Thierno Alassane Sall alerte sur une « situation critique » et interpelle le gouvernement sur la gestion de la dette et la transparence budgétaire

Lors de l’examen du projet de loi de finances initiale, le député de l’opposition Thierno Alassane Sall a livré, ce matin, une intervention particulièrement critique à l’égard de la gestion économique actuelle du pays. Face au ministre des Finances et du Budget, il a dressé un tableau sombre de la situation budgétaire et de ses répercussions sur les différents secteurs.

Dès les premières minutes de son allocution, le parlementaire a tenu à alerter sur l’ampleur des inquiétudes qui traversent la société. « Il ne faut pas se voiler la face. Les étudiants, les entreprises et d’autres secteurs dans ce pays sont inquiets », a-t-il lancé, soulignant que le climat général est marqué par une perte de confiance croissante. Thierno Alassane Sall a ensuite pointé du doigt la structure du budget national, qu’il juge excessivement dépendant du service de la dette. Selon lui, la part consacrée à celle-ci, qu’il évalue à 40 % du budget, témoigne d’un déséquilibre préoccupant et d’une vulnérabilité accrue de l’économie.

À cette inquiétude financière s’ajoute, selon le député, une instabilité politique persistante, qui alimente les doutes des investisseurs et freine la dynamique économique. « Nous sommes concentrés dans une crise politique et permettons inconsciemment aux investisseurs d’être inquiets », a-t-il martelé.

Face à cette situation qu’il qualifie de « critique », Thierno Alassane Sall estime que les autorités portent une « lourde responsabilité ». Il a exhorté le gouvernement à prendre la pleine mesure de l’urgence économique et à engager sans délai des actes de gouvernance plus transparents et rigoureux.

Abordant ensuite le dialogue politique, le député a reconnu la volonté d’échanges affichée par l’exécutif, tout en réaffirmant la nécessité d’une transparence totale. À cet effet, il a posé une série de questions directes au ministre des Finances, notamment sur d’éventuels défauts de paiement au mois d’octobre, un sujet sensible dans le contexte actuel. Il s’est également interrogé sur la pertinence d’un projet d’acquisition de neuf Airbus, compte tenu des tensions budgétaires et du contexte économique difficile.

Pour conclure, Thierno Alassane Sall a lancé un appel solennel à l’Assemblée nationale. Il a exhorté les députés à « assumer leur rôle de contrôle » et à se défaire des logiques partisanes qui, selon lui, affaiblissent la rigueur parlementaire. Il a insisté sur l’importance, pour la représentation nationale, d’exercer une vigilance accrue face à la situation financière du pays et aux engagements pris par le gouvernement.

Umaro Sissoco Embaló quitte Dakar pour Brazzaville après une montée des tensions diplomatiques

Le président déchu de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a quitté Dakar pour Brazzaville après un bref séjour dans la capitale sénégalaise, révèlent des informations obtenues par Confidentiel Afrique. Arrivé discrètement au Sénégal après les événements politiques qui ont conduit à sa chute, Embaló bénéficiait jusque-là d’une médiation impliquant les présidents Denis Sassou N’Guesso et Alassane Ouattara. Toutefois, l’évolution rapide du contexte politique sénégalais aurait profondément modifié la donne.

Selon la même source, la sortie virulente du Premier ministre Ousmane Sonko devant les députés aurait précipité le départ d’Embaló. En dénonçant ouvertement des « combines souterraines » autour de la situation en Guinée-Bissau, Sonko aurait envoyé un signal jugé hostile par l’ancien président bissau-guinéen. L’intervention du chef du gouvernement sénégalais, particulièrement ferme, aurait irrité Embaló, qui se serait senti fragilisé et indésirable sur le sol sénégalais.

Face à cette atmosphère devenue tendue, Umaro Sissoco Embaló aurait sollicité l’appui du président congolais Denis Sassou N’Guesso afin d’organiser son départ. Toujours selon Confidentiel Afrique, un vol privé a été affrété pour son transfert vers Brazzaville. Il a embarqué en compagnie d’un de ses proches collaborateurs identifié sous le nom de Sissoko.

Ce départ intervient dans un contexte où la présence d’Embaló à Dakar faisait l’objet de pressions politiques croissantes. Les autorités sénégalaises, déjà engagées dans une gestion délicate du dossier bissau-guinéen et d’une situation intérieure marquée par des tensions politiques persistantes, auraient vu dans cette présence une source supplémentaire d’embarras diplomatique.

En rejoignant Brazzaville, Umaro Sissoco Embaló cherche manifestement un nouvel espace de repli, alors que la transition en Guinée-Bissau poursuit sa mise en place et que les réactions internationales se multiplient. Son installation au Congo pourrait marquer une nouvelle étape dans les tractations régionales autour de son avenir politique et judiciaire, dans un contexte ouest-africain particulièrement volatil.

Finances publiques : le Sénégal accélère l’assainissement budgétaire après les audits

La situation des finances publiques continue de dominer l’actualité nationale, dans un contexte marqué par un audit rigoureux mené par la Cour des comptes et l’inventaire de la dette confié au cabinet international Forvis Mazars. Ces travaux, rendus publics au mois de février 2025, ont servi de point d’appui au Gouvernement pour engager une phase plus profonde de consolidation budgétaire et de restauration de la transparence financière.

Dans la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2025, l’exécutif projette un déficit budgétaire de 7,8 % du PIB à la fin de l’année. Toutefois, une exécution plus lente de certaines dépenses pourrait ramener ce déficit à 7,5 % du PIB, une légère amélioration rendue possible par les premières mesures d’ajustement. En parallèle, les prévisions de recettes ont été révisées à la baisse. Les recettes du budget général devraient atteindre 4 668,9 milliards FCFA, contre 4 794,6 milliards FCFA dans la Loi de Finances Initiale, soit une réduction de 125,7 milliards FCFA. Cette contraction, équivalente à 2,6 %, tient principalement à l’actualisation des recettes internes, qui représenteront 4 382,3 milliards FCFA.

La pression fiscale, elle aussi revisitée, ressortirait à 18,9 % du PIB dans la LFR 2025. Ce niveau marque un léger recul par rapport aux prévisions initiales de 19,3 %, mais se situe encore au-dessus du taux atteint en 2024, évalué à 18,6 %. Le gouvernement entend poursuivre les réformes visant à élargir l’assiette, à renforcer la mobilisation des ressources internes et à améliorer l’efficacité des régies financières, afin de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur.

Dans le même temps, les dépenses publiques ont été légèrement revues à la baisse et s’établissent à 6 364,7 milliards FCFA dans la LFR 2025, contre 6 395,1 milliards FCFA dans la LFI. Cette diminution globale de 30,4 milliards FCFA reflète les efforts de maîtrise engagés par les autorités. Toutefois, les charges d’intérêt sur la dette enregistrent une progression préoccupante. Elles sont désormais projetées à 1 060 milliards FCFA, bien au-dessus des 932,1 milliards FCFA initialement prévus. Par rapport aux 822,3 milliards FCFA payés en 2024, ces chiffres traduisent des hausses de 13,4 % et 28,6 %, témoignant de l’alourdissement du service de la dette et de la pression croissante des marchés financiers.

Les dépenses de personnel restent quant à elles stabilisées à 1 498 milliards FCFA, un signal de fermeté sur la masse salariale de l’État. Les transferts et subventions connaissent, en revanche, un ajustement à la baisse et devraient s’établir à 1 453,3 milliards FCFA, soit une réduction de 56,8 milliards FCFA. Cette orientation participe de la volonté de rationaliser les dépenses publiques tout en ciblant davantage les interventions sociales prioritaires.

C’est dans cet environnement exigeant que s’élabore le Projet de Loi de Finances Initiale (PLFI) pour 2026. Le document est conçu à un moment où le contexte international reste profondément perturbé, entre tensions géopolitiques récurrentes, chocs climatiques, ralentissement économique mondial et crise généralisée de la dette. Face à ces défis, le gouvernement propose un cadre budgétaire articulé autour d’une ambition centrale : rétablir les équilibres macroéconomiques tout en préservant l’investissement social et productif.

Le PLFI 2026 est présenté comme un budget de « redressement, de justice et de restauration de la confiance ». Sa philosophie repose sur trois axes prioritaires : la reconstruction des fondamentaux économiques, la modernisation de la gestion budgétaire et l’investissement dans un développement réellement endogène. Il met en avant des chantiers structurants dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle, de la santé et de la couverture maladie universelle. L’accès à l’eau potable, la résilience climatique et les politiques de jeunesse et d’emploi constituent également des priorités affirmées.

Au-delà des enveloppes financières, ce budget ambitionne une transformation profonde de la gouvernance publique. Il prévoit des mesures structurelles destinées à moderniser le pilotage budgétaire, renforcer la reddition des comptes et refonder l’administration autour d’une logique de performance et de service au citoyen.

Cheikh Diba détaille la stratégie pour ramener le déficit du Sénégal à 3 % d’ici 2027

Face aux députés ce samedi, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté de larges éclaircissements sur la stratégie de consolidation budgétaire inscrite dans le Projet de Loi de Finances initiale pour 2026. Selon lui, le gouvernement s’est engagé dans un processus rigoureux visant à rétablir l’équilibre des finances publiques, après un déficit particulièrement élevé en 2024, estimé autour de 12,8 %.

Le ministre a rappelé que l’objectif est de ramener ce déficit à 7,8 % dès 2025, puis à 5,37 % en 2026, avant d’atteindre la norme communautaire de 3 % en 2027. Cette trajectoire constitue, d’après Cheikh Diba, le socle de la politique budgétaire de l’exécutif et sert de cadre d’intégration pour des réformes majeures, notamment celles liées à la mobilisation des ressources du Plan de Redressement Économique et Social (PRÈS).

Abordant spécifiquement le PRÈS, Cheikh Diba a souligné que les attentes en matière de recettes pour l’année 2026 sont « très importantes », dépassant 760 milliards de francs CFA. Ces ressources proviendront de plusieurs leviers fiscaux et parafiscaux, parmi lesquels les jeux de hasard, la régularisation foncière, la taxation du mobile money, ainsi que l’alcool et le tabac. Le ministre a toutefois insisté sur le fait que ces prévisions ont été volontairement établies sur des bases « minimalistes ».

Il a révélé que les études menées sous la coordination de la Primature avaient abouti à une estimation supérieure à 900 milliards de francs CFA. Par prudence et pour éviter tout risque de dérapage budgétaire, le gouvernement a néanmoins retenu un montant plus conservateur de 760 milliards, ce qui reflète, selon lui, une gestion responsable et réaliste des recettes attendues.

Dans le même esprit de discipline budgétaire, Cheikh Diba a annoncé que l’option retenue pour 2026 consiste à geler toutes les recettes considérées comme optimistes. Concrètement, cela signifie que les administrations concernées ne pourront engager ou exécuter les dépenses correspondantes que lorsque les ressources auront été effectivement mobilisées. Cette mesure vise à éviter l’accumulation d’arriérés et à garantir que l’exécution budgétaire reste en phase avec les encaissements réels.

Le ministre a conclu en affirmant que cette démarche prudente, combinant réformes structurelles, mobilisation accrue des recettes et discipline dans l’exécution des dépenses, constitue l’unique voie pour remettre durablement le Sénégal sur une trajectoire de stabilité financière et de croissance maîtrisée.

Cap-Skirring : un réseau de prostitution clandestine démantelé, 18 femmes interpellées dont une séropositive

La gendarmerie de Cap-Skirring a procédé, il y a cinq jours, à une opération coup de poing dans une zone périphérique du village touristique, à la suite d’une dénonciation anonyme signalant l’existence d’un réseau de prostitution clandestine particulièrement actif. L’intervention a permis l’interpellation de dix-huit femmes, majoritairement originaires du Nigeria et de la Sierra Leone, évoluant en marge des circuits légaux et dans des conditions jugées préoccupantes par les enquêteurs.

Parmi les personnes arrêtées figure une mineure. Celle-ci a été immédiatement retirée du dispositif et confiée à une structure spécialisée d’assistance éducative, conformément aux dispositions de protection de l’enfance. Les dix-sept autres femmes, toutes en situation irrégulière sur le territoire sénégalais et dépourvues de carnets sanitaires obligatoires, ont été déférées avant d’être placées sous mandat de dépôt. Elles devront répondre, le 2 décembre prochain, des chefs de séjour irrégulier et d’exercice illégal d’activités réglementées.

L’un des cas les plus préoccupants concerne une des interpellées, déclarée séropositive. Selon des sources relayées par L’Observateur, la jeune femme disposait de médicaments antirétroviraux qu’elle prenait régulièrement dans le but de réduire les risques de transmission du VIH à ses clients. Cette démarche, bien que visant à limiter les dangers sanitaires, ne l’a toutefois pas exemptée de poursuites judiciaires. Elle est notamment inculpée pour mise en danger de la vie d’autrui, une infraction particulièrement grave dans ce type de dossier.

Cette opération de la gendarmerie intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des activités de traite et d’exploitation dans la région. Quelques jours seulement avant ce coup de filet, un autre réseau de traite d’êtres humains avait été démantelé dans la même zone, confirmant que le phénomène demeure profondément ancré autour de Cap-Skirring, destination touristique prisée mais régulièrement confrontée à ce type de dérives.

Les autorités locales affirment vouloir renforcer les contrôles et les opérations préventives afin de freiner ce trafic qui mêle exploitation sexuelle, immigration irrégulière et risques sanitaires. L’affaire, en cours d’instruction, continue de susciter de vives réactions dans la région, où l’on espère que ces interventions répétées permettront de décourager les réseaux opérant dans l’ombre.

Mabintou Diaby évacuée d’urgence à l’hôpital Principal : une scène « terrifiante » selon des témoins

L’état de santé de Mabintou Diaby, épouse du journaliste Madiambal Diagne et détenue depuis le 23 octobre au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux, s’est de nouveau brusquement dégradé. Selon les informations rapportées par L’Observateur, elle a été évacuée en urgence, vendredi, vers l’hôpital Principal de Dakar après une aggravation soudaine de son état.

Présent sur les lieux pour rendre visite au député Farba Ngom, lui aussi hospitalisé, Abdou Aziz Diop, adjoint au maire des Agnam, a été témoin de la scène. Encore marqué par ce qu’il a vu, il décrit une situation d’une « cruauté » insoutenable. Il confie avoir été profondément bouleversé par l’état dans lequel se trouvait la détenue et affirme qu’il n’aurait « pas été surpris » d’apprendre qu’elle « avait rendu l’âme », tant la scène était choquante. Son témoignage met en lumière la gravité de la situation médicale de Mabintou Diaby, déjà fragilisée depuis son arrestation.

Au même moment, sa famille vivait des heures d’angoisse et d’incertitude. Taté Diaby, sa sœur, raconte avoir appris l’évacuation de Mabintou par les réseaux sociaux alors qu’elle se rendait au Pavillon spécial pour la visiter. À son arrivée, elle dit avoir patienté durant des heures, espérant obtenir des nouvelles ou pouvoir la voir avant son transfert. Mais l’attente s’est révélée vaine. « On n’a pas pu la voir. Nous avons seulement aperçu une ambulance. Ma petite sœur est allée demander si c’était elle ; on lui a répondu oui, mais qu’il était impossible de la voir car les heures de visite étaient terminées », confie-t-elle avec amertume. Selon elle, le personnel aurait pu leur accorder « au moins cinq minutes » pour s’assurer de l’état de leur sœur.

Cette évacuation soulève de nouvelles interrogations autour des conditions de détention et de prise en charge sanitaire au sein du Pavillon spécial, déjà régulièrement pointé du doigt pour ses insuffisances. La famille de Mabintou Diaby, tout comme certains acteurs publics témoins de la scène, appelle à davantage d’humanité et de transparence dans le suivi médical des détenus dont la santé est en danger.

Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite sur l’évolution de son état de santé à l’hôpital Principal, où elle demeure sous surveillance médicale étroite.

APRÈS LE DISCOURS DE CHEIKH DIBA SUR LES BESOINS DE LIQUIDITÉ DU SÉNÉGAL : Les obligations souveraines chutent

Les obligations souveraines du Sénégal ont reculé sur les marchés internationaux après que le ministre des Finances, Cheikh Diba, a alerté sur la nécessité pour le pays de disposer de liquidités supplémentaires, rapporte Bloomberg. Bien qu’il ait souligné que les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) se déroulent positivement, ses déclarations ont ravivé les inquiétudes des investisseurs quant à la capacité du Sénégal à gérer sa trésorerie à court terme.

À Londres, les obligations en dollars arrivant à échéance en 2033 ont perdu 1,6 cent par dollar, pour s’établir à 61,7 cents, enregistrant ainsi une deuxième journée de baisse. Les titres arrivant à maturité en 2031 ont, eux, chuté de 2,5 cents pour atteindre 64,64 cents. Ces mouvements reflètent la prudence des marchés face à la situation de liquidité du pays, même si sa solvabilité à long terme demeure globalement jugée solide.

Devant les députés, Cheikh Diba a précisé que « le Sénégal ne pose pas fondamentalement de problème de solvabilité, mais en matière de liquidité, nous avons désormais besoin d’un appui financier ». Cette mise au point intervient après la découverte, l’an dernier, d’une dette cachée de 7 milliards de dollars (près de 4 000 milliards de francs CFA) laissée par l’administration précédente. Cette affaire avait conduit le FMI à suspendre un plan de financement de 1,8 milliard de dollars (un peu plus de 1 000 milliards de francs CFA)

Le Sénégal est actuellement engagé dans des discussions avec le FMI en vue de mettre en place un nouvel instrument de financement. Selon Diba, des divergences subsistent sur « les critères, les hypothèses macroéconomiques et les mesures d’ajustement », mais il assure que « les discussions avec le Fonds se déroulent très bien ». Le FMI, de son côté, concentre son évaluation sur la dynamique de la dette sénégalaise et la viabilité de la stratégie de financement du pays.

Le ministre a également indiqué que des mesures sont en cours pour améliorer la gestion de l’endettement. Le gouvernement remplace progressivement des dettes jugées « à haut risque » par des emprunts aux conditions plus favorables et assortis de maturités plus longues, afin de dégager des marges budgétaires et d’alléger la pression sur les finances publiques. L’objectif annoncé est de ramener le déficit budgétaire à 5,3% du PIB d’ici 2026 contre 13,4% à la fin de 2024 puis à 3% en 2027, conformément au plafond fixé par l’UEMOA, alors que le déficit prévu pour 2025 s’établissait initialement à 7,8%.

Malgré ces tensions de liquidité, le Sénégal exclut toute restructuration de sa dette et réaffirme son engagement à honorer ses obligations envers les investisseurs internationaux, tout en poursuivant des efforts de discipline budgétaire. Cheikh Diba a insisté devant les parlementaires sur le fait que la restructuration n’était « pas une option ».

Le Dakarois

Guinée-Bissau : la junte consolide son pouvoir malgré la suspension de l’Union africaine

La nouvelle junte militaire arrivée au pouvoir en Guinée-Bissau continue de renforcer son emprise sur le pays. Après l’investiture jeudi du général Horta N’Tam à la tête d’un Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre (HCM), les putschistes ont nommé vendredi Ilidio Vieira Té au poste de Premier ministre et ministre des Finances. Cette série de décisions intervient dans un climat marqué par la condamnation internationale et la suspension immédiate du pays par l’Union africaine (UA).

Le général Horta N’Tam, jusqu’alors chef d’état-major de l’armée de terre, a été désigné jeudi pour diriger une transition politique de douze mois. Dès le lendemain, il a signé un décret portant nomination d’Ilidio Vieira Té, dernier ministre des Finances du président déchu Umaro Sissoco Embaló. Lors d’une discrète cérémonie à Bissau, le chef de la junte a salué le « bon travailleur » avec lequel il entend « continuer à travailler dans un même navire », signalant ainsi la volonté du nouveau pouvoir de maintenir certains cadres de l’ancienne administration.

Cette nomination n’a toutefois pas empêché la réaction immédiate de l’Union africaine. Mahamoud Ali Youssouf, président de la commission de l’UA, a annoncé vendredi la suspension totale de la Guinée-Bissau de toutes les instances de l’organisation. Dénonçant les atteintes graves à l’ordre constitutionnel, l’UA s’est alignée sur les nombreuses préoccupations exprimées par la communauté internationale.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a pour sa part souligné que depuis le putsch, au moins 18 personnes ont été arbitrairement détenues. Parmi elles figurent des membres du gouvernement, des magistrats et des responsables de l’opposition. L’ONU se dit particulièrement préoccupée par les « violations des droits de l’Homme » observées depuis mercredi.

Malgré ce contexte tendu, la capitale Bissau a retrouvé une certaine normalité vendredi. Les activités commerciales ont repris, tout comme la circulation. Le dispositif sécuritaire déployé au lendemain du coup d’État a été partiellement levé. Les militaires ont également suspendu le couvre-feu nocturne imposé mercredi et ordonné la réouverture des frontières, des écoles, des marchés et des institutions privées. Toutefois, sur le terrain, la situation économique reste précaire. Nombreux sont les habitants, comme Boubacar Embalo, jeune commerçant ambulant, qui peinent à reprendre leurs activités.

Sur le plan politique, l’ex-président Umaro Sissoco Embaló, renversé puis brièvement détenu par les militaires, a trouvé refuge au Sénégal où il est arrivé jeudi soir à bord d’un avion affrété par Dakar. Le Sénégal, membre du « comité de médiation restreint » de la Cedeao, suit de près la situation. Vendredi, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a dénoncé ouvertement ce qu’il qualifie de « combine » destinée à interrompre le processus électoral en Guinée-Bissau. Selon lui, il est impératif de reprendre le décompte des voix et de « dire qui a gagné » les élections présidentielle et législatives du 23 novembre.

Ousmane Sonko a également appelé à la libération des personnes arrêtées, en particulier celle de Domingos Simões Pereira, figure majeure de l’opposition bissau-guinéenne et leader du PAIGC, qui n’était même pas candidat à l’élection. Écarté de la présidentielle pour dépôt tardif de dossier, Pereira avait soutenu le candidat de l’opposition Fernando Dias. Ce dernier affirme avoir remporté l’élection et accuse l’ancien président Embaló d’avoir orchestré le coup d’État pour empêcher l’annonce des résultats.

La crise en cours s’ajoute à une longue histoire d’instabilité politique en Guinée-Bissau. Depuis son indépendance du Portugal en 1974, le pays a connu quatre coups d’État réussis et de nombreuses tentatives avortées. Cette fragilité interne a favorisé l’installation durable de réseaux de narcotrafic, utilisant le pays comme point de transit pour la cocaïne en provenance d’Amérique latine à destination de l’Europe. Certains responsables militaires et hauts fonctionnaires ont même été cités dans ces trafics au fil des années, contribuant à maintenir le pays dans un cycle de turbulences politiques et économiques.

La situation actuelle laisse planer de nombreuses incertitudes sur l’avenir du processus démocratique bissau-guinéen, tandis que la pression régionale et internationale s’accentue pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Guiberoua : une rencontre de Charles Blé Goudé violemment interrompue par des jets de pierres

Une rencontre publique organisée par Charles Blé Goudé à Guiberoua a tourné court ce mercredi 26 novembre 2025, plongeant habitants et participants dans un climat de panique. Le leader politique, qui s’était déplacé dans le village de Ziriwa pour échanger avec la population, n’a pas eu le temps de développer son message. À peine la réunion entamée sous le préau prévu pour l’occasion, des pierres ont été lancées en direction de l’assemblée, provoquant une interruption immédiate de l’événement.

Selon plusieurs témoins présents sur place, la scène a été brutale et inattendue. Les projectiles, surgissant de manière soudaine, ont semé la confusion parmi les participants qui ont cherché à se mettre à l’abri. Les organisateurs ont rapidement évacué Charles Blé Goudé pour des raisons évidentes de sécurité. Aucun blessé grave n’a été signalé, mais l’atmosphère de chaos a laissé une forte impression sur les habitants et les militants venus assister à la rencontre.

L’origine de ces jets de pierres reste pour l’heure inconnue. Aucune arrestation n’a été annoncée et les auteurs de cet acte n’ont pas encore été identifiés. Les sources locales évoquent toutefois un climat de tension grandissant dans la région, alimenté par les récentes prises de position médiatiques de Charles Blé Goudé. Ses critiques envers certaines figures influentes auraient contribué à exacerber les rivalités et à nourrir un mécontentement latent au sein de groupes opposés à sa démarche politique.

Cet incident intervient dans un contexte marqué par des mobilisations politiques de plus en plus sensibles dans la région de Guiberoua. Les autorités locales, pour l’instant silencieuses, sont attendues sur une éventuelle réaction face à un acte qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité des rassemblements publics. Pour les habitants, l’événement rappelle la fragilité de la stabilité locale et la facilité avec laquelle une réunion initialement pacifique peut dégénérer.

La scène vécue à Ziriwa met en lumière les risques inhérents aux activités politiques en période de tensions accrues. Si l’objectif de la rencontre était d’encourager le dialogue entre le leader et la population, son interruption violente souligne la nécessité d’un apaisement durable pour permettre des débats sereins. En attendant les conclusions des enquêtes éventuelles, le climat à Guiberoua demeure marqué par une inquiétude palpable, tandis que les observateurs s’interrogent sur les répercussions que cet incident pourrait avoir sur la scène politique locale.

Fatick – Sokone : Le Chérif Cheybany Aïdara galvanise la jeunesse et appelle à l’unité nationale lors du Gamou annuel

La cité religieuse de Sokone a vibré ce vendredi au rythme du Gamou annuel organisé à l’initiative du Chérif Cheybany Aïdara. La cérémonie officielle, qui a réuni autorités administratives, coutumières, religieuses ainsi que de nombreux fidèles, a été marquée par un message fort en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de l’engagement citoyen.

Devant une foule nombreuse et attentive, le guide religieux a formulé des prières pour un Sénégal stable, uni et prospère. Il a rappelé l’urgence de préserver la solidarité nationale dans un contexte marqué par des défis politiques, économiques et sociaux.

« Que Dieu protège notre pays et continue de guider ses fils et filles vers la concorde », a-t-il déclaré sous les applaudissements des participants.

Un appel vigoureux à la jeunesse

S’adressant particulièrement aux jeunes, le Chérif Cheybany Aïdara a insisté sur leur rôle central dans la construction du Sénégal de demain. Il les a exhortés à s’investir davantage dans l’éducation, l’entrepreneuriat, l’innovation et la citoyenneté active.

Selon lui, la jeunesse doit être au cœur du développement national et porter les valeurs républicaines indispensables à l’émergence du pays.

Mettre fin à l’immigration clandestine

En sa qualité de khalif de la famille chérifienne de Sokone, le guide religieux a placé la lutte contre l’immigration irrégulière au centre de son allocution. Il a dénoncé les illusions entretenues autour de l’émigration vers l’Europe et rappelé que « la véritable réussite se construit ici, dans la dignité et dans le travail ».

Il a également mis en garde contre les réseaux qui profitent du désespoir des jeunes, invitant les familles, les leaders communautaires et les autorités locales à s’impliquer davantage dans la sensibilisation.

Pour le Chérif Aïdara, chaque parent et chaque responsable communautaire doit devenir un rempart contre les fausses promesses qui poussent de nombreux jeunes à risquer leur vie sur les routes migratoires.

Un Gamou fortement mobilisateur

La cérémonie a rassemblé une large frange de la population locale, témoignant de l’aura spirituelle et sociale du Chérif Cheybany Aïdara. Entre prières, chants religieux et échanges fraternels, l’événement a été un moment d’unité et de communion autour des valeurs de paix et de solidarité.

À travers un message empreint de patriotisme et d’espoir, le Chérif Aïdara a rappelé que le développement du Sénégal repose sur l’engagement de tous, particulièrement celui de la jeunesse, appelée à devenir un véritable moteur de transformation sociale.

Saint-Louis : L’enquête bouclée, l’entrepreneur Mouhamadou Bachir Sylla placé sous mandat de dépôt pour offense au chef de l’État

Le commissariat central de Saint-Louis a finalisé son enquête dans l’affaire ayant secoué ces derniers jours les réseaux sociaux : la vidéo montrant l’entrepreneur Mouhamadou Bachir Sylla en train de déchirer la photo officielle du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Les investigations menées par la police ont conduit, ce vendredi matin, au déferrement du mis en cause pour offense au chef de l’État et injures publiques.

Après la transmission du dossier, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Saint-Louis, Baye Thiam, a requis l’ouverture d’une information judiciaire. Dans son réquisitoire introductif, il a sollicité la délivrance d’un mandat de dépôt à l’encontre de l’entrepreneur, estimant que les faits nécessitaient une instruction approfondie. La demande du parquet a été suivie par le juge d’instruction du premier cabinet, qui a procédé à l’inculpation de Mouhamadou Bachir Sylla avant d’ordonner son placement sous mandat de dépôt.

Selon des sources , l’homme, présenté comme un militant du parti Pastef, passera ainsi sa première nuit en détention provisoire. La décision du magistrat intervient après la diffusion d’une séquence vidéo devenue virale, dans laquelle le mis en cause se présente comme un « patriote » et déchire l’effigie officielle du chef de l’État. La même vidéo le montre également proférant des propos jugés indécents et discourtois à l’endroit du président Bassirou Diomaye Faye.

Kaolack : Naatal Sa Gox multiplie les initiatives en faveur des familles vulnérables

Ce vendredi, le mouvement Naatal Sa Gox a organisé une journée spéciale de remise de dons au profit de différentes couches de la population, dans un élan de solidarité et d’engagement communautaire.

Le mouvement a ainsi offert d’importants dons aux habitants des villages de la localité. Une imprimante et des nattes ont été remises à l’école arabe de Thisse Mass, tandis que divers équipements sanitaires ont été octroyés à la case de santé de Ndiobène Tallène, dans le département de Kaolack.

Selon le coordonnateur du mouvement, Thierno Kébé, cette initiative s’inscrit dans une démarche continue de soutien aux populations vulnérables et de renforcement du lien social, mais également de promotion de l’éducation et de la santé dans la zone.

« Nous avons voulu apporter un peu de réconfort aux familles en difficulté et montrer que la solidarité reste un moteur essentiel pour notre communauté. Il s’agit aussi de permettre aux populations de bénéficier de meilleures conditions de soins », a-t-il déclaré.

Les bénéficiaires, visiblement touchés par cette attention, ont exprimé leur gratitude.

« C’est un geste qui nous aide beaucoup. Nous remercions le mouvement Naatal Sa Gox pour cette initiative », confie l’un d’eux sous anonymat.

Les organisateurs ont annoncé que d’autres actions similaires seront mises en œuvre dans les mois à venir, avec un accent particulier sur l’aide aux enfants et aux familles les plus démunies.

Gestion de l’hôtel Radisson : un contrat controversé limite l’intervention de l’État

La gestion de l’hôtel Radisson à Dakar suscite actuellement de vives interrogations au sein du parlement sénégalais. Interpellé par l’honorable député Pape Djibril Fall sur la situation des travailleurs de cet établissement hôtelier, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, a qualifié la situation de « grand scandale ». Selon lui, le problème trouve son origine dans le contrat de gestion signé avec une société turque, d’une durée de 15 ans, qui régit aujourd’hui le fonctionnement de l’hôtel.

