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Tensions à l’Université Assane-Seck de Ziguinchor après la fermeture du restaurant universitaire

La situation s’est brusquement tendue, ce lundi, sur le campus de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor (UASZ), à la suite de la décision du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS/Z) de fermer le restaurant universitaire jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure, annoncée dans un contexte de contestation estudiantine, a rapidement dégénéré en affrontements entre étudiants et forces de l’ordre déployées pour sécuriser les lieux.

Dans un communiqué rendu public, le directeur du CROUS/Z, Salif Baldé, a expliqué que la fermeture faisait suite à des perturbations graves du fonctionnement du service de restauration. Selon lui, plusieurs étudiants sont entrés dans l’enceinte du restaurant universitaire pour appeler leurs camarades à se restaurer sans s’acquitter du ticket habituel. Ce mot d’ordre, qualifié de « journée sans ticket », aurait compromis l’organisation normale du service ainsi que les efforts matériels, financiers et humains consentis pour assurer une restauration accessible et de qualité aux étudiants.

Le directeur précise que les étudiants avaient été formellement avertis dès la matinée contre cette initiative jugée contraire aux règles en vigueur. Face au non-respect des consignes et conformément aux instructions du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la direction du CROUS/Z a pris la décision de suspendre temporairement les activités du restaurant universitaire. Salif Baldé en appelle au sens de la responsabilité des étudiants et au respect des textes qui encadrent la gestion des services sociaux universitaires.

Cependant, cette mesure n’a fait qu’exacerber la colère sur le campus. Des heurts ont éclaté entre étudiants et forces de l’ordre, traduisant un climat de tension déjà latent au sein de la communauté universitaire. Pour les étudiants, la fermeture du restaurant constitue une sanction collective qu’ils jugent disproportionnée au regard de leurs revendications.

Joint par nos soins, Ibrahim Ngom, porte-parole des étudiants de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor, a tenu à replacer le mouvement de « journée sans ticket » dans un cadre plus large. Selon lui, cette action s’inscrit dans une dynamique nationale de contestation de la réforme des bourses d’études initiée par le ministère de tutelle. Les étudiants estiment que cette réforme va à l’encontre du décret du 12 août 2014, lequel garantit l’octroi de bourses aux étudiants de la licence jusqu’au doctorat.

Pour les étudiants de l’UASZ, la mobilisation autour du restaurant universitaire ne constitue donc qu’un volet visible d’un malaise plus profond lié aux conditions de vie et d’études sur les campus sénégalais. Ils appellent les autorités universitaires et ministérielles à privilégier le dialogue afin d’éviter une escalade de la violence et de trouver des solutions durables aux revendications sociales et académiques.

En attendant une éventuelle reprise des discussions, le campus de Ziguinchor demeure sous haute surveillance, dans un climat marqué par l’incertitude et la crispation, alors que les étudiants redoutent une dégradation supplémentaire de leurs conditions de vie.


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