Situation des femmes détenues au camp pénal : un appel urgent à l’État pour une prise en charge humaine et responsable

Une conférence de presse a été organisée récemment pour attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur la situation préoccupante des femmes détenues au camp pénal, une réalité souvent méconnue, mais qui nécessite une intervention urgente, humaine et responsable de l’État. L’initiative, portée par Gaindé Macky, a réuni médias et partenaires de la société civile, dans le but de dénoncer les conditions de détention et de plaider pour le respect des droits fondamentaux des détenues.

L’une des préoccupations majeures soulevées par Gaindé Macky concerne le cas de madame Mabintou Diaby, épouse de Madiambal. Selon l’organisation, sa détention pose de sérieuses questions au regard de ses droits fondamentaux. Gaindé Macky a demandé sa libération, soulignant que la privation de liberté ne doit jamais être arbitraire ou disproportionnée et que la justice doit rester équitable, humaine et respectueuse de la dignité de chaque citoyenne.

Au-delà de ce cas spécifique, la conférence a mis en lumière les difficultés propres aux femmes incarcérées. Ces dernières font face à des conditions de vie extrêmement difficiles, caractérisées par un manque de soins médicaux adaptés, une hygiène insuffisante et une précarité sanitaire constante. La séparation d’avec leurs enfants et leurs familles constitue également une source de souffrance supplémentaire. Selon les intervenants, la prison ne devrait pas être un lieu de souffrance accrue, mais un espace où les droits humains sont respectés, en particulier pour les femmes, souvent plus vulnérables face aux rigueurs du système carcéral.

La question de la détention préventive prolongée a également été pointée du doigt. De nombreuses femmes sont détenues depuis plusieurs années sans avoir été jugées, une situation qui constitue une violation grave des droits humains et contribue à la surpopulation des établissements pénitentiaires. Gaindé Macky a appelé à une accélération des procédures judiciaires et à un examen urgent des dossiers des détenues afin de remédier à cette situation injuste.

Un autre aspect préoccupant souligné lors de la conférence concerne les mineurs détenus avec des adultes. Cette pratique est jugée inacceptable par l’organisation, qui exhorte l’État à créer des établissements pénitentiaires spécifiquement réservés aux mineurs. Ces structures devraient être axées sur la rééducation, la protection et la réinsertion, conformément aux conventions internationales ratifiées par le Sénégal.

En conclusion, Gaindé Macky a lancé un appel pressant aux autorités, aux institutions judiciaires et aux partenaires nationaux et internationaux pour que des mesures concrètes soient mises en œuvre afin d’améliorer la situation des femmes détenues et des mineurs au camp pénal. Les intervenants ont rappelé que le respect des droits humains constitue un pilier fondamental de toute société juste et démocratique, et que leur application est indispensable pour renforcer la confiance des citoyens dans le système judiciaire.

Révision du procès Sonko – MMN : « Une révision inédite pour corriger une erreur judiciaire », plaident les avocats du Premier ministre

La demande de révision du procès ayant opposé Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang en 2023 est désormais au cœur de l’actualité judiciaire sénégalaise. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, Me Ciré Clédor Ly, avocat du Premier ministre, a défendu avec force ce recours exceptionnel, qu’il présente comme le moyen légitime de corriger ce qu’il considère comme une injustice historique.

« Demander la révision du procès, c’est un droit. Un droit non seulement pour le citoyen Ousmane Sonko, mais pour tous ceux qui sont épris de vérité et de justice », a-t-il déclaré. Pour l’avocat, cette procédure ne se limite pas à un simple recours technique. Elle constitue « le seul moyen offert à une victime d’une erreur judiciaire pour remettre en cause l’autorité de la chose jugée et obtenir l’annulation d’une condamnation devenue définitive ». L’objectif, a insisté Me Ly, est clair : rétablir la vérité et corriger une condamnation injuste.

Cette démarche, qualifiée de « voie de recours extraordinaire », ne se limite pas au cas personnel d’Ousmane Sonko. « Elle est ouverte, même pour des personnes décédées. Que tout le monde le sache. C’est un droit fondamental », a-t-il martelé, soulignant la dimension universelle et symbolique de cette procédure.

Le point central de cette révision repose sur l’apparition d’un élément nouveau majeur : le rapport du PRODAC, dont l’existence avait été contestée lors du procès initial et qui n’est réapparu que récemment, depuis que Sonko occupe la fonction de Premier ministre. Selon Me Ly, ce document pourrait bouleverser l’appréciation juridique des faits et constitue la base légale de la demande de révision.

L’avocat n’a pas hésité à dénoncer avec virulence les conditions dans lesquelles le procès initial s’est déroulé. Il a décrit une série de violations graves des droits de la défense et du droit à un procès équitable. « Pour une affaire privée, pour diffamation et injure publique, et pour un mensonge d’État, avec un faux réquisitoire pris de sa propre initiative par un procureur de la République, rien que pour obtenir une lourde peine, le droit a été bafoué », a-t-il déclaré. Me Ly a rappelé des pratiques qu’il qualifie de « comparutions forcées, manu militari, attentats à la vie de son client, voies de recours abusives de la partie civile et du procureur de la République, et décisions violant les droits de la défense ». Il a également souligné les irrégularités procédurales, comme la programmation du dossier alors que les délais d’appel n’avaient pas été épuisés.

Répondant à une question qui revient régulièrement dans le débat public, l’avocat a clarifié la situation juridique d’Ousmane Sonko : « Le citoyen Ousmane Sonko est bien électeur et éligible aujourd’hui, et le sera tant qu’il lui restera un souffle de vie. Tout débat autour de cette question est donc sans intérêt. »

La demande de révision a été officiellement saisie par la garde des Sceaux Yacine Fall auprès de la Cour suprême. Si elle aboutit, ce sera une première dans l’histoire judiciaire du Sénégal et cela pourrait effacer définitivement la condamnation qui avait écarté Sonko de la présidentielle de 2024. « Le procès en révision d’Ousmane Sonko contre Mame Mbaye Niang et le ministère public sera initié », a conclu Me Ciré Clédor Ly, laissant entrevoir un nouveau chapitre judiciaire dans cette affaire qui a profondément marqué la vie politique nationale.

Prestation de serment : Abdoulaye Ba aux nouveaux membres de l’OFNAC : « Vous n’avez pas le droit d’échouer »

La Cour d’appel de Dakar a vécu ce lundi un moment de grande solennité avec la prestation de serment des douze nouveaux membres de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). La cérémonie, riche en symboles et en émotion, a été l’occasion de rappeler l’importance cruciale de l’intégrité et de l’efficacité dans la lutte contre un fléau qui continue de peser sur le Sénégal.

Présidée par Abdoulaye Ba, Premier président de la Cour d’appel de Dakar, en présence du Procureur général Mbacké Fall et du bâtonnier Me Aly Fall, la séance a officiellement marqué l’entrée en fonction de ces nouveaux responsables chargés de garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques. Pour le Premier président, la prestation de serment ne se limite pas à une formalité protocolaire. Selon Me Abdoulaye Ba, il s’agit avant tout d’un engagement sacré envers la nation et ses citoyens. Il a rappelé le cadre législatif régissant l’OFNAC, notamment l’article 13-6 de la loi créatrice de l’organe et la loi 2025-12 du 03 septembre 2025, ainsi que les engagements internationaux du Sénégal, à travers la Convention de Mérida et les instruments de l’Union Africaine.

Au cours de son allocution, Abdoulaye Ba a insisté sur la responsabilité immense qui repose désormais sur les épaules de ces membres : « En prêtant serment, vous affirmez votre volonté d’exercer en toute circonstance vos fonctions avec indépendance, impartialité, loyauté et discrétion. » Il a souligné que la mission qui leur est confiée dépasse la simple application de la loi : elle consiste à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions et à s’assurer que les deniers publics sont gérés avec probité.

La diversité et l’expertise des nouveaux membres ont également été mises en avant. La sélection, rigoureuse et basée sur un appel à candidatures, a permis de constituer un collège composé de magistrats, de professeurs agrégés, d’administrateurs civils, d’experts en suivi-évaluation et de représentants de la société civile. Fort de cette richesse de profils, le Premier président de la Cour n’a laissé aucun doute sur ses attentes : « Vous n’avez pas le droit d’échouer. » Il a encouragé les nouveaux promus à s’appuyer sur l’excellence, la sagesse et l’expérience pour remplir pleinement leur mission de prévention et de lutte contre la corruption, tout en respectant la présomption d’innocence.

Le Procureur général Mbacké Fall a, pour sa part, dressé un bilan lucide de la lutte contre la prévarication des ressources publiques. S’il a reconnu la volonté politique affichée depuis plus d’une décennie, il a souligné que les résultats restent insuffisants face à l’ampleur de l’enrichissement illicite et de la corruption dans le pays. Selon lui, le maillon faible du système réside dans l’absence d’un suivi et d’une évaluation rigoureux des politiques publiques. Il a rappelé que la prévention constitue la mission prioritaire de l’OFNAC, conformément à l’article 3-1 de la loi, tandis que la répression doit être exercée avec vigilance, notamment pour éviter le favoritisme et les pratiques de saucissonnage dans l’attribution des marchés publics. Le Procureur a également mis en avant le rôle de l’OFNAC dans la recommandation de réformes législatives, une prérogative essentielle pour renforcer l’efficacité institutionnelle.

La cérémonie a atteint son apogée lors de l’acte solennel de prestation de serment. Main droite levée, les douze membres ont juré d’exercer leurs fonctions avec indépendance, impartialité et loyauté, tout en respectant le secret des délibérations. Cette entrée officielle en fonction marque pour eux le début d’une mission lourde de responsabilités : restaurer la confiance des citoyens, prévenir les dérives et assurer une gestion transparente des ressources publiques.

En sortant de la salle d’audience, il était clair que l’OFNAC, avec ces nouveaux membres, entend incarner un véritable rempart contre la corruption et devenir un acteur incontournable de la transparence au Sénégal. La nation, quant à elle, observe avec espoir et exigence.

Affaire Softcare : l’entreprise dénonce des « diffamations » et appelle à attendre les conclusions de l’enquête

Au cœur d’une vive polémique liée à des accusations de fabrication de produits à base de matières premières périmées, l’entreprise Softcare est sortie de son silence. Dans un communiqué rendu public ce lundi 22 décembre 2025, la société rejette catégoriquement les allégations circulant à son encontre et dénonce ce qu’elle qualifie de « diffamations, dénonciations calomnieuses et rumeurs infondées », largement relayées, selon elle, sur les réseaux sociaux.

Alors que l’affaire suscite une forte émotion au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la nature sensible des produits incriminés — serviettes hygiéniques et couches pour bébés — Softcare affirme que des informations erronées sont diffusées, risquant d’induire le public en erreur. L’entreprise prévient ainsi qu’elle se réserve le droit d’engager toutes les poursuites judiciaires nécessaires afin de défendre ses intérêts et préserver son image.

Dans son communiqué transmis à PressAfrik, la direction de Softcare insiste sur le caractère non établi des accusations et appelle à la prudence. Elle estime que le débat public autour de cette affaire est marqué par des extrapolations et des jugements hâtifs, en l’absence de conclusions officielles des autorités compétentes. À ce titre, la société affirme faire pleinement confiance au gouvernement sénégalais ainsi qu’au groupe d’enquête conjoint mis en place pour faire la lumière sur cette affaire.

Softcare invite par ailleurs les consommateurs et l’ensemble de la population à attendre sereinement les résultats de l’enquête en cours et à s’en remettre exclusivement aux conclusions finales qui seront rendues par les services habilités. Pour l’entreprise, seule une investigation rigoureuse et objective permettra d’établir les faits et de situer les responsabilités, loin de toute pression médiatique ou spéculation.

Soucieuse de rappeler son poids économique et social, la société met également en avant sa contribution à l’emploi au Sénégal. Elle revendique plus de 500 emplois directs et des milliers d’emplois indirects, soulignant que ses activités constituent une source de revenus pour de nombreuses familles. Cet argument vise à montrer, selon elle, que Softcare n’a aucun intérêt à compromettre la santé des consommateurs ni à mettre en péril la confiance bâtie depuis son implantation dans le pays.

Enfin, l’entreprise réaffirme placer la sécurité et la satisfaction des consommateurs au cœur de ses priorités. Elle assure que ses processus de production répondent aux normes en vigueur et que la qualité de ses produits a toujours été une exigence centrale de sa politique industrielle. Dans ce contexte de tensions et de suspicions, Softcare se dit déterminée à coopérer avec les autorités tout en se tenant prête à défendre sa réputation par les voies légales si nécessaire.

Alors que l’affaire continue de susciter des réactions au sein de la société civile, des syndicats et des associations de consommateurs, l’issue des enquêtes annoncées est désormais très attendue. Elle devrait permettre de clarifier les responsabilités, d’apaiser le climat et, le cas échéant, de tirer toutes les conséquences de droit.

Affaire Soya Diagne : le parquet fait appel et maintient le journaliste en détention

Le feuilleton judiciaire autour de Soya Diagne connaît un nouveau rebondissement. Alors que le juge d’instruction avait ordonné, mercredi dernier, la mise en liberté provisoire du patron du site LeDakarois221, assortie d’un placement sous bracelet électronique, le procureur de la République près le tribunal de Dakar, Ibrahima Ndoye, a décidé de faire appel de cette décision. Une initiative qui suspend automatiquement l’exécution de l’ordonnance et maintient, de fait, Soya Diagne en détention.

Selon les informations rapportées par le journaliste Bachir Fofana, l’appel du parquet vise à contester l’appréciation du juge d’instruction, qui avait estimé que les conditions étaient réunies pour accorder une liberté provisoire sous surveillance électronique. En droit sénégalais, ce recours a un effet suspensif, ce qui signifie que la mesure de liberté provisoire ne peut être appliquée tant que la juridiction compétente n’a pas statué sur l’appel.

Pour rappel, Soya Diagne avait été inculpé et placé en détention dans le cadre d’un dossier qui continue de susciter de nombreuses réactions, notamment dans les milieux médiatiques et sur les réseaux sociaux. La décision initiale du juge d’instruction, favorable à une libération sous bracelet électronique, avait été perçue par certains comme un signal d’apaisement, voire une reconnaissance de garanties suffisantes de représentation et de contrôle judiciaire.

Cependant, en interjetant appel, le procureur de la République marque sa volonté de voir la situation réexaminée par la chambre d’accusation. Cette démarche traduit la position ferme du parquet, qui estime, à ce stade de la procédure, que les conditions d’une mise en liberté, même encadrée, ne sont pas réunies ou que les intérêts de l’enquête justifient le maintien en détention.

Du côté de la défense, cette évolution est vécue comme un nouveau coup dur. Les avocats de Soya Diagne espéraient voir leur client quitter la prison sous surveillance électronique, dans l’attente de la suite de la procédure. Ils pourraient désormais concentrer leurs efforts sur la contestation de l’appel du parquet et sur la démonstration que toutes les garanties légales sont réunies pour une liberté provisoire.

En attendant la décision de la juridiction d’appel, Soya Diagne reste donc incarcéré. L’affaire, suivie de près par l’opinion publique, relance une fois de plus le débat sur la détention provisoire, la liberté de la presse et l’équilibre entre les impératifs de la justice et les droits fondamentaux des personnes poursuivies.

Affaire à suivre.

Affaire Softcare–ARP : SOS Consommateurs saisit la justice et l’OFNAC pour faire toute la lumière

L’affaire dite Softcare–Agence de régulation pharmaceutique (ARP) continue de susciter de vives inquiétudes et s’oriente désormais vers un bras de fer judiciaire. L’association SOS Consommateurs, par la voix de son président Me Massokhna Kane, a annoncé le dépôt de plaintes auprès du procureur de la République ainsi qu’auprès de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), afin que des enquêtes approfondies soient ouvertes sur ce dossier aux ramifications potentiellement graves.

S’exprimant sur les ondes de Sud FM, l’avocat a justifié cette démarche par la gravité des faits révélés ces dernières semaines, notamment à la suite des déclarations d’un inspecteur pharmacien assermenté. Selon Me Massokhna Kane, les éléments portés à la connaissance du public ne peuvent plus être traités comme de simples dysfonctionnements administratifs, mais relèvent désormais du pénal.

« Avec les déclarations extrêmement graves qui ont été faites, nous avons décidé d’aller au-delà des premières démarches. En plus des plaintes déjà déposées auprès des procureurs de Mbour et de Thiès, nous allons saisir l’OFNAC pour permettre une enquête beaucoup plus poussée », a-t-il affirmé.

Le président de SOS Consommateurs rappelle que son organisation avait, dans un premier temps, alerté les autorités administratives compétentes, notamment le ministère du Commerce. Toutefois, face à l’ampleur présumée des faits, l’association estime qu’une enquête judiciaire indépendante est aujourd’hui indispensable pour situer toutes les responsabilités.

Au cœur de cette affaire figurent de lourdes accusations portant sur la fabrication et la mise sur le marché de produits pharmaceutiques à partir de matières premières périmées. Une situation que Me Kane juge particulièrement alarmante, évoquant un risque sanitaire majeur pour les populations. « Quand une société pharmaceutique, pendant près de deux ans, fabrique des produits avec des matières premières périmées, le préjudice est immense. On est clairement face à une mise en danger manifeste de la vie des citoyens », a-t-il dénoncé.

Pour SOS Consommateurs, cette affaire ne saurait se limiter à des sanctions disciplinaires ou administratives. L’organisation exige que toute la lumière soit faite, aussi bien sur les pratiques de l’entreprise mise en cause que sur le rôle éventuel de certains agents ou responsables au sein de l’ARP. La saisine de l’OFNAC vise précisément à examiner d’éventuels faits de corruption, de complaisance ou de manquements graves à l’éthique publique.

« Lorsqu’on parle de corruption à un niveau aussi sérieux, impliquant un secteur aussi sensible que celui du médicament, il est impératif que toutes les conséquences de droit soient tirées », a insisté Me Massokhna Kane, appelant les autorités judiciaires à agir avec diligence et fermeté.

Cette initiative de SOS Consommateurs intervient dans un climat déjà tendu au sein de l’Agence de régulation pharmaceutique, marqué notamment par le déclenchement d’une grève de 72 heures par la section SAMES-ARP, qui réclame elle aussi la vérité sur l’affaire Softcare. Autant d’éléments qui traduisent la profondeur de la crise et la nécessité, pour les pouvoirs publics, d’apporter des réponses claires, crédibles et transparentes.

La section SAMES-ARP déclenche une grève de 72 heures pour exiger toute la lumière sur l’affaire Softcare

La tension monte à l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP). Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), à travers sa section ARP, a annoncé le déclenchement d’une grève de 72 heures à compter de ce mardi. Le mot d’ordre est clair : obtenir un règlement définitif de la crise interne qui secoue la structure, avec en ligne de mire l’affaire dite Softcare, au cœur des préoccupations syndicales.

Joint sur les ondes de Sud FM, le secrétaire général de la section SAMES-ARP, le docteur Yankoba Coly, a fait savoir que cette cessation de travail constitue une réponse directe à ce qu’il considère comme un manque de transparence et de diligence des autorités face à un dossier jugé sensible. Selon lui, la reprise du travail reste conditionnée à l’ouverture d’une enquête approfondie et indépendante afin d’établir les faits et de situer clairement les responsabilités.

« Tant que les autorités ne viendront pas ici diligenter une enquête sérieuse, nous n’allons pas reprendre le travail », a martelé Dr Coly, précisant que la grève s’étendra sur trois jours, mardi, mercredi et vendredi, et qu’elle pourrait être reconduite si aucune avancée notable n’est enregistrée.

Le responsable syndical estime qu’une enquête exhaustive est indispensable pour faire toute la lumière sur l’affaire Softcare, qui continue d’alimenter les inquiétudes au sein du personnel de l’Agence. À ses yeux, il ne s’agit pas seulement d’éclaircir des faits, mais aussi d’identifier l’ensemble des acteurs impliqués, de près ou de loin, afin que les responsabilités soient établies sans complaisance.

Dr Yankoba Coly a rappelé qu’une mission d’inspection du ministère de tutelle s’est déjà rendue à l’ARP pour évaluer la situation. Toutefois, il déplore l’absence de communication officielle sur les conclusions de cette mission, un silence que le syndicat considère comme préjudiciable au climat de confiance au sein de l’institution.

« Il faut aller au bout de l’enquête pour que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient clairement établies », a insisté le secrétaire général de la section SAMES-ARP, soulignant que les travailleurs refusent de reprendre leurs activités tant que la vérité n’aura pas été dite.

Cette grève intervient dans un contexte déjà tendu pour l’Agence de régulation pharmaceutique, dont le rôle est crucial dans le contrôle et la sécurité des produits pharmaceutiques au Sénégal. La mobilisation du personnel syndiqué pourrait ainsi avoir des répercussions sur le fonctionnement de la structure, alors que les regards sont désormais tournés vers les autorités, appelées à réagir pour désamorcer la crise.

Lutte contre l’orpaillage clandestin : un site démantelé à Kédougou, seize personnes interpellées

Les forces de défense et de sécurité poursuivent leur offensive contre l’orpaillage clandestin dans l’est du Sénégal. Une nouvelle opération d’envergure a été menée avec succès dans la région de Kédougou, où les éléments du Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention numéro 2 (Garsi 2) ont procédé, le jeudi 19 décembre 2025, au démantèlement d’un site illégal d’exploitation aurifère dans le village de Gamba Gamba, situé dans le département de Saraya.

L’intervention, conduite entre 11 heures et 15 heures, s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de sécurisation des zones minières et de lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles. Selon des sources sécuritaires, l’opération a été déclenchée à la suite de renseignements faisant état d’activités d’orpaillage clandestin intenses dans cette localité frontalière, régulièrement confrontée à des flux incontrôlés de chercheurs d’or.

Sur le terrain, les éléments du Garsi 2 ont surpris plusieurs individus en pleine activité d’extraction aurifère. Au total, seize (16) personnes ont été interpellées pour leur implication présumée dans ces activités illégales. Les suspects, dont l’identité et la nationalité n’ont pas encore été officiellement précisées, devraient être présentés aux autorités judiciaires compétentes pour les besoins de l’enquête.

L’opération a également permis la saisie d’un important lot de matériel servant à l’exploitation clandestine de l’or. Les forces de sécurité ont récupéré dix (10) groupes électrogènes, dix (10) marteaux-piqueurs, neuf (09) tricycles communément appelés « piki paka », six (06) motos ainsi que sept (07) téléphones portables. Ce matériel, souvent introduit illégalement dans les zones aurifères, constitue l’ossature logistique des réseaux d’orpaillage clandestin.

Par ailleurs, quatre (04) machines lourdes utilisées pour l’exploitation aurifère ont été détruites sur place, conformément aux procédures en vigueur, afin d’empêcher toute reprise immédiate des activités illicites sur le site démantelé. Une mesure dissuasive qui témoigne de la fermeté des autorités face à un phénomène aux conséquences multiples.

L’orpaillage clandestin représente en effet une menace sérieuse, tant sur le plan environnemental que sécuritaire. Il entraîne la dégradation des sols, la pollution des cours d’eau par l’usage de substances toxiques, mais favorise également l’insécurité, les conflits communautaires et les circuits criminels transfrontaliers.

À travers cette nouvelle opération, les forces de défense et de sécurité réaffirment leur détermination à reprendre le contrôle des zones aurifères et à mettre fin aux pratiques illégales qui échappent à toute réglementation. Les autorités assurent que la surveillance sera renforcée dans la région de Kédougou, avec la poursuite d’opérations similaires pour préserver les ressources minières nationales et garantir la sécurité des populations riveraines.

Trafic de drogue : plus de 150 kg de chanvre saisis à Yenne, un vaste réseau démantelé à Tivaouane Peulh

La Gendarmerie nationale vient de porter un coup dur aux réseaux de trafic de drogue opérant dans la région de Dakar. En l’espace de quelques jours, plusieurs opérations coordonnées ont permis la saisie de plus de 150 kilogrammes de chanvre indien à Yenne, l’interpellation de dealers en possession de drogues de synthèse, ainsi que le démantèlement d’un réseau structuré à Tivaouane Peulh. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre de l’exécution du plan de lutte contre le trafic de stupéfiants déployé par la Légion de Gendarmerie de Dakar.

La première opération s’est déroulée dans la nuit du lundi 22 décembre 2025, aux environs de 4 h 30 du matin, au niveau du croisement de Yenne Todd. Les éléments de la Brigade de Yenne, en poste lors d’un contrôle routier de routine, ont intercepté deux véhicules jugés suspects. À la vue du dispositif de sécurité, l’un des véhicules a immédiatement pris la fuite, tandis que le second a tenté de forcer le passage en fonçant sur les gendarmes.

Une course-poursuite s’est alors engagée sur plusieurs mètres, avant que les occupants du véhicule poursuivi n’abandonnent leur moyen de transport pour se volatiliser dans la nature. La fouille minutieuse du véhicule abandonné a permis aux gendarmes de découvrir une importante cargaison de drogue. Pas moins de cent cinquante (150) kilogrammes de chanvre indien étaient soigneusement dissimulés dans le coffre, confirmant l’ampleur de l’opération criminelle en préparation.

Le même jour, une autre intervention menée par la Brigade territoriale de la Foire, avec l’appui d’un escadron de la Légion de Gendarmerie d’Intervention (LGI), a permis l’interpellation d’un individu pris en flagrant délit de vente de stupéfiants. Cette arrestation est intervenue lors d’une patrouille de sécurisation. Le suspect était en possession de deux cent cinquante-cinq (255) comprimés d’ecstasy, une drogue de synthèse de plus en plus répandue, notamment chez les jeunes.

Dans la continuité de cette offensive, la Brigade de proximité de Tivaouane Peulh est entrée en action le dimanche 21 décembre 2025, à la suite de l’exploitation d’un renseignement jugé fiable. Cette opération ciblée a abouti au démantèlement d’un réseau de trafic de drogue bien organisé et à l’interpellation de neuf (09) individus soupçonnés d’être impliqués à différents niveaux de la chaîne de distribution.

À travers ces succès opérationnels, la Gendarmerie nationale réaffirme sa ferme détermination à lutter contre les trafics illicites sous toutes leurs formes. Elle assure que les opérations de sécurisation seront intensifiées sur l’ensemble du territoire et invite les populations à collaborer activement en signalant toute information susceptible de contribuer à la lutte contre le trafic de drogue, véritable fléau pour la sécurité et la santé publique.

Casamance : plus de 2,2 millions de mètres carrés déminés et près de 870 victimes recensées, selon le CNAMS

La lutte contre les mines antipersonnel en Casamance se poursuit, avec des avancées notables mais un lourd héritage humain. À l’occasion de la visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à Dar Salam, dans la commune de Nyassia, le Centre national d’actions antimines au Sénégal (CNAMS) a dressé un état des lieux détaillé des opérations de déminage menées dans le sud du pays depuis le début du processus.

Face au chef de l’État, le directeur du CNAMS, Pape Maguette Diop, a révélé que 2 221 073 mètres carrés de terres ont été officiellement déminés à ce jour en Casamance. Ces opérations ont permis de localiser et de détruire 527 engins explosifs, neutralisant ainsi des menaces qui pesaient depuis des décennies sur les populations civiles, les agriculteurs et les communautés rurales.

Ces actions s’inscrivent dans le cadre des engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention d’Ottawa, qui interdit l’usage, le stockage et la production des mines antipersonnel. Le pays se positionne ainsi comme un acteur engagé dans la lutte mondiale contre ces armes, tout en poursuivant un travail de terrain complexe et à haut risque.

Au-delà des chiffres, le bilan humain reste particulièrement préoccupant. Selon le CNAMS, près de 870 victimes de mines ont été recensées en Casamance depuis le début du conflit. Parmi elles, 186 civils bénéficient actuellement d’une prise en charge directe par le CNAMS, tandis que les autres blessés sont suivis par les services de santé de l’Armée nationale. Ces victimes, souvent mutilées à vie, incarnent la tragédie silencieuse laissée par des années de conflit armé et de contamination des sols.

Conscient des dangers persistants, l’État a également mis l’accent sur la prévention. Le directeur du CNAMS a indiqué que des campagnes d’éducation aux risques liés aux engins explosifs ont été menées dans 296 localités de la région. À ce jour, 52 085 personnes ont été sensibilisées aux dangers des mines et des restes explosifs de guerre. Par ailleurs, 234 acteurs communautaires ont été formés afin de servir de relais de sécurité et d’alerte au sein de leurs localités respectives.

Pape Maguette Diop a rappelé que, malgré les progrès enregistrés, le chantier du déminage reste inachevé et nécessite un engagement financier et politique constant. Il a également souligné la poursuite du plaidoyer international du Sénégal en faveur d’un monde débarrassé des mines antipersonnel.

La visite du président Bassirou Diomaye Faye à Dar Salam revêt ainsi une forte portée symbolique. Elle traduit la volonté des nouvelles autorités de parachever le processus de déminage et de permettre à la Casamance de retrouver définitivement la sécurité, la libre exploitation de ses terres et les conditions d’un développement économique et social durable. Pour les populations locales, longtemps prisonnières de la peur et de l’incertitude, la fin des mines représente bien plus qu’un enjeu sécuritaire : elle est la clé d’un retour à une vie normale dans la « verte Casamance ».

Paix en Casamance : « Je tends la main à mes frères et cousins pour rejoindre le processus qui est engagé », déclare le président Diomaye Faye

En pleine tournée économique en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un appel solennel et sans ambiguïté en faveur du retour définitif de la paix dans le sud du Sénégal. Ce dimanche matin, en visite à Dar Es Salam, dans la commune de Nyassia, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de consolider les acquis du processus de paix et d’y associer toutes les parties encore réticentes.

S’exprimant devant la maire de la commune, des autorités administratives et locales, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que la stabilité demeure la condition essentielle du développement durable de la Casamance. « La paix vaut tous les sacrifices, elle vaut tous les efforts », a-t-il affirmé, soulignant que le développement économique, social et infrastructurel de la région ne saurait se faire durablement sans la fin totale des violences.

Face aux témoignages recueillis auprès des populations locales, marqués par des décennies de souffrances, de déplacements forcés et de traumatismes, le Président a directement interpellé les éléments du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) encore en rébellion. Dans un ton à la fois ferme et conciliant, il a tendu la main aux combattants, les invitant à rejoindre la dynamique engagée par l’État avec certaines factions du mouvement.

« Je profite de cette prise de parole pour appeler tous mes frères et sœurs, pour ne pas dire mes cousins qui sont dans la rébellion, à rejoindre le processus de paix qui est engagé avec des factions avec lesquelles nous avons déjà des résultats encourageants », a déclaré Bassirou Diomaye Faye, réaffirmant sa volonté d’aboutir à une paix globale et inclusive.

Le chef de l’État a également insisté sur l’importance de la réconciliation nationale, au-delà du simple dépôt des armes. Selon lui, il est impératif de « travailler à la réconciliation des cœurs et des esprits », afin d’éviter que les divergences, politiques ou communautaires, ne dégénèrent à nouveau en conflits ouverts. Il a rappelé que les blessures laissées par des années de conflit armé sont profondes et nécessitent un effort collectif pour être refermées durablement.

Évoquant les lourds dégâts humains, psychologiques et matériels causés par cette crise prolongée, le Président a souligné l’urgence d’une paix définitive. « La Casamance a trop souffert, avec elle le Sénégal », a-t-il insisté, renouvelant son appel à ses « cousins, frères et sœurs » engagés dans la rébellion.

Bassirou Diomaye Faye a enfin assuré que l’État du Sénégal restera pleinement engagé pour accompagner toute volonté sincère de paix exprimée sur le terrain. Il a promis de répondre aux aspirations des populations casamançaises en faveur d’un désarmement total, mais aussi d’une réconciliation franche, durable et définitive, fondée sur la justice, la réparation et le développement inclusif de la région.

Crise financière : Momar Thiam appelle Diomaye à « réduire sa rémunération » en coupant « la poire en deux »

Face à la dégradation de la situation économique et sociale du Sénégal, l’expert en communication et ancien proche de l’ancien président Abdoulaye Wade, Momar Thiam, a lancé un appel fort au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche 21 décembre, il a exhorté le Président de la République à « faire preuve d’audace » en réduisant de moitié sa rémunération, dans un contexte marqué, selon lui, par des difficultés de plus en plus lourdes pour une grande partie de la population.

Pour Momar Thiam, l’ampleur de la crise financière actuelle impose des gestes forts et symboliques de la part des plus hautes autorités. Il estime que les efforts demandés aux citoyens pour redresser les finances publiques ne peuvent être crédibles que s’ils commencent « par le sommet de l’État ». À ses yeux, une baisse volontaire du salaire présidentiel enverrait un signal puissant de solidarité nationale, dans un pays où, rappelle-t-il, « beaucoup de Sénégalais ne mangent pas trois repas par jour ».

Dans cette logique, Momar Thiam considère que le Président de la République ne devrait pas être le seul concerné. Il appelle également le Premier ministre à consentir au même sacrifice, même s’il reconnaît que ce dernier a récemment annoncé consacrer ses rémunérations à l’indemnisation des victimes des événements politiques survenus entre 2021 et 2024. Pour l’expert, ces initiatives individuelles, bien que louables, gagneraient à être institutionnalisées afin de produire un impact plus large et plus durable.

S’agissant de l’Assemblée nationale, Momar Thiam propose une réforme plus radicale du régime de rémunération des députés. Il suggère de remplacer le salaire fixe par une indemnité de représentation strictement indexée sur la présence effective des élus aux travaux parlementaires. Selon lui, une telle mesure permettrait de lutter efficacement contre l’absentéisme souvent décrié au sein de l’hémicycle, tout en rationalisant les dépenses publiques liées au fonctionnement de l’institution.

Au-delà du pouvoir exécutif et du législatif, Momar Thiam plaide également pour une réduction des rémunérations au niveau des directions générales des sociétés publiques. Il estime que les salaires et avantages accordés à certains dirigeants d’entreprises publiques sont difficilement justifiables dans un contexte de tension budgétaire et de sacrifices demandés aux populations.

À travers cette sortie médiatique, Momar Thiam appelle ainsi à une nouvelle éthique de gouvernance fondée sur l’exemplarité, la sobriété et le partage de l’effort national. Pour lui, sans gestes forts et visibles de la part des dirigeants, les discours sur l’austérité et la mobilisation des ressources risquent de rester lettre morte auprès d’une population déjà éprouvée par la vie chère et la précarité croissante.

Crise du recrutement médical au Sénégal : le SAMES dénonce un système « déshumanisant » et alerte sur 2026

Réuni en congrès autour de la problématique cruciale des ressources humaines en santé, le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) a tiré la sonnette d’alarme sur l’état du système sanitaire national. À travers des échanges sans détour, les responsables syndicaux ont mis en lumière un paradoxe qu’ils jugent inacceptable : alors que les structures de santé manquent cruellement de personnel qualifié, de nombreux jeunes professionnels formés peinent à être recrutés et sombrent dans la précarité.

Pour le docteur Mamadou Demba Ndour, secrétaire général national sortant du SAMES, la situation a atteint un seuil critique. Il s’est indigné du manque de cohérence des politiques publiques en matière de recrutement médical, dans un contexte où les hôpitaux et centres de santé souffrent d’un déficit aigu de médecins spécialistes, de pharmaciens et de chirurgiens-dentistes. Dans le même temps, a-t-il dénoncé, des centaines de jeunes diplômés issus des facultés et des Unités de Formation et de Recherche (UFR) de santé restent sans emploi ou contraints d’accepter des conditions de travail indignes.

Selon lui, l’État semble avoir renoncé à une politique ambitieuse de recrutement, laissant prospérer un système marqué par des contrats précaires, déséquilibrés et « déshumanisants ». Une situation qui, estime-t-il, porte atteinte non seulement à la dignité des professionnels de santé, mais également à la qualité des soins offerts aux populations.

Le SAMES voit dans cette incohérence structurelle l’une des principales causes de la fuite massive des cerveaux vers l’étranger. De nombreux praticiens, découragés par l’absence de perspectives et la dégradation des conditions de travail, choisissent l’exil professionnel, privant ainsi le pays de compétences pourtant chèrement formées et indispensables à la prise en charge sanitaire des Sénégalais.

Le congrès a également été l’occasion pour le syndicat de dresser un bilan sévère de ses relations avec le gouvernement. Malgré la signature du pacte de stabilité sociale à travers sa centrale, la CNTS, le SAMES estime que les engagements pris par les autorités n’ont pas été respectés. Une situation vécue comme une véritable trahison par les responsables syndicaux, qui affirment avoir fait preuve de responsabilité dans l’intérêt de la paix sociale.

Très remonté, le docteur Mamadou Demba Ndour a averti que cette rupture de confiance ne resterait pas sans conséquences. Il a clairement annoncé que l’année 2026 s’annonce comme une période de forte mobilisation syndicale. Selon lui, les revendications du secteur de la santé seront portées avec détermination sur le terrain si aucune réponse concrète n’est apportée aux préoccupations exprimées.

Dans cette dynamique, Diabel Dramé, secrétaire général adjoint sortant et candidat déclaré à la succession de Mamadou Demba Ndour, a esquissé les grandes orientations de ce qui pourrait être son mandat. Il a insisté sur l’urgence de combler le déficit de personnel médical dans les hôpitaux et centres de santé sur l’ensemble du territoire national, notamment dans les zones les plus enclavées.

