Mbacké : les citoyens dénoncent la qualité défaillante du stade Ibrahima Gueye et réclament une enquête indépendante

À la suite des incidents survenus ce vendredi au stade municipal de Mbacké, qui ont causé plusieurs blessés et des dégâts matériels, les habitants de Mbacké et de Touba ont exprimé leur indignation dans un communiqué.
Ils dénoncent la mauvaise qualité des travaux réalisés au stade Ibrahima Gueye, évoquant de « graves défaillances techniques » ainsi qu’un « manque criant de professionnalisme ».
Les citoyens exigent l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les responsabilités liées à cet incident dramatique.

COMMUNIQUÉ DE DÉNONCIATION

Nous, citoyens de Mbacké et Touba témoignent directs des événements tragiques survenus ce vendredi 08 août 2025, tenons à exprimer notre profonde indignation suite à l’incident dramatique au stade Ibrahima Gueye.

Alors que ce stade, censé être un symbole de fierté et de développement pour notre ville, mais deux ans après l’inauguration un événement choquant s’est produit : le toit de la tribune principale s’est violemment soulevé sous l’effet du vent, causant la panique générale, de nombreux blessés, et mettant en danger la vie de plusieurs citoyens innocents.

Cette catastrophe est directement liée à la mauvaise qualité des travaux réalisés. Le chantier, attribué au promoteur Mbaye Faye, a manifestement souffert de graves défaillances techniques et d’un manque criant de professionnalisme. Ce manquement à la rigueur et aux normes de sécurité constitue une faute grave, qui ne peut rester impunie.

Nous exigeons :
L’ouverture immédiate d’une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur les responsabilités.

Que Mbaye Faye et toutes les personnes impliquées dans l’exécution et le suivi de ce chantier rendent compte devant la justice.

Que des mesures concrètes soient prises pour réparer les dommages, assurer la sécurité des infrastructures sportives, et éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

Il est temps que les autorités agissent avec fermeté. Il en va de la sécurité de nos concitoyens et du respect dû à la mémoire de ceux qui ont souffert aujourd’hui. L’impunité ne doit pas être la norme.

Suspension de la fourniture d’électricité dans certaines communes : la SENELEC répond à l’interpellation de l’AMS

Depuis plusieurs jours, plusieurs services municipaux, notamment à Dakar, ont subi des coupures d’électricité, suscitant l’inquiétude des autorités locales. L’Association des Maires du Sénégal (AMS) a ainsi alerté sur cette situation préoccupante, qui a affecté le bon fonctionnement de certains services publics municipaux essentiels.

Dans un communiqué adressé à la presse, l’AMS a fait savoir qu’elle avait constaté la suspension progressive de la fourniture d’électricité dans plusieurs collectivités territoriales, ce qui a conduit l’association à prendre contact avec les services compétents de la Société Nationale d’Électricité du Sénégal (SENELEC). L’AMS a rappelé que, selon les usages, une mise à jour préalable des dettes croisées entre la SENELEC et les collectivités devait être réalisée avant toute interruption de service, ce qui n’aurait pas été respecté dans ce cas précis.

Suite à ces échanges, un accord a été trouvé entre l’AMS et la SENELEC, portant sur l’arrêt immédiat des coupures d’électricité et la rétablissement complet du service dans tous les services municipaux touchés. Cette décision vise à préserver la continuité des services publics et à éviter toute perturbation dans le fonctionnement des institutions locales.

Par ailleurs, une séance de travail sera organisée très prochainement afin d’aborder de manière globale cette question d’intérêt commun. Cette rencontre, qui sera inclusive, devra permettre de mettre en place des solutions durables pour gérer les relations financières entre la SENELEC et les collectivités territoriales, évitant ainsi toute situation conflictuelle future.

La réaction rapide de la SENELEC et de l’AMS témoigne de la volonté des deux parties de trouver un terrain d’entente afin d’assurer une gestion efficace des services électriques au bénéfice des populations sénégalaises.

Mbacké : la toiture du stade municipal s’arrache et fait plusieurs blessés

Un violent coup de vent suivi d’une forte pluie a provoqué un grave incident, ce jeudi soir, au stade municipal de Mbacké. Peu avant 21 heures, une partie importante de la toiture en zinc s’est envolée, endommageant partiellement la tribune et semant la panique parmi les personnes présentes. Selon les premières informations recueillies sur place, plusieurs blessés ont été signalés, même si le nombre exact et la gravité des cas restent à préciser.

Les secours sont rapidement intervenus, mobilisant pompiers et équipes médicales pour prendre en charge les victimes et sécuriser le site. L’arrachement de la toiture, sous la violence des rafales, a provoqué un grand mouvement de foule. Des témoins, choqués, ont relayé sur les réseaux sociaux des appels à l’aide et des images montrant l’ampleur des dégâts.

Les intempéries n’ont pas seulement frappé Mbacké. À Touba, les mêmes rafales ont déraciné et endommagé plusieurs tentes dressées en face de la grande mosquée, en prévision du Grand Magal. Des structures installées pour accueillir les pèlerins ont été renversées, compliquant les préparatifs à moins d’une semaine de l’événement religieux.

Les autorités locales, en lien avec les services de sécurité et de protection civile, évaluent actuellement l’étendue des dégâts. Une enquête devra déterminer si la structure du stade nécessitait déjà des travaux de renforcement, ou si cet incident résulte uniquement de la violence exceptionnelle du vent.

Inondations à Touba : le ministère de l’Assainissement déploie l’opération « Fendi » pour libérer les maisons avant le Magal

À quelques jours du grand Magal, la ville sainte de Touba fait toujours face aux conséquences des fortes pluies qui s’y sont abattues ces dernières semaines. Plusieurs habitations restent envahies par les eaux, obligeant leurs occupants à les abandonner temporairement. Pour permettre leur retour et éviter une aggravation de la situation avec de nouvelles précipitations, le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a officiellement lancé l’opération « Fendi », une initiative d’envergure destinée à évacuer rapidement les eaux stagnantes.

Dans le cadre de cette opération, 120 motopompes ont été remises aux autorités locales, un renfort matériel jugé crucial à l’approche du Magal, grand rassemblement religieux qui attire chaque année des millions de fidèles. La Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DGPI) a également mobilisé des équipements supplémentaires pour appuyer les équipes sur le terrain. L’objectif est clair : pomper l’eau des maisons abandonnées et des zones critiques afin de garantir un accueil optimal aux pèlerins.

« Avec les pluies diluviennes tombées sur Touba, des centaines de maisons ont été inondées. C’est pour cette raison que le ministre a mobilisé le matériel nécessaire pour mener une opération Fendi avant les prochaines pluies, afin de libérer les maisons qui devront accueillir les pèlerins », a expliqué Serigne Ndiaye, adjoint au maire, sur les ondes de la RFM. Il a précisé que 50 motopompes provenant du Projet de Gestion Intégrée des Inondations au Sénégal (PGIIS) ont été mises à disposition, permettant de mettre en place un plan communal de sauvegarde spécialement dédié à la gestion de cette crise.

De son côté, Serigne Bousso Ndiaye a indiqué que 50 autres motopompes avaient été confiées au préfet, avec tout le matériel nécessaire pour leur fonctionnement. Il a ajouté que le carburant serait pris en charge par la mairie, afin de garantir la continuité des opérations.

Cette intervention, qualifiée d’« opération coup de poing » par les autorités locales, se poursuivra jusqu’au Magal. Elle vise non seulement à soulager les populations sinistrées, mais aussi à assurer un environnement salubre et sécurisé pour les milliers de fidèles déjà en route vers Touba. L’urgence est d’autant plus grande que les prévisions météorologiques annoncent encore des risques de pluies dans les prochains jours.

Affaire « Kocc Barma » : les échanges entre Mame Boye Diao et « Leuk Daour » au cœur de l’enquête

L’enquête sur l’affaire impliquant El Hadji Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma », a pris une nouvelle tournure avec l’exploitation par les enquêteurs du téléphone portable d’El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », présenté comme un complice présumé. Parmi les données extraites, plusieurs échanges WhatsApp ont retenu l’attention, notamment avec un contact enregistré sous le nom « Mbd Privé », que Demba a identifié comme étant Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines et actuel maire de Kolda.

Selon les informations rapportées par Libération, l’un des échanges les plus marquants a eu lieu après l’arrestation de « Kocc ». Mame Boye Diao aurait alors demandé à Demba : « Il te connaît formellement ? », ce à quoi ce dernier aurait répondu : « Oui, je lui ai vendu le site il y a 3 ans. » Confronté à ces messages en présence de son avocat, Demba n’a pas nié leur existence mais a précisé que la conversation était éphémère et que plusieurs éléments avaient disparu.

Entendu par les enquêteurs, Demba a expliqué qu’il connaissait Mame Boye Diao depuis 2018 ou 2019, au début de la carrière politique de ce dernier, et qu’une relation amicale et presque fraternelle s’était installée entre eux. Les messages WhatsApp échangés contiennent également des propos jugés ambigus, comme lorsqu’il écrivait : « Mb, avant de partir, il faut savoir par où partir. Le seul truc qui peut m’inquiéter, c’est qu’il parle de moi (…) Je contrôle la situation. » Demba a reconnu être l’auteur de ce message et affirmé qu’il craignait d’être de nouveau mêlé à un scandale, comme par le passé.

Il a également évoqué l’idée que « la vraie histoire ne soit connue que par trois personnes », affirmant aux enquêteurs qu’il faisait allusion à des accusations infondées ayant, selon lui, terni sa réputation depuis plusieurs années. L’analyse des données a aussi révélé une demande d’aide financière de Demba à Mame Boye Diao. Ce dernier a confirmé lui avoir fait remettre 200 000 FCFA par l’intermédiaire de son vigile. Demba a précisé que cette somme avait servi à payer les pénalités liées au report de son vol, initialement prévu le 22 juillet mais repoussé au 24, et non à financer un billet d’avion en urgence.

Convoqué à la Division des investigations criminelles (DIC), Mame Boye Diao est reparti libre, aucune charge n’ayant été retenue contre lui. Dans sa déclaration, il a expliqué avoir connu Demba dans le cadre du parrainage pour la présidentielle de 2023, celui-ci s’étant proposé pour l’aider auprès de la diaspora. Il affirme avoir été surpris, un matin, de recevoir de Demba la Une du journal Libération annonçant l’arrestation de « Kocc Barma » et avoir, dans la foulée, conseillé à son interlocuteur de rentrer au Sénégal en raison de ses antécédents judiciaires.

S’agissant du site qu’Assane Demba dit avoir vendu à « Kocc Barma », Mame Boye Diao assure ne pas savoir de quel site il s’agissait, bien que le message lui ait été adressé. Il a enfin précisé que Me Anta Mbaye, citée dans les échanges, est son avocate dans un autre dossier, relatif à l’aménagement du tribunal de Guédiawaye.

Cité Fayçal : la Cour suprême suspend le délai d’expulsion et donne un répit aux 52 familles

La Cour suprême a rendu, hier jeudi, une décision importante dans le litige opposant les habitants de la cité Fayçal à la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), représentant l’État du Sénégal. La haute juridiction a annulé le délai d’expulsion qui avait été fixé par la Sogepa, offrant ainsi un sursis aux familles menacées de quitter les lieux.

L’affaire avait éclaté lorsque la Sogepa avait adressé aux occupants de la cité des avis de résiliation de leurs baux, leur accordant un délai de six mois avant d’engager une procédure d’expulsion. Face à cette mesure, les cinquante-deux familles concernées, composées pour la plupart de hauts fonctionnaires de l’État, avaient décidé d’agir individuellement en introduisant un recours pour excès de pouvoir devant la Cour suprême.

Alors que ce recours n’avait pas encore été examiné, le délai fixé par la Sogepa arrivait à expiration dans seulement huit jours. Craignant une expulsion imminente, les habitants ont saisi la Cour suprême d’une procédure en référé, sollicitant la suspension des effets de l’avis de résiliation. Cette demande a été accueillie favorablement, et la juridiction a annulé le délai d’expulsion initialement imposé par la Sogepa.

Si cette décision représente une victoire provisoire pour les familles, elle ne met pas un terme au différend. Le jugement définitif sur le recours pour excès de pouvoir est encore attendu et déterminera l’issue du dossier. En attendant, les habitants de la cité Fayçal peuvent souffler, même si leur avenir dans ces logements reste incertain.

Opération d’envergure à Ngor : la police démantèle un vaste réseau de trafic de drogue et interpelle 17 personnes

Dans la nuit du 7 août 2025, une importante opération conjointe menée par la Brigade Régionale des Stupéfiants de Dakar de l’OCRTIS, avec l’appui de la Brigade d’Intervention Polyvalente (BIP), a permis de mettre fin aux activités d’un réseau de trafic de drogue particulièrement actif dans la commune de Ngor. Selon la Police nationale, cette action, préparée depuis plusieurs jours grâce à des renseignements ciblés, a abouti à l’arrestation de dix-sept individus aux profils variés, parmi lesquels figuraient des étudiants, des livreurs, des footballeurs ainsi que des agents municipaux.

Le coup de filet a permis la saisie d’un butin conséquent, composé de cinquante-quatre pierres de crack, de trois boules de haschisch et de cinq motos de type scooter. Les enquêteurs ont également mis la main sur cent vingt-trois mille francs CFA en espèces, neuf téléphones de marque iPhone, deux téléphones Tecno, quatre téléphones simples, ainsi qu’un iPad. Du matériel servant au conditionnement de la drogue a également été découvert sur les lieux, confirmant l’existence d’une véritable organisation structurée autour de ce trafic.

Les autorités précisent que cette opération est le fruit d’une série de missions de repérage menées dans la zone, à la suite d’informations faisant état de trafics à ciel ouvert et d’une recrudescence d’agressions. Les points de deal identifiés avaient été minutieusement surveillés avant l’intervention des forces de l’ordre, qui ont procédé aux interpellations de manière simultanée afin de neutraliser tout risque de fuite ou de destruction de preuves.

Les personnes arrêtées sont poursuivies pour association de malfaiteurs, détention de drogue en vue de trafic et destruction de biens appartenant à autrui. Elles ont été placées en garde à vue et devraient être présentées au parquet dans les prochains jours. Cette opération, saluée par les autorités sécuritaires, s’inscrit dans le cadre de la lutte continue contre le trafic de stupéfiants à Dakar et dans ses environs, un fléau qui touche de plus en plus de jeunes et alimente divers faits de délinquance urbaine.

Violences politiques 2021-2024 : le ministère de la Justice saisit le Procureur après la lettre de Pape Abdoulaye Touré

Le ministère de la Justice a réagi officiellement à la lettre ouverte adressée par Pape Abdoulaye Touré au président de la République, dans laquelle il interpelle les autorités sur les crimes commis lors des manifestations politiques survenues entre 2021 et 2024. Dans une correspondance datée du 1er août 2025, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, annonce avoir saisi le Procureur général près la Cour d’Appel de Dakar pour l’inviter à engager des poursuites relatives à ces faits.

Cette réaction fait suite à un courrier envoyé le 18 juillet 2025 par Pape Abdoulaye Touré, membre fondateur de l’Initiative Zéro Impunité (IZI) et victime de torture. Ce document, transmis par le ministre Directeur de Cabinet du Président Bassirou Diomaye Faye aux services compétents du ministère de la Justice, porte la voix des victimes de meurtres, de tortures, de disparitions forcées et d’autres traitements inhumains survenus lors des troubles sociopolitiques qui ont marqué le Sénégal durant cette période.

Dans sa réponse, Ousmane Diagne indique avoir pris des dispositions en adressant un courrier officiel au Procureur général près la Cour d’Appel de Dakar, afin qu’il ouvre des poursuites concernant les faits signalés. Ce geste marque un premier pas institutionnel vers un traitement judiciaire de ces événements, qui continuent de susciter de fortes attentes au sein de l’opinion publique et des familles des victimes.

Pour mémoire, l’Initiative Zéro Impunité, portée par Pape Abdoulaye Touré, a engagé depuis plusieurs mois un travail de sensibilisation et de plaidoyer, en multipliant les rencontres avec des organisations de la société civile telles que le think tank Afrik Jom Center et Amnesty International Sénégal. Ces échanges ont pour objectif de faire la lumière sur les crimes graves commis entre mars 2021 et mars 2024, période marquée par des tensions politiques intenses ayant entraîné des pertes humaines, des actes de torture et des disparitions forcées.

L’initiative vise à lutter contre l’oubli et à obtenir justice pour les victimes, dans un contexte où les questions de responsabilité et de réparation restent au cœur du débat public. L’implication directe du ministère de la Justice, par la saisine du Procureur général, constitue désormais un élément clé dans la perspective d’éventuelles poursuites judiciaires et pourrait ouvrir la voie à un processus de vérité et de réconciliation, attendu par de nombreuses familles et organisations de défense des droits humains.

Recrutement massif dans l’enseignement supérieur : Abdourahmane Diouf promet une amélioration des conditions de travail des enseignants-chercheurs

Le 15ᵉ congrès du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) s’est tenu ce vendredi 8 août à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf. Cette rencontre, qui a rassemblé les principaux acteurs du secteur, a été l’occasion de dresser un bilan des acquis, d’évoquer les défis à relever et de discuter des perspectives d’amélioration des conditions de travail dans les universités.

Dès l’ouverture de la cérémonie, le ministre a mis en lumière une problématique majeure : la surcharge de travail et le stress auxquels sont confrontés les enseignants-chercheurs. Selon lui, ces facteurs expliquent en grande partie la dégradation de leur santé. Il a exprimé l’espoir que le recrutement annoncé de 500 nouveaux enseignants-chercheurs, prévu pour la prochaine rentrée universitaire, permettra de réduire la pression sur le personnel existant, leur offrant ainsi plus de temps pour la recherche mais aussi pour leur bien-être. Cette initiative s’inscrit pleinement dans le thème du congrès : « La santé des enseignants-chercheurs au prisme des conditions de travail dans les universités ».

Le ministre a également mis en avant l’action du Comité d’Appui au Pilotage de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (CAP-ANTESRI), dirigé par le professeur Babacar Diop. Cette structure, selon lui, constitue une réponse systémique aux difficultés persistantes du système universitaire sénégalais, dans une logique de réforme en profondeur.

Abordant la question du calendrier universitaire, Dr Abdourahmane Diouf s’est félicité de la stabilité retrouvée dans le secteur. Il a affirmé que, sauf rares exceptions, la quasi-totalité des universités sénégalaises auront terminé leur année académique d’ici décembre 2025, ce qui marque une nette amélioration après des années de perturbations. Il a salué les efforts conjoints de l’ensemble des acteurs pour éviter les pertes financières colossales – estimées à 40 milliards de francs CFA par an – enregistrées durant la dernière décennie en raison des retards et grèves.

Tout en exprimant sa transparence et son engagement à dialoguer avec les syndicats, le ministre a reconnu que les contraintes budgétaires actuelles limitent la capacité du gouvernement à répondre favorablement à toutes les revendications.

De son côté, le secrétaire général du SAES, David Célestin Faye, a rappelé plusieurs avancées sociales obtenues ces dernières années. Il a cité l’augmentation des salaires, l’amélioration des indemnités de logement, la revalorisation progressive de la prime académique spéciale, la mensualisation et l’augmentation de la prime de recherche, ainsi que la réversion de l’allocation spéciale de retraite aux ayants droit.

Le syndicat a aussi souligné son implication dans la construction et la rénovation d’infrastructures universitaires, notamment la réfection de la salle de sport et du siège national du SAES. Toutefois, le secrétaire général n’a pas manqué de dénoncer les retards importants dans la livraison de certains bâtiments pédagogiques et scientifiques entamés depuis 2015, ainsi que l’inachèvement du projet des 100 laboratoires, malgré une remise partielle de matériel effectuée lors d’une cérémonie officielle.

Parmi les autres préoccupations évoquées figurent la question du foncier, avec la promesse présidentielle d’octroyer des terrains à usage d’habitation aux enseignants, ainsi que le problème du non-versement des pensions de retraite pour certains collègues étrangers ayant pourtant cotisé au système sénégalais. Sur ce dernier point, le SAES a exprimé une ferme indignation, affirmant qu’il ne saurait tolérer cette situation.

Ce congrès, au-delà des revendications et constats, a également permis de réaffirmer la volonté commune des autorités et du SAES de poursuivre le dialogue pour améliorer durablement le système universitaire sénégalais, tant sur le plan académique que social.

PÉTITION ACCUSANT DAKAR D’AVOIR EXCLU BANJUL DE L’EXPLOITATION DU PÉTROLE : Le champ de Sangomar fait-il des jaloux ?

L’affaire fait grand bruit en Gambie, mais c’est le silence absolu au Sénégal. Un juriste britannico-gambien, Ousman F. M’Bai, ancien procureur spécialisé dans la criminalité financière au Royaume-Uni, a déposé une pétition explosive auprès de la CEDEAO. Dans cette requête au ton particulièrement grave, il réclame la part gambienne de l’exploitation d’un réservoir pétrolier transfrontalier offshore, situé dans la zone de Sangomar.

Dans sa pétition adressée au président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Ousmane F. Mbai dénonce l’instrumentalisation, depuis 2017, de la force d’intervention ECOMIG, censée stabiliser la Gambie après le départ de Yahya Jammeh, mais qui, d’après lui, aurait permis au Sénégal d’étendre son influence sur des institutions clés gambiennes, plus précisément dans le secteur des ressources naturelles. Il accuse le Sénégal, sous l’impulsion du Président Macky Sall, d’avoir abusé de cette position dominante, via ses agents infiltrés, pour empêcher toute négociation d’unitisation. Ce processus est une procédure requise par le droit international lorsque des gisements d’hydrocarbures traversent des frontières nationales, selon le fils de feu Fafa Mbai. Pour étayer son propos, M. M’Bai cite la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) et reproche au Sénégal d’avoir agi de mauvaise foi, en refusant de coopérer pour une gestion équitable de la ressource pétrolière commune. Ainsi, demande-t-il l’ouverture d’une enquête indépendante ou, à défaut, la facilitation d’un dialogue diplomatique entre le Sénégal et la Gambie.
Par ailleurs, le juriste international affirme que Woodside et FAR Ltd ont poursuivi unilatéralement le développement du champ de Sangomar, en dépit de preuves géologiques reconnues par leurs propres experts indiquant que le réservoir s’étend jusqu’au bloc A2 de la Gambie. Le redécoupage silencieux de ce bloc en 2023, à l’en croire, coïncidant avec la sortie de FAR Ltd du pays et la révision du code maritime sénégalais, aurait entraîné l’exclusion de zones à fort potentiel telles que Bambo-1, Soloo, Soloo Deep et Panthera, estimées à plus d’un milliard de barils récupérables.
« Cette démarcation illégale prive la Gambie de sa souveraineté sur ces ressources (…) Elle crée une zone tampon tacite qui bénéficie au Sénégal et à Woodside, tout en spoliant une nation entière de son avenir énergétique. », insiste M. M’Bai.
Toutefois, ce dossier a l’air d’avoir des contours politiques. En toile de fond, l’ombre de Yahya Jammeh. En exil, l’ancien président gambien Yahya Jammeh, dans un discours virulent relayé par ses partisans, juin dernier, a directement accusé Macky Sall d’avoir « volé le pétrole gambien » avec la complicité de son successeur Adama Barrow. L’ex-homme fort de Banjul, qui n’a jamais digéré son départ du pouvoir sous pression régionale, s’en est également pris à l’actuel Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, qu’il accuse de « complicité par le silence », en contradiction avec ses discours en faveur de la souveraineté et de la transparence.
Face à ces accusations croisées, Dakar continue de garder le silence. Ni le ministère sénégalais du Pétrole, ni Petrosen, ni Woodside Energy n’ont pas encore réagi, malgré plusieurs lettres, selon M. M’Bai. Une attitude qui, d’après lui, appelle une réaction ferme de la CEDEAO pour éviter un climat de méfiance généralisée entre les États de la sous-région.
En attendant, la question reste entière : le pétrole de Sangomar pourrait-il empoisonner les relations entre le Sénégal et la Gambie ?

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°533 – 08/08/2025

🔴 PÉTITION À LA CEDEAO ACCUSANT DAKAR D’EXCLURE BANJUL DE L’EXPLOITATION DU PÉTROLE : SANGOMAR FAIT-IL DES JALOUX ?
🔴 VISITE À TOUBA : DIOMAYE CONQUERT LE CŒUR DU KHALIFE

🔴 EN ROUTE POUR L’AFROBASKET : LA MINISTRE DES SPORTS MOTIVE LES « LIONS »
🔴 PROCESSUS DE VALIDATION : LA FÉDÉRATION DE LUTTE FAIT LE TRI

Diplomatie : Recep Tayyip Erdogan salue la visite d’Ousmane Sonko et renforce les liens avec le Sénégal

La visite officielle du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko en Turquie a été saluée avec enthousiasme par le président turc Recep Tayyip Erdogan. À l’issue de leur rencontre à Ankara, les deux dirigeants ont scellé plusieurs accords de coopération, marquant une nouvelle étape significative dans le développement des relations bilatérales entre la Turquie et le Sénégal.

Le président Erdogan n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction d’accueillir « mon cher frère Sonko, Premier ministre du Sénégal, qui a un rôle clé sur le continent africain ». Cette visite s’inscrit dans un contexte d’approfondissement des liens entre les deux pays, notamment dans les domaines économiques, sécuritaires et industriels.

Plusieurs accords ont été signés au terme des discussions, destinés à renforcer la coopération bilatérale dans divers secteurs clés. L’un des objectifs majeurs des deux parties est d’augmenter le volume des échanges commerciaux à un milliard de dollars dans une première phase, témoignant de leur volonté commune de dynamiser le partenariat économique. Recep Tayyip Erdogan a rappelé que de nombreuses entreprises turques ont déjà contribué à la réalisation de projets structurants au Sénégal, appuyant les ambitions de développement du pays.

Dans cette perspective, la Turquie se montre prête à partager son expertise et les expériences de ses entreprises dans le cadre du Programme Sénégal Émergent et du Plan Sénégal 2050, deux initiatives nationales visant à accélérer la transformation économique du pays.

Outre l’économie, les échanges ont également porté sur des questions sécuritaires. Recep Tayyip Erdogan a souligné les discussions menées sur des mesures communes à prendre pour faire face à l’insécurité, au terrorisme, ainsi que sur la coopération dans l’industrie de la défense. Il s’est réjoui de l’intérêt grandissant des pays africains, dont le Sénégal, pour les produits de défense turcs, une industrie en plein essor qui joue un rôle stratégique dans la politique étrangère d’Ankara.

Par ailleurs, le président turc a salué la position du Sénégal dans le contexte de la crise humanitaire à Gaza. Il a tenu à mettre en avant la solidarité sénégalaise avec le peuple palestinien, qualifiant cette attitude d’« exemple pour de nombreux pays ». Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé la détermination de la Turquie à poursuivre sa lutte contre ce qu’il qualifie de « génocide à Gaza » et à tenir responsables ceux qu’il accuse de condamner « des enfants innocents à la faim et à la mort ».

Le chef de l’État turc a conclu en avertissant que les auteurs de ces crimes devront répondre devant la justice et seront jugés sévèrement par l’Histoire, insistant sur le caractère dramatique de la situation des enfants palestiniens qui « n’ont laissé que la peau sur les os à cause de la faim ».

Cette visite d’Ousmane Sonko à Ankara marque ainsi un moment fort dans les relations entre la Turquie et le Sénégal, avec des perspectives ambitieuses pour un partenariat stratégique, économique et politique renforcé, en phase avec les défis actuels et futurs des deux pays.

Réduction du train de vie de l’État : Abdou Mbow dénonce les contradictions du régime en place

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, Abdou Mbow, député et membre influent de l’Alliance pour la République (APR), a vivement critiqué le plan de redressement économique récemment présenté par le Premier ministre. Remettant en cause l’efficacité et la sincérité des mesures annoncées, il a dénoncé un discours déconnecté des réalités concrètes.

Abdou Mbow a rappelé que le président Diomaye Faye avait affirmé une réduction de 50 milliards de francs CFA dans le train de vie de l’État. Pourtant, selon lui, cette annonce ne tient pas face à la rigueur des actions menées sous l’ancien régime. « Si vous vous souvenez, sous notre régime, rien qu’en téléphonie, nous avions réussi à diminuer 100 milliards FCFA », a-t-il souligné, insistant sur le fait que les chiffres avancés par le gouvernement actuel sont loin d’être à la hauteur.

Plus encore, il a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » dans la gestion des fonds publics. Le porte-parole de l’APR accuse notamment le gouvernement de vouloir faire oublier les budgets alloués aux fonds politiques ainsi que l’augmentation du budget de la Primature, qui aurait été majorée de 6 milliards de francs CFA, sans oublier également l’augmentation budgétaire de l’Assemblée nationale. « Ils pensent qu’on va oublier ces dépenses. Nous ne les oublierons pas. Au lieu de réduire le train de vie de l’État, ils l’augmentent et utilisent le Sénégalais lambda pour financer ce fonctionnement », a-t-il déploré.

Abdou Mbow a ensuite rappelé les initiatives concrètes prises sous le mandat de l’ancien président Macky Sall. Il a évoqué la commission mise en place dès 2012 pour réduire les coûts de fonctionnement de l’État, soulignant que cette démarche s’était appuyée sur des institutions nationales comme l’Inspection générale d’État (IGE), dirigée à l’époque par Nafy Ngom Keïta. Cette commission avait abouti, le 21 mai 2012, à un rapport présenté au président Macky Sall, qui avait aussitôt ordonné la suppression de 59 agences et directions, une mesure qu’Abdou Mbow qualifie de « concrète et efficace ».

Comparant cette approche aux annonces actuelles, il a regretté l’absence de garanties sur la réduction réelle du train de vie de l’État dans le plan du gouvernement. « Jusqu’à présent, on ne sait pas quelle agence ou direction sera supprimée, ni ce qui a effectivement été réduit », a-t-il déploré, qualifiant la promesse de réduction comme une simple « poudre aux yeux ».

Au final, Abdou Mbow a dressé un tableau sévère du régime actuel, qu’il accuse de manquer de transparence et d’engagement sincère dans la maîtrise des dépenses publiques, laissant craindre que ce soit le contribuable sénégalais, en particulier les plus modestes, qui supporte la charge financière de ces choix.

Redressement économique : l’APR dénonce le plan « Jubbanti Koom » et alerte sur ses risques pour les plus vulnérables

L’Alliance pour la République (APR) a livré, ce jeudi, une critique sévère du plan de redressement économique et social « Jubbanti Koom » présenté par le gouvernement. Lors d’un point de presse animé par sa porte-parole adjointe, Mame Gueye Diop, le parti de l’ancien président Macky Sall a accusé les autorités en place de préparer un dispositif qui risque, selon lui, d’accentuer la précarité sociale plutôt que de la résorber.

D’entrée, l’APR a pointé du doigt la faiblesse de l’engagement budgétaire de l’État, estimé à moins de 100 milliards de francs CFA, soit environ 2 % du financement global prévu pour la mise en œuvre du plan. Pour Mame Gueye Diop, cette proportion traduit un désengagement flagrant de l’État au profit d’une charge transférée quasi exclusivement sur les épaules des populations. « C’est comme si on demandait au peuple de relancer seul l’économie pendant que l’État se contente de commentaires et de promesses, confortablement installé dans ses privilèges », a-t-elle affirmé.

Le parti dénonce également un « matraquage fiscal » qui, selon lui, découle directement de l’architecture du « Jubbanti Koom ». Il accuse le gouvernement de protéger son train de vie tout en imposant des mesures fiscales lourdes aux entreprises, aux ménages, aux travailleurs du public et du privé, au secteur informel et aux acteurs du monde rural. Dans le détail, l’APR évoque un programme fondé sur des recettes fiscales attendues à hauteur de 4 605 milliards de francs CFA sur trois ans, issues de mesures jugées excessives et inéquitables. Pour les Républicains, la répartition de ces ressources demeure opaque et entachée de contradictions, laissant planer des doutes sur la transparence du processus.

Au-delà des chiffres, l’APR s’inquiète des conséquences sociales du plan. Elle estime que la suppression de subventions, la réduction des exonérations et l’élargissement brutal de l’assiette fiscale entraîneront inévitablement une hausse généralisée des prix, touchant les denrées de base, les services de transport, la téléphonie et d’autres secteurs clés. Cette spirale inflationniste, avertit le parti, sera directement supportée par le consommateur final, accentuant l’érosion du pouvoir d’achat des ménages, en particulier les plus modestes.

