Actualités

Rejet partiel du RIAN : Ndiaga Sylla dénonce une méconnaissance du principe de séparation des pouvoirs

La décision du Conseil constitutionnel de censurer certaines dispositions du nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN) continue de susciter des réactions. L’expert électoral Ndiaga Sylla, connu pour ses analyses sur les processus institutionnels et électoraux, estime que le Parlement a, dans une certaine mesure, outrepassé ses prérogatives, violant ainsi le principe fondamental de la séparation des pouvoirs.

Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, Ndiaga Sylla affirme que le Conseil constitutionnel a simplement rappelé à l’ordre les députés en leur signalant les limites constitutionnelles. Selon lui, la Représentation nationale a, dans son empressement à moderniser ses règles internes, quelque peu négligé les fondements de l’État de droit.

« En examinant et en adoptant le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la Représentation nationale a, par moments, méconnu la portée du principe de séparation des pouvoirs, pourtant fondement de l’État de droit. C’est, en substance, ce que le Juge constitutionnel vient de rappeler avec justesse », écrit-il.

L’expert précise par ailleurs qu’un texte même soutenu par une majorité parlementaire ou salué pour ses avancées ne saurait échapper au contrôle de constitutionnalité : « Ce n’est pas parce qu’un texte est consensuel et comporte de nombreuses avancées qu’il est, pour autant, totalement conforme à la Constitution. »

Le Conseil constitutionnel, saisi après l’adoption du RIAN, a en effet censuré plusieurs dispositions. Parmi les articles invalidés figurent ceux liés au fonctionnement des groupes parlementaires, à la désignation des commissions permanentes, et à l’organisation du travail législatif. Le Conseil a jugé que ces dispositions introduisaient des mécanismes qui ne trouvent pas de fondement explicite dans la Constitution, ou allaient au-delà des limites prévues.

La sortie de Ndiaga Sylla renforce l’idée que cette décision n’est pas uniquement une question technique, mais aussi une leçon institutionnelle. Elle interpelle la majorité parlementaire et l’ensemble des députés sur la nécessité de respecter les équilibres constitutionnels, même lorsqu’il s’agit de réformer leur propre fonctionnement.

Ce rappel au respect du droit constitutionnel intervient dans un contexte politique marqué par des tensions institutionnelles, où la vigilance du juge constitutionnel est perçue comme un garde-fou indispensable au bon fonctionnement de la démocratie sénégalaise.

Règlement intérieur de l’Assemblée nationale : Le Conseil constitutionnel valide l’essentiel, 4 dispositions seulement censurées

Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision sur le nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN), et le verdict est globalement favorable. Sur les 136 dispositions analysées, seules quatre ont été jugées contraires à la Constitution. Le groupe parlementaire Pastef–Les Patriotes, à l’origine du projet, se félicite de cette validation quasi-totale, qu’il qualifie de « confirmation de la solidité juridique du texte adopté par l’Assemblée ».

Selon une note d’Ismaël Diallo, membre du groupe Pastef, la décision de la haute juridiction concerne trois alinéas et un article. Les 132 autres dispositions ont été jugées conformes, certaines sous réserve d’une interprétation précisée par le Conseil – une méthode juridique connue sous le nom de réserve d’interprétation.

Les quatre points censurés sont les suivants :

  • Article 56, alinéa 2 : Il autorisait le président de l’Assemblée nationale à faire appel aux forces de l’ordre lorsqu’un individu convoqué par une commission d’enquête parlementaire refusait de déférer à cette convocation. Le Conseil a jugé que cette disposition outrepasse les prérogatives définies par la Constitution.
  • Article 60, alinéa 6 : Il prévoyait la radiation automatique d’un député en cas de condamnation pénale définitive entraînant la déchéance des droits civiques. Le Conseil a estimé que cette disposition introduisait une restriction que la Constitution elle-même n’établit pas, ce qui n’est pas permis à une loi organique.
  • Article 111, alinéa 6 : Il interdisait le retrait d’une motion de censure déposée sous certaines conditions. Le Conseil a rappelé qu’aucune telle interdiction n’est prévue dans la Constitution, rendant cette clause invalide.
  • Article 134 : Concernant le renouvellement des membres de la Haute Cour de justice, cet article a été censuré pour avoir omis une condition essentielle prévue par la Constitution.

Malgré ces réserves, la portée de la décision est globalement positive pour les initiateurs du nouveau règlement. Le Conseil constitutionnel a validé la quasi-totalité du texte, autorisant sa promulgation par le président de la République, à l’exception des quatre dispositions écartées.

« Il ne s’agit que d’enlever les éléments problématiques. Le reste du texte est conforme et peut entrer en vigueur », précise Ismaël Diallo, qui rappelle que les alinéas invalidés ne remettent pas en cause l’ensemble des articles concernés.

Le groupe Pastef considère cette décision comme un feu vert à la réforme du fonctionnement parlementaire. Plusieurs dispositions ont été validées avec des éclaircissements du Conseil, ce qui garantit leur conformité tout en encadrant leur mise en œuvre.

La publication de cette décision intervient dans un climat politique tendu, où certaines voix, y compris au sein de la majorité, avaient critiqué la décision du Conseil comme étant trop sévère. Mais les chiffres apportés par les députés de Pastef viennent relativiser cette perception : moins de 3 % du texte a été censuré.

La balle est désormais dans le camp du président de la République, qui peut promulguer le Règlement intérieur, après retrait des quelques éléments invalidés. L’entrée en vigueur du nouveau texte devrait marquer un tournant dans la modernisation de l’activité parlementaire sénégalaise.

Règlement intérieur censuré : Amadou Ba promet une riposte parlementaire

La polémique autour du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale ne faiblit pas. Après la décision du Conseil constitutionnel de censurer plusieurs dispositions du texte récemment adopté par les députés, Amadou Ba, parlementaire du parti Pastef au pouvoir, annonce la poursuite du combat législatif. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, il critique ouvertement la décision de la haute juridiction et promet d’y revenir très prochainement.

« On reviendra sur la décision du Conseil constitutionnel Inchallah », a écrit le député, s’adressant à ses abonnés avec détermination. Ce message intervient après la validation partielle, par le Conseil constitutionnel, du nouveau règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Plusieurs articles jugés contraires à la Constitution ont été invalidés, notamment ceux relatifs à la structuration des groupes parlementaires, au fonctionnement des commissions permanentes et à l’organisation du travail législatif.

L’un des aspects notables du message d’Amadou Ba est la mise en lumière du rôle de certaines figures politiques dans l’élaboration du texte. Il cite Aïssata Tall Sall, ancienne ministre de la Justice et présidente du groupe parlementaire APR, comme cosignataire du projet de règlement, aux côtés des députés Ayib Daffé et Tafsir Thioye. Ce rappel vise sans doute à souligner l’ampleur du consensus politique ayant prévalu lors de la rédaction du document, en dépit des sensibilités partisanes.

En invalidant plusieurs dispositions du texte, le Conseil constitutionnel a, selon certaines voix au sein de la majorité parlementaire, outrepassé son rôle d’arbitre pour s’ériger en censeur politique. Ce grief semble être partagé par Amadou Ba, dont la publication laisse entrevoir une volonté de contre-attaque politique, voire juridique, pour réintroduire tout ou partie des dispositions retoquées.

La décision du Conseil, intervenue dans un climat de tensions institutionnelles persistantes, est interprétée différemment selon les camps. Pour l’opposition, elle constitue un rappel à l’ordre juridique salutaire face à ce qu’elle considère comme une tentative d’hégémonie parlementaire de la majorité. Pour les partisans du pouvoir, en revanche, il s’agit d’un frein arbitraire à une réforme ambitieuse de la gouvernance parlementaire.

Dans tous les cas, le bras de fer semble désormais engagé. La perspective d’un retour du texte devant l’hémicycle, éventuellement amendé, est plausible. Et si l’on en croit les propos d’Amadou Ba, la majorité parlementaire ne compte pas reculer. Elle pourrait chercher à contourner la censure, ou à forcer un nouveau passage en force, dans les limites du droit.

Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à reprendre ses travaux, la question du règlement intérieur pourrait s’imposer comme l’un des principaux points de friction entre majorité, opposition et juridictions constitutionnelles. Une bataille institutionnelle aux enjeux politiques manifestes, dans un contexte où chaque camp cherche à consolider ses marges de manœuvre.

Le CNRA tranche partiellement dans la crise de gouvernance à Africa 7

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) s’est enfin prononcé sur le différend interne qui secoue le groupe de presse Africa 7, plongé depuis plusieurs mois dans une crise de gouvernance opposant les cogérants Oumou Yaya Wane et Alioune Ndiaye à Moussa Faye.

Dans une décision attendue, rendue publique ce jeudi, le CNRA a déclaré recevables les recours déposés par les deux cogérants, tout en se gardant de trancher le litige les opposant à Moussa Faye. En clair, le régulateur reconnaît la légitimité de leurs démarches, mais laisse la résolution du contentieux à d’autres instances compétentes, probablement judiciaires.

Le CNRA a également clarifié un point qui faisait débat dans l’espace médiatique : le courrier adressé le 2 janvier 2025 à Africa 7 et à la société Télédiffusion du Sénégal (TDS SA). Il souligne que ce document ne constitue en aucun cas une modification des relations contractuelles entre les deux entités. Il s’agissait simplement, selon le régulateur, d’un rappel au respect des règles en vigueur dans le secteur audiovisuel, sans impact sur les accords en cours.

Par ailleurs, les contrats liant Africa 7 à TDS SA restent donc inchangés, précise la décision, mettant ainsi fin aux spéculations autour d’une éventuelle suspension ou d’une remise en cause de la diffusion du signal du groupe audiovisuel.

La décision du CNRA sera notifiée aux parties concernées dans les jours à venir et publiée officiellement, conformément à ses procédures habituelles.

Sénégal–Togo : Diomaye Faye et Faure Gnassingbé s’engagent à renforcer la coopération bilatérale

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce vendredi une visite officielle à Lomé, où il a été accueilli par son homologue togolais, Faure Essozimna Gnassingbé. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays, et marque une étape importante dans la dynamique diplomatique que Diomaye Faye entend insuffler à la politique extérieure sénégalaise.

Selon une publication de la Présidence de la République du Sénégal, les échanges entre les deux chefs d’État ont permis de renouveler les liens d’amitié et de coopération entre Dakar et Lomé. Les deux présidents ont convenu de relancer la Commission mixte, un cadre stratégique destiné à identifier les opportunités de partenariat, à intensifier les échanges commerciaux et à encourager une coopération mutuellement bénéfique.

Au-delà des questions bilatérales, les deux dirigeants ont abordé les défis sécuritaires et politiques auxquels la sous-région est confrontée, notamment la menace persistante du terrorisme dans le Sahel. Ils ont réaffirmé leur volonté commune de travailler à la préservation de la cohésion régionale et de promouvoir des réponses concertées face à ces menaces.

Conflit foncier à Soussoum : les habitants exigent l’arrêt des travaux et la libération des interpellés

Un climat de tension règne dans le village de Soussoum, situé dans la commune de Ndiaganiao, où un conflit foncier oppose les populations locales aux exploitants d’une carrière de basalte. Ce vendredi, une altercation a éclaté entre des habitants en colère et des éléments de la Gendarmerie, venus encadrer les travaux controversés. En réaction, les populations ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle elles ont exprimé leur indignation et lancé plusieurs revendications.

Selon Ndiome Thiaw, président du collectif pour la défense des terres de Soussoum, l’implantation de cette carrière constitue une agression directe contre les terres agricoles qui assurent la survie des familles. Il affirme que les habitants ont, à plusieurs reprises, manifesté pacifiquement leur opposition au projet, sans que leurs préoccupations ne soient prises en compte. « Depuis des mois, les populations de Soussoum ont exprimé pacifiquement leur refus catégorique de voir une carrière de basalte s’implanter même au cœur de leur terre agricole », a-t-il rappelé.

Le collectif déplore le recours à la force et l’absence de dialogue. Pour Ndiome Thiaw, la présence de la Gendarmerie dans la zone n’a rien de protecteur : « Aujourd’hui, la Gendarmerie est sur place non pas pour protéger les citoyens, mais pour réprimer leur légitime protestation », a-t-il dénoncé. Il qualifie la situation de « grave atteinte aux droits humains, à l’environnement, à la paix sociale et à la justice foncière ».

Sortie de promo de 1 000 volontaires agricoles : Ousmane Sonko annonce un centre de transformation pour l’employabilité des jeunes

Le Premier ministre Ousmane Sonko a marqué de son empreinte la cérémonie de sortie de la promotion de 1 000 jeunes volontaires agricoles formés dans le cadre du Programme Agricole 2025/2026. Devant une foule composée de volontaires, de formateurs, de responsables administratifs et de partenaires, le chef du gouvernement a dévoilé un projet ambitieux : la création du plus grand centre de transformation pour l’employabilité des jeunes en Afrique.

Selon M. Sonko, ce centre sera porté par la direction générale du service civique national et du volontariat, et regroupera une large gamme de métiers pour accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle. « Nos équipes y travaillent. Dans un futur très proche, une assiette foncière sera déployée pour édifier ce centre, qui nous permettra de cycler ou recycler une partie de notre jeunesse, d’abord dans le cadre du volontariat, ensuite dans celui de la reconversion professionnelle », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a mis en avant le rôle central du volontariat dans la dynamique de développement national. À ses yeux, le volontariat représente un véritable moteur de transformation sociale, un instrument de participation citoyenne et un levier d’engagement utile non seulement pour les jeunes, mais aussi pour les plus âgés, porteurs d’expérience et de savoir-faire. Il a d’ailleurs salué l’engagement continu des anciens directeurs du Service civique national, qui œuvrent toujours aux côtés de l’actuelle direction pour encadrer les jeunes générations de volontaires.

Soulignant le potentiel du volontariat comme outil de reconversion pour les seniors, Ousmane Sonko a évoqué les premiers résultats encourageants enregistrés au cours de l’année écoulée. Il a invité tous les acteurs impliqués à travailler de manière rigoureuse pour faire aboutir ce vaste chantier de structuration du volontariat.

Dans un appel solennel à la diaspora sénégalaise, il a exhorté les compatriotes établis à l’étranger à se joindre à cette dynamique nationale. « Le Sénégal vous appelle. Vos compétences, vos idées, vos expertises sont précieuses pour nourrir et faire grandir ce nouvel élan national », a-t-il lancé.

Le chef du gouvernement s’est également adressé aux partenaires internationaux et amis du Sénégal, les invitant à s’investir aux côtés du pays pour construire ensemble des projets porteurs de sens, durables et bénéfiques à tous.

En conclusion, Ousmane Sonko a rappelé la portée patriotique et symbolique de l’engagement volontaire. Pour lui, « le volontariat est un acte patriotique fort, un don de soi pour la nation. C’est un choix, un acte de foi pour l’avenir, une preuve d’amour pour notre cher pays. Et aujourd’hui, en lançant cette cohorte 2025, nous faisons ce pari sur l’avenir. Et ce pari, je le fais avec une grande conscience parce que je sais que le Sénégal regorge de talents, de forces vives et de cœurs prêts à servir. »

Des marchés flambants neufs mais vides : l’alerte de Diomaye sur l’inertie des infrastructures commerciales

Le Sénégal ne manque pas d’infrastructures commerciales flambant neuves. Ce qui lui manque, ce sont des infrastructures réellement utilisées. Le constat a été sèchement rappelé ce 23 juillet par le président Bassirou Diomaye Faye, en Conseil des ministres. Le chef de l’État a ordonné une « accélération de la modernisation des marchés et des infrastructures commerciales », pointant du doigt un mal désormais trop visible pour être ignoré : la prolifération de bâtiments achevés mais inopérants.

L’illustration emblématique : le marché de Tilène à Ziguinchor. Moderne, achevé, mais toujours fermé. En cause : une coordination défaillante entre les différentes mailles de l’administration, retardant sa mise en service effective. Ce cas n’est pas isolé. À Dakar, Kaolack, Louga ou Tambacounda, des dizaines d’infrastructures commerciales sont terminées depuis des mois, voire des années, mais demeurent inaccessibles, faute de raccordement, de réception, ou tout simplement d’un gestionnaire désigné.

Alors que les besoins en infrastructures commerciales sont criants — pour désengorger les marchés saturés, structurer les circuits courts, valoriser la production locale — des équipements publics tout neufs restent inusités. Une absurdité logistique et économique que le président a qualifiée de « frein à la vitalité des échanges locaux ».

Cette inertie n’est pas seulement une aberration technique. Elle aggrave la fragmentation du tissu économique. Faute de lieux adaptés pour stocker, vendre ou transformer, les produits agricoles peinent à trouver preneur. L’informel prolifère, la distribution se désorganise, et les pertes post-récoltes explosent. Dans un pays où plus de 40 % de la population dépend de l’agriculture et du commerce local pour vivre, l’enjeu est de taille.

L’appel du président Faye ne vise donc pas seulement les bétonneurs. Il questionne tout un écosystème de production de politiques publiques. « Moderniser, ce n’est pas seulement construire. C’est penser l’usage, garantir la continuité, assurer la gestion », a-t-il insisté. Cela implique une refonte de la chaîne de valeur institutionnelle, de la planification à la maintenance, en passant par l’allocation budgétaire et la gouvernance locale.

Ce signal politique marque une rupture avec une logique d’investissement purement visible, où l’on inaugure sans opérer, où l’on dépense sans piloter. La modernisation voulue par le nouveau pouvoir se veut plus ancrée dans les pratiques que dans le béton.

L’enjeu n’est pas qu’intérieur. Le commerce extérieur sénégalais, malgré une dynamique de croissance remarquable — 3 909 milliards FCFA d’exportations en 2024 — reste plombé par un déficit commercial massif, dépassant les 3 200 milliards FCFA. Le taux de couverture des importations par les exportations stagne à 54,6 %.

Dans ce contexte, des infrastructures commerciales intérieures fonctionnelles pourraient constituer une réponse stratégique. Meilleure logistique, stockage optimisé, transformation locale des produits bruts : autant de leviers pour hausser la valeur ajoutée nationale, limiter les importations, et renforcer les exportations.

Le gouvernement mise déjà sur des projets structurants comme SAR 2 (raffinage) ou Gas to Power (production énergétique) pour soutenir la réindustrialisation. Mais comme le rappelle l’alerte présidentielle, ces mégaprojets doivent s’accompagner d’un ancrage territorial plus diffus : marchés modernes, zones de transformation, pôles logistiques ruraux. Bref, une économie réelle, proche des producteurs et des consommateurs.

Le cas du marché de Tilène symbolise une impasse : celle d’une modernité sans vie. L’économie productive que le Sénégal ambitionne ne peut émerger sur des ruines neuves. Elle appelle une capacité nouvelle à « faire simple, faire utile, faire durable », selon les mots du chef de l’État.

Woodside Energy : une performance trimestrielle dopée par le champ pétrolier de Sangomar

Le deuxième trimestre 2025 marque un tournant pour Woodside Energy, qui a enregistré une production record de 50,1 millions de barils équivalent pétrole (Mmboe), soit une moyenne quotidienne de 550 000 barils (Mboe/j). Ce chiffre représente une progression de 2 % par rapport au trimestre précédent et de 13 % sur un an, confirmant la montée en puissance du groupe, porté notamment par le dynamisme du champ pétrolier de Sangomar, au large des côtes sénégalaises.

Au cœur de cette performance se trouve le champ de Sangomar, dont la production a atteint 101 000 barils de pétrole brut par jour (Mbbl/j), avec une part de 81 000 barils revenant directement à Woodside. Une fiabilité opérationnelle proche de 100 % et une montée en charge maîtrisée ont fait de Sangomar un atout stratégique dans le portefeuille mondial du groupe.

La société australienne a ainsi généré un chiffre d’affaires trimestriel de 3,27 milliards de dollars, surpassant les attentes des analystes. À lui seul, le projet Sangomar a contribué à hauteur de 510 millions de dollars sur cette période. Des résultats salués par Meg O’Neill, directrice générale de Woodside :

« Nous avons réalisé une solide production grâce à notre portefeuille diversifié d’actifs de haute qualité. L’attention rigoureuse portée à la maîtrise des coûts nous a permis de réviser à la baisse nos prévisions de coûts unitaires de production pour 2025 », a-t-elle déclaré.

Depuis sa mise en production en juin 2024, le champ de Sangomar n’a cessé de battre des records. Déjà, lors du premier trimestre 2025, il avait atteint une production de 99 000 barils par jour, dont 78 000 pour Woodside, avec un taux de fiabilité de 97,6 %. L’évolution positive s’est poursuivie au deuxième trimestre, témoignant de la stabilité du projet.

Par ailleurs, l’introduction réussie de la technique d’injection d’eau sur les puits S400 a permis de bonifier les réserves du groupe. Woodside a ainsi ajouté 7,1 millions de barils à ses réserves prouvées (1P) et 16,1 millions à ses réserves prouvées et probables (2P). Ce progrès technique se traduit par une baisse prévue de 5 à 10 % du taux de dépréciation, d’épuisement et d’amortissement (DD&A) pour 2025, comparé à l’année précédente, où ce coût s’élevait à environ 56 dollars par baril.

Avec une production en hausse, une meilleure rentabilité des actifs et un portefeuille en pleine expansion, Woodside Energy renforce sa position parmi les leaders mondiaux de l’exploration et de la production pétrolière. Le champ de Sangomar, projet emblématique du partenariat sénégalo-australien, s’impose comme un pilier de cette croissance.

Justice et santé en détention : le cas Farba Ngom ravive les soupçons de deux poids, deux mesures

Dans les méandres feutrés de la justice sénégalaise, une question revient avec une acuité croissante : tous les détenus sont-ils réellement égaux face à la loi, surtout lorsqu’il s’agit de leur droit à la santé ? L’affaire Farba Ngom, ancien député et proche de l’ex-président Macky Sall, cristallise aujourd’hui les inquiétudes.

Alors que plusieurs figures politiques incarcérées ont récemment bénéficié de remises en liberté pour raisons médicales – notamment à la suite de rapports évoquant des pathologies chroniques ou des traitements incompatibles avec la détention – Farba Ngom, lui, reste derrière les barreaux. Et ce, malgré un état de santé qualifié de “critique” par ses proches et confirmé par plusieurs sources médicales concordantes.

Le contraste frappe. Entre avril et juillet 2025, au moins trois anciens dignitaires ou opposants emprisonnés ont vu leur détention suspendue pour des motifs de santé. Dans certains cas, les procédures ont été menées tambour battant, avec une célérité qui a surpris les observateurs. Ces décisions ont été saluées, à juste titre, comme des avancées en matière de respect des droits humains en détention.

Mais dans le cas de Farba Ngom, les démarches semblent s’enliser. Aucun signe d’accélération, aucun écho officiel sur une éventuelle prise en charge médicale hors des murs carcéraux, en dépit des signaux d’alerte.

Cette situation alimente les soupçons d’une justice à deux vitesses. « Il y a clairement une inégalité de traitement », confie un avocat du barreau de Dakar, sous anonymat. « Lorsqu’on regarde les cas similaires, on a du mal à croire que le droit est le seul moteur des décisions. » L’ombre d’un traitement à connotation politique plane, d’autant que Farba Ngom est considéré comme un pilier de l’ancien régime, proche de cercles aujourd’hui dans la disgrâce.

Pour les partisans de l’actuel pouvoir, la prudence est de mise. Certains estiment que les accusations portées contre lui sont trop graves pour justifier un assouplissement. D’autres rappellent que la procédure judiciaire suit son cours, et que toute interférence pourrait être perçue comme une entrave à l’indépendance de la justice.

Au-delà des considérations politiques, c’est l’humanité même du système judiciaire qui est interpellée. Peut-on laisser un homme malade dans une cellule au nom d’un passé politique, aussi sulfureux soit-il ? Le principe d’équité devant la loi ne peut se réduire à une option circonstancielle. La santé, rappelle le Code pénal sénégalais lui-même, est un droit fondamental, y compris – et surtout – pour les personnes privées de liberté.

La société civile, les organisations de défense des droits de l’homme et certains professionnels du droit appellent désormais à une clarification. « Si Farba Ngom n’a pas droit aux mêmes égards, qu’on nous explique pourquoi. Sinon, c’est l’image d’une justice sélective qui s’installe », dénonce un membre d’Amnesty Sénégal.

Le FMI réaffirme son soutien au Sénégal et annonce une mission à Dakar fin août

Le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé son engagement envers le Sénégal, dans un contexte marqué par une volonté affichée de renforcement de la transparence budgétaire et de réforme de la gestion des finances publiques. L’annonce a été faite le 24 juillet 2025, lors d’un point de presse animé par Julie Kozack, directrice du département des communications de l’institution.

Le FMI a indiqué qu’une mission technique se rendra à Dakar à la fin du mois d’août. L’objectif principal de cette visite sera de discuter des mesures correctives liées aux cas de fausses déclarations budgétaires identifiées par les autorités sénégalaises. Ces discussions pourraient déboucher sur une saisine formelle du Conseil d’administration du FMI à ce sujet.

Mais la mission ne se limitera pas à ce dossier délicat. Elle ouvrira également la voie à des négociations autour d’un nouveau programme de soutien financier pour le Sénégal, qui pourrait venir renforcer les efforts du gouvernement dans ses réformes structurelles.

Julie Kozack est revenue sur la rencontre du 9 juillet dernier entre la première directrice générale adjointe du FMI, Gita Gopinath, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Washington. Lors de cet entretien de haut niveau, Mme Gopinath avait salué les efforts du Sénégal pour améliorer la transparence et exprimé le soutien continu du FMI aux autorités dans leur processus de redressement et de réforme.

En retour, le président Faye a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à faire toute la lumière sur les pratiques opaques du passé, notamment à travers un audit indépendant de la dette publique.

Dans le cadre de cet effort de transparence, le gouvernement sénégalais a commandité un audit de la dette publique, réalisé par le cabinet international Forvis Mazars. Selon Julie Kozack, le FMI a reçu un inventaire préliminaire issu de ce rapport.

« L’évaluation préliminaire est globalement conforme aux attentes, et la validation finale est en cours », a-t-elle précisé, tout en saluant la collaboration proactive des autorités sénégalaises.

Le FMI a souligné qu’il travaille en étroite coordination avec le gouvernement sénégalais pour mettre en œuvre des mesures correctives et renforcer les capacités de gestion économique du pays. Il s’agit notamment de corriger les lacunes identifiées dans les mécanismes de déclaration et de contrôle budgétaires, à travers des réformes institutionnelles et une plus grande transparence dans la gestion des finances publiques.

Le Sénégal célèbre la science et l’excellence : une première Journée nationale sous le sceau de la reconquête scientifique

Dans un climat empreint de solennité et d’espoir, le Sénégal a franchi une étape historique en organisant la toute première Journée de l’Excellence, à l’initiative de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal (ANSTS), sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI). L’événement, tenu au cœur du prestigieux Musée des Civilisations Noires, a mis à l’honneur les meilleurs bacheliers des séries scientifiques, les thèses doctorales les plus remarquables, ainsi que le lauréat du Prix Souleymane Niang de Mathématiques, l’un des plus prestigieux du genre dans le pays.

Mais au-delà de la célébration des talents, cette journée s’est imposée comme un signal fort d’un changement de cap éducatif, incarné par la prise de parole directe du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy. Dans un discours sans détour, il a reconnu une réalité inquiétante : « Nous avons perdu la science dans nos écoles ». Un aveu rare, mais surtout porteur d’un engagement fort : restaurer la centralité des sciences et technologies dans le système éducatif sénégalais.

Profitant de cette tribune nationale, le ministre a officialisé une convention stratégique entre son département et l’ANSTS, jetant les bases d’un pacte national pour la reconquête de l’espace scientifique dans l’enseignement. Cette alliance entend s’appuyer sur l’expertise des chercheurs et savants sénégalais pour réformer les curricula, revaloriser les filières scientifiques et reconnecter la jeunesse avec les savoirs fondamentaux.

« Nous devons refaire aimer les sciences à nos enfants », a martelé le ministre, rappelant que les défis du développement, de la souveraineté technologique et de l’innovation passent inévitablement par une jeunesse formée, motivée et encadrée dans les disciplines scientifiques.

Prenant la parole à son tour, le président de l’ANSTS, Dr Moctar Touré, a souligné l’urgence et la profondeur du chantier à venir. Avec une phrase-choc — « Qui n’a pas de science n’a pas de développement » — il a résumé la philosophie de l’Académie, résolument tournée vers l’avenir.

Loin d’un événement ponctuel, Dr Touré a dévoilé la création d’une plateforme nationale de suivi et de réseautage des lauréats, destinée à accompagner les jeunes talents sur la durée, dans un cadre structuré et productif. Objectif : transformer les distinctions individuelles en dynamiques collectives de transformation sociale et économique.

Cette Journée de l’Excellence, riche en symboles, marque donc le lancement d’un véritable mouvement national pour réinscrire la science au cœur du projet sénégalais. Dans un contexte mondial où la connaissance devient un levier stratégique majeur, le Sénégal entend ne pas rester à la traîne.

Abdoul Aziz Zoumarou nommé président du Conseil d’administration de Télédiffusion du Sénégal

Un vent de changement souffle à la tête de Télédiffusion du Sénégal (TDS). Par décret présidentiel pris au titre des mesures individuelles, le président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une importante nomination à la présidence du Conseil d’administration de cette société stratégique. El Hadji Ibrahima Ndiaye, jusque-là président du Conseil d’administration de la TDS, a été remplacé par Abdoul Aziz Zoumarou, un expert réputé en gestion de projets internationaux et en innovation technologique.

Ce changement s’inscrit dans une dynamique plus large de renouvellement des instances dirigeantes des sociétés nationales, amorcée depuis l’arrivée au pouvoir du président Diomaye Faye. Le départ d’El Hadji Ibrahima Ndiaye, considéré comme proche de l’ancien régime, traduit la volonté manifeste des nouvelles autorités de rompre avec les pratiques antérieures, tout en insufflant une nouvelle vision basée sur la compétence, l’innovation et la bonne gouvernance.

La nomination d’Abdoul Aziz Zoumarou n’est pas le fruit du hasard. Il est reconnu dans les cercles technologiques et institutionnels pour son expertise en pilotage de projets d’envergure internationale, son engagement dans la transformation numérique, ainsi que sa fine compréhension des enjeux liés à l’innovation. Il incarne ainsi le profil de rupture souhaité par le chef de l’État pour impulser une gouvernance moderne et efficace au sein de la TDS.