Le ministre a précisé que ce contrat comporte des clauses spécifiques qui limitent considérablement l’intervention du gouvernement. « Les clauses inscrites dans le contrat empêchent le gouvernement d’intervenir », a-t-il indiqué, soulignant que l’État ne dispose d’aucun levier légal pour modifier la gestion ou les pratiques internes de l’établissement.

Par ailleurs, Amadou Ba a ajouté que le contrat confère à l’hôtel une autonomie complète pour déterminer ses propres conditions de travail. Cette disposition, selon lui, restreint la capacité de l’État à protéger les droits des travailleurs ou à intervenir en cas de litiges internes. Le ministre n’a toutefois pas manqué de rappeler que cette situation ne signifie pas un abandon des employés, mais qu’elle illustre plutôt les limites imposées par des accords internationaux complexes.

Babacar Ba Forum du justiciable : L’État du Sénégal sera tenu responsable de tout ce qui arrivera à Mabintou Diaby.

L’état de santé de Mabintou Diaby, épouse du journaliste Madiambal Diagne, est jugé très critique au point qu’elle a été évacuée en urgence à l’hôpital. Les organisations de défense des droits de l’homme ont assez alerté sur la situation des personnes malades et dont la détention est devenue inacceptable. L’État du Sénégal sera tenu responsable de tout ce qui arrivera à Mabintou Diaby. Maintenir une personne malade dans les liens de la détention est inhumain et contraire aux droits fondamentaux. Des mécanismes doivent être rapidement trouvés afin de mettre sous bracelet électronique tous les détenus malades.

Babacar Ba Forum du justiciable

Le Président Bassirou Diomaye Faye échange avec l’Union des Magistrats du Sénégal sur la modernisation de la justice

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu cet après-midi au Palais présidentiel une délégation de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), conduite par son président, Cheikh Bâ. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre les pouvoirs publics et les acteurs du système judiciaire, en vue de renforcer l’efficacité et la modernisation de la justice au Sénégal.

Au cours de cet entretien, les discussions ont porté sur le fonctionnement global de la justice et sur les réformes en cours, destinées à adapter le système judiciaire aux défis contemporains. Les magistrats ont présenté au Chef de l’État leurs préoccupations et propositions, notamment en matière de renforcement des capacités institutionnelles, d’amélioration des conditions de travail et d’accès plus rapide à la justice pour les citoyens.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son engagement ferme en faveur d’une justice indépendante, efficace et accessible à tous. Il a insisté sur le rôle crucial de la justice comme garant de l’État de droit et sur la nécessité de bâtir un système judiciaire pleinement tourné vers les citoyens, capable de répondre aux exigences d’un environnement social et économique en constante évolution.

Foundiougne : Quarante-quatre candidats à la migration irrégulière interpellés, une personne portée disparue

Une opération menée ce 27 novembre 2025 par la Brigade territoriale de Foundiougne a permis l’interpellation de quarante-quatre candidats à la migration irrégulière dans la forêt de la presqu’île de Mboro, au niveau du village de Félane. L’intervention des gendarmes a été déclenchée à la suite de l’exploitation d’un renseignement signalant un important rassemblement suspect dans cette zone boisée, soupçonné de préparer un départ clandestin par voie maritime.

Selon les informations fournies par la gendarmerie, les personnes arrêtées sont originaires de plusieurs pays de la sous-région. Le groupe est composé de vingt-deux ressortissants gambiens, quinze Sénégalais, trois Nigériens, trois Bissau-Guinéens et un Ivoirien. Tous ont été conduits dans les locaux de la brigade pour les besoins de l’enquête, qui se poursuit afin d’identifier les éventuels organisateurs de cette tentative de migration irrégulière.

Les premiers éléments recueillis par les enquêteurs font état d’un incident survenu lors de la tentative d’embarquement. Une bousculade aurait éclaté dans les bolongs, entraînant la disparition d’une personne. Alertés, les sapeurs-pompiers de Foundiougne se sont immédiatement déployés dans la zone afin de mener des recherches pour tenter de retrouver le disparu. Les opérations se poursuivent malgré la difficulté du terrain, caractérisé par un réseau de bras d’eau et de zones marécageuses.

La gendarmerie souligne que cette intervention illustre l’importance de la coopération entre les populations et les forces de sécurité. Face à la recrudescence des départs clandestins enregistrés ces dernières semaines, les autorités insistent sur la nécessité pour les habitants de continuer à fournir des renseignements essentiels afin de prévenir de nouveaux drames. Cette arrestation massive rappelle une fois de plus les risques encourus par les candidats à la migration irrégulière et la détermination des forces de sécurité à lutter contre ce phénomène.

Sokone : La Grande Mosquée Cheikh Cherif Omar Aïdara inaugurée ce vendredi par le Khalif Cherif Cheybani Aïdara

La ville de Sokone a vibré ce vendredi au rythme d’un événement religieux majeur : l’inauguration officielle de la Grande Mosquée Cheikh Cherif Omar Aïdara. Une forte mobilisation de fidèles, de notables, de dignitaires religieux et de délégations venues de plusieurs localités a marqué cette journée placée sous le signe de la foi, de la piété et de l’unité.

Présidée par le Khalif Cherif Cheybani Aïdara, la cérémonie a rendu hommage à plusieurs figures spirituelles de référence, notamment Ibnou Sidy Boubacar et Ibnou Amiril Hamir Moukani Ebisibay, dont les noms figuraient sur la bannière officielle de l’événement. Très attendu par les disciples, le Khalif a procédé à l’ouverture solennelle de la nouvelle mosquée avant de diriger des prières et de formuler des bénédictions pour la communauté.

La nouvelle mosquée, imposante par sa silhouette massive, arbore des murs en béton armé et une architecture contemporaine. Le chantier, entamé il y a plusieurs mois, a mobilisé artisans locaux et bénévoles, tous déterminés à offrir à la communauté un lieu de culte plus spacieux, moderne et résistant.

Les minarets de ce grand édifice culminent chacun à plus de 35 mètres de hauteur, une prouesse architecturale qui renforce sa visibilité et symbolise la vitalité religieuse de la communauté. Avec une capacité d’accueil de 850 fidèles, la mosquée devient l’un des plus grands lieux de culte de la région.

Les habitants se disent fiers de cette réalisation qui répond à un besoin croissant d’espace, notamment lors des grandes prières du vendredi et des fêtes religieuses. L’édifice est également appelé à devenir un centre religieux majeur, offrant aux fidèles un cadre moderne pour les prières, mais aussi un espace d’enseignement destiné aux jeunes.

Dans son allocution, le Khalif Cherif Cheybani Aïdara a salué la détermination des habitants et des disciples qui ont contribué à la réussite du projet. Il a rappelé « l’importance de la cohésion, de la solidarité et de la transmission des valeurs islamiques dans un monde en pleine mutation », soulignant que cette mosquée sera un repère essentiel pour renforcer le vivre-ensemble.

La cérémonie a également été marquée par des récitations coraniques, des interventions d’imams et des témoignages de responsables locaux mettant en avant l’impact social et spirituel de cette nouvelle infrastructure religieuse. Plusieurs fidèles se sont réjouis de voir Sokone accueillir une mosquée d’une telle envergure, qu’ils considèrent déjà comme un patrimoine collectif.

La journée s’est achevée par une grande prière qui a rassemblé la foule nombreuse, témoignant de la ferveur et de l’émotion qui ont accompagné cet événement historique pour la ville de Sokone.

Arachide : un prix maintenu à 305 F CFA mais une annonce qui inquiète les acteurs de la filière

L’annonce du prix du kilogramme d’arachide pour la nouvelle campagne continue d’alimenter les débats au sein des organisations paysannes et des acteurs de la commercialisation. Fixé à 305 francs CFA, soit le même niveau que l’année précédente, ce prix ne suscite pas de contestations majeures sur le fond. En revanche, la méthode utilisée pour le rendre public fait naître de nombreuses inquiétudes, tant chez les producteurs que chez les opérateurs économiques.

Aly Diaw, président de la coopérative agricole de Kahi et membre du Comité national interprofessionnel de l’arachide (CENIA), figure parmi ceux qui dénoncent la démarche adoptée par les autorités. Selon lui, l’annonce a été faite de manière unilatérale et en dehors du cadre institutionnel habituel. Il estime qu’un tel prix devrait être officialisé en Conseil des ministres, en présence de l’ensemble des parties prenantes, et sur la base des conclusions des différentes rencontres tenues ces dernières semaines. Pour le responsable paysan, cette façon de procéder crée une zone d’ombre sur la transparence du processus.

Bien qu’il juge le prix « acceptable » dans un contexte de baisse des cours mondiaux de l’arachide, Aly Diaw dit s’inquiéter davantage de la disponibilité des financements, un élément clé pour assurer le bon déroulement de la campagne. Il souligne également l’absence de clarifications sur la mise en place des taraars, un mécanisme de régulation souvent évoqué mais dont l’application reste incertaine. À cela s’ajoute le problème non résolu des dettes des opérateurs économiques, un préalable indispensable selon lui pour éviter toute perturbation lors du démarrage des opérations d’achat. Dans ces conditions, il se dit « un peu inquiet pour la commercialisation » et espère que les fonds nécessaires seront mis à disposition dans les délais.

Les réserves sont tout aussi fortes du côté des organisations de défense des producteurs. Bassirou Ba, président du mouvement Aar Sunu Momel, évoque une série d’incohérences institutionnelles et une communication qu’il juge précipitée. Il rappelle que la fixation du prix plancher ne signifie en aucun cas l’ouverture officielle de la campagne, laquelle doit passer par un conseil interministériel chargé de définir les modalités opérationnelles. Selon lui, aucune trace de cette décision ne figure dans les comptes rendus du Conseil des ministres, ce qui rend l’annonce encore plus problématique.

Bassirou Ba conteste également l’affirmation du ministre selon laquelle les discussions avec le CENIA auraient permis d’aboutir à un consensus sur le prix. Il affirme qu’une rencontre s’est bien tenue une vingtaine de jours plus tôt, mais qu’aucune organisation paysanne ni aucun membre du CENIA ne s’était prononcé officiellement sur le montant. Pour lui, l’absence de mesures d’accompagnement concrètes montre que la campagne est loin d’être opérationnelle : les tonnages réservés aux industries et aux opérateurs ne sont pas connus, les modalités d’ouverture des frontières n’ont pas été précisées, et aucun dispositif clair n’a encore été présenté concernant les taraars ou les points de collecte.

Ces incertitudes sont renforcées par la situation financière préoccupante de la SONACOS et par les dettes accumulées par les opérateurs, estimées à 184 milliards de francs CFA. À cela s’ajoute un contexte international défavorable, marqué notamment par une production record en Chine, évaluée à 227 millions de tonnes, qui pourrait réduire la compétitivité des exportations sénégalaises.

Face à ces défis multiples, Bassirou Ba met en garde contre les dérives déjà observables sur le terrain. En l’absence de mesures officielles garantissant le respect du prix plancher, il estime que certains opérateurs peuvent se permettre d’acheter l’arachide à des prix très bas, parfois autour de 150 francs, sans risque de sanction. Selon lui, cette campagne pourrait se révéler plus difficile que les précédentes si les autorités ne clarifient pas rapidement le dispositif d’encadrement.

Baisse annoncée des tarifs de l’électricité au Sénégal à partir du 1er janvier 2025

Le ministre sénégalais de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a annoncé ce vendredi une réduction significative du coût de l’électricité pour les ménages et les professionnels en basse tension. Cette décision, qui devrait entrer en vigueur au plus tard le 1er janvier 2025, a été communiquée lors d’une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale.

Selon le ministre, la première tranche de consommation destinée aux ménages, couvrant la plage de 0 à 150 kWh, connaîtra une baisse notable. Le prix, actuellement fixé à 91,17 F CFA par kWh, sera ramené à 82 F CFA. Cette diminution de 10 % profitera directement à plus d’un million de foyers à travers le pays. Birame Souleye Diop a souligné que cette mesure s’inscrit dans une volonté de réduire la pression financière sur les familles, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et par la nécessité de rendre l’énergie plus accessible.

Du côté des professionnels en basse tension, une réduction similaire est prévue. La première tranche de consommation, qui couvre 0 à 50 kWh, passera de 163,81 F CFA à 147,43 F CFA par kWh, soit également une baisse de 10 %. Cette mesure touchera environ 319 000 abonnés, représentant 82 % de la clientèle professionnelle du pays. Le ministre a indiqué que cette décision vise à soutenir les petites entreprises, artisans et commerçants, dont les charges énergétiques constituent un frein à la compétitivité et à la rentabilité.

Birame Souleye Diop a par ailleurs rappelé que ces ajustements tarifaires s’inscrivent dans une politique plus large de réforme et de stabilisation du secteur énergétique. Le gouvernement ambitionne d’améliorer la gestion de la distribution, d’accroître l’efficacité du réseau et de favoriser l’accès universel à une énergie de qualité. Il a assuré que cette baisse des tarifs ne compromettra pas les investissements prévus dans le secteur, mais participera plutôt à une dynamique de relance économique et de renforcement du pouvoir d’achat.

Avec cette annonce, le Sénégal entame une nouvelle étape dans sa démarche de maîtrise des coûts énergétiques et de soutien aux populations. Les usagers attendent désormais la mise en œuvre effective de ces mesures dès le début de l’année 2025.

Crise en Guinée-Bissau : Thierno Bocoum salue l’initiative présidentielle et tance Ousmane Sonko

Thierno Bocoum est revenu, ce vendredi, sur la gestion sénégalaise de la crise politique en Guinée-Bissau. Selon lui, le Président de la République a posé « un acte majeur », rappelant avec force que, dans le domaine de la politique étrangère, « l’initiative et l’autorité reviennent pleinement au chef de l’État ». Pour l’ancien député, la réactivité du président face à la dégradation de la situation chez le voisin bissau-guinéen a démontré « une compréhension lucide des enjeux sécuritaires à nos frontières et surtout une volonté d’agir avant que la situation ne dégénère ».

Bocoum juge ainsi que, pour une fois, le président a pris les devants, rompant avec une dynamique où le Sénégal apparaît parfois entraîné par « des déclarations brouillonnes et des orientations improvisées » émanant du Premier ministre. Il accuse en effet Ousmane Sonko de chercher depuis plusieurs mois à imposer une « diplomatie personnelle », alignée selon lui sur des régimes « où la démocratie n’est qu’un parent pauvre » et où l’autoritarisme est présenté comme modèle.

L’ancien parlementaire reproche également à Ousmane Sonko certaines déclarations faites à l’Assemblée nationale, notamment lorsqu’il a évoqué l’existence d’une « combine » dans la gestion diplomatique de la crise. Une sortie que Thierno Bocoum estime dangereuse, dans un moment où « tout le Sénégal se mobilisait derrière ses institutions » pour prévenir les risques sécuritaires et politiques liés à l’instabilité en Guinée-Bissau. Il y voit une accusation gratuite, laissant sous-entendre une possible collusion entre le président déchu de Guinée-Bissau et les putschistes, ce qu’il juge « à contretemps, à contre-raison et à contre-intérêt national ».

Selon lui, Ousmane Sonko ravive par ailleurs ses anciennes critiques contre la CEDEAO, une organisation qu’il avait déjà attaquée par le passé. En s’exprimant ainsi, soutient Bocoum, le Premier ministre « s’exonère de la solidarité gouvernementale » et « fragilise la position internationale du Sénégal », au moment même où le président de la République conduit un processus diplomatique avec cette même CEDEAO pour contribuer à la stabilisation de la sous-région.

Thierno Bocoum rappelle d’ailleurs que le communiqué officiel publié le 27 novembre 2025 par le ministère de l’Intégration africaine a clairement affiché la position du Sénégal : condamnation de la prise de pouvoir par la force, exigence du rétablissement de l’ordre constitutionnel et appel à la libération immédiate des personnes arrêtées en Guinée-Bissau. Une « ligne claire, républicaine et responsable », souligne-t-il, que les propos du Premier ministre viennent inutilement brouiller.

Pour l’opposant, Ousmane Sonko s’éloigne du « cap national », s’isole « dans un entre-soi de flatteurs » et place son « ego là où devrait se trouver le sens de l’État ». Dans une crise aussi sensible, affirme-t-il, le Sénégal ne peut se permettre une « cacophonie au sommet », mais doit au contraire afficher une cohérence et une unité de doctrine.

Thierno Bocoum conclut en appelant à une posture plus institutionnelle et plus disciplinée au sein de l’exécutif, estimant que l’intérêt national doit primer sur les divergences politiques ou les ambitions personnelles.

Guinée-Bissau : La junte nomme Ilidio Vieira Té Premier ministre après le coup d’État

La scène politique bissau-guinéenne continue de connaître de profonds bouleversements à la suite du coup d’État survenu le mercredi 26 novembre. Deux jours après avoir pris le contrôle du pays, le général Horta N’Tam, désormais chef de la junte militaire, a annoncé ce vendredi 28 novembre 2025 la nomination d’Ilidio Vieira Té au poste de Premier ministre.

Cette nomination intervient dans un contexte de forte instabilité institutionnelle, marqué par la dissolution des principales institutions républicaines par les militaires et par l’incertitude qui plane sur la suite du processus politique. Avec l’arrivée d’Ilidio Vieira Té à la primature, la junte cherche visiblement à installer rapidement un gouvernement de transition pour tenter de rassurer les partenaires internationaux et de donner une orientation politique claire à son action.

Ilidio Vieira Té, figure influente de la scène politique nationale, n’est pas un novice. Il occupait déjà le portefeuille stratégique des Finances dans le gouvernement dissous, un ministère qu’il continuera de diriger cumulativement. Son maintien à ce poste illustre la volonté de la junte de s’appuyer sur un homme considéré comme expérimenté, rompu aux négociations économiques et capable d’assurer une certaine continuité administrative dans un moment où les finances publiques sont sous pression.

Proche collaborateur de l’ex-président Umaro Sissoco Embaló, Ilidio Vieira Té avait également joué un rôle central dans sa dernière campagne présidentielle, renforçant son statut d’acteur politique de premier plan. Ce lien avec l’ancien chef de l’État soulève toutefois des interrogations quant à la ligne politique que la junte entend suivre, certains observateurs se demandant si cette nomination ouvre la voie à une transition inclusive ou si elle s’inscrit dans la continuité de l’ancien régime.

Alors que le pays reste sous le choc de la prise de pouvoir militaire et que la communauté internationale appelle à un retour rapide à l’ordre constitutionnel, les prochains jours seront déterminants. La formation du gouvernement dirigé par Ilidio Vieira Té, la définition d’un calendrier de transition et la position que prendra la junte face aux pressions diplomatiques constitueront les premiers tests de la nouvelle équipe dirigeante.

Diomaye Faye reçoit Naguib Sawiris : Orascom veut renforcer sa présence au Sénégal

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé une audience ce vendredi 28 novembre 2025 à M. Naguib Sawiris, Président du Groupe Orascom, au Palais présidentiel. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de consolidation des relations entre le Sénégal et l’un des plus importants conglomérats opérant à l’international.

Au cours des échanges, le chef de l’État et l’homme d’affaires égyptien ont passé en revue les activités d’Orascom, un groupe présent dans des secteurs stratégiques tels que la construction, l’industrie, l’immobilier et le tourisme. Naguib Sawiris a mis en avant l’évolution positive du climat des affaires au Sénégal, qu’il qualifie de « favorable et dynamique », soulignant les efforts du gouvernement pour attirer et sécuriser les investissements étrangers.

Le Président du Groupe Orascom a réaffirmé l’intérêt de son entreprise pour le marché sénégalais. Selon lui, le Sénégal se positionne aujourd’hui comme un hub économique régional en pleine expansion, offrant des opportunités majeures dans la transformation urbaine, les infrastructures et l’aménagement du territoire. Dans cette optique, M. Sawiris a exprimé la volonté du groupe d’intensifier ses investissements et de participer activement à la réalisation de projets structurants.

Orascom a également réitéré son engagement à concevoir et à développer des projets urbains modèle, reposant sur trois piliers essentiels : la durabilité environnementale, l’inclusion sociale et l’accessibilité. Ces ambitions visent à accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre de politiques publiques tournées vers un développement harmonieux, moderne et respectueux des populations.

L’audience s’est conclue par un accord de principe pour poursuivre les discussions techniques entre les équipes gouvernementales et celles du groupe, dans la perspective de concrétiser les projets évoqués. Cette rencontre confirme la volonté commune de bâtir un partenariat durable et stratégique au service du développement national.

Kaolack : Le directeur régional de l’ONAS multiplie les actions pour soulager les populations

Depuis son arrivée à la tête de la direction régionale de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) à Kaolack, Serigne Mbaye Sy Thiam se distingue par une présence constante sur le terrain. Avec une approche participative et un engagement affirmé, il s’emploie à apporter des solutions durables aux problèmes liés aux déversements d’eaux usées qui touchaient plusieurs quartiers de la ville.

À Taba Ngoye, Dialègne, Abattoirs et surtout à Médina Baye, de nombreuses difficultés avaient été signalées. Les ruelles menant vers la maison de feu Serigne Mamoune Niass, la route de Thierno Hassan Dème ou encore le passage vers l’ancienne pharmacie étaient régulièrement confrontées à des débordements d’eaux usées, un véritable calvaire pour les habitants.

Aujourd’hui, ces problèmes sont définitivement réglés ou ne sont plus qu’un lointain souvenir.

Ces résultats sont le fruit d’une méthode claire : un directeur présent sur le terrain, travaillant aux côtés de ses équipes pour évaluer les situations et intervenir rapidement. Cette proximité a été largement saluée par les populations, qui y voient la marque d’un leadership efficace et attentif à leurs besoins.

Pour renforcer les opérations, un grand camion spécialisé a été mobilisé afin d’appuyer la logistique et d’accélérer les interventions.

Serigne Mbaye Sy Thiam a par ailleurs assuré que les opérations de curage hydrodynamique du réseau primaire d’assainissement se poursuivront dans l’ensemble des zones concernées, jusqu’au retour définitif à la normale.

Boulangerie clandestine à Biafra : sept individus interpellés par le Commissariat de Diamaguène Sicap Mbao

Le Commissariat d’Arrondissement de Diamaguène Sicap Mbao a procédé, le 26 novembre 2025, à l’interpellation de sept individus impliqués dans une affaire d’association de malfaiteurs, de mise en danger de la vie d’autrui et de production d’aliments impropres à la consommation. Les mis en cause sont également poursuivis pour non-respect de la réglementation encadrant les activités de boulangerie et pâtisserie au Sénégal.

L’opération a été déclenchée à la suite de l’exploitation d’un renseignement opérationnel faisant état de l’existence d’une boulangerie clandestine dans le quartier de Biafra. Une équipe d’intervention a été immédiatement mobilisée et a réussi à interpeller un premier individu présenté comme le propriétaire de l’établissement. Celui-ci a été accompagné lors d’une perquisition qui a permis de découvrir un environnement insalubre et des pratiques dangereuses pour la santé publique.

Sur les lieux, les enquêteurs ont trouvé deux fours artisanaux fonctionnant au charbon, quinze sacs de farine entreposés à proximité de déchets, ainsi que plusieurs sacs de sel et de sucre ouverts et exposés à l’air libre. Soixante plateaux ont été découverts, dont cinquante-cinq remplis de baguettes recouvertes de sacs inadaptés, en présence de mouches et d’insectes. Les agents ont également constaté l’utilisation de quatre bidons d’eau pour la préparation du pain et d’une machine pétrisseuse locale ne respectant aucune norme d’hygiène. Deux motos destinées à la livraison complétaient l’équipement.

Les locaux dégageaient une forte odeur nauséabonde et présentaient un niveau d’insalubrité inquiétant, avec la présence de vers de terre et d’animaux domestiques, notamment des chats. L’ensemble du matériel a été consigné en vue de son placement sous scellé et la boulangerie a été immédiatement fermée.

Lors de son audition sommaire, le propriétaire a reconnu exercer cette activité depuis plusieurs années sans autorisation administrative. Ses six employés ont également été interpellés. Tous les sept ont été placés en garde à vue pour association de malfaiteurs, mise en danger de la vie d’autrui, production et mise en vente d’aliments impropres à la consommation, ainsi que violation des normes réglementant le secteur de la boulangerie et de la pâtisserie au Sénégal.

Une enquête approfondie est en cours pour déterminer l’ampleur des activités de cette boulangerie clandestine et les risques sanitaires encourus par les populations du secteur.

Dernière minute : l’état de santé de la femme de Madiambal Diagne suscite une vive inquiétude

La situation médicale de Mabintou Diaby, épouse de l’administrateur du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a connu une nouvelle et inquiétante dégradation. Selon des informations relayées ce jeudi par la chaîne 7TV, elle a été évacuée en urgence et se trouverait désormais dans un état critique, ravivant les préoccupations déjà vives autour de sa prise en charge sanitaire.

Détenue depuis le 29 septembre 2025 dans le cadre de l’affaire de blanchiment de capitaux dans laquelle sont impliqués son mari et plusieurs de leurs proches, Mabintou Diaby souffre depuis plusieurs semaines de graves complications de santé. Ses avocats avaient déjà alerté, dès sa période de garde à vue, sur « des affections organiques extrêmement préoccupantes » nécessitant une attention médicale soutenue.

Fin octobre, la détérioration de son état avait nécessité son transfert en urgence à l’Hôpital Principal de Dakar, où elle avait été admise au pavillon spécial, un service généralement réservé aux cas les plus délicats. Ce placement avait été interprété comme un nouveau signe de la gravité de sa situation clinique.

Depuis lors, le collectif de ses avocats réclame avec insistance l’octroi d’une liberté provisoire, estimant que son maintien en détention est « incompatible » avec son état de santé fragile. Selon eux, seule une prise en charge adaptée, hors du cadre carcéral, pourrait permettre de stabiliser son état. Plusieurs organisations de la société civile se sont jointes à cet appel, exhortant les autorités à « assumer leurs responsabilités » afin de garantir à la détenue l’accès aux soins appropriés.

Samuel Sarr renvoyé en audience spéciale dans l’affaire des 2 milliards l’opposant à Cheikh Amar

L’ancien ministre de l’Énergie sous le régime de Me Abdoulaye Wade, Samuel Sarr, fait désormais face à un procès très attendu devant le tribunal correctionnel de Dakar. Selon le quotidien L’As, il a été inculpé par le juge du deuxième cabinet et placé sous contrôle judiciaire depuis le 6 avril dernier pour des faits d’abus de confiance portant sur une somme faramineuse de deux milliards de francs CFA. Cette procédure, qui le met aux prises avec l’homme d’affaires Cheikh Amar, est l’un des dossiers politico-judiciaires les plus sensibles hérités de la période post-alternance.

L’affaire a été appelée hier devant le tribunal correctionnel, mais le juge a finalement décidé de renvoyer les débats à une audience spéciale fixée au 30 avril 2026. Ce renvoi vise à permettre la comparution du plaignant et à donner le temps nécessaire aux différentes parties pour présenter leurs arguments et plaidoiries.

À l’origine de ce contentieux, un prêt de deux milliards de francs CFA que Cheikh Amar affirme avoir accordé à Samuel Sarr en 2014. Selon la partie civile, l’homme d’affaires soutient que l’ancien ministre lui avait demandé ces fonds au nom de Me Abdoulaye Wade, présenté comme étant dans une situation financière difficile après la perte du pouvoir par le Parti démocratique sénégalais (PDS). Cheikh Amar dit avoir émis plusieurs chèques pour atteindre le montant total de deux milliards, remettant les fonds à Samuel Sarr dans le but qu’ils soient transmis à l’ancien président. Or, selon lui, cette somme n’est jamais parvenue au « Pape du Sopi ».

Face à l’absence de remboursement et aux explications jugées insatisfaisantes, Cheikh Amar a finalement décidé de porter plainte pour récupérer son argent. Convoqué dans le cadre de l’enquête à la Section de recherches de la Gendarmerie, Samuel Sarr a riposté en déposant lui aussi une plainte contre l’homme d’affaires. Malgré cette contre-offensive judiciaire, c’est finalement lui qui a été inculpé, placé sous contrôle judiciaire et laissé en liberté provisoire en attendant son procès.

L’ancien ministre a tenté de se défendre en produisant un document signé qui, selon lui, retrace la destination des fonds querellés. Ce document mentionnerait une liste de dignitaires religieux, d’hommes politiques, de journalistes et d’avocats qui auraient bénéficié des deux milliards en question. Une version contestée par la partie civile, qui reste convaincue que l’argent était destiné exclusivement à Me Wade et n’a jamais été transmis.

Le renvoi de l’affaire en audience spéciale donne désormais près de cinq mois aux deux camps pour affiner leurs stratégies et préparer une confrontation judiciaire qui s’annonce particulièrement scrutée. Ce dossier, où se mêlent enjeux politiques, relations d’affaires et allégations de détournement, pourrait lever un coin du voile sur des pratiques financières longtemps restées opaques dans les cercles du pouvoir de l’époque Wade. Le 30 avril 2026, le tribunal correctionnel sera appelé à trancher un litige qui continue d’alimenter les spéculations et les interrogations au sommet de la scène politique sénégalaise.

Opération de désencombrement : le ministre de l’Intérieur rappelle la loi et défend la fermeté de l’État

Lors de la séance des questions d’actualité de ce vendredi à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, est revenu en détail sur l’opération de dégagement de l’espace public déclenchée à Dakar depuis la fin septembre 2024. Face aux préoccupations exprimées par le député Pape Djibril Fall, le ministre a tenu à clarifier la philosophie et les objectifs de cette initiative, qu’il refuse de qualifier de simple « déguerpissement ».

Selon Me Bamba Cissé, il s’agit avant tout d’une vaste « opération de réorganisation de l’espace public », une démarche inscrite dans un cadre légal et administratif précis. Le ministre a invité les parlementaires à faire preuve de cohérence dans leurs prises de position, rappelant que les élus ont eux-mêmes voté les textes qui encadrent l’usage de la voie publique. « Ceux qui défendent certaines activités doivent se référer aux lois qu’ils votent avant de les défendre. Tu ne peux pas voter une loi et, quand on l’applique, t’opposer à son application », a-t-il lancé, en réponse aux critiques sur les impacts sociaux du désencombrement.

Pour illustrer ses propos, Me Bamba Cissé a cité la Loi n° 67-50 de novembre 1967, un texte toujours en vigueur, qui réglemente les activités sur la voie publique. Cette loi prévoit des sanctions pouvant atteindre jusqu’à deux ans d’emprisonnement pour ceux qui occupent illégalement les espaces réservés aux piétons, à la circulation ou aux infrastructures communales. Le ministre a insisté sur le fait que le gouvernement se limitait à appliquer cette législation, longtemps restée lettre morte.

Revenant sur la philosophie qui sous-tend l’opération, le ministre de l’Intérieur a souligné que l’ordre et la discipline constituent les fondements du développement de toute nation. À l’appui de son argumentaire, il a évoqué les trajectoires du Rwanda et de l’Éthiopie, qui, selon lui, ont connu ces dernières années un véritable rebond économique grâce à la rigueur instaurée dans la gestion de l’espace public et de la vie collective. « Ces pays étaient derrière nous ; aujourd’hui ils sont cités en exemple. C’est ça que nous voulons amener au Sénégal, et nous allons le réussir », a affirmé Me Bamba Cissé, réitérant la volonté du gouvernement de poursuivre l’opération de désencombrement jusqu’à son terme.

