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Mystère autour du pétrolier « Mersin » à Dakar : des preuves accréditent la piste d’un sabotage à l’explosif

L’affaire du pétrolier turc Mersin, immobilisé au large de Dakar depuis fin novembre 2025, prend une tournure de plus en plus inquiétante. Alors que les autorités sénégalaises avaient évoqué, dans un premier temps, un simple « incident » sans en préciser la nature, de nouveaux éléments rendus publics viennent renforcer la thèse d’un acte de sabotage délibéré, possiblement perpétré à l’aide d’explosifs.

Le 27 novembre 2025, le navire, en provenance de Russie et transportant plus de 30 000 tonnes de carburant, avait été immobilisé par les autorités sénégalaises dans les eaux au large de la capitale. Le Port autonome de Dakar avait alors indiqué avoir secouru l’équipage sain et sauf, sans toutefois fournir de détails sur les causes exactes de la situation. Cette communication minimale avait aussitôt suscité interrogations et spéculations dans les milieux maritimes et sécuritaires.

Ce vendredi 29 janvier, le média international RFI a affirmé avoir authentifié une vidéo exclusive tournée le lendemain de l’incident, le 28 novembre 2025. Selon ce média, les images constituent une preuve tangible que le navire a été victime d’une attaque à l’explosif. La coque du Mersin y apparaît perforée à quatre endroits distincts : deux impacts à bâbord et deux à tribord. Les brèches, dont l’une dépasse le mètre de diamètre, laissent apparaître des conduites internes endommagées, attestant de la violence des déflagrations.

Plusieurs experts militaires et spécialistes de la sécurité maritime, interrogés par RFI, estiment que ces dégâts sont incompatibles avec un accident classique ou une simple collision. Ils parlent plutôt de charges explosives posées à des endroits stratégiques du navire, ce qui traduirait une intervention humaine extérieure soigneusement planifiée. Pour ces analystes, la configuration des trous, leur répartition et l’ampleur des dommages convergent vers la conclusion d’un sabotage.

Depuis plus de deux mois, le Mersin demeure immobilisé à environ vingt kilomètres de Dakar, précisément dans la zone où il stationnait déjà avant l’attaque. Parti du port russe de Taman le 21 août 2025, le pétrolier, opéré par l’armateur turc Besiktas, avait effectué une escale au Togo avant de rejoindre les eaux sénégalaises. En raison d’un tirant d’eau jugé trop important, il n’avait pas pu accoster au port de Dakar et avait été contraint de rester dans la rade extérieure, dans l’attente d’instructions.

Cette immobilisation prolongée avait, dès le départ, intrigué plusieurs observateurs du trafic maritime. Certains y voyaient un simple problème technique ou administratif, d’autres soupçonnaient déjà des enjeux plus complexes, liés notamment au contexte géopolitique international et au transport de carburant en provenance de Russie.

Malgré les révélations relayées par RFI, les autorités sénégalaises maintiennent une position rassurante. Elles assurent que le navire est « stable » et que la situation est « sous contrôle », sans pour autant confirmer officiellement la thèse d’une attaque à l’explosif. Aucune communication détaillée n’a encore été faite sur l’ouverture éventuelle d’une enquête internationale ou sur l’identité des auteurs présumés.

Dans l’attente de clarifications officielles, l’affaire du Mersin continue de susciter de nombreuses questions, tant sur le plan sécuritaire qu’environnemental. Car au-delà du sabotage supposé, la présence prolongée d’un pétrolier chargé de dizaines de milliers de tonnes de carburant au large de Dakar représente un risque majeur, que les autorités devront gérer avec la plus grande vigilance.


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