Les critiques vont jusqu’à remettre en cause la légitimité même du programme. L’APR accuse le gouvernement d’échouer à apporter au Fonds monétaire international (FMI) les preuves des supposées irrégularités financières attribuées à l’ancien régime, tout en lançant un plan « obéissant à une logique funeste ». « Le Jubbanti Koom mérite lui-même un redressement », a ironisé Mame Gueye Diop, estimant que les mesures proposées ouvrent de « sombres perspectives » pour les populations, le secteur privé et le monde rural.

Enfin, le parti a alerté sur le risque de privatisation du foncier agricole, qu’il juge incompatible avec la souveraineté alimentaire et foncière du Sénégal. Pour l’APR, ce danger, ajouté à la pression fiscale, constitue une double menace sur la stabilité sociale et la sécurité économique du pays. « Après une analyse lucide, nous rejetons ce plan dans la forme comme dans le fond », a conclu Mame Gueye Diop, appelant à repenser en profondeur la stratégie économique nationale pour éviter, selon ses termes, « un cinglant jubbanti qui frapperait les plus vulnérables ».

Magal 2025 : Serigne Mountakha exprime son attachement profond au Président Diomaye Faye

La visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, auprès du Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, à l’approche du Grand Magal de Touba 2025, a été marquée par un échange d’une rare intensité spirituelle. À cette occasion, un message personnel et empreint d’affection a été transmis au chef de l’État par le porte-parole du Khalife, Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké, connu sous le nom de Cheikh Bass.

En réponse aux propos du président, Serigne Mountakha a fait savoir, par la voix de son porte-parole, qu’il lui porte une profonde affection. « Serigne Mountakha m’a chargé de vous dire qu’il vous porte profondément dans son cœur, en raison des vertus religieuses qui vous caractérisent. Votre attachement sincère à l’Islam a suscité chez lui un sentiment d’estime et d’affection véritables », a déclaré Cheikh Bass devant l’assistance.

Le Khalife a profité de ce message pour rappeler qu’il se considère avant tout comme le représentant de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie mouride, et qu’à ce titre, il se met au service de tous les Sénégalais, sans distinction aucune. Il a insisté sur sa mission exclusivement spirituelle, dépourvue de toute ambition mondaine, et réitéré les propos déjà tenus à l’endroit du président lors du mois de Ramadan, exprimant sa conviction en la sincérité et en la volonté de ce dernier de faire avancer le pays.

Au sujet des projets en cours, notamment ceux relatifs à l’Université de Touba et à l’organisation du Magal, Serigne Mountakha a fait part de sa gratitude pour l’engagement concret du gouvernement. « Les directives que vous avez données à votre Premier ministre et à vos ministres ont été respectées et exécutées dans la mesure du possible », a souligné Cheikh Bass, transmettant ainsi les remerciements du Khalife.

Enfin, le guide religieux a tenu à rappeler qu’il consacre toute son énergie à la religion, à la ville sainte et à la famille religieuse. « Il n’a ni ambition personnelle ni temps à gaspiller dans des choses étrangères à la religion », a précisé son porte-parole, réaffirmant ainsi la nature exclusivement spirituelle de sa mission.

Cette rencontre, à la fois solennelle et empreinte de chaleur humaine, renforce les liens entre l’État et la communauté mouride à l’approche de l’un des plus grands rassemblements religieux du pays, confirmant que la préparation du Magal demeure une priorité nationale.

Grand Magal de Touba 2025 : le Président Diomaye Faye réaffirme l’engagement total de l’État aux côtés de la communauté mouride

À quelques jours de la célébration du Grand Magal de Touba, événement religieux majeur rassemblant chaque année plusieurs millions de pèlerins, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est rendu dans la ville sainte pour une visite officielle placée sous le signe du respect, de la solidarité et du partenariat avec la communauté mouride. Accueilli par le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, le chef de l’État était accompagné d’une importante délégation composée de plusieurs membres du gouvernement, parmi lesquels Mary Teuw Niane, Jean Baptiste Tine, Cheikh Diba, Moussa Balla Fofana et Alioune Dione, ainsi que des responsables de l’administration centrale.

Cette rencontre, tenue dans un climat empreint de fraternité et de considération mutuelle, a été l’occasion pour le président Diomaye Faye de renouveler l’engagement indéfectible de l’État dans l’accompagnement et la bonne organisation de cet événement spirituel d’envergure nationale et internationale. Dans son allocution, il a rappelé que, lors du dernier Conseil des ministres, il avait donné des instructions fermes à tous les ministres et directeurs généraux afin qu’ils mobilisent leurs services et leurs moyens pour assurer la réussite du Magal. La coordination générale des préparatifs a, comme l’année précédente, été confiée au Premier ministre, avec pour mission de travailler en synergie avec les différents ministères afin de garantir une logistique irréprochable, une sécurité optimale et une prise en charge sanitaire adéquate pour les millions de fidèles attendus.

Le chef de l’État a également insisté sur la place centrale de la religion dans son programme de gouvernance. Il a rappelé la création d’une Délégation générale aux affaires religieuses, structure dédiée au maintien d’un dialogue constant et constructif avec l’ensemble des guides spirituels du pays. Touba, en tant que pôle religieux majeur, bénéficie d’une attention particulière, surtout depuis que la date du Magal coïncide avec la saison des pluies depuis deux années consécutives. Conscient des difficultés liées aux inondations, le président a indiqué avoir donné des directives claires au ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement pour améliorer de manière significative la gestion des eaux pluviales et minimiser les désagréments pour les pèlerins. « Bien sûr, tous les problèmes ne peuvent pas être réglés en une fois, mais chaque année, nous poursuivrons les efforts pour éradiquer définitivement les inondations », a-t-il assuré.

Sur le plan des infrastructures religieuses et éducatives, le président Diomaye Faye a affirmé avoir examiné attentivement les demandes formulées par la délégation mandatée par le Khalife, notamment en ce qui concerne l’université de Touba. Il a annoncé que l’État apportera son soutien à ce projet stratégique pour l’éducation et la formation des jeunes. Il a également réaffirmé la volonté de son gouvernement de contribuer aux travaux de la Grande Mosquée, symbole spirituel et architectural de la ville.

En marge des actions gouvernementales, la Première dame, Absa Faye, a également pris une part active aux préparatifs. Elle a financé l’organisation de journées de consultations médicales gratuites et de campagnes de don de sang, initiatives destinées à renforcer la prise en charge sanitaire des fidèles durant cette période de forte affluence.

Au nom du Khalife général, son porte-parole, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadr, a salué la présence du président et les efforts tangibles fournis par l’État. Il a souligné que tous les engagements pris par les autorités, du Premier ministre aux ministres, avaient été respectés, et a transmis les prières et bénédictions de Serigne Mountakha pour la réussite des actions présidentielles et le développement harmonieux du pays.

La visite s’est conclue par un déplacement du chef de l’État à la Grande Mosquée de Touba, marquant ainsi la dimension spirituelle et symbolique de cette mission. En réaffirmant son engagement à soutenir le Magal et à travailler main dans la main avec la communauté mouride, Bassirou Diomaye Faye a voulu adresser un message clair : l’État reste un partenaire attentif et constant, prêt à mettre ses moyens au service de la foi, de la paix et de l’unité nationale.

Sandiara : Saisie de 42 kg de chanvre indien, les trafiquants en fuite

Une nouvelle opération coup de poing a été menée ce mercredi 6 août 2025 à Sandiara par l’Unité de lutte de Mbour, relevant de la Brigade régionale des stupéfiants de Thiès (OCRTIS). Cette intervention s’inscrit dans le cadre des actions de surveillance et de répression contre le trafic de drogue, qui connaît une recrudescence dans certaines zones du pays.

Selon une note de la police exploitée par Ledakarois.sn, les agents ont réussi à intercepter deux colis de chanvre indien, pour un poids total de 42 kilogrammes. La marchandise a été découverte après que des individus, surpris par l’arrivée des forces de l’ordre, ont pris la fuite à bord d’une charrette, abandonnant leur cargaison sur place. La rapidité de leur fuite laisse penser qu’ils avaient été repérés ou craignaient un contrôle imminent.

Cette saisie résulte d’une mission d’investigation ciblée, menée grâce à des informations collectées sur le terrain. Les agents de l’OCRTIS avaient renforcé leur présence dans la zone, suspectée d’être un point de transit important pour les trafiquants. L’opération, minutieusement préparée, a permis de mettre la main sur la drogue, même si les auteurs ont pour l’instant échappé à l’arrestation.

Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin d’identifier les suspects et remonter la filière. Les autorités précisent que ce type d’action s’inscrit dans un plan global visant à neutraliser les réseaux de distribution et à assécher les circuits d’approvisionnement. Elles réitèrent par ailleurs leur détermination à intensifier la lutte contre le trafic de stupéfiants, un fléau qui menace la sécurité et la stabilité des communautés locales.

Si les auteurs de cette opération illégale restent pour le moment dans la nature, les forces de l’ordre se disent confiantes quant à l’aboutissement de l’enquête, grâce aux pistes actuellement exploitées. Cette saisie vient ainsi rappeler que, dans la guerre contre la drogue, chaque kilogramme intercepté représente un coup dur pour les réseaux criminels.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°532 – 07/08/2025

🔴 DYSFONCTIONNEMENT DES STATIONS DE POMPAGE À TOUBA : LA SENELEC ET L’ONAS SE RENVOIENT LA BALLE
🔴 CRÉATION D’UNE COMMISSION NATIONALE D’ACCÈS À L’INFORMATION : AVANCÉE OU ILLUSION DE TRANSPARENCE ?

🔴 MERCATO : WEST HAM S’INTÉRESSE À IDRISSA GUÈYE
🔴 ODCAV RUFISQUE (ZONE 3B) : THIAWLÈNE ET DEWOO DÉJÀ AU RENDEZ-VOUS

Un nouvel OFNAC en gestation : vers une autorité plus indépendante et puissante

Le gouvernement sénégalais prépare une réforme majeure de son dispositif de lutte contre la corruption, avec la création annoncée d’un nouvel Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). Ce projet de loi, déjà transmis à l’Assemblée nationale, vise à doter le pays d’un organe renforcé, autonome et en phase avec les normes internationales.

Le texte propose de remplacer la structure actuelle, instituée par la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012, par une nouvelle autorité dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Selon l’exposé des motifs, le but est de créer un OFNAC “efficace, indépendant et crédible”, capable de mieux prévenir, détecter et poursuivre les actes de corruption sur l’ensemble du territoire national.

Le futur OFNAC sera une autorité administrative indépendante, avec des prérogatives élargies. Il sera habilité à sensibiliser et éduquer sur les enjeux de la corruption, mais également à saisir directement les juridictions compétentes lorsqu’il détecte des infractions. Il aura pour mission de mener des enquêtes, de procéder à des vérifications, et de transmettre les dossiers au procureur de la République ou à l’Autorité nationale de poursuite.

L’Office pourra également engager des audits sur les pratiques de gouvernance publique, surveiller les déclarations de patrimoine et exercer un contrôle sur les marchés publics. Cette approche vise à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques et à réduire les risques de malversations.

Le président de l’OFNAC sera nommé par décret pour un mandat de cinq ans non renouvelable. Il travaillera avec un conseil d’orientation regroupant des représentants de l’État, de la société civile, des organisations professionnelles et du secteur privé. Ce conseil aura pour mission de garantir que l’action de l’OFNAC reste cohérente avec les objectifs nationaux en matière de bonne gouvernance.

Autre nouveauté majeure, les agents de l’OFNAC disposeront du statut d’officiers de police judiciaire, leur permettant de mener des enquêtes de manière autonome. Les modalités d’exercice de ces prérogatives seront précisées par décret.

La transparence est également au cœur de ce projet de loi. L’OFNAC devra publier chaque année un rapport public sur l’état de la corruption au Sénégal, accompagné de recommandations concrètes pour améliorer la situation.

Enfin, le projet introduit un mécanisme de protection des lanceurs d’alerte. Les personnes qui signalent de bonne foi des faits de corruption bénéficieront d’une protection contre les représailles. Un fonds d’assistance sera mis en place pour leur offrir un soutien juridique et social, afin de garantir qu’elles puissent jouer leur rôle sans subir de pression.

Ce projet de loi, s’il est adopté, abrogera la loi de 2012 et instaurera un nouveau cadre institutionnel pour la lutte contre la corruption au Sénégal. Il marque une volonté politique de rompre avec les insuffisances du passé, mais sa mise en œuvre et son efficacité dépendront des garanties réelles d’indépendance et de moyens qui lui seront effectivement accordés par l’État.

Justice : SYTJUST-UNTJ suspend son mot d’ordre de grève pour favoriser les négociations

Après quarante-cinq jours de paralysie dans les services judiciaires, l’Entente SYTJUST–UNTJ a annoncé, ce mercredi 6 août, la suspension de son mot d’ordre de grève. Une décision majeure qui intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les syndicats de la Justice et l’État, mais qui marque surtout une volonté d’ouverture en vue d’une sortie de crise.

Lancée le 18 juin 2025, la grève des travailleurs de la Justice avait fortement perturbé le fonctionnement des juridictions sur l’ensemble du territoire national. Face à cette situation de blocage prolongé, l’Entente a choisi de suspendre provisoirement le mouvement pour permettre aux discussions avec les autorités de progresser. Dans un communiqué transmis à la presse, les responsables syndicaux ont expliqué que cette trêve vise à « donner une chance réelle aux négociations entamées avec le gouvernement ».

La décision fait suite à deux rencontres jugées encourageantes avec le ministre de la Fonction publique, tenues respectivement les 1er et 5 août. Ces échanges, selon les syndicats, ont été marqués par un climat d’écoute et d’apaisement. Une première trêve avait d’ailleurs été observée les 4 et 5 août, permettant aux citoyens d’accéder temporairement aux services judiciaires, bloqués depuis plusieurs semaines.

L’Entente a tenu à saluer l’attitude responsable des travailleurs de la Justice, qui, malgré les difficultés et frustrations accumulées, ont accepté de mettre fin à leur grève dans l’intérêt des populations. Elle souligne que « cette écoute solidaire des souffrances de leurs concitoyens » a pesé lourd dans la balance au moment de prendre cette décision. La suspension du mouvement est ainsi présentée comme un geste fort de bonne foi et de patriotisme social.

Toutefois, la trêve est loin d’être un chèque en blanc au gouvernement. Dans leur communiqué, les syndicats rappellent les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les agents judiciaires, et dénoncent les nombreuses injustices qu’ils subissent. Ils exhortent l’État à tenir ses engagements et à apporter des réponses concrètes aux revendications, qui concernent aussi bien les conditions de travail que la reconnaissance du rôle central des travailleurs de la Justice dans la mise en œuvre des réformes du secteur.

L’Entente SYTJUST–UNTJ avertit : la trêve pourrait être de courte durée si les autorités ne respectent pas leurs promesses. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra prouver sa volonté de résoudre la crise en profondeur et de restaurer durablement le bon fonctionnement du service public de la Justice.

Déclaration de patrimoine : le Sénégal adopte un nouveau cadre plus rigoureux pour renforcer la transparence

Le gouvernement sénégalais a franchi un pas décisif vers une meilleure transparence dans la gestion des affaires publiques avec l’adoption du projet de loi n°15/2025 portant sur la déclaration de patrimoine. Ce texte, validé en Conseil des ministres le 30 juillet 2025 et officialisé par décret présidentiel le 31 juillet, introduit des mesures plus strictes pour encadrer l’obligation de déclaration de patrimoine, dans le cadre des réformes liées à la gouvernance vertueuse et à l’agenda stratégique « Sénégal 2050 ».

Le projet de loi élargit de manière significative le champ des personnes assujetties. Alors que le précédent dispositif visait essentiellement les très hauts responsables de l’État, le nouveau texte impose désormais la déclaration à toute personne exerçant une fonction de responsabilité publique dans l’exécution du budget, à partir d’un seuil de gestion de 500 millions de francs CFA. Cette disposition abaisse donc le seuil précédent, qui était de 1 milliard, afin de soumettre à cette exigence un plus grand nombre d’agents impliqués dans la gestion des fonds publics.

Par ailleurs, le nouveau cadre juridique élargit la liste des catégories professionnelles concernées. Outre les autorités traditionnelles comme les membres du gouvernement, les parlementaires ou les présidents d’institutions, il cible désormais les magistrats du pool judiciaire financier, les membres des corps de contrôle civils et militaires, ainsi que tous les agents exerçant dans des secteurs jugés sensibles comme les mines, les hydrocarbures, les finances publiques ou encore les directions des douanes et des impôts. Les responsables d’agences, de fonds, de caisses et de structures parapubliques, quel que soit leur niveau, sont aussi concernés.

Le texte précise les modalités de la déclaration. Toute personne concernée doit produire une déclaration certifiée sur l’honneur dans les trois mois suivant son entrée en fonction. La même obligation s’impose dans les trois mois qui suivent la cessation de ses fonctions. Cette déclaration doit porter sur l’ensemble du patrimoine détenu directement ou indirectement, aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger. Sont notamment concernés les biens immobiliers, les avoirs bancaires, les actions, les obligations, les comptes d’épargne, les monnaies virtuelles, les biens meubles de valeur, les véhicules, les bijoux, les œuvres d’art, les assurances-vie et tout autre revenu ou actif financier.

Afin d’assurer l’effectivité de cette obligation, le projet de loi prévoit un dispositif de contrôle et de sanction. En cas de manquement, sans motif légitime, et après mise en demeure, l’agent s’expose à des sanctions prévues par l’article 16 du nouveau texte. Ce mécanisme vise à garantir le respect de la loi et à prévenir toute tentative de dissimulation de patrimoine.

Avec ce nouveau cadre, le Sénégal entend affirmer son engagement en faveur d’une gouvernance plus éthique, plus transparente et plus rigoureuse. Cette réforme participe d’une volonté claire de rompre avec les pratiques opaques du passé et de répondre aux attentes d’une opinion publique de plus en plus exigeante sur les questions de redevabilité. Elle s’inscrit dans une dynamique globale de renforcement des institutions et de moralisation de la vie publique, socle fondamental pour la réussite du projet de transformation nationale porté par les nouvelles autorités.

Assemblée nationale : première session extraordinaire convoquée pour le 18 août

L’Assemblée nationale du Sénégal va tenir sa première session extraordinaire de l’année 2025 le lundi 18 août à 10 heures. L’annonce a été faite à travers une convocation officielle signée par le président de l’institution, Malick Ndiaye, invitant l’ensemble des députés à siéger en séance plénière à cette date.

Cette session, qui s’inscrit dans le cadre des prérogatives constitutionnelles de l’Assemblée, aura pour unique objet l’ouverture formelle des travaux. Aucun détail n’a été fourni à ce stade sur les textes ou dossiers qui figureront à l’ordre du jour. Toutefois, la nature d’une session extraordinaire laisse penser que des projets de loi urgents ou des questions sensibles pour la gouvernance du pays pourraient y être abordés dans les jours suivants.

L’Assemblée nationale, dans sa quinzième législature, peut en effet être convoquée en session extraordinaire en dehors des périodes ordinaires, soit à l’initiative du président de la République, soit, comme c’est le cas ici, par le président de l’Assemblée lui-même. Cette faculté permet de traiter en urgence des sujets cruciaux nécessitant un débat parlementaire rapide.

Dans un contexte marqué par des réformes institutionnelles en cours et de fortes attentes citoyennes sur plusieurs fronts – économiques, sociaux et judiciaires –, cette session extraordinaire pourrait constituer une première étape vers l’adoption de textes majeurs pour l’agenda politique du gouvernement ou du bureau de l’Assemblée.

Air Sénégal : des perturbations de vols les 6 et 7 août entraînent une réorganisation du programme

La compagnie nationale Air Sénégal traverse une série de perturbations qui affectent plusieurs de ses vols programmés les 6 et 7 août. Dans un communiqué officiel, la direction de la compagnie a annoncé des réaménagements concernant notamment les liaisons Paris-Dakar, Dakar-Paris et Dakar-Bamako-Ouagadougou.

Le vol HC404, prévu au départ de Paris le 6 août, est désormais reprogrammé pour le 7 août à 22h45 (heure locale). Le vol HC403, reliant Dakar à Paris et initialement prévu à 00h05 dans la nuit du 6 au 7 août, partira finalement le 7 août à 13h30 (heure GMT). Par ailleurs, le vol HC404 du 7 août, également au départ de Paris, est maintenu mais avancé à 08h15 (heure locale), tandis que le vol HC307, desservant la ligne Dakar-Bamako-Ouagadougou, est désormais reprogrammé au 7 août à 08h00 (heure GMT).

Air Sénégal a tenu à rassurer ses clients en précisant que ses équipes techniques sont « pleinement mobilisées » afin de rétablir la situation dans les plus brefs délais. Toutefois, aucun détail n’a été donné sur l’origine de ces perturbations, laissant les passagers dans l’attente d’éventuelles précisions.

Ces désagréments interviennent en pleine saison estivale, une période généralement marquée par une forte affluence sur les vols long-courriers, notamment entre la France et le Sénégal. Pour les passagers impactés, la compagnie recommande de vérifier les mises à jour en temps réel sur ses plateformes officielles et de rester en contact avec ses services clientèle.

La situation relance également les critiques récurrentes sur la régularité des vols d’Air Sénégal, souvent pointée du doigt par les voyageurs, en particulier sur la ligne Paris-Dakar. Si la réorganisation annoncée permet de limiter les désagréments, elle met une nouvelle fois en lumière la nécessité pour la compagnie nationale de renforcer la fiabilité de son programme pour maintenir la confiance de ses clients.

Fistule obstétricale au Sénégal : une souffrance silencieuse qui brise des vies

La fistule obstétricale demeure un fléau silencieux au Sénégal, frappant particulièrement les femmes des zones rurales, souvent éloignées des structures de santé. Selon les chiffres du ministère de la Santé, environ 200 cas sont enregistrés pour 100.000 naissances. Derrière ces données, ce sont des milliers de femmes qui voient leur vie basculer dans la douleur, la solitude et l’exclusion.

Cette affection grave, provoquée par un accouchement prolongé et mal assisté, entraîne une déchirure entre le vagin et la vessie ou le rectum, provoquant des fuites constantes d’urine ou de matières fécales. Les femmes touchées deviennent alors des parias, rejetées par leurs maris, leurs familles et parfois même leur communauté.

Dans la région de Tambacounda, notamment à Koumpentoum et Kidira, cette réalité est dramatique. De nombreuses femmes, jeunes pour la plupart, vivent avec cette pathologie dans le silence, parfois pendant des années. Ramata, une survivante, témoigne avec émotion : « Pendant deux ans, je vivais dans l’isolement, je ne contrôlais plus rien. C’était inhumain. » Son histoire n’est malheureusement pas un cas isolé.

La pauvreté, les mariages précoces, le manque d’éducation, les grossesses rapprochées et surtout les accouchements à domicile sans assistance médicale sont parmi les principales causes de cette maladie pourtant évitable. Faute d’un accès rapide à une césarienne ou à un personnel de santé qualifié, les complications se multiplient, et la fistule devient une sentence.

Face à cette urgence sanitaire et sociale, des avancées notables ont été enregistrées. Grâce à un partenariat entre l’État du Sénégal et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la prise en charge de la fistule est aujourd’hui gratuite dans certains hôpitaux. Des campagnes de sensibilisation, de dépistage et d’intervention chirurgicale sont organisées régulièrement pour redonner une dignité à ces femmes oubliées.

Toutefois, les efforts restent insuffisants. Il est urgent de renforcer les politiques de prévention, d’améliorer l’accès aux soins obstétricaux d’urgence dans les zones reculées et de lutter contre les déterminants sociaux comme le mariage des mineures. Tant que ces causes profondes ne seront pas adressées, la fistule obstétricale continuera de priver des milliers de Sénégalaises de leur droit fondamental à la santé, à la dignité et à une vie normale.

Senelec clarifie sa position après les accusations de l’ONAS sur les stations de pompage à Touba

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) a tenu à réagir aux déclarations de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), qui lui imputait la responsabilité des dysfonctionnements survenus dans certaines stations de pompage à Touba à la suite des fortes pluies du week-end dernier. Dans un communiqué publié ce mardi, Senelec a rejeté toute responsabilité, apportant des précisions techniques sur le processus de raccordement électrique desdites stations.

Concernant la station de pompage de Keur Niang, Senelec indique que, conformément aux procédures encadrant les travaux réalisés par des prestataires tiers, l’ONAS, via son prestataire, était tenue de transmettre une demande de réception des installations électriques. Cette demande devait être accompagnée des plans de récolement, des procès-verbaux d’essais du transformateur, du câble d’alimentation moyenne tension (HTA), ainsi que des équipements de comptage. Or, selon Senelec, aucune demande de réception n’a été reçue, et les travaux n’avaient pas été achevés par le prestataire de l’ONAS.

Senelec évoque également l’utilisation d’un groupe électrogène affrété par l’ONAS pour l’inauguration de la station. Ce groupe, censé assurer la continuité de l’alimentation électrique de la station jusqu’à son raccordement final au réseau national, n’a pas été maintenu en fonctionnement. Face à l’urgence provoquée par les inondations, Senelec affirme que son chef de service à Touba a sollicité en urgence le raccordement de la station, ce qui a entraîné la mobilisation de ses équipes dès le lundi 4 août au matin pour finaliser les travaux et réceptionner les ouvrages. La mise en service de la station de Keur Niang a ainsi été effective à partir du 5 août 2025.

S’agissant de la station de Nguelemou, Senelec informe qu’une demande de réception avait bien été transmise le mardi 29 juillet. En réponse, une mission technique a été dépêchée sur place dès le jeudi 31 juillet pour procéder aux vérifications nécessaires. Les procès-verbaux de réception ont été établis et remis aux parties concernées le vendredi 1er août, et le raccordement électrique a été réalisé le mardi 5 août 2025, « d’un commun accord avec le prestataire », précise le communiqué.

Dans sa communication, Senelec tient à rappeler que la responsabilité des travaux liés à l’alimentation électrique des stations de pompage incombe entièrement à l’ONAS, qui les réalise via ses prestataires. L’intervention de la société nationale d’électricité se limite à un appui technique, jusqu’à la mise en service des installations.

Trafic illicite de médicaments à Saly : deux personnes arrêtées, une cargaison non autorisée saisie

Deux individus ont été interpellés à Saly alors qu’ils transportaient illégalement une importante quantité de médicaments dans leur véhicule. L’opération a été menée par le commissariat de police de la localité, avant que l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) ne soit alertée pour évaluer la situation.

Selon le communiqué transmis à l’Agence de presse sénégalaise (APS), une mission d’intervention urgente a été dépêchée sur les lieux. Elle était composée d’inspecteurs pharmaceutiques, de juristes et de spécialistes en communication, afin d’examiner rigoureusement la cargaison saisie. Après analyse, les produits identifiés comprenaient entre autres du paracétamol, du diclofénac, de la cyproheptadine, du métronidazole et du sildénafil. Aucun de ces médicaments n’est enregistré ni autorisé à la commercialisation sur le marché pharmaceutique national.

L’ARP précise que la valeur marchande de cette cargaison s’élève à plusieurs millions de francs CFA. Elle alerte sur les dangers de ces produits qui échappent à tout contrôle officiel, posant ainsi une grave menace pour la santé publique. Ce genre de trafic représente un risque élevé, car les médicaments non homologués peuvent être inefficaces, mal dosés ou même toxiques.

Le directeur général de l’ARP, Alioune Ibnou Diouf, a rappelé que l’importation et la distribution de médicaments au Sénégal sont strictement réglementées. Il a également assuré que son agence allait intensifier la collaboration avec les forces de défense et de sécurité afin de renforcer la lutte contre ce fléau. Par ailleurs, des actions de sensibilisation accrues seront menées auprès des populations pour les alerter sur les dangers de la consommation de médicaments provenant de circuits non officiels.

Cette affaire remet une nouvelle fois sur la table la problématique persistante du trafic de médicaments au Sénégal, dans un contexte où la contrefaçon pharmaceutique est devenue un enjeu majeur de santé publique en Afrique.

Fraude électrique : Senelec épingle Fotall Services pour un détournement de plus de 682 millions de FCFA

Un scandale retentissant secoue le secteur de l’énergie au Sénégal. La société Fotall Services Sarl, dirigée par Mamadou Sarr, est au centre d’une vaste affaire de branchements électriques clandestins qui aurait coûté à la Senelec plus de 682 millions de francs CFA. Les révélations, publiées par le journal Libération, mettent en lumière un réseau bien structuré de fraude à l’électricité, organisé autour d’une entreprise pourtant officiellement enregistrée.

Tout a commencé à la Cité BCEAO 1, où un contrôle de routine de la Senelec, dans le cadre de ses opérations de « peignage », a permis de détecter un branchement illicite alimentant des installations de lavage automatique exploitées par Fotall Services. Face à cette découverte, la Senelec a décidé de pousser plus loin ses investigations.

Les résultats de l’audit ont été édifiants. Neuf autres sites, disséminés à travers Dakar et même jusqu’à Saint-Louis, ont été identifiés comme étant connectés illégalement au réseau électrique. Parmi ces lieux figurent Ouakam, Zac Mbao, Cité Alioune Sow, les Maristes, Yoff Apecsy 1, Sacré-Cœur, le Point E, Fass Delorme, et la capitale du Nord. À chaque fois, le même modus operandi : des branchements sauvages contournant les compteurs, permettant une consommation d’électricité sans facturation ni paiement.

Le préjudice financier est colossal. Senelec a chiffré la perte à 682.578.549 FCFA, une somme susceptible d’augmenter au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête. L’entreprise publique, chargée de la distribution d’électricité, entend visiblement aller jusqu’au bout pour faire la lumière sur ce réseau de fraude.

Interpellé par la brigade de gendarmerie de la Foire, Mamadou Sarr a reconnu les faits. Il a été placé sous mandat de dépôt. Toutefois, l’affaire a pris une tournure encore plus grave lorsqu’après son incarcération, d’autres branchements frauduleux ont été découverts. La Division des investigations criminelles (DIC) a été saisie et a procédé à l’extraction du mis en cause de sa cellule pour une nouvelle présentation au parquet.

Cette affaire relance le débat sur la lutte contre les branchements clandestins, véritable fléau pour la Senelec, qui voit ses efforts de rentabilité et de couverture nationale minés par des actes frauduleux de cette ampleur. L’enquête en cours pourrait révéler d’autres ramifications et aboutir à de nouvelles arrestations.

Adaptation aux changements climatiques : le Sénégal engage 1,5 milliard de FCFA pour renforcer sa résilience

Dans un contexte mondial marqué par l’aggravation des effets du changement climatique, le Sénégal franchit une étape décisive dans la mise en œuvre de sa stratégie d’adaptation. Le gouvernement vient d’annoncer un investissement de 1,5 milliard de francs CFA dans l’élaboration d’un Plan national d’adaptation (PNA), à travers le lancement du projet de mise en cohérence de la planification nationale et infranationale de l’adaptation (PNA-FVC). Ce projet est financé par le Fonds Vert pour le Climat.

Le projet, dont la durée est fixée à trois ans, sera déployé dans neuf régions du pays. Il a été officiellement lancé dans les régions de Sédhiou et Kolda, au sud du pays, ce mercredi 6 août. Ces zones ont été choisies en raison de leur forte vulnérabilité aux impacts climatiques, notamment la dégradation des ressources naturelles, l’insécurité alimentaire croissante, les sécheresses et les inondations récurrentes.

Selon Ouseynou Ndione, chargé de programme à la Direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts au Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, le projet a pour ambition de doter l’État d’un plan global d’adaptation prenant en compte l’ensemble des secteurs sensibles, comme l’agriculture, l’eau, la santé, les infrastructures, la biodiversité ou encore les zones côtières. L’objectif est d’orienter les politiques publiques vers des approches anticipatrices, structurantes et durables.

Mais l’enjeu dépasse largement la simple production d’un document technique. Le projet entend aussi renforcer les capacités des acteurs publics et territoriaux à différents niveaux. Les services déconcentrés de l’État seront formés pour mieux intégrer les données climatiques dans leurs programmes d’action. Les collectivités territoriales seront accompagnées pour que leurs plans de développement locaux tiennent compte des risques climatiques actuels et futurs. Le projet vise également à améliorer les mécanismes de gouvernance et de coordination des politiques climatiques entre les administrations centrales et les autorités locales.