Le ministre a également dévoilé des détails sur la préparation technique de l’initiative, menée en coordination avec les gouverneurs des différentes régions. Une circulaire leur a été adressée pour identifier les zones les plus fortement encombrées et planifier leur dégagement. Cette démarche, explique-t-il, vise à lutter contre l’insalubrité, l’insécurité et l’occupation anarchique des sols, qui perturbent la circulation, dégradent le cadre de vie et favorisent parfois des activités illicites.

Me Bamba Cissé a tenu à rassurer les acteurs économiques concernés. L’objectif n’est pas d’empêcher les populations de travailler, mais de faire respecter les codes d’occupation de l’espace afin de garantir un environnement urbain fonctionnel. « Il n’est interdit à personne de travailler, mais il faut de l’ordre et de la salubrité dans leur commerce. Le trottoir est pour les piétons, la route pour la circulation, et le marché pour les marchands. C’est ainsi qu’un pays fonctionne », a-t-il martelé.

Ousmane Sonko presse la justice d’accélérer le traitement des dossiers en souffrance

Dans un contexte national marqué par une multiplication des critiques sur la lenteur des procédures judiciaires liées à la reddition des comptes, le Premier ministre Ousmane Sonko a haussé le ton ce vendredi matin devant les parlementaires. Face à ce qu’il considère comme un dysfonctionnement persistant, le chef du gouvernement a appelé la justice à « empresser le pas » afin de traiter l’ensemble des dossiers en cours dans des délais « raisonnables », avec « célérité et rigueur ».

S’exprimant lors d’une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité d’un « travail sérieux » en amont de toute mesure coercitive telle qu’une arrestation ou une mise en accusation. Selon lui, il s’agit d’une exigence fondamentale pour garantir l’équité et la crédibilité du système judiciaire. Le Premier ministre a réaffirmé que son gouvernement n’était « pas dans les règlements de compte », une manière de dissiper les soupçons de poursuites sélectives souvent évoquées dans le débat public.

Tout en reconnaissant l’argument avancé par certains juristes, selon lequel « le temps de la justice ne peut pas être le temps des hommes », Ousmane Sonko a estimé que cette réalité ne pouvait justifier indéfiniment la détention prolongée de prévenus. Il a ainsi invité les autorités judiciaires à « soit juger, soit libérer » toutes les personnes incarcérées dans le cadre de procédures en attente. Cette prise de position s’inscrit dans une volonté affichée d’instaurer un État de droit plus ferme, mais également plus équitable.

Ces déclarations interviennent après une série de critiques déjà formulées par le Premier ministre à l’égard de l’appareil judiciaire. Dans ses précédentes interventions, Sonko n’avait pas hésité à évoquer la nécessité d’un « nettoyage » au sein de l’institution, accusant certains acteurs de ne pas dire le droit de manière impartiale.

Parallèlement, le débat autour des conditions de travail des magistrats refait surface. Le président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), Cheick Ba, a récemment interpellé le gouvernement sur le manque criant de moyens humains et matériels au sein de la justice. Il a notamment révélé que le pays ne comptait que 546 magistrats pour environ 18 millions d’habitants, un ratio largement insuffisant pour assurer un fonctionnement efficace des juridictions. Selon lui, l’amélioration des performances de la justice passe nécessairement par un investissement plus important de l’État, condition sine qua non pour résorber les lenteurs dénoncées de toutes parts.

Coup d’Etat en Guinée : « C’est une combine… le processus électoral doit se poursuivre! », déclare Ousmane Sonko

Lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale ce vendredi, le Premier ministre Ousmane Sonko s’est exprimé sur la situation explosive en Guinée-Bissau, où un coup d’État est intervenu après la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle. Bien qu’il ait tenu à rappeler les limites de son champ d’intervention, le chef du gouvernement n’a pas hésité à livrer une analyse tranchée des événements.

Dès l’entame de sa réponse, Ousmane Sonko a adopté un ton mesuré, soulignant que, selon les principes institutionnels, « ce qui se passe en Guinée est une prérogative du gouvernement ». Il a précisé ne pas vouloir « trop [s’]aventurer » dans un dossier relevant principalement de la diplomatie et de la présidence de la République. Cette mise en garde visait à situer son propos dans le respect du partage des responsabilités entre les différentes institutions de l’État.

Mais malgré cette prudence initiale, le Premier ministre a clairement exprimé son point de vue sur la nature de la crise. Il a qualifié les événements de « complot qui n’a aucune base légale », dénonçant ainsi une prise de pouvoir qu’il estime dépourvue de fondement juridique ou constitutionnel. Par cette déclaration, Ousmane Sonko s’inscrit dans une ligne de condamnation ferme des changements de régime par la force, en cohérence avec les principes défendus par le Sénégal et la CEDEAO.

Le chef du gouvernement a ensuite insisté sur la nécessité de privilégier une sortie de crise démocratique. Il a appelé à « la poursuite du processus électoral » interrompu par les troubles, estimant indispensable que « la Commission proclame les résultats définitifs ». Selon lui, seule la transparence totale du processus électoral permettra d’apaiser les tensions et de restaurer un cadre institutionnel légitime en Guinée-Bissau.

Enfin, Ousmane Sonko a exigé la libération des personnes arrêtées dans la foulée du coup de force, jugeant que leur détention constitue un obstacle supplémentaire au retour à la normalité institutionnelle. Pour le Premier ministre, aucune stabilité durable ne peut être envisagée en dehors du respect des droits et libertés fondamentales.

Affaire Madiambal Diagne : le président de la CENTIF clarifie sa position

Dans un entretien accordé jeudi au quotidien Le Soleil, le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, est revenu sur la polémique née des déclarations du journaliste Madiambal Diagne, qui conteste être mis en cause dans un des rapports de la structure. Face à la question, Siby a adopté un ton à la fois pédagogique et ferme, tout en rappelant d’emblée les limites légales qui encadrent ses prises de parole publiques. « La CENTIF est tenue à une obligation de réserve qui nous interdit de commenter le fond d’une affaire particulière, de citer des noms ou de revenir sur des pièces d’un dossier en cours », a-t-il expliqué, refusant ainsi de mentionner directement le fondateur du groupe Avenir Communication.

Tout en respectant ce devoir de réserve, le président de la CENTIF a tenu à rappeler plusieurs principes relatifs au fonctionnement de l’institution. Il a d’abord insisté sur la nature même de la CENTIF, qui n’est ni une juridiction ni un service de police, mais une cellule de renseignement financier chargée de recevoir, d’analyser et d’enrichir les déclarations d’opérations suspectes ainsi que diverses informations financières pertinentes. Lorsque les analyses aboutissent à des éléments suffisamment étayés, celles-ci sont ensuite transmises aux autorités compétentes. Il a également insisté sur la traçabilité des procédures internes, assurant que la chronologie des actes posés par la CENTIF est entièrement documentée. Les dates portées sur les rapports, précise-t-il, correspondent toujours à l’achèvement du travail d’analyse et à la validation collégiale du document.

Cheikh Mouhamadou Bamba Siby a enfin rappelé que toute contestation portant sur un document, une irrégularité supposée ou une interprétation doit se faire dans le cadre judiciaire. Il a souligné que la procédure judiciaire est l’unique espace légitime pour discuter du contenu des rapports ou des conclusions de la cellule, et non le terrain médiatique. Selon lui, le rôle de la CENTIF est strictement technique : elle éclaire des flux financiers suspects, tandis qu’il revient aux magistrats, en toute indépendance, d’apprécier la valeur des analyses produites.

Ces mises au point interviennent dans un contexte où Madiambal Diagne, actuellement en fuite en France, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice sénégalaise. Il est visé par une information judiciaire ouverte par le Pool judiciaire financier pour association de malfaiteurs, escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux en bande organisée, utilisation de facilités liées à l’exercice d’une activité professionnelle, ainsi que complicité de ces infractions. L’enquête fait suite à un rapport de la CENTIF évoquant des transactions suspectes impliquant une société dont il est administrateur et l’entreprise française Ellipse Projects.

Ces développements ont conduit au placement sous mandat de dépôt de l’épouse du journaliste et de deux de leurs enfants, une situation que Madiambal Diagne qualifie de « dossier politique ». Les autorités judiciaires poursuivent quant à elles les investigations, tandis que la CENTIF réaffirme son rôle strictement technique et sa neutralité institutionnelle dans le traitement de toutes les opérations financières suspectes portées à sa connaissance.

Sonko dément toute “dette cachée” : Abdourahmane Sarr recadre le débat à l’Assemblée nationale

L’hémicycle a été le théâtre, ce vendredi, d’un échange particulièrement tendu autour de la question de la dette publique. Interpellé sur l’existence supposée d’une « dette cachée », le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a fermement rejeté cette qualification, estimant qu’elle était dénuée de tout fondement. Face au Premier ministre Ousmane Sonko et aux députés, le ministre a tenu à dissiper toute ambiguïté sur les corrections apportées aux statistiques de la dette publique.

Dans une intervention sans détour, Abdourahmane Sarr a expliqué qu’une dette ne peut être considérée comme « cachée » que si l’État lui-même en ignore l’existence. Or, a-t-il souligné, les engagements concernés étaient bel et bien remboursés régulièrement par les autorités publiques. Le problème ne relevait donc pas de dissimulation volontaire, mais plutôt d’imperfections dans la consolidation des informations au niveau statistique. « Si vous savez qu’une dette existe et que vous la payez, elle n’est pas cachée », a-t-il déclaré avec insistance. Selon le ministre, l’écart entre les 75 % de dette initialement annoncés et les 119 % révélés par l’audit résulte d’erreurs de remontée de données corrigées dans le cadre d’un processus d’assainissement normal.

Abdourahmane Sarr a également pris le temps de clarifier le rôle du Fonds monétaire international, souvent présenté comme un acteur contraignant dans les périodes d’ajustement économiques. Il a défini le FMI comme un « prêteur en dernier ressort », une institution sollicitée lorsqu’un pays n’arrive plus à se financer sur les marchés dans des conditions normales. Dans ces situations, les autorités doivent présenter un plan économique crédible pour combler le manque de financement, appelé « gap », et restaurer la confiance des partenaires. Cette démarche n’est pas une exigence imposée de l’extérieur, a-t-il précisé, mais une nécessité pour garantir la continuité du financement public.

Le ministre a par ailleurs rappelé l’ampleur des besoins de financement du Sénégal, estimés à environ 6 000 milliards FCFA par an. Sur ce montant, 1 250 milliards correspondent au déficit budgétaire annuel, tandis que 4 750 milliards représentent les dettes arrivant à échéance et devant être refinancées. À ses yeux, l’enjeu majeur n’est plus uniquement le niveau absolu de la dette, mais la capacité du pays à accéder durablement au refinancement dans un climat de confiance et de transparence renforcée.

Il a enfin évoqué le « changement de catégorie » du Sénégal, désormais classé parmi les pays présentant des besoins de financement particulièrement élevés. Ce repositionnement, fruit d’un processus long encore en cours, implique une exigence accrue en matière de sincérité et de rigueur dans la présentation des données publiques. Pour Abdourahmane Sarr, cette transition impose au gouvernement de maintenir un haut niveau de discipline financière afin de préserver la crédibilité de l’État sur les marchés internationaux.

Discussions Sénégal–FMI : Cheikh Diba dévoile l’état des négociations devant les députés

Lors de la séance de questions d’actualité tenue ce vendredi à l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des éclaircissements sur l’évolution des discussions en cours entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Face aux députés, il a assuré que les échanges « se passent très bien », tout en rappelant les différentes étapes déjà franchies dans le cadre du processus.

Cheikh Diba est revenu sur la publication de l’audit initial, intervenue le 26 septembre, un document qui a permis de mettre en lumière la situation exacte des finances publiques. À la suite de cet audit, un rapport certifié a été validé le 12 février, levant ainsi les derniers prérequis pour l’ouverture formelle des négociations avec le FMI. Selon le ministre, ce cadre de transparence et de clarification était indispensable pour asseoir des discussions constructives.

Dans son intervention, le ministre a également dressé un tableau sans complaisance de la situation budgétaire héritée. Il a révélé que le taux d’endettement du Sénégal est passé de 74 % à 119 %, un niveau considéré comme très élevé et susceptible de fragiliser la stabilité macroéconomique du pays. À cela s’ajoute un déficit budgétaire estimé à 13,4 %, un chiffre bien au-dessus des normes communautaires et des seuils habituellement admis par les partenaires techniques et financiers.

Cheikh Diba a expliqué que ces indicateurs justifient la prudence dont fait preuve actuellement le FMI. L’institution, selon lui, souhaite s’assurer que les déséquilibres financiers observés par le passé ne se reproduiront plus. Elle adopte ainsi une démarche fondée sur « l’assurance et la sûreté », l’objectif étant de sécuriser la trajectoire budgétaire du Sénégal pour les années à venir.

Ousmane Sonko relance le débat sur le rapport de l’IGE : entre zones d’ombre, continuité de l’État et bataille politique

Ce vendredi 28 novembre 2025, Ousmane Sonko a profité de son passage devant l’Assemblée nationale pour revenir sur l’affaire du rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) relatif au Conseil économique, social et environnemental (CESE), un dossier qui continue de susciter des remous politiques plusieurs années après les faits. Le Premier ministre a tenu à clarifier sa position et à rappeler le déroulement exact du traitement du rapport sous l’ancien régime.

Selon lui, le document avait bel et bien été « lu et approuvé » par l’ancien président Macky Sall, qui n’aurait émis qu’une seule réserve portant sur la deuxième recommandation de l’IGE, celle liée au statut du président d’honneur du CESE et aux avantages qui y étaient associés. Pour Sonko, cette précision est essentielle car elle montre que l’ex-chef de l’État avait validé la quasi-totalité des conclusions des inspecteurs.

Il a également souligné le rôle d’Amadou Ba, alors Premier ministre, qu’il a présenté comme l’autorité ayant exécuté les recommandations issues du rapport. D’après les explications du chef du gouvernement, Amadou Ba avait sollicité le ministre des Finances de l’époque, Mamadou Moustapha Ba, ainsi que le président du CESE, Abdoulaye Daouda Diallo. Le rapport avait même été transmis à la présidente sortante de l’institution, Aminata Touré. Toujours selon Sonko, une correspondance avait ensuite été adressée à la justice le 3 juillet 2023.

« Le rapport existe et je ne connais que la continuité de l’État. J’ai fait ce que j’avais à faire. Un rapport ne se retient pas. Le coupable ou non est déterminé par la justice », a martelé Ousmane Sonko, insistant sur le fait que le traitement du dossier dépasse les considérations politiques et relève exclusivement de la responsabilité judiciaire.

Au cœur de cette affaire se trouve une somme évaluée à près de deux milliards de FCFA dont la destination demeure incertaine, selon le Premier ministre. Cette zone d’ombre a ravivé les tensions politiques, d’autant plus que l’affaire coïncide avec la récente nomination d’Aminata Touré à un poste stratégique au sein de la coalition au pouvoir. Certains y voient un paradoxe ou un malaise, compte tenu du fait que le rapport de l’IGE évoque indirectement la gestion du CESE à l’époque où elle en assurait la présidence.

Aminata Touré, pour sa part, a rejeté de façon catégorique toute accusation de mauvaise gestion. Elle a même proposé une audition publique de l’Inspection générale d’État, convaincue qu’une telle démarche permettrait de lever définitivement les doutes et de clore les polémiques.

Le dossier reste toutefois suspendu à une décision du chef de l’État, seul habilité à décider de la suite à donner au rapport et à sa transmission formelle à la justice. Cette attente entretient un climat d’incertitude, sur fond d’enjeux judiciaires mais surtout politiques, alors que la classe politique s’interroge sur les véritables conséquences qu’un tel dossier pourrait entraîner dans le contexte actuel.

Crise en Guinée-Bissau : le président Umaro Sissoco Embaló exfiltré et accueilli à Dakar par les autorités sénégalaises

Le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló a été exfiltré et rapatrié d’urgence à Dakar dans la soirée de ce jeudi, à la suite de la dégradation rapide de la situation sécuritaire en Guinée-Bissau. L’information a été confirmée par un communiqué officiel du ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, qui précise que l’opération a été menée sous la supervision directe du chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye.

Selon les autorités sénégalaises, la décision d’intervenir a été prise dès les premières heures de la crise, alors que des éléments des forces armées bissau-guinéennes tentaient de prendre le contrôle des institutions. Présenté comme une opération d’urgence, le dispositif mis en place par Dakar a consisté à affréter un aéronef spécial dépêché à Bissau afin d’assurer l’exfiltration du président Embaló. Plusieurs responsables politiques et diplomatiques, ainsi que des membres de missions d’observation électorale présents dans la capitale bissau-guinéenne lors des événements, ont également été évacués.

Le communiqué du ministère précise que les autorités sénégalaises sont restées en contact permanent avec les différentes parties prenantes, tant au niveau national qu’au sein des organisations régionales. Cette intervention s’inscrit dans le cadre des discussions menées au sein de la CEDEAO, qui s’est réunie en sommet extraordinaire pour examiner la situation en Guinée-Bissau. Réunis en mode virtuel, les dirigeants de l’organisation ouest-africaine ont condamné sans équivoque la tentative de prise de pouvoir par la force et ont exigé le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel.

Durant cette réunion, le président Bassirou Diomaye Faye a insisté sur l’urgence de protéger les populations civiles et de préserver l’intégrité du processus électoral bissau-guinéen. Il a également appelé à la libération de toutes les personnes interpellées dans le cadre des violences enregistrées ces derniers jours. À l’issue des échanges, les chefs d’État de la CEDEAO ont décidé de la mise en place d’un comité de médiation restreint chargé de se rendre prochainement à Bissau afin de faciliter le dialogue et d’accompagner la désescalade.

Avec l’arrivée « saine et sauve » du président Embaló à Dakar, le Sénégal réaffirme sa disponibilité à œuvrer de concert avec la CEDEAO, l’Union africaine et les partenaires internationaux pour favoriser un retour rapide à la normale en Guinée-Bissau. Les autorités sénégalaises soulignent enfin que la stabilité de ce pays voisin reste essentielle pour la sécurité de l’ensemble de la région ouest-africaine, déjà confrontée à de multiples défis politiques et sécuritaires.

Kaolack se prépare à célébrer son 105e anniversaire : un CRD trace les contours d’un événement historique

La cité de Mbossé Coumba Djiguène s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Ce matin, la salle de conférence de la gouvernance de Kaolack a abrité un Comité régional de développement (CRD) présidé par le gouverneur Mouhamadou Moctar Watt, en présence du maire Serigne Mboup, des chefs de services déconcentrés de l’État et de plusieurs acteurs locaux. Objectif : définir les grandes orientations de la célébration du 105e anniversaire de la commune.

À l’ouverture des travaux, le gouverneur a insisté sur la portée symbolique et citoyenne de l’événement. « Kaolack doit célébrer son histoire, mais surtout son avenir. C’est une occasion de fédérer les énergies et de valoriser notre patrimoine », a-t-il déclaré. Le CRD a ainsi examiné un programme préliminaire visant à mettre en lumière les bâtisseurs, les figures historiques et les personnalités ayant contribué au développement de la ville.

Un événement pour renforcer l’unité et promouvoir le potentiel de Kaolack

Selon les premières orientations présentées, l’anniversaire se veut un levier de mobilisation citoyenne, mais aussi une opportunité de marketing territorial. Le maire, Serigne Mboup, a rappelé la nécessité de mieux connaître l’histoire locale afin de construire une vision durable. « On ne peut bâtir un avenir solide sans maîtriser notre passé. Kaolack a un potentiel immense — culturel, économique, touristique et sportif. Nous devons apprendre à mieux le valoriser », a-t-il affirmé.

Des activités culturelles, sportives, éducatives et économiques sont prévues pour mettre en avant les richesses de la commune. L’événement entend également accorder une place particulière à l’entrepreneuriat local, au patrimoine architectural et à la valorisation du rôle des pionniers qui ont façonné la ville.

Une plateforme participative pour impliquer les citoyens

Dans une optique d’inclusion, une plateforme numérique participative a été lancée. Elle permettra aux habitants de suivre l’évolution des préparatifs, de proposer des idées et d’exprimer leurs préoccupations. Le gouverneur a exhorté les chefs de services à s’engager pleinement : « La réussite de cet anniversaire dépend de chacun de nous. Kaolack doit être présentée sous son meilleur jour », a-t-il insisté.

Ce CRD marque ainsi une étape décisive dans les préparatifs d’une célébration qui s’annonce mémorable. À 105 ans, Kaolack veut rappeler son statut de carrefour historique, économique et culturel, tout en ouvrant une nouvelle ère tournée vers un développement durable et inclusif.

Mbour : Interpellation pour trafic d’Ecstasy, 187 comprimés saisis

Le Commissariat central de Mbour a procédé, le 26 novembre 2025 aux environs de 18h, à l’interpellation d’un individu suspecté d’offrir et de céder des comprimés d’Ecstasy. Cette arrestation fait suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel indiquant que le mis en cause serait à la tête d’un réseau de trafic de cette drogue dans son quartier.

Une équipe d’intervention a été immédiatement mobilisée pour mettre fin aux activités de l’individu. Lors de son interpellation, celui-ci était en possession de dix comprimés d’Ecstasy. Les investigations se sont poursuivies par une perquisition effectuée dans sa chambre, où les forces de l’ordre ont découvert 177 autres comprimés soigneusement dissimulés dans deux boîtes de médicaments. Au total, ce sont donc 187 comprimés d’Ecstasy qui ont été saisis.

Le suspect a été placé en garde à vue tandis que l’enquête est actuellement en cours afin de déterminer l’ampleur du réseau et l’implication éventuelle d’autres personnes. Les autorités locales rappellent la vigilance nécessaire face à la prolifération des substances illicites et soulignent l’importance de la collaboration avec la population pour lutter efficacement contre ce fléau.

Le Président Bassirou Diomaye Faye lance un processus inédit de nomination à l’OFNAC

Le nouveau régime dirigé par le président de la République Bassirou Diomaye Faye a marqué un tournant dans la gouvernance publique en mettant l’accent sur la refondation des institutions et la consolidation de la transparence. Dans ce cadre, la désignation des membres de l’Office National de Lutte contre la Corruption (OFNAC) a été réalisée pour la première fois à travers un processus d’appel à candidatures ouvert, public et concurrentiel, marquant ainsi une rupture avec les pratiques antérieures.

Conformément aux dispositions de l’article 8 de la loi n° 2025-12 du 3 septembre 2025 portant création de l’OFNAC, les membres de cet organisme « sont nommés par décret, à l’issue d’une procédure d’appel à candidatures dont les modalités sont fixées par arrêté du Ministre de la Justice ». Dans ce cadre, un avis d’appel à candidatures a été publié le 6 octobre 2025 par le Comité de sélection institué par l’arrêté n° 032697 du 2 octobre 2025 du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Au terme de ce processus rigoureux, le Président de la République a nommé 12 nouveaux membres pour composer l’OFNAC. À leur tête, Moustapha KA, magistrat, occupe la fonction de président de l’institution, tandis que Birahime SECK, membre de la société civile, en assure le rôle de vice-président. La composition de l’OFNAC réunit des profils variés et hautement qualifiés, incluant des magistrats, des experts en suivi-évaluation, des administrateurs civils et des professeurs agrégés des facultés de droit, parmi lesquels Khadidiatou BA, Samba BARRY, Ibrahima FALL, Mafal FALL, Mademba GUEYE, Abdou Aziz Daba KEBE, Babacar NIANG, Birane NIANG, Mohamed Bachir NIANG et Charles Didier Gane Ngathy SENGHOR.

Le Chef de l’État a souligné que cette démarche, fondée sur les principes d’intégrité, de mérite et de transparence, témoigne de la volonté de son gouvernement d’instaurer une gouvernance exemplaire. L’initiative a rencontré un vif intérêt de la part du public et du secteur professionnel, totalisant 233 candidatures issues de profils divers, représentatifs des différents segments clés de la société.

Dakar : la marche du COIMAS autorisée et encadrée par un arrêté préfectoral

La capitale sénégalaise s’apprête à accueillir, ce vendredi 28 novembre 2025, une marche pacifique organisée par le Collectif pour la Défense des Intérêts des Marchands du Sénégal (COIMAS). L’événement, qui intervient dans un contexte de fortes revendications du secteur du commerce informel, a officiellement reçu l’autorisation du préfet de Dakar, Mouhamadou Makhtar Blondin Ndiaye.

Dans un arrêté rendu public, l’autorité administrative encadre strictement la manifestation afin d’assurer son bon déroulement. Le document précise d’abord les horaires retenus : la marche débutera à 15 heures et devra prendre fin à 18 heures, heure à laquelle les participants procéderont à la dislocation. Ces indications visent, selon la préfecture, à garantir la sécurité des marcheurs comme celle des usagers de la voie publique, tout en limitant les perturbations dans une zone particulièrement fréquentée de la capitale.

L’itinéraire autorisé témoigne également d’une volonté de canaliser le cortège dans des axes jugés compatibles avec les impératifs de mobilité urbaine. Les manifestants se rassembleront à la station Oilybia située à la Cité Port, point de départ retenu pour la mobilisation. De là, ils avanceront le long de l’Avenue Cheikh Ahmadou Bamba, avant de rejoindre le rond-point de la Maison du Parti socialiste, un lieu symbolique et souvent associé aux grandes manifestations publiques. Le parcours se poursuivra jusqu’à l’intersection des deux voies du Lycée John Fitzgerald Kennedy, où se tiendra le point d’arrivée et la dislocation de la marche.

Le COIMAS, qui fédère une partie importante des marchands et commerçants du pays, entend par cette action attirer l’attention des autorités sur les difficultés auxquelles fait face le secteur, notamment en matière de fiscalité, d’espaces de travail, de régulation des marchés et de protection sociale. Les organisateurs assurent que la marche sera pacifique et respectueuse des consignes préfectorales, dans un climat où la recherche d’un dialogue constructif reste essentielle.

Du côté des forces de l’ordre, un dispositif sécuritaire adapté devrait être déployé afin d’encadrer le cortège, faciliter la circulation et prévenir tout débordement. La préfecture rappelle enfin que toute manifestation autorisée doit se dérouler dans le respect strict des lois et règlements, et que les organisateurs demeurent responsables de la discipline au sein du groupe.

Le FDR dénonce une “comédie politique” et accuse le gouvernement de manipuler l’Assemblée nationale

À la veille de la séance de questions d’actualité prévue ce vendredi 28 novembre 2025, la tension monte entre le gouvernement et l’opposition. Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) a rendu public, ce jeudi, un communiqué au ton particulièrement virulent, dénonçant ce qu’il qualifie de « nouvelle dérive institutionnelle » imputée à l’exécutif.

Le mouvement d’opposition apporte son « soutien total » aux députés ayant décidé de boycotter la séance parlementaire, qu’ils assimilent à une « comédie politique ». Selon le FDR, la convocation en urgence de cette session ne respecte pas les « usages républicains ». Le texte reproche notamment au gouvernement d’avoir omis d’en débattre en Conseil des ministres, contrairement à la tradition qui veut que les grandes orientations parlementaires y soient préalablement discutées.

Pour le FDR, cette omission n’a rien d’un détail : elle traduirait une volonté du pouvoir de transformer l’Assemblée nationale en « tribune d’un clan ». Le mouvement accuse même le Premier ministre de multiplier les « forfaitures », mettant à mal, selon lui, la crédibilité et la stabilité des institutions garantes de l’équilibre démocratique.

Le communiqué aborde également un second point de friction : la publication du rapport de l’ANSD sur le Rebasing Base 2021. Le FDR se dit « étonné » du silence du gouvernement lors du dernier Conseil des ministres, qui n’a donné aucune explication sur ce document présenté comme stratégique pour l’analyse de la conjoncture économique.

Pour l’opposition, ce rapport aurait dû faire l’objet d’une communication officielle, compte tenu de ses implications majeures sur la planification économique, l’appréciation de la dette, la crédibilité budgétaire et les projections de croissance. Le FDR appelle ainsi l’exécutif à lever le voile sur ce qu’il qualifie de « discrétion surprenante », estimant que les Sénégalais sont en droit d’être pleinement informés, surtout dans une période jugée « économiquement et financièrement délicate ».

En conclusion, le mouvement met en garde contre « l’affaiblissement progressif des contre-pouvoirs » et assure rester mobilisé pour dénoncer toute tentative d’instrumentalisation des institutions. À la veille d’une séance parlementaire annoncée sous haute tension, l’opposition continue de maintenir la pression sur le gouvernement.

Kaolack célèbre la Semaine nationale des personnes âgées : entre reconnaissance, soins et nouvelles perspectives

La région de Kaolack a donné, ce jeudi 27 novembre 2025, le coup d’envoi de la Semaine nationale des personnes âgées. L’événement, organisé par la Direction régionale de l’Action sociale en collaboration avec le Conseil régional des aînés, a été présidé par l’adjoint au gouverneur, Mouhamed Habib Camara. Cette célébration met à l’honneur les seniors, reconnus comme des acteurs essentiels du développement communautaire.

Placée cette année sous le thème : « Les personnes âgées, moteurs de l’action locale et nationale : nos aspirations, notre bien-être et nos droits », l’édition 2025 a réuni autorités administratives, acteurs sociaux, professionnels de la santé et représentants d’associations d’aînés.

Dans son allocution, Mouhamed Habib Camara est revenu sur l’historique de la Journée nationale des personnes âgées, instaurée en 1987 pour promouvoir la dignité, la protection et l’inclusion sociale des seniors. Il a également souligné que le choix porté sur Kaolack cette année reflète la pertinence des initiatives locales en faveur des personnes âgées.

Des panels pour mieux comprendre les enjeux du vieillissement

Les activités ont été enrichies par trois panels thématiques consacrés à la place des personnes âgées dans la gouvernance locale, à leurs droits sociaux et aux défis sanitaires liés au vieillissement. Ces échanges ont permis d’apporter une réflexion scientifique et citoyenne sur le rôle des aînés dans la société sénégalaise.

Une journée médicale pour améliorer l’accès aux soins

En marge de la cérémonie officielle, une consultation médicale gratuite a été organisée au bénéfice des personnes âgées. Plus de 113 seniors ont pu recevoir des soins. Une initiative vivement saluée, perçue comme une réponse concrète aux difficultés d’accès aux services de santé.

Mouhamed Habib Camara a profité de l’occasion pour rappeler les efforts consentis par l’État depuis plusieurs décennies, citant notamment le Plan Sésame, les bourses de sécurité familiale et la Couverture maladie universelle (CMU), qui contribuent à améliorer les conditions de vie des aînés.

Vers une loi d’orientation pour mieux protéger les aînés

Le représentant de l’État a également annoncé la préparation d’une nouvelle loi d’orientation dédiée aux personnes âgées. Ce futur texte devrait intégrer plusieurs mesures dont :

la création d’une maison dédiée aux personnes âgées, l’instauration d’un minimum vieillesse, l’attribution de ressources spécifiques aux structures d’accompagnement.

En conclusion, Mouhamed Habib Camara a réaffirmé la détermination du gouvernement à renforcer l’intégration sociale des personnes âgées, qualifiées de « mémoires vivantes et véritables piliers de la nation ».

Infanticide à Grand Yoff : une jeune femme arrêtée après la découverte du corps de son nouveau-né

Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a procédé, le 26 novembre 2025, à l’interpellation d’une femme soupçonnée d’infanticide, une affaire qui a profondément choqué le quartier et suscité une vive émotion. Les faits remontent au 20 novembre, lorsqu’un service médical a alerté la police après avoir pris en charge une patiente présentant des signes évidents d’accouchement récent. Les praticiens avaient également été informés que la jeune femme venait de mettre fin à la vie de son nouveau-né de sexe masculin.

