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Kaolack : 4,3 tonnes de chanvre indien incinérées par les autorités

Les autorités administratives et sécuritaires de Kaolack ont procédé ce jeudi à l’incinération de 4,3 tonnes de chanvre indien, saisies au cours des opérations menées par les forces de défense et de sécurité. Cette destruction symbolique et dissuasive est intervenue à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, célébrée chaque 26 juin sous l’égide des Nations unies.

La cérémonie s’est déroulée sous la supervision du gouverneur de la région, Mouhamadou Moctar Watt, qui a salué l’engagement constant des forces de l’ordre dans cette lutte. « Cette forte quantité de drogue montre le niveau d’implication des forces de défense et de sécurité dans la lutte contre les drogues », a-t-il déclaré, rappelant que Kaolack demeure un point névralgique du trafic en raison de sa position géographique stratégique reliant plusieurs axes commerciaux.

Malgré les moyens parfois limités dont elles disposent, les forces de sécurité s’emploient à démanteler les filières et à enrayer un trafic dont les conséquences sont particulièrement destructrices pour les familles et l’économie nationale. « Malgré leurs moyens limités, nos forces de défense et de sécurité s’échinent à enrayer ce trafic, dont nul n’ignore les conséquences désastreuses sur les familles et l’économie sénégalaise », a insisté le gouverneur.

Il a par ailleurs mis en garde contre l’inventivité constante des trafiquants, qui multiplient les stratagèmes pour contourner les dispositifs de surveillance et d’interception.

Mouhamadou Moctar Watt a également insisté sur l’importance d’agir sur le terrain de la prévention et de l’éducation. « La sensibilisation doit être faite jusqu’au sein de nos familles. Toute la société doit s’impliquer dans la lutte contre le trafic de drogues », a-t-il plaidé, appelant à une mobilisation collective et permanente face à ce fléau.

Kaolack / Coup d’œil : Thioffack, berceau historique fondé en 1445

Dans la région de Kaolack, au cœur du Saloum, se dresse un village au riche passé historique : Thioffack. Selon la tradition orale transmise de génération en génération, ce village aurait été fondé en 1445, à une époque où les royaumes traditionnels du Sénégal battaient leur plein. Aujourd’hui, Thioffack est devenu l’un des quartiers périphériques de la commune de Kaolack.

Thioffack est situé à proximité de Médina Baye, grande cité religieuse de renommée internationale. Kaolack, pour sa part, est une ancienne ville coloniale qui s’est imposée comme un centre stratégique, notamment grâce au commerce de l’arachide et du sel.

Cependant, le développement urbain rapide et souvent mal planifié de certains quartiers, comme Thioffack, a entraîné de graves problèmes d’infrastructures.

En 2022, les habitants dépendaient d’un unique robinet public, ou de puits à l’eau salée, les forages existants étant devenus inexploitables.

En 2024, la situation s’est aggravée : coupures fréquentes, files d’attente dès 3 h du matin pour recueillir quelques litres d’eau. Beaucoup de familles se tournent vers les charretiers privés, à environ 5 000 FCFA le baril de 20 litres, un coût insoutenable pour les plus démunis.

En mars 2025, des manifestations de colère ont éclaté à Thioffack et Darou Rahmaty. Les habitants, bidons en main, ont dénoncé le rationnement, l’irrégularité de la distribution et les factures excessives malgré une fourniture d’eau quasi inexistante.

Chaque hivernage, le quartier est victime d’inondations récurrentes. Les eaux stagnantes rendent de nombreuses habitations impraticables, en particulier à l’approche du Gamou, période de grande affluence.

En août 2019, Thioffack était entièrement submergé par les eaux, comme en témoignent plusieurs reportages et photos diffusés à l’époque.

La case de santé du quartier est dans un état alarmant : manque d’entretien, hygiène déplorable, patients couchés à même le sol, sanitaires hors d’usage. Pourtant, elle accueille près de 1 000 patients chaque mois, soulignant un besoin urgent de réhabilitation.

En décembre 2024, face à ces défis, les habitants ont lancé le Mouvement pour le Développement de Thioffack (MDT), dirigé par Tamsir Ndiaye. Ce mouvement citoyen vise à :

Promouvoir le civisme et la bonne gouvernance locale Trouver des solutions pérennes au problème de l’eau Construire un lycée et un marché moderne Former les jeunes et soutenir l’autonomisation des femmes

En avril 2025, le MDT a mené plusieurs campagnes de sensibilisation sur le civisme, l’environnement et le changement climatique, renforçant ainsi la cohésion sociale dans le quartier.

Depuis février 2024, la mairie de Kaolack, à travers le programme « Cœurs de quartier », a prévu la réhabilitation de marchés locaux à Thioffack. À noter que les terrains concernés avaient été acquis dès 1997, sans suite concrète jusqu’à présent.

Comme chaque année, le quartier a vibré au rythme des « 24 heures de Thioffack », une initiative à la fois citoyenne et spirituelle. Durant toute une journée et une nuit, les habitants ont uni leurs efforts autour de deux axes majeurs : l’assainissement du quartier et des prières dédiées aux défunts.

Munis de pelles, balais et brouettes, jeunes et moins jeunes se sont engagés dans une vaste opération de nettoyage autour du poste de santé.

« C’est notre quartier, c’est notre responsabilité. L’assainissement est une forme de foi et de respect pour ceux qui vivent ici. Cette opération visait à prévenir les maladies liées aux eaux stagnantes et à renforcer la solidarité autour d’un objectif commun : un environnement sain et vivable », a expliqué Tamsir Ndiaye, président du MDT.

L’assainissement est un pilier de la santé publique, de la dignité humaine et du développement durable. Selon les experts, il permettrait de réduire jusqu’à 40 % les maladies diarrhéiques, qui restent une des principales causes de mortalité infantile au Sénégal.

Thioffack, riche de son héritage historique, se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Entre urgences sociales et mobilisation citoyenne, le quartier montre une résilience admirable, portée par ses habitants. Leur engagement quotidien, soutenu par des initiatives locales comme le MDT et les projets municipaux, redonne espoir à une population en quête de mieux-être, de dignité et de justice sociale.

Hausse de la dette : l’APR exige des explications sur la destination des 10 200 milliards de francs CFA contractés en deux ans

L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton face à ce qu’elle qualifie de « rythme effréné d’endettement » observé depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau régime. Réunis ce jeudi, les membres du Secrétariat exécutif national (SEN) du parti ont exprimé leur vive inquiétude quant à l’évolution de la dette publique, et exigent des explications détaillées et crédibles sur l’utilisation des 10 200 milliards de francs CFA contractés sur la période 2024-2025.

Selon le communiqué issu de cette réunion, 4 500 milliards de francs CFA auraient été contractés en 2024, suivis de 5 700 milliards projetés pour 2025. L’APR juge ces chiffres alarmants, surtout au regard de l’absence, selon elle, de projets structurants ou de mesures de relance économique visibles sur le terrain.

Le parti fondé par Macky Sall établit une comparaison directe avec la période de son propre magistère. Il rappelle qu’entre 2019 et 2023, le besoin total de financement s’élevait à 10 115 milliards de francs CFA, alors même que le pays faisait face à des chocs d’envergure : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, une flambée des prix mondiaux et le financement de grands projets d’infrastructures. L’APR précise que ce chiffre inclut même la « dette cachée », dont l’existence est toujours contestée par le parti.

Pour l’APR, la situation actuelle est d’autant plus préoccupante qu’aucune réalisation majeure ni réforme économique structurante ne justifie un tel niveau d’endettement. Le parti dénonce ainsi un manque de vision, une gestion budgétaire hasardeuse et une absence d’impact concret sur le quotidien des Sénégalais.

Au-delà des chiffres, l’APR alerte sur les risques majeurs que représente cette dynamique : perte de crédibilité financière, déséquilibre budgétaire croissant et mise en péril de l’avenir des générations futures. Le parti appelle les autorités à plus de transparence dans la gestion des finances publiques, à publier la destination précise des fonds empruntés et à engager un débat national sur la soutenabilité de la dette.

Achat de véhicules pour les députés : l’APR exige des éclaircissements sur les procédures

Réuni ce jeudi, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) s’est penché sur plusieurs sujets jugés urgents, dont l’un alimente une vive polémique dans l’espace public : l’acquisition de véhicules pour les députés de la 15e législature.

Alors que la question fait l’objet d’un large débat sur les réseaux sociaux et dans l’opinion, le parti fondé par l’ancien président Macky Sall appelle à la transparence totale sur ce dossier. Le SEN de l’APR réclame ainsi que toute la lumière soit faite sur les procédures ayant encadré cette opération, jugée sensible dans un contexte économique et social tendu.

L’APR insiste également sur la nécessité de rendre publique l’identité de l’attributaire du marché, conformément aux principes fondamentaux de bonne gouvernance et de redevabilité. Pour le parti, il est impératif que les autorités compétentes fassent preuve de clarté afin d’éviter toute suspicion de favoritisme ou d’irrégularité dans le processus d’acquisition.

Cette prise de position marque un tournant dans la posture de l’APR, qui, bien qu’ayant longtemps été au pouvoir, se positionne ici comme un acteur vigilant face aux pratiques actuelles. Elle s’inscrit également dans une volonté affichée de défendre la transparence dans la gestion des ressources publiques, notamment au sein des institutions de la République.

Sénégal – Fiscalité : Les propriétaires risquent de perdre jusqu’à 30% de leurs revenus locatifs à cause de la nouvelle imposition

La Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) du Sénégal vient de mettre en place une plateforme en ligne dédiée aux déclarations des revenus locatifs. Ce nouvel outil numérique vise à faciliter les démarches des contribuables, leur permettant de calculer de manière automatique le montant imposable sur les revenus générés par la location de leurs biens immobiliers.

Selon une enquête menée par la revue spécialisée « ConfidentielDakar », plusieurs propriétaires ayant utilisé cette plateforme ont constaté que l’imposition appliquée sur leurs revenus locatifs avoisine les 30%. Le système calcule un montant minimum imposable et indique clairement la somme que chaque contribuable doit s’acquitter.

Il est important de souligner que cette imposition sur les revenus locatifs est distincte de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Or, si ces deux prélèvements s’appliquent simultanément, un propriétaire pourrait perdre jusqu’à 37% de ses revenus générés par la location. En effet, la taxe sur le foncier bâti représente généralement entre 5% et 7% des revenus locatifs.

Cette nouvelle mesure fiscale pourrait donc affecter significativement la rentabilité des biens immobiliers mis en location, soulevant des inquiétudes parmi les propriétaires quant à l’impact de ces charges sur leurs revenus nets. La DGID, à travers cette plateforme, entend renforcer la transparence et la régularité dans la déclaration et le recouvrement des impôts liés au secteur locatif.

LFR 2025 : Thierno Alassane Sall dénonce une dette « implacable » de plus de 5 700 milliards et ses impacts néfastes

Le député et président du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a récemment porté à l’attention de l’opinion publique des chiffres inquiétants liés à la future Loi de Finances Rectificative (LFR) de 2025. Par un message publié sur sa page X (anciennement Twitter), l’opposant politique a révélé une dette publique qui s’envolerait à 5 715,5 milliards de francs CFA pour l’année 2025, portant le cumul de la dette sur deux ans à 10 207 milliards.

Face à ces chiffres qu’il qualifie d’« implacables », Thierno Alassane Sall déplore une trajectoire budgétaire qu’il juge insoutenable et peu bénéfique pour la population sénégalaise. Il souligne avec fermeté que cette explosion de la dette ne se traduit pas par des améliorations tangibles dans des secteurs essentiels tels que l’emploi, la santé, les infrastructures ou encore le bien-être général des citoyens.

L’élu de l’opposition insiste notamment sur l’absence d’impact positif de cette dette sur le chômage, le coût de la vie, la situation des étudiants ou encore le développement du monde rural. Pour lui, la hausse constante des emprunts publics semble se faire au détriment des besoins fondamentaux de la majorité des Sénégalais.

Par ailleurs, Thierno Alassane Sall critique également ce qu’il qualifie de « néo-apparatchiks » qui, selon lui, profiteraient des fonds politiques financés par cette dette croissante. Il met en garde contre le poids de cette politique économique sur le pouvoir d’achat des ménages, marqué notamment par des prix à la pompe élevés et des denrées de base devenues hors de portée, aggravant ainsi les sacrifices imposés à la population.

À travers cette dénonciation, le président du parti République des Valeurs appelle à une révision urgente de la gestion des finances publiques afin d’éviter que la dette ne devienne un fardeau insupportable pour le Sénégal, sans générer les effets escomptés sur le développement économique et social du pays.

Santé : Le COMES déclare une grève de 120 heures renouvelable et annonce un sit-in devant le ministère

Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en Spécialisation du Sénégal (COMES) a décidé de durcir sa mobilisation face au silence du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Dans un communiqué adressé à la rédaction Ledakarois, le collectif a officialisé le déclenchement d’une grève d’une durée de 120 heures, renouvelable, à laquelle succédera un sit-in prévu ce lundi devant le ministère.

Cette décision forte fait suite à plusieurs semaines d’alerte et de demandes restées sans réponse. Le COMES dénonce un mutisme persistant des autorités face à leurs revendications, qui portent essentiellement sur l’amélioration de leurs conditions de travail, la régularisation de leur statut, ainsi que la prise en charge effective de leurs droits en tant que professionnels en spécialisation.

Selon les membres du collectif, malgré de nombreuses tentatives de dialogue et d’alerte auprès du ministère de tutelle, aucun engagement concret n’a été pris pour répondre à leurs attentes. Ce silence nourrit un sentiment de frustration et de manque de considération de la part des autorités sanitaires.

Le COMES souligne que les professionnels qu’il représente jouent un rôle clé dans le système sanitaire sénégalais, mais qu’ils continuent de faire face à des difficultés liées à leur statut et à leurs conditions d’exercice. Ils exigent donc des mesures urgentes qui garantiraient une meilleure prise en compte de leur situation.

Le collectif avertit que si aucune mesure tangible n’est adoptée dans les prochains jours, leur mouvement de protestation pourrait s’intensifier, affectant ainsi davantage le fonctionnement des structures de santé. Cette nouvelle phase de mobilisation intervient dans un contexte où la pression sur le secteur sanitaire ne cesse de croître, rendant les négociations d’autant plus cruciales pour assurer la continuité des soins.

En attendant, le COMES appelle à la solidarité des autres acteurs du secteur et à l’attention de l’opinion publique sur la nécessité d’une réponse rapide et adaptée à leurs revendications légitimes. Le sit-in de lundi prochain constituera ainsi un moment clé pour mesurer la capacité des autorités à engager un dialogue constructif et apaiser les tensions.

Arrestations de journalistes et de chroniqueurs : le FDR dénonce une « instrumentalisation » de la justice et des libertés publiques « bâillonnées »

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) est monté au créneau ce mercredi pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive préoccupante des institutions judiciaires et une atteinte grave aux libertés fondamentales. Dans une déclaration ferme, l’opposition réunie sous la bannière du FDR a exprimé ses vives inquiétudes face à ce qu’elle qualifie d’« instrumentalisation flagrante de la justice », au détriment des principes de l’État de droit.

Selon le FDR, la justice sénégalaise est aujourd’hui utilisée à des fins politiques. Le Front affirme que celle-ci s’est éloignée de sa mission d’impartialité pour devenir un outil de règlement de comptes contre des opposants, des chroniqueurs et des journalistes. Il évoque des procédures ciblées, des jugements expéditifs et des décisions judiciaires qui suscitent de plus en plus d’incompréhension et de méfiance chez les citoyens. Pour le Front, cette situation érode dangereusement la confiance dans les institutions républicaines et menace l’équilibre démocratique du Sénégal.

Le FDR s’alarme également d’un climat d’étouffement des libertés publiques. Bien que les manifestations pacifiques ne soient pas formellement interdites, elles font systématiquement l’objet d’une répression, selon le communiqué du Front. L’organisation pointe aussi une pression fiscale jugée « étouffante » sur les organes de presse, ainsi qu’un harcèlement constant contre les chroniqueurs et activistes. Ce climat général, estime le FDR, engendre une citoyenneté bâillonnée, où la peur et la répression prennent le pas sur le débat démocratique et la liberté d’expression.

Pour conclure, le FDR appelle à un sursaut national face à ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir. Il enjoint les forces vives du pays à défendre les droits fondamentaux, la justice indépendante et la liberté d’informer, socles essentiels de toute démocratie véritable.

Présumé virement frauduleux à Orabank : le Nigérian Usman Danmudi Auwal arrêté à l’AIBD

L’affaire du présumé virement frauduleux à Orabank connaît un nouveau rebondissement majeur. Usman Danmudi Auwal, ressortissant nigérian et présenté comme un chef d’entreprise, a été interpellé par les éléments de la Division des investigations criminelles (DIC) alors qu’il tentait de quitter le Sénégal par l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). L’homme était activement recherché depuis le déclenchement de cette affaire qui secoue le secteur bancaire national.

Selon des sources judiciaires, Usman Danmudi Auwal a été déféré mercredi devant le parquet de Dakar. Il est poursuivi pour une série de délits graves, dont l’association de malfaiteurs, le faux et usage de faux en écritures privées de banque, l’escroquerie, la manipulation frauduleuse de données d’identification de compte bancaire, ainsi que le blanchiment de capitaux. Autant de charges qui soulignent la complexité du dossier et la dimension transnationale des faits reprochés.

Les enquêteurs de la DIC ont identifié un lien direct entre l’accusé et les transferts suspects : le compte bancaire d’Usman Danmudi Auwal faisait partie des bénéficiaires du virement frauduleux incriminé. Cette révélation a été déterminante dans l’enquête, accélérant les recherches et débouchant sur son arrestation.

Cette nouvelle interpellation intervient après celle de Papa Oumar Sambe, autre suspect clé dans ce dossier. Ce dernier, ancien chargé de protocole à la Commission électorale nationale autonome (CENA) et par ailleurs gérant de la société Post Trading, avait été placé en garde à vue avant que les investigations ne s’élargissent au niveau international.

Les autorités judiciaires poursuivent leurs investigations pour démanteler l’ensemble du réseau impliqué dans cette opération financière frauduleuse qui, selon les premières estimations, pourrait avoir causé d’importants préjudices.

Conseil supérieur de la magistrature : trois nouvelles nominations à la Cour suprême

Lors de la réunion du Conseil supérieur de la magistrature tenue ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à d’importantes mesures individuelles dans le haut commandement judiciaire. Ces décisions s’inscrivent dans le vaste mouvement de réaménagement de la carte judiciaire sénégalaise entamé depuis quelques semaines. Elles concernent cette fois la Cour suprême, l’instance juridictionnelle la plus élevée du pays.

Trois magistrats ont été promus à de nouvelles fonctions au sein de cette juridiction de dernier ressort. Il s’agit d’abord de madame Henriette Diop Tall, précédemment en détachement auprès de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), qui rejoint désormais la Cour suprême en tant que Conseillère. Sa nomination marque un retour dans l’appareil judiciaire après une expérience notable dans le secteur de la régulation des marchés publics.

Monsieur Mamadou Seck Diouf, jusque-là Avocat général délégué près la Cour suprême, voit son parcours se poursuivre à un niveau plus élevé. Il est promu au poste de Conseiller délégué à la Cour suprême, consolidant ainsi son ancrage dans les hautes sphères de l’institution.

Enfin, monsieur El Hadji Birame Faye, qui occupait les fonctions de Conseiller référendaire à la Cour suprême, a également été élevé au rang de Conseiller délégué. Cette décision vient récompenser un parcours constant au sein de la magistrature suprême.

Ces nominations traduisent la volonté du chef de l’État d’insuffler un nouveau souffle au sommet du pouvoir judiciaire sénégalais, en s’appuyant sur des profils expérimentés et diversifiés. Elles s’inscrivent dans un processus plus large de refonte des responsabilités et de redéploiement stratégique au sein des principales juridictions du pays.

Sénégal – LFR 2025 : Un budget de réajustement face aux défis économiques

Le gouvernement sénégalais a dévoilé le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2025. Ce document marque un tournant stratégique dans l’exécution budgétaire du pays, en pleine mutation économique. Il s’inscrit dans la dynamique de transformation inscrite dans l’Agenda national « Sénégal 2050 », tout en prenant en compte les mutations économiques récentes à l’échelle mondiale et nationale.

Au niveau international, l’économie mondiale fait face à un net ralentissement. La croissance mondiale a été révisée à la baisse, à 2,3 % pour 2025 et 2,4 % pour 2026, selon les dernières perspectives de la Banque mondiale. Cette dégradation est portée par un cumul de facteurs : une intensification des tensions commerciales provoquées par les nouvelles barrières tarifaires américaines, des réponses de rétorsion de la part des partenaires commerciaux, des perturbations persistantes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, des conditions de financement difficiles malgré un léger relâchement des politiques monétaires des grandes banques centrales, ainsi qu’un risque de récession mondiale qui s’est accentué. Celui-ci est passé de 17 % en octobre 2024 à 30 % en avril 2025.

À ces facteurs s’ajoutent les effets géopolitiques du conflit en cours entre Israël et l’Iran. Cette guerre provoque une instabilité aux conséquences économiques lourdes pour les pays en développement comme le Sénégal, qui subissent à la fois une baisse de la demande extérieure, une forte volatilité des cours des matières premières et une hausse des coûts de financement. Le climat d’incertitude pourrait également décourager l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Sur le plan national, le gouvernement a dû revoir son cadrage macroéconomique. Plusieurs éléments expliquent ce réajustement. Il s’agit d’abord de la prise en compte des conclusions du rapport de la Cour des comptes, qui a entraîné une actualisation du service de la dette et une reprogrammation réaliste des dépenses d’investissement. Par ailleurs, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a assoupli sa politique monétaire en réduisant ses taux : le taux directeur est passé de 3,5 % à 3,25 %, tandis que le taux de prêt marginal est désormais fixé à 5,25 % au lieu de 5,5 %.

Conséquence directe de ces ajustements, le gouvernement a revu à la baisse ses projections économiques. La croissance, initialement attendue à 8,8 %, est désormais réévaluée à 8,0 %. Bien qu’en recul, cette performance demeure la plus élevée prévue sur le continent africain pour l’année 2025. Elle reste essentiellement portée par l’entrée en production du secteur des hydrocarbures, qui constitue un levier majeur dans la stratégie de croissance du pays.

En revanche, la croissance hors hydrocarbures, estimée à 3,8 %, s’appuiera sur une relance ciblée de secteurs stratégiques jugés à fort potentiel. Toutefois, cette dynamique est atténuée par une contraction du produit intérieur brut nominal. Celui-ci est désormais projeté à 21 690,5 milliards de FCFA, contre 22 597,7 milliards prévus initialement, soit une baisse de 907,2 milliards FCFA représentant une réduction de 4,0 %.

Crise nationale : Khalifa Sall et ses alliés dénoncent les dérives du régime Diomaye Faye

La Conférence des leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), réunie ce mercredi 26 juin 2025 au siège de Taxawu Sénégal, a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Dans un communiqué aux accents fermes, le regroupement dirigé par Khalifa Ababacar Sall a dénoncé une « crise multidimensionnelle sans précédent », et lancé un appel à la mobilisation nationale face à ce qu’il qualifie de dérives autoritaires du régime de Bassirou Diomaye Faye.

Le FDR a d’abord dressé un bilan interne jugé satisfaisant de ses six premiers mois d’existence. Les leaders se sont félicités du parachèvement de l’organisation de leur structure, avec des commissions pleinement actives, et ont salué le leadership de leur coordonnateur sortant, Khalifa Sall, qui termine son mandat le 30 juin. À l’unanimité, ils ont désigné Samba Sy, secrétaire général du PIT, pour lui succéder à la tête du Front à partir du 1er juillet. Le communiqué évoque un homme d’écoute, de consensus et de fidélité à l’idéal républicain, désigné pour conduire les prochaines batailles.

Mais c’est surtout sur l’état du pays que les leaders du FDR ont haussé le ton. Selon eux, le Sénégal, longtemps considéré comme un exemple démocratique sur le continent, traverse une période d’instabilité profonde marquée par une crise politique, financière, économique et sociale. Le communiqué dénonce un climat de répression généralisée, une justice instrumentalisée et une société civile muselée. Le FDR accuse le pouvoir de faire de la justice un outil de règlement de comptes politiques, avec des procédures ciblées, des décisions jugées arbitraires et une pression constante sur les opposants, les journalistes et les activistes.

Les libertés publiques sont également au cœur des préoccupations du Front. Les manifestations pacifiques, bien que non interdites, seraient systématiquement réprimées. Les médias seraient sous pression, notamment via la fiscalité, tandis que plusieurs chroniqueurs subiraient menaces, intimidations et incarcérations. Le FDR parle d’un climat d’étouffement des voix discordantes et d’un recul démocratique préoccupant.

Sur le plan économique, le diagnostic dressé par le FDR est alarmant. Il évoque une dette publique jugée insoutenable, un déficit budgétaire jamais atteint, une inflation persistante et un chômage massif des jeunes. Le Front accuse le régime de mauvaise gestion, notamment dans le secteur agricole avec l’arrêt des chantiers publics, la mauvaise qualité des semences, la rareté des engrais et l’absence de soutien aux producteurs. Le gouvernement est également critiqué pour sa stratégie économique, qualifiée de brouillonne, déconnectée des réalités du terrain et sans vision à long terme.

Face à cette situation jugée préoccupante, le FDR appelle à un sursaut collectif. Le communiqué exhorte la société civile, les syndicats, les partis politiques et toutes les forces vives à s’unir pour faire barrage à la « mal gouvernance du régime Diomaye-Sonko ». Le Front dit vouloir engager des luttes multiformes contre les dérives liberticides et pour la préservation des libertés fondamentales, d’une justice indépendante et d’un État au service du peuple.

Dans une conclusion sans équivoque, le FDR affirme que le Sénégal mérite mieux. Le peuple, dit-il, mérite une justice libre, une gouvernance éthique et une démocratie solide. Le combat continue, promet la coalition, qui se dit plus que jamais mobilisée pour la défense des libertés, de la justice et de la République.

Conseil supérieur de la Magistrature : des magistrats détachés à la Présidence, à la Primature et à l’international

Le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) s’est tenu ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Cette session a permis d’entériner plusieurs décisions relatives au positionnement de magistrats sénégalais dans différents services nationaux et internationaux.

Parmi les principales mesures, plusieurs magistrats ont été placés en position de détachement. C’est le cas de Moustapha Ka, conseiller technique au ministère de la Justice, désormais affecté à la Présidence de la République. Alassane Ndiaye, également conseiller technique, rejoint la Primature dans le même cadre. Firmin René Jim Coly, précédemment détaché au ministère des Infrastructures, poursuivra sa mission à la Société nationale de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE).

Cyr Gomis, secrétaire général de l’Observateur national des lieux de privation de liberté, est à son tour détaché auprès du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens. Magatte Diouf, président de chambre à la Cour d’appel de Tambacounda et également secrétaire général de cette juridiction, est affecté à l’Agence judiciaire de l’État (AJE), sous la tutelle du ministère des Finances et du Budget.

La magistrate Ndioba Diome, substitut du procureur près le Tribunal de grande instance de Rufisque, rejoint la Présidence de la République, au sein de la Délégation générale du Renseignement national (DRN), en tant que conseillère juridique.

Le Conseil a également validé le renouvellement des détachements de Souleymane Bassoum au ministère des Infrastructures, ainsi que de Mamadou Racine Ly à la Cour pénale internationale (CPI), prolongeant ainsi leur mission dans ces institutions.

Par ailleurs, deux magistrats ont été placés en position de disponibilité. Cheikh Ahmadou Bamba Niang intègre un programme sécuritaire financier en qualité d’expert juriste. Quant à Assane Dramé, il rejoint l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en Afrique centrale, également comme expert.

Ces décisions s’inscrivent dans une dynamique de renouvellement et de repositionnement stratégique de l’appareil judiciaire sénégalais, visant à valoriser l’expertise nationale à la fois sur le plan local et international.

Conseil supérieur de la magistrature : vaste chamboulement dans les juridictions de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda

La réunion du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), présidée ce jeudi 26 juin 2025 par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye au Palais de la République, a donné lieu à une vague de nominations et d’affectations majeures dans plusieurs ressorts judiciaires du pays. Ce réaménagement, perçu comme un tournant dans la gestion des ressources humaines de la magistrature, touche les cours d’appel de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda.

Dans le ressort de la Cour d’appel de Thiès, plusieurs postes de responsabilité ont été renouvelés. Alioune Sissokho, jusque-là avocat général à la Cour d’appel de Kaolack, rejoint la Cour d’appel de Thiès au même poste. Cheikhna Anne, anciennement en détachement auprès du ministère de l’Énergie, devient substitut général à la même juridiction. El Hadji Mamadou Ndiaye, qui présidait le Tribunal d’instance de Tivaouane, prend la tête du Tribunal de grande instance de cette localité. El Hadji Malick Dembélé, détaché au ministère des Finances, est nommé président du Tribunal d’instance de Diourbel. Mamadou Bassirou Ndiaye, en provenance du ministère de la Pêche, devient procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Tivaouane. Khady Sakho, conseillère à la Cour d’appel de Thiès, est affectée comme juge au Tribunal de grande instance de Thiès. Modou Mar Ndiaye quitte la présidence du Tribunal d’instance de Diourbel pour prendre les rênes de celui de Tivaouane, tandis que Babacar Diomaye Diouf, précédemment juge à Dakar, est affecté à Diourbel.

Dans la Cour d’appel de Kaolack, Fatou Ngom Sissokho, qui présidait le Tribunal d’instance de Kaffrine, est désormais juge au Tribunal de grande instance de Kaolack. Elle est remplacée à Kaffrine par Amadou Diatta, ancien président de chambre à la Cour d’appel de Kaolack.