Pour Ouseynou Ndione, il s’agit avant tout de créer une dynamique de transformation durable. « Il ne s’agit pas seulement de produire un document, mais de créer les conditions pour une réelle transformation des pratiques en matière d’adaptation, dans tous les secteurs et à tous les niveaux », a-t-il expliqué lors de la cérémonie de lancement à Kolda.

À travers le PNA-FVC, le Sénégal souhaite aussi se positionner comme un pays exemplaire dans la mobilisation des financements climatiques internationaux. En s’appuyant sur une stratégie claire, multisectorielle et territorialement ancrée, l’État espère attirer davantage de ressources pour renforcer la résilience de ses écosystèmes et de ses populations.

Cette initiative vient ainsi confirmer l’engagement du Sénégal en faveur de la transition écologique, en mettant en place les fondements d’un développement résilient, équitable et inclusif face aux défis environnementaux du XXIe siècle.

Projets structurants : la Turquie, partenaire clé de l’aménagement urbain et des infrastructures au Sénégal

De Diamniadio à Diass, les grands projets d’infrastructure qui ont redessiné le paysage sénégalais au cours des dernières années portent en grande partie la marque d’un partenariat stratégique avec la Turquie. À l’occasion de la visite officielle du Premier ministre Ousmane Sonko en Turquie, du 6 au 10 août 2025, les autorités sénégalaises ont présenté un dossier de presse qui met en lumière l’ampleur de cette coopération dans des secteurs clés comme l’aménagement du territoire, les transports, les équipements publics ou encore le tourisme.

Parmi les réalisations phares, le Centre international de Conférences Abdou Diouf (CICAD), à Diamniadio, symbolise la vitalité de cette relation bilatérale. Entièrement financé par la Turk Exim Bank à hauteur de 48,5 millions d’euros (près de 32 milliards FCFA) et construit par le géant turc Summa, cet équipement diplomatique majeur a nécessité un coût total de 77,8 millions d’euros, soit environ 51 milliards FCFA. Le CICAD a entraîné dans son sillage une série d’infrastructures complémentaires, telles que les voiries, les branchements aux réseaux publics et les liaisons avec l’autoroute à péage, contribuant à structurer durablement la zone de Diamniadio.

Autre projet emblématique : l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Après une première phase difficilement menée par le groupe saoudien SBG, c’est le consortium turc Summa-Limak qui a repris et finalisé l’infrastructure. Cette dernière phase de travaux, comprenant les essais, la certification et la mise en service, a mobilisé 112 millions d’euros (près de 74 milliards FCFA). Depuis décembre 2017, l’aéroport est exploité par la société LAS (Limak-AIBD-Summa), marquant une gestion entièrement privée sous pilotage turc.

Toujours à Diamniadio, le marché d’intérêt national et la gare des gros porteurs illustrent encore cette coopération dynamique. Ces deux équipements logistiques stratégiques, construits par l’entreprise turque De Meew (DM), représentent un investissement total de 68 milliards FCFA, dont 48,9 milliards apportés par Ankara. L’État sénégalais a complété le financement avec un apport d’environ 19 milliards FCFA. L’objectif affiché est de moderniser la chaîne d’approvisionnement alimentaire et d’optimiser la distribution des marchandises à grande échelle.

Dans le domaine du sport et de l’hôtellerie, la Turquie s’impose également comme un partenaire de premier plan. Le complexe Dakar Arena, avec sa salle multifonctionnelle de 15 000 places et ses installations annexes, a nécessité 119 millions d’euros d’investissement, soit environ 74 milliards FCFA. Quant au Radisson Blu Diamniadio, également réalisé par Summa, il affiche une capacité de 152 chambres pour un coût de 33 millions d’euros, soit plus de 21 milliards FCFA.

Ces projets traduisent une volonté de hisser le Sénégal au rang de hub régional à vocation économique, diplomatique, touristique et logistique. Mais au-delà des chiffres, la coopération sénégalo-turque repose sur un modèle original de co-construction. Les entreprises turques sont impliquées dans toutes les étapes des projets, du financement à la réalisation, avec une forte valeur ajoutée locale. Loin d’être de simples prestataires, elles contribuent à la transformation structurelle du pays en s’inscrivant dans la vision sénégalaise d’émergence.

À travers cette visite officielle en Turquie, Ousmane Sonko entend donner une nouvelle impulsion à cette dynamique. Le renforcement du Conseil de coopération stratégique de haut niveau et le rôle accru de la TIKA (Agence turque de coopération et de coordination) à Dakar laissent entrevoir un avenir encore plus ambitieux pour ce partenariat. Des secteurs comme l’industrie, la santé, l’éducation ou les énergies renouvelables pourraient constituer les prochains axes de collaboration.

Rétablissement des droits de douane sur le riz : Thierno Bocoum dénonce une mesure injuste et antisociale

Le débat autour de la levée de la suspension des droits de douane sur le riz brisé ordinaire continue de susciter de vives réactions. Après l’annonce du ministère du Commerce, qui a demandé au ministre des Finances de rétablir le taux de 10 % de droits de douane, Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-Les Leaders, est monté au créneau pour dénoncer une « incohérence structurelle » dans la gestion économique du gouvernement.

Selon l’ancien député, cette décision risque de porter un coup dur aux couches sociales les plus vulnérables. Il estime que le gouvernement aurait dû prioriser l’exigence faite aux importateurs de baisser les prix du riz en raison de la chute des cours mondiaux, plutôt que de rétablir une fiscalité qui frappera directement le panier de la ménagère. À ses yeux, « le riz brisé, pilier de l’alimentation populaire, mérite mieux qu’un simple ajustement comptable destiné à renflouer un budget alourdi par les dépenses de fonctionnement ».

Thierno Bocoum voit dans cette initiative une preuve supplémentaire d’un déséquilibre dans les choix politiques du régime. Il déplore le fait que, pendant que les hausses de prélèvements frappent les produits de grande consommation, les privilèges liés aux fonctions de l’État, tels que les fonds politiques ou les dépenses de prestige, ne soient jamais remis en question. Pour lui, il s’agit là d’un réflexe constant qui consiste à faire porter l’essentiel de l’effort budgétaire sur les ménages, plutôt que sur les responsables des dépenses publiques superflues.

Cette sortie intervient dans un contexte où les Sénégalais, déjà confrontés à une conjoncture économique difficile, s’inquiètent de la possible augmentation du prix du riz brisé, denrée essentielle consommée au quotidien par une large majorité de la population. La mesure de suspension des droits de douane, en vigueur depuis 2024 pour contenir l’envolée des prix mondiaux, avait permis de stabiliser les prix à 410 F CFA, puis à 350 F CFA le kilogramme à Dakar depuis avril 2025.

Alors que le ministère du Commerce justifie le rétablissement des droits par la baisse continue des prix à l’international, des voix s’élèvent pour rappeler que le consommateur sénégalais n’a pas encore pleinement bénéficié de cette tendance. Pour beaucoup, le moment semble mal choisi pour alourdir la fiscalité sur un produit aussi stratégique.

Ce débat relance ainsi une question centrale : comment concilier équilibre budgétaire et justice sociale dans un contexte économique fragile ? La réponse que donnera le gouvernement pourrait bien peser lourdement sur sa crédibilité auprès des ménages.

Sénégal : vers le rétablissement des droits de douane sur le riz brisé ordinaire

Le ministère de l’Industrie et du Commerce du Sénégal a officiellement saisi son homologue des Finances et du Budget pour demander le rétablissement des droits de douane de 10 % sur le riz brisé ordinaire, après plusieurs mois de suspension. Cette demande formulée par voie de correspondance le 22 juillet 2025, intervient dans un contexte de baisse continue des prix du riz sur les marchés internationaux.

Dans cette lettre adressée au ministre Cheikh Diba, le ministère du Commerce souligne que la tendance à la baisse des cours mondiaux a entraîné une réduction significative des coûts d’importation. Pour les autorités commerciales, cette évolution du marché rend désormais obsolète la suspension temporaire des droits de douane qui avait été instaurée en réponse à une flambée des prix.

La mesure initiale avait été mise en œuvre en 2024 pour protéger le pouvoir d’achat des populations, lourdement affecté par la hausse des denrées alimentaires sur le marché international. Grâce à cette suspension, le riz brisé ordinaire, aliment de base consommé quotidiennement par plus de la moitié des Sénégalais, avait pu être maintenu à un prix relativement stable : d’abord à 410 F CFA le kilogramme en juin 2024, puis à 350 F CFA depuis avril 2025, notamment à Dakar.

Le retour des droits de douane à hauteur de 10 %, adossés à une valeur de référence de 210 000 F CFA, constitue donc un changement de cap que le ministère justifie par l’amélioration du contexte international. Cependant, cette décision soulève déjà des interrogations, voire des inquiétudes, sur ses conséquences pour les ménages, notamment les plus modestes.

Si la taxe douanière est effectivement réintroduite, plusieurs acteurs du secteur estiment qu’une hausse des prix du riz sur le marché intérieur est inévitable, à moins que l’État ne compense autrement ce surcoût pour les importateurs. Une telle situation risquerait de nuire à la stabilité sociale, alors que le riz brisé ordinaire reste le produit le plus consommé dans les foyers sénégalais, surtout dans les zones urbaines et périurbaines.

En toile de fond, cette proposition traduit aussi la volonté du gouvernement de réajuster ses leviers fiscaux, après plusieurs mois d’efforts pour contenir l’inflation. Elle pourrait aussi répondre à un besoin de renforcer les recettes douanières de l’État, dans un contexte budgétaire tendu.

Toutefois, les organisations de consommateurs et les acteurs de la société civile pourraient réagir dans les jours à venir, à mesure que les implications réelles de ce changement se feront sentir. Pour l’instant, le ministre des Finances n’a pas encore rendu publique sa décision.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°531 – 06/08/2025

🔴 « ASER-GATE » / « TÔT OU TARD, LA LUMIÈRE SERA FAITE » : TAS TRAQUE LA VÉRITÉ
🔴 INSÉCURITÉ AU MALI : DAKAR RENFORCE SA FRONTIÈRE EST

🔴 CHAN 2024 : LE SÉNÉGAL DÉMARRE FORT FACE AU NIGERIA (1-0)
🔴 ARBITRAGE AFROBASKET 2025 : BABACAR NDIAYE CRIE AU SCANDALE

643 kg de cocaïne saisis à Rufisque : opération coup de filet réussie des Douanes et de la Gendarmerie

Une importante saisie de cocaïne a été réalisée dans la matinée du lundi 4 août 2025 à la cité Noflaye de Rufisque, dans la grande banlieue dakaroise. Grâce à une opération conjointe des Douanes sénégalaises et de la Gendarmerie nationale, 643 kilogrammes de cocaïne ont été interceptés à l’issue d’un dispositif de surveillance et d’intervention bien coordonné.

Tout est parti d’un renseignement de qualité reçu par les forces de sécurité, signalant un trafic sophistiqué de stupéfiants dans cette zone périphérique. Une patrouille mixte composée d’agents de la Brigade territoriale de Gendarmerie de Sangalkam et de la Subdivision des Douanes de Dakar-Extérieur a été mobilisée très tôt, aux environs de 5 heures du matin, pour vérifier l’information.

Les éléments engagés ont repéré un véhicule de type Toyota Prado, de couleur blanche, stationné de manière suspecte sur une piste latéritique non loin de la cité. Aucun individu ne se trouvait à bord. En poursuivant leur reconnaissance dans les alentours, les agents ont surpris trois individus en flagrant délit, en train de transférer une marchandise suspecte dans deux vans, l’un de marque Mercedes, l’autre de marque Peugeot.

Pris de panique, deux des trafiquants ont réussi à s’enfuir, mais le troisième a été immédiatement maîtrisé par les forces de sécurité. Les véhicules ont ensuite été fouillés minutieusement, ce qui a permis la découverte de 643 sachets de cocaïne d’un kilogramme chacun, conditionnés dans des sacs en jute.

Des tests effectués sur les produits par le Groupe de Lutte Anti-Drogue (GLAD) de la Gendarmerie nationale ont confirmé qu’il s’agissait bien de cocaïne. La drogue a été sécurisée et une enquête a été ouverte afin de remonter les filières impliquées dans ce trafic international.

Cette saisie spectaculaire illustre l’efficacité de la coopération renforcée entre les forces de défense et de sécurité. Elle s’inscrit dans la stratégie de mutualisation des moyens et des efforts, dictée par les hautes autorités des deux institutions. Cette synergie, consolidée à travers des visites de courtoisie et des séances de travail récentes, montre que le combat contre la criminalité transnationale organisée est plus que jamais une priorité nationale.

Les Douanes sénégalaises et la Gendarmerie nationale ont saisi l’occasion pour renouveler leur engagement à agir ensemble dans la lutte contre les trafics illicites, tout en appelant les populations à une plus grande collaboration à travers le partage d’informations et le soutien aux actions des forces de sécurité.

L’opération de Noflaye marque un tournant dans la traque des réseaux de drogue qui tentent de faire du Sénégal une plaque tournante. Les autorités entendent maintenir la pression, convaincues que seule une réponse collective et déterminée permettra de briser les chaînes du crime organisé.

Drame migratoire aux Canaries : 179 Sénégalais secourus, un mort et un blessé grave après une traversée périlleuse

La tragédie continue de frapper les routes migratoires de l’Atlantique. Ce dimanche 3 août 2025, un convoi de 179 migrants sénégalais, dont 7 femmes et 5 mineurs, a été secouru dans des conditions éprouvantes au large des Îles Canaries. Parti des côtes sénégalaises le dimanche 27 juillet, le groupe dérivait en pleine mer depuis plusieurs jours, avant d’être repéré à 290 kilomètres au large de Dakhla par un navire militaire français.

L’alerte donnée, les autorités espagnoles ont immédiatement déployé d’importants moyens de secours maritimes et aériens. Le sauvetage, complexe et mené dans une mer agitée, a duré plusieurs heures. Malheureusement, le bilan humain s’alourdit : une personne est décédée avant l’arrivée des secours, et un autre passager, grièvement blessé, a été évacué par hélicoptère vers un hôpital de la région.

À leur arrivée sur l’île de Gran Canaria, les migrants secourus présentaient des signes évidents d’épuisement, de déshydratation sévère et, pour certains, des blessures légères. Les services de santé et les organisations humanitaires espagnoles les ont immédiatement pris en charge, leur apportant une assistance médicale et psychologique, ainsi qu’un hébergement d’urgence.

Ce drame relance les inquiétudes sur la dangereuse route migratoire de l’Atlantique, particulièrement empruntée ces derniers mois par des migrants en provenance d’Afrique de l’Ouest, et notamment du Sénégal. Le nombre de départs depuis les côtes sénégalaises est en forte augmentation, en dépit des risques extrêmes que représente cette traversée.

La situation interpelle également sur les causes profondes de l’exil : pauvreté persistante, chômage massif des jeunes, désespoir croissant face à un avenir incertain. Si les autorités sénégalaises affirment vouloir renforcer la surveillance de leurs côtes et sensibiliser les candidats à l’émigration clandestine, ces initiatives restent largement insuffisantes face à la pression sociale et économique.

En Espagne, les autorités locales, tout en apportant l’assistance humanitaire de rigueur, ont appelé à une coopération plus étroite avec les pays d’origine pour endiguer ce phénomène dramatique. Des discussions bilatérales entre Madrid et Dakar sont annoncées dans les prochaines semaines, avec comme priorité le renforcement des patrouilles conjointes, l’amélioration des dispositifs de retour volontaire, mais aussi le soutien à des projets de réinsertion économique au Sénégal.

Alors que le gouvernement sénégalais reste silencieux sur cette dernière tragédie, les appels à une réponse politique forte et durable se multiplient, tant dans la société civile qu’au sein de la diaspora. Car derrière chaque convoi, il y a des familles brisées, des vies fauchées, et un pays qui voit partir ses enfants, en quête d’un avenir qu’ils ne croient plus possible chez eux.

Ibrahima Hamidou Deme recadre Ousmane Sonko : « Il défendait Tahibou Ndiaye, aujourd’hui il dénonce les fonctionnaires milliardaires »

L’ancien magistrat Ibrahima Hamidou Deme n’a pas tardé à réagir à la récente déclaration d’Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, qui a affirmé que « dans un pays normal, un fonctionnaire ne peut pas être milliardaire ». Pour l’ex-juge, cette sortie révèle un sérieux problème de cohérence dans le discours du leader de Pastef.

Dans un message publié ce mardi 5 août, Deme a tenu à rappeler qu’en 2013, Ousmane Sonko, alors inspecteur des Impôts et Domaines et activiste engagé contre les dérives du régime de Macky Sall, avait pris position pour défendre Tahibou Ndiaye, ancien directeur du cadastre, accusé d’enrichissement illicite. Ce dernier, impliqué dans l’un des plus retentissants procès pour biens mal acquis de l’ère Karim Wade, avait été contraint de reverser des milliards à l’État du Sénégal dans le cadre d’une médiation pénale.

« Aujourd’hui, Ousmane Sonko affirme qu’un fonctionnaire ne peut être milliardaire. En 2013, il défendait ardemment le fonctionnaire Tahibou Ndiaye, poursuivi pour enrichissement illicite et qui finira par payer des milliards à l’État dans le cadre d’une médiation pénale. Quelle cohérence ! », a ironisé l’ancien juge constitutionnaliste, connu pour ses prises de position tranchées sur la gouvernance et la justice.

Cette déclaration du Premier ministre intervient dans un contexte où la question de la moralisation de la vie publique revient avec insistance dans le débat national. En s’attaquant frontalement à l’enrichissement des fonctionnaires, Sonko entend envoyer un signal fort contre la corruption et la gabegie dans l’administration publique. Mais selon Ibrahima Hamidou Deme, cette posture n’est pas dénuée d’ambiguïtés, surtout venant d’un homme qui, dans un passé récent, avait pris la défense d’un agent de l’État soupçonné de malversations financières.

Ce rappel critique de l’ancien juge Deme met en lumière les contradictions entre les engagements passés de certains acteurs politiques et leur posture une fois au pouvoir. Il relance aussi le débat sur les limites de l’enrichissement des agents publics dans un État qui se veut transparent et respectueux des principes républicains.

Moustapha Diakhaté dénonce une « guerre juridique » contre la liberté d’expression et accuse le procureur Ibrahima Ndoye de dérive autoritaire

À peine libéré après cinquante jours de détention à la prison de Rebeuss pour offense au chef de l’État, Moustapha Diakhaté a repris la parole avec une virulence qui marque une rupture nette avec le silence carcéral. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 5 août à Dakar, l’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar a vivement accusé le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, et plus largement le Tribunal de grande instance de Dakar, de livrer une « guerre juridique » contre la liberté d’expression.

Dans une déclaration au ton frontal, Moustapha Diakhaté n’a pas mâché ses mots : « Le procureur Ibrahima Ndoye, c’est un parquet à double standard. Il est intransigeant avec l’opposition et indulgent avec le parti Pastef. Quand on voit ce genre d’action, c’est que ces magistrats-là trahissent la loi », a-t-il fustigé. Pour l’ancien parlementaire, le parquet agit comme un instrument politique, au mépris des droits fondamentaux garantis par la Constitution.

Poursuivi pour offense au chef de l’État, Diakhaté rejette l’accusation avec véhémence. « Moi qui défends la République et le président, on m’accuse de l’avoir offensé ? C’est honteux, c’est ridicule », a-t-il lancé. Il estime être la cible d’un acharnement personnel : « Le procureur a un problème avec moi, il se cache derrière le parquet pour le combattre. C’est indigne de sa fonction de magistrat. »

Évoquant son expérience carcérale, Moustapha Diakhaté n’a pas hésité à défier de nouveau le système judiciaire : « Si ma vie doit y rester, elle y restera. Je suis prêt à retourner en prison. J’ai été emprisonné deux fois. Ibrahima Ndoye doit savoir qu’il lui reste 998 mandats de dépôt s’il veut me faire taire, parce que jusqu’à 1000, je ne me tairai pas. » Des propos forts qui traduisent une volonté assumée de continuer son combat politique, malgré les risques.

Mais au-delà de sa situation personnelle, Diakhaté a élargi sa critique à la situation de la justice sénégalaise. Selon lui, poursuivre des citoyens pour avoir critiqué le président ou des magistrats est une dérive grave pour un État qui se veut démocratique. « Dans une démocratie, il ne peut pas y avoir de limite au droit des citoyens à critiquer ceux qui les gouvernent », a-t-il souligné, affirmant que la liberté d’expression doit s’exercer pleinement, même contre les plus hautes autorités.

L’ancien député n’a pas épargné non plus le parti présidentiel, le Pastef, qu’il accuse d’avoir trahi ses engagements. « Le Pastef avait promis aux Sénégalais qu’une fois au pouvoir, ils supprimeraient l’article 80, l’article 254… Ils ne l’ont pas fait. Ils ont menti aux Sénégalais. C’est parce qu’ils ont menti qu’on continue d’arrêter des gens pour offense au chef de l’État, ou pour des délits d’opinion », a-t-il déclaré, en appelant à une réforme urgente du droit pénal en matière de libertés publiques.

Cette sortie de Moustapha Diakhaté intervient dans un contexte politique marqué par de multiples arrestations de journalistes, militants et opposants, souvent poursuivis pour offense ou diffusion de fausses nouvelles. Elle relance le débat sur l’indépendance de la justice, la tolérance politique et l’effectivité des libertés fondamentales au Sénégal. Pour Diakhaté, une chose est claire : « Le Sénégal ne doit pas devenir un État où penser autrement conduit systématiquement en prison. »

Sénégal : Moustapha Diakhaté charge la prison de Rebeuss et appelle à sa fermeture immédiate

À peine sorti de détention, l’ancien parlementaire Moustapha Diakhaté a profité d’une conférence de presse organisée ce mardi 5 août dans un hôtel de Dakar pour dénoncer avec force les conditions inhumaines qu’il affirme avoir observées à la prison de Rebeuss. Avec des mots durs et une colère visible, l’ancien proche du régime de Macky Sall, désormais farouche opposant au pouvoir actuel, a exigé la fermeture et la démolition pure et simple de cet établissement carcéral emblématique du Sénégal.

« La prison de Rebeuss doit être fermée et détruite », a-t-il déclaré sans détour, qualifiant l’établissement de « lieu de souffrance humaine » en totale contradiction avec l’article 7 de la Constitution sénégalaise qui garantit la protection de la vie et de la dignité humaine. Pour lui, Rebeuss n’est plus un centre de détention, mais une zone de non-droit où les droits fondamentaux sont quotidiennement bafoués.

Dans son intervention, Moustapha Diakhaté a dénoncé la généralisation abusive du mandat de dépôt, une pratique qu’il juge systématique et directement imputable à certains magistrats. Selon lui, le recours mécanique à la détention préventive révèle une justice déséquilibrée, qui alimente la surpopulation carcérale et viole la présomption d’innocence.

S’il a tenu à saluer le dévouement de l’administration pénitentiaire, qu’il considère comme un « rempart » permettant aux prisonniers de survivre, Moustapha Diakhaté a néanmoins dénoncé avec véhémence les agissements de certains agents pénitentiaires, accusés de violences et d’actes de torture envers les détenus. « Il y a des gardes qui torturent les prisonniers. J’en appelle à toutes les organisations de défense des droits humains, mais aussi à l’Observatoire des lieux de privation de liberté. Ce qui se passe à Rebeuss est inacceptable dans un État qui se dit de droit », a-t-il martelé.

Autre sujet d’indignation pour l’ancien député : la présence de malades mentaux parmi les détenus. Pour lui, la situation est intenable et dangereuse, aussi bien pour les malades eux-mêmes que pour les autres prisonniers et les agents pénitentiaires. « Leur place n’est pas en prison, mais dans un établissement psychiatrique. L’administration pénitentiaire n’a ni les moyens, ni la formation adéquate pour encadrer ces cas », a-t-il insisté, appelant à leur transfert immédiat à l’hôpital psychiatrique de Fann.

Moustapha Diakhaté a ainsi lancé un appel pressant à l’ensemble des forces vives du pays — société civile, partis politiques, autorités religieuses et traditionnelles — pour exiger une réforme en profondeur du système carcéral sénégalais. Il a également invité les autorités à repenser le recours au mandat de dépôt, à humaniser les lieux de détention, et à renforcer les mécanismes de contrôle indépendants.

Cette sortie musclée de l’ancien parlementaire, intervenant quelques jours seulement après sa libération, risque de relancer le débat national sur les conditions de détention et l’état de la justice au Sénégal. Rebeuss, depuis longtemps pointée du doigt par les ONG pour sa vétusté et sa surpopulation chronique, se retrouve de nouveau au centre de la polémique.

Litige foncier à la Cité Touba Almadies : Cheikh Amar l’emporte devant la justice contre l’Association des Résidents

Le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a rendu son verdict dans le différend opposant l’Association des Résidents de la Cité Touba Almadies au promoteur immobilier Cheikh Amar. Dans une ordonnance rendue en référé, la justice a rejeté la requête des plaignants, donnant ainsi gain de cause à Cheikh Amar, point final – du moins provisoire – à un bras de fer judiciaire autour de la gestion des espaces publics de cette cité résidentielle située dans l’arrondissement des Almadies.

L’Association, présidée par Deguene Mbaye, avait saisi la justice le 13 février 2025 pour obtenir en urgence la suspension de toutes les activités de morcellement, de vente ou de construction sur les espaces jugés initialement publics selon le plan d’aménagement de la cité. Il s’agissait notamment de parcelles prévues pour abriter une école, une mosquée, un poste de santé, un daara, des jardins et autres places publiques. Les membres de l’Association reprochaient à Cheikh Amar de ne pas respecter les engagements liés à l’Arrêté ministériel n°8673 du 7 octobre 2008 qui, selon eux, consacrait ces espaces à un usage communautaire.

Poussant plus loin leur argumentation, les plaignants ont accusé le promoteur de « tentatives de spoliation », notamment après la supposée cession du terrain initialement réservé au Daara à un particulier du nom de Moustapha Diouf Lambaye. Ils réclamaient, en plus de la suspension immédiate des travaux, une astreinte journalière de 5 millions de francs CFA en cas d’inexécution.

Pour étayer leur demande, les membres de l’Association avaient versé au dossier plusieurs documents : plans cadastraux, contrats, décisions administratives ainsi qu’un récépissé attestant leur reconnaissance officielle par l’Agence Régionale d’Aménagement du Territoire (ARTA). Mais ces éléments n’ont pas convaincu le juge des référés.

Dans sa décision, le magistrat a estimé que les pièces fournies ne permettaient pas d’établir un trouble manifeste ni un préjudice imminent qui justifieraient une intervention urgente du tribunal. En conséquence, toutes les demandes ont été rejetées, le juge considérant que le fond du litige, s’il existe, relève d’une procédure au fond, et non du cadre spécifique et restrictif du référé.

Ce revers judiciaire constitue une victoire stratégique pour Cheikh Amar, qui conserve pour l’instant la pleine latitude de continuer ses activités sur les terrains contestés. Toutefois, rien n’indique que cette affaire soit terminée. L’Association des Résidents pourrait choisir de porter l’affaire sur le terrain du fond, où la justice aura à se prononcer plus largement sur les droits et engagements contractuels des parties.

Égalité professionnelle : la Police nationale s’engage avec une nouvelle politique genre

La Police nationale sénégalaise vient de franchir une étape significative dans sa quête d’égalité professionnelle entre les sexes. Ce lundi 29 juillet 2025, le Contrôleur général de Police Abdoul Wahabou Sall a présidé un atelier de partage et de validation d’une nouvelle politique genre au sein de la Direction générale de la Police nationale. Organisé dans le cadre du Projet ELSIE, cet atelier a rassemblé plusieurs acteurs institutionnels et partenaires engagés pour une sécurité inclusive.

Le Projet ELSIE, financé par le Fonds de l’Initiative ELSIE, vise à augmenter la participation des femmes en uniforme dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies. À travers l’élaboration d’une politique genre ambitieuse, la Police nationale affirme sa volonté de devenir une institution qui reflète davantage la diversité et les réalités de la société sénégalaise.

Durant cette journée de travail, les participants ont planché sur des mesures concrètes destinées à favoriser l’accès des femmes aux fonctions de responsabilité, à améliorer les conditions de travail des policières, à lutter contre les discriminations sexistes et à intégrer la perspective genre dans les politiques sécuritaires. Il s’agit aussi de garantir que les services de police répondent de manière équitable aux besoins spécifiques des femmes et des hommes, sur l’ensemble du territoire national.

Dans son discours d’ouverture, le Contrôleur général Abdoul Wahabou Sall a salué les progrès déjà accomplis tout en insistant sur l’importance de poursuivre les efforts. « La sécurité ne peut être l’affaire d’un seul genre. Elle doit refléter la diversité de notre nation », a-t-il martelé, appelant à une transformation structurelle des mentalités et des pratiques au sein des forces de l’ordre.

Pour le CGP, l’institution policière ne peut rester en marge des évolutions sociétales. La promotion d’un cadre professionnel plus équitable, respectueux des droits et des potentialités des femmes comme des hommes, est non seulement une exigence éthique, mais également une condition de performance pour les missions de sécurité.

L’adoption de cette politique genre constitue donc un pas de plus vers une police plus inclusive, moderne et en phase avec les standards internationaux en matière d’égalité des chances. Elle ouvre également la voie à un changement durable, où les forces de sécurité deviennent un véritable levier de justice sociale et de cohésion nationale.

La Police nationale, par cette initiative, pose ainsi les bases d’une refondation culturelle et institutionnelle qui pourrait inspirer d’autres corps de l’État, dans un pays où la question de l’égalité entre les sexes demeure un chantier à parachever.

Centrale de Sendou : Nordic Power Ab dénonce une dette fictive de plus de 30 milliards FCFA dans le redressement judiciaire de la CES

Le feuilleton judiciaire autour de la centrale électrique de Sendou continue de secouer le secteur de l’énergie au Sénégal. Ce lundi 4 août 2025, le Tribunal de commerce de Dakar a examiné une requête de la société suédoise Nordic Power Ab, actionnaire majoritaire de la Compagnie d’électricité du Sénégal (CES), qui accuse son partenaire SNPL/Barak d’avoir introduit dans le concordat judiciaire une créance fictive de 30,09 milliards FCFA. Cette procédure soulève de lourdes interrogations sur la gouvernance de la CES, la gestion de sa restructuration et la véracité des montants reconnus dans le cadre du redressement judiciaire.

La centrale de Sendou, située à Bargny, est un projet majeur lancé à la suite d’un appel d’offres international conduit par la Senelec dans le cadre du plan de renforcement de la production électrique du pays. Le projet, structuré sous le modèle BOO (Build, Own, Operate), a été confié en 2007 à la société suédoise Nykomb Synergetics Development Ab, via sa filiale sénégalaise CES. L’objectif initial était de construire une centrale thermique au charbon d’une capacité de 250 MW, en deux phases. La première phase, de 125 MW, a été réalisée avec un financement de 206,4 millions d’euros, dont 61,9 millions en fonds propres et 144,5 millions sous forme de dettes contractées auprès de la BOAD, de la FMO (banque de développement néerlandaise) et d’autres partenaires financiers.

Mais depuis que la Cour d’appel de Dakar a admis la CES en redressement judiciaire le 19 avril 2021, la situation s’est envenimée. Selon Nordic Power Ab, le processus judiciaire a été instrumentalisé au détriment de l’intérêt social de l’entreprise. La société suédoise conteste vigoureusement l’introduction dans le concordat d’une créance de plus de 30 milliards FCFA, déclarée par SNPL/Barak comme étant une dette de la CES. Or, selon elle, cette dette n’a jamais été contractée au bénéfice de la société, et les montants concernés ne correspondent à aucun flux financier effectivement reçu par la CES.

Nordic Power Ab explique que l’essentiel des fonds avancés par SNPL/Barak avaient été prêtés à des entités tierces, notamment Quantum Power International Holdings et Nordic Power elle-même, et non à la CES. Elle soutient que seulement 16,83 milliards FCFA avaient effectivement été virés à la CES, dont 2 milliards qui n’auraient pas été retrouvés dans les comptes de l’entreprise. De plus, un prêt de 7 millions d’euros consenti par Nordic Power à la CES, et annulé par la suite avec l’accord des créanciers, aurait été artificiellement réintégré dans la dette globale, faussant ainsi les chiffres présentés dans le cadre du redressement.

