Meeting du 8 novembre : Bougane Gueye Dany appelle à un « Niakhtou National » contre la vie chère

À quelques jours du grand meeting national annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko et le parti Pastef, Bougane Gueye Dany, leader du mouvement Gueum Sa Bopp, a pris la parole pour lancer un autre appel : celui d’un « Niakhtou National », prévu le samedi 8 novembre 2025 à l’École Normale, terminus Liberté 5. Ce rassemblement, présenté comme une mobilisation citoyenne, vise à dénoncer la vie chère, les inégalités sociales et à réclamer davantage de justice pour les populations sénégalaises.

« J’appelle à un Niakhtou National le samedi 8 novembre 2025 à l’École Normale, terminus Liberté 5. Ensemble, toute l’opposition, les syndicats, les activistes et les forces vives doivent se lever pour dénoncer la vie chère qui étouffe les ménages », a déclaré Bougane Gueye Dany, appelant à une convergence de toutes les forces sociales autour d’une cause commune.

Le leader de Gueum Sa Bopp, connu pour ses prises de position critiques envers le gouvernement, a dénoncé une situation économique « devenue insupportable » pour les familles sénégalaises. Il accuse le pouvoir en place d’avoir multiplié les mesures fiscales et les décisions impopulaires sans tenir compte des réalités du quotidien. Selon lui, le peuple sénégalais traverse une période difficile marquée par l’inflation, la hausse du coût de l’énergie et les difficultés d’accès aux produits de première nécessité.

Dans son intervention, Bougane Gueye Dany a cité plusieurs griefs qu’il compte mettre au cœur de ce Niakhtou National. Il entend d’abord rejeter la taxation abusive de 1 % imposée sur plusieurs services, qu’il considère comme « une ponction injustifiée sur les revenus déjà fragiles des citoyens ». Il a également dénoncé les coupures d’électricité récurrentes, qu’il qualifie de « symbole d’une mauvaise gouvernance énergétique », et les déguerpissements des vendeurs ambulants, perçus comme une mesure antisociale qui prive de nombreuses familles de leur unique source de revenu.

Autre point fort de son appel : la cherté du Woyofal, devenue selon lui insoutenable pour la majorité des ménages, accentuée par l’absence de subventions ciblées. Bougane Gueye Dany a aussi plaidé pour la libération immédiate des détenus politiques et d’opinion, rappelant que « la démocratie ne peut s’épanouir dans un climat de répression ».

Pour le patron de D-Média, ce rassemblement n’est pas un meeting partisan mais un acte de résistance citoyenne. « Ce Niakhtou National est une voix collective contre l’injustice et la précarité. C’est un cri du peuple pour exiger le respect de sa dignité et la défense de ses droits fondamentaux », a-t-il affirmé avec fermeté.

En lançant cet appel, Bougane Gueye Dany cherche à rassembler au-delà des clivages politiques, invitant les partis d’opposition, les syndicats, les mouvements citoyens et toutes les forces sociales à unir leurs voix dans un même élan de protestation.

Ce Niakhtou National du 8 novembre s’annonce donc comme un moment fort de mobilisation, dans un contexte social tendu où la question du coût de la vie reste au cœur des préoccupations des Sénégalais. Reste à savoir si cet appel rencontrera un écho à la hauteur des attentes du leader de Gueum Sa Bopp, déterminé à faire entendre la voix d’un peuple qu’il estime « fatigué, mais toujours debout ».

Le FDR prépare sa marche du 31 octobre contre la politique du gouvernement

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) se prépare à faire entendre sa voix dans les rues de Dakar. Le mouvement a annoncé la tenue d’une conférence de presse ce lundi 27 octobre 2025 afin de détailler le déroulé de sa marche pacifique prévue pour le vendredi 31 octobre. L’itinéraire choisi s’étendra le long de l’avenue Ababacar Sy, partant du Jet d’eau de la Sicap jusqu’au terminus de Liberté 5.

À travers cette mobilisation, le FDR entend dénoncer ce qu’il qualifie de « politique antinationale » du pouvoir en place, dirigé par PASTEF, et réclamer un ensemble de mesures sociales, économiques et judiciaires. Sur le plan social et économique, le mouvement exige notamment le retrait des mesures jugées antisociales, telles que l’augmentation du coût de l’énergie, la taxation du mobile money et la hausse des prix des produits de première nécessité. Les manifestants réclament également le maintien des subventions sur l’énergie et les denrées de consommation courante, le paiement des bourses familiales, le soutien aux couches vulnérables, ainsi que l’exécution immédiate des 8 milliards FCfa promis aux victimes des inondations de 2024 dans la Vallée et l’assistance aux sinistrés de cette année.

Sur le plan judiciaire et des droits, le FDR appelle au rétablissement des 30 000 licenciés dans leurs droits, au respect des accords avec les organisations syndicales, ainsi qu’au strict respect des décisions de justice, notamment celles du Conseil constitutionnel et des condamnations définitives. Le mouvement exige la fin du harcèlement judiciaire contre les opposants, les journalistes et toute voix critique, ainsi que l’arrêt de la politique du « deux poids deux mesures » et le respect de l’égalité de tous devant la loi. Parmi les points forts de leur programme figure également la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques et d’opinion, ainsi que l’annulation des poursuites politiques relatives aux événements survenus entre 2021 et 2024, rappelant que la loi 2024-09 portant amnistie reste en vigueur.

En préparation de cette marche, le FDR organisera par ailleurs une série de réunions d’information ouvertes à la population, du 23 au 28 octobre, dans les principales localités de la région de Dakar, notamment Rufisque, Guédiawaye, Keur Massar, Dakar et Pikine. Ces rencontres visent à mobiliser et informer les citoyens sur les objectifs et modalités de la marche, tout en renforçant l’engagement des structures décentralisées du mouvement.

Dette cachée : Me Aïssata Tall Sall promet une bataille judiciaire jusqu’au bout

L’affaire de la supposée « dette cachée » continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Lors de la conférence de presse organisée par le pool d’avocats de l’ancien président Macky Sall ce jeudi 23 octobre 2025, Me Aïssata Tall Sall a tenu un discours sans concession, affirmant que la défense ira « jusqu’au bout » pour faire la lumière sur cette affaire et contester les accusations portées par le gouvernement.

Selon Me Tall Sall, les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, en septembre 2024, affirmant l’existence d’une dette cachée, n’étaient pas fondées sur des preuves tangibles. « Le Premier ministre est sorti pour nous dire qu’il y a une dette cachée. Il ne nous dit pas ce qu’est cette dette cachée, ni comment elle a été cachée, encore moins en quoi elle consiste », a-t-elle dénoncé. Pour elle, il est inacceptable de lancer de telles accusations sans apporter les documents ou éléments permettant de les étayer.

L’avocate a également souligné les difficultés rencontrées par la défense pour accéder aux documents essentiels dans cette affaire, notamment le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), le pré-rapport de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Mazars. Toutes les démarches entreprises pour obtenir ces documents sont restées sans réponse, ce qu’elle qualifie de violation flagrante de la loi sur l’accès à l’information. « La Cour des comptes et le ministère des Finances ont violé la loi en refusant de nous donner les documents. Qu’ont-ils à cacher dans ce rapport ? », s’est interrogée Me Tall Sall.

L’avocate a également tenu à rappeler la présomption d’innocence de l’ancien président. « Macky Sall n’a rien à se reprocher dans cette affaire, sinon il n’aurait pas commis d’avocats », a-t-elle insisté, avant de promettre que la défense poursuivra toutes les voies légales pour obtenir les documents et clarifier la situation. Elle a affirmé que la stratégie du pool d’avocats repose sur une démarche graduée et déterminée : « On a écrit une première lettre, ils ont fait l’autruche feignant de ne rien voir. On ne lâchera pas parce qu’il est facile d’accuser les gens. »

Me Tall Sall a également évoqué les répercussions internationales de cette polémique, soulignant l’impact négatif sur l’image du Sénégal. Elle a rappelé que le pays reste au centre des discussions à l’international, notamment auprès du FMI et de la Banque mondiale, et que ces accusations non étayées ont terni la réputation du pays. « Dans les couloirs du FMI, le Sénégal est sur toutes les lèvres et cela fait mal. Même dans les temps les plus difficiles, le Sénégal n’a jamais eu de rupture avec le FMI », a-t-elle déploré.

Cette intervention de Me Aïssata Tall Sall confirme la détermination du pool d’avocats à obtenir la transparence et à défendre Macky Sall dans ce dossier, tout en mettant en lumière les questions sur la disponibilité et la diffusion des rapports officiels qui alimentent le débat sur la « dette cachée » au Sénégal.

Affaire de la « dette cachée » : Me Pierre-Olivier Sur dénonce des « rapports cachés » et prévient l’État

La défense de l’ancien président Macky Sall a pris une tournure médiatique ce jeudi à Dakar. Le coordonnateur du pool d’avocats de l’ex-chef de l’État, Me Pierre-Olivier Sur, s’est exprimé devant la presse pour dénoncer l’inaccessibilité de documents clés relatifs à l’affaire dite de la « dette cachée ». Selon lui, l’absence de ces rapports empêche la défense d’exercer pleinement ses droits et menace la transparence de la procédure.

Me Sur a expliqué que malgré de multiples demandes, trois rapports essentiels n’ont toujours pas été communiqués : le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), celui de la Cour des comptes et le rapport du cabinet Forvis Mazars. L’avocat a insisté sur le fait que l’absence de ces documents constitue un obstacle majeur pour la défense. « Il n’est pas question pour nous de faire un procès à l’État. Nous intervenons dans la continuité de l’État, mais dans le respect de ce qui a été fait avant. Et si nous n’avons pas ces documents, nous engagerons une réponse à la non-réponse de l’administration, graduée, et dont vous entendrez parler », a-t-il averti.

Lors de ce point de presse tenu au siège de l’Alliance pour la République (APR), le coordonnateur du pool a tenté de remettre en perspective les accusations portées contre son client. Selon lui, « le vrai problème, ce ne sont pas les dettes cachées, mais les rapports cachés ». Il a précisé que le rapport de l’IGF, qui avait initialement mis le feu aux poudres, n’avait jamais été remis à la défense malgré les demandes formelles. De même, le pré-rapport de la Cour des comptes, pourtant central pour évaluer les éventuelles irrégularités dans la gestion de la dette, reste inaccessible. Enfin, le rapport Mazars, censé fournir un audit indépendant de la dette publique, n’aurait pas été transmis, bien que largement évoqué dans les médias et le débat public.

Au-delà de ces considérations juridiques, Me Sur a adressé un message politique et institutionnel. Il a rappelé l’importance de respecter la continuité de l’État et de bâtir sur les acquis laissés par les prédécesseurs. « Ce que je veux dire, au nom du président Macky Sall, c’est qu’il est important de respecter les anciens. Quand on veut construire une maison ou une administration, il ne faudrait pas qu’en ajoutant un étage, on démolisse celui du dessous ou les fondations. Parce qu’alors, tout s’écroulerait », a-t-il déclaré.

L’avocat a également dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise interprétation de la gestion de la dette sous le mandat de Macky Sall. Pour lui, il ne s’agit pas d’une « dette cachée », mais d’une lecture erronée des documents et des chiffres. « Il n’y a pas de problème de dettes cachées au Sénégal, mais plutôt de mauvaises lunettes de lecture. Si nous pouvons nous rassembler autour de ce qui est juridiquement, factuellement et comptablement établi, le problème n’existe pas », a-t-il affirmé.

Cette prise de parole s’inscrit dans une stratégie plus large du pool d’avocats de l’ancien président, qui cherche à recentrer le débat sur la transparence et l’accès aux documents plutôt que sur la seule responsabilité de Macky Sall. Elle intervient alors que l’affaire de la « dette cachée » continue de diviser l’opinion publique et d’alimenter les tensions entre le pouvoir actuel et les anciens dirigeants, mettant en lumière les enjeux politiques et institutionnels autour de la gestion de la dette publique sénégalaise.

Le chroniqueur « Sa Wolof » convoqué à la Brigade de recherches pour « injures » contre un islamologue et la confrérie tidjane

L’affaire suscite un vif émoi dans les milieux religieux et médiatiques. Abdoulaye Cissé, plus connu sous le nom de « Sa Wolof », est convoqué ce jeudi à la Brigade de recherches (BR) de Faidherbe à Dakar. Cette convocation intervient à la suite d’une plainte déposée pour « injures » et « atteinte à la dignité » visant ses propos tenus à l’encontre de l’islamologue Dr Pape Matar Kébé et, plus largement, de la confrérie tidjane.

Tout est parti d’une intervention du chroniqueur le 3 octobre dernier, lors d’une émission diffusée sur une chaîne web sénégalaise, au cours de laquelle il aurait tenu des propos jugés offensants envers le Dr Kébé. Ces déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont provoqué une vague d’indignation au sein de la communauté tidjane. Même si le principal concerné, Dr Pape Matar Kébé, a publiquement accordé son pardon à « Sa Wolof », la procédure judiciaire a, elle, suivi son cours.

Le 7 octobre, les disciples de la Hadara Malickiya ont déposé une plainte auprès du parquet, dénonçant une « atteinte grave à l’honneur et à la dignité » non seulement du Dr Kébé, mais aussi de l’ensemble des fidèles tidjanes. Selon les plaignants, les propos du chroniqueur ont dépassé le cadre d’une simple polémique médiatique pour toucher des symboles spirituels profonds. Ils estiment que certaines de ses déclarations manquaient de respect envers la mémoire du vénéré Cheikh Seydi Hadji Malick Sy, figure fondatrice et emblématique de la confrérie.

Le journal L’Observateur, qui rapporte les faits, indique que la plainte s’appuie notamment sur des extraits vidéo considérés comme offensants, et que les disciples demandent à la justice d’agir afin de « préserver la cohésion sociale ». Dans leur courrier adressé au procureur, ils insistent sur la sensibilité du fait religieux au Sénégal, estimant que de tels propos risquent d’alimenter des tensions dans un pays où la tolérance et le respect entre confréries ont toujours été des valeurs cardinales.

Face à cette situation, la Brigade de recherches a convoqué le chroniqueur pour audition. Cette étape marque le début de l’enquête judiciaire ouverte à la suite de la plainte. « Sa Wolof » devra s’expliquer sur le contenu de ses propos et sur les circonstances dans lesquelles ils ont été tenus.

Ce n’est pas la première fois que des chroniqueurs ou influenceurs se retrouvent dans le collimateur de la justice pour des propos jugés offensants à l’endroit de figures religieuses. Ces dernières années, la multiplication des débats en ligne, souvent virulents, a conduit les autorités à rappeler l’importance du respect des croyances et des symboles religieux dans l’espace public.

En attendant les suites de son audition, cette affaire relance le débat sur les limites de la liberté d’expression au Sénégal, entre critique légitime et atteinte au sacré. Elle interroge aussi sur la responsabilité des chroniqueurs et animateurs des médias en ligne, dont la parole touche désormais un public de plus en plus large et sensible aux questions spirituelles.

Le Sénégal et le FMI en discussions avancées pour un nouveau programme économique

Le Sénégal poursuit ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la mise en place d’un nouveau programme économique visant à renforcer la stabilité macroéconomique, à assurer la soutenabilité de la dette publique et à soutenir la relance post-crise. Ce jeudi 23 octobre 2025, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a reçu à Dakar une délégation du FMI conduite par Edward Gemayel, chef de mission pour le Sénégal.

La rencontre, tenue dans un climat jugé constructif, a permis d’aborder plusieurs sujets cruciaux, notamment les contours du futur partenariat entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods, le cadre macroéconomique actuel du pays, ainsi que les perspectives de croissance à moyen terme. Selon les informations communiquées à l’issue de la réunion, les deux parties s’accordent sur la nécessité d’un programme plus adapté aux priorités économiques nationales, axé sur la bonne gouvernance financière et l’efficacité des dépenses publiques.

Le ministre Abdourahmane Sarr a profité de cette occasion pour réaffirmer la solidité et la soutenabilité de la dette publique du Sénégal. Il a tenu à rassurer le FMI sur la capacité du pays à honorer ses engagements, précisant que les paramètres économiques et financiers restent sous contrôle. Il a rappelé que la politique budgétaire engagée depuis avril 2024, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, a permis d’amorcer une stabilisation durable des finances publiques. Ces efforts se traduisent notamment par une réduction progressive du déficit budgétaire, une meilleure mobilisation des recettes internes et une rationalisation des dépenses.

Dans son exposé, le ministre a également mis en avant les perspectives économiques positives soutenues par le Plan de redressement économique et social (PRES), un programme de relance lancé pour dynamiser le secteur privé, moderniser l’administration et promouvoir l’investissement productif. Le PRES, selon Abdourahmane Sarr, constitue aujourd’hui la boussole de la politique économique nationale. Il permet de redonner confiance aux investisseurs, d’améliorer la compétitivité des entreprises locales et de renforcer la souveraineté économique du pays.

Les discussions avec le FMI ont également porté sur l’amélioration de la qualité de la dépense publique, un point essentiel selon le ministre, qui estime qu’il ne suffit plus d’investir massivement, mais qu’il faut désormais investir mieux. Il a ainsi insisté sur la nécessité d’une meilleure planification, d’un suivi rigoureux et d’une évaluation systématique des projets publics, afin de maximiser leur impact sur la croissance, l’emploi et la réduction des inégalités sociales.

Concernant la gestion de la dette, le ministre Abdourahmane Sarr a rappelé la stratégie d’endettement à moyen terme adoptée par le gouvernement, qui met l’accent sur les emprunts en monnaie locale. Cette orientation vise à réduire la dépendance aux devises étrangères et à protéger l’économie nationale des variations du marché international. Il a également salué le rôle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont le cadre institutionnel et financier permet au Sénégal de bénéficier d’un accès régulier et sécurisé au marché régional pour le refinancement de sa dette.

Au terme des échanges, le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement sénégalais de finaliser rapidement un nouvel accord avec le FMI. Il a assuré que le Sénégal honore tous ses engagements financiers et qu’il entend renforcer la confiance de ses partenaires techniques et financiers, après une période d’incertitude liée au débat sur la dette publique et la gestion budgétaire du précédent régime.

Ce futur programme, dont les discussions techniques se poursuivent, devrait permettre de consolider les acquis économiques et de soutenir les priorités du gouvernement, notamment la souveraineté alimentaire, la réforme du système fiscal, la promotion de l’emploi des jeunes et la réduction de la pauvreté.

Une mission officielle du FMI est attendue à Dakar en décembre 2025 pour approfondir les négociations et évaluer les conditions d’un nouvel accord de financement. Si les conclusions sont favorables, le Sénégal pourrait bénéficier dès le premier trimestre 2026 d’un appui financier destiné à renforcer ses réserves, soutenir ses réformes structurelles et assurer la continuité de ses programmes de développement.

Absence de Premier ministre au Conseil des ministres : une nouvelle tension entre Diomaye et Sonko ?

Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 22 octobre 2025 a intrigué plus d’un observateur : aucune communication du Premier ministre Ousmane Sonko n’y est mentionnée. Ce détail, qui pourrait passer inaperçu dans un autre contexte, a cette fois-ci attiré l’attention, tant les relations entre le Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre semblent, selon plusieurs sources, traverser une période de crispation.

Selon des informations relayées par PressAfrik, une source gouvernementale a confirmé que le Premier ministre n’a pas pris part au Conseil des ministres tenu ce mercredi au Palais de la République. Cette absence, dans une instance considérée comme le cœur du fonctionnement gouvernemental, soulève des interrogations sur la nature des rapports actuels entre les deux hommes, jadis alliés indissociables du projet politique issu de Pastef.

L’absence d’Ousmane Sonko intervient dans un contexte déjà chargé en signes de tension. Ces dernières semaines, plusieurs observateurs ont noté un froid apparent entre le président et son chef de gouvernement. Si certains y voient un simple désaccord stratégique ou un incident passager, d’autres évoquent une divergence plus profonde dans la gestion du pouvoir et l’interprétation du projet politique qu’ils portent ensemble.

Le silence officiel des deux parties entretient d’ailleurs le mystère. Aucun communiqué de la Primature ni du Palais n’est venu expliquer l’absence du Premier ministre à cette réunion hebdomadaire, où sont discutées les grandes orientations de la politique nationale.

Un autre fait, survenu quelques jours plus tôt, semble conforter la thèse d’un malaise latent. Le vendredi 17 octobre, lors d’un déplacement officiel du président Diomaye Faye, ce dernier était accompagné de son Directeur de cabinet, Mary Teuw Niane, et non du Premier ministre. Une situation inhabituelle, relevée par le journaliste Adama Gaye, qui y a vu une entorse au protocole habituel : « Le Premier ministre est souvent celui qui accompagne le Chef de l’État ou, à défaut, lui souhaite bon voyage au pied de l’avion », a-t-il rappelé dans une publication sur Facebook.

Cette scène, anodine en apparence, a été perçue par certains comme le symbole d’une mise à l’écart progressive du Premier ministre dans certaines activités présidentielles.

Malgré ces signes de distanciation, plusieurs analystes estiment que le duo Diomaye–Sonko reste encore fonctionnel sur l’essentiel. Leur projet commun de refondation de l’État, basé sur la rupture, la transparence et la souveraineté, continue d’être décliné à travers les politiques publiques, notamment dans les secteurs de la justice, de la fiscalité et de la gouvernance économique.

Cependant, il n’est un secret pour personne que la cohabitation au sommet de l’exécutif n’est pas exempte de frictions. Ousmane Sonko, chef de parti et figure politique charismatique, conserve une forte base militante et une liberté de ton parfois dérangeante pour les équilibres institutionnels. De son côté, Bassirou Diomaye Faye, en sa qualité de président, entend affirmer son autorité et garantir la cohérence de l’action gouvernementale.

Si l’absence du Premier ministre à un Conseil des ministres peut s’expliquer par un empêchement personnel ou une divergence ponctuelle, elle prend une dimension politique symbolique dans le contexte actuel. Certains observateurs redoutent qu’elle ne traduise un réajustement silencieux des équilibres au sein du pouvoir exécutif.

Affaire de la « dette cachée » : Mamadou Lamine Diallo somme Macky Sall de publier le décret sur le PDIES

L’affaire dite de la « dette cachée » continue d’alimenter le débat politique et judiciaire au Sénégal. Après la contre-offensive lancée par l’ancien président Macky Sall, qui réclame la publication intégrale du rapport de la Cour des comptes, plusieurs voix s’élèvent pour exiger davantage de clarté sur la gestion financière de son régime. Parmi elles, celle du député Mamadou Lamine Diallo, président du mouvement Tekki, qui interpelle directement l’ex-Chef de l’État sur un document clé : le décret 2017-74 du 12 janvier 2017, relatif au Programme de Défense des Intérêts Économiques et Sécuritaires du Sénégal (PDIES).

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, l’économiste et parlementaire a invité Macky Sall à faire preuve de transparence en rendant public ce décret présidentiel, qu’il considère comme un élément central pour comprendre l’origine et la nature des engagements financiers non déclarés de l’ancien régime. « Plutôt que de réclamer les rapports de la Cour des comptes, il serait plus utile qu’il publie le décret PDIES afin que les Sénégalais sachent comment ont été gérées certaines dépenses », a-t-il martelé.

Pour Mamadou Lamine Diallo, la divulgation de ce texte permettrait de « faire la lumière sur les liens entre les comptes de dépôt intitulés « Cap/Gouvernement » et le PDIES, à l’origine de dettes estimées à 167 milliards de francs CFA qui n’ont jamais été présentées à l’Assemblée nationale ». Le député dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « montage budgétaire opaque », qui aurait permis d’engager des dépenses importantes en dehors des circuits officiels du contrôle parlementaire.

L’affaire du PDIES, souvent évoquée dans les rapports d’audit internes et certaines notes du ministère des Finances, concerne un mécanisme de financement parallèle créé en 2017, officiellement pour soutenir des programmes stratégiques liés à la sécurité et à la souveraineté économique. Mais selon plusieurs observateurs, ce dispositif aurait servi à couvrir des opérations financières non justifiées, alimentant ce que certains appellent désormais la « dette cachée » du Sénégal.

Le président du mouvement Tekki, connu pour son franc-parler et ses prises de position sur la gouvernance économique, estime qu’il est temps de rompre avec la culture du secret budgétaire. « Les Sénégalais ont droit à la vérité sur l’utilisation de leurs ressources. Macky Sall doit des explications au peuple », a-t-il insisté, avant d’appeler la Cour des comptes et le ministère des Finances à jouer pleinement leur rôle dans la transparence et la reddition des comptes.

Cette interpellation intervient alors que la nouvelle administration a engagé une revue approfondie de la dette publique, notamment celle contractée entre 2012 et 2023, afin d’en identifier les contours, les bénéficiaires et les impacts sur les finances nationales. Le gouvernement actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, a d’ailleurs affirmé sa volonté d’assainir les pratiques budgétaires héritées du passé et de publier les résultats des audits en cours.

En attendant, l’ancien chef de l’État n’a pas encore réagi publiquement à cette demande de Mamadou Lamine Diallo, qui fait désormais de la publication du décret PDIES une condition préalable à toute clarification sur la gestion de la « dette cachée ». Une affaire appelée à rebondir, tant les enjeux financiers et politiques qu’elle soulève semblent considérables.

Fièvre de la Vallée du Rift : deux cas confirmés à Daara, dont un décès

Une alerte sanitaire est en cours à Daara, dans le nord-ouest du Sénégal, où deux cas de fièvre de la Vallée du Rift ont été confirmés par les autorités sanitaires, dont un décès enregistré. L’annonce a été faite ce jeudi par le docteur Abdou Ndiaye, médecin-chef du district sanitaire de Daara, confirmant la présence active de la maladie depuis une semaine dans la localité.

Selon Dr Ndiaye, la maladie touche principalement les éleveurs, considérés comme la population la plus exposée. « Comme vous l’avez vu dans le communiqué du ministère de la Santé et de l’Action sociale, le district de Daara, en épidémie depuis une semaine, a enregistré son deuxième cas de fièvre de la Vallée du Rift, et malheureusement, ce dernier est décédé. D’après nos constats, tous nos cas concernent des éleveurs, ce qui montre qu’ils sont les plus exposés, car ils sont constamment en contact avec les animaux », a-t-il déclaré au micro du Groupe Futur Média (TFM).

La fièvre de la Vallée du Rift, une maladie virale transmise à l’homme par la piqûre de moustiques infectés ou par le contact avec le sang et les organes d’animaux contaminés, représente une menace à la fois pour la santé publique et pour le cheptel. Elle provoque des fièvres aiguës, des saignements et, dans certains cas, la mort, comme cela a été observé à Daara.

Face à cette situation, le district sanitaire a renforcé ses actions de riposte. « Il faut impliquer la sous-brigade des jeunes, les vétérinaires et les collectivités territoriales pour soigner les animaux malades ou présentant des symptômes », a plaidé Dr Ndiaye, insistant sur la dimension communautaire et intersectorielle de la lutte. Les autorités locales misent sur une approche coordonnée entre la santé humaine, animale et environnementale, conformément à la stratégie “Une seule santé”.

Des équipes mobiles de sensibilisation sillonnent déjà les marchés à bétail et les zones d’élevage pour informer les populations sur les gestes de prévention. Des moustiquaires imprégnées ont été distribuées aux ménages, notamment aux éleveurs, afin de réduire les risques de transmission. « Lorsque le moustique pique un animal ou une personne infectée, il peut transmettre la maladie. C’est pourquoi nous insistons sur la prévention, la communication et la sensibilisation », a ajouté le médecin-chef.

Le docteur Ndiaye a tenu à rassurer les populations : la fièvre de la Vallée du Rift ne se transmet pas d’homme à homme. Cela signifie que la maîtrise de la propagation reste possible si les mesures de protection et d’hygiène sont scrupuleusement respectées. Les autorités sanitaires appellent donc à la vigilance et à la collaboration de tous les acteurs locaux pour endiguer la progression de cette maladie, qui menace non seulement la santé humaine, mais aussi l’économie pastorale de la région.

Guem Sa Bopp, Papa Djibril Fall et Mbaye Dione unis pour la vérité sur les 8 milliards de Bakel et contre la taxe de 1 % sur les paiements en espèces

Le mouvement Guem Sa Bopp, dirigé par Bougane Guèye Dany, intensifie son offensive politique et citoyenne face à deux sujets brûlants qui agitent l’actualité nationale : l’affaire des 8 milliards de francs CFA destinés aux sinistrés de Bakel et la nouvelle taxe de 1 % sur les paiements en espèces. À travers un communiqué rendu public ce mercredi 22 octobre 2025, le mouvement annonce une série d’initiatives politiques, judiciaires et citoyennes pour exiger la transparence et défendre le pouvoir d’achat des Sénégalais.

Au cœur de cette mobilisation, des rencontres de haut niveau ont eu lieu à Dakar entre une délégation du mouvement conduite par Moussa Niang, Délégué national à la vie politique, et plusieurs acteurs de l’opposition parlementaire. Le mardi 21 octobre, la délégation a échangé avec le député Papa Djibril Fall, membre de la coalition Sam Sa Kaddu, avant de rencontrer le lendemain le député Mbaye Dione, figure respectée de l’opposition. Ces discussions ont principalement porté sur la gestion controversée des 8 milliards de francs CFA alloués aux populations en détresse du département de Bakel et des zones affectées par le débordement du fleuve Sénégal.

Selon Guem Sa Bopp, ce dossier illustre parfaitement les dérives d’une administration publique minée par la mauvaise gouvernance, le favoritisme et les suspicions de détournement de fonds destinés aux victimes. Le mouvement rappelle qu’une plainte a été déposée devant le Pôle judiciaire et financier, marquant une étape importante dans la recherche de la vérité et la lutte contre l’impunité. Pour Bougane Guèye Dany et ses collaborateurs, il ne s’agit pas d’un combat politique, mais d’un devoir républicain et moral, visant à protéger les deniers publics et à défendre les intérêts des populations marginalisées.

Dans cette dynamique, Guem Sa Bopp, soutenu par les députés Papa Djibril Fall et Mbaye Dione, réclame la création d’une commission d’enquête parlementaire. Cette instance, selon eux, devra faire toute la lumière sur la gestion des fonds, identifier les responsables des malversations et restaurer la confiance, aujourd’hui ébranlée, entre l’État et les citoyens. Le mouvement insiste sur la nécessité d’un contrôle parlementaire rigoureux, seule garantie d’une gouvernance éthique et responsable.

Au-delà de cette affaire, Guem Sa Bopp s’attaque également à la nouvelle taxe de 1 % sur les paiements en espèces dans les grandes surfaces, récemment annoncée par le gouvernement. Dans son communiqué, le mouvement juge cette mesure injuste, illégale et économiquement incohérente, arguant qu’elle constitue une double imposition. En effet, les transactions commerciales sont déjà soumises à la TVA, et cette nouvelle taxe revient à pénaliser deux fois le consommateur.

« Une taxe sur une taxe, c’est une double peine pour le peuple », dénonce le communiqué, qui fustige une décision « déconnectée de la réalité sociale » et « motivée par la seule volonté de renflouer les caisses de l’État ». Pour le mouvement, cette politique fiscale renforce la précarité des ménages sénégalais, déjà accablés par la flambée des prix des denrées de première nécessité et la stagnation des revenus.

Face à ce qu’il qualifie d’injustice fiscale, Guem Sa Bopp prévoit une riposte multiforme. Le mouvement entend engager des concertations avec les organisations de consommateurs, saisir les plateformes citoyennes comme Nio Lank et Rappel à l’Ordre, et constituer un collectif d’avocats chargé de déposer dès le jeudi 23 octobre un recours devant la Cour suprême. Cette action en justice vise à faire annuler une taxe jugée anticonstitutionnelle, contraire aux principes fondamentaux de la fiscalité et aux droits économiques des citoyens.

Dans un ton ferme et résolument combatif, Guem Sa Bopp prévient que toute mesure qui pèse injustement sur le citoyen fera face à la mobilisation et à l’action judiciaire. Le mouvement se positionne ainsi comme un contre-pouvoir vigilant, déterminé à défendre la justice sociale et la bonne gouvernance.

« Le peuple n’est pas une vache à lait », conclut le communiqué, avant de rappeler que la rupture ne doit pas être un simple slogan politique, mais une exigence morale et républicaine. À travers ces initiatives, Guem Sa Bopp confirme sa volonté d’incarner une opposition crédible et constructive, au service de la vérité, de la transparence et du bien-être des Sénégalais.

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 22 octobre

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 22 octobre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Commémoration du 81ème anniversaire du Massacre de Thiaroye et célébration de la journée des tirailleurs sénégalais

Le Président de la République a informé le Conseil avoir reçu, le jeudi 16 octobre 2025, le livre blanc sur le Massacre des Tirailleurs sénégalais à Thiaroye, le 1er décembre 1944. Il adresse ses félicitations au Premier Ministre qui a supervisé ce travail de mémoire et de vérité, d’une portée symbolique et historique exceptionnelle. Il rend également un vibrant hommage au Professeur Mamadou DIOUF qui a coordonné les travaux du Comité de commémoration ayant enregistré la contribution d’éminents historiens ainsi qu’à son équipe.

Rappelant que la restauration de la mémoire des résistants et héros africains demeure un axe majeur du Projet panafricain du Sénégal, le Chef de l’Etat a exprimé sa gratitude à son homologue du Kenya, Son Excellence Monsieur William RUTO, à la suite de sa participation, en qualité d’invité d’honneur, aux célébrations officielles de la Journée des Héros de son pays, le 20 octobre 2025. Poursuivant sa communication, le Président de la République demande au Gouvernement d’exploiter les constats, enseignements, conclusions et recommandations du livre blanc sur le Massacre de Thiaroye et de prendre toutes les dispositions pour l’implantation, dans les meilleurs délais, du Centre spécial de documentation au sein du Cimetière de Thiaroye. Il invite, enfin, le Premier Ministre à coordonner l’organisation et le déroulement des activités indiquées dans le cadre de la commémoration du 81ème anniversaire du Massacre de Thiaroye, prévue le 1er décembre 2025.

Déroulement de la session budgétaire et gestion préventive des urgences économiques et sociales

Rappelant le dépôt du projet de Loi de Finances de l’année 2026 à l’Assemblée nationale, le 15 octobre 2025, jour de l’ouverture de la session ordinaire unique du Parlement, le Président de la République félicite le Premier Ministre, le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, le Ministre des Finances et du Budget et l’ensemble des membres du Gouvernement pour le travail effectué, en vue de bâtir un budget pour la Nation conforme aux orientations du Plan de Redressement en cours d’exécution et de l’Agenda national de Transformation porté par la Vision Sénégal 2050.

  Dans ce cadre, le Président de la République, après avoir fait observer que la session budgétaire est un moment fort de dialogue démocratique, de vérité et de transparence, demande aux membres du Gouvernement de prendre toutes les dispositions requises, afin de présenter devant la Représentation nationale, au mieux et en vue d’asseoir la performance de la gestion sectorielle, les politiques, programmes, projets et actions pour accélérer : (i) la relance de l’investissement productif et l’emploi ; (ii) le développement du secteur privé ; (iii) l’amélioration du bien-être des populations sur l’étendue du territoire national.

Par ailleurs, le Président de la République indique au Premier Ministre, au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et au Ministre des Finances et du Budget l’urgence de procéder à l’évaluation des mesures et impacts du Plan de redressement économique et social (PRES) et de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de Développement (SND). Dans l’exécution du PRES, il invite le Premier Ministre à veiller à : (i) la maitrise des prix des denrées alimentaires et services de consommation courante et la préservation du pouvoir d’achat des ménages ; (ii) la justice sociale et la protection des groupes vulnérables.

Amélioration concertée de l’aménagement urbain et du cadre de vie des populations

Le Président de la République souligne que la gestion inclusive et responsable du cadre de vie des populations demeure un élément fondamental de la modernisation des villes et communes. Il instruit le Gouvernement, à cet égard, de prendre toutes les dispositions et mesures afin de favoriser le développement d’un urbanisme commercial maitrisé, qui préserve les espaces aménagés, la sécurité et la salubrité publiques ainsi que le cadre de vie des populations. En outre, le Président de la République rappelle son attachement à l’accélération de la mise en œuvre du programme de modernisation des marchés et espaces commerciaux.

Le Chef de l’Etat demande, par ailleurs, au Ministre en charge de l’Environnement et de la Transition écologique, au Ministre de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, et au Ministre de l’Assainissement de travailler à l’amélioration continue et durable du système de gestion des déchets solides et liquides, à travers des concertations soutenues et des cadres opérationnels d’intervention entre les sociétés, services, projets et acteurs.

Enfin, le Chef de l’Etat souligne l’importance d’un aménagement paysager adéquat des villes et communes qui doivent davantage faire de la propreté, de la modernisation des espaces publics et de la qualité du cadre de vie, des priorités dans leurs programmes urbains de transformation.

Agenda du Président de la République, suivi de l’intégration, de la coopération et des partenariats

Le Chef de l’Etat a exprimé sa gratitude et ses félicitations à son homologue rwandais, Son Excellence Monsieur Paul KAGAME, pour l’accueil exceptionnel et le succès notable de sa visite d’Etat et de travail du 17 au 19 octobre 2025, tournant majeur dans les relations d’amitié et de coopération entre le Sénégal et le Rwanda. Il a, en outre, exprimé sa reconnaissance à son homologue, Son Excellence Monsieur William RUTO, pour la parfaite réussite de sa visite officielle au Kenya du 19 au 21 octobre 2025.

Pour clore sa communication, le Président de la République annonce qu’il présidera, le jeudi 23 octobre 2025, la première réunion du Conseil supérieur d’Orientation Agrosylvopastoral.

 AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
– Monsieur le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a présenté une communication sur l’accélération de l’inclusion numérique au Sénégal.

– Monsieur le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait le point sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations.

– Monsieur le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur les vérifications administratives et financières des collectivités territoriales.

AU TITRE DES TEXTES LÉGISLATIFS ET RÈGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :
– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Comité national de Coordination de la Lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive;

– le projet de décret relatif au contrôle et à la supervision des personnes assujetties du secteur non financier en matière de Lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP) ;

– le projet de décret fixant les redevances issues de la régulation du secteur pharmaceutique et leurs modalités de perception.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

AU TITRE DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE :

• Monsieur Djibril NDOYE, Auditeur interne, titulaire d’un Master en Direction Financière-Contrôle de Gestion-Audit interne, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Justice, en remplacement de Monsieur Aliou NDIAYE.

AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE :

• Madame Djireye Clotilde COLY, Expert-comptable, est nommée Directeur de l’Emploi au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Monsieur Babacar SY.
• Madame Khady MBODJ, Psychologue conseiller, matricule de solde n° 725 803/A, est nommée Directeur de l’Orientation professionnelle au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, poste vacant.

AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE

• Monsieur Massamba NDIAYE, Ingénieur en Développement Economique local, est nommé Directeur général de l’Association Sénégalaise de Normalisation au Ministère de l’Industrie et du Commerce, en remplacement de Monsieur Abdourahmane NDIONE, appelé à d’autres fonctions.

AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ET DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE :

• Monsieur Amadoune DIOP, Administrateur civil, matricule de solde n° 606 107/D, précédemment Préfet du Département de Gossas, est nommé Préfet du Département de Podor, en remplacement de Monsieur Mactar DIOP, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

• Monsieur Georges Samba FAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 161/K, précédemment Adjoint au Gouverneur de la Région de Thiès chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Gossas, en remplacement de Monsieur Amadoune DIOP, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Omar Sarr DIOP, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 638 488/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kolda, est nommé Adjoint au Prefet du Département de Thiès, poste vacant.

• Monsieur Alioune Badara Sibiri GASSAMA, Instituteur, matricule de solde n° 600 304/A, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Niaming, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Goudomp, en remplacement de Monsieur Baba WILLANE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Mohameth El Amine NDOYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 470/B, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Bignona, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Rufisque, en remplacement de Monsieur Modou SAMB, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Modou SAMB, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 696 217/E, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Rufisque, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Ziguinchor, poste vacant.

• Monsieur Ibrahima POUYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 731 835/F,  précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Malika, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Bignona, en remplacement de Monsieur Mohameth El Amine NDOYE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Babacar DIOUF, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 192/M, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Rufisque Est, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Salémata, poste vacant.

• Monsieur Mamadou Farba SY, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 661 449/H, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Saraya, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Mbour, poste vacant.

• Monsieur Serigne FALL, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 696 210/B, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Nioro du Rip, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Dakar, poste vacant.

• Monsieur Landing DIATTA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 635 228/Z, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam Notaire, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Dagana, en remplacement de Monsieur Hubert Lazare Birame FAYE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Henry Ndiagne GUEYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 461/Z, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Koumpentoum, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Fatick, en remplacement de Monsieur Bou KAMARA, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Jacqueline dite Khadidiatou DIOP, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 239/A précédemment Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement des Parcelles assainies, est nommée Adjointe au Préfet du Département de Pikine, poste vacant.