S’exprimant sur les ondes d’iRadio, il a également mis l’accent sur un enjeu souvent relégué au second plan : la gestion des carrières et la mobilité des agents de santé. Pour lui, le recrutement ne saurait être une solution suffisante sans une politique cohérente de gestion des ressources humaines, garantissant équité, motivation et stabilité professionnelle.

À travers ce congrès, le SAMES entend ainsi replacer la question des ressources humaines au cœur des priorités nationales, avertissant que sans une réforme profonde et sincère, le système de santé sénégalais court le risque d’une crise plus grave encore, aux conséquences directes sur l’accès aux soins pour les populations.

Casamance : le Président Bassirou Diomaye Faye lance un appel solennel à la paix depuis Dar Es Salam Chérif

En déplacement ce dimanche matin à Dar Es Salam Chérif, dans l’arrondissement de Niassya, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a posé un acte hautement symbolique en réaffirmant son engagement personnel en faveur d’une paix définitive en Casamance. Dans cette localité chargée d’histoire et de spiritualité, le chef de l’État a lancé un appel solennel aux groupes encore retranchés dans le maquis, les exhortant à déposer les armes et à rejoindre le processus de paix en cours.

S’adressant directement à ses « cousins », dans un ton empreint de fraternité et de responsabilité, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de tourner définitivement la page du conflit, après plus de quatre décennies de tensions armées. Il a souligné que le Sénégal est à un tournant décisif et que toutes les conditions sont désormais réunies pour parvenir à une réconciliation durable, fondée sur la confiance, le dialogue et le respect des engagements mutuels.

Le Président de la République a tenu à rassurer les populations et les acteurs du processus de paix sur la volonté ferme de l’État de respecter l’ensemble des engagements déjà pris. Il a réaffirmé que les autorités sénégalaises poursuivront sans relâche les efforts en vue de la signature d’accords de paix définitifs, permettant de garantir la stabilité, la sécurité et le retour à une vie normale pour les communautés longtemps éprouvées par le conflit.

Cette visite présidentielle a également été l’occasion pour les acteurs institutionnels impliqués dans la stabilisation de la Casamance d’exprimer leurs préoccupations. Le Comité national de gestion de l’action antimines au Sénégal (CNAMS) a ainsi attiré l’attention des autorités sur l’urgence de poursuivre les opérations de déminage humanitaire. Selon le comité, la sécurisation des zones encore contaminées par des engins explosifs demeure un préalable indispensable au retour des populations déplacées et à la reprise des activités économiques, notamment agricoles.

À ce titre, le CNAMS a appelé l’État à procéder rapidement au décaissement d’une enveloppe de 179 millions de francs CFA, jugée essentielle pour assurer la continuité des opérations de déminage. Un retard dans le financement pourrait, selon ses responsables, compromettre les progrès réalisés ces dernières années et exposer les populations civiles à des risques persistants.

Dans le même sillage, le Directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC) a plaidé pour le renforcement des actions inscrites dans le cadre du « Plan Diomaye ». Il a rappelé que ce programme constitue un pilier central de la stratégie gouvernementale visant à consolider la paix par le développement. Selon lui, la poursuite de ces initiatives est déterminante pour faciliter le retour progressif des déplacés dans leurs villages d’origine et pour accélérer la reconstruction des infrastructures sociales et économiques de la région.

À travers cette visite à Dar Es Salam Chérif, le Président Bassirou Diomaye Faye envoie un message clair : la paix en Casamance n’est plus un simple objectif politique, mais une priorité nationale qui repose à la fois sur le dialogue, la justice, la sécurité et le développement inclusif. Pour les populations du Sud, cet appel présidentiel ravive l’espoir d’un avenir apaisé après de longues années de souffrance et d’attente.

Sénégalais abattu à Ajaccio : Momar Thiam plaide pour que « les consulats soient dotés d’un service social et d’écoute »

Moins de vingt-quatre heures après la mort par balle d’un ressortissant sénégalais dans le centre-ville d’Ajaccio, en France, le débat sur la protection et l’accompagnement des Sénégalais de l’extérieur refait surface. Invité ce dimanche 21 décembre dans l’émission Objection sur Sud FM, l’expert en communication et ancien proche de l’ancien président Abdoulaye Wade, Momar Thiam, a interpellé l’État sénégalais sur la nécessité de renforcer le rôle social des représentations diplomatiques.

Pour Momar Thiam, ce drame met en lumière une réalité souvent ignorée : la grande vulnérabilité psychologique et sociale de nombreux migrants sénégalais en Europe. Il estime que l’État doit « franchir un pas » en dotant les consulats généraux à l’étranger de véritables services sociaux capables d’accompagner les compatriotes en situation de détresse. « Les consulats doivent disposer de services sociaux qui peuvent être à l’écoute des Sénégalais en difficulté », a-t-il plaidé.

Selon lui, une grande partie des migrants arrive en Europe dans des conditions extrêmement éprouvantes. « La plupart des migrants qui franchissent les frontières européennes passent par la mer et arrivent dans des situations de détresse, parfois même de folie », a-t-il expliqué, insistant sur les traumatismes liés aux parcours migratoires, à l’errance administrative, à la précarité et à l’isolement social.

Fort de son expérience, Momar Thiam affirme parler en connaissance de cause. Il rappelle avoir côtoyé de nombreux compatriotes en difficulté durant ses douze années passées en tant que consul général. « Pour les avoir vus et accompagnés pendant douze ans, je sais de quoi je parle », a-t-il insisté, soulignant que beaucoup de situations critiques auraient pu être désamorcées avec un accompagnement approprié.

L’expert propose ainsi que les consulats soient dotés de personnels spécialisés, notamment des psychologues ou des agents formés aux questions sociales et migratoires. Selon lui, la présence de tels profils permettrait d’identifier en amont les cas de détresse mentale, d’orienter les personnes concernées vers des structures adaptées et, surtout, d’éviter des issues tragiques.

Pour Momar Thiam, il ne s’agit pas seulement d’une question administrative ou diplomatique, mais d’un impératif humain. Il estime que la protection des Sénégalais de l’extérieur doit aller au-delà des services consulaires classiques et intégrer une dimension sociale et psychologique à part entière. « En mettant en place un tel dispositif, l’État sénégalais pourrait prévenir certains drames », a-t-il conclu.

Casamance : le « Plan Diomaye » affiche un taux d’exécution de 46 %

Moins d’un an après son lancement officiel, le programme spécial de relance de la Casamance, baptisé « Plan Diomaye », enregistre un taux d’exécution de 46 %, un niveau jugé encourageant par les autorités. Ce bilan d’étape a été présenté par le Directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), Ibba Sané, qui y voit les premiers signes tangibles d’un redémarrage progressif du sud du pays après des décennies de fragilités économiques et sociales.

Opérationnel depuis janvier 2025, le Plan Diomaye constitue l’un des piliers de la nouvelle stratégie gouvernementale en faveur de la Casamance. Doté d’une enveloppe globale de plus de 53 milliards de francs CFA, ce programme ambitieux vise principalement à consolider la paix par le retour sécurisé des populations déplacées et à relancer durablement le tissu économique local. Il s’inscrit dans une approche globale qui combine infrastructures sociales de base, réinstallation des communautés et stimulation des activités productives.

Sur le terrain, plusieurs réalisations concrètes commencent à émerger. Lors d’une récente tournée d’inspection dans différentes localités, Ibba Sané a pu constater l’état d’avancement de projets jugés prioritaires. À Djokado, un poste de santé a été entièrement érigé dans le cadre du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA), renforçant ainsi l’accès aux soins pour des populations longtemps confrontées à l’éloignement des structures sanitaires. À Djigoudière, des habitations ont été construites grâce à l’appui de l’ONG internationale ICO, basée aux Émirats arabes unis, afin de faciliter le retour et la stabilisation des familles déplacées.

À Madié Diam, autre zone stratégique du programme, les travaux de mise en place des réseaux d’adduction d’eau sont en cours. Ces infrastructures hydrauliques sont considérées comme essentielles pour assurer la sédentarisation durable des populations, soutenir l’agriculture locale et améliorer les conditions de vie des communautés rurales. Selon l’ANRAC, ces projets structurants participent directement à la restauration de la confiance des populations envers l’État et ses institutions.

Au-delà des réalisations matérielles, le Plan Diomaye se distingue également par une rupture assumée dans la gouvernance de l’ANRAC. Pour la première fois depuis la création de l’agence, le Conseil de surveillance a quitté Dakar pour tenir sa cinquième session à Ziguinchor. Une décision symbolique forte, qui traduit la volonté des nouvelles autorités de rapprocher les instances de décision des réalités du terrain.

S’exprimant sur iRadio, Ibba Sané a expliqué cette démarche par la nécessité de permettre aux membres du Conseil de constater directement l’état d’avancement des projets. « Nous avons jugé nécessaire de délocaliser la tenue de cette importante activité pour permettre aux conseillers de descendre sur le terrain et de voir concrètement ce qui est réalisé », a-t-il souligné, insistant sur l’importance d’une gouvernance plus inclusive et ancrée localement.

Si le taux d’exécution de 46 % est considéré comme satisfaisant à ce stade, les autorités reconnaissent toutefois que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour accélérer la cadence. L’ANRAC assure que plusieurs projets sont en phase de finalisation et que les prochaines semaines devraient être marquées par une intensification des travaux, notamment dans les domaines de l’habitat, de l’hydraulique et de la relance des activités économiques.

À terme, le Plan Diomaye ambitionne de transformer durablement la Casamance, en faisant de la paix retrouvée un véritable levier de développement. Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de réparer les séquelles du conflit, mais de jeter les bases d’une croissance inclusive, capable de répondre aux attentes des populations longtemps éprouvées par l’isolement et la précarité.

Baisse du prix du riz brisé : le cri de colère des boutiquiers détaillants du Sénégal

La récente décision des autorités de baisser le prix du riz brisé continue de susciter des remous au sein des acteurs du commerce de proximité. L’Association des Boutiquiers Détaillants du Sénégal (ABDS) est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle considère comme une démarche unilatérale du ministère du Commerce, prise sans concertation avec les principaux concernés et porteuse de risques sérieux pour la survie économique des petites boutiques.

À l’origine de la colère, la tenue du Conseil national de la consommation, qui a entériné la nouvelle grille tarifaire du riz brisé, aliment de base pour des millions de Sénégalais. Si l’objectif affiché par l’État est de soulager le pouvoir d’achat des ménages, l’ABDS estime que la méthode employée fragilise dangereusement le maillon le plus vulnérable de la chaîne de distribution.

S’exprimant sur les ondes de iRadio, le président de l’ABDS, Aliou Ba, n’a pas caché son amertume. Il déplore l’exclusion de son organisation des discussions ayant conduit à la fixation des nouveaux prix. Selon lui, l’absence des représentants des boutiquiers lors de ce conseil constitue une erreur à la fois stratégique et démocratique. « Le ministre du Commerce a présidé récemment le Conseil national de la consommation sans inviter l’ABDS, qui est pourtant l’association la plus légitime et la plus représentative des boutiquiers au niveau national », a-t-il regretté.

Pour l’ABDS, cette mise à l’écart pose un problème de fond : comment appliquer efficacement une décision prise sans consulter ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre au quotidien ? Aliou Ba estime que fixer des prix de manière administrative, sans tenir compte des réalités du terrain, creuse un fossé entre les autorités et les commerçants. À ses yeux, cette approche risque d’entraîner des difficultés d’application, voire des résistances silencieuses sur les marchés.

Au-delà du problème de concertation, l’association met surtout en garde contre l’impact économique de la mesure sur les détaillants. La nouvelle grille tarifaire, selon elle, entraîne une réduction significative des marges bénéficiaires des boutiquiers, alors même que leurs charges ne cessent d’augmenter. Loyers, factures d’électricité, coûts de transport et frais d’approvisionnement pèsent de plus en plus lourdement sur ces petits commerçants, dont beaucoup peinent déjà à maintenir l’équilibre financier de leurs activités.

L’ABDS précise qu’elle n’est pas opposée au principe de stabilisation ou de baisse des prix des denrées de première nécessité. Au contraire, elle se dit consciente des difficultés que traversent les ménages sénégalais. Toutefois, Aliou Ba insiste sur le fait que cet effort ne doit pas se faire au détriment du commerce de proximité, qu’il juge en net recul ces dernières années. « On ne peut pas protéger le consommateur en sacrifiant le boutiquier », résume-t-il en substance.

Selon l’association, la disparition progressive des petites boutiques de quartier aurait des conséquences sociales et économiques lourdes, notamment dans les zones périphériques et rurales où ces commerces constituent souvent le principal point d’accès aux produits de première nécessité. Elle redoute que des décisions répétées, prises sans dialogue, accélèrent la faillite de nombreux détaillants.

Face à cette situation, l’ABDS appelle les autorités à instaurer une concertation réelle, inclusive et permanente avec l’ensemble des acteurs de la chaîne de distribution. Elle plaide pour une révision de la méthode de fixation des prix, afin qu’elle tienne compte non seulement du pouvoir d’achat des consommateurs, mais aussi des charges et des contraintes auxquelles font face les boutiquiers.

À défaut d’un dialogue franc et constructif, l’association avertit que l’efficacité des mesures de baisse des prix pourrait être compromise sur le terrain, confrontée aux dures réalités économiques du commerce de quartier. Pour les boutiquiers, l’enjeu est clair : préserver à la fois l’accessibilité des produits pour les consommateurs et la survie d’un secteur qui demeure un pilier de l’économie locale.

Tambacounda : le verdict renvoyé après une expertise psychiatrique dans une affaire de fratricide

La chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Tambacounda a choisi la voie de la prudence dans une affaire de fratricide particulièrement troublante. Alors que le verdict était attendu ce vendredi 19 décembre 2025, la juridiction a décidé de surseoir à statuer et d’ordonner une expertise psychiatrique concernant A. Ba, accusé d’avoir mortellement agressé son frère germain à coups de machette. L’information est rapportée par Le Soleil.

Par cette décision, le tribunal entend lever toute ambiguïté sur l’état mental de l’accusé au moment des faits. Une mission d’expertise a ainsi été confiée au médecin-chef du centre psychiatrique de Tambacounda, qui dispose d’un délai de trente jours, à compter de la notification de l’ordonnance, pour déposer son rapport. L’objectif est de déterminer si A. Ba jouissait pleinement de ses facultés mentales lorsqu’il a commis l’acte qui lui est reproché, une donnée essentielle pour l’appréciation de sa responsabilité pénale.

Les faits remontent au 10 mars 2025, dans la commune de Payar, située dans le département de Koumpentoum. Ce jour-là, les deux frères revenaient d’un village voisin où ils s’étaient rendus pour s’approvisionner en eau. Installés sur une charrette, le cadet conduisant le cheval et l’aîné, âgé de 21 ans, assis à l’arrière, le drame s’est noué sans signe avant-coureur apparent. Selon les éléments du dossier, l’aîné aurait soudainement sorti une machette et asséné trois violents coups à la tête de son frère. Grièvement blessée, la victime a succombé sur place, avant toute prise en charge médicale.

Interpellé peu après les faits, A. Ba a été entendu par les gendarmes, mais n’a livré aucune explication cohérente à son geste. Il s’est contenté d’invoquer « la volonté de Dieu », sans fournir de justification rationnelle. À la barre, il a déclaré avoir agi sous l’emprise de l’alcool, affirmant qu’il s’agissait de sa première consommation, une version qui n’a pas totalement convaincu la cour.

Les témoignages des proches ont davantage alimenté les interrogations sur la personnalité de l’accusé. La mère des deux jeunes hommes a assuré n’avoir jamais constaté de conflits ou de tensions entre ses fils, décrivant une relation fraternelle normale avant le drame. Le beau-père de l’accusé, avec qui ce dernier vivait également, a en revanche évoqué un comportement qu’il jugeait préoccupant, fait de distance, d’instabilité et de fréquents déplacements inexpliqués. Il a également souligné le manque d’implication d’A. Ba dans les travaux champêtres, un élément qui, selon lui, traduisait un certain déséquilibre.

Lors de l’audience, le procureur de la République a dressé un réquisitoire particulièrement sévère. Il a décrit l’accusé comme une personne antisociale et insisté sur la violence extrême de l’acte, estimant que la nature et la répétition des blessures traduisaient un acharnement manifeste. En conséquence, le ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de six mois d’emprisonnement pour détention illégale d’arme.

La défense, pour sa part, a axé sa plaidoirie sur l’état psychique de son client, estimant que les circonstances du crime, l’absence de mobile apparent et le comportement de l’accusé justifiaient un examen psychiatrique approfondi. Une demande qui a finalement été retenue par la juridiction, soucieuse de statuer en toute connaissance de cause.

Casamance : Seydi Gassama interpelle le Président Diomaye Faye sur les urgences du développement régional

À l’occasion du séjour du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en Casamance, le défenseur des droits humains Seydi Gassama a lancé un plaidoyer appuyé en faveur d’une prise en charge plus ambitieuse et structurée des défis économiques et sociaux auxquels la région demeure confrontée. Dans une interpellation directe mais constructive, il a mis en lumière plusieurs urgences qu’il estime incontournables pour sortir durablement la Casamance de la marginalisation.

Au premier rang de ses préoccupations figure la reconstruction du pont Émile Badiane, infrastructure emblématique et stratégique reliant la région au reste du pays. Pour Seydi Gassama, l’état de dégradation avancée de cet ouvrage constitue un véritable goulot d’étranglement pour la mobilité des personnes et la circulation des biens. Il souligne que ce pont, au-delà de sa dimension symbolique, est vital pour le désenclavement économique de la Casamance. Son mauvais état pénalise lourdement les échanges commerciaux, renchérit les coûts de transport et freine l’intégration de la région aux circuits économiques nationaux et sous-régionaux. À ses yeux, sa reconstruction ne relève plus d’un simple projet d’infrastructure, mais d’une urgence nationale.

Le défenseur des droits humains s’est également longuement attardé sur le paradoxe agricole de la Casamance, région reconnue pour la fertilité de ses terres et l’abondance de sa production fruitière. Chaque année, déplore-t-il, des centaines de milliers de tonnes de mangues, d’oranges et d’autres fruits sont perdues faute d’infrastructures de conservation, de chaînes de froid et d’unités de transformation industrielle. Cette situation, qualifiée de véritable gaspillage économique, prive les producteurs de revenus substantiels et empêche la création d’emplois locaux, notamment pour les jeunes et les femmes. Seydi Gassama estime que des investissements ciblés dans l’agro-industrie pourraient transformer cette richesse naturelle en moteur de croissance durable pour la région.

Autre secteur jugé largement sous-exploité : le tourisme. Malgré le retour durable de la paix et la fin progressive des tensions qui ont longtemps affecté la Casamance, le potentiel touristique de la région reste, selon lui, en deçà de ses capacités réelles. Plages, forêts, fleuve Casamance, patrimoine culturel et hospitalité des populations constituent pourtant des atouts majeurs. Seydi Gassama regrette l’absence d’une politique de promotion touristique cohérente et offensive, capable d’attirer investisseurs et visiteurs, tant nationaux qu’internationaux.

Dans cette perspective, il invite les autorités sénégalaises à s’inspirer d’exemples africains probants tels que le Rwanda, le Kenya ou encore l’Afrique du Sud, qui ont su faire du tourisme un levier stratégique de développement économique, de création d’emplois et de valorisation de leur image à l’international.

À travers cette interpellation adressée au Chef de l’État, Seydi Gassama plaide pour que la Casamance devienne une priorité stratégique du développement national. Il appelle à une approche globale et intégrée, articulant infrastructures modernes, valorisation agricole et relance touristique. Selon lui, seule une telle vision permettra de répondre durablement aux attentes des populations locales et de libérer tout le potentiel économique d’une région longtemps reléguée au second plan, mais porteuse d’immenses opportunités pour le Sénégal.

Sit-in des marchands ambulants : le collectif réclame des solutions de recasement durables face aux déguerpissements

Les marchands ambulants et tabliers de Dakar sont de nouveau montés au créneau. Réunis au sein du Collectif pour la Défense des Intérêts des Marchands Ambulants du Sénégal (CDIMAS), ils ont organisé, ce vendredi 19 décembre 2025, une grande marche pacifique à Keur Massar pour dénoncer les opérations de déguerpissement qu’ils jugent brutales et sans solutions alternatives durables.

Venus de plusieurs quartiers de la capitale, des centaines de manifestants se sont rassemblés au terrain Yékini, vêtus de foulards rouges et munis de pancartes aux messages évocateurs : « Je suis Sénégalais », « Ramass bi dafa doy (stop aux rafles) », « Non à la dictature » ou encore « Liguey laniou beugue (nous voulons travailler) ». Dans une ambiance à la fois revendicative et déterminée, les marchands ont réaffirmé leur volonté de continuer à vivre et travailler dignement au Sénégal.

Prenant la parole au nom du collectif, Diarra Ndao a exposé les principales doléances des manifestants. Le CDIMAS exige notamment « l’arrêt immédiat des déguerpissements accélérés », l’ouverture de cadres de concertation et de négociation avec l’ensemble des organisations professionnelles du secteur, ainsi que « la recherche de solutions durables et consensuelles pour l’organisation de l’activité des marchands ambulants et tabliers, avant que la situation ne devienne irréversible ».

Le collectif sollicite également une audience auprès du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin de lui soumettre « un mémorandum bien détaillé pour la bonne marche du pays ». Dans le même temps, les marchands réclament la mise à disposition, dans les plus brefs délais, des 13 hectares que le gouvernement leur avait promis pour leur recasement.

Alertant sur les conséquences sociales des déguerpissements, le CDIMAS affirme que « des milliers de familles sont aujourd’hui plongées dans la précarité ». Parmi les impacts évoqués figurent la perte totale des revenus quotidiens, les difficultés d’accès aux soins de santé, l’impossibilité de subvenir régulièrement aux besoins alimentaires, les obstacles à la scolarisation des enfants, ainsi que la fragilisation du tissu social et familial.

De son côté, Dame Badiane, président du collectif, a lancé un avertissement aux autorités. Il a rappelé que c’est la troisième fois que les marchands interpellent le gouvernement, précisant que cette marche constitue un « plan B ». « Le plan C sera dévoilé le moment venu », a-t-il prévenu, sans donner davantage de détails.

Encadrée par la gendarmerie, avec le déploiement de deux fourgonnettes et de deux véhicules, la manifestation s’est déroulée sans incident majeur et a pris fin aux environs de 17 heures.

Ordre national du Lion et du Mérite : le Président Diomaye honore des parcours d’exception

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé au Palais de la République la cérémonie solennelle de réception des dignitaires décorés au titre de l’année 2025. L’événement s’est tenu en présence du président de l’Assemblée nationale, du Premier ministre ainsi que de l’ensemble des membres du Gouvernement, selon un communiqué de la Présidence du Sénégal.

À travers l’Ordre national du Lion et l’Ordre du Mérite, la Nation sénégalaise a rendu hommage à des femmes et des hommes dont les parcours professionnels et citoyens forcent le respect. Ces distinctions viennent consacrer des trajectoires marquées par le sens élevé du devoir, la loyauté envers les institutions de la République, l’intégrité morale et un engagement constant au service de l’État et du bien commun.

Dans une atmosphère empreinte de solennité, cette cérémonie a mis en lumière des profils issus de divers horizons, tous unis par la même exigence d’exemplarité et de dévouement. Pour la Présidence, il s’agit de reconnaître publiquement la valeur du travail bien accompli et de rappeler que le mérite demeure un principe fondamental de l’action publique.

La Présidence de la République souligne par ailleurs que cette rencontre a constitué un moment fort de réaffirmation des valeurs républicaines. Elle a rappelé que l’éthique, la responsabilité et la reconnaissance du mérite sont les piliers sur lesquels repose une République forte, digne et résolument tournée vers l’avenir.

Affaire Aziz Dabala : le chanteur Tarba Mbaye libéré après son audition, mais reste sous convocation

Entendu ce vendredi par les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC), le chanteur Tarba Mbaye a quitté les locaux de la police après plusieurs heures d’audition dans le cadre de l’enquête sur le double meurtre des danseurs Aziz Dabala et Wally. S’il a recouvré la liberté, l’artiste n’est toutefois pas totalement tiré d’affaire, puisqu’il a été libéré sous convocation et devra se présenter de nouveau devant les enquêteurs le lundi 21 décembre 2025.

Selon des sources proches du dossier, Tarba Mbaye a été longuement interrogé sur ses liens avec les victimes, le contexte des faits ainsi que sur certains éléments jugés sensibles par les enquêteurs. Son audition s’inscrit dans la poursuite des investigations menées par la DIC afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ce drame qui continue de bouleverser le milieu artistique sénégalais.

À ce stade de la procédure, aucune charge formelle n’a été retenue contre le chanteur. Sa remise en liberté indique que les enquêteurs n’ont pas estimé nécessaire de le placer en garde à vue prolongée. Toutefois, sa convocation pour une nouvelle audition laisse entendre que les investigations se poursuivent activement et que certains points restent à clarifier.

L’affaire du meurtre d’Aziz Dabala et de Wally demeure entourée de nombreuses zones d’ombre. Les enquêteurs multiplient les auditions et les recoupements d’informations afin d’identifier les auteurs et les éventuels complices, mais aussi de comprendre le mobile exact de ce crime qui a profondément choqué l’opinion publique.

Tournée économique en Casamance : Bassirou Diomaye Faye attendu à Ziguinchor pour une visite hautement symbolique

Dans le cadre de sa tournée économique en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est attendu à Ziguinchor pour une étape qui s’annonce particulièrement marquante. Selon le journaliste Madiambal Diagne, le chef de l’État prévoit une visite auprès de la mère du leader politique Ousmane Sonko, un geste fort qui devrait retenir l’attention de l’opinion publique nationale.

Cette rencontre, à haute portée symbolique, s’inscrit dans un contexte politique et social où les signaux d’apaisement, de dialogue et de rapprochement occupent une place centrale dans l’action du nouveau pouvoir. En rendant visite à la mère d’Ousmane Sonko, figure emblématique de la scène politique sénégalaise et originaire de la Casamance, le président Diomaye Faye entend poser un acte de considération humaine et politique, au-delà des clivages et des tensions passées.

La tournée économique du chef de l’État en Casamance a pour objectif principal d’évaluer l’état d’avancement des projets structurants, d’identifier les besoins prioritaires des populations et d’apporter des réponses concrètes aux défis de développement local. Agriculture, pêche, infrastructures, emploi des jeunes et autonomisation des femmes figurent parmi les secteurs clés qui seront au cœur des échanges avec les autorités locales, les acteurs économiques et les communautés de base.

À Ziguinchor, cette visite revêt également une dimension particulière en raison du rôle historique et stratégique de la région dans l’équilibre national. Longtemps confrontée à des difficultés économiques et à des enjeux de paix durable, la Casamance demeure une priorité pour les nouvelles autorités, qui affichent leur volonté de bâtir un développement inclusif et équitable.

Affaire Farba Ngom : Tahirou Sarr disculpe le député-maire devant le Pool judiciaire financier

Ce mardi, le dossier impliquant Farba Ngom a connu un nouveau développement au Pool judiciaire financier (PJF), où le député-maire a été entendu par le juge d’instruction. Cette audition intervient dans le cadre de l’enquête portant sur des faits présumés d’escroquerie sur les deniers publics, pour lesquels Farba Ngom et Tahirou Sarr ont été placés sous mandat de dépôt.

Selon les déclarations de Me Baboucar Cissé, avocat de la défense, l’audition de Farba Ngom a été précédée de celle de Tahirou Sarr. Ce dernier a été longuement entendu sur les faits qui leur sont reprochés. D’après l’avocat, cette première audition aurait permis d’éclairer le juge d’instruction sur la nature réelle des transactions mises en cause dans ce dossier.

Face au magistrat instructeur, Tahirou Sarr a formellement mis hors de cause Farba Ngom. Me Baboucar Cissé soutient que l’ensemble des faits reprochés repose exclusivement sur des transactions immobilières parfaitement identifiées et documentées. Les preuves de ces opérations auraient été produites par Tahirou Sarr lui-même, démontrant, selon la défense, qu’il ne s’agit nullement d’un détournement de deniers publics.

« Il n’y a pas eu de détournement de deniers publics, il n’y a eu absolument rien du tout », a martelé l’avocat devant la presse, insistant sur l’absence de toute infraction pénale dans les opérations concernées. Il affirme que les éléments versés au dossier établissent clairement la traçabilité et la légalité des transactions incriminées.

Me Baboucar Cissé est également revenu sur les montants évoqués dans cette affaire. Alors que l’accusation ferait état d’un préjudice estimé à 125 milliards de francs CFA, Tahirou Sarr aurait, selon la défense, justifié des opérations portant sur un montant global de 236 milliards de francs CFA. Ces justifications auraient été accompagnées de pièces probantes versées au dossier, renforçant la position de la défense.

Pour l’avocat, ces éléments constituent une démonstration supplémentaire de l’inexistence des faits d’escroquerie allégués et confirment, à ses yeux, l’innocence de Farba Ngom. L’enquête se poursuit néanmoins au niveau du Pool judiciaire financier, où le juge d’instruction devra apprécier l’ensemble des déclarations et des pièces produites avant de tirer les conséquences judiciaires qui s’imposent.

Affaire Soya Diagne : le juge accorde une liberté provisoire sous bracelet électronique

Le Doyen des juges d’instruction près le Tribunal de Grande Instance de Dakar a rendu, ce jour, une ordonnance de liberté provisoire en faveur du journaliste Soya Diagne, actuellement placé sous mandat de dépôt. Cette décision marque une évolution notable dans la procédure judiciaire en cours, même si elle demeure encadrée par des conditions particulièrement strictes.

Incarcéré depuis le 16 octobre dernier, Soya Diagne pourrait ainsi quitter prochainement sa cellule. Le magistrat instructeur a en effet estimé opportun de lui accorder une liberté provisoire, assortie toutefois de l’obligation de porter un bracelet électronique. Cette mesure vise à garantir sa disponibilité pour la suite de l’instruction tout en permettant un aménagement de sa détention.

Si cette ordonnance constitue une première avancée significative pour la défense du journaliste, sa mise en œuvre effective n’est pas encore acquise. La sortie de Soya Diagne reste en effet suspendue à la position du ministère public. Conformément aux dispositions légales, le Procureur de la République dispose d’un délai de six jours pour interjeter appel de cette décision. En l’absence d’un recours du parquet dans ce délai, la liberté provisoire deviendra effective et le journaliste pourra recouvrer la liberté, sous les conditions fixées par le juge.

Pour rappel, Soya Diagne avait été placé sous mandat de dépôt à l’issue de son audition par le Doyen des juges d’instruction au mois d’octobre. Il est poursuivi dans le cadre de cette affaire pour diffusion de fausses nouvelles ainsi que pour discours contraire aux bonnes mœurs. L’instruction se poursuit donc, tandis que cette ordonnance de liberté provisoire ouvre une nouvelle phase dans un dossier qui continue de susciter l’attention de l’opinion publique et du monde des médias.

Tivaouane Peulh Nord : l’enquête sur les démolitions massives entre dans une phase décisive

L’enquête judiciaire ouverte à la suite des démolitions massives survenues à Tivaouane Peulh Nord entre le 10 et le 12 décembre 2025 entre dans une phase déterminante. Après le choc et l’indignation provoqués par la destruction de centaines d’habitations et de chantiers en cours, la justice s’emploie désormais à établir les responsabilités dans ce que les victimes dénoncent comme une opération menée en dehors de tout cadre légal.

Depuis plusieurs jours, les auditions se multiplient à la Section de Recherches de la Gendarmerie de Colobane. Les enquêteurs cherchent à reconstituer la chaîne de décision ayant conduit à ces démolitions d’une ampleur rare, exécutées sous la protection d’un important dispositif sécuritaire. Selon des sources proches du dossier, la journée d’hier a été marquée par l’audition du Directeur général de la Société immobilière de promotion et de résidence du Sénégal (SIPRES), ainsi que de son Directeur juridique. Leur comparution vise à éclairer le rôle exact de cette structure dans l’opération, notamment en ce qui concerne la base juridique invoquée pour justifier les destructions.

Parallèlement, les collectifs de victimes ont également été entendus. Ces derniers sont venus porter la voix de centaines de propriétaires qui affirment avoir tout perdu en quelques heures. Terrains aménagés, fondations, maisons en construction et bâtiments à étages quasiment achevés ont été réduits en gravats. Pour ces familles, souvent modestes, ces constructions représentaient l’investissement de toute une vie, parfois réalisé au prix de sacrifices considérables. Lors de leurs auditions, elles ont insisté sur l’absence totale de notification préalable, affirmant n’avoir reçu ni sommation, ni décision administrative formelle les informant d’une quelconque démolition imminente.

La procédure judiciaire devrait connaître une nouvelle accélération ce mercredi avec les auditions annoncées de hauts responsables de la Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DSCOS). Le Directeur général de cette structure, Demba Traoré, est attendu devant les enquêteurs, tout comme le Commandant Youssou Sané, Directeur général adjoint, présenté comme le responsable ayant supervisé les opérations sur le terrain. Ces auditions sont particulièrement attendues, dans la mesure où la DSCOS est au cœur du dispositif étatique chargé de la gestion et du contrôle de l’occupation foncière.

Pour rappel, entre le 10 et le 12 décembre 2025, Tivaouane Peulh Nord a offert un spectacle de désolation. Dès les premières heures, des engins lourds ont investi la zone, escortés par des forces de sécurité en nombre, empêchant toute tentative d’opposition ou de récupération de biens. En l’espace de trois jours, des centaines de constructions ont été méthodiquement rasées, sans distinction apparente entre de simples débuts de chantier et des maisons presque prêtes à être habitées.

Face à cette situation, la colère et l’incompréhension demeurent vives chez les populations affectées. Elles réclament non seulement que toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles ces démolitions ont été ordonnées et exécutées, mais aussi que les responsabilités soient clairement situées et que réparation leur soit accordée. L’enquête en cours, désormais entrée dans une phase cruciale, est donc très attendue, tant par les victimes que par l’opinion publique, soucieuse de voir le droit de propriété et les procédures légales respectés.

Diomaye : le président n’est là que pour une période… Aujourd’hui c’est moi, demain ce sera peut-être le Premier ministre, Inch’Allah.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé, mardi 16 décembre 2025 au soir, son souhait de voir un jour le Premier ministre, Ousmane Sonko, lui succéder à la tête de l’État. Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre tenue au Palais présidentiel avec les pupilles de la Nation, composés notamment d’enfants de victimes de catastrophes ainsi que de militaires et paramilitaires décédés en mission.

Dans une atmosphère empreinte de solennité et de pédagogie, le chef de l’État a tenu à rappeler aux jeunes visiteurs que le Palais présidentiel n’est pas un lieu réservé à une élite, mais un bien commun appartenant à tous les Sénégalais. « C’est notre palais à nous tous », a-t-il affirmé d’emblée, insistant sur le caractère républicain et accessible des institutions de la République.

Bassirou Diomaye Faye a ensuite souligné la nature temporaire de la fonction présidentielle, évoquant la continuité démocratique qui a marqué l’histoire politique du Sénégal. Il a cité ses prédécesseurs, Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, pour illustrer l’alternance au sommet de l’État. « Le président n’est là que pour une période. Aujourd’hui, je suis là. Demain, ce sera peut-être Ousmane Sonko, je prie pour cela », a-t-il déclaré, en présence du Premier ministre, suscitant une vive attention parmi l’assistance.

Cette prise de parole, relayée à travers une courte vidéo d’environ deux minutes publiée sur la page Facebook de la Présidence de la République, a également été l’occasion pour le chef de l’État d’adresser un message d’encouragement aux enfants. Il les a exhortés à s’investir pleinement dans le travail et les études, qu’il a présentés comme le « secret de la réussite », les invitant à croire en leurs capacités et en leur avenir.

La visite des pupilles de la Nation s’inscrit dans le cadre d’une initiative portée par la Présidence de la République, visant à ouvrir deux fois par semaine les portes du Palais présidentiel aux écoliers. À travers ces rencontres, les autorités entendent instaurer des échanges simples, chaleureux et sincères avec les enfants, dans l’objectif de marquer durablement leur imaginaire, de renforcer leur confiance en l’avenir et de les rapprocher des valeurs républicaines et citoyennes.

Par cette démarche, le président Bassirou Diomaye Faye affirme sa volonté de rendre les institutions plus accessibles et de transmettre aux jeunes générations le sens de l’engagement, du travail et de la responsabilité, tout en inscrivant son action dans une vision de continuité démocratique et de préparation de l’avenir du pays.