La société suédoise met également en cause la régularité de la nomination de Malick Seck comme administrateur général de la CES, désigné à la suite d’une assemblée générale qu’elle considère comme irrégulière. Cette nomination aurait, selon elle, ouvert la voie à une mainmise de SNPL/Barak sur les décisions de la société, au mépris de la légitimité des actionnaires majoritaires. Nordic Power Ab, qui détient plus de 94 % du capital de la CES, considère ces manœuvres comme une tentative de prise de contrôle illégale de l’entreprise.

Face à ce qu’elle qualifie de dérive, Nordic Power Ab a saisi la justice pour obtenir une expertise indépendante sur les flux financiers du projet et déterminer les responsabilités dans la gestion du redressement judiciaire. Elle souhaite que la lumière soit faite sur les origines réelles de la créance admise dans le concordat, et exige que toute dette fictive soit écartée du processus.

Au-delà du contentieux entre actionnaires, l’affaire soulève des enjeux stratégiques majeurs. La centrale de Sendou représente une part importante de la capacité énergétique du pays et sa stabilité financière est cruciale pour la continuité du service public de l’électricité. Si les allégations de Nordic Power sont confirmées, elles pourraient remettre en cause la validité du concordat et entraîner un réexamen complet du redressement judiciaire de la CES.

Le tribunal de commerce de Dakar, saisi de cette affaire sensible, devra trancher entre les différentes versions présentées, sur fond de documents financiers complexes et de luttes d’influence. Une décision est attendue dans les prochaines semaines. Elle pourrait marquer un tournant décisif dans la gouvernance de la centrale de Sendou et dans la transparence des procédures de redressement judiciaire au Sénégal.

Propos injurieux envers des chefs religieux : l’étudiante Ndèye Ndakhata Dione risque deux ans de prison ferme

L’affaire fait grand bruit dans l’espace public sénégalais, notamment sur les réseaux sociaux. Poursuivie pour avoir tenu des propos jugés blasphématoires à l’encontre de figures religieuses, l’étudiante Ndèye Ndakhata Dione, âgée de 28 ans, a comparu ce lundi devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Une affaire sensible, qui a conduit le juge à ordonner le huis clos, à la demande de la défense.

Connue sous le pseudonyme « madame-fall029 » sur TikTok, la prévenue est étudiante en Master 2 de mathématiques appliquées à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Elle est poursuivie pour plusieurs chefs d’inculpation : diffusion de fausses nouvelles, injures publiques, insultes à l’encontre d’un groupe religieux, et discours contraire aux bonnes mœurs.

Les propos qui lui sont reprochés ont été diffusés lors de sessions en direct sur TikTok. Dans ses interventions, largement relayées et commentées, elle aurait attaqué verbalement des figures emblématiques de plusieurs confréries sénégalaises, dont les Tidianes, les Mourides et les Niassènes. Elle aurait notamment déclaré que Cheikh Ahmed Tidiane Chérif « n’a rien reçu du Prophète », remettant en cause l’origine divine du Salatoul Fatiha, et tenu des propos violents à l’encontre de Baye Niass.

À la barre, Ndèye Ndakhata Dione a reconnu les faits, mais a tenté de les contextualiser. Elle a expliqué avoir réagi sous l’effet de la colère lors d’un débat houleux avec une internaute d’obédience niassène qui, selon elle, aurait « injurié Dieu en direct ». Elle dit avoir « perdu le contrôle » à cet instant. Une explication qui n’a pas convaincu le président du tribunal, lequel l’a rappelée à la retenue : « Le Prophète lui-même pardonnait ses ennemis », lui a-t-il lancé.

Le procureur, plus virulent, a mis en garde contre les conséquences potentielles de tels propos dans un pays aussi sensible aux questions religieuses que le Sénégal. « Tu peux être tuée pour cela ! », a-t-il déclaré à la prévenue. Il a requis contre elle deux ans de prison ferme et une amende de 500 000 francs CFA.

De son côté, la défense a plaidé la clémence. Son avocat a décrit sa cliente comme une « brillante étudiante », mère célibataire de deux jeunes enfants, récemment divorcée et fragilisée psychologiquement. « Elle regrette sincèrement. Elle s’est repentie. Elle mérite une seconde chance », a-t-il plaidé, insistant sur l’environnement numérique malsain qui aurait contribué à son dérapage.

Affaire Kocc Barma : Devant le juge, El Hadji Babacar Dioum nie toute implication

La confrontation tant attendue dans l’affaire dite « Kocc Barma » a finalement eu lieu ce lundi au Tribunal de grande instance de Dakar. El Hadji Babacar Dioum, présenté comme étant l’homme derrière le pseudonyme « Kocc Barma », a été entendu par le doyen des juges dans le cadre des nombreuses plaintes déposées contre lui par plusieurs présumées victimes. À cette étape sensible de la procédure, les réponses de l’accusé étaient particulièrement scrutées.

Face au magistrat instructeur, El Hadji Babacar Dioum, assisté de ses avocats, a fermement nié être « Kocc Barma », selon les informations rapportées par L’Observateur. D’un ton catégorique, il a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. « Je ne suis pas Kocc Barma », a-t-il martelé dès l’ouverture de l’interrogatoire.

Il s’est décrit comme un simple hébergeur de sites web, déclarant que sa responsabilité ne saurait être engagée sur les contenus diffusés par les plateformes qu’il hébergeait. Une ligne de défense qui pourrait être au cœur de la stratégie de ses conseils, dans une affaire où les enjeux judiciaires et éthiques sont majeurs.

Pour rappel, plusieurs plaignants affirment avoir vu leurs images et vidéos diffusées sans leur consentement sur des sites notoirement associés à « Kocc Barma », connu pour ses contenus à caractère intime et sensationnaliste. L’affaire, qui a longtemps alimenté les réseaux sociaux et provoqué un tollé dans l’opinion publique, prend aujourd’hui un tournant judiciaire déterminant.

Par ailleurs, dans le cadre de la même instruction, une autre figure clé du dossier, El Hadji Assane Demba, interpellé récemment à l’aéroport international Blaise Diagne, doit également être auditionné dans les prochains jours. Une confrontation entre les deux hommes est prévue et pourrait s’avérer cruciale pour déterminer les responsabilités dans cette affaire tentaculaire.

Le doyen des juges devra désormais faire la lumière sur les connexions techniques, administratives et financières entre les deux individus, les sites incriminés et les contenus en cause. À ce stade, la justice semble vouloir avancer avec prudence mais détermination, dans un dossier qui soulève de nombreuses interrogations sur la protection de la vie privée, l’éthique numérique et les limites de la liberté d’expression en ligne.

Plan « Jubbanti Koom » : Abdoulaye Wilane tire à boulets rouges sur une stratégie jugée « floue » et « inéquitable »

Le plan « Jubbanti Koom », lancé par le Premier ministre Ousmane Sonko pour sortir le Sénégal de la crise économique et sociale actuelle, continue de faire couler beaucoup d’encre. Chiffré à 5 667 milliards de francs CFA sur trois ans, soit près de 38 % du budget cumulé de l’État sénégalais pour la période, ce programme se veut ambitieux, audacieux, mais suscite de vives critiques au sein de l’opposition. Parmi les voix les plus tranchantes, celle d’Abdoulaye Wilane, figure du Parti socialiste et ancien ministre, qui dénonce un plan « sans boussole », construit sur une base qu’il estime « idéologique » plutôt qu’économique.

Selon Wilane, « Jubbanti Koom » souffre d’un déficit de cadrage macroéconomique flagrant. Il reproche au gouvernement de n’avoir fourni « aucun indicateur sérieux » pour justifier la trajectoire choisie. « Ni hypothèses de croissance, ni projections sur l’inflation ou sur la pression fiscale », déplore-t-il, tout en soulignant que les instruments habituels comme le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2025-2027, eux, prévoient une croissance de 9,7 % et une réduction du déficit à 3 % du PIB. « C’est une feuille de route avancée dans une opacité inquiétante », tacle-t-il.

La question du financement constitue un autre point de discorde. Alors que le gouvernement évoque la mobilisation d’actifs publics, des ressources endogènes ou encore la finance islamique, Abdoulaye Wilane s’interroge sur les contours réels de ces leviers. « Quels sont ces actifs que l’État entend recycler ? S’agit-il de terrains, d’infrastructures, d’entreprises publiques ? Et à quelles conditions ? Le peuple a le droit de savoir ce qu’on fait de ses ressources », prévient-il. Il s’inquiète aussi de l’absence d’une concertation formelle avec des institutions financières internationales comme le FMI ou régionales comme l’UEMOA, y voyant un signal négatif pour la crédibilité du plan sur la scène économique.

L’aspect fiscal du programme « Jubbanti Koom » est particulièrement visé par le socialiste, qui le juge injuste, voire antisocial. Il cite des exemples concrets pour illustrer ses inquiétudes : « Un étudiant devra désormais débourser 30 000 francs CFA de plus pour acheter un téléphone reconditionné. Une famille rurale verra ses dépenses exploser alors que ses revenus stagnent. Ce sont des taxes régressives, économiquement inefficaces et socialement destructrices. »

Wilane va plus loin en dénonçant une recentralisation excessive dans la mise en œuvre du plan. Selon lui, les collectivités locales sont totalement écartées du processus, ce qui constitue une grave erreur stratégique. « Ce sont pourtant les mairies et les conseils départementaux qui assurent les services de base : écoles, centres de santé, entretien des routes. Les marginaliser, c’est compromettre tout effort de redressement », prévient-il.

Enfin, l’absence de coordination internationale dans la formulation du plan est, selon lui, un handicap majeur. « Le Sénégal ne peut pas faire cavalier seul. Sans alignement avec nos partenaires techniques et financiers, les conditions d’emprunt vont se durcir, et les marges budgétaires vont se resserrer davantage. Le pays risque l’isolement économique », s’inquiète-t-il.

Pour Abdoulaye Wilane, « Jubbanti Koom » est davantage un programme politique qu’un véritable plan de relance économique. Il appelle à une refonte profonde de la démarche, plaidant pour un cadrage macroéconomique rigoureux, la suppression des mesures fiscales injustes, un dialogue national inclusif et la mise en place d’un mécanisme transparent de suivi et d’évaluation. « Le redressement du Sénégal ne peut se faire sans justice sociale, sans rigueur économique, et sans la participation active de toutes les forces vives de la nation », conclut-il.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : L’IATA publie le rapport 2024 sur les statistiques du transport aérien mondial

4 août 2025 (Genève) – L’Association du transport aérien international (IATA) a publié la dernière édition du rapport annuel sur les statistiques du transport aérien mondial (WATS), offrant des données statistiques complètes pour l’année 2024.

Mise à jour chaque année à partir des données de plus de 240 compagnies aériennes internationales, la base de données WATS fournit un aperçu complet des indicateurs aériens liés à la demande, à l’offre et à la performance. Le rapport inclut une ventilation détaillée de la demande de trafic passagers et fret programmé, de la capacité passagers et fret programmée, une vue d’ensemble de la flotte mondiale d’avions commerciaux, ainsi que les liaisons aéroportuaires les plus fréquentées.

Le rapport fournit également des informations sur la santé financière du secteur, avec des données détaillées sur les coûts d’exploitation, les revenus, l’utilisation des avions et le nombre d’employés des compagnies aériennes.

Forte croissance des classes Premium

Une conclusion clé du rapport de cette année est que les voyages internationaux en classes premium, affaires et première classe ont augmenté de 11,8 %, dépassant légèrement la croissance du trafic en classe économique à l’échelle mondiale, qui s’établit à 11,5 %. Le nombre total de passagers internationaux en classes premium en 2024 a atteint 116,9 millions, représentant 6 % du total des passagers internationaux.

La région Asie-Pacifique a enregistré la plus forte croissance en pourcentage avec une hausse de 22,8 %, représentant 21 millions de passagers premium, bien que cette croissance ait été surpassée par celle des passagers en classe économique dans la région (+28,6 %, atteignant 500,8 millions). Dans les régions Europe, Amérique latine, Moyen-Orient et Amérique du Nord, la croissance des voyages en classe premium a dépassé celle en classe économique. L’Europe reste le plus grand marché pour les voyages internationaux en classe premium avec 39,3 millions de passagers premium tandis que le Moyen-Orient enregistre la plus forte proportion de passagers premium, à 14,7 % de l’ensemble des passagers.

Liaisons aéroportuaires les plus fréquentées

La région Asie-Pacifique domine le classement des liaisons aéroportuaires les plus fréquentées au monde, avec la route Jeju-Séoul (CJU-GMP) en tête, enregistrant 13,2 millions de passagers en 2024. Dans le top 10, une seule liaison — Djeddah-Riyad (JED-RUH) — ne se situe pas en Asie-Pacifique.

En Amérique latine, la liaison Bogota-Medellin (BOG-MDE) est la plus fréquentée avec 3,8 millions de passagers. En Afrique, la route Le Cap-Johannesburg (JNB-CPT) est en tête avec 3,3 millions de passagers. En Amérique du Nord, la liaison New York JFK – Los Angeles (JFK-LAX) est la plus fréquentée avec 2,2 millions de passagers, tandis qu’en Europe, la liaison Barcelone – Palma de Majorque (BCN-PMI) est la plus populaire avec 2 millions de passagers.

Avions les plus utilisés

Les avions monocouloirs de Boeing et Airbus figurent parmi les plus utilisés en 2024. Les Boeing 737 (toutes variantes confondues) ont effectué 10 millions de vols, représentant 2,4 trillions de sièges-kilomètres disponibles (ASK). Ils sont suivis par les Airbus A320 avec 7,9 millions de vols et 1,7 trillion d’ASK, puis les Airbus A321 avec 3,4 millions de vols et 1,1 trillion d’ASK.

Principaux pays en nombre de passagers

Les États-Unis restent le premier marché aérien mondial* avec 876 millions de passagers en 2024, portés par la solidité de leur marché intérieur (+5,2 % en glissement annuel). La Chine arrive en deuxième position avec 741 millions de passagers, en hausse de 18,7 % par rapport à 2023.

*Ces chiffres incluent tous les passagers (internationaux et domestiques) au départ ou à l’arrivée de chaque pays

Affaire ASER – Santander : Thierno Alassane Sall traque les 37 milliards jusqu’en Espagne

Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, remet sur la table le dossier explosif du contrat d’électrification rurale signé en février 2024 entre l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) et l’entreprise espagnole AEE Power EPC. Un projet estimé à 91 milliards FCFA, censé permettre l’accès à l’électricité à près de 1 500 villages.

Dans une déclaration rendue publique ce mardi, l’opposant s’en prend au régime en place, qu’il accuse de pratiquer un double langage : « Le régime actuel use et abuse du slogan ‘Jub, Jubbal, Jubbanti’, jusqu’à l’afficher dans nos rues. Pourtant, il refuse obstinément de répondre à mes questions de député sur l’utilisation d’une première tranche de 37 milliards décaissés par la banque Santander. »

Ces fonds représentent l’avance initiale consentie dans le cadre du projet. Mais rapidement, des zones d’ombre ont surgi : absence de démarrage effectif des travaux, manque de pièces justificatives et soupçons de transferts suspects vers l’étranger. Devant ces irrégularités, la banque Santander a suspendu ses financements, tandis que l’ARCOP ordonnait, en octobre 2024, l’arrêt du marché.

Thierno Alassane Sall évoque également de possibles violations du Code CIMA. Selon lui, les garanties émises dans ce contrat n’auraient pas été accompagnées du paiement préalable des primes, ce qui les rendrait nulles et de nul effet.

Contre toute attente, la Cour suprême a annulé en février 2025 la suspension du projet, au nom de « l’intérêt public », relançant ainsi un marché plombé par de graves soupçons.

Pour Thierno Alassane Sall, le combat ne fait que commencer. L’ancien ministre des Infrastructures assure poursuivre ses investigations, y compris en Espagne, afin que la vérité éclate : « Tôt ou tard, la lumière sera faite. Les Sénégalais sauront où est passé cet argent, et qui en a réellement profité. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°530 – 05/08/2025

🔴 EXPORTATIONS DE GRAINES D’ARACHIDE : BAISSE DE 1,7% DES RECETTES
🔴 INONDATIONS DANS LA RÉGION DE KAOLACK : LES POPULATIONS LAISSÉES À LEUR SORT

🔴 FSF / FOOT FÉMININ : AÏCHA HENRIETTE NDIAYE AUX MANETTES
🔴 FSF / ALIOU GOLOKO APRÈS SA DÉFAITE : « JE NE ME RETIRE PAS. JE ME REDRESSE »

Grève dans la justice : le Conseil de l’Ordre des avocats tire la sonnette d’alarme et appelle à la reprise du service public

Depuis bientôt deux mois, la justice sénégalaise est en grande partie à l’arrêt. Une situation qui inquiète au plus haut point le Conseil de l’Ordre des Avocats du Sénégal. Dans un communiqué rendu public ce lundi 4 août, l’institution dénonce les lourdes conséquences de cette grève menée par les syndicats des travailleurs de la justice, regroupés au sein de l’entente SYTJUS-UNTJ, et appelle à un sursaut collectif pour rétablir le fonctionnement normal du service public de la justice.

Selon le Conseil, cette paralysie prolongée a des répercussions graves sur les droits fondamentaux des citoyens et la stabilité de l’État de droit. Elle entraîne notamment une aggravation des détentions préventives, déjà trop longues dans certains cas, et accentue le surpeuplement carcéral, avec les risques humains et sanitaires que cela comporte. Le droit à un procès équitable est également mis à mal, tout comme l’économie, qui subit les effets de l’enlisement des procédures judiciaires et du blocage de nombreux dossiers sensibles.

Le Conseil de l’Ordre des Avocats regrette que malgré les multiples démarches entreprises pour une sortie de crise, aucun accord n’ait encore été trouvé entre les parties concernées. Il insiste sur le fait que le droit de grève, bien que constitutionnellement reconnu, ne saurait être exercé au détriment de la continuité du service public, notamment celui de la justice, qui constitue une mission essentielle de l’État.

L’institution rappelle à l’État son devoir de garantir l’accès équitable des citoyens à la justice et de faire respecter ses engagements. Elle souligne que la justice ne peut fonctionner de manière intermittente, au risque de compromettre la confiance des justiciables dans les institutions républicaines et d’alimenter un climat de frustration et d’injustice sociale.

Face à cette situation préoccupante, le Conseil réaffirme son attachement indéfectible aux droits et libertés fondamentaux. Il lance un appel au sens des responsabilités de tous les acteurs du secteur judiciaire et réitère sa disponibilité à contribuer à toute initiative susceptible de favoriser la reprise du service public de la justice dans les plus brefs délais.

Lutte contre la corruption : Ousmane Sonko prône une administration intègre et proche des citoyens

Lors de la présentation de l’Agenda national de transformation du service public, le Premier ministre Ousmane Sonko a abordé avec fermeté la question de la corruption au sein de l’administration sénégalaise. Qualifiant ce phénomène de « fléau qu’il faut combattre », il a toutefois salué l’intégrité de la majorité des agents publics, appelant à une mobilisation collective pour garantir un service public de qualité.

Dans son allocution, le chef du gouvernement a insisté sur l’importance pour l’État de prioriser les services sociaux de base, estimant que ceux-ci doivent précéder les projets de prestige. « L’administration doit se recentrer sur sa mission fondamentale qui est d’offrir des services sociaux de base. Construire des stades ou des bâtiments imposants peut être utile, mais ce sont l’éducation, la santé, la sécurité et la justice qui sont les véritables piliers du développement durable », a-t-il souligné.

S’agissant de la corruption, Ousmane Sonko a tenu à distinguer les nombreux fonctionnaires qu’il considère comme exemplaires de ceux qui, selon lui, « choisissent la facilité ». Il a mis en garde contre les conséquences graves de ce fléau sur le fonctionnement de l’administration, mais aussi sur la sécurité et l’économie du pays. « Quand un véhicule mal entretenu obtient un certificat de visite technique grâce à un pot-de-vin, ce sont 20 morts qu’on pleure ensuite sur les routes. C’est la même logique quand on détourne ou laisse disparaître 10 milliards des caisses publiques contre quelques centaines de millions de commissions illégales. La corruption est une menace directe pour la vie des citoyens, pour l’équilibre budgétaire et pour l’image de l’État », a-t-il martelé.

Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’une application rigoureuse des lois et règlements pour améliorer le rendement des services publics. Il a salué le travail accompli par le ministre Olivier Boucal et son équipe dans l’élaboration de cet Agenda national, qu’il a qualifié de « feuille de route ambitieuse pour une administration publique exemplaire ».

En conclusion, Ousmane Sonko a lancé un appel fort à tous les acteurs de l’administration pour s’approprier cette réforme. « Je ne saurais clore mes propos sans appeler à une appropriation forte de cette feuille de route par l’ensemble des parties prenantes, et à un engagement nourri des administrations pour faire du service public le levier de la cohésion nationale et du développement durable », a-t-il déclaré, avant de rappeler que « l’administration, si elle est bien structurée et intègre, est l’une des principales clés du succès de l’action publique ».

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°529 – 04/08/2025

🔴 INONDATIONS À TOUBA : FAILLES DANS LES OPÉRATIONS PRÉ-HIVERNAGE
🔴 PONCTION SUR LES SALAIRES DES GRÉVISTES DE LA JUSTICE : PAS LA BONNE FORMULE SELON NICOLAS NDIAYE

🔴 FSF / ABDOULAYE FALL : L’ESPOIR D’UN FOOTBALL PLUS UNI ET PLUS FORT
🔴 LUTTE / VICTOIRE SUR EUMEU SÈNE : FRANC POURSUIT SA SÉRIE D’INVINCIBILITÉ

Ousmane Sonko chez le guide du PUR : un geste de considération et de solidarité

Après le Président de la République, le Premier Ministre Ousmane Sonko s’est rendu, ce dimanche 03 août 2025, chez le Président du Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR), Cheikh Seydi Mouhamadoul Moustapha SY Al Maktoum.

Cette visite avait pour objectif de présenter, à son tour, ses condoléances au guide religieux et politique, à la suite du rappel à Dieu de Sokhna Fatou Kiné SY. Dans un climat de recueillement et de respect, le Premier Ministre a témoigné de la solidarité du gouvernement et de la nation tout entière envers la famille éplorée.

Le PUR, à travers un communiqué, a salué cette démarche qu’il qualifie de marque de considération et de respect envers leur leader et la communauté.

Altercation avec le préfet de Kaolack : Serigne Mboup dénonce une « entrave inacceptable » à son autorité

La tension est montée d’un cran ce dimanche 3 août 2025 à Kaolack, après une altercation filmée entre le préfet et le maire de la ville, Serigne Mboup, sur fond de désaccord autour d’une opération de reboisement menée dans le quartier de Touba Ndorong. La vidéo de leur échange houleux a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant de nombreuses réactions sur les rapports entre administration territoriale et autorités municipales.

À l’origine de l’incident, une opération de plantation d’arbres initiée par une association étrangère, que la mairie considère comme illégale. Selon Serigne Mboup, cette structure, dont le nom n’a pas été cité, a été écartée par la municipalité en raison de « pratiques douteuses » et aurait malgré tout tenté d’imposer une activité parallèle, sans l’aval des autorités locales compétentes. Il leur reproche notamment d’avoir collecté des fonds à l’étranger en utilisant le nom de Kaolack, sans aucun cadre légal.

Dans un post publié sur Facebook, le maire a précisé que la ville de Kaolack avait lancé le même jour un ambitieux programme municipal de reboisement, en coordination avec les services des Eaux et Forêts. L’initiative prévoit notamment la plantation de 20 000 mangroves sur le littoral et la distribution de 50 000 arbres fruitiers à la population, dans une logique de développement durable et de responsabilisation citoyenne. Pour Serigne Mboup, l’intervention de l’association étrangère constituait une entrave grave à cette politique municipale.

C’est dans ce contexte que l’édile s’est rendu sur les lieux pour faire cesser l’opération contestée. Il y aurait alors croisé le préfet, qui, selon les images diffusées, lui aurait intimé l’ordre de « dégager ». Ce à quoi le maire a répondu avec fermeté : « Tu ne peux pas me dire de dégager, je suis une autorité ». Un échange tendu, symptomatique d’un conflit de compétence et d’une mésentente manifeste entre deux niveaux de pouvoir.

L’incident a immédiatement relancé le débat sur la répartition des responsabilités entre préfets, représentants de l’État, et maires, élus locaux détenteurs d’un pouvoir de proximité. Dans sa déclaration, Serigne Mboup a rappelé que le Code général des collectivités territoriales lui confère l’autorité sur le domaine public communal, y compris dans le cadre d’opérations environnementales comme celle-ci. Il estime que l’intervention du préfet, dans ce cas précis, s’apparente à une « entrave inacceptable » à l’exercice légitime de ses prérogatives.

Alors que les réactions se multiplient dans l’opinion, certains observateurs appellent à une clarification du rôle de chacun pour éviter ce genre de débordements. Le différend entre le préfet et le maire de Kaolack met en lumière les tensions persistantes entre administration déconcentrée et décentralisation, dans un pays où la réforme territoriale reste un chantier en évolution.

Nicolas Ndiaye : « Le Pastef et son leader sont de véritables pyromanes »

Le député et secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD), Nicolas Ndiaye, a vivement critiqué le parti Pastef et son leader Ousmane Sonko, les qualifiant de « véritables pyromanes ». Invité de l’émission Jury du dimanche (JDD) sur iRadio, ce dimanche 3 août, il a attaqué la méthode du gouvernement dans la présentation de son plan de redressement économique, dénonçant son éloignement des canaux institutionnels traditionnels.

Selon lui, le choix du Grand Théâtre pour exposer les grandes lignes de ce plan est une « mise en scène » qui court-circuite l’Assemblée nationale, pourtant censée être le lieu légitime pour un tel exercice. Nicolas Ndiaye a rappelé que le Premier ministre avait, dès le départ, manifesté son intention de s’adresser à un « jury populaire » plutôt qu’au Parlement. Une posture qu’il juge irrespectueuse envers les institutions républicaines.

Dans un ton très critique, il a reproché à Ousmane Sonko de chercher l’approbation de son cercle de partisans acquis à sa cause, au lieu d’engager un débat démocratique et pluraliste. « Le Grand Théâtre, c’était une mise en scène pour récolter des applaudissements. Il a rassemblé des gens qui lui sont favorables », a-t-il dénoncé.

La présence du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à cet événement a également été pointée du doigt. Pour Nicolas Ndiaye, en tant que garant de la Constitution, le chef de l’État n’aurait pas dû assister à cette présentation, qu’il considère comme une opération de communication partisane. Il voit dans cette présence une tentative de masquer des tensions internes au sommet de l’État et de « huiler » des relations fragilisées.

Sur le fond du plan de redressement, le député LD s’est montré dubitatif. Il a mis en doute la faisabilité de l’objectif fixé par le Premier ministre, qui prévoit de financer 90% du plan sans recours à l’endettement. Il estime que la méthode employée est irréaliste et vouée à l’échec. Mais surtout, il tient le Pastef et Ousmane Sonko pour responsables de la situation économique actuelle.

Selon lui, c’est l’attitude de confrontation permanente du parti au pouvoir qui a contribué à déstabiliser le pays. Il leur reproche d’avoir attaqué tous les piliers de la société : la justice, la presse, le président sortant, les partenaires internationaux comme le FMI, ou encore la société civile. « Ce sont des pompiers qui se présentent pour redresser l’économie, mais en réalité ce sont eux les pyromanes », a-t-il déclaré.

Plan de redressement économique : Dr Seydou Bocoum évoque « une batterie de promesses avec un cadrage macroéconomique »

Le plan de redressement économique du gouvernement sénégalais, présenté récemment par le Premier ministre Ousmane Sonko, continue de faire réagir dans les cercles économiques et universitaires. Invité de l’émission Face au jury diffusée dimanche 3 août sur PressAfrikTV, l’économiste Dr Seydou Bocoum, expert en économie numérique, technologies financières et leadership, a livré une analyse critique de ce qu’il qualifie de « batterie de promesses » portée par un cadrage macroéconomique encore flou.

Vice-président du Laboratoire de Recherches Économiques et Monétaires (LAREM), Dr Bocoum a d’abord salué l’initiative de planification stratégique, tout en regrettant une absence de planification concrète. « Ce que le gouvernement a décliné n’est qu’un plan stratégique. Mais où se trouve la planification ? » s’est-il interrogé. Selon lui, un plan de redressement digne de ce nom devrait comporter des étapes clairement définies, des objectifs chiffrés (QPIA, Q index), un système de suivi et d’évaluation rigoureux. « Le Premier ministre n’a pas mentionné cela », a-t-il observé.

Dr Bocoum estime que l’exécutif aurait dû davantage parler d’ajustement plutôt que de redressement. « Redressement veut dire changement structurel », a-t-il insisté, rappelant qu’un programme a déjà été annoncé, sans avoir encore démarré. « Que va-t-il redresser ? », a-t-il interrogé, soulignant que le modèle économique actuel reste inchangé, et donc qu’il ne s’agit pas d’un tournant ou d’un renversement de trajectoire.

Il a par ailleurs critiqué la confusion entre vision à long terme et cadre budgétaire à court ou moyen terme. En effet, selon lui, « la vision 2050 », souvent citée comme une référence, sert principalement à rassurer les bailleurs de fonds et à capter les financements internationaux. « Ce n’est pas la même chose que le budget programme triennal 2025-2029 issu de la Stratégie nationale de développement (SND) », a-t-il précisé. Il a rappelé que la programmation budgétaire obéit aux règles strictes de l’UEMOA, qui impose des principes de clarté, de transparence et de prévisibilité.

Concernant la question de la dette, l’économiste a tenu à nuancer certains propos politiques récents. « Il n’y a pas de dette cachée à proprement parler. Ce à quoi certains font allusion relève du ‘misreporting’, une erreur ou un décalage dans la déclaration, mais ce n’est pas dissimulé », a-t-il clarifié. Selon lui, les dettes des États membres de l’UEMOA sont soumises à un encadrement rigoureux, ce qui rend difficile la dissimulation d’engagements financiers.

Reddition des comptes : Nicolas Ndiaye dénonce un « règlement de compte politique »

Invité de l’émission Jury du Dimanche sur Iradio ce 3 août, le secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD), Nicolas Ndiaye, a livré une analyse tranchée de la situation politique actuelle autour de la reddition des comptes. Tout en réaffirmant son attachement au principe de transparence et à la nécessité pour les gestionnaires de fonds publics de répondre de leurs actes, il a vivement critiqué ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Nicolas Ndiaye commence par marquer son adhésion sans ambiguïté à l’idée de redevabilité dans la gestion publique. « La démarche, d’abord par principe, nous sommes pour la reddition des comptes. C’est un élément important. Quand on te confie l’argent public, il faut rendre compte, et si tu ne rends pas compte ou si on voit que les choses ne se sont pas passées normalement, qu’on t’amène en justice », a-t-il déclaré, affirmant que ce principe serait également appliqué si sa formation politique accédait au pouvoir.

Cependant, le député de la LD affirme que la logique actuelle n’a rien à voir avec un processus sincère de justice. « Ce qui se passe, ce n’est pas de la reddition des comptes, c’est un règlement de compte », tranche-t-il, citant en exemple les récentes affaires qui ont conduit à l’incarcération de plusieurs figures liées à l’ancien régime.

C’est notamment le cas de Farba Ngom, proche de l’ancien président Macky Sall, dont l’incarcération a été particulièrement critiquée par l’invité de JDD. Pour Nicolas Ndiaye, l’ancien député n’a jamais été gestionnaire de fonds publics, et sa mise en détention serait donc juridiquement contestable. « S’il a fait des choses illicites, ce n’est pas lui qui doit aller d’abord en prison. Ceux qui ont géré de l’argent public, ceux qui ont sorti l’argent public pour le remettre à Farba Ngom de manière indue, doivent être les premiers à être poursuivis », a-t-il martelé.

Le député met également en cause la hiérarchie des responsabilités, pointant du doigt les agents du Trésor ou des impôts et domaines, qu’il soupçonne d’avoir agi comme intermédiaires financiers dans ces affaires. « Qui a versé ces fonds à Tahirou Sarr et à Farba Ngom ? Ce sont des employés du Trésor ou des agents des impôts et domaines. Mais c’est eux qui auraient dû être les premiers à être inquiétés », insiste-t-il.

