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Présidentielle en Guinée : Mamadi Doumbouya largement en tête selon des résultats partiels, l’opposition crie à la mascarade

Le chef de la junte guinéenne, le général Mamadi Doumbouya, dispose d’une avance écrasante sur ses huit adversaires à l’élection présidentielle organisée dimanche, selon les premiers résultats officiels partiels provisoires rendus publics lundi soir. Ces chiffres, lus à la télévision nationale RTG par la directrice générale des élections, Djenabou Touré, confirment la position de grand favori du chef de l’État de transition.

À Conakry, Mamadi Doumbouya arrive très largement en tête dans plusieurs communes clés de la capitale, notamment Kaloum, Matam, Sonfonia et Ratoma. Dans ces circonscriptions, ses scores dépassent fréquemment les 80 %, creusant un écart considérable avec ses concurrents. Cette dynamique favorable se retrouve également dans d’autres localités du pays. À Coyah, ville située à proximité de Conakry, comme dans plusieurs zones de l’intérieur, le général Doumbouya conserve une avance comparable. Il domine notamment dans les préfectures de Boffa et Fria à l’ouest, Gaoual au nord-ouest, Koundara et Labé au nord, ainsi qu’à Nzérékoré dans le sud-est du pays.

Ce scrutin s’est tenu dans un contexte politique très contesté. L’opposition, dont plusieurs figures majeures ont été écartées du processus électoral, avait appelé au boycott de cette présidentielle. L’élection intervient plus de quatre ans après le coup d’État de septembre 2021 qui avait renversé le président Alpha Condé, au pouvoir depuis 2010. En l’absence de candidats d’envergure issus de l’opposition traditionnelle, la participation électorale constituait l’un des principaux enjeux du scrutin.

Selon les chiffres officiels annoncés par la commission électorale, le taux de participation s’est élevé à 85 %. Un chiffre immédiatement contesté par un mouvement citoyen réclamant le retour des civils au pouvoir. Dans un communiqué publié lundi, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a affirmé qu’« une immense majorité de Guinéens a choisi de boycotter la mascarade électorale » organisée par la junte. Le FNDC estime que les électeurs ont refusé de s’associer à ce qu’il qualifie de simulacre de scrutin, sans toutefois avancer de statistiques alternatives.

Près de 6,8 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, dont environ 125 000 Guinéens vivant à l’étranger. Âgé de 41 ans, Mamadi Doumbouya semble ainsi en mesure de remporter la présidentielle dès le premier tour, face à des candidats peu connus du grand public, dans un climat marqué par un net rétrécissement des libertés publiques.

Plusieurs candidats ont d’ailleurs dénoncé des irrégularités. Abdoulaye Yéro Baldé a fait état, dans un communiqué publié lundi soir, de « graves irrégularités », évoquant notamment l’accès refusé à ses représentants dans certaines commissions de centralisation des votes ainsi que des cas présumés de bourrage d’urnes. De son côté, Faya Millimono a dénoncé un « brigandage électoral », accusant les autorités d’exercer des influences sur les électeurs et évoquant également des pratiques de bourrage d’urnes.

Sur le plan sécuritaire, le chef de la gendarmerie nationale, le général Balla Samoura, a appelé lundi matin, lors d’une déclaration à la télévision publique, à maintenir le dispositif de sécurité déployé le jour du vote. Il a invité les forces de défense et de sécurité à faire preuve de vigilance et de réactivité jusqu’à la clôture définitive de l’ensemble des opérations électorales, tout en soulignant qu’aucun incident majeur n’avait été enregistré lors du scrutin.

La veille, les forces de sécurité avaient annoncé avoir neutralisé, dans la banlieue de Conakry, des membres d’un groupe armé soupçonnés de nourrir des intentions subversives menaçant la sécurité nationale. Au lendemain du vote, des engins blindés et des véhicules des forces de l’ordre restaient visibles à certains carrefours stratégiques de la capitale. Malgré cette présence sécuritaire renforcée, la vie a progressivement repris son cours normal à Conakry, avec la réouverture des principaux marchés et des services publics.

Cette élection intervient quelques semaines après l’adoption d’une nouvelle Constitution, approuvée fin septembre par référendum, là encore dans un contexte de boycott de l’opposition. Selon les chiffres officiels, la participation à ce référendum aurait atteint 91 %. Le nouveau texte constitutionnel autorise les membres de la junte à se présenter aux élections et a ainsi ouvert la voie à la candidature de Mamadi Doumbouya. Il a également modifié la durée du mandat présidentiel, portée de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois.


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