Au niveau de Saint-Louis, Idrissa Yéro Dème, jusque-là substitut du procureur à Matam, rejoint le Tribunal de grande instance de Saint-Louis en qualité de substitut du procureur.

Dans la région sud du pays, le ressort de la Cour d’appel de Ziguinchor connaît également des changements notables. Serigne Modou Diakhaté, ancien conseiller à la Cour suprême, est promu Premier président de la Cour d’appel de Ziguinchor. Il sera épaulé par Awa Nguenah Manga, ancienne vice-présidente du Tribunal du travail de Dakar, désormais nommée présidente de chambre à Ziguinchor.

Enfin, à Tambacounda, Abdourahmane Diallo, président de chambre à la Cour d’appel, cumulera désormais ses fonctions avec celles de secrétaire général de ladite cour.

Conseil supérieur de la magistrature : plusieurs magistrats nommés à l’administration centrale du ministère de la Justice

Réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, le Conseil supérieur de la magistrature a procédé à un vaste mouvement au sein du corps judiciaire. Outre les nominations dans les cours d’appel et tribunaux, plusieurs affectations ont été prononcées à l’administration centrale du ministère de la Justice.

Parmi les personnalités concernées, Oumar Sall, jusque-là président de chambre à la Cour d’appel de Dakar, rejoint l’administration centrale du ministère. Il en est de même pour Khokhane Sène, également précédemment président de chambre dans la même juridiction. Ces deux magistrats chevronnés sont appelés à mettre leur expérience au service de la gestion centrale de la justice.

Par ailleurs, Fatou Binetou Ndiaye, qui était en détachement au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, est rappelée et réintégrée dans le dispositif du ministère de la Justice. Elle y retrouvera une fonction stratégique dans les services de l’administration.

Deux autres magistrats de juridictions du premier degré rejoignent aussi les services centraux. Mouhamadou Ndéné Ndir, précédemment en poste au tribunal du travail hors classe de Dakar, et Ndèye Awa Diagne, ancienne juge au tribunal de grande instance hors classe de Dakar, sont désormais affectés à l’administration centrale.

Ces affectations confirment une volonté présidentielle de réorganiser les ressources humaines de la Justice pour renforcer l’efficacité de l’administration judiciaire au niveau central. En confiant des fonctions internes à des magistrats expérimentés, le chef de l’État entend consolider les réformes en cours dans le secteur.

Ce mouvement, loin d’être anodin, intervient dans un contexte de refonte annoncée du fonctionnement de la justice, où l’exigence de transparence, d’efficacité et de modernisation est au cœur des priorités de la nouvelle équipe dirigeante.

Réunion du Conseil supérieur de la magistrature : 20 magistrats nommés à la Cour d’appel de Dakar

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce jeudi 26 juin 2025 une importante réunion du Conseil supérieur de la magistrature au Palais. Cette rencontre a été marquée par une série de nominations au sein de la Cour d’appel de Dakar, avec l’arrivée de vingt magistrats à divers postes clés. Une réorganisation significative qui s’inscrit dans la dynamique de réforme de la justice sénégalaise.

Parmi les personnalités promues, Aminata Fall Cissé fait son entrée en tant que Présidente de Chambre à la Cour d’appel de Dakar, après un détachement auprès du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères. Mbaye Pouye, ancien conseiller technique au ministère de la Justice, ainsi qu’Aïssatou Diouf Samb, ex-vice-présidente du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, accèdent également à des présidences de chambre au sein de la juridiction.

Le juge Massaer Sarr, qui officiait au Pool judiciaire financier, est également promu Président de Chambre. Dans le même élan, Moustapha Fall devient conseiller à la Cour d’appel, tandis que Soyoubou Sy et Aliou Diop sont nommés avocats généraux, respectivement en provenance des Cours d’appel de Thiès et Tambacounda.

Le mouvement touche aussi des magistrats en fonction dans d’autres juridictions. Samba Ndiaye, jusque-là à la Chambre d’accusation financière, rejoint le tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Abou Dièye et Cheikh Mbengue, tous deux juges à Mbour et Thiès, deviennent juges d’instruction au Pool judiciaire financier.

De nouvelles responsabilités ont également été confiées à Fatou Sylvie Kouedou, désormais vice-présidente du tribunal de Pikine-Guédiawaye, et à Ndella Dièye, qui rejoint le tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Khadim Diagne est redéployé au tribunal du travail hors classe de Dakar.

Par ailleurs, plusieurs magistrats intègrent de nouveaux tribunaux ou changent de ressort : Moussa Deh à Pikine-Guédiawaye, Babacar Ngom à Rufisque, et Ndiyaye Sarr à Rufisque également. Dans le parquet, Mamadou Doudou Senghor, Abibatou Yague, Thierno Ismaïla Diallo et Mouhamadou Ndiaye Sarr se voient confier de nouvelles fonctions, notamment au sein des parquets financiers ou dans les juridictions de grande instance.

Ces nominations traduisent la volonté du chef de l’État d’insuffler une nouvelle dynamique dans l’appareil judiciaire, notamment en consolidant les effectifs de la Cour d’appel de Dakar, une juridiction stratégique dans le paysage judiciaire sénégalais. Elles confirment aussi un mouvement d’ensemble observé dans les différentes juridictions du pays à la suite de cette réunion du Conseil supérieur de la magistrature.

Conseil supérieur de la Magistrature : le président Diomaye Faye opère de vastes changements dans la justice

Le Conseil supérieur de la Magistrature s’est réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. À l’issue de cette séance, plusieurs décisions majeures ont été prises, entraînant un remaniement d’ampleur au sein de l’appareil judiciaire.

Le chef de l’État, qui préside le Conseil, a procédé à une série de nominations touchant des juridictions stratégiques du pays. Ces changements concernent notamment la Cour suprême de Dakar, cœur du pouvoir judiciaire, mais aussi les Cours d’appel de Dakar, Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda. L’administration centrale de la Justice n’est pas en reste, avec des ajustements opérés à des postes clés.

Cette vague de mutations intervient dans un contexte où l’exécutif affiche sa volonté de redonner à la Justice toute son autorité, son indépendance et sa crédibilité. Ces décisions traduisent aussi l’ambition du président Diomaye Faye de remettre à plat l’organigramme du pouvoir judiciaire, en y insufflant une nouvelle dynamique de rigueur, d’éthique et d’équité.

Selon des sources proches du dossier, l’objectif est de renforcer l’efficacité des juridictions sur l’ensemble du territoire national, tout en corrigeant certains déséquilibres observés ces dernières années dans la répartition des magistrats et des responsabilités. Ce renouvellement marque donc un tournant important pour la Justice sénégalaise.

Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye

Tiaroye 1944: Une blessure encore vive au Sénégal; vers la reconnaissance et les réparations d’un crime colonial oublié

Le 1er décembre 1944, des dizaines, voire des centaines de tirailleurs africains sont massacrés à Tiaroye, dans la banlieue de Dakar, par l’armée coloniale française. Huit décennies plus tard, cet épisode tragique continue de hanter les mémoires. Une nouvelle dynamique, lancée par le Premier ministre Ousmane Sonko, entend briser le silence historique autour de cette tuerie coloniale restée impunie.

Le 19 février 2025, Sonko a officiellement lancé une campagne d’excavations archéologiques sur le site du massacre. L’objectif est triple : faire toute la lumière sur les circonstances du drame, identifier le nombre exact de victimes et initier une démarche de justice historique et symbolique.

Dans un micro-trottoir diffusé récemment sur les réseaux sociaux, plusieurs habitants de Dakar se sont exprimés sur l’importance de cette initiative. Pour eux, la vérité historique est indispensable à toute démarche de réparation. Comme le souligne un intervenant : « Une injustice, qu’elle dure 100 ans ou 100 heures, reste une injustice. Elle doit être réparée à tout moment ».

La demande de réparations prend ici plusieurs formes. Pour certains, elle devrait être financière, pour d’autres, elle passe aussi par une reconnaissance symbolique des faits et la transmission de la mémoire. « La réparation est multiforme, elle peut être pécuniaire ou d’autres formes… même un pardon symbolique peut être un début », déclare un citoyen interrogé dans la vidéo.

La quête de vérité avance : « Ces fouilles-là permettraient quand même de faire de grandes avancées pour découvrir la vérité dans cette histoire », estime un autre intervenant. Les doutes autour de la version officielle, en particulier celle fournie par les autorités françaises, renforcent la nécessité d’un travail indépendant. « Si c’est la France qui donne les chiffres, là ça peut avoir des problèmes », prévient un jeune Dakarois.

Le sentiment d’injustice traverse toutes les prises de parole. La responsabilité française est pointée du doigt, et le crime colonial ne doit pas rester sans suite : « La France, elle est responsable… un crime de guerre, on peut discuter, mais il faut que ce soit très clair », affirme l’un des témoins.

L’émotion populaire s’exprime aussi dans l’art. Le musicien guinéen Elie Kamano a récemment sorti un clip poignant sur le massacre de Tiaroye, appelant à la mémoire et à la justice pour les descendants de ces soldats oubliés.

Ce réveil mémoriel s’inscrit dans une volonté plus large de rupture avec l’impunité historique dont jouit encore la France en Afrique. Pour les autorités sénégalaises, il ne s’agit pas seulement de faire œuvre de mémoire, mais d’exiger des réparations à la hauteur de la tragédie. Le massacre de Tiaroye est devenu un symbole : celui d’une époque d’arrogance coloniale qui doit impérativement prendre fin. Le temps est venu de rendre justice aux victimes et de clore ce chapitre sombre par un acte de reconnaissance et de réparation.

Par AWA DEMBELE

Lutte contre le chanvre indien : le ministre de l’Intérieur salue une opération d’envergure dans les îles Carone (4 tonnes saisies)

En prélude au comité territorial et régional de développement prévu ce jeudi 26 juin et couvrant les régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, le ministre de l’Intérieur, le Général Jean Baptiste Tine, s’est rendu ce mercredi à la subdivision régionale des Douanes de Ziguinchor, où sont entreposées d’importantes saisies de chanvre indien en provenance des îles Carone. Ces saisies sont le fruit d’une vaste opération conjointe menée par les Douanes, l’Armée et la Gendarmerie.

Cette opération, conduite en deux phases au cours de l’année, a permis la destruction d’environ 400 hectares de plantations de chanvre indien et la saisie de 4 tonnes de cette drogue, pour une valeur marchande estimée à 376 millions de francs CFA.

« C’est un résultat exceptionnel qu’il faut saluer », a déclaré le ministre, qui a chaleureusement félicité les forces de sécurité pour ce qu’il qualifie de « coup décisif porté à un fléau qui gangrène la société sénégalaise ».

Le Général Tine a insisté sur les effets dévastateurs de cette drogue :

« Le chanvre indien détruit notre jeunesse, il mine notre économie et alimente une économie de guerre propice à la criminalité organisée. »

Tout en saluant la réussite de l’opération, le ministre a tenu à rappeler que la lutte contre le chanvre indien ne saurait se limiter à des actions répressives. Il a plaidé pour une approche globale et inclusive, fondée sur le désenclavement des îles Carone et le développement d’alternatives économiques viables, en particulier l’agriculture vivrière.

« Il faudra, en concertation avec les populations, trouver les voies et moyens de remplacer cette culture illicite, afin de contribuer à l’atteinte de notre souveraineté alimentaire », a-t-il ajouté.

S’adressant à la presse, le ministre a enfin lancé un appel à renforcer la sensibilisation, en particulier auprès des jeunes, sur les méfaits de la drogue :

« Faites davantage pour montrer que la drogue détruit notre jeunesse, notre pays, et ouvre la voie à la criminalité organisée, voire au terrorisme. Et personne ne veut cela pour le Sénégal. »

Kaolack : 4 tonnes 311 kg de chanvre indien incinérées par les autorités

Une importante cérémonie d’incinération de drogue s’est tenue ce jeudi 26 juin 2025 à la sortie de la ville de Kaolack, en présence des autorités administratives, judiciaires et sécuritaires. Cette opération marque une nouvelle étape dans la lutte contre le trafic de stupéfiants au Sénégal.

« Il faut dire que nous célébrons aujourd’hui la Journée internationale de lutte contre la drogue. Nous avons tenu à marquer l’événement dans la région de Kaolack à travers l’incinération d’importantes quantités de drogues saisies par les différentes forces de l’ordre et de sécurité », a déclaré Mouhamed Moctar Watt, gouverneur de la région de Kaolack.

La quantité incinérée s’élève à 4 tonnes 311 kilogrammes de chanvre indien. Cette saisie témoigne de l’engagement fort des forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le trafic de drogue.

À ce titre, plusieurs entités se sont distinguées, notamment la Brigade régionale des stupéfiants, la gendarmerie, le commissariat central ainsi que l’administration douanière. Le gouverneur a souligné que la région de Kaolack, en raison de sa position de carrefour, constitue un point stratégique du trafic de drogue, recevant des cargaisons provenant principalement du sud du pays et d’autres régions.

« Malgré des moyens limités, nos forces de l’ordre s’emploient quotidiennement, avec courage et détermination, à enrayer ce trafic. Car nul n’ignore les conséquences désastreuses de la drogue au sein des familles : tensions, conflits, violences physiques ou verbales, traumatismes, perte de repères, échec scolaire, délinquance, perte d’emploi, dettes, vols dans le foyer, dépression, anxiété et sentiment d’impuissance chez les proches. Sans oublier les répercussions négatives sur l’économie nationale », a rappelé le chef de l’exécutif régional.

Le gouverneur a également déploré la forte implication des jeunes dans la consommation de drogues. « Or, les jeunes constituent l’avenir du pays. Lorsqu’ils sont gangrenés par ce fléau, c’est l’avenir même de la nation qui est compromis », a-t-il averti.

Enfin, il a souligné que la lutte contre la drogue ne saurait se limiter à la seule répression. « La sensibilisation et la dénonciation sont deux piliers essentiels pour prévenir, protéger et réhabiliter. Il est impératif que tous les acteurs – familles, autorités, communautés et les jeunes eux-mêmes – s’unissent pour faire front contre ce fléau qui détruit des vies en silence », a-t-il plaidé.

Pour rappel, cette cérémonie d’incinération s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, célébrée chaque 26 juin.

Sénégal : vaste mouvement dans la magistrature entériné par le Conseil supérieur ce 26 juin 2025

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) s’est réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence effective du Chef de l’État. Cette séance a abouti à un important remaniement au sein de l’appareil judiciaire, marqué par de nombreuses nominations, affectations et titularisations, touchant à la fois les plus hautes juridictions et les tribunaux de première instance à travers le pays.

La haute juridiction du pays accueille trois nouveaux magistrats. Mme Henriette Diop Tall, précédemment en service à l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), a été nommée conseillère à la Cour suprême. Elle est accompagnée de M. Mamadou Seck Diouf et M. El Hadji Birame Faye, tous deux nommés conseillers délégués.

Au niveau de l’administration centrale du ministère de la Justice, cinq nouveaux magistrats ont été intégrés. Parallèlement, à la Cour d’appel de Dakar, plusieurs présidents de chambre ont été nommés, notamment Mme Aminata Fall Cissé et M. Mbaye Pouye, confirmant la volonté de renforcer la gouvernance et la célérité dans le traitement des affaires judiciaires.

Dans un contexte de lutte contre la criminalité économique et financière, le Pool judiciaire financier a vu ses effectifs renforcés par l’arrivée de nouveaux juges d’instruction spécialisés, chargés de traiter les dossiers complexes liés à la corruption, au blanchiment de capitaux et aux détournements de deniers publics.

Plusieurs substituts du procureur ont été redéployés vers diverses juridictions du territoire national. Les localités concernées incluent Dakar, Pikine, Fatick, Rufisque et Saint-Louis, afin de renforcer la présence judiciaire et améliorer l’accès au service public de la justice.

Le magistrat Serigne Modou Diakhaté a été nommé Premier président de la Cour d’appel de Ziguinchor, l’un des postes les plus stratégiques dans la région sud du pays. Il sera épaulé par Mme Awa Nguenah Manga, désormais à la tête d’une chambre de cette même juridiction.

Parmi les autres décisions notables figure l’approbation de plusieurs détachements de magistrats vers des institutions telles que la Présidence de la République, la Primature et la Lonase. Ce mouvement vise à mettre l’expertise judiciaire au service de la gouvernance et du contrôle administratif.

Par ailleurs, 35 juges suppléants issus de la promotion 2023 ont été titularisés, tandis que 34 nouveaux magistrats fraîchement diplômés du Centre de formation judiciaire (promotion 2024) ont reçu leur première affectation dans différentes Cours d’appel du pays.

Ce vaste mouvement entériné par le Conseil supérieur de la magistrature s’inscrit dans une dynamique plus large de renouvellement générationnel, de renforcement des capacités et de modernisation de la justice sénégalaise. Il traduit également la volonté des autorités de garantir une justice plus proche des citoyens, mieux répartie sur le territoire et mieux équipée face aux nouveaux défis.

Mamadou Niang MBAYE, Un souffle nouveau au service des clubs.

‎Dirigeant d’entreprise, acteur engagé du sport

‎Dans son manifeste, ce natif de Rufisque se présente comme un entrepreneur sénégalais, dirigeant d’entreprise et acteur engagé du développement du sport et de l’éducation en Afrique.

‎Après des études en France en classes préparatoires et une admission à l’école d’ingénieur I’ENSIL, suivie d’un diplôme en management et administration en école de commerce en France, Mamadou est revenu au pays pour investir dans l’éducation, l’insertion et le sport.

‎Depuis 2015, il est le propriétaire de SoluEtude, une société spécialisée dans le placement d’étudiants à l’étranger. Une entreprise présente aujourd’hui dans plus de 16 pays en Afrique.

‎En plus d’être un pionnier de la digitalisation de l’orientation scolaire, il est également co-fondateur de plusieurs sociétés dont Edupass spécialisée dans les services financiers, ainsi que du PACDigitale, dédiée à la transformation numérique des institutions…

‎Président d’AJEL

‎Engagé, fédérateur et ambitieux, Niang Mbaye est devenu un modèle dans le milieu du sport, une référence à Rufisque. Il a même mis en place une académie de football, SoluEtude AC, tournée vers la formation de jeunes talents.

‎Depuis quelques années, il est le président de l’Association Jeunesse Education et Loisirs (AJEL) de Rufisque, un club évoluant dans le championnat sénégalais de Ligue 1.

‎Promu dans l’élite sénégalaise cette saison, AJEL joue même les premiers rôles en championnat. De National à la L1 en l’espace de quatre ans, le club rufisquois a connu une ascension fulgurante sous Mamadou Niang Mbaye et Makhète Diop ‘’Paco Boy’’.

‎Une « Ligue forte au service des clubs » de Dakar

‎Aujourd’hui candidat à la présidence de la Ligue régionale de football de Dakar, il ambitionne de succéder à Malick Thiam. Ce jeune dirigeant sera en concurrence avec Mamadou Joe Samba et Abdoulaye Cissé. Pour dompter ses adversaires, il compte s’appuyer sur une vision, c’est à dire « structurer, moderniser et valoriser durablement le football dakarois au bénéfice de tous les clubs ».

‎Pour ce faire, Mamadou Niang Mbaye a proposé 11 axes stratégiques : la gouvernance transparente et participative, l’organisation sportive rigoureuse digitalisée, le développement du football jeune, la gestion des compétitions mais aussi une Coupe de la Ligue de Dakar sponsorisée.

‎Justement, ce candidat à la présidence de la Ligue de Dakar promet un tournoi annuel des clubs amateurs avec des primes allant de 10 millions FCFA pour le vainqueur, 5 millions pour le finaliste et 3 millions FCFA pour les demi-finalistes.

‎Parmi les autres axes stratégiques, la formation et la structuration. L’autonomie des districts, la logistique et l’équipement, la communication et la visibilité digitale, ainsi que la promotion du foot féminin, du futsal et du beach soccer.

‎Le tout autour d’un programme à l’horizon 2029 « pour refonder la Ligue, la rendre plus juste, plus efficace et plus ambitieuse au service des clubs et des pratiquants ».

‎Avec sa coalition dénommée Wa Dakar, Mamadou Niang Mbaye « porte une vision forte, ancrée dans le terrain, soutenue par les clubs et orientée vers des résultats concrets ».

Sénégal : Le directeur général de la CDC appelle les responsables publics à défendre le bilan de l’État

Dans un contexte de critiques persistantes à l’égard de l’action publique, le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keita, a lancé un appel clair à la mobilisation des responsables publics. À travers un message publié ce jeudi, il a exhorté les ministres, directeurs généraux et autres cadres à occuper activement l’espace public pour défendre le bilan du président de la République et de son gouvernement.

Dans son intervention, Fadilou Keita réagit aux « graves accusations portées souvent contre l’État du Sénégal », qu’il qualifie de dangereuses pour la cohésion nationale et la confiance des citoyens envers les institutions. Selon lui, ces attaques, parfois nourries par la manipulation et la délation, risquent de fragiliser l’image de l’État si elles ne rencontrent pas une réponse forte et structurée.

« L’image de l’État doit être préservée », insiste-t-il, avant d’en appeler à la responsabilité de chacun : « Les directeurs généraux doivent occuper l’espace public et chacun, en ce qui le concerne, défendre le bilan du chef de l’État et de son gouvernement, en ce sens qu’ils en représentent les bras techniques et opérationnels. »

Fadilou Keita appelle à dépasser ce qu’il qualifie de « conception ringarde de l’administration », qui prône le silence et la retenue même face à la calomnie. Il plaide pour une posture plus proactive, conjuguant professionnalisme et engagement : « Le professionnalisme, la centration et la diligence dans la prise en charge des missions qui nous sont dévolues, ne sont pas antagonistes à la nécessité d’apporter des répliques acerbes et incisives. »

Face à ceux qu’il qualifie de « divertisseurs », il affirme que ce sont eux qui devraient être mis sur la défensive, et non les serviteurs de l’État. Il conclut en appelant ses collègues à poursuivre l’engagement politique avec intelligence, vigilance, et fermeté.

Affaire des 8 milliards : nouvelle tentative de libération pour Lat Diop

L’ex-ministre des Sports et ancien Directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), Lat Diop, refait surface dans l’actualité judiciaire. Incarcéré depuis plusieurs mois dans le cadre d’une enquête pour détournement de deniers publics, blanchiment d’argent et association de malfaiteurs, l’homme politique fait une nouvelle tentative de retrouver la liberté. Ses avocats viennent en effet de déposer une nouvelle demande de mise en liberté provisoire.

Ce n’est pas la première fois que la défense de Lat Diop tente d’obtenir sa remise en liberté. Une précédente demande introduite devant la Cour suprême avait été rejetée, les juges estimant que les garanties de représentation n’étaient pas suffisantes au regard de la gravité des faits reprochés. Pour cette nouvelle tentative, ses avocats espèrent un revirement de situation, arguant d’une détention prolongée sans jugement et d’un état de santé jugé préoccupant.

Lat Diop est poursuivi pour un détournement présumé de près de 8 milliards de francs CFA. Selon les premiers éléments de l’enquête, ces fonds auraient été soustraits des caisses de la Lonase durant sa direction. Les enquêteurs soupçonnent également un vaste réseau de blanchiment impliquant plusieurs intermédiaires et structures écrans. Le dossier, complexe, mobilise la justice financière sénégalaise depuis plusieurs mois.

L’affaire a connu plusieurs développements depuis l’ouverture de l’instruction. Des perquisitions ont été menées, des comptes bancaires gelés, et des auditions ont été effectuées à tous les niveaux. Plusieurs collaborateurs de l’ancien DG de la Lonase ont également été entendus. La presse sénégalaise évoque une enquête tentaculaire qui pourrait aboutir à d’autres mises en cause.

Proche de l’ancien régime, Lat Diop est aussi une figure politique dont les démêlés judiciaires sont perçus par certains comme une opération de moralisation de la vie publique, et par d’autres comme une chasse aux sorcières post-alternance. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle demande de liberté provisoire relance les spéculations sur l’évolution du dossier.

Alors que les nouvelles autorités ont fait de l’indépendance de la justice un pilier de leur gouvernance, le traitement du dossier Lat Diop est scruté avec attention. Le rejet ou l’acceptation de cette nouvelle requête sera sans doute perçu comme un signal fort quant à la volonté réelle d’instaurer une justice équitable et impartiale.

Refus de visas à l’équipe nationale féminine de basket : la diplomatie américaine s’explique

Le refus de visas opposé à plusieurs joueuses de l’équipe nationale féminine de basket du Sénégal continue d’alimenter l’indignation au sein de l’opinion publique. Alors que la polémique enfle, la conseillère aux affaires publiques de l’Ambassade des États-Unis à Dakar, Ruth Anne Stevens-Klitz, est sortie de sa réserve pour s’exprimer, ce jeudi 26 juin, sur les ondes de RFM Matin.

Face aux critiques, la diplomate américaine a tenu à défendre la position de son pays, rappelant les règles strictes qui encadrent la délivrance des visas. « Chaque demande est examinée individuellement. Le fait qu’il s’agisse d’une équipe nationale ne change rien à cette règle », a-t-elle déclaré, soulignant que seuls les agents consulaires sont habilités à apprécier l’éligibilité des demandeurs. Pour Ruth Anne Stevens-Klitz, l’appartenance à une délégation officielle ne garantit en rien l’obtention d’un visa. « Un visa n’est pas un droit automatique, même pour des athlètes dans un cadre structuré », a-t-elle insisté.

Cette sortie intervient dans un climat tendu, après la réaction du Premier ministre sénégalais qui a publiquement dénoncé ce qu’il considère comme un affront diplomatique. En réponse, la diplomate a réaffirmé la neutralité du processus : « Une équipe est composée d’individus, et chacun doit prouver qu’il satisfait aux critères. »

Cherchant à apaiser les esprits, Ruth Anne Stevens-Klitz a également rappelé la solidité des relations entre Washington et Dakar. « Nos liens avec le Sénégal sont forts. Nous soutenons la culture et le sport, comme en témoigne notre participation à la dernière Biennale de Dakar avec des artistes américains », a-t-elle indiqué.

Enfin, elle a tenu à réfuter toute idée de discrimination ou de traitement particulier réservé aux citoyens sénégalais. « Il n’existe actuellement aucune restriction de voyage pour les Sénégalais. Il s’agit de décisions consulaires individuelles, et non d’une orientation générale », a-t-elle conclu.

Farba Ngom refuse à nouveau les visites : ses proches inquiets de son état de santé

Pour la troisième journée consécutive, Farba Ngom, député et maire des Agnam, a décliné toute visite à la prison de Rebeuss, où il est détenu depuis février dernier dans le cadre d’une affaire de transactions financières jugées douteuses. Une décision qui suscite l’inquiétude de ses proches, venus en nombre ces derniers jours pour lui témoigner leur solidarité.

Dans une note relayée par le quotidien Les Échos, la cellule de communication de l’élu informe que « toutes les visites prévues ce jeudi 26 juin sont reportées à une date ultérieure », invoquant des raisons de santé. « En raison de son état de santé, l’honorable député Farba Ngom informe que toutes les visites prévues ce jeudi 26 juin sont reportées […] Merci pour votre compréhension et votre solidarité », peut-on lire dans le communiqué.

Arrêté dans le cadre de l’enquête sur un scandale financier impliquant plus de 125 milliards de francs CFA, révélé par un rapport de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), Farba Ngom est depuis placé sous mandat de dépôt. Les charges pesant contre lui portent notamment sur des flux financiers suspects et des montages financiers opaques.

Face à la dégradation présumée de son état de santé, les avocats de Farba Ngom ont introduit une nouvelle demande de liberté provisoire. Cette requête s’appuie sur un rapport médical établi par un médecin mandaté par le juge d’instruction, concluant à une incompatibilité entre son état physique et la détention en milieu carcéral.

Au sein de l’Alliance pour la République (APR), parti au pouvoir jusqu’à récemment, certains cadres dénoncent un « acharnement judiciaire » contre un homme qu’ils présentent comme affaibli et vulnérable. « Il faut que le droit soit dit, mais dans des conditions humaines et médicales acceptables », a déclaré un responsable du parti sous couvert d’anonymat.

Ziguinchor : Un vaste scandale financier éclabousse la mairie

La mairie de Ziguinchor est au cœur d’un scandale financier retentissant. Selon des révélations du quotidien L’Observateur, un détournement de fonds publics estimé à plus de 27 millions de francs CFA a été mis à nu, mettant en cause un haut responsable municipal.

Le principal suspect, Yaya Mansaly, régisseur en poste à l’état civil depuis 2018, a été arrêté par les éléments de la Section de Recherches de la gendarmerie. Il est accusé d’avoir orchestré un détournement massif, au cœur même du système administratif de la commune. L’affaire, longtemps étouffée dans les couloirs de la mairie, a finalement éclaté grâce à la vigilance du mouvement citoyen Frapp Ziguinchor. Ce dernier a tiré la sonnette d’alarme en dénonçant de graves irrégularités dans la gestion des finances municipales, mettant en cause la transparence de l’administration actuelle dirigée par le maire Djibril Sonko.

Les premières investigations confirment l’existence de flux financiers suspects et d’opérations irrégulières sur plusieurs exercices. Mais l’affaire pourrait aller bien au-delà de ce premier chiffre. Selon nos sources, les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour retracer le circuit complet de l’argent disparu, identifier les complices et établir les responsabilités à tous les niveaux.

« L’objectif est de faire tomber tout le réseau impliqué, aussi bien les exécutants que les éventuels donneurs d’ordre », confie une source proche de l’enquête. D’autres agents municipaux sont d’ores et déjà dans le viseur des autorités, et des convocations devraient tomber dans les prochains jours.

