Le Dakarois Quotidien N°744 – 01/06/2026
Le Dakarois Sports N°744 – 01/06/2026
🔴 PREMIER TEST MONDIAL 2026 : LES « LIONS » BATTUS MAIS RASSURANTS CONTRE LES ÉTATS-UNIS
Au lendemain de la Tabaski 2026, l’heure est au constat et les premières évaluations dressent un tableau particulièrement préoccupant pour les acteurs de la filière de l’élevage. Malgré une offre abondante de moutons dans les différents marchés de la région de Thiès, les ventes n’ont pas atteint les niveaux espérés, laissant derrière elles des milliers de têtes de bétail invendues et des éleveurs confrontés à d’importantes pertes financières.
Le président de la Maison nationale des éleveurs du Sénégal, Ismaël Sow, a exprimé sa profonde inquiétude face à cette situation qu’il juge particulièrement préoccupante pour l’avenir du secteur. Selon lui, de nombreux vendeurs ont été contraints de repartir avec une partie importante de leurs troupeaux après la fête du sacrifice, faute d’avoir trouvé des acheteurs.
Cette année, les principaux marchés à bétail de la région de Thiès avaient pourtant enregistré des arrivages massifs de moutons en provenance de différentes localités du Sénégal et de plusieurs pays de la sous-région. Les foires de Séw-Khaye, Touba-Toul, Khombole et le marché du Champ des courses de Thiès ont connu une forte présence de vendeurs venus profiter de cette période traditionnellement considérée comme le moment le plus important de l’année pour le commerce du bétail.
Mais contrairement aux attentes, l’affluence observée dans ces différents sites ne s’est pas traduite par une hausse significative des ventes. De nombreux acheteurs se sont présentés sur les marchés pour comparer les prix et évaluer les offres disponibles, sans toutefois concrétiser leur achat. Les éleveurs attribuent cette situation à un décalage important entre le prix des moutons proposés et les capacités financières réelles des ménages.
Dans plusieurs marchés, les prix des animaux ont atteint des niveaux jugés excessifs par une partie de la population. Les moutons de race, particulièrement prisés à l’occasion de la Tabaski, ont été parmi les plus touchés par ce phénomène. Leur coût élevé a découragé de nombreux chefs de famille, déjà confrontés à un contexte économique difficile marqué par la hausse du coût de la vie.
À Séw-Khaye, considéré comme le plus grand foirail du Sénégal et l’un des principaux centres de commercialisation du bétail en Afrique de l’Ouest, les opérateurs s’attendaient à une campagne exceptionnelle en raison de l’abondance de l’offre. Pourtant, plusieurs jours après la fête, un nombre important de moutons demeuraient encore sur place ou avaient déjà été reconduits vers les localités d’origine de leurs propriétaires.
Le phénomène a également été observé à Touba-Toul, marché de référence pour les grandes fêtes religieuses, ainsi qu’à Khombole et dans plusieurs autres points de vente de la région. Partout, le constat reste le même : les ventes ont été inférieures aux prévisions et les pertes enregistrées par les éleveurs sont considérables.
Pour Ismaël Sow, cette situation reflète les difficultés structurelles auxquelles est confrontée la filière. Au-delà de la seule question des prix, il estime que le secteur souffre d’un manque d’accompagnement durable et de politiques publiques adaptées aux réalités des éleveurs. Les charges liées à l’alimentation du bétail, au transport, aux soins vétérinaires et à la logistique ont fortement augmenté ces dernières années, poussant les vendeurs à répercuter une partie de ces coûts sur les prix de vente.
Cependant, cette augmentation des prix intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages continue de subir les effets de la hausse généralisée du coût de la vie. Pour de nombreuses familles, les dépenses liées à l’alimentation, au logement, à l’éducation ou encore à la santé ont considérablement réduit les marges financières disponibles pour l’achat du mouton de Tabaski.
Cette réalité est également soulignée par le député-maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, qui constate que les difficultés économiques rencontrées par les populations ont lourdement pesé sur le marché du bétail cette année. Selon lui, l’abondance de l’offre n’a pas suffi à stimuler la demande en raison des contraintes financières auxquelles sont confrontés de nombreux ménages.
Face à l’ampleur des pertes enregistrées, plusieurs acteurs du secteur appellent désormais les autorités à prendre des mesures fortes. Parmi les revendications exprimées figure la création d’un département ministériel entièrement consacré à l’élevage. Les professionnels estiment qu’un ministre spécifiquement chargé de ce secteur pourrait mieux porter leurs préoccupations et mettre en œuvre des politiques adaptées aux enjeux de production, de commercialisation et de valorisation du cheptel national.
Pour les éleveurs, la Tabaski 2026 pourrait ainsi marquer un tournant dans la réflexion sur l’avenir de la filière. Si le Sénégal demeure l’un des principaux pays d’élevage de la sous-région, les difficultés rencontrées cette année mettent en évidence la nécessité d’une meilleure régulation du marché, d’un accompagnement accru des producteurs et d’une stratégie permettant de concilier rentabilité pour les éleveurs et accessibilité des prix pour les consommateurs.
Alors que les troupeaux prennent désormais le chemin du retour vers les différentes zones d’élevage du pays, les professionnels espèrent que les enseignements de cette campagne seront pris en compte afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise lors des prochaines fêtes religieuses. Pour beaucoup d’entre eux, la question dépasse désormais le simple cadre de la Tabaski et pose plus largement celle de la viabilité économique d’un secteur qui fait vivre des milliers de familles à travers le Sénégal.
La communauté mouride traverse une journée de profonde tristesse suite au rappel à Dieu de Serigne Cheikh Saliou Mbacké, survenu ce vendredi à Khelcom. Une disparition qui émeut profondément les disciples mourides et au-delà, tant l’homme était respecté pour sa discrétion, sa générosité et son engagement au service de l’islam et de l’œuvre de Serigne Touba.
Fils aîné de Serigne Saliou Mbacké, cinquième khalife général des Mourides, Serigne Cheikh Saliou Mbacké occupait une place particulière au sein de la confrérie. Héritier d’une tradition de foi, de travail et de dévouement, il s’était distingué par son implication dans la construction de mosquées et dans plusieurs initiatives religieuses et sociales à travers le pays.
Son rappel à Dieu en ce jour de Yawmu Al Juma, considéré comme un jour béni dans la tradition musulmane, revêt une forte portée symbolique pour les fidèles. Beaucoup retiennent de lui l’image d’un homme humble, attaché aux valeurs religieuses et profondément engagé dans le service à la communauté.
Depuis l’annonce de son décès, les témoignages affluent de toutes parts pour saluer la mémoire d’un homme pieux et respecté. Plusieurs dignitaires religieux, autorités et fidèles ont exprimé leur compassion à la famille de Serigne Saliou Mbacké ainsi qu’au khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké.
Cette disparition constitue une lourde perte pour la confrérie mouride et pour tous ceux qui ont connu l’engagement spirituel et social du défunt.
Pour son tout premier discours en tant que président de Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko a tenté d’afficher une posture d’apaisement tout en affirmant sa volonté de renforcer le rôle du Parlement dans le fonctionnement des institutions.
Face aux députés, le nouveau président de l’Assemblée nationale a assuré qu’il n’utiliserait pas l’institution parlementaire comme un outil de règlement de comptes politiques ou personnels.
« Je n’utiliserai pas cette assemblée pour nourrir des vendettas personnelles », a déclaré Ousmane Sonko, dans une volonté apparente de rassurer aussi bien l’opposition que les acteurs institutionnels.
Tout en rejetant toute logique de revanche, l’ancien Premier ministre a toutefois annoncé une Assemblée nationale beaucoup plus active dans le contrôle de l’action gouvernementale. Il a insisté sur les principes de transparence, de reddition des comptes et de défense de la souveraineté populaire, affirmant que le Parlement exercera pleinement ses prérogatives constitutionnelles.
Ce discours intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, quelques jours seulement après son limogeage de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye et son accession rapide au perchoir de l’Assemblée nationale.
Derrière le ton conciliant affiché, plusieurs observateurs y voient également un message politique adressé à l’exécutif. En affirmant que le Parlement jouera son rôle « sans complaisance », Ousmane Sonko semble vouloir marquer son indépendance et rappeler que l’Assemblée nationale entend désormais peser davantage dans l’équilibre des pouvoirs.
À peine installé à la présidence de Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko a adressé ses premières critiques à l’endroit de l’exécutif, révélant au grand jour les tensions persistantes au sommet du pouvoir.
Lors de sa prise de parole après son élection, l’ancien Premier ministre s’est montré particulièrement critique sur les conditions de formation du nouveau gouvernement dirigé par Al Aminou Lo. Selon lui, le parti Pastef n’aurait pas été suffisamment associé aux discussions ayant conduit à la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale.
« On ne peut pas faire du Pastef sans Pastef », a déclaré Ousmane Sonko, dans une phrase qui sonne comme un avertissement adressé à l’exécutif.
Cette sortie intervient seulement quelques heures après son élection à la tête du Parlement, et quelques jours après son limogeage du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye. Elle confirme ainsi l’existence de profondes divergences entre les différentes composantes du pouvoir, malgré leur appartenance commune au projet politique porté par Pastef.
En affichant publiquement son désaccord dès son arrivée au perchoir, Ousmane Sonko semble vouloir réaffirmer son poids politique au sein de la majorité et rappeler que le parti reste, selon lui, un acteur incontournable dans les grandes décisions de l’État.
Cette nouvelle configuration institutionnelle ouvre désormais une période d’incertitude politique, avec un président de l’Assemblée nationale au ton offensif face à un exécutif en pleine recomposition. Les prochains jours permettront de mesurer l’ampleur réelle des tensions entre les deux pôles du pouvoir.
L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a été élu ce mardi 26 mai à la tête de Assemblée nationale du Sénégal, à l’issue d’un vote largement dominé par la majorité parlementaire de Pastef. Sur les 133 députés ayant pris part au scrutin, 132 ont voté en faveur de l’ancien chef du gouvernement, soit 99,25 % des suffrages exprimés. L’opposition parlementaire, qui a boycotté la séance, dénonce un « braquage institutionnel » et un « coup d’État constitutionnel ».
Cette élection intervient seulement 72 heures après le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, après plusieurs mois de tensions et de divergences au sommet de l’État. Ce changement brutal à la tête du gouvernement a immédiatement provoqué une reconfiguration du paysage politique sénégalais.
Dans la foulée de ce limogeage, El Malick Ndiaye, jusque-là président de l’Assemblée nationale, a écourté un déplacement officiel en Égypte afin de rentrer à Dakar et remettre sa démission. Très proche d’Ousmane Sonko, il a ainsi ouvert la voie à l’installation de ce dernier au perchoir.
La désignation d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale est toutefois loin de faire l’unanimité. Au cœur de la controverse : son statut de député.
Élu lors des législatives de novembre 2024, Sonko avait ensuite été nommé Premier ministre, une fonction incompatible avec celle de parlementaire. À l’époque, il avait choisi de « suspendre » son mandat de député sans jamais siéger officiellement à l’Assemblée nationale.
Pour l’opposition, cette décision équivaut à une renonciation définitive à son siège parlementaire, ce qui rendrait illégale sa réintégration puis son accession au perchoir. Les partisans de Sonko rejettent catégoriquement cette interprétation, soutenant que la Constitution ainsi que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale autorisent pleinement son retour.
Parmi les voix les plus critiques figure Thierno Alassane Sall, député du groupe des non-inscrits, qui avait dénoncé une tentative de « provoquer une crise institutionnelle majeure » à travers l’installation de Sonko à la tête du Parlement.
Avec cette élection, Ousmane Sonko conserve une position stratégique majeure dans les institutions sénégalaises malgré son départ de la Primature. Cette nouvelle configuration politique pourrait toutefois accentuer les tensions entre le pouvoir, l’opposition et certains acteurs de la société civile, alors que le débat sur la légalité de cette nomination continue d’alimenter la scène politique nationale.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a nommé ce lundi Al Amine Lo au poste de Premier ministre, mettant ainsi fin aux spéculations qui entouraient la succession d’Ousmane Sonko. Cette désignation intervient seulement 72 heures après le limogeage du chef du gouvernement sortant et la dissolution de l’équipe gouvernementale.
Jusqu’à sa nomination, Al Amine Lo occupait les fonctions de Secrétaire général du gouvernement, un poste stratégique qui lui a permis de suivre de près l’ensemble des dossiers administratifs et institutionnels de l’État. Connu pour sa discrétion et sa maîtrise des rouages de l’administration publique, il accède désormais à la tête du gouvernement dans un contexte politique particulièrement sensible.
Cette nomination intervient à la suite d’un épisode politique majeur marqué par la fin de la collaboration entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko au sommet de l’Exécutif. Le départ de ce dernier, annoncé vendredi par décret présidentiel, avait provoqué une onde de choc dans le paysage politique sénégalais, tant les deux hommes avaient incarné ensemble l’alternance politique de mars 2024 sous la bannière de Pastef.
Depuis cette décision, les interrogations étaient nombreuses sur l’orientation que le chef de l’État entendait donner à la nouvelle phase de son mandat. En choisissant Al Amine Lo, Bassirou Diomaye Faye opte pour un profil davantage technocratique et institutionnel, loin des joutes politiques qui ont marqué les derniers mois de cohabitation au sein de l’Exécutif.
Le nouveau Premier ministre aura la lourde responsabilité de former une nouvelle équipe gouvernementale et de poursuivre la mise en œuvre des réformes engagées depuis l’arrivée au pouvoir du régime actuel. Il devra également faire face à plusieurs défis majeurs, notamment la situation économique du pays, les attentes sociales des populations, la question de la gouvernance publique ainsi que les réformes institutionnelles en cours.
Cette nomination ouvre ainsi une nouvelle séquence politique au Sénégal. Elle marque le début d’une recomposition au sommet de l’État après la rupture entre les deux figures centrales de l’alternance de 2024. Les prochains jours seront particulièrement scrutés, notamment avec l’annonce attendue de la composition du nouveau gouvernement et les premières orientations que donnera Al Amine Lo à son action à la Primature.
À travers ce choix, le président Bassirou Diomaye Faye semble vouloir assurer la continuité de l’État tout en imprimant une nouvelle dynamique à son quinquennat, dans un contexte où les attentes des Sénégalais restent fortes sur les plans économique, social et institutionnel.
Mohammed VI a accordé une Grâce Royale à quinze supporters sénégalais détenus au Maroc, à la suite d’infractions commises durant la Coupe d’Afrique des Nations 2025-2026.
L’annonce a été faite à travers un communiqué officiel des autorités marocaines, précisant que cette décision du souverain intervient « pour des considérations humaines » à l’occasion de l’Aïd Al Adha.
Selon le communiqué, cette mesure exceptionnelle s’inscrit également dans le cadre des relations historiques et fraternelles entre le Sénégal et le Maroc. Les autorités marocaines ont rappelé que les deux pays entretiennent depuis plusieurs décennies des liens étroits de coopération, d’amitié et de solidarité.
Le document souligne que cette Grâce Royale traduit les valeurs de « clémence, bienveillance, générosité et esprit de tolérance » qui caractérisent le Royaume du Maroc. À travers ce geste, le Roi Mohammed VI réaffirme aussi sa volonté de consolider davantage les relations entre Rabat et Dakar.
Les quinze supporters sénégalais avaient été condamnés à la suite d’incidents survenus pendant les compétitions de la CAN organisées au Maroc entre le 21 décembre 2025 et le 18 janvier 2026. Aucune précision supplémentaire n’a été donnée sur la nature exacte des infractions commises.
Cette décision royale est largement perçue comme un geste diplomatique fort et un symbole de fraternité entre les peuples sénégalais et marocain, particulièrement à un moment marqué par les célébrations religieuses et les valeurs de pardon et de solidarité.
Un acte vient de s’accomplir. Le 22 mai 2026 demeurera dans les mémoires comme le jour où le Président Faye a pris ses distances avec celui qui fut son mentor politique.
Par décret N°2026-1128 du 22 mai 2026, le Président Faye a mis fin aux fonctions du Premier ministre, le Président du Parti Pastef, Ousmane Sonko, dissout le gouvernement, et effacé d’un trait de plume le serment « Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye » qui les avait portés au pouvoir en 2024.
En mars 2026, alors que le Président Faye préparait déjà ce tournant en créant sa propre coalition « Diomaye Président » dans le dos de Sonko, le Premier ministre menaçait déjà de rejoindre l’opposition si son président s’écartait du projet commun. Il dénonçait haut et fort le « manque d’autorité » de celui qu’il avait lui-même désigné pour être son bras armé.
Il y a à peine trois semaines, le Président Faye prévenait : « Si Sonko reste Premier ministre, c’est parce qu’il a ma confiance. Quand ce ne sera plus le cas, il y aura un nouveau Premier ministre ». La sentence est tombée. Elle était écrite d’avance et postule à l’ivresse du pouvoir et la longue nuit des parricides politiques.
L’ivresse du pouvoir et la longue nuit des parricidespolitiques
Diomaye Faye n’est pas le premier à succomber à cette fièvre. L’histoire politique est une galerie de ceux qui, grisés par les hauteurs du pouvoir, ont écarté le père ou relégué le frère ou l’allié politique.
César franchissait le Rubicon après avoir brisé l’alliance avec Pompée, son allié politique, devenu son gendre. Rome ne lui pardonnera pas, livrant son corps aux poignards du Sénat.
Tout près de chez nous, au pays de la Terranga trahie, Léopold Sédar Senghor éloignait Mamadou Dia, son Premier ministre, son compagnon de la construction nationale, pour le faire condamner à perpétuité.
Mamadou Dia, père de l’indépendance économique, penseur du développement endogène, fut jeté en prison par celui avec qui il avait partagé le combat anticolonial. La raison officielle : une tentative de coup d’État présumée. La raison véritable : tout comme le Président Ousmane Sonko, Mamadou Dia avait osé être trop populaire, trop visionnaire, trop constant dans ses idéaux. Senghor, lui, avait choisi la traitrise et l’alliance avec les forces conservatrices, rétrogrades et réactionnaires, y compris avec les anciennes puissances coloniales. En un mot il a opté pour le parricide politique, en lieu et place à la loyauté.
Mais c’est du Népal que nous vient l’exemple le plus tragique, le plus littéral, le plus glaçant de ce qu’un fils, un allié peut faire à son père quand l’ivresse du pouvoir et la perte de repères s’en mêlent.
Le 1er juin 2001, le palais royal de Katmandou a été le théâtre d’un parricide réel, sanglant, irréversible. Le prince héritier Dipendra, sous l’emprise d’une colère noire, a ouvert le feu sur sa propre famille. Il a abattu son père, le roi Birendra, sa mère la reine Aishwarya, son frère, sa sœur, et plusieurs autres membres de la famille royale.
Dipendra n’a pas simplement écarté son père. Il l’a anéanti. Puis il s’est retourné contre lui-même, vivant assez longtemps pour être proclamé roi une demi-journée avant de quitter ce monde. L’histoire retient de ce crime absolu un symbole : l’enfant qui dévore le parent pour prendre sa place, même au prix de sa propre fin.
Avec la froideur des décrets présidentiels au lieu des armes, le Président Faye a écarté politiquement Ousmane Sonko, son mentor politique, celui qui l’a choisi, formé, porté, et qui lui a transmis une ligne claire : la souveraineté d’abord, la reddition des comptes, la justice pour les martyrs.
Comme Dipendra, il a préféré évincer le père, l’allié plutôt que de partager l’héritage des promesses de campagnes faites à tout un peuple. Comme Dipendra, il a commis cet acte en pensant qu’il pourrait désormais présider seul, sans entrave, sans regard en arrière. Comme Senghor, Comme Abdoulaye Wade, comme avec Macky Sall, peut-être, il court vers sa propre issue sombre.
Mais la différence, c’est que Dipendra a payé de sa vie. Le Président Faye, lui, espère simplement que le peuple oubliera, que la République digérera ce changement de cap, que l’histoire se souviendra de lui comme d’un grand président qui a su oublier et su opérer une rupture et un revirement à 360 degrés en sacrifiant ces alliés naturels issus de Pastef et de ses alliés au profit d’une collaboration avec ces ennemis d’hier.
La collaboration nouvelle avec d’anciens adversaires
Cette rupture ne s’arrête pas là. Le Président Faye ouvre aujourd’hui les portes du palais à ceux qu’il avait juré de combattre : des figures issues de réseaux de prédation longtemps dénoncés.
Sous le Président Ousmane Sonko, le gouvernement refusait toute compromission avec certaines anciennes forces politiques. Aujourd’hui, des personnalités éminentes de ces sphères sont reçues dans l’entourage présidentiel. Des conseillers issus de cercles que Sonko promettait de démanteler sont à des postes clés.
Des hauts fonctionnaires ayant servi sous le régime précédent comme l’ancien Premier ministre Amadou Ba que le Président Faye avait jugé incapable de rester dans la droiture sontconsultés, au nom d’un dialogue national anachronique que l’honorable Député Guy Marius Sagna qualifiait de « dealogue » au Palais. Ousmane Sonko a dit non à ces reniements et ralliements opportunistes. Pour cette constance, il a été écarté et limogé avec l’ensemble de son gouvernement, qui espérons-le, agiront après sous le sceau de la solidarité silencieuse
La solidarité silencieuse : une posture individuelle que l’on attend de chaque ministre limogé
Face à ce limogeage, un test moral se dresse désormais devant chaque membre du gouvernement limogé. Le président Faye, dans les jours qui viennent, va nommer une nouvelle équipe. Il va sans doute approcher certains de ces désormais ex ministres, les uns après les autres, pour les sonder, les convaincre, peut-être les reconduire à leurs postes ou leur en proposer d’autres.
C’est à ce moment précis que la conscience de chacun sera mise à nu. Refuser, par fidélité et par solidarité avec Ousmane Sonko, toute proposition de reconduction à un poste ministériel : voilà l’acte que beaucoup, dans l’entourage de l’ancien Premier ministre, devrait considérer comme le seul digne.
Il ne s’agit pas d’une injonction. Il s’agit d’une évidence pour ceux qui veulent rester droits et loyaux.
Accepter un poste dans le gouvernement de celui qui vient de limoger le Président Ousmane Sonoko, c’est, aux yeux de ses partisans, cautionner la rupture, légitimer l’éviction, tourner le dos au pacte fondateur. C’est choisir le pouvoir personnel contre la loyauté. C’est entrer dans la logique du vainqueur – celui qui a écarté le père politique.
Aussi, l’opinion observe. Les militants retiennent leur souffle. Chaque ancien ministre sait désormais que son nom sera jugé. Ceux qui refuseront toute offre entreront dans la mémoire comme des fidèles parmi les fidèles. Ceux qui accepteront, au contraire, resteront marqués du sceau de l’opportunisme.
Ainsi, dans l’idéal, aucun des ministres de l’équipe Sonko ne devrait siéger dans le gouvernement Diomaye. Par solidarité. Par cohérence. Par respect pour celui qui les a choisis et qui, aujourd’hui, paie sa constance.
Conclusion : la fin d’une ère
En éloignant Ousmane Sonko, en nouant des liens avec d’anciens adversaires, le Président Faye clôt un chapitre de sa propre légitimité morale.