• Monsieur Boubacar BA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 225/B, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Wakhinane Nimzatt, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Kaffrine, en remplacement de Monsieur Modou THIAO, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Moussa BA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 223/D, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Bambey, en remplacement de Monsieur Mamadou FAYE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Etienne Antoine LOPY, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 645 476/D, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Yeumbeul, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Ousseynou KABA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Ousmane THIOUB, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 190/0, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiaroye, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Louga, en remplacement de Monsieur Sékhou SEYDI, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Ciré BA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 246/C, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Notto, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Mbacké, en remplacement de Monsieur Amadou SOW, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Ababacar Sadikhe GUEYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 722 244/E, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Grand Dakar, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Goudiry, en remplacement de Monsieur Thierno Hamidou SOW, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Abdoul SOW, Instituteur, matricule de solde n° 622 919/K, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Gossas, est nommé Adjoint au Préfet du Département d’Oussouye, en remplacement de Monsieur Georges Gabriel DIARRA, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Néné DIOMBANA, Inspectrice de l’Animation et du Développement, matricule de solde n° 619 133/M, précédemment Adjointe au Préfet du Département de Matam, est nommée Adjointe au Préfet du Département de Gossas, en remplacement de Monsieur Abdoul SOW, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Abiboulaye DIALLO, Instituteur, matricule de solde n° 514 624/L, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissaient de Ouadiour, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Nioro du Rip, en remplacement de Monsieur Serigne FALL, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Youssoupha SEYE, Instituteur, matricule de solde n° 632 336/A, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndindy, est nommé Adjoint au Préfet du Département de Matam, en remplacement de Madame Néné DIOMBANA, appelée à d’autres fonctions.

• Monsieur Hubert Lazare Birame FAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 460/A, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Dagana, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Diendé, Département de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Sébastien SENGHOR, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

• Monsieur Baba WILLANE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 681 472/Z, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Goudomp, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Djirédji, Département de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Moussa SY, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

• Monsieur Mouhamadou Lamine THIAM, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 609 859/C, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, Département de Dakar, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Keur Mousseu, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Oumar DIA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

• Monsieur Ousmane THIAO, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 621 196/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Mbédiène, Département de Louga, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Mouhamadou Lamine THIAM, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Amadou SARR, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 661 448/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Bala, Département de Goudiry, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Mbédiène, Département de Louga, en remplacement de Monsieur Ousmane THIAO, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Modou THIAO, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 601 271/K, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kaffrine, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Bala, Département de Goudiry, en remplacement de Monsieur Amadou SARR, appelé à d’autres fonctions.
• Madame Khady Basse NDIAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 779/D, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement des Parcelles assainies, Département de Dakar, en remplacement de Madame Jacqueline dite Khadidiatou DIOP, appelée à d’autres fonctions.

• Monsieur Ababacar DIEYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 666 319/E, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Grand Dakar, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Ababacar Sadikhe GUEYE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Tafsir Mouhamed THIAW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 883/D, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakar Plateau, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Masse BOUSSO, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Masse BOUSSO, Instituteur, matricule de solde n° 626 748/A, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakar Plateau, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement Saré Coly Sallé, Département de Vélingara, en remplacement de Monsieur Younousse DIOP, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Mamadou Diallo WADE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 629 496/L, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Rufisque Est, Département de Rufisque, en remplacement de Monsieur Babacar DIOUF, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Ibrahima MBENGUE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 002/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, en remplacement de Monsieur Fary NDAO, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Tafsir Oumar SALL, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 019/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kolda, en remplacement de Monsieur El Hadji Djibril FALL, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Coliba DIATTA, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 280/0, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Paoskoto, Département de Nioro du Rip, en remplacement de Monsieur Lamine KABA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Moustapha SECK, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 732 308/E, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Missira Wadène, Département de Koungheul, en remplacement de Monsieur Kéba SALL, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Pierre Nestor Noêl COLY, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 923/C, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Notto, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Ciré BA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Adama PAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 645 826/E, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam Notaire, Département de Guédiawaye, en remplacement de Monsieur Landing DIATTA, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Sébastiana BADJI, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 012/H, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Malika, Département de Keur Massar, en remplacement de Monsieur Ibrahima POUYE, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Fatou Diaw NIANG, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 002/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès Sud, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Ibrahima DRAME, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Mané DIAW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 947/C, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Diamniado, Département de Rufisque, en remplacement de Madame Marième Sylvia KANE, appelée à d’autres fonctions.

• Madame Marième Sylvia KANE, institutrice, matricule de solde n° 676 530/C, précédemment adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Diamniadio, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Wack Ngouna, Département de Nioro du Rip, en remplacement de Monsieur Ciré DIALLO, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Cheikh DIAGNE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 905/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Niakhar, Département de Fatick, en remplacement de Monsieur Amadou BA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Daouda MBOW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 688 521/B, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, en remplacement de Monsieur Mamadou Mansour NIANG, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Mariama DIAW, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 996/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, Département de Dakar, en remplacement de Monsieur Madiéye NDIAYE, appelé à d’autres fonctions

• Monsieur Madièye NDIAYE, Instituteur, matricule de solde n° 611 323/B, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement des Almadies, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Birahime Fall, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Abdourahmane KEBE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 701 583/H, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Fimela, Département de Fatick, en remplacement de Monsieur Oumar KABA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Mouhamed Malick NGOM, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 919/J, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, en remplacement de Monsieur Léopold Yangane DIOP, appelé à d’autres fonctions.

• Madame Adji Mame Diarra Bousso MBAYE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 945/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Wakhinane Nimzatt, Département de Guédiawaye, en remplacement de Monsieur Boubacar BA, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur El Hadji Balla CAMAR A, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 651 696/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Pikine Dagoudane, Département de Pikine, en remplacement de Monsieur Hamady TOURE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Amadou Garmy WADE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 746 017/G, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Méouane, Département de Tivaoune, en remplacement de Monsieur Cheikh Tidiane SOW, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Cheikh Tidiane SOW, Instituteur, matricule de solde n° 513 210/F, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Méouane, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Vélingara Ferlo, Département de Ranérou Ferlo, poste vacant.

• Madame Soda Mariama CISSE, Secrétaire d’administration, matricule de solde n° 744 877/A, précédemment en service à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiaroye, Département de Pikine, en remplacement de Monsieur Ousmane THIOUB, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Amadou NDIAYE, Instituteur, matricule de solde n° 632 612/B, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakatély, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Tattaguine, Département de Fatick, en remplacement de Madame Guéda DOUCOURE, appelée à d’autres fonctions.

• Madame Guéda DOUCOURE, Institutrice, matricule de solde n° 683 357/D, précédemment Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Tattaguine, est nommée Adjointe au Sous-préfet de l’Arrondissement de Lour Escale, Département de Koungheul, en remplacement de Monsieur Mamadou DIENG, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Birahime FALL, Professeur de Collèges d’Enseignement moyen, matricule de solde n° 515 486/H, précédemment Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, est nommé Adjoint au Sous-préfet de Arrondissement de Pakour, Département de Vélingara, en remplacement de Monsieur Cheikh Sarr THIOUNE, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Oumar DIENG, Instituteur, matricule de solde n° 629 978/C, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Fongolimbi, Département de Kédougou, en remplacement de Monsieur Yoro SY, appelé à d’autres fonctions.

• Monsieur Hamady NIANG, Instituteur, matricule de solde n° 713 594/I, est nommé Adjoint au Sous-préfet de l’Arrondissement de Niaming, Département de Médina Yoro Foulah, en remplacement de Monsieur Alioune Badara Sibiri GASSAMA, appelé à d’autres fonctions.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,
Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions,
Porte-parole du Gouvernement

Paiements en liquide : SEN’EAU applique une taxe de 1 % conformément à la nouvelle loi fiscale

La société SEN’EAU a annoncé ce mardi l’application d’un droit de timbre de 1 % sur tous les paiements effectués en espèces, une mesure rendue obligatoire par la loi n°2025 du 27 septembre 2025. Dans un communiqué transmis à la presse, l’entreprise précise que cette disposition, entrée en vigueur depuis le 4 octobre 2025, s’applique à l’ensemble des règlements en liquide réalisés auprès de ses guichets.

« En application de la loi n°2025 du 27 septembre 2025, un droit de timbre de 1 % est à payer en sus sur tous les règlements en espèces, quel qu’en soit le montant », indique SEN’EAU. Cette décision découle de la volonté des autorités fiscales de réduire les transactions en cash et d’encourager l’utilisation de moyens de paiement électroniques, jugés plus sûrs et plus traçables.

Ce nouveau prélèvement concerne uniquement les paiements en espèces. Les clients qui règlent leurs factures par chèque, virement bancaire ou via les plateformes de mobile money ne sont donc pas concernés par cette taxe. SEN’EAU souligne que le montant du droit de timbre sera calculé sur la base du montant total réglé, avant d’être ajouté au paiement dû.

L’entreprise précise qu’elle se conforme strictement aux nouvelles dispositions fiscales adoptées par l’État et assure qu’aucun prélèvement supplémentaire ne sera appliqué en dehors du cadre légal.

Cette mesure, bien qu’elle suscite déjà des interrogations parmi certains usagers, s’inscrit dans une politique plus large de modernisation du système de recouvrement des taxes et de promotion de la digitalisation des paiements au Sénégal.

Pour les consommateurs, cette réforme représente un léger surcoût sur les paiements en liquide, mais elle vise, selon le ministère des Finances, à renforcer la transparence fiscale et à favoriser les transactions électroniques, considérées comme un levier de modernisation de l’économie nationale.

Inclusion financière : plus de 6,8 milliards FCFA injectés dans la microfinance pour dynamiser l’économie sociale au Sénégal

Le ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire (MMESS) a franchi une étape majeure dans la promotion de l’inclusion financière au Sénégal. Mardi, à Dakar, le ministre Alioune Dione a présidé la signature de conventions d’un montant global de 6,826 milliards FCFA avec plusieurs institutions de microfinance partenaires. Cet engagement marque le lancement effectif du Pacte pour l’inclusion financière universelle (PACTIFU), un programme stratégique visant à renforcer l’accès aux services financiers pour les populations les plus vulnérables.

Selon le ministre, le PACTIFU « formalise le cadre de collaboration entre le ministère et l’Association professionnelle des institutions de microfinance du Sénégal (APIM-Sénégal) », conformément à la stratégie de finance ciblée adoptée en Conseil des ministres du 18 décembre 2024. L’initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement de faire de la microfinance un levier central de la lutte contre la pauvreté et de la relance économique inclusive.

Au total, 18 conventions individuelles ont été signées pour un montant de 5,267 milliards FCFA, tandis que six institutions de microfinance ont reçu des chèques symboliques représentant 1,559 milliard FCFA, portant ainsi le total à plus de 6,8 milliards FCFA. Ces financements seront principalement orientés vers les acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS), notamment dans les secteurs clés que sont l’agriculture, la pêche, l’élevage et la transformation des produits locaux. L’objectif est clair : encourager la substitution aux importations, stimuler la production locale et favoriser la création d’emplois durables à travers un modèle économique équitable et participatif.

Alioune Dione a exhorté les institutions bénéficiaires à concevoir des produits financiers innovants, inclusifs et adaptés aux besoins des populations cibles, tout en respectant des normes rigoureuses de gouvernance, de transparence et de performance sociale. Il a également insisté sur l’importance de lier la rentabilité économique à des finalités sociales concrètes, notamment la réduction de la pauvreté et l’autonomisation des femmes et des jeunes, deux priorités de la politique nationale d’inclusion.

En conclusion, le ministre a rappelé que la finance islamique devait jouer un rôle de plus en plus déterminant dans ce dispositif. À travers le développement des coopératives productives solidaires (CPS), ce modèle alternatif constitue, selon lui, « un pilier essentiel du développement national », capable d’offrir des solutions éthiques et durables à la finance traditionnelle.

Électrification rurale : Thierno Alassane Sall entame une tournée de contrôle du projet ASER-AEE Power EPC dans le nord du pays

Le député Thierno Alassane Sall a annoncé le lancement d’une mission de terrain dans les départements de Kébémer et de Louga à partir du jeudi 23 octobre 2025, pour une durée de quatre jours. Cette tournée s’inscrit dans le cadre du suivi du projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, une initiative d’envergure nationale destinée à accélérer l’accès à l’électricité dans les zones rurales du Sénégal.

L’ancien ministre de l’Énergie a précisé que cette visite vise avant tout à « vérifier concrètement les taux de réalisation », à évaluer la matérialité des chantiers en cours et à constater sur place la disponibilité des équipements installés. Pour Thierno Alassane Sall, cette démarche s’inscrit dans une logique de redevabilité et de transparence sur l’utilisation des fonds publics alloués à l’électrification rurale.

Le projet ASER-AEE Power EPC, confié à la société AEE Power, ambitionne de connecter des centaines de villages aux réseaux électriques nationaux ou isolés. L’avance de démarrage, fixée à 37 milliards de francs CFA, devait permettre à terme l’électrification de plus de 500 localités réparties principalement entre les régions de Louga et de Saint-Louis. Ces zones figurent parmi les plus concernées par le déficit énergétique rural, avec de nombreux villages encore privés d’électricité malgré les engagements pris dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE).

En choisissant de commencer sa tournée dans ces départements du nord, Thierno Alassane Sall entend poser un regard critique sur la gestion et le rythme d’exécution du programme. Selon lui, « il est impératif de s’assurer que les chantiers avancent réellement, que les ressources investies servent à ce pour quoi elles ont été débloquées, et que les populations rurales bénéficient effectivement du droit fondamental à l’énergie. »

Le parlementaire a également invité la presse nationale à accompagner cette mission afin de garantir une couverture médiatique transparente de la situation sur le terrain. Pour lui, la lumière publique constitue un levier essentiel de la bonne gouvernance : « Plus les citoyens sont informés, plus les acteurs sont redevables et efficaces. »

Le projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, s’il est conduit à terme dans les conditions prévues, pourrait contribuer à réduire significativement les inégalités énergétiques entre les zones urbaines et rurales, tout en stimulant l’activité économique locale à travers l’éclairage public, l’accès à l’eau potable et la dynamisation des petites entreprises.

Cette tournée de contrôle marque ainsi une étape importante dans la volonté de Thierno Alassane Sall d’imposer un suivi rigoureux des projets publics et de s’assurer que les promesses de développement ne restent pas lettre morte dans les zones les plus reculées du pays.

Négociations avec le FMI : la dette du Sénégal explose à 132 % du PIB selon le Fonds

Le Sénégal entame cette semaine des négociations décisives avec le Fonds Monétaire International (FMI), dans un contexte économique tendu marqué par une forte pression budgétaire et une crise de confiance des investisseurs. Ces discussions visent à finaliser un nouvel accord de financement, un an après la suspension du précédent programme d’un montant de 1,8 milliard de dollars, interrompu à la suite de divergences sur la gestion budgétaire et la transparence des comptes publics.

L’urgence de ces pourparlers s’explique par la révélation, jugée explosive, faite récemment par l’administration du président Bassirou Diomaye Faye. Selon les autorités actuelles, l’ancien gouvernement aurait dissimulé près de 7 milliards de dollars d’emprunts non déclarés, gonflant considérablement le niveau réel de la dette publique. Cette annonce a eu l’effet d’une bombe sur les marchés financiers et a conduit les agences de notation S&P et Moody’s à abaisser la note souveraine du Sénégal, invoquant un « manque de fiabilité des données budgétaires ».

La tension a encore monté d’un cran la semaine dernière, lorsque le FMI a publié ses propres évaluations. D’après les données relayées par Bloomberg, l’institution financière internationale estime désormais que la dette publique du Sénégal représente 132 % du Produit Intérieur Brut (PIB), bien au-delà des 119 % avancés par le gouvernement sénégalais. Cet écart de treize points de pourcentage a semé le doute parmi les partenaires financiers du pays et déclenché un net repli de la confiance sur les marchés obligataires régionaux.

Pour les observateurs économiques, cette divergence traduit un différend méthodologique, mais surtout un manque de transparence hérité de la précédente gestion. Plusieurs experts estiment que certains emprunts, notamment souscrits par des entreprises publiques ou garantis par l’État, n’auraient pas été intégrés dans les statistiques officielles, ce qui fausse la lecture réelle de l’endettement.

Dans ce contexte, les discussions avec le FMI s’annoncent particulièrement ardues. Le gouvernement cherche à restaurer la crédibilité du pays sur les marchés internationaux tout en évitant une cure d’austérité trop sévère. « Le Sénégal veut un accord équilibré qui protège les équilibres macroéconomiques sans compromettre les investissements sociaux », a confié une source proche du ministère des Finances.

Le président Bassirou Diomaye Faye et son équipe économique misent sur une approche de transparence et de vérité des comptes, censée convaincre le FMI et les bailleurs de la sincérité de la nouvelle gouvernance. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de rupture avec les pratiques antérieures, accusées d’avoir masqué la réalité des chiffres.

Cependant, la tâche s’annonce difficile. Avec une dette équivalente à plus de 130 % du PIB, le Sénégal se trouve désormais au-dessus du seuil critique fixé par les institutions financières internationales pour les pays à revenu intermédiaire. Une telle situation pourrait limiter sa capacité à emprunter sur les marchés extérieurs et alourdir le coût du financement de sa dette.

Les négociations devraient se poursuivre tout au long de la semaine à Dakar, en présence d’une mission du FMI dirigée par Edward Gemayel, chef de division pour l’Afrique de l’Ouest. Les discussions porteront sur la consolidation budgétaire, la réforme du secteur public et la rationalisation des dépenses, mais aussi sur la manière d’assurer une croissance inclusive dans un contexte de contraintes financières accrues.

Affaire Madiambal Diagne : la défense dénonce une demande d’extradition « infondée et entachée d’irrégularités »

L’affaire Madiambal Diagne connaît un nouveau rebondissement. Les avocats du journaliste et patron de presse ont vivement réagi, ce mardi 21 octobre 2025, à la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises à l’encontre de leur client. Selon eux, cette procédure est « dénuée de fondement et entachée d’irrégularités graves ».

Interpellé à Paris sur la base d’un mandat d’arrêt international transmis par le parquet général de Versailles, Madiambal Diagne a été entendu dans la journée par la Cour d’appel de Versailles. Après examen du dossier, la juridiction française a décidé de le laisser libre sous contrôle judiciaire, écartant ainsi toute détention provisoire, le temps de statuer sur la demande d’extradition.

Dans un communiqué conjoint, un collectif d’avocats composé notamment de Me El Hadj Amadou Sall, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, a dénoncé « une tentative d’instrumentalisation de la justice internationale à des fins politiques ». Les conseils de M. Diagne soulignent que « la décision du premier président de la Cour d’appel de Versailles tient compte du statut de Madiambal Diagne, personnalité publique, journaliste connu, propriétaire d’un titre de presse et figure respectée dans le paysage médiatique sénégalais ».

Le collectif rappelle également qu’« aucun élément du dossier ne permettait de supposer que M. Diagne tenterait de se soustraire à la procédure judiciaire », et que cette absence de risque de fuite a logiquement conduit la justice française à privilégier la liberté sous contrôle judiciaire.

Sur le fond, la défense s’est montrée particulièrement critique à l’égard des autorités sénégalaises, estimant que « la procédure d’extradition souffre d’irrégularités manifestes et d’un manque flagrant de base juridique ». Les avocats soutiennent que les accusations portées contre leur client « relèvent davantage d’une volonté de représailles politiques que d’un véritable dossier pénal ».

D’après leurs déclarations, la demande d’extradition ne reposerait sur aucune infraction clairement définie dans les conventions bilatérales en vigueur entre la France et le Sénégal. Ils évoquent également un non-respect des procédures prévues par le Code de procédure pénale sénégalais, notamment en matière de notification et de transmission de documents.

Cette affaire, qui suscite une large attention dans les milieux médiatiques et juridiques, intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre certains acteurs de la presse et le pouvoir en place à Dakar. Plusieurs observateurs y voient une tentative de museler les voix critiques, tandis que d’autres appellent à la prudence, rappelant que la procédure doit suivre son cours devant les juridictions françaises.

En attendant la prochaine audience, le journaliste reste sous contrôle judiciaire à Paris. Ses avocats se disent confiants quant à l’issue de la procédure et assurent que leur client « fera face à la justice avec sérénité et détermination ».

Le collectif a également tenu à rappeler le rôle essentiel de la liberté de la presse dans un État de droit, soulignant que « la criminalisation des opinions et des publications journalistiques constitue une menace directe pour la démocratie ».

Huit Sénégalais sur dix exposés à des risques environnementaux : l’alerte de l’ANSD sur une vulnérabilité croissante

La vulnérabilité environnementale des populations sénégalaises atteint un niveau préoccupant. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur les risques environnementaux et la vulnérabilité des populations selon le genre (ENREVG), présentés ce lundi 20 octobre à Dakar, huit Sénégalais sur dix ont déjà été victimes ou témoins d’une catastrophe ou d’un risque environnemental. Cette étude, rendue publique par le directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), Abdou Diouf, coïncide avec la célébration de la Journée mondiale de la statistique, placée cette année sous le thème : « Favoriser le changement grâce à des statistiques et des données de qualité disponibles pour tous. »

Selon Abdou Diouf, l’écrasante majorité de la population vit dans un environnement exposé à des menaces multiples. L’étude a répertorié pas moins de 43 types de risques, parmi lesquels figurent la proximité des décharges publiques, la salinisation des terres, la sécheresse, la pollution de l’air ou encore les tempêtes de poussière. Les risques liés à la chaleur et à la poussière sont les plus courants, touchant respectivement six à sept Sénégalais sur dix, ce qui témoigne d’une exposition quasi généralisée à des conditions climatiques extrêmes.

Le rapport indique que 43 % des personnes interrogées ont eu accès à un système d’alerte précoce, notamment lors des vagues de chaleur et des tempêtes de sable. Toutefois, près de la moitié de la population déclare ne pas être informée à temps. Cette situation, selon le directeur général de l’ANSD, révèle « la nécessité de renforcer les dispositifs d’alerte et les capacités d’adaptation communautaire ». Le manque d’information rapide et fiable sur les phénomènes météorologiques accentue la vulnérabilité des populations rurales et périurbaines.

Les conséquences de cette exposition aux risques environnementaux sont lourdes pour de nombreux ménages. Environ 15 % des foyers interrogés ont signalé des dégâts matériels, tandis que 26 % affirment que leurs moyens de subsistance ont été affectés. Les secteurs de la pêche, de l’agriculture et de la foresterie sont particulièrement touchés, mettant en péril la sécurité alimentaire et les revenus de milliers de familles. Abdou Diouf a aussi insisté sur le fait que « les femmes, les enfants et les personnes vivant avec un handicap sont les groupes les plus exposés », en raison de leur plus grande dépendance aux ressources naturelles et de leur faible accès à l’information et aux moyens de protection.

Pour remédier à cette situation, le directeur général de l’ANSD a plaidé pour une promotion accrue des emplois verts et un renforcement de l’éducation environnementale dans les communautés. Il a également souligné l’importance de la collecte et de l’exploitation des données issues de nouvelles sources, telles que la téléphonie mobile et les données numériques, dans un contexte d’ouverture et de transparence statistique. Ces données, a-t-il affirmé, permettront d’éclairer les politiques publiques de manière plus efficace et de mieux anticiper les catastrophes environnementales.

De son côté, Abdourahmane Ndiaye, de la Direction de la planification et de la veille environnementale, a salué cette enquête qu’il considère comme « une traduction concrète de la volonté du Sénégal de fonder ses politiques publiques sur des données fiables et scientifiquement établies ».

La directrice régionale adjointe d’ONU Femmes, Mireille Kamitatou, a pour sa part félicité le « partenariat exemplaire entre l’ANSD et les institutions internationales », soulignant que le Sénégal fait figure de pionnier dans la production de statistiques intégrant la dimension genre.

Cette étude vient ainsi rappeler l’urgence d’une action concertée pour faire face aux menaces environnementales croissantes. Dans un contexte marqué par les changements climatiques et la pression démographique, la planification fondée sur des données scientifiques devient un impératif national pour protéger les populations les plus vulnérables.

LONASE : la vérité derrière le marché de 813 millions de FCFA attribué à ASS malgré une offre inférieure de Fambène Sécurité

La Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) est depuis quelques jours au cœur d’une vive polémique concernant l’attribution de son marché de gardiennage évalué à plus de 813 millions de francs CFA. Des rumeurs, propagées sur les réseaux sociaux, évoquent un « deal » suspect entre la direction de l’entreprise publique et la société attributaire, l’Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS). Les internautes et plusieurs observateurs y voient un cas de favoritisme, arguant qu’une autre entreprise, Fambène Sécurité, avait proposé une offre financière inférieure de 13 millions de francs CFA. Face à la controverse, la Cellule de Passation des Marchés de la LONASE a rompu le silence, brandissant le Code des Marchés Publics et donnant des explications détaillées pour justifier sa décision.

Selon le communiqué de la LONASE, quatre sociétés avaient soumissionné à l’appel d’offres ouvert pour le marché de gardiennage de ses locaux. Il s’agit notamment de Sypress Sécurité, Fambène Sécurité, Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) et Vigassistance Sénégal. Les offres déposées variaient considérablement, mais les deux plus compétitives étaient celles de Fambène et d’ASS, séparées par un écart de 13 millions de francs CFA. Cette différence de prix, jugée minime, a suffi à déclencher une vague de suspicion. Mais, selon la LONASE, ce n’est pas le prix seul qui détermine le choix final d’un adjudicataire dans un marché public, car les critères techniques et financiers priment sur le montant proposé lorsqu’il s’agit d’assurer l’exécution correcte du contrat.

L’institution précise que le Dossier d’Appel d’Offres (DAO) comportait un critère de qualification financière obligatoire, qualifié de « non négociable ». Chaque société devait fournir une attestation de ligne de crédit délivrée par une banque, prouvant sa capacité à couvrir ses charges de fonctionnement pendant l’exécution du contrat, sans dépendre des paiements de la LONASE. C’est sur ce point précis que la société Fambène Sécurité a été recalée.

La LONASE souligne que l’attestation bancaire présentée par Fambène Sécurité n’offrait aucune garantie ferme sur la disponibilité des fonds nécessaires. Le document fourni par la banque indiquait simplement qu’elle serait « disposée, si toutes les conditions sont réunies, à étudier toute demande de crédit jusqu’à hauteur de 50 millions de francs CFA », tout en précisant qu’elle restait « libre d’accepter ou de rejeter ladite demande ». Pour la commission d’évaluation, cette formulation conditionnelle est incompatible avec les exigences du DAO, car elle ne constitue pas une ligne de crédit effective, mais une simple promesse soumise à appréciation future.

En revanche, la société Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) a, selon la LONASE, rempli toutes les conditions exigées, aussi bien sur le plan technique que financier. Son offre, bien que légèrement plus élevée, a été jugée complète et conforme aux critères du marché. La Commission des Marchés a donc recommandé son attribution, décision qui a par la suite reçu l’aval de la Direction Centrale des Marchés Publics (DCMP). Celle-ci a donné son avis de non-objection le 24 septembre 2025, validant la régularité du processus d’évaluation et d’attribution.

La LONASE précise que l’avis d’attribution provisoire a été publié le 2 octobre 2025 dans le journal Sud Quotidien, conformément aux dispositions du décret n° 2022-2295 portant Code des Marchés Publics. Ce texte encadre les procédures de passation de marchés et impose un strict respect des règles de transparence et de concurrence. En se conformant à ce décret, la direction générale estime avoir agi dans la légalité la plus absolue.

Face aux accusations de favoritisme, la LONASE insiste sur le fait que le choix de l’ASS repose exclusivement sur des critères techniques et administratifs, et non sur des considérations politiques ou personnelles. L’entreprise rappelle qu’elle a mené tout le processus sous la supervision de la DCMP, garant institutionnel du respect des règles en matière de marchés publics.

Cependant, malgré ces clarifications, la polémique continue d’enfler sur les réseaux sociaux, où certains observateurs estiment que l’écart de 13 millions entre les deux offres aurait pu être négligé au profit d’une société locale réputée sérieuse. D’autres, en revanche, saluent la rigueur administrative de la LONASE, qui a préféré privilégier la conformité technique à la tentation du moindre coût.

Ce nouvel épisode met en lumière la fragilité de la confiance du public dans les procédures de passation des marchés publics au Sénégal, souvent perçues comme opaques, même lorsqu’elles respectent la lettre de la loi. Pour la LONASE, cette affaire illustre surtout la complexité de concilier transparence, performance financière et rigueur administrative dans un contexte de forte suspicion généralisée.

En conclusion, si la LONASE se félicite d’avoir respecté les normes juridiques et techniques qui encadrent les appels d’offres, cette affaire révèle une fois de plus la nécessité pour les entreprises publiques de renforcer leur communication et leur pédagogie sur les décisions de gestion, afin d’éviter que les zones d’ombre administratives ne se transforment en scandales médiatiques.

« Dette cachée » : l’avocat de Macky Sall dénonce une manipulation politique et prépare la riposte judiciaire

La controverse autour de la supposée « dette cachée » du Sénégal prend une ampleur inédite, désormais au cœur d’une bataille à la fois politique, économique et judiciaire. Depuis Paris, Me Pierre-Olivier Sur, coordonnateur du collège d’avocats et d’experts financiers de l’ancien président Macky Sall, est sorti de son silence pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation politique » orchestrée contre son client. Dans un entretien accordé à L’Observateur ce dimanche 19 octobre 2025, l’avocat français a annoncé une série d’actions judiciaires et administratives destinées à faire toute la lumière sur ce dossier explosif qui secoue la scène publique sénégalaise.

Selon Me Sur, l’affaire de la « dette cachée » est entretenue par des acteurs politiques cherchant à réécrire l’histoire économique du Sénégal. « La vérité ne sert pas un camp, elle sert le Sénégal », a-t-il affirmé d’un ton ferme. Le juriste, connu pour avoir défendu plusieurs figures politiques africaines et européennes, a indiqué qu’il demanderait officiellement au Premier président de la Cour des comptes et au ministre du Budget la communication de l’ensemble des documents comptables relatifs à la dette publique sénégalaise. Il s’agit, selon lui, de créer une base de travail « équitable et contradictoire » pour permettre à toutes les parties, y compris les institutions internationales comme le FMI, de juger sur pièces.

Me Sur, qui doit se rendre à Dakar dans les prochains jours, a précisé qu’il rencontrera la presse locale et les autorités judiciaires afin de lancer les premières procédures. « Nous voulons des faits, pas des rumeurs. Il faut que la lumière soit faite sur les chiffres, sur les mécanismes et sur les responsabilités », a-t-il martelé, regrettant le climat d’amalgames qui, selon lui, alimente la confusion et la suspicion autour du dossier.

Revenant sur le bilan économique de Macky Sall, l’avocat a rappelé que « sous sa présidence, le PIB du Sénégal a été multiplié par deux ». Il a mis en avant les réalisations majeures du régime précédent : l’accès accru à l’eau potable et à l’électricité, le développement des infrastructures, l’émergence de nouvelles zones économiques et la modernisation des transports. Pour Me Sur, la dette contractée sous Macky Sall ne saurait être qualifiée de dissimulée ni d’illégitime, car elle s’inscrivait dans une logique de financement du développement. « Il s’agit d’une dette vertueuse, qui a servi à bâtir des routes, des hôpitaux, des écoles et à soutenir la croissance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes », a-t-il insisté.

Le coordinateur du collège d’avocats a en outre dénoncé un manque de transparence institutionnelle, estimant que l’absence de communication officielle entretient les suspicions. Il a demandé expressément que soient transmis au pool de défense les lois de règlement qui clôturent chaque exercice budgétaire, les rapports de l’Inspection générale des finances ainsi que le pré-rapport de la Cour des comptes. « À ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse ni du ministère du Budget, ni de la Cour des comptes », a-t-il déploré, tout en annonçant qu’en cas de silence prolongé, une mise en demeure formelle serait adressée aux institutions concernées.

L’avocat entend replacer le débat sur un terrain purement juridique et technique, loin des interprétations partisanes. Il affirme vouloir travailler avec un réseau d’experts internationaux en finances publiques afin d’analyser en profondeur la structure de la dette du Sénégal. « Ce débat n’est pas une bataille d’opinion, c’est une question de méthode et de vérité comptable. Il faut clarifier ce qui relève réellement de la dette publique et ce qui ne l’est pas », a-t-il expliqué.

Me Sur a listé plusieurs points d’interrogation à examiner : faut-il inclure ou non les dettes des établissements publics garanties par l’État dans le calcul global ? Comment traiter les avances de trésorerie, les facilités de paiement et les dettes hors bilan ? À quel moment une garantie devient-elle un engagement budgétaire ? Autant de questions que l’avocat souhaite soumettre à un audit contradictoire, ouvert aux observateurs nationaux et internationaux.

En conclusion, il a rejeté avec vigueur les chiffres avancés dans les médias, évoquant une prétendue dissimulation de 7 à 10 milliards de dollars de dette. « Il est impossible pour un État aussi structuré que le Sénégal de masquer une telle somme sans que le FMI, la BCEAO ou les marchés financiers ne s’en aperçoivent. C’est absurde », a-t-il tranché.

La sortie de Me Pierre-Olivier Sur marque une nouvelle étape dans cette affaire qui divise l’opinion. Elle annonce surtout une contre-offensive juridique destinée à défendre l’image de Macky Sall et à tenter de restaurer la crédibilité d’une gouvernance économique dont les chiffres font aujourd’hui l’objet d’une âpre bataille d’interprétations. Le débat sur la dette sénégalaise, désormais porté devant la justice, s’annonce long, technique et hautement politique.

Dette publique au Sénégal : Cheikh Oumar Diagne remet les pendules à l’heure et dénonce les manipulations

À Ouagadougou, le 18 octobre 2025, Cheikh Oumar Diagne a pris la parole pour clarifier ce qu’il qualifie de malentendu et de manipulations autour de la soi-disant « dette cachée » du Sénégal. À travers un long communiqué publié sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité / ACD a dénoncé la diffusion de propos déformés et a rappelé les véritables enjeux du débat public sur l’endettement national.

Pour Cheikh Oumar Diagne, la polémique sur la « dette cachée » résulte avant tout d’une confusion entre des notions financières et d’une mauvaise interprétation des chiffres avancés. Selon lui, aucune dette n’a été véritablement cachée au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ou aux ministères compétents. Les écarts observés entre les chiffres de la Direction de la Dette Publique (DDP) et ceux de la Direction de l’Ordonnancement et du Dépense Publique (DODP) sont, pour lui, la source principale des critiques.

Il explique que certains commentateurs ont amplifié l’affaire en s’arrêtant sur des termes comme « cachée », « dissimulée » ou « erronée », alors que le problème fondamental réside dans la politique d’endettement et la gestion des finances publiques, qu’il juge « peu intelligente ». Il rappelle qu’il a été le premier à évoquer un ratio dette/PIB supérieur aux chiffres officiels, évaluant sa propre estimation à 116 % alors que l’opinion générale était à 99 %, et qu’il a récemment précisé que la vraie dette avoisine 130 %, chiffre désormais confirmé par le FMI qui table sur 132 %.

Cheikh Oumar Diagne souligne également des pratiques de financement public courantes dans le monde entier et au Sénégal, notamment les projets financés via des sociétés de gestion avec garantie d’État, comme l’aéroport de Diass, ou les dépenses extrabudgétaires liées aux grands chantiers. Pour lui, ces montages financiers ne constituent pas des dettes cachées, car elles sont connues des services compétents et font partie des mécanismes normaux de gestion budgétaire.

Enfin, il élargit le débat aux critères de convergence régionaux et à la pertinence de la politique d’endettement actuelle. Il plaide pour une approche plus stratégique, incluant le concept de « smart debt » et un rôle actif de la banque centrale dans le développement, plutôt que dans l’intérêt exclusif des établissements financiers majoritairement étrangers.

Pour Cheikh Oumar Diagne, il est urgent de replacer le débat sur des bases rationnelles et techniques afin d’éviter que la désinformation ne continue de détourner l’attention de la population sénégalaise de la réalité de la dette et de ses enjeux pour le développement du pays.

Appels à l’interdiction des manifestations : Seydi Gassama alerte sur les dérives et défend le droit à la contestation pacifique

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, le climat social est marqué par une intensification des mobilisations citoyennes. À Dakar, les rues ont de nouveau vibré ce week-end sous le signe de la contestation. Après la marche du mouvement « Ñoo Lank » vendredi, organisée pour dénoncer la cherté de la vie, une nouvelle manifestation a eu lieu samedi. Plusieurs centaines de personnes ont parcouru le trajet de Liberté 6 au Jet d’eau, exigeant la libération de Farba Ngom, maire des Agnam, placé en détention dans le cadre d’une instruction financière.

Face à cette recrudescence des rassemblements, certaines voix issues du camp présidentiel ont appelé à interdire les manifestations, arguant que les discours tenus lors de ces événements risquent d’attiser la tension politique. Ces appels à restreindre la liberté de rassemblement ont suscité une vive réaction dans la société civile.

Parmi les voix les plus critiques figure Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, qui s’est exprimé sur la plateforme X (anciennement Twitter). L’activiste a mis en garde contre les conséquences d’une politique d’interdiction systématique :

« L’État doit continuer à autoriser et à encadrer les manifestations qui doivent être pacifiques. Les interdictions entraînent la défiance et la violence », a-t-il déclaré.

Pour Seydi Gassama, la liberté de manifester demeure un droit fondamental garanti par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Il rappelle que le rôle des autorités est d’assurer la sécurité publique sans pour autant restreindre les libertés individuelles. Selon lui, interdire les rassemblements revient à alimenter la frustration et à ouvrir la voie à des affrontements imprévisibles.

Cette sortie du défenseur des droits humains intervient dans un contexte où le débat sur les libertés publiques reprend de la vigueur. Entre la volonté du gouvernement d’assurer l’ordre public et la détermination des citoyens à exprimer leurs revendications, le Sénégal se trouve à un tournant délicat de sa vie démocratique.

Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été annoncée concernant une éventuelle interdiction des manifestations. Mais le message de Seydi Gassama résonne comme un avertissement : la paix sociale, selon lui, ne saurait se construire sur la répression des libertés, mais sur le dialogue, la confiance et le respect du droit de manifester pacifiquement.

Les avocats de Pape Malick Ndour dénoncent une « manipulation grossière » de ses propos et menacent de porter plainte

Une vive polémique enfle autour des déclarations récentes de Pape Malick Ndour. Alors que certains responsables politiques de Pastef lui attribuent des propos jugés subversifs, le collectif d’avocats de l’ancien ministre monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation grossière » et d’« interprétation tendancieuse » de ses mots.

Dans un communiqué rendu public et signé par Me El Hadji Amadou Sall, le collectif de la défense estime que les déclarations de Pape Malick Ndour ont été déformées à des fins politiques. « Ses propos ont été volontairement travestis par des responsables et militants de Pastef, notamment Amadou Ba et Ayib Daffé », affirme le texte. Selon les avocats, l’un aurait prêté à leur client des intentions de « renverser le gouvernement », tandis que l’autre aurait évoqué un prétendu appel à un « coup d’État ».

Les défenseurs de Pape Malick Ndour rejettent fermement ces accusations qu’ils jugent « fallacieuses » et « politiquement motivées ». Ils estiment qu’il s’agit d’un « stratagème habituel visant à déclencher des poursuites pour faire taire des voix discordantes au sein de l’opposition ».

Dans leur communiqué, les avocats mettent formellement en demeure les deux responsables politiques cités de retirer leurs déclarations qu’ils considèrent comme diffamatoires. À défaut d’une rétractation immédiate, ils annoncent leur intention de déposer une plainte pour « dénonciation calomnieuse et diffamation », tout en les tenant « solidairement responsables de tout préjudice moral ou matériel subi par leur client ».

Cette réaction du collectif intervient dans un contexte politique tendu, marqué par une recrudescence des affrontements verbaux entre responsables de la majorité et figures de l’opposition. Pape Malick Ndour, ancien ministre de la Jeunesse et cadre de la mouvance présidentielle, s’était récemment exprimé sur la situation nationale, appelant à un débat politique apaisé et à la responsabilité des acteurs publics. Ses propos, diffusés sur les réseaux sociaux, ont rapidement fait le tour de la toile, suscitant des interprétations contradictoires.

Alors que ses avocats dénoncent une campagne de désinformation, cette affaire relance le débat sur l’usage politique des réseaux sociaux et la manipulation de l’opinion à travers des extraits sortis de leur contexte. Le collectif promet de « défendre l’honneur et la réputation » de leur client, tout en avertissant que « toute nouvelle tentative de dénaturation de ses propos fera l’objet d’une riposte judiciaire ».

« DETTE CACHÉE » : Les dessous d’une polémique explosive

La déclaration de la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) évoquant un « misreporting » – une erreur de déclaration – dans les chiffres de la dette sénégalaise a fait grand bruit. Le régime en place y a vu la preuve d’une « dette cachée » par l’administration sous Macky Sall. Mais à y regarder de plus près, l’affaire semble davantage relever d’un changement méthodologique que d’une dissimulation.

UNE DIVERGENCE COMPTABLE ?

Sous Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, l’administration a toujours distingué la dette directe de l’État et celle du secteur parapublic, c’est-à-dire des sociétés nationales. Les gouvernements successifs ont toujours considéré que ces dettes parapubliques, dites « contingentes », ne faisaient pas partie de la dette publique centrale.
Cheikh Diba le savait. Le FMI le savait, comme tous les autres partenaires bilatéraux comme multilatéraux. Le régime Sonko-Diomaye a décidé d’intégrer ces engagements dans le calcul global de la dette.
Ce choix technique a mécaniquement fait grimper les chiffres, provoquant le fameux « misreporting » évoqué par le FMI. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une dette cachée, mais d’un changement de méthode de comptabilisation des données.
Sur le fond, le Sénégal n’a jamais cessé d’honorer ses engagements.
Ses créanciers – bilatéraux comme multilatéraux – n’ont jamais signalé le moindre retard de paiement. La charge de la dette, environ 900 milliards de francs CFA par an – elle passera à environ 1 100 milliards F CFA dans le budget 2026 -, figure dans toutes les lois de finances votées par l’Assemblée nationale et dans tous les rapports de la Cour des Comptes ayant fait l’objet de vote de lois de règlement.
Difficile, dans ces conditions, de parler de « dette cachée », à en croire nos sources. « On ne peut pas dissimuler ce que l’on paie chaque année sous le contrôle des bailleurs et des institutions nationales », confient nos interlocuteurs au fait des mécanismes du Trésor.