À la tête du Conseil d’administration, Abdoul Aziz Zoumarou aura pour mission de fixer les grandes orientations stratégiques de la TDS, de superviser sa modernisation et d’accompagner la transition numérique des médias publics et privés. Il devra veiller à une meilleure accessibilité des services audiovisuels, particulièrement dans les zones rurales, et à l’intégration des normes technologiques internationales.

La TDS, au cœur de la politique de souveraineté numérique du Sénégal, joue un rôle essentiel dans la diffusion des contenus audiovisuels et le développement des infrastructures numériques. Dans ce contexte, l’expertise d’Abdoul Aziz Zoumarou sera précieuse pour repositionner la société comme un acteur clé de la modernisation de l’État et de la démocratisation de l’accès à l’information.

Juan Branco interpelle les nouvelles autorités sénégalaises sur les poursuites pour crimes d’État : “Toujours aucune instruction”

L’avocat franco-espagnol Juan Branco, connu pour avoir défendu l’actuel Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, s’en prend à l’inaction des nouvelles autorités sénégalaises dans les procédures judiciaires visant l’ancien régime. Dans un message publié sur X (ex-Twitter), l’avocat a déploré l’absence de suite concrète donnée aux plaintes pour crimes contre l’humanité déposées devant la Cour pénale internationale (CPI) et en France.

« Les nouvelles autorités sénégalaises, sollicitées, n’ont jamais donné d’instructions concernant les procédures initiées devant la CPI et en France concernant les soixante meurtres et plusieurs milliers de crimes commis par l’administration précédente contre leur propre peuple », a-t-il écrit.

Pour rappel, Juan Branco avait déposé, en juin 2023, une plainte devant la CPI visant nommément l’ancien président Macky Sall et plusieurs hauts responsables de son régime. Dans cette plainte de 170 pages, il les accuse de crimes contre l’humanité, notamment pour leur rôle présumé dans la répression meurtrière des manifestations survenues entre mars 2021 et juin 2023 au Sénégal. Le dossier était étayé par 710 éléments de preuve, comprenant vidéos, témoignages, certificats médicaux, rapports d’ONG et documents administratifs.

Selon lui, au moins soixante personnes ont perdu la vie dans ces violences d’État, tandis que plusieurs milliers d’autres auraient été victimes de tortures, détentions arbitraires ou persécutions politiques.

Alors que l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en mars 2024 a marqué une rupture symbolique et politique avec l’ancien régime, Juan Branco semble regretter que cette volonté de rupture ne se soit pas traduite dans les faits judiciaires. Il dénonce une forme d’immobilisme, voire de renoncement, face à ce qu’il considère comme un devoir de justice envers les victimes.

Pour l’heure, ni le gouvernement sénégalais ni le parquet n’ont officiellement réagi à cette sortie de l’avocat.

Ce rappel à l’ordre de Juan Branco intervient dans un contexte où de nombreux Sénégalais, notamment les familles des victimes des violences politiques, attendent des actes forts en matière de justice transitionnelle. Lors de la campagne électorale, les deux figures de proue du nouveau régime, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, avaient promis de rendre justice aux victimes de la répression et de faire la lumière sur les abus du passé.

Mais pour Juan Branco, le temps presse, et l’attente risque de se transformer en désillusion. « Justice différée, justice refusée », martèlent également certains acteurs de la société civile, qui appellent à l’ouverture de procès nationaux ou au soutien actif des procédures internationales.

L’héritage de Baye Niass à Kossy : vers un pôle spirituel tidjane en Afrique

Le 22 juillet dernier, Cheikh Baye Mbaye Niass MC a effectué une visite hautement symbolique chez le guide religieux Cheikh Mouhamed Dieng, dans le quartier Ouest Foire à Dakar. Cette rencontre fraternelle a été l’occasion de consolider des liens spirituels anciens et d’honorer la mémoire de leur maître commun, Baye Niass.

Dans son discours d’accueil, Cheikh Mouhamed Dieng est revenu avec émotion sur la profondeur des relations qui l’unissent à Baye Mbaye Niass MC. Il a rappelé le rôle déterminant joué par Baye Niass, père de son hôte, dans sa trajectoire spirituelle.

« À une époque où je n’étais rien et où je ne possédais rien, c’est Baye Niass qui m’a sauvé de l’ignorance et des vicissitudes mondaines », a-t-il confié.

Le guide religieux a également salué la personnalité de Baye Mbaye Niass MC, qu’il a décrit comme « un homme de Dieu qui dissimule son immense érudition derrière une humilité désarmante et une accessibilité rare ». Selon lui, la relation qu’ils entretiennent repose sur une fraternité solide, fondée sur la solidarité et l’amour spirituel.

Prenant la parole à son tour, Cheikh Baye Mbaye Niass MC a insisté sur la présence intemporelle de Baye Niass au sein de leur communauté, malgré sa disparition physique.

« Baye Niass est plus que jamais présent parmi nous. Son héritage continue de nous guider », a-t-il affirmé.

Il a exprimé son attachement fraternel à Cheikh Mouhamed Dieng, témoignant ainsi de la pérennité des liens tissés au fil du temps. Il en a profité pour lancer un appel fort aux disciples de la Faydha Tidjanya, les exhortant à valoriser davantage le village de Kossy, lieu sacré où Baye Niass aurait reçu ses dons célestes.

« Kossy occupe une place centrale dans notre spiritualité. Nous devons en faire un pôle d’attraction pour tous les talibés de la Faydha », a-t-il soutenu, allant jusqu’à prophétiser que ce village deviendra bientôt « l’épicentre de la confrérie », capable de rayonner et d’accueillir des fidèles venus du monde entier.

Cette visite, loin d’être un simple échange de civilités, a ravivé la flamme de la transmission spirituelle et de la fraternité au sein de la communauté tidjane. Les disciples présents sont repartis avec une conviction renouvelée : l’héritage de Baye Niass demeure vivant, inspirant et porteur d’avenir pour les générations actuelles et futures.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°521 – 25/07/2025

🔴 RAFALE D’ARRIVÉES DE MALIENS ET BURKINABÈ FUYANT LE CHAOS : BAKEL « ENVAHIE »
🔴 RECONNAISSANCE IMMINENTE DE L’ÉTAT PALESTINIEN : LA FRANCE FRANCHIT LE PAS

🔴 ZIGUINCHOR / PRÉSIDENCE DE LA FSF : 28 CLUBS DERRIÈRE ABDOULAYE FALL
🔴 COLLÈGES DES PRÉSIDENTS DES LIGUES RÉGIONALES DE FOOTBALL : JOUR DE VOTE CE SAMEDI

Bouba Ndour saisit la justice face aux attaques diffamatoires contre GFM : une plainte déposée à la Division spéciale de la cybersécurité

Le directeur des programmes du Groupe Futurs Médias (GFM), Boubacar Ndour, plus connu sous le nom de Bouba Ndour, a décidé de porter l’affaire sur le terrain judiciaire. Par l’intermédiaire de son avocat, Maître Baboucar Cissé, il a officiellement déposé une plainte à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) contre plusieurs personnes qu’il accuse de propos diffamatoires, de menaces et d’injures graves relayés via les réseaux sociaux.

Selon les informations rapportées par Seneweb, trois profils distincts sont visés par la plainte : Feuz Niang, une internaute dont le numéro de téléphone est cité dans le dossier, le militant de Pastef Ibrahima Guèye, connu dans le cercle de « Nay Ler », et des individus anonymes non encore identifiés.

Dans le cas de Feuz Niang, la plainte fait état d’un message vocal WhatsApp injurieux et diffamatoire envoyé après un appel manqué. Elle y aurait proféré des propos d’une extrême violence à l’encontre de Bouba Ndour, évoquant notamment sa mère, son défunt père, ainsi que des accusations graves d’abus sexuels sur de jeunes participantes de l’émission « Sen Petit Galé ». Elle aurait aussi menacé de rendre public son numéro de téléphone, et qualifié Youssou Ndour, frère de Bouba, de « franc-maçon ».

S’agissant d’Ibrahima Guèye de « Nay Ler », la plainte évoque une vidéo virale dans laquelle ce dernier aurait lancé des menaces explicites contre le groupe GFM. Il y aurait notamment affirmé son intention « d’attaquer et d’incendier » le média, ajoutant qu’il était prêt à assumer les conséquences judiciaires d’un tel acte.

La plainte mentionne également la diffusion d’une vidéo anonyme accusant Bouba Ndour d’actes similaires à ceux dénoncés par Feuz Niang. Le contenu de cette vidéo inclut des menaces, des injures contre sa personne et son entourage familial, ainsi que des accusations dirigées contre la télévision GFM.

Le dossier repose sur une base juridique fournie. L’avocat de Bouba Ndour cite plusieurs articles du Code pénal sénégalais : l’article 258 pour les faits de diffamation et d’injures, l’article 255 pour la diffusion de fausses nouvelles, l’article 290 pour les menaces de mort, et l’article 29 pour les menaces diverses. Chaque chef d’accusation est accompagné d’une explication juridique précise sur la nature et la gravité des infractions visées.

Selon les termes de la plainte, Bouba Ndour motive sa démarche par la gravité exceptionnelle des faits et l’impact moral et professionnel qu’ils entraînent. Il demande à ce que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur, y compris à l’encontre des auteurs encore inconnus qui seraient identifiés au cours de l’enquête.

Cette affaire intervient dans un contexte de polarisation croissante entre les médias, les acteurs politiques et certains segments de l’opinion publique sur les réseaux sociaux. Elle pose à nouveau la question de la régulation du numérique, du respect de la vie privée et des limites de la liberté d’expression dans un environnement où les diffamations et les attaques personnelles se multiplient. En portant plainte, Bouba Ndour entend faire un exemple pour rappeler que les réseaux sociaux ne sont pas des zones de non-droit.

Débat sur la 2STV : Ousseynou Ly clarifie ses propos et dément toute critique envers Ousmane Sonko

Suite à la vague de réactions provoquée par son intervention dans l’émission « Débat de Fond » sur la 2STV, Ousseynou Ly, porte-parole de la Présidence, a tenu à apporter des précisions afin de dissiper toute confusion. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, il réfute catégoriquement l’interprétation selon laquelle il aurait critiqué Ousmane Sonko, Premier ministre et président du parti Pastef.

« J’ai simplement répondu à une question de la journaliste qui me demandait pourquoi je m’exprimais rarement sur l’actualité du parti Pastef », a-t-il expliqué. Revenant sur ses propos, Ousseynou Ly précise avoir évoqué sa position au sein du parti, affirmant qu’il est actif dans une section communale et qu’il intervient surtout dans le domaine de la communication. Selon lui, sa ligne de conduite repose sur un principe clair : éviter de régler les différends en public. « Que ce soit dans la gestion du parti ou au sein de l’État, je privilégie des canaux internes pour exprimer mes désaccords », a-t-il martelé.

Ce sont précisément ces propos – « un bon chef ne règle pas ses désaccords en public » – qui ont été largement partagés sur les réseaux sociaux, certains y voyant une critique à peine voilée d’Ousmane Sonko. Une lecture que rejette Ousseynou Ly : « C’est vrai que j’ai dit qu’un chef ne devait pas exprimer ses désaccords en public. Mais je ne parlais pas de Sonko. Il faut que cela soit clair. »

Dans son message, le porte-parole présidentiel a également tenu à réaffirmer son attachement indéfectible au leader de Pastef. « Je rappelle que Ousmane Sonko est notre leader et notre référent moral. Je lui voue un respect total », a-t-il conclu.

Cette mise au point intervient dans un climat où chaque mot prononcé par un responsable du parti est scruté à la loupe, dans un contexte marqué par des débats sur la cohésion au sommet de l’État. Par cette déclaration, Ousseynou Ly cherche à recentrer l’attention sur l’unité au sein du parti et à faire taire les spéculations autour de prétendues dissensions internes.

Ousseynou Ly défend la discrétion : « Un bon chef ne règle pas ses désaccords en public »

Le porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, était l’invité de l’émission « Débat de Fond » diffusée ce mercredi sur la chaîne 2STV. Dans un contexte politique marqué par des tensions perceptibles au sein du parti Pastef, M. Ly a tenu à réaffirmer sa vision de la gestion des divergences internes, prônant la discrétion et le respect des formes.

Réagissant à la récente sortie du Premier ministre Ousmane Sonko, qui évoquait publiquement certains désaccords ou malaises au sommet de l’État, Ousseynou Ly a adopté un ton posé mais ferme. Il a d’abord tenu à rappeler que M. Sonko porte deux responsabilités distinctes : « Il ne faut pas oublier qu’il a une double casquette : celle de Premier ministre et celle de président du parti. Il incarne l’un ou l’autre en fonction des circonstances. À chacun d’en faire sa propre lecture. »

Mais c’est surtout sur la forme des critiques publiques que le porte-parole présidentiel s’est voulu clair. Pour lui, les désaccords ne doivent pas être exposés sur la place publique, surtout lorsqu’ils concernent des figures de responsabilité. « Moi, j’ai un principe. Quand j’ai quelque chose à dire, je ne le fais jamais en public. Qu’il s’agisse de la gestion du parti ou de l’État, si je suis en désaccord, je passe par les canaux appropriés. Si cela concerne une personne que je connais, je l’appelle ou je vais le voir directement. On ne critique pas une autorité en public. Un bon chef ne devrait pas agir ainsi. »

Cette posture, Ousseynou Ly l’assume pleinement, quitte à être mal interprété ou attaqué dans les rangs militants. « Si certains me traitent de traître ou autre à cause de cette posture, peu importe. Mais c’est comme cela que je fonctionne. Je ne critique pas en public », a-t-il conclu.

Ses propos interviennent dans un climat où les rumeurs de divisions au sein de Pastef et d’un début de brouille entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Sonko alimentent le débat public. En se positionnant comme défenseur de la retenue, Ousseynou Ly semble vouloir calmer le jeu et rappeler l’importance de l’unité, tant dans l’exercice du pouvoir que dans les dynamiques partisanes internes.

Sangalkam sous le choc après la découverte du corps de Serigne Issa Touré : tension, suspicion et appels à la vérité

L’émotion est à son comble dans la commune de Sangalkam, ce jeudi 24 juillet, après la découverte macabre du corps sans vie de Serigne Issa Touré, retrouvé dans un puits profond de sept mètres. Très vite, la nouvelle a fait le tour de la région, attirant une foule dense composée de fidèles, de disciples et de curieux, bouleversés par ce drame aussi soudain que mystérieux.

La situation sur le terrain était d’une intensité rare. Entre cris, pleurs, prières en chaîne et bousculades, l’atmosphère était lourde et chargée d’émotion. Les véhicules garés en désordre, la présence massive des forces de l’ordre, les fidèles en transe et les invocations fusaient de partout. Il a fallu l’intervention musclée de la gendarmerie pour disperser la foule et sécuriser la zone, qui était devenue totalement ingérable.

Selon les premiers témoignages recueillis sur place, plusieurs talibés évoquent une machination. Pour eux, le marabout ne s’est pas retrouvé dans ce puits par hasard. « Serigne Issa Touré est traqué depuis 1992. Il a sorti de nombreux jeunes de la délinquance et s’est investi corps et âme dans la propagation des valeurs de l’islam. C’était un homme dérangeant pour certains », affirme un disciple, visiblement ému et révolté.

Certains, plus directs, parlent sans détour de meurtre. La configuration du puits alimente les soupçons. « Il est impossible d’y accéder seul. L’ouverture est si étroite qu’on se demande même comment les sapeurs-pompiers ont pu y extraire le corps. Ce n’est pas un suicide, c’est un acte criminel », accuse un autre fidèle, la voix tremblante.

Face à ces accusations et à la pression croissante des disciples, les autorités ont annoncé qu’une autopsie serait réalisée afin de déterminer les causes exactes du décès. Une démarche indispensable, selon les proches de la victime, qui veulent comprendre les circonstances de cette tragédie.

Par ailleurs, les talibés exigent que la dépouille de leur guide religieux soit inhumée à Kelle, son village natal situé dans la commune de Mérina Dakhar, dans le département de Tivaouane. Ils réclament également toute la lumière sur cette affaire, et dénoncent l’inaction de certains responsables locaux qu’ils jugent trop silencieux face à la perte d’un homme qu’ils considèrent comme un pilier spirituel.

En attendant les résultats de l’autopsie, une chape de tristesse et de colère plane sur Sangalkam. Le décès de Serigne Issa Touré, dans des conditions aussi troubles, réveille les craintes d’un drame plus profond, et met en lumière les tensions latentes au sein de la communauté religieuse. Le pays, encore sous le choc, attend désormais des réponses claires et une justice équitable.

Pastef secoué par des rumeurs de clans : Ousseynou Ly appelle à l’unité et dédramatise les tensions

Face à la montée des spéculations sur l’existence de clans au sein du parti Pastef, alimentées par des propos récents du Premier ministre Ousmane Sonko, le porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, est monté au créneau pour apaiser les tensions et réaffirmer son attachement à l’unité du parti. Invité sur le plateau de la 2STV mercredi soir, il a tenu à clarifier sa position et à balayer les allégations de divisions internes.

Réagissant aux déclarations d’Ousmane Sonko qui, dans un entretien, évoquait l’émergence de camps distincts au sein du mouvement, Ousseynou Ly a tenu à relativiser les choses : « Ousmane Sonko est le leader du parti, il est au contact de tout le monde, il sait peut-être des choses que j’ignore. Mais en ce qui me concerne, je n’appartiens à aucun clan. Nous ne devons pas accepter l’existence de clans au sein de Pastef. » Une déclaration ferme, qui se veut une réponse directe aux rumeurs persistantes circulant sur les réseaux sociaux et dans certains cercles militants.

Soulignant la force de son engagement politique, Ousseynou Ly a affirmé qu’il n’a jamais cru à la logique de clans. « Depuis mon engagement dans Pastef, je n’ai jamais cru à ces histoires de clans. Personne ne pourra me faire adhérer à cette logique. Mon engagement est resté intact », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de rester fidèles aux valeurs fondatrices du parti.

Dans un contexte marqué par des commentaires sur une supposée tension entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, née de propos sur un « problème d’autorité », Ousseynou Ly a préféré recentrer le débat sur l’essentiel : la cohésion interne. « Il y a toujours des épreuves, que l’on soit au pouvoir ou dans l’opposition. Ce sont des tests. Je prie pour que nous les surmontions ensemble. Pourquoi devrions-nous accepter cet esprit de clans ? Nous devons le rejeter », a-t-il lancé avec gravité.

Par ces propos, le porte-parole tente visiblement de désamorcer une situation qui, si elle n’est pas contenue, pourrait fragiliser l’image de cohésion du parti au pouvoir. Alors que les projecteurs sont braqués sur l’exécutif, cette sortie publique se veut un rappel à l’ordre fraternel, une invitation à l’unité et une alerte contre les risques de fractures internes.

À travers cette déclaration, Ousseynou Ly semble également vouloir rassurer les militants de Pastef et l’opinion publique : malgré les divergences, le socle militant du parti demeure soudé autour de son projet politique. Reste à savoir si cet appel à l’unité sera entendu dans les rangs du parti, à un moment où les jeux de positionnement au sein du pouvoir attisent les convoitises.

Demander à ChatGPT

Kédougou : 20 tonnes de produits illicites incinérées pour une valeur estimée à 44 millions FCFA

Dans un geste fort pour la lutte contre le commerce illicite et la protection de la santé publique, les autorités de la région de Kédougou ont procédé ce jeudi à l’incinération de 20 tonnes de produits prohibés. L’opération s’est déroulée à Kénioto Peul, aux abords de la capitale régionale, sous la présidence de la gouverneure Mariama Traoré.

Les produits détruits, d’une valeur estimée à 44 millions de francs CFA, ont été saisis par les services de la Douane, la Gendarmerie nationale, ainsi que les directions régionales du commerce, de l’hygiène, de l’environnement et de la santé. Parmi les marchandises figurent des articles particulièrement dangereux : produits périmés, chanvre indien, médicaments illicites, drogues diverses et cigarettes de contrebande, majoritairement introduits depuis la Guinée.

La gouverneure Mariama Traoré a tenu à souligner la gravité de la situation, estimant que la présence de telles quantités de substances nocives sur le marché régional constitue une menace sérieuse pour la sécurité et la santé des populations. Elle a salué la mobilisation des services techniques de l’État ainsi que la vigilance des forces de défense et de sécurité. Elle a également insisté sur l’importance d’une collaboration étroite entre les acteurs publics pour faire barrage à ces réseaux criminels.

En présence du préfet de Kédougou, El Hadji Sémou Diouf, et de représentants des forces de sécurité, l’opération a aussi revêtu une portée symbolique forte. Elle vise à envoyer un message clair aux contrebandiers et aux commerçants indélicats sur la détermination des autorités à protéger les citoyens contre la circulation de produits toxiques ou frauduleux.

S’adressant à la presse, Mariama Traoré a lancé un appel à la population, l’exhortant à adopter une posture citoyenne dans la lutte contre ces trafics. Elle a invité les commerçants et consommateurs à signaler toute tentative de mise en circulation de produits suspects ou illégaux, insistant sur la responsabilité collective dans la préservation de la santé publique et de l’ordre économique.

À travers cette opération d’envergure, Kédougou montre l’exemple en matière de lutte contre les produits illicites. Les autorités locales entendent poursuivre leurs efforts de veille et de répression, avec l’objectif de renforcer la sécurité sanitaire et commerciale dans toute la région.

Déminage en Casamance : une étape décisive franchie avec la réception de deux machines de dernière génération

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce jeudi 24 juillet 2025, la cérémonie officielle de réception de deux machines de déminage de dernière génération. L’événement s’est tenu à Mbao, dans le département de Rufisque, en présence de plusieurs membres du gouvernement, de parlementaires, d’élus territoriaux, de diplomates et de représentants de partenaires internationaux. Cette cérémonie marque une avancée significative dans la lutte contre la contamination par les engins explosifs en Casamance.

Dans son discours, le chef du gouvernement a souligné l’importance stratégique de ces équipements. Il a déclaré que ces deux machines, parmi les plus performantes actuellement en usage dans le monde, permettront d’intensifier le processus de dépollution des terres casamançaises, conformément aux standards du déminage humanitaire. Leur utilisation vise à sécuriser les zones encore minées et à favoriser le retour des populations déplacées depuis des années à cause du conflit qui a ensanglanté cette région.

Ces équipements ont été acquis par le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS), dans le cadre du Programme de développement économique et social (PDES). Ce programme a été financé par le gouvernement japonais à travers un don de 460 millions de yens, soit près de deux milliards de francs CFA. Ce geste de coopération témoigne de l’engagement du Japon aux côtés du Sénégal dans la consolidation de la paix et la sécurité humaine.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a également indiqué que le gouvernement sénégalais envisage, au-delà de ce soutien international, d’acquérir d’autres machines similaires sur ses propres ressources budgétaires. L’objectif est de renforcer les capacités opérationnelles du CNAMS et d’accélérer les opérations de déminage dans toutes les zones concernées.

Dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance, la question du retour des populations dans leurs localités d’origine est une priorité nationale. Le gouvernement entend créer les conditions d’un retour durable et sécurisé, en éliminant totalement les engins explosifs encore disséminés dans certaines zones rurales. Il s’agit aussi de rétablir la possibilité pour les populations de retrouver leurs activités agricoles et de relancer l’économie locale.

Le chef du gouvernement a tenu à rappeler que la dépollution des terres ne représente pas seulement un enjeu sécuritaire, mais aussi un impératif humanitaire et un préalable au développement durable. Il a réaffirmé la détermination des autorités à éradiquer totalement les dangers liés aux mines et à rétablir un climat de paix définitive en Casamance.

Cette cérémonie de réception des machines de déminage constitue donc un tournant majeur dans le processus de reconstruction post-conflit. Elle incarne une volonté politique forte de tourner la page de la guerre et d’ouvrir celle d’un avenir apaisé et prospère pour les populations du sud du Sénégal.

Touba : Un réseau de malfaiteurs démantelé par la police après une violente agression

À Touba, la police du commissariat central de Ndamatou a réussi à démanteler un dangereux réseau criminel impliqué dans des actes de vols avec violence. Cette opération décisive, menée dans la nuit du 22 juillet 2025, a été rendue publique ce jeudi par la Police nationale via sa page Facebook officielle.

Tout a commencé avec le dépôt de plainte d’un agent superviseur de l’opérateur téléphonique YAS, domicilié à Touba. Selon sa déclaration, le 22 juin dernier, alors qu’il rentrait chez lui après le travail, il a été violemment agressé par deux individus circulant à moto. Ces derniers, armés d’une machette, l’ont blessé avant de lui dérober sa sacoche. Le butin était conséquent : des cartes SIM de l’opérateur YAS, sa carte d’identité nationale, sa carte bancaire de la banque UBA, ainsi que quatre téléphones portables, dont un iPhone 13 Pro Max, un Redmi Note, un iPhone 11 Pro et un téléphone Tecno. Les malfaiteurs ont également emporté une somme d’argent liquide estimée à 150 000 francs CFA.

L’enquête ouverte par les services de police a progressé de manière significative le 20 juillet, lorsque les forces de l’ordre ont localisé l’un des suspects principaux au niveau du rond-point de Mbacké. Les agents sont immédiatement intervenus pour procéder à son arrestation. Placé en garde à vue, le suspect a avoué sa participation aux faits et révélé l’existence d’un groupe bien organisé spécialisé dans les agressions nocturnes, souvent accompagnées de violences physiques.

Grâce aux informations obtenues lors de cet interrogatoire, trois autres membres présumés du réseau ont été arrêtés. Tous sont désormais poursuivis pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis de nuit avec usage de violence et de moyens de locomotion, rébellion, violences contre agents des forces de l’ordre et coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail de 21 jours pour la victime.

Les autorités ont précisé que l’enquête se poursuivait activement. D’autres individus pourraient être identifiés et arrêtés dans les jours à venir, alors que les policiers continuent de remonter les ramifications de ce groupe criminel. Ce démantèlement marque une avancée importante dans la lutte contre l’insécurité à Touba, où les populations, confrontées à une hausse des agressions nocturnes, espèrent désormais un retour au calme durable.

Sécurité à Bakel : Interdiction nocturne de la circulation des motos du 24 juillet au 24 août 2025

Dans un contexte sécuritaire tendu, le préfet du département de Bakel a pris une mesure exceptionnelle visant à limiter les risques d’incidents et à mieux contrôler les déplacements durant la nuit. À travers un arrêté préfectoral signé ce mercredi, la circulation des motocyclettes et cyclomoteurs est temporairement interdite de minuit à 6 heures du matin, sur toute l’étendue du département de Bakel, du 24 juillet au 24 août 2025.

Cette décision vise à prévenir d’éventuelles menaces sécuritaires, notamment dans cette zone orientale du pays, frontalière et souvent confrontée à des défis liés à la criminalité transfrontalière et aux trafics en tout genre. L’arrêté précise toutefois que cette mesure ne s’applique pas aux véhicules appartenant aux personnels de santé et aux forces de défense et de sécurité, qui bénéficient d’une exemption dans l’exercice de leurs fonctions.

Le préfet a également prévu des possibilités de dérogation pour les personnes exerçant des activités professionnelles nécessitant des déplacements nocturnes. Ces dernières devront, néanmoins, formuler une demande d’autorisation motivée pour pouvoir circuler dans les créneaux interdits.

L’autorité administrative a tenu à rappeler que des sanctions strictes seront infligées à toute personne qui ne respectera pas cette interdiction, sans pour autant préciser la nature exacte des peines encourues. Des patrouilles de contrôle sont d’ores et déjà annoncées dans les principales artères et axes du département durant toute la période de restriction.

Cette mesure, bien qu’impopulaire auprès de certains habitants, s’inscrit dans une démarche préventive de maintien de l’ordre. Elle illustre la volonté des autorités locales de renforcer la sécurité des populations, en réduisant les risques de délits nocturnes souvent facilités par l’usage des motos.

Balance commerciale : quand le gouvernement applaudit ce qui devait l’inquiéter ( Par Thierno Bocoum )

Le gouvernement sénégalais a salué avec enthousiasme la progression des exportations, relayant les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en 2024 comme un signal fort d’un redressement économique en marche. 

Les exportations ont en effet bondi de 21,3 %, atteignant 3 909,1 milliards de FCFA tandis que les importations reculaient légèrement de 0,6 % à 7 161,4 milliards. Le déficit commercial s’est ainsi réduit de manière notable. 

Pourtant, derrière ce vernis statistique et cette narration triomphante se dessine une réalité plus inquiétante, bien éloignée des ambitions de transformation structurelle du pays.

Ce sont avant tout les matières premières brutes qui portent cette dynamique. Le pétrole brut, l’or non monétaire et les conserves de poisson concentrent l’essentiel des gains. Le pétrole a rapporté 464,6 milliards de FCFA, l’or 588,5 milliards et les conserves de poisson 67,1 milliards. Des chiffres en hausse, certes, mais qui ne doivent pas faire oublier leur nature profondément extractive et peu industrialisée. 

Le pays ne transforme que marginalement ce qu’il produit. Même les produits pétroliers raffinés dont les exportations se sont élevées à près de 792 milliards de FCFA, proviennent en partie d’importations ou d’un raffinage local encore trop limité. Le Sénégal exporte ce qu’il extrait plus qu’il ne transforme, exposant son économie aux chocs des marchés mondiaux et aux cycles de prix qu’il ne maîtrise pas.

Dans le même temps, la baisse des importations ne peut sérieusement être interprétée comme une montée en autonomie productive. Elle résulte d’une contraction préoccupante de la demande intérieure. Les produits finis destinés à la consommation ont chuté de 22,8 %, ceux pour l’industrie de 32,3 %. Derrière ces chiffres, il y a une pression fiscale qui étrangle les capacités d’importation, un pouvoir d’achat en berne et un climat économique morose qui bride la consommation et l’investissement. 

Moins d’importations ne veut pas dire plus de production locale mais plutôt une raréfaction des biens, une baisse de diversité sur les marchés et une économie en repli masqué.

Ce double constat ( une croissance extractive et une consommation bridée) devrait alerter. Le Sénégal ne peut durablement construire sa prospérité sur la rente pétrolière et minière, ni se satisfaire d’un commerce extérieur dominé par des matières premières. 

Le défi n’est pas de vendre plus mais de transformer mieux. 
De produire localement, de créer de la valeur, de structurer un tissu industriel capable de répondre aux besoins internes tout en s’ouvrant à l’exportation. 

