Lors de son entretien accordé à la chaîne France 24, ce vendredi, en marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé sur la question sensible des éventuelles poursuites judiciaires visant des responsables de l’ancien régime de Macky Sall.
Le chef de l’État a tenu à dissiper toute ambiguïté en rappelant que la justice, pour préserver la paix civile et l’ordre public, doit être rendue de manière impartiale et équitable. « Je fais toujours la différence entre se faire justice et rendre la justice. Rendre la justice suppose respecter la présomption d’innocence de tout individu, respecter ses droits et lui assurer un procès juste et équitable », a-t-il déclaré, soulignant que cette règle s’applique à tout citoyen, quel que soit son statut ou sa fonction passée.
Bassirou Diomaye Faye a insisté sur le fait qu’il ne saurait exister de « présomption de culpabilité sur personne ». Selon lui, seules les procédures prévues par le droit sénégalais doivent guider les décisions de justice, loin de toute forme de règlement de comptes politiques.
Le président a également voulu rassurer sur l’indépendance du processus judiciaire. « Chacun est libre d’exprimer ses opinions. Mais quand la justice aura à se prononcer, elle le fera de manière sereine et sur la base d’éléments matériels, devant un juge indépendant qui va juger selon son intime conviction », a-t-il précisé.
En plaçant ainsi la présomption d’innocence et l’équité au cœur de son discours, Bassirou Diomaye Faye trace une ligne de conduite claire : les enquêtes et éventuels procès concernant les figures de l’ancien régime ne devront pas être interprétés comme une revanche politique, mais comme une exigence de l’État de droit.
Cette prise de position intervient dans un contexte où le débat sur la reddition des comptes reste vif au Sénégal, deux ans après l’alternance politique. Elle traduit la volonté du président de concilier exigence de justice et respect des principes démocratiques, afin de préserver la stabilité et la crédibilité des institutions.