UNE DETTE VISIBLE APRÈS 12 ANS DE GRANDS CHANTIERS

Entre 2012 et 2024, le Sénégal a connu un bond spectaculaire en matière d’infrastructures. Autoroutes, ponts, TER, BRT, stades, ports, aéroports régionaux, data centers, ville nouvelle de Diamniadio : la liste est longue. Ces projets ont été financés grâce à la stratégie d’endettement du Plan Sénégal Émergent (PSE), qui visait à combler le retard structurel du pays et à stimuler la croissance. Pour l’APR, la dette paraît être « un outil de transformation », non une charge caché. Les troupes de Macky Sall pointe le bilan de leur champion pour justifier la destination de la dette.
Autre élément essentiel : la Cour des Comptes a certifié tous les budgets entre 2012 et 2023, y compris les montants liés à la dette. À aucun moment, elle n’a intégré les dettes parapubliques dans le calcul de la dette publique, même dans son rapport sur la dette de 2022. Le FMI, de son côté, a mené des dizaines de missions au Sénégal, validant les mêmes chiffres sans soulever d’anomalies. « Le FMI a toujours salué la transparence du Sénégal et la qualité de sa coopération », rappellent d’anciens responsables du ministère des Finances. Il estd donc difficile d’imaginer une fraude à si grande échelle sans que la Cour des Comptes, la DGCPT, la DGID, l’ANSD ou le FMI n’en aient eu connaissance.

NOUVEAU PROGRAMME DU FMI

Le débat intervient alors que le pays s’apprête à signer un nouveau
programme avec le FMI, selon Kristalina Georgieva. Son adjoint chargé de l’Afrique annonce que des réformes structurelles sont prévues.
S’agira-t-il de coupes des subventions et des exonérations et un élargissement de la base fiscale qui provoqueraient des conséquences sociales majeures.
En définitive, le débat sur la « dette cachée » semble moins reposer sur des faits que sur une lecture politique. Les institutions de contrôle ont validé les chiffres. Les créanciers continuent de prêter au Sénégal et les investissements financés par la dette sont bel et bien visibles sur le terrain.
Après tout, le pays paie sa dette, ses infrastructures sont là et sa signature reste respectée. Le reste n’est qu’une affaire de perception.

Sûreté urbaine : l’influenceuse Adji Mass arrêtée sur instruction du procureur de la République

L’influenceuse sénégalaise Adji Mass a été interpellée ce vendredi sur instruction du procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar, d’après des informations obtenues par Seneweb. Cette arrestation intervient après la diffusion sur les réseaux sociaux de propos jugés contraires aux bonnes mœurs, déclenchant l’ouverture d’une enquête par le parquet.

Le parquet s’était autosaisi du dossier et avait donné des instructions à la Sûreté urbaine, par l’intermédiaire du commissariat central de Dakar, afin de localiser et interpeller l’influenceuse. Les investigations ont permis de la retrouver à la cité Djily Mbaye, où elle a été arrêtée dans l’après-midi, peu après la prière du vendredi.

Selon les premières informations, Adji Mass s’était rendue injoignable ces derniers jours, compliquant ainsi la procédure. Elle sera entendue dans le cadre de l’enquête ouverte pour déterminer la nature exacte des propos incriminés et établir si ces derniers constituent une infraction au regard de la loi.

Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités veillent à encadrer la publication de contenus sur les réseaux sociaux, notamment ceux pouvant porter atteinte aux bonnes mœurs ou à l’ordre public. L’issue de cette enquête pourrait avoir des répercussions importantes sur la responsabilité des influenceurs et la régulation des contenus diffusés en ligne au Sénégal.

Don d’organes au Sénégal : le programme national de transplantation à l’arrêt faute de financement

À l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, célébrée ce 17 octobre, le Sénégal fait face à une situation préoccupante. Le programme national de transplantation, pourtant porteur d’espoir pour des centaines de patients en attente de greffe, est à l’arrêt depuis plusieurs mois, faute de moyens financiers suffisants.

Le pays dispose d’un cadre réglementaire et institutionnel à travers le Conseil national du Don et de la Transplantation (CNDT), structure placée sous la tutelle du ministère de la Santé et chargée de superviser les opérations de greffe, notamment rénales et de cornée. Cependant, selon son directeur, le Professeur Farika, les activités du programme sont suspendues depuis 2024, en raison de l’absence de financement durable.

« Depuis 2024, aucune transplantation n’a pu être réalisée. Le principal problème, c’est le financement. La transplantation coûte cher et la majorité des patients sont des indigents qui ne peuvent pas supporter de telles dépenses », a déploré le Pr Farika.

Le programme, lancé avec enthousiasme après la réussite des quatre premières transplantations rénales effectuées au Sénégal, s’est rapidement essoufflé. Les demandes continuent pourtant d’affluer de tout le pays. « Chaque jour, nous recevons des appels, des visites, des familles désespérées qui demandent de l’aide, mais nous ne pouvons rien faire tant qu’un mécanisme de financement pérenne n’est pas mis en place », a-t-il ajouté.

Le professeur a également tenu à rappeler que la transplantation est économiquement plus avantageuse que la dialyse sur le long terme. « Si vous comparez le coût des deux traitements sur dix ans, un patient transplanté revient à environ 50 millions de francs CFA, alors qu’un dialysé coûte presque le double, soit près de 100 millions », a-t-il précisé, soulignant ainsi l’importance d’investir dans le don et la greffe d’organes pour réduire les dépenses de santé publique.

Au-delà de l’aspect financier, le CNDT poursuit son travail de sensibilisation sur le don d’organes, une pratique encore marquée par des réticences culturelles et religieuses. La Journée mondiale du don d’organes constitue à cet égard un moment clé pour informer les populations, encourager les discussions au sein des familles et promouvoir la solidarité à travers le don posthume ou de son vivant.

Malgré les difficultés, le Pr Farika garde espoir. « Les autorités sont en train de travailler pour trouver une solution. Nous espérons pouvoir reprendre les transplantations avant la fin de l’année 2025 », a-t-il déclaré, confiant dans la volonté de l’État de relancer ce programme vital.

Le redémarrage du programme national de transplantation représente un enjeu crucial pour le système de santé sénégalais, qui ambitionne de réduire sa dépendance vis-à-vis des évacuations sanitaires et de renforcer l’autonomie médicale du pays. Pour de nombreux patients en attente, il s’agit avant tout d’une question de survie.

Fatick : une vaste opération de saupoudrage lancée pour contrer la fièvre de la vallée du Rift

La ville de Fatick a lancé, dans la nuit du vendredi au samedi, une vaste opération de saupoudrage destinée à lutter contre la fièvre de la vallée du Rift, maladie virale transmise par les moustiques et qui suscite une vigilance accrue des autorités sanitaires. Cette initiative, menée par la Brigade départementale d’hygiène, s’inscrit dans le cadre du plan national de riposte sanitaire face aux risques épidémiologiques liés à l’hivernage.

L’opération a débuté à 23 heures et s’est poursuivie jusqu’à 4 heures du matin. Elle a ciblé plusieurs zones stratégiques de la commune, notamment les marchés, les espaces publics, les quartiers périphériques et les zones les plus touchées par la prolifération des moustiques. Le chef de la brigade d’hygiène de Fatick, Ibou Diom, a souligné que cette campagne vise à “réduire la densité vectorielle et protéger les populations contre les maladies transmissibles, en particulier la fièvre de la vallée du Rift.”

Selon M. Diom, cette opération s’inscrit dans la continuité d’une série d’actions préventives déjà engagées depuis plusieurs semaines. “Nous avons procédé à la désinfection de 542 salles de classe, 485 toilettes publiques et treize domiciles dans les zones à risque”, a-t-il précisé, avant d’ajouter que le quartier où a été détecté le premier cas confirmé fera également l’objet d’un traitement intensif.

Au-delà du saupoudrage, les équipes de la Brigade d’hygiène multiplient les visites de sensibilisation auprès des ménages. Des agents communautaires sont mobilisés pour rappeler les règles essentielles de salubrité : éliminer les eaux stagnantes, bien gérer les déchets ménagers et entretenir les abords des concessions. Ces actions, combinées aux opérations de désinsectisation, visent à rompre le cycle de reproduction des moustiques vecteurs de la maladie.

La fièvre de la vallée du Rift, qui affecte à la fois les animaux et les humains, est une zoonose endémique dans plusieurs zones d’Afrique subsaharienne. Au Sénégal, la région de Fatick figure parmi les zones prioritaires de surveillance en raison de sa forte activité agro-pastorale et de son exposition aux inondations saisonnières. Les autorités sanitaires, en collaboration avec les services vétérinaires, suivent de près l’évolution de la situation pour éviter toute propagation.

Cette campagne de saupoudrage s’inscrit dans un dispositif plus large de prévention mis en place par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, en coordination avec les collectivités locales et les services de l’élevage. L’objectif est d’assurer une riposte rapide et efficace afin de contenir les risques sanitaires et protéger les populations rurales et urbaines de Fatick.

Par cette mobilisation, les autorités locales affichent leur détermination à faire face à la menace sanitaire, tout en appelant les populations à une collaboration active. “La lutte contre la fièvre de la vallée du Rift est l’affaire de tous. Le respect des consignes d’hygiène et la vigilance communautaire sont essentiels pour endiguer la maladie”, a conclu le chef de brigade, Ibou Diom.

Affaire Parilutte-Parilamb : la Lonase lourdement désavouée, la saisie de fonds annulée par le Tribunal de commerce de Dakar

Le feuilleton judiciaire opposant la Loterie nationale sénégalaise (Lonase) au Groupement d’intérêt économique (Gie) Parilutte-Parilamb vient de connaître un nouveau rebondissement, et pas en faveur de l’entreprise publique. Le Tribunal de commerce de Dakar a rendu une ordonnance en référé annulant la saisie-attribution de créances opérée par la Lonase sur les comptes bancaires de son partenaire, au motif d’un vice de fond dans la procédure. Cette décision, rendue avec exécution provisoire, vient aggraver la situation de la société nationale déjà condamnée au fond en 2023 à verser 5 milliards de francs CFA au Gie pour rupture abusive de contrat.

Le contentieux remonte à janvier 2020, date à laquelle la Lonase et le Gie Parilutte-Parilamb avaient signé un partenariat stratégique portant sur la mise en place d’une plateforme numérique dédiée aux paris sur la lutte sénégalaise, dénommée « Parilutte-Parilamb ». Ce projet ambitieux visait à moderniser la gestion des paris sportifs et à mieux encadrer les mises autour du sport roi du Sénégal. Dans l’esprit du partenariat, la Lonase devait apporter son expertise institutionnelle, son réseau et ses autorisations réglementaires, tandis que Parilutte-Parilamb devait fournir la solution technologique et l’infrastructure opérationnelle.

Mais très vite, des désaccords sont apparus. Le Gie accuse la Lonase d’avoir manqué à ses engagements contractuels, en bloquant le lancement du projet et en refusant d’exécuter certaines obligations financières prévues dans la convention. Malgré de multiples tentatives de conciliation, les discussions ont échoué, poussant Parilutte-Parilamb à saisir le Tribunal de commerce de Dakar pour obtenir réparation.

En octobre 2023, la justice avait tranché en faveur du Gie, condamnant la Lonase à lui verser la somme de cinq milliards de francs CFA pour non-exécution de ses engagements. Une décision que l’entreprise publique avait contestée sans succès, tout en cherchant à contourner ses effets. En mars 2025, la Lonase a tenté de faire saisir les comptes bancaires du Gie logés à la Coris Bank International, sur la base d’une procédure initiée par Me Guillaume Sagna, huissier de justice à Dakar.

Mais cette démarche s’est retournée contre elle. Le Tribunal de commerce, saisi par les avocats de Parilutte-Parilamb, a constaté plusieurs irrégularités de fond dans la procédure de saisie. Le juge a ainsi déclaré nulle la saisie-attribution de créances opérée le 21 mars 2025 et a ordonné la main levée immédiate sur les fonds. Dans son ordonnance, le tribunal a estimé que la Lonase avait violé les principes élémentaires de la procédure civile, en initiant une saisie sans base juridique solide. L’entreprise publique a, de surcroît, été condamnée aux dépens, avec exécution provisoire de la décision, ce qui signifie qu’elle devra s’y conformer sans délai, même en cas d’appel.

Pour Me Mohamed Seydou Diagne, avocat de Parilutte-Parilamb, cette nouvelle victoire judiciaire ne souffre d’aucune ambiguïté : « C’est une décision claire, cohérente et conforme au droit. Elle confirme que la Lonase a choisi une voie de fait en tentant d’obtenir par la force ce que la justice lui avait déjà refusé. » Le conseil a ajouté que son client restait déterminé à obtenir l’exécution intégrale du jugement de 2023 et à faire respecter ses droits.

Cette affaire, au-delà de son aspect financier, met en lumière les fragilités structurelles de la gouvernance contractuelle dans certaines entreprises publiques sénégalaises. Plusieurs analystes y voient le symptôme d’un rapport souvent déséquilibré entre les institutions étatiques et leurs partenaires privés. Dans le cas d’espèce, la Lonase, censée incarner la rigueur et la transparence du service public, se retrouve accusée de manquements répétés à ses engagements, d’initiatives procédurales hasardeuses et de tentatives d’intimidation économique.

Pour l’entreprise publique, ce nouveau désaveu judiciaire constitue un coup dur. Déjà en proie à des critiques sur sa gestion interne et sur la transparence de ses partenariats, la Lonase voit son image encore ternie par cette série de revers judiciaires. Elle se retrouve désormais dans une position délicate : condamnée au fond, déboutée en référé, et sous pression pour exécuter les décisions de justice qui s’accumulent contre elle.

De son côté, le Gie Parilutte-Parilamb sort renforcé de cette séquence. Après cinq années d’un combat juridique éprouvant, il dispose désormais de deux victoires successives qui confortent la solidité de sa position et la légitimité de ses revendications. L’enjeu, désormais, est d’obtenir le paiement effectif des 5 milliards de francs CFA fixés par le tribunal en 2023.

Ce bras de fer, qui mêle enjeux économiques, juridiques et institutionnels, risque de se poursuivre encore longtemps. Mais une chose est certaine : la Lonase, en accumulant les revers, donne l’image d’une institution fragilisée, confrontée à ses propres contradictions et à un besoin urgent de réforme interne. Quant à Parilutte-Parilamb, sa détermination à faire respecter la justice pourrait en faire un symbole de la résistance du secteur privé face aux dérives des structures publiques.

Assises des entreprises : le gouvernement consacre 300 milliards FCFA à l’apurement des arriérés du secteur privé dans la LFR 2026

Lors de la cérémonie d’ouverture des Assises de l’entreprise, tenue jeudi à Dakar, le Directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget, Bassirou Sarr, a annoncé une mesure importante visant à alléger les tensions financières du secteur privé national. Il a révélé que le gouvernement a inscrit un montant complémentaire de 300 milliards de francs CFA dans la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, destiné à l’apurement des arriérés dus aux entreprises privées.

Cette déclaration intervient dans un contexte où les acteurs économiques, à l’image du président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, ont exprimé leurs vives inquiétudes face à l’accumulation de dettes publiques non réglées, qui fragilisent la trésorerie et les capacités d’investissement des entreprises.

Selon M. Sarr, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a pris l’initiative de saisir toutes les entités du secteur privé afin d’établir un recensement exhaustif des montants dus. Cette opération, a-t-il indiqué, permettra à l’État de disposer d’une vision claire et complète de l’ensemble des arriérés avant leur apurement. « Dans la loi de finances déposée à l’Assemblée nationale, un montant de 300 milliards de F Cfa complémentaire est réservé pour l’apurement de ces arriérés », a-t-il précisé, confirmant ainsi la volonté du gouvernement de rétablir la confiance avec le secteur privé.

Revenant sur les efforts déjà consentis par l’État, le directeur de cabinet a rappelé que, dans la Loi de finances rectificative 2025, le gouvernement avait déjà mobilisé 500,9 milliards de francs CFA pour le même objectif. « Dans ces arriérés, nous avons plusieurs composantes. La première est liée à des marchés publics financés sur ressources extérieures et concernant les exercices 2024 et antérieurs. Aujourd’hui, sur un montant de 249 milliards de francs CFA prévu, nous avons déjà apuré 218 milliards », a-t-il détaillé, soulignant les progrès réalisés dans ce domaine.

M. Sarr a également mis en avant la bonne santé macroéconomique du pays, affirmant que le Sénégal affiche actuellement le taux de croissance le plus élevé du continent africain, avec une prévision de 7,8 % d’ici la fin de l’année. Cette performance, selon lui, témoigne de la résilience de l’économie sénégalaise et de l’efficacité des réformes budgétaires entreprises par le gouvernement.

Il a par ailleurs insisté sur la volonté du ministère des Finances de poursuivre la consolidation budgétaire. Le Projet de loi de finances 2026, déposé à l’Assemblée nationale, prévoit en effet une réduction du déficit budgétaire, qui passera de 7,8 % à 5,8 %, un signe de rigueur et de prudence dans la gestion des finances publiques.

Ces annonces interviennent dans un climat de dialogue renouvelé entre le secteur public et le secteur privé, à travers ces Assises de l’entreprise placées sous le thème « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables ». Elles traduisent une volonté affirmée du gouvernement de rétablir la confiance, d’assainir les relations financières avec les entreprises et de consolider les bases d’une croissance inclusive et durable.

Assises de l’entreprise : Baïdy Agne alerte sur les contentieux bancaires et le manque de concertation fiscale

Les Assises de l’entreprise, organisées par le Conseil national du patronat (CNP), ont été marquées par une intervention forte du président du patronat sénégalais, Baïdy Agne, qui a mis en lumière les difficultés croissantes auxquelles font face les entreprises du pays. Lors de la cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, et en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont Déthié Fall, Olivier Boucal et Amadou Ndieck Sarré, le président du CNP a dénoncé les multiples entraves au développement du secteur privé national, notamment les contentieux bancaires, le manque de concertation sur les codes des impôts et des douanes, ainsi que le retard dans l’apurement de la dette intérieure.

Baïdy Agne a d’abord souligné l’urgence de « rectifier le tir » afin de permettre aux entreprises sénégalaises de mieux saisir les opportunités économiques qui s’offrent au continent africain. Selon lui, le climat des affaires demeure fragilisé par une série de contraintes structurelles, notamment le poids des contentieux bancaires. À ce titre, il a révélé que le montant global des créances bancaires en contentieux judiciaire dépasse désormais 750 milliards de francs CFA, un chiffre alarmant qui freine le financement de l’économie nationale.

Pour le président du CNP, la situation du Tribunal de Commerce de Dakar mérite une attention particulière. Il appelle à son désengorgement, estimant que la lenteur dans le traitement des affaires commerciales a un impact direct sur la compétitivité des entreprises et la fluidité des affaires.

Revenant sur le thème central des Assises — « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables » —, Baïdy Agne a rappelé que la santé de l’entreprise sénégalaise reste fragile dans plusieurs secteurs, même si les entrepreneurs continuent d’afficher un optimisme mesuré. « L’entreprise ne bute jamais sur des difficultés ni ne contourne les obstacles », a-t-il déclaré, avant de souligner que la croissance durable repose avant tout sur l’investissement, la productivité et une meilleure mobilisation des ressources internes.

Dans ce cadre, il a plaidé pour un dialogue plus ouvert et inclusif entre les pouvoirs publics et le secteur privé, notamment dans la conception des nouveaux Codes des Impôts et des Douanes. Selon lui, le manque de communication entre les directions générales concernées et le patronat crée une situation de méfiance et alimente les tensions fiscales. « Rien ne filtre du huis clos des deux Directions générales », a-t-il regretté, appelant à un retour des concertations techniques afin d’éviter les incompréhensions, les sanctions injustifiées et les contentieux répétitifs.

Le président du CNP a également abordé la pression fiscale que subissent les mêmes contribuables, dénonçant un déséquilibre dans la répartition des charges. Il a réaffirmé la volonté du patronat de promouvoir le civisme fiscal, mais souhaite que la loi sur la souveraineté économique soit élaborée avec une réelle implication des acteurs privés.

Baïdy Agne a par ailleurs évoqué le rôle du secteur des assurances, qu’il juge stratégique dans le financement de l’économie nationale. Il a rappelé que ce secteur représente plus de 631 milliards de francs CFA d’investissements et de placements, dont 25 % en obligations et valeurs d’État. Il a plaidé pour la mise en place d’un cadre réglementaire favorisant la création de marchés secondaires, afin de rendre les actifs plus liquides et de stimuler la croissance.

Enfin, le président du CNP a insisté sur la dette intérieure, appelant à son apurement progressif pour soulager les entreprises en difficulté. Il souhaite que les paiements dus soient accélérés et que les délais d’attente soient réduits au strict minimum, en accordant une priorité aux secteurs les plus vulnérables.

Ces Assises de l’entreprise se tiennent dans un contexte économique marqué par la recherche de souveraineté économique, de compétitivité et d’emplois durables. Le discours de Baïdy Agne résonne comme un appel à un partenariat renouvelé entre l’État et le secteur privé, afin de bâtir un environnement propice à la croissance, à la stabilité et à l’investissement productif au Sénégal.

Forum national du Livre : le Président Diomaye veut faire de Dakar un hub régional de l’édition et de la création intellectuelle

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé ce jeudi à Dakar la volonté du gouvernement de hisser la capitale sénégalaise au rang de pôle régional majeur de l’édition, du livre et de la création intellectuelle. Il présidait la cérémonie d’ouverture du Forum national sur le livre et la lecture, tenu sous le thème “L’éducation par le livre pour une souveraineté éclairée”, un rendez-vous qui marque une étape importante dans la redéfinition de la politique culturelle et éducative du Sénégal.

Dans son allocution, le chef de l’État a rappelé que la culture, le savoir et la pensée critique constituent les leviers d’une véritable souveraineté nationale. Il a souligné que le livre doit redevenir un outil central dans la formation citoyenne, intellectuelle et morale de la jeunesse, à l’heure où le pays s’engage sur la voie de la refondation de son système éducatif.

Le président Diomaye Faye a annoncé la volonté du gouvernement de réinventer la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK), afin d’en faire un cadre plus dynamique, tourné vers l’innovation et la promotion des métiers de l’édition. Il a également insisté sur la nécessité d’ancrer Dakar comme “un hub culturel et intellectuel pour toute la sous-région ouest-africaine”, en renforçant la coopération entre éditeurs, auteurs et institutions éducatives.

Le Forum national du livre et de la lecture, a-t-il expliqué, constitue “un moment fondateur d’un dialogue sincère et d’un pacte renouvelé entre l’État et les acteurs du livre”. Cette rencontre, réunissant éditeurs, écrivains, bibliothécaires, enseignants et institutions publiques, vise à identifier les défis structurels du secteur et à proposer des solutions concrètes pour sa modernisation.

Parmi les priorités évoquées figurent la modernisation des bibliothèques et salles de lecture, la structuration et le financement du sous-secteur du livre, ainsi que les enjeux liés à la numérisation et à l’intelligence artificielle, appelées à transformer durablement le paysage éditorial sénégalais.

Le président Faye a aussi insisté sur la valorisation des langues nationales dans la production littéraire, qu’il considère comme un impératif pour consolider l’identité culturelle et exprimer la pensée sénégalaise dans sa propre grammaire. « La souveraineté culturelle et intellectuelle passe par la reconquête de notre parole propre. Il n’est pas possible de transformer durablement une nation sans transformer d’abord son imaginaire, sans élever ses lectures, sans nourrir sa pensée », a-t-il déclaré avec conviction.

Dans un moment empreint d’émotion, le chef de l’État a rendu hommage aux grandes figures des lettres sénégalaises disparues, saluant leur héritage et leur rôle dans la promotion du livre et de la lecture. Il a également exprimé sa reconnaissance aux professionnels du secteur, femmes et hommes “dont l’engagement traduit un patriotisme éclairé et une citoyenneté assumée”.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que les écrivains, éditeurs et acteurs du monde du livre sont “les dépositaires d’une mission essentielle” : celle de tenir éveillée la conscience nationale, d’entretenir la flamme du savoir et de préserver la dignité de l’esprit. Pour lui, faire de Dakar un centre de rayonnement intellectuel et éditorial, c’est aussi affirmer la place du Sénégal dans la renaissance culturelle africaine.

« Diffusion de fausses nouvelles » : Soya Diagne envoyé en prison

Le journaliste Soya Diagne, directeur du site d’information en ligne Ledakarois221, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi par le Doyen des juges d’instruction, selon des informations rapportées par la RFM. Il passera ainsi sa première nuit en détention, après avoir été inculpé pour plusieurs chefs d’accusation, dont diffusion de fausses nouvelles, discours contraires aux bonnes mœurs, et actes ou manœuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions de la République.

Les faits qui lui sont reprochés découlent d’une publication sur les réseaux sociaux. Soya Diagne aurait partagé un post du blogueur Akhenaton, dans lequel des propos jugés diffamatoires et dénigrants visaient El Malick Ndiaye, l’actuel président de l’Assemblée nationale. Cette reprise de contenu aurait suffi à déclencher la procédure judiciaire, les autorités estimant que le journaliste a contribué à propager des informations susceptibles de troubler l’ordre public et de porter atteinte à l’honneur d’une institution.

L’affaire suscite déjà de vives réactions dans le milieu de la presse. Plusieurs confrères dénoncent une nouvelle atteinte à la liberté d’expression et appellent à une application mesurée des lois sur la cybercriminalité et la désinformation. D’autres, en revanche, rappellent la nécessité pour les journalistes et les administrateurs de plateformes en ligne de vérifier leurs sources avant toute diffusion d’information.

Ce nouveau cas relance le débat sur les limites de la liberté de presse au Sénégal, à l’heure où les autorités affichent leur détermination à lutter contre les « fausses nouvelles » et les dérives sur les réseaux sociaux. Soya Diagne reste en détention en attendant la suite de l’instruction.

Dakar-Marrakech-Bissau : un réseau de trafic de drogue démantelé, les suspects placés en garde à vue

Une opération conjointe entre les services de police sénégalais et marocains a permis de mettre à jour un vaste réseau de trafic de drogue reliant Marrakech, Dakar et Bissau. Cette action coordonnée, menée le 13 octobre dernier après une livraison piégée, s’est soldée par plusieurs arrestations à Yarakh et Pikine, dans la banlieue dakaroise, ainsi que par la saisie de plus de 25 kilogrammes de cannabis. Les suspects interpellés ont depuis été placés en garde à vue.

L’affaire a débuté à Marrakech, lorsque les autorités marocaines ont découvert, au début du mois d’octobre, six kilogrammes de cannabis soigneusement dissimulés dans des chauffe-eau électriques. Pris de panique après cette découverte, le transporteur sénégalais impliqué a aussitôt alerté la police. Cet acte a déclenché une opération transfrontalière impliquant l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) du Sénégal, en étroite collaboration avec les services marocains, selon les informations rapportées par Les Échos dans sa parution de ce jeudi.

Les enquêteurs ont alors décidé de piéger la cargaison. Le cannabis a été remplacé par une matière inoffensive, dans le but de remonter toute la chaîne du réseau jusqu’à Dakar. Le 13 octobre, les agents sénégalais ont intercepté la livraison à Yarakh, un quartier populaire de la capitale. Sur place, ils ont arrêté B.D., un individu détenteur de la double nationalité sénégalaise et bissau-guinéenne, accompagné de deux complices qui tentaient de récupérer le colis dans un entrepôt discret.

L’opération ne s’est pas arrêtée là. Une deuxième descente à Pikine-Technopole a permis la saisie de 25 kilogrammes supplémentaires de cannabis, ainsi qu’une série d’objets suspects : passeports africains et européens, cartes d’identité, chéquiers, cartes bancaires, cinq téléphones portables et deux véhicules. Ces découvertes ont mis en évidence un réseau structuré et solidement implanté dans la sous-région, opérant à travers plusieurs circuits logistiques et financiers.

Les premiers éléments de l’enquête désignent B.L.T., basé en Guinée-Bissau, comme le cerveau présumé de ce trafic. C’est lui qui aurait coordonné l’acheminement de la drogue entre les différents pays impliqués. Cette affaire illustre la montée des flux illicites à travers l’Afrique de l’Ouest, où les trafiquants exploitent les failles frontalières et les corridors commerciaux pour leurs activités criminelles.

L’opération a également mis en lumière la coopération croissante entre Dakar et Rabat dans le domaine sécuritaire. Confrontés à la recrudescence du narcotrafic, les deux États ont choisi d’unir leurs efforts. Cette collaboration a été saluée par de nombreux observateurs comme « un modèle d’efficacité et de solidarité régionale » face à un fléau transnational. « Aucun pays ne peut lutter seul contre ce phénomène », confie une source proche du dossier, soulignant la nécessité de renforcer les échanges d’informations et les opérations conjointes.

Entre ingéniosité criminelle et vigilance policière, cette opération réussie démontre que la lutte contre le trafic de drogue n’a pas de frontières. Le Sénégal, déterminé à assainir son territoire face à la menace du narcotrafic, entend poursuivre les investigations pour identifier d’autres complices et démanteler les ramifications régionales de ce réseau tentaculaire. L’enquête se poursuit sous la supervision conjointe des autorités sénégalaises et marocaines.

Budget 2026 : la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale se partagent plus de 100 milliards FCFA

Le projet de loi de finances 2026, présenté par le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, détaille avec précision les allocations budgétaires destinées aux principales institutions de la République. Dans un contexte de rigueur, de rationalisation et de transparence, la Présidence de la République, la Primature et l’Assemblée nationale voient leurs enveloppes financières adaptées à leurs missions, conformément à la politique d’assainissement des finances publiques mise en avant par l’exécutif.

Pour l’exercice 2026, la Présidence de la République bénéficiera d’un budget global de 56,01 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et de 17,01 milliards de francs CFA en crédits de paiement. Cette dotation, selon les précisions du document budgétaire, comprend d’importants concours extérieurs, parmi lesquels 48 milliards proviennent de la Banque africaine de développement (BAD/FAD), 5 milliards de la coopération allemande via la KfW et 2 milliards de l’Agence française de développement (AFD). Ces ressources sont destinées à soutenir la mise en œuvre des programmes présidentiels axés sur la gouvernance, la diplomatie, la modernisation institutionnelle et la coopération internationale. L’objectif affiché est de permettre à la Présidence d’accompagner les grandes orientations du Plan de Redressement économique et social, tout en garantissant la continuité des projets stratégiques de l’État.

La Primature, de son côté, se voit attribuer une enveloppe de 8,29 milliards de francs CFA. Cette somme intègre des appuis extérieurs conséquents, notamment un don de 2,86 milliards de l’AFD, 4,17 milliards du Fonds mondial et un prêt de 1,25 milliard de la Banque islamique de développement (BID). Ces ressources permettront à la Primature d’assurer efficacement la coordination des politiques gouvernementales, la supervision des réformes structurelles et le suivi de la performance administrative. L’enveloppe servira également à appuyer la mise en œuvre du Plan de Redressement économique et social (PRES), un pilier majeur du programme gouvernemental visant la relance économique et la création d’emplois.

Quant à l’Assemblée nationale, elle disposera d’un budget de 25,11 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et de 24,86 milliards en crédits de paiement. Cette dotation vise à renforcer les capacités institutionnelles du Parlement, afin qu’il remplisse pleinement ses missions constitutionnelles de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et de diplomatie parlementaire. Le gouvernement insiste sur la nécessité d’un Parlement fort et efficace, garant de la redevabilité et du bon usage des deniers publics, dans un contexte où la rationalisation des dépenses institutionnelles demeure une priorité.

Ainsi, la Présidence, la Primature et l’Assemblée nationale se partagent une enveloppe globale dépassant les 100 milliards de francs CFA. Cette somme, bien que conséquente, s’inscrit dans une logique de gestion rigoureuse et de transparence prônée par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a réaffirmé à plusieurs reprises sa volonté de restaurer la discipline budgétaire et d’optimiser les ressources publiques.

Le projet de loi de finances 2026 introduit également un dispositif de suivi et de contrôle renforcé des dépenses publiques. Il fixe notamment les plafonds d’emplois à 1 962 agents pour la Présidence et 877 pour la Primature. Ce mécanisme vise à assurer une meilleure maîtrise de la masse salariale et une utilisation optimale des ressources humaines de l’État. Dans la même dynamique, une obligation de publication régulière des rapports d’exécution budgétaire est instaurée, afin de garantir la transparence et de permettre aux citoyens de suivre, en toute clarté, l’utilisation des fonds publics.

Le gouvernement affiche ainsi sa volonté de concilier efficacité institutionnelle, rigueur financière et redevabilité. En plaçant la transparence au cœur de la gestion des finances publiques, l’exécutif entend instaurer une nouvelle gouvernance budgétaire, plus sobre, plus responsable et tournée vers les résultats.

Fièvre de la Vallée du Rift : un deuxième cas confirmé à Dioffior, dans la région de Fatick

La fièvre de la Vallée du Rift refait surface dans la région de Fatick. Un deuxième cas a été confirmé dans la commune de Dioffior, selon les autorités sanitaires régionales. L’annonce a été faite par le directeur régional de la santé de Fatick, le Dr Assane Ndiaye, qui a apporté des précisions sur la situation.

Ce nouveau cas survient quelques jours après la détection d’un premier patient infecté dans la même localité. D’après les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), il s’agit d’un éleveur âgé d’une quarantaine d’années, récemment rentré de Dahra Djolof, une zone d’élevage située dans le nord-ouest du pays, connue pour son activité pastorale intense.

Le Dr Assane Ndiaye a indiqué qu’une équipe d’investigation a été immédiatement dépêchée sur le terrain afin de renforcer la surveillance épidémiologique et d’identifier d’éventuels cas contacts. Les services sanitaires locaux travaillent en coordination avec les autorités administratives et vétérinaires pour circonscrire la propagation de la maladie.

La fièvre de la Vallée du Rift, zoonose virale transmise principalement par les moustiques et affectant aussi bien les animaux que les humains, peut provoquer des pertes importantes dans les cheptels et représenter un risque sanitaire pour les populations rurales.

Les autorités sanitaires appellent à la vigilance, notamment chez les éleveurs et les habitants des zones à risque, en les invitant à signaler tout cas suspect d’abattement ou de fièvre inexpliquée chez l’homme ou l’animal. Des mesures préventives, incluant la désinsectisation et la sensibilisation communautaire, sont également en cours pour contenir la résurgence de la maladie dans la région de Fatick.

Nominations dans l’enseignement supérieur et la recherche : de nouveaux responsables à l’ANRSA et à l’ISBEA

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une série de nominations importantes dans le secteur de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Ces décisions, rendues publiques ce mercredi, interviennent dans un contexte de renforcement des structures académiques et scientifiques du pays.

Au niveau de l’Agence nationale de recherche scientifique appliquée (ANRSA), Monsieur Albinou Ndecky, maître de conférences titulaire, a été nommé secrétaire général de l’agence. Il succède à Monsieur Abdourahmane Tamba, qui a été admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. Cette nomination s’inscrit dans la volonté de dynamiser la recherche scientifique appliquée et de renforcer la coordination des activités de l’agence. Parallèlement, Madame Fatimata Diallo, gestionnaire expérimentée, a été désignée présidente du Conseil de surveillance de l’ANRSA, en remplacement de Monsieur Moustapha Ndir. Ce changement à la tête du conseil de surveillance vise à assurer un meilleur suivi des orientations stratégiques de l’agence et à garantir une gouvernance efficace.

Dans le même esprit, l’Institut sénégalo-britannique de l’enseignement de l’anglais (ISBEA) connaît également un renouvellement à sa direction. Madame Marème Sarr, professeur d’enseignement secondaire, matricule de solde n°609251/Q, a été nommée directrice de l’institut. Elle prend la succession de Monsieur Arfang Dabo, qui a, lui aussi, été admis à faire valoir ses droits à la retraite. Cette nomination intervient dans le cadre du renforcement des capacités pédagogiques de l’ISBEA et de l’amélioration de l’enseignement de l’anglais au Sénégal. Par ailleurs, Monsieur Racine Dia, également professeur d’enseignement secondaire, a été porté à la présidence du Conseil d’administration de l’ISBEA, succédant à Monsieur Boubacar Siguiné Sy. Ce renouvellement à la tête du conseil d’administration vise à consolider la stratégie de développement de l’institut et à renforcer l’efficacité de sa gouvernance.

Washington : Le Sénégal et le FMI vers un nouveau partenariat financier

La « Dream team » du gouvernement sénégalais, conduite par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a rencontré ce mercredi 15 octobre à Washington la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva. Cette rencontre marque une étape importante dans les relations économiques entre Dakar et l’institution de Bretton Woods, alors que le Sénégal cherche à consolider sa trajectoire macroéconomique et à sécuriser un nouveau programme de financement.

Selon les informations issues de cette réunion, les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions au cours des prochaines semaines afin de finaliser un éventuel accord. Le Sénégal et le FMI ont décidé d’avancer « conjointement » vers la soumission d’un nouveau dossier au Conseil d’administration du Fonds. Dans cette dynamique, une mission du FMI est d’ailleurs attendue à Dakar la semaine prochaine pour approfondir les échanges et évaluer les priorités économiques du pays.

Au sortir de la rencontre, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a livré un message fort à l’endroit du FMI, insistant sur la vision et les engagements du gouvernement sénégalais. Dans un post publié sur sa page Facebook, il a rappelé que le Sénégal a fait « le choix de la transparence et de la discipline macroéconomique ». Selon lui, « la VÉRITÉ est que la première ressource d’un pays n’est pas l’endettement mais la CONFIANCE ».

Le ministre a également tenu à souligner le rôle essentiel que le FMI doit jouer dans ce contexte. « Le FMI a un rôle à jouer de ce point de vue, car c’est un bien public qui peut donner gage de confiance face à un leadership politique crédible », a-t-il écrit.

Cette déclaration résonne comme un appel à la responsabilité et à la réactivité de l’institution internationale, au moment où le Sénégal traverse un tournant décisif de sa trajectoire économique. Le gouvernement sénégalais affiche ainsi sa volonté de maintenir une gouvernance rigoureuse et de renforcer la crédibilité financière du pays, tout en mobilisant l’appui de ses partenaires pour soutenir ses ambitions de développement durable.

Migration irrégulière : 123 candidats interceptés au large de Sangomar par la Marine nationale sénégalaise

La Marine nationale sénégalaise a annoncé, dans la soirée du lundi 13 octobre 2025, avoir intercepté une pirogue transportant 123 candidats à l’émigration irrégulière au large de Sangomar, à environ 110 kilomètres des côtes. L’embarcation, partie d’un pays voisin selon les premières informations, a été repérée par les dispositifs de surveillance maritime avant que les unités navales n’interviennent pour porter secours à ses passagers.

D’après un communiqué publié sur la page X (ex-Twitter) de la Marine nationale, l’opération de sauvetage s’est déroulée dans des conditions difficiles, en raison des courants marins et du nombre élevé de passagers à bord. Les 123 migrants, parmi lesquels figuraient plusieurs femmes et jeunes hommes, ont été secourus et ramenés sains et saufs à la Base navale Amiral Faye Gassama, à Dakar. Une fois sur place, ils ont été remis aux autorités compétentes pour identification, soins médicaux et audition.

Cette nouvelle interception intervient dans un contexte de recrudescence des tentatives de migration irrégulière vers l’Europe, notamment vers les îles Canaries. En l’espace de deux semaines, la Marine nationale a procédé à plusieurs opérations similaires. Le 27 septembre dernier, une autre pirogue transportant 282 migrants avait été secourue au large de Dakar, tandis que deux jours auparavant, une embarcation avec 142 personnes à bord avait été interceptée en coordination avec l’Armée de l’Air. Ces opérations traduisent une intensification des départs, souvent organisés par des réseaux transfrontaliers de passeurs qui exploitent la vulnérabilité des jeunes Africains à la recherche d’un avenir meilleur.

Les autorités militaires affirment que ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie nationale de surveillance et de sécurisation des côtes sénégalaises. La Marine nationale, appuyée par l’Armée de l’Air et la Gendarmerie maritime, déploie régulièrement des patrouilles dans les zones à haut risque, notamment autour de Sangomar, Joal, Mbour et Saint-Louis, devenues des points de départ fréquents pour les migrants.

Au-delà de la dimension sécuritaire, cette situation met en lumière la persistance des causes profondes de la migration irrégulière : chômage massif, manque d’opportunités économiques, pauvreté, et désespoir social. Beaucoup de jeunes, confrontés à une précarité accrue, continuent de céder aux promesses illusoires des passeurs, malgré les dangers connus des traversées clandestines.

Les autorités sénégalaises, en partenariat avec des organisations internationales comme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), multiplient les campagnes de sensibilisation et les programmes d’insertion socio-économique. Cependant, les résultats restent limités face à la pression migratoire croissante et au pouvoir d’attraction du rêve européen.

La Marine nationale, dans son communiqué, a rappelé que la mer n’est pas une voie de salut mais un cimetière pour des milliers de jeunes Africains. Elle a renouvelé son engagement à poursuivre sans relâche les opérations de surveillance et de secours, tout en appelant à une coopération régionale plus soutenue pour endiguer le phénomène à sa source.

