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CONTRIBUTION

Pour une restructuration stratégique du secteur énergétique : Fusion de l’ASER, de l’ANER et de l’AEME au sein de l’ANETE

À l’ère de la globalisation avancée de l’économie, il est désormais impossible de bâtir un tissu industriel compétitif et créateur d’emplois sans un accès fiable, universel et à faible coût à l’électricité. Avec le début de l’exploitation du gaz et du pétrole issus de ses gisements nationaux, le Sénégal dispose d’atouts majeurs pour influer positivement sur le prix du kilowattheure (kWh) dans les années à venir.

Concernant les énergies renouvelables, des avancées notables ont été enregistrées ces dernières années, notamment avec la construction de centrales solaires. Toutefois, force est de constater que notre pays n’exploite pas encore pleinement son immense potentiel en énergie photovoltaïque, pourtant facilement mobilisable.

Pour tirer pleinement parti de ces opportunités, il est impératif de concevoir une stratégie nationale efficace visant à :

dynamiser et renforcer l’efficacité du secteur énergétique, réduire le coût du kWh et la facture énergétique nationale, et accélérer la transition vers un mix énergétique plus durable.

Vers une réforme structurelle du secteur énergétique

La réforme du secteur énergétique doit être accompagnée d’un plan stratégique pluriannuel visant notamment à :

Renforcer le parc de production électrique et réduire progressivement la dépendance à la centrale flottante Karpowership ; Affecter une partie de la production pétrolière et gazière à l’alimentation des centrales électriques sur le territoire national ; Moderniser les infrastructures énergétiques vétustes, en particulier les réseaux de transport et les postes de transformation ; Étendre le réseau électrique à toutes les zones, quel que soit le niveau de tension ; Assurer l’électrification intégrale du territoire sénégalais ; Promouvoir un mix énergétique plus propre, avec une prise en compte systématique des considérations environnementales ; Améliorer la gestion et la maintenance des infrastructures énergétiques ; Encourager des mesures d’efficacité énergétique adaptées aux réalités locales.

La mise en œuvre rigoureuse de ce plan contribuera à redresser le secteur, garantir l’accès universel à l’électricité et anticiper la transition énergétique du pays. Elle facilitera également l’émergence d’un secteur industriel robuste, compétitif et pourvoyeur d’emplois durables.

Une gouvernance rénovée et une restructuration administrative

Pour réussir cette transformation, il faut impérativement réinventer la gouvernance du secteur. Cela passe par une réforme de l’architecture institutionnelle visant à :

clarifier les domaines d’intervention des différents acteurs ; redéfinir les rôles et responsabilités de chacun ; assurer une meilleure coordination des projets ; éviter les doublons et les chevauchements budgétivores.

Dans cette dynamique, il devient essentiel de consolider le rôle de la Senelec comme acteur central du système énergétique national. Cela implique :

une amélioration de sa gouvernance, une meilleure performance opérationnelle (approvisionnement, maintenance, gestion du réseau), et un renforcement de la qualité de service.

Parallèlement, il convient d’élargir la libéralisation de la production électrique, notamment à travers la promotion des producteurs indépendants (IPP), soutenue par un cadre incitatif adapté à l’investissement privé.

La Commission de Régulation du Secteur de l’Électricité (CRSE) devra quant à elle conserver son statut d’autorité administrative indépendante, avec pour mission de superviser, d’auditer et d’évaluer régulièrement les performances des entités publiques concernées.

Fusion des agences : vers une rationalisation des ressources

Dans un contexte de contraintes budgétaires et de recherche d’efficacité, il est indispensable de rationaliser le nombre d’acteurs dans le secteur. Ainsi, il est proposé de fusionner trois agences publiques intervenant dans le domaine de l’électricité en une seule entité :

l’Agence nationale de l’électrification et de la transition énergétique (ANETE).

Les structures concernées sont :

L’ASER (Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale), créée par le décret n°99-1254 du 30 décembre 1999 ; L’ANER (Agence Nationale pour les Énergies Renouvelables), instituée par le décret n°2013-684 du 10 mai 2013 ; L’AEME (Agence pour l’Économie et la Maîtrise de l’Énergie), créée en juillet 2011.

Ces agences mènent des missions complémentaires, souvent interconnectées sur le terrain (électrification rurale par énergie solaire, promotion de la sobriété énergétique, etc.). Leur fusion permettra une meilleure synergie des ressources, une mutualisation des expertises, ainsi qu’une gestion intégrée et plus efficace des projets énergétiques.

Création de l’ANETE : vers une agence performante et moderne

La nouvelle ANETE devra être créée sous la forme d’un Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), afin de conjuguer missions de service public et efficacité opérationnelle.

Elle aura pour missions principales de :

Élaborer un programme pluriannuel de développement de l’électrification rurale ; Mettre en œuvre une stratégie nationale pour les énergies renouvelables ; Promouvoir l’efficacité énergétique à travers des actions concrètes (sensibilisation, audits, solutions techniques, etc.) ; Rechercher et mobiliser des financements nationaux et internationaux ; Conclure avec l’État un contrat de performance, définissant des objectifs clairs et mesurables.

Organisation interne de l’ANETE

En s’inspirant de la structuration actuelle de l’ASER, l’ANETE pourrait comporter les directions techniques suivantes :

Direction des Opérations d’Électrification Rurale (DOER) : mise en œuvre des projets dans les zones rurales. Direction des Énergies Renouvelables et de l’Efficacité Énergétique (DEREE) : promotion des énergies renouvelables et conduite de programmes d’efficacité énergétique. Direction du Financement de l’Électrification et de l’Efficacité Énergétique (DFEE) : mobilisation et gestion des financements. Direction des Études, de la Stratégie et de la Planification (DESP) : élaboration de politiques énergétiques, études de faisabilité et veille technologique.

Pour une gouvernance rigoureuse et transparente

Enfin, la nomination des responsables (Directeur Général, Chefs de direction et cadres techniques) devra se faire par appel à candidatures, selon des critères objectifs et transparents, dans le cadre d’un nouveau règlement administratif.

Babacar Ndiogou

Ingénieur en Génie Énergétique

Mouvement Jappo Yessal


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