Il rejoint César dans sa démesure, Senghor dans son geste envers Mamadou Dia, et le tragique prince Dipendra dans cet acte ultime : mettre à distance le père pour présider seul.
Ousmane Sonko quitte la Primature la tête haute, seul dépositaire d’une promesse de souveraineté non violée. Constant jusqu’au bout, fidèle à sa ligne rouge, et désormais entouré d’ex ministres qui, par solidarité, devraient refuser et de servir sous une autre bannière. Comme Mamadou Dia, comme tous ceux qui ont payé leur fidélité à la dignité nationale de leur place au pouvoir.
Le peuple, lui, n’a pas oublié. Et dans les démocraties, le jugement dernier ne se passe pas au palais, mais dans les urnes.
César est tombé. Senghor a vu son régime contesté jusqu’à sa succession. Dipendra a retourné l’arme contre lui-même. Le Président Faye vient de se tailler une place dans cette triste galerie.
Quant aux ministres qui, par fidélité, auront choisi de tomber avec leur Premier ministre plutôt que de survivre individuellement, ils entreront dans une autre légende : celle de la dignité politique.
Post Scritum : A méditer Verset 10 Sourate 57 : Et qu’avez-vous à ne pas dépenser dans le chemin d’Allah, alors que c’est à Allah qu’appartient l’héritage des cieux et de la terre ? On ne peut comparer cependant celui d’entre vous qui a dépensé et combattu avant la conquête… Ces derniers sont plus hauts en hiérarchie que ceux qui ont dépensé et combattu après. Or, à chacun, Allah a promis la plus belle récompense. Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. »
Al-Bukhârî rapporte qu’un homme demanda au Prophète : « Y a-t-il quelqu’un plus méritant que celui qui embrassa l’Islam puis combattit comme nous ? » Le Prophète répondit : « Ils ne peuvent pas être comparés à ceux qui combattirent avant la conquête, car ceux-là risquèrent leurs vies et leurs biens alors que l’Islam était faible. Vous, vous êtes en sécurité.
Mamadou Baba HANN
Doctorant en droit public
Le Président Bassirou Diomaye Faye a mis fin, ce vendredi 22 mai 2026, aux fonctions du Premier Ministre Ousmane Sonko, entraînant de facto la dissolution de l’ensemble du gouvernement. La décision, formalisée par le décret n° 2026-128, marque un tournant majeur dans la vie politique sénégalaise.
Les membres du gouvernement sortant ont été instruits d’expédier les affaires courantes dans l’attente de la constitution d’une nouvelle équipe gouvernementale. Aucune indication n’a été donnée à ce stade sur le calendrier de nomination d’un nouveau Premier Ministre.
Cette rupture consomme officiellement les tensions qui opposaient depuis plusieurs mois le chef de l’État et son Premier Ministre, figures jadis alliées du mouvement Pastef, dont les divergences s’étaient progressivement étalées sur la scène publique.
Une divergence au sommet de l’État s’est invitée au cœur des débats parlementaires. Face aux députés, le Premier ministre Ousmane Sonko a révélé l’existence d’un désaccord avec le président de la République Bassirou Diomaye Faye sur la question sensible du contrôle des fonds politiques, un sujet pourtant érigé en symbole de rupture et de transparence par le pouvoir actuel durant la campagne présidentielle.
Prenant la parole devant l’Assemblée nationale, le chef du gouvernement est revenu sur l’initiative portée par le député Guy Marius Sagna visant à encadrer légalement l’utilisation et le contrôle des fonds politiques. Ousmane Sonko a expliqué ne pas avoir adhéré à la démarche dans sa forme, considérant qu’une réforme d’une telle portée devait être initiée directement par l’exécutif et non par le Parlement.
Selon le Premier ministre, il avait rapidement attiré l’attention du président de la République sur la nécessité pour le gouvernement de prendre les devants sur ce dossier hautement sensible, afin d’éviter toute impression d’inaction sur une promesse majeure de gouvernance.
Mais d’après les propos rapportés par Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye aurait préféré adopter une position plus prudente. Le chef de l’État lui aurait demandé de lui laisser le temps d’apprécier les implications et la faisabilité de la réforme avant toute décision définitive. Une réponse interprétée par certains observateurs comme une volonté de temporiser sur un sujet politiquement délicat.
Visiblement déterminé à accélérer le processus, Ousmane Sonko a toutefois laissé entendre qu’il ne comptait pas attendre indéfiniment. Devant les parlementaires, il a clairement averti que si aucune orientation n’était rapidement arrêtée par la présidence, il pourrait lui-même introduire le projet de réforme en Conseil des ministres pour son adoption par le gouvernement.
Cette déclaration publique met en lumière des différences d’approche entre les deux principales figures de l’exécutif sénégalais. Alors que Bassirou Diomaye Faye semble privilégier une démarche progressive et mesurée, Ousmane Sonko affiche une volonté d’aller vite sur les réformes liées à la gouvernance et à la transparence.
Al Nassr a conclu sa saison en apothéose en s’adjugeant le titre de champion de la Saudi Pro League au terme de la 34e et dernière journée. Porté par une attaque de gala et une maîtrise collective aboutie, le club saoudien a largement dominé Damac sur le score de 4-1, ce jeudi, validant ainsi une saison aboutie et historique.
Dans une rencontre décisive disputée sous forte pression, les hommes d’Al Nassr ont rapidement pris les commandes du match grâce à une intensité offensive constante. L’international sénégalais Sadio Mané a une nouvelle fois joué un rôle central dans l’animation offensive, apportant sa vitesse et sa justesse technique dans les phases de transition. À ses côtés, Cristiano Ronaldo a confirmé son statut de leader et de finisseur, inscrivant un doublé déterminant qui a fait basculer la rencontre en faveur de son équipe.
Le club saoudien Al Nassr a également pu compter sur l’apport de Kingsley Coman, précieux dans les phases offensives par ses percussions et sa capacité à déstabiliser la défense adverse. Cette complémentarité entre stars internationales a permis à Al Nassr de prendre progressivement l’ascendant sur une équipe de Damac souvent dépassée par le rythme imposé.
En face, Damac FC a tenté de résister mais a fini par céder face à la supériorité technique et physique de son adversaire. Malgré un but inscrit, les visiteurs n’ont jamais réellement été en mesure d’inquiéter durablement le futur champion.
Avec ce succès final, Al Nassr décroche son premier titre majeur en Arabie saoudite et marque un tournant dans son histoire récente. Ce sacre vient récompenser une saison régulière dominée dans le cadre de la Saudi Pro League, au cours de laquelle le club a su allier puissance offensive, expérience internationale et constance dans les résultats.
Cheikh Ahmeth Tidiane Thiam, directeur des ressources humaines de l’AGEROUTE, a été licencié pour faute lourde. Cette décision intervient peu après ses accusations publiques à l’encontre du directeur général, Moustapha Fall.
Dans un communiqué signé par le DG, il est reproché à l’ex-DRH d’avoir tenu des « propos mensongers ». Selon Moustapha Fall, ces actes « nuisent gravement » aux intérêts supérieurs de l’AGEROUTE et traduisent un « manque de loyauté inédit » à l’égard de la Direction générale.
Ci-dessous l’intégralité du texte.
Monsieur le Directeur des Ressources Humaines,
Dans l’après-midi du 13 mai 2026, vous avez tenu un point de presse en direct largement diffusé dans les réseaux sociaux et les médias notamment Seneweb ayant pour sujet la gouvernance de l’AGEROUTE depuis ma nomination.
Au cours de votre sortie, vous avez tenu des propos mensongers à mon égard et divulgué des informations internes et confidentielles de l’AGEROUTE au grand public.
Vous avez également évoqué des faits relatifs à des choix stratégiques propres à mon arrivée dans l’Agence et tenté de créer un malaise entre la Direction Générale et ses collaborateurs.
Ce point de presse aux relents politiques a porté gravement atteinte à l’image et au crédit de l’institution, créant ainsi un malaise en interne et vis à vis de nos différents partenaires.
Ces faits sont constitutifs de fautes lourdes parce qu’il s’agit d’actes de défiance et d’insubordination manifeste et intolérables eu égard au poste que vous occupez, à savoir l’encadrement du personnel.
Par ailleurs, ces actes nuisent gravement aux intérêts supérieurs de l’AGEROUTE et traduisent un manque de loyauté inédit à l’égard de la Direction Générale.
Pour toutes ces raisons évoquées, je vous notifie par la présente, votre licenciement pour fautes lourdes avec effet immédiat entrainant toutes les conséquences de droit.
Votre solde de tout compte, incluant le reliquat de salaire dû jusqu’à ce jour et le paiement des congés payés non pris (hors indemnités supprimées pour faute lourde), sera tenu à votre disposition au service comptable après inventaire des effets de service.
Vous êtes tenu de restituer sans délai l’ensemble des biens de l’AGEROUTE en votre possession: véhicule, ordinateur portable, téléphone, badges d’accès, documents confidentiels et tout matériel bureautique et/ou informatique en présence d’un huissier et d’un représentant de l’AGEROUTE dès le lundi 18 mai 2026.
A
Monsieur Cheikh Ameth Tidiane THIAM
Directeur des Ressources Humaines AGEROUTE
Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a décidé de durcir le ton face à l’occupation irrégulière des espaces situés sous les autoponts, échangeurs et autres ouvrages publics de la capitale. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 15 mai, l’autorité administrative annonce une série de mesures visant à mettre fin à ce qu’elle qualifie d’occupation anarchique du domaine public.
Selon le gouverneur, les services administratifs ont constaté ces derniers mois une recrudescence de la présence irrégulière de personnes et d’installations dans plusieurs zones de la région de Dakar. Cette situation concerne notamment les espaces aménagés sous les autoponts et échangeurs, devenus progressivement des lieux d’occupation informelle.
Le communiqué évoque plusieurs formes d’occupation jugées problématiques par les autorités. Il s’agit notamment de l’installation d’abris de fortune, de l’exercice d’activités commerciales non autorisées, du stationnement désordonné de motos, de charrettes et de divers matériels, mais aussi de l’utilisation de ces lieux comme espaces d’hébergement nocturne.
Pour Ousmane Kane, ces pratiques représentent une menace sérieuse pour l’ordre public et la sécurité collective. L’autorité administrative estime qu’elles portent atteinte à la salubrité publique, favorisent l’insécurité et risquent également d’endommager les infrastructures routières concernées.
Le gouverneur souligne également que ces occupations irrégulières constituent un facteur de vulnérabilité sécuritaire, dans un contexte où les ouvrages publics jouent un rôle stratégique dans la circulation et la mobilité urbaine dans la capitale. Selon lui, ces installations entravent parfois la libre circulation et compliquent certaines opérations de surveillance ou d’intervention des services de sécurité.
Face à cette situation, le gouverneur de Dakar rappelle désormais l’interdiction formelle d’élire domicile ou de passer la nuit sous les autoponts, échangeurs et autres infrastructures publiques. Il interdit également l’implantation d’abris de fortune, l’exercice d’activités commerciales ou de gardiennage non autorisées ainsi que le stationnement anarchique de motos, véhicules, charrettes ou équipements divers dans ces espaces.
Dans son communiqué, Ousmane Kane annonce que les services compétents de l’État seront mobilisés pour faire appliquer ces mesures. Les Forces de défense et de sécurité, en collaboration avec les collectivités territoriales et les services techniques concernés, mèneront des opérations de contrôle et de libération systématique des espaces occupés de manière irrégulière.
Cette décision s’inscrit dans une volonté plus large des autorités de renforcer l’ordre public, d’améliorer le cadre de vie urbain et de préserver les infrastructures publiques dans une capitale confrontée à une forte pression démographique et à une occupation souvent désorganisée de l’espace public.
En conclusion, le gouverneur appelle les populations au respect strict des règles encadrant l’occupation du domaine public. Il invite également les citoyens à faire preuve de civisme, de responsabilité et de vigilance afin de contribuer à la préservation de la sécurité collective, de la salubrité publique et de l’intégrité des infrastructures routières de la région de Dakar.
L’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla estime que le débat actuel autour des supposées « dettes cachées » contractées sous le régime de Macky Sall ne doit pas masquer ce qu’il considère comme le véritable danger économique pour le Sénégal : l’explosion continue de la dette extérieure publique et privée en monnaie étrangère.
Intervenant lors d’une rencontre d’experts organisée par le réseau IDEAS-Africa Network, l’économiste a dressé un constat particulièrement alarmant sur l’évolution de l’endettement sénégalais au cours des deux dernières décennies.
Selon lui, les « dettes cachées » souvent évoquées dans le débat public ne constituent qu’une partie limitée d’un problème beaucoup plus large. « Les dettes cachées ne sont pas l’arbre qui cache la forêt », a-t-il déclaré devant les participants.
Ndongo Samba Sylla affirme distinguer trois niveaux de crise dans le cas sénégalais. Le premier concerne les dettes cachées et les éventuelles irrégularités juridiques ou institutionnelles liées à certains emprunts contractés sous l’ancien régime. Le deuxième, qu’il juge beaucoup plus grave, est celui d’une dette extérieure devenue structurellement insoutenable. Enfin, le troisième niveau touche au fonctionnement du système de paiement international, qu’il considère défavorable aux pays déficitaires comme le Sénégal.
L’économiste estime que la dynamique d’endettement du pays s’est progressivement aggravée au fil des années. Selon ses chiffres, le stock de dette publique extérieure du Sénégal aurait été multiplié par onze entre 2006 et 2023.
Il souligne également que l’endettement du secteur privé en devises suit la même tendance haussière. À ses yeux, cette dépendance croissante à l’endettement extérieur expose fortement l’économie sénégalaise aux risques de change et aux tensions sur les marchés financiers internationaux.
Ndongo Samba Sylla rappelle qu’après les annulations de dette intervenues dans les années 2000, les ratios d’endettement avaient temporairement baissé avant de repartir fortement à la hausse. D’après lui, la dette publique extérieure représenterait aujourd’hui environ 80 % du revenu national brut, tandis que l’ensemble de la dette extérieure du Sénégal atteindrait près de 130 %.
L’économiste critique également la logique ayant guidé plusieurs grands projets financés par emprunts extérieurs durant les dernières années. Selon lui, de nombreux investissements ont été financés en dollars ou en devises étrangères alors qu’ils ne génèrent pas directement de recettes en devises.
Il cite notamment des infrastructures comme le Train Express Régional ou le Bus Rapid Transit Dakar, qui produisent essentiellement des revenus en francs CFA alors que leur remboursement doit être effectué en monnaie étrangère.
Pour Ndongo Samba Sylla, cette situation fragilise durablement les équilibres financiers du pays. Il considère que la capacité réelle d’un État à supporter une dette extérieure dépend moins de son taux de croissance économique que de sa capacité à générer des recettes d’exportation et des réserves en devises.
L’économiste avance également des projections qu’il juge préoccupantes concernant les échéances futures. Selon lui, entre 2024 et 2026, le Sénégal devrait rembourser environ 9,5 milliards de dollars au titre de sa dette extérieure, soit davantage que sur l’ensemble des douze années du régime Macky Sall où le service de la dette extérieure aurait représenté 7,3 milliards de dollars.
Il estime par ailleurs que si aucune nouvelle dette n’était contractée durant le mandat du président Bassirou Diomaye Faye, le pays devrait malgré tout rembourser près de 15 milliards de dollars au cours des prochaines années.
Face à cette situation, Ndongo Samba Sylla appelle à distinguer clairement les enjeux juridiques liés aux dettes cachées des enjeux macroéconomiques liés à la soutenabilité globale de la dette extérieure.
Il plaide pour l’organisation d’un audit citoyen de la dette sénégalaise afin d’évaluer précisément les conditions dans lesquelles certains emprunts ont été contractés ainsi que leur impact réel sur l’économie nationale.
L’économiste demande également l’ouverture d’une enquête interne au sein du Fonds monétaire international (FMI) concernant les programmes d’endettement validés entre 2011 et 2023. Selon lui, les institutions financières internationales ont accompagné et cautionné des politiques d’endettement aujourd’hui jugées excessives et potentiellement dangereuses pour la stabilité financière du Sénégal.
L’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla a livré une analyse critique des mécanismes de la dette africaine lors d’une rencontre d’experts organisée à Dakar par le réseau IDEAS-Africa Network. Selon lui, les crises de dette qui frappent de nombreux pays africains ne s’expliquent pas principalement par un excès d’endettement, mais par une perte de contrôle sur les ressources financières et les devises générées par leurs économies.
Le Directeur Afrique de l’IDEAS a estimé que le débat sur la dette africaine est souvent abordé sous un angle erroné. D’après lui, plusieurs pays africains à revenus faibles ou intermédiaires disposent en réalité d’un niveau d’endettement relativement limité lorsqu’il est comparé à celui des grandes puissances économiques.
« Pour 129 pays, leur dette extérieure totale est inférieure à la seule dette fédérale de l’Allemagne », a-t-il expliqué, estimant que les États africains ne sont pas nécessairement « surendettés » au sens absolu du terme.
Ndongo Samba Sylla considère que le véritable problème réside surtout dans la nature de cette dette, contractée en monnaie étrangère. Selon lui, cette dépendance expose les économies africaines à des risques majeurs liés aux taux d’intérêt, aux fluctuations monétaires et aux difficultés de refinancement.
L’économiste souligne que les pays développés bénéficient d’un avantage déterminant : ils s’endettent principalement dans leur propre monnaie. Cette situation leur offre une plus grande marge de manœuvre budgétaire et monétaire.
Pour illustrer son propos, il cite le cas du Japon, dont la dette dépasse largement 200 % du PIB sans pour autant provoquer de défaut de paiement. À l’inverse, certains pays du Sud ont connu des crises de solvabilité avec des niveaux de dette beaucoup plus faibles.
Selon lui, les indicateurs classiques de dette rapportée au PIB ne permettent donc pas de comprendre réellement la vulnérabilité financière des pays africains.
Mais au-delà de la question monétaire, Ndongo Samba Sylla pointe également le rôle du système financier international et des multinationales dans les déséquilibres économiques du continent.
D’après lui, plusieurs pays africains disposent de ressources suffisantes pour faire face à leurs engagements financiers, mais ces ressources échappent en grande partie au contrôle des États. Il accuse les multinationales de rapatrier massivement les devises issues des exportations africaines sous forme de profits, de dividendes ou de flux financiers illicites.
L’économiste prend l’exemple du Ghana où, entre 2000 et 2020, les multinationales auraient rapatrié environ 18 milliards de dollars de profits et dividendes, soit davantage que les 16 milliards de dollars consacrés au service de la dette extérieure publique sur la même période.
Selon lui, si ces ressources restaient sous contrôle national, les États africains auraient beaucoup moins recours à des emprunts extérieurs coûteux.
Le cas de la Zambie est également cité comme illustration des failles du système actuel. Ndongo Samba Sylla rappelle que le pays avait fait défaut en 2020 sur un paiement d’environ 40 millions de dollars, alors même que des milliards de dollars issus des exportations de cuivre échappaient au circuit officiel de rapatriement.
À l’inverse, il met en avant des pays comme le Botswana ou la Libye qui, selon lui, ont pu limiter leur dépendance à l’endettement extérieur grâce à un meilleur contrôle de leurs ressources naturelles stratégiques.
Face à ces constats, l’économiste plaide pour une réforme profonde du système de paiement international afin de permettre aux pays africains de mieux contrôler les devises générées par leurs exportations.
Concernant les États de la zone CFA, Ndongo Samba Sylla défend également la mise en place de monnaies nationales émises par des banques centrales souveraines. Selon lui, cette réforme permettrait notamment au Sénégal de récupérer une partie importante des ressources actuellement perdues à travers les déficits extérieurs et les sorties de capitaux.
Il estime qu’une telle transformation réduirait considérablement le besoin d’austérité budgétaire souvent imposé aux pays africains dans le cadre des programmes de stabilisation économique.
Pour l’économiste, les politiques d’austérité appliquées dans plusieurs pays du continent ne sont pas seulement socialement coûteuses, elles sont également inutiles si des réformes structurelles permettent de restaurer la souveraineté monétaire et le contrôle des ressources financières nationales.
Le gouvernement sénégalais poursuit ses discussions avec les grandes institutions financières internationales dans un contexte marqué par les défis budgétaires et les ambitions de transformation économique du pays. Ce mardi 12 mai 2026, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a reçu une délégation de la Banque mondiale pour une séance de travail consacrée à la situation macroéconomique, budgétaire et financière du Sénégal.
Cette rencontre intervient alors que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’entretenait au même moment avec la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, dans le cadre des consultations engagées avec les partenaires financiers internationaux.
Selon une note publiée par le ministère de l’Économie, les échanges avec la Banque mondiale ont porté sur plusieurs questions stratégiques liées aux perspectives de croissance du Sénégal, à la stabilité des finances publiques ainsi qu’aux besoins de financement de l’économie nationale dans un environnement international jugé particulièrement contraint.
Le ministre Abdourahmane Sarr a mis en avant l’importance du partenariat entre le Sénégal et la Banque mondiale, notamment pour soutenir les secteurs considérés comme prioritaires par les nouvelles autorités. Il a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de financements en faveur des projets à fort impact économique et social, dans un contexte où le gouvernement affiche sa volonté d’accélérer les réformes structurelles et de renforcer la souveraineté économique du pays.
Les discussions ont également porté sur les mécanismes permettant d’améliorer la résilience économique du Sénégal face aux chocs extérieurs. Les autorités sénégalaises cherchent notamment à consolider les équilibres macroéconomiques tout en poursuivant les investissements dans les infrastructures, l’emploi, l’agriculture, l’énergie et les politiques sociales.
La délégation de la Banque mondiale était conduite par Seynabou Sakho, qui a salué les efforts entrepris par les autorités sénégalaises pour renforcer la gouvernance économique et améliorer le cadre des politiques publiques.
Selon le ministère, la Banque mondiale a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le Sénégal à travers différents instruments de financement et d’assistance technique. Cette coopération devrait notamment soutenir les projets de développement liés à la transformation économique, à la réduction de la pauvreté et au renforcement de la croissance inclusive.
Cette séquence diplomatique et économique intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à rassurer ses partenaires financiers internationaux après plusieurs mois marqués par des débats autour de la dette publique, des équilibres budgétaires et des réformes économiques engagées par les nouvelles autorités.
Le gouvernement sénégalais multiplie ainsi les échanges avec les institutions financières internationales afin de consolider les partenariats existants et d’attirer de nouveaux financements destinés à accompagner les priorités du Plan national de transformation économique et sociale.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a placé les enjeux de l’économie bleue et de la justice climatique au cœur de son intervention lors du Sommet Africa Forward. Le chef de l’État sénégalais a co-présidé, aux côtés du Premier ministre de Maurice, une table ronde de haut niveau consacrée aux défis et opportunités liés à l’exploitation durable des ressources marines et fluviales en Afrique.
Devant plusieurs dirigeants africains, experts internationaux et partenaires économiques, Bassirou Diomaye Faye a rappelé ce qu’il considère comme une profonde injustice climatique : l’Afrique demeure le continent qui pollue le moins, mais elle reste l’une des régions du monde les plus exposées aux conséquences du dérèglement climatique.
