Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°528 – 02 ET 03/08/2025

🔴 « UN PLAN DE PUNITION COLLECTIVE, UN PLAN POLLUEUR » : MAMADOU DJIGO DÉMONTE LE « JUBBANTI KOOM »
🔴 CHAMBRE D’ACCUSATION FINANCIÈRE / MALADE ET AFFAIBLI : FARBA NGOM RESTE EN PRISON

🔴 PRÉSIDENCE LFA / « TOUS CEUX QUI ONT VOTÉ POUR MOI DOIVENT AUSSI LE FAIRE POUR ABDOULAYE FALL » : CONSIGNE DE VOTE DE THIERNO KOSSO DIANÉ
🔴 FENSCO 2025 / FINALE ATHLÉTISME : OULEYMATOU BA INCONTESTABLE SUR LE 100M

Plan « Jubbanti Koom » : Pape Malick Ndour alerte sur une baisse du pouvoir d’achat et un « matraquage fiscal généralisé »

L’ancien ministre Pape Malick Ndour a réagi à la présentation du Plan de redressement économique et social par le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon l’économiste, il s’agit d’une baisse du pouvoir d’achat à venir à cause du ciblage des subventions. Il prédit également la suppression progressive des exonérations fiscales dans plusieurs secteurs sensibles, ce qui affecterait les ménages qui en bénéficient actuellement, de manière directe ou indirecte.
Pape Malick Ndour évoque un « matraquage fiscal généralisé » et déplore l’absence de mesures incitatives dans le plan. Pour lui, le PM a présenté un plan de redressement de la vision 2050, sur ses aspects budgétaires sans mesures incitatives.

On nous a parlé de “redressement économique”. On espérait un “nouveau souffle” pour les ménages, les industries, les importateurs, les commerçants, les agriculteurs, Mais à la sortie de la cérémonie de présentation, les deux principaux moteurs de notre économie : les ménages et le secteur privé sont plus inquiétés que rassurés.
 
En cause : Baisse du pouvoir d’achat à venir à cause du ciblage des subventions.  Fin des exonérations fiscales dans les secteurs sensibles et pour les ménages principaux bénéficiaires directs ou indirects de ces exonérations. Matraquage fiscal généralisé, même les petites activités informelles seront traquées. Les ménages, déjà étranglés par le coût de la vie, se préparent à souffrir davantage. Hausse du prix de l’électricité, du carburant, du gaz butane pour les familles ? Les entreprises, surtout les PME et les PMI, perdront confiance et freineront leurs investissements. Voilà la recette.
 
En vérité, il nous a été présenté un plan de redressement de la vision 2050, sur ses aspects budgétaires sans mesures incitatives pour libérer la machine économique grippée par un an de tergiversations et d’amateurisme sans cap. Pour rappel, cette œuvre de destruction économique accélérée à pour cause l’arrêt irréfléchi de milliers de chantiers dans le secteur du BTP en 2024, avec les pertes d’emplois y relatives; un terrorisme fiscal sur les entreprises avec une fréquence de contrôle qui ralentit leurs activités et une morosité économique sans précédent accentué par des discours menaçant du Premier Ministre envers le secteur privé et les investisseurs internationaux qui participe à baisser à faire baisser l’attractivité du Sénégal.
 
On attendait un cap, on a eu un choc ! On espérait un souffle, on reçoit un coup de massue !
À ce rythme, ce n’est pas une relance qui nous attend, c’est une récession punitive qui cache mal un plat amer qui nous sera servi.
 
Sur le FMI, j’ai écouté le Premier ministre nous parlait. Son discours contraste avec les engagements pris. Je m’explique.
 
Depuis dix ans, le FMI n’a jamais vraiment changé de refrain. Et à chaque fois, le Sénégal avec le Président Macky Sall a su coopérer avec intelligence et discernement. Trois exigences majeures du FMI reviennent en boucle : Réduire les subventions, même si cela écrase le pouvoir d’achat des populations ; Tailler dans les exonérations fiscales, au mépris de toute logique sectorielle ou incitative à l’investissement et élargir l’assiette fiscale, en ciblant sans ménagement le secteur informel et les activités émergentes.
 
Sous Macky Sall : une résistance réfléchie
 
Sur la baisse des subventions, il a tenu bon, malgré la pression des bailleurs. Pourquoi ? Parce qu’il savait que toucher au prix de l’électricité, du carburant ou du gaz butane, c’était s’attaquer directement au quotidien des Sénégalais et à leur pouvoir d’achat. Sur les exonérations fiscales, il a réussi à travailler avec le FMI en gardant comme boussole permanente la Vision du PSE et la protection sociale des populations en faisant comprendre à nos partenaires que certaines incitations fiscales sont indispensables pour stimuler des secteurs stratégiques : l’agriculture, l’énergie, l’industrie ou l’immobilier social. Derrière chaque exonération, il y avait un projet, un emploi, une dynamique territoriale. Quant à l’élargissement de l’assiette fiscale, Macky, en rapport avec les services du Fonds, l’a mené avec subtilité. Il n’a pas livré le secteur informel ni les influenceurs en pâture. Il a su avancer sans casser, et fiscaliser sans terroriser les jeunes pousses, les petits commerces ou les entrepreneurs du numérique.
 
Sous Pastef : un Diébalou total
 
Et aujourd’hui ? Pastef, champion autoproclamé de la souveraineté, a fait ce que Macky Sall a toujours refusé de faire : céder à toutes les injonctions du FMI, sans filtre ni précaution. Sur les subventions, il annonce leur réduction. Il parle de “ciblage”, de “justice sociale”, de “rationalisation”. En réalité ? Un transfert du fardeau vers les ménages, qui verront bientôt leur facture grimper avec, à la clé, des mécanismes d’ajustement pompeusement appelés “ciblage”, mais qu’aucun pays africain n’a jamais réussi à mettre en œuvre efficacement. Sur les exonérations fiscales, c’est la “lutte sans merci” qu’il promet. Les secteurs les plus sensibles agriculture, énergie, habitat social seront mis à la diète fiscale, et les agents économiques les plus vulnérables, comme les ménages (principaux bénéficiaires directs ou indirects des exonérations fiscales), seront sacrifiés. Et sur la fiscalité directe, c’est l’attaque généralisée : tout le monde devra passer à la caisse, même les influenceurs. Le cas Canal+ est révélateur : 9 % de son chiffre d’affaires exigé par l’État, immédiatement répercutés sur les consommateurs par une hausse de 10 % des forfaits abonnement sans que l’Etat ne bronche. C’est le début d’une inflation généralisée.
 
En cédant aveuglément à toutes les injonctions du FMI, Pastef n’a pas défié le système comme il essaye de le faire croire à ses supporters : il a fait la courbette à ceux qu’il vouait hier aux gémonies. Et cela, au moment précis où les Sénégalais souffrent le martyr. Ceux qui, hier encore, dénonçaient la soumission aux institutions de Bretton Woods, sont aujourd’hui les premiers à exécuter leurs volontés. Tout ceci au nom du redressement économique qui, en réalité, n’était qu’un redressement de la vieille lune de l’agenda national de transformation. Finalement, à la place d’annonce forte PASTEF reste dans une logique de victimisation et d’irresponsabilité. Son plan diabolique reste cohérent : faire croire aux sénégalais qu’ils ont trouvé un pays en ruine, plus une dette cachée et que par conséquent il faut redresser et faire participer tout le monde au coût du redressement.

Le Bureau de l’Assemblée convoqué le 6 août : Serigne Bassirou Guèye et l’OFNAC dans le viseur de l’Exécutif

Le Bureau de l’Assemblée nationale se réunira le mercredi 6 août 2025 pour examiner un dossier explosif : le projet de loi portant sur la dissolution de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), dirigé par l’ancien procureur Serigne Bassirou Guèye. Cette réunion, convoquée à 11h00 dans la salle Marie Joséphine Mboup du nouveau siège parlementaire, intervient dans un contexte de réformes accélérées autour de la transparence et de la reddition des comptes.

Créé en 2012 dans un souci de moralisation de la vie publique, l’OFNAC est aujourd’hui au cœur d’une volonté politique de refondation des mécanismes de lutte contre la corruption. L’institution, souvent critiquée pour son inefficacité ou sa politisation selon les camps, pourrait disparaître au profit d’un nouvel organe ou d’un dispositif repensé. À l’origine de cette secousse institutionnelle : l’adoption en Conseil des ministres, le 30 juillet dernier, de quatre projets de loi relatifs à la gouvernance publique, parmi lesquels figure celui réformant ou supprimant l’OFNAC.

Le gouvernement veut aller vite. Le calendrier parlementaire initial, qui prévoyait une reprise des travaux en octobre avec l’ouverture de la session ordinaire, a été mis entre parenthèses. L’Exécutif souhaite une adoption rapide de ses textes et pousse pour la convocation d’une session extraordinaire, seule voie permettant d’examiner les projets de loi en dehors des périodes régulières.

Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a signé une note en ce sens dès le 31 juillet. Officiellement, la réunion du Bureau est convoquée « à titre d’information », mais plusieurs sources parlementaires citées par L’Observateur confirment que l’objectif est bien de déclencher formellement cette session extraordinaire. Selon le Règlement intérieur de l’Assemblée, une telle session peut être convoquée soit par le Président de la République, soit à l’initiative d’un cinquième des députés. Elle ne peut excéder quinze jours et prend fin dès que l’ordre du jour est épuisé.

La réforme de l’OFNAC ne vient pas seule. Trois autres projets de loi sont prêts à être soumis aux députés : l’un sur la déclaration de patrimoine, un autre sur l’accès à l’information publique, et un dernier sur le statut et la protection des lanceurs d’alerte. Ces textes visent, selon le gouvernement, à renforcer les bases juridiques d’une gouvernance plus transparente et plus responsable, dans un pays encore marqué par les révélations sur la mauvaise gestion des deniers publics sous le régime précédent.

Mais cette volonté de réforme soulève aussi des interrogations politiques. Le sort du magistrat Serigne Bassirou Guèye, nommé à la tête de l’OFNAC en août 2022, pourrait se jouer dans les prochains jours. Ancien procureur de la République, son passage à la tête du parquet sous Macky Sall avait suscité de nombreuses controverses, notamment sur des dossiers sensibles liés à l’opposition. Sa mise à l’écart pourrait ainsi symboliser une rupture plus nette avec les pratiques de l’ancien pouvoir.

Dans les rangs de l’opposition, certains s’interrogent sur les motivations profondes de cette réforme. Est-elle dictée par le souci réel d’efficacité institutionnelle ou s’agit-il d’une volonté d’écarter un homme perçu comme proche de l’ancien régime ? Le débat promet d’être houleux à l’Assemblée, où les équilibres politiques restent mouvants, et où chaque vote compte.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°527 – 01/08/2025

🔴 « [LE PLAN DE REDRESSEMENT ÉCONOMIQUE DU GOUVERNEMENT] PEUT ÊTRE ATTAQUÉ DEVANT LA COUR SUPRÊME » : PAPE MALICK NDOUR RENVERSE LA MARMITE
🔴 LE CONCOURS GÉNÉRAL DANS L’AGENDA SÉNÉGAL 2050 : UNE BOUSSOLE DE L’EXCELLENCE

🔴 AFROBASKET FÉMININ / APRÈS ÉLIMINATION DES « ÉLÉPHANTES » : LES « LIONNES » PROCHES DU TITRE
🔴 FENSCO 2025 / LUTTE : FATICK ET KAOLACK, REINES DU SABLE

Menaces contre l’APR : Macky Sall et ses responsables mettent en garde contre les « propos orduriers »

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau ce jeudi pour dénoncer vigoureusement des propos jugés injurieux et menaçants à l’encontre du parti et de ses responsables. Au centre de la polémique, une déclaration de Waly Diouf Bodian, acteur politique affilié à la mouvance présidentielle, qui a publiquement évoqué « la nécessité de dissoudre le parti de Macky Sall » et de « mettre à l’écart ses responsables ».

Ces déclarations n’ont pas tardé à susciter la réprobation de l’APR, dont le Secrétariat Exécutif National (SEN) s’est réuni pour y répondre de manière officielle. Dans un communiqué ferme, le parti a condamné ce qu’il qualifie de « propos orduriers » et de « méthodes outrancières », pointant une stratégie de diversion et d’intimidation qui, selon lui, trahit la fébrilité de l’actuel régime.

« Cette violence verbale n’est rien d’autre qu’un aveu de panique et de peur, face à l’incapacité manifeste de produire des résultats concrets pour les Sénégalais », affirme le communiqué. Le SEN estime que les attaques verbales contre l’APR sont une tentative de masquer l’absence de vision claire, de leadership solide et de politiques publiques efficaces.

Le parti fondé par Macky Sall met également en garde contre une dérive autoritaire qui consisterait à vouloir « criminaliser l’opposition » ou à « museler les forces politiques adverses » sous couvert de règlements de comptes politiques. Il rappelle que l’APR demeure une formation politique légale, structurée, et pleinement engagée dans le jeu démocratique.

L’APR souligne enfin que son engagement pour la vérité, la justice et le respect des principes républicains reste intact, en dépit des attaques. Tout en appelant ses militants au calme et à la retenue, le parti assure qu’il ne se laissera pas intimider par les invectives et continuera à jouer pleinement son rôle dans la vie politique nationale.

Cette prise de parole, particulièrement ferme, marque un durcissement du ton dans un contexte politique où les tensions entre l’opposition d’hier — aujourd’hui au pouvoir — et l’ancien régime se font de plus en plus vives. Elle témoigne aussi de la volonté de l’APR de défendre son héritage et de préserver l’intégrité de ses cadres, dans un environnement de plus en plus polarisé.

Vers un pacte politique ? Les dessous du geste de Karim Wade envers Badara Gadiaga

Depuis Doha, Karim Wade n’est pas resté indifférent à l’arrestation de Badara Gadiaga. Le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade a dépêché des émissaires à la prison de Rebeuss, où est détenu le chroniqueur, figure critique du régime actuel. Selon nos informations, Karim envisage de commettre des avocats pour assurer sa défense. Un geste qui dépasse largement le cadre humanitaire ou communautaire.
Il faut dire que Karim Wade et Badara Gadiaga partagent bien plus que des origines communes à Kébémer. Le père du chroniqueur, feu Bathie Gadiaga, fut un fidèle compagnon d’Abdoulaye Wade et militant de la première heure du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Toute la famille Gadiaga reste profondément ancrée dans l’idéologie libérale. Le geste de Karim est donc tout sauf anodin. Il renoue un fil politique.
Va-t-on vers un rapprochement stratégique entre Karim Wade et Badara Gadiaga ? L’hypothèse prend forme. Gadiaga, influent dans l’espace médiatique et populaire auprès de la jeunesse, pourrait devenir un relais de terrain précieux pour une éventuelle relance du PDS. En retour, il bénéficierait de l’appui politique et juridique d’un poids lourd comme Karim, encore en quête d’un véritable socle électoral pour préparer son retour.

Ce soutien envoyé depuis le Qatar est aussi un message politique fort : le PDS n’est pas mort et reste solidaire de ses voix dissidentes. C’est un avertissement adressé au pouvoir : toucher à l’un des nôtres, c’est provoquer toute une famille politique. Et c’est aussi un clin d’œil appuyé à ceux qui, dans l’opposition, cherchent encore une bannière crédible.
En résumé, derrière cette main tendue à Rebeuss se dessine peut-être le début d’une alliance tactique. Karim Wade, en soutenant Gadiaga, ne fait pas qu’un geste : il pose un pion sur l’échiquier de la recomposition politique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°526 – 31/07/2025

🔴 « REDRESSER LE SÉNÉGAL – LA VOIE ULTIME, SAUVER OU PÉRIR ! » : BOUGANE EN PREMIÈRE LIGNE
🔴 DEMANDE DE LIBÉRATION DE KHADIM BA : L’APPEL MUSCLÉ DE BIRANE YAYA WANE

🔴 AFROBASKET 2025 / BELLE VICTOIRE DES « LIONNES » CONTRE LE RWANDA : MARCHE TRIOMPHALE VERS LES QUARTS
🔴 ÉLECTION À LA FSF : EL HADJI DIOUF ET SALIF DIAO AU SECOURS D’AUGUSTIN SENGHOR

Gouvernance vertueuse : le Conseil des ministres adopte plusieurs projets de lois majeurs, dont la création de l’ONLC et le statut des lanceurs d’alerte

Le Conseil des ministres s’est réuni ce mercredi 30 juillet 2025 au Palais de la République, sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Cette session a été marquée par l’adoption de plusieurs projets de lois majeurs traduisant une orientation claire : celle d’une gouvernance fondée sur la transparence, l’éthique et la lutte résolue contre la corruption.

Selon le communiqué officiel, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté au président et à son gouvernement un Plan de redressement national, vaste feuille de route qui s’inscrit dans le pilier de la réforme de l’État. Ce plan se veut ambitieux dans ses objectifs et structurant dans sa mise en œuvre, dans un contexte de refondation des institutions publiques et de consolidation de l’État de droit.

Parmi les textes de loi adoptés, figure un projet de loi portant création de l’Office national de lutte contre la corruption (ONLC). Ce nouvel organe autonome aura pour mission de prévenir, détecter et réprimer les pratiques corruptives, avec des pouvoirs d’investigation étendus. L’ONLC marque une volonté politique forte de tourner la page des scandales restés sans suite et de faire de la reddition des comptes une réalité.

Le gouvernement a également adopté un projet de loi relatif au statut et à la protection des lanceurs d’alerte, une première dans l’histoire législative sénégalaise. Le texte vise à encadrer juridiquement les personnes qui, de bonne foi, dénoncent des actes de corruption, de fraude, ou toute autre atteinte à la légalité ou à l’intégrité dans la gestion publique. Il prévoit un mécanisme de protection contre les représailles et garantit l’anonymat lorsque nécessaire. Un signal fort envoyé à la société civile, aux fonctionnaires et à toute personne souhaitant briser l’omerta.

Un troisième projet de loi concerne l’accès à l’information. Ce texte pose les bases du droit des citoyens à accéder aux informations d’intérêt public détenues par les administrations, les collectivités territoriales ou les entités parapubliques. Dans une logique de redevabilité, il obligera les structures publiques à justifier de leurs décisions, de leurs budgets, de leurs contrats et de leurs actions.

Le quatrième projet de loi validé porte sur la déclaration de patrimoine. Cette nouvelle exigence concernera les agents publics occupant des fonctions sensibles, notamment dans les sphères politique, administrative, judiciaire et financière. Le texte impose une obligation renforcée de transparence, avec des mécanismes de contrôle indépendants. Il ambitionne de moraliser la vie publique et d’écarter tout enrichissement illicite.

S’exprimant à la sortie du Conseil, le ministre porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Njekk Sarré, a déclaré : « Le gouvernement s’engage à instaurer une gouvernance fondée sur l’intégrité, la justice et la transparence. Ces projets de loi sont les premières pierres d’un édifice institutionnel rénové, au service du peuple sénégalais. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°525 – 30/07/2025

🔴 LES DESSOUS DU GESTE DE KARIM WADE ENVERS BADARA GADIAGA : DU LOURD SE PRÉPARE !
🔴 L’ACCÈS À INTERNET POUR 1540 LOCALITÉS : UN DÉFI À 64 MILLIARDS F CFA

🔴 APRÈS SON ÉLECTION À LA TÊTE DE LA LIGUE PRO : BABACAR NDIAYE TEND LA MAIN À TOUTE LA FAMILLE DU FOOTBALL
🔴 CANDIDATE À LA PRÉSIDENCE DE LA COMMISSION FÉMININE DE LA FSF : SEYNI NDIR SECK VEUT ALLER PLUS LOIN

LIVRAISON DE 21 MOISSONNEUSES-BATTEUSES À SAINT-LOUIS : L’envers trouble d’un décor glorieux

Ce qui fut présenté comme un jalon de la modernisation agricole tend aujourd’hui à révéler des pratiques pour le moins préoccupantes. Derrière la communication triomphante du ministère de l’Agriculture se profile une réalité beaucoup plus complexe : réquisition controversée et gestion contestée des engagements publics. Autant déléments qui soulèvent des interrogations majeures sur la continuité de l’État et le sort réservé aux entreprises sénégalaises engagées auprès des pouvoirs publics.

C’est dans une ambiance solennelle et sous le feu des projecteurs que le ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne, a récemment dévoilé un convoi de vingt-et-une (21)

moissonneuses-batteuses à chenilles, destiné aux départements de Dagana et de Podor, dans la région de Saint-Louis. Présentée comme une avancée stratégique, cette livraison vise à illustrer la volonté gouvernementale d’impulser une rupture définitive avec les méthodes agricoles traditionnelles, au profit d’un dispositif mécanisé et performant.

Cependant, derrière cette démonstration d’efficacité, une série de zones d’ombre vient ternir l’opération. Selon des informations recoupées par Le Dakarois Quotidien, ces moissonneuses auraient été réquisitionnées auprès de l’entreprise sénégalaise Intermaq 2012 SA, sans qu’aucun cadre contractuel régulier ne soit en vigueur au moment de l’opération. Aucun avenant n’a été signé et aucun accord formel ne justifie juridiquement cette réquisition.

Intermaq n’est pas un acteur inconnu de l’État. Elle avait été attributaire, en 2022, d’un contrat relatif à la fourniture d’équipements agricoles et à la construction de cent vingt (120) entrepôts, dont vingt (20) à chambre froide. Une cérémonie officielle, présidée par l’ancien président de la République, Macky Sall, et l’ex-ministre Aly Ngouille Ndiaye, avait marqué le lancement du projet en avril 2023. En cours d’exécution, le ministère avait jugé nécessaire de revoir le volume des équipements, portant notamment de dix (10) à cent vingt (120) le nombre de moissonneuses, selon une lettre officielle datée du 20 mars 2023. Forte de cet engagement, l’entreprise a procédé à l’importation du matériel, mobilisant des ressources financières importantes.

L’arrivée aux affaires d’un nouveau Gouvernement a toutefois bouleversé l’équilibre. Malgré plusieurs relances écrites et orales, l’avenant permettant de formaliser la commande supplémentaire n’a jamais été signé. Pire, le contrat initial est arrivé à expiration en juillet 2025, sans qu’aucune nouvelle base contractuelle n’ait été définie. Cette situation a plongé Intermaq dans une incertitude juridique et financière profonde.

Malgré cela, la société n’a pas interrompu ses prestations. La cérémonie de pose de la première pierre d’un entrepôt réfrigéré à Darou Khabane, tenue en mai 2025 en présence des autorités locales et techniques, en témoigne. Intermaq continue également à assurer le service après-vente, à former les agriculteurs et à prendre en charge des frais logistiques liés aux missions du ministère de l’Agriculture : hébergement, carburant, per diems. Toutes ces charges sont assumées sans garantie, alors même que les frais cumulés de stockage et de surestaries avoisinent le milliard de francs CFA.

Dans ce contexte particulièrement délicat, les services du ministère auraient procédé, de manière unilatérale, à la réquisition de vingt (20) moissonneuses appartenant à Intermaq, sans accord formel. Selon nos informations, les responsables de l’entreprise, lors de leurs échanges avec le ministre Dr Mabouba Diagne, avaient simplement exigé un document d’engagement écrit, destiné à sécuriser juridiquement la livraison. Une demande restée sans suite jusqu’à ce jour.

La direction du Dakarois Quotidien, compte tenu de l’heure tardive, le dimanche 27 juillet 2025, a adressé un message WhatsApp au Dr Mabouba Diagne. Ce message n’a reçu aucune réponse. Le lendemain, un appel téléphonique direct a été tenté, sans succès. Ce lundi, notre rédaction a décidé d’entrer en contact avec le directeur de la Direction de la Modernisation de l’Équipement Rural (DMER) afin de recueillir la version du ministère. Dès le début de l’échange, M. Dièye a exigé de connaître nos sources. Ce à quoi la direction du journal a répondu qu’en vertu de l’éthique journalistique, les professionnels ne sont pas tenus de les révéler. Le directeur a alors invité le Dakarois Quotidien à transmettre un courrier physique à l’adresse du ministère à Diamniadio, condition préalable à toute prise de parole officielle. Ledit courrier sera déposé cette semaine. Si les services du Dr Mabouba Diagne donnent suite à notre requête, votre journal s’engage à publier l’intégralité de leur réponse.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°524 – 29/07/2025

🔴 SAGA DES 20 MOISSONNEUSES-BATTEUSES : LE MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE APHONE
🔴 REBEUSS / VISITE SURPRISE DU Pr SERIGNE DIOP À BADARA GADIAGA : UN HOMMAGE À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

🔴 AFROBASKET FÉMININ 2025 / LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE À L’OUGANDA : LA BATAILLE CONTINUE AUX BARRAGES
🔴 RALLIEMENT SURPRISE À LA LIGUE PRO : DJIBRIL WADE CHOISIT ABDOULAYE SOW

Conflit foncier à Soussoung : le collectif fustige des arrestations arbitraires et exige la libération des 26 interpellés

La tension reste vive à Soussoung, village situé dans la commune de Ndiaganiao, où le conflit foncier opposant les populations locales à des entreprises exploitant des ressources minières continue de faire des vagues. Le Collectif pour la défense des terres de Soussoung a vigoureusement dénoncé ce lundi ce qu’il qualifie « d’arrestations arbitraires », survenues au cours du week-end dans un contexte d’intimidation et de répression, selon ses membres.

S’exprimant devant la presse, Ndiome Thiao, porte-parole du collectif, a dressé un tableau inquiétant de la situation. « Le collectif pour la défense des terres de Soussoung exprime sa profonde préoccupation face à la situation alarmante qui prévaut depuis vendredi 25 juillet 2025. Les opérations d’enlèvement arbitraire se poursuivent parfois jusque dans les domiciles privés, dans une logique manifeste d’intimidation à l’encontre de la population locale. Ce climat de peur et de répression est totalement inacceptable », a-t-il déclaré.

Selon les informations livrées par le collectif, un véhicule assurant la liaison entre Dakar et Soussoung a été intercepté par les forces de sécurité ce lundi matin à hauteur de Notto. Les passagers, qui voyageaient pacifiquement selon les témoins, ont été brutalement arrêtés et conduits à la brigade de gendarmerie de Ndiaganiao.

Actuellement, 26 personnes seraient détenues dans cette brigade, dans des conditions jugées préoccupantes par les membres du collectif. Les interpellés sont décrits comme « des citoyens honnêtes dont le seul tort serait d’habiter sur des terres aujourd’hui convoitées par des entreprises titulaires de permis d’exploitation ».

