Loi de Finances Rectificative 2025 : Cheikh Diba lève le voile sur une situation budgétaire alarmante

La Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, déposée tardivement à l’Assemblée nationale, intervient dans un contexte économique et budgétaire tendu. Face aux députés, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a livré un exposé sans détour sur l’état des finances publiques du Sénégal, marqué par un creusement du déficit budgétaire, une contraction du PIB et une révision à la baisse des recettes.

Selon Cheikh Diba, cette LFR est le fruit d’un « long processus de réajustement mené dans l’urgence » par les services techniques du ministère. La reprogrammation du cadre macroéconomique s’est imposée à cause de plusieurs facteurs défavorables : la conjoncture économique mondiale défavorable, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la politique commerciale des États-Unis, la volatilité du dollar, ainsi que la découverte de charges non anticipées liées à la dette publique.

Conséquence directe : une baisse significative du Produit intérieur brut (PIB), révisé à la baisse de 907 milliards de francs CFA. Par ailleurs, les 260 milliards de francs CFA de recettes supplémentaires attendues ne seront pas au rendez-vous.

Dans un discours volontariste, le ministre a tenu à rassurer quant à sa volonté de transparence : « Je ne serai pas un ministre des Finances qui maquille les chiffres », a-t-il martelé, rejetant toute manipulation comptable consistant à intégrer des recettes postérieures à l’année budgétaire concernée.

Cheikh Diba a indiqué que le déficit budgétaire, qui atteignait 11,6 % en 2024, sera ramené à 7,08 % en 2025, avec un objectif de 5 % à l’horizon 2027. Pour atteindre cette trajectoire, le gouvernement a revu ses priorités et engagé une démarche de rationalisation des dépenses dans tous les ministères. « Ce n’est pas de l’austérité. Il s’agit d’ingénierie budgétaire », a-t-il précisé pour justifier les coupes budgétaires opérées.

Un des points les plus sensibles évoqués par le ministre concerne la découverte de 125 milliards de FCFA de charges d’intérêts issues de dettes contractées hors du circuit budgétaire officiel. Pour éclaircir cette situation, le gouvernement a mandaté un audit confié au cabinet Mazars, permettant d’obtenir une cartographie complète de l’endettement public, y compris la dette bancaire locale, la dette extérieure et les passifs du secteur parapublic.

Cheikh Diba salue cette initiative comme un « acte de responsabilité » visant à asseoir une gestion financière plus rigoureuse.

La gestion active de la dette a permis de dégager 800 milliards de FCFA d’espace budgétaire pour 2025, mais les besoins globaux de financement dépassent les 5 000 milliards, dont plus de 4 000 milliards destinés au remboursement du principal de la dette. Le ministre n’a pas manqué de souligner le caractère hérité de cette charge : « Il faut payer », dit-il, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à honorer ses obligations.

Concernant le recours accru au Fonds monétaire international (FMI), Cheikh Diba a tenu à rassurer : « Le FMI ne nous apprend rien. Il veille simplement au respect des principes fondamentaux de gouvernance budgétaire. »

Cette LFR s’inscrit également dans une dynamique de réforme structurelle. Le ministre a annoncé une refonte de l’architecture budgétaire, avec une restructuration des programmes en lien direct avec l’agenda national de transformation. « Chaque ministère devra intégrer cet agenda dans ses priorités. C’est ainsi que les politiques publiques auront un impact réel », a-t-il expliqué.

Répondant aux interrogations et critiques des parlementaires, Cheikh Diba a affiché une volonté d’ouverture et de dialogue. « Nous acceptons toutes les critiques constructives. Mais évitons les généralisations approximatives. Nous avons une obligation de résultats, vis-à-vis de nos concitoyens, mais aussi des marchés et de nos partenaires », a-t-il conclu.

Thierno Bocoum tacle Ousmane Sonko : « Une dérive autoritaire inquiétante »

Le président du mouvement Agir, Thierno Bocoum, n’a pas mâché ses mots à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko, après la diffusion d’une vidéo dans laquelle ce dernier exprime son amertume de ne pas avoir été élu président de la République. « Dieu seul sait pourquoi je n’ai pas été élu président de la République. Nous vivons dans un pays où seuls ceux qui devraient se taire prennent la parole », a lancé Ousmane Sonko dans un ton qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.

Une sortie jugée « gravissime » par Thierno Bocoum, qui y voit une dérive autoritaire manifeste. Dans une note rendue publique ce lundi, l’ancien député a fustigé ce qu’il considère comme une attaque contre les principes démocratiques. « Ces propos traduisent une nette préférence pour la dictature au détriment de la démocratie. C’est d’autant plus inquiétant qu’ils émanent du chef du gouvernement », déplore-t-il.

Thierno Bocoum ne s’arrête pas là. Il évoque également les alliances stratégiques et diplomatiques d’Ousmane Sonko comme autant d’indices d’une orientation politique inquiétante. « Ce n’est pas un hasard s’il multiplie les rapprochements avec les régimes militaires de l’AES et le Parti communiste chinois. Tout s’éclaire », écrit-il dans sa déclaration.

Mais c’est surtout l’aveu implicite d’une tension entre le Premier ministre et le président de la République que Thierno Bocoum met en exergue. Selon lui, Sonko semble admettre que Bassirou Diomaye Faye constitue un contrepoids à ses ambitions personnelles. « Heureusement, Dieu veille sur ce pays. Et son choix, manifestement, s’est porté sur un président capable de limiter les excès de son propre Premier ministre », conclut-il.

Lat Diop autorisé à réintégrer le ministère des Finances malgré sa détention

L’ancien ministre des Sports et ex-directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), Lat Diop, pourrait bientôt reprendre du service au sein de la fonction publique. Selon le journal Les Échos, dans son édition du lundi 30 juin 2025, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a récemment signé une attestation de reprise de service en faveur de Lat Diop, administrateur civil de formation. Ce document l’autorise officiellement à réintégrer son département d’origine, malgré sa situation judiciaire actuelle.

Lat Diop est placé sous mandat de dépôt depuis septembre 2024. Il fait l’objet de lourdes accusations, notamment de détournement de deniers publics, extorsion de fonds et blanchiment de capitaux, pour un montant estimé à 8 milliards de francs CFA. Les faits reprochés seraient liés à sa gestion à la tête de la Lonase. Malgré sa détention, l’ancien ministre clame son innocence et dénonce une cabale politique.

Ses avocats, après plusieurs demandes rejetées, ont introduit une nouvelle requête de liberté provisoire, arguant de contestation sérieuse des charges retenues contre lui. Le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier n’a cependant pas encore rendu sa décision sur cette demande.

L’attestation de reprise de service délivrée par le ministre Cheikh Diba soulève des interrogations dans l’opinion publique et chez certains observateurs de la vie politique et administrative. Peut-on envisager la réintégration d’un haut fonctionnaire en détention provisoire, sans issue judiciaire définitive ? La question soulève des enjeux à la fois juridiques, éthiques et politiques, dans un contexte où le nouveau pouvoir affiche une volonté de rupture et de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Cheikh Yérim Seck relaxé : Mimi Touré déboutée dans le procès en diffamation

Le journaliste Cheikh Yérim Seck a été relaxé par le tribunal correctionnel de Dakar dans l’affaire qui l’opposait à l’ancienne Première ministre Aminata Touré, dite Mimi Touré. Cette décision, rendue près de quatre mois après l’audience du 26 février 2025, met un terme à une procédure judiciaire déclenchée par une plainte en diffamation.

À l’origine du litige, un article publié par Cheikh Yérim Seck sur le site Seneweb, le 20 octobre 2024, sous le titre : « Les mesquineries du trio Diomaye-Sonko-Mimi contre Macky Sall ». Dans ce texte, le journaliste soutenait qu’une réunion s’était tenue au palais présidentiel entre le président Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et Mimi Touré. Selon lui, cette rencontre visait à élaborer une stratégie pour empêcher l’ancien président Macky Sall, alors en séjour au Maroc depuis la fin de son mandat le 2 avril 2024, de revenir au Sénégal.

Cheikh Yérim Seck affirmait également que la ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, ferait vivre un « calvaire » à Macky Sall, sous l’influence directe d’Aminata Touré.

Considérant ces allégations comme mensongères et attentatoires à son honneur, Mimi Touré avait saisi la justice. Elle réclamait à Cheikh Yérim Seck la somme de 500 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts.

Le procureur de la République, lui, avait requis une peine de six mois de prison avec sursis à l’encontre du journaliste.

Dans son jugement rendu public ce lundi 30 juin 2025, le tribunal correctionnel de Dakar a rejeté la demande de la partie civile. Le juge a prononcé la relaxe pure et simple de Cheikh Yérim Seck, estimant que les éléments constitutifs du délit de diffamation n’étaient pas réunis.

Ainsi, Mimi Touré a été déboutée de toutes ses prétentions, y compris sa demande de réparation financière.

Ce verdict relance le débat sur les limites de la liberté d’expression et la responsabilité des journalistes dans un contexte politique tendu. Il intervient dans un climat où les relations entre anciens et nouveaux dirigeants sénégalais sont scrutées de près, tout comme les prises de position de figures politiques comme Aminata Touré.

Pour Cheikh Yérim Seck, cette décision représente une victoire judiciaire et, pour certains, un signal en faveur de la liberté de la presse. Du côté de Mimi Touré, aucune réaction officielle n’a été enregistrée à l’issue du procès.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°499 – 30/06/2025

🔴 DÉBAT D’ORIENTATION BUDGÉTAIRE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE : DIBA « SAUCÉ » PAR L’OPPOSITION
🔴 LE CAS BACHIR FOFANA : EFFACER POUR FAIRE TAIRE ?

🔴 LIGUE 1 (30e J.) : LE JARAAF SIGNE SON 13e TITRE
🔴 LIGUE 1 / AUTEUR DE 12 BUTS CETTE SAISON : PAPE DOUDOU DIALLO SACRÉ MEILLEUR BUTEUR

Matam : des pluies diluviennes causent d’importants dégâts dans plusieurs communes

La région de Matam, au nord du Sénégal, a été frappée samedi par de fortes précipitations qui ont provoqué d’importants dégâts matériels dans plusieurs localités. Selon le sous-préfet de l’arrondissement d’Orkadiéré, Cheikh Oumar Tidiane Camara, les communes de Dembancané, Bokiladji, Aouré, Sémmé et Waoundé figurent parmi les zones les plus touchées par ces pluies torrentielles.

Les averses ont entraîné des intrusions massives d’eau dans les habitations, perturbant le quotidien des habitants et suscitant de vives inquiétudes. À Yéri Malal Torobé et Sinthiou Fadiar, des effondrements de murs et de concessions ont été signalés, aggravant les difficultés des populations.

À Fadiar, un village de la commune de Bokiladji, le poste de santé a été totalement inondé. Grâce à la mobilisation rapide et solidaire des habitants, les eaux ont pu être évacuées, permettant de limiter les dommages et d’éviter une paralysie totale des activités médicales.

Ces intempéries interviennent alors que la région de Matam est souvent confrontée à des phénomènes d’inondations récurrents, mettant en lumière la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention et de protection civile pour mieux anticiper ce type de sinistres.

Découverte macabre à Ndiayène Mbeulleup : deux ânes tués et dépecés, la viande emportée

Une scène d’une rare inquiétude a été découverte à Ndiayène Mbeulleup, dans le département de Mbirkilane, où deux ânes ont été retrouvés tués, dépecés et abandonnés, leurs têtes et leurs pattes encore sur place. Les faits se sont déroulés samedi, peu après une forte pluie qui s’est abattue sur la localité.

Selon les habitants, la viande des animaux a été emportée vers une destination inconnue, laissant craindre des circuits d’écoulement illégal, voire de consommation humaine clandestine. Le chef du village, témoin de la scène, a confirmé l’information et indiqué avoir immédiatement alerté le maire de la commune afin qu’il saisisse à son tour le préfet du département.

« C’est après la pluie que nous avons découvert deux têtes d’ânes et leurs pieds. Pour le moment, nous ne savons pas si les malfaiteurs se dirigent vers Kaffrine ou Mbirkilane », a expliqué le chef du village. Il précise qu’il était sur les lieux avec l’imam et qu’ils ont constaté que les bêtes avaient été égorgées, soigneusement dépecées, puis que leur viande avait été intégralement emportée.

« J’ai dit au maire de la ville d’informer le sous-préfet. Ils ont emporté toute la viande. Il ne reste que les pieds, les têtes et les peaux », a-t-il ajouté, visiblement préoccupé par cette situation qui suscite l’incompréhension et la peur au sein de la population.

Les habitants appellent les autorités compétentes à diligenter une enquête afin d’identifier les auteurs de ces actes et de prévenir d’éventuelles dérives sanitaires, dans une région où les abattages clandestins sont un phénomène récurrent mais rarement élucidé.

Justice : Entente SYTJUST-UNTJ annonce une nouvelle grève de 72 heures à partir de ce lundi

L’Entente Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ) a annoncé une nouvelle grève de 72 heures qui débutera ce lundi 30 juin à 8h00 et s’achèvera le jeudi 3 juillet à la même heure. Cette mobilisation intervient dans un climat social de plus en plus tendu entre les magistrats, les greffiers, les fonctionnaires judiciaires et le gouvernement, accusé de faire preuve de mépris et de refuser de véritables négociations.

Dans un communiqué, les deux organisations syndicales dénoncent l’immobilisme persistant des autorités, qu’elles tiennent pour responsables de la dégradation continue du climat social dans les juridictions et les services centraux. Elles appellent ainsi tous les professionnels de la justice à une mobilisation massive et unanime, des directions et services du ministère de la Justice aux juridictions supérieures comme le pool judiciaire financier, la Cour suprême ou encore le Conseil constitutionnel. Les syndicats considèrent que l’inaction et le silence de l’État constituent un choix politique et préviennent que ne pas répondre à cet appel, c’est accepter de reculer et d’entériner le statu quo.

Cette grève s’inscrit dans la continuité d’un mouvement social qui dure depuis plusieurs mois, rythmé par des journées de grève et des manifestations. Les revendications portent principalement sur des revalorisations salariales, l’amélioration des conditions de travail et la dotation de moyens matériels et humains adaptés aux missions des juridictions. Les représentants syndicaux estiment que le gouvernement ignore volontairement leurs alertes, alors même que le système judiciaire fait face à une surcharge chronique et à une crise de confiance.

Dans leur déclaration, les deux syndicats martèlent que la dignité des travailleurs de la Justice n’est pas négociable et que le bon fonctionnement des institutions judiciaires est un droit fondamental, pas une faveur. Ils exigent sans délai l’ouverture de discussions sérieuses afin de trouver des solutions concrètes aux problèmes qui plombent le service public de la justice.

Renforcement des pouvoirs du Premier ministre : Maurice Soudieck Dione met en garde contre un « scénario de 1962 »

Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur et Professeur agrégé de science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a invité les autorités sénégalaises à tirer les leçons de l’histoire afin d’éviter une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles. Intervenant ce dimanche 29 juin dans l’émission Grand Jury sur RFM, il a rappelé l’épisode de 1962, marqué par l’affrontement entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, qui avait conduit à une rupture profonde au sommet de l’État et à l’emprisonnement du président du Conseil.

S’adressant au duo présidentiel actuel, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le politologue a insisté sur la nécessité de préserver une certaine complicité pour pouvoir discuter et trouver ensemble les solutions aux nombreux défis du pays.

Revenant sur les lenteurs constatées dans les réformes des services publics, Maurice Soudieck Dione a estimé qu’il fallait « donner du temps au temps ». Selon lui, si le discours de rupture a été un marqueur fort de la campagne présidentielle et de la période d’opposition, l’exercice du pouvoir impose de la prudence, de l’intelligence et du tact. Il a mis en garde contre la tentation de confondre vitesse et précipitation, rappelant qu’une réforme structurelle exige une approche mesurée.

Le chercheur a souligné que le Sénégal disposait, depuis la Constitution de 1963, d’un cadre institutionnel relativement stable, basé sur un régime présidentiel fort qui a permis au pays de traverser 62 années sans crise majeure de succession, malgré certaines dérives autoritaires. Pour autant, il estime qu’il est temps de rationaliser le système en réduisant les pouvoirs concentrés entre les mains du président de la République, mais pas nécessairement pour les transférer massivement au Premier ministre.

À ses yeux, une telle évolution comporterait le risque de reproduire les tensions qui avaient opposé Senghor et Mamadou Dia, aboutissant à une crise grave de légitimité et d’équilibre institutionnel. Il a prévenu qu’ »on ne peut pas avoir deux têtes dans un même bonnet », soulignant qu’un partage excessif des prérogatives risquerait d’installer une rivalité permanente au sommet de l’État.

Maurice Soudieck Dione a par ailleurs rappelé que les assises nationales avaient préconisé un renforcement des pouvoirs du Premier ministre, tandis que la Commission nationale de réforme des institutions, sous le président Macky Sall, s’était orientée vers une rationalisation des pouvoirs présidentiels, une option qu’il juge aujourd’hui « la plus pertinente ».

Selon lui, cette approche permettrait notamment de garantir une meilleure séparation des pouvoirs et de limiter l’instrumentalisation de la justice. Il a plaidé pour une réforme visant à réduire l’influence du président sur le procureur de la République, afin que ce dernier ne soit plus un levier d’action contre des adversaires politiques.

24ᵉ Forum international sur le continent africain : le journaliste Mamadou Mouth BANE certifié par l’IHEDN Paris

Le 24ᵉ Forum international sur le continent africain (FICA) s’est tenu à Paris, réunissant 75 participants venus de l’ensemble du continent. Organisé par l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN), cet événement d’envergure a permis de renforcer le dialogue stratégique entre l’Afrique et la France, autour des grands enjeux sécuritaires, économiques et environnementaux.

Le Sénégal a été représenté par deux participants : le colonel Alioune Samassa et le journaliste Mamadou Mouth BANE, connu pour son expertise dans les questions de gouvernance et de sécurité. Diplômé du prestigieux Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Dakar, Mamadou Mouth BANE a reçu une certification de l’IHEDN, couronnant sa participation active aux travaux du forum.

Les travaux ont rassemblé des profils de haut niveau, parmi lesquels les ministres de la Défense d’Afrique du Sud et de Gambie, des généraux et colonels d’armées africaines, des représentants d’Interpol Afrique, de l’Union africaine et du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme. Les débats ont porté sur la construction de partenariats durables et mutuellement bénéfiques entre l’Afrique et la France, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que la définition de stratégies favorisant l’épanouissement économique des pays africains.

Au fil des échanges, plusieurs sujets stratégiques ont été approfondis, notamment la lutte contre la cybercriminalité et la désinformation, la sécurisation des espaces maritimes et des ressources, l’autonomie des armées africaines, la résilience face aux influences étrangères, la protection de l’environnement et le combat contre le trafic illicite.

De nombreuses personnalités françaises ont pris part aux discussions, à l’image du général Thierry Burkhard, chef d’état-major des armées de France, de Jean-Marie Bockel, envoyé spécial du président Emmanuel Macron, de l’historien et politologue Achille Mbembe, président de la Fondation de l’innovation pour la démocratie, ou encore de Jean-Jacques Konadji, expert international.

Les auditeurs ont poursuivi leur formation à travers des ateliers organisés au Centre des Hautes Études Militaires (CHEM), ainsi que des visites de terrain, notamment à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, au Centre interministériel de gestion de crise du ministère de l’Intérieur, avant d’être reçus au Quai d’Orsay.

L’IHEDN et la Direction de la coopération internationale ont salué la qualité des échanges et l’engagement des participants, soulignant que cette 24ᵉ édition du FICA marque une étape importante dans la construction de solutions communes aux défis globaux et à la promotion de la stabilité et du développement du continent africain.

Situation économique du Sénégal : Momar Ndao pointe du doigt « l’arrêt de plusieurs chantiers »

La situation économique du Sénégal continue de susciter des inquiétudes au sein de la société civile. Invité de l’émission FACE AU JURY sur PressafrikTVHD ce dimanche, Momar Ndao, président de l’Association sénégalaise des consommateurs (ASCOSEN), a dressé un constat alarmant sur l’impact de la suspension de nombreux chantiers publics et privés sur l’activité économique nationale.

Selon Momar Ndao, le ralentissement brutal observé dans plusieurs secteurs, notamment le BTP, contribue largement à la morosité ambiante. « La situation économique du pays est actuellement très difficile, parce que l’économie est à l’arrêt », a-t-il affirmé. Il explique que de nombreux investisseurs s’étaient engagés dans des projets d’envergure, principalement dans la construction et les infrastructures, qui se retrouvent aujourd’hui gelés.

« Beaucoup de chantiers sont suspendus. Pour les redémarrer, ce sera difficile, et ce retard peut ainsi causer des problèmes à d’autres niveaux », a-t-il prévenu, insistant sur l’effet domino que ces arrêts peuvent provoquer sur d’autres filières : approvisionnement en matériaux, sous-traitance, emploi informel et activité commerciale connexe.

Pour Momar Ndao, cette situation place l’État devant un dilemme complexe. D’un côté, le gouvernement souhaite auditer et assainir la gestion des projets hérités des équipes précédentes, et de l’autre, il doit éviter de paralyser totalement l’économie. « S’il faut à chaque fois arrêter une activité jugée non conforme, tout le pays sera à l’arrêt », a-t-il alerté.

Il a également souligné que l’enjeu est de taille : « Le défi qui attend le gouvernement, c’est d’examiner la gestion de leurs prédécesseurs sans pour autant bloquer un quelconque secteur au risque de stagner l’économie. »

Momar Ndao estime que pour espérer un rebond, le pays doit aller jusqu’au bout de la phase de ralentissement actuel et trouver rapidement des solutions pour relancer l’activité. « Actuellement, pour que le Sénégal puisse enregistrer une croissance considérable, il faut qu’on aille jusqu’au bout du ralentissement. Parce qu’il sera difficile de redémarrer tout ce qui a été suspendu », a-t-il averti.

Fadilou Keïta brise le silence sur son salaire et appelle à une transparence généralisée sur les avantages des autorités

Le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keïta, a pris la parole pour clarifier le débat enflé autour de son salaire, au moment où les critiques se multiplient sur la rémunération des responsables publics. Invité sur la Radio Sénégal Internationale (RSI), il a tenu à mettre les choses au clair : « Ce n’est pas moi qui fixe mon salaire. C’est l’État qui en décide », a-t-il affirmé d’un ton ferme.

Fadilou Keïta a dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement ciblée, rappelant son passage par la case prison : « Ceux qui alimentent ce débat étaient bien silencieux lorsque nous avons été emprisonnés pendant 15 mois sans percevoir de salaire. » Il assure qu’il a sciemment rendu public le montant de sa rémunération, dans un souci de transparence, car « les Sénégalais ont le droit de savoir ».

Le Directeur de la CDC n’a pas manqué de souligner que certains de ses prédécesseurs touchaient un salaire supérieur au sien, sans que cela n’émeuve l’opinion publique. « Je ne suis pas le mieux payé des Directeurs généraux », a-t-il lancé, tout en accusant certains de vouloir « ternir l’image de l’État ». Il les met en garde : « Ils répondront devant la justice. »

Au-delà de son cas personnel, Fadilou Keïta a élargi la réflexion à une problématique plus vaste : celle des avantages accordés aux responsables publics, souvent critiqués mais rarement clarifiés. Il appelle ainsi l’État à légiférer sur les différentes formes de rémunérations indirectes : « Nous sommes dans un pays où existent des caisses noires, des fonds politiques, des primes, des fonds communs… Je pense que l’État doit légiférer sur tout cela, et que tout le monde s’y soumette. »

Le Président Diomaye Faye en route pour Séville pour la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement

Le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce dimanche matin à destination de Séville, en Espagne, où il prendra part à la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement. Cet événement de haut niveau est organisé sous l’égide des Nations Unies et rassemblera plusieurs Chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des responsables d’institutions financières et internationales.

À son départ de l’aéroport militaire Léopold Sédar Senghor de Yoff, le chef de l’État a été salué par le Premier ministre Ousmane Sonko, accompagné de plusieurs autorités civiles et militaires, dans une atmosphère solennelle et empreinte de patriotisme.

Cette participation du Président Diomaye Faye s’inscrit dans une stratégie assumée de diplomatie économique active. L’objectif affiché est clair : défendre les intérêts de l’Afrique et du Sénégal dans les débats mondiaux relatifs au financement du développement, en particulier dans un contexte mondial marqué par les inégalités structurelles d’accès aux ressources financières.

La Conférence de Séville constitue une plateforme stratégique pour plaider en faveur d’un système de financement international plus équitable, plus transparent et davantage orienté vers la durabilité. Le Président Faye entend y porter la voix de l’Afrique, afin de renforcer les partenariats économiques, attirer de nouveaux investissements responsables, et promouvoir des solutions innovantes en matière de dette, de fiscalité internationale et de transition écologique.

Cette mission témoigne également de la volonté du Sénégal de jouer un rôle actif sur la scène internationale et de contribuer à la redéfinition des règles économiques mondiales au bénéfice des pays en développement.

Thierno Alassane Sall défie ses collègues parlementaires : « Si l’électrification vous intéresse, ouvrons une commission d’enquête parlementaire sur le dossier ASER »

La question de l’électrification rurale a suscité de vifs échanges ce samedi à l’Assemblée nationale lors du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB). En présence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, plusieurs députés issus de la majorité présidentielle ont interpellé l’exécutif sur l’urgence d’accélérer le raccordement des zones rurales au réseau électrique national.

Mais c’est la prise de parole du député non-inscrit Thierno Alassane Sall qui a marqué les débats. Ancien ministre, aujourd’hui figure de l’opposition indépendante, il a interpellé ses collègues parlementaires en leur lançant un défi : ouvrir une commission d’enquête parlementaire sur les activités et la gestion de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER).

« Si vous voulez sincèrement que les choses avancent, si l’électrification vous intéresse réellement, ouvrons une commission d’enquête parlementaire sur la question troublante de l’ASER », a déclaré Thierno Alassane Sall d’un ton ferme.

Il a notamment fait référence au contrat conclu avec l’entreprise espagnole Santander et à la société AEE Power EPC, au cœur d’un dossier controversé. Selon lui, des zones d’ombre persistent autour du décaissement d’une avance de démarrage évaluée à 37 milliards FCFA. « L’entreprise espagnole Santander a fait savoir que le 11 juin dernier, l’avance de démarrage dans le dossier ASER-AEE Power EPC avait été versée. Si vous voulez savoir où sont passés les 37 milliards, parlons-en », a-t-il insisté, dénonçant une opacité qui dure depuis des années.

Le député a par ailleurs précisé que la partie espagnole aurait elle-même engagé des investigations internes pour établir les responsabilités et faire la lumière sur l’usage des fonds. Il estime qu’en tant que représentants du peuple, les députés sénégalais ont le devoir d’exiger la transparence. « Ce qui est clair, c’est que les Espagnols sont en train de faire leur propre enquête. Mais en tant que parlementaires, vous avez l’obligation d’ouvrir une commission d’enquête pour tirer cette question au clair », a-t-il martelé.

Sa déclaration a suscité un certain embarras au sein de l’hémicycle, où le dossier ASER est connu pour être sensible et complexe.

Ce nouvel épisode vient relancer la polémique sur la gouvernance des projets d’électrification rurale au Sénégal et la gestion des financements extérieurs mobilisés dans le cadre de ces projets. Reste à savoir si sa proposition de commission d’enquête trouvera un écho favorable auprès des groupes parlementaires, dans un contexte où la transparence et la redevabilité sont au cœur des revendications citoyennes.

Débat d’Orientation Budgétaire à l’Assemblée nationale : l’État projette plus de 19 000 milliards FCFA de dépenses entre 2026 et 2028

Le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) s’est tenu ce samedi à l’Assemblée nationale, en présence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, et de ses principaux collaborateurs. Cette session a permis aux députés d’examiner le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) couvrant la période 2026–2028, un exercice essentiel qui jette les bases des grandes priorités de politique économique et financière de l’État.

Selon les chiffres officiels, le gouvernement prévoit des dépenses s’élevant à 19 364,4 milliards de francs CFA sur les trois années à venir. Ces engagements incluent les charges de fonctionnement, le service de la dette et les investissements structurants, qu’ils soient financés sur ressources internes ou extérieures. En revanche, les prévisions de ressources sont estimées à 16 638,7 milliards FCFA sur la même période. Cet écart significatif traduit un besoin de financement conséquent que l’État devra combler par des emprunts et d’autres mécanismes de mobilisation de ressources.

Le document de programmation souligne qu’en comparaison avec le précédent DPBEP actualisé en octobre 2024, les prévisions de ressources affichent une baisse de 363,9 milliards FCFA, soit un recul de 2,1 %. Cette diminution s’explique principalement par une révision à la baisse des perspectives de recettes fiscales et des appuis extérieurs. De leur côté, les charges ont également été revues à la baisse, passant de 20 364,3 milliards FCFA à 19 364,4 milliards FCFA, soit une diminution de près d’un trillion FCFA en valeur absolue, correspondant à 4,9 % en valeur relative.