Dans son discours, le président sénégalais a insisté sur la nécessité de concilier protection de l’environnement et développement économique. Selon lui, les populations africaines ne doivent pas être contraintes de choisir entre la préservation des écosystèmes et leur droit légitime au progrès social et à la prospérité.
Le chef de l’État a présenté la vision sénégalaise de l’économie bleue comme un modèle articulé autour de trois dimensions complémentaires : la protection des ressources naturelles, la création de richesses et le partage équitable des revenus issus de l’exploitation des ressources marines et fluviales.
Face à la dégradation des écosystèmes marins, à la pression croissante sur les ressources halieutiques et aux effets du changement climatique, Bassirou Diomaye Faye a notamment alerté sur les dangers de la surpêche et de la pêche illicite qui fragilisent de nombreuses communautés côtières au Sénégal et dans plusieurs pays africains.
Selon lui, ces phénomènes menacent directement les moyens de subsistance de milliers de pêcheurs artisanaux, tout en accentuant la pauvreté et la vulnérabilité économique dans les zones littorales.
Pour répondre à ces défis, le président sénégalais a mis en avant plusieurs réformes structurelles engagées par les autorités. Il a cité la modernisation du secteur de la pêche, le développement de l’aquaculture ainsi que la promotion de nouvelles politiques destinées à mieux préserver les ressources halieutiques.
Bassirou Diomaye Faye a également évoqué les réformes foncières et la structuration de coopératives agricoles destinées à améliorer les conditions de production et la résilience des communautés rurales face aux changements climatiques.
Le chef de l’État a insisté sur l’importance des dispositifs modernes de conservation post-récolte afin de réduire les pertes économiques dans les filières agricoles et halieutiques. Il a aussi mis en avant le développement du tourisme vert comme levier de croissance durable et de valorisation des écosystèmes naturels.
Selon le président sénégalais, l’ensemble de ces politiques vise à créer des emplois durables, générer des revenus pour les populations et renforcer la souveraineté économique du pays tout en préservant les équilibres environnementaux.
Dans la dernière partie de son intervention, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la ligne diplomatique que le Sénégal cherche désormais à défendre sur les questions climatiques et de développement : faire de la protection de la planète et de la transformation économique de l’Afrique deux objectifs complémentaires et non opposés.
Pour le chef de l’État, le développement du continent africain ne peut être sacrifié au nom des impératifs environnementaux mondiaux, tout comme la croissance économique ne peut plus se construire au détriment des ressources naturelles et des générations futures.
À l’approche des élections territoriales prévues au plus tard en janvier 2027, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) hausse le ton et pose les jalons d’une stratégie politique basée sur l’unité. Réuni ce mercredi, le regroupement de partis et d’acteurs de l’opposition a adopté une résolution solennelle dans laquelle il lance un appel appuyé à la constitution d’un front commun contre le parti au pouvoir, Pastef.
Dans son communiqué, le FDR dresse un bilan sévère de l’action gouvernementale depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye. La coalition évoque une série de dysfonctionnements qu’elle juge préoccupants, citant notamment la persistance de l’émigration irrégulière, les atteintes supposées aux libertés à travers des détentions jugées arbitraires, ainsi qu’une dégradation des équilibres économiques et financiers. À cela s’ajoute, selon le front, un recul de la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale.
Au-delà de ces critiques, le FDR met en garde contre ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle. Il accuse le pouvoir en place de vouloir procéder à une modification unilatérale du code électoral, une initiative que l’opposition interprète comme une manœuvre politique visant à influer sur les règles du jeu électoral. Dans un contexte déjà marqué par des tensions autour des réformes électorales, cette question apparaît comme un point de cristallisation majeur entre majorité et opposition.
Face à ce qu’il perçoit comme un déséquilibre croissant, le FDR estime que la fragmentation de l’opposition constitue aujourd’hui l’un des principaux atouts du régime. C’est pourquoi la coalition insiste sur la nécessité de dépasser les clivages internes pour construire une dynamique collective capable de peser électoralement. L’objectif affiché est clair : présenter des listes unitaires dans les différentes collectivités territoriales afin de maximiser les chances de victoire.
Dans cette perspective, le FDR annonce son intention de participer activement aux élections locales en tant qu’entité politique structurée, tout en ouvrant ses rangs à d’autres forces. Il invite ainsi les partis d’opposition, les mouvements citoyens, les associations locales ainsi que les personnalités indépendantes à rejoindre cette dynamique unitaire. Le mot d’ordre avancé est celui d’une gestion concertée des collectivités, résumée par la formule « gagner ensemble et gérer ensemble ».
Parallèlement, le front appelle à la mise en place d’un large cadre de vigilance autour du processus électoral. Il plaide pour la création d’un front commun dédié à la transparence, chargé de surveiller les différentes étapes du scrutin et de prévenir toute tentative de manipulation. Selon ses responsables, des signaux inquiétants seraient déjà perceptibles, justifiant une mobilisation anticipée pour garantir la sincérité des élections.
Cette sortie du FDR intervient dans un contexte politique marqué par des recompositions et des tensions persistantes autour des règles électorales. À un peu moins d’un an et demi des élections territoriales, elle témoigne d’une volonté de structuration de l’opposition autour d’un projet commun, même si les défis liés à l’unité restent nombreux.
Reste à savoir si cet appel sera entendu par l’ensemble des acteurs concernés et s’il pourra se traduire concrètement sur le terrain. Une chose est sûre : les élections locales de 2027 s’annoncent déjà comme un test majeur pour l’équilibre politique du pays, avec en toile de fond la capacité de l’opposition à parler d’une seule voix face à un pouvoir déterminé à consolider ses positions.
Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 06 mai 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.
AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :
Suivi des doléances des centrales syndicales
Au début de sa communication, le Président de la République annonce avoir reçu, le 27 avril 2026, le rapport 2025 sur l’état du Dialogue social et le 1er mai 2026, en présence des membres du Gouvernement, les cahiers de doléances des centrales syndicales. Il félicite, à l’occasion de la Fête du Travail, l’ensemble des travailleuses et travailleurs du Sénégal pour leur contribution au développement national et à l’épanouissement des populations, avant de demander au Premier Ministre, au Ministre chargé du Travail et de la Fonction publique et à chaque ministre, d’examiner avec diligence les doléances des centrales syndicales relevant de leurs attributions et des secteurs sous leur responsabilité.
Le Chef de l’Etat salue l’adoption des projets de Code du Travail et de Code de Sécurité sociale. Il magnifie à cet effet le sens des responsabilités des centrales syndicales et du patronat et demande au Gouvernement de veiller au suivi préventif de l’exécution des engagements du Pacte de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable.
Par ailleurs, il demande au Premier Ministre d’engager la mise en œuvre, sans délai, de la nouvelle Politique nationale de l’Emploi, d’assurer un suivi permanent du déploiement de la Convention nationale Etat-Employeurs privés et d’accélérer les concertations sur la modernisation du système de retraites et la réforme du système de rémunérations dans les secteurs public et parapublic.
Le Président de la République insiste sur la finalisation du processus de ratification de la Convention n°190 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la violence et le harcèlement en milieu professionnel, la mise en place, avant la fin du mois de juin 2026, d’un Comité de dialogue social dans chaque ministère et l’adoption du projet de loi relative à la protection sociale.
Développement du secteur privé et relance de l’économie
À la suite de la séance inaugurale du Conseil stratégique de l’Initiative présidentielle SunuChampions, qu’il a présidée le 28 avril 2026, le Président de la République salue cette initiative inclusive, volontariste et pragmatique. Il demande au Gouvernement, aux structures publiques et à toutes les organisations faîtières du secteur privé d’accompagner sa matérialisation effective. A cet égard, il indique la nécessité notamment :
– de finaliser, avant la fin du mois de juin 2026, le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique ;
– d’accentuer le développement des filières scientifiques et le déploiement intensif des programmes de formation professionnelle et technique dans les collèges ;
– d’accélérer les réformes pour l’amélioration de l’environnement des affaires avec la finalisation des projets de Code des Douanes et de Code général des Impôts ;
– d’intensifier les processus de simplification et de digitalisation des procédures administratives par la systématisation des guichets uniques.
Le Président de la République aborde également l’apurement de la dette intérieure, la relance du secteur des Bâtiments et Travaux publics (BTP), la mise en œuvre de la Stratégie nationale de Promotion de l’Investissement et de Développement du Secteur privé et le déploiement de la nouvelle Politique industrielle du Sénégal. Il prescrit d’engager des concertations sur le financement de l’économie, intégrant des propositions relatives à la mise en place d’un dispositif bancaire national de financement du développement.
Préparation de la fête de la Tabaski et du Pèlerinage de Popenguine
En prélude à la célébration de la Tabaski, le Chef de l’Etat rappelle au Gouvernement l’urgence de prendre les mesures idoines, en vue d’assurer un approvisionnement correct des marchés en moutons et en denrées de consommation courante, accessibles aux populations. Il donne instruction de veiller, durant cette période exceptionnelle, au renforcement de la sécurité routière et à une bonne organisation des systèmes de transport publics urbains et interurbains des personnes et des biens.
Dans ce sillage, il demande au Gouvernement d’accorder une attention particulière aux préparatifs de la 138ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine.
Prévention des inondations
Le Président de la République fait observer que la gestion des inondations est devenue une activité gouvernementale majeure qui mobilise plusieurs entités publiques et des ressources financières importantes. A cet effet, il demande au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement et au Ministre de l’Intérieur de faire le point sur les projets, travaux, actions et opérations prioritaires engagés dans les localités souvent touchées par des inondations. Il indique, enfin, la nécessité de prendre les dispositions préventives afin d’accélérer la mise en œuvre du Programme national de Prévention et de Gestion des Inondations, couvrant les risques et localités identifiés mais aussi les besoins opérationnels et financiers signalés.
Agenda du Président de la République, suivi de l’intégration, de la coopération et des partenariats
Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il prendra part au Sommet « Africa Forward », qui aura lieu à Nairobi au Kenya du 11 au 13 mai 2026.
AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE
Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants :
Sécurisation des documents administratifs
Considérant les documents authentiques comme le premier baromètre de la crédibilité des procédures étatiques, le Premier Ministre a engagé le chantier stratégique dédié à la sécurisation de l’ensemble des documents officiels de l’État. Il a présenté un état des lieux du fonctionnement actuel de l’administration, marqué par la circulation de documents insuffisamment sécurisés, le défaut de standardisation des actes, l’hétérogénéité des supports et l’absence de mécanismes robustes de traçabilité. Il a souligné que ces vulnérabilités concernent des documents à forte valeur stratégique et juridique, dont les diplômes et attestations, les passeports, permis de conduire et cartes d’identité nationale, ainsi que les actes à incidence financière.
Face à ces enjeux et dans l’optique de conduire une transformation durable, le Premier Ministre a retenu la mise en place d’un dispositif national intégré de sécurisation des documents administratifs. La réforme engagée vise à sécuriser les documents administratifs en garantissant, de manière systématique et vérifiable, leur authenticité, leur intégrité, leur traçabilité et leur valeur juridique. Elle repose sur la définition de standards nationaux de sécurité documentaire, la mise en place de chaînes de production sécurisées, l’intégration de dispositifs physiques et numériques de protection, la sécurisation des données et des processus de personnalisation ainsi que la mise en place de systèmes de vérification accessibles et fiables.
Contexte géopolitique et doctrine de réponse énergétique du Gouvernement
Le Premier Ministre a abordé la situation géopolitique au Moyen-Orient, caractérisée par une instabilité structurelle profonde, entrainant une flambée du cours du baril dans les marchés pétroliers internationaux. Les effets pour le Sénégal, pays importateur net d’hydrocarbures, sont directs, cumulatifs et multidimensionnels, notamment la détérioration de la balance commerciale avec une pression sur les finances publiques, le renchérissement des coûts de production dans les secteurs structurants de l’économie nationale et le risque de transmission inflationniste aux prix à la consommation.
Face à cette situation, le Gouvernement a privilégié une réponse fondée sur l’accélération de la valorisation de ses ressources gazières nationales, la maîtrise de la demande énergétique, la diversification compétitive du mix-énergétique et la protection ciblée des secteurs vulnérables.
Dans ce cadre, il a demandé le déploiement accéléré d’une politique de sobriété énergétique, l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables, la mise en place d’un bouclier énergétique ciblé en faveur des secteurs stratégiques et du pouvoir d’achat, le renforcement de la veille géopolitique et de la diversification des approvisionnements, et la révision du régime fiscal.
Performance du secteur de l’Electricité
Le Premier Ministre a rappelé la nécessité de renforcer le pilotage stratégique du secteur de l’Electricité, notamment la performance opérationnelle de la SENELEC. A cet effet, il a donné instruction au Ministre chargé de l’Énergie, en concertation avec le Ministre des Finances et du Budget, le Ministre de l’Économie, le Ministre Secrétaire général du Gouvernement et le Directeur général du BOCS, de préparer un Conseil interministériel consacré à la performance, à la soutenabilité financière et aux perspectives de développement du secteur. En amont, le Ministre chargé de l’Énergie coordonnera l’élaboration d’une note de cadrage, à transmettre à la Primature dans un délai de trente (30) jours.
Le Premier Ministre a engagé le Ministre des Finances et du Budget à conduire, conjointement avec le Ministre chargé de l’Énergie et les instances dirigeantes de la SENELEC, une évaluation exhaustive et contradictoire des engagements financiers de l’État vis-à-vis du secteur et à soumettre au Gouvernement une trajectoire de traitement réaliste et compatible avec les impératifs de soutenabilité budgétaire. De son côté, la SENELEC soumettra, à travers son ministère de tutelle, un plan opérationnel de performance couvrant les dimensions technique, commerciale, financière et organisationnelle. La Commission de Régulation du Secteur de l’Energie, quant à elle, apportera sa contribution à l’analyse des équilibres économiques sectoriels, à l’évaluation des mécanismes tarifaires en vigueur et à la définition d’indicateurs objectifs de suivi de la performance.
Réalisations majeures de la période et reconnaissance de la performance des équipes
Le Premier Ministre a mis en exergue quatre (04) réalisations significatives qui témoignent de la détermination du Gouvernement à moderniser les infrastructures nationales et à affermir notre souveraineté dans des secteurs stratégiques, à savoir : la remise en service de l’Aéroport de Ziguinchor le 30 avril 2026, l’ouverture partielle de l’Autoroute Mbour-Kaolack le 29 avril 2026, l’inauguration par le Président de la République du Parc agro-industriel de Kolda le 24 avril 2026, ainsi que l’acquisition de West African Energy par la SENELEC le 25 avril 2026.
Levée des blocages opérationnels des projets
Le Premier Ministre a abordé les blocages au niveau de l’Unité de dessalement de l’eau de mer aux Mamelles, ayant un déficit de financement de six (06) milliards et du Projet de Gestion des Eaux pluviales (PROGEP)-Phase 2, affecté par des lenteurs dans l’approbation des marchés. Il a engagé le Ministre des Finances et du Budget, pour le premier projet, à travailler à une solution en urgence. S’agissant du second projet, il lui a donné instruction, ainsi qu’à la Direction centrale des Marchés publics (DCMP), de veiller au strict respect des délais légaux prescrits par le Code des Marchés publics. Le Premier Ministre a rappelé que la célérité des instances de contrôle et de régulation ne saurait constituer un facteur de ralentissement pour les projets prioritaires de l’État.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
Le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a fait une communication sur le thème : « Préparatifs de la session 2026 et réforme du Baccalauréat : enjeux pour le Sénégal ».
Le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur le Plan d’aménagement intégré de Daga Kholpa, la nouvelle Ville de Thiès et la Zone d’Aménagement concerté de Thiès.
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
Le Conseil a examiné et adopté :
– le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention d’entraide judiciaire en matière pénale entre le Gouvernement de la République du Sénégal et la République de Gambie, signée à Dakar, le 12 mars 2020 ;
– le projet de décret portant création du Certificat de Fin d’Etudes élémentaires (CFEE) et suppression du Concours d’Entrée en Classe de Sixième.
AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Président de la République a pris la décision suivante :
Monsieur Tamsir GUEYE, Titulaire d’une Maitrise en Sciences économiques, matricule de solde n° 630881/B, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement du Ministère des Transports terrestres et aériens, en remplacement de Monsieur Ablaye DIOP.
Marie Rose Khady Fatou FAYE,
Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,
chargée des Relations avec les Institutions,
Porte-Parole du Gouvernement
Au lendemain de la prise de parole du président Bassirou Diomaye Faye sur le fonctionnement interne du parti au pouvoir, le Premier ministre et leader de PASTEF, Ousmane Sonko, a choisi une approche mesurée mais stratégique pour sa première réaction publique. Sans entrer dans une confrontation directe, il a recentré le débat sur les fondements idéologiques et organisationnels de la formation politique, mettant en avant son identité intellectuelle et son rôle moteur dans la transformation du débat public au Sénégal.
Dans une déclaration fortement axée sur la jeunesse, Ousmane Sonko a réaffirmé son engagement envers toutes les composantes jeunes du parti. Il a insisté sur le caractère pluriel de cette jeunesse, englobant à la fois les militants de terrain et les élites intellectuelles. À cet égard, il a salué les initiatives récentes portées par les jeunes cadres du parti, qu’il considère comme des contributions de haute qualité au rayonnement intellectuel de la formation politique.
Le leader de PASTEF a ensuite longuement insisté sur ce qu’il considère comme l’ADN même du parti. Selon lui, PASTEF ne doit pas être perçu comme une simple machine électorale, mais plutôt comme un espace de production d’idées et de réflexion stratégique. Il a décrit le parti comme un cadre structuré autour de la production intellectuelle, de l’élaboration programmatique et de la diffusion d’analyses documentées. Cette orientation, a-t-il martelé, ne doit en aucun cas être diluée ou abandonnée, même face aux réalités de l’exercice du pouvoir.
Revenant sur les origines de l’engagement politique du parti, Ousmane Sonko a rappelé que leur entrée en politique répondait à une ambition claire : transformer en profondeur les pratiques politiques au Sénégal. Cette transformation, selon lui, repose avant tout sur une réflexion rigoureuse autour des politiques publiques et sur la capacité à proposer des alternatives crédibles et documentées. Il a souligné que cet engagement s’est matérialisé à travers de nombreuses productions écrites, des ouvrages, ainsi que des prises de position structurées sur des questions majeures.
Le Premier ministre a également évoqué un moment clé dans l’histoire du parti : son entrée à l’Assemblée nationale avec un seul député. Malgré cette représentation limitée, il estime que PASTEF a réussi à imposer un changement qualitatif dans les débats parlementaires, en mettant au centre des discussions des sujets essentiels tels que l’agriculture, la santé, la fiscalité, le budget ou encore la gestion des ressources naturelles. Il considère que cette approche a contribué à rehausser le niveau du débat politique national.
Selon Ousmane Sonko, cette démarche a profondément modifié les attentes des citoyens sénégalais. Il affirme que le peuple est désormais plus exigeant et attend des responsables politiques des discours fondés sur des analyses solides et des bases scientifiques. Il a clairement marqué une rupture avec les pratiques politiques qu’il juge dépassées, fondées sur les attaques personnelles ou les promesses sans fondement.
Dans cette dynamique, il estime que PASTEF dispose aujourd’hui d’une avance significative sur le terrain de la production intellectuelle et programmatique. Toutefois, il appelle les militants et responsables du parti à consolider cet avantage et à continuer d’innover pour répondre aux exigences croissantes de la population.
Enfin, Ousmane Sonko a conclu en mettant en lumière le rôle stratégique de la Jeunesse Patriotique du Sénégal, dont les initiatives illustrent, selon lui, la vitalité et la capacité d’innovation du parti. Il y voit un symbole fort de la continuité idéologique et de la relève politique, portée par une jeunesse engagée et consciente des enjeux contemporains.
Lors du Conseil des ministres, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une série de nominations touchant plusieurs secteurs de l’administration publique, notamment les sous-préfectures et certains départements ministériels,
Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique : Madame Marie Seynabou NDAO, Inspecteur de l’Animation, matricule de solde n° 670 106/H, précédemment Chef de la Division des Ressources humaines à la Direction générale des élections, est nommée Directeur des Ressources humaines et des Finances à la Direction générale des Elections, en remplacement de Monsieur Omar COULIBALY, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Modou Bassirou NDAO, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 625 108/Z, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kol-da, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ngothie, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Bassirou DIA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Monsieur Amadou BA, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 625 089/H, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndorna, Département de Médina Yoro Foulah, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sagatta Djoloff, Département de Linguère, en remplacement de Monsieur Ousmane SANE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Monsieur Abdoulaye KHARMA, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 603 529/C, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sangalkam, Département de Rufisque, en remplacement de Monsieur Mamadou DIOUF, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Mamadou DIOUF, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°515 942/B, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Sangalkam, Département de Rufisque, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam-Notaire, Département de Guédiawaye, en remplacement de Monsieur Cheikh GNINGUE, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Cheikh GNINGUE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°634 443/D, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam-Notaire, Département de Guédiawaye, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès-Sud, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Diokel Ngor NGOM, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Diokel Ngor NGOM, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 620 357/A, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès-Sud, Département de Thiès, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, en remplacement de Madame Awa BOCOUM, appelée à d’autres fonctions ;
• Madame Awa BOCOUM, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 616 908/F, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, est nommée Sous-préfet de l’Arrondissement de Ngoye, Département de Bambey, en remplacement de Madame Coumba Sall WADE, appelée à d’autres fonctions ;
• Monsieur Djidiack KITAL, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 516 231/J, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, est
nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, en remplacement de Monsieur Abdoulaye KHARMA, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Mamadou SY, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 519 435/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Keur Mboucki, Département de Birkelane, poste vacant ;
• Monsieur Oumar Mamadou SOW, Instituteur, matricule de solde n° 602 413/B, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Moudéry, Département de Bakel, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, en remplacement de Monsieur Mamadou SY, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Mouhamadou WADE, Instituteur, matricule de solde n° 511 215/A, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Mérina Dakhar, Département de Tivaouane, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Moudéry, Département de Bakel, en remplacement de Monsieur Oumar Mamadou SOW, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Mamoudou DEME, Educateur spécialisé, matricule de solde n° 611 241/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakatély, Département de Salémata, est nom-mé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ouadiour, Département de Gossas, en remplacement de Monsieur Ibrahima NDIAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Monsieur Mamadou Moustapha SY, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 653 407/G, précédemment Chef de la Division de la Modernisation de l’Action territoriale à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Djidiack KITAL, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Henry Ndiagne GUEYE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 681 461/Z, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Fatick, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kolda, en remplacement de Monsieur Modou Bassirou NDAO, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Omar Sarr DIOP, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°638 488/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Thiès, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndorna, Département de Médina Yoro Foulah, en remplacement de Monsieur Amadou BA, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Abdou Aziz MBODJ, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 696 209/H, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kanel, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Bandafassi, Département de Kédougou, en remplacement de Monsieur Youssou FAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Monsieur Papa Abdoulaye MBAYE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 696 208/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kédougou, est nommé Sous-pré-fet de l’Arrondissement de Dakatély, Département de Salémata, en remplacement de Monsieur Mamoudou DEME, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Anaby Moussa TOURE, Instituteur, matricule de solde n° 612 954/A, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Bounkiling, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Darou Minam 2, Département de Malem Hodar, en remplacement de Monsieur Mouhamadou Samba BOUSSO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Madame Maïmouna BALDE, Institutrice, matricule de solde n° 634 426/A, précédemment Adjointe au Préfet du Département de Koungheul, est nommée Sous-préfet de l’Arrondissement de Mérina Dakhar, Département de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Mouhamadou WADE, appelé à d’autres fonctions.