Cette nouvelle interception au large de Sangomar vient ainsi s’ajouter à la longue liste des opérations de sauvetage menées ces dernières semaines, soulignant une fois de plus l’urgence d’une réponse globale et concertée à la crise migratoire qui frappe l’Afrique de l’Ouest.

Hausse du prix de l’électricité : Noo Lank dénonce une « injustice énergétique » et appelle à une grande mobilisation le 17 octobre

Le collectif citoyen Noo Lank a tenu, ce lundi 13 octobre à Dakar, une conférence de presse au ton particulièrement ferme pour dénoncer ce qu’il qualifie de « cherté injustifiée de l’électricité » au Sénégal. Face à la hausse continue des tarifs appliqués par la SENELEC, les membres du mouvement ont fustigé un système de tarification qu’ils jugent « injuste, déséquilibré et socialement insoutenable ». Noo Lank a ainsi annoncé une grande mobilisation populaire prévue pour le vendredi 17 octobre 2025, afin d’exiger du gouvernement des mesures concrètes pour soulager les ménages et les entreprises.

Au cours de cette rencontre avec la presse, les porte-parole du collectif ont dressé un tableau alarmant de la situation énergétique actuelle. Selon eux, les Sénégalais font face à des factures d’électricité exorbitantes et à des consommations jugées anormalement élevées, notamment avec les compteurs prépayés Woyofal. Cette situation, dénoncent-ils, engendre une pression économique insupportable sur les familles, un effondrement du pouvoir d’achat et une asphyxie progressive des petites et moyennes entreprises, ainsi que des startups qui n’arrivent plus à supporter leurs charges mensuelles. Pour Noo Lank, cette crise traduit « l’échec d’une politique énergétique au service des intérêts privés plutôt que de l’intérêt national ».

Le collectif explique avoir tenté à plusieurs reprises d’engager le dialogue avec les autorités pour trouver des solutions, mais sans succès. Une rencontre prévue avec le ministère de l’Énergie n’a finalement pas eu lieu pour des raisons de coordination. Toutefois, Noo Lank affirme avoir échangé avec la Convergence syndicale des travailleurs de la SENELEC, le directeur général de la société et Habib Sy, président du conseil d’administration. Ces discussions ont permis, selon le mouvement, de confirmer que la situation dénoncée par les citoyens correspond bien à une réalité vécue au quotidien : celle d’un réseau énergétique en crise et d’une gestion financière fragilisée par l’endettement et la dépendance.

Le système de tarification est au cœur des critiques formulées par le collectif. Noo Lank dénonce un modèle qui ne prend pas en compte les disparités sociales ni les efforts de paiement anticipé consentis par les usagers du compteur Woyofal. Selon eux, il est injustifiable que le tarif appliqué soit identique pour les consommateurs prépayés et ceux du système postpayé. Le collectif souligne que Woyofal, en permettant à la SENELEC de bénéficier d’une avance de trésorerie tout en éliminant les risques d’impayés, devrait logiquement être accompagné d’un tarif préférentiel. « Woyofal doit signifier soulagement et non souffrance. Ce système doit bénéficier d’un allègement tarifaire sur toutes les tranches pour jouer pleinement son rôle social », soutient le mouvement.

Dans sa déclaration, Noo Lank ne se limite pas à la dénonciation, mais avance également une série de recommandations. Le collectif appelle le gouvernement à s’attaquer aux causes structurelles de la crise énergétique en commençant par le paiement immédiat de la dette de l’État envers la SENELEC, une dette qui, selon certaines estimations, pèse lourdement sur le fonctionnement de la société nationale. Il plaide aussi pour une augmentation de la capacité nationale de production afin de réduire les coupures récurrentes d’électricité qui affectent l’économie et la qualité de vie des citoyens.

Noo Lank exhorte également l’État à réduire progressivement la dépendance aux producteurs indépendants d’électricité (IPP) qui assurent près de 70 % de la production nationale, une dépendance jugée dangereuse pour la souveraineté énergétique du pays. Dans le même esprit, le collectif insiste sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du projet gazier Yakaar-Teranga, censé permettre une réduction significative des coûts de production à moyen terme. Par ailleurs, Noo Lank réclame une renégociation transparente des contrats énergétiques et gaziers conclus avec des opérateurs étrangers, afin qu’ils soient véritablement au service du développement national et non de la rente privée.

En attendant des réponses concrètes, Noo Lank maintient son appel à la mobilisation citoyenne du vendredi 17 octobre. Le rassemblement, prévu à partir de 15 heures, se déroulera du rond-point Sipres au rond-point Pentola, sur les deux voies de Liberté 6, à Dakar. Les organisateurs assurent qu’il s’agira d’une marche « pacifique, populaire et déterminée » destinée à interpeller les autorités sur l’urgence d’une réforme profonde du système énergétique.

Pour le collectif, la lutte contre la cherté de l’électricité dépasse le simple enjeu économique : elle touche au cœur même de la justice sociale et du droit à une vie décente. « L’électricité n’est pas un luxe, c’est un droit social et un levier de développement. Tant que ce droit sera bafoué, nous continuerons à nous battre », a conclu Noo Lank dans sa déclaration finale, invitant l’ensemble des citoyens, syndicats et organisations sociales à se joindre à leur mouvement pour faire entendre la voix du peuple.

Crise de confiance économique : Sénégal Bi Ñu Bokk dénonce la gouvernance « sans cap » du tandem Sonko-Diomaye après la dégradation de la note souveraine

La récente dégradation de la note souveraine du Sénégal par l’agence de notation américaine Moody’s continue de susciter des réactions politiques et économiques dans le pays. Le mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk a réagi avec fermeté, dénonçant une « crise de confiance majeure » née, selon lui, d’une gouvernance budgétaire sans direction claire et d’une communication gouvernementale jugée « imprudente et déstabilisatrice ».

Dans un communiqué rendu public, le mouvement dirigé par des figures de la société civile et d’anciens cadres économiques estime que cette dégradation à la note « Caa1 » — la troisième en moins d’un an — est la conséquence directe des « errements et contradictions » du gouvernement. Pour Sénégal Bi Ñu Bokk, cette décision marque « une perte de crédibilité sans précédent du Sénégal sur les marchés financiers internationaux », alors que le pays connaissait auparavant une réputation de stabilité et de bonne gestion budgétaire.

Les membres du mouvement rappellent que cette baisse de la note, couplée à la suspension du programme du Fonds monétaire international (FMI), place désormais le Sénégal dans la catégorie des débiteurs à haut risque, rendant plus difficile et plus coûteux l’accès au financement extérieur. Selon leurs analyses, le pays se retrouve aujourd’hui à emprunter sur les marchés internationaux à des taux dépassant les 7 %, une situation qualifiée d’« intenable » à moyen terme. Le ratio dette/PIB, quant à lui, frôlerait désormais les 119 %, soit le plus haut niveau de l’histoire financière du Sénégal moderne.

Sénégal Bi Ñu Bokk insiste sur les conséquences sociales de cette dérive financière, soulignant que chaque hausse du coût de la dette se traduit par des sacrifices sur les investissements publics. Concrètement, cela signifie moins de budgets pour les écoles, les hôpitaux, les infrastructures régionales et les programmes d’emploi des jeunes. Le mouvement estime que la population sénégalaise paie le prix d’une politique économique marquée par « l’improvisation et la communication », plutôt que par la rigueur et la planification.

Les responsables du mouvement pointent du doigt une déclaration jugée « désastreuse » du Premier ministre Ousmane Sonko, faite en 2024, évoquant l’existence d’une « dette cachée de plusieurs milliers de milliards de francs CFA ». Selon eux, cette sortie publique a eu l’effet d’une bombe dans les milieux financiers internationaux, provoquant un effondrement de la confiance et un renchérissement immédiat du coût de la dette. Ils accusent également le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement de manquer de coordination, évoquant « une cacophonie économique où les chiffres changent chaque semaine et où les ministres se contredisent dans leurs déclarations ».

Le communiqué du mouvement déplore une hausse continue des impôts et des taxes, présentée comme une solution de facilité pour combler les déficits, mais qui asphyxie selon eux les ménages et les petites entreprises déjà fragilisées par l’inflation. Le mouvement y voit le signe d’une perte de maîtrise budgétaire, aggravée par l’absence d’une stratégie économique claire depuis la transition politique de 2024.

Au-delà des finances publiques, Sénégal Bi Ñu Bokk alerte également sur une crise sanitaire croissante, citant les 140 cas confirmés et 18 décès dus à la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) recensés au 10 octobre 2025, principalement dans la région de Saint-Louis. Le mouvement accuse les autorités sanitaires d’improvisation et d’inaction, déplorant l’absence d’un plan national d’urgence sanitaire malgré la gravité de la situation. Cette double crise, économique et sanitaire, serait selon eux la conséquence d’une gouvernance « sans boussole, sans anticipation et sans cohérence ».

Face à ce constat, Sénégal Bi Ñu Bokk formule plusieurs exigences de transparence et de réforme. Il appelle d’abord le gouvernement à publier immédiatement le rapport d’audit du cabinet Forvis-Mazars sur la dette publique, ainsi que le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et le rapport budgétaire de la Cour des comptes. Ces documents permettraient, selon eux, de « faire toute la lumière sur l’état réel des finances de l’État et sur la gestion de la dette publique ».

Le mouvement propose également la centralisation de la dette dans un compte unique du Trésor pour mieux en assurer la traçabilité, la publication mensuelle des statistiques budgétaires, à l’instar des pays modèles du continent comme le Rwanda, et une réforme profonde du système fiscal afin de le rendre plus équitable et plus favorable au développement économique.

En conclusion, Sénégal Bi Ñu Bokk estime que le Sénégal traverse une crise de confiance sans précédent, où la perte de crédibilité financière s’ajoute à un climat social tendu. Pour ses responsables, il est urgent de « restaurer la vérité, la justice, la transparence et le courage politique », car chaque erreur de gouvernance se traduit aujourd’hui par des prix plus élevés, des taxes nouvelles et des emplois perdus.

Farba Ngom : ses avocats exigent la mainlevée du mandat de dépôt face à un état de santé préoccupant

Le dossier judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr dans une affaire présumée de blanchiment et de détournement de fonds continue de susciter de vives tensions. Ce dimanche 12 octobre, Me Baboucar Cissé, avocat du pool de défense de Farba Ngom, a officiellement demandé la mainlevée du mandat de dépôt de son client, dénonçant un non-respect flagrant des droits de la défense et des procédures pénales. Selon lui, Farba Ngom, placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février, et Tahirou Sarr, incarcéré le 28 février, n’ont jamais été entendus sur le fond de l’affaire malgré neuf mois de détention.

Me Cissé a insisté sur l’état de santé critique de Farba Ngom, soulignant que dès le jour de son inculpation, ce dernier avait fourni un dossier médical complet au juge, demandant une expertise qui n’a jamais été prise en compte. Après l’opposition du procureur, trois professeurs-médecins civils ont confirmé la gravité de la situation, précisant que Farba Ngom courait un risque de « mort subite ». L’avocat a dénoncé l’interprétation erronée de l’alinéa 2 de l’article 140 du Code de procédure pénale, qui prévoit la mainlevée du mandat de dépôt lorsque l’état de santé du détenu est incompatible avec la détention. Il a ainsi réclamé la sortie de prison de son client, éventuellement sous contrôle judiciaire.

Me Cissé a par ailleurs critiqué la loi régissant la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qu’il qualifie de « loi scélérate » pour son non-respect du principe du contradictoire et pour avoir permis une incarcération préventive sans preuves tangibles. Il a rappelé que, dans ce dossier, aucune preuve n’atteste que Farba Ngom et son co-prévenu auraient détourné les 125 milliards de francs CFA qui leur sont reprochés. L’avocat a notamment questionné l’absence d’interventions des inspecteurs du Trésor et le manque de détails budgétaires dans le dossier, qui auraient dû clarifier la provenance réelle de ces fonds.

Au-delà des aspects financiers, Me Cissé a dénoncé un déséquilibre dans le traitement de certaines affaires et a appelé au strict respect des droits de la défense, « sacrés » selon la Constitution sénégalaise. Il a souligné qu’il est inconcevable de maintenir Farba Ngom et Tahirou Sarr en détention pendant neuf mois sans les entendre sur un dossier de 125 milliards de francs CFA, et a insisté sur la nécessité de permettre à son client de se défendre dans les plus brefs délais.

Cette demande de mainlevée s’inscrit dans un contexte où la défense de Farba Ngom met en avant l’urgence médicale et les lacunes procédurales, appelant les autorités judiciaires à prendre des mesures conformes à la loi pour garantir la protection de la santé et des droits fondamentaux de leur client.

Thierno Lô dénonce une justice « revancharde » et défend la stratégie de Madiambal Diagne

L’ancien ministre et président de l’Alliance pour la Paix et le Développement (APD), Thierno Lô, a profité de son passage dans l’émission Face au Jury diffusée ce dimanche 12 octobre sur PressAfrik pour livrer une analyse percutante sur la situation politique et judiciaire actuelle du Sénégal. Sans langue de bois, il a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive de la justice sénégalaise, qu’il qualifie de « revancharde », tout en apportant son soutien à Madiambal Diagne, dont il estime que le départ du pays relève d’une « stratégie de défense » et non d’une fuite.

Dès le début de son intervention, Thierno Lô a remis en cause la légitimité de certaines détentions dans le cadre de la politique de reddition des comptes mise en œuvre par le gouvernement. Évoquant le cas de l’ancien ministre Mansour Faye, il a affirmé que son incarcération était « arbitraire » et motivée davantage par des considérations politiques que juridiques. « Je savais que s’il se présentait devant le juge, il allait être libéré parce qu’il était dans la légalité. Il est parti d’un décret, il a fait un appel. On l’a mis en prison juste parce qu’il est le beau-frère de l’ancien président Macky Sall », a-t-il déclaré. L’ancien ministre a ajouté que le pays faisait face à « une justice revancharde », où certains juges ou procureurs semblent agir sous l’influence de règlements de comptes politiques.

Abordant la question des réformes institutionnelles, Thierno Lô s’est montré dubitatif face à la multiplication des dialogues nationaux et autres forums. Selon lui, ces initiatives n’apportent aucun changement concret. « Les Sénégalais en ont marre des dialogues et des forums qui ne servent à rien. Les conclusions restent toujours dans les tiroirs », a-t-il déploré, soulignant la lassitude d’une population en quête de résultats concrets plutôt que de discours politiques.

Le président de l’APD s’est ensuite longuement attardé sur le dossier brûlant de Madiambal Diagne, journaliste et patron de presse accusé dans plusieurs affaires. Contrairement à ceux qui le qualifient de fugitif, Thierno Lô estime que son départ pour la France s’inscrit dans une stratégie de défense réfléchie. « On dit qu’il a fui, mais moi je ne considère pas ça comme une fuite. Pour moi, c’est une stratégie pour préparer sa défense », a-t-il expliqué, avant de justifier sa position. Selon lui, Madiambal Diagne aurait quitté le pays pour mettre en sécurité certains documents sensibles et mieux organiser sa riposte judiciaire.

« Madiambal dit qu’il détient des documents et il défie constamment le Premier ministre Ousmane Sonko. Il parle du protocole du Cap Manuel, du patrimoine du Premier ministre, de l’affaire Adji Sarr, du patrimoine bâti et d’autres dossiers. Il affirme qu’il possède une masse d’informations car il a été dans le système. Si tout cela est avéré, son départ n’est rien d’autre qu’une démarche pour préserver ces éléments et préparer sa défense », a expliqué Thierno Lô.

L’ancien ministre a même anticipé le retour du journaliste en évoquant un plan d’action bien orchestré. « Si c’est le Madiambal que je connais, quand il reviendra au Sénégal, il le fera avec un pool d’avocats et en compagnie de la presse internationale pour mener son combat », a-t-il déclaré, laissant entendre que cette affaire pourrait bientôt prendre une dimension internationale.

Dans la dernière partie de son intervention, Thierno Lô a élargi son propos en analysant les racines profondes des dysfonctionnements du pays. Pour lui, le problème du Sénégal n’est pas lié aux institutions ou aux textes, mais aux hommes qui les incarnent. « Nous n’avons ni un problème de texte, ni un problème de système. Nous avons un problème d’animateurs des systèmes. Si on prenait les gens d’ici et qu’on les mettait en France, et inversement, dans deux ans la France serait un pays sous-développé et le Sénégal un pays développé », a-t-il lancé, dans une formule choc illustrant sa vision d’un État gangrené par l’incompétence et le manque d’éthique.

Cette sortie médiatique de Thierno Lô relance le débat sur la politisation de la justice, la place du journalisme d’investigation dans un contexte tendu, et la responsabilité des élites dans la construction d’un Sénégal plus juste et plus équitable. À travers ses propos, l’ancien ministre appelle implicitement à un sursaut national pour réhabiliter la justice, protéger les libertés et restaurer la confiance entre institutions et citoyens.

Moody’s dégrade la note souveraine du Sénégal à Caa1 face à des inquiétudes sur la dette et la liquidité

L’agence de notation Moody’s a abaissé, ce vendredi, les notes d’émetteur à long terme du Sénégal en devises étrangères et locales de B3 à Caa1, tout en maintenant une perspective négative. Cette décision reflète l’accroissement des risques liés à la trajectoire de la dette publique et à la situation de liquidité du pays depuis le début de l’année 2025.


Selon Moody’s, la dette publique du Sénégal a été réévaluée à 119 % du PIB pour l’année 2024, ce qui complique fortement les efforts d’ajustement budgétaire, malgré les avantages de l’appartenance du pays à l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Le ratio d’endettement du pays, estimé à 581 % des recettes publiques en 2024, dépasse largement la médiane observée pour les émetteurs souverains notés B (283 %) et pour les pairs notés Caa (355 %). Cette situation place le Sénégal parmi les marchés émergents et frontières ayant le niveau d’endettement le plus élevé au monde.


L’agence de notation a également relevé la lenteur des progrès concernant la négociation d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette situation oblige le gouvernement à se financer davantage via le marché régional, plus coûteux, augmentant ainsi les risques de liquidité et fragilisant la soutenabilité de la dette. Bien que Moody’s estime dans son scénario de base que le pays pourrait bénéficier d’un soutien du FMI sans restructuration de la dette, la confiance dans cette hypothèse a diminué. Les négociations formelles avec le FMI sont prévues pour mi-octobre, l’agence anticipant un accord d’ici mi-2026.


Le Sénégal fait face à des besoins de financement bruts élevés, représentant environ 26 % du PIB pour cette année et pour 2026, avec des paiements d’intérêts estimés à 27 % des recettes publiques en 2026. Pour y répondre, le gouvernement a fortement recours au marché régional de l’UEMOA, émettant des bons et obligations du Trésor combinés équivalant à 8 % du PIB jusqu’à fin septembre, avec des taux compris entre 6,75 % et 7,75 %.


Moody’s a également abaissé les plafonds nationaux du Sénégal en monnaie locale et en devises étrangères, les ramenant respectivement à Ba3 et B1 contre Ba2 et Ba3 auparavant. La perspective négative maintenue par l’agence traduit les risques persistants pour la liquidité du pays, en particulier si des retards supplémentaires venaient à se produire dans la conclusion d’un accord avec le FMI. Une telle situation pourrait réduire le soutien financier externe et accroître la dépendance à des marchés régionaux aux capacités d’absorption limitées.


Cette dégradation de notation reflète donc non seulement les vulnérabilités financières et budgétaires du Sénégal, mais elle met également en évidence l’importance cruciale de parvenir rapidement à un nouvel accord avec le FMI pour stabiliser les perspectives économiques et sécuriser les financements nécessaires au fonctionnement de l’État et à la réalisation de ses projets de développement.

Dakar accueille le premier sommet régional sur les filles de l’Afrique de l’Ouest et du Centre : Maimouna Dieye appelle à un front unitaire pour leur épanouissement

Dakar a ouvert ses portes au tout premier sommet sur les Filles de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, un événement qualifié d’« initiative conjointe » réunissant l’UNICEF et le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités du Sénégal. Cette rencontre marque un engagement fort et unifié pour promouvoir l’épanouissement des jeunes filles dans la région et s’inscrit dans une dynamique de partenariat inédit avec les principales concernées : les filles elles-mêmes.

Lors de la cérémonie d’ouverture, la ministre sénégalaise de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Maimouna Dieye, a exprimé sa fierté d’accueillir ce sommet et a salué la présence massive de ses homologues de la sous-région comme la preuve d’une « convergence de vues » et d’une « détermination collective à créer un front unitaire, j’allais dire un bouclier solide contre tous les obstacles à l’épanouissement des filles en Afrique de l’Ouest et du Centre ». La ministre a insisté sur le fait que l’avenir des filles est désormais une « priorité absolue, stratégique et intergouvernementale » pour les Chefs d’État et Gouvernements de la région.

Le sommet se distingue par son approche novatrice, centrée sur l’élaboration d’un Agenda Régional commun qui sera « porté, par les filles, pour les filles ». Selon Mme Dieye, cette méthodologie place les bénéficiaires en première ligne de la conception et de la prise de décision, garantissant la pertinence des politiques publiques et valorisant le savoir-faire et les compétences extraordinaires des filles africaines. Elle a également rappelé leur parfaite maîtrise des enjeux et leur connaissance approfondie des solutions adaptées aux défis qu’elles affrontent.

Cette rencontre rassemble l’ensemble des parties prenantes, notamment la CEDEAO, la CEEAC, les partenaires au développement, les corps diplomatiques, les leaders religieux et traditionnels, la société civile, le secteur privé, et surtout les filles elles-mêmes. Mme Dieye a souligné que le choix de Dakar est hautement symbolique, trente ans après l’adoption de la position commune africaine fondant la Plateforme d’action de Beijing en 1995.

Au cours de son allocution, la ministre a rappelé les défis persistants auxquels font face les 74 millions de filles de la région, notamment les violences, les mariages précoces, les mutilations génitales ainsi que l’accès limité à la santé et à l’éducation, des fléaux accentués par les crises liées aux conflits, à l’instabilité économique et au dérèglement climatique. Elle a martelé que « ce sommet de Dakar vient à son heure » et constitue une plateforme pour dire « Assez ! ».

Les travaux, qui s’étaleront sur deux jours, auront pour objectif principal de finaliser l’Agenda Régional. Le point d’orgue de la rencontre sera le Dialogue Intergénérationnel de haut niveau, au cours duquel les jeunes filles présenteront leur Déclaration directement aux autorités politiques, incluant le Haut Représentant du Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.

En clôture de son discours d’ouverture, Maimouna Dieye a lancé un appel à transformer ce sommet en acte fondateur d’un mouvement régional puissant pour les filles et annoncé que l’illumination du Monument de la Renaissance Africaine reflétera « l’espoir de toute une génération », symbolisant l’engagement collectif pour un avenir meilleur des jeunes filles en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Aliou Sall et son épouse toujours en garde à vue malgré une caution de 240 millions FCFA : Me El Hadji Diouf dénonce

L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, et son épouse, Aïssata Sall, restent en détention au Pôle judiciaire financier, une situation qui suscite incompréhension et indignation de la part de leur avocat, Me El Hadji Diouf. Ce vendredi 10 octobre 2025, à l’issue de l’audition du couple devant le président du Collège des juges d’instruction, Me Diouf a exprimé son étonnement quant au maintien en garde à vue de ses clients alors que ceux-ci ont déposé une caution importante pour obtenir leur mise en liberté provisoire.

Selon l’avocat, Aliou Sall et son épouse ont versé en espèces un montant de 240 millions de FCFA à la Caisse des Dépôts et Consignations, répondant ainsi aux exigences pour leur libération. Cependant, le procureur, arrivé tardivement, n’a pas pu examiner la demande dans les délais impartis, ce qui a conduit au prolongement de la détention. Me Diouf insiste sur le fait que toutes les pièces justificatives concernant les opérations bancaires et les transactions liées au projet immobilier conduit par Aliou Sall ont été fournies. L’avocat assure qu’il n’existe aucun élément d’illégalité dans les démarches entreprises par ses clients.

Il a également relevé que les juges d’instruction n’étaient pas tenus de communiquer la demande de caution au procureur, et a indiqué que ce dernier s’est engagé à retourner le dossier lundi au président du Collège des juges d’instruction pour statuer sur la mise en liberté du couple. Me Diouf se montre confiant sur le fait qu’Aliou Sall et son épouse seront libérés après l’examen de cette caution.

L’avocat a par ailleurs déploré le maintien en garde à vue de ses clients durant le week-end, dénonçant ce qu’il qualifie « d’humiliation » et de « souffrance supplémentaire ». Il estime que le couple aurait pu rentrer chez lui et revenir sur convocation lundi, d’autant que, jusqu’à présent, aucun acte d’instruction n’a été formellement pris contre eux.

Cette situation met en lumière la lenteur des procédures judiciaires au Pôle judiciaire financier, alors même que le couple a respecté les exigences financières imposées par la justice. Le maintien en détention d’Aliou Sall et de son épouse, malgré la caution déposée, soulève des interrogations sur la gestion des dossiers et la communication entre les différentes instances judiciaires impliquées.

Hivernage 2025 : le ministère de l’Hydraulique dresse un bilan positif des opérations de préhivernage

Lors de la conférence de presse du gouvernement « Kàddu » tenue ce vendredi 10 octobre 2025, Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, a présenté un bilan détaillé des activités menées par son département dans le cadre de l’hivernage 2025 et des opérations de préhivernage.

Le ministre a souligné l’ampleur des interventions réalisées pour sécuriser le territoire face aux risques d’inondation. Il a indiqué que 594 kilomètres de canalisations ont été curés, accompagnés de l’entretien de plus de 10 hectares de bassins, ce qui a permis de mobiliser 6,7 millions de mètres cubes d’eau pompée. Pour assurer l’efficacité de ces opérations, 210 camions hydrocureurs ont été mobilisés sur l’ensemble du territoire.

Cheikh Tidiane Dièye a également mis en avant les innovations techniques introduites pour mieux anticiper les crues et gérer les flux d’eau. Il a ainsi annoncé l’installation de 10 stations hydrométriques automatiques, équipées de systèmes de télétransmission, ainsi que la mise en service d’un radar météorologique couvrant un rayon de 60 kilomètres entre Dakar, Mbour et Thiès. Ces outils permettront un suivi plus précis des niveaux d’eau et une meilleure préparation face aux intempéries.

Le ministre a par ailleurs détaillé les efforts réalisés pour réduire les risques de débordement fluvial. La construction de deux bassins de rétention à Kidira, d’une capacité de 20 000 m³ chacun, ainsi que le déplacement et l’indemnisation d’une trentaine de places d’affaires, ont été effectués pour limiter les impacts sur les populations et les infrastructures. À cela s’ajoutent huit digues totalisant 15 kilomètres, dont 3,5 kilomètres de murs de soutènement, contribuant à sécuriser les zones vulnérables.

S’exprimant sur les passerelles et ouvrages de franchissement, le ministre a précisé que quatre passerelles ont été construites dans plusieurs villages de l’intérieur, notamment à Kaffrine (Dioly Manda et Fanaye), tandis que des travaux similaires ont été réalisés à Keur Massar Nord et Sud, ainsi qu’à Rufisque, facilitant ainsi la mobilité des populations et des biens pendant la saison des pluies.

Toutes ces réalisations s’inscrivent dans le cadre de la Matrice d’actions prioritaires, dont l’objectif est de renforcer la fluidité des mobilisations et d’atténuer les risques d’inondation. Pour appuyer ces efforts, le budget du ministère a été porté de 2,6 milliards à 6,4 milliards F CFA, témoignant de l’importance accordée par l’État à la prévention et à la gestion des eaux pluviales.

Cyberattaque d’envergure contre la DGID : le groupe de hackers “Black Shantak” exige 6 milliards de F CFA et menace de paralyser tout le ministère des Finances

La tension est à son comble entre l’État du Sénégal et un mystérieux groupe de cybercriminels se présentant sous le nom de « Black Shantak ». Après plusieurs jours de silence officiel, les hackers sont revenus à la charge, revendiquant ouvertement la cyberattaque qui a visé la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID). Dans une communication rendue publique dans la nuit de jeudi à vendredi, le groupe a lancé un ultimatum à l’État sénégalais, exigeant le paiement d’une rançon de 6 milliards de francs CFA avant 16 heures ce vendredi, faute de quoi ils menacent de paralyser l’ensemble du ministère des Finances et du Budget.

Selon les informations rapportées par la RFM, le groupe de pirates informatiques affirme avoir eu un accès complet aux serveurs internes de la DGID et assure détenir plus d’un térabit de données confidentielles, soit l’équivalent de plus de 1 000 gigaoctets de fichiers. Ces informations, selon eux, contiennent des documents fiscaux, des données sur des entreprises privées, des informations personnelles sur des contribuables, ainsi que des correspondances internes de l’administration.

Dans un ton de défi, « Black Shantak » a catégoriquement démenti les déclarations de la DGID, qui avait, plus tôt cette semaine, nié tout incident majeur. Pour appuyer leurs affirmations, les pirates ont publié un échantillon de fichiers volés, présentés comme provenant directement du système informatique de la direction. Ils affirment par ailleurs que l’infrastructure de la DGID sert de porte d’entrée stratégique vers les autres directions clés du ministère, notamment les Douanes, le Trésor public et la Direction générale du Budget.

Les cybercriminels soutiennent également qu’ils surveillent en temps réel les activités numériques de la DGID et de ses partenaires techniques. Dans leur communiqué, ils citent nommément la société Kaspersky, réputée pour son expertise en cybersécurité, qu’ils accusent de ne pas avoir la capacité d’endiguer la menace. Selon eux, « les sociétés de sécurité ne peuvent que présenter des rapports et donner des conseils, sans être capables d’arrêter ce qui est déjà en marche ».

Le groupe se montre particulièrement provocateur, exhortant le ministre des Finances et du Budget ainsi que le directeur général des Impôts à « arrêter de perdre du temps » et à entamer des négociations immédiates. Passé le délai fixé, les pirates menacent de publier l’intégralité des données sensibles et de bloquer l’accès à plusieurs plateformes fiscales stratégiques, y compris celles utilisées pour la collecte et le suivi des recettes publiques.

Cette attaque, si elle est confirmée dans son ampleur, constitue l’un des incidents cybernétiques les plus graves jamais recensés au Sénégal. Elle met en lumière la fragilité du système de cybersécurité de l’administration publique, déjà fragilisé par plusieurs signaux d’alerte au cours des derniers mois. La DGID, pilier de la collecte fiscale nationale, gère des données cruciales relatives aux recettes de l’État, aux entreprises et aux particuliers, faisant d’elle une cible de choix pour les cybercriminels.

Des experts en sécurité numérique interrogés par plusieurs médias locaux estiment que cette attaque pourrait provenir d’un réseau international structuré, probablement basé hors du continent africain, compte tenu du niveau technique et du volume de données extraites. Certains évoquent même la possibilité d’une opération d’espionnage économique, visant à tester la résilience des infrastructures informatiques sénégalaises.

Du côté du gouvernement, le silence reste de mise. Aucune déclaration officielle n’a été faite dans les dernières heures, et les services de communication de la DGID n’ont toujours pas confirmé l’authenticité des données publiées par les pirates. Toutefois, plusieurs agents internes auraient reçu des consignes de restriction d’accès aux serveurs et aux comptes de messagerie, le temps de rétablir les niveaux de sécurité.

Cette affaire soulève une question majeure sur la souveraineté numérique du Sénégal, alors que les institutions publiques dépendent de plus en plus des systèmes informatisés pour la gestion de leurs activités. Une éventuelle fuite massive de données fiscales pourrait avoir des conséquences économiques, diplomatiques et politiques considérables, affectant la confiance des partenaires techniques et financiers du pays.

À quelques heures de l’expiration de l’ultimatum fixé par les pirates, le Sénégal se retrouve face à un chantage numérique sans précédent. L’enjeu dépasse la simple question du paiement d’une rançon : il s’agit désormais de savoir si l’État sénégalais est prêt à affronter, seul, une menace cybercriminelle de cette envergure.

Fièvre de la Vallée du Rift à Louga : deux morts et plusieurs cas graves enregistrés, les autorités sanitaires en alerte

La région de Louga, située dans le nord-ouest du Sénégal, est en état d’alerte après la détection de plusieurs cas de Fièvre de la Vallée du Rift (FVR). Selon les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), quatre cas humains ont été confirmés, dont un cas simple et trois graves. Deux décès ont déjà été enregistrés, provoquant une vive inquiétude dans les localités touchées.

Le médecin-chef de région, le Dr Cheikh Sadibou Senghor, a indiqué que les équipes sanitaires ont immédiatement pris des mesures pour contenir la propagation de la maladie. Parmi ces actions figurent la désinfection des zones concernées, la vaccination de plus de 1 000 têtes de bétail et la réalisation de 271 prélèvements sur les animaux. Dix-neuf prélèvements ont également été effectués chez les personnes présentant des symptômes suspects.

Les services de santé ont également renforcé la surveillance épidémiologique et multiplié les campagnes de sensibilisation à destination des populations rurales. En tout, 1 210 éleveurs ont été formés et sensibilisés sur les modes de transmission et les précautions à adopter.

Le Dr Senghor a tenu à rappeler que, selon les données scientifiques actuelles, la transmission interhumaine de la Fièvre de la Vallée du Rift n’a pas été démontrée. La maladie se transmet principalement par la piqûre de moustiques infectés ou par contact direct avec le sang, les tissus ou les produits d’animaux contaminés.

Les autorités sanitaires appellent à une vigilance accrue et insistent sur la nécessité d’adopter des mesures d’hygiène strictes lors de la manipulation du bétail et de ses produits dérivés. Une surveillance renforcée reste en cours à Louga et dans les zones environnantes afin d’éviter toute propagation du virus vers d’autres régions du pays.

Ouakam : un vaste réseau de trafic de haschich démantelé par l’OCRTIS

Une importante opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar, relevant de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), a permis de mettre fin aux activités d’un réseau de trafic de haschich actif à Ouakam et dans ses environs. Quatre individus ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire, parmi lesquels figure le présumé chef de bande, El Hadji Malick Diagne, connu sous le surnom de « Ass Malick ».

Tout est parti de renseignements précis faisant état de la présence d’un réseau de distribution de drogue dans cette zone côtière de la capitale. Après plusieurs semaines de filature et de recoupement d’informations, les enquêteurs ont mis sur pied une opération d’infiltration soigneusement planifiée. Un agent de l’OCRTIS, se faisant passer pour un client, a passé commande de 50 grammes de haschich pour un montant de 220 000 francs CFA. Deux intermédiaires, Taha Thiam et Ibrahima Thiam, se présentant tous deux comme chauffeurs de Yango, ont été chargés d’organiser la transaction.

Le rendez-vous a été fixé à la station Shell de Ouakam. À l’heure convenue, El Hadji Malick Diagne, alias « Ass Malick », s’est présenté sur les lieux à bord d’une moto conduite par Maïssa Fall, qui prétend exercer le métier de peintre. Les agents de l’OCRTIS, déjà en position, ont procédé à leur interpellation immédiate, les prenant en flagrant délit avec la quantité de drogue commandée. L’opération, rapide et précise, a permis de neutraliser le réseau sans incident.

Interrogé par les enquêteurs, « Ass Malick » a reconnu sans détour être le propriétaire du haschich saisi. Il a également révélé des informations sur son fournisseur, un certain « Ada », basé dans la zone du parking de Ngor. Ces déclarations ont conduit les agents à perquisitionner son domicile à Ouakam, près du terminus de bus. Les recherches ont permis de découvrir d’importants éléments matériels liés au trafic : trois couteaux, une balance électronique, un rouleau de papier film utilisé pour le conditionnement de la drogue, ainsi que plusieurs téléphones portables.

La moto utilisée pour la livraison a également été saisie, renforçant le dossier à charge contre les suspects. Selon les premiers éléments de l’enquête, le réseau fonctionnait de manière structurée, avec des rôles bien définis entre les intermédiaires chargés du contact avec les clients et le chef présumé, chargé de l’approvisionnement et de la distribution.

Les quatre mis en cause, actuellement en garde à vue, font l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue. Ils seront présentés au parquet dès la fin de l’enquête préliminaire.

Cette nouvelle opération, saluée par les autorités policières, témoigne de la détermination constante de l’OCRTIS à combattre le trafic de stupéfiants sur l’ensemble du territoire national. Le démantèlement de ce réseau de Ouakam s’inscrit dans la continuité des efforts visant à assécher les circuits de distribution de drogues dures, particulièrement le haschich, dont la consommation gagne du terrain dans certains milieux urbains.

UMOA : La SENELEC innove avec une émission de 120 milliards FCFA d’obligations vertes et durables

La SENELEC, opérateur public de l’électricité au Sénégal, vient de franchir une étape majeure en lançant une opération de titrisation de ses créances pour un montant de 120 milliards de francs CFA, marquant une première sur le continent africain. Cette initiative combine pour la première fois une émission de Green Bond et de Sustainable Linked Bond, offrant ainsi aux investisseurs la possibilité de soutenir à la fois la transition énergétique et les objectifs de durabilité sociale et environnementale du pays.
L’opération consiste à céder des factures échues et impayées, notamment auprès d’entités publiques, d’ambassades et de grandes entreprises, à un Fonds Commun de Titrisation de Créances (FCTC SENELEC 2025-2030). En contrepartie, des obligations seront émises sur le marché financier régional de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), avec une période de souscription ouverte du 29 septembre au 5 novembre 2025. La durée de ces obligations est de cinq ans, avec échéance en 2030, et elles sont structurées en quatre tranches offrant des taux d’intérêt allant jusqu’à 10 %.
La répartition des fonds montre la volonté de SENELEC d’investir dans des projets durables et verts : 52,5 % de l’enveloppe, soit 63 milliards FCFA, seront consacrés à des obligations vertes destinées au financement de projets liés aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, tandis que 47,5 %, soit 57 milliards FCFA, seront consacrés à des obligations liées à la durabilité, indexées sur des objectifs environnementaux et sociaux. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’objectif national de porter la part des énergies renouvelables à 40 % du mix électrique d’ici 2030 et d’assurer un accès universel à l’électricité.
La titrisation des créances, méthode novatrice pour un énergéticien africain, consiste à transformer un portefeuille de factures clients en titres financiers négociables. Les flux futurs des paiements de ces créances serviront à rémunérer les investisseurs. Cette approche permet à SENELEC de réduire sa dépendance aux subventions étatiques et de diversifier ses sources de liquidités, alors que la demande en électricité croît régulièrement sur l’ensemble du territoire. En logeant les créances dans un fonds commun coté à la BRVM, la société bénéficie d’une notation basée sur la qualité de ses factures plutôt que sur son bilan, réduisant ainsi la prime de risque exigée par les investisseurs.
Le montant de 120 milliards FCFA correspond à environ la moitié du programme d’investissement de SENELEC pour la période 2025-2027, couvrant la modernisation du réseau de transport, l’extension de la production solaire et le renforcement des postes de distribution urbains critiques. Le Plan spécial d’investissement est structuré en trois tranches à durées variables de cinq, sept et dix ans, avec des coupons différenciés afin d’attirer différents types d’investisseurs, allant des banques commerciales aux caisses de retraite et assurances.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large du marché financier régional, où des entreprises ivoiriennes et maliennes ont déjà expérimenté des émissions titrisées dans le secteur des télécoms. Pour les régulateurs et les investisseurs africains, la réussite de cette initiative pourrait servir de référence pour d’autres utilities publiques, notamment en Afrique centrale, qui cherchent des solutions innovantes pour financer l’électrification rurale et fiabiliser leurs réseaux.
Pour les investisseurs institutionnels, les obligations de SENELEC représentent une alternative intéressante aux bons du Trésor, avec des rendements supérieurs et un placement sécurisé par la qualité des créances titrisées. Les caisses de retraite, notamment, bénéficieront de placements à long terme permettant d’adosser leurs engagements sociaux.
En termes de transition énergétique, les fonds levés permettront de financer la distribution de quarante mille kits solaires dans les zones rurales, de renforcer les partenariats avec les développeurs indépendants pour l’intégration de gaz naturel dans le mix énergétique et d’améliorer le raccordement des infrastructures électriques sans alourdir la dette publique. La réussite de cette opération enverra un signal positif aux partenaires techniques et financiers internationaux sur la capacité des entreprises africaines à s’autofinancer de manière innovante et responsable.


Communiqué du Conseil des ministres du jeudi 9 octobre

Le Conseil des Ministres s’est tenu exceptionnellement le jeudi 09 octobre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.


AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

A l’entame du Conseil, il a présenté sa communication sur les points suivants :

CHANGEMENT DE PARADIGME DANS LA PROMOTION DE L’ATTRACTIVITÉ

Le Président de la République est d’abord revenu sur l’organisation de la 2ème édition du Forum Invest in Sénégal sur le thème « Connecter les opportunités, bâtir l’avenir », tenue les 7 et 8 octobre 2025, pour remercier l’ensemble des participants et partenaires pour leur mobilisation et leur engagement.

Après avoir félicité le Premier Ministre, le Gouvernement, les services de l’Etat, avec mention spéciale à l’APIX, pour l’organisation remarquable dudit Forum, il demande au Premier Ministre de veiller, en lien avec chaque ministre concerné et le Directeur général de l’APIX, à la concrétisation et au suivi des engagements pris, lors de la signature des Accords d’investissement et de partenariat, en vue de la réalisation adéquate et rapide des projets sectoriels co-validés.

