Le Dakarois Quotidien N°699 – 19/03/2026
Le Dakarois Sports N°699 – 19/03/2026
🔴 RETRAIT DE LA DEUXIÈME ÉTOILE AU PROFIT DU MAROC PAR LA CAF : LE SÉNÉGAL SAISIT LE TAS
Le climat se tend dans le secteur du transport routier au Sénégal. L’ultimatum lancé par l’Union des routiers du Sénégal fait planer la menace d’une paralysie du transport public si les autorités ne prennent pas rapidement des mesures pour répondre aux difficultés qui minent le secteur.
À l’issue d’une concertation tenue avec le ministère des Transports, le secrétaire général du syndicat, Gora Khouma, a averti que les transporteurs pourraient recourir à la grève en l’absence d’avancées concrètes. « Si rien n’est fait, nous serons dans l’obligation d’aller en grève », a-t-il déclaré, soulignant que les professionnels du secteur n’entendent plus tolérer les dysfonctionnements qui affectent leur activité depuis plusieurs années.
Parmi les principales préoccupations exprimées par les transporteurs figure la multiplication des postes de contrôle sur les axes routiers du pays. Selon les responsables syndicaux, ces contrôles sont devenus excessifs et pèsent lourdement sur le fonctionnement du transport public. Les conducteurs dénoncent notamment ce qu’ils qualifient de harcèlement administratif et financier, affirmant que les arrêts répétés ralentissent les trajets, augmentent les coûts d’exploitation et compliquent le travail des chauffeurs.
Pour Gora Khouma, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle révèle, selon lui, une incohérence dans l’application des textes réglementaires. Il rappelle qu’un décret présidentiel limite à trois le nombre de postes de contrôle sur certains corridors routiers, mais que cette disposition ne serait pas respectée dans la pratique. « On applique un arrêté, mais on bafoue un décret. Cela pose un véritable problème de cohérence de l’État », a-t-il dénoncé, appelant les autorités à clarifier les règles afin de garantir une meilleure fluidité du transport et un environnement de travail plus stable pour les professionnels du secteur.
Au-delà de la question des contrôles routiers, les transporteurs soulèvent également un problème économique majeur lié aux tarifs du transport public. Selon les syndicats, les prix appliqués dans les gares routières n’ont pas été révisés depuis près de deux décennies. Les responsables du secteur rappellent que les tarifs sont restés pratiquement inchangés depuis 2008, alors même que les coûts d’exploitation ont considérablement augmenté, notamment avec la hausse du carburant, des pièces détachées et des charges d’entretien des véhicules.
Cette situation crée, selon eux, un déséquilibre financier important pour les transporteurs et alimente régulièrement des tensions dans les gares routières. Les chauffeurs se retrouvent souvent confrontés à l’incompréhension des passagers lorsqu’ils tentent d’ajuster les prix de manière informelle pour faire face à l’augmentation des charges. Pour les syndicats, seule une révision officielle des tarifs permettra de restaurer un climat apaisé dans le secteur.
Face à ces revendications, les discussions avec les autorités ont débouché sur une proposition visant à instaurer un cadre de concertation permanent. Les parties ont ainsi évoqué la création d’un comité ad hoc chargé de suivre les engagements pris et de proposer des solutions concrètes aux difficultés soulevées. Ce comité devrait regrouper plusieurs départements ministériels, notamment ceux en charge des Transports, de l’Intérieur, des Forces armées et des Finances.
Selon les responsables syndicaux, ce dispositif pourrait servir de mécanisme de suivi et d’évaluation des mesures qui seront prises. Certaines pistes ont déjà été évoquées, parmi lesquelles une période d’évaluation de six mois pour certaines décisions et une éventuelle révision des restrictions horaires appliquées dans le secteur.
Même si les représentants des transporteurs reconnaissent avoir été écoutés par les autorités, ils restent prudents quant à la suite qui sera donnée à leurs revendications. « Nous avons été écoutés, maintenant l’État doit réfléchir et agir », a conclu Gora Khouma, laissant entendre que la menace d’une grève demeure bien réelle si les promesses ne se traduisent pas rapidement par des mesures concrètes.
L’Armée sénégalaise est en deuil après la perte de trois de ses éléments dans une explosion accidentelle survenue ce mardi 17 mars 2026 dans le sud du pays. L’information a été confirmée par le directeur de l’Information et des Relations publiques des Armées (DIRPA), le capitaine Ibrahima Sow, à travers un communiqué officiel.
Selon la note rendue publique, l’explosion s’est produite tôt dans la matinée dans la zone de Nord Sindian, située dans la Zone militaire n°5, en Casamance. Le bilan fait état de trois militaires décédés sur le coup. Trois autres soldats ont également été blessés dans l’incident et ont été immédiatement évacués vers des structures médicales pour être pris en charge.
D’après les précisions apportées par l’armée, l’accident est intervenu dans le cadre d’une opération militaire menée dans la zone frontalière entre le Sénégal et la Gambie. Ces interventions visent principalement la destruction de champs de chanvre indien cultivés clandestinement dans certaines zones forestières proches de la frontière.
Toujours selon le capitaine Ibrahima Sow, ces opérations sont en cours depuis plus d’une semaine et ont pour objectif de lutter contre les réseaux criminels impliqués dans la culture et le trafic de drogue. Les forces armées sénégalaises mènent régulièrement ce type d’actions afin de sécuriser les localités frontalières et de protéger les populations vivant dans ces zones souvent exposées à l’activité de bandes armées.
Le communiqué indique par ailleurs que les opérations ont déjà permis de neutraliser plusieurs individus appartenant à des groupes armés impliqués dans la culture de chanvre indien. Ces bandes, selon l’armée, représentent une menace pour la sécurité des habitants et pour la stabilité de la région.
La zone de Sindian, située dans le département de Bignona, est connue pour être un secteur sensible en raison de sa proximité avec la frontière gambienne et de la présence de réseaux de trafic opérant dans les zones forestières.
La disparition de ces trois militaires intervient dans un contexte où les forces de défense et de sécurité poursuivent leurs efforts pour sécuriser la région sud du pays et lutter contre les activités illicites qui y persistent.
L’armée sénégalaise n’a pas encore donné davantage de détails sur les circonstances précises de l’explosion accidentelle. Toutefois, elle a exprimé son profond regret face à la perte de ces soldats engagés dans une mission de sécurisation du territoire national.
Les femmes de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) sont montées au créneau à la suite de propos attribués à une députée du parti Pastef concernant le financement des organisations féminines. Dans une déclaration rendue publique ce 17 mars, elles dénoncent des déclarations qu’elles jugent discriminatoires et contraires aux principes d’égalité entre les citoyennes sénégalaises.
La CDS, qui regroupe plusieurs formations politiques dont AJ/PADS-A, AJS, CNNO, MRG, LD, Niaxx Jarinu/Mag, PIT-S, RTA-S et UDF/Mbooloo Mi, réagissait à des propos tenus lors d’une rencontre à Keur Massar. Selon leur communiqué, la parlementaire aurait déclaré que « les femmes non membres de Pastef et qui n’aiment pas Ousmane Sonko ne doivent pas prétendre à un quelconque financement ». Une affirmation qui a immédiatement suscité l’indignation des militantes de la coalition.
Dans leur déclaration, les femmes de la CDS rappellent que les ressources publiques ne peuvent en aucun cas être utilisées sur la base d’une appartenance politique ou d’une proximité avec une personnalité. Elles ont notamment interpellé la ministre de la Famille et des Solidarités, soulignant que les fonds publics gérés par ce département ministériel appartiennent à l’ensemble des Sénégalais et doivent être distribués dans le respect des principes d’équité et de transparence.
Pour elles, ces propos constituent une remise en cause des fondements mêmes de la République sénégalaise, bâtie sur l’égalité entre tous les citoyens. Elles dénoncent ainsi « avec la plus grande fermeté » ce qu’elles qualifient de discours discriminatoire opposant les femmes proches de Pastef aux autres Sénégalaises. Les signataires de la déclaration estiment qu’aucune aide publique destinée à soutenir l’autonomisation des femmes ne devrait être conditionnée par l’adhésion à un parti politique ou par un soutien à son leader, en l’occurrence Ousmane Sonko.
Les femmes de la CDS affirment également que l’argent distribué dans le cadre des programmes d’appui à l’entrepreneuriat féminin ou à l’autonomisation des femmes ne constitue pas un patrimoine personnel de responsables politiques. Selon elles, ces ressources proviennent du budget de l’État et doivent donc bénéficier à toutes les femmes sénégalaises, indépendamment de leurs opinions ou affiliations politiques.
Dans ce contexte, la coalition exige des excuses publiques de la députée concernée. Elle réclame également davantage de transparence dans la gestion des financements destinés aux organisations féminines. Les femmes de la CDS demandent ainsi que les autorités rendent publiques les modalités d’accès aux financements du ministère de la Famille et des Solidarités afin que toute association ou organisation sénégalaise souhaitant bénéficier d’un appui puisse le faire sur la base de critères clairs, objectifs et équitables.
À travers cette sortie, la CDS entend alerter l’opinion sur ce qu’elle considère comme un risque de politisation des politiques publiques en faveur des femmes. Elle appelle enfin les autorités à réaffirmer leur attachement aux principes d’égalité, de justice et de neutralité de l’État dans la gestion des ressources publiques.
Le secteur des jeux et paris en ligne au Sénégal traverse une période d’incertitude. Réunis au sein d’un collectif, plusieurs opérateurs du domaine ont tenu ce mardi une conférence de presse afin d’exprimer leurs préoccupations face aux réformes annoncées par la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), qui pourraient, selon eux, bouleverser l’équilibre actuel du marché.
Même si l’ordre du jour précis de la rencontre n’avait pas été détaillé dès le départ, les responsables des sociétés concernées ont clairement indiqué que leur prise de parole fait suite aux déclarations du directeur général de la LONASE, Toussaint Manga. Lors du point de presse gouvernemental tenu le 12 mars dernier, ce dernier avait évoqué la possibilité d’une renégociation globale des contrats et conventions qui lient l’État du Sénégal aux sociétés privées opérant dans le secteur des paris.
Ces annonces ont immédiatement suscité une vive réaction au sein du collectif des opérateurs de paris en ligne. Les représentants du secteur redoutent en effet que cette révision des accords existants ne remette en cause certains acquis conventionnels obtenus au fil des années. Pour eux, la stabilité juridique et contractuelle constitue un élément essentiel pour garantir la viabilité d’un secteur qui connaît une croissance rapide au Sénégal.
Les opérateurs disent également craindre que les réformes envisagées ne s’accompagnent d’un durcissement du cadre fiscal ou réglementaire. Selon eux, une augmentation de la pression fiscale ou l’introduction de nouvelles contraintes administratives pourrait fragiliser des entreprises qui ont investi massivement dans les infrastructures technologiques, la conformité réglementaire et l’emploi local.
Au-delà de leurs inquiétudes immédiates, les membres du collectif ont insisté sur le rôle économique que joue aujourd’hui l’industrie des jeux en ligne dans le pays. Ils rappellent que ce secteur contribue non seulement aux recettes fiscales de l’État, mais aussi à la création d’emplois directs et indirects, notamment dans les domaines du numérique, de la communication et de la distribution.
Face à cette situation, les opérateurs appellent les autorités à privilégier le dialogue et la concertation avant toute réforme majeure. Ils souhaitent notamment être associés aux discussions afin de trouver un équilibre entre les objectifs de régulation de l’État et la nécessité de préserver un environnement favorable à l’investissement et à l’innovation dans le secteur.
Du côté des pouvoirs publics, la volonté de revoir les conventions existantes s’inscrit dans une démarche plus large de réorganisation du secteur des jeux et de renforcement du rôle de l’État dans sa régulation. Les déclarations récentes de la direction de la LONASE laissent ainsi entendre que l’objectif serait d’améliorer la transparence, d’optimiser les retombées économiques pour le pays et d’assurer un meilleur encadrement des activités de paris, notamment en ligne.
Dans ce contexte, la conférence de presse tenue par le collectif des opérateurs apparaît comme un premier signal d’alerte adressé aux autorités. Elle traduit les tensions qui pourraient émerger autour de la réforme du secteur, alors que l’État cherche à redéfinir les règles du jeu dans un domaine devenu particulièrement stratégique sur le plan économique.
La tension persiste entre les syndicats d’enseignants et les autorités gouvernementales autour de la question des ponctions salariales consécutives aux mouvements de grève observés ces derniers mois dans le secteur de l’éducation. Le G7, cadre unitaire qui regroupe sept des syndicats d’enseignants les plus représentatifs du système éducatif sénégalais, a annoncé son intention de saisir les juridictions nationales et les instances internationales pour contester ce qu’il considère comme des retenues « excessives » opérées sur les salaires de plusieurs enseignants.
Selon des responsables syndicaux, de nombreux enseignants ayant participé aux mouvements de grève ont constaté des retenues importantes sur leurs salaires. Ces ponctions varieraient entre 100 000 et 300 000 francs CFA, selon le statut des enseignants concernés et le nombre de jours de grève observés. Les syndicats estiment que ces retenues dépassent largement ce qui est acceptable et dénoncent une mesure qu’ils jugent injuste et pénalisante pour les travailleurs de l’éducation.
Pour manifester leur mécontentement, les membres du G7 se sont rassemblés ce lundi devant l’Inspection de l’éducation et de la formation (IEF) de Dakar-Plateau. Cette mobilisation vise à attirer l’attention des autorités sur la situation et à exiger l’application des accords précédemment conclus entre le gouvernement et les organisations syndicales. Les syndicats réclament notamment la cessation immédiate des ponctions sur les salaires et demandent l’ouverture rapide de discussions avec les autorités compétentes afin de trouver une solution durable à cette crise.
Lors de cette mobilisation, le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire du Sénégal (SAEMSS), El Hadji Malick Youm, également membre du G7, a vivement critiqué la position du gouvernement. Il a appelé le Premier ministre à venir s’expliquer directement devant les représentants syndicaux afin d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des enseignants. Selon lui, le revirement ou la remise en cause de certains engagements pris par les autorités traduit un manque de considération envers la corporation enseignante.
Les syndicats du G7 affirment qu’ils ne comptent pas se limiter à la contestation nationale. Ils annoncent leur intention de porter l’affaire devant le Bureau international du travail (BIT) afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits des travailleurs. Selon El Hadji Malick Youm, ces ponctions sont jugées illégales par les syndicats, qui les assimilent à une forme de spoliation. Il a ainsi déclaré que les organisations syndicales mèneront un combat à la fois national et international pour obtenir l’arrêt de ces retenues et la restitution des montants prélevés.
Cette nouvelle escalade intervient pourtant dans un contexte où certains progrès ont été enregistrés avec la signature récente de décrets concernant la situation des enseignants décisionnaires. Toutefois, pour le G7, ces avancées restent insuffisantes et ne répondent pas aux préoccupations essentielles des enseignants. Les syndicats estiment que leur plateforme revendicative demeure largement insatisfaite et appellent à des réformes plus profondes.
Parmi les points soulevés figurent la nécessité de corriger les dysfonctionnements du système de rémunération, la réduction des lenteurs administratives dans la gestion des carrières et la suppression des surimpositions appliquées sur les rappels de salaires. Les organisations syndicales considèrent que ces questions doivent être traitées de manière urgente afin d’améliorer les conditions de travail et de garantir une meilleure reconnaissance du rôle des enseignants dans le système éducatif.
Dans ce contexte, la menace d’une saisine des juridictions nationales et internationales pourrait marquer une nouvelle étape dans le bras de fer entre les syndicats d’enseignants et les autorités publiques. L’évolution de ce dossier sera déterminante pour l’avenir du dialogue social dans le secteur de l’éducation, un domaine stratégique pour le développement du pays et la stabilité du système scolaire.
Le Sénégal enregistre une baisse significative de ses importations au démarrage de l’année 2026, traduisant une contraction notable de ses achats à l’étranger. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) dans son rapport du 13 mars 2026, la valeur totale des importations s’est établie à 524,8 milliards de FCFA en janvier 2026. Ce niveau représente un recul marqué de 34,4 % par rapport à janvier 2025, soit une diminution estimée à environ 275 milliards de FCFA sur un an. Cette évolution traduit une réduction importante de la facture extérieure du pays et, par conséquent, une économie de devises significative pour l’économie nationale.
La tendance à la baisse se confirme également à court terme. Par rapport au mois de décembre 2025, les importations ont reculé de 3,7 %. Elles étaient alors estimées à 544,8 milliards de FCFA, ce qui montre que la contraction des flux commerciaux entrants s’inscrit dans une dynamique progressive au tournant de l’année. Cette évolution peut s’expliquer par des ajustements dans les volumes d’achats de certains produits stratégiques ainsi que par les fluctuations de la demande intérieure.
L’analyse détaillée des données révèle que cette baisse est principalement liée à la réduction des importations de biens d’équipement et de certaines matières premières. Les achats de métaux communs ont notamment enregistré un recul significatif, passant de 45,0 milliards de FCFA en décembre à 28,1 milliards de FCFA en janvier. Ce repli reflète probablement une baisse des besoins dans certains secteurs industriels ou des ajustements dans les programmes d’investissement.
Le segment des machines et appareils divers a également contribué à cette contraction. Les importations dans ce domaine sont passées de 47,3 milliards de FCFA en décembre à 33,3 milliards de FCFA en janvier, confirmant un ralentissement des acquisitions d’équipements. Ce phénomène peut être interprété comme une phase de transition dans les projets d’investissement ou un ralentissement temporaire de certaines activités nécessitant des équipements importés.
Du côté des produits alimentaires, la facture des importations a également diminué. Les achats de froment et de méteil, qui constituent des produits essentiels pour l’approvisionnement du marché national, ont chuté à 11,4 milliards de FCFA en janvier contre 17,6 milliards de FCFA en décembre. Cette baisse pourrait être liée à une gestion différente des stocks ou à des variations dans la demande intérieure durant cette période.
Malgré cette tendance générale à la baisse, la facture énergétique continue de représenter le principal poste de dépense dans les importations du Sénégal. Les produits pétroliers raffinés ont ainsi mobilisé 133,0 milliards de FCFA en janvier, contre 105,6 milliards de FCFA le mois précédent. Cette hausse significative souligne la dépendance persistante du pays aux importations énergétiques, malgré les efforts engagés pour développer les ressources nationales.
Par ailleurs, les importations d’huile brute de pétrole ont connu une augmentation notable, passant de zéro en décembre à 39,0 milliards de FCFA en janvier. Cette évolution témoigne de la volatilité des besoins énergétiques et des ajustements opérés dans les approvisionnements du pays.
Le secteur des transports contribue également au maintien d’un certain niveau d’importations. Les acquisitions de véhicules terrestres ont enregistré une progression, atteignant désormais 15,4 milliards de FCFA. Cette hausse reflète la demande persistante dans ce segment, notamment liée au renouvellement des parcs automobiles et aux besoins des entreprises et des particuliers.
Au final, la baisse globale des importations observée en ce début d’année 2026 illustre une réduction importante des dépenses extérieures du Sénégal, même si certains postes, notamment énergétiques, continuent de peser lourdement dans la balance commerciale. Cette évolution pourrait contribuer à améliorer l’équilibre du commerce extérieur si elle s’accompagne d’une dynamique soutenue des exportations et d’une diversification accrue de la production nationale.
Le commerce extérieur du Sénégal a connu un début d’année 2026 marqué par une forte contraction de ses exportations. Selon les dernières données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les ventes sénégalaises à l’international se sont établies à 412,6 milliards de FCFA au mois de janvier 2026, contre 825,3 milliards de FCFA enregistrés en décembre 2025. Cette baisse spectaculaire représente un recul d’environ 50 % en l’espace d’un mois, traduisant un ralentissement notable des flux commerciaux au début de l’année.
Malgré cette chute mensuelle importante, la comparaison sur un an offre une lecture plus nuancée de la situation. En effet, les exportations du Sénégal enregistrent une progression de 7,8 % par rapport à janvier 2025, ce qui indique que la tendance globale reste positive sur le moyen terme. Cette évolution souligne que la forte baisse observée entre décembre et janvier s’explique en partie par des fluctuations conjoncturelles dans certains secteurs clés plutôt que par un affaiblissement structurel du commerce extérieur.
Les statistiques montrent que ce recul est largement lié à la diminution des exportations dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’industrie extractive et le domaine énergétique. Le secteur aurifère apparaît comme le principal facteur de cette contraction. Les ventes d’or non monétaire ont connu une chute significative, passant de 206,8 milliards de FCFA en décembre 2025 à seulement 70,2 milliards de FCFA en janvier 2026. Cette baisse importante du volume financier des exportations d’or a fortement contribué à la diminution globale des recettes à l’exportation.
Le secteur des hydrocarbures a également pesé sur la balance commerciale durant cette période. Les exportations de produits pétroliers raffinés ont reculé, passant de 90,4 milliards de FCFA en décembre à 65,6 milliards de FCFA en janvier. Par ailleurs, les ventes de gaz liquéfié naturel ont également diminué pour atteindre 14,6 milliards de FCFA. Ces évolutions traduisent un ralentissement dans les segments énergétiques qui jouent pourtant un rôle majeur dans les performances commerciales du pays.
Toutefois, certains secteurs ont permis d’atténuer partiellement l’impact de cette contraction mensuelle. Les exportations d’huile brute de pétrole ont notamment affiché une progression notable. Elles sont passées de 106,3 milliards de FCFA en décembre à 135,0 milliards de FCFA en janvier, confirmant l’importance croissante de ce produit dans la structure des exportations sénégalaises. Cette performance constitue l’un des principaux éléments de résilience du commerce extérieur durant ce début d’année.
Le secteur agroalimentaire et horticole a également contribué à limiter les effets de la baisse globale. Les préparations alimentaires, notamment les soupes, potages et bouillons, ont connu une progression remarquable avec des exportations estimées à 9,3 milliards de FCFA alors qu’aucune expédition de ce type n’avait été enregistrée le mois précédent. Dans le même temps, les exportations de légumes frais ont plus que doublé pour atteindre 7,0 milliards de FCFA, témoignant d’un dynamisme croissant du secteur agricole orienté vers les marchés extérieurs.
Ces évolutions mettent en évidence la forte dépendance du commerce extérieur sénégalais à certains produits extractifs et énergétiques, dont les fluctuations peuvent provoquer des variations importantes d’un mois à l’autre. Elles soulignent également l’importance de la diversification des exportations, notamment à travers le développement de l’agro-industrie et des filières agricoles à forte valeur ajoutée.
Ainsi, si le mois de janvier 2026 s’est caractérisé par un recul marqué des exportations, la progression observée sur une base annuelle montre que les performances globales du commerce extérieur sénégalais demeurent relativement solides. Les prochaines publications statistiques permettront d’évaluer si cette baisse mensuelle n’était qu’un ajustement temporaire ou le signe d’un ralentissement plus durable dans certains secteurs clés de l’économie nationale.
La décision de geler les comptes des Industries chimiques du Sénégal (ICS) suscite une vive inquiétude chez les travailleurs de l’entreprise implantée dans la commune de Darou Khoudoss, dans le département de Tivaouane. Le 14 mars 2026, plusieurs responsables syndicaux ont exprimé leur préoccupation face aux conséquences possibles de cette mesure annoncée par le Premier ministre lors d’une récente intervention publique. Cette situation intervient dans un contexte déjà sensible pour cette entreprise stratégique du secteur minier et industriel sénégalais.
Face à l’incertitude grandissante parmi les employés, la direction des ICS a pris une décision jugée préventive afin d’éviter une crise sociale immédiate. Selon Mohamed Dièye, l’un des responsables du collège des délégués du personnel, l’entreprise a choisi d’anticiper le paiement des salaires du mois en cours à partir du 16 mars 2026. Cette mesure vise à rassurer les travailleurs et à leur permettre de faire face à leurs obligations financières dans un climat d’incertitude lié au blocage des comptes de la société.
Dans un message adressé à ses collègues, Mohamed Dièye a également appelé les délégués du personnel à sensibiliser les travailleurs sur la nécessité d’une gestion prudente de leurs revenus. Il a notamment évoqué la possibilité de difficultés financières dans les semaines à venir si la situation perdure, invitant chacun à faire preuve de prudence dans l’utilisation de son salaire. Cette recommandation reflète l’inquiétude qui gagne progressivement les rangs du personnel, alors que les conséquences du gel des comptes restent encore difficiles à mesurer.
Selon des informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise, Mamadou Sow, représentant de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), a indiqué que les employés se sentent actuellement « désemparés ». D’après lui, le personnel ne dispose pour le moment d’aucune information officielle claire concernant les raisons précises du blocage des comptes de l’entreprise. Cette absence de communication détaillée, aussi bien de la part de la direction que des autorités étatiques, alimente les inquiétudes et les interrogations au sein des travailleurs.
Face à cette situation, les représentants syndicaux ont décidé de solliciter une audience avec le Premier ministre ainsi qu’avec le ministre en charge du Travail. Leur objectif est d’obtenir des explications précises sur les motivations de cette décision et sur les perspectives pour l’avenir de l’entreprise et de ses employés. Les syndicats souhaitent également s’assurer que les droits des travailleurs seront préservés et que la stabilité sociale au sein des ICS sera maintenue.
Pour rappel, le Premier ministre avait annoncé le 12 mars 2026, lors d’une conférence de presse, avoir obtenu la révision de plusieurs contrats conclus avec des entreprises étrangères dans différents secteurs stratégiques de l’économie. Ces contrats concernent notamment l’exploitation des phosphates, la production de ciment, l’attapulgite, le dessalement de l’eau de mer, la production d’électricité, ainsi que certains projets d’infrastructures et d’immobilier.
Les organisations patronales du secteur des médias au Sénégal montent au créneau face à la conduite actuelle des réformes engagées dans le domaine de la presse. Dans une déclaration conjointe, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et l’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL) ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « précipitation » dans la mise en œuvre des mesures administratives relatives à la réforme du secteur.
