Politique
Papa Malick Ndour sur le plan de redressement : « C’est un acte illégal qui peut être attaqué devant la cour suprême »
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par
Le Dakarois
Présent sur le plateau de l’émission Faram Facce sur la Tfm ce lundi soir, Papa Malick Ndour, président du Conseil départemental de Guinguinéo et coordonnateur national des cadres républicains, a vivement critiqué le nouveau programme économique du gouvernement. Selon lui, le « plan de redressement » que le Premier ministre Ousmane Sonko compte dévoiler vendredi constitue une initiative dépourvue de base légale, et donc attaquable devant la Cour suprême.
L’ancien ministre de la Jeunesse a rejeté d’emblée la pertinence de ce plan, estimant qu’il repose sur une vision erronée et non conforme au cadre juridique en vigueur. Il s’est appuyé sur la loi d’orientation 2022-10 du 19 avril 2022 relative au système national de planification, pour affirmer que « le Sénégal ne peut pas parler de plan de redressement sans un changement préalable de cette loi ».
En effet, l’article 24 de ce texte législatif précise que « le Plan Sénégal Émergent (PSE) est l’unique référentiel de la politique économique et sociale du pays ». Le PSE, adopté en 2014 sous la présidence de Macky Sall, demeure donc en vigueur, en l’absence d’un amendement législatif formel. Pour Papa Malick Ndour, tant que cette disposition n’a pas été modifiée par l’Assemblée nationale, toute alternative comme le « plan de redressement » ou « l’agenda de transformation systémique » n’a aucune valeur juridique.
« Tous les actes qui s’en écartent sont non seulement illégaux, mais relèvent d’un excès de pouvoir. Ils peuvent être attaqués devant la juridiction suprême », a-t-il insisté. Il voit dans cette tentative un risque d’insécurité juridique majeur, qui pourrait affaiblir la crédibilité de l’action gouvernementale, notamment vis-à-vis des partenaires techniques et financiers du Sénégal.
Dans un autre registre, Papa Malick Ndour a pointé du doigt un manque de cohérence entre la stratégie adoptée par le nouveau gouvernement et la loi de finances en cours. Selon lui, si le gouvernement veut véritablement rompre avec le PSE, il doit l’assumer sur le plan institutionnel et faire adopter par voie législative un nouveau cadre de référence. « Je leur conseille de changer la loi. Qu’ils arrêtent de bricoler avec des concepts comme « plan de redressement » ou « stratégie systémique », qui n’ont aucune assise légale », a-t-il déclaré.
Au-delà de l’aspect juridique, le coordonnateur des cadres de l’APR estime que l’actuelle équipe dirigeante n’a pas encore trouvé les mécanismes efficaces pour relancer l’économie nationale. Il met en garde contre des effets d’annonce qui risquent de se heurter à la réalité du terrain et à la rigidité des textes. « Ce plan va encore tomber à l’eau comme bien d’autres », a-t-il conclu.
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