PASTEF engage une vaste offensive militante : Ousmane Sonko fixe le cap pour une massification et un ancrage citoyen renforcés

Le président du parti PASTEF-les Patriotes, Ousmane Sonko, a signé ce 15 décembre 2025 une instruction majeure destinée à l’ensemble des structures, responsables et militants du parti. À travers l’Instruction n°01/PASTEF/PR/2025, le leader des Patriotes entend engager le parti dans une nouvelle phase de consolidation organisationnelle, de massification militante et d’ancrage citoyen, dans un contexte marqué par la mise en œuvre du projet de transformation nationale porté par les nouvelles autorités.
Dans son adresse, Ousmane Sonko revient d’abord sur le grand rassemblement du 8 novembre 2025, qu’il qualifie de moment historique. Selon lui, cette mobilisation populaire a confirmé l’attachement profond des Sénégalais au projet politique de PASTEF et rappelle la lourde responsabilité qui incombe désormais au parti. Pour le président de PASTEF, l’heure n’est plus seulement à la conquête du pouvoir, mais à l’exemplarité, à la discipline et à l’enracinement durable au sein des populations.
Dans cette dynamique, le président du parti affirme que PASTEF doit rester le parti politique le plus structuré, le plus vivant et le plus proche des citoyens, fidèle aux idéaux de justice, d’éthique et de transformation qui ont fondé son combat. L’instruction engage ainsi toutes les structures du parti, au Sénégal comme dans la diaspora, à s’inscrire dans une mobilisation politique, sociale et citoyenne permanente.
Parmi les priorités fixées figure la massification du parti. Ousmane Sonko assigne à PASTEF l’objectif ambitieux d’atteindre un million de militants identifiés et actifs d’ici fin 2026. Cette dynamique devra s’appuyer sur une base de données militante fiable et régulièrement mise à jour, ainsi que sur des campagnes d’adhésion organisées dans toutes les communes, les universités, les lieux de travail et les pays de la diaspora. À cet effet, la reprise officielle du placement et de la vente des cartes de membre est annoncée pour janvier 2026, sous la supervision de la Commission nationale compétente.
Le renforcement de la structuration de proximité constitue un autre pilier central de l’instruction. Le président de PASTEF insiste sur le rôle stratégique des cellules, appelées à devenir le cœur battant du parti. L’objectif est de créer ou de redynamiser 10 000 cellules fonctionnelles à travers les 46 départements, les 557 communes et la diaspora. Ces cellules devront être à la fois des espaces d’éducation politique, de participation citoyenne, de solidarité, d’actions sociales et de mobilisation permanente à l’écoute des populations.
Sur le plan interne, Ousmane Sonko met également l’accent sur la redynamisation organique et la cohésion du parti. Il appelle à la tenue régulière des réunions statutaires, à l’élaboration de plans d’action trimestriels et à la production obligatoire de rapports mensuels d’activités. Toutes les coordinations, sections et structures nationales, y compris celles de la diaspora, sont invitées à relancer pleinement leurs activités. Les mouvements nationaux, notamment ceux des jeunes, des femmes, des enseignants, des aînés, des cadres, des artisans, des daaras et des personnes vivant avec un handicap, devront être dynamisés dans le strict respect de leurs règlements intérieurs et de la discipline du parti.
Au-delà de l’organisation politique, le président de PASTEF rappelle que le parti est aussi une force sociale et citoyenne. Dans cet esprit, chaque structure est appelée à mener régulièrement des actions concrètes au service des populations. Il s’agit notamment d’initiatives en faveur de la santé publique, de la solidarité, de la protection de l’environnement, de l’amélioration du cadre de vie, de la promotion de l’éthique publique et de la lutte contre la corruption. La solidarité sociale, l’accompagnement des familles vulnérables, le soutien scolaire bénévole et le mentorat figurent également parmi les axes jugés essentiels pour renforcer l’ancrage populaire du parti.
La sensibilisation politique de proximité occupe une place importante dans cette instruction. Ousmane Sonko invite les militants à intensifier les causeries communautaires, les cercles de dialogue et les panels populaires, mais aussi à instaurer un porte-à-porte hebdomadaire. L’objectif est double : expliquer les réformes engagées dans le cadre de la transformation nationale et recueillir directement les préoccupations des citoyens.
Le président du parti insiste par ailleurs sur la responsabilité particulière des députés, élus locaux, cadres et membres du Conseil national. Ces derniers sont appelés à être présents aux côtés de la base militante, à accompagner les structures locales, à participer activement aux actions citoyennes et à faire preuve de disponibilité, d’humilité et de solidarité. Pour Ousmane Sonko, la cohésion entre dirigeants, élus et militants constitue une condition essentielle de la réussite politique et sociale de PASTEF.
Enfin, l’instruction prévoit un dispositif rigoureux de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation. Les coordinations et sections sont invitées à élaborer sans délai des plans d’action départementaux et communaux, à établir un calendrier d’activités et à transmettre des rapports mensuels. Un mécanisme spécial de suivi-évaluation est mis en place au sein du cabinet du président du parti, tandis que des missions de supervision seront déployées sous la responsabilité du Secrétariat général.
En conclusion, Ousmane Sonko appelle l’ensemble des patriotes à redoubler d’engagement, de discipline et de proximité avec les populations. Pour lui, la transformation nationale ne peut réussir que si le parti reste mobilisé, structuré, solidaire et profondément enraciné dans le vécu quotidien des Sénégalais. Il exhorte chaque structure et chaque militant à s’approprier pleinement cette instruction, qu’il érige désormais en priorité stratégique du parti.

Menace de boycott de la tournée du Président Diomaye : son directeur de cabinet temporise et clarifie les enjeux

Face aux appels au boycott visant la tournée économique que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’apprête à effectuer dans le Sud du pays, le directeur de cabinet du chef de l’État, Ousmane Abdoulaye Barro, est monté au créneau pour apporter des clarifications et désamorcer les tensions. Intervenant sur les ondes de la RFM, il a tenu à réaffirmer la portée essentiellement économique et institutionnelle de cette visite présidentielle, prévue du 20 au 25 décembre 2025 en Casamance.

Selon Ousmane Abdoulaye Barro, cette tournée s’inscrit pleinement dans la dynamique de gouvernance de proximité voulue par le chef de l’État et dans la mise en œuvre progressive de la Vision Sénégal 2050. Le Président Diomaye Faye, a-t-il expliqué, ira à la rencontre des populations et surtout sur le terrain pour constater l’état d’avancement de projets structurants, visiter des chantiers en cours de réalisation et évaluer l’impact d’infrastructures déjà livrées. Pour le directeur de cabinet, il est essentiel de recentrer le débat sur la finalité première de ce déplacement présidentiel. « Le cœur de cette tournée, c’est l’économie », a-t-il insisté, soulignant que l’objectif est avant tout de répondre aux préoccupations concrètes des populations du Sud en matière de développement, d’investissements et d’opportunités économiques.

Abordant la question des tensions et des divergences au sommet de l’État, Ousmane Abdoulaye Barro n’a pas cherché à les minimiser. Il a reconnu l’existence de désaccords entre le président de la République et son Premier ministre, tout en appelant à une lecture apaisée et responsable de la situation. Selon lui, les divergences d’opinions sont inhérentes à toute vie politique et peuvent même, lorsqu’elles sont bien gérées, contribuer à enrichir le débat public et à améliorer la prise en charge des attentes des citoyens, notamment celles des populations du Sud.

Le directeur de cabinet a toutefois admis le caractère délicat, voire prématuré, de ces dissensions. « C’est inquiétant », a-t-il concédé, estimant que ces divergences apparaissent trop tôt, au sein d’une formation politique et d’une coalition qui ont mené un long combat pour accéder au pouvoir. Il a rappelé que le régime actuel n’a pas encore un an d’exercice, jugeant donc nécessaire de préserver la cohésion et la stabilité afin de se concentrer sur les urgences économiques et sociales du pays.

S’adressant plus particulièrement aux militants et sympathisants de Pastef, Ousmane Abdoulaye Barro a tenu à se montrer rassurant. Il a expliqué que la divergence évoquée publiquement par le Premier ministre porte essentiellement sur des questions d’orientation et de gouvernance interne de la coalition « Diomaye Président ». À ce sujet, il a révélé qu’un processus de réflexion et de réorganisation est actuellement en cours afin de clarifier les rôles, de renforcer la cohésion et d’assurer une meilleure articulation entre les différentes composantes de la majorité présidentielle. Se disant confiant, il a affirmé être optimiste quant à l’issue de ce travail, qu’il estime nécessaire pour consolider les bases politiques du pouvoir en place.

En toile de fond, le directeur de cabinet a appelé à ne pas instrumentaliser la tournée présidentielle à des fins politiques. Pour lui, les enjeux de développement de la Casamance, région longtemps confrontée à des défis économiques et sociaux spécifiques, doivent transcender les querelles internes et les considérations partisanes. Il a ainsi invité l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à faire preuve de responsabilité, afin que cette tournée soit un moment d’écoute, de dialogue et d’impulsion économique au bénéfice des populations locales.

Prévue du 20 au 25 décembre 2025, la tournée économique du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance se veut donc, selon la Présidence, un acte fort de gouvernance de proximité et un signal politique en faveur du développement territorial équilibré. Malgré les tensions actuelles, le chef de l’État entend maintenir le cap, convaincu que l’économie et le bien-être des populations doivent rester au-dessus des divergences politiques.

Affaire des ressortissants sénégalais en France : le ministère de la Justice répond aux propos de l’ambassadrice Christine Fages

Le ministère de la Justice est sorti de sa réserve ce lundi 15 décembre 2025 pour apporter des éclaircissements à la suite des déclarations jugées « polémique » de l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, relatives à une affaire impliquant deux ressortissants sénégalais poursuivis pour des faits présumés de corruption et de détournement de deniers publics.

Dans un communiqué officiel, la Chancellerie sénégalaise tient d’abord à rappeler le cadre strictement judiciaire dans lequel s’inscrivent les échanges entre Dakar et Paris. Le ministère indique en effet que le ministère français de la Justice a récemment adressé un courrier aux autorités judiciaires sénégalaises, sollicitant la transmission d’informations déjà versées au dossier et qui avaient, précise-t-il, « dûment été communiquées par le magistrat en charge de la procédure ».

Par souci de respect des accords de coopération judiciaire liant le Sénégal et la France, les autorités judiciaires sénégalaises se disent disposées à transmettre à nouveau les éléments demandés, bien que ces informations aient déjà été officiellement communiquées dans les formes requises. Le ministère de la Justice souligne que cette démarche s’inscrit pleinement dans le cadre des engagements internationaux librement consentis par les deux États et ne traduit en aucun cas une volonté de créer une tension diplomatique.

Toutefois, la Chancellerie sénégalaise a tenu à lever toute ambiguïté concernant certaines interprétations relayées dans l’espace public. Elle précise qu’il ne saurait être question de pressions exercées sur la justice française. Il s’agit, selon le communiqué, de « l’exercice légitime par un État souverain du principe de réciprocité dans ses relations judiciaires internationales », un principe reconnu et appliqué dans les coopérations entre États liés par des conventions judiciaires.

Le ministère de la Justice se montre en revanche plus critique sur la posture adoptée par l’ambassadrice de France. Il estime que certaines de ses déclarations tendant à relativiser la gravité des faits reprochés aux deux ressortissants sénégalais concernés pourraient être perçues comme « un jugement de valeur regrettable ». Pour les autorités sénégalaises, les accusations de corruption et de détournement de fonds publics constituent des infractions d’une extrême gravité, tant au regard du droit pénal que des principes de bonne gouvernance.

Selon la Chancellerie, une telle prise de position est susceptible de remettre en cause les principes universels de transparence, de redevabilité et de lutte contre l’impunité, auxquels le Sénégal affirme être profondément attaché. Elle pourrait également être interprétée comme une forme d’ingérence dans une affaire que les autorités sénégalaises considèrent comme d’une importance majeure pour l’État et pour la crédibilité de son système judiciaire.

À travers ce communiqué, le ministère de la Justice réaffirme ainsi sa détermination à défendre l’indépendance de la justice sénégalaise, tout en maintenant une coopération judiciaire fondée sur le respect mutuel, la souveraineté des États et l’égalité de traitement dans la lutte contre la criminalité financière. Cette mise au point vise aussi à rassurer l’opinion publique nationale sur la fermeté des autorités face aux infractions économiques, quel que soit le pays où se trouvent les personnes mises en cause.

Saint-Louis : 96 migrants secourus en mer lors d’une opération coordonnée des forces de sécurité

La Marine nationale sénégalaise a procédé, dans la nuit du 12 au 13 décembre 2025, au sauvetage de 96 migrants en détresse au large de Saint-Louis. L’opération s’est déroulée dans un contexte de vigilance renforcée le long de la façade maritime nord du pays, régulièrement empruntée par des embarcations de fortune à destination de l’Europe.

L’intervention a été menée en étroite coordination avec plusieurs services de sécurité et de secours, notamment la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers, la Direction de la Police de l’Air et des Frontières ainsi que la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants. Alertées par des informations faisant état d’une embarcation en difficulté en haute mer, les unités engagées ont rapidement déployé les moyens nécessaires pour localiser et secourir les occupants.

Selon les premières informations communiquées par les autorités, les 96 migrants se trouvaient à bord d’une pirogue surchargée, exposée à de graves risques en raison des conditions de navigation nocturnes et de l’état de la mer. Grâce à l’intervention rapide des équipes de la Marine nationale, tous les passagers ont pu être récupérés sains et saufs, évitant ainsi un nouveau drame migratoire au large des côtes sénégalaises.

Après leur sauvetage, les personnes secourues ont été acheminées vers la terre ferme, puis confiées aux services compétents pour leur prise en charge. Des dispositions ont été prises afin de leur fournir une assistance médicale, un accompagnement humanitaire et un encadrement administratif, conformément aux procédures en vigueur.

Cet énième épisode met une nouvelle fois en lumière la persistance du phénomène de la migration irrégulière au départ du Sénégal, en particulier depuis la région nord. Malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs de surveillance renforcés, de nombreux candidats à l’émigration continuent de tenter la traversée maritime, souvent au péril de leur vie.

Les autorités sénégalaises rappellent régulièrement les dangers liés à ces voyages clandestins et réaffirment leur engagement à lutter contre les réseaux de passeurs, tout en renforçant les mécanismes de prévention et de protection des personnes vulnérables. L’opération menée au large de Saint-Louis illustre, selon les services de sécurité, la détermination de l’État à sauver des vies humaines et à endiguer le trafic de migrants sur l’ensemble du territoire national.

Budget 2026 : les Charges non réparties en hausse pour soutenir les investissements structurants de l’État

Le projet de loi de finances initiale pour l’année 2026, adopté récemment à la majorité par les députés, consacre une augmentation significative des crédits alloués aux Charges non réparties (CNR), un ensemble de dépenses stratégiques gérées par le ministère des Finances et du Budget. Conformément aux dispositions de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), ces charges sont considérées comme essentielles au fonctionnement de l’État et à la mise en œuvre de ses grandes priorités économiques et sociales.

Pour l’exercice 2026, les Crédits de paiement destinés aux Charges non réparties enregistrent une progression de 15 953 070 665 FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 3,4 % par rapport à 2025. Cette évolution traduit la volonté du gouvernement de renforcer les moyens consacrés à des dépenses transversales qui ne peuvent être imputées directement aux budgets sectoriels, mais qui jouent un rôle central dans l’effort global de développement.

La dotation globale des Charges non réparties s’élève ainsi à 902 466 378 554 FCFA en Autorisations d’engagement et à 487 943 504 598 FCFA en Crédits de paiement. Ces ressources servent à financer des interventions d’envergure, allant du fonctionnement de l’appareil budgétaire de l’État aux investissements structurants, en passant par le soutien opérationnel aux différents départements ministériels.

Sur le volet du fonctionnement, les Charges non réparties couvrent notamment la mise en œuvre des réformes budgétaires, le paiement des agences de notation financière, la préparation et l’exécution du budget de l’État ainsi que le suivi des opérations financières majeures. Ces dépenses, bien que souvent peu visibles, sont jugées indispensables à la crédibilité financière du pays et à la bonne gouvernance des finances publiques.

La composante investissement constitue toutefois le principal moteur de la hausse observée en 2026. Les investissements exécutés par l’État dans le cadre des Charges non réparties connaissent une évolution remarquable, estimée à plus de 251 milliards de FCFA. Cette enveloppe est principalement orientée vers le paiement des impôts et taxes liés aux marchés publics financés sur ressources extérieures, ainsi que vers la réalisation de projets d’infrastructures majeurs. Il s’agit notamment des chantiers inscrits dans le cadre de l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN), deux événements d’envergure internationale pour lesquels le Sénégal s’est engagé à livrer des infrastructures aux standards requis.

Les Charges non réparties assurent également un rôle de soutien direct aux ministères à travers la prise en charge de certaines dépenses permanentes de l’administration, comme l’eau et l’électricité, la constitution de réserves de gestion pour le fonctionnement et l’investissement, ainsi que des provisions destinées à couvrir les risques budgétaires. C’est également à ce niveau que sont inscrites les provisions relatives aux garanties et avals accordés par l’État.

Malgré cette hausse globale, certaines lignes de dépenses ont connu une rationalisation. Les dépenses de personnel ont été revues à la baisse grâce à une meilleure programmation, tandis que certains crédits, à l’image de ceux dédiés à la modernisation de la gestion des finances publiques, n’ont pas été renouvelés, les autorités estimant qu’ils sont désormais mieux ciblés et intégrés dans d’autres programmes.

Dans un souci de transparence et de lisibilité budgétaire, un effort de relocalisation des dépenses a également été entrepris. Des structures telles que la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) et l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ont vu leurs crédits transférés à la Présidence de la République. Cette démarche vise à clarifier la présentation des finances publiques et à renforcer le suivi des dépenses transversales.

Face aux interrogations exprimées par plusieurs députés sur les critères d’allocation et d’utilisation des dépenses communes, le ministre des Finances et du Budget s’est engagé à transmettre au Parlement un document détaillé afin de faciliter le contrôle et l’évaluation de ces crédits. Un engagement destiné à rassurer sur la gouvernance des Charges non réparties, souvent perçues comme un poste budgétaire sensible.

En dépit de ces débats, l’Assemblée nationale a finalement adopté la dotation des Charges non réparties pour l’année 2026. Ce vote valide une orientation budgétaire résolument tournée vers le soutien aux investissements structurants, la préparation des grands événements internationaux et la consolidation des fonctions transversales de l’État, dans un contexte économique et financier marqué par de fortes contraintes.

Assemblée nationale : Yassine Fall promet de « réconcilier la Justice avec le peuple »

La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a réaffirmé ce jeudi 11 décembre son ambition de « réconcilier la Justice avec le peuple », en portant un ensemble de réformes destinées à améliorer le fonctionnement du système judiciaire et les conditions de détention. Elle s’exprimait devant les députés à l’Assemblée nationale, à l’occasion de la présentation et de la défense de son projet de budget pour l’exercice 2026, dans un contexte marqué par de fortes attentes citoyennes.

Dès l’ouverture des débats, la surpopulation carcérale s’est imposée comme l’un des sujets les plus sensibles. Plusieurs parlementaires ont décrit des conditions de détention « extrêmement dégradantes », qu’ils estiment contraires à la dignité humaine et révélatrices d’un dysfonctionnement structurel du système pénitentiaire. Les cas les plus préoccupants concernent les prisons de Rebeuss, de Kolda et de Ziguinchor. La situation à Rebeuss, en particulier, a suscité l’indignation : la maison d’arrêt accueille aujourd’hui 3 492 personnes, alors qu’elle n’a été conçue que pour en recevoir 1 300, soit près du triple de sa capacité.

Les députés ont également dénoncé les lenteurs judiciaires, le manque criant de magistrats et l’insuffisance du nombre d’éducateurs spécialisés, responsables de la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi. Ils ont rappelé que le Sénégal ne dispose actuellement que d’un éducateur pour 63 enfants, un ratio très éloigné de la norme internationale qui en recommande un pour sept. Pour remédier à ces dysfonctionnements, ils ont plaidé pour des recrutements massifs et ont insisté sur l’urgence de créer de nouveaux cabinets d’instruction dans des zones à forte pression démographique telles que Pikine-Guédiawaye, Mbour et Kaolack.

Interpellée sur ces multiples défis, Yassine Fall a assuré que ces préoccupations la touchent « au plus haut point ». Reconnaissant l’urgence d’agir, elle a annoncé la construction prochaine d’infrastructures pénitentiaires majeures, notamment un nouveau camp pénal à Sébikotane et une maison d’arrêt à Fatick, qui devraient offrir à terme une capacité supplémentaire de 3 000 places. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à désengorger les prisons, mais aussi à garantir des conditions de détention plus humaines et conformes aux standards internationaux.

La ministre a également évoqué des mesures immédiates, parmi lesquelles la limitation de la durée des mandats de dépôt, souvent pointés du doigt comme l’une des causes principales de la détention préventive prolongée. Elle a par ailleurs laissé entendre qu’une grâce exceptionnelle pourrait être envisagée pour apaiser la pression sur les établissements pénitentiaires. Concernant le dispositif de surveillance électronique, elle a confirmé l’ouverture d’une enquête sur le marché d’acquisition des bracelets, un dossier jugé opaque et source de nombreuses interrogations.

En clôturant sa prise de parole, Yassine Fall a assuré que son département est engagé dans une dynamique de réforme profonde, portée par la volonté d’instaurer une justice plus rapide, plus accessible et véritablement au service des citoyens. Elle a affirmé que la réconciliation entre les Sénégalais et leur justice passe par une transparence accrue, des investissements ciblés et une volonté politique ferme. Reste désormais à voir si les mesures annoncées seront mises en œuvre dans les délais et permettront de répondre aux attentes d’une population de plus en plus exigeante sur ces questions.

Incendie au marché central de Kaolack : plusieurs ateliers de menuiserie réduits en cendres, d’importants dégâts enregistrés

Un violent incendie s’est déclaré dans la nuit du mercredi au jeudi au marché central de Kaolack, ravageant plusieurs ateliers de menuiserie de bois et plongeant les acteurs du secteur dans la consternation. Le feu, qui s’est déclaré aux premières heures de la nuit, a entièrement consumé une large partie de cette zone particulièrement vulnérable du marché.

Selon les informations recueillies auprès de la 31ᵉ compagnie d’incendie et de secours, les sapeurs-pompiers ont été alertés à 01h40, alors que les flammes embrasaient déjà une superficie estimée à près de 700 m². Conduite par le capitaine Mamadou Yahya Mané, l’équipe d’intervention s’est rapidement déployée pour tenter de circonscrire le sinistre dans une zone dense où les matériaux hautement inflammables, notamment le bois, favorisent une propagation rapide du feu.

Le capitaine Mané a indiqué qu’aucune perte humaine n’a été enregistrée, un soulagement majeur pour les commerçants comme pour les autorités. Toutefois, les dégâts matériels sont extrêmement lourds. Plusieurs ateliers ont été totalement réduits en cendres, avec des machines, outils, stocks de bois et œuvres en cours de fabrication entièrement détruits. Pour de nombreux artisans, c’est le travail de plusieurs années qui a été balayé en quelques heures.

La violence du feu a nécessité une mobilisation importante de moyens. Les soldats du feu ont utilisé un fourgon pompe-tonne (FPT), un camion-citerne grande capacité (CCGC) ainsi qu’un véhicule d’intervention léger (VIL) pour maîtriser les flammes et éviter leur propagation à d’autres secteurs du marché, très fréquenté et constitué en grande partie de structures en matériaux combustibles. Leur intervention rapide a permis de limiter la catastrophe, même si les pertes économiques restent considérables.

Pour l’heure, l’origine du sinistre demeure inconnue. Une enquête sera probablement ouverte pour déterminer les causes de l’incendie, alors que certains commerçants évoquent déjà des pistes allant du court-circuit électrique aux actes d’imprudence en fin de journée. Ce nouvel épisode relance également le débat sur la sécurité dans les marchés au Sénégal, régulièrement touchés par des incendies meurtriers ou dévastateurs, souvent liés à des installations électriques vétustes ou à l’absence de dispositifs de prévention adaptés.

Au lendemain du drame, les commerçants sinistrés s’organisent pour évaluer l’étendue des pertes et espèrent un soutien rapide des autorités locales et nationales. Le marché central de Kaolack, l’un des plus importants de la région, reste sous haute surveillance, alors que les sapeurs-pompiers continuent de sécuriser la zone pour prévenir toute reprise de feu.

Université de Dakar : les étudiants menacent de reprendre la grève si les engagements ne sont pas tenus

La tension reste palpable à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar malgré l’accalmie apparente. Après trois semaines d’une grève qui a fortement perturbé les cours, paralysé les activités pédagogiques et transformé le campus en véritable champ d’affrontements, le collectif des amicales des étudiants de l’UCAD a annoncé une suspension temporaire de son mouvement. Mais cette trêve n’est qu’un répit fragile. Les étudiants préviennent qu’ils reprendront la lutte sans hésitation si les engagements pris par les autorités ne se matérialisent pas dans les délais convenus.

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, le porte-parole du collectif, Mbaye Biteye, a donné le ton. D’une voix ferme et assumée, il a rappelé que les étudiants n’ont pas mis fin à leur mouvement de protestation par renoncement mais par sens de la responsabilité nationale. Il a insisté sur le fait que cette suspension doit permettre au ministère de l’Enseignement supérieur d’examiner les propositions faites par les étudiants et d’y apporter des réponses concrètes. Selon lui, la bonne volonté affichée par les grévistes ne devra en aucun cas être interprétée comme un signe de faiblesse. « Que les choses soient claires : si les engagements ne sont pas respectés, nous reviendrons. Si nos droits sont bafoués, nous nous lèverons. Si les étudiants sont négligés, nous reprendrons la lutte », a-t-il averti.

Cette mise en garde intervient après une période marquée par des affrontements répétés entre les forces de l’ordre et les étudiants, sur fond de revendications liées au paiement d’arriérés de bourses que ces derniers estiment à environ 515 000 francs CFA par étudiant. Durant trois semaines, le campus a été le théâtre de scènes de tension : barricades érigées à l’entrée des facultés, gaz lacrymogènes dispersés à plusieurs reprises, salles de cours désertées, et un climat d’anxiété généralisé parmi les étudiants comme parmi le personnel administratif.

C’est à la suite d’une médiation menée par plusieurs guides religieux que les deux parties ont accepté d’explorer une solution permettant d’apaiser la situation. Des propositions de paiement échelonné ont été mises sur la table, ce qui a contribué à ramener le calme, au moins temporairement. Mais les étudiants rappellent que cette suspension ne signifie pas qu’ils renoncent à leurs revendications. Au contraire, ils affirment qu’ils ne feront aucune concession qui porterait préjudice à leurs intérêts. Ils demandent au Président Bassirou Diomaye Faye d’accorder une écoute réelle à cette jeunesse qui, selon eux, ne réclame ni privilèges ni faveurs, mais simplement le respect de ses droits.

Plus profondément, cette crise reflète un malaise persistant au sein de l’enseignement supérieur sénégalais. Depuis plusieurs années, la problématique des bourses universitaires demeure une source de tensions régulières, avec des étudiants qui dénoncent des retards récurrents, des erreurs administratives et des mécanismes de paiement jugés trop opaques. L’actuel bras de fer autour des arriérés n’est qu’un épisode de plus dans une série de conflits sociaux qui ont ponctué la vie de l’UCAD ces dernières décennies, où la mobilisation étudiante a souvent servi de catalyseur pour dénoncer les insuffisances plus larges du système.

En attendant, le campus retrouve peu à peu son rythme habituel, mais l’atmosphère reste chargée d’incertitudes. Les étudiants observent le gouvernement, le gouvernement observe les étudiants, et chacun semble se préparer à l’éventualité d’une reprise des hostilités si la confiance venait à être trahie. Le sort de la trêve dépend désormais de la capacité du ministère de l’Enseignement supérieur à honorer ses engagements et à restaurer un climat de sérénité durable au sein de la plus grande université du pays.

Bourses universitaires : le paiement des réclamations de l’année académique 2024-2025 démarre ce vendredi

Les étudiants concernés peuvent enfin souffler. La Direction des Bourses a annoncé ce jeudi le démarrage du paiement des réclamations portant sur les mois de novembre 2024 à septembre 2025. Cette opération, très attendue par de nombreux étudiants ayant rencontré des difficultés de paiement, débutera officiellement ce vendredi 12 décembre 2025.

Selon le communiqué rendu public, ce paiement ne concerne que les étudiants déjà inscrits sur les états de paiement des mois concernés, mais qui n’avaient pas pu percevoir leur bourse à cause de différentes anomalies administratives. Parmi les problèmes signalés figurent des erreurs de filiation, des changements ou fautes dans les numéros de téléphone, des codes expirés ou encore d’autres dysfonctionnements qui avaient bloqué la réception des allocations.

La Direction des Bourses invite les étudiants concernés à vérifier leurs informations et à se rapprocher des services compétents pour toute précision complémentaire. Le lancement de cette opération vise à régulariser une situation qui a suscité beaucoup d’inquiétudes au sein des établissements d’enseignement supérieur, où plusieurs étudiants avaient exprimé leur frustration face aux retards cumulés.

Communiqué du Conseil des ministres du 11 décembre 2025

Le Conseil des Ministres s’est tenu exceptionnellement le jeudi 11 décembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :
Stabilisation et transformation consensuelle du secteur de l’Enseignement supérieur
Monsieur le Président de la République souligne, à l’entame de sa communication, l’instabilité académique et sociale dans les universités publiques et la problématique du financement du système d’enseignement supérieur. A ce titre, il demande au Premier Ministre d’évaluer l’état d’exécution du Plan d’urgence pour l’Enseignement supérieur. Il instruit également les Ministres de l’Enseignement supérieur et des Infrastructures, de finaliser l’évaluation globale de l’application du système Licence-Master-Doctorat (LMD) et de faire, pour chaque université publique, l’état de prise en charge des besoins ainsi que la situation des chantiers concernant les infrastructures académiques et sociales. Pour adapter les formations aux besoins de l’économie nationale, le Chef de l’Etat indique la nécessité de développer la digitalisation des enseignements et travaux de recherche, de renforcer l’Université numérique du Sénégal Cheikh Hamidou KANE et de développer les Espaces numériques ouverts (ENO) ainsi que les Instituts supérieurs d’Enseignement professionnel (ISEP).

Après avoir relevé que le défi du système éducatif demeure l’employabilité des apprenants et étudiants, le Président de la République invite à réfléchir au financement soutenu, durable et innovant de l’Enseignement supérieur. Afin de retracer l’exhaustivité des ressources et dépenses de l’enseignement supérieur, il prescrit de faire, pour chaque université publique, l’audit systématique des dépenses et des ressources et d’engager les vérifications administratives et financières nécessaires des fonctions de services dans les universités et Centres des œuvres universitaires et sociales. Le Chef de l’Etat demande, enfin, au Premier Ministre de lui faire parvenir un Plan d’actions prioritaires pour la gestion 2026 du secteur de l’Enseignement supérieur.

Rénovation du système national de recherche et promotion de l’innovation

Le Président de la République considère la recherche scientifique et l’innovation technologique comme des catalyseurs de l’industrialisation et du développement d’une économie arrimée aux secteurs et filières moteurs. A cet effet, il demande au Premier Ministre de renforcer les structures nationales de recherche et les écoles d’ingénieurs, afin de former des chercheurs et ingénieurs de pointe et de disposer d’un capital humain endogène, conformément à la Vision « Sénégal 2050 ». Dans ce sillage, il indique l’impératif de développer les formations en Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (STEM), avec un accent particulier sur la maitrise fondamentale du numérique et des possibilités de l’intelligence artificielle.

Le Président de la République fait observer la nécessité de changement de paradigme dans les buts et le financement du système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation et l’impératif de mise en œuvre d’un vaste Programme national de réalisation de laboratoires et d’équipements de recherche dans toutes les universités, écoles et instituts de formation d’ingénieurs et de techniciens supérieurs d’élite. A cet effet, il engage le Premier Ministre à la mise en place d’un Fonds national de Développement de la Recherche et de l’Innovation.

Réhabilitation et développement du transport ferroviaire

Considérant que l’attractivité et la valorisation des territoires reposent sur le développement des transports, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement d’accentuer la mise en œuvre de la politique ferroviaire, en veillant, notamment, à la réhabilitation des Chemins de fer du Sénégal, en cohérence avec l’exploitation et l’expansion du Train Express régional.

Il instruit, outre la finalisation d’un Schéma directeur national de développement du ferroviaire, la réalisation des études requises et la recherche du financement des lignes ferroviaires validées sur un horizon décennal programmé. A cet égard, le Président de la République demande au Premier Ministre de mettre en place un Conseil national du Ferroviaire, en vue d’une maitrise stratégique et d’une meilleure coordination des projets et de leurs impacts sur la modernisation des transports terrestres, le développement territorial et l’emploi.

Mesures effectives de lutte contre la vie chère

Le Président de la République souligne l’importance qu’il accorde à l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages et à la baisse significative du coût de la vie. Il se réjouit de la baisse des prix du litre du supercarburant et du gasoil ainsi que du gaz butane et demande au Premier Ministre de poursuivre les efforts consentis pour soutenir les populations les plus vulnérables et renforcer ainsi le rôle social de l’Etat, protecteur des ménages, notamment les plus pauvres.

Renforcement du rôle de la Diaspora dans la vie nationale

En tant qu’atout majeur dans la réalisation du projet inclusif et collectif pour un Sénégal souverain, juste et prospère, la Diaspora sénégalaise contribue significativement, selon le Chef de l’Etat, au développement national et à la stabilité sociale. A ce titre, il demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions adéquates pour la bonne organisation de la Journée nationale de la Diaspora, qu’il présidera le 17 décembre 2025.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le mardi 09 décembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la 4ème édition de la Conférence MSGBC Oil, Gas and Power 2025. Il annonce qu’il prendra part, le 14 décembre 2025 à Abuja, au Sommet de la CEDEAO. En outre, il procèdera, le mercredi 17 décembre 2025, à la remise du Drapeau national à l’Equipe nationale de Football en route pour la CAN 2025 au Maroc et présidera, le vendredi 19 décembre 2025, la cérémonie annuelle de réception des dignitaires dans les ordres nationaux, avant de se rendre en Casamance pour la période du 20 au 25 décembre 2025, dans le cadre d’une tournée économique.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur le renforcement du pouvoir d’achat des ménages par la nouvelle doctrine des prix des produits pétroliers et de l’énergie. Il a rappelé que le soutien aux ménages et aux petits professionnels a toujours constitué l’une des principales préoccupations du Président de la République, régulièrement exprimée à travers des directives en Conseil des Ministres. Il a rappelé la première vague de baisses des prix qui a été opérée durant l’année 2024, portant sur le sucre cristallisé, le riz brisé non parfumé, l’huile de palme, la baguette de pain et les frais de connexion à internet.

Baisse des tarifs du carburant

S’agissant de la baisse du prix du carburant, le Premier Ministre a présenté les mesures, entrées en vigueur à partir du samedi 06 décembre 2025, relatives à la révision des prix des carburants et précisé que les nouveaux tarifs constituent des plafonds réglementaires susceptibles de flexibilité. Le Premier Ministre a exposé l’impact de ces mesures, notamment sur le Fonds de Sécurisation des Importations de Produits pétroliers (FSIPP), institué pour assurer un approvisionnement correct et régulier et la couverture des pertes commerciales découlant des importations de produits pétroliers. Ce fonds a été transformé en une taxe fiscale et les montants collectés fongibles dans le budget global.

En perspective, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget de faire une analyse de l’utilisation du FSIPP, d’utiliser le surplus dudit fonds pour les éventuelles hausses du baril, de procéder à une analyse approfondie de mécanismes permettant la péréquation des prix des bouteilles de gaz butane et de démarrer, sans délai, les travaux de réforme de la loi sur le secteur aval des hydrocarbures.

Baisse des tarifs de l’électricité

En ce qui concerne la baisse de l’électricité, le Premier Ministre, après présentation des mesures prises et de leurs impacts, a donné instruction de poursuivre les travaux pour un meilleur ciblage de la subvention de l’électricité, avec les ménages vulnérables à faibles revenus inscrits dans le Registre national unique (RNU) et de mettre en place, sans délai, des mesures visant la baisse des charges d’exploitation de la SENELEC. En outre, avant de le féliciter ainsi que ses équipes, le Premier Ministre a demandé au Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines de lui soumettre un plan pour la réduction des pertes non techniques, afin de mettre fin à la fraude de l’électricité.

La baisse des prix à la consommation et la disponibilité des produits, sont corrélées aux initiatives prises par le Gouvernement, visant à procurer des revenus décents aux ménages.

Suivi du Plan de Redressement économique et social et Agenda

Le Premier Ministre a clos sa communication par la présentation des premiers résultats très positifs du Plan de Redressement économique et social (PRES) et le compte rendu de la visite de travail effectuée au Sénégal, les 09 et 10 décembre 2025, par le Ministre du Commerce extérieur des Émirats Arabes Unis, à la tête d’une forte délégation, ayant permis de nouer des partenariats d’investissements, avec la signature d’une dizaine de mémorandums d’entente dans des secteurs prioritaires.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a fait une communication sur l’état d’avancement des travaux d’extension du Registre national unique (RNU), de sa mise à jour et de la re-certification du Programme national de Bourses de Sécurité familiale (PNBSF).

Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret modifiant le décret n°2019-413 du 30 janvier 2019 portant création du Centre de Formation judiciaire (CFJ) et fixant ses règles d’organisation et de fonctionnement.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre de la Présidence de la République

  • Monsieur Cheikh Tidiane DIOP, Inspecteur général d’Etat, matricule de solde n°516907/F, est nommé Contrôleur financier, en remplacement de Madame Marie Gaye NDIAYE, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre de la Primature

  • Madame Fatoumata MBAYE, Planificateur, matricule de solde n°607025/J, est nommée Directeur des Ressources humaines à la Primature.
  • Monsieur Sidy Mouhamed FALL, Ingénieur en Informatique, matricule de solde n°518226/F, est nommé Directeur des Systèmes d’Information à la Primature.