Ce scandale, qui survient dans un contexte de forte exigence citoyenne en matière de reddition des comptes, pourrait fragiliser durablement la crédibilité de la gestion municipale à Ziguinchor. Il remet également sur la table les questions de transparence, de contrôle interne et d’éthique dans les collectivités territoriales du pays.

Kaolack – Les “24 heures de Thioffack” : entre assainissement, mémoire et spiritualité

Comme chaque année, le quartier Thioffack, situé dans la commune de Kaolack, a vibré au rythme des “24 heures de Thioffack”, une initiative communautaire à forte portée citoyenne et spirituelle. Pendant toute une journée et une nuit, les habitants se sont mobilisés autour de deux axes majeurs : l’assainissement du quartier et les prières en mémoire des défunts.

Jeunes, adultes et personnes âgées se sont rassemblés, munis de pelles, balais et brouettes, pour un vaste nettoyage au niveau du poste de santé du quartier. Objectif : rendre cet espace propre, sain et accueillant pour tous.

“C’est notre quartier, c’est notre responsabilité. L’assainissement est une forme de foi et de respect pour ceux qui vivent ici”, a déclaré Tamsir, président du Mouvement pour le Développement de Thioffack (MDT).

Cette opération visait non seulement à prévenir les maladies liées aux eaux stagnantes, mais aussi à renforcer les liens communautaires autour d’un objectif commun : un environnement propre et vivable.

“L’assainissement est au cœur de la santé publique, de la dignité humaine et du développement durable. Il réduit de 40 % les maladies diarrhéiques, qui restent une cause majeure de mortalité infantile. Ce n’est pas seulement une question de propreté, c’est une question de vie”, a-t-il ajouté.

“L’assainissement n’est pas un luxe. C’est un droit humain fondamental. Pour qu’il devienne une réalité pour tous, il faut une volonté politique forte, des financements durables, et surtout, l’implication des communautés elles-mêmes.”

Dans la matinée, l’ambiance est devenue plus solennelle. Au point symbolique du quartier, des séances de lecture du Coran ont été organisées à la mémoire du défunt chef de quartier, Samba Sakho Mbodji, ainsi que pour tous les disparus de Thioffack.

“Nos morts ne sont pas oubliés. Ils continuent de vivre à travers nos prières et nos actions”, a déclaré M. Ndiaye, président du comité de quartier.

Des invocations collectives (douas) ont été faites pour le repos des âmes des anciens de Thioffack, notamment ceux ayant marqué l’histoire du quartier par leur engagement social, religieux ou éducatif.

Au-delà des dimensions pratique et spirituelle, ces “24 heures” ont aussi été l’occasion d’un précieux partage intergénérationnel. Les jeunes ont pu échanger avec les anciens sur l’histoire du quartier, ses valeurs, ses figures emblématiques et ses défis.

“Nous voulons que les jeunes prennent le relais, qu’ils sachent que chaque pavé de Thioffack a une histoire”, a confié Tamsir Ndiaye.

Plus qu’un simple événement annuel, les “24 heures de Thioffack” incarnent un modèle vivant de civisme, de solidarité et de piété. À l’heure où de nombreux quartiers cherchent à renouer avec les valeurs communautaires, Thioffack montre la voie avec humilité et constance.

“Les 24 heures de Thioffack ne sont pas qu’un événement. Elles incarnent une vision, un engagement, une mémoire vivante de notre quartier”, a conclu Tamsir Ndiaye.

Drame à Casablanca : Makaty Camara, jeune Sénégalais de 33 ans, retrouvé mort dans des circonstances troublantes

Disparu depuis dimanche dernier à Casablanca, au Maroc, Makaty Camara, un jeune Sénégalais de 33 ans, a été retrouvé sans vie sur une plage de la ville. Les circonstances entourant sa mort, jugées floues et suspectes par ses proches, soulèvent de nombreuses interrogations.

Originaire de Rufisque, Makaty Camara était installé au Maroc depuis près de sept ans. Il y travaillait dans la location d’appartements, en partenariat avec des ressortissants marocains. Responsable, travailleur et profondément attaché à sa famille restée au Sénégal, il incarnait un véritable pilier pour ses proches. « C’était mon deuxième fils, mais l’unique enfant de sa mère. Il était tout pour nous », témoigne son père, Omar Guèye Camara, bouleversé par la tragédie.

Le dimanche du drame, Makaty s’était rendu sur une plage privée avec son épouse marocaine. Après une baignade dans la piscine, il avait informé sa femme qu’il se rendait dans la mer, située à quelques mètres. Il ne reviendra jamais. Alertée par sa disparition, son épouse s’était rendue avec son cousin au poste de police pour signaler l’incident, avant de retourner sur les lieux dans l’espoir d’obtenir des réponses.

Les premières démarches pour visionner les images de vidéosurveillance sur la plage ont été freinées par le personnel qui affirmait que les caméras étaient « hors service ». Ce refus initial, perçu comme suspect, a attisé l’inquiétude de la famille. Ce n’est que le lendemain, avec l’intervention du consulat du Sénégal, que les vidéos ont pu être consultées.

Les images, selon des sources proches de la famille et relayées par L’Observateur, montrent Makaty assis seul au bord de la mer. Puis, plus rien. Il disparaît mystérieusement quelques minutes plus tard. Aucun signe de panique, aucun témoin d’une noyade.

Pendant plusieurs jours, des recherches intenses ont été menées. Mais l’espoir de le retrouver vivant s’est effondré hier, lorsque son corps sans vie a été découvert sur la même plage.

Le père de la victime, profondément ému, refuse de croire à la thèse d’une simple noyade. « Mon fils avait des blessures à la tête, aux lèvres, et le visage complètement tuméfié. Rien de cela ne correspond à une noyade accidentelle. C’est pourquoi je parle de crime. »

Déterminé à obtenir justice, Omar Guèye Camara a adressé une lettre officielle au ministère sénégalais des Affaires étrangères pour exiger une réaction ferme de l’État. Il appelle à une enquête indépendante et approfondie, avec l’implication des autorités sénégalaises et marocaines.

« Mon fils n’a pas été emporté par la mer. Quelque chose lui est arrivé. Je refuse qu’il soit enterré sans que la vérité éclate », martèle-t-il. Au-delà de sa douleur personnelle, le père de Makaty alerte sur les conditions souvent précaires dans lesquelles vivent de nombreux jeunes Sénégalais à l’étranger. « Ils sont parfois seuls, vulnérables, et sans réelle protection. Il faut que ça cesse. »

Aujourd’hui, la famille Camara attend des réponses. Elle demande que toutes les zones d’ombre soient éclaircies, que les responsabilités soient situées, et que justice soit rendue.

Coup de filet historique à Ziguinchor : 4.000 tonnes de chanvre indien saisies par les forces de sécurité

Ziguinchor, région sud du Sénégal, a été le théâtre d’une opération antidrogue d’une ampleur inédite. Les forces de défense et de sécurité ont frappé un grand coup contre le trafic de drogue, en mettant la main sur pas moins de 4.000 tonnes de chanvre indien, dans le cadre d’une vaste opération conjointe menée par l’Armée, la Gendarmerie et les Douanes.

Sur place, le ministre de l’Intérieur, le Général Jean Baptiste Tine, s’est félicité du professionnalisme et de la parfaite coordination entre les différentes forces engagées. Il a salué “une coopération exemplaire” et a adressé ses félicitations aux soldats de l’économie pour cette saisie qualifiée de “colossale”.

Selon les autorités douanières, la marchandise saisie représente une valeur marchande estimée à 376 millions de francs CFA, et provient de plantations s’étendant sur plus de 400 hectares. Les stupéfiants ont été entreposés dans les locaux de la subdivision des Douanes de Ziguinchor, en attendant leur destruction par incinération dans les règles prévues par la législation.

Le Général Tine n’a pas manqué d’alerter sur les dangers liés à la culture du chanvre indien :

« La culture du chanvre indien détruit la jeunesse et gangrène notre économie », a-t-il dénoncé avec fermeté.

Il a appelé à une intensification des efforts de lutte contre ce trafic, tout en insistant sur l’importance de la prévention et la sensibilisation, notamment dans les zones rurales où la culture du cannabis s’est développée comme activité de subsistance.

Conscient des enjeux socio-économiques qui sous-tendent la persistance de cette culture illicite, le ministre a plaidé pour la mise en place de solutions économiques alternatives. Objectif : offrir aux populations locales des moyens de subsistance licites et durables, à travers le développement de l’agriculture, de la formation professionnelle et des projets de résilience économique.

Cette saisie spectaculaire vient rappeler l’urgence de renforcer la surveillance des zones sensibles et de mobiliser tous les acteurs de la chaîne sécuritaire et communautaire pour éradiquer un phénomène aux conséquences multiples : sociales, économiques et sécuritaires.

Changement à la tête de l’ENAP : Maguette Diop nommé Président du Comité de gestion par décret présidentiel

Par décret présidentiel, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à un remaniement stratégique au sein de l’École nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP). Amady Gnagna Cissé, qui assurait jusqu’ici la présidence du Comité de gestion de cette institution, a été relevé de ses fonctions. Il est remplacé par Maguette Diop, greffier de formation, détenteur du matricule de solde n° 622 476/C.

Titulaire d’une maîtrise en Administration publique, Maguette Diop est un professionnel aguerri du secteur judiciaire. Sa nomination à la tête de l’ENAP marque une volonté de renforcer la rigueur administrative et pédagogique de cette école stratégique, placée sous la tutelle du ministère de la Justice.

Le nouveau président du Comité de gestion de l’ENAP aura pour mission de piloter l’orientation générale de l’établissement, tant sur le plan administratif que logistique. Il devra veiller à la qualité de la formation dispensée aux futurs agents pénitentiaires, pilier essentiel du système carcéral national.

Parmi ses responsabilités figurent également la mise en œuvre des décisions stratégiques, la gestion du budget de l’établissement, ainsi que la coordination entre les différentes directions internes et les partenaires institutionnels.

SCANDALE PRÉSUMÉ DE L’« ASER-GATE » : Un document à trois signatures refait surface

Signé à Dakar le 25 novembre 2023 par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), la société espagnole AEE POWER EPC et l’entreprise sénégalaise AEE POWER SÉNÉGAL S.A., un document portant sur le remplacement de poteaux métalliques par des poteaux en béton armé fabriqués localement dans le cadre du projet d’électrification de 928 localités rurales soulève de sérieuses interrogations sur sa nature et sa valeur juridique.
Sur le fond, la décision semble s’aligner sur les exigences de la commande publique au Sénégal, qui imposent qu’au moins 50 % de la valeur des marchés soient réalisés par des entreprises locales. En favorisant la production de poteaux en béton sur place, les signataires paraissent promouvoir l’expertise nationale. Mais en l’absence de références à un contrat notifié, à un avenant validé, ou à une décision officielle de l’organe de régulation, ce document à trois voix semble évoluer dans une zone grise.
Les rôles respectifs des signataires alimentent le flou : ASER, autorité contractante ; AEE POWER EPC, bénéficiaire d’une offre spontanée et titulaire du marché ; AEE POWER SÉNÉGAL, désigné comme mandataire prestataire, sans que l’on sache s’il s’agit d’une délégation formelle ou d’un simple acte de coopération. L’absence d’un cadre juridique clair interroge : est-ce un avenant implicite au contrat principal ? Un protocole technique sans force obligatoire ? Ou un simple engagement d’intention, sans portée contraignante ?
Par ailleurs, cette situation se complexifie avec la mise à l’écart ultérieure de AEE POWER SÉNÉGAL, alors même que cette entreprise avait été mobilisée pour incarner la préférence locale à travers la fabrication des poteaux. Le paradoxe est d’autant plus saisissant que cette décision survient après le versement par l’ASER d’une avance de démarrage de 2,425 milliards de francs CFA à AEE POWER EPC, sans que les travaux aient démarré.
Depuis, la presse sénégalaise, notamment Le Quotidien, a révélé l’ouverture d’une enquête par la police espagnole sur des mouvements de fonds suspects. Des transferts financiers liés à cette avance auraient transité par plusieurs pays, dont Chypre, l’Égypte et le Sénégal. De quoi raviver les soupçons de malversations dans un projet censé améliorer l’accès à l’électricité de plus de 600 000 Sénégalais.
L’affaire avait déjà connu un premier coup de tonnerre en octobre 2024, lorsque l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) avait suspendu le contrat, pointant de graves manquements dans la transparence du processus d’attribution. Le financement global du projet, estimé à 37 milliards de francs CFA, reposait sur une offre spontanée, elle-même objet de critiques.
Les bailleurs de fonds n’ont pas tardé à réagir. La banque Santander, partenaire financier, et l’agence espagnole Cesce, chargée de la garantie du crédit à l’export, ont exprimé leurs inquiétudes. Cesce a suspendu son appui, invoquant un manque de traçabilité sur l’utilisation des fonds.
Les représentants de AEE POWER SÉNÉGAL ont, de leur côté, dénoncé des irrégularités dans la gestion de l’avance, évoquant des flux financiers non justifiés depuis un compte logé chez Santander.
En février 2025, la Cour suprême du Sénégal a surpris en annulant la décision de suspension de l’ARCOP, permettant ainsi la reprise du projet. Mais cette relance n’a pas dissipé les doutes. Où est passé l’argent ? Quelles sont les véritables relations contractuelles entre les différents acteurs ? Et surtout, quelle est la valeur réelle d’un document qui engage sans clarifier ?
Alors que l’enquête espagnole se poursuit, ce projet d’électrification, censé sortir des villages de l’obscurité, soulève désormais encore des interrogations sur la transparence des mécanismes publics et la réalité de la préférence locale dans les grands marchés d’infrastructure.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°496 – 26/06/2025

🔴 « ASER-GATE » : ENGAGEMENT TRIPARTITE : UNE PIÈCE MAÎTRESSE REFAIT SURFACE
🔴 DIVISION SPÉCIALE DE LA CYBERSÉCURITÉ / BACHIR FOFANA EN GARDE À VUE : LE JOURNALISME EN DANGER AU SÉNÉGAL

🔴 LIGUE RÉGIONALE DE FOOTBALL DE ZIGUINCHOR : BACARY CISSÉ PRÔNE UN « SURSAUT »
🔴 MODOU LÔ – SA THIÈS : UN DUEL DE TITANS EN GESTATION

Un an après l’enlèvement de Serge Oulon : RSF interpelle l’ambassadeur du Burkina Faso sur les disparitions et réquisitions de journalistes

Un an jour pour jour après l’enlèvement du journaliste burkinabè Serge Oulon, Reporters sans frontières (RSF) a lancé un appel public à l’ambassadeur du Burkina Faso au Sénégal, Saïdou Maïga. L’organisation de défense de la liberté de la presse exige des réponses claires sur le sort des journalistes disparus et les conditions de vie des journalistes réquisitionnés par les autorités burkinabè.

Le 24 juin 2024, Serge Oulon, directeur du journal d’investigation L’Événement, était enlevé à son domicile par des hommes armés se réclamant de l’Agence nationale de renseignement (ANR). Depuis cette date, aucune preuve de vie n’a été rendue publique, malgré l’annonce officielle de sa réquisition par l’armée burkinabè en octobre dernier. La situation reste confuse et inquiète profondément la communauté journalistique, tant au Burkina Faso qu’à l’international.

RSF affirme également que trois autres journalistes – Adama Bayala, Kalifara Séré et Alain Traoré – ont été enlevés dans des circonstances similaires entre juin et juillet 2024. Par ailleurs, trois journalistes de renom, Guezouma Sanogo, Boukari Ouoba et Luc Pagbelguem, ont été enlevés le 24 mars 2025, puis réapparus dans une vidéo en tenue militaire le 2 avril. Les autorités ont expliqué qu’ils avaient été réquisitionnés pour servir dans les rangs de l’armée, en vertu du décret de mobilisation générale adopté dans le pays.

Dans une déclaration relayée ce mardi, RSF insiste sur l’urgence d’éclaircir la situation : l’organisation exige de savoir si ces journalistes sont encore en vie, dans quelles conditions ils se trouvent, et sur quelle base juridique repose leur détention ou leur réquisition. RSF rappelle que la réquisition forcée de journalistes est une pratique inédite et profondément inquiétante en Afrique de l’Ouest.

L’organisation dit avoir adressé plusieurs demandes officielles aux autorités burkinabè depuis un an, sans réponse. Elle espère donc que l’ambassadeur Maïga, qui s’est dit ouvert au dialogue lors d’une conférence de presse organisée à Dakar en mai dernier, profitera de cette date symbolique pour faire la lumière sur ces disparitions.

Le contexte burkinabè, marqué par une militarisation croissante et une répression des voix critiques, est scruté de près. RSF considère que l’absence de transparence et de garanties légales dans le traitement réservé aux journalistes porte atteinte à la liberté de la presse et à l’État de droit. À défaut de preuves concrètes et de garanties sur le sort des journalistes concernés, RSF qualifie ces situations de « disparitions forcées ».

L’organisation appelle à une mobilisation internationale pour que le gouvernement burkinabè réponde enfin aux nombreuses préoccupations soulevées par ces cas, dans le respect du droit humanitaire et des conventions internationales relatives aux droits humains.

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 25 Juin 2025

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de la Justice :
•        Monsieur Maguette DIOP, Greffier, matricule de solde n° 622 476/C, titulaire d’une maîtrise en Administration publique, est nommé Président du Comité de gestion de l’Ecole nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP), en remplacement de Monsieur Amady Gnagna CISSÉ.
Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
•        Monsieur Oumar Ngalla NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 189/E, précédemment Adjoint au Gouverneur de la région de Dakar chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Birkelane, région de Kaffrine, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation :
•        Madame Mame Penda BA, Professeur agrégé en sciences politiques, est nommée Directeur du Financement des Etablissements d’Enseignement supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.
 
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale :
•        Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Diplôme d’Études supérieures spécialisées en Gestion des services de santé, en service à l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh SY de Tivaouane, est nommé Directeur des Établissements publics de Santé, en remplacement de Monsieur Ousmane DIA.
 
•        Madame Mariama CISSOKHO, Économiste, titulaire d’un MBA en Gestion des Services de Santé, précédemment Chef des Services administratifs et financiers au Centre hospitalier régional Ahmadou Sakhir NDIEGUENE de Thiès, est nommée Directeur dudit établissement, en remplacement de Docteur Alioune FAYE.
 
•        Monsieur Samba GUEYE, Économiste, Administrateur des Services de santé, matricule de solde n° 607 735/D, précédemment Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, est nommé Directeur du Centre hospitalier national DALAL DIAM, en remplacement de Monsieur Moussa Sam DAFF.
 
•        Monsieur Ibra DIAGNE, Psychiatre, titulaire d’un Doctorat en Médecine, précédemment
Responsable des équipes d’Intervention et de Soutien psychosocial au Centre des Opérations d’Urgence sanitaire (COUS), est nommé Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, en remplacement de Monsieur Samba GUEYE, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Aboubacar TRAORE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé publique, précédemment chirurgien-urologue à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional Amadou Tidiane BA de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.
 
•        Monsieur Daouda SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master spécialisé en santé publique, spécialiste en management de projets multicentriques, est nommé Directeur du Centre national de Transfusion sanguine, en remplacement du Professeur Saliou DIOP.
 
•        Monsieur ElHadji Mansour DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en management des Services de santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national Aristide LE DANTEC, en remplacement du Docteur Babacar THIANDOUM.
 
•        Monsieur Oumar MBAYE, titulaire d’un Doctorat d’Etat en médecine et d’un Master en Management des structures de santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Abdoul Cissé KANE des Agnams, en remplacement du Docteur Abdoulaye SOW.
 
•        Monsieur Mahib Badiane, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Pharmacie et Économiste de la Santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national El Hadji Malick SY de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Babacar SENE.
Au titre du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public :
•        Monsieur Serigne Mansour FAYE, Ingénieur informaticien, matricule de solde n° 696 783/A, est nommé Directeur des Systèmes d’Informations au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage :
•        Monsieur Sanoussy SANE, Expert en économie solidaire et en gouvernance sociale, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie (INP), en remplacement de Monsieur Paul FAYE.
•        Monsieur Mamadou Boye DIALLO, Juriste financier, matricule de solde  n° 642 620/Z, précédemment Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale d’Insertion et de Développement agricole (ANIDA) en remplacement de Monsieur Ousmane NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.  
 
•        Monsieur Youssoupha BA, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 604 751/G, est nommé Secrétaire général de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) , en remplacement de Monsieur Abdou Aziz NGOM, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Cheikh Tidiane LY, Economiste, matricule de solde n° 709 190/X, précédemment Inspecteur technique au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage en remplacement de Monsieur Mamadou Boye DIALLO, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Tacko DIAWARA, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 618 718/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Thiès, en remplacement de Monsieur Abiboulaye SIDIBE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 515
133/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de
Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Jean Paul BAMPOKY, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Malado SEYE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 606 367/H, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Saint Louis, en remplacement de Madame Tacko DIAWARA, appelée à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Abdou Karim CISSE, Ingénieur du Génie rural, matricule de solde n° 619 875/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kolda, en remplacement de Monsieur Hamadou BALDE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 699 702/C, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kaolack, Poste vacant.
 
•        Madame Mame Fama KEBE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 734 696/E, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Matam, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Samba GAYE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 663 623/D, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de
Sédhiou, en remplacement de Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Mame Fatou DIOP, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 666 599/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Fatick, en remplacement de Monsieur Abdoulaye CAMARA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 664
014/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Saint Louis,
en remplacement de Monsieur Evariste Jean Christoph Togut BASSENE, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur El Hadji SOW, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 689 589/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Thierno FALL, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 751 123/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Kédougou, en remplacement de Monsieur El Hadji SOW, appelé à d’autres fonctions.
Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire :
•        Monsieur Abdou  DIAW, Expert en Finance Islamique, précédemment Coordonnateur national du Programme de Développement de la Microfinance islamique, est nommé Administrateur général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique (FDMI).

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 25 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 25 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a rappelé au
Gouvernement l’impératif de prendre toutes les mesures et dispositions idoines en vue d’assurer, sur l’étendue du territoire national, une bonne organisation des examens et concours, notamment le Baccalauréat général et le Brevet de Fin d’Etudes moyennes (BFEM). Il a adressé ses encouragements à tous les candidats et exhorté l’ensemble des acteurs de la
communauté éducative (enseignants, apprenants, parents d’élèves, personnels administratifs et techniques…) à œuvrer sans relâche pour l’excellence, la stabilité et le rayonnement du système éducatif national. Il a informé qu’il présidera la cérémonie de remise des prix aux lauréats du Concours général, le 31 juillet 2025.

Le Chef de l’Etat est revenu sur la place fondamentale de l’enseignement supérieur dans l’Agenda national de Transformation. Le développement de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation reste le socle de la valorisation du capital humain national et de la transformation systémique durable du Sénégal. Dès lors, il a rappelé au Gouvernement, l’urgence de prendre les dispositions préventives adéquates, en liaison avec toutes les parties prenantes, afin d’assurer la continuité académique et la stabilité sociale dans les universités et établissements d’enseignement supérieur publics. A cet effet, il a souligné l’importance d’une parfaite maitrise :
– du calendrier universitaire au regard du respect des prescriptions du système LMD ; – du développement fonctionnel de la carte universitaire avec une reprise en main et une réception dans les délais des infrastructures universitaires dans les régions ; – des orientations des futurs bacheliers ;
– des ressources et charges des universités, établissements d’enseignement supérieurs et Centres des Œuvres sociales universitaires ; – et des quotas de recrutements d’enseignants et de personnels administratifs, techniques et de service en relation avec les recteurs.

Le Président de la République a indiqué au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et au Ministre des Finances et du Budget l’exigence de veiller au renforcement systématique de la gouvernance financière des universités publiques et des Centres des Œuvres sociales universitaires. Par ailleurs, il a demandé au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation d’engager des concertations spécifiques avec les acteurs de l’enseignement supérieur privé afin de bâtir, dans la durée, un modèle d’enseignement et de recherche intégré, performant, plus professionnalisant et mieux à même de porter l’Agenda national de Transformation.

Les recommandations qui seront issues des travaux menés dans le cadre de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI) feront l’objet d’une
attention particulière.

La vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère accorde une priorité essentielle à la prise en charge et à l’accompagnement des personnes en situation de handicap.

Le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, la nécessité d’une évaluation inclusive de la loi d’orientation sociale n° 2010-15 du 06 juillet 2010 relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées et de l’application des dispositifs concernant la carte d’égalité des chances. Il a également indiqué la nécessité d’une meilleure implication des personnes vivant avec un handicap dans la vie institutionnelle, administrative, économique, sociale, culturelle nationale, etc.

A cet égard, il a invité le Gouvernement à accorder un traitement spécial aux demandes des personnes vivant avec un handicap, s’agissant, d’une part,
des procédures de recrutement dans le secteur public et, d’autre part, dans les formations et financements pilotés par les différentes structures publiques.

Par ailleurs, le Président de la République a demandé au Gouvernement, notamment aux Ministres en charge de l’Urbanisme et des Transports terrestres, de veiller à l’amélioration de l’accessibilité des bâtiments et moyens de transports publics aux personnes en situation de
handicap.

Enfin, dans le but de renforcer l’inclusion sociale et la solidarité nationale, il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités d’organiser, avant la fin de l’année 2025, des concertations nationales sur le renforcement de la protection et du bien-être des personnes en situation de handicap.

Le Chef de l’Etat est revenu sur la problématique de la gestion du patrimoine bâti de ’Etat. L’inventaire, l’entretien et la gestion exemplaire des bâtiments administratifs et des édifices publics restent des piliers d’une gouvernance publique transparente.

Il a demandé au Premier Ministre de proposer, sur la base des missions complémentaires de la Société de Gestion et d’Exploitation du Patrimoine bâti de l’Etat (SOGEPA) et de l’Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics (ACBEP) une politique d’occupation, de réhabilitation et de construction de bâtiments et d’édifices publics. En outre, il a demandé au
Premier Ministre de faire procéder à l’inventaire exhaustif des bâtiments administratifs et terrains affectés à chaque ministère et de signaler l’état des besoins en espaces de bureaux, ainsi que les projets de construction d’édifices inachevés, et de rationaliser au strict minimum les conventions signées pour loger des services publics.

Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil qu’il participera du 30 juin au 02 juillet 2025 à Séville, en Espagne, à la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement. Il prendra part également le samedi 05 juillet 2025 au 50ème anniversaire de l’Indépendance de Cabo Verde.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des
Territoires a fait une communication sur l’aménagement des zones de Mbour 4 et de la
Nouvelle ville de Thiès.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,
le Conseil a examiné et adopté :
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier l’Accord de coopération militaire et technique entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République du Congo, signé le 08 novembre 2018, à Dakar.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,
le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre du Ministère de la Justice :
Monsieur Maguette DIOP, Greffier, matricule de solde n° 622 476/C, titulaire d’une maîtrise en Administration publique, est nommé Président du Comité de gestion de l’Ecole nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP), en remplacement de Monsieur Amady Gnagna CISSÉ.

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
Monsieur Oumar Ngalla NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 189/E, précédemment Adjoint au Gouverneur de la région de Dakar chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Birkelane, région de Kaffrine, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation : Madame Mame Penda BA, Professeur agrégé en sciences politiques, est nommée Directeur du Financement des Etablissements d’Enseignement supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale :
Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Diplôme d’Études supérieures spécialisées en Gestion des services de santé, en service à l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh SY de Tivaouane, est nommé Directeur des Établissements publics de Santé, en remplacement de Monsieur Ousmane DIA.

Madame Mariama CISSOKHO, Économiste, titulaire d’un MBA en Gestion des Services de Santé, précédemment Chef des Services administratifs et financiers au Centre hospitalier régional Ahmadou Sakhir NDIEGUENE de Thiès, est nommée Directeur dudit établissement, en remplacement de Docteur Alioune FAYE.

Monsieur Samba GUEYE, Économiste, Administrateur des Services de santé, matricule de solde n° 607 735/D, précédemment Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, est nommé Directeur du Centre hospitalier national DALAL DIAM, en remplacement
de Monsieur Moussa Sam DAFF.

Monsieur Ibra DIAGNE, Psychiatre, titulaire d’un Doctorat en Médecine, précédemment Responsable des équipes d’Intervention et de Soutien psychosocial au Centre des Opérations d’Urgence sanitaire (COUS), est nommé Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, en remplacement de Monsieur Samba GUEYE, appelé à d’autres fonctions.

 Monsieur Aboubacar TRAORE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé publique, précédemment chirurgien-urologue à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional Amadou Tidiane BA de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.

Monsieur Daouda SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master spécialisé en santé publique, spécialiste en management de projets multicentriques, est nommé Directeur du Centre national de Transfusion sanguine, en remplacement du Professeur Saliou DIOP.

Monsieur ElHadji Mansour DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en management des Services de santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national Aristide LE DANTEC, en remplacement du Docteur Babacar THIANDOUM.

Monsieur Oumar MBAYE, titulaire d’un Doctorat d’Etat en médecine et d’un Master en Management des structures de santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Abdoul Cissé KANE des Agnams, en remplacement du Docteur Abdoulaye SOW.

Monsieur Mahib Badiane, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Pharmacie et Économiste de la Santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national El Hadji Malick SY de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Babacar SENE.

Au titre du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public : Monsieur Serigne Mansour FAYE, Ingénieur informaticien, matricule de solde n° 696
783/A, est nommé Directeur des Systèmes d’Informations au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de
l’Elevage : Monsieur Sanoussy SANE, Expert en économie solidaire et en gouvernance sociale, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie (INP), en remplacement de Monsieur Paul FAYE.

Monsieur Mamadou Boye DIALLO, Juriste financier, matricule de solde
n° 642 620/Z, précédemment Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale d’Insertion et de Développement agricole (ANIDA) en remplacement de Monsieur Ousmane NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

Monsieur Youssoupha BA, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 604 751/G, est nommé Secrétaire général de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) , en remplacement de Monsieur Abdou Aziz NGOM, appelé à d’autres fonctions.