Nicolas Ndiaye va plus loin en évoquant un possible « réflexe corporatiste » dans l’administration, qui protégerait certains agents au détriment d’autres personnes ciblées, selon lui, pour des raisons purement politiques. « On dirait qu’il y a un réflexe corporatiste. Les agents du Trésor ou des impôts et domaines n’ont pas été mis en prison, alors qu’ils auraient dû l’être en premier. Cela jette une ombre sur la sincérité de cette opération », déplore-t-il.

Selon lui, les déclarations passées du Premier ministre Ousmane Sonko à Matam, où il avait promis des poursuites à l’encontre de Farba Ngom, renforcent cette lecture politique des événements. « Il y a des propos qui ont été tenus publiquement bien avant le déclenchement de ces procédures. Quand la justice agit ensuite dans le sens annoncé, on peut s’interroger sur son indépendance réelle », suggère-t-il.

En conclusion, Nicolas Ndiaye appelle à une reddition des comptes équitable, fondée sur des critères objectifs et non sur des considérations partisanes. « Ce n’est pas en procédant à des arrestations ciblées qu’on renforcera l’État de droit. C’est en garantissant que tous ceux qui ont géré les ressources publiques, peu importe leur affiliation, soient traités avec la même rigueur », avertit-il.

Journée nationale de l’arbre à Gandon : Ousmane Sonko lance le défi de planter deux millions d’arbres en 48 heures

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce dimanche 3 août 2025, à la forêt classée de Rao, dans la commune de Gandon (région de Saint-Louis), la 42e édition de la Journée nationale de l’arbre (JNA). L’événement s’est déroulé en présence de nombreuses autorités administratives, territoriales, coutumières et environnementales venues accompagner cette initiative symbolique et stratégique pour la restauration du couvert végétal.

Arrivé sur les lieux aux environs de 10h20, le chef du gouvernement a planté un arbre marquant officiellement le démarrage des activités de reboisement. Dans son discours, il a transmis aux Sénégalais un message fort du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui avait lancé la veille, à Mbao, un appel citoyen pour planter un million d’arbres dans un délai de 48 heures.

Mais Ousmane Sonko est allé plus loin. Porté par une vision ambitieuse pour le pays, il a redoublé l’objectif initial et lancé un nouveau défi à l’échelle nationale : planter deux millions d’arbres en 48 heures. « Le président de la République a lancé un défi à tous les Sénégalais hier, à Mbao, de planter un million d’arbres. Nous considérons que cela représente un objectif à minima. Je pense qu’avec la mobilisation nationale, nous pouvons faire bien plus. C’est pourquoi je lance le défi de planter deux millions d’arbres en 48 heures. C’est tout à fait possible », a-t-il déclaré, en s’adressant à la nation.

Ce défi s’inscrit dans une démarche de relance écologique volontariste, visant à inverser la dégradation accélérée des écosystèmes, notamment dans les zones sahéliennes et forestières fortement touchées par la désertification, les coupes abusives et l’urbanisation croissante. Il est aussi un appel à l’action collective, à l’implication des jeunes, des collectivités locales, des écoles, des forces de défense et de sécurité, des entreprises et de la société civile.

La Journée nationale de l’arbre, instituée en 1983, s’est imposée comme un moment symbolique de communion entre l’État et les citoyens autour de l’enjeu de la préservation de l’environnement. En choisissant la forêt classée de Rao, Ousmane Sonko a voulu souligner la nécessité de protéger les espaces naturels classés, souvent menacés par les pressions foncières et les activités illégales.

Le chef du gouvernement a également profité de l’occasion pour appeler à une gestion rigoureuse et durable des ressources naturelles. Il a insisté sur l’importance d’un suivi post-plantation rigoureux pour assurer le développement effectif des arbres mis en terre.

Ce nouveau défi lancé par Ousmane Sonko est non seulement un acte politique fort, mais aussi un appel au patriotisme environnemental à un moment où le Sénégal, à l’instar de nombreux pays africains, est confronté aux effets du changement climatique, de la sécheresse et de la déforestation. La réussite de cette campagne pourrait marquer un tournant majeur dans les politiques publiques de reboisement et de développement durable du pays.

Grève dans la justice : Nicolas Ndiaye tire la sonnette d’alarme face à des ponctions salariales et une crise sociale grandissante

La tension monte dans le secteur de la justice. En pleine grève du Syndicat Unique des Travailleurs de la Justice (Sutjust), le gouvernement a procédé à des ponctions sur les salaires des agents en arrêt de travail. Une décision vivement dénoncée par Nicolas Ndiaye, secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD) et député à l’Assemblée nationale, qui était l’invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) sur Iradio, ce 3 août.

« Ce n’est pas une très bonne méthode », a fustigé le député, qui déplore l’absence de dialogue entre le gouvernement et les grévistes. « Je ne peux pas condamner les travailleurs en grève. Avant toute grève, il y a toujours un préavis. C’est la responsabilité de l’État d’ouvrir des négociations sérieuses. Cette situation est déplorable », a-t-il martelé.

Au-delà des ponctions, c’est l’impact humain et judiciaire de la grève qui inquiète le parlementaire. En effet, de nombreuses audiences ont été reportées, plongeant les justiciables dans l’incertitude, y compris des détenus en attente de jugement. « C’est une injustice. Des gens restent en prison simplement parce que les greffiers sont en grève. Ce n’est pas de leur faute, et c’est inacceptable », a-t-il dénoncé.

Nicolas Ndiaye redoute une propagation de la contestation à d’autres secteurs. « Je crains que beaucoup d’autres secteurs n’entrent eux aussi en grève. Ce gouvernement ne semble pas avoir les outils ni la volonté pour gérer de manière responsable les revendications sociales », a-t-il déclaré, pointant du doigt un risque de paralysie généralisée du pays.

Le député s’en est également pris à la politique de gestion du personnel menée par l’exécutif. Selon lui, le gouvernement s’oriente vers un « grand remplacement » dans la fonction publique. « Trente mille travailleurs ont été licenciés, et ceux dont les contrats arrivent à terme ne seront pas renouvelés. Dans le même temps, des partisans du régime sont recrutés massivement. Cela crée un déséquilibre inquiétant », a-t-il alerté.

Touba : des inondations dévastatrices plongent la ville dans la détresse

La ville sainte de Touba a été lourdement frappée par des pluies torrentielles dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 août, provoquant des inondations d’une rare intensité. Plusieurs quartiers ont été complètement submergés, forçant de nombreuses familles à fuir leurs habitations et à passer la nuit à ciel ouvert, souvent sans abri ni assistance immédiate.

Les précipitations, particulièrement violentes, ont causé l’effondrement de murs, la destruction partielle d’habitations et l’inaccessibilité de nombreuses routes. Le sinistre a paralysé une grande partie des activités économiques locales, avec des commerces envahis par les eaux, des marchés inondés et des axes de circulation totalement impraticables. De nombreux habitants, surpris par la montée soudaine des eaux, ont dû abandonner leurs biens et chercher refuge ailleurs.

Face à cette situation d’urgence, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, s’est rendu sur place en pleine nuit pour constater les dégâts de visu. Accompagné de techniciens de son département, il a immédiatement ordonné le déploiement d’équipes d’intervention d’urgence chargées d’évaluer l’ampleur des sinistres, de venir en aide aux populations touchées et de mettre en place des solutions temporaires pour éviter l’aggravation de la crise.

Des mesures immédiates ont été annoncées, notamment l’installation d’abris provisoires pour les personnes déplacées, la distribution d’aide d’urgence (vivres, matelas, médicaments) et la mobilisation de pompes pour évacuer les eaux stagnantes. Le ministre a aussi alerté sur les risques sanitaires liés à ces inondations, notamment les maladies hydriques et les infections liées aux eaux souillées.

Cet épisode dramatique relance la question de la vulnérabilité chronique de Touba face aux intempéries, malgré les efforts d’assainissement engagés ces dernières années. La ville, en pleine croissance démographique, manque cruellement d’infrastructures de drainage adaptées, ce qui accentue l’impact des fortes pluies.

Transparence : le Sénégal s’apprête à débattre de réformes anti-corruption cruciales

Le Sénégal est à un tournant décisif dans sa quête de transparence et de bonne gouvernance. Le gouvernement s’apprête à soumettre à l’Assemblée nationale une série de quatre projets de loi majeurs qui visent à renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption, à protéger les lanceurs d’alerte, à encadrer la déclaration de patrimoine des agents publics et à garantir l’accès à l’information administrative. Ces textes, adoptés en Conseil des ministres le 30 juillet, traduisent une promesse centrale du régime dirigé par le Président Bassirou Diomaye Faye.

La première réforme porte sur l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), une institution créée en 2012 mais largement critiquée pour son manque d’impact. Le projet de loi vise à renforcer son cadre juridique, ses moyens d’action et son indépendance. Il s’agit d’en faire un organe doté de pouvoirs accrus, capable de jouer un rôle central dans le contrôle de l’intégrité des agents publics.

Autre volet crucial : la protection des lanceurs d’alerte. Jusque-là absents du droit positif sénégalais, ceux qui dénoncent les pratiques frauduleuses ou les abus dans l’administration bénéficieront désormais d’un statut légal. Le texte prévoit des mécanismes de protection contre les représailles, un accompagnement juridique, ainsi qu’un soutien financier en cas de procédure. C’est un signal fort en faveur de la transparence et de la responsabilité.

Le projet de loi sur la déclaration de patrimoine introduit quant à lui une obligation pour tous les responsables publics de déclarer leurs biens en début et en fin de mandat. Cette disposition vise à prévenir les cas d’enrichissement illicite et à responsabiliser les titulaires de fonctions publiques dans la gestion des ressources de l’État.

Enfin, la dernière réforme concerne le droit d’accès à l’information publique. Les citoyens, les journalistes et les organisations de la société civile pourront consulter des documents administratifs, renforcer le contrôle citoyen et exiger des comptes. Cette mesure, qui impose également à l’administration des obligations de publication, vise à ouvrir davantage la gouvernance à la participation démocratique.

Ces réformes traduisent une volonté affirmée de rompre avec les pratiques opaques du passé. Elles répondent aux attentes exprimées depuis de nombreuses années par les citoyens, les ONG et les partenaires internationaux du Sénégal. Le Premier ministre Ousmane Sonko l’a d’ailleurs souligné : l’adoption de ces textes constitue une étape essentielle pour éviter à l’avenir des scandales comme celui de la dette cachée.

Une réunion du bureau de l’Assemblée nationale est prévue le 6 août. Elle devra fixer le calendrier d’une session extraordinaire consacrée à l’examen de ces projets de loi. Si elle se concrétise, cette initiative pourrait marquer un véritable tournant dans la lutte contre la corruption au Sénégal et offrir au pays un cadre juridique plus robuste pour asseoir une gouvernance plus éthique et responsable.

PLAN DE REDRESSEMENT : C’est un plan d’asphyxie nationale : un plan de punition collective

IL NE TAXE PAS LES ENTREPRISES, IL FAIT PAYER LES POPULATIONS DÉJÀ AFFAMÉES

 Sous prétexte de redresser l’économie, Ousmane Sonko applique une politique de taxation aveugle qui frappe non pas les grandes fortunes ni les multinationales, mais directement les populations déjà épuisées par une gouvernance hasardeuse. Au lieu d’encourager la production, l’innovation, l’investissement et l’emploi, le régime choisit la facilité : faire payer les plus faibles, ceux qui n’ont ni lobbys, ni relais, ni filets sociaux. En surtaxant les opérateurs économiques, les entreprises formelles, les jeux, les services de base comme Canal+, les denrées alimentaires, ou même les transferts, le gouvernement ne taxe pas les entreprises : il taxe les citoyens.

DES TAXES DÉGUISÉES QUI SAIGNENT LES MÉNAGES (DES ADOU-CALPÉS)

Sous le vernis d’un discours pseudo-souverainiste, le gouvernement Sonko a choisi la voie la plus facile et la plus injuste : faire payer la facture économique aux consommateurs. En surtaxant les opérateurs téléphoniques, les chaînes de télévision, les entreprises de services et les sociétés agroalimentaires, il donne l’illusion de s’en prendre aux puissants. Mais dans la réalité, ce sont les populations les plus vulnérables qui paient l’addition. Aucune entreprise ne supporte une taxe sans la répercuter sur ses prix. C’est une règle élémentaire d’économie. Chaque hausse fiscale appliquée à un fournisseur devient une charge supplémentaire pour le client. Résultat : les prix grimpent, les factures s’alourdissent, et les ménages déjà étouffés par l’inflation sombrent davantage dans la précarité. Prenons l’exemple criant de Canal+, compris par tous. Ce service, qui représentait pour beaucoup de foyers sénégalais le seul accès au divertissement, à l’information et aux programmes éducatifs, a vu ses tarifs exploser à cause d’une nouvelle taxe imposée par l’État. Le gouvernement savait très bien que cette taxe ne serait pas absorbée par l’entreprise, mais transférée intégralement aux abonnés. Résultat : des centaines de milliers de familles doivent désormais faire un choix cruel : se priver d’un moment de détente, d’un dessin animé pour les enfants ou d’un match pour les jeunes, ou sacrifier un repas, une dépense de santé, ou un produit de première nécessité. Ce n’est plus seulement une question de loisir, c’est devenu un marqueur de l’injustice sociale que le régime a imposée. Et le cas Canal+ n’est qu’un symbole parmi d’autres. Les opérateurs téléphoniques augmentent leurs tarifs, les prix du riz, du pain, du sucre ou du lait montent discrètement. Tout augmente, sauf le pouvoir d’achat. Et pendant ce temps, l’État persiste à parler de souveraineté économique, tout en étranglant les seules forces vives du pays : les consommateurs, les familles, les travailleurs.

UNE POLITIQUE DESTRUCTRICE POUR L’ÉCONOMIE RÉELLE

Ce qui se passe actuellement au Sénégal n’est pas un simple ralentissement conjoncturel : c’est un effondrement volontaire de l’économie réelle, orchestré par une idéologie de la haine du secteur privé. Le gouvernement, en prétendant vouloir « redresser » le pays, détruit les fondations mêmes sur lesquelles repose la croissance : l’investissement, la production, la confiance des acteurs économiques.

Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), qui est historiquement l’un des principaux moteurs de l’économie sénégalaise, est aujourd’hui à l’agonie. Des milliers de chantiers suspendus, des promoteurs immobiliers étranglés, des PME en faillite, des artisans ruinés, des jeunes maçons, menuisiers, soudeurs, électriciens jetés au chômage sans aucune mesure d’accompagnement. Et cela, uniquement parce que le régime a choisi de punir les « riches » et de criminaliser le succès, au lieu de réguler intelligemment. La conséquence, c’est que des quartiers entiers laissés inachevés, une hausse des loyers par raréfaction de l’offre, un chômage qui explose chez les ouvriers et techniciens du bâtiment, et un effet domino catastrophique sur tous les secteurs en aval : cimenteries, transporteurs, quincailleries, fournisseurs d’équipements, etc.

Mais la logique punitive ne s’arrête pas là. Les hommes d’affaires sont pourchassés, humiliés publiquement, incarcérés sans procès équitable, dans une atmosphère de règlement de comptes politique. On ne distingue plus l’État de l’arbitraire. La justice est instrumentalisée pour intimider, briser, neutraliser. Toute réussite est désormais suspecte. Tout entrepreneur devient un potentiel « ennemi de la révolution ». Dans ce climat délétère, quel investisseur ; sénégalais ou étranger  oserait encore injecter son argent dans le pays ? Qui accepterait de risquer ses capitaux dans un environnement où la prospérité est un délit, où la réussite attire la prison, où l’État ne garantit plus la sécurité juridique ?

En sabotant ainsi son tissu économique, le régime PASTEF ne redresse rien : il précipite le pays vers une récession profonde, une fuite des capitaux, une démobilisation des forces productives, et une dépendance accrue aux aides internationales. Ironie du sort pour un pouvoir qui prétendait vouloir la souveraineté !

UN PLAN SANS VISION STRATÉGIQUE, SANS PERSPECTIVE D’AVENIR, SANS CHIFFRAGE RIGOUREUX, SANS OBJECTIF DÉFINI

Le « plan de redressement » présenté par Ousmane Sonko avec emphase et effets de manche n’a, en réalité, rien d’un plan stratégique. Il ne redresse rien. Il ne réforme rien. Il ne prépare aucun avenir. Ce n’est ni une politique de transformation, ni un cadre de développement, ni même une tentative de reconstruction. C’est un simple exercice de matraquage fiscal, maquillé sous des discours populistes pour tenter de masquer un vide abyssal de vision stratégique. Aucune ambition industrielle. Aucun projet structurant. Aucun horizon clair. Ce plan manque cruellement de perspective d’avenir, à court, moyen ou long terme. On aurait pu s’attendre, dans un contexte aussi difficile, à un grand plan de mobilisation des ressources productives, à une stratégie d’industrialisation progressive, à un pacte avec les territoires, les entrepreneurs, les jeunes et les agriculteurs. Mais non. Ce que le pouvoir a choisi de mettre en œuvre, ce sont des taxes, encore des taxes, toujours des taxes. Le pire, c’est que ces prélèvements ne reposent sur aucun chiffrage rigoureux. Il n’existe aucun document public précisant les projections budgétaires, les impacts attendus, les bénéfices escomptés ni les risques économiques. Pas de cadre macroéconomique crédible. Pas d’analyse coûts-bénéfices. Rien qui permette à un expert, un investisseur ou un citoyen de juger sérieusement de la viabilité de ce plan. Quant à l’objectif final, il demeure flou, incertain, et non défini. Veut-on relancer la croissance ? Réduire la dette ? Réindustrialiser ? Réduire la pauvreté ? Aucun indicateur n’est fixé, aucune cible n’est annoncée, aucune feuille de route n’est partagée. Le plan donne l’impression d’une improvisation politique sans finalité.

Ce plan aurait pourtant pu être une opportunité pour amorcer une réforme structurelle de l’économie nationale : moderniser la production agricole, relancer les industries locales, renforcer les chaînes de valeur, capter les flux de la diaspora, promouvoir le made in Sénégal. Il aurait pu inclure un fonds d’investissement pour les jeunes, des mesures pour formaliser le secteur informel, ou encore des partenariats public-privé pour développer des filières porteuses. Mais ce qui a été proposé, c’est au contraire un climat d’instabilité, de peur et de méfiance généralisée. Les opérateurs économiques sont sur la défensive, les investisseurs attendent ou fuient, les ménages réduisent leur consommation, et l’économie tourne au ralenti. La seule chose qui progresse, c’est la paupérisation.

En définitive, le plan de redressement de Sonko n’est qu’un plan de régression, sans vision stratégique, sans perspective d’avenir, sans chiffrage rigoureux, et sans objectif défini. Un document creux, sans imagination, sans méthode. Et donc, sans lendemain.

UN PEUPLE DÉJÀ AFFAMÉ, AUJOURD’HUI ÉTRANGLÉ

Le plus grand paradoxe de PASTEF, c’est qu’il s’est installé au pouvoir au nom du peuple, en promettant la fin des souffrances, la justice sociale, la souveraineté économique et la dignité retrouvée. Mais aujourd’hui, ce même peuple qu’il disait vouloir libérer est plus que jamais enchaîné, affamé, trahi, sacrifié sur l’autel d’une idéologie creuse et d’une gouvernance autoritaire et incohérente.

À peine quelques mois après son arrivée, la réalité est brutale : l’espoir s’est transformé en cauchemar. Les décisions économiques prises sont non seulement absurdes, mais aussi inhumaines. La flambée des prix, les coupures de financement dans les secteurs clés, les taxes à tous les étages, la paralysie du secteur privé, la destruction du BTP, l’acharnement contre les entrepreneurs… Tout cela asphyxie les familles sénégalaises, qui ne savent plus comment survivre au quotidien.

Le président de Pastef  disait vouloir faire la rupture. Mais c’est une rupture avec la réalité, une rupture avec les fondamentaux de l’économie, une rupture avec le bon sens. Il fait pire que les autres, non pas parce qu’il échoue, mais parce qu’il impose volontairement une logique punitive qui frappe d’abord les plus fragiles : les femmes qui vendent au marché, les jeunes en quête d’un avenir, les familles modestes qui n’ont plus de filet social. Il disait qu’il ne ferait pas souffrir les Sénégalais. Mais aujourd’hui, des millions de familles vivent dans la détresse, peinent à se nourrir, à se soigner, à scolariser leurs enfants. L’inflation dévore les revenus. Le chômage explose. Les projets sont à l’arrêt. La peur remplace l’espoir. Car Pastef ne taxe pas les multinationales. Il ne taxe pas les riches. Il ne taxe pas les privilèges. Il taxe les familles. Il taxe l’effort. Il taxe l’espoir. Il taxe l’avenir. Et le plus tragique, c’est qu’il le fait au nom du peuple, tout en méprisant ses souffrances réelles. Il instrumentalise la colère, mais refuse d’écouter la douleur. Il a pris le pouvoir avec des promesses de lumière, et il gouverne dans une obscurité inquiétante. Le peuple sénégalais, déjà affamé par des années de difficultés, est aujourd’hui étranglé par une gouvernance sans cœur, sans intelligence et sans courage.

POUR TERMINER

Les Sénégalais n’ont pas besoin d’un plan de redressement. Ils ont besoin d’un plan de survie. Dans l’état actuel des choses, parler de « redressement » est une provocation. Comment redresser un pays qu’on est en train d’écraser ? Comment prétendre sauver une économie qu’on détruit de l’intérieur, secteur après secteur, emploi après emploi, espoir après espoir ? Ce que le Sénégal réclame aujourd’hui, ce n’est pas un plan d’austérité maquillé en discours souverainiste, c’est un plan de survie pour les ménages, pour les entreprises, pour les territoires, pour la jeunesse. Il ne s’agit pas de faire payer les pauvres pour corriger les erreurs du pouvoir. Il ne s’agit pas de multiplier les taxes sur tout ce qui bouge pour compenser l’absence d’imagination économique. Il s’agit d’oxygéner le pays, de redonner confiance aux investisseurs, de remettre en marche les moteurs de production, de consommation et d’innovation. Le Sénégal a besoin d’un chemin clair. D’un projet productif, audacieux et inclusif. D’un État stratège qui soutient ses PME, qui valorise ses filières agricoles, qui investit dans la jeunesse, qui croit en l’industrie nationale, et qui respecte ceux qui créent de la valeur. Pas d’un régime qui punit les entrepreneurs, diabolise la réussite, décourage le travail et installe une économie de la peur. Le plan PASTEF est un piège. Un piège fiscal, un piège idéologique, un piège politique. Un plan de punition collective qui frappe le peuple en prétendant le défendre. Derrière les slogans creux, il n’y a ni vision, ni stratégie, ni souffle historique. Il y a juste une gestion hasardeuse, vengeresse et profondément régressive. Au lieu de redresser le Sénégal, ce plan l’enfonce dans l’appauvrissement, la tension sociale et le désespoir collectif. Il n’est pas une solution. Il est un facteur aggravant. Il est temps de tirer la sonnette d’alarme. Il est temps de dire la vérité.

Mamadou DJIGO
Ingénieur Aménageur et Développeur de Territoires
Ancien DG de l’ANAT
Membre du SEN – APR

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°528 – 02 ET 03/08/2025

🔴 « UN PLAN DE PUNITION COLLECTIVE, UN PLAN POLLUEUR » : MAMADOU DJIGO DÉMONTE LE « JUBBANTI KOOM »
🔴 CHAMBRE D’ACCUSATION FINANCIÈRE / MALADE ET AFFAIBLI : FARBA NGOM RESTE EN PRISON

🔴 PRÉSIDENCE LFA / « TOUS CEUX QUI ONT VOTÉ POUR MOI DOIVENT AUSSI LE FAIRE POUR ABDOULAYE FALL » : CONSIGNE DE VOTE DE THIERNO KOSSO DIANÉ
🔴 FENSCO 2025 / FINALE ATHLÉTISME : OULEYMATOU BA INCONTESTABLE SUR LE 100M

Remaniement ministériel : Sonko promet un gouvernement resserré, compétent et axé sur les priorités nationales

Lors de la présentation officielle du Plan de redressement économique et social « Jubbanti Koom », ce vendredi 1er août au Grand Théâtre de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé un prochain remaniement ministériel. Cette décision, prise en accord avec le président de la République Bassirou Diomaye Faye, vise à adapter la structure gouvernementale aux exigences du nouveau plan et à renforcer l’efficacité de l’action publique.

Ousmane Sonko a expliqué que ce remaniement répond à une volonté claire : rationaliser le fonctionnement de l’État, optimiser les ressources disponibles, et recentrer l’action du gouvernement sur les véritables urgences nationales. Selon lui, l’exécutif a été autorisé à procéder à cette recomposition dans l’objectif de « rendre l’action du gouvernement plus efficace, davantage cohérente et mieux alignée sur les urgences du moment ».

Le futur gouvernement sera notablement resserré. Il ne s’agira plus de multiplier les portefeuilles, mais de constituer une équipe resserrée autour des ministères jugés stratégiques, ceux qui portent les piliers du plan « Jubbanti Koom » : souveraineté économique, équité sociale et rigueur dans la gestion publique. Le Premier ministre a ainsi précisé que les futurs ministres seront sélectionnés sur la base de critères stricts : compétence prouvée, discipline dans l’action, et capacité à conduire des réformes profondes et durables.

La composition actuelle du gouvernement, formé le 5 avril 2024, compte une trentaine de ministres. Cette structure sera réduite pour des raisons de cohérence budgétaire mais aussi d’efficacité politique. Le nouveau casting ministériel devrait permettre une meilleure articulation entre les projets de développement et leur mise en œuvre, avec des équipes plus réactives et plus responsabilisées.

Cette annonce intervient dans un contexte où les attentes de la population en matière de transformation économique et de moralisation de la vie publique sont particulièrement fortes. Elle marque également une volonté de rupture avec les pratiques passées, caractérisées par une fragmentation excessive des responsabilités gouvernementales et une tendance au surdimensionnement de l’appareil d’État.

En somme, le prochain remaniement ministériel voulu par Ousmane Sonko ne se limite pas à une opération de changement d’hommes, mais s’inscrit dans une démarche structurelle : celle d’un gouvernement resserré, compétent, responsable et résolument tourné vers les priorités de redressement du pays.

Plan « Jubbanti Koom » : 5667 milliards FCFA pour remettre l’économie sénégalaise sur pied en trois ans

Le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé, ce vendredi 1er août au Grand Théâtre de Dakar, un vaste programme de relance baptisé « Jubbanti Koom » (« Redresser l’économie » en wolof). Inscrit dans la perspective de la vision stratégique « Sénégal 2050 », ce plan triennal prévoit un investissement massif de 5667 milliards de FCFA. Il s’agit, selon le chef du gouvernement, d’une rupture assumée avec les pratiques passées, jugées inefficaces, déséquilibrées et peu bénéfiques pour la majorité des Sénégalais.

Dans son discours, Ousmane Sonko a dressé un diagnostic sévère de l’économie sénégalaise, héritée de décennies de politiques libérales largement tournées vers l’extérieur. Il a fustigé une économie « extravertie », incapable de créer massivement de l’emploi et minée par une « mauvaise allocation des ressources publiques ». Le nouveau plan vise donc une transformation structurelle en profondeur, orientée vers la souveraineté économique, l’équité sociale et la rationalisation des dépenses publiques.

La grande nouveauté de « Jubbanti Koom » réside dans son mode de financement : 90 % des ressources nécessaires seront mobilisées à l’interne, a assuré le Premier ministre. Cela représente une volonté politique forte de se détacher de la dépendance chronique à l’égard des bailleurs internationaux, tout en évitant, selon ses mots, « d’alourdir la dette publique, de brader les ressources naturelles ou foncières du pays ou de violer les engagements internationaux du Sénégal ».

Le programme repose sur trois piliers majeurs : renforcer la souveraineté économique, garantir l’équité dans l’accès aux ressources et services, et rationaliser les dépenses publiques. Il intègre des réformes structurelles ambitieuses, dont une réforme fiscale pour davantage de justice contributive, une relance offensive de l’agriculture et de l’industrie locale, le soutien à l’économie informelle, et une priorité accordée à l’emploi des jeunes et des femmes.

Autres axes forts du programme : la lutte contre la vie chère, la réduction des inégalités territoriales, ainsi qu’une réorientation ferme du budget vers les secteurs sociaux. « Nous allons réduire les dépenses superflues et protocolaires au profit de l’éducation, de la santé, et de la formation professionnelle », a martelé Sonko, déterminé à faire de l’investissement social une priorité absolue.

Enfin, le chef du gouvernement a proposé l’instauration d’un « dialogue économique ouvert et permanent » avec les acteurs du secteur privé, estimant que seule une implication active de toutes les composantes de la société permettra de bâtir une économie résiliente, inclusive et à l’abri des chocs extérieurs.

Plan de redressement économique : Ousmane Sonko appelle les médias à diversifier leurs sources de financement

Le vendredi 1er août, lors de la présentation officielle du Plan de redressement économique au Grand Théâtre de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à adresser un message clair et direct aux acteurs du secteur médiatique sénégalais. Interpellé par Moustapha Cissé, Secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), sur la fragilité du modèle économique de la presse et les attentes envers l’État, le chef du gouvernement a réaffirmé une position sans équivoque : la viabilité du secteur ne peut pas reposer uniquement sur les subsides publics.

Face à des préoccupations portant sur la précarité économique et éditoriale, la Convention État-presse et le Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), Ousmane Sonko a d’abord relativisé la place des médias dans le tissu économique et social national. « La presse est un acteur comme beaucoup d’autres, ni plus ni moins », a-t-il affirmé, tout en invitant les professionnels du secteur à explorer des modèles économiques autonomes. Il a soutenu que le financement de la presse devait reposer sur d’autres mécanismes plus solides et durables que l’aide de l’État.

Malgré cette posture tranchée, le Premier ministre s’est montré ouvert à la concertation. Il a proposé l’organisation d’assises ou de cadres de dialogue avec les professionnels de l’information pour discuter des réformes possibles. « Nous attendons les propositions du Synpics avec impatience, nous les examinerons. Mais la presse n’est pas plus importante que les éleveurs, les agriculteurs ou les pêcheurs », a-t-il martelé, pointant une certaine forme d’inégalité dans l’accès à l’aide publique entre secteurs.

Le Premier ministre a par ailleurs souligné que la presse bénéficie déjà de certains avantages que d’autres secteurs n’ont pas. Il a mentionné la tribune permanente dont disposent les médias, et les subventions dont ils peuvent bénéficier, contrairement à d’autres domaines comme le transport ou la pêche. Selon lui, il est impératif que tous les acteurs économiques trouvent leur propre équilibre sans dépendre exclusivement de l’État.

« Il nous faut aujourd’hui travailler à un modèle qui permette à tous les acteurs de faire leur travail dans la sérénité, dans le respect des cahiers de charges, dans le respect de la déontologie », a-t-il insisté, avant d’assurer que le gouvernement resterait à l’écoute et prêt à accompagner toute dynamique constructive dans le secteur.

En guise de conclusion, Ousmane Sonko a rendu un hommage appuyé aux journalistes professionnels et rigoureux : « Je rends hommage à tous ces journalistes qui font correctement leur travail, qui sont professionnels, qui respectent la déontologie. Je leur rends hommage parce qu’il y en a, et fort heureusement. »

Plan « Jubbanti Koom » : Pape Malick Ndour alerte sur une baisse du pouvoir d’achat et un « matraquage fiscal généralisé »

L’ancien ministre Pape Malick Ndour a réagi à la présentation du Plan de redressement économique et social par le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon l’économiste, il s’agit d’une baisse du pouvoir d’achat à venir à cause du ciblage des subventions. Il prédit également la suppression progressive des exonérations fiscales dans plusieurs secteurs sensibles, ce qui affecterait les ménages qui en bénéficient actuellement, de manière directe ou indirecte.
Pape Malick Ndour évoque un « matraquage fiscal généralisé » et déplore l’absence de mesures incitatives dans le plan. Pour lui, le PM a présenté un plan de redressement de la vision 2050, sur ses aspects budgétaires sans mesures incitatives.