Au titre du Ministère de la Justice

  • Monsieur Idrissa SOW, Inspecteur 2ème classe 1er échelon de l’Administration pénitentiaire, matricule de solde n°645594/G, est nommé Directeur général adjoint de l’Administration pénitentiaire.

Au titre du Ministère des Infrastructures

  • Monsieur Alioune SENE, Ingénieur en Génie civil, matricule de solde n°763252/E, est nommé Directeur général des Infrastructures routières et du Désenclavement au Ministère des Infrastructures, en remplacement de Monsieur Mamadou Alassane CAMARA.
  • Monsieur Moustapha FALL, Ingénieur en Génie civil, est nommé Directeur général de l’Agence des Travaux et de Gestion des Routes (AGEROUTE Sénégal), en remplacement de Monsieur Mamadou NDAO.
  • Monsieur Cheikh DIOP, Ingénieur en Electromécanique, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société nationale de Gestion du Patrimoine du Train Express Régional (SENTER.SA), en remplacement de Monsieur Oumar BA.

Marie Rose Khady Fatou FAYE, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement

Annulation des arrêtés du ministre de la Communication : une victoire éclatante pour la liberté de la presse

C’est une décision qui fera date dans l’histoire récente des médias sénégalais. La Chambre administrative de la Cour Suprême a annulé, ce jeudi, l’ensemble des arrêtés pris par le ministre de la Communication visant à instaurer une plateforme d’inscription obligatoire des organes de presse ainsi qu’une commission chargée d’examiner et de valider les entreprises de presse.

Cette décision, obtenue à la suite d’un recours introduit par le Conseil des éditeurs et diffuseurs de presse du Sénégal (CDEPS), constitue un véritable souffle d’air pour le secteur. Pour beaucoup d’observateurs, il s’agit d’une victoire éclatante pour la liberté de la presse et un rappel ferme des limites du pouvoir réglementaire de l’exécutif.

Le CDEPS, estimant que ces textes fragilisaient le pluralisme médiatique et ouvraient la voie à une régulation arbitraire, avait confié le dossier à son avocat, Me Cheikh Abdou Ndiaye. Ce dernier a obtenu gain de cause : la Cour Suprême a jugé que les arrêtés étaient dépourvus de base légale et dépassaient les compétences du ministre.

Avec cette décision, la plateforme d’enregistrement et la commission de validation sont purement et simplement annulées. Une victoire symbolique et pratique : les médias échappent à un dispositif perçu comme une entrave potentielle à leur indépendance.

Dans un contexte où les relations entre autorités publiques et acteurs médiatiques sont régulièrement traversées par des tensions, cet arrêt de la Cour Suprême réaffirme l’importance de l’État de droit et rappelle que toute réforme du secteur doit se faire dans le respect absolu des garanties constitutionnelles.

Crise de la dette au Sénégal : les risques pour l’espace civique, selon Civicus

La crise de la dette qui secoue actuellement le Sénégal pourrait compromettre les progrès récemment réalisés en matière de libertés civiles, avertit l’organisation Civicus. Selon les analystes, l’évolution de l’espace civique dépendra largement de la manière dont les autorités répondront aux éventuelles manifestations liées aux mesures économiques strictes mises en place pour stabiliser les finances publiques.

Nelson Baiye Mbu, analyste basé au Cameroun pour le Civicus Monitor, explique que l’espace civique du Sénégal avait été récemment reclassé de « réprimé » à « obstrué », reflétant une amélioration notable par rapport aux années précédentes. Cette progression avait été renforcée par la transition politique réussie du pays l’an dernier, ainsi que par l’instauration de mesures visant à tenir les responsables d’actes de violence lors de manifestations passées pour responsables. Ces initiatives avaient contribué à renforcer la confiance des citoyens dans le respect de leurs droits civiques et dans la capacité des institutions à garantir la sécurité et la liberté d’expression.

Cependant, cette situation reste fragile. Le Sénégal est confronté à une crise de la dette accentuée par la découverte, l’an dernier, de sept milliards de dollars de dettes cachées, héritées de l’ancienne administration. Cette révélation avait conduit le Fonds monétaire international (FMI) à suspendre un programme de financement de 1,8 milliard de dollars, obligeant le gouvernement à rechercher de nouvelles solutions pour stabiliser les finances publiques. Dans ce contexte, le Sénégal doit désormais adopter des mesures d’austérité, notamment la réduction du déficit budgétaire, qui devrait passer de 13,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 5,3 % en 2025.

Ces restrictions budgétaires, bien qu’essentielles pour la stabilité économique, risquent de provoquer des réactions de mécontentement dans la population, en particulier si elles affectent directement les conditions de vie des citoyens. Mbu souligne que les gouvernements soumis à de telles pressions peuvent considérer les manifestations comme des menaces et être tentés de restreindre le droit de réunion pacifique ou de réprimer les expressions de contestation. Il ajoute que les tensions politiques croissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pourraient également exacerber les risques de protestations ou de divisions politiques, fragilisant davantage l’espace civique.

L’analyse de Civicus s’inscrit dans un contexte plus large de suivi des libertés publiques en Afrique. Cette année, l’organisation a reclassé le Gabon de « réprimé » à « obstrué » après une transition démocratique pacifique, tandis que Madagascar a été rétrogradé de « obstrué » à « réprimé » à la suite d’une prise de pouvoir militaire en octobre. Le Soudan et le Burundi, quant à eux, sont désormais classés « fermés ».

L’alerte de Civicus souligne la vulnérabilité de l’espace civique au Sénégal face à la combinaison d’une crise économique, de mesures d’austérité strictes et de tensions politiques. Elle rappelle l’importance pour le gouvernement d’adopter des stratégies équilibrées qui tiennent compte à la fois des impératifs financiers et de la protection des droits fondamentaux, afin de préserver la confiance des citoyens et d’éviter une régression des libertés publiques.

Marché financier de l’UMOA : le Sénégal lève 35,728 milliards de FCFA

Dans le cadre de sa politique de gestion des ressources publiques et de financement des projets de développement, l’État du Sénégal, par l’intermédiaire de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT), a réalisé le mardi 9 décembre 2025 une opération majeure sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). Cette opération a permis de mobiliser un montant total de 35,728 milliards de FCFA, confirmant l’attractivité des titres publics sénégalais auprès des investisseurs régionaux et internationaux.

L’opération a été menée à travers une émission simultanée de bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 182 jours et de 364 jours, ainsi que d’obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une échéance de trois ans. L’objectif de cette démarche était double : diversifier les instruments de financement public et répondre aux besoins croissants de financement des projets d’infrastructures et de développement dans le pays.

Le montant total initialement mis en adjudication s’élevait à 35 milliards de FCFA, tandis que le volume des soumissions globales, reflet de l’intérêt des investisseurs, a atteint 35,828 milliards de FCFA. Ce niveau élevé de soumissions traduit un taux de couverture de 102,37 %, démontrant un vif intérêt pour les titres émis par le Trésor sénégalais et renforçant la confiance des investisseurs dans la solidité financière de l’État.

Au terme de cette adjudication, le montant total des soumissions retenues s’élève à 35,728 milliards de FCFA, concentré sur les BAT à 364 jours et les OAT, tandis que 100 millions de FCFA de soumissions ont été rejetés. Cette opération affiche ainsi un taux d’absorption exceptionnel de 99,72 %, confirmant la forte participation des investisseurs et la confiance dans les instruments financiers proposés.

Les bons à 364 jours ont été attribués avec un rendement moyen pondéré de 7,31 %, tandis que les obligations à trois ans offrent un rendement légèrement supérieur de 7,94 %, reflétant l’attractivité et la compétitivité de ces titres sur le marché régional. Le Trésor public s’engage à rembourser les bons émis le premier jour ouvré suivant leur date d’échéance, fixée au 8 décembre 2026, avec paiement des intérêts précomptés d’avance sur la valeur nominale, garantissant transparence et sécurité aux investisseurs.

Quant aux obligations, le remboursement du capital sera effectué à l’échéance, prévue le 10 décembre 2028, tandis que le paiement des intérêts se fera annuellement à un taux de 6,30 %, offrant aux investisseurs un flux régulier de revenus. Cette structuration claire et rigoureuse des paiements illustre la solidité et la fiabilité des titres publics sénégalais, tout en permettant une planification financière sereine pour les investisseurs à long terme.

Cette réussite sur le marché financier de l’UMOA confirme le dynamisme du Trésor sénégalais et son aptitude à mobiliser efficacement les ressources nécessaires au financement du développement économique et des projets d’infrastructure, tout en maintenant la confiance des investisseurs et la stabilité du marché régional.

Adoption du Budget 2026 : le ministre de l’Intérieur expose une stratégie axée sur l’ordre public, la modernisation sécuritaire et la discipline citoyenne

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a défendu ce mercredi devant l’Assemblée nationale le projet de budget 2026 de son département, dans un climat marqué par des débats soutenus avec les députés. À l’issue de sa présentation, le budget a été adopté à une large majorité. Le ministre l’a qualifié de « volontariste et réaliste », estimant qu’il s’inscrit pleinement dans l’ambition de transformation structurelle portée par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. L’accent est mis sur le renforcement de la sécurité publique, la réorganisation de l’espace urbain et la modernisation de la sécurité civile.

L’un des points centraux de son intervention a porté sur les opérations de désencombrement menées ces dernières semaines dans plusieurs villes du pays. Bamba Cissé a rappelé qu’il s’agit d’actions conduites sur instruction des plus hautes autorités, destinées à rétablir l’ordre dans les espaces publics. Il a dénoncé le « laxisme » et l’« incivisme » qui, selon lui, ont permis la normalisation de pratiques illégales, notamment l’occupation anarchique des trottoirs et chaussées. Le ministre a évoqué la loi de 1967 interdisant ces pratiques, affirmant que son application ne souffrirait plus d’aucune ambiguïté. « Les trottoirs sont réservés aux piétons, la chaussée aux véhicules et les marchés aux commerçants », a-t-il martelé, ajoutant que ces opérations se poursuivront dans la durée afin de provoquer un véritable « déclic citoyen » autour des valeurs d’ordre, de discipline et de respect des règles.

Abordant l’impact économique du désordre urbain, Bamba Cissé a mis en lumière le lien direct entre encombrement, insécurité et pertes financières importantes. Il a révélé qu’environ 903 milliards de francs CFA sont perdus chaque année par l’État à cause des embouteillages, aggravés par l’occupation irrégulière de la voie publique. Pour garantir la durabilité des mesures engagées, le ministère mobilise d’importants moyens, notamment le déploiement de brigades de gendarmerie chargées de maintenir le retour à l’ordre et d’éviter toute réinstallation illégale.

Le ministre a ensuite détaillé les ambitions de son département en matière de sécurité civile, annonçant un vaste programme de construction de 186 casernes de sapeurs-pompiers d’ici 2035. Ce projet marque selon lui un tournant majeur dans la modernisation des infrastructures d’intervention d’urgence, soutenant l’objectif de rapprocher les services de secours des populations sur l’ensemble du territoire. Il a également insisté sur la lutte contre la corruption au sein des forces de sécurité, indiquant la réactivation de l’inspection interne de la Police. Cette démarche est présentée comme une déclinaison concrète de la philosophie du « Jub, Jubal, Jubanti » que le nouveau régime ambitionne d’inscrire durablement dans la gouvernance publique.

La question de la sécurité aux frontières a également occupé une part importante des discussions. Face aux menaces transfrontalières et aux risques liés au terrorisme djihadiste, le ministre a annoncé la création d’unités spécialisées de patrouilles. Ces unités auront pour mission de renforcer la vigilance, de surveiller les zones sensibles et de prévenir toute infiltration susceptible de mettre en péril la stabilité nationale.

Sur le plan électoral, Bamba Cissé a informé les députés que les préparatifs des élections territoriales de 2027 débuteront dès 2026. Il a toutefois signalé que le budget initialement prévu pour cette phase préparatoire, estimé à 1,016 milliard de francs CFA, reste insuffisant, plaidant pour une revalorisation afin d’assurer une organisation transparente et efficace du processus.

Le volet médiatique a également suscité des échanges nourris. Le ministre a défendu l’interpellation récente de journalistes ayant accordé une tribune à une personne recherchée sous mandat d’arrêt international. Selon lui, cette démarche constitue une « violation manifeste de la loi », rappelant que la sécurité nationale ne saurait être compromise sous le prétexte de liberté éditoriale.

Abordant finalement la problématique de la mendicité, Bamba Cissé a affirmé que la législation en vigueur sera désormais appliquée avec rigueur. Il a précisé que les étrangers impliqués dans des situations d’infraction feront systématiquement l’objet de mesures d’expulsion, dans le cadre d’une politique de restauration de l’ordre public et de lutte contre l’exploitation humaine.

En clôturant la séance, le ministre des Finances et du Budget a confirmé une augmentation de 7,63 % du budget alloué au ministère de l’Intérieur entre 2025 et 2026, reconnaissant le rôle crucial de ce département dans la préservation de la sécurité nationale. Avec cette hausse, le gouvernement entend renforcer davantage les moyens opérationnels et stratégiques nécessaires à la mise en œuvre des réformes engagées.

Affaire du commissaire de l’AIBD : Abdou Mbow met la pression sur le ministre de l’Intérieur et exige des explications

L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange particulièrement tendu ce mercredi, lorsque le député Abdou Mbow a interpellé le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, sur ce qu’il considère comme des dérives inquiétantes au sein de la police. Au cœur de son intervention : l’affaire du commissaire de l’aéroport international Blaise Diagne, dont le limogeage annoncé par le ministère semble avoir été remis en question.

Dès le début de sa prise de parole, Abdou Mbow a rappelé au ministre l’importance de sa mission et les exigences éthiques qui doivent l’accompagner. Revenant sur la double identité professionnelle de Bamba Cissé, à la fois juriste et avocat, le député a insisté sur les valeurs de dignité, de probité, d’indépendance et de loyauté auxquelles un avocat est normalement tenu, estimant que ces principes devraient impérativement guider l’action d’un ministre de l’Intérieur. Pour Abdou Mbow, cette combinaison de doctrines – celle du ministère chargé de la sécurité et celle du métier d’avocat – devrait faire de Bamba Cissé « un homme juste, drapé de valeurs républicaines ».

Poursuivant son intervention, le parlementaire de l’opposition a tenu à rappeler au ministre que sa responsabilité dépasse désormais les logiques partisanes. Selon lui, Bamba Cissé ne peut plus agir comme le simple avocat d’un camp politique, mais doit servir l’ensemble des citoyens. « Vous n’êtes plus l’avocat du Premier ministre. Vous avez 18 millions de clients, c’est-à-dire les Sénégalais », a-t-il affirmé, avant de mettre en garde contre la tentation d’instrumentaliser la police à des fins politiques. Il a averti qu’aucune dérive de ce type ne serait tolérée, estimant que le rôle des forces de sécurité doit rester strictement républicain.

Mais c’est surtout la situation du commissaire de l’AIBD qui a cristallisé les échanges. Abdou Mbow a demandé des éclaircissements sur l’incohérence apparente entre l’annonce du limogeage du commissaire et les informations selon lesquelles l’intéressé serait toujours en fonction. Il a ainsi interpellé directement le ministre, l’invitant à préciser si le commissaire est bel et bien resté en poste et, le cas échéant, à expliquer les raisons de ce revirement. Pour le député, une telle contradiction mérite une transparence totale, surtout dans un contexte où la gestion de la police est scrutée par l’opinion publique.

À travers cette interpellation, Abdou Mbow entend mettre en lumière ce qu’il perçoit comme un manque de clarté dans la gestion des affaires sensibles au sein du ministère de l’Intérieur. Son intervention souligne également les tensions persistantes entre l’opposition et les autorités, particulièrement sur les questions liées à la sécurité et à l’usage du pouvoir exécutif.

Le ministre Bamba Cissé, quant à lui, est désormais attendu sur une réponse publique et précise. L’affaire du commissaire de l’AIBD, loin d’être un simple incident administratif, soulève des interrogations sur les pratiques internes et sur la cohérence de la communication gouvernementale. Elle relance aussi le débat sur la nécessité de préserver l’indépendance et la neutralité des forces de sécurité dans un contexte politique chargé.

Droits humains : le Forum du justiciable alerte l’ONU sur la santé critique de plusieurs détenus au Sénégal

La situation sanitaire de certains détenus hospitalisés au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec continue d’inquiéter. Face à ce qu’il qualifie de « violations graves du droit à la santé », le Forum du justiciable a officiellement interpellé Robert Kotchani, représentant régional du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest. Dans une correspondance datée du 9 décembre 2025, l’organisation dirigée par Babacar Ba appelle à une intervention urgente de l’instance onusienne.

Depuis plusieurs mois, le traitement réservé aux détenus, notamment ceux impliqués dans des dossiers perçus comme politiquement sensibles, alimente le débat public et suscite l’indignation d’une partie de la société civile. Malgré les alertes répétées, certains prisonniers gravement malades continuent d’être maintenus en détention dans des conditions jugées inadaptées, même en milieu hospitalier.

Selon les informations relayées par Les Échos, plusieurs personnalités sous surveillance médicale figurent parmi les cas que l’ONG juge critiques. Il s’agit notamment de Farba Ngom, Maodo Malick Mbaye, Mabintou Diaby et Khadim Ba. Le Forum du justiciable estime que leur état de santé est « gravement compromis » et « incompatible avec toute forme de détention ». L’organisation souligne que le Pavillon spécial ne dispose ni des ressources ni de l’environnement nécessaires pour assurer un suivi médical constant et adéquat pour ces patients.

Dans sa lettre adressée aux Nations Unies, Babacar Ba rappelle que le Sénégal est lié par des engagements internationaux clairs en matière de protection des personnes privées de liberté. Le droit à la santé, insiste-t-il, ne souffre aucune exception, y compris pour les personnes en détention, et constitue une obligation à laquelle l’État doit impérativement se conformer.

Le Forum du justiciable formule ainsi deux demandes principales : l’octroi de libertés provisoires immédiates aux détenus considérés comme médicalement inaptes à la détention, et un rappel officiel des engagements internationaux du Sénégal concernant la protection des personnes vulnérables. Selon l’ONG, ces mesures sont indispensables pour éviter des conséquences irréversibles sur la santé – voire la vie – des prisonniers concernés.

L’organisation se dit disposée à fournir toutes les informations supplémentaires dont pourrait avoir besoin le Haut-Commissariat afin d’éclairer la nature et la gravité des violations alléguées. Par cette démarche, le Forum du justiciable espère susciter une pression internationale capable de contraindre les autorités sénégalaises à prendre des mesures immédiates pour garantir les droits fondamentaux des détenus les plus fragiles.

Vol de 6 310 bidons d’huile chez Aziz Ndiaye : une “mafia interne” impliquant un ami d’enfance mise au jour

L’affaire suscite stupéfaction et indignation dans l’entourage d’Aziz Ndiaye. L’homme d’affaires, patron de l’entreprise Aziz Business Company (ABC), a découvert un détournement massif au cœur même de sa société : 6 310 bidons d’huile « J’adore » de 20 litres ont été subtilisés dans l’entrepôt de Cambérène. Le préjudice, estimé à plus de 101 millions de francs CFA, révèle l’existence d’un système organisé qui opérait depuis plusieurs mois.

Selon les révélations du journal Libération, publiées ce mercredi, trois personnes sont au centre du scandale. Il s’agit des magasiniers A. Cissé et K. Mbaye, ainsi que de M. Lô, ancien directeur commercial et surtout ami d’enfance d’Aziz Ndiaye. Ce dernier élément donne à l’affaire une gravité particulière, la trahison émanant non pas d’un simple employé, mais d’un proche de longue date, occupant une position stratégique dans l’entreprise.

L’alerte a été déclenchée lorsque des incohérences ont été repérées dans la gestion des stocks. Soucieux de comprendre l’origine de ces irrégularités, Aziz Ndiaye a ordonné un inventaire approfondi. Celui-ci a mis en lumière un mécanisme bien huilé de détournement : des sorties frauduleuses, des quantités manipulées et une complicité interne qualifiée de véritable « mafia » par le quotidien.

Face à l’ampleur des révélations, l’homme d’affaires a saisi la Section de recherches de Dakar. Les enquêteurs ont rapidement avancé et obtenu les premières confessions. Interpellé en premier, le magasinier A. Cissé a admis avoir transféré plusieurs cargaisons volées à M. Lô, qu’il a désigné comme le principal instigateur. Selon les informations relayées, celui-ci aurait profité des jours du Gamou de Tivaouane – période durant laquelle Aziz Ndiaye était pris par des engagements religieux – pour intensifier les opérations frauduleuses.

Le second magasinier, K. Mbaye, a lui aussi reconnu sa participation, confirmant l’existence d’un réseau structuré et d’un mode opératoire répété. Arrêté par la suite, M. Lô a fini par avouer, tout en tentant d’atténuer les faits, affirmant n’avoir détourné « que » 6 050 bidons, un chiffre en dessous de celui établi par l’inventaire.

Une médiation pénale a été engagée, à la demande de la victime, pour tenter de récupérer une partie des pertes. Dans ce cadre, M. Lô a restitué 40 millions de francs CFA en espèces, auxquels s’ajoute un véhicule évalué à 18 millions. Le montant total rendu s’élève ainsi à 58 millions de francs CFA, loin de couvrir l’intégralité du préjudice estimé.

Cette affaire met en lumière les vulnérabilités internes auxquelles sont confrontées de nombreuses entreprises locales, mais aussi la nécessité d’un contrôle rigoureux des chaînes logistiques et des systèmes de gestion. Pour Aziz Ndiaye, au-delà des pertes financières, c’est surtout une blessure humaine et morale qui marque ce dossier, la trahison venant d’un ami de toujours.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°627 – 10/12/2025

🔴 « DÉMISSION » DE CHEIKH DIBA : QU’EN EST-IL ?
🔴 DISTRIBUTION DE 1,8 MILLIARD F CFA À DES MILITANTS DE PASTEF : ABDOU MBOW CRIE AU SCANDALE

🔴 LIGUE DES CHAMPIONS : BELLE SOIRÉE POUR MONACO, LIVERPOOL ET BARÇA

Réactualisation administrative au CHU Le Dantec : 149 agents provisoirement retirés du fichier en attendant leur régularisation

Le Centre hospitalier national Aristide Le Dantec a rendu publics, ce 9 décembre 2025, les résultats de sa vaste campagne de réactualisation des dossiers administratifs, une opération qui s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation des ressources humaines au sein des établissements publics de santé. Selon la direction générale, 88 % des agents ont répondu à l’appel, un taux considéré comme « extrêmement satisfaisant » compte tenu de l’ampleur et des exigences de l’exercice.

L’audit conduit durant cette campagne a porté sur un effectif total de 1 223 travailleurs, incluant l’ensemble des corps professionnels de l’hôpital. La direction souligne que cette forte participation témoigne du « sens du devoir » du personnel, qui a compris l’importance d’une mise à jour rigoureuse des données administratives pour le bon fonctionnement de l’institution. Dans un environnement hospitalier marqué par une forte pression opérationnelle, cette réactivité est perçue comme une manifestation de maturité professionnelle et de volonté d’améliorer la gouvernance interne.

Néanmoins, malgré ce taux de participation élevé, 149 agents ne se sont pas encore conformés aux demandes de dépôt de dossier. Conformément aux procédures réglementaires appliquées à l’ensemble des établissements publics, ces agents seront retirés du fichier réactualisé tant que leur situation administrative n’aura pas été complètement régularisée. Cette mesure, précise la direction, n’a pas vocation à sanctionner, mais à garantir l’exactitude des données utilisées pour la gestion des carrières, des rémunérations, des affectations et des droits sociaux. Un fichier administratif fiable reste, selon l’hôpital, un socle indispensable pour éviter les erreurs, les doublons, les irrégularités de statut ou les difficultés liées au suivi des parcours professionnels.

Par ailleurs, l’établissement a engagé des opérations complémentaires visant à vérifier l’authenticité et la conformité des diplômes détenus par les agents. Ces contrôles, qui mobilisent plusieurs services internes ainsi que les administrations partenaires compétentes, répondent aux standards de vérification de qualifications dans le secteur de la santé. Ils visent à prévenir les risques liés à de faux diplômes, un phénomène déjà observé dans certains organismes publics, et à s’assurer que chaque employé exerce effectivement en conformité avec les exigences de son métier.

En parallèle, un recensement des besoins en formation est en cours d’élaboration. Ce travail permettra à la direction de mieux anticiper les programmes de renforcement de capacités, notamment dans les services techniques et cliniques où les évolutions technologiques et les nouvelles normes imposent une mise à jour régulière des compétences. L’objectif déclaré est de doter l’hôpital d’un personnel qualifié, mieux accompagné et plus adapté aux transformations du secteur médical.

La direction du CHU Aristide Le Dantec a, dans son communiqué, adressé ses remerciements à l’ensemble des départements impliqués dans la conduite de cette campagne, saluant « un travail de qualité » réalisé dans un délai jugé satisfaisant. Elle a également encouragé ceux dont les dossiers demeurent incomplets à se rapprocher des services compétents afin de finaliser leur situation dans les meilleurs délais. L’établissement dit privilégier une démarche constructive, fondée sur la collaboration et l’intérêt supérieur du service public hospitalier.

Cette opération de réactualisation intervient dans un contexte national où plusieurs institutions sanitaires s’engagent dans des audits administratifs pour renforcer la transparence, améliorer la gestion des effectifs et aligner leurs politiques internes sur les exigences de performance fixées par les autorités. Dans cette dynamique, Le Dantec entend se positionner comme un modèle de gestion rigoureuse et moderne, en phase avec les réformes en cours dans le secteur de la santé publique au Sénégal.

Déclaration de solidarité avec la Palestine : la Ligue des Imams et Prédicateurs du Sénégal désavoue une délégation non mandatée en Israël

La Ligue des Imams et Prédicateurs du Sénégal (LIPS) a rompu le silence ce lundi 12 décembre 2025, après l’annonce largement relayée de la présence d’une délégation se présentant comme composée de religieux sénégalais en visite en Israël. Dans une déclaration ferme et argumentée, l’organisation religieuse a tenu à exprimer son « profond désaccord » et sa « vive condamnation », rejetant catégoriquement toute implication dans cette initiative qu’elle qualifie de « personnelle, non autorisée et dépourvue de légitimité ».

Dès les premières lignes du communiqué, la LIPS clarifie un point essentiel : aucune autorité religieuse reconnue au Sénégal n’a mandaté ni soutenu une telle démarche. L’organisation souligne que les guides religieux, historiquement engagés pour la justice, la dignité humaine et la défense des peuples opprimés, ne sauraient cautionner une action qui va à l’encontre des positions constantes du Sénégal sur la scène internationale. Elle insiste sur le fait que cette prétendue délégation n’engage ni la communauté religieuse du pays, ni le peuple sénégalais.

Cette mise au point intervient dans un contexte international marqué par des tensions extrêmes au Proche-Orient, où les violations du droit international humanitaire, particulièrement en Palestine, continuent de susciter l’indignation mondiale. Pour la LIPS, cette visite en Israël constitue un « contresens historique et diplomatique » à un moment où les populations civiles palestiniennes vivent une situation d’une gravité sans précédent. Le communiqué évoque un geste malvenu, incompréhensible et « en contradiction directe » avec l’engagement moral, spirituel et politique du Sénégal en faveur du peuple palestinien.

Le rappel du rôle central du Sénégal dans ce dossier est au cœur de la déclaration. Depuis 1975, le pays assure la présidence du Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, une responsabilité diplomatique majeure qui place Dakar parmi les voix les plus constantes et influentes en faveur de la Palestine. Cet engagement de près d’un demi-siècle, selon la LIPS, témoigne d’une « posture historique, ferme et immuable ». C’est d’ailleurs cette dimension qui rend, aux yeux de l’organisation, la visite de la délégation non mandatée particulièrement problématique : un tel déplacement donne l’illusion d’une caution religieuse ou d’un infléchissement de la position sénégalaise, alors qu’il n’en est rien.

La Ligue des Imams et Prédicateurs appelle ainsi l’opinion publique, nationale et internationale, à ne pas se laisser tromper par cette initiative isolée. Elle exhorte les citoyens à distinguer clairement entre une démarche individuelle et la position institutionnelle des guides religieux sénégalais, dont les actions et les prises de position ont toujours été alignées sur les valeurs de justice, de solidarité et de respect des droits des peuples.

Dans sa conclusion, la LIPS réaffirme son engagement indéfectible aux côtés du peuple palestinien, rappelant que la solidarité du Sénégal, qu’elle soit populaire, diplomatique ou religieuse, s’est construite dans la durée et demeure intacte. Elle appelle enfin au renforcement de la vigilance collective pour préserver la cohérence de cette position historique et éviter toute manipulation ou récupération de l’image religieuse du pays.

Fonction publique : le Sénégal lance un audit physique et biométrique des agents de l’État

Le Sénégal vient d’ouvrir un nouveau chapitre dans la modernisation de son administration. Ce mardi, à Dakar, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, Olivier Boucal, a présidé la cérémonie de lancement des travaux du comité de pilotage de l’audit physique et biométrique des agents de l’État.

L’objectif de cette opération est clair : identifier physiquement et biométriquement l’ensemble des agents publics et contractuels des ministères et administrations. Pour le ministre Boucal, cette démarche vise à « maîtriser les effectifs de la Fonction publique et la masse salariale », un enjeu devenu central pour l’État.

Dès son intervention, le ministre a situé cet audit dans le contexte de la « troisième alternance », marquée selon lui par une volonté de rupture. « L’État s’est engagé dans un vaste processus de changement et de rupture avec les vieilles pratiques qui ne permettent pas d’avoir une administration beaucoup plus efficace », a-t-il déclaré. Il insiste sur l’ambition de bâtir une fonction publique moderne, mieux organisée et surtout maîtrisant ses ressources humaines, qu’il considère comme « le socle » de toute politique publique.

Conscient des difficultés rencontrées lors d’audits précédents, le gouvernement affirme avoir mobilisé des moyens importants. Un cabinet spécialisé a été recruté, un partenariat a été noué avec la Caisse des Dépôts et Consignations, via sa filiale Sinapsis, et plusieurs techniciens et experts ont été associés au processus. Une logistique complète ainsi qu’un programme de gouvernance des ressources humaines ont également été mis en place. « Nous espérons qu’avec le dispositif actuel, nous arriverons à des résultats probants », a assuré Olivier Boucal.

L’une des attentes fortes de cet audit concerne la question sensible des emplois fictifs. Le ministre a rappelé qu’il est « impossible de les établir de façon formelle » sans un audit approfondi. Celui-ci permettra ainsi de vérifier ou d’infirmer les soupçons, mais aussi de lever les obstacles qui plombent encore l’efficacité administrative.

Au-delà de l’identification des agents, l’enjeu majeur demeure l’informatisation complète du système de gestion des ressources humaines. « Tant que la gestion reste manuelle, elle posera toujours des problèmes », a rappelé le ministre. L’audit permettra ainsi de poser les bases d’un système intégré, considéré comme indispensable pour moderniser l’État.

Le calendrier a également été dévoilé. La mise en place du comité de pilotage marque le début effectif du processus. En décembre, le ministère de la Fonction publique servira de ministère pilote pour tester le dispositif. Le démarrage général de l’audit est prévu pour janvier, pour une durée de trois mois. Les résultats seront rendus publics à la fin du mois d’avril.

Avec cet audit biométrique et physique, le Sénégal amorce une réforme profonde destinée à doter le pays d’une administration plus performante, transparente et maîtrisée. Une étape décisive vers une gouvernance modernisée et en phase avec les ambitions de la nouvelle administration.

Badara Gadiaga : 150 jours de détention et deux ordonnances de mise en liberté provisoire ignorées

Le chroniqueur Badara Gadiaga totalise ce mercredi 150 jours de détention, alors même que le juge chargé du dossier a ordonné deux fois sa mise en liberté provisoire, après l’avoir entendu sur le fond. Une situation rare, qui soulève de nombreuses interrogations sur le fonctionnement de la procédure judiciaire.

Contrairement aux procédures habituelles, ni Badara Gadiaga ni ses avocats n’ont déposé de demande de liberté provisoire.
Selon des sources proches du dossier, c’est le juge d’instruction qui a pris l’initiative, après avoir entendu le chroniqueur sur le fond, d’ordonner une mise en liberté provisoire d’office.
Cette première ordonnance n’a toutefois jamais été exécutée : le parquet s’y est immédiatement opposé, suspendant la décision du magistrat instructeur.

Face au blocage, le juge a rendu une seconde ordonnance de mise en liberté provisoire, confirmant sa position.
Mais cette fois encore, la décision n’a pas été appliquée. Le parquet, qui doit dire s’il compte s’opposer ou non à cette nouvelle ordonnance, renvoie sa position à jeudi.
En attendant, Badara Gadiaga demeure en détention, malgré deux décisions successives du juge en sa faveur.

Cette situation atypique, où deux ordonnances de mise en liberté provisoire restent sans effet, commence à susciter des réactions dans les milieux juridiques et médiatiques.
Des observateurs soulignent que ce bras de fer institutionnel interroge le respect du principe de séparation des pouvoirs et met en lumière les tensions possibles entre juge d’instruction et parquet dans la gestion des détentions provisoires.

Budget Infrastructures 2026 : 98 % des crédits entièrement destinés à l’investissement

Le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a présenté ce jeudi devant l’Assemblée nationale le projet de budget 2026 de son département, finalement adopté à une large majorité par les députés. Qualifié de stratégique, ce budget s’inscrit pleinement dans l’ambition de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui vise à bâtir une nation « souveraine, juste et prospère ».

Dès l’entame de sa présentation, le ministre a exprimé sa gratitude envers le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pour la confiance accordée à son département dans la conduite de la politique nationale des infrastructures. Il a ensuite insisté sur la cohérence du budget avec les grandes orientations de la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029, rappelant que la planification des infrastructures demeure l’un des leviers essentiels de la transformation structurelle du pays.

Le budget 2026 se distingue particulièrement par son orientation massivement tournée vers l’action : 98 % des crédits sont consacrés à l’investissement. Cette proportion exceptionnelle traduit une volonté ferme d’accélérer la construction, la réhabilitation et la modernisation des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, sociales et administratives. Le ministre Fall parle d’une « rupture assumée » avec les modèles antérieurs, affirmant la volonté de replacer la justice sociale, l’équité territoriale et la compétitivité économique au cœur des priorités.

Interpellé sur l’importance des financements extérieurs dans la mise en œuvre des infrastructures, Déthié Fall a tenu à rassurer. Selon lui, « le financement extérieur n’entame en rien la souveraineté budgétaire », qu’il définit comme la capacité de l’État à orienter la mobilisation et l’affectation de ses ressources. Il a par ailleurs souligné la solidité des finances publiques en précisant que, pour l’année 2026, les ressources extérieures prévues — estimées à 1300,8 milliards de FCFA — dépassent le déficit budgétaire projeté, chiffré à 1245,1 milliards de FCFA. Cette performance permet une stratégie de consolidation budgétaire ambitieuse, visant à faire passer le déficit de 12 % en 2024 à 5,3 % en 2026, avec un objectif de 3 % dès 2027, un seuil jugé « tout à fait atteignable ».

Plusieurs dossiers sensibles ont également été clarifiés. Le projet du second port de Ziguinchor, considéré comme prioritaire, sera désormais financé exclusivement sur ressources internes dès 2026, matérialisant un engagement fort du gouvernement en faveur d’une autonomie stratégique accrue. L’achèvement de l’aéroport de la même région est lui aussi garanti, avec une enveloppe de 6 milliards de FCFA inscrite dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026 pour boucler définitivement les travaux.

Concernant les arriérés dus aux anciens cheminots, une provision d’un milliard de FCFA a été prévue dans le budget, en attendant une prise en charge définitive à travers la prochaine Loi de finances rectificative. Pour les collectivités territoriales, le ministre a rassuré sur la disponibilité des ressources, expliquant les retards constatés par les ajustements administratifs consécutifs au dernier remaniement gouvernemental.

Le ministre s’est également exprimé sur les impôts et taxes dus par les entreprises, dont les montants réels, jugés particulièrement faibles ces dernières années, inquiétaient plusieurs parlementaires. Le budget 2026 corrige cette situation en planifiant 260 milliards de FCFA destinés au recouvrement des impôts et taxes, contre seulement 9 milliards auparavant. Sur ce total, 160 milliards seront affectés à l’apurement progressif des arriérés d’ici 2027.

Pour répondre aux préoccupations liées à la participation des acteurs locaux dans les marchés publics, Déthié Fall a rappelé l’existence et l’importance des clauses de réservation inscrites dans le Code des marchés publics. Ainsi, pour les marchés de travaux supérieurs à 100 millions de FCFA, 5 % des montants sont réservés aux acteurs locaux : 3 % aux structures de l’économie sociale et solidaire ainsi qu’aux PME nationales, et 2 % spécifiquement aux PME dirigées par des femmes. Le ministre a assuré que son département veillera à l’application rigoureuse de ces dispositions, notamment dans les secteurs stratégiques tels que les hydrocarbures et les mines.

L’adoption finale du budget par les députés constitue un signal clair du soutien apporté à la feuille de route du ministère des Infrastructures, résolument engagé à poser les fondations matérielles d’un Sénégal restructuré, moderne et plus équitable. Pour le gouvernement, l’exercice 2026 marque un tournant décisif dans la mise en œuvre des grands chantiers de transformation, et un pas supplémentaire vers l’émergence d’un modèle d’aménagement plus cohérent et durable sur l’ensemble du territoire national.