Selon les deux organisations, les autorités auraient accéléré de manière soudaine le calendrier d’application des nouvelles dispositions, imposant aux entreprises de presse des échéances jugées trop courtes pour se conformer aux exigences réglementaires. Elles estiment que ces délais ne permettent pas aux acteurs du secteur de s’adapter dans des conditions d’équité et de transparence.
Face à cette situation, le CDEPS et l’APPEL ont officiellement sollicité une prorogation des délais fixés par l’administration. Pour ces organisations, cette demande ne relève pas d’une simple formalité administrative, mais constitue une nécessité pour préserver la stabilité économique et sociale des entreprises de presse. Elles craignent qu’une mise en œuvre trop rapide des réformes ne conduise à des décisions précipitées et à une application « bâclée » des nouvelles règles, sans prise en compte des réalités complexes du secteur.
Au cœur de leurs préoccupations figure également le respect de la décision rendue par la Cour suprême du Sénégal, notamment l’arrêt n°71 prononcé en décembre 2025. Les organisations patronales rappellent que toute initiative administrative qui ignorerait ou contournerait cette décision constituerait, selon elles, une violation grave des principes de l’État de droit.
Pour les représentants du patronat de la presse, la crédibilité de la réforme dépend avant tout de sa conformité aux décisions judiciaires. Ils estiment que les autorités doivent s’appuyer sur les orientations fixées par la Cour suprême afin de garantir une réforme équilibrée, respectueuse des droits des acteurs du secteur et des principes de légalité.
Les professionnels des médias expriment par ailleurs leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme un manque de garanties dans la conduite du processus. Ils déplorent une absence de dialogue approfondi avec les autorités et dénoncent une certaine opacité dans la gestion du dossier, qui contribuerait à fragiliser la confiance entre l’État et les entreprises de presse.
Dans ces conditions, le CDEPS et l’APPEL préviennent qu’ils ne peuvent cautionner une démarche qui privilégierait, selon eux, la rapidité de mise en œuvre au détriment de la concertation et du respect des cadres juridiques existants. Les deux organisations appellent ainsi à une reprise du dialogue avec les autorités afin de parvenir à une réforme consensuelle et juridiquement solide pour l’avenir du secteur médiatique sénégalais.
Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a annoncé ce jeudi une série de décisions importantes concernant la gestion des ressources énergétiques du pays, notamment la résiliation de plusieurs contrats portant sur des blocs gaziers et pétroliers. Cette déclaration a été faite lors d’un point de presse consacré à l’évaluation des contrats stratégiques signés dans les secteurs du pétrole, du gaz et des mines.
Au cœur de ces annonces figure la décision de l’État sénégalais de reprendre le contrôle du bloc gazier Yakaar-Teranga, présenté par le chef du gouvernement comme un gisement « 100 % sénégalais » et particulièrement prometteur. Selon Ousmane Sonko, l’opération de récupération de ce bloc devrait être finalisée dans les prochains jours et ne devrait entraîner aucun coût financier pour le Sénégal.
Le bloc gazier concerné, connu sous le nom de Yakaar-Teranga, est considéré comme l’un des projets énergétiques les plus importants du pays en matière de réserves de gaz naturel. Les autorités sénégalaises souhaitent désormais renforcer leur contrôle sur ce gisement afin de mieux orienter son exploitation au profit de l’économie nationale.
Dans le cadre de cette réorientation de la politique énergétique, le Premier ministre a également révélé que plusieurs concessions portant sur des blocs pétroliers et gaziers ont été résiliées depuis l’arrivée des nouvelles autorités. Parmi les blocs concernés figurent notamment Diender, Djifer Offshore, Cayar Offshore profond, Cayar Offshore peu profond, Saint-Louis Offshore peu profond ainsi que Rufisque Offshore. « Tous ces blocs ont été résiliés depuis que nous sommes là », a déclaré le chef du gouvernement.
Ces décisions s’inscrivent dans la volonté affichée par l’exécutif de revoir les conditions d’exploitation des ressources naturelles du pays et de garantir une meilleure maîtrise nationale des projets énergétiques.
Par ailleurs, Ousmane Sonko est également revenu sur les discussions engagées avec les responsables du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Le gouvernement sénégalais souhaite que ce projet stratégique contribue davantage à l’approvisionnement du marché domestique en gaz naturel.
Selon les estimations avancées par le Premier ministre, l’approvisionnement du marché local par le projet GTA pourrait générer un gain économique projeté de 940 milliards de francs CFA sur la période allant de 2025 à 2040. À ces retombées économiques directes s’ajouteraient également des recettes fiscales estimées à 1 090 milliards de francs CFA pour l’État sénégalais.
À travers ces différentes mesures, le gouvernement entend renforcer la souveraineté énergétique du Sénégal et maximiser les retombées économiques liées à l’exploitation du pétrole et du gaz, dans un contexte où ces ressources sont appelées à jouer un rôle central dans le développement économique du pays au cours des prochaines décennies.
Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a évoqué ce jeudi 12 mars 2026 d’importantes pertes financières pour l’État dans le secteur minier, notamment dans le cadre des conventions conclues avec les Industries chimiques du Sénégal (ICS). Cette déclaration a été faite lors d’un point de presse consacré à l’évaluation et à la renégociation de plusieurs contrats stratégiques signés par l’État avec des entreprises opérant dans les domaines des ressources naturelles.
Selon le chef du gouvernement, un comité technique a été mis en place pour examiner les différentes conventions minières conclues avec plusieurs sociétés exploitant les ressources du pays. Ce travail d’analyse a porté sur le respect des engagements contractuels, l’application des dispositions fiscales et l’évaluation de l’impact économique réel de ces contrats pour le Sénégal.
Parallèlement à cette mission, l’Inspection générale d’État (IGE) a également mené ses propres investigations sur ces conventions. D’après Ousmane Sonko, les conclusions de cette inspection rejoignent celles du comité chargé de l’audit des contrats miniers, mettant en évidence des irrégularités significatives dans l’exécution de certains accords.
Le Premier ministre affirme que les analyses menées ont permis d’identifier plusieurs manquements qui auraient entraîné des pertes financières considérables pour l’État. « Les constats établis montrent que, durant toute la période couverte par ce contrat, le Sénégal a été gravement lésé. Le manque à gagner a été estimé à 1 075,9 milliards de francs CFA », a déclaré Ousmane Sonko.
Parmi les irrégularités relevées figurent notamment le non-paiement de certaines taxes et redevances prévues par les conventions minières. Le rapport évoque également l’octroi d’exonérations fiscales jugées non conformes aux bases légales en vigueur, ce qui aurait contribué à réduire de manière significative les recettes que l’État aurait dû percevoir.
Ces révélations interviennent dans un contexte où les autorités sénégalaises ont engagé un vaste processus de réévaluation des contrats conclus dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, l’énergie et les ressources naturelles. Pour le gouvernement, l’objectif est de garantir une exploitation plus équitable des ressources du pays et d’assurer que les bénéfices générés profitent davantage à l’économie nationale.
Dans cette perspective, le Premier ministre a affirmé la volonté de l’État de reprendre un contrôle plus strict sur l’ensemble des actifs liés à l’exploitation des ressources phosphatières, un secteur considéré comme essentiel pour l’économie sénégalaise et pour le développement de l’agriculture.
Ousmane Sonko a également annoncé que l’exécutif envisage de ne pas renouveler certaines concessions minières prévues dans les conventions d’établissement relatives à l’industrie. Cette décision s’inscrirait dans la stratégie du gouvernement visant à revoir les conditions d’exploitation des ressources naturelles et à renforcer les intérêts économiques du Sénégal dans la gestion de ses richesses minières.
Le durcissement de la législation sénégalaise contre l’homosexualité continue de susciter des réactions sur la scène internationale. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé de vives inquiétudes à la suite de l’adoption par le Parlement sénégalais d’une nouvelle loi renforçant les sanctions pénales visant les relations homosexuelles.
Dans une déclaration rendue publique, le responsable du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit « profondément préoccupé » par cette réforme législative. Le texte adopté prévoit notamment de doubler la peine maximale d’emprisonnement pour les relations homosexuelles consenties entre adultes, la portant désormais à dix ans de prison. La loi introduit également des sanctions pénales contre toute personne reconnue coupable de « promotion, soutien ou financement » de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité.
Pour Volker Türk, cette législation pose de sérieuses questions en matière de respect des droits fondamentaux. Selon lui, elle « bafoue les droits humains fondamentaux dont nous jouissons tous : le droit au respect, à la dignité, à la vie privée, à l’égalité ainsi que les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique ». Il rappelle que ces principes sont consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que par plusieurs traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels le Sénégal est partie.
Le Haut-Commissaire estime également que cette loi pourrait exposer davantage certaines catégories de la population à des abus et à des violences. Selon lui, un tel dispositif juridique risque d’encourager des crimes de haine, des arrestations arbitraires, des actes de chantage et diverses formes de discrimination dans plusieurs domaines essentiels de la vie sociale, notamment l’éducation, l’accès aux soins de santé, l’emploi ou encore le logement.
Volker Türk s’inquiète par ailleurs des conséquences que pourrait avoir cette loi sur l’espace civique. Il souligne qu’elle pourrait restreindre le travail des défenseurs des droits humains, des organisations de la société civile et des médias, tout en limitant la liberté d’expression de nombreux citoyens sénégalais.
Face à ces préoccupations, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a lancé un appel direct aux autorités sénégalaises. Il exhorte notamment le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à ne pas promulguer ce texte et invite les autorités à revoir la législation en vigueur. Selon lui, les efforts devraient plutôt s’orienter vers la garantie du respect des droits humains pour tous, sans discrimination.
Le tissu entrepreneurial sénégalais demeure dynamique en matière de création d’entreprises, mais il reste confronté à une forte fragilité en termes de pérennité. C’est ce que révèle la dernière Enquête nationale sur la démographie des entreprises du Sénégal (ENDES 2026) publiée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie. Selon cette étude couvrant la période 2018-2024, près d’une entreprise sur deux cesse ses activités avant d’atteindre cinq ans d’existence.
Les données de l’enquête montrent que les premières années d’activité restent déterminantes pour la survie des entreprises. Si 86,6 % des unités économiques réussissent à franchir leur première année d’existence, la situation se dégrade progressivement avec le temps. Après cinq ans, le taux de survie chute à 53,8 %, ce qui signifie qu’environ 46 % des entreprises créées disparaissent avant d’atteindre ce cap.
L’étude met également en évidence une réalité surprenante concernant la résistance des différentes formes juridiques d’entreprises. Contrairement à certaines idées reçues, les sociétés constituées sous forme de personnes morales apparaissent plus vulnérables que les entrepreneurs individuels. Le taux de survie à cinq ans des sociétés s’établit à 47,3 %, contre 55,1 % pour les entreprises individuelles, qui semblent mieux résister aux aléas économiques malgré des moyens souvent plus limités.
Le rapport de l’ANSD identifie plusieurs facteurs expliquant ces fermetures précoces. Le manque d’accès au financement arrive largement en tête des difficultés rencontrées par les entrepreneurs. Selon l’enquête, 32,5 % des cessations d’activité sont directement liées à l’insuffisance de financement ou aux difficultés d’accès au crédit. Ce problème structurel limite la capacité des entreprises à investir, à se développer ou même à faire face aux périodes de ralentissement économique.
La pandémie de COVID-19 constitue également un facteur majeur de défaillance. L’étude révèle que la crise sanitaire est responsable de 27,1 % des fermetures d’entreprises sur la période étudiée. Les restrictions économiques, la baisse de la consommation et les perturbations des chaînes d’approvisionnement ont fragilisé de nombreuses structures, en particulier les petites et moyennes entreprises.
L’enquête met par ailleurs en lumière les caractéristiques de la création d’entreprises au Sénégal. La grande majorité des structures économiques, soit 96,4 %, sont créées ex nihilo, c’est-à-dire à partir de zéro, sans reprise d’activité existante. Cette réalité traduit une forte dynamique entrepreneuriale mais aussi un manque de transmission ou de reprise d’entreprises déjà établies.
Les données économiques révèlent également des écarts importants selon le statut juridique des entreprises. Au moment de leur création, le chiffre d’affaires médian des personnes morales atteint environ 5 002 500 francs CFA, soit près de quatre fois celui des entrepreneurs individuels, qui se situe autour de 1 357 550 francs CFA. Cette différence illustre le niveau de capitalisation plus élevé des sociétés, même si cela ne garantit pas nécessairement une meilleure longévité.
Pour les analystes, ces résultats constituent un signal important pour les politiques publiques. Si la création d’entreprises est encouragée et relativement dynamique, le véritable défi réside désormais dans l’accompagnement des entreprises après leur création. Le renforcement des dispositifs d’appui, l’amélioration de l’accès au financement et la mise en place de mécanismes de soutien adaptés apparaissent comme des leviers essentiels pour consolider le tissu économique et sécuriser le développement des jeunes entreprises sénégalaises.
Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a annoncé ce jeudi que l’État sénégalais a réalisé d’importantes économies dans le secteur de l’électricité à la suite de la renégociation de plusieurs contrats jugés coûteux pour les finances publiques. L’information a été donnée lors d’un point de presse consacré aux réformes engagées dans certains secteurs stratégiques de l’économie nationale.
Selon le chef du gouvernement, la révision des accords conclus avec les entreprises AEE Power et Sagemcom a permis à l’État de réaliser des économies estimées à 11 milliards 588 millions de francs CFA. Au-delà de l’impact financier, cette renégociation aurait également permis d’élargir l’accès à l’électricité dans plusieurs zones rurales du pays.
« La renégociation des contrats, notamment avec AEE Power et Sagemcom, a permis au Sénégal de réaliser 11 milliards 588 millions de francs CFA d’économies et d’électrifier 534 localités supplémentaires », a déclaré Ousmane Sonko, soulignant que ces résultats traduisent les efforts engagés par le gouvernement pour rationaliser les dépenses publiques et améliorer l’efficacité des programmes d’électrification.
Le Premier ministre a également salué le travail accompli par le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean-Michel Sène. Selon lui, la direction de l’agence a joué un rôle déterminant dans la révision des contrats et dans la mise en œuvre des nouvelles orientations visant à améliorer l’accès à l’électricité dans les zones rurales.
Profitant de cette occasion, le chef du gouvernement est également revenu sur certaines pratiques héritées des années précédentes. Il a évoqué des cas de surfacturation et de surcoûts observés dans certains contrats, qu’il considère comme révélateurs d’une gestion peu optimale des ressources publiques dans ce secteur stratégique. Pour Ousmane Sonko, les économies réalisées à travers ces renégociations donnent un aperçu des pertes financières que l’État aurait pu éviter si une meilleure vigilance avait été exercée auparavant.
Ces annonces s’inscrivent dans la volonté affichée par le gouvernement de renforcer la transparence dans la gestion des contrats publics et d’optimiser l’utilisation des ressources nationales. Dans un contexte où l’accès universel à l’électricité reste un défi majeur pour plusieurs localités rurales du Sénégal, les autorités entendent poursuivre les réformes afin d’accélérer l’électrification du territoire tout en réduisant les coûts supportés par l’État.
Un groupe de parlementaires de l’opposition a introduit un recours en inconstitutionnalité contre la loi portant création et organisation du Conseil National de Régularisation des Médias (CNRM). L’initiative est menée par la députée Aïssata Tall Sall, accompagnée de vingt-deux autres députés de l’Assemblée nationale.
Le recours a été officiellement déposé le mardi 10 mars 2026 au greffe du Conseil constitutionnel du Sénégal. L’acte a été formalisé à 13h30 par Maître Cheikh Ahmadou Ndiaye, qui agit au nom du collectif de parlementaires requérants. La requête a été enregistrée sous le numéro 02/C/26 par le chef du greffe, Maître El Hadji Macky Barro.
Dans leur démarche, les députés contestent la constitutionnalité de la loi n°07/2026 adoptée par l’Assemblée nationale le 3 mars 2026. Ce texte prévoit la création et l’organisation du Conseil National de Régularisation des Médias (CNRM), une nouvelle instance appelée à encadrer et réguler le paysage médiatique sénégalais. Cette structure doit, selon les autorités, réorganiser le dispositif de régulation des médias en remplaçant ou en complétant les mécanismes existants.
Pour les parlementaires à l’origine du recours, certaines dispositions du texte pourraient être contraires à la Constitution, ce qui justifie la saisine de la haute juridiction. Conformément aux procédures prévues par la loi, cette démarche pourrait suspendre la promulgation du texte jusqu’à ce que les juges constitutionnels rendent leur décision.
Le Conseil constitutionnel devra désormais examiner les arguments avancés par les requérants et déterminer si la loi est conforme ou non à la Loi fondamentale. La juridiction dispose de délais légaux pour statuer sur les recours introduits par les parlementaires.
Le débat autour du projet de loi modifiant la législation sur l’homosexualité continue de diviser la classe politique sénégalaise. Ce mercredi, lors des discussions à l’Assemblée nationale, le député Thierno Alassane Sall a clairement annoncé son refus de voter le projet de loi n°05/2026, qui vise à modifier l’article 319 de la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant notamment sur la répression de ce qui est qualifié d’« acte contre nature ».
Prenant la parole devant ses collègues parlementaires, le leader de République des Valeurs a exprimé son désaccord avec l’approche adoptée par le gouvernement dans la gestion de ce dossier. Sans détour, il a déclaré qu’il ne soutiendrait pas le texte soumis au vote, estimant que les autorités actuelles font preuve de « mauvaise foi » dans la manière dont elles présentent et justifient cette réforme législative.
Dans son argumentation, Thierno Alassane Sall a vivement contesté les accusations formulées par certains responsables du régime contre les anciens gouvernements, accusés d’avoir toléré ou encouragé l’homosexualité au Sénégal. Pour le député, ces affirmations relèvent davantage de la rhétorique politique que d’une analyse sérieuse des réalités juridiques et sociales du pays. Selon lui, fonder une réforme législative sur ce type d’argumentation revient à instrumentaliser un sujet sensible à des fins politiques.
Le parlementaire estime que la question mérite un débat plus rigoureux et plus sincère, loin des accusations et des procès d’intention. À ses yeux, la législation doit être examinée sur la base de principes juridiques solides et non à travers des discours destinés à opposer les différents régimes politiques. En dénonçant cette approche, il affirme vouloir marquer sa différence face à ce qu’il considère comme une stratégie de communication du pouvoir.
Le projet de loi en question prévoit de modifier l’article 319 du Code pénal, issu de la loi de 1965, afin de renforcer la répression des actes qualifiés d’« actes contre nature ». Ce texte intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales autour de la question de l’homosexualité au Sénégal, un sujet qui suscite régulièrement des débats passionnés au sein de la société et de la classe politique.
La position de Thierno Alassane Sall illustre ainsi les divergences qui persistent au sein de l’hémicycle sur ce projet de réforme. Alors que certains parlementaires plaident pour un durcissement clair de la législation, d’autres dénoncent la manière dont le débat est conduit et s’interrogent sur les motivations réelles du gouvernement. Dans ce climat tendu, l’examen du projet de loi continue d’alimenter les échanges et pourrait encore provoquer de nouvelles prises de position au sein de l’Assemblée nationale.
Le débat autour du projet de loi visant à durcir la répression de l’homosexualité au Sénégal continue de susciter de vives tensions sur la scène politique. Ce mercredi 11 mars, le député de l’opposition Abdou Mbow, figure influente de Alliance pour la République (APR), a vivement critiqué le gouvernement lors des discussions parlementaires, accusant le régime en place d’avoir « un agenda LGBT en poche » et d’avoir renié ses engagements pris devant les Sénégalais.
Au cours de son intervention, le parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme un revirement politique du pouvoir dirigé par PASTEF. Selon lui, les autorités actuelles n’auraient pas respecté leurs promesses de campagne concernant la criminalisation de l’homosexualité, un sujet particulièrement sensible dans la société sénégalaise. « Vous êtes un régime qui ne dit pas la vérité. L’histoire nous a donné raison. L’histoire a montré que vous avez renié vos engagements », a-t-il déclaré devant l’Assemblée nationale, provoquant de vives réactions et des protestations de la part des députés de la majorité.
Dans la suite de son intervention, Abdou Mbow a affirmé que, sous couvert de la nouvelle législation en discussion, le gouvernement aurait en réalité rendu l’homosexualité « permissive » au Sénégal. « La conclusion est que, sous prétexte de cette nouvelle loi, on a rendu l’homosexualité permissive au Sénégal. C’est exactement ça l’agenda LGBT. Et s’il y a un gouvernement aujourd’hui qui a l’agenda LGBT en poche, c’est le vôtre », a-t-il lancé à l’endroit des membres du pouvoir.
Le député de l’opposition a également reproché au gouvernement d’avoir accueilli au Sénégal, en mai 2024, le leader politique français Jean-Luc Mélenchon, qu’il qualifie de promoteur des droits LGBT. Pour Abdou Mbow, cette visite illustre selon lui l’orientation idéologique du pouvoir actuel. « Le Sénégal a des valeurs à protéger », a-t-il insisté, appelant à une criminalisation claire et explicite de ce qu’il qualifie d’« acte contre nature ».
Au cœur du débat figure un projet de loi destiné à remplacer une législation datant de 1965. Le nouveau texte prévoit des peines allant de cinq à dix ans de prison pour les auteurs d’actes qualifiés d’« actes contre nature ». Toutefois, Abdou Mbow estime que ces dispositions ne constituent pas une réelle rupture juridique. « En matière criminelle, c’est une peine déjà courante », a-t-il ironisé, ajoutant qu’il ne voit dans ce texte rien d’autre que « la promotion » de l’homosexualité.
Face à ces critiques, le Premier ministre Ousmane Sonko avait déjà réagi au début du mois de février 2026. Reconnaissant que la criminalisation de l’homosexualité figurait parmi les engagements politiques pris lors de la campagne électorale, il avait toutefois assuré que le durcissement des peines prévu dans la nouvelle législation produirait « les mêmes effets » que la criminalisation réclamée par certains acteurs politiques et sociaux.
Ce débat parlementaire met en lumière les profondes divergences qui traversent la classe politique sénégalaise sur cette question sensible, mêlant considérations juridiques, valeurs sociétales et engagements politiques. Alors que le projet de loi poursuit son examen, il continue d’alimenter les tensions entre majorité et opposition, chacune accusant l’autre de trahir ou de déformer les attentes de la population.
Le gouvernement sénégalais entend accélérer la dynamique de développement des petites et moyennes entreprises à travers la création prochaine de 30 nouvelles zones d’incubation réparties sur le territoire national. L’annonce a été faite à Dakar par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, à l’occasion du lancement du programme « Impact PME », présenté comme le plan de transformation de l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME).
Ce programme vise à renforcer l’accompagnement des entrepreneurs sénégalais en mettant en place des structures d’appui au plus près des activités économiques locales. À travers ces nouvelles zones d’incubation, les autorités souhaitent rompre l’isolement auquel sont souvent confrontés les porteurs de projets et les jeunes entreprises, notamment en dehors des grands centres urbains.
Le projet, prévu sur une période de cinq ans, ambitionne d’offrir aux PME un environnement propice à leur développement. Les entreprises incubées pourront bénéficier de services complets comprenant l’hébergement, l’accès à des programmes de formation, ainsi que des services de conseil et d’accompagnement stratégique dès les premières phases de leur création. L’objectif est de faciliter la structuration des jeunes entreprises, d’améliorer leur compétitivité et de renforcer leur capacité à accéder aux marchés.
Pour soutenir cette ambition, le gouvernement prévoit également de renforcer les moyens financiers de l’ADEPME. Le ministre Serigne Guèye Diop a ainsi annoncé que le budget de l’agence devrait être doublé dès l’année prochaine. Cette augmentation des ressources vise à permettre à la structure d’accompagnement de mieux répondre aux besoins de financement du secteur des PME, estimés à près de 1 000 milliards de francs CFA.
Au-delà du soutien financier, les autorités souhaitent aussi encourager une plus grande implication du secteur bancaire dans le financement des petites et moyennes entreprises. Le plan de transformation prévoit ainsi de créer un cadre plus favorable pour inciter les institutions financières à accompagner davantage les entrepreneurs locaux.
Par ailleurs, la stratégie gouvernementale met l’accent sur la promotion internationale des produits sénégalais. Dans cette perspective, le concept « Made in Sénégal » occupera une place centrale dans le dispositif, avec l’ambition de valoriser les produits locaux et de renforcer leur présence sur les marchés internationaux.
En parallèle, le programme « Invest in Sénégal » vise à attirer davantage d’investissements étrangers et à mobiliser la diaspora sénégalaise autour des opportunités économiques offertes par la nouvelle politique industrielle du pays. L’objectif est de créer un écosystème favorable à l’innovation, à l’industrialisation et à la croissance durable des PME, considérées comme un levier essentiel du développement économique national.
L’affaire Softcare continue de susciter de vives tensions dans le secteur de la santé au Sénégal. Depuis plusieurs mois, cette affaire fait polémique autour de la présumée utilisation de matières premières périmées dans la fabrication de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés par l’entreprise Softcare. Alors que les autorités sanitaires tentaient d’apaiser les inquiétudes de l’opinion publique, les principaux syndicats du secteur viennent de raviver la controverse en contestant la position du ministère de la Santé et de l’Action sociale.
Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 5 mars, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, avait tenté de clarifier la situation. S’appuyant sur les conclusions d’enquêtes menées par les services compétents de son département, il avait assuré que les produits fabriqués par l’entreprise Softcare ne présentent « aucun risque sanitaire pour les usagers ». Cette déclaration visait à rassurer les consommateurs et à mettre fin aux inquiétudes suscitées par les accusations relayées dans l’espace public.
Cependant, cette sortie du ministre n’a pas eu l’effet escompté. Bien au contraire, elle a provoqué une réaction ferme de la part de plusieurs syndicats du secteur de la santé. Ce mardi 10 mars, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) et le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS) ont organisé à leur tour une conférence de presse pour contester les déclarations du ministre et exprimer leur profond désaccord avec la gestion du dossier.