On nous a parlé de “redressement économique”. On espérait un “nouveau souffle” pour les ménages, les industries, les importateurs, les commerçants, les agriculteurs, Mais à la sortie de la cérémonie de présentation, les deux principaux moteurs de notre économie : les ménages et le secteur privé sont plus inquiétés que rassurés.
 
En cause : Baisse du pouvoir d’achat à venir à cause du ciblage des subventions.  Fin des exonérations fiscales dans les secteurs sensibles et pour les ménages principaux bénéficiaires directs ou indirects de ces exonérations. Matraquage fiscal généralisé, même les petites activités informelles seront traquées. Les ménages, déjà étranglés par le coût de la vie, se préparent à souffrir davantage. Hausse du prix de l’électricité, du carburant, du gaz butane pour les familles ? Les entreprises, surtout les PME et les PMI, perdront confiance et freineront leurs investissements. Voilà la recette.
 
En vérité, il nous a été présenté un plan de redressement de la vision 2050, sur ses aspects budgétaires sans mesures incitatives pour libérer la machine économique grippée par un an de tergiversations et d’amateurisme sans cap. Pour rappel, cette œuvre de destruction économique accélérée à pour cause l’arrêt irréfléchi de milliers de chantiers dans le secteur du BTP en 2024, avec les pertes d’emplois y relatives; un terrorisme fiscal sur les entreprises avec une fréquence de contrôle qui ralentit leurs activités et une morosité économique sans précédent accentué par des discours menaçant du Premier Ministre envers le secteur privé et les investisseurs internationaux qui participe à baisser à faire baisser l’attractivité du Sénégal.
 
On attendait un cap, on a eu un choc ! On espérait un souffle, on reçoit un coup de massue !
À ce rythme, ce n’est pas une relance qui nous attend, c’est une récession punitive qui cache mal un plat amer qui nous sera servi.
 
Sur le FMI, j’ai écouté le Premier ministre nous parlait. Son discours contraste avec les engagements pris. Je m’explique.
 
Depuis dix ans, le FMI n’a jamais vraiment changé de refrain. Et à chaque fois, le Sénégal avec le Président Macky Sall a su coopérer avec intelligence et discernement. Trois exigences majeures du FMI reviennent en boucle : Réduire les subventions, même si cela écrase le pouvoir d’achat des populations ; Tailler dans les exonérations fiscales, au mépris de toute logique sectorielle ou incitative à l’investissement et élargir l’assiette fiscale, en ciblant sans ménagement le secteur informel et les activités émergentes.
 
Sous Macky Sall : une résistance réfléchie
 
Sur la baisse des subventions, il a tenu bon, malgré la pression des bailleurs. Pourquoi ? Parce qu’il savait que toucher au prix de l’électricité, du carburant ou du gaz butane, c’était s’attaquer directement au quotidien des Sénégalais et à leur pouvoir d’achat. Sur les exonérations fiscales, il a réussi à travailler avec le FMI en gardant comme boussole permanente la Vision du PSE et la protection sociale des populations en faisant comprendre à nos partenaires que certaines incitations fiscales sont indispensables pour stimuler des secteurs stratégiques : l’agriculture, l’énergie, l’industrie ou l’immobilier social. Derrière chaque exonération, il y avait un projet, un emploi, une dynamique territoriale. Quant à l’élargissement de l’assiette fiscale, Macky, en rapport avec les services du Fonds, l’a mené avec subtilité. Il n’a pas livré le secteur informel ni les influenceurs en pâture. Il a su avancer sans casser, et fiscaliser sans terroriser les jeunes pousses, les petits commerces ou les entrepreneurs du numérique.
 
Sous Pastef : un Diébalou total
 
Et aujourd’hui ? Pastef, champion autoproclamé de la souveraineté, a fait ce que Macky Sall a toujours refusé de faire : céder à toutes les injonctions du FMI, sans filtre ni précaution. Sur les subventions, il annonce leur réduction. Il parle de “ciblage”, de “justice sociale”, de “rationalisation”. En réalité ? Un transfert du fardeau vers les ménages, qui verront bientôt leur facture grimper avec, à la clé, des mécanismes d’ajustement pompeusement appelés “ciblage”, mais qu’aucun pays africain n’a jamais réussi à mettre en œuvre efficacement. Sur les exonérations fiscales, c’est la “lutte sans merci” qu’il promet. Les secteurs les plus sensibles agriculture, énergie, habitat social seront mis à la diète fiscale, et les agents économiques les plus vulnérables, comme les ménages (principaux bénéficiaires directs ou indirects des exonérations fiscales), seront sacrifiés. Et sur la fiscalité directe, c’est l’attaque généralisée : tout le monde devra passer à la caisse, même les influenceurs. Le cas Canal+ est révélateur : 9 % de son chiffre d’affaires exigé par l’État, immédiatement répercutés sur les consommateurs par une hausse de 10 % des forfaits abonnement sans que l’Etat ne bronche. C’est le début d’une inflation généralisée.
 
En cédant aveuglément à toutes les injonctions du FMI, Pastef n’a pas défié le système comme il essaye de le faire croire à ses supporters : il a fait la courbette à ceux qu’il vouait hier aux gémonies. Et cela, au moment précis où les Sénégalais souffrent le martyr. Ceux qui, hier encore, dénonçaient la soumission aux institutions de Bretton Woods, sont aujourd’hui les premiers à exécuter leurs volontés. Tout ceci au nom du redressement économique qui, en réalité, n’était qu’un redressement de la vieille lune de l’agenda national de transformation. Finalement, à la place d’annonce forte PASTEF reste dans une logique de victimisation et d’irresponsabilité. Son plan diabolique reste cohérent : faire croire aux sénégalais qu’ils ont trouvé un pays en ruine, plus une dette cachée et que par conséquent il faut redresser et faire participer tout le monde au coût du redressement.

Réformes fiscales : Ousmane Sonko dévoile un vaste plan de taxation pour accroître les ressources de l’État

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a présenté, ce vendredi 1er août 2025 au Grand Théâtre de Dakar, un train de mesures fiscales d’envergure dans le cadre du Plan de redressement économique et social. Ces réformes, qui s’étendent sur la période 2025-2028, visent à augmenter significativement les recettes internes de l’État en ciblant plusieurs secteurs clés, notamment le numérique, le tabac, les jeux de hasard et l’importation de véhicules d’occasion.

Sur le secteur du numérique, le chef du gouvernement a annoncé un élargissement de l’assiette fiscale. Sont désormais concernés : les publicités en ligne, les plateformes de vidéos à la demande telles que Netflix, les services numériques en général, le commerce électronique ainsi que les revenus générés par les influenceurs. À travers cette taxation, l’État sénégalais espère engranger 16 milliards de francs CFA.

Autre innovation majeure : l’introduction d’une fiscalité sur les transactions financières numériques. Le gouvernement prépare, en collaboration avec les ministères des Finances et des Télécommunications, une taxe sur le mobile money. Ousmane Sonko a tenu à rassurer que cette mesure ne devrait pas impacter le coût des transferts pour les usagers. L’ambition est de générer 130 milliards de francs CFA sur trois ans grâce à cette réforme. En parallèle, les transactions marchandes issues du mobile money pourraient rapporter 90 milliards supplémentaires.

Le secteur des jeux de hasard figure également parmi les cibles du gouvernement. Selon le Premier ministre, les casinos et les jeux en ligne représentent 80 % de l’activité. Il a annoncé l’intention d’étendre la couverture fiscale aux 20 % restants, en instaurant notamment une taxe sur les mises. Ce choix, selon lui, ne vise pas seulement la mobilisation de recettes, mais aussi la protection des populations contre les risques d’addiction.

Le tabac n’échappe pas à cette logique. Le taux de taxation actuellement fixé à 70 % sera porté au plafond autorisé par l’UEMOA, soit 100 %. Cette révision devrait permettre de mobiliser environ 100 milliards de francs CFA.

Enfin, le gouvernement entend durcir les conditions d’importation des véhicules d’occasion. L’âge limite pour les véhicules de tourisme sera revu à la baisse, de même que celui des véhicules utilitaires et des poids lourds. Le chef du gouvernement a évoqué la généralisation des droits d’accès pour les véhicules de transport et de marchandises. Ces différentes mesures devraient générer plus de 100 milliards de francs CFA.

Avec ce plan de réformes fiscales, Ousmane Sonko et son gouvernement affichent leur volonté de bâtir une fiscalité plus juste, plus efficace, et résolument tournée vers la souveraineté économique. Le pari est clair : mieux capter les richesses existantes, diversifier les sources de revenus de l’État, et renforcer l’assise financière du Sénégal pour soutenir le développement.

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PROMOGED : la 6e session du comité de pilotage valide le programme révisé 2025 et dresse le bilan des avancées

Le Projet de Promotion de la Gestion Intégrée et de l’Économie des Déchets Solides au Sénégal (PROMOGED) a franchi une nouvelle étape avec la tenue de sa sixième session du comité de pilotage. Réunie à Dakar le vendredi 1er août 2025, cette session a permis de faire le point sur l’état d’avancement du projet, de valider les rapports d’exécution du premier semestre et d’approuver le programme de travail et le budget annuel révisé pour le reste de l’année.

La rencontre a été présidée par Cheikh Ahmed Tidiane Faye, directeur de cabinet et représentant du ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, Balla Moussa Fofana. Dans son discours d’ouverture, il a souligné l’importance stratégique de cette session dans le cadre du suivi du PROMOGED, un projet structurant qui ambitionne d’accompagner les collectivités territoriales dans leur rôle de premiers acteurs de la gestion des déchets solides municipaux. Il a rappelé que cette mission s’inscrit dans une vision de long terme, alignée sur l’Agenda national de transformation du Sénégal à l’horizon 2050, en réponse à une demande sociale croissante pour un environnement sain, des emplois durables et une meilleure qualité de vie.

Le comité de pilotage du PROMOGED, institué par le décret n°2021-831 du 22 juin 2021, joue un rôle clé dans l’orientation et la supervision stratégique du projet. Il est notamment chargé de valider les plans de travail, d’approuver les budgets annuels, d’examiner les rapports périodiques d’avancement, et de veiller à la coordination cohérente entre les différentes interventions des ministères et partenaires impliqués.

Durant cette sixième session, les participants ont passé en revue les progrès réalisés au premier semestre 2025 dans chacune des composantes du projet. Une attention particulière a été portée aux travaux de réhabilitation de la décharge de Mbeubeuss, l’un des points névralgiques du dispositif. Les discussions ont mis en avant l’état d’avancement satisfaisant des études techniques, indispensables à la mise en œuvre effective des solutions de gestion intégrée et durable des déchets solides.

La rencontre a également permis de valider officiellement le rapport d’exécution du Plan de travail et Budget Annuel (PTBA) pour le premier semestre, tout en approuvant les ajustements proposés pour le reste de l’année. Ces décisions viennent renforcer la dynamique d’amélioration continue portée par le PROMOGED, dans un souci d’efficacité opérationnelle et de transparence dans l’utilisation des ressources.

En clôturant la session, Cheikh Ahmed Tidiane Faye a réaffirmé la volonté du gouvernement du Sénégal de faire de la gestion des déchets un véritable levier de développement durable. Il a souligné que cette politique publique ambitieuse vise non seulement à améliorer la santé publique et le cadre de vie des populations, mais aussi à générer de nouvelles opportunités économiques à travers l’émergence d’une filière professionnelle structurée autour du traitement et de la valorisation des déchets.

L’APR dénonce « l’immobilisme » du régime et réclame la libération de ses responsables

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance Pour la République (APR) s’est réuni ce jeudi 31 juillet à Dakar pour examiner l’actualité nationale et internationale. À l’issue de cette rencontre, l’instance dirigeante du parti de l’ancien président Macky Sall a rendu publique une déclaration où elle critique sévèrement la gouvernance actuelle et exige la libération de plusieurs de ses responsables politiques.

Le SEN s’est félicité des mobilisations populaires organisées à Ourossogui, Saint-Louis et Agnam, qui ont réuni selon lui des centaines de milliers de personnes. Ces marches avaient pour objectif de demander la libération du député Farba Ngom, ainsi que de tous les détenus politiques. L’APR a par ailleurs annoncé la tenue, samedi 2 août, de l’Assemblée générale de ses femmes à Dakar. Cette rencontre portera sur la libération immédiate de Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye, mais aussi sur la levée des mesures de contrôle judiciaire concernant Ismaïla Madior Fall, Aïssatou Sophie Gladima et Salimata Diop Dieng.

Sur le plan national, le parti dénonce « l’immobilisme et l’agitation stérile » du gouvernement, qu’il accuse de manquer de vision. Le SEN estime que les différentes initiatives annoncées depuis seize mois — du « Projet » au programme « Diomaye Président », en passant par la « Vision 2050 » et la Stratégie nationale de développement — traduisent un « déficit de cap » et une « absence de cohérence ». Le parti appelle les travailleurs, le secteur privé et l’ensemble des populations à rester vigilants face à ce qu’il qualifie de « faux remèdes à de faux problèmes ».

Revenant sur les événements de 2021 à 2024, le SEN dit prendre acte des poursuites annoncées par le ministre de la Justice, mais met en garde contre toute tentative de règlement de comptes. Il rappelle au régime son engagement d’abroger la loi d’amnistie et dénonce « une justice des vainqueurs ». Dans le même registre, le parti critique « les propos orduriers et outranciers » tenus, selon lui, par certains responsables de la majorité, y voyant un signe de fébrilité et d’absence de résultats concrets.

Concernant les libertés publiques, l’APR salue la libération de Moustapha Diakhaté, Bachir Fofana et Djiby Ndiaye, tout en exige l’élargissement d’autres détenus d’opinion, parmi lesquels Abdou Nguer, Assane Diouf, Jérôme Bandiaky et l’homme d’affaires Tahirou Sarr.

Abordant la situation des Sénégalais vivant en Mauritanie, le SEN appelle à la prudence et à la vigilance, en particulier dans les zones transfrontalières.

Sur le plan international enfin, l’APR s’est félicitée de la tenue à New York d’une conférence sur la question palestinienne, co-présidée par la France et l’Arabie Saoudite. Face à la crise humanitaire à Gaza, le parti plaide pour un cessez-le-feu et l’ouverture de négociations afin d’aboutir à la création de deux États, Israël et Palestine, vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues.

Scandale au HCCT : l’État sénégalais payait des loyers pour son propre immeuble depuis 10 ans !

Un nouveau scandale de gestion vient d’éclater au grand jour, révélant l’ampleur des dysfonctionnements dans l’administration publique sénégalaise. C’est à l’occasion du lancement du Plan de redressement économique et social que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a révélé une situation pour le moins ubuesque : l’État du Sénégal a continué, pendant près de dix ans, à payer des loyers pour un immeuble qui lui appartient déjà.

Ce bâtiment, qui abrite le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT), est officiellement inscrit dans le patrimoine de l’État depuis 2014. Pourtant, entre cette date et 2024, le Trésor public a continué à décaisser des sommes faramineuses pour sa location, comme s’il s’agissait d’un bien appartenant à une tierce partie. Le chef de l’État a révélé que rien qu’en 2024, trois milliards de francs CFA ont été dépensés pour le loyer de ce bâtiment, alors qu’il figure bel et bien dans les registres comme propriété de l’État.

Cette révélation a provoqué la stupeur et l’indignation au sein de l’opinion publique. Elle met en lumière ce que le président Faye qualifie de « gabegie organisée » au sein de l’appareil administratif, avec des complicités manifestes entre les différents niveaux de gestion. Cette affaire soulève de nombreuses questions sur la transparence dans la gestion du parc immobilier de l’État, mais aussi sur les mécanismes de contrôle censés éviter ce genre d’aberration.

Ce scandale illustre l’ampleur des défis que veut relever le nouveau pouvoir à travers le plan “Jubbanti Koom”. Il s’agit pour les nouvelles autorités non seulement de rationaliser les dépenses publiques, mais aussi d’identifier toutes les niches de gaspillage, d’opacité ou de malversation qui plombent les finances publiques. En dénonçant publiquement cet exemple de mauvaise gestion, le président Faye envoie un signal fort : l’heure de l’impunité est révolue, et chaque acte de gestion devra désormais répondre aux exigences de redevabilité.

Désormais, tous les yeux sont tournés vers les institutions de contrôle et de poursuite. Des voix s’élèvent déjà pour exiger une enquête approfondie sur cette affaire, afin de déterminer les responsabilités et, le cas échéant, traduire les auteurs devant la justice. Car il ne s’agit pas seulement d’un dysfonctionnement administratif : c’est un préjudice financier majeur porté aux contribuables sénégalais.

En mettant à nu cette situation, le chef de l’État pose un jalon essentiel dans la bataille pour une gouvernance plus rigoureuse et transparente. Cette affaire du HCCT pourrait bien être le point de départ d’un vaste chantier d’assainissement de la gestion foncière et immobilière de l’État, longtemps marquée par des arrangements opaques et des pratiques indéfendables.

Plan “Jubbanti Koom” : Ousmane Sonko accuse le FMI et annonce la fin de la complaisance avec les bailleurs

Lors de la cérémonie de lancement du Plan de redressement économique et social baptisé “Jubbanti Koom”, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a profité de l’occasion pour adresser des critiques virulentes à l’encontre des partenaires financiers internationaux, en particulier le Fonds monétaire international (FMI). Dans un discours franc et sans langue de bois, il a tenu à rappeler que l’état actuel de l’économie sénégalaise n’est pas uniquement le fruit des politiques internes, mais également la conséquence directe de choix encouragés, soutenus ou tolérés par les bailleurs de fonds.

S’adressant à l’assistance venue écouter la présentation de ce plan présenté comme une nouvelle orientation économique, Ousmane Sonko a affirmé que les institutions financières internationales, qui semblent aujourd’hui faire preuve de compréhension face à la situation économique difficile du pays, ont pourtant contribué à cette même situation. Selon lui, leur silence complice ou leur soutien actif aux politiques de l’ancien régime ont engendré une dépendance structurelle, des déséquilibres financiers, et une perte progressive de souveraineté économique. « Si aujourd’hui nos partenaires accueillent et justifient le retard qu’il y a actuellement… Demandez le document. Tel ou autre document. Ils ont leur part de responsabilité sur la situation dont nous avons hérité », a-t-il martelé.

Le Premier ministre n’a pas ménagé le Fonds monétaire international, dont il a relativisé l’importance dans le processus de relance économique en cours. Pour Ousmane Sonko, il est illusoire de croire que le programme du FMI constitue une planche de salut pour l’économie sénégalaise. Il a révélé que les ressources générées par une simple mesure de taxation des jeux de hasard sont supérieures aux apports du FMI. Cette comparaison, volontairement provocatrice, vise à démontrer que le Sénégal peut mobiliser des ressources substantielles par ses propres moyens, sans s’endetter davantage ni dépendre continuellement de financements conditionnés.

Au-delà de la critique, le discours du Premier ministre portait un message de rupture et d’espoir. Il a défendu le Plan “Jubbanti Koom” comme une démarche de reconquête de la souveraineté économique, fondée sur la mobilisation des ressources internes, la réforme de la gouvernance publique, et une orientation résolue vers les besoins sociaux de la population. Pour Ousmane Sonko, ce plan représente une opportunité historique pour sortir d’un cycle de dépendance et poser les bases d’une croissance plus équitable, plus autonome, et plus respectueuse des priorités nationales. « Si nous croyons en nous, nous pouvons le faire », a-t-il lancé en guise de conclusion, invitant les Sénégalais à faire bloc autour de cette ambition.

Plan de redressement économique : Thierno Bocoum alerte sur « une déformation professionnelle mal orientée »

Le plan de redressement économique et social récemment dévoilé par le Premier ministre Ousmane Sonko n’a pas tardé à susciter des réactions critiques dans la sphère politique. Parmi les voix discordantes, celle de Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-LES LEADERS, se distingue par sa virulence et sa technicité. Dans une sortie publique, l’ancien député s’est attaqué à ce qu’il considère comme une approche déséquilibrée, centrée sur la fiscalité au détriment de l’investissement productif.

Selon Thierno Bocoum, le Premier ministre semble prolonger dans l’action gouvernementale les réflexes de son ancienne profession d’inspecteur des impôts. « Le chef du gouvernement semble reproduire un réflexe professionnel mal adapté à ses nouvelles fonctions, en faisant de la fiscalité le principal levier d’un redressement économique qui, pourtant, devrait d’abord reposer sur la stimulation de l’investissement, la consolidation de la confiance et le soutien à l’activité productive », a-t-il déclaré.

Il critique un plan qu’il juge construit à l’envers, où l’on cherche d’abord à maximiser les recettes fiscales avant même d’avoir mis en place les conditions d’une véritable reprise économique. Pour lui, une telle orientation expose le pays à de graves risques économiques et sociaux. « On risque d’étouffer des ménages déjà affaiblis et des entreprises en quête de souffle », a-t-il averti.

Citant les chiffres du ministère des Finances, Thierno Bocoum rappelle que le taux de pression fiscale s’élevait déjà à 16,9 % du PIB en 2024. Le gouvernement ambitionne de le porter à 20 %, voire davantage, mais sans avoir, selon lui, fourni de cadre cohérent de relance de la demande ou d’accélération de l’investissement public. « L’investissement public a chuté de 30,3 % au premier trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024 », souligne-t-il en s’appuyant sur le Rapport d’Exécution Budgétaire. Une contradiction flagrante, selon lui, entre les intentions affichées et les actes posés.

Thierno Bocoum considère cette démarche comme économiquement contre-productive. « Taxer un tissu économique déjà exsangue revient à le fragiliser davantage. La taxation ne peut être que la conséquence logique d’une dynamique économique forte, pas son point de départ », martèle-t-il. Il en conclut que le plan présenté par le gouvernement ne constitue pas un plan de redressement digne de ce nom : « Nous avons assisté non pas à la présentation d’un véritable plan de relance, mais à celle d’un plan de compression déguisé, habillé de mots forts, mais sans les injections vitales que réclame notre économie. »

Le Bureau de l’Assemblée convoqué le 6 août : Serigne Bassirou Guèye et l’OFNAC dans le viseur de l’Exécutif

Le Bureau de l’Assemblée nationale se réunira le mercredi 6 août 2025 pour examiner un dossier explosif : le projet de loi portant sur la dissolution de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), dirigé par l’ancien procureur Serigne Bassirou Guèye. Cette réunion, convoquée à 11h00 dans la salle Marie Joséphine Mboup du nouveau siège parlementaire, intervient dans un contexte de réformes accélérées autour de la transparence et de la reddition des comptes.

Créé en 2012 dans un souci de moralisation de la vie publique, l’OFNAC est aujourd’hui au cœur d’une volonté politique de refondation des mécanismes de lutte contre la corruption. L’institution, souvent critiquée pour son inefficacité ou sa politisation selon les camps, pourrait disparaître au profit d’un nouvel organe ou d’un dispositif repensé. À l’origine de cette secousse institutionnelle : l’adoption en Conseil des ministres, le 30 juillet dernier, de quatre projets de loi relatifs à la gouvernance publique, parmi lesquels figure celui réformant ou supprimant l’OFNAC.

Le gouvernement veut aller vite. Le calendrier parlementaire initial, qui prévoyait une reprise des travaux en octobre avec l’ouverture de la session ordinaire, a été mis entre parenthèses. L’Exécutif souhaite une adoption rapide de ses textes et pousse pour la convocation d’une session extraordinaire, seule voie permettant d’examiner les projets de loi en dehors des périodes régulières.

Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a signé une note en ce sens dès le 31 juillet. Officiellement, la réunion du Bureau est convoquée « à titre d’information », mais plusieurs sources parlementaires citées par L’Observateur confirment que l’objectif est bien de déclencher formellement cette session extraordinaire. Selon le Règlement intérieur de l’Assemblée, une telle session peut être convoquée soit par le Président de la République, soit à l’initiative d’un cinquième des députés. Elle ne peut excéder quinze jours et prend fin dès que l’ordre du jour est épuisé.

La réforme de l’OFNAC ne vient pas seule. Trois autres projets de loi sont prêts à être soumis aux députés : l’un sur la déclaration de patrimoine, un autre sur l’accès à l’information publique, et un dernier sur le statut et la protection des lanceurs d’alerte. Ces textes visent, selon le gouvernement, à renforcer les bases juridiques d’une gouvernance plus transparente et plus responsable, dans un pays encore marqué par les révélations sur la mauvaise gestion des deniers publics sous le régime précédent.

Mais cette volonté de réforme soulève aussi des interrogations politiques. Le sort du magistrat Serigne Bassirou Guèye, nommé à la tête de l’OFNAC en août 2022, pourrait se jouer dans les prochains jours. Ancien procureur de la République, son passage à la tête du parquet sous Macky Sall avait suscité de nombreuses controverses, notamment sur des dossiers sensibles liés à l’opposition. Sa mise à l’écart pourrait ainsi symboliser une rupture plus nette avec les pratiques de l’ancien pouvoir.

Dans les rangs de l’opposition, certains s’interrogent sur les motivations profondes de cette réforme. Est-elle dictée par le souci réel d’efficacité institutionnelle ou s’agit-il d’une volonté d’écarter un homme perçu comme proche de l’ancien régime ? Le débat promet d’être houleux à l’Assemblée, où les équilibres politiques restent mouvants, et où chaque vote compte.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°527 – 01/08/2025

🔴 « [LE PLAN DE REDRESSEMENT ÉCONOMIQUE DU GOUVERNEMENT] PEUT ÊTRE ATTAQUÉ DEVANT LA COUR SUPRÊME » : PAPE MALICK NDOUR RENVERSE LA MARMITE
🔴 LE CONCOURS GÉNÉRAL DANS L’AGENDA SÉNÉGAL 2050 : UNE BOUSSOLE DE L’EXCELLENCE

🔴 AFROBASKET FÉMININ / APRÈS ÉLIMINATION DES « ÉLÉPHANTES » : LES « LIONNES » PROCHES DU TITRE
🔴 FENSCO 2025 / LUTTE : FATICK ET KAOLACK, REINES DU SABLE

Convention africaine sur les violences faites aux femmes : des voix s’élèvent pour exiger une ratification immédiate

Adoptée en février 2025 par l’Union africaine, la Convention africaine sur la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles peine encore à prendre effet. À ce jour, seuls six États membres l’ont signée et aucun ne l’a ratifiée. Une situation préoccupante, dénoncée avec vigueur par plusieurs organisations de la société civile réunies à Dakar, à l’initiative notamment d’Oxfam Sénégal, du réseau African Women Leaders Network (AWLN) et de l’Association des Juristes Sénégalaises (AJS).

Dans une déclaration rendue publique ce lundi 29 juillet, ces organisations dressent un constat alarmant : les violences basées sur le genre, sous toutes leurs formes – physiques, sexuelles, économiques, psychologiques, numériques et institutionnelles – continuent de frapper des millions de femmes et de filles sur le continent. Elles dénoncent l’impunité, les injustices structurelles et le patriarcat systémique comme les principales causes du maintien de ces violences dans l’espace social, politique et économique africain.

Pour les signataires, le silence, l’attente et l’inaction ne sont plus acceptables. Elles saluent l’adoption de la Convention comme une avancée majeure, fruit des combats féministes menés depuis des décennies par les survivantes, les militantes de terrain, les femmes rurales et les activistes urbaines. Toutefois, elles regrettent que cette victoire reste symbolique tant que la ratification et l’application effective de l’instrument juridique ne sont pas concrétisées.

Elles appellent ainsi les gouvernements africains à un engagement ferme et immédiat. Dans leur plateforme revendicative, elles exigent non seulement la signature et la ratification sans délai de la Convention, mais aussi son implémentation à travers des moyens concrets : allocation de budgets spécifiques, élaboration de lois ambitieuses, adoption de politiques publiques transformatrices et surtout implication systématique des survivantes et jeunes féministes dans toutes les étapes de la mise en œuvre.

Au-delà des textes et des engagements officiels, les organisations insistent sur la nécessité d’une appropriation populaire de la Convention. Elles plaident pour sa vulgarisation inclusive à travers les langues locales, les plateformes numériques, les radios communautaires et les espaces publics. L’objectif est clair : faire de cet instrument juridique un levier réel de transformation sociale et politique, accessible à toutes les couches de la société.

« Cette Convention est une dette de dignité que chaque État africain doit honorer », affirment-elles avec force, appelant l’ensemble des acteurs, notamment les parlementaires, les leaders religieux, les chefs traditionnels et les médias, à contribuer à sa diffusion et à sa ratification. « Nous avons l’obligation de lui donner vie, pour mettre fin au cycle infernal des violences et garantir un avenir plus sûr, plus juste et plus égalitaire aux femmes et aux filles d’Afrique », conclut leur déclaration.

Concours général 2025 : Marianne Diokh appelle à une refondation de l’école autour de la souveraineté numérique et de l’intelligence humaine

À l’occasion de la cérémonie de remise des prix du Concours général 2025, tenue ce jeudi 31 juillet à Dakar, Marianne Diokh, professeure de philosophie au lycée Sagata Djolof, a marqué les esprits par une réflexion lucide et engagée sur le thème de cette édition : « Transformation humaniste de l’éducation à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle : enjeux, défis et perspectives ».

Dans un contexte où le numérique bouleverse en profondeur les modes de transmission du savoir et les finalités éducatives, Mme Diokh a livré un plaidoyer appuyé pour une refonte globale du système éducatif sénégalais. Elle a notamment insisté sur la nécessité urgente d’adopter une charte nationale de la souveraineté numérique, afin d’ancrer l’école sénégalaise dans une trajectoire qui conjugue identité, innovation et autonomie technologique.

Selon elle, l’évolution rapide des technologies et de l’intelligence artificielle impose aux États, et particulièrement à l’Afrique, de ne pas subir les transformations en cours, mais de les anticiper et de les encadrer. « Nous avons l’impératif d’accompagner ce changement pour ne pas subir ces abyssales mutations. Aussi, devons-nous adapter les cadres réglementaires et éthiques pour mieux réussir cette transformation », a-t-elle affirmé, avant d’ajouter que cette révision devrait inclure une politique éducative audacieuse, fondée sur la promotion de contenus locaux, la sécurité des données et l’autonomie des infrastructures numériques.

Marianne Diokh a également esquissé les contours d’une école du futur : une école ancrée dans la pensée critique, la créativité, et la responsabilité collective. Pour elle, il s’agit d’une nécessité face à un monde incertain où l’intelligence artificielle pourrait devenir un outil d’aliénation si elle n’est pas maîtrisée. « C’est à cette école que nous devons aujourd’hui tendre, en conjuguant intelligence humaine et intelligence artificielle dans une visée commune : celle de bâtir un monde plus juste, plus éclairé, plus humain », a-t-elle soutenu.

Pour réaliser une telle transformation, la professeure appelle à une gouvernance éducative cohérente, inclusive et innovante. Elle préconise une synergie entre tous les acteurs – État, enseignants, parents, élèves, experts en technologie – pour définir les orientations d’une école tournée vers l’avenir. Cette transformation humaniste, selon elle, repose sur deux piliers : la production et la mutualisation de contenus éducatifs de qualité, et leur visibilité ainsi que leur traçabilité numérique.

Mme Diokh a par ailleurs souligné l’importance d’une gouvernance numérique intégrant les énergies renouvelables, afin d’assurer la durabilité et la résilience du système éducatif. Elle a plaidé pour la mise en place d’un système d’information et de gestion performant, capable de fournir des données fiables pour orienter les décisions politiques.

En conclusion, elle a insisté sur le lien étroit entre éducation, numérique et souveraineté : une école qui prépare aux métiers émergents, qui encourage l’entreprenariat et qui offre aux jeunes Sénégalais les outils pour inventer leur avenir. Son message a résonné comme une alerte et un appel à l’action, à l’heure où le Sénégal doit choisir la voie d’une transformation structurelle de son éducation.

244 migrants interceptés en mer au large de Saint-Louis : une tentative de traversée vers l’Espagne avortée

Un nouveau drame de l’émigration clandestine a été évité de justesse en mer. Le 29 juillet 2025, la Marine nationale sénégalaise, en coordination avec la Division nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants et Pratiques Assimilées (DNLT), a intercepté une pirogue à 145 milles nautiques au large des côtes de Saint-Louis, avec à son bord 244 migrants irréguliers. Ces derniers tentaient de rallier les îles Canaries, en Espagne.