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique : Monsieur Leroux DRAME, Administrateur civil, matricule de solde n° 518.696/I, précédemment Directeur de Cabinet du Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, est nommé Secrétaire général au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, en remplacement de Monsieur Serigne MBAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires : Monsieur El hadji Mamadou GUEYE, Architecte, Directeur de l’Architecture au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, est nommé Commissaire du Gouvernement auprès de l’Ordre des Architectes du Sénégal, en remplacement de Madame Catherine Marie Thérèse Faye DIOP, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce :
• Madame Mame Madeleine DIOP, Titulaire d’un Diplôme d’Ingénieur en Génie des procédés industriels, est nommée Secrétaire général de l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels (APROSI), au Ministère de l’Industrie et du Commerce, en remplacement de Monsieur Bohoum SOW, appelé à d’autres fonctions.
Au titre du Ministère des Infrastructures : Monsieur Mouhamadou Fallilou DIOUM, Ingénieur statisticien économiste, est nommé Directeur des Statistiques et des Systèmes d’Information au Ministère des Infrastructures.
Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 29 avril 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.
AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :
ESPRIT DU DIALOGUE NATIONAL
Le Président de la République, à l’entame de sa communication, indique qu’après examen et relecture inclusive des recommandations consensuelles issues des deux (02) dialogues sur la réforme et la modernisation de la justice et le système politique, tenus en 2024 et 2025, il a décidé de renforcer le caractère inclusif du processus. A cet effet, il a fait partager avec les citoyens, les projets de textes y afférents, à un mois de la date du 28 mai instituée Journée du Dialogue national.
Il fait observer que cette journée constitue une date majeure de l’agenda républicain et que le dialogue, principe directeur du fonctionnement de notre démocratie, est un facteur clé de gestion inclusive et d’efficacité des pouvoirs publics.
Ces textes visent la modernisation de la gouvernance publique et du fonctionnement de la Justice et le renforcement du système électoral et démocratique.
DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA RÉGION DE KOLDA
Abordant sa tournée économique effectuée du 23 au 25 avril 2026, dans la Région de Kolda, le Chef de l’Etat remercie les populations des départements de Kolda, Vélingara et Médina Yoro Foulah, les autorités administratives déconcentrées, les élus, acteurs territoriaux, notabilités religieuses et coutumières pour leur accueil chaleureux et leur mobilisation remarquable ayant permis un bon déroulement de cette visite de travail.
Après avoir rappelé l’importance d’accélérer l’exécution de tous les projets et actions de l’Etat prévus dans la Région de Kolda, le Président de la République demande au Gouvernement de consolider sa vocation agricole et industrielle. A cet effet, il invite à une collaboration étroite avec les producteurs et les acteurs économiques des filières cotonnière et arachidière ainsi qu’à l’augmentation des aménagements hydroagricoles du bassin de l’Anambé, pour accentuer la production rizicole.
Dans cette dynamique, il demande au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage de définir de nouvelles lettres de mission pour la SODAGRI et la SODEFITEX, dans le cadre de la refondation de la politique agricole.
En outre, le Président de la République indique au Gouvernement la nécessité d’accélérer la réhabilitation de l’Aéroport de Kolda, ainsi que la mise en œuvre des projets routiers et de désenclavement.
Il demande d’engager un vaste programme de réalisation d’infrastructures scolaires pour soutenir la qualité du système éducatif, d’améliorer la fonctionnalité du système sanitaire et de veiller à la préservation des écosystèmes et du patrimoine forestier de la région.
Enfin, le Chef de l’Etat donne instruction au Premier Ministre de veiller au fonctionnement optimal des services publics et au renforcement du patrimoine bâti de l’Etat dans la région.
85ÈME ÉDITION DU DAAKA DE MÉDINA GOUNASS
Le Chef de l’Etat annonce qu’il s’est rendu, le 25 avril 2026, à Médina Gounass pour participer à la 85ème édition de la retraite spirituelle du Daaka. Il remercie et félicite le Khalife Thierno Amadou Tidiane BA et l’ensemble des fidèles, pour l’accueil, les prières formulées et le bon déroulement du Daaka. Il félicite, également, le Gouvernement pour toutes les dispositions logistiques et sécuritaires prises en vue d’assurer le succès de la retraite spirituelle d’envergure internationale.
ANCRAGE DE LA DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE
Le Président de la République rappelle qu’il a présidé, le 18 avril 2026, la cérémonie d’ouverture de la 7ème Conférence des Ambassadeurs, Consuls généraux et Consuls du Sénégal, placée sous le thème : « la diplomatie sénégalaise et le renouveau de la coopération internationale : principes et modes d’action ».
Il félicite le Ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, le Secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’Extérieur, les Ambassadeurs, Consuls généraux et Consuls du Sénégal, les personnels du Ministère des Affaires étrangères, pour leur professionnalisme, la qualité de l’organisation et le succès de la Conférence.
Le Chef de l’Etat demande de veiller au renforcement permanent du bon voisinage, de l’intégration africaine, du multilatéralisme, de la promotion économique et du rayonnement international du pays, et d’accompagner la mise en œuvre optimale de la Vision « Sénégal 2050 », à travers l’ancrage systématique d’une véritable diplomatie économique. Il a indiqué la nouvelle orientation de notre politique étrangère, centrée sur : (i) la promotion de l’attractivité du Sénégal ; (ii) la mobilisation pragmatique de financements bilatéraux et multilatéraux avantageux ; (iii) et le développement de partenariats stratégiques.
Dans cette dynamique, il donne instruction au Ministre des Affaires étrangères, au Ministre de l’ Economie, du Plan et de la Coopération et au Ministre des Finances et du Budget, de proposer, avant la fin du mois de juin 2026, une nouvelle Stratégie de Coopération internationale et de Partenariats, avant de demander au Premier Ministre de renforcer les ressources humaines, budgétaires et financières du Ministère des Affaires étrangères et des missions diplomatiques, destinées à la promotion économique du Sénégal.
Le Chef de l’Etat insiste sur l’encadrement, l’assistance administrative et sociale à nos compatriotes de la Diaspora, en ce qui concerne l’établissement de cartes nationales d’identité et des passeports et l’urgence de déployer le programme spécial d’accompagnement des initiatives, projets et investissements des Sénégalais à l’Extérieur.
Enfin, il demande au Premier Ministre, au Ministre des Affaires étrangères et au Ministre des Finances et du Budget de travailler sur un Programme quinquennal de modernisation du réseau diplomatique et consulaire, orienté vers l’amélioration des conditions de travail et de représentation du Sénégal, ainsi que la promotion de la culture de résultats dans la mise en œuvre de la politique étrangère.
REPOSITIONNEMENT STRATÉGIQUE DU FORUM INTERNATIONAL DE DAKAR SUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ EN AFRIQUE
Le Chef de l’Etat annonce qu’il a présidé, le 20 avril 2026, la cérémonie d’ouverture de la 10ème édition du Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique sur le thème : « l’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ». Il remercie Son Excellence Mohammed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République Islamique de Mauritanie, Monsieur Julius Maada BIO, Président de la République de Sierra Léone, Président en exercice de la CEDEAO, l’ensemble des délégations étrangères et des participants pour leur présence et leur contribution à la réussite de cette rencontre majeure sur la paix et la sécurité dans le Continent.
Réitérant l’importance stratégique de ce rendez-vous continental dans l’agenda des conférences internationales sur la diplomatie, la paix et la sécurité, le Chef de l’Etat demande au Ministre des Affaires étrangères de valoriser les résultats du Forum de Dakar dans les stratégies de promotion de la sécurité, de la paix, de la stabilité, de l’intégration et du développement durable au niveau sous-régional et à l’échelle continentale.
CONNAISSANCE ET MAITRISE DE L’HISTOIRE GÉNÉRALE DU SÉNÉGAL
Le Président de la République, après avoir rappelé que la connaissance de notre culture et la valorisation de notre patrimoine historique, demeurent des priorités du projet pour un Sénégal souverain, juste et prospère, demande au Ministre en charge de la Culture et au Secrétaire d’Etat chargé du Patrimoine historique, de prendre toutes les dispositions et mesures requises, en vue d’accentuer le soutien logistique et financier de l’Etat pour la publication rapide des ouvrages déjà finalisés sur l’Histoire générale du Sénégal. Il félicite les membres de la Coordination générale, les universitaires, les chercheurs et auteurs qui ont contribué à la vulgarisation et à la parfaite maitrise des figures et faits qui ont marqué l’histoire de notre pays, des origines à nos jours.
Enfin, il demande au Ministre de l’Education nationale et au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de vulgariser, dans les programmes scolaires et universitaires, l’Histoire générale du Sénégal et de l’Afrique.
AGENDA DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, SUIVI DE L’INTÉGRATION, DE LA COOPÉRATION ET DES PARTENARIATS
Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il a reçu, le 27 avril 2026, le Rapport 2025 sur l’état du Dialogue social. Il a présidé, le 28 avril 2026, la séance inaugurale du Conseil stratégique de l’Initiative présidentielle SunuChampions. Il annonce qu’il recevra, le vendredi 1er mai 2026, en présence des membres du Gouvernement, les cahiers des doléances des centrales syndicales.
AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE
Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants :
PROBLÉMATIQUE DE LA NUTRITION
Le Premier Ministre a souligné l’importance que le Gouvernement accorde à tous les secteurs ayant un lien direct avec le développement humain et, en particulier, ceux de l’Éducation, de la Santé et de l’Agriculture, intimement liées à la Nutrition. Il a indiqué que le coût économique annuel total de la sous-nutrition au Sénégal est évalué à 856 millions de dollars, soit l’équivalent de 3,2% du revenu national brut.
Il a souligné les efforts du Gouvernement en la matière. Ainsi, en termes de gouvernance, la Cellule de Lutte contre la Malnutrition a été créée et est devenue le Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN) en 2020, sous la tutelle du Premier Ministre. De même, l’Etat du Sénégal a adopté la Politique nationale de Développement de la Nutrition (PNDN), actuellement opérationnalisée à travers le Plan stratégique multisectoriel de la Nutrition (PSMN 2024-2028). Le Premier Ministre a aussi évoqué l’engagement du Sénégal dans plusieurs initiatives multilatérales et multisectorielles en faveur de la nutrition : Mouvement Scaling Up Nutrition, Initiative Nutrition for Growth (N4G), Objectifs de Développement Durable, Agenda 2063 de l’Union Africaine et Pacte mondial sur l’Intégration de la Nutrition.
S’agissant du financement, le Premier Ministre a rappelé, entre autres, la progression significative de la contribution de l’État, passée du simple au quintuple, le développement de partenariat avec Global Financing Facility (GFF), ainsi que l’opérationnalisation en cours, avec le Ministère des Finances et du Budget, d’un outil de marquage budgétaire consistant à introduire une traçabilité des dépenses relatives à la nutrition dans tous les secteurs. Il a présenté les résultats obtenus, tout en rappelant la persistance des défis comme le retard de croissance des enfants de 0 à 5 ans estimé à 17%, la prévalence du Kwashiorkor qui est de 10%, la prévalence du surpoids et de l’obésité globale chez les enfants et les adolescents, ainsi que l’augmentation à 22% de la population présentant une obésité abdominale en particulier chez la femme.
Le Premier Ministre a demandé d’améliorer la gouvernance du sous-secteur dont le mécanisme de financement, structurellement vulnérable, est marqué par la faiblesse de la coordination et de la synergie d’actions entre secteurs, le déphasage de la politique nationale de développement de la nutrition avec les orientations de l’Agenda national de Transformation, la faible implication des collectivités territoriales et l’inexistence d’un système d’information autonome.
A cet égard, il a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en rapport avec les parties concernées, de prendre les dispositions nécessaires pour :
– l’actualisation de la Politique nationale de Développement de la Nutrition et la révision du Plan stratégique multisectoriel de la Nutrition (PSMN 2024-2028), en conformité avec les axes structurants du Masterplan 2025–2034 ;
– la mise en place, avant la fin de l’année 2026, d’une plateforme digitale intégrée de gestion de données multisectorielles ;
– la mise en œuvre d’une stratégie d’information, de communication, de sensibilisation et d’éducation à la nutrition avec une meilleure prise en compte de la nutrition dans les curricula d’enseignement, de formation et dans la Recherche appliquée.
En outre, il a exhorté les ministres concernés à accorder un niveau élevé de priorité à la mise en œuvre de plans d’actions sectoriels nutrition.
SUIVI DES PROJETS ET ACCORDS
Le Premier Ministre a insisté sur les diligences qui requièrent un suivi soutenu dans le souci d’assurer un pilotage rigoureux et cohérent de l’action gouvernementale. Dans ce cadre, il a abordé la question de la finalisation des infrastructures sanitaires prioritaires et des projets de souveraineté pharmaceutique, en présentant l’état d’avancement de quatre (04) projets prioritaires du secteur de la santé, représentant un investissement public cumulé de près de 310 milliards de FCFA. Il en ressort que les travaux de l’Hôpital Seydi El Hadji Malick SY de Tivaouane, d’un coût de 46 milliards de FCFA, sont dans un état d’avancement de 95 %. De même, le Projet de Reconstruction de l’Hôpital Aristide Le Dantec – PRHAD, dont le coût s’élève à 92,5 milliards de FCFA, est à un niveau d’avancement de 60 %. Le Premier Ministre a également partagé l’état d’avancement de deux (02) Projets de souveraineté pharmaceutique de l’Institut Pasteur de Dakar. Ainsi, le Projet AFRICAMARIL, d’un coût de 21,5 milliards de FCFA, est à un niveau d’avancement de 80 %, alors que le Projet MADIBA estimé à 145,4 milliards de FCFA, est à 48% d’avancement.
Au regard de l’urgence et de l’impact stratégique de ces projets et pour accélérer leur finalisation, le Premier Ministre a donné les instructions nécessaires au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération et au Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique.
MISE EN EXPLOITATION DU PORT MINÉRALIER ET VRAQUIER DE BARGNY SENDOU
Le Premier Ministre a rappelé que le Port minéralier et vraquier de Bargny-Sendou (PMVB), projet stratégique de l’État du Sénégal développé par Senegal Minergy Port (SMP), est destiné à traiter les importations et exportations de produits miniers, pétroliers et céréaliers, et à désengorger durablement le Port autonome de Dakar. L’état d’avancement des travaux a atteint près de 90 %. Toutefois, la mise en exploitation reste conditionnée par la résolution de la question de l’alimentation en eau potable.
A cet effet, le Premier Ministre a demandé au Ministre des Infrastructures, en relation avec le Ministre des Finances et du Budget et le Ministre chargé de l’Hydraulique, d’obtenir l’engagement ferme de Senegal Minergy Port pour la mise en place du dispositif de stockage permettant la solution transitoire, et d’assurer le suivi rapproché de la mise en œuvre. Il a donné instruction, en outre, au Ministre des Finances et du Budget de procéder à l’inscription, dans la loi de finances rectificative 2026, des crédits nécessaires au financement de la solution définitive d’alimentation en eau potable, à hauteur de 8 milliards de FCFA, conformément aux préconisations techniques de la SONES.
ACCÉLÉRATION DE LA DÉMATÉRIALISATION DES DÉMARCHES ADMINISTRATIVES
Dans le cadre de la modernisation de l’action publique en faveur d’une administration plus efficace, plus accessible et orientée vers les usagers, le Premier Ministre a demandé au Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en relation avec les ministres concernés, de lui soumettre, avant la fin du mois de mai 2026, un plan de déploiement progressif des principales démarches administratives sur la plateforme nationale de services en ligne.
Ce plan devra être assorti d’un calendrier de mise en œuvre et portera, en premier lieu, sur la délivrance des extraits d’état civil, les démarches en vue de l’obtention du permis de conduire, ainsi que sur toute autre formalité à fort impact pour les citoyens et les entreprises.
MISE EN ŒUVRE DU PACTE DE STABILITÉ SOCIALE
Le Premier Ministre a salué la signature du Pacte de Stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, intervenue avec le Patronat et les Centrales syndicales, ainsi que les avancées enregistrées dans la régularisation exceptionnelle des situations administratives et statutaires dans les secteurs de l’Éducation et de la Santé. Il a demandé à l’ensemble des ministres concernés de veiller à la mise en œuvre diligente et rigoureuse des engagements pris par le Gouvernement, dans le respect des échéances arrêtées et dans un esprit de responsabilité collective au service de la paix sociale.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
• Le Ministre de la Justice a fait une communication sur le système numérique de la justice et l’interconnexion avec le Guichet unique national e-Sénégal.
• Le Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public a fait une communication sur la situation du dialogue social et du climat social.
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
Le Conseil a examiné et adopté :
• le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier les amendements à l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), adopté le 17 juillet 1998 ;
• le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Charte constitutive de l’Organisation mondiale de l’Eau, signée le 28 mai 2025 à Riyad (Arabie Saoudite) ;
• le projet de loi modifiant la loi n°2016-09 du 14 mars 2016 instituant une carte d’identité biométrique CEDEAO.
AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
• Madame Marie Seynabou NDAO, Inspecteur de l’Animation, matricule de solde n° 670 106/H, précédemment Chef de la Division des Ressources humaines à la Direction générale des élections, est nommée Directeur des Ressources humaines et des Finances à la Direction générale des Elections, en remplacement de Monsieur Omar COULIBALY, appelé à d’autres fonctions.
• Monsieur Modou Bassirou NDAO, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 625 108/Z, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kol-da, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ngothie, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Bassirou DIA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Monsieur Amadou BA, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 625 089/H, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndorna, Département de Médina Yoro Foulah, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sagatta Djoloff, Département de Linguère, en remplacement de Monsieur Ousmane SANE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Monsieur Abdoulaye KHARMA, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 603 529/C, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sangalkam, Département de Rufisque, en remplacement de Monsieur Mamadou DIOUF, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Mamadou DIOUF, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°515 942/B, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Sangalkam, Département de Rufisque, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam-Notaire, Département de Guédiawaye, en remplacement de Monsieur Cheikh GNINGUE, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Cheikh GNINGUE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°634 443/D, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Sam-Notaire, Département de Guédiawaye, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès-Sud, Département de Thiès, en remplacement de Monsieur Diokel Ngor NGOM, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Diokel Ngor NGOM, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 620 357/A, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Thiès-Sud, Département de Thiès, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, en remplacement de Madame Awa BOCOUM, appelée à d’autres fonctions ;
• Madame Awa BOCOUM, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 616 908/F, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Fissel, Département de Mbour, est nommée Sous-préfet de l’Arrondissement de Ngoye, Département de Bambey, en remplacement de Madame Coumba Sall WADE, appelée à d’autres fonctions ;
• Monsieur Djidiack KITAL, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 516 231/J, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, est
nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndame, Département de Mbacké, en remplacement de Monsieur Abdoulaye KHARMA, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Mamadou SY, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 519 435/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Keur Mboucki, Département de Birkelane, poste vacant ;
• Monsieur Oumar Mamadou SOW, Instituteur, matricule de solde n° 602 413/B, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Moudéry, Département de Bakel, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Gamadji Saré, Département de Podor, en remplacement de Monsieur Mamadou SY, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Mouhamadou WADE, Instituteur, matricule de solde n° 511 215/A, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Mérina Dakhar, Département de Tivaouane, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Moudéry, Département de Bakel, en remplacement de Monsieur Oumar Mamadou SOW, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Mamoudou DEME, Educateur spécialisé, matricule de solde n° 611 241/G, précédemment Sous-préfet de l’Arrondissement de Dakatély, Département de Salémata, est nom-mé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ouadiour, Département de Gossas, en remplacement de Monsieur Ibrahima NDIAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Monsieur Mamadou Moustapha SY, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 653 407/G, précédemment Chef de la Division de la Modernisation de l’Action territoriale à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Koumbal, Département de Kaolack, en remplacement de Monsieur Djidiack KITAL, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Henry Ndiagne GUEYE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 681 461/Z, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Fatick, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Dioulacolon, Département de Kolda, en remplacement de Monsieur Modou Bassirou NDAO, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Omar Sarr DIOP, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n°638 488/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Thiès, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Ndorna, Département de Médina Yoro Foulah, en remplacement de Monsieur Amadou BA, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Abdou Aziz MBODJ, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 696 209/H, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kanel, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Bandafassi, Département de Kédougou, en remplacement de Monsieur Youssou FAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Monsieur Papa Abdoulaye MBAYE, Secrétaire d’Administration, matricule de solde n° 696 208/G, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Kédougou, est nommé Sous-pré-fet de l’Arrondissement de Dakatély, Département de Salémata, en remplacement de Monsieur Mamoudou DEME, appelé à d’autres fonctions ;
• Monsieur Anaby Moussa TOURE, Instituteur, matricule de solde n° 612 954/A, précédemment Adjoint au Préfet du Département de Bounkiling, est nommé Sous-préfet de l’Arrondissement de Darou Minam 2, Département de Malem Hodar, en remplacement de Monsieur Mouhamadou Samba BOUSSO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;
• Madame Maïmouna BALDE, Institutrice, matricule de solde n° 634 426/A, précédemment Adjointe au Préfet du Département de Koungheul, est nommée Sous-préfet de l’Arrondissement de Mérina Dakhar, Département de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Mouhamadou WADE, appelé à d’autres fonctions.
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique
• Monsieur Leroux DRAME, Administrateur civil, matricule de solde n° 518.696/I, précédemment Directeur de Cabinet du Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, est nommé Secrétaire général au Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, en remplacement de Monsieur Serigne MBAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires
• Monsieur El hadji Mamadou GUEYE, Architecte, Directeur de l’Architecture au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, est nommé Commissaire du Gouvernement auprès de l’Ordre des Architectes du Sénégal, en remplacement de Madame Catherine Marie Thérèse Faye DIOP, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce :
• Madame Mame Madeleine DIOP, Titulaire d’un Diplôme d’Ingénieur en Génie des procédés industriels, est nommée Secrétaire général de l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels (APROSI), au Ministère de l’Industrie et du Commerce, en remplacement de Monsieur Bohoum SOW, appelé à d’autres fonctions.
Au titre du Ministère des Infrastructures :
• Monsieur Mouhamadou Fallilou DIOUM, Ingénieur statisticien économiste, est nommé Directeur des Statistiques et des Systèmes d’Information au Ministère des Infrastructures.
Coup de théâtre dans le paysage judiciaire sénégalais. La Cour suprême a rendu, ce mardi, une décision majeure dans le dossier impliquant Farba Ngom, député-maire des Agnam. Selon les premières informations relayées par ses avocats, la haute juridiction a annulé les actes qui fondaient les poursuites engagées contre lui, ouvrant ainsi la voie à sa libération immédiate après plus de quatorze mois de détention préventive.