La récente entrée en production pétrolière n’aura de sens que si elle s’accompagne d’une montée en puissance rapide du raffinage national, d’une politique industrielle cohérente et d’un soutien actif aux filières à haute valeur ajoutée.

Cette tribune n’est pas un plaidoyer contre les chiffres mais une invitation à en interroger le sens. Les performances de 2024 masquent des vulnérabilités profondes. Sans volonté politique forte pour rééquilibrer les priorités, le Sénégal restera prisonnier d’un modèle extractif où les ressources sortent vite mais où la richesse tarde à s’ancrer. 

La croissance statistique ne peut être une fin en soi. L’histoire économique a montré que seuls les pays capables de transformer leurs matières premières, d’investir dans l’industrie et de stimuler leur marché intérieur réussissent à se hisser durablement vers le développement. C’est à ce prix que les succès du commerce extérieur deviendront autre chose qu’un feu de paille.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

Affaire « Kocc Barma » : vers le démantèlement d’un vaste réseau de délinquance numérique

L’arrestation de El Hadji Ibrahima Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma », marque un tournant décisif dans la lutte contre la cybercriminalité au Sénégal. Ce dernier, présenté comme le cerveau d’un réseau actif dans la diffusion illégale de contenus intimes et immoraux, a été récemment écroué par le doyen des juges. Mais l’affaire est loin d’être close. Elle ne fait que commencer, selon les dernières révélations du journal Libération.

Le magistrat instructeur a en effet délivré une délégation judiciaire à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), leur confiant la mission d’identifier, arrêter et présenter toutes les personnes impliquées dans cette affaire tentaculaire. Dans le cadre de cette instruction, les enquêteurs ont déjà mis un nom sur deux complices présumés de Dioum. Ces individus seraient chargés de collecter des fonds auprès de victimes, dont les images intimes avaient été publiées ou menacées de l’être, dans un système bien huilé mêlant chantage, extorsion et harcèlement numérique.

Les chefs d’accusation retenus contre « Kocc Barma » dressent le portrait glaçant d’un cybercriminel multirécidiviste. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, stockage et diffusion de données personnelles, publication d’images pédopornographiques, atteinte à la vie privée, extorsion de fonds, menaces, chantage, mais aussi blanchiment de capitaux et faux sur des documents administratifs. Une liste accablante qui illustre l’ampleur du préjudice causé à de nombreuses victimes, souvent jeunes et exposées à l’humiliation publique.

Hier encore, une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a été déposée devant le doyen des juges. Cette fois, il s’agit de la chanteuse Mbathio Ndiaye, dont les images personnelles auraient été illégalement utilisées ou menacées de diffusion par le réseau. Elle rejoint ainsi d’autres figures publiques ou anonymes qui, au fil des années, ont vu leur vie privée piétinée sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes anonymes.

Ce nouveau développement conforte les autorités judiciaires dans leur volonté de neutraliser entièrement le réseau. Il ne s’agirait pas simplement d’un individu isolé, mais d’un système structuré, avec ses relais, ses financiers et ses stratégies d’intimidation. L’enquête en cours pourrait ainsi révéler d’autres ramifications, notamment à l’étranger, et aboutir à des arrestations en chaîne dans les jours à venir.

L’affaire « Kocc Barma » réveille aussi un débat plus large sur la régulation des contenus numériques et la protection de la vie privée dans un environnement digital où l’anonymat favorise souvent l’impunité. Face à la gravité des faits et à l’onde de choc provoquée par cette affaire, les autorités semblent déterminées à frapper fort pour restaurer l’ordre et la dignité dans l’espace numérique sénégalais.

Affaire des navires fantômes : premières arrestations dans un scandale à 845 milliards de FCFA

Un nouveau tournant majeur a été pris dans l’affaire dite des “navires fantômes”, qui secoue depuis plusieurs mois les milieux portuaires et fiscaux sénégalais. La Division des investigations criminelles (DIC) a procédé ce mercredi 24 juillet aux premières interpellations dans cette vaste affaire de fraude fiscale et de non-respect des engagements douaniers impliquant la société Mc Dermott Marine Construction Ltd et plusieurs partenaires locaux.

Parmi les personnes arrêtées figurent le Mauricien Cooshna Sandeep, directeur général de Oma Logistics Sénégal SA, la Française Emilie Suzanne Nabou Dépina, directrice générale de Oma Sénégal, ainsi que deux Sénégalais : Joseph Barthélémy Diouf, directeur général de la société ETLS, et Mouhamadou Moctar Faye, conseiller juridique et fiscal. Ce dernier aurait signé un contrat de représentation avec le cabinet d’avocats Baker McKenzie, chargé de défendre les intérêts de Mc Dermott Marine Construction Ltd.

Déférés dans la même journée devant le parquet financier, les mis en cause sont poursuivis pour “fraude fiscale, exportation sans déclaration et non-respect des engagements souscrits” portant sur un montant astronomique de 845,051 milliards de FCFA. D’après le journal Libération, ils ont bénéficié d’un retour de parquet et devraient être édifiés sur leur sort ce jeudi.

L’affaire a éclaté en 2023, à la suite d’un contrôle effectué par les Douanes sénégalaises au siège de la société Conseil et gestion du transit au Sénégal (CGTS), dans le cadre de la vérification du sommier n°S0600/2022/105/50582, relatif à l’admission temporaire du navire Amazon, appartenant à Mc Dermott Marine Construction Ltd et engagé dans le projet gazier GTA. Sur place, les autorités douanières ont appris que le dossier avait été transféré à Oma Logistics Sénégal SA.

Les investigations ont ensuite conduit à l’interrogatoire de deux responsables de Oma Logistics Sénégal, Wowo Diop, logistic manager, et Adama Mbengue, chef de transit. Ils ont déclaré que le navire Amazon avait quitté les eaux sénégalaises depuis longtemps. Cependant, aucune déclaration de réexportation de type R6, assortie d’une autorisation de sortie, n’avait été enregistrée, en violation manifeste du Code des Douanes.

L’approfondissement de l’enquête a mis en lumière l’existence de neuf autres navires de Mc Dermott Marine Construction Ltd dans une situation similaire d’irrégularité. Il s’agit notamment des navires Amazon Imo 9698094, North Purpose, North Ocean 102, DLV2000, Waves, Stars, Ocean, Lay Vessel 108, Maersk Inventor et Highland Chieftain. Selon les éléments recueillis, six de ces navires ont effectivement opéré dans les eaux sénégalaises entre 2022 et 2023, avant de les quitter sans avoir respecté les procédures de réexportation. Quant aux quatre autres, ils n’ont jamais accosté au Sénégal, bien qu’ayant bénéficié d’une autorisation exceptionnelle d’admission temporaire.

Une réquisition adressée à l’État-major de la Marine nationale sénégalaise est venue confirmer les constats du Bureau des Douanes de Dakar-Port Sud. Les dix navires sont ainsi susceptibles de faire l’objet de poursuites pour exportation sans déclaration, manquement aux obligations douanières et fraude fiscale à grande échelle.

Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en forte progression, les importations en repli en mai 2025

L’activité commerciale du Sénégal avec l’étranger a connu des dynamiques contrastées en mai 2025. Selon le dernier bulletin mensuel publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations ont affiché une hausse significative sur un an, malgré un léger recul mensuel, tandis que les importations ont fortement diminué par rapport au mois précédent.

Les exportations se sont élevées à 469,7 milliards de FCFA en mai 2025, enregistrant une baisse marginale de 0,05 % par rapport aux 469,9 milliards de FCFA du mois d’avril. Ce fléchissement est notamment dû à la chute des ventes à l’extérieur d’huiles brutes de pétrole, de poissons frais de mer et de zirconium. Toutefois, cette tendance a été contrebalancée par une forte progression des exportations de produits pétroliers raffinés, d’acide phosphorique et d’or non monétaire, qui ont connu des hausses respectives de 46,4 %, 184 % et 26,5 % en un mois.

Comparées à mai 2024, les exportations sénégalaises ont bondi de 74,1 %, atteignant un cumul de 2 325,7 milliards de FCFA sur les cinq premiers mois de l’année, contre 1 413,8 milliards sur la même période en 2024, soit une croissance annuelle de 64,5 %. Les produits les plus exportés en mai sont les produits pétroliers raffinés (102,1 milliards de FCFA), les huiles brutes de pétrole (73,2 milliards), l’or non monétaire (65,2 milliards), l’acide phosphorique (25,0 milliards) et les poissons frais de mer (19,9 milliards de FCFA).

En parallèle, les importations ont connu un net recul, s’établissant à 557,4 milliards de FCFA en mai 2025, contre 619,7 milliards en avril, soit une baisse de 10,1 %. Ce repli s’explique par une diminution des achats de riz, de produits pétroliers raffinés, de véhicules terrestres et de blé. À l’inverse, les importations de maïs, de matériaux céramiques et verriers, ainsi que de produits chimiques ont légèrement progressé, atténuant la chute globale.

Sur une base annuelle, les importations ont reculé de 8,6 % par rapport à mai 2024. Toutefois, sur les cinq premiers mois de l’année, elles affichent une hausse de 5,2 %, atteignant un total de 3 023,8 milliards de FCFA contre 2 874,5 milliards l’an dernier. Les produits les plus importés durant cette période restent les produits pétroliers raffinés (119,9 milliards), les machines et appareils (48,6 milliards), les huiles brutes de pétrole (44,5 milliards) et le riz (35,6 milliards).

Concernant les partenaires commerciaux, le Sénégal continue de diversifier ses échanges. Le Mali demeure le premier client du pays avec 18,6 % des exportations, suivi par l’Inde (12,2 %), la Suisse (9,4 %), l’Italie (8,4 %) et les Pays-Bas (7,7 %). Du côté des importations, les principaux fournisseurs sont la Chine (12,3 %), la France (8,7 %), le Nigéria (8,1 %) et la Russie (8,0 %).

Grève dans la Justice : Les greffiers maintiennent la pression malgré les réquisitions du ministère

Malgré les réquisitions émises par le ministère de la Justice pour tenter de casser le mouvement, les greffiers regroupés au sein de l’Entente SYTJUST–UNTJ maintiennent leur mot d’ordre de grève de 48 heures, entamée ce mercredi 24 juillet 2025. Cette nouvelle phase du bras de fer s’inscrit dans un contexte tendu, où le dialogue entre les autorités et les syndicats est au point mort depuis plus d’un mois.

Depuis le déclenchement de la grève le 18 juin dernier, les travailleurs de la justice dénoncent l’attitude du ministre de tutelle, qu’ils accusent de se réfugier dans un silence qualifié d’« assourdissant » et de « méprisant ». Pour les syndicats, le ministre de la Justice se dérobe à ses responsabilités, préférant confier la gestion du conflit à son collègue de la Fonction publique. Or, selon l’Entente, une seule rencontre a eu lieu avec ce dernier, le 1er juillet, sans qu’aucune suite ne soit donnée depuis.

« Le ministre de la Justice a failli à son devoir de garant de la stabilité du secteur. Son silence traduit un mépris inacceptable pour les travailleurs de la Justice », fustigent les syndicalistes, qui dénoncent une « inaction coupable » au sommet de l’État face aux dysfonctionnements de plus en plus visibles dans le service public de la Justice.

Face à la poursuite de la grève, les autorités ont décidé de recourir à des réquisitions afin de contraindre certains agents à reprendre le travail. Une mesure que l’Entente considère comme une atteinte grave aux libertés syndicales et au droit constitutionnel de grève. « Ce sont des manœuvres d’intimidation, juridiquement infondées, destinées à briser la mobilisation », dénonce-t-elle.

Les deux syndicats y voient une tentative de museler le mouvement syndical et d’affaiblir la lutte en cours, alors qu’ils estiment que les revendications vont bien au-delà des préoccupations sectorielles. « Il s’agit désormais de défendre le droit syndical, de préserver notre indépendance et de refuser l’humiliation imposée par le silence méprisant des autorités. »

Plus qu’un simple conflit entre administration et personnel judiciaire, cette crise prend une tournure politique et sociale. L’Entente SYTJUST–UNTJ lance un appel solennel à toutes les centrales syndicales et aux forces sociales du pays pour qu’elles se mobilisent en soutien à leur combat. « Nous appelons à défendre les acquis démocratiques et syndicaux durement conquis par les travailleurs. Le combat continue et il sera à la hauteur des attaques subies », concluent-ils.

Expulsion de Mamadou Diop, président de l’ISEG : la justice tranche, la police exécute

Un tournant spectaculaire vient d’ébranler Mamadou Diop, président-fondateur de l’Institut Supérieur d’Entrepreneurship et de Gestion (ISEG). Ce jeudi matin, il a été expulsé de la villa qu’il occupait à Sacré-Cœur 1, une opération menée sous haute tension avec l’appui de la force publique.

Selon les informations recueillies par SeneNews, présente sur les lieux, des éléments de la police ont été déployés en exécution d’une décision de justice rendue par le Tribunal de Grande Instance de Dakar, statuant en référé. L’ordonnance ordonne l’expulsion immédiate de Mamadou Diop, de ses biens ainsi que de toute personne occupant la villa située au lot 7 de Sacré-Cœur 1, immatriculée sous le titre foncier n°4220 de Grand Dakar (anciennement TF 29.586/DG).

La procédure judiciaire a été introduite par l’Agence pour la Gestion et la Promotion Immobilière (AGEPI), agissant au nom de Mamadou Ba, propriétaire légal du bien, et représentée par Me Mohamed Mahmoune Fall. Le tribunal a jugé que Mamadou Diop occupait illégalement la villa, sans aucun droit ni titre, ce qui a conduit à l’émission d’une ordonnance d’expulsion.

Ladite ordonnance précisait expressément que le recours à la force publique était autorisé en cas de résistance, ce qui explique la mobilisation de plusieurs agents ce matin aux abords de la résidence concernée.

Des images exclusives parvenues à notre rédaction montrent les forces de l’ordre procédant au déguerpissement, sous le regard médusé de riverains et de quelques proches du patron de l’ISEG. L’expulsion concerne également les biens mobiliers se trouvant dans la villa, désormais sous contrôle de l’huissier mandaté par la justice.

Cette affaire s’ajoute à une série de déboires judiciaires pour Mamadou Diop, déjà confronté à plusieurs contentieux ces dernières années, aussi bien dans le secteur immobilier que dans la gestion de son groupe d’enseignement privé.

Figure emblématique de l’enseignement supérieur privé au Sénégal, Mamadou Diop voit une nouvelle fois son image écornée par un différend foncier devenu public. Alors que des procédures parallèles seraient encore pendantes devant d’autres juridictions, cette expulsion marque un revers majeur pour l’homme d’affaires.

Redressement des finances publiques : le gouvernement dévoile un plan face aux dérives révélées par la Cour des comptes

Le rapport d’audit de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques continue de provoquer une onde de choc au sommet de l’État. Après le ministre des Finances et du Budget, Cheik Diba, qui avait alerté les députés le 28 juin dernier sur « l’ampleur des dysfonctionnements dans la gestion de nos finances publiques », c’est au tour du Premier ministre de tirer la sonnette d’alarme.

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 23 juillet 2025, Ousmane Sonko est revenu sur les « constats alarmants » contenus dans l’audit rendu public le 12 février par la Cour des comptes. Ce document, fruit d’un travail d’enquête rigoureux, couvre la période de 2019 au 31 mars 2024. Il met en lumière une série de pratiques irrégulières, de malversations, de dépenses non justifiées et de graves carences dans la chaîne de la dépense publique sous les précédents gouvernements.

Face à ces dérives systémiques, le Premier ministre a annoncé un vaste « plan gouvernemental de redressement économique » qui, selon ses mots, devra rétablir l’équilibre des finances de l’État, renforcer la transparence et restaurer la confiance des citoyens et des partenaires au développement. Il a précisé que ce plan sera présenté dans les prochains jours « au grand public et aux partenaires techniques et financiers », à travers un agenda qui sera communiqué ultérieurement.

Ce projet de redressement s’annonce comme l’un des chantiers prioritaires du gouvernement, dans un contexte de tension budgétaire et de fortes attentes sociales. Il pourrait inclure des mesures de rationalisation des dépenses publiques, un audit élargi des institutions, une réforme de l’administration financière, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle interne.

Pour rappel, la publication du rapport d’audit de la Cour des comptes avait déjà suscité une vive polémique dans l’opinion, alimentant des appels à la justice et à la reddition des comptes. Plusieurs organisations de la société civile avaient exigé l’ouverture d’enquêtes judiciaires contre les responsables épinglés, notamment dans la gestion des fonds publics pendant la pandémie de Covid-19 et dans les passations de marchés.

Impertinence contre Aminata Touré : Khalifa Wade réplique sèchement à Moustapha Gaye de l’APR

L’ancienne Première ministre Aminata Touré, dite “Mimi”, continue d’essuyer des attaques de la part de certains responsables de l’Alliance pour la République (APR). Dernier en date, Moustapha Gaye, membre du régime sortant, a tenu des propos virulents à son encontre lors d’une récente sortie médiatique.

Une attitude qui a fait sortir de sa réserve Khalifa Wade, responsable politique à Kaolack et proche de Mimi Touré. Ce dernier a tenu à recadrer sévèrement Moustapha Gaye.

“Que cet homme sache que Madame Aminata Touré est de loin son égale. Elle n’a jamais été attirée par les privilèges ou les postes. Sinon, elle n’aurait jamais quitté les Nations Unies, où elle occupait le poste de Secrétaire générale adjointe, pour revenir au Sénégal et servir la République. Elle a été nommée directrice de campagne de Macky Sall, et tout le monde connaît le résultat : son candidat est sorti victorieux du scrutin de 2012. Cela en dit long sur la stature de cette dame,” a réagi Khalifa Wade.

Selon lui, Mimi Touré est devenue la véritable bête noire de l’APR, car elle a torpillé le projet de troisième mandat de Macky Sall, qu’il qualifie d’anti-démocratique.

“Les responsables de cette formation inventent des histoires à longueur de journée pour la décrédibiliser. Mais Mimi est clean, irréprochable. Elle est une compétence sûre, et depuis 2019, elle ne cautionne presque aucun acte posé par Macky Sall et ses proches. Cela lui a valu de nombreuses trahisons, mais elle est toujours restée sereine,” ajoute-t-il.

Khalifa Wade revient également sur les manœuvres présumées visant à écarter Aminata Touré lors de la dernière présidentielle.

“À la veille de l’élection présidentielle de 2024, Macky Sall a tout tenté pour saboter ses parrainages. Il envisageait même d’utiliser sa plainte contre le Conseil constitutionnel comme prétexte pour reporter l’élection. Mais elle a compris le jeu et a immédiatement retiré sa plainte afin que le scrutin se tienne à la date prévue,” affirme-t-il.

Il insiste : Mimi Touré n’est pas une opportuniste, mais une femme de principe, profondément attachée à l’intérêt du Sénégal.

“Le ministre Mbaye Ndiaye, proche de Macky, a même été envoyé chez elle avec un décret pour qu’elle rejoigne le pouvoir, en remplaçant Mme Aminata Mbengue Ndiaye à la tête du Haut Conseil des Collectivités Territoriales. Elle a catégoriquement refusé. Elle ne connaît pas la trahison, parce qu’elle est une pure Saloum-Saloum,” lance-t-il.

Pour Khalifa Wade, les responsables de l’APR n’ont plus aucune crédibilité pour donner des leçons.

“Ces gens-là ne devraient plus avoir voix au chapitre. Ils doivent se taire, car ils sont les véritables responsables de la situation actuelle que vivent les Sénégalais. Mimi est une battante, et elle continue de tout faire pour la réussite du projet national, notamment à travers le référentiel des politiques publiques : la ‘Vision Sénégal 2050’,” conclut-il.

Justice – Affaire Doro Gaye : L’audience renvoyée au 3 septembre par la Cour d’appel de Paris

L’affaire opposant l’homme d’affaires sénégalais Doro Gaye à Zakiroulah Sow connaît un nouveau rebondissement. Selon le journal Les Échos, l’audience tenue le 9 juillet dernier à la Cour d’appel de Paris a été renvoyée au 3 septembre 2025. Le procureur général près la Cour d’appel a sollicité des informations complémentaires avant que le dossier ne puisse avancer.

Pour l’instant, le juge d’instruction du troisième cabinet est chargé de poursuivre les investigations, en l’absence de Doro Gaye.

Cette affaire judiciaire, qui prend une tournure internationale, repose sur une transaction foncière qui aurait mal tourné. Doro Gaye est accusé par la partie civile, représentée par Zakiroulah Sow, de lui avoir extorqué la somme de 1,2 milliard de francs CFA dans le cadre d’un accord foncier litigieux. Un protocole d’accord aurait été signé entre les deux parties, mais selon Zakiroulah Sow, l’homme d’affaires n’aurait pas respecté ses engagements.

Accusations de diffamation : le DG du Coud, Ndéné Mbodji, porte plainte contre Bougar Diouf

C’est une réaction ferme que vient d’adopter Ndéné Mbodji, Directeur général du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), face aux accusations portées à son encontre par Bougar Diouf. Jusque-là silencieux face aux nombreuses attaques, M. Mbodji a décidé de rompre son mutisme pour dénoncer ce qu’il qualifie de « mensonge insupportable ».

Selon des informations relayées par le quotidien L’Observateur, le haut responsable estime qu’un cap a été franchi lorsqu’il a été accusé à tort d’avoir tenu des propos hostiles à l’encontre d’Ousmane Sonko, leader du parti Pastef. « Je n’ai jamais attaqué Sonko, ni tenu des propos malveillants à son sujet », a réaffirmé Ndéné Mbodji, dénonçant une campagne de dénigrement visant à ternir son image.

Déjà actif sur les réseaux sociaux pour démentir ces allégations, le Directeur général du Coud a décidé de passer à la vitesse supérieure en déposant une plainte formelle auprès de la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC). L’objet de cette plainte : des propos jugés « diffamatoires, fallacieux et subversifs » tenus par Bougar Diouf, à qui il demande désormais de fournir les preuves de ses accusations.

À travers cette action en justice, Ndéné Mbodji entend tracer une « ligne rouge » face à ce qu’il considère comme des dérives verbales de plus en plus fréquentes sur les plateformes numériques. Il souligne que certaines accusations, notamment lorsqu’elles mettent en cause l’intégrité morale d’un responsable public, ne doivent plus rester impunies.

Le DG du Coud veut ainsi attirer l’attention des autorités et de l’opinion sur les dangers croissants de la désinformation en ligne. Il appelle à un strict respect des lois encadrant l’usage du numérique au Sénégal, estimant que l’anonymat ou la viralité ne doivent pas servir d’excuse à la calomnie.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°520 – 24/07/2025

🔴 AUGMENTATION DE 5,3% DES DÉPENSES PUBLIQUES EN UN AN : L’ÉTAT REFUSE DE SERRER LA CEINTURE
🔴 TRICHERIE AUX EXAMENS : DES INSTITUTEURS INTERPELLENT GUIRASSY

🔴 FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : LE PRÉSIDENT CHOISI EN NOVEMBRE
🔴 RÉINVENTION DU SPORT SÉNÉGALAIS : 11 INNOVATIONS EN MARCHE

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 23 juillet 2025

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique :
•       Colonel Momar SOW, Conservateur des Parcs nationaux, matricule de solde n°614 827/D, est nommé Directeur des Aires marines communautaires protégées, en remplacement du Colonel Mamadou SIDIBE.
Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique :
•       Abdoul Aziz ZOUMAROU, Expert en gestion de projets internationaux et en innovation technologique, est nommé Président du Conseil d’Administration de Télédiffusion du Sénégal (TDS), en remplacement de Monsieur El Hadji Ibrahima Ndiaye.
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale
•       Monsieur Alassane DIALLO, expert en finances, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au ministère de la Santé et de l’Action sociale, en remplacement de Monsieur Ousseynou Ngom.
Au titre du Ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions
•       Madame Ramatoulaye NIANG, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, matricule de solde n606 931/E, précédemment Directeur des Relations de Travail et des Organisations Professionnelles, est nommée Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale, en remplacement de Monsieur Karim CISSE, appelé à d’autres fonctions.
•       Monsieur Mouhamed Mactar LOUM, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, matricule de solde n604 462/J, précédemment Coordonnateur de la Cellule de Coordination des Inspections du Travail et de la Sécurité sociale à la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale, est nommé Directeur des Relations de Travail et des Organisations Professionnelles, en remplacement de Madame Ramatoulaye NIANG.
Au titre du Ministère de l’Education nationale :
•       Monsieur Papa Malick NDAO, Administrateur civil principal de classe exceptionnelle, matricule de solde 516 360/M, est nommé Secrétaire général du Ministère de l’Education nationale en remplacement de Madame Khady Diop MBODJ, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

•       Monsieur Omar BA, Conseiller des Affaires étrangères, précédemment, chef de la division Moyen-Orient à la Direction Asie, Pacifique et Moyen-Orient au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères est nommé Secrétaire général de l’Institut Islamique de Dakar, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire

•       Madame Ndèye Déguène SOW, Administrateur Civil, matricule de solde 722 203/B précédemment Conseillère technique à la direction de la Programmation budgétaire, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire en remplacement de Monsieur Gorgui NDIAYE.

•       Monsieur Amadou Tidiane DIALLO, Ingénieur agronome, Diplômé de l’ENSA de Thiès, précédemment Directeur des Investissements, du Financement et du suivi des portefeuilles au FONAMIF, est nommé Directeur général du Fonds National de Microfinance (FONAMIF), en remplacement de Madame Nicole Olga Edith MANSIS appelé à d’autres fonctions.

•       Monsieur Papa Layti NDIAYE, Conseiller en Planification, matricule n° 601 494/H, est nommé Président du Conseil de Surveillance du Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI).

Au titre du Ministère de l’Urbanisme des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires
•       Monsieur Seydou TOUNKARA, greffier, est nommée Président du Conseil de Surveillance de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Samba SALL.
•       Monsieur Matar NDAO, ingénieur informatique, expert en management de projets, est nommé directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Aliou Ousmane SALL.
•       Monsieur Papa Alioune DIOUF, inspecteur des impôts et domaines, matricule de solde n 696.269/B, est nommé Secrétaire général au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, poste vacant.
•       Monsieur Leyti NDIAYE, Ingénieur territorial, expert en systèmes d’information, aménagement et urbanisme, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale de l’Aménagement des Territoires (ANAT) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.
•       Monsieur Habib KANE, juriste, est nommé Président du Conseil d’administration du Centre National de la Fonction publique locale et de la formation au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Madame Maatham BA.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 23 juillet 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 23 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

 A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le jeudi 17 juillet 2025, la cérémonie de lancement des travaux de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Il a adressé ses chaleureuses félicitations et ses encouragements au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, au Coordonnateur et aux membres du Comité d’appui, à l’ensemble de la communauté universitaire, dans toutes ses composantes, pour le travail inclusif de redressement entamé. Cette volonté commune et l’engagement patriotique collectif permettront de bâtir, sur la base de notre potentiel culturel. des acquis historiques et des réorientations impératives pour une Université d’Excellence, un système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation rénové et moderne, au service de l’économie nationale, de la transformation sociale et de la souveraineté du Sénégal. C’est dans cet esprit et, en attendant la présentation des conclusions et recommandations des concertations, qu’il a demandé au Premier Ministre de veiller à la mise en œuvre. sans délai, du Plan d’urgence de finition des chantiers, de réalisation d’infrastructures universitaires et de recrutement d’enseignants-chercheurs sur les trois prochaines années, dont 500 à partir de 2025.  
 
Ce Plan exhaustif doit être assorti d’un dispositif de suivi de proximité, en adéquation avec les flux des nouveaux étudiants bacheliers entrants et des sortants. A cet égard, le Président de la République a demandé au Ministre en charge de l’Enseignement supérieur de poursuivre le développement de l’Université virtuelle du Sénégal et l’implantation des ISEP dans toutes les régions. Au demeurant, il a rappelé aux Ministres en charge de l’Enseignement supérieur et de l’Education l’importance d’engager, dans l’immédiat, après une analyse approfondie des résultats de 2025, les réflexions sur la réforme de l’examen du baccalauréat et du système LMD, en tenant compte des besoins de professionnalisation du capital humain national et de la montée en puissance du Numérique, de l’Intelligence artificielle et des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STEM). Par ailleurs, il a rappelé l’urgence de finaliser, dans le cadre de partenariats public-privé, l’élaboration inclusive d’une politique nationale de recherche et d’innovation opérationnelle, cohérente et prospective, conforme aux objectifs de la vision « Sénégal 2050 », soutenue par des mécanismes de financements adaptés. A ce titre, il a souligné la place notable du secteur privé, notamment des établissements privés, dans le développement de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Le Chef de l’Etat a, dès lors, exhorté toutes les parties prenantes de la communauté universitaire à asseoir, dans un esprit de dialogue permanent, la stabilité sociale, le sens des responsabilités et la solidarité agissante, la qualité, l’équité et l’excellence du modèle pédagogique, économique et de gouvernance : ressources financières et humaines en termes de mobilité dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation.
 
Le Président de la République est revenu sur la problématique du suivi stratégique du développement maitrisé du secteur de l’hydraulique. La renégociation et la signature, entre l’Etat du Sénégal et le Groupe saoudien ACWA POWER, du nouveau contrat de PartenariatPublic-Privé pour la réalisation d’une usine de dessalement sur la grande côte, avec ses infrastructures électriques connexes et une prise de participation stratégique de l’Etat, marquent un tournant majeur dans notre option de consolider un Sénégal souverain, juste et prospère. Cet acte représente un moment important de la transformation du secteur de l’hydraulique. Il a félicité la partie saoudienne, le Gouvernement, notamment le Premier Ministre, responsable de la renégociation des contrats mais également de la supervision et du suivi de la coopération et des partenariats avec les pays du Golfe persique, selon la directive présidentielle n°0684/PR du 13 décembre 2024. Il a aussi magnifié le travail d’équipe gouvernementale remarquable qui a contribué à la conclusion du nouveau contrat et félicité les Ministres en charge de l’Hydraulique, de l’Economie, de l’Energie, des Finances, de l’Environnement et l’ensemble des structures impliquées (notamment la SONES et la SENELEC) pour leur efficacité exemplaire. Il a demandé au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de veiller au lancement, dans les meilleurs délais, de ce projet hydraulique de dernière génération, indispensable pour améliorer durablement l’approvisionnement en eau potable des populations dans les centres urbains et péri-urbains, notamment les habitants de la capitale. 
 
