Les journées nationales de concertation sur le secteur de la communication ont démarré ce mercredi 18 juin 2025 à Dakar, à l’initiative du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aliou Sall. Une rencontre d’envergure qui rassemble pendant trois jours des journalistes, patrons de presse, régulateurs, experts institutionnels et partenaires, dans le but de repenser l’avenir du paysage médiatique sénégalais.
Présent à cette cérémonie, Mamadou Lamine Dianté, président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), a salué l’organisation de ces concertations, qu’il inscrit dans une dynamique salutaire de paix durable par le dialogue. Mais il a surtout mis à profit son intervention pour dresser un diagnostic sans complaisance de la situation économique, sociale et morale des médias au Sénégal.
Selon lui, le modèle économique actuel des entreprises de presse est à bout de souffle. Les difficultés financières qui frappent la majorité des rédactions affectent directement leur indépendance, leur qualité éditoriale et leur résilience. Il souligne que l’écosystème n’est toujours pas favorable à la promotion du travail décent, ni à la compétitivité durable des entreprises médiatiques. D’où son appel pressant à « des concertations sincères et constructives sur le modèle économique du secteur, la transparence des financements et la juste rémunération du travail journalistique ».
Mamadou Lamine Dianté a également insisté sur la nécessité d’une régulation forte et équilibrée du secteur. Pour lui, la régulation ne doit pas être perçue comme un instrument de censure, mais comme un levier essentiel pour concilier liberté de la presse et responsabilité sociale. Dans un contexte où le cyberespace est devenu un territoire aussi libre que dangereux, il estime urgent de forger un consensus autour d’une « conscience numérique commune » qui associerait l’État, les plateformes numériques, la société civile et les citoyens dans l’élaboration d’un nouveau cadre réglementaire.
« Il est temps de réinventer les formes de concertation entre tous les acteurs, afin d’instaurer une gouvernance médiatique adaptée aux réalités numériques et aux mutations de notre société », a-t-il déclaré.
Sur le rôle des médias dans l’espace public, Mamadou Lamine Dianté a tenu à rappeler la vocation fondamentale de la presse dans toute démocratie : celle d’un contrepouvoir. Il appelle les professionnels à faire preuve de rigueur et de discernement, notamment dans un contexte où les attentes sont fortes, tant du côté du gouvernement que des citoyens et des acteurs politiques. « La presse doit assumer pleinement sa vocation de contrepouvoir vis-à-vis des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire », a-t-il affirmé, en soulignant que cette mission implique pluralisme, indépendance et équilibre éditorial.
Enfin, il a mis en garde contre les effets pervers des réseaux sociaux sur la qualité de l’information et la cohésion nationale. Il plaide pour une réforme qui protège non seulement les journalistes, mais aussi les citoyens, à travers une presse crédible, intègre et soucieuse de préserver la vie privée et l’intérêt général.
En somme, l’intervention de Mamadou Lamine Dianté aura servi de plaidoyer puissant en faveur d’une presse économiquement viable, professionnellement valorisée et juridiquement protégée. Des enjeux qui, selon lui, conditionnent la vitalité démocratique et la paix sociale au Sénégal.