Commémoration des “martyrs” 2021-2024 : Ousmane Sonko réclame une réforme profonde de la justice et le limogeage des magistrats qu’il accuse de “complot”

Le Grand Théâtre de Dakar a accueilli ce dimanche une cérémonie chargée d’émotion et de symboles. Ousmane Sonko, leader du parti Pastef-Les Patriotes et actuel Premier ministre, a présidé une journée de commémoration en hommage aux victimes des violences politiques survenues entre mars 2021 et mars 2024, une période marquée par des affrontements, des arrestations massives et une crispation institutionnelle sans précédent au Sénégal.

Dans une salle remplie de familles de victimes, d’anciens détenus, de sympathisants et de responsables du parti, Ousmane Sonko a livré un discours à la fois mémoriel et fortement politique. Il a rappelé que ces “martyrs”, selon les termes employés par son parti, représentent “un sacrifice inestimable” dont la nation ne peut faire abstraction si elle aspire à un avenir de justice et de stabilité. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de reconnaître la responsabilité de l’État dans les violences commises durant cette période et de garantir aux familles le droit à la vérité.

Au cœur de son intervention, la justice a occupé une place centrale. Ousmane Sonko a affirmé qu’aucune réconciliation nationale durable ne sera possible sans une réforme en profondeur du système judiciaire. Selon lui, les dysfonctionnements observés ces dernières années ont révélé une justice “instrumentalisée”, devenue “un bras armé au service d’intérêts politiques”. Il a ainsi appelé à une refonte systémique visant à rétablir la confiance des citoyens, mais aussi à protéger les droits fondamentaux dans toutes les procédures judiciaires.

Dans un passage particulièrement commenté de son discours, Ousmane Sonko a exigé le limogeage des magistrats qu’il accuse d’avoir “comploté” contre lui et contre plusieurs militants de Pastef. Sans citer de noms, il a évoqué des “acteurs judiciaires identifiés” qui, selon lui, auraient participé à la “fabrication” de dossiers destinés à l’écarter de la scène politique et à intimider ses partisans. Il a estimé que ces magistrats ne peuvent continuer à exercer sereinement tant que n’auront pas été établies les responsabilités individuelles dans les dérives qui ont, selon lui, entaché l’État de droit.

La cérémonie a également été marquée par des témoignages poignants de familles endeuillées et d’anciens détenus politiques, plusieurs d’entre eux décrivant les conditions de leur arrestation ou les séquelles laissées par les événements de ces années d’instabilité. Pour beaucoup, cette rencontre se voulait aussi un moment de reconnaissance officielle, après ce qu’ils qualifient d’années d’incompréhension ou de silence institutionnel.

Au-delà de l’hommage, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de poursuivre la quête de justice, assurant que son gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour faire la lumière sur les violences et engager les réformes annoncées. Il a rappelé que la construction d’un Sénégal plus juste implique de panser les blessures du passé, mais aussi d’assumer les responsabilités, quelles qu’elles soient.

Cette journée de commémoration s’inscrit dans un contexte où le débat sur la justice, son indépendance et son rôle dans les crises politiques reste au cœur des préoccupations nationales. Pour de nombreux observateurs, les déclarations du Premier ministre marquent un tournant dans la dynamique de réforme annoncée, tout en ouvrant un nouvel épisode politique qui pourrait susciter des réactions au sein de la magistrature et des institutions.

Souveraineté et vigilance : le Général Birame Diop alerte sur les menaces sous-régionales lors du vote du Budget 2026

Pour sa première apparition devant les députés en tant que ministre des Forces armées, le Général Birame Diop a pris la parole ce samedi lors de la séance plénière consacrée à l’examen du budget 2026 de son département. Un exercice républicain qu’il a qualifié de nécessaire et salutaire, tant pour la transparence que pour le renforcement du lien entre l’institution militaire et la représentation nationale.

Dès son propos liminaire, le ministre a tenu à remercier les députés pour leur intérêt constant envers les questions de sécurité, rappelant que les Forces armées accomplissent quotidiennement leur mission « parfois au péril de leur vie ». Il a salué leur soutien, notamment leur plaidoyer répété pour un accroissement des ressources, indispensable au maintien d’une armée professionnelle et opérationnelle. Birame Diop a également rendu un hommage respectueux aux anciens dont la clairvoyance, selon lui, a permis au Sénégal de conserver « une trajectoire singulière » dans un continent où les équilibres civilo-militaires ont souvent vacillé. Une pensée particulière a été adressée aux soldats tombés au front et aux blessés en attente de rétablissement.

Le ministre a rappelé la mission fondamentale des Forces armées : défendre l’intégrité du territoire national et protéger les populations. Une mission devenue plus complexe dans un environnement régional marqué par des recompositions géopolitiques rapides et une montée continue des facteurs d’insécurité. Birame Diop a insisté sur la persistance de la menace terroriste dans l’espace sahélien, sur la recrudescence des trafics illicites — armes, drogue, êtres humains — et sur la criminalité transnationale organisée, désormais solidement implantée dans plusieurs zones frontalières. À cela s’ajoute l’instabilité politique chronique dans la sous-région, un facteur aggravant qui impose, selon le ministre, « une vigilance renforcée et un renforcement permanent de nos dispositifs ».

À l’intérieur du pays, la réponse sécuritaire se veut tout aussi ferme. Le ministre a évoqué la lutte contre la délinquance urbaine et rurale, l’insécurité routière, ainsi que les nouvelles formes de menaces qui se développent dans le cyberespace, notamment la cybercriminalité et la désinformation, lesquelles pourraient fragiliser la cohésion sociale et la confiance institutionnelle.

Face à ces défis, Birame Diop affirme qu’« il n’y a pas de place à l’improvisation ». Pour lui, la sécurité est un investissement permanent qui nécessite des moyens conséquents et une planification rigoureuse. Dans ce sens, il a détaillé la montée en puissance des dispositifs militaires aux frontières, particulièrement dans les régions orientales, dans le cadre du plan Sud, ainsi que l’accompagnement du processus de paix en Casamance à travers le plan Jambaar, qui facilite le retour des populations et la stabilisation progressive de la zone. La gendarmerie nationale, de son côté, poursuit l’intensification de son maillage territorial avec de nouvelles unités destinées à répondre aux menaces terrestres, aériennes et maritimes.

Au-delà des enjeux strictement sécuritaires, le ministre a mis en avant le rôle de l’Armée-Nation dans le développement. Birame Diop a rappelé que les Forces armées sont pleinement engagées dans plusieurs politiques publiques alignées sur l’agenda « Sénégal 2035 ». Il a cité la sécurité humaine, le soutien au système éducatif, l’appui au secteur de la santé — notamment avec l’hôpital militaire de campagne de Médina Yoro Foulah — et la participation à la lutte contre les catastrophes naturelles. Il a également évoqué le programme « Wadial Xale yi » mené en partenariat avec les armées, ainsi que l’introduction de la culture de défense et de sécurité dans les écoles par la gendarmerie.

L’un des jalons les plus importants annoncés par le ministre reste le projet de développement d’une véritable industrie nationale de défense. Selon Birame Diop, ce chantier vise à renforcer l’autonomie stratégique du pays et à consolider sa souveraineté dans un contexte mondial où les dépendances extérieures peuvent constituer des vulnérabilités majeures.

En conclusion, le ministre a réaffirmé son attachement indéfectible aux valeurs de discipline, de dévouement, de loyauté et de professionnalisme qui fondent la réputation des Forces armées sénégalaises. Il a ensuite ouvert la séance des questions-réponses avec les députés, dans un esprit de transparence et de responsabilité, donnant ainsi le ton d’une gouvernance sécuritaire ancrée dans le dialogue républicain et la vigilance stratégique.

PASTEF DÉCRÈTE LE 7 DÉCEMBRE “JOURNÉE DES MARTYRS” : HOMMAGE NATIONAL AUX VICTIMES DE LA RÉPRESSION

PASTEF–Les Patriotes a annoncé que la journée du 7 décembre 2025 sera entièrement consacrée aux martyrs, ex-détenus politiques et victimes de la répression survenue entre mars 2021 et mars 2024. Dans un communiqué publié ce 6 décembre, le parti affirme vouloir honorer la mémoire de ceux « qui ont lutté pour la démocratie, la liberté et la justice » et qui, selon lui, ont payé le prix fort.

La cérémonie se déroulera en présence du président Ousmane Sonko, dans un cadre qualifié de « sobre » et « grave », fidèle à l’esprit du recueillement. PASTEF prévoit également de donner la parole aux anciens détenus politiques, aux blessés et aux familles des victimes afin qu’ils puissent partager leurs témoignages et exprimer leur vécu face aux tragédies de ces dernières années.

Le communiqué souligne que cette journée permettra aussi de réaffirmer l’engagement du parti à poursuivre le combat pour que justice soit rendue à toutes les victimes. Soucieux de préserver la solennité du moment et d’assurer une organisation rigoureuse, le comité d’organisation indique que l’accès se fera exclusivement sur invitation, en raison du nombre limité de places. Les sympathisants, militants et citoyens sont ainsi invités à s’unir par la prière, où qu’ils se trouvent, pour rendre hommage aux disparus.

Pour la couverture médiatique, PASTEF annonce qu’un « seul signal de diffusion officiel » sera mis à la disposition des médias. Une décision motivée par les contraintes d’espace et par la volonté de contrôler le cadre de la commémoration.

Hausse des tarifs : l’État saisit le CNRA et rappelle à Canal+ l’obligation de gratuité des chaînes nationales

Le gouvernement est officiellement entré en action après la hausse des tarifs appliqués par Canal+ Sénégal. Dans une réponse adressée au député Guy Marius Sagna, qui avait interpellé l’Exécutif en août dernier, les autorités confirment avoir saisi le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) afin d’examiner la légalité et la pertinence de cette augmentation.

Selon le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, la saisine du CNRA vise à analyser l’impact de cette hausse sur les abonnés, à vérifier sa conformité avec les règles en vigueur et, si nécessaire, à proposer des mesures correctives pour protéger les consommateurs. Le gouvernement souhaite s’assurer que l’opérateur audiovisuel a respecté les procédures réglementaires prévues pour tout changement tarifaire et que les arguments avancés par Canal+ sont conformes au cadre légal sénégalais.

Un autre point majeur concerne la gratuité des chaînes nationales. Le ministre rappelle que l’article 161 du Code de la presse impose à tout distributeur audiovisuel de fournir gratuitement les chaînes publiques généralistes à ses abonnés. Cette obligation, qui vise à garantir l’accès universel à l’information publique et aux services audiovisuels nationaux, s’applique également à Canal+ Sénégal. Alioune Sall assure que son département, en étroite collaboration avec le CNRA, veillera scrupuleusement au respect de cette disposition, indiquant qu’aucune dérogation ne peut être accordée en dehors des cas strictement encadrés par la loi.

Dans ce dossier suivi de près par les consommateurs, Guy Marius Sagna appelle les citoyens à apporter contributions et observations afin de renforcer le contrôle citoyen et d’accompagner le travail de l’État. L’affaire soulève des enjeux essentiels liés à la protection des usagers, à la transparence tarifaire et à l’accès équitable aux services audiovisuels publics.

Régulation numérique : Alioune Sall annonce une nouvelle autorité pour encadrer tous les médias

Le Sénégal se prépare à une réforme majeure dans le domaine de la régulation de l’espace médiatique et numérique. Face à l’évolution rapide des modes de communication, l’État entend mettre fin à un dispositif jugé désormais obsolète. Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a révélé, lors de l’examen du budget 2026 de son département à l’Assemblée nationale, qu’une nouvelle autorité de régulation remplacera bientôt le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA).

Selon le ministre, cette future institution aura une compétence élargie pour intégrer et contrôler l’ensemble des médias modernes : télévision, radio, presse en ligne, réseaux sociaux, plateformes de streaming et de diffusion numérique. L’objectif affiché est clair : adapter le cadre règlementaire aux mutations technologiques et combler les zones d’ombre juridiques qui laissent prospérer des dérives quotidiennes sur Internet.

Alioune Sall a indiqué que le projet de loi portant création de cette nouvelle autorité a déjà été examiné en Conseil des ministres le 3 novembre dernier. Le texte poursuit actuellement son parcours institutionnel et se trouve, depuis quatre semaines, au niveau de la Cour suprême pour avis. Il devra ensuite être soumis au Parlement, probablement « en procédure d’urgence », a précisé le ministre, qui s’exprimait en wolof pour mieux sensibiliser les députés sur l’importance de la réforme.

La démarche du gouvernement s’appuie sur un constat largement partagé : le CNRA, créé à une époque où l’essentiel des contenus médiatiques provenait de la télévision et de la radio, ne dispose aujourd’hui ni des prérogatives ni des outils nécessaires pour faire face aux réalités du numérique. « Le CNRA ne régule que la radio et la télévision », a rappelé Alioune Sall. Avec l’explosion des réseaux sociaux, des plateformes de vidéos courtes, du streaming et des sites d’information, ce périmètre restreint laisse un « vide réglementaire » dans lequel prolifèrent insultes, diffamations, fausses informations et contenus attentatoires à la dignité humaine.

Face à l’inquiétude exprimée par certains parlementaires sur l’ampleur des dérives observées en ligne, le ministre a tenu à clarifier les responsabilités institutionnelles. Il a rappelé que son département ne pouvait ni se substituer aux forces de l’ordre ni interférer dans les procédures judiciaires. « Demander au ministre de se substituer à la police n’a pas de sens », a-t-il martelé, distinguant fermement les missions de régulation, de répression et d’enquête.

Il a toutefois souligné que, même en l’absence d’une autorité numérique spécialisée, les auteurs d’insultes ou de publications portant atteinte à la dignité d’autrui restent exposés aux sanctions prévues par le Code pénal. Le futur dispositif, selon lui, viendra renforcer cette protection, de manière plus adaptée au fonctionnement des plateformes numériques. Alioune Sall a assuré que le texte en préparation « prendra en compte toutes les craintes et observations » formulées par les députés, dans le but de mieux encadrer les contenus en ligne sans porter atteinte aux libertés publiques ni au pluralisme de l’information.

Sur le plan budgétaire, l’exercice 2026 marque également une montée en puissance du ministère de la Communication et du Numérique. Les crédits de paiement alloués s’élèvent à plus de 81 milliards de francs CFA, contre 58 milliards en 2025. Cette augmentation reflète la volonté de l’État d’investir dans les infrastructures digitales, la cybersécurité, la modernisation des télécommunications et la gouvernance numérique.

Avec cette réforme attendue, le Sénégal s’apprête à franchir une étape importante dans l’organisation de son espace médiatique, de plus en plus influencé par la digitalisation et les flux d’informations en ligne. La nouvelle autorité, en rationalisant et unifiant la régulation, pourrait redéfinir durablement les règles du jeu pour les acteurs médiatiques traditionnels et les créateurs de contenus numériques.

Plan Diomaye pour la Casamance : Kolda affiche 32 % d’exécution sur plus de 13 milliards FCFA mobilisés, mais les lenteurs inquiètent

La région de Kolda progresse, mais à un rythme encore jugé insuffisant, dans la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance, un vaste programme de développement lancé par les nouvelles autorités pour impulser un changement profond dans le Sud du pays. Lors de la réunion du comité régional de suivi, tenue ce jeudi 4 décembre à l’hôtel de ville de Kolda, le gouverneur Moustapha Ndiaye a révélé que le niveau d’exécution global des projets financés dans la région s’élève à 32 %. Plus de 13 milliards de FCFA ont été mobilisés au bénéfice de Kolda, mais des contraintes structurelles continuent de freiner l’avancée des travaux.

Selon les services techniques, certains secteurs ont enregistré des résultats encourageants, notamment dans le domaine des infrastructures sociales et de l’amélioration de l’accès aux services de base. Toutefois, malgré cette dynamique positive, les responsables régionaux ont insisté sur des retards persistants dans la transmission des données, un problème récurrent qui entrave la capacité de l’administration à disposer d’informations actualisées et fiables. Le gouverneur a regretté que plusieurs services de l’État directement impliqués dans la mise en œuvre du programme manquent de réactivité, ralentissant ainsi le suivi opérationnel. « Il y a des services de l’État engagés dans la mise en œuvre de ce plan qui se font vraiment désirer », a-t-il déploré, soulignant l’impact de ces lenteurs sur la visibilité globale du projet.

Face à ces dysfonctionnements, les acteurs institutionnels et techniques présents à la rencontre ont décidé de mettre en place une nouvelle matrice d’action. Cette matrice, qui servira désormais d’outil central de pilotage, permettra de collecter, organiser et diffuser en temps réel les données liées à chaque projet. L’objectif est de renforcer la qualité du reporting, de faciliter la coordination entre les différentes parties prenantes et de sécuriser les informations nécessaires à l’élaboration de rapports consolidés à destination des autorités nationales. Cette mesure devrait également permettre de réduire les incompréhensions entre les services et d’accélérer la prise de décision sur les chantiers prioritaires.

Le gouverneur Moustapha Ndiaye a insisté sur l’importance d’une implication beaucoup plus soutenue des services déconcentrés, estimant que le succès du Plan Diomaye pour la Casamance dépendra étroitement de la capacité collective à améliorer le suivi administratif. Il a rappelé que ce programme n’est pas un projet isolé, mais une composante essentielle de la stratégie nationale pour réduire les inégalités territoriales, lutter contre l’enclavement de la région Sud et stimuler l’économie locale. À Kolda, une part significative des investissements concerne l’amélioration des infrastructures routières, l’accès à l’eau, l’éducation, la santé et le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes.

Alors que les populations attendent des résultats concrets et une amélioration visible de leurs conditions de vie, les autorités régionales appellent désormais à une mobilisation plus rigoureuse et à une collaboration exemplaire entre tous les acteurs concernés. Le Plan Diomaye pour la Casamance est présenté comme une opportunité historique pour Kolda et les autres régions du Sud ; mais pour que cette promesse se matérialise pleinement, la cadence d’exécution devra impérativement s’accélérer dans les prochains mois.

Ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines : le budget 2026 arrêté à plus de 130 milliards de F CFA

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a fait face ce vendredi aux députés pour défendre le projet de budget 2026 de son département. Fixé à un peu plus de 130 milliards de F CFA, ce budget connaît une baisse de 9,31 % par rapport à l’exercice précédent. Malgré cette diminution, la majorité des commissaires parlementaires ont adopté les programmes proposés, au terme d’une séance où les enjeux énergétiques, les défis structurels et les priorités de gouvernance ont occupé le centre du débat.

Dans sa présentation, le ministre a rappelé les grandes lignes du bilan 2025, marqué par des réformes profondes dans les sous-secteurs des hydrocarbures et des mines. Selon lui, d’« importants pas ont été franchis », notamment en matière d’accès à l’énergie et de valorisation des ressources naturelles. Il a insisté sur les priorités retenues pour 2026 : garantir l’accès à une énergie durable et abordable, développer les chaînes de valeur de manière inclusive et responsable, et renforcer la transparence et la performance dans la gouvernance énergétique, conformément au triptyque « JUB-JUBBAL-JUBBANTI ».

Interpellé par les parlementaires sur les nombreuses irrégularités relevées dans la distribution électrique, Birame Soulèye Diop a décrit la fraude à la SENELEC comme une « situation particulièrement alarmante ». Un rapport d’audit fait état de 490 cas détectés dans la seule capitale, notamment à Pikine, entraînant une perte estimée à 2,6 milliards de F CFA soit l’équivalent de 13 515 kWh détournés. À l’échelle nationale, le préjudice atteint 3,7 milliards de F CFA au 4 septembre 2025. Les fraudeurs identifiés incluraient, selon le ministre, des institutions, des restaurants et des particuliers « bien connus ». Le dossier est aujourd’hui suivi en coordination avec le ministère de la Justice.

Sur la question sensible de la tarification de l’électricité, particulièrement le système « Woyofal », le ministre a tenu à préciser qu’aucune hausse n’a été appliquée depuis l’arrivée des nouvelles autorités. Toutefois, il a reconnu le poids de cette facture pour les ménages. Une analyse détaillée est en cours, à la demande du Premier ministre, afin d’envisager une solution durable. Birame Soulèye Diop a également rappelé que la première tranche tarifaire, de 0 à 150 kWh, reste fixée à 91,2 F CFA hors TVA, ce qui concerne environ un million de foyers à travers le pays.

Le ministre a révélé que les conclusions de vingt-trois réunions techniques portant sur une mesure conjoncturelle de soutien, concernant entre 1,5 et 1,7 million de ménages, seront bientôt transmises aux autorités. Ces travaux devraient aboutir à une diminution des prix de l’électricité, en attendant la mise en place d’une solution structurelle plus pérenne.

Évoquant les perspectives énergétiques à long terme, Birame Soulèye Diop a rappelé que la baisse durable du coût de l’énergie passera par la stratégie « Gas to Power ». La part du Sénégal dans le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) permettra d’alimenter une centrale de 250 MW. Le lancement de l’appel d’offres pour la construction du premier segment nord du réseau gazier est annoncé avant la fin du premier trimestre 2026.

Le ministre a également salué les performances récentes de la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui a réussi à traiter le pétrole brut extrait du champ de Sangomar. Il a toutefois reconnu les défis liés à la lourdeur de ce brut, nécessitant des investissements supplémentaires. La SAR prévoit d’ailleurs de renforcer ses capacités dans le cadre du projet « SAR 2.0 ».

Le ministre des Finances et du Budget est intervenu à son tour pour éclairer les parlementaires sur la baisse du budget alloué au ministère de l’Énergie. Cette diminution, selon lui, s’explique par la non-reconduction de certains projets arrivés à terme et par la réduction des dépenses de fonctionnement. Il a néanmoins rappelé que d’importants crédits stratégiques se trouvent dans d’autres enveloppes, à l’image du Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie logé au ministère des Finances, doté de 250 milliards de F CFA destinés notamment aux subventions.

Concernant la SAR, le ministre a assuré que l’État continuera d’accompagner l’entreprise grâce à la mobilisation de financements bancaires et l’octroi de garanties souveraines, indispensables dans un contexte de transition énergétique et industrielle.

Enfin, il a abordé la question délicate du « miss reporting » financier, qui avait conduit le Fonds monétaire international à revoir sa note concernant le Sénégal. Selon lui, l’État a demandé la suspension du programme en cours afin d’ouvrir des négociations. Contrairement à l’idée d’une restructuration classique de la dette, jugée « simpliste », le gouvernement souhaite s’orienter vers une Gestion Active de la Dette (GAT) et des Garanties Partielles de Crédit (GPC), des outils destinés à améliorer les conditions de refinancement.

Escroquerie présumée : Seydina Fall “Bougazelli” envoyé en prison, la date de son procès fixée

L’ancien député de l’Alliance pour la République (APR), Seydina Fall, plus connu sous le nom de Bougazelli, replonge dans les tourments judiciaires. Déféré ce vendredi matin au parquet de Pikine-Guédiawaye, il a été placé sous mandat de dépôt dans une affaire d’escroquerie portant sur près de deux millions de francs CFA, selon des sources proches du dossier. Une nouvelle incarcération qui vient ternir encore davantage le parcours de l’ancien parlementaire, déjà éclaboussé par de lourds scandales par le passé.

Interpellé en début de semaine par la Sûreté urbaine du commissariat central de Guédiawaye, Bougazelli a été présenté au procureur de la République, Saliou Dicko. Après examen du dossier, celui-ci a ordonné son placement en détention préventive, estimant que les éléments réunis justifiaient une comparution immédiate devant la justice. L’ancien député sera ainsi jugé devant le tribunal des flagrants délits le 10 décembre prochain, sauf éventuel renvoi de l’audience.

Cette affaire remet sur le devant de la scène une figure politique dont l’image avait déjà été fortement entachée. En 2019, Bougazelli avait été mis en cause dans un vaste dossier de faux billets, une affaire retentissante qui avait entraîné sa démission de l’Assemblée nationale et provoqué une onde de choc au sein de l’APR et de la classe politique sénégalaise. Depuis cette période, l’ex-député s’était fait discret et s’était réorienté vers l’immobilier, une reconversion qu’il présentait comme un moyen de tourner la page.

Les circonstances exactes de l’escroquerie présumée pour laquelle il est actuellement poursuivi restent encore à préciser. Selon les premières indications, l’affaire porterait sur une somme avoisinant deux millions de francs CFA, dans le cadre de transactions immobilières ou commerciales. L’enquête menée par les éléments de la Sûreté urbaine a suffi à convaincre le parquet de la nécessité d’une détention provisoire, en attendant que le tribunal se prononce sur les faits.

Le dossier transmis au juge permettra d’établir les responsabilités pénales et de déterminer si Seydina Fall s’est effectivement rendu coupable d’escroquerie ou s’il s’agit, comme le plaident souvent les mis en cause dans ce genre d’affaire, d’un simple différend commercial. En attendant l’audience, Bougazelli demeure incarcéré à la Maison d’arrêt de Pikine.

Énergie : Birame Soulèye Diop annonce une baisse des prix des hydrocarbures d’ici 15 jours

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a créé l’événement ce vendredi à l’Assemblée nationale en annonçant une baisse prochaine des prix des hydrocarbures. Présent devant les députés pour défendre le projet de budget 2026 de son ministère, le ministre a confirmé que cette réduction interviendra dans un délai très court, répondant ainsi aux attentes des ménages et des acteurs économiques fortement éprouvés par la hausse du coût de l’énergie.

Dans un contexte marqué par une inflation persistante et une pression accrue sur le pouvoir d’achat, la déclaration du ministre a suscité un vif intérêt. « Les prix des hydrocarbures vont baisser de manière claire et nette, et ce sera dans moins de 15 jours », a-t-il assuré, adoptant un ton ferme et volontaire. Cette annonce laisse entrevoir une volonté de rupture avec la tendance actuelle et s’inscrit dans la dynamique des engagements pris par le gouvernement.

Quelques semaines plus tôt, le 27 octobre 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko avait en effet réaffirmé l’objectif de l’exécutif de revoir à la baisse les coûts de l’électricité, du gaz et du carburant. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie globale de réponse aux tensions sociales et économiques nées de la flambée des prix de l’énergie, un secteur particulièrement sensible en raison de son impact transversal sur les transports, l’industrie et les ménages.

La perspective d’une baisse dans un délai aussi rapproché soulève néanmoins plusieurs interrogations quant à son ampleur, à ses modalités d’application et à ses répercussions sur les finances publiques. Depuis plusieurs années, la structure des prix des hydrocarbures est fortement influencée par les cours internationaux, les taxes, les subventions et les coûts logistiques. Toute réduction, même modérée, nécessite un arbitrage entre les impératifs sociaux et les équilibres budgétaires.

Birame Soulèye Diop n’a pour l’heure pas donné de détails chiffrés sur la diminution envisagée. Selon plusieurs analystes, le gouvernement pourrait miser sur une combinaison de mesures, incluant un ajustement des taxes, une renégociation des marges ou une optimisation de la chaîne d’approvisionnement, dans le but de rendre la baisse effective sans fragiliser les finances de l’État. Une communication plus précise devrait intervenir dans les prochains jours.

L’annonce du ministre intervient au moment où les consommateurs, les syndicats et les entreprises multiplient les appels à un allègement des prix de l’énergie, confrontés à une situation devenue difficilement soutenable. Pour de nombreux observateurs, cette décision, si elle est confirmée dans les délais annoncés, pourrait constituer un signal fort de la volonté du gouvernement d’Ousmane Sonko d’allier politique sociale et gestion rigoureuse.

Sénégal : le numérique pourrait générer 1100 milliards FCFA et 280 000 emplois d’ici 2030

Le Sénégal avance à grands pas vers une nouvelle ère numérique, mais le chemin reste semé d’obstacles à lever pour exploiter pleinement son potentiel. C’est ce que révèle le dernier rapport de la GSMA, présenté ce vendredi lors du « Digital Africa Summit Senegal ». Selon cette étude, le pays pourrait mobiliser jusqu’à 1 100 milliards FCFA de valeur économique supplémentaire et créer 280 000 emplois d’ici 2030, à condition de mener des réformes ciblées et urgentes dans les domaines clés de l’accessibilité, des compétences numériques et du cadre réglementaire.

Le rapport met en avant une contradiction marquante : le Sénégal dispose d’une infrastructure mobile avancée, avec une couverture 4G estimée à 97 % et une couverture 5G qui atteint déjà 39 %, mais malgré ces performances, une grande partie de la population n’utilise pas Internet mobile. Selon la GSMA, 54 % des Sénégalais vivant en zone couverte ne se connectent pas, un écart d’usage parmi les plus élevés de la région.
Les raisons de cette situation sont multiples, mais la principale est économique. Le coût d’un smartphone d’entrée de gamme représente environ 19 % du PIB mensuel par habitant, ce qui constitue un frein majeur pour les ménages à faibles revenus. À cela s’ajoutent des lacunes en compétences numériques et plusieurs obstacles réglementaires qui compliquent l’accès à la connectivité.

Angela Wamola, Directrice Afrique de la GSMA, a rappelé que le Sénégal « dispose de tous les ingrédients pour devenir l’une des économies numériques les plus dynamiques d’Afrique », tout en soulignant que des millions de personnes restent en marge du numérique faute de moyens, d’accompagnement ou d’un environnement juridique suffisamment moderne.

Pour lever ces obstacles, la GSMA encourage une collaboration plus étroite entre le secteur privé, le ministère et les autorités de régulation. Angela Wamola a insisté sur l’importance de renforcer les infrastructures stratégiques, de développer les compétences numériques à grande échelle et d’accélérer la mise en place d’une stratégie nationale d’intelligence artificielle. Selon elle, ces actions cumulées permettront au Sénégal non seulement de rattraper son retard, mais de consolider sa place parmi les leaders africains du numérique.

Une annonce majeure est venue du ministère des Finances et du Budget, qui a dévoilé l’élaboration en cours d’un nouveau cadre fiscal. Celui-ci sera formalisé prochainement par une révision du Code général des Impôts et du Code des Douanes.
Selon Malan Faty, représentant le ministre, cette réforme reposera sur une distinction entre la fiscalité de rendement, destinée à garantir la stabilité budgétaire, et une fiscalité de développement, destinée à accompagner l’innovation et l’investissement dans les technologies.

Il a assuré que « le Sénégal ne fera jamais le choix d’une fiscalité punitive », affirmant que le pays préfère une fiscalité qui soutient l’écosystème numérique et les ambitions industrielles, notamment dans le cadre du « New Deal Technologique 2034 » et de la « Vision Sénégal 2050 ».

Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aliou Sall, a souligné que le pays dispose de bases solides mais doit désormais passer à une phase supérieure : celle de l’appropriation. Il ne s’agit plus seulement d’être connectés, mais d’utiliser le numérique comme un levier d’opportunités économiques, de modernisation de l’administration et de souveraineté nationale.

Selon lui, la stratégie du « New Deal Technologique », impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, vise notamment à porter la contribution du numérique à 15 % du PIB national d’ici 2035 et à assurer une connectivité universelle.
Dans cette dynamique, son département s’est engagé à actualiser le Code des communications électroniques afin de créer un cadre réglementaire agile, capable de protéger les infrastructures critiques, de rassurer les investisseurs et de mieux réguler l’utilisation croissante des données.

L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) a également exposé sa vision stratégique. Son directeur, Dahirou Thiam, a rappelé que la régulation n’est plus uniquement une fonction administrative, mais un outil de souveraineté indispensable à la croissance économique.
L’ARTP entend moderniser le marché en anticipant les déséquilibres, en encourageant une concurrence saine et en garantissant une protection accrue des consommateurs. La sécurisation des investissements constitue également une priorité, notamment à travers le partage des infrastructures et la gestion des ressources rares telles que les fréquences et les données, considérées comme des actifs souverains nécessitant une gouvernance stricte.

La dynamique en cours est soutenue par des initiatives complémentaires, comme le lancement du nouveau Start-Up Act, destiné à soutenir l’entrepreneuriat technologique et à encourager l’innovation locale. Selon les prévisions de l’ARTP, l’ensemble des mesures en préparation pourrait générer une hausse des recettes nationales de 417 milliards FCFA, tout en améliorant durablement les conditions de vie des populations.

Avec l’alliance du secteur privé, de la GSMA, de l’État et des acteurs de la régulation, le Sénégal s’engage dans une transformation profonde. Le pays ambitionne de devenir un véritable laboratoire de solutions digitales, capable d’inspirer le continent africain et de consolider sa souveraineté technologique dans un monde en mutation rapide.

FMI : La cheffe de mission pour la Zambie nommée à la tête du dossier Sénégal

Le Fonds monétaire international s’apprête à opérer un changement stratégique dans la gestion de son programme avec le Sénégal. Mercedes Vera Martin, jusque-là cheffe de mission du FMI pour la Zambie, prendra la tête du dossier sénégalais dès janvier prochain. Elle succède à Edward Gemayel, qui a occupé ce poste pendant quatre ans et qui, dans un jeu de rotations internes à l’institution, remplacera en retour Vera Martin à Lusaka.

Cette transition, qualifiée de « rotation habituelle » par un porte-parole du FMI, intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Dakar. Le Sénégal traverse en effet une période de forte pression financière, marquée par la découverte récente de plusieurs milliards de francs CFA de dettes jusque-là non déclarées par l’ancien régime. Une situation qui soulève des interrogations sur la transparence budgétaire et complique les négociations en cours pour un nouveau programme de financement auprès du FMI.

L’expérience de Mercedes Vera Martin pourrait s’avérer déterminante. Depuis 2023, elle a piloté le dossier zambien, un cas emblématique de restructuration de dette souveraine. La Zambie a dû naviguer à travers un processus complexe, jusqu’à finalement obtenir un accord avec ses créanciers officiels et les détenteurs d’eurobonds pour un allègement significatif de sa dette. Cette expertise acquise dans un environnement de crise pourrait être précieuse, alors que le Sénégal doit convaincre ses partenaires financiers de la viabilité d’une stratégie budgétaire mise à rude épreuve.

Pour l’heure, Dakar exclut toute idée de restructuration de sa dette. Le gouvernement sénégalais affirme que la situation reste maîtrisable et privilégie un financement nouveau auprès du FMI plutôt qu’un rééchelonnement susceptible d’envoyer un signal négatif aux marchés. Le Fonds, de son côté, avait indiqué le mois dernier qu’il évaluait toujours la dynamique d’endettement du pays et examinait en détail la solidité de sa stratégie de financement.

La prise de fonction de Mercedes Vera Martin en janvier pourrait ainsi marquer une nouvelle phase des discussions entre Dakar et le FMI. Sa connaissance des négociations complexes et des environnements budgétaires fragiles laisse penser que les échanges pourraient gagner en technicité, mais aussi en exigence.

Reste à savoir si le Sénégal choisira de maintenir sa ligne actuelle — refus d’une restructuration et recherche d’un programme appuyé par le FMI — ou si les conclusions des analyses en cours obligeront le gouvernement à reconsidérer sa position. Dans un contexte où les finances publiques sont sous tension et où la confiance des partenaires est cruciale, chaque décision pèsera lourd dans les prochains mois.

Nouvelle journée de tensions à l’UCAD : plusieurs étudiants blessés lors des affrontements avec les forces de l’ordre

Les affrontements entre les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et les forces de l’ordre se sont poursuivis ce mardi après-midi, prolongeant les violences observées la veille sur le campus. Plusieurs étudiants ont été blessés, certains gravement, et ont dû être évacués vers différents hôpitaux de la capitale.

Selon Abdoul Aziz Guissé, membre du Collectif des amicales de l’UCAD, « de nombreux étudiants ont été blessés : certains ont reçu des tirs de gaz lacrymogène, d’autres ont été touchés par des balles à blanc. Le service médical du COUD accueille actuellement un grand nombre de blessés. Plusieurs ont été transférés à l’hôpital Principal de Dakar et dans d’autres structures sanitaires ». Un policier a également été touché au visage et pris en charge dans une structure médicale.

Ces violences interviennent dans le cadre d’un mouvement de protestation des étudiants réclamant le paiement des bourses de l’année académique 2024-2025, alors que les autorités ont déjà commencé les versements pour l’année académique 2025-2026. Les étudiants dénoncent cette situation et s’interrogent : « Comment peut-on débuter les paiements de l’année académique 2025-2026 sans avoir réglé ceux des étudiants de l’année 2024-2025 ? »

Le Collectif des amicales exige notamment la régularisation des versements pour les étudiants inscrits en Master 1 et Master 2, ainsi que pour ceux en licence 2 et 3 qui ont été omis lors des précédents paiements. Selon Abdoul Aziz Guissé, « à ce jour, aucune avancée n’a été enregistrée dans les discussions, et aucune solution concrète n’a été présentée. Les étudiants maintiennent leur mot d’ordre de grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications ».

La situation sur le campus reste tendue et les affrontements risquent de se poursuivre tant que les autorités et les représentants étudiants ne trouveront pas de solution pour apaiser les tensions et répondre aux demandes des étudiants.

Tension à Niague – Lac Rose : le DG de Casa Orascom s’explique

Suite aux manifestations sur le site d’implantation du projet « Villes vertes » de l’entreprise Casa Orascom au Lac Rose, ayant conduit à l’arrestation de onze personnes dont le docteur Amath Wade, le directeur général de la société est sorti de son silence pour apporter des éclaircissements.