Les deux organisations syndicales estiment que les déclarations du ministre ne reflètent pas la réalité de la situation et dénoncent ce qu’elles considèrent comme de graves dysfonctionnements au sein de l’Autorité de régulation pharmaceutique (ARP). Face à cette situation, elles ont annoncé leur intention de passer à l’action en engageant un mouvement de protestation.
« Face à cette situation, nous vous annonçons la perspective de luttes communes pour le retour de l’orthodoxie à l’Autorité de la réglementation pharmaceutique par une première et imminente grève commune régionale de Dakar puis secondairement nationale », ont déclaré les responsables syndicaux lors de la rencontre avec la presse.
Prenant la parole au nom de la sous-section SUTSAS de l’Autorité de régulation pharmaceutique, la responsable de la communication, Mariama Thiam, a également critiqué la position du ministre de la Santé. Selon elle, cette crise met en lumière des problèmes structurels dans la gouvernance de l’ARP. Elle a notamment regretté que le ministre ait choisi, selon ses mots, « d’être l’avocat de Softcare », allant jusqu’à désavouer publiquement des agents assermentés du secteur de la santé.
Les syndicalistes pointent également des manquements qu’ils jugent préoccupants dans le processus de fabrication et de traçabilité des produits de l’entreprise. Ils affirment que l’absence de mention légale obligatoire claire sur les produits finis constituerait un indice que l’usine ne respecte pas les exigences de traçabilité imposées par la réglementation. Pour eux, cette situation pourrait traduire l’absence d’un système de qualité conforme aux normes attendues dans l’industrie pharmaceutique et paramédicale.
Pour les organisations syndicales, ces éléments soulèvent des questions sérieuses quant au respect des règles de régulation dans le secteur et risquent de porter atteinte à l’indépendance ainsi qu’à la crédibilité du système de régulation pharmaceutique au Sénégal.
Dans ce contexte de forte tension, l’annonce d’une grève imminente dans le secteur de la santé pourrait accentuer la pression sur les autorités. L’évolution de ce bras de fer entre le ministère de la Santé et les syndicats sera suivie de près, alors que l’opinion publique attend davantage de clarifications sur cette affaire qui touche directement à la sécurité sanitaire des populations.
Cheikh Oumar Diagne, ancien ministre conseiller du président Bassirou Diomaye Faye et secrétaire général du parti Rassemblement pour la Vérité / And Ci Dëgg (RV-ACD), a été placé sous mandat de dépôt ce lundi 9 mars 2026 à l’issue de son audition par le procureur de la République. Il devra comparaître devant le tribunal des flagrants délits de Dakar ce mercredi 11 mars pour répondre des accusations portées contre lui.
Cette décision intervient après plusieurs jours de procédure judiciaire. Le vendredi 6 mars, Cheikh Oumar Diagne avait été interpellé puis placé en garde à vue par les autorités judiciaires. Les poursuites engagées à son encontre portent sur des faits présumés de « diffusion de fausses nouvelles », une infraction prévue par le code pénal sénégalais.
Selon les éléments rapportés, l’ancien ministre conseiller est poursuivi pour des déclarations qu’il aurait faites publiquement à propos du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Lors de ses prises de parole, il aurait évoqué la responsabilité du Premier ministre Ousmane Sonko dans ce drame, survenu dans un contexte de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
L’étudiant Abdoulaye Ba avait succombé à ses blessures après une chute du quatrième étage du campus social de l’université, au moment où la tension était particulièrement vive entre manifestants et forces de sécurité. Sa mort avait provoqué une onde de choc au sein de la communauté universitaire et déclenché une série de réactions politiques et citoyennes, alimentant un débat national sur les circonstances du drame et la gestion des événements.
C’est dans ce contexte sensible que les déclarations de Cheikh Oumar Diagne ont attiré l’attention des autorités judiciaires. Celles-ci considèrent que ses propos pourraient relever de la diffusion de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte à des institutions de l’État.
Avant le placement sous mandat de dépôt de son client, Me Hosni Maati, l’un de ses avocats, avait indiqué que Cheikh Oumar Diagne restait confiant quant à l’issue de la procédure. Selon lui, l’ancien ministre conseiller « demeure pleinement confiant dans le fait que le droit et les principes fondamentaux de liberté d’expression prévaudront ».
Le procès prévu ce mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar devrait ainsi permettre d’examiner les circonstances exactes des déclarations incriminées, ainsi que leur portée juridique. L’audience est attendue avec attention, dans un climat où la question de la liberté d’expression et de la responsabilité dans la diffusion d’informations sensibles reste au cœur du débat public.
L’avocat Me Moussa Diop, inscrit au barreau de Paris, s’est présenté ce lundi matin dans les locaux du Commissariat central de Dakar après avoir été convoqué par la Sûreté urbaine de Dakar. Arrivé vers 10 heures, il s’y trouvait toujours plusieurs heures après le début de son audition. Toutefois, aucune décision n’a été prise à son encontre pour le moment, la procédure étant contestée par ses avocats qui dénoncent des irrégularités et affirment bloquer son déroulement.
Selon les informations rapportées par Seneweb, la défense de Me Moussa Diop s’oppose à la manière dont la convocation a été effectuée, estimant qu’elle ne respecte pas les dispositions légales encadrant l’audition d’un avocat dans le cadre d’une enquête préliminaire. Pour ses conseils, la procédure engagée par la police constitue une violation des règles de droit applicables à la profession d’avocat.
Me El Hadj Diouf, qui fait partie de la défense, a notamment invoqué l’article 46, qu’il considère comme explicite sur la question. Selon lui, un avocat ne peut pas être convoqué directement par la police dans le cadre d’une enquête préliminaire. « Aucun avocat ne peut être convoqué par la police. Seul un magistrat désigné par le procureur général peut entendre un avocat dans le cadre d’une enquête préliminaire. L’article 46 est très clair », a-t-il déclaré avec fermeté.
L’avocat estime également que les droits de son confrère ont été violés. Il rappelle que Me Moussa Diop, bien qu’inscrit au barreau de Paris, bénéficie des mêmes garanties et protections juridiques que les avocats inscrits au barreau de Dakar. Cette protection découlerait, selon lui, de la convention judiciaire liant le Sénégal et la France, qui prévoit une reconnaissance mutuelle des statuts et privilèges de juridiction des avocats exerçant dans les deux pays. « Aujourd’hui, on a violé les droits d’un avocat inscrit en France », a-t-il dénoncé.
Face à cette situation, les avocats de Me Moussa Diop demandent l’arrêt immédiat de la procédure. Ils affirment avoir saisi le bâtonnier de l’Ordre des avocats, afin qu’il intervienne pour faire respecter les règles de la profession. Selon leurs informations, le bâtonnier aurait déjà adressé une correspondance au commissaire en charge du dossier pour lui rappeler que Me Moussa Diop bénéficie du même privilège de juridiction que les avocats inscrits au barreau de Dakar.
Cette convocation intervient dans un contexte particulier. Il est reproché à Me Moussa Diop des propos tenus sur un plateau de télévision, au cours desquels il aurait affirmé que le chef du gouvernement sénégalais, Ousmane Sonko, aurait entretenu des relations amicales avec des homosexuels. Ces déclarations, qui ont suscité de vives réactions, seraient à l’origine de l’ouverture d’une enquête et de sa convocation par les services de police.
Pour l’heure, l’issue de cette affaire reste incertaine. La défense maintient que la procédure engagée est irrégulière et exige qu’elle soit interrompue, tandis que l’évolution du dossier dépendra notamment de la position du parquet et des suites données à la saisine du bâtonnier. Cette affaire relance ainsi le débat sur les garanties juridiques accordées aux avocats et sur le respect des procédures dans le cadre des enquêtes préliminaires.
La Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a confirmé la décision du juge d’instruction ordonnant la levée du mandat de dépôt visant Mouhamadou Ngom, dans le cadre de l’affaire présumée de blanchiment de capitaux. La juridiction d’appel a ainsi rejeté le recours introduit par le procureur de la République financier qui contestait cette décision et demandait le maintien en détention provisoire du mis en cause.
Dans son arrêt rendu le 12 février 2026, la Chambre d’accusation financière a également refusé la requête de sursis à statuer formulée par le ministère public. Les juges ont estimé que les arguments développés par la défense soulèvent des doutes sérieux dans ce dossier, justifiant la décision du juge d’instruction de placer Farba Ngom sous contrôle judiciaire plutôt que de le maintenir en détention.
Le parquet financier avait saisi la juridiction d’appel en s’appuyant sur une décision de la Cour suprême du Sénégal rendue le 6 novembre 2025 dans une procédure distincte impliquant Ndeye Seynabou Ndiaye. Dans cette affaire, la haute juridiction avait cassé une décision antérieure et ordonné la saisine du Conseil constitutionnel du Sénégal afin d’examiner une exception d’inconstitutionnalité portant sur certaines dispositions de la loi de 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux.
Sur cette base, le ministère public estimait qu’il convenait de suspendre l’examen du dossier concernant Farba Ngom dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel. Toutefois, selon les informations rapportées par le journal Libération, la Chambre d’accusation financière n’a pas suivi cette argumentation.
Les juges ont considéré que la procédure ayant conduit à la saisine du Conseil constitutionnel concerne exclusivement Ndeye Seynabou Ndiaye et ne saurait avoir pour effet de suspendre les droits procéduraux des autres personnes poursuivies dans des dossiers distincts. La juridiction a notamment rappelé que le droit de solliciter une liberté provisoire peut être exercé à tout moment durant l’instruction, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.
La Cour a également relevé que le ministère public n’a pas formulé de griefs précis contre les ordonnances rendues par le juge d’instruction, se limitant à demander un sursis à statuer dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel. Pour les magistrats, cet argument ne constitue pas un motif suffisant pour remettre en cause la décision de mise en liberté sous contrôle judiciaire.
Pour rappel, le procureur de la République financier, Abdoulaye Sylla, avait interjeté appel contre deux ordonnances rendues le 7 janvier 2026 par le président du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Ces décisions avaient ordonné la mainlevée du mandat de dépôt visant Farba Ngom et son placement sous contrôle judiciaire, une mesure à laquelle s’opposait le parquet qui demandait son maintien en détention provisoire.
La décision du gouvernement sénégalais de supprimer 19 structures parapubliques suscite de vives inquiétudes au sein de l’administration. Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, cette réforme pourrait avoir des conséquences directes sur l’emploi de centaines d’agents publics et contractuels. Les organisations syndicales alertent déjà sur le sort de plus de 920 travailleurs dont l’avenir professionnel demeure incertain.
Le coordonnateur du Collectif interministériel des agents de l’Administration, Omar Dramé, a exprimé les préoccupations des travailleurs face à cette décision. S’il reconnaît la nécessité pour l’État de rationaliser ses dépenses et de mieux organiser ses structures administratives, le syndicaliste regrette toutefois l’absence de concertation préalable avec les agents concernés. Selon lui, une réforme d’une telle ampleur aurait dû s’accompagner d’un dialogue approfondi avec les représentants des travailleurs afin d’anticiper les conséquences sociales.
D’après Omar Dramé, l’annonce de la suppression de ces structures a provoqué une véritable psychose parmi les agents qui y travaillent. Beaucoup s’interrogent sur leur avenir professionnel, faute d’informations claires sur les mesures d’accompagnement envisagées par les autorités. Les travailleurs redoutent notamment des licenciements massifs ou des situations d’abandon administratif similaires à celles observées lors de précédentes restructurations.
Les syndicats pointent également le manque de précisions concernant les mécanismes de redéploiement ou de départ négocié. À ce stade, les agents ignorent encore si des dispositifs d’intégration dans d’autres services de l’État, des plans de départ volontaire ou des indemnités compensatoires seront mis en place. Cette incertitude alimente l’inquiétude et renforce le sentiment d’insécurité sociale au sein des structures concernées.
Le Collectif interministériel des agents de l’Administration rappelle par ailleurs que certaines suppressions d’agences intervenues dans le passé n’ont toujours pas été totalement réglées. Dans plusieurs cas, des agents se seraient retrouvés sans indemnités ou sans solution de reclassement durable, ce qui nourrit aujourd’hui la méfiance des travailleurs face à la nouvelle réforme.
Pour éviter que cette décision ne se transforme en crise sociale, les syndicats demandent au gouvernement de faire preuve de transparence et de responsabilité. Ils réclament notamment la publication de la liste précise des structures concernées, ainsi que la mise en place d’un cadre de dialogue avec les partenaires sociaux afin de garantir la protection des emplois et les droits des travailleurs.
Dans un contexte marqué par les efforts de rationalisation des finances publiques, les organisations syndicales insistent sur la nécessité de concilier réformes administratives et préservation de la stabilité sociale. Pour elles, toute restructuration de l’appareil d’État doit impérativement tenir compte de l’impact humain et social qu’elle peut engendrer.
L’universitaire et chroniqueur politique Cheikh Oumar Diagne a été placé en garde à vue ce vendredi 6 mars 2026 à l’issue de son audition par la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar. Il est poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles et calomnie », selon des informations rapportées par la presse nationale. Sauf changement de dernière minute, il devrait être présenté devant le parquet de Dakar le lundi 9 mars prochain afin de répondre des accusations retenues contre lui.
L’audition s’est déroulée sous la direction du commissaire divisionnaire Mamadou Tendeng. Les enquêteurs ont concentré leurs questions sur les déclarations récentes de Cheikh Oumar Diagne concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, un drame qui a profondément marqué la communauté universitaire et relancé le débat sur la gestion des manifestations estudiantines au Sénégal.
Lors de son audition, et en présence de son avocat, le professeur Diagne a maintenu ses propos. Il a notamment imputé la « responsabilité politique » du décès de l’étudiant au Premier ministre Ousmane Sonko. Selon lui, le chef du gouvernement aurait donné des instructions ayant conduit à l’intervention des forces de l’ordre lors des troubles survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, intervention qui aurait abouti au drame.
Du côté des enquêteurs, ces accusations sont jugées particulièrement graves. Les services de police estiment que les propos tenus à l’encontre du Premier ministre n’ont été étayés par aucun élément de preuve tangible lors de l’audition. Dans ces conditions, ils pourraient être qualifiés juridiquement de diffusion de fausses nouvelles et de calomnie, des infractions prévues et sanctionnées par le code pénal sénégalais.
La défense de Cheikh Oumar Diagne semble pour sa part vouloir donner à cette procédure une dimension plus large. Selon ses soutiens, l’affaire dépasse le simple cadre judiciaire et s’inscrit dans un débat politique sur la chaîne de responsabilité lors des opérations de maintien de l’ordre, notamment dans le contexte des tensions qui ont secoué l’université ces dernières semaines.
L’affaire intervient dans un climat déjà marqué par de fortes tensions autour de la gestion de la crise universitaire, consécutive notamment au décès d’Abdoulaye Ba. Plusieurs organisations estudiantines, syndicats et acteurs de la société civile continuent de réclamer des éclaircissements sur les circonstances exactes de ce drame.
En attendant son éventuel déferrement devant le parquet lundi, la garde à vue de Cheikh Oumar Diagne alimente déjà de vifs débats dans l’opinion publique, entre défense de la liberté d’expression et nécessité de sanctionner la diffusion d’accusations jugées infondées contre des responsables publics.
La politique de sécurité nationale, cette branche de la science politique, intéresse le droit douanier qui, au fur et à mesure de son évolution, englobe les initiatives et normes adoptées pour améliorer la sécurité des marchandises.
Les gouvernements ont l’opportunité d’utiliser l’Administration des douanes comme une ressource clé dans la sécurité frontalière car elle a une grande expertise dans la gestion du risque et le commerce international, deux éléments importants quand le thème de la sécurité nationale est abordé.
En effet, le développement et la mise en œuvre de normes de sécurité aux frontières, qu’elles soient matérielles ou immatérielles, sont essentielles pour sauvegarder l’intégrité de la chaine logistique internationale.
Frontiéres immatérielles puisque, tout comme les marchandises circulent de manière illicite, les services y rattachés ou non, prohibés ou pas font malheureusement aussi, l’objet de transactions illégales, via des contrats commerciaux et des réseaux matériels ou virtuels.
Il est dès lors, nécessaire de sécuriser le dispositif douanier de surveillance des services transfrontaliers, tout comme il est impératif de fluidifier le commerce électronique et de garantir l’intégrité des services financiers surtout avec le remplacement des chèques du trésor par des méthodes de paiement numériques « e-monnaie » telles que les cartes bancaires et le Mobile Money.
Alors que le débat autour du moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques s’intensifie à l’approche de la 14ièmeConférence ministérielle (CM14) de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé (Cameroun), la question duale de la sécurité et de la fluidité de la chaine logistique numérique interpelle sérieusement l’Administration des Douanes.
Alors que le dédouanement des services est en gestation, la surveillance douanière, son compère de la summa-divisio juridique, est donc bien à pied d’œuvre, pour garantir l’intégrité, la disponibilité et la confidentialité des données de son dispositif.
Dans cet imbroglio virtuel, se pose la question de savoir si le dispositif douanier de contrôle dunumérique garantit suffisamment la performance de l’action douanière face aux risques de manipulations, de cyberattaques, d’espionnages, de piratages, d’infractions par des virus ou de fraude.
D’ores et déjà, il convient de se féliciter du schéma directeur informatique de l’Administration desDouanes, instrument de mise en cohérence de laStratégie Sénégal numérique incarnée, présentement,par le new deal technologique.
Ce schéma sécurisé, je touche du bois, se veut un accélérateur du processus de transformation digitale de l’Administration à travers la connectivité de toutes les unités douanières au système de Gestion Automatisée des Informations douanières et des Echanges (GAINDE), la digitalisation du Système interne de Suivi des Enquêtes douanières (SISED), la gouvernance des données et la sécurité des systèmes d’information.
D’une manière générale, l’intégrité des données ou d’un système peut être affectée de trois façons : d’abord par la perte des données, ensuite par l’accès refusé aux données et enfin par la compromission des données.
Pour résoudre ces anomalies aggravées par l’aterritorialité d’Internet, le système de sécurité des douanes est assuré par deux grandes options de sécurité.
La sécurité physique concerne essentiellement la protection des centres de données, des locaux des serveurs, du matériel réseau, des dispositifs de tolérance de panne intégrés aux serveurs, des postes de travail etc…
La sécurité logique fait référence à la protection des données et à la réalisation de mécanismes de sécurité par logiciel. Elle est fondée sur la philosophie de protection par routeur et pare-feu (firewall ) et s’appuie sur la cryptographie et des procédures de contrôle d’accès et d’authentification.
Malgré ces mesures de sécurité, le système de dédouanement dématérialisé demeure exposé puisqu’il existe un continuum cyber-physique entre les activités qui se déroulent dans le cyberespace et celles qui se déroulent dans le monde physique classique.
Aussi, des utilisateurs malveillants parviennent,toujours, à usurper l’identité douanière quand bien même codée, de sociétés industrielles et, pire réussissent à prendre carrément le contrôle de systèmes informatiques étatiques par le recours à lacomplicité interne, l’ingénierie sociale, l’exploitation des failles de sécurité, le détournement des ressourcesetc…
Fort heureusement, d’une part, le contrôle après dédouanement permet de rectifier certaines erreurs que le numérique aurait pu occulter ou à contrario favoriser, d’autre part, le nouveau dispositif douanier intègre des unités douanières spécialisées dans la cybersécurité telles que la Cellule de Recueil de la Preuve informatique (CRPI) et le service dénommé Cyberdouanes.
La CRPI réalise la saisie, la copie et l’analyse de supports informatiques et électroniques, y compris les téléphones portables, et tout type de données distantes, notamment par télé perquisition, le service Cyberdouanes quant à lui, recueille et enrichit des informations sur le commerce électronique.
A l’assaut du numérique, le droit douanier subit des transformations digitales relativisant ainsi son autonomie par rapport au droit de la sécurité nationale.
Le choc des droits répressifs se manifestent pourtant,dans les deux sens car autant la politique de sécurité nationale intègre, dans son architecture, la surveillance des services objet de dédouanement, autant le contentieux du dédouanement des services en gestation interpelle la criminologie numérique.
Cette dualité interactive est prise en compte par l’Organisation mondiale des Douanes (OMD) en collaboration avec la police internationale Interpol dans le cadre de la déclinaison d’une stratégie de sécurité du cyberespace.
Dans ce contexte, la référence à la démarche d’intelligence juridique, la gestion numérique du recouvrement par des comptables des douanes organisés en réseaux, l’échange d’informations en temps réel entre les douanes et les autres régies financières (Impôts, Trésor), contribuent à la mise en place d’un dispositif douanier performant et sécuriséde taxation de l’économie numérique.
Docteur Ndiaga SOUMARE,
Inspecteur principal des douanes de Classe exceptionnelle.
Les déclarations tenues à l’Assemblée nationale à l’encontre de Babacar Ngom continuent d’alimenter le débat public au Sénégal. Au-delà de la personne de l’homme d’affaires, c’est une certaine représentation de la réussite entrepreneuriale sénégalaise qui semble avoir été publiquement mise en cause : celle d’un dirigeant présenté comme un self-made man, ayant construit son parcours par l’investissement, la prise de risque et l’audace.
Mais plus que les propos eux-mêmes, c’est l’absence de réaction des organisations patronales qui suscite l’incompréhension de nombreux observateurs. Ni le Conseil national du patronat du Sénégal (CNP), ni la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), ni encore le Club des investisseurs sénégalais (CIS) n’ont, à ce stade, publié de communiqué officiel. Aucun rappel de principe sur le respect dû aux acteurs économiques, aucune déclaration sur la contribution de Babacar Ngom à l’essor du secteur privé national et à l’économie du pays.
Cette réserve contraste avec les réflexes observés dans d’autres corps organisés. Dans le monde syndical, universitaire ou médical, la solidarité professionnelle se manifeste souvent dès qu’un membre est publiquement attaqué. Il ne s’agit pas nécessairement d’une approbation inconditionnelle, mais d’une défense collective de l’image et de la dignité d’une profession. Cette attitude traduit une conscience partagée d’intérêts communs et d’un destin collectif.
Dans cette affaire, seule la voix d’Abdoulaye Sylla, à la fois député et chef d’entreprise, s’est élevée pour dénoncer ce qu’il considère comme une attaque injuste. Une prise de position individuelle qui, bien que saluée par certains, ne peut selon d’autres se substituer à une réaction institutionnelle structurée.
La controverse soulève une interrogation plus large sur le rôle des organisations patronales. Leur mission se limite-t-elle à la défense des intérêts économiques à travers les négociations fiscales, les concertations sociales ou les rencontres protocolaires avec l’État ? Ou inclut-elle également une dimension morale et symbolique consistant à protéger leurs membres lorsque leur réputation est publiquement mise en cause ?
L’absence de solidarité officielle peut être interprétée de diverses manières. Certains y voient une prudence stratégique visant à éviter toute politisation excessive des structures patronales. D’autres y perçoivent un manque de cohésion interne et un affaiblissement de la capacité du secteur privé à parler d’une seule voix.
Pour les investisseurs, les PME et les jeunes entrepreneurs, le signal envoyé peut paraître ambigu. Si un capitaine d’industrie peut être publiquement attaqué sans réaction collective de ses pairs organisés, cela peut nourrir l’idée d’un patronat fragmenté, peu enclin à faire bloc dans l’adversité.
Au fond, cette séquence met en lumière un enjeu central : la crédibilité des organisations patronales repose non seulement sur leur capacité à défendre des intérêts matériels, mais aussi sur leur aptitude à incarner une solidarité institutionnelle. Une organisation qui ne protège pas ses membres lorsqu’ils traversent une tempête médiatique ou politique s’expose à voir sa légitimité questionnée. Le CNP, la CNES et le CIS se retrouvent ainsi au cœur d’un débat sur la nature et la portée de leur engagement au service du secteur privé sénégalais.
À l’occasion d’une rupture collective du jeûne organisée au camp pénal de Liberté 6 à Dakar, la Garde des Sceaux et ministre de la Justice du Sénégal, Yacine Fall, a livré un message fort sur le sens et la finalité de la peine privative de liberté. Devant des détenus réunis pour ce moment de partage, elle a insisté sur la nécessité d’une justice à la fois ferme, équitable et profondément humaine.
Selon la note de son service de communication, la ministre a rappelé que « la privation de liberté ne doit jamais signifier la perte de dignité ». Si la sanction demeure une composante essentielle de l’ordre judiciaire, elle ne saurait, selon elle, se réduire à une logique punitive. La justice, a-t-elle souligné, doit également accompagner, réparer et ouvrir des perspectives réelles de réinsertion aux personnes condamnées.
Ce moment de rupture du jeûne s’inscrit, d’après la chancellerie, dans une volonté des pouvoirs publics de maintenir un dialogue constant avec les personnes en détention. Il s’agit, selon la ministre, de réaffirmer l’engagement de l’État en faveur d’un système pénitentiaire respectueux des droits humains, tout en garantissant la sécurité publique. La présence de la Garde des Sceaux au sein de l’établissement pénitentiaire vise également à envoyer un signal d’écoute dans un contexte carcéral particulièrement tendu.
En effet, les prisons sénégalaises font face à une situation de surpopulation préoccupante. D’après les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les établissements pénitentiaires disposaient en 2023 d’une capacité théorique de 4 833 places pour près de 13 000 détenus, soit un taux d’occupation avoisinant 267 %, largement supérieur aux standards admis. Certaines régions, comme Kédougou, ont enregistré des taux particulièrement élevés, atteignant jusqu’à 501 %, illustrant une pression extrême sur les infrastructures existantes.
À cette surpopulation s’ajoute un déficit notable en personnel pénitentiaire. Les chiffres disponibles évoquent un ratio d’un surveillant pour onze détenus, alors que les normes internationales recommandent un encadrement beaucoup plus rapproché, souvent estimé à un agent pour deux détenus. Cette situation complique non seulement la gestion quotidienne des établissements, mais limite également la mise en œuvre effective de programmes de formation, d’accompagnement psychologique et de préparation à la réinsertion.