Placée sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, cette figure politique aura passé précisément 425 jours en prison dans le cadre d’une procédure liée à des soupçons de blanchiment de capitaux et d’infractions financières présumées. Le dossier, alimenté par des investigations attribuées à la Cellule nationale de traitement des informations financières, portait sur des transactions estimées à près de 125 milliards de francs CFA. Depuis le début, la défense n’a cessé de dénoncer des irrégularités dans la procédure, plaidant pour la remise en liberté de leur client.
La décision rendue par la juridiction suprême marque un véritable basculement. En cassant la décision qui faisait obstacle à sa libération, la Cour suprême met fin à un long feuilleton judiciaire marqué par une succession de recours, de débats procéduraux et de rebondissements. Le pourvoi en cassation introduit par le parquet général près la Cour d’appel de Dakar avait jusque-là suspendu l’exécution d’une décision favorable à Farba Ngom. L’arrêt rendu ce mardi lève donc ce verrou juridique, permettant théoriquement son élargissement sans délai.
Du côté de la défense, le soulagement est palpable. Ses avocats parlent d’une victoire nette du droit, estimant que la haute juridiction a sanctionné une procédure qu’ils jugeaient juridiquement fragile. Me Baboucar Cissé, l’un de ses conseils, a affirmé que cette décision ne laisse « plus aucun débat possible » sur la remise en liberté de son client. Une déclaration qui reste toutefois à confronter à la motivation écrite de l’arrêt, attendue pour préciser la portée exacte de l’annulation prononcée.
Au-delà du cas individuel de Farba Ngom, cette affaire soulève des questions plus larges sur le fonctionnement de la justice sénégalaise, notamment en matière de détention préventive dans les dossiers économiques et financiers. Pendant plus d’un an, cette procédure a alimenté un débat intense sur l’équilibre entre la nécessité de lutter contre la criminalité financière et le respect des droits fondamentaux, en particulier la présomption d’innocence.
Cette décision intervient dans un contexte politique sensible, où plusieurs figures de l’ancien régime font l’objet de poursuites ou d’enquêtes. La libération annoncée de Farba Ngom pourrait ainsi avoir des répercussions au-delà du strict cadre judiciaire, en ravivant les débats sur la reddition des comptes et la gestion des affaires publiques.
La même audience de la Cour suprême a également été marquée par une décision défavorable à Pape Malick Ndour. Impliqué dans l’affaire du PRODAC, l’ancien ministre a vu son mandat de dépôt confirmé, mettant fin à la mesure de contrôle judiciaire dont il bénéficiait jusque-là. Ce contraste entre les deux décisions illustre la complexité et la portée de cette audience, qui pourrait marquer un moment charnière dans plusieurs dossiers politico-judiciaires en cours.
Pour l’heure, l’attention se tourne vers l’exécution effective de la décision concernant Farba Ngom. Si les informations communiquées par ses avocats se confirment, sa sortie de détention pourrait intervenir dans les plus brefs délais. Après des mois d’incertitude, ce rebondissement majeur relance les discussions sur la conduite des procédures judiciaires, le contrôle des actes d’enquête et la place des libertés individuelles dans les affaires à forte résonance publique.
L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, ce mardi 28 avril, la loi n°11/2026 modifiant en profondeur certaines dispositions du Code électoral, notamment ses articles L.29 et L.30. Ce texte, voté à une large majorité avec 127 voix pour, 11 contre et 2 abstentions, marque une étape importante dans la redéfinition des règles encadrant l’inscription sur les listes électorales et les conditions d’inéligibilité.
Portée par la majorité parlementaire, cette réforme s’inscrit dans une volonté affichée de corriger les insuffisances de la législation précédente, souvent critiquée pour son caractère jugé à la fois trop large et insuffisamment encadré dans le temps. À travers cette révision, le législateur entend établir un équilibre entre la nécessité de préserver l’intégrité du processus électoral et celle de garantir le plein exercice des droits civiques.
Le cœur de la réforme repose sur la réécriture complète de l’article L.29. Désormais, les cas d’exclusion des listes électorales sont clairement définis et limités à des situations précises. Sont concernés les individus condamnés pour crime, mais également ceux ayant écopé de peines d’emprisonnement supérieures à un mois pour des infractions graves telles que le vol, l’escroquerie, l’abus de confiance, l’extorsion de fonds, le détournement de deniers publics, l’enrichissement illicite, la corruption, ou encore le blanchiment de capitaux. Cette clarification vise à mettre fin aux interprétations extensives qui pouvaient, par le passé, conduire à des exclusions jugées disproportionnées.
Autre évolution majeure, l’abrogation pure et simple de l’article L.30. Cette disposition prévoyait notamment l’inéligibilité automatique de certains candidats sur la base de condamnations pécuniaires, notamment en cas d’amendes dépassant 200 000 francs CFA. Sa suppression traduit une volonté de recentrer les critères d’inéligibilité sur des faits d’une gravité avérée, en lien direct avec la probité et la moralité publique.
Dans l’exposé des motifs, les auteurs du texte insistent sur la nécessité de prévenir toute instrumentalisation des règles électorales à des fins d’exclusion politique. La réforme ambitionne ainsi de rendre le dispositif plus lisible, plus juste et plus conforme aux principes de l’État de droit.
Au-delà de son contenu juridique, cette loi intervient dans un contexte politique marqué par des débats intenses autour des réformes institutionnelles engagées par les autorités. Elle constitue, pour ses promoteurs, une réponse aux attentes exprimées lors des dialogues nationaux sur la justice et le système politique.
Reste désormais à observer les effets concrets de cette réforme sur le paysage politique sénégalais. Entre volonté de moralisation de la vie publique et exigence de respect des droits fondamentaux, le nouveau cadre électoral ouvre une nouvelle séquence dans l’évolution démocratique du pays.
L’organisation internationale Reporters sans frontières (RSF) rendra public, ce jeudi 30 avril 2026 à Dakar, son très attendu Classement mondial de la liberté de la presse. L’annonce a été faite à travers un communiqué, précisant que la présentation officielle se tiendra lors d’une conférence organisée à partir de 9h30 à l’hôtel Good Rade, situé sur la VDN.
Ce classement annuel constitue l’un des principaux baromètres internationaux de l’état de la liberté d’informer. Il évalue la situation des journalistes et des médias dans plus de 180 pays, en prenant en compte des critères tels que l’indépendance des médias, le cadre légal, la sécurité des journalistes ou encore les pressions économiques et politiques. À travers cet outil, RSF propose également une cartographie mondiale permettant de visualiser les zones où la liberté de la presse est respectée, menacée ou gravement entravée.
La publication de cette édition 2026 intervient dans un contexte global marqué par des tensions accrues entre pouvoirs publics et médias dans plusieurs régions du monde, mais aussi par la montée de nouvelles formes de menaces, notamment dans l’espace numérique. Désinformation, cyberharcèlement, surveillance et restrictions juridiques sont autant de défis qui redéfinissent aujourd’hui l’environnement dans lequel évoluent les journalistes.
Au-delà des chiffres et du classement, cette rencontre à Dakar sera également marquée par la présence d’Iris Sossoukpè, venu porter un témoignage fort sur la situation de son frère, Hugues Comlan Sossoukpè. Directeur du site d’information Olofofo, ce dernier avait été enlevé en juillet 2025 à Abidjan avant d’être transféré au Bénin, où il demeure détenu à la prison civile de Ouidah. Son cas illustre, selon RSF, les risques persistants auxquels sont exposés les journalistes dans l’exercice de leur métier.
À Dakar, cette présentation du classement mondial s’annonce ainsi comme un moment clé de réflexion sur l’état de la liberté de la presse, mais aussi comme une tribune pour alerter sur les dérives observées et rappeler les exigences fondamentales d’une information libre, pluraliste et indépendante.
La Coalition « Diomaye Président » franchit une nouvelle étape dans son agenda de réformes. Par la voix de sa superviseure générale, Aminata Touré, quatre avant-projets de loi ont été officiellement présentés, marquant une volonté affichée de refonder en profondeur l’architecture institutionnelle et électorale du Sénégal. Ces textes, issus des conclusions des dialogues nationaux sur la justice en 2024 et sur le système politique en 2025, initiés par le président Bassirou Diomaye Faye, sont désormais soumis à l’appréciation du public avant leur examen en Conseil des ministres puis à l’Assemblée nationale.
Au cœur de ces propositions figure une réforme constitutionnelle d’envergure. Celle-ci introduit une rupture notable dans la pratique politique sénégalaise en établissant une incompatibilité entre la fonction présidentielle et la direction effective d’un parti politique. Le chef de l’État ne pourrait désormais occuper qu’un rôle honorifique au sein de sa formation. Cette disposition s’accompagne d’un renforcement du pouvoir de contrôle du Parlement, notamment à travers l’élargissement des prérogatives des commissions d’enquête et d’information. Le texte prévoit également une réorganisation de l’équilibre des pouvoirs au sein de l’Exécutif, ainsi que l’interdiction du cumul entre fonctions ministérielles et mandats exécutifs territoriaux.
Dans la même dynamique, un second avant-projet prévoit la transformation du Conseil constitutionnel en une Cour constitutionnelle. Cette nouvelle institution verrait ses effectifs passer de sept à neuf membres et disposerait de compétences élargies, notamment pour arbitrer les conflits entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Le principe du contradictoire serait explicitement inscrit dans son fonctionnement, renforçant ainsi les garanties procédurales.
Le troisième texte s’attaque au Code électoral, avec des changements structurants. Il prévoit la création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI), appelée à reprendre les prérogatives actuellement exercées par le ministère de l’Intérieur en matière d’organisation des élections. La réforme introduit également plusieurs innovations majeures, dont le bulletin unique, la révision permanente des listes électorales, l’ouverture du droit de vote aux détenus non déchus de leurs droits civiques, ainsi que l’institutionnalisation d’un débat présidentiel au second tour. Les articles L.29 et L.30, au cœur de nombreuses controverses, seraient réécrits afin de prévenir toute instrumentalisation de la justice dans le processus électoral.
Enfin, le quatrième avant-projet encadre le fonctionnement et le financement des partis politiques. Il instaure un système de financement public soumis à un contrôle strict de la Cour des comptes. Le texte interdit explicitement les dons anonymes, les financements via cryptomonnaies, les contributions d’entreprises publiques et les apports étrangers, à l’exception des contributions issues de la diaspora sénégalaise.
Au-delà du contenu des réformes, Aminata Touré a insisté sur la méthode adoptée, qu’elle présente comme inclusive et fondée sur le consensus. Selon elle, les textes sont le fruit d’un processus de concertation impliquant divers acteurs politiques et institutionnels, y compris des responsables parlementaires. Leur mise à disposition du public vise à prolonger ce dialogue, avant leur traduction en lois.
Avec ces quatre avant-projets, les autorités sénégalaises entendent poser les bases d’un nouveau cadre institutionnel, présenté comme plus équilibré, plus transparent et mieux adapté aux exigences démocratiques contemporaines. Reste désormais à savoir si cette dynamique de réforme parviendra à fédérer un large consensus politique et social dans un contexte où les questions électorales demeurent particulièrement sensibles.
Le Sénégal s’apprête à franchir un tournant institutionnel majeur avec l’avant-projet de loi portant révision de la Constitution, qui introduit des changements profonds dans l’organisation et l’exercice du pouvoir exécutif. Au cœur de cette réforme figure une disposition inédite : le Président de la République ne pourra plus diriger un parti politique ni une coalition. Une rupture significative avec une tradition bien ancrée, où les chefs de l’État cumulaient jusqu’ici la magistrature suprême avec le leadership partisan.
Désormais, le chef de l’État ne pourra occuper au sein d’une formation politique qu’un rôle strictement honorifique. L’objectif affiché est clair : renforcer la neutralité de la fonction présidentielle et mettre fin à toute confusion entre responsabilités étatiques et intérêts partisans. Cette évolution s’inscrit dans une volonté plus large de consolider les principes d’équité et de transparence dans la gestion des affaires publiques.
Dans la même logique, le texte introduit une autre innovation majeure : l’interdiction pour le Président en exercice de participer à des campagnes électorales, sauf dans le cas où il est lui-même candidat à sa réélection. Cette disposition vise à limiter l’usage des moyens et de l’influence de l’État à des fins politiques, une critique récurrente dans le débat public sénégalais.
La réforme ne s’arrête pas là. Elle redéfinit également les équilibres au sein de l’exécutif. Alors que la Constitution actuelle conférait au seul Président la détermination de la politique de la Nation, le nouveau texte prévoit désormais qu’elle sera définie « en concertation avec le Premier ministre ». Ce réajustement marque une évolution vers un partage plus équilibré du pouvoir exécutif, avec un Premier ministre renforcé dans son rôle de chef du gouvernement, chargé de conduire et de coordonner l’action gouvernementale.
Le serment présidentiel fait aussi l’objet d’une refonte. La nouvelle formule introduit des engagements explicites en matière de gouvernance, notamment la gestion transparente des ressources publiques et l’obligation d’agir exclusivement dans l’intérêt de la Nation. Ce serment sera désormais prêté devant la Cour constitutionnelle, nouvelle appellation du Conseil constitutionnel, renforçant ainsi la dimension solennelle et institutionnelle de l’acte.
Autre innovation importante : l’encadrement strict de la période post-électorale. Entre la tenue de l’élection présidentielle et la proclamation définitive des résultats, les autorités en place ne pourront plus prendre de décisions engageant durablement l’État, comme la signature de contrats majeurs ou la contraction d’emprunts, sauf en cas de nécessité impérieuse. Après la proclamation des résultats et jusqu’à l’installation du nouveau Président, le chef de l’État sortant sera limité à la gestion des affaires courantes.
Enfin, le préambule de la Constitution est enrichi pour consacrer deux principes fondamentaux : le rééquilibrage des pouvoirs au sein de l’exécutif et l’intangibilité des règles relatives à la limitation des mandats présidentiels. Cette dernière disposition vise à verrouiller toute tentative future de modification des règles sur la durée ou le nombre de mandats.
À travers cet ensemble de réformes, c’est une nouvelle conception de la fonction présidentielle qui se dessine : un Président moins partisan, davantage encadré dans ses prérogatives, et inscrit dans un système institutionnel où le pouvoir est mieux partagé. Une transformation qui pourrait redéfinir durablement les pratiques politiques au Sénégal et renforcer les fondements de son État de droit.
En pleine campagne pour le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Macky Sall a précisé sa position sur les questions liées aux droits des personnes LGBT, à l’occasion d’un échange avec des représentants de la société civile ce lundi 20 avril 2026 à New York.
Interpellé sur ce sujet sensible, l’ancien chef de l’État sénégalais a d’abord tenu à replacer le débat dans son contexte, en soulignant qu’il s’agit avant tout de questions de société, qui doivent être abordées avec prudence et sans contrainte extérieure. « Pour les LGBT, c’est un sujet de société. J’ai souvent eu des positions connues, mais à ce niveau, je voudrais dire une chose : les sujets de société ne doivent pas faire l’objet d’imposition », a-t-il déclaré.
Dans le même temps, Macky Sall a insisté sur son attachement aux principes fondamentaux défendus par les Nations unies, notamment en matière de droits humains et de dignité. Il a rappelé que la Charte de l’ONU constitue un socle incontournable, qu’il entend respecter et défendre s’il accède à cette fonction. « Nous avons les droits humains et la Charte des Nations unies qui défend la dignité humaine. Ça va être un principe qui sera consacré et que j’assumerai », a-t-il affirmé.
L’ancien président a ainsi tenté de trouver un équilibre entre le respect des normes internationales et la prise en compte des réalités socioculturelles propres à chaque pays. Il a réitéré son opposition à toute forme d’imposition de modèles extérieurs, rappelant qu’en tant que président du Sénégal, il avait déjà été confronté à des pressions sur ces questions. « Je n’ai jamais accepté qu’on me l’impose », a-t-il insisté.
Dans son analyse, Macky Sall a également évoqué les rapports de force internationaux autour de ces thématiques. Selon lui, plusieurs pays africains ont été soumis à des pressions importantes, certains ayant résisté, tandis que d’autres ont cédé face aux contraintes économiques ou diplomatiques. Il a toutefois souligné que le débat reste loin d’être tranché, y compris dans les pays occidentaux.
Prenant l’exemple des États-Unis, il a estimé que les positions évoluent et que la question continue de diviser les opinions publiques. Pour lui, cela démontre que le débat est global et qu’aucune société n’a encore trouvé de consensus définitif sur ces enjeux.
En conclusion, Macky Sall a plaidé pour une approche équilibrée, qui permette à chaque société de gérer ces questions selon ses propres dynamiques, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux de chaque individu. Une position qui s’inscrit dans sa volonté d’incarner, dans cette campagne internationale, une ligne de dialogue entre les valeurs universelles et les réalités locales.
Le Fonds monétaire international (FMI) adopte une posture mesurée dans le dossier sensible de la dette du Sénégal, en laissant les autorités nationales piloter elles-mêmes les orientations stratégiques à venir. À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce jeudi sur les « Perspectives économiques régionales d’avril 2026 pour l’Afrique subsaharienne », le directeur du département Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie, a clarifié la position de l’institution de Bretton Woods.
D’emblée, le responsable a insisté sur l’absence de position prédéfinie du FMI concernant les paramètres d’une éventuelle restructuration de la dette sénégalaise. Selon lui, l’institution privilégie une approche d’accompagnement plutôt que d’imposition, laissant au gouvernement la responsabilité de concevoir une stratégie adaptée à ses réalités économiques et sociales.
Dans ses propos, Abebe Aemro Selassie a salué la transparence des autorités sénégalaises, qui auraient rapidement partagé leurs évaluations relatives aux « défaillances des systèmes » ainsi qu’à l’état du stock de la dette. Cette démarche, jugée constructive, permet selon lui d’instaurer un climat de confiance dans les discussions en cours autour d’un nouveau programme économique.
Les échanges actuels entre le Sénégal et le FMI visent ainsi à définir un cadre de réformes capable de concilier plusieurs impératifs : restaurer la viabilité de la dette, garantir un financement soutenable et éviter des mesures d’austérité excessives pour les populations. L’objectif affiché est d’aboutir à un programme « crédible et finançable », tout en préservant la stabilité sociale dans un contexte économique déjà sous pression.
Le FMI met toutefois en garde contre la précipitation. Dans un environnement international marqué par une forte volatilité des marchés, l’institution recommande une approche prudente et progressive. Il s’agit, selon ses responsables, de garantir la soutenabilité de la dette sans engager le pays dans des décisions irréversibles qui pourraient limiter ses marges de manœuvre à long terme.
Sur un plan plus technique, Abebe Aemro Selassie a précisé que le FMI n’a pas demandé l’inclusion de la dette intérieure dans les discussions sur une éventuelle restructuration. Une position qui laisse au gouvernement sénégalais une latitude importante pour définir les contours de sa stratégie, notamment en arbitrant entre dette intérieure et extérieure. « Nous n’entrons pas dans ces discussions (…) et nous n’avons généralement pas demandé que la dette intérieure soit incluse », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le responsable du FMI est revenu sur l’élargissement du déficit du compte courant du Sénégal. Il l’explique en grande partie par une hausse significative des investissements dans les secteurs pétrolier et gazier, considérés comme structurants pour l’économie nationale. Toutefois, il souligne que les projections économiques pourraient évoluer, notamment en fonction des fluctuations des prix du pétrole sur les marchés internationaux.
Au final, la position du Fonds monétaire international traduit une volonté d’équilibre entre accompagnement technique et respect de la souveraineté économique du Sénégal. Dans un contexte où les enjeux de dette restent cruciaux, les autorités sénégalaises apparaissent ainsi en première ligne pour définir une trajectoire capable de concilier rigueur financière, croissance économique et stabilité sociale.
Le premier trimestre 2026 aura été un véritable test de résistance pour les finances publiques sénégalaises. Dans un contexte de fortes incertitudes, marqué par des spéculations sur un possible défaut de paiement, notamment sur les eurobonds, l’État a finalement rassuré en honorant l’ensemble de ses engagements. Cette performance a contribué à atténuer les inquiétudes des investisseurs, même si les conditions d’accès aux marchés internationaux restent nettement dégradées.
Privé en grande partie de financements extérieurs compétitifs, le Sénégal a dû se replier sur le marché régional de la dette. Cette stratégie s’est révélée efficace au cours des trois premiers mois de l’année, avec une mobilisation de 1068,6 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine, dépassant largement l’objectif initial fixé à 808 milliards. Ce recours accru au marché régional illustre à la fois la résilience des autorités financières, mais aussi les contraintes pesant sur la signature souveraine du pays.
Pour le deuxième trimestre, le gouvernement adopte une posture plus mesurée. Selon le calendrier des émissions publié par Umoa-Titres, le Sénégal prévoit de lever 658 milliards de FCFA entre avril et juin 2026. Cette enveloppe sera répartie entre 210 milliards de FCFA en Bons assimilables du Trésor, instruments de court terme, et 448 milliards de FCFA en Obligations assimilables du Trésor, destinées à des maturités plus longues. Cette orientation traduit une volonté de mieux structurer la dette, en allongeant progressivement sa durée et en limitant les pressions de refinancement à court terme.
À l’échelle régionale, la dynamique reste soutenue. Les huit États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine ambitionnent de mobiliser un total de 3075,5 milliards de FCFA sur la période. La Côte d’Ivoire se distingue une nouvelle fois comme le principal émetteur, avec un objectif de 980 milliards de FCFA, confirmant son rôle moteur sur le marché régional des capitaux.
Toutefois, la situation du Sénégal demeure particulièrement sensible. La question de la dette, relancée par les révélations sur une dette dite cachée, continue de peser lourdement sur les perspectives économiques. Le Fonds monétaire international a ainsi réévalué le taux d’endettement du pays à 132 % du produit intérieur brut, entraînant la suspension de son programme de coopération avec Dakar. À ce jour, aucun nouvel accord n’a encore été conclu, ce qui limite davantage les marges de manœuvre financières de l’État.
Dans ce contexte, le marché financier de l’Umoa s’impose comme une bouée de sauvetage incontournable. Le Sénégal prévoit d’y mobiliser au total 4132 milliards de FCFA en 2026, dont 2752 milliards via les émissions de titres publics. Les résultats du premier trimestre, jugés satisfaisants, offrent une base encourageante pour la suite de l’année, même si les défis restent nombreux.
Alors que les inquiétudes liées à une éventuelle crise énergétique mondiale continuent de peser sur plusieurs économies, les autorités sénégalaises montent au créneau pour rassurer l’opinion. Invité ce mardi 14 avril 2026 sur les ondes de la RFM, l’administrateur du Fonds spécial de soutien au secteur de l’énergie (FSE), Assane Ndir, a tenu un discours ferme et sans ambiguïté : le Sénégal ne fera face à aucune pénurie de carburant dans les mois à venir.
Cette déclaration intervient dans un climat marqué par la volatilité des cours du pétrole et les tensions géopolitiques internationales, qui ont déjà poussé plusieurs pays à revoir leur politique énergétique. Mais du côté de Dakar, les autorités assurent avoir anticipé ces turbulences grâce à une stratégie de sécurisation basée sur la constitution de réserves suffisantes.
