Après plusieurs mois de bras de fer mêlant procédures judiciaires et expertise médicale, la défense de Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba, a décidé de changer de cap. Selon des informations rapportées par L’Observateur, ses avocats ont introduit une nouvelle requête demandant la main levée du mandat de dépôt ainsi qu’une mise en liberté provisoire pour leur client. Cette démarche, appuyée par un rapport médical jugé accablant, est présentée comme une riposte juridique ferme face à la position jugée inflexible du parquet financier.
Le document sur lequel s’appuie la défense est une contre-expertise médico-légale réalisée par trois spécialistes de renom : le cardiologue Ousmane Dièye, le professeur Papa Saliou Mbaye et le professeur Serigne Maguèye Gueye. Le rapport, qualifié d’alarmant, décrit un état de santé critique, évoquant une cardiopathie débutante, un diabète ancien, une obésité et un syndrome d’apnée obstructive du sommeil sévère. Selon les experts, l’ensemble de ces pathologies expose l’homme politique à un risque réel de mort subite nocturne. Pour ses avocats, ces conclusions dépassent la simple analyse médicale et deviennent un véritable bouclier juridique, rendant injustifiable le maintien en détention de leur client.
Cette contre-offensive judiciaire intervient dans un contexte marqué par un précédent rejet. Le parquet financier avait en effet balayé une première demande de liberté provisoire, remettant en cause la crédibilité du rapport du professeur Alassane Mbaye, désigné par l’Ordre des Médecins. Soupçonnant un document complaisant, le ministère public avait alors exigé qu’une contre-expertise soit confiée à un collège médical indépendant. Mais loin d’infirmer les conclusions initiales, ce second rapport les a non seulement confirmées mais encore renforcées, donnant ainsi un poids supplémentaire aux arguments de la défense.
Les conseils de Farba Ngom s’appuient désormais sur cette double validation scientifique pour exiger que le juge ordonne la main levée du mandat de dépôt. Et si cette requête venait à être rejetée, ils invoquent les dispositions du Code de procédure pénale qui permettent d’obtenir au moins une liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Dans leur stratégie, le médical devient un levier juridique, et leurs propos traduisent une détermination sans faille : « Ce rapport clôt définitivement le débat », assurent-ils, estimant que l’autorité judiciaire n’a plus aucune base légale pour maintenir leur client derrière les barreaux.