Le DG réfute toutes les accusations portées contre Casa Orascom :
« Ce 20 novembre, un certain nombre d’individus se sont introduits sur le site et ont agressé Ilimane Fall, un employé de notre entreprise. Il a été violemment tabassé avec des barres de fer. C’est à la suite de cette agression qu’il a porté plainte. Et ce sont ces individus qui ont été interpellés après l’enquête de la gendarmerie. »

Il poursuit :
« La violence est inacceptable et nous devons tous la combattre. Il faut également préciser que de fausses images circulent, laissant croire à un abattage d’arbres. Nous avons respecté la physionomie du site sur le plan topographique et nous avons veillé à épouser le terrain naturel. »

Le directeur général rappelle par ailleurs l’envergure du projet et les opportunités qu’il est censé offrir aux populations, estimant qu’il ne peut être que bénéfique pour la zone.

Il conclut :
« La question environnementale, qui est centrale dans nos engagements auprès de l’État du Sénégal, a été pleinement prise en compte dans le processus et dans tous les aspects du projet. »

Tension à Niague lac rose, le DG de Casa Orascom s'explique.

L’État du Sénégal ouvre un emprunt obligataire de 400 milliards FCFA pour soutenir la vision « Sénégal 2050 »

L’État du Sénégal a officiellement lancé une opération d’emprunt obligataire par appel public à l’épargne d’un montant global de 400 milliards FCFA. Ouverte à la souscription du 2 au 22 décembre 2025, cette mobilisation de ressources vise à renforcer le financement des projets structurants inscrits dans la vision stratégique « Sénégal 2050 ». Cette dernière ambitionne d’accélérer la transformation économique du pays à travers des investissements ciblés dans les infrastructures, les secteurs productifs et les services publics essentiels.

L’offre obligataire se décline en quatre maturités destinées à répondre à différents profils d’investisseurs. La première émission, d’une durée de 3 ans, porte sur un montant de 85 milliards FCFA avec un taux d’intérêt fixé à 6,40 %. La seconde concerne une maturité de 5 ans pour un montant total de 125 milliards FCFA et offre un rendement de 6,60 %. Une troisième tranche est proposée sur une durée de 7 ans, avec un volume de 105 milliards FCFA et un taux de 6,75 %. Enfin, une dernière émission d’un montant de 85 milliards FCFA est étalée sur 10 ans avec un taux d’intérêt de 6,95 %. Ces différentes maturités visent à diversifier les opportunités d’investissement, tout en garantissant à l’État une meilleure structuration de son financement à moyen et long termes.

L’opération est pilotée par le Trésor Public, qui en assure la conduite opérationnelle, avec l’accompagnement d’Invictus Capital & Finance en tant qu’arrangeur et chef de file. Ce partenariat permet de renforcer la crédibilité de l’émission et d’optimiser son placement auprès des investisseurs institutionnels comme des particuliers. Les souscriptions sont ouvertes durant toute la période annoncée, via les canaux officiels mis à disposition, notamment les plateformes numériques dédiées et les contacts des structures financières partenaires.

À travers cette initiative, le Sénégal poursuit sa stratégie de recours maîtrisé au marché financier régional afin de soutenir la dynamique de développement et de consolider la confiance des investisseurs. L’emprunt obligataire s’inscrit ainsi comme un instrument essentiel dans la mise en œuvre des projets prioritaires, tout en contribuant à la modernisation de l’économie nationale et au renforcement de ses capacités de résilience.

Troisième pétrolier lié à la Russie touché par des explosions : le Mersin atteint au large de Dakar

Un nouvel incident maritime est survenu au large de Dakar. Le pétrolier Mersin, un navire transportant du gasoil et géré par la compagnie Besiktas Shipping, a été frappé par quatre explosions externes alors qu’il naviguait dans les eaux sénégalaises. L’armateur a confirmé que de l’eau de mer avait envahi la salle des machines, mais que le navire demeurait stable, sans pollution signalée et avec un équipage sain et sauf.

Cet événement intervient dans un contexte particulièrement tendu. Il s’agit en effet du troisième navire ayant transporté du pétrole russe à subir une attaque ou des dommages en seulement trois jours. Selon des sources proches du dossier, les services de sécurité ukrainiens seraient impliqués dans deux incidents récents survenus en mer Noire contre des pétroliers qui avaient précédemment transporté des hydrocarbures russes. Cependant, aucune revendication n’a été formulée concernant l’explosion survenue au large du Sénégal, et le flou persiste sur les motivations et les auteurs.

Besiktas Shipping a indiqué collaborer étroitement avec les autorités sénégalaises et les assurances pour déterminer les causes exactes des explosions. L’entreprise assure qu’elle participe pleinement aux enquêtes en cours et qu’elle met en place toutes les mesures nécessaires pour gérer l’impact technique et logistique de l’incident.

Selon les données de la firme d’analyse maritime Kpler, le Mersin transportait du gasoil et avait fréquenté plusieurs ports russes ces derniers mois. Cette information alimente les spéculations autour d’une possible série d’attaques ciblant des navires ayant participé au commerce du pétrole russe, même si aucun élément concret ne permet, à ce stade, d’établir un lien direct avec le conflit en Ukraine.

Du côté des autorités sénégalaises, le Port autonome de Dakar a confirmé que le navire avait pris « une quantité d’eau significative » avant d’être stabilisé grâce à l’intervention de remorqueurs permanents et d’équipes techniques spécialisées. Les premières opérations consistent à colmater les brèches afin de rétablir l’étanchéité de la coque. Ce n’est qu’après cette étape cruciale que le transfert de la cargaison pourra commencer, une manœuvre délicate destinée à éviter toute déstabilisation du pétrolier pendant les travaux de pompage.

Map of Mersin oil tanker

Pour l’heure, aucune menace environnementale n’a été signalée, mais les services sénégalais restent en alerte. Outre l’enquête sur les explosions, l’objectif majeur est d’éviter tout risque de pollution sur le littoral dakarois, surtout face à la nature hautement inflammable de la cargaison.

Cet incident, qui survient loin des zones habituellement touchées par les tensions liées au transport de pétrole russe, interpelle et ouvre de nouvelles questions sur l’évolution des risques maritimes internationaux. Les conclusions de l’enquête pourraient avoir des implications stratégiques, tant pour les routes commerciales que pour la sécurité maritime dans la région ouest-africaine.

Santé : le SATSUS annonce une nouvelle grève les 10 et 11 décembre 2025

La tension reste vive dans le secteur de la santé. Le Syndicat autonome des techniciens supérieurs de la santé (SATSUS/And Gueusseum) a annoncé ce dimanche une nouvelle grève de 48 heures prévue les mercredi 10 et jeudi 11 décembre 2025. Une décision qui s’inscrit dans un bras de fer qui s’intensifie avec le gouvernement, accusé de maintenir un « silence illégal, lourd et stratégique » face aux revendications déposées depuis plusieurs mois.

Dans son communiqué, le SATSUS revendique une mobilisation « historique » lors de la première phase de la grève générale des 25 et 26 novembre. Selon le syndicat, entre 80 % et 98 % des structures sanitaires du pays ont cessé de fonctionner, à l’exception des urgences et du service minimum. Cette démonstration de force aurait galvanisé les troupes, le syndicat affirmant vouloir inscrire désormais sa lutte « dans la durée » pour obtenir l’application intégrale des accords signés avec l’État.

Malgré cette mobilisation, le syndicat fustige ce qu’il considère comme une entrave à son droit de manifester. Il condamne en effet « le refus poli et totalement injustifié du préfet de Dakar » qui aurait interdit la marche prévue le 26 novembre, pourtant déclarée dans les délais réglementaires. Une interdiction interprétée comme une volonté de freiner la dynamique contestataire dans un secteur déjà fragilisé par les tensions internes et les lourdeurs administratives.

Pour comprendre l’origine de cette crise, il faut remonter au 16 novembre 2025. À cette date, les syndicats de santé, après une analyse jugée « approfondie » du processus d’apurement du passif social, avaient annoncé une série de marches, grèves et sit-in pour faire pression sur le gouvernement. Les revendications portent notamment sur l’application des accords de mai 2022, qui prévoient des augmentations salariales, le versement des fonds de motivation destinés au personnel hospitalier, ainsi que le reclassement des techniciens supérieurs ayant achevé leurs formations. Selon le SATSUS, la lenteur observée dans ce processus s’apparente à un blocage délibéré, en contradiction avec les engagements pris par l’État.

Dans ce nouveau communiqué, les syndicalistes durcissent encore le ton en avertissant les autorités que « nul ne peut prétendre assurer une paix sociale durable tout en mettant un coude sur un passif social lourd ». Ils accusent également l’État de violer quotidiennement le Code du travail et de se protéger derrière « une prétendue crise économique » utilisée comme prétexte pour ne pas appliquer les mesures convenues.

Cette nouvelle grève de 48 heures risque de perturber davantage le fonctionnement des hôpitaux et centres de santé, déjà éprouvés par des mois de tensions. À l’approche de cette nouvelle date de mobilisation, le gouvernement n’a toujours pas réagi publiquement aux accusations du syndicat, alimentant l’inquiétude d’un conflit social qui pourrait s’enliser au détriment des usagers du service public de santé.

APRÈS LE DISCOURS DE CHEIKH DIBA SUR LES BESOINS DE LIQUIDITÉ DU SÉNÉGAL : Les obligations souveraines chutent

Les obligations souveraines du Sénégal ont reculé sur les marchés internationaux après que le ministre des Finances, Cheikh Diba, a alerté sur la nécessité pour le pays de disposer de liquidités supplémentaires, rapporte Bloomberg. Bien qu’il ait souligné que les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) se déroulent positivement, ses déclarations ont ravivé les inquiétudes des investisseurs quant à la capacité du Sénégal à gérer sa trésorerie à court terme.

À Londres, les obligations en dollars arrivant à échéance en 2033 ont perdu 1,6 cent par dollar, pour s’établir à 61,7 cents, enregistrant ainsi une deuxième journée de baisse. Les titres arrivant à maturité en 2031 ont, eux, chuté de 2,5 cents pour atteindre 64,64 cents. Ces mouvements reflètent la prudence des marchés face à la situation de liquidité du pays, même si sa solvabilité à long terme demeure globalement jugée solide.

Devant les députés, Cheikh Diba a précisé que « le Sénégal ne pose pas fondamentalement de problème de solvabilité, mais en matière de liquidité, nous avons désormais besoin d’un appui financier ». Cette mise au point intervient après la découverte, l’an dernier, d’une dette cachée de 7 milliards de dollars (près de 4 000 milliards de francs CFA) laissée par l’administration précédente. Cette affaire avait conduit le FMI à suspendre un plan de financement de 1,8 milliard de dollars (un peu plus de 1 000 milliards de francs CFA)

Le Sénégal est actuellement engagé dans des discussions avec le FMI en vue de mettre en place un nouvel instrument de financement. Selon Diba, des divergences subsistent sur « les critères, les hypothèses macroéconomiques et les mesures d’ajustement », mais il assure que « les discussions avec le Fonds se déroulent très bien ». Le FMI, de son côté, concentre son évaluation sur la dynamique de la dette sénégalaise et la viabilité de la stratégie de financement du pays.

Le ministre a également indiqué que des mesures sont en cours pour améliorer la gestion de l’endettement. Le gouvernement remplace progressivement des dettes jugées « à haut risque » par des emprunts aux conditions plus favorables et assortis de maturités plus longues, afin de dégager des marges budgétaires et d’alléger la pression sur les finances publiques. L’objectif annoncé est de ramener le déficit budgétaire à 5,3% du PIB d’ici 2026 contre 13,4% à la fin de 2024 puis à 3% en 2027, conformément au plafond fixé par l’UEMOA, alors que le déficit prévu pour 2025 s’établissait initialement à 7,8%.

Malgré ces tensions de liquidité, le Sénégal exclut toute restructuration de sa dette et réaffirme son engagement à honorer ses obligations envers les investisseurs internationaux, tout en poursuivant des efforts de discipline budgétaire. Cheikh Diba a insisté devant les parlementaires sur le fait que la restructuration n’était « pas une option ».

Le Dakarois

“Dette cachée” : Ousmane Sonko affirme que « le travail n’est pas achevé » et annonce la poursuite des investigations

La polémique autour de la « dette cachée » révélée par le Premier ministre Ousmane Sonko en septembre 2024 continue d’occuper le devant de la scène politique nationale. Ce vendredi, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, plusieurs députés ont interpellé le gouvernement sur la nature, l’origine et l’ampleur de cette dette dont les contours demeurent encore flous pour une partie de l’opinion publique.

Face aux parlementaires, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a apporté une première clarification, indiquant qu’il s’agit d’une dette « qui n’a pas été communiquée au Fonds monétaire international (FMI) ». Une omission particulièrement préoccupante au regard des standards de transparence financière exigés par les partenaires internationaux. Mais au-delà du FMI, estime l’exécutif, c’est d’abord le peuple sénégalais qui a été tenu à l’écart de ces engagements contractés en son nom.

Prenant la parole à son tour, Ousmane Sonko a insisté sur cet aspect, rappelant que « l’Assemblée nationale devait être la première informée, car il s’agit d’une dette contractée au nom du peuple sénégalais ». Le chef du gouvernement a ensuite livré des éléments nouveaux, confirmant que les investigations engagées depuis plusieurs mois sont loin d’être terminées. « Le travail n’est pas achevé, les enquêtes se poursuivent », a-t-il affirmé, précisant que les premières découvertes ne représentent qu’une partie des irrégularités relevées.

Pour justifier la prolongation des travaux d’enquête, Sonko a évoqué deux motifs précis. Le premier concerne la dette bancaire intérieure, pour laquelle une « enquête minutieuse » est toujours en cours afin d’identifier la nature exacte des engagements, leurs bénéficiaires, ainsi que les mécanismes ayant permis de les dissimuler. Le second motif, qualifié de « plus préoccupant », porte sur des flux financiers importants opérés en dehors de toute procédure réglementaire. « Entre 2019 et 2024, plus de 1300 milliards de F CFA sont passés par un compte sans surveillance », a révélé le Premier ministre, soulignant la gravité d’un tel dysfonctionnement dans la gestion des finances publiques.

Ces révélations renforcent la détermination du gouvernement à poursuivre le travail d’audit engagé depuis son arrivée au pouvoir, dans une démarche qui vise, selon Sonko, à « éclairer pleinement les Sénégalais » sur la gestion de l’État durant les dernières années. L’exécutif affirme vouloir s’appuyer sur les conclusions de ces enquêtes pour renforcer les mécanismes de gouvernance, éviter la reproduction de telles pratiques et assainir définitivement les finances publiques.

Interpellé également sur les critiques visant le Plan de Redressement Économique et Social (PRES), un programme phare du gouvernement pour relancer l’économie, Ousmane Sonko a invité l’opposition à dépasser la posture de contestation et à formuler des propositions concrètes. « Si vous n’êtes pas d’accord avec le PRES, proposez mieux. Le pays a besoin d’avancer », a-t-il lancé, réaffirmant son engagement à mener les réformes jugées nécessaires malgré les résistances politiques.

Alors que les auditions et vérifications se poursuivent, la révélation de cette « dette cachée » continue d’ouvrir un large débat sur la transparence budgétaire, la responsabilité politique et le rapport entre pouvoir exécutif et institutions de contrôle. Les prochaines semaines seront décisives, à mesure que les résultats des investigations se préciseront et que les implications politiques de ces découvertes se feront sentir.

Le Président Bassirou Diomaye Faye lance un processus inédit de nomination à l’OFNAC

Le nouveau régime dirigé par le président de la République Bassirou Diomaye Faye a marqué un tournant dans la gouvernance publique en mettant l’accent sur la refondation des institutions et la consolidation de la transparence. Dans ce cadre, la désignation des membres de l’Office National de Lutte contre la Corruption (OFNAC) a été réalisée pour la première fois à travers un processus d’appel à candidatures ouvert, public et concurrentiel, marquant ainsi une rupture avec les pratiques antérieures.

Conformément aux dispositions de l’article 8 de la loi n° 2025-12 du 3 septembre 2025 portant création de l’OFNAC, les membres de cet organisme « sont nommés par décret, à l’issue d’une procédure d’appel à candidatures dont les modalités sont fixées par arrêté du Ministre de la Justice ». Dans ce cadre, un avis d’appel à candidatures a été publié le 6 octobre 2025 par le Comité de sélection institué par l’arrêté n° 032697 du 2 octobre 2025 du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Au terme de ce processus rigoureux, le Président de la République a nommé 12 nouveaux membres pour composer l’OFNAC. À leur tête, Moustapha KA, magistrat, occupe la fonction de président de l’institution, tandis que Birahime SECK, membre de la société civile, en assure le rôle de vice-président. La composition de l’OFNAC réunit des profils variés et hautement qualifiés, incluant des magistrats, des experts en suivi-évaluation, des administrateurs civils et des professeurs agrégés des facultés de droit, parmi lesquels Khadidiatou BA, Samba BARRY, Ibrahima FALL, Mafal FALL, Mademba GUEYE, Abdou Aziz Daba KEBE, Babacar NIANG, Birane NIANG, Mohamed Bachir NIANG et Charles Didier Gane Ngathy SENGHOR.

Le Chef de l’État a souligné que cette démarche, fondée sur les principes d’intégrité, de mérite et de transparence, témoigne de la volonté de son gouvernement d’instaurer une gouvernance exemplaire. L’initiative a rencontré un vif intérêt de la part du public et du secteur professionnel, totalisant 233 candidatures issues de profils divers, représentatifs des différents segments clés de la société.

Dakar : la marche du COIMAS autorisée et encadrée par un arrêté préfectoral

La capitale sénégalaise s’apprête à accueillir, ce vendredi 28 novembre 2025, une marche pacifique organisée par le Collectif pour la Défense des Intérêts des Marchands du Sénégal (COIMAS). L’événement, qui intervient dans un contexte de fortes revendications du secteur du commerce informel, a officiellement reçu l’autorisation du préfet de Dakar, Mouhamadou Makhtar Blondin Ndiaye.

Dans un arrêté rendu public, l’autorité administrative encadre strictement la manifestation afin d’assurer son bon déroulement. Le document précise d’abord les horaires retenus : la marche débutera à 15 heures et devra prendre fin à 18 heures, heure à laquelle les participants procéderont à la dislocation. Ces indications visent, selon la préfecture, à garantir la sécurité des marcheurs comme celle des usagers de la voie publique, tout en limitant les perturbations dans une zone particulièrement fréquentée de la capitale.

L’itinéraire autorisé témoigne également d’une volonté de canaliser le cortège dans des axes jugés compatibles avec les impératifs de mobilité urbaine. Les manifestants se rassembleront à la station Oilybia située à la Cité Port, point de départ retenu pour la mobilisation. De là, ils avanceront le long de l’Avenue Cheikh Ahmadou Bamba, avant de rejoindre le rond-point de la Maison du Parti socialiste, un lieu symbolique et souvent associé aux grandes manifestations publiques. Le parcours se poursuivra jusqu’à l’intersection des deux voies du Lycée John Fitzgerald Kennedy, où se tiendra le point d’arrivée et la dislocation de la marche.

Le COIMAS, qui fédère une partie importante des marchands et commerçants du pays, entend par cette action attirer l’attention des autorités sur les difficultés auxquelles fait face le secteur, notamment en matière de fiscalité, d’espaces de travail, de régulation des marchés et de protection sociale. Les organisateurs assurent que la marche sera pacifique et respectueuse des consignes préfectorales, dans un climat où la recherche d’un dialogue constructif reste essentielle.

Du côté des forces de l’ordre, un dispositif sécuritaire adapté devrait être déployé afin d’encadrer le cortège, faciliter la circulation et prévenir tout débordement. La préfecture rappelle enfin que toute manifestation autorisée doit se dérouler dans le respect strict des lois et règlements, et que les organisateurs demeurent responsables de la discipline au sein du groupe.

Le FDR dénonce une “comédie politique” et accuse le gouvernement de manipuler l’Assemblée nationale

À la veille de la séance de questions d’actualité prévue ce vendredi 28 novembre 2025, la tension monte entre le gouvernement et l’opposition. Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) a rendu public, ce jeudi, un communiqué au ton particulièrement virulent, dénonçant ce qu’il qualifie de « nouvelle dérive institutionnelle » imputée à l’exécutif.

Le mouvement d’opposition apporte son « soutien total » aux députés ayant décidé de boycotter la séance parlementaire, qu’ils assimilent à une « comédie politique ». Selon le FDR, la convocation en urgence de cette session ne respecte pas les « usages républicains ». Le texte reproche notamment au gouvernement d’avoir omis d’en débattre en Conseil des ministres, contrairement à la tradition qui veut que les grandes orientations parlementaires y soient préalablement discutées.

Pour le FDR, cette omission n’a rien d’un détail : elle traduirait une volonté du pouvoir de transformer l’Assemblée nationale en « tribune d’un clan ». Le mouvement accuse même le Premier ministre de multiplier les « forfaitures », mettant à mal, selon lui, la crédibilité et la stabilité des institutions garantes de l’équilibre démocratique.

Le communiqué aborde également un second point de friction : la publication du rapport de l’ANSD sur le Rebasing Base 2021. Le FDR se dit « étonné » du silence du gouvernement lors du dernier Conseil des ministres, qui n’a donné aucune explication sur ce document présenté comme stratégique pour l’analyse de la conjoncture économique.

Pour l’opposition, ce rapport aurait dû faire l’objet d’une communication officielle, compte tenu de ses implications majeures sur la planification économique, l’appréciation de la dette, la crédibilité budgétaire et les projections de croissance. Le FDR appelle ainsi l’exécutif à lever le voile sur ce qu’il qualifie de « discrétion surprenante », estimant que les Sénégalais sont en droit d’être pleinement informés, surtout dans une période jugée « économiquement et financièrement délicate ».

En conclusion, le mouvement met en garde contre « l’affaiblissement progressif des contre-pouvoirs » et assure rester mobilisé pour dénoncer toute tentative d’instrumentalisation des institutions. À la veille d’une séance parlementaire annoncée sous haute tension, l’opposition continue de maintenir la pression sur le gouvernement.

Idrissa Seck se rend à Rebeuss : un geste politique fort qui redonne une nouvelle dimension à l’affaire Badara Gadiaga

L’affaire Badara Gadiaga continue de susciter de vifs débats au Sénégal, mais ce mercredi, un événement inattendu est venu renforcer encore davantage sa portée politique et symbolique. Idrissa Seck, président du parti Rewmi, ancien Premier ministre et l’une des figures majeures de la scène politique nationale, s’est personnellement rendu à la prison de Rebeuss pour rencontrer le chroniqueur incarcéré. Une visite rare, lourde de sens, qui repositionne l’affaire Gadiaga au centre du débat sur les libertés publiques et le traitement réservé aux acteurs de l’espace médiatique.

Arrivé en fin de matinée, Idrissa Seck a été discret mais déterminé. Les services pénitentiaires, visiblement préparés à cette visite de haut profil, l’ont conduit vers une salle réservée aux entretiens particuliers. Selon des sources présentes sur place, la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère sereine, mais empreinte d’une forte charge émotionnelle. Le président de Rewmi aurait exprimé à Badara Gadiaga son soutien personnel, en insistant sur son attachement aux principes démocratiques et à la liberté d’expression, qu’il considère comme au cœur de tout État de droit.

Le geste d’Idrissa Seck n’a rien d’anodin. Connu pour son sens aigu de la mesure, sa prudence politique et son refus des sorties impulsives, il se déplace très rarement en prison pour ce type de visite. En se rendant à Rebeuss, il envoie un signal fort : l’affaire Badara Gadiaga n’est plus un simple dossier pénal ou une polémique médiatique passagère. Elle touche à des enjeux institutionnels, politiques et démocratiques majeurs, au point de mobiliser des acteurs qui, jusque-là, observaient la situation avec distance.

Pour de nombreux observateurs, cette visite constitue un tournant dans l’affaire. Elle signifie que le cas Gadiaga dépasse désormais les clivages partisans pour devenir une question de principe, presque un test grandeur nature de la résilience de la démocratie sénégalaise. Certains analystes y voient une mise en garde implicite contre toute tentative d’instrumentalisation de la justice ou de restriction de la parole publique. D’autres estiment que le geste d’Idrissa Seck pourrait encourager d’autres leaders politiques ou personnalités publiques à prendre position de manière plus ouverte.

La présence du président de Rewmi à Rebeuss intervient dans un contexte où les interrogations se multiplient autour du traitement réservé aux journalistes, chroniqueurs et analystes politiques. Dans un paysage médiatique marqué par des tensions croissantes, la détention de Badara Gadiaga est devenue le symbole d’un débat plus large sur la place du discours critique et sur les limites, parfois floues, entre liberté d’expression et responsabilité pénale.

Cette visite, hautement symbolique, renforce donc l’idée que l’affaire Gadiaga est désormais inscrite dans une dynamique nationale qui interroge directement les fondements mêmes de l’État de droit. Elle remet au premier plan les enjeux liés à la protection des voix critiques et au respect des principes démocratiques, dans un pays souvent cité en exemple sur le continent pour sa tradition de liberté et de pluralisme.

Affaire Badara Gadiaga : la Cour d’appel de Dakar fixe une audience décisive pour le 4 décembre

Un nouveau tournant judiciaire s’annonce dans l’affaire opposant le ministère public à Badara Gadiaga. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a fixé une audience pour ce jeudi 4 décembre 2025 à 9h, selon un avis officiel transmis aux avocats concernés. Le recours porte sur l’appel introduit contre l’ordonnance ayant accordé une mise en liberté provisoire assortie d’une assignation à résidence sous surveillance électronique à l’homme d’affaires.

Dans le document adressé aux conseils de la défense — Maîtres Djiby Diallo, Malick Fall, Abou Alassane Diallo, Alioune Badara Fall, Souleymane Soumaré, El Hadji Diouf, Seydou Diagne et Oumar Youm — la juridiction indique que l’affaire « Ministère public contre Badara Gadiaga » a été régulièrement inscrite au rôle de la Chambre d’accusation pour être appelée à cette date.

Cette audience revêt une importance majeure : elle déterminera si la mise en liberté provisoire accordée à Badara Gadiaga sera confirmée, réformée ou annulée. L’enjeu est donc considérable, puisqu’un retour en détention ou un durcissement des mesures de contrôle judiciaire demeure juridiquement possible, tout comme une confirmation du dispositif actuel.

L’affaire Badara Gadiaga, qui avait déjà suscité de vives réactions dans l’opinion et dans certains milieux économiques, continue ainsi son chemin dans les arcanes judiciaires. Les débats devant la Chambre d’accusation devraient permettre de clarifier plusieurs points contestés, notamment les conditions et fondements du placement sous surveillance électronique, ainsi que la portée exacte de l’ordonnance attaquée.

Les avocats de la défense, particulièrement mobilisés, envisagent cette audience comme une étape déterminante dans la stratégie visant à obtenir l’allègement, voire la levée des mesures restrictives. De son côté, le ministère public entend défendre son appel, estimant que les mesures initiales étaient insuffisantes au regard des faits reprochés.

Madiambal fusille Abass Fall : “Le maire des baudets ne fait que répéter les âneries de Sonko”

Une vive passe d’armes secoue une nouvelle fois la scène politique sénégalaise. Ce mercredi, le journaliste Madiambal Diagne a lancé une réplique cinglante au maire de Dakar, Abass Fall, qu’il accuse d’avoir moqué sa couleur de peau dans une sortie qu’il juge indigne d’un responsable public.

Dans un message sur X, Madiambal charge sans retenue. Il affirme que si Abass Fall avait “un minimum de culture”, il lui aurait rappelé une fable de La Fontaine évoquant Aliboron, symbole d’ignorance et de médiocrité. Mais, selon lui, le maire qu’il qualifie “d’usurpateur” serait “au niveau des baudets” et se contenterait de répéter “les âneries de Sonko”, en référence au Premier ministre.

L’élément qui a mis le feu aux poudres est une pique d’Abass Fall sur le teint de Madiambal, qu’il aurait qualifié de “noirot”. Une insulte que le journaliste juge d’autant plus choquante qu’elle émane, selon lui, de dirigeants d’un parti se réclamant du panafricanisme. “Pathétique, l’élite panafricaniste de Pastef”, a-t-il fustigé.

Gueum Sa Bopp charge la gouvernance : entre accusations de dérives, soupçons de manœuvres politiques et appel à une mobilisation nationale

Le mouvement Gueum Sa Bopp, par la voix de ses cadres réunis au sein de la plateforme « Les Jambaars », a livré ce 25 novembre 2025 une déclaration liminaire particulièrement offensive, dressant un réquisitoire sévère contre le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Entre critiques institutionnelles, interrogations sur la transparence publique, dénonciation d’un agenda politique dissimulé et propositions économiques, la sortie du mouvement a marqué un tournant dans le débat politique national à la veille du face-à-face entre le Premier ministre et les députés prévu ce vendredi 28 novembre à l’Assemblée nationale.

Dès l’entame de la déclaration, les responsables de Gueum Sa Bopp expriment leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de « rupture totale entre les engagements pris devant le peuple et la réalité de la gestion actuelle du pays ». Pour eux, moins de deux années après l’arrivée au pouvoir de l’actuel gouvernement, les signes d’un affaiblissement institutionnel, d’une récession économique et d’un chômage en hausse seraient aujourd’hui visibles et alarmants. Le mouvement accuse l’exécutif d’avoir substitué au programme initial des priorités politiques et électoralistes, décrivant une gouvernance bâtie sur « l’incompétence, l’inexpertise et l’irresponsabilité ».

Dans leur diagnostic, les cadres du mouvement pointent particulièrement les choix de nomination qu’ils jugent hasardeux. Selon eux, les nominations au sein des administrations, des directions nationales ou des conseils d’administration ne répondent plus aux critères de compétence ou d’expérience. Ils évoquent l’arrivée de directeurs « inexpérimentés, parfois anciens stagiaires », de présidents de conseil d’administration « sans qualification reconnue » et de députés « incapables de légiférer ». Pour Gueum Sa Bopp, cette situation a contribué à une bureaucratie coûteuse et inefficace, absorbant une grande partie des finances publiques sans produire de résultats tangibles.

Ce manque d’efficacité serait aggravé, selon eux, par l’absence de transparence. Le mouvement accuse le pouvoir de dissimuler des informations essentielles au public et d’étouffer les demandes légitimes de reddition des comptes. L’affaire liée à la « note de renseignement concernant Madiambal » est citée comme exemple emblématique. Gueum Sa Bopp reproche au gouvernement de ne pas rendre publique cette note évoquée dans le débat national, estimant que « l’information appartient au peuple » et que rien ne justifie une telle opacité dans une démocratie.

Les questions posées par le mouvement touchent plusieurs domaines jugés stratégiques. Sur les ressources naturelles, ils affirment que les Sénégalais ne disposent toujours pas d’informations détaillées et régulières sur les recettes issues du pétrole et du gaz. Sur le train de vie de l’État, ils exigent la publication des dépenses liées à l’usage du jet privé pour les déplacements du Premier ministre, ainsi que la mise à disposition des factures, des missions et des dépenses ministérielles financées par le contribuable.

Pour les cadres du mouvement, le pays se trouve dans une situation économique préoccupante, caractérisée par une dette publique qui compromet la capacité de l’État à investir. Ils affirment que les secteurs clés – agriculture, élevage, pêche – manquent d’intrants, de mécanisation et d’infrastructures, malgré les annonces répétées de réformes. Les réformes administratives présentées par le gouvernement seraient restées, selon eux, au stade du discours, tandis que la masse salariale et les dépenses de fonctionnement explosent au détriment des investissements productifs.

Gueum Sa Bopp accuse également l’exécutif de préparer en coulisses un agenda politique dissimulé visant à restructurer le paysage électoral à son avantage. Ils évoquent une possible dissolution programmée de l’Assemblée nationale en décembre 2026 pour coupler les élections locales de 2027 aux législatives, une stratégie qu’ils qualifient de « conspiration d’État » destinée à verrouiller les échéances électorales de 2027 et 2029. Pour eux, cette approche détournerait le gouvernement de ses responsabilités premières : répondre aux urgences sociales, lutter contre la vie chère, garantir l’emploi et assurer la sécurité nationale.

Face à ce qu’ils décrivent comme un échec de la gouvernance, les responsables du mouvement avancent plusieurs pistes de redressement. Ils estiment que le Sénégal pourrait économiser entre 180 et 240 milliards grâce à une rationalisation administrative réelle, permettant de rediriger ces fonds vers les secteurs productifs. Ils plaident pour une gestion rigoureuse des recettes pétrolières et gazières, un financement renforcé des intrants agricoles, une modernisation de l’élevage et des infrastructures halieutiques, ainsi qu’un soutien massif aux petites entreprises et artisans afin de relancer l’économie.

Le mouvement propose également l’adoption de nouveaux cadres légaux pour renforcer la transparence financière, un contrôle renforcé des marchés publics, une diplomatie économique plus active et la mise en place d’un cadre de suivi public des réformes accompagné d’une commission indépendante d’évaluation de l’action gouvernementale.

Au-delà de la critique, Gueum Sa Bopp appelle ses militants, sympathisants et l’ensemble des forces de l’opposition à se mobiliser. Du 1ᵉʳ décembre 2025 au 30 avril 2026, le mouvement prévoit une vaste campagne nationale, avec la création de « clubs Jambaars » dans les villages, les quartiers et dans la diaspora. Ces structures auront pour rôle d’animer le mouvement, de sensibiliser la population et de diffuser sa ligne politique. Le slogan choisi, « Dello Sénégal ci kaw » (« Relevons le Sénégal »), ambitionne d’incarner cette dynamique.

Le mouvement annonce également qu’après la séance de vendredi à l’Assemblée nationale, au cours de laquelle le Premier ministre sera interpellé par les députés, il présentera aux Sénégalais « la vérité des chiffres, la vérité des manœuvres et la vérité des solutions ». Pour Gueum Sa Bopp, la mobilisation citoyenne est désormais indispensable afin de restaurer la confiance dans les institutions et de remettre le pays sur les rails du progrès économique et social.

La déclaration se conclut par un appel solennel à la responsabilité du Président de la République et du Premier ministre, jugée indispensable dans un contexte où la note souveraine du pays se dégrade et où les investissements étrangers connaissent une baisse sensible. Selon Gueum Sa Bopp, le Sénégal traverse un moment charnière où seule une action corrective rapide et transparente pourrait éviter un basculement vers une crise plus profonde.

Université de Saint-Louis : les étudiants suspendent les cours pour 24 heures et menacent de durcir le mouvement

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis est de nouveau secouée par une montée de tension qui fait ressurgir les vieux démons des crises sociales et académiques. Ce mardi 25 novembre, la Coordination des étudiants a décrété un mot d’ordre de suspension totale des activités pédagogiques pour 24 heures, combiné à une Journée sans ticket renouvelable (JST), une mesure souvent utilisée comme levier de pression contre l’administration. Ce débrayage, qui paralyse cours et évaluations, traduit un profond malaise au sein de la communauté estudiantine.

Dans un communiqué transmis à la presse, les étudiants dénoncent avant tout le retard jugé « inexplicable » dans la régularisation de la situation des boursiers. Ils rappellent que plusieurs étudiants vivent une précarité accentuée par ces retards de paiement, qui affectent le logement, la restauration et même la capacité à poursuivre leurs études dans des conditions dignes. Pour eux, l’absence de réponses concrètes malgré des engagements répétés des autorités ne fait qu’aggraver la frustration et la perte de confiance.

Les revendications ne s’arrêtent pas là. La Coordination pointe également l’immobilisme autour des chantiers du campus social, dont le démarrage effectif se fait toujours attendre. Ces projets, censés améliorer les conditions de vie des étudiants à travers la rénovation des dortoirs, l’augmentation des capacités d’hébergement ou encore la modernisation des infrastructures de restauration, semblent être à l’arrêt. Les étudiants estiment qu’un tel retard est devenu « intenable », alors même que la population estudiantine continue de croître chaque année.

Autre point de crispation : l’accès à une connexion Internet stable et opérationnelle, un besoin désormais essentiel au fonctionnement de l’université. Ils affirment que l’absence d’un réseau performant handicape gravement les activités académiques, qu’il s’agisse de la recherche documentaire, des travaux dirigés en ligne ou des cours hybrides introduits depuis la pandémie. Pour eux, dans une université moderne, l’Internet ne doit plus être considéré comme un luxe mais comme un outil pédagogique fondamental.

Face à ce qu’ils considèrent comme une accumulation de manquements, les étudiants préviennent qu’ils ne comptent pas relâcher la pression. La Coordination affirme suivre de près les réactions des autorités et n’exclut pas de durcir le mouvement si leurs préoccupations ne sont pas prises en charge dans les plus brefs délais. Une radicalisation du mouvement reste donc possible, au risque de replonger l’UGB dans l’une de ces longues crises qui perturbent régulièrement son calendrier académique.

Alors que les autorités universitaires et étatiques sont attendues pour une prise de position claire, les regards restent tournés vers Saint-Louis, où les étudiants semblent plus déterminés que jamais à faire entendre leurs revendications.