Face à cette situation, le collectif exige la libération immédiate et sans condition des 26 personnes arrêtées. Il fustige également les méthodes qu’il qualifie de répressives, employées par les forces de sécurité pour faire taire les voix dissidentes. « Ces arrestations arbitraires et les méthodes d’intimidation utilisées rappellent des pratiques d’un autre âge. Nous appelons les autorités à respecter les droits fondamentaux des citoyens et à cesser les violences à l’encontre de populations déjà fragilisées par le mépris foncier », a insisté Ndiome Thiao.

Tensions à Soussoung : Amnesty International interpelle le ministre des Mines et exige la libération des personnes arrêtées

La situation à Soussoung, localité située dans la commune de Ndiaganiao, devient de plus en plus préoccupante. Des affrontements y ont récemment éclaté entre les forces de sécurité et des habitants opposés à l’exploitation de leurs terres par des entreprises titulaires de permis miniers. Face à l’escalade des tensions, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, appelle les autorités à privilégier le dialogue.

Intervenant sur les ondes d’iRadio, Seydi Gassama s’est dit choqué par le recours à la violence contre une population dont les droits fonciers sont manifestement piétinés. « Nous sommes très préoccupés par la situation à Soussoung avec la violence exercée par les forces de défense et de sécurité contre la population locale qui manifestement a vu ses droits bafoués par l’autorité et ces entreprises qui ont reçu des permis d’exploiter des gravats dans leur champ », a-t-il déclaré.

Selon les informations relayées par Amnesty, trois permis d’exploitation de graviers ont été délivrés, chacun couvrant environ 40 hectares. Ces autorisations s’appliqueraient à des zones proches des habitations, sans que les populations concernées aient été consultées ni indemnisées. Le contexte est d’autant plus tendu que ces opérations minières sont intervenues en pleine saison des pluies, alors que les cultures sont en pleine croissance.

« Venir en plein hivernage alors qu’ils ont déjà cultivé, les récoltes ont poussé, et leur dire de quitter les terres. Je pense que ce n’est pas acceptable », s’indigne Gassama, qui appelle à une réponse rapide et responsable du ministère des Mines.

Le directeur exécutif d’Amnesty exhorte le ministre Birame Soulèye Diop à sortir du silence et à ouvrir un dialogue sincère avec les communautés affectées. Il plaide pour des mesures compensatoires justes permettant aux populations de retrouver des sources de revenus alternatives. « Il faut que les terres soient cédées contre une indemnisation juste », insiste-t-il.

Sur le plan judiciaire, Amnesty International suit également de près la situation des personnes arrêtées lors des troubles. L’organisation a commis un avocat pour les assister. Elle exige leur libération immédiate, estimant que leur détention ne fait qu’envenimer une situation déjà explosive. « Nous demandons que toutes les personnes arrêtées et détenues à la brigade de gendarmerie de Ndiaganiao soient libérées immédiatement pour ramener le calme dans la communauté », a conclu Seydi Gassama.

Affaire « Kocc Barma » : Le mouvement de Mame Boye Diao se désolidarise de son coordinateur diaspora

Le mouvement politique AARIS (Alliance Alternative pour la Refondation Idéologique du Sénégal), dirigé par Mame Boye Diao, a pris une décision ferme dans le sillage des récents développements de l’affaire dite « Kocc Barma ». El Hadji Assane Demba, jusque-là coordinateur de la diaspora au sein du mouvement, a été relevé de ses fonctions à compter de ce lundi 28 juillet. Cette mesure intervient alors que son nom est cité comme présumé complice dans l’enquête en cours.

Dans un communiqué publié par sa cellule de communication, AARIS explique que cette décision vise à protéger l’intégrité du mouvement tout en respectant la présomption d’innocence. Le parti tient à faire preuve de rigueur et de transparence dans sa gestion interne, surtout face à des soupçons aussi graves.

Cette affaire a également conduit le président du parti, Mame Boye Diao, à être entendu par les enquêteurs, en lien avec les activités de son ex-coordinateur. Toutefois, le communiqué se veut rassurant : à ce jour, aucune charge n’a été retenue contre lui. Il est également précisé que M. Diao a pleinement coopéré avec les autorités. Il a volontairement remis son téléphone et sa tablette aux enquêteurs, afin de faciliter les investigations, sans poser la moindre résistance.

Le mouvement AARIS insiste sur le fait que son président n’a aucun lien avec les activités illégales qui sont reprochées au réseau connu sous le nom de « Kocc Barma ». Il réaffirme sa volonté de collaborer avec la justice et de préserver les principes de légalité et de transparence qui fondent son engagement politique.

Alors que l’enquête suit son cours, cette prise de distance avec El Hadji Assane Demba marque un tournant dans la gestion de cette affaire. Elle illustre aussi la volonté de Mame Boye Diao et de son mouvement de se démarquer clairement de tout acte susceptible d’entacher leur crédibilité ou leur projet politique.

Dans un climat politique tendu où chaque affaire peut avoir des conséquences durables, cette réaction rapide du parti AARIS vise sans doute à rassurer l’opinion publique et à maintenir une ligne de conduite rigoureuse, loin des dérives et des soupçons qui secouent actuellement plusieurs figures de la sphère publique.

Plan de redressement économique : Zahra Iyane Thiam ironise sur l’annonce du Premier ministre

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’apprête à dévoiler un nouveau document stratégique, baptisé « plan de redressement économique », dans un contexte où les défis économiques du Sénégal restent nombreux et pressants. Ce plan, annoncé lors du Conseil des ministres du mercredi 23 juillet 2025, est censé présenter la vision du gouvernement face aux difficultés sociales et économiques du pays. Mais déjà, cette annonce suscite scepticisme et ironie dans les rangs de l’opposition et d’anciens responsables gouvernementaux.

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Zahra Iyane Thiam, ancienne ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, a vivement réagi à l’annonce du Premier ministre. Dans un ton à la fois critique et sarcastique, elle a exprimé ses doutes quant à l’efficacité de ce nouveau plan. « Jour J pour le PM : encore un plan, cette fois, de redressement économique. Après le Projet, l’Agenda Sénégal 2050, la Stratégie nationale de développement, le Master Plan du Gouvernement… En 16 mois, un plan par trimestre ! On redoute de découvrir ce que celui-ci va encore redresser », a-t-elle écrit.

Son commentaire illustre un agacement face à ce qu’elle considère comme une inflation de plans, projets et documents stratégiques produits par l’équipe actuelle sans résultats tangibles visibles à ce jour. Selon Zahra Iyane Thiam, ces initiatives semblent se succéder sans apporter les réponses concrètes attendues par les populations.

Pour sa part, Ousmane Sonko se veut rassurant. Le chef du gouvernement affirme que ce plan de redressement a été mûrement réfléchi et élaboré depuis plusieurs semaines. Il promet une présentation claire et détaillée des mesures à venir, notamment en ce qui concerne la réduction du train de vie de l’État et la réorientation des relations avec les partenaires techniques et financiers. « Dans les jours à venir, je présenterai aux Sénégalais le plan de redressement. On y travaille depuis des semaines. Nous dirons aux Sénégalais point par point comment nous allons faire pour contraindre l’État à diminuer son train de vie et quelles seront nos orientations face à nos partenaires », avait-il déclaré.

L’annonce du plan intervient à un moment crucial, où les tensions sociales se multiplient et où l’économie nationale peine à se redresser durablement. Dans les milieux économiques et politiques, beaucoup attendent de voir si ce plan constituera un véritable tournant ou s’il s’ajoutera à la longue liste des intentions gouvernementales non suivies d’effets concrets.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°523 – 28/07/2025

🔴 LEVÉE DE 132 MILLIARDS F CFA PAR LE SÉNÉGAL DANS LE MARCHÉ DE L’UEMOA : LA DETTE PREND L’ASCENSEUR
🔴 MISE EN PLACE D’UNE CARTE DE SÉJOUR POUR LES MAURITANIENS : DU POPULISME SELON TAHIROU SARR

🔴 ZIGUINCHOR / PRÉSIDENCE DE LA FSF : AUGUSTIN SENGHOR : LE PARI DE L’EXPÉRIENCE

Crise politique autour de l’arrestation de Lat Diop : Aminata Lô interpelle directement le Président Diomaye et demande le limogeage d’Ousmane Sonko

Je suis L’arrestation de Lat Diop continue de susciter de vives réactions sur la scène politique sénégalaise. Ce samedi, à Wakhinane Nimzatt, une mobilisation s’est tenue en faveur de l’ancien Directeur général de la LONASE, incarcéré depuis plusieurs semaines. Aux avant-postes de cette manifestation, l’ancienne ministre du Tourisme sous le régime de Me Abdoulaye Wade, Aminata Lô, a lancé une charge frontale contre le pouvoir en place, accusant le Premier ministre Ousmane Sonko d’orchestrer une vendetta politique.

Devant un parterre de militants et sympathisants venus exiger la libération de Lat Diop, Aminata Lô n’a pas mâché ses mots. Pour elle, l’affaire n’a rien de judiciaire. « Le dossier de Lat Diop n’est pas judiciaire, mais purement politique. Par conséquent, son règlement ne peut être que politique », a-t-elle martelé, appelant le président Bassirou Diomaye Faye à prendre ses responsabilités.

Plus virulente encore, l’ancienne ministre a dénoncé ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire du régime actuel, incarné selon elle par Ousmane Sonko. « Depuis 2024, nous avons un nommé Ousmane Sonko qui cherche à effacer tous les fondamentaux qui ont contribué à construire ce pays. La démocratie, la paix, les droits humains et la stabilité sont aujourd’hui en danger », a-t-elle déploré.

Dans son discours, Aminata Lô a dressé un tableau sombre de la situation du pays : dégradation du climat économique et social, paralysie des institutions, menace sur la liberté de la presse. Selon elle, le gouvernement actuel est plus préoccupé par un projet politique partisan que par la gouvernance du pays. « Le seul objectif du Pastef, c’est de faire d’Ousmane Sonko le prochain président de la République, quitte à piétiner les principes démocratiques », a-t-elle accusé.

La militante libérale affirme que Lat Diop, tout comme d’autres personnalités politiques emprisonnées, est victime d’un « complot » destiné à affaiblir l’opposition. Elle a également évoqué une instrumentalisation de la justice, pointant du doigt un certain Mouhamed Dieng, qu’elle accuse d’être « financé par le régime Sonko-Diomaye » dans le seul but de faire tomber Lat Diop. « Nous n’accepterons pas cette justice sélective », a-t-elle prévenu.

Engagée à poursuivre le combat, Aminata Lô a annoncé une campagne nationale pour la libération de ce qu’elle appelle les « otages politiques ». Elle exige une justice équitable et appelle solennellement le chef de l’État à « limoger le Premier ministre Ousmane Sonko pour ramener la paix et la stabilité au Sénégal ».

Ce discours offensif survient dans un contexte où les tensions politiques s’aggravent autour des dossiers judiciaires impliquant des figures de l’ancien régime. L’opposition semble bien décidée à mobiliser toutes ses forces pour contrer ce qu’elle perçoit comme une tentative d’épuration politique. Quant au gouvernement, il continue d’assurer que toutes les procédures judiciaires en cours respectent les règles de droit et l’indépendance de la justice.

Carte de séjour pour les Mauritaniens : Tahirou Sarr dénonce une « posture populiste » et exige l’application équitable des lois

Le député Tahirou Sarr s’est prononcé sur le nouvel accord bilatéral signé entre le Sénégal et la Mauritanie, qui instaure une carte de séjour obligatoire pour les ressortissants mauritaniens souhaitant s’installer au Sénégal au-delà de trois mois.
Le président du parti Les Nationalistes estime qu’il s’agit davantage d’une « posture populiste » que d’une véritable politique migratoire cohérente et réfléchie. Selon lui, le Sénégal reste silencieux face à la présence de centaines de milliers, voire de millions d’étrangers vivant sur son territoire sans titre de séjour.
Tahirou Sarr appelle ainsi à une application rigoureuse et équitable des lois. Il exhorte également l’État à assurer la protection des Sénégalais établis à l’étranger, dans le respect de la réciprocité.

Depuis de nombreuses années, je demande l’application rigoureuse de la loi 71-10 du 25 janvier 1971 relative aux conditions d’admission, de séjour et d’établissement des étrangers au Sénégal. Cette législation, en vigueur depuis plus d’un demi-siècle, impose les mêmes obligations à tous les étrangers désireux de s’installer sur notre sol. Il faut l’appliquer sans exception.

Nous prenons acte de l’accord que le gouvernement vient de signer avec la Mauritanie pour encadrer le séjour des Mauritaniens au Sénégal et des Sénégalais en Mauritanie. Il est nécessaire de le préciser explicitement : cet accord, au-delà de sa présentation diplomatique, représente principalement une réaction à la politique de la Mauritanie et aux expulsions inacceptables de nos compatriotes.

Il s’agit plutôt d’une attitude populiste qu’une véritable politique migratoire bien pensée, car pendant que nous nous empressons de régulariser quelques milliers de Mauritaniens, nous restons muets face à des centaines de milliers voire des millions d’autres étrangers résidant au Sénégal sans titre de séjour, alors que leurs pays d’origine l’exigent pour nos concitoyens.

Je tiens à le rappeler clairement : la Réciprocité n’est pas un gage de Souveraineté. Un pays qui se respecte doit établir ses propres chartes, ses propres règles et sa propre stratégie politique, plutôt que de simplement reproduire ce que subissent ses citoyens ailleurs pour l’imposer sans discernement à ceux du pays en question. Une politique migratoire judicieuse ne consiste pas uniquement à identifier les étrangers: elle favorise également leur implication dans l’effort national, puisque tout étranger résidant sur notre territoire profite de notre sécurité, de nos hôpitaux, de nos établissements scolaires, de nos voies de circulation, de nos infrastructures et de notre aménagement urbain qu’il contribue parfois à saturer.

Ainsi, le titre de séjour sert également d’instrument économique et de justice contributive. Ma position est simple et constante : indépendamment de tout accord bilatéral, la Loi 71-10 doit être appliquée par le gouvernement à tous les étrangers sans distinction de nationalité. Quiconque séjourne plus de 90 jours au Sénégal doit être en règle, point final. En tant que Député, Président du parti JëL Liñu Moom/Les Nationalistes, je continuerai à rappeler que la dignité des Sénégalais ne se négocie pas. Nous exigeons que nos lois soient appliquées intégralement et que l’État protège nos compatriotes partout dans le monde, au-delà des effets d’annonce et des accords qui flattent mais ne règlent rien sur le fond.

Tahirou Sarr
Député, Président du parti JëL Liñu Moom/Les Nationalistes

Marche à Ourossogui : Responsables politiques, amis, proches et sympathisants, unis pour un seul mot d’ordre — « La libération de Farba Ngom »

Une foule impressionnante s’est mobilisée ce samedi 26 juillet 2025 dans les rues de Ourossogui pour exiger la libération du député-maire des Agnam, Farba Ngom, en détention depuis le 27 février dernier. Répondant à l’appel du Comité de résistance populaire, des milliers de personnes sont descendues dans les rues, dans une ambiance à la fois déterminée et pacifique, témoignant de l’enracinement local et régional de l’homme politique.

Le cortège s’est ébranlé depuis la Banque BOA, traversant la Poste, puis longeant la Pharmacie El Hadji Oumar Tall pour finalement s’arrêter au rond-point Carrefour, point d’orgue de la manifestation. Les marcheurs, vêtus majoritairement de t-shirts rouges à l’effigie de Farba Ngom, scandaient des slogans appelant à la fin de ce qu’ils qualifient d’injustice.

La mobilisation a été marquée par la présence de nombreuses figures politiques de premier plan. Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale, Augustin Tine, ancien ministre d’État, Me Moussa Bocar Thiam, maire de Ourossogui, Racky Diallo, députée à l’Assemblée nationale, et Mamadou Mory Diaw, maire de Matam, ont tous répondu présents à l’appel. Ils étaient accompagnés de plusieurs responsables locaux et régionaux de l’Alliance pour la République (APR), venus des quatre coins du Fouta pour exprimer leur solidarité.

Dans les prises de parole qui ont suivi, les intervenants ont unanimement insisté sur l’état de santé préoccupant de Farba Ngom. « Tout le monde sait qu’il est malade. Un rapport médical est là pour le prouver. Il n’a rien à faire en prison », a martelé Me Moussa Bocar Thiam, appelant les autorités judiciaires à prendre leurs responsabilités.

Au-delà de la solidarité politique, les orateurs ont souligné une urgence humanitaire. « Il ne s’agit pas d’un privilège politique, mais d’un impératif médical et moral », a renchéri Racky Diallo, avant de lancer un appel solennel au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko, pour qu’ils interviennent afin d’éviter un drame.

La marche de Ourossogui, hautement symbolique, intervient dans un climat politique tendu où plusieurs figures de l’ancien régime sont sous le coup de poursuites judiciaires. Pour les manifestants, il ne s’agit pas de remettre en cause l’indépendance de la justice, mais de plaider pour une lecture humaine et équilibrée de la loi. Farba Ngom, selon eux, incarne aujourd’hui un symbole de cette bataille entre justice et compassion.

Marche pacifique à Ourossogui : forte mobilisation pour exiger la libération de Farba Ngom

La ville de Ourossogui, dans la région de Matam, a été le théâtre d’une mobilisation d’envergure ce samedi 26 juillet 2025. À l’initiative du Comité de résistance populaire pour la libération de Farba Ngom, une marche pacifique a rassemblé plusieurs centaines de manifestants venus exiger la libération du député-maire des Agnam, actuellement incarcéré. Arborant des t-shirts rouges, symbole de protestation, les manifestants ont défilé dans les principales artères de la ville pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’injustice politique.

La mobilisation a rassemblé de nombreux responsables de l’Alliance pour la République (APR), dont l’ancien président de l’Assemblée nationale Amadou Mame Diop, l’ex-ministre Augustin Tine et d’autres figures du parti. Devant la foule, Amadou Mame Diop a livré un discours virulent contre les autorités actuelles, accusant le pouvoir de se servir de la répression pour masquer ses échecs. « Ils masquent leur incompétence et la non-tenue de leurs promesses à travers une vague de répression. Nous exigeons la libération de Farba Ngom, Mansour Faye, Moustapha Diop, ainsi que des chroniqueurs et journalistes injustement détenus », a-t-il déclaré, sous les applaudissements nourris des participants.

Le maire de Ourossogui, Moussa Bocar Thiam, a de son côté mis en avant l’état de santé préoccupant de Farba Ngom, invoquant un rapport médical attestant que son état est incompatible avec un maintien en détention. « Nous sommes ici à Ourossogui, dans la région de Matam, pour dire non à l’injustice. Tout le monde sait que l’honorable député Farba Ngom est malade. Il aurait dû être libéré depuis longtemps », a-t-il affirmé.

Se référant aux textes en vigueur, il a cité l’article 140 du Code de procédure pénale, ainsi que les dispositions du droit communautaire et international, estimant que toutes les conditions sont réunies pour justifier une libération. « Matam souffre. Matam en a assez de voir son député en prison », a-t-il insisté avec émotion.

Une députée de l’APR, également présente à la marche, a soutenu que Farba Ngom, malgré son absence physique, reste « l’absent le plus présent » dans le cœur des militants. Elle a souligné que la législation permettrait sa libération, notamment pour des raisons de santé, et a lancé un appel solennel au Président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko afin qu’ils interviennent en urgence.

Cette marche, bien que pacifique, sonne comme un avertissement politique de plus en plus audible dans le nord du pays. Elle révèle une tension persistante entre l’actuel régime et une partie de l’opposition qui entend faire de la libération de ses leaders un enjeu national.

Règlement intérieur de l’AN : Seydina Malal Diallo salue la décision du Conseil constitutionnel et tacle le député Amadou Ba

Le Secrétaire général du Collectif Noo Lank, Seydina Mouhamadou Malal Diallo, s’est exprimé à la suite de la décision rendue par le Conseil constitutionnel concernant le nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Juriste de formation, il en a profité pour critiquer la réaction du député Amadou Ba.
Selon lui, ce dernier a, une fois de plus, adopté une « posture de défenseur héroïque de Pastef et de la majorité », marquée par une « condescendance intellectuelle ». Pour Seydina Malal Diallo, il est incohérent de « s’ériger en donneur de leçons tout en étant l’auteur d’entorses à la Constitution ».
Il invite ainsi le parlementaire à orienter son énergie vers le renforcement de la sécurité juridique des textes, plutôt que dans des prises de position partisanes.
PressAfrik vous livre in extenso le texte de Seydina Mouhamadou Malal Diallo.

Décision du Conseil Constitutionnel et Réaction de l’honorable député Amadou BA sur la modification du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale
 
 Je salue la décision rendue par le Conseil constitutionnel le 24 juillet 2025 sur le nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Elle réaffirme de manière claire et solennelle les principes structurants de notre État de droit : la primauté de la Constitution, l’indépendance de la justice, et la séparation des pouvoirs.
 
J’ai lu avec attention la déclaration du député Amadou Ba, Vice-président de l’Assemblée nationale, qui affirme que seuls trois alinéas ont été censurés sur près de 140 articles et qu’il n’y aurait pas eu de volonté de porter atteinte à la magistrature. Il salue la productivité législative de l’Assemblée et voit, dans ces censures, la preuve de l’attachement à l’État de droit. Ce raisonnement mérite une mise au point.
 
D’abord, rappelons que le Conseil constitutionnel n’a fait qu’exercer les compétences que lui confère la Constitution. En vertu de l’article 74, il est obligatoirement saisi des lois organiques pour un contrôle de constitutionnalité a priori, avant leur promulgation. Il ne va donc ni au-delà de ses prérogatives, ni en dehors de son rôle : il veille à la conformité des lois à la norme suprême.
 
Ensuite, le Conseil n’a pas censuré une intention, mais des dispositions juridiquement inconstitutionnelles. Il a notamment précisé que la comparution d’un magistrat devant une commission d’enquête parlementaire ne peut être ni automatique, ni forcée, et doit respecter les exigences de confidentialité et de séparation des pouvoirs. Cette réserve est conforme non seulement à la Constitution, mais aussi à la loi organique n°2017-10 portant statut des magistrats, qui encadre strictement leurs rapports avec les autres pouvoirs.
 
Sur la radiation d’un député, le Conseil a rejeté une tentative de restreindre l’article 60 de la Constitution en la conditionnant à la perte des droits civiques. La Constitution ne prévoit pas cette condition : le Parlement ne peut l’y insérer par simple volonté politique.
 
Il est d’autant plus étonnant de voir l’honorable député Amadou Ba adopter, une fois de plus, une posture de défenseur héroïque de Pastef et de la majorité, avec une forme de condescendance intellectuelle, comme si le Conseil constitutionnel avait manqué de hauteur d’analyse. Cette posture devient d’autant plus problématique que les dispositions censurées trouvent souvent leur origine dans des formulations juridiques qu’il a lui-même proposées ou cosignées.
 
On ne peut être à la fois l’auteur des entorses à la Constitution et le donneur de leçons. Refuser d’assumer la portée des censures, tout en invoquant l’État de droit à géométrie variable, trahit un déficit de culture constitutionnelle. Il serait plus utile à la République que le député Amadou Ba consacre davantage son énergie à consolider la sécurité juridique des textes, dans le respect des normes supérieures, plutôt qu’à chercher une légitimité politique post-censure.
 
La réalité, c’est que le Parlement a besoin de rigueur, d’expertise juridique et d’humilité devant la Constitution. Vouloir tout faire voter rapidement, sans maîtriser les contraintes constitutionnelles, ne saurait devenir un argument de mérite.
 
J’appelle à une réhabilitation de l’intelligence législative, au service du peuple et du droit, pour garantir que plus jamais les fondements de notre République ne soient ainsi malmenés par ignorance ou précipitation.
 
Oui, l’Assemblée nationale peut et doit exercer pleinement son pouvoir de contrôle. Oui, les magistrats doivent rendre des comptes au peuple, comme tout autre pouvoir. Mais cela ne peut se faire qu’en respectant les balises constitutionnelles et les garanties statutaires, sans confondre contrôle et intimidation, ni responsabilité politique et indépendance juridictionnelle.
 
Nous invitons donc les parlementaires à ne pas relativiser cette décision. Elle ne constitue ni un revers politique, ni une victoire empêchée. Elle est un rappel à l’ordre juridique. Et c’est bien là le rôle du Conseil constitutionnel.
 


Seydina Mouhamadou Malal DIALLO
Juriste / Secrétaire Général du Collectif Noo Lank

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°522 – 26 ET 27/07/2025

🔴 « DETTE CACHÉE » : LE FMI PASSE AU CRIBLE LE RAPPORT MAZARS
🔴 REJET DE LA LOI PORTANT CONVOCATION DES MAGISTRATS À L’ASSEMBLÉE NATIONALE : UN SIGNAL FORT SELON NDIAGA SYLLA

🔴 CHAN 2025 / MATCH AMICAL : L’OUGANDA SURPREND LE SÉNÉGAL

Ibrahima Guèye « Nay Ler » en garde à vue à la Division spéciale de la cybersécurité

L’activiste et militant du parti Pastef, Ibrahima Guèye, plus connu sous le nom de « Nay Ler », a été placé en garde à vue ce vendredi à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), après avoir été convoqué dans le cadre d’une enquête ouverte à son encontre. Cette décision fait suite à une plainte déposée par Boubacar Ndour, directeur des programmes du Groupe Futurs Médias (GFM).

Selon les premières informations, le différend est lié à une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle « Nay Ler » aurait tenu des propos jugés menaçants et hostiles envers le groupe médiatique GFM. La teneur de ses déclarations, perçues comme une incitation à la haine ou à des représailles contre les responsables du groupe, aurait suscité une vive réaction, poussant Boubacar Ndour à saisir la justice.

Militant très actif du Pastef et connu pour sa proximité avec le Premier ministre Ousmane Sonko, Ibrahima Guèye s’est illustré ces dernières années comme une figure médiatique de la mouvance patriotique. Ses interventions sur les réseaux sociaux, souvent percutantes et engagées, lui ont valu une large audience mais aussi de nombreuses polémiques.

La Division spéciale de la cybersécurité, en charge des enquêtes liées aux contenus numériques et aux délits commis sur internet, a procédé à son audition ce vendredi avant de prononcer la mesure de garde à vue. Il devrait être présenté au procureur dans les prochaines heures, à l’issue de l’enquête préliminaire.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de forte tension entre certains militants de la majorité actuelle et des médias privés, accusés par certains d’entre eux de partialité ou de collusion avec l’ancien régime. L’arrestation de « Nay Ler » relance le débat sur la liberté d’expression, la régulation des contenus en ligne et la responsabilité des influenceurs dans l’espace numérique sénégalais.

