La controverse autour de l’acquisition de 76 véhicules destinés aux députés de l’Assemblée nationale continue de provoquer de vives réactions sur la scène politique. Cette fois, c’est au sein même de la majorité que les critiques se font entendre. Le député Guy Marius Sagna a publiquement dénoncé, ce mardi 6 janvier, ce qu’il qualifie de « défaillance » et de « manque de vigilance » du Bureau de l’Assemblée nationale dans la gestion de ce dossier sensible.
Selon le parlementaire, l’achat de ces véhicules s’est fait dans une opacité totale, sans information préalable ni consultation des députés. Il affirme que le Bureau de l’Assemblée nationale a manqué à son devoir de transparence en procédant à cette acquisition sans associer l’ensemble des élus, alors même que la situation économique du pays impose une gestion rigoureuse des ressources publiques. Pour Guy Marius Sagna, cette absence d’information constitue une faute politique et morale.
Face à ce qu’il décrit comme un « silence complice » autour de la question des véhicules, le député estime que la majorité parlementaire, notamment le groupe des vingt députés coordonnateurs du projet, doit assumer ses responsabilités. Il appelle ces derniers à rendre des comptes et à présenter des excuses non seulement aux députés, mais également au peuple sénégalais. À ses yeux, l’Assemblée nationale, en agissant de la sorte, a envoyé un « mauvais signal » à l’opinion publique, en contradiction flagrante avec le discours de sobriété prôné par les autorités.
Guy Marius Sagna replace cette polémique dans un contexte économique particulièrement tendu. Alors que le gouvernement a récemment exposé à la population la gravité de la situation financière héritée de l’ancien régime, ainsi que ce qu’il qualifie d’« actes anti-nationaux » posés sous la présidence de Macky Sall, le Parlement se devait, selon lui, d’être exemplaire. Il soutient que les députés auraient dû accompagner les efforts de redressement par une rationalisation stricte des dépenses et une réduction significative de leur train de vie.
Pour le député, cette affaire va bien au-delà de la simple question des véhicules. Elle pose le problème plus large de la cohérence entre les discours politiques et les pratiques institutionnelles. Il juge incohérent d’exiger des sacrifices aux populations tout en maintenant, voire en renforçant, certains privilèges au sommet de l’État. Cette situation risque, selon lui, d’entamer la crédibilité des institutions et d’alimenter la défiance citoyenne.
En guise de conclusion, Guy Marius Sagna a appelé ses collègues députés à une vigilance accrue. Il les exhorte à « surveiller l’Assemblée nationale » et à veiller à ce que de telles décisions ne se reproduisent plus à l’avenir. Pour lui, cette affaire doit servir de leçon et marquer un tournant vers une gouvernance parlementaire plus responsable, plus transparente et en phase avec les réalités économiques du pays.