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Stabilité au Mali : Moscou appelle à un retour rapide à l’ordre après les récents affrontements
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par
Diack
La Russie a exprimé, ce mardi, sa préoccupation face à la détérioration de la situation sécuritaire au Mali, marquée par des attaques coordonnées de groupes jihadistes et de rebelles touareg ayant entraîné la mort d’un ministre et la prise de la ville stratégique de Kidal. Dans ce contexte tendu, le Kremlin a plaidé pour un retour rapide à la stabilité dans le pays.
S’exprimant lors de son briefing quotidien, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a insisté sur la nécessité pour le Mali de retrouver « au plus vite une trajectoire pacifique et stable ». Une déclaration qui intervient alors que la situation sur le terrain semble échapper progressivement au contrôle des autorités maliennes, confrontées à une recrudescence des violences dans le nord du pays.
Les récents événements à Kidal, bastion historique des groupes rebelles touareg, illustrent l’ampleur des défis sécuritaires auxquels fait face Bamako. La prise de cette ville emblématique par des forces opposées au pouvoir central marque un tournant dans l’évolution du conflit, d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte de recomposition des alliances militaires sur le terrain.
Un élément notable de cette crise réside dans le retrait de mercenaires russes présents dans la zone. Ces derniers, souvent associés aux opérations de soutien aux forces maliennes, ont quitté Kidal avant la chute de la ville, soulevant des interrogations sur la capacité réelle des dispositifs de sécurité actuels à contenir l’avancée des groupes armés.
Interrogé sur le rôle potentiel de l’Africa Corps, une force paramilitaire russe impliquée dans plusieurs pays africains et réputée proche du pouvoir russe, Dmitri Peskov s’est montré évasif. Il a refusé de commenter la capacité de cette structure à reprendre le contrôle de la situation, préférant maintenir une position prudente sur l’implication opérationnelle de Moscou.
Cette réserve intervient alors que la présence russe en Afrique, notamment au Mali, fait l’objet d’une attention accrue de la communauté internationale. Le pays sahélien, dirigé par une junte militaire depuis les coups d’État successifs de 2020 et 2021, a progressivement renforcé sa coopération avec la Russie, notamment dans le domaine sécuritaire, après le départ des forces françaises et européennes.
La dégradation actuelle de la situation sécuritaire met en lumière les limites des stratégies mises en œuvre jusqu’ici pour stabiliser le Mali. Entre attaques jihadistes, résurgence des revendications indépendantistes touareg et fragilité des institutions, le pays demeure confronté à une équation complexe, dont l’issue reste incertaine.
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