Rejet partiel du RIAN : Ndiaga Sylla dénonce une méconnaissance du principe de séparation des pouvoirs

La décision du Conseil constitutionnel de censurer certaines dispositions du nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN) continue de susciter des réactions. L’expert électoral Ndiaga Sylla, connu pour ses analyses sur les processus institutionnels et électoraux, estime que le Parlement a, dans une certaine mesure, outrepassé ses prérogatives, violant ainsi le principe fondamental de la séparation des pouvoirs.

Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, Ndiaga Sylla affirme que le Conseil constitutionnel a simplement rappelé à l’ordre les députés en leur signalant les limites constitutionnelles. Selon lui, la Représentation nationale a, dans son empressement à moderniser ses règles internes, quelque peu négligé les fondements de l’État de droit.

« En examinant et en adoptant le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la Représentation nationale a, par moments, méconnu la portée du principe de séparation des pouvoirs, pourtant fondement de l’État de droit. C’est, en substance, ce que le Juge constitutionnel vient de rappeler avec justesse », écrit-il.

L’expert précise par ailleurs qu’un texte même soutenu par une majorité parlementaire ou salué pour ses avancées ne saurait échapper au contrôle de constitutionnalité : « Ce n’est pas parce qu’un texte est consensuel et comporte de nombreuses avancées qu’il est, pour autant, totalement conforme à la Constitution. »

Le Conseil constitutionnel, saisi après l’adoption du RIAN, a en effet censuré plusieurs dispositions. Parmi les articles invalidés figurent ceux liés au fonctionnement des groupes parlementaires, à la désignation des commissions permanentes, et à l’organisation du travail législatif. Le Conseil a jugé que ces dispositions introduisaient des mécanismes qui ne trouvent pas de fondement explicite dans la Constitution, ou allaient au-delà des limites prévues.

La sortie de Ndiaga Sylla renforce l’idée que cette décision n’est pas uniquement une question technique, mais aussi une leçon institutionnelle. Elle interpelle la majorité parlementaire et l’ensemble des députés sur la nécessité de respecter les équilibres constitutionnels, même lorsqu’il s’agit de réformer leur propre fonctionnement.

Ce rappel au respect du droit constitutionnel intervient dans un contexte politique marqué par des tensions institutionnelles, où la vigilance du juge constitutionnel est perçue comme un garde-fou indispensable au bon fonctionnement de la démocratie sénégalaise.

Règlement intérieur de l’Assemblée nationale : Le Conseil constitutionnel valide l’essentiel, 4 dispositions seulement censurées

Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision sur le nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN), et le verdict est globalement favorable. Sur les 136 dispositions analysées, seules quatre ont été jugées contraires à la Constitution. Le groupe parlementaire Pastef–Les Patriotes, à l’origine du projet, se félicite de cette validation quasi-totale, qu’il qualifie de « confirmation de la solidité juridique du texte adopté par l’Assemblée ».

Selon une note d’Ismaël Diallo, membre du groupe Pastef, la décision de la haute juridiction concerne trois alinéas et un article. Les 132 autres dispositions ont été jugées conformes, certaines sous réserve d’une interprétation précisée par le Conseil – une méthode juridique connue sous le nom de réserve d’interprétation.

Les quatre points censurés sont les suivants :

  • Article 56, alinéa 2 : Il autorisait le président de l’Assemblée nationale à faire appel aux forces de l’ordre lorsqu’un individu convoqué par une commission d’enquête parlementaire refusait de déférer à cette convocation. Le Conseil a jugé que cette disposition outrepasse les prérogatives définies par la Constitution.
  • Article 60, alinéa 6 : Il prévoyait la radiation automatique d’un député en cas de condamnation pénale définitive entraînant la déchéance des droits civiques. Le Conseil a estimé que cette disposition introduisait une restriction que la Constitution elle-même n’établit pas, ce qui n’est pas permis à une loi organique.
  • Article 111, alinéa 6 : Il interdisait le retrait d’une motion de censure déposée sous certaines conditions. Le Conseil a rappelé qu’aucune telle interdiction n’est prévue dans la Constitution, rendant cette clause invalide.
  • Article 134 : Concernant le renouvellement des membres de la Haute Cour de justice, cet article a été censuré pour avoir omis une condition essentielle prévue par la Constitution.

Malgré ces réserves, la portée de la décision est globalement positive pour les initiateurs du nouveau règlement. Le Conseil constitutionnel a validé la quasi-totalité du texte, autorisant sa promulgation par le président de la République, à l’exception des quatre dispositions écartées.

« Il ne s’agit que d’enlever les éléments problématiques. Le reste du texte est conforme et peut entrer en vigueur », précise Ismaël Diallo, qui rappelle que les alinéas invalidés ne remettent pas en cause l’ensemble des articles concernés.

Le groupe Pastef considère cette décision comme un feu vert à la réforme du fonctionnement parlementaire. Plusieurs dispositions ont été validées avec des éclaircissements du Conseil, ce qui garantit leur conformité tout en encadrant leur mise en œuvre.

La publication de cette décision intervient dans un climat politique tendu, où certaines voix, y compris au sein de la majorité, avaient critiqué la décision du Conseil comme étant trop sévère. Mais les chiffres apportés par les députés de Pastef viennent relativiser cette perception : moins de 3 % du texte a été censuré.

La balle est désormais dans le camp du président de la République, qui peut promulguer le Règlement intérieur, après retrait des quelques éléments invalidés. L’entrée en vigueur du nouveau texte devrait marquer un tournant dans la modernisation de l’activité parlementaire sénégalaise.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°521 – 25/07/2025

🔴 RAFALE D’ARRIVÉES DE MALIENS ET BURKINABÈ FUYANT LE CHAOS : BAKEL « ENVAHIE »
🔴 RECONNAISSANCE IMMINENTE DE L’ÉTAT PALESTINIEN : LA FRANCE FRANCHIT LE PAS

🔴 ZIGUINCHOR / PRÉSIDENCE DE LA FSF : 28 CLUBS DERRIÈRE ABDOULAYE FALL
🔴 COLLÈGES DES PRÉSIDENTS DES LIGUES RÉGIONALES DE FOOTBALL : JOUR DE VOTE CE SAMEDI

Bouba Ndour saisit la justice face aux attaques diffamatoires contre GFM : une plainte déposée à la Division spéciale de la cybersécurité

Le directeur des programmes du Groupe Futurs Médias (GFM), Boubacar Ndour, plus connu sous le nom de Bouba Ndour, a décidé de porter l’affaire sur le terrain judiciaire. Par l’intermédiaire de son avocat, Maître Baboucar Cissé, il a officiellement déposé une plainte à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) contre plusieurs personnes qu’il accuse de propos diffamatoires, de menaces et d’injures graves relayés via les réseaux sociaux.

Selon les informations rapportées par Seneweb, trois profils distincts sont visés par la plainte : Feuz Niang, une internaute dont le numéro de téléphone est cité dans le dossier, le militant de Pastef Ibrahima Guèye, connu dans le cercle de « Nay Ler », et des individus anonymes non encore identifiés.

Dans le cas de Feuz Niang, la plainte fait état d’un message vocal WhatsApp injurieux et diffamatoire envoyé après un appel manqué. Elle y aurait proféré des propos d’une extrême violence à l’encontre de Bouba Ndour, évoquant notamment sa mère, son défunt père, ainsi que des accusations graves d’abus sexuels sur de jeunes participantes de l’émission « Sen Petit Galé ». Elle aurait aussi menacé de rendre public son numéro de téléphone, et qualifié Youssou Ndour, frère de Bouba, de « franc-maçon ».

S’agissant d’Ibrahima Guèye de « Nay Ler », la plainte évoque une vidéo virale dans laquelle ce dernier aurait lancé des menaces explicites contre le groupe GFM. Il y aurait notamment affirmé son intention « d’attaquer et d’incendier » le média, ajoutant qu’il était prêt à assumer les conséquences judiciaires d’un tel acte.

La plainte mentionne également la diffusion d’une vidéo anonyme accusant Bouba Ndour d’actes similaires à ceux dénoncés par Feuz Niang. Le contenu de cette vidéo inclut des menaces, des injures contre sa personne et son entourage familial, ainsi que des accusations dirigées contre la télévision GFM.

Le dossier repose sur une base juridique fournie. L’avocat de Bouba Ndour cite plusieurs articles du Code pénal sénégalais : l’article 258 pour les faits de diffamation et d’injures, l’article 255 pour la diffusion de fausses nouvelles, l’article 290 pour les menaces de mort, et l’article 29 pour les menaces diverses. Chaque chef d’accusation est accompagné d’une explication juridique précise sur la nature et la gravité des infractions visées.

Selon les termes de la plainte, Bouba Ndour motive sa démarche par la gravité exceptionnelle des faits et l’impact moral et professionnel qu’ils entraînent. Il demande à ce que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur, y compris à l’encontre des auteurs encore inconnus qui seraient identifiés au cours de l’enquête.

Cette affaire intervient dans un contexte de polarisation croissante entre les médias, les acteurs politiques et certains segments de l’opinion publique sur les réseaux sociaux. Elle pose à nouveau la question de la régulation du numérique, du respect de la vie privée et des limites de la liberté d’expression dans un environnement où les diffamations et les attaques personnelles se multiplient. En portant plainte, Bouba Ndour entend faire un exemple pour rappeler que les réseaux sociaux ne sont pas des zones de non-droit.

Ousseynou Ly défend la discrétion : « Un bon chef ne règle pas ses désaccords en public »

Le porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, était l’invité de l’émission « Débat de Fond » diffusée ce mercredi sur la chaîne 2STV. Dans un contexte politique marqué par des tensions perceptibles au sein du parti Pastef, M. Ly a tenu à réaffirmer sa vision de la gestion des divergences internes, prônant la discrétion et le respect des formes.

Réagissant à la récente sortie du Premier ministre Ousmane Sonko, qui évoquait publiquement certains désaccords ou malaises au sommet de l’État, Ousseynou Ly a adopté un ton posé mais ferme. Il a d’abord tenu à rappeler que M. Sonko porte deux responsabilités distinctes : « Il ne faut pas oublier qu’il a une double casquette : celle de Premier ministre et celle de président du parti. Il incarne l’un ou l’autre en fonction des circonstances. À chacun d’en faire sa propre lecture. »

Mais c’est surtout sur la forme des critiques publiques que le porte-parole présidentiel s’est voulu clair. Pour lui, les désaccords ne doivent pas être exposés sur la place publique, surtout lorsqu’ils concernent des figures de responsabilité. « Moi, j’ai un principe. Quand j’ai quelque chose à dire, je ne le fais jamais en public. Qu’il s’agisse de la gestion du parti ou de l’État, si je suis en désaccord, je passe par les canaux appropriés. Si cela concerne une personne que je connais, je l’appelle ou je vais le voir directement. On ne critique pas une autorité en public. Un bon chef ne devrait pas agir ainsi. »

Cette posture, Ousseynou Ly l’assume pleinement, quitte à être mal interprété ou attaqué dans les rangs militants. « Si certains me traitent de traître ou autre à cause de cette posture, peu importe. Mais c’est comme cela que je fonctionne. Je ne critique pas en public », a-t-il conclu.

Ses propos interviennent dans un climat où les rumeurs de divisions au sein de Pastef et d’un début de brouille entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Sonko alimentent le débat public. En se positionnant comme défenseur de la retenue, Ousseynou Ly semble vouloir calmer le jeu et rappeler l’importance de l’unité, tant dans l’exercice du pouvoir que dans les dynamiques partisanes internes.

Sangalkam sous le choc après la découverte du corps de Serigne Issa Touré : tension, suspicion et appels à la vérité

L’émotion est à son comble dans la commune de Sangalkam, ce jeudi 24 juillet, après la découverte macabre du corps sans vie de Serigne Issa Touré, retrouvé dans un puits profond de sept mètres. Très vite, la nouvelle a fait le tour de la région, attirant une foule dense composée de fidèles, de disciples et de curieux, bouleversés par ce drame aussi soudain que mystérieux.

La situation sur le terrain était d’une intensité rare. Entre cris, pleurs, prières en chaîne et bousculades, l’atmosphère était lourde et chargée d’émotion. Les véhicules garés en désordre, la présence massive des forces de l’ordre, les fidèles en transe et les invocations fusaient de partout. Il a fallu l’intervention musclée de la gendarmerie pour disperser la foule et sécuriser la zone, qui était devenue totalement ingérable.

Selon les premiers témoignages recueillis sur place, plusieurs talibés évoquent une machination. Pour eux, le marabout ne s’est pas retrouvé dans ce puits par hasard. « Serigne Issa Touré est traqué depuis 1992. Il a sorti de nombreux jeunes de la délinquance et s’est investi corps et âme dans la propagation des valeurs de l’islam. C’était un homme dérangeant pour certains », affirme un disciple, visiblement ému et révolté.

Certains, plus directs, parlent sans détour de meurtre. La configuration du puits alimente les soupçons. « Il est impossible d’y accéder seul. L’ouverture est si étroite qu’on se demande même comment les sapeurs-pompiers ont pu y extraire le corps. Ce n’est pas un suicide, c’est un acte criminel », accuse un autre fidèle, la voix tremblante.

Face à ces accusations et à la pression croissante des disciples, les autorités ont annoncé qu’une autopsie serait réalisée afin de déterminer les causes exactes du décès. Une démarche indispensable, selon les proches de la victime, qui veulent comprendre les circonstances de cette tragédie.

Par ailleurs, les talibés exigent que la dépouille de leur guide religieux soit inhumée à Kelle, son village natal situé dans la commune de Mérina Dakhar, dans le département de Tivaouane. Ils réclament également toute la lumière sur cette affaire, et dénoncent l’inaction de certains responsables locaux qu’ils jugent trop silencieux face à la perte d’un homme qu’ils considèrent comme un pilier spirituel.

En attendant les résultats de l’autopsie, une chape de tristesse et de colère plane sur Sangalkam. Le décès de Serigne Issa Touré, dans des conditions aussi troubles, réveille les craintes d’un drame plus profond, et met en lumière les tensions latentes au sein de la communauté religieuse. Le pays, encore sous le choc, attend désormais des réponses claires et une justice équitable.

Touba : Un réseau de malfaiteurs démantelé par la police après une violente agression

À Touba, la police du commissariat central de Ndamatou a réussi à démanteler un dangereux réseau criminel impliqué dans des actes de vols avec violence. Cette opération décisive, menée dans la nuit du 22 juillet 2025, a été rendue publique ce jeudi par la Police nationale via sa page Facebook officielle.

Tout a commencé avec le dépôt de plainte d’un agent superviseur de l’opérateur téléphonique YAS, domicilié à Touba. Selon sa déclaration, le 22 juin dernier, alors qu’il rentrait chez lui après le travail, il a été violemment agressé par deux individus circulant à moto. Ces derniers, armés d’une machette, l’ont blessé avant de lui dérober sa sacoche. Le butin était conséquent : des cartes SIM de l’opérateur YAS, sa carte d’identité nationale, sa carte bancaire de la banque UBA, ainsi que quatre téléphones portables, dont un iPhone 13 Pro Max, un Redmi Note, un iPhone 11 Pro et un téléphone Tecno. Les malfaiteurs ont également emporté une somme d’argent liquide estimée à 150 000 francs CFA.

L’enquête ouverte par les services de police a progressé de manière significative le 20 juillet, lorsque les forces de l’ordre ont localisé l’un des suspects principaux au niveau du rond-point de Mbacké. Les agents sont immédiatement intervenus pour procéder à son arrestation. Placé en garde à vue, le suspect a avoué sa participation aux faits et révélé l’existence d’un groupe bien organisé spécialisé dans les agressions nocturnes, souvent accompagnées de violences physiques.

Grâce aux informations obtenues lors de cet interrogatoire, trois autres membres présumés du réseau ont été arrêtés. Tous sont désormais poursuivis pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis de nuit avec usage de violence et de moyens de locomotion, rébellion, violences contre agents des forces de l’ordre et coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail de 21 jours pour la victime.

Les autorités ont précisé que l’enquête se poursuivait activement. D’autres individus pourraient être identifiés et arrêtés dans les jours à venir, alors que les policiers continuent de remonter les ramifications de ce groupe criminel. Ce démantèlement marque une avancée importante dans la lutte contre l’insécurité à Touba, où les populations, confrontées à une hausse des agressions nocturnes, espèrent désormais un retour au calme durable.

Affaire « Kocc Barma » : vers le démantèlement d’un vaste réseau de délinquance numérique

L’arrestation de El Hadji Ibrahima Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma », marque un tournant décisif dans la lutte contre la cybercriminalité au Sénégal. Ce dernier, présenté comme le cerveau d’un réseau actif dans la diffusion illégale de contenus intimes et immoraux, a été récemment écroué par le doyen des juges. Mais l’affaire est loin d’être close. Elle ne fait que commencer, selon les dernières révélations du journal Libération.

Le magistrat instructeur a en effet délivré une délégation judiciaire à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), leur confiant la mission d’identifier, arrêter et présenter toutes les personnes impliquées dans cette affaire tentaculaire. Dans le cadre de cette instruction, les enquêteurs ont déjà mis un nom sur deux complices présumés de Dioum. Ces individus seraient chargés de collecter des fonds auprès de victimes, dont les images intimes avaient été publiées ou menacées de l’être, dans un système bien huilé mêlant chantage, extorsion et harcèlement numérique.

Les chefs d’accusation retenus contre « Kocc Barma » dressent le portrait glaçant d’un cybercriminel multirécidiviste. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, stockage et diffusion de données personnelles, publication d’images pédopornographiques, atteinte à la vie privée, extorsion de fonds, menaces, chantage, mais aussi blanchiment de capitaux et faux sur des documents administratifs. Une liste accablante qui illustre l’ampleur du préjudice causé à de nombreuses victimes, souvent jeunes et exposées à l’humiliation publique.

Hier encore, une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a été déposée devant le doyen des juges. Cette fois, il s’agit de la chanteuse Mbathio Ndiaye, dont les images personnelles auraient été illégalement utilisées ou menacées de diffusion par le réseau. Elle rejoint ainsi d’autres figures publiques ou anonymes qui, au fil des années, ont vu leur vie privée piétinée sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes anonymes.

Ce nouveau développement conforte les autorités judiciaires dans leur volonté de neutraliser entièrement le réseau. Il ne s’agirait pas simplement d’un individu isolé, mais d’un système structuré, avec ses relais, ses financiers et ses stratégies d’intimidation. L’enquête en cours pourrait ainsi révéler d’autres ramifications, notamment à l’étranger, et aboutir à des arrestations en chaîne dans les jours à venir.

L’affaire « Kocc Barma » réveille aussi un débat plus large sur la régulation des contenus numériques et la protection de la vie privée dans un environnement digital où l’anonymat favorise souvent l’impunité. Face à la gravité des faits et à l’onde de choc provoquée par cette affaire, les autorités semblent déterminées à frapper fort pour restaurer l’ordre et la dignité dans l’espace numérique sénégalais.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°520 – 24/07/2025

🔴 AUGMENTATION DE 5,3% DES DÉPENSES PUBLIQUES EN UN AN : L’ÉTAT REFUSE DE SERRER LA CEINTURE
🔴 TRICHERIE AUX EXAMENS : DES INSTITUTEURS INTERPELLENT GUIRASSY

🔴 FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : LE PRÉSIDENT CHOISI EN NOVEMBRE
🔴 RÉINVENTION DU SPORT SÉNÉGALAIS : 11 INNOVATIONS EN MARCHE

Crise dans la Justice : les syndicats SYTJUST et UNTJ durcissent le ton face au silence du gouvernement

Le bras de fer entre les travailleurs de la justice et les autorités sénégalaises prend une nouvelle tournure. L’Entente SYTJUST–UNTJ, regroupement des deux principaux syndicats du secteur, a annoncé une grève de 48 heures pour les 24 et 25 juillet 2025. Cette décision fait suite à ce que les syndicalistes dénoncent comme un mutisme prolongé et méprisant des autorités, notamment du ministre de la Justice, Ousmane Diagne.

Depuis plusieurs semaines, les syndicats protestent contre la non-satisfaction de leurs revendications relatives à leurs conditions de travail et au respect de leurs droits professionnels. Mais selon eux, l’attitude du ministre de tutelle, qu’ils accusent de fuir ses responsabilités, a contribué à envenimer la situation. Ousmane Diagne, affirment-ils, n’a engagé aucun dialogue ni pris la moindre initiative pour désamorcer la crise, préférant transférer la gestion du conflit au ministère de la Fonction publique. Or, la seule rencontre tenue avec ce dernier interlocuteur remonte au 1er juillet, sans qu’aucune suite concrète n’ait été donnée depuis.

Dans leur déclaration, les responsables syndicaux s’indignent du « mépris institutionnalisé » dont ils se disent victimes. Ils estiment que le silence persistant du gouvernement est une stratégie délibérée visant à affaiblir leur mobilisation. Ce mépris, dénoncent-ils, est d’autant plus grave que l’État aurait également recours à des réquisitions qu’ils jugent illégales, dans le but d’entraver l’exercice du droit constitutionnel de grève. Une telle attitude, affirment-ils, constitue une menace pour les droits syndicaux et les acquis démocratiques durement obtenus.

Déterminés à ne pas céder face à ce qu’ils considèrent comme une forme d’intimidation, les syndicats appellent à une mobilisation générale sur toute l’étendue du territoire. Ils exhortent non seulement les travailleurs de la Justice, mais aussi toutes les centrales syndicales et les organisations sociales, à se joindre à leur lutte pour la sauvegarde des droits syndicaux et la défense de la dignité des agents de l’État. À travers ce mot d’ordre élargi, l’Entente SYTJUST–UNTJ veut faire de ce mouvement un combat national pour les libertés syndicales.

Cette grève de 48 heures marque une étape importante dans un mouvement qui dure depuis plus d’un mois, depuis le 18 juin. Elle symbolise une radicalisation de la lutte syndicale et un durcissement du ton face à des autorités perçues comme indifférentes aux préoccupations du secteur judiciaire. Les syndicats préviennent que la mobilisation se poursuivra et que le combat ne s’arrêtera que lorsque leurs revendications auront été entendues et prises en compte.

À travers leur mot d’ordre fort, « Justice en lutte, dignité en marche », les syndicats entendent rappeler que derrière chaque robe noire ou chaque greffier, il y a un travailleur debout, conscient de ses droits et prêt à les défendre. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, appelé à sortir du silence pour éviter une paralysie prolongée du service public de la Justice.

Justice paralysée au Sénégal : Alioune Tine exhorte Ousmane Sonko à intervenir pour un dialogue avec les grévistes

Le Sénégal traverse une grave crise dans le secteur de la justice, provoquée par une grève qui dure depuis plusieurs semaines. Face à l’enlisement du conflit, le défenseur des droits humains Alioune Tine appelle le Premier ministre Ousmane Sonko à engager un dialogue direct avec les travailleurs en grève pour trouver une solution juste et durable.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Alioune Tine, fondateur de l’Africa Jom Center, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences de cette paralysie de la justice pour les citoyens. Il insiste sur la nécessité d’éviter une aggravation de la situation, en plaidant pour une approche fondée sur l’écoute et la concertation. Il souligne que seul un dialogue franc entre le gouvernement et les grévistes permettra de sortir de l’impasse. Pour lui, Ousmane Sonko, en tant que chef du gouvernement, est en mesure de conduire personnellement cette médiation. Il estime que son implication directe peut ramener le calme et rétablir le fonctionnement normal des juridictions.

La grève a été déclenchée en juin 2025 par les travailleurs de la justice regroupés au sein de l’entente SYTJUST–UNTJ. Elle est motivée principalement par des revendications liées à l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2, un point de blocage que les syndicats jugent non négociable. Depuis le début du mouvement, les audiences sont fortement perturbées, les dossiers bloqués et de nombreux justiciables, notamment les détenus en attente de jugement, se retrouvent dans une situation d’incertitude prolongée.

Face à cette crise persistante, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a tenté d’imposer un retour partiel à la normale en adressant une lettre circulaire aux chefs de juridiction et de parquet. Il leur demande de procéder à des réquisitions afin d’assurer la continuité du service public de la justice. Cette initiative a cependant été très mal accueillie par les syndicats. Dans une déclaration commune, ces derniers dénoncent une atteinte grave au droit de grève, pourtant garanti par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Ils estiment que la circulaire constitue une entrave illégale et inacceptable à l’exercice d’un droit fondamental et préviennent que le mouvement ne faiblira pas sans une réponse satisfaisante du gouvernement.

La situation reste tendue, et la colère monte dans les milieux judiciaires, mais aussi parmi les usagers de la justice qui subissent directement les effets de cette paralysie. C’est dans ce contexte qu’intervient l’appel d’Alioune Tine, qui cherche à éviter une dégradation plus profonde du climat social et institutionnel. Son intervention vise à sensibiliser les autorités sur l’urgence d’un retour au dialogue afin de préserver les fondements mêmes de l’État de droit.

Alors que les regards se tournent vers le Premier ministre, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. L’issue de cette crise dépendra de sa capacité à écouter les revendications légitimes, à faire preuve de flexibilité et à privilégier la concertation sur l’autoritarisme. Le temps presse, car chaque jour de paralysie fragilise davantage l’appareil judiciaire et les droits des citoyens.

Affaire Diakhaté–Fofana : le délibéré encore reporté, pour la troisième fois

L’affaire judiciaire impliquant l’ancien député Moustapha Diakhaté et le chroniqueur Bachir Fofana connaît un nouveau report. Le délibéré, initialement attendu ce mardi 23 juillet 2025, a été à nouveau renvoyé, cette fois au 30 juillet, en raison de la poursuite de la grève des greffiers.

Il s’agit du troisième report consécutif dans cette procédure. Le verdict devait être rendu pour la première fois le 16 juillet, avant d’être repoussé d’une semaine, puis à nouveau ajourné ce jour. Un scénario qui prolonge l’incertitude judiciaire et maintient les deux prévenus en détention provisoire.

Cette nouvelle échéance, bien qu’administrative, pèse lourd sur le moral des proches des mis en cause, d’autant que les motifs de l’accusation, eux, n’ont toujours pas été publiquement précisés en détail. L’avocat de la défense a exprimé sa frustration face à ces retards répétés, qui empêchent tout éclaircissement sur la suite du dossier.

Farba Ngom : bracelet électronique maintenu pour ses frères, une inculpation rejetée pour le maire des Agnams

Nouvelle évolution dans l’affaire judiciaire qui secoue Farba Ngom et son entourage. Ce mercredi, la Chambre d’accusation s’est prononcée sur plusieurs points sensibles du dossier. Elle a d’abord confirmé la décision de placement sous bracelet électronique des deux frères du député-maire des Agnams, mis en cause dans une affaire de transaction financière douteuse portant sur un montant de 4 milliards FCFA, viré depuis le Trésor public en juin 2022.

