La situation sanitaire de Mouhamadou Ngom, dit Farba, attire désormais l’attention au plus haut niveau. Une contre-expertise médico-légale, réalisée par trois praticiens de renom — Dr Ousmane Dièye, Pr Papa Saliou Mbaye et Pr Serigne Maguèye Gueye — met en lumière un tableau clinique préoccupant, jugé incompatible avec une incarcération.
Selon le rapport remis au Pôle judiciaire et financier du tribunal de grande instance hors classe de Dakar, l’élu souffre d’un syndrome d’apnée obstructive sévère du sommeil, jusqu’ici non diagnostiqué. Cette affection, combinée à une cardiopathie naissante, au diabète, à l’obésité et à des antécédents cardiovasculaires, place Farba Ngom dans une zone de risque critique.
Les experts décrivent un patient sujet à des palpitations, malaises, essoufflement, fatigue chronique et somnolence diurne. L’échoDoppler cardiaque a confirmé une dilatation modérée de l’oreillette gauche et de l’aorte thoracique ascendante, aggravant la gravité du cas.
La polygraphie ventilatoire du 31 juillet a confirmé l’apnée obstructive sévère du sommeil, nécessitant une assistance respiratoire par ventilation à pression positive continue. La spirométrie du 2 août, quant à elle, a révélé un trouble ventilatoire obstructif léger, compatible avec une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) débutante. Les antécédents tabagiques et l’excès pondéral du patient renforcent cette hypothèse.
Même si les analyses biologiques ne révèlent pas d’aggravation majeure par rapport aux bilans précédents, la combinaison de ces pathologies, notent les experts, expose Farba Ngom à des complications graves et évolutives, « dont une mort subite nocturne ».
Détenu depuis le 27 février dernier, Farba Ngom se trouve ainsi dans une situation jugée médicalement intenable. Ses avocats devraient, selon L’Observateur, introduire une nouvelle demande de liberté provisoire en s’appuyant sur ce rapport alarmant.