Dès la réception de la saisine, une équipe d’enquêteurs s’est rendue auprès de la patiente, alors hospitalisée, afin de procéder à un premier interrogatoire sommaire. Sur son lit d’hôpital, la mise en cause a reconnu les faits. Elle a expliqué avoir dissimulé sa grossesse à toute sa famille, issue d’une relation avec son petit ami, et avoir accouché seule dans les toilettes. Selon ses déclarations, elle aurait ressenti de vives douleurs au bas-ventre avant de voir apparaître la tête du nouveau-né.

Après l’accouchement, la jeune femme affirme avoir enveloppé l’enfant dans un tissu puis dans un sachet plastique avant de le jeter dans une poubelle située derrière les toilettes. Confrontée à une forte hémorragie après l’accouchement, elle a été immédiatement hospitalisée à la maternité où elle a reçu des soins d’urgence. Une fois son état stabilisé, les enquêteurs l’ont accompagnée à son domicile, au quartier Arafat, pour procéder aux constatations d’usage. Les sapeurs-pompiers y ont récupéré le corps du bébé afin de le transférer pour examen.

L’autopsie effectuée sur le nouveau-né a révélé un corps de sexe masculin, pesant 2,8 kilogrammes, en bon état de conservation, et dont la mort est survenue dans un contexte « compatible avec une asphyxie mécanique par strangulation ». Ces conclusions médico-légales ont renforcé les soupçons sur la responsabilité directe de la mère.

À l’issue des soins et des constatations, la mise en cause a été placée en garde à vue. Une enquête judiciaire est en cours afin de déterminer les circonstances exactes du drame et d’établir les responsabilités pénales. Ce nouvel acte d’infanticide relance le débat sur la précarité psychologique, sociale et économique de certaines femmes confrontées à des grossesses non désirées, ainsi que sur la nécessité d’un accompagnement plus précoce et plus efficace.

« Défendre l’image du Président, c’est protéger la République »

Depuis plusieurs jours, nous observons avec une profonde inquiétude la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’images et de contenus portant gravement atteinte à la dignité du Président de la République. Ces actes, souvent posés avec légèreté ou provocation, témoignent d’une dérive dangereuse qui menace les fondements mêmes de notre vivre-ensemble républicain.

Le Président de la République n’est pas seulement un individu : il incarne l’État, la continuité des institutions et la stabilité de la Nation. Gardien suprême de la Constitution, premier défenseur de notre souveraineté et garant du bon fonctionnement des pouvoirs publics, il occupe une fonction dont l’image et la représentation revêtent un caractère profondément symbolique. Toute atteinte à sa personne dépasse donc le cadre d’une simple attaque individuelle ; elle constitue une mise en cause directe de la République elle-même.

Il convient de rappeler que les pères fondateurs de notre Nation ont toujours veillé à préserver la sacralité des institutions et le respect dû aux symboles incarnant l’autorité de l’État. Le respect envers le Président n’est pas une faveur, mais une obligation civique et républicaine. Aucun désaccord politique, aucune frustration passagère, aucune dérive sur les réseaux sociaux ne saurait justifier la profanation de l’image du Chef de l’État.

Face à cette situation préoccupante, j’en appelle solennellement au sens élevé de responsabilité de chaque citoyen. Les réseaux sociaux ne doivent pas devenir des espaces de diffamation, d’irrespect ou de dénigrement. La liberté d’expression ne doit jamais être confondue avec la liberté d’insulter ou d’humilier. Une démocratie solide se construit autour du débat d’idées, non autour de la dégradation des symboles nationaux.

J’interpelle également le Procureur de la République pour qu’il prenne, dans le strict respect de la loi, toutes les mesures nécessaires afin d’identifier, poursuivre et sanctionner ceux qui s’emploient à bafouer la sacralité de la fonction présidentielle. L’État doit agir avec fermeté, non pour protéger un homme, mais pour préserver l’institution qu’il représente.

En défendant l’image du Président de la République, c’est la République elle-même que nous défendons : son ordre, sa stabilité, sa dignité et les valeurs qui nous unissent. Aucun citoyen, quel que soit son bord, ne doit s’opposer à cet impératif essentiel.

Papa Ibrahima Senghor

Président du Mouvement Kaolack Bi Guene

Madiambal Diagne relance la polémique autour du voyage d’Ousmane Sonko à Abu Dhabi

Le voyage du Premier ministre Ousmane Sonko à Abu Dhabi continue d’alimenter les interrogations, faute d’explications officielles. Parmi ceux qui maintiennent la pression figure le journaliste Madiambal Diagne, connu pour ses prises de position critiques et ses sorties publiques incisives. Dans une nouvelle publication, il s’est de nouveau attaqué au Chef du gouvernement, évoquant l’hypothèse d’un mystérieux « deal » lié à cette visite.

Dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux, Madiambal Diagne interroge ouvertement : « Le secret de la virée à Abu Dhabi se trouve-t-il dans un deal avec des Singapouriens sur les terres de l’ex-base militaire française de Ouakam ? 114 millions de dollars en cash et un jet privé ? Rendez-vous le 29 décembre 2025. Juste un mois après le 28 novembre ! Pas de démission avant l’issue du deal ! » Une formulation volontairement provocatrice, qui a aussitôt relancé les spéculations autour des motivations réelles du déplacement du Premier ministre.

Pour l’heure, aucune communication officielle n’est venue éclairer l’opinion. Ceux qui espéraient obtenir des clarifications lors du dernier Conseil des ministres ont été déçus : le voyage à Abu Dhabi n’a fait l’objet d’aucune information, ni en ouverture ni en marge de la réunion gouvernementale. Ce silence nourrit davantage les soupçons et offre un terrain propice aux insinuations, analyses et commentaires politiques.

Dans les milieux politiques comme au sein du grand public, la curiosité reste intacte. Certains y voient un simple déplacement officiel dont les détails diplomatiques restent confidentiels, tandis que d’autres, comme Madiambal Diagne, suggèrent l’existence d’enjeux économiques ou fonciers sensibles entourant l’ex-base militaire de Ouakam. Rien n’a cependant permis, jusqu’ici, de corroborer les insinuations relayées par le journaliste.

« Affaire Moustapha Diop : le ministre totalement disculpé par ses fournisseurs dans le dossier des masques Covid »

La commission d’instruction de la Haute Cour de justice du Sénégal poursuit son enquête dans l’affaire impliquant Moustapha Diop, l’ancien ministre du Développement industriel des petites et moyennes entreprises sous le régime de Macky Sall. Ce dernier est accusé de corruption et de détournement de deniers publics, dans le cadre des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Selon une information publiée ce jeudi par le quotidien Les Echos, Moustapha Diop a été totalement disculpé par l’un de ses derniers fournisseurs, Mariata Basse, lors d’une confrontation qui s’est tenue devant la Haute Cour de justice mercredi dernier. Mariata Basse a affirmé avoir reçu une commande de 50.000 masques, à raison de 400 francs par unité, et que le paiement de 20 millions de francs CFA correspondant à cette commande lui avait été intégralement versé.

Au cours de cette confrontation qui a duré environ trente minutes, Mariata Basse a également précisé avoir perçu une avance de 10 millions de francs CFA, ajoutant que le reste du paiement lui avait été réglé après la livraison complète de la commande. Ces déclarations confirment, selon le média, que le ministre n’a commis aucune irrégularité dans la passation et le paiement de cette commande publique. À l’instar d’autres fournisseurs, comme Ibrahima Macodou, Mariata Basse a totalement disculpé Moustapha Diop, renforçant ainsi sa défense dans ce dossier.

Dans l’attente de la décision du magistrat instructeur Abdoulaye Ba, les proches de l’ancien ministre estiment qu’il ne reste plus qu’à le libérer, après avoir clarifié le sort des quelques dizaines de milliers de masques qui doivent encore être pris en compte. Rappelons que Moustapha Diop avait été placé sous mandat de dépôt le 22 mai 2025, près de deux mois après la levée de son immunité parlementaire par l’Assemblée nationale, pour un montant présumé de détournement de 930 millions de francs CFA.

Cette confrontation devant la Haute Cour de justice marque un tournant dans ce dossier très suivi au Sénégal, où l’opinion publique attend désormais que la justice se prononce définitivement sur la situation de l’ancien ministre.

Guinée-Bissau : le général Horta N’Tam investi président de la transition après un coup d’État militaire

La Guinée-Bissau traverse une crise politique majeure après la prise de pouvoir par l’armée. Le général Horta N’Tam, jusque-là chef d’état-major de l’armée de terre, a été officiellement investi jeudi 27 novembre comme « président de la transition » et chef du Haut commandement militaire, avec pour mission de diriger le pays pendant une période d’au moins un an.

Cette investiture a eu lieu lors d’une cérémonie solennelle au siège de l’état-major, placé sous une sécurité extrêmement renforcée et un déploiement massif de soldats. La prise de fonction du général intervient au lendemain d’un coup de force qui a profondément bouleversé la scène politique nationale.

Les militaires ont arrêté le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, et ont suspendu le processus électoral, initialement prévu pour se poursuivre après les scrutins présidentiel et législatif du 23 novembre. Selon les officiers putschistes, cette intervention visait à contrecarrer un prétendu « plan de déstabilisation » visant à manipuler les résultats des élections.

Depuis ce coup de force, la situation dans le pays reste tendue. Les autorités militaires ont fermé les frontières, instauré un couvre-feu et mis plusieurs institutions nationales en sommeil, plongeant la Guinée-Bissau dans une incertitude politique totale.

En prenant les commandes du pays, le général Horta N’Tam se positionne désormais comme l’homme fort de cette transition. Les contours de sa feuille de route restent encore flous, et la communauté internationale observe avec inquiétude les développements dans ce pays d’Afrique de l’Ouest déjà fragilisé par des crises politiques récurrentes.

Crise des bourses : la Fenapes appelle au dialogue pour apaiser les tensions dans les universités sénégalaises

Face à une montée inquiétante des tensions dans les universités publiques sénégalaises, la Fédération Nationale des Associations de Parents d’Elèves et Etudiants du Sénégal (Fenapes) a lancé un appel solennel au dialogue. La principale préoccupation de l’organisation est le retard répété dans le paiement des bourses étudiantes, qui représentent la principale source de subsistance pour de nombreux étudiants. Selon la Fenapes, cette situation menace aujourd’hui la stabilité de l’espace universitaire et fragilise les établissements d’enseignement supérieur du pays.

La structure interpelle directement le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation afin de trouver une « issue rapide et heureuse à cette situation », rapporte le journal Le Soleil. Pour la Fenapes, le retard dans le versement des bourses est devenu insupportable, soulignant qu’elles constituent « la principale source de vie de l’étudiant ».

La tension se fait ressentir sur plusieurs campus à travers le Sénégal. À Kaolack, les étudiants de l’Université El Hadj Ibrahima Niass réclament depuis deux semaines de meilleures conditions de vie. À Kaffrine, la colère a éclaté dans les rues le 10 novembre dernier, tandis qu’à Dakar, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) observent un mouvement d’humeur pour exiger le paiement de leurs bourses. À Saint-Louis, des étudiants ont même bloqué la route nationale pour faire entendre leurs revendications, déplore la Fenapes.

Tout en reconnaissant la légitimité de ces revendications, la Fenapes appelle les étudiants à la modération et au sens des responsabilités. Son président, Ibrahima Top, insiste sur la nécessité de privilégier la retenue et le dialogue plutôt que la confrontation. « Parents, autorités et étudiants doivent œuvrer ensemble pour préserver la paix et la stabilité dans l’espace universitaire », souligne-t-il, rappelant que la concertation reste la meilleure voie pour résoudre cette crise.

“Adversité Silencieuse” de BKD : dévoiler la face cachée du milieu professionnel

Le monde de la culture s’apprête à accueillir un nouvel ouvrage intitulé Adversité Silencieuse. Dans cette publication, son auteur, Boubacar Kambel Dieng (BKD), met en lumière la face cachée du milieu professionnel au Sénégal.

“Dans un monde professionnel où ambitions et tensions se croisent chaque jour, Adversité Silencieuse plonge au cœur de réalités souvent tues”, résume le journaliste-communicant Boubacar Kambel Dieng.

Préfacé par le sociologue Pr Djiby Diakhaté et relu par l’éminent inspecteur du travail à la retraite et enseignant à l’École Nationale d’Administration (ENA), Abdou Fouta Diakhoumpa, cet ouvrage dévoile les dessous du monde du travail au Sénégal.

“Vous y découvrirez des récits marquants, des analyses claires et des histoires de résilience qui mettent en lumière la méchanceté silencieuse, les jeux de pouvoir et les inégalités qui minent nos espaces professionnels. Mais le livre ouvre aussi des pistes d’espoir, en présentant des initiatives inspirantes et des solutions pour bâtir des environnements plus humains et plus justes”, explique BKD.

L’auteur y dépeint un milieu professionnel où le plus fort écrase souvent le plus faible sans être inquiété. Pourtant, il nourrit l’espoir d’un changement.

“Avec une écriture directe et sensible, Adversité Silencieuse rappelle que derrière chaque injustice, il y a des vies, des rêves et une force capable de transformer l’adversité”, martèle-t-il, avant de donner rendez-vous aux lecteurs très prochainement dans les bacs à livres, aux éditions ELMA.

Par Aly Saleh

« Rapport international accablant : le Sénégal épinglé pour détentions arbitraires et dysfonctionnements de la Haute Cour de Justice »

Un rapport d’expertise juridique internationale, rédigé par le professeur Mads Andenæs, ancien président du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, met en cause l’État du Sénégal pour ce qu’il qualifie de violations « graves et systématiques » des droits humains dans les procédures judiciaires visant plusieurs personnalités de l’ancien régime de Macky Sall. Ce document de 34 pages, dont Les Échos affirme avoir obtenu copie, conclut notamment à l’arbitraire des détentions de Moustapha Diop, Amadou Mansour Faye et Farba Ngom au regard des normes internationales.

Pour étayer ses conclusions, le professeur Andenæs a effectué une mission à Dakar les 5 et 6 novembre 2025. Durant son séjour, il a rencontré les avocats des mis en cause, des responsables d’organisations de défense des droits humains et des membres de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). L’expert a également visité la prison où est détenu Farba Ngom afin d’évaluer personnellement ses conditions de détention. Parmi les personnalités consultées figuraient notamment Me Mbaye Sène, doyen de l’Ordre des avocats du Sénégal, ainsi que Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal.

Le cœur du rapport vise le fonctionnement de la Haute Cour de Justice (HCJ), juridiction d’exception chargée de juger les anciens ministres et membres du gouvernement. Le professeur Andenæs y voit de sérieuses défaillances structurelles. Selon lui, les procédures engagées devant la HCJ ne remplissent pas les critères d’indépendance, d’impartialité ni de droit à un recours, pourtant consacrés par le droit international. Il souligne que la composition du tribunal, largement dominée par la majorité parlementaire, crée un déséquilibre incompatible avec les exigences d’un procès équitable. Il rappelle par ailleurs qu’aucune dérogation n’est admise, en droit international, pour les juridictions spéciales, lesquelles doivent satisfaire aux mêmes standards que les tribunaux ordinaires.

L’expert s’intéresse également à la pratique sénégalaise en matière de détention provisoire, qu’il juge particulièrement problématique. Le recours quasi automatique à cette mesure, sans examen individualisé, serait contraire aux principes internationaux. Le rapport incrimine directement l’article 140 du Code de procédure pénale, qui rend la détention obligatoire pour certaines infractions financières, ne laissant aucune marge d’appréciation au juge. Selon Andenæs, ce dispositif législatif prive les justiciables d’une évaluation au cas par cas, exigée par les normes internationales relatives à la privation de liberté.

Parmi les cas étudiés, celui de Farba Ngom occupe une place centrale. Détenu depuis février 2025, le député-maire présenterait selon plusieurs certificats médicaux un état de santé incompatible avec l’incarcération. Malgré ces alertes, il demeure en prison. Le rapport relève également que ses échanges avec ses avocats se tiendraient à proximité immédiate des bureaux des gardiens, en violation du secret professionnel pourtant garanti par la loi sénégalaise et les standards internationaux de défense. Cette proximité compromettrait la confidentialité indispensable à la préparation de sa défense.

Un autre point majeur soulevé par l’expert concerne la nature des charges communiquées aux avocats. Ceux-ci n’auraient reçu que des qualifications juridiques générales — telles que escroquerie ou détournement — sans aucun détail factuel précis : ni dates, ni montants, ni éléments matériels. Cette opacité rendrait impossible l’élaboration d’une défense effective et constituerait, selon Andenæs, une dérive systémique où les inculpations reposent davantage sur des présomptions que sur des preuves vérifiées. L’expert met en garde contre un système judiciaire où « l’accusation précéderait l’enquête », exposant les prévenus à des détentions arbitraires dénuées de fondement concret.

Par ce rapport, le professeur Mads Andenæs invite les autorités sénégalaises à réviser en profondeur le fonctionnement de la Haute Cour de Justice et le régime de la détention provisoire, afin d’assurer la conformité des procédures avec les engagements internationaux du pays. Il appelle également à garantir aux mis en cause un accès réel au dossier et des conditions de défense respectueuses des standards universels, conditions essentielles pour restaurer la confiance dans l’appareil judiciaire.

L’« Affaire Aser » rebondit : Saer Niang auditionné comme témoin dans le dossier d’électrification rurale

La controverse autour du marché d’électrification rurale attribué par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) connaît un nouveau tournant. Ce dossier, souvent cité parmi les affaires sensibles de la commande publique, refait surface avec l’audition annoncée de Saer Niang, ancien directeur général de l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop). Selon des révélations du quotidien L’Observateur, il compare ce jeudi à 11 heures devant les enquêteurs, en qualité de simple témoin.

Même si son statut n’est pas celui d’un mis en cause, son témoignage est considéré comme déterminant. Il pourrait lever le voile sur plusieurs zones d’ombre qui entourent ce marché public, dont les conditions d’attribution et d’exécution demeurent au cœur d’interrogations récurrentes. Sa déposition est d’autant plus attendue que l’ancien patron de l’Arcop avait été directement impliqué dans l’une des décisions clés qui ont marqué l’affaire : la suspension du marché litigieux.

Le dossier a véritablement pris forme à la suite d’une plainte déposée auprès du Pool judiciaire financier par le député d’opposition Thierno Alassane Sall. Celui-ci estime qu’un ensemble d’irrégularités graves aurait entaché l’attribution et l’exécution du programme d’électrification rurale concernant plusieurs zones du pays, notamment les régions de Kaffrine, Saint-Louis et Kédougou. D’après le parlementaire, des violations de clauses contractuelles et des anomalies financières suspectes figurent au cœur de cette opération, dont le coût global serait estimé à 37 milliards de francs CFA.

Au centre des interrogations figure la décision n°107 rendue par l’Arcop le 20 octobre 2024. Par cet acte, l’autorité de régulation avait suspendu le marché attribué par entente directe par l’Aser à la société Ace Power Epe. Cette suspension faisait suite à une saisine du cabinet « Me Boubacar Koita et Associés », agissant pour le compte d’un concurrent, Aee Power Sénégal, qui dénonçait des irrégularités majeures dans le déroulement du processus. Les griefs portaient notamment sur la transparence, le respect des règles de concurrence et la conformité des procédures appliquées.

Devant les enquêteurs de la Gendarmerie de Colobane, Saer Niang devra clarifier les motivations de l’Arcop à l’époque, les conclusions techniques ayant conduit à la suspension du marché, ainsi que les suites données à la saisine du cabinet d’avocats. Il lui sera également demandé d’expliquer les interactions institutionnelles entre l’Arcop, l’Aser et les entreprises impliquées, dans un contexte où les accusations de favoritisme et de détournements présumés continuent d’alimenter les soupçons.

Thierno Alassane Sall, à l’origine de la plainte, a lui-même été entendu le 10 novembre 2025. Il avait réaffirmé devant les enquêteurs sa conviction que le marché en question nécessitait un examen rigoureux, évoquant des pratiques qu’il estime contraires aux principes fondamentaux de la commande publique. Pour l’opposition, cette affaire illustre un dysfonctionnement systémique dans la gestion des grands projets publics.

Affrontements violents lors d’une opération de désencombrement à Dakar-Plateau

Une opération de désencombrement conduite mardi dernier par les services municipaux de Dakar-Plateau a dégénéré en violents affrontements en plein centre-ville. Les faits se sont déroulés vers 16 heures, sur la rue Valmy, où agents municipaux et vendeurs ambulants se sont livrés à une bagarre générale, causant deux blessés graves au sein du personnel municipal.

L’intervention, menée sous la supervision de la mairie dirigée par Alioune Ndoye, avait pour objectif de libérer la voie publique fortement encombrée par des marchands ambulants. Parmi eux figuraient des « tabliers » et des vendeurs à la sauvette installés sur les trottoirs et les abords de la chaussée. Les autorités locales avaient ordonné leur retrait immédiat afin de fluidifier la circulation et de rétablir l’ordre dans cette zone particulièrement fréquentée du centre-ville.

Cependant, l’opération a rapidement pris une tournure inattendue. Refusant de quitter les lieux, plusieurs commerçants ont opposé une résistance vigoureuse aux agents municipaux. Les échanges verbaux ont laissé place à une confrontation physique d’une rare intensité. Selon le quotidien Libération, qui rapporte les faits, deux agents municipaux ont été violemment pris à partie et sévèrement blessés. Leur état a nécessité une prise en charge médicale approfondie.

Alertées par la situation explosive, les forces de police du commissariat de Rebeuss sont intervenues promptement pour rétablir le calme et empêcher l’escalade des violences. Grâce à leur action, l’affrontement a pu être maîtrisé avant qu’il ne provoque davantage de dégâts ou de blessés.

À la suite de l’intervention policière, trois vendeurs ambulants ont été interpellés. Ils ont été placés en garde à vue et feront face à plusieurs chefs d’inculpation, notamment pour trouble à l’ordre public, violences et voies de fait sur des agents publics. L’enquête devra déterminer les responsabilités exactes et les circonstances ayant conduit à cette confrontation particulièrement tendue.

Révélation autour de la mort de Mouhamed Ndiaye : l’agression mortelle inventée par son ami pour couvrir un accident de moto

L’affaire avait d’abord été présentée comme une agression d’une rare violence survenue à Richard-Toll. Mais les premiers éléments de l’enquête ont complètement renversé cette version. Mouhamed Ndiaye n’a pas été victime d’une attaque, contrairement à ce qui avait été relayé dans la presse. Selon Libération, cette thèse n’était qu’une mise en scène élaborée par son ami A. D. Mbodji, témoin direct du drame et à l’origine de l’alerte initiale.

Face aux gendarmes, Mbodji a finalement reconnu avoir inventé de toutes pièces le scénario d’une agression mortelle. En larmes, il a avoué : « Je suis désolé, j’ai menti, j’ai tout inventé. » Pressé par les questions des enquêteurs, il a fini par s’effondrer et admettre les faits tels qu’ils se sont réellement déroulés.

Le mis en cause explique qu’il a simulé une agression dans l’espoir d’échapper à la justice, car la moto impliquée dans l’accident ne disposait d’aucun document administratif. Il confie également qu’au moment de quitter Richard-Toll pour se rendre à Dagana, le jour du drame, il avait cédé les commandes de l’engin à Mouhamed Ndiaye, alors que ce dernier « ne savait pas bien conduire ».

Revenant sur les circonstances exactes de l’accident, Mbodji raconte qu’ils sont arrivés à hauteur d’un virage particulièrement délicat. C’est à cet endroit que Mouhamed Ndiaye aurait perdu le contrôle de la moto, provoquant une sortie de route. Sous la violence du choc, la victime est décédée sur le coup. Pris de panique, son ami a alors fabriqué l’histoire d’une agression pour détourner les soupçons et éviter des poursuites liées à la conduite de la moto.

Toujours selon Libération, A. D. Mbodji sera déféré ce jeudi au parquet de Saint-Louis. Il devrait répondre de plusieurs chefs d’inculpation : mise en danger de la vie d’autrui, remise d’une moto à une personne non titulaire du permis de conduire, et homicide involontaire.

Déthié Fall met en garde les directeurs généraux : « Ceux qui fermeront leurs portes aux élus seront révoqués »

En commission à l’Assemblée nationale, lors de l’examen du budget 2026 de son département, le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a tenu un discours d’une fermeté inhabituelle à l’endroit des directeurs généraux placés sous sa tutelle. Face aux députés, l’ancien allié politique devenu acteur majeur du gouvernement a clairement affiché sa volonté d’instaurer une gouvernance rigoureuse et davantage tournée vers la transparence.

Selon des informations rapportées par le journal L’AS, le ministre n’a pas mâché ses mots : « Les DG qui fermeront leurs portes aux élus seront tout simplement révoqués », a-t-il averti, rappelant que les dirigeants des structures publiques n’ont pas de compte à rendre uniquement à leur hiérarchie administrative, mais également aux représentants du peuple. Pour lui, la disponibilité et l’ouverture au dialogue constituent des obligations indissociables de la mission de service public.

Déthié Fall a ainsi insisté sur le rôle central des élus dans le suivi, l’évaluation et le contrôle de l’action publique. Refuser de collaborer ou d’échanger avec eux équivaut, selon lui, à saper les fondements mêmes de la gouvernance démocratique. Ce comportement, a-t-il indiqué, ne saurait être toléré dans un État qui se veut transparent et soucieux de rendre des comptes.

À travers cette sortie, le ministre des Infrastructures cherche visiblement à donner un signal fort. L’AS souligne d’ailleurs que cette mise en garde marque l’affirmation d’une gouvernance axée sur le dialogue, la transparence et la responsabilité. Déthié Fall entend ainsi rappeler que les postes de direction confèrent des responsabilités qui doivent être pleinement assumées, notamment en matière de disponibilité administrative.

Toutefois, une interrogation demeure : comment ces avertissements seront-ils appliqués concrètement ? Le journal s’interroge sur les mécanismes de contrôle et les mesures disciplinaires qui seront mises en œuvre pour sanctionner les éventuels directeurs généraux récalcitrants. S’agira-t-il de simples rappels à l’ordre, de procédures administratives ou de révocations immédiates comme annoncé ?

Transmission volontaire du VIH : une affaire hautement sensible secoue Ziguinchor

Selon les informations rapportées par L’Observateur, une affaire d’une sensibilité extrême occupe actuellement le devant de la scène judiciaire à Ziguinchor. Une jeune prostituée nigériane de 23 ans, connue sous le pseudonyme de « Nelly », a comparu mardi 25 novembre 2025 devant le Tribunal de Grande Instance, poursuivie pour suspicion de transmission volontaire du VIH/Sida. Son cas suscite une vive émotion dans la ville, où son activité était déjà entourée de rumeurs et de tensions depuis son arrivée en début d’année, après un séjour en Gambie.

Le procureur de la République a requis une peine d’une sévérité notable. Il a demandé que la prévenue soit condamnée à deux ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de cinq millions de francs CFA, ainsi que son expulsion du territoire sénégalais une fois la peine purgée. Pour le ministère public, il ne fait aucun doute que la situation est d’une gravité exceptionnelle. Selon l’accusation, « Nelly » aurait délibérément exposé plusieurs clients au VIH lors de rapports sexuels non protégés, alors qu’elle était parfaitement consciente de son statut sérologique. Cette connaissance préalable de sa condition serait, selon le parquet, une circonstance aggravante majeure.

Dans son réquisitoire, le procureur a souligné la nature particulièrement dangereuse des faits reprochés, affirmant que ceux-ci présentent des risques sanitaires considérables et portent atteinte à l’ordre public. Il a également évoqué les antécédents jugés préoccupants de la jeune femme, estimant que seule une sanction exemplaire pourrait répondre à la « dangerosité potentielle » de son comportement. Une remise en liberté, selon lui, serait inenvisageable en raison du risque de récidive et de l’impact que cela pourrait avoir sur la tranquillité publique.

Face à cette position ferme, la défense adopte une stratégie diamétralement opposée. L’avocate de « Nelly » a plaidé pour que sa cliente bénéficie d’un accompagnement médical, psychosocial et psychiatrique, estimant que ce dossier nécessite avant tout une prise en charge spécialisée. Elle a soutenu que sa cliente devrait être admise dans un centre approprié pour recevoir un suivi sanitaire rigoureux. Dans cette optique, elle a sollicité une mise en liberté provisoire afin de permettre ce suivi. Une demande aussitôt rejetée par le parquet, qui a maintenu son opposition catégorique à toute forme d’élargissement.

L’affaire, déjà très commentée dans plusieurs quartiers de Ziguinchor, continue d’alimenter débats et inquiétudes, tant pour son aspect judiciaire que pour ses implications sociales et sanitaires. Après avoir entendu les différentes parties, le Tribunal de Grande Instance a mis le dossier en délibéré. Le verdict est attendu pour le 2 décembre 2025, en audience publique. Une décision très attendue par la population locale, tant le dossier touche à des questions sensibles mêlant santé publique, sécurité et justice.

Arcop refuse une nouvelle dérogation à Petrosen Trading & Services : un tournant dans la régulation des marchés pétroliers

Selon les révélations du journal Libération, l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a rejeté, le 19 novembre 2025, la demande de dérogation déposée par Petrosen Trading & Services (PTS) pour poursuivre l’approvisionnement en produits pétroliers et gaziers. Cette décision met un terme à une succession d’autorisations exceptionnelles et relance le débat national sur la gestion des marchés stratégiques dans le secteur de l’énergie.

Petrosen Trading & Services avait saisi le Comité de règlement des différends (CRD) le 12 novembre 2025 afin d’obtenir une nouvelle dérogation transitoire. L’entreprise rappelait qu’une première dérogation de six mois lui avait été accordée en février 2025, suivie d’une prolongation de trois mois en juillet. Ces mesures lui avaient permis de poursuivre, sans interruption, ses opérations d’approvisionnement dans un contexte marqué par la réorganisation des mécanismes de régulation.

Dans sa requête, PTS évoquait principalement le retard constaté dans la modification de l’arrêté n°005814 du 29 mars 2024. Cet arrêté, qui fixe la liste des biens et services admissibles aux dérogations, devait être actualisé afin d’intégrer les besoins liés à la nouvelle politique pétrolière nationale. Petrosen affirmait également avoir reçu un courrier du ministre des Finances et du Budget, daté du 27 octobre 2025, invitant le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines à saisir à nouveau l’Arcop pour formaliser une période transitoire.

Malgré ces arguments, l’Arcop a opposé un refus ferme. Dans sa décision consultée par Libération, l’autorité rappelle que l’article 3, alinéa d) du Code des marchés publics prévoit déjà une dérogation exceptionnelle pour les sociétés publiques impliquées dans la gestion des politiques pétrolières et gazières. L’Arcop précise que le recours à une dérogation ne peut se substituer à la mise à jour de l’arrêté prévu par la loi et qu’il s’agit d’une mesure strictement exceptionnelle destinée à protéger l’intérêt général, non d’un mécanisme permanent permettant de pallier les lenteurs administratives.

L’Autorité a également souligné que deux dérogations successives avaient déjà été accordées à Petrosen Trading & Services, ce qui renforçait la nécessité de revenir à un cadre légal clairement établi. Le maintien d’une dérogation, sans modification préalable de l’arrêté conjoint ministériel, aurait constitué une entorse à l’esprit du Code des marchés publics et un précédent potentiellement dangereux pour la gouvernance des marchés stratégiques.