Le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre d’accélérer la digitalisation des services publics et le déploiement de toutes les réformes recommandées, afin d’améliorer l’attractivité et l’environnement des affaires du Sénégal en faveur des investissements directs étrangers.

Le Président de la République indique, en outre, l’urgence de renforcer la compétitivité de l’économie et le dispositif national de

Promotion de l’investissement et de réfléchir à un système de financement innovant et efficace. A cet effet, il estime qu’il est essentiel pour le Gouvernement d’engager toutes les administrations publiques et le secteur parapublic à un changement de rythme et de paradigme dans l’accompagnement et le suivi des projets privés ou de partenariats public-privé.

PILOTAGE OPTIMAL DES POLITIQUES PUBLIQUES

Rappelant que l’Agenda national de Trans- formation se décline à travers les Lettres de Politique sectorielle de Développement (LPSD), le Président de la République souligne que ces dernières doivent être exhaustives et cohérentes dans le cadre intégral du système national de Planification.

Il instruit ainsi tous les Ministres et Secré- taires d’Etat, membres du Gouvernement, de prendre toutes les mesures et dispositions idoines, sous la supervision du Premier Ministre, en vue de signer, dans les meilleurs dé- lais, avec le Ministre chargé du Plan, la LPSD, validée, de chaque département ministériel.

SUIVI DU PLAN DE TRANSFORMATION DU SECTEUR DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

Après avoir souligné la place de l’Enseigne- ment supérieur, qui demeure un secteur moteur de la modernisation et de la transformation du pays, le Président de la République réitère sa volonté de mobiliser les moyens adéquats pour accentuer sa transformation.

A cet effet, il demande au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de finaliser le Plan d’actions prioritaires (2026-2028) issu des concertations de l’Agenda national de Transformation du Secteur et, au Premier Ministre, de superviser le suivi de l’exécution des projets prioritaires de l’Enseignement supérieur.

CONSTRUCTION ET RÉALISATION D’INFRASTRUCTURES PUBLIQUES DANS LES ZONES ET TERRITOIRES FRONTALIERS

Le Président de la République fait observer que la situation stratégique des zones et territoires frontaliers, appelle des investissements publics massifs en infrastructures sociales de base. Dans ce cadre, il demande au Premier Ministre, aux Ministres chargés de l’Intérieur, des Finances et des Infrastructures de prendre les dispositions idoines, en vue de renforcer les ressources budgétaires nécessaires à la réalisation progressive et rapide d’infrastructures sociales de base, dans les zones et territoires frontaliers du Sénégal.

Il souligne également l’importance d’une relance des projets et actions du Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires frontaliers (PUMA) dans les zones prioritaires et invite le Premier Ministre à présider, chaque année, un Conseil national de suivi du développement des zones et territoires frontaliers, en vue d’une meilleure programmation et coordination des interventions de l’Etat et de ses démembrements.

PROMOTION DE LA PROTECTION SOCIALE ET DE LA SOLIDARITÉ NATIONALE

Le Chef de l’Etat rappelle les caractères laïque, démocratique et social de la République et demande au Gouvernement de veiller à la vulgarisation des valeurs de la République, au- tour du principe fondamental du « Gouverne- ment du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple
», socle de la cohésion nationale.

Il indique au Gouvernement l’urgence de restructurer les instruments de protection sociale et de promotion de la solidarité nationale. A cet égard, il engage le Premier Ministre, le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités et le Ministre des Finances et du Budget, à relancer l’allocation de Bourses de Solidarité nationale (BSN) et de bourses d’assistance sociale en cas de sinistre, en conformité avec la nouvelle doctrine de solidarité nationale, d’inclusion, d’équité et de transparence.

AGENDA

Le Président de la République annonce qu’il effectuera, à partir du 17 octobre 2025, une visite de travail au Rwanda à l’invitation de Son Excellence le Président Paul KAGAME et au Kenya du 19 au 21 octobre 2025, à l’invitation de son homologue, Son Excellence Monsieur William RUTO.


AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE


Monsieur le Premier Ministre a présenté une communication sur les points suivants :

RENOUVEAU DE L’INVESTISSEMENT POUR LA TRANSFORMATION STRUCTURELLE DE L’ÉCONOMIE NATIONALE

Monsieur le Premier Ministre a fait remarquer que la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation (ANT)-Sénégal 2050 requiert une démarche cohérente reposant sur le triptyque « Redresser-Impulser-Accélérer », dont le lancement du Plan de Redressement économique a été une étape importante.

Il a annoncé aussi que seize (16) réformes majeures ont été élaborées, dont cinq (5) lois déjà adoptées par l’Assemblée nationale, huit (08) projets de décret et trois (3) arrêtés en cours de finalisation. Ces réformes traduisent la détermination du Gouvernement à moderniser l’environnement économique, à renforcer la transparence et la régulation et à bâtir un cadre attractif pour l’investissement, l’innovation et la création d’emplois durables, tout en mobilisant des ressources nécessaires au financement de l’action publique. Ainsi, Monsieur le Premier Ministre a invité à saisir les opportunités d’accélération, à travers l’investissement massif sur une courte période.

Relativement à la tenue du Forum Invest in Sénégal, il a félicité Monsieur le Président de la République pour l’initiative et les services présidentiels dont l’APIX pour la bonne organisation et l’éclatant succès de cet événement phare. Pour être optimal, a-t-il rappelé, l’investissement attendu doit rigoureusement obéir aux priorités dans l’objectif de transformation poursuivi et dans les domaines d’intervention retenus. Cet investissement doit renforcer les poumons économiques du Sénégal, favorisant

l’ouverture sur l’Afrique et le renforcement du capital humain en sortant le maximum de citoyens de l’ignorance, de la précarité sanitaire, du chômage, de la pauvreté et de l’insécurité.

Par ailleurs, Monsieur le Premier Ministre a abordé l’approche filière de l’Agenda national de Transformation, qui permettra de promouvoir les chaines de valeur et d’impacter significativement sur la vie des populations à travers une transformation structurelle durable. Dans ce cadre, la réalisation d’infrastructures de soutien à l’économie est indispensable. Celles- ci doivent porter notamment sur les ports et aéroports, les ouvrages d’accès aux zones de production, de stockage, de conservation et de commercialisation des produits tirés de l’agri- culture, de la pêche et de l’élevage en particulier.

Enfin, Monsieur le Premier Ministre a insisté sur le bloc de support à l’économie qui doit être renforcé avec la réalisation de grands projets pour rendre disponibles, et à moindre coût, l’énergie et l’eau. Ces investissements sont nécessaires pour un aménagement adéquat du territoire, l’assainissement, les transports et les télécommunications.

Il a annoncé qu’un Plan spécial d’Investissement pour la réalisation des projets structurants prioritaires, sur une période de trois (03) ans (2026-2027-2028), adossé à un schéma de financement, est en cours de finalisation.

Monsieur le Premier Ministre a rappelé que la réalisation des projets retenus dans ledit Plan spécial nécessitera l’aménagement d’un environnement propice et de mesures d’accompagnement. Dans ce cadre, il a demandé à tous les ministres de mettre en place un dispositif dédié de facilitation en faveur du secteur privé national et de prendre les mesures appropriées pour sensibiliser les agents placés sous leur autorité.

DÉVELOPPEMENT DU TOURISME ET VALORISATION DU PATRIMOINE CRÉATIF

Monsieur le Premier Ministre a informé qu’en prélude aux prochains États généraux du Tourisme instruits par le Président de la République, le Gouvernement s’attèle à ériger le tourisme en levier majeur de croissance économique, de création d’emplois, de cohésion territoriale et de promotion de la Destination Sénégal.

Pour ce faire, il a signifié toute l’attention à accorder à la Zone touristique intégrée (ZTI) de Pointe Sarène, qui permettra de créer une destination balnéaire d’excellence, conciliant modernité, durabilité et attractivité.

Monsieur le Premier Ministre a souligné que la réussite de notre ambition touristique repose sur la mise en valeur du patrimoine immatériel du Sénégal ; les industries culturelles et créatives, en particulier l’artisanat, doivent en être les piliers.
En ce sens, il a demandé à l’ensemble des acteurs publics de faire des créateurs et artisans les ambassadeurs de l’identité nationale sénégalaise,


en intégrant systématiquement les produits de l’artisanat local dans les achats publics, les événements officiels et l’aménagement des espaces administratifs ; en réservant aussi une part significative de la commande publique aux productions sénégalaises et en accompagnant les entrepreneurs culturels et artisanaux pour faciliter leur accès aux marchés publics et aux financements.

Monsieur le Premier Ministre a clos sa communication sur les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 qui constituent une opportunité historique pour le rayonnement du Sénégal. Il a indiqué que le Gouvernement mobilisera toutes les forces vives pour transformer cet événement en un levier de visibilité et de fierté nationale.

A cet effet, une stratégie nationale de “marketing pays” sera mise en œuvre, sous la coordination de la Primature, en synergie avec les ministères du Tourisme, de la Culture, du Commerce et des Sports. Cet évènement sera l’occasion de montrer au monde la vitalité du Sénégal, la qua- lité de son hospitalité, l’authenticité de sa culture et la créativité de son peuple.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
 


–          Monsieur le Ministre d’Etat auprès du Président de la République, chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 a fait une communication sur le Pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation ;

–          Monsieur le Ministre des Finances et du Budget a fait une communication sur le pro- jet de Loi de Finances initiale (LFI) de l’année 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
 


Le Conseil a examiné et adopté :

–          le projet de loi de finances initiale de l’an- née 2026 ;
–          le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement des Services de Recherches et de Sauvetage (SAR) en temps de paix ;
–          le projet de décret fixant l’assiette et les montants des redevances et produits dus pour services rendus par l’Autorité de l’Aviation civile;
–          le projet de décret fixant les montants des amendes et pénalités aéronautiques ;
–          le projet de décret modifiant l’article 12 du décret n°2011-1055 du 28 juillet 2011 portant création et fixant les règles d’organisation et de
 fonctionnement de l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM), modifié ;
–          le projet de décret modifiant le décret n°2001-72 du 26 janvier 2001 relatif aux conditions d’importation des véhicules, cycles et cyclomoteurs usagés ;
–          le projet de décret fixant les montants et les modalités d’application et de recouvrement des amendes forfaitaires pour contraventions routières constatées par vidéoverbalisation ;
–          le projet de décret fixant les taxes et redevances en matière forestière ;
–          le projet de décret portant institution d’un système de marquage fiscal de certaines catégories de marchandises.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES


Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère des Transports terrestres et aériens :

•          Monsieur El hadji Abdoulaye GUEYE, Administrateur Civil, matricule de solde n° 624 581/J, est nommé Secrétaire général du Ministère des Transports terrestres et aériens ;

•          Monsieur Ablaye DIOP, Planificateur, matricule de solde n° 618 402/G, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement du Ministère des Transports terrestres et aériens.

Au titre du Ministère de la Communication des Télécommunications
et du Numérique :

•          Monsieur Birane BADIANE, Comptable-auditeur, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère de la Communication des Télécommunications et du Numérique, en remplace- ment de Madame Hélène Ndoukite Helndou DIOUF.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique :

•          Monsieur Serigne MBAYE, Administrateur civil principal de classe exceptionnelle, matricule de solde n° 516 909/H, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

•          Monsieur Alassane DIALLO, expert en finances, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Au titre du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités :

•          Monsieur Edmond KAMARA, Adminis- trateur civil, matricule de solde n° 624 555/C, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Fa- mille, de l’Action sociale et des Solidarités.

•          Madame Coura SOW, agent de suivi de projets, titulaire d’un Master en Banque et Assurance, est nommée Directeur du Fonds national de Crédit pour les Femmes.

•          Monsieur Matar TRAORE, Consultant en Systèmes d’Information décisionnels, est nom- mé Secrétaire général de l’Agence sénégalaise de la Couverture sanitaire universelle (SEN- CSU).

Au titre du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime :

•          Monsieur Mamadou Abibou DIAGNE, docteur vétérinaire de classe exceptionnelle, matricule de solde n° 600 694/E, est nommé Secrétaire général du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime.

•          Monsieur Papa Ndiamé SENE, spécialiste en Finances publiques, matricule de solde n° 625 106/B, est nommé Directeur de l’Adminis- tration générale et de l’Equipement du Ministère des Pêches et de l’Economie maritime ;

•          Monsieur Ibrahima LO, Ingénieur des Pêches et de l’Aquaculture, matricule de solde n° 513 971/D est nommé Inspecteur des Affaires Administratives et financières (IAAF), au Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime, en remplacement de Madame Marième Diagne TALLA, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre du Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public :

•          Madame Thioro Mbaye SALL, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale de classe exceptionnelle, matricule de solde n° 604 145/H, est nommée Secrétaire général du Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Ré- forme du Service public ;

•          Monsieur Louis Benoit MBAYE, Pro- fesseur de l’Enseignement moyen, matricule de solde n° 666 139/A, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public.

Au titre du Ministère de la Jeunesse et des Sports :

•          Monsieur Moussa DIAGNE, Administrateur civil, matricule de solde n° 518 911/C, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Jeunesse et des Sports ;

•          Monsieur Aboubakry BOCOUM, Inspecteur du Trésor, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Jeunesse et des Sports.

Au titre du Ministère des Infrastructures :

•          Monsieur Abdoulaye GUEYE, Conseiller en Planification de classe exceptionnelle, matricule de solde numéro 602 820/B, est nommé Secrétaire général du Ministère des Infrastructures.

Au titre du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme :

•          Madame Seynabou NIANG, Administra- teur civil, matricule de solde n° 607 623/ F, est nommée Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme ;

•          Monsieur Mamadou Moustapha DIALLO, Spécialiste en gestion de projets et en Finances publiques, matricule de solde n° 634 436/Z, est

nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.

Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines :

•          Monsieur Thierno Seydou LY, Ingénieur pétrolier, matricule de solde n° 727 813/B, est nommé Directeur général des Hydrocarbures au Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Education nationale :

•          Monsieur Assane MBENGUE, Inspecteur de l’Enseignement élémentaire, matricule de solde n° 626 385/J, précédemment Inspecteur d’Académie de Tambacounda par intérim, est nommé Inspecteur d’Académie de Tambacoun- da, en remplacement de Monsieur Babacar DIACK, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
•          Monsieur Khadim SYLLA, titulaire d’un Diplôme en d’Etudes approfondies (DEA) en étude méditerranéenne, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut islamique de Dakar, en remplacement de Mon- sieur Papa Abdou CISSE.
•          Monsieur Makha NDIOM, matricule de solde n° 514 154/H, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère de l’Education nationale, en rem- placement de Madame Yacine GUEYE

Au titre du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique :
•          Monsieur Mamadou GUEYE, Psycho- logue Conseiller, matricule de solde n° 685 098/ D, est nommé Directeur général de la Formation professionnelle et technique au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Madame Mame Diarra DIOP, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;

•          Monsieur Cheikh Sadibou SIDIBE, Pro- fesseur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n° 704 563/I, précédemment Directeur par intérim du Centre de Référence aux métiers de l’Aviculture de Diamniadio, est nommé Directeur des Examens, Concours professionnels et Certifications au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, en remplacement de Monsieur Alassane DJIGO admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

•          Monsieur Mamadou Camara FALL, Ins- pecteur du Travail et de la Sécurité sociale, ma- tricule de solde n° 515 710/C, est nommé Se- crétaire général du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique ;

•          Docteur Mamadou KANE, matricule de solde n° 625 481/L, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique.

Marie Rose Khady Fatou FAYE
Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement

Affaire Madiambal Diagne : le CDEPS dénonce une atteinte aux libertés et exprime sa solidarité

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a réagi avec inquiétude à la situation de son ancien président, Madiambal Diagne, actuellement au cœur d’une affaire judiciaire qui secoue le monde médiatique sénégalais. Dans un communiqué publié ce 9 octobre 2025, le CDEPS dénonce la manière dont le journaliste a été empêché de quitter le territoire national et alerte sur les conséquences de ces pratiques sur la liberté de la presse et les droits fondamentaux.

Selon le communiqué, Madiambal Diagne a quitté le Sénégal après avoir été confronté à une menace réelle d’arrestation alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la France. Cette interdiction brutale de sortie du territoire, suivie d’une convocation par un service de police, l’aurait contraint à s’installer temporairement en France pour préparer sa défense.

Le CDEPS dit s’émouvoir de la violence des procédures judiciaires et policières engagées contre son ancien président, estimant qu’elles traduisent une dérive inquiétante dans la gestion des affaires publiques et dans la manière de traiter les journalistes et acteurs de la presse. « Ces méthodes constituent une menace pour la liberté des citoyens et pour la presse en particulier », souligne le communiqué.

L’organisation professionnelle rappelle également que les entreprises membres du CDEPS traversent une période économique difficile, aggravée par ce qu’elle qualifie de « mesures injustes et illégales » visant à affaiblir leur santé financière. Cette situation, selon le Conseil, s’inscrit dans un climat général de pressions croissantes sur les médias, qui fragilisent le pluralisme et le droit à l’information.

En signe de soutien, le CDEPS exprime sa solidarité totale avec Madiambal Diagne, saluant son parcours et son engagement pour la liberté de la presse. Le Conseil appelle les autorités sénégalaises à garantir le respect des droits fondamentaux de tous les citoyens, particulièrement ceux des journalistes, dans le respect des principes de l’État de droit.

Par ce communiqué, le CDEPS entend également alerter sur la nécessité de préserver un espace médiatique libre et indépendant, condition essentielle pour toute démocratie. L’affaire Madiambal Diagne, selon l’organisation, ne doit pas devenir le symbole d’un recul des libertés au Sénégal, pays historiquement reconnu pour son attachement à la liberté d’expression.

Affaire Madiambal Diagne : Ellipse Projects dément toute implication et dénonce un conflit « politique et médiatique »

L’affaire Madiambal Diagne, liée au Programme de modernisation des infrastructures judiciaires (PROMIJ), continue de faire couler beaucoup d’encre. La société française Ellipse Projects, citée dans l’enquête sur de présumées malversations financières, a tenu à réagir pour la première fois. Interrogée par Jeune Afrique, la directrice de la communication du groupe, Victoria Jaunasse, a fermement démenti toute implication, estimant que l’entreprise est « injustement mentionnée dans un conflit d’apparence politique et médiatique qui ne la concerne pas ».

Au Sénégal, le journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne, patron du quotidien Le Quotidien, est visé par une procédure judiciaire portant sur des soupçons « d’enrichissement illicite » et de « passation de marchés frauduleuse » dans le cadre du PROMIJ. Plusieurs membres de sa famille ont également été inculpés. Selon les premiers éléments de l’enquête, les autorités cherchent à établir d’éventuelles connexions financières entre Ellipse Projects, principal prestataire du programme, et la SCI Pharaon, une société immobilière appartenant à Madiambal Diagne et à certains de ses proches.

Face à ces accusations, la représentante d’Ellipse Projects se veut catégorique. « Aucune notification officielle ne nous a été adressée concernant d’éventuelles procédures en cours », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que la société « a respecté l’ensemble de ses engagements contractuels et les mécanismes de contrôle établis par l’État sénégalais ». Le groupe français, spécialisé dans les infrastructures publiques en Afrique, dénonce ainsi ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique d’un dossier purement administratif et technique.

Pour rappel, le Programme de modernisation des infrastructures judiciaires (PROMIJ), lancé par le gouvernement sénégalais, visait la réhabilitation et la construction de tribunaux sur tout le territoire national. Ce projet, estimé à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, devait permettre d’améliorer l’accès à la justice et les conditions de travail des magistrats et personnels judiciaires. Cependant, des mouvements financiers suspects ont été signalés par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), entraînant l’ouverture d’une enquête pour déterminer d’éventuels détournements de fonds ou conflits d’intérêts.

Alors que le dossier prend une tournure de plus en plus sensible, Madiambal Diagne, qui se trouverait actuellement en France, n’a pas encore publiquement réagi aux dernières déclarations d’Ellipse Projects. De son côté, la société française réaffirme sa volonté de coopérer pleinement avec les autorités sénégalaises si elle était officiellement sollicitée, tout en dénonçant le caractère « disproportionné » des soupçons portés contre elle dans ce qu’elle décrit comme un « contexte de tensions politiques et médiatiques au Sénégal ».

UN « NON-SENS », SELON MACKY SALL : Abdourahmane Sarr théorise la « dette cachée »

Dans un entretien exclusif accordé à RFI, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, est revenu sur la polémique autour de la supposée « dette cachée » mise en avant par le régime actuel et jugée être un « non-sens » par l’ancien président de la République, Macky Sall.
« En réalité, c’est la loi qui impose à tout nouveau pouvoir de procéder à un audit des finances publiques afin d’établir un état des lieux avant de se projeter », explique le ministre, esquissant un sourire. « C’est le Fonds monétaire international (FMI) qui emploie le terme misreporting, lequel signifie ‘transmission de données erronées’. Celui qui transmet de telles données a, de fait, caché sa dette à celui auquel il devait fournir des informations véridiques. C’est de ce point de vue-là que la dette est cachée », développe-t-il.
L’économiste, qui a travaillé plusieurs années pour FMI, précise que c’est « le service de la dette se faisait, donc l’entité chargée de ce service connaissait le stock de la dette ». Et de préciser, toujours le sourire aux lèvres : « en transmettant des données erronées, cette entité a nécessairement dissimulé la vérité à celle à qui elle devait la communiquer. »
Interrogé par Bruno Faure sur la possibilité, dans le monde d’aujourd’hui, de cacher des manques budgétaires, Abdourahmane Sarr répond : « c’est tout à fait possible. C’est pourquoi j’insiste sur la notion de ‘transmission de données erronées’ : c’est de ce point de vue que c’est caché. Mais l’entité qui transmet ces données connaît la dette ; elle ne peut pas l’ignorer, puisqu’elle agit en connaissance de cause. »
Le ministre distingue alors les flux des stocks : « On peut examiner le déficit et se demander si le déficit annoncé correspond au stock de la dette. Très souvent, cette correspondance n’existe pas », explique-t-il. « Dans notre cas, l’ampleur était significative et les causes bien connues : il s’agit des dépenses extrabudgétaires effectuées sans l’autorisation du Parlement et sans comptabilisation dans le stock de la dette », poursuit-il.
Lorsque notre confrère lui demande si Macky Sall a tort de parler de « non-sens », Abdourahmane Sarr tranche : « dans la mesure où les données transmises et connues du transmetteur ne correspondent pas, il s’agit bien de ‘misreporting’. Le corollaire, c’est que celui qui a transmis les données a caché la vérité. »
Abordant ensuite l’audit commandité par le Gouvernement, le ministre met en avant un exercice de transparence profondément sénégalais auquel ont participé l’Inspection générale des finances (IGF) et la Cour des comptes. « Pour renforcer la crédibilité de cet exercice, c’est nous-mêmes qui avions commandité à un cabinet privé international (Forvis Mazars) qui a terminé ce travail », souligne-t-il.
Il poursuit : « quand nous transmettons la vraie information, disant que la dette fait 119% du PIB, c’est la réalité transmise au FMI qui constate. Il lui suffit d’aller à son Conseil d’administration pour acter cette réalité pour que nous puissions entrer dans une phase nouvelle tout en étant dans la vérité. »
Dès lors, faudra-t-il renégocier avec les investisseurs vu ces résultats ? Le ministre évoque qu’il n’y a aucune urgence dans la mesure où tous les paramètres sont disponibles. D’autant plus qu’il y a une maturité de 9, 10 ans et un coût moyen de la dette qui est relativement faible à cause de sa composante concessionnelle et une croissance qui est, certes, forte avec la production d’hydrocarbures ; mais, elle est à accélérer avec les réformes à venir. À en croire le ministre, le Sénégal a un déficit qui se maîtrise ; donc, la dette est soutenable.
Enfin, évoquant la relation entre le Sénégal et le FMI, le ministre précise : « c’est une institution respectée, qui peut donner gage à certains investisseurs qui peuvent [méconnaître] le détail de notre gestion. La relation avec le FMI permet de donner un signal à ces investisseurs. C’est une institution qui est là pour tous les pays. Donc le Sénégal ne fait pas exception. Une fois le ‘misreporting’ dépassé et la viabilité de la dette confirmée, nous pourrons poursuivre une relation tout à fait normale, dans la vérité ».

ÈRE SONKO-DIOMAYE : Une justice à deux vitesses ?

Sous le régime du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko, la question de l’impartialité de la justice sénégalaise refait surface avec acuité. Deux « influenceurs du Projet », Lamignou Darou et Boy Dakar, ont été récemment placés sous mandat de dépôt et vont être jugés ce mercredi 8 octobre 2025, en flagrant délit.
La rapidité de la procédure intrigue, surtout lorsqu’on la compare à celle réservée à d’autres figures, connues pour leur hostilité envers le « Projet », mais dont les dossiers stagnent dans les circuits judiciaires. Badara Gadiaga, qui totalise déjà quatre-vingt-dix (90) jours derrière les barreaux, en est une illustration. Tout comme Assane Diouf et Abdou Nguer, eux aussi, interpellés pour des propos tenus sur des médias traditionnels ou sur les réseaux sociaux, mais dont les affaires ont été confiées à l’instruction, rallongeant d’autant leur détention préventive.
Un contraste qui rappelle d’autres épisodes précédents. Azoura Fall, par exemple, avait copieusement insulté l’ancien chef de l’État, Macky Sall. Ses avocats avaient plaidé la folie, lui permettant d’éviter la prison. Une issue d’autant plus surprenante que le jeune homme apparaissait régulièrement aux côtés du chef du Gouvernement, dirigeait une équipe digitale en faveur de Pastef et s’affichait au volant de voitures de luxe.
Dans le même registre, le cas de Ngoné Saliou Diop, chroniqueuse du « Projet », continue de susciter la polémique. Ses propos jugés ethnicistes envers la communauté « hal pulaar » ont provoqué la colère d’associations et donné lieu à plusieurs plaintes. Pourtant, après une simple audition à la Division de la Cybersécurité (DSC), elle a été relâchée sans suite.
Pendant ce temps, d’autres personnes issues de l’ancien camp présidentiel, telles Farba Ngom – gravement malade -, et Lat Diop, dont le corrupteur présumé, hume tranquillement l’air frais, subissent une rigueur judiciaire manifeste.
Dernièrement, Pape Mahawa Diouf, cadre de l’APR, a été également mis en détention, en attente du verdict dans son procès pour diffamation contre le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean Michel Sène.
Dans une République qui s’est longtemps enorgueillie de la solidité de ses institutions, cette impression de déséquilibre interroge. Faut-il désormais croire que la prison, sous l’ère Sonko-Diomaye, n’est faite que pour les « anti-Pastef » ?

Fièvre de la Vallée du Rift : 87 cas confirmés et 11 décès à Saint-Louis, les autorités appellent à la vigilance

La région médicale de Saint-Louis a publié dans la nuit du 6 au 7 octobre 2025 son dernier point sur l’épidémie de fièvre de la Vallée du Rift (FVR), faisant état de 87 cas confirmés et de 11 décès. Ce bilan souligne la gravité de la situation dans cette partie du Sénégal, où les autorités sanitaires sont pleinement mobilisées pour contenir la propagation du virus.

Parmi les personnes infectées, 61 ont déjà été déclarées guéries, tandis que 11 patients sont toujours suivis à domicile. Quatre autres restent hospitalisés à l’hôpital régional de Saint-Louis, où le personnel médical suit de près leur évolution. La totalité des cinq districts sanitaires de la région — Saint-Louis, Richard-Toll, Dagana, Podor et Pété — est désormais en situation épidémique, ce qui reflète l’ampleur de la propagation du virus.

Les services sanitaires insistent sur l’importance du respect des mesures de prévention. La protection contre les piqûres de moustiques, principaux vecteurs de la maladie, et une manipulation prudente du bétail, identifié comme le réservoir du virus, sont particulièrement recommandées. La région médicale rappelle que la vigilance de la population reste un facteur clé pour limiter la diffusion de la FVR.

Dans le cadre de la surveillance épidémiologique, les équipes de santé et les services vétérinaires sont mobilisés sur l’ensemble du territoire pour détecter rapidement de nouveaux cas et assurer la prise en charge des patients. Les autorités sanitaires poursuivent leurs campagnes de sensibilisation, appelant à un engagement collectif pour réduire les risques de contamination et protéger les populations vulnérables, notamment dans les zones rurales où le contact avec le bétail est fréquent.

Le suivi de l’évolution de l’épidémie reste une priorité, et les responsables de la région médicale de Saint-Louis insistent sur la nécessité d’une coopération étroite entre la population et les services de santé afin de contenir efficacement cette flambée de la fièvre de la Vallée du Rift.

Forum Fii Sénégal 2025 : le Président Bassirou Diomaye Faye sollicite 1,7 milliard de dollars pour financer le « New Deal technologique »

Lors du Forum Fii Sénégal 2025, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un appel ambitieux à la communauté internationale des investisseurs, annonçant la nécessité d’un investissement de 1,7 milliard de dollars pour propulser le « New Deal Technologique » du Sénégal. Ce plan stratégique vise à faire du numérique un moteur central de la croissance économique et de l’innovation dans le pays.

Le Chef de l’État a expliqué que cet investissement massif est indispensable pour la construction d’infrastructures critiques, comprenant notamment des data centers et des « clouds souverains ». Ces infrastructures permettront de renforcer la souveraineté numérique du Sénégal, de sécuriser les données publiques et privées, et de créer un écosystème favorable au développement des services numériques et de la fintech. En parallèle, le programme prévoit le développement des compétences locales afin de stimuler l’innovation et de former une main-d’œuvre qualifiée, capable de répondre aux besoins d’une économie de plus en plus digitalisée.

Pour rassurer les investisseurs potentiels, le Président Faye a mis en avant les réformes légales et économiques déjà engagées. Elles incluent une gestion rigoureuse des finances publiques, l’assainissement du cadre macroéconomique et l’adoption du plan national de redressement économique et social. Il a également annoncé que plusieurs codes majeurs seront finalisés d’ici la fin de l’année, notamment les révisions du Code général des impôts, du Code des douanes, du Code du travail, du Code unique de sécurité sociale, et du Code des marchés publics. Les lois relatives aux partenariats public-privé et aux zones économiques spéciales seront également adaptées pour offrir un environnement plus attractif et sécurisé pour les investisseurs.

Selon le Président, ces instruments légaux et réglementaires fourniront des incitations ciblées, des garanties juridiques renforcées et une meilleure lisibilité des activités économiques, rendant le marché sénégalais plus compétitif et conforme aux réalités actuelles des marchés internationaux.

Dans son allocution, Bassirou Diomaye Faye a souligné l’attractivité du Sénégal, mettant en avant un marché en expansion bénéficiant du cadre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et d’un environnement juridique en mutation et en modernisation continue. Il a encouragé les investisseurs à se positionner sur les secteurs stratégiques à fort potentiel commercial, rappelant que l’Agence de promotion des investissements et des grands travaux de l’État (APIX) est mobilisée pour accompagner les démarches d’installation, notamment grâce à son guichet unique et à la digitalisation complète des procédures.

Le « New Deal Technologique » du Sénégal ambitionne ainsi de transformer le pays en un hub régional du numérique, combinant infrastructures modernes, capital humain qualifié et cadre légal attractif, avec l’objectif de stimuler la croissance économique et de renforcer la souveraineté numérique nationale.

Éducation : le G7 lance « Octobre Rouge » pour exiger la révision du statut des décisionnaires et la fin de la surimposition des rappels

Le G7, regroupant les sept syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation au Sénégal, a annoncé le lancement d’une campagne de mobilisation nationale baptisée « Octobre Rouge », prévue pour démarrer le 8 octobre 2025. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le corps enseignant et le Gouvernement concernant le passif social et l’application des accords conclus lors des précédentes négociations.

Dans un communiqué publié ce mardi 7 octobre, le G7 rappelle avoir pris note des recommandations issues du conseil interministériel du 3 octobre 2025 et invite les autorités à régler de manière définitive plusieurs points, jugés cruciaux pour la stabilité du système éducatif. Les syndicats exigent notamment la révision immédiate du statut des enseignants non fonctionnaires, communément appelés décisionnaires, à travers la signature des décrets modifiant les textes 2006-392 et 74-347. Ils réclament également la fin de la surimposition des rappels dus aux enseignants, ainsi que la convocation sans délai du Comité de suivi des accords et l’ouverture de nouvelles négociations sur les questions émergentes.

Le G7 met aussi l’accent sur le parachèvement de la Formation diplômante universelle (FDU) pour les enseignants dans les différentes institutions concernées, notamment la FASTEF, l’INSEPS, le CNEPS, l’ENSEPT et les CFRPE. Selon les syndicats, cette formation constitue un élément essentiel pour assurer un enseignement de qualité et valoriser le personnel éducatif.

Dans son communiqué, le G7 dénonce avec force l’inertie observée dans la mise en œuvre de plusieurs accords, touchant des aspects aussi variés que l’habitat social, la réforme des retraites, la digitalisation des procédures administratives, le paiement des indemnités des classes spéciales dans les EFA, le relèvement des budgets des établissements scolaires, ainsi que le paiement des indemnités aux intervenants extérieurs des CRFPE pour les promotions 2023-2024 et 2024-2025. Le syndicat souligne que ces retards compromettent la stabilité et l’efficacité du système éducatif, et appelle le Gouvernement à faire de l’école une véritable priorité nationale en procédant à l’apurement complet des accords et au respect strict des engagements pris.

Pour obtenir satisfaction, le G7 a mis en place un plan d’action concret. À partir du 8 octobre 2025, un mois dit « Octobre Rouge » débutera avec le port de brassards rouges par les enseignants, symbole de protestation et d’avertissement, visant à rappeler l’urgence de la signature des décrets relatifs à la révision du statut des décisionnaires, à la bonne tenue de la FDU et à la cessation de la surimposition des rappels. Une conférence de presse est également programmée le 10 octobre pour présenter les actions à venir et les modalités de mobilisation sur le terrain.

Enfin, le G7 adresse ses vœux de bonne rentrée scolaire 2025-2026 à l’ensemble du personnel administratif, aux enseignants et aux élèves, tout en exprimant l’espoir que ces actions permettront de concrétiser des avancées significatives sur le plan syndical et d’améliorer les conditions de travail dans le secteur de l’éducation, au bénéfice de l’école et de tous ses acteurs.

L’Union des Panafricanistes Sénégalais dénonce le discours “humiliant” du Premier ministre Ousmane Sonko au Salon de l’Investissement

L’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) a exprimé une vive indignation à la suite du discours prononcé mardi 7 octobre 2025 par le Premier ministre Ousmane Sonko lors de la cérémonie officielle du Salon de l’Investissement FII Sénégal 2025, qui s’est tenue au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio. La manifestation a réuni, entre autres, le président de la République Bassirou Diomaye Faye et le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, et a été l’occasion de présenter les ambitions du Sénégal en matière d’investissement et de coopération régionale. Le communiqué de l’UPS, parvenu à Ledakarois, qualifie les propos du Premier ministre de “profondément inopportuns et humiliants”, considérant qu’ils portent atteinte à la dignité des institutions et ternissent l’image du Sénégal sur la scène internationale.

Au cours de son intervention, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité pour les dirigeants ouest-africains de faire preuve de courage politique, particulièrement sur les questions monétaires et économiques régionales. Il a affirmé que les réformes indispensables à la stabilité et à la prospérité de la région étaient connues depuis longtemps, mais qu’elles n’avaient jamais été mises en œuvre faute de volonté. Selon lui, il était urgent que les autorités assument pleinement leurs responsabilités et prennent les mesures nécessaires afin d’engager des transformations effectives. “Sans cela, elles continueront à gouverner sans jamais transformer”, a-t-il déclaré, appelant à une action décisive pour que les politiques adoptées produisent des résultats concrets pour les populations.

Pour l’UPS, ce ton et ces déclarations ont été perçus comme une atteinte à la dignité des chefs d’État présents, constituant une forme d’humiliation publique, d’autant plus qu’elles ont été prononcées devant deux présidents africains et de nombreux partenaires internationaux. Dans son communiqué, le mouvement souligne qu’un Premier ministre, quelle que soit sa popularité ou son influence, ne doit pas adopter un ton qui frôle le mépris envers le président de la République ou envers un chef d’État frère. Selon l’organisation, de tels propos fragilisent l’image diplomatique du Sénégal et portent atteinte aux symboles africains de solidarité, de cohésion et de respect mutuel entre dirigeants.

L’UPS a rappelé que le panafricanisme véritable repose sur le respect mutuel, l’humilité et la responsabilité, et qu’il ne peut s’exprimer par des critiques publiques ou des humiliations à l’égard des institutions et des chefs d’État africains. Le mouvement estime que la parole publique doit rester mesurée, surtout lorsqu’elle émane de représentants de l’État, qui ont la responsabilité de préserver la crédibilité et l’honneur des institutions qu’ils incarnent.

Dans sa déclaration, l’organisation appelle à un sursaut républicain et à un retour à la retenue dans l’expression des membres du gouvernement, en soulignant que la dignité des institutions nationales et africaines doit demeurer inviolable. L’UPS plaide pour un respect strict des codes diplomatiques et des conventions de courtoisie entre dirigeants africains afin de renforcer l’image du Sénégal et de promouvoir l’unité et la coopération panafricaine. Elle conclut en invitant l’État sénégalais à s’assurer que les interventions publiques, en particulier lors de rencontres internationales, respectent les principes de civilité et de responsabilité qui fondent la crédibilité et la réputation du pays sur le plan continental et international.

Affaire de torture présumée : Pape Malick Ndour dénonce des accusations « fallacieuses » et se dit prêt à une confrontation

L’ancien ministre de la Jeunesse sous le régime de Macky Sall, Pape Malick Ndour, a vivement réagi après son audition par la Section de recherches de la gendarmerie, ce lundi, dans le cadre d’une affaire de torture présumée impliquant des nervis et des éléments des forces de l’ordre. L’ancien responsable politique, qui se dit victime d’une campagne de diffamation, a rejeté en bloc les accusations portées contre lui, qu’il qualifie de « fallacieuses, erronées et reposant sur du néant ».

Face à la presse, Pape Malick Ndour a tenu à clarifier sa position, niant toute implication dans les faits qui lui sont reprochés. « On m’accuse d’avoir donné des ordres à des gendarmes pour qu’ils s’associent à des nervis et torturent une personne. C’est un mensonge », a-t-il affirmé. Selon lui, il est facile pour les enquêteurs d’identifier les gendarmes supposément concernés, et il se dit entièrement disposé à les affronter dans le cadre d’une confrontation officielle. « Je suis prêt à être confronté à eux en toute transparence, même devant les caméras. La RTS peut filmer cette confrontation, je n’ai absolument rien à cacher », a-t-il ajouté.

Pape Malick Ndour a profité de cette sortie pour exprimer sa gratitude envers ceux qui l’ont soutenu durant cette période qu’il décrit comme une épreuve injuste. Il a salué « la courtoisie et le professionnalisme des enquêteurs » de la gendarmerie, tout en remerciant « le peuple sénégalais pour son soutien constant ». Il a également eu un mot particulier pour sa famille, ses avocats et ses collaborateurs politiques, avant d’adresser un remerciement appuyé à Barthélemy Dias, qu’il a décrit comme « le maire légitime de Dakar », pour sa présence et son soutien moral.

Confiant en la justice de son pays, l’ancien ministre dit attendre « la victoire finale », convaincu que la vérité finira par triompher. Dans un ton empreint de spiritualité, il a conclu en priant « pour que la main de Dieu s’abatte sur tout coupable, quel qu’il soit, y compris sur [lui-même] si une seule fois [il a] été complice de torture ou de tuerie ».

Cette affaire, qui continue de susciter de vifs débats dans l’opinion publique, relance la question de l’implication de certains anciens responsables politiques dans des pratiques répressives dénoncées par plusieurs organisations de défense des droits humains. L’enquête suit son cours au niveau de la Section de recherches, et les prochains développements seront déterminants pour la suite du dossier.

Litige foncier à Ndiakhirate : les héritiers Ndiagne Faye accusent le maire Alpha Bocar Khouma de violation d’un arrêté préfectoral, ce dernier dément toute irrégularité

Le différend foncier autour du vaste terrain de 140 hectares dénommé « Khalou Dioula » à Ndiakhirate, dans la commune de Sangalkam, refait surface et prend une tournure plus tendue. Les héritiers de Ndiagne Faye pointent du doigt le maire de la localité, Alpha Bocar Khouma, qu’ils accusent d’avoir relancé des opérations d’attribution foncière en dépit d’une mesure préfectorale suspendant toute activité sur le site. Le maire, lui, rejette fermement ces accusations et assure agir dans la légalité.

Face à la presse, les descendants de Ndiagne Faye ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « voie de fait » de la part du maire. Selon leur porte-parole, Mamadou Diop Thioune, l’édile aurait « outrepassé les décisions administratives » en poursuivant des démarches de régularisation malgré l’arrêté préfectoral en vigueur. « Cette attitude constitue un mépris total de la loi et des autorités administratives », a-t-il martelé, rappelant que le préfet avait convoqué une réunion ayant débouché sur la suspension immédiate de toutes les activités liées au site litigieux.

Les héritiers affirment en outre que des études techniques avaient déjà tranché la question. « Sous la supervision de l’ancien sous-préfet Marcel Thiaw et avec l’appui des directions du Cadastre et de l’Urbanisme, il a été établi que les documents invoqués par la mairie étaient irréguliers », a expliqué le porte-parole. Les plaignants réclament aujourd’hui une intervention directe de l’État pour que justice soit rendue et que la famille Ndiagne Faye soit « rétablie dans ses droits légitimes ».

