Le khalife de Bambilor interpelle les plus hautes autorités
Dans une lettre rendue publique, le khalife de Bambilor a pris la parole pour évoquer la situation des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) en grève. S’adressant à la fois aux autorités compétentes et aux étudiants eux-mêmes, ce message se veut un appel à la responsabilité collective, au dialogue et à la recherche urgente de solutions durables face à une crise qui dépasse le cadre universitaire et interpelle l’ensemble de la société.
« La situation que traverse l’Université Cheikh Anta Diop continue de susciter des inquiétudes légitimes. Elle appelle, de la part de tous, sens de responsabilité, écoute et humanité. Après plusieurs tentatives de médiation, notamment l’organisation d’une rencontre entre les étudiants, les autorités religieuses et les acteurs concernés, une période d’accalmie avait été observée », a écrit Thierno Amadou Ba, qui reste convaincu que « le dialogue reste possible et nécessaire ». Toutefois, estime-t-il, « des éléments nouveaux, comme la fermeture des restaurants universitaires et certains événements récents, ont ravivé les tensions ».
Par cette lettre ouverte, le khalife général de Bambilor invite l’État à prendre toutes les dispositions nécessaires, en tenant compte de la réalité du terrain. « Les textes et les principes sont importants, mais il arrive que leur application gagne à être humanisée, afin de préserver la paix sociale et la dignité humaine », a-t-il suggéré. Thierno Amadou Ba ne manque pas de saluer, « avec une profonde émotion », « la dignité, le sens élevé de responsabilité et le respect dont les étudiants ont fait preuve jusqu’ici, notamment à travers leurs représentants et les amicales ».
« Malgré les attentes, les difficultés et l’ouverture au dialogue qu’ils ont consentie, ils ont su préserver leur dignité, leur lucidité et leur engagement responsable. Leur attitude respectueuse envers les autorités religieuses et morales ne saurait en aucun cas être interprétée comme un renoncement ou une compromission, mais bien comme une preuve de maturité et de conscience citoyenne », a-t-il estimé. « Je veux aussi leur dire clairement que, quelles que soient les circonstances, ils ne sont pas seuls », a-t-il fait savoir.
Poursuivant, il a indiqué que l’accompagnement des autorités morales, religieuses et sociales leur est acquis. « Les portes du dialogue restent ouvertes. Il n’est dans l’intérêt de personne de laisser s’installer la méfiance ou la confrontation. Les étudiants ont joué un rôle important dans l’histoire récente de notre pays ; il est essentiel aujourd’hui de préserver la confiance et l’esprit de concertation », a-t-il argumenté.
Dans cet esprit, il en appelle également au Président de la République ainsi qu’au Premier ministre. « La situation actuelle exige des sacrifices et un engagement personnel au plus haut niveau de l’État. Le règlement durable de cette crise passe par une écoute directe et sincère des étudiants. J’invite ainsi les plus hautes autorités à ouvrir leurs portes aux étudiants, à travers une rencontre franche et inclusive, sans intermédiaires, afin d’échanger et de trouver ensemble des solutions », a-t-il indiqué, estimant qu’un tel geste de dialogue et de responsabilité contribuerait grandement à apaiser les tensions et à restaurer la confiance. « Je réitère mon soutien et mon engagement à accompagner toutes les parties dans la recherche de solutions apaisées, justes et durables. Que le bon Dieu nous garde nous protège et nous assiste », a-t-il conclu.
Aly Saleh
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