Les deux frères de Farba Ngom sont inculpés pour association de malfaiteurs en bande criminelle organisée, complicité d’escroquerie sur des deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Leur mise sous surveillance électronique, décidée par le juge d’instruction du premier cabinet financier, avait été contestée par le parquet, qui réclamait leur incarcération. La Chambre d’accusation a finalement tranché en faveur du maintien de la mesure initiale, rejetant ainsi l’appel du ministère public.

Dans le même dossier, la Chambre s’est également penchée sur le cas de Farba Ngom lui-même. Elle a rejeté l’une des principales charges qui pesaient contre lui, à savoir l’inculpation pour association de malfaiteurs en bande organisée. Une décision qui allège partiellement le fardeau judiciaire du maire des Agnams, sans toutefois remettre en cause les autres poursuites engagées à son encontre.

Parallèlement, un nouveau rebondissement médical est intervenu mardi 22 juillet. Le juge d’instruction Idrissa Diarra, saisi de la demande de liberté provisoire formulée par les avocats de Farba Ngom le 10 juillet dernier, a refusé d’accéder à cette requête, en dépit d’une première expertise médicale concluant que l’état de santé du prévenu était incompatible avec une détention carcérale. Le magistrat a cependant ordonné une contre-expertise médicale, en désignant un trio de médecins pluridisciplinaires chargés d’évaluer de manière indépendante la condition physique du député incarcéré depuis février 2025.

Le collège médical désigné comprend le professeur Serigne Maguèye Guèye, chef du service d’urologie de l’Hôpital Général Idrissa Pouye, le docteur Pape Saliou Mbaye, spécialiste en hépatologie et gastro-entérologie, et le docteur Ousmane Dièye, cardiologue. Leur mission est de produire un rapport circonstancié sur la capacité de Farba Ngom à supporter une incarcération prolongée.

Affaire François Mancabou : un témoin clé enfin entendu par la justice

Nouveau rebondissement dans l’affaire François Mancabou, du nom de ce membre présumé des Forces spéciales décédé en détention dans des circonstances controversées. Selon Libération, le juge du deuxième cabinet, chargé de l’instruction, a entendu ce lundi un témoin considéré comme central dans la manifestation de la vérité.

Il s’agit de Pape Mamadou Seck, lui-même arrêté dans le cadre du dossier dit des Forces spéciales de Pastef. Détenu au moment des faits, il aurait partagé une cellule avec François Mancabou et affirme avoir reçu de ce dernier des confidences directes avant sa mort. Des déclarations jugées suffisamment sérieuses pour justifier sa convocation officielle par le juge d’instruction.

Toujours selon Libération, d’autres détenus présents au commissariat central durant la même période ont également été entendus dans le cadre de cette affaire. L’objectif est clair : reconstituer avec précision les derniers jours de François Mancabou et éclairer les zones d’ombre qui persistent depuis son décès.

Affaire Baldé : Pathé sous les verrous, Ama bientôt rattrapé par la justice

L’arène sénégalaise traverse l’un de ses plus grands scandales judiciaires. À la croisée de la lutte, du chanvre indien, des violences policières et d’un soupçon de cavale familiale, l’affaire Baldé prend une tournure retentissante. Selon les informations exclusives de L’Observateur, ce dossier aux multiples ramifications implique directement des figures connues du monde de la lutte, à commencer par Pathé et Ama Baldé.

Dimanche dernier, l’ambiance à l’Arène nationale a été brutalement perturbée. Alors qu’il assistait tranquillement à un combat préliminaire, Pathé Baldé, frère cadet du célèbre Ama Baldé, a été interpellé par les agents du commissariat de Pikine. Il n’était pas là par hasard : son neveu Jacob Baldé figurait parmi les lutteurs programmés. Mais l’escale à l’Arène s’est transformée en séjour en garde à vue. Dès le lendemain, Pathé a été présenté au parquet.

Le Doyen des juges du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye n’a pas perdu de temps. Une information judiciaire a été ouverte contre lui. Mis en examen pour rébellion, outrage à agents et coups et blessures volontaires, il a été placé sous mandat de dépôt. Des charges lourdes qui pourraient lui valoir plusieurs années d’incarcération.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. En toile de fond, le parquet s’intéresse désormais à Ama Baldé lui-même, actuellement en séjour en France. D’après L’Observateur, le procureur a requis un mandat d’arrêt international contre la star de la lutte, accusée des mêmes infractions que son frère. Le Doyen des juges, qui suit le dossier de près, se montrerait favorable à cette requête. Si elle est validée, Ama Baldé pourrait être arrêté à l’étranger et extradé vers le Sénégal.

Autre nom cité dans ce dossier explosif : Julo Baldé, neveu du défunt Falaye Baldé. Il serait le point de départ de cette affaire qui a dégénéré en crise judiciaire. En mai dernier, Julo aurait été impliqué dans une agression violente avec vol de moto et de bijoux en or. C’est lors de la tentative d’arrestation menée par la police à leur domicile familial que la situation aurait dégénéré. Ama et Pathé se seraient violemment opposés à l’intervention, blessant un adjudant et provoquant l’échec de l’opération. Depuis, Julo est en cavale.

La fouille de la maison n’a fait qu’enfoncer un peu plus les membres du clan Baldé. Les enquêteurs y ont retrouvé 14 cornets de chanvre indien, une paire de ciseaux et d’autres éléments compromettants. Ces découvertes alimentent les soupçons d’activités illicites au sein de la famille, jusque-là très respectée dans le monde de la lutte.

Zac Mbao : Huit jeunes arrêtés en pleine séance de chanvre dans une maison en chantier

La nuit du 22 juillet 2025 a été marquée par une opération musclée de la police dans le quartier de Keur Mbaye Fall, à Zac Mbao. Alertés par une forte odeur de chanvre indien, des éléments du Commissariat d’arrondissement ont effectué une descente qui s’est soldée par l’interpellation de huit jeunes individus. Ces derniers ont été surpris en pleine session de consommation de drogue dans une maison en chantier située rue 10.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la patrouille de sécurisation sillonnait la zone lorsqu’elle a perçu une odeur suspecte émanant d’un bâtiment en construction. En s’approchant, les agents ont découvert un groupe de jeunes rassemblés autour d’un joint, dans une pièce envahie par la fumée. La scène, digne d’un repaire clandestin, a immédiatement poussé les forces de l’ordre à procéder à une fouille en règle.

La perquisition a permis de mettre la main sur un lot d’objets inquiétants, laissant entrevoir une organisation bien plus structurée qu’un simple regroupement de fumeurs. Deux cornets de chanvre indien, dont un déjà entamé, un joint encore fumant, une machette, un couteau, un taser électrique, une paire de ciseaux, une cartouche de calibre indéterminé, une corne à bout pointu et une bouteille remplie d’un liquide rose non identifié ont été saisis sur les lieux. Autant d’éléments qui orientent les enquêteurs vers la piste d’un groupe potentiellement impliqué dans des activités criminelles.

Les huit suspects ont été placés en garde à vue et font désormais l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs, détention illégale d’armes blanches et usage collectif de drogue. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’origine exacte du matériel saisi, ainsi que les intentions réelles du groupe. L’hypothèse d’un simple rassemblement de consommateurs de chanvre semble peu convaincante, au regard du profil de la saisie.

Affaire Farba Ngom : La Chambre d’accusation rejette l’inculpation pour association de malfaiteurs

Dans le dossier judiciaire visant Farba Ngom, maire d’Agnam et figure politique influente de la région de Matam, un tournant décisif vient d’être enregistré. La Chambre d’accusation financière a rejeté la demande d’inculpation pour association de malfaiteurs en bande criminelle organisée, formulée par le procureur dans le cadre d’un réquisitoire supplétif.

L’information a été confirmée par l’un des avocats de Farba Ngom, Me Baboucar Cissé, qui s’est félicité de cette décision. Selon lui, la requête du parquet manquait de fondement juridique solide et relevait davantage d’un acharnement que d’une démarche fondée sur des éléments probants.

Dans la même veine, la Chambre a confirmé le placement sous bracelet électronique des deux frères de Farba Ngom, Ismaïla et Birane Ngom. Le parquet, qui souhaitait leur incarcération, a également vu sa demande rejetée.

Pour rappel, cette affaire, aux multiples ramifications, avait connu un rebondissement avec l’élargissement des chefs d’inculpation. Mais la Chambre d’accusation semble désormais vouloir recentrer le dossier sur les faits établis, écartant les charges jugées excessives.

Cette décision, qui allège la pression judiciaire sur Farba Ngom et ses proches, pourrait relancer les spéculations politiques autour de son avenir au sein du landerneau politique national.

AFFLUENCE RECORD À REBEUSS – Badara Gadiaga : un héros entre quatre murs

À Rebeuss, Badara Gadiaga ne cesse de gagner en stature. Devenu le détenu le plus sollicité du pays, il reçoit un nombre impressionnant de visites, au point que seules les personnes de sa famille peuvent désormais le voir. Si l’objectif était de le réduire au silence, sa détention est en train de forger, à l’abri des projecteurs, une figure politique d’envergure. Souvent, la prison ne brise pas les voix libres ; elle les façonne ! Elle polit l’homme politique, le journaliste ou tout citoyen dont la liberté d’expression dérange.

À la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Rebeuss, un phénomène sans précédent est en train de se produire. Depuis son incarcération, Badara Gadiaga, chroniqueur au verbe tranchant et à la popularité grandissante, attire une foule sans commune mesure. Il est aujourd’hui, et de loin, le prisonnier le plus sollicité du Sénégal. Jamais un détenu n’a reçu autant de visites en si peu de temps. Le nom de Badara Gadiaga résonne désormais bien au-delà des murs de sa cellule. Un monstre politique est né !
Selon des informations recueillies par « Le Dakarois Quotidien », les visiteurs se pressent chaque jour aux portes de la prison de Reubeuss, venant des quatre coins du pays, mais aussi de l’étranger. Des États-Unis d’Amérique jusqu’aux régions les plus reculées du Sénégal, tous veulent apercevoir, saluer ou, simplement, témoigner leur soutien à celui qui, en quelques jours, est devenu une véritable icône. Face à l’affluence record, l’administration pénitentiaire a dû prendre des mesures drastiques. Selon notre source, seuls les membres de sa famille proche sont désormais autorisés à lui rendre visite. Une restriction rendue nécessaire tant la liste d’attente s’allonge chaque jour.
Sans doute fatigué par cette effervescence permanente, Badara Gadiaga peine même à trouver un moment de répit. Le flot continu de demandes de visites, courriers, et messages de solidarité laisse peu de place à l’intimité ou au repos. Pourtant, loin de l’affaiblir, cette situation semble le propulser encore davantage sous les projecteurs. Loin de tomber dans l’oubli comme certains l’espéraient peut-être, le chroniqueur de Jakaarlo Bi s’impose peu à peu comme l’une des figures les plus marquantes de cette période post-alternance.
En effet, les signes ne trompent pas. Lors de sa simple convocation à la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), des centaines de personnes avaient spontanément afflué pour le soutenir. Une scène qui rappelle les grandes mobilisations populaires, mais qui, depuis l’arrivée au pouvoir du tandem Diomaye–Sonko, n’a même pas été égalée par les rares marches autorisées.
Ce que l’on observe aujourd’hui à Reubeuss dépasse le cadre carcéral. C’est un fait politique majeur. L’arrestation de Badara Gadiaga, loin d’éteindre sa voix, a réveillé une dynamique inédite. Il cristallise frustrations, espoirs et admiration. Loin des partis traditionnels, doctrines et appareils politiques, c’est dans l’univers carcéral que semble s’écrire une nouvelle page de l’engagement populaire.
Badara Gadiaga, qui ose dire, sans écart de langage, ce que bon nombre de ses concitoyens pensent, n’est plus simplement un chroniqueur emprisonné. Il est devenu un symbole. Et dans ce tumulte de soutien populaire, un constat s’impose : un monstre politique est bel et bien né !

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°519 – 23/07/2025

🔴 AFFLUENCE RECORD À REBEUSS / BADARA GADIAGA : UN HÉROS ENTRE QUATRE MURS
🔴 L’EX-DG D’ANAMO CITÉ DANS UNE AFFAIRE DE 600 MILLIONS F CFA : MAODO MALICK MBAYE TOMBE

🔴 LSFP / CANDIDATURE DE MOHAMED DJIBRIL WADE : UN PROFIL QUI COCHE TOUTES LES CASES
🔴 CRÉATION D’UNE FÉDÉRATION NATIONALE : LA LUTTE SÉNÉGALAISE FRANCHIT UN CAP

Affaire Anamo : Maodo Malick Mbaye, ex-DG, placé sous mandat de dépôt dans un dossier de 600 millions FCFA

L’affaire de détournement présumé de fonds publics à l’Agence Nationale de la Maison de l’Outil (Anamo) franchit un nouveau cap. Ce jeudi 23 juillet 2025, Maodo Malick Mbaye, ancien directeur général de l’agence, a été placé sous mandat de dépôt, selon des informations révélées par Dakaractu. Il est au cœur d’une enquête portant sur un détournement présumé de 600 millions de francs CFA, une affaire qui remonte à la période du régime de l’ancien président Macky Sall.

Tout est parti d’une plainte déposée par l’actuel directeur général de l’Anamo, Omar Ndiaye. Cette initiative a déclenché une série d’arrestations ciblant plusieurs anciens responsables de l’agence, dont l’ex-directeur administratif et financier (DAF), déjà interpellé dans le cadre de la même affaire. Le scandale concerne une gestion financière jugée opaque, avec des soupçons de détournements massifs au détriment des finances publiques.

L’enquête judiciaire s’est accélérée ces dernières semaines, mettant à nu de possibles pratiques frauduleuses ayant affecté les caisses de l’Anamo. Le montant en question – 600 millions de FCFA – fait l’objet d’un audit et d’un examen minutieux par les autorités compétentes. Plusieurs documents comptables, signatures et bons de commande seraient au centre des investigations, afin de retracer la chaîne des responsabilités.

Mis en cause par son ancien directeur administratif et financier, Maodo Malick Mbaye s’était exprimé il y a quelques semaines depuis l’étranger, niant fermement toute implication. « Je n’ai posé aucun acte délictuel dans la gestion du dossier en question. S’il y a imitation de signature, le coupable est clairement identifié », avait-il déclaré, tout en rejetant l’idée d’être utilisé comme « bouc émissaire ».

Son retour au Sénégal et sa mise en détention préventive relancent l’affaire, que beaucoup suivent avec attention, tant elle soulève des interrogations sur la gestion passée d’organismes publics sous l’ancien régime.

Cette arrestation intervient dans un contexte politique marqué par une volonté de « rupture » prônée par les nouvelles autorités. Le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko a affiché sa détermination à faire la lumière sur la gestion des ressources publiques durant les années Macky Sall. De nombreux dossiers ont été rouverts, notamment dans les domaines de la gouvernance financière et des passations de marchés publics.

Le placement sous mandat de dépôt de Maodo Malick Mbaye ouvre désormais la voie à une possible mise en accusation formelle. La justice devra déterminer les responsabilités précises de chacun des acteurs impliqués dans cette affaire. L’opinion publique, de son côté, attend des réponses claires, dans un climat où les attentes en matière de reddition des comptes sont plus fortes que jamais.

Trafic de drogue à Thiès : une course-poursuite nocturne, un 4×4 abandonné et 92 paquets de chanvre saisis

La lutte contre le narcotrafic vient de connaître un tournant spectaculaire à Thiès. Dans la soirée du mardi 22 juillet 2025, une opération de contrôle menée par la compagnie de Gendarmerie de la région a permis la saisie d’une importante quantité de chanvre indien, abandonnée par ses convoyeurs dans un véhicule tout-terrain.

Tout commence aux abords du Centre National d’Entraînement des Forces d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (CNEFIGN), alors qu’une patrouille de routine est en cours. Les gendarmes aperçoivent un 4×4 dont le comportement éveille immédiatement les soupçons. Le véhicule ralentit, puis ses occupants prennent la fuite à pied à la vue des forces de l’ordre, abandonnant l’engin sur place.

Réagissant rapidement, les autorités déclenchent une opération de ratissage. Appuyés par les éléments de la brigade de Notto Diobass et de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) de Thiès, les gendarmes investissent la zone. Leur persévérance est récompensée : quatre grands sacs sont retrouvés dans le véhicule, contenant un total de 92 paquets de chanvre indien soigneusement emballés.

Les premiers recoupements révèlent que le même véhicule avait été signalé quelques heures plus tôt pour avoir forcé un poste de péage, avant de prendre la direction de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD). Un comportement jugé hautement suspect, qui avait déjà mis en alerte certaines unités de sécurité.

Le véhicule ainsi que la cargaison ont été conduits à la brigade pour les besoins de l’enquête. Une procédure judiciaire est en cours pour identifier les membres du réseau en fuite. Cette nouvelle saisie confirme une fois de plus l’intensité du trafic de chanvre indien dans la région de Thiès et la détermination des forces de sécurité à enrayer ce fléau.

Sandiara : 175 kg de chanvre indien saisis en pleine nuit sur une charrette abandonnée

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 2025, la Brigade de Proximité de Sandiara a mené une opération de lutte contre le trafic de drogue qui restera dans les annales. Grâce à un renseignement exploité avec rigueur, les gendarmes ont intercepté une importante cargaison de chanvre indien, abandonnée par son convoyeur en pleine nuit.

Tout a commencé quelques jours auparavant, lorsque les forces de sécurité ont été informées d’un mouvement suspect dans la zone. Un débarquement de produits illicites étant redouté, un dispositif de surveillance a aussitôt été mis en place dans les environs. L’objectif était clair : piéger les trafiquants en flagrant délit.

Dans l’obscurité, les gendarmes repèrent une charrette suspecte circulant discrètement. La patrouille suit l’attelage avec précaution, jusqu’au moment où le conducteur, réalisant qu’il est surveillé, décide de s’enfuir à pied, abandonnant la charrette sur place. Profitant de la nuit, il parvient à disparaître dans la nature.

Sur l’engin abandonné, les éléments de la brigade découvrent cinq colis bien emballés, contenant au total 175 kilogrammes de chanvre indien. La charrette a été saisie comme élément de preuve, et une enquête a été immédiatement ouverte pour retrouver le ou les auteurs de cette tentative de trafic.

Cette saisie spectaculaire illustre une fois de plus la détermination sans faille des autorités à lutter contre le narcotrafic, notamment dans les zones rurales souvent utilisées comme points de transit. À Sandiara, cette opération coup de poing confirme l’engagement des forces de l’ordre à sécuriser durablement le territoire.

Thiès : Un trafic de chanvre indien démantelé au quartier Silmang, 2,5 kg saisis lors d’une opération nocturne

Une opération de sécurisation nocturne menée par les éléments du Commissariat du 1er arrondissement de Thiès a permis, dans la nuit du 20 juillet 2025, de démanteler un réseau de trafic de chanvre indien dans le quartier Silmang. L’intervention s’est soldée par l’interpellation d’un suspect et la saisie d’une importante quantité de drogue.

Tout a commencé lorsqu’une patrouille a repéré deux individus au comportement suspect dans une zone faiblement éclairée. L’attitude nerveuse et furtive des deux hommes a aussitôt éveillé les soupçons des agents, qui ont réussi à mettre la main sur l’un d’eux tandis que l’autre prenait la fuite. La fouille du suspect a permis de retrouver dix cornets de chanvre indien, manifestement préparés pour être écoulés dans les environs.

Les investigations n’en sont pas restées là. Conformément aux procédures, une perquisition a été immédiatement menée au domicile du mis en cause, situé à Silmang. Les policiers y ont fait une découverte significative : 2,5 kilogrammes de chanvre indien, soigneusement dissimulés dans sa chambre. Cette quantité, ajoutée à l’emballage soigné et aux indices recueillis sur place, témoigne d’une organisation structurée, suggérant un trafic bien établi.

Placé en garde à vue, le suspect devra répondre des chefs d’accusation de trafic de drogue et d’offre et cession de produits illicites. L’enquête est toujours en cours, les forces de l’ordre tentant à présent de remonter la filière pour identifier d’éventuels complices et démanteler tout le réseau.

Cette opération illustre une fois de plus la détermination de la police à lutter contre le fléau du trafic de stupéfiants, qui mine les quartiers et menace la jeunesse. À Thiès, la vigilance des autorités semble porter ses fruits.

Cybercriminalité : El Hadj Babacar Dioum alias « Kocc Barma » écroué pour une affaire tentaculaire

Le mardi 22 juillet 2025 restera une date charnière dans l’histoire judiciaire sénégalaise. El Hadj Babacar Dioum, connu du grand public sous le pseudonyme de « Kocc Barma », a été placé sous mandat de dépôt après avoir été présenté au procureur. L’homme est poursuivi pour une série d’infractions d’une extrême gravité, parmi lesquelles la diffusion de contenus pornographiques et pédopornographiques, atteinte à la vie privée, chantage, extorsion de fonds, menaces, blanchiment de capitaux et usage de faux documents administratifs.

À l’origine de cette procédure, une enquête méticuleuse menée par les services spécialisés dans la cybersécurité. Les investigations ont permis de lever le voile sur un système structuré et hautement préjudiciable. Les enquêteurs ont découvert une quantité impressionnante de contenus illicites, parmi lesquels figurent plus de 9 000 fichiers compromettants, dont 407 sextapes et 4 191 vidéos en attente d’exploitation. Le prévenu aurait, selon les premières révélations, extorqué pas moins de 93 millions de francs CFA à ses nombreuses victimes. Dix-huit téléphones portables ont été saisis, ce qui témoigne de l’ampleur de ses activités numériques.

Derrière le pseudonyme provocateur de « Kocc Barma », se dissimule un administrateur de société né à Dakar en 1987. Pendant des années, il a animé une plateforme très controversée, se présentant comme un justicier autoproclamé, dénonçant l’immoralité à coups de publications violant la vie privée d’individus. Nombreux sont ceux qui, au fil du temps, avaient tiré la sonnette d’alarme face aux agissements de cet homme dont l’activité sur internet provoquait régulièrement indignation, humiliation publique et détresse psychologique.

L’affaire fait l’effet d’une onde de choc. Elle ravive les appels à un renforcement des lois contre la cybercriminalité et la protection des données personnelles. Pour les familles de victimes, ce placement sous mandat de dépôt est un premier pas vers la justice. Pour l’État et les autorités judiciaires, c’est aussi une alerte face à l’urgence de contrôler plus efficacement les dérives numériques et les plateformes qui échappent aux règles de l’éthique.

Alors que l’enquête se poursuit, le sort de celui qui incarnait le visage le plus sulfureux de la cyberviolence au Sénégal est désormais entre les mains de la justice. Ce dossier marque sans doute le début d’un tournant majeur dans la lutte contre les crimes numériques dans le pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°518 – 22/07/2025

🔴 « LE SÉNÉGAL NE SERA JAMAIS UNE DICTATURE DE TRANSITION » : BARTH’ DÉFIE LE TANDEM
🔴 KEUR MOUSSA / LE VICARIAT ET LA FAMILLE FILFILI ACCUSÉS DE SPOLIATION FONCIAIRE : LES HABITANTS DÉTERMINÉS À MOURIR POUR LEUR TERRE

🔴 ZIGUINCHOR / DON MÉDICAL DE 10 MILLIONS F CFA : NICOLAS JACKSON JOUR SOLIDAIRE
🔴 PRÉPARATIFS AFROBASKET FÉMININ 2025 : LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE AU MALI

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°517 – 21/07/2025

🔴 « INSULTEZ CEUX QUI INSULTENT OUSMANE SONKO », DIT LE MINISTRE DE L’ÉNERGIE, DU PÉTROLE ET DES MINES AUX MILITANTS DE PASTEF : ENCORE LUI !
🔴 CRISE DE GOUVERNANCE ET SÉQUELLES POST TRAUMATIQUES : ÉLIMANE KANE PRESCRIT UN PSY À SONKO

🔴 LUTTE : SITEU DÉCHIRE LE MYTHE BG2 !
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL : LES JUNIORS DU CASA SPORTS DÉCROCHENT LE TITRE

Lutte contre le faux monnayage et le trafic illicite : les Douanes sénégalaises saisissent plus de 3,5 milliards de francs CFA en billets noirs et médicaments contrefaits

Les Douanes sénégalaises intensifient leur croisade contre la criminalité économique. Entre fin juin et mi-juillet 2025, plusieurs opérations menées dans les régions de Fatick, Kaolack, Kaffrine et Saint-Louis ont permis la saisie de billets noirs d’une valeur de plus de 3,58 milliards de francs CFA ainsi que de plus de 600 kg de faux médicaments. Des actions coordonnées et décisives qui témoignent de la vigilance accrue des unités douanières sur l’ensemble du territoire national.

La plus importante saisie a été opérée le 28 juin 2025 par la Brigade mobile des Douanes de Fatick, suite à l’exploitation d’un renseignement stratégique. Un premier suspect a été arrêté à Foundiougne, dans une maison en construction où il avait dissimulé un carton rempli de billets noirs. L’enquête a rapidement mené les agents vers un deuxième complice, appréhendé à Fatick, au quartier Ndiaye-ndiaye.

Leur butin : 679 coupures en euros dissimulées dans des cartons, représentant une contrevaleur estimée à 3.390.075.000 francs CFA. Les deux individus ont été placés à la disposition du Parquet financier, qui devra établir les ramifications de ce réseau de faux monnayeurs.

Le 17 juillet 2025, la Brigade mobile des Douanes de Nioro, relevant de la Subdivision de Kaolack, a réalisé une autre saisie importante. Agissant sur la base d’un renseignement, les douaniers ont fait irruption dans une auberge de Kaolack où un faussaire, âgé d’une quarantaine d’années, conservait 3400 coupures de 100 dollars en billets noirs. La valeur estimée de cette fausse monnaie atteint 191 millions de francs CFA. Le mis en cause a été interpellé et remis à la justice.

La lutte contre le trafic de produits pharmaceutiques illicites se poursuit également. À Kaffrine, la Brigade mobile des Douanes a mis la main sur 581 kg de faux médicaments, transportés à bord d’une Peugeot 307 break. Pris en filature sur l’axe Kaffrine-Mbar, le véhicule a été stoppé à Colobane, sur la route de Mbacké, après une course-poursuite. Le chargement, composé essentiellement de comprimés de Chlorphenamine, est estimé à 189 millions de francs CFA avec le véhicule. Un individu a été arrêté et déféré au Parquet de Kaffrine.

Au nord du pays, la Brigade mobile des Douanes de Richard-Toll a intercepté, le 07 juillet 2025 vers 3h30 du matin, une importante cargaison au débarcadère de Ndiaw. La saisie comprend 3363 boîtes de produits vétérinaires et 826 boîtes de médicaments contrefaits, pour une contrevaleur estimée à 26 millions de francs CFA.