Pour l’exercice 2026, première année de la période triennale, les dépenses prévues atteindraient 6 213,1 milliards FCFA, en baisse de 367,1 milliards FCFA par rapport à la Loi de Finances Rectificative 2025 qui prévoyait 6 580,2 milliards FCFA. Cette contraction des dépenses, de l’ordre de 5,6 %, est présentée par le ministère des Finances comme un effort de rationalisation visant à mieux contenir le déficit budgétaire.

Dans le détail, le ministère a précisé que les dépenses hors Comptes spéciaux du Trésor sont évaluées à 18 546,2 milliards FCFA sur la période 2026–2028. C’est une baisse sensible de 1 102,7 milliards FCFA par rapport aux prévisions précédentes qui tablaient sur 19 648,9 milliards FCFA. Ces montants recouvrent plusieurs postes stratégiques dont les intérêts de la dette estimés à 3 982,2 milliards FCFA, les dépenses de personnel à 4 813,1 milliards FCFA, ainsi que les acquisitions de biens et services et transferts courants évalués à 5 174 milliards FCFA.

Les investissements constituent également une part importante de l’enveloppe globale. Ils sont évalués à 4 576,9 milliards FCFA, dont 77,1 % seraient financés par des ressources extérieures et 22,9 % par des ressources internes. Les investissements sur financement interne représenteraient 1 046,8 milliards FCFA tandis que ceux sur ressources externes atteindraient 3 530,1 milliards FCFA.

Ces prévisions confirment la volonté des autorités de maintenir une dynamique d’investissement public tout en poursuivant des efforts de maîtrise des charges courantes, notamment à travers la rationalisation des dépenses de fonctionnement. Mais l’écart entre ressources et besoins de financement souligne également la pression persistante sur la dette publique et la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes fiscales et la discipline budgétaire.

Assemblée nationale : Tafsir Thioye relance le débat sur le surfinancement et interpelle Cheikh Diba sur le sort de 123 milliards de francs CFA

La séance plénière consacrée à l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025 a de nouveau mis en lumière les interrogations persistantes autour de la gestion des ressources publiques et du niveau de transparence budgétaire. Le député Tafsir Thioye a profité de l’occasion pour interpeller le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur la destination de sommes jugées opaques par plusieurs parlementaires.

Le parlementaire est revenu sur le dossier des 604 milliards de francs CFA évoqués précédemment par le Premier ministre Ousmane Sonko. Cette enveloppe, qualifiée de surfinancement, avait suscité de vifs débats sur la sincérité des prévisions budgétaires et la traçabilité des fonds effectivement utilisés. Selon Tafsir Thioye, la Cour des comptes avait, dans son rapport, précisé qu’environ 181 milliards avaient été effectivement dépensés. Il en résulterait donc, d’après ses calculs, un reliquat de 123 milliards sur lequel il exige des explications claires.

S’adressant directement au ministre Cheikh Diba, le député a martelé qu’il n’était plus possible de se contenter d’estimations approximatives sur des montants aussi importants. Il a insisté sur l’obligation de rendre compte aux citoyens de l’utilisation exacte de chaque franc prélevé ou emprunté. « Où est passée cette somme ? Nous devons savoir, de manière exhaustive et documentée, la situation budgétaire du pays », a-t-il exigé.

Au-delà de cette question précise, Tafsir Thioye a dénoncé un climat de confusion entretenu, selon lui, par l’exécutif sur la lecture et l’utilisation des crédits inscrits au budget. Il a estimé que cette opacité, conjuguée à un rythme d’endettement soutenu, risquait d’exposer le Sénégal à des difficultés de soutenabilité financière. Le député n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme sur l’évolution du ratio dette/PIB, qu’il juge préoccupante. « À ce rythme, on sera à plus de 98 % de taux d’endettement dans les prochaines années », a-t-il prévenu.

Ces propos interviennent dans un contexte où l’exécutif défend la nécessité d’emprunts conséquents pour financer les priorités sociales et stimuler la relance économique, après les turbulences mondiales et nationales de ces dernières années. Mais l’opposition parlementaire, quant à elle, estime que la sincérité budgétaire et la redevabilité sont encore loin d’être garanties.

Le ministre Cheikh Diba est attendu sur des clarifications supplémentaires, notamment sur l’exécution budgétaire détaillée et la destination de ce différentiel de plus de 100 milliards de francs CFA, dont la justification reste attendue par les députés et l’opinion.

Assemblée nationale : Abdou Mbow interpelle le gouvernement sur un « endettement effréné » et propose un ministère dédié à la dette

Lors de l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, le député Abdou Mbow, membre de la coalition d’opposition Takku Wallu Sénégal, a vivement exprimé ses inquiétudes face à la dynamique de l’endettement public jugée alarmante.

S’adressant au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, Abdou Mbow a dénoncé un recours massif et, selon lui, incontrôlé à l’emprunt, qui porterait désormais la dette publique du Sénégal à un niveau dépassant les 10 000 milliards de francs CFA. Il a affirmé que le gouvernement actuel n’avait pas de véritable programme économique structuré, mais se contentait d’accumuler de nouvelles dettes pour, en réalité, rembourser celles contractées antérieurement.

« Le régime n’a visiblement pas de programme, mais s’endette pour payer des dettes », a-t-il lancé, soulignant la gravité d’une situation qui, selon lui, compromet la soutenabilité budgétaire et la capacité de l’État à répondre aux urgences sociales.

Interpellant le ministre Cheikh Diba sur les délais de mise en œuvre du financement du secteur du BTP, qu’il considère comme l’un des leviers majeurs de relance économique, le parlementaire a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente des ressources empruntées.

En réponse à ce qu’il qualifie de « rythme effréné d’endettement », Abdou Mbow a suggéré la création d’une structure publique spécifique, voire d’un ministère exclusivement chargé de la question de la dette. Selon lui, un tel dispositif permettrait d’évaluer de façon constante le niveau d’endettement, d’en surveiller l’évolution et de garantir que chaque emprunt contracté bénéficie réellement à l’économie nationale.

Le député a relevé ce qu’il a qualifié de « paradoxe » : l’équipe gouvernementale, qui avait fait de la critique de l’endettement un argument central lorsqu’elle était dans l’opposition, se retrouve aujourd’hui confrontée aux mêmes écueils, avec des montants encore plus élevés.

Cette intervention s’inscrit dans un climat d’examen budgétaire tendu, marqué par de nombreuses critiques de l’opposition sur la soutenabilité de la dette, la sincérité des prévisions de recettes et la faible réduction des dépenses annoncée par le ministre des Finances.

Pour rappel, la Loi de Finances Rectificative 2025 entend ajuster les équilibres budgétaires de l’État afin de prendre en compte l’évolution de la conjoncture économique et les engagements du gouvernement en matière sociale et d’investissement. Mais pour Abdou Mbow, sans mécanisme de contrôle renforcé et sans stratégie claire, le Sénégal risque de s’enfermer dans une spirale d’endettement incontrôlée.

LFR 2025 : Aïssata Tall Sall étrille Cheikh Diba et exprime de vifs doutes sur la sincérité budgétaire

Le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2025 continue de susciter de vives réactions à l’Assemblée nationale. Ce samedi, Me Aïssata Tall Sall, ancienne ministre des Affaires étrangères et présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu Sénégal, a pris la parole pour adresser un réquisitoire particulièrement critique à l’endroit du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba.

Dans son intervention, la députée a mis en doute la cohérence et la crédibilité des chiffres avancés par le gouvernement. Elle a commencé par pointer les signaux qu’elle juge alarmants contenus dans le projet de budget rectificatif. Selon elle, le texte présenté affiche une baisse généralisée des recettes fiscales, combinée à un maintien très limité de l’appui budgétaire et des dons, tout en actant une hausse du déficit public bien supérieure aux plafonds définis par les critères de convergence de l’UEMOA. Elle a souligné que le gouvernement cherchait ainsi à mobiliser plus de 1 140 milliards FCFA de ressources supplémentaires sans garanties sérieuses sur la faisabilité de ces projections.

Aïssata Tall Sall s’est également attardée sur la question de la réduction des dépenses. Elle a estimé que l’effort budgétaire consenti demeurait insuffisant, en rappelant que le gouvernement n’avait abaissé les dépenses que de 0,5 % dans le budget général. À ses yeux, il est contradictoire de prôner une compression rigoureuse des charges publiques tout en affirmant dans le même temps vouloir élargir l’assiette fiscale et porter la pression fiscale à 20 %.

Elle a poursuivi en relevant ce qu’elle considère comme une contradiction flagrante entre les documents officiels transmis aux députés. D’après l’ancienne ministre, un premier texte indique que cet objectif de pression fiscale à 20 % devrait être atteint dès 2025, tandis que le document d’orientation budgétaire précise qu’il ne le sera qu’en 2029. Devant l’hémicycle, elle n’a pas mâché ses mots, lançant au ministre Cheikh Diba qu’il est « un ministre des Finances qui a des problèmes avec les chiffres » et rappelant qu’elle l’avait déjà interpellé sur ces incohérences lors de précédentes sessions.

Aïssata Tall Sall a insisté sur la nécessité de dire la vérité au pays et d’adopter une posture de responsabilité, sans céder aux postures politiciennes. Elle a appelé Cheikh Diba à respecter la tradition républicaine qui veut que les ministres des Finances se tiennent à l’écart des considérations politiques pour se consacrer pleinement à la sincérité et à la précision des comptes publics.

Elle est également revenue sur la dynamique de l’endettement public, en concédant que tous les régimes, y compris celui auquel elle a appartenu, ont eu recours à l’emprunt. Mais elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de frénésie actuelle dans la souscription de nouveaux emprunts. Elle a insisté sur la nécessité de convenir ensemble des points qui nécessitent, selon elle, une prudence accrue pour éviter que la dette ne devienne insoutenable.

En conclusion, Aïssata Tall Sall a affirmé qu’elle ne pouvait pas, dans ces conditions, apporter son suffrage à un texte dont elle doute profondément de la sincérité et de la solidité technique. « Voilà, Monsieur le ministre, les raisons pour lesquelles j’ai des doutes sur la sincérité de votre loi de finances. Je ne peux donc pas la voter », a-t-elle conclu, sous les applaudissements de plusieurs parlementaires de l’opposition.

LFR 2025 adoptée : le gouvernement revoit ses priorités face à la dette et revalorise ses engagements sociaux

L’Assemblée nationale a adopté ce samedi 28 juin 2025, le projet de loi de finances rectificative (LFR) n°11/2025, présenté par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Le texte, validé à l’unanimité en commission, vise à redresser la trajectoire budgétaire en intégrant les véritables niveaux d’endettement et en réorientant les priorités économiques et sociales.

Voici les points essentiels du rapport.

Présentant le rapport, le ministre dira que le présent PLFR vise : la restauration de la transparence et la sincérité budgétaires par la mise en œuvre des recommandations de la Cour des Comptes, avec l’amélioration des dispositifs et mécanismes de reddition des comptes, grâce au renforcement du système de comptabilité publique ;  le renforcement des mécanismes de contrôle interne et externe des finances publiques ;  le strict respect de l’obligation de recourir à l’autorisation parlementaire pour tout recours à un emprunt et la publication régulière des données sur la dette et sur l’exécution des dépenses du budget ;  la prise en charge, dès cette LFR, des intérêts sur la dette bancaire, contractée hors circuit budgétaire, pour un montant de 125 milliards FCFA.
 
Abordant la relance de la machine économique, le ministre a précisé qu’elle passerait à travers un programme de soutien aux secteurs porteurs de croissance structuré autour de l’apurement des engagements de l’État auprès des acteurs économiques, la réorganisation, le renforcement et l’amélioration de l’efficacité des investissements publics, le soutien à l’investissement privé, l’amorce de la souveraineté alimentaire, etc.
 
Relativement au rétablissement des marges budgétaires, une double approche de rationalisation des dépenses et de renforcement de la mobilisation des ressources sera privilégiée. Le PIB nominal sera ainsi revu à la baisse, a-t-il relevé.
 
Cheikh Diba dira en outre que l’exercice approfondi de régulation budgétaire entrepris par le Gouvernement pour préserver la soutenabilité des finances publiques, afin de maîtriser le déficit budgétaire sur les court et moyen termes permettra une réduction de certaines catégories de dépenses (109,08 milliards FCFA sur les crédits d’acquisitions de biens et services et transferts courants, 336,5 milliards FCFA sur les dépenses en capital sur ressources internes).
 
Taux de croissance du PIB révisé à 8,0%
 
Le ministre a aussi rappelé que le PLFR envisage la préservation de l’engagement en faveur de l’équité sociale à travers la prise en charge de l’incidence budgétaire du pacte de stabilité sociale. Des mesures seront ainsi prises notamment : – la généralisation de l’indemnité de logement à tous les agents de la fonction publique ; – le recrutement spécial dans la fonction publique d’un personnel de santé et de l’action sociale pour permettre un meilleur accès aux soins sur toute l’étendue du territoire ; l’apurement partiel de la dette intérieure.
 
 Selon le ministre, malgré les contraintes budgétaires de la rectification, le Gouvernement a fait le choix délibéré de préserver et même de renforcer certaines priorités stratégiques qui conditionnent l’avenir de notre pays. Ainsi, l’éducation et la formation bénéficieront d’une priorité absolue avec la poursuite du programme de création des lycées d’excellence « Armée-Nation » dans toutes les régions.
 
 Relativement au nouveau cadrage budgétaire, l’argentier de l’Etat a précisé qu’il reflète une approche réaliste et responsable de nos capacités financières. Ainsi, le taux de croissance du PIB est révisé à 8,0% contre 8,8% initialement prévu, soit un ajustement de 0,8 point de pourcentage. Cette révision, bien que traduisant une certaine prudence, maintient néanmoins un objectif de croissance ambitieux, avec une croissance hors hydrocarbures estimée à 3,8%.
 
 Déficit budgétaire porté à 7,82% du PIB
 
Quant au PIB nominal, il est révisé à 21 690,5 milliards FCFA contre 22 597,7 milliards FCFA initialement, soit une contraction de 907,2 milliards FCFA qui a des répercussions directes sur nos prévisions de recettes. Le déficit budgétaire, lui, sera porté à 7,82% du PIB contre 7,08% initialement prévu, avec l’engagement ferme du Gouvernement de revenir progressivement vers la norme communautaire de 3% à moyen terme.
 
D’après le ministre des Finances, la structure de nos investissements connaîtra également un réajustement significatif avec une budgétisation ajustée des investissements financés sur ressources extérieures qui passent de 3,26% du PIB dans la loi de finances initiale à 6,22% du PIB dans cette LFR.
 
Augmentation des charges financières
Selon lui, cette hausse est compensée par une contraction des dépenses d’investissements financées sur ressources internes qui passent de 5,3% à 2,7% du PIB, reflétant notre volonté d’optimiser l’utilisation de nos ressources tout en maintenant un niveau d’investissement public soutenu
 
L’un des défis majeurs de cette rectification réside, selon le ministre, dans la gestion de l’augmentation substantielle des charges financières sur la dette publique, qui ont presque doublé en passant de 932,08 milliards FCFA dans la loi de finances initiale à 1 057,1 milliards FCFA dans cette rectification, représentant désormais 4,9% du PIB.
 
Baisse des recettes et des dépenses
Cette évolution, directement liée à la révélation de la dette réelle de l’État, illustre l’ampleur des ajustements nécessaires et justifie pleinement notre démarche de transparence et de responsabilisation, selon Cheikh Diba.
 
En définitive, les prévisions de recettes de cette loi de finances rectificative sont arrêtées à 4 884,3 milliards FCFA contre 5 014,3 milliards FCFA dans la loi initiale, soit une baisse de 130 milliards FCFA en valeur absolue. Les dépenses sont révisées à 6 580,2 milliards contre 6 614,8 milliards FCFA, soit une réduction de 34,5 milliards FCFA.
 
 Ces ajustements, bien que contraignants, traduisent notre volonté de maintenir un équilibre entre réalisme budgétaire et ambition de développement, a ainsi conclu le ministre des Finances.

Falsification de documents administratifs : un important réseau démantelé à Pikine

La Police nationale a annoncé ce vendredi l’arrestation d’un individu présenté comme un faussaire chevronné, interpellé à la gare des Baux Maraîchers à Pikine, le 25 juin 2025 vers 18 heures. Selon les informations communiquées par le commissariat d’arrondissement, cette opération a été déclenchée suite à un renseignement anonyme signalant que le suspect devait récupérer sur les lieux un lot de documents administratifs falsifiés.

Lors de son interpellation, l’homme a été trouvé en possession de douze laminats de sécurité pour passeports, un élément central dans les techniques de contrefaçon. La fouille de son véhicule a permis aux enquêteurs de découvrir un acte de vente relatif au véhicule ainsi que deux actes de vente de terrains encore non signés.

Décidés à approfondir leurs investigations, les policiers ont procédé à une perquisition à son domicile situé à Tivaouane Peulh. L’opération, menée aux environs de 20 heures, a permis de mettre au jour un arsenal impressionnant destiné à la falsification de documents administratifs et de voyages. Parmi les saisies figurent vingt-trois passeports de diverses nationalités, dont quinze passeports sénégalais (avec un exemplaire vierge), quatre passeports maliens, un djiboutien, un guinéen, un bissau-guinéen et un italien.

Le dispositif technique retrouvé sur place démontre un degré élevé de sophistication. Les enquêteurs ont notamment saisi deux imprimantes, un onduleur, une machine de plastification, un massicot et de nombreux cachets contrefaits. Au total, vingt cachets falsifiés ont été recensés. Certains portaient des mentions officielles d’aéroports internationaux, notamment Lisbonne, Madrid et Roissy Charles De Gaulle. D’autres reproduisaient des cachets d’administrations étrangères et d’ambassades, dont ceux de l’Ambassade du Sénégal à Rome, de la Préfecture de l’Eure en France, ou encore de l’Ambassade du Portugal. D’autres encore étaient libellés en espagnol, en allemand et en arabe.

Outre ces éléments, les enquêteurs ont découvert neuf tampons dateurs, un tampon numéroteur, plusieurs encreurs, des clés de connexion Internet, deux téléphones portables hors service, des bâtons de colle, des correcteurs Blanco et un pistolet factice. Un groupe électrogène encore emballé ainsi que trois machettes neuves et des lots de papiers vierges de différentes couleurs ont également été mis sous scellés.

L’exploitation des premiers éléments de l’enquête laisse penser que le suspect proposait ses services principalement à des membres de la diaspora confrontés à des difficultés administratives. Il scannait les passeports originaux, modifiait les données personnelles puis apposait les laminats de sécurité sur la page d’identité, avant de revendre ces faux passeports contre la somme de 20.000 FCFA l’unité.

Le Président Bassirou Diomaye Faye attendu à Séville pour la 4e Conférence internationale sur le financement du développement

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, effectuera un déplacement en Espagne, où il prendra part à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement qui se tiendra à Séville du 29 juin au 2 juillet 2025. Cette information a été rendue publique ce samedi à travers un communiqué officiel de la Présidence sénégalaise.

Cette conférence, placée sous l’égide des Nations unies, constitue l’un des plus importants rendez-vous mondiaux consacrés à la mobilisation de financements pour le développement. Elle rassemblera des Chefs d’État et de gouvernement, des représentants d’organisations internationales et régionales, des dirigeants d’institutions financières et des partenaires au développement venus de tous les continents. Les participants échangeront sur les défis et opportunités qui se présentent dans la recherche de ressources destinées à promouvoir un développement mondial plus durable, inclusif, équitable et résilient, dans un contexte marqué par des tensions économiques et géopolitiques.

Le président Bassirou Diomaye Faye interviendra lors de la séance plénière, au cours de laquelle il présentera la vision et les priorités stratégiques du Sénégal en matière de financement du développement. Selon la Présidence, il mettra l’accent sur la nécessité d’un accès plus équitable aux ressources financières internationales, la réforme de l’architecture mondiale de la dette et l’importance d’un soutien accru aux pays africains dans la mise en œuvre de projets transformateurs, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de l’adaptation climatique.

En marge des travaux, le chef de l’État participera à plusieurs tables rondes thématiques portant sur le financement des transitions énergétiques, la digitalisation inclusive et la réduction des inégalités sociales. Ces rencontres permettront de partager des expériences, de promouvoir des partenariats et d’explorer des instruments innovants de mobilisation des ressources.

Le président Faye aura également des entretiens bilatéraux avec plusieurs dirigeants étrangers et responsables d’institutions financières et de coopération, dans le but de renforcer les partenariats stratégiques du Sénégal et de défendre les priorités nationales et africaines sur la scène internationale.

La 4e Conférence internationale sur le financement du développement intervient dans un contexte mondial où de nombreux pays cherchent à réorienter leurs politiques budgétaires et leurs stratégies de financement pour faire face aux crises économiques et environnementales, tout en soutenant une croissance durable et partagée.

Le Sénégal mobilise avec succès 225,5 milliards FCFA sur le marché financier régional

Le Trésor public sénégalais a réalisé une opération réussie de levée de fonds ce vendredi 27 juin 2025 sur le marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), en mobilisant un montant total de 225,5 milliards de FCFA. Cette adjudication ciblée de titres publics témoigne une fois de plus de la solidité de la signature souveraine du Sénégal et de la confiance renouvelée des investisseurs.

Selon les informations relayées par Le Soleil, l’émission portait sur deux types d’instruments financiers : des Bons Assimilables du Trésor (BAT) à échéance d’un an et des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à maturités de trois et cinq ans. Initialement, le montant mis en adjudication s’élevait à 205 milliards de FCFA. Toutefois, l’engouement des investisseurs a largement dépassé les attentes, avec une demande globale atteignant 264,3 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 128,93 %.

Les rendements proposés lors de cette opération confirment le niveau élevé des taux dans la sous-région. Les investisseurs ont ainsi bénéficié d’un rendement moyen de 7,21 % sur les BAT (365 jours) et de 7,53 % sur les OAT à trois et cinq ans. Ces conditions, bien que coûteuses pour l’État, reflètent un environnement monétaire tendu dans l’espace UEMOA, mais aussi la forte crédibilité du Sénégal auprès des opérateurs financiers.

Cette opération s’inscrit dans la stratégie annuelle du gouvernement sénégalais visant à mobiliser des ressources internes pour financer ses priorités : projets d’infrastructures, relance économique et couverture du déficit budgétaire. Avec cette dernière adjudication, le Trésor a déjà levé 1 037 milliards de FCFA depuis le début de l’année 2025 sur le marché des titres publics de l’UEMOA.

La réussite de cette émission renforce la position du Sénégal comme l’un des émetteurs les plus actifs et les plus fiables de la région. Ce dynamisme sur le marché des capitaux témoigne de la capacité du pays à mobiliser efficacement les financements nécessaires à la mise en œuvre de son programme économique et social, malgré un environnement économique international contraint.

Assemblée nationale : le projet de loi de finances rectificative adopté à une large majorité

L’Assemblée nationale a procédé à l’examen et au vote du projet de loi de finances rectificative ce samedi, une étape importante du calendrier budgétaire de l’État. À l’issue des débats, le texte a été adopté à la majorité avec 127 voix favorables contre 11 votes défavorables.

Cette adoption traduit le soutien d’une large partie des députés à l’ajustement budgétaire présenté par le gouvernement. Pour rappel, la loi de finances rectificative est l’instrument qui permet à l’exécutif de modifier le budget initial voté en début d’exercice, afin de l’adapter aux évolutions de la conjoncture économique et de tenir compte de nouvelles priorités ou contraintes. Elle vise notamment à intégrer les besoins supplémentaires en dépenses, la révision des prévisions de recettes, ainsi que les nouvelles orientations annoncées par le gouvernement dans le cadre de sa politique économique et sociale.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a défendu le texte en séance plénière, en expliquant que cet ajustement est motivé par les fluctuations des ressources publiques, la nécessité de renforcer certains secteurs jugés prioritaires et le contexte économique marqué par des contraintes internes et externes. Il a souligné que cette loi de finances rectificative s’inscrit dans une démarche de sincérité budgétaire et d’adaptation aux réalités du moment, avec la volonté d’assurer la continuité du service public et de répondre aux attentes des populations.

L’examen du texte a donné lieu à des échanges nourris, plusieurs députés ayant exprimé des réserves sur l’évolution du niveau d’endettement, la place accordée aux dépenses sociales et la nécessité de rationaliser certains postes budgétaires. D’autres élus ont salué la prise en compte de nouveaux engagements et l’effort consenti pour financer les mesures d’urgence dans des secteurs sensibles comme l’éducation, la santé ou encore le soutien à l’emploi.

Après les débats, le vote a confirmé la majorité parlementaire autour de ce projet, validant ainsi l’ajustement budgétaire proposé par l’exécutif. Le gouvernement dispose désormais d’un cadre actualisé pour engager ses actions et mettre en œuvre les politiques publiques jusqu’à la fin de l’exercice budgétaire en cours.

Affaire du marché des véhicules de l’Assemblée : ce que Bachir Fofana a déclaré aux enquêteurs de la DIC

L’affaire qui secoue l’Assemblée nationale depuis plusieurs jours a connu un nouvel épisode avec l’audition du journaliste chroniqueur Bachir Fofana par la Division des investigations criminelles (DIC). Inculpé pour diffusion présumée de fausses nouvelles, il a dû s’expliquer sur ses déclarations publiques relatives au marché public portant sur l’acquisition de véhicules destinés aux députés.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, Bachir Fofana n’a pas totalement varié dans ses affirmations. Devant les enquêteurs, il a maintenu une partie de ses déclarations, tout en reconnaissant qu’une confusion avait pu se glisser dans l’identification précise du bénéficiaire de ce marché. Il a déclaré avoir cité, lors de ses interventions à l’antenne, les noms de Cheikh Guèye et Cheikh Seck comme attributaires potentiels. Il a néanmoins précisé qu’il avait pris soin de signaler que ces informations restaient à confirmer, et qu’il se tenait prêt à les corriger si elles s’avéraient inexactes.

« Après mes déclarations, j’ai reçu l’information qu’il y avait une confusion sur l’attributaire. Si l’information s’avère inexacte, j’aurai l’humilité de revenir dessus », a-t-il affirmé aux enquêteurs, manifestant sa volonté de rectifier publiquement ses propos en cas d’erreur avérée.

Concernant la procédure d’attribution du marché, le chroniqueur a soutenu avoir parlé d’un « appel d’offres restreint » dans le but d’expliquer les différentes modalités prévues par le Code des marchés publics sénégalais. Il a ajouté que l’irrégularité qu’il entendait mettre en lumière concernait la mention d’une marque spécifique de véhicules dans les documents d’appel d’offres, ce qui, selon lui, pouvait constituer une entorse aux règles élémentaires de concurrence.

Interrogé sur l’estimation financière qu’il avait avancée publiquement, Bachir Fofana a expliqué avoir évalué le montant du marché à plus de 8 milliards de francs CFA. Il a précisé que cette estimation résultait d’un calcul reposant sur le cumul des indemnités mensuelles des députés sur la durée complète de la législature, croisé avec le prix unitaire moyen des véhicules. Il a reconnu devant les enquêteurs que cette méthode pouvait prêter à confusion, mais a insisté sur le fait qu’il n’avait pas cherché à induire l’opinion publique en erreur. Il a soutenu que ses propos étaient fondés sur des informations qu’il estimait crédibles au moment de leur diffusion.

Pour rappel, cette affaire a suscité une vive réaction du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, qui a porté plainte pour diffusion de fausses nouvelles et diffamation, accusant le journaliste d’associer l’institution parlementaire à des pratiques opaques et de ternir son image. Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt. Son procès est prévu le 3 juillet prochain devant le tribunal de Dakar.

LFR 2025 – Le député Tafsir Thioye relance le débat sur la gestion des 604 milliards FCFA : « Où est passée cette somme ? »

Lors de la séance plénière consacrée à l’examen du projet de Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, le député Tafsir Thioye a vivement interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur la gestion d’une enveloppe de 604 milliards FCFA, évoquée par le Premier ministre lors de précédentes communications.

Selon les données rendues publiques par la Cour des comptes, seuls 181 milliards FCFA auraient été effectivement dépensés, laissant apparaître un reste non justifié de 123 milliards FCFA, après des vérifications intermédiaires. Une situation que le parlementaire juge préoccupante, pointant du doigt un manque de clarté dans l’utilisation des ressources publiques.

« Où est passée cette somme ? », s’est interrogé Tafsir Thioye, devant ses collègues parlementaires et le ministre. « Nous devons avoir une lecture exhaustive de la situation budgétaire. Mais visiblement, il y a trop de confusion dans l’utilisation du budget », a-t-il dénoncé.

L’élu s’inquiète également de l’évolution rapide de la dette publique du Sénégal, qu’il estime en voie de devenir insoutenable si les tendances actuelles se poursuivent.

« À ce rythme, nous serons à plus de 98 % de taux d’endettement dans les prochaines années », a-t-il averti, appelant à une gestion plus rigoureuse et transparente des finances publiques.

Face à ces remarques, le ministre Cheikh Diba a été sommé d’apporter des explications détaillées sur la traçabilité des dépenses liées à cette enveloppe et sur les mécanismes de contrôle budgétaire en place.