 Monsieur Cheikh Tidiane LY, Economiste, matricule de solde n° 709 190/X,
précédemment Inspecteur technique au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières

au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage en remplacement de Monsieur Mamadou Boye DIALLO, appelé à d’autres fonctions.

Madame Tacko DIAWARA, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 618 718/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Thiès, en remplacement de Monsieur Abiboulaye SIDIBE, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 515 133/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Jean Paul BAMPOKY, appelé à d’autres fonctions.

Madame Malado SEYE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 606 367/H, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Saint Louis, en remplacement de Madame Tacko DIAWARA, appelée à d’autres fonctions.

Monsieur Abdou Karim CISSE, Ingénieur du Génie rural, matricule de solde n° 619 875/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kolda, en remplacement de Monsieur Hamadou BALDE, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

 Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 699 702/C, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kaolack, Poste vacant.

Madame Mame Fama KEBE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 734 696/E, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Matam, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Samba GAYE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 663 623/D, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, appelé à d’autres fonctions.

Madame Mame Fatou DIOP, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 666 599/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Fatick, en remplacement de Monsieur Abdoulaye CAMARA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 664 014/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Saint Louis, en remplacement de Monsieur Evariste Jean Christoph Togut BASSENE, appelé à d’autres
fonctions.

Monsieur El Hadji SOW, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 689 589/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Thierno FALL, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 751 123/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Kédougou, en remplacement de Monsieur El Hadji SOW, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire :
Monsieur Abdou DIAW, Expert en Finance Islamique, précédemment Coordonnateur national du Programme de Développement de la Microfinance islamique, est nommé Administrateur général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique (FDMI).

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Lancement officiel de la communauté DUNDU Samedi 7 juillet au grand théâtre national.

Une communauté qui a travers la création artistique et l’innovation culturel ouvre des perspectives aux jeunes et aux femmes vivant dans des zones enclavées et difficile d’accès ,comme dandé, kéniéba, et bien d’autres localités oubliées.
‎En somme la communauté DUNDU rassemble des artistes, des créateurs, et esprit engagé qui mettent leurs talents au service d’une cause plus grande.

Litige avec Carlyle : Air Sénégal contre-attaque et fustige la posture « illégale » de l’IATA

Air Sénégal élève la voix face à ce qu’elle désigne comme une déviation inacceptable de l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA). Ce contexte souligne un différend persistant avec le bailleur Carlyle Aviation, qui a finalement entraîné l’implication de l’IATA dans des proportions que la compagnie sénégalaise considère comme injustes et juridiquement infondées.

Dans une réponse communiquée à la presse, la direction d’Air Sénégal a vivement critiqué ce qu’elle voit comme une rétention intentionnelle et abusive de ses fonds par l’IATA, via le système BSP (Billing and Settlement Plan). Selon la compagnie, cette action revient à une saisie de ses ressources financières, en flagrante contradiction avec le droit communautaire africain, notamment les lois de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires).

À cet effet, Air Sénégal se réfère à plusieurs articles de l’Acte uniforme sur l’organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution (AUPSRVE), en particulier les articles 57, 74, 156, 161 et 167. Ces dispositions encadrent strictement les conditions d’application de mesures conservatoires ou d’exécution. La compagnie soutient qu’en tant qu’organisation internationale, l’IATA ne peut ignorer ces règles ni agir en dehors de tout cadre judiciaire ou décision de justice appropriée.

La direction d’Air Sénégal déplore également le rôle qu’elle considère biaisé de l’IATA dans cette situation. Elle souligne que l’organisation, censée être un intermédiaire neutre dans les transactions entre compagnies aériennes et agences de voyages, s’est impliquée de manière proactive et discutable dans un différend essentiellement commercial. Cette attitude, selon elle, remet en cause la neutralité et la crédibilité de l’IATA dans ses fonctions.

La compagnie sénégalaise affirme sa détermination à faire valoir ses droits par toutes les voies légales, réclamant la libération immédiate de ses fonds injustement bloqués. Elle estime que cette situation nuit gravement à ses opérations et compromet sa stabilité financière dans un contexte déjà difficile pour le secteur aérien africain.

Ce bras de fer entre Air Sénégal et l’IATA, sur fond de désaccord avec Carlyle Aviation, pourrait créer un précédent juridique. Il soulève la question de l’équilibre des pouvoirs dans l’industrie aérienne mondiale et éclaire les vulnérabilités auxquelles se heurtent les compagnies africaines face aux grandes institutions internationales. Par cette riposte, Air Sénégal entend défendre sa souveraineté économique et la légitimité de ses droits dans une bataille qui pourrait avoir des conséquences au-delà de ses frontières.

Alioune Tine : « Un simple démenti suffisait » face aux déclarations de Bachir Fofana

Le fondateur d’AfricaJom Center dénonce une « judiciarisation inutile » du débat public dans un contexte de transition démocratique au Sénégal.

Alioune Tine, fondateur d’AfricaJom Center et figure emblématique de la société civile sénégalaise, est monté au créneau après la convocation du journaliste et chroniqueur Bachir Fofana par la Division spéciale de la cybersécurité. Le journaliste est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de ses déclarations concernant un supposé achat de véhicules par l’Assemblée nationale.

Pour Alioune Tine, cette réaction judiciaire est excessive et va à l’encontre de l’esprit de la nouvelle dynamique démocratique que connaît le Sénégal depuis l’alternance politique. « Dans le contexte de la transition politique sénégalaise actuelle, où l’on observe une dynamique démocratique nouvelle avec une opinion publique plus exigeante, il n’est pas souhaité de judiciariser le débat politique », a-t-il déclaré.

L’ancien directeur régional d’Amnesty International estime qu’un simple démenti, bien construit et transparent, aurait suffi à calmer les inquiétudes et à restaurer la confiance. « Le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye pourrait saisir ses conseillers en communication et ses conseillers juridiques pour faire un démenti, en donnant toutes les informations utiles susceptibles d’édifier l’opinion sur la transparence de sa gestion, et à la limite accompagnée d’une mise en garde ferme. Ça suffit largement », a-t-il souligné.

Alioune Tine appelle ainsi à privilégier la voie du dialogue et de la transparence dans la gestion des controverses publiques, plutôt que celle des poursuites judiciaires contre des journalistes. Il rappelle que la démocratie ne se consolide pas dans la répression, mais dans la capacité des institutions à faire face à la critique de manière responsable.

Soutien syndical : l’UDEN se range aux côtés du SAES et des travailleurs de la Justice en grève

Dans un climat social tendu, marqué par des grèves dans divers secteurs clés, l’Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (UDEN) exprime sa solidarité totale avec les travailleurs en mouvement. Par le biais d’un communiqué, son Bureau exécutif a affirmé son soutien « entier, inébranlable et fraternel » au Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES), ainsi qu’aux personnels de la Justice regroupés au sein du SYTJUST et de l’UNTJ.

L’UDEN souligne que le droit de grève est un acquis démocratique garanti par la Constitution, et que, par conséquent, « aucun accord de stabilité ne peut suspendre ou supprimer ce droit fondamental des travailleurs ». Cette déclaration semble directement répondre aux remarques récentes du ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, qui avait comparé les grèves à une forme de « chantage », ce qui a provoqué l’indignation de plusieurs groupes syndicaux.

Dans ce contexte, l’UDEN appelle à une mobilisation générale du mouvement syndical, en faveur de l’unité, de la dignité et de la justice. Elle encourage tous les syndicats à s’unir pour défendre leurs droits, tout en soulignant l’importance de maintenir une stratégie d’action cohérente et solidaire.

La prise de position claire de l’UDEN vient renforcer le front syndical à un moment où les revendications sociales se multiplient, soulevant la question du dialogue social et de la capacité du gouvernement à répondre efficacement et calmement aux attentes des travailleurs.

Plainte de El Malick Ndiaye contre le journaliste Bachir Fofana : Alioune Tine plaide pour le dialogue et la transparence

La récente plainte déposée par El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale du Sénégal, contre le journaliste Bachir Fofana a suscité une vive réaction dans le paysage politique et médiatique national. L’affaire, qui repose sur des accusations de « diffusion de fausses nouvelles et diffamation », a conduit le chroniqueur de la Sentv à être convoqué ce mercredi par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Une démarche qui ne laisse pas indifférent.

Parmi les premières voix à s’élever contre cette judiciarisation, celle d’Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center et figure de proue du combat pour les droits humains en Afrique de l’Ouest. Dans une déclaration postée sur le réseau social X (anciennement Twitter), l’ancien responsable de la Raddho et d’Amnesty International section Afrique de l’Ouest a exprimé de sérieuses réserves quant à la voie choisie par le président de l’Assemblée nationale.

« Dans le contexte actuel de transition politique au Sénégal, marqué par une dynamique démocratique renouvelée et une opinion publique plus exigeante, la judiciarisation du débat politique n’est pas souhaitable », a déclaré Alioune Tine. Il invite ainsi à plus de retenue et de responsabilité de la part des détenteurs du pouvoir, dans un environnement où la liberté de la presse et le débat public sont devenus plus ouverts et critiques.

Pour Alioune Tine, une réponse politique et institutionnelle aurait été plus adaptée. « Le président de l’Assemblée nationale aurait pu mobiliser ses conseillers juridiques pour faire un démenti, en donnant toutes les informations utiles susceptibles d’édifier l’opinion sur la transparence de sa gestion et, à la limite, accompagnée d’une mise en garde ferme. Ça suffit largement », a-t-il suggéré.

Cette affaire remet sur la table la question de la protection des journalistes face aux menaces judiciaires, dans un pays où la presse joue un rôle déterminant dans la régulation démocratique. Elle alimente aussi les débats autour de l’utilisation de la justice dans des conflits d’opinion, au moment où le Sénégal s’engage dans une nouvelle ère institutionnelle sous la gouvernance de Bassirou Diomaye Faye.

En toile de fond, les accusations de Bachir Fofana portaient sur un marché public de véhicules que l’Assemblée nationale aurait attribué à Cheikh Guèye, un acteur impliqué dans une autre affaire sensible. Un sujet brûlant qui aurait mérité, selon plusieurs observateurs, une réponse factuelle et transparente plutôt qu’un recours à la justice pénale.

Le journaliste Bachir Fofana placé en garde à vue pour diffusion de fausses nouvelles

Le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana a été placé en garde à vue ce mercredi 25 juin 2025, à l’issue de son audition à la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSLC). Selon les informations rapportées par 2AS Media, il est poursuivi pour “diffusion de fausses nouvelles”, en lien avec ses récentes déclarations sur une affaire sensible impliquant l’Assemblée nationale.

D’après des sources proches du dossier, c’est suite à ses révélations sur les conditions d’acquisition de véhicules destinés aux députés que le procureur de la République se serait auto-saisi. Bachir Fofana avait émis des critiques publiques à travers ses chroniques, soulevant des interrogations sur la transparence et la régularité de cette opération financière. Ses propos, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive controverse et une réaction rapide des autorités judiciaires.

À son arrivée dans les locaux de la DSLC, les enquêteurs lui auraient notifié l’ouverture d’une procédure judiciaire fondée sur la diffusion de contenus jugés mensongers et de nature à perturber l’ordre public. Malgré la garde à vue, aucune déclaration officielle n’a encore été faite par le parquet ni par les avocats du journaliste.

L’affaire suscite déjà une vague d’indignation au sein de la corporation des journalistes et des défenseurs de la liberté de la presse. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une tentative d’intimidation à l’égard d’un professionnel de l’information dans l’exercice de sa mission.

À noter que Bachir Fofana n’en est pas à sa première polémique. Connu pour ses chroniques incisives et son ton critique, il s’est imposé comme l’un des journalistes les plus suivis sur les questions de gouvernance et de transparence publique au Sénégal.

L’évolution de cette affaire sera suivie de près dans les prochaines heures, alors que la garde à vue pourrait déboucher sur une éventuelle mise en examen ou une libération sous conditions.

Affaire à suivre.

DSC : Le chroniqueur Bachir Fofana placé en garde à vue suite à une plainte du président de l’Assemblée nationale

Le chroniqueur Bachir Fofana a été placé en garde à vue ce lundi à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), après y avoir été entendu dans la matinée. Cette mesure fait suite à une plainte déposée par le président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, par le biais de son avocat, Me Bamba Cissé.

L’affaire a été rendue publique par Bachir Fofana lui-même, qui avait informé ses abonnés sur Facebook de sa convocation, citant le journal Libération comme première source de l’information. Selon les premiers éléments, la plainte viserait des propos tenus ou publiés par le chroniqueur sur les réseaux sociaux, que la partie plaignante considère comme diffamatoires ou attentatoires à l’honneur de l’institution parlementaire et de son président.

Pour l’heure, les motifs exacts de la garde à vue n’ont pas été officiellement précisés par les autorités, mais les faits reprochés à Bachir Fofana s’inscriraient dans le cadre de la loi sur la cybercriminalité, souvent invoquée dans des affaires impliquant des publications sur les réseaux sociaux.

La garde à vue intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des poursuites contre des activistes, blogueurs ou chroniqueurs très suivis sur les plateformes numériques. Une tendance qui relance le débat sur la liberté d’expression et l’usage du droit pénal pour encadrer la critique publique, notamment envers des personnalités politiques.

Les soutiens du chroniqueur dénoncent déjà une tentative d’intimidation, alors que d’autres appellent à respecter la procédure judiciaire pour faire la lumière sur cette affaire.

Ziguinchor : Un agent municipal arrêté dans un scandale financier aux contours encore plus vastes

L’affaire prend une tournure plus grave. Ce qui n’était au départ qu’une rumeur de détournement de fonds s’est transformé en un véritable scandale financier à la mairie de Ziguinchor. Selon des informations de GMS, un agent municipal, occupant un poste stratégique dans la gestion des finances communales, a été interpellé par la gendarmerie. Il est soupçonné d’être au cœur d’une affaire de détournement de fonds publics dont le montant dépasserait largement les 27 millions de francs CFA initialement avancés.

Cette arrestation marque une avancée significative dans l’enquête ouverte il y a plusieurs semaines. Les auditions menées jusque-là par les autorités judiciaires ont permis de réunir des éléments probants, conduisant à cette interpellation. Le suspect, dont l’identité n’a pas encore été rendue publique, aurait eu accès à des ressources financières sensibles, ce qui renforce la gravité des faits qui lui sont reprochés.

L’affaire provoque une onde de choc dans la commune, déjà secouée par des critiques récurrentes sur la transparence et la gestion des deniers publics. Ce nouveau rebondissement jette une lumière crue sur les pratiques financières au sein de certaines collectivités territoriales, dans un contexte national où les citoyens exigent de plus en plus de clarté et de reddition de comptes.

La mairie de Ziguinchor, dirigée par une équipe municipale souvent sous les feux des projecteurs, se retrouve ainsi plongée dans une tempête politico-financière. Si la présomption d’innocence reste de mise, cette affaire risque de ternir davantage l’image d’une administration locale déjà contestée par une partie de l’opinion publique.

Badara Gadiaga dénonce une “entorse à la liberté de la presse” après la convocation de Bachir Fofana

Le chroniqueur Badara Gadiaga est monté au créneau ce mercredi pour exprimer sa solidarité envers son confrère Bachir Fofana, convoqué par la police dans des circonstances qui continuent de susciter l’inquiétude dans les milieux de la presse sénégalaise.

Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, le chroniqueur vedette de l’émission Jaakarlo Bi diffusée sur la TFM a dénoncé une atteinte grave à la liberté de la presse, rappelant le rôle crucial des journalistes dans une démocratie digne de ce nom.

« J’apporte mon soutien total et sans équivoque au talentueux journaliste Bachir Fofana et à tous ses confrères et hommes de presse qui risquent aujourd’hui leur liberté dans l’exercice de leur noble mission d’informer le public juste et vrai », a écrit Badara Gadiaga.

Selon lui, cette convocation constitue « purement et simplement une entorse à la liberté de la presse, un pilier fondamental de la démocratie qui doit être protégé ». Un message fort, alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les pressions croissantes exercées sur les médias et les journalistes au Sénégal.

La convocation de Bachir Fofana n’a pour l’instant pas encore été officiellement motivée par les autorités, mais elle intervient dans un climat tendu entre certains organes de presse et les pouvoirs publics. Une situation qui ravive les débats sur la protection des journalistes et le respect des droits fondamentaux.

Moustapha Diop face à la justice : un procès décisif en vue dans l’affaire des 2,5 milliards FCFA

L’ancien ministre du Développement industriel et des Petites et Moyennes Industries, Moustapha Diop, sera entendu au fond la semaine prochaine par la Haute Cour de justice. Une audience cruciale s’annonce dans cette affaire tentaculaire aux allures de scandale d’État, portant sur un préjudice présumé de 2,5 milliards de francs CFA.

Inculpé et placé sous mandat de dépôt le 22 mai 2025 par la commission d’instruction, l’ex-ministre est poursuivi pour une série de chefs d’accusation particulièrement lourds : association de malfaiteurs, corruption, concussion, prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux en écritures privées, détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des fonds publics, blanchiment de capitaux, et complicité.

Au cœur de cette affaire : un marché public attribué à l’entreprise Sokamousse, portant sur la fourniture de 6,25 millions de masques dans le contexte de la crise sanitaire. Selon un rapport de la Cour des comptes, la société adjudicataire n’aurait livré qu’un peu plus de la moitié des quantités prévues, alors même que l’ensemble des paiements aurait été effectué. Une irrégularité présumée qui a entraîné l’ouverture d’une information judiciaire.

Le fournisseur a toujours réfuté ces accusations, avançant que la commande a été honorée selon les termes du contrat. Pour sa part, Moustapha Diop a tenté de se dédouaner en brandissant des documents justificatifs : bordereaux de livraison, procès-verbaux de réception, et courriers de validation. Entouré de ses avocats, Me Oumar Youm et Me Baboucar Cissé, il a soutenu que « le marché des masques a été intégralement réalisé ».

Mais ces éléments n’ont pas convaincu la commission d’instruction. Contrairement au patron de Sokamousse, qui a évité la détention provisoire en versant une caution de 930 millions FCFA, l’ancien ministre reste en détention. Sa nouvelle comparution, en présence du fournisseur, devrait permettre d’éclaircir les zones d’ombre de ce dossier explosif.

Lutte sénégalaise : Sa Thiès convoqué par le CNG après ses débordements verbaux contre Zarco

Malgré la réception du reste de son cachet après son combat contre Zarco dimanche dernier, Sa Thiès n’est pas encore tiré d’affaire. Le fils de Double Less est désormais dans le viseur du Comité national de gestion de la lutte (CNG), qui a décidé de retenir sa licence, selon les informations du journal L’Observateur.

Le CNG n’a pas digéré les propos jugés injurieux et déplacés que le lutteur de Guédiawaye aurait tenus lors des confrontations verbales qui ont précédé le combat. Des face-à-face censés offrir aux supporters un débat d’idées ont plutôt viré à une escalade d’insultes, de provocations et d’accusations à peine voilées. Un comportement jugé inacceptable par les autorités de la lutte, soucieuses de préserver l’image de ce sport national.

Le CNG a donc convoqué Sa Thiès devant la Commission règlement et discipline pour une audition. L’instance veut entendre le lutteur sur ces dérapages verbaux qui, selon plusieurs observateurs, ont franchi les limites de la décence.

Cette décision rappelle la fermeté du CNG dans la gestion des comportements déviants des acteurs de l’arène. Pour mémoire, Ama Baldé et Franc avaient été lourdement sanctionnés après s’être violemment affrontés lors d’un face-à-face, bien avant leur combat. À ce titre, beaucoup voient mal comment Sa Thiès pourrait échapper à une sanction, d’autant plus que ses sorties ont été largement diffusées et commentées sur les réseaux sociaux.

Ousmane Sonko frappe fort à Davos : « Nous avons hérité d’une dette proche de 100% et d’un déficit à 14%. Ce n’est pas une erreur, c’était délibéré. »

En marge du Forum d’été de Davos organisé cette année en Chine, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a marqué les esprits par une déclaration percutante sur la situation économique du Sénégal. Devant un parterre de dirigeants politiques, d’investisseurs et d’experts économiques internationaux, il a tiré à boulets rouges sur la gestion du régime précédent, qu’il accuse d’avoir volontairement plombé les finances publiques.

« Nous avons hérité d’une dette proche de 100% du PIB et d’un déficit budgétaire de 14%. Ce n’est pas une erreur, c’était délibéré », a affirmé Ousmane Sonko, se basant sur les résultats d’un audit financier commandité par le président Bassirou Diomaye Faye.

Selon Sonko, les conclusions de l’audit mené peu après l’alternance de mars 2024 révèlent une « gestion budgétaire irresponsable » sous le régime de Macky Sall. Le niveau d’endettement aurait frôlé les 100% du produit intérieur brut, bien au-delà des seuils de viabilité recommandés par les institutions financières internationales. Le déficit budgétaire, quant à lui, atteindrait un niveau record de 14%, compromettant sérieusement les marges de manœuvre de l’État.

Des chiffres qui, selon le Premier ministre, ne relèvent pas de simples erreurs de gestion : « Il s’agit d’un choix politique assumé, fait en toute conscience, dont les conséquences pèsent lourdement sur le peuple sénégalais. »

Malgré cette conjoncture difficile, Sonko a écarté toute politique d’austérité, assurant que l’équipe gouvernementale mise sur un plan de redressement basé sur la justice, la transparence et l’attractivité économique. « Nous n’imposerons pas de sacrifices injustes aux populations. L’heure est à la vérité, à la responsabilité et à la mobilisation des ressources internes. »

Il a également souligné la nécessité de rétablir la confiance des investisseurs en montrant que le Sénégal est désormais dirigé avec rigueur et équité. « Nous sommes venus à Davos non pas pour quémander, mais pour proposer une vision claire, souveraine et ambitieuse du développement de notre pays. »

Ousmane Sonko n’a pas éludé la question de la reddition des comptes. « Ceux qui ont pris des décisions aux conséquences dramatiques pour les finances publiques devront répondre. Il ne s’agit pas de vengeance, mais de justice. »

Cette déclaration fait écho à l’engagement pris par le tandem Diomaye-Sonko pendant la campagne électorale : faire la lumière sur la gouvernance passée et lutter contre l’impunité.

En s’exprimant à Davos, dans ce haut lieu du capitalisme mondial, Ousmane Sonko a voulu envoyer un message clair : le Sénégal change de cap, mais reste ouvert au monde. Il entend nouer des partenariats équilibrés, respectueux de la souveraineté du pays, tout en appelant les investisseurs à « venir participer à un projet de transformation structurelle et durable ».

Le passage de Sonko à Davos marque un tournant dans la diplomatie économique du Sénégal. Entre dénonciation des dérives passées, refus de l’austérité et appel à la coopération internationale, le Premier ministre affiche une volonté de rupture tout en gardant le cap sur la stabilité. Reste à savoir comment les marchés et les partenaires internationaux réagiront à ce discours sans concession.

Le CORED ferme ses bureaux à la Maison de la Presse, étranglé par une crise financière

Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) suspend ses activités, accablé par 14 mois d’arriérés de salaires et l’absence de financements publics.

Le CORED, organe chargé de veiller à l’éthique et à la déontologie dans les médias sénégalais, a annoncé la fermeture provisoire de ses bureaux situés à la Maison de la Presse Babacar Touré. Cette décision intervient dans un contexte de crise financière aiguë, marquée par 14 mois d’arriérés de salaires pour le personnel et l’absence de dotation budgétaire pour l’exercice 2024-2025.

Dans un communiqué laconique, le CORED explique que cette mesure, bien que douloureuse, est devenue inévitable face au manque de moyens logistiques et financiers. L’organisation, déjà fragilisée, n’a reçu aucun soutien du Fonds d’Appui au Développement de la Presse (FADP) cette année, ce qui a aggravé une situation jugée « intenable » par ses responsables.

« Le personnel n’est plus en mesure de poursuivre ses activités. Les retards de salaires s’accumulent depuis plus d’un an, et les tentatives pour obtenir des appuis auprès des autorités compétentes sont restées vaines », déplore un membre du bureau, sous couvert d’anonymat.

Traditionnellement soutenu par l’État via des subventions affectées à la régulation des médias, le CORED n’a, selon ses dirigeants, perçu aucun financement pour le budget 2024-2025. Cette absence de ressources compromet non seulement son fonctionnement, mais remet aussi en cause sa capacité à remplir sa mission de veille éthique dans un environnement médiatique de plus en plus complexe.

« L’indépendance des médias passe aussi par la solidité de leurs organes de régulation. Le silence budgétaire autour du CORED est un mauvais signal », avertit un expert en communication.

Créé pour moraliser la pratique journalistique et sanctionner les dérives déontologiques, le CORED joue un rôle central dans l’écosystème médiatique sénégalais. Sa mise en veille provisoire suscite l’inquiétude parmi les professionnels du secteur, qui redoutent un affaiblissement du cadre de régulation à un moment où la désinformation et les discours haineux se propagent facilement via les réseaux sociaux.

Des voix s’élèvent pour demander au gouvernement et aux partenaires techniques de réagir rapidement afin d’éviter une disparition de cet organe crucial.

Réformes budgétaires et finances publiques : Le Sénégal reçoit un financement de 65 milliards FCFA de la Banque mondiale

Le Sénégal vient de recevoir un soutien financier significatif pour améliorer la transparence de son budget et la gestion de ses finances publiques. Ce mardi, la Banque mondiale a annoncé l’octroi d’un prêt concessionnel d’une valeur de 115 millions de dollars, soit environ 65 milliards de francs CFA, via l’Association internationale de développement (IDA).

Ce financement s’inscrit dans le programme SEN-FINTRAC (Programme pour la transparence dans la gestion des finances publiques et l’assainissement des finances publiques), qui couvre les années 2025 à 2029. Il soutient également le programme national ambitieux de réformes RESET, une initiative stratégique du gouvernement sénégalais centrée sur trois piliers : stabilisation économique, transformation structurelle, et transparence dans la gestion publique.

Le soutien de la Banque mondiale se concentre sur trois axes principaux de réformes. Premièrement, la gestion des finances publiques vise à moderniser les systèmes de suivi des dépenses publiques et à renforcer les outils numériques, notamment à travers l’intégration de systèmes électroniques pour les procédures de marchés publics. Ce pilier cherche à accroître l’efficacité des dépenses publiques tout en améliorant leur traçabilité.

Le deuxième axe concerne la viabilité de la dette publique. Il est prévu d’implanter un système intégré pour l’enregistrement et le suivi de la dette, ainsi que de consolider les fonctions de gestion de la dette au sein d’une seule entité. Cette réforme vise à obtenir plus de transparence et un meilleur contrôle de l’endettement du pays.

Enfin, le troisième axe de la réforme est axé sur la mobilisation des ressources intérieures. Le gouvernement sénégalais, avec le soutien de la Banque mondiale, entend moderniser l’administration fiscale et douanière. Cela inclut notamment l’introduction de la facturation électronique pour les contribuables soumis à la TVA et la mise en œuvre d’une gestion axée sur la performance pour les opérations douanières.

Tous ces efforts seront soutenus par un vaste programme de transformation numérique, considéré comme essentiel pour le suivi en temps réel des finances de l’État et pour renforcer la gouvernance publique.

Parmi les 115 millions de dollars annoncés, 105 millions (approximativement 59,3 milliards FCFA) sont étroitement liés aux résultats attendus des réformes, tandis que les 10 millions restants (environ 5,7 milliards FCFA) sont destinés à l’assistance technique, à la gestion du changement, à la transformation numérique ainsi qu’au renforcement des capacités des institutions publiques concernées.

Ce financement marque une étape cruciale dans la stratégie de modernisation budgétaire du Sénégal. Il devrait permettre au pays de mieux contrôler son endettement, d’élargir sa base fiscale et de construire une administration publique plus efficace, plus responsable et plus transparente.

Insuffisance de fonds : le CORED suspend ses activités jusqu’à …

Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) a annoncé qu’il devait temporairement fermer ses bureaux situés à la Maison de la Presse Babacar Touré à Dakar. Cette décision, considérée avec regret par ses dirigeants, est le résultat d’une situation financière délicate qui empêche l’organisme de régulation des médias de couvrir ses frais de fonctionnement.

Dans un communiqué envoyé aux médias, le CORED indique que sa direction n’a eu d’autre choix que d’interrompre ses activités administratives, en raison de ressources insuffisantes. « Le Bureau du CORED a dû se résoudre à cette décision regrettable car il n’arrive plus à faire face à ses dépenses de fonctionnement », est-il précisé dans le document officiel.

Cette fermeture intervient dans un contexte où quatorze mois de salaires restent impayés pour le personnel permanent, qui a néanmoins continué à assurer le bon fonctionnement de l’institution malgré les défis. Le CORED précise que ses efforts pour mobiliser des ressources supplémentaires ont échoué, et il n’a par ailleurs pas reçu de budget pour les années 2024 et 2025.

L’institution rappelle aux autorités que le Code de la presse, notamment aux articles 46 et 53, prévoit une subvention annuelle issue du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), dédiée spécifiquement au fonctionnement de cet organisme de régulation. Cependant, selon le CORED, ces dispositions n’ont pas été respectées, ce qui a contribué à sa crise financière actuelle.

Malgré cette fermeture, le Conseil tient à préciser que ses autres structures — le Bureau, le Directoire et le Tribunal des pairs — continueront leurs activités en s’appuyant sur le bénévolat, comme c’est déjà le cas depuis plusieurs années. Toutefois, l’arrêt du secrétariat permanent risque de ralentir, voire d’entraver certaines de ses missions de régulation, de médiation et de veille déontologique, dans un contexte où la régulation éthique des médias est d’une importance cruciale.