Dans un communiqué publié par sa Division de la Communication, l’Administration des Douanes sénégalaises a réaffirmé sa détermination à lutter contre toutes les formes de criminalité économique et financière, notamment le faux monnayage, le trafic de faux médicaments et autres activités illicites mettant en péril l’économie nationale et la santé publique.

Crise de confiance dans la justice : Cheikh Thioro Mbacké appelle à un remaniement profond du système judiciaire

Invité ce dimanche 13 juillet sur les ondes de Radio Sénégal Internationale, dans l’émission « En Vérité », Cheikh Thioro Mbacké, vice-président de l’Assemblée nationale et figure de proue de PASTEF à Touba, a livré un diagnostic sans complaisance de l’état actuel de la justice au Sénégal. Avec des mots durs mais pesés, il a pointé du doigt un appareil judiciaire qu’il juge encore verrouillé par des logiques anciennes, loin de l’esprit de rupture prôné par le nouveau régime.

Réagissant aux récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui s’est publiquement insurgé contre l’inaction du système judiciaire face aux attaques répétées le visant, Cheikh Thioro Mbacké a soutenu que le malaise est profond. « C’est uniquement sous notre régime que des individus, pourtant clairement identifiés, se permettent d’insulter publiquement le Premier ministre sans encourir la moindre sanction », a-t-il déploré. Pour lui, cette impunité constitue une forme de justice sélective, symptomatique d’un appareil qui refuse de se départir de ses anciens réflexes.

À travers ce constat, le parlementaire dénonce une contradiction majeure entre le discours de rupture et les pratiques observées au sein de l’appareil judiciaire. Il regrette une forme de deux poids deux mesures qui pénalise les militants du pouvoir tout en ménageant ceux de l’opposition. « Lorsqu’un militant de PASTEF se laisse aller à des écarts, il est aussitôt interpellé. Pendant ce temps, ceux qui s’acharnent ouvertement sur Ousmane Sonko jouissent d’une totale impunité. Ce déséquilibre est inacceptable », a-t-il martelé.

Cheikh Thioro Mbacké ne s’est pas arrêté là. Il a ouvertement accusé certains magistrats d’entretenir une hostilité assumée envers PASTEF et son leader. « Il existe dans la magistrature des individus qui vouent une haine viscérale à notre formation. Cette animosité se manifeste dans les décisions ou plutôt dans les absences de décisions », a-t-il déclaré. Lui-même dit être victime d’attaques personnelles sur les réseaux sociaux, pour lesquelles il a déposé plusieurs plaintes, notamment auprès du parquet de Diourbel, restées sans suite. « Et pourtant, si je le voulais, je pourrais régler ça en 24 heures. Mais je m’en tiens aux principes de notre parti : jub, jubeul, jubanti », a-t-il confié.

Pour le vice-président de l’Assemblée nationale, le statu quo n’est plus tenable. Il appelle de ses vœux une transformation structurelle de l’institution judiciaire. « Il faut un remaniement profond, pas cosmétique. Il faut y placer des personnes qui comprennent et incarnent notre projet politique. Sans cela, nous resterons dans une situation de tension permanente où chacun finira par faire justice soi-même, avec tous les risques que cela comporte », a-t-il averti.

Dans un contexte où la justice est régulièrement critiquée, tantôt par l’opposition, tantôt par les voix issues du pouvoir lui-même, ces propos de Cheikh Thioro Mbacké viennent jeter une lumière crue sur l’un des défis majeurs de la nouvelle gouvernance : l’adéquation entre les institutions héritées du passé et les exigences de changement portées par le régime issu de l’alternance.

Le débat est désormais ouvert, et les mots du député résonnent comme une interpellation adressée non seulement au Président de la République mais aussi à tous ceux qui détiennent aujourd’hui les leviers d’un système judiciaire de plus en plus mis en accusation.

Arrestation de « Kocc Barma » : la Police dévoile les dessous d’un vaste réseau de cybercriminalité

La Police nationale est sortie de son silence pour livrer les premiers éléments officiels autour de l’arrestation d’El Hadj Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma ». Ce dernier, longtemps considéré comme un acteur central de la diffusion de contenus pornographiques sur internet au Sénégal, a été interpellé par la Division Spéciale de Lutte contre la Cybercriminalité (DSC), dans le cadre d’une opération ciblée.

C’est par la voix du Commissaire Pape Mamadou Djidiack Faye, chef de la DSC, que les faits ont été confirmés. S’exprimant au nom du Directeur Général de la Police nationale, l’Inspecteur Général Mame Seydou Ndour, le Commissaire Faye a détaillé les contours d’une enquête de longue haleine, entamée pour faire tomber un réseau dont les activités violaient gravement les lois en vigueur.

Selon le communiqué relayé par la Division de la Communication de la Police, dirigée par le Commissaire Mamadou Diouf, les autorités ont procédé à la saisie de deux sites web pilotés par le mis en cause. L’enquête révèle que les plateformes en question — notamment « seneporno », « babiporno » et « Boy Dakar » — servaient à diffuser massivement des contenus à caractère pornographique, y compris des vidéos à connotation pédocriminelle, utilisées ensuite pour extorquer de l’argent à des victimes identifiées.

Contrairement à ce que le suspect laissait croire, il n’opérait pas depuis l’étranger mais bel et bien depuis le territoire sénégalais, où il utilisait des techniques complexes pour camoufler son identité numérique. Des outils sophistiqués lui permettaient d’effacer ses traces, rendant le travail d’identification particulièrement ardu. Grâce à une réquisition minutieuse, les enquêteurs ont pu mettre la main sur un matériel crucial : ordinateurs, téléphone portable, cartes SIM, outils d’administration de sites web, et autres éléments déterminants pour le déroulement de l’enquête.

L’exploitation de ces équipements a permis d’établir la responsabilité directe du suspect dans l’animation de ces plateformes illégales. Il s’occupait non seulement de la gestion technique des sites, mais aussi de l’intégration des contenus fournis par ses complices. Son mode opératoire consistait à publier des vidéos obtenues parfois par chantage, ce qui ajoute à la gravité des infractions retenues contre lui.

Les services de la Division Spéciale de Lutte contre la Cybercriminalité poursuivent actuellement leurs investigations pour remonter les ramifications de ce réseau et identifier d’éventuels complices ou d’autres plateformes similaires encore actives. La Police nationale réaffirme sa volonté de protéger les citoyens, notamment les plus vulnérables, contre ce type de violences numériques qui prennent une ampleur inquiétante avec la banalisation de l’accès à Internet.

Cette arrestation marque un tournant dans la lutte contre la cybercriminalité au Sénégal, en ciblant l’un des visages les plus controversés de la scène numérique. Elle envoie également un message fort : l’impunité numérique n’est plus une garantie, et la loi finira toujours par rattraper les délinquants du web, où qu’ils se trouvent.

Sénégal : les victimes des événements de 2021–2024 dénoncent la lenteur du traitement judiciaire de leurs dossiers

Le collectif des victimes des violences survenues entre mars 2021 et février 2024 est sorti de son silence pour exprimer son profond désarroi face à ce qu’il qualifie de « lenteur insupportable » dans le traitement de leurs dossiers par la justice sénégalaise. Réuni en conférence de presse ce samedi, le Rassemblement des victimes a lancé un appel solennel aux autorités pour que justice soit rendue, sans délai ni calcul politique.

Prenant la parole au nom du collectif, Ibrahima Sané a exprimé la frustration et l’épuisement moral des familles et des survivants. « Nous, Rassemblement des victimes, exprimons notre profonde préoccupation face aux lenteurs persistantes du système judiciaire sénégalais dans le traitement des dossiers des victimes du régime de Macky Sall. Depuis 2021, ces victimes, confrontées à des violations graves de leurs droits fondamentaux, attendent justice et réparation », a-t-il déclaré d’un ton grave.

Le porte-parole a dénoncé un double discours : d’un côté, les promesses publiques d’un engagement ferme pour la transparence et la justice ; de l’autre, une réalité faite de délais interminables et d’un système judiciaire à l’arrêt. Selon lui, cette situation entretient un sentiment d’abandon, et surtout, mine la confiance des citoyens dans les institutions censées les protéger.

Dans un contexte de transition politique marqué par des promesses de rupture, le collectif appelle le nouveau pouvoir à tenir ses engagements. « Il est impératif que les enquêtes soient menées de manière exhaustive et impartiale pour garantir que la lumière soit faite sur les atrocités commises et que les responsables soient traduits devant la justice », a insisté M. Sané.

Au-delà du traitement des seuls dossiers en attente, les victimes réclament des réformes structurelles. Elles exigent notamment le renforcement de l’indépendance et de l’efficacité du système judiciaire sénégalais, condition sine qua non d’une véritable réconciliation nationale. « Une justice rapide et équitable pourra restaurer la confiance et contribuer à une paix durable au Sénégal », a-t-il martelé.

Le collectif, qui regroupe familles endeuillées, blessés et victimes de détentions arbitraires, espère aussi attirer l’attention de la communauté internationale sur la gravité de la situation. Il appelle à une mobilisation urgente pour faire avancer les procédures, obtenir vérité, justice et réparation.

Alors que la mémoire des événements de 2021 à 2024 reste vive dans les esprits, la quête de justice des victimes continue d’être un test majeur pour les nouvelles autorités sénégalaises, qui sont désormais attendues sur le terrain de l’action concrète.

Crise dans la Justice : l’Entente SYTJUST–UNTJ récuse Mamadou Lamine Dianté et dénonce une médiation politisée

La tension monte entre les syndicats des travailleurs de la justice et le président du Haut Conseil du Dialogue Social. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, l’Entente SYTJUST–UNTJ, qui regroupe le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ), a annoncé ce vendredi 18 juillet 2025 qu’elle ne reconnaît plus Mamadou Lamine Dianté comme médiateur dans le conflit qui les oppose au gouvernement. En cause : une « posture partisane » et une « instrumentalisation politique » du mouvement de grève.

Les syndicalistes pointent du doigt une intervention télévisée de M. Dianté, jugée inopportune et orientée. « L’objectif unique et manifeste de cette sortie était d’obtenir la suspension du mouvement de grève des travailleurs de la Justice. Ni plus, ni moins », déclarent-ils dans leur communiqué, estimant que le président du Haut Conseil du Dialogue Social a franchi la ligne rouge de la neutralité.

Pour eux, cette sortie médiatique n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une série de comportements jugés partiaux. Ils affirment l’avoir déjà invité à faire preuve de réserve et à ne pas interférer publiquement dans un dossier aussi sensible. Mais selon eux, Mamadou Lamine Dianté a persisté dans une posture biaisée, donnant l’impression de chercher à tirer un avantage politique personnel de cette crise sociale.

L’Entente SYTJUST–UNTJ considère désormais que la médiation conduite par M. Dianté est entachée de « soupçons sérieux de partialité » et que sa récusation « devient non seulement légitime mais nécessaire ». Pour les syndicats, l’impartialité est une condition essentielle à toute tentative de médiation dans un conflit social de cette nature, et le comportement de l’actuel président du Haut Conseil la rend impossible.

Fermes dans leur position, les deux structures syndicales annoncent qu’elles ne le reconnaissent plus en tant que médiateur et demandent au gouvernement de prendre acte formellement de cette récusation. Cette déclaration vient alourdir un climat déjà tendu dans le secteur de la justice, où les grèves paralysent de nombreux services.

Cette affaire risque d’avoir des répercussions au-delà du conflit en cours. Elle pose la question de la place du Haut Conseil du Dialogue Social dans la gestion des crises, et plus largement, celle de la politisation des institutions censées incarner la neutralité et l’arbitrage social. Dans un contexte national où les tensions sectorielles se multiplient, la crédibilité des médiateurs est plus que jamais en jeu.

Lutte sénégalaise : Ada Fass éteint Liss Ndiago comme une flamme sous la pluie

Le stade vibrait sous les cris et les tam-tams ce soir-là, mais nul n’aurait pu prédire un tel renversement. Le duel tant attendu entre Ada Fass et Liss Ndiago s’annonçait équilibré, intense, et surtout long. Pourtant, il n’en fut rien. Dès les premières secondes, l’électricité était palpable. Les deux titans s’observaient, se jaugeaient, comme des félins en quête d’un angle d’attaque.

Liss Ndiago, favori de certains par sa puissance et son agressivité réputée, a tenté de briser la glace en prenant l’initiative. Mais Ada Fass, plus calme, plus calculateur, a rapidement pris le dessus. Bien qu’averti pour être sorti du cercle — une erreur qui aurait pu déstabiliser n’importe quel autre lutteur — Ada est revenu dans l’arène avec la froideur d’un tueur silencieux. Certains évoquent même l’influence de consignes mystiques, lancées depuis les coulisses, comme un rappel ancestral.

Puis le moment fatidique est arrivé. Liss Ndiago, sûr de son crochet, a lancé son attaque. Mais Ada Fass, tout en fluidité, l’a esquivé avec une souplesse qui a surpris même les plus avertis. Dans un mouvement fulgurant, il s’est engouffré dans l’ouverture, a fauché les jambes de son adversaire, l’a soulevé, puis projeté au sol avec une force maîtrisée. La foule a retenu son souffle une seconde avant d’exploser.

C’était fini. Liss Ndiago était au sol, impuissant. Le coup avait été propre, net, implacable. Ada Fass ne s’était pas contenté de vaincre, il avait dominé, imposé, écrasé. Dans la poussière de l’arène, il s’est redressé tel un roi, le regard fixé au loin, comme s’il avait toujours su que ce combat lui appartenait.

Ce soir-là, Ada Fass a prouvé qu’il n’était pas seulement un lutteur. Il est un stratège, un guerrier, une force tranquille qui peut faire basculer n’importe quel affrontement en une poignée de secondes. L’arène a désormais un nouveau maître.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°516 – 19 ET 20/07/2025

🔴 POSSIBLE DÉLOCALISATION DE LA MAISON DES NATIONS UNIES DE DIAMNIADIO : DÉSASTRE ÉCONOMIQUE ET DIPLOMATIQUE
🔴 JUSTICE À L’ARRÊT : L’ÉTAT SOMMÉ D’AGIR PAR LA RADDHO

🔴 FSF / CANDIDATURE À LA COMMISSION DU FOOTBALL FÉMININ : AÏCHA HENRIETTE NDIAYE S’EXPLIQUE
🔴 1ère ÉDITION MARATHON CASA RUN : ZIGUINCHOR ENTRE DANS LA COURSE !

Crise au sommet de l’État, inondations, économie en berne, suspension des BSF : la CCR charge violemment le régime

La Convergence des Cadres Républicains (CCR) de l’Alliance Pour la République (APR), réunie ce vendredi 18 juillet, s’est penchée sur la situation nationale et internationale. Dans une déclaration rendue publique, elle fustige une crise institutionnelle majeure au sommet de l’État, illustrée par ce qu’elle qualifie d’acte de défiance sans précédent : l’ultimatum lancé par le Premier ministre Ousmane Sonko au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Par ailleurs, la CCR exprime sa solidarité aux populations victimes des récentes inondations, tout en dénonçant l’inaction et le mépris des autorités. Elle établit un parallèle avec la gestion jugée défaillante des inondations de 2024 ayant frappé Matam et Bakel.

Concernant la situation nationale, la CCR constate la crise au sein de l’Exécutif sur fond de rivalités personnelles. Les propos outranciers ainsi que l’ultimatum du Premier ministre à l’encontre de son chef, le président de la République, constituent un acte de défiance inédit dans l’histoire du Sénégal, confirment le désordre au sommet de l’État et risquent de plonger notre pays dans une grave crise institutionnelle.

Par la mise en scène sur la place publique de ses frustrations personnelles, Ousmane Sonko prouve aux Sénégalais que leurs préoccupations quotidiennes demeurent secondaires face à son désir pathologique d’accéder à la présidence de la République.

 Inondations à Tambacounda et Kolda

Par ailleurs, la CCR se tient aux côtés des populations victimes des inondations dans plusieurs localités des régions de Tambacounda et de Kolda et leur témoigne de sa solidarité. La CCR, après s’être émue du décès enregistré à Kolda, fustige l’indifférence voire le mépris des autorités face au drame de nos concitoyens victimes de ce sinistre de grande ampleur. Aucune action notable n’a été constatée pour se tenir aux côtés des populations de Tamba, pourtant des Sénégalais à part entière. Cette attitude méprisante des autorités est conforme à celle qu’elles avaient montrées lors des inondations de 2024 qui avaient gravement touché les départements de Matam et de Bakel.

Aussi, la CCR constate avec regret et amertume l’énième dégradation de la note souveraine du Sénégal ; cette fois par l’agence Standard and Poor’s, qui fait régresser notre note de B à B- avec perspective négative. Ce nouvel abaissement confirme l’état catastrophique dans lequel ce régime a plongé notre économie, avec un recours systématique au marché intérieur qui explose la dette, creuse le déficit et enlève toute possibilité de disposer de marges de manœuvres afin de faire face aux préoccupations des populations en matière d’éducation, de santé et d’équité sociale.

Suspension des Bourses de Sécurité Familiale (BSF)

D’ailleurs, en matière de politique sociale, la CCR dénonce la suspension du paiement des bourses de sécurité familiale, l’un des marqueurs les plus puissants de la politique sociale impulsée dès 2012 par l’ancien régime. En vue de lutter davantage contre l’exclusion et la pauvreté structurelle, les bénéficiaires de la BSF sont passés de 50 000 ménages vulnérables en 2013 à 355 626 en 2024. En outre, la bourse trimestrielle initiale de 25 000 FCFA, a été portée à 35 000 FCFA en 2023 (soit 140 000 FCFA annuels), pour un coût annuel du programme d’environ 51,4 milliards de FCFA, financés intégralement par l’État du Sénégal, avec un paiement digitalisé en cours sur l’ensemble du territoire. L’actualisation du Registre National Unique (RNU) ne saurait justifier le blocage des paiements qui plonge des milliers de familles dans une précarité extrême, d’autant plus que la mise à jour du RNU avait été initiée depuis plusieurs mois par l’administration précédente.

La CCR exige qu’à l’heure où la reprise des paiements est annoncée que les arriérés soient intégralement régularisés, par souci de justice sociale et de dignité. Il serait illusoire de présenter comme un “acte généreux” ce qui n’est qu’un retour à l’ordre républicain.

Résultats préoccupants au baccalauréat 2025

Poursuivant dans l’actualité nationale, la CCR déplore les résultats mitigés à l’examen du baccalauréat. En effet, sur les 156 000 candidats, seuls 32.961 ont réussi au premier tour, soit 21%. Après la délivrance des résultats finaux, seuls 69 474, soit 42% sont admis.

La CCR, après avoir interpellé le gouvernement sur ces chiffres inquiétants, appelle celui-ci à quitter définitivement le registre du bavardage et la déclinaison des slogans pour s’atteler à la tâche urgente de formation des esprits de la future élite de notre pays. La jeunesse ne saurait être un combustible pour des batailles politiques insurrectionnelles mais un levain d’espoir pour construire le Sénégal de tous, pour tous.

La CCR s’incline devant la mémoire des trois jeunes qui ont perdu la vie à Thiaroye et à Cambérène et exige du gouvernement toute la lumière sur les circonstances controversées de leur décès. Face à l’ébullition du front social, la CCR appelle le gouvernement à apporter des réponses urgentes aux préoccupations des populations en vue de l’amélioration significative de leurs conditions de vie. 

Libération des détenus politiques

Au chapitre de la vie du parti, la CCR exige la libération immédiate et sans condition des otages politiques Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye, ainsi que la fin du placement sous bracelet électronique d’Ismaïla Madior Fall et de Aïssatou Sophie Gladima et celle du placement sous contrôle judiciaire de Mme Salimata DIOP.
Ces personnalités sont victimes d’une tentative inique d’effacement du fait de leur fidélité et leur loyauté à leurs idées et à leurs convictions politiques.

Dans la même veine, la CCR exige la libération des détenus politiques Moustapha Diakhaté, Abdou Nguer, Bachir Fofana, Assane Diouf, Jérôme Bandiaky, Badara Gadiaga, Djiby Ndiaye et de l’homme d’affaires Tahirou Sarr, victimes d’une volonté d’effacement d’un régime aux penchants dictatoriaux.

Après la supercherie du Dialogue national, la CCR appelle l’opposition et toutes les forces vives de la Nation à un front pour préserver les libertés fondamentales et sauver les institutions républicaines malmenées par le populisme et la culture du désordre du Pastef.

Enfin, s’agissant de la situation internationale, la CCR déplore la situation des ressortissants sénégalais en République Islamique de Mauritanie, victimes de rafles et de traitements discriminatoires et dégradants. La CCR appelle le Ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires étrangères à apporter le soutien et l’assistance requis à nos compatriotes dans les plus brefs délais.

Sécurité à Mbacké : 38 personnes interpellées et 24 véhicules mis en fourrière lors d’une vaste opération policière

La ville de Mbacké a été le théâtre, dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 juillet 2025, d’une importante opération de sécurisation menée conjointement par les forces de l’ordre. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du programme « Karangué Baol », a permis l’interpellation de 38 individus pour divers délits, ainsi que la mise en fourrière de 24 moyens roulants, selon des informations relayées par l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Le commissaire principal Younouss Diédhiou, chef du service régional de la Sécurité publique de Diourbel, a fourni les détails de cette opération d’envergure. Selon lui, les forces de l’ordre ont procédé à la saisie de 102 pièces administratives non conformes, au retrait de 16 véhicules et 8 motos, et au recouvrement d’amendes forfaitaires s’élevant à 57 000 francs CFA.

La mobilisation sécuritaire a été massive. Elle a impliqué 87 agents issus des commissariats de Diourbel, Bambey et Mbacké, ainsi que des éléments du Groupement mobile d’intervention (GMI) et de la Brigade régionale des stupéfiants (BRS). Cette action coordonnée s’inscrit dans une stratégie préventive à l’approche du Grand Magal de Touba, un événement religieux qui attire chaque année des millions de fidèles.

Selon le commissaire Diédhiou, il s’agissait de la troisième opération du genre dans la région après celles déjà menées à Diourbel et à Touba. « Karangué Baol » vise à renforcer la sécurité, lutter contre la délinquance et assurer la tranquillité publique à l’approche de cette grande manifestation.

Cette série d’opérations témoigne de la volonté des autorités sécuritaires de maintenir un climat serein et d’anticiper toute menace susceptible de troubler l’ordre public dans une zone aussi sensible que celle de Mbacké-Touba en période de forte affluence.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°515 – 18/07/2025

🔴 RECONNAISSANCE DU MAGAL DE TOUBA AU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL DU SÉNÉGAL : BAMBA – LE MIROIR VIVANT !
🔴 CENTRE MÉDICO-SOCIAL DES DOUANES : BRAS DE FER AUTOUR DE LA MILITARISATION

🔴 AG ÉLECTIVE DE LA FSF : LES CLUBS APPELÉS AUX URNES LE 02 AOÛT
🔴 LUTTE / « SITEU AFFRONTE LE MEILLEUR DE TOUS LES TEMPS » : BALLA GAYE 2 ATTAQUE

Grève dans la Justice : l’Entente SYTJUST-UNTJ critique la posture du président du Haut Conseil du Dialogue Social

En pleine crise dans le secteur de la Justice, l’Entente SYTJUST-UNTJ est montée au créneau ce jeudi pour dénoncer les prises de position jugées partiales du président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS). Dans un communiqué au ton ferme, le regroupement syndical a exprimé sa « vive préoccupation » face à ce qu’il considère comme une série de déclarations déséquilibrées et orientées.

Selon les syndicalistes, le président du HCDS aurait adopté une posture « tendancieuse », en soutenant implicitement la position gouvernementale tout en remettant en cause la légitimité des revendications portées par les travailleurs de la Justice. Une attitude que l’Entente juge incompatible avec la neutralité et l’impartialité attendues d’une institution censée faciliter le dialogue et apaiser les tensions sociales.

« Ces prises de parole répétées et orientées traduisent un déséquilibre regrettable qui nuit à la posture d’impartialité attendue d’un médiateur ou facilitateur dans un conflit social », peut-on lire dans le communiqué. L’Entente va plus loin en estimant que les propos du président du HCDS sont « manifestement éloignés de la réalité du conflit » et qu’ils jettent un « discrédit à peine voilé » sur le mouvement en cours.

Pour les membres de l’Entente, cette attitude affaiblit la crédibilité du Haut Conseil et compromet sa capacité à jouer un rôle constructif dans la résolution de la crise. « Une telle présentation biaisée des faits altère gravement sa crédibilité et compromet sa capacité à jouer un rôle d’arbitre neutre », affirment-ils.

Les syndicalistes rappellent par ailleurs que le président du HCDS, ancien syndicaliste lui-même, devrait faire preuve de plus de réserve et d’équilibre, conformément à la nature et aux exigences de ses fonctions. Ils l’invitent ainsi à « faire preuve de la retenue nécessaire, à observer la stricte neutralité exigée par son statut et à s’abstenir de toute déclaration publique relative à ce dossier jusqu’au règlement de la crise en cours ».

En conclusion, l’Entente SYTJUST-UNTJ réaffirme son attachement à un dialogue sincère et respectueux des règles de médiation. Elle appelle à une recherche d’une solution juste, dans l’intérêt du service public de la Justice, mais aussi de ses travailleurs dont les conditions professionnelles et matérielles sont au cœur du mouvement de grève.

Fin des Éléments Français au Sénégal : une nouvelle ère de coopération militaire fondée sur la souveraineté

Le jeudi 17 juillet 2025 marque une date historique dans les relations militaires entre le Sénégal et la France. C’est au camp Geille de Ouakam, à Dakar, que s’est tenue la cérémonie officielle de restitution des dernières bases françaises présentes sur le sol sénégalais, mettant un terme à plusieurs décennies de présence militaire tricolore dans le pays. Cette étape décisive s’inscrit dans une volonté politique forte des autorités sénégalaises de réaffirmer leur souveraineté tout en réorientant leur coopération stratégique sur des bases nouvelles.

Présidée par le général de corps d’armée Mbaye Cissé, chef d’état-major général des armées sénégalaises, la cérémonie a vu la passation officielle de plusieurs sites militaires majeurs. Il s’agit notamment des camps Saint-Exupéry et Maréchal de Hann, de l’escale militaire de l’aéroport Blaise Diagne (Diass), de la Cité résidentielle de la Pointe, des installations navales de Protet, du centre de mission de Rufisque, et du camp Geille de Ouakam. Tous ces sites sont désormais sous contrôle exclusif des forces armées sénégalaises.