Dans ce contexte, les propos de la ministre prennent une dimension particulière. Plaider pour une justice qui « accompagne » suppose de renforcer les mécanismes alternatifs à l’incarcération pour certaines infractions, d’accélérer le traitement des dossiers judiciaires afin de réduire la détention préventive et d’investir dans des dispositifs de réinsertion professionnelle.
La déclaration de Yacine Fall ouvre ainsi un débat plus large sur la réforme du système pénitentiaire sénégalais. Entre impératif de sécurité, respect de la dignité humaine et nécessité de lutter contre la récidive, l’équilibre reste délicat. Mais le message porté lors de cette visite rappelle que la prison, au-delà de la sanction, doit aussi être un espace de reconstruction et de préparation au retour dans la société.
La tension monte d’un cran dans le secteur de l’éducation au Sénégal. Ce mardi 3 mars 2026, l’Intersyndicale des enseignants a organisé des sit-in devant les inspections d’académie, notamment à Mbacké et Kaffrine, pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « ponctions sauvages » opérées sur les salaires du mois. Le mouvement, largement suivi selon les responsables syndicaux, marque une nouvelle étape dans un bras de fer qui oppose depuis plusieurs semaines les syndicats au gouvernement.
Au cœur de la contestation figurent des prélèvements financiers jugés injustifiés, dont les montants varieraient entre 60 000 et plus de 200 000 francs CFA selon les cas. Les syndicats, parmi lesquels le G7 et le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (SAEMS), parlent d’un « vol organisé » et dénoncent une « surimposition sauvage » appliquée aux rappels liés à l’intégration et à l’avancement des enseignants.
Les représentants syndicaux affirment que ces retenues ont été effectuées sans explication préalable claire et sans concertation avec les partenaires sociaux. Ils soutiennent que certains enseignants en congé de maternité ou en arrêt maladie, qui n’auraient pas participé aux mouvements de grève, ont malgré tout subi des prélèvements. Cette situation est jugée particulièrement choquante par les syndicats, qui y voient une application aveugle et injuste de sanctions financières.
Au-delà des retenues salariales, les syndicats évoquent d’autres dysfonctionnements structurels. Ils pointent la situation des « décisionnaires », ces enseignants dont la carrière administrative n’aurait pas été régularisée à temps, entraînant des conséquences sur leurs droits à la retraite. Ils dénoncent également le non-respect du protocole d’accord signé en 2022, qui devait, selon eux, stabiliser les relations entre l’État et le corps enseignant.
Face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave aux droits des travailleurs, les responsables syndicaux ont annoncé leur intention de saisir l’Organisation internationale du Travail afin de dénoncer ces pratiques. Une telle démarche viserait à internationaliser le conflit et à exercer une pression supplémentaire sur les autorités nationales.
Les syndicats critiquent par ailleurs les récentes déclarations du Premier ministre, estimant qu’elles tendent à « diaboliser » les enseignants en évoquant de prétendues « questions nouvelles » pour justifier la situation actuelle. Selon l’Intersyndicale, ces discours masqueraient une iniquité salariale persistante et une gestion administrative jugée défaillante.
Le cinquième plan d’action est en cours et doit se poursuivre jusqu’à vendredi avec une grève générale. Mais les syndicats annoncent déjà un sixième plan pour la semaine suivante, comprenant des journées dites « écoles mortes » et le dépôt d’une plainte collective afin d’obtenir le remboursement intégral des sommes prélevées.
Dans un contexte déjà marqué par des perturbations répétées du calendrier scolaire, cette radicalisation du mouvement laisse présager de nouvelles semaines de tensions dans le système éducatif. L’issue du conflit dépendra désormais de la capacité des deux parties à renouer le dialogue et à trouver un compromis sur la question sensible des rémunérations et du respect des engagements antérieurs.
Alors que l’Assemblée nationale du Sénégal examine ce mardi 3 mars le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias, la contestation s’organise dans les rangs des professionnels de la presse. Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), qui regroupe les principales entreprises privées du secteur, a publié un communiqué particulièrement critique à l’égard du futur organe de régulation.
Le texte gouvernemental vise à instituer le Conseil national de régulation des médias (CNRM), appelé à remplacer l’actuel Conseil national de régulation de l’audiovisuel et à étendre son champ d’action à l’ensemble de l’écosystème médiatique, y compris la presse en ligne et les contenus numériques. Pour les autorités, cette réforme répond à la nécessité d’adapter le cadre légal aux mutations technologiques et aux défis posés par la désinformation et les plateformes numériques.
Mais pour le CDEPS, les prérogatives prévues par le projet de loi dépassent largement le cadre d’une régulation équilibrée. Son président, Mamadou Ibra Kane, évoque « une menace directe sur l’indépendance des médias, leur viabilité économique et, au-delà, sur l’équilibre démocratique ». L’organisation estime que certaines dispositions ouvrent la voie à des mesures administratives lourdes pouvant affecter profondément le fonctionnement des entreprises de presse.
Le communiqué pointe notamment la possibilité de fermeture administrative d’organes de presse, de suspension immédiate de médias, de blocage de contenus ou encore de coupure d’accès à des plateformes numériques. L’exécution instantanée des décisions du futur CNRM suscite également de vives inquiétudes. Pour le CDEPS, ces mécanismes pourraient fragiliser la liberté d’informer et créer un climat d’incertitude juridique pour les acteurs du secteur.
Au-delà du contenu même du texte, les professionnels dénoncent un déficit de concertation. Ils regrettent l’absence, selon eux, d’un cadre formel de discussion sur la version finale du projet de loi et le manque de partage préalable du document avant son examen parlementaire. Cette méthode alimente le sentiment d’exclusion des principaux concernés d’un processus qui touche directement à l’exercice de leur activité.
L’examen du projet intervient dans un contexte juridique sensible. Par un arrêt rendu le 11 décembre 2025, la Cour suprême du Sénégal avait rappelé que la création d’un organe de presse n’est soumise à aucune autorisation préalable et que l’activité de presse constitue une liberté fondamentale. Cette décision faisait suite à une série de mesures gouvernementales jugées contraignantes par certains acteurs du secteur.
Dans ce climat, le débat autour du CNRM dépasse la simple question technique de la régulation. Il touche aux équilibres institutionnels entre régulation administrative et protection constitutionnelle des libertés publiques. Tandis que le gouvernement défend un cadre destiné à responsabiliser l’espace médiatique face aux dérives numériques, les entreprises de presse redoutent un dispositif susceptible d’entraver leur autonomie éditoriale et leur stabilité économique.
Le Sénégal engage une transformation majeure de son dispositif de régulation médiatique. Ce mardi 3 mars 2026, devant l’Assemblée nationale du Sénégal, le ministre de la Communication Alioune Sall a défendu un projet de loi instituant le Conseil National de Régulation des Médias, appelé à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel.
Ce changement marque un tournant structurel. Jusqu’ici centré sur la régulation du secteur audiovisuel classique, le cadre légal s’élargit désormais à l’ensemble de l’écosystème informationnel. Le futur Conseil National de Régulation des Médias, ou CNRM, aura compétence sur la presse en ligne, les plateformes numériques, les réseaux sociaux, les créateurs de contenus et même les médias étrangers accessibles sur le territoire sénégalais. La réforme traduit la volonté des autorités d’adapter la régulation aux mutations profondes du paysage médiatique, dominé par la circulation instantanée de l’information et l’essor de l’intelligence artificielle.
Selon le ministre, cette évolution répond à une nécessité devenue urgente. Les phénomènes de désinformation, de manipulation algorithmique et de diffusion de contenus générés par intelligence artificielle, notamment les deep fakes, représentent de nouveaux défis pour la cohésion sociale et la stabilité institutionnelle. Le CNRM sera doté d’outils technologiques avancés pour identifier les campagnes coordonnées de désinformation, détecter les contenus falsifiés et exiger le retrait rapide de publications jugées illicites.
Le texte prévoit également que l’autorité de régulation puisse adresser des injonctions aux grandes plateformes numériques, y compris celles dont le siège est établi hors du Sénégal, dès lors que leurs contenus sont accessibles au public sénégalais. Les sanctions annoncées se veulent graduées et proportionnées, allant de mises en demeure à des sanctions financières, tout en laissant ouvertes des voies de recours devant les juridictions compétentes afin de garantir les droits de la défense et le respect du contradictoire.
La réforme s’inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la protection des mineurs et la préservation de l’ordre public numérique. Le gouvernement évoque la nécessité de faire face à ce qu’il qualifie de « liberté de nuire », en distinguant la liberté d’expression, protégée par la Constitution, des pratiques de diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à la réputation, à la sécurité ou à la paix sociale.
Pour prévenir toute suspicion d’instrumentalisation politique, le projet de loi met l’accent sur l’indépendance institutionnelle du CNRM. Les membres de l’organe seront désignés à l’issue d’un appel à candidatures et nommés pour un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois. Ils devront prêter serment et exercer leurs fonctions en toute impartialité. Le ministre a insisté sur le fait que le nouvel organe ne constitue ni un instrument de censure ni une loi dirigée contre les plateformes numériques, mais un cadre destiné à responsabiliser l’ensemble des acteurs de l’espace public digital.
Ce basculement réglementaire place le Sénégal parmi les pays africains cherchant à anticiper les enjeux de la régulation de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux. Reste désormais à savoir comment le futur CNRM appliquera concrètement ses prérogatives et comment l’équilibre sera maintenu entre la lutte contre les dérives numériques et la protection des libertés fondamentales.
À l’approche de la fin du mandat d’António Guterres, prévue le 31 décembre 2026, la succession à la tête de l’Organisation des Nations Unies s’annonce particulièrement disputée. Deux figures dominent déjà les projections diplomatiques : l’ancien président sénégalais Macky Sall et l’ancienne cheffe d’État chilienne Michelle Bachelet.
Derrière cette compétition se dessine un affrontement de styles, de réseaux et de stratégies continentales. Michelle Bachelet incarne une tradition multilatérale marquée par son expérience à la tête du Chili et son passage dans les instances internationales. Son profil est associé à la défense des droits humains et à une approche institutionnelle fondée sur le consensus. Macky Sall, quant à lui, mise sur une image de pragmatisme politique, de médiateur et de dirigeant issu d’un continent qui revendique une place accrue dans la gouvernance mondiale.
La candidature de Macky Sall, officiellement déposée le 2 mars 2026 par le Burundi, constitue un tournant stratégique. Ce parrainage, porté par un État africain, permet de contourner les hésitations internes à Dakar tout en inscrivant la candidature dans une logique continentale. Selon plusieurs sources diplomatiques, l’ancien président sénégalais aurait engagé depuis plusieurs mois une campagne discrète auprès de membres influents du Conseil de sécurité. L’enjeu central reste l’obtention d’un soutien déterminant parmi les cinq membres permanents, dont l’aval est indispensable pour toute nomination.
L’un des principaux arguments avancés par ses partisans repose sur son expérience à la tête de l’Union africaine en 2022–2023. Durant cette période, Macky Sall s’était illustré par des démarches diplomatiques de haut niveau, notamment dans le contexte du conflit russo-ukrainien, en multipliant les contacts avec Moscou et Kiev. Cette capacité à dialoguer avec des puissances aux intérêts divergents est présentée comme un atout majeur pour diriger une organisation souvent paralysée par les rivalités géopolitiques.
Au-delà de son profil personnel, l’argument démographique et politique du continent africain pèse dans l’équation. Avec 54 États membres, l’Afrique constitue le plus grand bloc régional au sein de l’Assemblée générale. Pour de nombreux dirigeants africains, l’accession d’un ressortissant du continent au poste de Secrétaire général représenterait un rééquilibrage symbolique et politique d’un système historiquement dominé par l’Europe et d’autres régions du monde.
Face à cette dynamique, Michelle Bachelet dispose d’arguments solides. L’Amérique latine n’a plus occupé le poste depuis 1991, ce qui alimente l’argument de la rotation régionale. Par ailleurs, la question du genre constitue un levier important dans le débat international. En plus de huit décennies d’existence, l’ONU n’a jamais été dirigée par une femme, et plusieurs organisations militent pour que cette réalité change. La candidature de Bachelet s’inscrit ainsi dans une double revendication : représentation régionale et leadership féminin.
Cependant, la fragmentation potentielle du vote latino-américain pourrait constituer un défi pour elle. Contrairement au bloc africain, souvent capable de s’accorder sur des positions communes, l’Amérique latine présente une diversité d’orientations diplomatiques qui pourrait compliquer l’unité derrière une seule candidature.
Ce duel prend également une dimension politique à Dakar. Le fait que l’État sénégalais n’ait pas officiellement porté la candidature de son ancien président soulève des interrogations sur les calculs internes et les équilibres diplomatiques régionaux. Néanmoins, la dynamique engagée semble désormais dépasser les considérations nationales pour s’inscrire dans une stratégie continentale plus large.
La décision finale reviendra au Conseil de sécurité, dont la recommandation sera soumise à l’Assemblée générale. Si Michelle Bachelet bénéficie pour l’heure d’une visibilité médiatique importante et d’un discours centré sur les droits humains et l’égalité, Macky Sall paraît s’appuyer sur un réseau diplomatique dense, un soutien africain structuré et une stratégie tournée vers les équilibres de puissance.
La Cour d’appel de Versailles a rendu sa décision concernant la demande d’extradition introduite par l’État du Sénégal à l’encontre du journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne. Les magistrats ont émis un avis partiellement favorable, une issue que l’intéressé qualifie lui-même de « demi-victoire » et qu’il estime inédite dans la pratique judiciaire en matière d’extradition.
À la sortie de l’audience, Madiambal Diagne s’est exprimé avec prudence mais sérénité. Selon lui, la décision de la juridiction française tranche de manière inhabituelle avec les schémas classiques observés dans ce type de procédure. « C’est quelque chose que je peux considérer, plus ou moins, comme inédit. Parce qu’une demande d’extradition, on y satisfait ou on n’y satisfait pas. Mais dire que nous coupons la poire en deux, en disant qu’on est partiellement pour un avis favorable, ça pose un problème, peut-être de droit ou de pratique judiciaire », a-t-il déclaré, soulignant que ses avocats entendent examiner les voies de recours possibles.
Dans les procédures d’extradition, la juridiction saisie ne statue pas sur la culpabilité de la personne concernée, mais vérifie la conformité de la demande avec les règles de droit interne et les engagements internationaux, notamment en matière de respect des droits fondamentaux. L’avis rendu par la cour d’appel constitue une étape déterminante, mais il ne met pas nécessairement un terme au processus, puisqu’un pourvoi en cassation peut être formé pour contester la légalité ou l’interprétation juridique de la décision.
C’est précisément cette voie que l’équipe de défense de Madiambal Diagne envisage d’emprunter. Pour ses conseils, le caractère partiellement favorable de l’avis soulève des interrogations juridiques importantes. Une extradition « partielle » signifie en général que certains faits retenus dans la demande sont jugés recevables au regard du droit applicable, tandis que d’autres ne remplissent pas les conditions requises. Cette approche, bien que prévue par les textes dans certaines hypothèses, reste relativement rare et peut donner lieu à des débats techniques sur son fondement et sa portée.
En se déclarant confiant, Madiambal Diagne considère néanmoins que cette décision constitue un premier signal positif. Le rejet implicite d’une partie des griefs formulés par les autorités sénégalaises est perçu par lui comme une reconnaissance partielle des arguments développés par sa défense. Il insiste toutefois sur la nécessité d’obtenir une clarification définitive à travers un éventuel recours en cassation, afin de sécuriser juridiquement sa situation.
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière la complexité croissante des mécanismes de coopération judiciaire internationale. Entre respect de la souveraineté des États demandeurs et protection des droits fondamentaux des personnes visées, les juridictions sont souvent amenées à opérer des arbitrages délicats. La décision rendue à Versailles illustre ces équilibres subtils et pourrait, selon certains observateurs, nourrir la réflexion doctrinale sur l’évolution de la pratique en matière d’extradition.
Je lève ma voix pour défendre la dignité du débat public, le respect des bâtisseurs, l’attention due aux investisseurs et l’honneur de la représentation nationale. Disons le haut et fort, quand la parole publique abdique, il y a une faute morale, une indignité républicaine et donc devoir de sursaut
Il est des moments où le silence deviendrait une complicité. Il est des paroles qui, parce qu’elles sont prononcées dans l’enceinte même de la représentation nationale, engagent bien au-delà de leurs auteurs et appellent une condamnation morale ferme, nette et sans équivoque.
Ce qui s’est produit à l’Assemblée nationale ne relève ni du débat démocratique, ni de la vivacité parlementaire, ni même d’un excès de langage malheureux. Il s’agit tout simplement d’un manquement grave à l’éthique publique, d’une déchéance morale incompatible avec la dignité du mandat parlementaire. Lorsqu’un élu, incapable de répondre à une collègue sur le terrain des idées, choisit sciemment d’attaquer son père, il ne commet pas une maladresse : il franchit une frontière morale que nul représentant du peuple n’a le droit d’ignorer. Je refuse de l’ignorer donc j’élève ma voix.
Aucune divergence politique, aucune tension idéologique, aucune posture militante ne saurait justifier l’instrumentalisation de la filiation, l’atteinte à l’honneur familial ou l’humiliation personnelle. Un tel comportement constitue une rupture avec les fondements mêmes de la République, fondements qui exigent retenue, respect et sens aigu de la responsabilité — a fortiori dans un lieu censé incarner l’exemplarité.
Le dossier de Ndingler, agité de manière obsessionnelle par certains, ne peut servir d’alibi à cet effondrement moral. Les faits sont connus, établis et vérifiables. Une terre attribuée au terme d’un processus administratif, mise en valeur par un investisseur sénégalais, transformée en un pôle de production exemplaire au service de l’autosuffisance alimentaire. Voilà la réalité, loin du vacarme.
Cet investisseur est Babacar Ngom, fondateur de Sedima, figure majeure du secteur privé national et référence sous-régionale. Je ne défends pas une personne pour le plaisir de la défendre. Je campe un principe d’autant plus que je ne connais pas personnellement Babacar Ngom et je ne crois pas l’avoir déjà rencontré. Mais je sais ce que son parcours représente : le travail contre la démagogie, la production contre l’agitation, la durée contre l’improvisation.
Babacar Ngom est un homme qui a choisi le labeur, l’investissement et la dignité. Il a investi dans le pays et pour le pays, dans plusieurs secteurs stratégiques. Son engagement agricole n’est ni une aventure opportuniste ni un calcul politicien : il procède d’une vision, d’un patriotisme économique assumé
Et à son sujet, Il faut ici rappeler un fait humainement lourd, que toute conscience honnête devrait méditer. Accablé par la répétition des attaques, Babacar Ngom avait pris la décision douloureuse d’arrêter ses activités et d’aller jusqu’à restituer les terres que les autorités lui avait régulièrement octroyées.
Voilà jusqu’où peut conduire l’irresponsabilité verbale : non à l’échec économique, mais à l’usure morale d’un bâtisseur national.
Et pendant que ce député de la majorité s’adonne à l’invective, la République, elle, a parlé avec gravité. En effet, le samedi 27 décembre 2025, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a élevé Babacar Ngom à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre national du Lion, la plus haute distinction honorifique du Sénégal.
Par cet acte solennel, la Nation a salué une trajectoire et rendu hommage à un homme dont l’engagement au service du pays est reconnu au sommet de l’État. Dès lors, la faute morale commise par ce député n’en est que plus criante.
Il pouvait répondre politiquement à sa collègue Anta Babacar Ngom, il pouvait le faire fermement, sans concession mais il n’avait aucun droit moral d’insulter son père, encore moins un père que la République venait d’honorer. Cette dérive n’est pas un égarement éthique, c’est beaucoup plus. Quand on insulte Babacar Ngom, on insulte un père mais on insulte aussi le secteur privé national.
A ce député égaré, il faut redire avec force que le secteur privé national est une colonne vertébrale de la souveraineté économique. Il mérite protection, écoute et considération. Ceux qui siègent à l’Assemblée nationale auraient dû en être les défenseurs naturels, s’ils avaient pleinement compris et surtout incarné la mystique de leur mission au service de la Nation.
Je veux ici assumer une parole personnelle.
Je passe une part importante de mon temps hors du pays, non par désinvolture, mais pour maintenir à flot des entreprises sénégalaises frappées par une crise sans précédent, dans un contexte d’adversité parfois ouverte et flagrante. On m’accuse d’absentéisme sur les bancs de l’Assemblée. Mais pense-t-on un seul instant à mes lourdes responsabilités d’investisseur dans l’obligation de préserver un outil de travail, de payer des salaires, de garantir l’avenir de milliers d’employés au Sénégal et à l’étranger, eux aussi responsables du quotidien de milliers de familles durement éprouvées par la crise ?
À ces attaques, je n’ai jamais répondu par la parole blessante.
Je n’y répondrai jamais autrement que par l’action, par la sauvegarde de la dignité de mes entreprises, de mes employés et de tous ceux et celles qui dépendent d’eux. C’est cela, la responsabilité. C’est cela, le patriotisme réel.
Pour ma part, je me suis toujours battu pour l’émergence d’un secteur privé national fort, structuré et uni. Aujourd’hui, face aux attaques répétées, aux incompréhensions et à ce climat délétère de crise, je lance un appel solennel pour la mise en place d’un cadre unitaire du secteur privé national : un espace de cohésion, de solidarité et de responsabilité collective, capable de renforcer notre voix, de protéger nos entreprises et de nous rendre à la hauteur de notre mission historique.
Les crises, dit-on, révèlent les faiblesses. Si elles ne montrent pas d’elles-mêmes le chemin de l’urgence, montrons que nous ne sommes pas de ceux qui détournent le regard. Unissons nos forces dispersées, élevons notre parole, consolidons notre action. Car la souveraineté ne se proclame pas : elle se construit, ensemble, dans la durée, par le travail et par la dignité.
Ce qui s’est produit doit être condamné sans réserve, non pour humilier, mais pour rappeler les bornes, restaurer la dignité du débat public et préserver l’honneur de la République.
Abdoulaye Sylla
Investisseur
Député à l’Assemblée nationale
Le Premier ministre Ousmane Sonko a profité d’une nouvelle édition de sa plateforme d’échanges en ligne « Waxtaan ak PROS » pour livrer une analyse approfondie de sa position institutionnelle et de ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye. Face à ses partisans, le chef du gouvernement a tenu un discours à la fois lucide sur les limites de ses prérogatives et ferme sur sa détermination à exercer pleinement ses responsabilités.
Dans une déclaration qui a suscité de nombreuses réactions, Ousmane Sonko s’est présenté comme « le Premier ministre le moins fort » en comparaison avec ses prédécesseurs. Il a expliqué que, dans l’architecture institutionnelle actuelle, ses pouvoirs seraient plus restreints que ceux exercés par d’anciens chefs du gouvernement. « Je suis le Premier ministre le moins fort. J’ai le moins de pouvoirs comparé aux précédents Premiers ministres. Dans les textes je suis faible, mais dans ma posture, j’assume mon rôle pleinement », a-t-il affirmé.
Tout en reconnaissant les limites prévues par les textes, le leader du Pastef a tenu à rappeler que ses prérogatives demeurent celles définies par la Constitution. Selon lui, le respect de l’équilibre institutionnel est un principe fondamental. « Je respecte le président mais j’ai autant de pouvoirs comme défini par la Constitution », a-t-il déclaré, soulignant ainsi sa volonté d’inscrire son action dans le strict cadre légal.
Évoquant la répartition des compétences au sommet de l’exécutif, Ousmane Sonko a rappelé que le chef de l’État dispose du pouvoir de nomination et de révocation par décret, ce qui confère au président une position déterminante dans le fonctionnement de l’appareil gouvernemental. Il a toutefois précisé qu’il ne revendique « aucun pouvoir » supplémentaire, estimant que le cadre institutionnel actuel fixe clairement les responsabilités de chacun et qu’il convient de s’y conformer.
Abordant la question d’éventuelles réformes institutionnelles, le Premier ministre a pris soin d’écarter toute lecture personnalisée d’un tel chantier. Selon lui, toute réforme éventuelle ne viserait ni à renforcer sa position personnelle ni à instaurer un déséquilibre au profit de la Primature. « S’il y a réforme aussi, ce n’est pas pour le président qui veut un Premier ministre hyper fort, c’est pour le peuple », a-t-il insisté, plaçant ainsi le débat sur le terrain de l’intérêt général.
Dans son intervention, il a également mis en avant le rôle central du Pastef dans la conduite de l’action publique. Ousmane Sonko a affirmé que le président ne pourrait engager de réformes parlementaires sans l’appui du parti majoritaire. « Le président ne peut faire de réformes parlementaires sans le Pastef. Tant qu’on sera là, la gouvernance sera pleinement assumée par le Pastef », a-t-il soutenu, estimant que les résultats de l’action gouvernementale seront, en définitive, le principal critère d’évaluation.
Le chef du gouvernement a enfin évoqué les équilibres institutionnels et les dynamiques internes au pouvoir. Sans entrer dans les détails, il a révélé que, selon lui, « en deux ans, nous avons bloqué énormément de tentatives », laissant entendre l’existence de résistances ou de pressions au sein du système. Il a conclu par une mise en garde lourde de sens : « Le système ne s’avoue jamais vaincu. »
Une invitation présidentielle qui suscite la controverse. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a convié les députés du parti Pastef Les Patriotes à un « Ndogou » prévu ce vendredi 27 février 2026 au Palais de la République. Présentée comme une rencontre conviviale dans le cadre du mois de Ramadan, l’initiative ne fait cependant pas l’unanimité au sein du groupe parlementaire.
Dès l’annonce de l’événement, plusieurs députés ont publiquement décliné l’invitation, principalement à travers des publications sur les réseaux sociaux. Sur les 130 députés que compte l’Assemblée nationale du Sénégal, près d’une dizaine ont exprimé leur refus de prendre part à la rupture collective du jeûne organisée par le président de la République. Cette prise de position publique, inhabituelle dans ce type de circonstances, a rapidement alimenté les débats au sein de l’opinion.