Selon le responsable du FSE, l’approvisionnement du pays repose sur un mécanisme bien structuré et coordonné, impliquant notamment Société africaine de raffinage (SAR), qui joue un rôle central dans le stockage et la distribution des produits pétroliers. Des stocks stratégiques ont été constitués en amont afin de couvrir les besoins du marché national sur une période prolongée, permettant ainsi de faire face à d’éventuelles perturbations dans les circuits internationaux d’approvisionnement.
Au-delà de la question du carburant destiné aux véhicules, les autorités ont également pris des dispositions pour sécuriser la production d’électricité. Des volumes importants de fuel ont été mobilisés pour alimenter Senelec, garantissant ainsi la continuité du service électrique sur l’ensemble du territoire. Cette anticipation vise à éviter tout scénario de délestage lié à un défaut d’approvisionnement en combustible, un risque souvent redouté dans des contextes de crise énergétique.
Assane Ndir a insisté sur le fait que ces mesures ne sont pas le fruit d’une réaction tardive, mais bien d’une planification rigoureuse inscrite dans la durée. L’objectif est de préserver la stabilité du pays face aux chocs externes, tout en assurant la continuité des activités économiques. Dans un environnement où les fluctuations du marché pétrolier peuvent rapidement impacter les économies dépendantes des importations, cette capacité d’anticipation est présentée comme un atout majeur.
Toutefois, cette assurance sur la disponibilité des produits pétroliers ne dissipe pas totalement les interrogations sur l’évolution des prix. Si les stocks permettent d’éviter une rupture, la question du maintien des subventions et de la capacité de l’État à absorber les hausses du marché international reste posée. Sur ce point, les autorités restent prudentes, privilégiant pour l’instant un discours axé sur la stabilité de l’approvisionnement.
À travers cette sortie médiatique, le FSE cherche donc à envoyer un signal fort : malgré un environnement mondial incertain, le Sénégal dispose des moyens nécessaires pour garantir la disponibilité du carburant et assurer la continuité de son système énergétique. Une communication qui vise à rassurer les populations, mais aussi à maintenir la confiance des acteurs économiques dans la solidité du dispositif national.
Le dossier sensible opposant l’ASER à AEE POWER connaît une nouvelle évolution au Sénégal. Jean Michel Sène a annoncé avoir été officiellement contacté par la Section de recherches, marquant ainsi une étape importante dans le traitement de cette affaire qui alimente le débat public depuis plusieurs semaines.
Cette convocation intervient quelques jours après sa sortie médiatique du 1er avril 2026, au cours de laquelle il avait exposé ce qu’il avait présenté comme des « éléments factuels » liés à ce dossier. Une prise de parole qui avait suscité de nombreuses réactions, tant dans l’opinion que dans les milieux politiques et institutionnels.
Dans une déclaration rendue publique, Jean Michel Sène a accueilli favorablement cette initiative des enquêteurs. Selon lui, cette démarche correspond à une exigence qu’il n’a cessé de formuler depuis le début de l’affaire : celle de faire toute la lumière sur les faits. « C’est précisément ce que nous avons toujours appelé de nos vœux », a-t-il affirmé, estimant que cette convocation constitue une opportunité pour éclairer définitivement l’opinion publique.
L’intéressé assure, par ailleurs, avoir immédiatement répondu à cette sollicitation en affichant sa pleine disponibilité. Il se dit prêt à collaborer sans réserve avec les autorités judiciaires et à fournir tous les éléments en sa possession. « Je mettrai à disposition toutes les preuves nécessaires à la manifestation de la vérité », a-t-il déclaré, insistant sur sa volonté de voir l’enquête aboutir dans la transparence.
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette nouvelle étape s’accompagne d’un discours plus offensif sur le terrain politique. Jean Michel Sène a en effet dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de récupération de l’affaire par certains acteurs. Sans citer de noms, il a critiqué « des politiciens sans véritable discours » qui, selon lui, chercheraient à instrumentaliser ce dossier à des fins opportunistes. Il estime toutefois que « ce temps touche bientôt à sa fin », laissant entendre que l’évolution de la procédure pourrait redistribuer les cartes.
Alors que l’enquête entre dans une phase plus active, cette convocation par la Section de recherches pourrait marquer un tournant décisif. Elle ouvre la voie à des auditions approfondies et, potentiellement, à de nouvelles révélations dans un dossier dont les implications restent encore à clarifier.
Dans un contexte où les questions de gouvernance, de transparence et de gestion des ressources publiques occupent une place centrale dans le débat national, l’issue de cette affaire est désormais attendue avec une attention particulière, tant par les citoyens que par les acteurs institutionnels.
Le Sénégal pourrait faire face, dans les prochains jours, à une hausse des prix de l’énergie. C’est l’alerte lancée par Mouhamadou Bamba Cissé, qui s’exprimait en marge de la 96e édition de la Ziarra de Tivaouane, où il représentait le président de la République. Dans un discours empreint de gravité, le ministre a évoqué sans détour les tensions énergétiques qui pèsent actuellement sur le pays, en lien avec un contexte international de plus en plus instable.
Après avoir rendu hommage aux enseignements de Serigne Babacar Sy et salué l’organisation de cet important rendez-vous religieux, le ministre de l’Intérieur a dressé un tableau préoccupant de la situation énergétique mondiale et régionale. Selon lui, plusieurs signaux indiquent une pression croissante sur les marchés de l’énergie. Il a notamment cité le cas de la Mauritanie, où les prix de l’essence, du gasoil et de l’électricité ont récemment été revus à la hausse, ainsi que la situation en France, marquée par des perturbations dans l’approvisionnement avec près de 15 % des stations-service fermées.
Dans ce contexte, Mouhamadou Bamba Cissé a souligné que le Sénégal, pour l’instant, a réussi à maintenir une certaine stabilité des prix à la pompe. Une situation qu’il attribue aux efforts importants consentis par l’État pour amortir le choc et protéger le pouvoir d’achat des populations. Toutefois, il a tenu à préciser que cette stabilité a un coût et qu’elle ne saurait être maintenue indéfiniment face aux pressions extérieures.
Le ministre a ainsi révélé que les prix de l’énergie auraient dû être réajustés à la hausse depuis près de deux semaines, mais que le gouvernement a choisi, jusque-là, d’en différer l’application. « Les Sénégalais n’ont pas encore senti de difficultés, mais cela peut arriver dans quelques jours », a-t-il averti, laissant entendre qu’une révision des tarifs pourrait intervenir à court terme.
Ce message se veut à la fois un appel à la vigilance et une tentative de préparer l’opinion publique à une éventuelle hausse des prix des carburants et de l’électricité. Il met en lumière la fragilité des équilibres énergétiques dans un contexte global marqué par des tensions sur les approvisionnements et des fluctuations des coûts à l’international.
À travers cette sortie, Mouhamadou Bamba Cissé insiste sur la nécessité d’anticiper les difficultés à venir et de faire preuve de responsabilité collective. Si aucune décision officielle n’a encore été annoncée, les propos du ministre traduisent clairement une inquiétude au sommet de l’État face à une crise énergétique qui pourrait bientôt se répercuter sur le quotidien des Sénégalais.
À l’occasion de la cérémonie officielle de la Ziarra générale, Serigne Moustapha Sy Al Amine a livré un message ferme à l’endroit de ceux qu’il accuse de s’attaquer publiquement aux confréries (tarikha) au Sénégal. Dans un contexte marqué par des débats de plus en plus vifs sur les pratiques religieuses, le guide religieux a tenu à rappeler le rôle central des confréries dans la structuration de l’islam sénégalais et dans la stabilité sociale du pays.
Dans son intervention, Serigne Moustapha Sy Al Amine a évoqué une émission diffusée récemment sur une chaîne de télévision de la place, au cours de laquelle un invité se serait permis de remettre en cause les fondements des tarikhas. Sans citer directement de nom, il a dénoncé ce qu’il considère comme des dérives inquiétantes, appelant à plus de responsabilité dans les prises de parole publiques, notamment sur des sujets aussi sensibles que la religion.
Le marabout s’est longuement attardé sur la signification des confréries dans le contexte sénégalais. Il a rappelé que celles-ci ne sont pas de simples organisations religieuses, mais des institutions profondément ancrées dans l’histoire et la culture du pays. Selon lui, les tarikhas jouent un rôle essentiel dans la transmission des valeurs spirituelles, la cohésion sociale et l’encadrement des fidèles. À ce titre, toute tentative de les discréditer reviendrait, selon ses propos, à fragiliser des repères fondamentaux de la société.
Dans un ton particulièrement ferme, Serigne Moustapha Sy Al Amine a mis en garde ceux qu’il qualifie de « farfelus », qui, selon lui, s’autorisent à porter atteinte aux fondements de l’islam. Il a insisté sur la nécessité de préserver l’orthodoxie religieuse et de respecter les héritages spirituels légués par les grandes figures religieuses du pays. Pour lui, la liberté d’expression ne saurait justifier des propos de nature à semer la confusion ou à créer des tensions au sein de la communauté musulmane.
Au-delà de la question religieuse, le guide religieux a également abordé l’actualité sociale, notamment la récente grève des transporteurs. Il a salué la décision de lever le mot d’ordre, soulignant l’importance des concertations qui ont permis d’aboutir à une issue favorable. Il a rappelé, à cette occasion, le rôle des médiations et des discussions dans la résolution des crises, appelant à privilégier le dialogue comme outil principal de régulation sociale.
Dans la même dynamique, Serigne Moustapha Sy Al Amine a exhorté les autorités publiques à renforcer les cadres de concertation avec les différents acteurs sociaux. Selon lui, une gouvernance apaisée passe nécessairement par l’écoute, la prise en compte des préoccupations des citoyens et la recherche de solutions consensuelles aux problèmes qui se posent.
À travers cette intervention, le guide religieux a ainsi voulu rappeler à la fois l’importance du respect des valeurs religieuses et la nécessité de préserver la cohésion sociale. Entre mise en garde contre les dérives discursives et appel au dialogue dans la gestion des affaires publiques, son message s’inscrit dans une volonté de maintenir l’équilibre entre tradition, foi et stabilité nationale.
L’incident survenu lors de la cérémonie officielle du festival Pencum Niany continue de faire réagir dans le département de Koumpentoum. Le préfet, Joséphine Safiétou Dieng, est revenu sur les faits qui se sont déroulés le 12 avril 2026, impliquant deux députés du parti Pastef, lesquels avaient refusé de se lever à son arrivée.
Face à la polémique suscitée par cet épisode, l’autorité administrative a tenu à apporter des éclaircissements sur le sens de son intervention. Selon elle, le geste attendu lors de ce type de cérémonie ne relève pas d’une simple formalité sociale, mais s’inscrit dans le respect des règles protocolaires encadrant les manifestations officielles. Elle insiste sur le fait que se lever à l’arrivée d’un préfet constitue avant tout une marque de respect envers l’institution qu’il représente, et non envers la personne physique.
Dans ses explications, Joséphine Safiétou Dieng rappelle que le préfet incarne l’État dans son territoire de compétence. À ce titre, les marques de considération qui lui sont adressées participent du respect dû aux institutions de la République. « Se lever pour le préfet ne relève pas d’une simple courtoisie, mais d’un devoir de respect institutionnel lié à la fonction qu’il incarne », a-t-elle souligné, mettant en avant la dimension symbolique et républicaine de ce geste.
L’autorité administrative a également insisté sur le rôle et les responsabilités des députés en tant qu’élus de la Nation. Selon elle, ces derniers sont tenus d’observer scrupuleusement les règles protocolaires, notamment lors des cérémonies officielles organisées dans leurs circonscriptions. Elle estime que leur statut implique un devoir d’exemplarité, tant dans leur comportement que dans leur respect des institutions.
Pour le préfet, les usages protocolaires ne sont ni nouveaux ni méconnus des acteurs politiques. Elle considère ainsi que leur non-respect ne peut être interprété autrement que comme une entorse aux règles républicaines. Dans un ton ferme, elle a rappelé que « le respect des institutions n’est pas une option », soulignant l’importance de préserver les fondements de l’ordre républicain à travers des gestes symboliques mais significatifs.
Cet incident, survenu dans un contexte festif, relance le débat sur le respect des institutions et les relations entre autorités administratives et responsables politiques. Au-delà du fait en lui-même, il met en lumière la sensibilité des questions protocolaires dans l’espace public sénégalais, où chaque geste peut être interprété à l’aune des principes républicains et des équilibres institutionnels.
Dakar a été, ce samedi, le théâtre d’une mobilisation portée par les familles des victimes de la répression politique survenue entre 2021 et 2024. En collaboration avec l’Initiative Zéro Impunité, les manifestants ont investi l’espace public pour exiger l’ouverture d’enquêtes indépendantes et la fin de l’impunité.
Pancartes à la main, slogans scandés avec force, les participants ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils qualifient de silence persistant des autorités. « Non à l’impunité », « Justice pour les victimes » ou encore « Non à la candidature de Macky Sall » figuraient parmi les messages visibles dans le cortège. L’appareil judiciaire a également été directement interpellé, notamment à travers des appels adressés au procureur Ibrahima Ndoye.
Pour Djibril Diaw, cette mobilisation n’est pas un simple acte symbolique. Elle traduit une exigence ferme : « la fin de l’impunité et l’établissement de la vérité ». Le collectif réclame l’ouverture immédiate d’enquêtes « indépendantes, transparentes et crédibles » afin de situer les responsabilités, quel que soit le statut des personnes impliquées.
Malgré l’alternance politique ayant conduit Bassirou Diomaye Faye à la tête du pays, les familles estiment que leurs revendications restent inchangées. Un constat partagé par Mamadou Lamine Sambou, qui s’interroge : « Si, après le changement de régime, nous devons encore réclamer les mêmes choses, c’est qu’il y a un problème de fond. »
La dimension politique de la question n’a pas été éludée. Présente sur les lieux, la députée Maimouna Bousso a insisté sur le droit des familles à connaître la vérité. Selon elle, il est impératif de déterminer les responsabilités dans les violences qui ont marqué cette période. Elle a par ailleurs rejeté l’idée selon laquelle la loi d’amnistie constituerait un obstacle à la manifestation de la vérité.
Même fermeté du côté de Seydi Gassama, qui pointe une responsabilité de l’ancien chef de l’État dans les événements. Il s’oppose également à toute ambition internationale de ce dernier, estimant qu’une candidature à la tête de l’Organisation des Nations unies serait inacceptable tant que la lumière n’est pas faite.
Au-delà des discours, la douleur des victimes reste vive. Certaines portent encore les séquelles physiques et psychologiques des violences. Pape Abdoulaye Touré, présent à la manifestation, évoque un possible recours à la justice internationale : « Si l’État du Sénégal ne nous rend pas justice, vers qui allons-nous nous tourner ? L’ONU représente aujourd’hui notre dernier espoir. »
Déterminées à ne pas laisser ce dossier s’enliser, les familles des victimes annoncent leur volonté de poursuivre le combat, aussi bien sur le plan national qu’international. Elles envisagent notamment de relancer les procédures déjà initiées auprès de la Cour pénale internationale, où des signalements avaient été déposés en 2023.
La décision du Conseil constitutionnel de censurer plusieurs dispositions de la loi encadrant le Conseil national de régulation des médias (CNRM) continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Parmi les premières voix à se faire entendre, celle de la députée Aïssata Tall Sall, qui n’a pas caché sa satisfaction, qualifiant cette décision de « victoire pour la démocratie sénégalaise ».
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a salué la position de la haute juridiction. Selon elle, cette décision vient rappeler avec force au gouvernement que la liberté de la presse constitue un principe fondamental, protégé par la Constitution sénégalaise et au cœur du fonctionnement démocratique.
L’ancienne ministre de la Justice estime que, en censurant les dispositions qu’elle juge « attentatoires aux droits des journalistes et des acteurs des médias », notamment celles liées aux sanctions, le Conseil constitutionnel a joué pleinement son rôle de garant des libertés publiques. Elle considère que cette intervention permet de préserver « l’exercice souverain » de la liberté d’informer et de communiquer, face à ce qu’elle perçoit comme des risques de dérives dans le dispositif initial.
Pour Aïssata Tall Sall, cette décision dépasse le simple cadre juridique. Elle s’inscrit, selon elle, dans une dynamique plus large de consolidation de l’État de droit au Sénégal, où les institutions doivent continuellement veiller à l’équilibre entre régulation et respect des libertés fondamentales.
La députée a également tenu à rendre hommage à ses collègues parlementaires ayant soutenu la saisine du Conseil constitutionnel. Elle a salué l’engagement des membres de son groupe, mais aussi celui des députés non inscrits, ainsi que de Cheikh Ahmadou Ndiaye, qu’elle remercie pour leur implication dans ce qu’elle qualifie de « combat démocratique ».
Selon elle, cette mobilisation collective a permis d’aboutir à une « victoire décisive », non seulement pour les acteurs des médias, mais aussi pour l’ensemble des citoyens sénégalais attachés aux libertés publiques.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour de la régulation du secteur médiatique. La décision du Conseil constitutionnel, en censurant certaines mesures jugées disproportionnées, notamment celles relatives aux sanctions administratives, redéfinit les contours du pouvoir du CNRM et réaffirme le rôle central du juge dans la protection des droits et libertés.
À travers cette réaction, Aïssata Tall Sall s’inscrit ainsi dans une lecture politique forte de la décision, en y voyant un signal clair en faveur du respect des principes démocratiques et de la liberté de la presse au Sénégal.
La controverse autour de la répartition du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) prend une nouvelle tournure. Au lendemain de la conférence de presse du ministère de la Communication, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de la presse du Sénégal (CDEPS) ainsi que l’APPEL ont annoncé leur décision de saisir Office national de lutte contre la fraude et la corruption pour des faits présumés de détournement.
Réunis ce mercredi 8 avril à la Maison de la presse, les responsables des deux organisations ont vivement critiqué les conditions dans lesquelles le fonds a été réparti. Ils dénoncent une gestion qu’ils jugent opaque et affirment ne pas disposer d’informations suffisantes sur les critères ayant guidé l’attribution des ressources.
Prenant la parole devant la presse, Mamadou Wone a annoncé le dépôt imminent d’une plainte auprès de l’OFNAC. Selon lui, cette démarche vise à faire toute la lumière sur ce dossier. Il évoque notamment des soupçons de détournement de deniers publics et de détournement d’objectif, tout en pointant du doigt le manque de transparence qui entoure la gestion du FADP.
Cette position a été appuyée par Maïmouna Ndour Faye, qui s’est exprimée en wolof pour relayer le message auprès d’un large public. Elle a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et équitable des ressources publiques destinées à soutenir les médias, dans un contexte marqué par de fortes difficultés économiques pour de nombreuses entreprises de presse.
Au cœur des revendications du CDEPS et de l’APPEL figure la question de la transparence. Les deux organisations réclament des explications claires sur les critères d’éligibilité et les modalités de répartition du fonds. Elles demandent également la publication de la liste complète des bénéficiaires ainsi que des montants alloués à chacun.
Le recours annoncé à l’OFNAC traduit une volonté de porter le débat sur le terrain judiciaire afin d’obtenir des réponses précises et, le cas échéant, des sanctions. L’organe de lutte contre la fraude et la corruption pourrait ainsi être amené à ouvrir une enquête pour vérifier la régularité de la gestion du FADP.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités et une partie des acteurs du secteur des médias. Le FADP, censé renforcer la viabilité et le développement des entreprises de presse, se retrouve aujourd’hui au centre d’une polémique qui relance le débat sur la gouvernance des ressources publiques.
En attendant une réaction officielle du ministère de la Communication, cette sortie du CDEPS et de l’APPEL met en lumière les attentes des professionnels du secteur en matière de transparence et de bonne gestion. Elle souligne également l’importance de restaurer la confiance entre les autorités publiques et les acteurs des médias, dans un environnement où la crédibilité des institutions demeure un enjeu majeur.
Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu, le 7 avril 2026, une décision très attendue sur la loi encadrant le Conseil national de Régulation des Médias (CNRM). Saisi par la députée Aïssata Tall Sall et 22 de ses collègues, l’organe juridictionnel a procédé à un examen approfondi du texte, validant certains aspects tout en censurant plusieurs dispositions qu’il juge contraires à la Constitution.
Dans sa décision, la haute juridiction reconnaît la légitimité du CNRM en tant qu’organe de régulation du secteur des médias. Toutefois, elle a clairement fixé des limites à ses prérogatives, notamment en matière de sanctions. Les « sages » ont ainsi invalidé plusieurs mesures jugées excessives, notamment la fermeture des locaux de presse, la suspension de journaux ou de sites d’information, ainsi que la résiliation des conventions de diffusion.
Ces sanctions ont été qualifiées de « disproportionnées » par le Conseil constitutionnel, qui rappelle que toute restriction aux libertés fondamentales doit être strictement encadrée. En s’appuyant sur les principes consacrés par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, la juridiction souligne que « la loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires ». Une référence qui vient renforcer l’exigence de proportionnalité dans l’application des sanctions administratives.
Au-delà de la question des sanctions, le Conseil constitutionnel a également remis en cause les pouvoirs de coercition directe accordés au CNRM. Il précise que cette autorité administrative ne peut recourir à la force publique sans l’autorisation préalable d’un juge. En d’autres termes, toute intervention contraignante doit être encadrée par un mandat délivré par l’autorité judiciaire, réaffirmant ainsi le rôle central du juge comme garant des droits et libertés.
Cette position marque une volonté claire de préserver l’équilibre entre la régulation du secteur médiatique et la protection des libertés fondamentales, notamment la liberté de la presse et la liberté d’expression. Le Conseil constitutionnel rappelle que ces libertés constituent des piliers essentiels de l’État de droit et ne sauraient être restreintes de manière arbitraire.
Toutefois, l’institution n’a pas totalement désavoué le dispositif prévu par la loi. Certaines mesures de régulation ont été maintenues, mais sous de strictes réserves d’interprétation. Le CNRM conserve ainsi la possibilité de suspendre des programmes ou d’imposer l’insertion de communiqués, à condition que ces décisions répondent à des objectifs précis, tels que la sauvegarde de l’ordre public ou la protection de l’honneur.
Le Conseil insiste cependant sur le fait que ces interventions doivent être encadrées et proportionnées, afin de ne pas porter atteinte à la réputation ni aux intérêts matériels et moraux des entreprises de presse. Cette précision vise à éviter toute dérive pouvant fragiliser les médias ou entraver leur fonctionnement.
À travers cette décision, le Conseil constitutionnel envoie un signal fort en direction des autorités et des acteurs du secteur. Il réaffirme la nécessité d’une régulation équilibrée, respectueuse des principes démocratiques, tout en rappelant que la liberté de communiquer demeure une valeur fondamentale qu’aucune réforme ne saurait compromettre.
Le Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) a rendu public, ce mardi 7 avril 2026, son rapport de gestion annuel, mettant en lumière une mobilisation quasi intégrale des ressources allouées au secteur des médias au Sénégal. À travers cette publication, les autorités entendent illustrer leur engagement à soutenir durablement un écosystème médiatique en mutation, confronté à des défis économiques, technologiques et structurels.
