Politique
Macky Sall charge violemment le nouveau régime : « La République se dérobe sous nos yeux »
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par
Diack
L’ancien président de la République, Macky Sall, a brisé le silence. Dans un message adressé à ses camarades de parti et lu, hier, par Me Sidiki Kaba lors de la cérémonie d’installation du Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR), le leader du parti s’est livré à une attaque frontale contre la gouvernance actuelle. Le ton, ferme et sans concession, traduit sa profonde désapprobation vis-à-vis du nouveau régime qu’il accuse de dérives graves et de trahison des valeurs républicaines.
Selon les propos rapportés par L’Observateur, Macky Sall a tenu un discours d’une rare virulence, dénonçant ce qu’il qualifie de « mauvaises pratiques du régime en place qui ont fini par décevoir les Sénégalais ». L’ancien chef de l’État estime que le pays vit « un temps nouveau dominé par l’avènement d’un nouveau type de pouvoir, jamais expérimenté au Sénégal, par-delà son addiction à la violence destructrice et son appétence pour les dénis des valeurs de l’État de droit et des principes de la République ». À ses yeux, le nouveau pouvoir a gravement déçu la majorité des citoyens.
Très critique, Macky Sall accuse les autorités actuelles d’agresser les libertés démocratiques fondamentales et de piétiner les acquis obtenus après des décennies de luttes politiques. « La République se dérobe sous nos yeux, et le modèle démocratique sénégalais, longtemps cité en exemple en Afrique et dans le monde, s’effrite dangereusement », a-t-il martelé. Il parle d’un « effondrement programmé par les tenants d’un parti-État, cette vieillerie politique que l’on croyait rangée dans un musée des horreurs ».
L’ancien président, manifestement affecté, dit constater « avec effarement et profonde affliction » les dérives et dérapages du pouvoir en place. Il revendique, non sans fierté, le legs laissé à la Nation à la fin de ses douze années à la tête du pays. « Le formidable héritage que j’ai légué à mon pays, à ma Nation et à mon peuple, ne saurait être détruit ni par l’amateurisme, ni par la haine revancharde, paralysante et synonyme de régression dans tous les domaines de la vie », a-t-il affirmé, tout en assurant que « la majorité des Sénégalais sont fiers de ce qu’il a offert en héritage ».
Face à ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle et morale, Macky Sall appelle à une mobilisation générale. Il invite toutes les forces politiques, au sein comme en dehors de l’APR, à s’unir pour « refermer la violente parenthèse politique ouverte le 24 mars 2024 ». Ce message, à forte connotation politique, vise à fédérer l’opposition autour d’un projet commun de restauration démocratique et de refondation républicaine.
Le président de l’APR s’est par ailleurs félicité de la résilience de sa formation malgré la perte du pouvoir. Selon lui, contrairement à d’autres partis qui se sont effondrés après leur défaite, l’APR a su maintenir sa cohésion et son dynamisme. « La perte du pouvoir n’a point ébranlé outre mesure l’APR, qui garde intacts sa jeunesse militante, ses femmes vaillantes, ses cadres compétents et sa diaspora rayonnante », a-t-il salué, rendant hommage au courage et à la fidélité de ses partisans.
Macky Sall a insisté sur la nécessité de rester fidèle aux valeurs fondatrices du parti, gage, selon lui, de sa survie politique et de ses futures victoires. « Parce que nous avons toujours cru en la grandeur de notre engagement politique, en la solidité de nos convictions et en la vitalité de notre sagesse collective, nous avons tenu bon et nous tenons encore bon », a-t-il affirmé. Il a ajouté que les défaites ne sont de véritables échecs que lorsqu’elles conduisent à l’immobilisme. « Fort heureusement, l’APR a su surmonter cet écueil et s’appuyer sur son ressort interne pour amorcer un nouveau tournant dans sa trajectoire », a-t-il conclu.
Cette cérémonie d’installation du Secrétariat exécutif national a également servi de tribune à plusieurs responsables du parti pour dénoncer l’arrestation de Pape Malick Ndour, coordonnateur national des cadres de l’APR, actuellement en garde à vue. Seydou Guèye et Abdou Mbow ont, au nom du parti, qualifié cette interpellation « d’arbitraire » et exigé sa libération immédiate et sans condition. Selon eux, « Pape Malick Ndour est pris en otage dans une tentative d’intimidation politique ».
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