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Justice

Mise en accusation de Macky Sall : Abdou Mbow fustige « l’ignorance » de l’opposition et défend la décision de l’Assemblée nationale

Le débat sur la tentative de mise en accusation de l’ancien président Macky Sall pour haute trahison continue de susciter des réactions au sein de la classe politique sénégalaise. Après le rejet du projet de résolution par le Bureau de l’Assemblée nationale, Abdou Mbow, député et cadre de l’Alliance pour la République (APR), a pris la parole pour défendre cette décision qu’il estime « conforme à la Constitution » et pour dénoncer, avec vigueur, l’attitude de certains députés de l’opposition qu’il accuse d’être « dans une ignorance totale du fonctionnement des institutions ».

Invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) du 2 novembre, le parlementaire a d’abord tenu à rappeler que, pour lui, « le débat est clos » et « ne mérite plus d’être poursuivi ». Selon Abdou Mbow, la proposition de mise en accusation introduite par certains députés, notamment ceux du camp du pouvoir actuel, n’avait aucune base juridique solide. « Nous sommes en face de députés qui sont dans une ignorance et qui s’entêtent dans leur ignorance », a-t-il lancé, non sans ironie. Il a qualifié la démarche de l’opposition d’« aberration », rappelant que la procédure engagée ne correspond à aucune disposition légale en vigueur.

Le député a insisté sur le fait que les parlementaires n’ont pas la compétence de déposer un projet de résolution visant à accuser un ancien président de la République. « Quand ils ont déposé ce projet, on avait dit que c’était une aberration. Le député n’a pas le droit de venir comme ça déposer un projet de résolution de mise en accusation pour haute trahison », a martelé Mbow, tout en soulignant que cette action relevait davantage de l’agitation politique que d’une véritable démarche institutionnelle.

Sur le fond du dossier, Abdou Mbow a soulevé une question essentielle : la définition juridique de la « haute trahison ». Selon lui, le concept reste flou dans le droit sénégalais. « Dans le code pénal sénégalais, dans le code de procédure pénale et dans la Constitution, on dit que le président de la République ne peut être jugé que pour haute trahison. Mais aujourd’hui, vous ne pouvez pas me dire c’est quoi la haute trahison dans ces textes », a-t-il déploré. Pour le député, cette absence de précision juridique rend toute tentative de mise en accusation juridiquement infondée et politiquement risquée.

L’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a également tenu à clarifier les prérogatives du Bureau de l’institution, afin de répondre aux critiques de ceux qui estiment que ce dernier aurait dû examiner le fond du dossier avant de le rejeter. « J’ai entendu des députés, y compris de la majorité, dire que le Bureau n’est pas entré dans le fond. Mais ils ne comprennent pas ce que cela signifie. Le Bureau a seulement compétence pour examiner la recevabilité d’une proposition ou d’une résolution. C’est à la commission qu’on saisit le fond. Donc si le Bureau estime qu’un texte n’est pas recevable, il le rejette. C’est aussi simple que ça », a-t-il expliqué.

Pour Abdou Mbow, les députés de l’opposition, en s’entêtant sur cette question, démontrent une méconnaissance profonde du fonctionnement de la République et des institutions. Il les accuse d’alimenter un débat purement politicien, au détriment de la rigueur institutionnelle. « Quand on est incompétent, quand on est dans l’ignorance, quand on ne connaît pas comment fonctionne la République, l’Assemblée nationale et les lois, on se permet d’être dans des élucubrations inutiles », a-t-il fustigé.

En conclusion, le député de l’APR considère que cette tentative de mise en accusation est définitivement classée et ne mérite plus d’être évoquée. Pour lui, l’opposition « se joue du sérieux des institutions » en multipliant les polémiques sans fondement juridique. « L’affaire est close », a-t-il insisté, invitant ses collègues de l’opposition à recentrer leur action sur des questions plus constructives pour le pays, plutôt que de s’enliser dans des débats qu’il juge « stériles et politiciens ».


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