Mame Mbaye Niang est revenu ce lundi sur les ondes de la RFM pour évoquer le rabat d’arrêt rejeté par la Cour suprême et les implications de cette décision sur l’éligibilité d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029. L’ancien ministre du Tourisme, visiblement déterminé à clarifier les faits, a tenu à rappeler que la condamnation pour diffamation infligée à Ousmane Sonko n’est nullement couverte par la loi d’amnistie adoptée plus tôt cette année.
« Lui et ses partisans disent que oui, les faits sont couverts par l’amnistie. Ousmane Sonko cherche une voie. L’amnistie ne couvre pas sa condamnation pour diffamation contre ma personne. Pour preuve, lorsqu’il déposait le rabat d’arrêt, il s’attendait à ce que la Cour suprême le rejette sous motif d’une couverture de l’amnistie. Le procureur l’a requis au tribunal. Ousmane Sonko voulait ainsi brandir ce document de rejet de la Cour suprême sur la base de l’amnistie, mais en vain », a expliqué Mame Mbaye Niang.
L’ancien ministre a également souligné la solidité juridique de la décision rendue par la haute juridiction. Selon lui, « la Chambre réunie de la Cour suprême a statué sur le dossier avec 37 juges restants sur 42, preuve que les faits invoqués ne sont pas couverts par l’amnistie ». À l’en croire, le leader du parti PASTEF a pleinement conscience des conséquences de cette décision : « C’est parce qu’il se sait inéligible à la présidentielle de 2029 qu’il vient nous parler d’éléments nouveaux. »
Pour rappel, cette affaire oppose Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang depuis plusieurs années. Elle trouve son origine dans des accusations formulées par le président de PASTEF, qui avait affirmé qu’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) mettait en cause Mame Mbaye Niang dans la gestion du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (PRODAC). Se disant diffamé, Mame Mbaye Niang avait porté plainte.
À l’issue du procès, Ousmane Sonko avait été reconnu coupable de diffamation et condamné à six mois de prison avec sursis, assortis du paiement de 200 millions de francs CFA de dommages-intérêts à verser à l’ancien ministre. Cette condamnation avait ensuite été confirmée par la Cour d’appel, avant que la Cour suprême ne rejette le 1ᵉʳ juillet 2025 le rabat d’arrêt introduit par la défense, confirmant ainsi définitivement la peine et l’inéligibilité d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2024.
Ce rejet a relancé un vif débat au sein de la classe politique et de la société civile sur la portée réelle de la loi d’amnistie, la transparence du système judiciaire et la crédibilité des institutions sénégalaises dans le traitement des dossiers impliquant des personnalités politiques de premier plan.