Cette interpellation illustre une tension persistante entre l’exécutif et certains membres de l’Assemblée nationale, dans un contexte où la crédibilité budgétaire et la soutenabilité de la dette sont devenues des enjeux majeurs pour la stabilité économique du pays. La LFR 2025, qui prévoit par ailleurs un ajustement des prévisions de croissance et un décaissement exceptionnel de 500,9 milliards FCFA pour régler des arriérés intérieurs, ne fait pas l’unanimité.

Examen du projet de loi de finances rectificative : Thierno Alassane Sall interpelle Cheikh Diba sur les 9 milliards de fonds politiques et alerte sur l’endettement

L’Assemblée nationale a tenu ce samedi une séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice budgétaire 2025. Cette session, marquée par de vifs échanges, a mis en lumière les inquiétudes persistantes des parlementaires sur la soutenabilité de la dette publique et la gestion de certaines lignes budgétaires sensibles.

Parmi les interventions les plus remarquées figure celle de Thierno Alassane Sall. Le député et président du parti La République des Valeurs a pointé du doigt ce qu’il considère comme une dérive préoccupante dans l’évolution de l’endettement du Sénégal. Selon lui, le rythme actuel ne peut qu’accentuer la vulnérabilité économique du pays.

« Il est impossible que ce rythme d’endettement puisse prospérer », a-t-il déclaré d’un ton ferme, rappelant que la dette représente désormais plus de 54 % du budget national. Il a estimé qu’en l’espace de deux ans, le gouvernement s’est endetté à hauteur de plus de 10 200 milliards de francs CFA, un niveau qu’il a jugé « simplement inexplicable » au regard de la capacité réelle de l’économie sénégalaise à absorber ces engagements.

Pour Thierno Alassane Sall, cette dépendance excessive au financement par emprunt prive le pays d’une autonomie stratégique et expose les générations futures à un fardeau de remboursement insoutenable. Il a plaidé pour la mise en place de nouveaux mécanismes de mobilisation des ressources, basés sur un élargissement de l’assiette fiscale, la valorisation des actifs publics et la réduction des niches budgétaires jugées non prioritaires.

Outre la question de la dette, le député a interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur les 9 milliards de francs CFA inscrits au titre des fonds politiques. Thierno Alassane Sall a rappelé que ces dotations avaient été vivement dénoncées par l’actuelle majorité lorsqu’elle était dans l’opposition. « Ce poste budgétaire avait été farouchement fustigé », a-t-il insisté, estimant qu’il serait plus cohérent de réorienter ces ressources vers les priorités sociales urgentes, telles que l’emploi des jeunes ou la santé publique.

Le ministre Cheikh Diba, présent dans l’hémicycle, a défendu la nécessité de procéder à cette loi de finances rectificative. Il a rappelé qu’elle permet de traduire les engagements du gouvernement en actions concrètes, d’intégrer les révisions de prévisions économiques et de renforcer certaines politiques prioritaires.

Le projet de loi de finances rectificative reste un exercice budgétaire délicat. Il intervient dans un contexte marqué par une conjoncture mondiale incertaine, la nécessité d’honorer les engagements de la nouvelle équipe dirigeante et les attentes fortes d’une population confrontée à une cherté persistante de la vie.

Affaire Bachir Fofana : le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye auditionné par la DIC

L’affaire opposant le journaliste Bachir Fofana au président de l’Assemblée nationale prend une tournure judiciaire de plus en plus marquée. El Malick Ndiaye a été entendu par les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre de la procédure ouverte contre le chroniqueur, poursuivi pour diffusion présumée de fausses nouvelles concernant un marché public d’acquisition de véhicules destinés aux députés.

Selon les informations révélées par le journal Libération, le président de l’Assemblée nationale a profité de cette audition pour exprimer sa profonde indignation face à ce qu’il qualifie de campagne de désinformation visant à ternir son image et à discréditer l’institution parlementaire.

Au cœur de l’affaire, les accusations portées par Bachir Fofana, qui a affirmé publiquement que ce marché avait été attribué à Cheikh Guèye, un opérateur économique mis en cause dans une procédure judiciaire pour corruption présumée et association de malfaiteurs. Des déclarations que le président de l’Assemblée nationale juge “mensongères” et “particulièrement graves”.

« Ce discours mensonger associe l’Assemblée nationale à une affaire judiciaire en cours », a-t-il expliqué, soulignant que ces propos jettent le discrédit sur le Parlement, alimentent la suspicion et sèment la confusion dans l’opinion publique.

El Malick Ndiaye a insisté sur le fait que la fonction qu’il occupe l’expose à un niveau de vigilance et de critique inhabituel, souvent instrumentalisé à des fins politiques ou médiatiques. Il a dénoncé la multiplication de rumeurs propagées sur les réseaux sociaux et certains médias, accusant “des individus malintentionnés et leurs complices” de relayer ces informations sans la moindre vérification.

Le président de l’Assemblée a également alerté sur les conséquences de ces allégations, qu’il estime dangereuses pour la crédibilité des institutions et pour la confiance des citoyens dans le fonctionnement normal des marchés publics. Il a précisé qu’aucun lien n’existe entre la procédure judiciaire en cours visant Cheikh Guèye et l’appel d’offres de l’Assemblée nationale.

Se fondant sur les dispositions des articles 255 et 260 du Code pénal sénégalais, qui répriment la diffusion de fausses nouvelles et la diffamation, El Malick Ndiaye a décidé de porter plainte contre Bachir Fofana, ainsi que contre les personnes qu’il accuse d’être ses complices et commanditaires.

À la suite de cette plainte, Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt. Son procès en flagrant délit est programmé pour le 3 juillet prochain devant le tribunal de Dakar.

Cette affaire, qui survient dans un contexte où la question des rapports entre médias et pouvoirs publics est particulièrement sensible, suscite de vives réactions dans le paysage médiatique et politique sénégalais. Les organisations de presse, qui dénoncent ce qu’elles considèrent comme une atteinte aux libertés, appellent déjà à la libération du journaliste et à la recherche de solutions respectueuses des droits fondamentaux et de la déontologie.

Affaire Bachir Fofana : Pape Djibril Fall charge le président de l’Assemblée nationale en pleine séance plénière

Lors du débat sur la loi de finances rectificative 2025, le député de l’opposition accuse El Malick Ndiaye d’être à l’origine de l’incarcération du militant politique Bachir Fofana.

La tension était palpable ce vendredi à l’Assemblée nationale du Sénégal, alors que les députés débattaient du projet de loi de finances rectificative pour l’année 2025. Un moment législatif qui a été marqué par une sortie virulente du député d’opposition Pape Djibril Fall. Profitant de la tribune parlementaire, l’élu a dévié du cadre budgétaire pour interpeller le président de l’institution, El Malick Ndiaye, sur l’affaire judiciaire impliquant le militant politique Bachir Fofana, actuellement placé sous mandat de dépôt pour diffusion présumée de fausses nouvelles.

Dans une déclaration ferme, Pape Djibril Fall a pointé sans détour la responsabilité du président de l’Assemblée dans ce qu’il qualifie de « régression démocratique ». « Tu fais partie de ceux qui symbolisent la régression démocratique du Sénégal, parce que si Bachir Fofana se trouve actuellement en prison, c’est de ta faute », a-t-il lancé, devant une hémicycle figée par la gravité des propos.

L’affaire Bachir Fofana continue de susciter un vif émoi dans l’opinion publique. Militant actif sur les réseaux sociaux et proche de la mouvance contestataire, Fofana est poursuivi pour avoir relayé des informations présumées erronées sur un marché public relatif à l’achat de véhicules destinés aux députés. Des accusations que plusieurs voix, notamment dans les rangs de l’opposition, considèrent comme politiquement motivées.

Pape Djibril Fall, qui n’en est pas à sa première prise de position contre les dérives institutionnelles, a saisi l’occasion pour dénoncer une atteinte à la liberté d’expression et un climat de plus en plus liberticide. Son intervention, brève mais percutante, a ravivé les tensions au sein de l’hémicycle, certains députés réagissant avec indignation, tandis que d’autres l’ont salué pour son courage politique.

Pour l’heure, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, n’a pas réagi officiellement à ces accusations directes. Mais cette passe d’armes illustre le climat électrique qui règne au sein du Parlement, à l’heure où les nouvelles autorités sont scrutées sur leur capacité à garantir les libertés publiques dans un contexte de transition politique sensible.

Dette publique : L’APR et Thierno Alassane Sall exigent des comptes sur les 10 200 milliards FCFA contractés en deux ans

La tension monte autour de la question de la dette publique au Sénégal. Dans un contexte économique tendu, l’Alliance Pour la République (APR), parti de l’ancien président Macky Sall, et le député Thierno Alassane Sall ont tous deux exprimé leurs inquiétudes et critiques concernant l’endettement massif contracté par le nouveau régime en place. Un chiffre cristallise le débat : 10 200 milliards FCFA sur deux ans. Le gouvernement, de son côté, défend sa gestion et dénonce une manipulation des données.

Dans un communiqué publié jeudi, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’APR a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « 10 200 milliards d’endettement sans résultats visibles ». Pour l’ancienne majorité, il est inconcevable qu’un tel niveau d’endettement n’ait produit aucun impact perceptible sur le quotidien des Sénégalais. Le parti exige des explications précises sur la destination de ces montants : 4 500 milliards FCFA contractés en 2024 et 5 700 milliards déjà prévus pour 2025.

Face à ces critiques, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a réagi ce samedi 28 juin devant l’Assemblée nationale. Dans son intervention, il a tenu à rassurer l’opinion et les députés sur la régularité et la transparence des opérations financières de l’État. « Ces 10 000 milliards ne sont pas de la responsabilité du gouvernement actuel », a-t-il martelé, balayant d’un revers de main les accusations portées par l’APR.

Le ministre a aussi précisé que les travaux liés aux différents engagements budgétaires ont été bouclés en décembre dernier, mais n’ont pas encore fait l’objet de discussions parlementaires approfondies. Selon lui, « l’appel d’offres est sérieux et répond à tous les besoins exprimés », tout en insistant sur l’ouverture du gouvernement à toute collaboration visant à détailler les affectations budgétaires.

Le député Thierno Alassane Sall n’a pas mâché ses mots. Dans une publication sur Facebook, il a dressé un tableau sombre de la situation financière du pays. « Les chiffres de cette LFR (Loi de finances rectificative) sont implacables : la dette va s’envoler à 5 715,5 milliards FCFA en 2025 », a-t-il déploré, accusant le régime de creuser la dette sans bénéfices concrets pour la population.

Le parlementaire pointe un échec généralisé : pas d’impact sur le chômage, la vie chère, l’enseignement supérieur, le monde rural, ni sur la santé publique. Pire encore, il accuse : « Pendant ce temps, les néo-apparatchiks se gavent de fonds politiques, financés par la dette ». Pour lui, les Sénégalais subissent les conséquences d’une gouvernance dispendieuse, entre prix à la pompe élevés, pénurie de produits de première nécessité et austérité imposée aux couches les plus vulnérables.

Ce nouvel épisode illustre la fracture entre l’opposition et le gouvernement autour de la politique budgétaire. Tandis que l’APR et certains députés dénoncent une dérive financière, le pouvoir actuel se veut rassurant, invoquant l’héritage lourd laissé par le précédent régime et affirmant œuvrer pour la relance économique.

Alors que les débats sur la Loi de finances rectificative battent leur plein, la polémique sur la dette risque de s’intensifier. Dans un pays où le coût de la vie reste un sujet brûlant, les citoyens, eux, attendent des actes concrets. Et surtout, des résultats visibles.

Sénégal – Assemblée nationale : El Malick Ndiaye dénonce une campagne de désinformation et porte plainte contre le journaliste Bachir Fofana

Dans une affaire qui secoue l’institution parlementaire sénégalaise, El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a été entendu par la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre d’une enquête portant sur la diffusion présumée de fausses informations liées à l’achat de véhicules pour les députés.

Au cœur de cette affaire : des accusations relayées par le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana, selon lesquelles le marché public relatif à l’acquisition de ces véhicules aurait été attribué à Cheikh Guèye, un individu actuellement sous contrôle judiciaire pour corruption présumée et association de malfaiteurs.

Face aux enquêteurs, le président de l’Assemblée nationale, cité par le journal Libération, a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « campagne de désinformation » orchestrée dans le but de ternir son image et de discréditer l’institution parlementaire. Selon lui, ces accusations, relayées massivement sur les réseaux sociaux et certains médias, reposent sur des allégations « mensongères » et « malveillantes ».

« Je suis un homme politique et président de l’Assemblée nationale, au service de la République du Sénégal. Cette double qualité fait de moi une personnalité publique très suivie. Ainsi, la moindre information me concernant est vivement commentée, avec de forts relents politiques et médiatiques », a-t-il déclaré.

El Malick Ndiaye déplore que cette affaire ait été utilisée pour jeter un discrédit injuste sur l’hémicycle : « Des individus malintentionnés, avec leurs complices, s’évertuent depuis quelque temps à diffuser de fausses nouvelles sur l’acquisition de véhicules par l’Assemblée nationale. »

Le président du Parlement réfute fermement les allégations d’un lien entre l’Assemblée nationale et une quelconque procédure judiciaire en cours, en l’occurrence celle impliquant Cheikh Guèye. Il considère que l’affirmation selon laquelle ce dernier aurait obtenu le marché de fourniture de véhicules est « une manipulation de l’opinion publique », soutenue par certains « chroniqueurs supposés » et largement diffusée via les plateformes numériques.

« Une telle information, largement relayée par un système informatique, est attentatoire à la crédibilité de l’institution parlementaire. Elle cherche à faire le lien entre des commandes de véhicules légalement effectuées et un système présumé de corruption », a-t-il martelé.

Sur la base des articles 255 et 260 du Code pénal sénégalais, El Malick Ndiaye a décidé de saisir la justice. Une plainte a été déposée contre Bachir Fofana, ainsi que contre tout complice ou commanditaire présumé. Le journaliste, interpellé en milieu de semaine, a été placé sous mandat de dépôt. Son procès est prévu pour mercredi prochain.

Cette affaire, à la croisée du droit, de la politique et de la liberté de la presse, suscite déjà de vives réactions au sein de l’opinion publique. Si certains dénoncent une tentative d’intimidation des voix critiques, d’autres estiment nécessaire de préserver la dignité des institutions face à la prolifération de fausses informations.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°498 – 28 ET 29/06/2025

🔴 RÉVÉLATIONS D’AFRICA INTELLIGENCE SUR L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT BIO À LA TÊTE DE LA CEDEAO : DIOMAYE DRIBBLÉ PAR SES PAIRS
🔴 SOUS MANDAT DE DÉPÔT, BACHIR FOFANA JUGÉ JEUDI : LA PRESSE EN SURSIS

🔴 MERCATO : PAPE DEMBA DIOP, NOUVELLE RECRUE DE STRASBOURG
🔴 PRÉSIDENCE DE LA LIGUE SÉNÉGALAISE DE FOOTBALL PROFESSIONNEL : ABDOULAYE SEYDOU SOW SORT DU BOIS

Sénégal : l’État mobilise 225,5 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics de l’UEMOA

L’État du Sénégal a réussi une importante levée de fonds sur le marché financier régional à travers une émission conjointe de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT). L’opération, qui s’est tenue le jeudi 27 juin 2025, a permis au pays de collecter un montant total de 225,5 milliards de FCFA.

Cette émission s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de financement des besoins budgétaires et des projets de développement prévus dans la loi de finances 2025. Elle a été organisée par la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor, en partenariat avec l’agence régionale UMOA-Titres qui pilote la mobilisation des ressources sur le marché de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

Le montant mis en adjudication s’élevait à 256,25 milliards de FCFA. La forte appétence des investisseurs régionaux s’est traduite par des soumissions atteignant un total de 264,3 milliards, soit un taux de couverture particulièrement élevé de 128,93 %. Cet engouement témoigne de la confiance renouvelée des marchés financiers sous-régionaux vis-à-vis de la signature souveraine du Sénégal. Au final, le taux d’absorption global, qui correspond au rapport entre les montants retenus et le total proposé par les investisseurs, s’est établi à 85,23 %.

Les souscriptions ont été réparties entre plusieurs pays de l’Union, démontrant la profondeur et la diversification du marché financier régional. La Côte d’Ivoire a été le principal souscripteur avec plus de 145 milliards FCFA d’offres déposées, dont 126 milliards ont été retenus. Le Sénégal lui-même a apporté une contribution significative avec près de 104 milliards soumis et un peu plus de 88 milliards retenus. Le Togo a également participé avec des soumissions intégralement acceptées, de même que le Burkina Faso dont les 2,9 milliards proposés ont été entièrement pris en compte. D’autres États comme le Mali et le Bénin se sont également manifestés au cours de cette opération.

Selon les autorités sénégalaises, les ressources mobilisées permettront de couvrir des besoins prioritaires, notamment le financement des investissements structurants, le soutien aux politiques sociales et le respect des engagements financiers du pays.

Cette émission confirme la bonne dynamique du marché régional des titres publics, qui constitue aujourd’hui un levier essentiel de financement pour les États membres de l’UEMOA. Elle marque également une nouvelle étape dans la consolidation de la crédibilité financière du Sénégal, qui reste l’un des émetteurs les plus actifs et les plus sollicités de la zone.

Mise sous bracelet électronique d’agents des Impôts et des Domaines : le SAID exprime sa vive indignation et appelle à la reconsidération

Le Syndicat autonome des agents des Impôts et des Domaines (SAID) est monté au créneau après la décision judiciaire de placer sous bracelet électronique plusieurs de ses membres, accusés de faits commis dans le cadre de leur activité professionnelle. Dans un communiqué, le SAID dénonce une mesure qu’il juge particulièrement disproportionnée et attentatoire à la dignité des fonctionnaires concernés.

Selon le syndicat, ces agents « auraient agi es qualité dans le cadre de l’exercice normal de leurs fonctions ». Dès lors, le placement sous surveillance électronique est perçu comme « une atteinte grave à la dignité professionnelle de nos agents, mais également une remise en cause des prérogatives et des missions de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) ».

Le Bureau exécutif national du SAID (BEN SAID) insiste sur le fait que ces collègues « ayant agi dans le cadre de leurs attributions légales et réglementaires, méritent le respect et la protection, et non un traitement dégradant qui pourrait ternir leur réputation, nuire à leur moral et, au-delà, entacher l’image de la DGID ».

Le syndicat réaffirme sa solidarité et son soutien « indéfectibles » aux agents mis en cause et exprime sa disponibilité pour les accompagner « dans cette épreuve ».

Enfin, le SAID en appelle aux autorités compétentes pour qu’elles reconsidèrent la décision de justice, tout en se réservant le droit de « mettre en œuvre toute action syndicale nécessaire pour préserver le respect et la dignité des agents des Impôts et des Domaines ».

Vendredi 27 juin 2025, Journée internationale des MPME – La compétitivité des Petites et Moyennes Entreprises : un levier pour la souveraineté économique

Ce 27 juin, la communauté internationale célèbre la journée mondiale des micros, petites et moyennes entreprises. Les Petites et Moyennes Entreprises apparaissent au niveau mondial comme un vecteur essentiel de développement économique et social et joue un rôle vital dans la croissance inclusive et le développement durable, En Afrique, elles sont considérées comme des sources essentielles d’emplois, de revenus, de croissance locale, d’inclusion sociale et de réduction de la pauvreté.

Les PME forment le socle de l’économie sénégalaise, représentant près de la totalité du tissu entrepreneurial et générant une part significative de l’emploi et de la richesse nationale. Pourtant, leur contribution au développement économique reste en deçà de leur potentiel, entravée par des défis structurels et institutionnels. Dans un contexte marqué par la quête de souveraineté économique, renforcer la compétitivité des PME apparaît comme une priorité stratégique pour réduire la dépendance aux importations, stimuler l’industrialisation et créer des emplois durables.

Les PME sénégalaises, bien que omniprésentes dans le paysage économique, évoluent dans un environnement contraignant. L’informalité, estimée à 97% dans ce segment les prive d’un accès sécurisé au financement, aux marchés structurés et à un dispositif public d’accompagnement articulé. Le processus de formalisation, souvent perçu comme complexe, chronophage et fiscalement dissuasif, dissuade de nombreux entrepreneurs à franchir ce pas pourtant fondamental. Pour faire de la formalisation une réelle opportunité de croissance, il devient indispensable de simplifier les démarches via des plateformes numériques intégrées, de mettre en place des régimes fiscaux progressifs adaptés aux petites structures avec des incitations (baisse de l’impôt sur les sociétés, relèvement de la contribution global unique, exonérations fiscales) et d’intensifier les campagnes d’information sur les bénéfices à long terme de l’enregistrement officiel.

Par ailleurs, la capacité des PME à innover et à monter en gamme demeure limitée. Ce déficit d’innovation s’explique notamment par le faible accès aux outils technologiques, l’absence d’études de marché fiables et une offre de formation technique encore insuffisante. À peine 15 % des PME parviennent à différencier leurs produits ou services de manière compétitive sur les marchés locaux ou régionaux. Pour inverser cette tendance, il est crucial de renforcer les passerelles entre les centres de recherche, les universités et les entreprises, en encourageant la co-création, le prototypage, et l’expérimentation à petite échelle. L’appui à la certification qualité, l’adoption d’outils numériques de gestion, et l’accompagnement à la transformation digitale doivent également être érigés en priorités pour booster la productivité.

L’un des obstacles majeurs à la montée en puissance des PME reste l’accès au financement. Malgré les dispositifs mis en place par l’État et les partenaires techniques et financiers, les PME ne bénéficient que d’une fraction minime des prêts bancaires autour de 9 %. Cette situation reflète à la fois la frilosité du système financier vis-à-vis de ce segment, souvent perçu comme risqué, et l’absence d’outils d’évaluation adaptés à sa réalité. Les solutions alternatives telles que le crédit-bail, l’affacturage, le microcrédit structuré ou le financement participatif restent encore peu développées. Une mobilisation plus large, incluant la diaspora à travers des instruments ciblés comme les « diaspora bonds », la création de fonds dédiés à l’amorçage et à la croissance, et l’introduction de plateformes nationales de scoring de crédit, s’impose pour combler ce déficit structurel de financement.

Un autre levier essentiel de compétitivité repose sur l’intégration des PME aux filières stratégiques de production et aux marchés régionaux. Trop souvent, ces entreprises opèrent en marge des chaînes de valeur dominantes, notamment dans l’agriculture, l’industrie légère ou les énergies renouvelables. Ce cloisonnement limite leur potentiel de croissance, leur visibilité et leur capacité à exporter. Le développement de clusters sectoriels régionaux, dotés d’infrastructures de production, de services mutualisés et de normes harmonisées, permettrait non seulement d’augmenter la valeur ajoutée locale, mais aussi de préparer les PME à profiter pleinement des opportunités offertes par la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Encore faut-il que ces entreprises soient accompagnées dans l’adaptation aux standards internationaux, la maîtrise des procédures commerciales et l’intelligence économique régionale.

L’environnement institutionnel constitue un facteur déterminant de performance pour les PME. Trop souvent, les politiques de soutien à l’entrepreneuriat souffrent d’un manque de coordination entre les différents acteurs publics et privés. Les programmes d’appui, bien que nombreux, manquent parfois de lisibilité et de cohérence, réduisant leur impact. La mise en place d’un comité national de pilotage des politiques PME, chargé d’assurer l’alignement des stratégies, de mutualiser les ressources et d’évaluer les résultats, apparaît aujourd’hui comme une nécessité. La professionnalisation des structures d’accompagnement, la consolidation d’un référentiel unique d’intervention, ainsi que l’adoption de mesures fiscales incitatives ciblées renforcerait l’efficacité de l’action publique.

Le cadre d’appui aux PME souffre également d’un manque de cohérence et de lisibilité. La multiplicité des structures d’accompagnement qu’elles soient publiques, parapubliques ou issues de partenariats engendre des redondances, des conflits de compétence et une dispersion des ressources. Malgré la mise en place de plusieurs agences, l’absence de coordination entre ces entités nuit à l’efficacité globale du dispositif. Les PME, souvent peu informées, peinent à identifier les services disponibles et à naviguer dans un écosystème trop fragmenté. Une réforme structurelle s’impose, inspirée d’expériences internationales réussies comme celle de la Malaisie ou de l’Île Maurice, avec la création d’un guichet unique ou d’une agence centrale intégrée assurant à la fois la coordination stratégique, la rationalisation des interventions, et l’optimisation des ressources au service des entreprises.

Enfin, l’accès des PME à la commande publique reste un enjeu central. Alors même que l’État est le principal donneur d’ordre du pays, les petites entreprises rencontrent d’importantes difficultés pour accéder à ce levier de croissance. La lourdeur des procédures, les exigences en matière de garanties financières, la technicité des dossiers ou encore l’absence d’antécédents dans les marchés similaires sont autant de barrières qui limitent leur participation. Bien que des mesures aient été introduites dans le code des marchés publics pour favoriser la sous-traitance aux PME voir même la co-traitance et introduire un système de préférences, leur mise en œuvre demeure timide. Pour transformer la commande publique en véritable moteur de croissance pour les entreprises locales, il urge de renforcer la formation des PME sur les procédures, de vulgariser les opportunités existantes, d’encourager la constitution de groupements, et d’institutionnaliser un quota de contenu local. Cela suppose également une meilleure structuration administrative et financière des PME, appuyée par des dispositifs ciblés de préparation à la commande publique.

Les PME incarnent l’avenir économique du Sénégal. Leur compétitivité est indissociable d’une vision intégrée qui associe formalisation simplifiée, innovation accessible, financement inclusif et intégration stratégique dans les marchés locaux, régionaux et mondiaux. Accroître leur performance, c’est poser les bases d’une économie souveraine, plus résiliente face aux chocs exogènes, capable de créer des emplois décents, de produire localement les biens et services essentiels, et de projeter son expertise à l’international. En cette Journée internationale des PME, il est plus que jamais nécessaire de réaffirmer leur rôle central dans les stratégies nationales de développement. Faire émerger un tissu de PME compétitives et durables n’est pas une option, mais un impératif pour bâtir le Sénégal de demain.

Dr Ibra MBAYE
Économiste – Planificateur
Expert en finances publiques et en développement du secteur privé

Affaire Bachir Fofana : entre liberté de la presse, justice sélective et rupture introuvable ( Par Par Mouhamed Samb, journaliste )

Le journaliste d’abord
 Comme tout journaliste, Bachir Fofana bénéficie de la liberté d’expression garantie par la Constitution. Cette liberté fondamentale lui permet d’analyser l’actualité, d’interroger les faits et de livrer ses lectures, aussi critiques soient-elles. On peut ne pas partager ses positions, on peut même remettre en question l’équilibre de certaines de ses analyses — cela ne fait pas de lui un journaliste de moindre valeur.

Le journalisme est un métier à risque. L’erreur peut exister, une source peut se révéler fragile. Cela fait partie de l’exercice. Mais arrêter un journaliste dans le cadre de ses fonctions revient à porter atteinte à cette liberté d’expression, socle de toute démocratie. Il existe des mécanismes de régulation, comme le CORED, qui peuvent être mobilisés pour arbitrer ce type de situations — à condition qu’ils soient renforcés et réellement opérationnels.

Concernant l’affaire du marché des véhicules, pourquoi l’Assemblée nationale n’a-t-elle pas jugé utile de publier un démenti formel aux affirmations de Bachir Fofana ? Pourquoi tarde-t-elle à éclairer l’opinion sur le choix supposé d’une entreprise étrangère pour ce marché public ? Et si violation du principe de préférence nationale il y a, pourquoi ne pas la clarifier, documents à l’appui ? Il y a, en réalité, des urgences autrement plus importantes que celle d’un marché de véhicules.

La justice en question
 Si le procureur s’est effectivement autosaisi dans cette affaire, il y a lieu de s’interroger. Pourquoi Bachir Fofana ? Pourquoi un journaliste ? Et surtout, pourquoi maintenant ?

On ne compte plus les dossiers sensibles, les délits manifestes, les atteintes graves à la chose publique qui n’ont suscité aucune réaction du parquet. Est-ce cela, la justice de rupture ? Une justice qui cible les journalistes pendant que d’autres affaires, autrement plus graves, dorment dans les tiroirs ?

Une Assemblée loin du peuple
 En tant que citoyens, sans étiquette politique, nous nous interrogeons sur ce que signifie réellement une « Assemblée de rupture ». La 15e législature ne nous ressemble pas. Elle ne répond pas à nos attentes. Elle semble plus prompte à s’occuper de véhicules pour députés qu’à exiger la publication des rapports d’exécution budgétaire, pourtant encadrée par la loi.

N’est-ce pas au Parlement de contrôler l’action du gouvernement ? La rupture ne se proclame pas dans les discours. Elle se prouve dans les actes. Des actes concrets, courageux, qui servent l’intérêt général.

Crier « rupture » ne suffit pas. Il faut la matérialiser.

Libérez Bachir Fofana.

Assemblée générale de la SODAV : 553 millions de FCFA redistribués aux ayants droit en 2024

La Société Sénégalaise du Droit d’Auteur et des Droits Voisins (SODAV) a tenu ce jeudi 26 juin 2025 son assemblée générale ordinaire, consacrée à la présentation du rapport annuel 2024. Les participants ont pu examiner le rapport d’activités, celui sur les affaires culturelles et sociales, ainsi que le rapport financier produit par le commissaire aux comptes.