Interrogé par la presse, le maire Alpha Bocar Khouma a répliqué avec fermeté, récusant toute idée de violation de la loi. « Khalou Dioula est un site de 140 hectares dont la régularisation m’a été confiée. Il n’y a aucune infraction de ma part. Nous attendons la signature du gouverneur pour finaliser la délibération à transmettre à la Présidence », a-t-il déclaré.

Le maire a toutefois tenu à préciser qu’il existe un autre site de 15 hectares sur lequel des travaux sont effectivement en cours, mais de manière totalement légale. « Ce terrain fait l’objet d’un lotissement autorisé depuis 2009. J’ai donc le droit d’y intervenir dans le cadre d’une procédure régulière », a-t-il soutenu.

Alpha Bocar Khouma a aussi cherché à désamorcer la polémique, affirmant qu’« aucun contentieux n’oppose » la mairie à la famille Ndiagne Faye. Selon lui, son équipe n’a fait que poursuivre un processus administratif entamé bien avant son arrivée à la tête de la commune. « Je n’ai fait que continuer le travail initié sous le magistère de l’ancien maire Oumar Guèye », a-t-il insisté.

Ce nouvel épisode du litige foncier de Khalou Dioula relance le débat sur la gestion des terres dans la grande banlieue dakaroise, où les tensions entre collectivités locales, héritiers terriens et services de l’État se multiplient. Alors que les héritiers réclament la restitution de leurs terres, le maire invoque la continuité administrative et la régularisation foncière. En attendant une décision des autorités préfectorales ou judiciaires, la situation demeure explosive à Ndiakhirate, où les populations suivent de près l’évolution de ce dossier emblématique des conflits fonciers récurrents dans la région de Dakar.

Dakar : le Gouverneur Ousmane Kane rappelle à l’ordre sur l’organisation des cérémonies familiales sur la voie publique

Le Gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a réagi fermement ce mardi 7 octobre 2025 face à la multiplication des cérémonies familiales et traditionnelles organisées sur la voie publique sans autorisation. Dans un communiqué officiel rendu public, il a exprimé sa préoccupation concernant cette pratique devenue courante dans la capitale, notamment à l’occasion de baptêmes, mariages ou autres événements festifs.

Ces manifestations, selon le communiqué, provoquent régulièrement des perturbations de la circulation, des nuisances sonores et des risques accrus pour la sécurité publique. Le Gouverneur souligne que la voie publique n’est pas un espace privé, mais un lieu destiné à la libre circulation des personnes et des biens. Il rappelle que son utilisation à des fins particulières ne peut se faire qu’à titre exceptionnel et dans le strict respect des procédures légales prévues par la réglementation en vigueur.

Ousmane Kane précise que toute occupation de la voie publique, quel qu’en soit le motif, doit faire l’objet d’une déclaration préalable auprès de l’autorité administrative compétente, au moins trois jours avant la date prévue pour l’événement. Cette exigence vise à permettre aux services de l’État et aux forces de sécurité de prendre les dispositions nécessaires pour encadrer ces rassemblements et prévenir tout désordre.

Dans son communiqué, le Gouverneur attire également l’attention sur l’usage abusif des sonorisations lors de ces cérémonies. Il rappelle que toute installation d’un système sonore sur la voie publique est soumise à une autorisation spéciale. Cette mesure, selon lui, permet de préserver la tranquillité des riverains et d’éviter les débordements souvent constatés lors de ces manifestations.

Ousmane Kane met en garde contre toute violation de ces règles. Il avertit que les contrevenants s’exposent à des sanctions prévues par la loi, notamment l’interruption immédiate de la cérémonie, la saisie du matériel utilisé et d’éventuelles poursuites judiciaires. L’autorité administrative indique que ces sanctions ne visent pas à restreindre les libertés, mais à garantir la sécurité collective, la quiétude publique et une cohabitation harmonieuse entre les usagers de l’espace urbain.

Le Gouverneur a également lancé un appel au civisme et à la responsabilité de tous. Il a exhorté les citoyens à adopter un comportement respectueux des lois et à comprendre que la préservation de l’ordre public relève d’une responsabilité partagée. Selon lui, l’occupation anarchique de la voie publique pour des cérémonies privées nuit à la mobilité urbaine, met en danger les usagers de la route et crée des tensions inutiles dans les quartiers résidentiels.

Enfin, Ousmane Kane a demandé aux Préfets, Sous-préfets, Maires, Délégués de quartier et forces de sécurité de veiller à l’application stricte de ces dispositions sur l’ensemble du territoire régional. Il souhaite ainsi mettre fin à une pratique devenue récurrente, où les rues se transforment en lieux de réjouissance, au détriment du respect des normes et de la sécurité publique. Cette sortie du Gouverneur intervient dans un contexte où les autorités cherchent à réorganiser l’espace urbain de Dakar et à rappeler aux citoyens la nécessité d’un usage responsable de la voie publique.

Dakar : le président Embaló appelle à un partenariat de développement fondé sur la technologie et l’humain

Le président de la République de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a pris part à l’édition 2025 du Forum Investir au Sénégal, organisé à Dakar. Dans une allocution empreinte d’ambition et de réalisme, le chef de l’État bissau-guinéen a mis l’accent sur la nécessité d’un partenariat régional tourné vers le développement technologique et le renforcement du capital humain, piliers selon lui d’une Afrique émergente et souveraine.

Dès son arrivée, le président Embaló a exprimé sa joie d’être à Dakar, soulignant la profondeur des liens qui unissent la Guinée-Bissau et le Sénégal. Il a rappelé que les deux pays partagent « bien plus qu’une frontière », évoquant une communauté de destin façonnée par la parenté, l’histoire, la culture et la langue. Il a salué la stratégie du Sénégal visant à devenir un véritable hub technologique régional, ajoutant que tout progrès enregistré de part et d’autre de la frontière se répercute positivement sur les deux nations.

Dans son discours, Umaro Sissoco Embaló a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de s’appuyer sur deux leviers essentiels : les infrastructures physiques d’une part, et le capital humain, la science et la créativité d’autre part. « L’avenir du continent se construira certes sur l’infrastructure physique, mais aussi et surtout sur le capital humain, la science, la technologie, l’innovation et la créativité », a-t-il affirmé devant les participants du forum.

Le président bissau-guinéen a ensuite détaillé les secteurs qu’il considère comme les moteurs de la croissance africaine : la révolution numérique, l’agriculture intelligente (smart farming), l’agro-transformation, les énergies renouvelables, la santé connectée et l’intelligence artificielle. Il a rappelé que la Guinée-Bissau s’est déjà engagée sur cette voie à travers la digitalisation des services publics et la création de zones économiques spéciales destinées à attirer les investissements.

Umaro Sissoco Embaló a également décrit l’Afrique de l’Ouest comme un « écosystème intégré », doté d’un potentiel humain exceptionnel. Il a appelé à une nouvelle approche de l’investissement, axée non seulement sur la rentabilité financière, mais aussi sur l’impact social et humain. « Nous recherchons des investissements capables de transformer la vie des citoyens, notamment celle des jeunes, des femmes et des populations rurales », a-t-il déclaré, tout en saluant l’essor des start-up africaines et des initiatives citoyennes dans l’économie numérique.

En conclusion, le président de la Guinée-Bissau a exhorté les gouvernements et les partenaires internationaux à bâtir un modèle de développement basé sur la confiance, la justice sociale et la durabilité. « Nous devons encourager les transferts de technologies, valoriser les compétences locales et promouvoir une croissance socialement juste et écologiquement soutenable », a-t-il plaidé.

Convaincu que ce forum ouvrira la voie à des partenariats « équitablement profitables et durables », Embaló a lancé un appel vibrant à la solidarité régionale : « Ensemble, ouvrons de nouvelles perspectives pour une prospérité partagée, une justice sociale affirmée et un développement au service de nos peuples. »

Pape Malick Ndour libéré : Me El Hadji Diouf dénonce un acharnement politique et l’absence de preuves

L’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, a été libéré ce lundi à l’issue de son audition à la Section de recherches de Colobane. Son avocat, Me El Hadji Diouf, a dénoncé un « acharnement politique » et une « violation » des droits de son client, affirmant que rien ne justifiait cette convocation.

« Tous les droits de Pape Malick Ndour ont été violés. Il n’a rien à se reprocher. Il n’a donné aucun ordre pour tuer, n’a eu aucun contact avec des nervis, il n’est ni criminel ni assassin », a déclaré Me Diouf. L’avocat a dénoncé une manœuvre visant spécifiquement les cadres de l’Alliance pour la République (APR) susceptibles de contester le gouvernement en place. « Ce grand économiste empêche le gouvernement de dormir. C’est un homme courageux, de haut niveau, qui pose des questions sur des sujets que ce gouvernement ne maîtrise pas. Il dérange, comme tous les cadres de l’APR capables de porter la contradiction à un gouvernement affolé », a-t-il ajouté.

Selon Me Diouf, la convocation de Pape Malick Ndour reposait uniquement sur une dénonciation, sans qu’aucune preuve tangible ne soit produite. « J’ai demandé aux enquêteurs : où sont les preuves ? Aucune preuve. Les gendarmes n’ont pas pu produire le moindre élément. Nous sommes sortis de l’enquête très confiants, car ils n’ont aucune preuve contre lui », a-t-il précisé.

L’avocat a enfin confirmé que Pape Malick Ndour est désormais libre de ses mouvements et peut voyager sans restriction. « Il peut voyager dès ce soir, que ce soit pour l’Australie, Paris ou l’Océanie », a-t-il conclu, mettant fin à une affaire qui aura suscité de vives réactions dans le paysage politique national.

Le Cadre Tijaani « Wattu Sunu Diine » condamne fermement les propos jugés offensants de Sa Wolof

Le Cadre de Réflexion et d’Actions Tijaani « Wattu Sunu Diine » a fait part, ce lundi 6 octobre 2025, de sa profonde indignation à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle Abdoulaye Cissé, alias Sa Wolof, tient des propos jugés gravement offensants à l’encontre de Papa Moukhtar Kébé et du vénéré guide religieux Seydil Hadji Malick Sy.

Dans un communiqué transmis à la presse, les disciples de la Hadara Malickiya dénoncent une atteinte grave à la dignité et à la mémoire de leurs illustres guides spirituels, dont l’influence, rappellent-ils, transcende les générations et dépasse toute appartenance confrérique ou ethnique. Selon le collectif, Abdoulaye Cissé aurait manipulé un extrait d’une allocution de Papa Moukhtar Kébé, y ajoutant des commentaires jugés irrespectueux et déplacés, qui ont profondément choqué la communauté tidiane.

Le Cadre estime que cette sortie de Sa Wolof illustre une dérive préoccupante dans l’espace numérique sénégalais, où les réseaux sociaux deviennent le théâtre d’une instrumentalisation identitaire et religieuse. « Nous observons avec inquiétude une tendance croissante à transformer la fierté culturelle en hostilité ouverte envers d’autres communautés ou familles religieuses », déplore le communiqué, avant de mettre en garde contre les discours haineux et les dérives ethnicisées susceptibles de menacer la cohésion sociale et la paix civile.

Face à cette « désacralisation du religieux », le mouvement « Wattu Sunu Diine » condamne avec la plus grande fermeté les propos tenus par Sa Wolof et exige le retrait immédiat de la vidéo jugée offensante. Le Cadre appelle le procureur de la République à s’autosaisir du dossier et à engager des poursuites judiciaires pour que des sanctions exemplaires soient infligées à l’auteur.

Le collectif en appelle également à la responsabilité des plus hautes autorités du pays, notamment le président de la République, le Premier ministre, ainsi que les ministres de la Justice, de l’Intérieur et de la Communication. Il leur demande de veiller à la protection de la mémoire des guides religieux et à la préservation de la dignité des symboles spirituels qui constituent le socle moral de la nation sénégalaise.

En outre, « Wattu Sunu Diine » propose l’adoption d’un cadre législatif renforcé pour réguler les contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Cette réforme inclurait la création d’une autorité de régulation dédiée au numérique, ainsi qu’un dispositif juridique spécifique pour la protection des dignitaires religieux, comparable aux garanties prévues pour la figure du chef de l’État.

Le communiqué conclut en rappelant que « porter atteinte à nos guides revient à saper les fondements mêmes de notre société ». Le Cadre Tijaani réaffirme son engagement indéfectible envers la foi, la science et la paix, dans la droite ligne de l’héritage spirituel de Seydil Hadji Malick Sy, symbole de tolérance, de savoir et de cohésion nationale.

Crues à Bakel : 946 hectares inondés et 3 825 sinistrés, le gouvernement mobilise des vivres d’urgence

Les récentes crues enregistrées dans le département de Bakel, consécutives aux lâchers d’eau du barrage de Manantali, ont provoqué d’importants dégâts humains et matériels. Selon les autorités locales, près de 946 hectares de terres agricoles ont été submergés, affectant gravement les populations et les cultures de cette zone située à l’extrême est du pays.

Le préfet de Bakel, Daouda Sène, s’exprimant à l’issue d’une réunion du comité départemental de gestion des inondations et des catastrophes naturelles, a dressé un premier bilan alarmant. Il a indiqué que sept localités du département sont actuellement envahies par les eaux, contraignant de nombreuses familles à quitter leurs habitations. « À ce jour, nous avons recensé 200 familles sinistrées, soit un total de 3 825 personnes affectées par ces inondations », a déclaré le préfet dans un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Face à cette situation d’urgence, le gouvernement a rapidement réagi. Un premier lot de vivres et de matériel d’assistance a été acheminé vers la préfecture, sous la coordination du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Daouda Sène a salué la « promptitude » de la réponse gouvernementale, qui a permis la mise à disposition de denrées et produits de première nécessité au profit des familles touchées.

Selon les précisions du préfet, les secours comprennent notamment 10 tonnes de riz, 2 tonnes de sucre, 2 000 litres d’huile, 1 tonne de lait en poudre, 500 bouteilles d’eau, 200 kilogrammes de savon, 500 litres de javel, 10 motopompes d’une capacité de 50 mètres cubes par heure, 500 matelas, 1 000 litres de carburant et une enveloppe de 250 000 francs CFA destinée à la manutention. Ces vivres et équipements seront acheminés vers les zones inondées dès ce lundi.

« Le comité s’est réuni pour la répartition de ce don en prenant en compte la situation cas par cas. L’impact n’est pas le même d’une localité à une autre, et les membres ont jugé nécessaire de donner la priorité aux personnes déplacées et relogées dans les établissements scolaires », a expliqué le préfet.

Ces inondations, récurrentes dans la vallée du fleuve Sénégal, rappellent la fragilité de certaines zones face aux variations hydrauliques du bassin du fleuve, notamment lors des lâchers d’eau des barrages en amont. Les autorités locales poursuivent les opérations d’assistance et de recensement en attendant une évaluation plus complète des pertes agricoles et matérielles.

Sangomar et GTA : 2,89 millions de barils et 336 690 m³ de gaz naturel liquéfié produits en septembre 2025

Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a rendu public le rapport de production du mois de septembre 2025 concernant les deux principaux projets pétroliers et gaziers du Sénégal, Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Ce document met en lumière la montée en puissance de la production nationale et confirme la dynamique positive observée depuis le début de l’exploitation de ces gisements stratégiques.

Selon le rapport, le champ pétrolier de Sangomar a enregistré durant le mois de septembre trois cargaisons de pétrole brut expédiées et commercialisées sur le marché international, représentant un volume cumulé de 2,89 millions de barils. Ce niveau de production confirme la stabilité des opérations et la fiabilité des installations mises en service depuis le premier semestre de l’année. Initialement, les projections pour 2025 tablaient sur une production annuelle de 30,53 millions de barils, mais les performances constatées ont conduit les autorités à revoir ces prévisions à la hausse, désormais estimées à 34,5 millions de barils. Cette révision traduit la robustesse des performances opérationnelles et la bonne productivité des puits de Sangomar.

Le document ministériel souligne également que les conditions techniques et logistiques du projet se sont considérablement améliorées depuis la phase initiale, grâce à une coordination étroite entre les opérateurs et les autorités nationales. La qualité du brut sénégalais, déjà reconnue sur les marchés, contribue à renforcer la compétitivité du pays comme nouvel acteur dans le secteur énergétique régional.

Concernant le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), le ministère annonce que deux cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) ont été produites et livrées durant le mois de septembre, pour un volume total de 336 690 mètres cubes. Ce chiffre marque une étape importante dans la phase de montée en charge du projet, qui vise à stabiliser la production avant une exploitation à plein régime dans les prochains mois.

Parallèlement, les opérations de mise en service se poursuivent à bord du navire FPSO (Floating Production Storage and Offloading), élément central du dispositif de production gazière. Les équipes techniques s’emploient à ajuster les paramètres de fonctionnement afin d’assurer une montée progressive et sécurisée de la capacité opérationnelle.

Ces résultats confirment la bonne trajectoire du Sénégal dans sa stratégie de valorisation des ressources naturelles. Avec Sangomar et GTA, le pays entre dans une nouvelle ère énergétique, marquée par l’exportation de volumes significatifs de pétrole et de gaz, tout en poursuivant les efforts de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion du secteur extractif.

Procès de Pape Mahawa Diouf : la partie civile réclame 200 millions de F CFA à titre de réparation

L’affaire opposant Pape Mahawa Diouf, ancien directeur de la communication de la présidence de la République, à l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), a été appelée ce lundi 6 octobre 2025 devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Cette audience très attendue a été marquée par des moments de tension, notamment lors de la confrontation entre l’accusé et les représentants de l’agence publique.

Selon les informations recueillies à l’audience, l’ASER reproche à Pape Mahawa Diouf d’avoir tenu, dans des déclarations publiques, des propos jugés diffamatoires concernant une prétendue mauvaise gestion de 37 milliards de F CFA. Ces fonds étaient, selon le mis en cause, liés à des projets d’électrification rurale dont la transparence aurait été mise en doute. Face aux juges, les représentants de l’ASER – notamment le directeur technique et un conseiller technique – ont tenu à apporter des éclaircissements.

Ils ont expliqué que la somme évoquée par Pape Mahawa Diouf correspondait bien à des financements effectivement décaissés, mais dans le cadre de 47 projets distincts. Parmi eux, quarante concernaient la phase pilote du programme d’électrification rurale et couvraient plus de 300 villages répartis sur l’ensemble du territoire national. Les représentants de l’agence ont insisté sur le caractère transparent du processus et sur la conformité des dépenses effectuées.

Dans ses réquisitions, la partie civile a sollicité une réparation financière évaluée à 200 millions de F CFA, se fondant sur les dispositions du Code de procédure pénale. L’avocat de l’ASER a précisé que la structure ne cherchait pas la condamnation pénale de l’accusé, mais plutôt la reconnaissance d’un préjudice moral et institutionnel. « Nous ne demandons pas sa condamnation pénale, mais une réparation de 200 millions de F CFA pour l’ASER », a-t-il déclaré à la barre.

De son côté, Pape Mahawa Diouf, assisté par un collectif d’avocats composé de Me Elhadji Youm, Me El Hadji Diouf et Me Amadou Sall, a reconnu que ses propos s’inspiraient d’anciens commentaires de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall relatifs à la gestion de l’ASER. L’ancien porte-parole du parti APR a tenu à préciser qu’il n’avait jamais voulu accuser personnellement le directeur général de l’agence ni porter atteinte à l’institution. « Si mon propos heurte, je peux le retirer. Mon intention n’a jamais été d’accuser le Directeur général ni l’ASER. En tant que porte-parole d’un parti, j’alertais simplement l’opinion », a-t-il déclaré devant le tribunal.

Lors de la prise de parole de la défense, Me El Hadji Diouf a d’abord demandé à savoir qui, au juste, représentait l’ASER dans cette procédure. Le directeur technique et le conseiller technique se sont levés pour se présenter. L’avocat s’est alors étonné de cette situation, soulignant qu’il s’agissait d’une première dans ce tribunal. Une remarque qui a provoqué un léger tumulte dans la salle avant que le président d’audience ne rétablisse le calme.

Le procès, suivi avec beaucoup d’intérêt par les observateurs politiques et médiatiques, s’annonce comme un test pour la gestion de la liberté d’expression et la responsabilité des acteurs publics dans le débat national. L’audience s’est poursuivie dans une atmosphère tendue, les plaidoiries des parties étant attendues pour la suite des débats.

Sénégal – Le FMI reporte le vote sur la dérogation liée à la dette

Le Sénégal devra encore patienter avant de voir le Fonds monétaire international (FMI) valider la dérogation indispensable à la reprise de ses financements. Réuni ce vendredi pour examiner la situation du pays, le Conseil d’administration de l’institution basée à Washington n’a pas procédé au vote attendu. Cette décision, jugée cruciale par Dakar, visait à lever le blocage lié à la découverte de dettes non déclarées. En attendant, le pays reste privé d’un accès direct aux ressources financières du FMI, dans un contexte où la contrainte budgétaire devient de plus en plus pesante.

Ce report s’explique par le fait que certains critères techniques exigés n’ont pas encore été remplis par les autorités sénégalaises. Sans leur satisfaction, le Conseil n’a pas jugé possible de se prononcer formellement sur la dérogation. Selon des informations relayées par l’agence Reuters, les discussions avancent néanmoins dans la bonne direction et deux sources proches du dossier estiment que la validation pourrait intervenir d’ici la fin de l’année. L’absence de calendrier officiel entretient toutefois un climat d’incertitude sur les marchés et chez les partenaires financiers du Sénégal, dont certains conditionnent leurs propres financements à la position finale du FMI.

Cette situation trouve son origine dans un scandale révélé au printemps dernier : la découverte de dettes cachées estimées à plus de 11 milliards de dollars. Cette révélation avait conduit à la suspension d’un programme de prêts d’un montant de 1,8 milliard de dollars, signé antérieurement avec le Sénégal. Depuis l’arrivée des nouvelles autorités, des échanges techniques ont été engagés avec les services du FMI pour clarifier l’ampleur réelle de ces engagements et restaurer la crédibilité des statistiques publiques. Le 2 octobre, l’institution avait d’ailleurs annoncé qu’elle préparait un nouveau cadre de coopération actualisé, laissant espérer une relance rapide des discussions.

L’attente actuelle est lourde de conséquences. Le Sénégal, qui fait face à une pression croissante sur ses finances publiques, se retrouve sans le soutien du FMI et doit gérer seul ses engagements financiers. L’absence de dérogation prive Dakar d’un levier crucial pour restaurer la confiance des bailleurs de fonds. Plus encore, la reprise de l’appui du FMI apparaît comme une condition déterminante pour mobiliser d’autres financements bilatéraux et privés. Tant que la décision officielle n’est pas prise, les marges de manœuvre budgétaires du pays restent limitées et son image sur les marchés demeure fragilisée.

L’issue des prochaines discussions du Conseil d’administration sera donc déterminante. En validant la dérogation, le FMI offrirait au Sénégal l’opportunité de rétablir un partenariat durable et de relancer son programme économique. Mais tant que ce feu vert n’est pas acquis, Dakar devra continuer de composer avec une situation financière tendue et une crédibilité internationale en attente de réhabilitation.

Ousmane Sonko installe le Conseil national du numérique : un pilier de la transformation digitale

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation et d’innovation technologique. Le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé, ce jeudi 2 octobre 2025, à l’installation officielle du Conseil national du numérique (CNN), un organe consultatif composé de 20 personnalités issues du secteur public, du privé et de la société civile.

La cérémonie d’installation a été l’occasion pour le Chef du gouvernement de rappeler la place stratégique du numérique dans le programme politique du président Bassirou Diomaye Faye. « Le numérique occupe une place centrale dans les priorités du Président de la République et dans l’Agenda national de Transformation », a déclaré Ousmane Sonko, soulignant que cet outil représente un levier essentiel pour bâtir une économie compétitive et inclusive.

Placé sous la coordination stratégique de la Primature, le CNN aura pour mission de formuler des recommandations sur les politiques numériques nationales et d’accompagner leur mise en œuvre. L’organe consultatif devra jouer un rôle actif dans le suivi des grands projets structurants du secteur, notamment dans l’innovation technologique, la digitalisation des services publics et le développement d’une économie numérique robuste capable de générer des emplois durables.

Au-delà de l’appui stratégique, le Conseil est appelé à renforcer la synergie entre les initiatives publiques et privées. Il travaillera à créer un cadre favorable à l’entrepreneuriat digital, à la création de start-up et au développement de solutions technologiques locales. Une attention particulière sera portée à l’inclusion numérique afin de réduire la fracture entre zones urbaines et rurales, et de garantir que toutes les couches sociales bénéficient des opportunités offertes par le digital.

Le CNN aura également un rôle clé dans la protection des données personnelles et le renforcement de la cybersécurité, deux défis majeurs à l’ère des échanges massifs d’informations et de la montée des cybermenaces. En s’appuyant sur des experts et des acteurs de référence, le Conseil ambitionne de doter le Sénégal d’une gouvernance numérique solide, alignée sur les standards internationaux.

Avec cette installation, le gouvernement réaffirme sa volonté de faire du numérique un vecteur de souveraineté, de développement économique et de modernisation de l’État. L’entrée en fonction du Conseil national du numérique marque ainsi le lancement d’une nouvelle phase de la transformation digitale du Sénégal, tournée vers l’efficacité, l’innovation et l’inclusion.

Médias au Sénégal : le CNRA instaure la « tolérance zéro » et promet une fermeté accrue

Réuni ce jeudi à Dakar lors d’un atelier de sensibilisation destiné aux rédacteurs en chef et responsables de programmes des radios et télévisions, le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a envoyé un signal fort au secteur médiatique. Par la voix de son président, Mamadou Oumar Ndiaye, le régulateur a annoncé une politique de « tolérance zéro » contre les dérives constatées ces derniers mois dans l’espace audiovisuel, tout en mettant en avant la pédagogie comme première étape de son action.

Dans sa déclaration, le président du CNRA a dressé une liste des valeurs intangibles que les médias devront désormais respecter strictement. Il a cité la vie privée, l’intégrité du territoire national, la cohésion religieuse et confrérique, la diversité culturelle, l’unité nationale, ainsi que la préservation des bonnes mœurs. Selon lui, ces principes ne souffriront plus aucune entorse. « Aucune forme d’atteinte ne sera plus tolérée. En fait, nous n’avons jamais toléré, mais plus encore que par le passé, nous ferons preuve de fermeté », a-t-il martelé.

Tout en brandissant la menace de sanctions sévères, le CNRA dit vouloir privilégier la pédagogie. Mamadou Oumar Ndiaye a expliqué que des campagnes de sensibilisation seront menées auprès de l’ensemble des professionnels de l’audiovisuel, afin de leur rappeler les dispositions de la loi, des cahiers des charges et des conventions signées avec l’État. « Aujourd’hui, j’ai dit qu’il y aura un avertissement qui sera adressé à tout le monde, mais on espère qu’il sera suffisamment dissuasif pour qu’on n’ait pas besoin de brandir le carton rouge », a-t-il ajouté.

Issu lui-même de la presse, qu’il a servie pendant quatre décennies, le président du CNRA a exprimé son malaise face aux dérives actuelles, qu’il impute à une minorité de « francs-tireurs » et qui, selon lui, ternissent l’image d’une presse sénégalaise longtemps considérée comme une référence en Afrique francophone.

Au-delà de la déontologie médiatique, la sortie du CNRA a également pris une dimension sécuritaire. Mamadou Oumar Ndiaye a mis en garde contre les risques que ces dérives pourraient engendrer, notamment dans les zones frontalières comme Kédougou et Tambacounda. Selon lui, certains contenus diffusés sans contrôle pourraient devenir un « terreau fertile » pour la propagande djihadiste, dans un contexte régional marqué par l’instabilité sécuritaire.

Toutefois, le CNRA reconnaît ses limites opérationnelles, en particulier l’absence de moyens pour surveiller efficacement les radios locales implantées dans les régions. « Nous sommes aujourd’hui incapables de savoir ce qui se dit dans les radios qui sont dans les régions », a regretté Mamadou Oumar Ndiaye, plaidant pour un renforcement significatif des ressources du Conseil. Il a appelé à la mise en place de structures décentralisées et d’outils modernes de monitoring, à l’image des régulateurs d’autres pays africains.

Après plusieurs mois d’attente, le collège du CNRA n’a été installé qu’en mai dernier. Depuis, l’institution s’est attelée à se doter d’une feuille de route, avec un séminaire d’imprégnation et l’étude des premiers dossiers. Avec cette nouvelle stratégie alliant pédagogie et fermeté, le CNRA entend désormais jouer pleinement son rôle d’arbitre de l’audiovisuel sénégalais, dans un contexte où les tensions politiques, sociales et sécuritaires rendent la régulation plus nécessaire que jamais.

Touba et Kidira noyées sous les eaux après des pluies torrentielles

Le Sénégal fait de nouveau face à la brutalité des intempéries. Dans la nuit de lundi à mardi, des pluies diluviennes se sont abattues sur plusieurs localités, plongeant Touba et Kidira dans une situation de détresse et de chaos. À Touba, près de 95,1 millimètres d’eau ont été enregistrés en seulement vingt-quatre heures, un volume suffisant pour anéantir les efforts déjà déployés afin d’évacuer les précédentes inondations.

La ville sainte est ainsi redevenue un immense champ d’eau stagnante. Les quartiers qui avaient vu leur niveau d’eau baisser ces derniers jours ont été engloutis à nouveau. La station de pompage de 72 000 mm, censée contenir une bonne partie des précipitations, a été totalement dépassée par les événements. Devant la mairie, les eaux ont bloqué la circulation, contraignant les populations à improviser des solutions de fortune. Dans certains secteurs, seuls les charretiers assurent encore le transport. Les voitures, garées et inutilisables, ont cédé la place aux charrettes qui permettent de traverser les zones inondées. Des familles entières s’efforcent de sauver le minimum de matériel, transportant meubles et vivres loin des eaux montantes, malgré l’appui ponctuel des autorités locales.

La scène à Kidira, à l’est du pays, est encore plus dramatique. Le fleuve Falémé a connu une montée exceptionnelle de ses eaux à la suite des fortes précipitations et du lâcher du barrage de Manantali. Le pont reliant la commune aux villages riverains a totalement disparu sous les flots. Les habitants, coupés du reste du territoire, n’ont trouvé d’autre alternative que la pirogue. Les malades, les femmes enceintes, les enfants et les denrées alimentaires traversent désormais une vaste nappe d’eau de plusieurs kilomètres avant d’atteindre la terre ferme. Ce recours aux pirogues, souvent précaires, illustre la vulnérabilité de la zone, où la submersion a transformé les routes en lacs.

Ces inondations révèlent avec plus d’acuité encore le problème structurel de l’enclavement dans la région du Boundou. Les populations font face à des difficultés considérables pour évacuer les malades, pour acheminer les marchandises et pour maintenir un rythme normal dans leurs activités économiques. Les pertes agricoles sont redoutées, car plusieurs champs sont déjà menacés par la stagnation des eaux.

Dans ce contexte, les habitants lancent un appel urgent aux autorités nationales. À Touba, comme à Kidira, les populations attendent des mesures fortes et des interventions rapides pour limiter les dégâts humains et matériels. Mais au-delà de l’urgence, ces intempéries récurrentes relancent le débat sur l’efficacité des politiques d’assainissement et de gestion hydraulique dans un pays où chaque saison des pluies se transforme en désastre humanitaire et économique.

Gouloum Béthio : violents affrontements entre habitants et gendarmes autour du forage du village

La matinée de ce mercredi a été marquée par une vive tension à Gouloum Béthio, localité de la commune de Kamb dans le département de Linguère. À l’origine des échauffourées, une opération menée par la Sénégalaise des Eaux Rurales (SDE-R) pour récupérer la gestion du forage du village, une décision à laquelle les jeunes habitants se sont opposés avec vigueur.

Lorsque les agents de la SDE-R ont tenté de procéder au raccordement du forage à l’installation électrique, les villageois se sont interposés. Cette résistance a entraîné l’intervention de la gendarmerie de Yang Yang, appuyée par des renforts. Très vite, la situation a dégénéré, donnant lieu à des affrontements violents entre la population et les forces de l’ordre.

Sur les réseaux sociaux, notamment via la page Facebook de Babacar Sarr, des images circulent montrant un enfant du nom de Ndiaga Sarr, âgé de 14 ans, utilisé comme « bouclier humain » par les gendarmes, une scène qui a suscité l’indignation. Contacté par PressAfrik, Babacar Sarr a donné des explications sur le contexte de ces incidents.

Selon lui, tout est parti d’une proposition formulée par le ministre de l’Hydraulique, Cheikh Tidiane Dièye, visant à confier la gestion des forages villageois à la SDE-R. « Le ministre avait dit que c’était une option : si le village est d’accord, la SDE-R prend la gestion, sinon elle se retire. Mais les habitants de Gouloum ont clairement refusé. Malgré cela, la société a tenté de passer en force, ce qui a déclenché l’affrontement », a-t-il déclaré.

Il accuse la gendarmerie d’avoir réagi de manière disproportionnée : « Ils ont lancé des grenades lacrymogènes sur la population. Et quand les affrontements se sont intensifiés, ils ont attrapé un enfant pour l’utiliser comme bouclier. C’est inacceptable », a martelé M. Sarr.

Le bilan fait état de plusieurs blessés parmi les villageois, certains souffrant de maladies respiratoires ou d’asthme, aggravées par les gaz lacrymogènes. Des dégâts matériels ont également été signalés, notamment des chaises et autres équipements saccagés. En outre, sept personnes ont été arrêtées, dont une femme.

Dans un message d’interpellation, Babacar Sarr a appelé les plus hautes autorités, notamment le ministre de l’Intérieur Bamba Cissé, le Premier ministre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, à réagir face à ce qu’il qualifie de dérives graves. « Un enfant n’est pas un gilet pare-balles et un village n’est pas une caserne. La dignité humaine ne se négocie pas, ni avec la SDE-R ni avec quiconque », a-t-il martelé.

Cette affaire, qui mêle tensions sociales, gestion des ressources hydrauliques et violences policières présumées, risque d’alimenter de vifs débats au niveau national sur la manière dont l’État conduit ses réformes dans les zones rurales et sur la protection des droits fondamentaux des citoyens.

Le PDS tire la sonnette d’alarme et dénonce une crise « multidimensionnelle » au Sénégal

Le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) est monté au créneau ce mercredi 1er octobre 2025 pour alerter sur ce qu’il qualifie de « crise multidimensionnelle » frappant le pays. Lors d’un point de presse organisé à Dakar, les responsables libéraux ont dressé un tableau sombre de la situation nationale, en insistant sur les difficultés sanitaires, sociales et économiques, tout en formulant des propositions pour redresser la trajectoire du Sénégal.

Au plan sanitaire, le PDS s’est particulièrement attardé sur la question des inondations, citant le cas de Touba où les populations, selon lui, vivent sous la menace permanente des maladies hydriques. Pour les libéraux, cette situation est la conséquence directe d’une gestion insuffisante et mal planifiée. Le parti réclame la création urgente d’un fonds spécial dédié à la lutte contre les inondations, la mise en œuvre d’un programme structuré de prévention et de résilience, ainsi qu’un audit rigoureux des ressources mobilisées depuis 2009 pour combattre ce fléau récurrent.

La vie chère a été un autre axe central de la déclaration. Les dirigeants du PDS ont dénoncé une fiscalité jugée « étouffante », accusant le gouvernement de maintenir une politique fiscale asphyxiante, dépourvue d’équité et sans véritable effet redistributif. Selon eux, cette politique fragilise non seulement les ménages mais aussi le tissu économique national. Ils accusent par ailleurs le pouvoir d’incohérence, en mettant en avant un discours souverainiste d’un côté, tout en s’alignant sur « les logiques de la dette » de l’autre, ce qui aurait pour conséquence de faire peser le fardeau du remboursement sur les couches sociales les plus vulnérables.

Le volet macroéconomique a donné lieu à de vives critiques. Selon le PDS, l’économie nationale est aujourd’hui « à la dérive ». Le parti s’appuie sur les récentes décisions des agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s qui ont dégradé la note souveraine du Sénégal à B- avec une perspective négative, ce qui, pour les libéraux, traduit une perte de crédibilité et de confiance des marchés financiers. Ils estiment que la situation est aggravée par un déficit public qui dépasse 9 % du PIB, un niveau jugé insoutenable en l’absence de plan de relance crédible. Pour illustrer leur propos, les libéraux ont évoqué la période du président Abdoulaye Wade, citant l’exemple de la Redevance de Développement des Infrastructures Aéroportuaires (RDIA) qui avait permis de financer la construction de l’aéroport international Blaise Diagne sans recourir aux ressources du budget national.

Le PDS a aussi tenu à rappeler que l’héritage économique laissé par Abdoulaye Wade en 2012 était loin de correspondre au tableau de « caisses vides » souvent avancé par ses successeurs. Les responsables ont mis en avant les chiffres de la BCEAO qui estimaient les avoirs de l’État à 387 milliards de francs CFA à son départ du pouvoir. Ils ont également salué la vision de Karim Wade, à travers le projet du Port de Ndayane présenté comme un levier stratégique de compétitivité logistique et un modèle réussi de partenariat public-privé, susceptible de transformer durablement l’économie nationale.

Sur le plan politique, les libéraux ont annoncé une réorganisation en profondeur de leur Secrétariat national et l’installation prochaine d’un nouveau Comité directeur. Mais leur discours ne s’est pas limité à la critique économique. Le PDS a insisté sur « l’urgence vitale » de renforcer la cohésion nationale et de refonder la confiance entre les citoyens et les institutions. Le parti a condamné fermement ce qu’il considère comme des « arrestations arbitraires liées aux délits d’opinion » et exigé la libération immédiate des détenus politiques, qu’il présente comme une condition essentielle pour décrisper le climat social et préserver la démocratie.

Bras de fer à l’Hôtel Radisson de Diamniadio : le ministre Amadou Ba appelle au dialogue et à la responsabilité

La crise sociale qui secoue l’Hôtel Radisson de Diamniadio continue de prendre de l’ampleur et attire désormais l’attention des plus hautes autorités. Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, s’est exprimé publiquement à travers un communiqué transmis à la presse. Dans ce document, il invite les travailleurs et la direction de l’établissement à se conformer au cadre légal en matière de licenciement et de grève. Il appelle ainsi à un retour à la légalité et au dialogue dans un climat de conciliation et de responsabilité.

Le ministre insiste sur l’urgence d’engager des négociations sous la supervision de l’Administration du Travail afin de trouver un compromis permettant une reprise rapide et durable des activités de l’hôtel. Pour lui, ce conflit dépasse les simples relations sociales internes, car il touche directement l’image touristique du Sénégal et la disponibilité de son parc hôtelier.

Amadou Ba rappelle que l’Hôtel Radisson constitue un atout stratégique pour le pays, notamment à l’approche d’événements internationaux majeurs tels que le Sommet sur les investissements FII Sénégal et les Jeux olympiques de la Jeunesse. Dans ce contexte, il souligne que la stabilité et la crédibilité de l’offre hôtelière nationale doivent être préservées en toutes circonstances.

Afin de suivre de près l’évolution de la situation, le ministre a pris contact avec les plus hautes autorités de la Société de Gestion des Infrastructures publiques dans les Pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (SOGIP-SA) ainsi qu’avec le ministère du Travail. Il veut ainsi s’assurer que toutes les mesures nécessaires soient prises pour éviter une dégradation du climat social.

Le communiqué du ministère apporte également une précision importante sur le statut juridique de l’hôtel. Amadou Ba rappelle en effet que l’Hôtel Radisson est une propriété exclusive de l’État du Sénégal, qui en a confié la gestion au Groupe Summa dans le cadre d’une délégation de quinze ans. En cas de contentieux persistant, le différend devra être porté devant la Chambre de Commerce Internationale de Paris, comme le prévoit le contrat de gestion.

Par cette intervention, le ministre cherche à apaiser les tensions et à rappeler aux parties concernées leurs obligations légales et contractuelles. L’objectif affiché reste la recherche d’une solution concertée qui garantisse à la fois la protection des droits des travailleurs et la sauvegarde de l’intérêt national lié à l’image et au dynamisme du secteur touristique.

Mpox à Dakar et Fièvre de la Vallée du Rift dans le nord : le ministère de la Santé alerte et renforce la riposte

Le Sénégal est confronté à une situation sanitaire préoccupante avec l’apparition simultanée de deux épidémies distinctes. À Dakar, plusieurs cas de Mpox (variole du singe) ont été confirmés, tandis que la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) sévit dans le nord du pays, particulièrement dans la région de Saint-Louis, où plusieurs décès ont été enregistrés. Face à ces menaces, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a convoqué une réunion d’urgence du Comité national de gestion des épidémies (CNGE), ce lundi 29 septembre 2025, afin de coordonner et renforcer la riposte.

Selon le communiqué publié tard dans la nuit, le Mpox est suivi avec une vigilance particulière dans la capitale. Depuis la confirmation du premier cas le 22 août dernier, cinq cas ont été enregistrés dans la région de Dakar. Aucun décès n’a été signalé à ce stade. Parmi les patients pris en charge, un est déjà déclaré guéri, tandis que quatre autres sont hospitalisés au service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann. Leur état clinique est jugé favorable. Pour éviter toute propagation, 52 personnes identifiées comme contacts sont actuellement suivies de près par les équipes médicales.