En conséquence, l’Arcop a refusé d’accorder une troisième dérogation, estimant que toutes les marges d’exception prévues par les textes avaient été épuisées. Cette décision marque une étape importante dans le renforcement du contrôle réglementaire au Sénégal, particulièrement dans un secteur aussi sensible que celui de l’énergie.

Pour Petrosen Trading & Services, cette issue signifie qu’elle devra attendre la finalisation du nouveau cadre réglementaire avant de pouvoir poursuivre, en toute légitimité, ses activités d’approvisionnement. L’entreprise se retrouve ainsi dans une phase d’incertitude juridique qui pourrait ralentir certaines opérations, en attendant une clarification des responsabilités et des procédures.

Diffamation : Mame Boye Diao débouté, Adama Faye et Dmedia relaxés

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu son verdict dans l’affaire opposant Mame Boye Diao à Adama Faye, au groupe de presse Dmedia et à la directrice des programmes de Sen TV, Adjia Khadija Sy. Selon le quotidien Les Échos, l’inspecteur des impôts et des domaines a été débouté de sa demande de 500 millions de francs CFA au titre de dommages et intérêts, tandis que les mis en cause ont tous été relaxés des accusations de diffamation et de complicité.

L’audience s’est déroulée hier, mercredi 26 novembre 2025, mais elle a été marquée par une absence totale des parties. Ni Mame Boye Diao ni Adama Faye ne se sont présentés, et les avocats des deux camps étaient également absents. Malgré ce contexte inhabituel, le juge a décidé de retenir l’affaire pour jugement, mettant ainsi un terme à une procédure entamée depuis un an.

Le procureur avait pourtant requis l’application de la loi pénale contre les prévenus, estimant que les éléments constituaient des faits de diffamation imputables à Adama Faye et au groupe Dmedia, avec une responsabilité particulière pour Adjia Khadija Sy, en tant que responsable des programmes de la chaîne qui a diffusé les propos litigieux. Cependant, après délibéré, le tribunal a jugé que les preuves présentées n’étaient pas suffisantes pour établir les infractions retenues. Les prévenus ont ainsi été purement et simplement relaxés, tandis que la demande de réparation introduite par Mame Boye Diao dans sa citation directe a été rejetée.

Ce dossier trouve son origine le samedi 9 novembre 2024, lors d’une émission de Sen TV intitulée Grandes Gueules. Ce jour-là, Adama Faye, beau-frère de l’ancien président Macky Sall, avait porté de graves accusations contre Mame Boye Diao, ancien Directeur des Domaines. Selon les propos rapportés, il l’accusait d’avoir encaissé d’importantes sommes d’argent dans le cadre de procédures liées au foncier. Faye affirmait notamment que Diao lui aurait personnellement réclamé 100 millions de francs CFA pour signer un document destiné à être soumis à la commission domaniale, en justifiant cette somme par la nécessité d’en reverser une partie à l’ex-président Macky Sall. Il soutenait également que « toutes les personnes dans la salle d’attente du Directeur des Domaines sont munies de sacs d’argent », laissant entendre l’existence d’un système organisé de corruption.

Crise en Guinée-Bissau : le renversement de Sissoco Embaló ravive les tensions à la veille des résultats officiels

La Guinée-Bissau s’enfonce dans une profonde incertitude politique après l’annonce du renversement du président Umaro Sissoco Embaló, survenu à quelques heures seulement de la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre 2025. Alors que le pays s’apprêtait à connaître l’issue d’un scrutin très disputé, ce coup d’État est venu bouleverser un processus électoral déjà marqué par des tensions et des soupçons d’irrégularités.

Selon Dr Aristides Gomes, ancien Premier ministre et président du Directoire de la Stratégie et de la Communication Internationale (DSCI) du candidat Fernando Dias da Costa, le putsch ne serait rien d’autre qu’un « simulacre orchestré par Embaló lui-même ». S’exprimant dans les colonnes de L’Observateur, il accuse le président sortant d’avoir mis en scène sa propre chute pour empêcher la proclamation d’une victoire annoncée de son adversaire Fernando Dias da Costa. Dr Gomes déplore une situation « tragique pour la Guinée-Bissau », estimant qu’elle aurait pu être évitée si Embaló avait reconnu sa défaite dès la soirée du scrutin.

Pour l’ancien chef du gouvernement, l’équipe de campagne de Fernando Dias da Costa n’a jamais envisagé le recours à la force, même si elle avait dénoncé de nombreuses irrégularités électorales. Il affirme que ce sont les proches du président sortant qui, anticipant la proclamation défavorable des résultats, auraient préparé ce coup de force pour tenter d’en modifier l’issue. Malgré ce climat lourd, le candidat Dias avait appelé ses partisans à respecter le cadre institutionnel et à attendre sereinement la décision de la Commission nationale électorale. Quelques heures plus tard, il était arrêté, en même temps que l’opposant Domingos Simões Pereira, leader du PAIGC.

Dr Aristides Gomes souligne l’incongruité du scénario : « Pour la première fois dans l’histoire, un chef d’État subit un coup d’État et se retrouve à appeler la presse et les dirigeants étrangers pour annoncer lui-même son arrestation. Cette mascarade plonge la Guinée-Bissau dans des lendemains troubles », a-t-il déclaré, cité par L’Observateur. Il rejette vigoureusement toute tentative de justification militaire selon laquelle l’intervention viserait à préserver un consensus politique. Pour lui, le peuple ayant déjà désigné son président à travers les urnes, il n’appartient pas à l’armée d’en décider autrement. « Le président élu n’a pas besoin d’être installé par les militaires. La Guinée-Bissau n’a pas besoin d’un président de transition », insiste-t-il.

L’ancien Premier ministre appelle ainsi à une finalisation immédiate du processus électoral, rappelant que la Cour suprême reste l’unique arbitre légal de l’élection. Il exhorte également la CEDEAO et les autorités sénégalaises à s’impliquer davantage afin d’aider à restaurer la stabilité et à garantir le respect de la volonté populaire. Dans un contexte où les menaces d’instabilité pèsent lourdement, il rappelle fermement que « la place de l’armée est dans les casernes » et qu’elle « n’a rien à faire dans une élection ».

Affaire Cheikh Oumar Diagne – Cheikh Bara Ndiaye : une audition décisive attendue ce jeudi

Cheikh Oumar Diagne est attendu ce jeudi au commissariat central de Dakar pour être entendu dans le cadre de la procédure qu’il a engagée contre le député Cheikh Bara Ndiaye. L’ancien directeur des Moyens généraux de la Présidence avait déposé une plainte visant le parlementaire, qu’il accuse de diffamation et de diffusion de fausses nouvelles.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, le procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête afin de faire toute la lumière sur cette affaire devenue sensible, notamment en raison du statut des protagonistes et de la nature des accusations. Cheikh Oumar Diagne reproche en effet au député d’avoir publiquement suggéré, lors d’une intervention massivement relayée sur les réseaux sociaux, qu’il pourrait être impliqué dans la mort jugée suspecte de l’imam Alioune Ndao. Une déclaration que le plaignant considère comme extrêmement grave et portant atteinte à son honneur.

Compte tenu du statut parlementaire du mis en cause, son audition ne peut pas être menée selon la procédure habituelle. Une marche à suivre particulière doit être respectée, conformément aux dispositions encadrant l’audition des députés. C’est dans ce cadre que le procureur a donné instruction aux enquêteurs de la Sûreté urbaine d’entendre en premier lieu le plaignant sur procès-verbal, avant que le dossier ne lui soit retourné pour la suite à donner.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE MIMI 2024 DAKAR« Condamnation des attaques dirigées contre Mme la Présidente Aminata Touré »

MIMI Dakar condamne avec fermeté les attaques répétées, propos diffamatoires et tentatives d’intimidation visant Mme la Présidente Aminata Touré. Ces comportements constituent une dérive préoccupante, contraire aux exigences du débat démocratique et au respect dû aux responsables publics.

Il est inacceptable de chercher à atteindre l’intégrité morale et la crédibilité d’une personnalité dont le parcours est marqué par la rigueur, l’éthique et un engagement constant au service de la République. Aucune organisation ou mouvance politique ne doit se transformer en instrument de pression contre ceux qui défendent leur liberté d’opinion.

Mme la Présidente Aminata Touré a toujours fait preuve d’indépendance d’esprit, de constance et d’un attachement profond aux valeurs républicaines. Les tentatives de la discréditer traduisent un refus du débat d’idées et un affaiblissement regrettable de la vie politique.

Nous appelons l’ensemble des acteurs à mettre fin aux campagnes de dénigrement et aux invectives. La démocratie se construit dans la confrontation argumentée et le respect mutuel, non dans la provocation ou la manipulation.

MIMI Dakar réaffirme son soutien total à Mme la Présidente Aminata Touré, coordinatrice de la coalition Diomaye Président, qui bénéficie de la confiance du Président de la République Bassirou Diomaye Faye.

Son parcours, du service international aux responsabilités nationales les plus élevées, témoigne d’une compétence et d’une intégrité reconnues. Les attaques dont elle fait l’objet ne sauraient entamer sa détermination ni sa contribution aux missions qui lui ont été confiées.

Fait à Dakar, le 25 novembre 2025.

MIMI 2024 DAKAR

Après sa libération Abdou Nguer ouvre le feu sur le régîme 

Quelques jours après sa libération, Abdou Nguer a tenu ce mercredi une conférence de presse très attendue, marquant officiellement son retour dans le paysage médiatique. Face à un public nombreux, le chroniqueur a délivré un message structuré, maîtrisé et résolument orienté vers la défense des libertés publiques.

Dès l’entame de ses propos, Abdou Nguer a expliqué son choix de s’adresser d’abord à l’ensemble de la presse avant de répondre aux nombreuses demandes d’interviews reçues depuis sa sortie de prison. Il a insisté sur la nécessité de « parler devant tout le monde », afin de replacer son affaire dans un cadre transparent et équilibré.

Poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, le chroniqueur a été relaxé pour « diffusion de fausses nouvelles » et « apologie de crimes », mais reconnu coupable d’« offense au chef de l’État ». Condamné à six mois de prison, dont trois ferme, il avait déjà purgé la partie ferme de sa peine au moment du verdict.

Ce volet du procès, bien que clos, continue d’alimenter les interrogations sur l’application des lois relatives aux délits d’opinion au Sénégal.

Sans outrance mais avec fermeté, Abdou Nguer a qualifié sa détention « d’arbitraire », estimant que son incarcération pour des infractions finalement écartées reste difficilement justifiable. Il a annoncé qu’il reviendrait, dans une prochaine communication, sur les conditions exactes de son emprisonnement ainsi que sur les éléments qu’il juge essentiels à la compréhension globale de son dossier.

L’un des passages les plus marquants de son intervention concerne la liberté de parole :

« Le Sénégal doit rester un espace où la critique est possible. On peut discuter, contredire, débattre, mais restreindre la liberté d’expression n’est jamais une solution. »

Abdou Nguer a également confirmé qu’il reprendra dans les prochains jours ses activités médiatiques et analytiques. Il prévoit d’accorder plusieurs interviews et de reprendre ses chroniques dans un format qu’il souhaite « plus structuré » et « plus responsable ».

Sécurité alimentaire et sanitaire : le Premier ministre fixe de nouvelles orientations lors du Conseil des ministres

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 26 novembre 2025, le Premier ministre a consacré l’essentiel de sa communication aux nouvelles orientations du Gouvernement en matière de sécurité alimentaire, nutritionnelle et sanitaire. Il a souligné que le Sénégal, à l’instar de nombreux pays, fait face à des crises sanitaires multisectorielles et à des chocs répétés exigeant un dispositif national plus robuste pour protéger les populations et garantir la stabilité sociale. Selon lui, la situation actuelle impose un renforcement des mécanismes de prévention, de gestion des crises et de coordination entre les différents acteurs institutionnels.

Le Premier ministre a ainsi défini les priorités visant à améliorer l’efficacité de l’action gouvernementale dans un cadre global et intégré. Il a mis en avant l’importance de disposer d’un système d’alerte précoce performant, d’assurer une vigilance continue et de renforcer les capacités d’intervention rapide des services publics. La coordination intersectorielle, a-t-il rappelé, est essentielle pour répondre de manière harmonisée aux risques sanitaires, nutritionnels et alimentaires qui traversent le pays.

Dans cette perspective, il a annoncé la réactualisation de la Stratégie nationale de Sécurité alimentaire et de Résilience (SNSAR). Cette mise à jour permettra d’aligner les priorités nationales sur l’Agenda de Transformation, Sénégal 2050, une vision à long terme portée par le Gouvernement. La nouvelle stratégie sera mise en œuvre à travers le Programme national d’Appui à la Sécurité alimentaire et à la Résilience (PNASAR), un dispositif destiné à améliorer la gestion des crises alimentaires, à renforcer les capacités de prévention et à développer des mécanismes plus structurants de résilience communautaire et institutionnelle.

Le Premier ministre a également rappelé que l’ancrage institutionnel des programmes de coordination au niveau de la Primature répond à un impératif de cohérence. La multiplicité des acteurs engagés dans la sécurité alimentaire, sanitaire et nutritionnelle impose une synergie d’actions pour éviter les redondances et assurer une meilleure visibilité des interventions publiques. Il a insisté sur la nécessité de promouvoir une approche territoriale, coordonnée par les autorités déconcentrées et décentralisées, afin de garantir l’efficacité des mesures à l’échelle locale.

Dans le même élan, il a instruit le ministre, Secrétaire général du Gouvernement, de travailler en étroite collaboration avec les ministères sectoriels afin d’assurer une cohérence totale entre les politiques publiques existantes et la stratégie portée par le Secrétariat technique du Conseil national de Sécurité alimentaire (CNSA). Selon le Premier ministre, seule une harmonisation complète des instruments de planification permettra d’atteindre les objectifs fixés.

En conclusion de son intervention, le Premier ministre a présenté l’état d’avancement de trois projets structurants jugés prioritaires : la sécurisation de la liaison maritime Dakar-Gorée, l’autoroute Dakar-Tivaouane-Saint-Louis et l’Agropole Sud. Il a relevé plusieurs contraintes techniques, administratives et financières qui ralentissent leur mise en œuvre. Tout en appelant à une résolution rapide de ces difficultés, il a donné des instructions fermes pour accélérer l’exécution de ces projets stratégiques. Selon lui, ces chantiers traduisent l’ambition du Plan de Redressement économique et social et de l’Agenda Sénégal 2050, et appellent une adaptation rapide des procédures administratives au rythme de transformation souhaité par le Gouvernement.

Grand Yoff : quatre individus arrêtés après l’enlèvement et l’agression de deux frères

Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a procédé, le 25 novembre 2025, à l’interpellation de quatre individus impliqués dans une affaire d’une rare violence. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de meurtre, coups et blessures volontaires ainsi qu’usage de gaz et d’armes blanches.

Tout est parti d’une déclaration d’urgence effectuée ce mardi aux environs de 16 heures. Deux frères, accompagnés de leur sœur, se sont présentés au commissariat, le visage marqué de nombreuses blessures. Lors de leur audition, ils ont relaté les circonstances de leur calvaire. Selon leur témoignage, un individu accompagné d’une dizaine de personnes s’est présenté à leur domicile, sis aux HLM Patte d’Oie, le 23 novembre 2025. Le groupe aurait enlevé l’aîné avant de le conduire à un repaire de délinquants connu sous le nom de « BRONSSON », situé au quartier Darou, afin de lui réclamer une moto qu’ils croyaient volée par ce dernier.

Durant plusieurs heures, la victime affirme avoir été rouée de coups, contrainte d’inhaler un gaz asphyxiant et blessée au visage à l’aide d’objets contondants. Son jeune frère, qui s’était précipité pour tenter de le secourir, n’a pas été épargné : il aurait été frappé à la tête et violemment malmené avant que le groupe ne finisse par les relâcher.

L’affaire aurait pu en rester là, mais le lendemain, les mêmes individus seraient revenus au domicile familial pour proférer des menaces de mort si la moto présumée volée n’était pas retrouvée dans les heures suivantes. Face à cette escalade et craignant le pire, la famille a décidé de saisir les forces de l’ordre.

Les investigations lancées immédiatement dans tout le secteur ont rapidement porté leurs fruits. Les éléments du Commissariat de Grand Yoff ont réussi à localiser et arrêter quatre membres de la bande, dont celui présenté comme le cerveau de l’opération. Une fois confrontés aux faits, les mis en cause ont reconnu avoir agressé les deux frères, tout en niant avoir eu l’intention d’attenter à leur vie. Ils affirment avoir agi dans le seul but de récupérer leur moto, dont ils soupçonnaient l’un des plaignants d’être l’auteur du vol.

Les suspects ont été placés en garde à vue, tandis que l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de faire toute la lumière sur cette violente expédition punitive.

Diomaye Faye opère de nouvelles nominations à la tête d’institutions stratégiques de l’État

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé mercredi à une nouvelle vague de nominations intervenant dans plusieurs institutions clés de l’État, dans le cadre des “mesures individuelles” annoncées par le pouvoir. Ces changements, concentrés sur trois ministères stratégiques — l’Énergie, le Pétrole et les Mines ; la Famille, l’Action sociale et les Solidarités ; et l’Industrie et le Commerce — visent à renforcer l’efficacité de certaines structures essentielles, dans un contexte de transitions importantes pour le pays.

Au ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, c’est Alioune Seck, ingénieur géologue, qui a été nommé à la tête de PETROSEN Exploration & Production (E&P), la branche en charge de l’amont pétrolier et gazier. Il succède à Talla Gueye. Ce remplacement intervient à un moment charnière pour la gestion des ressources pétrolières et gazières du Sénégal, alors que le pays s’engage dans une dynamique de production nationale et de renégociation des contrats. PETROSEN E&P, structure publique majeure, a pour mission la coordination des activités de prospection, de forage, d’exploitation et de production des hydrocarbures sur les différents bassins sédimentaires sénégalais. Elle joue un rôle central pour assurer l’approvisionnement énergétique national, tout en contribuant à la souveraineté énergétique du pays. 

Dans le même temps, au ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, le président Faye a nommé Souleymane Diallo, inspecteur de l’Enseignement élémentaire, au poste de Secrétaire général de Office national des Pupilles de la Nation (ONPN). Ce poste, resté vacant jusqu’à présent, confère à M. Diallo la responsabilité de relancer l’office chargé de la protection des enfants de la Nation. La nomination d’un profil issu de l’éducation de base, comme inspecteur d’enseignement, semble refléter une volonté de redonner à l’ONPN un ancrage institutionnel solide, en vue de mieux remplir son rôle social.

Enfin, au ministère de l’Industrie et du Commerce, c’est Cheikh Moussa Kane, ingénieur en statistique informatique appliquée et titulaire d’un master en suivi-évaluation, qui prend la présidence du conseil d’administration de Laboratoire national d’Analyse et de Contrôle (LANAC). Il remplace Abdoul Sy, appelé à d’autres fonctions. Cette nomination intervient à un moment où le renforcement des structures de contrôle, de qualité et de normalisation semble prioritaire, au regard des enjeux de commerce, d’industrie et de protection du consommateur dans un pays en pleine mutation économique.

Par ces décisions, le Chef de l’État démontre une volonté de remanier certaines têtes, non seulement pour renouveler les cadres, mais aussi pour redynamiser des institutions stratégiques — qu’elles soient liées à l’exploitation des ressources naturelles, à la protection sociale ou au contrôle industriel. Dans le cas de PETROSEN E&P, la nomination d’un nouvel ingénieur géologue à sa tête intervient dans une période cruciale, alors que le pays cherche à accroître son autonomie énergétique et à valoriser pleinement ses gisements pétroliers et gaziers. Pour l’ONPN, le retour d’un secrétaire général pourrait marquer le début d’une réorganisation interne et d’un regain d’attention pour les enfants vulnérables. Quant à LANAC, le renforcement de ses organes de gouvernance pourrait améliorer la transparence et l’efficacité des contrôles, éléments essentiels dans un contexte de dynamisme commercial et industriel.

Ces nominations — symboles d’un réajustement gouvernmental — s’inscrivent dans la logique du nouveau projet de gestion des secteurs stratégiques porté par le président Diomaye Faye : une gestion plus rigoureuse, une orientation vers la performance, et une volonté affichée d’adapter les institutions aux défis économiques, sociaux et industriels actuels du Sénégal.

Nigeria : Tinubu décrète l’état d’urgence sécuritaire après une vague d’enlèvements

Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a déclaré, ce mercredi, l’état d’urgence sécuritaire sur l’ensemble du territoire national. Cette mesure intervient après une série d’enlèvements massifs ayant touché plus de 350 personnes en seulement dix jours, plongeant de nombreuses régions du pays dans un climat d’inquiétude et de tension.

Dans un communiqué officiel, le chef de l’État a annoncé un renforcement immédiat des effectifs de sécurité. La police nationale est ainsi autorisée à recruter 20.000 agents supplémentaires, portant son effectif global à 50.000 policiers. L’armée bénéficie également d’une autorisation similaire pour augmenter ses rangs, dans le but de répondre à la dégradation rapide de la situation sécuritaire.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, fait face depuis plusieurs années à une recrudescence des enlèvements de masse, un phénomène devenu monnaie courante dans plusieurs États du nord et du centre. Les derniers incidents en date ont particulièrement choqué l’opinion publique. Plus de 300 élèves et enseignants d’une école catholique ont été enlevés à Papiri, dans l’État de Niger. Dans l’État voisin de Kebbi, 25 lycéennes musulmanes ont été kidnappées à Maga. D’autres attaques ont été signalées dans l’État de Kwara, où 38 fidèles d’une église d’Eruku ainsi que dix personnes à Ispa ont été emportés par des groupes armés, tandis que 13 jeunes filles ont été enlevées dans l’État de Borno, dans le nord-est du pays.

Si certaines victimes ont été libérées – notamment les 25 lycéennes de Maga, les 38 fidèles d’Eruku et une cinquantaine d’élèves de Papiri – des dizaines d’autres restent introuvables, alimentant les inquiétudes des familles et des autorités locales. Le président Tinubu a reconnu la gravité de la situation et l’urgence de renforcer la présence sécuritaire dans les zones les plus exposées.

Dans cette perspective, le Service de renseignement intérieur a reçu l’ordre de déployer immédiatement tous les gardes forestiers déjà formés afin de traquer les groupes armés dans les vastes étendues boisées où ils trouvent refuge. Tinubu a également instruit l’agence de recruter de nouveaux agents destinés spécifiquement à la surveillance des forêts, qui sont devenues des repaires stratégiques des bandits et des terroristes.

Par ailleurs, une réforme de l’affectation des policiers chargés de la protection des personnalités publiques a été lancée. Une part importante des effectifs, estimée à près d’un quart, était jusque-là mobilisée pour la sécurité des politiciens et de leurs familles. Le président a décidé de réaffecter ces agents à des missions essentielles de maintien de l’ordre. Ils devront suivre une formation intensive avant d’être redéployés dans les zones les plus touchées par l’insécurité.

Dans son communiqué, Tinubu a également appelé les lieux de culte à renforcer leur vigilance. Il a recommandé que mosquées et églises sollicitent systématiquement la présence de la police ou d’autres forces de sécurité lors des rassemblements religieux, particulièrement dans les zones vulnérables où les attaques ont souvent ciblé des communautés en prière.

Diamniadio : Sept Guinéens arrêtés pour avoir escroqué leurs compatriotes

La brigade territoriale de Diamniadio, dirigée par l’Adjudant-Chef Alassane Tounkara, a démantelé un réseau criminel spécialisé dans l’escroquerie et visant principalement des ressortissants bissau-guinéens. Selon des sources de Seneweb, sept responsables présumés, liés à la structure QNET, ont été interpellés et présentés ce mardi devant le tribunal de grande instance de Rufisque.

L’enquête a été déclenchée le 21 novembre 2025, lorsque trois Bissau-Guinéens se sont rendus à la gendarmerie de Diamniadio, visiblement en détresse. Interrogés séparément, ils ont raconté avoir été victimes d’une vaste escroquerie orchestrée par des recruteurs leur promettant des opportunités professionnelles à l’étranger, incluant notamment une carrière footballistique. En échange, les victimes avaient été contraintes de verser d’importantes sommes d’argent. Au total, ce sont 1 250 000 FCFA qui ont été extorqués aux trois plaignants, répartis entre 900 000 FCFA, 200 000 FCFA et 150 000 FCFA, ces versements étant présentés par les escrocs comme le « dernier obstacle » avant leur départ à l’étranger.

Les témoignages détaillés des victimes ont permis aux gendarmes de localiser une maison à Darou Salam, utilisée comme base opérationnelle par le réseau. Sur place, les forces de l’ordre ont découvert plusieurs individus de différentes nationalités, principalement bissau-guinéens, vivant dans des conditions extrêmement précaires. Les occupants étaient entassés dans un logement insalubre, dépourvu des commodités les plus élémentaires.

Sept suspects ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire : Samuel Bisane, Ramirou Divanirou Viera, David Tè, Ricardo Moussa Tiantialan, Isnaba Souniana, Victor Gomis et Jules Basande. Cependant, deux autres individus, considérés comme les cerveaux du réseau, restent en fuite et font l’objet de recherches intensives.

Les inculpations retenues contre les prévenus sont multiples et graves. Elles incluent l’association de malfaiteurs, l’exercice illégal d’une profession réglementée, l’ouverture d’un établissement recevant du public sans autorisation, l’escroquerie faisant appel au public, l’extorsion de fonds et la mise en danger de la vie d’autrui. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’ampleur réelle des activités de ce réseau et de localiser les membres encore en cavale.

Le communiqué du Conseil des ministres de ce 26 novembre 2025

Le Conseil des ministres s’est réuni le mercredi 26 novembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République.

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Renforcement du patriotisme économique et lancement effectif de l’initiative « Sunu Champion »

Abordant sa communication, Monsieur le Président de la République rappelle au Gouvernement la place primordiale qu’il accorde au développement du secteur privé national dans la mise en œuvre de la Vision « Sénégal 2050 ». Dans ce cadre, il demande au Premier Ministre de replacer davantage les acteurs du secteur privé national et les entreprises locales au cœur de la mise en œuvre des programmes et projets publics et d’accélérer la rénovation opérationnelle du cadre de pilotage et de suivi-évaluation des investissements privés au Sénégal.
Il annonce aussi qu’il présidera la première réunion du Conseil présidentiel de l’Investissement rénové, dans la deuxième quinzaine du mois de mars 2026 et demande au Premier Ministre de préparer, avec l’ensemble des acteurs impliqués, cette importante réunion qui entre dans le cadre du redressement et de la relance de l’économie nationale.

En outre, le Président de la République invite à veiller à l’exécution optimale des plans d’actions issus de la Stratégie nationale de Promotion de l’Investissement et de Développement du Secteur privé.
Il informe le Conseil de l’initiative présidentielle dénommée « Sunu Champion », qui sera effectivement déployée à partir du mois de décembre 2025, pour promouvoir l’émergence de champions nationaux, en vue de renforcer le rôle primordial des acteurs économiques nationaux et des entreprises locales dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.

Redynamisation du secteur des pêches et de l’aquaculture

Soulignant la place fondamentale du secteur des Pêches, dans l’activité économique et la stabilité sociale, le Chef de l’Etat rappelle que la préservation et la gestion durable de nos ressources halieutiques constituent deux principes directeurs majeurs pour la relance du secteur des pêches.

En conséquence, il instruit le Ministre des Pêches et de l’Economie maritime d’assurer le renforcement de la lutte contre la pêche illicite, la systématisation du repos biologique, ainsi que la surveillance et le contrôle accrus des activités et zones de pêche. Le Président de la République demande également de procéder à l’évaluation de l’impact des audits et mesures de gel des accords et de régulation des licences de pêche sur notre zone économique exclusive (ZEE).

Indiquant au Gouvernement l’urgence d’accélérer la mise en œuvre d’une nouvelle politique des pêches, le Chef de l’Etat insiste sur l’exploitation durable et optimale des ressources, l’adaptation de la pêche artisanale, l’approvisionnement correct du marché local en produits halieutiques accessibles, l’actualisation inclusive du Code des Pêches et l’application soutenue du Code de l’Aquaculture.
Il exhorte le Gouvernement à accroitre les aménagements, équipements et lignes de financement du sous-secteur de l’Aquaculture, à accélérer la matérialisation des actions de modernisation des quais, pirogues et équipements de pêche, à initier un Plan de rénovation du Marché national au Poisson de Pikine et à bâtir un nouveau modèle de gouvernance du secteur des pêches plus inclusif et plus transparent.

Accélération du développement du transport aérien

Après avoir félicité le Ministre des Transports terrestres et aériens pour le bon déroulement, à Dakar, du Comité des Ministres de l’ASECNA, le Chef de l’Etat rappelle au Gouvernement l’importance du développement du secteur aérien dans la Vision « Sénégal 2050 » et demande d’accentuer la revue prospective de la stratégie « Hub aérien » dans toutes ses composantes et financements.

Il instruit également d’accélérer la finalisation et la sécurisation des travaux de construction et de modernisation des aéroports régionaux et d’engager la modernisation soutenue des services et l’extension des infrastructures de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD).
Soulignant la nécessité d’une maitrise stratégique de la flotte, des investissements, de l’exploitation, de la qualité des services et du Plan de transformation de la Compagnie nationale Air Sénégal SA, le Président de la République engage le Premier Ministre à assurer une veille stratégique sur cette compagnie et à mettre en œuvre un Programme spécial de modernisation de l’Aéroport militaire « Léopold Sédar SENGHOR ».

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il a pris part au septième (7ème) sommet Union Africaine/Union Européenne, tenu du 23 au 25 novembre 2025, à Luanda en Angola, sur le thème « Promouvoir la paix et la prospérité à travers un multilatéralisme efficace ». Il a souligné sa participation à la plénière sur le thème « une coopération renouvelée et renforcée pour la paix et la sécurité et un engagement envers le multilatéralisme », au cours duquel il a mis l’accent sur l’environnement géopolitique mondial préoccupant et formulé des propositions pour promouvoir la paix et la sécurité en Afrique.

En marge des travaux, il a tenu des rencontres bilatérales avec le Président de la République Démocratique du Congo, le Président de la République gabonaise, le Chancelier allemand, le Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Présidente de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD).

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a débuté sa communication sur les orientations du Gouvernement en matière de sécurité alimentaire, nutritionnelle et sanitaire. Il a fait observer que le Sénégal, à l’instar des autres pays du monde, est confronté à des crises sanitaires multisectorielles et à divers chocs. Ces fléaux interpellent l’État sur le dispositif mis en place pour protéger les populations contre les aléas de la vie, assurer la stabilité sociale, la paix et la santé publique, qui constituent une préoccupation constante du Gouvernement.

Le Premier Ministre a ainsi fixé des orientations précises pour l’action gouvernementale dans ce domaine, dans le cadre d’une stratégie globale et intégrée de prise en charge des missions et d’une rigoureuse harmonisation des interventions sectorielles, notamment à travers un système d’alerte précoce, une vigilance renforcée et des interventions appropriées et bien coordonnées.