Le député Cheikh Bara Ndiaye a été l’un des premiers à réagir, publiant sur sa page Facebook un message énigmatique : « Ndogou mystique gaay ame fofou ». Dans son sillage, d’autres parlementaires ont également fait connaître leur décision de ne pas se rendre au Palais. Parmi eux figurent notamment Fatou Cissé Goudiaby, Ramatoulaye Ndom, Cheikh Omar Bamba Diop, Seynabou Yacine Sambe, Mayabé Mbaye, Alla Kane, Ousmane Diop, Awa Sonko, Awa Seck et Fama Bachir Ba. Ces refus, exprimés de manière individuelle, traduisent des sensibilités divergentes au sein même de la majorité parlementaire.
Si aucune déclaration officielle détaillant les motivations de ces boycotts n’a été publiée collectivement, certains observateurs y voient l’expression de désaccords internes ou d’un malaise politique latent. D’autres estiment qu’il pourrait s’agir d’un geste symbolique visant à marquer une prise de distance par rapport à certaines orientations ou pratiques politiques.
Du côté de la direction du groupe parlementaire, le président Ayib Daffé a indiqué que la rencontre avait été validée par le Premier ministre Ousmane Sonko, soulignant ainsi le caractère institutionnel et officiel de l’initiative. Cette précision vise à dissiper toute interprétation d’un événement informel ou partisan, en le replaçant dans le cadre des relations normales entre l’exécutif et sa majorité parlementaire.
Le « Ndogou » présidentiel, traditionnellement perçu comme un moment de communion et de convivialité en période de Ramadan, prend ainsi une dimension politique inattendue. Entre cohésion de la majorité, liberté d’expression des élus et gestion des équilibres internes, cet épisode révèle les dynamiques complexes qui traversent la scène politique sénégalaise, même lors d’événements à vocation symbolique et religieuse.
La mise en accusation de Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de justice du Sénégal continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Au lendemain du vote de la résolution par l’Assemblée nationale du Sénégal, le député Djimo Souaré, membre de l’Alliance pour la République (APR, opposition) et vice-président du groupe parlementaire Takku-Wallu, a vivement critiqué la procédure engagée contre l’ancien ministre de la Communication et des Télécommunications.
Selon lui, l’Assemblée nationale se serait « transformée en tribunal politique au service de l’exécutif », remettant en cause l’impartialité de l’institution parlementaire dans ce dossier. Djimo Souaré estime que la démarche adoptée ne repose sur aucune base légale solide et dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la procédure de mise en accusation. À ses yeux, le Parlement aurait outrepassé ses prérogatives en examinant une demande de l’exécutif sans fondement réglementaire clair.
Dans son argumentaire, le député soutient que les dispositions encadrant la procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de justice ne figureraient pas explicitement dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il invoque à cet effet l’article 62 de la Constitution, qu’il interprète comme exigeant que tous les actes pris par l’Assemblée soient strictement circonscrits par son règlement intérieur. Toute initiative parlementaire engagée en dehors de ce cadre serait, selon lui, « nulle et non avenue ». Pour Djimo Souaré, cette lacune juridique entacherait la validité de la résolution adoptée le 27 février 2026.
Le député de l’APR affirme par ailleurs qu’aucun rapport émanant des corps de contrôle de l’État ne mettrait en cause la gestion de Moussa Bocar Thiam. Il cite notamment l’absence de conclusions défavorables provenant de la Cour des Comptes, de la CENTIF ou encore de l’Inspection générale des finances (IGF). En l’absence de tels éléments, il considère que les poursuites enclenchées relèvent davantage d’une décision politique que d’un processus fondé sur des constats techniques ou financiers établis par les organes compétents.
L’affaire trouve son origine dans le dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet structurant lancé sous l’ancien régime de Macky Sall. Ce programme avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Toutefois, les soutiens de l’ancien ministre estiment que sa responsabilité personnelle n’a pas été juridiquement établie à ce stade.
Cette nouvelle sortie de Djimo Souaré illustre la polarisation croissante autour de cette procédure inédite. Entre la volonté affichée de la majorité de faire toute la lumière sur la gestion passée et les accusations d’acharnement politique formulées par l’opposition, le dossier Moussa Bocar Thiam s’impose désormais comme un test majeur pour les institutions sénégalaises et pour l’équilibre entre responsabilité politique et respect des garanties constitutionnelles.
La séance de questions d’actualité au gouvernement du 24 février 2026 continue d’alimenter une vive polémique au sein de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué conjoint, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et plusieurs députés non-inscrits ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « violations graves et répétées » du règlement intérieur de l’institution. Selon eux, le déroulement de la séance a porté atteinte aux principes fondamentaux du débat démocratique et à la dignité parlementaire.
L’opposition pointe en premier lieu le comportement de certains députés de la majorité qu’elle accuse d’avoir franchi les limites du respect mutuel. Elle cite notamment Ayib Daffe, qui aurait qualifié des élus de l’opposition de « chiens et de chiots » au cours des échanges. Elle met également en cause Alioune Dieye, accusé d’avoir tenu des propos visant le père de l’honorable Anta Babacar Ngom. Pour les signataires du communiqué, ces déclarations constituent une entorse manifeste à l’article 64 du règlement intérieur, qui impose un débat « serein, courtois et impersonnel ». L’opposition estime qu’il est inacceptable que des députés soient publiquement pris à partie pour avoir exercé leur droit constitutionnel de poser des questions au gouvernement.
Au-delà des propos jugés injurieux, le communiqué met également en cause la gestion de la séance par le président de l’institution, El Malick Ndiaye. L’opposition lui reproche d’avoir manqué à son obligation d’impartialité en accordant cinq minutes supplémentaires de temps de parole au Premier ministre Ousmane Sonko, sans permettre aux députés de l’opposition d’exercer un droit de réponse. Selon les contestataires, cette décision unilatérale rompt l’équilibre des débats et contrevient aux règles établies collectivement par les parlementaires concernant la répartition du temps de parole.
Les députés signataires estiment que cette séquence a créé un précédent préoccupant, dans la mesure où elle donnerait l’impression que l’exécutif bénéficie d’un traitement préférentiel au sein de l’hémicycle. Ils affirment que le chef du gouvernement aurait pu s’exprimer longuement, allant jusqu’à « invectiver l’opposition », sans répondre précisément aux interrogations formulées sur des sujets d’actualité majeurs. Pour eux, le rôle du président de l’Assemblée est précisément de garantir l’équité des échanges et de veiller au respect strict des règles, ce qui n’aurait pas été le cas lors de cette séance.
L’opposition parlementaire considère que ces incidents ne relèvent pas d’un simple accrochage politique, mais traduisent une dérive dans le fonctionnement institutionnel. Elle affirme que le respect du règlement intérieur est indispensable pour préserver la crédibilité du Parlement et la qualité du débat démocratique. En conséquence, elle annonce qu’elle « saura tirer toutes les conséquences de droit » de ces manquements, sans préciser à ce stade les démarches envisagées.
Cette nouvelle controverse intervient dans un contexte politique déjà marqué par des tensions récurrentes entre majorité et opposition. Elle illustre la fragilité du climat parlementaire et la difficulté à maintenir des échanges apaisés dans un environnement politique fortement polarisé. Les prochains jours diront si cette crise donnera lieu à des mesures correctives internes ou à un durcissement supplémentaire des positions au sein de l’Assemblée nationale.
Question d’actualité à l’assemblée nationale, c’est plutôt une scène fortement en contraste avec les promesses de rupture et d’exemplarité qui avaient accompagné l’installation de la nouvelle législature.
Justement, en moins de 2 ans, une succession d’événements permettent pour certains observateurs, de comprendre pourquoi Abdoulaye Sylla, non moins homme d’affaires a choisi de ne pas assister a des semblant de travaux de l’Assemblée.
Avec ce qui s’est passé hier dans l’hémicycle, il semble avoir raison de boycotter. De manière compréhensive, entre la gestion de ses entreprises entre Dubai et les États Unis, les salaires de pères et de mères de famille à assurer et sa contribution à la dynamique économique nationale, il a certainement mieux à faire que d’assister à des séances où l’invective prend le pas sur l’intérêt général.
Au-delà des personnes, c’est la question du rôle de l’institution parlementaire qui est posée. L’Assemblée nationale doit-elle être une tribune d’attaques contre le secteur privé national, déjà fragilisé par les retards de paiement de la dette intérieure et le ralentissement des chantiers ? Ou doit-elle redevenir un espace de contrôle rigoureux de l’action gouvernementale et de propositions constructives pour relancer l’économie ? Les questions restent entières et sans aucune réponse visible.
En effet, hier à l’Assemblée nationale lors de la séance des questions d’actualité au Premier ministre, le spectacle offert aux Sénégalais a laissé un goût amer. Ce qui devait être un haut lieu de débat républicain s’est transformé, par moments, en arène de règlements de comptes, de chants partisans et d’attaques ciblées contre des acteurs du secteur privé.
Dans l’hémicycle, certains députés, malheureusement de la majorité, le Pastef, n’ont pas hésité à accuser et à calomnier des capitaines d’industrie, parmi lesquels Babacar Ngom, non moins pere de leur Collègue, l’honorable Anta Babacar Ngom, cela sans que le débat ne s’élève véritablement au niveau des préoccupations urgentes des populations et sans possibilité de réponse. À la place d’arguments structurés et de propositions concrètes face à la crise qui touche plusieurs secteurs dont le BTP, l’emploi, le pouvoir d’achat, les Sénégalais du moins ceux qui s’y intéressent encore, ont assisté à des démonstrations de soutien bruyantes, ponctuées de chants à la gloire de leur leader Ousmane Sonko.
Autant de dire que le Don de Soi tant vanté est échangé contre des dépenses de prestige et des véhicules 4*4 à 50 millions
En attendant, au moment Anta Babacar Ngom demande la dissolution de l’Assemblée, le boycott d’Abdoulaye Sylla apparaît, aux yeux des Sénégalais, non pas comme un désengagement, mais comme un choix pragmatique : celui de consacrer son énergie à l’entreprise et à l’économie réelle, plutôt qu’à un théâtre politique qui peine, pour l’instant, à convaincre.
Modou Gaye politologue
La question de la reddition des comptes continue d’occuper une place centrale dans le débat politique sénégalais. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment exprimé publiquement sa déception et sa frustration face aux lenteurs constatées dans le traitement des dossiers liés à la gestion de l’ancien régime. Cette sortie intervient dans un contexte où la transparence dans la gestion des finances publiques constitue l’un des engagements majeurs du gouvernement issu de la troisième alternance politique.
Lors de son intervention dans le cadre des questions d’actualité au gouvernement, le chef de l’exécutif a dénoncé ce qu’il considère comme des blocages institutionnels susceptibles de compromettre l’aboutissement des procédures judiciaires engagées contre certains responsables publics présumés impliqués dans des affaires de malversations financières. Ousmane Sonko a notamment évoqué les dossiers symboliquement appelés « Dossiers Yi Amatumassi Yakaar », expression utilisée pour désigner les affaires de grande envergure qui concernent la gestion des ressources publiques durant les années précédentes. Selon lui, ces dossiers risquent de ne jamais aboutir à des sanctions judiciaires effectives si les lenteurs constatées persistent.
Le Premier ministre a accusé certaines autorités judiciaires de manquer de diligence dans le traitement de ces affaires sensibles, affirmant que certaines procédures semblent se heurter à des obstacles administratifs ou juridiques qui réduisent l’efficacité de la justice économique. Il a regretté ce qu’il considère comme une tendance à « tout mettre à néant », estimant que cette situation pourrait décourager les efforts du gouvernement pour instaurer une gouvernance financière plus rigoureuse. Pour le chef du gouvernement, la reddition des comptes ne constitue pas seulement un enjeu politique, mais aussi un impératif moral destiné à restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens.
Malgré ces critiques, Ousmane Sonko a tenu à adopter un discours nuancé en reconnaissant les avancées réalisées par certaines institutions de contrôle de l’État. Il a particulièrement salué le travail de l’Inspection générale d’État (IGE), de la Cour des Comptes ainsi que de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Ces institutions jouent, selon lui, un rôle fondamental dans la lutte contre la corruption et la traque des irrégularités financières héritées des précédentes administrations. Il a encouragé ces organes à poursuivre leurs missions avec indépendance et rigueur afin de permettre un traitement objectif des dossiers en cours.
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette prise de parole s’inscrit également dans une dynamique politique visant à maintenir la pression sur les mécanismes de bonne gouvernance. La reddition des comptes demeure en effet un thème fortement attendu par l’opinion publique, notamment dans un contexte économique marqué par des exigences accrues de transparence dans la gestion des ressources nationales. Le gouvernement entend ainsi faire de cette politique un pilier de sa stratégie de transformation institutionnelle, même si les contraintes juridiques et administratives continuent de susciter des débats entre acteurs politiques, juristes et société civile.
Le débat politique autour de la gouvernance et de la préparation des prochaines échéances électorales s’intensifie au Sénégal. Le député et Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a dénoncé un manque de visibilité globale sur la gestion de plusieurs dossiers stratégiques de l’État, en particulier le calendrier électoral, lors d’un point de presse tenu à l’issue de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Ses déclarations s’inscrivent dans un contexte politique marqué par des tensions autour des réformes institutionnelles et de la préparation des futures consultations électorales.
Le député a principalement mis l’accent sur ce qu’il considère comme un « flou total » concernant l’organisation du calendrier électoral national. Selon lui, les autorités gouvernementales n’ont pas encore apporté de réponses suffisamment précises sur les prochaines étapes du processus électoral, notamment en ce qui concerne la révision des listes électorales. Il estime que cette situation rend difficile l’établissement d’un agenda clair pour les élections à venir, alors que le gouvernement envisagerait parallèlement des réformes relatives au découpage administratif et territorial des collectivités locales. Pour l’opposant, toute modification institutionnelle devrait s’accompagner d’une communication transparente afin d’éviter toute suspicion dans l’opinion publique.
Au-delà de la question électorale, Mbaye Dione a également interpellé le gouvernement sur la situation économique nationale, notamment la gestion de la dette publique et les risques de défaut de paiement. Il a exprimé ses préoccupations face à la pression financière qui pèse sur les finances publiques et a appelé les autorités à anticiper des solutions structurelles pour préserver la stabilité économique du pays. Selon lui, la question de la dette ne doit pas être traitée uniquement sous un angle technique, mais doit aussi intégrer les conséquences sociales et économiques pour les populations.
Le parlementaire a également élargi son analyse à la situation du monde rural, qu’il considère comme particulièrement vulnérable dans le contexte actuel. Il a évoqué les difficultés rencontrées par les producteurs agricoles, notamment l’écoulement des récoltes d’arachide, principale source de revenus pour de nombreuses familles rurales. Cette situation, selon lui, traduit des dysfonctionnements dans la chaîne de commercialisation agricole et appelle à des mesures urgentes pour soutenir les paysans, améliorer les circuits de distribution et stabiliser les prix des denrées agricoles.
Mbaye Dione a aussi attiré l’attention sur les difficultés économiques et sociales qui touchent plusieurs secteurs clés de l’économie nationale, notamment le secteur du bâtiment et de l’immobilier, l’enseignement supérieur ainsi que les médias. Selon lui, ces secteurs traversent des crises structurelles qui nécessitent des politiques publiques plus adaptées. Il a également évoqué la situation des ressortissants sénégalais détenus au Maroc, soulignant la souffrance des familles concernées et appelant les autorités à poursuivre les démarches diplomatiques pour trouver des solutions humanitaires et juridiques à cette affaire.
Pour conclure, le député a insisté sur l’urgence d’obtenir des réponses claires de la part du gouvernement sur la préparation des élections. Il a réaffirmé que l’absence de calendrier précis, combinée aux réformes envisagées sur le découpage territorial, entretient un climat d’incertitude politique. Selon lui, la transparence dans la gestion du processus électoral constitue une exigence démocratique fondamentale, indispensable pour renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens.
Les échanges autour de la question des mœurs au Sénégal continuent d’alimenter un vif débat politique et sociétal. Le vice-président de l’ONG islamique Jamra, Mame Makhtar Guèye, a réagi aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko tenues à l’Assemblée nationale, en apportant des précisions sur ses positions et en réclamant des actions plus fermes de la part de l’État dans la gestion des questions liées à l’homosexualité. Cette sortie médiatique s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions entre certaines organisations religieuses conservatrices et les autorités publiques sur la manière d’aborder les questions de société sensibles.
Intervenant sur les ondes d’une radio nationale, Mame Makhtar Guèye a catégoriquement rejeté l’idée selon laquelle il aurait envisagé de publier une liste de personnes ou d’associations supposées homosexuelles. Selon lui, les propos attribués au chef du gouvernement ne reposent sur aucun élément concret. Il a insisté sur le fait que la gestion de ce type de dossier relève exclusivement des prérogatives régaliennes de l’État, notamment du ministère de l’Intérieur et des services judiciaires. Tout en répondant aux critiques, il a estimé que le Premier ministre arrivait tardivement dans la gestion de cette problématique, considérant que le débat public aurait pu être mieux encadré depuis plusieurs années.
Le responsable de Jamra a également évoqué les fortes pressions sociales et médiatiques qu’il affirme avoir subies ces dernières semaines, notamment sur les réseaux sociaux, où certains internautes l’auraient encouragé à divulguer des listes de personnes suspectées d’appartenir à la communauté homosexuelle. Il a rappelé qu’une telle démarche pourrait créer des situations de stigmatisation et de violences sociales. À ce titre, il a fait référence à un précédent historique survenu dans les années 1980, lorsqu’une liste de francs-maçons avait été rendue publique, évoquant les conséquences sociales et politiques qu’un tel acte pourrait engendrer dans la société sénégalaise. Pour lui, la publication d’informations sensibles ne doit pas être laissée aux réseaux sociaux, mais doit plutôt être transmise directement aux autorités compétentes afin qu’elles puissent mener les investigations nécessaires dans un cadre légal.
Sur le plan politique et législatif, Mame Makhtar Guèye a appelé le gouvernement à adopter des mesures concrètes allant au-delà des discours publics. Il a notamment plaidé pour le retrait des récépissés accordés à certaines associations dont les activités seraient jugées contraires aux dispositions légales en vigueur. Selon lui, ces structures devraient faire l’objet de procédures administratives de dissolution par arrêté ministériel si leurs actions entrent en contradiction avec les lois nationales. Il considère que ces mesures constitueraient une réponse institutionnelle forte aux attentes d’une partie de l’opinion publique sénégalaise.
Concernant la question du retrait de sa protection rapprochée par les services de sécurité de l’État, le vice-président de Jamra a choisi de relativiser l’importance de cette décision, la qualifiant de « non-débat ». Selon lui, l’essentiel reste la protection des valeurs sociales et morales qu’il défend, plutôt que les considérations personnelles liées à sa sécurité. Cette prise de position confirme la persistance des lignes de fracture dans le débat public sénégalais autour des questions de société, de religion et de liberté individuelle.
Le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba a apporté des éclaircissements importants sur la récente réforme fiscale concernant le traitement des rappels de salaire dans la fonction publique, un sujet qui suscite de vives discussions au sein du corps enseignant et de la représentation parlementaire. Face aux critiques, le ministre a choisi d’inscrire son argumentaire dans une logique de pédagogie fiscale et de rétablissement de ce qu’il considère comme une équité dans le système d’imposition des revenus exceptionnels.
Pendant plusieurs années, les rappels de salaire versés aux enseignants constituaient une source de frustration pour de nombreux agents de l’État. Lorsqu’un rappel était versé en une seule fois après plusieurs années d’arriérés, l’intégralité de la somme était imposée sur l’année de perception, ce qui provoquait un saut brutal dans les tranches d’imposition. De nombreux enseignants considéraient cette pratique comme une pénalité indirecte, certains parlant même d’un système fiscal défavorable aux agents publics dont les rémunérations étaient régularisées tardivement. Selon Cheikh Diba, cette situation constituait une véritable injustice sociale et fiscale qu’il était nécessaire de corriger afin de préserver le pouvoir d’achat des travailleurs de l’administration publique.
La réforme introduite par le gouvernement permet désormais d’étaler l’imposition des revenus exceptionnels sur une période pouvant atteindre quatre années fiscales. Ce mécanisme de lissage permet d’éviter que les bénéficiaires de rappels de salaire ne soient brusquement soumis à des taux d’imposition élevés qui ne reflètent pas leur niveau réel de revenus annuels. Pour le gouvernement, cette mesure constitue une avancée dans la modernisation du système fiscal sénégalais et dans l’amélioration de la relation entre l’État et ses agents publics. L’objectif affiché est de rendre la fiscalité plus progressive et plus juste, en tenant compte des situations salariales particulières des travailleurs dont les revenus sont régularisés après plusieurs années d’attente.
L’un des points ayant suscité le plus de débats concerne la perception d’une baisse du montant net perçu par certains agents lors de la régularisation de leur situation salariale. Sur ce point, le ministre a tenu à clarifier qu’il ne s’agit pas d’une augmentation de la pression fiscale, mais plutôt d’une réorganisation des contributions sociales. Il a distingué deux mécanismes principaux dans la structure des prélèvements. D’une part, l’Impôt sur le Revenu (IR), qui est désormais calculé de manière progressive grâce à la nouvelle méthode de lissage des revenus exceptionnels. D’autre part, le Fonds National de Retraite (FNR), dont les cotisations peuvent augmenter lors de l’intégration des agents contractuels dans la fonction publique, car ces contributions constituent un investissement pour la protection sociale future des travailleurs.
Le ministre a insisté sur le fait que ces prélèvements ne doivent pas être interprétés comme une pression fiscale supplémentaire, mais comme un mécanisme de sécurisation des revenus futurs des agents de l’État. Selon lui, les cotisations sociales représentent des garanties financières permettant d’assurer la stabilité économique des fonctionnaires après leur départ à la retraite. Cette approche s’inscrit dans une logique de réforme globale du système de rémunération et de protection sociale dans la fonction publique sénégalaise.
Afin de défendre la cohérence de ces réformes, Cheikh Diba a affirmé être prêt à répondre à toutes les interrogations des syndicats et des parlementaires. Il a même lancé un défi public en proposant d’examiner, de manière détaillée, les bulletins de salaire de n’importe quel enseignant afin de démontrer l’absence de surimposition. Cette déclaration traduit la volonté du ministère de défendre publiquement la réforme fiscale tout en poursuivant le dialogue avec les acteurs sociaux concernés.
Dans un contexte marqué par les revendications sociales, le gouvernement présente cette réforme comme un outil d’équilibre entre justice fiscale, stabilité budgétaire et amélioration des conditions de vie des agents publics. Le débat sur l’efficacité réelle de ces mesures devrait toutefois se poursuivre dans les mois à venir, notamment à travers les discussions entre l’exécutif, les syndicats et les représentants du secteur éducatif.
La situation des dix-huit supporters sénégalais condamnés et détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 continue d’alimenter le débat politique, diplomatique et social au Sénégal. Face à l’émotion suscitée par cette affaire au sein de l’opinion publique, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé devant l’Assemblée nationale une mesure d’accompagnement social destinée aux familles des détenus, en complément des démarches diplomatiques engagées par l’État pour tenter de résoudre la crise.
Dans son intervention, le chef du gouvernement a voulu replacer le dossier dans une dimension à la fois humaine et nationale. Il a souligné que derrière les tensions diplomatiques et les procédures judiciaires, se trouvent des familles sénégalaises confrontées à des difficultés économiques et psychologiques importantes depuis l’arrestation de leurs proches. Selon lui, plusieurs des condamnés sont des soutiens de famille qui contribuaient directement aux dépenses quotidiennes de leurs ménages. Cette situation a été particulièrement difficile à gérer pour les proches, notamment en cette période de ramadan, période durant laquelle la solidarité sociale et familiale occupe une place centrale dans la société sénégalaise.
Ainsi, Ousmane Sonko a annoncé qu’une aide financière gouvernementale sera prochainement versée aux familles concernées. Il a insisté sur le caractère humanitaire de cette décision, affirmant que l’État ne pouvait rester indifférent face à la souffrance sociale engendrée par cette affaire. Cette aide s’inscrit dans une logique de solidarité nationale visant à soutenir les épouses, les enfants et les parents des détenus, en attendant l’évolution du dossier sur le plan judiciaire et diplomatique. Le Premier ministre n’a toutefois pas encore précisé le montant exact de cette assistance ni les modalités pratiques de sa distribution, indiquant que les détails seront communiqués ultérieurement par les services compétents.
Sur le plan diplomatique, le gouvernement a confirmé que plusieurs démarches officielles sont en cours. Sur instruction du président de la République Bassirou Diomaye Faye, le ministère des Affaires étrangères a été chargé d’engager une procédure de demande de grâce auprès des autorités marocaines. Cette démarche vise à obtenir la libération des supporters ou, à défaut, à négocier un cadre juridique permettant leur transfèrement vers le Sénégal afin qu’ils purgent leur peine dans leur pays d’origine, conformément aux accords bilatéraux existants entre Dakar et Rabat. Le gouvernement espère ainsi trouver une solution diplomatique apaisée à une affaire qui a suscité une forte indignation populaire au Sénégal.
L’affaire remonte au 18 janvier 2026, lors de la finale de la CAN 2025 opposant le Sénégal au Maroc à Rabat. Le match avait été marqué par des tensions dans les tribunes après l’attribution d’un penalty controversé en faveur du Maroc dans les dernières minutes de la rencontre, peu après un but sénégalais annulé. Dans la confusion qui a suivi, des incidents ont éclaté entre supporters et forces de l’ordre, les autorités marocaines accusant certains supporters sénégalais d’actes de violence et de dégradations matérielles. À l’issue du procès tenu le 19 février 2026, le tribunal de Rabat a condamné dix-huit supporters pour hooliganisme à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an, assorties d’amendes financières. Cette décision judiciaire a été vivement contestée par la défense, qui estime que les droits de la défense n’ont pas été pleinement respectés et que les sanctions prononcées sont disproportionnées au regard des faits reprochés.