Dans son discours, le général Mbaye Cissé a tenu à rappeler la solidité des relations historiques entre les deux armées. Il a salué l’apport significatif de la France dans le développement des capacités militaires sénégalaises, notamment à travers la formation de cadres, l’entraînement des troupes, et le soutien logistique. Toutefois, il a insisté sur le fait que cette nouvelle phase ne marque pas une rupture brutale, mais plutôt une volonté d’adaptation à un contexte géopolitique et stratégique en mutation.

« Nos armées ont toujours entretenu une coopération dynamique et enrichissante. Aujourd’hui, le Sénégal choisit de réorganiser cette coopération sur des bases qui garantissent davantage d’autonomie, de respect mutuel et de souveraineté. Il s’agit d’un partenariat rénové, tourné vers l’avenir », a déclaré le général.

La nouvelle coopération militaire avec la France sera donc axée sur l’instruction, la formation, l’entraînement et d’autres domaines jugés essentiels pour la modernisation de l’armée sénégalaise. L’objectif, selon le haut commandement militaire, est d’atteindre une autonomie stratégique tout en restant ouvert aux apports techniques et humains de partenaires étrangers, à condition que cela se fasse dans un cadre équilibré et équitable.

Le départ des Éléments français au Sénégal (EFS) intervient dans un contexte régional marqué par un repli progressif des présences militaires étrangères en Afrique de l’Ouest, sous la pression croissante des opinions publiques et d’une nouvelle génération de dirigeants politiques résolument engagés dans la reconquête de leur souveraineté nationale.

Le Sénégal, en optant pour cette démarche de réappropriation de ses installations militaires, envoie un signal fort à ses partenaires. Il ne s’agit pas d’un isolement ou d’un rejet de la coopération internationale, mais d’un repositionnement stratégique. Comme l’a résumé le général Mbaye Cissé, « les armées sénégalaises sont prêtes à écrire, avec leurs partenaires, une nouvelle page fondée sur l’égalité, la souveraineté et la responsabilité partagée ».

Ainsi s’ouvre une nouvelle séquence du compagnonnage entre le Sénégal et la France, appelée à évoluer au rythme des exigences du monde contemporain et des ambitions d’un pays qui veut affirmer davantage son autonomie dans la gestion de ses affaires de défense et de sécurité.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°514 – 17/07/2025

🔴 ANNONCE D’UN COMITÉ SPÉCIAL POUR MATÉRIALISER LES CONCLUSIONS DU DIALOGUE NATIONAL : QUELLES SONT CES LOIS EN GESTATION ?
🔴 DOSSIERS BACHIR FOFANA ET MOUSTAPHA DIAKHATÉ : RETOUR DU DÉBAT SUR LE JUGE DES LIBERTÉS

🔴 LUTTE / « KULUNA », « MAFIA », « MANDAT DE DÉPÔT » : LES MOTS DÉSORMAIS BANNIS PAR LA POLICE
🔴 LSFP 2025-2026 : COUP D’ENVOI LE 11 OCTOBRE, CLAP DE FIN LE 6 JUIN

Violences contre des Sénégalais en Mauritanie : l’ADHA interpelle les autorités et réclame justice

L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) a exprimé, dans un communiqué publié ce mercredi, sa vive préoccupation face aux violences subies par des ressortissants sénégalais en Mauritanie. Ces derniers auraient été exposés à des actes hostiles pendant plus de 48 heures dans certaines localités, selon les informations recueillies par l’organisation.

L’ADHA, qui milite pour la protection des droits fondamentaux, qualifie ces incidents de « graves violations des droits humains ». Elle insiste sur l’urgence de garantir la sécurité de tous les migrants et de respecter les engagements internationaux pris par les États, qu’ils soient d’accueil ou d’origine.

Dans sa déclaration, l’organisation dénonce des atteintes flagrantes à plusieurs textes internationaux. Il s’agit notamment de l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui consacre le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de la personne. Elle invoque également la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, dont les articles 16 et 25 garantissent la protection contre la violence et l’égalité de traitement avec les nationaux. La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (articles 4 et 12) ainsi que l’Accord bilatéral de coopération entre le Sénégal et la Mauritanie sur la libre circulation et le traitement équitable des ressortissants sont également mentionnés comme cadres juridiques bafoués.

L’ADHA appelle ainsi les autorités mauritaniennes à diligenter une enquête transparente afin d’identifier les auteurs et de situer les responsabilités. Elle exhorte également les autorités sénégalaises à intensifier leur présence diplomatique et consulaire sur le territoire mauritanien afin d’assurer une protection efficace de leurs ressortissants.

Par ailleurs, l’organisation interpelle les institutions régionales, telles que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA), pour qu’elles assurent un suivi rigoureux de la situation et agissent en faveur de la prévention de tout risque d’escalade.

Enfin, l’ADHA invite les structures mauritaniennes de défense des droits humains à documenter les faits de manière rigoureuse et à collaborer avec le Réseau africain des défenseurs des droits humains, dont elle est membre. L’objectif : faire éclater la vérité, garantir la justice aux victimes et prévenir la répétition de telles violations.

Délibérés renvoyés : le Forum du Justiciable dénonce une « injustice » contre Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana

Les affaires impliquant Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana connaissent un nouvel épisode controversé. En raison de la poursuite de la grève des greffiers, les délibérés qui devaient être rendus ont de nouveau été reportés. Ce prolongement de la détention préventive suscite l’indignation au sein de la société civile.

Le Forum du Justiciable, par la voix de son président Babacar Ba, a pris fermement position contre cette situation. Sur les ondes de Sud FM, il a dénoncé une « injustice » qu’il estime contraire aux principes d’un État de droit. Selon lui, maintenir des prévenus en prison uniquement à cause d’un mouvement social constitue une atteinte grave à leurs droits fondamentaux.

« Moustapha Diakhaté ainsi que Bachir Fofana et les autres ce qu’ils sont en train de vivre est injuste dans un État de droit. Le renvoi à plusieurs reprises de leur délibéré parce que, tout simplement, les greffiers sont en grève, c’est inhumain et ce n’est pas normal », a-t-il déclaré avec fermeté.

Babacar Ba a interpellé directement le ministre de la Justice, qu’il considère comme le garant du bon fonctionnement du service public judiciaire. Il estime que la situation actuelle viole les droits des deux prévenus ainsi que de toutes les autres personnes détenues dans des conditions similaires. Il a invité le Garde des Sceaux à prendre ses responsabilités pour mettre fin à ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle.

Le président du Forum du Justiciable a également plaidé pour que la liberté provisoire soit accordée à Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana en attendant que la situation se stabilise. « Nous demandons au procureur de la République et aux juges qui ont en charge leur dossier de leur accorder en attendant la liberté provisoire. Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana ont assez de garanties de représentation en justice », a-t-il souligné, rappelant que « la liberté est la règle, la détention l’exception » au Sénégal.

Babacar Ba juge inacceptable qu’un conflit social se traduise par un prolongement indéfini des détentions. « On ne peut pas, sous prétexte que les greffiers sont en grève, garder Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana en prison. Cela veut dire qu’ils vont rester en prison aussi longtemps que cette grève va durer, c’est une injustice », a-t-il martelé.

Enfin, il a réitéré son appel au ministre Ousmane Diagne, l’invitant à agir sans délai. « Nous interpellons une fois de plus le ministre de la Justice. S’il y a un dysfonctionnement au niveau du service public de la justice qui est en train de causer un préjudice énorme aux justiciables, je pense que c’est le ministre Ousmane Diagne qui doit prendre toutes ses responsabilités pour faire cesser cette injustice », a-t-il conclu.

Affaires Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana : Me Barro fustige la prorogation des délibérés et réclame la création d’un juge des libertés

Le dossier judiciaire impliquant Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana connaît un nouveau rebondissement. Alors que le délibéré était initialement prévu ce mercredi, le tribunal a décidé de le renvoyer au 23 juillet prochain, prolongeant ainsi la détention des deux prévenus. Cette décision intervient dans un contexte de tension accrue autour de la grève des greffiers, laquelle paralyse une grande partie de l’appareil judiciaire.

Me Aboubacry Barro, avocat de la défense, a exprimé sa vive indignation après cette énième prorogation. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive répressive du parquet, qu’il accuse de s’opposer systématiquement aux libertés provisoires. « Au-delà des délibérés des affaires Moustapha Diakhaté contre le ministère public et Bachir Fofana contre le ministère public, je précise que tous les délibérés ont été prorogés à la date du 23 juillet. Le motif, c’est la grève des greffiers. Nous déplorons cela car c’est récurrent et l’on ne sait pas quand cette grève prendra fin. Il y a beaucoup d’innocents en prison dont les affaires auraient pu être vidées aujourd’hui et qui auraient pu retrouver la liberté », a-t-il déclaré devant la presse.

L’avocat s’inquiète du fait que l’exercice des libertés publiques et individuelles soit à la merci des aléas d’un conflit social. Selon lui, cette situation met en lumière l’urgence de doter le Sénégal d’un juge des libertés et de la détention, à l’image de ce qui existe dans d’autres démocraties avancées. « Quand est-ce que cette grève prendra fin ? L’heure est grave. Les prisons sont surpeuplées. On doit pouvoir quand même mesurer la gravité de la situation et le fait que les libertés individuelles et publiques sont sacrées. D’où encore une fois, l’urgence de mettre sur place un juge des libertés et de la détention », a insisté Me Barro.

Concernant la demande de mise en liberté provisoire formulée pour leurs clients, Me Barro a expliqué qu’elle avait été retirée en séance. Selon lui, la défense a pris cette décision après que le parquet s’est catégoriquement opposé à la requête. Il a qualifié cette attitude de profondément répressive. « Ce qui montre que nous avons un parquet de la répression, un parquet très sévère qui n’hésite pas à envoyer les gens en prison et qui, à chaque fois que nécessaire, rejette les demandes de liberté provisoire. C’est une situation que nous déplorons et que nous décrions à l’endroit de l’opinion nationale et internationale aussi », a-t-il déploré.

Inertie des autorités face aux revendications : L’Entente syndicale SYTJUST-UNTJ décrète 48 heures de grève

L’Entente syndicale SYTJUST-UNTJ (Syndicat des Travailleurs de la Justice – Union Nationale des Travailleurs de la Justice) a décidé de passer à la vitesse supérieure. Après plus d’un mois de mobilisation entamée le 18 juin 2025, les travailleurs de la justice ont annoncé une grève de quarante-huit heures prévue pour les jeudi 17 et vendredi 18 juillet. Cette décision intervient dans un climat de frustration croissante, les syndicats affirmant que leurs revendications restent lettre morte auprès des autorités.

Dans un communiqué, l’Entente syndicale explique que la démarche engagée depuis plusieurs semaines n’a débouché sur aucune avancée concrète. Les syndicats déplorent ce qu’ils qualifient « d’indifférence totale » de la part des décideurs politiques face aux problèmes soulevés par les travailleurs de la justice. Ils rappellent qu’une réunion avait été programmée avec l’administration, alors même que le ministre de la Fonction publique, principal interlocuteur habilité à engager le gouvernement, était en déplacement à l’étranger.

Estimant que cette absence rendait la rencontre inopérante, les représentants syndicaux avaient proposé de reporter les discussions afin de permettre la présence de responsables compétents pour prendre des engagements politiques. Pourtant, cette proposition n’a pas été retenue par l’administration, qui a insisté pour maintenir la réunion. D’après les syndicats, aucun des responsables présents n’avait la capacité de signer un quelconque accord au nom du gouvernement.

Les discussions qui se sont tenues se sont donc soldées par un constat d’échec. « Aucune solution concrète n’a été apportée aux points essentiels de nos préavis de grève », regrette l’Entente syndicale, qui ajoute que le service public de la justice souffre d’un dysfonctionnement de plus en plus alarmant sans que cela ne provoque la moindre réaction sérieuse des autorités.

Face à cette situation jugée intenable, les syndicats ont décidé de décréter cette grève de quarante-huit heures afin de maintenir la pression. Leur objectif est d’obtenir l’ouverture immédiate de négociations de haut niveau avec de véritables décideurs politiques et de parvenir à la signature d’un protocole d’accord. Les syndicats exigent que cet accord reprenne l’ensemble des points de leur plateforme revendicative, assorti d’un échéancier précis et contraignant qui engage l’État sur des délais et des moyens de mise en œuvre.

Cette nouvelle étape du bras de fer entre le gouvernement et les travailleurs de la justice fait craindre des perturbations encore plus importantes dans le fonctionnement déjà ralenti des tribunaux et des greffes sur l’ensemble du territoire national. Les regards restent tournés vers l’exécutif, appelé à agir rapidement pour désamorcer la crise et éviter un enlisement préjudiciable au service public et aux justiciables.

Dérives judiciaires au Sénégal : des avocats saisissent l’ONU pour dénoncer la Haute Cour de Justice

La justice sénégalaise se retrouve une nouvelle fois sous le feu des critiques. Ce mercredi, des avocats du Cabinet Vey et Associés, spécialisés en droit international, ont animé un point de presse à Dakar pour annoncer leur soutien à leurs confrères sénégalais et faire état de dérives jugées préoccupantes. Ces procédures visent principalement des anciens ministres, des hommes politiques ainsi que des journalistes poursuivis ou incarcérés dans des conditions qu’ils qualifient d’arbitraires.

Leur démarche se veut avant tout une mission d’observation, avec des déplacements au Sénégal pour rencontrer les acteurs impliqués et évaluer l’état d’avancement des dossiers. Selon Me Antoine Vey, avocat aux barreaux de Paris et de Genève, l’objectif est de documenter et d’alerter la communauté internationale sur une dérive progressive : « Le Sénégal est une grande démocratie dans laquelle les gens s’identifient au respect de leurs droits individuels. Nous avons à cœur d’informer et d’activer les leviers juridiques nationaux et internationaux. »

L’avocat a pointé du doigt ce qu’il décrit comme « un phénomène inquiétant », en l’occurrence une succession de poursuites contre des personnalités connues, instruites par une juridiction qui, selon lui, n’est pas exempte de pressions politiques. Il fait notamment référence à la Haute Cour de Justice, instance habilitée à juger les faits d’enrichissement illicite et de détournement de deniers publics, mais dont le mode de fonctionnement soulève de sérieuses questions de neutralité. « C’est un organisme judiciaire qui pose des difficultés car largement contrôlé par une majorité politique qui veut s’affranchir, sous des mobiles partisans, des règles de droit et de leur application. Les fonds de dossiers ne sont pas convaincants, ils reposent sur des accusations très peu étayées et peu d’éléments objectifs », a-t-il insisté.

Selon les avocats, une quinzaine de procédures dites « émergentes » sont concernées. Certaines impliquent d’anciens ministres, d’autres des journalistes condamnés pour des « délits » qu’ils considèrent comme des atteintes à la liberté d’opinion. Face à ces constats, une première requête a été déposée il y a une dizaine de jours auprès du Rapporteur spécial des Nations Unies. Cette démarche vise à dénoncer ce qu’ils qualifient de « dysfonctionnement structurel » de la Haute Cour de Justice et à demander l’ouverture d’un dialogue formel avec les autorités sénégalaises.

Me Vey précise que le dossier a été transmis au groupe de travail onusien sur la détention arbitraire. La requête réclame la suspension immédiate des procédures en cours, la mise en liberté des inculpés et la formulation de recommandations publiques en vue de réformer le système judiciaire. Selon l’avocat, ces signaux d’alerte pourraient avoir des répercussions diplomatiques et économiques majeures, car ils alimentent l’idée d’un recul démocratique dans un pays longtemps présenté comme exemplaire sur le continent.

Me Amadou Sall, également présent lors du point de presse, a rappelé que la Cour de Justice de la CEDEAO avait déjà rendu plusieurs décisions favorables aux requérants sénégalais : « Nous avons toujours eu des avis favorables de la part de la Haute Cour de Justice de la CEDEAO. Nous resterons positifs », a-t-il assuré. Pour lui, la multiplication des poursuites contre d’anciens responsables politiques, parfois sur des dossiers peu étayés, est un mauvais signal. « Le Sénégal, compte tenu de toute cette situation, est sous surveillance. Il existe une conditionnalité entre le financement international et le respect des libertés. »

Il conclut en exhortant le gouvernement sénégalais à revenir à ses priorités premières. « Le régime de Diomaye n’a pas été élu pour chercher et attraper des voleurs. Il a été élu pour régler les problèmes urgents des Sénégalais », a insisté Me Sall, appelant à la fin d’une « instrumentalisation » qui, selon lui, nuit à la stabilité et au développement du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°513 – 16/07/2025

🔴 BAISSE DE LA NOTE SOUVERAINE PAR S&P GLOBAL À B- : LE SÉNÉGAL DOS AU MUR
🔴 UN BAC SUR DEUX RATÉ, EFFECTIFS PLÉTHORIQUES À L’UNIVERSITÉ : L’ÉCHEC D’UN SYSTÈME

🔴 MERCATO : EL HADJI MALICK DIOUF S’ENVOLE POUR WEST HAM
🔴 COMBAT BALLA GAYE 2 VS SITEU : LE PARI OSÉ DE KHADIM SAMB !

Mbour : Vingt-huit personnes interpellées dans une affaire liée à QNET

Le poste de police de Mbour a procédé à un vaste coup de filet qui a conduit à l’interpellation de vingt-huit personnes impliquées dans des activités présumées frauduleuses liées à la société QNET. Parmi les personnes arrêtées figurent un ressortissant comorien, un citoyen gambien et vingt-six Sénégalais, dont treize femmes et quinze hommes.

Selon les informations officielles de la Police nationale, l’enquête a permis d’identifier l’un des principaux responsables présumés de ce réseau. L’homme, domicilié au quartier Médine à Mbour, se présentait comme un agent de QNET chargé de coordonner la formation et la distribution des produits. Il a également été interpellé par les enquêteurs.

Les investigations menées par les forces de l’ordre ont révélé que tous les individus appréhendés avaient été invités à participer à une session de formation organisée par QNET dans la ville. Certains participants ont reconnu avoir versé d’importantes sommes d’argent dans l’espoir d’acquérir des produits et d’intégrer un système censé leur garantir des revenus réguliers grâce à la vente en ligne.

Cependant, les premiers éléments recueillis par les enquêteurs indiquent que les méthodes employées par la structure présentent des similitudes avec un système pyramidal. Les organisateurs cibleraient notamment des jeunes en situation de chômage en leur promettant de prétendues opportunités professionnelles. Ces pratiques, jugées suspectes par de nombreuses familles, ont suscité des plaintes répétées auprès des autorités locales ces derniers mois.

Deux responsables présumés de ce réseau, également présentés comme des agents QNET, ont été déférés devant le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Mbour pour répondre des faits qui leur sont reprochés. Les autres personnes interpellées sont toujours entendues par les enquêteurs, qui cherchent à établir l’ampleur réelle des opérations et à identifier d’éventuels complices ou victimes supplémentaires.

Cette affaire relance le débat autour des activités de QNET, déjà pointées du doigt dans plusieurs pays de la sous-région pour des méthodes jugées trompeuses. Les autorités sénégalaises rappellent aux citoyens la nécessité d’exercer une vigilance accrue face aux offres d’emploi ou de formation promettant des gains rapides sans garanties claires.

Pikine : Trois individus interpellés après le combat Diop 2 contre Tapha Mbeur

Le combat de lutte entre Diop 2 et Tapha Mbeur, qui a drainé une foule nombreuse à Pikine, a été marqué par plusieurs incidents en marge de l’événement. Selon les informations communiquées par la Police nationale, le Commissariat d’arrondissement de Pikine a procédé à l’arrestation de trois individus impliqués dans divers délits pendant et après le spectacle.

Les forces de l’ordre, mobilisées pour encadrer la manifestation sportive et assurer la sécurité des participants et des spectateurs, ont interpellé un premier individu poursuivi pour vol en réunion avec usage de moyen de transport. Le mis en cause est soupçonné d’avoir profité de l’affluence pour commettre des vols organisés en bande et faciliter leur fuite grâce à un véhicule.

Le deuxième individu a quant à lui été arrêté pour rébellion et violences volontaires sur agent de police. Selon le rapport de l’intervention, il aurait agressé un fonctionnaire en service, causant des blessures ayant nécessité une Incapacité Temporaire de Travail (ITT) de trois jours. Il lui est également reproché d’avoir entravé le bon déroulement d’une mission de police au moment de son interpellation.

Le troisième suspect a été appréhendé après le vol d’un téléphone portable. La victime a aussitôt alerté les forces de l’ordre présentes sur les lieux, permettant une intervention rapide et l’arrestation du mis en cause.

Les trois prévenus ont été placés en garde à vue dans les locaux du Commissariat de Pikine. D’après les autorités policières, l’enquête suit son cours afin de déterminer les circonstances exactes des faits et d’identifier d’éventuels complices.

Ces incidents viennent rappeler les défis sécuritaires posés par les grands rassemblements sportifs, où la densité de la foule favorise parfois les actes de délinquance. La Police nationale a réitéré sa détermination à poursuivre sans relâche la sécurisation de ces événements et à mettre hors d’état de nuire tous les auteurs de troubles à l’ordre public.

Formation préalable et reclassement en hiérarchie A2 : le point de blocage entre les greffiers et le gouvernement

La crise entre les greffiers et le gouvernement se poursuit malgré plusieurs rounds de négociation. En grève depuis plusieurs semaines, l’entente SYTJUST–UNTJ, qui regroupe les principaux syndicats du secteur, affiche un optimisme prudent à l’issue de la rencontre tenue hier lundi avec les autorités du ministère de la Fonction publique. Si quelques avancées ont été relevées, le désaccord central, lui, reste entier : la question de la formation préalable exigée avant le reclassement des greffiers dans la hiérarchie A2.

S’exprimant sur les ondes de la RFM, Me Ahmed Touré, membre de l’entente syndicale, a reconnu que des signes d’ouverture apparaissent dans la posture du gouvernement. « Les lignes ont quelque peu bougé, mais nous ne sommes pas parvenus à un accord parce que nous considérons qu’en négociation, il faut faire des concessions. Nous avons fait preuve de disponibilité à dialoguer parce que c’est de cela qu’il s’agit et nous espérons que si on poursuit les négociations sur ce tempo-là, nous arriverons bientôt à un accord qui permettrait une décrispation et le retour des travailleurs à leur poste », a-t-il déclaré.

Toutefois, le ministère de la Fonction publique est resté inflexible sur le principe d’une formation préalable, qu’il considère comme un passage obligatoire avant toute promotion statutaire. « Il nous a indiqué que sur la formation, il fallait obligatoirement respecter ce qu’eux considèrent comme étant une conséquence des dispositions du droit de la Fonction publique », a expliqué Me Touré. Les greffiers, eux, défendent une autre lecture juridique du texte applicable, notamment la loi 61-33 relative au statut général des fonctionnaires, qui selon eux ne conditionne pas le reclassement à une telle formation préalable.

« Nous légalement, nous leur avons dit que nous n’avons pas la même lecture des dispositions de la loi, mais quoi qu’il en soit, on est en négociation et forcément il faudrait que chaque partie accepte de lâcher un peu pour qu’on puisse maintenir les équilibres et arriver à un accord », a ajouté le syndicaliste.

La plateforme revendicative des greffiers ne se limite pas à ce point statutaire, même s’il en est la priorité absolue. Les syndicats exigent également des clarifications et des engagements sur d’autres doléances touchant aux conditions de travail, aux perspectives de carrière et à la revalorisation des primes.

Pour Me Touré, la sortie de crise passera inévitablement par un engagement ferme et formalisé du gouvernement. « Il y a d’autres points soulevés par les syndicats, que nous avons également abordés. Pour que nous puissions arriver à un accord, il faudrait que le gouvernement accepte de prendre des engagements clairs et précis et que tout cela soit consigné dans un accord et qu’on ait un échéancier d’exécution très rapidement. Je pense qu’en ce moment, les conditions seront réunies pour mettre un terme à cette grève », a-t-il conclu.

La balle est désormais dans le camp de l’État, qui devra décider s’il maintient sa fermeté ou s’il fait un pas supplémentaire pour parvenir à un compromis et sortir de cette crise qui paralyse le fonctionnement des juridictions.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°512 – 15/07/2025

🔴 « L’EMPRISONNEMENT DE BADARA GADIAGA EST UN PAS DE PLUS VERS LA CONSTRUCTION D’UN PARTI-ÉTAT » : BOUGANE DÉCODE LES INTENTIONS DE SONKO
🔴 « IL N’Y A AUCUN CONFLIT ENTRE OUSMANE SONKO ET MOI » : QUELLE « STATESMANSHIP » DE DIOMAYE !

🔴 CAN FÉMININE : LES « LIONNES » S’ENVOLENT EN QUARTS
🔴 LIGUE FOOTBALL DE THIÈS : DSFA ET UNIVERSITÉ CLUB DE THIÈS EN N2 !

Dérives autoritaires : Bougane Guèye Dany tire la sonnette d’alarme sur l’emprisonnement de Badara Gadiaga

Le climat politique sénégalais continue de s’alourdir après l’incarcération du chroniqueur Badara Gadiaga. Le président du Mouvement Gueum Sa Bopp, Bougane Guèye Dany, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un tournant inquiétant pour la démocratie et les libertés publiques dans le pays.

Selon le leader politique, l’emprisonnement de Badara Gadiaga est un signal clair de la volonté du pouvoir actuel d’imposer le silence à toutes les voix critiques. « L’emprisonnement de Badara Gadiaga constitue une preuve supplémentaire de la dérive autoritaire qui est en marche. C’est un pas de plus vers la construction d’un parti-État qui cherche à étouffer toute contestation », a affirmé Bougane Guèye Dany dans une déclaration transmise à la presse.

Pour lui, la situation est grave. Il estime que le Sénégal s’éloigne progressivement de l’esprit démocratique qui a longtemps constitué sa force et sa singularité en Afrique de l’Ouest. « La survie de la démocratie sénégalaise est en jeu. Ce qui se passe est d’une extrême gravité, car au-delà du cas de Badara Gadiaga, c’est le principe même de la liberté d’expression qui est menacé », a-t-il alerté.

Le président de Gueum Sa Bopp accuse le pouvoir en place de multiplier les actes d’intimidation pour dissuader les citoyens, journalistes et opposants de s’exprimer librement. Il juge que la pratique consistant à « effacer les voix discordantes » met en péril les fondements de l’État de droit. « Nous assistons à une tentative d’imposer une hégémonie sans débat démocratique. C’est tout le contraire de l’esprit républicain », dénonce-t-il.

Face à ces dérives qu’il qualifie de dangereuses, Bougane Guèye Dany appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation générale de tous les démocrates, quelle que soit leur appartenance politique. « Les Sénégalais doivent agir pour protéger leurs droits et leurs libertés. C’est un impératif moral et civique », a-t-il insisté.

