La justice sénégalaise s’apprête à se pencher sur une demande de révision du procès ayant opposé Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang dans l’affaire dite du Prodac. À la veille de cette nouvelle séquence judiciaire, le climat politique et médiatique s’est brusquement tendu. L’ancien ministre de la Jeunesse, jusque-là relativement discret, est sorti de sa réserve pour livrer une réplique cinglante à ce qu’il considère comme une offensive concertée visant à remettre en cause une décision de justice devenue définitive. Une prise de parole dense, empreinte de gravité, dans laquelle il s’emploie à démonter un à un les arguments de la défense de l’actuel Premier ministre.
Au cœur de cette bataille judiciaire se trouve la condamnation pour diffamation prononcée contre Ousmane Sonko, à la suite de déclarations accusant Mame Mbaye Niang de malversations dans la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac). Depuis l’accession de Sonko à la Primature, ses partisans estiment que de nouveaux éléments, notamment des rapports administratifs et des documents de contrôle, seraient de nature à justifier une révision du procès. Ils soutiennent que ces pièces, qui n’auraient pas été pleinement prises en compte à l’époque, fragilisent la base factuelle de la condamnation.
C’est précisément cette lecture que Mame Mbaye Niang rejette avec vigueur. Dans son intervention, il affirme que les documents brandis aujourd’hui ne constituent en rien des faits nouveaux au sens juridique du terme. Selon lui, certains étaient déjà connus au moment de la procédure initiale, tandis que d’autres relèveraient d’analyses postérieures sans valeur probante suffisante pour remettre en cause une décision de justice. Il insiste sur le fait que le procès n’a jamais porté sur la gestion globale du Prodac, mais exclusivement sur la capacité de l’accusé à prouver publiquement des accusations de détournement nominativement dirigées contre lui.
L’ancien ministre va plus loin en dénonçant ce qu’il décrit comme une instrumentalisation politique de la justice. À ses yeux, la demande de révision s’inscrirait moins dans une quête de vérité judiciaire que dans une stratégie visant à laver politiquement Ousmane Sonko d’une condamnation devenue encombrante. Il met en garde contre les conséquences institutionnelles d’une telle démarche, estimant qu’une remise en cause infondée d’une décision définitive pourrait affaiblir l’autorité de la justice et ouvrir la voie à une insécurité juridique préjudiciable à l’État de droit.
Face à cette contre-attaque, le camp de Ousmane Sonko affiche une confiance certaine. Ses soutiens soulignent que le contexte a profondément changé et que la réouverture du dossier constitue une opportunité pour la justice de se prononcer à la lumière de nouveaux éclairages administratifs et politiques. Ils rappellent que la procédure de révision est prévue par la loi et qu’elle n’a rien d’exceptionnel lorsqu’il s’agit de garantir un procès équitable.