Suivez-nous

Justice

Ousmane Sonko revendique la paternité du projet de loi contre l’homosexualité

L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange particulièrement tendu ce mardi, à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement. Interpellé par le député Abdou Mbow sur le respect de ses engagements relatifs au durcissement de la législation sur l’homosexualité, le Premier ministre Ousmane Sonko a saisi l’occasion pour faire une annonce majeure. Il a confirmé avoir transmis au président de l’institution parlementaire un projet de loi visant à criminaliser l’homosexualité, revendiquant sans ambiguïté la paternité de ce texte qu’il présente comme sa première initiative législative personnelle depuis son accession à la primature.

Par cette déclaration, le chef du gouvernement entend solder un débat qui traverse la scène politique sénégalaise depuis plusieurs années. En assumant publiquement l’origine du texte, il cherche à se positionner comme l’artisan principal de cette réforme, tout en dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la question par ses adversaires. Selon lui, certains acteurs exploiteraient cet enjeu sociétal à des fins partisanes, voire pour servir des intérêts extérieurs. Il a ainsi accusé ses opposants de duplicité, estimant qu’ils entretiennent la polémique sans proposer d’initiative concrète.

Au-delà de l’aspect strictement pénal, Ousmane Sonko a élargi son propos à la qualité du débat public et au respect des principes fondamentaux de l’État de droit. Il s’est dit profondément préoccupé par la divulgation dans l’espace médiatique d’informations personnelles concernant des citoyens impliqués dans des procédures judiciaires, notamment la révélation de leur statut sérologique. Il a qualifié ces pratiques d’atteintes graves à la vie privée, jugeant qu’elles nuisent à la cohésion sociale et exposent inutilement les familles à la stigmatisation. Pour le Premier ministre, la défense des valeurs morales ne saurait justifier des violations des droits fondamentaux.

Dans la même veine, il a vivement critiqué la gestion médiatique des affaires judiciaires, pointant du doigt les fuites répétées de procès-verbaux et de pièces d’enquête avant toute audience formelle. Il s’est interrogé sur le respect du secret de l’instruction et a interpellé l’autorité du procureur face à ces pratiques qu’il estime contraires aux principes d’une justice équitable. Selon lui, la crédibilité des institutions repose autant sur la fermeté des textes que sur la rigueur des procédures.

Cette intervention marque une étape importante dans un dossier hautement sensible, à la croisée des débats juridiques, moraux et politiques. En revendiquant la paternité du projet de loi tout en dénonçant les dérives médiatiques et les entorses procédurales, Ousmane Sonko tente de concilier affirmation d’une ligne politique ferme et rappel des exigences institutionnelles. Reste désormais à savoir comment ce texte sera accueilli au sein de l’hémicycle et quelles seront les réactions de l’opinion publique face à cette initiative législative assumée.


En savoir plus sur LE DAKAROIS

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cliquez pour commenter

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Plus dans Justice

En savoir plus sur LE DAKAROIS

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture