Originaire de Louga, Ndiawar Seck est issu de la caste des griots, dépositaires de la tradition orale et musicale qui occupent une place centrale dans la société ouest-africaine. Musicien et chanteur, il perpétue cet héritage tout en l’enrichissant de nouvelles influences.
À travers son groupe Chapa-Choly, l’artiste met en valeur la richesse des sonorités africaines et l’énergie de ses performances scéniques. Pour lui, la musique transcende les frontières : « Elle constitue un langage universel et un trait d’union entre les cultures », affirme-t-il.
Mais Ndiawar Seck est également reconnu pour ses prises de position. Bien au-delà de son rôle d’ambassadeur culturel, il défend une vision politique et sociale affirmée :
« L’Afrique n’a pas besoin d’aide, mais de liberté ; elle n’a pas besoin de travailleurs humanitaires, mais de présidents et de personnes qui y croient », déclare-t-il. Le musicien dénonce aussi les drames liés à la migration irrégulière : « On ne peut pas parler d’indépendance si nos jeunes meurent au fond de la mer en essayant de rejoindre l’Europe ».
Par ailleurs, il est l’initiateur du Festival Ma Valise à Musique (FEMU), organisé à Madrid en Espagne. Ce rendez-vous unique, qui mêle culture, pédagogie et création artistique autour de la musique, se tient cette année du 28 septembre au 26 octobre 2025. Conçu comme un véritable voyage à travers les sons et les émotions, Ma Valise à Musique propose des spectacles, des rencontres et des ateliers ouverts à tous les publics.
Entre fidélité à ses racines et ouverture au monde, Ndiawar Seck incarne une génération d’artistes qui utilisent leur voix — au sens propre comme au figuré — pour interroger l’avenir du continent africain.
Par Aly Saleh