Prenant la parole lors de la présentation, Habibou Dia a rappelé que le FADP constitue un levier stratégique pour accompagner l’ensemble des sous-secteurs de l’information, qu’il s’agisse de la presse écrite, de l’audiovisuel ou des médias communautaires. Il a insisté sur la vocation du fonds à renforcer la viabilité économique des entreprises de presse tout en promouvant le professionnalisme et la qualité de l’information.
Sur une enveloppe budgétaire globale arrêtée à 1 900 000 000 FCFA, le montant effectivement décaissé s’élève à 1 899 990 007 FCFA, soit un taux d’exécution quasi parfait. Le reliquat, estimé à 9 993 FCFA, a été reversé au Trésor public, traduisant, selon les responsables, une gestion rigoureuse des deniers alloués au secteur.
Dans le détail, la répartition des financements révèle une nette priorité accordée au secteur privé. Les entreprises de presse privées ainsi que les radios communautaires ont capté la part la plus importante des ressources, avec un montant global de 1 098 750 000 FCFA, représentant 57,8 % de l’enveloppe totale. Ce choix traduit une volonté manifeste de soutenir les acteurs les plus exposés aux contraintes du marché et aux mutations du paysage médiatique.
Les médias publics n’ont pas été en reste. Des structures comme Agence de Presse Sénégalaise, Radiodiffusion Télévision Sénégalaise et Agence de Distribution de la Presse ont bénéficié d’un financement global de 609 341 031 FCFA, soit 32,1 % du budget. Cette allocation vise à consolider le rôle de service public de ces organes, tout en améliorant leurs capacités opérationnelles.
Un accent particulier a également été mis sur la formation, considérée comme un pilier essentiel pour l’avenir du secteur. À ce titre, le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information a reçu 125 750 000 FCFA, soit 6,6 % des ressources, afin de renforcer les compétences des professionnels des médias et d’adapter leur savoir-faire aux exigences du numérique et de l’information moderne.
Par ailleurs, les organes de régulation et de gouvernance ont bénéficié d’un appui financier non négligeable. Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie et la Commission de la Carte Nationale de Presse se sont vu attribuer un montant cumulé de 86 298 976 FCFA, représentant 4,5 % de l’enveloppe. Cette dotation vise à renforcer les mécanismes de régulation, de contrôle et de professionnalisation du secteur.
Enfin, les dépenses de fonctionnement du FADP ont été contenues à 28 200 000 FCFA, soit 1,5 % du budget global. Une maîtrise saluée par les autorités, qui y voient le signe d’une gestion sobre et orientée vers l’efficacité.
La crise qui secoue le secteur de l’éducation au Sénégal franchit un nouveau palier. Réunis le 2 avril 2026 au siège du SNELAS-FC, les syndicats membres du G7 ont constaté l’échec des discussions engagées avec les autorités et annoncé une série de mesures de riposte, dont la saisine du Bureau international du travail (BIT) et la menace d’une intensification du mouvement de grève dans les prochains jours.
Dans un communiqué signé par la plénière des secrétaires généraux, le G7 dénonce une impasse persistante malgré les tentatives de médiation entreprises depuis plusieurs semaines. Les syndicats reviennent notamment sur la rencontre du 23 mars 2026 convoquée par le ministère de la Fonction publique, censée ouvrir la voie à une sortie de crise. Selon eux, cette initiative n’a pas produit les résultats escomptés, bien au contraire. Ils affirment avoir observé, dans la foulée, des « actes maladroits » posés par l’État, qui ont contribué à envenimer davantage la situation.
Au cœur des critiques figure le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, accusé par les syndicats d’adopter une posture méprisante et un discours jugé condescendant à l’endroit des enseignants. Le G7 lui reproche notamment ses sorties médiatiques, qu’il considère comme des tentatives de discréditer la corporation enseignante et ses représentants. Le ton du communiqué se durcit davantage lorsque les syndicats évoquent une stratégie de « sabotage » de la part du gouvernement, qu’ils accusent de procéder à un « saucissonnage disproportionné » des salaires, compromettant ainsi le suivi de leurs plans d’action.
Les organisations syndicales dénoncent une violation grave des droits des travailleurs et estiment que ces pratiques, loin de les affaiblir, ne font que renforcer leur détermination. C’est dans ce contexte qu’elles annoncent leur décision de porter plainte devant le Bureau international du travail, afin d’exiger l’arrêt de ces mesures jugées illégales et la réparation des préjudices subis par les enseignants.
Malgré la fermeté de leur position, les syndicats n’excluent pas totalement une issue négociée. Ils rappellent avoir soumis, depuis le 25 mars 2026, des propositions d’amendements au projet de protocole d’accord transmis par le gouvernement. Ils attendent désormais une réponse claire des autorités, qu’ils appellent à « assumer leur responsabilité historique » pour l’avenir de l’école sénégalaise. À défaut de gestes concrets, le G7 prévient qu’il poursuivra et intensifiera la lutte, tenant l’État pour seul responsable des conséquences à venir.
Dans cette dynamique de mobilisation, le G7 confirme également sa participation à la grande marche nationale prévue le 8 avril 2026. Cette manifestation, qui réunira plusieurs centrales syndicales, vise à exiger l’apurement du passif social et à exprimer la solidarité entre les différents secteurs en lutte, notamment l’éducation, la santé et les transports.
Les syndicats lancent ainsi un appel à l’unité et à la mobilisation de l’ensemble des travailleurs, estimant que seule une convergence des forces permettra de faire plier les autorités. Dans un climat social de plus en plus tendu, cette nouvelle escalade laisse présager des perturbations prolongées dans le système éducatif, alors que des milliers d’élèves et d’enseignants restent suspendus à l’issue de ce bras de fer entre le gouvernement et les syndicats.
Le Dakarois Quotidien N°709 – 02/04/2026
Le Dakarois Sports N°709 – 02/04/2026
🔴 VIOLENCES APRÈS GUÉDIAWAYE FC – AS PIKINE : LA LSFP SANCTIONNE ET SAISIT LA JUSTICE
En déplacement ce samedi à Fissel, le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé à l’inauguration du siège de son parti, le Pastef. Une occasion pour les populations locales et celles des environs de lui soumettre plusieurs doléances, notamment liées à l’accès à l’électricité.
Face à ces préoccupations, le chef du gouvernement a tenu à rassurer. Il a annoncé que 35 villages seront électrifiés dans un futur proche, dans le cadre des efforts engagés par l’État pour améliorer l’accès à l’énergie en milieu rural.
« 35 villages seront électrifiés très prochainement. C’est le travail que nous sommes en train de faire à travers le Sénégal », a déclaré le leader de Pastef devant une foule acquise à sa cause.
Cependant, Ousmane Sonko n’a pas manqué de dénoncer ce qu’il considère comme des entraves au déploiement du programme d’électrification. Évoquant le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale, il a accusé certains acteurs de bloquer un projet majeur sur la base d’allégations infondées.
« Certains font preuve de méchanceté. Parce qu’ils sont à Dakar et ont de l’électricité, ils n’ont pas besoin d’aller de village en village pour charger leurs téléphones portables. Voilà maintenant deux ans que le programme le plus important dans ce domaine est bloqué sur des accusations sans tête ni queue », a-t-il fustigé.
Le Premier ministre a toutefois promis davantage d’éclaircissements dans les prochains jours. Il a annoncé qu’une communication officielle sera faite par Jean Michel Sène, qui devrait tenir une conférence de presse en début de semaine.
« Je n’en dirai pas plus parce que Jean Michel Sène fera une conférence de presse lundi ou mardi et les choses seront plus claires. Notre régime n’a rien à cacher », a-t-il assuré.
L’affaire fait déjà grand bruit dans les milieux administratifs et politiques. L’ancien Directeur général de la Société nationale des habitations à loyer modéré, la SN-HLM, Bassirou Kébé, est sorti de son silence ce jeudi 26 mars 2026 pour dénoncer l’existence d’un système organisé d’acquisition illégale de biens au sein même de la structure publique. Une révélation faite lors d’une conférence de presse, qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles procédures judiciaires.
Dans sa déclaration, l’ancien responsable a expliqué que cette affaire remonte à plusieurs semaines, à la suite de l’interpellation d’un agent de la SN-HLM. Selon lui, ce dernier aurait acquis de manière frauduleuse un nombre important de biens appartenant à la société. Cette arrestation aurait servi de point de départ à une enquête interne plus approfondie, permettant de remonter progressivement un réseau plus large. « Deux mois en arrière, un travailleur de la SN-HLM a été arrêté… Son interpellation nous a permis de tirer le fil sur un groupe de personnes qui ont acquis des biens de manière illégale », a-t-il déclaré.
Au fil des investigations, Bassirou Kébé affirme avoir découvert l’existence d’un système structuré, impliquant plusieurs individus au sein de la société. Certains des mis en cause auraient eu recours à des stratagèmes visant à dissimuler leurs acquisitions, notamment en inscrivant les biens au nom de proches. Il évoque même des cas particulièrement troublants, où des logements auraient été attribués à des enfants âgés de 7 à 10 ans, ce qui, selon lui, témoigne de l’ampleur et de la sophistication du dispositif mis en place. « C’était un système qui était là », a-t-il insisté, laissant entendre que ces pratiques ne relevaient pas de cas isolés, mais d’un mécanisme bien ancré.
Face à ces constats, l’ancien Directeur général indique avoir engagé des démarches judiciaires avant son départ. Des avocats ont été saisis afin d’analyser les faits et d’orienter les actions à entreprendre. D’après les retours obtenus, les faits dénoncés pourraient être qualifiés d’escroquerie et d’abus de biens sociaux. « Des plaintes ont été déposées et ce sera sous la responsabilité de la nouvelle direction », a-t-il précisé, soulignant qu’un rapport spécial a été intégré dans les documents de passation de service. Ce document, qu’il dit prêt à remettre à son successeur, devrait permettre à la nouvelle équipe dirigeante de poursuivre les investigations et d’engager les actions nécessaires.
Dans un registre plus personnel, Bassirou Kébé estime que ses révélations ne sont pas sans conséquences sur sa propre image. Il affirme être la cible d’une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux, qu’il attribue aux personnes mises en cause dans ce dossier. Selon lui, ces dernières auraient cherché à discréditer sa parole et à détourner l’attention des faits qu’il dénonce. Il évoque même des pressions et des accusations qu’il juge infondées, allant jusqu’à mentionner l’implication présumée d’une autorité travaillant au sein de la SN-HLM, qui lui aurait adressé des correspondances hostiles.
Malgré ce climat tendu, l’ancien dirigeant a tenu à distinguer les agents qu’il considère comme intègres. Il a salué l’engagement de certains employés de la SN-HLM, qu’il qualifie de « bons agents », rappelant que ces pratiques ne sauraient être imputées à l’ensemble du personnel de la société.
Cette affaire, désormais portée sur la place publique, soulève de nombreuses interrogations sur la gouvernance et les mécanismes de contrôle au sein des structures publiques. Elle pourrait également marquer le début d’un processus judiciaire d’envergure, avec des implications potentielles pour plusieurs acteurs. Dans un contexte où la transparence et la reddition des comptes sont de plus en plus exigées par l’opinion, les suites de ce dossier seront particulièrement scrutées.
Le gouvernement sénégalais exclut, pour l’heure, toute idée de restructuration ou de reprofilage de la dette publique. C’est la position clairement affichée par le ministre d’État Ahmadou Al Amine Lô, chargé du suivi de l’agenda « Sénégal 2050 », lors de son passage dans l’émission « Au gré de l’actualité » sur Radio Sénégal, ce jeudi 26 mars 2026. Une déclaration qui intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour de la gestion de la dette et des instruments financiers récemment utilisés par l’État.
Face aux interrogations croissantes, le ministre d’État a tenu à lever toute ambiguïté. Selon lui, la restructuration de la dette, souvent envisagée par des pays en difficulté pour alléger leurs charges financières, ne correspond ni aux besoins actuels ni aux intérêts stratégiques du Sénégal. « Ce n’est pas à l’ordre du jour », a-t-il insisté, précisant qu’il s’agit là de la position officielle du gouvernement. Une manière de rassurer les partenaires économiques et financiers sur la stabilité de la signature du pays et sur sa capacité à honorer ses engagements.
Cette sortie médiatique intervient alors que la question d’une supposée « dette cachée » continue d’alimenter les discussions dans l’espace public. Sur ce point, Ahmadou Al Amine Lô s’est voulu ferme. Il a renvoyé aux explications déjà fournies par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, qui a récemment défendu la légalité et la transparence des opérations financières incriminées, notamment celles liées aux Total Return Swaps (TRS). Pour le ministre d’État, la polémique repose en grande partie sur des incompréhensions techniques et des interprétations parfois approximatives.
Dans ce sens, il a regretté la multiplication des prises de parole publiques sur ces questions sensibles, sans une maîtrise suffisante des mécanismes financiers en jeu. Selon lui, ce manque de rigueur dans le débat contribue à entretenir la confusion et à fragiliser la perception de la gestion des finances publiques. Il a ainsi appelé à plus de responsabilité dans le traitement de ces sujets, qui engagent non seulement la crédibilité de l’État, mais aussi la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.
Au-delà de la question de la dette, Ahmadou Al Amine Lô a également abordé les enjeux de communication gouvernementale. Il a notamment évoqué le récent déplacement du Premier ministre à Abou Dhabi, estimant que ce type d’initiative stratégique mérite une meilleure valorisation auprès de l’opinion publique. Dans un contexte marqué par la prolifération d’informations parfois inexactes sur les réseaux sociaux, il a plaidé pour un renforcement de la présence des autorités dans les médias publics.
Le ministre d’État a ainsi invité les membres du gouvernement, ainsi que les directeurs généraux, à s’impliquer davantage dans la communication institutionnelle. L’objectif, selon lui, est de mieux informer les citoyens sur l’action quotidienne de l’État, mais aussi de contrer efficacement les fausses informations qui circulent et qui peuvent nuire à la compréhension des politiques publiques.
À travers cette intervention, Ahmadou Al Amine Lô a cherché à réaffirmer la ligne du gouvernement en matière de gestion de la dette et de transparence financière. Un message qui se veut rassurant, à la fois pour l’opinion nationale et pour les partenaires du Sénégal, dans un contexte où la maîtrise des finances publiques reste un enjeu central pour la stabilité économique du pays.
Le débat autour de la gestion de la dette publique sénégalaise a pris une nouvelle dimension ce jeudi 26 mars 2026, à la faveur d’une sortie médiatique du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Face à la presse, l’argentier de l’État a abordé plusieurs sujets liés à la situation économique du pays, avant de répondre de manière détaillée aux interrogations suscitées par l’utilisation des Total Return Swaps (TRS), au cœur d’une controverse sur une supposée « dette cachée » estimée à environ 650 millions d’euros, soit plus de 432 milliards de FCFA.
D’entrée, le ministre a tenu à replacer le débat dans un contexte plus global, mettant en avant le dynamisme de l’économie sénégalaise, les efforts de consolidation budgétaire engagés par l’État ainsi que la mobilisation accrue de financements concessionnels. Selon lui, ces éléments traduisent une gestion rigoureuse des finances publiques, en dépit d’un environnement international marqué par des tensions économiques et des conditions de financement de plus en plus contraignantes.
Mais c’est surtout la question des TRS qui a retenu l’attention. Ces instruments financiers, encore peu connus du grand public, ont été présentés par certains observateurs comme un mécanisme ayant permis de dissimuler une partie de la dette. Une lecture que Cheikh Diba rejette catégoriquement. Il affirme que le recours à ces opérations s’est fait « dans la légalité, la transparence, avec une parfaite maîtrise des risques et une communication responsable avec les partenaires ». À ses yeux, il ne saurait être question d’opacité ni de financement occulte.
Réagissant aux informations publiées par le Financial Times, le ministre a adopté une posture nuancée. Tout en reconnaissant la crédibilité et la réputation internationale du journal britannique, il a rappelé qu’aucune source, aussi prestigieuse soit-elle, n’est exempte d’erreurs ou d’approximations. « Le Financial Times est un journal de référence, mais il n’est pas infaillible », a-t-il insisté, appelant à une lecture critique et contextualisée des informations relayées.
Dans son argumentaire, Cheikh Diba a également dénoncé une tendance à transformer des analyses financières prudentes en accusations politiques. Selon lui, le simple fait qu’une information émane d’un média reconnu ne constitue ni une preuve irréfutable ni une condamnation. Il estime que le débat autour des TRS a parfois été biaisé, en alimentant des soupçons de mauvaise gestion sans tenir compte de la complexité des mécanismes financiers en jeu.
Le ministre a ensuite tenu à expliquer la logique derrière ces opérations. Les TRS, a-t-il indiqué, s’inscrivent dans une stratégie de gestion active de la dette, visant à optimiser les conditions de financement de l’État. Ils permettent notamment de mobiliser des ressources à des coûts plus avantageux que ceux proposés sur les marchés internationaux, tout en offrant une certaine flexibilité dans la gestion du service de la dette. Dans ce cadre, leur utilisation répondrait à des objectifs clairement définis et compatibles avec les exigences des partenaires financiers.
Cheikh Diba a par ailleurs rappelé que le paiement du service de la dette constitue une pratique normale pour tout État emprunteur. « Il vise par définition à éviter un défaut de paiement potentiel », a-t-il précisé, soulignant que les opérations de TRS s’inscrivent dans cette logique de prévention et de sécurisation financière.
En conclusion, le ministre a réaffirmé que ces instruments ont permis au Sénégal de se financer dans des conditions plus favorables, tout en maîtrisant les risques. À l’en croire, loin d’être une source d’opacité, les TRS constituent un outil moderne de gestion financière, utilisé dans le respect des règles et avec une transparence assumée.
Cette prise de parole intervient dans un contexte où la question de la dette publique reste particulièrement sensible au Sénégal. Elle vise à rassurer l’opinion et les partenaires économiques, tout en réaffirmant la volonté des autorités de maintenir une gestion responsable et transparente des finances publiques. Reste désormais à savoir si ces explications suffiront à apaiser les inquiétudes et à clore un débat qui, pour l’instant, continue d’alimenter la sphère politique et économique.
Invité de l’émission Faram Facce sur TFM, Badara Gadiaga a effectué sa première sortie médiatique depuis sa libération. Face aux journalistes, il est apparu détendu mais déterminé, multipliant les remerciements avant de livrer un réquisitoire sans concession contre le Premier ministre Ousmane Sonko et le régime en place.
D’entrée de jeu, Badara Gadiaga a tenu à exprimer sa gratitude : « Si la volonté de certains était exaucée, aujourd’hui je ne serais pas face aux Sénégalais », a-t-il déclaré, saluant d’emblée le soutien indéfectible des Sénégalais et de la presse. Il a souligné n’avoir « passé un seul jour sans être aux titres des journaux ou à travers les ondes des radios ou les écrans de télévision ».
L’ancien détenu a ensuite rendu un vibrant hommage aux chefs religieux, citant nommément plusieurs guides spirituels. Il a également tenu à saluer des personnalités politiques, notamment des anciens ministres de la Justice comme Serigne Diop et Aïssata Tall Sall. Badara Gadiaga s’est réjoui de la mobilisation de treize avocats venus simultanément assurer sa défense gratuitement. Il a enfin remercié sa famille biologique, ses amis, l’administration pénitentiaire ainsi que ses codétenus.
Interrogé sur son acceptation du port d’un bracelet électronique, il a expliqué avoir fait ce choix pour « continuer le combat ». Friand de la figure de Nelson Mandela, il a puisé dans une anecdote du leader sud-africain, décédé alors qu’il était emprisonné. « Sortir m’a permis de voir ma maman et de lui expliquer ma décision de continuer à me battre », a-t-il confié, ajoutant avec émotion que sa mère lui a demandé de « ne jamais flancher », assurant qu’elle mourrait satisfaite de lui.
Le ton est monté d’un cran lorsque Badara Gadiaga a été interrogé sur le Premier ministre Ousmane Sonko. « Sonko est un apprenti dictateur qui se trompe de pays et d’époque », a-t-il martelé. Il a vivement critiqué l’utilisation d’un « langage grossier » qu’il attribue au chef du gouvernement, y compris à l’encontre de chefs religieux. Il s’est également désolé que, devenu Premier ministre, ce dernier ait choisi d’aller « rendre visite à des putschistes ».
Selon lui, Ousmane Sonko aurait « pour ambition de restreindre les libertés ». « Ousmane risque de s’auto-effacer. Le débat public le dérange. Il n’aime pas qu’on lui rappelle ses engagements. Il est allergique à la contradiction », a-t-il ajouté, citant l’ancien président Abdoulaye Wade pour qui « le désaccord n’est pas le désamour ».
Revenant sur les circonstances de son incarcération, Badara Gadiaga a affirmé que son arrestation visait à « réduire le bruit », mais que « c’est un tintamarre qui s’en est suivi ». Il s’est étonné du grief retenu contre lui : « On m’a collé le grief de déstabilisation d’un État. On m’a aussi imputé de détenir une société dont je venais d’entendre pour la première fois le nom », a-t-il déclaré.
Interrogé sur ses éventuelles ambitions politiques, l’invité de TFM a répondu ne « fuir aucune responsabilité » et a annoncé son intention de se présenter devant les Sénégalais pour « décliner sa feuille de route ».
S’agissant du bilan du régime Diomaye-Sonko après deux ans au pouvoir, Badara Gadiaga a dressé un tableau sombre. Il a estimé que les « étudiants, enseignants, commerçants, ambulants et paysans » – qu’il a présentés comme les principaux soutiens du tandem – sont les plus frustrés. « Étudiants dans les rues, commerçants taxés, enseignants ponctionnés, ambulants dégagés, paysans humiliés, voilà le refrain de ces deux ans du régime actuel », a-t-il résumé.
Il a poursuivi en regrettant : « Sonko disait qu’il avait trouvé un pays au quatrième sous-sol. Aujourd’hui, nous sommes au vingtième sous-sol ». Dans son diagnostic, il a évoqué la « mort du BTP » comme « symbole d’un échec cuisant », une situation qui n’a selon lui pas épargné le secteur informel, avant de conclure : « Les hommes d’affaires veulent tirer les hommes d’affaires ».
Cette première apparition publique de Badara Gadiaga marque ainsi son retour sur la scène médiatique et politique, avec des déclarations qui ne manqueront pas de susciter de vives réactions dans un climat politique déjà tendu.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a officiellement lancé, ce mardi 24 mars 2026 au CICAD, une nouvelle phase du « New Deal technologique », un programme ambitieux destiné à accélérer la transformation numérique de l’État. Cette initiative, présentée comme un pilier de la stratégie nationale à l’horizon 2050, vise à moderniser en profondeur l’administration et à améliorer l’accès des citoyens aux services publics grâce aux outils numériques.
Au cœur des annonces figure une amélioration spectaculaire des infrastructures numériques. Le gouvernement prévoit une augmentation massive de la capacité du réseau national, avec une bande passante qui passera de 600 mégabits à 20 gigabits, voire davantage selon les projections évoquées lors de la cérémonie. Cette montée en puissance vise à soutenir la croissance des usages numériques et à garantir un accès plus fluide et plus rapide à internet sur l’ensemble du territoire.