Dans le même élan, le Président de la République a indiqué au Gouvernement l’importance et l’urgence de veiller à l’approvisionnement correct en eau potable des populations en milieu rural : 
 
–       en accélérant le renouvellement des forages, châteaux d’eau et réseaux ;
–       en améliorant la gouvernance inclusive des forages et autres infrastructures hydrauliques ainsi que la continuité des services, en relation avec les différents concessionnaires dont les performances doivent être régulièrement évaluées.
Enfin, il a rappelé au Gouvernement la nécessité de faire adopter, avant la fin de l’année, le projet de loi relatif à l’Autorité de régulation du secteur de l’Eau, dans le cadre des réformes majeures liées à la Vision Sénégal 2050.
Le Chef de l’Etat a abordé la question de la sanctuarisation des emprises à caractère militaire. Le Sénégal vient de récupérer, le 17 juillet 2025, dans la sérénité et le sens des responsabilités, la totalité des emprises militaires, précédemment occupées par des forces armées étrangères, mettant fin à leur présence permanente sur le territoire national. Il a informé le Conseil avoir visité, le samedi 19 juillet 2025, une partie des sites libérés. Il a félicité le Gouvernement et les forces armées sénégalaises pour les efforts remarquables d’anticipation consentis qui ont permis de recouvrer la pleine souveraineté du Sénégal sur l’ensemble du territoire national, dans le cadre de la nouvelle politique de coopération militaire. Il a rappelé le caractère crucial de cette étape, dans la perspective de l’affectation adéquate des emprises libérées selon les impératifs : 
 
–       de défense et de sécurité nationale ; 
–       de valorisation de leur potentiel économique dans le cadre du déploiement des projets et programmes relevant de l’Agenda national de Transformation Vision Sénégal 2050. 
Le Président de la République est revenu sur la question de la modernisation des marchés et des espaces commerciaux et de la mise en œuvre des recommandations des états généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME-PMI. L’amélioration des conditions d’organisation et d’exercice des activités commerciales doit rester une priorité du Gouvernement. Il a demandé aux Ministres en charge du Commerce et des Collectivités territoriales d’accélérer la mise en œuvre des projets et programmes de modernisation des marchés et espaces commerciaux sur l’ensemble du territoire national. Il a souligné l’urgence de la mise en service des marchés et espaces commerciaux déjà réalisés comme celui de Tilène à Ziguinchor, en veillant à la vérification systématique des prescriptions de la protection civile et à la mise aux normes des installations électriques en particulier. En outre, il a demandé au Ministre en charge du Commerce d’engager sans délai, l’application des recommandations issues des Etats généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME-PMI, s’agissant de la modernisation des installations commerciales. Par ailleurs, il a donné des instructions pour accélérer la mise en œuvre du Programme national de réalisation d’infrastructures de stockage et de conservation, programme à développer avec le secteur privé national.
Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il effectuera une visite de travail au Togo, le 25 juillet 2025, à l’invitation du Président du Conseil des Ministres, Faure EYADEMA. Le samedi 26 juillet 2025, il prendra part, à
Monrovia, à la célébration de la fête nationale du Libéria, à l’invitation du Président Joseph Boakai.
Le Premier Ministre, après avoir rappelé les constats alarmants du rapport d’audit des finances publiques par la Cour des comptes, a annoncé au Conseil le plan gouvernemental de redressement économique de notre pays qui sera présenté au grand public et aux partenaires à travers un agenda qui sera communiqué ultérieurement. Le Premier Ministre a abordé la problématique de l’équité sociale, de l’équité territoriale et l’accélération de projets structurants dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie. Il a souligné le caractère important de l’équité sociale et de l’équité territoriale qui constituent un facteur essentiel de cohésion nationale et de développement durable. Il a ensuite exprimé le souci de corriger les inégalités et déséquilibres socio-spatiaux vécus par des millions de citoyens du fait notamment du chômage, de la pauvreté, de l’enclavement, de la situation de handicap ou de l’appartenance à des groupes vulnérables comme les femmes et les enfants. Il a insisté sur la nécessité de résorber ces inégalités de manière structurelle.
Le Premier Ministre a indiqué que l’équité ne doit plus être perçue comme une politique sociale parmi d’autres. Elle est désormais, à l’image de la problématique environnementale, une exigence transversale, qui interpelle les ministères, collectivités et agences publiques. L’équité doit donc obéir à la nécessité de garantir une juste répartition des opportunités, ressources et retombées des politiques publiques et l’exigence d’une participation transversale de tous les acteurs économiques et sociaux à la mise en œuvre des actions entreprises. Le Premier Ministre a enfin demandé à chaque département ministériel d’intégrer la dimension « Équité » dans sa politique sectorielle et dans le dialogue avec tous les partenaires. Il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités à s’atteler à la prise en charge intégrale de l’Équité à travers un Programme national d’Equité sociale (PNES) visant à réduire les inégalités et à promouvoir l’inclusion des populations vulnérables identifiées dans le Registre national unique (RNU) et un Programme national d’Equité territoriale (PNET) pour corriger les disparités.  Concernant l’accélération des projets structurants dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie, le Premier Ministre a indiqué qu’il s’agit, d’une part, du Programme National des Agropoles du Sénégal (PNDAS) et, d’autre part, de deux infrastructures majeures dans les secteurs de l’eau et de l’énergie : l’unité de dessalement des Mamelles et le barrage hydroélectrique de Sambangalou. Ces projets portent une ambition partagée : renforcer notre souveraineté économique, sécuriser l’accès à des services essentiels et offrir de nouvelles perspectives d’emplois et d’industrialisation sur l’ensemble du territoire. Le Programme National des Agropoles du Sénégal (PNDAS) vise à développer des pôles agro-industriels à fort potentiel, en articulant production agricole, transformation locale et création d’emplois avec la mise en place de cinq agropoles et une couverture équilibrée du territoire national.
À ce jour, les agropoles Sud (Ziguinchor, Kolda) et Centre (Kaolack, Fatick, Kaffrine) sont en cours d’exécution, avec des financements significatifs mobilisés auprès de l’Etat, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), l’Union Européenne (UE) et l’Agence belge de coopération internationale (ENABEL). Ces deux agropoles représentent déjà plus de 160 milliards FCFA d’investissement et visent la création de plus de 350 000 emplois directs et indirects.
L’Agropole Nord, dont le coût est estimé à près de 184 milliards FCFA, a bénéficié d’un premier engagement de la BAD. Toutefois, la convention complémentaire de financement avec la BID (57 milliards FCFA), soumise depuis 2024, reste non signée, ralentissant son lancement. Au-delà des questions de financement, plusieurs facteurs sont à relever, à savoir, la gouvernance du dispositif national et régional, le recrutement des partenaires stratégiques et l’approvisionnement agricole. Le Premier Ministre a demandé aux ministres en charge de l’Industrie et de l’Agriculture de faire une revue complète de l’état d’avancement et des contraintes opérationnelles et de produire un rapport détaillé au plus tard le 25 août 2025.
L’unité de dessalement des Mamelles est d’une importance capitale dans un contexte de pression croissante sur les ressources en eau potable à Dakar. Elle vise à produire jusqu’à 100
000 m³ d’eau/jour à terme. À date, le taux d’avancement est estimé à 78 % et les travaux de réseau de distribution sont déjà bien engagés dans plusieurs zones de la capitale.
Le barrage hydroélectrique de Sambangalou, projet régional porté par l’OMVG, vise la production de 128 MW pour les États membres. L’avancement des travaux est actuellement de 38 %, mais ceux du génie civil sont suspendus depuis mars 2024.
Le Premier Ministre a demandé aux ministres en charge de l’Économie et du Plan, des Finances, de l’Hydraulique, de l’Énergie, de l’Agriculture et de l’Industrie de travailler, de manière concertée, à l’identification de solutions à court terme (paiement, arbitrage budgétaire, contractualisation) à soumettre avant la date du 15 septembre et à la mise en place d’un suivi renforcé, appuyé par le BOCS. Enfin, il a insisté sur la mobilisation collective pour relancer efficacement les chantiers et répondre aux attentes légitimes des populations.
 AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
–       Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur le financement des projets, la budgétisation, et la stratégie d’endettement ;
–       le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a fait une communication relative à la préparation de la campagne de reboisement 2025 et du week-end de lancement de la campagne les 02 et 03 août 2025 ;
–       le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations ;
–       le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur la stratégie numérique du Sénégal à travers le déploiement de l’outil de gestion électronique du courrier (SENGEC).
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, 
le Conseil a examiné et adopté : le Projet de Code du sport relatif à la Loi sur les activités physiques et sportives. 

Crise dans la Justice : les syndicats SYTJUST et UNTJ durcissent le ton face au silence du gouvernement

Le bras de fer entre les travailleurs de la justice et les autorités sénégalaises prend une nouvelle tournure. L’Entente SYTJUST–UNTJ, regroupement des deux principaux syndicats du secteur, a annoncé une grève de 48 heures pour les 24 et 25 juillet 2025. Cette décision fait suite à ce que les syndicalistes dénoncent comme un mutisme prolongé et méprisant des autorités, notamment du ministre de la Justice, Ousmane Diagne.

Depuis plusieurs semaines, les syndicats protestent contre la non-satisfaction de leurs revendications relatives à leurs conditions de travail et au respect de leurs droits professionnels. Mais selon eux, l’attitude du ministre de tutelle, qu’ils accusent de fuir ses responsabilités, a contribué à envenimer la situation. Ousmane Diagne, affirment-ils, n’a engagé aucun dialogue ni pris la moindre initiative pour désamorcer la crise, préférant transférer la gestion du conflit au ministère de la Fonction publique. Or, la seule rencontre tenue avec ce dernier interlocuteur remonte au 1er juillet, sans qu’aucune suite concrète n’ait été donnée depuis.

Dans leur déclaration, les responsables syndicaux s’indignent du « mépris institutionnalisé » dont ils se disent victimes. Ils estiment que le silence persistant du gouvernement est une stratégie délibérée visant à affaiblir leur mobilisation. Ce mépris, dénoncent-ils, est d’autant plus grave que l’État aurait également recours à des réquisitions qu’ils jugent illégales, dans le but d’entraver l’exercice du droit constitutionnel de grève. Une telle attitude, affirment-ils, constitue une menace pour les droits syndicaux et les acquis démocratiques durement obtenus.

Déterminés à ne pas céder face à ce qu’ils considèrent comme une forme d’intimidation, les syndicats appellent à une mobilisation générale sur toute l’étendue du territoire. Ils exhortent non seulement les travailleurs de la Justice, mais aussi toutes les centrales syndicales et les organisations sociales, à se joindre à leur lutte pour la sauvegarde des droits syndicaux et la défense de la dignité des agents de l’État. À travers ce mot d’ordre élargi, l’Entente SYTJUST–UNTJ veut faire de ce mouvement un combat national pour les libertés syndicales.

Cette grève de 48 heures marque une étape importante dans un mouvement qui dure depuis plus d’un mois, depuis le 18 juin. Elle symbolise une radicalisation de la lutte syndicale et un durcissement du ton face à des autorités perçues comme indifférentes aux préoccupations du secteur judiciaire. Les syndicats préviennent que la mobilisation se poursuivra et que le combat ne s’arrêtera que lorsque leurs revendications auront été entendues et prises en compte.

À travers leur mot d’ordre fort, « Justice en lutte, dignité en marche », les syndicats entendent rappeler que derrière chaque robe noire ou chaque greffier, il y a un travailleur debout, conscient de ses droits et prêt à les défendre. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, appelé à sortir du silence pour éviter une paralysie prolongée du service public de la Justice.

Sénégal–Vietnam : accords stratégiques pour renforcer la coopération diplomatique et la souveraineté alimentaire

Le Sénégal et le Vietnam ont franchi un nouveau cap dans leurs relations bilatérales, ce mercredi 23 juillet 2025, à Dakar, avec la signature de plusieurs accords stratégiques. Présidée conjointement par le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et le président de l’Assemblée nationale vietnamienne Trần Thanh Mẫn, la cérémonie a consacré une volonté commune d’approfondir une coopération structurante autour de trois axes clés : la diplomatie, la filière rizicole et la souveraineté alimentaire.

Ces accords visent à établir un partenariat dynamique, fondé à la fois sur le transfert de savoir-faire, le renforcement des capacités techniques et le développement économique. En matière de diplomatie, il s’agit d’intensifier les relations entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, avec à la clé des perspectives d’échanges institutionnels réguliers, de formation diplomatique croisée et d’appui aux politiques de coopération Sud–Sud.

Sur le plan agricole, l’enjeu est de taille pour le Sénégal qui, chaque année, importe plus de 4 millions de tonnes de riz. Le Vietnam, l’un des plus grands producteurs et exportateurs mondiaux dans ce domaine, s’engage à accompagner Dakar dans sa quête d’autosuffisance, en apportant son expertise en matière de production, de transformation et de mécanisation agricole. Ce volet agricole des accords met l’accent sur la valorisation des terres cultivables, la mise en place de filières locales durables et la sécurisation de la production à travers une approche agro-industrielle.

Selon une source proche de la Primature, cet accord constitue « un partenariat structurant, dans un contexte où les enjeux de souveraineté alimentaire sont devenus centraux pour les politiques publiques africaines ». Il est aussi prévu la mise en œuvre d’échanges scientifiques et techniques, notamment dans les domaines de la gouvernance agricole, de la formation professionnelle, de la gestion de l’eau et de la transition agroécologique.

Dans un registre plus décentralisé, un protocole d’intention a été signé entre les villes de Ziguinchor et Can Tho, grande municipalité vietnamienne située dans le delta du Mékong. Ce partenariat municipal ouvre une nouvelle dynamique de coopération locale, centrée sur la gestion environnementale, le développement économique de proximité et l’amélioration des services publics urbains. Les deux collectivités entendent s’inspirer mutuellement pour répondre aux défis locaux, tout en favorisant les échanges humains et culturels.

À travers ces différentes initiatives, Dakar et Hanoï confirment leur ambition de construire une relation durable, équilibrée et mutuellement bénéfique. Dans un monde marqué par les défis du climat, de l’alimentation et de l’instabilité géopolitique, cet axe Sénégal–Vietnam pourrait bien devenir l’un des nouveaux visages de la coopération sud-sud innovante et pragmatique.

Renforcement des relations bilatérales : Bassirou Diomaye Faye reçoit le président de l’Assemblée nationale du Vietnam au Palais

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a accordé ce mercredi 23 juillet 2025 une audience solennelle à M. Trân Thanh Mân, président de l’Assemblée nationale de la République socialiste du Vietnam, en visite officielle à Dakar. Cette rencontre, qui s’est tenue au Palais de la République, marque une étape importante dans les relations diplomatiques entre les deux pays, et témoigne de leur volonté commune de renforcer une coopération multiforme.

La Présidence sénégalaise a salué sur sa page officielle cette visite qualifiée d’historique, mettant en exergue la solidité des liens d’amitié entre le Sénégal et le Vietnam. Elle souligne que cette audience de haut niveau traduit un engagement partagé à intensifier les échanges institutionnels, à promouvoir un dialogue interparlementaire dynamique et à approfondir les relations entre les deux peuples dans un esprit de respect mutuel, de solidarité et de coopération durable.

À travers cette réception, le Sénégal réaffirme sa vision d’une diplomatie ouverte et proactive, fondée sur les valeurs de fraternité, de paix, de développement et de prospérité partagée. Le président Diomaye Faye, qui fait de la diversification des partenariats un pilier central de sa politique extérieure, renforce ainsi l’ancrage du Sénégal dans une coopération Sud-Sud porteuse d’opportunités.

La visite de Trân Thanh Mân s’inscrit dans un contexte où les deux pays explorent de nouveaux axes de collaboration, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’industrialisation, de la formation, de l’innovation technologique et de l’investissement. Elle intervient également en écho aux propos du ministre sénégalais de l’Agriculture, Mabouba Diagne, qui a récemment présenté le Vietnam comme un modèle inspirant pour le Sénégal en matière de souveraineté alimentaire et de modernisation agricole.

Cette rencontre entre les deux plus hautes autorités exécutive et législative des deux États constitue donc un signal fort en faveur d’un partenariat stratégique renouvelé entre le Sénégal et le Vietnam. Un partenariat fondé sur le partage d’expériences, la coopération économique et le dialogue politique constructif.

Souveraineté alimentaire : Mabouba Diagne érige le Vietnam en modèle pour le Sénégal

En marge de la visite officielle du président de l’Assemblée nationale du Vietnam à Dakar, le ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a salué le modèle vietnamien en matière de développement agricole et de souveraineté alimentaire. Pour lui, le Vietnam incarne une réussite inspirante que le Sénégal peut adapter à son propre contexte, à condition d’engager une coopération ambitieuse et équilibrée.

S’exprimant lors d’une table ronde dédiée aux politiques agricoles et aux opportunités d’investissement entre les deux pays, Mabouba Diagne a affirmé que le Vietnam représente « un modèle et une source d’inspiration » pour le Sénégal. Il a mis en lumière l’expérience vietnamienne dans la modernisation de l’agriculture, l’industrialisation et la transformation alimentaire, des domaines dans lesquels le Sénégal affiche encore des retards structurels. Il a souligné la nécessité de rompre avec les anciens schémas de coopération fondés sur une vision réductrice de l’Afrique, souvent limitée à son rôle de marché de consommation.

Le ministre a plaidé pour une approche renouvelée, fondée sur la co-industrialisation et les investissements conjoints. Il a appelé les autorités et investisseurs vietnamiens à s’engager dans des partenariats stratégiques avec le Sénégal dans des secteurs clés comme l’agriculture, l’agro-industrie, les énergies renouvelables et la transformation alimentaire. Cette vision repose sur un objectif clair : bâtir une souveraineté économique et alimentaire partagée.

Pour illustrer les défis auxquels le Sénégal est confronté, Mabouba Diagne a rappelé l’ampleur des importations alimentaires du pays. Chaque année, plus de 4 millions de tonnes de riz, 860 000 tonnes de lait, 450 000 tonnes de maïs et 347 000 tonnes de fruits et légumes sont importées, pour un coût dépassant les 1,6 milliard d’euros. Face à cette dépendance, le Sénégal ambitionne de cultiver 200 000 hectares supplémentaires afin d’atteindre l’autosuffisance en riz, en misant sur une double campagne agricole annuelle. Cette stratégie suppose des investissements massifs dans la mécanisation, la transformation post-récolte, le stockage et la formation.

Dans cette optique, Mabouba Diagne a cité plusieurs entreprises vietnamiennes actives dans le machinisme agricole, le solaire, la logistique ou encore la transformation agroalimentaire, comme des partenaires potentiels. Il a lancé un appel à l’installation d’usines de transformation au Sénégal, notamment dans le domaine du café, un produit stratégique pour les deux pays. Il a également insisté sur l’importance de renforcer les liens public-privé entre les deux États, en y associant les gouvernements, les entreprises et les institutions financières.

À travers un appel solennel, il a invité le Vietnam à co-produire, co-investir et co-développer avec le Sénégal une nouvelle architecture de souveraineté alimentaire. Pour lui, la réussite du modèle vietnamien en l’espace d’un demi-siècle démontre qu’il est possible, avec vision et engagement, de transformer en profondeur un secteur agricole et d’atteindre l’autosuffisance. Le Sénégal, affirme-t-il, est prêt à suivre ce chemin, avec le Vietnam comme allié stratégique.

Justice paralysée au Sénégal : Alioune Tine exhorte Ousmane Sonko à intervenir pour un dialogue avec les grévistes

Le Sénégal traverse une grave crise dans le secteur de la justice, provoquée par une grève qui dure depuis plusieurs semaines. Face à l’enlisement du conflit, le défenseur des droits humains Alioune Tine appelle le Premier ministre Ousmane Sonko à engager un dialogue direct avec les travailleurs en grève pour trouver une solution juste et durable.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Alioune Tine, fondateur de l’Africa Jom Center, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences de cette paralysie de la justice pour les citoyens. Il insiste sur la nécessité d’éviter une aggravation de la situation, en plaidant pour une approche fondée sur l’écoute et la concertation. Il souligne que seul un dialogue franc entre le gouvernement et les grévistes permettra de sortir de l’impasse. Pour lui, Ousmane Sonko, en tant que chef du gouvernement, est en mesure de conduire personnellement cette médiation. Il estime que son implication directe peut ramener le calme et rétablir le fonctionnement normal des juridictions.

La grève a été déclenchée en juin 2025 par les travailleurs de la justice regroupés au sein de l’entente SYTJUST–UNTJ. Elle est motivée principalement par des revendications liées à l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2, un point de blocage que les syndicats jugent non négociable. Depuis le début du mouvement, les audiences sont fortement perturbées, les dossiers bloqués et de nombreux justiciables, notamment les détenus en attente de jugement, se retrouvent dans une situation d’incertitude prolongée.

Face à cette crise persistante, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a tenté d’imposer un retour partiel à la normale en adressant une lettre circulaire aux chefs de juridiction et de parquet. Il leur demande de procéder à des réquisitions afin d’assurer la continuité du service public de la justice. Cette initiative a cependant été très mal accueillie par les syndicats. Dans une déclaration commune, ces derniers dénoncent une atteinte grave au droit de grève, pourtant garanti par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Ils estiment que la circulaire constitue une entrave illégale et inacceptable à l’exercice d’un droit fondamental et préviennent que le mouvement ne faiblira pas sans une réponse satisfaisante du gouvernement.

La situation reste tendue, et la colère monte dans les milieux judiciaires, mais aussi parmi les usagers de la justice qui subissent directement les effets de cette paralysie. C’est dans ce contexte qu’intervient l’appel d’Alioune Tine, qui cherche à éviter une dégradation plus profonde du climat social et institutionnel. Son intervention vise à sensibiliser les autorités sur l’urgence d’un retour au dialogue afin de préserver les fondements mêmes de l’État de droit.

Alors que les regards se tournent vers le Premier ministre, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. L’issue de cette crise dépendra de sa capacité à écouter les revendications légitimes, à faire preuve de flexibilité et à privilégier la concertation sur l’autoritarisme. Le temps presse, car chaque jour de paralysie fragilise davantage l’appareil judiciaire et les droits des citoyens.

Presse en péril : vaste mobilisation citoyenne pour sauver Sud Quotidien

C’est un cri d’alarme qui résonne dans tout le paysage médiatique sénégalais. Le journal Sud Quotidien, emblème de la presse indépendante et pluraliste depuis plus de trente ans, est aujourd’hui au bord du précipice. Menacé de disparition en raison d’une crise financière aiguë, ce quotidien emblématique suscite une onde de choc dans les milieux intellectuels, militants et citoyens. En réponse, un collectif composé d’une trentaine de personnalités engagées a lancé un vibrant appel à la solidarité nationale pour sauver ce symbole du journalisme sénégalais.

Dans leur texte, les signataires ne cachent ni leur inquiétude ni leur attachement à une institution qu’ils considèrent comme un repère démocratique : « Il est des voix qu’on ne saurait laisser s’éteindre. Sud Quotidien est de celles-là. » Né dans un contexte politique verrouillé, Sud a su se distinguer dès ses premières éditions par un ton libre, un engagement sans concession pour la démocratie, les droits humains et l’État de droit. Il a formé plusieurs générations de journalistes et s’est imposé comme un espace d’analyse et de débat respecté pour son professionnalisme et sa rigueur.

Mais aujourd’hui, cette voix risque de se taire, faute de moyens. Le journal fait face à des difficultés économiques si graves qu’elles menacent jusqu’à sa capacité de publication. Pour ses défenseurs, cette éventuelle disparition ne serait pas qu’une perte pour le secteur de la presse, mais un coup dur porté à la démocratie sénégalaise elle-même : « Ce serait un recul majeur pour notre démocratie, notre mémoire, notre liberté d’expression. Et pour l’État de droit. »

Pour faire face à cette urgence, les initiateurs de l’appel ont lancé une levée de fonds citoyenne. Objectif : répondre aux besoins immédiats pour assurer la survie du journal, sauvegarder les emplois, relancer la production éditoriale, mais aussi engager une réflexion sur sa modernisation et sa pérennisation à long terme. L’appel se veut inclusif, chacun étant invité à contribuer selon ses moyens. « Chaque contribution est un geste de résistance. Un acte de foi envers une presse libre, professionnelle, démocratique et laïque », clament les initiateurs.

Les dons peuvent être envoyés via un compte bancaire ouvert à Ecobank au nom de « Les Amis de Sud Quotidien », ou par les canaux de transfert habituels : Wave, Western Union, Money Gram ou RIA.

Alors que les menaces contre la liberté de la presse se multiplient à travers le monde, cette mobilisation autour de Sud Quotidien apparaît comme un sursaut salutaire, une manière de rappeler que le droit à une information libre, indépendante et de qualité est un bien commun qu’il faut protéger coûte que coûte.

Préparatifs du Magal de Touba 2025 : l’État et les Mourides main dans la main pour un événement réussi

À quelques mois du Grand Magal de Touba, prévu pour la fin de l’année 2025, les préparatifs vont bon train. Ce mardi 22 juillet, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a accueilli la réunion nationale du Comité Régional de Développement (CRD), présidée par le ministre de l’Intérieur en personne. Une rencontre stratégique à laquelle ont pris part Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké, président du comité d’organisation et porte-parole du Khalife général des Mourides, des dignitaires de la communauté mouride, des membres du comité et des représentants de nombreux services de l’État.

Au cœur des échanges, le point sur l’état d’avancement des engagements pris par les différentes entités étatiques pour assurer le bon déroulement du Magal. Le gouverneur de la région de Diourbel a présenté un rapport détaillé faisant état de 127 engagements au total. Sur ce nombre, 32 sont déjà réalisés, 69 en cours d’exécution et 26 seront finalisés dans les tout derniers jours avant le Magal. Ce qui porte le taux global d’exécution à 80 %, un niveau jugé satisfaisant à ce stade des préparatifs.

Les discussions ont porté sur les aspects clés liés à l’organisation du Magal : santé, hygiène, assainissement, approvisionnement en eau, sécurité, et cadre de vie. Les « Mercredis du Magal », sessions hebdomadaires de concertation entre l’administration et le comité d’organisation, ont été salués comme un excellent outil de coordination et de suivi des actions.

Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké a pris la parole pour adresser ses salutations et ses prières aux autorités nationales, notamment au Président de la République et au Premier ministre. Il a félicité la mobilisation des services de l’État et invité à redoubler d’efforts pour atteindre un taux d’exécution de 100 % avant la tenue du Magal. Il a insisté sur l’importance stratégique de Touba, première ville du pays en termes de population, qui nécessite une attention particulière dans l’allocation des ressources nationales.

Le porte-parole du Khalife a également rappelé deux instructions importantes du guide spirituel : l’interdiction formelle de la conduite de charrettes par les mineurs de moins de 18 ans, et l’application stricte des normes de construction dans la ville sainte. Il a exhorté le ministre de l’Intérieur à veiller à l’application de ces directives à travers un appui renforcé aux autorités locales.

En réponse, le ministre de l’Intérieur a salué le professionnalisme du comité d’organisation et la qualité de la collaboration entre les services de l’État et les responsables religieux. Il a réaffirmé l’engagement ferme du chef de l’État, du gouvernement et de toutes les institutions républicaines à soutenir pleinement le Magal dans toutes ses dimensions. Le Général Jean Baptiste Tine, également présent à la rencontre, a exprimé sa satisfaction pour le travail abattu par les acteurs impliqués dans la préparation de cet événement religieux de portée internationale.

La réunion s’est conclue sur une note de prière, formulée pour les autorités du pays, la stabilité nationale et la prospérité du Sénégal. Cette édition 2025 du Magal de Touba s’annonce ainsi sous de bons auspices, portée par une collaboration exemplaire entre l’État et la communauté mouride.

Diplomatie parlementaire : le Sénégal et le Vietnam renforcent leurs liens dans une nouvelle ère de coopération

C’est un moment historique qu’a vécu Dakar ce mercredi 23 juillet 2025. Pour la première fois depuis l’établissement des relations diplomatiques entre le Sénégal et le Vietnam en 1969, le Président de l’Assemblée nationale vietnamienne, Son Excellence Trần Thanh Mẫn, a effectué une visite officielle de trois jours dans la capitale sénégalaise. Il a été reçu avec tous les honneurs par son homologue sénégalais, El Malick Ndiaye, dans un contexte où les deux pays entendent approfondir leur coopération, non seulement au plan parlementaire, mais aussi économique et stratégique.

Le point d’orgue de cette visite a été la signature d’un accord de coopération parlementaire entre les deux institutions. À l’issue d’un entretien en tête-à-tête suivi de discussions élargies avec les délégations respectives, les deux présidents d’assemblée ont affiché une volonté commune de donner un nouveau souffle à la diplomatie parlementaire. L’accord signé jette les bases d’un partenariat structuré et durable, avec pour objectif de promouvoir le dialogue entre élus, l’échange de bonnes pratiques législatives, et le renforcement des capacités des parlements respectifs.

Un moment particulièrement symbolique a été la présentation officielle des groupes d’amitié parlementaire Sénégal–Vietnam, preuve tangible de la volonté des deux pays d’approfondir les liens de fraternité, de solidarité et de coopération. Le Président Trần Thanh Mẫn a par ailleurs signé le livre d’or de l’Assemblée nationale sénégalaise, saluant l’accueil chaleureux qui lui a été réservé et réaffirmant les valeurs de respect mutuel qui lient les deux peuples.

Mais cette visite ne s’est pas limitée aux échanges institutionnels. Elle a également donné lieu à une table ronde économique de haut niveau, organisée par l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX). Cette rencontre stratégique a permis de réunir des décideurs politiques, des représentants du secteur privé et des investisseurs venus des deux pays. L’objectif était clair : explorer les opportunités de coopération commerciale, identifier des niches d’investissement, et initier des partenariats dans des secteurs clés comme l’agriculture, l’agroalimentaire ou encore l’énergie.

Parmi les projets en cours de discussion figure un accord de coopération agricole, ainsi qu’un partenariat stratégique sur l’approvisionnement en riz, une denrée essentielle pour la sécurité alimentaire du Sénégal. Ces initiatives marquent un tournant décisif dans les relations économiques bilatérales, avec un accent mis sur le développement durable, la complémentarité des économies et la valorisation des ressources locales.