Cette situation met en lumière les défis structurels auxquels font face les mécanismes d’autorégulation des médias au Sénégal, souvent dépendants de financements publics aléatoires, alors même qu’ils réalisent une mission d’intérêt général. Le CORED appelle les pouvoirs publics à une réaction urgente pour rétablir sa capacité à fonctionner et poursuivre sereinement sa mission de gardien de l’éthique et de la déontologie journalistique.

Corruption présumée : Ismaïla Madior Fall entendu sur le fond devant la Haute Cour de justice ce mercredi

L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, est entendu ce mercredi par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice dans le cadre d’une enquête pour corruption présumée qui touche l’ancien gouvernement. Cette audition très attendue, sauf changement de dernière minute, se tiendra au troisième étage du palais de justice de Dakar et pourrait être déterminante pour la suite de cette affaire.

Accusé dans une affaire impliquant un montant de 50 millions de francs CFA, l’ancien Garde des Sceaux du gouvernement de Macky Sall a été placé sous bracelet électronique après un premier interrogatoire. Cette fois, il sera confronté à ses coaccusés : l’homme d’affaires Cheikh Gueye et l’ex-directeur des constructions publiques du ministère de la Justice, Mouhamed Anas El Bachir Wane. Tous deux, également inculpés, ont été libérés sous contrôle judiciaire, équipés eux aussi de bracelets électroniques.

La confrontation de ce mercredi pourrait être un tournant crucial dans cette affaire délicate. Entre dénégations fermes, déclarations contradictoires et éléments de preuve attendus, l’audition pourrait clarifier de nombreux points obscurs. Selon des sources proches du dossier, certaines révélations pourraient bousculer les versions avancées jusqu’à présent par les différentes parties.

Les accusations portées contre l’ancien ministre sont graves : corruption, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, tentative d’extorsion de fonds, concussion, prise illégale d’intérêts, escroquerie, blanchiment d’argent et complicité de ces infractions. Cet ensemble d’accusations, lié à une opération foncière controversée, ravive les critiques sur la gestion du foncier et des contrats publics sous le précédent régime.

Le cas d’Ismaïla Madior Fall, figure marquante du gouvernement sortant et ancien conseiller juridique à la présidence, illustre fortement la volonté du nouveau pouvoir de nettoyer la gestion publique. Son audition devant la Haute Cour de justice, compétente pour juger les anciens ministres, est perçue comme une épreuve de l’indépendance et de la rigueur de la justice dans les affaires de crimes économiques.

Alors que le public suit de près cette affaire, la journée de ce mercredi pourrait apporter un éclairage crucial sur une série de pratiques dénoncées depuis longtemps, mais rarement poursuivies à ce niveau de responsabilité.

Inondations : le ministre Jean-Baptiste Tine plaide pour une réponse harmonisée à tous les niveaux

Alors que la saison des pluies prend lentement place, le gouvernement sénégalais veut agir avec anticipation face aux risques d’inondations. En visite ce mardi 24 juin 2025 à Tambacounda, à l’est du pays, le ministre de l’Intérieur, Jean-Baptiste Tine, a dirigé une rencontre spéciale du Comité régional de développement (CRD) dédiée uniquement à cette question. Cet échange, étendu aux préfets, maires, experts techniques et services de secours, a permis de revisiter les mesures actuelles et de réfléchir à des adaptations pour optimiser la prévention et la réponse.

Face aux médias locaux, le ministre a tenu à clarifier la nature imprévisible de ces événements, insistant sur le fait qu’ils sont inévitables : « Les inondations et les crues ne sont la faute de personne, ce sont des événements naturels ». Il a souligné que, malgré les récurrentes pluies abondantes, le Sénégal a été relativement épargné par rapport à d’autres nations qui ont subi de lourdes pertes humaines. « Vous avez pu noter que, par exemple, l’an passé, dans certains pays d’Afrique, voire d’Asie, de nombreux décès et blessés ont été déplorés à cause de ces catastrophes naturelles. Heureusement, ici au Sénégal, nous n’avons pas eu à déplorer de telles pertes », a-t-il ajouté.

Cependant, le ministre a rappelé qu’il faut rester vigilant. Pour lui, la réussite de la réponse repose avant tout sur une coordination efficace à tous les niveaux : régional, départemental et communal. « Nous avons demandé à nos autorités administratives de se préparer à cette réponse, en mettant en place un comité de veille et de suivi au niveau régional, départemental et local pour détecter les signes d’alerte », a détaillé le Général Tine.

Ce réseau sur le terrain vise à prévoir les risques et à permettre une intervention rapide des centres de commandement régionaux en cas d’alerte. Cette méthode intégrée s’appuie sur la décentralisation des actions publiques, tout en tenant compte des spécificités de chaque région.

Avec cette réunion stratégique, le gouvernement cherche à promouvoir une culture de prévention et une gestion efficace des catastrophes naturelles, dans une démarche de résilience collective. L’objectif est clair : éviter que les inondations ne deviennent, une fois de plus, un fléau pour les communautés, surtout dans les zones les plus vulnérables.

Affaire des véhicules de l’Assemblée nationale : Bachir Fofana convoqué par la Division spéciale de cybersécurité ce mercredi

Le dossier controversé sur l’achat de véhicules par l’Assemblée nationale continue de susciter beaucoup de réactions et est désormais à l’origine d’une action légale. Ce mercredi matin, le journaliste et chroniqueur Bachir Fofana a révélé avoir reçu une convocation de la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Sur sa page Facebook, il a précisé qu’il devait se présenter à 10 heures au siège de la DSC concernant « une affaire le concernant ».

Cette convocation survient dans un contexte où la polémique autour de l’attribution d’un marché public lié à l’achat de véhicules par l’Assemblée nationale ne cesse de prendre de l’ampleur. D’après le journal Libération, cette démarche légale aurait été initiée par le président de la chambre parlementaire, El Malick Ndiaye, qui aurait déposé une plainte contre le journaliste pour « propagation de fausses informations et diffamation ».

La plainte a été formulée par Me Bamba Cissé, avocat représentant le président de l’Assemblée. À l’origine de cette démarche, plusieurs déclarations récentes de Bachir Fofana, notamment lors de ses apparitions dans l’émission La Réplica sur Sentv. Il aurait affirmé que la direction de l’Assemblée avait attribué un contrat pour des véhicules à Cheikh Guèye, un nom également cité dans l’affaire du Tribunal de Pikine-Guédiawaye, aux côtés de l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall.

Ces propos considérés comme graves et sans fondement par les plaignants ont mené à cette action qui, selon certaines sources, viserait à « redorer le blason de l’Assemblée nationale face à une campagne de discrédit organisée ».

Ce développement ne passera pas inaperçu chez les défenseurs de la liberté de la presse. Déjà, plusieurs voix s’expriment sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’ils voient comme une tentative d’intimidation envers un journaliste d’investigation. D’autres plaident pour laisser la justice agir tout en soulignant l’importance de vérifier les informations avant toute déclaration publique.

Dans tous les cas, cette affaire remet sur la table les relations souvent tendues entre les institutions publiques et certains journalistes, dans un contexte où la demande de transparence est de plus en plus renforcée. Il reste à voir si cette convocation conduira à des actions légales ou si elle ne sera qu’une étape dans un dossier en évolution.

Tragédie à Sinthiang Mamadou Hayé : une jeune fille de 15 ans s’est suicidée après l’annonce d’un mariage forcé

Un sentiment de tristesse et de colère envahit la commune de Koulinto, située dans le département de Médina Yoro Foulah, après le décès tragique d’Ousseye Baldé, une adolescente de 15 ans retrouvée pendue ce lundi dans son village d’origine, Sinthiang Mamadou Hayé.

Les événements ont eu lieu en fin de matinée. La jeune fille a été retrouvée morte, accrochée à un arbre près de chez elle, avec un foulard qui lui appartenait. Cette scène dramatique a plongé la communauté dans une grande stupeur, surtout qu’aucun signe extérieur ne laissait présager un acte si tragique. Alertées rapidement, les autorités ont envoyé une équipe de gendarmes sur place avant de transférer le corps à la morgue de l’hôpital régional de Kolda. Une autopsie a été demandée pour déterminer les circonstances précises du décès.

Tragédie à Touba : trois décès suite à l’effondrement d’un immeuble de quatre étages

Un événement tragique a eu lieu tôt ce mercredi matin dans le quartier de Darou Miname à Touba, où un immeuble en cours de construction s’est effondré vers 4 heures. Selon les détails fournis par le gouverneur de la région de Diourbel, Ibrahima Fall, il s’agissait d’un bâtiment de quatre étages, et non de trois comme suggéré initialement après le drame.

Les équipes de secours des sapeurs-pompiers ont œuvré pour dégager les débris et ont achevé les opérations de recherche au cours de la journée. Le bilan humain est lourd : trois personnes ont perdu la vie et deux autres blessées ont été transportées à l’hôpital Matlaboul Fawzaini pour recevoir des soins.

Le gouverneur Fall, présent sur les lieux, a précisé que l’immeuble effondré n’était pas encore occupé, mais sa chute a gravement endommagé une maison voisine, causant les pertes humaines enregistrées. Il a mis en avant l’urgence de renforcer la surveillance des chantiers, déclarant : « Il est impératif d’interrompre toutes les constructions n’ayant pas respecté la procédure normale. Il faut en discuter avec le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, pour envisager des inspections dans la ville et s’assurer du respect des normes. »

De son côté, le maire de Touba, Abdou Lahad Ka, a livré un bilan inquiétant. Selon lui, il s’agit du cinquième effondrement d’un bâtiment en construction à Touba en moins de deux ans. Une série préoccupante qui soulève des questions sur la qualité des bâtiments, mais aussi sur l’application des règles d’urbanisme dans une ville en pleine croissance.

L’élu local a critiqué la multiplication des constructions en hauteur, de type R+3 à R+5, souvent réalisées sans supervision technique adéquate. Il appelle à des mesures urgentes et déterminées pour faire respecter les normes de construction, particulièrement dans une cité religieuse qui attire chaque année des millions de visiteurs.

Yahya Jammeh réagit à la défection d’Amie Colley et promet son retour en Gambie

L’ancien président gambien Yahya Jammeh, en exil en Guinée équatoriale depuis son éviction en 2017, est sorti de son silence pour commenter un nouvel épisode politique au sein de son camp. Dans un message audio diffusé par la plateforme Kawtef, le dirigeant déchu a réagi avec fermeté à la défection de la députée Amie Colley, qui a quitté la faction « APRC No Alliance » pour rallier le parti au pouvoir, le NPP du président Adama Barrow.

« Je n’ai plus rien à voir avec elle », a déclaré Yahya Jammeh, visiblement irrité par cette trahison politique. Amie Colley, jusqu’ici considérée comme une fidèle de l’ancien régime, a choisi de rejoindre les rangs du NPP, dans un contexte de recomposition politique à l’approche des prochaines échéances électorales en Gambie.

Au-delà de cette rupture, Jammeh a profité de cette sortie médiatique pour réaffirmer son ambition de revenir au pays. « Je reviendrai à Banjul au grand jour », a-t-il martelé, avant d’ajouter : « Ni Adama Barrow, ni aucune puissance étrangère ne pourra m’en empêcher. »

Cette déclaration relance les spéculations sur un éventuel retour de l’ancien homme fort de Banjul, malgré les graves accusations de violations des droits humains et de corruption portées contre lui. La Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC), dont les travaux se sont achevés en 2021, avait recommandé des poursuites judiciaires à son encontre.

Depuis son exil, Yahya Jammeh conserve une influence notable au sein d’une partie de l’opinion publique gambienne, notamment à travers la faction « APRC No Alliance », farouchement opposée à toute collaboration avec le régime Barrow. La défection d’Amie Colley vers le NPP est perçue comme un coup dur pour ce groupe, déjà affaibli par les divisions internes.

Du côté du NPP, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée, mais le ralliement d’une figure proche de Jammeh pourrait être interprété comme un nouvel atout dans sa stratégie d’élargissement de sa base électorale.

Drame à Touba : L’effondrement d’un immeuble fait trois morts et plusieurs blessés à Darou Miname

Un grave accident s’est produit ce mercredi à l’aube dans la cité religieuse de Touba. Un immeuble en construction de type R+3 s’est partiellement effondré dans le quartier de Darou Miname 28, causant la mort de trois personnes et faisant plusieurs blessés, selon les premières informations recueillies sur place.

Le drame est survenu aux environs de 4 heures du matin. Selon des témoins, la structure s’est effondrée brutalement, sans aucun signe avant-coureur. Le bâtiment, encore en chantier, s’est écroulé en partie sur une maison voisine habitée, où logeait une famille de cinq personnes. Les cris de détresse ont alerté les riverains qui, dans un élan de solidarité, ont tenté de dégager les victimes avant l’arrivée des secours.

Les premières constatations font état de trois décès survenus sur le coup. Deux autres victimes, grièvement blessées, ont été évacuées en urgence vers l’hôpital Matlaboul Fawzeyni. Parmi les occupants de la maison sinistrée figurent une femme âgée et deux enfants de 8 et 10 ans. Leur état de santé reste pour le moment inconnu.

Les opérations de secours, toujours en cours, sont menées par la brigade des sapeurs-pompiers de Touba, appuyée par des volontaires de la Croix-Rouge sénégalaise. Les secouristes affrontent d’importantes difficultés en raison de la densité des décombres et du danger que représente le terrain. Le rez-de-chaussée de l’immeuble effondré abritait en effet une quincaillerie, compliquant les fouilles à cause de la présence de matériaux lourds et de substances potentiellement inflammables.

L’origine de l’effondrement n’a pas encore été déterminée. Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les causes de ce drame. Des experts en génie civil sont attendus sur les lieux pour évaluer la structure du bâtiment et identifier d’éventuelles négligences ou malfaçons.

Ce tragique incident relance une fois de plus la question du contrôle des chantiers et du respect des normes de construction dans les zones urbaines en pleine expansion comme Touba. Les autorités locales appellent à la vigilance et promettent de situer les responsabilités dans les plus brefs délais.

À suivre…

BOA Mbao : un stagiaire jugé pour un détournement de plus de 16 millions FCFA, verdict attendu le 8 juillet

Le jeune stagiaire E. J. Sarr, en poste à la Banque Of Africa (BOA) de Mbao, risque un an de prison ferme après avoir été jugé, lundi, devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye pour détournement de fonds. La somme en cause : 16,624 millions de francs CFA, dilapidés sur la plateforme de paris en ligne 1xBet.

L’affaire, relatée par L’Observateur qui a assisté à l’audience, débute par un acte qualifié de « négligence » par le prévenu. Le jeune stagiaire aurait initialement perdu 2,9 millions de francs CFA confiés par une cliente. Pris de panique et désireux de dissimuler sa faute, il aurait alors mis en place un stratagème plus grave encore : l’accès frauduleux au système informatique de la banque, la modification des coordonnées d’un client du nom de K. Guèye, et des virements successifs vers un compte complice, pour un total de 14 millions de francs supplémentaires.

Au total, E. J. Sarr est accusé d’avoir détourné plus de 16 millions de francs CFA. Face aux juges, il a reconnu les faits et avoué avoir misé la totalité de la somme sur 1xBet, une plateforme bien connue de paris sportifs. Une addiction destructrice, selon sa défense.

L’avocat de la Banque Of Africa n’a pas caché la gravité de l’affaire. Il a souligné que l’établissement a dû rembourser les clients lésés, ce qui a entaché l’image et la confiance de l’agence de Mbao. Le ministère public, pour sa part, a requis une peine d’un an de prison ferme, insistant sur la responsabilité pleine et entière du mis en cause, malgré son jeune âge.

De son côté, la défense a plaidé la clémence, décrivant E. J. Sarr comme un « jeune brillant mais malade », fils unique et victime d’une sévère addiction aux jeux. Elle a imploré le tribunal de lui accorder une seconde chance, évoquant un possible traitement et une volonté de réinsertion.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 8 juillet prochain.

Plainte du président de l’Assemblée nationale : Adama Gaye se désolidarise et retire ses écrits

Dans une sortie publiée ce mercredi sur ses réseaux sociaux, le journaliste et analyste politique Adama Gaye a tenu à clarifier sa position suite à la plainte récemment déposée par le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Alors que son nom avait été évoqué dans la polémique, il affirme ne pas être concerné par la procédure judiciaire en cours.

« J’apprends que je ne suis pas concerné par la plainte qui fait du bruit », a-t-il écrit, ajoutant qu’il retire ses précédents propos sur un « débat qui n’avait pas lieu d’être ». Une manière pour lui de tourner la page d’une affaire qui a pris une dimension médiatique importante ces derniers jours.

Dans sa déclaration, Adama Gaye évoque également sa relation personnelle avec le président de l’Assemblée nationale, le qualifiant de « goro » (terme wolof désignant un parent par alliance, généralement par le mariage). « El Malick, étant mon goro, ça m’avait paru étrange », explique-t-il, semblant exprimer une certaine incompréhension face à l’idée d’un différend entre eux.

Cette clarification intervient alors que deux journalistes — le chroniqueur Bachir Fofana et l’ancien diplomate et journaliste Madiambal Diagne — sont cités dans la plainte déposée par l’avocat Me Bamba Cissé, au nom d’El Malick Ndiaye. Elle fait suite à une série de publications sur les réseaux sociaux concernant des véhicules de l’Assemblée nationale, jugées diffamatoires par le plaignant.

Cheikh Oumar Diagne tacle Serigne Gueye Diop : « Le ministre du Commerce est incompétent »

Invité sur le plateau de la chaîne 7TV, Cheikh Oumar Diagne, ancien directeur des Moyens généraux à la présidence, n’a pas mâché ses mots. Dans un ton incisif, il a remis en question les capacités du ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, qu’il accuse d’inefficacité dans la gestion du dossier du sucre au Sénégal.

« Le ministre Serigne Gueye Diop est incompétent », a-t-il déclaré sans détour, en réponse à une question relative à la pénurie annoncée de sucre sur le marché national. Pour lui, la situation actuelle témoigne d’un pilotage défaillant du secteur, alors que les ménages sénégalais s’inquiètent de la montée des prix et de la rareté du produit.

Cheikh Oumar Diagne ne s’est pas limité à critiquer le ministre. Il a également pointé un doigt accusateur vers la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), qu’il tient pour principale responsable du déséquilibre du marché. « La Compagnie sucrière sénégalaise a pris en otage les consommateurs », a-t-il martelé, dénonçant ce qu’il considère comme une position dominante exercée au détriment de l’intérêt général.

Face à cette situation qu’il qualifie de “grave”, l’ancien haut fonctionnaire appelle l’État à sortir de sa réserve et à agir avec fermeté. Il exige des mesures immédiates pour mettre fin au monopole et garantir aux populations un accès équitable et abordable au sucre.

Kaolack : Une Synthèse Pédagogique pour les Élèves Candidats aux Examens – Une Initiative du Mouvement des Enseignants Patriotes

À quelques semaines des examens du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM) et du Baccalauréat de l’année scolaire 2024-2025, le Mouvement des Enseignants Patriotes a organisé, ce samedi 28 juin 2025 à Kaolack, une grande séance de synthèse pédagogique à l’intention des élèves de troisième et de terminale.

Les élèves de troisième ont pu bénéficier de révisions intensives dans les disciplines clés : mathématiques, français et anglais, tandis que ceux de terminale ont été accompagnés en philosophie, une matière cruciale pour l’examen du baccalauréat.

L’objectif de cette initiative est clair : renforcer les acquis, combler les lacunes identifiées durant l’année scolaire et redonner confiance aux élèves avant les épreuves finales.

« Nous avons voulu accompagner les jeunes à notre manière, avec notre expertise et notre engagement patriotique », a déclaré M. Prospère Coly, coordonnateur communal du Mouvement des Enseignants Patriotes du Sénégal.

Le Mouvement des Enseignants Patriotes, composé d’enseignants bénévoles engagés pour une école publique de qualité, s’inscrit dans une démarche citoyenne et solidaire. Ses membres entendent pérenniser cette initiative chaque année, voire l’élargir à d’autres classes et localités.

« C’est notre devoir de contribuer à la réussite de nos enfants, surtout dans les zones où les moyens sont limités », a souligné un membre du mouvement.

Cette journée de synthèse a été largement saluée par les élèves, leurs parents et les autorités éducatives locales. Elle démontre que l’engagement citoyen, lorsqu’il est bien structuré, peut avoir un impact concret et positif sur la réussite scolaire.

Kaolack / Thiaré : Une route en ruine, des vies en détresse

À Thiaré, village niché dans le département de Kaolack, la route principale est devenue un véritable calvaire pour les habitants. Nids-de-poule, boue, poussière… les populations dénoncent une situation qui perdure depuis des années et qui affecte profondément leur quotidien.

« Regardez dans quel état est cette route ! Quand il pleut, c’est l’enfer. Nos enfants ne peuvent même pas aller à l’école. Les voitures refusent de venir ici. Nous nous sentons abandonnés », témoigne Mamadou Traoré, enseignant.

La route de Thiaré est un axe vital qui relie plusieurs localités. Pourtant, sa dégradation avancée entrave gravement la circulation et freine l’activité économique locale, comme le rappelle M. Traoré.

Face à cette situation, les populations multiplient les appels à l’État pour une réhabilitation rapide de l’axe.

« On a écrit, on a manifesté, mais toujours rien. Nous demandons que les autorités viennent constater elles-mêmes la situation. Ce n’est plus vivable », lance Abdou Salam Dieng, un habitant de la localité.

La route de Thiaré est aujourd’hui le symbole d’un abandon que les habitants ressentent profondément. Ils interpellent les autorités compétentes pour qu’une solution durable soit enfin apportée, afin que cette route cesse d’être un frein à leur développement.

Affaire des véhicules de l’Assemblée nationale : El Malick Ndiaye porte plainte contre Bachir Fofana et Adama Gaye pour diffamation

L’affaire très médiatisée des véhicules de l’Assemblée nationale prend une tournure judiciaire. Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a décidé de porter l’affaire devant les autorités compétentes en déposant une plainte contre deux journalistes connus de la scène publique : Bachir Fofana, chroniqueur, et Adama Gaye, ancien diplomate et journaliste. L’information a été révélée par le journal Libération, qui précise que la plainte a été introduite par l’avocat Me Bamba Cissé, agissant au nom du président de l’institution parlementaire.

Selon les détails rapportés, la plainte déposée auprès de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) vise des faits présumés de « diffusion de fausses nouvelles et diffamation ». L’initiative fait suite à une série de déclarations publiques et publications en ligne que Me Cissé juge infondées et attentatoires à l’honneur de son client.

Dans le viseur de la plainte, une déclaration publique de Bachir Fofana portant sur le marché controversé d’acquisition de véhicules pour l’Assemblée nationale. Le chroniqueur aurait affirmé que ce marché avait été attribué à un certain Cheikh Guèye, un nom déjà cité dans une autre affaire médiatisée impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, autour du tribunal de Pikine-Guédiawaye.

Pour Me Bamba Cissé, ces propos relèvent d’une intention manifeste de nuire à la réputation du président de l’Assemblée. L’avocat estime qu’aucun élément tangible ne vient étayer de telles accusations, et que leur diffusion relève d’une démarche calomnieuse.

De son côté, Adama Gaye est mis en cause pour une publication sur sa page Facebook, jugée diffamatoire. Le contenu de cette publication, bien que non reproduit en intégralité par Libération, contiendrait, selon la plainte, des allégations sans fondement vérifiable qui auraient outrepassé les limites légales de la liberté d’expression.

La Division spéciale de cybersécurité de la police nationale a été officiellement saisie du dossier. Des réquisitions seraient déjà en cours pour retracer la diffusion des propos incriminés, identifier les auteurs et leurs responsabilités, et recueillir toutes les preuves numériques nécessaires.

Selon des sources proches de l’enquête citées par Libération, la DSC pourrait convoquer les mis en cause dans les prochains jours pour les besoins de l’enquête préliminaire.

Ce nouvel épisode intervient dans un contexte de forte tension autour de la gestion des ressources publiques et de la transparence au sein de l’Assemblée nationale. Les interrogations suscitées par l’achat de véhicules pour les députés avaient déjà donné lieu à une vive polémique au sein de l’opinion publique.

Ismaïla Madior Fall face à la justice : une audition cruciale sous fond d’accusations de corruption

Sauf revirement de dernière minute, l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, sera auditionné ce mardi par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Une audience attendue, aussi bien pour sa portée judiciaire que pour ses conséquences politiques, dans une affaire de corruption présumée qui secoue les sphères de l’État.

Figure emblématique du droit constitutionnel au Sénégal, universitaire respecté et ex-Garde des Sceaux sous Macky Sall, Ismaïla Madior Fall traverse aujourd’hui la plus grave tempête de sa carrière. Inculpé et placé sous bracelet électronique, il devra s’expliquer au fond sur des faits de corruption présumée portant sur 50 millions de francs CFA. Face à lui, deux hommes : l’entrepreneur Cheikh Guèye, patron de TCS, et Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice. Tous deux également mis en cause dans ce dossier, ils sont devenus ses principaux accusateurs.

L’affaire, révélée par L’Observateur, trouve son origine dans un projet d’infrastructures judiciaires sur une assiette foncière attribuée au ministère de la Justice. Parmi les constructions prévues : un centre de surveillance de bracelets électroniques, estimé à 576 millions de francs CFA. En l’absence de budget disponible, un partenariat est scellé avec l’entrepreneur Cheikh Guèye, qui s’engage à financer la construction à ses frais, en contrepartie d’une dation sur une partie du terrain.

Mais l’accord tourne court. Selon les déclarations de Cheikh Guèye à la Division des investigations criminelles (DIC), Ismaïla Madior Fall aurait exigé une somme totale de 250 millions de francs CFA pour signer le protocole. Il affirme lui avoir versé une avance de 50 millions en espèces, en présence du directeur Mohamed Anas El Bachir Wane. Ce dernier, entendu à son tour, aurait corroboré les faits.

Convoqué ce jour au Palais de justice de Dakar, l’ancien ministre est attendu au troisième étage, au siège de la Commission d’instruction. Devant le président Abdoulaye Bâ et ses quatre assesseurs, il devra affronter une vérité judiciaire en gestation, où chaque parole pèsera lourd. Pour sa part, Ismaïla Madior Fall nie les accusations. Sur le plateau de la 7TV, il a affirmé que l’argent en question lui avait été proposé à titre gracieux par Cheikh Guèye, mais qu’il l’avait refusé et renvoyé à l’envoyeur.

Une version qui tranche avec les témoignages de ses accusateurs et qui sera scrutée de près lors de l’audience. Le risque est énorme pour un homme qui, jusqu’ici, bénéficiait d’une image d’intégrité bâtie sur des décennies d’engagement académique et institutionnel.

Cette audition pourrait marquer un tournant dans une affaire devenue emblématique des soupçons de collusion entre pouvoir, argent public et acteurs privés. Dans un pays où la reddition des comptes est devenue un impératif citoyen, l’issue de ce face-à-face judiciaire est attendue avec fébrilité.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°495 – 25/06/2025

🔴 DEMANDE D’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PARLEMENTAIRE PAR PAPE DJIBRIL FALL : « ASER-GATE » – DES TÉNÈBRES À LA LUMIÈRE ?
🔴 « ZONES D’OMBRE » DANS LES RAPPORTS TRIMESTRIELS D’EXÉCUTION BUDGÉTAIRE : PAPE MALICK NDOUR TIQUE

🔴 CANDIDATURE À LA PRÉSIDENCE DE LA FSF : ALIOU GOLOKO MISE SUR PLUS DE 30 ANS D’EXPÉRIENCE
🔴 LUTTE / « LE CNG VOULAIT MA DÉFAITE » : ZARCO RÈGLE SES COMPTES

DEMANDE D’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE PARLEMENTAIRE PAR PAPE DJIBRIL FALL : « ASER-GATE » – des ténèbres à la lumière ?

Le député non-inscrit Papa Djibril Fall a saisi officiellement le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, ce mardi 24 juin 2025, pour exiger l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le marché d’électrification rurale attribué à la société AEE POWER par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER). Dans une lettre argumentée et estampillée du sceau du Parlement, le parlementaire invoque les articles 85 alinéa 4 de la Constitution et 48 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour appuyer sa requête.

Dans ce document transmis au bureau de l’Assemblée et dûment enregistré, Papa Djibril Fall justifie sa demande par la gravité des soupçons qui entourent l’attribution de ce marché, devenu en quelques mois un véritable feuilleton politico-économique. Il évoque de « vives polémiques », des « interrogations persistantes », des « accusations et contre-accusations » qui, selon lui, justifient une réponse institutionnelle forte de la part de la représentation nationale.
« Cette commission d’enquête a pour objet de mettre toute la lumière sur ce marché », écrit-il, soulignant la nécessité pour le Parlement de s’emparer de ce dossier hautement sensible, où s’entremêlent enjeux de transparence, d’éthique, de bonne gouvernance et d’intérêt public.
À travers cette initiative, le député vise à recueillir l’ensemble des éléments d’information nécessaires à la compréhension du processus ayant conduit à l’attribution du marché à AEE POWER, et à produire un rapport détaillé, impartial, et affranchi de toute forme de complaisance. Une volonté clairement affichée de lever le voile sur ce que certains appellent déjà « l’ASER-Gate », en référence aux pratiques opaques dénoncées autour du dossier.
Ce geste de Papa Djibril Fall intervient dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de reddition de comptes sont particulièrement élevées. Le marché d’électrification en question, qui devait incarner une avancée majeure pour les zones rurales du pays, est désormais perçu par une partie de l’opinion comme un symbole d’opacité dans la gestion des marchés publics.
Le président de l’Assemblée nationale est désormais interpellé pour donner suite à cette demande qui, si elle est acceptée, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de responsabilité parlementaire. L’éclairage tant attendu sur ce dossier pourrait bien commencer dans l’hémicycle, sous l’impulsion d’un député déterminé à sortir les pratiques douteuses de l’ombre. Reste à savoir si cette initiative trouvera un écho favorable auprès des autres groupes parlementaires.