Rebasing 2021 : le Sénégal revoit son PIB à la hausse et améliore ses indicateurs macroéconomiques

Le Sénégal vient d’opérer une révision majeure de ses comptes nationaux, un exercice essentiel pour mieux capter la réalité économique du pays. Dans une publication rendue publique ce 25 novembre 2025, l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) annonce officiellement le passage de l’année de base 2014 à une nouvelle année de référence, 2021. Cette mise à jour, appelée rebasing, consiste à moderniser le système statistique en intégrant les dernières données disponibles, de nouvelles nomenclatures et une méthodologie améliorée de calcul du PIB et des agrégats macroéconomiques.

L’ANSD souligne que cette révision répond à la nécessité de refléter plus fidèlement la structure actuelle de l’économie sénégalaise, profondément transformée ces dernières années par l’essor de nouveaux secteurs, la digitalisation, l’évolution des services et l’amélioration des systèmes d’information économique. L’institution indique ainsi que le changement d’année de base a intégré de nouvelles enquêtes, des sources actualisées et une couverture élargie d’activités jusqu’ici mal mesurées ou insuffisamment prises en compte. Ces améliorations représentent à elles seules plus de onze points sur l’évolution du PIB.

L’impact le plus visible de cette opération est la revalorisation du produit intérieur brut. Avec la nouvelle base 2021, le PIB du Sénégal pour cette année-là est désormais estimé à 17 316 milliards de francs CFA, contre 15 261 milliards selon l’ancienne base 2014. L’économie sénégalaise affiche ainsi une hausse de 13,5 %, soit une revalorisation totale de 2 054,7 milliards de francs CFA. Ce saut statistique ne traduit pas une croissance réelle supplémentaire, mais plutôt une meilleure photographie de l’activité économique. Il permet d’intégrer des branches émergentes et de moderniser la lecture des performances nationales.

La structure de l’économie s’en trouve également remodelée. Le secteur tertiaire, moteur dominant de l’activité, voit son poids progresser sensiblement, passant de 50,5 % du PIB à 53,4 %. Le secteur secondaire, en revanche, se replie légèrement de 23,9 % à 22,6 %, un ajustement qui reflète sans doute une meilleure réévaluation du poids réel de l’industrie et des activités extractives. Le secteur primaire, quant à lui, maintient son importance mais reste relativement stable dans la nouvelle configuration statistique.

Cette révision a également un impact direct sur les principaux indicateurs macroéconomiques du Sénégal. La nouvelle valeur du PIB permet d’améliorer mécaniquement plusieurs ratios utilisés pour évaluer la santé et la soutenabilité de l’économie. Le solde budgétaire global, rapporté au PIB, se redresse en passant de -13,3 % à -11,8 %. Le taux d’endettement public connaît lui aussi un allègement notable, passant de 90,8 % à 80 % du PIB. Cette baisse de dix points renforce la capacité du Sénégal à respecter les critères de convergence régionaux et à présenter une situation budgétaire plus soutenable.

Par ailleurs, le taux de pression fiscale pour l’année 2021 est désormais évalué à 15,9 %, contre 18 % auparavant. Si la pression fiscale semble moins élevée, cela découle surtout de la réévaluation du PIB, et non d’une diminution effective des recettes. Le solde extérieur courant, indicateur clé de la balance des paiements, s’améliore également, passant de -12,1 % du PIB à -10,7 %.

En résumé, ce changement de base opéré par l’ANSD offre une vision plus précise, plus moderne et plus réaliste de l’économie sénégalaise. Il redessine les contours des performances macroéconomiques du pays et repositionne plusieurs indicateurs stratégiques sur des niveaux plus favorables. Cette révision, attendue depuis plusieurs années, constitue un outil essentiel pour la planification économique, la conception des politiques publiques et l’évaluation des objectifs de développement.

Scandale à l’hôpital Dalal Jamm : un marché de 1,454 milliard F CFA au cœur d’irrégularités graves

Un nouveau scandale éclabousse le secteur de la santé publique. Un audit technique commandité par l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARCOP) révèle de lourdes irrégularités dans l’exécution d’un marché au Centre hospitalier national Dalal Jamm (CHNDJ). Le projet concernait la construction d’un bâtiment R+2 destiné à accueillir deux unités hautement stratégiques : la greffe de moelle osseuse et la procréation médicalement assistée (PMA), des infrastructures essentielles pour moderniser l’offre de soins au Sénégal.

Le marché avait été attribué, à l’issue d’un appel d’offres restreint, au groupement Sylla Trading Corporation Sarm/Groupe Delta pour un montant initial de 1,119 milliard de F CFA. Pourtant, au fil des mois, le coût final du projet a explosé pour atteindre 1,454 milliard de F CFA, soit une augmentation de plus de 334 millions de francs. Ce surcoût provient d’un avenant signé en avril 2022, censé couvrir des travaux supplémentaires et une prolongation du délai d’exécution.

Cet avenant est précisément au cœur des critiques formulées par les auditeurs du cabinet Adoc SA. Selon leur rapport, une partie substantielle des travaux intégrés dans l’avenant était déjà incluse dans le marché initial. Les experts estiment que 178,4 millions de F CFA correspondent à des tâches qui auraient dû être exécutées dans le cadre du contrat de base et n’avaient aucune raison d’être facturées en supplément. Une anomalie qui interroge profondément sur la transparence de la gestion du projet et les mécanismes de contrôle interne du CHNDJ.

L’audit met également en lumière un retard considérable dans l’exécution du chantier. Alors que les travaux étaient censés durer dix-huit mois, l’équipe d’audit a constaté qu’après trente-trois mois, le bâtiment n’était toujours pas livré. Ce dépassement de délai de neuf mois aurait dû entraîner l’application de pénalités contractuelles à l’encontre de l’entreprise adjudicataire. Pourtant, les auditeurs notent que ces pénalités n’ont jamais été réclamées. Le manque à gagner pour l’hôpital est estimé à 332,7 millions de F CFA. Cette omission renforce les soupçons d’une gestion défaillante ou complaisante de la part de l’autorité contractante.

Le rapport révèle par ailleurs des faits encore plus inquiétants. Les experts ont découvert que des travaux d’une valeur de 63,4 millions de F CFA TTC ont été facturés alors qu’ils n’étaient pas encore réalisés lors de leur visite. Autrement dit, des paiements ont été validés sur des prestations inexistantes, ce qui constitue une violation flagrante des règles de comptabilisation des dépenses publiques. L’équipe d’audit a aussi relevé une surévaluation manifeste des quantités de certains matériaux, gonflant artificiellement le coût total du marché de près de 75 millions de F CFA TTC.

Enfin, autre manquement majeur : l’entreprise chargée des travaux n’aurait jamais fourni la garantie de bonne exécution ni la retenue de garantie pourtant exigées dans tout marché public de cette nature. Ces mécanismes, essentiels pour protéger l’État en cas de malfaçons ou de défaut d’exécution, semblent avoir été purement ignorés.

Au terme de leur mission, les auditeurs du cabinet Adoc SA ont été catégoriques : « le projet est exécuté de manière peu satisfaisante au regard des normes techniques, administratives et générales ». Un constat sévère qui ouvre la voie à des interrogations encore plus profondes : comment un marché aussi sensible a-t-il pu accumuler autant d’irrégularités sans qu’aucune alerte ne soit soulevée ? Pourquoi les organes internes de contrôle du CHNDJ n’ont-ils pas agi ? Et surtout, qui devra répondre de ces manquements ?

À l’heure où le Sénégal s’efforce de moderniser son système de santé et d’améliorer la qualité des infrastructures hospitalières, ce scandale est un signal d’alarme. Il met en lumière l’urgence de renforcer la gouvernance, la transparence et la rigueur dans la gestion des marchés publics, notamment dans un secteur aussi vital que la santé.

FONGIP–Crédit mutuel du Sénégal : un bras de fer judiciaire autour d’un dépôt de garantie de 1,5 milliard F CFA

Un nouveau contentieux financier éclate au grand jour entre une institution publique stratégique et l’un des plus importants réseaux mutualistes du pays. Le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) a décidé d’assigner le Crédit mutuel du Sénégal (CMS) en justice afin d’obtenir la restitution d’un dépôt de garantie de 1,5 milliard de francs CFA. Ce montant avait été logé au CMS dans le cadre d’un partenariat signé sous la direction de l’ancienne administratrice générale, Thérèse Faye.

L’affaire plonge ses racines dans la convention signée le 20 avril 2021 entre les deux parties. Ce partenariat s’inscrivait dans la dynamique du programme gouvernemental « Xëyu Ndaw Yi », destiné à stimuler l’accès au financement pour les jeunes et les femmes, considérés comme les cibles prioritaires de la politique d’emploi et d’inclusion économique de l’État. Dans cette logique, le Fongip avait mobilisé un dépôt conséquent, censé servir de garantie aux crédits que le CMS devait accorder aux porteurs de projets éligibles.

Mais le mécanisme prévu exigeait une procédure stricte. Avant de pouvoir bénéficier de la couverture du Fongip, le Crédit mutuel devait transmettre un portefeuille complet de crédits à garantir. Ces dossiers devaient comporter plusieurs éléments essentiels : une demande signée adressée à l’Administrateur général du Fongip, un tableau détaillant l’ensemble des bénéficiaires potentiels, ainsi que le procès-verbal du comité de crédit expliquant l’approbation de chaque financement. Toutes ces pièces devaient être transmises par double canal — courrier physique et version électronique.

Or, selon le Fongip, c’est précisément à ce niveau que le CMS aurait gravement failli à ses obligations. L’institution publique affirme n’avoir jamais reçu un seul dossier complet conforme à la procédure convenue. Elle soutient que ni le tableau des bénéficiaires ni le procès-verbal du comité de crédit n’ont été fournis, rendant impossible tout traitement ou accord de garantie. Le Fongip estime ainsi que « jamais le CMS n’a respecté les procédures de saisine et d’approbation prévues dans le cadre du programme Xëyu Ndaw Yi ».

Conséquence logique, lorsqu’une demande d’indemnisation a été introduite par le Crédit mutuel, le Fongip a émis un avis défavorable. L’article 5 de la convention est clair : aucun remboursement ou déclenchement de garantie n’est possible sans la transmission préalable des dossiers complets et validés. Pour le Fongip, les manquements constatés suffisent à invalider toute demande d’indemnisation de la part du CMS.

Entre les deux institutions, des tentatives de conciliation ont bien eu lieu, mais elles se sont soldées par des échecs successifs. Face à l’impasse, le Fongip estime désormais n’avoir d’autre recours que celui des tribunaux pour récupérer le dépôt de 1,5 milliard de F CFA. Cette décision judiciarisée porte ainsi le différend sur la place publique et pose de nombreuses questions sur la gestion passée du programme, la transparence du partenariat et les responsabilités contractuelles de chaque partie.

Le CMS, de son côté, n’a pour l’instant pas officiellement réagi à cette assignation, mais le dossier promet de susciter de nouveaux débats dans un secteur financier déjà scruté de près depuis plusieurs mois. Au-delà de la bataille juridique, cette affaire met en lumière des enjeux sensibles : l’efficacité des mécanismes de soutien public au financement des jeunes, la rigueur dans l’application des conventions et la gouvernance des institutions partenaires.

Le MSD clarifie sa position : aucune intégration possible dans la coalition « Diomaye Président » tant qu’Ousmane Sonko demeure Premier ministre

Le Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD) a rompu le silence ce dimanche en publiant un communiqué destiné à clarifier sa position, après plusieurs informations faisant état d’un rapprochement avec la coalition « Diomaye Président ». Par la voix de son coordonnateur général, Ardo Gningue, le MSD reconnaît avoir participé à des discussions préliminaires, mais affirme que toute perspective d’intégration reste impossible tant qu’Ousmane Sonko continue d’occuper le poste de Premier ministre.

Selon le communiqué, une délégation composée de coordonnateurs départementaux et de membres du comité de pilotage avait été officiellement mandatée pour rencontrer Aminata Touré, Haute Autorité représentant le Chef de l’État et superviseure générale de la coalition. Une rencontre était prévue pour le samedi 22 novembre, organisée par le secrétaire administratif de la coalition, Samba Gueye. Toutefois, à la veille de l’audience, un changement de format a été proposé par la coalition, qui a demandé à limiter la réunion au seul coordonnateur général, accompagné de deux membres. Ardo Gningue explique avoir catégoriquement refusé cette exigence, évoquant la nécessité de transparence et le respect dû à toute la délégation désignée pour représenter le mouvement.

Ce désaccord a conduit la coalition « Diomaye Président » à informer le MSD qu’elle poursuivrait son chemin sans l’associer davantage au processus de concertation. Le mouvement dit avoir pris acte de cette décision, tout en affirmant qu’il n’a jamais sollicité une intégration et que sa présence à la rencontre relevait uniquement d’une démarche consultative.

Le communiqué insiste particulièrement sur la position politique du mouvement vis-à-vis de l’architecture actuelle du pouvoir exécutif. Pour le MSD, la présence d’Ousmane Sonko à la Primature constitue un verrou infranchissable. Ardo Gningue décrit le Premier ministre comme « un danger pour la République » et un facteur d’instabilité pour le pays. Il estime que l’éviction ou la démission de M. Sonko demeure un préalable incontournable à toute discussion sérieuse en vue d’un éventuel engagement du MSD aux côtés de la majorité présidentielle.

Tout en rejetant l’idée d’une intégration dans la coalition au pouvoir, le mouvement se dit ouvert au dialogue avec toutes les forces politiques ou sociales qui partagent son ambition de défendre la République et de préserver les intérêts du peuple sénégalais. Le comité de pilotage affirme rester mobilisé et engagé auprès des citoyens, avec l’objectif de contribuer à l’édification d’un Sénégal fondé sur la paix, la justice et la vérité.

Cette mise au point intervient alors que le climat politique national demeure tendu, marqué par une crise ouverte entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Dans ce contexte, la prise de position du MSD vient ajouter un nouveau relief au débat public et conforte l’idée que les tensions internes au pouvoir continuent de susciter des repositionnements stratégiques au sein de la scène politique sénégalaise.

Coalition Diomaye Président : Aminata Touré met fin aux rumeurs et refuse l’intégration du mouvement « Sonko Dégage »

La superviseure générale de la coalition « Diomaye Président », Aminata Touré, a tenu à clarifier publiquement une polémique qui enflait depuis plusieurs jours autour d’un supposé rapprochement entre la coalition présidentielle et le mouvement « Sonko Dégage ». Dans un communiqué transmis ce dimanche 23 novembre 2025, l’ancienne Première ministre a catégoriquement démenti toute intégration de ce groupe connu pour ses prises de position virulentes sur les réseaux sociaux, rappelant que la coalition reste fermement attachée à des comportements républicains et à des prises de parole responsables.

Selon les informations circulant depuis plusieurs jours, le mouvement « Sonko Dégage », dont l’un des responsables les plus visibles est Ardo Gningue, aurait tenté d’intégrer les rangs de la coalition. Ce dernier s’est, à maintes reprises, illustré par des critiques acerbes et des attaques personnelles contre le Premier ministre Ousmane Sonko, contribuant à alimenter un climat de tension au sein de l’espace numérique. Face à ces allégations, Aminata Touré a confirmé qu’une démarche en ce sens avait effectivement été initiée. Cependant, après les vérifications habituelles et une identification claire des acteurs concernés, la coalition a opposé un refus ferme et définitif, estimant que les comportements et propos de certains membres de ce mouvement ne sont pas compatibles avec les valeurs qu’elle entend défendre.

L’ancienne cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité, pour toute formation politique sérieuse, de préserver un cadre de travail fondé sur le respect mutuel, la responsabilité publique et la défense des institutions de la République. Elle a rappelé que la coalition « Diomaye Président » ne saurait en aucun cas s’associer à des acteurs qui ont fait de l’invective et de la confrontation permanente leur principal mode d’expression, d’autant plus dans une période politique marquée par des tensions internes et des attentes fortes de la population.

Aminata Touré a également tenu à rassurer les militants et sympathisants en affirmant que la coalition reste un espace structuré, soucieux de la cohésion interne et de la stabilité politique. Elle a précisé que l’objectif demeure de travailler dans la sérénité, autour d’un projet national porté par le Président Bassirou Diomaye Faye, et non de céder aux pressions ou influences extérieures susceptibles de nuire à l’équilibre de la coalition. En réitérant son refus catégorique de toute collaboration avec des mouvements engagés dans des combats personnels ou des campagnes d’insultes, elle a rappelé que la politique doit se mener dans le respect de l’éthique, des personnes et des institutions.

Cette sortie d’Aminata Touré intervient dans un contexte où les tensions internes au sein de la mouvance présidentielle, notamment entre proches du Président et partisans du Premier ministre, nourrissent spéculations et interprétations. En posant clairement les limites de la coalition et en fermant la porte à toute tentative d’instrumentalisation, elle cherche visiblement à éviter que cette affaire ne vienne ajouter une nouvelle source de confusion ou d’instabilité.

Attaques contre le Président Diomaye : Aliou Tine appelle à un arrêt immédiat des hostilités internes

Le climat politique déjà tendu vient de connaître un nouvel épisode, cette fois-ci marqué par l’intervention appuyée d’Aliou Tine. Le défenseur des droits humains s’est exprimé avec fermeté pour dénoncer les attaques croissantes dirigées contre le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, appelant à une trêve immédiate au sein même de la mouvance présidentielle.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Aliou Tine a exhorté les acteurs politiques proches du pouvoir à cesser les hostilités internes qui, selon lui, affaiblissent non seulement la cohésion au sein de Pastef, mais aussi l’autorité de l’État. Il rappelle que Bassirou Diomaye Faye, aujourd’hui président de tous les Sénégalais, a considérablement contribué à l’ascension et à la structuration du Pastef, notamment par les nominations stratégiques qu’il a accordées au parti depuis son accession au pouvoir. Ministères clés, directions générales et présidences de conseils d’administration : Tine souligne que Diomaye a, en quelque sorte, “tout donné à Pastef”.

Le défenseur des droits humains insiste également sur la nécessité fondamentale de distinguer deux réalités : celle du « Diomaye cadre de Pastef » et celle du « Diomaye Chef d’État ». Une confusion entre ces deux postures, dit-il, entretient des tensions artificielles au sommet de l’État. Dans toute démocratie, rappelle Aliou Tine, le Président doit bénéficier du soutien total de sa mouvance, d’autant plus lorsque celle-ci détient le leadership politique, organisationnel et gouvernemental. Cette mouvance, en l’occurrence, est dirigée par Pastef, avec en première ligne le Premier ministre Ousmane Sonko.

Aliou Tine met en garde contre les risques d’une division interne qui commence, selon lui, à prendre forme sous la dynamique périlleuse d’un « Pastef contre Pastef ». Il qualifie ce scénario de contre-productif, nuisible et potentiellement dévastateur. « Il faut désormais savoir jouer avec le temps. Sinon c’est Pastef contre Pastef, c’est contre-productif. C’est négatif et ça pourrait être catastrophique pour le pays qui vit un déclin sur tous les plans en ce moment », a-t-il averti, soulignant que l’urgence du contexte national exige au contraire une solidarité renforcée.

Cette prise de position survient à un moment où les défis économiques, sociaux et institutionnels sont multiples, et où l’unité gouvernementale apparaît plus que jamais indispensable. Alors que les tensions internes semblent gagner en intensité, l’appel d’Aliou Tine se veut un rappel clair : la stabilité du pays passe d’abord par la stabilité du pouvoir.

Projet de budget 2026 : une baisse de 151 milliards FCFA pour le ministère des Finances et du Budget

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire a bouclé, ce vendredi 21 novembre, son marathon budgétaire par l’examen et l’adoption du budget des dépenses communes et du Projet de budget 2026 du ministère des Finances et du Budget. Ce dernier a été défendu devant les commissaires par le ministre Cheikh Diba, marquant ainsi la fin du cycle d’audition des différents départements ministériels.

Pour l’exercice 2026, les dépenses communes ont été arrêtées à 902,46 milliards FCFA en Autorisations d’Engagement et 487,94 milliards FCFA en Crédits de Paiement. Comparé à l’exercice 2025, les crédits de paiement enregistrent une progression de 3,4 %, soit une hausse chiffrée à 15,95 milliards FCFA. Cette augmentation est principalement tirée par les investissements structurants de l’État, notamment le paiement des impôts et taxes liés aux marchés financés sur ressources extérieures, ainsi que les chantiers engagés dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) dont le Sénégal est partie prenante.

Cependant, cette dynamique haussière est nuancée par plusieurs facteurs. La baisse des dépenses de personnel, liée à une programmation plus rigoureuse, a permis de réduire les charges. À cela s’ajoute la non-reconduction de certains crédits auparavant logés dans des chapitres tels que la modernisation de la gestion des finances publiques, le Fonds pour le Renforcement des Investissements Structurants dans les Pôles Territoriaux ou encore le Programme d’Investissements Structurants.

Concernant le budget du ministère des Finances et du Budget proprement dit, l’année 2026 se présente sous le signe de la contraction. Le MFB voit ses Autorisations d’Engagement fixées à 681,8 milliards FCFA, tandis que les Crédits de Paiement s’élèvent à 676,3 milliards FCFA. Par rapport à 2025, cette enveloppe recule de 151,1 milliards FCFA, soit une baisse de 18,3 %. Les programmes du ministère sont les plus touchés par cette réduction, en particulier celui consacré au pilotage, à la coordination et à la gestion du MFB, dont le budget chute de 466,3 milliards FCFA en 2025 à 269,4 milliards en 2026. Le programme « Élaboration des lois de finances et Suivi de l’exécution » connaît également une contraction, passant de 36,9 milliards à 24,5 milliards FCFA.

Avec la clôture des travaux en commission, le processus budgétaire entre désormais dans sa phase décisive. Les débats se poursuivront en séance plénière où les députés seront appelés à se prononcer sur le budget global de l’État pour l’année 2026. Les arbitrages qui en découleront devraient renseigner sur les priorités gouvernementales dans un contexte marqué par la recherche d’une meilleure efficience des dépenses publiques et une rationalisation accrue de l’action budgétaire.

Décès de Nogaye Thiam : la vice-présidente de l’ONDH évoque l’homicide involontaire et la non-assistance à personne en danger

L’affaire Nogaye Thiam continue de susciter colère, indignation et incompréhension au Sénégal. Alors que l’émotion reste vive après la découverte de la jeune femme morte dans la maison de sa belle-famille, près de quarante-huit heures après son décès, les voix s’élèvent désormais pour exiger l’ouverture de poursuites judiciaires. Parmi elles, celle de Me Abibatou Samb, vice-présidente de l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme du Sénégal (ONDH), qui appelle à ce que la justice prenne ses responsabilités face à ce drame aux contours encore troublants.

Selon la juriste, la gravité des faits révélés impose que « le mari de la victime ainsi que tous les membres de la belle-famille soient mis en examen pour homicide involontaire », sur la base de l’article 307 du Code pénal. Cette disposition punit toute personne ayant causé la mort d’autrui par imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité. Me Samb estime également que la non-assistance à personne en danger pourrait être retenue contre les mêmes individus, conformément à l’article 341 du Code pénal, qui réprime le fait de s’abstenir volontairement de porter secours à une personne en péril. Les peines encourues, souligne-t-elle, vont d’un à cinq ans d’emprisonnement.

L’avocate dit attendre du Procureur de la République, désormais officiellement saisi du dossier, qu’il prenne des mesures rapides et concrètes pour garantir que justice soit rendue. Elle martèle que le pays ne doit pas fermer les yeux sur de telles dérives familiales, qui soulèvent des questions profondes sur la protection des femmes, la solidarité au sein des foyers et la responsabilité morale face à des personnes vulnérables.

Le drame, rappelons-le, a éclaté à la suite d’une vidéo rendue publique par la grande sœur de la victime, l’influenceuse Adja Makeup, qui a révélé les détails glaçants de la situation. Nogaye Thiam aurait été retrouvée morte dans sa chambre, dans la maison qu’elle partageait avec son époux — également son cousin — et le reste de sa belle-famille, à Yoff. Le corps n’aurait pas été découvert avant près de deux jours. Durant tout ce temps, son bébé d’un an et demi serait resté auprès d’elle, tentant tant bien que mal de se nourrir en cherchant sa mère, dans une scène dont la violence psychologique a profondément choqué l’opinion.

Ces révélations ont déclenché un torrent de réactions et mis en lumière les zones d’ombre entourant les circonstances du décès. De nombreuses interrogations subsistent sur l’absence de vigilance dans le foyer, les tensions familiales évoquées par certains proches, et le silence qui aurait entouré les difficultés conjugales de la jeune femme. Les internautes, organisations féministes et défenseurs des droits humains réclament une enquête transparente, estimant qu’un tel drame ne peut être rangé au simple rang des faits divers.

L’affaire Nogaye Thiam, au-delà de sa dimension humaine et tragique, met en lumière la nécessité urgente de renforcer la protection des femmes au sein de la cellule familiale et de sensibiliser l’opinion sur les dérives des violences psychologiques, de l’isolement et de l’indifférence. Pour beaucoup, ce drame doit marquer un tournant dans la manière dont la société sénégalaise traite les violences silencieuses, celles qui ne laissent parfois aucune trace visible mais brisent des vies.

Pikine Icotaf : un présumé trafiquant arrêté avec 21 pierres de crack

Une opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar (BRS), unité relevant de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), a permis l’arrestation d’un individu suspecté d’être impliqué dans un réseau de trafic de crack à Pikine Icotaf. L’interpellation a eu lieu le 20 novembre 2025, à proximité du marché Syndicat, un point de convergence souvent surveillé en raison de la forte affluence et des activités illicites qui peuvent s’y développer.

Selon les informations publiées par la Police nationale, cette intervention fait suite à un renseignement jugé fiable, faisant état de l’existence d’un réseau actif de distribution de drogue dure dans le secteur. Les enquêteurs ont immédiatement mis en place une équipe spécialisée, chargée de vérifier l’alerte et d’observer les allées et venues suspectes dans la zone.

C’est dans ce contexte qu’un homme présentant une attitude jugée inhabituelle a attiré l’attention des agents. Il a été appréhendé et soumis à une fouille corporelle. Les policiers ont alors découvert dix-huit pierres de crack soigneusement emballées dans un sachet, dissimulé dans la poche droite de son pantalon. Conformément aux procédures, les enquêteurs ont ensuite procédé à une perquisition à son domicile, où trois autres pierres de crack ont été retrouvées.

La fouille du logement a également permis de mettre la main sur six téléphones portables, dont quatre hors d’usage, souvent utilisés dans ce type de trafic pour limiter les risques de traçabilité. Du matériel de conditionnement a été saisi, notamment une cuillère, une louche, des sachets plastiques et du scotch, confirmant l’hypothèse d’une activité de préparation et d’emballage de drogue. Une somme d’argent, dont le montant n’a pas été précisé, a également été découverte, laissant penser à des transactions en cours.

L’individu interpellé a été placé en garde à vue. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue dure, en l’occurrence le crack, ainsi que pour blanchiment de capitaux. Cette arrestation constitue une nouvelle étape dans la lutte quotidienne menée par les forces de l’ordre contre les réseaux de stupéfiants, particulièrement actifs dans certaines zones urbaines de Dakar.

La Police nationale a rappelé, à travers cette opération, sa détermination à démanteler les circuits de distribution et à neutraliser les acteurs de ce trafic qui touche de nombreuses familles et alimente une criminalité préoccupante dans la capitale.

Me Moussa Bocar Thiam réplique à l’UMS et maintient ses accusations contre le magistrat Idrissa Diarra

L’ancien ministre et maire de Ourossogui, Me Moussa Bocar Thiam, n’a pas attendu 24 heures pour répondre au communiqué publié par l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) dénonçant sa saisine de l’Inspection Générale de l’Administration Judiciaire (IGAJ). Dans sa réaction, Me Thiam reproche à l’UMS de ne l’avoir ni interpellé ni informé l’Ordre des avocats avant de rendre public son communiqué.

Le maire de Ourossogui souligne qu’il « n’appartient pas à l’UMS d’apprécier l’opportunité, la recevabilité ou le bien-fondé d’une dénonciation qui ne lui est pas adressée » et que l’IGAJ est parfaitement compétente pour examiner les plaintes dans le cadre de l’article 3 de la loi 98-23 du 26 mars 1998.

Me Moussa Bocar Thiam maintient fermement ses reproches à l’encontre du magistrat Idrissa Diarra, qui avait été présenté par l’UMS comme irréprochable. Selon l’ancien ministre, ce magistrat « maintient en prison un homme agonisant et même la femme du journaliste Madiambal Diagne en chaise roulante et mourante ». Ces comportements, qualifiés d’intuitu personae, constitueraient « un manquement aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse ou à la dignité de ses fonctions », des manquements relevés par plusieurs organisations de la société civile et même par le Conseil national des droits de l’homme.

Me Thiam précise qu’il compte multiplier les démarches pour dénoncer ces pratiques : il indique qu’il saisira la chambre disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature ainsi que la Cour des droits de l’homme de la CEDEAO afin de dénoncer les traitements inhumains et dégradants infligés abusivement à des personnes présumées innocentes. Il insiste sur le fait que « la seule et unique personne décriée est le magistrat Idrissa Diarra et personne d’autre », ajoutant que « la solidarité de corps est inopérante puisqu’aucun magistrat ne fait siens les agissements de Monsieur Idrissa Diarra ». Dans ce contexte, il interpelle également l’Ordre des médecins, l’Ordre des avocats, les organisations de protection des droits de l’homme et l’International Association of Lawyers (UIA).

Dans sa réponse à l’UMS, Me Thiam précise qu’il ne s’adresse ni au corps des magistrats, ni à l’association, encore moins à l’institution judiciaire, qu’il dit respecter profondément. Il conclut en affirmant qu’il « voue un respect infini à ce corps et s’incline devant certains qui se sentent affectés par [ses] propos ».

L’ancien ministre critique également le silence de l’UMS face aux déclarations du leader politique Ousmane Sonko, le 8 novembre 2025, qui avait accusé les magistrats de « saborder le travail du pool judiciaire et financier » et appelé l’État à « nettoyer la justice dont certains s’opposent à sa personne », portant ainsi atteinte au Conseil Constitutionnel, à la Cour Suprême et à la Cour d’Appel. Selon Me Thiam, les magistrats Maham Diallo et feu Samba Fall avaient été également visés par ces propos injurieux, mais l’UMS était restée « muette, ratant l’occasion de rappeler à l’ordre quelqu’un qui jette un discrédit notoire sur l’institution judiciaire ».

Lettre-plainte contre le juge Diarra : l’UMS fustige le comportement de Me Bocar Thiam et demande des sanctions

L’Union des Magistrats Sénégalais (UMS) a réagi ce jeudi 21 novembre à l’initiative de l’avocat Me Moussa Bocar Thiam, qui a adressé une lettre-plainte à l’Inspection générale de l’Administration de la Justice (IGAJ) visant le magistrat Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Cette démarche s’inscrivait dans le cadre du dossier impliquant Mouhamadou Ngom dit Farba et plusieurs autres parties, et a suscité un tollé au sein du corps judiciaire.

Dans un communiqué officiel, l’UMS souligne qu’après vérification, le principal concerné, M. Ngom, « n’a jamais été consulté sur une telle démarche » et que le collectif d’avocats chargé de sa défense n’a, à aucun moment, été associé à cette initiative. Pour l’organisation, la lettre de Me Bocar Thiam constitue une « action isolée, dénuée de toute base procédurale et manifestement inspirée par un dessein inavoué ». Selon l’UMS, cette initiative vise à « jeter le discrédit sur un magistrat unanimement reconnu pour son sérieux, sa compétence et sa rigueur professionnelle ».

L’Union des Magistrats accuse l’avocat d’avoir « sciemment violé les règles de procédure, ainsi que les principes d’éthique et de déontologie qui gouvernent la profession d’avocat ». Elle déplore également la diffusion massive de cette lettre dans la presse, considérant qu’elle accentue la gravité de ce qu’elle qualifie de « forfaiture ». Pour l’UMS, cette publication publique, réalisée « sans fondement et en dehors de tout cadre légal », constitue une atteinte directe à l’honneur du magistrat ciblé ainsi qu’à la crédibilité de l’institution judiciaire dans son ensemble.

L’organisation condamne fermement le comportement de Me Bocar Thiam, le qualifiant d’« irresponsable et préjudiciable non seulement à l’honneur du magistrat, mais également à la dignité et à la réputation du système judiciaire sénégalais ». Elle annonce par ailleurs qu’elle prendra, dans les meilleurs délais, toutes les mesures nécessaires afin que cet acte fasse l’objet de « sanctions exemplaires conformément aux textes en vigueur ».

Cette affaire souligne les tensions existantes autour de certains dossiers financiers sensibles et met en lumière la vigilance de l’UMS pour protéger l’intégrité de la magistrature. Le corps judiciaire sénégalais réaffirme ainsi son attachement aux principes d’éthique, de rigueur et d’indépendance dans le traitement des affaires judiciaires, face à des initiatives qui pourraient, selon lui, miner la confiance des citoyens dans la justice.

Sécurité numérique : TikTok supprime 2,5 millions de vidéos inappropriées au Sénégal dans le cadre du sommet ouest-africain

Dakar a récemment été le théâtre du premier sommet sur la sécurité numérique en Afrique de l’Ouest organisé par TikTok en partenariat avec AfricTivistes. Cet événement s’inscrit dans la volonté de la plateforme de renforcer les standards de sécurité sur son réseau et de protéger ses utilisateurs, notamment les jeunes, face aux contenus nuisibles et à la désinformation. Le sommet a réuni des acteurs régionaux, des représentants de la société civile et des experts en sécurité numérique afin de débattre des défis actuels et de mettre en place des mesures coordonnées pour un internet plus sûr et inclusif.

Au Sénégal, TikTok a annoncé que 2,5 millions de vidéos avaient été supprimées au cours de l’année écoulée pour non-respect des règles de la plateforme. Plus de 16 000 sessions en direct ont également été interrompues pour des violations des directives communautaires. Pour la première fois, la plateforme a publié des données détaillées sur la modération des sessions TikTok LIVE, révélant que plus de 2,3 millions de diffusions avaient fait l’objet de mesures correctives au deuxième trimestre 2025. Ces chiffres témoignent de l’ampleur des efforts entrepris pour réguler les contenus et protéger les utilisateurs sénégalais et ouest-africains.

Le rapport « Community Guidelines Enforcement » de TikTok souligne que depuis janvier 2024, 34 millions de vidéos ont été supprimées en Afrique de l’Ouest, dont 8,3 millions au deuxième trimestre 2025, soit une hausse de 132 % par rapport au trimestre précédent. La majorité de ces suppressions, 87 %, a été effectuée de manière proactive, grâce à des outils automatisés, avant même que des signalements ne soient reçus. Ce système de détection préventive permet d’anticiper les contenus problématiques et d’assurer une meilleure protection des utilisateurs.

L’entreprise a également mis en lumière des opérations de manipulation de contenus, comme celle démantelée en mars 2025 depuis le Togo. Cette opération impliquait 129 comptes qui diffusaient des discours politiques à travers l’Afrique de l’Ouest et la France, illustrant la complexité des menaces numériques auxquelles la région est confrontée. À l’échelle mondiale, TikTok a supprimé 189 millions de vidéos au deuxième trimestre 2025, dont 99,1 % ont été détectées de manière proactive, et a désactivé plus de 76 millions de faux comptes et près de 26 millions de comptes suspectés d’appartenir à des mineurs de moins de 13 ans.

Duduzile Mkhize, responsable du programme Outreach & Partnerships pour l’Afrique subsaharienne, a insisté sur l’importance d’une coopération régionale et locale pour renforcer la sécurité numérique. Selon elle, les retours des parties prenantes africaines sont essentiels pour adapter les politiques de TikTok aux réalités du continent. « Le dialogue au sein de ce sommet est d’une valeur inestimable. Bien qu’ayant une portée globale, chacune de nos actions reste profondément ancrée dans le contexte local », a-t-elle déclaré, appelant à une action collective afin d’éviter un espace numérique fragmenté et vulnérable.

L’activiste sénégalaise Aisha Dabo, membre du Conseil consultatif pour la sécurité de TikTok en Afrique subsaharienne, a souligné l’importance des expertises locales dans la conception de stratégies de protection adaptées aux réalités africaines. Elle a salué le sommet comme une opportunité de mettre en lumière les solutions régionales et de garantir que les perspectives africaines soient centrales dans les décisions mondiales sur la sécurité numérique. « Ce sommet est une occasion unique de construire un internet ouvert, inclusif et sécurisé, un internet qui reflète la diversité et la résilience de notre continent », a-t-elle affirmé.

Au-delà des suppressions de vidéos et des interruptions de sessions, le sommet a permis de rappeler que la sécurité numérique est également un enjeu de santé publique et de protection sociale, en particulier pour les jeunes utilisateurs. La lutte contre la désinformation, la manipulation politique et les contenus préjudiciables représente désormais un défi majeur pour la sous-région, et le Sénégal occupe une place stratégique dans ce dispositif.

Ce sommet marque une étape importante dans l’approche proactive de TikTok en Afrique de l’Ouest, en plaçant la protection des utilisateurs, la régulation des contenus et l’expertise locale au centre de sa stratégie. Il souligne aussi la nécessité d’une coopération entre plateformes, gouvernements et société civile pour construire un internet sûr, où l’innovation numérique peut se développer sans compromettre la sécurité et le bien-être des communautés.