Aly Bathily, directeur gérant de la SODAV, a salué une performance qu’il juge « positive » dans un environnement numérique en mutation rapide. Le développement du streaming, des plateformes en ligne et de l’intelligence artificielle impacte profondément les modes de diffusion et d’exploitation des œuvres. Pour faire face à ces bouleversements, la SODAV a intensifié ses efforts de digitalisation et modernisé ses outils de gestion collective.

Sur le plan financier, l’exercice 2024 a permis de percevoir 630 millions de francs CFA et de redistribuer 553 692 051 francs CFA aux ayants droit, sur la base de critères équitables et en conformité avec les standards professionnels. « Si l’on se limite au niveau national, la performance est bonne », a déclaré Aly Bathily, qui a remercié l’État du Sénégal pour sa subvention, essentielle au soutien des artistes.

Le directeur gérant a exprimé son optimisme pour les prochaines années. Il a indiqué que la SODAV poursuit l’exploitation des opportunités offertes par l’appui public et s’emploie à améliorer encore la collecte et la répartition des droits, en attendant la mise en œuvre effective de la rémunération pour copie privée. « Nous espérons que les chiffres seront meilleurs l’année prochaine », a-t-il ajouté.

Présidant la rencontre, le Secrétaire d’État à la Culture, Bacary Sarr, a salué la démarche de transparence et la régularité de la reddition des comptes. Il a exhorté la SODAV à maintenir cette dynamique de modernisation et d’information des mandants. Bacary Sarr a par ailleurs apporté des précisions sur deux enjeux essentiels : la copie privée et le statut de l’artiste.

Concernant la copie privée, il a rappelé que le gouvernement avait pris, en Conseil des ministres, des mesures pour finaliser ce dossier, avec l’ambition d’en garantir l’effectivité prochaine. Sur le statut de l’artiste, il a assuré que tous les services concernés restaient mobilisés pour rendre ce dispositif opérationnel, soulignant qu’il constitue une avancée structurante en faveur des créateurs, des interprètes, des danseurs et de tous les professionnels du secteur culturel.

Les débuts compliqués de la diplomatie sénégalaise sous Bassirou Diomaye Faye : révélations d’Africa Intelligence

À peine arrivé au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye se heurte à une série de déconvenues diplomatiques qui fragilisent son ambition de repositionner le Sénégal au centre du jeu régional et international. Selon une longue enquête publiée par Africa Intelligence, ces revers soulignent la difficulté du nouveau pouvoir à trouver sa place dans un environnement où les équilibres de pouvoir sont anciens et les solidarités fluctuantes.

L’un des épisodes les plus révélateurs s’est produit le 22 juin 2025 à Abuja. Ce jour-là, le sommet des chefs d’État de la CEDEAO devait désigner le nouveau président en exercice de l’organisation. Confiant, Bassirou Diomaye Faye anticipait son élection, arguant d’un “droit” fondé à la fois sur la rotation alphabétique et le principe non écrit de l’alternance entre pays francophones et anglophones.

Mais la réunion a tourné court. Contre toute attente, le Nigérian Bola Ahmed Tinubu, président sortant, a annoncé un “consensus” en faveur du Sierra-Léonais Julius Maada Bio. Devant un huis clos tendu, le président sénégalais a contesté la décision, y voyant un contournement des textes et un arrangement politique. Ses arguments n’ont pas trouvé d’écho. Même le président béninois Patrice Talon, seul autre francophone présent, s’est rallié au choix de Bio, invoquant la “continuité” et la nécessité de consolider le consensus.

L’isolement du président Faye a été accentué par l’absence remarquée de deux poids lourds du camp francophone, Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé. Ces derniers avaient pourtant donné des assurances de soutien via des échanges préalables. Leurs ministres des Affaires étrangères, présents à Abuja, se sont abstenus de toute prise de parole en faveur du Sénégal.

Pour apaiser les tensions, un compromis avait été proposé : inscrire dans le communiqué final que la prochaine présidence reviendrait au Sénégal. Le chef de l’État sénégalais a sèchement décliné l’offre, la qualifiant de “marchandage inacceptable”.

Cette défaite symbolique intervient après d’autres échecs diplomatiques. En mai, le Sénégal a vu son candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), Amadou Hott, échouer face au Mauritanien Sidi Ould Tah. La presse spécialisée a pointé un manque de coordination et un engagement insuffisant du tandem exécutif sénégalais, au moment même où le lobbying des concurrents se déployait avec intensité.

Sur un autre front, Bassirou Diomaye Faye avait fait de la réintégration des États de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger) au sein de la CEDEAO une priorité. Pourtant, ses visites à Bamako et Ouagadougou se sont soldées par des refus polis. La rupture reste donc entière entre ces régimes militaires et l’organisation sous-régionale.

L’échec de la candidature sénégalaise au Conseil des droits de l’homme en octobre 2024 a également nourri des critiques au sein du corps diplomatique. Selon Africa Intelligence, Dakar n’a pas même pris la peine de déposer une candidature formelle pour conserver le siège qu’il occupait, laissant le terrain libre à d’autres pays africains.

Ces déconvenues s’ajoutent au malaise provoqué par l’activisme international d’Ousmane Sonko. Le Premier ministre, omniprésent sur la scène africaine, multiplie les voyages officiels, brouillant la ligne diplomatique et la hiérarchie protocolaire. Certains diplomates jugent cette dynamique contreproductive, soulignant que la politique étrangère sénégalaise a toujours été structurée autour du chef de l’État.

Au final, la trajectoire chaotique des premiers mois du mandat Diomaye Faye illustre les limites d’une diplomatie qui peine encore à trouver ses repères. Entre un isolement régional inattendu, une influence continentale fragilisée et une image brouillée par les rivalités internes, la jeune présidence se voit rappelée à la réalité : les réseaux informels, les équilibres anciens et les calculs d’influence pèsent toujours lourd dans le concert ouest-africain.

Si le nouveau pouvoir veut transformer l’élan populaire de son élection en puissance diplomatique, il devra convaincre, tisser de nouvelles alliances et surtout dépasser la méfiance que suscite un changement de régime perçu comme trop abrupt par certains partenaires.

Assemblée nationale : une séance marathon attend les députés ce samedi

À peine ont-ils adopté, ce vendredi 27 juin, la loi portant révision du règlement intérieur, que les députés de la 15ᵉ législature s’apprêtent à reprendre le chemin de l’hémicycle pour une journée parlementaire particulièrement dense.

Dans un communiqué diffusé par sa cellule de communication, l’Assemblée nationale annonce qu’une séance plénière se tiendra ce samedi 28 juin 2025 à partir de 9 heures. Les élus examineront le projet de loi n°11/2025 relatif à la loi de finances rectificative pour l’exercice en cours, un texte qui suscite déjà de nombreux débats dans la classe politique et l’opinion publique en raison des montants inédits de financement envisagés.

La même journée, à 15 heures, les députés poursuivront leurs travaux avec la tenue du Débat d’orientation budgétaire (D.O.B.), rendez-vous annuel qui permet au gouvernement de présenter les grandes lignes de sa stratégie économique et financière pour l’année suivante, et aux parlementaires d’en débattre en amont de la préparation du prochain budget.

Assemblée nationale : les députés adoptent la révision du Règlement intérieur

Les députés de la 15ᵉ législature ont procédé, ce vendredi, à l’adoption de la proposition de loi n°10/2025 portant révision du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Le texte a été approuvé à une très large majorité, recueillant 138 voix favorables et une seule abstention.

Cette réforme vise à doter les élus du peuple des instruments nécessaires pour mener à bien leurs missions constitutionnelles. Selon les initiateurs du texte, le nouveau dispositif permettra aux parlementaires de légiférer, contrôler l’action du Gouvernement et évaluer les politiques publiques dans des conditions renforcées, conformément aux exigences de la Charte fondamentale.

Au cours de la séance, plusieurs amendements ont été soumis au débat, notamment ceux portés par les députés Maguette Sène et Anta Babacar Ngom. Après examen, ces propositions ont été rejetées par l’Assemblée nationale.

Mohamed Mahmoud SID’ELEMINE élu vice-président du Conseil exécutif du WAPP

Réunis à l’occasion de leur 65ᵉ session, les membres du Conseil exécutif du Système d’échanges d’énergie électrique ouest africain (WAPP) ont procédé à l’élection du nouveau vice-président de l’organe. À l’issue des travaux, Mohamed Mahmoud SID’ELEMINE, directeur général de la Société de gestion de l’énergie de Manantali (SOGEM), a été élu pour un mandat de trois ans.

Cette désignation s’inscrit dans le cadre de la résolution WAPP/410/RES.23/06/25, adoptée conformément aux textes fondateurs de l’EEEOA, notamment les décisions des Sommets de la CEDEAO de 1999 et 2006, l’Accord de siège signé avec le Bénin, ainsi que les mises à jour successives de la convention portant organisation et fonctionnement de l’institution.

En qualité de vice-président, Mohamed Mahmoud SID’ELEMINE aura pour mission d’accompagner la gouvernance de l’organisation et de contribuer à la concrétisation de l’un des plus grands chantiers énergétiques de la sous-région : l’intégration des réseaux nationaux d’électricité en un marché régional unifié, fiable et durable. Il devra également veiller à la mise en œuvre efficace des décisions du Conseil exécutif, dont il devient l’un des principaux animateurs.

Créé en 1999 par décision des chefs d’État de la CEDEAO, le WAPP joue un rôle stratégique dans la sécurisation de l’approvisionnement énergétique et le développement des échanges transfrontaliers d’électricité. Le Conseil exécutif pilote la planification, la supervision et l’orientation de cette ambition régionale, considérée comme essentielle pour le développement économique et la stabilité énergétique de l’Afrique de l’Ouest.

Filière mangue en Casamance : les acteurs commerciaux du Balantacounda déplorent le manque d’infrastructures de conservation et de transformation

La filière mangue en Casamance traverse une période de profond malaise. Réunis pour dresser le bilan de la campagne de commercialisation 2025, les acteurs commerciaux du Balantacounda, dans le département de Goudomp, ont exprimé leur inquiétude face à des difficultés persistantes qui plombent ce secteur pourtant vital pour l’économie locale.

Le constat est sans appel : manque d’infrastructures de conservation, absence de logistique de transport adaptée, difficultés chroniques d’accès aux marchés extérieurs. « Chaque année, c’est le même calvaire. Les mangues pourrissent dans les cartons avant même d’arriver à destination », a déploré Ibou Diatta, président de l’Association des vendeurs de mangues du Balantacounda, face à ses collègues, visiblement lassés par une situation qui ne change pas.

Les producteurs et commerçants rappellent que des promesses avaient pourtant été faites. Depuis plusieurs saisons, l’État s’était engagé à construire des chambres froides et une usine de transformation des mangues. Mais sur le terrain, ces engagements demeurent lettre morte. « On nous parle d’infrastructures modernes pour la conservation et la transformation des mangues, mais rien n’a bougé », s’est indigné Ibou Diatta, qui pointe la responsabilité de l’administration dans ces retards répétés.

Les conséquences sont lourdes pour des centaines de familles qui vivent directement ou indirectement de la filière. Faute de moyens de conservation et de transformation, de nombreux commerçants sont contraints de brader leur production, quand ils ne la perdent pas complètement. « Notre travail n’est plus rentable. Nous sommes découragés », a confié un vendeur qui a préféré garder l’anonymat, expliquant qu’il avait perdu plus de la moitié de son stock en seulement quelques jours.

Dans ce contexte, les acteurs du secteur lancent un appel pressant aux nouvelles autorités sénégalaises. Ils demandent la construction rapide d’infrastructures de stockage frigorifique, l’amélioration des routes et des moyens de transport, ainsi qu’un accompagnement spécifique pour faciliter l’accès aux marchés nationaux et internationaux.

« Nous avons besoin d’un vrai plan d’appui. La Casamance regorge de talents et de ressources. Il ne reste qu’à nous donner les moyens de travailler dans de bonnes conditions », a insisté Ibou Diatta, exprimant la lassitude, mais aussi la détermination d’une profession à bout de souffle.

Libération de Bachir Fofana : la CAP interpelle l’Assemblée nationale et dénonce une atteinte à la liberté de la presse

La Coordination des Associations de Presse (CAP) a franchi un nouveau palier ce jeudi en intensifiant sa mobilisation pour obtenir la libération immédiate du journaliste-chroniqueur Bachir Fofana, placé en garde à vue depuis le 25 juin pour « diffusion de fausses nouvelles ».

Une délégation regroupant les principales organisations médiatiques du pays s’est rendue à l’Assemblée nationale afin de rencontrer le cabinet du président El Hadji Malick Ndiaye. Dans un communiqué transmis à Ledakarois, la CAP a salué « la diligence avec laquelle cette audience a été accordée par le Président, bien qu’il ait été appelé à la présidence de la République à la dernière minute ».

Au cours de cette rencontre, les représentants de la presse ont présenté deux demandes jugées prioritaires : le retrait pur et simple de la plainte contre Bachir Fofana et sa relaxe immédiate, ainsi que l’implication active du président de l’Assemblée nationale dans un processus de pacification durable des relations entre le pouvoir exécutif et les acteurs des médias. Selon la CAP, les premières démarches pour obtenir une réponse rapide des autorités auraient déjà été engagées.

L’organisation professionnelle dit exprimer sa « vive inquiétude » après cette interpellation qu’elle considère comme une atteinte grave à la liberté d’expression et de la presse. Elle estime que ce placement en détention « soulève de sérieuses interrogations quant au respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’informer, pilier essentiel de toute démocratie ».

Dans son communiqué, la CAP dénonce fermement ce qu’elle qualifie de « dérive inquiétante », pointant « des convocations et emprisonnements qui incitent à l’autocensure » et une mesure jugée « disproportionnée » pour un simple délit présumé de diffusion de fausses nouvelles. Elle regrette que les mécanismes d’autorégulation, tels que le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie (CORED), n’aient pas été sollicités en amont pour examiner le différend.

Face à cette situation, la Coordination propose des solutions alternatives plus respectueuses des équilibres démocratiques. Elle estime qu’« un rectificatif ou une mise en demeure aurait été une approche plus appropriée, en parfaite conformité avec les principes de déontologie journalistique ».

La CAP rappelle que les dirigeants des organisations membres ont toujours privilégié la médiation et le dialogue comme moyens de résolution des litiges, et précise que des démarches concrètes ont été entreprises avec les différentes parties prenantes pour éviter l’incarcération et prévenir la répétition de tels incidents.

Réaffirmant sa détermination à suivre avec la plus grande vigilance l’évolution de ce dossier sensible, la CAP lance un appel pressant aux autorités judiciaires et politiques en faveur de « la libération immédiate de Bachir Fofana » et exige « le respect scrupuleux des droits des journalistes ». Dans le même temps, l’organisation rappelle aux professionnels de l’information leur responsabilité collective : « L’obligation de respecter les rigueurs professionnelles du métier est la meilleure garantie de ne pas s’exposer inutilement à des poursuites judiciaires ».

Abus de confiance portant sur 65 millions de F CFA : le Pr Daouda Ndiaye traîné en justice par une ONG suisse

Le parasitologue sénégalais et ancien candidat à la présidentielle de 2024, le Pr Daouda Ndiaye, est poursuivi devant la justice pour abus de confiance portant sur un montant de 65 millions de francs CFA. L’ONG suisse Naturasana AG l’accuse d’avoir détourné ces fonds qui étaient destinés à la réalisation d’un projet d’étude clinique finalement resté sans suite.

Le dossier, désormais pendant devant le tribunal, devrait connaître son épilogue judiciaire le 24 juillet prochain, date à laquelle le délibéré est attendu.

Contacté par L’Observateur, le Pr Ndiaye rejette en bloc les accusations qu’il qualifie de « manipulation orchestrée pour nuire à sa réputation scientifique ». Selon lui, il s’agit d’une manœuvre destinée à instrumentaliser sa crédibilité. « Il s’agit d’un groupe d’individus malintentionnés qui ont tenté d’utiliser ma crédibilité pour valider frauduleusement une étude clinique », a-t-il affirmé.

Le chercheur soutient que l’ONG l’avait approché avec des documents censés attester de la réalisation préalable d’une phase 2 d’essai clinique au Cameroun, condition indispensable avant d’engager la phase 3 au Sénégal. Or, après vérification auprès du Comité national d’éthique et de l’OMS, ces documents se sont révélés être des faux, ce qui a entraîné le rejet de la demande d’autorisation de l’étude.

« Ils ont publié une fausse étude en ligne. Lorsqu’ils ont été confrontés aux preuves, ils ont reconnu leur tromperie et ont voulu tout abandonner », a-t-il expliqué. Le Pr Ndiaye affirme d’ailleurs avoir saisi le Procureur de la République pour engager des poursuites contre ces responsables s’ils remettaient les pieds au Sénégal.

Quant à l’utilisation des 65 millions de francs CFA, l’ancien candidat à la magistrature suprême soutient que les fonds ont été employés conformément aux termes du contrat. « J’ai mobilisé une équipe et lancé les travaux préparatoires. Toutes les procédures ont été respectées. Leur demande de remboursement est infondée et ne vise qu’à salir ma réputation », a-t-il insisté.

Diffusion de fausses nouvelles : le chroniqueur Bachir Fofana écroué, procès prévu le 3 juillet

Le chroniqueur Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de sa présentation devant le procureur. Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, il a été écroué en attendant son procès qui se tiendra en flagrant délit le 3 juillet 2025 devant le tribunal de Dakar.

Cette décision intervient après sa convocation et son audition par les enquêteurs, dans un contexte où la lutte contre la désinformation occupe une place de plus en plus centrale dans l’espace médiatique sénégalais. Aucune précision n’a encore été apportée sur la nature exacte des propos ou publications qui lui sont reprochés.

L’affaire suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux de la presse et sur les réseaux sociaux, certains dénonçant un climat de tension grandissant entre les autorités judiciaires et les chroniqueurs critiques. Le procès du 3 juillet sera suivi avec attention, tant par les professionnels de la communication que par les défenseurs de la liberté d’expression.

Commerce des armes : Seydi Gassama plaide à l’ONU pour un contrôle rigoureux des munitions conventionnelles

Le 25 juin 2025, à New York, Seydi Gassama, Directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, est monté à la tribune de la 4ᵉ Réunion préparatoire des États parties sur le cadre mondial pour la gestion des munitions conventionnelles. Dans son intervention, il a lancé un appel pressant aux États membres de l’ONU pour un contrôle renforcé et rigoureux des munitions conventionnelles tout au long de leur cycle de vie, afin de réduire les risques graves qu’elles font peser sur les droits humains et la stabilité internationale.

Dans son discours, il est revenu sur la situation dramatique qui frappe le Sahel depuis plus de trente ans. Il a rappelé qu’au fil des décennies, cette région a connu une violence récurrente, ponctuée d’accords de paix successifs sans jamais parvenir à une paix durable. « Cette violence, marquée par des périodes d’accalmie suite à des accords de paix successifs, a fait des milliers de morts au cours de ces trois décennies », a-t-il souligné.

Le Directeur d’Amnesty International Sénégal a aussi cité les conflits meurtriers en cours, notamment au Soudan et en République démocratique du Congo, où les affrontements ont déjà causé plusieurs milliers de victimes depuis le début de l’année.

Se fondant sur une étude publiée en 2018 par le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), Seydi Gassama a rappelé qu’environ 12 millions d’armes légères et de petit calibre circulent dans l’espace sahélien, dont plus de 500 000 sont détenues par des civils. Il a précisé que ces armes et leurs munitions proviennent souvent d’autres régions d’Afrique, mais aussi de filières internationales incontrôlées. « Les munitions qui alimentent les acteurs non-étatiques viennent d’autres régions du continent, et même parfois en dehors du continent et des mêmes circuits que les ALPC », a-t-il indiqué.

Saluant les avancées internationales, il s’est félicité de l’adoption du Traité sur le commerce des armes (TCA) en 2013 et du nouveau cadre mondial sur la gestion des munitions, adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2023. Il a toutefois insisté sur l’urgence de passer des engagements aux actes concrets. « La mise en œuvre rigoureuse du cadre mondial par tous les États membres permettra de réduire les risques liés à une gestion inadéquate des munitions classiques sur les droits humains, le droit international humanitaire et le développement durable », a-t-il affirmé.

Seydi Gassama a également insisté sur la nécessité d’une coopération technique accrue entre les États et d’une assistance soutenue aux pays qui en ont besoin, jugeant cet appui déterminant pour l’efficacité du nouveau dispositif. Il a enfin souligné le rôle essentiel des organisations non gouvernementales et des communautés, notamment les victimes, les jeunes et les femmes, dans la mise en œuvre du cadre mondial. « Comme pour les processus concernant les armes légères et de petits calibres, la participation des organisations de la société civile, celles des communautés, notamment des victimes, des jeunes et des femmes, doit être recherchée et encouragée par les Nations unies et les États membres », a conclu le Directeur d’Amnesty International Sénégal.

Loi de Finances Rectificative 2025 : Le Sénégal revoit ses ambitions à la baisse mais injecte 500 milliards FCFA pour soulager son économie

Malgré un contexte économique mondial incertain et des défis internes croissants, le gouvernement sénégalais a adopté une Loi de Finances Rectificative (LFR) pour 2025, marquée par une double dynamique : un ajustement prudent des prévisions macroéconomiques et une réponse vigoureuse au besoin de liquidités internes, avec une enveloppe exceptionnelle de 500,9 milliards FCFA destinée au paiement des arriérés de la dette intérieure.

Initialement projetée à 10,7 %, la croissance du PIB pour l’année 2025 a été révisée à 8 %, une baisse significative mais toujours robuste dans un environnement sous tension. Cette révision prend en compte le ralentissement de l’activité économique mondiale, la modération des recettes attendues du secteur pétro-gazier, ainsi que les aléas climatiques pesant sur la campagne agricole.

Dans le même temps, le déficit budgétaire est réévalué à 7,82 % du PIB, bien au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA (3 %), traduisant la volonté du gouvernement de soutenir l’activité malgré les pressions sur les finances publiques. Ce niveau de déficit, quoique élevé, est justifié par la priorité donnée à la relance économique et au règlement de passifs pesants sur les entreprises nationales.

La grande annonce de cette LFR 2025 réside dans le dédblocage de 500,9 milliards FCFA pour le remboursement des arriérés de la dette intérieure. Cette mesure phare vise à soulager les entreprises nationales, particulièrement les PME, étranglées par les retards de paiement de l’État. Ce règlement attendu devrait :

Fluidifier la trésorerie des entreprises locales Stimuler l’investissement privé Renforcer la confiance entre les opérateurs économiques et l’administration Réduire les risques de faillites en cascade dans certains secteurs clefs (BTP, fourniture, services publics délégués, etc.)

En clair, c’est un signal fort envoyé aux acteurs économiques, dans un contexte où la relance repose en grande partie sur la vitalité du tissu productif national.

Le gouvernement sénégalais affiche ainsi une volonté affirmée de soutenir son économie tout en corrigeant ses projections avec réalisme. Le ministre des Finances a souligné que cette révision ne remet pas en cause les grandes priorités du Plan Sénégal Émergent (PSE), mais en ajuste les instruments pour mieux faire face aux urgences conjoncturelles.

Le Sénégal espère, avec ces mesures, stimuler la demande interne, restaurer la confiance des investisseurs, et préserver les acquis macroéconomiques dans la perspective d’une stabilisation à moyen terme. La consolidation des finances publiques reste un objectif, mais elle passe désormais par une relance ciblée et responsable, centrée sur la solvabilité de l’État vis-à-vis de ses partenaires économiques internes.

La LFR 2025 est à la fois un acte de réalisme budgétaire et un geste de confiance envers l’économie nationale. Le pari du gouvernement : payer ses dettes pour relancer la machine économique, tout en gardant le cap des réformes structurelles. Reste à voir si cette injection de liquidités portera les fruits escomptés et permettra au Sénégal de préparer une reprise solide, inclusive et durable à l’horizon 2026.

Dégradation des terres cultivables : l’Institut National de Pédologie à pied d’œuvre pour restaurer la fertilité des sols au Sénégal

Face à l’avancée préoccupante de la dégradation des terres cultivables à travers le pays, l’Institut National de Pédologie (INP) intensifie ses efforts pour proposer des solutions durables, adaptées aux enjeux agricoles du Sénégal. S’appuyant sur des données scientifiques et une approche territorialisée, cette structure technique du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE) œuvre à restaurer la productivité des sols, un enjeu central pour la sécurité alimentaire nationale.

Depuis plusieurs années, l’appauvrissement des sols menace les rendements agricoles, fragilise les exploitations familiales et compromet la résilience des écosystèmes. En réponse, l’INP a lancé des actions ciblées sur le terrain, dans le but d’enrayer la perte de fertilité et de remettre en production durable les terres dégradées.

Dans la zone des Niayes, considérée comme un pôle horticole majeur du pays, la coordination territoriale est confiée à Ndeye Awa Sow, ingénieure agronome spécialisée en génie rural et doctorante en sciences agronomiques à l’Université de Thiès. Sa mission consiste à superviser les activités de terrain visant à restaurer la qualité des sols, un facteur déterminant pour la productivité agricole.

« La qualité des sols conditionne directement les performances agricoles, et donc la sécurité alimentaire à l’échelle nationale », souligne Ndeye Awa Sow.

Sous sa houlette, l’INP met en œuvre un programme national d’amendement des sols, fondé sur des analyses scientifiques rigoureuses et des expérimentations en milieu réel. Ce programme repose sur une note conceptuelle validée par le MASAE, et vise à améliorer les pratiques culturales tout en corrigeant les carences des sols.

Les solutions proposées varient selon les besoins spécifiques des territoires : utilisation de matières organiques pour enrichir les sols appauvris, apports calcaires pour corriger l’acidité, incorporation de biochar pour améliorer la structure des sols. Le programme comprend également des actions d’information, de formation et d’accompagnement des producteurs.

Au-delà de l’aspect technique, l’INP met l’accent sur une utilisation rationnelle des intrants agricoles. Si leur disponibilité est cruciale, leur efficacité dépend étroitement des pratiques des agriculteurs. Consciente de cet enjeu, l’institution a lancé une campagne nationale de sensibilisation dans sept zones agricoles du pays. Objectif : former les producteurs sur les meilleures pratiques d’épandage, les dosages recommandés, et les périodes d’application optimales.

« Il ne suffit pas de livrer des amendements aux producteurs, encore faut-il qu’ils sachent comment les utiliser de manière efficace et durable », insiste Mme Sow.

Des outils pédagogiques, des démonstrations de terrain et un appui technique de proximité sont mobilisés pour accompagner les producteurs dans l’adoption de nouvelles pratiques plus durables.

L’action de l’INP s’inscrit dans une démarche de transition agroécologique, alliant protection des ressources naturelles, amélioration des rendements et adaptation aux effets du changement climatique. À travers ses différentes interventions, l’institut contribue à renforcer la résilience des écosystèmes agricoles et à sécuriser les moyens de subsistance des communautés rurales.

« Assurer la santé de nos sols, c’est aussi assurer notre sécurité alimentaire et notre souveraineté », affirme la responsable de la coordination des actions dans les Niayes.

À ce titre, l’INP entend jouer pleinement son rôle dans la revalorisation durable des terres agricoles sénégalaises.

A. Saleh

Sénégal – L’Assemblée nationale adopte un nouveau Règlement intérieur à une quasi-unanimité

L’Assemblée nationale du Sénégal a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son fonctionnement. Les députés ont adopté, ce mardi, à une quasi-unanimité, le nouveau Règlement intérieur de l’institution. Sur les 139 parlementaires ayant pris part au vote, 138 se sont prononcés pour, un seul s’est abstenu, et aucune voix contre n’a été enregistrée.

Cette révision, saluée de part et d’autre de l’hémicycle, a été présentée comme un tournant majeur dans le renforcement des mécanismes de contrôle parlementaire et l’amélioration de l’efficacité du travail législatif. Selon plusieurs députés, elle marque un pas important vers une Assemblée plus moderne, plus transparente et mieux outillée pour exercer ses missions de législation et de contrôle de l’action gouvernementale.

Le texte, qui a fait l’objet de larges consultations en amont, intègre notamment des dispositions visant à clarifier les procédures internes, à rationaliser l’organisation des débats, et à consolider les droits des groupes parlementaires. Il accorde également une place accrue à la participation des commissions permanentes dans le suivi des politiques publiques.

« C’est une avancée significative pour notre démocratie parlementaire », a souligné un élu de la majorité, tandis que plusieurs membres de l’opposition ont également exprimé leur satisfaction, saluant un processus inclusif et constructif.

Sénégal – L’Assemblée nationale adopte un nouveau Règlement intérieur à une quasi-unanimité

L’Assemblée nationale du Sénégal a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son fonctionnement. Les députés ont adopté, ce mardi, à une quasi-unanimité, le nouveau Règlement intérieur de l’institution. Sur les 139 parlementaires ayant pris part au vote, 138 se sont prononcés pour, un seul s’est abstenu, et aucune voix contre n’a été enregistrée.

