C’est un cri d’alarme qui résonne dans tout le paysage médiatique sénégalais. Le journal Sud Quotidien, emblème de la presse indépendante et pluraliste depuis plus de trente ans, est aujourd’hui au bord du précipice. Menacé de disparition en raison d’une crise financière aiguë, ce quotidien emblématique suscite une onde de choc dans les milieux intellectuels, militants et citoyens. En réponse, un collectif composé d’une trentaine de personnalités engagées a lancé un vibrant appel à la solidarité nationale pour sauver ce symbole du journalisme sénégalais.
Dans leur texte, les signataires ne cachent ni leur inquiétude ni leur attachement à une institution qu’ils considèrent comme un repère démocratique : « Il est des voix qu’on ne saurait laisser s’éteindre. Sud Quotidien est de celles-là. » Né dans un contexte politique verrouillé, Sud a su se distinguer dès ses premières éditions par un ton libre, un engagement sans concession pour la démocratie, les droits humains et l’État de droit. Il a formé plusieurs générations de journalistes et s’est imposé comme un espace d’analyse et de débat respecté pour son professionnalisme et sa rigueur.
Mais aujourd’hui, cette voix risque de se taire, faute de moyens. Le journal fait face à des difficultés économiques si graves qu’elles menacent jusqu’à sa capacité de publication. Pour ses défenseurs, cette éventuelle disparition ne serait pas qu’une perte pour le secteur de la presse, mais un coup dur porté à la démocratie sénégalaise elle-même : « Ce serait un recul majeur pour notre démocratie, notre mémoire, notre liberté d’expression. Et pour l’État de droit. »
Pour faire face à cette urgence, les initiateurs de l’appel ont lancé une levée de fonds citoyenne. Objectif : répondre aux besoins immédiats pour assurer la survie du journal, sauvegarder les emplois, relancer la production éditoriale, mais aussi engager une réflexion sur sa modernisation et sa pérennisation à long terme. L’appel se veut inclusif, chacun étant invité à contribuer selon ses moyens. « Chaque contribution est un geste de résistance. Un acte de foi envers une presse libre, professionnelle, démocratique et laïque », clament les initiateurs.
Les dons peuvent être envoyés via un compte bancaire ouvert à Ecobank au nom de « Les Amis de Sud Quotidien », ou par les canaux de transfert habituels : Wave, Western Union, Money Gram ou RIA.
Alors que les menaces contre la liberté de la presse se multiplient à travers le monde, cette mobilisation autour de Sud Quotidien apparaît comme un sursaut salutaire, une manière de rappeler que le droit à une information libre, indépendante et de qualité est un bien commun qu’il faut protéger coûte que coûte.
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