La situation est plus préoccupante à Saint-Louis, où la Fièvre de la Vallée du Rift a déjà causé 28 cas confirmés dont huit décès. Cette maladie virale, transmise principalement par les piqûres de moustiques ou par contact direct avec des animaux infectés, constitue un véritable défi de santé publique. L’enquête épidémiologique menée sur le terrain a permis d’identifier 90 personnes exposées, dont quatre ont déjà développé la maladie. Les autorités rappellent que quelques jours plus tôt, le 28 septembre, le bilan faisait état de 21 cas et 7 décès, confirmant une progression inquiétante de l’épidémie.

Pour faire face à cette double crise, le ministre de la Santé a donné plusieurs orientations fortes à l’issue de la réunion du CNGE. Il a insisté sur le renforcement du partenariat intersectoriel, la surveillance accrue dans les régions voisines de Saint-Louis, et l’intensification de la communication afin de sensibiliser davantage les populations. Le ministre a également appelé à une implication plus active des communautés locales, qui jouent un rôle crucial dans la prévention et la rupture des chaînes de transmission.

Dans son message, le ministère a invité les populations à redoubler de vigilance et à adopter sans réserve les mesures de prévention, qu’il s’agisse de l’hygiène, de la protection contre les moustiques ou encore de la prudence dans les contacts avec les animaux. « Chaque citoyen doit jouer pleinement son rôle dans cette lutte collective », rappelle le communiqué.

Cette mobilisation multisectorielle vise à contenir rapidement ces deux épidémies qui, bien que distinctes, exigent une réponse coordonnée et énergique afin de préserver la santé publique et d’éviter une propagation plus large à l’échelle nationale.

Madiambal Diagne renforce sa défense avec l’appui du cabinet français William Bourdon & Associés

Le journaliste et patron de presse sénégalais Madiambal Diagne a annoncé ce lundi un renfort de taille dans son équipe d’avocats. Dans un message publié sur le réseau social X, il a révélé que le prestigieux cabinet français William Bourdon & Associés rejoint sa défense ainsi que celle de sa famille, déjà assurée par plusieurs avocats sénégalais. « Le Cabinet d’avocats français William Bourdon & Associés participe à ma défense et à celle de ma famille aux côtés de leurs confrères et consœurs sénégalais Mes El. Amadou Sall, Baboucar Cissé, Dior Diagne, Ramatoulaye Ba, Papa Sène, Arona Bass, Ousmane Thiam, Demba Ciré Bathily », a-t-il précisé.

Cette décision intervient dans un contexte judiciaire particulièrement tendu pour l’ancien directeur de publication du groupe Avenir Communication. Il est visé par un mandat d’arrêt international délivré par la justice sénégalaise dans le cadre d’une enquête financière portant sur des flux estimés à 21 milliards de FCFA. Ces montants, considérés comme suspects, ont été signalés par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et seraient liés à des opérations impliquant des entreprises partenaires.

Depuis que son nom est apparu dans ce dossier, Madiambal Diagne multiplie les prises de parole publiques pour défendre son honneur. Il a récemment indiqué qu’il compte répondre à la justice sénégalaise, mais dans un cadre où ses droits seront garantis. Dans un autre message publié sur X, il a expliqué avoir quitté Dakar pour Paris le 25 septembre 2025, soit quelques jours seulement après avoir été empêché d’embarquer sur un vol d’Air Sénégal.

L’entrée en scène du cabinet William Bourdon & Associés, reconnu pour son expertise dans les affaires de criminalité financière internationale et de droits humains, confère une dimension supplémentaire à la défense de Madiambal Diagne. Ce dernier entend ainsi démontrer sa volonté de se battre sur le terrain judiciaire et d’internationaliser sa stratégie face à ce qu’il qualifie de « cabale politique et médiatique ».

Alors que la justice sénégalaise poursuit ses investigations et que le mandat d’arrêt international reste en vigueur, l’affaire prend une tournure qui dépasse désormais les frontières nationales. Elle pourrait bien devenir l’un des dossiers judiciaires les plus scrutés dans les prochains mois, à la croisée des enjeux politiques, médiatiques et financiers.

Sénégal : un nouvel organigramme de l’État entre en vigueur avec le décret n°2025-1431

Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a publié le 6 septembre 2025 le décret n°2025-1431 fixant la nouvelle répartition des services de l’État et des pouvoirs de contrôle sur les établissements publics, sociétés nationales et sociétés à participation publique entre la Présidence de la République, la Primature et les ministères. Contresigné par le Premier ministre Ousmane Sonko, ce texte abroge le décret n°2024-940 du 5 avril 2024 et redessine de façon précise la cartographie administrative et les chaînes de responsabilité au sommet de l’exécutif.

Le cœur du dispositif repose sur trois pôles. À la Présidence, sont reconduits et recentrés les leviers dits “régaliens” et de redevabilité : l’Inspection générale d’État et l’OFNAC pour l’audit et la lutte contre la corruption, le COS-PETROGAZ pour l’orientation stratégique des hydrocarbures, ainsi que des cellules de suivi et d’évaluation des politiques publiques. La Présidence conserve aussi les fonctions diplomatiques et protocolaires de très haut niveau, les organes de sécurité nationale, la coordination des conseils supérieurs de la magistrature et de la Cour des comptes, ainsi que le renseignement. Elle chapeaute l’appareil militaire placé au plus près du chef de l’État, y compris les hautes autorités sectorielles de la sûreté maritime et des aéroports, le CHEDS, et l’ensemble des services de soutien et de sécurité dédiés.

La Primature se voit, elle, confirmée dans son rôle de pilote et d’orchestrateur interministériel. Autour du cabinet et du Secrétariat général du gouvernement, le texte rassemble les instruments de planification, de normalisation et de coordination, du Bureau opérationnel de coordination et de suivi des projets aux conseils et comités nationaux thématiques — nutrition, sécurité alimentaire, sécurité sanitaire “One Health”, prévention et sécurité routières, restructuration des entreprises publiques, suivi de l’Agenda Sénégal 2050. La Primature concentre aussi les fonctions de fabrication de la norme, de conservation des archives de l’État, de communication gouvernementale et de gestion des grands ensembles immobiliers administratifs, dans une logique de cohérence d’ensemble.

Chaque ministère dispose d’un périmètre clarifié, avec ses inspections, cellules techniques, directions générales et directions spécialisées. La Justice articule protection judiciaire, administration pénitentiaire, droits humains, dématérialisation et bonne gouvernance. L’Énergie, le Pétrole et les Mines structurent l’électricité, les renouvelables, la transition énergétique, les hydrocarbures et la géologie, avec une direction de contrôle transverse des opérations minières, pétrolières et gazières. L’Intérieur concentre sécurité publique, police judiciaire, frontières, protection civile, traitement des fichiers et organisation des élections. L’Économie et le Plan coordonnent prévision, politiques économiques, coopération et financements extérieurs, tandis que Finances et Budget encadrent Trésor, Douanes, Impôts-Domaines, Budget et secteur financier. L’Enseignement supérieur organise l’offre publique et privée, la recherche et l’innovation, les bourses, les classes préparatoires et la maintenance universitaire. Les Transports intègrent routier, ferroviaire et aérien, avec des directions de planification, QHSE et systèmes d’information. Les ministères de l’Éducation nationale, de l’Agriculture et de l’Élevage, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, de la Santé, de la Famille et de l’Action sociale, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, de l’Environnement et de la Transition écologique, de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, de l’Industrie et du Commerce, des Pêches et de l’Économie maritime, de la Fonction publique, de la Jeunesse et des Sports, de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, des Infrastructures, ainsi que de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, se voient attribuer des organigrammes complets et homogènes, avec des cellules de passation des marchés, d’études, de planification, de suivi-évaluation, d’informatique, de genre et d’équité, signe d’une standardisation des fonctions support.

Au-delà des organes internes, le décret ventile la tutelle et le contrôle de centaines d’entités publiques et parapubliques. Les établissements de santé — du CHU de Fann aux hôpitaux régionaux en passant par les centres spécialisés — sont regroupés sous la Santé et l’Hygiène publique, avec la PNA, les ordres professionnels et le SAMU. Les universités — UCAD, UGB, UADB, UASZ, UAM, USSEIN, UNS, l’Université numérique, les œuvres universitaires et les instituts supérieurs — relèvent de l’Enseignement supérieur. Les grands opérateurs énergétiques — SENELEC, SAR, les filiales de PETROSEN, le Réseau gazier — sont confirmés sous l’Énergie. Les transports publics structurants — Dakar Dem Dikk, TER (SETER et SEN-TER), Grands Trains du Sénégal, Autoroutes du Sénégal, AIBD, Air Sénégal — se rattachent aux Transports terrestres et aériens. Les entreprises de télécoms et de médias d’État — RTS, Le Soleil, APS, Sonatel, La Poste, TDS, Sénégal Numérique — sont assignées au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. L’hydraulique et l’assainissement regroupent la SONES, la Sénégalaise des Eaux et la coordination avec les organisations de bassins. L’agriculture et l’élevage encadrent SODAGRI, SODEFITEX, SAED, l’ANCAR et les programmes structurants. L’Industrie et le Commerce couvrent ICS, SONACOS, le CICES, les domaines industriels et les agropoles. Le Port autonome de Dakar, l’ANAM et les organismes maritimes relèvent des Pêches et de l’Économie maritime. Les finances publiques et le secteur financier listent banques et assureurs à participation publique, du Crédit du Sénégal à la BNDE, en passant par la BHS, la BIS, la CBAO ou la LONASE. La Culture et le Tourisme regroupent les institutions patrimoniales et scéniques majeures — Grand Théâtre, Sorano, Musée des Civilisations Noires, École nationale des Arts — ainsi que les agences de promotion et la gestion des sites touristiques.

La logique d’ensemble est lisible : recentrer la Présidence sur le stratégique, le contrôle et la sécurité, conforter la Primature dans le pilotage et la fabrique de la norme, donner aux ministères des blocs de compétences complets, doter chaque département d’un socle identique de fonctions de gouvernance et de gestion, et aligner clairement les têtes de tutelle des établissements et sociétés publiques. L’ambition affichée est de fluidifier les processus, réduire les zones grises de responsabilité et rendre l’action publique plus traçable, depuis l’initiation d’une politique jusqu’à son exécution et son évaluation.

Cette répartition ne se limite pas à un toilettage administratif. Elle annonce aussi une montée en puissance des dispositifs de contrôle interne, de suivi-évaluation, de statistiques et de digitalisation, omniprésents dans les organigrammes. La transversalité “genre et équité”, désormais systématisée, signale un cadrage normatif que les départements devront décliner dans leurs politiques. La centralisation du pilotage des grands projets à la Primature, conjuguée au renforcement des directions de planification dans les ministères, laisse entrevoir un arbitrage plus resserré des investissements publics, dans un contexte de contraintes budgétaires et d’exigence d’efficience.

Avec l’abrogation du décret de 2024, le nouveau cadre devient immédiatement opposable. Il appartiendra aux secrétariats généraux, inspections et directions de formaliser leurs manuels de procédures et de mettre à jour les chaînes de délégation, tandis que les établissements et sociétés publiques s’aligneront sur leurs ministères de rattachement. La réussite de cette réforme dépendra, au-delà du texte, de la capacité des acteurs à coopérer, à partager l’information et à faire vivre les mécanismes d’évaluation promis au cœur du dispositif.

Crise sociale à l’hôtel Radisson de Diamniadio : les délégués du personnel convoqués à la gendarmerie

Le bras de fer entre les travailleurs de l’hôtel Radisson Blu de Diamniadio et la direction de l’établissement franchit une nouvelle étape. Ce lundi, les délégués du personnel sont convoqués à la gendarmerie, à la suite d’une plainte déposée par la direction. Cette action judiciaire intervient alors que le personnel est en grève depuis plus d’un mois, dénonçant des pratiques jugées injustes, voire abusives.

C’est le président des délégués, Omar Dia, qui a confirmé l’information lors d’une intervention sur les ondes de la radio Sud FM. Selon lui, la gendarmerie avait initialement exprimé son intention d’auditionner l’ensemble du personnel gréviste, mais il a été finalement décidé de limiter les convocations aux seuls représentants syndicaux. Cette évolution est interprétée par certains comme une tentative d’intimidation, alors que le conflit social s’enlise.

Dans cette même déclaration, Omar Dia a réaffirmé la position des travailleurs face à ce qu’ils considèrent comme une volonté de la direction de se débarrasser discrètement d’une partie du personnel. Il a ainsi déclaré : « Si la direction décide de se séparer de nous, elle n’a qu’à nous payer nos droits et on partira. Mais si l’État décide de mettre fin au contrat entre le gouvernement du Sénégal et le groupe Summa, nous, nous continuerons à travailler. » Ce discours reflète la fermeté des travailleurs, qui entendent défendre leurs acquis, mais aussi leur disponibilité à poursuivre leurs fonctions si les conditions légales sont respectées.

Le mouvement social, déclenché le 25 août dernier, trouve son origine dans une série de propositions de départ négocié formulées par la direction à l’encontre de 19 employés. Ces travailleurs, pour la plupart sous contrat à durée indéterminée depuis l’ouverture de l’hôtel, ont interprété cette offre comme une tentative de licenciement déguisé. Ils ont donc décidé d’entrer en grève pour dénoncer ce qu’ils estiment être une remise en cause de leurs droits fondamentaux en matière d’emploi.

Le conflit n’est pas resté confiné aux murs de l’hôtel. Les tensions ont attiré l’attention du ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, structure de tutelle de l’établissement. Dans un communiqué officiel publié récemment, le ministère a exhorté les deux parties à privilégier la voie du dialogue et de la négociation. Le document insiste sur la nécessité de trouver une issue pacifique et constructive à cette crise. Il appelle à engager des discussions sincères, sous la supervision de l’Administration du Travail, en vue d’un accord permettant la reprise des activités de l’hôtel dans des conditions apaisées.

Situé au cœur du pôle urbain de Diamniadio, à proximité de plusieurs infrastructures stratégiques, l’hôtel Radisson Blu joue un rôle important dans le dispositif touristique et économique du Sénégal. Sa paralysie, liée à ce mouvement social, pourrait avoir des répercussions plus larges, notamment sur l’attractivité de la zone et la qualité de l’offre hôtelière dans un contexte où l’État multiplie les efforts pour renforcer le secteur touristique.

Alors que l’affaire suit désormais une voie judiciaire, avec les convocations à la gendarmerie, il reste à savoir si cette pression conduira à une résolution du conflit ou, au contraire, à son aggravation. Pour l’instant, les délégués de personnel maintiennent leur position et attendent des réponses claires, tant de la part de la direction de l’hôtel que des autorités publiques.

Fièvre de la Vallée du Rift : le Dr Mamadou Ndiaye éclaire sur les risques et les mesures de prévention

La fièvre de la Vallée du Rift suscite de nombreuses interrogations au sein de la population. Pour clarifier les risques liés à cette maladie et expliquer les modes de transmission, le Dr Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a tenu à apporter des éclaircissements.

Selon lui, cette maladie est avant tout d’origine animale, ce qui en fait une zoonose – une infection transmissible des animaux vertébrés à l’être humain. « Mais pour que le virus passe de l’animal à l’homme, il faut un vecteur amplificateur », précise-t-il. Ce rôle est principalement joué par le moustique, qui constitue le canal de transmission le plus courant.

Le mécanisme est simple : certaines espèces de moustiques piquent un animal infecté, puis, en piquant un être humain, transmettent le virus. Toutefois, le risque ne se limite pas aux piqûres d’insectes. Le Dr Ndiaye a également insisté sur la possibilité d’une contamination directe, notamment par le contact avec les sécrétions d’un animal infecté – comme le sang – ou encore par la consommation de produits d’origine animale contaminés, tels que de la viande insuffisamment cuite ou du lait non pasteurisé.

Une fois l’infection contractée par l’être humain, les premiers symptômes ressemblent à ceux d’un syndrome grippal classique. « On parle de pseudo-grippe », indique le Dr Ndiaye. Le patient peut souffrir de maux de tête, de douleurs articulaires et musculaires, accompagnés parfois de vomissements. Mais dans certains cas, la maladie peut évoluer vers une forme plus grave, à caractère hémorragique. Ces complications peuvent se manifester par des vomissements de sang ou des diarrhées sanglantes, nécessitant une prise en charge médicale urgente.

Sur le plan préventif, le responsable du ministère de la Santé a insisté sur la limitation des contacts directs avec les animaux potentiellement infectés, ainsi que sur l’importance de bonnes pratiques alimentaires. Il recommande d’éviter de consommer du lait non pasteurisé ou de la viande mal cuite, qui sont autant de vecteurs potentiels de transmission. La réduction de l’exposition aux moustiques reste également une mesure essentielle, en particulier dans les zones rurales où la proximité entre l’homme, les animaux et les insectes est plus marquée.

Sénégal : le taux de chômage recule de 2,6 % au deuxième trimestre 2025, selon l’ANSD

Au deuxième trimestre de l’année 2025, le Sénégal a enregistré une baisse notable de son taux de chômage élargi chez les jeunes âgés de 15 à 34 ans. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), ce taux s’est établi à 19,0 %, contre 21,6 % à la même période en 2024, soit une diminution de 2,6 points de pourcentage en un an.

Cette tendance à la baisse masque cependant d’importantes disparités territoriales et sociodémographiques. En milieu rural, le chômage élargi reste plus prononcé, atteignant 22,8 %, contre 16,4 % en zone urbaine. L’analyse par groupe d’âge montre également que les jeunes continuent d’être les plus touchés par le phénomène, avec un taux de 24,0 %, nettement supérieur à celui observé chez les adultes, fixé à 13,6 %.

Les inégalités de genre demeurent également marquées : les femmes, toutes tranches d’âge confondues et quel que soit leur lieu de résidence, sont plus fortement touchées par le chômage que les hommes, selon le rapport de l’ANSD.

Concernant la dynamique globale du marché du travail, l’étude indique que 56,5 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ont participé à l’activité économique au cours de ce trimestre. Toutefois, ce taux de participation reste relativement faible chez les jeunes (15-34 ans), avec un niveau de 48,2 %, contre 69,0 % chez les adultes de 35 ans et plus. Cette différence traduit une insertion plus difficile des jeunes sur le marché de l’emploi, souvent liée à des facteurs tels que le manque d’expérience professionnelle ou les inadéquations entre formation et emploi.

Le document met aussi en évidence un écart significatif entre hommes et femmes en matière de participation à la main-d’œuvre. En milieu urbain, 65,4 % des hommes sont actifs contre 46,4 % des femmes ; en milieu rural, l’écart est similaire, avec 68,3 % pour les hommes contre 47,7 % pour les femmes. Ce déséquilibre entre les sexes reste constant, toutes tranches d’âge confondues, et illustre les obstacles persistants à l’égalité d’accès à l’emploi.

Enfin, malgré une participation globale plus forte en zone rurale (57,5 %) qu’en zone urbaine (55,8 %), le taux d’activité national connaît un léger recul sur un an. Comparé au deuxième trimestre de 2024, il a diminué de 1,1 point, passant de 57,6 % à 56,5 %.

Sécurité publique : plus de 400 interpellations lors d’une vaste opération de police à l’échelle nationale

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2025, les forces de sécurité ont mené une opération d’envergure sur l’ensemble du territoire national, dans le cadre d’un dispositif de sécurisation visant à renforcer l’ordre public. Le bilan communiqué fait état de 408 personnes interpellées pour divers motifs, allant de simples vérifications d’identité à des infractions plus graves.

Selon les informations rapportées par Les Échos, une majorité des individus arrêtés – précisément 272 – l’ont été dans le cadre de vérifications d’identité. En parallèle, 59 personnes ont été appréhendées pour ivresse manifeste sur la voie publique, un phénomène récurrent lors des opérations nocturnes de sécurité. Par ailleurs, 30 autres ont été interpellées pour des besoins liés à des enquêtes en cours.

Le reste des arrestations concerne des infractions plus spécifiques. Des cas de détention et d’usage de chanvre indien ont été relevés, de même que des actes de violence, des atteintes à la propriété, ou encore des délits liés à la moralité publique. La police a ainsi enregistré plusieurs cas d’usage de produits psychotropes comme le cellulosique, de détention d’armes blanches, de rixes sur la voie publique, mais aussi des faits de harcèlement sexuel, d’escroquerie, de vagabondage ou encore d’abus de confiance.

Parmi les infractions notées, figurent également des cas de rébellion et d’outrage à agent, des situations de violences conjugales – notamment envers des ascendants – ainsi que plusieurs faits de vol, dont certains en flagrant délit.

Cette opération coordonnée n’a pas seulement donné lieu à des interpellations. D’importantes saisies ont été réalisées, témoignant de la vigilance accrue des forces de l’ordre. Ainsi, les services de police ont mis la main sur 2,5 kg de chanvre indien, ainsi que plusieurs doses conditionnées sous forme de cornets ou de joints prêts à la consommation. À cela s’ajoute la mise en fourrière de 46 véhicules et 89 motos, souvent en infraction avec les règles de circulation ou impliqués dans des délits. En outre, 855 pièces administratives – dont des permis, cartes grises ou pièces d’identité – ont été saisies pour vérification ou non-conformité.

Enfin, cette opération a donné lieu à la rédaction d’amendes forfaitaires pour diverses infractions, pour un montant total s’élevant à 1 137 000 francs CFA.

Ce type de dispositif s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention et de répression des actes délictueux, visant à restaurer un climat de sécurité dans les zones urbaines comme rurales. Les autorités promettent d’ailleurs de renforcer ces opérations dans les semaines à venir, face à une recrudescence de certains comportements déviants et infractions de rue.

À Dakar, l’Afrique adopte une Vision commune de l’eau à l’horizon 2063 : un tournant décisif pour le continent

C’est dans la capitale sénégalaise que s’est tenue cette semaine la 14e session du Conseil des Ministres africains en charge de l’eau (AMCOW), un rendez-vous continental qui a abouti à l’adoption officielle de la Vision africaine de l’eau 2063. Qualifié d’« événement historique » par de nombreux observateurs et responsables politiques, ce moment marque un changement de cap stratégique dans la manière dont le continent entend gérer, valoriser et protéger sa ressource en eau.

L’adoption de cette nouvelle vision continentale est le fruit de plusieurs mois de concertation entre les États membres de l’Union africaine, les experts en hydrologie, les institutions régionales, et les représentants de la société civile. Les travaux préparatoires se sont intensifiés au cours des deux jours ayant précédé la réunion ministérielle, avec la participation d’une délégation technique élargie. Ces échanges ont permis de finaliser un document de référence, désormais présenté comme le socle des politiques africaines de l’eau pour les décennies à venir.

Cheikh Tidiane Dièye, ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, qui assure actuellement la présidence de l’AMCOW, a ouvert la session avec un discours empreint de fierté. Il a salué un « moment déterminant pour l’avenir du continent », rappelant que c’est à Dakar, et grâce au travail mené sous sa présidence, que ce document a pu voir le jour. Pour lui, cette Vision 2063 constitue bien plus qu’un simple cadre stratégique ; elle est l’expression d’une ambition collective de souveraineté et de justice hydrique.

L’Assemblée Générale de l’AMCOW, qui s’est déroulée en format hybride avec la participation de plusieurs délégations à distance, a rapidement validé l’ensemble des résolutions. Le texte adopté sera désormais transmis aux instances supérieures de l’Union africaine pour approbation finale par les Chefs d’État et de Gouvernement lors de leur prochain sommet. Il est appelé à devenir un référentiel unique pour les politiques nationales et régionales en matière de gestion de l’eau, de l’assainissement et de la coopération transfrontalière.

Ce nouveau cadre stratégique met particulièrement l’accent sur la nécessité d’une gestion intégrée et durable des ressources hydriques, en lien direct avec les objectifs de transformation économique, de résilience climatique et de stabilité sociale. La Vision encourage une approche qui considère l’eau non seulement comme une ressource naturelle, mais comme un véritable levier de développement. Elle appelle à une mobilisation renforcée des financements, en priorisant les ressources internes des États africains avant de faire appel aux financements extérieurs. Une orientation qui témoigne d’une volonté d’autonomisation croissante du continent en matière de gouvernance hydrique.

La Vision africaine de l’eau 2063 repose aussi sur l’expérience déjà acquise à travers les mécanismes de coopération sous-régionale, tels que l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG). Ces exemples sont cités comme des modèles de gestion partagée de ressources transfrontalières, basés sur la solidarité, le partage équitable et la prévention des conflits. Le ministre Dièye a insisté sur cette dimension, affirmant que « c’est avec l’eau qu’on peut construire la paix, garantir la sécurité alimentaire, et faire reculer les inégalités entre les territoires. »

Au-delà de cette avancée politique, l’adoption de la Vision 2063 renforce également la place du Sénégal comme acteur central dans la diplomatie de l’eau. Le pays multiplie les initiatives sur la scène internationale et se positionne déjà comme un leader africain sur les enjeux liés à l’eau et à l’assainissement. Cette position sera renforcée par la co-organisation, en 2026, de la Conférence des Nations Unies sur l’eau, aux côtés des Émirats arabes unis. En prélude à cet événement, une réunion préparatoire de haut niveau se tiendra à Dakar dès le mois de janvier, avec la participation attendue de plusieurs chefs d’agences internationales et ministres du continent.

En parallèle, les ministres présents à Dakar ont également entériné une série de mesures visant à renforcer l’AMCOW en tant qu’institution continentale. Le Secrétariat de l’organisation, basé au Nigeria, fera l’objet d’un appui renforcé, tant sur le plan institutionnel que financier. Une meilleure régularisation des contributions des États membres est prévue, de même qu’une augmentation progressive de ces contributions, afin d’assurer l’autonomie et la pérennité de l’organe décisionnel.

En clôturant les travaux, le ministre Cheikh Tidiane Dièye s’est réjoui du consensus fort qui a émergé de cette session. Il a rappelé que sous la présidence sénégalaise, l’AMCOW avait su reprendre de la vigueur et poser des actes concrets pour relever les défis de l’eau en Afrique. La Vision 2063 n’est pas seulement un document, a-t-il conclu, mais « une boussole commune pour une Afrique plus résiliente, plus unie et plus souveraine dans sa gestion de l’eau. »

Pacte de stabilité sociale : Cheikh Diop (CNTS/FC) accuse le gouvernement de ne pas honorer ses engagements

Le climat social reste tendu entre l’État et les organisations syndicales. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV ce dimanche 28 septembre 2025, le secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal–Forces du Changement (CNTS/FC), Cheikh Diop, a dénoncé le non-respect par le gouvernement des engagements contenus dans le pacte de stabilité sociale signé le 1er mai dernier.

Selon lui, cet accord, censé apporter un souffle nouveau au dialogue social et redonner confiance aux travailleurs, demeure lettre morte. « Nous avons signé un pacte depuis le 1er mai. Et ce pacte devait donner de l’espoir aux travailleurs, aux signataires et au monde du travail sur le déroulement du pacte, mais depuis lors rien n’a été respecté », a-t-il fustigé.

Face à ce qu’il considère comme une inertie gouvernementale, la CNTS/FC a organisé une conférence de presse le 25 septembre pour alerter l’opinion et annoncer un plan d’action. Celui-ci inclut l’organisation d’une marche nationale, une vaste campagne de sensibilisation sur l’ensemble du territoire et, en dernier recours, le dépôt d’un préavis de grève.

Réagissant aux critiques de certains syndicalistes qui voient dans ce pacte une manœuvre pour museler les travailleurs, Cheikh Diop a tenu à préciser qu’il ne retire en rien les droits fondamentaux : « Pour rappel, ce pacte ne prive aucun travailleur ni de son droit de grève, ni de son droit de revendication, ni de son droit de manifester. Ce pacte est une entente. C’est un principe et une forme de dialogue social qui nous permet d’éviter un accrochage avec les autorités. »

Le syndicaliste souligne par ailleurs que les revendications des travailleurs sont, par essence, permanentes : « La source de la revendication est inépuisable, c’est pourquoi quel que soit l’état de la revendication, ça ne devrait pas nous empêcher de signer un pacte. Quand on signait le pacte, on avait pris nos précautions parce que cette fois-ci, on a mis en place une autre forme de stratégie que celle qu’on avait l’habitude d’utiliser. »

Interpellé sur la situation des travailleurs victimes de licenciements abusifs, Cheikh Diop a rassuré que son organisation prendra en charge chaque cas soumis. « Si les licenciements sont jugés abusifs, nous œuvrerons à leur réintégration », a-t-il promis.

Violence contre des journalistes à Keur Massar : le SYNPICS dénonce une « atteinte grave à la liberté de la presse »

L’agression de journalistes à Keur Massar continue de susciter une vague d’indignation au sein de la corporation. Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) est monté au créneau ce dimanche 28 septembre 2025, après les violences attribuées au maire de Keur Massar Sud, Mouhamed Bilal Diatta, et à ses agents, lors d’une opération de déguerpissement.

Dans un communiqué ferme, le syndicat dénonce « une atteinte grave à la liberté de la presse ainsi qu’au droit fondamental des citoyens à être informés ». Pour le SYNPICS, ces actes ne peuvent rester sans suite, d’autant plus qu’ils sont le fait d’une autorité locale censée protéger et accompagner les acteurs chargés d’assurer la transparence et la redevabilité dans la gestion publique.

Le syndicat rappelle que la mission des journalistes est de garantir un droit constitutionnel à l’information et qu’en ce sens, toute tentative d’entrave ou de violence dirigée contre eux constitue une violation des libertés publiques. « Ces comportements sont indignes et totalement incompatibles avec la responsabilité d’un maire », souligne le communiqué.

En réaction, le SYNPICS n’écarte pas la possibilité d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs, qu’il affirme avoir formellement identifiés. L’organisation estime qu’il est temps de mettre un terme à l’impunité qui entoure souvent les violences faites aux journalistes, en envoyant un signal fort de protection et de justice.

Le syndicat interpelle également le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, l’exhortant à « prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des journalistes et techniciens de l’information mobilisés sur le terrain, notamment lors des opérations de déguerpissement menées dans la région de Dakar ».

Fidèle à sa mission de défense des intérêts moraux et matériels des journalistes, le SYNPICS réaffirme son engagement total à protéger la profession et à accompagner les victimes dans toutes les démarches nécessaires, qu’elles soient judiciaires ou sociales.

Cet incident, qui survient le jour même de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, ravive le débat sur les rapports parfois tendus entre autorités locales et professionnels des médias, et pose à nouveau la question de la sécurité et du respect de la liberté de la presse au Sénégal.

Détournement présumé de 30 millions de F CFA au CUSEMS : le Trésorier national Aliou Diouf charge le Secrétaire général

Un climat de crise secoue le Cadre Unitaire des Enseignants du Moyen Secondaire (CUSEMS). Au cœur de la polémique, un présumé détournement de 30 millions de F CFA qui oppose le Trésorier général national, Aliou Diouf, au Secrétaire général national, Ndongo Sarr. Dans un communiqué rendu public ce 28 septembre 2025, Aliou Diouf a livré sa version des faits, en pointant directement la responsabilité de son collègue.

Selon lui, « le décaissement frauduleux est bel et bien avéré », et le Secrétaire général serait à l’origine de plusieurs pratiques financières douteuses. Revenant sur la chronologie des événements, il affirme avoir honoré toutes les factures et payé les salaires à la fin du mois de juillet, contrairement aux justifications avancées par Ndongo Sarr, qui parlait de difficultés liées à la connexion internet et à l’électricité. Le Trésorier soutient que le véritable blocage est intervenu le 27 août, lorsque le Secrétaire général aurait procédé, avec la complicité de la banque, à un changement de signatures, l’empêchant ainsi d’agir sur les comptes du syndicat.

Aliou Diouf met particulièrement en cause un retrait de cinq millions de francs, jugé injustifié au regard du fonctionnement habituel du CUSEMS. « Le fonctionnement mensuel ne dépasse guère 3 500 000 F. Dès lors, pourquoi avoir retiré cinq millions ? », s’interroge-t-il. Il révèle également que le Secrétaire général aurait cumulé les fonctions d’ordonnateur et de comptable, allant jusqu’à effectuer lui-même un versement de quatre millions de francs à Magic Land, une opération qu’il considère comme suspecte.

C’est dans ce contexte qu’il explique avoir suspendu les décaissements, invoquant la nécessité de clarifier les rôles et de prévenir toute dérive financière. « Comment peut-il alors me reprocher de ne pas avoir versé les salaires à la fin du mois d’août ? De quelles ressources aurais-je pu disposer dans ces conditions ? », dénonce-t-il.

La situation reste critique, puisque malgré le retrait des cinq millions, ni les salaires ni les indemnités du mois d’août n’ont été réglés. Les loyers des sièges du syndicat à Mbour, Thiès et Fatick demeurent également impayés, aggravant le malaise au sein de la structure.

Aliou Diouf conclut en réaffirmant sa légitimité, rappelant que son mandat de Trésorier national découle du congrès électif, tout comme celui du Secrétaire général. Il assure n’avoir été consulté pour aucun décaissement ni émission de chèques liés aux activités du congrès ou aux dépenses de septembre, laissant entendre que les procédures financières ont été volontairement contournées.

Cette confrontation ouverte met en lumière une crise interne majeure au CUSEMS, avec des accusations graves qui menacent la cohésion du syndicat. Elle pose également la question de la transparence dans la gestion des ressources financières, dans un contexte où les enseignants attendent des réponses claires sur l’utilisation des fonds censés servir leurs intérêts.

Keur Massar : la CJRS dénonce les violences contre des journalistes lors d’un déguerpissement

Un incident grave est venu assombrir l’opération de déguerpissement menée ce dimanche 28 septembre 2025 à Keur Massar, en banlieue dakaroise. La Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS) a vivement réagi après que des journalistes, dépêchés pour couvrir l’événement, ont été victimes d’agressions de la part du maire de Keur Massar Sud, Mouhamed Bilal Diatta, et de certains de ses agents municipaux.

Dans un communiqué rendu public dans la journée, l’organisation professionnelle a exprimé son indignation. Elle « condamne fermement le traitement inacceptable infligé aux journalistes venus exercer leur mission d’informer », dénonçant une atteinte directe à la liberté de la presse et au droit des citoyens à accéder à une information libre et transparente.

La CJRS a rappelé la gravité symbolique de cet incident, qui survient à la veille de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, célébrée chaque 28 septembre. « Ce triste événement constitue une atteinte grave à la liberté de la presse et au droit des citoyens à être informés », insiste le communiqué.

Face à cette situation, l’organisation a tenu à exprimer sa solidarité pleine et entière aux reporters agressés. Elle a assuré qu’elle se tenait aux côtés des confrères et consœurs concernés pour leur apporter une assistance médicale ou juridique si nécessaire.

La Convention a conclu en réaffirmant sa détermination à défendre la dignité et la sécurité des journalistes sénégalais. « La CJRS reste mobilisée pour la défense de la liberté de la presse et la dignité des journalistes », a-t-elle martelé, appelant implicitement les autorités à prendre leurs responsabilités face à ces dérives.

Cet incident relance le débat sur la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier, particulièrement lors de missions de couverture de situations sensibles où les tensions peuvent dégénérer. Il met aussi en lumière la nécessité de renforcer les garanties en matière de liberté de presse au Sénégal, dans un contexte marqué par la multiplication des opérations de déguerpissement dans la région de Dakar.

Déguerpissements à Dakar : Alioune Tine dénonce un « échec de la décentralisation » et appelle à un changement de capitale

Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Intérieur, Me Bamba Cissé a multiplié les opérations de déguerpissement dans la région de Dakar. Ces interventions, menées à Soumbédioune, Colobane, Guédiawaye et récemment autour du pont de Keur Massar, visent à libérer les voies publiques et les espaces marchands des occupations anarchiques qui perturbent la circulation et l’ordre urbain.

Si ces actions trouvent un écho favorable auprès d’une partie de la population, elles suscitent également des critiques. Parmi les voix discordantes figure celle d’Alioune Tine. Le fondateur du think tank Afrikajom Center a réagi via la plateforme X (anciennement Twitter) pour dénoncer ce qu’il considère comme une mauvaise réponse à un problème structurel.

« Déguerpir n’est pas une solution », a-t-il martelé. Selon lui, la situation actuelle illustre avant tout l’échec de la politique de décentralisation au Sénégal. « Il faut circuler dans Dakar pour voir que la politique de décentralisation est un échec total. Il faut changer de capitale, faire de chaque capitale régionale des espaces de développement économique et social durable, des espaces de bien-être pour les habitants. Et faire de la planification urbaine », a-t-il écrit.

Pour Alioune Tine, la gestion des occupations irrégulières ne saurait être uniquement l’affaire du ministère de l’Intérieur. Elle relève aussi, insiste-t-il, de la responsabilité des collectivités locales, du ministère de l’Urbanisme et de celui du Travail. « Il est temps de véritablement décentraliser le pouvoir et les ressources financières, humaines et matérielles », a-t-il plaidé, estimant que seule une décentralisation effective pourrait permettre de résorber durablement le problème d’occupation anarchique des espaces publics.

Pendant ce temps, l’action gouvernementale se poursuit. Ce dimanche 28 septembre 2025, Me Bamba Cissé a lui-même supervisé une nouvelle opération de déguerpissement à Keur Massar, accompagné du maire de Keur Massar Nord, Adama Sarr. Cette démarche témoigne de la détermination de l’État à faire respecter l’ordre public et à fluidifier la mobilité urbaine, malgré les réserves exprimées par certains acteurs de la société civile.

Le débat reste donc ouvert entre, d’un côté, la fermeté affichée par le gouvernement dans la gestion de l’espace urbain et, de l’autre, les critiques qui appellent à une approche plus structurelle fondée sur la décentralisation, la planification urbaine et un rééquilibrage du développement territorial.

Mandat d’arrêt contre Madiambal Diagne : le Forum du justiciable appelle au respect des principes de l’État de droit

La réaction ne s’est pas fait attendre après l’annonce du mandat d’arrêt international lancé contre le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne, accusé de transactions financières suspectes. Babacar Ba, président du Forum du justiciable, a pris la parole pour rappeler les obligations de chacun dans une démocratie.

Dans une publication diffusée sur le réseau social X, le juriste a rappelé un principe fondamental : « Déférer à une convocation de justice est un devoir citoyen ». Pour lui, tout justiciable doit répondre aux sollicitations de la justice, quel que soit son statut. Cependant, il a tenu à apporter une précision importante sur le rôle des autorités compétentes dans une procédure judiciaire. « Mais dans un État de droit, les autorités doivent aussi notifier clairement, et à temps, les interdictions de sortie du territoire aux concernés », a-t-il souligné, pointant ainsi d’éventuelles failles dans la gestion de cette affaire.

Au-delà de ce rappel juridique, Babacar Ba a exprimé une conviction personnelle concernant l’issue de cette affaire : « Je reste convaincu que Madiambal Diagne viendra, pour son honneur, répondre de ses responsabilités comme il l’a promis ».

Cette réaction intervient dans un contexte tendu où l’affaire Madiambal Diagne continue d’alimenter les débats sur la transparence, la reddition des comptes et l’indépendance de la justice au Sénégal. Alors que l’ancien directeur de publication est activement recherché, les voix s’élèvent pour exiger que la procédure suive son cours sans atteinte aux droits fondamentaux, tout en évitant toute forme d’instrumentalisation politique.

L’enjeu dépasse ainsi le seul cas du journaliste : il illustre les défis auxquels la justice sénégalaise est confrontée, entre exigence de fermeté dans la lutte contre la corruption et nécessité de garantir un traitement équitable et respectueux des principes de l’État de droit.

Macky Sall dénonce une « vendetta politique » autour de la reddition des comptes dans son nouveau livre

L’ancien président de la République, Macky Sall, est de retour sur la scène publique avec la publication de son second ouvrage intitulé L’Afrique au Cœur, paru en français et en anglais. Dans ce livre, il revient sur plusieurs thématiques liées à la gouvernance, au panafricanisme et aux enjeux mondiaux, mais il n’a pas manqué de s’arrêter sur la politique de reddition des comptes menée par le nouveau régime.

Dans un passage particulièrement incisif, Macky Sall fustige ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. « Je ne peux qu’être indigné lorsque le nouveau pouvoir prend comme prétexte la reddition des comptes et utilise la Haute Cour de justice pour incriminer des ministres et les emprisonner sur la base de l’audit de la Cour des comptes que j’avais moi-même ordonné : on frise la vendetta, alors que nulle part dans ce même rapport aucun des ministres accusés et mis en prison n’est cité », écrit-il.

L’ancien chef de l’État estime ainsi que les procédures judiciaires engagées contre certains de ses anciens collaborateurs s’apparentent davantage à une chasse aux sorcières qu’à une quête de justice impartiale.

Pour mémoire, le Premier président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, avait transmis un référé à Ousmane Diagne, alors ministre de la Justice, dans lequel il recommandait l’ouverture de poursuites pénales après l’audit des finances publiques. Ce document ciblait en particulier les différents ministres des Finances qui s’étaient succédé entre 2019 et 2024, tout en mettant en lumière de possibles responsabilités au sein du Trésor public et d’autres services du ministère.

Depuis cette décision, plusieurs anciens ministres et hauts responsables du régime Sall ont été convoqués par la justice et certains placés sous mandat de dépôt, notamment dans le cadre de la gestion controversée du Fonds Covid-19. Cette vague d’incarcérations a profondément marqué l’opinion publique et divisé la classe politique, entre partisans d’une reddition des comptes ferme et défenseurs d’anciens dignitaires qui dénoncent une opération de liquidation politique.

Avec L’Afrique au Cœur, Macky Sall cherche non seulement à défendre son bilan, mais aussi à alerter sur les dérives possibles d’une justice instrumentalisée. Ses propos risquent de relancer les débats sur la frontière fragile entre lutte contre la corruption et règlements de comptes politiques dans un contexte où le Sénégal traverse une période de recomposition institutionnelle et de fortes attentes citoyennes en matière de transparence et de gouvernance.