Trêve entre l’Iran et Israël : les marchés respirent, le pétrole s’effondre, le dollar recule

Les marchés financiers mondiaux ont retrouvé leur calme ce mardi, portés par l’annonce d’un cessez-le-feu entre l’Iran et Israël. Cette trêve, annoncée par l’ex-président américain Donald Trump après douze jours de tensions militaires, a été accueillie avec soulagement par les investisseurs, qui ont fait grimper les principales places boursières, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. En parallèle, les cours du pétrole ont fortement chuté, tandis que le dollar s’est affaibli face aux grandes devises.

Du côté des marchés boursiers, les indices ont clôturé en nette hausse. À Wall Street, le Dow Jones a gagné 1,19 %, le Nasdaq a progressé de 1,43 % et le S&P 500 de 1,11 %, se rapprochant de son plus haut historique. En Europe, Paris a enregistré une hausse de 1,04 %, Francfort de 1,60 % et Milan de 1,63 %. Seule la Bourse de Londres a stagné, avec une variation quasi nulle (+0,01 %). Ce rebond traduit la dissipation d’un risque géopolitique majeur, comme l’a souligné Lionel Melka, gérant de Swann Capital : « Les investisseurs reprennent leur souffle, avec ce cessez-le-feu, c’est un risque qui disparaît du marché. »

L’annonce a également déclenché une chute brutale des prix du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord a perdu 6,84 %, tombant à 67,14 dollars, son niveau de début juin. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), son équivalent américain, a reculé de 6,04 % à 64,37 dollars. Cette dégringolade est alimentée par deux facteurs : la trêve au Moyen-Orient, qui éloigne le spectre d’un choc d’approvisionnement, et un message posté par Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, affirmant que la Chine pouvait désormais s’approvisionner en pétrole iranien. Cette déclaration marque un tournant dans la politique américaine vis-à-vis de Téhéran et pourrait amplifier le retour du pétrole iranien sur le marché.

Dans le sillage de cette baisse, le gaz naturel européen a aussi reculé fortement (-12,11 %), atteignant 35,61 euros le mégawattheure (MWh). Le recul généralisé des prix de l’énergie a pénalisé les grandes compagnies pétrolières. TotalEnergies a chuté de 3,28 % à Paris, tandis que BP a plongé de 4,75 % à Londres, Shell de 3,61 %, Eni de 2,54 % à Milan, Exxon Mobil de 3,04 % et Chevron de 2,25 % à Wall Street.

Sur le marché des changes, le dollar a également perdu du terrain, affaibli par l’apaisement géopolitique et les signaux contradictoires en provenance de la Réserve fédérale américaine (Fed). Certains responsables de la Fed se sont montrés favorables à une baisse des taux dès juillet, alors même que son président Jerome Powell a réitéré qu’il n’y avait « pas d’urgence » à agir. En conséquence, le billet vert a reculé de 0,29 % face à l’euro, tombant à 1,1612 dollar. Plus tôt dans la journée, l’euro avait atteint un plus haut depuis octobre 2021 à 1,1642 dollar. Par ailleurs, les rendements obligataires américains à dix ans se sont détendus à 4,30 %, contre 4,34 % la veille.

Enfin, sur le front des entreprises, Uber s’est démarqué avec une progression spectaculaire de 7,48 %, portée par l’annonce de l’élargissement de son partenariat avec Waymo, la filiale de véhicules autonomes d’Alphabet. Après Austin, les voitures sans chauffeur de Waymo seront désormais disponibles via l’application Uber à Atlanta. En revanche, Tesla a été sanctionné en Bourse (-2,35 %), après que l’Agence américaine de sécurité routière (NHTSA) a exigé des explications suite à des incidents signalés lors du lancement de son service de taxi autonome à Austin, encore très limité à ce stade.

La trêve entre l’Iran et Israël semble donc avoir ramené un vent d’optimisme sur les marchés. Mais les évolutions futures dépendront à la fois de la stabilité de ce cessez-le-feu et des orientations à venir des grandes banques centrales, notamment de la Fed.

Dette publique et budget 2025 : Dr Babo Amadou Ba expose les vrais enjeux et la stratégie de l’État

Alors que le débat autour de la dette publique et du déficit budgétaire alimente les discussions dans les cercles politiques, économiques et citoyens, Dr Babo Amadou Ba, Directeur général du Fonds de Financement des Projets et Programmes Transversaux (3FPT) et spécialiste en finance de marché, a décidé de sortir du silence. Dans une analyse fouillée, il a apporté des clarifications essentielles sur les choix budgétaires du gouvernement pour l’année 2025, tout en inscrivant ces décisions dans le cadre communautaire de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et dans une perspective de réforme structurelle.

Selon Dr Ba, les décisions actuelles du gouvernement sénégalais s’appuient sur deux textes fondamentaux adoptés en 2009 par l’UEMOA. Il s’agit d’abord de la Directive N°1/2009/CM/UEMOA, qui oblige les États membres à publier dans les trois mois suivant le début d’un mandat présidentiel toutes les informations relatives aux finances publiques, avec un accent particulier sur la dette et les déficits. Ensuite, la Directive N°06/2009/CM/UEMOA, qui a amorcé une réforme des lois organiques pour introduire une nouvelle culture de gestion publique. Cette réforme a fait basculer les États de la logique de moyens à une logique de résultats, mettant au cœur de l’action publique la performance. L’une des innovations majeures de cette directive est la déconcentration de l’ordonnancement. Jusque-là, seul le ministre chargé des Finances ordonnait les dépenses de l’État. Désormais, les ministres sectoriels, les présidents d’institutions et les directeurs généraux disposent de ce pouvoir, rendant chaque entité responsable de son budget.

S’agissant du budget 2025, Dr Ba a révélé que les autorités ont constaté un déficit budgétaire de 1 600 milliards de FCFA. Ce déficit représente l’écart entre les recettes mobilisées et les dépenses prévues. À cela s’ajoute un service de la dette particulièrement lourd, estimé à 2 973 milliards FCFA, dont 932 milliards pour les seuls intérêts et commissions. En tout, le besoin de financement pour l’exercice 2025 s’élève à 4 573 milliards de FCFA. Dr Ba précise que sur ce montant, 2 973 milliards correspondent à des engagements contractés sous le régime précédent. Il rappelle également que dans les règles actuelles de comptabilité publique, l’amortissement de la dette, c’est-à-dire le remboursement du principal, n’apparaît plus comme une dépense budgétaire classique, mais est classé parmi les opérations de trésorerie. Ce changement explique pourquoi l’amortissement disparaît du cadre budgétaire proprement dit, bien qu’il reste une obligation financière réelle.

L’un des volets les plus sensibles abordés par Dr Ba concerne les risques liés à l’endettement du Sénégal. Il identifie quatre menaces majeures. D’abord, le risque de change, qui survient lorsque l’endettement est libellé dans des monnaies étrangères comme le dollar ou l’euro, et que les fluctuations de ces devises aggravent mécaniquement le montant de la dette. Ensuite, le risque de taux d’intérêt, car une hausse des taux sur les marchés internationaux rend le remboursement plus coûteux. Le troisième danger est celui du refinancement, c’est-à-dire la nécessité d’emprunter à nouveau pour rembourser d’anciennes dettes, ce qui crée un effet boule de neige. Enfin, il mentionne le risque de liquidité, lorsque les marchés se ferment ou deviennent trop coûteux.

Pour faire face à ces risques, le gouvernement a choisi de changer d’approche en se tournant davantage vers le marché domestique. Cette réorientation se traduit par la mise en place d’instruments innovants comme les « patriotes bonds » et les « diaspora bonds ». Ces outils de financement visent à mobiliser les ressources des Sénégalais résidant au pays et à l’étranger, tout en réduisant la dépendance excessive aux bailleurs extérieurs. Ce virage stratégique s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement Durable (SN2D), qui fixe un objectif de rééquilibrage de la structure de la dette à l’horizon 2027. Ainsi, le Sénégal ambitionne d’atteindre une composition de la dette à 59 % de financements domestiques et 41 % de dettes extérieures, contre une situation actuelle dominée à 74 % par l’endettement extérieur.

Dr Babo Amadou Ba insiste sur le fait que les critiques adressées au budget 2025 doivent être contextualisées et dépassionnées. Il soutient que le régime actuel n’a fait que constater l’ampleur des engagements hérités, tout en posant les jalons d’une gestion plus responsable, plus transparente et plus adaptée aux enjeux économiques nationaux et sous-régionaux. À ses yeux, les débats sur le budget devraient porter sur la manière dont l’État sénégalais entend mettre en œuvre les réformes promises dans le sens d’une budgétisation plus performante et tournée vers les résultats.

Au final, l’analyse du Dr Babo Amadou Ba vient remettre en perspective la situation financière du Sénégal, en rappelant que les défis actuels, bien que réels, ne sont pas insurmontables. Ils appellent, selon lui, à des réponses structurées, fondées sur une bonne compréhension des mécanismes financiers, une rigueur accrue dans l’exécution budgétaire et une vision claire de la souveraineté économique.

Crise sociale : L’UNSAS recadre le ministre Olivier Boucal et exige la reprise immédiate du dialogue avec les syndicats de la justice

Face à la grève persistante des travailleurs de la justice, menée par le SYTJUST et l’UNTJ, l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS) a vivement réagi aux propos du ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal. Dans un communiqué transmis à la presse, l’organisation syndicale fustige la posture du ministre, qu’elle juge inappropriée et contraire à l’esprit de concertation sociale.

Le ministre Boucal avait récemment qualifié le mouvement de grève de « chantage », évoquant une « négation du pacte de stabilité sociale » entre les syndicats et l’État. Une sortie qui a provoqué l’indignation de l’UNSAS, laquelle rappelle fermement que « le pacte ne saurait en aucun cas primer sur un droit constitutionnel fondamental : le droit de grève. »

Selon le secrétariat exécutif de l’UNSAS, les travailleurs de la justice sont en droit d’engager une action de lutte dès lors qu’ils ne reçoivent pas de réponses satisfaisantes de la part des autorités compétentes. L’organisation appelle donc le ministre Boucal à « prendre les dispositions nécessaires pour renouer, sans délai, un dialogue sincère et constructif avec les syndicats concernés. »

La centrale syndicale s’est également exprimée sur la situation des enseignants-chercheurs. Elle exhorte le gouvernement à appliquer sans tarder le décret n° 2020-398 du 23 septembre 2020, qui institue une allocation spéciale de retraite pour les enseignants-chercheurs et chercheurs titulaires des universités. Elle réclame en outre le versement de la pension de réversion aux ayants droit — veuves et orphelins — des enseignants décédés.

Autre sujet de préoccupation majeur pour l’UNSAS : le sort du groupe La Poste, confronté à de graves difficultés structurelles. La centrale syndicale dénonce le retard pris dans la restructuration promise par les autorités, qualifiant la situation de « désarroi total » pour les travailleurs. Elle presse le gouvernement d’accélérer, avec diligence, le processus de redressement.

Dans un climat social déjà tendu, l’UNSAS avertit qu’elle se réserve le droit d’engager toute action qu’elle jugera utile si le gouvernement persiste dans ce qu’elle qualifie « d’immobilisme ». Elle en appelle à une gouvernance plus responsable, respectueuse des droits syndicaux et attentive aux urgences sociales.

Massacre de Thiaroye : Le fils d’un tirailleur sénégalais porte plainte contre l’État français pour recel de cadavre

Plus de 80 ans après les faits, la quête de justice continue pour les descendants des tirailleurs sénégalais victimes du massacre de Thiaroye, survenu le 1er décembre 1944 dans le camp militaire du même nom, près de Dakar. Ce mardi 24 juin 2025, Biram Senghor, fils de Mbap Senghor, l’un des soldats tués ce jour-là, a déposé une plainte contre X et contre l’État français pour « recel de cadavre » devant le tribunal judiciaire de Paris.

Âgé de 86 ans et ancien gendarme, Biram Senghor refuse de tourner la page d’un crime colonial que la France a officiellement reconnu en juin 2024, en attribuant à son père, ainsi qu’à cinq autres tirailleurs, la mention « Mort pour la France ». Une reconnaissance certes symbolique, mais insuffisante aux yeux de cet homme dont le combat, entamé il y a plusieurs décennies, vise aujourd’hui la vérité historique et la restitution du corps de son père.

Selon le quotidien Le Monde, qui rapporte l’information, l’avocat sénégalais Mbaye Dieng, chargé de défendre les intérêts de Biram Senghor à Paris, estime que des efforts délibérés ont été menés pour entretenir l’opacité sur les circonstances et les conséquences du massacre. « Depuis 80 ans, des individus travaillent à maintenir l’opacité autour des faits et à empêcher l’accès à des documents qui permettraient de localiser les corps et de connaître le nombre réel de victimes », dénonce-t-il.

Officiellement, les autorités françaises reconnaissent 35 morts à Thiaroye, mais plusieurs historiens estiment que le bilan réel est bien plus élevé, pouvant atteindre plusieurs centaines. Ce flou historique alimente les soupçons sur une volonté persistante de minimiser la gravité de la répression militaire qui s’est abattue sur ces anciens combattants de l’armée française, à qui l’on refusait le versement de leur solde.

Dans le dossier de Mbap Senghor, les archives françaises révèlent une manipulation manifeste : son acte de décès initial le désignait comme un déserteur. Un stigmate que son fils a longuement combattu avant que l’administration française ne reconnaisse finalement son exécution lors du massacre.

Mais pour Biram Senghor, la reconnaissance ne suffit pas si les corps des victimes demeurent introuvables. « Pourquoi M. Senghor devrait-il croire que personne ne sait où se trouve la dépouille de son père ? », interroge Me Dieng, qui exige que la France lève tous les obstacles à la vérité historique et à la restitution des corps.

Rapports d’exécution budgétaire : Pr Amath Ndiaye évoque un surendettement imminent

À l’occasion de la publication des rapports d’exécution budgétaire du quatrième trimestre 2024 et du premier trimestre 2025, le Pr Amath Ndiaye, économiste à la FASEG de l’UCAD, propose une analyse alarmante des finances publiques sénégalaises. Le Sénégal entame l’année 2025 avec des finances sous forte pression. Bien que les recettes fiscales affichent de bonnes performances, la situation est marquée par un déficit élevé, une exécution insuffisante des investissements et une dépendance croissante à un financement externe coûteux. « Le retour à l’équilibre budgétaire ne peut plus être différé : le redressement est devenu une urgence nationale, pour préserver la stabilité macroéconomique, soutenir l’emploi et maintenir le cap vers la Vision 2050 », avertit l’économiste.

Recettes : bon démarrage interne, blocage externe

Les recettes totales mobilisées au premier trimestre 2025 s’élèvent à 1 027,82 milliards FCFA, soit 21,44 % des prévisions annuelles, en hausse de 9,7 % par rapport au T1 2024 (937,07 milliards).

– Recettes fiscales : 960,26 milliards FCFA, en progression de 11,6 % par rapport à 860,38 milliards en 2024, avec un taux d’exécution trimestriel de 94,4 %.
– Recettes non fiscales : 59,56 milliards FCFA, en hausse de 24,4 % (47,88 milliards en T1 2024), avec un taux d’exécution de 137 %.

Les recettes internes atteignent 96,15 % de l’objectif trimestriel, démontrant une mobilisation efficace. Cependant, les ressources extérieures sont quasi inexistantes : « Les dons budgétaires au T1 2025 : 0 FCFA exécuté sur 45 milliards prévus. Dons en capital : 8 milliards FCFA réalisés sur 200 milliards prévus (soit seulement 4 %). » Au total, seuls 3,27 % des ressources extérieures attendues ont été mobilisées, limitant les financements d’investissement.

Dépenses : exécution maîtrisée mais déséquilibrée

Les dépenses totales exécutées au T1 2025 s’élèvent à 1 419,45 billions FCFA, soit 22,14 % des crédits annuels ouverts.

  – Dépenses ordinaires : 1 130,89 milliards FCFA (26,01 % des dotations), dont :

  – Charges de la dette : 225,24 milliards FCFA, en hausse de 24 % par rapport à 181,63 milliards en T1 2024 (+43,61 milliards).

  – Dépenses de personnel : 357,07 billions FCFA, en légère hausse de 1 % (353,67 milliards en T1 2024).

  – Transferts courants : 463,93 milliards FCFA, en progression de 15,2 % (402,52 milliards en T1 2024), dopés par les subventions à l’énergie (169 milliards) et à l’enseignement supérieur.

 – Dépenses en capital : 288,57 milliards FCFA, en baisse de 42,2 milliards FCFA par rapport à 330,75 milliards en T1 2024.

 – Investissements sur ressources internes : Un maigre 2,64 milliards FCFA réalisés sur 308,25 milliards, soit un taux de 0,86 %, soulignant un frein majeur.

Vers une trajectoire budgétaire difficilement tenable

Le déficit budgétaire de 2024 s’est établi à 2 500,95 milliards FCFA, soit environ 12,6 % du PIB, dépassant la prévision initiale de 11,1 %. Pour 2025, le déficit reste au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA. « L’objectif de réduction à 3 % du PIB en 2027 fixé par l’UEMOA semble difficilement atteignable, même avec des coupes drastiques dans les dépenses publiques », note Pr Ndiaye. Les charges d’intérêt, en hausse de 24 %, et le retour aux marchés internationaux à des taux de 10 à 12 % rendent la dette insoutenable, contrairement aux taux régionaux UEMOA de 6-7 %.

Recommandations stratégique

Le Pr Ndiaye propose des mesures urgentes : « Le gouvernement doit accélérer les décaissements pour les projets d’investissement structurant, renforcer les négociations avec le FMI, et mettre en œuvre un plan de redressement budgétaire, avec ou sans le FMI. » Ce plan doit :

– « Réduire les subventions inefficaces, »

– « Maîtriser les dépenses de fonctionnement, »

– « Réorienter les investissements vers les secteurs à fort rendement économique, »

– « Protéger les plus pauvres. »

« Les données arrêtées au 31 mars 2025 confirment que, bien que la mobilisation des recettes fiscales soit satisfaisante, la situation budgétaire du Sénégal reste fragile. » Les déséquilibres structurels persistent, et « les charges d’intérêt augmentent à un rythme inquiétant. Sans redressement budgétaire rigoureux, le pays court un risque élevé de surendettement, avec des conséquences graves sur la croissance, l’emploi des jeunes, et la réalisation de la Vision 2050. » L’économiste insiste : « Ce redressement exige un réel courage politique, car il impliquera nécessairement des décisions difficiles et parfois sensibles sur le plan social. Mais il demeure incontournable. La stabilité budgétaire constitue le socle d’un développement endogène et durable. »

Budgets publics : le FRAPP salue les performances fiscales mais alerte sur les faiblesses sociales

Le Front pour une Révolution Anti-Impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) a réagi ce mardi 24 juin à la publication des Rapports Trimestriels d’Exécution Budgétaire (RTEB) diffusés par le ministère des Finances. Dans un communiqué transmis à la presse, le mouvement citoyen se félicite des progrès réalisés en matière de mobilisation des ressources internes, tout en mettant en garde contre les carences persistantes dans les investissements sociaux.

Le FRAPP applaudit les performances enregistrées sur le plan fiscal, notamment la hausse de +151,75 milliards FCFA des recettes internes au quatrième trimestre 2024 et celle de +111,12 milliards FCFA au premier trimestre 2025, en comparaison aux périodes correspondantes de l’année précédente. Le mouvement attribue cette dynamique à la rigueur fiscale imposée par les nouvelles autorités. « Cette performance mérite d’être consolidée, car elle traduit une volonté politique de reprendre le contrôle de nos ressources internes », souligne le communiqué.

Autre point positif mis en exergue par le FRAPP : le maintien des subventions à l’électricité, en dépit des pressions du Fonds monétaire international (FMI). Selon l’organisation, cette orientation budgétaire protège les couches les plus fragiles de la population. Le mouvement note d’ailleurs une hausse des transferts courants aux ménages : +383,57 milliards FCFA au quatrième trimestre 2024 et +61,19 milliards FCFA au premier trimestre 2025.

Mais à côté de ces signaux encourageants, le FRAPP dénonce une faible priorisation des secteurs sociaux dans la dépense publique. Il pointe notamment des allocations budgétaires qu’il juge « marginales » au premier trimestre 2025 : seulement 1,47 % du budget pour la santé, 15 % pour l’éducation et 0,6 % pour le logement. Pour le mouvement, ces chiffres traduisent une incapacité persistante à répondre aux besoins fondamentaux des populations. Il en appelle donc à « un changement de cap » pour faire de la santé, de l’éducation et du logement des axes structurants des politiques budgétaires.

Le FRAPP invite également le gouvernement à tenir ses promesses de rationalisation administrative, notamment à travers la fusion annoncée de certaines agences publiques. Il rappelle que cette réforme, attendue d’ici fin juin 2025, pourrait permettre une réduction significative de la masse salariale de l’État et des dépenses de fonctionnement.

En perspective du prochain Débat d’Orientation Budgétaire (DOB), le FRAPP réitère son soutien à l’instauration du Budget à Base Zéro (BBZ) dès 2026. Il y voit une occasion historique de réformer la gestion des finances publiques et de réorienter les ressources vers les priorités réelles des citoyens.

Enfin, le mouvement exige la publication sans délai des bulletins statistiques sur la dette pour les troisième et quatrième trimestres de 2024, ainsi que pour le premier trimestre 2025. Il rappelle que cette exigence de transparence est inscrite dans le Code de transparence dans la gestion des finances publiques et qu’elle constitue une condition essentielle d’une gouvernance responsable, équitable et ancrée dans les réalités du peuple sénégalais.

Guy Marius Sagna réagit aux accusations et lève le voile sur un épisode méconnu de la présidentielle de 2024

Le député Guy Marius Sagna, figure engagée du groupe parlementaire Yewwi Askan Wi et membre de PASTEF – Les Patriotes, est sorti de son silence après les accusations formulées par son collègue parlementaire Ismaïla Diallo, qui l’accuse d’entretenir un « agenda caché » au sein de l’hémicycle.

Invité sur les ondes de RSI, Guy Marius Sagna a choisi non seulement de répondre, mais aussi de faire une révélation inédite sur les coulisses de la présidentielle de 2024. Selon ses propos, alors que le leader de PASTEF, Ousmane Sonko, était détenu, certains cercles politiques lui auraient proposé de se porter candidat à la magistrature suprême.

Loin de balayer cette possibilité du revers de la main, l’activiste devenu parlementaire affirme avoir sérieusement envisagé cette option, mais à une condition ferme et non négociable : s’il acceptait de devenir président, ce ne serait que dans l’unique but d’assurer une transition démocratique d’un an, avant de convoquer une nouvelle élection présidentielle incluant Ousmane Sonko parmi les candidats.

« Si on veut me reprocher un agenda caché, qu’on sache que tel aurait pu être mon agenda : permettre à Ousmane Sonko d’être candidat », a-t-il lancé d’un ton ferme, balayant ainsi les accusations de duplicité.

Par cette déclaration, Guy Marius Sagna cherche à recentrer le débat sur sa loyauté indéfectible envers son camp politique et les principes démocratiques qu’il défend. Il rappelle que, dans une période trouble, il aurait pu être tenté par l’ambition personnelle, mais qu’il avait choisi de rester dans la logique d’une alternance légitime portée par le peuple.

Ce témoignage relance les spéculations sur les tractations internes qui ont précédé l’élection présidentielle de 2024, et sur les profils qui avaient été envisagés en plan B dans un contexte de forte incertitude politique.

Lotissement à Sangalkam : une opération foncière sous le feu des critiques de la jeunesse

À Sangalkam, une opération de lotissement baptisée « P. M. » alimente les débats et ravive les inquiétudes. Selon des sources locales concordantes, ce projet d’aménagement couvre une superficie d’un hectare, 86 ares et 56 centiares, pour un total de 79 parcelles inscrites sur un plan officiel déjà validé. Mais si l’avancée du projet semble concrète, sa légitimité soulève de sérieuses interrogations au sein de la population, notamment de la jeunesse.

Au cœur de la polémique : l’implication du maire actuel, Alpha Bokar Khouma, aux côtés d’un ancien adjoint du maire Omar Guèye, figure de l’ancienne équipe municipale. Une alliance jugée contre-nature par plusieurs habitants, qui y voient une forme de continuité avec des pratiques de gestion foncière autrefois dénoncées pour leur opacité.

Pour nombre de jeunes, cette collaboration illustre un reniement des engagements de rupture, de justice foncière et de transparence brandis lors des dernières élections locales. Le retour des « vieilles méthodes », dénoncent-ils, compromet les espoirs placés dans un nouveau souffle municipal, attendu pour donner la priorité aux besoins réels des citoyens.

Le protocole d’accord dévoilé dans le cadre de ce lotissement prévoit une répartition des parcelles à hauteur de 60 % pour le propriétaire du terrain, les 40 % restants étant partagés entre la municipalité et le promoteur. Une formule que plusieurs acteurs locaux jugent déséquilibrée, voire injuste, estimant que les jeunes — souvent marginalisés dans les politiques foncières — risquent encore d’en être les grands oubliés.

Dans ce climat de suspicion, des voix s’élèvent pour exiger la transparence. Des habitants demandent l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les conditions d’attribution des parcelles. D’autres appellent à une suspension immédiate de toute initiative foncière en l’absence de garanties claires sur l’équité et l’inclusion.

Pour une frange croissante de la jeunesse, il est impensable de laisser la commune redevenir le théâtre d’arrangements politiques entre anciens et nouveaux élus, à la veille d’échéances électorales décisives. Leur slogan, désormais repris dans les quartiers et sur les réseaux sociaux, est sans ambiguïté : « Non à la continuité d’une mafia foncière à Sangalkam ! Oui à une gestion transparente et participative des terres ! »

Dans ce contexte de tension, le nom de Cheikh Sow commence à émerger comme figure de proue de la contestation. Porte-voix de cette jeunesse en quête de justice foncière, il affirme incarner une génération décidée à veiller, coûte que coûte, à ce que leur avenir ne se décide plus sans eux.

Donald Trump assouplit la position américaine : la Chine peut désormais acheter du pétrole iranien

Dans une déclaration aussi surprenante que lourde de conséquences diplomatiques, l’ancien président américain Donald Trump a affirmé mardi que la Chine pouvait désormais “continuer à acheter du pétrole à l’Iran”, marquant une rupture avec la ligne dure traditionnellement adoptée par les États-Unis à l’égard de la République islamique.

L’annonce a été faite via Truth Social, la plateforme du milliardaire républicain, alors qu’il se trouvait à bord de son avion en route pour le sommet de l’OTAN qui se tient cette semaine à La Haye. « La Chine peut désormais continuer à acheter du pétrole à l’Iran. Avec un peu de chance, ils achèteront aussi plein de pétrole américain », a-t-il écrit dans un message à la tonalité pour le moins ambivalente.

Dans la suite de sa publication, Donald Trump revendique le mérite de cette évolution : « J’ai le grand honneur d’avoir fait en sorte que ça se produise », a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions sur les modalités ou les contreparties éventuelles de cette décision.

Si elle se confirme, cette inflexion marque un tournant spectaculaire. Depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018 sous la présidence Trump, Washington a imposé une série de sanctions visant à priver l’Iran de ses revenus pétroliers, principale source de financement de son économie. Ces sanctions s’appliquaient également aux pays tiers, dont la Chine, qui continuaient d’importer du brut iranien en dépit des avertissements américains.

Ce signal d’assouplissement, qui n’a pas encore été formalisé par un décret ou une déclaration du Département d’État, pourrait être perçu comme une tentative de rééquilibrage dans le jeu géopolitique et énergétique mondial, alors que la Chine demeure l’un des plus grands consommateurs de pétrole au monde.

À Pékin comme à Téhéran, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée dans l’immédiat. Toutefois, les observateurs s’attendent à ce que cette déclaration suscite des remous, notamment parmi les alliés traditionnels des États-Unis au Moyen-Orient comme Israël et l’Arabie saoudite, farouchement opposés à tout relâchement de la pression sur l’Iran.

D’un point de vue économique, cette éventuelle levée de restrictions pourrait ouvrir de nouvelles perspectives commerciales entre Pékin et Téhéran, tout en accentuant la concurrence sur le marché mondial du pétrole, à un moment où les cours du brut restent volatils.

Il reste à déterminer si cette sortie de Donald Trump s’inscrit dans une logique de politique étrangère cohérente ou s’il s’agit d’une manœuvre ponctuelle à visée électorale, alors que le magnat républicain se positionne de nouveau en candidat pour la présidentielle de 2028.

Dakar sans maire élu : un conseiller municipal somme le préfet d’organiser une nouvelle élection

La gouvernance municipale de la ville de Dakar continue de susciter des remous. Ce mardi, le conseiller municipal Pape Alioune Gning a saisi officiellement le préfet du département de Dakar pour exiger l’organisation d’une élection afin de désigner un nouveau maire de la capitale. Dans une lettre adressée à l’autorité administrative, le conseiller dénonce une situation d’intérim prolongé qu’il qualifie d’illégale et contraire à l’esprit des textes régissant les collectivités territoriales.

Dans sa correspondance, Pape Alioune Gning rappelle au préfet le rôle de contrôle que doivent exercer les autorités déconcentrées sur les collectivités locales. Il évoque notamment les articles L29, L30 et L277 du code électoral, sur la base desquels l’ancien maire de Dakar a été démis de ses fonctions à la fin de l’année 2024. Une décision qu’il qualifie de conforme à la légalité et à l’exigence républicaine de respect des normes en vigueur dans un État de droit.