Au-delà du volet judiciaire, cette affaire soulève également des enjeux politiques et diplomatiques plus larges entre le Sénégal et le Maroc, deux pays liés par des relations historiques solides. Le gouvernement sénégalais souhaite éviter toute escalade tout en affirmant sa responsabilité de protéger ses ressortissants à l’étranger. Dans ce contexte, Ousmane Sonko a appelé la population à la retenue, rappelant que les crises de ce type doivent être gérées avec sang-froid et responsabilité diplomatique. L’aide annoncée aux familles constitue ainsi un signal politique fort combinant solidarité sociale, gestion diplomatique et réponse aux attentes de l’opinion publique.
Devant les députés, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive dangereuse consistant, pour certains acteurs de la société civile, à se substituer aux institutions républicaines. Il a visé explicitement les menaces de publication de listes de personnes présumées homosexuelles, estimant que de telles pratiques constituent une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’État de droit. Selon lui, nul ne peut s’arroger le droit de désigner publiquement des citoyens, de les exposer à la vindicte populaire ou de se faire juge en dehors des procédures légales prévues par la loi.
Le Premier ministre a insisté sur le caractère régalien de ces questions, rappelant que seule la puissance publique est habilitée à constater une infraction, à engager des poursuites et à rendre justice à travers les juridictions compétentes. En s’érigeant en dénonciateurs publics et en brandissant la menace de révélations nominatives, certains responsables associatifs franchiraient, selon lui, une ligne rouge susceptible d’alimenter la stigmatisation, les règlements de comptes et les violences sociales. Pour Ousmane Sonko, même dans un débat sensible où les convictions morales et religieuses occupent une place importante, le respect des droits individuels et des procédures judiciaires demeure non négociable.
La réaction du chef du gouvernement ne s’est pas limitée à une condamnation de principe. Il a annoncé avoir instruit le ministre de l’Intérieur de retirer la protection rapprochée dont bénéficiait jusque-là Mame Makhtar Gueye. Cette mesure de sécurité, assurée par les services de l’État, avait été mise en place en raison de menaces alléguées. Toutefois, Ousmane Sonko a estimé que les actions entreprises par le responsable de Jamra, notamment la diffusion ou la menace de diffusion de listes de noms, n’étaient couvertes par aucun mandat officiel. En conséquence, l’État ne saurait continuer à garantir une protection à une personne engagée dans des initiatives qu’il n’a ni ordonnées ni validées.
Cette décision marque un signal politique fort. Elle traduit la volonté du gouvernement de réaffirmer son autorité sur les questions de sécurité et de justice, tout en encadrant strictement l’action des organisations de la société civile. Elle intervient également dans un contexte plus large de débat sur le durcissement de la législation relative à l’homosexualité, un dossier dans lequel l’exécutif affirme vouloir agir dans un cadre institutionnel clair et respectueux des procédures.
En prenant publiquement position, Ousmane Sonko cherche à tracer une frontière nette entre engagement militant et exercice de l’autorité républicaine. Si le débat sur les valeurs et les mœurs demeure vif au Sénégal, le Premier ministre entend rappeler que l’État conserve le monopole de la contrainte légitime et que toute initiative s’écartant de ce cadre s’expose à des conséquences politiques et administratives.
Interpellé ce mardi 24 février 2026 à l’Assemblée nationale lors d’une séance plénière consacrée aux questions d’actualité, le Premier ministre Ousmane Sonko est longuement revenu sur la situation des 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc. Face aux députés, il a exprimé une profonde indignation tout en exposant les mesures diplomatiques engagées par l’État pour tenter d’obtenir une issue favorable à cette affaire qui suscite une vive émotion au Sénégal.
Dès l’entame de son intervention, le chef du gouvernement a estimé que ce dossier « semble aller au-delà du sport », laissant entendre qu’il dépasse le simple cadre d’incidents liés à une rencontre footballistique. Il a fermement déploré la condamnation des ressortissants sénégalais, jugeant la décision d’autant plus regrettable qu’elle intervient entre deux pays liés par une longue tradition d’amitié et de coopération. Pour lui, la solidité des relations entre Dakar et Rabat aurait dû favoriser une gestion plus apaisée de l’incident.
Afin d’illustrer ce qu’il considère comme une réaction disproportionnée, Ousmane Sonko a évoqué un précédent survenu lors des Jeux Olympiques organisés en France, au cours desquels des supporters marocains avaient envahi le terrain, provoquant une interruption prolongée du match. Selon lui, aucun supporter marocain n’avait alors été arrêté. Cette comparaison vise à souligner ce que le gouvernement sénégalais perçoit comme une application inéquitable des règles dans le cas des supporters sénégalais.
Au-delà de l’indignation, le Premier ministre a détaillé les démarches entreprises par l’exécutif. Il a confirmé que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a donné instruction au ministre des Affaires étrangères d’introduire officiellement une demande de grâce présidentielle auprès des autorités marocaines. Cette procédure constitue, selon lui, la première voie diplomatique privilégiée pour obtenir la libération des condamnés.
Dans l’hypothèse où cette requête n’aboutirait pas, une alternative est d’ores et déjà envisagée. Le chef du gouvernement a rappelé l’existence d’accords bilatéraux entre le Sénégal et le Maroc permettant le transfèrement des personnes condamnées. Si la grâce n’était pas accordée, ces mécanismes juridiques pourraient être activés afin que les supporters purgent leur peine au Sénégal, à proximité de leurs familles, dans le respect des conventions internationales en vigueur.
Conscient de la colère et de l’émotion qui traversent l’opinion publique, Ousmane Sonko a toutefois appelé à la retenue. Il a insisté sur la nécessité de gérer ce type de situation avec calme et responsabilité, rappelant le principe fondamental de la souveraineté des États. « Chaque pays a sa propre souveraineté », a-t-il martelé, soulignant que le Sénégal attendrait le même respect pour ses propres décisions judiciaires, notamment en référence à la présence de détenus marocains dans les prisons sénégalaises.
En conclusion, le Premier ministre a assuré que le gouvernement mobilise tous les leviers diplomatiques et juridiques disponibles pour défendre les intérêts des ressortissants sénégalais. Entre indignation assumée et pragmatisme diplomatique, l’exécutif cherche à trouver une solution équilibrée, capable de préserver à la fois la dignité nationale et les relations bilatérales avec le Maroc.
Interpellé lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement ce mardi 24 février, le Premier ministre Ousmane Sonko est sorti de son silence sur l’affaire des personnes arrêtées dans un dossier lié à l’homosexualité, un sujet qui alimente depuis plusieurs semaines un vif débat au Sénégal. Face aux députés, le chef du gouvernement a tenu à dénoncer certaines dérives médiatiques et à préciser l’orientation du projet de réforme législative en préparation.
Dans un premier temps, Ousmane Sonko a fermement condamné la diffusion, dans certains médias et sur les réseaux sociaux, d’informations relatives au statut sérologique des personnes mises en cause. Il a qualifié ces pratiques d’« inadmissibles », estimant qu’elles constituent une atteinte grave à la vie privée et à la dignité humaine. Selon lui, la divulgation de données médicales sensibles ne saurait être tolérée dans un État de droit, quelles que soient la nature des accusations ou la sensibilité du dossier. Le Premier ministre a également souligné les conséquences sociales de telles révélations, affirmant qu’elles contribuent à exposer inutilement les familles à la stigmatisation et à la pression sociale.
Au-delà de la question du respect de la vie privée, le chef du gouvernement a abordé le volet législatif du dossier. Il a confirmé qu’un projet de loi est en préparation afin de durcir la répression des actes homosexuels, tout en précisant que le gouvernement n’entend pas transformer l’infraction en crime. « Le texte que je propose maintient l’infraction au niveau du délit », a-t-il déclaré, ajoutant que les différentes parties prenantes consultées s’accordent sur la nécessité de rester dans ce cadre juridique. Selon lui, les objectifs poursuivis par la réforme peuvent être atteints sans procéder à une criminalisation, qui aurait impliqué un changement plus radical dans la qualification pénale.
Dans un souci de clarification juridique, le Premier ministre a indiqué que le futur texte introduira une définition plus précise de la notion d’« acte contre nature », afin de lever les ambiguïtés interprétatives qui entourent actuellement l’article 319 du Code pénal. Cette réforme viserait, selon ses propos, à renforcer la sécurité juridique et à encadrer plus strictement l’application de la loi.
Par ailleurs, le projet de réforme ne se limiterait pas aux seuls actes eux-mêmes. Ousmane Sonko a annoncé que le dispositif législatif entend également sanctionner l’apologie et le financement de telles pratiques, élargissant ainsi le champ des infractions concernées. Cette orientation marque une volonté de renforcer l’arsenal juridique existant tout en conservant la qualification délictuelle.
Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, où les questions liées aux libertés individuelles, à la protection de la vie privée et aux valeurs sociétales suscitent de vives discussions au sein de l’opinion publique. En dénonçant la divulgation des statuts sérologiques tout en défendant un durcissement du cadre légal, le Premier ministre tente d’articuler une ligne politique qui conjugue fermeté juridique et respect des droits fondamentaux.
La crise qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ne faiblit pas. Plus de deux semaines après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu à la suite de violences policières lors d’affrontements sur le campus, les réactions continuent de se multiplier au sein de la communauté universitaire. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Seydi Ababacar Ndiaye, maître de conférences au département de Génie chimique et ancien secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), qui réclame ouvertement la démission de plusieurs autorités gouvernementales.
Dans un entretien accordé au journal L’Observateur, l’universitaire n’a pas mâché ses mots. Il estime que le Premier ministre Ousmane Sonko porte une responsabilité politique dans la gestion de la crise actuelle. Selon lui, les déclarations du chef du gouvernement, affirmant qu’il ne céderait pas à ce qu’il qualifie de « chantage » des étudiants, traduisent une posture inappropriée face à une situation aussi grave. Seydi Ndiaye rappelle que, par le passé, l’actuel Premier ministre avait bénéficié du soutien des étudiants lors de ses propres démêlés judiciaires sous le régime de Macky Sall, notamment lorsque des mobilisations universitaires avaient contribué à exercer une pression politique. Pour l’enseignant-chercheur, cette contradiction justifierait aujourd’hui une remise en cause de la légitimité du Premier ministre à conduire un dialogue apaisé avec la communauté estudiantine.
La critique vise également le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom. Seydi Ndiaye lui reproche un discours jugé inapproprié, tenu moins de vingt-quatre heures après les événements tragiques ayant conduit au décès de l’étudiant. Selon lui, ces prises de parole ont fragilisé les bases d’un dialogue déjà délicat et ont contribué à crisper davantage le climat au sein des universités publiques. Il considère que, dans un contexte marqué par l’émotion et la colère, les autorités auraient dû privilégier l’écoute, la retenue et l’ouverture de concertations inclusives avec l’ensemble des acteurs universitaires.
Au-delà des responsabilités individuelles, l’ancien responsable syndical dresse un constat plus large et plus sévère sur l’état du système universitaire sénégalais. Il estime que la situation actuelle reflète une faillite généralisée d’un modèle qui peine à se réformer en profondeur. Selon lui, les crises répétitives, les tensions sociales récurrentes et la surcharge chronique des infrastructures traduisent l’incapacité des décideurs à engager une véritable réflexion structurelle sur l’avenir de l’enseignement supérieur.
Seydi Ndiaye pointe notamment du doigt la situation de l’UCAD, qu’il décrit comme étant sous le poids d’un effectif dépassant largement les normes académiques connues. L’augmentation continue du nombre d’étudiants, combinée à des capacités d’accueil et d’encadrement insuffisantes, crée un terrain propice aux frustrations et aux conflits. Pour l’universitaire, la tragédie récente doit servir d’électrochoc et conduire à une refondation en profondeur du système, fondée sur la planification, l’investissement et un dialogue sincère entre l’État, les enseignants et les étudiants.
Le gouvernement sénégalais s’apprête à opérer un tournant majeur dans la gestion sécuritaire des espaces universitaires. Intervenant lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a clairement exprimé sa volonté de mettre fin à ce qu’il considère comme une « exceptionnalité » sécuritaire dont bénéficierait le campus social de l’université. Face aux récents affrontements et actes de vandalisme enregistrés dans cet espace, il a demandé au ministre de l’Intérieur de traiter cette zone « comme n’importe quel quartier de Dakar », ouvrant ainsi la voie à l’installation d’un commissariat permanent afin d’y assurer la sécurité des personnes et des biens.
Cette déclaration marque un changement de doctrine significatif. Jusqu’ici, les interventions des forces de défense et de sécurité dans les espaces universitaires étaient entourées de précautions liées aux franchises universitaires, héritées d’une tradition visant à protéger la liberté académique et l’autonomie des institutions d’enseignement supérieur. Toutefois, le Premier ministre a tenu à clarifier un point juridique central : le campus social, qui regroupe les résidences étudiantes, restaurants et infrastructures de vie quotidienne, ne relève pas du même régime que les amphithéâtres et salles de cours. Selon lui, ces espaces académiques bénéficient d’une protection spécifique, mais les lieux d’hébergement ne peuvent constituer des zones échappant durablement à l’exercice des prérogatives régaliennes de l’État.
Pour justifier cette inflexion, le chef du gouvernement a évoqué des « rapports de renseignement alarmants » faisant état d’un projet de sabotage d’envergure. Ces informations auraient révélé l’existence d’un plan visant notamment l’incendie de la bibliothèque universitaire et le pillage de restaurants, ce qui aurait constitué une menace grave pour la sécurité des étudiants et pour le patrimoine public. Selon Ousmane Sonko, c’est ce « péril imminent » qui a motivé l’intervention des forces de l’ordre lors des événements récents. L’objectif affiché est désormais d’empêcher que des groupes restreints puissent organiser ou planifier des troubles dans un espace considéré comme insuffisamment encadré sur le plan sécuritaire.
Cependant, la fermeté affichée par le gouvernement s’accompagne d’une reconnaissance explicite de défaillances dans la gestion des opérations. Dans un exercice d’autocritique rare à ce niveau de responsabilité, le Premier ministre a dénoncé des « manquements manifestes » au sein des Forces de Défense et de Sécurité. Il a notamment évoqué une latence opérationnelle, estimant que l’intervention est intervenue tardivement, après qu’un premier restaurant universitaire eut déjà été mis à sac. Plus grave encore, il a pointé un usage excessif de la force, rappelant que le maintien de l’ordre doit impérativement se faire dans le respect de l’intégrité physique des citoyens. Selon lui, certaines dérives observées ne sauraient être tolérées par son gouvernement.
Face à ces constats, une enquête a été ouverte afin de déterminer les responsabilités. Le Premier ministre a indiqué que des mesures conservatoires ont déjà été prises sur la base d’un pré-rapport et que des sanctions exemplaires seront appliquées si les fautes sont confirmées. Tout en appelant à ne pas discréditer l’ensemble des forces de sécurité, il a insisté sur la nécessité d’une exigence de responsabilité et de professionnalisme dans les interventions futures.
L’annonce de l’installation d’un commissariat au campus social suscite déjà des débats au sein de la communauté universitaire et de l’opinion publique. Pour le gouvernement, il s’agit d’une mesure de sécurisation durable visant à protéger les étudiants et les infrastructures. Pour d’autres, la décision pose la question sensible de l’équilibre entre sécurité et autonomie universitaire. Ce projet, s’il se concrétise, pourrait redéfinir en profondeur la relation entre l’État et l’espace universitaire, en consacrant une présence policière permanente là où prévalait jusque-là une gestion plus ponctuelle des crises.
Suite aux interrogations soulevées par l’affaire des six véhicules liés à la RTS1, le lanceur d’alerte Idrissa Fall Cissé a annoncé avoir officiellement saisi l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) afin d’éclaircir les zones d’ombre entourant ce dossier. Dans une déclaration rendue publique, il a indiqué que sa démarche s’inscrit dans une volonté de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques, notamment dans les structures étatiques ayant des missions stratégiques comme la radiodiffusion nationale.
Selon lui, cette saisine a été accompagnée d’un dossier composé d’une note explicative détaillant les faits présumés ainsi que de quinze pièces justificatives. L’objectif de cette documentation est de permettre aux enquêteurs de l’OFNAC d’examiner les éléments en toute indépendance et de procéder, si nécessaire, à des investigations approfondies. Idrissa Fall Cissé insiste sur le fait que sa démarche ne vise ni à accuser ni à condamner des personnes avant la fin des vérifications, mais à contribuer à l’établissement de la vérité dans un cadre légal et institutionnel.
Le lanceur d’alerte a également tenu à préciser que son action relève d’un engagement citoyen fondé sur le respect des institutions de la République et la préservation de l’exemplarité dans la gestion publique. Pour lui, la dénonciation d’éventuelles irrégularités constitue un devoir civique lorsqu’elle est fondée sur des informations crédibles et transmise aux structures compétentes chargées du contrôle de l’utilisation des fonds publics. Il a exprimé sa confiance envers l’OFNAC pour mener les vérifications nécessaires et apporter les éclaircissements attendus par l’opinion publique sur cette affaire qui suscite de nombreuses interrogations.
Par ailleurs, Idrissa Fall Cissé a indiqué qu’il travaille également sur d’autres saisines qui seront prochainement transmises à l’OFNAC. Ces nouvelles démarches seraient liées à des informations provenant de travailleurs évoluant au sein de certaines agences et directions publiques, qui auraient signalé des présumées irrégularités dans la gestion administrative et financière. Il a toutefois précisé que ces futures plaintes seront déposées dans le strict respect des procédures légales, du principe de présomption d’innocence et des règles juridiques encadrant les mécanismes d’alerte et de dénonciation des faits de corruption présumée.
À travers cette initiative, Idrissa Fall Cissé souhaite inscrire son action dans une dynamique de renforcement de la gouvernance publique et de consolidation de la confiance entre les citoyens et les institutions chargées du contrôle des finances publiques. Il estime que la transparence et la reddition des comptes demeurent des piliers essentiels pour assurer une gestion saine et responsable des ressources de l’État.
La situation financière de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) suscite une vigilance accrue des autorités. Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a récemment alerté sur l’ampleur des dettes publiques et des pertes liées à la fraude électrique, deux phénomènes qui fragilisent la performance du secteur énergétique national.
Selon les chiffres avancés, les factures d’électricité impayées par plusieurs institutions publiques atteignent environ 48,5 milliards de francs CFA. Cette dette constitue, selon le ministre, un frein majeur aux ambitions gouvernementales d’atteindre l’accès universel à l’électricité sur l’ensemble du territoire sénégalais. Il souligne que ces impayés créent une pression supplémentaire sur la trésorerie de la Société nationale d’électricité du Sénégal, qui doit déjà faire face à des défis structurels liés à la production, à la distribution et à l’investissement dans les infrastructures énergétiques.
Au-delà des impayés, le ministre a également dénoncé le phénomène des « pertes non techniques », un terme utilisé pour désigner principalement la fraude, le vol et les branchements illégaux sur le réseau électrique. Bien que les montants précis n’aient pas été publiquement détaillés, ces pertes sont considérées comme extrêmement élevées et représentent un manque à gagner important pour l’entreprise publique. Selon le ministre, la combinaison des impayés institutionnels et des détournements d’énergie constitue un obstacle majeur à la réduction du coût de l’électricité pour les populations sénégalaises, estimées à plus de 18 millions d’habitants.
Face à cette situation, Birame Soulèye Diop a annoncé la mise en œuvre d’un plan d’actions « coup de poing » prévu sur la période 2026-2027. Ces mesures viseront principalement à renforcer le recouvrement des créances publiques, à intensifier la lutte contre la fraude énergétique et à améliorer l’efficacité globale du système électrique national. Le gouvernement entend également s’appuyer sur un mix énergétique plus performant afin de stabiliser la production et de sécuriser l’approvisionnement en énergie.
Malgré ces difficultés, le ministre a tenu à saluer les efforts du personnel et de la direction de la Senelec, soulignant la résilience globale de l’entreprise dans un environnement économique complexe. Il a toutefois insisté sur le fait que l’impunité en matière de non-paiement des factures et de fraude énergétique ne sera plus tolérée, laissant entendre que des sanctions administratives, financières ou judiciaires pourraient accompagner les prochaines opérations de contrôle.
Après neuf jours de détention, Waly Faye a été libéré sous contrôle judiciaire, une décision qui marque une étape importante dans l’affaire le concernant, mais qui, selon lui, n’altère en rien sa conviction d’innocence. Dès sa sortie, l’intéressé s’est exprimé publiquement, soulignant que cette libération ne constitue qu’une formalité judiciaire nécessaire pour faire la lumière sur les événements du 9 février. « Une chose est sûre : jamais ils n’auront raison sur moi », a-t-il écrit sur sa page Facebook, affirmant ainsi sa détermination intacte face aux accusations qui pèsent sur lui.
Waly Faye a lié sa démarche à une dimension spirituelle et morale, rejetant fermement les accusations et affirmant que ses détracteurs ne pourraient jamais prendre l’ascendant sur sa volonté. Il a également profité de cette première sortie pour s’adresser à la nation, rappelant que l’avenir du Sénégal repose sur une jeunesse consciente et dynamique, dont il entend porter les aspirations et la voix. Cette déclaration témoigne de sa volonté de transformer une épreuve personnelle en une tribune pour défendre des enjeux plus larges touchant à l’éducation, à la citoyenneté et au rôle des jeunes dans la société.
La sortie de cellule de Waly Faye a également mis en lumière l’ampleur du soutien dont il bénéficie. Il a exprimé sa gratitude envers les populations de Diourbel et de Fatick, ses terres natales, ainsi qu’au corps professoral et aux étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Il a également salué l’appui des communautés religieuses, notamment le mouvement mouhidiste, soulignant que ce soutien moral constitue un pilier central dans sa résistance face à la pression judiciaire.
Malgré les contraintes imposées par la justice, Waly Faye entend rester actif sur la scène publique. Il a annoncé qu’il reviendra prochainement pour détailler ses perspectives et les orientations de son engagement, promettant de défendre le peuple sénégalais « quel qu’en soit le prix ». Cette sortie marque ainsi un moment de refondation de son engagement politique et social, et laisse entrevoir une poursuite de son parcours caractérisée par une confrontation directe avec les défis actuels du Sénégal, dans les domaines politique, social et éducatif.
Son message, mêlant détermination, remerciements et vision d’avenir, traduit une stratégie de communication claire : transformer une situation judiciaire délicate en une occasion de renforcer son influence et de consolider sa base de soutien auprès des citoyens, des intellectuels et des acteurs religieux. La nation observe désormais comment cette étape juridique pourra façonner le rôle de Waly Faye dans le débat public et dans les prochaines échéances politiques.
Le climat social demeure particulièrement tendu au Sénégal, sur fond de scandale sanitaire et de révélations troublantes liées à une affaire présumée de pédophilie impliquant la transmission volontaire du VIH. Dans ce contexte lourd d’émotion et d’indignation, le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS) est sorti de sa réserve pour dénoncer ce qu’il qualifie d’inaction du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique face aux urgences sanitaires et sociales.
Réuni en Secrétariat Exécutif Permanent, le syndicat a dressé un constat sévère de la gestion actuelle du secteur. Au centre de ses critiques figure le traitement de l’affaire dite « Softcare », ainsi que la prise en charge des victimes et des familles affectées par les récents scandales de mœurs. Pour le SUTSAS, la réponse des autorités ne saurait se limiter à l’ouverture d’enquêtes judiciaires ou à des interpellations spectaculaires. Elle doit également intégrer une dimension humaine, sociale et psychologique.
Birahim Dieng, chargé des revendications du syndicat, insiste sur l’urgence d’une prise en charge holistique des victimes, en particulier des mineurs et des familles exposées médiatiquement. Selon lui, la révélation publique du statut sérologique de certains parents risque d’entraîner une stigmatisation durable, notamment pour les enfants concernés. Le syndicat appelle ainsi à la mise en place immédiate d’un accompagnement psychosocial structuré afin d’éviter des traumatismes supplémentaires et une marginalisation sociale accrue.
Au-delà de la gestion de cette crise spécifique, le SUTSAS met en lumière un problème structurel qu’il juge déterminant : le détachement du département de l’Action sociale du ministère de la Santé. Cette réorganisation administrative est perçue par les syndicalistes comme un affaiblissement des capacités d’intervention sur le terrain. Selon eux, ce « divorce » institutionnel a privé les services sociaux de ressources essentielles, au moment même où les besoins augmentent.
Les Centres de Promotion et de Réinsertion Sociale (CPRS), notamment, seraient confrontés à un manque criant de moyens humains et matériels. Cette situation serait d’autant plus préoccupante que le pays enregistre une hausse des accidents de la route, avec pour conséquence une augmentation du nombre de personnes en situation de handicap nécessitant un accompagnement spécialisé et de longue durée.
Le syndicat attire également l’attention sur la dégradation des conditions de travail dans plusieurs établissements publics de santé, en particulier dans le nord du pays. À Saint-Louis et à Richard-Toll, les infrastructures et les ressources seraient insuffisantes pour répondre efficacement aux besoins des populations. Le SUTSAS évoque une situation critique dans ces structures, marquée par un déficit de personnel, des tensions organisationnelles et des difficultés logistiques persistantes.
Par ailleurs, l’organisation syndicale rappelle que plusieurs revendications anciennes restent sans réponse. Elle cite notamment l’épurement du passif social concernant les agents contractuels et ceux des collectivités territoriales, la révision des plans de carrière des professionnels de santé et la résolution de la crise au sein de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique. Pour le syndicat, ces dossiers en suspens traduisent un manque de dialogue et de volonté politique.
