marqué les esprits. Escortés sous haute surveillance, ils ont été conduits à la prison d’Al Arjat, où les attendait un accueil qu’ils décrivent comme « terrifiant ». L’atmosphère pesante des lieux, le regard des autres détenus et l’inconnu total ont accentué leur angoisse. « Je ne suis pas quelqu’un de facilement effrayé, mais cette nuit-là, j’ai ressenti une réelle angoisse. J’ai eu très peur », confie l’un d’eux, évoquant une première nuit particulièrement difficile à supporter.
Dans cette prison, chaque bruit, chaque mouvement devenait source d’inquiétude. L’absence de repères, la promiscuité et la dureté du milieu carcéral ont rapidement fait comprendre aux trois hommes qu’ils allaient devoir faire preuve d’une grande résilience pour tenir. Malgré tout, ils disent avoir tenté de garder espoir, en se soutenant mutuellement dans cette épreuve.
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