Au-delà des symboles et des discours, cette visite officielle consacre une dynamique nouvelle entre le Sénégal et le Vietnam, deux pays qui partagent une vision commune du développement solidaire, du respect mutuel et du dialogue entre les peuples. En renforçant les passerelles parlementaires et en posant les jalons d’une coopération économique solide, Dakar et Hanoï ouvrent une nouvelle page de leur partenariat, tournée vers l’avenir.

Nouvelle grève des travailleurs de la Justice : SYTJUST et UNTJ annoncent 48 heures de paralysie

Les travailleurs de la Justice au Sénégal annoncent une nouvelle grève de 48 heures, prévue les 24 et 25 juillet 2025 sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, officialisée par l’Entente SYTJUST – UNTJ dans un communiqué publié ce mardi 23 juillet, intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les syndicats et les autorités gouvernementales.

Depuis le début du mouvement enclenché le 18 juin dernier, les syndicalistes dénoncent un manque flagrant de dialogue avec les pouvoirs publics. « Depuis le déclenchement de la grève, le ministre de la Justice garde un silence assourdissant. Plutôt que d’assumer ses responsabilités, il s’est déchargé sur son collègue de la Fonction publique, avec qui une seule rencontre a eu lieu, le 1er juillet », fustige le communiqué.

Pour l’Entente SYTJUST – UNTJ, ce mutisme institutionnel est interprété comme un mépris profond à l’égard des travailleurs de la Justice. Ils estiment que cette posture traduit une indifférence inquiétante face au dysfonctionnement du service public judiciaire, avec des répercussions directes sur les justiciables.

« Le mutisme des autorités sonne comme une forme de mépris institutionnalisé à notre égard », accuse l’organisation syndicale, qui met en garde contre l’aggravation de la crise si rien n’est fait pour engager des négociations sérieuses.

Par ailleurs, le syndicat dénonce fermement les réquisitions opérées durant les jours de grève, qu’il qualifie de « manœuvres d’intimidation » et de violations du droit constitutionnel à la grève. Selon les responsables syndicaux, ces actions visent à briser la mobilisation des agents grévistes et à museler le mouvement syndical au Sénégal. « Ces actes sont graves, car ils tendent à restreindre l’espace syndical dans notre pays », alerte l’Entente.

Alors que le bras de fer entre les travailleurs de la Justice et le gouvernement s’enlise, les justiciables, eux, subissent de plein fouet les conséquences de cette paralysie judiciaire : retards dans le traitement des dossiers, reports d’audiences, et accès limité à certains services administratifs.

Affaire Diakhaté–Fofana : le délibéré encore reporté, pour la troisième fois

L’affaire judiciaire impliquant l’ancien député Moustapha Diakhaté et le chroniqueur Bachir Fofana connaît un nouveau report. Le délibéré, initialement attendu ce mardi 23 juillet 2025, a été à nouveau renvoyé, cette fois au 30 juillet, en raison de la poursuite de la grève des greffiers.

Il s’agit du troisième report consécutif dans cette procédure. Le verdict devait être rendu pour la première fois le 16 juillet, avant d’être repoussé d’une semaine, puis à nouveau ajourné ce jour. Un scénario qui prolonge l’incertitude judiciaire et maintient les deux prévenus en détention provisoire.

Cette nouvelle échéance, bien qu’administrative, pèse lourd sur le moral des proches des mis en cause, d’autant que les motifs de l’accusation, eux, n’ont toujours pas été publiquement précisés en détail. L’avocat de la défense a exprimé sa frustration face à ces retards répétés, qui empêchent tout éclaircissement sur la suite du dossier.

Farba Ngom : bracelet électronique maintenu pour ses frères, une inculpation rejetée pour le maire des Agnams

Nouvelle évolution dans l’affaire judiciaire qui secoue Farba Ngom et son entourage. Ce mercredi, la Chambre d’accusation s’est prononcée sur plusieurs points sensibles du dossier. Elle a d’abord confirmé la décision de placement sous bracelet électronique des deux frères du député-maire des Agnams, mis en cause dans une affaire de transaction financière douteuse portant sur un montant de 4 milliards FCFA, viré depuis le Trésor public en juin 2022.

Les deux frères de Farba Ngom sont inculpés pour association de malfaiteurs en bande criminelle organisée, complicité d’escroquerie sur des deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Leur mise sous surveillance électronique, décidée par le juge d’instruction du premier cabinet financier, avait été contestée par le parquet, qui réclamait leur incarcération. La Chambre d’accusation a finalement tranché en faveur du maintien de la mesure initiale, rejetant ainsi l’appel du ministère public.

Dans le même dossier, la Chambre s’est également penchée sur le cas de Farba Ngom lui-même. Elle a rejeté l’une des principales charges qui pesaient contre lui, à savoir l’inculpation pour association de malfaiteurs en bande organisée. Une décision qui allège partiellement le fardeau judiciaire du maire des Agnams, sans toutefois remettre en cause les autres poursuites engagées à son encontre.

Parallèlement, un nouveau rebondissement médical est intervenu mardi 22 juillet. Le juge d’instruction Idrissa Diarra, saisi de la demande de liberté provisoire formulée par les avocats de Farba Ngom le 10 juillet dernier, a refusé d’accéder à cette requête, en dépit d’une première expertise médicale concluant que l’état de santé du prévenu était incompatible avec une détention carcérale. Le magistrat a cependant ordonné une contre-expertise médicale, en désignant un trio de médecins pluridisciplinaires chargés d’évaluer de manière indépendante la condition physique du député incarcéré depuis février 2025.

Le collège médical désigné comprend le professeur Serigne Maguèye Guèye, chef du service d’urologie de l’Hôpital Général Idrissa Pouye, le docteur Pape Saliou Mbaye, spécialiste en hépatologie et gastro-entérologie, et le docteur Ousmane Dièye, cardiologue. Leur mission est de produire un rapport circonstancié sur la capacité de Farba Ngom à supporter une incarcération prolongée.

Affaire François Mancabou : un témoin clé enfin entendu par la justice

Nouveau rebondissement dans l’affaire François Mancabou, du nom de ce membre présumé des Forces spéciales décédé en détention dans des circonstances controversées. Selon Libération, le juge du deuxième cabinet, chargé de l’instruction, a entendu ce lundi un témoin considéré comme central dans la manifestation de la vérité.

Il s’agit de Pape Mamadou Seck, lui-même arrêté dans le cadre du dossier dit des Forces spéciales de Pastef. Détenu au moment des faits, il aurait partagé une cellule avec François Mancabou et affirme avoir reçu de ce dernier des confidences directes avant sa mort. Des déclarations jugées suffisamment sérieuses pour justifier sa convocation officielle par le juge d’instruction.

Toujours selon Libération, d’autres détenus présents au commissariat central durant la même période ont également été entendus dans le cadre de cette affaire. L’objectif est clair : reconstituer avec précision les derniers jours de François Mancabou et éclairer les zones d’ombre qui persistent depuis son décès.

Affaire Baldé : Pathé sous les verrous, Ama bientôt rattrapé par la justice

L’arène sénégalaise traverse l’un de ses plus grands scandales judiciaires. À la croisée de la lutte, du chanvre indien, des violences policières et d’un soupçon de cavale familiale, l’affaire Baldé prend une tournure retentissante. Selon les informations exclusives de L’Observateur, ce dossier aux multiples ramifications implique directement des figures connues du monde de la lutte, à commencer par Pathé et Ama Baldé.

Dimanche dernier, l’ambiance à l’Arène nationale a été brutalement perturbée. Alors qu’il assistait tranquillement à un combat préliminaire, Pathé Baldé, frère cadet du célèbre Ama Baldé, a été interpellé par les agents du commissariat de Pikine. Il n’était pas là par hasard : son neveu Jacob Baldé figurait parmi les lutteurs programmés. Mais l’escale à l’Arène s’est transformée en séjour en garde à vue. Dès le lendemain, Pathé a été présenté au parquet.

Le Doyen des juges du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye n’a pas perdu de temps. Une information judiciaire a été ouverte contre lui. Mis en examen pour rébellion, outrage à agents et coups et blessures volontaires, il a été placé sous mandat de dépôt. Des charges lourdes qui pourraient lui valoir plusieurs années d’incarcération.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. En toile de fond, le parquet s’intéresse désormais à Ama Baldé lui-même, actuellement en séjour en France. D’après L’Observateur, le procureur a requis un mandat d’arrêt international contre la star de la lutte, accusée des mêmes infractions que son frère. Le Doyen des juges, qui suit le dossier de près, se montrerait favorable à cette requête. Si elle est validée, Ama Baldé pourrait être arrêté à l’étranger et extradé vers le Sénégal.

Autre nom cité dans ce dossier explosif : Julo Baldé, neveu du défunt Falaye Baldé. Il serait le point de départ de cette affaire qui a dégénéré en crise judiciaire. En mai dernier, Julo aurait été impliqué dans une agression violente avec vol de moto et de bijoux en or. C’est lors de la tentative d’arrestation menée par la police à leur domicile familial que la situation aurait dégénéré. Ama et Pathé se seraient violemment opposés à l’intervention, blessant un adjudant et provoquant l’échec de l’opération. Depuis, Julo est en cavale.

La fouille de la maison n’a fait qu’enfoncer un peu plus les membres du clan Baldé. Les enquêteurs y ont retrouvé 14 cornets de chanvre indien, une paire de ciseaux et d’autres éléments compromettants. Ces découvertes alimentent les soupçons d’activités illicites au sein de la famille, jusque-là très respectée dans le monde de la lutte.

Magal 2025 : Autorités religieuses et gouvernement en concertation pour les derniers réglages

À quelques semaines du Grand Magal de Touba, événement religieux majeur du calendrier sénégalais, les préparatifs s’accélèrent. Ce mardi, le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a accueilli la réunion du Comité Régional de Développement (CRD) national, consacrée aux derniers ajustements avant le rassemblement. Présidée par le Ministre de l’Intérieur, la rencontre s’est tenue en présence de Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké, porte-parole du Khalife général des Mourides et président du comité d’organisation du Magal, aux côtés des dignitaires religieux, des représentants de l’administration et des principaux acteurs engagés.

Lors de cette séance stratégique, le gouverneur de la région de Diourbel a présenté un état d’avancement précis des engagements pris. Sur les 127 points inscrits dans la feuille de route, 32 sont entièrement réalisés, 69 sont en cours de finalisation et 26 devraient l’être dans les prochains jours. Le taux global d’exécution est estimé à 80 %, reflet d’une mobilisation constante et coordonnée entre les différents services impliqués.

Les discussions ont porté sur plusieurs axes prioritaires, notamment la santé publique, l’hygiène, l’assainissement, l’approvisionnement en eau, la logistique, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que l’amélioration générale du cadre de vie dans la ville sainte de Touba. Le cadre hebdomadaire des « Mercredis du Magal », instauré pour assurer un suivi régulier, permet aux équipes techniques et administratives de maintenir un haut niveau de coordination.

Prenant la parole, Serigne Bassirou Abdou Khadr a salué les efforts déployés par l’ensemble des acteurs, tout en insistant sur la nécessité de maintenir le rythme afin d’atteindre un taux d’exécution de 100 %. Il a également rappelé des points essentiels : le respect strict de l’interdiction de la conduite de charrettes par des mineurs, l’obligation de se conformer aux normes de construction, ainsi que la nécessité d’obtenir un permis de bâtir pour toute édification dans la ville sainte. Il a, en outre, souligné le rôle stratégique de Touba dans la répartition des ressources nationales.

Le Ministre de l’Intérieur a, quant à lui, salué l’efficacité et l’exemplarité du comité d’organisation. Il a réaffirmé l’engagement du Président de la République et du gouvernement à accompagner les préparatifs et à garantir les meilleures conditions de déroulement du Magal. Des prières ont été formulées pour la paix, la stabilité du pays et la réussite de cet événement spirituel de portée nationale et internationale.

Zac Mbao : Huit jeunes arrêtés en pleine séance de chanvre dans une maison en chantier

La nuit du 22 juillet 2025 a été marquée par une opération musclée de la police dans le quartier de Keur Mbaye Fall, à Zac Mbao. Alertés par une forte odeur de chanvre indien, des éléments du Commissariat d’arrondissement ont effectué une descente qui s’est soldée par l’interpellation de huit jeunes individus. Ces derniers ont été surpris en pleine session de consommation de drogue dans une maison en chantier située rue 10.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la patrouille de sécurisation sillonnait la zone lorsqu’elle a perçu une odeur suspecte émanant d’un bâtiment en construction. En s’approchant, les agents ont découvert un groupe de jeunes rassemblés autour d’un joint, dans une pièce envahie par la fumée. La scène, digne d’un repaire clandestin, a immédiatement poussé les forces de l’ordre à procéder à une fouille en règle.

La perquisition a permis de mettre la main sur un lot d’objets inquiétants, laissant entrevoir une organisation bien plus structurée qu’un simple regroupement de fumeurs. Deux cornets de chanvre indien, dont un déjà entamé, un joint encore fumant, une machette, un couteau, un taser électrique, une paire de ciseaux, une cartouche de calibre indéterminé, une corne à bout pointu et une bouteille remplie d’un liquide rose non identifié ont été saisis sur les lieux. Autant d’éléments qui orientent les enquêteurs vers la piste d’un groupe potentiellement impliqué dans des activités criminelles.

Les huit suspects ont été placés en garde à vue et font désormais l’objet de poursuites pour association de malfaiteurs, détention illégale d’armes blanches et usage collectif de drogue. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’origine exacte du matériel saisi, ainsi que les intentions réelles du groupe. L’hypothèse d’un simple rassemblement de consommateurs de chanvre semble peu convaincante, au regard du profil de la saisie.

António Guterres : « Un moment décisif pour accélérer l’ère des énergies propres »

Dans un discours solennel, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dressé un état des lieux lucide de la transition énergétique mondiale. Selon lui, l’humanité est à la croisée des chemins : soit elle accélère la bascule vers les énergies propres, soit elle s’enlise dans un modèle fossile synonyme de chaos climatique, d’instabilité économique et d’injustice sociale.

Aujourd’hui, un tournant historique semble amorcé. En 2024, la quasi-totalité des nouvelles capacités électriques installées à travers le monde provenaient des énergies renouvelables. Les investissements dans ce secteur ont atteint un niveau record de 2 000 milliards de dollars, soit 800 milliards de plus que ceux injectés dans les énergies fossiles. Le solaire et l’éolien se sont imposés comme les sources d’électricité les moins chères de la planète. En plus de créer des millions d’emplois et de stimuler la croissance, les énergies propres offrent une stabilité face aux chocs géopolitiques et aux fluctuations du marché, contrairement aux combustibles fossiles toujours massivement subventionnés.

Guterres ne mâche pas ses mots : les pays qui persistent à s’accrocher aux énergies fossiles ne protègent pas leur économie, ils la sabotent. En agissant ainsi, ils se ferment à la plus grande opportunité économique du XXIe siècle et compromettent leur compétitivité future. L’énergie propre, en plus d’être durable, renforce la souveraineté des nations. Là où les hydrocarbures sont soumis à des crises d’approvisionnement, à des embargos ou à des flambées de prix, le soleil et le vent, eux, sont inépuisables et accessibles à tous.

L’énergie propre, c’est aussi un levier de justice sociale. Elle peut transformer la vie de centaines de millions de personnes encore privées d’électricité, notamment en Afrique, grâce aux technologies solaires décentralisées et aux innovations à petite échelle. Mais cette transition, pourtant inévitable, reste aujourd’hui trop lente et profondément inégale. Les pays en développement sont encore largement laissés pour compte, et les systèmes énergétiques mondiaux demeurent dominés par les énergies fossiles. Pire encore, les émissions mondiales continuent d’augmenter alors qu’elles devraient chuter drastiquement pour éviter un dérèglement climatique irréversible.

Face à cette situation, António Guterres appelle à une mobilisation mondiale à plusieurs niveaux. Il demande d’abord aux gouvernements de revoir leurs plans climat en relevant fortement leurs ambitions. Les Contributions déterminées au niveau national (CDN), attendues dans les mois à venir, doivent clairement tracer une trajectoire de sortie des énergies fossiles et s’aligner avec l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Le G20, responsable de 80 % des émissions, a un devoir d’exemplarité.

Il insiste ensuite sur la nécessité de moderniser les systèmes énergétiques pour exploiter pleinement le potentiel des renouvelables. À ce jour, pour chaque dollar investi dans les énergies vertes, à peine 60 centimes sont consacrés aux réseaux électriques et aux capacités de stockage, alors qu’un équilibre parfait est indispensable pour garantir la fiabilité de l’approvisionnement.

Autre priorité : orienter la demande énergétique vers le renouvelable, notamment dans les secteurs à forte consommation, comme les centres de données, dont les besoins pourraient égaler ceux du Japon d’ici 2030. Les grandes entreprises technologiques ont, selon Guterres, une responsabilité dans l’alimentation de leurs infrastructures en électricité verte.

Il insiste également sur la nécessité d’une transition juste, qui tienne compte des travailleurs dépendants des combustibles fossiles, mais aussi des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Celles-ci sont aujourd’hui entachées de violations des droits humains, de dégradations environnementales et d’une marginalisation des pays en développement, relégués aux maillons les moins rentables.

Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement sont fragiles et le commerce mondial fragmenté, le Secrétaire général exhorte les États à coopérer pour diversifier la production d’équipements verts, réduire les barrières douanières et adapter les traités d’investissement afin qu’ils soutiennent activement la transition énergétique.

Enfin, Guterres alerte sur le sous-financement chronique des pays du Sud. Il rappelle que l’Afrique, bien que disposant de 60 % du potentiel solaire mondial, n’a attiré que 2 % des investissements en 2024. Il appelle à une mobilisation internationale pour alléger le fardeau de la dette, réformer les banques multilatérales de développement et inciter les investisseurs à revoir leurs grilles d’évaluation, afin de mieux intégrer les risques climatiques et le potentiel des énergies propres.

En conclusion, António Guterres dépeint une vision ambitieuse, mais réaliste : celle d’un avenir où l’énergie est propre, abondante, bon marché, et accessible à tous. Un avenir où les nations retrouvent leur autonomie énergétique et où l’électricité devient un bien commun mondial. Pour y parvenir, il faut agir maintenant. Car, comme il le martèle, la transition énergétique est en marche, mais elle doit aller plus vite, et surtout être plus équitable. « Nous avons aujourd’hui une occasion unique d’accélérer la transition mondiale. Saisissons-la. »

Affaire Farba Ngom : La Chambre d’accusation rejette l’inculpation pour association de malfaiteurs

Dans le dossier judiciaire visant Farba Ngom, maire d’Agnam et figure politique influente de la région de Matam, un tournant décisif vient d’être enregistré. La Chambre d’accusation financière a rejeté la demande d’inculpation pour association de malfaiteurs en bande criminelle organisée, formulée par le procureur dans le cadre d’un réquisitoire supplétif.

L’information a été confirmée par l’un des avocats de Farba Ngom, Me Baboucar Cissé, qui s’est félicité de cette décision. Selon lui, la requête du parquet manquait de fondement juridique solide et relevait davantage d’un acharnement que d’une démarche fondée sur des éléments probants.

Dans la même veine, la Chambre a confirmé le placement sous bracelet électronique des deux frères de Farba Ngom, Ismaïla et Birane Ngom. Le parquet, qui souhaitait leur incarcération, a également vu sa demande rejetée.

Pour rappel, cette affaire, aux multiples ramifications, avait connu un rebondissement avec l’élargissement des chefs d’inculpation. Mais la Chambre d’accusation semble désormais vouloir recentrer le dossier sur les faits établis, écartant les charges jugées excessives.

Cette décision, qui allège la pression judiciaire sur Farba Ngom et ses proches, pourrait relancer les spéculations politiques autour de son avenir au sein du landerneau politique national.

AFFLUENCE RECORD À REBEUSS – Badara Gadiaga : un héros entre quatre murs

À Rebeuss, Badara Gadiaga ne cesse de gagner en stature. Devenu le détenu le plus sollicité du pays, il reçoit un nombre impressionnant de visites, au point que seules les personnes de sa famille peuvent désormais le voir. Si l’objectif était de le réduire au silence, sa détention est en train de forger, à l’abri des projecteurs, une figure politique d’envergure. Souvent, la prison ne brise pas les voix libres ; elle les façonne ! Elle polit l’homme politique, le journaliste ou tout citoyen dont la liberté d’expression dérange.

À la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Rebeuss, un phénomène sans précédent est en train de se produire. Depuis son incarcération, Badara Gadiaga, chroniqueur au verbe tranchant et à la popularité grandissante, attire une foule sans commune mesure. Il est aujourd’hui, et de loin, le prisonnier le plus sollicité du Sénégal. Jamais un détenu n’a reçu autant de visites en si peu de temps. Le nom de Badara Gadiaga résonne désormais bien au-delà des murs de sa cellule. Un monstre politique est né !
Selon des informations recueillies par « Le Dakarois Quotidien », les visiteurs se pressent chaque jour aux portes de la prison de Reubeuss, venant des quatre coins du pays, mais aussi de l’étranger. Des États-Unis d’Amérique jusqu’aux régions les plus reculées du Sénégal, tous veulent apercevoir, saluer ou, simplement, témoigner leur soutien à celui qui, en quelques jours, est devenu une véritable icône. Face à l’affluence record, l’administration pénitentiaire a dû prendre des mesures drastiques. Selon notre source, seuls les membres de sa famille proche sont désormais autorisés à lui rendre visite. Une restriction rendue nécessaire tant la liste d’attente s’allonge chaque jour.
Sans doute fatigué par cette effervescence permanente, Badara Gadiaga peine même à trouver un moment de répit. Le flot continu de demandes de visites, courriers, et messages de solidarité laisse peu de place à l’intimité ou au repos. Pourtant, loin de l’affaiblir, cette situation semble le propulser encore davantage sous les projecteurs. Loin de tomber dans l’oubli comme certains l’espéraient peut-être, le chroniqueur de Jakaarlo Bi s’impose peu à peu comme l’une des figures les plus marquantes de cette période post-alternance.
En effet, les signes ne trompent pas. Lors de sa simple convocation à la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), des centaines de personnes avaient spontanément afflué pour le soutenir. Une scène qui rappelle les grandes mobilisations populaires, mais qui, depuis l’arrivée au pouvoir du tandem Diomaye–Sonko, n’a même pas été égalée par les rares marches autorisées.
Ce que l’on observe aujourd’hui à Reubeuss dépasse le cadre carcéral. C’est un fait politique majeur. L’arrestation de Badara Gadiaga, loin d’éteindre sa voix, a réveillé une dynamique inédite. Il cristallise frustrations, espoirs et admiration. Loin des partis traditionnels, doctrines et appareils politiques, c’est dans l’univers carcéral que semble s’écrire une nouvelle page de l’engagement populaire.
Badara Gadiaga, qui ose dire, sans écart de langage, ce que bon nombre de ses concitoyens pensent, n’est plus simplement un chroniqueur emprisonné. Il est devenu un symbole. Et dans ce tumulte de soutien populaire, un constat s’impose : un monstre politique est bel et bien né !

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°519 – 23/07/2025

🔴 AFFLUENCE RECORD À REBEUSS / BADARA GADIAGA : UN HÉROS ENTRE QUATRE MURS
🔴 L’EX-DG D’ANAMO CITÉ DANS UNE AFFAIRE DE 600 MILLIONS F CFA : MAODO MALICK MBAYE TOMBE

🔴 LSFP / CANDIDATURE DE MOHAMED DJIBRIL WADE : UN PROFIL QUI COCHE TOUTES LES CASES
🔴 CRÉATION D’UNE FÉDÉRATION NATIONALE : LA LUTTE SÉNÉGALAISE FRANCHIT UN CAP

Affaire Anamo : Maodo Malick Mbaye, ex-DG, placé sous mandat de dépôt dans un dossier de 600 millions FCFA

L’affaire de détournement présumé de fonds publics à l’Agence Nationale de la Maison de l’Outil (Anamo) franchit un nouveau cap. Ce jeudi 23 juillet 2025, Maodo Malick Mbaye, ancien directeur général de l’agence, a été placé sous mandat de dépôt, selon des informations révélées par Dakaractu. Il est au cœur d’une enquête portant sur un détournement présumé de 600 millions de francs CFA, une affaire qui remonte à la période du régime de l’ancien président Macky Sall.

Tout est parti d’une plainte déposée par l’actuel directeur général de l’Anamo, Omar Ndiaye. Cette initiative a déclenché une série d’arrestations ciblant plusieurs anciens responsables de l’agence, dont l’ex-directeur administratif et financier (DAF), déjà interpellé dans le cadre de la même affaire. Le scandale concerne une gestion financière jugée opaque, avec des soupçons de détournements massifs au détriment des finances publiques.

L’enquête judiciaire s’est accélérée ces dernières semaines, mettant à nu de possibles pratiques frauduleuses ayant affecté les caisses de l’Anamo. Le montant en question – 600 millions de FCFA – fait l’objet d’un audit et d’un examen minutieux par les autorités compétentes. Plusieurs documents comptables, signatures et bons de commande seraient au centre des investigations, afin de retracer la chaîne des responsabilités.

Mis en cause par son ancien directeur administratif et financier, Maodo Malick Mbaye s’était exprimé il y a quelques semaines depuis l’étranger, niant fermement toute implication. « Je n’ai posé aucun acte délictuel dans la gestion du dossier en question. S’il y a imitation de signature, le coupable est clairement identifié », avait-il déclaré, tout en rejetant l’idée d’être utilisé comme « bouc émissaire ».

Son retour au Sénégal et sa mise en détention préventive relancent l’affaire, que beaucoup suivent avec attention, tant elle soulève des interrogations sur la gestion passée d’organismes publics sous l’ancien régime.

Cette arrestation intervient dans un contexte politique marqué par une volonté de « rupture » prônée par les nouvelles autorités. Le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko a affiché sa détermination à faire la lumière sur la gestion des ressources publiques durant les années Macky Sall. De nombreux dossiers ont été rouverts, notamment dans les domaines de la gouvernance financière et des passations de marchés publics.

Le placement sous mandat de dépôt de Maodo Malick Mbaye ouvre désormais la voie à une possible mise en accusation formelle. La justice devra déterminer les responsabilités précises de chacun des acteurs impliqués dans cette affaire. L’opinion publique, de son côté, attend des réponses claires, dans un climat où les attentes en matière de reddition des comptes sont plus fortes que jamais.

Seydi Gassama défend OSIWA : « L’État est le premier bénéficiaire des subventions »

Au cœur d’un débat vif autour de la Fondation Open Society pour l’Afrique de l’Ouest (OSIWA), Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, est sorti de sa réserve pour apporter des clarifications importantes. Face aux nombreuses critiques qui circulent dans les médias et sur les réseaux sociaux à propos de cette organisation active au Sénégal depuis 2000, il a souhaité rétablir certaines vérités dans une publication sur sa page Facebook.

Seydi Gassama souligne d’emblée que la démarche la plus responsable, intellectuelle et journalistique, aurait été de se rendre au siège d’OSIWA afin de s’informer directement sur ses programmes et ses activités au Sénégal et dans la sous-région ouest-africaine. Il déplore cependant que beaucoup préfèrent se contenter de déclarations péremptoires provenant de personnes se présentant comme experts, mais qui ne font que relayer des opinions sans fondement dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal tient à rappeler que l’État sénégalais est en réalité le principal bénéficiaire des subventions octroyées par OSIWA. Il explique que de nombreux secteurs gouvernementaux ont reçu ce soutien financier dans le cadre de projets spécifiquement identifiés et validés par les autorités nationales. Ainsi, loin d’être une structure agissant en marge, la Fondation collabore étroitement avec les institutions publiques pour accompagner le développement et la mise en œuvre de politiques publiques.

Par ailleurs, Seydi Gassama insiste sur le rôle fondamental que joue OSIWA dans le soutien à la société civile, un acteur clé pour la consolidation de la démocratie et la promotion de la bonne gouvernance en Afrique de l’Ouest. Il rappelle que ce soutien contribue à renforcer les capacités des organisations locales, favorisant ainsi une meilleure participation citoyenne et un contrôle plus effectif des pouvoirs publics.

En somme, cette prise de parole vise à nuancer les critiques et à mettre en lumière l’importance du partenariat entre OSIWA, l’État sénégalais et la société civile pour le progrès démocratique et social dans la région. Face à la désinformation ambiante, Seydi Gassama invite donc à un regard plus informé et équilibré sur le rôle de cette fondation.

Renforcement des liens diplomatiques : Le Président de l’Assemblée nationale du Vietnam reçu en grande pompe à Dakar par El Malick Ndiaye

Le mardi 22 juillet 2025 restera une date mémorable dans l’histoire des relations diplomatiques entre le Sénégal et le Vietnam. Pour la toute première fois depuis l’établissement des liens officiels il y a 56 ans, Son Excellence Trân Thanh Mân, Président de l’Assemblée nationale vietnamienne, a été accueilli à l’aéroport international Blaise Diagne de Diass par son homologue sénégalais, El Malick Ndiaye. Cette visite officielle, accompagnée d’une délégation impressionnante de 140 membres comprenant parlementaires, ministres, maires et représentants du secteur privé, marque un tournant majeur dans la coopération bilatérale.

Cette rencontre s’inscrit dans une volonté conjointe des deux pays de renforcer la diplomatie parlementaire, un vecteur essentiel pour consolider leurs relations. En effet, la diplomatie entre institutions législatives ouvre de nouvelles perspectives pour la coopération multiforme, allant bien au-delà des relations traditionnelles. Pour le Sénégal, ce rapprochement avec le Vietnam représente une opportunité stratégique d’approfondir ses partenariats internationaux et d’élargir ses horizons économiques et politiques.

Durant son séjour, le Président Trân Thanh Mân est attendu pour des entretiens de haut niveau avec le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, puis avec le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ces discussions promettent d’aborder des sujets clés portant sur le renforcement des échanges économiques, agricoles et législatifs entre les deux pays.

Plusieurs accords bilatéraux devraient être signés à cette occasion. Ces accords porteront sur des domaines stratégiques, notamment la coopération interparlementaire, l’économie et l’agriculture. Ils symbolisent un engagement mutuel à développer des projets communs et à favoriser un développement durable au bénéfice des deux nations. Cette étape illustre également la volonté des deux États d’adopter une démarche pragmatique et innovante dans leur collaboration.