Cependant, six mois après cette destitution, l’élu déplore l’absence d’évolution dans la gouvernance de la ville. Il estime que l’intérim, censé être temporaire, s’est transformé en un statut permanent, vidant la fonction de maire de toute légitimité démocratique. Pour lui, la prolongation de cette situation affaiblit les institutions municipales et crée un précédent dangereux.

« Monsieur le préfet de Dakar, vous devez mettre fin à cette situation incongrue qui sape le bon fonctionnement de la municipalité et installe la mairesse dans une illégalité permanente », écrit-il dans un ton solennel. Il soutient que cette vacance prolongée compromet la continuité de l’action publique et prive les Dakarois de leur droit à une gouvernance locale légitimée par les urnes.

Au nom de ses prérogatives de conseiller municipal, Pape Alioune Gning exige ainsi, sans détour, l’organisation immédiate d’une élection municipale pour pourvoir le poste de maire de Dakar. Une requête qui risque de raviver le débat politique autour de la gestion de la capitale, dans un contexte où les tensions entre pouvoirs central et local restent vives.

Altercation entre deux chefs de service à l’hôpital Roi Baudouin : la direction rétablit sa version des faits

L’hôpital Roi Baudouin de Guédiawaye a brisé le silence ce lundi, après la vive polémique suscitée par une altercation survenue entre deux de ses chefs de service. À travers un communiqué officiel, la direction a tenu à clarifier les circonstances de l’incident, tout en déplorant ce qu’elle qualifie d’« inexactitudes » relayées dans la presse, notamment par le journal L’Observateur.

Selon le document publié, les faits se sont produits au cours d’une réunion hebdomadaire du staff médical, convoquée à titre informatif. C’est dans ce cadre que des propos jugés « discourtois » ont été échangés entre deux cadres de la structure, avant que la tension ne dégénère en confrontation physique. Un comportement que la direction qualifie de « regrettable », tout en insistant sur son caractère isolé.

L’administration de l’hôpital affirme avoir immédiatement pris les dispositions disciplinaires prévues par les textes en pareilles circonstances. Elle souligne sa volonté de préserver un climat professionnel apaisé et réaffirme que l’hôpital doit rester un « havre de paix » tant pour les patients que pour les agents de santé.

Par ailleurs, la direction a tenu à tordre le cou à une rumeur persistante évoquant une prétendue discussion autour d’une enveloppe de 25 millions de francs CFA, lors de la réunion. « Il n’a jamais été question d’un quelconque débat financier », martèle-t-elle, dénonçant une « allégation totalement infondée » largement relayée par certains organes de presse.

Projet de dépollution de la Baie de Hann : l’ONAS déplore les manifestations à Thiaroye et précise les contours de son action

L’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) a exprimé sa surprise et son regret suite aux violentes manifestations survenues à Thiaroye-sur-Mer le lundi 23 juin 2025. Des jeunes ont érigé des barricades et incendié des pneus pour protester contre ce qu’ils considèrent comme l’absence de garanties de restructuration urbaine dans le cadre du Projet de dépollution de la Baie de Hann. L’ONAS juge cette revendication « incompréhensible » au regard des précisions déjà apportées sur la nature du projet.

Dans un communiqué rendu public ce mardi, l’ONAS rappelle que la restructuration des quartiers ne fait pas partie des composantes du projet de dépollution de la baie de Hann. L’institution indique avoir pourtant organisé plusieurs rencontres explicatives avec les différentes parties prenantes, notamment les autorités administratives, les élus locaux, les délégués de quartiers et les jeunes de Thiaroye-sur-Mer. Selon l’Office, ces échanges ont permis de lever les équivoques dès les premières phases du projet, et un consensus avait été trouvé à ce sujet.

L’ONAS insiste sur le fait que la conduite du projet de dépollution a suivi une approche participative et inclusive. « Tout a été fait avec les principaux bénéficiaires. Tout se fera avec eux jusqu’à bon port », lit-on dans le communiqué, qui précise que cette démarche est une première du genre en Afrique de l’Ouest.

Le communiqué apporte également une clarification importante en rappelant qu’un autre projet, distinct de celui actuellement contesté, avait déjà été mis en œuvre dans la zone. Il s’agit du « Projet d’assainissement et de restructuration urbaine de Hann et de Petit Mbao », financé par l’Union Européenne et exécuté entre mai 2017 et mai 2021 par le ministère de l’Urbanisme en partenariat avec la Fondation Droit à la Ville (FDV). Ce projet, d’un coût global de 12,8 milliards de FCFA, a permis de restructurer 90 hectares à Hann Bel-Air et 30 hectares à Petit Mbao. Les quartiers de Hann-Capa, Hann-Montagne, Hann-Marigot, Hann-Village, Hann-Pêcheur ou encore Hann-Yenne ont déjà bénéficié de cette restructuration.

Quant à Thiaroye-sur-Mer, l’ONAS précise qu’un projet spécifique de restructuration y est en cours d’étude. Le recensement de la population et l’évaluation des impenses ont déjà été effectués, à la suite de la signature du décret de cessibilité. L’unique obstacle restant est la mobilisation des financements nécessaires à la mise en œuvre du projet.

En conclusion, l’ONAS appelle à l’apaisement et réitère son engagement à poursuivre le dialogue avec toutes les parties prenantes, dans le respect strict du cahier des charges du projet de dépollution ainsi que des textes réglementaires en vigueur.

Thiès : un Américain d’origine sénégalaise arrêté dans un vaste réseau de trafic international de Skunk

Un important réseau de trafic international de drogue vient d’être démantelé à Thiès par la Division opérationnelle de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS). Cette opération de grande envergure a conduit à l’arrestation d’un citoyen américain d’origine sénégalaise, identifié sous le nom de A. Ndoye, ainsi que de son épouse, tous deux au cœur d’une organisation criminelle spécialisée dans l’importation de Skunk depuis les États-Unis.

Selon les informations obtenues par le journal L’Observateur, A. Ndoye est établi depuis plus de vingt ans en Californie, un État où la culture et la distribution de certaines drogues, comme le Skunk, sont bien connues pour être associées à des réseaux criminels structurés. Profitant de ses multiples allers-retours entre la Californie et le Sénégal, il a, à plusieurs reprises, convoyé des cargaisons de Skunk, une variété de cannabis très concentrée, vers le territoire sénégalais. Sa méthode consistait à utiliser des techniques d’emballage sophistiquées afin de déjouer les contrôles aux rayons X dans les aéroports.

La dernière cargaison, qui a précipité sa chute, a été saisie à la suite d’une perquisition menée dans sa résidence de Thiès dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 juin 2025. Les enquêteurs de l’OCRTIS ont ainsi mis la main sur une quantité importante de Skunk soigneusement dissimulée. Outre la drogue, une vingtaine de biens ont été saisis, dont plusieurs titres de propriété. Ces derniers sont suspectés d’avoir été acquis grâce à un système de blanchiment d’argent alimenté par les profits générés par le trafic de drogue.

Placée en garde à vue, la tête présumée du réseau devra répondre des chefs d’accusation de trafic international de drogue dure et de blanchiment de capitaux. Son épouse, également interpellée, est poursuivie pour complicité dans les infractions qui pèsent contre son mari.

Cette affaire relance une fois de plus la question de la porosité des frontières et des dispositifs de contrôle, mais aussi celle de l’infiltration de réseaux criminels internationaux sur le territoire sénégalais. Les autorités judiciaires devraient rapidement saisir la justice pour l’ouverture d’une information judiciaire visant à élucider les ramifications locales et internationales de ce réseau, alors que l’enquête se poursuit pour remonter à d’éventuels complices encore en cavale.

Rapports d’exécution budgétaire 2024-2025 : Pape Malick Ndour critique une gestion budgétaire « incohérente » et « peu sincère »

L’économiste Pape Malick Ndour s’est exprimé sur les rapports d’exécution budgétaire du premier trimestre 2025 et du quatrième trimestre 2024. À ses yeux, les résultats révèlent des incohérences notables. En comparant les prévisions et les recettes effectivement collectées au premier trimestre 2025, il note un manque à gagner de près de 40 milliards de francs CFA. Pour l’ancien ministre, cela démontre que « ce budget est un budget de confort, non de rupture ».

Concernant le quatrième trimestre de l’année 2024, Pape Malick Ndour soulève des interrogations sur un écart de 43 milliards de francs CFA entre les recettes attendues selon la Loi de finances rectificative (LFR) et celles effectivement perçues. Ce décalage, affirme-t-il, remet en cause la « sincérité de la LFR 2024 ».

Ledakarois.sn vous livre l’intégralité de sa publication.

1.  Moins-value budgétaire : Où sont passés nos 40 milliards ? (Rapport 2025)
 
Le gouvernement nous doit des explications à ce sujet. En effet, en comparant l’objectif et les réalisations au premier trimestre, près de 40 milliards de francs CFA de recettes manquent à l’appel au cours des trois premiers mois de l’année (Tableau 1 page 5). Et pourtant, il nous avait assuré que le budget était sincère et que les prévisions collaient à la réalité économique.
 
Ce décalage soulève une question simple : les prévisions budgétaires étaient-elles fiables ? Si oui, où sont passés nos 40 milliards?
 
2. L’État s’entretient, mais n’investit plus (Rapport 2025)
 
Alors que les investissements exécutés par l’État plafonnent à 2,64 milliards FCFA au premier trimestre 2025 (dernier paragraphe page 15) et que les transferts en capital chutent de 42,2 milliards en glissement annuel, les dépenses de fonctionnement explosent : 84,65 milliards pour l’achat de biens et services et 463,93 milliards pour les transferts courants.
 
Le prétexte des lenteurs dans les passations de marchés, brandi à la page 15 du rapport de 2025 pour justifier la faiblesse des investissements exécutés par l’État, ne tient pas. Car lorsqu’il s’agit de payer, acheter ou entretenir l’appareil bureaucratique, les procédures ne semblent pas bloquées. Mais dès qu’il s’agit d’investir pour le bien-être des populations il faut l’approbation préalable de la Primature, comme annoncé en Conseil des ministres.
 
Ce budget est un budget de confort, pas de rupture. On entretient le quotidien des nouveaux élus en oubliant de s’occuper de la précarité et des urgences des populations. En d’autres termes, toujours nourrir le système et oublier la nation. Pas de transformation systèmique, le train de vie de l’Etat explose au détriment des investissements structurants qui sont sensés tirés la croissance. Un exemple frappant : les véhicules achetés par l’Assemblée nationale pour les 165 députés de l’assemblée nationale à environ 8 milliards sont près de 4 fois supérieure à l’ensemble des investissements exécuté par l’Etat au premier trimestre 2025.
 
Résultat : une croissance asphyxiée, une jeunesse oubliée, et un pays qui tourne à vide.
 
 3.  131 milliards rattachés, 43 milliards évaporés ? (Rapport 2024)
 
Dans son rapport, la Cour des comptes évoque un montant de 131 milliards de recette recouvrés en 2024 mais comptabilisés dans l’exercice 2023 (Voir premier tableau page 11 du rapport de la Cour des comptes). Le gouvernement avait expliqué que le retard dans la publication du rapport venait justement de l’impérieuse nécessité d’intégrer ces montants.
 
Logiquement, on aurait dû voir une hausse équivalente dans les recettes. Mais ce n’est pas le cas. Seuls 87,9 milliards supplémentaires apparaissent par rapport aux prévisions de la LFR. Alors, qu’en est-il réellement ? Le gouvernement a-t-il intégré les 131 milliards en totalité ?
 
Si oui, cela signifie qu’il y’a un gap de 43,1 milliards par rapport aux recettes prévues par la LFR, ce qui rend la LFR 2024 peu sincère. Si non, celà suppose que les chiffres de la Cour ont été modifiés ou revus à la baisse.
 
Dans les deux cas, le gouvernement nous doit des explications
 
 4. Un Noël budgétaire à 90 milliards ? Explications attendues… (Rapport 2024) ?
 
La Loi de finances rectificative, votée le 24 décembre 2024, prévoyait 65,2 milliards de dons. Une semaine plus tard, c’est a dire au 31 decembre fin de l’exercice, on découvre que 155,3 milliards ont été reçus. C’est un écart de 90 milliards en quelques jours.
 
Sachant combien les procédures de mise à disposition des dons sont longues et complexes, il est difficile de croire que cet argent soit arrivé par surprise en toute fin d’année.
 
Trois scénarios sont possibles :
 
A. L’État était informé de ce versement, mais a choisi de ne pas l’inclure dans la LFR. Ce serait grave en matière de transparence.
 
B. Ou bien il s’agit d’un versement exceptionnel de dernière minute, qu’il faut alors justifier clairement.
 
C. Ou enfin, s’agit il de dons cachés par l’ancien régime et non revelés par la Cour des comptes?
 
Dans tous les cas, le gouvernement est interpellé…
 
Bon Mardi..
 
Pape Malick Ndour
Ancien ministre 

Situation budgétaire du 1er trimestre 2025 : Une dette en hausse, des investissements en baisse et plus de 1 400 milliards de dépenses

Le ministère des Finances et du Budget a publié le rapport d’exécution budgétaire du premier trimestre de l’année 2025. Ce document offre une vue d’ensemble de la situation financière du pays sur les trois premiers mois de l’année, marquée par une mobilisation importante des recettes, une hausse préoccupante de la dette publique et un recul des investissements.

Selon le rapport, les ressources mobilisées au titre du budget général s’élèvent à 1 027,82 milliards de francs CFA, ce qui représente 21,44 % de l’objectif annuel fixé à 4 794,60 milliards dans la Loi de Finances Initiale 2025. Par rapport à la même période de l’année 2024, ces recettes sont en hausse de 91,06 milliards, soit une croissance relative de 9,72 %, traduisant une performance notable en matière de mobilisation des ressources.

Du côté des dépenses, le rapport indique que le montant ordonnancé atteint 1 419,45 milliards de francs CFA, ce qui équivaut à 99,97 % des crédits liquidés. Ces dépenses sont principalement constituées de dépenses ordinaires, chiffrées à 1 130,89 milliards sur une base de 1 131,37 milliards liquidés, soit un taux d’exécution de 99,96 %. Les dépenses en capital, quant à elles, s’élèvent à 288,57 milliards, exécutées intégralement à 100 %.

Cependant, ce tableau cache une pression croissante liée au service de la dette. Les charges financières associées à la dette publique ont atteint 225,24 milliards de francs CFA sur la période, soit 24,16 % des prévisions annuelles. En comparaison avec le premier trimestre 2024, ces charges ont bondi de 43,57 milliards, traduisant une hausse significative de 23,98 %. Cette progression est portée aussi bien par la dette intérieure, dont les charges ont augmenté de 25,44 milliards, que par la dette extérieure, en hausse de 18,13 milliards.

En ce qui concerne les recettes internes, elles ont été recouvrées à hauteur de 1 019,82 milliards, représentant 96,15 % de l’objectif trimestriel fixé à 1 060,70 milliards. Ces recettes se répartissent entre 960,26 milliards de recettes fiscales et 59,56 milliards de recettes non fiscales. Comparées à l’année précédente, les recettes fiscales affichent une augmentation de 99,44 milliards, soit +11,6 %, tandis que les recettes non fiscales progressent de 11,68 milliards, soit +24,4 %. Globalement, le recouvrement des ressources internes enregistre une hausse de 111,12 milliards en valeur absolue, soit une croissance globale de 12,23 % en glissement annuel.

En dépit de ces performances encourageantes sur le plan des recettes, la forte progression de la dette et la stagnation relative des investissements interrogent sur la soutenabilité à moyen terme de la politique budgétaire, dans un contexte où les pressions sociales et les besoins en infrastructures restent importants. Le gouvernement est désormais attendu sur les arbitrages à opérer pour équilibrer rigueur budgétaire, relance économique et soutenabilité financière.

Piratage numérique, crypto et cocaïne : SUNU au cœur d’un scandale de cybercriminalité internationale

L’affaire fait l’effet d’une onde de choc dans le paysage bancaire sénégalais. À peine lancée, l’application « My Sunu Corporation », nouveau fleuron digital du groupe SUNU à travers la BICIS fraîchement acquise, est au cœur d’un scandale de piratage informatique d’ampleur inédite. Ce qui devait marquer une révolution technologique dans la gestion bancaire s’est transformé en cauchemar numérique : au moins 211 millions de FCFA ont été siphonnés des comptes de clients, parmi lesquels des pharmacies, des cabinets de notaires et d’autres structures privées respectées.

D’après les révélations du journal Libération, le point de départ de cette affaire est la phase de migration informatique entamée le 7 avril 2025, lors du basculement de l’ancien système Connexis vers la nouvelle interface digitale. C’est à ce moment critique qu’un groupe de cybercriminels a profité d’une faille de sécurité pour infiltrer le réseau de la BICIS et détourner les fonds de manière méthodique.

Les premiers éléments de l’enquête ont mis au jour une opération digne d’un thriller financier. À la tête du réseau, un Nigérian du nom de Sunday Akamibé, activement recherché, est identifié comme le cerveau de l’opération. Deux complices présumés ont d’ores et déjà été interpellés par la Section de recherches de Dakar : Khadim Khouma, gérant de la société Bamba Global Industrie Suarl, opérant dans la vente d’unités Wave et de monnaie électronique, et son agent de recouvrement, Modou Diom.

Le scénario était rodé : les fonds détournés étaient redirigés vers des comptes de prête-noms, puis rapidement convertis en cryptomonnaie USDT, plus difficile à tracer. Modou Diom a reconnu devant les enquêteurs avoir été chargé de fournir des numéros de comptes destinés à réceptionner les fonds frauduleux. Il a cité notamment celui de D. Gaye, venu spontanément coopérer avec les autorités, ainsi que deux comptes appartenant à son propre employeur, Khadim Khouma. À chaque transaction, Diom aurait perçu une commission de 300 000 FCFA, rémunération pour le service rendu et la conversion des fonds.

Interrogé à son tour, Khadim Khouma s’est défendu en expliquant qu’il croyait participer à une opération de change tout à fait classique. Il admet avoir reçu deux virements totalisant 35 millions de FCFA, convertis ensuite en cryptomonnaie, mais nie avoir connaissance du caractère frauduleux de ces opérations ou toute connexion avec Sunday Akamibé. Toutefois, un point trouble son témoignage : il ne dispose d’aucun agrément pour mener ce type d’activité, ce qui le place déjà en infraction sur le plan fiscal et réglementaire.

L’enquête a pris un tournant encore plus sombre lors de la perquisition d’un bureau identifié comme étant celui du Nigérian Sunday Akamibé. En plus d’importantes sommes en liquide, les enquêteurs ont découvert 36 boulettes de cocaïne, confirmant l’implication du réseau dans des activités de trafic de drogue. Le lien entre piratage informatique, blanchiment via cryptomonnaie et narcotrafic devient alors évident, inscrivant cette affaire dans une dimension transnationale particulièrement complexe.

Selon les autorités judiciaires, pas moins de 11 autres individus ayant bénéficié de virements frauduleux sont actuellement dans le viseur des enquêteurs. Certains sont présentés comme des commerçants, d’autres comme des gérants de points de transfert d’argent, des profils variés mais tous liés par la chaîne des flux financiers suspects.

Le parquet financier n’a pas tardé à réagir en instruisant une information judiciaire, désormais confiée au juge du troisième cabinet. Les charges sont lourdes : association de malfaiteurs, complicité de vol par introduction frauduleuse dans un système informatique, recel, blanchiment de capitaux, violation des règles de change et trafic de stupéfiants. Une tempête judiciaire est en préparation, et les protagonistes risquent de longues années de détention s’ils sont reconnus coupables.

Alors que l’étau se resserre sur les complices locaux et que les techniciens de la cybersécurité poursuivent leurs investigations sur la faille exploitée, la traque de Sunday Akamibé se poursuit. Le scandale SUNU/BICIS est désormais bien plus qu’un simple piratage : il met en lumière la porosité entre technologie financière, crime organisé et défaillances de contrôle dans le système bancaire ouest-africain.

Kaolack / Baccalauréat technique 2025 : 83 admis d’office, 155 admissibles au second tour

Les résultats du premier tour du Baccalauréat technique à Kaolack sont tombés, révélant un taux d’admission partielle encourageant. Sur les 313 candidats inscrits pour cette session, 307 ont effectivement composé les épreuves, témoignant d’un taux de participation élevé.

À l’issue des délibérations, 83 élèves ont été déclarés admis d’office. Ce groupe d’élèves s’est particulièrement illustré, avec une mention Bien décernée à un candidat et douze mentions Assez Bien, reflétant une performance honorable dans l’ensemble.

Par ailleurs, 155 candidats ont été déclarés admissibles au second tour. Ces élèves devront se confronter à une ultime étape, qui décidera de leur admission définitive. La date des épreuves du second tour n’a pas encore été communiquée par les autorités académiques.

Avec ces résultats, Kaolack confirme sa dynamique dans l’enseignement technique, en dépit des nombreux défis liés aux infrastructures, à l’encadrement et aux ressources pédagogiques. Les regards sont désormais tournés vers la prochaine phase du processus, décisive pour les nombreux élèves encore en lice.

Aminata Touré au 23 Juin : « La démocratie ne peut se construire sur l’impunité »

À l’occasion de la commémoration du 23 juin 2011, date emblématique de la résistance citoyenne contre le projet de dévolution monarchique du pouvoir sous Abdoulaye Wade, l’ancienne Première ministre Aminata Touré a livré un discours empreint de fermeté, de mémoire et de mise en garde contre les dérives répétitives du pouvoir politique au Sénégal.

Pour Aminata Touré, le 23 juin ne représente pas une simple rupture dans l’histoire politique du Sénégal, mais plutôt une continuité. « Cette date prolonge les combats historiques menés par les partis d’opposition, les mouvements citoyens et la société civile pour défendre la démocratie et contrer les dérives autoritaires », a-t-elle déclaré. Elle souligne ainsi l’importance de la mobilisation populaire comme levier de sauvegarde des acquis démocratiques. « Les soldats de la démocratie sont toujours en alerte », dit-elle, rappelant que le peuple sénégalais a appris à se dresser face à l’arbitraire.

Au cœur de son intervention, Aminata Touré a plaidé pour la justice en faveur des jeunes morts lors des manifestations politiques de ces dernières années. Elle insiste : « Sans justice, la démocratie ne pourra ni guérir ses blessures, ni avancer durablement. » Selon elle, les victimes des répressions politiques incarnent un sacrifice dont l’État doit rendre compte. Elle a ainsi critiqué la loi d’amnistie récemment proposée, saluant la décision du Conseil constitutionnel d’en exclure les crimes de sang. « Rien que pour eux, la loi interprétative de la loi d’amnistie devait passer par le Conseil constitutionnel », martèle-t-elle. À ses yeux, « l’impunité ne peut fonder une démocratie durable ».

Revenant sur le régime de Macky Sall, Aminata Touré n’a pas mâché ses mots. Elle dénonce ce qu’elle considère comme des dérives comparables à celles contre lesquelles les Sénégalais se sont battus en 2011 : « tentation du troisième mandat, emprisonnement d’opposants, manipulation des institutions ». Celle qui avait soutenu Macky Sall en 2012 se dit aujourd’hui déçue : « Il a trahi l’espoir démocratique né de l’alternance. »

Pour Aminata Touré, la consolidation de la démocratie passe par plusieurs leviers : une éducation citoyenne renforcée, une gouvernance par l’exemple, la réduction des inégalités sociales, et l’évaluation régulière des politiques publiques par une Assemblée nationale plus active. Elle insiste également sur la responsabilité des médias : « Une presse peut être partisane, mais elle doit respecter les faits et élever le débat. »

La commémoration du 23 juin est pour l’ancienne cheffe du gouvernement l’occasion de rappeler que la démocratie sénégalaise reste fragile, tant que les blessures du passé ne sont pas reconnues et soignées par la vérité et la justice. Elle appelle à inscrire le devoir de mémoire au cœur du pacte démocratique national, afin de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.

« Ces jeunes sont morts, leurs parents attendent toujours que justice leur soit rendue », conclut-elle, dans un appel vibrant à ne pas tourner la page trop vite au nom d’une réconciliation politique bâclée. Pour Aminata Touré, seule une justice lucide et courageuse peut garantir la stabilité d’un Sénégal véritablement démocratique.

Affaire des 125 milliards : L’état de santé de Farba Ngom relance la bataille judiciaire

Le feuilleton judiciaire de Farba Ngom, maire des Agnam et figure influente de l’Alliance pour la République (APR), connaît un nouveau rebondissement. Placé sous mandat de dépôt depuis février dans le cadre de l’enquête sur le scandale financier des 125 milliards de francs CFA, l’ancien député pourrait voir son sort évoluer à la lumière d’un rapport médical récemment remis au juge.

Mandaté par le premier cabinet du Pool judiciaire financier, un cardiologue a évalué l’état de santé de l’accusé. Dans ses conclusions, le médecin écarte tout risque immédiat pour la vie de Farba Ngom, mais estime néanmoins que son état de santé est incompatible avec un maintien en détention carcérale.

Forts de cet avis médical, les avocats de l’élu du Fouta ont rapidement introduit une demande de mise en liberté provisoire, invoquant l’état de santé fragile de leur client. Mais malgré la solidité apparente de l’argument médical, rien n’est encore joué.

En effet, comme le rappelle le magistrat à la retraite Ousmane Kane, interrogé par L’Observateur, le rapport d’expertise médicale ne lie pas le juge. « Le juge reste souverain, quelle que soit la matière. Il peut tenir compte de l’avis médical, mais il n’y est pas obligé », précise-t-il.

Selon le juge Kane, si le rapport concluait à un risque vital en cas de maintien en détention, la libération provisoire serait presque systématique. Mais en l’absence d’un tel danger immédiat, le juge peut tout à fait choisir de maintenir Farba Ngom en prison, voire ordonner une contre-expertise ou solliciter un troisième avis médical en cas de doutes ou de divergences.

Ce scénario repousserait toute décision définitive, au grand dam des avocats de l’ancien député, qui espèrent un traitement urgent de leur requête. En attendant, Farba Ngom reste détenu, même si l’avis du cardiologue pourrait peser dans la balance à terme.

Dans un contexte où la justice sénégalaise est scrutée de près pour sa rigueur et son impartialité, le traitement du cas Farba Ngom risque d’alimenter de nouveaux débats sur les rapports entre santé, détention et équité procédurale.

Achat de véhicules pour les députés : la polémique enfle autour de l’attribution du marché

La controverse ne faiblit pas autour de l’achat de véhicules destinés aux députés de la 15e Législature du Sénégal. Loin de s’estomper, elle gagne en intensité, notamment à cause du flou qui entoure l’attribution du marché. Des voix s’élèvent, y compris dans l’hémicycle, pour dénoncer un manque total de transparence dans cette opération que d’aucuns jugent inopportune dans le contexte économique actuel.

Parmi les détracteurs les plus virulents, le député Abdou Mbow, membre du groupe d’opposition Takku Wallu Sénégal, n’a pas mâché ses mots. Dans les colonnes de L’Observateur, il parle sans détour de « nébuleuse totale » concernant la procédure d’attribution du marché. « On n’est au courant d’aucune forme de procédure. Ce sont des gens qui ne sont pas dans la droiture », a-t-il déclaré, visiblement outré par ce qu’il considère comme une opacité injustifiable.

L’élu annonce même la couleur : l’heure des comptes viendra. « Ils ont un moment pour gérer, mais il y aura un moment pour faire l’audit des finances publiques, pour voir la responsabilité des uns et des autres », avertit-il, dans un ton de mise en garde à peine voilé.

Abdou Mbow, par ailleurs cadre de l’Alliance pour la République (APR), s’en prend directement aux responsables de Pastef, aujourd’hui aux commandes du pouvoir exécutif. Il leur reproche un changement de discours flagrant. « Ils cherchent à déplacer le débat en avançant qu’un député a besoin d’un véhicule. Mais la question ne se trouve pas à ce niveau », estime-t-il.

Selon lui, il ne s’agit pas de remettre en question la nécessité d’un véhicule pour un parlementaire, mais de souligner la contradiction entre les positions tenues par les leaders de Pastef lorsqu’ils étaient dans l’opposition et leurs pratiques actuelles. « Ils affirmaient que l’achat de véhicules pour les députés n’était pas une priorité nationale. »

La critique d’Abdou Mbow se fait encore plus sévère lorsqu’il évoque les premières déclarations du nouveau régime, qui avait décrit une situation économique catastrophique à son arrivée au pouvoir. « Ils ont déclaré que le pays était à l’arrêt, que les ressources avaient été dilapidées, que les chiffres avaient été falsifiés, qu’on s’était endetté. Et c’est à ce moment précis qu’ils trouvent le plaisir d’acheter des véhicules pour des députés ! », s’indigne-t-il.

Pour le parlementaire, cet acte est le symbole d’une gestion aux antipodes des engagements de sobriété et de rupture prônés par le nouveau pouvoir. Il conclut en accusant les nouveaux dirigeants de vouloir « se donner des privilèges tout en appauvrissant davantage les Sénégalais. »

Au-delà de la question logistique de dotation en véhicules, la polémique soulève des interrogations plus profondes sur la gouvernance, la cohérence des engagements politiques et l’usage des deniers publics dans un contexte où la population fait face à une pression économique croissante.

Un conseiller clientèle de la Société Générale du Sénégal écroué pour un détournement de 74 millions FCFA

Un nouveau scandale financier vient secouer le secteur bancaire sénégalais. O. Bah, âgé de 51 ans, conseiller clientèle à la Société Générale du Sénégal (ex-SGBS), a été arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) pour détournement de fonds. L’homme a ensuite été inculpé et placé sous mandat de dépôt par le juge du troisième cabinet financier.