Dans ce sens, il a abordé la réactualisation de la Stratégie nationale de Sécurité alimentaire et de Résilience (SNSAR) pour l’arrimer aux orientations de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. Cette stratégie révisée sera opérationnalisée par le Programme d’Appui à la Sécurité alimentaire et à la Résilience (PNASAR), permettant de renforcer l’efficacité des réponses aux crises alimentaires et de refonder les approches de prévention et de gestion des crises de manière structurelle.

Le Premier Ministre a rappelé que l’ancrage institutionnel, au niveau de la Primature, de programmes et de structures de coordination vise à créer de véritables synergies pour renforcer l’impact global des politiques publiques et prévenir les chevauchements, compte tenu du caractère multidisciplinaire et multisectoriel des interventions.

Il a souligné, également, qu’au regard de la multiplicité des acteurs et de la nécessité de veiller à l’harmonisation des interventions, il convient de mettre en avant l’approche territoriale coordonnée par les autorités décentralisées et déconcentrées.
A cet effet, le Premier Ministre a adressé des instructions au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en relation avec les ministères sectoriels, pour assurer une mise en cohérence effective des politiques sectorielles avec la stratégie du Secrétariat technique du Conseil national de Sécurité alimentaire (CNSA).

Il a clos sa communication sur trois projets : la sécurisation de la liaison maritime Dakar–Gorée, l’autoroute Dakar–Tivaouane–Saint-Louis et l’Agropole Sud. Il a présenté leur état d’avancement et les contraintes constatées, avant de donner des instructions pour diligenter leur accélération. Ces projets illustrent, selon lui, la nécessité impérieuse d’aligner les procédures administratives sur le rythme et l’ambition du Plan de Redressement économique et social et de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines a fait une communication sur l’élaboration de la Stratégie d’Achèvement de l’Accès universel à l’Electricité à l’horizon 2029 et l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.

Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a présenté une communication sur la préparation de la campagne de commercialisation 2025/2026.

Le Ministre de la Microfinance, de l’Economie sociale et solidaire a fait une communication sur la Stratégie d’Accès des Organisations de l’Economie sociale et solidaire à la Commande publique.

Le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a fait une communication sur l’organisation de la première (1ère) édition du Festival Ouest africain des Arts et de la Culture (ECOFEST).

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET RÉGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :
– le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention relative à l’extradition entre la République du Sénégal et la République de Gambie, signée à Dakar, le 12 mars 2020 ;
– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Commission des Achats de l’Etat.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
• Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines
Monsieur Alioune SECK, Ingénieur Géologue, est nommé Directeur général de PETROSEN Exploitation et Production, en remplacement de Monsieur Talla GUEYE.
• Au titre du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités
Monsieur Souleymane DIALLO, Inspecteur de l’Enseignement élémentaire, est nommé Secrétaire général de l’Office national des Pupilles de la Nation (ONPN), poste vacant.
• Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce
Monsieur Cheikh Moussa KANE, Titulaire d’un diplôme d’Ingénieur en Statistique Informatique appliquée et d’un Master en Suivi-Evaluation des Projets, est nommé Président du Conseil d’Administration du Laboratoire national d’Analyse et Contrôle (LANAC), en remplacement de Monsieur Abdoul SY, appelé à d’autres fonctions.

Air Sénégal de nouveau devant le tribunal de Commerce : un feuilleton judiciaire qui s’intensifie

Air Sénégal Sa se retrouve encore une fois devant le tribunal de Commerce de Dakar ce jeudi 27 novembre 2025, dans une affaire qui l’oppose à plusieurs sociétés irlandaises ainsi qu’à l’International Air Transport Association (IATA). Cette nouvelle procédure vient s’ajouter à une longue série de contentieux liés à des saisies conservatoires effectuées par des créanciers internationaux de la compagnie aérienne nationale. Selon des informations rapportées par Libération, cette confrontation judiciaire pourrait être décisive pour l’avenir financier de l’entreprise.

Tout a commencé avec l’ordonnance n°290/2025 rendue le 30 juillet 2025 par le tribunal de Commerce. Ce jugement avait déclaré nulles les saisies conservatoires pratiquées entre les mains de l’IATA et ordonné leur mainlevée sous astreinte de cinq millions de francs CFA par jour de retard. Les sociétés irlandaises impliquées dans ces saisies avaient en outre été condamnées aux dépens. Malgré cette décision favorable à Air Sénégal, les créanciers n’ont pas renoncé à poursuivre leurs démarches.

En effet, Air Sénégal a été contrainte de revenir devant la justice commerciale pour assigner plusieurs entités, parmi lesquelles Aergen Aircraft Twenty Limited, Sasof III (A2) Aviation Ireland et Calf (A2) Aviation Ireland DAC. Ces sociétés avaient conclu en décembre 2019 des contrats de location portant sur quatre avions : deux Airbus A321-211 (MSN 1881 et 1921) et deux Airbus A319-111 (MSN 2897 et 3078). Estimant qu’Air Sénégal leur devait des sommes importantes liées à ces contrats, elles avaient obtenu du tribunal de Commerce hors classe de Dakar l’autorisation de pratiquer des saisies conservatoires à hauteur de 3,5 milliards de francs CFA. Toutefois, les premières saisies avaient finalement été annulées.

Malgré cette annulation, les créanciers irlandais sont revenus à la charge le 1ᵉʳ août 2025, sollicitant et obtenant cette fois une nouvelle autorisation de saisie conservatoire, par ordonnance n°1084/2025, jusqu’à concurrence de 5,5 milliards de francs CFA. Dans la foulée, des dénonciations ont été adressées aux banques partenaires d’Air Sénégal ainsi qu’à l’IATA, organisme chargé d’assurer la compensation financière entre compagnies aériennes.

Dans une communication officielle datant du 21 octobre 2025, Fabrice Sahiri, country manager Central & West Africa de l’IATA, a confirmé la mise en œuvre de la saisie conservatoire. Il a indiqué que l’association internationale bloquait dans ses comptes la somme de 396 802 863 francs CFA au bénéfice d’Air Sénégal, conformément à l’ordonnance judiciaire. Plus tôt, il avait précisé que l’IATA détenait un total de 2 577 616 606 francs CFA appartenant à la compagnie sénégalaise. Il a également assuré que toutes les sommes actuelles et futures dues à Air Sénégal continueraient d’être saisies jusqu’à l’épuisement du montant réclamé par les créanciers.

Face à cette situation, Air Sénégal soutient que les sociétés irlandaises ne sont plus en droit de demander de nouvelles saisies pour la même créance, au motif que « la chose jugée doit s’imposer afin d’assurer la sécurité juridique et éviter la contradiction des jugements ». La compagnie accuse ses adversaires de multiplier les procédures en dépit de l’ordonnance de juillet qui leur était défavorable.

Un autre élément de poids dans cette affaire réside dans les clauses contractuelles liant Air Sénégal aux sociétés de leasing. Les contrats stipulent en effet que tout litige concernant leur exécution, leur interprétation ou leur résiliation doit être tranché selon le droit de l’État de New York, avec compétence exclusive des juridictions new-yorkaises. Cette clause a d’ailleurs déjà été appliquée : le 26 juin 2025, les créanciers irlandais avaient saisi la justice de New York, après qu’Air Sénégal eut soulevé une exception d’incompétence devant le juge des référés de Dakar le 21 juin.

Enfin, Air Sénégal conteste également le rôle joué par l’IATA. La compagnie rappelle que l’association internationale, dont le siège se trouve à Montréal, n’est ni un établissement bancaire ni un organisme assimilé. Dakar ne serait qu’un bureau régional, ce qui, selon Air Sénégal, devrait empêcher toute saisie conservatoire auprès de l’organisation dans ce contexte. La compagnie demande ainsi au tribunal d’annuler l’ensemble des saisies pratiquées.

RWANDA-QATAR / ANATOMIE D’UN PARTENARIAT STRATÉGIQUEUn soft power africain inspirant pour le Sénégal ( Par Salam Fall)

Lors de la récente visite du prince (l’émir) du Qatar au Rwanda, l’accueil à Kigali était marqué par une grande solennité. Les deux dirigeants ont affiché une proximité amicale, presque fraternelle, renforçant l’image d’un rapprochement stratégique fondé autant sur la confiance personnelle que sur des intérêts économiques mutuels. Cette atmosphère est accentuée par les engagements concrets à savoir : Qatar Airways investit dans l’aéroport de BUGESERA et le partenariat avec RwandAir illustre une vision partagée du Rwanda comme hub régional, signe d’une diplomatie économique très active. L’ambiance de cette visite, portée par des projets dans l’aviation, l’infrastructure, l’innovation et l’énergie, témoigne d’un alignement politique solide entre Doha et Kigali, transformant leur coopération en un partenariat à long terme.
Ce rapprochement traduit, en effet, la volonté du Qatar d’étendre son influence diplomatique en Afrique via des investissements stratégiques, tout en offrant au Rwanda des financements et des compétences pour accélérer sa croissance. À ce propos, pour le Sénégal, ayant actuellement le pétrole et le gaz comme nouveaux leviers économiques, la leçon diplomatique est claire ! Malgré les tensions politiques internes que nous vivons en ce moment, nous pourrions nous inspirer du Rwanda afin d’utiliser nos ressources énergétiques comme outil de soft power et d’attractivité internationale. Mais, le défi sera de traduire cette potentialité en partenariat stable sur des secteurs stratégiques et pourvoyeurs d’emplois tout en gardant la cohésion nationale.

Salam FALL

DIFFÉREND SONKO/DIOMAYE

Le Message poignant du Khalife de Bambilor: « Le Sénégal n’a pas besoin de vainqueurs, mais d’hommes d’État »

Au nom de Dieu, le TOUT-MISÉRICORDIEUX, le TRÈS-MISÉRICORDIEUX.

En ces jours où notre nation traverse des incertitudes, j’observe attentivement les mouvements du pays, les inquiétudes qui montent, les paroles qui s’entrechoquent, les esprits qui s’interrogent. Les débats s’enflamment, les analyses se multiplient, et la tension se ressent jusque dans les foyers.

Le Sénégal, notre bien commun, vit un moment délicat, et c’est avec un cœur rempli de prière et de responsabilité que je prends la parole.

Je m’adresse aujourd’hui à chaque fille et à chaque fils de ce pays, sans distinction d’appartenance politique, sociale ou religieuse.
Mon intention n’est ni de juger ni de condamner, mais d’appeler avec douceur et vérité à un sursaut de conscience et de fraternité.

En observant la situation actuelle, j’ai pris mon bâton de pèlerin.
Le tandem Diomaye – Sonko, qui a porté tant d’espérance, traverse aujourd’hui l’épreuve des interrogations publiques et des inquiétudes croissantes. Je ne suis ni arbitre ni juge de ces dynamiques, mais je suis témoin d’un climat où les cœurs risquent de se durcir et les esprits de se diviser.

À ce moment précis, je rappelle ceci : l’essentiel n’est pas la victoire d’un camp sur un autre. L’essentiel, c’est le Sénégal.

ALLAH dit :
« Et attachez-vous tous ensemble au câble d’Allah, et ne vous divisez pas. »
Et encore :
« Certes, Allah aime ceux qui agissent avec équité. »

Je demande donc à chacun dirigeants, opposants, citoyens, guides religieux de revenir à la noblesse des intentions.
Les calculs politiques, les rancœurs, les ambitions personnelles n’ont jamais bâti une société stable.

Je m’adresse à l’opposition: votre rôle est nécessaire. Mais que votre critique soit une lumière, pas un incendie.
Je m’adresse aux responsables en exercice : l’épreuve est aussi une invitation à la sincérité. Que l’unité qui vous a portés ne se perde pas dans les influences et les doutes.
Je m’adresse aux citoyens: gardez votre vigilance, mais préservez votre cœur. Refusez la haine, refusez les divisions.
Je m’adresse aux guides religieux : notre responsabilité est immense. Nous devons être des ponts, jamais des murs.

J’en appelle enfin à la responsabilité collective face au rôle des réseaux sociaux.
Une parole mal intentionnée, un montage, une rumeur ou une colère publique peuvent désormais embraser un pays en quelques heures. La liberté d’expression ne doit jamais devenir un carburant pour la discorde.

Demain, nous rendrons tous compte
Non sur nos appartenances, mais sur nos intentions, notre droiture et notre contribution à la paix.

Mais que cette parole soit aussi une parole d’espérance.
Le Sénégal a toujours trouvé la lumière au bout du tunnel. Notre histoire le prouve, notre foi le confirme, et notre unité peut encore l’écrire.

Conclusion

En refermant cette réflexion, je veux adresser un message du cœur.

À vous, Président Bassirou Diomaye Faye,
À vous, Premier ministre Ousmane Sonko,
À vous, responsables politiques de tous bords,
À vous, guides religieux et citoyens…

Je vous parle en frère, avec respect, et avec gravité.

Le destin du Sénégal n’appartient à aucun homme, à aucun duo, à aucun camp.
Il appartient à un peuple qui espère, qui travaille, qui doute parfois, mais qui ne renonce jamais.

Et aujourd’hui, ce peuple vous regarde.
Il n’attend pas la perfection : il attend la hauteur.

L’histoire retiendra non pas vos divergences, mais votre capacité à les dépasser.
Le Sénégal n’a pas besoin de bras qui se crispent, mais de mains qui se tendent.
Il n’a pas besoin de voix qui s’élèvent les unes contre les autres, mais d’esprits qui s’accordent sur l’essentiel.

Je vous demande, avec humilité mais fermeté :
revoyez vos positions.
Réécoutez vos cœurs.
Regardez ce pays qui vous a tout donné.
Et faites ce geste même le plus petit qui peut ramener la sérénité.

Un pays ne tombe jamais d’un seul coup.
Il tombe lorsque ceux qui peuvent l’apaiser choisissent de se taire.

Aujourd’hui, vous avez le pouvoir rare d’éviter les blessures de demain.

Que Dieu adoucisse les cœurs, éclaire nos pas, et fasse de chaque leader un artisan de paix.

Le Sénégal vous regarde.
Le Sénégal compte sur vous.

Thierno Amadou BA
Khalife Général de Bambilor

Proposition de loi : Le député Tahirou Sarr agite l’idée d’une carte de séjour obligatoire pour les migrants, à l’exception des Gambiens

Le leader du parti “Jël liñu moom / Les Nationalistes”, le député Tahirou Sarr, a déposé ce mardi à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à réformer en profondeur le régime de séjour des étrangers au Sénégal.

Face à la presse ce mercredi, le parlementaire a apporté des éclaircissements sur cette proposition, notamment sur l’introduction de cartes de séjour obligatoires pour les étrangers vivant au Sénégal.

PROPOSITION DE LOI PORTANT CARTE DE SÉJOUR POUR LES ÉTRANGERS AU SÉNÉGAL

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Chers compatriotes,

Je suis devant vous aujourd’hui pour présenter officiellement une proposition de loi portant réforme en profondeur du régime de séjour des étrangers au Sénégal.

Il ne s’agit pas d’un discours contre qui que ce soit.

Il s’agit d’un discours pour le Sénégal, pour notre souveraineté, pour la protection de notre économie, de notre sécurité et de notre cohésion nationale.

La dernière loi relative au séjour des étrangers date de 1971. Cinquante-quatre ans se sont écoulés.

Depuis, le monde a changé, l’Afrique a changé, la sous-région a changé, et le Sénégal également.

La loi actuelle avait été pensée pour un pays de 4 millions d’habitants.

Aujourd’hui, nous sommes 18 millions, avec des flux migratoires massifs, rapides et difficiles à contrôler.

Mon ambition n’est ni d’opposer notre pays à d’autres, ni d’opposer notre peuple à qui que ce soit.

Mon ambition est de garantir l’ordre, la justice et la souveraineté nationale.

II – LA LÉGISLATION ACTUELLE : LOI 71-10 & DÉCRET 71-860

Pour permettre à tous les Sénégalais de comprendre la démarche, voici un résumé de ce que prévoient actuellement la loi et son décret d’application.

1. La loi 71-10 du 25 janvier 1971

Cette loi :

ne crée pas de carte de séjour, n’organise pas de fichier moderne des étrangers, ne prévoit pas de mécanisme de suivi individuel, n’établit pas de responsabilité financière, n’encadre pas les activités lucratives des étrangers, reconnaît elle-même qu’elle n’a pas d’objectif financier.

Elle ne prévoit qu’un livret spécial ou une carte d’identité d’étranger, des dispositifs obsolètes face aux réalités actuelles.

Conclusion : une loi ancienne, faible, non protectrice, et inadaptée au contexte actuel.

2. Le décret 71-860 du 28 juillet 1971

Le décret :

définit trois statuts (transit, séjour, établissement), impose l’obligation de visa, fixe les conditions d’entrée et d’autorisation d’établissement, prévoit quelques sanctions.

Mais il demeure extrêmement limité sur :

le contrôle des étrangers, la traçabilité, les activités économiques, la lutte contre la mendicité organisée, les obligations financières, la fiscalité des étrangers, les données biométriques, l’expulsion, les obligations de déclaration.

Conclusion : un texte largement dépassé.

III – POURQUOI UNE RÉFORME ?

Voici les constats que font aujourd’hui la plupart des Sénégalais :

a. Une immigration massive et non maîtrisée

Des milliers d’étrangers arrivent, s’installent, travaillent ou mendient sans aucune traçabilité.

b. Absence de carte de séjour moderne

Le Sénégal est l’un des rares pays où un étranger peut vivre des années sans carte de séjour, sans enregistrement et sans contribution.

c. Impact sur la sécurité

Sans identification, il devient difficile de lutter contre les trafics, les réseaux criminels ou la criminalité transfrontalière.

d. Impact économique et social

Certains étrangers occupent des secteurs entiers — commerce, mendicité, santé, transport artisanal, informel — souvent sans contrôle ni fiscalité.

e. Réciprocité internationale

Partout dans le monde, les Sénégalais doivent présenter des documents.

Pourquoi notre pays ne demanderait-il pas la même chose ?

IV – CE QUE CHANGE LA PROPOSITION DE LOI

1. Introduction officielle de la carte de séjour obligatoire

C’est la principale innovation.

Tout étranger résidant au Sénégal devra disposer d’une carte de séjour. Les Gambiens seront exemptés, dans le cadre d’un traité bilatéral.

2. Deux catégories de carte de séjour

Non-immigrants : séjour de 0 à 3 mois (tourisme, transit). Immigrants : toute personne souhaitant résider ou travailler.

3. Conditions strictes pour résider au Sénégal

L’étranger devra fournir :

un casier judiciaire récent, un passeport valide, des preuves de ressources, un justificatif de domicile, un contrôle administratif complet, l’absence de liens avec la prostitution, la mendicité organisée ou le charlatanisme, une caution équivalente au prix du billet d’avion de retour pour les immigrants.

4. Tarification de la carte de séjour

Pour la première fois, un tarif est fixé :

entre 300 000 et 500 000 FCFA par an, selon le pays d’origine, sur le principe de réciprocité internationale.

Contrairement à la loi de 1971, la dimension financière est assumée.

5. Permis de travail obligatoire et distinct

La carte de séjour ne donne pas automatiquement le droit de travailler.

Le permis de travail, délivré par l’Inspection du Travail, devient obligatoire.

6. Secteurs interdits aux étrangers

Certaines professions pourront être réservées aux nationaux, comme c’est le cas dans de nombreux pays.

7. Création d’un Fichier National des Étrangers

Un outil moderne comprenant :

biométrie, adresse exacte, activité exercée, renouvellement périodique, contrôle et traçabilité.

8. Sanctions renforcées

En cas de séjour irrégulier, fausses déclarations ou infractions graves :

amendes + expulsion.

9. Caution de rapatriement obligatoire

Chaque demandeur devra verser une caution équivalente au prix d’un billet d’avion pour son pays d’origine.

Objectifs :

faciliter un éventuel rapatriement, prévenir les situations de détresse financière, responsabiliser l’arrivée d’étrangers.

Thiès : Un agent des Douanes tué en service lors d’une opération de contrôle à Darou Khoudous

La Direction générale des Douanes (DGD) est en deuil après l’annonce du décès en service commandé de l’Agent de Constatation principal Adama Ndiaye, en poste à la Brigade n°1 du Groupement polyvalent de Recherches et de Répression de la Fraude (GPR) de Thiès. Le drame, survenu dans la nuit du mardi 25 novembre 2025, a profondément secoué l’ensemble de l’Administration douanière.

Les faits se sont déroulés aux environs de 23 heures, alors que l’agent Ndiaye effectuait une mission de patrouille de routine en compagnie de deux de ses collègues. Munie d’un ordre de mission, l’équipe évoluait dans la zone comprise entre Thiès et Mboro, un axe connu pour être sensible dans la lutte contre la fraude et les trafics divers.

Arrivés à hauteur de Darou Khoudous, sur la Route des Industries Chimiques du Sénégal (ICS), juste en face du stade municipal, les agents ont repéré un camion stationné dont le comportement paraissait suspect. Conformément aux procédures en vigueur, ils ont immobilisé leur véhicule pour procéder à une vérification du poids lourd, une étape courante dans les opérations de contrôle douanier.

C’est alors que la situation a tragiquement dégénéré. Selon les premiers éléments de l’enquête, le chauffeur du camion a redémarré brusquement et a foncé délibérément sur les agents, percutant mortellement Adama Ndiaye. L’impact a été fatal, plongeant immédiatement ses collègues dans un climat d’horreur et de stupeur.

Malgré le choc et la violence de l’attaque, les deux agents rescapés ont immédiatement engagé une poursuite contre le camion en fuite. Ils ont réussi à intercepter le véhicule plus loin sur la même route, mais les trois occupants ont abandonné le camion avant de disparaître dans l’obscurité, échappant temporairement à l’interpellation.

Alertée dès les premières minutes, la hiérarchie douanière a réagi avec fermeté. Le Directeur général des Douanes a donné des instructions strictes au Directeur des Opérations douanières afin de suivre de près les actes d’enquête et de mobiliser tous les moyens nécessaires pour retrouver les responsables. Les premiers résultats ont rapidement apporté des avancées significatives : le conducteur du camion a été localisé et appréhendé par les services compétents. Cette arrestation marque une étape essentielle pour reconstituer le déroulement des faits et établir les responsabilités dans ce qui s’apparente à un acte criminel.

Dans un communiqué, la Direction générale des Douanes a exprimé sa profonde consternation et rendu hommage à un agent décrit comme dévoué, compétent et loyal. Elle s’est inclinée « pieusement devant la mémoire » d’Adama Ndiaye, saluant son engagement sans faille au service de la défense économique et sécuritaire du Sénégal.

Affaire Madiambal Diagne : l’APDH dénonce une “ingérence” de la justice française et interpelle la ministre Yassine Fall

L’Association pour la Protection des Droits Humains (APDH) est montée au créneau après la demande de complément d’information formulée par la Cour d’Appel de Versailles dans le dossier relatif à l’extradition de Madiambal Diagne. Dans une lettre adressée à la Garde des Sceaux, Mme Yassine Fall, le président de l’organisation, Dr Mbaye Cissé, exprime ses vives préoccupations et qualifie cette requête d’“ingérence manifeste” dans une procédure qu’il estime relever exclusivement de la compétence des autorités sénégalaises.

La Cour d’Appel de Versailles a sollicité, avant le 21 janvier 2026, des éléments supplémentaires concernant le dossier du journaliste Madiambal Diagne. Pour l’APDH, cette démarche apparaît non seulement “dilatoire”, mais également susceptible d’affecter le déroulement normal de la procédure en cours au Sénégal. L’organisation affirme que cette exigence pourrait être perçue comme une tentative d’influer sur une affaire strictement interne, en contradiction, selon elle, avec les principes du droit international.

Dans sa correspondance, Dr Mbaye Cissé invoque en particulier l’article 2-7 de la Charte des Nations Unies, qui proscrit toute intervention d’un État dans les affaires relevant de la juridiction interne d’un autre. À ses yeux, la demande formulée par la juridiction française va à l’encontre de ce principe fondamental et porte atteinte à la souveraineté judiciaire du Sénégal.

L’APDH rappelle également que les conventions d’entraide judiciaire et d’extradition signées entre Dakar et Paris en septembre 2021, puis approuvées en juin 2023, ont pour vocation de faciliter la coopération entre les deux pays, sans pour autant autoriser un réexamen du fond d’un dossier par la partie requise. En matière d’extradition, souligne l’association, les critères usuels se limitent à la double incrimination, à la vérification de la nationalité de la personne visée et au respect des garanties fondamentales, notamment l’interdiction de la torture ou de tout traitement inhumain ou dégradant. À ce titre, le Sénégal étant partie à plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits humains, dont la Convention contre la torture de 1984, il lui revient de prouver son engagement en matière de protection des libertés fondamentales sans subir de pression extérieure.

Pour Dr Cissé, l’initiative de la Cour d’Appel de Versailles pourrait non seulement être interprétée comme une remise en question de la fiabilité de la justice sénégalaise, mais également ouvrir la voie à des précédents fâcheux dans la gestion des dossiers de coopération judiciaire. Il exhorte ainsi la ministre de la Justice à ne pas donner suite à cette requête, tout en invitant les autorités à appliquer le principe de réciprocité dans toute situation similaire provenant de la France.

L’APDH appelle enfin l’État du Sénégal à rester ferme face à ce qu’elle considère comme des “pressions” et des “subterfuges” susceptibles d’entacher la crédibilité et la moralité de l’institution judiciaire. Selon l’organisation, préserver l’indépendance et la dignité de la justice sénégalaise doit rester une priorité absolue, particulièrement dans un dossier aussi sensible que celui de Madiambal Diagne.

Thierno Bocoum démonte l’annonce gouvernementale sur les 633 milliards du PRES : “Un storytelling qui masque les errances du Premier ministre”

Le débat autour du financement du Plan de redressement économique et social (PRES) connaît un nouveau rebondissement. Alors que le gouvernement a annoncé 44 projets censés être financés à hauteur de 633 milliards FCFA dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026, Thierno Bocoum dénonce une communication trompeuse reposant, selon lui, davantage sur la mise en scène que sur la réalité budgétaire.

Pour l’ancien député, cette annonce relève d’une « propagande des chiffres » destinée à masquer, dit-il, les insuffisances et les « errances d’un Premier ministre plus enclin aux rassemblements politiques qu’à la gestion quotidienne de l’État ». Derrière cette critique frontale, Thierno Bocoum pointe des incohérences profondes dans la présentation gouvernementale.

Selon lui, « l’annonce s’effondre dès qu’on confronte les mots aux mécanismes réels du budget ». Il rappelle que dans un système régi par l’unité de caisse, les projets publics ne sont pas financés par un programme en particulier, mais par les recettes fiscales, la dette et la trésorerie. De ce fait, présenter les 633 milliards comme provenant directement du PRES relèverait, à ses yeux, du « storytelling politique plutôt que de la rigueur budgétaire ».

Thierno Bocoum affirme également que les montants annoncés ne constituent pas des fonds disponibles. Il explique que les 633 milliards invoqués sont en réalité des Autorisations d’Engagement (AE), c’est-à-dire des intentions de dépenses. Les ressources effectivement mobilisables, appelées Crédits de Paiement (CP), ne s’élèveraient qu’à 499 milliards FCFA. « Le reste, soit 134 milliards, ne figure nulle part », soutient-il. Et même ces 499 milliards, ajoute-t-il, ne sont pas garantis : « Depuis des années, l’investissement public est la variable d’ajustement de la trésorerie. Retards administratifs, arbitrages internes, tensions de liquidité et dépendance aux bailleurs engloutissent les promesses avant qu’elles ne deviennent réelles. »

Pour l’ancien parlementaire, la LFI ne reflète jamais ce qui est réalisé, mais ce que le gouvernement prévoit de faire. « Les résultats véritables se trouvent dans les rapports d’exécution budgétaire et les lois de règlement », rappelle-t-il, estimant que ces documents « implacables et froids » mettent constamment en évidence un « écart abyssal » entre les annonces publiques et les réalisations concrètes. « Ce qui scintille dans les communiqués disparaît ensuite dans les comptes », affirme-t-il.

Thierno Bocoum établit par ailleurs un parallèle entre cette situation et celle du FII Sénégal. En octobre 2025, le gouvernement avait annoncé 13 211 milliards FCFA d’engagements et 51 projets signés lors de cet événement. Mais depuis, constate-t-il, « silence total ». Aucun tableau officiel, aucun bailleur identifié publiquement, aucun calendrier ni modèle de financement n’a été présenté. Pour lui, ces milliards se sont transformés « en souvenir de conférence » au lieu de devenir des leviers d’investissement.

Au-delà des chiffres, l’ancien député met également en cause le comportement du chef du gouvernement. Il accuse le Premier ministre d’être davantage préoccupé par des « meetings en pleine crise » et des « escapades au moment des urgences », et de délaisser les sessions du Conseil des ministres. « Le pays n’a pas un problème de chiffres, il a un problème de présence », insiste-t-il, estimant que le leadership se mesure à la capacité à être là où se prennent les décisions importantes, et non au nombre de kilomètres parcourus dans des rassemblements politiques.

Dans un contexte de progression de la dette publique, de tensions sur la trésorerie et de réduction des marges budgétaires, Thierno Bocoum juge « irresponsable » la multiplication d’annonces spectaculaires sans fondement réel. « Annoncer 633 milliards au PRES ou 13 211 milliards au FII ne coûte rien. Exécuter ces montants exige des ressources, une méthode, une direction et un leadership », dit-il, des éléments qui, selon lui, « font défaut au sommet de l’État ».

Il conclut en appelant à un retour aux pratiques fondamentales de la gouvernance publique : « dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit et apparaître là où la République se décide réellement ». Pour Thierno Bocoum, tant que la communication primera sur l’action, « les annonces remplaceront l’exécution, les estrades remplaceront l’État et le Sénégal restera prisonnier de promesses ».

Elhadji Malick Diallo, coordonnateur de MIMI2024 à Kaolack

Les propos tenus récemment par Waly Diouf Bodian sur son mur de lamentation pour ne pas dire sa page Facebook l’encontre de Madame Aminata Touré, Présidente de la coalition Diomaye Président, sont non seulement regrettables, mais profondément inacceptables. L’usage répétitif d’un vocabulaire mortuaire, évoquant des “tombes politiques” et des “enterrements”, n’a pas sa place dans un débat public responsable. Une telle dérive sape la dignité qui doit caractériser toute prise de parole politique, surtout lorsqu’elle vise une personnalité investie d’une mission centrale dans l’architecture politique actuelle.

Il est important de rappeler que Madame Aminata Touré bénéficie de la confiance pleine et entière du Président Bassirou Diomaye Faye, qui lui a confié la responsabilité stratégique de conduire la nouvelle coalition présidentielle restructurée et élargie à tous les citoyens désireux de l’intégrer. À ce titre, toute tentative de la fragiliser publiquement constitue, de fait, une mise en cause de l’autorité du Chef de l’État, son excellence Bassirou Diomaye Diakhar. Il serait donc souhaitable que M. Bodian mesure la portée de ses déclarations et la ligne institutionnelle qu’il franchit lorsqu’il s’attaque à elle avec autant de légèreté.

Par ailleurs, au-delà de la personne ciblée, ce sont les méthodes employées qui interpellent. Privilégier l’invective, l’attaque personnelle et les métaphores funèbres au détriment de l’argumentation démontre une absence de hauteur et un manque de respect pour les citoyens qui attendent un débat politique fondé sur les idées. De telles outrances ne peuvent prospérer dans un espace public qui aspire à plus de sérénité, de maturité et de sens des responsabilités.