Ce nouvel appel s’ajoute aux nombreuses voix qui se lèvent depuis l’annonce du placement sous mandat de dépôt de Badara Gadiaga, dont le cas cristallise désormais l’inquiétude sur la liberté d’expression et la vitalité du débat démocratique au Sénégal.

Réaction de Madiambal Diagne : « Badara en prison ne capacitera pas le Premier ministre »

Le placement sous mandat de dépôt de Badara Gadiaga continue de susciter une onde de choc dans le paysage médiatique et politique sénégalais. Ce mardi, c’est le journaliste Madiambal Diagne, directeur du Quotidien, qui est sorti de sa réserve pour exprimer sa désapprobation et son inquiétude face à ce qu’il considère comme une dérive.

Sur son compte Twitter, le patron de presse n’a pas mâché ses mots : « Dommage ! Si Sonko croit que l’emprisonnement de Badara Gadiaga sera l’antidote aux problèmes économiques et sociaux du Sénégal, il se trompe lourdement. Badara en prison ne capacitera pas le PM à trouver des solutions aux problèmes de ce pays. Mais tant va la cruche à l’eau… »

Avec ce commentaire au ton à la fois ironique et grave, Madiambal Diagne met en lumière ce qu’il perçoit comme une tentative de détourner l’attention de l’opinion publique des véritables priorités nationales. Pour le journaliste, recourir à l’intimidation judiciaire contre un chroniqueur critique ne saurait constituer une réponse crédible aux défis économiques, sociaux et institutionnels auxquels le pays est confronté.

Ces propos interviennent dans un climat déjà marqué par une succession de réactions indignées de la part d’acteurs politiques, d’avocats, de représentants de la société civile et d’une partie de la population. Tous dénoncent un processus qu’ils jugent expéditif et potentiellement motivé par des considérations politiques.

En filigrane, la sortie de Madiambal Diagne pointe également le risque d’instrumentalisation de la justice, une crainte de plus en plus partagée, qui alimente la controverse autour du respect de la liberté d’expression et du droit à la critique.

Pour l’heure, l’exécutif reste silencieux face à cette pluie de critiques. Mais le placement en détention de Badara Gadiaga, figure populaire de la télévision sénégalaise, pourrait devenir un symbole de la crispation entre le pouvoir et les médias, dans un contexte de fortes attentes sur le plan économique et social.

Arrestation de Badara Gadiaga : Abdou Mbow dénonce une « prise d’otage organisée » et accuse le pouvoir de vouloir museler l’opinion

L’arrestation et le placement sous mandat de dépôt du chroniqueur Badara Gadiaga continuent de susciter de vives réactions dans le paysage politique sénégalais. Ce lundi, c’est le député Abdou Mbow, membre du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, qui est monté au créneau pour condamner fermement ce qu’il qualifie d’« abus de pouvoir ».

Dans une déclaration transmise à la presse, le parlementaire n’a pas mâché ses mots à l’endroit de l’exécutif. « Ce placement sous mandat de dépôt n’est ni plus ni moins qu’un abus de pouvoir orchestré par l’actuel régime, qui veut définitivement enterrer ce qui reste de notre État de droit », a-t-il fustigé.

Pour Abdou Mbow, la détention de Badara Gadiaga marque un nouvel épisode d’une dérive autoritaire inquiétante. « Badara Gadiaga vient d’allonger la longue liste des otages politiques d’un régime qui a fini de perdre sa crédibilité, aussi bien sur le plan national qu’international », a-t-il affirmé, dénonçant un climat de répression contre les voix discordantes.

Le député estime que cette arrestation s’inscrit dans une stratégie délibérée de mise au pas de l’opinion publique. « Cette arrestation n’est rien d’autre qu’une prise d’otage organisée pour approfondir la tentative de musèlement de l’opinion », a-t-il prévenu, accusant les autorités de pratiquer des « manœuvres indignes d’une République digne de ce nom ».

En réaction, Abdou Mbow appelle à la mobilisation de toutes les forces démocratiques. « Nous lançons un appel solennel à toutes les forces politiques, citoyennes et sociales pour arrêter ces basses manœuvres dignes d’une République bananière », a-t-il lancé, promettant que l’opposition ne restera pas silencieuse face à ce qu’il considère comme une dérive dangereuse.

Le placement en détention du chroniqueur, connu pour ses prises de position critiques à l’égard du pouvoir, est interprété par de nombreux acteurs politiques et organisations citoyennes comme une attaque directe contre la liberté d’expression et un avertissement lancé à tous ceux qui contestent la ligne officielle.

Pour l’instant, le gouvernement n’a pas réagi aux accusations portées par l’opposition. Mais dans un contexte déjà marqué par des tensions entre l’exécutif et plusieurs figures médiatiques et politiques, cette affaire risque d’alimenter encore la controverse autour des libertés publiques et de la séparation des pouvoirs au Sénégal.

Arrestation de Badara Gadiaga : ses avocats annoncent une saisine des Nations Unies et de la CEDEAO

L’arrestation et l’incarcération du chroniqueur Badara Gadiaga continuent de provoquer une vague d’indignation. Ce lundi, au lendemain du placement sous mandat de dépôt de leur client, ses avocats ont tenu un point de presse à Dakar pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « détention arbitraire » et annoncer des recours internationaux.

Me Oumar Youm, porte-parole du collectif, a exprimé sa colère face à ce qu’il considère comme une dérive grave de l’appareil judiciaire. « Nous sommes dans un camp de détention arbitraire de catégorie 2 », a-t-il martelé, précisant que le dossier allait être porté devant le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire et la Cour de justice de la CEDEAO.

Pour Me Youm, l’affaire dépasse le simple cadre judiciaire et relève d’un abus manifeste de pouvoir politique. « Dans le cadre d’un débat politique, il appartient au parti du pouvoir de s’organiser et de porter ses arguments. Il n’appartient pas à la justice, particulièrement au parquet, de se transformer en police politique du parti Pastef pour régler des comptes », a-t-il lancé, accusant le parquet d’agir en relais du pouvoir exécutif.

Les avocats contestent la légitimité des poursuites et dénoncent des irrégularités tout au long de la procédure. Selon Me Youm, la police judiciaire elle-même avait conclu, après enquête, qu’il n’y avait matière à poursuivre Badara Gadiaga, si ce n’est pour une infraction mineure relative à des « discours contraires aux bonnes mœurs ». Pourtant, à la surprise générale, le parquet a ajouté deux chefs d’accusation particulièrement lourds : la diffusion de fausses nouvelles et l’outrage et offense à une personne exerçant les prérogatives du Président de la République.

« C’est un chapelet d’infractions, une énumération fictive, indigne, qu’on fait porter à un citoyen honnête dont le seul tort est d’exercer son droit fondamental de s’exprimer », a-t-il dénoncé.

L’avocat est allé plus loin, qualifiant la détention de son client de « prise d’otage judiciairement organisée » et de tentative de « museler un citoyen ». Il a mis en garde contre la banalisation des procédures expéditives : « Ce qui se passe est gravissime. C’est une manipulation de la justice par des hommes et des femmes tapis dans l’ombre qui pensent qu’ils peuvent tout se permettre. Nous ne l’accepterons pas ».

Badara Gadiaga est poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles », « atteinte aux bonnes mœurs », « outrage et offense à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État » et « réception et sollicitation de fonds de source suspecte ». Pour ses soutiens, il s’agit d’une instrumentalisation de la justice destinée à faire taire une voix critique, connue pour ses chroniques acerbes diffusées sur la TFM.

Alioune Tine alerte : « Interdire les financements extérieurs, c’est vouloir museler les voix indépendantes »

Alioune Tine, fondateur de l’Afrikajom Center et figure emblématique de la société civile sénégalaise, est monté au créneau ce dimanche 13 juillet 2025 pour dénoncer la volonté exprimée par le Premier ministre Ousmane Sonko d’interdire les financements extérieurs destinés aux organisations de la société civile. Une déclaration faite lors de l’émission « En Vérité » sur Radio Sénégal, qui a immédiatement suscité de vives réactions.

Prenant la parole, Alioune Tine n’a pas mâché ses mots. « Je ne suis pas d’accord avec l’interdiction des financements extérieurs. Mais s’ils veulent le faire, qu’ils le fassent. Mon engagement n’est pas motivé par l’argent », a-t-il affirmé avec fermeté. Pour lui, cette mesure s’inscrit dans une logique inquiétante de contrôle excessif, symptomatique d’une confusion dangereuse entre parti politique et appareil d’État.

Selon le fondateur d’Afrikajom, l’interdiction des financements extérieurs révèle une volonté de bâillonner les voix critiques et indépendantes. « Le Premier ministre est dans une logique de parti-État. Il ne peut pas admettre une société civile qui ne marche pas avec lui. Or, une société civile digne de ce nom ne doit faire allégeance à aucun pouvoir. Elle doit alerter lorsque les choses ne vont pas », a-t-il martelé.

Revenant sur son propre parcours, M. Tine a rappelé le rôle crucial que des organisations comme la RADDHO — qu’il a dirigée pendant de nombreuses années — ont joué dans les moments décisifs de l’histoire politique du Sénégal. Il a notamment évoqué l’engagement de la société civile dans la création du Mouvement du 23 juin (M23), qui s’était opposé aux tentatives de modification constitutionnelle sous Abdoulaye Wade.

Pour Alioune Tine, le débat autour du financement ne devrait pas occulter la responsabilité des États africains. « Si l’on prône la souveraineté, il faut financer la société civile. Mais tout en respectant son indépendance », a-t-il soutenu. Il a d’ailleurs rappelé qu’en 2004, c’est bien l’État du Sénégal qui avait appuyé la demande de la RADDHO pour obtenir le statut d’observateur aux Nations unies.

Soucieux de déconstruire certaines idées reçues, le fondateur d’Afrikajom a tenu à élargir la définition de la société civile. « Elle ne se résume pas à quelques figures médiatiques. Dans les coins les plus reculés du pays, il y a des personnes qui, sans moyens, travaillent pour améliorer la vie des populations. Elles défendent les droits humains, soutiennent les femmes, accompagnent les enfants handicapés ou encore les communautés rurales dans leur accès à l’eau et à l’éducation », a-t-il rappelé.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°511 – 14/07/2025

🔴 « DIFFUSION DE FAUSSES INFORMATIONS MALVEILLANTES ET TENDANCIEUSES, NUISIBLES À L’IMAGE » : GSIE TECHNOLOGY BLANCHIT BADARA GADIAGA
🔴 RETOUR DE SONKO À L’ASSEMBLÉE NATIONALE : UNE UTOPIE, SELON BARTH’

🔴 MONDIAL DES CLUBS : CHELSEA, TROP GRAND POUR PARIS (3-0)
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL CADETS : YES DE KAOLACK BAT GUELWAARS DE FATICK

Tribunal de Dakar : une mobilisation citoyenne annoncée pour soutenir Badara Gadiaga ce 14 juillet

Le chroniqueur Badara Gadiaga, visage bien connu du paysage médiatique sénégalais, est convoqué ce lundi 14 juillet à 10 heures au Tribunal de Dakar. En réponse, un vaste élan de solidarité s’organise autour de lui, porté par des internautes, des militants et des sympathisants qui dénoncent ce qu’ils qualifient de tentative d’intimidation et de liquidation judiciaire.

Une affiche appelant à la mobilisation circule largement sur les réseaux sociaux depuis plusieurs heures. Elle invite les citoyens à se rassembler massivement devant le palais de justice pour « soutenir la liberté d’expression » et « défendre une voix critique réduite au silence par les moyens de la justice ». Ce mouvement spontané entend faire bloc derrière le chroniqueur de la TFM, considéré par ses partisans comme une cible du pouvoir en raison de ses prises de position.

La convocation de Badara Gadiaga par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), il y a quelques jours, avait déjà déclenché une vague d’indignation. Plusieurs organisations de défense des droits humains, des personnalités politiques et des journalistes avaient dénoncé un climat de répression visant à museler les voix dissidentes.

Pour ses soutiens, cette nouvelle étape judiciaire illustre une volonté de faire taire les critiques par la judiciarisation du débat public. Certains parlent même d’« acharnement » contre une figure qui incarne, selon eux, l’indépendance de la parole médiatique dans un contexte politique marqué par les tensions entre le pouvoir exécutif et certains segments de la presse.

Le rendez-vous du 14 juillet pourrait ainsi prendre des allures de test pour la liberté d’expression au Sénégal. À travers cette convocation, c’est aussi la relation entre pouvoir, justice et médias qui se retrouve au centre des préoccupations. Les regards seront donc tournés vers le Tribunal de Dakar, dans une atmosphère chargée de crispations et d’attentes.

Guerre d’egos et de pouvoir : Thierno Alassane Sall étrille la rivalité Sonko-Diomaye

Dans une publication au vitriol sur son compte X, Thierno Alassane Sall, leader du parti La République des Valeurs, s’est violemment attaqué à la crise ouverte qui secoue le sommet de l’État sénégalais. Selon lui, les querelles entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko n’ont rien d’un débat politique de fond, mais tout d’une bataille d’egos nuisible à l’intérêt général.

« Un minimum de respect pour les Sénégalais aurait dû pousser les dirigeants du Pastef à prendre l’initiative de mettre un terme à la guerre froide, désormais officiellement déclarée, entre Sonko et Diomaye », affirme Thierno Alassane Sall, qui dénonce l’attitude des nouveaux responsables de la mouvance présidentielle. Il estime que « nombre de ces nouveaux apparatchiks versent de l’huile sur le feu, avec des messages d’allégeance sur les réseaux sociaux », sans même avoir le courage de justifier leur parti-pris par des divergences de programme.

L’ancien ministre ne s’arrête pas là. Il qualifie la rivalité entre le président et son chef de gouvernement de « farce tragique » et moque les références révolutionnaires qui entourent la figure d’Ousmane Sonko. « Non ! Ce n’est pas Sankara contre Blaise. C’est Blaise contre Compaoré. Une farce tragique. Un pathétique épisode de la supercherie Diomaye mooy Sonko », lance-t-il, ironique.

Pour Thierno Alassane Sall, cette lutte pour le contrôle du pouvoir révèle le vrai visage de la gouvernance actuelle. « Pendant ce temps, les Sénégalais, pris au piège dans les décombres du quatrième sous-sol, attendent impatiemment l’arrivée des secours », alerte-t-il, avant de pointer du doigt l’attitude du Premier ministre, qu’il accuse de se préoccuper uniquement de « sa part du pouvoir, qu’il trouve insuffisante ». Il reproche ainsi à Ousmane Sonko de mobiliser députés, directeurs généraux et ministres pour un nouveau bras de fer politique, pendant que les priorités du pays restent en suspens.

Badara Gadiaga privé de ses avocats : le collectif dénonce une « violation grave des droits de la défense »

La situation judiciaire de Badara Gadiaga, chroniqueur et figure médiatique sénégalaise, prend un tournant inquiétant. Ce samedi, ses avocats ont été empêchés de lui rendre visite au commissariat central de Dakar. Une décision qui suscite l’indignation du collectif en charge de sa défense.

Dans un communiqué urgent, les conseils de M. Gadiaga dénoncent une mesure qualifiée de rétrograde et indigne d’un État de droit. Selon eux, des instructions fermes ont été données par le Commissaire central afin d’interdire toute visite, y compris celles de ses propres avocats.

Depuis la soirée du vendredi 11 juillet, les avocats affirment n’avoir reçu aucune information sur les conditions de détention de leur client. Ils estiment que cette situation est alarmante et constitue une grave violation des droits de la défense, une atteinte intolérable à la dignité humaine et une méconnaissance manifeste de la présomption d’innocence.

« Cette entrave manifeste à l’exercice de notre métier est une tentative inacceptable de museler la Défense », fustige le collectif dans son communiqué.

Fermes dans leur position, les avocats de Badara Gadiaga rappellent que la défense de la dignité humaine, de la liberté et de la présomption d’innocence se fera sans concession, pour la sécurité des Sénégalais et de toutes les personnes vivant sur le territoire national. « La défense est absolue à toutes les étapes de la procédure. Elle sera toujours debout pour tous », concluent-ils.

Affaire Badara Gadiaga : Tahirou Sarr dénonce une « arrestation injuste » et interpelle le pouvoir sur les libertés

Lors d’un point de presse tenu ce samedi 12 juillet 2025, le député Tahirou Sarr, président du parti « Les Nationalistes », a vivement critiqué l’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga, qu’il qualifie de « mesure arbitraire » révélatrice d’un système répressif toujours en place, malgré l’alternance politique incarnée par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.

« Le système n’a pas changé. On continue de faire taire les citoyens. Le cas de Badara Gadiaga en est l’exemple parfait. Il a été arrêté injustement. Aujourd’hui, je constate qu’il n’y a pas de procureur de rupture », a-t-il déclaré, pointant du doigt une continuité troublante dans les pratiques judiciaires et politiques, malgré les promesses de changement.

Dans une posture critique mais mesurée, Tahirou Sarr a également appelé Ousmane Sonko à adopter une démarche plus unificatrice dans sa gestion des tensions politiques et sociales. « Il devrait tenir un discours conciliateur et fédérateur, plutôt que de laisser s’installer les tiraillements », a-t-il insisté, en référence au climat de polarisation toujours perceptible dans l’espace public sénégalais.

L’interpellation du président de la République n’a pas été éludée. Le député a exhorté Bassirou Diomaye Faye à intervenir personnellement pour obtenir la libération du chroniqueur de la TFM, estimant que l’affaire aurait pu être réglée dans un cadre strictement médiatique ou politique. À ses yeux, « l’échange houleux » entre Badara Gadiaga et le député Amadou Ba (membre du Pastef) n’avait pas vocation à finir devant les tribunaux.

« Nous ne devons pas céder à la tentation de judiciariser tous les débats publics. La liberté d’expression reste un pilier de notre démocratie, et il est impératif de la protéger, y compris lorsqu’elle dérange », a martelé Tahirou Sarr, en clôture de son intervention.

Cette prise de position relance le débat sur l’équilibre entre responsabilité politique et liberté d’opinion dans un contexte post-électoral encore marqué par les crispations de la période pré-2024. Alors que le gouvernement se veut porteur d’une rupture démocratique, certains observateurs voient dans cette arrestation un signal contradictoire, voire préoccupant.

Le dossier de Badara Gadiaga, initialement centré sur des accusations de « discours contraires aux bonnes mœurs », s’est complexifié avec l’ajout de charges lourdes telles que la diffusion de fausses nouvelles et l’invocation de l’article 80 du Code pénal. Ses avocats dénoncent une cabale fondée sur une mauvaise interprétation de transactions financières, tandis que plusieurs voix, à l’image de celle de Tahirou Sarr, s’élèvent désormais pour contester la légitimité même de la procédure.

Affaire Badara Gadiaga : entre erreurs d’interprétation, nouvelles charges et soupçons de manipulation judiciaire

L’affaire impliquant le chroniqueur Badara Gadiaga connaît un tournant inattendu. Ce qui n’était au départ qu’une enquête pour diffusion de fausses nouvelles, propos contraires aux bonnes mœurs et offense à une autorité assimilée au chef de l’État, s’est progressivement transformé en un dossier plus complexe, juridiquement plus lourd et politiquement plus sensible. L’introduction d’accusations basées sur l’article 80 alinéa 2 du Code pénal semble indiquer un changement radical de stratégie judiciaire, que ses avocats qualifient de manœuvre.

Lors de sa première garde à vue, Badara Gadiaga était uniquement poursuivi pour ses propos tenus dans l’espace public, considérés comme allant à l’encontre des bonnes mœurs. Mais à sa présentation devant le procureur, de nouvelles charges ont été ajoutées : diffusion de fausses nouvelles, offense envers une autorité investie de prérogatives présidentielles et surtout, une accusation plus grave fondée sur l’article 80 alinéa 2 du Code pénal. Cet article vise spécifiquement toute personne ayant reçu ou accepté des dons ou avantages dans le but de mener une propagande susceptible de troubler l’ordre public, de jeter le discrédit sur les institutions ou d’inciter les citoyens à enfreindre les lois. La peine encourue est particulièrement lourde, allant de un à cinq ans de prison, accompagnée d’une amende pouvant dépasser la valeur des avantages perçus.

Pour la défense, ce glissement juridique n’est pas anodin. Les avocats de Badara Gadiaga dénoncent une stratégie visant à invoquer l’article 139 du Code de procédure pénale, qui impose le mandat de dépôt lorsque l’infraction relève des articles 56 à 100 du Code pénal. En qualifiant les faits sous l’article 80, les autorités judiciaires placeraient donc le juge dans l’obligation de décerner un mandat de dépôt, ôtant toute marge d’appréciation à ce dernier. Cette évolution est interprétée comme une tentative claire de mise sous pression judiciaire.

Le cœur de cette nouvelle accusation repose sur l’interprétation d’une série de transactions financières opérées par Badara Gadiaga via Orange Money. Les enquêteurs affirment que des transferts d’argent depuis une entité appelée « GSIE » vers le compte mobile de Gadiaga pourraient constituer la preuve de financements occultes. Dans le dossier à charge, il est ainsi avancé que Badara Gadiaga aurait transféré depuis le compte bancaire de « sa société GSIE », logé à la Banque Atlantique, des montants cumulés à hauteur de 9 millions de francs CFA entre début mai et fin juin. Cette affirmation a été fermement réfutée par ses avocats.

Ces derniers précisent que leur client a obtenu un prêt bancaire auprès de l’Acep, et que les montants transférés vers son compte mobile via la fonctionnalité BANK TO WALLET proviennent directement de ce financement. L’entité GSIE mentionnée dans les traces des transactions n’a, en réalité, aucun lien avec Badara Gadiaga en tant que propriétaire ou gestionnaire. Il s’agit en fait de GSIE Technology, une fintech sénégalaise fondée en 1996 par Antoine Ngom, spécialisée dans l’interconnexion de services financiers. GSIE agit comme un prestataire technique, permettant aux institutions financières et aux opérateurs mobiles de proposer des services de transfert, de banque mobile ou de paiement numérique. L’entreprise gère des opérations entre banques comme l’Acep et des services comme Orange Money, facilitant les flux entre comptes bancaires et portefeuilles électroniques.

C’est donc une confusion majeure, voire une incompréhension technique manifeste, qui aurait conduit les enquêteurs à croire que GSIE était une société écran de Gadiaga, utilisée pour financer des campagnes de déstabilisation politique. Une méprise qui aurait suffi à justifier l’activation de l’article 80, avec toutes les implications judiciaires qui en découlent.

Depuis l’apparition de cette nouvelle charge, plusieurs messages visant à discréditer Badara Gadiaga ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Des expressions comme « le compte Orange Money de Gadiaga va parler » laissent entendre qu’une bombe financière serait dissimulée derrière ces transactions. Mais pour ses avocats, il ne s’agit là que de manipulation grossière et d’intoxication médiatique. Le compte mobile de leur client, affirment-ils, n’a rien à révéler d’incriminant.

Cette affaire soulève ainsi de nombreuses questions. Le glissement d’une simple infraction d’opinion vers des délits politiques graves révèle-t-il un durcissement délibéré des autorités à l’encontre des voix critiques ? La justice s’appuie-t-elle sur des preuves solides ou sur des constructions bancales reposant sur des erreurs d’interprétation technique ? Et surtout, jusqu’où ira cette affaire dans un contexte national où les tensions politiques rendent chaque procédure judiciaire particulièrement sensible ?

Dans l’état actuel du dossier, la défense de Badara Gadiaga s’emploie à démontrer qu’aucune infraction ne peut être légalement retenue à partir d’un prêt bancaire dûment contracté et de simples opérations interbancaires mal comprises. Reste à voir si cette argumentation suffira à faire échec au mandat de dépôt exigé par le ministère public, ou si la logique politique l’emportera sur le droit.

GSIE TECHNOLOGY dément tout lien avec Badara Gadiaga et dénonce des accusations « malveillantes »

L’entreprise sénégalaise GSIE TECHNOLOGY a publié, ce samedi 12 juillet 2025, un communiqué formel démentant tout lien avec le chroniqueur Badara Gadiaga.

Depuis quelques heures, des informations circulaient en ligne laissant entendre que la société de services numériques entretiendrait des relations avec M. Gadiaga, récemment placé sous le coup de poursuites judiciaires. Des allégations qualifiées de « totalement infondées » par l’entreprise.

GSIE TECHNOLOGY rappelle qu’elle agit exclusivement comme prestataire technique au profit des institutions de microfinance (IMF), des banques et des établissements de monnaie électronique, en fournissant une plateforme numérique visant à favoriser l’inclusion financière dans l’espace UEMOA et au-delà.

Dans sa mise au point, la société précise qu’elle :

– n’entretient aucune relation commerciale ou autre avec M. Badara Gadiaga ;

– ne détient aucun compte au nom de ce dernier ni de clients extérieurs au cadre strict de ses partenariats institutionnels ;

– exerce depuis près de trois décennies dans le secteur numérique sous la direction de son fondateur, M. Antoine Ngom, également président du regroupement du secteur privé du numérique de l’UEMOA.

« Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la diffusion de fausses informations, malveillantes et tendancieuses, nuisibles à l’image de notre entreprise, de ses dirigeants, de ses partenaires et de ses clients », avertit GSIE TECHNOLOGY, qui se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces allégations.

Affaire Badara Gadiaga : D’une simple accusation morale à un dossier tentaculaire

L’affaire visant le chroniqueur Badara Gadiaga, initialement poursuivi pour « discours contraires aux bonnes mœurs », prend une tournure judiciaire inattendue. En quelques jours, l’information judiciaire s’est considérablement complexifiée par l’ajout de nouvelles accusations que la défense qualifie de « manœuvre destinée à forcer un mandat de dépôt ».