Le communiqué officiel publié par l’Assemblée nationale du Sénégal insiste sur l’importance de cette visite pour la diplomatie parlementaire, présentée comme un levier fondamental pour la paix, la stabilité et le progrès social. En effet, en rapprochant leurs institutions législatives, le Sénégal et le Vietnam se donnent les moyens de renforcer la gouvernance démocratique tout en promouvant une coopération basée sur le respect mutuel et l’intérêt commun.

Cette visite historique, fruit d’une relation diplomatique vieille de plus d’un demi-siècle, ouvre ainsi une nouvelle ère d’échanges fructueux entre Dakar et Hanoï. Elle témoigne de la volonté des deux pays d’œuvrer ensemble pour un avenir plus prospère, en mettant la diplomatie parlementaire au centre de leur stratégie commune. Le Sénégal et le Vietnam réaffirment par cet événement leur détermination à bâtir un partenariat solide, durable et porteur d’espoir pour leurs peuples respectifs.

Demander à ChatGPT

Recrutement exceptionnel de formateurs : une impulsion majeure pour la formation professionnelle au Sénégal

Dans une volonté affirmée de moderniser la formation professionnelle et d’assurer une meilleure insertion des jeunes dans le tissu économique, le gouvernement du Sénégal a annoncé un recrutement exceptionnel de deux cents formateurs. Cette mesure phare s’inscrit dans le cadre de la « Grande Offensive Présidentielle pour la Formation Professionnelle et Technique », une stratégie portée par les plus hautes autorités du pays pour répondre aux exigences du développement national.

Dans un communiqué officiel daté du 22 juillet 2025, le ministère de la Formation professionnelle et technique a précisé que ce recrutement vise à renforcer l’encadrement pédagogique dans les filières dites prioritaires. Il s’agit notamment de filières identifiées comme vecteurs de croissance dans le cadre de l’Axe stratégique intitulé « Capital humain de qualité et équité sociale » inscrit dans l’Agenda National de Transformation – Vision Sénégal 2050. L’enjeu est de taille : améliorer la qualité de la formation, territorialiser l’offre éducative technique et aligner les compétences formées sur les besoins concrets du marché du travail.

Le gouvernement entend ainsi doter les établissements de formation d’un personnel qualifié, capable de transmettre aux apprenants les savoir-faire techniques attendus dans les secteurs porteurs. Cette mesure s’inscrit également dans un effort d’équité sociale, visant à garantir un accès plus équilibré à une formation de qualité sur l’ensemble du territoire sénégalais. Elle répond aussi à un impératif économique, celui de renforcer la compétitivité des entreprises à travers la disponibilité d’une main-d’œuvre formée, opérationnelle et adaptée aux mutations de l’économie.

Le ministère a par ailleurs annoncé que, conformément aux instructions du Premier ministre, les détails relatifs aux filières ciblées, aux profils recherchés, aux quotas de recrutement, ainsi qu’aux modalités pratiques de dépôt des candidatures, seront communiqués très prochainement. Le processus de sélection, promet l’autorité, se déroulera dans un esprit de transparence, de mérite, d’équité et d’excellence.

Ce recrutement exceptionnel constitue une nouvelle étape dans la politique de valorisation du capital humain, élément central du plan Sénégal 2050. Il s’inscrit dans une logique de transformation structurelle de l’économie par l’éducation technique et la formation professionnelle, avec pour objectif final d’ouvrir aux jeunes Sénégalais les portes de l’emploi durable et de la réussite sociale.

CAMES 2025 : L’Université Iba Der Thiam de Thiès signe un sans-faute avec un taux de réussite de 100 %

L’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) continue de s’imposer comme un pôle académique de référence au Sénégal et dans la sous-région. À l’issue de la 47ème session des Comités Consultatifs Interafricains (CCI) du CAMES, l’institution universitaire a enregistré un taux de réussite exceptionnel de 100 %, selon un communiqué officiel de l’université.

Neuf candidats présentés, neuf candidats admis. Un bilan sans appel qui place l’UIDT au sommet des universités sénégalaises pour cette édition 2025 du prestigieux concours d’aptitude aux grades universitaires. Les résultats publiés font état de trois nouveaux professeurs titulaires, deux professeurs assimilés et quatre maîtres de conférences titulaires issus de cette université publique.

Ce succès n’est pas une première pour l’UIDT. En 2024 déjà, elle avait atteint un taux de réussite parfait, avec 13 candidats retenus sur 13 présentés. En 2023, elle avait réalisé un score de 95,65 %, avec 44 enseignants admis sur un total de 46. Une régularité dans l’excellence qui confirme la montée en puissance de l’université thiessoise dans le paysage de l’enseignement supérieur sénégalais.

Pour l’administration universitaire, ces performances traduisent non seulement la qualité de l’encadrement académique au sein de l’UIDT, mais aussi la rigueur dans la préparation des dossiers de candidature. « Ces résultats témoignent de l’excellence de la qualité de l’enseignement à l’UIDT mais aussi de l’efficacité dans le suivi des dossiers de candidature », peut-on lire dans le communiqué.

En obtenant un taux de réussite de 100 % pour la deuxième année consécutive, l’Université Iba Der Thiam de Thiès renforce sa réputation et contribue à élever le niveau de l’enseignement supérieur national, tout en affirmant sa place dans l’espace académique africain.

Trafic de drogue à Thiès : une course-poursuite nocturne, un 4×4 abandonné et 92 paquets de chanvre saisis

La lutte contre le narcotrafic vient de connaître un tournant spectaculaire à Thiès. Dans la soirée du mardi 22 juillet 2025, une opération de contrôle menée par la compagnie de Gendarmerie de la région a permis la saisie d’une importante quantité de chanvre indien, abandonnée par ses convoyeurs dans un véhicule tout-terrain.

Tout commence aux abords du Centre National d’Entraînement des Forces d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (CNEFIGN), alors qu’une patrouille de routine est en cours. Les gendarmes aperçoivent un 4×4 dont le comportement éveille immédiatement les soupçons. Le véhicule ralentit, puis ses occupants prennent la fuite à pied à la vue des forces de l’ordre, abandonnant l’engin sur place.

Réagissant rapidement, les autorités déclenchent une opération de ratissage. Appuyés par les éléments de la brigade de Notto Diobass et de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI) de Thiès, les gendarmes investissent la zone. Leur persévérance est récompensée : quatre grands sacs sont retrouvés dans le véhicule, contenant un total de 92 paquets de chanvre indien soigneusement emballés.

Les premiers recoupements révèlent que le même véhicule avait été signalé quelques heures plus tôt pour avoir forcé un poste de péage, avant de prendre la direction de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD). Un comportement jugé hautement suspect, qui avait déjà mis en alerte certaines unités de sécurité.

Le véhicule ainsi que la cargaison ont été conduits à la brigade pour les besoins de l’enquête. Une procédure judiciaire est en cours pour identifier les membres du réseau en fuite. Cette nouvelle saisie confirme une fois de plus l’intensité du trafic de chanvre indien dans la région de Thiès et la détermination des forces de sécurité à enrayer ce fléau.

Sandiara : 175 kg de chanvre indien saisis en pleine nuit sur une charrette abandonnée

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 2025, la Brigade de Proximité de Sandiara a mené une opération de lutte contre le trafic de drogue qui restera dans les annales. Grâce à un renseignement exploité avec rigueur, les gendarmes ont intercepté une importante cargaison de chanvre indien, abandonnée par son convoyeur en pleine nuit.

Tout a commencé quelques jours auparavant, lorsque les forces de sécurité ont été informées d’un mouvement suspect dans la zone. Un débarquement de produits illicites étant redouté, un dispositif de surveillance a aussitôt été mis en place dans les environs. L’objectif était clair : piéger les trafiquants en flagrant délit.

Dans l’obscurité, les gendarmes repèrent une charrette suspecte circulant discrètement. La patrouille suit l’attelage avec précaution, jusqu’au moment où le conducteur, réalisant qu’il est surveillé, décide de s’enfuir à pied, abandonnant la charrette sur place. Profitant de la nuit, il parvient à disparaître dans la nature.

Sur l’engin abandonné, les éléments de la brigade découvrent cinq colis bien emballés, contenant au total 175 kilogrammes de chanvre indien. La charrette a été saisie comme élément de preuve, et une enquête a été immédiatement ouverte pour retrouver le ou les auteurs de cette tentative de trafic.

Cette saisie spectaculaire illustre une fois de plus la détermination sans faille des autorités à lutter contre le narcotrafic, notamment dans les zones rurales souvent utilisées comme points de transit. À Sandiara, cette opération coup de poing confirme l’engagement des forces de l’ordre à sécuriser durablement le territoire.

Thiès : Un trafic de chanvre indien démantelé au quartier Silmang, 2,5 kg saisis lors d’une opération nocturne

Une opération de sécurisation nocturne menée par les éléments du Commissariat du 1er arrondissement de Thiès a permis, dans la nuit du 20 juillet 2025, de démanteler un réseau de trafic de chanvre indien dans le quartier Silmang. L’intervention s’est soldée par l’interpellation d’un suspect et la saisie d’une importante quantité de drogue.

Tout a commencé lorsqu’une patrouille a repéré deux individus au comportement suspect dans une zone faiblement éclairée. L’attitude nerveuse et furtive des deux hommes a aussitôt éveillé les soupçons des agents, qui ont réussi à mettre la main sur l’un d’eux tandis que l’autre prenait la fuite. La fouille du suspect a permis de retrouver dix cornets de chanvre indien, manifestement préparés pour être écoulés dans les environs.

Les investigations n’en sont pas restées là. Conformément aux procédures, une perquisition a été immédiatement menée au domicile du mis en cause, situé à Silmang. Les policiers y ont fait une découverte significative : 2,5 kilogrammes de chanvre indien, soigneusement dissimulés dans sa chambre. Cette quantité, ajoutée à l’emballage soigné et aux indices recueillis sur place, témoigne d’une organisation structurée, suggérant un trafic bien établi.

Placé en garde à vue, le suspect devra répondre des chefs d’accusation de trafic de drogue et d’offre et cession de produits illicites. L’enquête est toujours en cours, les forces de l’ordre tentant à présent de remonter la filière pour identifier d’éventuels complices et démanteler tout le réseau.

Cette opération illustre une fois de plus la détermination de la police à lutter contre le fléau du trafic de stupéfiants, qui mine les quartiers et menace la jeunesse. À Thiès, la vigilance des autorités semble porter ses fruits.

Crise à la Poste : Tamsir Sall dénonce l’absence de stratégie et propose une réforme audacieuse pour relancer l’institution

Face aux difficultés chroniques que traverse la Poste sénégalaise, Tamsir Sall, président du Mouvement AFAF, a choisi de briser le silence. Dans une note rendue publique, il alerte sur l’état préoccupant de cette structure publique qu’il estime essentielle pour l’économie nationale, et avance une proposition aussi singulière qu’audacieuse pour sa relance.

Selon lui, la crise actuelle de la Poste est symptomatique d’un mal plus profond : l’absence de vision stratégique, de planification efficace et de lisibilité dans la gestion. « L’économie sénégalaise est actuellement plongée dans une baie de sable mouvant. Il appartient désormais à tout un chacun, de quelque bord qu’il se situe, d’apporter sa contribution pour éviter que notre cher Sénégal ne soit englouti », avertit-il en introduction.

À travers son plaidoyer, Tamsir Sall ne se contente pas d’un diagnostic. Il propose une série de mesures structurantes, qu’il qualifie de solution pratique, pour redresser cette institution en difficulté. Sa « recette » repose sur une législation inédite visant les acteurs économiques étrangers opérant sur le sol sénégalais.

L’idée centrale est d’obliger toute personne étrangère résidant au Sénégal, et dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 500 millions de francs CFA, à ouvrir un compte exclusivement à la Poste. Selon lui, cela permettrait à la structure d’élargir considérablement sa base clientèle, tout en injectant des ressources financières nouvelles dans ses circuits.

Mais il va plus loin : il appelle à l’adoption de trois lois précises par l’Assemblée nationale. La première rendrait obligatoire pour les étrangers concernés l’ouverture d’un compte à la Poste. La seconde interdirait formellement à ces mêmes personnes d’ouvrir un compte dans une autre institution bancaire. La troisième criminaliserait la thésaurisation de liquidités par les ressortissants étrangers établis au Sénégal.

Derrière cette proposition, Tamsir Sall poursuit un triple objectif : renforcer la visibilité des flux financiers générés par les étrangers, améliorer la fiscalisation de leurs revenus, et revitaliser la Poste par un afflux contrôlé de capitaux.

À ses yeux, cette mesure serait salvatrice. « Cette réforme permettra sans nul doute à la Poste de se refaire une peau neuve et de sortir de sa longue et douloureuse agonie », conclut-il, non sans insister sur le caractère urgent de la situation.

La note de Tamsir Sall intervient dans un contexte où plusieurs structures publiques souffrent d’un manque de ressources et d’une crise de confiance. Sa proposition, bien qu’ambitieuse, risque de susciter un large débat, notamment en ce qui concerne sa faisabilité juridique et son impact sur les investissements étrangers.

Cybercriminalité : El Hadj Babacar Dioum alias « Kocc Barma » écroué pour une affaire tentaculaire

Le mardi 22 juillet 2025 restera une date charnière dans l’histoire judiciaire sénégalaise. El Hadj Babacar Dioum, connu du grand public sous le pseudonyme de « Kocc Barma », a été placé sous mandat de dépôt après avoir été présenté au procureur. L’homme est poursuivi pour une série d’infractions d’une extrême gravité, parmi lesquelles la diffusion de contenus pornographiques et pédopornographiques, atteinte à la vie privée, chantage, extorsion de fonds, menaces, blanchiment de capitaux et usage de faux documents administratifs.

À l’origine de cette procédure, une enquête méticuleuse menée par les services spécialisés dans la cybersécurité. Les investigations ont permis de lever le voile sur un système structuré et hautement préjudiciable. Les enquêteurs ont découvert une quantité impressionnante de contenus illicites, parmi lesquels figurent plus de 9 000 fichiers compromettants, dont 407 sextapes et 4 191 vidéos en attente d’exploitation. Le prévenu aurait, selon les premières révélations, extorqué pas moins de 93 millions de francs CFA à ses nombreuses victimes. Dix-huit téléphones portables ont été saisis, ce qui témoigne de l’ampleur de ses activités numériques.

Derrière le pseudonyme provocateur de « Kocc Barma », se dissimule un administrateur de société né à Dakar en 1987. Pendant des années, il a animé une plateforme très controversée, se présentant comme un justicier autoproclamé, dénonçant l’immoralité à coups de publications violant la vie privée d’individus. Nombreux sont ceux qui, au fil du temps, avaient tiré la sonnette d’alarme face aux agissements de cet homme dont l’activité sur internet provoquait régulièrement indignation, humiliation publique et détresse psychologique.

L’affaire fait l’effet d’une onde de choc. Elle ravive les appels à un renforcement des lois contre la cybercriminalité et la protection des données personnelles. Pour les familles de victimes, ce placement sous mandat de dépôt est un premier pas vers la justice. Pour l’État et les autorités judiciaires, c’est aussi une alerte face à l’urgence de contrôler plus efficacement les dérives numériques et les plateformes qui échappent aux règles de l’éthique.

Alors que l’enquête se poursuit, le sort de celui qui incarnait le visage le plus sulfureux de la cyberviolence au Sénégal est désormais entre les mains de la justice. Ce dossier marque sans doute le début d’un tournant majeur dans la lutte contre les crimes numériques dans le pays.

Moustapha Niasse revient sur la scène publique et plaide pour un endettement responsable en faveur du développement

Discret depuis la fin de son mandat à la tête de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse refait surface avec un message fort à l’endroit des nouvelles autorités sénégalaises. Invité à un séminaire international tenu à la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Dakar, l’ancien président de l’hémicycle a défendu l’idée d’un recours stratégique à l’endettement public pour stimuler le développement du pays.

« N’ayons pas peur de la dette, endettons-nous », a-t-il lancé, selon des propos rapportés par le quotidien Le Soleil. Pour Moustapha Niasse, la dette publique ne doit pas être perçue comme un fardeau insurmontable, mais plutôt comme un levier de croissance, à condition qu’elle soit investie dans des secteurs porteurs.

Il a appuyé son argumentaire en prenant l’exemple des États-Unis, première puissance économique mondiale, qui continue de croître malgré un endettement colossal. « Ce qui importe, c’est l’usage des fonds empruntés. Un pays peut prospérer en étant endetté si cet argent est bien investi », a-t-il insisté.

L’ancien ministre des Affaires étrangères voit dans les ressources gazières et pétrolières du Sénégal une garantie future pour le remboursement de la dette. Selon lui, ces richesses doivent être anticipées comme un levier pour attirer des financements structurants.

Par ailleurs, Moustapha Niasse a salué l’initiative diplomatique marocaine visant à renforcer la coopération Sud-Sud, et a plaidé pour une intégration économique accrue entre les pays de la façade atlantique africaine. Il y voit une opportunité historique de bâtir une Afrique émergente, interconnectée et solidaire.

Par cette sortie, Moustapha Niasse semble vouloir contribuer au débat économique national, à un moment où les nouvelles autorités, dirigées par le président Bassirou Diomaye Faye, affichent une prudence marquée vis-à-vis de l’endettement extérieur.

Sénégal – Affaire Ismaïla Madior Fall : une confrontation décisive devant la Haute Cour de Justice

L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, a été entendu ce lundi 21 juillet 2025 par la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Cette audition s’est déroulée dans le cadre de la procédure judiciaire en cours, visant l’ex-Garde des Sceaux, mis en cause dans une affaire de présumée corruption liée à l’attribution d’un marché public stratégique.

Un des moments clés de l’audition a été la confrontation entre Ismaïla Madior Fall et Cheikh Guèye, entendu dans le dossier en qualité de simple renseignant. En cause, un versement de 50 millions de francs CFA que certains soupçonnent être une tentative de corruption.

Selon les informations rapportées par Seneweb, Cheikh Guèye a nié toute manœuvre frauduleuse, affirmant aux magistrats qu’il s’agissait d’un prêt personnel envisagé au profit de l’ancien ministre. De son côté, Ismaïla Madior Fall a rejeté cette version, soutenant qu’il avait perçu la somme comme une donation spontanée, qu’il aurait immédiatement restituée dans la même pièce.

Ce face-à-face intervient dans une enquête ouverte autour de l’attribution controversée d’un marché public pour la construction d’un centre de surveillance par bracelets électroniques. Un projet censé incarner la modernisation du système pénal sénégalais, mais aujourd’hui entaché de soupçons de favoritisme et d’irrégularités.

Assigné à résidence depuis le 20 mai 2025, Ismaïla Madior Fall porte un bracelet électronique, mesure imposée par la commission d’instruction dans le cadre de l’enquête. Ses avocats dénoncent une décision « disproportionnée » et ont déposé une requête en mainlevée visant à obtenir la levée des mesures restrictives.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique marqué par une volonté affirmée des nouvelles autorités sénégalaises de rompre avec l’impunité et de sanctionner la corruption à tous les niveaux de l’État, y compris parmi les anciens hauts responsables.

Cybersécurité et Délits Financiers : Vers une Information Judiciaire contre “Kocc Barma”

Interpellé jeudi dernier par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), El Hadji Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma », a été présenté ce lundi 21 juillet au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar. Ce passage devant le parquet s’est soldé par un retour de parquet, prélude à l’ouverture imminente d’une information judiciaire.

Les charges qui pèsent sur l’administrateur du célèbre site Seneporno sont multiples : collecte et diffusion illicites de données personnelles, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, chantage, extorsion de fonds et, plus récemment, blanchiment de capitaux.

Selon les révélations livrées par L’Observateur dans son édition de ce mardi 22 juillet, l’enquête a mis au jour un mode de vie luxueux, qui contraste avec la discrétion affichée par l’intéressé ces dernières années. Les enquêteurs ont ainsi découvert un compte bancaire bien fourni, affichant un solde de 49 millions de francs CFA. Ce compte aurait également enregistré des mouvements financiers jugés suspects par les autorités.

Les perquisitions menées dans le cadre de l’enquête ont permis la saisie de plusieurs véhicules de luxe, dont une BMW haut de gamme et une Mitsubishi flambant neuve. Ces éléments alimentent les soupçons de blanchiment d’argent qui s’ajoutent aux autres infractions initialement retenues.

Autre point d’interrogation : la propriété réelle du restaurant Eddy’s, situé sur l’avenue Bourguiba à Dakar. Le lien entre ce commerce et « Kocc Barma » n’est pas encore clairement établi, mais il est au cœur des investigations. Les enquêteurs cherchent à déterminer si ce restaurant a pu servir de façade à des opérations de blanchiment ou s’il s’agit d’un simple investissement déclaré.

Face à la complexité du dossier, le parquet a opté pour l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction. Cette procédure permettra un approfondissement de l’enquête, notamment à travers d’éventuelles confrontations, auditions de complices présumés et expertises techniques.

Déjà poursuivi dans le passé pour des faits similaires, El Hadji Babacar Dioum pourrait cette fois faire face à une réponse pénale plus sévère, au regard de l’ampleur des faits reprochés.

Arrestation à l’Arène nationale : fin de cavale pour Pathé Baldé, frère du lutteur Ama Baldé

La cavale de Pathé Baldé a pris fin ce dimanche à l’Arène nationale. Frère du célèbre lutteur Ama Baldé, il a été interpellé alors qu’il assistait discrètement à un combat pour soutenir son neveu Jacob. Selon nos informations, c’est sa présence remarquée qui a alerté les forces de sécurité. Placé en garde à vue, il a été déféré ce lundi 21 juillet devant le parquet de Pikine-Guédiawaye.

Pathé Baldé est poursuivi pour offre et cession de chanvre indien, outrage à agent et rébellion, des accusations qu’il réfute en bloc devant les enquêteurs. Peu loquace lors de son audition, il a simplement déclaré ne plus entretenir de contact avec son frère Ama Baldé ni leur neveu Julo, depuis leur fuite commune.

Les faits à l’origine de cette affaire remontent à mai dernier, à la suite d’une série d’agressions signalées dans le département de Pikine. Le nom de Julo, neveu d’Ama Baldé, avait été cité dans plusieurs plaintes pour violences. Refusant de se présenter à la police malgré plusieurs convocations, il aurait même menacé l’une des victimes.

Lorsque les forces de l’ordre ont tenté de l’interpeller au domicile familial, elles se sont heurtées à une résistance musclée. Des proches d’Ama Baldé, dont Pathé, se sont opposés à l’arrestation, provoquant un affrontement au cours duquel un adjudant de police a été blessé. Lors de la fouille des lieux, 14 cornets de chanvre indien ont été découverts.

Profitant du chaos, Julo, Ama et Pathé ont pris la fuite avant l’arrivée des renforts. Alors que les rumeurs le disaient réfugié en Guinée-Bissau, Pathé Baldé se serait en réalité caché sur le territoire sénégalais, échappant pendant deux mois aux recherches. Ama Baldé, de son côté, aurait quitté le Sénégal pour la France, selon le quotidien L’Observateur.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°518 – 22/07/2025

🔴 « LE SÉNÉGAL NE SERA JAMAIS UNE DICTATURE DE TRANSITION » : BARTH’ DÉFIE LE TANDEM
🔴 KEUR MOUSSA / LE VICARIAT ET LA FAMILLE FILFILI ACCUSÉS DE SPOLIATION FONCIAIRE : LES HABITANTS DÉTERMINÉS À MOURIR POUR LEUR TERRE

🔴 ZIGUINCHOR / DON MÉDICAL DE 10 MILLIONS F CFA : NICOLAS JACKSON JOUR SOLIDAIRE
🔴 PRÉPARATIFS AFROBASKET FÉMININ 2025 : LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE AU MALI

Kaolack – Commune de Darou Salam : Des villages enclavés et un accès aux soins très difficile

Dans les villages de Ndémène, Mack Ndiaguène et Lougué, rattachés à la commune de Darou Salam, dans l’arrondissement de Paoskoto, les populations tirent la sonnette d’alarme face à la dégradation avancée des pistes latéritiques reliant leurs localités à Porokhane.

Des routes impraticables en hivernage

En saison des pluies, ces pistes deviennent quasi impraticables. Nids-de-poule, stagnations d’eau et boue rendent les déplacements quotidiens extrêmement pénibles, voire dangereux. « C’est un véritable calvaire, surtout pour les femmes enceintes et les personnes âgées », déplore un habitant de Ndémène.

Ce problème dépasse d’ailleurs ces trois villages : dans l’ensemble de la commune de Darou Salam, la majorité des routes restent non bitumées, aggravant l’isolement des populations, notamment en période d’hivernage.

Infrastructures sanitaires quasi inexistantes

Sur le plan sanitaire, la situation est tout aussi préoccupante. Les cases de santé de ces villages sont quasi inopérantes : absence de lits, de médicaments, bâtiments vétustes… À défaut de soins sur place, les malades sont souvent évacués vers l’hôpital de Paoskoto, parfois à bord de charrettes ou de motos, faute d’ambulance.

Des conséquences graves pour les communautés

L’éloignement, combiné à l’état déplorable des routes, constitue un obstacle majeur à l’accès aux soins, particulièrement pour les personnes vulnérables : femmes enceintes, enfants, personnes âgées. À cela s’ajoutent le manque d’équipement médical, l’insuffisance de personnel qualifié, et l’absence de médicaments, qui rendent les structures sanitaires locales pratiquement inutilisables.

Les populations de Darou Salam appellent les autorités à prendre des mesures urgentes pour désenclaver la zone et réhabiliter les infrastructures sanitaires, afin d’assurer un minimum de dignité et de sécurité aux habitants de ces localités rurales.

Affaire Kocc Barma : le célèbre administrateur de site X déféré, un retour de parquet prononcé

Dakar, 21 juillet 2025 – El Hadj Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de “Kocc Barma”, a été déféré ce lundi au tribunal de Dakar. Il fait l’objet d’un retour de parquet dans une affaire tentaculaire mêlant cybercriminalité, atteinte à la vie privée et extorsion. Le parquet a décidé de l’ouverture d’une information judiciaire.

Interpellé jeudi dernier par la Division spéciale de cybercriminalité (DSC), Kocc Barma est poursuivi pour stockage, collecte illicite et diffusion de données personnelles, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, chantage, extorsion de fonds et blanchiment de capitaux.

Le célèbre administrateur de pages en ligne spécialisées dans la diffusion de contenus à caractère sexuel, souvent sans le consentement des personnes concernées, était dans le collimateur des autorités depuis plusieurs années. Mais c’est une plainte déposée récemment par une mineure de 16 ans, victime présumée de diffusion d’images obscènes et de chantage, qui a permis aux enquêteurs de localiser et de procéder à son arrestation.

Selon une source judiciaire, cette plainte a constitué un élément déclencheur dans une affaire qui s’est construite sur une accumulation de dossiers. Plusieurs victimes – des jeunes femmes pour la plupart – avaient dénoncé la publication non consentie de leurs images intimes, accompagnée de menaces, souvent pour obtenir de l’argent ou du silence.

La gravité des charges, notamment le blanchiment de capitaux en lien avec les gains issus des activités illégales du site, a conduit le parquet à ordonner l’ouverture d’une information judiciaire. Le juge d’instruction devra désormais faire la lumière sur l’ampleur du réseau mis en place par Kocc Barma et déterminer les responsabilités.

Keur Moussa/Foncier:fili fili Et Archidiocèse persistent dans l’illégalité au détriment des populations.

‎Depuis des décennies, les populations de Keur Moussa luttent contre la spoliation de leurs terres. Malgré le temps qui passe, leur engagement ne faiblit pas. Les contestations sont devenues courantes à Keur Moussa. Cela témoigne du caractère transgénérationnel de la bataille entamée contre ces prédateurs fonciers véreux et sans scrupules. Aujourd’hui plus qu’hier, les populations de Keur Moussa n’imaginent pas un seul instant se laisser spolier de leurs terres et sont Décidées à lutter jusqu’a la dernière énergie. A introduit M. Mamadou diop SG and defar keur Moussa.

‎Il poursuit qu’il est important de noter que les Conséquences de cette Volonté de faire main basse sur ces terres au Détriment des Véritables Propriétaires se font sentir. En effet, les populations des sept villages, Privé Illégalement de leurs terres, n’ont plus d’espaces Dédiés pour l’agriculture et l’Élevage alors que les familles s’agrandissent. Elles ont Hérité ces terres de leurs ancêtres qui sont une source de revenus pour elles.

‎Le SG a aussi rappeler que « cette affaire a démarrer à la fin des années 80 et au début des années 90, FILFILLY qui revendiquait des droits sur ces terres, avait Porté l’affaire au tribunal de Dakar mais il a été Débouté. Malgré ce revers judiciaire, sa famille est revenue à la charge. L’association And Défar Keur Moussa  avait Sonné la mobilisation, en organisant une marche pacifique et en prenant des mesures de sauvegarde.
‎Informé de la situation, le ministre de l’Intérieur d’alors Aly Ngouille NDIAYE Était venu ¥ Keur Moussa, le 13 juin 2020, Accompagné du Préfet de Thies, du Sous-préfet de l’arrondissement de Keur-Moussa, du maire de Keur-Moussa. L’Autorité voulait s’enquérir personnellement de la situation foncière de Keur-Moussa. La Réunion a eu lieu en Présence des Autorités religieuses de Keur Moussa, du Président de l’association  And Defar Keur-Moussa , des Représentants de la population, de la famille FILFILI et du VICARIAT. Aprés avoir Écouté toutes les parties, le ministre de L’ intérieur avait Ordonné la suspension des Opérations foncières sur le site et la poursuite par les populations de leurs Activités agricoles.
‎Malgré l’ordre formel du ministre et la Décision de justice en faveur des habitants de Keur Moussa, la famille FILFILI et le VICARIAT passent outre ces Décisions. Sans Conséquence. Pourtant, le Sous-préfet avait promis d’apporter toute la diligence requise pour Résoudre le probl©me. Jusqu’ici, nous attendons ».