Dans la même dynamique, un programme de connectivité universelle a été dévoilé. Il ambitionne d’offrir un accès gratuit à internet à plus d’un million de citoyens, en ciblant prioritairement les zones rurales et enclavées. Cette mesure entend réduire la fracture numérique et permettre à un plus grand nombre de Sénégalais de bénéficier des opportunités offertes par le numérique, que ce soit dans l’éducation, l’entrepreneuriat ou l’accès aux services publics.
Le chef du gouvernement a insisté sur le fait que cette transformation ne saurait se limiter à des investissements technologiques. Selon lui, elle repose avant tout sur une réforme de la gouvernance publique et sur une coordination efficace entre les différentes administrations. « La transformation numérique est un défi global qui doit irriguer toutes les politiques publiques », a-t-il affirmé, mettant en garde contre les initiatives isolées et les systèmes cloisonnés qui génèrent des coûts supplémentaires et des lenteurs administratives.
La pièce maîtresse de cette réforme reste le Guichet Unique du Citoyen, une plateforme centralisée destinée à simplifier les démarches administratives. À terme, les usagers pourront effectuer l’ensemble de leurs procédures en ligne, directement depuis leur téléphone mobile, sans avoir à multiplier les déplacements ou les formalités. L’obtention de documents comme le casier judiciaire devrait ainsi devenir plus rapide, plus accessible et plus transparente. Cette logique de simplification sera également étendue à la diaspora à travers la plateforme e-Consulat.
Pour accompagner cette digitalisation, le gouvernement met l’accent sur la souveraineté numérique. Les données sensibles seront hébergées sur le territoire national grâce au déploiement de solutions cloud dans les centres de données de Diamniadio et d’Orana. Cette orientation vise à garantir la sécurité, la confidentialité et le contrôle des informations stratégiques, dans un contexte mondial marqué par des enjeux croissants de cybersécurité.
Le programme s’inscrit dans une vision de long terme, avec un investissement global estimé à 1 100 milliards de francs CFA sur la période 2025-2034. Structuré autour de 12 programmes prioritaires, il ambitionne de transformer en profondeur l’économie et l’administration. Pour éviter toute dispersion des efforts, un dispositif de gouvernance a été mis en place, notamment à travers le comité GouvNum et le Conseil national du numérique, chargés de coordonner les actions et d’assurer une cohérence stratégique.
Au-delà des chiffres et des infrastructures, le Premier ministre a insisté sur la dimension humaine de cette transformation. Il a rappelé que l’objectif final reste l’amélioration du quotidien des citoyens, à travers des services publics plus accessibles, plus rapides et plus efficaces. « Il ne s’agit pas simplement de moderniser, mais de transformer », a-t-il déclaré, soulignant que cette évolution est appelée à être profonde et irréversible.
Avec ce New Deal technologique, les autorités entendent faire du numérique un moteur central de la croissance et de la gouvernance pour la décennie à venir, tout en posant les bases d’un État plus cohérent, interconnecté et tourné vers les besoins réels des citoyens.
Le gouvernement est sorti de son silence pour répondre aux accusations de manque de transparence dans la gestion de la dette publique. À travers le ministère des Finances et du Budget, les autorités ont fermement démenti les informations relayées par le Financial Times évoquant des emprunts contractés « en secret ». Dans une mise au point relayée par le quotidien national Le Soleil, l’exécutif assure que toutes les opérations financières menées en 2025 respectent strictement le cadre légal et les orientations stratégiques définies.
Selon le ministère, l’ensemble des mobilisations de ressources s’inscrit dans les plafonds fixés par les lois de finances et dans la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme. Les autorités insistent sur le fait que ces opérations ne relèvent d’aucune pratique dissimulée, mais s’intègrent dans une politique cohérente visant à sécuriser les financements tout en maîtrisant les risques. Cette stratégie repose notamment sur une diversification des sources de financement, combinant recours au marché régional en monnaie locale et accès à des financements en devises étrangères.
Dans le détail, les levées de fonds évoquées ont été réalisées à travers des adjudications publiques de titres d’État en francs CFA, un mécanisme courant et bien encadré au sein du marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Le gouvernement souligne que ces opérations sont transparentes par nature, car elles impliquent des appels publics à souscription et une participation ouverte aux investisseurs agréés.
Les autorités mettent également en avant leur volonté de dynamiser le marché en attirant des investisseurs institutionnels internationaux. Ces derniers interviennent en mobilisant des ressources en monnaie locale via des mécanismes de change classiques, avant d’effectuer les opérations inverses à l’échéance des titres. Pour le ministère, cette approche contribue à renforcer la liquidité du marché régional tout en élargissant la base d’investisseurs, ce qui constitue un levier essentiel pour réduire la dépendance à certaines sources de financement plus coûteuses.
Le gouvernement insiste sur le fait que toutes ces opérations s’inscrivent dans le plan de financement global de l’État, exécuté conformément au calendrier du Trésor tout au long de l’année 2025. Il affirme que cette rigueur dans la planification et l’exécution témoigne d’une gestion maîtrisée des finances publiques, loin des accusations d’opacité formulées par certains observateurs et acteurs politiques.
Par ailleurs, les autorités rappellent que ces mécanismes font l’objet d’échanges réguliers avec les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international. En intégrant ces opérations dans le cadre global de la gestion de la dette, le pays entend démontrer sa volonté de transparence et de conformité aux standards internationaux en matière de gouvernance financière.
À travers cette mise au point, le gouvernement cherche à rassurer les marchés, les partenaires et l’opinion publique sur la solidité de sa stratégie de désendettement. Il réaffirme son engagement à maintenir un équilibre entre mobilisation de ressources, soutenabilité de la dette et transparence, dans un contexte où la question de la gestion financière reste au cœur du débat public.
Le débat autour de la gestion de la dette publique prend une nouvelle tournure. Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau après les révélations du Financial Times faisant état d’une dette présumée de 650 millions d’euros contractée de manière non divulguée. Dans un communiqué, l’opposition affirme que ces informations ont été accueillies avec « stupéfaction et indignation » par l’opinion publique.
Selon le FDR, ces opérations financières traduisent une dérive inquiétante dans la gestion des finances publiques. Le collectif accuse le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko de recourir à des mécanismes qu’il qualifie « d’expédients financiers toxiques », allant jusqu’à affirmer que le pays serait désormais « sous hypothèque ». Cette sortie intervient dans un contexte déjà marqué par des interrogations sur la soutenabilité de la dette et la transparence budgétaire.
Au cœur des critiques, l’utilisation présumée de produits financiers complexes appelés Total Return Swaps (TRS). Pour le FDR, ces instruments, souvent utilisés dans des situations de tension financière, comportent des risques élevés. L’opposition soutient que, dans l’hypothèse d’un défaut de paiement, ces accords pourraient accorder une priorité de remboursement à certains créanciers privés, au détriment des dépenses essentielles comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Elle évoque également les récentes dégradations de la note souveraine par les agences internationales pour souligner la fragilité du contexte économique.
Le Front va plus loin en dénonçant une opacité totale autour de ces opérations. Selon lui, le gouvernement n’aurait pas seulement contracté des engagements financiers sans communication publique suffisante, mais aurait aussi recours à des mécanismes jugés parmi les plus risqués du système financier international. Pour appuyer son propos, le FDR rappelle les mises en garde historiques de l’investisseur Warren Buffett, qui avait qualifié certains produits dérivés « d’armes financières de destruction massive », en raison de leur potentiel déstabilisateur pour les économies.
Face à ce qu’il considère comme une situation grave, le FDR exige des clarifications immédiates. L’opposition réclame la publication intégrale des contrats de swaps qui auraient été conclus, notamment avec l’Africa Finance Corporation et la First Abu Dhabi Bank. Elle demande également des détails précis sur les actifs mis en garantie, les conditions financières, les taux appliqués ainsi que les éventuelles commissions versées aux intermédiaires.
Au-delà de la transparence, le FDR appelle à une réponse institutionnelle forte. Il invite l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire afin de faire toute la lumière sur ces emprunts et d’évaluer leur impact réel sur les finances publiques. L’objectif, selon le Front, est de garantir une reddition des comptes et d’éviter toute dérive susceptible de compromettre la souveraineté économique du pays.
Enfin, le collectif appelle les forces vives de la nation à se mobiliser pour exiger une gestion plus transparente et plus rigoureuse des ressources publiques. Cette nouvelle sortie de l’opposition relance ainsi le débat sur la gouvernance économique, dans un contexte où la question de la dette devient un enjeu central du débat public.
Le débat sur la gestion des finances publiques au Sénégal prend une nouvelle tournure après la sortie du député Thierno Alassane Sall, qui évoque l’existence présumée d’une « dette cachée ». S’appuyant sur des informations du Financial Times, l’ancien ministre du Pétrole a affirmé que le Sénégal aurait contracté, dans la plus grande discrétion, des emprunts de plusieurs centaines de millions de dollars auprès d’institutions internationales, sans en informer officiellement l’opinion publique ni certains partenaires.
Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des interrogations croissantes sur l’état réel des finances publiques. Pour Thierno Alassane Sall, ces révélations ne sont pas anodines et pourraient traduire une volonté de dissimulation. Il parle ainsi d’une « nouvelle affaire de dette cachée », une expression lourde de sens dans un pays où la transparence budgétaire est devenue un enjeu central du débat public.
Au cœur de cette polémique se trouve également une réunion annoncée entre la Commission des Finances de l’Assemblée nationale et le ministre des Finances et du Budget. Selon le leader du parti La République des Valeurs, l’ordre du jour de cette rencontre, qui porterait notamment sur une résolution visant à éviter une restructuration de la dette, soulève des inquiétudes majeures. Il y voit le signe que la situation financière du pays pourrait être plus fragile qu’annoncé officiellement.
Dans ses propos, Thierno Alassane Sall n’hésite pas à évoquer des « tambouilles inavouables », mettant en cause la gestion actuelle des engagements financiers de l’État. Il s’interroge ouvertement sur la stratégie adoptée par les autorités et sur les mécanismes utilisés pour faire face aux contraintes budgétaires. Cette sortie renforce le climat de suspicion autour d’éventuels montages financiers non déclarés, déjà évoqués ces derniers jours dans certains cercles économiques.
L’ancien ministre insiste surtout sur le rôle du Parlement, qu’il appelle à exercer pleinement sa mission de contrôle. Selon lui, les députés ne doivent pas se contenter d’entériner des décisions sans disposer de toutes les informations nécessaires. Il met en garde contre le risque de « signer un chèque en blanc au Gouvernement », plaidant pour une exigence accrue de transparence et de reddition des comptes. Pour Thierno Alassane Sall, il est impératif que les élus obtiennent des clarifications précises sur la nature des emprunts contractés, leurs conditions et leurs implications à court et moyen termes.
Au-delà des considérations politiques, cette affaire soulève des enjeux économiques majeurs. La question de la dette publique est devenue centrale pour le Sénégal, engagé dans des programmes d’investissements ambitieux tout en faisant face à des contraintes budgétaires importantes. Toute opacité dans la gestion de cette dette pourrait fragiliser la confiance des partenaires internationaux, notamment les institutions financières et les investisseurs.
Le député alerte également sur les conséquences potentielles des décisions en cours. Selon lui, les solutions envisagées pour gérer la dette pourraient avoir des effets négatifs si elles ne sont pas maîtrisées. Il insiste sur la responsabilité historique des parlementaires, estimant que toute décision prise sans transparence pourrait être perçue comme une trahison des intérêts du peuple sénégalais.
Cette sortie de Thierno Alassane Sall intervient dans un climat déjà tendu autour des finances publiques, marqué par des révélations récentes sur des emprunts controversés et des inquiétudes croissantes quant à la soutenabilité de la dette. Elle relance le débat sur la gouvernance économique du Sénégal et met en lumière une exigence de plus en plus forte : celle d’une gestion rigoureuse, transparente et responsable des ressources publiques.
De nouvelles révélations sur la gestion des finances publiques du Sénégal suscitent de vives préoccupations au sein des milieux économiques et financiers. Selon des informations rapportées par le site spécialisé regtechtimes.com, l’État sénégalais aurait récemment mobilisé un financement de 650 millions de dollars, soit près de 370 milliards de FCFA, à travers un emprunt dont les contours n’auraient pas été pleinement divulgués.
Ce financement aurait été contracté via des accords avec deux institutions financières internationales, à savoir Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Toutefois, c’est moins le recours à l’endettement que les conditions de transparence entourant cette opération qui inquiètent. Selon les mêmes sources, cet emprunt n’aurait pas été officiellement communiqué à certaines institutions clés, notamment le Fonds monétaire international, pourtant partenaire stratégique du Sénégal dans le suivi de ses équilibres macroéconomiques.
Ce défaut de divulgation, s’il est avéré, soulève des interrogations majeures sur la sincérité des engagements budgétaires du pays et sur la qualité de l’information transmise aux partenaires techniques et financiers. Dans un contexte international marqué par une vigilance accrue sur les niveaux d’endettement des États africains, la transparence devient un critère déterminant pour maintenir la confiance des bailleurs et des investisseurs.
La Banque mondiale a d’ailleurs déjà mis en garde contre les risques liés à ce type de montages financiers opaques. Selon l’institution, des emprunts non entièrement déclarés peuvent compliquer considérablement les processus de restructuration de la dette en cas de tensions économiques. En d’autres termes, une mauvaise visibilité sur l’encours réel de la dette peut fragiliser la capacité d’un pays à négocier avec ses créanciers en période de crise.
Au-delà de la question de la transparence, les modalités contractuelles de cet emprunt suscitent également des inquiétudes. Certaines clauses imposeraient au Sénégal de maintenir une notation de crédit stable. En cas de dégradation, les créanciers pourraient exiger un remboursement anticipé, une disposition particulièrement risquée dans un contexte économique déjà sous pression. Une telle situation pourrait entraîner un effet boule de neige, aggravant les tensions sur les finances publiques et réduisant les marges de manœuvre budgétaires de l’État.
Ces révélations interviennent dans un climat où la gestion de la dette publique est au cœur du débat national. Elles remettent en lumière la nécessité d’un encadrement rigoureux des emprunts publics, mais aussi d’une communication transparente vis-à-vis des citoyens et des partenaires internationaux.
Si ces informations venaient à être confirmées, elles pourraient avoir des implications importantes sur la crédibilité financière du Sénégal, à un moment où le pays cherche à consolider sa trajectoire économique et à attirer davantage d’investissements. Plus que jamais, la question de la gouvernance des finances publiques apparaît comme un enjeu central, à la croisée de la souveraineté économique, de la confiance internationale et de la stabilité macroéconomique.
La tension monte à nouveau dans le secteur de la santé au Sénégal. L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS), plus connue sous le nom de And Gueusseum, a vivement réagi à des décisions prises au sein de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), dénonçant des « nominations suspectes » et annonçant une grève perlée de 48 heures prévue les 26 et 27 mars.
Dans un communiqué publié ce dimanche, le syndicat a d’abord salué la nomination d’un nouveau Directeur général de l’ARP, intervenue à la suite du décret présidentiel du 18 mars 2026. Cette décision était attendue, dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre l’ancien directeur et les partenaires sociaux, notamment le SAMES et le SUTSAS. Malgré les divergences, And Gueusseum a tenu à rendre hommage au directeur sortant, crédité d’avoir permis à l’ARP d’atteindre un niveau 3 de maturité en seulement deux années d’existence.
Cependant, ce climat d’apaisement aura été de courte durée. Le syndicat affirme que, moins de 48 heures après la nomination du nouveau directeur général, le ministère de la Santé a procédé, le 19 mars, à une série de désignations à des postes jugés stratégiques. Des décisions prises, selon And Gueusseum, sans attendre l’installation officielle du nouveau responsable de l’ARP.
Pour l’organisation syndicale, ces actes ne sont pas anodins. Elle y voit une tentative de verrouillage de l’institution, visant à imposer des responsables avant même que la nouvelle direction ne prenne ses fonctions. Le syndicat évoque même un « camouflage » orchestré par le directeur sortant avec la complicité du ministre de la Santé, utilisant une formule particulièrement critique pour dénoncer ce qu’il considère comme une immixtion à tous les niveaux de gestion.
And Gueusseum affirme ainsi sa solidarité avec la jonction des luttes entre le SAMES et le SUTSAS, estimant que ces nominations risquent d’aggraver une crise qu’il qualifie de « chronique » dans le secteur. Selon ses responsables, ces décisions pourraient compromettre toute tentative de réforme et installer durablement un climat de défiance entre les autorités et les travailleurs de la santé.
Face à cette situation, le syndicat maintient la pression et confirme la poursuite de son huitième plan d’action. Une grève perlée de 48 heures est ainsi prévue les 26 et 27 mars, accompagnée d’un boycott de plusieurs activités essentielles, notamment les supervisions, les réunions de coordination et les sessions de formation.
Cette montée de tension intervient malgré les efforts de médiation engagés récemment, notamment la séance d’écoute organisée le 14 mars à Saly par le Haut Conseil du Dialogue social. Pour And Gueusseum, ces initiatives n’ont pas permis de régler les problèmes de fond, ce qui justifie la poursuite de la mobilisation.
Cette nouvelle crise illustre les difficultés persistantes du système de santé sénégalais, tiraillé entre réformes institutionnelles, revendications syndicales et enjeux de gouvernance. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer l’ampleur du mouvement et ses répercussions sur le fonctionnement des structures sanitaires à travers le pays.
La 41ᵉ édition des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) a rassemblé, à Nianing, dans le département de Mbour, plus de 45 000 jeunes venus de différents horizons du Sénégal. Accueillie par le doyenné de Popenguine au sein de la paroisse Saint-Épiphane, cette grande rencontre spirituelle s’impose comme l’un des événements religieux majeurs dédiés à la jeunesse catholique du pays.
Depuis samedi, les participants vivent des moments intenses de foi, de partage et de communion, dans une atmosphère marquée par l’engagement et l’espérance. Comme dans le reste du monde, où les Journées Mondiales de la Jeunesse constituent un rendez-vous incontournable pour les jeunes croyants, l’Église catholique du Sénégal a mobilisé ses fidèles autour de cette célébration annuelle.
Placée sous le thème « Prenez courage, moi j’ai vaincu le monde », cette édition porte un message fort adressé à la jeunesse. Elle invite les participants à faire preuve de résilience face aux difficultés et à s’appuyer sur leur foi pour affronter les défis du quotidien. Un appel à la persévérance qui a trouvé un écho particulier dans le contexte actuel, marqué par des incertitudes sociales et économiques.
Dans son homélie, l’archevêque de Dakar, André Guèye, a insisté sur la nécessité pour les jeunes de ne pas céder au découragement. Il les a exhortés à puiser leur force dans le Christ et à rester fermes dans leurs convictions. Son message, empreint de spiritualité et de proximité, a été accueilli avec ferveur par les milliers de jeunes présents.
En marge des célébrations liturgiques, plusieurs activités ont été organisées, notamment des échanges directs entre l’archevêque et les jeunes. Ces moments de dialogue ont permis d’aborder des questions d’actualité, mais aussi des préoccupations liées à la foi, renforçant ainsi les liens entre l’Église et sa jeunesse.
Les festivités se poursuivent avec des animations culturelles et spirituelles, avant le moment symbolique de l’envoi en mission. Cette étape marque l’engagement des jeunes à devenir des ambassadeurs des valeurs chrétiennes dans leur vie quotidienne, dans leurs familles, leurs écoles et leurs communautés.
Au-delà de son ampleur, cette 41ᵉ édition des JMJ à Nianing restera comme un temps fort de communion et de renouveau spirituel. Elle témoigne de la vitalité de la jeunesse catholique sénégalaise et de sa volonté de s’impliquer activement dans la construction d’une société fondée sur des valeurs de paix, de solidarité et d’espérance.
À l’occasion de la prière de l’Eid al-Fitr, communément appelée Korité au Sénégal, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a rendu un hommage solennel aux militaires sénégalais récemment décédés en Casamance, précisément dans la zone de Sindian.
S’exprimant à l’issue de la prière, le chef de l’État a adressé ses condoléances les plus émues aux familles endeuillées ainsi qu’à l’ensemble de la Nation. Dans un message empreint de gravité, il a déclaré : « Je voudrais exprimer mes condoléances émues à l’ensemble des familles et à toute la nation pour la perte des soldats que nous avons enregistrés récemment dans le sud du pays. »
Le président a également tenu à exprimer sa solidarité envers les militaires blessés lors de cet incident, leur souhaitant un prompt rétablissement, tout en saluant leur engagement au service de la sécurité nationale.
Pour rappel, ce drame est survenu lors d’opérations de destruction de champs de chanvre indien menées par les forces de défense et de sécurité dans le sud du pays, non loin de la frontière avec la Gambie. Plusieurs soldats ont perdu la vie dans cet accident, tandis que d’autres ont été blessés.
À l’occasion de la prière de la Korité célébrée à la Grande Mosquée de Dakar, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a délivré un message fort centré sur la cohésion sociale, la solidarité et la ضرورة de prolonger les enseignements du mois sacré de Ramadan dans la vie quotidienne des Sénégalais.
Devant une foule nombreuse de fidèles venus accomplir la prière de l’Aïd el-Fitr, le chef de l’État a salué l’atmosphère de recueillement, de partage et de fraternité qui a marqué les trente jours de jeûne. Il a mis en avant ce qu’il a qualifié de « force de la nation », illustrée par l’unité et la résilience du peuple sénégalais. Dans un contexte où les appels à l’unité se multiplient, il a insisté sur l’image d’une société soudée, profondément attachée à ses valeurs de solidarité, de respect mutuel et de fraternité.
Dans son allocution, le président a particulièrement insisté sur la nécessité de ne pas limiter ces valeurs au seul cadre du Ramadan. Selon lui, l’enjeu majeur réside dans la capacité collective à faire perdurer cet esprit au-delà de cette période spirituelle. Il a ainsi invité les citoyens à cultiver le sens des responsabilités, à renforcer leur engagement civique et à œuvrer ensemble pour le développement économique et social du pays. Ce message s’inscrit dans une volonté de consolidation du vivre-ensemble, considéré comme un pilier essentiel de la stabilité nationale.
Le chef de l’État a également tenu à adresser un message de fraternité à l’ensemble des Sénégalais, sans distinction de confession religieuse. Il a souligné que les valeurs de foi, de paix et de solidarité constituent un socle commun qui transcende les différences et renforce l’unité nationale. Cette ouverture a été perçue comme un appel à préserver l’harmonie interreligieuse, caractéristique majeure de la société sénégalaise.
Profitant de cette tribune solennelle, le président de la République a exprimé ses condoléances à la suite des pertes enregistrées au sein des forces de défense et de sécurité. Il a rendu un hommage appuyé aux soldats récemment tombés dans le nord de Sindian, en Casamance, saluant leur engagement et leur sacrifice pour la nation. Dans un ton empreint d’émotion, il a présenté ses condoléances aux familles endeuillées ainsi qu’à l’ensemble du peuple sénégalais, tout en formulant des vœux de prompt rétablissement aux blessés.