En toutes circonstances, Madame Aminata Touré demeure engagée, déterminée et fidèle à la mission que lui a confiée le Président de la République. Aucune menace verbale, aucune insinuation et aucune dérive langagière ne saurait altérer ni sa crédibilité, ni son rôle, ni la confiance placée en elle. Ceux qui s’emploient à la dénigrer par des excès de langage se discréditent eux-mêmes, bien avant d’espérer fragiliser la coalition ou son leadership.

Elhadji Malick Diallo, coordonnateur de MIMI2024 à Kaolack.

Kaolack commémore la Journée mondiale du souvenir des victimes d’accidents de la route : l’ANASER rend hommage aux “Talents perdus”

La ville de Kaolack a abrité, ce mercredi 26 novembre 2025, une cérémonie émouvante dédiée à la Journée mondiale du souvenir des victimes d’accidents de la route. Organisée par l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), cette commémoration, baptisée au Sénégal “Talents perdus”, a rassemblé autorités, partenaires et acteurs engagés dans la lutte contre l’insécurité routière.

Dans une atmosphère de recueillement, l’événement a mis en lumière l’ampleur humaine, sociale et économique des accidents de la circulation. Macoura Gaye, cheffe de la division de déploiement et représentante de la direction nationale de l’ANASER, a rappelé que cette journée vise à honorer la mémoire des victimes tout en sensibilisant la population.

« L’objectif est d’attirer l’attention sur les conséquences émotionnelles et économiques dramatiques des accidents de la route, mais également de saluer le rôle crucial des services d’urgence, des forces de l’ordre, des personnels de santé, des associations et des ONG », a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs souligné que le combat pour la sécurité routière a longtemps été mené par une poignée d’acteurs, avant d’être pleinement reconnu par les autorités publiques. Le thème retenu cette année, “Talents perdus”, interpelle chacun sur l’ampleur des vies brisées et pose la question d’une réponse judiciaire encore jugée « insuffisante » face aux drames routiers.

Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, 1,35 million de personnes meurent chaque année sur les routes dans le monde, soit 3 200 décès par jour. Les accidents constituent désormais la première cause de mortalité chez les 5-29 ans, et 90 % de ces décès surviennent dans les pays à faible ou moyen revenu. Leur impact économique peut atteindre jusqu’à 5 % du PIB, a rappelé Mme Gaye.

À Kaolack, la situation reste particulièrement préoccupante. Asse Malick Ba, chef du bureau du pôle centre de l’ANASER, a souligné que le Sénégal enregistre plus de 700 accidents et 8 500 blessés chaque année. Dans la région, le corridor transgambien et le développement du transport par moto-taxi (Jakarta) aggravent le phénomène.

« Lorsque nous parlons de talents perdus, nous parlons de richesses humaines irremplaçables. Nous devons transformer nos larmes en actions », a insisté M. Ba. Il a réaffirmé l’engagement de l’ANASER à intensifier la prévention dans les écoles, les gares routières et les communautés, à renforcer la formation des transporteurs et à collaborer davantage avec les forces de l’ordre à travers des brigades mixtes.

Extradition de Madiambal Diagne : Ousmane Kane analyse la position des juges français et les dilemmes du Sénégal

Président du jury disciplinaire de la CAF et magistrat émérite, fort de 42 années de carrière au Sénégal, Ousmane Kane a livré une analyse éclairée sur la décision rendue par le juge français dans l’affaire Madiambal Diagne, dans les colonnes de L’Observateur. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Versailles a renvoyé au 3 février 2026 son délibéré dans le cadre de l’extradition de Madiambal Diagne, tout en sollicitant un complément d’informations à l’État du Sénégal.

Selon Ousmane Kane, cette demande traduit « un refus poli », rappelant le comportement observé dans l’affaire Doro Gaye. « La similitude des requêtes complémentaires dans les deux décisions rendues, certainement par des juges différents, en dit suffisamment sur l’état d’esprit des juges français. Ils n’ont tout simplement pas confiance au système judiciaire sénégalais », a-t-il déclaré. Pour le magistrat, il est inutile de pointer du doigt la France. « Si la signature d’une convention d’extradition relève de la diplomatie étatique, son exécution relève de juges qui appliquent des normes juridiques qui n’ont rien à voir ou à faire avec la diplomatie », explique-t-il.

Concernant la capacité du Sénégal à répondre aux demandes du juge français, Ousmane Kane insiste sur le rôle limité de l’État dans ce type de procédure. « Il n’appartient pas à l’État de se justifier dans un dossier couvert par le secret d’instruction. En matière de demande d’extradition internationale, l’État ne sert que comme courroie de transmission, à travers le ministère de la Justice et celui des Affaires étrangères. Le mandat d’arrêt international doit mentionner un résumé succinct mais explicite des faits, leur qualification pénale et les textes de loi violés, pour permettre au juge de l’État requis de contrôler sa légalité et sa pertinence », explique-t-il.

Le magistrat souligne le dilemme auquel l’État sénégalais est confronté dans ce contexte : répondre aux questions d’un juge étranger pourrait compromettre la crédibilité du pays, tandis que ne pas y répondre conduirait inévitablement au rejet de la demande d’extradition. « C’est la situation cornélienne à laquelle l’État doit faire face », précise-t-il. Selon lui, le juge français connaît déjà la décision finale qu’il prendra, mais prend soin de manifester une politesse procédurale. « Prenons la question sur la qualification pénale des faits reprochés à Madiambal Diagne. Il veut dire à l’État : “Comment avez-vous pensé le poursuivre sans poursuivre la société Ellipse avec qui il a contracté et qui, à son tour, a contracté avec vous ?” », illustre-t-il.

Au-delà de cette affaire, Ousmane Kane évoque les tensions qui existent entre souveraineté judiciaire nationale et obligations internationales. « En signant toutes les conventions internationales portant sur la protection des droits humains, le Sénégal a accepté de perdre une partie de sa souveraineté judiciaire. L’application de ces textes est faite par un juge soumis à des normes supérieures, surtout lorsque l’appréciation relève d’un système inquisitoire archaïque qui est aux antipodes du droit pénal moderne », affirme-t-il.

Enfin, il rappelle les leçons de la CREI, soulignant l’importance de la mémoire institutionnelle face aux régimes politiques successifs. « Il faut se souvenir des leçons données par la CREI il y a quelques années, que j’ai rappelées dans votre journal dans un article intitulé : “Reddition des comptes : L’État joue avec le feu”. C’est impressionnant comme les régimes politiques, qui se succèdent à la tête de l’État, peuvent être amnésiques », conclut Ousmane Kane.

« Coup d’État en Guinée-Bissau : le général Denis N’canha prend le contrôle du pays »

Un coup d’État militaire a secoué la Guinée-Bissau ce mercredi, avec l’annonce par un groupe d’officiers guinéens de la prise de contrôle total du pays « jusqu’à nouvel ordre ». Ces officiers, se présentant sous le nom de « Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre », ont déclaré, par la voix du général Denis N’canha, chef de la maison militaire du palais de la République, qu’ils assumaient désormais la direction des affaires de l’État. Le général N’canha devient ainsi la figure publique de ce putsch, dont les motivations exactes restent pour l’instant floues.

Dans la foulée de cette annonce, plusieurs mesures immédiates ont été prises par les militaires. Le processus électoral en cours a été suspendu, les résultats attendus ont été annulés, et les programmes médiatiques officiels ont été interrompus. Malgré l’ampleur de ces décisions, les putschistes ont appelé la population au calme, sans toutefois préciser la durée de cette transition ni les contours du nouveau pouvoir qu’ils envisagent d’instaurer.

Peu d’informations sont disponibles sur le général Denis N’canha, dont le rôle public se limite jusqu’ici à sa fonction au sein du palais présidentiel. Avant le putsch, il occupait un poste stratégique au sein de la maison militaire, ce qui témoigne de sa proximité avec les centres du pouvoir et de sa connaissance des mécanismes internes de l’État. Toutefois, son âge, son parcours militaire complet et ses antécédents politiques restent inconnus, laissant planer de nombreuses zones d’ombre sur sa personnalité et ses ambitions pour l’avenir du pays.

Ce coup d’État intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes en Guinée-Bissau, un pays marqué par une instabilité récurrente et des luttes de pouvoir entre civils et militaires. La communauté internationale suit de près la situation, préoccupée par le risque d’escalade et les conséquences sur la stabilité régionale. Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si le général Denis N’canha et son groupe réussiront à consolider leur contrôle ou si des pressions internes et externes pourraient modifier le cours des événements.

« Liberté syndicale en jeu à la CBAO : les travailleurs attendent le verdict de la Cour suprême »

À la veille du délibéré de la Cour suprême, prévu ce jeudi 27 novembre 2025, les travailleurs de la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’Ouest (Cbao) retiennent leur souffle. L’enjeu dépasse le sort de trois délégués syndicaux licenciés : c’est l’avenir même de la liberté syndicale au sein de l’institution bancaire qui est en jeu.

Initialement prévue pour le 7 août dernier, la décision de la Chambre administrative de la Cour suprême est désormais attendue avec impatience. Pour Raoul Kaly, porte-parole et chargé des revendications du Collège des syndicats, ce moment est décisif. Selon lui, si la sanction des licenciements est validée, « cela signifiera que tout salarié au Sénégal peut être puni pour avoir fait grève. Plus grave encore, qu’un délégué syndical peut perdre son emploi pour avoir défendu ses collègues. C’est la fin du syndicalisme ». Il rappelle que la liberté syndicale est pourtant protégée par la Constitution, les conventions internationales de l’Organisation internationale du travail (OIT) et le Code du travail.

Le syndicaliste accuse la Cbao de vouloir « créer un précédent dangereux » et exhorte les autorités à « mesurer la portée de ce qui se joue ». Le conflit à l’origine de cette affaire remonte à la grève déclenchée le 5 octobre 2023, qui a duré 40 jours et visait à obtenir des revalorisations salariales, une augmentation de la prime de résultat et l’ouverture du capital de la banque aux employés.

Dix-neuf mois après le déclenchement du mouvement social, la bataille entre dans une phase judiciaire critique. La direction générale de la banque avait d’abord qualifié la grève d’« illégale », avant de se raviser. À l’époque, l’intervention du Collectif des associations religieuses et du Sutbefs, le syndicat, avait permis de suspendre le mouvement dans l’espoir de reprendre les négociations. Mais, selon Raoul Kaly, « la direction a choisi la répression au lieu du dialogue attendu ».

Entre le 19 janvier et les semaines suivantes, les grévistes affirment avoir été victimes d’une véritable stratégie d’intimidation, comprenant des sommations et demandes d’explication notifiées par huissier, ainsi que sept licenciements, dont trois concernaient des délégués du personnel protégés par la loi. « On licencie des salariés pour avoir suivi un mot d’ordre de grève légal, reconnu et protégé par la loi. C’est du jamais vu », dénonce le porte-parole.

L’enjeu se cristallise autour du sort des délégués syndicaux. Après un premier avis favorable au licenciement, le ministre du Travail avait infirmé la décision de l’Inspection régionale. La Cbao a alors saisi la Cour suprême pour excès de pouvoir. Dans ce contexte, le Collège des syndicats lance un appel pressant à l’État, aux juges et à l’opinion publique. Raoul Kaly affirme : « Ce jeudi, la Cour suprême ne tranchera pas seulement un dossier social. Elle dira si, au Sénégal, revendiquer est un droit ou un délit. »

Zac Mbao : Trois individus interpellés pour vols de carburant en réunion

Le Commissariat d’arrondissement de Zac Mbao a procédé, ce 25 novembre 2025, à l’arrestation de trois individus pour association de malfaiteurs et vols multiples commis en réunion. Ces interpellations font suite à une patrouille des forces de l’ordre au cours de laquelle les éléments ont surpris les suspects en flagrant délit à Keur Mbaye Fall, à proximité de la gare du TER, en train de siphonner du carburant d’un camion non immatriculé. Le véhicule venait tout juste de sortir du port et devait être acheminé jusqu’à Diamniadio. Au moment de l’interpellation, les individus avaient déjà prélevé huit bouteilles de 20 litres, dont une à moitié pleine, les sept autres étant entièrement remplies.

Conduits au commissariat pour interrogatoire, les trois suspects ont reconnu les faits et affirmé être des habitués de ce type de vol. Ils ont révélé avoir commis une dizaine de cas similaires, opérant souvent en connivence avec des chauffeurs de camions qui leur indiquent l’endroit où les véhicules sont stationnés. Selon leurs aveux, ils se rendent ensuite sur place avec des bouteilles et un tuyau pour extraire le carburant, qu’ils revendent ensuite sur le marché noir, avant de partager une partie du butin avec le chauffeur complice.

Ils ont précisé que, dans certains cas, le chauffeur peut même être inconnu pour eux. Ces derniers obtiennent simplement leur numéro via d’autres chauffeurs et les contactent pour leur fournir la localisation du camion. Les suspects se chargent ensuite de prélever le carburant et de procéder à la revente, partageant les gains avec la personne ayant fourni l’information.

Les mis en cause ont été placés en garde à vue et l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et déterminer l’ampleur réelle de ces vols de carburant en réunion.

Serigne Omar Mbaye : la Cour suprême suspend sa libération dans l’affaire Madiambal Diagne

Serigne Omar Mbaye, présenté comme le marabout de Madiambal Diagne, ne pourra pas recouvrer la liberté dans l’immédiat. Lundi, le parquet général a formé un pourvoi contre la décision de la Chambre d’accusation financière qui avait ordonné sa mise en liberté sous contrôle judiciaire. Ce recours de la justice entraîne désormais la saisine de la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays, qui aura la responsabilité de trancher le différend. L’application de la décision de libération est ainsi suspendue jusqu’à l’examen de ce pourvoi.

La Chambre d’accusation financière avait initialement décidé de libérer Serigne Omar Mbaye dans le cadre de l’enquête relative à l’affaire Madiambal Diagne. Le marabout était incarcéré depuis son arrestation, suite à son implication présumée dans cette affaire, pour laquelle il avait été inculpé et placé sous mandat de dépôt pour « association de malfaiteurs ».

Son rôle dans cette enquête est lié à la visite que lui avait rendue Madiambal Diagne à Thiès, peu avant que ce dernier ne quitte le territoire national. Serigne Omar Mbaye avait été arrêté simultanément avec l’épouse et les deux enfants du journaliste, alors que ce dernier faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Questions d’actualité : Ousmane Sonko et son gouvernement attendus à l’Assemblée nationale ce vendredi

Le Premier ministre Ousmane Sonko et l’ensemble des membres du gouvernement seront face aux députés après-demain, vendredi 28 novembre, dans le cadre de la traditionnelle séance de « Questions d’actualité ». Ce rendez-vous parlementaire, très attendu, constitue l’un des moments forts du contrôle de l’action gouvernementale et offre aux représentants du peuple l’occasion d’interroger directement l’exécutif sur les sujets qui dominent l’actualité nationale.

Selon le journal Les Échos, quatorze questions seront adressées au Premier ministre et aux ministres présents. La répartition du temps de parole, fixée selon le poids de chaque groupe au sein de l’hémicycle, accorde une large place au groupe parlementaire Pastef, majoritaire à l’Assemblée. Ses députés auront ainsi la possibilité de poser dix questions. Le groupe Takku-Wallu, quant à lui, pourra en poser deux, tout comme les députés non-inscrits.

Ce format mettra en lumière les préoccupations politiques, sociales et économiques actuelles, ainsi que les positions de chaque camp parlementaire. Pour l’exécutif, il s’agira d’une nouvelle occasion d’expliquer ses orientations et de répondre aux critiques formulées par l’opposition et les indépendants. Pour les députés, cette séance représente un espace d’expression privilégié, souvent marqué par des échanges vifs et par des interpellations directes sur la gestion gouvernementale.

Retour de Diomaye Faye : l’absence totale du gouvernement sur le tarmac ravive les spéculations au sommet de l’État

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a regagné Dakar hier, mardi, après un déplacement officiel à Luanda, en Angola. À son atterrissage à l’aéroport Léopold Sédar Senghor, le chef de l’État a bénéficié du cérémonial militaire habituel réservé aux retours officiels, notamment l’accueil assuré par le protocole militaire. Toutefois, un détail a particulièrement frappé les observateurs et n’a pas manqué de susciter commentaires et interrogations.

En effet, aucun membre du gouvernement n’était présent sur le tarmac pour accueillir le Président. Ni le Premier ministre, Ousmane Sonko, pourtant numéro deux de l’exécutif, ni le Directeur de cabinet du chef de l’État, Mary Teuw Niane, n’ont fait le déplacement, selon les informations rapportées par le journal Les Échos. Une absence collective qui tranche fortement avec les usages protocolaires auxquels le public sénégalais est habitué, surtout lors des retours d’un déplacement international du chef de l’État.

Cette scène inhabituelle intervient dans un contexte où les relations au sommet de l’État font l’objet de nombreuses spéculations. Depuis plusieurs semaines, la presse comme l’opinion s’interrogent sur l’état de la cohésion entre Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, notamment après une série d’épisodes politiques qui ont alimenté la perception d’un malaise au sein de l’exécutif. L’absence remarquée des principales figures gouvernementales renforce ainsi les interrogations sur la solidité du tandem exécutif, pourtant présenté comme l’un des piliers du projet politique issu des dernières élections.

Même si aucune explication officielle n’a pour l’instant été donnée, cet épisode pourrait nourrir davantage les commentaires sur la dynamique interne du pouvoir. Les conséquences politiques de cette situation restent pour l’instant incertaines, mais elle illustre le climat d’observation attentive qui entoure chaque geste, chaque apparition et chaque absence au sommet de l’État. Dans l’attente d’éclaircissements, cette arrivée présidentielle sans représentation gouvernementale demeure un signal symboliquement lourd dans un contexte déjà marqué par une forte sensibilité politique.

Farba Ngom continue de recevoir un important soutien religieux et social au pavillon spécial

Depuis son transfèrement de la Maison d’Arrêt de Rebeuss vers le pavillon spécial, le député-maire des Agnam, Farba Ngom, ne cesse de recevoir la visite de nombreuses personnalités publiques et religieuses venues lui témoigner leur solidarité. Cette semaine, c’est le marabout Thierno Yaya Ba, éminente figure religieuse de Richard-Toll, qui s’est déplacé à la tête d’une forte délégation pour s’enquérir de l’état de son disciple.

Lors de cette rencontre, Thierno Yaya Ba a souligné la profondeur des liens qui unissent la grande famille maraboutique de Richard-Toll à Farba Ngom. Selon lui, cette visite traduit « la relation particulière, empreinte de confiance et de respect, qui existe entre leur communauté et le député ». Le guide religieux a également formulé des prières en faveur de la santé et de la sérénité de Farba Ngom, détenu depuis plusieurs mois.

Dans le même élan, la famille de Thierno Amadou Bocar Alpha Ba, originaire d’Oréfondé, a elle aussi fait le déplacement jusqu’à Dakar. Venant exprimer leur soutien à celui qu’ils considèrent comme un fidèle dévoué, les membres de la délégation se sont dits préoccupés par l’état de santé du député, jugé très fragile par les médecins. Leur présence visait à lui apporter un réconfort moral supplémentaire après dix mois de détention.

La délégation, conduite par Thierno Tidiane Ba, porte-parole et frère du khalife Thierno Ousmane Ba, comptait plus de soixante personnes. Elle a transmis à Farba Ngom un message de paix, de solidarité et d’encouragements émanant du khalife d’Oréfondé. Thierno Tidiane Ba a insisté sur l’importance de préserver la cohésion sociale et sur la nécessité d’accompagner de prières toute personne traversant une épreuve, quelle qu’elle soit.

Au terme des différentes visites, des prières ont été formulées pour l’ensemble des détenus du pavillon spécial ainsi que pour le personnel pénitentiaire. Ces moments de recueillement ont rappelé la dimension spirituelle et humaine qui entoure cette série de déplacements, illustrant la volonté des familles religieuses de soutenir moralement toutes les personnes incarcérées, au-delà du seul cas de Farba Ngom.

Les avocats de Cellou Dalein Diallo saisissent la Cour de justice de la CEDEAO pour spoliation et poursuites jugées abusives

Les avocats de l’ancien Premier ministre guinéen, Cellou Dalein Diallo, ont annoncé, ce mardi 25 novembre, avoir déposé une requête devant la Cour de justice de la CEDEAO. Cette démarche, présentée comme l’aboutissement de plusieurs années de réflexion, s’articule autour de deux volets majeurs : la contestation de la destruction du domicile de leur client à Dixinn et la dénonciation du caractère jugé abusif des poursuites judiciaires engagées contre lui dans l’affaire dite « Air Guinée ».

Dans leur communiqué transmis à la presse, les conseils du leader politique — Me Amadou Diallo, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth — expliquent qu’ils demandent à la juridiction régionale de constater la spoliation d’un bien immobilier appartenant à M. Diallo. Son domicile avait en effet été rasé en 2022, une décision prise par les autorités militaires au pouvoir en Guinée, et que la défense qualifie de violation flagrante du droit de propriété.

Le second volet de la requête concerne les poursuites menées par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) dans le dossier « Air Guinée ». Les avocats affirment que ces procédures sont dépourvues de fondement juridique et s’inscrivent selon eux dans une logique de « harcèlement politico-judiciaire ». Ils soutiennent que les décisions prises jusqu’ici à l’encontre de leur client témoignent d’un « mal jugé manifeste », assimilable à un véritable déni de justice.

Pour justifier leur recours à la CEDEAO, les avocats évoquent l’absence de garanties juridictionnelles en Guinée. Selon eux, les voies internes de recours sont vouées à l’échec en raison du contexte politique et judiciaire actuel. Ils soulignent que M. Diallo, après avoir longtemps espéré un changement d’attitude des autorités, a été contraint de se tourner vers une instance régionale afin de faire valoir ses droits.

Les défenseurs de l’ancien Premier ministre l’accusent ainsi d’avoir été privé de plusieurs droits fondamentaux, protégés à la fois par la législation guinéenne et par les instruments internationaux auxquels le pays est partie. Ils exhortent désormais la Cour de justice de la CEDEAO à reconnaître l’ensemble des violations qu’ils imputent à l’État guinéen et à en tirer toutes les conséquences juridiques.

Asma Khadija recherchée par la gendarmerie après des propos jugés offensants contre Sonko

Les enquêteurs de la Brigade de recherches de Faidherbe se sont rendus à la Sen TV, tandis que la journaliste, actuellement à l’étranger, réagit aux accusations.

La présentatrice de la Sen TV a réagi à cette convocation :

« J’ai été informée que deux gendarmes se sont présentés, le lundi 24 novembre, sur mon lieu de travail pour me remettre une convocation datée du mercredi 26. J’en ai immédiatement avisé mon avocat, qui m’indique que le procureur souhaite que je « prouve » des propos tenus dans un ou deux posts Facebook. Parmi eux, l’affirmation selon laquelle « Ousmane Sonko se serait rendu à Sweet Beauty le jour de la Tabaski ». Propos qui, je le rappelle, ne sont pas nés de mon imagination : ils proviennent des déclarations publiques de Ndèye Khady Ndiaye elle-même. »

« À ce stade, s’il s’agit d’établir la vérité, alors qu’on réouvre le dossier Adji Sarr – Sonko. Il y a là plus de matière que dans mes publications. À moins, bien sûr, que prononcer le nom d’Adji Sarr ne fasse trembler l’autre partie », a-t-elle écrit.

Asma Khadija pose ensuite une série de questions : « Je pose ensuite une question simple, que tout citoyen est en droit de poser : Monsieur le procureur, où étiez-vous… Quand des militants de Pastef m’ont pris pour cible en avril 2024 pour avoir osé demander qui dirigeait réellement le tandem Diomaye–Sonko ? Quand, à l’annonce d’un possible recrutement me concernant en juillet-août 2024, ces mêmes militants se sont permis d’insulter, d’humilier, de publier des images fabriquées en 2020 par une personne mal intentionnée ? Quand j’ai reçu des menaces de mort, subi un cyberharcèlement constant, déménagé quatre fois en vingt mois, vu ma maison cambriolée simplement parce que certains ont décidé que j’étais « leur ennemie » ? Quand je fais mon travail – informer, questionner, éclairer l’opinion – pourquoi ai-je été abandonnée aux meutes numériques qui se croient tout permis ? »

« La justice ne peut être à géométrie variable. Elle ne peut être forte avec les faibles et faible avec les forts. Elle doit être égale pour tous, sans exception, sans privilège, sans peur », affirme la journaliste.

« Je demande donc, en retour, que ceux qui diffusent de fausses images en prétendant qu’il s’agit de moi soient également convoqués. Qu’ils prouvent, eux aussi, ce qu’ils avancent. Comme Ousmane Sonko, j’ai une famille, un mari, des enfants. Ma dignité n’est pas négociable. »

Une absence temporaire du territoire

« Je ne défie pas la justice de mon pays. Je ne suis simplement pas sur le territoire national. Mon avocat vous l’a notifié. À mon retour, je répondrai, comme je l’ai toujours fait, en citoyenne responsable », a précisé Asma Khadija.

« Mais convenons d’une chose : dans un Sénégal traversé par la crise, l’effondrement économique et la souffrance sociale, envoyer deux gendarmes sur un lieu de travail pour une publication Facebook n’est pas une priorité nationale. La République mérite mieux que ces distractions. Elle mérite la vérité. La cohérence. La justice », a conclu la présentatrice de la Sen TV.

Drame de Richard-Toll : un faux témoignage dévoile la vérité sur la mort de Mouhamed Ndiaye

Un tournant décisif vient d’être enregistré dans l’enquête sur la mort de Mouhamed Ndiaye à Richard-Toll, une affaire qui avait initialement été présentée comme une agression mortelle. Les investigations menées par la Brigade territoriale, sous la direction du commandant Mamadou Mbodj, ont finalement permis d’écarter totalement cette hypothèse, selon des informations rapportées par Le Soleil.

Tout a commencé lorsque les gendarmes se sont rendus au domicile de la victime à Dagana pour approfondir les circonstances de la tragédie. Ils y ont interrogé de nouveau Ablaye Diagne Mbodji, présenté comme le rescapé de ce qui était supposé être une agression. Très vite, au fil des questions, les enquêteurs ont relevé de nombreuses contradictions dans son récit. Les incohérences devenant trop importantes pour être ignorées, ils ont confronté le jeune homme à ses déclarations fluctuantes.

Sous la pression des questions et face aux éléments récoltés par les enquêteurs, Ablaye Diagne Mbodji a finalement avoué avoir inventé l’histoire de l’agression. Il a expliqué que, quittant Richard-Toll pour Dagana, il avait confié la conduite de la moto à la victime, Mouhamed Ndiaye. Celui-ci, selon ses dires, manquait d’expérience en matière de conduite. En approchant d’un virage près de Keur Birane, le jeune conducteur aurait perdu le contrôle du deux-roues, provoquant une violente sortie de route. L’impact a été fatal : Mouhamed Ndiaye est mort sur le coup.

En réalité, l’agression supposée n’avait jamais eu lieu. Totalement dépourvu de permis de conduire, Ablaye Diagne Mbodji a indiqué avoir inventé ce scénario pour se décharger de toute responsabilité dans ce qui n’était autre qu’un accident tragique. Cette fausse version devait, selon lui, masquer la négligence d’avoir remis la moto à une personne non habilitée à la conduire.

À la suite de ses aveux, le jeune homme a été placé en garde à vue à la brigade de Richard-Toll. Il est poursuivi pour mise en danger de la vie d’autrui, homicide involontaire et confiance de véhicule à une personne dépourvue de permis. Sa tentative de dissimulation aggrave désormais sa situation judiciaire, alors que les enquêteurs cherchent à préciser l’ensemble des responsabilités liées au drame.

L’enquête se poursuit pour éclaircir tous les aspects de cette affaire, profondément relancée par ces nouveaux éléments qui ont totalement renversé la compréhension initiale des faits.

Un lycéen de 22 ans échappe à la prison ferme après avoir poignardé un promoteur et un gendarme lors d’une soirée de lutte à Fissel

Selon des informations rapportées par L’Observateur, le tribunal de grande instance de Mbour a rendu, hier, un verdict qui suscite de vives réactions. D. Faye, élève en classe de Terminale et âgé de 22 ans, reconnu coupable de violences aggravées avec arme blanche, a été condamné à six mois de prison assortis du sursis. Une peine légère au regard de la gravité des faits qui se sont déroulés le jeudi 6 novembre 2025 à Fissel, lors d’une grande cérémonie de lutte traditionnelle.

Ce soir-là, M. Faye, promoteur de l’événement, avait mobilisé d’importants moyens pour accueillir un public venu en masse. La gendarmerie locale, consciente de l’ampleur de l’affluence, avait été déployée en nombre afin d’assurer la sécurité autour de l’arène. Mais au cœur de la nuit, alors que la fête battait son plein, un groupe de jeunes des villages environnants a tenté d’accéder à l’enceinte sans s’acquitter du prix du ticket d’entrée. Le ton est monté brusquement, et la situation a dégénéré en affrontements violents.

Alerté par cette montée de tension, le promoteur s’est précipité vers les forces de l’ordre pour signaler la menace. Les gendarmes, regroupés à l’entrée principale, se sont retrouvés face à une foule agressive, dont certains membres étaient armés de machettes. Les jets de pierres ont fusé en direction du cordon de sécurité, créant un climat de chaos généralisé. Malgré la pression, les forces de l’ordre ont tenu leur position et se sont opposées fermement à toute intrusion.

C’est dans cette confusion totale que le jeune D. Faye est intervenu, armé d’un couteau. Selon L’Observateur, il aurait poignardé le promoteur au niveau du bras avant de s’en prendre à l’un des gendarmes, M. D. Sène. Le militaire n’a dû son salut qu’à sa ceinture de sécurité, qui a amorti le coup porté à son abdomen. Grièvement blessé mais encore lucide, le gendarme est parvenu à maîtriser son agresseur malgré la violence de l’attaque. Les deux blessés ont été évacués vers une structure sanitaire pour y recevoir les soins nécessaires, tandis que le jeune assaillant a été placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie.

Devant le tribunal de Mbour, le prévenu a tenté de minimiser les faits en affirmant qu’il ne détenait qu’un « petit couteau » et qu’il n’aurait frappé le gendarme que pour « se dégager », ce dernier le retenant par le pantalon au moment de la bousculade. Son avocat a plaidé la clémence, rappelant que le jeune homme doit passer les épreuves du baccalauréat cette année et qu’il n’a jamais eu affaire à la justice auparavant. Le procureur de la République, lui, s’est montré inflexible, qualifiant l’acte d’« extrêmement grave » et soulignant que le gendarme « a failli être tué » sans la protection de sa ceinture.

Si l’un des plaignants, le gendarme M. D. Sène, était absent à l’audience, le promoteur blessé, présent à la barre, a déclaré avoir pardonné à son agresseur. Ce geste, conjugué au profil scolaire du prévenu, a probablement pesé dans la balance au moment du délibéré.

Les talibés de Serigne Mansour Sy Djamil dénoncent des “manipulations” autour des propos du guide religieux

Les disciples de Serigne Mansour Sy Djamil ont vivement réagi aux polémiques suscitées par les récents propos de leur guide religieux, exprimés après l’annonce du voyage simultané du Président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans un communiqué rendu public, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de “manipulations” et de tentatives de déformation destinées, selon eux, à discréditer une figure spirituelle respectée sur la scène nationale.