‎En conclusion Mamadou DIOP(SG and defar keur moussa à affirme » Notre position ne varie pas, la mobilisation ne faiblit pas. S’il faut verser notre sang pour exercer pleinement nos droits économiques et sociaux, nous engagerons une lutte sans merci contre ces Prédateurs fonciers pour le Rétablissement des populations Spoliées dans leurs droits Bafoués. Et il faut dire sans Équivoque que la restitution de ces terres aux familles injustement dépossédées, est une Œuvre de salut public dans notre pays Où tout est urgence pour les masses populaires. Il doit être mis fin à ces pratiques dans ce pays Conformément a la nouvelle doctrine du Jub, Jubbal, Jubanti  : c’est un acte de bonne gouvernance. Cette doctrine incarne L’idée de justice, de rectitude et de remise en ordre. C’est un appel a la bonne gouvernance et a la correction des torts Passes. Les 201 hectares dont Réclame l’archidiocése de Dakar sont l’illustration parfaite d’une dénégation outrageuse des droits Multi séculaires des habitants de Keur Moussa.
‎Nous rappelons aux Autorités que les populations ont Sanctionné le Régime de Macky Sall pour, entre autres raisons, plus de justice sociale et la fin du régne de L’impunité, de l’arrogance et du banditisme a col blanc.
‎C’est pourquoi, nous demandons, a nouveau avec insistance, aux Autorités de prendre toute mesure idoine pour Rétablir les populations Spoliées dans leurs droits Bafoués ».

Keur Moussa/Foncier:fili fili Et Archidiocèse persistent dans l'illégalité au détriment des populati

Éducation / BFEM – IEF de Kaolack commune : 1 956 admis d’office sur 4 084 candidats, soit un taux de réussite de 47,89 %

C’est un moment décisif pour des milliers de collégiens à travers le pays. Ce matin, dans plusieurs centres d’examen, les candidats au Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM) ont enfin découvert les résultats tant attendus du premier tour. Entre joie, soulagement et parfois déception, les émotions étaient contrastées.

Dans la commune de Kaolack, l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) a publié les résultats officiels de cette première phase. Selon l’inspecteur Assane Badji, secrétaire général de l’IEF, les chiffres sont les suivants :

« Nous venons de boucler le premier tour du BFEM, session 2024-2025. Sur 4 153 candidats inscrits (dont 2 437 filles et 1 716 garçons), 4 084 se sont effectivement présentés aux épreuves, soit un taux de présence de 98,34 %. Parmi eux, 1 956 ont été déclarés admis d’office, soit 47,89 % de taux de réussite », a précisé M. Badji.

1 148 sont des filles, soit un taux de réussite de 47,83 % chez les filles, 808 sont des garçons, avec un taux de 47,98 % chez les garçons.

« Ces résultats reflètent la tendance générale observée au niveau de l’IEF de Kaolack commune », a-t-il ajouté.

Un total de 1 634 candidats a été retenu pour le second tour, parmi lesquels 680 filles et 817 garçons.

« Si ces 1 634 candidats parviennent à réussir, nous atteindrons un taux global de 87,30 % de réussite. Nous osons espérer qu’ils franchiront cette dernière étape, puisqu’il s’agit d’épreuves qui visent à évaluer des compétences spécifiques », a conclu l’inspecteur Assane Badji.

Lancement des opérations de pulvérisation en prélude au Grand Magal 2025

À l’approche du Grand Magal de Touba, édition 2025, la Brigade nationale du service d’hygiène a entamé une vaste opération de pulvérisation pour garantir un environnement sain et hygiénique aux millions de pèlerins attendus. Sous la supervision du capitaine El Hadji Niass, chef de la brigade régionale du service d’hygiène, une équipe de 100 agents a été mobilisée pour couvrir les zones ciblées de la ville sainte.

Selon le capitaine Niass, une importante quantité de produits a été mise à la disposition des agents pour mener à bien cette mission de salubrité publique. Ces produits, bien que puissants et efficaces contre les vecteurs de maladies, sont également toxiques. C’est pourquoi le chef de la brigade a tenu à alerter les populations : « Nous invitons les habitants à prendre toutes les précautions nécessaires lors des opérations, notamment en évitant les zones en cours de pulvérisation. »

L’opération se déroule en étroite collaboration avec le comité d’organisation du Grand Magal, qui joue un rôle clé dans l’identification des sites prioritaires, notamment les lieux d’hébergement, les axes de grande affluence, les marchés, les lieux de restauration, les mosquées et les points d’eau.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du dispositif de prévention sanitaire mis en place par les autorités en amont du Magal. Elle vise notamment à réduire les risques liés aux maladies transmissibles par les insectes (paludisme, dengue, etc.), à prévenir les épidémies et à protéger la santé publique dans un contexte de forte concentration humaine.

Chaque année, le Grand Magal attire des millions de fidèles venus du Sénégal et de la diaspora, rendant indispensables ces efforts d’assainissement pour garantir le bon déroulement de l’événement religieux.

Tensions au sein de la coalition présidentielle : l’Union des panafricanistes sénégalais dénonce les dérives internes et soutient Diomaye Faye

Face aux crispations de plus en plus visibles dans les rangs de la coalition présidentielle « Diomaye Président », l’Union des panafricanistes sénégalais (UPS) est sortie de sa réserve. Dans un communiqué rendu public ce week-end, le mouvement dirigé par Bougar Diouf exprime son inquiétude face à ce qu’il qualifie de « dérives gravissimes » menaçant la cohésion de la majorité au pouvoir.

Sans détour, l’UPS pointe du doigt deux figures majeures de la coalition : Aïda Mbodji, présidente de la Conférence des leaders, et Ousmane Sonko, Premier ministre. Le mouvement leur reproche des comportements jugés « contre-productifs » pour l’unité de l’équipe gouvernementale et préjudiciables à l’autorité du président Bassirou Diomaye Faye.

« Ce que nous observons aujourd’hui relève d’un plan insidieux visant à affaiblir la légitimité du président Diomaye Faye », déclare Bougar Diouf, cité par Les Échos. Selon l’UPS, la gestion « solitaire et politicienne » d’Aïda Mbodji met à mal l’esprit de collégialité qui devrait prévaloir au sein de la majorité.

Quant à Ousmane Sonko, ses récentes prises de parole sont perçues par l’UPS comme une « attaque frontale » contre le chef de l’État. « Le peuple sénégalais n’a pas élu deux présidents », martèle le communiqué, rappelant que le Premier ministre a été nommé, et non désigné directement par le suffrage universel. Le mouvement accuse Sonko d’« humilier publiquement » le président, un acte qu’il qualifie de « manque de loyauté inacceptable ».

Dans un ton grave, l’UPS appelle l’ensemble des forces de la mouvance présidentielle à un « sursaut de loyauté » et à la préservation de l’unité autour du chef de l’État. « Le président Bassirou Diomaye Faye est le seul dépositaire légitime du mandat populaire. Toute tentative d’isolement politique ou de pression interne visant à affaiblir son autorité est à proscrire », affirme le mouvement.

Fidèle à sa ligne panafricaniste et républicaine, l’UPS dénonce également les manœuvres de ce qu’il nomme des « vautours politiques », « rapaces » et « condors » prêts à sacrifier l’intérêt général au profit de leurs ambitions personnelles.

L’Union des panafricanistes sénégalais conclut son communiqué en réitérant son « soutien total, loyal et inconditionnel » au président Diomaye Faye, qu’elle décrit comme le garant de la stabilité des institutions, porteur d’un projet de rupture, de justice sociale et de gouvernance éthique.

« Nous ne laisserons pas le président Diomaye Faye seul face à ces menaces internes. L’heure est à la vigilance et au rassemblement autour de notre projet de refondation nationale », prévient l’UPS, qui se dit prête à mobiliser l’opinion nationale contre toute tentative de déstabilisation.

Barthélémy Dias dénonce des blocages politiques dans la location de salles à Dakar : “Un bras de fer silencieux”

Lors d’un point de presse tenu ce lundi, l’ancien maire de Dakar, Barthélémy Dias, a vigoureusement dénoncé ce qu’il qualifie de manœuvres politiques visant à empêcher l’opposition de tenir des rencontres publiques dans la capitale. Le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk affirme avoir été confronté à de nombreux refus d’hôtels et de salles privées alors qu’il cherchait un lieu pour organiser une conférence.

« On leur a demandé de ne plus nous louer de salle pour tenir nos rencontres. Je ne suis pas le seul dans cette situation. Beaucoup de leaders politiques de l’opposition vivent la même chose », a-t-il déploré, pointant du doigt des pressions “invisibles mais manifestes” exercées sur les établissements hôteliers.

Selon Barthélémy Dias, plusieurs figures de l’opposition auraient également essuyé des refus catégoriques de la part de responsables d’hôtels, sans qu’aucune justification claire ne leur soit donnée. Une situation qu’il qualifie de “bras de fer silencieux” entre le pouvoir et les établissements privés.

Malgré son indignation, l’ancien maire dit comprendre la position délicate des hôteliers, soumis selon lui à des injonctions officieuses :

« Je ne leur en veux pas. Ils sont sous pression. »

Barthélémy Dias a profité de l’occasion pour interpeller directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Il lui a rappelé que tous deux ont été, dans le passé, victimes du même type de traitement sous le régime précédent :

« Je lui rappelle qu’on était ensemble et qu’on était victimes du même traitement. Il ne doit plus l’accepter. »

Il appelle ainsi le chef de l’État à garantir la neutralité des espaces privés face aux enjeux politiques et à veiller au respect des libertés fondamentales, notamment celle de réunion.

Pour Barthélémy Dias, cette situation révèle une forme de discrimination politique préoccupante, contraire aux principes démocratiques. Il estime que l’accès restreint aux lieux de rencontre constitue un obstacle grave au débat public et à l’organisation politique de l’opposition :

« On ne doit pas nous interdire l’accès aux salles de plusieurs hôtels simplement parce que nous sommes dans l’opposition. »

Barthélémy Dias conteste sa révocation : « La justice doit dire le droit et rendre justice au peuple de Dakar »

Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, Barthélémy Dias, président du mouvement Sénégal Biñu Bokk et ex-maire de Dakar, a vigoureusement contesté sa destitution de la tête de la capitale sénégalaise. Il a dénoncé ce qu’il considère comme un « déni de justice » et une « confiscation du vote populaire », tout en réaffirmant sa volonté de se battre juridiquement et politiquement.

Révoqué de ses fonctions de maire le 13 décembre dernier à la suite d’un arrêté préfectoral, Barthélémy Dias affirme que cette décision ne repose sur aucune base juridique solide. Selon lui, l’article 135 du Code général des collectivités territoriales exige qu’un décret signé par le président de la République soit pris pour constater la perte de mandat d’un maire. Or, « aucun décret présidentiel n’a été publié », insiste-t-il.

Il rappelle avoir saisi la Cour d’Appel et la Cour Suprême pour contester cette décision qu’il juge arbitraire. « Si la Cour d’appel que j’avais également saisie ne se prononce pas, il y a manifestement un déni de justice. Une justice muette », a-t-il martelé.

Sa révocation intervient dans un contexte judiciaire complexe. L’ancien maire a été déclaré inéligible en raison d’une condamnation datant de 2017 dans l’affaire Ndiaga Diouf. Cette décision a également entraîné la perte de son mandat de député quelques jours plus tôt. Mais pour Barthélémy Dias, cette condamnation ne saurait justifier son éviction actuelle. « Il n’y a aucune condamnation nouvelle, et cet acte préfectoral dont parlent les détracteurs ne peut être pris en compte. »

L’ancien édile remet également en cause la légitimité du maire intérimaire désigné, estimant qu’aucune autorité ne peut se prévaloir de ce titre tant que la Cour Suprême ne s’est pas prononcée. « Ce n’est pas une question de personnes. Il s’agit d’un combat pour la démocratie locale et le respect de la volonté populaire », a-t-il insisté.

Dans une posture de défi, Barthélémy Dias a promis de poursuivre le combat. « Ceux qui ont commis le braquage de la ville de Dakar seront punis », a-t-il déclaré, tout en affirmant que son avenir politique ne s’arrête pas à la mairie : « Il ne s’agit pas de moi, de mon mandat de maire. J’ai d’autres ambitions. »

Cette sortie médiatique marque un tournant dans la bataille judiciaire et politique entamée depuis sa destitution. Si les juridictions supérieures du pays venaient à valider cette révocation, cela pourrait compromettre durablement les ambitions de Barthélémy Dias sur la scène politique nationale.

UCAD : Un étudiant en Master arrêté pour une série de vols d’ordinateurs et de faits compromettants

C’est une affaire aussi troublante qu’inquiétante qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Un étudiant en Master 1, spécialisé dans le vol d’ordinateurs portables, a été interpellé le samedi 19 juillet 2025 par les éléments du commissariat d’arrondissement du Point E. Cette arrestation met fin à une série de vols ciblant principalement des étudiants de la prestigieuse université, selon un communiqué de la Division communication de la Police nationale.

Tout a commencé par une cascade de plaintes émanant de six étudiants victimes de vol d’ordinateurs portables. Les méfaits se sont produits dans des lieux supposés être des sanctuaires du savoir et de la concentration : la salle de lecture de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP) et la Bibliothèque universitaire (BU) de l’UCAD.

L’auteur présumé des faits, bien intégré au milieu estudiantin, agissait avec méthode et sang-froid. Il parvenait d’abord à gagner la confiance de ses futures victimes dans les salles de lecture avant de profiter d’un moment d’inattention pour s’emparer discrètement de leur matériel informatique.

Grâce à une réquisition menée en étroite collaboration avec l’administration universitaire, les policiers sont parvenus à identifier le suspect. Un dispositif de surveillance a été mis en place au sein de l’université, permettant de coincer le mis en cause dans l’enceinte du campus.

Lors de son interpellation, l’étudiant a reconnu sans détour les faits qui lui sont reprochés. Il a avoué revendre les ordinateurs subtilisés via sa propre page Facebook, révélant l’ampleur du trafic et la facilité avec laquelle le recel s’organisait.

L’opération a permis de récupérer quatre ordinateurs volés, retrouvés entre Colobane et Keur Massar, et d’interpeller deux individus soupçonnés d’être des receleurs. Ces derniers ont été placés en garde à vue aux côtés du principal suspect.

L’enquête a pris une tournure encore plus sombre lorsqu’une fouille du téléphone portable du suspect a permis de découvrir des vidéos à caractère sexuel. Selon une source proche du dossier citée par Seneweb, « l’étudiant filmait ses ébats dans sa chambre à l’UCAD à l’insu de ses partenaires ». Ces éléments compromettants, bien qu’en marge de l’affaire initiale, pourraient entraîner des poursuites supplémentaires pour atteinte à l’intimité de la vie privée.

À l’issue de l’enquête, les trois individus – le principal suspect et les deux receleurs présumés – ont été déférés ce lundi 21 juillet 2025 au parquet du tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Ils pourraient être poursuivis pour vol, recel, et atteinte à la vie privée, entre autres chefs d’accusation.

Maison de l’ONU à Diamniadio : un bijou à 175 milliards toujours inoccupé, en raison d’un bras de fer entre l’État et l’ONU

Inaugurée en grande pompe en 2023 par le président Macky Sall, la Maison de l’ONU à Diamniadio, vaste complexe de 14 hectares destiné à regrouper toutes les agences onusiennes au Sénégal, demeure toujours vide. Derrière cette inoccupation persistante se cache un différend majeur entre les Nations unies et le nouvel exécutif sénégalais dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye.

Le projet avait pourtant tout d’une réussite. Implantée au cœur du pôle urbain de Diamniadio, à proximité du Centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD) et de plusieurs ministères, la Maison de l’ONU a été conçue comme un hub stratégique pour les agences onusiennes, afin de centraliser leurs opérations jusque-là dispersées dans divers quartiers de Dakar. Envol Immobilier, société sénégalaise en charge de la construction, avait livré un édifice moderne, doté de près de 2 000 bureaux, personnalisé selon les besoins de chaque entité onusienne.

Le coût de l’ouvrage s’élève à 175 milliards de francs CFA, financé dans le cadre d’un accord de location-vente entre l’État du Sénégal et Envol Immobilier. Sur cette base, le gouvernement s’est engagé à rembourser la somme en versant un loyer mensuel pendant quinze ans.

Mais la donne a changé depuis l’alternance politique de mars 2024. Le nouveau régime de Bassirou Diomaye Faye a décidé de réexaminer les engagements pris par l’ex-président Macky Sall, notamment celui de mettre gratuitement à la disposition de l’ONU le bâtiment flambant neuf. Selon les informations rapportées par L’Observateur, le gouvernement actuel estime qu’il n’est pas tenable de supporter seul le coût de l’investissement sans aucune contrepartie financière.

Il a ainsi exigé que les Nations unies versent un loyer pour occuper les locaux de Diamniadio. Une demande à laquelle l’ONU refuse catégoriquement de se plier, la jugeant contraire aux principes de continuité de l’État et aux usages diplomatiques.

Face à l’impasse, les agences onusiennes seraient en train d’envisager des alternatives. Toujours selon L’Observateur, des calculs sont en cours pour une possible délocalisation vers Abidjan ou Addis-Abeba, deux villes qui abritent déjà des sièges régionaux de l’Organisation. Une telle issue serait un revers diplomatique pour le Sénégal, qui ambitionnait de faire de Diamniadio un centre de gravité sous-régional pour les institutions internationales.

Pour l’heure, des négociations discrètes sont en cours entre les deux parties afin de tenter de trouver un compromis. Plusieurs options sont à l’étude, notamment une contribution symbolique des Nations unies, ou un aménagement des modalités de remboursement par l’État sénégalais, dans l’optique d’éviter une rupture totale des discussions.

Le différend pose également un problème plus large : qui supportera à long terme les charges d’entretien et de sécurité d’un bâtiment vide de cette envergure ? Les experts pointent le risque de voir cette infrastructure stratégique se détériorer ou devenir un éléphant blanc si aucun accord n’est trouvé rapidement.

Thiès : Le président Diomaye Faye lance un ambitieux projet de restructuration urbaine

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement lancé un vaste programme de réaménagement urbain dans la région de Thiès, à travers le décret n°2025-1187 signé le 16 juillet 2025 et récemment rendu public. Ce texte présidentiel déclare d’utilité publique le projet de la « Nouvelle-Ville de Thiès », marquant une étape décisive dans la mise en œuvre de la politique d’aménagement du territoire du nouveau régime.

Conformément à la loi n°76-67 du 2 juillet 1976, les terrains privés situés dans la zone ciblée par le projet feront l’objet d’une procédure d’expropriation. L’article 3 de cette loi fixe à trois ans le délai maximal pour la réalisation de ces opérations foncières, à compter de l’entrée en vigueur du décret.

Ce projet s’inscrit dans une volonté affichée du président Faye de moderniser les villes sénégalaises et de mieux répartir les dynamiques de développement économique et démographique. La Nouvelle-Ville de Thiès ambitionne ainsi de devenir un pôle urbain moderne, mieux structuré et intégré, avec des infrastructures adaptées à la croissance démographique et aux enjeux environnementaux.

L’objectif est de repenser l’aménagement de la ville de Thiès à travers des logements décents, des équipements publics modernes, des voies de communication améliorées et une meilleure connectivité avec Dakar et les autres pôles régionaux.

Ce processus implique toutefois des expropriations massives. Des centaines, voire des milliers de familles et de propriétaires fonciers sont potentiellement concernés. Le décret prévoit une gestion coordonnée entre le ministère des Finances et du Budget et celui de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, chacun devant veiller à l’application rigoureuse des procédures, notamment en matière d’indemnisation et de relogement.

L’accent est mis sur une coordination interinstitutionnelle fluide, afin d’éviter les erreurs du passé où les lenteurs administratives et l’insuffisance des compensations avaient généré des tensions sociales.

Avec ce projet, Thiès pourrait connaître un profond bouleversement urbain et socio-économique. Considérée comme un carrefour stratégique entre Dakar, le centre et le nord du pays, la ville se prépare à un nouveau visage, porté par une ambition présidentielle de décentralisation active et de revalorisation des territoires.

Woodside vs Fisc sénégalais : une lettre explosive relance le bras de fer judiciaire

Une pièce maîtresse déposée au dossier pourrait faire basculer le litige fiscal de 41 milliards de FCFA opposant Woodside à l’administration sénégalaise.

Le bras de fer opposant la société australienne Woodside Energy Sénégal BV (WESBV) à l’administration fiscale sénégalaise a connu un tournant décisif ce mercredi 17 juillet 2025 devant le tribunal de Dakar. Alors que le géant pétrolier contestait jusqu’ici la validité d’un redressement fiscal massif, une lettre signée de l’ancien ministre des Finances, Abdoulaye Daouda Diallo, est venue rebattre les cartes.

Révélée par le quotidien Libération dans son édition du 18 juillet, la missive datée du 22 février 2022 et adressée à l’ancienne ministre du Pétrole Sophie Gladima constitue désormais une pièce maîtresse du dossier. Dans ce courrier, Abdoulaye Daouda Diallo tranche sans ambiguïté : la cession des parts de Far Sénégal RSSD à Woodside ne peut bénéficier d’aucun régime fiscal dérogatoire. Autrement dit, l’opération est soumise au Code général des impôts dans toute sa rigueur.

« Les cessions de capitaux mobiliers réalisées par Far Sénégal ne bénéficient d’aucun dispositif dérogatoire au Code général des impôts. Elles sont, en conséquence, soumises au régime fiscal de droit commun », écrit l’ex-ministre, selon Libération.

Une déclaration qui contredit frontalement la position défendue jusqu’ici par Woodside, qui soutenait que la transaction échappait à toute imposition au Sénégal.

Dans ses conclusions additionnelles récemment déposées au tribunal, la Direction générale des Impôts et Domaines (DGID) ne se limite pas à verser cette lettre au débat. Elle accuse Woodside de faire un usage abusif du droit d’agir en justice et réclame, à ce titre, des dommages et intérêts pour procédure abusive et dilatoire.

Le Fisc demande également au tribunal de lui reconnaître le bénéfice intégral des arguments déjà exposés, tant sur le fond que sur la forme. Un signal fort, qui traduit la volonté de l’État de faire jurisprudence dans ce type de contentieux, en pleine ère d’exploitation des ressources pétrolières et gazières.

Au cœur du litige : la somme exacte de 41.467.543.147 FCFA, réclamée par l’État du Sénégal à Woodside. Cette somme découle de l’acquisition, par l’opérateur australien, des droits de Far Sénégal dans les blocs Rufisque Offshore, Sangomar Offshore et Sangomar Deep Offshore (RSSD).

Woodside, qui a contesté les titres de perception émis à son encontre, a également saisi le CIRDI, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, une juridiction arbitrale relevant de la Banque mondiale. Mais sur le terrain judiciaire national, la situation devient de plus en plus défavorable pour le groupe énergétique.

Face à cette nouvelle donne, le tribunal de Dakar a prononcé un renvoi au 18 septembre 2025, une date que plusieurs observateurs considèrent déjà comme cruciale pour la suite du litige.

Vendredi noir pour les malfaiteurs à Tivaouane Peulh : coup de filet spectaculaire de la Gendarmerie

Tivaouane Peulh, 19 juillet 2025 – La peur a changé de camp ce vendredi après-midi dans les zones sensibles de Tivaouane Peulh. Une vaste opération de sécurisation, menée d’une main de fer par la brigade de proximité, a permis de porter un coup dur aux réseaux criminels qui gangrènent certains quartiers de la localité. De 15h à 22h, les gendarmes ont passé au crible les zones les plus criminogènes de leur circonscription, avec des résultats probants.

La première cible de cette descente musclée fut le quartier Namora. C’est là que trois individus ont été interpellés, dont un trafiquant pris en flagrant délit. Dans une tentative désespérée d’échapper à l’arrestation, ce dernier a tenté de se jeter du haut d’un immeuble après avoir dissimulé sa marchandise illicite. Une manœuvre vaine qui s’est soldée par son interpellation.

L’opération s’est ensuite étendue aux cités Apix et Yeksen, réputées pour leur insécurité persistante. Les forces de l’ordre y ont mené des investigations approfondies, renforçant leur présence et leur vigilance.

Bilan de l’opération :

Saisies réalisées :

70 plis de Kushi (drogue de synthèse) 100 grammes de chanvre indien 6 téléphones portables (dont 3 iPhones et un Samsung S24) 1 arme blanche d’environ 50 cm 1 matraque électrique 1 appareil VNSV Quake (shisha)

Interpellations effectuées :

3 individus pour trafic de drogue et détention illégale d’armes 1 suspect pour vol de bétail 1 enfant talibé retrouvé seul, les pieds enchaînés – une découverte bouleversante qui a suscité une vive émotion chez les agents

Cette opération coup de poing illustre la détermination sans faille de la Gendarmerie nationale à restaurer la quiétude dans les quartiers sensibles et à démanteler les foyers de criminalité. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation du territoire, visant à rassurer les populations et à faire reculer durablement l’insécurité.

APR Parcelles Assainies : « Mbaye Ndiaye est victime d’une tentative d’humiliation politique »

La coordination locale de l’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau pour dénoncer vigoureusement la convocation judiciaire de leur camarade Mbaye Ndiaye, ancien ministre de l’Intérieur et ex-ministre d’État sous le régime de Macky Sall. Selon elle, cette affaire n’est rien d’autre qu’une « tentative d’humiliation politique » dirigée contre une figure emblématique du parti.

La Société nationale de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (SOGEPA) accuse M. Ndiaye d’avoir détérioré un logement administratif qu’il a occupé il y a plus de dix ans, avec un préjudice estimé à plus de 50 millions de FCFA. Une version des faits que balaie la coordination de l’APR des Parcelles Assainies, qui soutient que l’ancien ministre « a au contraire investi personnellement plus de 200 millions de FCFA pour rénover et agrandir le bâtiment, transformé en une demeure de 15 chambres ».

« Il est paradoxal qu’on l’accuse aujourd’hui de détérioration alors qu’il s’est personnellement engagé à améliorer le cadre de vie du bâtiment », ont martelé les responsables locaux du parti.

Pour eux, cette affaire aurait pu et dû être réglée à l’amiable, sans recours à une procédure judiciaire qui, selon leurs mots, « vise clairement à ternir l’image de ceux qui ont servi loyalement sous Macky Sall ».

La coordination n’a pas hésité à pointer du doigt une justice à deux vitesses. Elle dénonce un traitement discriminatoire à l’égard des anciens dignitaires du régime précédent :

« Quand l’actuel président a entrepris des modifications au palais présidentiel pour y loger sa famille, personne n’y a vu de scandale. Pourquoi donc cet acharnement contre Mbaye Ndiaye ? »

Les militants de l’APR affirment voir dans cette convocation un signe clair de volonté politique de « salir les anciens collaborateurs fidèles » de l’ex-président Macky Sall. D’ailleurs, ils ont exprimé leur solidarité avec d’autres figures de l’ancien régime actuellement confrontées à la justice, notamment Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Ismaïla Madior Fall, Sophie Gladima, ou encore Ndèye Saly Diop Dieng, dont ils exigent la levée du contrôle judiciaire.

Un appel au recentrage sur les urgences nationales

Au-delà du soutien affiché à leur camarade, les responsables de l’APR des Parcelles Assainies ont interpellé le régime actuel sur les véritables priorités du pays. Ils appellent à une réorientation des actions gouvernementales vers les urgences sociales et économiques du moment.

« La justice ne doit pas être un instrument politique. Le pays fait face à une montée inquiétante du chômage, une crise du pouvoir d’achat, et une pauvreté galopante. Ce sont là les véritables défis que le gouvernement doit affronter », ont-ils conclu.

SébiGare : les populations réclament une passerelle vitale oubliée par les autorités

Les habitants de SébiGare et de Sébipéage vivent une situation d’enclavement alarmante depuis près de deux ans, à la suite des travaux de l’autoroute à péage. Privés d’un accès direct à la route nationale, ils sont contraints de faire un long détour de plusieurs kilomètres pour rejoindre leurs habitations ou leurs lieux de travail.

Cette situation impacte gravement la scolarisation des enfants, limite l’autonomie des personnes âgées et expose les femmes à des risques accrus d’agression sur des trajets isolés et prolongés. Les conséquences sociales sont lourdes : déperdition scolaire notable, isolement croissant et détérioration générale des conditions de vie dans cette zone qui regroupe plus de 20 000 habitants.

Pourtant, les populations assurent avoir obtenu, sur instruction de la Présidence, la promesse de construction d’une passerelle en contrepartie du renoncement à un arrêt d’autoroute initialement prévu. L’APIX, chargée de la mise en œuvre de ce projet, n’aurait toujours pas donné suite, malgré les engagements pris.

Face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave à leurs droits fondamentaux, les habitants multiplient les appels à l’État et réclament la réalisation immédiate de cette passerelle au niveau de la sortie 12. Ils dénoncent un abandon inacceptable et rappellent que leur revendication est simple : pouvoir circuler librement et en toute sécurité.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°517 – 21/07/2025

🔴 « INSULTEZ CEUX QUI INSULTENT OUSMANE SONKO », DIT LE MINISTRE DE L’ÉNERGIE, DU PÉTROLE ET DES MINES AUX MILITANTS DE PASTEF : ENCORE LUI !
🔴 CRISE DE GOUVERNANCE ET SÉQUELLES POST TRAUMATIQUES : ÉLIMANE KANE PRESCRIT UN PSY À SONKO

🔴 LUTTE : SITEU DÉCHIRE LE MYTHE BG2 !
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL : LES JUNIORS DU CASA SPORTS DÉCROCHENT LE TITRE

Lutte contre le faux monnayage et le trafic illicite : les Douanes sénégalaises saisissent plus de 3,5 milliards de francs CFA en billets noirs et médicaments contrefaits

Les Douanes sénégalaises intensifient leur croisade contre la criminalité économique. Entre fin juin et mi-juillet 2025, plusieurs opérations menées dans les régions de Fatick, Kaolack, Kaffrine et Saint-Louis ont permis la saisie de billets noirs d’une valeur de plus de 3,58 milliards de francs CFA ainsi que de plus de 600 kg de faux médicaments. Des actions coordonnées et décisives qui témoignent de la vigilance accrue des unités douanières sur l’ensemble du territoire national.

La plus importante saisie a été opérée le 28 juin 2025 par la Brigade mobile des Douanes de Fatick, suite à l’exploitation d’un renseignement stratégique. Un premier suspect a été arrêté à Foundiougne, dans une maison en construction où il avait dissimulé un carton rempli de billets noirs. L’enquête a rapidement mené les agents vers un deuxième complice, appréhendé à Fatick, au quartier Ndiaye-ndiaye.

Leur butin : 679 coupures en euros dissimulées dans des cartons, représentant une contrevaleur estimée à 3.390.075.000 francs CFA. Les deux individus ont été placés à la disposition du Parquet financier, qui devra établir les ramifications de ce réseau de faux monnayeurs.