Face à ce qu’il considère comme une absence de réaction adéquate aux « urgences de l’heure », le SUTSAS prévient qu’il pourrait durcir le ton si des mesures concrètes ne sont pas rapidement adoptées. La protection des victimes, la restauration des moyens de l’action sociale et l’amélioration des conditions de travail des agents de santé apparaissent désormais comme des priorités que le syndicat entend placer au cœur du débat public.
L’économiste et consultant Babacar Gaye tire la sonnette d’alarme sur la situation budgétaire du Sénégal. Selon ses estimations, le budget de l’État pourrait enregistrer un manque à gagner compris entre 560 et 600 milliards de francs CFA en recettes fiscales pour l’exercice en cours. Une projection préoccupante qui repose, d’après lui, sur un décalage significatif entre les ambitions affichées par le gouvernement et la dynamique économique réellement observée.
Alors que les autorités tablent sur une croissance de 5 %, le Fonds monétaire international, à l’issue d’une mission d’audit menée à Dakar en novembre 2025, a revu ses prévisions à 3 %. Pour Babacar Gaye, cette révision ne doit pas être minimisée. Il souligne que les fondamentaux de l’économie, en dehors du secteur des hydrocarbures, montrent des signes de fragilité qui pourraient peser lourdement sur les performances fiscales.
L’économiste met en avant une corrélation qu’il qualifie de mécanique : chaque point de croissance perdu entraînerait une baisse de 1,2 point des recettes fiscales. Avec un écart de deux points entre la prévision gouvernementale et celle du FMI, ce serait environ 2,4 % du PIB qui risqueraient de ne pas se matérialiser en recettes. En valeur absolue, cela représenterait une somme supérieure aux budgets cumulés de plusieurs ministères et près de la moitié des ressources prévues dans le Plan de redressement économique et social.
Un tel manque à gagner aurait des répercussions directes sur l’équilibre des finances publiques. Selon Babacar Gaye, la différence pourrait faire basculer le déficit public d’un niveau maîtrisé de 5,37 % à un seuil dépassant les 7 % du PIB. Une dérive de cette ampleur fragiliserait la crédibilité financière du pays auprès de ses partenaires techniques et financiers ainsi que sur les marchés internationaux.
Pour éviter un choc budgétaire en fin d’exercice, l’économiste recommande une réaction rapide du ministère des Finances. Il préconise l’élaboration d’une loi de finances rectificative dès le deuxième trimestre 2026, fondée sur une hypothèse de croissance médiane de 3,5 %. L’objectif serait d’ajuster à temps les dépenses et les prévisions de recettes afin de prévenir une éventuelle crise de trésorerie et de préserver la stabilité macroéconomique du pays.
Le Premier Ministre du Sénégal a consacré une partie importante de sa communication au développement stratégique de la filière Peaux et Cuirs, la qualifiant de secteur à fort effet d’entraînement pour l’économie nationale et d’un levier majeur de l’Agenda national de Transformation. Dans le cadre du Plan spécial d’Investissement et de Financement (2026-2028), le gouvernement entend utiliser cette filière pour renforcer la souveraineté nationale, densifier le tissu industriel et améliorer les conditions de vie des populations. Selon le Premier Ministre, ce choix stratégique vise à mieux articuler les politiques sectorielles, l’aménagement du territoire et la stratégie industrielle du pays.
Le Sénégal dispose d’un potentiel significatif en matière de production de peaux, issu de l’élevage bovin, ovin et caprin. Cependant, plus de 70 % des peaux sont exportées brutes, générant une perte de valeur ajoutée importante. Le taux de transformation locale des cuirs et peaux reste inférieur à 5 %, malgré le savoir-faire artisanal existant. Le Premier Ministre a insisté sur la nécessité de développer la transformation industrielle afin de valoriser cette matière première et de réduire le circuit parallèle informel d’exportation.
Le développement de cette filière pourrait constituer un moteur majeur pour l’économie sénégalaise, en créant des industries à forte valeur ajoutée dans la maroquinerie, l’habillage intérieur automobile et le mobilier. À l’horizon 2034, la filière pourrait générer plus de 130 000 emplois formels et un chiffre d’affaires estimé à 1 549 milliards de FCFA. Elle représente également une opportunité d’inclusion économique, notamment pour les jeunes et les femmes, tout en renforçant la formalisation des acteurs et en améliorant durablement les revenus dans les territoires. Les Pôles-Territoires Centre et Ouest sont appelés à devenir le cœur industriel du cuir sénégalais, avec un accent sur la structuration de la filière, la modernisation de la production et la montée en gamme industrielle.
À plus long terme, le Premier Ministre a présenté la vision d’un écosystème territorial intégré à l’horizon 2050, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur : de la production modernisée et du conditionnement à la transformation industrielle en produits finis, en passant par les services d’appui et la commercialisation locale et internationale. L’objectif est de créer une véritable zone industrielle et artisanale centrée sur les cuirs, peaux et phanères, incluant le développement de l’industrie du tannage.
Pour atteindre ces ambitions, il a demandé aux ministres des Finances et du Budget, de l’Industrie et du Commerce, de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire, ainsi qu’aux ministres des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du Territoire, de prendre toutes les mesures nécessaires pour concevoir et mettre en œuvre un projet intégrateur de développement artisanal et industriel, en s’appuyant notamment sur les Zones économiques spéciales à implanter dans les Pôles-Territoires concernés.
Au-delà de la filière Peaux et Cuirs, le Premier Ministre a abordé la nouvelle Politique agricole, dont la finalisation est prévue pour mai 2026. Il a rappelé les orientations clés concernant le financement, les subventions, le foncier, la production, l’industrie, les infrastructures et les partenariats.
Il a également évoqué la question de la surpopulation carcérale, demandant au Ministre de la Justice de fournir un rapport détaillé sur le sujet, afin de mieux cerner les mesures nécessaires pour remédier à cette situation.
Enfin, le Premier Ministre a fait le point sur sa participation à la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine, qui s’est tenue à Addis-Abeba les 14 et 15 février 2026, et a informé le Conseil qu’il se rendra le 24 février à l’Assemblée nationale, avec l’ensemble du Gouvernement, pour la session trimestrielle de questions d’actualité.
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présenté au Conseil des ministres, le 17 février 2026, une communication détaillée portant sur plusieurs axes stratégiques, allant du soutien aux communautés religieuses à la consolidation de l’action territoriale de l’État, en passant par le développement de la jeunesse et le renforcement du rôle des femmes dans l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.
À l’occasion du début du mois béni de Ramadan et du Carême, le Chef de l’État a adressé ses vœux à la Oumah islamique et à la communauté chrétienne, tout en priant pour la paix, la prospérité et la solidarité nationale. Il a également salué le dialogue interreligieux au Sénégal et rappelé au Gouvernement l’importance de renforcer les ressources consacrées au culte, par l’intermédiaire notamment de la Délégation générale aux Affaires religieuses (DEGAR), afin d’accompagner les communautés dans cette période de ferveur spirituelle.
Sur le plan de la gouvernance territoriale, le Président a informé avoir tenu un séminaire le 12 février 2026 avec les gouverneurs de région, en présence du Premier ministre et de plusieurs membres du Gouvernement. Il a félicité le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et les gouverneurs pour la qualité de leur travail sur le terrain, soulignant l’importance de la subsidiarité et de la gouvernance de proximité. Le Chef de l’État a demandé au Gouvernement de prendre en compte les priorités régionales soumises par chaque gouverneur et d’arrimer ces actions à l’Agenda national de Transformation. Il a insisté sur la modernisation de l’État territorial à travers une nouvelle doctrine de déconcentration et la mise en œuvre d’un Plan de Modernisation de l’Administration territoriale, incluant la construction de bâtiments et d’édifices publics pour renforcer la proximité et l’efficacité des services de l’État.
L’amélioration des infrastructures de base et des services publics a été mise en avant, avec des priorités incluant le foncier et le développement urbain, l’accès à l’eau potable et la gouvernance hydraulique rurale, l’électrification et le désenclavement, la sécurisation des zones frontalières, ainsi que le développement de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et la gestion forestière. Le Président a demandé la tenue régulière de conférences régionales d’évaluation et de réunions interministérielles semestrielles pour suivre l’action de l’État dans les régions.
En matière de jeunesse, le Président a rappelé le rôle central des jeunes dans la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050, à l’occasion de la célébration de la fête nationale du 4 avril. Il a demandé au Gouvernement de renforcer les actions en faveur de la jeunesse, d’améliorer leur environnement économique et social, de finaliser la nouvelle Politique nationale de la jeunesse, de mettre en place le Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal avant la fin du premier semestre 2026 et de préparer la Semaine nationale de la Jeunesse.
Concernant les femmes, le Président a appelé à consolider leur rôle dans l’Agenda national de Transformation, à travers la finalisation du projet de loi sur l’autonomisation économique, la mise en œuvre d’une nouvelle Stratégie nationale pour l’Équité et l’Égalité de Genre et la réforme de l’Observatoire national de la Parité. Il a également demandé de renforcer les dispositifs de coopération, de formation, d’encadrement et de financement des femmes via les ministères concernés.
Enfin, le Président de la République a informé le Conseil qu’il a présidé, le 17 février 2026, à Diamniadio, la cérémonie de pose de la première pierre de la Maison des Avocats, marquant ainsi le lancement d’une infrastructure majeure au service de la justice et des professions juridiques au Sénégal.
La tension monte autour de la gouvernance du médicament au Sénégal. Après avoir multiplié les alertes dans le dossier Softcare, relatif à l’utilisation présumée de matières premières périmées dans la fabrication de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) revient à la charge. Dans un communiqué publié ce mercredi 18 février, le syndicat dénonce ce qu’il qualifie de « violation de la procédure de la tenue de la Commission nationale du médicament (CNM) » par l’Autorité de régulation pharmaceutique (ARP), à l’occasion de la session tenue les 16 et 17 février à Dakar.
Selon le SAMES, la première session 2026 de la CNM se serait déroulée sans la réunion préalable du Comité technique d’experts. Or, rappellent les syndicalistes, l’évaluation scientifique des dossiers de demande d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) constitue une étape obligatoire avant toute délibération ou décision de la Commission nationale du médicament. Cette phase d’expertise est censée garantir la conformité des produits pharmaceutiques aux normes de qualité, de sécurité et d’efficacité en vigueur.
Pour le syndicat, l’absence de cette étape technique remet en cause la régularité du processus décisionnel et expose le système de régulation à des risques majeurs. Le SAMES estime qu’il s’agit d’une entorse aux dispositions communautaires et nationales encadrant l’octroi des AMM, et considère que toute dérogation aux procédures établies fragilise la crédibilité du dispositif de contrôle pharmaceutique.
Dans son communiqué, l’organisation exige que toute décision relative à l’octroi d’une Autorisation de Mise sur le Marché s’inscrive dans le strict respect des procédures réglementaires. Elle insiste sur la nécessité de préserver la sécurité sanitaire et de maintenir la confiance des professionnels de santé ainsi que des citoyens. Pour le SAMES, la protection de la santé publique doit demeurer une priorité absolue, fondée sur la transparence, la rigueur scientifique et la conformité aux textes en vigueur.
Cette nouvelle dénonciation intervient dans un climat déjà tendu entre le syndicat et l’Autorité de régulation pharmaceutique. Le SAMES a récemment évoqué des pratiques qu’il qualifie de favoritisme, de corruption et de népotisme au sein de l’ARP, des accusations qui ont renforcé la crispation autour du fonctionnement de l’instance chargée de la régulation du secteur pharmaceutique.
Au-delà de la polémique institutionnelle, l’enjeu demeure celui de la fiabilité du système d’homologation des produits de santé au Sénégal. Dans un contexte où les questions de qualité des médicaments et de dispositifs médicaux sont particulièrement sensibles, toute remise en cause des procédures réglementaires suscite de vives inquiétudes au sein du corps médical et de l’opinion publique.
L’affaire liée aux affrontements du 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) prend une tournure judiciaire lourde pour les représentants du Collectif des Amicales des étudiants. Placés sous contrôle judiciaire ce mercredi, les principaux responsables étudiants font face à une série d’infractions qualifiées de graves par le parquet.
Selon leur avocat, Me Aboubacry Barro, les poursuites engagées contre ses clients couvrent plusieurs chefs d’accusation. Il s’agit notamment de participation à une manifestation non déclarée, d’actions diverses assimilées à des troubles à l’ordre public, de dégradation de biens publics et de manœuvres susceptibles de compromettre la sécurité publique. À cela s’ajoutent des accusations particulièrement sensibles telles que la réception de fonds en vue de compromettre la sécurité publique, la violence à agent dans l’exercice de ses fonctions, ainsi que la détention illégale d’armes et de munitions.
Ces qualifications pénales exposent les mis en cause à des risques judiciaires importants si elles venaient à être confirmées à l’issue de l’instruction. Me Barro a précisé que, dans son réquisitoire, le Procureur de la République avait requis le placement sous mandat de dépôt des étudiants concernés, ce qui aurait conduit à leur incarcération en attendant le jugement.
Toutefois, le juge d’instruction a finalement décidé d’opter pour un placement sous contrôle judiciaire, une mesure moins contraignante que la détention préventive. Les étudiants restent donc en liberté, mais soumis à des obligations strictes. Ils devront notamment se présenter à la fin de chaque mois devant le Doyen des juges d’instruction pour émarger, en attendant l’évolution de la procédure.
L’avocat de la défense a salué cette décision, estimant qu’elle traduit « un sens élevé de la politique pénale et une intelligence conciliante ». Pour lui, le choix du contrôle judiciaire permet de préserver la liberté des étudiants tout en garantissant leur disponibilité pour les besoins de l’enquête.
Les étudiants concernés sont Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, Bathie Fall, président de la commission sociale de l’Amicale de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), Wally Faye, président de l’Amicale de la FSJP, ainsi que deux autres étudiants interpellés dans le cadre de la même affaire.
Cette procédure judiciaire s’inscrit dans un contexte de forte tension au sein de l’enseignement supérieur sénégalais, marqué par des revendications sociales et académiques persistantes. L’évolution du dossier sera suivie de près par la communauté universitaire, alors que la question de la gestion des mouvements estudiantins et du maintien de l’ordre sur les campus continue de susciter un vif débat.
La tension monte au campus social de Kaffrine, rattaché à l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN). Ce mercredi, les étudiants ont tenu une conférence de presse pour alerter l’opinion publique sur la dégradation continue de leurs conditions d’études et pour affirmer leur solidarité avec le mouvement national qui secoue l’enseignement supérieur sénégalais.
Au nom de ses camarades, Zacharia Bakary, secrétaire général de l’amicale de l’UFR Sciences sociales et environnementales, a dressé un constat préoccupant. Selon lui, l’absence d’infrastructures universitaires propres contraint les étudiants à suivre leurs cours dans des abris provisoires installés au sein du Centre régional de formation du personnel éducatif. Un espace initialement destiné aux élèves-maîtres et aujourd’hui partagé, dans des conditions jugées inadaptées à un enseignement supérieur digne de ce nom.
Cette cohabitation forcée, combinée au manque de salles de cours, de bibliothèques fonctionnelles et d’espaces administratifs, freinerait considérablement l’épanouissement académique des étudiants et poserait la question même de l’identité universitaire à Kaffrine. Pour les responsables des amicales, il est urgent que des infrastructures permanentes soient érigées afin de garantir un environnement d’apprentissage stable et conforme aux standards universitaires.
Au-delà de la question des infrastructures, les étudiants dénoncent un encadrement pédagogique insuffisant, marqué par un déficit d’enseignants et des difficultés d’organisation académique. À cela s’ajoutent, selon eux, des retards récurrents dans le paiement des bourses, qui plongent de nombreux étudiants dans une précarité sociale préoccupante. Les lourdeurs administratives sont également pointées du doigt, accusées de ralentir les démarches académiques et de compliquer inutilement leur parcours universitaire.
Dans ce contexte déjà tendu, les étudiants de Kaffrine ont également exigé la libération de leurs camarades actuellement en détention dans le cadre des mouvements universitaires récents. Ils estiment que cette mesure constitue une condition essentielle pour restaurer un climat d’apaisement et favoriser la reprise sereine des activités académiques.
La conférence de presse a également été marquée par un hommage appuyé à Abdoulaye Ba, étudiant décédé le 9 janvier dernier lors d’affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop. Pour les étudiants de Kaffrine, ce drame symbolise la profondeur de la crise que traverse l’enseignement supérieur sénégalais. Ils appellent ainsi les autorités à apporter une réponse structurelle et durable aux revendications étudiantes, notamment sur la réforme des bourses, la réouverture des restaurants universitaires et l’amélioration globale des conditions d’études.
Les trois représentants du Collectif des Amicales des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), interpellés à la suite des affrontements du 9 février 2026 entre forces de l’ordre et étudiants, ont été remis en liberté. Ils demeurent toutefois placés sous contrôle judiciaire. L’annonce a été faite par leur avocat, Me Aboubacry Barro, lors d’une intervention sur les ondes de Sud FM.
Les étudiants concernés sont Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, Bathie Fall, président de la commission sociale de l’Amicale de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), ainsi que Wally Faye, président de l’Amicale de la FSJP. Leur interpellation faisait suite aux violences survenues sur le campus social et pédagogique, dans un contexte de tensions persistantes entre étudiants et autorités universitaires.
Selon Me Barro, la procédure a également concerné deux autres étudiants, qui se sont ajoutés aux trois responsables d’amicales. Tous ont finalement bénéficié d’une remise en liberté. Toutefois, cette libération s’accompagne de mesures restrictives. Les étudiants sont placés sous contrôle judiciaire et devront se présenter à la fin de chaque mois devant le Doyen des juges d’instruction pour émarger, conformément aux obligations fixées par l’autorité judiciaire.
Cette décision judiciaire intervient dans un climat universitaire encore marqué par les tensions. Les affrontements du 9 février avaient ravivé le débat sur les conditions d’études, les retards académiques et la gestion des revendications sociales sur le campus. La libération des représentants des amicales pourrait contribuer à apaiser la situation, même si la procédure judiciaire suit son cours.
Du côté des étudiants, la mesure est perçue comme un soulagement partiel, dans l’attente d’un dénouement définitif du dossier. Pour leurs conseils, le respect strict des obligations liées au contrôle judiciaire sera déterminant pour la suite de la procédure. L’évolution de cette affaire reste donc suivie de près, tant par la communauté universitaire que par l’opinion publique.
Le commerce extérieur sénégalais a clôturé l’année 2025 sur une note particulièrement remarquable. D’après le Bulletin mensuel des statistiques du commerce extérieur publié le 18 février 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations du mois de décembre ont atteint 825,3 milliards de FCFA, contre 323,6 milliards en novembre, soit une progression impressionnante de 155,0 % en l’espace d’un mois.
Cette performance exceptionnelle confirme la montée en puissance du Sénégal sur les marchés internationaux, notamment dans les secteurs extractif et énergétique, qui constituent désormais des piliers structurants de la balance commerciale nationale. En glissement annuel, la hausse est tout aussi significative, les exportations de décembre 2025 affichant une progression de plus de 100 % par rapport à décembre 2024.
L’or non monétaire s’impose comme le principal moteur de cette dynamique. Avec des ventes évaluées à 206,8 milliards de FCFA en décembre, ce produit a largement doublé ses performances par rapport au mois précédent. Cette envolée traduit la forte demande internationale pour le métal précieux, mais également le rôle stratégique croissant du secteur minier dans l’économie sénégalaise.
Le secteur des hydrocarbures confirme également son rôle central dans cette croissance. Les exportations d’huiles brutes de pétrole se sont élevées à 106,3 milliards de FCFA, tandis que celles des produits pétroliers raffinés ont atteint 90,4 milliards de FCFA. Ces chiffres illustrent l’impact direct de la nouvelle configuration énergétique du pays, marquée par l’entrée en production et la valorisation accrue des ressources nationales. La transformation du Sénégal en exportateur d’hydrocarbures commence ainsi à produire des effets tangibles sur les comptes extérieurs.
Malgré cette dynamique globale très favorable, certains segments ont connu des performances plus modestes. Les expéditions de phosphates ont enregistré une chute de moitié en un mois, tandis que les produits de la mer, notamment les mollusques et crustacés, ont affiché un léger recul. Ces baisses sectorielles n’ont toutefois pas suffi à inverser la tendance générale, largement portée par les produits miniers et énergétiques.
Au-delà de la performance mensuelle, le bilan annuel consolidé confirme la solidité de cette trajectoire ascendante. À la fin du mois de décembre 2025, le cumul des exportations sénégalaises s’établit à 5 935,2 milliards de FCFA, contre 3 909,1 milliards en 2024, soit une augmentation globale de 51,8 % sur un an. Cette progression marque un tournant stratégique pour l’économie nationale et témoigne d’une insertion de plus en plus affirmée du Sénégal dans les échanges mondiaux.
Le commerce extérieur sénégalais a connu un net ralentissement en fin d’année 2025. Selon les données publiées dans le Bulletin mensuel des statistiques du commerce extérieur de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les importations du mois de décembre 2025 se sont établies à 544,8 milliards de FCFA, contre 713,3 milliards enregistrés en novembre, soit une baisse significative de 23,6 % en l’espace d’un mois.
La contraction apparaît encore plus marquée en glissement annuel. Comparées à décembre 2024, les importations affichent un recul de 24,6 %, traduisant un ajustement notable des échanges commerciaux du pays à la clôture de l’exercice. Cette évolution met en lumière une dynamique contrastée, entre ralentissement conjoncturel et maintien d’une certaine stabilité sur l’ensemble de l’année.
Dans le détail, cette baisse mensuelle s’explique principalement par l’effondrement des acquisitions de matériels de transport. Celles-ci sont passées d’environ 196 milliards de FCFA en novembre à seulement 7,3 milliards en décembre, représentant l’essentiel de la diminution globale. Une telle chute suggère un effet ponctuel lié à d’importantes commandes enregistrées le mois précédent, ou à un report d’achats structurants.
D’autres segments ont également contribué à la baisse, notamment les produits pharmaceutiques ainsi que le sucre, dont les importations ont connu un repli sensible au cours du mois de décembre. Ces variations traduisent des ajustements sectoriels qui peuvent être liés aux niveaux de stocks, aux politiques d’approvisionnement ou à des fluctuations des prix internationaux.
Toutefois, certains postes ont évolué à contre-courant et ont permis d’amortir la chute globale. La facture énergétique est demeurée élevée, avec une hausse des importations de produits pétroliers raffinés. Celles-ci ont atteint 105,5 milliards de FCFA en décembre, contre 77 milliards en novembre, confirmant la dépendance persistante du pays aux approvisionnements énergétiques extérieurs.
Dans le même temps, les importations de métaux communs ont enregistré une forte progression, triplant quasiment pour s’établir à 45 milliards de FCFA. Cette augmentation peut être interprétée comme le reflet d’une activité soutenue dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics ou de l’industrie, malgré le ralentissement observé sur d’autres segments.
Malgré cette baisse marquée en décembre, le bilan annuel demeure relativement stable. Le cumul des importations sur l’ensemble de l’année 2025 s’élève à 7 279,1 milliards de FCFA, contre 7 161,4 milliards en 2024, soit une progression modérée de 1,6 %. Cette légère hausse annuelle témoigne d’une certaine résilience de la demande intérieure et d’un maintien du niveau global des échanges, en dépit des fluctuations observées en fin d’année.
Ces chiffres illustrent ainsi un commerce extérieur en phase d’ajustement conjoncturel, mais dont les fondamentaux restent relativement solides à l’échelle annuelle. Les prochains mois permettront de déterminer si la baisse enregistrée en décembre constitue un simple phénomène ponctuel ou le début d’une tendance plus durable dans la dynamique des importations sénégalaises.
La Confédération des Syndicats Autonomes du Sénégal (CSA) a publié, ce 17 février 2026, une déclaration au ton ferme dans laquelle elle exprime sa « vive inquiétude » face à ce qu’elle considère comme des dérives susceptibles de fragiliser la stabilité sociale et la cohésion nationale. Dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans le monde du travail et au sein des universités, la centrale syndicale interpelle directement les autorités étatiques et appelle à un sursaut en faveur des libertés et de la justice sociale.
Au cœur de son communiqué, la CSA condamne ce qu’elle qualifie de vague de licenciements reposant sur des considérations politiques. Selon l’organisation, ces décisions contreviendraient aux dispositions du Code du travail ainsi qu’aux principes fondamentaux de liberté d’opinion et de sécurité juridique. La confédération estime que ces pratiques portent atteinte au Pacte de stabilité sociale et risquent d’installer un climat de méfiance durable entre les travailleurs, les employeurs et l’État. Elle exige, en conséquence, la révision immédiate des décisions contestées, la réintégration des travailleurs concernés dans leurs droits et l’ouverture d’un audit indépendant afin d’identifier les responsabilités et d’établir la transparence.
La déclaration de la CSA aborde également la situation préoccupante à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, suite au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Présentant ses condoléances à la communauté universitaire, la centrale syndicale estime que ce drame met en lumière une crise structurelle profonde, caractérisée par des retards dans le paiement des bourses, la précarité croissante des étudiants et le déficit d’infrastructures adaptées. Pour la CSA, une approche exclusivement sécuritaire des tensions estudiantines ne saurait constituer une réponse durable. Elle plaide pour l’ouverture d’une enquête transparente sur les circonstances du drame, ainsi qu’un audit public du système de gestion des bourses et l’élaboration d’un plan d’urgence visant à améliorer les conditions de vie sur les campus.
Au-delà des frontières nationales, la confédération s’est également prononcée sur la situation des Sénégalais emprisonnés au Maroc. Elle invite l’État à activer sans délai les mécanismes diplomatiques appropriés afin de garantir le respect des droits fondamentaux de ces compatriotes à l’étranger, soulignant l’importance de la protection consulaire et du suivi judiciaire.
Sur le plan sanitaire et sociétal, la CSA s’est alarmée des récentes révélations concernant des cas de transmission volontaire du VIH. Elle appelle à un renforcement des campagnes de sensibilisation et de dépistage, ainsi qu’à une protection accrue de la jeunesse face aux dérives liées à la recherche du gain facile. Pour le syndicat, la prévention passe par l’éducation, la promotion des valeurs de mérite et un accompagnement social adapté aux réalités contemporaines.