Prix du Leader Africain 2025 : le Général Mbaye Cissé parmi les figures d’élite nominées

Le Sénégal continue de briller sur la scène continentale avec une nouvelle reconnaissance majeure pour l’un de ses plus hauts responsables militaires. Le général d’armée Mbaye Cissé, récemment promu Chef d’état-major général des armées par le président Bassirou Diomaye Faye, vient d’être sélectionné parmi les nominés du prestigieux African Leadership Magazine Persons of the Year 2025 (POTY). Il concourt dans l’une des catégories les plus emblématiques : celle du « Leader africain de l’année pour la paix et la sécurité ».

Cette nomination, rendue publique ce jeudi à l’issue du processus de présélection mené par l’African Leadership Magazine (ALM), place le général Cissé dans le cercle restreint des personnalités qui ont marqué de manière significative la dynamique sécuritaire du continent. Il est d’ailleurs le seul Sénégalais à figurer sur la liste finale, une singularité qui témoigne de son rôle central et de la reconnaissance de son parcours par des experts continentaux.

Face à lui, plusieurs figures africaines influentes sont en lice, notamment Kayode Adeolu Egbetokun, l’Inspecteur général de la police nigériane, Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine originaire de Djibouti, et Mohammed Berold, Inspecteur général des Forces armées royales du Maroc et commandant de la zone sud. Cette diversité de profils reflète l’ambition du prix : distinguer les leaders dont les décisions ont façonné la sécurité, la stabilité et parfois l’avenir même de leurs nations en 2025.

La sélection des nominés est l’aboutissement d’un long processus. L’ALM a d’abord lancé un appel à candidatures à travers toute l’Afrique et dans la diaspora, avant de procéder à une évaluation minutieuse des profils proposés. Le comité de rédaction s’est appuyé sur des critères stricts, notamment l’impact mesurable des actions des candidats, leur pertinence continentale ainsi que leur capacité à inspirer une transformation réelle dans leurs domaines respectifs. Ce filtre rigoureux renforce la crédibilité d’un prix qui, au fil des années, s’est imposé comme la plus haute distinction attribuée par le choix public en Afrique.

Désormais, la décision finale repose entre les mains des citoyens du continent. Le vote en ligne, ouvert jusqu’au 30 novembre 2025 à minuit sur le site de l’ALM, déterminera les lauréats de cette édition. Les organisateurs insistent sur le rôle crucial de la participation populaire, soulignant que ce prix permet aux Africains de célébrer les leaders qui, par leur courage, leur audace et leurs actions décisives, sont en train de redessiner la trajectoire du développement africain.

La cérémonie de distinction des lauréats se tiendra les 27 et 28 février 2026 à Accra, au Ghana, lors de la 15e édition des Persons of the Year. Placée sous le thème « Leadership pour une nouvelle Afrique : forger notre paix, assumer notre récit », elle mettra en lumière les hommes et femmes qui, en 2025, auront contribué à ouvrir la voie à une Afrique plus souveraine, plus stable et mieux préparée à affronter les défis du futur.

Avec cette nomination, le général Mbaye Cissé porte haut les couleurs du Sénégal et confirme sa stature de leader engagé, dont la vision stratégique et l’expérience opérationnelle continuent de renforcer la position du pays dans les questions régionales de paix et de sécurité.

CAMES : Diomaye Faye félicite les 14 nouveaux agrégés et les appelle à renforcer la recherche scientifique

Le Sénégal vient de tourner une nouvelle page importante de son histoire académique avec la clôture, à Dakar, de la 22ᵉ édition du Concours d’agrégation en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion du CAMES. Une édition accueillie cette année à l’Université Cheikh Anta Diop et marquée par la brillante réussite de quatorze enseignants-chercheurs sénégalais, désormais élevés au rang de maîtres de conférences agrégés.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé toute sa fierté devant cette performance collective, saluant l’engagement et la rigueur des lauréats. Ces promotions concernent plusieurs disciplines clés : sciences économiques, sciences de gestion, droit public, science politique, droit privé et histoire des institutions. Autant de domaines stratégiques qui participent à la formation de l’élite intellectuelle sénégalaise et africaine.

Le chef de l’État a rappelé l’importance du CAMES en tant qu’espace de référence pour l’harmonisation et la valorisation des carrières universitaires en Afrique francophone. Accueillir cette édition à Dakar, a-t-il souligné, témoigne du rôle central du Sénégal dans la dynamique de recherche scientifique sur le continent.

Diomaye Faye a par ailleurs adressé aux nouveaux agrégés un message fort, les invitant à mettre leur expertise au service de la construction d’une pensée africaine audacieuse et structurante. Selon lui, le Sénégal et, plus largement, le continent ont besoin d’une doctrine scientifique robuste, capable d’accompagner les transformations économiques, sociales et institutionnelles en cours.

Pour le président, la recherche n’est pas seulement un domaine académique : elle constitue un véritable moteur de développement national et un levier pour le rayonnement intellectuel du Sénégal. Il a ainsi encouragé les nouveaux promus à poursuivre avec détermination leurs travaux et à contribuer activement aux avancées de la science, au bénéfice de la société et des générations futures.

Avec cette nouvelle cuvée d’agrégés, le Sénégal renforce son vivier de compétences de haut niveau et confirme son ambition de figurer parmi les pays africains les plus dynamiques en matière de recherche et d’innovation. Cette reconnaissance du CAMES représente non seulement une réussite individuelle pour les lauréats, mais également un signal fort pour l’ensemble de la communauté universitaire nationale.

Séries d’auditions au PJF : Waly Seck, le fils d’Amadou Ba, les frères de Farba Ngom et plusieurs personnalités convoqués

Le Pool judiciaire financier (PJF) s’apprête à vivre une fin d’année sous haute intensité avec une nouvelle vague d’auditions au fond visant plusieurs personnalités impliquées dans des dossiers sensibles de détournement présumé, blanchiment de capitaux et malversations financières. Selon des informations rapportées par la RFM, le calendrier des convocations s’étend du 21 novembre au 4 décembre 2025 et touche aussi bien des figures politiques que des célébrités du monde culturel et économique.

La convocation la plus médiatisée concerne le chanteur Waly Seck, attendu le 2 décembre devant le premier cabinet du PJF. Cette audition s’inscrit dans le vaste dossier ouvert par la CENTIF portant sur un flux financier évalué à 5,5 milliards de FCFA. Dans cette affaire, plusieurs noms circulent, dont celui d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. Waly Seck, initialement placé sous mandat de dépôt, avait retrouvé la liberté après le versement d’une caution de plus de 210 millions de FCFA. Cette audition au fond pourrait déterminer la suite judiciaire de son dossier.

Dès le lendemain, le 3 décembre, l’attention se portera sur Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba. Détenu depuis plusieurs mois dans une affaire liée à la gestion d’une société immobilière qu’il co-dirigeait avec Amadou Sall, il devra répondre aux questions du juge du premier cabinet. Son chauffeur, Cheikh Tidiane Seck, également mis en cause dans cette même affaire, sera à son tour entendu le 4 décembre. Les enquêteurs soupçonnent ce dernier d’implication dans des opérations de blanchiment de capitaux.

La pression judiciaire se poursuit également dans le dossier explosif des 125 milliards de FCFA, qui a conduit à l’incarcération du maire des Agnam, Farba Ngom. Deux frères de ce dernier, Ismaïla et Birame Ngom, sont convoqués respectivement les 21 et 24 novembre pour être interrogés au fond. Leur rôle dans ce vaste scandale financier est scruté de près, les enquêteurs cherchant à clarifier les circuits financiers et les responsabilités.

Dans le secteur privé, l’homme d’affaires Mamadou Racine Sy, figure influente du paysage économique sénégalais, est lui aussi attendu au PJF. Il devra se présenter le 28 novembre devant les enquêteurs chargés de démêler les ramifications de cette affaire tentaculaire qui touche plusieurs segments de la sphère politico-financière.

Ces convocations s’inscrivent dans un contexte où, depuis le 19 septembre 2025, plusieurs protagonistes ont déjà été placés sous mandat de dépôt pour des chefs d’accusation graves, parmi lesquels association de malfaiteurs, escroquerie financière et blanchiment de capitaux. Le PJF semble déterminé à accélérer le rythme des investigations afin de faire avancer plusieurs dossiers restés en suspens.

À mesure que ces auditions s’enchaînent, l’opinion publique suit avec attention l’évolution de ces enquêtes, qui mettent en lumière l’ampleur des dérives financières imputées à certaines personnalités influentes. Les prochaines semaines seront décisives pour comprendre les responsabilités de chacun et mesurer la portée des poursuites qui pourraient suivre.

Affaire Didier Badji et Fulbert Sambou : trois ans après, les familles réclament vérité, justice et prise en charge des orphelins

Trois ans se sont écoulés depuis la disparition tragique et inexpliquée des gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou, survenue en novembre 2022. Pourtant, pour leurs familles, le temps n’a rien apaisé : ni la douleur, ni les interrogations. Réunies en conférence de presse ce mardi 18 novembre 2025, elles ont une nouvelle fois appelé les autorités à faire toute la lumière sur ce dossier devenu, selon elles, « un gouffre d’incompréhensions et de souffrances ».

Dès l’ouverture de la rencontre, le Dr Alexe Nicodème Tabar, membre du comité de gestion de crise, a exprimé avec émotion le désarroi de proches qui, trois ans plus tard, se battent encore pour obtenir des réponses. Il a rappelé que l’enquête, longtemps restée au point mort, n’a avancé que récemment avec l’inculpation d’un suspect. Une évolution jugée insuffisante et même incohérente par les familles. « Cela fait trois ans que nous attendons de connaître la vérité. Trois ans que nous espérons qu’on nous explique ce qui s’est réellement passé. Aujourd’hui, on nous annonce qu’une personne a été inculpée pour le meurtre de nos frères. Nous lançons un cri de cœur au peuple sénégalais et au monde entier : cette situation n’est plus supportable », a-t-il déclaré.

Pour le Dr Tabar, cette arrestation ne peut en aucun cas solder l’affaire. Il estime qu’un seul individu ne saurait être responsable de la disparition de deux militaires aguerris, formés, ayant servi dans des missions sensibles. « On nous dit que c’est lui qui a tué. Soit. Mais avec qui ? Qui sont les complices ? Quel était le mobile ? Qui a commandité cet acte ? Ce monsieur seul ne peut pas éliminer deux gendarmes surentraînés ayant servi dans plusieurs théâtres d’opérations. C’est impossible », martèle-t-il, exigeant que l’enquête explore les pistes ignorées jusqu’ici.

L’une des demandes les plus poignantes concerne le corps de Didier Badji, jamais retrouvé. Pour sa famille, cette absence représente une douleur supplémentaire. « Cela fait trois ans que nous n’avons aucune trace de son corps. Nous voulons pouvoir lui offrir des funérailles dignes. Nous attendons que la justice clarifie enfin cette question », poursuit le Dr Tabar, soulignant que l’absence de dépouille empêche tout travail de deuil.

Le climat de frustration est également alimenté par ce que les familles qualifient d’« indifférence totale » sous le précédent régime. Alain Diédhiou, autre membre de la famille, a dénoncé une gestion qu’il juge « irresponsable » de la part des autorités de l’époque. « Didier Badji et Fulbert Sambou appartenaient à des unités stratégiques de la gendarmerie. Malgré cela, ni l’armée, ni la gendarmerie, ni même celui qui était au pouvoir, l’ancien président Macky Sall, ne se sont réellement intéressés à leur disparition. La thèse de la noyade, que nous avons écartée dès le début, a finalement été invalidée : la justice parle désormais d’assassinat », a-t-il déploré.

Toutefois, les familles se disent désormais encouragées par l’attitude du nouveau régime, qu’elles jugent plus réceptif. Elles affirment avoir été reçues à plusieurs reprises et notent une volonté de faire avancer l’enquête. « L’ancien pouvoir a ignoré l’affaire. Aujourd’hui, le régime en place nous reçoit et montre une volonté d’avancer. Nous demandons l’implication du président de la République et du Premier ministre, ainsi que la prise en charge de nos préoccupations », a insisté Alain Diédhiou.

Au-delà des questions de justice, un volet humain et social particulièrement lourd subsiste : celui des enfants laissés derrière. Les deux gendarmes étaient pères de famille, et leurs disparitions ont plongé leurs foyers dans une extrême précarité. Les proches ont décrit une situation alarmante, notamment pour les enfants de Didier Badji, qui ont également perdu leur mère depuis. « Nous devons leur envoyer de l’argent pour leurs besoins de base. Les autorités doivent impérativement prendre en charge ces orphelins qui ne bénéficient d’aucun soutien. Les deux hommes ont servi l’État avec loyauté, ils ne méritent pas que leurs enfants soient abandonnés », ont-ils plaidé.

Trois ans après les faits, l’affaire Badji-Sambou reste un dossier douloureux, symbolique et encore largement opaque. Pour les familles, la vérité n’est pas seulement un droit : elle constitue une réparation morale indispensable pour tourner la page. Elles réclament une enquête approfondie, des réponses claires, et une intervention urgente pour soutenir les orphelins laissés sans protection. Jusqu’à ce que justice soit faite, elles promettent de poursuivre le combat.

FILIÈRE BANANES : Le gel des importations tourne au fiasco

La stratégie mise en place pour favoriser la commercialisation des bananes produites au Sénégal n’a pas atteint ses objectifs. Le gel des importations, décidé après le Conseil interministériel d’avril et mis en œuvre par l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) avec les acteurs de la filière, devait permettre d’écouler l’intégralité de la production locale. Mais sur le terrain, l’opération s’est rapidement heurtée à la réalité.
Pour 2025, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage annonçait une récolte de 112 000 tonnes. Une surproduction récurrente, notamment entre septembre et novembre, accentue chaque année les pertes, souvent supérieures aux importations. Dans ce contexte, l’ARM, le CORPROBAT et les commerçants-importateurs avaient signé, le 18 août 2025, un protocole prévoyant la livraison de 500 tonnes de bananes par semaine, soit cinq camions par jour. Ces cargaisons, trois camions de bananes en cageots et deux en cartons, devaient alimenter les marchés de Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Thiès, Mbour et Touba, avec paiement comptant ou par virement sous 48 heures.
Mais la mise en œuvre a rapidement mis en lumière les limites de la production locale. Les commerçants déplorent une qualité jugée insuffisante : des bananes trop fragiles, incapables de supporter les longs trajets. Le fruit, très périssable, ne peut être conservé au-delà d’une semaine sans se détériorer. Or, les producteurs ne disposent pas de chambres froides ni de moyens d’évacuation rapides, transférant entièrement les coûts de stockage sur les commerçants.
Conséquence directe : une chute brutale de l’activité des importateurs et des vendeurs de bananes et fruits. Les pertes se chiffrent en centaines de millions de francs CFA, alors que le marché local s’est retrouvé confronté à une rupture d’approvisionnement, à une baisse de la qualité des produits et même à un déficit de bananes. Un paradoxe révélateur de l’échec de la mesure.
Les professionnels de la filière réclament désormais la reconnaissance officielle des pertes subies, le soutien financier de l’Etat et des compensations, la mise en place de mécanismes de coopération agricole et commerciale plus efficaces, la collaboration renforcée avec les pays voisins producteurs de bananes ainsi que la levée de la mesure de gel des importations.
Malgré l’urgence, les acteurs restent dans l’attente d’une prise de position des autorités. Le ministre de l’Industrie et du Commerce comme le directeur général de l’ARM n’ont, jusqu’ici, apporté aucune réponse. « Si rien n’est fait pour trouver rapidement des solutions, on risque d’assister à un effondrement de la filière bananes », alerte l’agriculteur Thiébé Haby Belel Sow.

Le Dakarois

Sénégal : les eurobonds reculent après une troisième dégradation de la note souveraine par S&P Global Ratings

Les marchés financiers ont de nouveau réagi négativement à la situation budgétaire du Sénégal. Ce lundi, les obligations en dollars émises par l’État sénégalais ont enregistré un recul notable après que l’agence de notation internationale S&P Global Ratings a abaissé, pour la troisième fois en 2025, la note souveraine du pays, désormais classée à CCC+, soit sept niveaux en dessous de la catégorie « investment grade ». Cette décision, annoncée vendredi dernier, reflète selon l’agence une fragilité persistante des finances publiques, exacerbée par l’absence d’un programme d’appui financier officiel pleinement opérationnel.

Les eurobonds sénégalais arrivant à échéance en 2048 ont ainsi perdu 0,89 cent pour se négocier autour de 58,06 cents sur le dollar, figurant parmi les titres les plus en baisse sur les marchés émergents. Les obligations venant à maturité en 2033 ont également reculé pour atteindre 62,94 cents, signe que la confiance des investisseurs reste sous tension malgré les engagements affichés par les autorités.

Dans son analyse, S&P Global Ratings justifie cette nouvelle dégradation par un déséquilibre financier jugé préoccupant, notamment un niveau d’endettement élevé et une charge d’intérêts particulièrement lourde pour l’État. Selon l’agence, les mesures actuelles visant à stimuler la croissance et à renforcer la mobilisation fiscale, bien que significatives, ne suffisent pas, en l’absence d’un programme d’appui multilatéral crédible, à restaurer la soutenabilité financière dans un horizon proche.

La crise de confiance actuelle trouve son origine dans la suspension, l’an dernier, du programme de financement de 1,8 milliard de dollars conclu avec le Fonds monétaire international. Cette suspension est intervenue après la découverte d’un volume de dette estimé à 7 milliards de dollars, jusque-là non inscrit dans les déclarations officielles, et attribué à l’ancienne administration. Depuis lors, le gouvernement sénégalais tente de renégocier un nouvel accord avec le FMI, mais les discussions semblent progresser lentement, dans un contexte où les engagements budgétaires affichés apparaissent difficiles à tenir.

L’économiste Jacques Nel, responsable de l’analyse macroéconomique pour l’Afrique au sein du cabinet Oxford Economics, estime que le Sénégal fait face à une équation budgétaire complexe. Alors que les autorités prévoient une réduction rapide du déficit, passant de 5,4 % du PIB dès 2026 à 3 % en 2027, S&P juge ces projections irréalistes et anticipe plutôt un déficit de 8,1 % en 2026 et 6,8 % en 2027. Cet écart notable entre objectifs politiques et estimations techniques renforce la perception d’incertitude parmi les investisseurs internationaux.

Cette nouvelle dégradation représente un signal d’alerte supplémentaire pour Dakar, dont l’accès aux marchés internationaux pourrait être davantage restreint, avec des coûts d’emprunt en hausse et une exposition accrue au risque de refinancement. Elle intervient également à un moment où le gouvernement multiplie les efforts diplomatiques, financiers et institutionnels pour rétablir sa crédibilité, rassurer les partenaires internationaux et relancer la dynamique économique nationale.

La suite dépendra en grande partie de deux leviers : la conclusion d’un nouvel accord stabilisateur avec le FMI et la mise en œuvre concrète, soutenue et cohérente des réformes budgétaires annoncées.

Affaire à suivre de très près…

Souveraineté numérique : Thierno Alassane Sall alerte sur des risques liés à la gestion de SENUM S.A et interpelle le gouvernement

L’ancien ministre et député à l’Assemblée nationale, Thierno Alassane Sall, a adressé une question écrite au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, portant sur de graves préoccupations liées à la souveraineté numérique du Sénégal. Dans son document daté du 27 octobre 2025, il exprime des inquiétudes concernant les pratiques observées au sein de Sénégal Numérique S.A. (SENUM S.A), structure remplaçante de l’Agence de l’Informatique de l’État (ADIE) depuis décembre 2021.

Selon le parlementaire, cette société, chargée de la mise en œuvre de la politique d’informatisation de l’État et de la gestion des infrastructures numériques nationales, occupe aujourd’hui un rôle stratégique compte tenu de l’évolution géopolitique, sécuritaire et technologique du pays. Thierno Alassane Sall rappelle que le Sénégal, désormais classé parmi les pays producteurs d’hydrocarbures et partageant une partie de ses frontières avec des zones d’instabilité terroriste, est fortement exposé aux risques de cyberattaques, de cyberespionnage et de manipulations numériques. L’intégrité des données nationales, des services étatiques ainsi que la sécurisation des infrastructures numériques devient donc, à ses yeux, une priorité absolue.

Il dénonce dans ce contexte l’intervention de DIG DASH, une entreprise française, qui aurait été sollicitée par SENUM S.A. dans des conditions jugées opaques et contraires aux règles de passation des marchés publics. Selon les éléments qu’il affirme avoir reçus, cette firme aurait potentiellement eu accès à des données sensibles de l’État, ce qu’il considère comme une menace réelle pour la confidentialité des informations stratégiques nationales. Le député soulève également la possibilité d’installation de systèmes suspects, tels que des backdoors, permettant un accès clandestin à distance aux données gouvernementales comme aux données personnelles des citoyens.

Au-delà des risques techniques, Thierno Alassane Sall pointe du doigt des défaillances de gouvernance interne, estimant que cette situation ne serait jamais survenue si le Conseil d’administration et la Direction générale de SENUM S.A. fonctionnaient de manière optimale, transparente et conforme aux standards de sécurité en matière de souveraineté numérique. Il souligne la disponibilité de compétences nationales capables d’assumer les missions confiées à l’entreprise, remettant ainsi en cause la nécessité d’un recours à des expertise externes, notamment étrangères, dans des domaines aussi sensibles.

Le député rappelle également que les solutions logicielles souscrites auprès de DIG DASH sont pourtant déjà couvertes dans le contrat-cadre liant l’État du Sénégal à Microsoft, incluant Power BI et MS Project, ce qui interroge sur une éventuelle duplication ou irrégularité dans les acquisitions.

Face à la gravité des faits évoqués, Thierno Alassane Sall demande au ministre de fournir des clarifications détaillées sur la justification juridique et contractuelle de l’intervention de DIG DASH, les mesures de sécurité prises pour protéger les données gouvernementales ainsi que les initiatives entreprises afin d’améliorer la gouvernance, la transparence et la performance de SENUM S.A.

Pour lui, renforcer l’implication des ressources humaines locales et garantir des processus de passation de marchés stricts et clairs est indispensable pour éviter toute atteinte à l’intégrité numérique nationale.

Affaire à suivre…

Hamidou Anne alerte sur la fragilisation de la démocratie au Sénégal et dans le monde

Invité au « Jury du dimanche » sur Iradio, Hamidou Anne, essayiste et désormais membre de l’Alliance Pour la République (APR), a livré un constat particulièrement préoccupant sur l’avenir de la démocratie, qu’il estime en pleine régression à l’échelle mondiale. Selon lui, le Sénégal n’échappe pas à cette tendance inquiétante.

Pour Hamidou Anne, la démocratie traverse sa plus grande crise depuis trois décennies. Il rappelle une vérité fondamentale : « La démocratie n’est jamais achevée. Elle est toujours en sursis. » Ce constat l’amène à observer un affaiblissement généralisé des systèmes démocratiques dans le monde. En Europe, la montée du populisme et la tentation d’un discours autoritaire menacent l’équilibre institutionnel. Dans plusieurs régions, le durcissement des régimes et l’affaiblissement du multilatéralisme alimentent cette régression.

En Afrique de l’Ouest, l’essayiste pointe du doigt l’engouement d’une partie de la jeunesse pour les coups d’État militaires, citant notamment les exemples récents au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Mais selon lui, le danger le plus insidieux ne réside pas dans les putschs, mais dans la montée des régimes populistes. Ces derniers, estime-t-il, sont plus dangereux car ils détruisent progressivement les contre-pouvoirs, souvent par des moyens légaux, ce qui peut conduire à une démocratie illibérale sans que les citoyens en prennent conscience.

Interrogé spécifiquement sur le Sénégal, Hamidou Anne évoque des « signaux faibles » de fragilisation démocratique. Il mentionne les appels à l’intervention de l’armée, les violences politiques, les crispations institutionnelles, ainsi que certaines procédures judiciaires controversées. Il attire également l’attention sur la fragilité des libertés individuelles. « Le danger, c’est que les citoyens se réveillent un jour et découvrent qu’ils ne vivent plus en démocratie », avertit-il.

Pour prévenir ce scénario et protéger le pays, Hamidou Anne plaide pour un triple effort. Il insiste d’abord sur le renforcement de l’éducation nationale, qu’il considère comme le socle de tout État moderne. Ensuite, il préconise la modernisation du « logiciel démocratique », encore marqué selon lui par les dérives héritées des régimes précédents. Enfin, il appelle à une défense renforcée des institutions, seules garantes de la stabilité et du respect des principes démocratiques.

Crise politique au Sénégal : l’analyse sans détour de Youssou Diallo sur le bras de fer Faye-Sonko

La récente tension entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko suscite une attention particulière dans le paysage politique sénégalais. Pour Youssou Diallo, président du Club Sénégal Émergent, invité ce dimanche 16 novembre sur l’émission Face au jury sur PressAfrik Tvhd, cette crise dépasse largement le cadre d’une simple divergence personnelle. Elle s’inscrit, selon lui, dans une dynamique historique complexe des relations entre les deux têtes de l’exécutif.

Selon M. Diallo, la résolution de ce différend ne passe pas nécessairement par une médiation externe. Il rappelle que la Constitution sénégalaise établit un principe hiérarchique clair : l’autorité du Président de la République doit primer sans compromis au sein du gouvernement. En cas de blocage, le lieu légitime pour des négociations devient l’Assemblée nationale, où le parti de Sonko, Pastef, détient la majorité. Dans le cadre d’une crise institutionnelle majeure, le chef de l’État dispose par ailleurs de pouvoirs constitutionnels étendus, conformément à l’article 52, qui lui permettent de dissoudre l’Assemblée ou de limoger le Premier ministre, voire le gouvernement, par ordonnance.

L’analyste est resté prudent sur le lien exact entre la récente audience de la présidente du Conseil constitutionnel et cet article, mais il considère que le président Faye a marqué un point décisif en désavouant publiquement et de manière inattendue son Premier ministre. Il interprète les précédentes déclarations de Sonko sur le « Parti-État » comme une attaque voilée contre le président. La réaction immédiate de Diomaye Faye, consistant à nommer Aminata Touré à la tête de sa coalition sans passer par un décret officiel, est analysée par M. Diallo comme une manœuvre politique stratégique, qui a visiblement mis Sonko dans une position délicate, le poussant à un silence surprenant.

L’analyste dénonce également le « congé » auto-déclaré par Sonko pour justifier son absence au Conseil des ministres, qualifiant cet acte d’« abandon de poste », et rappelant que seul le président, en tant qu’autorité hiérarchique, est habilité à accorder un congé. La contradiction entre cette absence officielle et sa participation simultanée à un meeting politique et à une partie de football est perçue comme une provocation directe envers l’exécutif. Pour M. Diallo, le rôle de Premier ministre exige une loyauté sans faille envers le Président, qualité que Sonko ne semble pas posséder. Il juge que Sonko serait davantage à sa place à l’Assemblée nationale qu’à la tête du gouvernement.

Au-delà des enjeux politiques, Youssou Diallo dresse un bilan économique sévère. Selon lui, le duo Faye-Sonko est arrivé au pouvoir sans une maîtrise suffisante de la situation économique nationale. Les déclarations jugées intempestives du Premier ministre, notamment sur une « dette cachée » et sur une baisse imminente des prix du carburant et de l’électricité, auraient, selon l’analyste, saboté les négociations avec le FMI et contribué à la dégradation de la note souveraine du pays. Pour M. Diallo, Ousmane Sonko représente « l’un des plus grands problèmes institutionnels et économiques du Sénégal » et sa démission permettrait, selon lui, une amélioration immédiate de la confiance des marchés. Il alerte également sur l’augmentation « alarmante » du niveau d’imposition, critiquée par le FMI, qui, selon lui, freine la reprise économique du pays.

Face aux attaques contre la Justice, l’UMS riposte et annonce une série de mesures

L’Union des magistrats sénégalais (UMS) hausse le ton. Confronté à des attaques répétées visant tant les magistrats que l’institution judiciaire elle-même, le Bureau exécutif de l’organisation a décidé d’engager une série de mesures pour défendre la profession et rétablir la confiance. Dans une note rendue publique ce vendredi 14 novembre 2025, l’UMS évoque « une démarche concertée avec la hiérarchie judiciaire afin d’adopter une stratégie de communication jugée adaptée au climat actuel ».

Avant de retenir ses premières actions, l’organisation affirme avoir saisi officiellement le Président de la République à travers un courrier, signe de la gravité accordée à cette situation et de la volonté d’obtenir un soutien institutionnel au plus haut sommet de l’État. Parmi les premières initiatives annoncées figure une intervention médiatique : le Bureau exécutif participera à l’émission « Point de vue » sur RTS 1, ce dimanche 16 novembre à 14 heures. Cette apparition vise à apporter des éclairages, répondre aux interpellations du public et clarifier les enjeux qui agitent le débat national depuis plusieurs jours.

L’UMS invite également l’ensemble des magistrats à renforcer leur cohésion interne et à préserver la solidarité qui caractérise traditionnellement leur corps. Dans un contexte où la justice fait l’objet d’une pression croissante, l’organisation insiste sur la nécessité de protéger la magistrature et de défendre les valeurs fondamentales qui la fondent.

Face à la montée des critiques, cette sortie marque un tournant. L’UMS entend désormais adopter une communication plus ferme et structurée pour rappeler le rôle central de la justice dans l’État de droit, tout en appelant à un climat d’apaisement et de respect des institutions.

Finances publiques : Dakar lève 99 milliards FCFA sur le marché régional et franchit la barre des 2 000 milliards mobilisés en 2025

Le Sénégal vient d’enregistrer une nouvelle performance sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Lors de son émission simultanée de Bons et Obligations assimilables du Trésor (BAT et OAT) tenue le 14 novembre 2025, l’État a réussi à mobiliser 98,99 milliards FCFA, portant ainsi à 2 043 milliards FCFA le montant total levé depuis le début de l’année. Le pays dépasse désormais le seuil symbolique des 2 000 milliards, consolidant sa position parmi les signatures souveraines les plus dynamiques de la zone.

Cette opération intervient dans un contexte financièrement sensible, marqué par un discours ferme du gouvernement sur sa volonté d’honorer sans faille le service de sa dette tout en sécurisant les besoins de financement de l’exercice budgétaire. Ce message semble avoir été reçu par les investisseurs régionaux, qui ont répondu massivement à l’appel du Trésor. Les soumissions ont atteint 100,215 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 111,35%, témoignant d’une confiance accrue dans la résilience économique du pays.

Au terme des analyses techniques, le Trésor public a retenu 98,99 milliards FCFA, correspondant à 98,68% des offres reçues. Cette sélection s’est opérée à travers trois instruments financiers, avec une domination nette de l’Obligation assimilable du Trésor (OAT) à trois ans. Cette ligne a capté 72,8 milliards FCFA et représente près des trois quarts du montant total mobilisé, preuve de l’appétit des investisseurs pour les maturités intermédiaires jugées sécurisantes. Les Bons du Trésor à 364 jours ont mobilisé 24,7 milliards FCFA, tandis que l’OAT à cinq ans n’a attiré que 1,43 milliard FCFA, une performance plus modeste qui montre une prudence persistante sur le long terme.

Afin de garantir l’équilibre de l’opération, le Sénégal a procédé à des ajustements sur les rendements proposés. Le coût de l’emprunt à court terme a été relevé, avec un rendement moyen pondéré du BAT 364 jours qui est passé de 6,75% à 7,32%, soit une augmentation de 57 points de base. À l’inverse, le Trésor a réussi à réduire le taux de ses emprunts à moyen terme, notamment sur l’OAT à trois ans, dont le rendement est passé de 7,61% à 6,89%. Une baisse, signe d’une amélioration perçue de la qualité du risque souverain sur cette maturité. Quant à l’OAT à cinq ans, le taux a été légèrement ajusté de 7,46% à 7,43%, confirmant la volonté de maîtriser le coût global de la dette.

La répartition géographique des souscriptions met en évidence la confiance des investisseurs régionaux, avec une contribution particulièrement forte des acteurs locaux. Les investisseurs sénégalais arrivent en tête avec 49,86 milliards FCFA, soit un peu plus de la moitié des montants retenus. Ils sont suivis par les investisseurs ivoiriens, qui ont mobilisé 34,10 milliards FCFA, traduisant la solidité du partenariat financier entre les deux premières économies de l’UEMOA sur le marché des titres. Les investisseurs du Togo, du Burkina Faso et du Bénin ont également participé, apportant respectivement 6 milliards, 5 milliards et 3,9 milliards FCFA.

En dépassant la barre des 2 000 milliards mobilisés en moins d’un an, le Sénégal confirme son dynamisme sur le marché régional et sa capacité à attirer des capitaux malgré un environnement international marqué par l’incertitude et la pression sur les finances publiques. Cette dynamique constitue un levier important pour le financement des priorités nationales, tout en reflétant une gestion active et calibrée de la dette publique.

Sénégal : la crise politique entre Diomaye et Sonko éclipse les discussions cruciales avec le FMI sur la « dette cachée »

Alors que le Sénégal tente de rassurer ses partenaires financiers après la découverte de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées laissées par l’ancien régime, une crise politique au sommet de l’État vient assombrir les perspectives des discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI). Les tensions, longtemps évoquées en coulisses entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont éclaté au grand jour cette semaine, faisant craindre un affaiblissement de la cohésion gouvernementale à un moment critique.

La rupture est apparue lorsque le parti Pastef, dirigé par Sonko, a rejeté la décision du chef de l’État de prendre la tête de la coalition politique élargie qui avait porté les deux hommes au pouvoir en 2024. Ce refus a mis en évidence une rivalité jusque-là contenue, alimentée par des visions divergentes sur la conduite économique et politique du pays. Pour plusieurs observateurs, l’enjeu immédiat dépasse la simple querelle interne : il s’agit désormais de savoir si l’exécutif possède encore la stabilité suffisante pour mener les réformes complexes exigées par les partenaires financiers.

« La crise de la dette est passée au second plan et c’est la crise politique qui est devenue la priorité », analyse Ousmane Ndiaye, politologue basé à Paris et spécialiste du recul démocratique en Afrique. Cette impasse survient alors que le FMI a suspendu l’année dernière un programme de 1,8 milliard de dollars et que le pays cherche désespérément à rétablir sa crédibilité budgétaire après la révélation du passif caché de l’ancien pouvoir.

L’incertitude a été accentuée par les récentes déclarations d’Ousmane Sonko, qui a publiquement rejeté l’idée d’une restructuration de la dette lors d’un rassemblement à Dakar. Ses propos ont immédiatement pesé sur les marchés : les eurobonds sénégalais ont reculé, avant de se stabiliser légèrement lorsque le FMI a annoncé que les discussions se poursuivraient dans les prochaines semaines et qu’une nouvelle analyse de viabilité de la dette était en cours de finalisation. Les rendements restent toutefois nettement plus élevés qu’avant l’intervention de Sonko, signe d’une nervosité persistante.

Selon plusieurs experts, l’opposition du Premier ministre à une restructuration de la dette traduit la volonté de tenir sa promesse électorale de préserver la « souveraineté économique » du pays. Pour Amaka Anku, directrice Afrique chez Eurasia Group, cette posture s’explique par la crainte que le Sénégal devienne dépendant d’un financement extérieur conditionné par le FMI. Mais cette ligne politique risque de renforcer au sein de l’institution les doutes sur la capacité du gouvernement à adopter les mesures budgétaires nécessaires, notamment la réduction des dépenses publiques.

Eurasia estime désormais à 60 % la probabilité que le Sénégal finisse par accepter un programme du FMI impliquant une restructuration de la dette, soit en raison d’un durcissement des conditions de financement internationaux, soit en cas de départ du Premier ministre, ce qui faciliterait les arbitrages budgétaires que l’exécutif peine actuellement à trancher.

Le discours prononcé par Ousmane Sonko devant des milliers de sympathisants à Dakar a aussi soulevé des interrogations politiques immédiates. Pour Alioune Tine, fondateur du think tank AfrikaJom Center, l’événement ressemblait davantage à un lancement de campagne présidentielle qu’à une simple mobilisation partisane. « C’était presque du style américain. C’était clairement Sonko qui disait : ‘Je suis candidat pour 2029’ », explique-t-il.

Le duo Faye-Sonko, porté par une dynamique insurrectionnelle et populaire, avait renversé l’équilibre politique en 2024 lorsque Faye, jusqu’alors détenu, était devenu l’un des présidents les plus jeunes du continent avec le soutien déterminant de Sonko, écarté de la course en raison d’une condamnation pour diffamation. Mais selon Ousmane Ndiaye, les tensions actuelles trouvent racine dans un déséquilibre de légitimité : Sonko, figure dominante du mouvement, « a toujours considéré qu’il resterait la force directrice derrière Faye », tandis que ce dernier cherche désormais à exercer pleinement les prérogatives de sa fonction.

La situation politique s’est encore complexifiée après que la Cour suprême a confirmé une peine de six mois de prison ferme pour diffamation contre Ousmane Sonko, une décision qui pourrait le rendre inéligible pour la présidentielle de 2029. « Cette incertitude juridique redessine déjà le champ de bataille politique, ouvrant potentiellement la voie à un second mandat pour Faye si Sonko est empêché de concourir », souligne Ndiaye.

Au moment où le Sénégal tente de négocier son avenir économique avec le FMI, l’émergence de cette lutte interne pour le leadership risque de compromettre les marges de manœuvre du pays. Entre la nécessité de rassurer les investisseurs, l’urgence d’assainir les finances publiques et les calculs politiques en vue de 2029, la trajectoire du Sénégal demeure suspendue à la capacité de son exécutif à surmonter ses divisions internes.

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