Cette révision, saluée de part et d’autre de l’hémicycle, a été présentée comme un tournant majeur dans le renforcement des mécanismes de contrôle parlementaire et l’amélioration de l’efficacité du travail législatif. Selon plusieurs députés, elle marque un pas important vers une Assemblée plus moderne, plus transparente et mieux outillée pour exercer ses missions de législation et de contrôle de l’action gouvernementale.

Le texte, qui a fait l’objet de larges consultations en amont, intègre notamment des dispositions visant à clarifier les procédures internes, à rationaliser l’organisation des débats, et à consolider les droits des groupes parlementaires. Il accorde également une place accrue à la participation des commissions permanentes dans le suivi des politiques publiques.

« C’est une avancée significative pour notre démocratie parlementaire », a souligné un élu de la majorité, tandis que plusieurs membres de l’opposition ont également exprimé leur satisfaction, saluant un processus inclusif et constructif.

Affaire Bachir Fofona : le journaliste déféré au parquet pour diffusion de fausses nouvelles

Le journaliste Bachir Fofona a été déféré, ce vendredi, au parquet de Dakar par la Division spéciale de cybercriminalité (Dsc). Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de déclarations polémiques sur l’acquisition de véhicules destinés aux députés de l’Assemblée nationale.

Interpellé mercredi sur ordre du ministère public, Bachir Fofona a été placé en garde à vue dans les locaux de la Dsc, après avoir relayé sur les réseaux sociaux des informations jugées erronées et non vérifiées concernant un prétendu scandale lié aux conditions d’achat desdits véhicules. Selon les autorités, ses propos auraient contribué à propager une fausse information susceptible de troubler l’ordre public et de jeter le discrédit sur une institution républicaine.

Le journaliste passera la journée dans les locaux du tribunal, communément appelés « la cave », en attendant d’être présenté au procureur de la République. Il appartiendra à ce dernier de décider d’un éventuel placement sous mandat de dépôt ou d’une remise en liberté provisoire.

Cette affaire relance le débat sur la liberté de la presse et la responsabilité des journalistes, dans un contexte national marqué par des tensions entre certains organes de presse et les autorités judiciaires. Plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté d’expression suivent de près cette procédure, dénonçant ce qu’elles considèrent comme une instrumentalisation de la justice pour museler les voix critiques.

APR dénonce une explosion de la dette et réclame des comptes au nouveau régime

Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République fustige la gouvernance économique du gouvernement actuel, exige des explications sur l’usage de 10.200 milliards FCFA contractés en deux ans, et alerte sur un risque de dérive autoritaire.

« Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance Pour la République s’est réuni ce 26 juin, pour examiner les questions cruciales de l’actualité nationale et internationale.

Le SEN a d’abord examiné le projet de Loi de finances rectificative 2025, qui pose un sérieux problème de gouvernance économique et financière, avec un régime plus soucieux de son confort que de trouver des solutions aux souffrances des Sénégalais.

Les membres du SEN exigent avec la plus grande solennité des explications crédibles sur la destination des 10.200 milliards FCFA contractés : 4.500 milliards en 2024 et 5.700 milliards en 2025.

À titre de comparaison, sous le régime du Président Macky Sall, le besoin total de financement en cinq ans – malgré une pandémie mondiale, une guerre en Europe, une flambée des prix, et des projets structurants majeurs – s’élevait à 10.115 milliards FCFA, y compris la soi-disant « dette cachée » qu’à ce jour l’APR conteste formellement.

Le SEN constate, pour le déplorer, qu’en deux ans la dette a atteint le niveau des cinq dernières années sans projet d’envergure, sans relance économique crédible, sans impact concret sur la vie des Sénégalais. Le rythme effréné d’endettement n’est pas seulement irresponsable, il est particulièrement dangereux et menace la stabilité financière, la crédibilité budgétaire du pays, et surtout l’avenir des générations futures.

En outre, vu l’énergie déployée à la recherche de financement sur le marché des obligations et des bons du Trésor, reléguant ainsi au second plan les autres missions importantes du Ministère en charge des Finances, le SEN invite le gouvernement à créer un ministère chargé exclusivement de l’endettement.

Par ailleurs, Le SEN demande la publication sans délai du Bulletin Statistique de la Dette Publique, dont le dernier numéro remonte au mois de juin 2024 afin d’informer les citoyens sur la situation de l’endettement du pays.

Par ailleurs, le SEN s’indigne de l’arrestation du journaliste Bachir Fofana, qui comme tout le monde le sait est depuis longtemps la cible d’un régime dont la volonté est de rétrécir les espaces de liberté acquis de haute lutte et d’imposer la terreur inacceptable dans un État de droit.

Enfin, au sujet du marché de véhicules lancé par l’Assemblée nationale, le SEN réclame toute la lumière sur les procédures l’entourant et la publication de l’identité de l’attributaire conformément aux règles élémentaires de transparence et de bonne gouvernance.

Concernant la vie du parti, le SEN félicite les responsables et militants pour leur mobilisation exceptionnelle lors de la marche du 21 juin à Saint-Louis en faveur de la libération de Mansour Faye, ancien ministre et maire de la ville, des camarades Farba Ngom, Lat Diop, Mansour Faye, Aissatou Sophie Gladima, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye, ainsi que la fin du placement sous bracelet électronique d’Ismaïla Madior Fall.

Le SEN exige également la fin de la détention arbitraire de Moustapha Diakhaté, Abdou Nguer, Assane Diouf et Jérôme Bandiaky, tous victimes d’une vilaine tentative d’effacer les libertés et d’imposer la dictature.

Abordant la situation internationale, le SEN salue le cessez-le-feu obtenu entre L’Iran et Israël et appelle à l’ouverture de négociations sous l’égide de l’ONU en vue d’un retour définitif à la paix dans la région du Moyen-Orient.

Pour conclure, le SEN a dénoncé les crimes commis à Gaza depuis le 7 octobre 2023, a appelé à un cessez-le-feu immédiat et a demandé aux parties prenantes de revenir à la table des négociations pour arriver à la seule solution envisageable : la coexistence de deux États dans des frontières sûres et reconnues.

Dakar, le 26 juin 2025

Le Secrétariat Exécutif National »

Rencontre avec Xi Jinping : Ousmane Sonko promet des retombées concrètes pour le Sénégal

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a exprimé ce vendredi 27 juin 2025 sa grande satisfaction à l’issue de sa visite officielle en Chine, marquée par des entretiens de haut niveau avec les autorités du pays. Il a assuré que ce déplacement, premier hors du continent africain depuis sa nomination en avril 2024, produira des résultats tangibles et rapides au bénéfice des Sénégalais.

Au Palais du Peuple, à Pékin, le chef du gouvernement sénégalais a d’abord rencontré son homologue chinois, Li Qiang, avant de s’entretenir avec le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping. À l’issue des discussions, Ousmane Sonko a déclaré : « Nous sortons très satisfaits de ces rencontres avec les plus hautes autorités chinoises. Dans les jours et les semaines à venir, les Sénégalais verront de façon concrète les retombées de cette visite. »

Il a souligné que ces échanges témoignaient de la qualité du partenariat stratégique entre Dakar et Pékin, un partenariat qui s’est renforcé ces dernières années et que la nouvelle administration entend consolider. « Cette visite marque l’importance que nous accordons à la coopération sino-sénégalaise et l’importance que la Chine accorde à notre pays », a-t-il précisé.

Durant ces séances de travail, la délégation sénégalaise a mis l’accent sur la Vision Sénégal 2050, le programme de développement économique et social élaboré sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Selon Ousmane Sonko, les autorités chinoises se sont montrées attentives et réceptives aux propositions sénégalaises, notamment sur la coopération économique et l’accompagnement du Sénégal dans ses efforts de relance et de transformation structurelle.

« Les audiences nous ont permis de sensibiliser aussi bien le Premier ministre Li Qiang que le président Xi Jinping sur les enjeux en Afrique et au Sénégal. Sur certaines questions, ils ont donné des validations, notamment pour la coopération entre nos pôles de développement et certaines provinces chinoises. Sur d’autres, ils ont pris des engagements fermes pour accompagner le Sénégal », a-t-il indiqué, promettant des résultats visibles et concrets à très court terme.

Le Premier ministre a également insisté sur la nature de cette coopération, qu’il a qualifiée de « juste, équitable et fondée sur le respect mutuel ». Il a salué l’engagement personnel du président Xi Jinping à soutenir la Vision Sénégal 2050 et à appuyer le pays dans ses efforts de redressement, notamment face aux difficultés financières héritées du précédent régime.

En se rendant en Chine, Ousmane Sonko poursuit la volonté du Sénégal de diversifier ses partenariats stratégiques et de consolider ses liens avec les grandes puissances économiques mondiales. Cette visite devrait déboucher sur des accords de coopération dans plusieurs domaines prioritaires, parmi lesquels les infrastructures, l’agriculture, l’énergie et le développement industriel.

Le gouvernement sénégalais annonce que des annonces officielles et des signatures d’accords suivront dans les prochaines semaines.

VISITE OFFICIELLE : SEVILLE ACCUEILLE LE PRESIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE.

Du 30 juin au 3 juillet 2025, Séville s’apprête à accueillir un événement d’envergure mondiale : la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, organisée sous l’égide des Nations Unies. Une rencontre qui se déroule, à un moment où le monde cherche à adapter ses mécanismes de financement aux grands défis de notre époque, en particulier ceux liés à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
Durant quatre jours, institutions financières, gouvernements, banques de développement et entreprises privées vont se retrouver pour discuter de solutions concrètes. Réforme de la fiscalité internationale, lutte contre les flux financiers illicites, accès équitable aux ressources, gestion de la dette : les sujets sont vastes, mais urgents. L’Espagne, en tant que pays hôte, entend faire de cette conférence un espace de dialogue ouvert, où même les voix souvent mises de côté auront leur place.
Parmi les chefs d’État attendus, le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye sera présent à Séville. Si sa participation officielle est inscrite dans le cadre des travaux, un autre moment s’annonce tout aussi marquant : sa rencontre avec la communauté sénégalaise d’Espagne, prévue le 1er juillet à 16h45. L’événement est très attendu. Pour cause : depuis des années, les Sénégalais vivant en Espagne expriment un sentiment d’abandon, voire d’invisibilité dans les politiques publiques.
Malgré leur contribution économique significative à travers les transferts de fonds, beaucoup dénoncent leur exclusion des grandes orientations gouvernementales, des programmes de soutien à l’investissement ou des initiatives d’intégration. Cette rencontre avec le président Faye est donc perçue par beaucoup comme une première, et peut-être le début d’un nouveau rapport entre l’État sénégalais et ses ressortissants en Espagne longtemps laissés en rade dans les politiques gouvernementales.
Ce face-à-face tant espéré pourrait ouvrir la voie à une dynamique plus inclusive, où la diaspora ne serait plus une simple variable d’ajustement ou un grenier électoral, mais bien un acteur impliqué dans la réflexion et la mise en œuvre du développement national. En somme, un moment de vérité, porteur d’espoir pour toute une communauté.

Momar Dieng Diop ESPAGNE

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°497 – 27/06/2025

🔴 PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE 2025 / BAISSE DU PIB NOMINAL : L’ÉCONOMIE PERD 4% DE SA VALEUR
🔴 RÉUNION DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA MAGISTRATURE PRÉSIDÉE PAR LE PRÉSIDENT DIOMAYE FAYE : OÙ EST LA RUPTURE ?

🔴 LIGUE 1 (29e J.) : JARAAF À 90 MINUTES DU SACRE
🔴 LUTTE / « JE SUIS UN LUTTEUR COMPLET » : BALLA GAYE 2 CHAUFFE SITEU

Kaolack : 4,3 tonnes de chanvre indien incinérées par les autorités

Les autorités administratives et sécuritaires de Kaolack ont procédé ce jeudi à l’incinération de 4,3 tonnes de chanvre indien, saisies au cours des opérations menées par les forces de défense et de sécurité. Cette destruction symbolique et dissuasive est intervenue à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, célébrée chaque 26 juin sous l’égide des Nations unies.

La cérémonie s’est déroulée sous la supervision du gouverneur de la région, Mouhamadou Moctar Watt, qui a salué l’engagement constant des forces de l’ordre dans cette lutte. « Cette forte quantité de drogue montre le niveau d’implication des forces de défense et de sécurité dans la lutte contre les drogues », a-t-il déclaré, rappelant que Kaolack demeure un point névralgique du trafic en raison de sa position géographique stratégique reliant plusieurs axes commerciaux.

Malgré les moyens parfois limités dont elles disposent, les forces de sécurité s’emploient à démanteler les filières et à enrayer un trafic dont les conséquences sont particulièrement destructrices pour les familles et l’économie nationale. « Malgré leurs moyens limités, nos forces de défense et de sécurité s’échinent à enrayer ce trafic, dont nul n’ignore les conséquences désastreuses sur les familles et l’économie sénégalaise », a insisté le gouverneur.

Il a par ailleurs mis en garde contre l’inventivité constante des trafiquants, qui multiplient les stratagèmes pour contourner les dispositifs de surveillance et d’interception.

Mouhamadou Moctar Watt a également insisté sur l’importance d’agir sur le terrain de la prévention et de l’éducation. « La sensibilisation doit être faite jusqu’au sein de nos familles. Toute la société doit s’impliquer dans la lutte contre le trafic de drogues », a-t-il plaidé, appelant à une mobilisation collective et permanente face à ce fléau.

Hausse de la dette : l’APR exige des explications sur la destination des 10 200 milliards de francs CFA contractés en deux ans

L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton face à ce qu’elle qualifie de « rythme effréné d’endettement » observé depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau régime. Réunis ce jeudi, les membres du Secrétariat exécutif national (SEN) du parti ont exprimé leur vive inquiétude quant à l’évolution de la dette publique, et exigent des explications détaillées et crédibles sur l’utilisation des 10 200 milliards de francs CFA contractés sur la période 2024-2025.

Selon le communiqué issu de cette réunion, 4 500 milliards de francs CFA auraient été contractés en 2024, suivis de 5 700 milliards projetés pour 2025. L’APR juge ces chiffres alarmants, surtout au regard de l’absence, selon elle, de projets structurants ou de mesures de relance économique visibles sur le terrain.

Le parti fondé par Macky Sall établit une comparaison directe avec la période de son propre magistère. Il rappelle qu’entre 2019 et 2023, le besoin total de financement s’élevait à 10 115 milliards de francs CFA, alors même que le pays faisait face à des chocs d’envergure : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, une flambée des prix mondiaux et le financement de grands projets d’infrastructures. L’APR précise que ce chiffre inclut même la « dette cachée », dont l’existence est toujours contestée par le parti.

Pour l’APR, la situation actuelle est d’autant plus préoccupante qu’aucune réalisation majeure ni réforme économique structurante ne justifie un tel niveau d’endettement. Le parti dénonce ainsi un manque de vision, une gestion budgétaire hasardeuse et une absence d’impact concret sur le quotidien des Sénégalais.

Au-delà des chiffres, l’APR alerte sur les risques majeurs que représente cette dynamique : perte de crédibilité financière, déséquilibre budgétaire croissant et mise en péril de l’avenir des générations futures. Le parti appelle les autorités à plus de transparence dans la gestion des finances publiques, à publier la destination précise des fonds empruntés et à engager un débat national sur la soutenabilité de la dette.

Achat de véhicules pour les députés : l’APR exige des éclaircissements sur les procédures

Réuni ce jeudi, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) s’est penché sur plusieurs sujets jugés urgents, dont l’un alimente une vive polémique dans l’espace public : l’acquisition de véhicules pour les députés de la 15e législature.

Alors que la question fait l’objet d’un large débat sur les réseaux sociaux et dans l’opinion, le parti fondé par l’ancien président Macky Sall appelle à la transparence totale sur ce dossier. Le SEN de l’APR réclame ainsi que toute la lumière soit faite sur les procédures ayant encadré cette opération, jugée sensible dans un contexte économique et social tendu.

L’APR insiste également sur la nécessité de rendre publique l’identité de l’attributaire du marché, conformément aux principes fondamentaux de bonne gouvernance et de redevabilité. Pour le parti, il est impératif que les autorités compétentes fassent preuve de clarté afin d’éviter toute suspicion de favoritisme ou d’irrégularité dans le processus d’acquisition.

Cette prise de position marque un tournant dans la posture de l’APR, qui, bien qu’ayant longtemps été au pouvoir, se positionne ici comme un acteur vigilant face aux pratiques actuelles. Elle s’inscrit également dans une volonté affichée de défendre la transparence dans la gestion des ressources publiques, notamment au sein des institutions de la République.

Sénégal – Fiscalité : Les propriétaires risquent de perdre jusqu’à 30% de leurs revenus locatifs à cause de la nouvelle imposition

La Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) du Sénégal vient de mettre en place une plateforme en ligne dédiée aux déclarations des revenus locatifs. Ce nouvel outil numérique vise à faciliter les démarches des contribuables, leur permettant de calculer de manière automatique le montant imposable sur les revenus générés par la location de leurs biens immobiliers.

Selon une enquête menée par la revue spécialisée « ConfidentielDakar », plusieurs propriétaires ayant utilisé cette plateforme ont constaté que l’imposition appliquée sur leurs revenus locatifs avoisine les 30%. Le système calcule un montant minimum imposable et indique clairement la somme que chaque contribuable doit s’acquitter.

Il est important de souligner que cette imposition sur les revenus locatifs est distincte de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Or, si ces deux prélèvements s’appliquent simultanément, un propriétaire pourrait perdre jusqu’à 37% de ses revenus générés par la location. En effet, la taxe sur le foncier bâti représente généralement entre 5% et 7% des revenus locatifs.

Cette nouvelle mesure fiscale pourrait donc affecter significativement la rentabilité des biens immobiliers mis en location, soulevant des inquiétudes parmi les propriétaires quant à l’impact de ces charges sur leurs revenus nets. La DGID, à travers cette plateforme, entend renforcer la transparence et la régularité dans la déclaration et le recouvrement des impôts liés au secteur locatif.

LFR 2025 : Thierno Alassane Sall dénonce une dette « implacable » de plus de 5 700 milliards et ses impacts néfastes

Le député et président du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a récemment porté à l’attention de l’opinion publique des chiffres inquiétants liés à la future Loi de Finances Rectificative (LFR) de 2025. Par un message publié sur sa page X (anciennement Twitter), l’opposant politique a révélé une dette publique qui s’envolerait à 5 715,5 milliards de francs CFA pour l’année 2025, portant le cumul de la dette sur deux ans à 10 207 milliards.

Face à ces chiffres qu’il qualifie d’« implacables », Thierno Alassane Sall déplore une trajectoire budgétaire qu’il juge insoutenable et peu bénéfique pour la population sénégalaise. Il souligne avec fermeté que cette explosion de la dette ne se traduit pas par des améliorations tangibles dans des secteurs essentiels tels que l’emploi, la santé, les infrastructures ou encore le bien-être général des citoyens.

L’élu de l’opposition insiste notamment sur l’absence d’impact positif de cette dette sur le chômage, le coût de la vie, la situation des étudiants ou encore le développement du monde rural. Pour lui, la hausse constante des emprunts publics semble se faire au détriment des besoins fondamentaux de la majorité des Sénégalais.

Par ailleurs, Thierno Alassane Sall critique également ce qu’il qualifie de « néo-apparatchiks » qui, selon lui, profiteraient des fonds politiques financés par cette dette croissante. Il met en garde contre le poids de cette politique économique sur le pouvoir d’achat des ménages, marqué notamment par des prix à la pompe élevés et des denrées de base devenues hors de portée, aggravant ainsi les sacrifices imposés à la population.

À travers cette dénonciation, le président du parti République des Valeurs appelle à une révision urgente de la gestion des finances publiques afin d’éviter que la dette ne devienne un fardeau insupportable pour le Sénégal, sans générer les effets escomptés sur le développement économique et social du pays.

Santé : Le COMES déclare une grève de 120 heures renouvelable et annonce un sit-in devant le ministère

Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en Spécialisation du Sénégal (COMES) a décidé de durcir sa mobilisation face au silence du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Dans un communiqué adressé à la rédaction Ledakarois, le collectif a officialisé le déclenchement d’une grève d’une durée de 120 heures, renouvelable, à laquelle succédera un sit-in prévu ce lundi devant le ministère.

Cette décision forte fait suite à plusieurs semaines d’alerte et de demandes restées sans réponse. Le COMES dénonce un mutisme persistant des autorités face à leurs revendications, qui portent essentiellement sur l’amélioration de leurs conditions de travail, la régularisation de leur statut, ainsi que la prise en charge effective de leurs droits en tant que professionnels en spécialisation.

Selon les membres du collectif, malgré de nombreuses tentatives de dialogue et d’alerte auprès du ministère de tutelle, aucun engagement concret n’a été pris pour répondre à leurs attentes. Ce silence nourrit un sentiment de frustration et de manque de considération de la part des autorités sanitaires.

Le COMES souligne que les professionnels qu’il représente jouent un rôle clé dans le système sanitaire sénégalais, mais qu’ils continuent de faire face à des difficultés liées à leur statut et à leurs conditions d’exercice. Ils exigent donc des mesures urgentes qui garantiraient une meilleure prise en compte de leur situation.

Le collectif avertit que si aucune mesure tangible n’est adoptée dans les prochains jours, leur mouvement de protestation pourrait s’intensifier, affectant ainsi davantage le fonctionnement des structures de santé. Cette nouvelle phase de mobilisation intervient dans un contexte où la pression sur le secteur sanitaire ne cesse de croître, rendant les négociations d’autant plus cruciales pour assurer la continuité des soins.

En attendant, le COMES appelle à la solidarité des autres acteurs du secteur et à l’attention de l’opinion publique sur la nécessité d’une réponse rapide et adaptée à leurs revendications légitimes. Le sit-in de lundi prochain constituera ainsi un moment clé pour mesurer la capacité des autorités à engager un dialogue constructif et apaiser les tensions.

Arrestations de journalistes et de chroniqueurs : le FDR dénonce une « instrumentalisation » de la justice et des libertés publiques « bâillonnées »

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau ce mercredi pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive préoccupante des institutions judiciaires et une atteinte grave aux libertés fondamentales. Dans une déclaration ferme, l’opposition réunie sous la bannière du FDR a exprimé ses vives inquiétudes face à ce qu’elle qualifie d’« instrumentalisation flagrante de la justice », au détriment des principes de l’État de droit.

Selon le FDR, la justice sénégalaise est aujourd’hui utilisée à des fins politiques. Le Front affirme que celle-ci s’est éloignée de sa mission d’impartialité pour devenir un outil de règlement de comptes contre des opposants, des chroniqueurs et des journalistes. Il évoque des procédures ciblées, des jugements expéditifs et des décisions judiciaires qui suscitent de plus en plus d’incompréhension et de méfiance chez les citoyens. Pour le Front, cette situation érode dangereusement la confiance dans les institutions républicaines et menace l’équilibre démocratique du Sénégal.

Le FDR s’alarme également d’un climat d’étouffement des libertés publiques. Bien que les manifestations pacifiques ne soient pas formellement interdites, elles font systématiquement l’objet d’une répression, selon le communiqué du Front. L’organisation pointe aussi une pression fiscale jugée « étouffante » sur les organes de presse, ainsi qu’un harcèlement constant contre les chroniqueurs et activistes. Ce climat général, estime le FDR, engendre une citoyenneté bâillonnée, où la peur et la répression prennent le pas sur le débat démocratique et la liberté d’expression.

Pour conclure, le FDR appelle à un sursaut national face à ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir. Il enjoint les forces vives du pays à défendre les droits fondamentaux, la justice indépendante et la liberté d’informer, socles essentiels de toute démocratie véritable.

Présumé virement frauduleux à Orabank : le Nigérian Usman Danmudi Auwal arrêté à l’AIBD

L’affaire du présumé virement frauduleux à Orabank connaît un nouveau rebondissement majeur. Usman Danmudi Auwal, ressortissant nigérian et présenté comme un chef d’entreprise, a été interpellé par les éléments de la Division des investigations criminelles (DIC) alors qu’il tentait de quitter le Sénégal par l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). L’homme était activement recherché depuis le déclenchement de cette affaire qui secoue le secteur bancaire national.

Selon des sources judiciaires, Usman Danmudi Auwal a été déféré mercredi devant le parquet de Dakar. Il est poursuivi pour une série de délits graves, dont l’association de malfaiteurs, le faux et usage de faux en écritures privées de banque, l’escroquerie, la manipulation frauduleuse de données d’identification de compte bancaire, ainsi que le blanchiment de capitaux. Autant de charges qui soulignent la complexité du dossier et la dimension transnationale des faits reprochés.

Les enquêteurs de la DIC ont identifié un lien direct entre l’accusé et les transferts suspects : le compte bancaire d’Usman Danmudi Auwal faisait partie des bénéficiaires du virement frauduleux incriminé. Cette révélation a été déterminante dans l’enquête, accélérant les recherches et débouchant sur son arrestation.

Cette nouvelle interpellation intervient après celle de Papa Oumar Sambe, autre suspect clé dans ce dossier. Ce dernier, ancien chargé de protocole à la Commission électorale nationale autonome (CENA) et par ailleurs gérant de la société Post Trading, avait été placé en garde à vue avant que les investigations ne s’élargissent au niveau international.

Les autorités judiciaires poursuivent leurs investigations pour démanteler l’ensemble du réseau impliqué dans cette opération financière frauduleuse qui, selon les premières estimations, pourrait avoir causé d’importants préjudices.

Conseil supérieur de la magistrature : trois nouvelles nominations à la Cour suprême

Lors de la réunion du Conseil supérieur de la magistrature tenue ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à d’importantes mesures individuelles dans le haut commandement judiciaire. Ces décisions s’inscrivent dans le vaste mouvement de réaménagement de la carte judiciaire sénégalaise entamé depuis quelques semaines. Elles concernent cette fois la Cour suprême, l’instance juridictionnelle la plus élevée du pays.

Trois magistrats ont été promus à de nouvelles fonctions au sein de cette juridiction de dernier ressort. Il s’agit d’abord de madame Henriette Diop Tall, précédemment en détachement auprès de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), qui rejoint désormais la Cour suprême en tant que Conseillère. Sa nomination marque un retour dans l’appareil judiciaire après une expérience notable dans le secteur de la régulation des marchés publics.

Monsieur Mamadou Seck Diouf, jusque-là Avocat général délégué près la Cour suprême, voit son parcours se poursuivre à un niveau plus élevé. Il est promu au poste de Conseiller délégué à la Cour suprême, consolidant ainsi son ancrage dans les hautes sphères de l’institution.

Enfin, monsieur El Hadji Birame Faye, qui occupait les fonctions de Conseiller référendaire à la Cour suprême, a également été élevé au rang de Conseiller délégué. Cette décision vient récompenser un parcours constant au sein de la magistrature suprême.

Ces nominations traduisent la volonté du chef de l’État d’insuffler un nouveau souffle au sommet du pouvoir judiciaire sénégalais, en s’appuyant sur des profils expérimentés et diversifiés. Elles s’inscrivent dans un processus plus large de refonte des responsabilités et de redéploiement stratégique au sein des principales juridictions du pays.

Sénégal – LFR 2025 : Un budget de réajustement face aux défis économiques

Le gouvernement sénégalais a dévoilé le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2025. Ce document marque un tournant stratégique dans l’exécution budgétaire du pays, en pleine mutation économique. Il s’inscrit dans la dynamique de transformation inscrite dans l’Agenda national « Sénégal 2050 », tout en prenant en compte les mutations économiques récentes à l’échelle mondiale et nationale.

Au niveau international, l’économie mondiale fait face à un net ralentissement. La croissance mondiale a été révisée à la baisse, à 2,3 % pour 2025 et 2,4 % pour 2026, selon les dernières perspectives de la Banque mondiale. Cette dégradation est portée par un cumul de facteurs : une intensification des tensions commerciales provoquées par les nouvelles barrières tarifaires américaines, des réponses de rétorsion de la part des partenaires commerciaux, des perturbations persistantes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, des conditions de financement difficiles malgré un léger relâchement des politiques monétaires des grandes banques centrales, ainsi qu’un risque de récession mondiale qui s’est accentué. Celui-ci est passé de 17 % en octobre 2024 à 30 % en avril 2025.

À ces facteurs s’ajoutent les effets géopolitiques du conflit en cours entre Israël et l’Iran. Cette guerre provoque une instabilité aux conséquences économiques lourdes pour les pays en développement comme le Sénégal, qui subissent à la fois une baisse de la demande extérieure, une forte volatilité des cours des matières premières et une hausse des coûts de financement. Le climat d’incertitude pourrait également décourager l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Sur le plan national, le gouvernement a dû revoir son cadrage macroéconomique. Plusieurs éléments expliquent ce réajustement. Il s’agit d’abord de la prise en compte des conclusions du rapport de la Cour des comptes, qui a entraîné une actualisation du service de la dette et une reprogrammation réaliste des dépenses d’investissement. Par ailleurs, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a assoupli sa politique monétaire en réduisant ses taux : le taux directeur est passé de 3,5 % à 3,25 %, tandis que le taux de prêt marginal est désormais fixé à 5,25 % au lieu de 5,5 %.

