La question de l’électrification rurale a suscité de vifs échanges ce samedi à l’Assemblée nationale lors du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB). En présence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, plusieurs députés issus de la majorité présidentielle ont interpellé l’exécutif sur l’urgence d’accélérer le raccordement des zones rurales au réseau électrique national.
Mais c’est la prise de parole du député non-inscrit Thierno Alassane Sall qui a marqué les débats. Ancien ministre, aujourd’hui figure de l’opposition indépendante, il a interpellé ses collègues parlementaires en leur lançant un défi : ouvrir une commission d’enquête parlementaire sur les activités et la gestion de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER).
« Si vous voulez sincèrement que les choses avancent, si l’électrification vous intéresse réellement, ouvrons une commission d’enquête parlementaire sur la question troublante de l’ASER », a déclaré Thierno Alassane Sall d’un ton ferme.
Il a notamment fait référence au contrat conclu avec l’entreprise espagnole Santander et à la société AEE Power EPC, au cœur d’un dossier controversé. Selon lui, des zones d’ombre persistent autour du décaissement d’une avance de démarrage évaluée à 37 milliards FCFA. « L’entreprise espagnole Santander a fait savoir que le 11 juin dernier, l’avance de démarrage dans le dossier ASER-AEE Power EPC avait été versée. Si vous voulez savoir où sont passés les 37 milliards, parlons-en », a-t-il insisté, dénonçant une opacité qui dure depuis des années.
Le député a par ailleurs précisé que la partie espagnole aurait elle-même engagé des investigations internes pour établir les responsabilités et faire la lumière sur l’usage des fonds. Il estime qu’en tant que représentants du peuple, les députés sénégalais ont le devoir d’exiger la transparence. « Ce qui est clair, c’est que les Espagnols sont en train de faire leur propre enquête. Mais en tant que parlementaires, vous avez l’obligation d’ouvrir une commission d’enquête pour tirer cette question au clair », a-t-il martelé.
Sa déclaration a suscité un certain embarras au sein de l’hémicycle, où le dossier ASER est connu pour être sensible et complexe.
Ce nouvel épisode vient relancer la polémique sur la gouvernance des projets d’électrification rurale au Sénégal et la gestion des financements extérieurs mobilisés dans le cadre de ces projets. Reste à savoir si sa proposition de commission d’enquête trouvera un écho favorable auprès des groupes parlementaires, dans un contexte où la transparence et la redevabilité sont au cœur des revendications citoyennes.