Lors de sa première garde à vue, Badara Gadiaga n’était retenu que pour des propos jugés attentatoires à la morale. Mais lors de sa présentation au parquet, le dossier s’est enrichi de plusieurs chefs d’inculpation : diffusion de fausses nouvelles, offense à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État, et surtout l’invocation de l’article 80 alinéa 2 du Code pénal.
Cet article prévoit de lourdes sanctions — allant d’un à cinq ans de prison — contre quiconque reçoit ou sollicite des fonds pour se livrer à une propagande de nature à compromettre la sécurité publique ou à jeter le discrédit sur les institutions.
Pour les avocats du chroniqueur, cette nouvelle incrimination n’est pas anodine. Selon eux, elle vise à faire entrer le dossier dans le champ d’application de l’article 139 du Code de procédure pénale, qui rend obligatoire le mandat de dépôt pour les délits visés entre les articles 56 et 100 du Code pénal. « C’est un glissement de qualification destiné à contraindre le juge à l’emprisonner », dénoncent-ils.
En toile de fond, une confusion autour de transactions électroniques est au cœur de ce retournement. Les enquêteurs ont en effet pointé des mouvements d’argent effectués via la société « GSIE ». Des extraits bancaires mentionnant des flux de plusieurs millions de francs CFA ont alimenté le soupçon de financement occulte ou de blanchiment.
Or, selon la défense, cette interprétation relève d’une incompréhension grossière du fonctionnement des services de monnaie électronique au Sénégal. GSIE Technology, créée en 1996 par Antoine Ngom, est un prestataire technique qui fait l’interconnexion entre banques et plateformes de paiement comme Orange Money ou Wave. Concrètement, lorsqu’un client effectue un transfert « BANK TO WALLET » depuis son compte bancaire vers son portefeuille mobile, GSIE apparaît mécaniquement comme opérateur technique du mouvement.
En l’espèce, Badara Gadiaga est titulaire d’un compte à l’Acep, partenaire de GSIE. Le chroniqueur, bénéficiaire d’un prêt bancaire, a simplement transféré ses propres fonds vers son compte Orange Money. Ses conseils affirment qu’il ne s’agit pas de ressources occultes, mais d’un prêt personnel parfaitement tracé.
L’accusation selon laquelle il aurait « transféré depuis le compte bancaire de sa société GSIE, logé à la Banque Atlantique, des montants cumulés de 9 millions » est donc, selon les avocats, sans fondement : « Badara Gadiaga n’a aucun lien de propriété ou de gestion avec GSIE Technology. Les enquêteurs ont pris la plateforme d’intermédiation pour une société écran », martèle la défense.
Ce qu’elle présente comme une « erreur de lecture » a pourtant suffi à renforcer les soupçons de propagande subventionnée et à alourdir les chefs d’accusation. Depuis, plusieurs rumeurs ont été alimentées sur les réseaux sociaux, certains affirmant que « le compte Orange Money de Gadiaga va parler ». Ses conseils dénoncent une « intoxication médiatique » et rappellent que l’origine des fonds est parfaitement justifiable et n’a rien d’illégal.
Si le juge suit le réquisitoire du parquet, la procédure pourrait déboucher sur un mandat de dépôt automatique. Ce scénario interroge sur les motivations réelles qui entourent cette affaire et sur la célérité avec laquelle l’information judiciaire a évolué. Pour l’heure, la défense se prépare à contester vigoureusement la qualification pénale retenue, qu’elle estime juridiquement fragile et matériellement infondée.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°510 – 12 ET 13/07/2025

🔴 RETOUR DE PARQUET : BADARA GADIAGA, CHARGÉ À TOUT PRIX ?
🔴 NDIAGA SYLLA BARRE LA ROUTE DE L’ASSEMBLÉE À SONKO : LA JURISPRUDENCE DIAS BRANDI !

🔴 LUTTE / APRÈS LE COUP DONNÉ À ZARKO : SA THIÈS SANCTIONNÉ
🔴 AS BAMBEY : ABATALIB FALL REND LE TABLIER

Libertés menacées : la CVR s’insurge contre les dérives du régime et appelle à un sursaut national

La Convergence pour la défense des Valeurs Républicaines (CVR) a vivement dénoncé ce qu’elle qualifie de dérives inquiétantes du pouvoir exécutif, estimant que la démocratie sénégalaise traverse l’une de ses phases les plus préoccupantes depuis l’avènement du pluralisme politique. Dans un communiqué rendu public, le mouvement alerte l’opinion sur la succession de signaux autoritaires et la volonté manifeste, selon ses termes, de réduire au silence toutes les voix discordantes.

Selon la CVR, l’opinion nationale et internationale assiste avec consternation à la multiplication des convocations et arrestations qu’elle juge arbitraires. Ces poursuites viseraient des citoyens dont le seul tort est d’avoir exprimé librement leur appréciation sur la gouvernance du pays. Pour la coalition, ces méthodes rappellent des pratiques d’un autre âge et constituent une atteinte frontale aux fondements de l’État de droit.

La CVR reproche au gouvernement actuel de s’en prendre à tous les contre-pouvoirs. Elle cite notamment les attaques répétées contre la presse indépendante, les mises en cause virulentes de la société civile, la stigmatisation de l’opposition et les critiques publiques visant la magistrature. Le mouvement estime que ces postures autoritaires ruinent la crédibilité démocratique du pays et sapent dangereusement la confiance des citoyens dans les institutions.

Tout en rappelant que la justice sénégalaise doit demeurer indépendante et inattaquable, la CVR se dit profondément préoccupée par les discours officiels qui, à ses yeux, fragilisent l’image de l’institution judiciaire. Elle affirme que la justice est un pilier essentiel de l’équilibre républicain et qu’elle ne saurait être prise pour cible sans conséquence sur la cohésion nationale.

Face à la montée des tensions et au climat de crispation généralisée, la CVR appelle à un sursaut national. Elle invite l’ensemble des forces politiques, syndicales et citoyennes, attachées aux valeurs démocratiques et à l’État de droit, à se mobiliser pour défendre les libertés et refuser la banalisation des atteintes aux droits fondamentaux. Le mouvement exige la libération immédiate de toutes les personnes détenues pour délit d’opinion et plaide pour la restauration d’un climat politique apaisé.

La CVR attire enfin l’attention du Président de la République sur sa responsabilité historique et institutionnelle dans la préservation de la stabilité du pays. Elle l’exhorte à prendre des mesures immédiates pour décrisper l’espace public, rétablir le dialogue et ramener la confiance entre gouvernants et citoyens. Selon la CVR, la sauvegarde de la démocratie sénégalaise passe impérativement par le respect scrupuleux des libertés et des principes républicains.

Mandat parlementaire de Sonko : Ndiaga Sylla précise l’incompatibilité en cas de condamnation pénale définitive

L’expert électoral Ndiaga Sylla est revenu ce vendredi sur la polémique juridique autour du statut parlementaire d’Ousmane Sonko, Premier ministre et ancien député. Cette sortie intervient alors que certains responsables de Pastef et des soutiens du chef du gouvernement évoquent sa possible réintégration à l’Assemblée nationale, si Ousmane Sonko venait à quitter ses fonctions exécutives.

Ndiaga Sylla rappelle d’abord que la loi d’amnistie récemment votée par l’Assemblée nationale a pour effet de lever certaines sanctions électorales, notamment l’inéligibilité automatique prévue à l’article L.30 du Code électoral. Mais il souligne que cette amnistie ne peut produire aucun effet sur les dispositions constitutionnelles.

Selon l’expert, la Constitution est claire : l’article 61 prévoit la radiation d’un député condamné pénalement de façon définitive. Ndiaga Sylla cite le texte sans ambiguïté : « Le membre de l’Assemblée nationale qui fait l’objet d’une condamnation pénale définitive est radié de la liste des parlementaires sur demande du Ministre de la Justice. »

Il précise que cette disposition a déjà été appliquée dans le passé, notamment dans l’affaire Barthélémy Dias, dont la condamnation définitive avait entraîné l’incompatibilité du mandat de député en cours de législature.

Dans le cas d’Ousmane Sonko, la décision de la Cour suprême relative au rabat d’arrêt, rendue récemment, a eu pour effet de rendre définitive sa condamnation pour diffamation. Cette condamnation n’ayant pas été effacée par une grâce présidentielle, elle produirait donc les conséquences prévues par la Constitution.

Ndiaga Sylla indique également que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit la possibilité, pour un député devenu ministre, de reprendre son siège après la cessation de ses fonctions gouvernementales. Toutefois, si le député est frappé par une condamnation pénale définitive, l’incompatibilité s’impose immédiatement, et le ministre de la Justice peut demander la radiation de la liste des parlementaires.

Ces précisions juridiques interviennent dans un climat de tension, où les partisans d’Ousmane Sonko dénoncent une instrumentalisation de la justice pour l’écarter, tandis que l’opposition et certaines voix de la société civile pointent la nécessité de respecter strictement la Constitution et les règles d’incompatibilité.

Le débat risque de se prolonger, alors que la question de l’éligibilité et de la légitimité politique d’Ousmane Sonko cristallise déjà de fortes crispations au sein de la classe politique et nourrit les incertitudes sur la stabilité institutionnelle du pays.

Réunion LGBTQ à Dakar : le gouvernement sénégalais convoque l’ambassadeur des Pays-Bas et réaffirme son opposition ferme

Le gouvernement sénégalais a décidé de passer à l’action après les vives réactions suscitées par l’annonce d’une réunion sur les questions LGBTQ prévue ce vendredi 11 juillet 2025 à Dakar. Ce matin, l’ambassadeur des Pays-Bas, directement impliqué dans l’organisation de cette rencontre, a été officiellement convoqué par les autorités sénégalaises.

L’initiative, portée par la coalition Equal Rights Coalition (ERC), avait pour objectif de projeter le film MIWA (Nous sommes là), consacré aux réalités vécues par les femmes LGBTQI et les hommes trans en Afrique de l’Ouest, et de proposer un échange avec des associations telles qu’EGIDES et la Plateforme Initiative des 7. L’événement avait reçu le soutien logistique de l’ambassade des Pays-Bas ainsi que du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme à Dakar.

C’est le député Guy Marius Sagna qui, dès hier jeudi, avait alerté l’opinion et le gouvernement sur la tenue de cette réunion qu’il jugeait contraire aux valeurs de la société sénégalaise. Dans la foulée, le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a publié un communiqué officiel dans lequel il exprime son refus catégorique d’autoriser une telle initiative sur le sol sénégalais.

Dans ce document, le gouvernement rappelle que la position du Sénégal est connue et constante. Il précise que le pays « n’accepte aucune forme de propagande et de promotion du phénomène LGBTQI sur son territoire », soulignant que cette posture a été « clairement et maintes fois exprimée par les plus Hautes Autorités de l’État ». Ce rappel d’autorité survient dans un climat de forte pression politique et sociale, alors que la question LGBTQ reste un sujet particulièrement sensible dans le débat public sénégalais.

Tirs groupés et dérive verbale : Malick Thiandoum alerte sur l’attitude clivante du Premier ministre Ousmane Sonko

Le journaliste Malick Thiandoum est monté au créneau pour dénoncer la posture de plus en plus conflictuelle du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une analyse sévère, il estime que le chef du gouvernement s’illustre par des attaques tous azimuts qui fragilisent l’équilibre institutionnel et nourrissent un climat délétère.

Selon Malick Thiandoum, Ousmane Sonko s’en prend simultanément au président de la République, à la presse, aux magistrats et à la société civile, sans jamais assumer sa part de responsabilité. « Lorsqu’on a un problème avec tout le monde, c’est qu’on est soi-même le problème », affirme le journaliste, rappelant que gouverner, c’est aussi faire preuve de mesure et d’écoute.

Pour lui, le Premier ministre n’est pas confronté à un simple déficit d’autorité, mais à une incapacité manifeste à concrétiser les engagements pris pendant la campagne présidentielle. Il cite notamment le programme « Solutions », qui promettait une rupture économique et sociale, mais qui, selon lui, n’a pour l’instant produit aucun résultat palpable au bénéfice des Sénégalais. Malick Thiandoum estime que ces promesses non tenues alimentent la frustration populaire et expliquent la virulence croissante de l’exécutif contre toutes les voix critiques.

Le journaliste souligne par ailleurs un paradoxe inquiétant : le Premier ministre, qui se présentait comme l’incarnation de la transparence et de la droiture, multiplie aujourd’hui les propos agressifs, tout en accusant les autres d’entraver l’action publique. Il évoque un risque de crise institutionnelle, nourrie par « l’obsession du pouvoir » d’Ousmane Sonko et par son rapport de force constant avec le président Bassirou Diomaye Faye.

Enfin, Malick Thiandoum appelle les autorités à la retenue et à un retour aux priorités économiques. Il prévient que la bipolarisation de l’exécutif, la défiance à l’égard des médias et la stigmatisation systématique de la société civile constituent une dérive dangereuse. « Le pays n’a pas besoin de tensions politiques supplémentaires, mais de solutions concrètes face à la crise économique », conclut-il.

Controverse autour des attaques d’Ousmane Sonko contre la magistrature : la CDS fustige une gouvernance fondée sur l’invective

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) est sortie de son silence pour condamner sans réserve la dernière sortie polémique du Premier ministre Ousmane Sonko contre les magistrats. Dans un communiqué rendu public, la coalition de partis de gauche estime que ces déclarations relèvent d’une « légèreté de ton et d’un excès d’apparat » indignes d’un chef de gouvernement. Pour la CDS, le Premier ministre s’éloigne gravement de l’exigence de hauteur républicaine qui devrait guider sa parole publique.

Selon la Confédération, le comportement d’Ousmane Sonko illustre une dérive inquiétante. Elle dénonce un chef du gouvernement « désinvolte, provocateur et outrageusement méprisant » qui, au lieu d’incarner la mesure et la dignité inhérentes à sa fonction, se complairait dans les menaces répétées, les invectives et l’escalade verbale. La CDS rappelle qu’aucun pouvoir démocratique ne peut s’affranchir du respect strict des contre-pouvoirs et des institutions républicaines, en particulier la magistrature, pilier fondamental de l’équilibre institutionnel.

Les propos jugés insultants tenus par le Premier ministre à l’endroit des magistrats, remettant en cause leur crédibilité avec une « légèreté consternante », sont perçus comme une atteinte grave à l’autorité judiciaire. La CDS estime que l’injure ne saurait être un mode de gouvernance et alerte sur la banalisation de l’outrage comme stratégie politique. Elle critique également le contraste entre ces postures agressives et la réalité sociale que vivent les Sénégalais, confrontés à une cherté de la vie persistante.

Enfin, la Confédération pointe ce qu’elle qualifie de « frénésie de déplacements en jet privé », effectués dans l’opacité la plus totale et sans explication claire sur leur financement. Aux yeux de la CDS, cette accumulation de désinvolture verbale, de mépris des institutions, de remise en question des engagements pris devant les Sénégalais et d’indécence ostentatoire traduit une conception du pouvoir inquiétante et dangereuse. La coalition appelle le Premier ministre à plus de retenue, de responsabilité et de respect des valeurs démocratiques qui fondent la République.

Affaire Badara Gadiaga : Khalifa Sall dénonce une « fracture dans le socle du droit » et exige sa libération

Le président du Mouvement Taxawu Sénégal, Khalifa Sall, est monté au créneau pour condamner la détention prolongée du chroniqueur Badara Gadiaga, interpellé mercredi dernier puis placé en garde à vue par la Division spéciale de la cybersécurité. Dans un texte ferme, l’ancien maire de Dakar a exprimé son soutien total au journaliste et dénoncé ce qu’il considère comme une dérive liberticide du pouvoir en place.

Pour Khalifa Sall, l’arrestation de Badara Gadiaga constitue bien plus qu’un simple fait divers judiciaire. Selon lui, il s’agit d’une attaque frontale contre les principes essentiels de la République et de la démocratie sénégalaise. « Sa détention n’est pas une simple injustice, c’est une fracture dans le socle du droit », a-t-il écrit, soulignant qu’un État qui redoute les mots et les opinions différentes se place de lui-même dans une position de faiblesse. « Quand l’État redoute les mots, c’est qu’il craint la vérité. Et la vérité ne s’enferme pas », a-t-il ajouté.

Le leader socialiste a également insisté sur la portée symbolique de cette mesure qu’il assimile à une volonté de museler la liberté d’expression et d’installer la peur chez tous ceux qui osent critiquer l’action publique. « Museler les voix, c’est étouffer la justice. C’est aussi faire de l’État de droit une façade trompeuse », a-t-il prévenu, invitant les autorités à revenir à la raison et à cesser toute politique d’intimidation.

Khalifa Sall a finalement lancé un appel pressant pour que Badara Gadiaga recouvre immédiatement sa liberté, au même titre que tous les prisonniers d’opinion actuellement détenus. Il a exhorté le pouvoir à garantir le respect strict des droits fondamentaux, rappelant qu’aucune démocratie digne de ce nom ne peut se construire sur la répression et le silence imposé.

Tribunal de Dakar : Badara Gadiaga bénéficie d’un retour de parquet

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, a bénéficié d’un retour de parquet après la présentation de son dossier au tribunal de Dakar. Son dossier a été transmis au doyen des juges pour instruction, signe que la procédure judiciaire se poursuit.

Initialement poursuivi pour « propos contraires aux bonnes mœurs » tenus lors de l’émission Jakaarlo Bi, Badara Gadiaga fait désormais face à de nouvelles charges. Selon des sources judiciaires, il est également visé pour « diffusion de fausses nouvelles » et « offense à une personne qui exerce une partie des prérogatives du chef de l’État ».

L’affaire, qui suscite une vive attention médiatique et une vague de réactions sur les réseaux sociaux, relance le débat sur la liberté d’expression et les limites de la critique publique au Sénégal. De nombreuses voix, issues de la société civile et du monde politique, continuent d’appeler à la libération du chroniqueur et dénoncent une « criminalisation de l’opinion ».

Tribunal de Dakar : Badara Gadiaga présenté au procureur après sa garde à vue prolongée

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, placé en garde à vue depuis mercredi 9 juillet 2025, se trouve actuellement à la cave du tribunal de Dakar, ont confirmé des sources proches du dossier. Il devrait être présenté au procureur dans les prochaines heures.

Initialement convoqué par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC) pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs lors de l’émission Jakaarlo Bi, Badara Gadiaga a vu sa garde à vue prolongée, une décision qui suscite une vague d’indignation.

Depuis son arrestation, plusieurs personnalités publiques, acteurs politiques et figures de la société civile ont exprimé leur solidarité avec le chroniqueur. Des rassemblements spontanés ont eu lieu devant les locaux de la DSC et aux abords du tribunal de Dakar, les manifestants réclamant le respect de la liberté d’expression et la fin des intimidations contre les journalistes et chroniqueurs.

Alioune Tine appelle à la rupture : « Continuer le Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde de cauchemar »

Le climat politique sénégalais continue d’alimenter polémiques et tensions. Au cœur des débats, le défenseur des droits humains Alioune Tine a réagi aux critiques du journaliste Serigne Saliou Gueye, directeur de publication du quotidien Yor Yor, qui lui reproche de demander la libération du chroniqueur Badara Gadiaga, incarcéré pour des propos jugés « contraires aux bonnes mœurs » à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.

Lors d’une émission, Serigne Saliou Gueye s’est étonné de la position d’Alioune Tine, rappelant que ce dernier avait écrit sur Facebook : « J’ai bloqué tout ce qui m’insultait ». « Celui qui peut bloquer pour des insultes est capable d’envoyer des gens en prison », a-t-il lancé.

Alioune Tine n’a pas tardé à répondre sur Twitter, rectifiant d’abord : « Ce n’est pas sur Facebook », avant de clarifier : « Je bloque les insulteurs, je ne les mets pas en prison, je n’en ai pas le pouvoir. Nous avons toujours prôné le respect mutuel entre adversaires politiques ».

Le militant des droits humains s’est ensuite inquiété de l’état actuel de la vie politique nationale. « Aujourd’hui, c’est le règne de la radicalisation, de l’affrontement politique, de la logique ami/ennemi, des simplifications, des fake news et des théories complotistes. Personne n’y gagne », a-t-il déploré.

Réitérant son engagement en faveur de la liberté d’expression, il a réaffirmé sa demande de libération de Badara Gadiaga et de « tous les détenus pour délit d’opinion ». Selon lui, l’apaisement et la réconciliation sont des priorités urgentes. « Les autorités doivent apaiser et réconcilier les Sénégalais. Dire que le pays va mal n’est pas un excès de langage », a-t-il insisté.

Enfin, Alioune Tine a critiqué la persistance des méthodes qu’il qualifie de dépassées, symbolisées par le « Gatsa Gatsa-Gatsa ». « Les solutions sont à portée de main : construire une nation unie, confiante et conquérante. Continuer le Gatsa Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde passé, un monde de cauchemar », a-t-il conclu.

LGBTQI : Le Sénégal met en garde contre une projection de film prévue à Dakar

Le gouvernement sénégalais a fermement réagi ce jeudi à une initiative envisagée par l’Ambassade des Pays-Bas à Dakar et le Bureau régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH). Dans un communiqué diffusé par le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE), les autorités expriment leur opposition à une activité qui aurait consisté en une projection de film suivie de discussions autour des questions LGBTQI dans les locaux du HCDH à Dakar.

Le ministère affirme avoir été informé de cette démarche et rappelle que toutes les activités organisées sur le territoire national par des représentations diplomatiques, organisations internationales ou ONG doivent impérativement respecter les lois et règlements en vigueur. « Elles doivent également se conformer strictement aux valeurs culturelles, religieuses et sociales qui fondent la Nation sénégalaise », précise le communiqué.

Réaffirmant la position officielle du Sénégal sur la question, le ministère déclare que « le Sénégal n’accepte aucune forme de propagande et de promotion du phénomène LGBTQI sur son territoire », soulignant que cette position a été « clairement et maintes fois exprimée par les plus Hautes Autorités du pays ».

En conclusion, le gouvernement sénégalais met en garde contre toute tentative d’organisation de ce type d’événements. « Le Gouvernement se réserve le droit de prendre toute mesure appropriée contre les éventuels organisateurs de telles activités et même contre les participants, quels que soient leurs origines, statut ou rang, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°509 – 11/07/2025

🔴 « À 20 HEURES, IL N’Y AVAIT MÊME PAS TROIS PERSONNES LÀ OÙ IL Y AVAIT L’AUDITION » : L’« EFFACEUR » PERD SES MOYENS
🔴 ÉTATS-UNIS / 1689 SÉNÉGALAIS EN INSTANCE D’EXPULSION : DIOMAYE VA-T-IL DONNER BLANC-SEING ?

🔴 INLINE FREESTYLE 2025 / HERO BATTLE CUP : DAME FALL RESTE ROI DU FREE JUMP
🔴 LIGUE DE DAKAR : VICTOIRE D’ESPOIRS DE GUÉDIAWAYE SUR KUMBA LAMB

Affaire Badara Gadiaga : Une forte mobilisation annoncée demain devant le tribunal de Dakar

La contestation ne faiblit pas autour de l’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga. Une importante mobilisation est annoncée ce vendredi 11 juillet à partir de 10 heures au tribunal de Dakar, où des soutiens venus de tous horizons entendent manifester leur solidarité. Depuis sa convocation, suivie de son placement en garde à vue prolongée par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), le dossier a pris une tournure nationale, cristallisant les critiques contre ce que beaucoup qualifient de dérive autoritaire.

Acteurs de la société civile, figures politiques de l’opposition, journalistes et simples citoyens dénoncent unanimement une « tentative d’intimidation » contre une voix jugée libre et critique. Plusieurs formations politiques ont exprimé leur indignation dans des communiqués, rappelant que la liberté d’expression est un principe garanti par la Constitution et qu’aucun pouvoir n’a le droit de la restreindre par des procédés coercitifs.

Le collectif d’avocats commis pour sa défense a également fait savoir qu’il engagera toutes les procédures nécessaires pour contester la légalité de la garde à vue et obtenir sa libération sans condition. En parallèle, des associations de journalistes ont appelé leurs membres à se joindre massivement à la mobilisation de ce vendredi.

Cette démonstration de solidarité devrait constituer un test pour les nouvelles autorités, déjà accusées par de nombreux observateurs de multiplier les mesures répressives contre les voix critiques. Les organisateurs préviennent qu’il ne s’agit là que d’un premier rassemblement et que d’autres actions suivront si Badara Gadiaga n’est pas remis en liberté.

Sonko promet une loi contre le financement étranger des ONG et annonce des réformes ambitieuses

Lors de l’installation officielle du Conseil national de Pastef-Les Patriotes, ce jeudi, Ousmane Sonko a exprimé son exaspération face à ce qu’il considère comme l’influence excessive d’une partie de la société civile sénégalaise sur la gouvernance nationale. S’exprimant devant ses partisans, le Premier ministre a dénoncé le poids jugé disproportionné de ces organisations dans l’espace public, les accusant de vouloir dicter l’action gouvernementale.

« Le système reste encore en place et une partie de la société civile continue d’exercer une pression constante. Nous sommes arrivés au pouvoir après un long combat et sur la base d’un projet clair, mais certains veulent désormais gouverner à notre place », a déclaré Ousmane Sonko, estimant que cette situation était sans équivalent à l’international.

Dans une offensive politique assumée, le leader de Pastef a annoncé qu’il préparait une proposition de loi destinée à interdire le financement étranger des organisations de la société civile sénégalaise. Selon lui, ces financements seraient un moyen de peser sur l’action de l’État. « Ils sont financés de l’extérieur pour surveiller l’État dans toutes ses actions. Leurs rapports ne sont destinés qu’aux bailleurs », a-t-il affirmé, promettant de s’attaquer frontalement à ce qu’il qualifie de dérive.

Ousmane Sonko a enfin réitéré sa volonté de mener des réformes profondes dans le cadre du mandat confié par les électeurs sénégalais. Il a assuré que le gouvernement n’hésiterait pas à affronter les puissances d’influence, qu’elles soient locales ou étrangères, afin de préserver la souveraineté et l’indépendance du pays.

Magistrature : Ousmane Sonko dément toute demande d’audience avec l’UMS et assume ses propos

Le Premier ministre et leader de Pastef, Ousmane Sonko, a profité de l’installation du Conseil national de son parti ce jeudi pour réagir aux rumeurs selon lesquelles il aurait sollicité une rencontre avec l’Union des magistrats du Sénégal (UMS). D’un ton ferme, il a balayé ces allégations qu’il juge infondées.

« Je n’ai jamais sollicité une audience avec l’UMS », a-t-il déclaré sans détour devant ses militants et cadres de Pastef. Rappelant qu’il a toujours assumé ses positions vis-à-vis de l’appareil judiciaire, Ousmane Sonko a précisé qu’en tant qu’opposant puis responsable politique, il n’a jamais hésité à dire ce qu’il pensait du fonctionnement de la justice sénégalaise. Pour lui, il est essentiel de faire la distinction entre la magistrature, qu’il décrit comme une composante seulement, et la justice dans son ensemble.

Le chef du gouvernement est également revenu sur le rôle qu’ont joué certains magistrats sous l’ancien régime. Il a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la justice, qui, selon lui, a permis d’emprisonner des innocents et d’empêcher des candidatures politiques, sans susciter de réaction de la part des corps concernés. « Il y a deux ans, certains magistrats se laissaient instrumentaliser sans jamais protester. C’est maintenant qu’ils trouvent leur voix ? », s’est-il interrogé.

Réaffirmant sa détermination à assumer tous ses propos, Ousmane Sonko a indiqué qu’il ne craint pas d’exprimer ses convictions, ni de porter un regard critique sur les dérives passées. Pour lui, la justice doit être au service de l’État de droit et non un instrument de règlement de comptes politiques.

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