Partis deux jours auparavant, à l’aube du 27 juillet, depuis une localité proche de Karang, en territoire gambien, les passagers avaient embarqué à bord d’une pirogue de fortune, dans des conditions de navigation périlleuses. Selon les informations recueillies, ils ont pris la mer vers 3 heures du matin dans l’espoir d’atteindre l’Europe. L’embarcation a été repérée puis interceptée à 17h45, mettant ainsi fin à leur odyssée risquée.

Le groupe intercepté présente une grande diversité d’origines. Il est composé de ressortissants de huit pays d’Afrique de l’Ouest, parmi lesquels une majorité de Sénégalais (114), suivis de Guinéens (51), de Gambiens (52), mais aussi de Maliens, Ivoiriens, Burkinabè, Ghanéens et Béninois. On y compte 171 hommes adultes, 45 femmes, ainsi que 28 mineurs dont 17 garçons et 11 filles. La présence importante de femmes et d’enfants témoigne du désespoir croissant de populations prêtes à risquer leur vie pour un avenir jugé meilleur ailleurs.

Les migrants ont été remis aux autorités compétentes pour identification et prise en charge, tandis qu’une enquête a été ouverte par la DNLT pour remonter les filières à l’origine de cette tentative de migration irrégulière. D’après les premiers éléments, il s’agirait d’un réseau transfrontalier structuré, actif dans la sous-région, qui exploite la précarité économique et les rêves d’exil vers l’Europe.

Dans un contexte de recrudescence des départs depuis les côtes sénégambiennes, cette opération réussie des forces de sécurité vient rappeler l’ampleur du phénomène migratoire qui continue de frapper l’Afrique de l’Ouest. Les autorités sénégalaises appellent à une plus grande vigilance, insistant sur la nécessité de sensibiliser les jeunes aux dangers des traversées clandestines. Elles réaffirment également leur engagement à lutter contre les réseaux de passeurs, tout en encourageant les projets de migration légale et sécurisée.

Menaces contre l’APR : Macky Sall et ses responsables mettent en garde contre les « propos orduriers »

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau ce jeudi pour dénoncer vigoureusement des propos jugés injurieux et menaçants à l’encontre du parti et de ses responsables. Au centre de la polémique, une déclaration de Waly Diouf Bodian, acteur politique affilié à la mouvance présidentielle, qui a publiquement évoqué « la nécessité de dissoudre le parti de Macky Sall » et de « mettre à l’écart ses responsables ».

Ces déclarations n’ont pas tardé à susciter la réprobation de l’APR, dont le Secrétariat Exécutif National (SEN) s’est réuni pour y répondre de manière officielle. Dans un communiqué ferme, le parti a condamné ce qu’il qualifie de « propos orduriers » et de « méthodes outrancières », pointant une stratégie de diversion et d’intimidation qui, selon lui, trahit la fébrilité de l’actuel régime.

« Cette violence verbale n’est rien d’autre qu’un aveu de panique et de peur, face à l’incapacité manifeste de produire des résultats concrets pour les Sénégalais », affirme le communiqué. Le SEN estime que les attaques verbales contre l’APR sont une tentative de masquer l’absence de vision claire, de leadership solide et de politiques publiques efficaces.

Le parti fondé par Macky Sall met également en garde contre une dérive autoritaire qui consisterait à vouloir « criminaliser l’opposition » ou à « museler les forces politiques adverses » sous couvert de règlements de comptes politiques. Il rappelle que l’APR demeure une formation politique légale, structurée, et pleinement engagée dans le jeu démocratique.

L’APR souligne enfin que son engagement pour la vérité, la justice et le respect des principes républicains reste intact, en dépit des attaques. Tout en appelant ses militants au calme et à la retenue, le parti assure qu’il ne se laissera pas intimider par les invectives et continuera à jouer pleinement son rôle dans la vie politique nationale.

Cette prise de parole, particulièrement ferme, marque un durcissement du ton dans un contexte politique où les tensions entre l’opposition d’hier — aujourd’hui au pouvoir — et l’ancien régime se font de plus en plus vives. Elle témoigne aussi de la volonté de l’APR de défendre son héritage et de préserver l’intégrité de ses cadres, dans un environnement de plus en plus polarisé.

Gestion économique et sociale du Sénégal : l’APR déchire le Plan de redressement et appelle à la vigilance

À la suite de la présentation officielle du Plan de redressement économique par le gouvernement, l’Alliance pour la République (APR) a réagi avec une rare virulence. Réuni ce jeudi, le Secrétariat Exécutif National (SEN) du parti fondé par l’ancien président Macky Sall a dénoncé une « gestion erratique » des affaires publiques et une absence de cap stratégique.

Pour l’APR, ce nouveau plan s’ajoute à une longue série d’initiatives jugées confuses et inefficaces, qui illustrent selon elle le manque de vision du régime actuel. « Le gouvernement s’enfonce dans l’immobilisme et l’agitation stérile », a fustigé la direction du parti dans un communiqué. Elle cite une succession de projets — du « Projet chimérique et invisible » au programme « Diomaye Président », en passant par la « Vision 2050 », la « Stratégie nationale de Développement » et la « Déclaration de politique générale » — sans cohérence d’ensemble ni cap lisible.

Le SEN de l’APR estime que ces documents stratégiques sont des réponses superficielles à des problèmes structurels, et que leur empilement trahit un « grave déficit de vision du développement ». Selon le parti, le Plan de redressement présenté récemment ne constitue qu’un nouveau mirage sans fondement juridique ni impact réel sur la vie des Sénégalais.

Critiquant l’incapacité du gouvernement à articuler une stratégie lisible, l’APR évoque un « désordre institutionnel » qui fragilise la conduite des politiques publiques. « Le pays a besoin d’un cap clair, d’une vision stable et d’outils de gouvernance éprouvés, pas d’effets d’annonce ni d’expérimentations hasardeuses », a martelé le communiqué.

Dans un ton plus politique, l’APR a également mis en garde contre ce qu’elle qualifie de « pilotage à vue » du régime, qu’elle considère comme un danger pour la stabilité économique et sociale du pays. C’est dans ce contexte que le parti appelle les travailleurs, les partenaires sociaux, les acteurs économiques et les citoyens à la vigilance.

À quelques mois de l’examen du budget 2026 et dans un climat social marqué par des tensions sur les prix, l’emploi et la fiscalité, cette sortie de l’APR semble vouloir relancer le débat sur la légitimité et la pertinence de l’action gouvernementale. Le Plan de redressement, censé être la réponse du pouvoir aux défis économiques actuels, apparaît ainsi comme un nouveau point de clivage entre l’exécutif et l’opposition.

Papa Malick Ndour sur le plan de redressement : « C’est un acte illégal qui peut être attaqué devant la cour suprême »

Présent sur le plateau de l’émission Faram Facce sur la Tfm ce lundi soir, Papa Malick Ndour, président du Conseil départemental de Guinguinéo et coordonnateur national des cadres républicains, a vivement critiqué le nouveau programme économique du gouvernement. Selon lui, le « plan de redressement » que le Premier ministre Ousmane Sonko compte dévoiler vendredi constitue une initiative dépourvue de base légale, et donc attaquable devant la Cour suprême.

L’ancien ministre de la Jeunesse a rejeté d’emblée la pertinence de ce plan, estimant qu’il repose sur une vision erronée et non conforme au cadre juridique en vigueur. Il s’est appuyé sur la loi d’orientation 2022-10 du 19 avril 2022 relative au système national de planification, pour affirmer que « le Sénégal ne peut pas parler de plan de redressement sans un changement préalable de cette loi ».

En effet, l’article 24 de ce texte législatif précise que « le Plan Sénégal Émergent (PSE) est l’unique référentiel de la politique économique et sociale du pays ». Le PSE, adopté en 2014 sous la présidence de Macky Sall, demeure donc en vigueur, en l’absence d’un amendement législatif formel. Pour Papa Malick Ndour, tant que cette disposition n’a pas été modifiée par l’Assemblée nationale, toute alternative comme le « plan de redressement » ou « l’agenda de transformation systémique » n’a aucune valeur juridique.

« Tous les actes qui s’en écartent sont non seulement illégaux, mais relèvent d’un excès de pouvoir. Ils peuvent être attaqués devant la juridiction suprême », a-t-il insisté. Il voit dans cette tentative un risque d’insécurité juridique majeur, qui pourrait affaiblir la crédibilité de l’action gouvernementale, notamment vis-à-vis des partenaires techniques et financiers du Sénégal.

Dans un autre registre, Papa Malick Ndour a pointé du doigt un manque de cohérence entre la stratégie adoptée par le nouveau gouvernement et la loi de finances en cours. Selon lui, si le gouvernement veut véritablement rompre avec le PSE, il doit l’assumer sur le plan institutionnel et faire adopter par voie législative un nouveau cadre de référence. « Je leur conseille de changer la loi. Qu’ils arrêtent de bricoler avec des concepts comme « plan de redressement » ou « stratégie systémique », qui n’ont aucune assise légale », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’aspect juridique, le coordonnateur des cadres de l’APR estime que l’actuelle équipe dirigeante n’a pas encore trouvé les mécanismes efficaces pour relancer l’économie nationale. Il met en garde contre des effets d’annonce qui risquent de se heurter à la réalité du terrain et à la rigidité des textes. « Ce plan va encore tomber à l’eau comme bien d’autres », a-t-il conclu.

Air Sénégal remporte son bras de fer judiciaire contre l’IATA : la justice annule les saisies et ordonne leur mainlevée immédiate

C’est un tournant décisif dans le litige qui opposait Air Sénégal à l’Association du transport aérien international (IATA) et à plusieurs sociétés de leasing aérien. Le Tribunal de Commerce de Dakar a rendu, ce 30 juillet 2025, une décision favorable à la compagnie aérienne nationale, en annulant l’ensemble des saisies conservatoires opérées sur ses fonds et en ordonnant leur mainlevée immédiate.

Ce conflit judiciaire remonte au 14 avril 2025, date à laquelle l’IATA avait procédé à des saisies conservatoires via son système de compensation appelé BSP (Billing and Settlement Plan), au profit du bailleur d’avions Carlyle Aviation. Cette action, motivée par un différend financier non résolu, a eu pour effet immédiat de priver Air Sénégal de l’accès à ses recettes issues de la vente de billets d’avion. Une situation jugée inacceptable par la direction générale de la compagnie sénégalaise, qui a vu sa trésorerie durement affectée par cette décision unilatérale.

Estimant que ces mesures étaient à la fois illégales et abusives, Air Sénégal a décidé de porter l’affaire devant la justice sénégalaise. Dans sa requête, la compagnie nationale a dénoncé des procédures contraires aux règles du droit et a sollicité l’annulation pure et simple des saisies. Le Tribunal de Commerce lui a donné raison sur toute la ligne.

Dans sa décision, la juridiction a d’abord jugé recevable l’action en contestation introduite par Air Sénégal SA, reconnaissant ainsi sa capacité à agir contre les actes de l’IATA. Elle a ensuite estimé que les saisies opérées les 14 avril et 1er juillet 2025 étaient irrégulières. Le tribunal a donc prononcé leur nullité, en soulignant notamment l’absence de fondement juridique suffisant et la précipitation avec laquelle elles ont été mises en œuvre.

Mais le tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ordonné la mainlevée immédiate des fonds saisis, assortissant cette mesure d’une astreinte de 5 millions de francs CFA par jour de retard en cas de non-exécution par l’IATA. Une manière claire de faire pression sur l’organisation internationale afin qu’elle respecte sans délai la décision de justice. Cette condamnation est également un signal fort adressé aux autres partenaires impliqués dans le dossier.

En effet, plusieurs sociétés de leasing aérien, dont Aergen Aircraft Twenty Limited, Sasof III (A2) Aviation Ireland DAC et CALF (A2), ont été citées dans la procédure. Toutes ont été condamnées aux dépens, ce qui signifie qu’elles devront prendre en charge les frais de justice occasionnés par le contentieux. Cette condamnation renforce la position d’Air Sénégal dans le bras de fer judiciaire, en confirmant la légitimité de sa contestation et en pointant la responsabilité de ces entités dans la procédure de saisie.

Dans un communiqué transmis à la presse, la direction générale d’Air Sénégal s’est réjouie de cette décision, qu’elle qualifie de « rétablissement de la vérité » et de « victoire pour le droit ». La compagnie a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses activités dans les meilleures conditions, en mettant en avant la protection de ses passagers, la stabilité de ses opérations et la préservation de ses intérêts stratégiques.

Cette décision judiciaire pourrait marquer un précédent important dans les relations contractuelles entre compagnies africaines et institutions internationales du secteur aérien. Pour Air Sénégal, elle constitue un souffle nouveau, à un moment où la compagnie cherche à redresser ses comptes et à consolider sa place dans le ciel africain.

Vers un pacte politique ? Les dessous du geste de Karim Wade envers Badara Gadiaga

Depuis Doha, Karim Wade n’est pas resté indifférent à l’arrestation de Badara Gadiaga. Le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade a dépêché des émissaires à la prison de Rebeuss, où est détenu le chroniqueur, figure critique du régime actuel. Selon nos informations, Karim envisage de commettre des avocats pour assurer sa défense. Un geste qui dépasse largement le cadre humanitaire ou communautaire.
Il faut dire que Karim Wade et Badara Gadiaga partagent bien plus que des origines communes à Kébémer. Le père du chroniqueur, feu Bathie Gadiaga, fut un fidèle compagnon d’Abdoulaye Wade et militant de la première heure du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Toute la famille Gadiaga reste profondément ancrée dans l’idéologie libérale. Le geste de Karim est donc tout sauf anodin. Il renoue un fil politique.
Va-t-on vers un rapprochement stratégique entre Karim Wade et Badara Gadiaga ? L’hypothèse prend forme. Gadiaga, influent dans l’espace médiatique et populaire auprès de la jeunesse, pourrait devenir un relais de terrain précieux pour une éventuelle relance du PDS. En retour, il bénéficierait de l’appui politique et juridique d’un poids lourd comme Karim, encore en quête d’un véritable socle électoral pour préparer son retour.

Ce soutien envoyé depuis le Qatar est aussi un message politique fort : le PDS n’est pas mort et reste solidaire de ses voix dissidentes. C’est un avertissement adressé au pouvoir : toucher à l’un des nôtres, c’est provoquer toute une famille politique. Et c’est aussi un clin d’œil appuyé à ceux qui, dans l’opposition, cherchent encore une bannière crédible.
En résumé, derrière cette main tendue à Rebeuss se dessine peut-être le début d’une alliance tactique. Karim Wade, en soutenant Gadiaga, ne fait pas qu’un geste : il pose un pion sur l’échiquier de la recomposition politique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°526 – 31/07/2025

🔴 « REDRESSER LE SÉNÉGAL – LA VOIE ULTIME, SAUVER OU PÉRIR ! » : BOUGANE EN PREMIÈRE LIGNE
🔴 DEMANDE DE LIBÉRATION DE KHADIM BA : L’APPEL MUSCLÉ DE BIRANE YAYA WANE

🔴 AFROBASKET 2025 / BELLE VICTOIRE DES « LIONNES » CONTRE LE RWANDA : MARCHE TRIOMPHALE VERS LES QUARTS
🔴 ÉLECTION À LA FSF : EL HADJI DIOUF ET SALIF DIAO AU SECOURS D’AUGUSTIN SENGHOR

Gouvernance vertueuse : le Conseil des ministres adopte plusieurs projets de lois majeurs, dont la création de l’ONLC et le statut des lanceurs d’alerte

Le Conseil des ministres s’est réuni ce mercredi 30 juillet 2025 au Palais de la République, sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Cette session a été marquée par l’adoption de plusieurs projets de lois majeurs traduisant une orientation claire : celle d’une gouvernance fondée sur la transparence, l’éthique et la lutte résolue contre la corruption.

Selon le communiqué officiel, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté au président et à son gouvernement un Plan de redressement national, vaste feuille de route qui s’inscrit dans le pilier de la réforme de l’État. Ce plan se veut ambitieux dans ses objectifs et structurant dans sa mise en œuvre, dans un contexte de refondation des institutions publiques et de consolidation de l’État de droit.

Parmi les textes de loi adoptés, figure un projet de loi portant création de l’Office national de lutte contre la corruption (ONLC). Ce nouvel organe autonome aura pour mission de prévenir, détecter et réprimer les pratiques corruptives, avec des pouvoirs d’investigation étendus. L’ONLC marque une volonté politique forte de tourner la page des scandales restés sans suite et de faire de la reddition des comptes une réalité.

Le gouvernement a également adopté un projet de loi relatif au statut et à la protection des lanceurs d’alerte, une première dans l’histoire législative sénégalaise. Le texte vise à encadrer juridiquement les personnes qui, de bonne foi, dénoncent des actes de corruption, de fraude, ou toute autre atteinte à la légalité ou à l’intégrité dans la gestion publique. Il prévoit un mécanisme de protection contre les représailles et garantit l’anonymat lorsque nécessaire. Un signal fort envoyé à la société civile, aux fonctionnaires et à toute personne souhaitant briser l’omerta.

Un troisième projet de loi concerne l’accès à l’information. Ce texte pose les bases du droit des citoyens à accéder aux informations d’intérêt public détenues par les administrations, les collectivités territoriales ou les entités parapubliques. Dans une logique de redevabilité, il obligera les structures publiques à justifier de leurs décisions, de leurs budgets, de leurs contrats et de leurs actions.

Le quatrième projet de loi validé porte sur la déclaration de patrimoine. Cette nouvelle exigence concernera les agents publics occupant des fonctions sensibles, notamment dans les sphères politique, administrative, judiciaire et financière. Le texte impose une obligation renforcée de transparence, avec des mécanismes de contrôle indépendants. Il ambitionne de moraliser la vie publique et d’écarter tout enrichissement illicite.

S’exprimant à la sortie du Conseil, le ministre porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Njekk Sarré, a déclaré : « Le gouvernement s’engage à instaurer une gouvernance fondée sur l’intégrité, la justice et la transparence. Ces projets de loi sont les premières pierres d’un édifice institutionnel rénové, au service du peuple sénégalais. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°525 – 30/07/2025

🔴 LES DESSOUS DU GESTE DE KARIM WADE ENVERS BADARA GADIAGA : DU LOURD SE PRÉPARE !
🔴 L’ACCÈS À INTERNET POUR 1540 LOCALITÉS : UN DÉFI À 64 MILLIARDS F CFA

🔴 APRÈS SON ÉLECTION À LA TÊTE DE LA LIGUE PRO : BABACAR NDIAYE TEND LA MAIN À TOUTE LA FAMILLE DU FOOTBALL
🔴 CANDIDATE À LA PRÉSIDENCE DE LA COMMISSION FÉMININE DE LA FSF : SEYNI NDIR SECK VEUT ALLER PLUS LOIN

LIVRAISON DE 21 MOISSONNEUSES-BATTEUSES À SAINT-LOUIS : L’envers trouble d’un décor glorieux

Ce qui fut présenté comme un jalon de la modernisation agricole tend aujourd’hui à révéler des pratiques pour le moins préoccupantes. Derrière la communication triomphante du ministère de l’Agriculture se profile une réalité beaucoup plus complexe : réquisition controversée et gestion contestée des engagements publics. Autant déléments qui soulèvent des interrogations majeures sur la continuité de l’État et le sort réservé aux entreprises sénégalaises engagées auprès des pouvoirs publics.

C’est dans une ambiance solennelle et sous le feu des projecteurs que le ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne, a récemment dévoilé un convoi de vingt-et-une (21)

moissonneuses-batteuses à chenilles, destiné aux départements de Dagana et de Podor, dans la région de Saint-Louis. Présentée comme une avancée stratégique, cette livraison vise à illustrer la volonté gouvernementale d’impulser une rupture définitive avec les méthodes agricoles traditionnelles, au profit d’un dispositif mécanisé et performant.

Cependant, derrière cette démonstration d’efficacité, une série de zones d’ombre vient ternir l’opération. Selon des informations recoupées par Le Dakarois Quotidien, ces moissonneuses auraient été réquisitionnées auprès de l’entreprise sénégalaise Intermaq 2012 SA, sans qu’aucun cadre contractuel régulier ne soit en vigueur au moment de l’opération. Aucun avenant n’a été signé et aucun accord formel ne justifie juridiquement cette réquisition.

Intermaq n’est pas un acteur inconnu de l’État. Elle avait été attributaire, en 2022, d’un contrat relatif à la fourniture d’équipements agricoles et à la construction de cent vingt (120) entrepôts, dont vingt (20) à chambre froide. Une cérémonie officielle, présidée par l’ancien président de la République, Macky Sall, et l’ex-ministre Aly Ngouille Ndiaye, avait marqué le lancement du projet en avril 2023. En cours d’exécution, le ministère avait jugé nécessaire de revoir le volume des équipements, portant notamment de dix (10) à cent vingt (120) le nombre de moissonneuses, selon une lettre officielle datée du 20 mars 2023. Forte de cet engagement, l’entreprise a procédé à l’importation du matériel, mobilisant des ressources financières importantes.

L’arrivée aux affaires d’un nouveau Gouvernement a toutefois bouleversé l’équilibre. Malgré plusieurs relances écrites et orales, l’avenant permettant de formaliser la commande supplémentaire n’a jamais été signé. Pire, le contrat initial est arrivé à expiration en juillet 2025, sans qu’aucune nouvelle base contractuelle n’ait été définie. Cette situation a plongé Intermaq dans une incertitude juridique et financière profonde.

Malgré cela, la société n’a pas interrompu ses prestations. La cérémonie de pose de la première pierre d’un entrepôt réfrigéré à Darou Khabane, tenue en mai 2025 en présence des autorités locales et techniques, en témoigne. Intermaq continue également à assurer le service après-vente, à former les agriculteurs et à prendre en charge des frais logistiques liés aux missions du ministère de l’Agriculture : hébergement, carburant, per diems. Toutes ces charges sont assumées sans garantie, alors même que les frais cumulés de stockage et de surestaries avoisinent le milliard de francs CFA.

Dans ce contexte particulièrement délicat, les services du ministère auraient procédé, de manière unilatérale, à la réquisition de vingt (20) moissonneuses appartenant à Intermaq, sans accord formel. Selon nos informations, les responsables de l’entreprise, lors de leurs échanges avec le ministre Dr Mabouba Diagne, avaient simplement exigé un document d’engagement écrit, destiné à sécuriser juridiquement la livraison. Une demande restée sans suite jusqu’à ce jour.

La direction du Dakarois Quotidien, compte tenu de l’heure tardive, le dimanche 27 juillet 2025, a adressé un message WhatsApp au Dr Mabouba Diagne. Ce message n’a reçu aucune réponse. Le lendemain, un appel téléphonique direct a été tenté, sans succès. Ce lundi, notre rédaction a décidé d’entrer en contact avec le directeur de la Direction de la Modernisation de l’Équipement Rural (DMER) afin de recueillir la version du ministère. Dès le début de l’échange, M. Dièye a exigé de connaître nos sources. Ce à quoi la direction du journal a répondu qu’en vertu de l’éthique journalistique, les professionnels ne sont pas tenus de les révéler. Le directeur a alors invité le Dakarois Quotidien à transmettre un courrier physique à l’adresse du ministère à Diamniadio, condition préalable à toute prise de parole officielle. Ledit courrier sera déposé cette semaine. Si les services du Dr Mabouba Diagne donnent suite à notre requête, votre journal s’engage à publier l’intégralité de leur réponse.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°524 – 29/07/2025

🔴 SAGA DES 20 MOISSONNEUSES-BATTEUSES : LE MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE APHONE
🔴 REBEUSS / VISITE SURPRISE DU Pr SERIGNE DIOP À BADARA GADIAGA : UN HOMMAGE À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

🔴 AFROBASKET FÉMININ 2025 / LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE À L’OUGANDA : LA BATAILLE CONTINUE AUX BARRAGES
🔴 RALLIEMENT SURPRISE À LA LIGUE PRO : DJIBRIL WADE CHOISIT ABDOULAYE SOW

Présentation du Plan de redressement économique : Ousmane Sonko donne rendez-vous au Grand Théâtre le 1er août

Le Premier ministre Ousmane Sonko a fixé la date tant attendue de la présentation officielle du Plan de redressement économique. Cette initiative gouvernementale, évoquée lors du Conseil des ministres du 23 juillet dernier, sera dévoilée au public le vendredi 1er août 2025, à partir de 9 heures, au Grand Théâtre national de Dakar.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le chef du gouvernement a réaffirmé sa détermination à engager le pays dans une nouvelle dynamique face aux défis économiques actuels. « Le temps du redressement est venu. Face à la situation économique héritée, nous faisons le choix de l’action et des solutions », a-t-il déclaré, marquant ainsi la volonté de rompre avec les anciennes pratiques jugées inefficaces.

Ce plan, qui s’annonce ambitieux, devrait définir les grandes orientations économiques du gouvernement et proposer des mesures concrètes pour relancer l’activité, créer des emplois et réduire le train de vie de l’État. Ousmane Sonko avait déjà annoncé qu’un accent particulier serait mis sur la rationalisation des dépenses publiques et la révision des relations avec les partenaires techniques et financiers.

La présentation du 1er août devrait également permettre de détailler les axes stratégiques du redressement, dans un contexte marqué par une forte attente sociale et des critiques récurrentes sur la gouvernance économique. Le Premier ministre et son équipe devront donc convaincre, en exposant une feuille de route réaliste, chiffrée et assortie d’un calendrier d’exécution.

Conflit foncier à Soussoung : le collectif fustige des arrestations arbitraires et exige la libération des 26 interpellés

La tension reste vive à Soussoung, village situé dans la commune de Ndiaganiao, où le conflit foncier opposant les populations locales à des entreprises exploitant des ressources minières continue de faire des vagues. Le Collectif pour la défense des terres de Soussoung a vigoureusement dénoncé ce lundi ce qu’il qualifie « d’arrestations arbitraires », survenues au cours du week-end dans un contexte d’intimidation et de répression, selon ses membres.

S’exprimant devant la presse, Ndiome Thiao, porte-parole du collectif, a dressé un tableau inquiétant de la situation. « Le collectif pour la défense des terres de Soussoung exprime sa profonde préoccupation face à la situation alarmante qui prévaut depuis vendredi 25 juillet 2025. Les opérations d’enlèvement arbitraire se poursuivent parfois jusque dans les domiciles privés, dans une logique manifeste d’intimidation à l’encontre de la population locale. Ce climat de peur et de répression est totalement inacceptable », a-t-il déclaré.

Selon les informations livrées par le collectif, un véhicule assurant la liaison entre Dakar et Soussoung a été intercepté par les forces de sécurité ce lundi matin à hauteur de Notto. Les passagers, qui voyageaient pacifiquement selon les témoins, ont été brutalement arrêtés et conduits à la brigade de gendarmerie de Ndiaganiao.

Actuellement, 26 personnes seraient détenues dans cette brigade, dans des conditions jugées préoccupantes par les membres du collectif. Les interpellés sont décrits comme « des citoyens honnêtes dont le seul tort serait d’habiter sur des terres aujourd’hui convoitées par des entreprises titulaires de permis d’exploitation ».

Face à cette situation, le collectif exige la libération immédiate et sans condition des 26 personnes arrêtées. Il fustige également les méthodes qu’il qualifie de répressives, employées par les forces de sécurité pour faire taire les voix dissidentes. « Ces arrestations arbitraires et les méthodes d’intimidation utilisées rappellent des pratiques d’un autre âge. Nous appelons les autorités à respecter les droits fondamentaux des citoyens et à cesser les violences à l’encontre de populations déjà fragilisées par le mépris foncier », a insisté Ndiome Thiao.

Tensions à Soussoung : Amnesty International interpelle le ministre des Mines et exige la libération des personnes arrêtées

La situation à Soussoung, localité située dans la commune de Ndiaganiao, devient de plus en plus préoccupante. Des affrontements y ont récemment éclaté entre les forces de sécurité et des habitants opposés à l’exploitation de leurs terres par des entreprises titulaires de permis miniers. Face à l’escalade des tensions, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, appelle les autorités à privilégier le dialogue.

Intervenant sur les ondes d’iRadio, Seydi Gassama s’est dit choqué par le recours à la violence contre une population dont les droits fonciers sont manifestement piétinés. « Nous sommes très préoccupés par la situation à Soussoung avec la violence exercée par les forces de défense et de sécurité contre la population locale qui manifestement a vu ses droits bafoués par l’autorité et ces entreprises qui ont reçu des permis d’exploiter des gravats dans leur champ », a-t-il déclaré.

Selon les informations relayées par Amnesty, trois permis d’exploitation de graviers ont été délivrés, chacun couvrant environ 40 hectares. Ces autorisations s’appliqueraient à des zones proches des habitations, sans que les populations concernées aient été consultées ni indemnisées. Le contexte est d’autant plus tendu que ces opérations minières sont intervenues en pleine saison des pluies, alors que les cultures sont en pleine croissance.

« Venir en plein hivernage alors qu’ils ont déjà cultivé, les récoltes ont poussé, et leur dire de quitter les terres. Je pense que ce n’est pas acceptable », s’indigne Gassama, qui appelle à une réponse rapide et responsable du ministère des Mines.

Le directeur exécutif d’Amnesty exhorte le ministre Birame Soulèye Diop à sortir du silence et à ouvrir un dialogue sincère avec les communautés affectées. Il plaide pour des mesures compensatoires justes permettant aux populations de retrouver des sources de revenus alternatives. « Il faut que les terres soient cédées contre une indemnisation juste », insiste-t-il.

Sur le plan judiciaire, Amnesty International suit également de près la situation des personnes arrêtées lors des troubles. L’organisation a commis un avocat pour les assister. Elle exige leur libération immédiate, estimant que leur détention ne fait qu’envenimer une situation déjà explosive. « Nous demandons que toutes les personnes arrêtées et détenues à la brigade de gendarmerie de Ndiaganiao soient libérées immédiatement pour ramener le calme dans la communauté », a conclu Seydi Gassama.

Affaire « Kocc Barma » : Le mouvement de Mame Boye Diao se désolidarise de son coordinateur diaspora

Le mouvement politique AARIS (Alliance Alternative pour la Refondation Idéologique du Sénégal), dirigé par Mame Boye Diao, a pris une décision ferme dans le sillage des récents développements de l’affaire dite « Kocc Barma ». El Hadji Assane Demba, jusque-là coordinateur de la diaspora au sein du mouvement, a été relevé de ses fonctions à compter de ce lundi 28 juillet. Cette mesure intervient alors que son nom est cité comme présumé complice dans l’enquête en cours.

Dans un communiqué publié par sa cellule de communication, AARIS explique que cette décision vise à protéger l’intégrité du mouvement tout en respectant la présomption d’innocence. Le parti tient à faire preuve de rigueur et de transparence dans sa gestion interne, surtout face à des soupçons aussi graves.

Cette affaire a également conduit le président du parti, Mame Boye Diao, à être entendu par les enquêteurs, en lien avec les activités de son ex-coordinateur. Toutefois, le communiqué se veut rassurant : à ce jour, aucune charge n’a été retenue contre lui. Il est également précisé que M. Diao a pleinement coopéré avec les autorités. Il a volontairement remis son téléphone et sa tablette aux enquêteurs, afin de faciliter les investigations, sans poser la moindre résistance.

Le mouvement AARIS insiste sur le fait que son président n’a aucun lien avec les activités illégales qui sont reprochées au réseau connu sous le nom de « Kocc Barma ». Il réaffirme sa volonté de collaborer avec la justice et de préserver les principes de légalité et de transparence qui fondent son engagement politique.

Alors que l’enquête suit son cours, cette prise de distance avec El Hadji Assane Demba marque un tournant dans la gestion de cette affaire. Elle illustre aussi la volonté de Mame Boye Diao et de son mouvement de se démarquer clairement de tout acte susceptible d’entacher leur crédibilité ou leur projet politique.

Dans un climat politique tendu où chaque affaire peut avoir des conséquences durables, cette réaction rapide du parti AARIS vise sans doute à rassurer l’opinion publique et à maintenir une ligne de conduite rigoureuse, loin des dérives et des soupçons qui secouent actuellement plusieurs figures de la sphère publique.

Plan de redressement économique : Zahra Iyane Thiam ironise sur l’annonce du Premier ministre

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’apprête à dévoiler un nouveau document stratégique, baptisé « plan de redressement économique », dans un contexte où les défis économiques du Sénégal restent nombreux et pressants. Ce plan, annoncé lors du Conseil des ministres du mercredi 23 juillet 2025, est censé présenter la vision du gouvernement face aux difficultés sociales et économiques du pays. Mais déjà, cette annonce suscite scepticisme et ironie dans les rangs de l’opposition et d’anciens responsables gouvernementaux.