En conclusion, le Secrétariat Exécutif Permanent de la CSA rappelle que la paix sociale repose avant tout sur la justice, l’équité et la qualité du dialogue entre les partenaires sociaux. Tout en réaffirmant sa solidarité avec les travailleurs en lutte, la confédération invite le Gouvernement à mettre en œuvre les engagements contenus dans le Pacte de stabilité sociale à travers les organes déjà installés. Elle assure enfin qu’elle restera mobilisée et vigilante pour la défense de l’intérêt national et la protection des droits des travailleurs.
Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté de nouvelles précisions sur la procédure engagée à la suite des violences survenues le 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Lors d’une déclaration publique, le chef du parquet a confirmé que les étudiants interpellés lors des manifestations seront présentés, dès ce mercredi, à un magistrat instructeur.
Revenant sur les événements, le Procureur a indiqué que plusieurs personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans les troubles enregistrés sur le campus universitaire. Selon lui, certains étudiants sont soupçonnés d’avoir joué un rôle actif dans la conception et l’organisation des actions violentes. « Certains d’entre eux, pour avoir conceptualisé, planifié, organisé, saccagé et fait saccager à tout va, ont été arrêtés, gardés à vue, conduits au parquet de Dakar et seront certainement confiés à un juge d’instruction qui se chargera d’approfondir les investigations », a déclaré Ibrahima Ndoye.
Le magistrat a insisté sur le respect des procédures judiciaires en vigueur. Il a précisé que les personnes interpellées ont d’abord été placées en garde à vue avant d’être déférées au parquet. La prochaine étape consistera en leur présentation devant un juge d’instruction, conformément aux mécanismes légaux de saisine. « Dès demain, ils seront présentés à ce magistrat instructeur suivant les mécanismes classiques et procéduraux de saisine », a-t-il ajouté.
L’ouverture d’une information judiciaire marque ainsi une nouvelle phase dans le traitement de ce dossier sensible. Le juge d’instruction, une fois saisi, aura pour mission d’examiner les charges, d’entendre les mis en cause et d’ordonner, le cas échéant, des actes d’enquête complémentaires afin d’établir les responsabilités individuelles. Cette procédure pourrait déboucher sur des mises en examen si les éléments réunis sont jugés suffisants.
Ces développements interviennent dans un contexte de tension persistante au sein de l’UCAD, où les événements du 9 février ont suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Les autorités judiciaires, de leur côté, affirment vouloir conduire la procédure avec rigueur et impartialité, dans le respect des droits de la défense et des principes de l’État de droit.
Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté ce mardi 17 février 2026 des précisions majeures sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Lors d’un point de presse tenu au Palais de justice de Dakar, le magistrat a affirmé que les éléments de l’enquête confirment que le jeune homme est « bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4e étage du pavillon F », mettant ainsi fin, selon lui, aux spéculations entourant les causes du drame.
Face aux journalistes, le Procureur a détaillé la chronologie des faits telle qu’elle ressort des investigations. Selon ses explications, Abdoulaye Bâ se serait retrouvé dans une situation de panique liée à un contexte de tension marqué par de la fumée et des flammes. « Derrière un écran de feu et un miroir de fumée, ne parvenant pas à sortir de cette menace réelle à laquelle il était exposé avec ses camarades de chambre, il a cherché son salut en passant par la fenêtre », a déclaré Ibrahima Ndoye.
Le magistrat a insisté sur le fait que la chute depuis le quatrième étage du pavillon F serait la cause directe du décès. « Abdoulaye Bâ est bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4e étage du pavillon F et qui, malheureusement, a atterri sur l’asphalte. Ce qui explique les dommages et autres dégâts constatés par le médecin légiste », a-t-il précisé. Les conclusions médico-légales, selon le parquet, corroboreraient cette version des faits, les blessures observées étant compatibles avec un impact violent consécutif à une chute de grande hauteur.
Le Procureur de la République a également tenu à répondre aux rumeurs faisant état d’éventuelles violences ou de torture. Il a affirmé qu’aucun élément du dossier, y compris les expertises médicales, ne permet d’établir que l’étudiant aurait été battu. « Abdoulaye Bâ n’a pas été torturé, il n’a pas été battu parce qu’il n’a jamais eu de contact entre lui et les forces de l’ordre. Sa mort résulte d’une chute du 4e étage et il a atterri sur l’asphalte », a-t-il soutenu avec fermeté.
Ces déclarations interviennent dans un climat particulièrement tendu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où la communauté estudiantine réclame depuis plusieurs jours toute la lumière sur ce décès. Les autorités judiciaires assurent que l’enquête se poursuit afin de clarifier l’ensemble des circonstances ayant conduit à ce drame.
Alors que les réactions restent vives sur le campus et dans l’opinion publique, la sortie du Procureur vise à apporter des éléments factuels et à apaiser les tensions. Reste à savoir si ces explications suffiront à calmer les inquiétudes et les revendications d’une partie des étudiants qui demandent davantage de transparence et de garanties sur les conditions ayant conduit à la mort d’Abdoulaye Bâ.
L’émotion et la gravité étaient palpables à l’Assemblée nationale du Sénégal ce lundi 16 février 2026, lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et organisation de l’Observatoire National des Lieux de Privation de Liberté. En marge des débats, la ministre de la Justice, Yassine Fall, est revenue sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, un drame survenu sous son magistère et qui suscite une vive indignation dans l’opinion publique.
Face aux députés, la Garde des Sceaux a exprimé son regret et sa compassion, affirmant qu’aucune autorité ne peut se réjouir d’« une mort d’homme » dans un contexte relevant de la responsabilité de l’État. Elle a reconnu la gravité de la situation, tout en prenant un engagement solennel : faire toute la lumière sur les circonstances du décès et situer clairement les responsabilités.
Dans une déclaration ferme, Yassine Fall a assuré qu’elle n’accorderait aucune protection à quiconque aurait enfreint la loi. « En tant que ministre de la Justice, je n’accorderai aucune protection à ceux qui ne se conforment pas à la loi, qu’ils soient membres du gouvernement ou du ministère de la Justice », a-t-elle martelé devant la représentation nationale. Rappelant les positions qu’elle défendait lorsqu’elle siégeait dans l’opposition, elle a insisté sur la nécessité de rompre avec toute forme d’impunité. Selon elle, la crédibilité des institutions repose sur l’égalité de tous devant la loi.
Concernant l’enquête en cours, la ministre a promis transparence et rigueur. Elle a affirmé que toutes les personnes impliquées dans cette affaire devront répondre de leurs actes devant la justice, sans distinction de statut ni de fonction. « Personne au Sénégal ne sera au-dessus de la loi, et la loi sera appliquée dans toute sa rigueur », a-t-elle déclaré, réitérant son attachement au principe d’État de droit.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des conditions de détention et du respect des droits humains. L’examen du projet de loi créant l’ONLPL, organe chargé de veiller au respect des droits fondamentaux dans les lieux de privation de liberté, donne une résonance particulière à cette affaire. Pour de nombreux observateurs, les engagements pris par la ministre seront scrutés de près, tant par la représentation nationale que par l’opinion publique, dans l’attente des conclusions de l’enquête sur la mort d’Abdoulaye Ba.
La question de la prise en charge des détenus vivant avec le VIH dans les établissements pénitentiaires sénégalais s’est invitée au cœur des débats à l’Assemblée nationale du Sénégal, ce lundi 16 février 2026. Interpellée sur les conditions sanitaires en milieu carcéral, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a tenu à rassurer les députés et l’opinion publique. « Toutes les dispositions sont prises pour protéger les autres prisonniers », a-t-elle déclaré, affirmant que l’administration pénitentiaire agit avec vigilance et responsabilité.
Selon les explications fournies par la Garde des Sceaux, les personnes arrêtées dans le cadre de l’affaire impliquant Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et leurs co-inculpés sont au nombre de 26. Parmi elles, 19 sont incarcérées à la Prison de Rebeuss, tandis que les sept autres sont détenues à la Prison du Cap Manuel.
La ministre a précisé que les détenus séropositifs ont été identifiés conformément aux protocoles médicaux en vigueur. Elle a assuré que toutes les mesures nécessaires ont été mises en place afin d’éviter tout risque pour la santé des autres pensionnaires, sans toutefois entrer dans les détails des dispositifs spécifiques adoptés, invoquant la sensibilité des données médicales et le respect du secret professionnel.
La question des conditions matérielles de détention a également été soulevée, notamment celle de la climatisation des cellules dans certains pavillons spéciaux. Yassine Fall a indiqué que des climatiseurs mobiles ont été installés pour des raisons sanitaires, précisant que ces équipements ont été acquis aux frais des pensionnaires concernés. Elle a ajouté avoir été informée de cette mesure le jour même de son intervention, soit le 16 février 2026.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les conditions de détention et la gestion sanitaire en milieu carcéral font régulièrement l’objet de débats. En réponse aux inquiétudes exprimées, la ministre de la Justice a réaffirmé l’engagement de l’État à garantir la sécurité, la santé et la dignité de tous les détenus, dans le respect des normes nationales et internationales.
L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté la levée de l’immunité parlementaire du député Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, à l’issue d’un vote intervenu en séance plénière. Sur 165 députés inscrits, 129 ont pris part au scrutin. Parmi eux, 108 ont voté pour la levée de l’immunité, 21 se sont prononcés contre et aucune abstention n’a été enregistrée.
Cette décision fait suite à une demande officielle introduite par la ministre de la Justice, Yassine Fall, dans le cadre de l’affaire relative à l’introduction présumée de deux téléphones portables dans la cellule du député, actuellement en détention. Selon les éléments présentés devant les parlementaires, ces faits pourraient constituer des infractions pénales, notamment en matière d’introduction d’objets prohibés en milieu carcéral et de complicité éventuelle.
Avec plus de 83 % des suffrages exprimés en faveur de la mesure, la représentation nationale a ainsi donné son aval aux autorités judiciaires pour poursuivre leurs investigations sans obstacle procédural lié au statut parlementaire du mis en cause. La levée de l’immunité permet désormais au procureur de la République et aux juridictions compétentes d’engager ou de poursuivre toute action judiciaire jugée nécessaire dans ce dossier.
Le vote marque une étape importante dans une affaire qui suscite de vifs débats sur les conditions de détention, les privilèges attachés au mandat parlementaire et le principe d’égalité de tous devant la loi. En clôturant la séance après l’adoption de la résolution, le président de séance a acté un tournant judiciaire majeur, ouvrant la voie à une nouvelle phase d’instruction dont les développements seront suivis de près par l’opinion publique et la classe politique.
La séance plénière de l’Assemblée nationale du Sénégal, consacrée à l’examen de la levée de l’immunité parlementaire du député Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, a été marquée par de lourdes révélations de la part de la ministre de la Justice. Face aux députés réunis à l’hémicycle, Yassine Fall a défendu la nécessité d’ouvrir la voie à des poursuites judiciaires, évoquant des faits qu’elle a qualifiés de graves et solidement étayés par l’enquête.
Dans son intervention, la Garde des Sceaux est revenue en détail sur les circonstances de la découverte d’objets prohibés au Pavillon spécial dans la nuit du 29 au 30 décembre 2025. Selon elle, le député aurait reconnu lors de son audition avoir introduit un téléphone portable en le dissimulant dans un pot de lait. Un second appareil aurait été fourni par un surveillant de prison, ce qui laisse présumer l’existence de complicités au sein de l’administration pénitentiaire. Ces déclarations, rapportées par la ministre, constituent un élément central du dossier soumis à la représentation nationale.
Mais l’affaire ne se limiterait pas à la simple introduction de téléphones en milieu carcéral. L’exploitation technique des deux appareils et des cinq clés USB saisis aurait mis au jour des données sensibles. La ministre a évoqué l’existence d’opérations financières et immobilières suspectes, ainsi que la présence de documents judiciaires protégés par le secret de l’instruction. Des contenus vidéos qualifiés d’impudiques auraient également été retrouvés, élargissant considérablement le champ des investigations.
Yassine Fall a insisté sur la multiplicité des infractions susceptibles d’être retenues. Les faits reprochés au parlementaire relèveraient notamment de l’introduction et de la complicité d’introduction d’objets prohibés, de la corruption, de la violation du secret de l’instruction et de la diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs. Elle a souligné que seule l’ouverture d’une information judiciaire permettra d’établir avec précision le niveau de responsabilité de chaque personne impliquée, qu’il s’agisse de civils ou d’agents de l’État.
Sur le plan juridique, la ministre a rappelé que, conformément à l’article 61 de la Constitution et aux dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, aucun député ne peut faire l’objet de poursuites sans la levée préalable de son immunité parlementaire, sauf en cas de flagrant délit. C’est dans ce cadre légal qu’elle a officiellement sollicité l’autorisation des députés afin de permettre au procureur de la République de Dakar d’engager les poursuites nécessaires.
En conclusion, la Garde des Sceaux a appelé les parlementaires à faire preuve de responsabilité institutionnelle. Elle a insisté sur l’importance de garantir l’égalité de tous devant la loi et de permettre à la justice de faire toute la lumière sur cette affaire, dont les ramifications pourraient dépasser le seul cas du député concerné.
Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) a réagi publiquement au décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de formation en chirurgie dentaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans un communiqué, le Collectif affirme suivre avec une « attention soutenue » l’évolution de ce dossier, qualifiant la disparition de leur collègue de drame survenu dans un contexte national déjà marqué par un « déficit criant de spécialistes de santé ».
Le COMES indique avoir pris connaissance du communiqué du Procureur de la République, selon lequel les éléments disponibles à ce stade de l’enquête ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Toutefois, le Collectif rappelle que les conclusions de l’autopsie ont permis d’écarter l’hypothèse d’une cause naturelle isolée et orientent vers l’existence d’un « mécanisme traumatique majeur ».
Pour les médecins en spécialisation, une question essentielle demeure sans réponse : quelle est l’origine de ce traumatisme ? Cette interrogation, posée publiquement, traduit leur volonté d’obtenir des explications précises et transparentes sur les circonstances exactes du décès. Le COMES rejette catégoriquement toute hypothèse laissant entendre que la victime aurait pu s’infliger elle-même un traumatisme physique mortel. Le Collectif estime qu’il est inconcevable qu’un jeune étudiant de 20 ans, engagé dans un parcours exigeant en chirurgie dentaire et porteur des espoirs de sa famille, ait volontairement causé sa propre mort.
Au-delà de l’émotion suscitée au sein de la communauté médicale, cette prise de position souligne l’ampleur de l’inquiétude dans le milieu universitaire. Le COMES appelle les autorités judiciaires à conduire la suite de l’enquête avec rigueur, justesse et impartialité, afin de faire toute la lumière sur les circonstances du décès et d’identifier, le cas échéant, les responsabilités.
À la suite des violents affrontements survenus le 9 février 2026 sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête exhaustive. Ces heurts, qui ont opposé des étudiants à des éléments de la Police nationale du Sénégal, ont occasionné d’importants dégâts matériels ainsi que de nombreux blessés, plongeant la communauté universitaire dans une vive émotion.
Dans un communiqué officiel, le Parquet indique avoir saisi la Sûreté urbaine afin de déterminer les responsabilités liées aux incidents. Parallèlement, la Division des investigations criminelles a été chargée d’établir les causes et les circonstances du décès de Monsieur Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine. Cette double saisine vise à faire toute la lumière, d’une part sur les violences enregistrées sur le campus, et d’autre part sur les conditions exactes ayant conduit au décès du jeune étudiant.
Le communiqué précise que plusieurs actes d’enquête ont déjà été accomplis. Des auditions ont été menées, un transport sur les lieux a été effectué et une autopsie a été pratiquée afin de déterminer les causes médicales du décès. Ces diligences s’inscrivent dans le cadre d’une procédure visant à établir les faits avec rigueur et impartialité, dans un contexte marqué par la circulation rapide de rumeurs sur les réseaux sociaux.
À ce stade des investigations, le Procureur indique que les éléments disponibles ne corroborent pas les allégations faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Cette précision intervient alors que des informations non vérifiées ont largement circulé, alimentant les tensions au sein de l’opinion publique et de la communauté estudiantine.
Le Procureur de la République appelle ainsi à la retenue et au respect du cours normal de la justice, soulignant que seules les conclusions définitives de l’enquête permettront d’établir avec certitude les responsabilités éventuelles. Dans l’attente des résultats complets des investigations, les autorités judiciaires insistent sur la nécessité d’éviter toute spéculation susceptible de troubler l’ordre public ou d’entraver la manifestation de la vérité.
L’inflation poursuit sa progression au Sénégal en cette fin d’année 2025. D’après le dernier rapport publié le 13 février 2026 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,5 % au quatrième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent. Cette évolution traduit une hausse quasi généralisée des prix dans la majorité des postes de dépenses des ménages, confirmant une pression persistante sur le coût de la vie.
La principale source de cette augmentation provient des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées, dont les prix ont progressé de 0,6 %. Cette catégorie, qui représente une part importante du budget des ménages sénégalais, exerce un impact direct sur le pouvoir d’achat, en particulier pour les foyers à revenus modestes. La hausse des prix alimentaires demeure un facteur sensible dans un contexte où les dépenses de consommation courante occupent une place prépondérante dans les charges familiales.
D’autres segments ont connu des variations plus marquées. Les boissons alcoolisées, les tabacs et les stupéfiants enregistrent une forte augmentation de 6,5 %, traduisant des ajustements significatifs sur ces produits spécifiques. Le secteur de l’enseignement affiche également une progression de 1,0 %, tandis que les services de restauration et d’hébergement augmentent de 0,9 %. Ces hausses reflètent une dynamique plus large touchant les services, souvent liée à l’augmentation des coûts d’exploitation et aux ajustements tarifaires.
Les dépenses liées aux besoins essentiels ne sont pas en reste. Les prix des soins personnels et des services de protection sociale, ceux de la santé, ainsi que ceux de l’ameublement et de l’équipement ménager ont également progressé. Les charges de logement, comprenant l’eau, l’électricité et le gaz, enregistrent une hausse de 0,5 %. À cela s’ajoute une légère augmentation dans le secteur des transports, ce qui contribue à alourdir les dépenses quotidiennes des ménages.
Toutefois, cette tendance inflationniste a été partiellement atténuée par la stabilité des prix de l’habillement et des chaussures. Le secteur de l’information et de la communication se distingue même par un recul de 0,2 %, offrant un léger répit dans un environnement globalement marqué par la hausse des prix. Cette baisse contribue modestement à amortir l’effet général de l’inflation sur les consommateurs.
Dans l’ensemble, cette progression trimestrielle de 0,5 % confirme une pression modérée mais continue sur les prix à la consommation. Si elle ne traduit pas une flambée brutale, elle souligne néanmoins la nécessité de suivre attentivement l’évolution des coûts des biens et services essentiels. Pour les ménages sénégalais, la gestion du budget demeure un exercice d’équilibre dans un contexte où la plupart des postes de dépenses enregistrent des ajustements à la hausse.
Le Sénégal confirme sa résilience économique après le choc provoqué par la pandémie de 2020. Selon les données publiées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, la croissance du produit intérieur brut (PIB), qui avait chuté à +1,3 % au plus fort de la crise sanitaire, a rebondi pour atteindre +4,3 % en 2023. Cette reprise est portée par la vitalité combinée des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, traduisant un redémarrage progressif de l’activité nationale. La hausse du PIB par habitant indique par ailleurs que la création de richesse progresse désormais à un rythme supérieur à celui de la croissance démographique.
Cependant, cette dynamique macroéconomique masque d’importantes disparités territoriales. Dakar concentre à elle seule 46,2 % du PIB national. En additionnant les performances de Thiès, Diourbel, Saint-Louis et Kaolack, cet ensemble régional génère plus de 70 % de la richesse du pays. Les neuf autres régions doivent ainsi se partager moins de 30 % de la production économique nationale. Cette concentration s’explique par la polarisation historique des services, des activités financières et industrielles autour de l’axe Dakar-Thiès, qui constitue le cœur économique du pays.
Le secteur primaire, davantage réparti sur le territoire, repose principalement sur les contributions de régions comme Thiès, Kolda et Kaffrine. Néanmoins, la valeur ajoutée générée par l’agriculture et l’élevage demeure inférieure à celle des activités tertiaires et industrielles concentrées dans la capitale et sa périphérie. Cette configuration renforce les déséquilibres territoriaux et limite les opportunités économiques dans les zones rurales.
Sur le marché de l’emploi, les indicateurs montrent des avancées notables mais encore fragiles. Le taux de chômage élargi est passé de 26,2 % au premier trimestre 2022 à 21,5 % à la même période en 2023. Cette baisse témoigne d’une amélioration progressive du climat économique et d’une reprise des activités productives. Toutefois, cette embellie ne bénéficie pas uniformément à l’ensemble de la population. Le chômage demeure plus élevé en milieu rural et touche particulièrement les femmes, révélant des inégalités persistantes dans l’accès aux opportunités professionnelles.
La situation des jeunes constitue le défi le plus préoccupant. Près de la moitié des 15-35 ans, soit 49,8 %, se trouvent dans la catégorie des NEET, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ce taux atteint 59,2 % en zone rurale, illustrant une marginalisation accrue des jeunes vivant hors des grands centres urbains. Cette vulnérabilité compromet non seulement l’insertion socio-économique d’une génération entière, mais aussi la capacité du pays à tirer pleinement parti de son dividende démographique.
Au regard de l’Objectif de développement durable 8, consacré au travail décent et à la croissance économique, la performance nationale s’établit à 49,2 % en 2023 par rapport aux cibles fixées pour 2030. Ce score traduit des progrès réels, mais souligne également l’ampleur des efforts nécessaires pour promouvoir une croissance inclusive et équitable.
La consolidation de la dynamique économique devra ainsi s’accompagner de politiques publiques ciblées en faveur des jeunes et des territoires les plus vulnérables. Le renforcement de la formation professionnelle, le soutien à l’entrepreneuriat rural, la diversification économique régionale et l’amélioration des infrastructures apparaissent comme des leviers essentiels pour réduire les fractures territoriales et sociales.
Le Sénégal a enregistré une baisse mesurée mais significative de la pauvreté au cours de la dernière décennie. Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, le taux de pauvreté est passé de 42,8 % en 2011 à 37,5 % en 2022. Cette évolution traduit une amélioration du niveau de vie pour une partie de la population et témoigne d’une certaine résilience face aux chocs successifs, notamment la pandémie de Covid-19 et les perturbations économiques mondiales. Toutefois, derrière cette progression se cachent des fragilités structurelles persistantes et de fortes disparités territoriales.
La réduction du taux de pauvreté s’explique en grande partie par la montée en puissance des programmes sociaux. Le Programme National de Bourse de Sécurité Familiale (PNBSF) a soutenu en 2023 plus de 355 000 ménages vulnérables, grâce à des transferts monétaires réguliers. Parallèlement, la Couverture Maladie Universelle (CMU) et la Carte d’Égalité des Chances, qui compte plus de 75 000 bénéficiaires, ont contribué à renforcer le filet de protection sociale. L’État consacre des ressources importantes à ces dispositifs, avec notamment 32,6 milliards de francs CFA mobilisés annuellement pour les bourses familiales.
Cependant, cette dynamique positive reste fragile. Entre 2019 et 2022, la pauvreté n’a reculé que de 0,3 point, signe d’un ralentissement dans la capacité des politiques publiques à produire un changement structurel durable. Les retards de paiement, les difficultés de ciblage des bénéficiaires et la couverture encore incomplète des programmes limitent l’efficacité de la Stratégie nationale de Protection Sociale. Pour accélérer la tendance, un renforcement budgétaire et une modernisation de la gestion des données sociales apparaissent indispensables, afin d’améliorer la transparence et l’efficacité des interventions.
L’analyse de l’Objectif de développement durable 1 met également en évidence une fracture territoriale marquée. Les pôles de Dakar et de Thiès se distinguent nettement, avec des taux d’atteinte respectifs de 68,9 % et 67,8 %. Ces régions bénéficient d’une forte concentration d’infrastructures, d’une meilleure intégration aux circuits économiques et d’un accès élargi aux services sociaux de base. Elles ont déjà parcouru les deux tiers du chemin vers les cibles fixées à l’horizon 2030.
À l’inverse, les pôles Sud-Est et Sud accusent un retard considérable, avec des scores respectifs de 27,8 % et 34,1 %. Ces territoires souffrent d’un enclavement structurel, d’un déficit d’infrastructures et d’une faible densité de services publics. Entre ces deux extrêmes, des zones comme Diourbel-Louga et le pôle Centre affichent des performances intermédiaires, où les filets sociaux atténuent la précarité sans parvenir à briser le cycle de pauvreté.
La lecture régionale confirme cette dichotomie. Dakar, Thiès et Diourbel forment un noyau relativement dynamique, tandis que Kédougou, Kolda et Sédhiou concentrent les urgences sociales, avec des écarts dépassant parfois 40 points par rapport aux régions leaders. Dans ces zones périphériques, l’isolement géographique et la faible diversification économique freinent les perspectives d’ascension sociale.
Au regard de ces constats, la réduction durable de la pauvreté au Sénégal nécessite une approche différenciée. Au-delà des transferts sociaux, il s’agit d’investir massivement dans les infrastructures, l’éducation, l’agriculture moderne et les activités génératrices de revenus, en ciblant prioritairement les territoires les plus en retard. La consolidation des acquis passe également par une meilleure coordination entre les politiques sociales et les stratégies de développement économique local.
Le Sénégal a donc franchi une étape importante dans la lutte contre la pauvreté, mais le chemin vers une transformation structurelle inclusive reste long. À l’approche de l’échéance 2030, l’enjeu majeur sera de transformer les progrès quantitatifs en changements durables et équitables, afin qu’aucune région ni aucun citoyen ne soit laissé en marge du développement.