Montée des eaux à Podor : le fleuve Sénégal franchit 5,25 mètres, les autorités en alerte maximale

La vigilance reste de mise dans le département de Podor où la montée des eaux du fleuve Sénégal continue de susciter de vives inquiétudes. Depuis le 14 septembre 2025, la côte d’alerte a été dépassée, et la tendance haussière se poursuit sans signe d’essoufflement.

Selon les relevés hydrologiques effectués ce samedi 27 septembre à 8 heures, à l’échelle du quai El Hadj Boubou Sall, le niveau du fleuve s’élève à 5,25 mètres. Ce chiffre représente une progression d’un centimètre en seulement vingt-quatre heures, comparé aux 5,24 mètres enregistrés la veille à la même heure. L’année dernière, à la même période, le plan d’eau s’établissait à 5,15 mètres, ce qui traduit une aggravation notable de la situation.

Cette montée des eaux est accentuée par les lâchers en cours du barrage de Manantali, dont les effets devraient se répercuter dans la Moyenne Vallée. Conscients du danger, les autorités locales ont réagi rapidement. Le Comité départemental de développement (CDD), présidé par le préfet Mactar Diop, a validé un plan de riposte et de contingence afin de renforcer la préparation face aux risques d’inondation.

Dans le cadre de ce dispositif, des digues de protection sont actuellement réhabilitées dans plusieurs villages riverains. Ces travaux mobilisent à la fois le Génie militaire et des entreprises sénégalaises mandatées par l’État. Parallèlement, des initiatives locales sont menées par les populations elles-mêmes, qui multiplient les efforts communautaires pour contenir la crue et protéger leurs habitations.

Malgré ces mesures, l’incertitude demeure. Les autorités administratives appellent les riverains à la plus grande prudence. « La vigilance et la mobilisation citoyenne sont essentielles pour éviter le pire », a indiqué une source proche du CDD, soulignant que les prochaines semaines seront décisives pour l’évolution de la situation hydrologique dans le département de Podor et l’ensemble de la vallée.

Cette montée inquiétante des eaux rappelle la vulnérabilité des zones riveraines face aux crues du fleuve Sénégal, et relance le débat sur la nécessité d’investir durablement dans les infrastructures de prévention et dans des mécanismes d’alerte plus performants pour protéger les populations.

Crise au Radisson de Diamniadio : le personnel sénégalais rejette les accusations d’occupation illégale

L’atmosphère reste tendue au Radisson de Diamniadio, où le conflit entre la direction turque et le personnel sénégalais prend une nouvelle ampleur. Alors que la direction accuse les employés d’avoir occupé illégalement les locaux et entravé l’accès à l’hôtel, ces derniers ont tenu à apporter un démenti ferme et public.

Paul-André Diouf, délégué du personnel, a qualifié ces accusations de « grotesques, fallacieuses et mensongères », dénonçant ce qu’il considère comme une « pure manipulation ». Dans une déclaration, il a rappelé que les travailleurs respectaient leurs engagements et continuaient d’assurer leurs missions professionnelles. « Depuis le 15 septembre dernier, nous nous rendons chaque jour sur notre lieu de travail fidèle à nos engagements contractuels et professionnels. Nous sommes tous liés à l’hôtel par des contrats à durée indéterminée et nous n’avons jamais cessé d’honorer nos obligations », a-t-il affirmé.

Selon les employés, la direction cherche délibérément à bloquer le fonctionnement normal de l’établissement. Le délégué du personnel a ainsi dénoncé des pratiques qu’il juge contradictoires : « Les mêmes dirigeants turcs qui nous accusent de manquer à nos obligations professionnelles sont ceux-là même qui nous bloquent l’accès aux outils de travail en verrouillant le système informatique, que ce soit à la réception, à la comptabilité ou au service de réservation ». Il a ajouté que les clés de l’économat avaient été retirées par la direction, rendant impossible la réception de livraisons et paralysant de fait l’activité de l’hôtel.

Un autre point de tension concerne le recrutement d’agents de sécurité privée récemment installés dans l’établissement. Pour les travailleurs sénégalais, cette décision traduit une volonté d’intimidation plus que de sécurisation. « Ils ont transformé l’établissement en caserne en y logeant des agents de sécurité fraîchement recrutés pour nous intimider au lieu de servir les clients », a déploré Paul-André Diouf.

Pour conclure, le délégué a retourné les accusations contre la direction turque, l’accusant de saboter volontairement l’activité de l’hôtel. « Voilà la vérité. Ce sont les Turcs qui sabotent l’activité de l’hôtel et tentent, par des manœuvres malsaines, de salir l’image des travailleurs sénégalais, dignes, loyaux et engagés », a-t-il martelé.

Cette crise, qui oppose désormais frontalement le personnel sénégalais à la direction turque, soulève des inquiétudes quant à l’avenir du Radisson de Diamniadio, un établissement stratégique pour le tourisme d’affaires et les grands événements internationaux organisés dans la capitale sénégalaise.

ENQUÊTE / IVG ILLÉGALES – « SUTURA » FATAL : Les pilules abortives se vendent comme de petits pains à Dakar

Après quatre mois d’investigation de terrain, cette enquête révèle une réalité longtemps passée sous silence. À Dakar, capitale du Sénégal, dans ses ruelles animées comme dans ses habitations discrètes, des jeunes filles et des femmes, victimes de viol, d’inceste ou de détresse sociale, se confrontent aux dangers des interruptions volontaires de grossesse (IVG) illégales tandis qu’une législation rigide reste en place. Le « sutura », pudeur et / ou silence imposé(e) par la société, étouffe leurs souffrances, révélant l’urgence de prendre des mesures afin de protéger celles qui sont laissées pour compte.

Au Sénégal, des milliers de femmes et de jeunes filles vivent, chaque année, une épreuve silencieuse, parfois au prix de leur vie. Derrière les murs des maisons familiales, dans les couloirs étroits des marchés clandestins ou encore à travers des réseaux de santé informels, l’avortement illégal s’impose comme une réalité à laquelle la société ferme souvent les yeux.

Le rapport Double peine : les survivantes de viol et d’inceste contraintes de poursuivre leur grossesse au Sénégal, publié en janvier 2025 par la Fédération Internationale des Droits Humains (FIDH) en partenariat avec la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH), l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme du Sénégal (ONDH), la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) et l’Association des Juristes Sénégalaises (AJS), estime que plus de trente mille (30 000) avortements illégaux sont pratiqués chaque année dans le pays. Ce chiffre vertigineux démontre à suffisance un phénomène qui tue en silence.

Tout ceci dans un paradoxe saisissant. Bien que le Sénégal ait ratifié le Protocole de Maputo en 2004, qui prévoit l’accès à l’avortement médicalisé dans des cas précis (viol, inceste, danger pour la santé de la mère), le Code pénal national – notamment ses articles 305 et 305 bis – demeure inflexible, ne l’autorisant qu’en cas de péril vital pour la mère. Aujourd’hui cette loi, en décalage avec les réalités sociales et sanitaires, pousse des femmes vers la clandestinité.

« APPEL À LA 15ᵉ LÉGISLATURE POUR QU’ELLE ADOPTE UNE LOI ALIGNANT LE CODE PÉNAL AU PROTOCOLE DE MAPUTO »

Dans un contexte où l’avortement reste un sujet sensible et largement tabou au Sénégal, Seynabou Diop et Dieynaba Diémé, membres de la Task Force pour l’accès à l’avortement en cas de viol ou d’inceste, lancent un appel pressant aux autorités pour que le Sénégal respecte ses engagements internationaux.

Seynabou Diop, juriste de formation et coordinatrice du Réseau des Jeunes Ambassadeurs, rappelle que la ratification du Protocole de Maputo en 2004 impose une obligation légale. « Selon l’article 88 de la Constitution, les traités ratifiés priment sur les lois nationales. Cela inclut le Protocole de Maputo, qui prime sur notre Code pénal, notamment les articles 305 et 305-bis, qui interdisent l’avortement », affirme-t-elle.

Afin de lever le conflit entre le droit interne et la ratification de ce traité, elle propose un encadrement strict de l’avortement médicalisé en cas de viol ou d’inceste :

                •             Maintenir l’interdiction générale de l’avortement, afin de préserver le cadre légal existant ;

                •             Réformer les articles 305 et 305-bis pour autoriser l’avortement pour les victimes de viol ou d’inceste ;

                •             Prendre en compte le stade de la grossesse, en particulier avant les cent vingt (120) jours de gestation, conformément à certaines interprétations religieuses et aux sensibilités culturelles ;

                •             Garantir le consentement éclairé de la victime, tout en s’assurant qu’une décision judiciaire confirme le caractère du viol ou de l’inceste.

Seynabou Diop justifie les principaux obstacles à la mise en œuvre effective du Protocole par « le manque de volonté politique, les considérations religieuses et la stigmatisation sociale empêchent l’application de ces droits ». Elle considère, dès lors, qu’« enfermer une victime de viol ou d’inceste enceinte constitue, à [ses] yeux, une des injustices des plus graves. »

De son côté, Dieynaba Diémé, juriste, membre de Wildaf Sénégal et militante féministe, précise : « toutes les violations des droits des femmes sont préoccupantes. Mais, les cas de victimes de viol ou d’inceste contraintes de porter l’enfant de leur agresseur, notamment lorsqu’il s’agit de mineures, sont particulièrement révoltants. »

Elle pointe du doigt également les pratiques abusives de certains personnels de santé qui refusent les soins post-avortement, malgré l’obligation légale. « Ce refus constitue une violation des droits des patientes. Certains soignants signalent les victimes par crainte dêtre poursuivis ; ce qui les expose à l’incarcération. La pratique correcte consiste à traiter d’abord, documenter les soins et ne pas envoyer la patiente en prison », affirme-t-elle.

Ainsi, les deux juristes appellent-elles le Gouvernement et les parlementaires à agir sans délai. « Nous lançons un appel à la 15ᵉ législature pour qu’elle adopte une loi alignant le Code pénal au Protocole de Maputo. Ne pas le faire revient à violer la Constitution », insiste Diémé Dieynaba. Cette dernière plaide pour une mobilisation collective, incluant leaders religieux, autorités communautaires et journalistes afin de convaincre l’État de protéger les victimes.

Seynabou Diop et Dieynaba Diémé trouvent que si certaines victimes de viol ou d’inceste souhaitent poursuivre leur grossesse – et c’est leur droit -, il faut, pour celles qui demandent l’avortement, leur garantir un processus légal, sûr et respectueux, conforme au Protocole de Maputo et à la Constitution.

« JE N’AVAIS PAS LE CHOIX », TÉMOIGNE UNE SURVIVANTE

Zeyna*, 16 ans, au moment des faits, il y a trois ans, issue d’un milieu très religieux, raconte dans le détail sa détresse. Un retard de règles de deux semaines, un test positif et l’abandon l’ont poussée à commettre une interruption volontaire de grossesse (IVG), à l’abri des regards. À l’époque, souffle-t-elle, son petit ami, majeur, plus âgé qu’elle, a nié toute responsabilité.

Guidée par une amie, elle se rend chez un intermédiaire, quelqu’un du corps médical, qui lui remet un médicament dont le nom ne sera pas mentionné ici. Se replongeant dans le passé, elle nous raconte. « Selon les instructions, que j’ai appliquées à la lettre. Je devais prendre quatre comprimés. Pendant six jours, d’après elle, elle endure douleurs abdominales et saignements abondants. Pour soulager sa peine, elle affirme avoir prix une décoctions

traditionnelle faite à base de « quatre côtés » pour « nettoyer » son utérus.

« Je n’avais pas le choix, explique-t-elle. Si j’avais parlé à mes parents, je les aurais déshonorés. Si je n’avais pas agi, j’aurais été exposée à la honte et à la stigmatisation familiale. » assure Zeyna*.

DANGERS LIÉS À L’AVORTEMENT ILLÉGAL

Lors de notre enquête, nous avons tenté de rencontrer des gynécologues afin de mieux comprendre les risques liés aux IVG pratiquées dans des conditions clandestines. Mais, tous ont décliné nos sollicitations, invoquant la sensibilité du sujet.

Face à ce silence médical, nous nous sommes tournés vers Aïssatou Lindor Ndiaye, sage-femme au Centre de santé de Foundiougne, dans la région de Fatick. Avec calme et rigueur, elle accepte de partager son expérience, exposant la réalité des complications et des risques encourus par les femmes qui ont recours à ces pratiques illégales.

« Les complications que nous observons le plus souvent sont les perforations utérines, les hémorragies pouvant provoquer une anémie sévère, ainsi que les infections génitales, parfois évoluant vers un choc septique », raconte-t-elle. À long terme, prévient-elle, certaines femmes deviennent stériles, perdant définitivement la possibilité d’avoir des enfants et dans des cas extrêmes, la mort peut survenir. 

Concernant les dangers immédiats, elle confirme que ce sont principalement les hémorragies et les infections qui mettent la vie des patientes en péril.

S’agissant des soins à prodiguer, elle estime que cela dépend de l’état clinique.

Lorsque nous lui demandons si elle a déjà dû dénoncer des patientes après avoir prodigué des soins post-avortement, elle répond : « chaque structure a sa manière de fonctionner, précise-t-elle. Ici, nous informons nos supérieurs lorsqu’un cas se présente. Nous n’avons pas le droit de dénoncer les patientes selon les normes en vigueur. Cela relève exclusivement des médecins. Notre rôle se limite à prodiguer les soins nécessaires. »

IMMERSION DANS UNE ÉCONOMIE NOIRE

Pour comprendre comment des jeunes filles et des femmes se procurent des pilules abortives dans la clandestinité, nous avons infiltré un marché noir de médicaments à Dakar, situé dans une rue bruyante, assaillie par le va‑et‑vient des passants et le vacarme des véhicules. Vêtue d’un jean et d’un tee‑shirt noir, j’avais loué les services d’un « faux petit ami » afin de d’éviter de réveiller tout soupçon.

Nous avons marché, main dans la main, pour donner l’apparence d’un véritable couple. À peine étions‑nous entrés dans la ruelle qu’un quinquagénaire s’est approché, prompt et circonspect. Il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait d’un trafiquant. « Vous avez besoin de quelque chose ? » nous a‑t‑il demandé.

Mon « faux petit ami » a répondu d’un ton hésitant que nous cherchions de l’aide. Le trafiquant, sur un ton à la fois pressant et rassurant, nous a invité à parler sans réserve : « ici, vous pouvez dire ce que vous voulez en toute discrétion. » Lorsque nous lui avons expliqué que je porte une grossesse qui ne date que de deux semaines, il a accueilli l’information avec un naturel presque glaçant. « Dans ce marché, vous pouvez avoir ce que vous désirez. Ce n’est absolument rien. Attendez-moi et je vais vous chercher ce dont vous avez besoin. »

Après être revenu quelques minutes après, il revient avec une boîte. « Le médicament agit jusquà trois mois. Après trois mois de grossesse, je ne le vends pas. » Il a ensuite détaillé, d’une manière presque professionnelle, tel un médecin, le mode d’administration – deux comprimés à dissoudre sous la langue, puis deux autres à introduire profondément dans les parties intimes.

Face à ma simulation de panique et de pleurs, il s’est montré d’un rare réconfort. « Ce sont surtout des élèves et des étudiantes très jeunes qui viennent acheter cela chez moi. Tu n’as pas à avoir peur. », me rassure-t-il. Après un marchandage expéditif, le prix a été fixé : 20 000 francs CFA.

La scène, banale dans son déroulé, révèle combien ce commerce illégal est à la fois structuré et dédramatisé. Il est d’autant plus troublant qu’un trafic pareil puisse se tenir si ouvertement, quasiment sous le nez des autorités sénégalaises, sans que des mesures visibles semblent être prises pour l’endiguer.

« J’AI ÉTÉ LIBÉRÉ SANS JUGEMENT »

Nous avons également rencontré Abdou*, médecin incarcéré huit mois pour pratique illégale de l’avortement. Dans un appartement discret, il raconte : « une jeune fille du quartier est venue avec de fortes douleurs abdominales. Nous lui avons prodigué un traitement classique. Après l’injection, le col s’est ouvert et le fœtus est sorti. »

Médecin dans une structure sanitaire de la banlieue dakaroise, à l’époque, il assure qu’il ignorait tout de l’avortement clandestin pratiqué en amont pratiqué par la patiente. Pourtant, à l’en croire, il s’est retrouvé accusé de complicité. « Quand je me suis rendu compte que les choses se compliquaient, j’ai signé une référence médicale pour qu’elle soit prise en charge ailleurs, dans un hôpital. Arrivée là-bas, après une échographie, qui a révélé qu’elle était enceinte de douze semaines, elle a dit que j’étais celui qui l’avait aidée. C’est ainsi que je me suis retrouvé en prison. Un beau jour, j’ai été libéré, sous contrôle judiciaire, sans jugement ».

Marqué par cette expérience, il confie avoir radicalement changé son comportement. « J’ai réduit de moitié l’aide que je prodigue. Dans notre société, les gens cachent la vérité et vous exposent aux conséquences. », avoue Dr Abdou*

DÉBAT ENTRE LES DOCTRINES ISLAMIQUES

Alors que la majorité des imams s’oppose à toute interruption volontaire de grossesse, une minorité appelle à la tolérance dans des cas extrêmes, tels que le viol ou l’inceste.

Cette majorité est représentée dans cette investigation par l’Imam El Hadji Cissé, directeur de l’Institut Sabilu Salam Fi Ibaka’il Maqam, une école coranique moderne qui initie les enfants à l’étude du Saint Coran, tout en intégrant le français et l’anglais dans le cursus. Selon lui, l’Islam s’interdit l’avortement à tout stade de la grossesse. « Ceux qui suivent l’école de l’Imam Malik s’accordent à dire que l’avortement est haram, que la grossesse ait dépassé ou non 40 jours. Dès la conception, un être humain se forme et tuer cet être est prohibé en Islam. », explique-t-il.

Il rappelle que les écoles des Imams Al-Shafî’i, Hanbali et Abu Hanifah partagent cette position, même si quelques courants autorisent l’avortement avant 40 jours, comparant la situation à l’évacuation d’un abcès. L’Imam Cissé cite également un hadith transmis par Ibn Abbas : le fœtus se développe dans l’utérus tous les 40 jours, jusqu’au 120ᵉ jour, moment où les membres sont entièrement formés. « À partir du 40ᵉ jour, la formation humaine est déjà engagée. L’interruption volontaire devient alors un acte de mise à mort. », poursuit-il.

Cependant, il nuance : lorsque la vie de la mère est menacée, l’avortement est permis, à l’instar d’une amputation nécessaire pour sauver le corps.

Ainsi, d’après lui, la position malikite reste-t-elle majoritaire au Sénégal, et la plupart des savants de cette école, à l’instar de l’Imam Ghazali, considèrent l’avortement comme interdit à tout stade.

À l’inverse, une minorité d’imams adopte une approche plus permissive dans des situations particulières. Imam Chérif Diop, enseignant d’arabe à l’Institut Africain de Management (IAM) et membre du Réseau Islam et Population, défend le recours à l’avortement médicalisé dans les cas de viol et d’inceste.

Il se fonde sur le Coran et la Sunnah pour justifier sa position. Selon lui, l’âme n’est insufflée dans le fœtus qu’au 120ᵉ jour, comme le précisent le Coran (Sourate 23, « Les Croyants », versets 12-14) et le hadith du Prophète Muhammad (Paix et Bénédictions sur Lui) : « quand Dieu vous a créés, Il vous a placés dans le ventre de votre mère comme une goutte de sperme. Cette étape dure 40 jours. Ensuite, pendant la même durée, elle devient un caillot. Puis pendant la même durée encore, elle devient une masse de chair. Immédiatement après, Dieu envoie un ange qui y insuffle l’âme. »

Dès lors, interrompre une grossesse avant que l’âme ne soit insufflée n’est pas considéré comme un meurtre, mais comme l’interruption d’un processus dans des cas précis. L’Imam Diop insiste : « entre deux maux, le moindre doit être choisi. L’avortement médicalisé est permis dans ces situations extrêmes pour protéger la victime et prévenir le mal. » se justifie-t-il.

Du fait de cette position, Imam Diop fait face à des critiques et à des pressions au sein de la communauté religieuse. Certains imams l’accusent de défendre une position contraire à la tradition ou d’agir sous influence étrangère. Toutefois, selon lui, il s’agit avant tout de protéger la société et d’appliquer l’Islam de manière proactive, en anticipant les situations de danger et de traumatisme pour les victimes. « Imaginez un enfant né d’un inceste paternel. Imaginez cet enfant ! Son père est aussi son grand-père. Nous vivons au XXIᵉ siècle et plus rien ne peut être caché aux enfants. Un jour, si cet enfant demande qui est son père, que devrait-on lui répondre ? », s’interroge-t-il, de manière alarmiste.

« LA VIE SE PROTÈGE À CHAQUE ÉTAPE DU PROCESSUS », DIXIT LE PÈRE PASCAL FAYE

Au Sénégal, où la population est majoritairement musulmane (93,8%), les chrétiens représentent environ 4,3%, selon les dernières données publiques et complètes de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), publiées lors du Recensement de la population et de l’habitat de 1988, d’après Africa Check. C’est dans ce contexte que nous avons rencontré le Père Pascal Faye, curé de la Paroisse Marie Immaculée Mère de Dieu aux Parcelles Assainies de Dakar, afin de recueillir la position de l’Église catholique sur l’avortement.

Pour l’Église, le principe ne souffre d’aucune ambiguïté : la vie doit être protégée en tout temps, de la conception à la fin naturelle. Le Père Pascal Faye rappelle à cet égard les textes fondamentaux du magistère, notamment Humanae Vitae et Evangelium Vitae, qui érigent la sauvegarde de la vie humaine en valeur cardinale. « La vie ne se protège pas seulement à la naissance : elle doit lêtre à chaque étape de son processus », insiste-t-il.

Néanmoins, le prêtre concède que certaines situations exigent discernement, en particulier lorsque la vie de la mère est directement menacée. « Lorsque la vie est réellement en danger, l’Église accompagne la victime et peut admettre une interruption médicale de grossesse », affirme-t-il, avant de préciser avec fermeté : « il convient toutefois de rappeler que l’avortement, en soi, demeure un homicide. »

En conclusion, le Père Pascal Faye a réaffirmé avec gravité que l’avortement ne saurait, en aucun cas, être encouragé même en cas de viol ou d’inceste, par l’Église.

« CERTAINES, APRÈS AVOIR ACCOUCHÉ, ESSAIENT DE FAIRE PASSER LEUR BÉBÉ PAR LA FENÊTRE »

« Parfois, on dit que ça n’existe pas, que ce ne sont que des faits divers… Mais ça existe ! » C’est avec cette phrase que Béatrice Yolande Badiane, directrice du centre Kayam Sénégal, résume la réalité des femmes et filles qu’elle accueille chaque jour.

Dans l’une des chambres du centre, les traces des traumatismes sont palpables. Les armoires, rafistolées à plusieurs reprises après les crises de certaines pensionnaires, portent encore les stigmates de la détresse vécue. Les lits superposés sont entourés de sacs contenant les affaires personnelles des résidentes et l’espace reflète l’intensité des vies brisées qui s’y croisent. « Parfois, elles frappent ; d’où les armoires détériorées. Quand elles n’en peuvent plus, elles crient qu’elles veulent partir, qu’elles veulent se suicider. Certaines, après avoir accouché, essaient même de faire passer leur bébé par la fenêtre. Et moi, en pleine nuit, je dois quitter mon domicile pour leur apporter une assistance psychologique, les soutenir, les aider à traverser ces moments. Ce n’est pas évident », dit Mme Badiane, consultante internationale en genre et équité.

Elle évoque également des situations d’une violence inouïe : « j’ai vu des filles abusées par leur père dès l’âge de 5 ans. Dans certains cas, le père couchait avec la mère et la fille dans la même chambre. Beaucoup disent que cela n’existe pas, que ce sont des faits divers. Mais c’est une réalité, parce que nous sommes sur le terrain, nous les accueillons et les accompagnons. »

Pour ces victimes, souvent traumatisées par le viol et l’inceste, un suivi psychologique rigoureux est assuré par un médecin psychiatre de l’établissement pendant toute la durée de leur séjour, qui varie de trois à six mois. Ensuite, elles sont redéployées dans d’autres structures spécialisées ou réintégrées auprès de leur famille.

La vie à Kayam Sénégal suit un rythme strict. Les journées commencent à 5 heures du matin par la prière, selon la confession religieuse de chacune. Ensuite, les pensionnaires prennent soin de leur hygiène et participent aux activités quotidiennes. Elles ne quittent pas le centre, la plupart ayant une procédure judiciaire en cours. Certains de leurs bourreaux, parfois des membres de la famille proche comme le père, sont incarcérés.

Les jeunes filles et femmes sont alors initiées à diverses activités éducatives et pratiques, telles que la transformation de produits locaux, la couture ou la fabrication artisanale de sacs. « Ces routines les aident à maintenir de bonnes habitudes et préparent leur réinsertion familiale », précise Mme Badiane.

Le centre Kayam Sénégal n’accueille pas uniquement des Sénégalaises ou des victimes de violences sexuelles. La fondatrice, Yacine Diouf, fille de l’ancien président de la République, Abdou Diouf, ouvre également ses portes à des garçons jusqu’à l’âge de 12 ans et à des femmes victimes de toutes formes de violence, quelle que soit leur nationalité. Lors de notre visite, nous avons rencontré une Libérienne et une Sierra-Léonaise.

Le centre dispose de trente (30) couchages, parfois portés à trente-cinq (35) en période de forte affluence. Il arrive, par ailleurs, que des femmes viennent avec quatre, voire cinq enfants.

UNE RÉALITÉ TUE QUI TUE

Cette enquête révèle un constat implacable : le verrouillage légal n’empêche pas l’existence de conditions clandestines dont leurs conséquences peuvent être mortelles pour les femmes et les jeunes filles. Le Protocole de Maputo, ratifié par le Sénégal en 2004 pour garantir l’accès à l’vortement en cas de viol ou d’inceste, demeure inexécuté, laissant des vies détruites. Cette tragédie est amplifiée par le poids du « sutura », qui impose discrétion, pudeur ou dignité, et contribue à étouffer le débat, à dissimuler les souffrances et à laisser les victimes isolées face à leur peine.

En 2024, d’après la Fédération Internationale des Droits Humains (FIDH), 11 % de la population carcérale féminine est incarcérée pour des faits liés à l’avortement ou à l’infanticide. Ce qui en fait la deuxième cause d’emprisonnement des femmes et des filles au Sénégal.

Par ailleurs, s’agissant des violences sexuelles, l’Association des juristes sénégalaises (AJS) a recensé en 2022, sur un total de 331 victimes de viols, que 43 % avaient entre 4 et 14 ans. Entre 2016 et 2017, le Centre de guidance infantile et familiale de Dakar a enregistré 97 cas de viols ayant entraîné une grossesse, avec une moyenne d’âge de 11 ans, exclusivement dans la région de Dakar.

Face à ce constat alarmant, il apparaît indispensable que des solutions concrètes soient rapidement mises en œuvre pour protéger la vie de nos filles et de nos femmes. D’autant plus que, dernièrement, à la tribune des Nations Unies, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a indiqué : « la lutte contre les violences et les discriminations demeure un combat permanent, qui engage États, citoyens et leaders ». Lors de la réunion marquant le 30ᵉ anniversaire de la Conférence mondiale sur les femmes (Beijing+30), dans une déclaration empreinte de solennité, il a réaffirmé l’engagement constant du Sénégal en faveur de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles. Au monde, le chef de l’État a rappelé qu’aucune société ne peut véritablement se développer en laissant ses femmes et ses filles à l’écart.

*Les prénoms suivis d’un astérisque ont été modifiés pour préserver l’anonymat

Penda THIAM

« Dette cachée » : Bassirou Diomaye Faye presse le FMI de clarifier sa position

En marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé un entretien à la chaîne France 24. Interrogé par le journaliste Mark Perelman, le chef de l’État est revenu sur plusieurs dossiers économiques sensibles, dont celui de la fameuse « dette cachée » qui suscite de vifs débats au Sénégal.

Sur ce point, Bassirou Diomaye Faye a lancé un appel clair au Fonds monétaire international (FMI), exhortant l’institution à accélérer le processus afin de lever les incertitudes. « Nous voulons que le FMI presse un peu le pas pour que nous sachions sur quel pied danser… », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une clarification rapide pour orienter les choix économiques du pays.

Le président a néanmoins tenu à rappeler que le Sénégal avait déjà respecté ses obligations. « Tout ce que nous devons faire, nous l’avons déjà fait, non pas pour le FMI, mais pour les dirigeants que nous sommes et pour la crédibilité que nous avons vis-à-vis de notre peuple », a-t-il affirmé. Une manière de souligner que la démarche du gouvernement n’est pas guidée uniquement par les injonctions extérieures, mais par une exigence de responsabilité et de transparence vis-à-vis des citoyens.

Le dossier de la dette cachée, dont l’ampleur et les implications continuent de faire l’objet d’investigations, reste l’un des sujets les plus scrutés du moment, tant au niveau national qu’international. En mettant la pression sur le FMI, le président Faye veut visiblement accélérer la levée des zones d’ombre et rassurer aussi bien les partenaires financiers que l’opinion publique sénégalaise.

Poursuites contre Macky Sall : Bassirou Diomaye Faye promet une justice « juste et équitable »

Lors de son entretien accordé à la chaîne France 24, ce vendredi, en marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé sur la question sensible des éventuelles poursuites judiciaires visant des responsables de l’ancien régime de Macky Sall.

Le chef de l’État a tenu à dissiper toute ambiguïté en rappelant que la justice, pour préserver la paix civile et l’ordre public, doit être rendue de manière impartiale et équitable. « Je fais toujours la différence entre se faire justice et rendre la justice. Rendre la justice suppose respecter la présomption d’innocence de tout individu, respecter ses droits et lui assurer un procès juste et équitable », a-t-il déclaré, soulignant que cette règle s’applique à tout citoyen, quel que soit son statut ou sa fonction passée.

Bassirou Diomaye Faye a insisté sur le fait qu’il ne saurait exister de « présomption de culpabilité sur personne ». Selon lui, seules les procédures prévues par le droit sénégalais doivent guider les décisions de justice, loin de toute forme de règlement de comptes politiques.

Le président a également voulu rassurer sur l’indépendance du processus judiciaire. « Chacun est libre d’exprimer ses opinions. Mais quand la justice aura à se prononcer, elle le fera de manière sereine et sur la base d’éléments matériels, devant un juge indépendant qui va juger selon son intime conviction », a-t-il précisé.

En plaçant ainsi la présomption d’innocence et l’équité au cœur de son discours, Bassirou Diomaye Faye trace une ligne de conduite claire : les enquêtes et éventuels procès concernant les figures de l’ancien régime ne devront pas être interprétés comme une revanche politique, mais comme une exigence de l’État de droit.

Cette prise de position intervient dans un contexte où le débat sur la reddition des comptes reste vif au Sénégal, deux ans après l’alternance politique. Elle traduit la volonté du président de concilier exigence de justice et respect des principes démocratiques, afin de préserver la stabilité et la crédibilité des institutions.

Centre d’état civil de Thiaroye-sur-Mer : un réseau de trafic d’actes de naissance démantelé, deux officiers interpellés

Un vaste réseau de fraude sur l’état civil a été mis au jour à Thiaroye-sur-Mer, dans la banlieue de Dakar. Le 22 septembre 2025, la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar a procédé à l’arrestation de deux officiers d’état civil et de plusieurs complices, accusés d’avoir organisé un système de falsification d’actes de naissance. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture publique, ainsi que fausses inscriptions.

L’affaire a éclaté à la suite d’une saisine de la Direction de l’automatisation du fichier (DAF), qui a mis en évidence l’existence de registres parallèles au sein du centre d’état civil de Thiaroye-sur-Mer. Ces registres, non cotés, non paraphés et donc dépourvus de toute valeur légale, servaient à produire de faux actes de naissance contre rémunération.

Les enquêteurs ont saisi vingt-six registres frauduleux, ouverts entre 1995 et 2024. Selon les premiers éléments, ces documents contiendraient des inscriptions établies pour des personnes jamais déclarées à leur naissance, des élèves souhaitant se présenter à des examens malgré leur âge, ainsi que des individus cherchant à se rajeunir administrativement ou à modifier leur état civil.

Ce système illégal, qui semble avoir fonctionné durant plusieurs années, aurait permis à des bénéficiaires d’obtenir une identité officielle sur la base de documents falsifiés. Les implications sont lourdes, car ces actes frauduleux pouvaient ouvrir la voie à d’autres irrégularités dans les domaines scolaire, électoral ou administratif.

Placés en garde à vue, les suspects devront répondre de leurs actes devant la justice. L’enquête se poursuit afin d’évaluer l’ampleur réelle du réseau et de déterminer s’il a bénéficié de complicités au sein ou en dehors de l’administration.

Ce scandale relance le débat sur la fiabilité du système d’état civil au Sénégal et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle pour prévenir de telles pratiques, qui menacent la crédibilité des documents administratifs et fragilisent la gouvernance publique.

Affaire Madiambal Diagne : le ministère de l’Intérieur annonce un mandat d’arrêt international et relève deux hauts responsables de la sécurité

Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a publié, ce vendredi 26 septembre 2025, un communiqué officiel confirmant la fuite du journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne. L’homme de presse, visé par un avis de recherche et une interdiction de sortie du territoire délivrés par une autorité judiciaire, a quitté le Sénégal dans la nuit du 23 au 24 septembre via l’aéroport international Blaise Diagne. Les circonstances de ce départ, malgré les instructions de vigilance adressées aux services de sécurité, restent encore inexpliquées.

Selon le communiqué, des consignes strictes avaient pourtant été données pour empêcher le voyage de l’intéressé, mais celui-ci a réussi à embarquer à bord d’un vol sans que les mesures d’opposition ne soient appliquées. Face à cette situation jugée grave, une enquête interne a été ouverte afin de déterminer les conditions exactes de la sortie de Madiambal Diagne et d’identifier d’éventuelles complicités ou manquements.

Dans l’attente des conclusions de cette enquête, le ministre de l’Intérieur a pris une décision conservatoire en relevant de leurs fonctions les responsables de deux structures directement concernées : le chef de la Division des investigations criminelles (DIC) et celui du Commissariat spécial de l’aéroport international Blaise Diagne. Le communiqué précise que si des responsabilités sont établies, des sanctions appropriées seront appliquées contre les agents fautifs.

En parallèle, le ministère indique que le président du Collège des juges d’instruction du pool judiciaire financier a émis, ce vendredi même, un mandat d’arrêt international à l’encontre de Madiambal Diagne. Cette décision ouvre la voie à une coopération avec les autorités étrangères pour localiser, interpeller et, le cas échéant, extrader le journaliste afin qu’il réponde devant la justice sénégalaise.

Le texte insiste également sur les principes fondamentaux qui doivent encadrer ce dossier sensible. Le ministère rappelle son attachement au respect des décisions judiciaires, à la transparence dans la gestion des affaires publiques et à la présomption d’innocence, soulignant qu’aucune condamnation ne peut être retenue sans un jugement définitif.

L’affaire Madiambal Diagne, déjà au centre de l’attention en raison des soupçons portant sur des transactions financières estimées à plusieurs milliards de francs CFA, prend désormais une dimension plus large avec l’émission d’un mandat d’arrêt international et la mise en cause de responsables sécuritaires. Elle met en lumière les failles dans le dispositif de contrôle aux frontières et place les autorités face à un double défi : retrouver le fugitif et restaurer la confiance dans l’efficacité des institutions chargées de la sécurité et de la justice.

Inondations : l’armée sénégalaise érige des digues de protection à Matam et Podor

Les armées sénégalaises ont renforcé leur mobilisation dans la lutte contre les inondations qui frappent plusieurs localités du nord du pays. Sur X (ancien Twitter), le Directeur de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) a annoncé que le génie militaire s’est mobilisé pour la réalisation de plusieurs digues de protection au niveau de Aram, Fanaye, Diamel, Ngouye et Thilogne dans les départements de Matam et Podor, en relation avec la direction de la prévention et de la gestion des inondations.

Ces travaux, entamés le 3 septembre 2025, visent à sécuriser les zones riveraines du fleuve Sénégal, particulièrement exposées aux débordements. Les opérations se poursuivent afin de protéger les populations menacées par les crues et réduire les risques de dégâts matériels et humains.

Senelec aménage les horaires de ses agences pour faciliter l’achat de crédit Woyofal

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) tente de limiter les désagréments liés aux difficultés techniques qui perturbent actuellement l’achat de crédit Woyofal. Elle a annoncé un réaménagement exceptionnel des horaires d’ouverture de ses agences afin de permettre aux clients de continuer à accéder à ce service essentiel.

Selon l’entreprise, ces perturbations sont dues à des opérations de maintenance sur la plateforme informatique de vente, ce qui entraîne une indisponibilité temporaire des canaux habituels, notamment ceux des partenaires commerciaux.

Dans ce contexte, Senelec a prolongé et adapté les heures d’ouverture de ses agences. Le programme exceptionnel s’établit ainsi :

Jeudi 25 septembre : ouverture prolongée jusqu’à 21h30 ; Vendredi 26 septembre : ouverture de 07h30 à 13h30 puis de 14h30 à 21h30 ; Samedi 27 septembre : ouverture de 08h00 à 18h00 ; Dimanche 28 septembre : ouverture de 10h00 à 18h00.

Par ce dispositif, la société cherche à assurer la disponibilité du crédit Woyofal pour les ménages et à atténuer l’impact de ces difficultés techniques sur la vie quotidienne des usagers.

En présentant ses excuses à la clientèle, Senelec a réaffirmé la disponibilité de son service client pour fournir toute information complémentaire. Elle assure que les travaux en cours visent à renforcer la fiabilité de son système et à améliorer durablement la qualité du service.

Affaire des 21 milliards : Madiambal Diagne confirme sa présence en France et promet de revenir « faire face à ses responsabilités »

Dans un message publié sur son compte X (ex-Twitter), le journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a confirmé avoir quitté le Sénégal pour la France le 24 septembre 2025. Cette annonce intervient alors que l’homme de presse est visé par une information judiciaire ouverte par le parquet financier, dans le cadre d’un dossier portant sur des transactions suspectes estimées à 21 milliards de francs CFA.

« Suis arrivé en France depuis ce 24/9/2025. J’ai quitté le Sénégal le soir même de l’opposition par la Police à mon départ pour la France. J’ai tenu à me donner quelques jours pour préparer ma défense. Je reviendrai dans quelques jours pour faire face à mes responsabilités », a-t-il écrit.

Dans une seconde publication, il a rectifié la date, précisant qu’il voulait parler de ce jeudi 25 septembre 2025. Ce message a rapidement suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, entre scepticisme et interrogations sur les véritables intentions du journaliste.

Madiambal Diagne est activement recherché depuis son absence remarquée à une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC), où il devait recevoir une notification d’interdiction de sortie du territoire. La veille, il avait déjà été intercepté à l’aéroport par la Police de l’air et des frontières alors qu’il tentait d’embarquer pour Paris.

Sa sortie publique vise visiblement à couper court aux rumeurs de fuite. Il assure qu’il compte revenir au Sénégal « dans quelques jours » pour répondre à la justice. En attendant, ses déclarations renforcent le climat de tension autour d’un dossier qui implique également certains de ses proches, notamment son épouse, placée en garde à vue en lien avec cette affaire.

Le cas Madiambal Diagne reste l’un des plus sensibles de cette rentrée judiciaire. Son retour annoncé, s’il se confirme, sera scruté de près par l’opinion publique comme par les autorités, tant le dossier cristallise l’attention autour des questions de gouvernance financière et de responsabilité des élites.

Affaire des 21 milliards : Madiambal Diagne activement recherché, son épouse placée en garde à vue

L’affaire impliquant le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne connaît un tournant décisif. Le fondateur du groupe Avenir Communication est désormais activement recherché par les forces de sécurité après avoir ignoré une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC).

Le dossier a basculé mercredi lorsque Madiambal Diagne ne s’est pas présenté devant les enquêteurs, alors qu’il devait simplement recevoir une ordonnance d’interdiction de sortie du territoire. La convocation faisait suite à son interception la veille par la Police de l’air et des frontières à l’aéroport international Blaise Diagne, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Paris.

Devant son absence, les enquêteurs ont décidé de se rendre à son domicile, sur autorisation du juge du premier cabinet financier. Mais ils n’y ont pas trouvé le journaliste. Toutes les tentatives pour le localiser étant restées vaines, un avis de recherche et d’arrestation a été lancé à son encontre, accompagné d’une vaste opération destinée à le retrouver.

L’affaire remonte à un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui soupçonne Madiambal Diagne d’être impliqué dans une opération financière douteuse portant sur 21 milliards de francs CFA. Ce document, transmis au parquet financier, a déclenché l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Dans le prolongement de cette cavale présumée, l’épouse de Madiambal Diagne, présentée comme la gérante de l’une de ses sociétés, a été interpellée et placée en garde à vue ce jeudi. Une mesure qui confirme la volonté des autorités de resserrer l’étau autour de ce dossier sensible, au croisement de la justice financière et du monde médiatique.

L’affaire, qui continue de faire grand bruit, est suivie de près par l’opinion publique. Les prochains développements devraient être décisifs pour l’avenir judiciaire du patron de presse, dont la disparition alimente déjà de nombreuses spéculations.

Quitter la version mobile