Selon les informations du journal Libération, les faits reprochés à O. Bah s’étendent sur une période allant de novembre 2022 à juin 2024. Durant ce laps de temps, il aurait orchestré au moins cinq opérations frauduleuses pour un montant global dépassant les 74 millions de francs CFA.

Le mode opératoire du mis en cause révèle un système élaboré, fondé sur l’exploitation de failles internes. Profitant de son accès privilégié aux comptes clients, O. Bah ciblait spécifiquement des comptes inactifs ou faisant l’objet de saisies judiciaires. Il y prélevait alors d’importantes sommes d’argent, qu’il transférait d’abord vers un compte de transit ouvert à l’étranger par son propre neveu.

La manœuvre ne s’arrêtait pas là. Grâce à l’application « SG Connect », O. Bah redirigeait ensuite les fonds vers plusieurs comptes bancaires à son nom, ouverts dans différentes institutions financières sénégalaises. Une stratégie pensée pour brouiller les pistes et tenter d’échapper à tout soupçon.

Mais les mouvements suspects n’ont pas échappé aux systèmes de contrôle interne de la banque, qui a rapidement saisi les autorités. Une enquête a alors été ouverte, aboutissant à l’interpellation puis à l’incarcération du suspect.

L’affaire met en lumière les risques toujours présents dans le secteur bancaire, notamment en matière de gestion des accès et de contrôle des opérations sur les comptes inactifs. Elle soulève également des interrogations sur les mécanismes de vérification des transferts internationaux et la sécurité des applications bancaires mobiles.

La Société Générale du Sénégal n’a, pour le moment, pas communiqué officiellement sur cette affaire, mais des sources proches du dossier indiquent que des audits internes sont en cours pour détecter d’éventuelles complicités ou d’autres opérations similaires.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°494 – 24/06/2025

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Budget 2025 : des recettes en hausse, mais des dons étrangers en chute libre

Le premier trimestre 2025 marque une dynamique contrastée dans l’exécution budgétaire de l’État du Sénégal. Selon le rapport d’exécution budgétaire publié par le ministère des Finances, les recettes globales enregistrées à la fin du mois de mars s’élèvent à 1 027,82 milliards de francs CFA, soit 21,44 % des prévisions annuelles fixées dans la Loi de Finances Initiale (LFI). Cette performance représente une hausse notable de 91,06 milliards en valeur absolue par rapport à la même période de l’année précédente, soit une progression de 9,72 % en glissement annuel.

Ce bon résultat repose principalement sur les recettes internes, qui s’établissent à 1 019,82 milliards de francs CFA. Elles représentent 22,42 % des objectifs annuels. Le document du ministère souligne que ces ressources internes ont progressé de 12,23 % par rapport au premier trimestre de 2024, confirmant ainsi la montée en puissance de la mobilisation fiscale et non fiscale.

Les recettes fiscales, en particulier, se démarquent avec un total de 960,26 milliards de francs CFA. Elles enregistrent une progression de 99,44 milliards, soit une croissance de 11,6 % sur un an. Cette performance témoigne d’un meilleur rendement des impôts intérieurs, soutenu par l’élargissement de l’assiette fiscale et une amélioration de la discipline dans les services de recouvrement. Les recettes non fiscales suivent la même tendance haussière, avec un total de 59,56 milliards de francs CFA, en progression de 24,4 % par rapport au premier trimestre de 2024.

Cependant, cette dynamique intérieure masque une nette contre-performance sur le plan de la coopération extérieure. Les dons étrangers, qui constituent une source de financement essentielle pour certains projets de développement, ont enregistré une chute spectaculaire. Seuls 8 milliards de francs CFA ont été mobilisés au titre des dons à la fin mars, soit à peine 3,27 % des prévisions de l’année. Ce chiffre contraste fortement avec les 28,06 milliards collectés à la même période en 2024, traduisant une baisse alarmante de 71,49 %.

Les dons reçus sont exclusivement des dons en capital, en provenance principalement de la Banque mondiale (à hauteur de 35 %) et de la banque allemande KFW (15 %). Aucun don courant n’a été enregistré durant cette période, accentuant le recul du soutien budgétaire direct.

Cette diminution drastique des dons soulève des inquiétudes quant à la dépendance partielle du Sénégal vis-à-vis de l’aide extérieure pour financer ses projets d’investissement. Elle pourrait aussi refléter un repositionnement des partenaires techniques et financiers, ou des retards dans l’approbation et la mise en œuvre des projets.

Ainsi, malgré une hausse encourageante des recettes internes, l’équilibre budgétaire reste fragile face à la contraction de l’aide extérieure. Cette situation pourrait pousser l’État à renforcer ses efforts de mobilisation interne, mais aussi à réévaluer ses partenariats pour sécuriser les flux de financements extérieurs indispensables au développement économique du pays.

Thierno Bocoum : Pourquoi le pays est en panne : ce que révèlent les chiffres

Cette contribution est la première d’une série de tribunes fondées sur l’analyse rigoureuse des rapports d’exécution budgétaire du quatrième trimestre 2024 et du premier trimestre 2025, publiés par la Direction générale du Budget.

À travers ces données officielles, il ne s’agit pas d’alimenter la polémique mais de mettre en lumière des déséquilibres profonds qui expliquent pourquoi notre pays donne aujourd’hui le sentiment d’être à l’arrêt.

Le discours de rupture ne suffit plus. Il faut scruter les choix budgétaires pour mesurer la volonté politique réelle et les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Dès le premier trimestre 2025, 357,1 milliards de francs CFA ont été exécutés au titre des salaires, soit 24,3 % de la masse salariale annuelle prévue dans la loi de finances initiale (1 471 milliards FCFA). C’est une hausse de 8,8 % par rapport au premier trimestre 2024 (328,2 milliards FCFA). Cette évolution, en contexte de tension budgétaire, s’explique notamment par une vague de recrutements qui, pour partie, ne s’accompagne ni de rationalisation ni de mission productive claire. Pourtant, le chef de l’État lui-même a affirmé que « l’État n’a presque plus de marge de manœuvre ».

Ce décalage entre l’alerte verbale et la pratique budgétaire nourrit une perte de cohérence.

Dans le même temps, l’investissement public exécuté par l’État chute à seulement 2,64 milliards FCFA au T1 2025, contre 157,9 milliards au T4 2024, soit une chute vertigineuse de 98,3 %.

Plus largement, les dépenses en capital totales sont passées de 952 milliards FCFA au T4 à 103,3 milliards FCFA au T1, soit une baisse de 89 %. Le taux d’exécution des investissements financés sur ressources internes (catégorie 5) est de 0,86 %, contre 16,2 % au T1 2024. Cela signifie une quasi-paralysie de l’État investisseur, alors que le pays avait besoin d’un signal fort post-électoral.

Parallèlement, l’État continue de s’endetter. La charge des intérêts sur la dette atteint déjà 225,1 milliards FCFA au T1 2025, ce qui représente 24 % des dépenses exécutées (936,4 milliards). Sur l’ensemble de l’année 2024, cette charge s’élevait à 822,3 milliards FCFA. Autrement dit, l’État finance son fonctionnement et le service de sa dette mais n’engage aucun programme structurant.

Le résultat est implacable et se fait ressentir. Les entreprises du BTP sont sans commandes, les chantiers publics sont suspendus, les recrutements productifs sont à l’arrêt, les jeunes manquent de perspectives.

Pendant que l’économie réelle s’essouffle, les prix continuent de grimper, sans amortisseur. Le pouvoir d’achat recule, pas seulement à cause des prix mondiaux mais aussi en raison du retrait de l’État de son rôle de régulateur actif.

Il serait trop simple de parler d’un retard technique ou d’une contrainte d’héritage. Ce début de gestion 2025 reflète des choix budgétaires donc des choix politiques notamment ceux de préserver le fonctionnement administratif de l’État, reporter les investissements, différer les réformes structurelles.

Ce qui est en panne aujourd’hui, ce n’est pas la capacité du Sénégal à produire de la richesse mais plutôt la volonté de redonner à l’État sa fonction productive, protectrice et visionnaire.

Nous poursuivrons cette série de tribunes, en analysant d’autres aspects clés des rapports publiés. Chaque thème mérite un éclairage précis parce que dans une démocratie mature, le débat sur le budget est d’abord un débat sur les priorités réelles.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

UEMOA : près de 2000 milliards FCFA mobilisés en avril 2025 sur le marché régional des titres

Dans sa dernière note de conjoncture économique publiée ce lundi, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) signale une forte mobilisation de ressources par les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sur le marché régional des titres publics au mois d’avril 2025. En dépit d’un léger ralentissement de l’activité boursière à la BRVM, les pays de l’Union ont levé un total impressionnant de 1 990 milliards de FCFA, un bond de 1 008,9 milliards par rapport au mois de mars.

Cette dynamique haussière est largement portée par les émissions par adjudication, qui ont généré 1 573,4 milliards de FCFA. Ce montant se répartit entre 605,5 milliards de bons du Trésor, représentant 38,5 %, et 967,9 milliards d’obligations assimilables du Trésor, soit 61,5 %. La performance mensuelle reflète une hausse significative de +60,4 %, principalement imputable à l’envolée des émissions obligataires, en hausse de +223,3 % par rapport à mars.

Sur un an, la croissance est encore plus marquée. Le volume global des émissions par adjudication a bondi de +88,9 %, soit 740,6 milliards de FCFA supplémentaires. Le marché par syndication a, quant à lui, enregistré une seule opération au cours du mois, d’un montant de 416,6 milliards de FCFA.

Le taux de couverture des émissions par adjudication reste élevé, à 123,2 %, confirmant la confiance des investisseurs régionaux dans la signature des États de l’Union. Cette robustesse témoigne d’une perception favorable du risque souverain dans l’espace UEMOA, malgré les défis économiques persistants.

Sur le plan boursier, les performances sont restées mitigées. L’indice BRVM Composite a enregistré un recul de 0,1 %, s’établissant à 287,1 points, tandis que le BRVM 30, qui regroupe les valeurs les plus échangées de la place, a baissé de 0,3 %, pour atteindre 144,1 points à fin avril 2025. Comparés à mars 2024, les deux indices affichent un recul de 2,1 % et 2,2 %, respectivement. Toutefois, en glissement annuel, la tendance demeure largement positive, avec une hausse remarquable de +31,6 %.

Parallèlement, la capitalisation boursière totale poursuit sa progression. Elle atteint désormais 21 565,8 milliards de FCFA, en hausse de 16,7 % sur un an. Dans le détail, le marché des actions représente 11 070,0 milliards de FCFA, avec une croissance annuelle de 38,0 %, tandis que le marché obligataire enregistre une progression plus modeste de 2,2 %, s’établissant à 10 495,8 milliards de FCFA.

Rapport budgétaire 2024 : Des recettes record mais une pression budgétaire croissante

Le ministère des Finances et du Budget a rendu public, ce lundi, le Rapport d’Exécution Budgétaire du quatrième trimestre 2024, en application de l’article 70 de la loi organique relative aux lois de finances et du Code de transparence dans la gestion des finances publiques. Ce document, qui anticipe l’adoption du Projet de Loi de Règlement (PLR) 2024, lève le voile sur les grandes tendances budgétaires qui ont marqué l’exercice écoulé. Entre mobilisation exceptionnelle des recettes et forte expansion des dépenses, le rapport dévoile les tensions réelles qui traversent les finances publiques sénégalaises.

À la date du 31 décembre 2024, les recettes et dons du budget général ont atteint 4 005,21 milliards de FCFA, dépassant les prévisions initiales avec un taux d’exécution de 103,91 %. Cette performance reflète une bonne dynamique dans la collecte des ressources fiscales et parafiscales. Toutefois, cette progression ne suffit pas à contenir une dépense publique galopante.

En effet, les dépenses totales de l’État se sont établies à 6 506,16 milliards de FCFA, pour un taux d’exécution de 103,70 %. Cette enveloppe est composée de 4 239,02 milliards de dépenses ordinaires, notamment les salaires, les subventions et le service de la dette, et de 2 267,14 milliards de dépenses en capital, témoignant de l’effort d’investissement de l’État.

Mais derrière ces chiffres, le rapport fait état d’arriérés de paiement préoccupants. Les factures impayées au titre de l’exercice 2024 comprennent 146,3 milliards de subventions au secteur de l’énergie, 105,20 milliards pour des travaux réalisés dans le secteur du BTP, et 249,5 milliards d’investissements non réglés, bien qu’ayant été financés sur ressources extérieures. Ces arriérés soulignent les limites de la capacité de l’État à faire face à l’ensemble de ses engagements financiers dans un contexte budgétaire contraint.

Le rapport offre également un aperçu de la situation du Fonds National de Retraite (FNR). Les recettes cumulées du FNR au 31 décembre 2024 s’élèvent à 177,01 milliards de FCFA, réparties entre 153,15 milliards pour le régime de base et 23,86 milliards pour le régime complémentaire. Les dépenses totales du FNR, y compris les remboursements, atteignent 141,395 milliards de FCFA, contre 139,282 milliards l’année précédente. Le taux d’exécution s’élève à 83,91 % par rapport aux crédits ouverts de 165,8 milliards de FCFA.

Par ailleurs, le rapport démographique du FNR affiche une légère amélioration. Le nombre de cotisants s’établit à 144 543, contre 75 134 pensionnés, soit un ratio de 1,92 cotisant pour un pensionné, contre 1,86 en 2023. Ce redressement timide reste néanmoins insuffisant pour inverser la tendance structurelle de déséquilibre qui menace la soutenabilité du régime de retraite à moyen terme.

Au final, si les performances de mobilisation des recettes sont à saluer, le rapport met en exergue les défis persistants liés à la maîtrise des dépenses, au paiement des engagements de l’État et à la soutenabilité globale de la politique budgétaire. Dans un contexte économique encore marqué par l’incertitude des marchés extérieurs et les tensions sociales internes, ces éléments appellent à une gestion rigoureuse et plus prévoyante des ressources publiques.

Budget 2024 : des recettes record mais des tensions persistantes sur les finances publiques

Le Sénégal a clôturé l’année 2024 avec une performance remarquable en matière de mobilisation des recettes publiques, dépassant même les prévisions inscrites dans la loi de finances rectificative. D’après le rapport publié par le ministère des Finances, le taux d’exécution budgétaire s’est établi à 103,91 % pour les recettes et à 103,70 % pour les dépenses du budget général. Des chiffres qui traduisent un dynamisme apparent, mais qui cachent en réalité une pression croissante sur les finances publiques.

Selon ce document officiel, les dépenses de l’État ont atteint un montant total de 6 506,16 milliards de francs CFA, contre 6 273,52 milliards initialement prévus. Cette hausse des charges est en grande partie attribuable à l’envolée des dépenses en capital, qui se sont établies à 2 267,14 milliards, mais aussi à la progression continue des dépenses ordinaires. Ces dernières, estimées à 4 239,02 milliards, comprennent 1 420,36 milliards de dépenses de personnel, illustrant l’impact des recrutements dans les forces de défense et des rappels salariaux, et 822,32 milliards affectés au service de la dette.

Le rapport du ministère met en lumière des tensions croissantes liées à l’accumulation d’arriérés de paiement, ce qui vient tempérer les bons résultats obtenus en matière de recettes. À la fin de l’année, les impayés s’élevaient à 146,3 milliards de francs CFA au titre des subventions à l’énergie, à 105,20 milliards pour les travaux réalisés dans le secteur des BTP, et à 249,5 milliards d’investissements non réglés, financés sur des ressources extérieures. Ces chiffres traduisent un retard significatif dans la chaîne des paiements, qui pourrait compromettre la viabilité de certains projets publics.

Autre signal d’alerte : la charge de la dette publique a connu une progression spectaculaire de 44,5 % par rapport à 2023, atteignant 822,32 milliards de francs CFA. Cette hausse est due à une forte augmentation aussi bien de la dette extérieure, en croissance de 36,64 %, que de la dette intérieure, qui a bondi de 93,33 %. Cette dynamique traduit un recours accru aux emprunts pour couvrir les dépenses courantes, au risque d’alourdir le poids du service de la dette sur les finances publiques à moyen terme.

L’embellie observée au niveau des recettes ne suffit donc pas à masquer les inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire. En effet, si le Sénégal a réussi à maintenir un haut niveau de mobilisation fiscale et de financement extérieur en 2024, la persistance d’arriérés et la croissance rapide des charges contraignent la marge de manœuvre de l’État. La trajectoire budgétaire future dépendra ainsi de la capacité des autorités à contenir les dépenses, à améliorer la qualité des investissements et à renforcer la discipline dans l’exécution des engagements publics.

FACE À L’HUMILIATION, LA ROBE RESTE DEBOUT ( Mamadou Ismaila Konaté)

Il est des gestes qui en disent long sur la nature d’un pouvoir. Il est des silences, et des refus, qui résonnent bien au-delà des murs des ministères.

En Guinée, ces derniers jours, les faits sont clairs et terribles : l’ancien bâtonnier de l’Ordre des Avocats, Maître Mohamed Traoré, avocat à la Cour, a été enlevé en pleine nuit à son domicile, sous les yeux de sa famille, par des militaires armés et encagoulés. Ces hommes n’ont pas hésité à pousser l’humiliation jusqu’à gifler sa fille aînée qui, courageusement, tentait de s’interposer pour protéger son père. Après l’avoir violemment molesté, ils l’ont emmené de force, avant de l’abandonner pour mort en rase campagne.

Ce n’est pas seulement un homme qui a été pris pour cible : c’est l’institution du Barreau tout entière, c’est le symbole même de la défense et de l’État de droit qui ont été attaqués avec brutalité et lâcheté.

Dans ce contexte, que constate-t-on ?

Un Garde des Sceaux muet. Un ministre de la Justice aux abonnés absents. Et un Parquet général qui, après plusieurs jours de silence, publie un communiqué aussi tardif qu’ambigu, où l’on cherche plus à ménager le pouvoir qu’à affirmer le droit.

Ce communiqué du 23 juin 2025, loin de condamner clairement l’enlèvement et les violences, se limite à une « consternation », parle de « dialogue » et invoque le « décorum judiciaire » pour justifier le refus de recevoir les avocats en robe. On croit rêver : quand un ancien Bâtonnier a été arraché de chez lui au milieu de la nuit, frappé sous les yeux de ses enfants, laissé pour mort, ce n’est pas de décorum qu’il faut parler, mais de principes. Ce n’est pas de protocole qu’il faut discuter, mais de l’honneur de la justice et du respect des libertés fondamentales.

La robe d’avocat n’est pas un ornement. Elle est un héritage. Un symbole.

Elle tire ses origines des robes noires des jurisconsultes, des docteurs en droit du Moyen Âge, qui signifiaient leur fonction savante, leur indépendance, leur serment au service de la vérité et de la justice. Elle rappelle aussi le deuil permanent de l’avocat pour les libertés violées, pour les injustices commises.

Dans les traditions des barreaux africains — et celui de Guinée n’y fait pas exception — cette robe noire exprime la gravité de la mission confiée à l’avocat : protéger les faibles, défendre les innocents, dénoncer l’arbitraire.

En Guinée, comme ailleurs, elle fut portée avec courage par tant d’avocats, sous tant de régimes, y compris dans les heures sombres, lorsque la justice était bâillonnée.

Refuser de recevoir l’avocat en robe, c’est refuser ce que la robe incarne : la parole libre, la défense des droits humains, l’égale dignité des justiciables.

C’est vouloir abaisser l’avocat à un simple plaideur dépourvu de sa légitimité institutionnelle. C’est, tout simplement, un acte d’humiliation politique.

Ce qui se joue aujourd’hui en Guinée dépasse le sort d’un homme. Il s’agit de l’avenir même du droit.

L’avocat est la dernière digue entre l’arbitraire et le citoyen. Le réduire au silence, l’humilier, l’isoler, c’est préparer le terrain à toutes les dérives.

Et dans ce climat de plus en plus pesant que connaît aujourd’hui la Guinée, cette agression contre l’ancien Bâtonnier et ce refus de dialogue sincère avec le Barreau marquent un nouveau recul des libertés et une emprise croissante de la violence d’État.

Un Garde des Sceaux digne de ce nom aurait dû se porter garant du respect des droits, de la procédure, du dialogue institutionnel.

Un Parquet général digne de ce nom aurait dû condamner avec force l’enlèvement et les violences inouïes subies par Maître Traoré, et rappeler les principes fondamentaux.

Au lieu de cela : le silence, le déni, la fuite derrière les prétextes de « décorum ».

Ce refus de recevoir les avocats en robe est un acte politique. C’est une volonté d’humilier. Une façon de dire : « Je ne vous reconnais pas. »

Mais ce mépris n’atteindra pas la robe. Car celle-ci puise sa force dans son histoire, dans son rôle irremplaçable dans toute société civilisée.

Comme le dit un proverbe guinéen : « On peut écraser la fleur, on ne peut empêcher le printemps. »

Et un proverbe mandingue ajoute : « La bouche qui défend le juste ne se tait pas sous les coups. »

En Afrique, l’on dit aussi : « Le tam-tam de la vérité ne se brise pas, même sous les bâtons. »

Ainsi en est-il de la robe d’avocat : ni le mépris, ni les violences, ni les rafles nocturnes ne l’abattront.

L’Afrique a connu, par le passé, ces périodes sombres où les avocats étaient frappés, séquestrés, parfois éliminés — de la Tunisie de Ben Ali au Zaïre de Mobutu, en passant par les dictatures militaires du Sahel.

Chaque fois, la profession s’est redressée. Car tant que des hommes et des femmes se lèvent pour défendre la liberté, la robe ne tombera pas.

Le Barreau de Guinée, comme tous les Barreaux d’Afrique, doit faire front.

Il doit rappeler que :

L’avocat n’est pas un adversaire de l’État, mais un acteur essentiel de la justice ;

L’indépendance de la profession est un fondement de la démocratie ;

Toute atteinte au Barreau est une atteinte aux droits fondamentaux.

Que les autorités guinéennes — et d’autres qui seraient tentées par la même dérive — méditent les textes fondateurs :

Les Principes de base relatifs au rôle du barreau adoptés par l’ONU : « Les autorités publiques doivent veiller à ce que les avocats puissent exercer toutes leurs fonctions professionnelles sans intimidation, harcèlement ni ingérence indue » ;

Les engagements pris dans le cadre de l’Union africaine et des instruments régionaux.

Nous, avocats africains, savons qu’il n’y a pas de justice sans défense.

Nous savons que la robe est un rempart.

Nous savons que, si les Gardiens du droit tournent le dos, alors il nous faudra marcher plus fort, avancer plus haut, parler plus clair.

Face à l’humiliation, la robe restera debout. Pour le droit. Pour la justice. Pour les libertés.

Mamadou Ismaïla KONATÉ
Avocat à la Cour,
Barreaux du Mali et de Paris
Ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice

Thiaroye-sur-Mer en colère : violentes manifestations contre un projet imposé sans garanties foncières

La matinée du lundi 23 juin 2025 a été marquée par une vive agitation à Thiaroye-sur-Mer, où les populations locales ont exprimé leur colère face au projet de dépollution de la baie de Hann, qu’elles jugent imposé sans concertation ni garanties sur leurs droits fonciers. Des scènes de protestation ont paralysé la Route Nationale 1, provoquant des embouteillages massifs et une interruption quasi totale de la circulation.

Le point de tension s’est cristallisé aux abords du cinéma Thiaroye, où des jeunes manifestants ont érigé des barricades et mis le feu à des pneus, bloquant les deux voies de l’axe stratégique. La situation a rapidement dégénéré, transformant ce quartier de la banlieue dakaroise en un foyer incandescent de contestation. Plusieurs automobilistes ont été contraints de rebrousser chemin, pris au piège d’un chaos routier nourri par une vive exaspération populaire.

À l’origine de cette mobilisation : l’annonce de travaux liés à l’aménagement du quai de Thiaroye, dans le cadre du programme national de dépollution de la baie de Hann, soutenu par des bailleurs internationaux. Si le projet vise à améliorer l’environnement côtier, les habitants dénoncent une opération menée sans dialogue réel avec les communautés concernées.

« On ne peut pas nous imposer un projet alors que notre problème prioritaire, ce sont nos terres. On attend toujours les titres de propriété, et personne ne nous dit ce qu’il va advenir de nos maisons », déclare un jeune manifestant, visiblement frustré. La colère exprimée traduit une peur diffuse : celle d’une éviction ou d’une restructuration urbaine non maîtrisée, sans compensation équitable ni accompagnement social.

Les protestataires exigent des engagements clairs de la part des autorités, avant toute avancée du projet. Parmi leurs revendications figurent la régularisation foncière des parcelles occupées, un plan de restructuration urbaine inclusif et transparent, ainsi que l’implication formelle des populations dans chaque étape du projet. « On ne veut pas vivre un remake de ce qui s’est passé ailleurs, où des projets dits de modernisation ont fini par déloger les habitants », avertit un responsable de quartier.

Alors que la tension persiste, les autorités locales n’ont pas encore officiellement réagi aux événements. Toutefois, la nature et l’ampleur des manifestations de ce 23 juin interpellent sur la nécessité de repenser les modes de concertation entre l’État et les communautés locales, notamment dans les zones à forte pression foncière comme la banlieue dakaroise.

À Thiaroye-sur-Mer, la contestation populaire met en lumière un malaise profond : celui d’une population qui se sent ignorée dans les décisions qui affectent directement son avenir et son territoire. Le projet de dépollution, pourtant crucial pour la santé environnementale de la baie de Hann, pourrait ainsi être compromis si les préoccupations des habitants ne sont pas prises en compte avec sérieux et respect.

Lutte contre l’émigration irrégulière : 60 candidats interceptés à Popenguine

Un nouveau coup de filet dans la lutte contre l’émigration irrégulière a été réalisé ce week-end à Popenguine. Dans une opération coordonnée par la brigade territoriale de la gendarmerie nationale, soixante individus ont été interpellés alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer clandestinement à bord d’une pirogue. L’opération, rendue possible grâce à des renseignements fiables et précis, témoigne de la vigilance accrue des forces de sécurité sur les zones côtières.

Les personnes arrêtées sont de nationalités diverses, illustrant le caractère régional de ce fléau migratoire. Parmi les candidats figuraient 29 Gambiens, dont deux femmes, ainsi qu’un Sierra-Léonais, un Bissau-Guinéen, un Guinéen et 28 Sénégalais. Cette diversité montre que les côtes sénégalaises restent un point névralgique dans les réseaux de migration irrégulière qui couvrent l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les forces de l’ordre soupçonnent l’existence d’un vaste réseau transfrontalier, structuré et actif dans plusieurs pays de la sous-région. Des enquêtes ont été ouvertes afin de démanteler les circuits d’organisation, d’identifier les passeurs impliqués et de saisir d’éventuels moyens logistiques utilisés pour ces tentatives de départ.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre des instructions opérationnelles données par le Haut commandement de la gendarmerie nationale, qui a ordonné un renforcement du dispositif de surveillance et de dissuasion tout au long des côtes sénégalaises. L’objectif affiché est clair : couper les réseaux à la racine et prévenir les départs souvent mortels de jeunes désespérés.

Ce coup de filet à Popenguine vient rappeler l’ampleur du défi migratoire auquel fait face le Sénégal. Malgré les risques et les multiples campagnes de sensibilisation, de nombreux jeunes continuent de braver la mer, poussés par le désespoir économique, l’illusion de meilleures perspectives ailleurs, ou tout simplement par la pression sociale. Les autorités, elles, semblent déterminées à intensifier la réponse sécuritaire, tout en poursuivant les efforts diplomatiques et sociaux visant à offrir des alternatives viables aux candidats à l’exil.

Abdoulaye Tall répond à Guy Marius Sagna : « Il n’y a pas de gestion opaque à l’Assemblée »

Invité de l’émission Objection sur Sud FM le 22 juin, Me Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale et porte-parole du parti Pastef, a vigoureusement démenti les accusations lancées par Guy Marius Sagna concernant une prétendue absence de rupture dans la gestion parlementaire. L’avocat a affirmé sans ambages que « l’Assemblée nationale n’est pas gérée de manière opaque », appelant son camarade à produire des preuves tangibles de ses allégations.

Me Tall a qualifié les critiques de Guy Marius Sagna de « déconnectées des faits », affirmant que de nombreuses décisions, comme l’achat de véhicules pour les députés, avaient été débattues en toute transparence, y compris au sein du groupe parlementaire majoritaire de Pastef. Selon lui, cette concertation dément toute accusation d’obscurité dans le processus décisionnel.

S’agissant de l’indemnité mensuelle de 900 000 FCFA accordée à chaque député sous la 14ᵉ législature, Me Tall a défié Guy Marius Sagna en ces termes : « Qu’il nous explique alors pourquoi il ne l’a pas refusée s’il trouvait la pratique injuste ? » Cette question vise à mettre en lumière la cohérence entre les propos et les actes des critiques internes.

Me Tall a également apporté des précisions concernant les avances de Tabaski réglées aux députés, précisant qu’il ne s’agissait nullement d’une distribution généralisée, mais bien de « d’avances sur salaire plafonnées à 300 000 FCFA, accordées à quelques députés sur demande ». Ces précisions visent à clarifier le dispositif et à dissiper toute confusion sur un prétendu favoritisme généralisé.

Au-delà de la clarification, Me Tall a mis en garde contre ce qu’il considère comme des discours populistes capables de ternir l’image de la législature actuelle. Il a rappelé que certains députés traversent une véritable précarité et que leurs sacrifices, pour beaucoup, ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur.

Par ses propos, Abdoulaye Tall cherche non seulement à défendre la transparence et l’intégrité de la gestion parlementaire, mais aussi à défendre Pastef contre les attaques internes et à instaurer un débat plus factuel et moins émotionnel. Il insiste sur la nécessité d’un dialogue étayé par des faits, dans le respect de la cohérence et de l’éthique politique.

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