Conséquence directe de ces ajustements, le gouvernement a revu à la baisse ses projections économiques. La croissance, initialement attendue à 8,8 %, est désormais réévaluée à 8,0 %. Bien qu’en recul, cette performance demeure la plus élevée prévue sur le continent africain pour l’année 2025. Elle reste essentiellement portée par l’entrée en production du secteur des hydrocarbures, qui constitue un levier majeur dans la stratégie de croissance du pays.

En revanche, la croissance hors hydrocarbures, estimée à 3,8 %, s’appuiera sur une relance ciblée de secteurs stratégiques jugés à fort potentiel. Toutefois, cette dynamique est atténuée par une contraction du produit intérieur brut nominal. Celui-ci est désormais projeté à 21 690,5 milliards de FCFA, contre 22 597,7 milliards prévus initialement, soit une baisse de 907,2 milliards FCFA représentant une réduction de 4,0 %.

Crise nationale : Khalifa Sall et ses alliés dénoncent les dérives du régime Diomaye Faye

La Conférence des leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), réunie ce mercredi 26 juin 2025 au siège de Taxawu Sénégal, a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Dans un communiqué aux accents fermes, le regroupement dirigé par Khalifa Ababacar Sall a dénoncé une « crise multidimensionnelle sans précédent », et lancé un appel à la mobilisation nationale face à ce qu’il qualifie de dérives autoritaires du régime de Bassirou Diomaye Faye.

Le FDR a d’abord dressé un bilan interne jugé satisfaisant de ses six premiers mois d’existence. Les leaders se sont félicités du parachèvement de l’organisation de leur structure, avec des commissions pleinement actives, et ont salué le leadership de leur coordonnateur sortant, Khalifa Sall, qui termine son mandat le 30 juin. À l’unanimité, ils ont désigné Samba Sy, secrétaire général du PIT, pour lui succéder à la tête du Front à partir du 1er juillet. Le communiqué évoque un homme d’écoute, de consensus et de fidélité à l’idéal républicain, désigné pour conduire les prochaines batailles.

Mais c’est surtout sur l’état du pays que les leaders du FDR ont haussé le ton. Selon eux, le Sénégal, longtemps considéré comme un exemple démocratique sur le continent, traverse une période d’instabilité profonde marquée par une crise politique, financière, économique et sociale. Le communiqué dénonce un climat de répression généralisée, une justice instrumentalisée et une société civile muselée. Le FDR accuse le pouvoir de faire de la justice un outil de règlement de comptes politiques, avec des procédures ciblées, des décisions jugées arbitraires et une pression constante sur les opposants, les journalistes et les activistes.

Les libertés publiques sont également au cœur des préoccupations du Front. Les manifestations pacifiques, bien que non interdites, seraient systématiquement réprimées. Les médias seraient sous pression, notamment via la fiscalité, tandis que plusieurs chroniqueurs subiraient menaces, intimidations et incarcérations. Le FDR parle d’un climat d’étouffement des voix discordantes et d’un recul démocratique préoccupant.

Sur le plan économique, le diagnostic dressé par le FDR est alarmant. Il évoque une dette publique jugée insoutenable, un déficit budgétaire jamais atteint, une inflation persistante et un chômage massif des jeunes. Le Front accuse le régime de mauvaise gestion, notamment dans le secteur agricole avec l’arrêt des chantiers publics, la mauvaise qualité des semences, la rareté des engrais et l’absence de soutien aux producteurs. Le gouvernement est également critiqué pour sa stratégie économique, qualifiée de brouillonne, déconnectée des réalités du terrain et sans vision à long terme.

Face à cette situation jugée préoccupante, le FDR appelle à un sursaut collectif. Le communiqué exhorte la société civile, les syndicats, les partis politiques et toutes les forces vives à s’unir pour faire barrage à la « mal gouvernance du régime Diomaye-Sonko ». Le Front dit vouloir engager des luttes multiformes contre les dérives liberticides et pour la préservation des libertés fondamentales, d’une justice indépendante et d’un État au service du peuple.

Dans une conclusion sans équivoque, le FDR affirme que le Sénégal mérite mieux. Le peuple, dit-il, mérite une justice libre, une gouvernance éthique et une démocratie solide. Le combat continue, promet la coalition, qui se dit plus que jamais mobilisée pour la défense des libertés, de la justice et de la République.

Conseil supérieur de la Magistrature : des magistrats détachés à la Présidence, à la Primature et à l’international

Le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) s’est tenu ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Cette session a permis d’entériner plusieurs décisions relatives au positionnement de magistrats sénégalais dans différents services nationaux et internationaux.

Parmi les principales mesures, plusieurs magistrats ont été placés en position de détachement. C’est le cas de Moustapha Ka, conseiller technique au ministère de la Justice, désormais affecté à la Présidence de la République. Alassane Ndiaye, également conseiller technique, rejoint la Primature dans le même cadre. Firmin René Jim Coly, précédemment détaché au ministère des Infrastructures, poursuivra sa mission à la Société nationale de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE).

Cyr Gomis, secrétaire général de l’Observateur national des lieux de privation de liberté, est à son tour détaché auprès du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens. Magatte Diouf, président de chambre à la Cour d’appel de Tambacounda et également secrétaire général de cette juridiction, est affecté à l’Agence judiciaire de l’État (AJE), sous la tutelle du ministère des Finances et du Budget.

La magistrate Ndioba Diome, substitut du procureur près le Tribunal de grande instance de Rufisque, rejoint la Présidence de la République, au sein de la Délégation générale du Renseignement national (DRN), en tant que conseillère juridique.

Le Conseil a également validé le renouvellement des détachements de Souleymane Bassoum au ministère des Infrastructures, ainsi que de Mamadou Racine Ly à la Cour pénale internationale (CPI), prolongeant ainsi leur mission dans ces institutions.

Par ailleurs, deux magistrats ont été placés en position de disponibilité. Cheikh Ahmadou Bamba Niang intègre un programme sécuritaire financier en qualité d’expert juriste. Quant à Assane Dramé, il rejoint l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en Afrique centrale, également comme expert.

Ces décisions s’inscrivent dans une dynamique de renouvellement et de repositionnement stratégique de l’appareil judiciaire sénégalais, visant à valoriser l’expertise nationale à la fois sur le plan local et international.

Conseil supérieur de la magistrature : vaste chamboulement dans les juridictions de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda

La réunion du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), présidée ce jeudi 26 juin 2025 par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye au Palais de la République, a donné lieu à une vague de nominations et d’affectations majeures dans plusieurs ressorts judiciaires du pays. Ce réaménagement, perçu comme un tournant dans la gestion des ressources humaines de la magistrature, touche les cours d’appel de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda.

Dans le ressort de la Cour d’appel de Thiès, plusieurs postes de responsabilité ont été renouvelés. Alioune Sissokho, jusque-là avocat général à la Cour d’appel de Kaolack, rejoint la Cour d’appel de Thiès au même poste. Cheikhna Anne, anciennement en détachement auprès du ministère de l’Énergie, devient substitut général à la même juridiction. El Hadji Mamadou Ndiaye, qui présidait le Tribunal d’instance de Tivaouane, prend la tête du Tribunal de grande instance de cette localité. El Hadji Malick Dembélé, détaché au ministère des Finances, est nommé président du Tribunal d’instance de Diourbel. Mamadou Bassirou Ndiaye, en provenance du ministère de la Pêche, devient procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Tivaouane. Khady Sakho, conseillère à la Cour d’appel de Thiès, est affectée comme juge au Tribunal de grande instance de Thiès. Modou Mar Ndiaye quitte la présidence du Tribunal d’instance de Diourbel pour prendre les rênes de celui de Tivaouane, tandis que Babacar Diomaye Diouf, précédemment juge à Dakar, est affecté à Diourbel.

Dans la Cour d’appel de Kaolack, Fatou Ngom Sissokho, qui présidait le Tribunal d’instance de Kaffrine, est désormais juge au Tribunal de grande instance de Kaolack. Elle est remplacée à Kaffrine par Amadou Diatta, ancien président de chambre à la Cour d’appel de Kaolack.

Au niveau de Saint-Louis, Idrissa Yéro Dème, jusque-là substitut du procureur à Matam, rejoint le Tribunal de grande instance de Saint-Louis en qualité de substitut du procureur.

Dans la région sud du pays, le ressort de la Cour d’appel de Ziguinchor connaît également des changements notables. Serigne Modou Diakhaté, ancien conseiller à la Cour suprême, est promu Premier président de la Cour d’appel de Ziguinchor. Il sera épaulé par Awa Nguenah Manga, ancienne vice-présidente du Tribunal du travail de Dakar, désormais nommée présidente de chambre à Ziguinchor.

Enfin, à Tambacounda, Abdourahmane Diallo, président de chambre à la Cour d’appel, cumulera désormais ses fonctions avec celles de secrétaire général de ladite cour.

Conseil supérieur de la magistrature : plusieurs magistrats nommés à l’administration centrale du ministère de la Justice

Réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, le Conseil supérieur de la magistrature a procédé à un vaste mouvement au sein du corps judiciaire. Outre les nominations dans les cours d’appel et tribunaux, plusieurs affectations ont été prononcées à l’administration centrale du ministère de la Justice.

Parmi les personnalités concernées, Oumar Sall, jusque-là président de chambre à la Cour d’appel de Dakar, rejoint l’administration centrale du ministère. Il en est de même pour Khokhane Sène, également précédemment président de chambre dans la même juridiction. Ces deux magistrats chevronnés sont appelés à mettre leur expérience au service de la gestion centrale de la justice.

Par ailleurs, Fatou Binetou Ndiaye, qui était en détachement au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, est rappelée et réintégrée dans le dispositif du ministère de la Justice. Elle y retrouvera une fonction stratégique dans les services de l’administration.

Deux autres magistrats de juridictions du premier degré rejoignent aussi les services centraux. Mouhamadou Ndéné Ndir, précédemment en poste au tribunal du travail hors classe de Dakar, et Ndèye Awa Diagne, ancienne juge au tribunal de grande instance hors classe de Dakar, sont désormais affectés à l’administration centrale.

Ces affectations confirment une volonté présidentielle de réorganiser les ressources humaines de la Justice pour renforcer l’efficacité de l’administration judiciaire au niveau central. En confiant des fonctions internes à des magistrats expérimentés, le chef de l’État entend consolider les réformes en cours dans le secteur.

Ce mouvement, loin d’être anodin, intervient dans un contexte de refonte annoncée du fonctionnement de la justice, où l’exigence de transparence, d’efficacité et de modernisation est au cœur des priorités de la nouvelle équipe dirigeante.

Réunion du Conseil supérieur de la magistrature : 20 magistrats nommés à la Cour d’appel de Dakar

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce jeudi 26 juin 2025 une importante réunion du Conseil supérieur de la magistrature au Palais. Cette rencontre a été marquée par une série de nominations au sein de la Cour d’appel de Dakar, avec l’arrivée de vingt magistrats à divers postes clés. Une réorganisation significative qui s’inscrit dans la dynamique de réforme de la justice sénégalaise.

Parmi les personnalités promues, Aminata Fall Cissé fait son entrée en tant que Présidente de Chambre à la Cour d’appel de Dakar, après un détachement auprès du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères. Mbaye Pouye, ancien conseiller technique au ministère de la Justice, ainsi qu’Aïssatou Diouf Samb, ex-vice-présidente du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, accèdent également à des présidences de chambre au sein de la juridiction.

Le juge Massaer Sarr, qui officiait au Pool judiciaire financier, est également promu Président de Chambre. Dans le même élan, Moustapha Fall devient conseiller à la Cour d’appel, tandis que Soyoubou Sy et Aliou Diop sont nommés avocats généraux, respectivement en provenance des Cours d’appel de Thiès et Tambacounda.

Le mouvement touche aussi des magistrats en fonction dans d’autres juridictions. Samba Ndiaye, jusque-là à la Chambre d’accusation financière, rejoint le tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Abou Dièye et Cheikh Mbengue, tous deux juges à Mbour et Thiès, deviennent juges d’instruction au Pool judiciaire financier.

De nouvelles responsabilités ont également été confiées à Fatou Sylvie Kouedou, désormais vice-présidente du tribunal de Pikine-Guédiawaye, et à Ndella Dièye, qui rejoint le tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Khadim Diagne est redéployé au tribunal du travail hors classe de Dakar.

Par ailleurs, plusieurs magistrats intègrent de nouveaux tribunaux ou changent de ressort : Moussa Deh à Pikine-Guédiawaye, Babacar Ngom à Rufisque, et Ndiyaye Sarr à Rufisque également. Dans le parquet, Mamadou Doudou Senghor, Abibatou Yague, Thierno Ismaïla Diallo et Mouhamadou Ndiaye Sarr se voient confier de nouvelles fonctions, notamment au sein des parquets financiers ou dans les juridictions de grande instance.

Ces nominations traduisent la volonté du chef de l’État d’insuffler une nouvelle dynamique dans l’appareil judiciaire, notamment en consolidant les effectifs de la Cour d’appel de Dakar, une juridiction stratégique dans le paysage judiciaire sénégalais. Elles confirment aussi un mouvement d’ensemble observé dans les différentes juridictions du pays à la suite de cette réunion du Conseil supérieur de la magistrature.

Conseil supérieur de la Magistrature : le président Diomaye Faye opère de vastes changements dans la justice

Le Conseil supérieur de la Magistrature s’est réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. À l’issue de cette séance, plusieurs décisions majeures ont été prises, entraînant un remaniement d’ampleur au sein de l’appareil judiciaire.

Le chef de l’État, qui préside le Conseil, a procédé à une série de nominations touchant des juridictions stratégiques du pays. Ces changements concernent notamment la Cour suprême de Dakar, cœur du pouvoir judiciaire, mais aussi les Cours d’appel de Dakar, Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda. L’administration centrale de la Justice n’est pas en reste, avec des ajustements opérés à des postes clés.

Cette vague de mutations intervient dans un contexte où l’exécutif affiche sa volonté de redonner à la Justice toute son autorité, son indépendance et sa crédibilité. Ces décisions traduisent aussi l’ambition du président Diomaye Faye de remettre à plat l’organigramme du pouvoir judiciaire, en y insufflant une nouvelle dynamique de rigueur, d’éthique et d’équité.

Selon des sources proches du dossier, l’objectif est de renforcer l’efficacité des juridictions sur l’ensemble du territoire national, tout en corrigeant certains déséquilibres observés ces dernières années dans la répartition des magistrats et des responsabilités. Ce renouvellement marque donc un tournant important pour la Justice sénégalaise.

Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye

Tiaroye 1944: Une blessure encore vive au Sénégal; vers la reconnaissance et les réparations d’un crime colonial oublié

Le 1er décembre 1944, des dizaines, voire des centaines de tirailleurs africains sont massacrés à Tiaroye, dans la banlieue de Dakar, par l’armée coloniale française. Huit décennies plus tard, cet épisode tragique continue de hanter les mémoires. Une nouvelle dynamique, lancée par le Premier ministre Ousmane Sonko, entend briser le silence historique autour de cette tuerie coloniale restée impunie.

Le 19 février 2025, Sonko a officiellement lancé une campagne d’excavations archéologiques sur le site du massacre. L’objectif est triple : faire toute la lumière sur les circonstances du drame, identifier le nombre exact de victimes et initier une démarche de justice historique et symbolique.

Dans un micro-trottoir diffusé récemment sur les réseaux sociaux, plusieurs habitants de Dakar se sont exprimés sur l’importance de cette initiative. Pour eux, la vérité historique est indispensable à toute démarche de réparation. Comme le souligne un intervenant : « Une injustice, qu’elle dure 100 ans ou 100 heures, reste une injustice. Elle doit être réparée à tout moment ».

La demande de réparations prend ici plusieurs formes. Pour certains, elle devrait être financière, pour d’autres, elle passe aussi par une reconnaissance symbolique des faits et la transmission de la mémoire. « La réparation est multiforme, elle peut être pécuniaire ou d’autres formes… même un pardon symbolique peut être un début », déclare un citoyen interrogé dans la vidéo.

La quête de vérité avance : « Ces fouilles-là permettraient quand même de faire de grandes avancées pour découvrir la vérité dans cette histoire », estime un autre intervenant. Les doutes autour de la version officielle, en particulier celle fournie par les autorités françaises, renforcent la nécessité d’un travail indépendant. « Si c’est la France qui donne les chiffres, là ça peut avoir des problèmes », prévient un jeune Dakarois.

Le sentiment d’injustice traverse toutes les prises de parole. La responsabilité française est pointée du doigt, et le crime colonial ne doit pas rester sans suite : « La France, elle est responsable… un crime de guerre, on peut discuter, mais il faut que ce soit très clair », affirme l’un des témoins.

L’émotion populaire s’exprime aussi dans l’art. Le musicien guinéen Elie Kamano a récemment sorti un clip poignant sur le massacre de Tiaroye, appelant à la mémoire et à la justice pour les descendants de ces soldats oubliés.

Ce réveil mémoriel s’inscrit dans une volonté plus large de rupture avec l’impunité historique dont jouit encore la France en Afrique. Pour les autorités sénégalaises, il ne s’agit pas seulement de faire œuvre de mémoire, mais d’exiger des réparations à la hauteur de la tragédie. Le massacre de Tiaroye est devenu un symbole : celui d’une époque d’arrogance coloniale qui doit impérativement prendre fin. Le temps est venu de rendre justice aux victimes et de clore ce chapitre sombre par un acte de reconnaissance et de réparation.

Par AWA DEMBELE

Sénégal : vaste mouvement dans la magistrature entériné par le Conseil supérieur ce 26 juin 2025

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) s’est réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence effective du Chef de l’État. Cette séance a abouti à un important remaniement au sein de l’appareil judiciaire, marqué par de nombreuses nominations, affectations et titularisations, touchant à la fois les plus hautes juridictions et les tribunaux de première instance à travers le pays.

La haute juridiction du pays accueille trois nouveaux magistrats. Mme Henriette Diop Tall, précédemment en service à l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), a été nommée conseillère à la Cour suprême. Elle est accompagnée de M. Mamadou Seck Diouf et M. El Hadji Birame Faye, tous deux nommés conseillers délégués.

Au niveau de l’administration centrale du ministère de la Justice, cinq nouveaux magistrats ont été intégrés. Parallèlement, à la Cour d’appel de Dakar, plusieurs présidents de chambre ont été nommés, notamment Mme Aminata Fall Cissé et M. Mbaye Pouye, confirmant la volonté de renforcer la gouvernance et la célérité dans le traitement des affaires judiciaires.

Dans un contexte de lutte contre la criminalité économique et financière, le Pool judiciaire financier a vu ses effectifs renforcés par l’arrivée de nouveaux juges d’instruction spécialisés, chargés de traiter les dossiers complexes liés à la corruption, au blanchiment de capitaux et aux détournements de deniers publics.

Plusieurs substituts du procureur ont été redéployés vers diverses juridictions du territoire national. Les localités concernées incluent Dakar, Pikine, Fatick, Rufisque et Saint-Louis, afin de renforcer la présence judiciaire et améliorer l’accès au service public de la justice.

Le magistrat Serigne Modou Diakhaté a été nommé Premier président de la Cour d’appel de Ziguinchor, l’un des postes les plus stratégiques dans la région sud du pays. Il sera épaulé par Mme Awa Nguenah Manga, désormais à la tête d’une chambre de cette même juridiction.

Parmi les autres décisions notables figure l’approbation de plusieurs détachements de magistrats vers des institutions telles que la Présidence de la République, la Primature et la Lonase. Ce mouvement vise à mettre l’expertise judiciaire au service de la gouvernance et du contrôle administratif.

Par ailleurs, 35 juges suppléants issus de la promotion 2023 ont été titularisés, tandis que 34 nouveaux magistrats fraîchement diplômés du Centre de formation judiciaire (promotion 2024) ont reçu leur première affectation dans différentes Cours d’appel du pays.

Ce vaste mouvement entériné par le Conseil supérieur de la magistrature s’inscrit dans une dynamique plus large de renouvellement générationnel, de renforcement des capacités et de modernisation de la justice sénégalaise. Il traduit également la volonté des autorités de garantir une justice plus proche des citoyens, mieux répartie sur le territoire et mieux équipée face aux nouveaux défis.

Sénégal : Le directeur général de la CDC appelle les responsables publics à défendre le bilan de l’État

Dans un contexte de critiques persistantes à l’égard de l’action publique, le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keita, a lancé un appel clair à la mobilisation des responsables publics. À travers un message publié ce jeudi, il a exhorté les ministres, directeurs généraux et autres cadres à occuper activement l’espace public pour défendre le bilan du président de la République et de son gouvernement.

Dans son intervention, Fadilou Keita réagit aux « graves accusations portées souvent contre l’État du Sénégal », qu’il qualifie de dangereuses pour la cohésion nationale et la confiance des citoyens envers les institutions. Selon lui, ces attaques, parfois nourries par la manipulation et la délation, risquent de fragiliser l’image de l’État si elles ne rencontrent pas une réponse forte et structurée.

« L’image de l’État doit être préservée », insiste-t-il, avant d’en appeler à la responsabilité de chacun : « Les directeurs généraux doivent occuper l’espace public et chacun, en ce qui le concerne, défendre le bilan du chef de l’État et de son gouvernement, en ce sens qu’ils en représentent les bras techniques et opérationnels. »

Fadilou Keita appelle à dépasser ce qu’il qualifie de « conception ringarde de l’administration », qui prône le silence et la retenue même face à la calomnie. Il plaide pour une posture plus proactive, conjuguant professionnalisme et engagement : « Le professionnalisme, la centration et la diligence dans la prise en charge des missions qui nous sont dévolues, ne sont pas antagonistes à la nécessité d’apporter des répliques acerbes et incisives. »

Face à ceux qu’il qualifie de « divertisseurs », il affirme que ce sont eux qui devraient être mis sur la défensive, et non les serviteurs de l’État. Il conclut en appelant ses collègues à poursuivre l’engagement politique avec intelligence, vigilance, et fermeté.

Farba Ngom refuse à nouveau les visites : ses proches inquiets de son état de santé

Pour la troisième journée consécutive, Farba Ngom, député et maire des Agnam, a décliné toute visite à la prison de Rebeuss, où il est détenu depuis février dernier dans le cadre d’une affaire de transactions financières jugées douteuses. Une décision qui suscite l’inquiétude de ses proches, venus en nombre ces derniers jours pour lui témoigner leur solidarité.

Dans une note relayée par le quotidien Les Échos, la cellule de communication de l’élu informe que « toutes les visites prévues ce jeudi 26 juin sont reportées à une date ultérieure », invoquant des raisons de santé. « En raison de son état de santé, l’honorable député Farba Ngom informe que toutes les visites prévues ce jeudi 26 juin sont reportées […] Merci pour votre compréhension et votre solidarité », peut-on lire dans le communiqué.

Arrêté dans le cadre de l’enquête sur un scandale financier impliquant plus de 125 milliards de francs CFA, révélé par un rapport de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), Farba Ngom est depuis placé sous mandat de dépôt. Les charges pesant contre lui portent notamment sur des flux financiers suspects et des montages financiers opaques.

Face à la dégradation présumée de son état de santé, les avocats de Farba Ngom ont introduit une nouvelle demande de liberté provisoire. Cette requête s’appuie sur un rapport médical établi par un médecin mandaté par le juge d’instruction, concluant à une incompatibilité entre son état physique et la détention en milieu carcéral.

Au sein de l’Alliance pour la République (APR), parti au pouvoir jusqu’à récemment, certains cadres dénoncent un « acharnement judiciaire » contre un homme qu’ils présentent comme affaibli et vulnérable. « Il faut que le droit soit dit, mais dans des conditions humaines et médicales acceptables », a déclaré un responsable du parti sous couvert d’anonymat.

Changement à la tête de l’ENAP : Maguette Diop nommé Président du Comité de gestion par décret présidentiel

Par décret présidentiel, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à un remaniement stratégique au sein de l’École nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP). Amady Gnagna Cissé, qui assurait jusqu’ici la présidence du Comité de gestion de cette institution, a été relevé de ses fonctions. Il est remplacé par Maguette Diop, greffier de formation, détenteur du matricule de solde n° 622 476/C.

Titulaire d’une maîtrise en Administration publique, Maguette Diop est un professionnel aguerri du secteur judiciaire. Sa nomination à la tête de l’ENAP marque une volonté de renforcer la rigueur administrative et pédagogique de cette école stratégique, placée sous la tutelle du ministère de la Justice.

Le nouveau président du Comité de gestion de l’ENAP aura pour mission de piloter l’orientation générale de l’établissement, tant sur le plan administratif que logistique. Il devra veiller à la qualité de la formation dispensée aux futurs agents pénitentiaires, pilier essentiel du système carcéral national.

Parmi ses responsabilités figurent également la mise en œuvre des décisions stratégiques, la gestion du budget de l’établissement, ainsi que la coordination entre les différentes directions internes et les partenaires institutionnels.

SCANDALE PRÉSUMÉ DE L’« ASER-GATE » : Un document à trois signatures refait surface

Signé à Dakar le 25 novembre 2023 par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), la société espagnole AEE POWER EPC et l’entreprise sénégalaise AEE POWER SÉNÉGAL S.A., un document portant sur le remplacement de poteaux métalliques par des poteaux en béton armé fabriqués localement dans le cadre du projet d’électrification de 928 localités rurales soulève de sérieuses interrogations sur sa nature et sa valeur juridique.
Sur le fond, la décision semble s’aligner sur les exigences de la commande publique au Sénégal, qui imposent qu’au moins 50 % de la valeur des marchés soient réalisés par des entreprises locales. En favorisant la production de poteaux en béton sur place, les signataires paraissent promouvoir l’expertise nationale. Mais en l’absence de références à un contrat notifié, à un avenant validé, ou à une décision officielle de l’organe de régulation, ce document à trois voix semble évoluer dans une zone grise.
Les rôles respectifs des signataires alimentent le flou : ASER, autorité contractante ; AEE POWER EPC, bénéficiaire d’une offre spontanée et titulaire du marché ; AEE POWER SÉNÉGAL, désigné comme mandataire prestataire, sans que l’on sache s’il s’agit d’une délégation formelle ou d’un simple acte de coopération. L’absence d’un cadre juridique clair interroge : est-ce un avenant implicite au contrat principal ? Un protocole technique sans force obligatoire ? Ou un simple engagement d’intention, sans portée contraignante ?
Par ailleurs, cette situation se complexifie avec la mise à l’écart ultérieure de AEE POWER SÉNÉGAL, alors même que cette entreprise avait été mobilisée pour incarner la préférence locale à travers la fabrication des poteaux. Le paradoxe est d’autant plus saisissant que cette décision survient après le versement par l’ASER d’une avance de démarrage de 2,425 milliards de francs CFA à AEE POWER EPC, sans que les travaux aient démarré.
Depuis, la presse sénégalaise, notamment Le Quotidien, a révélé l’ouverture d’une enquête par la police espagnole sur des mouvements de fonds suspects. Des transferts financiers liés à cette avance auraient transité par plusieurs pays, dont Chypre, l’Égypte et le Sénégal. De quoi raviver les soupçons de malversations dans un projet censé améliorer l’accès à l’électricité de plus de 600 000 Sénégalais.
L’affaire avait déjà connu un premier coup de tonnerre en octobre 2024, lorsque l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) avait suspendu le contrat, pointant de graves manquements dans la transparence du processus d’attribution. Le financement global du projet, estimé à 37 milliards de francs CFA, reposait sur une offre spontanée, elle-même objet de critiques.
Les bailleurs de fonds n’ont pas tardé à réagir. La banque Santander, partenaire financier, et l’agence espagnole Cesce, chargée de la garantie du crédit à l’export, ont exprimé leurs inquiétudes. Cesce a suspendu son appui, invoquant un manque de traçabilité sur l’utilisation des fonds.
Les représentants de AEE POWER SÉNÉGAL ont, de leur côté, dénoncé des irrégularités dans la gestion de l’avance, évoquant des flux financiers non justifiés depuis un compte logé chez Santander.
En février 2025, la Cour suprême du Sénégal a surpris en annulant la décision de suspension de l’ARCOP, permettant ainsi la reprise du projet. Mais cette relance n’a pas dissipé les doutes. Où est passé l’argent ? Quelles sont les véritables relations contractuelles entre les différents acteurs ? Et surtout, quelle est la valeur réelle d’un document qui engage sans clarifier ?
Alors que l’enquête espagnole se poursuit, ce projet d’électrification, censé sortir des villages de l’obscurité, soulève désormais encore des interrogations sur la transparence des mécanismes publics et la réalité de la préférence locale dans les grands marchés d’infrastructure.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°496 – 26/06/2025

🔴 « ASER-GATE » : ENGAGEMENT TRIPARTITE : UNE PIÈCE MAÎTRESSE REFAIT SURFACE
🔴 DIVISION SPÉCIALE DE LA CYBERSÉCURITÉ / BACHIR FOFANA EN GARDE À VUE : LE JOURNALISME EN DANGER AU SÉNÉGAL

🔴 LIGUE RÉGIONALE DE FOOTBALL DE ZIGUINCHOR : BACARY CISSÉ PRÔNE UN « SURSAUT »
🔴 MODOU LÔ – SA THIÈS : UN DUEL DE TITANS EN GESTATION

Un an après l’enlèvement de Serge Oulon : RSF interpelle l’ambassadeur du Burkina Faso sur les disparitions et réquisitions de journalistes

Un an jour pour jour après l’enlèvement du journaliste burkinabè Serge Oulon, Reporters sans frontières (RSF) a lancé un appel public à l’ambassadeur du Burkina Faso au Sénégal, Saïdou Maïga. L’organisation de défense de la liberté de la presse exige des réponses claires sur le sort des journalistes disparus et les conditions de vie des journalistes réquisitionnés par les autorités burkinabè.