Le 17 juillet 2025, la Brigade mobile des Douanes de Nioro, relevant de la Subdivision de Kaolack, a réalisé une autre saisie importante. Agissant sur la base d’un renseignement, les douaniers ont fait irruption dans une auberge de Kaolack où un faussaire, âgé d’une quarantaine d’années, conservait 3400 coupures de 100 dollars en billets noirs. La valeur estimée de cette fausse monnaie atteint 191 millions de francs CFA. Le mis en cause a été interpellé et remis à la justice.

La lutte contre le trafic de produits pharmaceutiques illicites se poursuit également. À Kaffrine, la Brigade mobile des Douanes a mis la main sur 581 kg de faux médicaments, transportés à bord d’une Peugeot 307 break. Pris en filature sur l’axe Kaffrine-Mbar, le véhicule a été stoppé à Colobane, sur la route de Mbacké, après une course-poursuite. Le chargement, composé essentiellement de comprimés de Chlorphenamine, est estimé à 189 millions de francs CFA avec le véhicule. Un individu a été arrêté et déféré au Parquet de Kaffrine.

Au nord du pays, la Brigade mobile des Douanes de Richard-Toll a intercepté, le 07 juillet 2025 vers 3h30 du matin, une importante cargaison au débarcadère de Ndiaw. La saisie comprend 3363 boîtes de produits vétérinaires et 826 boîtes de médicaments contrefaits, pour une contrevaleur estimée à 26 millions de francs CFA.

Dans un communiqué publié par sa Division de la Communication, l’Administration des Douanes sénégalaises a réaffirmé sa détermination à lutter contre toutes les formes de criminalité économique et financière, notamment le faux monnayage, le trafic de faux médicaments et autres activités illicites mettant en péril l’économie nationale et la santé publique.

Pour une restructuration stratégique du secteur énergétique : Fusion de l’ASER, de l’ANER et de l’AEME au sein de l’ANETE

À l’ère de la globalisation avancée de l’économie, il est désormais impossible de bâtir un tissu industriel compétitif et créateur d’emplois sans un accès fiable, universel et à faible coût à l’électricité. Avec le début de l’exploitation du gaz et du pétrole issus de ses gisements nationaux, le Sénégal dispose d’atouts majeurs pour influer positivement sur le prix du kilowattheure (kWh) dans les années à venir.

Concernant les énergies renouvelables, des avancées notables ont été enregistrées ces dernières années, notamment avec la construction de centrales solaires. Toutefois, force est de constater que notre pays n’exploite pas encore pleinement son immense potentiel en énergie photovoltaïque, pourtant facilement mobilisable.

Pour tirer pleinement parti de ces opportunités, il est impératif de concevoir une stratégie nationale efficace visant à :

dynamiser et renforcer l’efficacité du secteur énergétique, réduire le coût du kWh et la facture énergétique nationale, et accélérer la transition vers un mix énergétique plus durable.

Vers une réforme structurelle du secteur énergétique

La réforme du secteur énergétique doit être accompagnée d’un plan stratégique pluriannuel visant notamment à :

Renforcer le parc de production électrique et réduire progressivement la dépendance à la centrale flottante Karpowership ; Affecter une partie de la production pétrolière et gazière à l’alimentation des centrales électriques sur le territoire national ; Moderniser les infrastructures énergétiques vétustes, en particulier les réseaux de transport et les postes de transformation ; Étendre le réseau électrique à toutes les zones, quel que soit le niveau de tension ; Assurer l’électrification intégrale du territoire sénégalais ; Promouvoir un mix énergétique plus propre, avec une prise en compte systématique des considérations environnementales ; Améliorer la gestion et la maintenance des infrastructures énergétiques ; Encourager des mesures d’efficacité énergétique adaptées aux réalités locales.

La mise en œuvre rigoureuse de ce plan contribuera à redresser le secteur, garantir l’accès universel à l’électricité et anticiper la transition énergétique du pays. Elle facilitera également l’émergence d’un secteur industriel robuste, compétitif et pourvoyeur d’emplois durables.

Une gouvernance rénovée et une restructuration administrative

Pour réussir cette transformation, il faut impérativement réinventer la gouvernance du secteur. Cela passe par une réforme de l’architecture institutionnelle visant à :

clarifier les domaines d’intervention des différents acteurs ; redéfinir les rôles et responsabilités de chacun ; assurer une meilleure coordination des projets ; éviter les doublons et les chevauchements budgétivores.

Dans cette dynamique, il devient essentiel de consolider le rôle de la Senelec comme acteur central du système énergétique national. Cela implique :

une amélioration de sa gouvernance, une meilleure performance opérationnelle (approvisionnement, maintenance, gestion du réseau), et un renforcement de la qualité de service.

Parallèlement, il convient d’élargir la libéralisation de la production électrique, notamment à travers la promotion des producteurs indépendants (IPP), soutenue par un cadre incitatif adapté à l’investissement privé.

La Commission de Régulation du Secteur de l’Électricité (CRSE) devra quant à elle conserver son statut d’autorité administrative indépendante, avec pour mission de superviser, d’auditer et d’évaluer régulièrement les performances des entités publiques concernées.

Fusion des agences : vers une rationalisation des ressources

Dans un contexte de contraintes budgétaires et de recherche d’efficacité, il est indispensable de rationaliser le nombre d’acteurs dans le secteur. Ainsi, il est proposé de fusionner trois agences publiques intervenant dans le domaine de l’électricité en une seule entité :

l’Agence nationale de l’électrification et de la transition énergétique (ANETE).

Les structures concernées sont :

L’ASER (Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale), créée par le décret n°99-1254 du 30 décembre 1999 ; L’ANER (Agence Nationale pour les Énergies Renouvelables), instituée par le décret n°2013-684 du 10 mai 2013 ; L’AEME (Agence pour l’Économie et la Maîtrise de l’Énergie), créée en juillet 2011.

Ces agences mènent des missions complémentaires, souvent interconnectées sur le terrain (électrification rurale par énergie solaire, promotion de la sobriété énergétique, etc.). Leur fusion permettra une meilleure synergie des ressources, une mutualisation des expertises, ainsi qu’une gestion intégrée et plus efficace des projets énergétiques.

Création de l’ANETE : vers une agence performante et moderne

La nouvelle ANETE devra être créée sous la forme d’un Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), afin de conjuguer missions de service public et efficacité opérationnelle.

Elle aura pour missions principales de :

Élaborer un programme pluriannuel de développement de l’électrification rurale ; Mettre en œuvre une stratégie nationale pour les énergies renouvelables ; Promouvoir l’efficacité énergétique à travers des actions concrètes (sensibilisation, audits, solutions techniques, etc.) ; Rechercher et mobiliser des financements nationaux et internationaux ; Conclure avec l’État un contrat de performance, définissant des objectifs clairs et mesurables.

Organisation interne de l’ANETE

En s’inspirant de la structuration actuelle de l’ASER, l’ANETE pourrait comporter les directions techniques suivantes :

Direction des Opérations d’Électrification Rurale (DOER) : mise en œuvre des projets dans les zones rurales. Direction des Énergies Renouvelables et de l’Efficacité Énergétique (DEREE) : promotion des énergies renouvelables et conduite de programmes d’efficacité énergétique. Direction du Financement de l’Électrification et de l’Efficacité Énergétique (DFEE) : mobilisation et gestion des financements. Direction des Études, de la Stratégie et de la Planification (DESP) : élaboration de politiques énergétiques, études de faisabilité et veille technologique.

Pour une gouvernance rigoureuse et transparente

Enfin, la nomination des responsables (Directeur Général, Chefs de direction et cadres techniques) devra se faire par appel à candidatures, selon des critères objectifs et transparents, dans le cadre d’un nouveau règlement administratif.

Babacar Ndiogou

Ingénieur en Génie Énergétique

Mouvement Jappo Yessal

Hépatite B à Kaolack : Des chiffres alarmants, selon le Dr Bamba Cissé

Dans le silence feutré des salles d’attente, une maladie continue de se propager, souvent sans bruit, sans douleur, mais avec des conséquences parfois fatales. Il s’agit de l’hépatite B, une infection virale qui attaque le foie et cause près de 900 000 décès par an à travers le monde.

C’est dans ce contexte préoccupant qu’une journée de partage du bilan annuel des activités du service de médecine interne de l’Hôpital régional El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack s’est tenue ce samedi 19 juillet 2025.

Lors de cette rencontre, le Dr Bamba Cissé, chef du service d’hépatogastro-entérologie, a tiré la sonnette d’alarme sur la prévalence inquiétante de l’hépatite B dans la région de Kaolack.

« Ce qui ressort de notre bilan annuel, c’est que 69 % des patients consultés en gastro-entérologie étaient porteurs du virus de l’hépatite B, dont 7 % étaient déjà au stade de complications, c’est-à-dire atteints de maladies hépatiques graves. L’année dernière, nous avons enregistré plus de 1 500 consultations, et près de 700 concernaient l’hépatite B », a-t-il révélé.

Une situation qui témoigne, selon lui, de la forte prévalence de la maladie dans la région, en particulier dans les services spécialisés en hépatogastro-entérologie.

Une maladie silencieuse mais redoutable

Dr Cissé a également rappelé la nature insidieuse de cette pathologie :

« L’hépatite B est une maladie du sang et du sexe. Elle se transmet principalement par voie sexuelle, mais surtout par transmission verticale, c’est-à-dire de la mère à l’enfant. C’est une maladie silencieuse : la plupart des patients ne présentent de symptômes qu’au stade de complication. »

Dépistage, vaccination et plaidoyer pour un accès élargi au traitement

Pour lutter efficacement contre cette maladie, le dépistage précoce et la vaccination demeurent, selon le spécialiste, les meilleures armes disponibles.

« Il n’y a pas mille solutions : se faire dépister et se faire vacciner. Le vaccin contre l’hépatite B est efficace à plus de 99 %. »

Cependant, le coût élevé des traitements constitue un frein majeur pour les malades, d’où l’appel lancé par Dr Cissé :

« Il est impératif de réduire le coût des traitements et de garantir la disponibilité du vaccin, en particulier dans les zones fortement touchées comme Kaolack. »

Crise de langage et vertige institutionnel : Yoro Dia fustige la banalisation de l’insulte au sommet de l’État

La sortie jugée cavalière de Birame Soulèye Diop, ministre de l’Énergie et cadre de premier plan du parti Pastef, continue de susciter un tollé dans l’espace public. Invité récemment à s’exprimer face à la virulence de certaines critiques contre son camp, Birame Soulèye a surpris en appelant les militants de Pastef à « répondre aux insultes par des insultes ». Une ligne de communication qui rompt avec l’éthique républicaine attendue d’un haut responsable d’État et qui a déclenché une vague d’indignation. Parmi les réactions les plus virulentes, celle du Dr Yoro Dia, ancien conseiller en communication de la présidence et intellectuel respecté, tranche par sa densité historique et sa charge symbolique.

Dans un post publié sur X (ex-Twitter), Dr Yoro Dia n’a pas mâché ses mots. Il a comparé Pastef au pouvoir à l’invasion mongole de Bagdad en 1258, un événement tragique qui symbolise, dans l’imaginaire collectif, la fin d’un âge d’or intellectuel et la plongée dans une époque de chaos et de dévastation. « Pastef et l’État. C’est comme les Mongols à Bagdad : brutalité et vulgarité. L’État ne les anoblira pas », a-t-il écrit, dans une formule brutale, mais évocatrice.

Cette comparaison historique, lourde de sens, illustre à quel point Yoro Dia perçoit une rupture entre l’idéal républicain et la pratique actuelle du pouvoir par certains membres de Pastef. En assimilant la banalisation de l’invective à une forme de « barbarie », il place la sortie de Birame Soulèye bien au-delà d’un simple excès verbal. Il y voit un symptôme : celui d’une dérive populiste dans la parole publique, une régression intellectuelle et institutionnelle où l’insulte remplace l’argument, et où la force de l’émotion l’emporte sur la rigueur du discours.

« Si La Lumière était leur Loi, ils n’auraient pas incendié l’UCAD comme les Mongols les Bibliothèques de Bagdad », poursuit-il, dans une attaque directe contre les militants identifiés à Pastef, accusés d’avoir participé aux destructions de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) lors des manifestations de 2023. Par ce parallèle, Yoro Dia semble suggérer que le projet politique porté par une certaine frange de Pastef est non seulement en rupture avec les valeurs de la République, mais également potentiellement destructeur pour les bastions du savoir et du débat rationnel.

Au-delà de la critique de forme, c’est une critique de fond que formule Yoro Dia : un pouvoir qui banalise l’insulte et valorise la confrontation verbale au détriment du dialogue, de la modération et de l’élévation intellectuelle, met en danger l’idée même de gouvernance éclairée. Pour lui, l’État ne saurait être un prolongement militant. Il rappelle ainsi, à mots couverts, que l’exercice du pouvoir requiert hauteur, sens de la responsabilité et maîtrise du langage. L’État, dit-il en substance, ne donne pas automatiquement la noblesse à ceux qui y accèdent. Il ne fait que révéler ce qu’ils portent en eux.

Cette sortie de Yoro Dia résonne comme un avertissement. À l’heure où le Sénégal tente de rebâtir une démocratie apaisée après des années de tension, la qualité du langage politique devient un baromètre de la maturité du régime. Réduire l’échange d’idées à une guerre de slogans ou d’insultes, c’est risquer de replonger le pays dans l’obscurité intellectuelle qu’il s’était toujours efforcé d’éviter.

Crise de gouvernance et séquelles posttraumatiques : Elimane Kane appelle à une prise en charge psychologique du Premier ministre Ousmane Sonko

Dans une intervention dense et sans filtre, Elimane Kane, président de l’organisation Legs Africa et figure majeure de la société civile sénégalaise, a pris la parole ce dimanche 20 juillet 2025 sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » diffusée sur Pressafriktvhd. L’invité du jour n’a pas mâché ses mots pour décrire l’état du pays, la profondeur des blessures sociales et politiques laissées par les années de tension, et la nécessité urgente d’une justice réparatrice pour espérer panser les plaies de la nation. Il a également appelé à une approche humaine vis-à-vis du Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il juge psychologiquement marqué par les événements récents.

Pour Elimane Kane, la réconciliation nationale, régulièrement brandie comme mot d’ordre depuis l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, ne pourra pas être effective tant que les traumatismes vécus entre 2021 et 2024 n’auront pas été reconnus et traités. Selon lui, la douleur est encore vive chez de nombreuses familles sénégalaises, marquées par la perte d’un proche, les blessures physiques ou les séquelles psychologiques consécutives aux multiples épisodes de répression.

« C’est un traumatisme psychique qui n’est pas encore réglé. Il touche même les gouvernants. La réconciliation ne pourra pas se faire aussi facilement parce que le mal est profond », a-t-il déclaré. Dans cette logique, il appelle à un processus de vérité et justice pour établir les responsabilités et rendre justice aux victimes. À ses yeux, la solution se trouve entre les mains de la justice : « Ce que le Sénégal a vécu, il faut le vider judiciairement, sinon tout peut éclater à nouveau. »

L’intervention d’Elimane Kane prend une tournure plus directe lorsqu’il évoque Ousmane Sonko, l’actuel Premier ministre et figure centrale de l’opposition sous l’ancien régime. Il affirme que ce dernier est lui-même une victime collatérale de cette instabilité, mais également un acteur central des événements ayant mené à des pertes humaines.

« Ousmane Sonko a subi des procès, des mesures administratives injustes, des restrictions de liberté. Mais il est aussi la raison principale pour laquelle beaucoup de jeunes sont sortis manifester, parfois au péril de leur vie. Le lien entre son vécu personnel et le bilan humain est fort. Il porte ce poids. Et ça, c’est un traumatisme. »

C’est dans ce sens qu’il suggère que le Premier ministre bénéficie d’un accompagnement psychologique. Il insiste sur le fait qu’un tel soutien ne relève pas de la faiblesse mais de la lucidité et du devoir d’introspection pour un homme appelé à diriger le gouvernement dans une période aussi sensible.

« Si j’étais un de ses proches, je lui dirais : Monsieur le Premier ministre, vous devez avoir une prise en charge psychologique. Il a besoin de parler, de se libérer. Tant qu’il garde tout à l’intérieur, il va s’énerver facilement, il va faire des sorties inappropriées, comme on l’a vu récemment. Et cela peut nuire au pays. »

Le président de Legs Africa a également évoqué la difficulté de passer en quelques semaines de prisonnier politique à chef de gouvernement, dans un contexte où l’État lui-même est exsangue. Pour lui, le décalage entre les attentes immenses des populations et les réalités de la gestion publique crée un second choc, difficile à absorber.

« Ousmane Sonko est passé de la cellule au Palais. On lui a confié une mission historique. Mais une fois au pouvoir, il découvre un État délabré, des moyens limités, une économie à bout de souffle, et des citoyens impatients. Cela crée une dissonance terrible entre ses convictions de campagne et la dure réalité. C’est un second traumatisme. »

Dans son intervention, Elimane Kane a martelé qu’aucune reconstruction nationale ne pourra être durable si la vérité n’est pas dite sur les responsabilités politiques et sécuritaires des dernières années. « Il faut établir une vérité historique sur la période 2021-2024. Ce n’est qu’à ce prix qu’on pourra véritablement tourner la page. » Il estime que la justice doit avoir les mains libres pour statuer, juger, et refermer les dossiers ouverts dans la douleur.

Enfin, il a lancé un appel aux nouvelles autorités, les invitant à faire preuve de plus d’ouverture et à renforcer la transparence dans la gestion des dossiers de souveraineté et de refondation de l’État. Il préconise la mise en place de commissions de spécialistes indépendants, capables d’épauler le pouvoir dans ses décisions stratégiques.

L’intervention d’Elimane Kane agit comme un rappel fort que la politique ne se résume pas aux discours et aux plans d’action, mais touche aussi à l’intime, au psychologique, au vécu profond des acteurs comme des citoyens. Pour lui, si le Sénégal veut guérir durablement, il devra commencer par reconnaître ses blessures et soigner ses traumatismes, y compris au sommet de l’État.

Tensions au sommet : Elimane Kane alerte sur une possible crise à la Senghor-Mamadou Dia entre Diomaye et Sonko

Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de Legs Africa, a livré une analyse aussi lucide qu’inquiétante de la relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Pour ce membre influent de la société civile, les signes d’un désaccord profond entre les deux hommes forts du régime Pastef sont visibles, et pourraient rappeler un épisode tragique de l’histoire politique sénégalaise : la crise institutionnelle de 1962 entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia.

« Ce qui s’était passé en 1962 peut se reproduire entre Sonko et Diomaye », a-t-il averti, en faisant référence à la fracture historique entre le président Senghor et son chef de gouvernement Mamadou Dia, qui avait abouti à l’emprisonnement de ce dernier et à un tournant autoritaire dans la gouvernance du pays.

Pour Elimane Kane, le malaise entre les deux hommes n’est plus à démontrer. La sortie récente d’Ousmane Sonko, qui a publiquement reproché à Diomaye Faye son silence face aux attaques dirigées contre lui, en est une parfaite illustration. « Les deux dansent, mais pas la même musique », résume-t-il, soulignant une divergence stratégique flagrante au sommet de l’État. Selon lui, le président agit selon les conseils de son entourage proche, tandis que le Premier ministre suit ceux de son propre camp. Résultat : une fracture idéologique et politique, bien qu’ils soient issus du même parti.

L’expert n’a pas manqué de citer des exemples précis pour illustrer ces dissensions, notamment la visite du président Diomaye Faye en France et son audience avec Emmanuel Macron, ainsi que sa rencontre avec l’ancien président Abdou Diouf. Des actes qu’Ousmane Sonko, dans sa logique de rupture avec l’ancien système, aurait difficilement pu assumer ou même cautionner.

Sur un autre front, Elimane Kane a également réagi aux propos virulents du Premier ministre à l’égard de la société civile, que ce dernier avait qualifiée de « fumiers » lors d’une précédente sortie. Bien que ne se sentant pas personnellement visé, Kane a fermement condamné la généralisation de ces attaques : « Il a offensé notre Chef d’État, il a offensé notre justice, il a offensé la presse, il a ciblé même des organes, et pour finir, la société civile. »

Plus encore, le président de Legs Africa a dénoncé une dérive autoritaire inquiétante dans les propos d’Ousmane Sonko, rappelant que celui-ci a clairement évoqué sa volonté d’instaurer un État-parti. Une perspective que Kane juge inacceptable au Sénégal : « Il ne peut pas y avoir de dictature au Sénégal. On ne va pas l’accepter. Il ne peut pas intimider ou faire taire les gens. À défaut de tous nous tuer ou nous envoyer en prison, la dictature ne passera pas. »

Au-delà du constat d’un désaccord croissant, Elimane Kane tire ici la sonnette d’alarme : si les lignes de fracture ne sont pas rapidement contenues, le Sénégal pourrait être confronté à une crise institutionnelle inédite depuis l’indépendance. À l’heure où le pays aspire à une gouvernance apaisée et à des réformes profondes, les tensions internes au sommet de l’État pourraient fragiliser davantage un équilibre déjà précaire.

Dialogue politique : Elimane Kane prend ses distances avec l’opposition et plaide pour une refondation du système démocratique

Invité de l’émission « FACE AU JURY » diffusée ce dimanche sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de l’organisation Legs Africa, a livré une lecture singulière du dialogue politique national récemment clôturé. Contrairement à plusieurs figures de l’opposition qui ont exprimé leur mécontentement, notamment sur la remise des conclusions, Elimane Kane a tenu à marquer sa différence : « Je ne suis pas du même avis que l’opposition sur la remise des conclusions du dialogue, parce que le président de la République a la primeur », a-t-il affirmé d’entrée.

Pour le leader de la société civile, les critiques ne devraient pas porter sur la procédure de restitution, mais plutôt sur la nature même du dialogue et la manière dont il a été conçu. À ses yeux, le véritable problème réside dans les termes de référence définis pour ce processus. « Tout tournait autour du système électoral », a-t-il regretté, estimant que cette focalisation a considérablement limité la portée du débat. Il note par ailleurs que ces termes ont été fixés par la Direction générale des élections, et que même le rapporteur était un spécialiste des questions électorales. Dès lors, ajoute-t-il, « il était difficile que les discussions dépassent ce cadre très technique ».

Elimane Kane s’est voulu toutefois nuancé. Il a salué l’organisation générale du dialogue, qu’il juge satisfaisante dans sa forme : « Hormis les termes de référence, il n’y a aucun problème à signaler. Tout s’est passé comme prévu, le facilitateur était un membre de la société civile, dans l’ensemble c’était bien ». Ce satisfecit partiel contraste avec les dénonciations virulentes de certains opposants, mais ne signifie pas pour autant une approbation du système actuel.

Car c’est là que se situe le cœur de sa critique : pour lui, il faut sortir de la logique d’une démocratie cantonnée à une simple compétition entre partis politiques. « Le système politique ne doit pas se limiter à la compétition entre acteurs partisans », a-t-il martelé. Selon le président de Legs Africa, il est urgent d’élargir le champ démocratique à la participation citoyenne. « Il faut que le citoyen soit intégré dans les mécanismes de fonctionnement du système politique. C’est à cette condition que la démocratie deviendra réellement représentative. »

Très critique vis-à-vis de la démocratie représentative telle qu’elle fonctionne actuellement, Elimane Kane affirme qu’elle a échoué : « C’est pourquoi on parle de député de tel parti ou de tel président, au lieu de parler de député du peuple. » Il plaide ainsi pour une refondation du système politique, qui permette aux citoyens de retrouver une place centrale dans la gouvernance publique. Un plaidoyer qui rejoint les aspirations de nombreux acteurs de la société civile, désireux de rééquilibrer le pouvoir entre les institutions, les partis et les citoyens.

Les propos d’Elimane Kane interviennent dans un contexte marqué par une défiance croissante envers les mécanismes traditionnels de la démocratie sénégalaise. Ils soulignent une volonté de remettre en question les bases mêmes de la représentation politique, au moment où le pays tente de tourner la page d’un cycle électoral tendu et de poser les jalons d’un nouveau modèle de gouvernance.

Crise de confiance dans la justice : Cheikh Thioro Mbacké appelle à un remaniement profond du système judiciaire

Invité ce dimanche 13 juillet sur les ondes de Radio Sénégal Internationale, dans l’émission « En Vérité », Cheikh Thioro Mbacké, vice-président de l’Assemblée nationale et figure de proue de PASTEF à Touba, a livré un diagnostic sans complaisance de l’état actuel de la justice au Sénégal. Avec des mots durs mais pesés, il a pointé du doigt un appareil judiciaire qu’il juge encore verrouillé par des logiques anciennes, loin de l’esprit de rupture prôné par le nouveau régime.

Réagissant aux récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui s’est publiquement insurgé contre l’inaction du système judiciaire face aux attaques répétées le visant, Cheikh Thioro Mbacké a soutenu que le malaise est profond. « C’est uniquement sous notre régime que des individus, pourtant clairement identifiés, se permettent d’insulter publiquement le Premier ministre sans encourir la moindre sanction », a-t-il déploré. Pour lui, cette impunité constitue une forme de justice sélective, symptomatique d’un appareil qui refuse de se départir de ses anciens réflexes.

À travers ce constat, le parlementaire dénonce une contradiction majeure entre le discours de rupture et les pratiques observées au sein de l’appareil judiciaire. Il regrette une forme de deux poids deux mesures qui pénalise les militants du pouvoir tout en ménageant ceux de l’opposition. « Lorsqu’un militant de PASTEF se laisse aller à des écarts, il est aussitôt interpellé. Pendant ce temps, ceux qui s’acharnent ouvertement sur Ousmane Sonko jouissent d’une totale impunité. Ce déséquilibre est inacceptable », a-t-il martelé.

Cheikh Thioro Mbacké ne s’est pas arrêté là. Il a ouvertement accusé certains magistrats d’entretenir une hostilité assumée envers PASTEF et son leader. « Il existe dans la magistrature des individus qui vouent une haine viscérale à notre formation. Cette animosité se manifeste dans les décisions ou plutôt dans les absences de décisions », a-t-il déclaré. Lui-même dit être victime d’attaques personnelles sur les réseaux sociaux, pour lesquelles il a déposé plusieurs plaintes, notamment auprès du parquet de Diourbel, restées sans suite. « Et pourtant, si je le voulais, je pourrais régler ça en 24 heures. Mais je m’en tiens aux principes de notre parti : jub, jubeul, jubanti », a-t-il confié.

Pour le vice-président de l’Assemblée nationale, le statu quo n’est plus tenable. Il appelle de ses vœux une transformation structurelle de l’institution judiciaire. « Il faut un remaniement profond, pas cosmétique. Il faut y placer des personnes qui comprennent et incarnent notre projet politique. Sans cela, nous resterons dans une situation de tension permanente où chacun finira par faire justice soi-même, avec tous les risques que cela comporte », a-t-il averti.

Dans un contexte où la justice est régulièrement critiquée, tantôt par l’opposition, tantôt par les voix issues du pouvoir lui-même, ces propos de Cheikh Thioro Mbacké viennent jeter une lumière crue sur l’un des défis majeurs de la nouvelle gouvernance : l’adéquation entre les institutions héritées du passé et les exigences de changement portées par le régime issu de l’alternance.

Le débat est désormais ouvert, et les mots du député résonnent comme une interpellation adressée non seulement au Président de la République mais aussi à tous ceux qui détiennent aujourd’hui les leviers d’un système judiciaire de plus en plus mis en accusation.

Règne bouleversé dans l’arène : Siteu détrône Balla Gaye 2 dans un duel historique

Ce dimanche 14 juillet 2025, l’Arène nationale a été le théâtre d’un bouleversement majeur dans le monde de la lutte sénégalaise. Dans un combat à haute tension, Siteu, l’enfant de Diamaguène, a infligé une défaite cinglante à Balla Gaye 2, ex-roi des arènes, marquant ainsi un tournant historique dans sa carrière et dans l’histoire de ce sport populaire au Sénégal.

L’événement, tant attendu par les amateurs de lutte, s’est ouvert dans une atmosphère électrique. Les tribunes étaient noires de monde, les chants fusaient, les tam-tams résonnaient, et tous attendaient de voir si le favori Balla Gaye 2 allait réaffirmer sa suprématie. Mais très vite, les choses ont pris une tournure inattendue. Siteu, d’habitude plus expressif dans la mise en scène que dans le combat lui-même, est apparu métamorphosé. Silencieux, concentré, presque froid, il a donné le ton dès les premiers instants.

Face à lui, Balla Gaye 2 semblait moins incisif. Attendu comme un lion prêt à rugir, il s’est montré prudent, presque hésitant. Était-ce la pression ? Une stratégie mal calculée ? Ou le poids des années ? Les premières minutes du combat ont installé le doute dans le camp de Guédiawaye. Siteu, lui, a patienté, analysé, et à la troisième tentative offensive, il a frappé fort. Un plaquage millimétré, exécuté avec une force maîtrisée, a suffi pour faire tomber le roi.

Le choc est brutal. Balla Gaye 2 au sol, l’arène explose. Les cris de joie des supporters de Siteu couvrent les lamentations du camp adverse. Aziz Ndiaye, figure historique de la lutte et proche du lutteur défait, n’a pas caché sa consternation. Ce regard perdu, fixé sur la poussière soulevée par la chute de Balla, symbolisait toute la détresse d’un empire qui vacille.

Mais ce n’est pas tout. Très vite, la rumeur court dans les gradins, alimentée par les réseaux sociaux : « Balla a été mystiquement atteint ». Certains refusent de croire à une défaite purement sportive. Des vidéos circulent, des hypothèses fusent, et la défaite prend une autre dimension dans l’imaginaire collectif. Pourtant, les faits sont clairs : Siteu a gagné sur le plan technique et tactique. Aucun artifice, aucune tricherie apparente, juste de la stratégie, de la force et une volonté de marquer son temps.

Cette victoire propulse Siteu dans une nouvelle dimension. De challenger spectaculaire, il devient désormais prétendant au trône. Il a fait tomber l’un des lutteurs les plus titrés de l’histoire moderne de l’arène sénégalaise. Plus qu’un succès personnel, c’est un signal fort envoyé à toute une génération de lutteurs : le temps du renouvellement est peut-être arrivé.

Balla Gaye 2, quant à lui, devra digérer cette défaite. Loin d’être un simple accident, elle pose des questions sur la suite de sa carrière. Peut-il revenir ? A-t-il encore l’envie, les moyens, le feu sacré ? Seul l’avenir le dira. Mais une chose est sûre : en ce 14 juillet 2025, un règne a vacillé et un autre a peut-être commencé.

Quitter la version mobile