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Zahra Iyane Thiam, ancienne ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, a vivement réagi à l’annonce du Premier ministre. Dans un ton à la fois critique et sarcastique, elle a exprimé ses doutes quant à l’efficacité de ce nouveau plan. « Jour J pour le PM : encore un plan, cette fois, de redressement économique. Après le Projet, l’Agenda Sénégal 2050, la Stratégie nationale de développement, le Master Plan du Gouvernement… En 16 mois, un plan par trimestre ! On redoute de découvrir ce que celui-ci va encore redresser », a-t-elle écrit.

Son commentaire illustre un agacement face à ce qu’elle considère comme une inflation de plans, projets et documents stratégiques produits par l’équipe actuelle sans résultats tangibles visibles à ce jour. Selon Zahra Iyane Thiam, ces initiatives semblent se succéder sans apporter les réponses concrètes attendues par les populations.

Pour sa part, Ousmane Sonko se veut rassurant. Le chef du gouvernement affirme que ce plan de redressement a été mûrement réfléchi et élaboré depuis plusieurs semaines. Il promet une présentation claire et détaillée des mesures à venir, notamment en ce qui concerne la réduction du train de vie de l’État et la réorientation des relations avec les partenaires techniques et financiers. « Dans les jours à venir, je présenterai aux Sénégalais le plan de redressement. On y travaille depuis des semaines. Nous dirons aux Sénégalais point par point comment nous allons faire pour contraindre l’État à diminuer son train de vie et quelles seront nos orientations face à nos partenaires », avait-il déclaré.

L’annonce du plan intervient à un moment crucial, où les tensions sociales se multiplient et où l’économie nationale peine à se redresser durablement. Dans les milieux économiques et politiques, beaucoup attendent de voir si ce plan constituera un véritable tournant ou s’il s’ajoutera à la longue liste des intentions gouvernementales non suivies d’effets concrets.

Crise à Tchiky : Guy Marius Sagna dénonce l’injustice des Ciments du Sahel et appelle à la mobilisation

Une vive tension couve dans la commune rurale de Diass, plus précisément à Tchiky, où les populations, les travailleurs et les retraités de l’entreprise Les Ciments du Sahel SA dénoncent des pratiques qu’ils jugent injustes et inhumaines. Ce lundi, le député Guy Marius Sagna, accompagné du Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP), s’est joint à leur combat lors d’une conférence de presse tenue sur place.

Prenant la parole, Guy Marius Sagna n’a pas mâché ses mots. Il s’est dit profondément choqué par les conditions dans lesquelles vivent les riverains de Tchiky, ainsi que par la précarité à laquelle sont confrontés les travailleurs et retraités de l’entreprise. « J’ai entendu les doléances des habitants, j’ai entendu celles des anciens employés et des retraités. Je promets d’en parler au gouvernement. J’adresserai des questions écrites aux autorités pour qu’elles répondent : est-ce qu’elles sont au courant des agissements de l’entreprise Les Ciments du Sahel envers la population sénégalaise ? Savent-elles que cette société exploite ses travailleurs et porte atteinte à la santé et à la vie des riverains ? », a lancé le parlementaire.

Selon lui, Les Ciments du Sahel et Dangote, deux grandes entreprises du secteur cimentier implantées dans la zone, agissent en toute impunité, au mépris de la dignité humaine. « Ce sont les populations qui étaient là les premières. Ce sont ces entreprises qui sont venues les trouver. Et pourtant, ce sont elles qui souffrent, qui tombent malades, qui sont exploitées », a martelé Guy Marius Sagna, visiblement indigné.

Il a également dénoncé un système de précarisation orchestré par l’entreprise à l’endroit de ses travailleurs. « Comment comprendre qu’un ouvrier travaille pendant cinq ans comme journalier, avant d’obtenir un contrat à durée déterminée de quatre ans, pour ensuite être renvoyé comme un moins que rien ? C’est inacceptable ! », s’est-il insurgé. Selon lui, cette politique de gestion du personnel ne respecte ni le droit du travail, ni la dignité humaine. Il qualifie cette méthode de « pressurisation » des employés, qu’on utilise jusqu’à l’usure avant de les jeter comme des objets.

Face à cette situation qu’il juge « insoutenable », le député appelle à la résistance et à la solidarité. Il invite les habitants de Tchiky, les anciens travailleurs, les retraités et tous les employés de l’entreprise à s’unir autour d’une plateforme commune pour organiser une grande marche de protestation dans les prochains jours. « Il est temps que cela cesse. Il est temps que la dignité humaine soit respectée. Et je vous le dis ici : moi, Guy Marius Sagna, député à l’Assemblée nationale, je serai à vos côtés, dans la rue, pour cette manifestation », a-t-il promis.

Ce cri du cœur du parlementaire pourrait ouvrir un nouveau front social contre certaines multinationales accusées de bafouer les droits des travailleurs et de dégrader l’environnement au détriment des populations locales. Le FRAPP, fidèle à sa ligne anti-impérialiste et panafricaniste, s’engage également à accompagner ce mouvement jusqu’au bout.

UCAD : Début des vacances le 31 juillet, rentrée universitaire prévue le 16 octobre 2025

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a dévoilé son calendrier académique pour l’année universitaire 2025-2026 à l’issue de la réunion du Conseil académique tenue le jeudi 24 juillet 2025, dans la salle des Actes du Rectorat. La séance a été présidée par le recteur, le professeur Alioune Badara Kandji. Plusieurs décisions importantes ont été entérinées, parmi lesquelles les dates clés des vacances, de la rentrée, ainsi que celles relatives aux inscriptions.

Selon le communiqué officiel, les vacances universitaires débuteront à partir du 31 juillet 2025. La rentrée universitaire est quant à elle fixée au 16 octobre 2025. Les phases d’inscription et de réinscription s’ouvriront le 1er septembre et se clôtureront le 31 décembre 2025, permettant aux étudiants de finaliser leur enregistrement dans les délais impartis.

Il a également été précisé que la Faculté des Lettres et Sciences humaines (FLSH), engagée dans un ambitieux programme de résorption des retards académiques, bénéficiera d’une dérogation spéciale. Cette faculté poursuivra les cours et les activités pédagogiques jusqu’au 20 août 2025.

En ce qui concerne l’organisation de l’année universitaire 2025-2026, un calendrier par groupes d’établissements a été adopté afin de mieux structurer le déroulement des enseignements et des évaluations.

Pour le groupe 1, comprenant la FLSH, le CURI, l’IDEE, l’ESEA et l’ISFAD, la finalisation de l’année en cours (2024-2025) est prévue pour le 31 décembre 2025. Le premier semestre de la nouvelle année débutera le 2 janvier 2026 et s’achèvera le 30 avril 2026. Le second semestre se déroulera du 1er mai au 31 octobre 2026.

Le groupe 2, qui regroupe la FST, la FASEG, la FSJP, l’IPP, l’IDHP, l’ITNA, l’ISMED, l’IPS et l’IMTA, entre autres, finalisera l’année académique actuelle au plus tard le 28 février 2026. Le premier semestre s’étendra du 1er mars au 30 juin 2026, tandis que le second semestre couvrira la période du 1er juillet au 31 décembre 2026.

Quant au groupe 3, composé notamment de la FMPOS, de la FASTEF, de l’ESP, de l’ENSETP, de l’INSEPS, de l’ENSETP, du CESTI, de l’IFE, de l’EISMV, de l’Institut Confucius et d’autres instituts spécialisés, la finalisation de l’année 2024-2025, incluant les résultats des concours, est fixée au 31 octobre 2025. Le premier semestre débutera le 2 novembre 2025 et prendra fin le 15 mars 2026. Le second semestre se déroulera du 16 mars au 31 juillet 2026.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°523 – 28/07/2025

🔴 LEVÉE DE 132 MILLIARDS F CFA PAR LE SÉNÉGAL DANS LE MARCHÉ DE L’UEMOA : LA DETTE PREND L’ASCENSEUR
🔴 MISE EN PLACE D’UNE CARTE DE SÉJOUR POUR LES MAURITANIENS : DU POPULISME SELON TAHIROU SARR

🔴 ZIGUINCHOR / PRÉSIDENCE DE LA FSF : AUGUSTIN SENGHOR : LE PARI DE L’EXPÉRIENCE

Présidence de la FSF : Me Augustin Senghor défend son bilan et justifie sa 5e candidature

Invité de l’émission « FACE AU JURY » ce dimanche 27 juillet 2025 sur PressAfrik TV, Me Augustin Senghor, président sortant de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), a livré un long plaidoyer en faveur de sa cinquième candidature à la tête de l’instance. Se présentant comme un dirigeant expérimenté et compétent, il a estimé que ses adversaires n’apportent rien de plus que lui, ni en termes de bilan, ni de vision.

Dès l’entame, Me Senghor a tenu à rappeler que la présidence d’une fédération n’est pas une fonction ordinaire que l’on peut confier à n’importe qui. Selon lui, « pour diriger une fédération, il faut des compétences ». Le sport, à ses yeux, exige une certaine continuité, car « les résultats viennent avec le temps ». Il considère d’ailleurs que c’est grâce à la durée de son engagement et à la stabilité de son équipe que le football sénégalais a connu les succès actuels.

Face aux critiques sur la longévité de son mandat, Me Senghor reste serein : « Si les textes le permettent, en quoi est-ce mal qu’un président qui a fait ses preuves veuille poursuivre son œuvre ? » Il insiste aussi sur le fait qu’il ne s’est jamais imposé : « Il y a même des moments où j’ai voulu partir, et des voix m’ont supplié de rester ».

En réponse à ceux qui veulent lui barrer la route, il rappelle que seuls les membres statutaires ont le pouvoir de trancher. Il n’a pas manqué de recadrer Abdoulaye Seydou Sow, président du football amateur, en précisant que ce dernier n’est pas un adversaire direct dans la course à la présidence de la FSF. « Lui, son ambition c’est la Ligue professionnelle, où il fera face à Djibril Wade », a-t-il clarifié.

Cependant, Me Senghor reconnaît que certains candidats comme Madi Touré ou Abdoulaye Fall ont la carrure pour briguer le poste. Il salue notamment la constance de Madi Touré qui, depuis 2013, participe à toutes les élections fédérales.

Dans son intervention, Me Augustin Senghor a retracé son parcours à la tête de la FSF depuis son arrivée en 2009. À l’époque, le football sénégalais sortait d’une phase de normalisation, plombé par une profonde crise institutionnelle. Le ministère des Sports avait même retiré la délégation de pouvoir à la Fédération. C’est dans ce contexte qu’il a été élu, avec comme priorité la refondation des structures et la relance des compétitions.

Les quatre premières années furent, selon lui, particulièrement difficiles : absence de coopération des anciens dirigeants, rapports flous avec l’État, déficit de légitimité… Mais malgré ces contraintes, son équipe a su poser les jalons d’une gouvernance stable.

Le deuxième mandat (2013-2017) fut celui de la consolidation. La FSF a commencé à marquer des points sur les scènes nationale et internationale. Les compétitions internes ont retrouvé leur régularité. L’équipe nationale U20 a brillé en Coupe d’Afrique et en Coupe du monde, tandis que l’équipe A a progressivement repris son envol sous la houlette d’Aliou Cissé.

La période 2017–2022 marque une phase décisive pour le football sénégalais. La FSF a finalisé le centre technique Jules Bocandé, lancé la construction d’un autre à Toubab Dialaw, et a renforcé sa présence sur le continent. Cette dynamique s’est soldée par le sacre continental du Sénégal en février 2022 à la CAN, une première historique.

Me Senghor n’a pas oublié de mentionner les performances des équipes féminines et de beach soccer, qualifiées de « références et modèles à suivre ». Plusieurs joueuses sénégalaises évoluent aujourd’hui à l’étranger et l’équipe de beach soccer continue d’écrire sa légende sur le continent.

Le président sortant a aussi évoqué les défis infrastructurels. Il reconnaît que la FSF n’a pas vocation à construire des stades, une mission relevant de l’État. Mais il se félicite des contributions importantes de la Fédération dans ce domaine : gazon synthétique à Kédougou, réhabilitation du Stade Lat Dior de Thiès avec un financement fédéral de 1 milliard de FCFA, obtenu grâce aux retombées de la Coupe du monde 2018.

Il souligne que grâce à cette mobilisation, le Sénégal a pu accueillir des matchs internationaux alors que les grandes enceintes comme Léopold Sédar Senghor ou Abdoulaye Wade étaient indisponibles. « C’est cette stabilité et cette capacité d’initiative qui ont permis au Sénégal de remporter la CAN 2022 », a-t-il conclu.

En fin d’émission, Me Augustin Senghor a lancé un appel au respect des règles du jeu. Pour lui, chaque candidat doit présenter son programme sur le terrain, convaincre les électeurs statutaires et accepter le verdict des urnes. « Je ne parle pas au nom de Senghor, mais de toute une équipe fédérale. C’est cette équipe qui a hissé notre football là où il est aujourd’hui », a-t-il déclaré avec assurance.

Dérives numériques, contenu audiovisuel et crise des valeurs : La Ligue des Imams et Prédicateurs sonne l’alerte

Réunis à l’occasion de la clôture de leur session consultative ce samedi, les membres de la Ligue des Imams et Prédicateurs du Sénégal (LIPS) ont tenu à adresser un message fort, dans un contexte national marqué par des tensions sociales, des fractures politiques et une perte de repères culturels. À travers une déclaration solennelle, ils ont appelé les Sénégalais à se détourner des querelles partisanes qui alimentent la division, et à recentrer les priorités nationales autour de la stabilité sociale, du développement économique, de la productivité agricole, de l’industrialisation et d’un rapport serein à la religion.

Face à ce qu’ils considèrent comme une dégradation de l’espace public et numérique, les responsables religieux ont particulièrement pointé du doigt les dérives sur les réseaux sociaux. « Le climat actuel est trop marqué par l’invective, la calomnie et la violence verbale. Il est temps de réintroduire l’éthique dans nos modes de communication, en particulier chez les jeunes », a souligné un membre du bureau exécutif.

Mais c’est surtout le secteur de l’audiovisuel qui a concentré leurs critiques. Pour la Ligue, la prolifération de contenus jugés incompatibles avec les valeurs morales, religieuses et traditionnelles du Sénégal appelle une réaction urgente de l’État. Le président de la LIPS a plaidé pour un durcissement du cadre réglementaire : « Il est impératif de mettre fin à la diffusion récurrente de programmes qui banalisent la nudité, la vulgarité, ou les comportements antisociaux. Une révision sérieuse des cahiers des charges des chaînes de télévision s’impose, pour encourager des productions à haute valeur éducative, citoyenne et spirituelle ».

Autre sujet de préoccupation : la famille. Pour la LIPS, l’érosion de l’autorité parentale, les mutations sociales rapides et le manque d’encadrement religieux dans les politiques publiques liées à la famille compromettent l’équilibre social. Dans ce sens, l’organisation religieuse invite le ministère de la Famille à impliquer davantage les imams, les prédicateurs et les acteurs communautaires dans l’élaboration des politiques familiales. « La cellule familiale est le socle de la nation. Si elle vacille, c’est toute la société qui est menacée », a averti un imam intervenant lors de la session.

Crise politique autour de l’arrestation de Lat Diop : Aminata Lô interpelle directement le Président Diomaye et demande le limogeage d’Ousmane Sonko

Je suis L’arrestation de Lat Diop continue de susciter de vives réactions sur la scène politique sénégalaise. Ce samedi, à Wakhinane Nimzatt, une mobilisation s’est tenue en faveur de l’ancien Directeur général de la LONASE, incarcéré depuis plusieurs semaines. Aux avant-postes de cette manifestation, l’ancienne ministre du Tourisme sous le régime de Me Abdoulaye Wade, Aminata Lô, a lancé une charge frontale contre le pouvoir en place, accusant le Premier ministre Ousmane Sonko d’orchestrer une vendetta politique.

Devant un parterre de militants et sympathisants venus exiger la libération de Lat Diop, Aminata Lô n’a pas mâché ses mots. Pour elle, l’affaire n’a rien de judiciaire. « Le dossier de Lat Diop n’est pas judiciaire, mais purement politique. Par conséquent, son règlement ne peut être que politique », a-t-elle martelé, appelant le président Bassirou Diomaye Faye à prendre ses responsabilités.

Plus virulente encore, l’ancienne ministre a dénoncé ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire du régime actuel, incarné selon elle par Ousmane Sonko. « Depuis 2024, nous avons un nommé Ousmane Sonko qui cherche à effacer tous les fondamentaux qui ont contribué à construire ce pays. La démocratie, la paix, les droits humains et la stabilité sont aujourd’hui en danger », a-t-elle déploré.

Dans son discours, Aminata Lô a dressé un tableau sombre de la situation du pays : dégradation du climat économique et social, paralysie des institutions, menace sur la liberté de la presse. Selon elle, le gouvernement actuel est plus préoccupé par un projet politique partisan que par la gouvernance du pays. « Le seul objectif du Pastef, c’est de faire d’Ousmane Sonko le prochain président de la République, quitte à piétiner les principes démocratiques », a-t-elle accusé.

La militante libérale affirme que Lat Diop, tout comme d’autres personnalités politiques emprisonnées, est victime d’un « complot » destiné à affaiblir l’opposition. Elle a également évoqué une instrumentalisation de la justice, pointant du doigt un certain Mouhamed Dieng, qu’elle accuse d’être « financé par le régime Sonko-Diomaye » dans le seul but de faire tomber Lat Diop. « Nous n’accepterons pas cette justice sélective », a-t-elle prévenu.

Engagée à poursuivre le combat, Aminata Lô a annoncé une campagne nationale pour la libération de ce qu’elle appelle les « otages politiques ». Elle exige une justice équitable et appelle solennellement le chef de l’État à « limoger le Premier ministre Ousmane Sonko pour ramener la paix et la stabilité au Sénégal ».

Ce discours offensif survient dans un contexte où les tensions politiques s’aggravent autour des dossiers judiciaires impliquant des figures de l’ancien régime. L’opposition semble bien décidée à mobiliser toutes ses forces pour contrer ce qu’elle perçoit comme une tentative d’épuration politique. Quant au gouvernement, il continue d’assurer que toutes les procédures judiciaires en cours respectent les règles de droit et l’indépendance de la justice.

Sonatel affiche une croissance solide au premier semestre 2025 : un chiffre d’affaires de 960,2 milliards FCFA et des ambitions renouvelées

Le Groupe Sonatel confirme sa robustesse et sa dynamique de croissance au premier semestre 2025, avec un chiffre d’affaires de 960,2 milliards FCFA, en hausse de 9,4 % par rapport à la même période en 2024. Présent dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Mali, Guinée, Guinée-Bissau et Sierra Leone), le leader régional des télécommunications démontre une nouvelle fois sa résilience face à un environnement de plus en plus concurrentiel et à des tensions géopolitiques persistantes.

Cette performance s’explique par une stratégie commerciale agile, une gestion rigoureuse des charges et un niveau d’investissement élevé, atteignant 152,6 milliards FCFA, soit 15,9 % du chiffre d’affaires du groupe. L’EBITDAAL (résultat avant intérêts, impôts, dépréciation, amortissement, loyers et charges) atteint 458 milliards FCFA, soit une progression de 12,3 % et un taux de marge de 47,7 %. Le résultat net, quant à lui, s’établit à 208,1 milliards FCFA, en hausse de 8 %.

Les performances commerciales restent solides, avec une base clients globale de 42,5 millions d’abonnés sur les segments Fixe, Mobile et Internet. Le très haut débit poursuit sa progression avec 21,5 millions de clients, tandis que la 4G compte désormais 20,1 millions d’utilisateurs actifs. Orange Money, le service financier mobile du groupe, poursuit son expansion avec 12,6 millions de clients, dopé par une politique tarifaire attractive et une augmentation des usages.

Face à un contexte technologique en pleine mutation, Sonatel a multiplié les initiatives pour conforter sa position de leader : déploiement massif des réseaux 4G et 5G, accélération du déploiement de la fibre optique, diversification des services digitaux (paiements, services cloud, solutions ICT, etc.). À l’occasion de son 40e anniversaire, le groupe réaffirme son ambition de renforcer son leadership à travers des investissements dans la connectivité de nouvelle génération et une amélioration continue de l’expérience client.

En parallèle de ses performances économiques, Sonatel continue de mettre en œuvre un engagement sociétal fort. Le groupe a renforcé ses actions en faveur de l’inclusion numérique, de l’éducation, de la santé, de l’autonomisation des femmes et du développement durable dans tous les pays où il est implanté. Plus de 12 000 jeunes ont été formés à travers les Orange Digital Centers (ODC), avec deux nouveaux clubs ouverts à Diamniadio (Sénégal) et en Guinée-Bissau. Le programme des Écoles numériques a permis d’équiper 35 établissements scolaires au Sénégal et en Guinée, et les maisons digitales ont accompagné plusieurs milliers de femmes en Sierra Leone, en Guinée et au Mali.

Dans le domaine de la santé, Sonatel a inauguré la première « Oasis » à Ando, dans le département de Podor, combinant maternité, école et centre numérique. En Guinée, des milliers de femmes ont été prises en charge dans le cadre d’initiatives sanitaires, tandis qu’en Sierra Leone, le groupe soutient l’éducation des enfants les plus défavorisés.

Sonatel place également le développement durable au cœur de ses priorités, avec un objectif de 50 % d’énergie renouvelable d’ici fin 2025. À ce jour, plus de 100 000 ménages bénéficient de solutions solaires via Orange Énergie, 12 220 box internet ont été reconditionnés, et des campagnes de nettoyage et de recyclage ont été menées dans plusieurs pays.

Enfin, l’engagement en faveur de l’inclusion sociale reste constant, avec près de 2 000 kits alimentaires distribués aux familles vulnérables et 150 kits solaires remis à des daaras pendant le mois de Ramadan. En Guinée, près de 1 800 femmes handicapées ont bénéficié d’un accompagnement ciblé.

Pour le second semestre 2025, Sonatel entend poursuivre sur cette lancée. L’accent sera mis sur le renforcement de l’innovation technologique, l’extension du réseau, l’optimisation opérationnelle et l’amplification des actions RSE. Le groupe ambitionne ainsi de continuer à jouer un rôle central dans la transformation numérique inclusive et durable de l’Afrique de l’Ouest, en phase avec les priorités des politiques publiques de la région.

hiffres clés du Groupe Sonatel – 1er semestre 2025

Sonatel en forte croissance : un chiffre d’affaires de 960,2 milliards FCFA réalisé au premier semestre 2025

Carte de séjour pour les Mauritaniens : Tahirou Sarr dénonce une « posture populiste » et exige l’application équitable des lois

Le député Tahirou Sarr s’est prononcé sur le nouvel accord bilatéral signé entre le Sénégal et la Mauritanie, qui instaure une carte de séjour obligatoire pour les ressortissants mauritaniens souhaitant s’installer au Sénégal au-delà de trois mois.
Le président du parti Les Nationalistes estime qu’il s’agit davantage d’une « posture populiste » que d’une véritable politique migratoire cohérente et réfléchie. Selon lui, le Sénégal reste silencieux face à la présence de centaines de milliers, voire de millions d’étrangers vivant sur son territoire sans titre de séjour.
Tahirou Sarr appelle ainsi à une application rigoureuse et équitable des lois. Il exhorte également l’État à assurer la protection des Sénégalais établis à l’étranger, dans le respect de la réciprocité.

Depuis de nombreuses années, je demande l’application rigoureuse de la loi 71-10 du 25 janvier 1971 relative aux conditions d’admission, de séjour et d’établissement des étrangers au Sénégal. Cette législation, en vigueur depuis plus d’un demi-siècle, impose les mêmes obligations à tous les étrangers désireux de s’installer sur notre sol. Il faut l’appliquer sans exception.

Nous prenons acte de l’accord que le gouvernement vient de signer avec la Mauritanie pour encadrer le séjour des Mauritaniens au Sénégal et des Sénégalais en Mauritanie. Il est nécessaire de le préciser explicitement : cet accord, au-delà de sa présentation diplomatique, représente principalement une réaction à la politique de la Mauritanie et aux expulsions inacceptables de nos compatriotes.

Il s’agit plutôt d’une attitude populiste qu’une véritable politique migratoire bien pensée, car pendant que nous nous empressons de régulariser quelques milliers de Mauritaniens, nous restons muets face à des centaines de milliers voire des millions d’autres étrangers résidant au Sénégal sans titre de séjour, alors que leurs pays d’origine l’exigent pour nos concitoyens.

Je tiens à le rappeler clairement : la Réciprocité n’est pas un gage de Souveraineté. Un pays qui se respecte doit établir ses propres chartes, ses propres règles et sa propre stratégie politique, plutôt que de simplement reproduire ce que subissent ses citoyens ailleurs pour l’imposer sans discernement à ceux du pays en question. Une politique migratoire judicieuse ne consiste pas uniquement à identifier les étrangers: elle favorise également leur implication dans l’effort national, puisque tout étranger résidant sur notre territoire profite de notre sécurité, de nos hôpitaux, de nos établissements scolaires, de nos voies de circulation, de nos infrastructures et de notre aménagement urbain qu’il contribue parfois à saturer.

Ainsi, le titre de séjour sert également d’instrument économique et de justice contributive. Ma position est simple et constante : indépendamment de tout accord bilatéral, la Loi 71-10 doit être appliquée par le gouvernement à tous les étrangers sans distinction de nationalité. Quiconque séjourne plus de 90 jours au Sénégal doit être en règle, point final. En tant que Député, Président du parti JëL Liñu Moom/Les Nationalistes, je continuerai à rappeler que la dignité des Sénégalais ne se négocie pas. Nous exigeons que nos lois soient appliquées intégralement et que l’État protège nos compatriotes partout dans le monde, au-delà des effets d’annonce et des accords qui flattent mais ne règlent rien sur le fond.

Tahirou Sarr
Député, Président du parti JëL Liñu Moom/Les Nationalistes

Babacar Gaye tire la sonnette d’alarme : « Le Sénégal entre dans l’ère du Parti-État »

Dans une tribune au ton grave et sans équivoque, l’ancien ministre d’État et ex-porte-parole du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), Babacar Gaye, alerte sur ce qu’il qualifie de dérive vers un régime de Parti-État au Sénégal. Loin d’être une simple critique de circonstance, son analyse se veut un avertissement argumenté contre ce qu’il voit comme une dangereuse confusion entre les organes de l’État et le parti au pouvoir, le PASTEF.

Selon Babacar Gaye, les actes posés ces dernières semaines par les plus hautes autorités du pays trahissent une volonté de faire primer l’idéologie partisane sur les principes démocratiques de séparation des pouvoirs et de pluralisme politique. Pour illustrer son propos, l’ancien député libéral revient sur la récente visite au Sénégal du Président de l’Assemblée nationale populaire du Vietnam, Trần Thanh Mẫn, accompagné d’une importante délégation gouvernementale. Une visite qualifiée de « visite d’État » malgré son caractère purement parlementaire en apparence, avec des accords signés conjointement par l’exécutif et le législatif sénégalais.

Pour Babacar Gaye, cette réception grandiose témoigne de l’intérêt manifeste du nouveau pouvoir pour les modèles politiques à parti unique ou fortement centralisés, comme le Vietnam, la Chine, le Mali ou encore le Burkina Faso. Des régimes où les libertés fondamentales sont limitées et où le parti dirigeant concentre tous les leviers du pouvoir. Il y voit une diplomatie orientée non vers la consolidation démocratique, mais vers des alliances idéologiques avec des systèmes autoritaires, marqués par la fusion entre parti, État et institutions.

Dans son développement, Babacar Gaye rappelle que le Vietnam, cité en exemple par le camp au pouvoir, est une république socialiste dirigée exclusivement par le Parti communiste vietnamien, conformément à l’article 4 de sa Constitution. Tous les organes exécutifs et législatifs en dépendent, et c’est cette structure, selon lui, qui inspire aujourd’hui certains discours au sein du PASTEF.

L’ancien porte-parole du PDS voit dans cette orientation diplomatique une stratégie cohérente avec les récentes sorties de Ousmane Sonko, Premier ministre et leader du PASTEF, qui a évoqué sans ambiguïté l’idée d’un Parti-État, lors d’un événement de son parti au King Fahd Palace. Des propos depuis relayés par plusieurs cadres du parti présidentiel, alimentant les inquiétudes d’une frange de l’opinion sur une volonté assumée de mise sous tutelle de l’administration, de la justice et de la presse.

Babacar Gaye décrit le Parti-État comme un système où le parti au pouvoir monopolise l’espace public, confond les institutions avec son appareil partisan et exige une loyauté à ses idéaux, au détriment des principes de neutralité et de compétence dans la gestion publique. Il évoque également la tentation d’utiliser la justice et les forces de sécurité à des fins partisanes, un glissement, selon lui, déjà amorcé.

Faisant référence à Mamadou Dia, une figure historique régulièrement citée par les responsables de Pastef comme source d’inspiration, Babacar Gaye rappelle que ce dernier prônait la primauté du parti sur l’État, un concept aujourd’hui en totale contradiction avec l’idéal démocratique que le Sénégal a tenté de bâtir depuis des décennies. L’ancien ministre estime que la résurgence de cette doctrine pose un véritable danger pour l’équilibre républicain du pays.

Pour conclure, il appelle à une vigilance citoyenne accrue. À travers cette tribune, Babacar Gaye invite les Sénégalais à ne pas se laisser séduire par des rhétoriques révolutionnaires qui dissimulent, selon lui, une volonté de verrouiller l’espace politique. Sa sortie relance ainsi le débat sur la nature du projet politique porté par le duo Diomaye–Sonko, et sur les risques de dérive autoritaire dans un pays longtemps considéré comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest.

Marche à Ourossogui : Responsables politiques, amis, proches et sympathisants, unis pour un seul mot d’ordre — « La libération de Farba Ngom »

Une foule impressionnante s’est mobilisée ce samedi 26 juillet 2025 dans les rues de Ourossogui pour exiger la libération du député-maire des Agnam, Farba Ngom, en détention depuis le 27 février dernier. Répondant à l’appel du Comité de résistance populaire, des milliers de personnes sont descendues dans les rues, dans une ambiance à la fois déterminée et pacifique, témoignant de l’enracinement local et régional de l’homme politique.

Le cortège s’est ébranlé depuis la Banque BOA, traversant la Poste, puis longeant la Pharmacie El Hadji Oumar Tall pour finalement s’arrêter au rond-point Carrefour, point d’orgue de la manifestation. Les marcheurs, vêtus majoritairement de t-shirts rouges à l’effigie de Farba Ngom, scandaient des slogans appelant à la fin de ce qu’ils qualifient d’injustice.

La mobilisation a été marquée par la présence de nombreuses figures politiques de premier plan. Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale, Augustin Tine, ancien ministre d’État, Me Moussa Bocar Thiam, maire de Ourossogui, Racky Diallo, députée à l’Assemblée nationale, et Mamadou Mory Diaw, maire de Matam, ont tous répondu présents à l’appel. Ils étaient accompagnés de plusieurs responsables locaux et régionaux de l’Alliance pour la République (APR), venus des quatre coins du Fouta pour exprimer leur solidarité.

Dans les prises de parole qui ont suivi, les intervenants ont unanimement insisté sur l’état de santé préoccupant de Farba Ngom. « Tout le monde sait qu’il est malade. Un rapport médical est là pour le prouver. Il n’a rien à faire en prison », a martelé Me Moussa Bocar Thiam, appelant les autorités judiciaires à prendre leurs responsabilités.

Au-delà de la solidarité politique, les orateurs ont souligné une urgence humanitaire. « Il ne s’agit pas d’un privilège politique, mais d’un impératif médical et moral », a renchéri Racky Diallo, avant de lancer un appel solennel au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko, pour qu’ils interviennent afin d’éviter un drame.

La marche de Ourossogui, hautement symbolique, intervient dans un climat politique tendu où plusieurs figures de l’ancien régime sont sous le coup de poursuites judiciaires. Pour les manifestants, il ne s’agit pas de remettre en cause l’indépendance de la justice, mais de plaider pour une lecture humaine et équilibrée de la loi. Farba Ngom, selon eux, incarne aujourd’hui un symbole de cette bataille entre justice et compassion.

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