Le 24 juin 2024, Serge Oulon, directeur du journal d’investigation L’Événement, était enlevé à son domicile par des hommes armés se réclamant de l’Agence nationale de renseignement (ANR). Depuis cette date, aucune preuve de vie n’a été rendue publique, malgré l’annonce officielle de sa réquisition par l’armée burkinabè en octobre dernier. La situation reste confuse et inquiète profondément la communauté journalistique, tant au Burkina Faso qu’à l’international.

RSF affirme également que trois autres journalistes – Adama Bayala, Kalifara Séré et Alain Traoré – ont été enlevés dans des circonstances similaires entre juin et juillet 2024. Par ailleurs, trois journalistes de renom, Guezouma Sanogo, Boukari Ouoba et Luc Pagbelguem, ont été enlevés le 24 mars 2025, puis réapparus dans une vidéo en tenue militaire le 2 avril. Les autorités ont expliqué qu’ils avaient été réquisitionnés pour servir dans les rangs de l’armée, en vertu du décret de mobilisation générale adopté dans le pays.

Dans une déclaration relayée ce mardi, RSF insiste sur l’urgence d’éclaircir la situation : l’organisation exige de savoir si ces journalistes sont encore en vie, dans quelles conditions ils se trouvent, et sur quelle base juridique repose leur détention ou leur réquisition. RSF rappelle que la réquisition forcée de journalistes est une pratique inédite et profondément inquiétante en Afrique de l’Ouest.

L’organisation dit avoir adressé plusieurs demandes officielles aux autorités burkinabè depuis un an, sans réponse. Elle espère donc que l’ambassadeur Maïga, qui s’est dit ouvert au dialogue lors d’une conférence de presse organisée à Dakar en mai dernier, profitera de cette date symbolique pour faire la lumière sur ces disparitions.

Le contexte burkinabè, marqué par une militarisation croissante et une répression des voix critiques, est scruté de près. RSF considère que l’absence de transparence et de garanties légales dans le traitement réservé aux journalistes porte atteinte à la liberté de la presse et à l’État de droit. À défaut de preuves concrètes et de garanties sur le sort des journalistes concernés, RSF qualifie ces situations de « disparitions forcées ».

L’organisation appelle à une mobilisation internationale pour que le gouvernement burkinabè réponde enfin aux nombreuses préoccupations soulevées par ces cas, dans le respect du droit humanitaire et des conventions internationales relatives aux droits humains.

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 25 Juin 2025

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de la Justice :
•        Monsieur Maguette DIOP, Greffier, matricule de solde n° 622 476/C, titulaire d’une maîtrise en Administration publique, est nommé Président du Comité de gestion de l’Ecole nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP), en remplacement de Monsieur Amady Gnagna CISSÉ.
Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
•        Monsieur Oumar Ngalla NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 189/E, précédemment Adjoint au Gouverneur de la région de Dakar chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Birkelane, région de Kaffrine, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation :
•        Madame Mame Penda BA, Professeur agrégé en sciences politiques, est nommée Directeur du Financement des Etablissements d’Enseignement supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.
 
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale :
•        Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Diplôme d’Études supérieures spécialisées en Gestion des services de santé, en service à l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh SY de Tivaouane, est nommé Directeur des Établissements publics de Santé, en remplacement de Monsieur Ousmane DIA.
 
•        Madame Mariama CISSOKHO, Économiste, titulaire d’un MBA en Gestion des Services de Santé, précédemment Chef des Services administratifs et financiers au Centre hospitalier régional Ahmadou Sakhir NDIEGUENE de Thiès, est nommée Directeur dudit établissement, en remplacement de Docteur Alioune FAYE.
 
•        Monsieur Samba GUEYE, Économiste, Administrateur des Services de santé, matricule de solde n° 607 735/D, précédemment Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, est nommé Directeur du Centre hospitalier national DALAL DIAM, en remplacement de Monsieur Moussa Sam DAFF.
 
•        Monsieur Ibra DIAGNE, Psychiatre, titulaire d’un Doctorat en Médecine, précédemment
Responsable des équipes d’Intervention et de Soutien psychosocial au Centre des Opérations d’Urgence sanitaire (COUS), est nommé Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, en remplacement de Monsieur Samba GUEYE, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Aboubacar TRAORE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé publique, précédemment chirurgien-urologue à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional Amadou Tidiane BA de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.
 
•        Monsieur Daouda SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master spécialisé en santé publique, spécialiste en management de projets multicentriques, est nommé Directeur du Centre national de Transfusion sanguine, en remplacement du Professeur Saliou DIOP.
 
•        Monsieur ElHadji Mansour DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en management des Services de santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national Aristide LE DANTEC, en remplacement du Docteur Babacar THIANDOUM.
 
•        Monsieur Oumar MBAYE, titulaire d’un Doctorat d’Etat en médecine et d’un Master en Management des structures de santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Abdoul Cissé KANE des Agnams, en remplacement du Docteur Abdoulaye SOW.
 
•        Monsieur Mahib Badiane, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Pharmacie et Économiste de la Santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national El Hadji Malick SY de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Babacar SENE.
Au titre du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public :
•        Monsieur Serigne Mansour FAYE, Ingénieur informaticien, matricule de solde n° 696 783/A, est nommé Directeur des Systèmes d’Informations au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage :
•        Monsieur Sanoussy SANE, Expert en économie solidaire et en gouvernance sociale, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie (INP), en remplacement de Monsieur Paul FAYE.
•        Monsieur Mamadou Boye DIALLO, Juriste financier, matricule de solde  n° 642 620/Z, précédemment Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale d’Insertion et de Développement agricole (ANIDA) en remplacement de Monsieur Ousmane NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.  
 
•        Monsieur Youssoupha BA, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 604 751/G, est nommé Secrétaire général de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) , en remplacement de Monsieur Abdou Aziz NGOM, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Cheikh Tidiane LY, Economiste, matricule de solde n° 709 190/X, précédemment Inspecteur technique au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage en remplacement de Monsieur Mamadou Boye DIALLO, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Tacko DIAWARA, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 618 718/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Thiès, en remplacement de Monsieur Abiboulaye SIDIBE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 515
133/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de
Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Jean Paul BAMPOKY, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Malado SEYE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 606 367/H, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Saint Louis, en remplacement de Madame Tacko DIAWARA, appelée à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Abdou Karim CISSE, Ingénieur du Génie rural, matricule de solde n° 619 875/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kolda, en remplacement de Monsieur Hamadou BALDE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 699 702/C, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kaolack, Poste vacant.
 
•        Madame Mame Fama KEBE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 734 696/E, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Matam, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Samba GAYE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 663 623/D, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de
Sédhiou, en remplacement de Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Mame Fatou DIOP, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 666 599/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Fatick, en remplacement de Monsieur Abdoulaye CAMARA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 664
014/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Saint Louis,
en remplacement de Monsieur Evariste Jean Christoph Togut BASSENE, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur El Hadji SOW, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 689 589/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Thierno FALL, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 751 123/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Kédougou, en remplacement de Monsieur El Hadji SOW, appelé à d’autres fonctions.
Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire :
•        Monsieur Abdou  DIAW, Expert en Finance Islamique, précédemment Coordonnateur national du Programme de Développement de la Microfinance islamique, est nommé Administrateur général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique (FDMI).

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 25 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 25 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a rappelé au
Gouvernement l’impératif de prendre toutes les mesures et dispositions idoines en vue d’assurer, sur l’étendue du territoire national, une bonne organisation des examens et concours, notamment le Baccalauréat général et le Brevet de Fin d’Etudes moyennes (BFEM). Il a adressé ses encouragements à tous les candidats et exhorté l’ensemble des acteurs de la
communauté éducative (enseignants, apprenants, parents d’élèves, personnels administratifs et techniques…) à œuvrer sans relâche pour l’excellence, la stabilité et le rayonnement du système éducatif national. Il a informé qu’il présidera la cérémonie de remise des prix aux lauréats du Concours général, le 31 juillet 2025.

Le Chef de l’Etat est revenu sur la place fondamentale de l’enseignement supérieur dans l’Agenda national de Transformation. Le développement de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation reste le socle de la valorisation du capital humain national et de la transformation systémique durable du Sénégal. Dès lors, il a rappelé au Gouvernement, l’urgence de prendre les dispositions préventives adéquates, en liaison avec toutes les parties prenantes, afin d’assurer la continuité académique et la stabilité sociale dans les universités et établissements d’enseignement supérieur publics. A cet effet, il a souligné l’importance d’une parfaite maitrise :
– du calendrier universitaire au regard du respect des prescriptions du système LMD ; – du développement fonctionnel de la carte universitaire avec une reprise en main et une réception dans les délais des infrastructures universitaires dans les régions ; – des orientations des futurs bacheliers ;
– des ressources et charges des universités, établissements d’enseignement supérieurs et Centres des Œuvres sociales universitaires ; – et des quotas de recrutements d’enseignants et de personnels administratifs, techniques et de service en relation avec les recteurs.

Le Président de la République a indiqué au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et au Ministre des Finances et du Budget l’exigence de veiller au renforcement systématique de la gouvernance financière des universités publiques et des Centres des Œuvres sociales universitaires. Par ailleurs, il a demandé au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation d’engager des concertations spécifiques avec les acteurs de l’enseignement supérieur privé afin de bâtir, dans la durée, un modèle d’enseignement et de recherche intégré, performant, plus professionnalisant et mieux à même de porter l’Agenda national de Transformation.

Les recommandations qui seront issues des travaux menés dans le cadre de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI) feront l’objet d’une
attention particulière.

La vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère accorde une priorité essentielle à la prise en charge et à l’accompagnement des personnes en situation de handicap.

Le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, la nécessité d’une évaluation inclusive de la loi d’orientation sociale n° 2010-15 du 06 juillet 2010 relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées et de l’application des dispositifs concernant la carte d’égalité des chances. Il a également indiqué la nécessité d’une meilleure implication des personnes vivant avec un handicap dans la vie institutionnelle, administrative, économique, sociale, culturelle nationale, etc.

A cet égard, il a invité le Gouvernement à accorder un traitement spécial aux demandes des personnes vivant avec un handicap, s’agissant, d’une part,
des procédures de recrutement dans le secteur public et, d’autre part, dans les formations et financements pilotés par les différentes structures publiques.

Par ailleurs, le Président de la République a demandé au Gouvernement, notamment aux Ministres en charge de l’Urbanisme et des Transports terrestres, de veiller à l’amélioration de l’accessibilité des bâtiments et moyens de transports publics aux personnes en situation de
handicap.

Enfin, dans le but de renforcer l’inclusion sociale et la solidarité nationale, il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités d’organiser, avant la fin de l’année 2025, des concertations nationales sur le renforcement de la protection et du bien-être des personnes en situation de handicap.

Le Chef de l’Etat est revenu sur la problématique de la gestion du patrimoine bâti de ’Etat. L’inventaire, l’entretien et la gestion exemplaire des bâtiments administratifs et des édifices publics restent des piliers d’une gouvernance publique transparente.

Il a demandé au Premier Ministre de proposer, sur la base des missions complémentaires de la Société de Gestion et d’Exploitation du Patrimoine bâti de l’Etat (SOGEPA) et de l’Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics (ACBEP) une politique d’occupation, de réhabilitation et de construction de bâtiments et d’édifices publics. En outre, il a demandé au
Premier Ministre de faire procéder à l’inventaire exhaustif des bâtiments administratifs et terrains affectés à chaque ministère et de signaler l’état des besoins en espaces de bureaux, ainsi que les projets de construction d’édifices inachevés, et de rationaliser au strict minimum les conventions signées pour loger des services publics.

Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil qu’il participera du 30 juin au 02 juillet 2025 à Séville, en Espagne, à la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement. Il prendra part également le samedi 05 juillet 2025 au 50ème anniversaire de l’Indépendance de Cabo Verde.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des
Territoires a fait une communication sur l’aménagement des zones de Mbour 4 et de la
Nouvelle ville de Thiès.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,
le Conseil a examiné et adopté :
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier l’Accord de coopération militaire et technique entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République du Congo, signé le 08 novembre 2018, à Dakar.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,
le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre du Ministère de la Justice :
Monsieur Maguette DIOP, Greffier, matricule de solde n° 622 476/C, titulaire d’une maîtrise en Administration publique, est nommé Président du Comité de gestion de l’Ecole nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP), en remplacement de Monsieur Amady Gnagna CISSÉ.

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
Monsieur Oumar Ngalla NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 189/E, précédemment Adjoint au Gouverneur de la région de Dakar chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Birkelane, région de Kaffrine, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation : Madame Mame Penda BA, Professeur agrégé en sciences politiques, est nommée Directeur du Financement des Etablissements d’Enseignement supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale :
Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Diplôme d’Études supérieures spécialisées en Gestion des services de santé, en service à l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh SY de Tivaouane, est nommé Directeur des Établissements publics de Santé, en remplacement de Monsieur Ousmane DIA.

Madame Mariama CISSOKHO, Économiste, titulaire d’un MBA en Gestion des Services de Santé, précédemment Chef des Services administratifs et financiers au Centre hospitalier régional Ahmadou Sakhir NDIEGUENE de Thiès, est nommée Directeur dudit établissement, en remplacement de Docteur Alioune FAYE.

Monsieur Samba GUEYE, Économiste, Administrateur des Services de santé, matricule de solde n° 607 735/D, précédemment Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, est nommé Directeur du Centre hospitalier national DALAL DIAM, en remplacement
de Monsieur Moussa Sam DAFF.

Monsieur Ibra DIAGNE, Psychiatre, titulaire d’un Doctorat en Médecine, précédemment Responsable des équipes d’Intervention et de Soutien psychosocial au Centre des Opérations d’Urgence sanitaire (COUS), est nommé Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, en remplacement de Monsieur Samba GUEYE, appelé à d’autres fonctions.

 Monsieur Aboubacar TRAORE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé publique, précédemment chirurgien-urologue à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional Amadou Tidiane BA de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.

Monsieur Daouda SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master spécialisé en santé publique, spécialiste en management de projets multicentriques, est nommé Directeur du Centre national de Transfusion sanguine, en remplacement du Professeur Saliou DIOP.

Monsieur ElHadji Mansour DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en management des Services de santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national Aristide LE DANTEC, en remplacement du Docteur Babacar THIANDOUM.

Monsieur Oumar MBAYE, titulaire d’un Doctorat d’Etat en médecine et d’un Master en Management des structures de santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Abdoul Cissé KANE des Agnams, en remplacement du Docteur Abdoulaye SOW.

Monsieur Mahib Badiane, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Pharmacie et Économiste de la Santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national El Hadji Malick SY de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Babacar SENE.

Au titre du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public : Monsieur Serigne Mansour FAYE, Ingénieur informaticien, matricule de solde n° 696
783/A, est nommé Directeur des Systèmes d’Informations au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de
l’Elevage : Monsieur Sanoussy SANE, Expert en économie solidaire et en gouvernance sociale, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie (INP), en remplacement de Monsieur Paul FAYE.

Monsieur Mamadou Boye DIALLO, Juriste financier, matricule de solde
n° 642 620/Z, précédemment Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale d’Insertion et de Développement agricole (ANIDA) en remplacement de Monsieur Ousmane NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

Monsieur Youssoupha BA, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 604 751/G, est nommé Secrétaire général de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) , en remplacement de Monsieur Abdou Aziz NGOM, appelé à d’autres fonctions.

 Monsieur Cheikh Tidiane LY, Economiste, matricule de solde n° 709 190/X,
précédemment Inspecteur technique au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières

au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage en remplacement de Monsieur Mamadou Boye DIALLO, appelé à d’autres fonctions.

Madame Tacko DIAWARA, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 618 718/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Thiès, en remplacement de Monsieur Abiboulaye SIDIBE, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 515 133/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Jean Paul BAMPOKY, appelé à d’autres fonctions.

Madame Malado SEYE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 606 367/H, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Saint Louis, en remplacement de Madame Tacko DIAWARA, appelée à d’autres fonctions.

Monsieur Abdou Karim CISSE, Ingénieur du Génie rural, matricule de solde n° 619 875/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kolda, en remplacement de Monsieur Hamadou BALDE, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

 Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 699 702/C, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kaolack, Poste vacant.

Madame Mame Fama KEBE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 734 696/E, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Matam, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Samba GAYE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 663 623/D, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, appelé à d’autres fonctions.

Madame Mame Fatou DIOP, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 666 599/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Fatick, en remplacement de Monsieur Abdoulaye CAMARA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 664 014/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Saint Louis, en remplacement de Monsieur Evariste Jean Christoph Togut BASSENE, appelé à d’autres
fonctions.

Monsieur El Hadji SOW, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 689 589/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Thierno FALL, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 751 123/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Kédougou, en remplacement de Monsieur El Hadji SOW, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire :
Monsieur Abdou DIAW, Expert en Finance Islamique, précédemment Coordonnateur national du Programme de Développement de la Microfinance islamique, est nommé Administrateur général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique (FDMI).

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Litige avec Carlyle : Air Sénégal contre-attaque et fustige la posture « illégale » de l’IATA

Air Sénégal élève la voix face à ce qu’elle désigne comme une déviation inacceptable de l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA). Ce contexte souligne un différend persistant avec le bailleur Carlyle Aviation, qui a finalement entraîné l’implication de l’IATA dans des proportions que la compagnie sénégalaise considère comme injustes et juridiquement infondées.

Dans une réponse communiquée à la presse, la direction d’Air Sénégal a vivement critiqué ce qu’elle voit comme une rétention intentionnelle et abusive de ses fonds par l’IATA, via le système BSP (Billing and Settlement Plan). Selon la compagnie, cette action revient à une saisie de ses ressources financières, en flagrante contradiction avec le droit communautaire africain, notamment les lois de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires).

À cet effet, Air Sénégal se réfère à plusieurs articles de l’Acte uniforme sur l’organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution (AUPSRVE), en particulier les articles 57, 74, 156, 161 et 167. Ces dispositions encadrent strictement les conditions d’application de mesures conservatoires ou d’exécution. La compagnie soutient qu’en tant qu’organisation internationale, l’IATA ne peut ignorer ces règles ni agir en dehors de tout cadre judiciaire ou décision de justice appropriée.

La direction d’Air Sénégal déplore également le rôle qu’elle considère biaisé de l’IATA dans cette situation. Elle souligne que l’organisation, censée être un intermédiaire neutre dans les transactions entre compagnies aériennes et agences de voyages, s’est impliquée de manière proactive et discutable dans un différend essentiellement commercial. Cette attitude, selon elle, remet en cause la neutralité et la crédibilité de l’IATA dans ses fonctions.

La compagnie sénégalaise affirme sa détermination à faire valoir ses droits par toutes les voies légales, réclamant la libération immédiate de ses fonds injustement bloqués. Elle estime que cette situation nuit gravement à ses opérations et compromet sa stabilité financière dans un contexte déjà difficile pour le secteur aérien africain.

Ce bras de fer entre Air Sénégal et l’IATA, sur fond de désaccord avec Carlyle Aviation, pourrait créer un précédent juridique. Il soulève la question de l’équilibre des pouvoirs dans l’industrie aérienne mondiale et éclaire les vulnérabilités auxquelles se heurtent les compagnies africaines face aux grandes institutions internationales. Par cette riposte, Air Sénégal entend défendre sa souveraineté économique et la légitimité de ses droits dans une bataille qui pourrait avoir des conséquences au-delà de ses frontières.

Alioune Tine : « Un simple démenti suffisait » face aux déclarations de Bachir Fofana

Le fondateur d’AfricaJom Center dénonce une « judiciarisation inutile » du débat public dans un contexte de transition démocratique au Sénégal.

Alioune Tine, fondateur d’AfricaJom Center et figure emblématique de la société civile sénégalaise, est monté au créneau après la convocation du journaliste et chroniqueur Bachir Fofana par la Division spéciale de la cybersécurité. Le journaliste est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de ses déclarations concernant un supposé achat de véhicules par l’Assemblée nationale.

Pour Alioune Tine, cette réaction judiciaire est excessive et va à l’encontre de l’esprit de la nouvelle dynamique démocratique que connaît le Sénégal depuis l’alternance politique. « Dans le contexte de la transition politique sénégalaise actuelle, où l’on observe une dynamique démocratique nouvelle avec une opinion publique plus exigeante, il n’est pas souhaité de judiciariser le débat politique », a-t-il déclaré.

L’ancien directeur régional d’Amnesty International estime qu’un simple démenti, bien construit et transparent, aurait suffi à calmer les inquiétudes et à restaurer la confiance. « Le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye pourrait saisir ses conseillers en communication et ses conseillers juridiques pour faire un démenti, en donnant toutes les informations utiles susceptibles d’édifier l’opinion sur la transparence de sa gestion, et à la limite accompagnée d’une mise en garde ferme. Ça suffit largement », a-t-il souligné.

Alioune Tine appelle ainsi à privilégier la voie du dialogue et de la transparence dans la gestion des controverses publiques, plutôt que celle des poursuites judiciaires contre des journalistes. Il rappelle que la démocratie ne se consolide pas dans la répression, mais dans la capacité des institutions à faire face à la critique de manière responsable.

Soutien syndical : l’UDEN se range aux côtés du SAES et des travailleurs de la Justice en grève

Dans un climat social tendu, marqué par des grèves dans divers secteurs clés, l’Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (UDEN) exprime sa solidarité totale avec les travailleurs en mouvement. Par le biais d’un communiqué, son Bureau exécutif a affirmé son soutien « entier, inébranlable et fraternel » au Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES), ainsi qu’aux personnels de la Justice regroupés au sein du SYTJUST et de l’UNTJ.

L’UDEN souligne que le droit de grève est un acquis démocratique garanti par la Constitution, et que, par conséquent, « aucun accord de stabilité ne peut suspendre ou supprimer ce droit fondamental des travailleurs ». Cette déclaration semble directement répondre aux remarques récentes du ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, qui avait comparé les grèves à une forme de « chantage », ce qui a provoqué l’indignation de plusieurs groupes syndicaux.

Dans ce contexte, l’UDEN appelle à une mobilisation générale du mouvement syndical, en faveur de l’unité, de la dignité et de la justice. Elle encourage tous les syndicats à s’unir pour défendre leurs droits, tout en soulignant l’importance de maintenir une stratégie d’action cohérente et solidaire.

La prise de position claire de l’UDEN vient renforcer le front syndical à un moment où les revendications sociales se multiplient, soulevant la question du dialogue social et de la capacité du gouvernement à répondre efficacement et calmement aux attentes des travailleurs.

Plainte de El Malick Ndiaye contre le journaliste Bachir Fofana : Alioune Tine plaide pour le dialogue et la transparence

La récente plainte déposée par El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale du Sénégal, contre le journaliste Bachir Fofana a suscité une vive réaction dans le paysage politique et médiatique national. L’affaire, qui repose sur des accusations de « diffusion de fausses nouvelles et diffamation », a conduit le chroniqueur de la Sentv à être convoqué ce mercredi par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Une démarche qui ne laisse pas indifférent.

Parmi les premières voix à s’élever contre cette judiciarisation, celle d’Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center et figure de proue du combat pour les droits humains en Afrique de l’Ouest. Dans une déclaration postée sur le réseau social X (anciennement Twitter), l’ancien responsable de la Raddho et d’Amnesty International section Afrique de l’Ouest a exprimé de sérieuses réserves quant à la voie choisie par le président de l’Assemblée nationale.

« Dans le contexte actuel de transition politique au Sénégal, marqué par une dynamique démocratique renouvelée et une opinion publique plus exigeante, la judiciarisation du débat politique n’est pas souhaitable », a déclaré Alioune Tine. Il invite ainsi à plus de retenue et de responsabilité de la part des détenteurs du pouvoir, dans un environnement où la liberté de la presse et le débat public sont devenus plus ouverts et critiques.

Pour Alioune Tine, une réponse politique et institutionnelle aurait été plus adaptée. « Le président de l’Assemblée nationale aurait pu mobiliser ses conseillers juridiques pour faire un démenti, en donnant toutes les informations utiles susceptibles d’édifier l’opinion sur la transparence de sa gestion et, à la limite, accompagnée d’une mise en garde ferme. Ça suffit largement », a-t-il suggéré.

Cette affaire remet sur la table la question de la protection des journalistes face aux menaces judiciaires, dans un pays où la presse joue un rôle déterminant dans la régulation démocratique. Elle alimente aussi les débats autour de l’utilisation de la justice dans des conflits d’opinion, au moment où le Sénégal s’engage dans une nouvelle ère institutionnelle sous la gouvernance de Bassirou Diomaye Faye.

En toile de fond, les accusations de Bachir Fofana portaient sur un marché public de véhicules que l’Assemblée nationale aurait attribué à Cheikh Guèye, un acteur impliqué dans une autre affaire sensible. Un sujet brûlant qui aurait mérité, selon plusieurs observateurs, une réponse factuelle et transparente plutôt qu’un recours à la justice pénale.

Le journaliste Bachir Fofana placé en garde à vue pour diffusion de fausses nouvelles

Le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana a été placé en garde à vue ce mercredi 25 juin 2025, à l’issue de son audition à la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSLC). Selon les informations rapportées par 2AS Media, il est poursuivi pour “diffusion de fausses nouvelles”, en lien avec ses récentes déclarations sur une affaire sensible impliquant l’Assemblée nationale.

D’après des sources proches du dossier, c’est suite à ses révélations sur les conditions d’acquisition de véhicules destinés aux députés que le procureur de la République se serait auto-saisi. Bachir Fofana avait émis des critiques publiques à travers ses chroniques, soulevant des interrogations sur la transparence et la régularité de cette opération financière. Ses propos, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive controverse et une réaction rapide des autorités judiciaires.

À son arrivée dans les locaux de la DSLC, les enquêteurs lui auraient notifié l’ouverture d’une procédure judiciaire fondée sur la diffusion de contenus jugés mensongers et de nature à perturber l’ordre public. Malgré la garde à vue, aucune déclaration officielle n’a encore été faite par le parquet ni par les avocats du journaliste.

L’affaire suscite déjà une vague d’indignation au sein de la corporation des journalistes et des défenseurs de la liberté de la presse. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une tentative d’intimidation à l’égard d’un professionnel de l’information dans l’exercice de sa mission.

À noter que Bachir Fofana n’en est pas à sa première polémique. Connu pour ses chroniques incisives et son ton critique, il s’est imposé comme l’un des journalistes les plus suivis sur les questions de gouvernance et de transparence publique au Sénégal.

L’évolution de cette affaire sera suivie de près dans les prochaines heures, alors que la garde à vue pourrait déboucher sur une éventuelle mise en examen ou une libération sous conditions.

Affaire à suivre.

DSC : Le chroniqueur Bachir Fofana placé en garde à vue suite à une plainte du président de l’Assemblée nationale

Le chroniqueur Bachir Fofana a été placé en garde à vue ce lundi à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), après y avoir été entendu dans la matinée. Cette mesure fait suite à une plainte déposée par le président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, par le biais de son avocat, Me Bamba Cissé.

L’affaire a été rendue publique par Bachir Fofana lui-même, qui avait informé ses abonnés sur Facebook de sa convocation, citant le journal Libération comme première source de l’information. Selon les premiers éléments, la plainte viserait des propos tenus ou publiés par le chroniqueur sur les réseaux sociaux, que la partie plaignante considère comme diffamatoires ou attentatoires à l’honneur de l’institution parlementaire et de son président.

Pour l’heure, les motifs exacts de la garde à vue n’ont pas été officiellement précisés par les autorités, mais les faits reprochés à Bachir Fofana s’inscriraient dans le cadre de la loi sur la cybercriminalité, souvent invoquée dans des affaires impliquant des publications sur les réseaux sociaux.

La garde à vue intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des poursuites contre des activistes, blogueurs ou chroniqueurs très suivis sur les plateformes numériques. Une tendance qui relance le débat sur la liberté d’expression et l’usage du droit pénal pour encadrer la critique publique, notamment envers des personnalités politiques.

Les soutiens du chroniqueur dénoncent déjà une tentative d’intimidation, alors que d’autres appellent à respecter la procédure judiciaire pour faire la lumière sur cette affaire.

Badara Gadiaga dénonce une “entorse à la liberté de la presse” après la convocation de Bachir Fofana

Le chroniqueur Badara Gadiaga est monté au créneau ce mercredi pour exprimer sa solidarité envers son confrère Bachir Fofana, convoqué par la police dans des circonstances qui continuent de susciter l’inquiétude dans les milieux de la presse sénégalaise.

Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, le chroniqueur vedette de l’émission Jaakarlo Bi diffusée sur la TFM a dénoncé une atteinte grave à la liberté de la presse, rappelant le rôle crucial des journalistes dans une démocratie digne de ce nom.

« J’apporte mon soutien total et sans équivoque au talentueux journaliste Bachir Fofana et à tous ses confrères et hommes de presse qui risquent aujourd’hui leur liberté dans l’exercice de leur noble mission d’informer le public juste et vrai », a écrit Badara Gadiaga.

Selon lui, cette convocation constitue « purement et simplement une entorse à la liberté de la presse, un pilier fondamental de la démocratie qui doit être protégé ». Un message fort, alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les pressions croissantes exercées sur les médias et les journalistes au Sénégal.

La convocation de Bachir Fofana n’a pour l’instant pas encore été officiellement motivée par les autorités, mais elle intervient dans un climat tendu entre certains organes de presse et les pouvoirs publics. Une situation qui ravive les débats sur la protection des journalistes et le respect des droits fondamentaux.

Réformes budgétaires et finances publiques : Le Sénégal reçoit un financement de 65 milliards FCFA de la Banque mondiale

Le Sénégal vient de recevoir un soutien financier significatif pour améliorer la transparence de son budget et la gestion de ses finances publiques. Ce mardi, la Banque mondiale a annoncé l’octroi d’un prêt concessionnel d’une valeur de 115 millions de dollars, soit environ 65 milliards de francs CFA, via l’Association internationale de développement (IDA).

Ce financement s’inscrit dans le programme SEN-FINTRAC (Programme pour la transparence dans la gestion des finances publiques et l’assainissement des finances publiques), qui couvre les années 2025 à 2029. Il soutient également le programme national ambitieux de réformes RESET, une initiative stratégique du gouvernement sénégalais centrée sur trois piliers : stabilisation économique, transformation structurelle, et transparence dans la gestion publique.

Le soutien de la Banque mondiale se concentre sur trois axes principaux de réformes. Premièrement, la gestion des finances publiques vise à moderniser les systèmes de suivi des dépenses publiques et à renforcer les outils numériques, notamment à travers l’intégration de systèmes électroniques pour les procédures de marchés publics. Ce pilier cherche à accroître l’efficacité des dépenses publiques tout en améliorant leur traçabilité.

Le deuxième axe concerne la viabilité de la dette publique. Il est prévu d’implanter un système intégré pour l’enregistrement et le suivi de la dette, ainsi que de consolider les fonctions de gestion de la dette au sein d’une seule entité. Cette réforme vise à obtenir plus de transparence et un meilleur contrôle de l’endettement du pays.

Enfin, le troisième axe de la réforme est axé sur la mobilisation des ressources intérieures. Le gouvernement sénégalais, avec le soutien de la Banque mondiale, entend moderniser l’administration fiscale et douanière. Cela inclut notamment l’introduction de la facturation électronique pour les contribuables soumis à la TVA et la mise en œuvre d’une gestion axée sur la performance pour les opérations douanières.

Tous ces efforts seront soutenus par un vaste programme de transformation numérique, considéré comme essentiel pour le suivi en temps réel des finances de l’État et pour renforcer la gouvernance publique.

Parmi les 115 millions de dollars annoncés, 105 millions (approximativement 59,3 milliards FCFA) sont étroitement liés aux résultats attendus des réformes, tandis que les 10 millions restants (environ 5,7 milliards FCFA) sont destinés à l’assistance technique, à la gestion du changement, à la transformation numérique ainsi qu’au renforcement des capacités des institutions publiques concernées.

Ce financement marque une étape cruciale dans la stratégie de modernisation budgétaire du Sénégal. Il devrait permettre au pays de mieux contrôler son endettement, d’élargir sa base fiscale et de construire une administration publique plus efficace, plus responsable et plus transparente.

Insuffisance de fonds : le CORED suspend ses activités jusqu’à …

Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) a annoncé qu’il devait temporairement fermer ses bureaux situés à la Maison de la Presse Babacar Touré à Dakar. Cette décision, considérée avec regret par ses dirigeants, est le résultat d’une situation financière délicate qui empêche l’organisme de régulation des médias de couvrir ses frais de fonctionnement.

Dans un communiqué envoyé aux médias, le CORED indique que sa direction n’a eu d’autre choix que d’interrompre ses activités administratives, en raison de ressources insuffisantes. « Le Bureau du CORED a dû se résoudre à cette décision regrettable car il n’arrive plus à faire face à ses dépenses de fonctionnement », est-il précisé dans le document officiel.

Cette fermeture intervient dans un contexte où quatorze mois de salaires restent impayés pour le personnel permanent, qui a néanmoins continué à assurer le bon fonctionnement de l’institution malgré les défis. Le CORED précise que ses efforts pour mobiliser des ressources supplémentaires ont échoué, et il n’a par ailleurs pas reçu de budget pour les années 2024 et 2025.

L’institution rappelle aux autorités que le Code de la presse, notamment aux articles 46 et 53, prévoit une subvention annuelle issue du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), dédiée spécifiquement au fonctionnement de cet organisme de régulation. Cependant, selon le CORED, ces dispositions n’ont pas été respectées, ce qui a contribué à sa crise financière actuelle.

Malgré cette fermeture, le Conseil tient à préciser que ses autres structures — le Bureau, le Directoire et le Tribunal des pairs — continueront leurs activités en s’appuyant sur le bénévolat, comme c’est déjà le cas depuis plusieurs années. Toutefois, l’arrêt du secrétariat permanent risque de ralentir, voire d’entraver certaines de ses missions de régulation, de médiation et de veille déontologique, dans un contexte où la régulation éthique des médias est d’une importance cruciale.

Cette situation met en lumière les défis structurels auxquels font face les mécanismes d’autorégulation des médias au Sénégal, souvent dépendants de financements publics aléatoires, alors même qu’ils réalisent une mission d’intérêt général. Le CORED appelle les pouvoirs publics à une réaction urgente pour rétablir sa capacité à fonctionner et poursuivre sereinement sa mission de gardien de l’éthique et de la déontologie journalistique.

Corruption présumée : Ismaïla Madior Fall entendu sur le fond devant la Haute Cour de justice ce mercredi

L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, est entendu ce mercredi par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice dans le cadre d’une enquête pour corruption présumée qui touche l’ancien gouvernement. Cette audition très attendue, sauf changement de dernière minute, se tiendra au troisième étage du palais de justice de Dakar et pourrait être déterminante pour la suite de cette affaire.

Accusé dans une affaire impliquant un montant de 50 millions de francs CFA, l’ancien Garde des Sceaux du gouvernement de Macky Sall a été placé sous bracelet électronique après un premier interrogatoire. Cette fois, il sera confronté à ses coaccusés : l’homme d’affaires Cheikh Gueye et l’ex-directeur des constructions publiques du ministère de la Justice, Mouhamed Anas El Bachir Wane. Tous deux, également inculpés, ont été libérés sous contrôle judiciaire, équipés eux aussi de bracelets électroniques.

La confrontation de ce mercredi pourrait être un tournant crucial dans cette affaire délicate. Entre dénégations fermes, déclarations contradictoires et éléments de preuve attendus, l’audition pourrait clarifier de nombreux points obscurs. Selon des sources proches du dossier, certaines révélations pourraient bousculer les versions avancées jusqu’à présent par les différentes parties.

Les accusations portées contre l’ancien ministre sont graves : corruption, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, tentative d’extorsion de fonds, concussion, prise illégale d’intérêts, escroquerie, blanchiment d’argent et complicité de ces infractions. Cet ensemble d’accusations, lié à une opération foncière controversée, ravive les critiques sur la gestion du foncier et des contrats publics sous le précédent régime.

Le cas d’Ismaïla Madior Fall, figure marquante du gouvernement sortant et ancien conseiller juridique à la présidence, illustre fortement la volonté du nouveau pouvoir de nettoyer la gestion publique. Son audition devant la Haute Cour de justice, compétente pour juger les anciens ministres, est perçue comme une épreuve de l’indépendance et de la rigueur de la justice dans les affaires de crimes économiques.

Alors que le public suit de près cette affaire, la journée de ce mercredi pourrait apporter un éclairage crucial sur une série de pratiques dénoncées depuis longtemps, mais rarement poursuivies à ce niveau de responsabilité.

Inondations : le ministre Jean-Baptiste Tine plaide pour une réponse harmonisée à tous les niveaux

Alors que la saison des pluies prend lentement place, le gouvernement sénégalais veut agir avec anticipation face aux risques d’inondations. En visite ce mardi 24 juin 2025 à Tambacounda, à l’est du pays, le ministre de l’Intérieur, Jean-Baptiste Tine, a dirigé une rencontre spéciale du Comité régional de développement (CRD) dédiée uniquement à cette question. Cet échange, étendu aux préfets, maires, experts techniques et services de secours, a permis de revisiter les mesures actuelles et de réfléchir à des adaptations pour optimiser la prévention et la réponse.

Face aux médias locaux, le ministre a tenu à clarifier la nature imprévisible de ces événements, insistant sur le fait qu’ils sont inévitables : « Les inondations et les crues ne sont la faute de personne, ce sont des événements naturels ». Il a souligné que, malgré les récurrentes pluies abondantes, le Sénégal a été relativement épargné par rapport à d’autres nations qui ont subi de lourdes pertes humaines. « Vous avez pu noter que, par exemple, l’an passé, dans certains pays d’Afrique, voire d’Asie, de nombreux décès et blessés ont été déplorés à cause de ces catastrophes naturelles. Heureusement, ici au Sénégal, nous n’avons pas eu à déplorer de telles pertes », a-t-il ajouté.

Cependant, le ministre a rappelé qu’il faut rester vigilant. Pour lui, la réussite de la réponse repose avant tout sur une coordination efficace à tous les niveaux : régional, départemental et communal. « Nous avons demandé à nos autorités administratives de se préparer à cette réponse, en mettant en place un comité de veille et de suivi au niveau régional, départemental et local pour détecter les signes d’alerte », a détaillé le Général Tine.

Ce réseau sur le terrain vise à prévoir les risques et à permettre une intervention rapide des centres de commandement régionaux en cas d’alerte. Cette méthode intégrée s’appuie sur la décentralisation des actions publiques, tout en tenant compte des spécificités de chaque région.

Avec cette réunion stratégique, le gouvernement cherche à promouvoir une culture de prévention et une gestion efficace des catastrophes naturelles, dans une démarche de résilience collective. L’objectif est clair : éviter que les inondations ne deviennent, une fois de plus, un fléau pour les communautés, surtout dans les zones les plus vulnérables.

Affaire des véhicules de l’Assemblée nationale : Bachir Fofana convoqué par la Division spéciale de cybersécurité ce mercredi

Le dossier controversé sur l’achat de véhicules par l’Assemblée nationale continue de susciter beaucoup de réactions et est désormais à l’origine d’une action légale. Ce mercredi matin, le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana a révélé avoir reçu une convocation de la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Sur sa page Facebook, il a précisé qu’il devait se présenter à 10 heures au siège de la DSC concernant « une affaire le concernant ».

Cette convocation survient dans un contexte où la polémique autour de l’attribution d’un marché public lié à l’achat de véhicules par l’Assemblée nationale ne cesse de prendre de l’ampleur. D’après le journal Libération, cette démarche légale aurait été initiée par le président de la chambre parlementaire, El Malick Ndiaye, qui aurait déposé une plainte contre le journaliste pour « propagation de fausses informations et diffamation ».

La plainte a été formulée par Me Bamba Cissé, avocat représentant le président de l’Assemblée. À l’origine de cette démarche, plusieurs déclarations récentes de Bachir Fofana, notamment lors de ses apparitions dans l’émission La Réplica sur Sentv. Il aurait affirmé que la direction de l’Assemblée avait attribué un contrat pour des véhicules à Cheikh Guèye, un nom également cité dans l’affaire du Tribunal de Pikine-Guédiawaye, aux côtés de l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall.

Ces propos considérés comme graves et sans fondement par les plaignants ont mené à cette action qui, selon certaines sources, viserait à « redorer le blason de l’Assemblée nationale face à une campagne de discrédit organisée ».

Ce développement ne passera pas inaperçu chez les défenseurs de la liberté de la presse. Déjà, plusieurs voix s’expriment sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’ils voient comme une tentative d’intimidation envers un journaliste d’investigation. D’autres plaident pour laisser la justice agir tout en soulignant l’importance de vérifier les informations avant toute déclaration publique.

Dans tous les cas, cette affaire remet sur la table les relations souvent tendues entre les institutions publiques et certains journalistes, dans un contexte où la demande de transparence est de plus en plus renforcée. Il reste à voir si cette convocation conduira à des actions légales ou si elle ne sera qu’une étape dans un dossier en évolution.

Tragédie à Sinthiang Mamadou Hayé : une jeune fille de 15 ans s’est suicidée après l’annonce d’un mariage forcé

Un sentiment de tristesse et de colère envahit la commune de Koulinto, située dans le département de Médina Yoro Foulah, après le décès tragique d’Ousseye Baldé, une adolescente de 15 ans retrouvée pendue ce lundi dans son village d’origine, Sinthiang Mamadou Hayé.

Les événements ont eu lieu en fin de matinée. La jeune fille a été retrouvée morte, accrochée à un arbre près de chez elle, avec un foulard qui lui appartenait. Cette scène dramatique a plongé la communauté dans une grande stupeur, surtout qu’aucun signe extérieur ne laissait présager un acte si tragique. Alertées rapidement, les autorités ont envoyé une équipe de gendarmes sur place avant de transférer le corps à la morgue de l’hôpital régional de Kolda. Une autopsie a été demandée pour déterminer les circonstances précises du décès.

Tragédie à Touba : trois décès suite à l’effondrement d’un immeuble de quatre étages

Un événement tragique a eu lieu tôt ce mercredi matin dans le quartier de Darou Miname à Touba, où un immeuble en cours de construction s’est effondré vers 4 heures. Selon les détails fournis par le gouverneur de la région de Diourbel, Ibrahima Fall, il s’agissait d’un bâtiment de quatre étages, et non de trois comme suggéré initialement après le drame.

Les équipes de secours des sapeurs-pompiers ont œuvré pour dégager les débris et ont achevé les opérations de recherche au cours de la journée. Le bilan humain est lourd : trois personnes ont perdu la vie et deux autres blessées ont été transportées à l’hôpital Matlaboul Fawzaini pour recevoir des soins.

Le gouverneur Fall, présent sur les lieux, a précisé que l’immeuble effondré n’était pas encore occupé, mais sa chute a gravement endommagé une maison voisine, causant les pertes humaines enregistrées. Il a mis en avant l’urgence de renforcer la surveillance des chantiers, déclarant : « Il est impératif d’interrompre toutes les constructions n’ayant pas respecté la procédure normale. Il faut en discuter avec le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, pour envisager des inspections dans la ville et s’assurer du respect des normes. »

De son côté, le maire de Touba, Abdou Lahad Ka, a livré un bilan inquiétant. Selon lui, il s’agit du cinquième effondrement d’un bâtiment en construction à Touba en moins de deux ans. Une série préoccupante qui soulève des questions sur la qualité des bâtiments, mais aussi sur l’application des règles d’urbanisme dans une ville en pleine croissance.

L’élu local a critiqué la multiplication des constructions en hauteur, de type R+3 à R+5, souvent réalisées sans supervision technique adéquate. Il appelle à des mesures urgentes et déterminées pour faire respecter les normes de construction, particulièrement dans une cité religieuse qui attire chaque année des millions de visiteurs.

Cheikh Oumar Diagne tacle Serigne Gueye Diop : « Le ministre du Commerce est incompétent »

Invité sur le plateau de la chaîne 7TV, Cheikh Oumar Diagne, ancien directeur des Moyens généraux à la présidence, n’a pas mâché ses mots. Dans un ton incisif, il a remis en question les capacités du ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, qu’il accuse d’inefficacité dans la gestion du dossier du sucre au Sénégal.

« Le ministre Serigne Gueye Diop est incompétent », a-t-il déclaré sans détour, en réponse à une question relative à la pénurie annoncée de sucre sur le marché national. Pour lui, la situation actuelle témoigne d’un pilotage défaillant du secteur, alors que les ménages sénégalais s’inquiètent de la montée des prix et de la rareté du produit.

Cheikh Oumar Diagne ne s’est pas limité à critiquer le ministre. Il a également pointé un doigt accusateur vers la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), qu’il tient pour principale responsable du déséquilibre du marché. « La Compagnie sucrière sénégalaise a pris en otage les consommateurs », a-t-il martelé, dénonçant ce qu’il considère comme une position dominante exercée au détriment de l’intérêt général.

Face à cette situation qu’il qualifie de “grave”, l’ancien haut fonctionnaire appelle l’État à sortir de sa réserve et à agir avec fermeté. Il exige des mesures immédiates pour mettre fin au monopole et garantir aux populations un accès équitable et abordable au sucre.

Affaire des véhicules de l’Assemblée nationale : El Malick Ndiaye porte plainte contre Bachir Fofana et Adama Gaye pour diffamation

L’affaire très médiatisée des véhicules de l’Assemblée nationale prend une tournure judiciaire. Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a décidé de porter l’affaire devant les autorités compétentes en déposant une plainte contre deux journalistes connus de la scène publique : Bachir Fofana, chroniqueur, et Adama Gaye, ancien diplomate et journaliste. L’information a été révélée par le journal Libération, qui précise que la plainte a été introduite par l’avocat Me Bamba Cissé, agissant au nom du président de l’institution parlementaire.

Selon les détails rapportés, la plainte déposée auprès de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) vise des faits présumés de « diffusion de fausses nouvelles et diffamation ». L’initiative fait suite à une série de déclarations publiques et publications en ligne que Me Cissé juge infondées et attentatoires à l’honneur de son client.

Dans le viseur de la plainte, une déclaration publique de Bachir Fofana portant sur le marché controversé d’acquisition de véhicules pour l’Assemblée nationale. Le chroniqueur aurait affirmé que ce marché avait été attribué à un certain Cheikh Guèye, un nom déjà cité dans une autre affaire médiatisée impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, autour du tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Pour Me Bamba Cissé, ces propos relèvent d’une intention manifeste de nuire à la réputation du président de l’Assemblée. L’avocat estime qu’aucun élément tangible ne vient étayer de telles accusations, et que leur diffusion relève d’une démarche calomnieuse.

De son côté, Adama Gaye est mis en cause pour une publication sur sa page Facebook, jugée diffamatoire. Le contenu de cette publication, bien que non reproduit en intégralité par Libération, contiendrait, selon la plainte, des allégations sans fondement vérifiable qui auraient outrepassé les limites légales de la liberté d’expression.

La Division spéciale de cybersécurité de la police nationale a été officiellement saisie du dossier. Des réquisitions seraient déjà en cours pour retracer la diffusion des propos incriminés, identifier les auteurs et leurs responsabilités, et recueillir toutes les preuves numériques nécessaires.

Selon des sources proches de l’enquête citées par Libération, la DSC pourrait convoquer les mis en cause dans les prochains jours pour les besoins de l’enquête préliminaire.

Ce nouvel épisode intervient dans un contexte de forte tension autour de la gestion des ressources publiques et de la transparence au sein de l’Assemblée nationale. Les interrogations suscitées par l’achat de véhicules pour les députés avaient déjà donné lieu à une vive polémique au sein de l’opinion publique.

Ismaïla Madior Fall face à la justice : une audition cruciale sous fond d’accusations de corruption

Sauf revirement de dernière minute, l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, sera auditionné ce mardi par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Une audience attendue, aussi bien pour sa portée judiciaire que pour ses conséquences politiques, dans une affaire de corruption présumée qui secoue les sphères de l’État.

Figure emblématique du droit constitutionnel au Sénégal, universitaire respecté et ex-Garde des Sceaux sous Macky Sall, Ismaïla Madior Fall traverse aujourd’hui la plus grave tempête de sa carrière. Inculpé et placé sous bracelet électronique, il devra s’expliquer au fond sur des faits de corruption présumée portant sur 50 millions de francs CFA. Face à lui, deux hommes : l’entrepreneur Cheikh Guèye, patron de TCS, et Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice. Tous deux également mis en cause dans ce dossier, ils sont devenus ses principaux accusateurs.

L’affaire, révélée par L’Observateur, trouve son origine dans un projet d’infrastructures judiciaires sur une assiette foncière attribuée au ministère de la Justice. Parmi les constructions prévues : un centre de surveillance de bracelets électroniques, estimé à 576 millions de francs CFA. En l’absence de budget disponible, un partenariat est scellé avec l’entrepreneur Cheikh Guèye, qui s’engage à financer la construction à ses frais, en contrepartie d’une dation sur une partie du terrain.

Mais l’accord tourne court. Selon les déclarations de Cheikh Guèye à la Division des investigations criminelles (DIC), Ismaïla Madior Fall aurait exigé une somme totale de 250 millions de francs CFA pour signer le protocole. Il affirme lui avoir versé une avance de 50 millions en espèces, en présence du directeur Mohamed Anas El Bachir Wane. Ce dernier, entendu à son tour, aurait corroboré les faits.

Convoqué ce jour au Palais de justice de Dakar, l’ancien ministre est attendu au troisième étage, au siège de la Commission d’instruction. Devant le président Abdoulaye Bâ et ses quatre assesseurs, il devra affronter une vérité judiciaire en gestation, où chaque parole pèsera lourd. Pour sa part, Ismaïla Madior Fall nie les accusations. Sur le plateau de la 7TV, il a affirmé que l’argent en question lui avait été proposé à titre gracieux par Cheikh Guèye, mais qu’il l’avait refusé et renvoyé à l’envoyeur.

Une version qui tranche avec les témoignages de ses accusateurs et qui sera scrutée de près lors de l’audience. Le risque est énorme pour un homme qui, jusqu’ici, bénéficiait d’une image d’intégrité bâtie sur des décennies d’engagement académique et institutionnel.

Cette audition pourrait marquer un tournant dans une affaire devenue emblématique des soupçons de collusion entre pouvoir, argent public et acteurs privés. Dans un pays où la reddition des comptes est devenue un impératif citoyen, l’issue de ce face-à-face judiciaire est attendue avec fébrilité.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°495 – 25/06/2025

🔴 DEMANDE D’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PARLEMENTAIRE PAR PAPE DJIBRIL FALL : « ASER-GATE » – DES TÉNÈBRES À LA LUMIÈRE ?
🔴 « ZONES D’OMBRE » DANS LES RAPPORTS TRIMESTRIELS D’EXÉCUTION BUDGÉTAIRE : PAPE MALICK NDOUR TIQUE

🔴 CANDIDATURE À LA PRÉSIDENCE DE LA FSF : ALIOU GOLOKO MISE SUR PLUS DE 30 ANS D’EXPÉRIENCE
🔴 LUTTE / « LE CNG VOULAIT MA DÉFAITE » : ZARCO RÈGLE SES COMPTES

DEMANDE D’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PARLEMENTAIRE PAR PAPE DJIBRIL FALL : « ASER-GATE » – des ténèbres à la lumière ?

Le député non-inscrit Papa Djibril Fall a saisi officiellement le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, ce mardi 24 juin 2025, pour exiger l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le marché d’électrification rurale attribué à la société AEE POWER par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER). Dans une lettre argumentée et estampillée du sceau du Parlement, le parlementaire invoque les articles 85 alinéa 4 de la Constitution et 48 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour appuyer sa requête.

Dans ce document transmis au bureau de l’Assemblée et dûment enregistré, Papa Djibril Fall justifie sa demande par la gravité des soupçons qui entourent l’attribution de ce marché, devenu en quelques mois un véritable feuilleton politico-économique. Il évoque de « vives polémiques », des « interrogations persistantes », des « accusations et contre-accusations » qui, selon lui, justifient une réponse institutionnelle forte de la part de la représentation nationale.
« Cette commission d’enquête a pour objet de mettre toute la lumière sur ce marché », écrit-il, soulignant la nécessité pour le Parlement de s’emparer de ce dossier hautement sensible, où s’entremêlent enjeux de transparence, d’éthique, de bonne gouvernance et d’intérêt public.
À travers cette initiative, le député vise à recueillir l’ensemble des éléments d’information nécessaires à la compréhension du processus ayant conduit à l’attribution du marché à AEE POWER, et à produire un rapport détaillé, impartial, et affranchi de toute forme de complaisance. Une volonté clairement affichée de lever le voile sur ce que certains appellent déjà « l’ASER-Gate », en référence aux pratiques opaques dénoncées autour du dossier.
Ce geste de Papa Djibril Fall intervient dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de reddition de comptes sont particulièrement élevées. Le marché d’électrification en question, qui devait incarner une avancée majeure pour les zones rurales du pays, est désormais perçu par une partie de l’opinion comme un symbole d’opacité dans la gestion des marchés publics.
Le président de l’Assemblée nationale est désormais interpellé pour donner suite à cette demande qui, si elle est acceptée, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de responsabilité parlementaire. L’éclairage tant attendu sur ce dossier pourrait bien commencer dans l’hémicycle, sous l’impulsion d’un député déterminé à sortir les pratiques douteuses de l’ombre. Reste à savoir si cette initiative trouvera un écho favorable auprès des autres groupes parlementaires.


Trêve entre l’Iran et Israël : les marchés respirent, le pétrole s’effondre, le dollar recule

Les marchés financiers mondiaux ont retrouvé leur calme ce mardi, portés par l’annonce d’un cessez-le-feu entre l’Iran et Israël. Cette trêve, annoncée par l’ex-président américain Donald Trump après douze jours de tensions militaires, a été accueillie avec soulagement par les investisseurs, qui ont fait grimper les principales places boursières, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. En parallèle, les cours du pétrole ont fortement chuté, tandis que le dollar s’est affaibli face aux grandes devises.

Du côté des marchés boursiers, les indices ont clôturé en nette hausse. À Wall Street, le Dow Jones a gagné 1,19 %, le Nasdaq a progressé de 1,43 % et le S&P 500 de 1,11 %, se rapprochant de son plus haut historique. En Europe, Paris a enregistré une hausse de 1,04 %, Francfort de 1,60 % et Milan de 1,63 %. Seule la Bourse de Londres a stagné, avec une variation quasi nulle (+0,01 %). Ce rebond traduit la dissipation d’un risque géopolitique majeur, comme l’a souligné Lionel Melka, gérant de Swann Capital : « Les investisseurs reprennent leur souffle, avec ce cessez-le-feu, c’est un risque qui disparaît du marché. »

L’annonce a également déclenché une chute brutale des prix du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord a perdu 6,84 %, tombant à 67,14 dollars, son niveau de début juin. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), son équivalent américain, a reculé de 6,04 % à 64,37 dollars. Cette dégringolade est alimentée par deux facteurs : la trêve au Moyen-Orient, qui éloigne le spectre d’un choc d’approvisionnement, et un message posté par Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, affirmant que la Chine pouvait désormais s’approvisionner en pétrole iranien. Cette déclaration marque un tournant dans la politique américaine vis-à-vis de Téhéran et pourrait amplifier le retour du pétrole iranien sur le marché.

Dans le sillage de cette baisse, le gaz naturel européen a aussi reculé fortement (-12,11 %), atteignant 35,61 euros le mégawattheure (MWh). Le recul généralisé des prix de l’énergie a pénalisé les grandes compagnies pétrolières. TotalEnergies a chuté de 3,28 % à Paris, tandis que BP a plongé de 4,75 % à Londres, Shell de 3,61 %, Eni de 2,54 % à Milan, Exxon Mobil de 3,04 % et Chevron de 2,25 % à Wall Street.

Sur le marché des changes, le dollar a également perdu du terrain, affaibli par l’apaisement géopolitique et les signaux contradictoires en provenance de la Réserve fédérale américaine (Fed). Certains responsables de la Fed se sont montrés favorables à une baisse des taux dès juillet, alors même que son président Jerome Powell a réitéré qu’il n’y avait « pas d’urgence » à agir. En conséquence, le billet vert a reculé de 0,29 % face à l’euro, tombant à 1,1612 dollar. Plus tôt dans la journée, l’euro avait atteint un plus haut depuis octobre 2021 à 1,1642 dollar. Par ailleurs, les rendements obligataires américains à dix ans se sont détendus à 4,30 %, contre 4,34 % la veille.

Enfin, sur le front des entreprises, Uber s’est démarqué avec une progression spectaculaire de 7,48 %, portée par l’annonce de l’élargissement de son partenariat avec Waymo, la filiale de véhicules autonomes d’Alphabet. Après Austin, les voitures sans chauffeur de Waymo seront désormais disponibles via l’application Uber à Atlanta. En revanche, Tesla a été sanctionné en Bourse (-2,35 %), après que l’Agence américaine de sécurité routière (NHTSA) a exigé des explications suite à des incidents signalés lors du lancement de son service de taxi autonome à Austin, encore très limité à ce stade.

La trêve entre l’Iran et Israël semble donc avoir ramené un vent d’optimisme sur les marchés. Mais les évolutions futures dépendront à la fois de la stabilité de ce cessez-le-feu et des orientations à venir des grandes banques centrales, notamment de la Fed.

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