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Justice

Reddition des comptes : Ousmane Sonko exprime ses inquiétudes face aux dossiers de l’ancien régime

La question de la reddition des comptes continue d’occuper une place centrale dans le débat politique sénégalais. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment exprimé publiquement sa déception et sa frustration face aux lenteurs constatées dans le traitement des dossiers liés à la gestion de l’ancien régime. Cette sortie intervient dans un contexte où la transparence dans la gestion des finances publiques constitue l’un des engagements majeurs du gouvernement issu de la troisième alternance politique.

Lors de son intervention dans le cadre des questions d’actualité au gouvernement, le chef de l’exécutif a dénoncé ce qu’il considère comme des blocages institutionnels susceptibles de compromettre l’aboutissement des procédures judiciaires engagées contre certains responsables publics présumés impliqués dans des affaires de malversations financières. Ousmane Sonko a notamment évoqué les dossiers symboliquement appelés « Dossiers Yi Amatumassi Yakaar », expression utilisée pour désigner les affaires de grande envergure qui concernent la gestion des ressources publiques durant les années précédentes. Selon lui, ces dossiers risquent de ne jamais aboutir à des sanctions judiciaires effectives si les lenteurs constatées persistent.

Le Premier ministre a accusé certaines autorités judiciaires de manquer de diligence dans le traitement de ces affaires sensibles, affirmant que certaines procédures semblent se heurter à des obstacles administratifs ou juridiques qui réduisent l’efficacité de la justice économique. Il a regretté ce qu’il considère comme une tendance à « tout mettre à néant », estimant que cette situation pourrait décourager les efforts du gouvernement pour instaurer une gouvernance financière plus rigoureuse. Pour le chef du gouvernement, la reddition des comptes ne constitue pas seulement un enjeu politique, mais aussi un impératif moral destiné à restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens.

Malgré ces critiques, Ousmane Sonko a tenu à adopter un discours nuancé en reconnaissant les avancées réalisées par certaines institutions de contrôle de l’État. Il a particulièrement salué le travail de l’Inspection générale d’État (IGE), de la Cour des Comptes ainsi que de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Ces institutions jouent, selon lui, un rôle fondamental dans la lutte contre la corruption et la traque des irrégularités financières héritées des précédentes administrations. Il a encouragé ces organes à poursuivre leurs missions avec indépendance et rigueur afin de permettre un traitement objectif des dossiers en cours.

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette prise de parole s’inscrit également dans une dynamique politique visant à maintenir la pression sur les mécanismes de bonne gouvernance. La reddition des comptes demeure en effet un thème fortement attendu par l’opinion publique, notamment dans un contexte économique marqué par des exigences accrues de transparence dans la gestion des ressources nationales. Le gouvernement entend ainsi faire de cette politique un pilier de sa stratégie de transformation institutionnelle, même si les contraintes juridiques et administratives continuent de susciter des débats entre acteurs politiques, juristes et société civile.


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