Selon les talibés, la prise de position de Serigne Mansour Sy Djamil n’avait rien d’alarmiste ni de polémique. Ils affirment qu’elle relevait plutôt d’une démarche mûrement réfléchie, guidée par un sens élevé de responsabilité et un profond souci de stabilité. Pour eux, le guide religieux a simplement exprimé une interrogation légitime quant à l’opportunité d’un déplacement conjoint du chef de l’État et de son Premier ministre, un sujet qui, à leurs yeux, mérite d’être abordé avec lucidité et prudence.

Dans leur mise au point, les disciples rappellent la portée morale, sociale et même politique de la parole de Serigne Mansour Sy Djamil. Ils estiment que son regard sur les affaires du pays s’inscrit dans une tradition spirituelle ancienne, faite d’observation, de conseil et de rappel. Ils soulignent que son influence dépasse le cadre religieux pour toucher des problématiques nationales et internationales, ce qui confère un poids particulier à chacune de ses interventions dans l’espace public.

Les talibés disent également constater une “indignation sélective” chez certains acteurs publics et commentateurs, qui accepteraient sans difficulté des critiques similaires formulées par d’autres personnalités, mais s’offusqueraient dès lors qu’elles émanent de leur guide. Pour eux, cette attitude révèle des arrière-pensées et une volonté de fragiliser l’autorité morale de Serigne Mansour Sy Djamil.

Dans un ton plus ferme, le communiqué met en garde contre toute attaque personnelle ou tentative de dénigrement à l’égard du guide religieux. Les disciples estiment que la dignité de leur marabout ne saurait être bafouée dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient les dérives verbales. Ils préviennent que toute nouvelle déformation ou manipulation de ses propos fera désormais l’objet d’une réponse “ferme et appropriée”.

Cette réaction s’inscrit dans un moment politique marqué par une forte activité institutionnelle, où les déplacements internationaux du Président et du Premier ministre nourrissent commentaires, interrogations et parfois polémiques. Pour les talibés de Serigne Mansour Sy Djamil, il est essentiel de préserver la dimension spirituelle et morale de leur guide, qu’ils considèrent comme un repère dans un climat public souvent dominé par les passions politiques et les lectures partisanes.

Crise au sommet de l’État

Le Khalife de Bambilor : « La stabilité du Sénégal dépend de Sonko et de Diomaye »

La crise entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, continue d’alimenter les débats. Depuis le tera-meeting du 8 novembre 2025 et la nomination d’Aminata Touré à la tête de la coalition Diomaye Président — décision qui a installé un malaise au sein du gouvernement — les réactions se multiplient.

Si certains concitoyens pointent du doigt le Pastef et invitent le chef de l’État à prendre ses responsabilités, d’autres appellent à un sursaut national et exhortent les deux dirigeants à dépasser les querelles partisanes.

C’est dans ce sens que s’est exprimé le Khalife général de Bambilor, appelant les deux responsables à mettre de côté leurs différends et à penser aux populations qui les ont portés au pouvoir.

« Le peuple sénégalais est fatigué et tous les regards sont tournés vers le tandem Sonko–Diomaye, attendu sur les promesses faites hier comme aujourd’hui. Il ne doit y avoir ni tiraillements ni querelles entre eux », a déclaré Thierno Amadou Ba, lors de la cérémonie de signature du jumelage entre les communes de Bambilor et Verdelino, dans la province de Bergame, en Italie.

Poursuivant, le guide religieux a ajouté :

« M. le maire nous a demandé de prier pour les autorités gouvernementales, et nous continuerons de le faire. Le TOUT-PUISSANT a exaucé leurs prières. C’est pourquoi ils n’ont plus droit à l’erreur. Leur priorité doit être de s’occuper des urgences du moment, mais surtout des préoccupations des populations : c’est là que le peuple les attend.

Le message que je leur lance, c’est de garder à l’esprit ce qu’ils disaient au peuple lorsqu’ils étaient dans l’opposition, quand ils sollicitaient les suffrages des Sénégalais et formulaient toutes ces critiques. La stabilité du Sénégal dépend aujourd’hui d’Ousmane Sonko et de Diomaye Faye. Il est donc grand temps pour eux de mettre de côté leurs états d’âme et de préserver le Sénégal. Nous allons continuer à prier pour le pays et pour eux, mais ils doivent aussi y mettre du leur. »

Cette déclaration a été faite ce mardi en marge de la signature de l’accord de jumelage entre le maire de Bambilor, Ndiagne Diop, et le maire de Verdelino, Zanoli Silvano, ainsi qu’entre la commune de Bambilor et l’ONG Fawzi Wa Nadiaty, dirigée par Thierno Amadou Ba. Cette organisation assurera le volet technique du programme de jumelage, axé sur la culture, le tourisme, la formation, la santé et l’emploi des jeunes, entre autres.

Aly Saleh

Violence à l’égard des femmes : un fléau mondial qui stagne depuis 20 ans malgré les alertes

Un nouveau rapport conjoint de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de plusieurs agences des Nations unies dresse un constat alarmant : la violence faite aux femmes demeure l’une des violations des droits humains les plus répandues et les plus négligées, et les progrès réalisés en vingt ans sont presque inexistants. Malgré deux décennies de plaidoyer international, la situation reste dramatiquement inchangée, preuve d’un engagement mondial largement insuffisant.

Selon le document, près d’une femme sur trois dans le monde – soit 840 millions de femmes – a subi au moins une fois dans sa vie des violences physiques ou sexuelles, commises le plus souvent par un partenaire intime. Ce chiffre, stable depuis l’an 2000, témoigne d’une stagnation inquiétante. Rien que pour l’année écoulée, 316 millions de femmes, représentant 11 % des femmes âgées de 15 ans et plus, déclarent avoir subi des violences infligées par leur conjoint ou ex-conjoint. Le rapport souligne que la baisse annuelle moyenne n’est que de 0,2 %, un rythme qui, à ce stade, rend illusoire l’idée d’éradiquer ce fléau à moyen terme.

Pour la première fois, le document inclut aussi des estimations sur la violence sexuelle perpétrée par une personne autre que le partenaire intime. On y apprend que 263 millions de femmes en ont été victimes depuis l’âge de 15 ans. Selon les auteurs, il s’agit très probablement d’une estimation minimale, tant la stigmatisation, la peur des représailles ou la honte conduisent de nombreuses survivantes à se taire.

Face à ces chiffres, le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, dénonce une situation « intenable » et rappelle que chaque statistique dissimule une vie brisée. Il affirme qu’aucune société ne peut se dire juste ou en bonne santé lorsque la moitié de sa population vit dans la peur. Pour lui, l’autonomisation des femmes est « une condition préalable à la paix, au développement et à la santé », et non un simple choix politique.

Une crise aggravée par le recul des financements

L’un des aspects les plus préoccupants du rapport concerne l’effondrement des financements destinés à la prévention. L’étude, qui analyse des données provenant de 168 pays entre 2000 et 2023, révèle qu’en 2022, seulement 0,2 % de l’aide mondiale au développement a été consacrée à des programmes de prévention de la violence. Pire encore, ce financement déjà dérisoire a continué de diminuer en 2025. Ce désengagement survient à un moment où les risques augmentent, stimulés par les crises humanitaires, l’essor des technologies numériques et des inégalités socio-économiques qui se creusent.

Des violences qui commencent tôt et durent toute la vie

Les violences ne touchent pas seulement les femmes adultes : elles débutent souvent dès l’adolescence. Au cours de l’année écoulée, 12,5 millions d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans, soit 16 % d’entre elles, ont été victimes de violences de la part d’un partenaire intime. Les conséquences sont graves et durables : grossesses non désirées, infections sexuellement transmissibles, dépression, troubles psychologiques, perte d’opportunités scolaires et professionnelles, ainsi que reproduction intergénérationnelle de la violence.

Certaines régions du monde sont particulièrement exposées. L’Océanie – à l’exception de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande – affiche une prévalence de 38 %, soit plus de trois fois la moyenne mondiale. Les femmes des pays les moins avancés, des zones de conflit ou des régions menacées par le changement climatique sont également les plus vulnérables, faute de services de protection, de lois efficaces ou de mécanismes de soutien.

Des exemples de progrès qui montrent que le changement est possible

Malgré ce tableau sombre, le rapport met en avant plusieurs initiatives nationales qui démontrent que des avancées sont possibles lorsque les gouvernements s’engagent sérieusement. Au Cambodge, la révision du cadre législatif, l’amélioration des services d’accompagnement, la rénovation des refuges pour survivantes et l’introduction d’outils numériques dans les écoles ont permis de réduire progressivement les violences. Des pays comme l’Équateur, le Libéria, l’Ouganda ou Trinité-et-Tobago ont, eux aussi, adopté des plans d’action nationaux financés et chiffrés, avec des résultats encourageants.

Un appel urgent à l’action politique et financière

Le rapport exhorte les gouvernements à dépasser les déclarations d’intention pour financer, à grande échelle et de manière urgente, les programmes de prévention qui ont démontré leur efficacité. Il insiste sur la nécessité de renforcer les services de santé, de justice et d’accompagnement social centrés sur les survivantes, d’améliorer les systèmes de données afin d’identifier les groupes les plus exposés, et d’appliquer strictement les lois qui favorisent l’autonomie des femmes.

« Affaire des 125 milliards : Birane Ngom nie toute implication lors de sa première audition »

Birane Ngom, frère de Farba Ngom, a été entendu hier, lundi 23 novembre, dans le cadre de l’affaire dite des « 125 milliards », un dossier qui avait déjà conduit à son inculpation et à son placement sous bracelet électronique. Pour cette première audition sur le fond du dossier, le co-inculpé a adopté une ligne de défense basée sur un déni total. Selon le journal « Les Echos », ses réponses se résumaient à une répétition constante : « Je ne suis au courant de rien ! »

Lors de son audition devant le magistrat du Pool judiciaire financier, Birane Ngom a assuré n’avoir tiré aucun avantage des 10 % de parts qui lui avaient été attribués dans les sociétés familiales et affirmé n’avoir jamais encaissé le moindre centime. Face aux questions du juge concernant le montage des sociétés, la nature de ses actions et les fonds perçus, il n’a fourni aucune réponse concrète. Sur le montage des sociétés, il a soutenu ne pas avoir été associé mais simplement informé. Concernant ses parts, il a affirmé n’en avoir retiré aucun bénéfice personnel. Pour ce qui est des transactions financières, il a de nouveau juré n’avoir jamais été au courant et n’avoir jamais retiré d’argent provenant de ces entités.

Tout au long de l’audience, Birane Ngom a maintenu sa stratégie de défense, ce qui a rendu l’audition relativement courte. À l’issue de celle-ci, il a regagné son domicile en attendant les prochaines étapes de la procédure judiciaire.

Il convient de rappeler que l’implication de Birane Ngom dans cette affaire repose sur un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), qui a mis en lumière des détournements s’élevant à 125 milliards de francs. Si Tahirou Sarr et Farba Ngom sont considérés comme les principaux auteurs, d’autres personnalités sont également visées, notamment les deux frères du maire des Agnam, Ismaïla et Birane Ngom.

Le Sénégal révise à la hausse son PIB après le rebasing de ses comptes nationaux

Le Sénégal a officiellement finalisé le processus de rebasing de ses comptes nationaux, prenant désormais 2021 comme année de base. Cette opération, qui consistait à recalculer le produit intérieur brut (PIB) du pays sur la base de nouvelles données et méthodes, a abouti à une révision significative à la hausse de la richesse nationale. Le nouveau PIB du Sénégal pour 2021 est désormais estimé à 17 316 milliards de francs CFA, contre 15 261 milliards de francs CFA selon l’ancienne base, soit une augmentation de 13,46%.

Selon Malick Diop, chef de la division de la Comptabilité nationale à l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), cette réévaluation s’explique par plusieurs facteurs. La première raison majeure réside dans l’intégration de nouvelles enquêtes et l’amélioration de la couverture statistique, qui ont contribué à 11,64% de l’augmentation totale. À cela s’ajoute la mise à jour des données courantes et la révision de certaines classifications, apportant une contribution supplémentaire de 3%.

Cependant, l’agence souligne que certaines modifications méthodologiques ont entraîné une réévaluation à la baisse du PIB, à hauteur de 1,18%. Cette correction reflète l’ajustement des méthodes de calcul pour mieux refléter la réalité économique du pays.

Le rebasing des comptes nationaux est une étape cruciale pour l’économie sénégalaise, car il permet de disposer de données plus précises et actualisées sur la taille et la structure de l’économie. Cette nouvelle estimation du PIB aura des implications importantes pour la planification économique, la politique budgétaire et l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux.

Le PPA-CI annonce des mesures disciplinaires suite à des « violations » internes

Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a annoncé plusieurs mesures disciplinaires à la suite de ce qu’il qualifie de « violation manifeste » d’une décision du Comité central datée du 6 novembre 2025. Selon la direction du parti, ces sanctions ont été prises dans le strict respect des statuts internes et visent à garantir la discipline et l’unité au sein de la formation politique.

Le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a ouvert la procédure le 19 novembre en procédant à la révocation de plusieurs cadres qu’il avait lui-même nommés, leur reprochant de ne pas avoir respecté la ligne définie par le parti. Parallèlement, le Conseil de discipline, saisi par le Président-Exécutif, a engagé des poursuites contre des militants, élus ou de base, conformément à l’article 101 des statuts du parti.

À l’issue de ces procédures, dix-neuf personnes ont été suspendues à titre conservatoire. Parmi elles figurent Séri Louma Hortense, présidente de la Ligue des Femmes, plusieurs militants de base ainsi que des membres de bureaux fédéraux et de coordinations régionales. Cette décision entraîne la dissolution automatique du Bureau exécutif de la Ligue des Femmes, conformément aux règles internes du parti.

Mort subite dans la famille de Nogaye Thiam : quand la médecine éclaire le drame

L’affaire Nogaye Thiam, initialement abordée sous l’angle des tensions familiales, prend aujourd’hui une dimension médicale cruciale. Là où certains imaginaient des circonstances lourdes, des gestes malveillants ou un basculement tragique, un fait implacable est apparu : la défunte était la septième victime d’une série de morts soudaines au sein de la même famille. Cette observation a poussé de nombreux spécialistes à dépasser l’hypothèse des conflits internes et à envisager une explication génétique.

« Lorsqu’on compte autant de décès similaires dans une fratrie, il devient impossible de ne pas envisager une cause génétique. La médecine y voit un signal fort, presque une signature », explique Dr Oumou D. Kébé, cardiologue sénégalaise, dans un entretien avec L’As. Selon elle, ces morts soudaines, souvent incomprises, peuvent être liées à des affections héréditaires capables d’interrompre le rythme cardiaque sans prévenir. « Le cœur peut sembler normal, les examens habituels peuvent passer à côté. Mais un défaut électrique ou une anomalie structurelle peut provoquer une défaillance fatale en quelques secondes », précise la spécialiste. Elle cite notamment le syndrome du QT long, certaines cardiomyopathies familiales ou le syndrome de Brugada comme des causes régulièrement impliquées dans ces décès répétés.

Ce qui entretient la confusion, c’est la soudaineté des événements. Ces décès surviennent brutalement, parfois après un choc émotionnel, et sans le moindre signe précurseur. Dans un foyer où règnent des tensions, l’association avec un acte volontaire est immédiate. Pourtant, les médecins rappellent qu’une telle coïncidence n’a rien d’exceptionnel chez les personnes génétiquement fragiles. « Une dispute, une frayeur, un choc émotionnel peuvent suffire à déclencher le drame. Cela donne l’illusion d’un acte volontaire, alors qu’il s’agit d’un mécanisme purement biologique », insiste Dr Kébé.

Face à la répétition des décès dans la famille de Nogaye Thiam, les spécialistes s’accordent sur la nécessité urgente de protéger les survivants. Le dépistage n’est pas une simple option, il devient une obligation dès qu’une famille est frappée par plusieurs morts soudaines. Il est essentiel d’examiner tous les membres de la famille, enfants, frères, sœurs, parents, même ceux qui n’ont jamais présenté le moindre malaise. Les examens indispensables incluent l’électrocardiogramme, l’échographie cardiaque, le Holter, les tests d’effort, l’IRM cardiaque et, lorsque cela est possible, l’analyse génétique.

Si une anomalie est identifiée, des mesures préventives permettent d’éviter le pire. « Nous disposons de traitements efficaces, de médicaments qui stabilisent le rythme et de dispositifs implantables pour les cas à haut risque. Le plus important est d’identifier la maladie avant qu’elle ne frappe à nouveau », souligne Dr Kébé. Elle insiste également sur l’importance de sensibiliser l’ensemble de la famille, y compris ceux qui vivent loin ou qui se croient en parfaite santé.

Le Forum du Justiciable demande la liberté provisoire pour les détenus hospitalisés

Le Forum du Justiciable (FDJ) a pris position ce lundi à travers un communiqué dans lequel il appelle le juge d’instruction financier à accorder une liberté provisoire aux détenus actuellement hospitalisés au Pavillon spécial. Selon l’organisation, la détention dans un centre hospitalier, même lorsqu’elle bénéficie de moyens ponctuels, ne garantit pas la continuité ni la qualité des soins médicaux essentiels à la survie et au rétablissement des personnes malades.

Babacar Bâ et ses collaborateurs estiment que l’état de santé des détenus nécessite un suivi médical constant, un suivi incompatible avec le cadre carcéral. Dans son communiqué, le FDJ souligne que « l’état de santé nécessite un suivi médical constant, incompatible avec la détention. »

Le Forum du Justiciable rappelle également que le droit fondamental à la santé, inscrit dans la Constitution sénégalaise et protégé par diverses conventions internationales, impose que toute personne malade puisse bénéficier de soins appropriés. L’organisation précise que cette exigence n’est pas seulement juridique, mais aussi humanitaire, affirmant que le respect de la dignité humaine doit primer, même dans le cadre de la justice pénale.

Enfin, le FDJ insiste sur le fait que l’exigence de rendre justice peut et doit être conciliée avec le respect des droits fondamentaux. L’organisation souligne que les détenus concernés, à savoir Khadim Ba, Farba Ngom, Maodo Malick Mbaye et Mabintou Diaby, disposent de toutes les garanties de représentation en justice. Dans ce contexte, le Forum du Justiciable estime que leur libération provisoire constituerait une mesure conforme aux principes humanitaires et aux obligations légales en matière de santé.

« Youssou Ndour décroche le Grand Prix Sacem 2025 pour Éclairer le monde »

La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) a décerné, ce lundi 24 novembre 2025, son prestigieux Grand Prix à Youssou Ndour, saluant ainsi son album Éclairer le monde. Cette distinction, l’une des plus importantes dans le domaine musical, vient récompenser l’artiste sénégalais pour sa contribution exceptionnelle à la scène musicale mondiale et son engagement artistique durable.

Sorti au début de l’année, Éclairer le monde marque un retour inspiré de Youssou Ndour, qui réussit à mêler avec élégance les sonorités traditionnelles du mbalax aux arrangements modernes et aux messages humanistes porteurs de sens. L’album, qui a immédiatement séduit le public et la critique, témoigne d’une maturité artistique renouvelée. Chaque morceau reflète la capacité de l’artiste à conjuguer musique, engagement social et universalisme, confirmant son rôle de voix influente en faveur de la paix, de l’unité et de la justice sociale.

Cette nouvelle reconnaissance de la Sacem s’inscrit dans une carrière déjà jalonnée de distinctions nationales et internationales, et vient renforcer la stature de Youssou Ndour comme l’un des ambassadeurs les plus emblématiques de la musique africaine dans le monde. Le Grand Prix 2025 ne se limite pas à récompenser un album, il souligne également l’impact culturel et humaniste de l’œuvre de l’artiste, ainsi que sa capacité à inspirer de nouvelles générations de musiciens.

Avec Éclairer le monde, Youssou Ndour confirme une fois de plus sa place au sommet de la scène musicale internationale, prouvant que sa créativité et son engagement continuent de rayonner bien au-delà des frontières sénégalaises. Ce Grand Prix Sacem s’ajoute ainsi à une longue liste de récompenses, consolidant son rôle de figure majeure de la musique et de la culture africaine à l’échelle globale.

Dette cachée : les avocats de Macky Sall interpellent le FMI et contestent la méthodologie de la Cour des comptes

L’ancien président Macky Sall poursuit sa riposte judiciaire dans le dossier sensible de la dette publique sénégalaise. Au cœur de cette offensive : une correspondance adressée au Fonds monétaire international (FMI), révélée en exclusivité par RFI, dans laquelle ses avocats réclament des éclaircissements sur la manière dont l’institution a validé l’existence d’une « dette cachée » estimée à 7 milliards de dollars.

Selon les informations obtenues par RFI, le cabinet français FTMS, qui défend l’ancien chef de l’État, questionne directement le FMI sur les bases techniques et méthodologiques ayant conduit à cette estimation. Les avocats demandent notamment si l’institution financière s’est appuyée sur une évaluation interne – un audit de ses propres services – ou si elle a simplement entériné des données communiquées par l’administration sénégalaise.

Cette dette dite « cachée », que la Cour des comptes situe entre 2019 et 2024, est farouchement contestée par Macky Sall. L’ancien président réfute l’existence même d’un tel passif et accuse les organes de contrôle sénégalais d’avoir produit un rapport entaché d’erreurs. Me Pierre-Olivier Sur, l’un de ses conseils, joint par RFI, affirme ainsi que son cabinet a relevé plusieurs « erreurs de méthodologie » dans les conclusions de la Cour des comptes. Selon lui, les magistrats n’auraient procédé à aucune vérification de la véracité des données utilisées, ce qui fragiliserait l’ensemble du calcul.

Dans leur courrier, les avocats de Macky Sall vont plus loin : ils demandent au FMI de détailler précisément la méthodologie employée pour confirmer les chiffres avancés par l’administration sénégalaise, et sollicitent la transmission des documents utilisés pour établir ce montant de 7 milliards de dollars. Ils souhaitent également obtenir une rencontre officielle avec un représentant de l’institution afin d’éclaircir ce dossier devenu hautement politique.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le débat public autour de la dette et de la gestion financière de la dernière décennie reste particulièrement tendu. En contestant la validité des chiffres avancés par la Cour des comptes et en interpellant directement le FMI, Macky Sall et ses avocats cherchent à démontrer que l’accusation de « dette cachée » relève, selon eux, d’une construction approximative ou d’une interprétation erronée.

Affaire Madiambal Diagne : la Cour d’appel de Versailles juge le dossier sénégalais “très léger”

La Cour d’appel de Versailles a décidé de suspendre provisoirement la procédure d’extradition visant le journaliste sénégalais Madiambal Diagne, marquant ainsi un nouveau tournant dans une affaire suivie de près des deux côtés de la Méditerranée. La Chambre d’instruction a renvoyé l’examen du dossier au 3 février 2026, le temps de recevoir des compléments d’information exigés de l’État du Sénégal. Les autorités sénégalaises doivent transmettre ces éléments avant le 21 janvier, faute de quoi l’examen de la demande d’extradition pourrait être définitivement compromis.

Selon la juridiction française, les documents fournis jusqu’ici par Dakar sont jugés insuffisants. Les magistrats évoquent des dossiers « très légers », ne permettant pas d’établir clairement les faits reprochés au journaliste, ni la base légale sur laquelle repose la demande. Cette décision constitue un relief important pour la défense de Madiambal Diagne, qui soutient depuis le début que les démarches sénégalaises manquent de rigueur et soulèvent des interrogations sur le respect des principes judiciaires fondamentaux.

Peu après l’annonce de ce sursis à statuer, Madiambal Diagne a réagi sur le réseau social X. Dans un message empreint de satisfaction, il affirme que « la Cour d’Appel de Versailles a donné une belle leçon de Justice au Sénégal ». Il précise que les juges français exigent notamment des garanties quant à la tenue d’un procès juste et équitable, une clarification des accusations retenues contre lui, ainsi que la précision de leur fondement juridique et de leur période de commission. Il souligne également que les magistrats souhaitent comprendre le circuit du mandat d’arrêt à l’origine de son interpellation en France. Pour le journaliste, ces demandes renforcent l’idée que ses droits fondamentaux doivent être pleinement respectés dans le cadre d’une éventuelle procédure d’extradition.

Proche de l’ancien président Macky Sall et de l’ex-Premier ministre Amadou Ba, Madiambal Diagne avait été arrêté le 21 octobre 2025 à son domicile du Pecq, dans les Yvelines. Cette interpellation faisait suite à un mandat d’arrêt international émis par Dakar. Après avoir été placé en détention provisoire, il avait finalement bénéficié d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire. Ce régime imposé par la justice française comprend plusieurs obligations strictes, dont le non-respect pourrait entraîner son retour en détention.

Agression mortelle sur la RN2 : trois suspects recherchés après la mort de Mouhamed Ndiaye

Selon des informations rapportées par le journal Libération, les gendarmes sont à la recherche de trois individus suspectés d’être impliqués dans l’agression ayant coûté la vie à Mouhamed Ndiaye, un jeune étudiant de 21 ans inscrit en première année de Mécanique à l’Isep de Richard-Toll. Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux montrait d’ailleurs la victime quelques heures avant le drame, sans laisser présager l’issue tragique qui allait suivre.

Comme il en avait l’habitude, Mouhamed Ndiaye avait, en ce 20 septembre, passé une partie de la journée à aider sa mère à vendre du couscous à Dagana. Une fois son aide apportée, il avait pris la route en direction de Richard-Toll, accompagné de son ami Abdoulaye Diagne Mbodj, âgé de 22 ans. Les deux jeunes circulaient à moto, une KTM, lorsqu’ils ont quitté la ville et emprunté la RN2.

D’après les premiers éléments de l’enquête consultés par Libération, leur trajet a basculé dans l’horreur aux environs de 21 h 55, à hauteur du village de Keur Birane. Trois individus, non encore identifiés, se tenaient sur le rebord droit de la chaussée dans le sens de circulation des deux jeunes. Ces derniers auraient tenté d’intercepter la moto. Face au refus de Mouhamed Ndiaye de s’arrêter, l’un des agresseurs lui a porté un violent coup de bâton alors que l’engin était en pleine marche.

Sous l’impact du coup, combiné à la vitesse de la moto, Mouhamed Ndiaye a été mortellement touché. Il serait décédé sur le coup, selon les premières constatations. Son ami Abdoulaye Diagne Mbodj, quant à lui, a été grièvement blessé et pris en charge en urgence. L’obscurité, qui enveloppait le secteur à cette heure avancée, a permis aux assaillants de s’enfuir rapidement, se fondant dans la nuit avant l’arrivée des secours.

Alertée, la Brigade territoriale de la gendarmerie de Richard-Toll a déployé une patrouille dans la zone, dans l’espoir de retrouver les suspects ou de collecter des indices exploitables. Malgré les recherches intensives menées dans les environs, aucun suspect n’a pour l’instant pu être appréhendé.

Retour discret d’Ousmane Sonko : un voyage à Abu Dhabi qui continue d’alimenter la polémique

Selon des informations recueillies par Les Échos, le Premier ministre Ousmane Sonko est rentré hier soir à Dakar après un déplacement à Abu Dhabi qui a suscité une vive controverse en raison de son caractère particulièrement discret. Son avion privé a atterri à 22 h 29 GMT à l’aéroport Léopold-Sédar-Senghor de Yoff, au terme d’un vol direct de 10 heures et 16 minutes. Le Premier ministre et sa délégation avaient quitté les Émirats arabes unis à 16 h 13 heure locale, soit 12 h 13 GMT, mettant fin à un séjour dont les contours restent encore flous.

Ce voyage, mené dans une quasi-clandestinité, a surpris et alimenté de nombreuses spéculations. Contrairement aux usages protocolaires habituels, aucun communiqué n’avait annoncé le déplacement du chef du gouvernement. Ousmane Sonko avait quitté Dakar depuis l’aéroport militaire, un détail qui a accentué les interrogations. Dans un contexte politique déjà tendu, cette absence de communication officielle a ouvert la voie à des rumeurs allant d’une prétendue « fuite politique » à une mission diplomatique hautement sensible conduite en marge des circuits institutionnels traditionnels.

D’après Les Échos, la délégation qui accompagnait le Premier ministre comprenait notamment le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, ainsi que son garde du corps. Cependant, les sources du quotidien n’ont pas pu confirmer la présence d’autres personnalités à bord du jet privé, un appareil de dernière génération dont l’utilisation elle-même a été l’objet de critiques. L’opacité entourant la composition exacte de la délégation et les objectifs précis du voyage a renforcé l’impression d’un déplacement entouré de zones d’ombre.

Face aux interrogations, certains responsables gouvernementaux ont tenté d’apporter des clarifications, affirmant que le déplacement visait principalement à rechercher des financements et à renforcer la coopération stratégique avec les Émirats arabes unis. Selon eux, la nature sensible des discussions envisagées justifiait la discrétion observée autour du voyage. Ces explications n’ont toutefois pas suffi à apaiser les critiques, d’autant que l’absence totale de communication préalable a été perçue par une partie de l’opinion comme une entorse à la transparence à laquelle s’est engagé le nouveau gouvernement.

Extradition de Madiambal Diagne : la justice française inflige un nouveau revers au Sénégal

La procédure d’extradition visant le journaliste sénégalais Madiambal Diagne vient de connaître un tournant inattendu. La Cour d’appel de Versailles, saisie par les autorités sénégalaises depuis plusieurs mois, a décidé de reporter au 3 février 2026 le délibéré sur la demande d’extradition. Cette décision, annoncée par la Chambre de l’instruction, s’accompagne d’un sursis à statuer, justifié par l’insuffisance du dossier transmis par le Sénégal.

Selon les juges français, les éléments présentés par les autorités sénégalaises ne permettent pas d’apprécier clairement les faits reprochés à Madiambal Diagne. Le dossier manquerait de précision sur la nature exacte des accusations, les périodes légales concernées ainsi que l’articulation juridique des incriminations retenues. Pour la justice française, ces lacunes sont incompatibles avec les exigences de transparence et de rigueur requises dans le cadre d’une procédure d’extradition, d’autant plus lorsqu’elle vise un journaliste connu et une affaire à portée internationale.

Les magistrats de Versailles ont également conditionné la poursuite de l’instruction à la fourniture de garanties strictes de la part de l’État sénégalais. Ils demandent notamment l’assurance formelle qu’un procès juste et équitable serait garanti à M. Diagne, conformément aux standards internationaux. Cette exigence, loin d’être anodine, reflète les préoccupations de la justice française quant au respect des droits fondamentaux dans la procédure engagée par Dakar.

Un autre point de blocage, plus technique mais tout aussi déterminant, a été relevé par la Chambre d’instruction : une irrégularité majeure dans la transmission du mandat d’arrêt international. Les magistrats s’interrogent sur le circuit emprunté par ce document, qui ne semble pas avoir suivi les voies légales habituelles. Une telle anomalie fragilise potentiellement la validité même du mandat, et par conséquent l’intégralité de la demande d’extradition.

Ce nouveau report intervient dans un contexte où plusieurs décisions précédentes ont déjà joué en faveur de Madiambal Diagne. La récente levée de ses mesures de contrôle judiciaire avait été perçue comme un signe d’affaiblissement du dossier sénégalais. Avec ce nouveau sursis à statuer, la procédure initiée par Dakar depuis septembre dernier subit un coup d’arrêt significatif.

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